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Droit des difficultés des entreprises.

Cours 2018-2019 – Professeur A. Mikou.

Plan :
Introduction – Définition.

1ère partie : Procédures antérieures à la cessation de paiement.

Chapitre I : Les procédures de préventions.

Section 1 : La prévention interne.

 Paragraphe 1 : Les organes.


 Paragraphe 2 : Les procédures.
 Paragraphe 3 : Les causes justifiant l’ouverture de la prévention interne.

Section 2 : La prévention externe.

 A- Le déclenchement de la prévention externe par les organes liés à


l’entreprise.
 B- La saisine d’office par le président du tribunal.
 Paragraphe 1 : La mission du président du tribunal.
 A- Le mandataire spécial.
 B- La conciliation.
 1- Les conditions d’ouverture de la conciliation.
 2- La procédure.
 3- La décision du président du tribunal.
 4- Conditions de forme de la procédure de conciliation.
 5- Les effets de l’accord de conciliation.
- A- Un privilège pour les créances accordées
postérieurement à la conclusion de l’accord.
- B- La suspension de toute poursuite individuelle et
toute action judiciaire.

Chapitre II : La procédure de sauvegarde.

Section 1 : Les conditions d’ouverture.

 Paragraphe 1 : Les conditions de fond.


 Paragraphe 2 : Les conditions de forme.
 A- Le dépôt d’une demande accompagnée d’un document.
 B- Le règlement et frais de la procédure.

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 C- Le projet du plan de sauvegarde.

Section 2 : Le déroulement de la procédure.

Section 3 : Les pouvoirs du chef de l’entreprise et du syndic.

Section 4 : La préparation de la solution.

Section 5 : Le choix de la solution.

 Paragraphe 1 : L’homologation du plan de sauvegarde.


 Paragraphe 2 : La résolution du plan de sauvegarde.

2ème partie : Le déclenchement des procédures de traitement des difficultés.

Chapitre I : Les conditions d’ouverture des procédures de traitement des


difficultés de l’entreprise.

Section 1 : Les conditions de fond.

 Paragraphe 1 : Les conditions relatives au débiteur.


 Paragraphe 2 : La condition relative à la dette : la cessation de
paiement.
 A- La notion de cessation de paiement.
 B- La nature de la dette.
 C- Moment d’appréciation

Section 2 : Les conditions de forme.

 Paragraphe 1 : La saisine du tribunal.


 A- Le débiteur.
 B- L’assignation par les créanciers.
 C- La saisine d’office par le tribunal.

 Paragraphe 2 : Le prononcé du jugement.


 A- La juridiction compétente.
- 1- La compétence territoriale.
- 2- La compétente matérielle.

 B- Le jugement de l’ouverture.
- 1- Le contenu du jugement.
- A- La fixation de la date de cessation de paiement.
- B- La désignation des organes de la procédure.

- 2- La publicité du jugement d’ouverture.


- 3- Les voies de recours.
- A- Le recours en appel.
- B- La tierce opposition.

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- C- La cassation.
- D- Les exceptions au recours et les règles particulières
au recours.

Chapitre II : Les organes de la procédure de traitement des difficultés.

Section 1 : Le tribunal.

Section 2 : Le juge commissaire et son suppléant.

 Paragraphe 1 : Nomination.
 Paragraphe 2 : Les missions
 Paragraphe 3 : La forme juridique des décisions du juge commissaire et
les recours.

Section 3 : Le syndic.

 Paragraphe 1 : Le statut du syndic.


 Paragraphe 2 : Les pouvoirs.
 Paragraphe 3 : La responsabilité du syndic.

Section 4 : Les contrôleurs.

 Paragraphe 1 : Le statut.
 Paragraphe 2 : Les pouvoirs.

Section 5 : L’association des créanciers.

 Paragraphe 1 : Conditions de constitution et de fonctionnement de


l’association des créanciers.
 A-Modalités de constitution.
 B- Fonctionnement.
1- Domaine de compétence.
2- Convocation en réunion.
3- Délai des convocations.
4- Validité des délibérations.
1- Le quorum.
 C- Le plan de remplacement.
 Paragraphe 2 : Homologation du projet de redressement par le tribunal.
 A- Droit de consultation des créanciers.
 B- Recours contre les décisions de l’association.
 Paragraphe 3 : Droit de consultation des créanciers et recours.
 A- Droit de consultation des créanciers.
 B- Recours contre les décisions de l’association.

Chapitre III : Les solutions judiciaires de traitement des difficultés de


l’entreprise.

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Section 1 : La préparation de la solution.

 Paragraphe 1 : Poursuite de l’exploitation.


 A- Les conditions de poursuite de l’exploitation.
- 1- La faculté d’exiger l’exécution des contrats en cours.
- 2- La cession du bail.
- 3- La gestion des créances.
- a- Les créances nées après le jugement d’ouverture.
- b- Nouveau financement.
 B- Les pouvoirs du chef de l’entreprise et du syndic.
 Paragraphe 2 : Les pouvoirs du syndic dans la phase préparatoire de la
solution.
 A- Les missions principales du syndic.
 B- Les prérogatives du syndic.
- 1- Un droit de communication d’ordre public.
- 2- La réception des offres tendant au maintien de
l’entreprise.
- 3- La proposition de modification du capital social.
- 4- Le droit de proposer le remplacement d’un ou de
plusieurs dirigeants.
- 5- La gestion des dettes.

Section 2 : Le choix de la solution.

 Paragraphe 1 : Le plan de continuation.


 A- Les modalités techniques de la continuation.
- 1- Les conditions nécessaires à l’adoption du plan de
continuation.
- 2- La durée du plan de continuation.
- 3- La modification du contenu et résolution du plan de
continuation.
- 4- Le sort des contrats de travail.
- 5- La suspension des effets de l’interdiction bancaire.
- 6- L’inaliénabilité de certains biens.
- 7- La modification des statuts.
 B- L’apurement du passif.
- 1- Les modalités de l’apurement du passif.
 a- Le rôle du tribunal.
 b- Le sort des créances inscrites dans le plan.
 C- La solution au plan de continuation.
 Paragraphe 2 : Le plan de cession.
 A- Les modalités de la cession.
- 1- Les différentes formes de cession.
- 2- La procédure de cession.
 a- Le délai de dépôt.
 b- Le contenu de l’offre.
 B- L’exécution forcée des contrats.

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- 1- Le transfert forcé des contrats.
- 2- L’exécution du transfert.
 C- Les effets du plan de cession.
- 1- Les effets à l’égard du cessionnaire.
 a- L’obligation de paiement intégral du prix.
 b- L’obligation de rendre compte au syndic.
- 2- Les effets à l’égard des créanciers.
 Paragraphe 3 : La liquidation judiciaire.
 A- Les effets du prononcé de la liquidation judiciaire.
- 1- Le dessaisissement de plein droit du débiteur.
 a- L’étendu du dessaisissement du débiteur.
 b- Les limites au dessaisissement du débiteur.
- 2- La possibilité de poursuite temporaire de l’activité.
 a- Les conditions de poursuite de l’activité.
 b- Les effets de certaines créances.
 B- Le déroulement des opérations de liquidation.
- 1- La réalisation de l’actif.
 a- La vente des immeubles.
 b- La vente d’unité de production.
 c- La vente des autres biens.
 d- La transaction et le compromis après la
déclaration judiciaire.
 e- Le sort des biens gagés ou retenus.
 f- L’exigibilité des créances.
- 2- Le règlement du passif.
3ème partie : Les procédures transfrontalières des difficultés de l’entreprise.

Chapitre I : Les dispositions générales.

Section 1 : Les objectifs de la procédure.

 Paragraphe 1 : Les actions nécessaires.


 Paragraphe 2 : La terminologie spécifique.
 1- La procédure étrangère.
 2- Le représentant étranger.
 3- Le tribunal étranger.

Section 2 : Le domaine d’application.

Chapitre II : L’accès aux procédures nationales.

Section 1 : Les procédures d’ouverture.

Section 2 : Le statut des créanciers.

Chapitre III : La reconnaissance de la procédure étrangère.

Section 1 : Les conditions de demande de reconnaissance.

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 Paragraphe 1 : La présentation de la demande de reconnaissance.
 Paragraphe 2 : La reconnaissance de la procédure étrangère.
 Paragraphe 3 : Les effets de la reconnaissance de la procédure
étrangère.

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Définition :
Le droit des difficultés de l’entreprise peut se définir comme étant l’ensemble de règle
ayant pour objet de restaurer le déséquilibre qui peut influencer négativement l’exploitation
d’une entreprise et permettre à l’entreprise de dépasser ses difficultés dans l’objectif de
poursuivre ses activités tel que le maintien des emplois occupés et régler ses créanciers =
règles de prévention et d’organiser judiciairement son redressement lorsqu’elle est en
situation de cessation de paiement en enfin de procéder à sa liquidation judiciaire lorsqu’il
s’avère que sa situation est irrémédiablement compromise. La loi de 2018 a apporté un
nouveau cadre juridique en initiant les règles de sauvegarde.

La notion de cessation de paiement dégouline d’une situation irrémédiablement


compromise, la liquidation judiciaire s’en suit.

Ce droit est régit par le nouveau livre 5 du CDC sous l’appellation Les procédures des
difficultés de l’entreprise institué par la loi 73-17 du 19 Avril 2018 qui a abrogé et remplacé
le livre 5 de la loi 15-95 promulgué par le Dahir du 1er Août 1996 relatif au CDC régissant
particulièrement les difficultés de l’entreprise.

Le domaine du droit de procédure des difficultés de l’entreprise paraît plus large que celui
de l’ancienne législation de la faillite et de la liquidation judiciaire instituée par le Dahir du
12 Août 1913, ce dernier Dahir visait exclusivement les commerçants en état de cessation de
paiement qu’ils aient la qualité de personne physique ou morale. Or, le nouveau droit
énonce dans son titre comme domaine d’application : L’Entreprise. Cette notion est
purement économique, elle peut être définie comme « un ensemble de moyens matériels
et humains organisé en vue d’une certaine production dans le but de réaliser des bénéfices
ou d’en supporter les pertes. » Toutefois, il y a lieu de souligner l’un des mérites de nouveau
livre 5 du CDC d’avoir pris soin de définir la notion de l’entreprise telle qu’elle est entendue
dans ce livre en précisant dans l’article 546 A1 qu’il s’agit de personne physique
commerçante ou société commerciale, en rejoignant ainsi le domaine d’application tel qu’il
a été défini par le Dahir du 12 Août 1913.

Il est à noter que l’acquisition de la qualité de commerçant doit être appréciée à la lumière
de l’article 6 du CDC qui énumère les activités attribuant cette qualité dès lors qu’elles sont
exercées de manière habituelle ou professionnelle. Enfin l’article 8 du CDC ajoute que la
qualité de commerçant s’acquiert également par l’exercice habituel ou professionnel de
toute activité assimilée aux activités énumérées par l’article 6 et 7 du CDC.

En application de l’article 11 du CDC, toute personne qui en dépit d’une interdiction d’une
déchéance ou d’une incompatibilité exerce habituellement une activité commerciale est
réputée commerçante. Au but de ce qui précède le droit des difficultés des entreprises ne
s’applique pas : Associations au but non lucratif, activités agricoles, entreprises ayant pour
objet une activité civile, entreprises commerciales qui ne révèle pas des difficultés de nature
à compromettre son exploitation ou qui a honoré ses dettes, les entreprises soumises à un
texte de redressement particulier tel que les entreprises d’assurances…

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Le nouveau droit des difficultés des entreprises s’inscrit dans le cadre d’une série de
nouvelle réforme afin de s’adapter aux grandes mutations socio-économiques intervenus si
bien au niveau marocain que mondial. En effet la libéralisation des marchés et la révolution
technologique ont données lieu au phénomène de la globalisation et de la mondialisation
qui ont imposés la rénovation des institutions juridiques traditionnelles en vue d’instaurer
un environnement juridique et judicaire au sein duquel l’entreprise sera en mesure
d’affronter les défis d’une concurrence internationale.

La tradition marocaine a constitué une exception au droit commun en organisant un


règlement globale applicable uniquement au commerçant en cessation de paiement et ce
dans le cadre d’une procédure judiciaire qui s’impose à peu et à l’ensemble des créanciers,
c’est ce règlement globale qui a donné naissance à une procédure civile d’exécution qui est
une procédure individuelle et partielle, le législateur marocain a décidé de rompre avec le
système de l’archaïque faillite et de la liquidation judiciaire ainsi le nouveau droit des
difficultés des entreprises qui constitue une rupture totale avec l’ancienne législation revêt
une importance économique et juridique.

Economique : Il a répondu à une attente certaine du monde des affaires comme cela se
traduit dans les statistiques judiciaires. Alors que le droit de la faillite et liquidation juridique
a concerné que près d’une centaine de commerçants et sociétés commerciales pendant près
d’un siècle. En revanche celui des difficultés des entreprises a concerné plus de 1000
entreprises pour la ville de Casablanca en 10ans de mise en œuvre depuis 1998. Selon le site
Info Risque, en 2015 le nombre d’entreprises en défaillance est de 5951 en hausse de 18,1%
par rapport à l’année d’avant. En 2016, le nombre d’entreprise en défaillance est de 7460
soit un accroissement de +25,3%. 2017, le nombre était de 8020. 2018 pour le mois de
Janvier et Février le nombre était de 1447 dont 90% des TPE. Pour les affaires traitées
judiciairement on constate une progression de nombre des affaires aux tribunaux mais qui
semble se ralentir ces dernières années.

Juridique : Ainsi pour 2014, sur 163 749 affaires devant les tribunaux de commerce 7126 ont
concernées les difficultés des entreprises. Sur ce total, 5012 dossiers ont été jugés et 2072
sont restés en instance. 2015, augmentation des affaires en cours 7353 pour les entreprises
sur un totale de 155 104 affaires commerciales, 4,74%. 4916 ont été jugées, 2437 sont
restées en instance soit 33%.En 2016 une baisse très importante des affaires commerciales
en cours en général et celle des difficultés des entreprises en particulier, 1846 dossiers sur
un total de 79 295 affaires commerciales 1348 affaires de difficultés d’entreprises ont été
jugées et 487 sont restées en instance.

Ces affaires ont touchées le secteur industriel notamment celui du textile dans différents
secteurs économiques avec leur cortège de licenciement et dépeuplement de certaines
régions. Ces considérations économiques expliquent les efforts qu’était déployé depuis
plusieurs années pour réguler le fonctionnement des procédures collectives. Projet de
modernisation de la législation commerciale et juridiction au Maroc élaboré par le FMI en
coopération avec USAID.

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L’intérêt juridique se traduit en plusieurs niveaux. En effet, c’est à l’occasion de l’ouverture
d’une procédure qu’on se pose des questions complexes d’ordre juridique et qui sont un
carrefour de d’autres disciplines tel que le droit civil, la procédure civile, le droit des
contrats, droit fiscal, droit pénal. Une procédure donne souvent lieu à une réflexion sur des
questions relevées du droit commun pour des législations spéciales.

L’importance tant économique que juridique du droit des difficultés des entreprises justifie
qu’à titre introductif soit rappelé l’évolution historique de cette matière en droit commun ;
le droit des procédures collectives est passé par 3 étapes à savoir :

1 -La phase avant protectorat où le droit applicable était le droit musulman. Toute
personne dont l’actif ne couvrait pas ses dettes était déclarée en faillite par le Qadi, de ce
fait, les biens de la personne étaient séquestrés et frappés d’interdiction. Il en résulte : la
personne déclarée en faillite était dessaisie de l’administration de son patrimoine. C’est le
Qadi qui se chargeait de la gestion de la liquidation des biens de l’insolvable. Il disposait de
prérogatives très larges en matière de faillite, il déclenchait l’ouverture de procédure et
poursuivait le déroulement. Il cumulait les fonctions dévolues actuellement au juge, juge
commerciale, syndic. La faillite était applicable à toute personne insolvable qu’elle ait la
qualité de commerçante ou non.

2 –Promulgation du Dahir du 12 Août 1993 d’où la création du Code de Commerce inspiré


par la législation française sur la faillite et la liquidation judiciaire. 2 procédures voisines, une
grande partie des dispositions légales était commune. Les deux législations ont reçues
plusieurs critiques ; les domaines d’applications de cette législation étaient limités
exclusivement aux personnes commerçantes, objectif de la législation dont le soucis unique
était de d’assurer le règlement des créances en dépit du débiteur commerçant, des salariés,
de l’économie, caractère purement judiciaire de la procédure à travers les organes
constitués par un juge commissaire et un syndic et particulièrement son statut dont la
mission était assurée exclusivement par un secrétaire greffier au tribunal. Recours rarissime
à ces procédures de faillite et de liquidation judicaire dès lors une réforme s’impose : 1er
projet de réforme du code de commerce en 1978 a été déposé au ministère de commerce
en 1988 sans lendemain. CDC promulgué par la loi n° 15-95 du 1er Août 1996 pour voir
aboutir une refonte totale du droit des procédures collectives.

3 – Elle démarre par la publication du Livre 5 du Code de commerce promulgué par Le Dahir
du 1er aout 1996 et qui est entré en application le 4 septembre 1997. Il a été ainsi des
dérogations au principe de l’effet immédiat des lois en ce qui concerne le livre 5 relatif aux
entreprises, dérogation prévue par l’ancien article 735 du code de commerce qui stipulait
« …le livre 3 et 5 entreront en vigueur 1an après la date de publication de la présente loi au
bulletin officiel. » “. Le livre 5 a connu une modification de forme par la loi n°81-18 portant
Dahir du 22 aout 2014 et complétant le titre du livre 5 et de l’article 546 de la loi 95-15
portant Code de Commerce. Ce nouveau Dahir a donné un nouvel intitulé à ce livre 5 sous la
dénomination de : ”les procédures de préventions et de traitement des difficultés des
entreprises”. La nouvelle législation a apporté des innovations majeures aussi bien au niveau
de la forme que du fond.

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-Forme : Intitulé du livre 5 par les termes « Difficultés de l’entreprise » rebaptisé en 2014
« Procédures de prévention et de traitement des difficultés de l’entreprise » qui se sont
substitués à celui de la faillite et la liquidation judiciaire.

-Fond : Domaine d’application de la procédure à la différence de l’ancienne législation de


la faillite applicable uniquement aux commerçants. Le nouveau texte introduit la notion de
l’entreprise tout en mentionnant commerçants et artisans. La procédure, l’ancienne
législation intervenait à posteriori en se limitant à la faillite et à la liquidation judiciaire, la
nouvelle procédure présente de nouvelles règles de prévention et le règlement à l’amiable.
La nouvelle législation détient du pouvoir public et pouvoirs internationaux (évaluation du
domaine d’application par la Banque Mondiale, étude faite en Octobre 2003 du système
juridique au Maroc – recommandation de la banque mondiale et USAID.)

