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L’OCEAN ATLANTIQUE

Le nom Atlantique proviendrait du Titan Atlas qui possédait, selon les anciens grecs, les colonnes supportant la voûte céleste
dont faisaient partie les fameuses Colonnes d’Hercule (aujourd’hui le détroit de Gibraltar). Donc, pour les anciens, ce terme
désignait avant tout la mer se trouvant au-delà du détroit, par rapport à la Méditerranée.
70% de la surface de notre planète est couverte par les océans. Il y en a 5, à savoir : le Pacifique, l’Atlantique, l’Indien,
l’Antarctique et l’Arctique. Comme aucun n'est isolé des autres, ils forment une unique étendue d'eau salée. Seuls le Pacifique et
l’Atlantique sont adjacents avec tous les autres océans. Les limites entre eux sont donc totalement arbitraires, elles ont été défi-
nies par l’Organisation Hydrographique Internationale.

Géographie physique.

L’océan Atlantique se présente grosso modo sous la forme d’un grand S très allongé entre les continents d’une part américains
et d’autre part eurasien et africain. Il est délimité :

au Nord par l’océan Arctique selon un tracé défini :


• à l'ouest du Groenland, par une ligne allant de la côte du Labrador au Groenland sui-
vant le parallèle de 60° de latitude nord ;
• à l'est du Groenland, par une ligne allant du cap Nansen au Groenland à Straumness,
au nord-ouest de l'Islande ;
• à l'est de l'Islande, par une ligne partant du Gerpit à l'est de l'Islande, passant par l'île
Jan Mayen et finissant au sud de l'archipel du Svalbard ;
• à l'est, par une ligne reliant le sud du Svalbard avec le cap Nord en Norvège.

au Sud Est par l’océan Indien selon une ligne partant du cap des Aiguilles et suivant le méri-
dien de 20° de longitude est, en direction du sud.

au Sud par l’océan Antarctique selon un tracé défini par le parallèle de 60° de latitude sud.

au Sud Ouest par l’océan Pacifique par une ligne partant du cap Horn et suivant le méridien de 67° 16' de longitude ouest, en
direction du sud. Cette séparation entre ces deux océans est aussi appelée passage de Drake.

Un courant marin qui se situe vers les 8° de latitude Nord sert de séparation entre l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud.

Par sa surface il constitue la deuxième plus grande masse d’eau avec ses 106 millions de km². Sa largeur est d’environ 3.000
km entre l’Irlande et Terre Neuve, 6.700 entre Gibraltar et Cuba, 3.000 de la pointe du Brésil au Libéria, 7.000 entre les caps
Horn et de Bonne Espérance et 14.000 du Nord au Sud. Sa plus grande profondeur, 9.225 m, se trouve dans la fosse de Porto
Rico et sa profondeur moyenne, selon les auteurs est comprise entre 3.332 et 3.926 m.

Ses mers bordières sont :

• La mer des Caraïbes, ou mer des Antilles, elle est située entre l’Amérique Centrale, l’archipel des Antilles et au sud-est
du golfe du Mexique. Elle s'étend sur environ 2.415 km d'est en ouest et couvre une superficie de 2.640.000 km². Le nom
de cette mer trouve son origine dans celui du peuple Caraïbe, qui habitait cette région jusqu'à l'arrivée des Espagnols au
XVe siècle.

Mer des Caraïbes Golfe du Mexique

• Le golfe du Mexique est situé au sud-est de l'Amérique du Nord. Il s'étend sur une superficie de 1 550 000 km² et com-
munique au sud-est avec la mer des Caraïbes par le canal du Yucatán et à l'est avec l'océan Atlantique par le détroit de
Floride.

• La mer des Sargasses n’est pas une mer bordière car elle se trouve en plein océan. C’est le nom donné à une zone de
l’océan Atlantique Nord, à l’est des îles Bahamas ou au nord-est des Antilles, dans le creux formé entre les Amériques.
Elle tire son nom des algues dites sargasses qui ont la particularité de flotter, et qui s'accumulent en surface dans cette
zone. Le mot même de « sargasse » vient du mot espagnol « sargazzo » qui signifie varech. En effet, la zone fut décou-
verte pour la première fois par Christophe Colomb, qui y nota l'abondance de végétaux en surface, signe pour lui d'un
continent tout proche.

