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L'extension de la liste des modalités dans les commentaires du Perihermeneias et des Sophistici Elenchi

L'extension de la liste des modalités dans les commentaires du Perihermeneias et des Sophistici Elenchi de Guillaume d'Ockham Author(s): ERNESTO PERINI-SANTOS Source: Vivarium, Vol. 40, No. 2 (2002), pp. 174-188 Published by: Brill Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41963680 Accessed: 22-01-2016 15:05 UTC

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L'extensionde la listedes modalitésdans les commentairesdu Perihermeneias et des Sophistici Elenchi de Guillaumed'Ockham}

ERNESTO PERINI-SANTOS

Il

mentairesde Guillaumed'Ockham sur les

Perihermeneias.La listedes modalitésn'est pas la même dans les deux cas.

Cette differenceest la

tion modale' et, plus largement, de deux développements distinctsde la

logique modale. UExpositio in LibrumPerihermeneias présente une théorie

modale à la fois plus cohérenteet plusproche de celle de la Summa Logicae.

Nous présentons d'abord les deux versionsde la théorie modale, ensuite

nous proposons listedes modalitésau

article poursuit un double

et l'indicationde la spécificité de l'approche ockhamiennedes modalités, qui ne semble pas avoir été perçue par les commentateurs.

objectif : la comparaison entreces deux textes

a une difference importante entre les théoriesmodales des com-

RéfutationsSophistiques et sur le

conséquence

de définitionsdistinctesde 'proposi-

y

une

brève comparaison avec d'autres extensionsde la Moyen Age, notammentcelle de Jean Buridan.Cet

1. L'extensionde la listedesmodalitéschez Ockham

L'extensionde la liste des modalitésn'est pas la même dans ces deux textes.Dans le chapitre consacréau paralogisme de la composition et de la divisiondans le premier livre du commentairedes Sophistici Elenchi

Ockham propose une listede six modes, le vrai, le faux, le nécessaire,

l'impossible, le contingent et le possible

listeles modalités aléthiques.Après avoir dit que toute proposition2 dans

laquelle est posé un mode avec un dictum propositionis doit être distinguée

-

,

nous appellerons les termesde cette

1

Nousremercions

JoëlBiard, ClaudePanaccioetIrèneRosier-Catach

in

Quaestiones

pour lescom-

mentairesutilesdansla composition decetarticle.NousremercionsaussiHubert Hubien,

pour l'utilisationde sonéditiondes

nousavoir permis de présenter uneversionantérieurede ce textedanssonséminaireà

l'Universitéde Québec à

du

Analitica

Priora

,

ClaudePanaccio pour

Trois-Rivières, et JulieBrumberg-Chaumont,pour la correction

français.

2

Le terme 'proposition' danscetarticlerenvoieà des phrases, c'est-à-direà desentités

linguistiquespouvant êtrevraiesou fausses, suivant l'usage médiévalde 'propositi.

© Koninklijke Brill NV,Leiden, 2002

Alsoavailableonline - www.brill.nl

Vivarium 40,2

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selon la composition et la division, le Venerabilis Inceptorprésente la liste des modes:

Modiautemvocantur sex, scilicet: verum,falsum,necessarium,impossibile, contin- gens et possibile.3

D'autres termes,ajoute le philosophe anglais, peuvent avoir un com- portement semblable:

Etsicutdictumestde

'impossibile'etc., vel

de

qui sint consimiles,qui

diciturde

vel impossibilis, itadiciturde tota propositionequod est per sevel per accidens.4

propositionibus

in

quibusponuntur

tellesmodi 'necessarium',

'necessario','potest'etc., eodemmodouniformiterdicendumest

in

istimodi 'perse','peraccidens', etsi

sicutaliimodi.Namsicut

talibus propositionibus

quibusponuntur

competunt

totis propositionibus

aliquapropositione

tota quod est vera, vel falsa, vel necessaria,

vel possibilis,

Les expressions per se et ť peraccidens'parce qu'ellespeuvent êtreattribuées

à des propositionsentières,peuvent être considéréescomme des modes,

et les propositionsqui les contiennentse comportent commeles propositions

avec les six premièresmodalités, du moinsen ce qui

de la divisionet de la composition. Il n'est pas tout à faitclair si les

modes '

se' et 'per accidens doiventêtre ajoutés à la première listeou

non, maisce n'est peut-êtrepas essentieldans ce contexte, une fois que l'on

a comprisque la distinctionfaitedans le

ť

'

concernele

paralogisme

'

per

passage

les

concerne également.

restreinteentre

Cette même caractéristiquegouverne l'association plus

modalités aléthiques et les termes épistémiques dans

les

logisme de l'accident:

l'examendu para-

Aliquando autemconcluditurconclusiocum aliqua condicione respiciente totam propo- sitionem ; ettunc potest essefallaciaaccidentissinefallacia consequentisquantum-

cumquepraemissae sintverae.Et istomodoesthicfallaciaaccidentis: scio

omnis triangulus

gulus habettres.Similiterhicestfallaciaaccidentis'scio quod Coriscusesthomo ;