Nouveau dispositif juridique adopté par la loi 73-17 du 19 Avril 2018 va prendre en
considération un nombre de critiques du Livre 5 du code de commerce. Ce nouveau livre va
faire avancer le Maroc au classement de Doing Business par la banque mondial.

1-Dispositions générales et les définitions afin de lever tout équivoque ou mauvaise


interprétation. Le législateur marocain a défini l’entreprise en comblant les lacunes +
définition de la notion du Président du tribunal de commerce (lui-même ou de son
représentant). En cas de décès du débiteur personne physique, c’est aux héritiers ou
mandataires de désigner un représentant dans un délai de 15jours après la notification du
syndic. En cas de difficulté de désignation par le juge commissaire procède au changement
du représentant des héritiers pour motif légitime et doit informer les héritiers, pouvoir
exercé par le président du tribunal de commerce dans les procédures de préventions
internes et externes et de conciliation.

2- Prévention interne, détermination précise des causes donnant lieu à l’application des
procédures de préventions et qui résident dans les difficultés de nature économique,
juridique, sociale et financière. Remplacement de « délibération de la prochaine assemblée
générale » par « délibération dans un délai de 15 jours » afin d’assurer la rapidité et
efficacité du traitement des difficultés.

3- La prévention externe se divise en 3 niveaux :

 Formulation claire, terminologie précise, remplacement des termes « règlement


amiable » par « conciliation » pour limiter la confusion avec le dispositif judiciaire.
 Confirmer le caractère confidentiel de la prévention externe tout en précisant les
conséquences de l’inexécution de l’accord amiable.
 Expansion des missions du mandataire spécial.

4 – Mise en place de l’innovation majeure de la procédure de sauvegarde d’inspiration


américaine transposée dans le droit français.

5 – Procédure de traitement des difficultés, apport des formulations précises de certaines


notions afin d’éviter confusion au niveau jurisprudentiel, définition de la notion de la

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cessation de paiement et les créances après l’ouverture de la procédure. Ajout des
documents que les débiteurs doivent fournir en preuve de cessation de paiement.

6 – La reconnaissance des procédures transfrontalières afin de faciliter la coopération entre


les juridictions marocaines et étrangères et renforcer la sécurité juridique ; procédure
d’exéquatur.

7- Sur le plan procédural, livre 5 a institué innovation tenant compte de l’évolution


technologique en anticipant les reformes à venir en matière civile.

 Obligation d’accomplir toute les procédures relatives aux difficultés de l’entreprise


par la voie électronique.
 Accomplissement doit être réalisé conformément aux modalités qui seront définies
par un texte de détermination.

Partie I : Procédures antérieures à la cessation de paiement.


Le traitement des difficultés a constitué une innovation majeure des droits des difficultés
de l’entreprise dans le Dahir promulgué le 1er Août 1996. En effet, l’ancien livre 5 de ce
Dahir qui a fait table rase de l’ancienne législation sur la faillite et la liquidation judiciaire a
constitué une révolution juridique en introduisant pour la 1ère fois des mesures
préventives à travers la prévention interne et la prévention externe. Cette nouvelle
orientation a été renforcée par le législateur marocain dans la nouvelle loi 73-17 du 19
Avril 2018 qui a abrogé l’ancien livre 5 du code de commerce tout en réaménageant les
procédures de prévention interne et externe. Cette nouvelle loi a introduit pour la
première fois la procédure de sauvegarde inspirée par la législation française qui a été à
son tour inspirée par le droit américain.

Chapitre I : Les procédures de prévention.


Le législateur marocain a opté pour un processus de prévention interne et confidentiel initié
par le chef de l’entreprise et à défaut par le commissaire aux comptes et les associés. Par
ailleurs, il a institué une prévention externe sous le contrôle du président du tribunal de
commerce.

Section I : La prévention interne.


Le code de commerce a préféré conserver à la procédure un caractère interne et maintenir
une confidentialité de principe. Ceci a pour objectif de préserver les chances de
redressement de la situation de l’entreprise et d’éviter d’éveiller les méfiances des
partenaires notamment les fournisseurs, les clients, financiers. Ainsi que la création d’un
dialogue entre les organes de contrôle et dirigeants dans le cadre d’une action concertée, la
législation marocaine a identifié les organes qui ont l’initiative de déclenchement de cette
procédure, son déroulement, détermination des causes précises justifiant son ouverture.

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Paragraphe 1 : Les organes.
La législation marocaine a adopté une prévention interne tournée préalablement vers le
chef de l’entreprise en justifiant par le fait que c’est ce dernier qui doit prendre les décisions
nécessaires au redressement. En effet, comme le précisait l’article 545 de l’ancien livre 5 du
code de commerce qui disposait que « l’entreprise est tenue par elle-même à travers la
prévention interne des difficultés au redressement permettant la continuité de
l’exploitation. » Confirmé par l’article 547 du nouveau livre 5 du code de commerce qui vise
expressément et directement le chef de l’entreprise précisant que «Si le chef d’entreprise
n’intervient pas spontanément pour redresser le déséquilibre qui peut influencer
négativement son exploitation… »

Toutefois, pour que le chef d’entreprise ne soit pas isolé dans cette situation, le législateur
marocain a accordé au commissaire aux comptes un rôle préventif important, en raison de la
mission permanente à l’investigation et le contrôle et sa triple compétence, juridique,
financière et comptable en plus des fonctions qui lui sont reconnues par la loi 17-95 relative
aux sociétés anonymes et la loi 16-96 du 13 Février 1997 régissant les autres sociétés
commerciales. Le législateur marocain à l’instar du législateur français a ajouté au
commissaire aux comptes une mission supplémentaire consistant à déclencher l’alerte au
sein des sociétés où il exerce son mandat. Ceci s’explique par le fait que les commissaires
aux comptes sont bien placés pour relever les 1er signes de dégradation de la situation de
l’entreprise, leur alerte peut être bien efficace car elle est déclenchée par un professionnel
qui suit de manière permanente l’évolution de la société et peut agir dès l’apparition des
1ers signes de difficultés. En outre, le commissaire aux comptes agit dans l’intérêt des
dirigeants, associés, et toutes les personnes et institutions intéressées par le
fonctionnement de l’entreprise.

Les missions de contrôle et de certification de compte permettent aux intéressés de


connaître la situation de l’entreprise, d’apprécier son degré d’évolution ou de vulnérabilité.

La procédure d’alerte du commissaire aux comptes s’applique dans quelques entreprises,


lorsque les critères justifiant son déclenchement sont bien déterminés. L’alerte ne concerne
que les entreprises dotées d’un commissaire aux comptes, sa désignation peut être
obligatoire ou volontaire et peut être exceptionnellement imposée par un juge à la demande
d’un associé. En droit marocain, la nomination d’un commissaire aux comptes dans une
société anonyme et une société en commandite par action est obligatoire, quel que soit leur
taille, obligation prévue par la loi du 30 Août 1996 régissant les sociétés anonymes et la loi
du 13 Février 1997 régissant les sociétés en commandite par action. Les sociétés faisant
appel public à l’épargne sont tenues de désigner 2 commissaires aux comptes.

Autres formes de sociétés (SARL, SNC, SCS) la désignation d’un commissaire aux comptes est
facultative, obligatoire à la clôture de l’exercice social quand la société enregistre un chiffre
d’affaire qui dépasse les 50 millions de dirhams hors taxes.

Les groupements d’intérêt économique sont tenus de nominer un ou plusieurs commissaires


aux comptes lorsqu’ils émettent des obligations non convertibles au profit de leur nombre,
nom ou normes. La raison de cette limitation de l’obligation de la nomination d’un

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commissaire aux comptes est justifiée dans le coût très élevées des missions du
commissariat aux comptes qui ne sont pas à la portée. L’absence du commissaire aux
comptes dans une société ou un groupement économique constitue un frein à l’application
de la prévention des difficultés de l’entreprise. Pour y remédier, il a été jugé nécessaire de
prévoir une nomination facultative au cas où les associés le décident. Pour ne pas limiter la
prévention interne aux seules sociétés disposant d’un commissaire aux comptes, le
législateur marocain a prévu l’intégration des associés à ce processus préventif. Cependant,
à la différence du législateur français, le législateur marocain n’a pas souhaité intégrer les
représentants du personnel malgré la place qu’ils occupent dans la gestion des intérêts
sociaux et pour la sauvegarde de l’entreprise pour but d’éviter les conflits entre dirigeants et
représentants du personnel. L’intervention de ces derniers pourrait susciter des avis
contradictoires qui risqueraient de retarder cette mise en route d’une prévention efficace.

Paragraphe 2 : La procédure.
Le délai à respecter et formalités à observer, l’information par le chef de l’entreprise ou par
le commissaire aux comptes ou tout associé doit être faîte dans un délai de 8jours de la
découverte des faits par lettre recommandée avec accusé de réception, l’invitant à redresser
la situation. Au cas où le chef de l’entreprise ne répond pas dans un délai de 15jours après
réception de la notification ou ne parvient pas à un résultat bénéfique personnellement ou
après délibération du conseil d’administration, il est tenu de convoquer une assemblée
générale dans le délai de 15jours afin de délibérer à ce sujet après audition du commissaire
aux comptes s’il en existe. On ne peut que saluer la nouvelle législation d’avoir imposé un
délai de 15jours au chef de l’entreprise. L’ancien livre 5, le chef d’entreprise n’était tenu que
de faire délibérer la prochaine l’assemblée générale pour statuer sur le rapport du
commissaire aux comptes. L’absence de limitation dans le temps pour convoquer
l’assemblée générale en dehors des délais légaux fixés par le droit des sociétés contribuait à
l’aggravation de la situation qui risque de se détériorer dans l’absence d’un délai précis.

L’article 548 du nouveau livre 5 du code de commerce, faute d’une délibération de


l’assemblée générale à ce sujet ou si il a été constaté que malgré les décisions prises par
l’assemblée générale, la continuité de l’exploitation demeure compromise, le président du
tribunal de commerce est informé par le commissaire aux comptes ou le chef d’entreprise
ou tout associé. Il est à saluer l’initiative de saisir le tribunal de commerce à tout associé et
pas qu’au commissaire aux comptes.

Paragraphe 3 : Les causes justifiant l’ouverture de la prévention interne.


Selon l’ancien livre 5 du code de commerce, la cause du déclenchement de la prévention
interne réside dans « Tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation »
La notion définie par le législateur en l’absence d’un décret d’application, les parties
soumises à cette obligation ne disposaient d’aucun élément indicatif sur cette notion.

Le nouveau livre 5 opte pour la formulation suivante « Fait ou difficulté et particulièrement


difficulté de nature juridique, économique, financière ou sociale susceptible d’affecter la
continuité de l’exploitation. », appelle certaines clarifications sur quelques termes utilisés
notamment « Fait » et « continuité d’exploitation ».

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La notion de « Fait » selon certains dirigeants interrogés sont vécus en permanence par les
entreprises n’ayant pas les moyens de les prévenir ou les maîtriser ; une perte d’un marché
important ; conséquence d’une crise économique ; difficulté au niveau du recouvrement des
créances.

La notion de « continuité d’exploitation » qualifier les éléments présentant les éventuels


risque sur la vie de l’entreprise mais aucune définition n’a été donnée à cette notion pour la
simple raison que cette notion est d’origine comptable dont les principes sont posés par le
manuel comptable marocain.

Objet d’analyse juridique doctrinale en France, selon le professeur Yves Chaput, la notion de
continuité signifie que l’entreprise n’envisage pas une réduction de ses activités encore
moins sa liquidation. Le professeur André Jacquemont en avançant que la notion de
continuité de l’entreprise peut être menacée ou compromise lorsque le dirigeant de
l’entreprise a décidé une liquidation amiable ou a provoqué une réduction sensible
volontaire ou involontaire de l’activité de l’entreprise.

Au Maroc on s’accorde avec la doctrine française pour considérer qu’à défaut dans l’annexe,
les comptes sociaux sont établis dans la perspective de la continuité de l’exploitation.
Toutefois, on pense que le commissaire aux comptes avant de déclencher une procédure
d’alerte doit d’abord identifier le lien de cause à effet entre les difficultés détectées et la
continuité d’exploitation de l’entreprise qui pourrait susciter une action d’alerte rapide. Par
ailleurs, on constate que contrairement au législateur français, le législateur marocain n’a
pas organisé la prévention par l’information prévisionnelle.

Section 2 : La prévention externe.


Le législateur a institué sans équivoque l’obligation d’assurer la confidentialité de la
procédure externe avec toutes ses formalités. Le nouveau livre 5 du code de commerce a
déterminé limitativement les personnes qui ont l’initiative de déclencher la procédure de
prévention externe et a défini la mission du président du tribunal. La prévention externe
peut être déclenchée soit par les organes liés à l’entreprise soit par le président du tribunal
de commerce dans le cadre d’une saisie d’office.

A- Le déclenchement de la prévention externe par les organes liés à l’entreprise.


Les organes liés à l’entreprise qui sont habilités à déclencher la prévention externe ont été
limitativement déterminés par le code de commerce, il s’agit essentiellement du chef de
l’entreprise, du commissaire aux comptes ou de tout associé. Ces organes sont habilités à
informer le président du tribunal de commerce lorsqu’il apparait que la continuité de
l’exploitation demeure compromise malgré la décision prise par l’assemblée générale ou
lorsque celle-ci n’a pas délibéré sur ce sujet. Il est à souligner qu’aucun délai précis n’est
imposé pour la saisie du président du tribunal par les organes. Il va de soi que compte tenu
de l’urgence, ces organes devront informer le président très rapidement.

La saisie par le chef de l’entreprise a pour but de lui faire prendre conscience des difficultés
que connait son entreprise et l’amener à trouver des solutions susceptibles de redresser sa
situation et de lui prouver qu’il n’est pas seul pour les régler. En effet, le chef d’entreprise se

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trouve dans une situation difficile et il a en général un besoin d’aide externe tout en
préservant la confidentialité de la situation de son entreprise. Toutefois, il faut rappeler que
cette information doit parvenir au plus vite au président du tribunal afin qu’il puisse prendre
rapidement des décisions, il est à souligner que le chef de l’entreprise qui n’a pas informer le
président du tribunal de la situation difficile de son entreprise n’encourt aucune sanction.
Avec le nouveau livre 5 du 19 Avril 2018, les organes chargés de l’initiative de la saisie du
président du tribunal ont été enrichi par l’intrusion des associés. Cette extension renforce le
droit de tout associé qui peut altérer le président du tribunal indépendamment du
pourcentage des parts qu’il détient dans le capital social et sans aucune limitation du
nombre de ses saisines.

B- La saisine d’office par le président du tribunal.


Le président du tribunal de commerce peut se saisir d’office lorsqu’il résulte de tout acte,
document, ou procédure qu’une société commerciale ou une entreprise individuelle
commerciale connait des difficultés de nature juridique, économique, financière ou sociale
ou elle a des besoins qui ne peuvent être couvert par un financement adéquat aux
possibilités de l’entreprise. L’efficacité de son intervention dépend de sa capacité à organiser
son réseau d’informations pour identifier les difficultés des entreprises suffisamment en un
an. L’essentiel des informations que le président du tribunal de commerce peut obtenir sur
la situation financière d’une entreprise vient principalement du secrétariat greffe du tribunal
de commerce à travers l’inscription des privilèges des saisies, nombre d’injonction de
paiement, non dépôt des comptes annuels.

Paragraphe 1 : La mission du président du tribunal.


Elle consiste à envisager des mesures propres à permettre le redressement de l’entreprise, il
dispose à cet effet des pouvoirs suivants : en premier lieu, il convoque immédiatement le
chef de l’entreprise d’office ou à la demande de ce dernier, le chef d’entreprise expose la
difficulté de nature à compromettre la continuité de l’exploitation et les moyens d’y faire
face. Ceci a pour but de présenter ses éclaircissements à ce sujet et de déterminer les
procédures nécessaire à la situation de redressement de l’entreprise. En second lieu, le
président du tribunal peut, selon l’écart, soit nommer un mandataire spécial en le chargeant
de la mission de réduire les oppositions qui affecte l’entreprise soit un conciliateur dont la
mission est de faciliter la conclusion d’un accord avec les créanciers. Le mandataire spécial
ou le conciliateur sont désignés par le président du tribunal sur proposition du chef de
l’entreprise, le président du tribunal détermine leurs honoraires qui doivent être déposés
immédiatement par le chef de l’entreprise à la caisse du tribunal sous peine de clôture de la
procédure.

A- Le mandataire spécial.
Il est nommé par le président du tribunal de commerce avec une mission déterminé dans un
délai précis. Cette nomination intervient s’il apparait que les difficultés de l’entreprise
peuvent être aplanies grâce à l’intervention d’un tiers qui peut :

-Alléger les oppositions éventuelles de nature sociale ou résultantes d’un conflit entre les
associés,

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-Ou celles qui découlent des relations entre les partenaires habituels de l’entreprise
(fournisseurs, clients…),

-Ou toute difficulté de nature à affecter la continuité de l’exploitation.

En cas d’échec dans sa mission, le mandataire spécial présente immédiatement un rapport à


cet effet au président du tribunal. S’il ressort du rapport du mandataire spécial que la
réussite de la mission est tributaire de l’allongement du délai ou de changement de ce
mandataire, le président du tribunal peut après accord du chef d’entreprise soit prolongé le
délai ou procéder au changement du mandataire selon les cas. A l’analyse du bilan
d’application du cadre juridique de la désignation du mandataire spécial sur une décennie, il
s’avère que les applications sont rarissimes.

Dans la synthèse des recommandations de la banque mondiale et l’USAID, il a été constaté


que : « Les dispositions légales sur la prévention sont extrêmement mal connues voire
méconnues, certains tribunaux n’en faisons pas ou peu usage ce qui pose un problème
d’inégalité entre les justiciables. Ces dispositions sont mises en œuvre de manière très
diverses d’un tribunal à l’autre et dépendent plus ou moins de la bonne volonté des
greffes. » Après avoir procédé à des remarques analytiques, le rapport s’est attaché à une
appréciation critique, il a constaté le fait que les entreprises concernées par ces procédures
en bénéficient trop tardivement et se trouve confronter à des obligations de
remboursement des passifs très importants alors qu’elles sont en sous rentabilité flagrante
et démunies d’actif réalisable significatif. Ces diverses constatations mettent en évidence 4
idées forces caractérisant le manque de pratique des concepts de prévention par les
entreprises marocaines, en premier lieu le rapport constate un manque d’application du
mécanisme de prévention et de traitement amiable. En second lieu, il souligne l’existence
d’un frein structurel au développement de la prévention. En troisième lieu, il recommande
la nécessité de responsabiliser et former des acteurs pour renforcer l’efficacité de la
prévention. En dernier lieu, elle recommande des mesures efficaces pour faciliter la
détection des difficultés des petites et moyennes entreprises.