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Cette mer a aussi la particularité d'être une zone calme, sans
vent ni vague. Les navires de Colomb naviguèrent ainsi non
sans peine au milieu de ces herbes qui arrêtaient leur marche
au grand effroi des équipages, et ils perdirent trois longues
semaines à les traverser. Ces plantes de plusieurs dizaines de
mètres de long font partie des algues brunes et possèdent des
flotteurs pour rester à la surface et profiter du soleil. Elles se
multiplient indéfiniment par simple division. On rencontre peu
d'animaux parmi ces algues malgré les légendes qui courent
sur le fameux Triangle des Bermudes. Une espèce de bau-
droie, l'antennaire marbrée, se confond parfois avec les al-
gues et des bryozoaires y vivent en colonie accrochés aux
algues, quand ils sont trop nombreux ils coulent avec leur
support ce qui entraîne leur mort.
Cette mer joue également un rôle important dans la migration
des anguilles européenne et américaine : les larves des deux
espèces naissent là, puis vont en Europe et sur la côte est de
l'Amérique du nord. Plus tard dans leur vie, elles essayent de
retourner dans la mer des Sargasses pour y pondre leurs
oeufs.

• Le golfe du Saint-Laurent est un vaste golfe de l'est du


Canada communiquant avec l'océan Atlantique. Il draine un
large bassin comprenant les grands lacs nord-américains. Le
fleuve Saint-Laurent s'y jette, à travers le plus grand estuaire
du monde. Il est délimité au nord par la péninsule du Labra-
dor, à l'est par Terre-Neuve, au sud par la Nouvelle-Écosse
(surtout l'île du Cap-Breton), et à l'ouest par la Gaspésie et le
Nouveau-Brunswick. Il se déverse dans l'Atlantique à travers
deux passages : le détroit de Belle Isle entre Terre-Neuve et
Labrador et le détroit de Cabot entre Terre-Neuve et l'île du
Cap-Breton. Une tierce embouchure, le détroit de Canso en-
tre l'île du Cap-Breton et la Nouvelle-Écosse continentale, a
été fermée par la construction du Canso Causeway en 1955.
Cette digue longue de 1.385 m qui en traversant le détroit de
Canso, relie l'île du Cap-Breton à la partie continentale de la
Nouvelle-Écosse comporte dans sa partie haute, qui est large
de 40 m, une route à double voies, la Highway 104, portion de
la transcanadienne et une voie ferrée unique. Elle a été
construite de mai 1952 à avril 1955 sur la partie la plus étroite du détroit. Avec une forme de "S", elle à une base large de
244 m qui repose sur le fond du détroit à une profondeur maximale de 65 mètres.

• La mer de Norvège est située entre l'Islande à l'ouest, l'Écosse au sud et la Norvège à l'est, elle baigne les îles Féroé.
Elle communique avec l'océan Atlantique et la mer du Nord au sud, la mer de Barents à l'est et la mer du Groenland au
nord.

• La mer du Nord est située au nord-ouest de l'Europe, et s'étend sur une superficie d'environ 575 000 km². Les pays qui la
bordent sont :
( le Royaume-Uni (île de Grande-Bretagne et les Îles de Shetland et des Orcades) à l'ouest ;
( la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne au sud ;
( le Danemark, la Suède et la Norvège à l'est.
Elle communique avec :
( la Manche par le Pas de Calais au sud-ouest ;
( la mer Baltique par le Skagerrak ou le canal de Kiel à l'est ;
( la mer de Norvège au nord.

Mer de Norvège Mer du Nord Manche

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• La Manche sépare la France de l’Angleterre. Longue de 500 km, large de 250 km (au maximum) et profonde de 172 m en
son point le plus bas, elle s'étend sur une superficie d'environ 75 000 km² La Manche orientale constitue avec le détroit
du Pas de Calais l'une des zones maritimes les plus fréquentées du globe. Dans sa partie septentrionale (Pas de Calais),
en raison des courants parmi les plus importants au monde, l'eau est très turbide, mais cependant oxygénée.

• La mer d’Irlande, elle est une sorte de bras de l'océan Atlantique, entre l'Irlande, à l'ouest, et la Grande-Bretagne, à l'est,
couvrant une superficie d'environ 104 000 km2. La mer est reliée à l'Atlantique par le canal du Nord, au nord-ouest, et par
le canal Saint-George, au sud. Les principales îles de cette mer sont l'île de Man, au centre, et Anglesey, proche de la
côte galloise. Cette mer s'est formée par fissuration et effondrement pendant l'ère tertiaire et atteint une profondeur
maximale de 175 m. Liverpool et Dublin en sont les principaux ports.

