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LES ACTIONS

EN DROIT MAROCAIN ET DROIT


COMPARE

DROIT FINANCIER

Master Droit des Affaires

Professeur : Mohammed HAMMOUMI

Travail réalisé par les étudiants :

 NEJJAR Khadija
 CHOUADLI Nezha
 ZAIDA Imane
 ENNAJJARY Rachid

Année universitaire : 2018/2019.


Introduction
Actuellement, les sociétés commerciales jouent un rôle primordial dans la dynamique
économique des Etas. Elles participent à la création des richesses, à la réalisation des
politiques publiques et à la promotion des investissements internes et externes des pays.
Ainsi, elles contribuent à la stabilité sociale de leurs sociétés.

Ce rôle important impose que celles-ci devraient disposer des capacités financières et
humaines leur permettant de réaliser leurs programmes d’investissement et d’atteindre
leurs objectifs. C’est pour cela, il est important que les fondateurs de ces sociétés instaurent,
entre eux, un climat de confiance et de transparence. Car, le domaine des affaires est un
domaine des risques, et toute difficulté de l’entreprise pourra menacer sa continuité et son
fonctionnement et par conséquent la faillite de ses fondateurs.

Alors, la relation entre les fondateurs de la société est très importante, notamment
dans les sociétés des personnes où l’intuitu personae est considérablement pris en
considération au moment de leur constitution. Cependant, cette qualité n’a point
d’importance dans les sociétés de capitaux. Dans ces dernières, ce sont les capitaux qui sont
déterminants dans leur création. D’ailleurs, la responsabilité des actionnaires dans ce type
des sociétés est limitée aux apports qu’ils détiennent dans leurs capitaux sociaux, elle est
proportionnelle au nombre d’actions dont ils sont propriétaires.

L’action représente donc la fraction du capital que dispose chacun des actionnaires
dans le capital de la société1. Par conséquent, elle constitue un titre de propriété qui retrace
la limite de responsabilité de l’actionnaire dans la société. Ainsi, sa détention confère à ce
dernier des droits non seulement aux bénéfices réalisés, mais aussi à une participation active
à la gestion de la société.

1
E. LE SAOUT, « Introduction aux marchés financiers », 3ème édition, economica, p. 53.

2
De plus, l’actionnaire dispose d’une grande liberté lui permettant de céder ses droits
et ses parts dans la société. Ce droit s’exerce par un mécanisme qu’on appelle « la
négociation des titres ». D’ailleurs, la négociabilité est l’une des caractéristiques
fondamentales de l’action2, sans elle, l’action perd sa substance et son utilité3. Il s’agit d’un
principe qui permet la transmission des titres sans constater les formalités exorbitantes du
droit civil. Ce principe permet à l’actionnaire de disposer librement son action, il peut la
céder comme il peut la vendre. L’action constitue donc une valeur mobilière et un titre
négociable.

L’apparition des actions est concomitante à l’apparition des bourses et des sociétés
d’actions. Dans le passé, les actions ont été représentées, par des documents en papier.
Aujourd’hui, celles-ci sont représentées par une simple inscription dans des registres de
transfert des titres retenus par les sociétés, ou en compte au nom du propriétaire auprès
d’un établissement agréé chargé de tenir les comptes des titres.

Auparavant, les actions ont été réservées aux plus fortunés. Cependant, de nos jours,
elles constituent l'instrument de prédilection de toute personne souhaitant faire fructifier
ses avoirs. L'augmentation de cette demande est conjuguée aux progrès des techniques de
négociation, a ouvert le marché de telle sorte que, de nos jours, pratiquement n'importe qui
peut détenir des actions.

Les actions sont, sans nul doute, l'instrument financier le plus connu du grand public 4.
La quasi-totalité des actions cotées à la bourse sont dites classiques ou ordinaires. L'action
ordinaire donne l'intégralité des droits attachés, droit de vote, de dividendes, à
l'information, sur l'actif social.

Toutefois, le développement des marchés financiers a conduit les entreprises à créer


de nouveaux types d'actions, connus par les actions de préférence. Ces actions confèrent à
leurs titulaires des avantages particuliers par rapport à des actions ordinaires. Au Maroc, on
trouve, entre autres, des actions de priorité, des actions avec ou sans droit de vote, les

2
‫ ك يل‬،‫ مذكرة لنيل هلدة ة ملمةتيل ير الق ملنلةنخا ملكلةة‬،" ‫ "حري ملميةهم اق مل نةز عا مأليدم‬،‫با غةلي يمي اةطم ملزهرمء‬
.07 .‫ ة‬،2008-2007 ،‫ تةمع أبخ بكر ب نةي – ميةا ملتزمئر‬،‫ملحنخق‬
3
.03 .‫ ة‬،‫ ملمرتع مليةبق‬،‫با غةلي يمي اةطم ملزهرمء‬
4
‫ تةمع عب ملرحمةا‬، ‫ مذكرة لني هدة ة ملمةي ر اق قةنخا مألعمة‬،"‫ "ملنظةم ملنةنخنق لأليدم خملين مت‬، ‫ه يط ع ق خ بخمرمخ محن‬
.8 .‫ ة‬،2018-2017 ،‫ ملتزمئر‬، ‫ ك ي ملحنخق خملع خم ملييةيي‬، ‫ميرة –بتةي‬

3
actions à droit de vote double. Ces actions ont leurs particularités propres et leurs modes de
fonctionnement qui diffèrent légèrement des actions ordinaires 5.

En somme, étant un titre de propriété, l’action confère à son propriétaire de


nombreux doits et prérogatives sur une fraction du capital social de la société. Aussi, étant
un titre négociable, l’action peut être librement transmise par son titulaire. Le principe de la
libre négociabilité des actions peut ouvrir la porte de la société à des concurrents. Ces
derniers peuvent s’introduire aux organes de gestion de la société et entraver son
fonctionnement et donc sa continuité. En outre, les actions sont des instruments financiers
indispensables pour la société, car elles constituent une réserve importante pour elle de se
procurer des financements nécessaires, le échéant.

Quel est donc le régime juridique des actions en droit marocain et en droit comparé ?
A quel point le législateur marocain a réussi à préserver les intérêts divergents aussi bien de
la société que de ses actionnaires ?

L’analyse de ce sujet nous amène à l’étude des actions en tant que des titres
financiers, et plus précisément des titres de capital,dont l’importance ne cesse de s’accroître
de jour à un autre. De nos jours, les actions jouent un rôle primordial dans les marchés
financiers. D’ailleurs, de notre époque, il est inconcevable d’imaginer le développement d’un
pays sans recourir aux techniques de financement modernes dont la négociation des titres
dans les marchés financiers notamment les marchés boursiers. La bourse constitue un
marché de rencontre et de liaison entre les secteurs excédentaires et ceux déficitaires6. C’est
un lieu de négociation des valeurs mobilières dont l’action est la principale.

Faire entourer ce thème, nous amène à traiter la problématique posée autour de ces
deux axes :

5
http://www.ebourse.info/actions.html
6
.2 .‫ ة‬،‫ ملمرتع مليةبق‬، ‫ه يط ع ق خ بخمرمخ محن‬

4
Partie I : L’action, un titre de propriété. Cette partie sera consacrée à l’étude de
l’ensemble des catégories des actions et les droits qui leurs sont attachés.

Partie II : L’action, un titre négociable. Dans cette partie, nous allons examiner la
négociabilité des actions et leur introduction dans le marché boursier, ainsi que les
avantages et les inconvénients de cette opération.