B- La conciliation.
Elle est régie par les article 551 à 559 du nouveau livre 5 du code de commerce pour
l’élaboration de cette procédure le législateur marocain s’est inspiré des lois françaises du
1er Mars 1984 modifié par la loi du 10 juin 1994 et celle du 26 Juillet 2005 qui a remplacé
l’appellation de « règlement amiable » par celle de « conciliation » . Il a sans doute voulu
donner un signe de rupture avec l’idée du règlement des dettes. La nouvelle loi marocaine
73-17 du 19 Avril 2018 va dans ce sens en substituant la conciliation à la procédure du
règlement amiable qui a été institué par l’ancien livre 5 du code de commerce promulgué
par le Dahir du 1er Août 1996. C’est un dispositif souple et confidentiel, il est justifié par
l’impératif de ne pas ruiner le crédit de l’entreprise et ne pas inquiéter ses partenaires en
officialisant ses difficultés. Son objectif réside dans la volonté de rechercher un accord entre
l’entreprise et ses principaux créanciers avant l’ouverture de la procédure de redressement
ou de liquidation judiciaire.

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1- Les conditions d’ouverture de la conciliation.
La procédure de conciliation peut être ouverte pour toute entreprise à deux conditions : La
première condition négative découle du fait de ne pas faire en état de cessation de
paiement, la seconde condition réside dans le fait que l’entreprise éprouve des difficultés
économiques ou financière ou avoir des besoins ne pouvant être couvert par un
financement adapté aux possibilités de l’entreprise.

2- La procédure.
L’initiative de l’ouverture de la procédure de conciliation revient uniquement au chef
d’entreprise qui doit saisir le président du tribunal de commerce par une requête, celle-ci
expose la situation financière, économique et sociale, les besoins de financements ainsi que
les moyens, nonobstant toute disposition législative contraire, le président du tribunal peut
obtenir communication de toute information susceptible de lui donner une image exacte sur
la situation économique et financière de l’entreprise, à cet effet il peut consulter le
commissaire aux comptes s’il en existe ou des représentants du personnel et des
administrations de l’état, toute personne de droit public, les établissements de
financements ainsi que les organisme sous leur tutelle, et tous les autres organismes
financiers et institution. Outre ces prérogatives, le président du tribunal a le pouvoir de
charger un expert d’établir un rapport sur la situation économique et financière et sociale de
l’entreprise et d’obtenir les informations de nature à donner une image exacte sur la
situation de l’entreprise.

3- La décision du président du tribunal.


Au vu des investigations opérées par le président du tribunal ou de la présentation annexée
par le chef de l’entreprise à sa requête, le président du tribunal peut ouvrir la procédure si
l’entreprise n’est pas en état de cessation de paiement et que cette procédure peut
favoriser son redressement. A cet effet, il désigne un conciliateur pour une période
n’excédant pas 3 mois mais qui peut être prolongée une seule fois à la demande de ce
dernier. S’il s’avère que l’entreprise est en état de cessation de paiement, le président du
tribunal transmet le dossier au tribunal pour l’ouverture de la procédure de redressement
ou de liquidation judiciaire conformément aux articles 578 et 651 du code de commerce. En
cas d’ouverture de la procédure de conciliation, la mission du conciliateur est fixée par le
président du tribunal qui lui assigne la fonction d’aplanir les difficultés économiques et
financières dans le cadre d’un accord conclu avec les créanciers. Le président du tribunal
communique au conciliateur les renseignements dont il dispose et le cas échéant le rapport
d’expertise. S’il apparait au conciliateur ou au chef d’entreprise que la suspension provisoire
des poursuites (SPP) est de nature à faciliter la conclusion d’un accord avec les créanciers, ils
s’adressent au président du tribunal qui après audition de l’avis des principaux créanciers
peut ordonner la suspension pour une durée qui ne peut dépasser celle du mandat du
conciliateur.

La suspension provisoire des poursuites produit des effets aussi bien à l’égard des créanciers
qu’à l’égard du débiteur. A l’égard des créanciers, l’ordonnance rendue par le président du
tribunal suspend et interdit toute action en justice pendant la période de son exécution pour
des créances nées antérieurement à cette ordonnance et tendant soit à la condamnation du

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débiteur au paiement d’une somme d’argent soit à la résolution du contrat pour défaut de
paiement d’une somme d’argent. Aussi, l’ordonnance arrête et interdit toute voie
d’exécution de la part des créanciers tant sur les meubles que sur les immeubles. Enfin, les
délais impartis à peine de déchéance ou de résolution de droits sont suspendus. Quant aux
effets de la suspension provisoire des poursuites à l’égard du débiteur, il réside dans les
conséquences suivantes :

-L’interdiction faite à celui-ci à peine de nullité de payer toute ou partie d’une créance
quelconque dont l’origine est antérieure au prononcé de l’ordonnance. Il lui est également
interdit de désintéresser les cautions qui acquitteraient les créances nées antérieurement ;
Ou de faire un acte de disposition étranger à la gestion normale de l’entreprise ; Ou de
consentir une hypothèque ou un nantissement. Toutefois, l’interdiction de payer ne
s’applique pas aux créances résultantes d’un contrat de travail. Enfin, si le chef d’entreprise
veut faire des paiements dans l’intérêt du bon fonctionnement de l’entreprise, il doit
requérir l’autorisation du président du tribunal.

4- Conditions de forme de la procédure de conciliation.


Dans le cas où le débiteur arrive avec le concours du conciliateur à conclure un accord avec
tous les créanciers, cet accord est homologué par le président du tribunal et déposé au
greffe. Si l’accord est conclu avec les principaux créanciers, le président du tribunal peut
également l’homologué et accorder au débiteur des délais de paiement prévus par les textes
en vigueur pour les créances non incluses dans l’accord, dans ce cas il est nécessaire
d’informer ces créanciers non inclus dans l’accord et qui sont concernés par les nouveaux
délais. L’accord entre le chef d’entreprise et les créanciers est consigné par écrit et signé par
les parties et le conciliateur et déposé au secrétariat greffe en dehors du tribunal qui peut
être notifié par l’accord et le rapport de l’expertise, l’accord ne peut être communiqué
qu’aux parties signataires et le rapport d’expertise qu’au chef d’entreprise. Par cette
confidentialité l’accord ne pourra faire l’objet de procédure de recours et particulièrement
de la procédure de tierce opposition.

5-Les effets de l’accord de conciliation.


L’accord de conciliation produit les effets suivant :

A- Un privilège pour les créances accordées postérieurement à la conclusion de


l’accord.

Les personnes qui ont acceptées d’accorder à l’entreprise des bénéfices, une contribution
nouvelle afin de lui permettre de poursuivre son activité et son maintien dans le cadre de
l’accord de conciliation bénéficient d’un privilège pour le remboursement de cette
contribution en fonction de leurs rangs et par priorité à toutes les autres créances aussi bien
celle intervenues lors de la procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation
judiciaire. Ce même privilège s’applique à toutes les personnes qui ont accordées à
l’entreprise des fournitures de marchandise ou de service pour assurer la poursuite de son
activité et sa continuité. Toutefois le privilège précité ne s’applique pas aux contributions
accordées par les actionnaires ou les associés dans le cadre d’une augmentation de capital. Il
n’est pas applicable non plus aux signataires de l’accord amiable d’une façon directe ou

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indirecte pour les sommes remises à l’entreprise antérieurement à l’ouverture de la
procédure de conciliation.

B- La suspension de toute poursuite individuelle et toute action judiciaire. (de droit)

Cet accord suspend pendant la durée de son exécution toute procédure individuelle et toute
action judiciaire tant sur les meubles que sur les immeubles de l’entreprise débitrice qui ont
pour but le règlement des dettes objet de l’accord. Il suspend également les délais impartis
du créancier à peine de déchéance ou de résolution des droits afférant à ses créanciers. Les
cautions qu’elles soient solidaires ou non bénéficient également de la suspension provisoire
des poursuites et des procédures dès lors que la créance garantie est incluse dans l’accord.

6- Les effets de non-exécution de l’accord de conciliation.


Au cas où les obligations prévues par l’accord n’ont pas été exécutées, le président du
tribunal constate sa résolution par ordonnance insusceptible de tout recours. Cette
résolution entraine la déchéance de tous les délais de paiement obtenus. Le président
transmet le dossier au tribunal pour prononcer l’ouverture de la procédure de redressement
ou de liquidation judiciaire. On peut légitimement s’interroger sur le fait générateur de cette
résolution si elle doit être motivée par la non-exécution de toutes les obligations contenues
dans l’accord ou seulement certaines d’entre elles. La formule large employée par le
législateur suscite une telle interrogation dont la réponse sera donnée par les futures
applications jurisprudentielles.

Chapitre II : La procédure de sauvegarde


Cette procédure constitue une innovation majeure de la loi 73-17 du 19 Avril 2018 qui lui a
consacré les articles 560 à 574 du nouveau Livre V du code de commerce. Elle a pour objectif
de permettre à l’entreprise de dépasser ses difficultés en poursuivant son activité, en
conservant ses emplois et en réglant ses dettes.

Section 1 : Les conditions d’ouverture.


Cette procédure est soumise à des conditions de fond et de forme.

Paragraphe 1 : Les conditions de fond.


Elles sont en nombre de deux, une négative et l’autre positive. La condition négative résulte
dans le fait que l’entreprise ne doit pas être en état de cessation de paiement, compte à la
condition positive, elle consiste dans le fait que l’entreprise souffre de difficultés qu’elle est
dans l’incapacité de surmonter et qui est de nature à la conduire à la cessation de paiement
dans un court délai.

Paragraphe 2 : Les conditions de forme.

Elles sont en nombre de 3 et consistent dans le dépôt d’une demande accompagnée d’un
document, le règlement de frais et la présentation d’un projet de plan de sauvegarde

A- Le dépôt d’une demande accompagnée d’un document.

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Le chef d’entreprise doit déposer sa demande au secrétariat greffe du tribunal compétant,
cette demande doit préciser les difficultés de nature à compromettre la poursuite de
l’activité de l’entreprise, elle doit être accompagnée des documents suivants :

1- Les états de synthèse de la dernière année comptable visée par le commissaire aux
comptes s’il en existe ;
2- L’inventaire et l’évaluation de tous les biens meubles et immeubles de l’entreprise ;
3- La liste des créanciers avec la précision de leurs adresses, le montant de leurs
créances, les garanties accordées ;
4- La liste des débiteurs avec la précision de leurs adresses, le montant de leurs dettes,
les garanties accordées ;
5- Le tableau des charges ;
6- La liste des salariés et de leur représentant le cas échéant ;
7- Extrait du modèle 7 du registre de commerce ;
8- La situation de la balance de l’entreprise pour les trois derniers mois

L’ensemble de ses documents doivent être tâtés et visés par le chef de l’entreprise, en cas
d’impossibilité de présenter l’un de ces documents ou de les présenter en totalité, le chef
d’entreprise doit préciser les motifs justifiant cette impossibilité. Par ailleurs, il lui est tout à
fait possible de présenter d’autres documents qui permettent de clarifier la nature des
difficultés à laquelle est confrontée l’entreprise.

B- Le règlement et frais de la procédure.

Le chef d’entreprise doit déposer sans délai à la caisse du tribunal le montant nécessaire à la
couverture des frais de publicités et du déroulement de la procédure, le montant de ces frais
est fixé par le président du tribunal.

C- Le projet de plan de sauvegarde.

Sous peine d’irrecevabilité, le chef d’entreprise doit joindre à sa demande un projet de plan
de sauvegarde, ce projet doit déterminer toutes les obligations nécessaires afin de
sauvegarder l’entreprise et les modalités de conserver son activité ainsi que les moyens de
son financement, il doit également préciser les modalités de règlement des dettes et des
garanties accordées pour l’exécution du plan de redressement. Une fois le dossier constitué,
le tribunal statue sur la demande d’ouverture de la procédure de sauvegarde après audition
du chef d’entreprise en chambre de conseil et ce dans le délai de 15 jours depuis la date de
dépôt de la demande. Le tribunal peut avant de statuer sur cette demande obtenir toute
information se rapportant à la situation financière, économique et sociale de l’entreprise il
ne peut lui être opposé le secret professionnel. Par ailleurs, le tribunal peut également, le
cas échéant, se faire assister par un expert, les effets du jugement d’ouverture de la
procédure de sauvegarde sont soumis aux règles de publication, d’affichage et de
notifications prévues pour la procédure de redressement judiciaire.

Section 2 : Le déroulement de la procédure.

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S’il apparaît, après l’ouverture de la procédure de sauvegarde, que l’entreprise est en état
de cessation de paiement à la date du prononcé du jugement d’ouverture de cette
procédure, le tribunal constate cet état et détermine sa date conformément au nouveau
Livre V du code de commerce. Le tribunal décide alors de substituer la procédure de
redressement et de liquidation judiciaire à celle de sauvegarde. En cas de substitution de la
procédure de sauvegarde par celle de redressement judiciaire, le tribunal peut proroger le
délai de préparation de la solution si les circonstances l’exigent, toutefois, il doit respecter
les dispositions de l’article 595 du Code de commerce. Les dettes nées après l’ouverture de
la procédure de sauvegarde est qui sont en rapport avec le fonctionnement de l’entreprise
ou de l’activité de celle-ci, en cours de la période de la préparation de la solution doivent
être réglée à leur date d’échéance. En cas d’impossibilité de règlement à l’heure d’échéance,
ces dettes doivent être payées par priorité sur toutes les autres créances, qu’elles soient ou
non assorties de privilèges ou de garanties. La seule exception à cette règle concerne les
dettes bénéficiant des privilèges au terme de l’article 588 du code de commerce à savoir les
dettes des salariés. En cas de pluralité de créance répandant aux conditions précités le
règlement s’effectue en conformité avec la législation en vigueur.

Section 3 : Les pouvoirs du chef d’entreprise et du syndic.

Le chef d’entreprise a seul la qualité pour assurer le fonctionnement de l’entreprise,


toutefois, il demeure soumis au contrôle du syndic dans les opérations de gestions et
l’exécution du plan de redressement. Le syndic doit présenter un rapport au juge
commissaire sur cette mission. Dès l’ouverture de la procédure de sauvegarde, le chef
d’entreprise doit préparer un inventaire sur les actifs de l’entreprise et les garanties y
afférentes, cet inventaire doit être établi sur une liste visée par lui-même et mise à la
disposition du juge commissaire et du syndic, il doit préciser dans son rapport les biens qui
peuvent faire l’objet d’une action revendication de la part des tiers. Toutefois, il est à noter
que le défaut de présentation de l’inventaire précité ne constitue pas un obstacle pour
l’exercice des actions en revendication. Toutes les personnes tierces qui détiennent des
documents ou des pièces comptables de l’entreprise sont dans l’obligation de les mettre à la
disposition du syndic en vue de leur étude sous peine d’une astreinte dont le montant est
fixé par le juge commissaire.

Section 4 : La préparation de la solution.

Le syndic, en collaboration avec le chef d’entreprise doit préparer un rapport sur la situation
financière, économique et sociale de l’entreprise. A la lumière de ce rapport, il doit proposer
au tribunal soit l’homologation du projet du plan de sauvegarde soit son amendement soit
redressement pour la liquidation judiciaire. Cette mission doit être accomplie dans le respect
des dispositions du livre V du code de commerce. Enfin le rapport doit respecter, toutes les
dispositions prévues par les articles 596-597-601 à 605 du code de commerce.

Section 5 : Le choix de solution.


Le tribunal peut procéder à l’homologation du projet de plan de sauvegarde, s’il estime que
les conditions sont réunies, il peut aussi ordonner la résolution de ce plan en cas
d’inexécution des engagements.

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Paragraphe 1 : L’homologation du plan de sauvegarde.

Le tribunal ordonne l’homologation du plan de sauvegarde s’il constate que les conditions
sérieuses de la sauvegarde sont réunies à la lumière du rapport du syndic et après audition
du chef de l’entreprise.

A cet effet, la décision du tribunal devrait être en conformité avec les dispositions de
l’article 623 et les alinéas de 1 à 6 dans l’article 624 ainsi que les articles 625 à 627 et 629 à
632. Le tribunal détermine la durée d’exécution du plan de sauvegarde dans la limite de
5ans.

Les cautions personnelles qu’elles soient solidaires ou non bénéficient des dispositions du
plan de sauvegarde ou de la suspension des intérêts légaux et conventionnels ainsi que tous
les intérêts de retard et toute autre majoration. En cas d’exécution du plan de sauvegarde,
le tribunal ordonne la clôture de la procédure, dans le cas contraire, le tribunal ordonne la
résolution du plan de sauvegarde.

Paragraphe 2 : La résolution du plan de sauvegarde.

Le tribunal peut ordonner la résolution du plan de sauvegarde et décider en conséquence le


redressement ou la liquidation judiciaire du fait de l’inexécution des obligations déterminées
dans le plan de sauvegarde. Cette décision peut intervenir d’office ou à la demande de l’un
des créanciers et ce après audition du chef de l’entreprise ou du syndic. En cas de
substitution du redressement judiciaire à la procédure de sauvegarde, les créanciers soumis
à ce plan doivent déclarer leurs créances et leurs garanties telles qu’elles figurent dans le
plan et ce après déduction des sommes perçues. Si le tribunal a opté pour la substitution de
la liquidation judiciaire à la procédure de sauvegarde, les créanciers soumis à ce plan doivent
déclarer la totalité de leurs créances et les garanties après déduction des sommes perçues.
Les créanciers, dont les créances sont nées après l’ouverture de la procédure de sauvegarde
déclarent également leurs créances, ces déclaration sont soumises aux dispositions du
chapitre 12, section 6 du nouveau livre V du code de commerce. Il est à noter que la
procédure de sauvegarde n’est pas soumise aux règles de la période suspecte telle que
définie par le livre 11 section 6.

Partie II : Le déclenchement des procédures de traitement des


difficultés.
Ces procédures obéissent à des conditions de fond et de forme.

Par ailleurs, le législateur a institué des organes particuliers pour l’exécution et la


surveillance de ces procédures. Enfin, il a réglementé les droits des créanciers et du débiteur
défaillant.

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Chapitre 1 : Les conditions d’ouverture des procédures de traitement
des difficultés de l’entreprise.
A l’instar de l’ancienne législation, l’ouverture des procédures de traitement des difficultés
de l’entreprise obéissent à des conditions de fond et des conditions de forme.

Section 1 : Les conditions de fond.


Elle se rapporte à la qualité du débiteur et à la nature de la créance.

Paragraphe 1 : Les conditions relatives au débiteur.


