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Intro :

• En plein milieu d'une bataille Bulgares/Abares.


• Condamnation guerre conquête s'inscrit dans combat philosophes pour construire société + humaine et
civilisée. On peut supposer qu'à travers ce texte, V critique guerre de 7ans (1756).
• Pamphlet dirigé contre guerre, protagonistes et conséquences

1) Une peinture ironique de la bataille :

a. Un spectacle de défilé militaire :


• Caractère esthétique paradoxal, énumération adjectifs laudatifs renforcés par si
• Description structurée, ponctuée : 'd'abord, ensuite, enfin' : montre ordre du déroulement bataille.
• Qualitatifs et superlatifs 'si bien ordonnée, telle qu'il n'y en eu jamais' : montre guerre sous un aspect de
parade militaire (voire marche militaire : 'si ordonné, que les 2 armées' (rime)
• Rythme très sautillant 'si beau, si leste, si brillant'
• Enumération instruments musiques : + aigue au + grâce : impression concert à la place de guerre
• Symétrie de grande ampleur : '6000 H de chaque côté'
==> Parodie du registre épique : pers apparaissent grandis, glorifiés, images valorisantes

b. Une brusque rupture : la fanfare tourne au cauchemar :


• 'Canons' à la suite instruments musique : idée de mort
• 'harmonie/enfer (antithèse) V marque opinion ironique et amorce subtil renversement
• Derrière la brillante façade : chaos et terreur

c. Un regard déshumanisé :
Armes, hommes = chair à canon
• Narrateur donne bilan d'ensemble objectif, sinistre sans marque d'indignation : + percutant, efficace
• Emploi chiffres peu précis ('quelques, environ') : accorde très peu de prix à vie humaine
• Armes : sujets phrases, elles qui tuent et non soldats
• 'Ota du meilleur des mondes, renverser' : euphémismes pour dire tuer. Horreur atténuée, choc estompé,
guerre considérée comme un jeu
==>Oxymore 'boucherie héroïque' réunit 2 faces de la médaille de la guerre : illustre carnage sanglant comparé
à exécution animaux dans abattoir, glorifié sous le masque épique

2) Une peinture pathétique des massacres :

a. Changement de ton pour une vision trop horrible physiquement et moralement :


• Changement de ton : V cesse d'être ironique (dès: 'tas de morts et mourants') : réalité trop insoutenable,
ironie déplacée
• Idée champ bataille dépassée, guerre tout autour et même davantage chez ceux qui ne l'ont pas demandé
(indicateur 'ici et là : appuie image horreur répandue et à son comble)
• Au concert militaire, se substitue cacophonie stridente (cris de peur, agonie, derniers soupirs) et tragique
regard muet des vieillards.

b. Un chaos subit :
• Lexique extrême violence et mort : 'vieillards criblés de coups, filles éventrées, femmes égorgées, mamelles
sanglantes' (Oxymore : lait=vie / sanglantes=mort)
• Victimes décrites par participes passés ('mourant, égorgées, brûlés, éventrées, criblés...') : civils sans défenses
subissent guerre (assonances en é qui scandent texte => chant vers la mort, funérailles)
• V choisi parler être faibles ('vieillards, femmes, enfants') pour provoquer indignation car non combattants et
dégoût de la vision atroce au lecteur
• Désastre causé est le même de chaque côté
==> Efface marques d'ironie face autre spectacle trop horrible, prend ton austère et laisse lecteur soin de juger
lui-même cette barbarie

3) Les visées argumentatives :

a. Un fléau absurde sans justification :


• 'Boucherie héroïque' (oxymore) : selon V guerre = massacre sanglant, inutile qui démystifie
la notion héroïsme
• Parallélismes :
- les 2 rois font chanter des Te Deum en même temps
- 1er village Abare est 'en cendres' le 2nd est 'traités de même'
- ressemblance Abare (connotation barbare : inhumain, cruel) / Bulgare (nbre syllabes et assonances)
==> Ni vainqueur, ni vaincu, aucun enjeu : guerre sert à rien, c'est là que veut nous conduire V
• V dénonce aussi le fait que la guerre soit justifiée légalement car brûler un village est conforme au 'droit
publique', ce qui élève les cruauté à des lois, usages.

b. La responsabilité des dirigeants, de la religion et des soldats :


