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Concepts et définitions en économie monétaire et financière

Chapitre 1 : politique monétaire et marché monétaire

 Politique monétaire :
La politique monétaire est l'action par laquelle l'autorité monétaire, la banque centrale, agit
sur l'offre de monnaie dans le but de remplir ses objectifs, celle-ci consiste à :
 Choisir l’objectif ou les objectifs de la politique monétaire ;
 Choisir l’ancre nominale : des cibles explicites annoncées au public ;
 Choisir le régime de change (fixe ou flottant) ;
 Choisir la manière dont les flux de capitaux circulent ;
 Choisir et mobiliser les instruments appropriés.

 Objectifs finaux :

 Auparavant :

 Assurer une croissance soutenue de l’économie à même de favoriser l’augmentation


des revenus et par conséquent l’épargne, l’investissement et l’emploi ;
 Maintenir les prix dans des niveaux en adéquation avec le développement économique
;
 Réduire les pressions sur les avoirs extérieurs en confortant les réserves de change et
en maintenant une certaine stabilité de la monnaie nationale ;
 Préserver les équilibres fondamentaux tant internes qu’externes.

 Actuellement :

 L’objectif unique ou au moins prioritaire/premier de la politique monétaire est


la maîtrise d’inflation.

 Objectifs intermédiaires :
 Maîtriser l’évolution de la Masse monétaire : M3 ou M1….
Remarque : d’autres objectifs intermédiaires peuvent être fixés : Maîtriser l’évolution des
taux d’intérêt à long terme ; maîtriser le taux de change….

 Objectifs opérationnels :

 Le taux du marché monétaire interbancaire ;

 La quantité de monnaie centrale en circulation (base monétaire).

 Les régimes monétaires :

 Ciblage monétaire : En poursuivant une stratégie de ciblage monétaire, la banque


centrale annonce qu’elle réalisera une certaine valeur (la cible) du taux de croissance
annuel d’un agrégat monétaire, tel qu’un taux de croissance de 5% de M1 ou un taux
de croissance de 6% de M2 :

 Avantages : un avantage est que cette information et cet objectif sont connus presque
immédiatement. Ainsi les cibles monétaires peuvent envoyer les signaux presque
immédiats au public et les marchés au sujet de l’orientation de la politique monétaire
et des intentions de responsables politiques de maintenir l’inflation à un niveau donné.
Alternativement, ces signaux aident à fixer des espérances d’inflation et à produire
moins d’inflation.

 Inconvénients : le ciblage monétaire est conditionné à la corrélation entre l’inflation et


la masse monétaire. Si ce rapport est faible, le ciblage de l’inflation ne fonctionnera
pas.
 Régime à indicateurs avancés : Les actions de politique monétaire doivent être
précédées par une analyse des conditions économiques et par une évaluation de leurs
effets potentiels sur l’inflation, la production, la balance des paiements…ect.
 Ciblage d’inflation : Etant donné le faible rapport entre les agrégats monétaires et
l’inflation, beaucoup de pays ont récemment adopté le ciblage d’inflation comme une
stratégie de politique monétaire pour réaliser la stabilité des prix (par conséquent on
peut dire que le ciblage d’inflation est le moyen par lequel l’autorité monétaire garanti
la stabilité des prix), celle-ci implique plusieurs éléments :

 Les instruments de la politique monétaire :


 Les instruments directs :
 Le réescompte auprès de l’Institut d’Emission : technique de refinancement direct des
banques en monnaie centrale en contrepartie de titres de créance privés ou publics.
 Encadrement des crédits : limitation de l’extension des concours bancaires (Un
concours bancaire est un terme qualifiant un crédit bancaire qui a été octroyé par une
banque à un de ses clients) par la fixation d’un taux maximum d’expansion au cours
d’une période donnée afin de contrôler la masse monétaire
 Sélectivité des crédits : favoriser le financement des secteurs jugés prioritaires à
travers des mesures incitatives
 Exemptions aux restrictions et limitation des crédits en période d’encadrement ;
 Possibilité de réescompte ;
 Taux de refinancement préférentiel ;
 Mesures contraignantes (ie emplois obligatoires) imposant aux banques d’accorder
des crédits aux secteurs auxquels elles se désintéressent : concours aux organismes de
coopératives agricoles, promotion de construction de logements sociaux.
 Administration des taux : abandonnée dès 1996.

 Les instruments indirects :

 Les opérations principales : sont destinées à injecter ou à retirer des liquidités de


manière régulière, avec une fréquence hebdomadaire sur une échéance d’une
semaine (7jours). Elles constituent le principal instrument de mise en œuvre de la
politique monétaire.
 Les avances à 7 jours : Les avances à 7 jours sont réalisées sous forme d’opérations de
pension livrée ou, le cas échéant, de prêts garantis et sont consenties au taux directeur.
 Les reprises de liquidité à 7 jours : Les reprises de liquidités à 7 jours se font sous forme
de dépôts à blanc et sont assorties du taux directeur minoré de 50 points de base.
 Les opérations de réglage FIN : elles visent à atténuer l’incidence de fluctuations
imprévues de la liquidité. Elles sont effectuées de manière ponctuelle pour une durée
inférieure à 7 jours.
 Pension livrée : est une transaction au cours de laquelle deux parties s'entendent sur
deux transactions simultanées. La première concerne la vente de titres au comptant ;
la seconde le rachat à terme de ces mêmes titres à une date et un prix convenu
d’avance ;
 Prêts garantis.
 Facilités permanentes (opérations à l’initiative des banques) : sont destinées à fournir
ou à retirer des liquidités au jour le jour : (avance à 24 heures et des facilités de dépôts
à 24 heures)
 Les avances à 24 heures : sont réalisées sous forme d’opérations de pensions livrées
ou, le cas échéant, de prêts garantis et sont consenties aux taux directeur majoré de
100 points de base.
 Les facilités de dépôts à 24 heure : se font sous forme de dépôts à blanc et sont
assorties du taux directeur minoré de 100 points de base.

 Les opérations de long terme (durée supérieure à 7 jours) : ont pour objet d’injecter
ou de retirer des liquidités supplémentaires sur une durée supérieure à 7 jours
 Pensions livrées ;
 Prêts garantis ;
 Swap de change : acheter ou vendre du Dirham comptant contre devise et,
simultanément, le revendre ou le racheter à terme, à une date et à un taux de change
prédéterminés (sur appel d’offres ou de gré à gré).