Au terme de l’article 575 du Livre V du code de commerce, la procédure de redressement
judiciaire est appliquée à toute entreprise…

La notion d’entreprise est définie par l’article 546 qui cite limitativement : toute personne
physique commerçante ou une société commerciale. Cet article précise également ce qu’on
entend par chef d’entreprise au terme du livre V, il s’agit de la personne physique débitrice
ou du représentant légal de la personne morale débitrice.

La procédure peut être ouverte à l’entente d’un commerçant qui a mis fin à son activité ou
qui est décédé dans l’année de sa retraite ou dans les six mois de son décès si la cessation de
paiement est antérieure à ces événements.

En cas de décès du débiteur personne physique, ses héritiers ou leur représentant doivent
dans les 15 jours qui suivent leur notification par le syndic désigner celui qui les représentent
dans la procédure. A défaut de cette désignation, le juge commissaire à la demande du
syndic charge l’un parmi eux de cette mission. Le juge commissaire peut procéder au
changement du représentant des héritiers pour une raison légitime. Dans les deux cas, les
héritiers sont notifiés de la décision prise. La procédure peut être ouverte à l’encontre d’un
associé tenant solidairement dans une société au nom collectif dans le délai d’un an à partir
de sa retraite lorsque l’état de cessation de paiement est antérieur à cette retraite.

Paragraphe 2 : La condition relative à la dette : la cessation de paiement.


L’ouverture de procédure de traitement des difficultés d’entreprise est subordonnée à la
condition de la cessation de paiement des dettes dû par le débiteur. La notion de cessation
de paiement a été définie par l’article 563 de l’ancien livre V du code de commerce comme
étant : le fait pour une entreprise de : « ne pas être en mesure de payer ses dettes
exigibles à l’échéance, y compris celles qui sont nées de ses engagements conclus dans le
cadre de l’accord amiable. »

L’article 575 du nouveau livre V du code de commerce a modifié la définition de la notion


de la cessation de paiement : « il s’agit de la situation de l’entreprise qui se trouve dans
l’impossibilité ses dettes échues, exigibles du fait de l’insuffisance de son actif disponible,
y compris les créances nées des engagements conclus dans le cadre de l’accord amiable
indiqué à l’article 556 ci-dessous. »

A- La notion de cessation de paiement.


Dans l’ancienne définition légale, la notion de cessation de paiement se limitait à deux
conditions essentielles à savoir que la dette impayée soit échue et exigible. Désormais dans

Page | 23
la nouvelle définition le législateur a opté pour une notion comptable de la définition de la
cessation de paiement, en plus des deux conditions précédemment exigées, le législateur a
ajouté le fait que la difficulté de paiement doit être la conséquence d’une insuffisance de
l’actif disponible. Il y a lieu de souligner que la jurisprudence marocaine avait déjà opté pour
cette orientation en recherchant les causes des difficultés de paiement des dettes échues et
exigibles. Ainsi la cour d’appel de commerce de Casablanca dans son arrêt 1865/99 en date
du 30 novembre 1999 a précisé que : « l’absence de liquidité au moment de l’exécution
n’implique pas nécessairement que l’entreprise est en cessation de paiement. » Aussi, elle a
jugé dans son arrête 560/2000 du 16 Mars 2000 que : « tout refus de payer n’est pas
considéré comme cessation de paiement, dès lors que ce refus est peut être dû à une cause
non prévue ou la contestation du débiteur dans sa créance : dans son montant, son
échéance, son exigibilité ou son extinction. » Pour l’appréciation de notion de paiement, le
droit commercial en considération prioritairement la date d’échéance, c’est dans ce sens
que le tribunal de commerce de Rabat s’est prononcé le 14 Juillet 1998 dans les termes
suivants : « attendu que d’après le dossier, il s’est avéré que la demanderesse n’a pas
prouvé que la défenderesse est en situation de cessation de paiement à l’échéance sachant
que le relevé de banque présenté ne constitue pas une preuve des difficultés de l’entreprise,
d’autant plus que la défenderesse conteste la réalité de la dette avec sa confirmation que la
cause réelle du non-paiement des sommes réclamées est dû à leur contestation ; de plus il
n’a pas été prouvé que la dette susvisée était échue. » Aussi, le seul fait du défaut de
paiement ne suffit pas à caractériser la cessation de paiement, encore faut-il que le débiteur
se trouve dans une situation désespérée qui le passe dans l’impossibilité de faire face à ses
paiements, c’est dans ce sens qu’un arrêt de cour d’appel de Casablanca a été rendu le 10
Novembre 2000 dans le dossier n° 1270 /2000/11. Cet arrêt précise que la cessation de
paiement se définit comme étant l’arrêt matériel du paiement dû non pas à une abstention
d’exécution ce qui est le cas de l’affaire de l’espèce, mais à l’incapacité réelle d’effectuer ce
paiement et la présence d’une situation compromise notoire, aussi, la cour a considéré :
« attendu que la cessation de paiement condition d’ouverture de la procédure de
redressement judiciaire constitue une cause objective, il faut que la créance soit déchue et
exigible et que l’entreprise se trouve dans l’incapacité de s’acquitter de ses dettes. » De
même un autre arrêt de 23 Février 2001 dossier n° 2826/2000/11 de la cour d’appel
commerciale de Casablanca a considéré que : « lorsqu’une créance est contestée, elle n’est
pas exigible et de ce fait elle ne confère pas à son titulaire la qualité qui lui permet
d’introduire une requête en vue de l’ouverture de la procédure de redressement
judiciaire. » Enfin dans un arrêt du 18 mars 2002, la cour d’appel commerciale de Casablanca
a jugé : « la cessation de paiement implique la nécessité d’une créance échue exigible d’une
part et que l’entreprise soit en état de perte de sa garantie commerciale et qu’elle soit dans
l’incapacité réelle de poursuivre l’exercice de son activité commerciale d’autre part. »

B- La nature de la dette.
Les procédures de traitement des difficultés d’entreprise étant des règles spécifiques au
droit commercial, certains auteurs ont considéré qu’il faut limiter la cessation de paiement
exclusivement à la dette commerciale, par conséquent, le refus de paiement d’une dette
civile n’entrainerai pas selon ces auteurs l’ouverture de ces procédures. Ce point de vue a

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été définitivement écarté par l’ancien livre V du code de commerce qui dispose dans son
article 563 : « la procédure peut être ouverte sur l’assignation d’un créancier quel que soit
la nature de sa créance. » Ceci a été réaffirmé par l’article 575 du nouveau livre V du code de
commerce qui vise l’entreprise se trouvant dans l’impossibilité d’honorer ses dettes.
L’emploi de la formulation générale de dettes écarte toute hésitation ou interprétation de la
nature de la dette ainsi, le défaut de paiement de dettes qu’elle soit civile ou commerciale,
privé ou publique permet l’ouverture des procédures de traitement des difficultés
d’entreprise.

C- Moment d’appréciation.
Le législateur n’a pas précisé à quel moment il y a lieu d’apprécier la cessation de paiement,
ce vide a été comblé par la jurisprudence, le tribunal de commerce de Marrakech dans son
jugement n° 12/99 du 22/12/1999 a estimé que : « L’état de cessation de paiement doit être
apprécié au moment où le tribunal en état d’inexistence et non au moment où l’instance a
été formée. Il conclut, qu’il n’y a pas lieu à ouverture de procédure dans le cadre où le
paiement a été exécuté pendant la période où l’instance a été formée et celle où le tribunal
statue. »

Section 2 : Les conditions de forme.


L’ouverture des procédures est subordonnée à la saisine du tribunal qui prononce un
jugement à cet effet.

Paragraphe 1 : La saisine du tribunal.


Le législateur a déterminé limitativement les personnes habilitées à déclencher une
procédure de traitement des difficultés de l’entreprise, il s’agit essentiellement du débiteur,
les créanciers du tribunal, du ministère public, le procureur ou le président du tribunal dans
le cadre des missions qu’elles lui sont confiées dans la prévention externe.

La cour d’appel de commerce de Casablanca a confirmé cette limitation légale dans son arrêt
n°377/2002 du 15 Février 2002 en énonçant que seul : « le chef d’entreprise, les créanciers,
le ministère public et le tribunal d’office, peuvent demander l’ouverture de la procédure de
traitement des difficultés de l’entreprise à l’exclusion des actionnaires qui ne sont pas
mentionnés par le législateur. »

A- Le débiteur.

Le débiteur réunissant les conditions de fond précédemment évoquées doit faire une
demande au tribunal pour l’ouverture d’une procédure de redressement de liquidation
judiciaire au plus tard dans les 30 jours suivant la date de la cessation de ses paiements. Il
est à noter que ce délai était seulement de 15jours dans le cadre de l’ancien livre V du code
de commerce. L’obligation de déclaration incombe au débiteur lui-même lorsqu’il s’agit
d’une personne physique, s’agissant d’une personne morale, l’obligation incombe à l’organe
habilité à la représenter ainsi ça sera le gérant d’une SARL ou SNC. Le conseil
d’administration, le directeur général, ou membre du directoire (SA), président pour une
SNS, le liquidateur amiable pour une société en liquidation, l’administrateur provisoire
désigné pour gérer et administrer une personne morale. Si la déclaration n’émane pas du

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dirigeant lui-même, elle ne peut être reçue que d’un pouvoir spécial. Le non-respect du délai
de 30 jours pourrait donner lieu à des sanctions, c’est ainsi que la cour d’appel de commerce
de Casablanca a prononcé dans un arrêt du 28 septembre 2000 « La déchéance
commerciale à l’encontre d’un commerçant qui a omis de déclarer l’état de cessation de
paiement dans le délai de 15jours. » La demande doit être déposée au secrétariat greffe du
tribunal et elle doit mentionner les causes de cessation de paiement et doit être
accompagnée des documents suivants :

-Les états de synthèse du dernier exercice comptable visé par le commissaire aux comptes
s’il existe ;

-L’énumération et l’évaluation de tous les biens mobiliers et immobiliers de l’entreprise ;

- La liste des créanciers avec l’indication de leur résidence, le montant de leur droit, leurs
créances et leurs garanties à la date de cessation de paiement ;

-La liste des débiteurs avec les mêmes spécifications ;

-Le tableau des charges (salariales, électricité…) ;

-La liste des salariés et leur représentant s’il en existe ;

-Un extrait du modèle 7 du registre de commerce ;

-Situation de la trésorerie des trois derniers mois.

L’ensemble de ces documents doivent être datés, certifiés, signés par le chef de l’entreprise.
Dans le cas où l’un de ces documents ne peut être fournis ou incomplet, la déclaration doit
contenir les motifs qui empêche cette production nonobstant toute disposition contraire, le
tribunal peut dans tous les cas ordonner d’office toute procédure qu’il juge utile pour
s’assurer de la cessation de paiement de l’entreprise y compris la consultation des
informations qui pourrait donner une image exacte de la situation économique, financière et
sociale de l’entreprise et ce à travers un commissaire aux comptes s’il existe ou les
représentant du personnel ou les administrations de l’état et autre personne de droit public
ou les établissement de crédit et organisme assimilé, les établissement financier et tout
autre organisme. Le président du tribunal fixe le montant pour couvrir les frais d’annonce,
de publication, de gestion de la procédure que le chef d’entreprise devra déposer sans délai
à la caisse du tribunal. En cas d’impossibilité de paiement des frais pour couvrir la procédure
par l’entreprise débitrice, tout créancier qui a intérêt peut effectuer ce paiement qui sera
considéré comme une dette à la charge de l’entreprise.

B- L’assignation par les créanciers.

La procédure peut être ouverte sur l’assignation d’un créancier quel que soit la nature de sa
créance cependant, afin que sa demande soit recevable il est nécessaire aux créanciers
d’apporter la preuve de l’existence d’une créance certaine et exigible et de l’impossibilité
pour le débiteur d’honorer cette créance. En l’absence de cette preuve, sa demande sera
purement et simplement rejetée par le tribunal. C’est dans ce sens que s’est prononcée la

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cour d’appel de commerce de Casablanca dans un arrêt du 30 Mars 2001 dans le dossier
n°459/2000/11. Cette orientation a été confirmée par la haute juridiction dans un arrêt du
29 Décembre 2004. Plus récemment, cette tendance a été confirmée par la décision du
tribunal de commerce de Casablanca du 14 Avril 2017. Il convient de noter que l’action du
créancier a un caractère particulier, en ce sens, qu’elle a pour but de constater l’état de son
débiteur en lui produisant des conséquences légales, le créancier ne demande pas le
paiement ou la saisie des biens et de ce fait, il n’est pas dans l’obligation de produire un titre
exécutoire. De ce fait, les juges disposent d’un large pouvoir d’appréciation tenant compte
de la situation de l’entreprise et du contexte économique dans lequel elle évolue, ce pouvoir
large peut engendrer pour les juges un risque de confusion dans la notion de cessation de
paiement exigée pour le redressement judiciaire et celle de la situation irrémédiablement
compromise entraînant l’ouverture de la liquidation judiciaire.

C- La saisine d’office par le tribunal.

La saisine d’office par le tribunal peut s’effectuer sur requête du ministère public ou du
président du tribunal dans le cadre des pouvoirs qui lui sont reconnus dans la prévention
externe. Afin d’éviter qu’une décision soit rendue sur la base d’une information insuffisante,
le législateur a subordonné la saisine d’office à la condition que le débiteur soit entendu ou
convoquer devant la chambre de conseil, le tribunal peut également entendre toute
personne dont l’audition lui paraît utile sans qu’elle puisse invoquer le secret professionnel,
il peut aussi requérir l’avis de toute personne qualifiée. Le droit du tribunal de se saisir
d’office entraîne des conséquences importantes c’est ainsi que lorsque le débiteur demande
l’ouverture d’une procédure de conciliation ou de redressement judiciaire, le tribunal peut
prononcer d’office la liquidation judiciaire. Inversement, le tribunal peut refuser la demande
de liquidation judiciaire sollicitée par le créancier et prononcer d’office le redressement
judiciaire. Ce pouvoir, accordé au juge commercial en ce domaine constitue une dérogation
aux règles de droit commun et de la procédure civile et particulièrement l’article 3 du code
de procédure civile. Ce dernier, expose expressément : « Le juge doit statuer dans les limites
fixées par les deux membres des parties et ne peut modifier d’office ni l’objet, ni la cause de
ses demandes. » Par ailleurs, la déclaration d’office peut intervenir au cours d’une instance
formée par des créanciers si le tribunal reconnait que l’assignation est irrégulière alors que
les condition de fond de l’ouverture des procédures de traitement sont réunies , le tribunal
peut également prononcer d’office l’ouverture des procédures de traitement lorsque les
conditions sont réunies lors d’une assignation de paiement diriger contrer l’entreprise
débitrice. Enfin, si le redressement judiciaire est prononcé, le tribunal peut à tout moment le
convertir d’office en liquidation judiciaire.

Paragraphe 2 : Le prononcé du jugement.

A- La juridiction compétente.

La compétence d’une juridiction consiste dans son aptitude à connaître un litige ou à exercer
un pouvoir juridictionnel. Elle s’apprécie d’un double point de vue d’abord, une compétence
territoriale dont les règles permettent de connaitre parmi ceux du même ordre, le tribunal

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qui a vocation pour connaître territorialement de l’affaire. Ensuite, une compétence
d’attribution qui détermine la nature de la juridiction qu’il faut saisir.

1- La compétence territoriale.

Le tribunal compétent pour prononcer une procédure de traitement des difficultés de


l’entreprise est celui du lieu du principal établissement du commerçant ou du siège social de
la société.

2- La compétence matérielle.

Elle revient aux juridictions commerciales. Il est à noter que, le tribunal de commerce qui a
ouvert la procédure de traitement est également compétent pour toutes les actions qui s’y
rattachent, il sera particulièrement considéré comme relevant de sa compétence, l’action se
rapportant à l’administration de la procédure ou celle dont la solution requière l’application
de la législation relative au droit de prévention et de traitement des difficultés de
l’entreprise. Enfin, le tribunal initialement saisi demeure compétent s’il s’avère que la
procédure doit être étendue à une ou plusieurs entreprises par suite d’une confusion de leur
patrimoine. La procédure ouverte peut être étendue à une ou plusieurs autres entreprises
en cas de confusion de leur patrimoine avec celui de l’entreprise objet de la procédure ou de
fictivité de la personne morale. L’extension de la procédure est déclarée à la demande du
syndic ou du chef de l’entreprise concerné par la procédure ou sur requête du ministère
public ou du président du tribunal ou d’office par le tribunal. Le tribunal se prononce dans
un délai de 15jours, il statue après avoir entendu ou du moins convoquer le chef de
l’entreprise en chambre de conseil.

B- Le jugement de l’ouverture.
1- Le contenu du jugement

Le jugement d’ouverture de la procédure fixe la date de la cessation de paiement et désigne


les organes de la procédure.

a- La fixation de la date de la cessation de paiement.

Elle revêt une importance capitale dans le déroulement des procédures de traitement des
difficultés. Elle permet de déterminer la durée de la période suspecte et partant la période
d’application du principe de l’inopposabilité. La date de cessation de paiement doit être
fixée dans le jugement de l’ouverture. A défaut de fixation, elle est réputée avoir lieu à la
date du jugement. Afin de réduire les inconvénients qui peuvent être engendrés pour des
personnes de bonne foi des effets de l’application du principe de l’inopposabilité de la
période suspecte, le législateur a prévu que la date de la cessation de paiement ne peut être
antérieure à plus de 18 mois de celle de l’ouverture du jugement. Toutefois, la date de
cessation de paiement fixée par le jugement d’ouverture peut à la demande du syndic faire
objet de report au cours des procédures de traitement des difficultés. C’est ainsi que le
tribunal peut rendre un ou plusieurs jugements fixant la cessation de paiement à une date
reculée dans la limite des 18mois. La demande de modification de la date doit être
présentée au tribunal par le syndic avant l’expiration du délai de 15jours qui arrête le plan

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de continuation ou de cession, ou suivant la date de dépôt de l’état de créances en cas de
liquidation judiciaire.

b- La désignation des organes de la procédure.

Le jugement d’ouverture doit désigner des personnes qui seront chargées de suivre et de
contrôler la procédure, à cet effet, le tribunal désigne un de ses membres en qualité de juge
commissaire ainsi qu’un suppléant qui assume ses fonctions en cas d’empêchement du juge
commissaire. Par ailleurs, le tribunal nomme un syndic dont la fonction est exercée par le
greffier mais avec possibilité de confier cette mission à un tiers. Il y a lieu de noter le silence
du législateur dans l’ancien livre V sur le statut du syndic et particulièrement des conditions
requises pour l’exercice de cette mission, le nouveau livre V du code de commerce à préciser
qu’un décret viendra définir les conditions que devra remplir le syndic. Toutefois, le
législateur a précisé une incompatibilité à ces fonctions en énonçant qu’aucun parent ou
gendre jusqu’au quatrième degré inclusivement du chef ou des dirigeants de l’entreprise ne
peut être désigné comme juge commissaire ou syndic.

