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Bulletin de la Société

préhistorique de France

La Tortue en Préhistoire. (La Tortue dans la Mythologie)


L. Jaquot

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Jaquot L. La Tortue en Préhistoire. (La Tortue dans la Mythologie). In: Bulletin de la Société préhistorique de France, tome 7,
n°10, 1910. pp. 497-498;

doi : https://doi.org/10.3406/bspf.1910.12044

https://www.persee.fr/doc/bspf_0249-7638_1910_num_7_10_12044

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SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE 497

II. — NOTES ORIGINALES.

JLe Mot Chiron (Suite).

M. L. Jacquot (de Grenoble). — M. Bourrilly, clans le numéro


de septembre 1910, trouve au mot Chiron des dérivés et des
synonymes dans certains mots plus ou moins analogues, tels que
Queiroun, Cairou, Cheirou, Cairon, Cairo, etc., auxquels il
donne le sens de « bloc équarri, de forme rectangulaire ». — En
Chablais, le numéro XXVI de mon inventaire des Pierres à
sculptures anhistoriques signale (page 488 du volume du Congrès
de Chambéry) une pierre Carreau ou Carro, de forme
triangulaire, et comprise dans Yangle formé par le confluent de deux
ruisseaux. .J'ai déjà indiqué, surle lac d'Annecy, le roc de Cheyre,
énorme masse rocheuse qui forme dans le lac un véritable
promontoire. Dans le Glossaire du patois de la Suisse romande, par
le doyen Bridel (Lausanne, 1866), je lis (page 67) que Carro a la
signification de « coin, angle, carrefour; carré, planche de
jardin : en ti lé carro, dans tous les coins ».
Mais nous sommes déjà un peu loin de Chirou, il me semble...

M. Quilgars (d'Evreux). — Voici les noms des Chirons du


département de Loire-Inférieure : Le Chiron, village, commune
de la Limouzinière ; — le Chiron, moulin, commune de Nantes; —
le Chiron, habitation, commune de Paulx; — le Chiron, village,
commune de Saint-Julien-de-Concelles; — le Chiron, village,
commune de Saint-Lumine-de-Coutais; — le Chiron, village,
commune de Vertou; — le Chiron-Boileau, village, commune de
Machecoul; — la Chironnerie, habitation, commune de Saint-
Mars-du-Désert; — le Chironnet, village, commune de Saint-Phil-
bert-de-Grandlieu; — la Chironniere^ habitation, commune de
Vigneuc.

La Tortue en l*réhistoire.
(La Tortue dans la Mythologie).

M. L. Jacquot (de Grenoble). — Dans l'ouvrage de M. Pluche,


intitulé Histoiredu Ciel, et paru en 1742 à Paris (page 245), on lit :
« On voiLquelquefois les figures d'Anubis etd'lsis accompagnées
d'une Tortue, ou d'un canard, ou d'un lézard amphibie. — Le
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propre de ces animaux est de se mettre à portée de la terre et de
l'eau, qui leur sont également nécessaires, et de se loger sur un
terrain plus élevé à mesure que l'eau monte... » Cette
explication, très plausible, de Pluche, peut permettre de comprendre
le rôle important joué par la Tortue dans les rites anciens. De là
à faire remonter ces coutumes de l'époque égyptienne aux
époques préhistoriques, la distance, quoique considérable, n'est pas
cependant si immense qu'elle ne puisse être franchie ! — Le
totémisme du chien et celui de la tortue peuvent peut-être s'expliquer
par les services rendus aux hommes par ces deux animaux.

Le Chien en Préhistoire.
(Le Chien dans la Mythologie).

M. L. Jacquot (de Grenoble). — Une remarque de M. le


Dr Marcel Baudouin, faite à propos de l'hypothèse du Chien
infernal émise par M. Guenin (Bull., n° 9, septembre 1910),
m'incite à vous soumettre à mon tour quelques idées, sinon
neuves, du moins encore peu connues. Elles ne sont pas de moi,
je m'empresse de le dire. Vous les trouverez dans un petit
ouvrage, plein de choses curieuses, intitulé Histoire du Ciel, paru à
Paris (chez Veuve Estienne, rue Saint-Jacques), en 1742, et dû à la
plume d'un sieur Pluche.
1° Cerbère. — Voici donc ce que j'y ai lu (tome premier, page
128) : « Le chien étant l'animal le plus attaché à l'homme est le
symbole naturel de l'amitié et de l'attachement. Pour exprimer
les trois cris qu'ils avaient poussé sur la fosse de leur ami,
suivant l'usage qui n'accordait cet honneur qu'aux gens de bien, les
anciens donnaient trois têtes ou trois gosiers à la figure du Chien.
Ainsi cette figure, placée auprès du tombeau et sur la porte du
mort nouvellement enterré, signifiait qu'il avait été honoré des
regrets de la famille et des cris que les amis ne manquaient pas
de venir pousser sur la fosse... Ils l'appelaient Cerbère, c'est-à-
dire, très simplement, les cris de la fosse (en note : ceri ou cri —
en hébreu — qui a le même sens dans notre langue; et ber, le
caveau, la fosse) ».
2° Canicule. — Page 42 ; « La sortie du Nil hors de ses bords
arrivait quelques jours plus tôt ou plus tard lorsque le soleil se
trouvait sous les étoiles du Lion... A côté de ces étoiles, qu'on
démêle avec peine, on voit monter sur l'horizon une des plus