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PREFACE

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Le Professeur Habib TRIAA a été formé sous notre direction pendant deux années successives

(1989 - 1990) ; il a montré sa prédisposition à fournir autant d’effort pour apprendre et transmettre

l’Anatomie sous l’angle qu’elle mérite.

Après deux décennies, il publie sept volumes de qualité remarquable portant sur l’Anatomie

descriptive et topographique des : Membre Thoracique ; Membre Pelvien ; Parois du Tronc ; Contenu

du Thorax ; Appareil Digestif Abdominal ; Espace Rétro-Péritonéal et Petit Bassin ; Tête et Cou.

Les composants ostéo-articulaires et musculaires, ainsi que les viscères du tronc et leurs pédicules

trophiques sont décrits avec précision et simplicité.

Les dessins sont nets et colorés pour faciliter la lecture.

La nomina internationalis francisée est utilisée à bon escient. Elle doit être acceptée à nos jours

par tous les médecins.

5000 questions (QCM ; QROC ; Questions de Synthèse) en annexe permettent aux étudiants de

s’entraîner pour l’examen.

C’est bien sûr, des ouvrages de compilation à visée didactique avant tout. Il n’y a pas - et pour

cause - de photos de dissections et, partant, d’introduction aux techniques chirurgicales.

Pour les étudiants des disciplines médicales et paramédicales, ce sont des excellentes bases

d’approche de cette matière difficile et complexe qu’est l’Anatomie.

Professeur Maurice LAUDE


Professeur Emérite d’Anatomie

Doyen Honoraire de la Faculté de

Médecine d’Amiens – France

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PREFACE

La diversité des Traités modernes d’Anatomie, inspire aux médecins que cette science est
parvenue au plus haut degré de perfection et qu’il n’y plus rien à dire sur cette discipline et qu’il
serait désormais difficile ou malaisé de trouver « du nouveau » en Anatomie ; mais la Science
est un champ dont les limites reculent au fur et à mesure qu’on avance. « La Science est un
monument toujours inachevé ».

L’Anatomie reste toujours une discipline difficile à retenir du fait qu’elle s’oublie très vite.
Elle nécessite des révisions périodiques, une mémoire prodigieuse et une grande intelligence
d’interprétation.

L’exposé théorique des différents chapitres attire l’attention par sa qualité et sa finesse descriptives
et topographiques, débarrassant l’Anatomie de toutes ambiguïtés ; il est enrichi par des schémas
anatomiques d’une qualité remarquable, accompagnés par des légendes fort explicites, confirmant
le talent, le savoir faire et la rigueur de l’auteur.

Les questions d’entraînement pour l’examen (QCM ; QROC et Questions de synthèse) présentées à la
fin des ouvrages, facilitent la tâche aux étudiants et leur permettent de rendre l’étude de l’Anatomie
moins aride, plus compréhensible, plus agréable et aussi plus utile.

Le langage anatomique, utilisé dans ces ouvrages, est basé exclusivement sur la nomenclature latine
officielle, adaptée à la langue française.

Pour apprendre l’Anatomie, nous proposons aux étudiants de reproduire plusieurs fois les
schémas sans accorder beaucoup d’importance aux effets tridimensionnels mais en respectant la
convention des couleurs.

Nous espérons que ces ouvrages enrichissent les connaissances acquises de l’Anatomie et contribuent à
éduquer et à stimuler l’enthousiasme des étudiants pour une discipline qui constitue la science de base des
études médicales et paramédicales et le fondement des techniques opératoires.

Nous souhaitons à ces ouvrages le plein succès qu’ils méritent, et nous présentons à l’auteur le professeur
Habib TRIAA nos félicitations et nos encouragements pour la confection des autres volumes de l’Anatomie
avec autant de brio.
Professeur Daniel LE GARS
Professeur d’Anatomie
Doyen de la Faculté de
Médecine d’Amiens – France

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Colonne vertEbrale

La colonne vertébrale est une tige osseuse résistante, articulée et flexible, située à la partie médiane et dorsale
du tronc et du cou. Elle est formée par la superposition de 33 vertèbres et mesure en moyenne 75 cm de longueur,
dont un quart est constitué par les disques intervertébraux. (Fig.11 à 14)
Elle supporte le poids du corps, protège la moelle épinière et les nerfs spinaux, et joue un rôle important dans
le maintien postural et la locomotion.
Envisagée dans son ensemble, la colonne vertébrale peut être divisée en deux parties : l’une mobile, l’autre
immobile.

* La colonne vertébrale mobile, très longue, est formée par la superposition de vertèbres mobiles, les unes
sur les autres et dont le volume augmente régulièrement de haut en bas. Elle est constituée par 24 vertèbres : 7
cervicales, 12 thoraciques et 5 lombaires.