Coriscusestveniens ; ergo scio quod veniensesthomo' ; similiterhic'omnemhominem

esseanimaiestnecessarium ; Sortesesthomo ; ergo Sortemesseanimaiestneces-

sarium', ethoc accipiendopropositiones illasde

quod

habettres ; iste triangulus

est triangulus; ergo scio quod istetrian-

necessarioinsensu compositionis.5

Si les

les unitaux modalités aléthiques est le faitd'être

proposition. Il ne semble pas

litésà partir de ce passage, les termes épistémiques sonten effetassociés

au seul cas des propositions modales au sens composé, on ne sait pas si

termes épistémiquesn'y

sont

pas

dits être des modes, le trait qui

prédicable

de touteune

que l'on puisse étendrela listedes moda-

3

Cf.Guillaume d'Ockham,Expositiosuper LibrosElenchorum

, I,

Brown,(OPhIII), 36.

3, 6, 60-61, éd.F. Del

Punta, A. GambateseetS.

4

5 Exp. Elench ., I,

Exp.ElenchiI, 3, 6, 106-113, éd.Del

Punta, Gambateseet Brown,(OPhIII), 37.

6, 3, 30-39, éd.Del Punta, Gambateseet Brown,(OPhIII), 51.

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les propositionsqu'ils affectent peuvent recevoiraussi une interprétation

au sens divisé. Si tel

ne seraient que partiellement semblablesaux modalités ;

sitionsavec des termes épistémiquespeuvent recevoiraussi une interpré-

termeset des expressions

comme 'per s¿ et ť per accidentsemble s'estomper. Dans l'examen du paralogisme de l'accident,7 Ockham traiteles ter-

mes épistémiques comme des modes, encore une fois,parce qu'ils peu- vent affectertoute une proposition, sans que prédicats modaux et

épistémiques ne soient jamais explicitement associés. Si la proximité du comportementlogique des termesmodaux et des prédicatsépistémiques est reconnue, la possibilité de les regrouper dans une catégorieunique n'est pas considérée.

tationin sensudivisionis.6 La différenceentreces

ne devait pas être le

cas, les termes épistémiques

en fait, les propo-

Or YExpositio inlibrumPerihermeniasétendsans ambiguïté la listedes moda-

litésà tous les termes pouvant êtreattribuésà une propositionentière,y compris les termes épistémiques :

Et estdicendum quod

alianon potestassignari nisi quia

terminusdetota propositione verificabilisvel ponituraliquis terminus significansidem,

quamvis diverso modo, cumtalitermino praedicabili de

aliacausa quarealiquapropositiomagis estmodalis quam

in

aliquapropositioneponituraliquis modusseu

tota propositione.8

Ce

quoi que

mes épistémiques aux modalités aléthiques. Il est ici clairementannoncé

et sertà construirela listedes termesmodaux. Si le degré de modalité

ne semble

séquences de cettedéfinitionde 'proposition modale' pour la constitution de la listedes termesmodaux sont pleinement assumées. Cette définitionconvientaux modalitéstraitées par Alistóte, le néces- saire,l'impossible, le possible et le contingent, mais elle s'applique aussi à bien d'autrestermes:

critèreétait présent de manièretimidedans YExpositio inlibros Elmchorum,

'

'

il permettait de considérer 'per se

d'une

et 'per accidens comme des modes,

façon peu explicite, et d'envisagerl'adjonction des ter-

correspondre à rien dans la théorie ockhamienne, les con-

Ex

praedictorummodorum,

isto patetquod multaesunt propositiones modalesin quibus non ponituraliquis

in

namomnis propositio

qua ponitur 'verum'vel'falsum'

6 Cf.

7 Cf.,parexemple,Exp. Eiench ., II, 9, 4, 56-61et II, 9, 4, 144-159, éd.

Exp. Eiench .,II, 9, 3, 19-27, éd.Del Punta, Gambateseet Brown,(OPhIII), 236.

Del Punta,

inLibrumPerìhermeneiasAristotelis

, II, 5, 4, 34-38, éd.

Gambateseet Brown,(OPhIII), 239 ; 241-2.

Guillaumed'Ockham. Expositio

A. GambateseetS. Brown,(OPhII), 460.

8

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vel'demonstratum'vel'scitum'vel'creditum'et huiusmodi,

Undeomnestalessuntmodales'omnemhominemesseanimalest scitum', 'omnem

ethoc quia intalibus propo-

et

modalis.

est propositio

triangulum

sitionibusita ponituraliquis terminus

aliis ;

haberetresest demonstratum',

huiusmodi,

qui verificaturde tota propositione

sicutin

igitur itaerit propositio modalis.9

Il n'y a aucun doute quant aux modalités acceptées, ni surle critère qui permet de les considérercomme telles.La liste de modes ainsi engen- drée resteouverte: toutce qui satisfaità ce critèreest appelé mode.

