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UK price £ 1,50 Mercredi 3 novembre 2010 - Paris etLondres signent unaccordsansprécédent surleursforces nucléaires
UK price £ 1,50 Mercredi 3 novembre 2010 - Paris etLondres signent unaccordsansprécédent surleursforces nucléaires

UK price £ 1,50

Mercredi 3 novembre 2010 -

UK price £ 1,50 Mercredi 3 novembre 2010 - Paris etLondres signent unaccordsansprécédent surleursforces nucléaires t

Paris etLondres signent unaccordsansprécédent surleursforces nucléaires

t Les deux puissances vont lancer une coopération technologique sur les ogives nucléaires t Ce point figure dans le traité de défense franco-britannique conclu mardi 2 novembre

L es deux puissances nucléaires européen- nesouvrent une page inédite dansl’histoi- re de leurs forces de frappe respectives.

Pour la première fois, la France et le Royaume- Uni vont lancer une coopération touchant à la vérification des matières qui entrent dans la fabrication de leurs têtes nucléaires. Hautement sensible, ce rapprochement ne remet pas en cause, souligne-t-on de part et d’autre, l’indépendance des deux dissuasions nucléaires. Mais, portant sur un aspect techni- que qui concerne la fiabilité des matières utili-

sées pour les armes atomiques, le tournant est majeur, car il touche au cœur de la fabrication des arsenaux et de leur entretien. Négocié depuis des mois, ce virage devait êtreconsacré, mardi2 novembre,par lasignatu- re à Londres d’un traité de défense entre les deux pays, à l’occasion d’un sommet réunis- sant le président français, Nicolas Sarkozy, et le premier ministre britannique, David Cameron. Adossé au premier, un second traité, concer- nantla coopérationscientifiquedans lenucléai- re, sera signé dans la foulée.

Concrètement, la France va permettre aux Britanniques de vérifier l’état des matières des- tinées à leurs ogives, en leur offrant un accès aux technologies du site de Valduc, en Bourgo- gne(Côte-d’Or),rattaché àladirectiondes appli- cations militaires du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). De la matière fissile sera ainsi transportée du Royaume-Uni vers Valduc pour y être testée et soumise à des simulations, avant d’être rapatriée. Natalie Nougayrède

a Lire la suite page5

rapatriée. Natalie Nougayrède a Lire la suite page5 «LeMonde Economie» Etats-Unis Chômage, pauvreté : des

«LeMonde

Economie»

Etats-Unis Chômage, pauvreté : des niveaux record ; croissance : des signes de ralentissement Supplément

Dépensesde l’Etat :grosses coupes,petiteséconomies

Budget 2011 Le gouvernement prévoit de réaliser au moins 5 milliards d’euros d’économies sur les dépenses pour réduire le déficit public. Mais cela ne suffira pas à faire baisser les dépenses totales. Page 9

Jour après jour,l’exode des chrétiens d’Orient

D ifficile de parler de « terro- risme aveugle » quand des prêtres et des fidèles assis-

tant à la messe dominicale sont tués dans leur église, à la veille de la Toussaint. C’est ce qui vient de se passer à Bagdad, où une prise d’otages s’est achevée dans un bain de sang, dimanche 31 octo- bre, après l’intervention de l’ar- mée irakienne. Bilan : plus de cin- quante morts, en majorité des femmes et des enfants. La prise d’otages visait la com- munauté chrétienne du pays, régulièrement prise pour cible par les « milices islamistes » qui déstabilisent l’Irak depuis la chu- te de Saddam Hussein. Ce nou- veau jalon tragique d’une histoire récente, qui en compte beaucoup d’autres, ne manquera pas d’ali- menter une tragédie en cours depuis plusieurs années : l’exil des chrétiens d’Orient.

Islamisme, guerres, conflits divers, notamment israélo-pales- tinien, pauvreté, les causes sont nombreuses qui expliquent ce drame : les chrétiens fuient les lieux qui sont le berceau de leur foi. L’archevêque de Kirkouk, autre ville irakienne, disait redou- ter un « exode mortel » lors du synode consacré aux chrétiens d’Orient, du 10 au 24 octobre, au Vatican.

Editorial

Le gouvernement français, qui a accueilli 1 300 chrétiens d’Irak depuis 2008, a proposé, lundi 1 er novembre, d’en recevoir 150 autres. Ils rejoindront dans l’exil près de la moitié de la population chrétienne d’Irak qui a fui le pays depuis une vingtaine d’années. Avec quelque 500 000 chré-

tiens encore sur place, l’Irak est le pays du Moyen-Orient qui a connu la plus forte hémorragie ces dernières décennies. Une accé- lération est à l’œuvre depuis l’in- vasion américaine de 2003 et les violences qui en ont découlé. Le problème concerne toute la région. Pour le jésuite égyptien Samir Khalil Samir, l’un des arti- sans du synode, la disparition des chrétiens d’Orient n’est pas « une simple hypothèse » : en un siècle, la population chrétienne de Tur- quie est passée de 20 % à 0,2 %. Sur la même période, la part des chrétiens dans les pays qui ont vu naître et prospérer le christianis- me est passée de 15% à 6% aujour- d’hui. En l’absence de statistiques fiables, les chiffres communé- ment admis font état de quelque 20 millions de personnes sur une population de 350 millions, au Proche et Moyen-Orient. Le Liban

Leregard de Plantu

au Proche et Moyen-Orient. Le Liban Leregard de Plantu abrite toujours la plus forte pro- portion

abrite toujours la plus forte pro- portion de chrétiens. Un ensemble de raisons écono- miques, politiques, démographi- ques et religieuses explique cette lente évaporation. Mais, depuis quelques années, le clergé et les fidèles mettent surtout en avant l’islamisation croissante des socié- tés dans lesquelles ils vivent. « Les musulmans ne distinguent pas religion et politique », rappelaient les évêques lors du synode. Pour les communautés concer- nées, au-delà de l’islam radical, c’est désormais la confrontation au quotidien avec un islam politi- que qui rend difficile la survie de la culture et des traditions chré- tiennes. Le Vatican a dit son désarroi. Il ne devrait pas être seul : l’exode des chrétiens d’Orient est un dra- me qui nous concerne tous. p

Lire page 7

M.Mitterrand

défendlaMaison

del’histoire

deFrance

L e ministre de la culture répond aux historiens qui, dans une tribune au Monde,

critiquaient la finalité de la Maison

de l’histoire de France. Ces détrac- teurs dénonçaient notamment unetentativedefiger l’histoire.Fré- déricMitterrand voit dans ces criti- ques a priori du projet un mal fran- çais. Il plaide la nécessité de ponc- tuer notre récit national de repè- res, de dates et de personnages, nécessaires à sa compréhension. La Maison « sera un lieu où le passé vit au contact de la modernité, ouvert aux débats, aux invitations et aux rencontres », assure-t-il. p

Lire page15

Obama: ledésamour

t Pourquoilebilanduprésident américain, àmi-mandat,neconvaincpaslesélecteurs. P. 6 et 16-17

Lorsdumeeting démocrate à Boston, le 16 octobre. AFP/Saul LOEB
Lorsdumeeting
démocrate
à Boston,
le 16 octobre.
AFP/Saul LOEB

Deuxhommes,deuxpinsons etungrand filmrusse

Cinéma Accompagnant le corps de sa femme, un homme voyage avec son ami sur les bords de la Volga afin d’accomplir le rituel funéraire des Meria, un peuple disparu. Avec « Le Dernier Voyage de Tanya », Aleksei Fedorchenko signe un somptueux récit. Parmi les autres sorties de la semaine, « L’Homme qui voulait vivre sa vie », film inclassable, où Eric Lartigau suit la trajectoire de Paul, un avocat, interprété par Romain Duris, entre confort social et aspiration artistique. Pages20 à 22

confort social et aspiration artistique. Pages20 à 22 Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane
confort social et aspiration artistique. Pages20 à 22 Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane

Algérie 150 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane 2,00 ¤, Autriche 2,40 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 500 F CFA, Canada 4,25 $, Côte d’Ivoire 1 500 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 25 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 500 F CFA, Grande-Bretagne 1,50 £, Grèce 2,20 ¤, Hongrie 700 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,20 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Malte 2,50 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 25 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 1,90 ¤, Sénégal 1 500 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 30 KRS, Suisse 3,00 CHF, Tunisie 2,00 DT, Turquie 6,00 TL, USA 3,95 $, Afrique CFA autres 1 500 F CFA,

24 heures danslemonde

24 heures danslemonde Les gens t GillesDufeigneux nommédélégué auxgrands événementssportifs L’ex-collaborateur de

Les gens

t GillesDufeigneux

nommédélégué

auxgrands

événementssportifs

nommédélégué auxgrands événementssportifs L’ex-collaborateur de François Fillon, qui avait

L’ex-collaborateur de François Fillon, qui avait démissionné le 9septembre après avoir été sus- pendu de ses fonctions, a été nom- mé, samedi 30 octobre, délégué interministériel aux grands événe- ments sportifs. L’ex-chef de cabi- net adjoint du premier ministre avait été contrôlé en état d’ébriété par des policiers qu’il avait insul- tés, à Paris, dans le 5 e arrondisse- ment. M.Dufeigneux, 46 ans, est, par ailleurs, conseiller municipal (centriste) de Vannes (Morbihan) et conseilleur régional. (PHOTO :

MAXPPP)

t ChristineBoutin

«vraisemblablement»

candidateen2012

La présidente du Parti chrétien- démocrate (PCD), Christine Boutin, 66ans, a annoncé sa probable can- didature à l’élection présidentielle de 2012, dans un entretien publié par Le Figaro, mardi 2novembre. «Nous aurons un candidat à la pré- sidentielle, vraisemblablement moi, car la France a besoin d’un cap, d’une espérance, d’un enthou- siasme en ces temps difficiles de mondialisation», a estimé l’ancien- ne ministre de la ville, chargée par Nicolas Sarkozy de rédiger un rap- port sur la «justice sociale et la mondialisation», qu’elle doit remettre avant le 15décembre.

t MatthiasLanghoff

condamne l’expulsion desRomspar laFrance

Le dramaturge franco-allemand Matthias Langhoff, 69 ans, ancien directeur du Berliner Ensemble, invité du Festival national de théâ- tre de Roumanie, a vivement criti- qué, lundi 1 er novembre, à Buca- rest, le gouvernement français pour sa politique d’expulsion des Roms. « Je suis gêné d’apparaître maintenant en Roumanie en tant que Français. »

Société éditrice du « Monde » SA Président du directoire, directeur de la publication : Eric Fottorino Vice-président, directeur général : David Guiraud Secrétaire général du directoire :

Pierre-Yves Romain Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer Editeur : Michel Sfeir Directrice de la rédaction : Sylvie Kauffmann Directeurs éditoriaux : Gérard Courtois et Alain Frachon. Rédacteurs en chef : Jean-Jacques Bozonnet, Michel Kajman, Franck Nouchi, Isabelle Talès, Didier Pourquery («Le Monde Magazine »). Chef d’édition : Françoise Tovo. Directrice artistique : Sara Deux. Veille de l’information : Eric Azan. Secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président. Gilles van Kote, vice-président

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0123 est édité par la Société Editrice du Monde (SA).

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n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037

Président : David Guiraud Directrice générale : Bénédicte Half-Ottenwaelter PRINTED IN FRANCE

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Les faits

a International

AuxEtats-Unis,scrutinsdifficiles

pourBarackObamaetlesdémocrates

Le président Barack Obama et ses alliés démocrates semblaient en très mauvaise posture avant les élections de mi-mandat du mardi 2 novem- bre aux Etats-Unis, sur fond de mécontentement économique aigu. Lundi 1 er novembre, une dernière série de sondages a confirmé la ten- dance de ces dernières semaines : les républicains et leur aile ultra- conservatrice, le Tea Party, devraient rafler la majorité à la Chambre des représentants et entamer considérablement la majorité au Sénat. Les démocrates devraient également perdre une poignée de sièges de gou- verneurs. Au total, les Américains doivent renouveler les 435 sièges de la Cham- bre des représentants. Ils doivent aussi désigner 37 nouveaux sénateurs sur 100 et 37 postes de gouverneurs sur 50. Lire pages6, 16 et 17

n Sur Lemonde.fr : Le suivi en direct des résultats à partir de 4heures du matin, mercredi 3novembre. Infographie animée : Tout comprendre des élections de mi-mandat. Blogs : «Obama sur tou- tes les radios» et « Des élections à 4milliards de dollars».

Pariset Londres inaugurent unpartenariatmilitaire inédit

A l’occasion d’un sommet bilatéral à Londres, Nicolas Sarkozy et David Cameron devaient signer, mardi 2 novembre, un traité ouvrant la voie à un partage de technologies à partir de 2014 destiné à vérifier les matières entrant dans les têtes nucléaires. Cela se fera dans un laboratoire com- mun implanté à Valduc, près de Dijon. Un centre de recherche britanni- que sera, en parallèle, ouvert à Aldermaston aux spécialistes des deux pays. Par ailleurs, la Grande-Bretagne et la France vont créer une « force expéditionnaire conjointe » de plusieurs milliers d’hommes qui sera mobilisable pour des opérations extérieures bilatérales ou sous dra- peaux de l’OTAN, de l’ONU ou de l’Union européenne. En plus de ces deux projets phares, Paris et Londres ont décidé de parta- ger, à partir de 2020, leurs deux porte-avions. Plus largement, les deux pays devaient annoncer, mardi, une série de projets militaires communs et d’accords destinés à rapprocher leurs industries de défense en matière de sous-marins, de drones ou de missiles. Lire page 5

a France

Lapolice grecque intercepteuncolis

piégédestiné àNicolas Sarkozy

grecque intercepteuncolis piégédestiné àNicolas Sarkozy La police grecque a déjoué, lundi 1 e r novembre,

La police grecque a déjoué, lundi 1 er novembre, plusieurs tentatives d’at- tentat aux colis piégés, adressés à Nicolas Sarkozy ainsi qu’aux ambassa- des du Mexique, des Pays-Bas et de Belgique, à Athènes. Deux hommes, âgés de 22 et 24 ans, soupçonnés d’appartenir à des groupuscules d’extrê- megauche ontété interpellés. L’affaire aété confiée àla brigadeantiterro-

riste. (PHOTO : REUTERS)

Lesdéputésdébattentdescoupes

franchesprévuesdanslebudget2011

Les députés devaient commencer, mardi 2 novembre, l’examen du volet dépenses du budget 2011. L’Etat a l’ambition de réaliser 5 milliards d’eu-

ros d’économie sur ces dépenses. Au menu sont inscrites la suppression de 31 638 postes de fonctionnaires (par le non-remplacement de la moitié des départs en retraite), des mesures de restriction du train de vie de l’Etat (200 millions d’économie nettes), ainsi qu’une baisse de 600 mil- lions nette des subventions, allocations et aides sociales notamment. Le gouvernement souhaite stabiliser à 37,6 milliards d’euros les dépen- ses dites « de guichet » dont le nombre de bénéficiaires augmente avec la crise. Enfin, le nombre d’emplois aidés passera de 400 000 en 2010 à 340 000 en 2011. Lire page9

a Environnement

Désaccordentre associationset experts surleseffetsduGrenelle

associationset experts surleseffetsduGrenelle Le rapport de suivi des 268 décisions négociées en

Le rapport de suivi des 268 décisions négociées en octobre 2007 à la faveur du Grenelle de l’environnement devrait être remis, mardi 2 novembre, au ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo. Les auteurs recensent 52 mesures qui nécessitent « une réorientation stratégique ou une remobilisation significative ». Onze mesures « dépassées » doivent être « redéfinies ». Restent une cin- quantaine de mesures (18 %) dont les engagements sont « réalisés », selon les auteurs du rapport, et 60 % qui sont « en cours de réalisation sans difficulté particulière à ce jour ». Cette évaluation plutôt encoura- geante des effets du Grenelle est en décalage avec l’appréciation des associations de défense de l’environnement, beaucoup plus sévères.

(PHOTO : AFP) Lire page 4

Aprèsl’Eyjafjöll,un autre volcan islandaispourraitentrerenéruption

Six mois après le nuage de cendres de l’Eyjafjöll, qui avait paralysé l’espa- ce aérien européen, les géologues islandais ont annoncé, lundi 1 er novem- bre, qu’un autre volcan, le Grimsvötn, émet des signes avant-coureurs d’une éruption. Le cours d’eau du glacier, sous lequel gronde le volcan, a triplé de volume dans la nuit de dimanche à lundi. En 2004, le déborde- ment de ce lac avait été suivi d’une éruption.

a Economie

La FranceetlaRussiecréent unconsortiumdechantiersnavals

La compagnie russe unifiée de construction navale OSK et le groupe français de construction navale militaire DCNS ont signé, lundi 1 er novembre, un accord de coopération prévoyant la création d’un consortium commun. Cet accord intervient juste avant l’expiration, le 5 novembre, de l’appel d’offres lancé par la Russie pour un navire de type Mistral. La DCNS a annoncé le 26 octobre qu’elle était prête à livrer un Mistral à Moscou, « sans restrictions » . Les discussions ont longtemps buté sur la question du transfert de technologie. Le nouveau consortium pourrait participer à des appels d’offres pour la construction de « navires civils et militaires » , a déclaré le PDG de la DCNS, Patrick Boissier. La France est en négocia- tion avec la Russie depuis 2009 pour la vente du navire de guerre Mistral.

L’histoire SalvatoreAloïse(Rome, correspondance)

Laminijupe est bannie de Castellammare

A vant de se rendre à Castellammare di

Stabia, ville du bord de mer non loin

de Naples, mieux vaut consulter le

règlement sur la sécurité urbaine que le maire, Luigi Bobbio, un ancien magistrat, épaulé par son adjoint à la sécurité, un ancien général, vient de promulguer. Car il s’agit d’une série de normes très pointilleuses avec, entre autres, l’interdic- tion de porter des minijupes trop courtes, des décolletés trop généreux, des jeans taille basse ou encore de prendre des bains de soleil dans les parcs de la ville et de se balader torse nu loin des plages. Jurer ou « troubler les autres » avec un «langage cru » est aussi sanctionné. Les amendes encou- rues vont de 25 euros à 500 euros. La raison de ce tour de vis ? « Restaurer le décor urbain » qui, selon M. le maire, est mis à mal par le laisser-aller, en ville, des touristes et des habitants. Cet ayatollah local, comme il a été surnommé par beau- coup de ses concitoyens, a pris les devants,

avant l’été 2011 et la « décadence vestimen- taire » déchaînée, selon lui, par les premiè- res chaleurs. « Castellammare, province de Naples ou de Téhéran ? », s’est interrogée une associa- tion de défense des consommateurs, tandis que des groupes féministes montaient au créneau en organisant des sit-in en miniju- pe devant la mairie pour protester contre ce bond en arrière.

Des crucifix dans les bars

Mais le maire n’en démord pas. Tout en se défendant d’être un bigot, cet élu de droi- te confirme vouloir remettre sa ville dans le droit chemin. Il assure que les agents de la police municipale n’iront pas, le mètre à la main, vérifier la longueur des minijupes, mais qu’ils se limiteront à juger d’un coup d’œil. S’il se prend pour un shérif, c’est qu’il a de bonnes raisons. A l’été 2008, le gouvernement Berlusco- ni avait transformé les maires en gardiens

de l’ordre. Pensée, au départ, pour lutter contre la microcriminalité, cette redéfini- tion du rôle des maires, au fil d’arrêtés plus ou moins farfelus, n’en finit pas de donner des idées « géniales » aux plus zélés d’entre eux. Les exemples sont variés. Ils vont des res- trictions des commerces de kebabs qui « nui- sent aux traditions culinaires locales » de plu- sieurs communes, à l’obligation d’accrocher un crucifix aux murs dans des lieux publics comme les bars, introduite par la municipa- lité de Trivolzio, en Lombardie, en réponse à la décision de la Cour européenne de suppri- mer les crucifix dans les salles de classe. Avant la minijupe, la palme du règlement le plus saugrenu revenait au maire de Furo- re, en Campanie, qui a interdit les nains de jardins, coupables « d’altération de la natu- re ». Sans parler du premier citoyen de Salug- gia, au Piémont, qui, pour sa part, suggère de remplacer le jet de riz sur les mariés par « de plus délicats pétales de rose ». p

0123

Mercredi 3 novembre 2010

Les chiffres

t Economie

120000

foyersdevraient sortirdu fichier despersonnes surendettées

Selon la ministre de l’économie, Christine Lagarde, les mesures entrées en vigueur lundi 1 er novem- bre devraient permettre à un ménage surendetté sur six de sor- tir du fichier. Selon M me Lagarde, 2,6 millions de français sur les 9millions qui ont recours au cré- dit à la consommation sont en dif- ficulté pour rembourser. Le nom- bre de surendettés a augmenté de 15 % entre septembre 2008 et sep-

tembre2009.

t Population

6millions

d’agents chargés du recensement enChine

La Chine a commencé, lundi 1 er novembre, le recensement décennal de sa population esti- mée à plus de 1,33milliard d’indivi- dus fin 2009. Six millions d’em- ployés gouvernementaux vont sillonner le pays pendant un mois. De nombreux Chinois pour- raient être tentés d’échapper au recensement, notamment les quel- que 200 millions de « migrants», partis des campagnes pour tra- vailler dans les villes, qui n’ont aucun statut légal.

t Emploi

8,9%

desjeunes

diplômés

auchômageen

Grande-Bretagne

Selon une étude de l’organisation indépendante britannique Higher Education Careers Services Unit, publiée lundi 1 er novembre, 8,9 % de nouveaux diplômés étaient à la recherche d’un emploi six mois après avoir quitté l’université. Il s’agit du plus fort taux de chôma- ge de ces jeunes depuis 1993 où il avait culminé à 11,6 %. Ce sont les diplômés dans le domaine des nouvelles technologies qui ont le plus de mal à trouver du travail (16,3%), suivis des ingénieurs en électronique (13,3 %).