 Les opérations structurelles : sont destinées à gérer une situation d’excédent ou


d’insuffisance de liquidité à caractère durable :
 Les achats ou les ventes de titres émis par le trésor sur le marché secondaire ;
 L’émission par BAM de titres d’emprunt négociables et leur rachat ;

 Réserve monétaire : constitution de réserves obligatoires bloquées dans un compte


auprès de la Banque Centrale dont le taux est calculé sur la base des exigibilités des
banques (engagement des banques envers le public : dépôts) libellées en dirhams
(exceptées les exigibilités libellées en dirhams convertibles).

Les canaux de transmission de la politique monétaire :

 Canal traditionnel du taux d’intérêt :


 La conception keynésienne ISLM traditionnelle du mécanisme de transmission de
la politique monétaire peut se résumer par le schéma suivant, qui illustre les effets
d’une expansion monétaire :
M ↑⇒ ir ↓⇒ I ↑⇒ Y ↑
M ↑ ⇒ Pe↑⇒ πe ↑ ⇒ ir ↓⇒ I ↑⇒ Y ↑ (Pe : prix attendus)

 Lorsque la banque centrale conduit une politique monétaire expansionniste (Plus


d’offre monétaire, baisse des taux d’intérêt nominaux de court terme), les agents
n’ajustent pas immédiatement leurs anticipations d’inflation (du fait de la rigidité
des prix à court terme et de l’interdépendance des agents).

 La baisse du taux d’intérêt réel réduit le coût du capital et « pénalise » l’épargne.


Par conséquent, les agents augmentent leurs dépenses d’investissement et de
consommation. La hausse de la demande globale relancera alors la croissance,
tant que les prix ne se seront pas ajustés

 Canal du prix des actifs :

 Canal du taux de change : Compte tenu de l’internationalisation croissante de


l’économie américaine et du passage aux taux de change flexibles, on s’est davantage
intéressé à la transmission de la politique monétaire à travers l’influence des taux de
change sur les exportations nettes. Par conséquent, le schéma du mécanisme de
transmission de la politique monétaire par le canal du taux de change est le suivant :
M ↑ ⇒ ir↓ ⇒ E ↓ ⇒ NX (X-M) ↑ ⇒ Y ↑
 Ce canal met l’accent sur les effets de la variation des conditions monétaires sur le taux
de change réel. Ainsi, une baisse des taux d’intérêt réels nationaux réduit l’attrait des
dépôts nationaux et induit des sorties des capitaux, ce qui entraîne la dépréciation
réelle du taux de change (en l’absence d’ajustement des prix).
 Cette dépréciation de la monnaie nationale abaisse le prix des biens nationaux par
rapport aux biens étrangers, ce qui se traduit par une augmentation des exportations
nettes et donc de la production globale.

 Canal du cours des actions :


 En cas de hausse de l’offre de monnaie, les agents estiment qu’ils disposent de trop de
liquidités par rapport au niveau souhaité et tentent, dès lors, de réduire leurs Encaisses
en investissant sur les marchés, notamment le marché boursier. L’augmentation de la
demande sur les actions fait monter leurs cours.
 Le Q de Tobin, ou rapport entre la valeur boursière ou marchande et la valeur
comptable des entreprises augmente, ce qui incite ces dernières à émettre de
nouvelles actions. En conséquence l’investissement augmente ainsi que la production.
M ↑⇒ Pe↑⇒ q ↑⇒ I ↑⇒ Y ↑ (coefficient de Tobin q : valeur marchande/valeur
comptable réelle) (Pe : cours des actions)

 Effet richesse (Pigou) :


M ↑⇒ Pe↑⇒ richesse ↑⇒ consommation ↑⇒ Y ↑

 Plus généralement, l’on sait que les prix d’actifs entretiennent une relation négative
avec les taux d’intérêt. Ainsi, une baisse des taux d’intérêt découlant d’une politique
monétaire expansionniste augmente les prix des actions et mène à la même
conclusion.

 Canal du crédit :

 Sur l’offre du crédit : Une politique monétaire expansionniste contribue à accroître les
réserves et les dépôts bancaires, augmente la quantité de prêts bancaires disponibles,
ce qui conduira à une hausse des dépenses d’investissement et de consommation (rôle
spécifique des banques). De la même façon, une politique monétaire expansionniste
réduit le coût de financement des banques, qui à leur tour peuvent répercuter cet
assouplissement sur la clientèle, ce qui doit aboutir à plus de crédits distribués et plus
de monnaie en circulation dans l’économie

 Sur la demande du crédit : si les banques abaissent effectivement le taux du crédit


suite à la baisse du coût de leur refinancement, on peut en attendre que les ménages
et les entreprises demandent davantage de crédit et investissent davantage.

M ↑⇒ dépôts bancaires ↑⇒ prêts bancaires ↑⇒ I ↑⇒ Y↑

 Cas du bilan bancaire : cas particulier


 Une politique monétaire expansionniste augmente les prix d’actifs et donc les
garanties (collatéraux) que les entreprises sont capables d’apporter sous cette forme
pour obtenir un crédit auprès des banques. Les asymétries d’information (et le risque)
baissent ce qui entraine une augmentation des dépenses d’investissement et la
demande globale.
M ↑ ⇒ i ↓ ⇒ trésorerie ↑ ⇒ sélection adverse ↓ et aléa de moralité ↓ ⇒ prêts ↑ ⇒ I ↑
⇒Y↑
 Le marché monétaire : Par opposition au marché financier où s’échangent les capitaux
à long terme, le marché monétaire est un marché de capitaux à court et moyen terme
où l’Etat, les banques et les entreprises interviennent pour émettre et échanger des
titres de créances négociables (TCN). Ce marché assure un financement direct de
l’économie sans avoir obligatoirement recours aux banques (Désintermédiation
bancaire).

 Les principaux axes de la réforme du marché monétaire : Contexte de libéralisation :


Désencadrement, décloisonnement, déréglementation, désintermédiation,
désengagement, dématérialisation….

 La modernisation des instruments de la politique monétaire et désencadrement de


crédits : Suppression du plafond de réescompte (1988), désencadrement du crédit
(1991), abolition des possibilités de recours automatiques que constituait la
mobilisation des crédits privilégiés, institution d’instruments indirects de régulation
monétaire ;

 La libéralisation des taux d’intérêt : Elle a touché d'abord les taux créditeurs
(Complètement libéralisés en 1992), avant d'être étendue aux taux débiteurs
(Libéralisation totale en 1996, introduction des taux variables et mise en place du taux
maximum des intérêts conventionnels) ;

 La suppression progressive des emplois obligatoires : (1994 : coefficients d’emplois


obligatoires en crédits à moyen terme réescomptables, en crédits au logement et en
créances nées à l’étranger, 1998 : plancher d’effets publics, …) ;

 La modernisation du marché des adjudication des bons de trésor.