La théoriedes propositions modales développée à la suite prend en

compte cetteextension. Ainsi,lorsque le Venerabilis Inceptor examinela con-

versionentreles propositions au sens divisé et au sens composé ayant

pour sujet un pronom démonstratifou un nom

un terme commun, il prend soin de préciserque cela ne s'applique pas aux modalitésconcernantnotreconnaissance.10Cette remarqueindique

qu'une thèse générale sur une proposition modale concerneen tous les prédicats modaux de la listeétendue des modalitéset les seules modalités

aléthiques. La définitionde ' propositiomodalis' l'extensionde la listedes modalités, et la portée des thèsesde la logique modale sont identiques dans le com- mentairedu Perìhermendaset dans la Summa Logicae. Le mode est défini dans ce derniertextecomme ce qui est prédicable de touteune propo-

sition.11Les modes ne sauraient se

Aristote, toutcomme dans le commentairedu Perìhermendas:

propre et pour prédicat

principe

non pas

limiteraux modalités traitées par

Sed

necessaria, alia impossibilis, alia possibilis, alia contingens, itaalia propositio est vera,

alia falsa, alia scita, alia ignota, alia prolata, alia alia opinata, alia dubitata, etsicde aliis.12

talesmodisunt pluresquamquatuorpraedicti : namsicut propositio aliaest

scripta, alia concepta, alia credita,

Les modalitésnon aristotéliciennessont

qui vient systématiquementaprès l'examen du nécessaire, du possible, de

l'impossible et du contingent.13

objet d'un traitement spécifique,

9

10

Exp.Per.,II,

Exp.Per.,II, 5, 4,

Guillaume d'Ockham, Summa Logicae, II, 1,44-48, éd. Ph. Boehner, G. Gài et S.

5, 4, 53-60, éd.Gambateseet

220-31, éd.Gambateseet

Brown,(OPhII), 461. Brown,(OPhII), 467.

11

Brown,(OPhI), 242-3:

modumadditumin propositione.

sitionem modalem, sed oportetquod sitmodus praedicabilis

proprie dicitur'modus propositionis'tamquam verificabilisde ipsametpropositione.".

"Circa quod estsciendum quodpropositio diciturmodalis propter

Sednon quicumque modussufficitad faciendum

de tota propositione,

propo-

etideo

les chapitres30, 41 à 43 et 64, de

243.

III-1 , ou encore III-3,

12

13

Summa Logicae, II, 1,50-54, éd. Boehner, Gàiet Brown,(ÒPhI),

Cf.Summa Logicae, II, 29,

11,39-55, éd. Boehner, Gàiet Brown,(OPhI), 638-9.

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2. Les différentes extensionsde la listedesmodalités

La natureet la raisonde cetteextensionde la listedes modalitésn'ont pas étésaisies par les éditeursdu commentaired'Ockhamsurle Perikermerwas. Le renvoi, en note en bas de page, à Siger de Courtraiet à Ammonius

nous semble en effet trompeur.14 Il est vrai que

déré que le nombre des modes n'était point limitéà ceux traités par

Aristote, mais la listeétendue des modalitésne correspondpas du tout

à celle

ces auteursont consi-

proposée

par le Venerabilis Inceptor.

L'extensiondes modalitésconsidérée par Ammoniuset Siger de Courtrai

se retrouvechez Boèce. Pourle romain, le nombrede propositions modales est beaucoup plus importantque les quatre modalités aristotéliciennes, puisque les adverbes y sontinclus:

Omnis propositio autsineullomodo simpliciterpronuntiatur, utSocratesambulat

veldiesestvel quicquidsimpliciter etsineulla qualitatepraedicatur. suntautemaliae

quae

enimSocratismodusest additus, cumdicimuseumvelociterambulare, quomodo

enim ambulet,significai id

cum propriis dicuntur modis, utestSocratesvelociterambulat.ambulationi

quod de ambulationeeiusvelociter praedicamus.15

Il

si ce n'est

des modalités,que nous appelonsadverbiale, se retrouveà plusieursreprises

au long du Moyen Age. Ainsi plusieurs auteurs distinguent deux sens de

'mode', ou davantage,pour exclureles adverbesdu sens propre.16L'héritage

textuelmontreune tensionentreles

d'un côté, et les adverbes boéciens, de l'autre. Ammoniuset Siger de Courtraise situentdans cette tradition, l'ex- tension de la liste des modalités aux adverbes se fait à partir d'une définitionde 'mode' comme modificateurdu verbe. Ainsi peut-on lire dans la traductionlatined'Ammonius:

n'y

a pas de critère qui sépare les modes aristotéliciensdes adverbes,

le fait qu'Aristote ne traite que des premiers. Cette approche

quatre modalités aristotéliciennes,

14

15

Exp.Per.,II, 5, 4, éd.Gambateseet Brown,(OPhII), 461«.

Boèce, InLibrumAristotelůDe Interpretationen

editiosecunda

, éd. Meiser,Leipzig1880,377,

4-11.