Les scores

t Tennis

Simon passe, Clément et Llodra cassent

Le Français Gilles Simon a battu

(6-3, 6-3) le Russe Sergiy Stakhovs-

ky, lundi 1 er novembre à

(Espagne); Arnaud Clément a été défait (6-4, 6-2) par un autre Russe Teimuraz Gabashvili. A Bâle (Suis- se), Michael Llodra a été sorti (4-6, 7-5, 6-3) par l’Américain John Isner.

t Voile

Franck Cammas en tête de la Route du rhum

Franck Cammas, sur Groupama3, était en tête de la Route du rhum, mardi 2 novembre à 7 h 40.

Valence

t Hippisme

Un binôme français emporte la Melbourne Cup

Le cheval français, Americain, monté par le Français Gérald Mos- sé, a emporté la Melbourne Cup (Australie), l’une des courses les plus réputées au monde.

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Mercredi 3 novembre 2010

Page trois

0123 Mercredi 3 novembre 2010 Page trois

Seizeans après l’attentatcontre l’aviondu présidentHabyarimana, le jugeTrévidic s’estrenduàKigalipourdéterminer d’oùsontpartislestirs.Unepremière

Rwanda:la véritéenlignedemire

C ’est l’enquête de la dernière chance. Celle qui peut établir la vérité sur un drame jamais éclairci depuis sei- ze ans, ou bien se heurter, une fois de plus, aux raisons

d’Etat. Aussi étonnant que cela paraisse, aucune investigation matérielle n’a jamais été menée par la justice sur le crash de l’avion du président rwandais qui, le 6 avril 1994, a donné le signal du génocide dont ont été victimes 800 000 personnes, des Tutsi et des Hutu modérés. Pour la première fois, un juge d’ins- truction français vient de passer une semaine à Kigali accompagné d’une équi- pe d’experts et d’avocats, pour tenter de faire la lumière sur les tirs de missile qui, en abattant le Falcon 50 du président Juvénal Habyarimana, ont fait basculer le Rwanda dans l’horreur.

Laculpabilité ducamp Kagamé, sansfaire del’actuelprésident leresponsable dugénocide,signifierait quelechef de l’Etatapris lerisqued’unmassacre desonpeuple pourprendrelepouvoir

Qui a tiré ? Les extrémistes hutu hosti- les au partage du pouvoir avec les Tutsi qu’avait accepté le président Habyarima- na? C’est la thèse du régime actuel du pré- sident Paul Kagamé, dominé par les Tut- si. Ou des soldats agissant sur ordre de ce dernier qui, à la tête d’une armée rebelle, cherchaient à s’emparer du pouvoir, comme l’a conclu le juge français Jean- Louis Bruguière en 2006, provoquant la rupture par Kigali des relations diploma- tiques avec Paris ? Chacune de ces hypothèses renvoie à un lieu de tir : le camp militaire de Kanombe tenu par les Forces armées rwandaises (FAR, loyalistes), qui atteste- rait de la culpabilité du régime Habyari- mana, ou la colline de Masaka où des élé- ments du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé se seraient infil- trés, selon l’enquête du juge Bruguière. « La vérité viendra de la balistique » , insiste l’un des protagonistes de ce dos- sier qui, depuis seize ans, empoisonne le climat entre Paris et Kigali. Cette vérité n’intéresse pas seulement les familles des victimes françaises du crash, qui ont porté plainte. La culpabilité du camp Kagamé, sans faire de l’actuel président le responsable du génocide – qui a des racines anciennes et fut organisé par ses adversaires –, signifierait que le chef de l’Etat a pris le risque d’un massacre de son peuple, pour prendre le pouvoir. C’est peu dire que le séjour rwandais du juge parisien Marc Trévidic, du 11 au 18 septembre, marque un tournant dans

Trévidic, du 11 au 18 septembre, marque un tournant dans Pour la première fois, un juge

Pour la première fois, un juge d’instruction français, Marc Trévidic (au centre), a passé une semaine à Kigali, accompagné d’une équipe d’experts et d’avocats, pour tenter de faire la lumière sur les tirs de missile qui ont abattu le Falcon 50 du président Juvénal Habyarimana. STEVE TERRILL/AFP

cette enquête. Son prédécesseur, le juge Bruguière, chargé en 1998 de l’enquête ouverte sur plainte des victimes françai- ses du crash, ne s’était jamais rendu sur les lieux. Crainte pour sa sécurité et conviction d’une obstruction des autori- tés rwandaises actuelles, allèguent ses partisans. Parti pris de charger Kagamé pour atténuer la responsabilité de la France, qui soutenait Habyarimana, rétorquent ses contempteurs. Fondant ses accusations sur des témoi- gnages convergents, le juge Bruguière avait cru pouvoir se passer d’investiga- tions en terrain rwandais. Mais plusieurs de ses témoins se sont rétractés, rendant plus nécessaire que jamais le recueil de preuves matérielles. Parallèlement, le rétablissement des relations franco- rwandaises à la fin de 2009 a rendu possi- ble un transport sur les lieux, inenvisa- geable en période de glaciation diploma- tique. Héritier d’un aussi lourd passé, le juge

Trévidic n’a pas le droit à l’erreur. Il a fait en sorte que ses investigations à Kigali, effectuées sous le regard de la justice rwandaise comme le veut la loi, soient incontestables. Il a effectué sa visite en présence d’un avocat des parties civiles françaises et de deux défenseurs des Rwandais mis en cause. Afin d’atténuer le risque d’une future « bataille d’ex- perts », il a aussi accepté la présence à ses côtés d’experts militaires britanniques. En 2009, ces derniers, dans un rapport commandité par les autorités rwan- daises, ont accrédité la thèse de Kigali incriminant les extrémistes hutu. Selon eux, les preuves matérielles ne sont «plus disponibles » . Mais leur travail est contesté car les témoignages contredi- sant la version gouvernementale ne leur avaient tout simplement pas été commu- niqués. Pour approcher la vérité, le magistrat français s’est fait accompagner de cinq experts, tous civils : un géomètre,

Rubungo Point de chute de l’avion Domaine du président Habyarimana militaire Cyaruzinge sur sa propre
Rubungo
Point de chute de l’avion
Domaine
du président Habyarimana
militaire
Cyaruzinge
sur sa propre résidence
le 6 avril 1994 à 20 h 25
Aéroport
international
Vers Kibongo
de Kigali
Gihanga
RDC
OUGANDA
TANZ.
Kigali
Lac Kivu
La ferme Masaka
aurait été investie
par
RWANDA
Domaine militaire
de Kanombe,
des Forces armées
rwandaises (FAR,
les rebelles du Front
patriotique rwandais (FPR)
loyalistes)
50 km
BURUNDI
1 km

Deux hypothèses pour le point de départ des missiles qui ont touché l’avion du président Habyarimana

un cartographe, un spécialiste des missi- les et un autre des explosifs ainsi qu’un formateur spécialisé dans le pilotage des Falcon 50, l’avion en cause. A la nuit tombée – le moment du dra- me –, cet aréopage, escorté par des mili- taires et accompagné de hauts magis- trats rwandais, s’est transporté sur les deux zones possibles de tir . « Nous avons attendula nuit pour voir passerles avions et vérifier les hypothèses, notamment en étudiant la propagation des sons. Nous avons emmené les témoins de l’époque sur les lieux et les avons interrogés pour confronter leurs dires à la réalité du ter- rain », raconte l’un des acteurs de cette reconstitution. De multiples relevés GPS et photographiques doivent permettre aux experts de reconstituer en 3D par informatique la trajectoire du Falcon 50 présidentiel. Cruciale mais encore inconnue, la position de l’appareil au moment où il a été touché par deux missiles, doit être enfin déterminée. Elle sera croisée avec la localisation des débris toujours pré- sents sur place, afin de déduire le lieu des tirs. En parallèle, la position de l’avion au moment de l’impact devrait permettre

d’identifier le type de missile utilisé. A son tour, ce renseignement peut aider à identifier le camp du tireur et à détermi- ner si ce dernier était ou non un profes- sionnel. « Il n’est pas facile d’abattre un avionen vol », insiste un proche de l’en- quête. Déjà, le transport sur les lieux a per- mis de disqualifier certains témoins : le lieu où ils disent s’être trouvés ne per- met pas physiquement de distinguer les deux zones possibles de tir. L’observation d’un champ de papyrus boueux et infesté de serpents a fragilisé le témoignage de celui qui disait s’y être caché. Mais c’est le croisement des conclusions scientifiques avec les témoi- gnages, qui devrait permettre d’éliminer définitivement certaines hypothèses. «Les experts ne diront pas qui a fait le coup, nuance une source éclairée. Mais ils détermineront les scénarios les plus probables. » Leur copie est attendue d’ici à mars 2011. L’équation du crash déclencheur du génocide rwandais n’aura probablement pas été totalement résolue, mais plu- sieurs de ses innombrables inconnues auront enfin été levées. p Philippe Bernard

Lecheminvers les assisesestseméd’obstacles

MÊME si l’expertise de l’attentat qui, le 6 avril 1994, a coûté la vie aux douze occupants de l’avion du président rwan- dais Juvénal Habyarimana aboutit à des conclusions scientifiques précises, il res- tera à les convertir en vérité judiciaire. Le chemin risque d’être long. Tandis que M e Emmanuel Bidanda, avocat de la famille d’une victime fran- çaise du crash, espère que le rapport des experts permettra d’« envisager la clôtu- re de l’instruction », M e Bernard Main- gain, qui défend des personnalités rwan- daises mises en cause dans l’attentat par le juge Bruguière, en doute. Il estime que le dossier demeure « bouffi de mani- pulations » qu’il faut impérativement démonter. Les avocats fourbissent déjà les argu- ments destinés à dissocier le lieu des tirs – qui pourrait être identifié par les

experts – et leur auteur. Ainsi, les défen- seurs des personnalités rwandaises visées insistent sur l’imprécision des témoignages affirmant que les missiles sont partis de la colline de Masaka contrôlée par les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé.

Les huit jokers de Kigali

Ils gardent aussi en réserve la thèse d’une machination des Forces armées rwandaises (FAR, loyalistes) destinée à accuser le FPR. En revanche, si l’experti- se privilégie l’hypothèse de tirs venant du camp de Kanombe, tenu par les FAR, il sera difficile de soutenir que les rebel- les se sont infiltrés dans cette forteresse gouvernementale. La proximité d’un renvoi de l’affaire devant une cour d’assises apparaît

d’autant plus incertaine que Kigali dis- pose encore de huit jokers pour retarder l’enquête, en la personne des huit digni- taires du régime qui restent visés par les mandats d’arrêt internationaux délivrés par le juge Bruguière en 2006. Les autorités rwandaises, en autori- sant l’un d’entre eux à être interrogé par le juge Trévidic et à lui faire de nouvel- les déclarations – au risque d’une mise en examen –, peuvent obtenir une pro- longation de l’instruction. C’est précisé- ment ce que Kigali a réussi avec Rose Kabuye, une des personnalités visées par un mandat d’arrêt. En 2008, cette proche du président Kagamé a fait irrup- tion dans le dossier, obligeant le juge à le rouvrir au moment même où il s’ap- prêtait à le renvoyer pour jugement devant une cour d’assises. p

Ph. B.

4 Planète

4 Planète Sauverlelac Tchad Des dirigeants politiques africains se sont engagés, dimanche 31octobre, à lutter contre

Sauverlelac Tchad

Des dirigeants politiques africains se sont engagés, dimanche 31octobre, à lutter contre l’assèchement du lac Tchad. Le lac pourrait être classé « patrimoine de l’humanité » et une autorité serait chargée d’arbitrer les conflits d’usage de l’eau entre les quatre pays riverains.

d’usage de l’eau entre les quatre pays riverains. Disparitionde Camille Le dernier ours autochtone des

Disparitionde Camille

Le dernier ours autochtone des Pyrénées, Camille, n’a pas donné signe de vie depuis des mois et est considéré comme mort. La dernière photo de l’animal, présent côté espagnol, remonte au 5février. La vingtaine d’ours réintroduits dans les Pyrénées viennent de Slovénie.

0123

Mercredi 3 novembre 2010

viennent de Slovénie. 0123 Mercredi 3 novembre 2010 www.rencontresaverroes.net Lesrencontres

www.rencontresaverroes.net Lesrencontres d’Averroès,conçues pour «penserlaMéditerranéedesdeux rives», se tiennentdanslarégionmarseillaise du 4novembre au 19décembre. Lestroistables rondes serontconsacrées àlaprotectiondel’écosystème enMéditerranée.

Grenelledel’environnement:peut mieuxfaire

Un rapport estime qu’un cinquième desmesures décidées àl’automne 2007 devront être réorientées

C ritiqué pour la gestion chao- tique de la pénurie de carbu- rants, attaqué dans son pro-

pre camp sur l’hypothèse d’une nomination à Matignon, le minis- tre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, Jean-Louis Borloo, devrait trouver quelque réconfort, mardi 2 novembre, à la lecture du rap- port d’évaluation du Grenelle de l’environnement. Réalisé sous la direction du cli- matologue Jean Jouzel, du pédia- tre Alain Grimfeld, du sénateur UMP Jean-François Le Grand et de l’ancienne syndicaliste et actuelle présidente de Vigeo Nicole Notat, tous anciens présidents de grou- pes de travail du Grenelle, il a été coordonné par le cabinet de conseil Ernst & Young, sélectionné

parappel d’offres. Ce travail de sui-

vi des 268 décisions négociées en

octobre2007, financé par le minis- tère de l’écologie à hauteur de 60 000 euros, faisait partie des promesses de l’époque. Certes, le rapport ne dresse pas un bilan aussi positif que le minis- tre lui-même, qui affirme réguliè- rement que tous les engagements initiaux ou presque sont tenus. Les auteursde l’étude recensent de leur côté 52 mesures, soit environ une sur cinq, qui nécessitent «une réorientation stratégique ou une remobilisation significative » pour surmonter «les difficultés ou les retards constatés ». Onze mesures, jugées dépas- sées, doivent être « redéfinies ». Mais les auteurs considèrent tout de même que 18 % des engage- ments sont « réalisés », et surtout que près de 60 % sont «en cours de réalisation, sans difficulté particu- lière à ce jour ». Une lecture en décalage avec celle de certaines associations de défense de l’environnement, qui

dénoncent de plus en plus d’entor- ses au contrat d’octobre 2007. Une dizaine d’entre elles ont pré- senté un contre bilan, mardi 2 novembre, devant le ministère de l’écologie. Le Réseau Action Cli- mat, acteur du Grenelle, qui fédè- re entre autres Greenpeace et le Comité de liaison des énergies renouvelables, a récemment publié un communiqué virulent

qui dénonce notamment « l’ab- sence criante demesures de ruptu- re, structurantes et efficaces » sur le dossier climatique. Au contraire, Eric Duvaud, res-

ponsabledudépartementdévelop-

pementdurable d’Ernst &Young, a une vision « plutôt positive du

Desgroupes detravail sereconstitueront

afind’élaborer despropositions pourdébloquer lesdossiersà l’arrêt

changement opéré en trois ans ». « Quand on plonge dans le détail desdossiers,on s’aperçoitquebeau- coup de choses sont faites, le dis- cours sur lamort du Grenelle est un non-sens », estime l’expert, qui explique que son équipe a travaillé à partir d’entretiens avec les res- ponsables du ministère de l’écolo- gieetd’analysede documentsjusti- fiant de l’avancement des dossiers. Parmi les engagements réalisés figurent l’adoption d’une loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), le développe- ment rapide des filières solaire et éolienne, l’augmentation des sur- faces en agriculture biologique, le classement de 20 % de la zone éco- nomique exclusive en aires mari- nes protégées, l’action diplomati-

Le « new deal écologique» trois ans après

Octobre2007 Les négociations entreles cinq collèges au sein des groupes de travail du Grenelle de l’environnement (patronat, syndi- cats, associations, Etat, collectivi- tés locales) aboutissent à 268engagements. Nicolas Sarko- zy parle de «new deal écologique».

Juillet2009 Vote à la quasi-una- nimité des groupes politiques de la loi Grenelle 1.

Juin2010 Vote de la loi Grenel- le2. La gauche dénonce les « renoncements » du gouverne- ment et vote contre.

Novembre2010 Le rapport établi par Ernst &Young, sous l’autorité d’anciens président de groupes de travail, estime que près de 80% des engagements sont réali- sés ou en cours de réalisation. Relance attendue en décembre.

quedelaFrance enfaveurdela pro- tection de l’environnement, ou l’interdiction des lampes à incan- descence… La catégorie intermédiaire, cel-

le des engagements « en cours de

réalisation sans difficulté particu- lière à ce jour », est celle qui peut le plus donner matière à interpréta- tion : les échéances considérées sont lointaines, et l’appréciation de la progression des dossiers varie selon les acteurs. La réalisa- tion de la trame verte et bleue de protection de la biodiversité, par exemple, est classée dans cette catégorie, malgré un affaiblisse- ment récent de son statut juridi- que et les difficultés à avancer sur un dossier aussi lourd. Y figure également l’objectif de division par deux des pesticides d’icià 2018, bienqu’il soit jugéinat- teignable dans une grande partie du monde agricole. « Pourlesenga- gements rangés dans cette catégo- rie, une mobilisation dans la durée des acteurs est nécessaire, mais il n’existe pas d’obstacles incontour- nables à la réalisation des objec- tifs », justifie M. Duvaud. Enfin, certains dossiers sont jugés en retard ou en panne :

report de l’étiquetage environne- mental des produits de grande consommation à 2011, difficultés du fret ferroviaire, faible adhé- sion au niveau le plus exigeant de la certification à la « haute valeur environnementale » par les agriculteurs… De nombreux engagements touchant à la fiscalité figurent aus-

si

parmi les mesures en souffran-

ce

: taxe carbone, bien sûr, mais

aussi écotaxe sur les poids lourds, audit des mesures fiscales défavo- rables à la biodiversité, évalua- tion de l’impact environnemen- tal des outils économiques, des subventions, et des dépenses fis- cales existantes… Leministère de l’écologie,qui se félicite de la tonalité « positive » d’un rapport «indépendant » , entend y donner suite. Les grou- pes de travail du Grenelle se reconstitueront en novembre, afin d’élaborer des propositions pour débloquer les dossiers à l’ar- rêt. Des décisions devraient être annoncées en décembre. p Gaëlle Dupont

n Sur le Web Site du ministère :

developpement-durable.gouv.fr

le Web Site du ministère : developpement-durable.gouv.fr Le «bonus-malus» a d’abord profité aux marques

Le «bonus-malus» a d’abord profité aux marques nationales. Ici, parking Renault sur le port de Gennevilliers. P. ALLARD/REA

Unbonus-malus automobileplus sévère

LE DISPOSITIF du bonus-malus,

destiné à réduire le nombre de

véhicules les plus polluants et à soutenir une filière automobile menacée par la crise, devrait être renforcé chaque année, selon Les Echos (vendredi 29 et samedi 30octobre), et non plus tous les deux ans ainsi que l’avait pro- grammé le Grenelle de l’environ- nement. «On peut aller plus vite que prévu et réduire chaque année l’accès au bonus et au malus », a expliqué au Monde le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo. La France se placerait déjà en tête des pays européens les moins polluants dans ce domaine : «les émissions de CO 2 des véhicules achetés en France sont inférieures de 12,7g à la moyenne européen- ne », précise M.Borloo. Selon une étude des constructeurs automo- biles, le taux d’émission a dimi-

nué de 148 g par km en 2007 à 132,8g en 2010. Le bonus-malus a « connu un succès dépassant les attentes », dit le « rapport d’évaluation du Gre- nelle de l’environnement », rendu public mardi 2 novembre. La moi- tié des voitures neuves achetées entre janvier et septembre don- naient droit à un bonus. Mais ce dispositif, qui a profité d’abord aux constructeurs natio- naux, précise le ministère, revient cher alors que le gouvernement souhaite faire des économies. Il a coûté 500 millions d’euros – 750 millions de dépenses pour le bonus contre 250 millions de recettes du malus. Aujourd’hui, l’acheteur d’un véhicule émettant moins de 61 g de CO 2 au kilomètre reçoit une pri- me de 5 000 euros, 1 000 de 61 à 95g, 500 euros de 96 à 115 g et

100 euros de 116 à 125 g. L’achat d’une voiture émettant de 156 à 160g était sanctionné d’un malus de 200 euros, 750 entre 161 et 195g, 1 600 entre 196 e t 245 g, pour finir par une pénalité de 2 600 euros au-dessus de 245 g. L’abaissement de 5 g du seuil

de déclenchement du bonus en 2011, soit à 120 g d’émission de CO 2 , avait été prévu lors du Grenel- le de l’environnement. Cette mesure sera donc reconduite dès

2012. Le seuil de déclenchement

du malus diminuera, lui, de 5 g en

2011 puis probablement autant en

2012. Selon Les Echos, le ministère

de l’économie serait même tenté de l’abaisser de 10 g en 2012 pour réduire encore le coût du disposi- tif. La décision finale interviendra lors de la discussion du projet de loi de finances rectificative. p Rémi Barroux

Lesfemmesafricaines contribuent àleurtour àla«fuitedescerveaux»

Une étudemontre quelamoitié desmigrantes versles pays del’OCDE sont diplômées del’enseignement supérieur

L a fuite des cerveaux se conju- guait jusqu’à présent large- ment au masculin. Bien que

les femmes représentent près d’un migrant sur deux (49 %), leurs migrations sont communé- ment attribuées au regroupement

familial et concerneraient des per- sonnes non qualifiées.