5
Partie I : l’action, un titre de propriété

Une action est, de prime abord, un titre de propriété d’une fraction du capital d’une
société. Elle peut être crée au moment de la création de la société ou lors de son
développement. Au moment de sa création, les associés décident de mettre en commun des
apports en numéraire, en nature et dans certains cas des apports en industrie (carnet
d’adresse par exemple)7. En contrepartie de ces apports, sont ainsi émises des actions
proportionnellement à la mise de chaque actionnaire.

L’émission d’actions a pour effet de répartir le capital social de la société entre une
série d’actionnaires : l’actionnaire est donc propriétaire de la société au prorata du nombre
d’actions qu’il possède.

Cela étant, l’action confère à son détenteur plusieurs droits pour peser sur les
décisions de l’entreprise : ce sont les actions ordinaires (A).

A côté des actions ordinaires, il peut être créé, lors de la constitution de la société ou
en cours de sa vie sociale, des actions de préférences (B) assorties de droits particuliers.

7
https://www.edubourse.com/guide-bourse/action-ordinaire.phb

6
A-Les actions ordinaires :

Lorsqu’on parle d’actions c’est généralement aux actions ordinaires qu’on fait
référence. Ce type d’actions, dites également actions classiques, constituent la forme la plus
répandue sur les marchés boursiers. Ce sont des valeurs mobilières émises par les sociétés
par actions en représentation de leur capital social. Il s’agit donc de titres remis aux
personnes qui réalisent un apport en fonds propres à la société. Leurs détenteurs sont les
créanciers de tout dernier rang de la société, ceux qui ne seront remboursés, en cas de
liquidation de la société, qu’après tous les autres créanciers sociaux.

En effet, la détention d’actions ordinaires confère à leurs propriétaires des droits


classiques, typiquement ceux des fondateurs de l’entreprise, proportionnels à la quotité du
capital qu'ils détiennent. Il s’agit de deux types de droits : pécuniaires (1) et politiques (2).

1- Droits pécuniaires :

L’action confère à son titulaire des droits pécuniaires qui se traduisent pour
l’actionnaire par un droit aux dividendes (a), c’est-à-dire à la quote-part des bénéfices
distribués chaque année, un droit de participer aux augmentations du capital (b), et enfin, un
droit au boni de liquidation (c), qui n’est autre que le dernier dividende calculé au moment
de la liquidation de la société.

a- Droit au dividende :

En cours de la vie sociale, l’action confère à son titulaire un droit sur les bénéfices de
la société. Ce droit prend la forme d’une vocation aux dividendes.

En effet, les dividendes représentent la part des bénéfices que la société distribue à
chacun de ses actionnaires. Le montant en est fixé par l’assemblée générale ordinaire après
approbation des états de synthèse de l’exercice et constatation de l’existence de bénéfice
distribuable8.

8
Loi 17.95 relative aux sociétés anonymes, artice 331

7
Ce bénéfice distribuable est constitué du bénéfice net de l’exercice, diminué des
pertes antérieures et des prélèvements pour la dotation de la réserve légale9 et, s’il existe,
des réserves statutaires, augmenté du report bénéficiaires des exercices précédents 10. Il en
résulte de ce texte qu’une partie des bénéfices nets est soustraite aux actionnaires afin de
doter les postes de réserves, qu’il s’agisse de la réserve légale (prélèvement obligatoire de
5% du bénéfice net, - 20% en droit français 11-, à peine de nullité de toute délibération
contraire. Le prélèvement cesse d’être obligatoire lorsque la réserve légale atteint le dixième
du capital social) ou de la réserve statutaire12.

La distribution effective du dividende doit intervenir dans le délai de neuf mois de la


clôture de l’exercice 13. Dans le monde anglo-américain, un acompte sur dividende peut être
distribué avant l’approbation des comptes de l’exercice dès lors qu’il apparaît que la société
a réalisé un bénéfice distribuable depuis le dernier exercice 14. Cette pratique est très peu
pratiquée en France mais jamais au Maroc.

Le dividende est payé en espèces. Mais la loi laisse la faculté à l’assemblée générale
ou, à défaut, au conseil d’administration ou directoire, de fixer les modalités de paiement
des dividendes 15.

Les dividendes peuvent ainsi être versés sous forme d’actions dites « actions
gratuites »16. Cette pratique inspirée du droit français, lequel l’a introduit par la loi du 3
janvier 1983, à l’image de ce qui se pratique aux USA sous le nom de « accumulating
shares ». Le choix peut, en fait, être laissé à chaque actionnaire. Ceux qui acceptent,
reçoivent des actions à hauteur du dividende décidé par l’assemblée, ce qui entraine une
augmentation du capital en proportion des actions ainsi émises.

9
Loi 17.95, op,cit, article 329
10
Loi 17.95, op.cit, article 330
11
Code de commerce français, article 231-11
12
J.M MOULIN, « le droit de l’ingénierie financière », 3ème édition, Gualino-Lextenso édition, 2009, p.
31 : « La réserve statutaire peut être rendue libre sur décision d’une assemblée générale extraordinaire »
13
Loi 17.95, op.cit, article 332 – Code de Commerce Français, art. 232-13
14
J.M MOULIN, op.cit, p.32
15
Loi 17.95, op.cit, art. 332
16
H.Cherkaoui, « La société anonyme », 2ème édition, 2011, p. 124

8
En France, le paiement de dividende peut même emprunter la voie d’un paiement en
nature17 (Ex. Des immeubles détenus par la société).

Force est de préciser que toute distribution de dividende fictif est prohibée et peut
être pénalement sanctionnée 18. Néanmoins, et dans un souci de protection des actionnaires
contre une décision irrégulière de l’assemblée générale, la loi prévoit que la société ne peut
leur exiger la restitution des dividendes. Cette protection est tout de même limitée en ce
sens qu’elle ne vaut pas lorsqu’un dividende fictif a été réparti et que les actionnaires « avait
connaissance du caractère irrégulier de cette distribution au moment de celle-ci ou ne
pouvaient l’ignorer compte tenu des circonstances »19. Hors cette hypothèse, la société ne
saurait exciper des difficultés pour refuser de verser les sommes dont la distribution a été
décidée.

b- Droit de participer aux augmentations du capital :

Les actions ordinaires confèrent également à leurs détenteurs le droit de participer


aux augmentations de capital qui seront décidées afin que la société accroisse ses fonds
propres.

Au cours de sa vie, l’entreprise peut augmenter son capital soit par incorporation à
son capital des bénéfices qu’elle a accumulés sous forme de réserves qui donnent lieu à la
création d’actions gratuites, soit demander des capitaux nouveaux pour financer ses
investissements et émettre en contrepartie des actions nouvelles.

Ainsi, les nouveaux actionnaires qui auront souscrit aux actions nouvellement émises
vont alors disposer des mêmes droits que les actionnaires déjà présents dans la société
notamment sur les réserves qui représentent les bénéfices non distribués mais patiemment
cumulés par les actionnaires depuis l’origine.

17
J.M MOULIN, op,cit, p.32
18
Loi 17.95, op.cit, article 384
19
Loi 17.95, op.cit, article 336

9
L’entrée de ces nouveaux actionnaires fait donc peser un risque de dilution des droits
pécuniaires des primo actionnaires. C’est la raison pour laquelle un droit préférentiel de
souscription a été institué à leur profit leur offrant de souscrire par priorité à l’augmentation
du capital.

c- Droit au boni de liquidation :

Cette prérogative accordée au détenteur d’actions intéresse un moment particulier,


celui de la liquidation de la société. Lorsqu’une société vient à être dissoute pour une cause
quelconque et que ses biens sont liquidés, si l’actif est supérieur au passif, c à d que les
dettes sociales ont été honorées, les apports sont ainsi remboursés et le reliquat constitue le
« boni de liquidation » auquel les actionnaires ont droit.