16 Guillaumede Sherwood.William of Sherwood - 'Introductionsin logicami,1.7.1,21-27,

(1983), 219-99.Voir ainsi, entre

éd.Ch.H. Lohr, P. KunzeetB. Mussler, in: Traditio, 39

autres, Guillaumede Sherwood,Introdução,1,7, 1, éd.Lohr e.a.,232, 21-7: "Modus igi-

turdiciturcommuniteret proprie. Communitersic: Modusestdeterminadoalicuiusactus. Etsecundumhocconvenitomniadverbio. Proprie sic: Modusestdeterminado praedicati insubiectouthic patet : 'Homonecessarioestanimal.'Determinaturenim hic,quomodo predicatum inhereatsubiecto.Si autemdiceretur: 'Homocurrit velociter', solumdeter- minaturactusverbisecundumseetnoninherentiaeiuscumsubiecto.Undea talibusnon dicitur propositio modalis."

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Modus quidemigitur estvox significativaqualiter inest praedicatumsubiecto,puta

velociter, cumdicimus'lunavelociterrestituitur'.17

Le nombrede modesestévidemment énorme, ce sonten faitles adverbes,

dont personne ne songerait à dresserune liste:

.]

numerusautem ipsorum natura quidem nonest infinitus, nontamenest compre-

hensibilis

nobis, sicut neque numerusuniversaliumsubiectorumvel praedicatorum.18

En renvoyant à Ammonius,Siger de Courtraia dans l'esprit l'extension des modalitésaux adverbes. Aristote, selon lui, ne compte que quatre

modes parce que

.] omnes possunt reduciad istos quosexprimitPhilosophus,tamquam modi spe- cialesad generales.19

[.

.

Si les modes sont les adverbes, cetteréductionsemble difficile, à moins

qu'il n'ait en vue, plus modestement, une parenté de comportement de

ceux-ciet des modalitésaristotéliciennes.Il reste

nombredes modalitésestbien acceptée, au

par

pas résultatobtenu n'est pas le même, parce que les principes de la con- structiondes deux listessont différents.Sur ce point, le seul antécédent d'Ockham que nous ayons trouvéest un autre franciscainoxonien du

début du XIVe siècle,

hypothèse

avec la prudence de mise pour ce type d'affirmationtouchantle Moyen

Age. Martinétaitdans le couventfranciscaind'Oxforden 1300, et y a

été lecteuren 1311. 20 Sa définitiondes modalitésest très proche de celle

d'Ockham, même si elle est moins développée :

que l'augmentation du d'êtreincommensurable

point

notre

esprit, mais il s'agit

d'une listed'adverbes.

Or cetteextensiondes modalitésn'est

du toutcelle d'Ockham. Le

Martin d'Alnwick. Son

activitéest légèrement cette

antérieureà celle du Venerabilis

Inceptor . Il faut prendre

Terminusmodalisestomnistalisterminus

qui subiciturvel predicatur,

velsaltemsu-

bicivel predicalipotest,respectu alicuius complexitotalis, sicut respectupropositionis.21

17

Ammonius, CommentairesurlePeňHermeneiasďAristote.TraductiondeGuillaumedeMoerbeke

,

éd.G. Verbeke, Louvain 1961, 388.

18

Ammonius,

Commentaire

,

éd.Verbeke1961 {op.cit.,supra, note 17), 388.

éd.

CommentatorvanPerihermeneias

,

19 Siger de Courtrai,£eger van Kortrijk,

G. Verhaak,

vol. I,

Bruxelles 1964, 148.

20

Cf.A.B. Emden, A BiographicalRegisterof the UniversityofOxford toA.D.1500 ,

Oxford 1957, 26-7.

Martin d'Alnwick, De

VeritateetFalsitate Propositionis, 13, dans: L.M.de Rijk, Some14th

, Nijmegen1982, 10.

Century

TractsontheProbationesTerminorum

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ERNESTOPERINI-SANTOS

Il en tirela conséquence pour l'extensionde la listedes modes. Outre

les modalités aristotéliciennes, sontmodauxles

de l'esprit et le terme

per se'22 D'autres caractéristiques de la théorie

modale ockhamiennese trouventchez lui, comme le fait que toutesles

propositionsqui ontun termemodal ne sont pas nécessairement modales,

le termedoit être pris modaliter , et non pas indefinite; il

à toutela proposition, et non pas être une partie du sujet et du prédi-

cat.23Sans

la spécificité de l'extensiondes modalités de Martin d'Alnwicket de Guillaume d'Ockham, differentede celle qui faitdes adverbesdes modes,

dans la traditionboécienne. Si le rapprochement de la théorieockhamienneavec

de Courtrai

et Ammoniusn'estévidemment pas correct, il y a encoreune autrevoie.