Dansuneétudeintitulée«L’émi-

gration des femmes qualifiées,

une composante occultée de la fui-

te des cerveaux africains», Abdels-

lamMarfouk, chercheuràl’Univer-

sité catholique de Louvain, en Bel- gique, démonte ces « clichés». Les femmes constituent non seulement une large part de la migration africaine vers les pays

de l’OCDE (44 %), mais elles sont de

surcroît diplômées de l’enseigne- ment supérieur pour plus de la moitié d’entre elles. Le phénomè- ne n’est guère visible en Europe où, à l’exception du Royaume-Uni

et dans une moindre mesure de

l’Allemagne et de l’Autriche, la part des diplômées dans la popula- tion émigrée ne dépasse pas 20 %. Il est au contraire saisissant en Amérique du Nord et en Australie, où plus de 60% des migrantes afri- cainesont faitdes études supérieu- res. Cette proportion est encore plus importante parmi les migran- tes d’Asie (44 %). La comparaison porte sur l’année 2000, la seule qui permette pour l’instant de

comparer valablement tous les pays de l’OCDE. Entre 1990 et 2000, le nombre de migrantes qualifiées a augmen- té de 73%, passant de 5,8 millions à 10,1millions quand, dans le même temps, le pourcentage des fem- mes migrantes non qualifiées n’a progressé « que » de 22 %. Partout dans le monde, à l’exception de l’Afrique centrale, cette propor- tion a été supérieure à celle des hommes. La raison de cette explo-

sion tient en partie au fait que l’ac-

cès des femmes à l’enseignement supérieur a progressé plus vite

que celui des hommes, par effet de rattrapage. Au niveau mondial, la population des femmes éduquées

a augmenté de 68 % – jusqu’à

105% dans les pays les moins déve- loppés – tandis que celle des hom-

mes a augmenté de 42 % (71 % dans les pays les moins développés).

Conséquences en chaîne

« Pour la grande majorité des paysafricains,lephénomènede fui- te des cerveaux affecte davantage les femmes queles hommes », affir- me M. Marfouk qui estime que «les femmesafricaineslesplusédu- quées constituent le groupe le plus mobile internationalement ». Dans certains pays, comme la République démocratique du Congo, le Nigeria ou la Tunisie, le taux d’émigration des femmes qualifiées est dix fois supérieur à celui des hommes qualifiés.

Sachant que la part des femmes diplômées en Afrique dans la population active est très basse (2,4%), on imagine l’ampleur de la

perte pour les pays d’origine.

Cette émigration-là pèse sur les pays d’origine de façon peut-être plus grave que celle des hommes. Car il est établi que l’éducation des femmes est un élément essentiel

dudéveloppement,avecdesconsé-

quences en chaîne sur la mortalité infantile, l’éducation des enfants et leur santé. En outre, «même si elles sont, globalement,moins bien rémunérées que les hommes migrants, les femmes transfèrent une proportion plusimportante de leurs revenus vers les pays d’origi- ne », assure M. Marfouk. L’exemple du Maroc le prouve :

lacontributiondes Marocaines qui ont émigré dans un pays de l’OCDE représente 5,4 % du produit inté- rieur brut (PIB) de ce pays où 11 % de la population vit dans une

famille bénéficiaire d’un transfert. Et parmi ces migrantes, 20 % sont

hom-

mes, selon M.Marfouk. Le Maroc, qui s’est doté il y a trois ans d’un Conseil consultatif des Marocains de l’étranger, a créé un « groupe de travail sur la ques- tion du genre ». Animé par Amina Ennceiri, qui travaille à l’Office françaisdes migrationsinternatio- nales,il s’est employéces deux der- nièresannéesà réunir cesMarocai- nes de tous âges et tous milieux. «De plus en plus de femmes par- tent seules, indique M me Ennceiri. Elles deviennent de fait chefs de famille.Leurinfluenceest doncpré- pondérante pour le Maroc. » Parmi elles, de plus en plus de diplômées, confirme-t-elle. Mais pour le Maroc comme pour le reste de l’Afrique, le phénomène touche davantage les pays arabes ou le Liban par exemple que l’Europe. p Brigitte Perucca

diplômées, contre 18 % des

Climat Un mur contre le Pacifique aux îles Marshall

Les îles Marshall veulent construi- re une digue pour se protéger de la montée des eaux liées au réchauf- fement. Nombre d’îles et d’atolls de cet archipel situé dans le Pacifi- que sont à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. «Nous voulons prévenir l’érosion et empêcher lesinondations», a décla- ré Philip Muller, ambassadeur des îles Marshall à l’ONU, en lançant un appel aux dons à hauteur de 14millions d’euros pour financer un mur de 5kilomètres du côté le plus exposé au vent de l’atoll de Majuro, où vit plus de la moitié des 55000 habitants. – (AFP.)

Météo Haïti menacé par la tempête tropicale Tomas

Depuis lundi 1 er novembre, lesauto- rités haïtiennes préparent le dépla- cement de dizaines de milliers de personnes, en prévision de l’arri- vée de la tempête tropicale Tomas, qui pourrait toucher le pays dans les prochains jours. Elles redou- tent son impact sur les villes de tentes abritant les survivants du séisme du 12janvier. – (AFP.)

0123

Mercredi 3 novembre 2010

International 5

0123 Mercredi 3 novembre 2010 International 5

Pariset Londresscellent lerapprochement de leursforces nucléaires

Des traités de défense et de coopération scientifique dansle nucléairemilitaire doivent être signés à Londres

aaa Suite de la première page

Devant la Chambre des commu- nes, lundi 1 er novembre, M. Came- ron a voulu lancer un message ras- surant à ceux qu’un tel lien avec la France pourrait incommoder. «Le partenariat, oui. L’abandon de la souveraineté, non », a-t-il souligné. Chacun trouve son compte dans ce rapprochement sans précédent.

Le partage des coûts liés à la mise en place, à partir de 2014, d’un labora- toire franco-britannique commun à Valduc entraînera des économies appréciables. La France et le Royau-

me-Uni,signatairesdutraitéd’inter-

diction des essais nucléaires de 1996, rationalisent l’effort nécessai- re à la préservation d’arsenaux qui reposent sur des stocks fixes de matière fissile. Ces stocks, qui vieillissent,doiventêtreentretenus. Sur le plan politique, la France

trouveparcetaccordlemoyend’ar-

rimer le Royaume-Uni au « club nucléaire ». Un résultat précieux pour les Français, qui ont observé avec appréhension cette année le débat politique en Grande-Breta- gne sur la pertinence d’engager de grosses dépenses pour moderniser laforce de frappe, dansun contexte delourdescontraintes budgétaires.

En formant ce duo technologi- que, la France attachée à la dissua- sion ménage l’avenir et réduit son risque d’isolement dans une Euro- pe où le nucléaire militaire n’a pas que des partisans. Les conseillers de M. Sarkozy mettent en exergue la «longue durée » dans laquelle s’inscrit cette nouvelle coopéra- tion, le traité sur le nucléaire étant « conclu pour cinquante ans ».

« Confiance inégalée »

Le Royaume-Uni, de son côté, accède à des technologies qu’il ne maîtrise pas, du fait de la dépen- dance de son arsenal envers les Etats-Unis, héritée des années

1950. Londres démontre une capa- citéà nouer avec laFrance une rela- tion spéciale dans le nucléaire, sus- ceptible d’exister en parallèle avec celle qui le lie à Washington. Les Britanniques ont d’ailleurs pris soinde tenirleurspartenairesamé- ricains informés des négociations. L’expert François Heisbourg, de

laFondationpourlarecherchestra-

tégique, estime que ce nouveau lien franco-britannique «impres- sionnant » pose la question de sa conformité avec une législation

américaine (loi McMahon) datant

desdébutsdelaguerrefroide.Celle-

ci interdit tout transfert à des pays

tiers d’informations ayant trait au nucléaire. « L’interface entre les

chargesnucléairesetlesmissilesbri-

tanniques est le fruit de la coopéra- tion entre Londres etWashington », rappelle-t-il. Par une relance spectaculaire de leur coopération dans la défen- se, Paris et Londres cherchent à enrayer le risque de marginalisa- tion stratégique de l’Europe. Un triangle nucléaire entre la France,

le Royaume-Uni et les Etats-Unis

semble se dessiner, si l’on se sou- vient que la France avait noué, en 1996, alors qu’elle achevait sa der- nière campagne d’essais nucléai- res, une coopération avec les Amé- ricains concernant la sûreté et la fiabilité des armes. L’Elysée décrit ce nouveau lien nucléaire avec Londres comme la clé de voûte des autres coopéra-

tions–danslemilitaireconvention-

nel–devantêtreannoncéesausom-

met de Londres. «Cela signifie, dit

un conseiller de M. Sarkozy, que nous avons atteint un niveau de confiance inégalé dans l’Histoire. C’estcepas franchidanslenucléaire qui permet d’aller plus loin dans tous les autres domaines.» p Natalie Nougayrède

dans tous les autres domaines.» p Natalie Nougayrède Dix-septaccords,et des sommets annuels LE TRAITÉ DE

Dix-septaccords,et des sommets annuels

LE TRAITÉ DE DÉFENSE qui devait être signé entre la France et le Royaume-Uni, mardi 2novembre à Lancaster House, à Londres, suc- cède à celui conclu en 1947 entre les deux pays. Il vise à «développer la coopération entre nos forces armées et leur déploiement conjoint», indique-t-on à l’Elysée. Le traité de 1963 entre la France et l’Allemagne comportait aussi un volet consacré à la défense. Par son ampleur, et par le fait que le domaine nucléaire est ouvertement inclus au travers d’un traité distinct, la coopération qui s’ouvre arrime les deux défen- ses nationales «pour des décen- nies », commente-t-on à l’Elysée. Des bilans d’étape auront lieu lors

de sommets annuels. Outre les deux traités – dont le contenu n’est pas encore rendu public –, quinze accords seront annoncés qui préfigurent une mutualisation de certaines capacités militaires et industrielles. L’un des plus signifi- catifs porte sur la création d’une « force expéditionnaire commune interarmées» pouvant être utili- sées «y compris dans des opéra- tions de haute intensité». A l’inverse de la brigade franco- allemande, cette force franco-bri- tannique ne sera pas permanente mais «disponible avec un préavis, pour des opérations bilatérales, au sein de l’OTAN, ou en coalition », précise-t-on à l’Elysée. D’ici à 2020, une « force aérona-

vale d’attaqueintégrée» franco-bri- tannique doit être déployée, impli- quant deux porte-avions équipés de catapultes. Des équipements seront développés en commun pour les « futures générations de sous-marins nucléaires» (sans concerner les missiles ni la propul- sion nucléaire). D’autres coopérations portent sur les satellites, le ravitaillement en vol, les drones, la cybersécurité et les équipements antimines maritimes. La mise en place d’un «maître d’œuvre européen uni- que» pour les missiles convention- nels permettra, en outre, selon l’Elysée, des économies financières «allant jusqu’à 30% ». p

N. No.

nels permettra, en outre, selon l’Elysée, des économies financières «allant jusqu’à 30% ». p N. No.
nels permettra, en outre, selon l’Elysée, des économies financières «allant jusqu’à 30% ». p N. No.
nels permettra, en outre, selon l’Elysée, des économies financières «allant jusqu’à 30% ». p N. No.

6 International

0123

Mercredi 3 novembre 2010

6 International 0123 Mercredi 3 novembre 2010

Lesrépublicains américains sepréparent déjàpour lacourse de la présidentielle

Les résultats des élections demi-mandat, à commencer par ceux des Tea Parties, vont peser surles futures primaires républicaines

New York

Correspondant

G alvaudée parfois, l’expres- sion reste pourtant exacte :

les élections législatives

américaines de mi-mandat consti- tuent pour beaucoup une rampe de lancement vers le scrutin prési- dentiel. Le système politique des Etats-Unis est ainsi fait que partis et gouvernants sont quasi constamment en campagne, avec des échéances électorales tous les deux ans. Mardi soir 2 novembre, la cam- pagne pour l’élection présidentiel- leaméricaineen2012 auraofficieu- sement commencé. Sauf extraor- dinaire, Barack Obama devrait être candidat à sa propre succes- sion. Qui affrontera-t-il ? Les pre- miers résultats, côté républicain, feront immédiatement l’objet de spéculations. Sarah Palin, l’ex-numéro deux du « ticket » emmené par John McCain en 2008, se découvri- ra-t-elle un peu plus, même si elle ne confirme rien formellement ? A l’inverse, on sait que Mitt Rom- ney, poussé en dehors de la cour- se il y a deux ans, ne devrait pas profiter de l’occasion pour officia- liser son ambition connue de ras- sembler la droite américaine der- rière son nom. Beaucoup d’autres candidats putatifs pour 2012 sont cités. Com- me Mike Huckabee, ex-pasteur baptiste et ex-gouverneur de l’Ar- kansas, qui fut l’ultime adversaire de John McCain dans son camp il y a deux ans ; Tim Pawlenty, gouver- neur du Minnesota ; Newt Gin- grich, ex-speaker (président) de la Chambre des représentants sous l’administration Clinton ; John Thune, sénateur du Dakota du Sud ; Mitch Daniels, gouverneur de l’Indiana ; Haley Harbour, gou- verneur du Mississippi ; ou l’ex-

sénateur de Pennsylvanie Rick Santorum… Une liste loin d’être exhaustive. De fait, le Parti républicain, plus divisé qu’il n’y paraît sur les pers- pectives politiques et les rapports à entretenir avec la mouvance ultraconservatrice des Tea Parties, n’a pas vu émerger en son sein un dirigeant inspirant le consensus.

Tousattendent quela cartepolitique américaineseclarifie. Toussavent aussi quepartir troptôt peutcoûter trèscher

A ce jour, seule M me Palin est

accueillie dans certains meetings par des cris : « Run, Sarah! » (« Sois candidate, Sarah »). Elle a décrit sa feuille de route : aucune conces- sion à l’actuelle Maison Blanche, et faire des Tea Parties le vecteur idéologique et organisationnel déterminantdu(de la)futur(e)can- didat(e) républicain(e). Et elle a menacé le parti, s’il rechigne, de le

diviser. Mais qui peut prédire quel sera le poids politique des Tea Par- ties dans un an ? Lorsqu’on regar- de de près, peu de républicains ont répercuté leurs mots d’ordre d’abrogation totale de la loi Oba- ma sur l’assurance-maladie, ou encore de privatisation de l’assu- rance-chômage et des caisses de retraite. L’avenir des ambitieux sera grandement tributaire de la confi- guration politique dessinée par cesélections. Et tous ceux quienvi- sagent de concourir pour la prési- dence scruteront de près le bilan des candidats Tea Parties aux élec- tions du 2 novembre. Après s’être tenu à l’écart, M. Romney s’est beaucoup dépen- sé danscette campagnepour s’atti-

rer leurs faveurs. Il dispose de la fortune personnelle la plus impo- sante, et a conservé l’essentiel de la structure logistique héritée de sa candidature aux primaires républicaines de 2008. Il dispose d’un fonds important pour finan- cer les campagnes électorales d’al- liés qu’il se choisit, sans trop avoir besoin de la manne du « système Fox ».

La composition du Congrès sortant Démocrates Républicains LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS LE SÉNAT 2 indépendants
La composition du Congrès sortant
Démocrates
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100
membres
membres
Le mardi 2 novembre, l’intégralité de la Chambre des représentants sera
réélue et 37 sièges du Sénat seront renouvelés. Les électeurs renouvelleront
en outre 37 postes de gouverneur, et se prononceront sur certaines
questions soumises à référendum.
SOURCE : CONGRÈS DES ÉTATS-UNIS
soumises à référendum. SOURCE : CONGRÈS DES ÉTATS-UNIS Sarah Palin, le 28octobre, en meeting à Anchorage

Sarah Palin, le 28octobre, en meeting à Anchorage (Alaska). JOHN MOORE/GETTY/AFP

Idéologue conservateur de renom, M. Gingrich dispose lui aussi d’un appareil logistique – le Réseau pour des solutions politi- ques américaines – qui a financé divers candidats aux scrutins de mardi. Tous ont profité de ces élec- tions pour avancer leurs propres pions. Tous attendent que la carte politique américaine se clarifie. Tous savent aussi que partir trop tôt peut coûter très cher. Autant éviter de se retrouver dans la situation connue il y a deux ans par l’ex-maire de New York, Rudy Giuliani : il s’était trou- vé à court d’argent avant que la course des primaires ne soit termi- née. L’analyste politique de l’agen- ce de presse AP assure que, dans l’entouragede la plupart des candi- dats, un consensus s’est fait jour pour estimer qu’en démarrant très tôt, l’épuisante et coûteuse campagne de 2008 a été préjudi- ciable à leur camp. Un risque que le gouverneur Haley Harbour résume ainsi :

mieux vaut « garder sa poudre sèche ». Car, plus que jamais, l’ar- gent sera le nerf de la prochaine campagne présidentielle. Les élec- tionsdu 2novembre, avecleur pro- fusion de publicités politiques payées par des organismes désor- mais autorisés à masquer l’origine de leurs fonds, en auront fait une démonstration plus spectaculaire que jamais. p

Sylvain Cypel

FoxNews,une chaîne, troiscandidats

New York

Correspondant

Parmi les possibles candidats républicains à l’élection présiden- tielle de 2012, trois sont, à des degrés divers, rémunérés par la chaîne Fox News, du magnat ultra- conservateur Rupert Murdoch. Déjà candidat à la nomination en 2008, Mike Huckabee figure sur la liste des animateurs attitrés de la chaîne. Il y est particulièrement choyé. Sa causerie, diffusée chaque samedi et rediffusée le lendemain à une heure de grande écoute (20-21heures), bénéficie du cré- neau horaire occupé en semaine par Bill O’Reilly, un animateur vedette historique de Fox. A lon- gueur d’émission, M. Huckabee a tout loisir d’évoquer ses thèmes de prédilection, dont l’intangibilité du verbe biblique ou le caractère criminel de l’homosexualité. Dès son échec à l’élection primaire du Parti républicain en 2008, Fox lui a offert de l’accueillir. La chaîne a fait de même avec Sarah Palin après la défaite du «tic- ket» républicain à l’élection prési- dentielle. L’égérie du Tea Party est

désormais une invitée régulière, tout comme l’est Newt Gingrich,

autre candidat officieux à la candi- dature républicaine. Mais le qualifi- catif «invité » n’exclut pas l’idée de rétribution. Dans cette seconde liste appa- raissent de nombreuses personna- lités conservatrices, dont l’inévita- ble Karl Rove. Principal conseiller de George Bush jusqu’à la fin août2007, il était embauché après son départ de la Maison Blanche par News Corp., la structure faîtiè- re de l’empire Murdoch. Depuis, il

a page ouverte dans la rubrique

éditoriale du Wall Street Journal et apparaît souvent sur Fox News. Celui que beaucoup considè- rent comme un expert en marke- ting politique s’est aujourd’hui positionné comme pivot entre l’ap- pareil du Parti républicain, la mou- vance des Tea Parties et leurs finan- ciers mutuels. Son employeur, Rupert Murdoch, n’hésite pas lui non plus à mettre la main à la poche. En août, il a par exemple offert 1million de dollars (720000euros) à l’Association des gouverneurs républicains. p

S. C.

à l’Association des gouverneurs républicains. p S. C. L’info naît ici paris 89fm RFI OBTIENT LES
L’info naît ici
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paris 89fm RFI OBTIENT LES 3 PRIX VARENNE POUR LA RADIO ET FELICITE SES 3
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PRIX VARENNE POUR LA RADIO
ET FELICITE SES 3 LAUREATES
3 PRIX VARENNE POUR LA RADIO ET FELICITE SES 3 LAUREATES Premier Prix : Stefanie SCHÜLER

Premier Prix : Stefanie SCHÜLER

« On les appelle les Kokobés: le tabou du handicap en Haïti »

les appelle les Kokobés: le tabou du handicap en Haïti » Deuxième Prix : Natacha VESNITCH

Deuxième Prix : Natacha VESNITCH

« Silence de plomb sur les camps roms du Kosovo »

VESNITCH « Silence de plomb sur les camps roms du Kosovo » Prix du Jeune Journaliste

Prix du Jeune Journaliste : Marie NORMAND

« Birmanie: aux côtés de la rébellion Shan »

Et l’info devient mondiale
Et l’info devient mondiale

LaTurquielèvelacensure contrelesiteInternetYouTube

Dansun pays où de nombreux sujets, commela question kurde, restent tabous,le réseau social Facebookest aujourd’huimenacé par demultiples plaintes déposées devantlajustice