Toutefois, il est très rare qu’une société en liquidation judiciaire dispose de


suffisamment d’actifs à distribuer aux actionnaires. La liquidation s’explique d’ailleurs quasi
exclusivement par une insuffisance d’actifs, et donc de fonds. Néanmoins, si l’entreprise
clôture volontairement ses comptes, il est possible qu’il reste une soulte qui sera réservée
aux actionnaires.

La répartition entre les actionnaires est faite, dans le silence des statuts,
proportionnellement à la participation au capital de chacun. Notant que les actionnaires
ordinaires sont les derniers à être remboursés, en cas de liquidation de la société, après tous
les créanciers de la société.

2- Droits politiques :

En contrepartie de son apport à la société, l’actionnaire va se voir conférer, outre les


droits pécuniaires, des droits politiques qui vont lui permettre de prendre part à la vie
sociale et de surveiller son investissement.

Deux droits politiques principaux sont ainsi attribués au détenteur d’actions que sont
le droit de vote (a) et le droit à l’information (b), auxquels s’ajoute le droit d’agir en justice
(c).

10
a- Droit de vote :

Ce droit est souvent présenté comme la prérogative la plus importante de


l’apporteur en capital. Il permet à chaque actionnaire de prendre part aux décisions de la
société lors des assemblées générales.

En effet, chaque année, l’entreprise réunit une ou plusieurs fois en assemblée


générale l’ensemble de ses actionnaires. Ces réunions fixent notamment le montant du
dividende à distribuer et valident diverses autres opérations, comme la mise en place d’un
programme de rachats d’actions.

Ce droit de vote peut ainsi se décomposer de la manière suivante :

- Tout d’abord, le droit pour l’actionnaire, ou son représentant, de se rendre aux


assemblées, d’y accéder sans entraves. Force est de constater que certaines sociétés
peuvent limiter l’accès à ces grandes messes aux actionnaires détenant un nombre d’actions
minimum20, dans le sens où les statuts subordonnent l’entrée à l’assemblée générale
ordinaire à la possession d’un certain nombre d’actions, néanmoins, cela ne peut empêcher
les petits actionnaires de se grouper pour se faire représenter par l’un d’eux 21.

En France, la disposition légale qui offrait aux statuts de limiter l’accès aux
assemblées ordinaires aux seuls actionnaires titulaires d’un nombre minimal d’actions a été
supprimé par la loi Nouvelles Régulations Economiques du 15 mai 200122.

- Ensuite, le droit qu’a tout actionnaire de prendre part aux délibérations des projets
de résolutions soumis à l’examen critique de l’assemblée ;

- Enfin, il s’incarne dans l’exercice effectif du droit de vote dont chaque actionnaire
dispose proportionnellement à sa participation, chaque action donnant droit à une voix au
moins. L’actionnaire qui ne peut se déplacer peut s’exprimer à distance par correspondance,
visioconférence.

20
En vertu de l’article 127 al 1, « le nombre minimum ne peut être inférieur à dix »
21
Loi 17.95, op.cit, article 127
22
J.M MOULIN, op.cit,p. 34

11
b- Droit à l’information :

La loi assure aux actionnaires une meilleure information afin d’obtenir une
participation active à la vie sociale et permettre à ceux-ci d’être pleinement éclairés sur la
situation générale de la société. D’ailleurs, l’information constitue une condition nécessaire
pour l’exercice effectif de l’actionnaire de ses droits notamment de son droit de vote.

L’information peut être de nature différente : information périodique et information


permanente. En ce sens que certains renseignements doivent être adressés ou tenus à la
disposition des actionnaires périodiquement, avant la réunion de l’assemblée (l’information
périodique). D’ailleurs, la loi 17.95 impose, en vertu de l’article 156, la publication « dans un
journal d’annonces légales, en même temps que l’avis de convocation à l’assemblée générale
ordinaire annuelle, les états de synthèse relatifs à l’exercice écoulé, établis conformément à
la législation en vigueur en faisant apparaître qu’il s’agit d’états vérifiés ou non par le ou les
commissaires aux comptes ».

D’autres renseignements doivent être tenus en permanence à la disposition des


actionnaires (l’information permanente). De sorte qu’à toute époque de l’année, tout
actionnaire peut prendre connaissance ou copie au siège social, par lui-même ou par un
mandataire, de tous les documents qui ont été soumis aux assemblées générales (AGO ou
AGE) durant les trois exercices, ainsi que des feuilles de présence et des procès-verbaux de
ces assemblées23.

Par ailleurs, les sociétés faisant appel public à l’épargne sont tenues de disposer d’un
site internet afin de tenir leur obligation d’information de leurs actionnaires

c- Droit d’agir en justice :

Si la gestion de la société s’avère préjudiciable pour les actionnaires, ces derniers


peuvent poursuivre les gestionnaires et dirigeants de l’entreprise. Ce droit est de plus en
plus utilisé, tout particulièrement aux Etats unis, et connu sous terme de « class action »24.

23
Loi 17.95, op.cit, article 146
24
C.KARYOTIS, « L’essentiel de la Bourse et des marchés de capitaux », GualinoLexenso éditions, 3ème
édition.

12
De ce fait, un expert peut être chargé de présenter un rapport sur une ou plusieurs
opérations de gestion à la demande d’un ou plusieurs actionnaires, dès lors qu’ils
représentent au moins le dixième du capital social.

B-Les actions de préférence

Les actions de préférence n’ont pas fait l’objet d’aucune définition par le
législateur marocain. Néanmoins, ces actions peuvent être considérés comme
étant des titres qui confèrent à leur titulaires des droits particuliers distincts aux
droits attachés aux actions ordinaires notamment en matière de droit de vote
(suppression du droit de vote, droit de vote double) et de droit au bénéfice (quote-
part supérieure de dividende, dividende prioritaire, superdividende…). En effet, en
plus des actions de préférence prévues par la loi 17-95 (1). D’autres catégories
d’actions peuvent être émises par les sociétés à savoir les actions reflets et les
actions à bon de souscription(2).

1- Les actions de préférence prévues par la loi 17-95


Les actions de préférence prévus par la loi 17-95 sont : les actions de
priorité(a), les actions à dividende prioritaire(b) et les actions à double droit de
vote(c).

a- Actions de priorité

Ces actions créent des avantages par rapport aux autres actions (actions
ordinaires)25. Le plus fréquemment, le dividende versé est majoré et prioritaire par
rapport au dividende de l’action ordinaire sans qu’il soit toutefois possible de
porter atteinte au droit de vote. Elles peuvent être créés lors de la constitution de
la société ou au cours de son existence26.

25
Loi n° 17-95, op.cit, article 262
26
Ibid

13
b- Action à dividende sans droit de vote

Comme leur nom l’indique, les actions à dividende prioritaire sans droit de vote sont des
actions amputées du droit de vote, mais conférant à leur titulaire un dividende privilégié.
L’article 263 al 3 de la loi 17-95 précise que « les titulaires d’actions à dividende prioritaire sans
droit de vote, bénéficient des droits reconnus aux autres actionnaires, à l’exception du droit de
participer et de voter, du chef de ces actions, aux assemblées générales des actionnaires de la
société ». En contrepartie de cette amputation, ils se voient reconnaitre un dividende prioritaire
dont les modalités sont fixées par l’article 264 de la loi 17-95. Le caractère prioritaire du
dividende réside d’abord dans le fait qu’il est prélevé sur le bénéfice distribuable avant toute
autre affectation27. Il tient aussi au fait que son montant ne peut être inferieur ni au premier
dividende, ni à un montant égal à 7,5% du montant libéré du capital représenté par les actions à
dividende prioritaire sans droit de vote28. Au cas où ces dividendes prioritaires ne seraient pas
payés intégralement pendant trois exercices, les titulaires de ces actions retrouvent leur droit de
vote (alinéa 1 article 265). Ces actions ne peuvent représenter plus du quart du capital social29. Il
convient de préciser qu’en Allemagne et en Italie le total des actions de préférence sans droit de
vote émises ne peut pas dépasser la moitié du capital de la société30.