Il s'agit des textes qui explorent la proximité des comportementslogiques des modalités aléthiques et des termes épistémiques, assez nombreuxau Moyen Age et maintesfoisétudiésdans la littérature secondaire, notam- ment par Weidemann,24 Knuuttila25et Boh.26Cette parenté de com-

portementapparaît

diviséet sens composé et dans l'examende la validitédes inférencesavec

les

développerdavantage ce parallèle, il nous suffitde marquer

verbesconcernantles actes

ť

doit être attribué

Siger

surtoutdans l'application de la distinctionentresens

propositions affectéesdes termesmodaux et épistémiques.27 Le rap-

prochement entreces deux types de termes remonte, d'une certaine façon, aux discussionssur le statutde Yenuntiabileau XIIe siècle, qui concerne des phrases enchâsséesdans des contextescréésaussibien par les modalités

22 Alnwick, De VeritateetF abitate,13, éd.De

'

'

intellegere', dubitare [

];

'

23

Cf. Alnwick,

De VeritateetFalsitate

,

24

Cf.H.

25

Rijk

1982

{op.cit.,supra, note 22), 10:

"Sicautemdico: talesterminiconcernentesactum anime, ut

'

ipsapotestpredicali de aliquocomplexototali, ut'homoestanimai per se'"

'scire',ínescire''ymaginarf,

etistadictio perse' que satis proprie dici potestmodalis, cum

13, éd.De Rijk 1982 (op.cit.,supra, note 22), 10 ;

Brown,(OPhII), 461 ; id.,

Summa

dans: Archiv

Ockham,Exp.Per.,II, 5,

Logicae, III-1 , 121-122, éd. Boehner,Gài,

4, 44-45, éd.Gambateseet

et Brown,(OPhI), 467.

Weidemann,Ansätzezueiner Logik desWissensbeiWalter

(1980), 32-45.

Burleigh,

fìirGeschichteder Philosophie,

62

Cf.S. Knuuttila,

26

Cf.I.

27

Modalitiesinmedieval

Philosophy, London 1993, 176-96.

Boh,EpistemicLogic intheLaterMiddle Ages, London1993.

[op.cit.,supra, note 24);

N.

Cf.Weidemann1980

Kretzmann, Sensus compositus,

Sensus divisus, and propositionalAttitudes, dans: Medioevo, 7 (1981), 195-229 ; J.Biard, Les

Sophismes

27 (1989), 36-50 ; S. Knuuttila,

dans: K. Jacobi(éd.),Argumentationstheorie

tische Regeln korrekten Folgerns, Leiden 1993, 612-3.Une

cetteassociationse développe autourdeGuillaume Heytesbury etRichard Billingham; cf.

A. Maierù,Terminologialogica dellatarda Scolastica, Roma

dusavoir: AlbertdeSaxeentre

Jean BuridanetGuillaume

Heytesbury,

dans: Vivarium,

Über praktischeArgumentation

-

Scholastische

und Logik desWollensim Mittelalter,

zuden logischen

undseman-

Forschungen

importantepartie de l'histoirede

1972, 540-600.

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aléthiques que par les expressionsépistémiques.28 S'il est clair que la définitionockhamiennede la modalités'inscritdans cette

faut-il distinguer l'admissiond'un comportementlogique commun aux

termes épistémiques et

aléthiques de leurréunionsous un conceptunique.

Il ne s'agitpas seulementd'une affairede définition stipulative, bien que

ce soitaussi cela, mais de l'ensembledes outils théoriques mis en œuvre.

encore

lignée,

Ainsi Gauthier Burleigh,qui reconnaîtla parenté de comportement

des termes épistémiques et des modalités aléthiques, ne les réunit pas sous

un conceptunique. Seules les

dernièressont pour lui des modalités:

Adformamdubitationisdicendum quod nonomnisdictiodenotans propositionem

facit propositionemmodalem, sedsolumdictiones significantesqualitatemproposi-

tionisdenominatis

(sic Boh denominantised.Venetiis

,

1497) radone compositions

modalem.Et propterhoc,

addentes

"sci-

aliquidsupracompositionem

tum","dubitatum", ethuiusmodinonfaciunt propositionemmodalem,quiasignificant qualitatem animeet non qualitatempropositionis. Sed "contingens","necesse", et

huiusmodi significantqualitatempropositionis, etideocum accipiuntur utdetermi-

nantverbumratione compositions

faciunt propositionem

faciunt propositionem

modalem.29

Ce texteest représentatif d'une tradition qui sembledominanteau XIVe

siècle.Elle associe le comportementlogique de ces deux types de termes sans les réunirdans la même

catégorie. Jean Buridan propose une versionintéressanted'une théorieassociant

termes épistémiques et modalités aléthiques, en quelque sorteentre Burleigh et Ockham. Les questions surle Perihermeneiaset le Tractatusde consequentiis

traitentseulementdes modes "principaux",c'est-à-dire, les modes aléthiques, touten admettantun nombrebien plus important de modalités.30

28 Cf.entreautresC.H. Kneepkens, Pleasedon'tcallmePeter: I aman

Arwteontheenuntiabileandthe proper

thing.

SemioticsandLominmedieval

29

Burleigh,Super

,

Noun dans: C.