Istanbul

Correspondance

A près quasiment trois années de censure, le site Internet de partage de

vidéos YouTube est de nouveau accessible en Turquie, depuis le 31 octobre. L’interdiction sur le ter- ritoire turc avait été prononcée en mai2008 par un juge de Sivas (est). La justice, saisie d’une quarantaine de plaintes contre YouTube, avait estimé insultantes des vidéos sati- riques postées depuis la Grèce et décrivant Mustafa Kemal « Ata- türk» comme «homosexuel». Tout blasphème contre le héros national, fondateur de la Républi- que turque en 1923, est passible d’une peine de prison. Cette censu- re judiciaire contre YouTube, l’un des sites Internet les plus populai- res, avait été vivement critiquée en Turquie,y compris par leprésident Abdullah Gül, qui avait réclamé une solution pour lever le blocage. Le site, propriété de Google, a sup- primé les vidéos incriminées. Soulagé, le ministre turc des transports, Binali Yildirim, égale-

mentchargé des nouvelles techno- logies, a déclaré que «le sens com- mun a finalement prévalu ». La représentante de l’Organisa- tion pour la sécurité et la coopéra- tion en Europe (OSCE) chargée de lalibertédes médias,DunjaMijato- vic, a salué, lundi, la décision tur-

que, et souhaité la levée des restric- tions restantes. Un rapport de l’OSCE publié en janvier, rédigé par un expert turc, avait recensé plus de 3 700 sites Internet bloqués par la justice pour des motifs divers. Des édi-

En2009, YouTube faisaitpartiedes cinq sitesInternet lesplus visitésenTurquie

teurs de blogs ou des réseaux sociauxcomme MySpace.com, fer- mé pendant un mois, ont égale- ment été verrouillés. « Bloquer l’accès en Turquie est une atteinte au droit des utilisa-

teurs d’Internet, avait déclaré l’OS- CE. De plus, certaines des justifica- tions officielles sont totalement arbitraires et politiques, et sont donc incompatibles avec les enga- gements de l’OSCE en matière de liberté d’expression. » L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a ajouté en 2010 la Turquie à sa liste des « ennemis d’Internet ». «Les sujets tabous ont notamment à voir avec Atatürk, l’armée, les questions de minorités, principalement les Kurdes et les Arméniens, et la dignité nationa- le », indique RSF. La plupart des sites kurdes d’information restent censurés. Mais les restrictions d’accès à la Toile ont été facilement contour- nées, dans un pays où au moins

Le PKK dément être à l’origine de l’attentat d’Istanbul

Les chefs de la guérilla kurde du Parti des travailleurs du Kurdis- tan (PKK), retranchés dans les montagnes du Kurdistan ira- kien, ont nié toute implication dans l’attentat-suicide qui a fait 32blessés, dimanche 31 octo- bre, sur la place Taksim, en plein cœur d’Istanbul, la capita- le turque. L’ex-député kurde Ahmet Türk a dénoncé « une provocation » contre les tentatives de négocia- tions. La rébellion autonomiste kurde, qui lutte contre l’Etat

turc depuis 1984, a d’ailleurs annoncé avoir prolongé jus- qu’aux élections de juin 2011 un cessez-le-feu unilatéral en vigueur depuis août. Lundi soir, le maire de Diyarba- kir, Osman Baydemir, membre influent du parti kurde légal (BDP, Parti pour la paix et la démocratie), a appelé le gouver- nement et l’armée turcs à res- pecter la trêve prononcée par le PKK et à cesser les opérations militaires dans le sud-est du pays. – (Corresp.)

40millions de personnes utilisent Internet. L’utilisation de serveurs mandataires, les « proxy », s’est généralisée pour accéder aux sites interdits. En 2009, YouTube faisait ainsi partie des cinq sites les plus

visités, en dépit des sanctions judi- ciaires, et même le premier minis- tre, Recep Tayyip Erdogan, avait reconnu l’avoir utilisé. Lamobilisation citoyenneaéga- lement forcé le gouvernement à trouver une solution : l’Associa- tion turque des technologies de l’Internet (INETD) a multiplié les recours, y compris par une plainte devant la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg. Mais déjà un nouveau scandale menace de perturber la commu- nauté des internautes turcs. Le site Facebook, dont la Turquie est l’un des plus gros utilisateurs, avec 25 millions de membres, est à son toursous lamenaced’une interdic- tion. Une trentaine de décisions de justice ont déjà réclamé le blocage du site par l’autorité des télécoms,

a confirmé Binali Yildirim, et l’un des responsables du site, Trevor Johnson, a confirmé que Facebook

se préparait à une telleéventualité. A l’origine de la procédure, le chef du parti kémaliste (CHP, parti républicain du peuple), Kemal Kiliçdaroglu, a réclamé le retrait

d’unepagedusiteledécrivantcom-

me un membre du PKK. p Guillaume Perrier

0123

Mercredi 3 novembre 2010

0123 Mercredi 3 novembre 2010 Ladisparitionmystérieusede deux Egyptiennescoptesqui seseraientconvertiesàl’islam Q ue

Ladisparitionmystérieusede deux Egyptiennescoptesqui seseraientconvertiesàl’islam

Q ue sont devenues les deux

épouses de prêtres coptes

égyptiens qui avaient fui le

domicile conjugal ? En Egypte, ces deux affaires opposant, en2004 et 2010, communautés coptes et musulmanes autour de suspi- cions de conversions forcées et de disparitions, continuent de susci- ter tensions et rancœurs. Personne cependant ne s’atten- dait à ce qu’Al-Qaida s’empare de la polémique. Lundi 1 er novembre, l’Etat islamique d’Irak, groupe affi- lié à la nébuleuse de Ben Laden, revendique la prise d’otages, la veille, de l’église syriaque-catholi- que de Bagdad, et adresse un ulti- matum… à l’Eglise copte d’Egypte. Cette dernière dispose de quaran- te-huitheures pour «libérer » les deux femmes « retenues prison- nières dans des monastères ». La première,Wafa Constantine, avait quitté sonmari et s’était convertie à l’islam. La seconde, Camilla Chehata, en aurait fait autant. Pour calmer la communau- té copte qui, à chaque fois, est des- cendue dans la rue dénonçant des «enlèvements », et pour éviter des affrontements communautaires, l’Etat égyptien a procédé de façon similaire. Les deux femmes ont été « récupérées» par les services de sécurité et remises à l’Eglise. La colère a alors changé de camp, une partie des musulmans s’émouvant du « retour forcé » à la chrétienté de ces « sœurs » converties à l’islam ainsi que du silence qui semble leur avoir été, depuis, imposé par l’Eglise. «Séquestration dans le monas- tère de Wadi Natroun », «meurtre de Wafa Constantine » et autres rumeurs ont envahi les blogs et

les forums de discussions des sites islamiques. Le site YouTube abonde de vidéos à la gloire de ces «martyres, victimes du terro- risme de l’Eglise copte ». «L’histoire de ces femmes a déclenché la colère de la rue égyp- tienne qu’Al-Qaida veut exploiter en apparaissant comme le défen- seur des droits des femmesmusul- manes, analyse Hossam Tamam, un journaliste égyptien spécialis- te de l’islam politique. Al-Qaida espère renforcer son capital de sym- pathie en Egypte, plus grand Etat arabe sunnite où se côtoient toutes les forces islamiques, officielles, comme les autorités d’Al-Azhar, ou officieuses, comme les Frères musulmans et autres. »

« Al-Qaida sur le Nil»

«Sa stratégie consiste à tirer profit d’une inquiétude mondiale autour du sort des chrétiens d’Orient sachant que cela captera l’attention médiatique, ajoute M.Tamam. Il s’agit de revenir sur scène après avoir perdu du crédit en Egypte et dans le monde musul- man. » L’Egypte doit-elle s’inquiéter de ces menaces ? «Al-Qaida sur les rives du Nil, c’est tout au plus des groupuscules d’une dizaine d’indi- vidus qui peuvent, peut-être, réus- sir un coup d’éclat à l’occasion, relativiseM.Tamam. Mais cet ulti- matum est plus une tentative de masquer l’échec de son projet poli- tique en Irak et de provoquer un ultime sursaut chez ceux qui sont sensibles au thème de la séquestra- tion par l’Eglise de femmes [converties à l’islam]. » p Cécile Hennion (Beyrouth, correspondante)

EnIsraël, ventdefronde contrelesultra-orthodoxes

Lesétudiantsmanifestent contreles avantages financiers octroyés aux seuls élèves des yeshivas

Jérusalem

Correspondant

présence de 7 000 à

10 000 étudiants, selon les sources, rassemblés devant la

résidencedupremierministre,Ben-

yamin Nétanyahou, dans la soirée de lundi 1 er novembre, aura consti- tué un événement, surtout dans un pays où il n’existe pas de tradition de contestation estudiantine. «Bibi [le surnom de M. Nétanyahou], réveille-toi, les étudiants valent mieux que ça! », « Les haredim au travail: ça suffit la fainéantise! », pouvait-on lire sur les banderoles. Haro sur les haredim, les ultra- orthodoxes, ou plutôt sur les avan-

tages financiers qu’ils perçoivent de l’Etat, tel était le cri de rallie- ment de cette manifestation forte-

mentencadréeparlapolice.Lacolè-

re des étudiants israéliens, qui a donné lieu à des monômes dans plusieurs villes du pays, est tour- née vers la loi sur les yeshivas, ces écoles talmudiques fréquentées par les étudiants ultra-orthodoxes. Pendant des années, l’Etat a financé ces établissements consa- crés à l’étude de la Torah sans que personne y trouve à redire. Jusqu’à ce que la Cour suprême interdise en juin cette pratique, au motif qu’elle est discriminatoire envers

les autres étudiants qui, eux, ne sont pas aidés par l’Etat. Les partis religieux ont menacé

deretirerleursoutienaugouverne-

ment si le budget en faveur des yeshivas n’était pas reconduit. M.Nétanyahou, qui a besoin d’eux, a prévu dans le projet de budget 111millions de shekels (22 millions d’euros) au profit des yeshivas. Ces subventions bénéficient aux étudiants ultraorthodoxes

L a

mariés ayant au moins trois enfants, n’ayant pas d’autre reve- nu et ne possédant pas de voiture. Ilssont11000dans cecas.Pour ten- ter de revenir à un semblant de principe d’égalité, les partis reli- gieuxont proposé quetous lesétu- diants réunissant ces critères soient aidés, ce qui n’a convaincu personne : il n’y a que dans les yeshivas que l’on rencontre des étudiants de 20 ans ayant trois enfants!

Rédemption… un peu chère

Au-delà des étudiants, c’est la place singulière de la communau- té ultra-orthodoxe au sein de la société israélienne qui est posée. Les haredim représentent 10 % de la population israélienne (7,6 mil- lions d’habitants). La majorité des hommes de la communauténe travaille pas, n’ef- fectue pas de service militaire, et leur mode de vie – ils habitent des quartiers homogènes constitués en ghettos –, les met presque en marge de la société.

Or l’évolution de leur commu- nauté n’est pas encourageante :

alors que, en 1979, seuls 20,9 % des hommes ne travaillaient pas, ils sont 65 % aujourd’hui. Avec un taux de natalité trois fois supérieur à celui de la moyenne nationale, la communauté haredi croît à une vitesse sans égale, tout en s’appau- vrissant toujours plus. La colère des étudiants révèle un malaise plus profond : les haredim assurent que leurs prières sauvent

l’âmedupeuplejuif.Maisbonnom-

bre d’Israéliens voient en eux des parasites de la société laïque tout en estimant que cette rédemption commence à coûter cher. p Laurent Zecchini

International 7

à coûter cher. p Laurent Zecchini International 7 Lemassacre de Bagdadaccentue ledésarroides

Lemassacre de Bagdadaccentue ledésarroides chrétiensd’Irak

La France a proposé d’accueillir en urgence 150membres d’une communauté chrétienne diminuée par un exode quel’instabilité du pays, depuis 2003, n’a cessé d’amplifier

L es Etats-Unis et l’Union euro- péenne (UE) ont condamné l’attaque contre la cathédrale

syrienne catholique de Bagdad, dimanche 31 octobre, et renouvelé

leur « soutien » à l’ensemble de la population irakienne. Lors de la prière de l’Angélus, à Rome, lundi

1 er novembre, le pape Benoît

aussicondamné« la violenceabsur- de et féroce de ce très grave atten- tat » et renouvelé son « appel affli- gé pour la paix » au Moyen-Orient. La prise d’otages d’une centaine de fidèles venus assister à la messe dominicale par des membres d’Al- Qaida s’est soldée par la mort de deux prêtres, de quarante-six fidè- les, en majorité des femmes et des enfants, ainsi que de sept mem- bres des services de sécurité ira- kiens. Une soixantaine de person- nesontété blessées, dontune ving- taine grièvement. Les cinq assaillants ont aussi été

XVI a

tués lors de l’assaut donné dans la soiréededimancheparl’armée ira- kienne pour mettre fin à la prise d’otages. Alors que des survivants affirmaient avoir également iden- tifié des soldats américains lors de l’assaut contre la cathédrale, l’ar- mée américaine a démenti, lundi, y avoir participé, reconnaissant toutefois que « des équipes de conseillers se trouvaient près du lieu du drame ». Cette attaque perpétrée contre la petite communauté syrienne catholique (40000 personnes) est la plus meurtrière survenue contre la minorité chrétienne d’Irak (500 000 à 600000 fidèles) depuis l’invasion du pays par les Américains en 2003. Régulièrement, des enlève- ments de chrétiens par des milices islamistes, des attentats contre des commerces chrétiens, des lieux de culte, des religieux ou des

fidèles endeuillent la minorité chrétienne d’Irak, alimentant «l’exode mortel » redouté par l’ar- chevêquede Kirkouk, lors du syno- de consacré aux chrétiens d’Orient qui s’est tenu du 10 au 24 octobre au Vatican. Près de la moitié des chrétiens irakiens ont choisi l’exil au cours des vingt der- nières années.

«Déstabilisation»

Le patriarche chaldéen de Bag- dad, Emmanuel III Delly, a réclamé davantage de « protection pour tous les croyants et pour tous les gens sansexception », relayantune demande de la minorité chrétien- ne,critique surla politiquedesdiri- geants irakienset l’absence de gou- vernement, plus de huit mois après la tenue des législatives. Le premier ministre Nouri Al-Maliki, qui devrait être recon- duit dans ses fonctions, a dénoncé

un « crime lâche » . Il a affirmé qu’«Al-Qaida et les résidus de l’an- cien régime cherchent la déstabili- sation, à raviver les conflits confes- sionnels et à inciter les Irakiens à quitter leur pays ». Plusieurs mil- liers d’entre eux ont trouvé refuge dans les provinces kurdes du nord du pays ; d’autres ont immigré en Syrie et en Jordanie, qui se mon- trent désormais moins accueillan- tes. Certains tentent aussi de rejoindre la diaspora installée aux Etats-Unis ou en Europe. Le gouvernement français, par la voix du ministre de l’immigra- tion, Eric Besson, s’est dit prêt à accueillir en urgence 150 person- nes, en priorité des « personnes blessées dans l’attentat et leur famille ». Depuis 2008, la France a accueilli quelque 1 300 chrétiens d’Irak dans le cadre d’un program- me lié à la situation irakienne. p Stéphanie Le Bars

me lié à la situation irakienne. p Stéphanie Le Bars CASDEN, la banque de l’Éducation, de
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n° 784 275 778 00842 - RCS Meaux. - Crédit photo : Christophe BoulzeSiret

8 International & Europe

8 International & Europe Lavisitede M.Medvedev auxîles Kouriles ouvre unecriseentre la Russieet le Japon Tokyo

Lavisitede M.Medvedev auxîles Kouriles ouvre unecriseentre la Russieet le Japon

Tokyo rappelle son ambassadeur àMoscou en réaction au bref séjour du président russe dans des îles annexées parles Soviétiques aulendemain dela seconde guerremondiale

Moscou

Correspondance

C e sont quatre minuscules îles, habitées par moins de 15 000 personnes, mais elles

empoisonnent les relations russo- japonaisesdepuisla findelasecon- de guerre mondiale. Occupées par les Soviétiques au lendemain de la défaite japonaise, les îles Kouriles du Sud sont, depuis, revendiquées par Tokyo. Soixante-cinq ans après la guerre, Russes et Japonais n’ont pas encore signé de traité de paix en raison de ce conflit concernant

les « Territoires du Nord », selon la

dénominationjaponaisedel’archi-

pel, une région isolée mais riche en ressources halieutiques. Dmitri Medvedev est le pre- mier chef d’Etat russe (ou soviéti- que) à fouler le sol des îles Kouri- les. « Je n’ai pas à le cacher, je veux que les nôtres restent ici », a affir- mé, lundi 1 er novembre, le prési- dent lors d’une rencontre avec la population locale. Les 15000 Japo- nais qui habitaient l’archipel avant-guerre ayant été expulsés vers le Japon par les Soviétiques, la populationactuelle est essentielle- ment russe. Le déplacement de Dmitri Med- vedev – une brève escale de trois heures – a été immédiatement condamné par Tokyo. Après avoir parlé d’une visite « très regretta- ble », selon l’expression du pre- mier ministre Naoto Kan, le Japon

RUSSIE PÉNINSULE Mer DE KAMTCHATKA d’Okhotsk Iles Kouriles SAKHALINE CHINE Vladivostok Iles administrées
RUSSIE
PÉNINSULE
Mer
DE KAMTCHATKA
d’Okhotsk
Iles Kouriles
SAKHALINE
CHINE
Vladivostok
Iles
administrées
par la Russie et
revendiquées par le Japon
JAPON
1 000 km
la Russie et revendiquées par le Japon JAPON 1 000 km Le président Medvedev en visite

Le président Medvedev en visite aux îles Kouriles, lundi 1 er novembre. MIKHAÏl KLIMENTYEV/NOVOSTI/REUTERS

a

franchi un pas supplémentaire

et

a annoncé, mardi 2 novembre, le

rappel à Tokyo de l’ambassadeur de son pays en Russie. Pourle chefdeladiplomatierus- se, Sergueï Lavrov, l’attitude japo- naise est «inacceptable ». « C’est notre territoire, le président a fait un déplacement dans une région russe », a souligné le ministre des affaires étrangères. Régulièrement évoquée lors des rencontres bilatérales, la ques- tion des Kouriles n’a jamais été réglée. Boris Eltsine avait évoqué un temps le retour de l’archipel aux Japonais, sans lendemain, et Vladimir Poutine, alors président, avait proposé à Tokyo de repren- dre le contrôle de deux des quatre îlots, une suggestion rejetée par le Japon. Depuis,l’arrivée de DmitriMed- vedev semblait annoncer un cer- tain réchauffement avec Tokyo. Le premier ministre japonais avait affirmé en juin que « de bonnes

conditions étaient en place [pour]

avancer avec la Russie » sur toutes les questions en suspens, notam- ment sur le dossier des Kouriles. Comment expliquer le change- ment de ton alors que M. Medve- dev a annoncé, dès septembre, sa

L’initiativedécriéese produitàunmoment detensiondans les relations sino-japonaises

volonté d’effectuer un déplace- ment officiel « très bientôt » dans les îles Kouriles ? La presse russe jugeait, lundi, que la réaction – outrée – des Japo- nais à cette annonce aurait convaincu le président de pro- grammer la visite pour ne pas lais- ser l’impression que Tokyo pou- vait interférer sur une question de

politique intérieure. La visite décriée de Dmitri Medvedev se produit également dans un contexte géopolitique tendu autour de l’espace maritime japo- nais. En septembre, un bateau de pêcheurs chinois était interpellé

par les garde-côtes japonais près d’un ensemble d’îlots revendiqués par les deux pays.

Ledéplacementofficielduprési-

dent Medvedev à Pékin, au moment même de cette crise, avait été l’occasion pour les deux capitales de signer une déclaration évoquant la « résistance conjointe [durant la guerre] contre les fascis- tes et les militaristes (…) , fonde- ment de notre relation stratégique actuelle ». Un ton pour le moins indélicat à l’égard de Tokyo, alors que Dmitri Medvedev est attendu au Japon, le 12 novembre, pour le sommet annueldela Coopérationéconomi- que Asie-Pacifique (APEC). p Alexandre Billette

EnAfriqueduSud,JacobZumalimogesept ministres

Le chef del’Etat remanie sonéquipe face aux «graves difficultés» économiques et aux critiques

Johannesburg

ministres en cours de mandat.

à de graves difficultés en matière de chômage, de pauvreté et d’iné-

Correspondance

Moins d’un an et demi après son accession au pouvoir, Jacob Zuma

galités dans le pays, le gouverne-

 

L es Sud-Africains viennent de découvrir que les ministres n’étaient pas inamovibles.

Depuisl’avènementde ladémocra- tie, en 1994, les gouvernements de Nelson Mandela et Thabo Mbeki s’étaient très rarement séparés de

a annoncé, dimanche 31 octobre, le

limogeage de sept ministres et le changement de portefeuille pour deux autres. Quatorze nouveauxvice-minis- tres ont été nommés. « Etant don- né que nous continuons à faire face

« Etant don- né que nous continuons à faire face Emprise chinoise sur les métaux stratégiques
Emprise chinoise sur les métaux stratégiques Par Olivier Zajec NOVEMBRE 2010 Chez votre marchand de
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ment se doit de travailler plus

vite »,

a justifié le dirigeant sud-

africain.