Leur création doit être prévue par les statuts. Elle n’est permise qu’aux
sociétés qui ont réalisé des bénéfices distribuables au cours des 2 derniers
exercices (art 261).

Ainsi elles peuvent être crées non seulement par voie d’augmentation de
capital, mais aussi par conversion d’actions ordinaires déjà émises (art 263 al 1).
Les titulaires de ces actions sont réunies en assemblée spéciale 31, ils bénéficient au
même titre que les titulaires d’actions ordinaires d’un droit préférentiel de
souscription en cas d’augmentation du capital32.

27
Ibid,article 264 al. 1
28
Ibid,article 264 al. 2
29
Ibid,article263 al.2
30
R.ROUDIERE, « les actions de préférence en droit comparé »,Travaux de recherche de l’institut de
droit comparé de paris, Paris, éditions A. PEDONE, 5e édition. PP. 17. 18.
31
Loi n° 17-95,op.cit, article 266 al.1
32
Loi n° 17-95, op.cit, article 267

14
c- Les actions à droit de vote double

Par principe, les sociétés par action sont régies par le principe de
proportionnalité (« une action – une voix »). Une Action à droit de vote double est
un mécanisme statutaire facultatif à la disposition des entreprises, qui déroge à ce
principe. Il octroie, à certains actionnaires, deux votes lors des assemblées
générales au lieu d’un33.Au Maroc, leur existence est fortement encadrée.

Les conditions d’attribution de ce type d’action sont prévues par l’article


257 al 2 de la loi 17-95 à savoir :

 L’existence d’une clause statutaire ou attribution par une


assemblée générale extraordinaire ultérieure ;
 Les actions entièrement libérées dont il est justifié une
inscription nominative ;
 La détention des dites actions depuis deux ans au moins par le
même actionnaire.

Toutefois, le droit de vote double cesse automatiquement lorsque l’action


est convertie en action au porteur ou lorsque sa propriété est transférée aux
tiers34. Toutefois, le transfert de propriété des actions par voie de succession n’ôte
pas à celle-ci le droit de vote double35. L’attribution de tel type d’action a pour
objectif de fidéliser l’actionnariat, l’action à droit de vote double fait partie des
stratégies défensives autorisées, permettant aux actionnaires majoritaires de
résister à une tentative de prise de contrôle inamicale36.

Les actions de préférence peuvent être créées, soit au moyen de l’émission


d’actions nouvelles, soit par le biais d’une conversion d’actions ordinaires déjà
émises en action de préférence. Par ailleurs, les actions de préférence peuvent

33
http://financedemarche.fr/definition/action-a-droit-de-vote-double
34
Loi n° 17-95,op.cit, article 258 al.1
35
Ibid, al.2
36
T.Bonneau et F.Drummond,« Droit des marchés financiers », paris, Economica, 2002, p. 90.

15
elles même faire l’objet d’une conversion ou d’un rachat par la société elle-
même37.

En effet, en raison de la complexité de gestion -aussi bien financière que


juridique- de ces actions, ils constituent des titres en voie d’extinction en France
depuis l’ordonnance du 24 juin 2004 qui a créé, pour les remplacer, les actions de
préférence. Ces actions offrent un cadre unifié, largement inspiré sur le modèle des
preferred shares américaines, permettant à une entreprise d’émettre des titres
dont les droits peuvent être différemment modulés selon des objectifs 38.

En réalité, ce sont les régimes spéciaux qui disparaissent.Les titres sans droit
de vote, les titres de priorité, les titres à dividende privilégié pourront continuer à
être émis sur le fondement du nouvel article L. 228-11 du Code de commerce qui
ouvre aux émetteurs la possibilité « lors de la constitution de la société ou au cours
de son existence » de créer des actions de préférence« avec ou sans droit de vote,
assorties de droits particuliers de toute nature, à titre temporaire ou permanent.
Ces droits sont définis par les statuts dans le respect des articles L. 225-10 et L.225-
122 à L. 225-125. Le droit de vote peut être aménagé pour un délai déterminé ou
déterminable. Il peut être suspendu pour une durée déterminée ou déterminable ou
supprimé … ».

La formulation donc est très large : les aménagements peuvent concerner


tous les droits, droits pécuniaires comme extra pécuniaires ; ils peuvent consister
en des prérogatives ou des obligations et restrictions ; ils peuvent être définitifs ou
temporaires39.
 L’aménagement du droit au dividende : Le dividende peut être
prioritaire, préciputaire, cumulatif, déterminé par des formules préfixées-
progressif ou dégressif-, plafonné… ;

37
Loi n° 17-95,op.cit, article 263
38
J.Morvan, « Marchés et instruments financiers », DUNOD, 2e édition, 2014, p. 91.
39
T.Bonneau et F.Drummond, Op. Cit, PP. 125.126.

16
 Le boni de liquidation : l’avantage peut aussi concerner le boni de
liquidation. Les statuts peuvent prévoir une priorité de remboursement des
actions de préférence ;

 L’aménagement du droit de vote : les actions peuvent être créées


sans droit de vote, sans que la loi impose que cette suppression soit
compensée par un avantage quelconque. Elles peuvent être créés avec un
droit de vote temporaire ou dont l’exercice peut être suspendu pendant une
période déterminée ou déterminable. La jouissance comme l’exercice du droit
de vote peuvent donc être affectés d’un terme ou d’une condition40.

Les actions de préférence remplacent donc les «actions de priorité», les


actions à dividende prioritaire sans droit de vote, et les certificats d’investissement,
et offrent maintenant aux émetteurs la liberté de déterminer les droits qu’ils
attachent à leurs titres, dans le cadre d’un régime unifié. Au Maroc, ces actions
sont considérées comme des titres spéciaux puisqu’elles confèrent à leurs titulaires
des avantages particuliers par rapports aux actions ordinaires. Ainsi par apport au
régime applicable, la loi marocaine fait une séparation du régime spécial applicable
à chaque catégorie d’action. Les avantages accordés à ces actions sont
limitativement prévus par loi sans toutefois laisser aux émetteurs la liberté de
déterminer ou d’aménager les droits qu’ils attachent à leurs titres .

2- Autres catégories d’actions de préférence

En plus des actions de préférence prévus par la législation marocaine, les


sociétés peuvent recourir à l’émission de d’autres catégories d’action à savoir les
actions reflets(a) et les actions à bons de souscription (b).

40
Ibid, PP. 127.130.

17
a- Les actions reflets ou traking stoks

Elles représentent une nouvelle catégorie d’action émises par les


entreprises exerçant plusieurs activités. Les traking stocks sont apparus aux Etats
unis, sont nées de l’idée de « valoriser de façon distincte une branche d’activité
d’une société cotée, sans procéder à une scission ou un autre mode de
filialisation41 » mais en faisant émettre par cette société des actions reflétant les
résultats de cette branche d’activité. Elles sont donc caractérisées par le fait que le
dividende auquel elles donnent droit suit les performances d’une branche d’activité
de l’émetteur. Les titulaires de ces titres, actionnaires de la société et non de la
branche d’activité, ont droits et obligations des actionnaires ordinaires de la société
émettrice, mais leur actions leur permet de bénéficier d’un mode de calcul
différent de leur droit au dividende, prenant en compte les résultats de la branche
d’activité. De plus, ce dividende est normalement préciputaire : il est prélevé par
priorité42.