 Le marché interbancaire : Le marché interbancaire est un marché où les


professionnels du secteur bancaire échangent entre eux des actifs financiers
(empruntent ou prêtent) à court terme, et où la banque centrale intervient également
pour apporter ou reprendre des liquidités. Les opérations sur ce marché englobent :
tous prêts ou emprunts au jour le jour et à terme fixe contractés entre banques et
entre banques et établissements financiers, quelles que soient leur échéance, leur
forme ou leurs modalités : avances en blanc, avances garanties, pensions d'effets.

 Les intervenants sur le marché interbancaire :

• Banques ;
• La CDG ;
• Certains autres établissements financiers : CMM (caisse marocaine des marché), CCG
(caisse centrale de garantie) et Dar-Addamane ;
• BAM ;
• Et récemment le Trésor (à partir de 2011).

 Compartiments :

 Le marché en blanc : est un marché d’échange de la liquidité où les transactions se font


sans garantie ;
 Les prêts interbancaires gagés ;
 Le marché de la pension livrée

 Fonctions :

 Il permet aux banques d’équilibrer leurs trésoreries en compensant entre elles leurs
déficits ou excédents ;
 Il permet à la banque centrale de réguler la liquidité bancaire.

 Hiérarchie de taux sur le marché interbancaire (objectif opérationnel) :

 Taux sur les facilités permanentes à 24h (besoin de financement) = taux des
opérations principales de refinancement majoré de 100 points de base ;
 Taux de la facilité de dépôt à 24h (capacité de financement) = taux des opérations
principales de refinancement minoré de 100 points de base.

 La hiérarchie :

 Le taux de la facilité de prêt marginal (facilité permanente : avances à 24h) est


supérieur au taux des appels d’offres des opérations principales (7 jours) de
refinancement puisque les banques peuvent toujours et à tout moment obtenir des
fonds au jour le jour au travers de la facilité de prêt marginal ;
 Le taux des appels d’offres de reprises de liquidités est toujours supérieur à la facilité
de dépôt puisque cette dernière peut être toujours et à tout moment utilisée par les
banques pour placer leurs excédents de liquidités.

 Par ailleurs, si le système bancaire est « en Banque », le taux interbancaire doit être
inférieur au taux de la facilité de prêt marginal et supérieur au taux des appels
d’offres des opérations principales de refinancement. En effet :

𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒𝑠 𝑎𝑝𝑝𝑒𝑙𝑠 𝑑′ 𝑜𝑓𝑓𝑟𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑜𝑝é𝑟𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑟𝑖𝑛𝑐𝑖𝑝𝑎𝑙𝑒𝑠 < 𝑻𝑴𝑷 𝒊𝒏𝒕𝒆𝒓𝒃𝒂𝒏𝒄𝒂𝒊𝒓𝒆
< 𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑓𝑎𝑐𝑖𝑙𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑝𝑟ê𝑡 𝑚𝑎𝑟𝑔𝑖𝑛𝑎𝑙

 Le taux interbancaire est nécessairement inférieur aux taux de la facilité de prêt


marginal, sinon les banques s’adresseraient à la Banque centrale plutôt qu’aux autres
banques sur le marché interbancaire pour assurer l’équilibre de leur besoin de liquidité
;

 Le taux interbancaire est nécessairement supérieur au taux des appels d’offres des
opérations principales de refinancement, sinon aucune banque ne souscrirait aux
appels d’offres puisque les banques éprouvant des besoins de liquidité pourraient
trouver les fonds dont elles ont besoin à meilleur prix auprès des banques disposant
de liquidités en excédent.

 Les facteurs de liquidité bancaire :

 Autonomes : sont ceux dont l’évolution ne dépend pas de la politique monétaire de la


banque centrale mais de phénomènes économiques spontanés, indépendants des
choix publics. Il s’agit principalement :

 La circulation fiduciaire : Son volume fluctue de façon saisonnière en fonction des


habitudes de paiement du public. La demande de billets de banque est en effet
particulièrement élevée à l’occasion des fêtes religieuses, pendant l’été lors de la
commercialisation de la récolte céréalière, et au moment des départs en vacances ainsi
que des entrées de touristes et des Marocains résidant à l’étranger, au début de
chaque moi (loyers, autres frais...). Pour faire face à ces retraits, les banques
s’approvisionnent en billets auprès des agences de Bank Al-Maghrib, et voient en
conséquence diminuer leurs liquidités, leurs comptes étant débités.
 Les créances sur l’Etat ou compte courant du Trésor auprès de BAM : Lorsque le
Trésor effectue des dépenses (paiements de salaires, règlements liés à la réalisation
de marchés publics, remboursements de dettes intérieures...), son compte auprès de
la Banque centrale est débité au profit de celui des banques auprès desquelles les
bénéficiaires ont domicilié leurs comptes. Inversement, lorsque le Trésor recouvre des
impôts ou émet des emprunts, les prélèvements effectués sur les avoirs bancaires des
agents économiques réduisent d’autant la liquidité des banques et améliorent celle du
Trésor.

 Les avoirs extérieurs : Les ventes de devises à Bank Al-Maghrib se traduisent, pour les
banques cédantes, par l’inscription au crédit de leurs comptes de la contre-valeur en
dirhams des cessions. Leurs avoirs en monnaie centrale augmentent de ce fait et leur
liquidité s’améliore. A l’inverse, les achats de devises à Bank Al-Maghrib donnent lieu
à une inscription au débit de leur compte, ce qui réduit d’autant leurs avoirs sur les
livres de la Banque centrale.

 Non autonomes (ou institutionnel) : sont des facteurs dont l’évolution dépend des
décisions de la banque centrale et de la politique monétaire. Le facteur institutionnel
de liquidité essentiel utilisé par BAM est la réserve monétaire.