Créer 5 millions d’emplois

« Ces ministres n’ont pas été

bons et le président Zuma a pris la bonne décision en les démettant de leurs fonctions (…). Ce changement est un signe positif d’une nouvelle volonté de rendre des comptes », a commenté un responsable de l’Al- liance démocratique (DA), le prin- cipal parti d’opposition. Critiquée pour sa gestion de la crise d’appro- visionnement électrique, la minis- tre des entreprises publiques, Bar- bara Hogan, a été remplacée. Le ministre du travail, Memba- thisi Mdladlana, fait aussi partie des partants. La semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu’il comptait créer 5 millions d’em- plois au cours de la prochaine décennie. Le taux de chômage devrait ainsi passer de 25 % à 15 % de la population active. Pour y parve- nir « nous avons besoin d’attein- dre une croissance de plus de 6% par an », a déclaré le ministre des finances, Pravin Gordhan, devant le Parlement le 27 octo-

bre. Selon lui la croissance sera de 3 % en 2010 alors que, l’an der- nier, la locomotive économique du continent noir a vécu sa pre- mière récession en dix-sept ans.

« Il faut que nos compatriotes per- çoivent une amélioration visible dans la fourniture d’eau, d’électri- cité, des services de santé, d’éduca- tion, de sécurité sociale, de sécuri- té et une série d’autres besoins essentiels » , a rappelé le prési- dent sud-africain. « La plupart des ministres en chargedeces questionsn’ont toute- fois pas été affectés par ce remanie- ment », relève Susan Booysen, pro- fesseure de sciences politiques à l’université de Witswaterand, à Johannesburg. « JacobZuma, pour- suit-elle, est un stratège astucieux:

il veut montrer aux gens qu’il les a écoutés tout en profitant pour ren- forcer son pouvoir politique. » Dépeintcomme un dirigeant fai- ble il y a encore quelques semaines, Jacob Zuma poursuit son opération derepriseenmaindupouvoiraprès son succès lors de la dernière réu- nion du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, tenue en septembre à Durban. Il n’a pas hési- téàrévoquerl’influentministredes communications, Siphiwe Nyanda, accusé de corruption. Le président de l’ANC a aussi nommé ministres deux anciens présidents de la Ligue des jeunes du parti (Ancyl). Une façon de s’assurer leur sou- tien alors que se profile en 2012 la conférence de l’ANC qui décidera si Jacob Zuma pourra ou non se représenter à la tête du pays en 2014. p

Sébastien Hervieu

0123

Mercredi 3 novembre 2010

en 2014. p Sébastien Hervieu 0123 Mercredi 3 novembre 2010 Unefemme àla tête duplus grand syndicatitalien

Unefemme àla tête duplus grand syndicatitalien

Susanna Camusso, 55 ans, a grandi au sein de la Confédération générale italienne du travail

Rome

primaires. » Une autre façon de

Correspondant

direquesanominationestunemis-

sion qu’elle ne pouvait pas refuser. Réputée dure en négociation, méthodique et « bosseuse », elle a multiplié les déclarations ces der- niers jours pour affirmer qu’elle «ne serait pas celle qui dit toujours non ». Les prémices d’un change- ment de cap dans l’histoire de ce syndicat réputé intransigeant ? Son opposition aux propositions du patronat et du gouvernement ont rompu l’unité syndicale avec les autres confédérations plus réformistes (UIL et CISL d’obédien- ce catholiques) et isolé la CGIL. Le syndicat s’est notamment opposé à la réforme du statut des ouvriers de l’automobile réclamé parFiatpour accentuerlaproducti- vitédanslessitesitaliens. « Ilnesuf- fit pas de dire qu’il faut rendre le marché du travail plus flexible, il faut aussi parler emploi, innova- tion, formation », prévient-elle. Elle pose ainsi les termes du débat qu’elle entend conduire avec le rugueux directeur général de Fiat, Sergio Marchionne. Dans ses nouvelles fonctions, elle sera amenée à se confronter avec l’autre « dame de fer » du syn- dicalisme transalpin : Emma Mar- cegaglia, présidente de la Confin- dustria (le Medef italien). Celle-ci ne cesse de critiquer l’immobilis- me du gouvernement dont elle attend des mesures en faveur des entreprises. De son côté, la CGIL revendique une plus grande solidarité (notam- ment à traversune réforme fiscale) envers les travailleurs et les retrai- tés,àl’heure oùletauxdechômage frise les 8,5% (11 % en tenant comp- te des personnes au chômage tech- nique). Deux femmes contre Silvio Ber- lusconi ? Par les temps qui cou- rent c’est presque un symbole. p Philippe Ridet

S on téléphone portable sonne Blowin’in the Wind de Bob Dylan, elle allume cigarette

sur cigarette, elle a obtenu son per- mis bateau avant son permis de conduire, elle à 55 ans, des yeux couleur de glacier, elle est milanai- se. Voilà pour les détails qui pimentent les biographies. Pour le reste Susanna Camusso, qui deviendra, mercredi 3 novem- bre, la première femme à prendre les rênes de la Confédération géné- rale italienne du travail (CGIL), le plus ancien (fondé en 1906), le plusgrand (près de 6millions d’ad- hérents) et le plus à gauche des syndicats italiens, est un pur pro- duit de la formation interne. « Je n’ai pas choisi de faire du syndicalisme, dit-elle, mais cela peut devenirune aventureextraor- dinaire. » Et une profession. A 55 ans, Susanna Camusso n’a jamais travaillé dans une usine ou une entreprise. De ses débuts dans la fédération de la métallurgie à Milan à son ascension au poste de numéro deux, dans les bureaux situés Corso d’Italia, à Rome, elle a dédié trente-cinq ans de sa vie à la CGIL.

L’autre «dame de fer »

Son accession au secrétariat général, où elle succède à Gugliel- mo Epifani, n’est ni un hasard ni même une opportunité, mais la

conséquenced’unparcoursdemili-

tante dans une organisation tou- jours marquée par ses origines communistes. « Je n’aurais jamais pensé pou- voir devenir secrétaire générale, a-t-elle confié. Mais la CGIL est une organisation, un réseau. Nous n’avons pas le culte du leader, le secrétaire général n’est même pas désigné dans un congrès, ni lors de

Uruguay

Laloid’amnistiedu régimemilitaire déclarée inconstitutionnelle

MONTEVIDEO.La Cour suprême uruguayenne a déclaré inconstitution- nelle l’application d’une loi d’amnistie à une vingtaine de cas d’assassi- nats politiques présumés, dont est accusé l’ancien dictateur Juan Maria Bordaberry, a-t-on appris lundi 1 er novembre, à Montevideo. La Cour suprême ne peut se prononcer qu’au cas par cas, et ne peut pas invali- der une loi dans son ensemble. Elle considère néanmoins inconstitu- tionnels plusieurs articles de la loi dite de « caducité », qui a longtemps empêché toute poursuite contre les militaires coupables de violations des droits de l’homme pendant la dictature (1973-1985). Cette loi, rati- fiée par référendum, divise le gouvernement de gauche, qui souhaite- rait la voir annulée pour être en conformité avec les normes internatio- nales en matière de droits de l’homme. – (AFP, EFE.) p

Cuba Libération prochaine de trois détenus politiques

LA HAVANE. Trois détenus cubains, dont Adrian Alvarez, le plus ancien prisonnier politique, seront prochainement libérés et expulsés en Espa- gne, ce qui portera à cinquante le nombre total de détenus relâchés depuis juillet, a annoncé, lundi 1 er novembre, l’Eglise catholique. M.Alva- rez purge depuis 1985 une peine de trente ans de prison pour « espion- nage » et «atteinte à la sécurité d’Etat » après avoir volé des armes à des « fins de rébellion » lorsqu’il effectuait son service militaire. – (AFP, EFE.)

Etats-Unis Soudan : M.Obama prolonge les sanctions

WASHINGTON. Le président Barack Obama a décidé de maintenir pour au moins un an supplémentaire les sanctions économiques américai- nes contre le Soudan, a annoncé, lundi 1 er novembre, la Maison Blanche, à deux mois de la date d’un référendum d’autodétermination du sud du pays. – (AFP.)

Guantanamo Le Canada consent à rapatrier Omar Khadr

MONTRÉAL. Le gouvernement canadien a confirmé, lundi 1 er novembre, qu’il accepterait de rapatrier son jeune ressortissant arrêté à 15 ans en Afghanistan, Omar Khadr, condamné à huit ans de prison pour crime de guerre en vertu d’un accord de plaider-coupable. – (AFP.)

Kosovo Une motion de censure contre le gouvernement

PRISTINA. Le Parlement kosovar devait se prononcer, mardi 2 novem- bre, sur une motion de censure à l’encontre du premier ministre, Hashim Thaci, qui, si elle est votée, devrait entraîner la chute du gouver- nement et des élections législatives dès la fin de l’année. Un tel dévelop- pement risquerait de retarder le dialogue à venir avec la Serbie, que les Européens souhaitent voir débuter le plus tôt possible. – (AFP.)

0123

Mercredi 3 novembre 2010

France 9

0123 Mercredi 3 novembre 2010 France 9

Dépensesdel’Etat: grossescoupes, petiteséconomies

Les députés doivent avaliserles quelque 5milliards d’euros de réductions de dépenses inscrites au budget 2011

P ostes supprimés, mètres car-

rés réduits, achats rationali-

Les aides et les subventions, principal poste d’économie RÉPARTITION DES DÉPENSES DU BUDGET DE L’ÉTAT
Les aides et les subventions, principal poste d’économie
RÉPARTITION DES DÉPENSES DU BUDGET DE L’ÉTAT
en milliards d’euros
DÉPENSES DE FONCTIONNEMENT, D’INVESTISSEMENTS
ET D’INTERVENTIONS
356,88
352,35
Fonctionnement
Fonctionnement défense
Charge des intérêts
de la dette
42,45
45,38
(immobilier,
6,8%
achats
)
8,4%
Pensions
35,06
36,66
274,84
B
Investissements
Subventions
Participation
au budget de l’UE
18,15
18,24
Plafond
fixe de 2010
à 2013
10,3%
aux opérateurs
de l’Etat
53,08
52,89
(Météo France,
Concours aux collectivités
Autre
Ademe
)
0,0
0,7
dépenses
Autre affectation
20,6%
6%
de recettes
47,9%
Masse salariale
82,07
82,74
Interventions
(Rsa, aide au logement )
Dépenses de fonctionnement,
d’investissements
et d’interventions
121,54
120,90
Le gouvernement veut plafonner, sur les trois ans qui
viennent, les dépenses de l’Etat au niveau de 2010, soit
près de 275 milliards d’euros, hors charges des intérêts
de la dette et retraites des fonctionnaires. Outre le
non-remplacement de la moitié des fonctionnaires
partant en retraite, le gel des dotations aux collectivités
et la réduction des frais de fonctionnement, l’essentiel
de l’effort d’économies portera sur les dépenses
d’intervention, c’est-à-dire les aides sociales et
économiques.
2010
2011

SOURCES : RAPPORT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE, MINISTÈRE DU BUDGET

postes équivalents temps plein en 2 011. Une économie brute de 810 millions d’euros, dont la moi- tié sera rétrocédée aux agents et 210millions réaffectés au finance- ment de revalorisations décidées antérieurement. L’économie devrait donc être de moins de 200 millions. Et com- me certains mécanismes jouent

de façon automatique, la masse salarialeprogresseramême d’envi- ron 700 millions en 2011. C’est pourquoi, outre le gel, au niveau de 2010, des dotations qu’il verse aux collectivités (53 mil- liards d’euros), l’Etat va faire por- ter l’effort d’économie sur ses dépenses de fonctionnement et d’intervention.

Les dépenses de fonctionne-

ment Des mesures de réduction du « train de vie » de l’Etat ont été détaillées fin juin : réduction des surfaces immobilières, suppres- sion d’avantages (voitures et loge- ments de fonction), rationalisa- tiondes achats…Toutefois,l’écono- mie brute restera faible : 500 mil- lions d’euros. L’économie nette

encore plus : 200 millions. « Sans envergure » , conclut M. Carrez dans son rapport sur le budget. Cela tient d’abord au fait que l’« assiette» à laquelle s’applique- ront ces mesures sera limitée à 10,4 milliards d’euros. En sont exclus les crédits de fonctionne- ment de la défense. Tout comme ceux relatifs à la vie politique, culturelle et associative en raison de l’organisation des élections de 2012. N’y figurent pas non plus les subventions aux opérateurs de l’Etat (643 organismes comme le Centre national d’études spatiales, l’Institut national du cancer…), dont une partie en finance le fonc- tionnement. Par ailleurs, l’économie brute sera rognée par «la mobilisation de 400millions d’euros pour cou- vrir l’organisation des G8 et G20 et respecter des engagements pris sur la mission justice », relève M. Car- rez. Le gouvernement récupérera néanmoins 100 millions sur… les crédits d’entretien routier.

Les aides et les subventions L’es-

sentiel de l’effort portera sur les dépenses d’intervention de l’Etat. L’enveloppeconsacrée à ces alloca- tions, aides sociales et économi- ques et subventions devra baisser de 600 millions en net. Pour y par- venir, « cela suppose des écono- mies brutes de 3,7milliards », préci- se M. Carrez.

sés et, surtout, aides et sub-

ventions sociales ou économiques amputées… Ce sont, au bas mot, 5 milliards d’euros d’économies brutes que l’Etat prévoit de réali-

ser sur ses dépenses en 2011 afin de contribuer à réduire le déficit public. Les députés vont devoir y donnerleur aval àcompter demar-

di 2 novembre, à travers l’examen

des crédits inscrits au budget, mis- sion par mission (santé, justice, sécurité, travail, logement…). « C’est une étape importante. Une inflexion profonde, durable », relève le ministre du budget, Fran- çois Baroin. Pourtant, ces coupes

ne feront pas baisser les dépenses

totales de l’Etat. Tout juste contri-

bueront-elles – sous réserve d’être menées à bien – à maintenir au niveau de 2010 (près de 275 mil- liards d’euros) les dépenses hors charge des intérêts de la dette et des retraites des fonctionnaires. C’est que la dépense publique,

et celle de l’Etat en particulier, s’ap-

parente à un supertanker dont il

est difficilede modifier latrajectoi- re, un navire d’autant moins manœuvrable qu’il s’alourdit naturellement avec le temps. Cet-

te dépense «est rigide » et sa réduc-

tion « ne pourra se faire que lente- ment»,relèveGilles Carrez,rappor- teur général (UMP) du budget à l’Assemblée nationale.

La masse salariale Pour mainte-

nir les dépenses de l’Etat au niveau 2010, legouvernement vapoursui- vre sa politique de non-remplace- ment de la moitié des fonctionnai- res partant en retraite. Cela se tra- duira par la suppression de 31 638

Laconversion àla «règled’or» se fait attendre

LA « RÈGLE D’ÉQUILIBRE » des finances publiques, voulue par Nicolas Sarkozy et inspirée de la «règle d’or » allemande, a fait beaucoup parler d’elle avant l’été. Fin août, le premier ministre, François Fillon, s’est engagé à ouvrir « dès septembre une phase de consultation » politique sur ce

dispositif qui fixerait l’obligation

à tout nouveau gouvernement de

s’engager sur une trajectoire abou- tissant à l’équilibre budgétaire.

Et depuis, plus rien. Le sujet res-

te malgré tout d’actualité, si l’on

en croit le ministre du budget,

François Baroin. Compte tenu des perspectives de remaniement, c’est toutefois au prochain gouver- nement qu’il reviendra de mener

à bien ce dossier. «Les discussions doivent com- mencer d’ici à la fin de l’année», a assuré M. Baroin, le 20 octobre,

aux députés. «Le premier ministre démarrera les consultations au Par- lement auprès des commissions compétentes pour faire un premier tour de piste. » L’objectif est de «voir, au premier semestre 2011, où nous pourrons avancer », puis de «définir les modalités d’une réfor- me de notre loi fondamentale ».

«Plafond et plancher»

Ces consultations s’appuieront sur les travaux menés, au premier semestre, par la commission pilo-

tée par Michel Camdessus (ex-gou- verneur de la Banque de France et ex-directeur général du Fonds monétaire international). Elle a préconisé que les futures lois- cadres de programmation des

finances publiques fixent pour chaque année «un plafond de niveau de dépenses et un plancher des mesures nouvelles en recettes,

c’est-à-dire une trajectoire d’effort structurel de consolidation budgé- taire ». Il a aussi invité à conférer une compétence exclusive aux lois financières en matière de pré- lèvements obligatoires. «C’est autour de cela que nous avons commencé à réfléchir et que les premières consultations se mèneront », a précisé M. Baroin, voulant croire que, « au-delà de nos divergences politiques, une révision constitutionnelle, même à quelques encablures d’une échéan- ce présidentielle, est atteignable ». C’est loin d’être acquis. Une révi- sion de la Constitution suppose de réunir deux tiers de suffrages exprimés par les parlementaires. Donc d’avoir l’appui d’une partie de l’opposition. Or, celle-ci y paraît peu disposée. «Ce gouvernement prétend ins- crire dans une loi organique, voire

dans la Constitution, des principes qu’il a violés tous les jours. Nous disons non », explique le député (PS) Pierre-Alain Muet. « Il n’a même pas respecté la règle qu’il a fait voter pour la Caisse d’amortis- sement de la dette sociale et qui interdisait d’allonger sa durée de vie », ajoute-t-il. Chez les centristes, la position est un peu plus ouverte. Une dis- position constitutionnelle peut «aider le gouvernement », fait valoir le député (Nouveau Centre) Charles de Courson. « La réduction des déficits, la nouvelle trajectoire des finances publiques, l’inspira- tion d’un nouveau regard sur la logique de dépense, peuvent faire l’objet d’un consensus et se retrou- ver noir sur blanc dans notre Constitution », veut croire M.Baroin. p

Ph. L. C.

Dans ce cadre, le gouvernement

se donne pour objectif de quasi- ment stabiliser, à 37,6milliards, les dépenses dites « de guichet » – les allocations et aides versées auto- matiquement,dèslors que le béné- ficiaire répond à des conditions prédéfinies. Cette stabilisation passera par

1,5 milliard brut d’économies.

Car

ces dépenses évoluent naturelle- ment: elles sont indexées sur l’in- flation et le nombre de bénéficiai- res augmente. Le coût de la seule indexation sur les prix représente- rait 1,1 milliard en 2011.

Ladépensepublique s’apparente àunsupertanker dontil estdifficile demodifier latrajectoire

« On fait le pari qu’il n’y aura pas, pour la première fois, d’aug- mentationen valeur. Ce sera diffici- le à tenir », relève M. Carrez. S’il ne touche pas au RSA ou à d’autres allocations sociales, l’Etat va sup- primer l’exonérationsur les cotisa- tions patronales des particuliers employeurs (400 millions d’éco- nomie), ou encore aligner la date d’ouverture des droits de l’alloca- tion d’aide au logement sur celle des minima sociaux (gain de

120millions).

L’enveloppe des dépenses « dis- crétionnaires» devrait quant à elle être ramenée de 21,9 milliards à 21,3 milliards. Dans ce domaine, l’Etat va par exemple « partager » le financement de la formation professionnelle pour économiser 330 millions d’euros. Il va ainsi transférer des compétences à l’As- sociation de gestion du fonds pour l’insertionprofessionnelle des per- sonnes handicapées (30 millions) et prélever 300 millions sur le Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. Les partenaires sociaux dénoncent la manœuvre. Les emplois aidés, dont le nom- bre doit être ramené de 400 000 en 2010 à 340 000 en 2011 (avec subventions étatiques réduites), constituerontunautreposte d’éco- nomie. « On sacrifie l’emploi alors qu’il faudrait le soutenir », dénon- ce le député (PS) Pierre-Alain Muet. Fin septembre, le nombre de chômeurs était au plus haut depuis juin 1999. « Là encore, cela ne sera pas facile » de tenir l’objec- tif, avance M. Carrez, « car chacun sait que, lorsque la situation de l’emploi est complexe, il est très dif- ficile de faire des sacrifices sur les contrats aidés ». p Philippe Le Cœur

Al’Assemblée nationale,BernardAccoyeret l’oppositiontrouvent unmodusvivendi

Après avoir demandéla démission du président del’Assemblée,la gauche accepte de reprendre sa place dansles organes délibératifs

M ardi 2 novembre, pour la première fois depuis un mois et demi, la conféren-

ce des présidents, qui, chaque semaine, arrête l’organisation des travaux de l’Assemblée nationale, devrait enfin pouvoir se réunir au

29septembre).