Ce type d’actions n’a fait l’objet d’aucune émission au Maroc.

b- Les actions à bons de souscription d’actions (ABSA)

Un bon de souscription d’actions est une valeur mobilière, qui permet


d’acheter une action de société (qu'on appelle alors le "sous-jacent") à un prix
déterminé à l'avance (qu’on désigne par "prix d’exercice") et jusqu’à une certaine
date (qui est dénommée "l'échéance ")43.

Ces actions sont assorties d’un ou plusieurs bons permettant à leurs


détenteurs de souscrire ultérieurement d’autres actions au même prix ou à un prix
encore supérieur44.Un bon de souscription d’actions est une valeur mobilière qui
donne le droit à son bénéficiaire d’acheter une (ou plusieurs) action(s) de la société

41
Y. Huyghé de Mahenge, Les actions « reflets », concept d’avenir ou effet de mode ?, Rzv.
dr.bancaire et financier, n°6, novembre-décembre 2000, p.395.
42
T.Bonneau et F.Drummond, Op.Cit, p. 127
43
https://www.captaincontrat.com/articles-gestion-entreprise/bons-souscription-actions-bsa
44
L.BERNET-ROLLANDE et P.CHANOINE, Pratiques des marchés de capitaux, Règles de fonctionnement
et produits négociés, DUNOD, 2010, PP. 110.111.

18
à un prix fixé à l’avance. Le bénéficiaire du bon pourra, pendant une période
déterminée, acheter l’action de la société à un prix fixe qui a été déterminé lors de
l’attribution du BSA.L’intérêt du bon de souscription d’actions pour son bénéficiaire
est important. Si le cours de l’action augmente, il pourra :

 Acheter des actions de la société à un prix inférieur à leur


valeur ;
 Vendre son BSA qui aura alors une valeur importante (puisqu’il
permet d’acheter des actions de la société à un prix inférieur à
leur valeur).

A la différence d’une émission d’actions, l’augmentation du capital suite à


une émission de BSA n’est pas immédiate puisque les actions ne seront
effectivement achetées que plus tard, pendant la période d’exercice45.

Comme les actions reflets, ces actions n’existent pas au Maroc.

45
https://www.legalstart.fr/fiches-pratiques/capital-social/bons-de-souscription-actions/

19
Partie II : l’action, un titre négociable
L’action est un titre dont ils sont incorporés des droits. La cession de celui-ci suppose,
normalement, l’observation des formalités nécessaires dans la cession des créances.
Toutefois, la cession d’une créance est une institution lourde et relativement compliquée 46,
qui ne peut guère s’adapter à la rapidité des opérations commerciales, bancaires et
boursières. A ce fait, il a été instauré, dans ces domaines, des formes particulières de
négociation des titres, c'est-à-dire de transmission des titres (actions et obligations émises
par les sociétés) qui constatent des droits47.

La négociabilité d’un titre se définit comme «la qualité attachée à certains titres
représentatifs d’un droit ou d’une créance, qui en permet une transmission plus rapide et plus
efficace que les procédés du Droit civil»48. A cet égard, il est utile de distinguer la notion de
négociabilité réservée d’une manière exclusive aux valeurs mobilières de la notion de
cessibilité qui est le procédé de transmission des parts sociales. Une valeur mobilière n’est
pas uniquement cessible ; elle est, en outre, négociable.

La différence entre ces deux notions peut être située à maints niveaux : Sur le plan
formel, la cession des parts est entourée d’un formalisme exorbitant 49. Au contraire, la
négociation des actions est de loin plus simple : elle est faite par une modification de
l’inscription au compte sur lequel figure l’action. Les actions sont négociées par leur transfert
d'un compte à un autre.

Le principe de négociabilité des titres permet aux sociétés des capitaux et par
excellence les sociétés anonymes d’introduire et de faire circuler leurs actions dans un
marché organisé. Dans ce sens, les actions peuvent être cotées en bourse si la société
souhaite se financer par un appel public à l’épargne. Les entreprises introduisent leurs
actions en bourse pour lever des fonds destinés au financement de leur croissance et de
leurs projets de développement.

46
‫ ك يل‬،‫ مذكرة لنيل هلدة ة ملمةتيل ير الق ملنلةنخا ملكلةة‬،" ‫ "حري ملميةهم اق مل نةز عا مأليدم‬،‫با غةلي يمي اةطم ملزهرمء‬
.23 .‫ ة‬،2008-2007 ،‫ تةمع أبخ بكر ب نةي – ميةا ملتزمئر‬،‫ملحنخق‬
47
SaâdMoummi, « Droit civil, droit des obligations », édt. Albadii, 2000, p. 472.
48
T. Bonneau & F. Brummond, « Droit des marchés financiers », Economica, p. 91, 2001.
49
.24 .‫ ة‬،‫ ملمرتع مليةبق‬،‫با غةلي يمي اةطم ملزهرمء‬

20
Bref, si le principe de la négociabilité des titres financiers offre aux sociétés la
possibilité de faire circuler leurs actions en bourse (A), une telle possibilité n’est pas sans
risques. L’actionnaire mise sur le potentiel de gain en capital lié à l’évolution du cours de
bourse et à la perspective de réaliser une plus-value au moment de la revente des actions.
Mais, il peut aussi perdre tout ou partie de son investissement (B).

21
A-La négociabilité des actions et ses restrictions

La société est l’un des principaux acteurs qui contribuent à la croissance et au


développement économique national. En effet, les sociétés, plus particulièrement les
sociétés anonymes, sont investies dans des grands projets économiques qui nécessitent des
fonds colossaux dépassant parfois leurs propres capacités financières. De ce fait, elles sont
amenées à faire des appels publics à l’épargne afin de couvrir leurs besoins financiers. Par
conséquent, elles introduisent leurs actions dans un marché réglementé comme la bourse
(1). Toutefois, et afin protéger les intérêts de l’économie nationale et ceux de la société ainsi
que des épargnants, le législateur marocain, et à l’instar des autres législations, prévoit des
restrictions à l’exercice de ce droit (2).

1- L’introduction et les modalités de négociation des


actions en bourse

L’introduction en bourse est une opération financière qui permet à l’entreprise


d’augmenter sa capacité financière en ouvrant son capital social à des nouveaux
investisseurs. La réalisation de cette opération est soumise au respect de certaines
formalités obligatoires (a). Celles-ci visent essentiellement à s’assurer de la transparence et
de la réussite de l’opération de cotation. Une fois introduite en bourse, La société dispose
une panoplie de modalités de négociation qui se diffèrent selon les types d’actions en
question (b).

a- Les formalités préalables à l’introduction boursière

La cotation désigne l'opération par laquelle un titre financier entre sur le marché boursier.
Elle consiste à attribuer une valeur de marché à un titre émis par une société.

Le processus d’introduction au marché boursier démarre par l’émission des actions


de société. Normalement, cette opération se réalise au moment de la constitution de la
société, ainsi lors de l’augmentation de son capital.

22
En outre, la société doit entrer en contact avec une banque d’affaires ou un conseiller
financier qui va conduire les travaux de l’analyse et la restructuration de la société jusqu’à la
cotation des titres. Ce conseiller va d’abord procéder à une due diligence de l’entreprise
pour déterminer ses forces et ses faiblesses et avoir une idée détaillée de son activité et sa
structure, avant d’entamer l’analyse des comptes et l’évaluation de la société. Une fois
l’évaluation terminée, la société décide le montant à lever, autrement dit, le pourcentage du
capital à ouvrir au grand public. Le montant à lever doit tenir compte du besoin de
financement de l’entreprise mais aussi de sa taille.