Mer d’Irlande Mer Méditerranée

• La mer Méditerranée. C’est une mer intracontinentale presque entièrement fermée, située entre l'Europe, l'Afrique et
l'Asie et qui s'étend sur une superficie d'environ 2,5 à 2,9 millions de kilomètres carrés selon que la mer Noire y soit inté-
grée ou non. Sa profondeur maximale est de 5.000 m. Son ouverture vers l'océan Atlantique par le détroit de Gibraltar est
large de seulement 14 kilomètres. Elle doit son nom au fait qu'elle est littéralement une « mer au milieu des terres », en
latin mare medi terra

A noter qu’il n’y a pas de mer bordière dans l’Atlantique sud

Son relief

Terminologie.

• Croûte continentale : partie de la croûte terrestre constituée principalement de roches granitiques et formant les conti-
nents ; épaisseur variant de 20 à 60 km.

• Croûte océanique : partie de la croûte terrestre constituée principalement de roches basiques (basalte et péridotite) et
formant le fond des océans ; épaisseur variant de 5 à 8 km.

• Plateau continental : partie de la marge continentale comprise entre la côte et le sommet du talus continental situé à une
profondeur moyenne de 200 m. En plan incliné, il est généralement accidenté par des reliefs continentaux plus ou moins
retouchés par les processus marins et plus ou moins enrobés par des sédiments d'origine continentale (terrigène) ou bio-
logique (organogène), syn. plate-forme continentale.

• Talus continental : grand escarpement tourné vers le large (pente environ 5°) et reliant le plateau continental à la plaine
abyssale, entamé ça et là par des canyons sous-marins, syn. pente continentale.

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• Glacis continental : base du talus continental (pente très faible 1°) qui se raccorde à la plaine, lieu d'accumulation de
sédiments provenant du talus et du plateau.

• Plaine abyssale : plaine sous-marine profonde (2 000 m à 6 000 m), à pente faible, constituant 33% de l'océan Atlantique
et 75% de l'océan Pacifique.

• Dorsale : chaîne de montagnes sous-marine, alignée sur près de 60 000 km et localisée à la limite de deux plaques
lithosphérique divergentes. Elle est située généralement à plus de 1.000 m de profondeur ; parfois les sommets émer-
gent. En son milieu s'observe habituellement un fossé tectonique (rift). Sa genèse s'explique par le volcanisme basaltique
sous-marin là où s'écartent deux plaques.

Les sédiments

Ils sont de 2 types : terrigènes et organogènes.

Terrigènes : Une partie de la charge sédimentaire du littoral est


transportée vers le large (l'offshore), principalement par sus-
pension. Il s'agit des sédiments à particules fines, soit les
boues et les sables très fins. Occasionnellement, lors des
grandes tempêtes par exemple, des sables un peu plus gros-
siers peuvent être amenés dans l'offshore.
Une autre partie de la charge sédimentaire du littoral, soit les
sédiments plus grossiers, sables et graviers, est chenalisée
dans les canyons sous-marins qui, à plusieurs endroits, entail-
lent le plateau continental. Ces canyons sont le plus souvent
les vestiges d'une érosion qui s'est faite durant des périodes
où le niveau des mers était beaucoup plus bas qu'aujourd'hui ;
certains prennent leur source tout près du littoral.
Enfin les avalanches, glissements en masse ou la simple reptation (un glissement très lent de la masse sédimentaire) sont un
autre véhicule de transport des sédiments. Toute cette zone qui va, du rivage jusqu'à la base du glacis, forme ce qu'on appelle
la marge continentale.
Organigènes : L'océan contribue aussi à produire des sédi-
ments. Le plancton en est un des éléments essentiels. Une
grande proportion de ces microorganismes possède un sque-
lette minéralisé, soit en carbonate de calcium comme par
exemple les foraminifères ou certaines micro-algues du nan-
noplancton, soit en silice comme les diatomées et les radiolai-
res. Après la mort d'un individu, son squelette devient une
particule sédimentaire.
Il s'ensuit que la surface des océans produit une pluie conti-
nuelle de très fines particules. Cette pluie, composée de
matières organiques non encore oxydées (M.O.), de calcite, aragonite et de silice produit une couche sédimentaire sur le plan-
cher océanique. Il existe une limite naturelle en milieu océanique qu'on appelle la CCD (carbonate compensation depth = niveau
de compensation des carbonates). Au-delà de cette limite qui est d’environ 5 000 m dans l’Atlantique tropical, le carbonate est
dissous, le plancher océanique se trouve en ces endroits uniquement recouvert par de la silice.