Au-delà de l’épisode des retrai- tes, ce «coup de sang» de l’opposi- tion était le révélateur d’une situa- tion de plus en plus tendue au Palais-Bourbon. Et même malsaine pour le fonctionnement de l’insti- tution. D’un côté, l’exécutif presse pour voir ses textes adoptés dans les délais les plus brefs, quitte à bousculer quelque peu les usages. Le groupe majoritaire, l’UMP, sous

del’Assemblée(bureauetconféren- la houlette de son président, Jean-

cipation aux organes délibératifs

15septembre,desuspendresaparti-

PCF, Verts, PRG, PG) demandaient la démission de M. Accoyer, esti- mant qu’il n’était « plus digne » de présider l’institution (Le Monde du

complet. L’opposition avait en effet résolu, à la suite de la décision de Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, de clore les explications de vote personnelles sur le projet de réforme des retrai- tes afin d’en accélérer le vote, le

ce des présidents). Faitsansprécédent,dans untex-

tecosignéparl’ensembledesdépu-

tés de l’opposition, les présidents

de groupes et porte-parole de tou-

tes les composantes de la gauche représentées à l’Assemblée (PS,

François Copé, se fait fort de sou- mettre le fonctionnement de l’As- semblée à ses propres contraintes. M. Accoyer, contesté de toutes parts, peine à asseoir son autorité mais,élu pour la durée de la législa- ture, il ne peut être relevé de ses

fonctions. L’opposition, quant à elle,voit son rôle réduit à la portion congrue, en dépit des droits théori- ques qu’étaient censés lui accorder la révision constitutionnelle de juillet 2008 et le nouveau règle- ment de l’Assemblée.

M.Accoyerpeine àasseoir sonautorité, mais,élupourla duréede la législature, ilnepeut êtrerelevé desesfonctions

Depuisunmois, M.Accoyer s’est efforcé de « rétablir les conditions d’un dialogue serein ». La situation sociale ne s’y prêtait guère, favori- sant plutôt les postures martiales que les accommodements consen-

suels. Compte tenu de la rémission sur le front du mouvement contre la réforme des retraites, chacun considère qu’il convient de revenir à un fonctionnement plus apaisé etdetrouveruneissue àcettesitua- tion de blocage institutionnel. Après des échanges épistolaires, le président de l’Assemblée natio-

nale et les présidents des groupes de l’opposition ont fini par se ren- contrer, mardi 19 octobre, pour mettre à plat les points de conten- tieux. A l’issue de cette rencontre, M. Accoyer a répondu, par écrit, aux demandes qui lui avaient été formulées, en joignant copie à sa

lettredescourriersqu’ilavaitadres-

sés au ministre chargé des rela-

tions avec le Parlement, Henri de Raincourt, et aux présidents de commission afin d’améliorer le

fonctionnementdestravauxparle-

mentaires.

«Vous pourrez constater que, sur nombre de sujets qui vous tien- nent à cœur, je prends dans ces let- tres des engagements précis » , écrit M. Accoyer, reconnaissant à demi-mot que les récriminations de l’opposition n’étaient pas tota- lement infondées. Concernant le droit de tirage pour la création de commissions d’enquête, il confir- me qu’«il s’agit bien d’un droit » et que «les commissions permanen- tes ne doivent pas abuser du droit d’amendement dont elles dispo- sent pour dénaturer les proposi- tions de résolution ou les vider de leur sens » . Ce dont l’UMP ne s’était pas privée pour empêcher, notamment, la constitution d’une commission d’enquête sur les sondages commandée par l’Ely- sée. Dans lalettre adressée au minis- tre chargé des relations avec le Par-

lement, M. Accoyer souligne qu’il lui paraît « essentiel, pour le Parle- ment comme pour la qualité du travail législatif, que le recours à la procédure accélérée soit le plus limité possible ». Leprésident de l’Assemblée rap- pelle également aux présidents de commission qu’il est « très atta- ché » à la publicité des débats en commission, ce que ceux-ci rechi- gnent à mettre en œuvre. Pour la discussion du projet de loi sur les retraites, l’examen en commis- sion a ainsi eu lieu à huis clos. Reste à voir si le gouverne- ment, comme la majorité, repren- dront à leur compte ces bonnes intentions. L’opposition les a cependant jugées suffisantes pour réintégrer les structures déli- bératives de l’Assemblée. Il fallait bien trouver une sortie de crise. p Patrick Roger

10 France

0123

Mercredi 3 novembre 2010

10 France 0123 Mercredi 3 novembre 2010

Lavoie vers ladirection de l’UMPsedégagepour M.Copé

L’actuel secrétaire général,Xavier Bertrand, devrait redevenirministre

général,Xavier Bertrand, devrait redevenirministre M. Copé, lors des Journées parlementaires de l’UMP à

M. Copé, lors des Journées parlementaires de l’UMP à Biarritz, en septembre. P. TOHIER/PHOTOMOBILE

qui a assuré au Parisien qu’elle se sentait « capable » d’occuper la fonction. Elle ne dispose cepen- dant pas des mêmes atouts. L’arrivée de M. Copé à la tête de l’UMP, encore impensable il y a quelques mois tant les rapports entre le patron des députés et

M. Sarkozy étaient tendus, appa- raît donc de plus en plus probable. « En lui donnant l’UMP, Sarkozy se dit qu’il pourra le contrôler. Copé sera obligé d’être loyal pendant la campagne présidentielle. Il aime- rait bien avoir des assurances sur sa marge de manœuvre, mais il n’en a aucune. C’est Sarkozy qui fera l’organigramme, comme tou- jours », estime un opposant de l’ac-

tuel patron des députés. Il lui fau- dra aussi gérer les mouvances cen- tristes, qui ne cessent de vouloir affirmer leur existence. Dans l’hypothèse où le secréta- riat général de l’UMP lui revien- drait, M. Copé veut pouvoir s’ap- puyer sur la présidence du groupe UMP de l’Assemblée nationale en

y « plaçant » un fidèle, même si,

rappelle-t-il, «il est impossible de maîtriser une élection au groupe ».

Son bras droit, Christian Jacob, organisateur des clubs Généra- tion France et président de la com-

mission du développement dura- ble, a le profil idoine. Toutefois, Jean Leonetti, actuel vice-prési- dent du groupe, serait lui aussi légitime. « Il n’y a pas de match entre Christian et Jean , assure M. Copé, mais je sais que Jean rêve d’entrer au gouvernement. De tou- te façon, Jeanestunami.» Ilestaus- si membre du Parti radical, que préside M. Borloo. M. Copé n’a pas ralenti pour autant la promotion de son club, Génération France, qu’il cherche à placer en « pole position » dans la course aux idées pour 2012. Le par- ti a-t-il programmé une conven- tion sur l’éducation, mercredi 3 novembre ? Lui a réuni un collo- que sur le même thème dès la

semainedernière.Ce quiafait grin- cer des dents à la direction de l’UMP, où M. Copé n’a pas que des amis. p

Pierre Jaxel-Truer et Patrick Roger

Nadine Morano se positionne en candidate des militants

Nadine Morano fait campagne à sa manière: avec aplomb. « Je me sens tout aussi capable que Jean-François Copé de diriger l’UMP», assure-t-elle. Au moment où M. Copé semble plus proche que jamais d’obtenir le fauteuil de secrétaire général du parti, voilà que la pétulante secrétaire d’Etat à la famille déci- de à son tour de se positionner. Fidèle parmi les fidèles de Nico- las Sarkozy, elle décline un pro- gramme en trois points. «Plus de pédagogie », « renforcer le débat d’idées» et « développer

les coopérations internationa- les». M me Morano se voit en can- didate «des militants, qui sont la force vitale de l’UMP» . Et des femmes. « Je pense qu’il faut arrêter de penser qu’il n’y a que les hommes qui peuvent être les numéros 1 » , martèle-t-elle. La députée de Toul (Meurthe-et- Moselle) refuse d’être considé- rée comme une simple candida- te de témoignage. « C’est quoi, un poids lourd ? Un poids lourd, c’est un poids plume qui a un jour tanné un poids lourd», assu- re-t-elle.

Politique

DSK,«leprochain»président pour «Newsweek»

L’hebdomadaire américain consacre cette semaine sa couverture au directeur général du Fonds monétaire international (FMI), avec ce titre :

«Le prochain ». Et ce sous-titre : «Dominique Strauss-Kahn prêt à diriger la France… ou le monde ? » Dans les pages intérieures, l’article, titré « The top guy » (le gars au sommet), démarre en indiquant que le Français est «maintenant au sommet du monde », mais que « ce n’est peut-être pas là qu’il veut réellement être ». Faisant remarquer qu’« à 61 ans, DSK n’a jamais été aussi adulé », le magazine décortique le «problème » qui se pose à lui: «Doit-il rester à son poste au FMI, son mandat expirant fin 2012 ? Ou doit-il démissionner et revenir en France l’an prochain pour être candidat à l’élection présidentielle début 2012? » «Le temps est comp- té », ajoute le magazine, notant que, s’il choisit l’option France 2012, il devra faire face à des «problèmes politiques et personnels » : son rapport aux femmes et, «plus problématique et possiblement fatal pour ses chances à la présidentielle », son rapport au Parti socialiste. p

M.Borloo favorable à un «Grenelle de la fiscalité»

Le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, considère que « si on doit réformer la fiscalité en profondeur, ça ne peut pas être uniquement l’af- faire de spécialistes ». «Ce sont des choix (…) tellement cruciaux qu’il faut y associer, dans le cadre d’un Grenelle, le monde économique, les syndi- cats, les collectivités, pour définir ensemble les grands choix de la Fran- ce », explique-t-il dans un entretien au Parisien mardi 2novembre. M.Borloo se dit « persuadé qu’en six à neuf mois, on pourrait bâtir ensemble un nouveau système de fiscalité pour les vingt ans à venir ».

Ile-de-France Avis négatif du Conseil d’Etat sur le schéma d’aménagement de la région

Dans un avis qui devait être transmis, mardi 2 novembre, au gouverne- ment, le Conseil d'Etat estime que le schéma directeur de la région Ile- de-France (Sdrif), voté en septembre 2008 par le conseil régional, est incompatible avec la loi sur le Grand Paris de juin 2010 et le Grenelle de l’environnement. La loi fixe un objectif de construction de 70 000 loge- ments par an quand le Sdrif prévoit la localisation de 60000 loge- ments par an. Le gouvernement peut passer outre cet avis ou décider de faire valider le Sdrif par un vote au Parlement. – (AFP.)

C ’est un lent processus de sédimentation, assez fragile encore pour être balayé par

une vague un peu forte. Jamais, cependant, l’« offre de service » fai- te par Jean-François Copé à Nicolas Sarkozy pour diriger l’UMP n’a semblé aussi près d’aboutir. « Il tient la corde », constate un responsable du parti, pourtant peu désireux de voir le patron des députés de l’UMP réussir son «OPA » sur la maison-mère, lancée début septembre. « C’est ce qui se dessine », concède un autre. L’inté- ressé, qui ne veut pas trébucher dans la dernière ligne droite, reste peu loquace: « Rien n’est fait, assu- re-t-il. Lemouvement à l’UMP, s’il a lieu, procédera du remaniement au gouvernement. Tout dépend du choix du premier ministre. » Pour autant, le président du groupe UMP de l’Assemblée natio- nale se tient dans les starting- blocks. « Pourmoi,Fillon ou Borloo,

cela ne change rien. J’ai quelques idées assez précises de la manière dont doit fonctionner le parti. J’en ai fait part au président » , confie-t-il, sans se livrer plus avant. Dans l’attente du remanie-

«Enlui donnant l’UMP,Sarkozysedit qu’ilpourra lecontrôler»

un opposant de l’actuel patron des députés

ment, la question du secrétariat général de l’UMP semble s’être décantée… faute de combattants. Xavier Bertrand, l’actuel déten- teur du poste, qui avait un temps paru s’accrocher à son fauteuil, ne fait pas mystère, désormais, de son envie de redevenir ministre. M. Sarkozy, assure-t-il, lui a fait

part de sa volonté de faire entrer des « poids lourds » au gouverne- ment. M. Copé a refusé. Alain Jup- pé se laisse désirer, et répète qu’il veut avoir les coudées franches. M. Bertrand fait moins de maniè- res.Il espère obtenir,en récompen- se de sa bonne conduite, un poste important : l’écologie, la défense, ou un ministère de la santé aux contours élargis. François Fillon, dont l’hypothè- sedel’arrivéeàla tête duparti avait été évoquée, en est aujourd’hui bien loin. M. Sarkozy lui en avait soumis l’idée cet été, lorsqu’ils se sont rencontrés au cap Nègre (Var). Mais, selon ses proches, M.Fillon a posé une condition: être élu par les militants. M.Sarkozy a refusé tout net. Le président de la République entend en effet rester le seul «vrai» patron de l’UMP. Une adversaire de dernière minute s’est déclarée : la secrétaire d’Etat à la famille, Nadine Morano,

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0123

Mercredi 3 novembre 2010

0123 Mercredi 3 novembre 2010 Quatremois aprèsles émeutes, Grenoble veutpanserles plaies de laVilleneuve La rénovation

Quatremois aprèsles émeutes, Grenoble veutpanserles plaies de laVilleneuve

La rénovation urbaine du quartier sera accélérée. Les policiers y sont toujours présents enmasse

Grenoble

Correspondant

L ’image est celle d’une plaie en voie de cicatrisation. Quatre mois après les émeutes qui

ont émaillé, en juillet, le quartier de la Villeneuve, zone sensible du sud de Grenoble, la vie des 12 000 habitants de cette ancienne cité modèle construite dans les années 1960 a repris son cours. Les scènes de violence, qui avaient opposé une poignée de jeunes aux forces de l’ordre après la mort de Karim Boudouda, tué par la police après lebraquagedu casinod’Uriage (Isè- re), ont agi comme un accélérateur des projets de rénovation urbaine prévus par les pouvoirs publics. Resté pendant de nombreuses

semaines sous le feu des projec- teurs, le quartier fait l’objet depuis lesévénementsd’une intensecom- munication de la part de la préfec- ture de l’Isère et de la municipalité PS de Grenoble, qui ont accéléré le renforcement et l’implantation de leur politique. La Villeneuve, frap- pée par un taux de chômage important et une forte délinquan- ce, espère ainsi pouvoir bénéficier de l’attention qu’elle suscite doré- navant chez les pouvoirs publics. La mise en application d’un plan global d’actions et de mesures, dont certaines étaient déjà «en ges- tation ou définies de longue date »,

a été récemment « rappelée » à la

presse locale par les élus de la ville.

« En recadrant nos réflexions et en

réorientantles politiques amorcées, pour certaines, il y a près de dix ans, nous voulons assumernotre part de responsabilité dans ce qui s’est pas- sé. L’objectif principal, c’est désor- mais d’ouvrir le quartier sur le reste dela ville et de le sécuriser », détaille Jean-Philippe Motte, adjoint à la politique de la ville. Dans les cartons depuis 2008, la démolition partielle du n˚50 de la galerie de l’Arlequin (soit 5 % des 1 700 logements qu’elle compte), immeuble devant lequel a été tué Karim Boudouda, débutera en 2013. Les entrées des immeubles et les coursives qui mènent à

Les entrées des immeubles et les coursives qui mènent à Quartier de la Villeneuve, à Grenoble,

Quartier de la Villeneuve, à Grenoble, le 31juillet. ROLLAND QUADRINI/KR IMAGES PRESSE

300autresappartementsvont éga- lement subir dès 2013 un lifting

destiné à constituer des « unités

pluspetites,mieuxsécuriséesetain-

si plus facilement gérables », préci- seHélèneVincent, adjointeaumai- re, en charge du secteur 6, dont fait

partie la Villeneuve.

Pourcertains habitants,les événementsdejuillet ontaumoins «eule mérited’amorcerune prisede conscience»

A cette « résidentialisation » de l’habitat, qui devrait coûter 71 000 euros par logement, va s’ajouter un rééquilibrage des sta- tutsdes appartements pourfavori- ser l’accession à la propriété et ain- si, espèrent les élus, revenir vers plus de mixité sociale.

Pour mener à bien cette opéra- tion de réhabilitation urbaine, la municipalité va engager dès l’an- née prochaine le relogement des personnes concernées « dans les quartiers voisins ». « Il n’est pas impossible que certains habitants « historiques », très attachés à ces lieux, rechignent à être relogés , explique M. Motte. Nous savons quel’action de fond quenousentre- prenons sur le quartier va nécessi- ter de l’opiniâtreté pour s’inscrire dans la réalité. » Côté forces de l’ordre, la Ville- neuve fait également l’objet d’une attention toute particulière. Des cendres du bitume et des carcasses de voitures calcinées a germé un dispositif de présence policière renforcé. Le secteur et le centre commercialGrand’Place, qui joux- te le quartier, sont sécurisés cha- que jour par une cinquantaine de gendarmes et de CRS, qui qua- drillent la zone de treize heures à deuxheures du matin.Une présen-

ce quotidienne qui s’était faite plus discrète au lendemain des incidents, « pour ne pas attiser les violences ». « Il n’était pas question de fanfa- ronner, et ces consignes de précau-

tion sont toujours de rigueur, insis- te Brigitte Jullien, directrice dépar- tementale de la sécurité publique de l’Isère. Aujourd’hui, une brigade de terrain contrôle chaque jour les étages et les parties communes pour déloger les trafiquants. Car des armes continuent de circuler. » Au cœur du quartier, les ten- sions sont toujours vives entre les forces de police et certains jeunes, qui évoquent même une « guerre entre deux gangs ». Une haine affi- chée au quotidien. « Ces gamins préfèrent gagner 150 euros par jour en surveillant les entrées d’im- meubles. Pour eux, nous sommes des ennemis » , constate Brigitte Julien. Les policiers se sont également heurtés à un mur dans leur enquê- te sur les émeutes de l’été : malgré plusieurs descentes, toujours très médiatisées, les forces de l’ordre ne sont pas parvenues à interpel- ler les auteurs des violences. La quasi-totalité des jeunes hommes arrêtés ont ainsi été relâchés, faute de preuves. Du point de vue de certains habitants, les événements du mois de juillet ont au moins «eu le mérite d’amorcer une prise de

conscience ». Mais ils rappellent

également que la Villeneuve est

aujourd’hui davantage pointée du doigt par la population des quar- tiers voisins. « Depuis cet été, le quartier est devenu le mouton noir de Grenoble, conclut une habitan- te. Les gens de l’extérieur ont peur d’y pénétrer. Pourtant, il a retrouvé

son calme. Le plus rageant, c’est qu’on paie tous pour les velléités de pouvoir d’unepoignée de caïds. » p Benoît Pavan

«L’identitédes habitants aété miseà mal»

QUATRE MOIS ont passé, et certai-

nes images des incidents apparais- sent encore de manière très nette dans les souvenirs des habitants. Notamment celle des hélicoptères

et «leur bourdonnement inces-

sant », qui ont balayé les façades des immeubles de leurs puissants projecteurs. « Et qui nous ont empêchés de dormir plusieurs nuits d’affilée », se rappelle un habitant. Avec le recul, une majorité d’en- tre eux confient avoir été moins marqués par les voitures brûlées que par «les descentes policières et la caricature à l’extrême dans les reportages télévisés de l’ensemble de la Villeneuve ». «Les gens ne sor- taient plus de chez eux, ne dor-

maient pas de la nuit, et les enfants faisaient des cauchemars. Les rapports entre les jeunes et les adultes sont également restés ten- dus un bon moment, raconte

Myriam Kendsy, directrice du cen- tre social de l’Arlequin, l’un des «sous-quartiers» de la Villeneuve. Mais la vie et cette précarité qu’ils assument ont repris leur cours. » Au centre de santé de l’Arle- quin, médecins et psychiatres, à qui les habitants se confient cha- que jour, confirment la tendance. Partagée entre un sentiment de rejet à l’encontre du « comporte- ment intrusif de la police» et «d’in- compréhension face aux violences de certaines minorités », la popula- tion a été rapidement rattrapée

par la souffrance qui résulte des difficultés de son quotidien. Mais également par un désir de réhabi- liter une image bafouée. «Ce qui a surtout choqué les habitants, c’est que l’identité du

quartier, et donc la leur, ait étémise àmal. Les habitants n’ont pas com- pris pourquoi on les associait tous

à des gangsters », souligne Bruno

Caron, l’un des psychiatres du cen- tre de santé. «C’est un épisode diffi- cile qui a été digéré très vite car c’est une population habituée à être confrontée à une société dure, et qui entretient un rapport délicat

à l’autorité », ajoute Philippe

Pichot, médecin généraliste depuis onze ans à l’Arlequin. p

B. P.

France 11

depuis onze ans à l’Arlequin. p B. P. France 11 Latueriedubar desMarronniersde Marseilleauxassises Le truand

Latueriedubar

desMarronniersde

Marseilleauxassises

Le truand corseAnge-Toussaint Federici est jugé pourlamort de troismalfaiteurs en 2006

Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) Envoyé spécial

C e soir du 4 avril 2006, les clients du bar des Marron- niers, à Marseille, qui

s’étaient attablés pour suivre le match de football entre le Milan AC et l’Olympique lyonnais, ne se sont probablement pas souvenus des quatre buts inscrits lors de ce pourtant mémorable quart de finale de la Ligue des champions. Trois d’entre eux sont morts, tom- bés sous les rafales des tirs de kala- chnikov, de fusils à pompe et de pistolet semi-automatique. Parmi eux, Farid Berrahma,

39ans, dit « le rôtisseur », ainsi sur- nommé parce qu’il s’était spéciali-

sé dans la « voiture barbecue » : un

véhicule auquel il mettait le feu après y avoir placé le cadavre de sesvictimes. Ce caïdd’origine algé- rienne, né à Salon-de-Provence

(Bouches-du-Rhône) et issu des cités sensibles, était une figure du milieu marseillais. L’un de ses tueurs présumés, Ange-Toussaint Federici, 50 ans, dit « Santu », comparaît devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), du mardi 2

au vendredi 5 novembre. Ce berger

corse de Venzolasca (Haute-Corse) qui répond d’«homicides volontai- res commis en bande organisée », encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le malfaiteur, connu pour son appartenance au grand

banditisme, a été arrêté à Paris, le 12 janvier 2008, place de La Made- leine, en possession d’un reçu déli- vré par les services de la mairie d’Amiens relatif à l’établissement d’un passeport au nom de Giorda- no, et d’une somme de 3 275 euros. Combien étaient-ils, visage encagoulé,àfaire irruptionce mar-

di 4 avril 2006 vers 21 heures, dans

cedébitdeboissons du13 e arrondis-

sement de la cité phocéenne ? Huit, dix ? Les témoins présents surleslieux,àl’instar deKaderGas- mi, 52 ans, blessé au pied lors de la

fusillade, n’en savent rien. Ils n’ont vu que du feu. D’autres témoins, des voisins alertés par le vacarme des tirs, ont aperçu des hommes s’enfuyant à bord de plusieurs véhicules – une Audi A4, une BMW et une Alfa Romeo 156 break. L’un d’eux assu-

re qu’un des membres du groupe,

visiblement blessé, avait été éva- cué par ses complices à bord d’une

Clio de couleur grise. Sur les lieux

de la tuerie, outre des douilles, des

ogives et des cartouches de cali- bres divers, les policiers avaient découvertune tracedesangchemi- nant sur une vingtaine de mètres. C’est l’ADN qui en a été extrait qui trahira Ange-Toussaint Federi- ci. Au cours de la fusillade, celui-ci a

été atteint d’une balle au genou. Admis sous une fausse identité –

Patrick Simeoni – dans une clini- que marseillaise et sous un faux prétexte – un accident de moto aggravéparunemorsuredechien– il avait été opéré le lendemain matin. Il s’était enfui dans l’après- midi, en abandonnant des vête- ments sur lesquels les enquêteurs avaient retrouvé des résidus de tir. EmpreintesADN aidant,ces der- niers n’avaient pas tardé à décou- vrir que ce Patrick Simeoni n’était autre qu’Ange-Toussaint Federici, déjà condamné pour attaque à main armée et sorti de prison en novembre 2003. Devant le juge, celui-ci a reconnu avoir reçu une balle au bar des Marronniers, le soir du massacre, tout en niant son appartenance à la bande de tueurs. Selon ses dires, il attendait un ami

en buvant un verre d’eau lorsque les bandits ont attaqué. Son ami l’aurait aidé à partir, avant l’arri- vée des policiers.