Aussi, la société doit, avant de s’adresser au public, procéder à la certification de ses


comptes des exercices précédant l’introduction en bourse par un commissaire aux comptes
et à l’élaboration de la note d’information qui sera présentée au grand public. Cette dernière
doit, accompagnée de tous les documents concernant l’introduction, transiter par le Conseil
déontologique des valeurs mobilières (CDVM) pour vérifier que l’opération est conforme aux
règles en vigueur. En parallèle, la société est tenue d’avoir l’avis d’approbation de
l’opération de la Bourse de Casablanca. En outre, choisir la procédure de la première
cotation et fixer le calendrier définitif de l’introduction.

Après obtention de tous les accords (CDVM et Bourse de Casa), la société procède
à l’organisation des souscriptions en désignant d’abord le syndicat de placement qui se
chargera de placer les titres de la société auprès du public50.

Au Maroc, la cotation en bourse de Casablanca se fait en trois compartiments 51. Il est


donc indispensable pour la société désirant coter ses actions en bourse de s’assurer du
respect des critères d’introduction de chaque compartiment. Les sociétés optant pour le
2ème ou 3ème compartiment doivent conclure un mandat d’animation des titres sur le marché
boursier avec une société de bourse, respectivement pour une et trois années, afin d’assurer
une liquidité de leurs titres52. En plus, celles optant pour le 3ème compartiment doivent
conclure avec une société de bourse une convention d’assistance, pour trois années,

50
https://www.lavieeco.com/news/votre-argent/conditions-preparatifs-couts-comment-sintroduire-
en-bourse-15718.html.
51
Article 14 du Dahir portant loi n° 1-93-211 du 21 septembre 1993 relatif à la bourse des valeurs.
52
Ibid

23
prévoyant notamment les obligations relatives à la préparation des documents
d’information destinés au public53.

b- Les modalités de négociation des actions en bourse

Les modalités de négociation des actions en bourse diffèrent selon la forme des
actions. En effet, au Maroc les actions revêtent soit une forme nominative, soit une forme
au porteur54. Les actions nominatives sont des actions dont le nomdu propriétaire est inscrit
dans le registre des actionnaires de la société, celle-ci connait l’identité exacte du détenteur
de l’action. Ce type d’actions est transmissible par l’inscription au registre des transferts
tenu au siège de la société et sur lequel sont portées dans l’ordre chronologique les
souscriptions et les transferts de chaque catégorie de valeurs mobilière.

Toutefois, les actions au porteur sont des actions dont le nom du propriétaire n’est
pas communiqué à la société émettrice. Seul l’intermédiaire financier connait l’identité du
détenteur de l’action. La transmission de ces actions s’opère par simple tradition 55, c’est
d’une manière directe de main à main. Par conséquent, ces actions sont transmissibles sans
intervention de la société et chaque personne peut les acheter et y devenir propriétaire.
Cette qualité confère aux actions au porteur une large liberté de circulation par rapport aux
actions nominatives notamment dans les marchés financiers. Le transfert de la propriété de
ce genre d’action et des droits qui leur sont attachés se fait par la simple remise d’un
actionnaire à un autre.

La négociation de ces deux types d’actions en bourse est matérialisée par une
inscription en compte ouvert au nom de leur propriétaire. Pour les actions nominatives, le
compte est tenu par la société émettrice (nominatif pur), ou par un intermédiaire habilité,
comme une société de Bourse ou une banque (nominatif administré). Toutefois, pour les
actions au porteur, le compte est tenu par des intermédiaires habilités. Ces derniers sont
affiliés à la société Maroclear, qui leur ouvre des comptes courants et, grâce à
l’informatique, effectue les compensations des opérations passées.

53
Ibid.
54
Loi 17.95, op.cit, article 245
55
Ibid.

24
Le transfert de propriété des titres ne s’opère pas dès l’échange des consentements
mais, il résulte de l’inscription des titres au compte-titre de l’acquéreur à la date qui est elle-
même définie par le règlement général de l’Autorité marocaine des marchés des capitaux
(AMMC). Cette date intervient trois jours après la date d’exécution des ordres56.

Ainsi, il existe un autre type d’actions, il s’agit des actions « à l’ordre ». Ces actions
sont émises au nom de son titulaire avec la mention « à ordre », c'est-à-dire à une personne
déterminée. La transmission de ce genre d’action se fait par l’endossement. Autrement dit,
par une simple signature portée au dos de l’action par le cédant (endosseur) avec la mention
–facultative- du nom du cessionnaire (endossataire)57. La circulation de ce genre d’actions
s’effectue en dehors de la société, c’est pour cette raison que rarement qu’elles sont émises
par les sociétés58.

2- Des restrictions à la négociation des actions

En principe, la négociabilité est l’une des principales caractéristiques des actions.


D’ailleurs, elle constitue un principe d’ordre général59. Toutefois, et pour des considérations
de protéger les intérêts de la société et de l’économie nationale, le législateur a imposé
certaines restrictions d’ordre l’égal (a) et conventionnel (b) en matière de la négociation des
actions. Celles-ci visent principalement à encadrer l’exercice de ce droit et d’assurer que
cette opération soit bénéfique et sans préjudice sur les intérêts de la société et sur ses
actionnaires.

a- Restrictions légales

Le législateur marocain, à l’instar de nombreux pays, impose certaines restrictions au


principe de la libre négociation des actions. Ces restrictions visent principalement à protéger
l’ordre économique national et les intérêts économiques de la société. Elles concernent
principalement certains types particuliers d’actions dont la négociation peut affecter le
fonctionnement normal de la société et la réalisation de son objet social.

56
Règlement général de l’AMMC.
57
F. Terré ; P. Simler ; Y. Lequette, « Droit civil, les obligations », 7ème édtion, Dalloz, p. 1086.
58
.64 .‫ ة‬،‫ ملمرتع مليةبق‬، ‫ه يط ع ق خ بخمرمخ محن‬
. 20‫ص‬، 0220 ،‫مصر‬،‫دارالفكرالجامع‬،"‫"مبدأحريةتداوالألسهم فيشركةالمساهمة‬،‫عبداألولعابدينمحمدبسيوني‬ 59

25
Il s’agit, tout d’abord, des actions d’une société non inscrite dans le registre du
commerce60. D’ailleurs, bien que la société anonyme soit une société commerciale par sa
forme61, celle-ci n’acquiert sa personnalité morale qu’après son inscription au registre du
commerce62. Le législateur marocain vise de cette obligation la lutte contre les sociétés
fictives qui peuvent émettre des fausses actions sur le marché financier.

Ensuite, la loi interdit l’aliénation des actions de garantie détenues par les
administrateurs de la société. En effet, la loi oblige toute personne portant candidat à
l’administration de la société de disposer d’un nombre minimum d’actions de la société. Le
nombre de ces actions est déterminé par les statuts de la société et ne peut être inférieur à
celui exigé par les statuts pour ouvrir aux actionnaires le droit d’assister à l’assemblée
générale ordinaire, le cas échéant63. Ces actions sont indivisiblement affectées à la garantie
de la responsabilité que peuvent encourir les administrateurs collectivement ou
individuellement à l'occasion de la gestion de la société, ou même d'actes qui leur seraient
personnels. Ces actions restent bloquées dans la société durant toute la durée du mandat de
l’administrateur64.

En France, le système des « actions de garantie » fut abrogé par une loi du 5 janvier
1988, en raison notamment de son inutilité confirmée par le simple fait que cette garantie,
basée sur les actions, était destinée à jouer lorsque la société se trouvait dans une situation
difficile. Or, dans ce moment-là, la valeur des actions chute grandement et devient souvent
insignifiante.