2- La publicité du jugement de l’ouverture.

L’état de redressement ou de liquidation judiciaire constaté par la décision du tribunal va


s’imposer à tous et il est donc nécessaire de faire connaître aux tiers la nouvelle situation
juridique du débiteur d’autant plus que ce jugement prend effet à partir de sa date. Par
ailleurs ce jugement aura des incidences sur le débiteur a dans la mesure où il se traduira
par une réduction de ses pouvoirs à l’égard des créanciers, ce jugement permettra aux
personnes prétendant avoir une créance ou être propriétaire d’un bien meuble de faire
valoir leurs droits dans les délais sous peine de forclusion. Tout cela explique la multiplicité
de publicité qui a été prévu en ce domaine. En premier lieu le jugement d’ouverture doit
être mentionné sans délai au registre central de commerce, en second lieu dans un délai de
8jours de la date du jugement, un avis de la décision est publié dans un journal d’annonces
légales et au bulletin officiel, cet avis invite les créanciers à déclarer leurs créances au syndic
désigné, en troisième lieu, l’avis du jugement doit être affiché par les soins du greffier au
panneau réservé à cet effet au tribunal, en quatrième lieu, il doit être fait mention du
jugement dans les registres de la conservation foncière ou les registres spéciaux pour
l’immatriculation des navires et des avions ou autre registre destiné à cet effet le cas
échéant, en dernier lieu, dans le délai de 8jours de son prononcé, le jugement est notifié au
chef de l’entreprise et au syndic par les soins du greffier.

3- Les voies de recours.

Les jugements d’ouverture de la procédure de traitement des difficultés et les ordonnances


rendues en matière de sauvegarde sont exécutoires par provision, ce principe a été
expressément appelé dans les décisions de la jurisprudence d’une manière constante et
notamment la décision du tribunal de commerce de Casablanca du 16/11/2009. Cette règle
est assortie d’une exception pour les jugements relatifs aux sanctions de la déchéance
commerciale, de la banqueroute et les autres infractions prévues à l’article 757. Par ailleurs,
les demandes de l’arrêt des exécutions provisoires des décisions prononçant la liquidation

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ou la cession totale se font par requête indépendante de l’action principale devant la Cour
chargée de statuer sur l’appel.

a- Le recours en appel.

Le législateur a défini le délai dans lequel doit statuer la cour d’appel, les décisions
susceptibles d’appel ainsi que les personnes habilitées à exercer ce recours. S’agissant du
délai, la cour d’appel doit statuer en chambre de conseil dans un délai de 15jours à compter
de la date du dépôt de la requête, quant aux décisions susceptibles d’appel et les parties
pouvant interjeter appel elles ont été définies limitativement et sont en nombre de 11, ainsi
l’appel peut être formé contre :

1- Les décisions d’ouverture de la procédure de sauvegarde, de redressement ou de


liquidation judiciaire. Le recours en appel est ouvert au débiteur, au créancier dans
la mesure où la demande d’ouverture a été formulée par ce dernier ou par le
ministère public ;
2- Les décisions d’extension de la procédure de redressement ou de liquidation, le
recours en appel est ouvert à l’entreprise contre laquelle la procédure est ouverte,
au syndic et à l’entreprise à laquelle la procédure a été étendue et au ministère
public ;
3- Les décisions de conversion de la procédure de sauvegarde en procédure de
redressement ou de liquidation judiciaire, le recours en appel est ouvert au
débiteur, au syndic et au ministère public ;
4- Les décisions de conversion de la procédure de redressement en liquidation
judiciaire, le recours en appel est ouvert au débiteur, au syndic, l’association des
créanciers et le ministère public ;
5- Les décisions arrêtant le plan de sauvegarde ou de continuation, le recours en appel
est ouvert au débiteur, au syndic, à l’association des créanciers et au ministère
public ;
6- Les décisions rendues relativement au plan de cession, le recours en appel est
ouvert au débiteur, au syndic, au ministère public, au cessionnaire (qui a acheté
l’entreprise) dans le cas où le tribunal ordonne à son égard des charges supérieures
à celles prévues pendant la préparation du plan et la partie contractante en vertu
des dispositions de l’article 638 dans la limite de la partie du jugement concernant la
cession du contrat ;
7- Les décisions relatives à la modification des objectifs et des moyens du plan de
sauvegarde ou de continuation, le recours en appel peut être exercé par le débiteur,
le syndic, l’association des créanciers et le ministère public ;
8- Les décisions relatives à la résolution du plan de sauvegarde ou à la continuation ou
à la cession. L’appel peut être relevé par le débiteur, le créancier si c’est lui qui a
présenté la demande de la résolution, l’association des créanciers et le ministère
public ;
9- Les décisions relatives à la désignation ou le remplacement du syndic ou le
changement de ses pouvoirs, ou le renouvèlement du délai de 4mois, le recours en
appel est relevé uniquement par le ministère public ;

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10- Les décisions rendues en matière de sanctions civiles, l’appel est relevé par le syndic,
le ministère public et la personne condamnée ;
11- Les décisions rendues par le juge commissaire autorisant la vente soit par
adjudication amiable, soit de gré à gré, l’appel peut être relevé par le chef de
l’entreprise ou par l’un des créanciers.

b- La tierce opposition.

Elle est formée contre les décisions rendues en matière de redressement et de liquidation
judiciaire et de déchéance commerciale, elle est formée par déclaration du greffe du
tribunal dans le délai de 15jours à compter du prononcé de la décision ou de sa publication
au BO si cette publication est prescrite. Les règles communes aux deux procédure sont
définies par l’article 764 du code de commerce qui prévoit que les recours en appel ainsi que
les décisions rendues en matière de la tierce opposition sont formées par déclaration au
greffe du tribunal dans le délai de 10 jours à compter de la notification de la décision sauf
disposition contraire contenue dans la présente loi. On constate une contradiction au sujet
du délai de recours contre les décisions intervenues dans le cadre de la tierce opposition
alors que l’article 764 prévoit un délai de 10jours, l’article 663 fait référence à un délai de
15jours. Il appartient à la jurisprudence d’apporter une solution à cette contradiction, il est
à noter qu’à l’égard du syndic et du ministère public que le délai coule à compter de la date
de la décision, en tout état de cause, aussitôt la décision rendue elle est notifiée sans délai
par le greffe du tribunal.

c- La Cassation.

Elle est formée dans le délai de 10jours à compter de la notification de l’arrêt.

d- Les exceptions au recours et les règles particulières au recours.

Les décisions de nomination ou de changement du juge commissaire sont définitives et


insusceptibles de recours. Il ne peut y avoir de recours en rétractation contre les jugements,
les ordonnances et les décisions rendues en matière de difficultés de l’entreprise. Les
recours contre es décisions rendues en matière de banqueroute et autres infractions sont
soumises aux dispositions du code de procédure pénale.

Chapitre II : Les organes de la procédure de traitement des difficultés.


Ils sont expressément prévus par le législateur qui vise essentiellement le tribunal, le juge
commissaire et son suppléant, le syndic, les contrôleurs et l’association des créanciers
instituée par la nouvelle loi du 19 Avril 2018.Les salariés n’ont qu’une intervention très
ponctuelle à la différence du droit français qui leur a permis de participer depuis la loi de
1985 confirmée par celle de 2005.

Section 1 : Le tribunal.
Le tribunal de commerce détient les pouvoirs du prononcé du jugement d’ouverture, son
administration et sa direction jusqu’à sa clôture. A cet effet, il dispose d’une compétence
élargie pour connaître de toutes les contestations découlant des procédures de

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redressement et de liquidation judiciaire telle que l’extension de la procédure à une autre
entreprise. Par dérogation aux dispositions de l’article 3 du code de la procédure civile, le
tribunal de commerce dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation, du choix de la
procédure de traitement de difficultés à la lumière des pièces du dossier. De ce fait, il n’est
pas tenu de la demande du débiteur et peut librement décider de la procédure la plus
adaptée à la situation de l’entreprise.

Section 2 : Le juge commissaire et son suppléant.


La surveillance par le tribunal de la marche quotidienne de l’affaire est quasiment impossible
du fait de la formation collégiale d’où l’idée de déléguer à un magistrat du tribunal avec pour
mission de suivre la procédure depuis son origine jusqu’à sa clôture. C’est dans ce sens
qu’est née l’institution du juge commissaire qui existe dans un grand nombre de législations
étrangères à titre d’exemple cette institution a été créée en France en 1807.

Paragraphe 1 : Nomination.
Le juge commissaire et son suppléant est désigné parmi les magistrats du tribunal par le
jugement d’ouverture, il est à noter que le législateur ne prévoit aucune condition
spécifique à sa nomination notamment d’ancienneté comme c’est le cas dans le droit
français. Il est à noter que la loi du 19 Avril 2018 a instituée pour la première fois la
nomination d’un suppléant au juge commissaire appelé à remplacer ce dernier en cas
d’empêchement pour assurer une indépendant et impartialité du juge commissaire, aucun
parent jusqu’au 4ème degré inclusivement du chef d’entreprise ou des dirigeants de
l’entreprise ne peut être désigné comme juge commissaire.

Paragraphe 2 : Les missions.


Elles sont définies d’une manière large par l’article 671 du Code De Commerce qui
précise : « Le juge commissaire est chargée de veiller au déroulement rapide de la
procédure et à la protection des intérêts en présence par ses larges pouvoirs.» Le juge
commissaire est devenu le pivot central de la procédure, il dispose d’un pouvoir
juridictionnel propre et constitue un véritable juge du premier degré. Afin d’accomplir son
rôle, le juge commissaire reçoit des informations de diverses sources à savoir, le syndic, les
contrôleurs, les créanciers et le procureur du Roi, des pouvoirs importants sont accordés au
juge commissaire pour accomplir sa mission, il contrôle l’action du syndic et dispose du
pouvoir de demander son remplacement, il joue un rôle décisif dans la procédure
d’admission des créances, il arrête l’état des créances et décide s’il y a lieu ou non de
procéder à la vérification des créances. Il désigne un à trois contrôleurs parmi les créanciers
qui leur font la demande par ailleurs, le juge commissaire dispose du pouvoir d’ordonner ou
d’autoriser un certain nombre d’acte qui dépasse le pouvoir du syndic c’est ainsi que dans la
procédure de redressement judiciaire, le juge commissaire autorise le chef de l’entreprise ou
le syndic à consentir une hypothèque ou nantissement à transiger ou compromettre. En cas
de cession de l’entreprise le juge commissaire peut demander des explications
complémentaires sur l’offre faîte par le candidat à l’acquisition. Dans la procédure de
liquidation judiciaire et lorsque les unités de productions composées de tout ou partie de
l’actif mobilier ou immobilier peuvent faire objet d’une cession globale, le juge commissaire
procède au choix qui permet d’assurer durablement l’emploi et le paiement des créanciers.

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Il ordonne la vente aux enchères publiques ou de gré à gré les autres biens de l’entreprise,
enfin le juge commissaire peut d’office ou à la demande du syndic ou des créanciers
ordonner le paiement à titre provisionnel d’une quotepart de la créance définitivement
admise. Il est à souligner que pour l’accomplissement de sa mission, le juge commissaire
peut demander au procureur du Roi tous les renseignements qu’il détient qui peuvent être
utile à la procédure, cette communication au juge commissaire peut intervenir d’office par le
procureur du Roi , il est à noter que cette communication est d’ordre public du fait que le
législateur a prévu qu’elle peut intervenir nonobstant toute disposition législative contraire.

Paragraphe 3 : La forme juridique des décisions du juge commissaire et les recours.


Le juge commissaire statue par ordonnance sur les demandes de contestations et
revendications relevant de sa compétence notamment les demandes en référées, les
demandes provisoires, les mesures conservatoires liées à la procédure et les plaintes
formulées contre les actes du syndic à l’exception des ordonnance présidentielles elles sont
préjudice des dispositions relatives au recours contre les décisions prononcé dans le cadre
de la vérification des créances, les ordonnances du juge commissaire peuvent faire objet
d’un appel dans le délai de 10 jours à compter du prononcé de la décision pour le syndic et
de la date de la notification pour les autres parties.

Section 3 : Le syndic.

Paragraphe 1 : Le statut du syndic.


Le jugement qui prononce l’ouverture des procédures de traitement des difficultés désigne
le syndic, la fonction de syndic peut être assurée par le greffe du tribunal ou le cas échéant
par un tiers et ce dans l’attente d’un texte règlementaire qui définira les compétences
nécessaires pour exercer les fonctions de syndic et sa rémunération. Le tribunal peut
remplacer le syndic à la demande du ministère public, de la nouvelle institution créée par la
loi du 19 Avril 2018 : l’association des créanciers, le juge commissaire soit d’office soit sur
réclamation du chef de l’entreprise ou d’un créancier et enfin du chef d’entreprise ou du
créancier dont la réclamation n’a pas été examinée par le juge commissaire dans un délai de
15jours. Le syndic qui a été dispensé de ses fonctions doit remettre au nouveau syndic
l’ensemble des documents relatifs à la procédure et un rapport sur les comptes y afférant
dans les 10 jours suivants la dispense de ses fonctions. Le syndic dispensé de ses fonctions
demeure tenu par le secret professionnel.

Paragraphe 2 : Les pouvoirs.


Dans l’ancien code de commerce, le rôle du syndic consistait en cas de faillite à réaliser le
patrimoine du débiteur avec la double mission de représenter celui-ci et l’ensemble des
créanciers composant la masse (regroupement des créanciers dans l’ancienne législation)
(association des créanciers dans la nouvelle législation). Dans la nouvelle législation, les
missions du syndic sont définis par l’article 673 à 676 du code de commerce, il est chargé de
surveiller le plan de sauvegarde, gérer les opérations de redressement et de liquidation
judiciaire depuis l’ouverture de la procédure jusqu’à sa clôture, il veille à l’exécution du plan
de continuation ou de cession aussi le syndic procède à la vérification des créances sous le
contrôle du juge commissaire. Dans l’exécution de sa mission, le syndic est tenu au respect

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des obligations légales et conventionnelles incombant au chef de l’entreprise, il informe le
juge commissaire du déroulement de la procédure. Le syndic et le juge commissaire peuvent
à tout moment requérir la communication de tout contrat ou document relatif à la
procédure. Le procureur du Roi communique au juge commissaire sur la demande de celui-ci
ou d’office nonobstant toute disposition législative contraire tous les renseignements qu’il
détient et qui peuvent être utile à la procédure diligentée par le syndic sous réserve des
droits reconnus aux contrôleurs et à l’association des créanciers, le syndic est seul qualifié
pour agir au nom et dans l’intérêt des créanciers dans le respect des droits qui leurs sont
reconnus. Le syndic prend toute mesure pour informer et consulter les créanciers, il
communique au juge commissaire les observations qui lui sont adressées par les contrôleurs.

Paragraphe 3 : Responsabilité du syndic.


Dans l’exercice de sa mission, le syndic assume une responsabilité civile et pénale. La
responsabilité civile est engagée conformément au règles du droit commun quant à la
responsabilité pénale, elle est définie par l’article 757 du code de commerce qui prévoit la
peine de la banqueroute de tout syndic ayant commis l’un des faits suivants :

- Avoir porté sciemment et de mauvaise foi atteinte aux intérêts des créanciers soit
en utilisant à des fins personnelles et qui sont perçues dans l’accomplissement de sa
mission soit en attribuant des avantages qu’il savait n’être pas dû ;
- Avoir fait illégalement des pouvoirs qui lui sont dument conférer un usage autre que
celui auxquels ils sont destinés et contrairement aux intérêts des créanciers et du
débiteur ;
- Avoir abusé des pouvoirs dont il dispose aux fins d’utiliser ou d’acquérir pour son
compte des biens du débiteur soit personnellement soit par personne interposée ;
- Avoir refusé de réaliser la passation de pouvoir au nouveau syndic par suite de son
remplacement par application de l’article 677 du code de commerce.

Les peines applicables sont d’un an à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de
10.000 à 100.000DHS ou l’une de ces deux peines seulement.

Section 4 : Les contrôleurs.

Paragraphe 1 : Le statut.
Le juge commissaire désigne un à trois contrôleurs parmi les créanciers qui lui font la
demande. Les contrôleurs peuvent être des personnes physiques ou des personnes morales.
Lorsque le juge commissaire désigne plusieurs contrôleurs, il veille à ce qu’au moins l’un
d’eux soit choisi parmi les créanciers titulaires et qu’un autre choisi parmi les créanciers
chirographaires. Aucun parent ou allié jusqu’au 4ème degré inclusivement du chef
d’entreprise ne peut être nommé contrôleur ou représentant d’une personne morale
désignée comme contrôleur. Les contrôleurs peuvent être révoqués par le tribunal sur
proposition du juge commissaire ou du syndic. Les contrôleurs sont tenus par le secret
professionnel.

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Paragraphe 2 : Les pouvoirs.
Les contrôleurs assistent le syndic dans ses fonctions et le juge commissaire dans sa mission
de surveillance et de gestion de l’entreprise. Ils peuvent prendre connaissance de tous les
documents transmis au syndic, ils devront observer la confidentialité sur les documents et la
procédure. Ils rendent compte aux autres créanciers de l’accomplissement de leur mission à
chaque étape de la procédure. Les fonctions des contrôleurs sont gratuites, le contrôleur
peut se faire représenter par procuration spéciale par l’un de ses préposés ou par ministère
d’avocat.

Section 5 : L’association des créanciers.


Elle constitue une nouveauté du Dahir du 19 Avril 2018 qui lui a consacré les articles 606 à
621.

Paragraphe 1 : Conditions de constitution et de fonctionnement de l’association des


créanciers.

A-Modalités de constitution.
L’association des créanciers est constituée à l’ouverture de la procédure de redressement
judiciaire, elle est créée uniquement dans les 3 cas suivants :

1- Toute entreprise soumise à une obligation de nomination d’un commissaire aux


comptes conformément aux dispositions législatives en vigueur ;
2- Toute entreprise dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 25 millions DH et
qui emploi un nombre de salarié qui ne peut être inférieur à 25 au cours de l’année
précédant l’ouverture de la procédure ;
3- Sur décision motivée du tribunal à la demande du syndic et ce en l’absence des
conditions précédentes dès lors qu’il existe des raisons valables.

Le jugement du tribunal est insusceptible de recours.

L’association des créanciers est composée comme suit :

1- Le président.

La présidence est assurée par le syndic à l’exception de l’assemblée délibérant sur


son remplacement qui est présidé par le juge commissaire.