Au milieu des années 1970, une découverte étonnante, les sources hydrothermales des fonds océaniques, a mis en évidence
un type très particulier de dépôts océaniques : des dépôts métallifères de sulfures massifs. Ces dépôts se font à la faveur d'un
système hydrothermal aux dorsales médio-océaniques. Ces sources jaillissent de grandes cheminées, les fumeurs noirs, sur les
fonds océaniques. Elles proviennent du mélange de deux types de fluides :
• les fluides hydrothermaux magmatiques, issus des vapeurs d'eau qui s'échap-
pent du magma qui cristallise ; ces fluides hydrothermaux qui sont chargés en
métaux dissous s'infiltrent dans les fractures de la croûte océanique et remontent
vers la surface.
• l'eau de mer qui s'infiltre aussi dans les fractures de la croûte; ces eaux marines
ont des températures de l'ordre de 2°C et sont très pauvres en métaux. Le mé-
lange se fait en grande profondeur (quelques milliers de mètres).
C'est un mélange hydrothermal à 350°C, bien différend de l'eau marine, qui est
craché par les sources des fonds océaniques. Il est éjecté avec une vitesse de 1
à 2,5 m/mn ; il contient de l'hydrogène sulfuré (H2S) et, surtout, il est très chargé
en métaux tels que le fer, le manganèse, le zinc et le cuivre. C'est ce qui conduit
à une accumulation de sulfures massifs métallifères.

Les plaques tectoniques

L’Atlantique se trouve au-dessus de 5 plaques tectoniques à savoir : nord américaine, eurasiatique, africaine, caraïbe et sud
américaine. Toutes se déplacent et sont à l’origine des volcans et tremblements de terre. La nord américaine va vers l’ouest à
une vitesse de 1,15 cm par an, sa voisine, l’eurasiatique, du coté européen, va vers le nord ouest à une vitesse de 0,95 cm par
an. Il y a donc un écart entre ces 2 plaques de quelques millimètres par an qui est comblé par du magma. La plaque africaine se
déplace vers le nord est à raison de 2,15 cm par an, elle pousse donc la plaque eurasiatique et s’éloigne de la nord américaine
ainsi que de la sud américaine qui, elle, se déplace vers le nord à la lenteur de 1,45 cm par an. Au centre la petite plaque ca-
raïbe essaie de s’en sortir en filant à 2,45 cm par an vers le nord est.

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Sur ces différentes plaques se trouvent les plaines abyssales à plus de 5.000 m de
profondeur que les géographes dénomment bassins. Le plus étendu est le bassin
nord américain qui comporte 2 fosses, la fosse de Narres dont la profondeur atteint
7.000 m et la fosse de Porto-Rico qui descend jusqu’à 9.225 m, profondeur absolue
de l’Atlantique. Les Bermudes en sont les émergences.
Coté européen le bassin ibérique déroge à la règle puisque sa profondeur est infé-
rieure à 5.000 m sauf tout au sud ou elle atteint environ 5.300 m.
La plaque africaine comporte plusieurs plaines abyssales. Du nord au sud : le bas-
sin du Cap Vert qui comporte 2 fosses à 6.411 et 6.108 m, les îles du Cap Vert en
sont les émergences ; deux petits bassin, Sierra Léone dont les extrêmes sont la
fosse de la Romanche à -7.599 m et l’émergence des rochers Saint Paul puis le
bassin de Guinée. Le bassin de l’ouest africain quant à lui descend jusqu’à 6.017 m
St. Hélène en est son île ; la crête de Walfish Bay le sépare du bassin du Cap.
Les bassins argentin et brésilien sont sur la plaque sud américaine. Les points ex-
trêmes du premier sont la fosse du Météor (-6.744 m) et les îles Sandwich et de
Géorgie du sud ceux du second sont – 6.031 m et les îles Trinidad et Fernando de
Noropha.
Enfin le minuscule bassin du Vénézuela situé pratiquement au centre de l’arc de
cercle que forment les petites Antilles descend jusqu’à 5.500 m.