Toutefois, d’autres législations suivaient aussi la même approche que le législateur


marocain en disposant que les actions de garantie devraient rester inaliénables pendant la
durée du mandat des membres des organes d’administration de la société anonyme. A ce
titre, on peut citer les législations égyptienne65 et algérienne66. La première disposait que la
valeur nominale des actions détenues par un administrateur du conseil d’administration ne
devrait être inférieure à 5000 livre égyptienne ou à la valeur déterminée par les statuts de la

60
Loi 17.95, op.cit, article 247
61
Ibid, article 1
62
Ibid, article 7
63
Ibid, article 44
64
.597 ‫ة‬.‫س‬.‫ م‬، ‫ مخيخع ملهركةت مل تةري‬،‫عب ملحمي ملهخمربق‬
65
.279-278 ‫ ة‬،1993 ، ‫ مر ملندض ملعربي‬،‫ ملتزء ملثة ق‬، ‫ ملهركةت مل تةري‬،‫يميح ملن يخبق‬
66
Code de commerce algérien, article 619

26
société67. Alors que, le législateur algérien exige que le conseil d’administration doit être
propriétaire d’un nombre d’actions représentant au minimum 20% du capital social de la
société68.

Cependant, bien que ces actions de garantie soient inaliénables, le tribunal peut
enjoindre à aux administrateurs, d’une société soumise à une procédure de traitement, ou à
certains d’entre eux de céder leurs actions dans la société ou ordonner leur cession forcée
par les soins d’un mandataire de justice après une expertise, le cas échéant. Le produit de la
vente est affecté au paiement de la part de l’insuffisance d’actif mise à la charge des
dirigeants69.

Aussi, la loi dispose que la cession des actions de garantie à un tiers à quelque titre
que ce soit, autre que la cession à un conjoint ou à un ascendant ou un descendant jusqu’au
2e degré inclus ou par la succession, peut être soumise à l’agrément de la société par une
clause des statuts. Toutefois, cette clause ne peut être stipulée que si les actions revêtent
exclusivement la forme nominative en vertu de la loi ou des statuts 70.

Enfin, le législateur marocain interdit la négociation des actions d’apport pendant les
deux années qui suivent l’immatriculation de la société au registre du commerce ou la
réalisation de l’augmentation du capital71. Les actions d’apport sont toutes les autres actions
de la société autres que les actions en numéraires. Ces actions restent obligatoirement
nominatives et inaliénables pendant la durée sus-indiquée.

b- Restrictions conventionnelles

La liberté de négociation des actions dont bénéficient les actionnaires pourrait y avoir
des risques sur la société. Ce principe favorise la spéculation et crée une instabilité des prix
des actions de la société. Par conséquent, il pourra créer un état d’incertitude et de
méfiance au sein des épargnants. Ainsi, il pourra y avoir comme conséquence l’accès des

67
‫ ما ملالئح مل نفيذي لنةنخا ملهركةت ملمصري‬241 ‫ملمة ة‬
68
Code de commerce algérien, article 619
69
Loi n° 15-95 formant code de commerce marocain, article 717
70
Loi 17.95, op.cit,article253
71
Ibid, article 248

27
concurrents au capital de la société et donc aux organes de sa gestion. Chose qui pourra
influencer sur l’objet principal pour lequel la société a été créée.

Pour ces raisons, le législateur prévoit la possibilité de soumettre la cession des


actions à un tiers à l’agrément de la société. Néanmoins, le législateur a limité la stipulation
d’une telle possibilité aux actions qui revêtent exclusivement la forme nominative en vertu
de la loi ou des statuts72.

Toutefois, ces restrictions conventionnelles ne doivent pas priver l’actionnaire de son


droit de disposer de ses actions à tout moment, car il s’agit d’un droit fondamental qui ne
devrait pas être refusé. D’ailleurs, lorsque la cession est subordonnée à l’agrément, la loi
oblige la société, en cas de refus du cessionnaire proposé, soit de faire acheter les actions
par un actionnaire ou un tiers, soit par elle-même en vue d’une réduction du capital73. De
plus, la loi considère nul et son effet toute clause dans les statuts, d’une société cotée à la
bourse, qui soumet la négociabilité des actions à l’agrément74.

Ainsi, peut-on ajouter à la condition d’agrément, que les sociétés peuvent prévoir
dans leurs statuts, la condition de préemption en tant qu’un moyen restrictif de la liberté de
négociation des actions. Le droit de préemption est un droit qui confère aux anciens
actionnaires un droit préférentiel d’acheter en priorité les actions de l’actionnaire sortant.
En effet, si ces derniers décident de ne pas exercer leur droit de préemption, alors la cession
des titres de l’associé sortant pourra être ouverte aux tiers. Il s’agit donc d’une clause
conventionnelle entre actionnaires qui permet de contrôler les entrées de nouveaux
actionnaires dans une société75.

B- Les avantages et les contraintes de


l’introduction en bourse

L’introduction en bourse offre aux entreprises plusieurs avantages mais elle a


toutefois quelques contraintes.

72
Loi 17.95 ,op.cit, article 253
73
Ibid, article 254, alinéa 3
74
Ibid, article 255
75
Loi 17.9, op.cit, article 257, alinéa 1

28
1- Les avantages d’inscription en bourse :

L’introduction en bourse apporte des avantages à l’entreprise.

a- La recherche de nouveaux moyens financiers :

Les sociétés venant en bourse sont généralement des entreprises en forte croissance,
connaissant, de ce fait, des besoins financiers importants, que leurs actionnaires peuvent
difficilement satisfaire à eux seuls. D’où souvent une stratégie de développement limitée par
la capacité d’autofinancement ou un recours massif à l’endettement.

Donc la cotation ouvre la possibilité à l’entreprise soit de faire appel au marché


financier pour trouver des ressources à moindre coût.

b- La notoriété de l’entreprise :

L’introduction en bourse place l’entreprise sous les projecteurs de la communauté


financière et de la presse, et lui permet de renforcer son image de marque, et cela à un coût
relativement modeste par rapport à celui d’une campagne publicitaire.

c- L’évaluation des performances :

Elle permet d’évaluer les performances de l’entreprise à travers l’évaluation des


cours de ses titres cotés.

2- Les contraintes de l’introduction en bourse :

Les contraintes majeures de l’introduction en bourse des entreprises sont les


suivants:

29
a- La nécessité d’une politique d’information :

L’inscription en bourse constitue en effet, une présomption d’appel public à


l’épargne. De ce fait la société est tenue au respect de certaines formalités et à une
publicité dans diverses circonstances occasionnelles. Elle la nécessité de publier
périodiquement les comptes et de travailler de manière transparente et étroitement
contrôlée76.

b- La politique de résultat et de dividendes :

Toute modification de l’estimation pour une entreprise donnée entraîne


généralement une correction sur les cours de cette dernière, c’est pourquoi les sociétés qui
s’introduisent en bourse ont intérêt à assurer une croissance régulière de leurs résultats. En
effet, toute révision ultérieure en baisse peut avoir un effet négatif amplifié sur le cours de
l’action.

En ce qui concerne la politique de dividendes, la société fera l’objet d’un jugement


par le marché, la distribution des dividendes est considérée comme une décision coûteuse
susceptible de diminuer la richesse des actionnaires.

c- Les risques associés aux actions

Il faudra également être conscient que des risques sont associés aux actions. Si la
société fait faillite l'actionnaire peut perdre la totalité de son investissement. L'évolution de
l'action dépend surtout des résultats d'exploitation attendus et réalisés, et de la politique de
la société concernée en matière de dividendes. Les risques des actions peuvent donc être
très différents selon les sociétés émettrices et la période concernée. 77

76
http://www.fh2mre.ma/telechargement/bourse_marche_financier/Introduction_en_bourse.pdf
77
https://www.binck.fr/formations/espace-bourse-pratique/les-actions

30
Conclusion
La décision d’introduction ou non en bourse, doit en principe découler d’un arbitrage
entre les avantages et les contraintes. Mais cette décision est tellement importante qu’elle
doit être considérée comme un choix stratégique et rationnel qui prend en considération les
tenants et les aboutissements de ce mode de financement.