Un trait de satire lancée par le Te Deum :
• Indicateur 'tandis que' révèle véritable place des Rois : lâcheté car restent à l'écart, arbitraires et insensibles
(se soucie peu des pertes, sans doute les chiffres peu précis se rapportent à eux)
• Rois rendent grâce à Dieu pour remercier, chacun dans leurs camps : les 2 se croient victorieux
(emballement)
• Chacun croient l'avoir de leur côté : Dieu associé à telles atrocités = idée scandaleuse
• Guerre approuver par Eglise, paradoxe car religion censée porter mess de paix et non guerre
• Critique de accord, réunion d'intérêt des chefs d'armée et église qui bénit massacres.
Rois et Héros : bourreau des sans défenses :
• V s'indigne clairement dans 2nd partie contre ceux qui mènent guerre sans merci, sans s'occuper
conséquences que population civile qui, même leur pays vainqueur, sera massacrée et traumatisée
• Usage litote, atténuation réalité (dit- pour suggérer bcp) : 'besoins naturels de quelques héros' = viol. V
accuse soi-disant 'héros' qui prouvent en rien leur bravoure et dignité en violant filles de l'ennemie

c. La critique des philosophes de l'optimisme :


• 'Ota du meilleur des mondes – 9 à 10000 coquins qui en infectait la surface' (antithèse ironique) : si tout vas
bien dans meilleur des mondes, morts ne peuvent être que des coquins et donc raison suffisante, bénéfique
d'en assainir le sol !
- Lecteur peu convaincu idée d'un bien dans ce mal car V en fait une expression optimiste si paradoxale qu'on
ne peut l'admettre
• C s'accroche du mieux qu'il peut au souvenir préceptes P qui s'accordent très mal avec la réalité
• 'C qui tremblait comme un philosophe', V se sert de C pour se moquer implicitement philosophes qui
prononcent des belles paroles mais restent loin des conflits :
• 'Aller raisonner ailleurs', euphémisme de s'enfuir
• Anti-héros : Parmi milliers d'H qui se battent, C insignifiant, perdu et bouleversé, ne remplit pas rôle soldat
puisqu'il déserte. Encore enfant, sans expériences, et moralement pas prêt

Conclusion :
2 visions de guerres très différentes :
- vision optimiste, montre aspects + de façon ironique pour mieux la dénoncer
- vision réaliste, fait comprendre au lecteur et à C par la même occas. son atrocité
V nous fait assister à désillusion de C et à sa prise de conscience.
Voici l'analyse de la prof ( merci olivier )

Chapitre 3, Candide
« Rien n’était si beau »

Définir Candide, résumer ce qui lui arrive et dire ce qu’ il fait (assiste à une bataille)

- résumer chapitre 1 et 2
- dire ce qu’il va faire dans le 3
- Candide, un jeune homme élevé au château du baron de Thunder-Ten-Tronckh a été chassé pour avoir embrassé
Cunégonde, la fille du baron. Après avoir erré plusieurs jours, il a été recruté et enrôlé dans l’armée bulgare. Après avoir
souffert toutes les rigueurs de la discipline militaire, il assiste à sa première bataille qui oppose les bulgares aux arabes.

Le lecteur comme Candide ignore tout des raisons de la guerre mais y assiste au premier plan.

- Lecture
- Annonce du plan : les 2 premiers paragraphes du chapitre constituent un violent réquisitoire contre la guerre. Pour cela,
Voltaire utilise 2 moyens principaux : L’ironie dans le 1er paragraphe et le pathétique dans le second.

I - L’ironie

Un des procédé utilisé est l’antithèse : opposition entre le mot armée et tous les adjectifs laudatifs renforcés par l’adverbe
si. Antithèse entre harmonie et enfer et aussi entre canons glissé comme un intrus à la fin de l’énumération des instruments
de musique militaire. On remarque bien sur que cette énumération va crescendo.
Voltaire utilise aussi plusieurs personnifications qui vont apparaître de + en + comique (canon reversèrent, mousqueterie
ôta, baïonnette).
L’auteur utilise aussi plusieurs modalisateurs pour corriger l’énormité du nombre de morts annoncés (il y’a, a peu près,
environ, presque, trentaine). Ces modalisateurs ironiques contribuent à l’impression de déshumanisation qui domine dans
le paragraphe. Mais l’absurde est aussi présent grâce à la caricature du langage philosophique que l’on retrouve tout au
long du passage (meilleur des mondes, raison suffisante). La brièveté des phrases renforce l’absurdité puisque
n’apparaissent à aucuns moments les raisons particulières de cette guerre. L’absurdité est aussi signalé dès la ligne 5 avec la
répartition très égale des morts entre les 2 camps. Il ne se contente plus de parodier les philosophes mais se moque
ouvertement grâce à la comparaison « qui tremblait comme un philosophe ». Enfin, le paragraphe se termine par un
oxymore « boucherie héroïque