* La colonne vertébrale immobile est composée de vertèbres soudées, les unes aux autres et dont le volume
diminue de haut en bas. Elle est constituée par 5 vertèbres sacrales soudées et 4 vertèbres coccygiennes soudées.

Chez le nouveau-né, la colonne vertébrale est presque rectiligne. Quand l’enfant commence à s’asseoir et plus
tard commence à marcher, ils se produisent trois courbures dans le plan sagittal (courbure cervicale puis lombaire
puis thoracique). Ces courbures sont destinées à augmenter la résistance et l’élasticité de la colonne vertébrale. Elles
multiplieraient par 10 la résistance de la colonne vertébrale aux pressions. (Loi de Euber R = n2 + 1)

♦ Dans le plan sagittal, la colonne vertébrale de l’adulte présente de haut en bas quatre courbures physiologiques  :
la lordose cervicale, la cyphose thoracique, la lordose lombaire et la cyphose sacro-coccygienne. 
- La lordose cervicale est convexe en avant.
- La cyphose thoracique est concave en avant. 
- La lordose lombaire est convexe en avant. 
- La cyphose sacro-coccygienne est concave en avant.

Le passage d’une courbure à l’autre se fait graduellement, à l’exception de l’articulation lombo-sacrale, où


la vertèbre lombaire L5 et la vertèbre sacrale S1 forment un angle obtus ouvert en arrière de 135 degrés chez la
femme et de 140 degrés chez l’homme. Le sommet de cet angle fait saillie dans la cavité pelvienne et constitue le
promontoire.

Les courbures thoraciques et sacro-coccygienne sont plus accentuées chez la femme.


L’angulation normale de la courbure thoracique est de 35 à 40 degrés.
L’angulation normale de la courbure lombaire est de 50 à 60 degrés.
L’accentuation des courbures vertébrales constitue soit une hyperlordose soit une hypercyphose. L’hypercyphose
est une exagération de la cyphose thoracique. Elle est par raccourci appelée cyphose. 

♦ Dans le plan frontal, la colonne vertébrale est rectiligne. Il existe une légère courbure à la partie supérieure

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de la colonne thoracique, convexe à droite pour les droitiers, et convexe à gauche pour les gauchers. L’accentuation
d’une courbure latérale forme une scoliose.

I- MORPHOLOGIE EXTERNE.

♦ La face ventrale de la colonne vertébrale s’élargie de la vertèbre cervicale C2 à la vertèbre lombaire L3.

♦ La face dorsale est marquée par les processus épineux. Ces processus sont horizontaux dans les régions
cervicale et lombaire ; ils sont obliques en bas et en arrière la région thoracique.

* Le processus épineux de la vertèbre cervicale C7 est très marqué et facile à repérer.

* Le processus épineux de la vertèbre thoracique T3 est situé sur l’horizontale passant par l’épine de la
scapula.

* Le processus épineux de la vertèbre thoracique T7 est situé sur l’horizontale passant par l’angle inférieur de
la scapula.

* Le processus épineux de la vertèbre lombaire L4 est situé dans le plan des crêtes iliaques. Ce plan est utilisé
comme repère lors des ponctions lombaires.

* Les gouttières vertébrales sont situées de chaque côté des processus épineux, et en arrière des processus
transverses.

Ii- caractEres gEnEraux des vertEbres.

Les vertèbres présentent des caractères généraux communs et des caractères particuliers selon les régions de la
colonne vertébrale.
A l’exception de l’atlas et de l’axis, toutes les vertèbres présentent : une masse osseuse antérieure compacte, le
corps vertébral, un arc osseux, postérieur, concave en avant, l’arc vertébral, et un orifice intermédiaire, le foramen
vertébral. (Fig.01)

L’arc vertébral est lui même composé de plusieurs segments qui sont : deux pédicules, deux lames, un processus
épineux, deux processus transverses et quatre processus articulaires.

1- Corps vertébral.

Le corps vertébral a la forme d’un segment de cylindre, aplati à sa partie postérieure. Il constitue l’élément
statique, sustentateur de la vertèbre. Il présente deux faces : l’une supérieure, l’autre inférieure ; une surface
circonférentielle ; et deux bords marginaux.

♦ Les faces supérieure et inférieure sont légèrement excavées dans tous les sens. Elles présentent deux parties :
l’une centrale, la surface criblée, l’autre périphérique, le bourrelet marginal.  
La surface criblée est irrégulière et d’aspect spongieux ; elle est parsemée de multiples petits foramens
vasculaires.

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Le bourrelet marginal est disposé sous forme d’une surface annulaire saillante, blanchâtre et lisse sur laquelle
se fixe l’anneau fibreux du disque intervertébral.

A l’état frais, la surface criblée et le bourrelet marginal sont atténués par une mince lame cartilagineuse.