2- Les membres.
- Le chef d’entreprise ;
- Les créanciers inscrits sur la liste des créances déclarées remise par le syndic au juge
commissaire en application des dispositions de l’article 727 du code de commerce.
Lorsque l’association est convoquée pour se réunir avant la date du dépôt de la liste
des créanciers au greffe du tribunal, les créances indiquées ne doivent pas faire
l’objet de la part du syndic d’une proposition de refus ou de renvoi devant le
tribunal à moins que le juge commissaire ne les autorise à participer à ces travaux.
- Les créanciers dont les créances ont été acceptées par le juge commissaire. Lorsque
l’association est invitée à se réunir après la date de dépôt de cette liste au greffe du

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tribunal, les créanciers peuvent assister personnellement aux travaux de
l’association ou se faire représenter par un mandataire.

B- Fonctionnement.

1- Domaine de compétence.
L’association se réunit pour délibérer sur les points suivants :

- Le projet de plan de redressement pour la continuité de l’activité de l’entreprise


proposé par le syndic dans le cadre de la préparation de la solution ;
- Le projet de plan de redressement assurant la continuité de l’activité de l’entreprise
proposé par les créanciers en remplacement de celui présenté par le syndic et qu’ils
ont refusés ;
- La modification des objectifs et des moyens du plan de redressement assurant la
continuité de l’activité mentionné dans l’article 629 du code de commerce ;
- La demande de remplacement du syndic nommé en application des dispositions de
l’article 677 du code de commerce ;
- La cession d’un ou plusieurs principaux actifs énumérés à l’article 678 du code de
commerce.

2- Convocation en réunion.
L’association se réunit sur invitation du syndic et en cas de carence de ce dernier à l’initiative
du juge commissaire soit d’office soit sur demande du chef de l’entreprise soit d’un ou
plusieurs créanciers. Au cas où il faut débattre sur le changement du syndic l’association se
réunit sur convocation du juge commissaire. L’avis de convocation de l’association doit être
inséré dans un journal habilité à recevoir les annonces légales, judiciaires et administratives
et afficher au panneau réservé à cet effet au tribunal. La réunion peut également se faire par
le biais de convocation des créanciers adressée à leur domicile élu ou par voie électronique.
L’avis de convocation doit comporter le lieu, le jour, l’heure de réunion ainsi que l’ordre du
jour, il doit également mentionner le droit des créanciers à consulter les documents
énumérés à l’article 612 du code de commerce au siège de l’entreprise ou tout autre lieu
précisé dans l’avis de convocation. L’avis de convocation doit préciser que l’absence à la
réunion d’un des créanciers ou son représentant vaut acceptation de toute décision prise
par l’association. Lorsque l’association est invitée à se réunir, elle statut sur la modification
des objectifs et des moyens de plan de continuation, il est indiqué sur l’avis que les
créanciers qui ne sont pas d’accord sur la modification des réductions de créances
proposées dans le plan de continuation doivent présenter leur proposition lors de la
réunion.

3-Délai de convocation.
Les délais sont fixés par les articles 595 615 629 607 et 618 du code de commerce.

Les délais sont variables en fonction de la nature des décisions et sont définit dans chaque
cas par le législateur.

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4-Validité des délibérations.

1- Le quorum.
Pour la validité des décisions de l’assemblée générale de l’association, le quorum est
conditionné par la présence des créanciers représentants au moins les deux tiers des
créances déclarées, au cas où le quorum n’est pas atteint, le président de l’association
rédige un PV de constatation dans lequel il fixe une nouvelle date de réunion de l’association
qui doit intervenir dans un délai ne dépassant pas 10jours suivant la réunion. L’avis de
convocation doit être inséré dans un journal habilité à recevoir les annonces légales, les
délibérations sont réputées valables quel que soit le montant des créances détenues par les
créanciers présents. La validité des décisions de l’association est subordonnée à
l’approbation par les créanciers présents ou représentés qui participent au vote dont le
montant des créances représente la moitié des créances. Les décisions prises par
l’association légalement réunie s’imposent aux créanciers absents. Une feuille de présence
est tenue lors de la réunion de l’association dans laquelle figure les noms, les prénoms, le
domicile de chaque créancier présent ou son représentant, elle doit être dument émargée
(signée) par les créanciers présents et accompagnée des procurations des mandataires. Un
procès-verbal est dressé et signé par le président de l’assemblée, ce procès-verbal
mentionnera la date, le lieu de l’assemblée, l’ordre du jour, l’objet des délibérations, le
quorum atteint, les documents présentés, il sera accompagné de la feuille de présence.

C- Le plan de remplacement.
Si l’association rejette le plan de redressement proposé par le syndic, les créanciers qui n’ont
pas voté en faveur du plan présenté par le syndic doivent présenter un plan de
remplacement dans les 15jours qui suivent la réunion. Le plan de remplacement n’est pris en
compte que s’il est signé par la majorité des créanciers. Chaque créancier ne peut signer
qu’un seul plan de remplacement, si le plan de remplacement indique des remises
supérieures à celles proposées dans la période d’observation, le plan doit être accompagné
de l’approbation écrite des créanciers à l’origine de ces nouvelles remises. Le syndic, adresse
la convocation à la réunion de l’association pour délibérer sur le plan de remplacement le
jour ouvrable suivant sa réception, lorsque l’association approuve le plan de remplacement
le syndic le renvoi au tribunal le jour ouvrable suivant la réunion.

Paragraphe 2 : Homologation du projet de redressement par le tribunal.


Le plan de redressement proposé par le syndic est approuvé par l’association est présenté le
jour ouvrable suivant la réunion par le syndic au tribunal. Le tribunal, homologue le plan de
redressement dans les 10jours qui suivent son dépôt dans le cas où les créanciers ne
présente pas de plan de remplacement dans les délais fixés ainsi que dans le cas où
l’association ne se décide pas sur le plan proposé par les créanciers, le syndic soumet au
tribunal le jour ouvrable suivant les délais légaux fixés ou la date de la réunion de
l’association selon les cas le projet de plan de continuation qu’il a précédemment présenté.
Le syndic doit joindre au plan de continuation qu’il soumet à l’homologation du tribunal tous
les procès-verbaux des réunions de l’association des créanciers. Le tribunal homologue le
plan de continuation de l’entreprise s’il constate que les créanciers obtiendront dans le

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cadre du projet de plan de redressement un montant qui ne peut être inférieur à ce qu’ils
obtiendront en cas de liquidation de l’entreprise.

En cas de refus d’homologation par le tribunal du projet de plan, le syndic doit convoquer à
nouveau l’association selon les modalités légales afin de délibérer sur une nouvelle
proposition de plan qui tient compte de la décision du tribunal. Il est à noter que le principal
des créances publiques telles que définies à l’article 2 de la loi n°15-97 formant le code de
recouvrement des créances publiques promulgué par le Dahir n° 1-00-175 du 3 Mai 2000 ne
peut faire objet de réduction. Lorsque l’association accepte les remises proposées dans le
cadre de la modification des objectifs et des moyens du plan de continuation, le syndic
procède au dépôt du procès-verbal de la réunion de l’association au tribunal, le jour
ouvrable suivant la réunion afin son homologation dans les 10jours suivants son dépôt. En
revanche, si l’association refuse les remises proposées, chaque créancier qui n’a pas donné
son approbation adresse au syndic de nouvelles propositions de remises, dans ce cas, le
syndic dresse un rapport avec les remises proposées dans le cadre de la modification des
objectifs et des moyens du plan de redressement assurant la continuation de l’entreprise et
le dépose au tribunal dans le jour ouvrable suivant la réunion aux fins d’homologation dans
les 10jours qui suivent son dépôt.

Paragraphe 3 : Droit de consultation des créanciers et recours.

A- Droit de consultation des créanciers.


Tout créancier peut sur demande présentée au syndic durant la période d’exécution du plan
de continuation, consulter au siège de l’entreprise les documents suivants :

- Les informations relatives à la situation financière de l’entreprise y compris celle des


actif et des dettes avec une présentation détaillée des créances privilégiées et
chirographaires ;
- Les flux de trésorerie ;
- Les informations non financières susceptibles d’influencer la capacité de l’entreprise
pour exécuter ses engagements dans l’avenir.

Tout créancier peut personnellement ou à travers un mandataire obtenir à ses frais les
copies de ces documents.

B- Recours contre les décisions de l’association.


Les décisions de l’association ne sont susceptibles d’aucun recours à l’exception de celle en
cours devant le tribunal pour statuer sur la demande d’homologation d’une proposition de
l’association.

Chapitre III : Les solutions judiciaires de traitement des difficultés de


l’entreprise.
Les solutions légales au traitement des difficultés de l’entreprise peuvent consister soit dans
le redressement judiciaire ou la liquidation judiciaire et ce, à la lumière du rapport du syndic.
Avant de choisir la solution, une étape préliminaire s’impose pour la préparation de cette
solution sur la base de pouvoir accordé au syndic.

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Section 1 : La préparation de la solution.

Paragraphe 1 : Poursuite de l’exploitation.


Pendant la phase de la préparation de la solution, l’activité de l’entreprise est poursuivie
conformément à l’article 586 du code de commerce sous réserve de certains effets
juridiques. Toutefois, à tout moment, le tribunal peut à la demande motivée du syndic, d’un
contrôleur, du chef de l’entreprise ou d’office et sur rapport du juge commissaire ordonner
la cessation totale ou partielle de l’activité et prononcer la liquidation judiciaire.

A- Les conditions de poursuite de l’exploitation.


Il est à souligner que le prononcé du jugement n’entraine pas la déchéance du terme.

1- La faculté d’exiger l’exécution des contrats en cours.


Le syndic a seul la faculté d’exiger l’exécution des contrats en cours en fournissant la
prestation promise aux cocontractants de l’entreprise. Toutefois, le contrat est résilié de
plein droit après une mise en demeure adressée au syndic et restée plus d’un mois sans
réponse. Le cocontractant doit remplir ses obligations malgré le défaut d’exécution par
l’entreprise de ses engagements antérieurs au jugement d’ouverture. L’inexécution de ses
engagements ouvre droit au profit des créanciers seulement à la déclaration de leurs
créances au passif. Au cas où le syndic n’a pas opté pour la poursuite de l’exécution du
contrat, ceci ouvre droit à engager une action en dommage-intérêt dont le montant sera
déclaré au passif. Néanmoins, la partie contractante peut différer la restitution des sommes
versées par l’entreprise en exécution d’un contrat jusqu’à ce qu’il a été statué sur les
dommages-intérêts. Les dispositions précitées ne s’appliquent pas aux contrats de travail.
Enfin, nonobstant toute disposition légale ou clause contractuelle contraire, aucune
indivisibilité, résiliation ou résolution du contrat ne peut résulter du seul fait de l’ouverture
du redressement judiciaire.

2- La cession du bail.
En cas de cession de bail, toute clause imposant au cédant des engagements solidaires avec
le cessionnaire est inopposable au syndic.

3- La gestion des créances.

a- Les créances nées après le jugement d’ouverture.


Les créances nées régulièrement après le jugement d’ouverture du redressement pour les
besoins du déroulement de la procédure ou de l’activité de l’entreprise pendant la période
de la préparation de la solution sont payées à leurs échéances. Au cas où elles ne sont pas
payées à l’échéance, ces créances sont payées par privilège avant toutes les autres créances
assorties ou non de privilège ou sûreté à l’exception de celles garanties par privilège dans le
cadre de la procédure de conciliation et celles qui sont nées après le jugement déclaratif afin
de permettre la continuité de l’exploitation.

b- Nouveau financement.
L’entreprise peut obtenir un nouveau financement afin de poursuivre son activité. Au cas où
ce financement est octroyé contre une garantie, il est nécessaire d’obtenir l’autorisation du
juge commissaire.

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B- Les pouvoirs du chef d’entreprise et du syndic.
Pendant cette phase préparatoire, les modalités de gestion de l’entreprise sont déterminées
par le tribunal, c’est ainsi que le jugement de redressement attribut au syndic soit :

- La surveillance des opérations de gestion ;


- L’assistance du chef de l’entreprise pour tous les actes de gestion ou de certains
d’entre eux ;
- La gestion par lui-même totalement ou partiellement de l’entreprise.

A tout moment, le tribunal peut modifier la mission du syndic à sa demande ou d’office, le


syndic peut en toute circonstance faire fonctionner les comptes bancaires de l’entreprise
dans l’intérêt de celle-ci. Toute hypothèque, nantissement, compromis ou transaction ne
peut être réalisée par le syndic ou le chef de l’entreprise que sur autorisation du juge
commissaire.

Paragraphe 2 : Les pouvoirs du syndic dans la phase préparatoire de la solution.


Au cours de cette étape préparatoire, l’entreprise poursuit son exploitation dans l’attente de
la préparation d’une solution à la lumière du rapport que doit établir le syndic.

A- La mission principale du syndic.


Lors de cette phase, le syndic a pour mission principale de réaliser avec le concours du chef
de l’entreprise et l’assistance éventuelle d’un ou de plusieurs experts un rapport détaillé
dans lequel il doit préciser le bilan financier et économique et social de l’entreprise. A la
lumière de ce bilan, le syndic propose soit un plan de redressement assurant la continuité de
l’entreprise ou sa cession à un tiers, soit la liquidation judiciaire. Les propositions du syndic
doivent être remises au juge commissaire dans un délai maximal de 4 mois suivant la date
du jugement d’ouverture de la procédure, ce délai peut être prorogé une seule fois par le
tribunal à la requête du syndic. Le dossier est envoyé à l’audience dans un délai de 10 jours
après la présentation du rapport du juge commissaire ou depuis la date de l’expiration du
délai précité. Le projet de plan de redressement défini, les modalités de règlements du
passif et les garanties éventuelles souscrites par toute personne pour assurer l’exécution.

B- Les prérogatives du syndic.


Pour réaliser sa mission, le syndic dispose de prérogatives importantes et diversifiées.

1- Un droit de communication d’ordre public.


Nonobstant toute disposition législative contraire, le syndic peut obtenir communication de
tout renseignement de nature à lui donner une exacte information sur la situation
économique et financière de l’entreprise. Ce droit de communication a un domaine très
large et c’est ainsi qu’il s’applique au commissaire aux comptes s’il en existe, aux
administrations et organisme public et pour tout autre organe. Le syndic rend compte au
juge commissaire les informations collectées.

2- La réception des offres tendant au maintien de l’entreprise.


Dès l’ouverture de la procédure, le syndic est habilité à recevoir des tiers à l’entreprise, les
offres tendant au maintien de celle-ci selon les modalités légales à savoir : la continuation ou
la cession. Toute offre faite au syndic ne peut être retirée après la date du dépôt du rapport

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du syndic, l’auteur de l’offre demeure tenu par celle-ci jusqu’à la décision du tribunal
arrêtant le plan à condition que cette dernière intervienne dans le mois du dépôt du
rapport. Au-delà de cette date, et notamment en cas d’appel, l’auteur de l’offre est tenu que
s’il y consent les offres sont annexées au rapport du syndic qui en fait l’étude. Il est à noter
qu’aucune offre ne peut être formulée par les dirigeants soit directement soit par personne
interposée.

3- La proposition de modification du capital social.


Si le syndic envisage un plan de continuation prévoyant une modification du capital, il
demande au conseil de l’administration, au directoire ou au gérant selon les cas, de
convoquer une assemblée générale extraordinaire ou l’assemblée des associés. Si du fait des
pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres sont inférieurs au
quart du capital social, l’assemblée est d’abord appelée à reconstituer ses capitaux en
concurrence du montant proposé par le syndic et qui ne peut être inférieur au quart du
capital social. L’assemblée peut être également appelée à décider de la réduction de
l’augmentation du capital en faveur d’une ou de plusieurs personnes qui s’engagent à
exécuter le plan. L’exécution des engagements prime à l’issue de l’assemblée et
subordonnée à l’acceptation du plan par le tribunal. A défaut, les clauses sont réputées sans
effet. A cet effet, toute clause subordonnant la cession des actions ou des parts sociales ou
toute autre valeur mobilière à l’acceptation de la société ou des associés est réputée sans
effet.

4- Le droit de proposer le remplacement d’un ou de plusieurs dirigeants.


Si la survie de l’entreprise le requière, le tribunal peut subordonner l’adoption du plan de
redressement pour le remplacement d’un ou de plusieurs dirigeants. Cette décision peut
être prise par le tribunal à la demande du syndic ou d’office. A cette fin, le tribunal peut
prononcer l’incessibilité des actions, parts sociales, certificat de droit au vote détenu par un
ou plusieurs dirigeants de droit ou de fait, rémunéré ou non et décider que le droit de vote
soit exercé pour une durée qu’il fixe par un mandataire de justice désigné à cet effet. Le
tribunal peut ordonner la cession de ces actions ou parts sociales. Le prix de la cession sera
fixé à dire expert. Pour l’application de cette solution, les dirigeants sont entendus ou
dument appelés.

5- La gestion des dettes.


Les propositions pour le règlement des dettes sont au fur et à mesure de leur élaboration
sous la surveillance du juge commissaire, communiquées aux contrôleurs par le syndic. Le
syndic recueil individuellement ou collectivement l’accord de chaque créancier qui a déclaré
sa créance sur les délais et les remises qui leur demande pour assurer la bonne exécution du
plan de continuation. Qu’il s’agisse de consultation individuelle ou collective la lettre du
syndic doit comporter comme annexes :

- Un état de la situation active et passive avec indication du passif privilégié et


chirographaire ;
- Les propositions du syndic et du chef de l’entreprise et l’indication des garanties
offertes ;

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- L’avis des contrôleurs.

En cas de consultation individuelle des créanciers, le défaut de réponse dans le délai de 30


jours à compter de la réception de la lettre du syndic vaut acceptation. Toutefois, pour
l’application de cette règle la cour de cassation a exiger dans un arrêt du 15 Mars 2012 que
la réception de la proposition du syndic doit être établie par la signature de l’avis de la
notification par les personnes habilitées à cet effet conformément à l’article 38 du code de
procédure civile. Elle a conclu que la simple apposition d’un cachet sans la signature n’établit
pas la réunion de cette condition car le cachet à lui seul ne détermine pas la qualité de celui
qui l’a posé. Lorsque le syndic décide de consulter collectivement les créanciers ceci se
réunis sous sa présidence suite à sa convocation, un avis de convocation peut en outre être
inséré dans un journal d’annonces légales et affiché au panneau réservé à cet effet au
tribunal, la réunion doit avoir lieu entre le 15ème et le 21ème jour après le jour de la
convocation. Le syndic doit faire, aux créanciers, un rapport sur l’état de redressement ainsi
que sur la poursuite de l’activité depuis l’ouverture de la procédure. L’accord de chaque
créancier présent ou représenté est recueilli par écrit sur les propositions du règlement du
passif, le défaut de participation à la consultation collective vaut acceptation des
propositions présentées par le syndic. Au terme de la consultation individuelle ou collective,
le syndic dresse un état de réponse fait par les créanciers, le chef de l’entreprise et les
contrôleurs sont consultés sur le rapport qui leur a été communiqué par le syndic et ce par
lettre recommandée avec accusé de réception, un délai de 8jours est accordé au chef de
l’entreprise pour donner ses observations sur le rapport du syndic. Après avoir entendu le
chef de l’entreprise, les contrôleurs et le délégué du personnel, le tribunal décide soit la
continuation de l’entreprise soit sa cession soit sa liquidation judiciaire.