Pour investir en actions, vous devez être très patient. Si vous êtes prêts à investir et
oublier votre mise ceci peut générer un gain pour vous. Les actions sont généralement
rentables dans le long terme, mais ce n’est pas toujours vérifié !

Pour réduire le risque de perte, il faut penser à diversifier votre portefeuille d’actions.

Pour investir en actions, vous devez essentiellement et impérativement connaître


l’entreprise où vous allez investir et donc vous poser certaines questions telles que : Est-elle
bien dirigée ? Est-elle dans un secteur en déclin ou bien en croissance ? Etc. 78

Des risques sont associés à toutes les formes d'investissement. Il est conseillé de bien
s'informer et de connaître le fonctionnement des actions avant d'investir en Bourse.

Généralement, un investissement à fort potentiel de rendement comporte des


risques plus importants. Certains investissements peuvent entrainer une perte totale des
capitaux investis, ou même, pour les investissements les plus spéculatifs, une perte
supérieure aux capitaux investis.

78
http://www.ammc.ma/fr/espace-epargnants/actions

31
Bibliographie

I- Ouvrages, revues et thèses

 C.KARYOTIS, « L’essentiel de la Bourse et des marchés de capitaux », GualinoLexenso


éditions, 3ème édition.
 E. LE SAOUT, « introduction aux marchés financiers », 3ème édition, economica, 2001.
 F. Terré ; P. Simler ; Y. Lequette, « Droit civil, les obligations », 7èmeédtion, Dalloz.
 H. Cherkaoui, « La société anonyme », 2ème édition, 2011.
 J.M MOULIN, « le droit de l’ingénierie financière », 3ème édition, Gualino-Lextenso édition,
2009.
 J. Morvan, « Marchés et instruments financiers », DUNOD, 2e édition, 2014.
 L. BERNET-ROLLANDE et P. CHANOINE, « Pratiques des marchés de capitaux, Règles de
fonctionnement et produits négociés », DUNOD, 2010.
 R. ROUDIERE, « les actions de préférence en droit comparé »,Travaux de recherche de
l’institut de droit comparé de paris, Paris, éditions A. PEDONE, 5e édition.
 S. MOUMMI, « Droit civil, droit des obligations », Edt. Elbadiaa, 2000.
 T. Bonneauet F. Drummond,« Droit des marchés financiers », paris, Economica, 2002..
 Y. Huyghé de Mahenge, « Les actions « reflets », concept d’avenir ou effet de mode ?, Rzv.
Droit bancaire et financier », n°6, novembre-décembre 2000.

.1993 ، ‫ مر ملندض ملعربي‬،‫ "ملهركةت مل تةري " ملتزء ملثة ق‬،‫سميحة القليوبي‬ 
‫ تةمع عب ملرحمةا‬، ‫ مذكرة لني هدة ة ملمةي ر اق قةنخا مألعمة‬،" ‫ "ملنظةم ملنةنخنق لأليدم خملين مت‬،‫شليط علي و بومراو محند‬ 
.2018-2017 ،‫ ملتزمئر‬، ‫ ك ي ملحنخق خملع خم ملييةيي‬، ‫ميرة –بتةي‬
.‫مصر‬،‫ مرملفكرملتةمع‬،" ‫"مب أحري مخالأليدم ايهرك ملميةهم‬،‫عبداألولعابدينمحمدبسيوني‬ 
.‫س‬.‫ م‬،" ‫ "مخيخع ملهركةت مل تةري‬،‫عبد الحميد الشواربي‬ 

32
II- Textes juridiques :
 Dahir portant loi n° 1-93-211 du 21 septembre 1993 relatif à la bourse des valeurs.

 La loi 17-95 relative aux sociétés anonymes.

 La loi n° 15-95 formant code de commerce marocain.

 Le Code de commerce français.

 Le Code de commerce Algérien.

 La liste exécutive du droit des sociétés Egyptien.

III- D’autres textes et documents :

 Règlement général de l’Agence Marocaine des Marchés des Capitaux (AMMC).


 Guide des actions, service éducation des épargnants, Conseil déontologique des
valeurs mobilières.

IV- Sites internet :


 http://www.ebourse.info/actions.html

 http://financedemarche.fr/definition/action-a-droit-de-vote-double

 https://www.captaincontrat.com/articles-gestion-entreprise/bons-souscription-actions-bsa

 https://www.legalstart.fr/fiches-pratiques/capital-social/bons-de-souscription-actions/

 https://www.lavieeco.com/news/votre-argent/conditions-preparatifs-couts-comment-
sintroduire-en-bourse-15718.html.

 http://www.fh2mre.ma/telechargement/bourse_marche_financier/Introduction_en_bourse.
pdf

 https://www.binck.fr/formations/espace-bourse-pratique/les-actions

 http://www.ammc.ma/fr/espace-epargnants/actions

 https://www.edubourse.com/guide-bourse/action-ordinaire.phb

33
Table des matières

Introduction ...........................................................................................................................2

Partie I : l’action, un titre de propriété ....................................................................................6

A- Les actions ordinaires : .................................................................................................7

1- Droits pécuniaires : ..................................................................................................7

a- Droit au dividende : ..............................................................................................7

b- Droit de participer aux augmentations du capital : ...............................................9

c- Droit au boni de liquidation : .................................................................................. 10

2- Droits politiques : ................................................................................................... 10

a- Droit de vote : .................................................................................................... 11

b- Droit à l’information : ......................................................................................... 12

c- Droit d’agir en justice : ........................................................................................... 12

B- Les actions de préférence....................................................................................... 13

1- Les actions de préférence prévues par la loi 17-95 ............................................. 13

a- Actions de priorité.............................................................................................. 13

b- Action à dividende sans droit de vote ................................................................. 14

c- Les actions à droit de vote double ...................................................................... 15

2- Autres catégories d’actions de préférence .......................................................... 17

a- Les actions reflets ou traking stoks ..................................................................... 18

b- Les actions à bons de souscription d’actions (ABSA) ........................................... 18

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Partie II : l’action, un titre négociable ................................................................................... 20

A- La négociabilité des actions et ses restrictions ........................................................ 22

1- L’introduction et les modalités de négociation des actions en bourse .................... 22

a- Les formalités préalables à l’introduction boursière ........................................... 22

b- Les modalités de négociation des actions en bourse ........................................... 24

2- Des restrictions à la négociation des actions........................................................... 25

a- Restrictions légales............................................................................................. 25

b- Restrictions conventionnelles ............................................................................. 27

B- Les avantages et les contraintes de l’introduction en bourse ........................................ 28

1- Les avantages d’inscription en bourse : .............................................................. 29

a- La recherche de nouveaux moyens financiers : ................................................... 29

b- La notoriété de l’entreprise : .............................................................................. 29

c- L’évaluation des performances : ......................................................................... 29

2- Les contraintes de l’introduction en bourse : ...................................................... 29

a- La nécessité d’une politique d’information : ....................................................... 30

b- La politique de résultat et de dividendes : .......................................................... 30

c- Les risques associés aux actions ......................................................................... 30

Conclusion............................................................................................................................ 31

Bibliographie ........................................................................................................................ 32

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