C’estunépisode d’une guerreentretruands:

Corso-Marseillais

d’uncôtécontre

Marseillaisd’origine

maghrébinedel’autre

Cet agriculteur corse, qui fut un temps aux côtés des nationalistes de l’ex-Mouvement pour l’autodé- termination (MPA) et d’un de ses anciens responsables – Antoine Nivaggioni, assassiné le 18octobre à Ajaccio –, est suspecté d’être le chef d’une équipe de malfaiteurs originaires de la plaine orientale. Selon toute probabilité, la tuerie du bar des Marronniers n’est qu’un épisode d’une guerre entre truands : Corso-Marseillais d’un côté contre Marseillais d’origine

maghrébine de l’autre. Au milieu des années 1990, Farid Berrahma avait été proche duparrain marseillais FrancisVan- verberghe, dit « le Belge », abattu en 2000 à Paris. Il avait été impli- qué dans des affaires de trafic de stupéfiants qui lui avaient valu

d’être interpellé dans le sud de l’Es- pagne en novembre 2001, et condamné à dix ans de prison avant son extradition vers la Fran- ce en 2004. Sorti de prison, Farid Berrahma,

qu’on

appelait aussi « l’Indien » à

cause de sa chevelure, n’avait eu de cesse de reprendre ses positions sur le marché des stupéfiants et des machines à sous implantées dans la région marseillaise. Quel- ques jours avant son assassinat, le 23 mars 2006, Roch Colombani, un voyou corse, était tué par balles. Pour les policiers, cette exécution serait à l’origine de l’expédition vengeresse au bar des Marron- niers. p

Yves Bordenave

vengeresse au bar des Marron- niers. p Yves Bordenave Avec Le Monde du vendredi 5 daté
Avec Le Monde du vendredi 5 daté samedi 6 novembre SUPPLÉMENT MENSUEL DE 8 PAGES
Avec Le Monde
du vendredi 5 daté samedi 6 novembre
SUPPLÉMENT MENSUEL
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Grands Prix de la finance solidaire :

proclamation des lauréats

12 Economie

12 Economie Enhausse Total Le groupe pétrolier a annoncé, le 1 e r novembre, qu’il investira

Enhausse

Total

Le groupe pétrolier a annoncé, le 1 er novembre, qu’il investira 5milliards d’euros en 2010-2015 dans la R &D pour améliorer son efficacité énergé- tique et réduire ses émissions à effet de serre.

tique et réduire ses émissions à effet de serre. Enbaisse Apple Nombre d’utilisateurs britanniques de

Enbaisse

Apple

Nombre d’utilisateurs britanniques de l’iPhone4 sont arrivés en retard au travail le 1 er novembre, à cause d’une défaillance du réveil intégré, qui ne s’est pas mis automatiquement à l’heure d’hiver.

Les

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Mercredi 3 novembre 2010

cours du jour ( 02/11/10, 10h01 )

Euro 1euro : 1,3926 dollar(achat) Or Onced’or : 1354,50 dollars

Pétrole Light sweetcrude : 83,35 dollars

France : 2,804 (à dix ans)

Tauxd’intérêt

Tauxd’intérêt Etats-Unis : 2,636 (à dix ans)

EnInde, lesecteur de lamicrofinance risquedes’effondrer

Les pouvoirs publics ont décidé d’intervenir face àla hausse du nombre d’emprunteurs surendettés

New Delhi

Correspondance

A près des années de croissan-

ce exponentielle, le secteur

de la microfinance en Inde

risquelacrisede liquidités.Enquel- ques semaines, une cinquantaine

de villageois surendettés se sont

suicidés dans l’Andhra Pradesh, un

Etatdusuddel’Inde,incitantlegou-

vernement régional à publier un

arrêtépunissantd’unepeinedepri-

son les percepteurs de dette qui «harcèlent» leurs clients. Des villageois, soutenus par des politiciens locaux, refuseraient déjà de rembourser leurs emprunts. « Ils sont exploitésparles institutions privées de microfinan- ce,à traversdes taux d’intérêt d’usu- riersetdesmoyensderecouvrement de dettes coercitifs qui conduisent à leur appauvrissement et, dans cer-

27millions de clients actifs

Financement L’argent du sec- teur vient en majorité des ban- ques publiques (43%), des ban- ques privées (36%) et des inves- tisseurs institutionnels (17%).

Les institutions Dix d’entre elles totalisent 80% des encours d’em- prunt. SKS Microfinance, le lea- der, compte 7millions de clients contre 200000 en 2005. Son cours boursier a chuté de 19% depuis début octobre.

Nombre de clients actifs 27mil- lions.

Les emprunts à risque Ils repré- sentent 0,4% des actifs des orga- nismes de microcrédit contre envi- ron 2% dans le secteur bancaire.

tainscas, àdes suicides», lit-on dans l’arrêté du gouvernement. Sa déci- sion donne un répit aux surendet- tés tout en menaçant de faillite les organismes de microfinance. Avec 37 % de leur activité concentrée dans le seul Andhra Pradesh, c’est tout le secteur qui est menacé. «Nous risquons un effondrement»,

adéclaréàl’AFPVijayMahajan,pré-

sidentdu Réseau indiendesinstitu- tions de microfinance (MFIN). L’entrée en Bourse de la premiè- re société indienne de microfinan- ce, SKS Microfinance, n’est pour-

tantpaslointaine.Le16août2010,à

Bombay, des micro-emprunteuses revêtues de leurs plus beaux saris avaient ouvert la séance en son- nant le gong sous les applaudisse- ments des investisseurs. « Nous emmenonslespauvres verslesmar-

chés de capitaux », se félicitait alors SKS Microfinance, qui venait de lever plus de 350 millions de dol- lars (251millions d’euros). Ce symbole d’une Inde sortant de la pauvreté grâce aux marchés financiersest bien éloigné de la réa- lité. Quelques semaines plus tard, dix-sept clients de SKS, surendet- tés, se suicidaient dans l’Andhra Pradesh. La société a reconnu les

faits,maisellearejetétouterespon-

sabilité en expliquant que sa «manière éthique de faire de la microfinance n’a pas pu provoquer ces tragédies ». «Les institutions de microfinance ont prêté sans se sou- cier de savoir si les emprunteurs étaient solvables, rétorque Sanjay Sinha, directeur du cabinet de conseil Micro-Crédit Ratings Inter- national. Leur système de contrôle est inexistant. Et les employés qui travaillent sur le terrain manquent de formation. » C’est l’afflux de capitaux plus

que la solvabilité des emprunteurs qui a tiré la croissance du secteur. Attirés par des retours sur inves- tissements élevés et des risques apparemment limités, puisque les

organismesdemicrocréditenregis-

trentmoinsdedéfautsderembour-

sement que les banques classiques, les investisseurs se sont multipliés.

Le secteur a connu une croissance annuelle moyenne de 107 % entre2004 et 2009 et pèse 6,7 mil- liards de dollars. Mais chaque nou-

veau microcrédit ne sort pas néces-

sairementunefamilledelapauvre-

té. De nombreux emprunts ser- vent, en fait, à en rembourser d’autres. Dans l’Andhra Pradesh, ceuxqui sesont suicidés en avaient contracté jusqu’à sept ou huit auprès d’organismes différents.

Code de conduite

Ces organismes ont-ils été victi- mes de la folie des grandeurs ? «Le critère de retour sur investissement est privilégié au détriment des indi- cateurs de performance sociale », regrette Royston Braganza, direc- teur du fonds Grameen Capital India Limited, spécialisé dans la microfinance. La priorité donnée à la recherche de capitaux, au nom de l’éradication de la pauvreté, a transformé des ONG en de vérita- bles établissements commerciaux. C’est ce qu’analyse MS Sriram, pro- fesseur à l’Institut indien de mana- gement d’Ahmedabad, dans une étude publiée en mars. En épluchant les comptes des plus grandes institutions de micro- finance, qu’a-t-il découvert ? Que des philanthropes à la tête d’orga- nismes de microcrédit se sont ver- sé des rémunérations qu’un direc- teur d’une banque d’investisse- ment n’oserait même pas récla-

Neufansaprèssondépart,Marks&Spencer

envisagedereprendrepiedenFrance

Une nouvelle stratégie d’expansion àl’étranger va être annoncée

Londres

de tous les magasins sur le conti-

Correspondant

nent, entraînant la suppression de 3 500 emplois. La méthode avait

 

suscitéunevivepolémiqueenFran-

L ’emblématiquegroupe dedis-

tribution britannique Marks & Spencer (M & S) aimerait

racheter les magasins français cédés en 2001 dans le cadre de son retrait d’Europe occidentale, selon la presse londonienne du 1 er novembre. Le groupe doit annoncer le 9novembre une nouvelle stratégie d’expansion à l’étranger. Dans ce cadre,la plusquecentenaire «insti- tution» anglaise aurait pris langue avec Les Galeries Lafayette pour

explorer le rachat de certains de ses anciens magasins, ce que dément l’enseigne phare du boulevard Haussmann. M & S a également contacté le groupe El Corte Inglés pour tenter de reprendre pied en

ce, obligeant le groupe à suspendre

son projet et à revendre finale- ment,en octobre2001, ses18maga- sins dans l’Hexagone aux Galeries Lafayette, dont celui du boulevard Haussmann où se situe aujour- d’hui le «Lafayette Maison».

Retrouver un rang mondial

Arrivé à la tête de la compagnie en 2004, Stuart Rose avait estimé

que cette réorientation sur le mar- ché britanniqueavait été une grave erreur commerciale. Depuis, il s’est employé à redonner à M & S un rang mondial. En suivant l’exem- ple du leader du secteur, Tesco, M.Rose a tissé un réseau de sites en

Europedel’Est,danslespaysduGol-

Espagne,oùilpossédaitneufmaga-

fe et en Asie, surtout en Chine et en Inde. Il s’agit cependant, dans la majorité des cas, de franchises. Désigné en mai 2010 à la direc-

tion générale d’un fleuron du com- merce d’outre-Manche retombé en

sins. La société britannique s’est refusée à tout commentaire. En mars 2001, M & S, dirigé à l’époque par le Belge Luc Vandevel- de, ancien patron de Promodès, avait annoncé une réorganisation chocavec la fermeture immédiate

langueur,sonsuccesseur,MarcBol-

land, entend poursuivre les efforts

àl’international.Eneffet,auRoyau-

me-Uni, la marque souffre de la concurrence des grandes chaînes de prêt-à-porter, branchées et bon marché, comme H & M, Zara, ou Top Shops. Dans l’alimentation, son deuxième métier après l’ha- billement, M & S est coincé entre

les grands épiciers généralistes et diversifiés comme Tesco et Sains-

buryetledistributeurhautdegam-

me Waitrose. De plus, les incertitu- des de la reprise économique inci-

tent les ménages à privilégier le

meilleurrapportqualité-prix,com-

me en témoigne le succès d’Asda (Wal-Mart). M. Bolland, qui a redressé aux

forceps le distributeur WmMorris-

son,veutqu’àtermel’étrangerfour-

nisse un cinquième des ventes. Mais remettre un pied en France va se révéler compliqué : il y a neuf ans, le groupe avait cédé des emplacements de choix, dont les prix ont, entre-temps, explosé. Enfin last but notleast, encore faut-

il que les acheteurs de l’époque se transforment en vendeurs. Ce qui est loin d’être acquis. p Marc Roche

vendeurs. Ce qui est loin d’être acquis. p Marc Roche Bombay: cette femme a emprunté 13000

Bombay: cette femme a emprunté 13000 roupies (210 euros) à une société de microfinance pour démarrer son entreprise de fabrication de colliers. DANISH SIDDIQUI/REUTERS

mer. Que les fonds d’investisse- ment ont peu à peu remplacé les sociétés de micro-emprunteurs au capital des organismes. Et que les membres du conseil d’administra- tion de SKS sont en partie rémuné- rés en fonction de la performance de l’entreprise en Bourse. L’effondrement du secteur affecterait les banques qui versent 80 % des fonds utilisés dans le microcrédit. Mais aussi les pau- vres, qui, sans microcrédit, dépen- draient des usuriers et de leurs taux d’intérêt pouvant atteindre 100 % par mois. Faut-il abaisser les

taux d’intérêt pour éviter les surendettements et sauver le sec- teur ? Entre des coûts de distribu- tionélevés– lesrecouvreurs dedet- tes ont besoin d’aller chez leurs clients toutes les semaines – et le coût de l’argent emprunté par les organismes de microcrédit, les taux peuvent difficilement des- cendre au-dessous de 24 %. En octobre, la Banque centrale a créé une commission qui propose-

radanslesprochainsmoisunsystè-

me de régulation. Pour assainir le secteur, une des solutions consiste- rait à retirer la microfinance de la

liste des « secteurs prioritaires » qui, en Inde, doivent bénéficier d’au moins 40 % du total des cré- dits accordés par une banque. Le

Réseauindiendemicrofinancepré-

fère l’autorégulation et va, dès jan- vier, établir un code de conduite, puis mettre à la disposition de ses membres une base de données contenant les informations finan- cières de tous les emprunteurs.

«Maisuneautorégulation,avecseu-

lement 80% des acteurs du secteur, sans règlesni sanctions,estimpossi- ble», estime M.Sinha. p Julien Bouissou

ble», estime M.Sinha. p Julien Bouissou LA VIE OFFRE BIEN PLUS QU’UNE VOLVO. PROVOQUER SE
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0123

Mercredi 3 novembre 2010

Economie 13

0123 Mercredi 3 novembre 2010 Economie 13 Social Haussede80%du salaireminimum dansle textile auBangladesh Les employés

Social

Haussede80%du salaireminimum dansle textile auBangladesh

Les employés du textile au Bangladesh ont vu leur salaire minimum augmenter de près de 80 %, lundi 1 er novembre, après des semaines de protestation cet été. Le gouvernement a annoncé qu’il poursuivrait les entreprises qui n’appliqueraient pas cet accord. Les quelque 4 500 entre- prises du secteur, qui fabriquent des vêtements pour des marques occi- dentales telles que Wal-Mart, H&M, Zara ou Marks &Spencer, vont devoir verser aux ouvriers un salaire mensuel d’au moins 3000 taka (30euros). Le minimum salarial précédemment fixé en 2006 était de 1662 taka. L’annonce de cette hausse fin juillet avait provoqué de violen- tes manifestations d’ouvriers, entraînant la fermeture d’usines dans la périphérie de la capitale Dacca. Les syndicats avaient demandé une plus forte augmentation, en vain. Les violences avaient cessé avec l’arresta- tion de cinq dirigeants syndicaux, dont l’un d’entre eux est encore en prison, et les poursuites engagées contre des centaines d’employés ayant pris part aux manifestations. – (AFP.) p

Entréeen vigueurdemesures pourcombattrele surendettement

Le dispositif de lutte contre le surendettement des particuliers, prévu dans la loi Lagarde sur le crédit à la consommation, est entré en vigueur lundi 1 er novembre, après son adoption en juin par le Parlement. Désor- mais, dans le cas où un plan de remboursement est respecté sans inci- dent, l’inscription au Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) est ramenée de dix à cinq ans. Les ménages surendettés ne pourront plus faire l’objet de mesures unilaté- rales de la part de leur banque, notamment la fermeture du compte ou de saisies d’huissier, le temps que leur procédure aboutisse. Environ 9millions de personnes utilisent le crédit à la consommation et 2,6 mil- lions se trouvent en difficulté de remboursement. Parmi elles, le nom- bre de surendettés (750 000 fin juin) a augmenté d’environ 15 % entre septembre2008 et septembre2009. – (AFP.) p

Finance Hausse inattendue des taux en Australie

La Banque de réserve d’Australie (RBA) a surpris les marchés, mardi 2novembre, en annonçant une hausse d’un quart de point de son princi- pal taux directeur à un plus haut de deux ans de 4,75%. Cette décision est une manœuvre préventive face au risque d’inflation. – (Reuters.)

Jean-Claude Juncker demande à la BCE de s’exprimer d’une seule voix

La Banque centrale européenne (BCE) devrait s’exprimer d’une seule voix, a déclaré le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker, dans un entretien au quotidien Die Welt lundi 1 er novembre. Selon M.Juncker, il existe une discipline verbale au sein de l’Eurogroupe et il faudrait que « cela soit aussi le cas à la BCE », a-t-il réclamé après les prises de position discordantes du patron de la Bundesbank Axel Weber. – (AFP.)

du patron de la Bundesbank Axel Weber. – (AFP.) Lechangementdecapannoncé

Lechangementdecapannoncé

parlaFedsuscitequestionsetpolémiques

LaRéservefédéraleaméricainedévoilerale3novembrelesmodalitésdesonassouplissementmonétaire

A près des semaines de sus-

pense, la Réserve fédérale

américaine (Fed) devrait

lever le voile, mercredi 3 novem- bre, sur les modalités d’un nou- veau « round» d’assouplissement monétaire destiné à soutenir l’éco- nomie. Un programme qui consis- te,pourla banquecentrale, àrache-

ter des obligations d’Etat et qu’elle n’a jusqu’ici expérimenté qu’en période de crise. Rarement décision de politique

monétaireaurasuscitétantd’inter-

rogations et de polémiques aux Etats-Unis. Son efficacité, son bien- fondé, les risques qu’elle compor- te, divisent profondément les experts. Certains s’alarment de voir la Fed banaliser un instru- ment souvent comparé à une « arme nucléaire ». Au moment d’enannoncerledétail,la Fedpour- rait bien faire valoir qu’elle n’avait tout simplement pas le choix.

Pourquoi la Fed doit-elle agir ?

La reprise, aux Etats-Unis, est plus qu’hésitante. L’immobilier ne se reprend pas. Les Américains rechi- gnent à consommer. Les statisti- ques officielles publiées vendredi 29 octobre ont révélé que la crois- sance au troisième trimestre n’a été que de 2 % en rythme annuel. Un niveau insuffisant pour relan- cer la « job machine ». A 9,6 %, le taux de chômage res- te à des sommets historiques et pourrait même dépasser à nou- veau les 10% si l’activité ne retrou- ve pas vite du tonus. Or la bonne

Une politique monétaire au service de l’emploi TAUX DIRECTEUR DE LA FED (RÉSERVE FÉDÉRALE AMÉRICAINE),
Une politique monétaire au service de l’emploi
TAUX DIRECTEUR DE LA FED
(RÉSERVE FÉDÉRALE
AMÉRICAINE), en %
TAUX DE CHÔMAGE, en %
9,6
10
6
9
5
8
4
7
3
6
2
5
1
0,25
0
4
2007
2008
2009 2010
2007 30 sept. 2010
SOURCE : BLOOMBERG

santé du marché de l’emploi est l’un des mandats de la Fed, au même titre que la stabilité des prix. Sur ce deuxième front, la ban- que centrale ne peut non plus se montrer satisfaite: l’inflation croît

actuellement au rythme très faible de 0,8 %, bien en deçà de sa cible implicite, fixée entre 1,7% et 2 %. Le président de la Fed, Ben Bernanke, craint plus que tout de voir s’en- clencher une spirale déflationniste où la baisse des prix et des salaires découragerait l’investissement et la consommation. La Réserve fédérale est égale- ment poussée à agir pour des rai-

sonspolitiques.Unefranchevictoi-

re des républicains aux élections demi-mandat, mardi,restreindrait la marge de manœuvre de Barack Obama. Difficile, dans ces condi- tions, de compter sur un nouveau plan de relance budgétaire. L’insti- tution monétaire serait donc seule à avoir les coudées franches pour tenter de soutenir la reprise.