 Les R.O sont des avoirs en monnaie centrale que les banques doivent conserver en
compte bloqué à la banque centrale, c'est donc une réserve de liquidité destinée à
garantir les déposants. Cet instrument est utilisé pour modifier la liquidité bancaire,
c'est-à-dire les besoins des banques en monnaie centrale, car une hausse du taux des
réserves obligatoires provoque à court terme un besoin de liquidité. Les banques
doivent en effet se procurer de la monnaie centrale pour alimenter leur compte à la
banque centrale.

 Le marché des adjudications des bons de trésor :

 Objectifs :

- Dynamiser le marché monétaire ;

- Stimuler la concurrence entre établissements prêteurs ;

- Permettre au Trésor d’avoir accès à une source de financement importante tout en


bénéficiant de conditions avantageuses de taux et de durée ;
- Encourager les établissements prêteurs à soumissionner, en rendant, négociables
entre eux, les valeurs du Trésor émises dans le cadre de ces adjudications (création du
marché secondaire en 1996).

 Opérateurs concernés (soumissionnaires) :

- Réservé jusqu’en mars 1995 aux seules personnes morales résidentes, ce marché a été
ouvert, depuis, à tous les opérateurs économiques ; personnes physiques et morales
résidentes ou non résidentes ;

- Les non-résidents bénéficient du transfert des intérêts perçus et de la garantie de


rapatriement des capitaux investis.

 Valeurs admises : Les bons du Trésor concernés ont une valeur nominale unitaire de
100.000 dirhams et sont émis à taux fixe ou à taux révisable pour :

- Des maturités très courtes (entre 7 jours et 45 jours) ;

- Des maturités courtes (13,26, 52 semaines) ;

- Des maturités de moyen terme de 2 ans et 5 ans de durée ;

- Des maturités de long terme de 10 ans, 15 ans, 20 ans et 30 ans de durée.

 Négociabilité des Bons : Les Bons du Trésor souscrits par voie d’adjudications sont
négociables de gré à gré sur le marché secondaire relatif à cette catégorie de bons.

 Périodicité des séances d’adjudications : Hormis les bons à très court terme qui
peuvent être émis hors calendrier, les adjudications des bons du Trésor ont lieu tous
les mardis.

 Les organismes intervenants : Le dépôt relatif aux adjudications des Bons du Trésor
ne peut être effectué que par les établissements admis à présenter des soumissions
ou agréés par le Ministre des Finances en qualité d’intermédiaires en valeurs du Trésor
(IVT) :

- Les établissements admis à présenter des soumissions : il faut distinguer entre deux
catégories
Ceux qui peuvent formuler les offres pour leur propre compte et pour celui de leur
clientèle ;
Ceux qui ne sont habilités à soumissionner que pour leur propre compte (CCG, Dar
Addamane, Bank Al Amal et FEC).

- Les intermédiaires en valeurs du Trésor (IVT) : ils sont au nombre de 6 (AWB, BCP,
BMCE, CDG, Citybank et Médiafinance) :
Ils ont pour mission d’animer le marché des valeurs du Trésor en participant
régulièrement aux adjudications, en informant et en commercialisant les Bons du
Trésor auprès de leur clientèle tout en communiquant, à la Direction du Trésor, leurs
appréciations et suggestions relatives aux évolutions de la demande des Bons ;
Une part de marché (primaire et secondaire) d’au moins 8% chaque trimestre ;
Les IVT peuvent présenter des offres non compétitives (ONC) qui seront servies à
hauteur de 20% des montants adjugés dont 50% au taux ou au prix limite et 50% au
taux ou au prix moyen pondéré ;

 Les modalités et procédures relatives aux soumissions :

 Les soumissions en taux : les établissements admis à présenter des soumissions ont
la possibilité de proposer pour chaque catégorie de bons :
 Un seul montant (avec un seul taux) ;
 Ou fractionner leurs propositions en plusieurs tranches assorties de taux différents.
Les taux doivent ressortir avec deux décimales.

 Les soumissions en prix :


 Le Ministre des Finances annonce, à l’avance, son intention d’émettre, en prix, des
Bons du Trésor Assimilables.
 Les soumissions sont exprimées en prix à deux décimales.

 La technique d’adjudication à la Hollandaise :

 BAM procède à la récapitulation des offres de souscription dans l’ordre croissant des
taux (Décroissant pour les prix) proposés et transmet ensuite le tableau
correspondant, avec soumissionnaires anonymes, à la Direction du Trésor qui fixe le
taux ou le prix limite de l’adjudication ;
 Le Trésor peut, si les taux lui paraissent excessifs (prix non intéressants), renoncer en
tout ou en partie à l’adjudication ou encore fixer un montant supérieur à celui envisagé
lorsque les taux proposés s’avèrent très intéressants ;
 Les différents montants adjugés sont rémunérés aux taux (prix) proposés par les
souscripteurs ;
 Cette technique correspond à celle dite « à la hollandaise » qui diffère de la procédure
« à la française » où les montants adjugés sont rémunérés de manière identique, à
hauteur du taux (prix) limite retenue ;
 Les bons du Trésor sont remboursés au pair à dater du jour de leur échéance ;
 Les intérêts produits par les bons à court terme sont réglés à l’échéance ou à l’émission
et sont calculés sur la base de 360 jours ;
 Les intérêts des bons à moyen et long terme sont payables annuellement aux dates
anniversaires des dates de jouissance et à terme échu. Ils sont calculés sur la base de
365 jours ou de 366 jours si l’année est bissextile.
Chapitre 2 : système bancaire

 Les grandes réformes bancaires : S’agissant plus particulièrement du secteur bancaire,


trois grandes réformes ont été mises en place dont il n’est pas sans intérêt d’en
présenter les principaux rapports :

 La réforme de 1993 :
• Introduction de la notion de « banque universelle » :
o Suppression des OFS (organismes financiers spécialisés) et leur soumission à la loi
bancaire (décloisonnement) ;
o Exercice des opérations par nature (réception des fonds du public, distribution des
crédits et mise à disposition et gestion des moyens de paiement) et opérations par
assimilation (opérations connexes, opérations annexes et prise des participations)

 Introduction du concept d’Établissement de crédit (banque et sociétés de


financement) ;

 Mécanismes de protection des déposants (Notamment le fonds de garantie des


dépôts) ;

 Renforcement du pouvoir de la banque centrale.