II - Le pathétique

Le paragraphe garde au début une tonalité comique grâce à la parodie du style philosophique et surtout au détail des 2 Te
Deum célébrés par les 2 rois : nous sommes dans l’absurde. Cette remarque insiste sur l’inutilité de la guerre et sur la
responsabilité des rois. A partir de la phrase suivante, le ton change mais Voltaire décrit avec réalisme et une objectivité
indifférente de véritables horreurs qui vont aller crescendo. Ce point de vue externe renforce la dénonciation. Le lecteur
constate ainsi que c’est l’être humain qui est conduit par une cruauté absurde puisque arabes et bulgares se comportent de
la même façon. Ces mœurs sont admises comme le montre l’expression ironique selon les lois du droit public. L’auteur
essaie de garder un ton indifférent pour décrire toutes les horreurs dont sont victimes les civils et bien sur les plus faibles.
Pour mieux montrer la cruauté, Voltaire a recours à des adjectifs qui révèlent la barbarie inutile (criblés de coups, égorgés,
éventrés, à demi brûlés). Le lecteur est choqué par une sorte d’oxymore « mamelles sanglantes » ainsi que par l’ironie de
l’antiphrase du mot héros et des besoins naturels des héros.
Voltaire ainsi mêle de façon très forte ironie et pathétique pour révéler ses propres idées. La fin du paragraphe se termine
par un réalisme exagéré que Voltaire va beaucoup utiliser dans tout le roman. La dernière phrase du texte renvoie dos-à-
dos les différents protagonistes.

Conclusion

Dans ce texte, nous avons discerné derrière le récit la position de Voltaire violemment hostile à la guerre dont il démontre
ici l’inutilité, l’absurde et la barbarie. Ces défauts semblent appartenir à tous les hommes mais il y a des responsables : les
meneurs d’hommes, ici les rois. Ce récit de la bataille constitue donc un véritable petit apologue.
EXPLICATIONS
Publié en 1759, Candide ou l'Optimisme de Voltaire est un conte philosophique dans lequel
l'auteur critique la naïveté et l'optimisme des philosophes à travers le personnage de
Candide.

Au début du chapitre 3, Candide se trouve en plein milieu d'une bataille de la guerre qui
oppose les Bulgares et les Abares. Comment évolue la vision de la guerre de Candide, éternel
optimiste ? Il est alors intéressant de voir comment est dépeinte la scène de guerre, son
ordre et sa beauté, les horreurs causées par le massacre et de quelle façon Candide réagit à
ce spectacle atroce.

Ce troisième chapitre nous présente une guerre belle et « utile », décrite comme un
spectacle ou comme un jeu. La guerre est considérée comme un véritable défilé, une parade.
Le narrateur multiplie les adjectifs laudatifs : « si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné »,
ce qui donne une image de beauté de la guerre, véritable antithèse pour quelque chose
d'aussi laid. De même, l'énumération des instruments de musique, incluant les canons,
donner au lecteur l'impression d'assister à un concert plutôt qu'à une scène de guerre : « les
trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons ». La description de la scène est
faite de manière structurée, ponctuée de termes tels que « d'abord », « ensuite », « enfin »
qui montrent l'ordre auquel répond le déroulement de la bataille. Cette idée d'ordre est
renforcée par le qualificatif « si bien ordonné » qui montre la guerre sous un aspect de défilé
militaire.
On peut également remarquer la symétrie à laquelle répond la bataille : « six mille hommes
de chaque côté ».