Section 2 : Le choix de la solution.


A la lumière du rapport du syndic, et après audition du chef d’entreprise des contrôleurs et
des délégués du personnel, le tribunal opte pour un plan de continuation, un plan de cession
ou de liquidation judiciaire.

Paragraphe 1 : Le plan de continuation.


L’étude du plan de continuation nécessite l’analyse des différentes modalités techniques
permettant cette continuation et l’apurement du passif et les solutions.

A- Les modalités techniques de la continuation.

1- Les conditions nécessaires à l’adoption d’un plan de continuation.


Le plan de continuation de l’entreprise ne peut être décidé par le tribunal que s’il constate la
réunion de deux conditions à savoir d’une part l’existence de possibilités sérieuses de
redressement et d’autres part les chances sérieuses de règlement du passif.

Ce plan de continuation arrêté par le tribunal indique, le cas échéant, les modifications
apportées à la gestion de l’entreprise selon les dispositions légales. Il est à noter que le plan
de continuation peut être décidé par le tribunal même si la procédure de vérification des
créances n’est pas encore permise. Pareil ce principe a été appliqué par le tribunal de
commerce de Casablanca dans sa décision en chambre de conseil du 16 novembre 2009

Page | 42
dossier n°176/25/2000. Par ailleurs, la continuation peut être accompagnée si cela est
nécessaire par l’arrêt, l’adjonction ou la cession de certaines branches d’activités.

2- La durée du plan de continuation.


Le législateur a confié au tribunal la liberté de détermination de la durée du plan de
continuation à condition qu’elle n’excède pas 10 ans. Dans sa décision en date du 16
Novembre 2009 le tribunal de commerce de Casablanca a reconnu une durée de 6 ans.

3- La modification du contenu et résolutions du plan de continuation.


Le plan de continuation ne peut être modifié dans ses objectifs ou ses moyens que par une
décision du tribunal à la demande du chef d’entreprise ou sur rapport du syndic.

Lorsque la modification dans les objectifs et les moyens du plan peut avoir des
conséquences négatives sur les remises ou les délais acceptés par les créanciers le syndic
convoque l’assemblée des créanciers. Le tribunal statue après avoir convoqué, entendu les
parties et toute personne intéressée.

Enfin, le tribunal peut également prononcer la résolution du plan dans les formes et avec les
effets prévus à l’article 634 du code de commerce.

4- Le sort des contrats de travail.


Lorsque les décisions accompagnant le plan de continuation entraînent la résiliation des
contrats de travail, cette résiliation est considérée, fondée sur un motif économique
nonobstant toute disposition législative contraire. Toutefois, le code de commerce précise
que cette résiliation ne prend effet qu’après en avoir notifié le délégué régional de travail et
le gouverneur de la Provence concernée par le syndic. Les salariés licenciés concernent
l’intégralité des droits qui leur sont reconnus par la loi.

5- La suspension des effets de l’interdiction bancaire.


Pendant la période d’exécution du plan de continuation et de règlement du passif, le
tribunal peut ordonner la suspension des effets de l’interdiction d’émettre des chèques dont
l’entreprise faisait l’objet avant le jugement d’ouverture. La durée de cette suspension ne
peut excédée celle fixée dans le plan de continuation. De ce fait, la résolution du plan met
fin de plein droit à la suspension de l’interdiction. Le respect des échéances et des modalités
prévues par le plan vaux régularisation des incidents.

6- L’inaliénabilité de certains biens.


Le tribunal peut décider dans le jugement arrêté le plan le modifiant que les biens qu’il
estime indispensables à la continuation de l’entreprise ne pourront être aliéner sans
autorisation. Il fixe également la durée de cette mesure, dans sa décision en date du 16
novembre 2009 le tribunal de commerce de Casablanca a fixé la durée de l’inaliénabilité à la
durée de l’exécution du plan. Tout acte passé en violation de cette inaliénabilité est annulé
à la demande de tout intéressé présenté dans le délai de 3 ans à compter de la conclusion de
l’acte ou de sa publication. L’inaliénabilité des biens de l’entreprise est inscrite au registre du
commerce et le cas échéant dans les livres de la conservation foncière ainsi que ceux
d’enregistrement des navires et aéronefs et tous autres livres destinés à cet effet. A défaut

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d’inscription, tout acquéreur de bonne foi ne peut se voir opposé la nullité de l’acte de
cession.

7- La modification des statuts.


Le plan de continuation mentionne toutes les modifications des statuts nécessaires à la
continuation de l’entreprise, le syndic convoque à cet effet l’assemblée générale
compétente.

B- L’apurement du passif.
Les dispositions portant sur l’apurement du passif dans le plan de continuation peuvent être
résumées en deux séries de disposition, les premières portent sur la manière dont sera
réaliser l’apurement du passif, les secondes précisent les sanctions en cas de non-respect
des engagements fixés par le plan.

1- Les modalités de l’apurement du passif.

a- Le rôle du tribunal.
Le tribunal donne acte des délais et remises accordées par les créanciers au cours de la
consultation. Ces délais et remises peuvent le cas échéant être réduits par le tribunal. Dans
sa décision du tribunal de commerce de Casablanca du 16 novembre 2009 il a ordonnée le
paiement des créances sous réserve de leur admission en tenant compte de leur montant.
L’échelonnement a été fixé sur une période s’étalant de 2 à 6 ans en commençant par les
montants les plus faibles. Pour les autres créanciers le tribunal impose des délais uniformes
de paiement sous réserve en ce qui concerne les créances à terme des délais supérieurs
stipulés par les parties avant l’ouverture de la procédure. Ces délais peuvent dépasser la
durée du plan à condition que le premier paiement intervienne dans un délai de 1an. Le
montant des échéances peut être progressif, dans ce cas, leur montant annuel ne peut être
inférieur à 5% de leur montant total retenu par le plan.

b- Le sort des créances inscrites dans le plan.


L’inscription d’une créance au plan et l’octroi des délais ou remises par le créancier ne
préjuge pas de l’admission définitive de la créance, de ce fait, les sommes à répartir
correspondant aux créances non encore admises ne sont versées qu’à compter de
l’admission définitive au passif. En cas de vente d’un bien brevet d’un privilège spécial d’un
nantissement ou d’une hypothèque, les créanciers bénéficiaires de ces suretés ou titulaires
d’un privilège général seront payés sur le prix après le règlement des créanciers qui le prime.
Ce paiement anticipé s’impute sur le principal paiement des dividendes à échoir, les intérêts
y afférant son remis de plein droit.

C- Les solutions au plan de continuation.


Au cas où l’entreprise a exécutée l’engagement du plan de continuation le tribunal prononce
sa clôture. En revanche, en cas d’inexécution par l’entreprise de ces engagements ou dans le
cas où le plan n’a pas été exécuté dans les délais fixés, le tribunal doit prononcer d’office ou
à la demande de l’un des créanciers après avoir entendu le syndic ou convoquer le chef de
l’entreprise, la résolution du plan est décidée la liquidation judiciaire. Les créanciers soumis
au plan déclarent l’intégralité de leurs créances qui est sureté, déduction faite des sommes

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perçues. Aussi les créanciers dont le droit a fait naissance après le jugement, doivent
déclarer leurs créances. La jurisprudence a eu l’occasion d’appliquer cette solution à
plusieurs reprises notamment dans l’affaire AL MOKHA dans un arrêt de la cour de cassation
du 19 février 2015. C’est ainsi que la cour de cassation a confirmé la décision adoptée par la
cour d’appel qui a prononcé la liquidation judiciaire.

Paragraphe 2 : Le plan de cession.


Le plan de cession constitue l’une des innovations majeures du code de commerce
promulgué le 1er Aout 1996 et qui a été maintenu dans le nouveau livre V du 19 Avril 2018.
Son mécanisme et les avantages qu’il présente en font une technique privilégiée. Il se
caractérise par son autonomie, d’abord la cession de l’entreprise est une solution autonome
des traitements des difficultés d’entreprise, la cession détermine l’apparition d’une notion
autonome de l’entreprise, le législateur a défini les modalités de la cession, les conditions de
son exécution ainsi que ses effets juridiques.

A- Les modalités de la cession.


Les finalités du plan de cession sont clairement définies par l’article 635 du code de
commerce à savoir d’une part assurer le maintien des activités susceptibles d’exploitation
autonome, d’autre part assurer le maintien de toute ou partie des emplois qui y sont
attachés et enfin apurer le passif. Ainsi la loi s’assigne 3 objectifs à savoir :

 Préserver l’économie à travers le maintien de l’outil de travail ;


 Le social à travers la préservation des emplois ;
 La justice économique et financière afin d’atteindre ses objectifs.

Le code de commerce a minutieusement règlementé le cadre juridique du plan de cession.

1- Les différentes formes de cession.


La cession peut être totale ou partielle, en cas de cession totale des biens de la société
commerciale, celle-ci est dissoute. S’il s’agit d’une cession partielle elle doit porter sur
l’ensemble des éléments de productions formant une ou plusieurs branches complètes et
autonomes de l’activité. En outre, cette cession partielle ne doit pas diminuer la valeur des
biens non-cédés. En l’absence de plan de continuation de l’entreprise, les biens non-compris
dans le plan de cession, sont vendus et les droits et actions des entreprises sont exercés par
le syndic selon les modalités prévues en matière de liquidation judiciaire.

2- La procédure de cession.
L’offre de reprise de l’entreprise en difficultés doit être communiquée au syndic dans le délai
qu’il a fixé et qu’il a porté à la connaissance des contrôleurs sauf accord entre le chef de
l’entreprise, le syndic et les contrôleurs un délai de 15jours doit s’écouler entre la réception
d’une offre par le syndic et l’audience au cours de laquelle le tribunal examine cette
demande.

a- Le délai de dépôt.
L’offre de reprise de l’entreprise en difficultés doit être communiquée au syndic dans le délai
qu’il a fixé et qu’il a porté à la connaissance des contrôleurs sauf accord entre le chef de

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l’entreprise, le syndic et les contrôleurs un délai de 15jours doit s’écouler entre la réception
d’une offre par le syndic et l’audience au cours de laquelle le tribunal examine cette
demande.

b- Le contenu de l’offre.
Le législateur a déterminé dans l’article 636 du code de commerce les différentes indications
qui doivent être mentionnées dans l’offre. Au dossier de l’offre doit être joint, les
documents relatifs aux trois derniers exercices lorsque l’auteur de l’offre est tenu de les
établir. Le juge commissaire a le pouvoir de demander des explications complémentaires, il
appartient au syndic d’informer les contrôleurs et le représentant du personnel du contenu
des offres reçues et donner au tribunal tout élément permettant de vérifier le caractère
sérieux de l’offre.

c- Le choix de l’offre par le tribunal.


Le tribunal retient l’offre qui permet dans les meilleures conditions d’assurer le plus
durablement l’emploi attaché à l’ensemble cédé et le paiement des créanciers. Le tribunal
détermine les contrats de crédit-bail, de location ou de fourniture de biens ou de services
nécessaires au maintien de l’activité de l’entreprise au vu des observations des contractants
de l’entreprise transmise par le syndic. Le jugement qui arrête le plan de cession emporte
transfert de ces contrats. La cour de cassation a affirmé expressément dans un arrêt du 3
Avril 2012 ce principe dans l’affaire Bab Afriquia et la société Soranium d’investissement.

B- L’exécution de plan de cession et des contrats.

1- Le transfert forcé des contrats.


La transmission des éléments d’exploitation obéi à un régime spécifique car elle est réalisée
sans le consentement du vendeur, par conséquent, le cédant n’assume ni la garantie
d’éviction ni celle des vices cachés. Parmi les originalités du plan de cession, on retrouve la
transmission forcée des contrats, le tribunal détient le pouvoir exorbitant d’imposer le
transfert des contrats nécessaires à la continuité de l’exploitation, de ce fait, le jugement qui
arrête le plan emporte automatiquement la cession d’un certain nombre de contrats. Cette
cession forcée trouve sa justification dans un raisonnement d’ordre économique et social car
l’objectif principal de la cession est la sauvegarde de l’entreprise et le maintien des emplois.
La cession forcée présente plusieurs avantages, elle évite ainsi une perte de temps dû à la
négociation des contrats, elle écarte le risque du repreneur exposé au refus du
cocontractant, cette cession imposée est indispensable puisque la rupture d’un contrat peut
mettre en échec le redressement de l’entreprise.

2- L’exécution du transfert.
Le syndic est chargé de réaliser les transferts nécessaires de l’exécution du plan de cession
arrêté par le tribunal. Dans un arrêt de la cour de cassation du 10 Décembre 2003, elle a
estimé qu’il ressort de la décision ayant arrêté le plan de cession de l’entreprise que la mise
en possession en faveur de l’acquéreur et le transfert de la propriété ne pouvant se réaliser
qu’après la formalisation des actes nécessaires avec le syndic et la légalisation des signatures
dans un délai de 6mois depuis le prononcé du jugement. En conséquence, elle a considéré
que l’exécution par le cessionnaire de ses engagements est subordonnée à l’initiative du

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syndic qui devait formaliser les actes de cession et dont la défaillance a été établie au jour de
la décision. Elle a conclu que la condition posée par le jugement n’était pas remplie alors que
l’obligation du syndic était préalable à celle du cessionnaire. Dans l’attente de réalisation des
actes de transfert, le syndic peut sous sa responsabilité confier la gestion de l’entreprise au
cessionnaire, la mission du syndic se poursuit jusqu’à la clôture de la procédure, le tribunal
prononce la clôture de la procédure après le paiement du prix de la cession et sa répartition
entre les créanciers.

C- Les effets du plan de cession.


Le code de commerce a déterminé avec précision les effets du plan de cession aussi bien à
l’égard du cessionnaire qu’à l’égard des créanciers.

1- Les effets à l’égard du cessionnaire.

a- L’obligation du paiement intégral du prix.


Le cessionnaire est tenu au paiement de prix de cession selon les modalités convenues. Lee
prix de cession est réparti par le syndic les créanciers suivant leurs rangs, tant que le prix de
cession n’est pas intégralement payé, le cessionnaire ne peut à l’exception des stocks
aliéner, donner en garantie ou en location gérance, les biens corporels et incorporels qu’il a
acquis. Toutefois, le tribunal peut après rapport du syndic autoriser l’une des opérations
décidées en tenant compte des garanties offertes par le cessionnaire. Le tribunal peut
également assortir le plan de cession d’une clause rendant inaliénable pour une durée qu’il
fixe pour tout ou partie des biens cédés. Tout acte passé ou violation des obligations
précédentes est annulé à la demande de tout intéressé, cette demande doit être présentée
dans le délai de 3ans à compter de la conclusion de l’acte ou de sa publication au cas où
celle-ci est requise. En cas de défaut de paiement du prix de cession, le tribunal peut
d’office, à la demande du syndic ou de tout administrateur, nommer un administrateur
spécial dont il détermine la mission et sa durée dans la limite de 3 mois. Le cessionnaire est
convoqué par le greffier pour être entendu en chambre de conseil.

b- L’obligation de rendre compte au syndic.


Le cessionnaire est tenu d’exécuter les dispositions prévues par le plan de cession et il doit
rendre compte au syndic à l’issue de chaque exercice suivant la cession. A défaut
d’exécution de ses engagements, le tribunal peut d’office à la demande du syndic ou d’un
créancier prononcer la résolution du plan de cession, dans ce cas, les biens sont réalisés
dans les formes de la liquidation judiciaire et leur prix affecté au paiement des créanciers.

2- Les effets à l’égard des créanciers.


Le prix de cession est réparti par le syndic entre les créanciers suivants leurs rangs, le
jugement qui arrête le plan de cession totale de l’entreprise rend exigible les dettes non
échues lorsque la cession porte sur des biens relevés d’un privilège spécial, d’un
nantissement ou d’une hypothèque, une quotepart du prix est affectée par le tribunal à
chacun de ces biens pour la répartition du prix et l’exercice du droit de préférence. Jusqu’au
paiement complet du prix qui emporte purge des inscriptions grevant les biens compris en
cession, les créanciers bénéficiant d’un droit de suite ne peuvent l’exercer qu’en cas
d’aliénation du bien cédé par le cessionnaire. Ce dernier informe préalablement du syndic

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de toute aliénation d’un bien cédé à son tour le syndic avertit les créanciers bénéficiant d’un
droit de suite.

Paragraphe 3 : La liquidation judiciaire.


La liquidation judiciaire en tant qu’issue ultime des efforts amiables judiciaires de
redressement consacre la fin de l’entreprise, l’arrêt de son activité et le licenciement de ses
salariés même si pour les besoins limités de la fin des contrats ou de fabrication, une
poursuite d’exploitation peut être exceptionnellement autorisée. A tout moment, le tribunal
peut ordonner la liquidation judiciaire d’office ou à la demande du chef de l’entreprise, d’un
créancier, du ministère public s’il lui apparait que la situation de l’entreprise est
irrémédiablement compromise. La déclaration de la liquidation judiciaire peut aussi
sanctionner l’échec de plan arrêté par le tribunal et proposé par le syndic. Le législateur a
défini les effets du prononcé de la liquidation judiciaire le déroulement des opérations de la
liquidation, le règlement des créanciers et le cadre juridique de la clôture des opérations de
la liquidation.

A- Les effets du prononcé de la liquidation judiciaire.


Le prononcé de la liquidation judiciaire entraîne deux effets dont l’un est de plein de droit et
l’autre à la discrétion des juges.

1- Le dessaisissement de plein droit du débiteur.


Le législateur a défini le domaine du dessaisissement du débiteur et ses limites.

a- L’étendu du dessaisissement du débiteur.


Le jugement qui prononce la liquidation judiciaire emporte de plein droit dessaisissement du
débiteur, de l’administration, et de la disposition de ses biens même de ce qu’il a acquis à
quelques titres que ce soit tant que la liquidation judiciaire n’est pas clôturée. Le
dessaisissement englobe tous les biens du débiteur, présent et à avenir qui présente pour le
créancier une valeur patrimoniale. Les droits et les actions du débiteur concernant son
patrimoine sont exercés par le syndic pendant toute la durée de la liquidation judiciaire.

b- Les limites au dessaisissement du débiteur.