Parallèlement à ce texte fondateur, il a été procédé :

 Au renforcement de la réglementation prudentielle :


 Capital minimum, solvabilité, division des risques, liquidité, position des changes,
conditions de prise de participations ;
 Solvabilité = FP/risques pondérés doit être supérieur à 12% (8%) ;
 Division des risques : FP/risques pondérés de chaque client doit être inférieur à 20% ;
 Liquidité = Actifs inférieurs à 1 an /passif inférieur à 1 an doit être supérieur à 100% ;
 Position des changes : FP/position des changes 20% pour l’ensembles des devises 10%
pour chaque devise ;
 Prise de participation : maximum 60% des FP pour l’ensemble du portefeuille de
participation, maximum 15% des FP pour chaque participation et maximum 30% des
droits de vote de la société émettrice.
 A la Déréglementation de l’activité bancaire :
 Suppression des emplois Obligatoires ;
 Libéralisation des taux d’intérêt.
 A la Modernisation des instruments de la Politique monétaire :
 Suppression de l’encadrement du crédit ;
 Abolition des mécanismes de réescompte à taux fixe ;
 Institution d’instruments indirects de régulation monétaire…etc.

 La réforme de 2006 :

 Renforcement de l’autonomie de Bank Al Maghrib et de ses pouvoirs en matière de


contrôle et de supervision ;
Transfert des prérogatives relatives à l’exercice de l’activité des EC du Ministère des
finances au Gouverneur de BAM : Exemple

 Ce n’est plus le Ministre des finances mais le Gouverneur de BAM qui donne
l’agrément aux EC, en cas de i) nouvelle création, changement de nationalité,
changement de contrôle, fusions- absorptions entre EC ;
 Ce n’est plus le Ministre des finances mais le Gouverneur de BAM qui approuve les
opérations de détention ou cession d’une participation dans le capital d’un EC
conférant au moins 10, 20, ou 30% du capital social ou des droits de vote dans les
assemblées générales ;
 Ce n’est plus le Ministre des finances mais le Gouverneur de BAM qui établit la
réglementation applicable aux EC (Réglementation prudentielle, appel aux
actionnaires… ect). Le Ministre des finances est habilité uniquement à homologuer les
circulaires de BAM ;
En contrepartie de ces pouvoirs renforcés, BAM a été interdite de détenir des
participations dans le capital des institutions soumises à son contrôle ou de siéger dans
leurs instances de gestion ou d’administration.

 Refonte des attributions des différentes instances instituées par la loi bancaire en vue
d’améliorer le système de supervision du secteur ;
 Elargissement du champ de contrôle de BAM à d’autres Organismes ;
 Élargissement du rôle des commissaires aux compte ;
 Renforcement de la protection des déposants ;
 Transparence et obligation de rendre compte en matière de supervision bancaire.

 Et la réforme de 2015 :

 L'instauration d'un cadre législatif régissant l'activité des banques participatives ;

 Soumission des associations de micro-crédit et les banques offshore à la loi bancaire ;

 Introduction du statut des établissements de paiement ;

 Définition des conglomérats financiers et introduction des dispositions spécifiques les


concernant ;

 Elargissement des attributions du Comité des Etablissements de crédit ;

 Introduction du concept d’administrateur indépendant pour améliorer la gouvernance


des banques ;
 Mise en place d'un cadre de surveillance macro-pruclendefie et de gestion des crises
systémiques en créant un comité dénommé « Comité de Coordination et de
Surveillance des Risques Systémiques » qui remplace le « Comité de Coordination des
Organes de Supervision du Secteur Financier.

 Les organes de tutelle :

 Le ministère des finances (MF) : Après le transfert de ses principales prérogatives à la


banque centrale à partir de 2006, le Ministère des finances dispose désormais des
pouvoirs limités. Il est notamment habilité de : -fixer pour l’ensemble des
établissements de crédit ou pour chaque catégorie ou sous-catégorie de ces
établissements, les conditions de collecte de fonds du public et de distribution de
crédits, après avis du Comité des établissements de crédit (CEC) ; en vue de :

 Assurer le développement de l’économie ;


 Défendre de la monnaie nationale ;
 Protéger les déposants et les emprunteurs.
 Bank Al Maghrib : Ses pouvoirs se sont progressivement élargis dont les plus
importants sont comme suit

 Délivrer l’agrément d’exercice de la profession d’établissement de crédit et à fixer le


capital minimum et ce, après avis du CEC ;

 Prononcer le retrait de l’agrément à un établissement de crédit ;

 Déterminer les modalités d’application des dispositions de cette loi et les textes pris
pour son application (Réglementation comptable, prudentielle, contrôle interne…) ;

 Surveiller l’activité des établissements de crédits ;

 Assurer la gestion du Service de Centralisation des risques ;

 Le renforcement du pouvoir de sanction de la banque centrale.

 Les organes de consultation :

 Le Conseil National du Crédit et de l’Epargne (CNCE) :

 Remplaçant l’ex CNME (Conseil Nationale de la monnaie et de l’épargne, le CNCE est


composé de représentants de l’administration, des organismes à caractère financier,
des chambres professionnelles, des associations professionnelles et de personnes
désignées par le Premier Ministre en raison de leur compétence dans le domaine
économique et financier.
 Il a pour missions de :
 Débattre de toutes les questions intéressant le développement de l’épargne et
l’évolution de l’activité des établissements de crédit ;
 Mener toutes les études qu’il juge utiles ou qui peuvent lui être confiées par le
Ministre chargé des finances ou le gouverneur de la banque centrale.

 Le Comité des Etablissements de Crédit (CEC) : Il est composé de représentants de


BAM, du Ministère des finances et des associations professionnelles bancaires, le CEC
donne son avis sur toutes les questions intéressant l’activité des établissements de
crédit notamment :
 L’octroi, le renouvellement ou le retrait de l’agrément ;
 L’exercice d’une autre activité autre que celles prévues dans la loi bancaire ;
 Les conditions de prise de participation dans le capital des entreprises ;
 Les conditions de publication des comptes annuels et semestriels ;
 La création de filiales, l’ouverture de succursales et d’agences à l’étranger ;
 Les modalités de fonctionnement du « Fonds collectif de garantie des dépôts » ;
 Conditions de collecte de dépôts et de distribution des crédits.

 Les organismes professionnels de coordination :


 Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) ;
 L’Association Professionnelle des Sociétés de Financement (APSF).
 Ces deux organes ont pour rôle :
 D’assurer la coordination entre la profession et les organes de décision ;
 D’étudier toute question intéressant l’amélioration de l’exercice de l’activité bancaire
(technique de banques, introduction des nouvelles technologies, formation du
personnel…) ;
 De veiller au respect de la réglementation en vigueur tout en avisant les autorités
monétaires de tout manquement relevé dans ce domaine ;
 De défendre les intérêts de la profession.