La dorsale médio atlantique

Elle s’élève au contact des plaques tectoni-


ques américaines d’une part et eurasiatique
et africaine d’autre part. Cette chaîne de
« montagnes » culmine aux environs de - 2 à
- 3.000 m, sa base se trouvant sur les plaines
abyssales donc à plus de 4.000 m de profon-
deur. Sa largeur varie entre 500 et 800 km. Il
n’y aucune comparaison possible avec les
montagnes émergées, même si la dénivelée
peut être de 5.000 m la pente n’est mathéma-
tiquement que d’environ 1 m tous les 50 m.
Comme pour les massifs montagneux la
dorsale n’est pas une ligne continue. Elle est
formée de segments coupés tous les 10 à
100 km par des failles qualifiées de « transformantes ». La ligne axiale de cette « montagne sous la mer » est creusée d'une
vallée étroite de quelques kilomètres de large seulement appelée rift, ou fossé d'effondrement. Le rift est le lieu d'une intense
activité géologique et considéré comme une oasis de vie dans le grand fond océanique plutôt très pauvre en activité biologique
faute de ressources énergétiques et chimiques. C’est l’endroit ou s’écoule le magma et où se trouvent les cheminées.
Ce n’est qu’au tout début du XXème siècle que les dorsales ont été découvertes et c’est en 1952 que la géographe Marie Tharp a
fait état du rift dans cette dorsale. Depuis les missions scientifiques se succèdent pour l’étudier

Sa formation

On observe un certain parallélisme des lignes côtières entre d'une part les Amériques et
d'autre part l'Europe - Afrique. Cela suggère que ces deux ensembles constituaient deux
morceaux d'un même bloc. Ce qui amena Wegener à concevoir que dans un passé loin-
tain toutes les masses continentales étaient réunies en un seul mégacontinent, la Pangée.
Aujourd'hui, grâce à notre connaissance de la tectonique des plaques, on a reconstitué
les déplacements qui ont eu lieu depuis l’origine de la terre. L’Atlantique est né de la sé-
paration des Amériques de l’Europe et de l’Afrique.
Voici comment était la Terre il y a environ 225 millions d’années. Les continents actuels sont déjà divisés. Au Jurassique la sé-
paration des Amériques de l’Europe et de l’Afrique se poursuit, l’Atlantique prend naissance. Au Crétacé, entre 135 et 65 millions
d’années la Pangée donne lieu à 2 continents : la Laurasie au Nord, le Gondwana au Sud. A l’Eocène l’Amérique du Nord et
l’Europe sont encore liés, l’Afrique pivote sur elle-même pour se rapprocher de la Laurasie . Au Miocène, il y a entre 25 et 11
millions d’années l’Amérique du Sud se détache de l’Antarctique et remonte vers l’Amérique du Nord, L’Afrique rejoint l’Eurasie.
Au pliocène il se forme un isthme entre les 2 Amériques. L’Atlantique est presque formé. A l’Est la Méditerranée débouche sur
l’océan Indien. C’est le Pléistocène (1 Ma – 15.000 ans) qui a vu la Terre être ce que nous connaissons actuellement.

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Cette situation n’est pas figée, les plaques terrestres continuent leurs déplacements provoquant éruptions volcaniques et, ou
séismes. L’Atlantique tant Nord que Sud va s’élargir de plus en plus, la Méditerranée disparaîtra puisque l’Afrique et l’Eurasie
ne feront plus qu’un continent. L’Australie, en se rapprochant de l’Antarctique créera une barrière au sud, la rotation de l’Afrique
aura fait qu’il n’y aura plus de séparation entre l’Atlantique et l’océan Indien. Enfin les Amériques se rapprocheront de
l’« Afreurasie » en formant une nouvelle Pangée et l’Atlantique sera un grand lac au milieu des terres.