La guerre y est présentée comme un jeu. La vie humaine n'y semble avoir que très peu
d'importance, comme le montrent les chiffres exagérés : « six mille hommes », « neuf à dix
mille coquins », « quelques milliers d'hommes », « trente mille âmes ». Les armes sont les
sujets des phrases, ce sont elles qui tuent et non les soldats, ce qui montre une certaine
naïveté du narrateur qui se place du point de vue de Candide, donc du personnage lui-même
vis-à-vis de la guerre. Ce procédé a un autre effet : il atténue la guerre en faisant croire au
lecteur que la guerre n'est plus l'affaire des soldats mais des armes entre elles. Les
expressions « ôter du meilleur des mondes » et « renverser » sont des euphémismes pour
dire « tuer ». Ainsi, l'horreur de la guerre est atténuée par le fait qu'elle est considérée
comme un jeu, une bataille de soldats de plomb. On peut également dégager de ce texte des
faits qui justifient la guerre, la rendant bénéfique et utile. En effet, la guerre nettoie le
monde « des coquins qui l'infectent ». De plus, la guerre est approuvée par l'Eglise, comme
le prouvent les rois qui font chanter des cantiques religieux à leurs troupes. On relève ici un
paradoxe car la religion est censée porter un message de paix et non de guerre. Ainsi,
Voltaire critique les dirigeants qui se réclament de dieu pour justifier leurs actes barbares. La
guerre est également justifiée par la loi, puisque brûler un village est conforme aux « lois du
droit public ». A travers cette première vision de la guerre, teintée de l'optimisme et la
naïveté de Candide, Voltaire dénonce de façon ironique la religion et les dirigeants, en
donnant un aspect positif de la guerre, en l'atténuant, la présentant comme un jeu et lui
trouvant une utilité. Cependant, on assiste ensuite à une autre vision de la guerre, Candide
prenant conscience de son atrocité.
En s'éloignant du champ de bataille, Candide va pouvoir se rendre compte des effets
provoqués par cette guerre si belle et si bénéfique.L'image d'ordre et de beauté donnée par
la première vision va très rapidement laisser place à une vision d'horreur et de désolation
causée par cette « boucherie héroïque », oxymore pour parler de la guerre.
On trouve les champs lexicaux de la violence et de la mort, dont les représentants dans ce
texte sont essentiellement des participes passés : « mourant », « brûlés », « égorgées », «
criblés », « éventrées », ce qui prouve que les civils subissent la guerre et en sont les
principales victimes. Les images violentes : « femmes éventrées », et les détails macabres : «
cervelles répandues », accentuent l'impression de chaos et d'horreur qui règnent dans le
village. On remarque également que l'auteur a choisi de parler des faibles : « vieillards », «
femmes », « enfants », pour provoquer indignation et dégoût de la guerre chez le lecteur.
On peut aussi observer l'euphémisme « les besoins naturels de certains héros » pour parler
des viols commis par les soldats sur les jeunes filles. Les victimes sont considérées comme de
la viande et non comme des humains : « des tas de morts et de mourants ».Le désastre
causé par la guerre est le même de chaque côté : « village abare que les Bulgares avaient
brûlé », « il appartenait à des Bulgares et les Abares en avaient fait de même ». De plus, les
chiffres englobent à la fois les victimes du côté bulgare que du côté abare.
Ainsi, Voltaire a voulu dénoncer les dirigeants, les « héros », qui mènent une guerre sans
merci sans s'occuper des conséquences sur la population civile qui, même si leur pays est
vainqueur, sera massacrée et traumatisée durant la guerre. A travers le personnage de
Candide, Voltaire critique implicitement les philosophes. En effet, lorsqu'il écrit « Candide,
qui tremblait comme un philosophe », il se moque des philosophes qui prononcent de belles
paroles mais restent loin de la guerre. « Aller raisonner ailleurs » est un euphémisme pour
dire « déserter, s'enfuir », ce qui signifie que l'auteur considère les philosophes comme des
lâches. Si on lit le livre en entier, on s'apercevra que les termes « raison », « causes et effets
» et « le meilleur des mondes » font partie du vocabulaire utilisé par le philosophe qui
enseigne l'optimisme à Candide.
Ainsi, Voltaire se moque du courant philosophique optimiste, très en vogue à son époque.
Parmi les milliers d'hommes qui se battent, Candide est insignifiant, comme perdu dans un
monde qu'il ne connaît pas. Il ne remplit pas son rôle de soldat puisqu'il déserte la bataille.
Arrivé en dehors du champ de bataille et des villages en ruines, Candide est seul et petit avec
ses « petites provisions ».Voltaire se sert du personnage de Candide pour faire la satire des
philosophes et de l'Optimisme. Candide, qui se faisait une image préconçue de la guerre, va
très vite s'apercevoir que cette idée était fausse devant l'atrocité de la guerre. On peut
distinguer dans cet extrait deux visions de la guerre très différentes : la vision optimiste qui
montre les aspects positifs de la guerre en les utilisant de façon ironique pour mieux la
dénoncer ; et la vision réaliste qui fait comprendre au lecteur et à Candide par la même
occasion l'atrocité de la guerre. Voltaire nous fait assister à la désillusion de Candide et à sa
prise de conscience. A travers lui, il dénonce le comportement des philosophes face à la
guerre. On peut supposer qu'à travers ce texte, l'auteur critique la guerre de 7 ans qui a eu
lieu à l'époque contemporaine de Voltaire.
Candide chapitre 3 'La guerre'