Malgré le dessaisissement, le débiteur pourra exercer les actions personnelles. Ainsi pourra
se constituer partie civile en vue d’établir la culpabilité de l’auteur d’un crime ou d’un délit
dont il a été victime. Toutefois, les dommages-intérêts dont il obtiendra éventuellement
bénéficieront à la procédure ouverte.

2- La possibilité de poursuite temporaire de l’activité.


Le jugement qui prononce la liquidation judiciaire met fin à l’activité de l’entreprise.
Cependant, la continuité de l’exploitation est envisageable sous certaines conditions et
produit des effets sur certains contrats et certaines créances.

a- Les conditions de poursuite de l’activité.


La poursuite de l’activité de l’entreprise après le prononcé de la liquidation judiciaire est une
solution exceptionnelle, le législateur permet au tribunal, d’autoriser, si l’intérêt général ou
celui des créanciers exige et il lui permet également de fixer sa durée soit d’office ou à la
demande du syndic ou du procureur du Roi. Lorsque la poursuite de l’activité est décidée par

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le tribunal, l’administration de l’entreprise sera assurée par le syndic sous réserve de
certaines dispositions.

b- Les effets de certaines créances.


Les créances nées régulièrement après le jugement de liquidation bénéficient d’un privilège
de paiement, elles sont payées par priorité à toute autre créance assortie ou non de
privilège ou de sûreté. L’effet de la liquidation sur les contrats de bail, le prononcé de la
liquidation n’entraine pas de plein droit la résiliation du bail des immeubles affectés à
l’activité de l’entreprise, il est en conséquences reconnues au syndic le pouvoir de continuer
le bail ou de le céder dans des conditions prévues dans le contrat avec le bailleur, cette
cession doit être effectuée avec tous les droits et obligations qui s’y attachent. Le syndic
peut sur une simple demande du bailleur décider résilier le bail. La résiliation prend effet au
jour de cette demande, le bailleur qui souhaitera demander, faire constater la résiliation
pour des causes antérieures au jugement de liquidation judiciaire doit introduire sa
demande dans les 3 mois du prononcé du jugement. A défaut de demande de résiliation, le
bailleur est réputé avoir renoncé à se prévaloir des causes de résiliation déjà existantes à son
profit.

B- Le déroulement des opérations de liquidation.

1- La réalisation de l’actif.
La réalisation de l’actif n’implique pas seulement la vente des immeubles, meubles et les
unités de production de l’entreprise maos elle s’étend également à la possibilité de retrait
des biens gagés ou retenus par les créanciers.

a- La vente des immeubles.


Le législateur permet le choix entre deux méthodes de vente des immeubles. En effet, la
vente peur se réaliser soit par application des procédures de saisie immobilière
conformément au code de procédure civile ou par le recours à l’adjudication amiable. Dans
le cas d’option de la procédure de saisie immobilière, le juge commissaire fixe après avoir
recueilli les observations des contrôleurs et l’audition du chef de l’entreprise et du syndic ou
leur convocation sur le plan légal, il fixe le prix d’ouverture des enchères, les conditions
essentielles de la vente ainsi que les formalités de publicité. Lorsqu’une procédure de saisie
immobilière a été engagée avant le redressement ou la liquidation judiciaire et qu’elle a été
suspendue par suite de l’ouverture de cette dernière, le syndic peut être subrogé dans les
droits du créancier saisissant pour les procédures que celui-ci a effectué et qui sont réputées
accomplies pour le compte du syndic qui procède à la vente des immeubles. La saisie
immobilière peur alors reprendre son cours au stade où le jugement d’ouverture l’avait
suspendue. Le juge commissaire peut opter, à titre exceptionnel, et dans les respects des
mêmes conditions pour une vente amiable si la consistance des immeubles, leurs
remplacements, ou les offres reçues sont de nature à permettre une cession amiable dans
des conditions plus avantageuse. Le juge commissaire peut autoriser la vente soit sous
forme d’adjudication amiable sur la mise à prix qu’il fixe, soit même de gré à gré au prix et
conditions qu’il détermine. En cas d’adjudication amiable, il peut toujours être fait
surenchères du sixième conformément au code de procédure civile. Les adjudications

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réalisées en application des règles précédentes emportent purge des hypothèques. Le syndic
réparti le produit des ventes et règle le prix selon l’ordre des créanciers sous réserve de
contestations qui sont portées devant le tribunal.

b- La vente d’unité de production.


Les unités de production, qu’elles soient composées de tout ou partie de l’actif, mobilier ou
immobilier peuvent faire objet d’une cession globale.

 La procédure de la vente d’unité de production.

Le syndic publie les offres d’acquisitions et fixe le délai pendant lequel ces dernières seront
reçues. Toute personne intéressée peut soumettre une offre. Toutefois, ni le débiteur ni les
dirigeants de droit ou de fait ni aucun parent ni allié de ceux-ci jusqu’au deuxième degré
inclusivement ne peuvent se porter acquéreur. Par ailleurs, l’article 636 du code de
commerce a déterminé les différentes précisions que doivent comporter toute offre qui doit
être présentée par écrit. Toute offre doit être déposée au greffe du tribunal ou tout
intéressé peut en prendre connaissance, elle est également communiquée au juge
commissaire.

 La réalisation de cession d’unité de production.

Il appartient au juge commissaire d’ordonner la cession après avoir entendu le chef de


l’entreprise, les contrôleurs et le cas échéant le propriétaire des locaux dans lesquels l’unité
de production est exploitée. Il choisit l’offre qui lui parait la plus sérieuse et qui permet dans
les meilleures conditions d’assurer durablement l’emploi et le paiement des créanciers. Une
quotepart du prix de cession est affectée à chacun des biens cédés pour la répartition du
prix et l’exercice du droit de préférence enfin le syndic rend compte de l’exécution des actes
de cession.

c- La vente des autres biens.


La vente des autres biens meubles s’accomplie au choix du juge commissaire soit aux
enchères publiques soit de gré à gré. Dans le premier cas, le juge commissaire ordonne la
vente aux enchères publiques après avoir entendu ou dument appelé le chef de l’entreprise
et après avoir recueilli les observations des contrôleurs. Dans le deuxième cas le juge
commissaire peut demander que le projet de vente amiable lui soit soumis afin de vérifier si
les conditions qu’il a fixé ont été respectées.

d- La transaction et le compromis après la déclaration judiciaire.


Le syndic peut avec l’autorisation du juge commissaire et le chef d’entreprise qui sera
entendu, opérer d’une conciliation pour conclure une transaction sur toutes les
contestations qui intéressent collectivement les créanciers y compris celles relatives au droit
et des actions immobilières.

e- Le sort des biens gagés ou retenus.


Le syndic s’il est autorisé par le juge commissaire peut en payant la dette, retirer les biens
constitués en gage par le débiteur ou les choses retenues, en cas de difficulté de retrait de la

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chose gagée le syndic peut procéder à la réalisation du gage dans les 6 mois du jugement
d’ouverture de la liquidation judiciaire.

f- L’exigibilité des créances.


Le jugement d’ouverture de la liquidation judicaire rend exigible les créances non échues au
jour du prononcé du jugement.

2- Le règlement du passif.
Il se réalise par la répartition des produits sur les créanciers conformément aux articles 663
et suivants du code de commerce et la législation marocaine.

Partie III : Les procédures transfrontalières des difficultés de


l’entreprise.
Ces procédures constituent une innovation majeure de la loi du 19 Avril 2018 qui a défini les
règles générales, déterminée l’accès aux procédures nationales, admis la reconnaissance de
la procédure étrangère et précisée la coopération avec les tribunaux étrangers et le
représentant étrangers ainsi que les procédures concurrentes.

Chapitre I : Les dispositions générales.


Elles ont déterminées les objectifs de ces procédures et leur domaine d’application.

Section 1 : Les objectifs de procédure.


Les nouvelles dispositions ont pour objet d’offrir des mécanismes pour traiter des cas
transfrontalier des difficultés de l’entreprise. A cet effet, elles ont définies les actions
nécessaires et la terminologie particulière pour l’application de ces dispositions.

Paragraphe 1 : Les actions nécessaires.


Elles résident dans les dispositions suivantes :

- Faciliter la coopération entre les tribunaux marocains et les tribunaux étrangers


dans le cadre des procédures de difficultés de l’entreprise ;
- Renforcer la sécurité juridique dans le commerce et les investissements
transfrontaliers ;
- Administrer équitablement et efficacement les procédures transfrontalières de
manière à protéger les intérêts de tous les créanciers et les autres parties
intéressées y compris le débiteur ;
- Protéger et valoriser les biens du débiteur ;
- Faciliter la sauvegarde des entreprises en difficulté financière de manière à protéger
les investissements et protéger les emplois.

Paragraphe 2 : La terminologie spécifique.


Le législateur a précisé la terminologie spécifique aux difficultés de l’entreprise dans le cadre
des notions suivantes :

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1- La procédure étrangère.
Est considérée comme procédure étrangère toute procédure judiciaire ou administrative
relative aux difficultés des entreprises ouvertes dans un pays étranger y compris une
procédure provisoire soumise aux dispositions régissant des difficultés de l’entreprise dans
ce pays dans le cadre de laquelle les biens et les affaires du débiteur sont soumis au contrôle
ou à la surveillance d’un tribunal étranger aux fins de traitement ou de liquidation. Cette
procédure étrangère peut être principale ou non principale. La première concerne toute
procédure qui a lieu dans l’Etat où le débiteur à le centre de ses intérêts principaux. La
seconde vise toute procédure qui a lieu dans l’Etat où le débiteur à un établissement
entendu comme lieu d’opération où il exerce de façon non transitoire une activité
économique avec les moyens humains et les biens ou des services.

2- Le représentant étranger.
Il est défini comme une personne ou un organe autorisé dans une procédure étrangère à
administrer le traitement ou la liquidation des biens ou des affaires du débiteur ou à agir en
tant que représentant dans la procédure étrangère.

3- Le tribunal étranger.
Est considéré comme tel, toute autorité judicaire ou autres pour contrôler ou surveiller une
procédure étrangère.

Section 2 : Le domaine d’application.


Les procédures transfrontalières s’appliquent dans les cas suivants :

1- Lorsqu’une assistance est demandée dans le territoire du Maroc par un tribunal


étranger ou un représentant étranger relativement aux procédures des difficultés
des entreprises ;
2- Lorsqu’une assistance est demandée dans un Etat étranger en ce qui concerne une
procédure ouverte en vertu de la loi marocaine ;
3- Lorsque 2 procédures concernent le même débiteur sont ouvertes en même temps
au Maroc et à l’étranger ;
4- Lorsqu’il est dans l’intérêt des créanciers et des autres parties intéressées dans un
Etat étranger de demander l’’ouverture de la procédure ou de participer à ladite
procédure en vertu de la loi marocaine.

Il est à souligner que ces dispositions légales sont applicables sous réserve des engagements
prévus aux traités et conventions internationales ratifiés par le royaume du Maroc et publiés
au bulletin officiel. De plus il devra être tenu compte des règles de compétences telles que
définies par l’article 581 du code de commerce. Le tribunal compétent fait application des
dispositions précitées sauf si la mesure demandée est manifestement contraire à l’ordre
public. Toute interprétation des dispositions légales doit tenir compte de leurs origines
internationales et de la nécessité de promouvoir l’uniformité de leur application et le
respect de la bonne foi. Enfin, le tribunal compétent ou le syndic peut fournir une assistance
additionnelle à un représentant étranger en vertu de la législation en vigueur.

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Chapitre II : L’accès aux procédures nationales.
Section 1 : Les procédures d’ouverture.
Le législateur a défini les règles spécifiques d’accès aux procédures nationales et qui
dérogent à celle de la procédure civile. C’est ainsi que le représentant étranger est habilité à
adresser directement sa demande au tribunal compétent dans le territoire du royaume. Ce
dernier, est compétent en ce qui concerne les biens du débiteur ou ses affaires
commerciales à l’étranger ainsi que le statut du représentant de l’étranger dans les limites
indiquées dans la demande de ce dernier, le représentant étranger est habilité à demander
l’ouverture d’une procédure relative aux difficultés des entreprises si les conditions
d’ouverture d’une telle procédure sont réunies conformément aux dispositions légales
marocaines.

Section 2 : Le statut des créanciers.


Sous réserve des droits de priorité prévus par la législation nationale en vigueur, les
créanciers résidant à l’étranger ont les mêmes droits que les créanciers résidant au Maroc
aussi bien en ce qui concerne l’ouverture de la procédure que la participation à celle-ci.
Lorsqu’une notification devra être donnée à un créancier résidant au Maroc, elle devra
également être donnée au créancier à l’étranger et qui n’ont pas d’adresse au Maroc. Il
appartient au tribunal de prendre des mesures appropriés pour aviser tout créancier dont
l’adresse n’est pas encore connue. La notification est adressée individuellement au
créancier à moins que le tribunal ne juge selon les circonstances qu’une autre forme de
notification soit plus appropriée sans besoin de recourir à une commission rogatoire ou
autre formalité civile. Toute notification d’ouverture de la procédure qui doit être adressée à
des créanciers résidants à l’étranger doit observer les formalités suivantes :

- Le délai de déclaration des créanciers prévus à l’article 720 du code de commerce et


spécifier le lieu où elles ont été déclarées ;
- L’obligation de déclaration de créance pour les créanciers dont la créance est
assortie de sûreté ;
- Toute autre information requise pour la notification des créanciers conformément
aux dispositions du livre V du code de commerce et aux décisions du tribunal.

Chapitre III : La reconnaissance de la procédure étrangère.

Section1 : Les conditions de demande de la reconnaissance.

Paragraphe 1 : La présentation de la demande de reconnaissance.


La demande de reconnaissance dit être présentée au tribunal compétent par un
représentant étranger qui a été désigné en qualité dans une procédure relative aux
difficultés de l’entreprise. La demande doit être accompagnée des documents suivants :

- Une copie certifiée conforme de la décision du tribunal étranger prononçant


l’ouverture de la procédure étrangère ou un certificat du tribunal étranger attestant
l’ouverture de la procédure et la désignation d’un représentant étranger ;

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- Une déclaration du représentant étranger identifiant toutes les procédures
étrangères concernant le débiteur qui sont connues de lui ; Le tribunal peut exiger la
traduction en langue arabe des documents fournies, il statue sur la demande dans
les meilleurs délais.

Paragraphe 2 : La reconnaissance de la procédure étrangère.


Une procédure étrangère peut être reconnue soit à titre principal soit à titre non-principal.
Dans le premier cas, elle suppose qu’elle a lieu dans l’Etat où le débiteur à le centre de ses
intérêts principaux. Dans le second cas, le débiteur est censé avoir un simple établissement
conformément à la définition précitée. Sauf preuve contraire, le siège social de la personne
morale ou le lieu de résidence habituelle de la personne physique est réputé le centre des
intérêts principaux du débiteur. Il est à noter que le tribunal peut prononcer la modification
ou la cessation de la reconnaissance s’il apparait que les motifs de la reconnaissance étaient
totalement ou partiellement absents ou qu’ils ont cessés d’exister. A cet effet, à compter de
la présentation de la demande de la reconnaissance, le représentant étranger est tenu
d’informer sans délai le tribunal de toute modification substantielle de la procédure
étrangère ou de sa nomination en qualité de représentant étranger ainsi que de toute
procédure étrangère qui a été portée à sa connaissance. Dans l’intervalle entre
l’introduction de la demande de reconnaissance et le prononcé de la décision, le tribunal
peut sur demande du représentant étranger prendre à titre provisoire toute mesure
d’urgence au bien de l’entreprise pour protéger les biens et les intérêts des créanciers, c’est
ainsi que le tribunal peut prendre l’une des mesures suivantes :

- Arrêter ou interdire les actions en justice et toute mesure conservatoire ou voie


d’exécution sur les biens du débiteur ;
- Confier l’administration ou la réalisation de tout ou partie des biens du débiteur au
représentant étranger ou un syndic nommé par le tribunal, cette mesure peut se
justifier par l’objectif de protéger la valeur des biens lorsque de par leur nature ou
en raison d’autres circonstances ils sont périssables ou susceptibles de se dévaluer
ou d’être exposés à d’autres menaces ;
- Ordonner des mesures prévues aux alinéas 2ème et 3ème de l’article 786 du code de
commerce.

Il est à noter que les mesures prises ont un caractère provisoire et leurs effets cessent dès
qu’il est statué sur la demande de reconnaissance sous réserve des dispositions légales en
vigueur.

Paragraphe 3 : Les effets de la reconnaissance de la procédure étrangère.


La reconnaissance de la procédure étrangère principale a pour effet :

- Suspendre ou interdire les poursuites individuelles et les mesures exécutoires viser à


l’article 686 du code de commerce ;
- Interdire au débiteur de disposer de ses biens, les transférer, les céder ou constituer
des sûretés sur ses biens.

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Lorsqu’il est nécessaire de protéger les biens du débiteur et les intérêts des créanciers le
tribunal peut ordonner dès qu’il prononce la décision de reconnaissance à la demande du
représentant étranger toutes les mesures utiles autorisées par le livre V du code de
commerce notamment :

- Suspendre ou interdire les poursuites individuelles et les mesures d’exécution à


moins qu’elles ne découlent du jugement de reconnaissance de la procédure ;
- Assigner au mandataire étranger ou un syndic désigné par le tribunal, la mission
d’administrer ou de réaliser toute ou partie de l’actif du débiteur situé sur le
territoire du royaume ;
- Prendre toute mesure permettant de recueillir des preuves ou de fournir les
renseignements nécessaires relatifs aux biens, aux droits, aux obligations du
débiteur ;
- Prolonger toute mesure qu’il estime nécessaire.

Lorsque le tribunal prend l’une des mesures précitées pour le compte d’un représentant il
doit s’assurer que la mesure prise concerne seulement les biens administrer dans le cadre de
cette procédure ou à trait à des renseignements requis dans cette procédure. Le tribunal
peut d’office ou à la demande du représentant étranger ou toute autre personne lésée par
l’une des mesures précitées, modifier ou mettre fin à la mesure. Dès la reconnaissance d’une
procédure étrangère, le représentant étranger peut exercer toutes les actions, les
procédures autorisées au syndic en vertu de la législation marocaine pour la protection des
biens du débiteur et les droits des créanciers, il peut également intervenir dans les
procédures dans lesquelles le débiteur fait partie. Enfin, lorsqu’il s’agit d’une procédure
étrangère non-principale, le tribunal doit s’assurer que l’action concerne les biens qui en
vertu de la loi devrait être gérée ou administrée dans le cadre d’une procédure non-
principale ou que la mesure concerne des renseignements requis dans cette procédure.

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