Les courants

Généralités

Il existe deux grandes catégories de courants marins :


• La circulation océanique horizontale, celle à grande échelle, qui est généralement mise en mouvement par les vents (ali-
zés, cinquantièmes hurlants, etc) et qui subit l’influence de la rotation de la terre (force de Coriolis). C'est celle que l'on
voit dessinée sur les cartes. Dans l’Atlantique nord ces courants circulent dans le sens des aiguilles d’une montre, dans
l’Atlantique sud c’est l’inverse.
• Les courants qui vont des profondeurs des océans vers la surface puis replongent vers les profondeurs. Ils sont mis en
mouvement par des différences de température (l'eau froide est plus dense que l'eau chaude) et/ou de salinité entre les
différentes couches de l'océan (l'eau salée est plus dense que l'eau douce). Lorsque la circulation horizontale amène de
l'eau dense au-dessus d'une couche qui l'est moins, l'eau de surface plonge alors vers les profondeurs et met en mouve-
ment une telle circulation "verticale". Les courants les plus profonds de cette catégorie portent le nom de courants ther-
mohalins, et d'autres, qui vont un peu moins en profondeur, portent le nom de circulation thermocline. Il est facile de voir
que l'on retrouve dans ces deux termes la racine "thermo", qui désigne la chaleur.

Circulation horizontale Courants profonds

Le Gulf Stream

Il est constitué de la fusion du courant de Floride, du courant de Cuba et du courant


nord équatorial. Au large de la Floride c'est un véritable fleuve, de 80 à 150 km de
large et de 800 à 1200 m de profondeur, qui s'écoule à une vitesse de 9 km/h et
dont les bords sont visibles à l'œil nu. Son débit est estimé à 85 millions de mètres
cube d'eau à la seconde et sa température varie de 30 à 35°C. Il longe la côte amé-
ricaine vers le nord jusqu'au cap Hatteras, puis se dirige vers l'est en formant des
méandres qui finissent par se détacher du courant principal sous forme de tourbil-
lons qui s'atténuent en plusieurs jours ou quelques semaines. Ces tourbillons sont
le principal mécanisme de ralentissement et de dilution du courant. Aux abords de
l'Europe, il se sépare en deux ramifications; une dirigée vers l'Islande, et l'autre vers
les Açores. Arrivées à l'extrême Nord de la Norvège, et au niveau des côtes du
Portugal, les deux ramifications du Gulf Stream ont refroidi, leur salinité a fortement
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augmenté en raison de l'évaporation, leur densité augmente énormément, entraînant leur plongée dans les couches océaniques
inférieures. On ne parle plus alors de Gulf Stream.
La limite sud du courant se dilue rapidement dans l'océan dont la température et la salinité sont très peu différentes. Au contraire
la limite nord-ouest constitue également la limite sud-est du courant du Labrador, froid et coulant en sens opposé.

Le courant du Labrador

Il provient de l'Océan Arctique et se dirige vers le sud. Il est la continuation de 2 courants : le courant occidental du Groenland et
le courant de l'île de Baffin. Il s'écoule le long de la côte du Labrador et de la côte orientale de l'île de Terre-Neuve pour se diri
ger ensuite vers le Sud-Est et les côtes de la Nouvelle-Écosse. Une branche de ce courant
part vers l'ouest, le long de la côte sud de Terre-Neuve et pénètre dans le golfe du Saint-
Laurent. Selon les saisons sa vitesse varie de 110 à 380 mètres par heure et le débit est de
l’ordre de 4 à 7 Sv soit 40 à 70 millions de m3 par seconde.
Ce courant a pour conséquence un refroidissement des côtes orientales du Canada et de la
Nouvelle-Angleterre. Les eaux de ces côtes sont inférieures de 7 à 10°C aux eaux, pour une
latitude similaire, des côtes occidentales de l'Amérique du Nord et de l'Europe. L'eau du cou-
rant du Labrador étant moins salée, elle gèle aussi plus facilement ce qui explique que les
côtes de l'Est canadien puissent être prises dans les glaces en hiver même à des latitudes
assez basses. Au printemps et en été, ce courant charrie des icebergs, souvent détachés des
glaciers du Groenland, vers l'Atlantique Nord et ses lignes maritimes.
La rencontre du courant du Labrador avec les eaux plus chaudes du Gulf Stream à hauteur
de Terre-Neuve créent les célèbres brumes des Grands Bancs mais transforme cette zone de
haut-fonds en une des zones les plus poissonneuses au monde.