Intro :
• Candide est en plein milieu d'une bataille entre Bulgares et Arabes.
• La condamnation de la guerre de conquête s'inscrit dans un combat de philosophes pour
construire une société plus humaine et civilisée. On peut supposer qu'à travers ce texte, Voltaire
critique la guerre de sept ans (1756).
• C'est un pamphlet dirigé contre la guerre, ses protagonistes et ses conséquences

1) Une peinture ironique de la bataille :

a. Un spectacle de défilé militaire :


• Caractère esthétique paradoxal, énumération d'adjectifs laudatifs renforcés par si
• Description structurée, ponctuée : 'd'abord, ensuite, enfin' : montre l'ordre du déroulement
bataille.
• Les qualitatifs et superlatifs 'si bien ordonnée, telle qu'il n'y en eu jamais' : montre la guerre sous
un aspect de parade militaire (voire marche militaire : 'si ordonné, que les deux armées' (rime)
• Rythme très sautillant 'si beau, si leste, si brillant'
• Énumération d'instruments de musiques : du plus aiguë au plus grave : impression d'une concert
à la place d'une guerre
• Symétrie de grande ampleur : '6000 Hommes de chaque côté'
==> Parodie du registre épique : pers apparaissent grandis, glorifiés, images valorisantes

b. Une brusque rupture : la fanfare tourne au cauchemar :


• 'Canons' à la suite des instruments de musique : idée de mort
• 'harmonie/enfer (antithèse) Voltaire marque son opinion ironique et amorce un subtil
renversement
• Derrière la brillante façade : le chaos et la terreur

c. Un regard déshumanisé :
Armes, hommes = chair à canon
• Le narrateur donne un bilan d'ensemble objectif, sinistre sans marque d'indignation : plus
percutant, efficace
• Emploi chiffres peu précis ('quelques, environ') : accorde très peu de prix à vie humaine
• Armes : sujets phrases, se sont elles qui tuent et non les soldats
• 'Ôta du meilleur des mondes, renverser' : euphémismes pour dire tuer. L'horreur est atténuée, le
choc est estompé, la guerre est considérée comme un jeu
==>Oxymore 'boucherie héroïque' réunit les deux faces de la médaille de la guerre : illustre
carnage sanglant comparé à une exécution d'animaux dans un abattoir, glorifié sous le masque
épique.

2) Une peinture pathétique des massacres :

a. Changement de ton pour une vision trop horrible physiquement et moralement :


• Changement de ton : Voltaire cesse d'être ironique (dès: 'tas de morts et mourants') : réalité
trop insoutenable, l'ironie serait déplacée
•L'idée du champ de bataille est dépassée, la guerre tout autour et même davantage chez ceux qui
ne l'ont pas demandé (indicateur 'ici et là : appuie image de l'horreur répandue et à son comble)
• Au concert militaire, se substitue cacophonie stridente (cris de peur, agonie, derniers soupirs) et
tragique regard muet des vieillards.