 Les banques : Une banque se définit de manière fonctionnelle ; en référence aux


fonctions qu’elle remplisse

 Opérations par nature :

 La réception des fonds du public

 Les opérations de Crédit

 La mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion

 Opérations par assimilation.

 De change, sur or, métaux précieux et pièces de monnaie


 Liées à l’assurance de personnes et l’assurance –crédit
 Location, CB…
 De services d’investissement (appellation nouvelle loi bancaire de 2015) :
 La gestion des instruments financiers ;
 La négociation pour compte propre ou pour compte de tiers d’instruments financiers ;
 La réception et la transmission d’ordres pour le compte de tiers ;
 Le conseil et assistance en matière de gestions de patrimoine ;
 L’ingénierie financière ;
 Le placement sous toutes ses formes ;
 Le service de notation de crédits ;
 Opérations connexes aux services d’investissement :
 Octroi de crédit à un investisseur/transaction sur des instruments financiers
 Conseil et services aux entreprises : structure de capital, de stratégies, fusions, rachats

 Autres établissements de crédit :

Sous le vocable Etablissement de crédit, on regroupe les banques et les sociétés de


financement. En quoi se distingue l’activité des banques de celle des SF ?
Les banques : sont les seules qui peuvent :
 Exercer toutes les activités par nature et celles dites « connexes » ;
 Et recevoir des fonds à vue ou d'un terme égal ou inférieur à 2 ans.
Les sociétés de financement :
 Ne peuvent exercer parmi ces activités, que celles précisées dans les décisions
d'agrément qui les concernent ou, éventuellement, dans les dispositions législatives
ou réglementaires qui leur sont propres.
 Elles ne peuvent recevoir du public des fonds d’un terme inférieur ou égal à deux ans.
Par dérogation, elles peuvent être agréées à recevoir du public des fonds d'un terme
supérieur à un an.
 Les sociétés de financement ne peuvent effectuer que les opérations pour lesquelles
elles ont été agréées. C’est pourquoi l’on trouve des sociétés de financement
spécialisées dans : i) crédits à la consommation, ii) crédit-bail, iii) crédit immobilier, iv)
affacturage, v) warrantage, vi) cautionnement……
Chapitre 3 : marché boursier

 Notions et fonctions du Marché Financier :


 Notion abstraite, le marché financier se définit comme un marché sur lequel
s’effectuent les opérations de placement et de financement à long terme (Par
opposition au marché monétaire, qui est un marché des capitaux à court et moyen
terme).
 Ses principales fonctions :
• Mobiliser l’épargne : il offre aux agents économiques la possibilité de faire appel
public à l’épargne en émettant des titres en contrepartie des ressources financières
dont ils ont besoin ;
• Permettre l’allocation, la fructification et la liquidité de l’épargne ;
• Financer l’économie : canal alternatif au circuit bancaire
• Restructurer le secteur productif : par l’intermédiaire de procédures appropriées,
facilitant par-là les groupements entre sociétés (OPA, OPR…).
• Gérer, diversifier et disséminer les risques ;
• Valoriser les actifs ;
• Produire des informations : pertinentes pour les décisions économiques (réduire les
asymétries d’information, les coûts d’agence, l’opportunisme ex ante et ex post…ect)

 Typologie : plusieurs classifications du marché financier sont possibles :

 Classification économique :
 Marchés des actions : financement en capital des entreprises (Bourse) ;
 Marchés obligataires : financement à long terme des agents économiques, y compris
l’Etat (BDT) ;
 Marché monétaire pour le financement des agents économiques à court terme ;
 Marchés dérivés pour les couvertures de risque ;
 Marché des changes (le FOREX).
 Classification fonctionnelle :
 Marché primaire ;
 Marché secondaire.
 Classification organisationnelle :
 Marchés organisés : Un marché organisé/réglementé est un lieu d'échange sur lequel les
négociations obéissent à un certain nombre de règles dont le respect est contrôlé par un
régulateur :

 Les conditions d'accès au marché et d'admission à la cotation ;


 L’organisation des transactions ;
 Les conditions de suspensions des négociations ;
 Les modalités d'enregistrement et de publicité des négociations ;

 Marchés de gré à gré (OTC : over the counter) : Le marché de gré à gré est un marché
souple mais présente plusieurs risques : risque de défaut et risque règlement livraison,
notamment.

 Dépositaire central : Le dépositaire central est un organisme chargé d’assurer la


conservation des titres pour le compte de ses affiliés et de gérer le système de règlement
livraison. C’est une composante centrale dans l’organisation des flux des titres dans un marché
financier et, en particulier, dans un environnement de titres dématérialisés, lequel apporte la
sécurité et la fluidité nécessaires au bon fonctionnement des processus post-marché.

 Les raisons de s’introduire en bourse (pour l’émetteur) :

 Sur le plan financier :


 Diversification des ressources financières : financement à long terme ;
 Montage financier adéquat : actions, obligations, obligations remboursables en
actions, certificat d’investissement, actions sans droit de vote… ;
 Accès facile aux autres sources de financement : externalité positive (crédit bancaire,
émission sur les autres compartiments du marché financier : marché monétaire et
marché obligataire).

 Sur le plan de la gouvernance de l’entreprise :


 Amélioration de la notoriété de l’entreprise (communication lors de l’introduction,
médiatisation quotidienne, points de presse lors de la publication des comptes...) ;
 Signe de transparence : obligation de certification des comptes, obligation de
publication périodique des comptes ;
 Signe de crédibilité de l’engagement des actionnaires majoritaires : veiller à ce que le
cours boursier n’évolue pas de la façon qui pourrait traduire des difficultés (par contre
il est difficile de surveiller la performance d’une entreprise non cotée) ;
 Intéressement des salariés : Actionnariat salarial (cession des titres aux salariés à des
conditions avantageuses, moyen de mobilisation et de motivation (augmenter le cours
boursier).

 Sur le plan fiscal : Bénéfice des exonérations fiscales : Une réduction de l'Impôt sur les
Sociétés (IS) pendant trois années consécutives : de 50% dans le cas d’une introduction
par augmentation de capital d'au moins 20% et de 25% dans le cas d’une introduction
par cession des titres.