♦ La surface circonférentielle est parsemée de multiples foramens vasculaires. Elle est disposée, sur les faces
antérieure et latérales du corps, en forme de gouttière horizontale, et sur la face postérieure, sous forme d’une
surface légèrement concave.

♦ Les bords marginaux séparent les faces supérieure et inférieure de la surface circonférentielle. Ils présentent
l’aspect d’une crête annulaire plus ou moins saillante échancrée en arrière et dépourvue de foramens vasculaires.
Ces bords peuvent être le siège de déformations pathologiques connues sous le nom d’ostéophytes vertébraux.

2- Pédicules vertébraux.

Les pédicules vertébraux sont deux lames osseuses quadrilatères, aplaties transversalement et implantées sur le
corps vertébral à l’union de ses faces postérieure et latérales.
Le bord inférieur des pédicules est plus échancré que le bord supérieur. Ils délimitent avec les bords des pédicules
sus et sous-jacents les foramens intervertébraux par où s’échappent les nerfs spinaux.

3- Lames vertébrales.

Les lames vertébrales sont aplaties, quadrilatères et s’étendent des pédicules à la base du processus épineux.
Elles présentent une face antérieure, une face postérieure, et deux bords, l’un supérieur, l’autre inférieur.
La face antérieure répond au foramen vertébral.

4- Processus épineux.

Le processus épineux se détache par une large base à l’union des lames, et se porte en arrière et en bas. Il
présente l’aspect d’une lame aplatie transversalement à laquelle on distingue deux faces latérales, un bord supérieur
mince, un bord inférieur épais.

5- Processus transverses.

Les processus transverses se détachent du point d’union des pédicules et des lames. Ils se portent en dehors et
un peu en arrière et se terminent par un apex libre. Ils présentent : deux faces : l’une antérieure, l’autre postérieure,
et deux bords, l’un supérieur, l’autre inférieur.

6- Processus articulaires.

Les processus articulaires sont des éminences verticales implantées à l’union des pédicules et des lames ; ils
sont au nombre de quatre, deux supérieurs et deux inférieurs.
Les processus articulaires supérieur et inférieur du même côté, forment une colonne osseuse verticale qui
déborde en haut et en bas le corps vertébral et se termine à ses extrémités par une surface articulaire ; la surface
articulaire supérieure regarde en haut et en arrière ; la surface articulaire inférieure regarde en bas et en avant.

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7- foramen vertébral.

Le foramen vertébral présente une forme arrondie ou triangulaire ; il est limité en avant par le corps vertébral,
en dehors par les pédicules et en arrière par les lames. Les foramens vertébraux superposés constituent le canal
vertébral, dans lequel se loge la moelle épinière et ses enveloppes méningées.
La moelle épinière se termine au niveau du bord supérieur de la deuxième vertèbre lombaire.

III- caractEres particuliers des vertEbres.

A- vertEbres cervicales.

Les vertèbres cervicales sont au nombre de sept, les deux premières, l’atlas et l’axis, sont très différentes des
autres vertèbres cervicales.

1- Vertèbre cervicale type de C3 à C6. (Fig.02)

a- Corps vertébral.- Le corps vertébral est allongé transversalement et plus épais en avant qu’en arrière.

La face supérieure présente deux éminences latérales antéro-postérieure, les uncus du corps.
La face inférieure présente deux incisures latérales en rapport avec les uncus du corps de la vertèbre sous-
jacente. Elle se prolonge en bas et en avant par un relief osseux, le rostrum qui s’atténue depuis l’axis à la vertèbre
cervicale C7.

b- Pédicules vertébraux.- Les pédicules vertébraux sont courts et grêles  ; ils se détachent de la partie postérieure
des faces latérales du corps. Leur bord supérieur est aussi profondément échancré que leur bord inférieur.

c- Lames vertébrales.- Les lames vertébrales sont minces, quadrilatères, et plus larges que hautes.

d- Processus épineux.- Le processus épineux est court, large et légèrement oblique en bas et en arrière ; il se
termine par un apex bifide.

e- Processus transverses.- Les processus transverses sont courts et implantés par deux racines. La racine
antérieure se détache de la face latérale du corps ; la racine postérieure se fixe sur la face latérale du pédicule et du
processus articulaire.

Les deux racines circonscrivent avec le pédicule un orifice ovalaire, le foramen transversaire dans lequel
passent les vaisseaux vertébraux.
La face supérieure du processus transverse est creusée d’un large sillon transversal dans lequel chemine le nerf
spinal. Elle se termine par deux tubercules, l’un ventral, l’autre dorsal.

f- Processus articulaires.- Les processus articulaires se terminent par deux surfaces articulaires, planes
orientées à 45 degrés par rapport au plan horizontal : les surfaces supérieures regardent en haut et en arrière ; les
surfaces inférieures regardent en bas et en avant.

g- Foramen vertébral.- Le foramen vertébral est large, triangulaire à base antérieure.

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