b. Un chaos subit :
• Lexique de l'extrême violence et de la mort : 'vieillards criblés de coups, filles éventrées, femmes
égorgées, mamelles sanglantes' (Oxymore : lait=vie / sanglantes=mort)
• Victimes décrites par participes passés ('mourant, égorgées, brûlés, éventrées, criblés...') : les
civils sans défenses subissent la guerre (assonances en é qui scandent texte => chant vers la
mort, funérailles)
• Voltaire choisi de parler des être faibles ('vieillards, femmes, enfants') pour provoquer son
indignation car se sont des non combattants et donner son dégoût de la vision atroce au lecteur
• Le désastre causé est le même de chaque côté
==> Voltaire efface les marques d'ironie face à un autre spectacle trop horrible, il prend un ton
austère et laisse au lecteur soin de juger lui-même cette barbarie

3) Les visées argumentatives :

a. Un fléau absurde sans justification :


• 'Boucherie héroïque' (oxymore) : selon Voltaire la guerre est un massacre sanglant, inutile qui
démystifie la notion héroïsme
• Parallélismes :
- les deux rois font chanter des Te Deum en même temps
- 1er village Arabe est 'en cendres' le 2nd est 'traités de même'
- ressemblance Arabes (connotation barbare : inhumain, cruel) avec les Bulgares (nombre syllabes
et assonances)
==> Ni vainqueur, ni vaincu, aucun enjeu : la guerre sert à rien, c'est là que veut nous conduire
Voltaire
• Voltaire dénonce aussi le fait que la guerre soit justifiée légalement car brûler un village est
conforme au 'droit publique', ce qui élève les cruauté à des lois, à des usages.

b. La responsabilité des dirigeants, de la religion et des soldats :


Un trait de satire lancée par le Te Deum :
• Indicateur 'tandis que' révèle la véritable place des Rois : lâcheté car ils restent à l'écart, ils sont
arbitraires et insensibles (se soucient peu des pertes, sans doute que les chiffres peu précis se
rapportent à estimations)
• Les rois rendent grâce à Dieu pour remercier, chacun dans leurs camps : les deux se croient
victorieux (emballement)
• Chacun croient avoir Dieu de leur côté : Dieu associé à telles atrocités est une idée scandaleuse
• Guerre approuver par l'Église, paradoxe car la Religion est censée porter des messages de paix et
non de guerre
• Critique des accords, réunions d'intérêts des chefs d'armée et de l'Église qui bénit les massacres.
Rois et Héros : bourreau des sans défenses :
• Voltaire s'indigne clairement dans la 2nde partie contre ceux qui mènent une guerre sans merci,
sans s'occuper des conséquences que la population civile qui, même dans le pays vainqueur, sera
massacrée et traumatisée
• Usage litote, atténuation réalité (pour suggérer beaucoup) : 'besoins naturels de quelques héros'
= viol. Voltaire accuse les soi-disant 'héros' qui ne prouvent en rien leur bravoure et leur dignité en
violant les filles de l'ennemi.

c. La critique des philosophes de l'optimisme :


• 'Ôta du meilleur des mondes – 9 à 10000 coquins qui en infectait la surface' (antithèse ironique)
: si tout va bien dans le meilleur des mondes, les morts ne peuvent être que des coquins et donc
c'est une raison suffisante et bénéfique d'en assainir le sol !
- Le lecteur est peu convaincu par l'idée d'un bien dans ce mal car Voltaire en fait une expression
optimiste si paradoxale qu'on ne peut l'admettre
• Candide s'accroche du mieux qu'il peut au souvenir préceptes de Pangloss qui s'accordent très
mal avec la réalité.
• 'Candide qui tremblait comme un philosophe', Voltaire se sert de Candide pour se moquer
implicitement des philosophes qui prononcent des belles paroles mais restent loin des conflits :
• 'Aller raisonner ailleurs', euphémisme de s'enfuir
• Anti-héros : Parmi milliers d'Hommes qui se battent, Candide insignifiant, perdu et bouleversé,
ne remplit pas son rôle soldat puisqu'il déserte. C'est encore un enfant, sans expériences, et
moralement pas prêt

Conclusion :
Deux visions de la guerre très différentes :
- Une vision optimiste, montre les aspects positifs de façon ironique pour mieux la dénoncer
- Une vision réaliste, fait comprendre au lecteur et à Candide par la même occassion son atrocité
Voltaire nous fait assister à la désillusion de Candide et à sa prise de conscience.