'

'

critique à

enuntiabile, nota

Marmo (éd.),Vestigia,Imagines, Verba -

1997, 83-98.

theological

Texts (XHth-XIVthcenturyj, fTurnhoutl

., citédansBoh1993 (op.cit.,supra, note 26), 144.II

voircommentBohcitece texte pour illustrerl'inclusionhabituellede

est surprenant de

'sàturiet dubitatum

lesexclutdes

êtreune

ciation (aussiockhamienne) destermesmodauxà

De

Bonaventure1955: Tractatus

danslesdiscussionsde

logiquemodale, sans remarquerqueBurleigh

43-4.Ce textetardif peut

critiqueparBurleigh de l'asso-

des prédicats danslesdeuxversionsdu

Ph. Boehner, St.

PuntateArtis Logicae, éd.

modalités; cf.Boh1993 (op.cit.,supra, note 26),

la thèseockhamienne.Voiraussila

PuntateArtis Logicae(GauthierBurleigh, De

Weidemann1980 (op.cit.,supra, note 24)

épistémiques,explorant la

parmi lesmodalités ; cf.toutefoisH.

der Philosophie,

auxtermes épistémiques

Bd. 6,Basel-Stuttgart

30

Longior, 56, 16 - 57,16, et Tractusbrevior

traitedu

, 235, 14 - 237,12).

comportementlogique destermes

distinctiondeleur portée dansune proposition, sanslesinclure

Weidemann,Modallogik, dans: HistorischesWörterbuch

1 984,36,qui

attribuel'extensiondela logique modale

aussibienà Ockham qu'à Burleigh.

JeanBuridan, Tractatusde consequentiis, II, 1,8-12, éd.H.

Hubien, Louvain-Paris 1976, 56.

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182

ERNESTOPERINI-SANTOS

Dans une question surle Perihermeneias le

,

maître picard est très proche

d'Ockham :

Quia

modalem.Etdehoccommuniter

de

modalibus loquiincepimus,oportet videre quid vocamus propositionem

dicitur, et bene,quod modalis propositio

diciturin

qua ponitur determinatioinnatadeterminare copulampropositioniskathegorice et

etiam predicali dehoctermino 'propositio'. Ethuiusmodideterminationessunt'ne-

cessarium','possibile','contingens','inpossibile','verum','falsum','scitum','creditum', 'opinatum','apparens' ethuiusmodi.31

Buridan définitles modalités par une conjonction, dont seule la deux- ième clause équivaut à l'approche ockhamienne.Par cette définition, doivent pouvoir exercerces deux fonctionstousles termes modaux, dont

les épistémiques; ils représentent le cas le plusparticulier, la copule devant

êtremodifiéeaussi par des termescomme scitwřou

fonctionnements séparent les propositions modales composées et divisées, si bien que leur première différenceest que

'

'

opinatum' .32Ces deux

.] in compositis

modussubiciturvel predicatur

etindivisis non, sedestdetermi-

natio copule.33

S'il arriveau maître picard de dire que les propositions insensu compositionis ne sont pas des propositions modalesà proprementparler,34 il semblesur- toutavoirune logique modale à double clé. On sera d'autant plus sensible

à cettedifférencesi

de Quine et son refusdes modalitésdere et donc le double

tionnement possible de la logique modale.35L'extensionde

à Ockham doit prendre en compte les deux contextes conceptuels dans

lesquels les modalités aléthiques sonttraitées.En effet,malgré sa théoriede

la proposition modale résolument métalinguistique, le Venerabilis Inceptor est

sansdoute plus disposé à accepter un engagementontologique modal pour des possibiliaque Quine, ce qui apparaît dans sa théoriede la variation de la supposition du sujet des propositionspossibles in sensudivisionis.

l'on a à l'esprit les différents degrésd'engagement modal

,

registre de fonc- cette remarque

31 JeanBuridan,QuestionesLongesuper LibrumPerihermeneias , II, 7, éd.R. vander Lecq,

Nijmegen1983,77,

32

12-23.

Nousdevonsl'attentionà ce type de casetunecorrectiondansla compréhension

Buridan,QuestionesLonge, II, 7, éd.Vander Lecq 1983 [op.cit.,supra, note 31),77,

éd.Vander Lecq

1983 (op.cit.,note,

31-4.Cf.aussiR. vander Lecq, Buridanonmodal Propositions, dans:

W.V. Quine, ThreeGrades of ModalIrwohment dans: id., The Waysof Paradoxandother

,

de ce passagede Buridanà ClaudePanaccio.

33

25-6.

34 Buridan,QuestionesLonge,II, 7, et II, 10,26,

1981, 428.

35

supra,31),78,6-7,96,

H.A.G. Braakhuis, C.H. Kneepkens, L.M.de Rijk(éds),EnglishLogic andSemantics ,Nijmegen

Essays. Revisedand enlargedEdition,Cambridge, Mass. 1976, 158-76.