Le courant des Canaries

La branche Sud du Gulf Stream franchit la dorsale médio-Atlantique au sud de l'Archipel des
Açores (entre 32 et 37 N) et entre dans le bassin Est sous le nom de courant des Canaries. A ce
courant est associée une forte variabilité : méandres et tourbillons, déplacements saisonniers,
bien mise en évidence par les mesures altimétriques. On note qu'il existe une assez grande
incertitude quand au transport exact de ce courant, à sa pénétration verticale et au devenir des
eaux après le franchissement de la dorsale. La carte de la circulation absolue établie en 1997
pour l'Atlantique Nord-Est reste assez imprécise dans sa partie Sud, faute de données, et n'ap-
porte pas une réponse complète sur ce sujet.
Au nord des îles du Cap Vert il s’infléchit vers l’ouest et rencontre le courant nord équatorial qui
circule dans la même direction mais à une vitesse différente. Des gyres se forment au contact de
ces deux courants surtout en période hivernale ou le courant des Canaries est le plus puissant.
Cette circulation sub-tropicale est initiée par la circulation atmosphérique qui, sur l'océan atlanti-
que, est caractérisée par l'anticyclone des Açores, centre de surpression autour duquel les vents
tournent dans le sens des aiguilles d'une montre. Suite à l'action de la force de Coriolis, les cou-
rants de surface dans cette région de l'Atlantique s'organisent en une immense boucle, circulant
dans le même sens.

Le courant de Benguela

Les sources de ce courant sont constituées par 50% d’eau d’upwelling de l’Atlantique sud,
25% d’eau de l’océan Indien qui sont des eaux très salines et peu oxygénées et 25% pro-
viennent de l’océan Antarctique.
Il débute au cap de Bonne Espérance et remonte vers le nord le long de la côte africaine.
C’est un courant froid d’une largeur d’environ 200 km au sud à 750 au nord qui se déplace
à raison de 40 à 80 mètres par heure, son débit varie entre 18 et 21 Sv.
Aux alentours de 15° de latitude sud, à hauteur de la ville de Benguela il oblique vers
l’ouest. Cependant une petite branche de ce courant continue vers le nord, le long de la
côte pour rejoindre le courant d’Angola dans le golfe de Guinée.
En 1934, 1963 et 1984 a eu lieu un phénomène similaire à El Niño. Cette petite branche
qui continue normalement à longer la côte s’est arrêtée. Le courant chaud d’Angola s’est
donc installé causant une élévation de 4°C de la température moyenne et de nombreuses
précipitations sur le nord de la côte de la Namibie.

Le courant sud équatorial

C’est un courant extrêmement large qui se dirige vers l’ouest. Sa limite nord est aux environs de 4° N, celle du sud se situe entre
15 et 25° S selon l’époque de l’année et la longitude. Ainsi il est plus large à l’est qu’à l’ouest. On distingue 3 grandes branches :
sud (SSEC = Southern South Equatorial Current), centrale (CSEC = Central South Equatorial Current) et nord (NSEC = Nor-
thern South Equatorial Current).
La branche sud qui se situe entre 8 et 15 à 25° S est essentiellement alimentée par le courant de Benguela, c’est un très large
écoulement lent, la vitesse est de l’ordre de 400 mètres à l’heure dans sa partie centrale et le débit est estimé à 49 Sv. Aux
alentours de 30° de longitude ouest il bifurque vers le sud pour en partie s’enrouler sur lui-même, en partie poursuivre sa route
jusque dans l’océan Arctique.

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La branche centrale qui se situe entre environ 4 et 8° S a un débit très variable à savoir entre 7 et 29 Sv selon la saison. A
proximité de la côte Brésilienne il se scinde en 2. Une branche, la plus faible se dirige vers le sud pour former le courant du
Brésil, l’autre vers le nord.
La branche nord a un débit de 23 Sv et une vitesse de l’ordre de 1 km/h. En butant sur la côte elle se dirige vers le nord pour
former avec la branche nord du courant central le courant du nord du Brésil puis celui des Caraïbes. Ce sont des courants assez
véloces (respectivement 3 et 2,2 km/h). A relever que le courant Nord du Brésil est également alimenté par l’Amazone.

Courant des Caraïbes Courant du nord du Brésil


Le courant du Brésil

Comme vu ci-dessus il est alimenté par la branche sud du courant central sud équatorial. Il longe la côte de l’Amérique du Sud.
Sa vitesse est de l’ordre de 500 m/h. Aux alentours de 22° S il se divise. Une branche oblique vers l’est l’autre poursuit son trajet
le long de la côte pour rencontrer entre 33 et 38° S le courant froid des Malouines qui remonte de l’Antarctique. La région de
rencontre de ces deux courants est appelée la « confluence Brésil-Malouines » en raison de ses fortes variations météorologi-
ques dues aux courants et à la température de l’eau.