 Les raisons de s’investir en bourse :

 Liquidité de l’épargne ;
 Meilleure visibilité pour les actionnaires (si le cours baisse ils peuvent vendre avant
que la perte augmente) ;
 Rémunération ;
 Diversification du risque ;
 Contrôle des entreprises ;

 Les sociétés de bourse :

 Elles détiennent le monopole du courtage sur le marché boursier.


 Leur activité consiste à :
 Exécuter les transactions sur les valeurs mobilières ;
 Assurer la garde des titres ;
 Gérer les portefeuilles de valeurs en vertu d’un mandat ;
 Animer le marché des valeurs mobilières inscrites à la cote (opérations pour leur
propre compte) ;
 Conseil et intermédiation lors des introductions en bourse ;
 Elles sont aujourd’hui au nombre de 17 et détiennent à parts égales le capital de la
bourse de Casa. Leur part devrait être ramenée à uniquement 20% du capital de la
bourse (plafonnement).

 Les acteurs du marché boursier :

 AMMC (ex CDVM) : contrôle des opérations de bourse ;

 La bourse des valeurs de Casablanca ;

 Maroclear ;

 Investisseurs : particuliers ; entreprises ; institutions.

 Les sociétés de bourses.

 Structure du marché boursier :

 La Bourse des Valeurs est un marché réglementé sur lequel sont négociées les valeurs
mobilières. Il comprend un Marché Central et un Marché de Blocs.
 Marché Central : est un marché centralisé et dirigé par les ordres où sont confrontés
l’ensemble des ordres de vente et d’achat pour une valeur mobilière inscrite à la cote
de la Bourse des Valeurs. La cotation d’une valeur sur ce marché se fait selon le mode
de cotation au continu ou au fixing, selon la liquidité de la valeur.

 Marché des blocs : est un marché de gré à gré où peuvent être négociées par entente
directe les opérations sur des valeurs mobilières inscrites à la cote et ce dans le respect
des deux conditions suivantes :
 Porter sur un nombre de titres au moins égal à la Taille Minimum de Blocs (TMB),
définie par la Bourse de Casablanca ;
 Être conclues à un cours inclus dans la fourchette des prix issue de la feuille du marché
central ;
 Les systèmes de cotation :

Une mode de cotation est une méthode utilisée pour organiser la confrontation des ordres
d'achat et de vente en bourse. Il comprend les critères d'ordonnancement des ordres (règles
de priorité), les algorithmes de fixation des cours et les critères de détermination des
transactions. Dans le système de cotation électronique en vigueur à la Bourse de Casablanca
trois modes de cotation sont utilisés : le fixing, le multi-fixing et le continu.
Les cotations sur le marché central sont organisées en fonction de leur liquidité :
 Les valeurs les moins liquides sont cotées au fixing ;

 Les valeurs moyennement liquides sont cotées au multi-fixing ;

 Les valeurs les plus liquides sont cotées en continu.

Le mode de cotation en continu se traduit par la confrontation de tous les ordres au fur et à
mesure de leur prise en charge par le système de cotation, et, le cas échéant, par la
détermination d’un cours instantané pour chaque valeur.

Le mode de cotation au fixing se traduit par la confrontation de tous les ordres préalablement
introduits par les sociétés de Bourse dans le système de cotation électronique et, le cas
échéant, par la détermination d’un cours unique pour chaque valeur.

Le mode de multi-fixing : Mode de cotation qui consiste à reproduire un fixing plusieurs fois
par jour.

 Les ordres de bourses :

 Un ordre à « cours limité » est celui par lequel l’acheteur fixe le prix maximal qu’il est
disposé à payer et le vendeur le prix minimal auquel il accepte de céder les titres ;

 Ordre à « la meilleure limite » : n’est assorti d’aucune indication de prix ;

 Ordre au « marché » : n’est assortis d’aucune indication de prix et est prioritaire sur
tous les autres ordres ;

 Ordre au « déclenchement » : permet de se porter acheteur ou vendeur à partir d’un


certain seuil. À ce cours et au-dessus en cas d’achat. À ce cours et au-dessous en cas
de vente. Un ordre à « déclenchement » est soit « à seuil de déclenchement » soit « à
plage de déclenchement ».
 Indicateurs d’analyse du marché boursier :

 La capitalisation boursière :

La capitalisation boursière renseigne, entre autres, sur la valorisation du marché des titres
cotés et permet de calculer les indices boursiers. On distingue :

 La capitalisation boursière d’une entreprise : C’est la valeur marchande de l’entreprise


cotée, ie la valorisation de l’entreprise à partir de son cours boursier. Elle est égale au
nombre d’actions constituant le capital social d’une société cotée multiplié par son
cours de Bourse (ie son prix).

 La capitalisation boursière d’un secteur : C’est-à-dire la somme des capitalisations des


entreprises cotées d’un même secteur. Ex la capitalisation du secteur bancaire, des
télécom…

 La capitalisation boursière d’une place : le total des capitalisations boursières de


l’ensemble des entreprises cotées sur cette place (çad la bourse concernée).

Qu’elle concerne une entreprise, un secteur ou une place financière le calcul de la


capitalisation boursière peut se faire sur :

 Une base globale : càd le nombre total des titres d’une entreprise, d’un secteur ou
d’une place, multiplié par leurs cours respectifs. Elle représente la valorisation globale
de l’entreprise du secteur ou de la place boursière.
 La base du flottante : càd le nombre de titres d’une entreprise, d’un secteur ou d’une
place mise en circulation, multiplié par leurs cours respectifs.

 La capitalisation boursière varie principalement sous l’effet de la variation du cours des


actions de l’entreprise (et ponctuellement en fonction du nombre de titres :
augmentation du capital, nouvelles introductions) ;

 Elle renseigne sur la performance d’une entreprise, d’un secteur ou de la place prise
globalement ;
 Sur le plan macroéconomique la capitalisation boursière de la place en % du PIB
((capitalisation boursière/PIB) *100) donne une indication sur le poids de la bourse
dans une économie donnée ;

 Cet indicateur est utilisé aussi pour comparer les places financières de différents pays;

 La capitalisation boursière sert aussi à calculer les indices boursiers.

 Le volume de transaction : Il s’agit d’un indicateur de liquidité et traduit à tout


moment l’activité réelle d’une valeur, d’un secteur, d’un marché et de la place en
général. Le volume des transactions correspond au nombre de titres échangés sur le
marché boursier, multiplié par leurs cours respectifs.