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LES MODALITÉSDANSLES COMMENTAIRESD'OCKHAM

183

Ce double registreapparaît clairementdans le Tractatusde consequentiis de Jean Buridan,qui réservedes traitementsdistinctsaux propositions modalesau sens composé et au sensdivisé.Les livresII et IV, qui exami-

nentles conséquences entreles propositionsmodales, traitent séparément

de deux types de propositions :

chapitres 2 et 3 du livreIV s'occupent des propositions au sens divisé, alors que les propositions au sens composé sont l'objet du chapitre 7 du livreII et du chapitre 1 du livreIV. Seul le chapitre 1 du livreII traite

des deux types de propositionmodale,justementpour les distinguer. Les

propositions modales au sens divisé sont proches des

présent et au futuret de certains prédicats comme 4 mortuus et

bilis' par l'ampliation

pression ' quod est permet de résoudre l'ambiguïté de la supposition, et donc de déterminer quelles inférencessont valides.36 Malgré cette dis-

tinctionde domaines, les termes épistémiques ne sont pas inclus parmi

les modalités, mais sonttraitésdans la

deinesse. 37 Les contextes propositionnelsqui causent l'ampliation de la sup-

position et ceux qui

sémantique et n'incluent pas les mêmes cas.38

les chapitres 3 à 6 du livre II et les

propositions au

'

'

-

intelligi

cas,

l'ex-

de la supposition des termes.Dans ces

partie consacréeaux propositions

provoquent Y appellato rationisn'ont pas le même effet

36 Cf.

Buridan, Tractatusde consequentiis, I, 8,439-520;II, 6, 3-17 ; III, 4, 299-321 ; IV,

93-4; 111.La

I, 10-16, éd.Hubien1976 (op.cit.,supra, note 30),46-8;6;

futurestaussi acceptéeparOckham, ce qui

ne

supposition

étenduedansles propositions à modalitésaristotéliciennesetdansles propositions au passé

etau

sition modale', nila théorieconstruiteà partir de cette définition, maismontrele double

registrethéorique dans lequel sonttraitéslesmodalitésréelles ; cf.Summa Logicae, I,

II, 7, éd. Boehner,Gài, et Brown,(OPhI). La continuitéentrela

celledesmodalités aléthiques chezOckhamestbienmiseen

C. Normore, The Logicof Timeand Modality intheLaterMiddle Ages : TheContribution of William

of Ockham

changepas

sa définitionde 'propo-

72 et

logiquetemporelle et

évidence, entre autres, dans

, Thèsede Doctorat,University

andFuture Contingence

inMedieval

of Toronto, 1975 ;

Normore, Divine Omniscience,

Rudavsky(éd.), DivineOmniscience

C.

Omnipotence

and Omnipotence

of Ockham'sModal Logic, Thèsede

thèsede Lagerlund se limiteaussiaux

Syllogistics

: An Overview,

dans: T.

Philosophy, Dordrecht 1985, 3-22 ;

E.

Doctorat,University

Karger, A Studyof William

of California-Berkeley,

1976.La

modalités aléthiques; cf.H. Lagerlund, Modal

intheMiddle Ages, Leiden2000.

37

Cf.

Buridan, Tractatusde consequentiis,III, 3, 19-98, éd.Hubien1976 (op.cit.,supra,

101-3.

note 30),

38

Surla différenceentrelesdeux cas, cf.A. Maierù,Significatio etConnotatiochezBuridan,

Pinborg(éd.), The LogicofJohn Buridan , Copenhage1976,

Logic(John Buridan

R.

, Albert ofSaxony,

112-3.Surla notion

Bos,

Marsilius ofInghen),

dans:

vander Lecq,John Buridanon Intentionality, dans: E.P. Bos,

du langage

im14.und15. Jahrhundert,

dans l'analyse

d'unverbe intentionnel,

dans:

O. Pluta (éd.), Die

Amsterdam

1988, 119-37 ; Biard1989 (op.cit.,supra,

Revuede métaphysique etde morale,

L.M.de Rijk,John BuridanonUniversals in:

,

dans: J.

ďappellatio rationisetle traitementdes"verbesmentaux"chez Buridan, cf.aussiE. P.

MentalVerbsin Terministic

Vivarium, 16 (1978), 56-69 ;

(éd.), MedievalSemanticsand Metaphysics,Nijmegen1985, 281-90 ;J.Biard, LeChevaldeBuridan.

Logique et philosophie

Philosophie

note 27);

97 (1992), 35-59.