Courant du Brésil Courant des Malouines


Températures

La température de l’eau est tributaire du rayonnement solaire, des courants et de la profondeur. Les températures élevées sont
confinées dans les couches supérieures, au-delà de 1.000 m de profondeur la température est relativement homogène.
Les océanographes distinguent 3 couches :
• La couche de surface ou couche de mélange de 50 à 200 m d’épaisseur où les températures sont voisines de celles de la
surface.
• La couche thermocline de 200 à 1.000 m d’épaisseur dans laquelle la température décroît rapidement avec la profondeur
sauf aux grandes latitudes ou la température de surface est voisine de celle du fond. L’épaisseur de cette couche varie en

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fonction de la latitude, mais aussi en fonction des saisons. On peut avoir une thermocline permanente, saisonnière ou pas
de thermocline.
• La couche profonde, au-delà de 1.000 m qui est caractérisée par des températures faibles et homogènes

Distribution verticale des températures dans l’Atlantique ouest

Températures annuelles moyennes

à la surface à 100 m à 500 m à 1.000 m à 3.000 m

Les variations annuelles de la température de surface sont relativement faibles, de l'ordre de 2°C à l'équateur, 8°C à 40° de
latitude, quasi-nulles dans les régions polaires. Près des côtes, on peut observer des variations de l'ordre de 15°C. Ces varia-
tions sont essentiellement dues aux variations saisonnières du rayonnement solaire à la surface, elles sont plus importantes
près des grandes masses continentales de l'hémisphère nord.
Les variations journalières de la température de surface sont au large inférieures à 0,3°C, elles peuvent atteindre 2 à 3°C en eau
très peu profonde.
Variations moyennes des températures au cours de l’année

à la surface à 100 m à 500 m


Ces variations décroissent naturellement également avec la profondeur.

Les mystères

Le triangle des Bermudes


Voir l’exposé de Jo

L’Atlantide
Le mystère de l’Atlantide est entré dans l'histoire par quelques phrases d'un dialogue de Platon. Les premières références
connues de l’Atlantide apparaissent dans deux de ses dialogues, le Critias et le Timée.
D'après le récit de Platon, la richesse minière de l'île atlante était considérable.
On y trouvait de l'or, mais on y fabriquait surtout de l'orichalque, que plusieurs
historiens, dans ce cas précis, identifient à l'ambre des côtes baltiques de l'Eu-
rope. Le sol était recouvert de forêts, qui fournissaient d'importantes quantités
de bois pour la construction des bateaux. Bétail et gibier abondaient, ainsi que
champs de céréales et vergers. Bref, l'île atlante était une sorte de pays de
cocagne. On y voyait, toujours selon le récit de Platon, de nombreux éléphants.
La pierre y était de bonne qualité et permettait la construction de monuments
impressionnants. La force militaire des Atlantes était à la mesure des richesses
de leur contrée : une flotte de mille deux cents navires, une armée de dix mille
chars... Cette île aurait disparu, noyée par les eaux.

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L'énigmatique empire des Atlantes défie la sagacité des chercheurs depuis vingt-cinq siècles. Des milliers de volumes lui ont été
consacrés. A peu près autant d'hypothèses ont été formulées sur la localisation de l’Atlantide.
De la Palestine au continent américain, l'Atlantide s'est promené dans tous les coins de la planète. La plupart de ces localisa-
tions sont complètement dénuées de fondement scientifique et d'intérêt. Le débat sur l'Atlantide n'est pas clos pour autant. Au
cours des dernières décennies, plusieurs faits nouveaux sont venus grossir le volumineux dossier atlante.
Les trois hypothèses classiques sur la localisation de l'Atlantide, les seules à avoir un minimum de rigueur et de crédibilité histo-
rique, situent le continent englouti dans l'Atlantique, mer Egée, et en mer du Nord.
L'hypothèse "atlantique" » est une des plus connues, et la bande dessinée lui a donné de nouvelles lettres de noblesse : Blake
et Mortimer, les deux héros d'Edgar P. Jacobs, partent ainsi, dans L'Énigme de l'Atlantide, à la recherche des Atlantes et les
retrouvent sous terre, au fond d'immenses grottes situées sous les îles Canaries.
En fait, il semblerait que, comme pour le triangle des Bermudes, l’Atlantide n’est qu’un mythe.

DH 5/08

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