 Les indices bousiers :

 Un indice boursier est une valeur calculée par le regroupement des valeurs des titres
de plusieurs sociétés. C’est un outil statistique qui sert à mesurer la performance
(pondérée) d’une Bourse ou d’un marché.
 La performance d’une Bourse est généralement mesurée par plusieurs indices :
 Un indice principal qui mesure la performance globale de la Bourse ; cet indice est
calculé à partir de la totalité ou de la majorité des sociétés inscrites à la Bourse ;
 Des indices sectoriels qui mesurent la performance d’un sous-ensemble de sociétés
ayant des caractéristiques communes (banques, agro-alimentaire…).

 Principaux indices de la bourse de Casa :

 Le MASI : (Moroccan All Shares Index) : est un indice exhaustif qui intègre toutes les
valeurs cotées et permet de mesurer la performance globale du marché, c’est à dire
l’évolution quotidienne de la capitalisation boursière due aux variations de cours.

 Le MADEX : (Most Active Shares Index) est un indice compact qui mesure l’évolution
quotidienne de la capitalisation boursière due aux variations de cours des valeurs les
plus actives et cotées au continu.

 FTSE CSE Morocco 15 Index : cet indice d’investissement composé des 15 principales
valeurs de la Bourse de Casablanca, classées par capitalisation boursière.
 FTSE CSE Morocco All-Liquid : cet indice d’investissement est un indice de référence
qui retrace la performance de toutes les valeurs liquides de la Bourse de Casablanca.

 Formule de calcul d’un indice boursier : En décembre 2004, la Bourse de Casablanca


a adopté une nouvelle méthodologie de calcul des indices, basée sur le principe du
flottant, c’est à dire la fraction du capital détenue par le public et non plus sur la base
du capital total comme c’était le cas auparavant.

La nouvelle formule de calcul :

∑𝑵
𝒊=𝟏 𝒇𝒊𝒕, 𝑭𝒊𝒕, 𝑸𝒊𝒕, 𝑪𝒊𝒕
𝑰 = 𝟏𝟎𝟎𝟎 ∗
𝑩𝒐, 𝑲𝒕
Où :

𝑡 : 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙
𝑁 : 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑙′ é𝑐ℎ𝑎𝑛𝑡𝑖𝑙𝑙𝑜𝑛
𝑓𝑖𝑡 : 𝑓𝑎𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑓𝑙𝑜𝑡𝑡𝑎𝑛𝑡
𝐹𝑖𝑡 : 𝑓𝑎𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑝𝑙𝑎𝑓𝑜𝑛𝑛𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡
𝑄𝑖𝑡: 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑡𝑖𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑖 𝑒𝑛 𝑡
𝐶𝑖𝑡 : 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑖 𝑒𝑛 𝑡
𝐵𝑜 : 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑠𝑒 𝑎𝑢 31/12/1991
𝐾𝑡 : 𝑐𝑜𝑒𝑓𝑓𝑖𝑐𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑑 ′ 𝑎𝑗𝑢𝑠𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑛 𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑙𝑖𝑠𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑠𝑒

 Définition du flottant : Le flottant est la part du capital d’une société cotée, détenue
par le public et composant de ce fait la partie circulante de son capital, c’est-à-dire la
partie susceptible de faire l’objet de transactions sur le marché. Les actions détenues
par les fondateurs ainsi que les participations stratégiques telles que l’autocontrôle,
les participations détenues par l’Etat, les blocs de contrôle, les actions liées par un
pacte d’actionnaires et les participations stables, ne font pas partie du capital flottant.

 Le plafonnement : La pondération maximum d’une société dans le MASI et dans le MADEX


flottant est plafonnée à 20% de la capitalisation flottante de l’indice. L’application du facteur
de plafonnement permet d’éviter la surpondération des valeurs dans l’indice. Ce facteur est
révisé annuellement, sauf opérations exceptionnelles modifiant de manière significative la
pondération de la valeur dans l’indice.

 Le coefficient d’ajustement : il est utilisé pour neutraliser l’effet de la variation de la


capitalisation boursière résultant d’une variation du nombre de titres cotés. Il se
calcule comme le rapport entre le nombre de titres à la date t et le nombre de titres à
la date t-1.

 Le PER (price earning ratio) :

 C’est un indicateur de rendement ;


 PER = cours de l’action/ Bénéfice net par action ou encore capitalisation
boursière/bénéfice net de l’entreprise ;
 Il est aussi dit multiple de la capitalisation boursière ;
 Un PER= 10, signifie qu’un investisseur doit attendre 10 ans pour récupérer son
investissement initial (à bénéfice net constant)
 Il se compare à celui des entreprises du même secteur et du marché dans son
ensemble. Ce dernier n’est autre que le PER moyen des entreprises cotées en bourse.
 Le PER est utilisé aussi à des fins de comparaison internationale : Un PER plus élevé
relativement aux autres places signifie que les titres dans la place en question sont
relativement plus chers.

 Les OPCVM : Les Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM)


sont des entités qui ont pour objet exclusif la gestion d’un portefeuille de valeurs
mobilières et de liquidités. On distingue les SICAV (SA) et les FCP (copropriété).

 La différence entre les deux est essentiellement juridique : l’épargnant est actionnaire
dans le cas de la SICAV, associé dans le cas du FCP.

 Par types de placement on distingue :

 OPCVM ACTIONS : min 60% en actions


 OPCVM DIVERSIFIE : max 60% en actions
 OPCVM OBLIGATAIRE : min 90% en titres d’emprunts émis par l’Etat -réputés les plus
sûrs-, les collectivités publiques ou les entreprises privées et max 10% en actions
cotées
 OPCVM MONETAIRE : composé de TCN ou bons de trésor court terme : le prix du
loyer de l’argent au jour le jour.
 OPCVM contractuel

 La valeur liquidative d’un OPCVM : La VL de l’OPCVM est la valeur de la part d’un FCP
ou de l’action d’une SICAV. Cette valeur est obtenue en divisant le montant global du
portefeuille de valeurs mobilières et des autres avoirs détenus par le FCP ou la SICAV,
valorisée à la valeur de marché et diminué des dettes (actifs net), par le nombre de
parts ou d’actions émises.

𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑁𝑒𝑡 (𝑚𝑜𝑛𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑔𝑙𝑜𝑏𝑎𝑙 𝑑𝑢 𝑝𝑜𝑟𝑡𝑒𝑓𝑒𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒 − 𝑑𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠)


𝑉𝐿 =
𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑠 𝑜𝑢 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 é𝑚𝑖𝑠𝑒𝑠

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