Comment va-t-elle s’y prendre?

L’armedutauxdirecteurestaujour-

d’hui obsolète : la Fed ne peut tout

simplement pasle baisser davanta- ge car celui-ci est déjà quasi nul depuis la mi-décembre 2008. C’est pourquoi elle s’apprête à lancer unenouvelle vague de « quantitati- ve easing». Cette politique que les experts ont rebaptisée « QE2 » revient en

réalitéàcréerdelamonnaieexnihi-

lo.Autrement dit, la banquecentra- le va injecter des centaines de mil- liards de dollars dans le circuit financier américain en rachetant des bons du Trésor à long terme. L’objectif? Maintenir les taux d’in- térêt à de très bas niveaux et tenter ainsi de relancer le crédit. La Fed n’en est pas à son coup d’essai. En2008 et 2009, elle a déjà procédé à de tels achats pour plus

de 1700 milliards de dollars, afin de

contrerleseffetsdelacrisefinanciè-

re. Jusqu’où est-elle aujourd’hui prête à aller? C’est la question qui obsède les marchés. Plutôt qu’’annoncer un montant spectaculaire, il semble acquis que l’institut d’émission

opterapourunedémarcheprogres-

sive : un programme susceptible d’être ajusté selon le rythme de la

reprise. Sans en être l’esclave, la Réserve fédérale sait qu’elle doit

tenircomptedesattentesdesinves-

tisseurs. Une annonce très inférieure aux chiffres qui circulent risquerait de

provoquerunchocsur lesmarchés. Les estimations évoquent un mon-

tant initial de 500milliards de dol- lars sur un semestre.

Quels sont les risques? La pers-

pective de ce « QE2 » est pourtant

loin de faire l’unanimité, au sein de la Fed et ailleurs. Les plus orthodo-

xes soulignent qu’en faisant mar- cher la planche à billets, la Fed prend le risque d’un emballement incontrôlé des prix. Elle pourrait aussi encourager la formation d’une nouvelle « bulle » du crédit, reproduisant les erreursqui ont été à l’origine de la crise de 2007. En outre, une telle politique n’est pas indolore sur la valeur du dollar, au risque d’alimenter les tensions sur le marché des changes. Depuis que la Fed a fait connaî- tre ses intentions, fin septembre, le billet vert a dégringolé face à pres- que toutes les grandes devises. La Chine dénonce une création moné- taire «hors de contrôle ». L’Europe s’inquiète de la remontée brusque de l’euro qui fragilise sa reprise. Enfin et surtout, le succès de l’opération est loin d’être garanti ! Dans quelle mesure des taux bas inciteront-ils les banques à desser- rerles vannes ducrédit et les ména- ges à emprunter ? Il reste une der- nière option à la Fed, évoquée dans le compte rendu de ses dernières réunions : se fixer un objectif d’in- flation plus explicite et plus élevé. Une façon de jouer sur les antici- pations des ménages et des entre- prises pour les inciter à consom- mer et à investir sans attendre les hausses de prix à venir. p Marie de Vergès

Lepremiervol Paris-Bagdadaccompagne laprudentereprisedesrelations d’affaires

LacompagnieAigleAzur reconnaîtqueledébutdel’exploitation decetteligne seradifficile. Leproblèmedelasécuritéen Irakn’estpas réglé

Bagdad

En quête «de nouvelles destina-

Envoyé spécial

tions à fort potentiel dans un rayon demoinsde sixheures de volautour

L ’arrivéeduvol ZI117 de lacom- pagnie française Aigle Azuren provenance de Paris a

provoqué, dimanche 31octobre, un moment d’effervescence comme l’aéroport international de Bagdad,

dont le tarmac est quasi-désert, en connaît rarement. Présenté com- me « historique » par Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat au commer- ceextérieur, quiaccompagnait une délégation d’une soixantaine d’en- treprises venues participer à la Foire de Bagdad, ce vol inaugural marque la reprise des liaisons aériennes entre l’Irak et les

pays occidentaux,

depuis la première guerre du Golfe en 1990. Il préfigure une desserte régulière (deux allers-retours heb-

domadaires)àpartirdejanvier2011

par Aigle Azur. Fondée en 1946 par Sylvain Floi- rat (qui dirigea ensuite Europe 1 puis Matra) pour desservir l’Afri- que du Nord, le Liban et l’Indochi- ne,cette compagnie aété repriseen 2001 par le groupe GoFast, proprié- té de la famille franco-algérienne Idjerouidene. Exerçant l’essentiel de son activité entre la France, le Maghreb, le Mali et le Portugal,

Aigle Azur (1,7 million de passagers en 2009) se définit comme spécia-

listedes«niches»–ceslignesrenta-

bles que délaissent les grands grou- pes.Elle fut la première, en 2002, à

rétablir des liaisons régulières avec

l’Algériequisortaitàpeinedestrou-

bles engendrés par le GIA.

interrompues

deParis»,AigleAzurajetésondévo-

lu sur Bagdad avec le soutien du gouvernement français. Un an de pourparlers ont débouché sur la signature d’un accord bilatéral entre la France et l’Irak après une mission menée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), en particulier sur les ques- tions de sécurité.

Des projets avortés

L’exploitation d’une ligne régu- lière vers Bagdad n’est pas un pari gagné d’avance. En 2009, le sué-

dois Nordic Airways a tenté, en vain,d’établir une liaison. Lufthan-

saapréférérenoncer,fautedeclien-

tèle à un Munich-Bagdad, laissant sa filiale Austrian Airlines desser- vir Erbil, dans le Kurdistan. « Nous sommes très confiants, mais nous savonsqueceprojets’inscritdansla durée. Inévitablement, la première année ne sera pas facile », prévient Meziane Idjerouidene, vice-prési- dent du conseil de surveillance d’Aigle Azur. La compagnie a pris soin de ne pas surdimensionner son investis- sementetchoisi un Airbus A-319,le plus petit appareil de sa flotte (132 sièges). Malgré la décrue relative des attentats et le redémarrage espéré des flux commerciaux vers l’Irak, on ne se bouscule pas encore pour prospecter les marchés – éva- lués entre 400 et 600 milliards de dollars – de la reconstruc- tion.A Bagdad,lemoindredéplace-

ment exige un environnement «sécurisé », facturé par les sociétés spécialisées à partir de 1 000 dol- lars par personne et par jour. Les contraintes de sécurité imposent aussi des coûts aux compagnies aériennes. L’escale de quelques heures opérée sur l’aéroport inter- national par l’Airbus d’Aigle Azur et le personnel naviguant exige la

miseenplaced’undispositifdesur-

veillance et de protection très serré évalué par la compagnie à près de 150 euros par voyageur pour un billet facturé entre 1 265 et 2 400 euros aller-retour. Une liaison directe vers Paris pourrait cependant attirer des Ira- kiens disposant des moyens de voyager vers la France : pour l’an- née 2010, l’ambassade de France devrait accorder quelque 4 000 visas, moitié plus que l’an- née précédente. Pour autant, Aigle

Azuradmetqu’illuifaudraimpéra-

tivement drainer des voyageurs en provenance de toute l’Europe, des Etats-Unis et même d’Asie. Aussi des contacts ont-ils été noués avec plusieurs compagnies en vue de négocier des accords de pré-acheminement. Y compris avecAir France.La compagniefran- çaise, qui a obtenu de figurer dans l’accord bilatéral franco-irakien, pourrait, en principe, elle aussi ouvrirune lignerégulière versBag- dad.Pour l’heure, elle reste sur une prudente réserve, préférant visi- blement observer à quel rythme s’engagera la reconstruction de l’Irak. p

Jean-Michel Normand

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14 Economie

14 Economie LaChinecontribue àlabonnesantédel’Afrique subsaharienne,selonleFMI La croissance y atteindra 5% en 2010

LaChinecontribue

àlabonnesantédel’Afrique

subsaharienne,selonleFMI

La croissance y atteindra 5% en 2010 et 5,5% en 2011, grâce à un commerce réorienté versl’Asie

L a solidité du développement économique del’Afrique sub- saharienne n’en finit pas de

surprendre, et la Chine et l’Asie ne sont pasétrangères à cette résilien- ce face à la récession mondiale. Le Fonds monétaire internatio- nal (FMI) a confirmé, mardi 2 novembre, qu’elle serait l’une des raresrégions du monde àpour- suivre son accélération en 2011 avec un taux de croissance du pro- duit intérieur brut (PIB) de 5,5 %, succédant à un très honorable 5 % en 2010. Le champion sera la République démocratique du Congo, qui relève d’un long effondrement (+ 10,6 % en 2010 et +8,7 % en 2011), suivi de l’Ethiopie (+ 8% et + 8,5 %). Le petit Liberia, longtemps martyrisé, connaîtra une accélération impres- sionnante(+6,3% et +9,5%).Même les cinq pays les moins perfor- mants durant la crise devraient renouer avec la croissance, à savoir le Botswana, l’Erythrée, les Seychel- les, le Tchad et le Zimbabwe.

Dépendances

Certes, les douloureuses politi- ques d’ajustements structurels des années 1990 avaient produit leurs fruits. «A la veille des chocs mon- diaux de la période 2007-2009, la situation économique de la plupart des pays de la région était bonne:

croissance régulière, inflation fai- ble, solde budgétaire viable, réser- ves de change en hausse et dette publiqueen baisse», se félicitent les experts du Fonds. « Lorsque les chocs sont surve- nus, poursuivent-ils, ces pays ont pumanieravec adresseleurs politi- ques budgétaires et monétaires pour atténuer les effets négatifs du bouleversement soudain du com- merce, des prix et des flux de finan- cements internationaux. » La modification de la structure des échanges commerciaux a joué également un rôle important. En

Une présence croissante PART DE LA CHINE DANS LES ÉCHANGES DE L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE en %
Une présence
croissante
PART DE LA CHINE
DANS LES ÉCHANGES
DE L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE
en % du total
13,6
16
12
8
7,8
3,4
4
0
2000
2005
2009
SOURCE : FMI

2009, la part de la Chine dans le total des exportations et des

importationsdel’Afriquesubsaha-

rienne était supérieure à celle de la plupart des autres pays. Comme le montrele graphique ci-dessus, cet- te part est passée de 3,4% en 2000 à 13,6% en 2009. La part desexportations de l’An- gola vers les pays en développe- ment d’Asie a augmenté de 22 points entre 2005 et 2010 et atteint 50 %. Autre pays pétrolier, le Nigeria a profité de cette aspira- tion dans une moindre mesure, soit 6,75 points de mieux et 10,5 % des exportations vers l’Asie. LeFMI enconclutque «ladépen- dance accrue de la région à l’égard dela demandedespaysendévelop- pement d’Asie a certainement aidé àatténuerleseffetsdelacrise finan- cière mondiale et aidera à mainte- nir la croissance sur la trajectoire actuelle dans certains pays ». Tout n’est pas rose pour autant et les statistiques font apparaître de grandes fragilités, comme en témoigne le recul du PIB réel par habitant à Madagascar (– 4,5 %) et en Erythrée (–1,3 %) en 2010. Aucu- ne sagesse budgétaire et aucune recette en provenance de matières premières ne résistent à l’instabili- té politique. p

Al. Fs.

Le point de vue des chroniqueurs de l’agence économique Reuters Breakingviews

Le point de vue des chroniqueurs de l’agence économique

Reuters Breakingviews

AWall Street, certainestraditions ontlavie dure

L ’actionnaire est toujours la cinquième roue du carrosse dans les banques d’affaires.

Aujourd’hui plus que jamais, où celui-ci investit plus de capitaux pour un taux de rendement moins élevé. Prenons l’exemple de Gold- man Sachs. Ses revenus ont reculé de 14 % au cours des neuf pre- miers mois de l’année, et le pour- centage affecté à la paie des sala- riés a de surcroît été abaissé de 4points, ce qui fait que la masse salariale y a été réduite de 22 %. Impressionnant. Mais les action- naires ont perdu bien davantage :

la rentabilité financière des parts ordinaires s’est effondrée d’un tiers pour tomber à 13,2% et ce en partie parce que le capital de la banque a augmenté de 28 %. La balance a l’air plus équili- brée pour JPMorgan. Si la quote- part de la paie y a légèrement aug- menté, la masse salariale globale a baissé de 15,5 %, c’est-à-dire de quelques points de moins que ses revenus mais tout autant que sa rentabilité financière. Le hic : la banque a tourné avec 20% de capi- taux en plus, ce qui signifie que la part du fardeau a été plus lourde pour les actionnaires. Le capital de Crédit suisse a à peine varié depuis l’an dernier. Les investisseurs ont donc apparem- ment toutes les raisons d’applau- dir à sa décision de réduire la mas-

se salariale d’un cinquième. Pour- tant, le montant de la rémunéra- tion a augmenté de plus de 10 % pour représenter 49% du revenu de l’établissement, tandis que la rentabilité financière, d’un ordre de grandeur tout à fait décent à 19,7%, a été divisée par deux par rapport à 2009. Certaines banques donnent l’impression d’avoir trouvé la bon- ne formule. Chez Morgan Stanley, si le poids de la masse salariale a bondi à un peu plus de 12 % pour le moment sur 2010, les recettes ont progressé quatre fois plus vite. Le capital ayant été relevé d’un peu moins du tiers, l’ensem- ble est a priori acceptable. Mais pour les actionnaires, le taux de rentabilité financière est à peine supérieur à 11 %. A une époque où Wall Street vit de grands bouleversements – celui de la réglementation n’étant pas des moindres –, il est un prin- cipe sacré que les financiers conti- nuent de respecter scrupuleuse- ment: celui qui veut que l’intérêt du personnel de la banque, et non celui de ses propriétaires, prime avant tout. p

Antony Currie et Nicholas Paisner

(Traduction de Christine Lahuec)

n Sur breakingviews.com

Plus de commentaires sur l’actualité économique et financière.

0123

Mercredi 3 novembre 2010

Ecofrictions

L’aidefrançaiseaudéveloppement sanspilote

L a France n’a pas à s’enorgueillir de sa politi- qued’aide aux paysen développement qui semble dépourvue de pilote et de stratégie.

La partieconcernant l’aide publique au déve- loppement (APD) du projet de loi de finances 2011, qui devait être discutée mardi 2 novembre à l’Assemblée nationale, n’a pas été accompa- gnée des documents qui auraient permis d’ap- précier la pertinence des 8,6 milliards d’euros de dépenses annoncées. Aussi, les organisations non gouvernemen- tales (ONG) regroupées dans l’association Coor- dination Sud dénoncent-elles par la voix de

leur président, Jean-Louis Vielajus, «l’opacité

inédite » du budget en préparation. D’autant, dit celui-ci, que « 30 % de l’APD

n’est pas de l’aide,mais de l’allégement de dette,

des frais d’écolage pour les étudiants étrangers, notamment chinois, et des crédits pour les

départements d’outre-mer, par exemple 400millions d’euros pour Mayotte ». Pire, la France ne tient pas ses promesses. Elle aurait dû consacrer 0,51 % de son revenu national brut à l’APD ; son effort sera limité à 0,47 % en 2011. Elle pointera en la matière à la dernière place des pays riches de l’Union européenne. Bonne nouvelle, les dons augmenteront significativement, soit 220 millions d’euros à répartir entre 14 pays très pauvres, contre 175 millions en 2010. «Mais ils étaient de 350millions d’euros en 2006etlaGrande-Breta- gne y consacre un milliard, déplore M. Vielajus. L’idée force qui prévaut est que la croissance réduit automatiquement la pauvreté. Or, nous

constatons qu’elle accroît les inégalités » . En fait, la France est tiraillée entre plusieurs objectifs. Le Quai d’Orsay et le ministère de l’in- térieur aimeraient que l’APD serve à la sécurité, donc à créer des emplois pour contenir l’immi- gration et à éviter que le désespoir ne se mue en terrorisme. Le ministère de l’économie et des finances cherche comme à son habitude à minorer les dépenses, ce qui le conduit, par exemple, à inté- grerdans le budget les 159 millions d’euros de la taxe « Chirac » sur les billets d’avion qui devai- ent être additionnels, donc hors budget.

LesONGregroupées dans l’associationCoordinationSud dénoncent«l’opacitéinédite» dubudgetpréparé

Plus de secrétaire d’Etat à la coopération depuis la démission d’Alain Joyandet en juillet, un ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, donné partant lors du prochain remaniement ministériel : les méchantes lan- gues disent qu’à partir du moment où la politi- que d’aide au développement risque de se limi- ter à préserver les marchés de la France et son accès à l’uranium et au pétrole, il n’est pas besoin de grands stratèges. L’Elysée suffira. D’autant qu’on retrouve le même flotte- mentà l’étagede l’exécution, àl’Agence françai- se de développement (AFD) qui a assuré en

2009 pour le compte de l’Etat l’engagement de 6,2 milliards de dollars de dons et prêts en faveur du développement. Echaudé par la bronca médiatique qui a accompagné sa nomination en mai en raison de sa proximité supposée avec Nicolas Sarkozy, Dov Zerah, son directeur, refuse de répondre aux questions sur l’inquiétude de son person- nel, palpable dans les tracts syndicaux. D’ailleurs, le monde syndical et celui des ONG

ne sont pas plus bavards, ce qui trahit le désar-

roidecesacteursdudéveloppementfaceàl’ave-

nir de l’institution qui gère l’aide publique. Ce n’est pas le rajout du bleu-blanc-rouge dans le logo de l’Agence – pour complaire aux parlementaires désireux de visibilité pour les bonnes œuvres de la France – qui les rassurera, car le gouvernement n’a toujours pas publié la lettre de mission de Dov Zerah et les objectifs qui lui ont été fixés. En revanche, tout le monde saitqueBercy veut10%d’économies sur la mas- se salariale de l’AFD. Qui fera les frais de cette rigueur ? Quelles missions, quels pays seront abandonnés ? Pendant ce temps, l’administration Obama a choisi de privilégier le soutien à l’agriculture des pays pauvres plutôt que l’aide alimentaire. Pour ce faire, il a associé l’USDA, le ministère de l’agriculture, et l’USAID, l’équivalent de l’AFD. Les Britanniques, eux, ont opté sans ambiguïté pour la voie de l’aide multilatérale plutôt que pour l’aide bilatérale. Volonté au-delà de nos frontières, pagaille en deçà. p

Alain Faujas

de nos frontières, pagaille en deçà. p Alain Faujas Lavie desentreprises Bourse L’AMF critique la façon

Lavie desentreprises

Bourse L’AMF critique la façon dont LVMH est monté au capital d’Hermès

Dans un entretien accordé, mardi 2novembre, aux Echos, Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), regrette que la réglementation boursière ait permis à Bernard Arnault d’ac- cumuler secrètement des parts au sein du groupe de luxe Hermès. Les «equity swaps», c’est-à-dire des options d’achat ne sont pas comptabilisés au même titre que les actions dans les calculs pour les franchissements de seuil, ce qui a permis à M.Arnault d’attendre le moment d’exercice de ces options, représentant 14% du capital d’Her- mès, pour faire la déclaration offi- cielle de sa participation, deuxans après le début de son offensive.

Automobile GM veut lever 10milliards de dollars avec son retour en Bourse

Le constructeur automobile améri- cain General Motors (GM) se prépa- re à mettre sur le marché à la mi- novembre 365millions d’actions

Assurances

Groupamamonte aucapital del’assureur italien Fondiaria-SAI

L’assureur français Groupama va prendre 17 % de Premafin, le holding de la famille Ligresti qui contrôle l’assureur italien Fondiaria-SAI (Fon- SAI), en finançant près des deux tiers d’une augmentation de capital de 225,7millions d’euros, vient d’annoncer Premafin. A l’issue de cette reca- pitalisation, la famille Ligresti ne disposera plus du contrôle absolu du holding. Selon le quotidien économique Il Sole 24 Ore, l’homme d’affai- res Vincent Bolloré aurait joué un rôle central dans ces négociations. M.Bolloré et Groupama sont alliés au sein du pacte d’actionnaires de la banque d’affaires italienne Mediobanca, pivot du capitalisme transal- pin. Grâce à cette opération, Groupama avancera ses pions en Italie, le marché étranger le plus important pour le groupe. – (AFP.) p

mises à prix entre 26 et 29dollars, ont indiqué lundi 1 er novembre des sources bien informées. Au prix évoqué, cette opération valorise- rait GM à environ 50milliards de dollars (35,8 milliards d’euros), soit sensiblement le même niveau que Ford, le deuxième constructeur américain qui a réussi à échapper au dépôt de bilan durant la crise. La mise à prix pourrait intervenir vers le 17novembre, avec une pre- mière cotation le 18, selon ces sour-

ces. L’introduction en Bourse devrait permettre au Trésor de réduire sa part dans le capital de GM, de 61% à 50%. – (AFP.)

Pétrole BP provisionne 40milliards de dollars pour la marée noire