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184

ERNESTOPERINI-SANTOS

Il est toutefois remarquable que cette différenced'effet sémantique n'empêche nullementla considérationdes sensdiviséet composé des pro-

positionsayant un prédicatépistémique,qui pourront être considérées, de ce point de vue, des propositions modalescommeles autres.39Cettedistinc-

tion générale,qui dépend de différentes portéesqu'un

une proposition,permet notammentla

portent" ou "importent" le sujet dans ou horsde la portée de la modalité.

terme peut avoirdans

description des inférences qui "ex-

On peut

estimer qu' Ockham

lui-mêmeoffredes exemples de propo-

sitionsdans

et ainsi voir 'scituÝdans ' SortesscituresseanimaVcomme un modificateur

de la copule.40 La modificationde la copule sembletoutefois s'approcher

des théories

liantles termesmodaux aux propositions, comme l'ockhamienne.Il n'est

surtout pas aisé d'imaginer le rôle des termes épistémiques comme des modificateursde copule, du moinsdans un cadre ockhamien ; celle-ciest

pour Ockham un type de syncatégorème, alors que ceux-làsontdes pré- dicats catégorématiques. On peut se demander commentles modalités aristotéliciennes peuvent être à la fois des modificateursde copule (ou simplement des copules) et des prédicats. Nous nous limiteronsici à indi- quer une pistepour la solutionde ce problème dans ce qu'on peutappeler la double appartenance des modalités aristotéliciennes, à la foisen con- tinuitéavec les copulespassées et futures41et définiscommedes prédicats

métalinguistiques d'un

plus des théories adverbiales, comme celle de Boèce, que

lesquelles

la copule est modifiée par un terme épistémique,

certain type. Il nous semble que la théorieock-

hamiennede la proposition modale offreun cadre métathéorique dans lequel se développe la théoriedes modalitésdites réelles, les modalités

aristotéliciennes, mais aussi, entre autres, des modalités épistémiques. On peut ainsi estimer que la théorieockhamiennede la proposition modale

est incomplète, elle ne traite pas

totéliciennes, même s'il y a une théorieockhamienne pour de tellessitua-

tions.Il n'en va toutefoisil n'est

la copule. On remarquera aussi que Burleigh,qui accepte ces deux clauses pour la définitionde 'mode', ne gardeque les modalitésaristotéliciennes.42 Aussi bien chez Ockham que chez Buridan, on note l'existencede

comportementslogiques communsaux propositions modales aléthiques et

de la sémantique des modalitésaris-

pas de même dans la logique de Buridan, dans laquelle pas clair commentun terme épistémiquepeut modifier

39

Voir,parexemple,Quaestiones

in Analytica ,

Priora II, Quaestio 1 8a, éd.H. Hubien (non

publiée).

29), 234.

40 Summa Logicae,II, 9, 23-25, éd. Boehner, Gàiet Brown,(OPhI), 273.

41

42

SummaLogicae, I, 72,3-6, éd. Boehner,Gài, et Brown,(OPhI), 214.

Burleigh,

DePuntateArtis Logicae, Tract. Brevior,

éd.Boehner1955 (op.cit.,supra, note

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LESMODALITÉSDANSLES COMMENTAIRESD'OCKHAM

185

à celles qui possèdent des verbes concernantles actes de

l'expression médiévale.Ils ne traitent pas les deux cas de la même façon;

alors que

plète,qui

le français a un critèreet une logique modale à double entrée,qui rend compte du fonctionnementdes modalités aristotéliciennes,quitte à avoir une théoriemoinsclairedes modalités épistémiques. Le maître picard choisit

la voie qui semble prédominante au Moyen Age tardif.On indique des comportementslogiques communsà ces deux types de termes, notam- mentà propos des sens diviséet composé des propositions, sans les réu- nirsous un même concept, commele faitGuillaume Heystesbury.43 Il est

intéressantde noter que Richard Billingham, dans son Speculum Puerorum réunitles termes prédicables de propositions entièrestantôtsous le con-

cept de terminus officialis(ou officiabilis), tantôtsous celui terminusmodalis

solution qui est à peu près équivalente au concept ockhamiende moda- lité.44En ce qui concerne Buridan, il est clair que sa démarche théorique

l'esprit, selon

l'anglais déploie une logique modale homogène mais incom- n'explique tous les aspectssémantiques des prédicatsmodaux,

,

,

43

Voirainsilesdéfinitionsdu premier, dudeuxièmeetdu septième modesselon lesquels

une propositionpeut êtreau sensdiviséetau

sensudivisoet composito, 3vb-4raet 4rb,Venise, 1500: "Unde7 vel8 modisacciditdiversitas

componendi veldividendi.Et primus modussicutin

antehocverbo ampliativopossum vel quocumque consimili ampliativo sicutconvenit.verum,

possibile,impossibile,contingens

etdivisio.Secundusmodusestmedianteterminohabentevimconfundendi: sicutsunthuius-

modiverba:

necessarium: semper : in eternum: eternaliter: immediate: et sicde aliis." ;

modusmediantibusterminisverbalibusactumvoluntatissiveintellectus significantibus :

sicutmediantehocverboscio,hesito,credo,volo,desidero, appeto. etsicde aliis."

sens composé; Guillaume Heytesbury, De

principio

fuit exemplificatum

estmedi-

:

etsicdealiis quibuscumque

similibusaccidit compositio

"Septimus

couvreaussibienlestermes

fait pas dansle cadred'une

requiro : indigeopresuppono : incipio : desidero: