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RTE - Poste 225 et 63 kV

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AA 1Annexe
Annexe 11
Fonctionnementdu
Fonctionnement duSystème
Système::
notionsde
notions debase
base

A.1.1 La maîtrise des transits


A.1.2 Le réglage de la fréquence
A.1.3 Le réglage de la tension
A.1.4 La règle du N-k
A.1.5 Les marges d’exploitation
et le mécanisme d’ajustement
A.1.6 Les plans de protection

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Lors de l’indisponibilité d’une liaison,
le transit qui la traversait se reporte
sur les ouvrages voisins encore en service.

RTE - Ligne 225 kV ruinée au col du Lautaret

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.1 La maîtrise des transits

Dans un réseau d’interconnexion, par essence maillé, la répartition des transits d’éner-
gie dépend essentiellement :
- de la localisation des charges,
- de la localisation des groupes de production en fonctionnement,
- des échanges transfrontaliers,
- de la localisation des moyens de compensation de l’énergie réactive,
- des impédances des ouvrages de transport.
Ces transits d’énergie constituent un flux allant des postes où sont raccordées les cen-
trales vers les postes où sont raccordés les clients ; il emprunte les lignes et les câbles
de transport en se répartissant au prorata de l’inverse de leur impédance. Ce qui est, en
quelque sorte, une préférence marquée pour le "chemin le plus court". Ce flux d’énergie
se matérialise par le courant qui traverse les ouvrages. Plus le transit d’énergie est élevé
et plus les intensités des courants seront fortes. Ces intensités peuvent croître, en parti-
culier lorsqu’un ouvrage a déclenché suite à un défaut. En effet, le transit supporté ini-
tialement par cet ouvrage va se reporter sur les ouvrages voisins : c’est le phénomène
du report de charge.
Or, à tout instant, l’exploitant du Système doit garantir que le courant de transit dans les
ouvrages de transport (liaisons aériennes et souterraines, transformateurs et autotrans-
formateurs) se situe en deçà d’un seuil fixé : intensité maximale admissible en régime
permanent (IMAP) pour les lignes et les câbles, courant nominal pour les appareils de
transformation.
En cas de dépassement, des protections de surcharge alertent le dispacher qui dispose
alors d’un temps limité, variable selon l’ampleur du dépassement (20 mn, 10 mn ou 1 mn
pour les liaisons 400 kV), pour ramener le transit à une valeur acceptable. Dans le cas
contraire, la protection de surcharge fait déclencher l’ouvrage à l’échéance de la tempo-
risation.
La régulation des transits est assurée en jouant principalement sur deux paramètres :
- la topologie du réseau : en adaptant les schémas d’exploitation, le dispatcher modi-
fie les impédances des différentes mailles du réseau (création de files longues
pour augmenter l’impédance du réseau ou, au contraire, mise en parallèle d’ou-
vrages pour la diminuer) et joue sur la répartition des charges par rapport aux
sources de production ;

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Les outils de conduite des dispatchings
permettent de surveiller
les transits en situation N ...

... et de détecter l’apparition


d’éventuelles contraintes en N - k.

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.1 La maîtrise des transits

- les programmes de production : en adaptant les programmes de production


des groupes, le dispatcher joue sur la répartition des sources de production par
rapport aux charges.
En situation ultime, le dernier recours est d’agir sur les charges en délestant de la clientèle.
Pour une topologie donnée, il est possible d’évaluer, grâce aux outils de conduite et de
simulation, les transits dans chacun des ouvrages en fonction du plan de production
adopté et de la localisation des charges. De la même façon, il est possible de calculer
l’impact du déclenchement d’un ouvrage de transport ou de production, sur la valeur
des transits dans les ouvrages restants.
La détermination de l’impact du déclenchement d’un ouvrage sur les ouvrages restants
fait appel à la notion de coefficient de report :
• pour les lignes et les câbles, le coefficient de report d’un ouvrage A sur un ouvrage
B donne la proportion du transit de l’ouvrage A qui se reportera sur l’ouvrage B, en
cas de déclenchement de A ;
• pour les ouvrages de production, le coefficient de report d’un groupe de production
sur un ouvrage de transport donne la proportion de la variation de puissance du
groupe qui se reportera, le cas échéant, sur l’ouvrage de transport.
Ces calculs sont utilisés en permanence, tant au niveau prévisionnel qu’au niveau temps
réel, pour vérifier la viabilité et la robustesse des schémas d’exploitation, notamment
vis-à-vis du respect de la règle du N-k.
En temps réel, ils sont réalisés de manière cyclique par l’outil de conduite ou à la deman-
de du dispatcher pour détecter l’apparition d’éventuelles contraintes en N-1 ou N-2 avec
la fonction d’analyse secondaire disponible dans les outils de conduite.

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Fréquence

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.2 Le réglage de la fréquence

A.1.2.1 LE MAINTIEN DE L’ÉQUILIBRE PRODUCTION-CONSOMMATION

La fréquence : une grandeur commune

Le réseau électrique européen est un système interconnecté comportant des organes de


production (centrales), des ouvrages de transport (lignes, postes) et des charges. En
fonctionnement normal, on peut considérer que la fréquence est uniforme à un instant
donné sur l’ensemble du réseau (les alternateurs, étant reliés entre eux par le jeu des
forces électromagnétiques, tournent tous à la même vitesse électrique).

La fréquence : une grandeur à surveiller

Le maintien d’une fréquence proche de sa valeur nominale est nécessaire au bon fonc-
tionnement des matériels électriques optimisés pour cette valeur ; la fréquence doit res-
ter comprise dans la plage 50 Hz ± 0,5 Hz.
De trop grandes excursions de fréquence sont en outre inadmissibles pour certains
matériels, dont les groupes de production, qui se retirent du réseau pour des écarts de
fréquence de 2 à 4 Hz.
Les petits écarts de la fréquence autour de sa valeur de référence, représentatifs du fonc-
tionnement normal d’un système, sont compensés par l’inertie des masses tournantes des
machines couplées au réseau.

Le réglage de la fréquence : l’action sur la production

Face aux évolutions normales de la consommation et aux divers aléas rencontrés en


exploitation (pertes de groupes de production ou de charges, ...), le maintien de l’équi-
libre offre-demande et d’une valeur satisfaisante de la fréquence nécessite d’adapter en
permanence le niveau de la production à celui de la demande. Trois niveaux d’action
cœxistent : le réglage primaire, le réglage secondaire (fréquence - puissance), le réglage
tertiaire.

A.1.2.2 LES RÉGLAGES AUTOMATIQUES EN TEMPS RÉEL

A.1.2.2.1 Le réglage primaire de fréquence

Le réglage primaire est assuré par les boucles de régulation ("régulateurs de vitesse")
situées sur les groupes de production.

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Quelques définitions

Pn : Puissance nominale du groupe (MW)


K : Énergie réglante primaire du groupe (MW/Hz)
Pn 1
˜= . : statisme de la régulation
Fo K
1
k= : gain statique
˜

Pour une tranche de 900 MW :


K = 450 MW/Hz
˜ = 0,04
k = 25

Quelques ordres de grandeur

Pour l’Europe, YKj ~ 20 000 MW/Hz dont plus d’un quart pour la France et la
péninsule ibérique.

Conséquence de la perte d’un groupe de 1 300 MW en France (taille des plus


grosses unités) :

• si la France était seule en réseau séparé (déconnectée du reste de


l’Europe) avec K = 5 000 MW/Hz, la chute de fréquence serait de
260 mHz et la contribution de chaque groupe au réglage primaire devrait
être de 13 % de sa puissance nominale (c’est-à-dire au delà des capacités
constructives de réglage primaire de fréquence de la plupart des installa-
tions de production) ;
• si la France est interconnectée au reste de l’Europe (situation norma-
le) avec K = 20 000 MW/Hz, la chute de fréquence est de 65 mHz et
chaque groupe réglant participe pour 3,2 % de sa puissance nominale.

L’interconnexion permet à tous les partenaires de mutualiser les


participations au réglage primaire de fréquence et à chacun de
réduire le dimensionnement de sa réserve primaire aussi bien au
niveau des dispositions constructives des nouvelles unités de
production qu’en exploitation.

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.2 Le réglage de la fréquence

Par une correction rapide (en quelques secondes) et décentralisée, il permet de


retrouver l’équilibre production-consommation après perturbation, si toutefois
la réserve primaire de fréquence disponible est suffisante.

Pour un groupe donné

Le régulateur de vitesse agit sur les organes d’admission du fluide moteur à la


turbine et cherche à imposer, à l’équilibre, une relation linéaire entre la vitesse
(image directe de la fréquence) et la puissance. En tenant compte des limita-
tions liées au matériel, la caractéristique statique de ce réglage est celle de la
figure ci-dessous.

Pmax : Puissance maximale


constructive
P, : Puissance affichée
au limiteur (puissance
maximale autorisée
au moment considéré)
Pc : Consigne de puissance
affichée
f0 : Fréquence de référence
(50 Hz)

Cette relation linéaire s’écrit sous la forme :

P - P0 = K (f - f0)

• Pour l’ensemble des groupes du réseau


Compenser une variation brutale du bilan ¨Pbil nécessite une action répartie
sur tous les groupes telle que, en fin d’action du réglage :

¨Pbil = YKj (f1 - f0)

YKj : Énergie réglante primaire du réseau.


f1 : Fréquence atteinte en fin d’action du réglage. Le réglage primaire rétablit
l’équilibre offre-demande si la réserve primaire est suffisante, mais la fré-
quence finale est différente de la fréquence de référence.
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Deux cas de positionnement du limiteur

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.2 Le réglage de la fréquence

¨Pbil = Y¨P des groupes. La réserve primaire disponible est la somme des
réserves primaires des groupes participants. Au niveau de l’Europe, la règle est
que cette réserve représente au moins 3 000 MW correspondant à la perte
simultanée des deux plus gros groupes existants (tranches N4 françaises).
Chaque groupe participant aura effectué une variation de puissance :
¨ Pj = - Kj Pnj (f1 - f0) / f0
Kj = 0 pour un groupe hors réglage ou atteignant le limiteur. Il importe donc
qu’un groupe en réglage primaire ne voie pas sa participation réduite par un
usage inapproprié du limiteur qui amputerait la réserve escomptée par l’ex-
ploitant du Système. On notera que les excursions de la fréquence sont d’au-
tant plus faibles que l’énergie réglante primaire (YKj) du réseau est grande.

LE RÉGLAGE PRIMAIRE RÉTABLIT L’ÉQUILIBRE


OFFRE-DEMANDE MAIS LA FRÉQUENCE FINALE
EST DIFFÉRENTE DE LA FRÉQUENCE DE RÉFÉRENCE

A.1.2.2.2 - Le réglage secondaire fréquence-puissance

L’adaptation rapide de la production à la consommation faite par le réglage pri-


maire, laisse, en fin d’action, un écart de fréquence. Elle provoque également
des variations de transit entre les pays : toutes les machines des différents pays
réagissent à la variation de la fréquence commune, même si la perturbation
s’est produite dans un pays voisin.
• Objectif du réglage secondaire
Soit ¨f l’écart de fréquence résiduel et ¨Pi l’écart entre le bilan Pi des puissances
observées sur les lignes d’interconnexion internationales d’un pays donné (la
France au hasard) et le bilan Pio des échanges contractuels à respecter (¨Pio > O :
exportation trop importante).

Pour un incident localisé en France, représentant une perte de production ¨Pi la


réaction de l’ensemble des groupes interconnectés se traduit par :
¨Pi + K ¨f = ¨P

¨Pi = écart d’échange. Représente l’aide apportée par nos partenaires.


K ¨f = action du réglage primaire français.
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L’objectif du réglage secondaire
fréquence-puissance (RSFP) :
- ramener la fréquence
à sa valeur de référence,
- ramener les échanges entre partenaires
à leurs valeurs programmées.

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.2 Le réglage de la fréquence

En divisant par K, on obtient un écart homogène à une fréquence :


¨E = ¨f + ¨Pi / K.

En fait, le réglage secondaire utilise le paramètre h, appelé "énergie réglante secon-


daire" tel que :
¨E = ¨f + ¨Pi / h
(sans entrer dans les détails, le réglage secondaire français inclut la
péninsule ibérique, ce qui conduit à choisir h = KFrance + péninsule ibérique, si l’on respecte
la loi de Darrieus explicitée plus loin).

Le réglage secondaire va alors intervenir avec un double objectif :

• ramener la fréquence à sa valeur nominale f = f0

et
• ramener les échanges entre partenaires à leurs valeurs contractuelles.

• Principe du réglage secondaire


Un organe centralisé situé au dispatching national a pour rôle de modifier le pro-
gramme de production des groupes afin d’annuler l’écart de puissance ¨Pi + h¨f.
Pour cela, il élabore, à partir des télémesures de la fréquence et des transits sur les
lignes d’interconnexion, un signal N(t) appelé niveau de téléréglage, compris entre
-1 et +1, et l’envoie aux groupes de production participant au réglage secondaire
afin de modifier leurs puissances de consigne.

Expression du niveau N(t) :

Certains paramètres sont à la disposition du dispatcher national :


_ : gain intégral (ou pente) du réglage (MW/tour),
Pr : demi-bande de réglage (MW),
h ; énergie réglante secondaire (MW/Hz),
` : gain proportionnel.

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Action du réglage secondaire en Europe
lors du déclenchement
d’un groupe de 1 300 MW en France

.
.

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.2 Le réglage de la fréquence

Choix des paramètres du réglage secondaire

• Choix des paramètres _ et h


Prenons l’exemple simple de deux pays, A et B, interconnectés. On note
PA et PB leurs productions, CA et CB leurs consommations intérieures, KA et KB
leurs énergies réglantes primaires, hA et hB leurs énergies réglantes secondaires,
Pio la puissance transitant de A vers B (programme).

À la suite d’une perturbation en A (par exemple une variation de consommation


¨CA), en admettant que l’action du réglage secondaire est lente devant celle du
réglage primaire, ce qui se vérifie si on choisit une constante de temps de l’in-
tégrateur suffisamment grande (de l’ordre de 100 s), on peut considérer que le
réglage primaire établit un premier équilibre.
On peut alors écrire :
¨PA = ¨CA + ¨Pi = KA ¨f et ¨PB = ¨Pi = - KB ¨f.

Les termes à intégrer sont :

et

Si on fait en sorte de choisir hA = KA et hB = KB on obtient ¨EB = 0. Seul le niveau


du pays A va donc varier pour rétablir f = f0 et ¨ Pi = 0.

LOI DE DARRIEUS

Si, pour chacun des partenaires, le paramètre est choisi égal à


l’énergie réglante primaire K, alors seul le réglage secondaire
du réseau perturbateur assurera la correction de la perturbation.

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Le respect, par chaque groupe,
de la contribution demandée par le réglage secondaire
permet d’assurer la qualité de la fréquence
et le respect du programme d’échanges.

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.2 Le réglage de la fréquence

• Participation des groupes au RSFP


RTE communique à chacun des producteurs sa contribution en MW au RSFP.
Les producteurs sélectionnent les groupes participant au RSFP en fonction de leurs
capacités dynamiques à moduler leur production et de leur coût. La constitution de
la bande de réglage peut nécessiter le démarrage de groupes supplémentaires.

Pour chaque groupe participant au RSFP, la puissance de consigne Pc = Pco + N pr


varie entre Pco - pr et Pco + pr (Pco consigne à 50 Hz et pr participation du groupe).

La relation Ypr = Pr permet d’assurer l’utilisation de toute la bande de


réglage pour N = ± 1.

• Valeurs possibles de la participation


- Tranches nucléaires : pr = 5 % Pn, soit 50 MW pour un REP 900 MW.

- Tranches thermiques classiques à puissance nominale : pr = 10 % Pn.

- Groupes hydrauliques : variable, pr peut atteindre, voire dépasser, 25 % Pn.

Mais ces participations peuvent être réduites pour certains groupes, de façon pro-
visoire ou permanente.

• Pente de variation de la puissance


Tous les groupes de production ne sont pas aptes à supporter fréquem-
ment des variations rapides de leur production. En fonctionnement normal, la
pente du niveau est limitée à environ 0,15/mn (7 MW/mn pour un groupe REP
900 MW, soit une traversée de la bande de réglage en 13 mn). Sur incident ( E
> seuil prédéfini), le régulateur passe en pente rapide : 0,9/mn, soit une explo-
ration de la bande de réglage en 2 mn.

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En fin d'action des réglages primaire et secondaire
sur une perturbation… deux situations possibles

Utilisation de toute la réserve secondaire : Pc = Pco + pr ; N = 1 (niveau en butée).


Les écarts ne sont pas entièrement résorbés.

Utilisation d'une partie seulement de la réserve secondaire Pc = Pco + N.pr.


Les écarts sont corrigés : f = 50 Hz, Pi = Pio.

La droite (N = 1, N = 0,…) caractérise le régulateur du groupe.


Le niveau décale la droite parallèlement à elle-même.
Notations :
P, : puissance au limiteur
Pco : consigne à 50 Hz et N = 0
Pc : consigne à 50 Hz
pr : demi-bande de réglage secondaire pour un groupe
Pn : puissance nominale
N : niveau
P : puissance active fournie
¨f : écart de fréquence
Pi : puissance échangée avec l'étranger

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.2 Le réglage de la fréquence

A.1.2.3 LES AJUSTEMENTS MANUELS EN TEMPS RÉEL

Le réglage tertiaire

L’exemple précédent montre que l’action du réglage secondaire, suite à une per-
turbation, peut ne pas résorber entièrement les écarts de fréquence et de transit de
puissance sur les interconnexions, le niveau atteignant sa butée (N = ±1). La réser-
ve primaire est alors entamée et la réserve secondaire épuisée. L’arrivée en
butée de niveau (haute ou basse) peut aussi être le résultat d’une dérive lente
entre la consommation et les programmes de marche des groupes (image de la
prévision de consommation). Il est nécessaire de reconstituer les réserves épui-
sées pour se prémunir de tout nouvel aléa.

En prévision de circonstances de ce type, il est prévu, par contractualisation


journalière en J-1, une réservation de puissance qui est décomposée en plu-
sieurs produits selon son délai de mobilisation et sa durée d’utilisation : réser-
ve tertiaire rapide 15 minutes, réserve tertiaire complémentaire 30 minutes,
réserve à échéance, ... Cette puissance est mobilisée, selon les besoins en temps
réel et les échéances, par appel sur le mécanisme d’ajustement (cf. § 1.5 de
cette annexe), afin de recaler les programmes de production sur la réalisation
et de reconstituer les réserves primaires et secondaires (f = 50 Hz, N = 0). La
réserve de puissance à mobilisation rapide est constituée avec des groupes qui
ne sont pas à la puissance maximale ou qui peuvent démarrer rapidement
(groupes hydrauliques, turbines à combustion). À noter qu’une réserve à la
baisse est également prévue, toujours par contractualisation.

Le réglage tertiaire, coordonné par le dispatching national, a pour but de mobi-


liser tout au long de la journée, autant que de besoin, la réserve tertiaire tout en
cherchant à la reconstituer ou à l’ajuster en fonction des évolutions du Système.
En s’appuyant sur le mécanisme d’ajustement, il fait appel à des offres à la
hausse par ordre de prix croissant en cas de production insuffisante. Dans le
cas contraire (excès de production), on fait appel à des offres à la baisse par
ordre de prix décroissant.

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LE RÉGLAGE DE LA TENSION
EST UNE NÉCESSITÉ POUR

A Exploiter le réseau en assurant la sûreté


A Maintenir la tension d’alimentation
des clients dans les plages contractuelles

A Respecter les contraintes


de fonctionnement des matériels

A Minimiser les pertes


A Utiliser au mieux la capacité
des ouvrages de transport

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

A.1.3.1 POURQUOI RÉGLER LA TENSION ?


Satisfaire les clients, les distributeurs et les producteurs
La tension constitue, avec la fréquence, un des principaux paramètres de la
sûreté du Système. Ce paramètre est commun aux différents utilisateurs :
clients, distributeurs, producteurs, raccordés sur un même nœud électrique.
Pour les clients et les distributeurs, chaque contrat de fourniture définit la ten-
sion d’alimentation déclarée et la plage de variation acceptée autour de cette
valeur. Ces deux termes, qui conditionnent le dimensionnement des appareils
récepteurs des clients, doivent être, à tout moment, respectés.
Pour le producteur, la tension doit également être maintenue dans une plage
convenue qui soit supportable par les installations de production, faute de quoi
les groupes peuvent être contraints à se déconnecter, ce qui affaiblit la sûreté
du système électrique.
Satisfaire les besoins du Système
Régler la tension est également nécessaire pour garantir le bon fonctionnement
global du Système, tant sous l’aspect économique que sous l’angle de la sûreté.
Un bon réglage permet en même de temps de diminuer les pertes réseau, d’utili-
ser au mieux les capacités de transport disponibles et d’éviter le risque d’effon-
drement en tension, tel que ceux qu’ont connus la Belgique en 1982, l’ouest de la
France et le Japon en 1987.
Respecter les contraintes de fonctionnement des matériels
Enfin, la tension doit être maintenue, en tout point du réseau HTB, dans une
bande étroite compatible avec le dimensionnement des matériels :
- des tensions trop hautes entraînent le vieillissement ou la destruction des
matériels raccordés ;
- des tensions trop basses provoquent des surcharges dans les lignes, per-
turbent le bon fonctionnement de certaines protections et des régleurs
en charge des transformateurs, affectent la tenue des auxiliaires des ins-
tallations de production et, d’une manière plus générale, des process des
utilisateurs du RPT.

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QUELQUES ORDRES DE GRANDEUR

On peut représenter une ligne THT par le schéma


équivalent suivant :

R : résistance des conducteurs


X : inductance de ligne
C : capacité homopolaire de la ligne

Pour une ligne 400 kV

R § 3 1 / 100 km
X § 30 1 / 100 km
C § 1,2 mF / 100 km soit environ 60 MVAR fournis par
100 km de ligne à vide (Ct/2 . UA2 + Ct/2 . UB2)

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

La tension : une grandeur qui fluctue


Mais, par nature, la tension fluctue. Elle est d’abord affectée par des variations
lentes et générales liées aux cycles d’évolution saisonnière, hebdomadaire et
quotidienne de la consommation (sans action préventive de la part de RTE, la ten-
sion serait plutôt basse aux heures de pointe et haute aux heures creuses) ; elle
subit aussi des variations rapides liées à de multiples aléas : fluctuations aléa-
toires des charges, changements de topologie du réseau, déclenchements d'ou-
vrages de transport ou de groupes de production.
Il est donc nécessaire, pour que la tension soit maintenue en tout point du réseau
HTB dans la plage souhaitée, de disposer de moyens de réglage adaptés et par-
faitement coordonnés entre eux.

A.1.3.2 TENSION ET RÉACTIF : UN COUPLE INSÉPARABLE


La tension en un point du réseau est fonction d'une part des forces électromo-
trices des générateurs qui y sont raccordés et, d'autre part, des chutes de tension
dans les divers éléments du réseau : machines, transformateurs, lignes, ...

Les chutes de tension


Si on examine le cas très simple d'une charge alimentée par une source de ten-
sion constante, à travers une ligne (cf. schéma ci-dessous),

on peut écrire de façon approchée, que la chute de tension dans la ligne (¨V=
V - V ), induite par les flux de puissance active et réactive (P et Q) appelés par
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la charge, est égale à :

¨V= (R P + X Q) / V2

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La puissance réactive voyage mal.

RTE - Lignes 400 kV

Au-delà d’une certaine distance,


la puissance réactive
fournie par les alternateurs
ne peut pas parvenir là où on en a besoin.

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

Pour une ligne THT, X • 10 R :

¨V § X Q / V2

C'est la circulation de réactif qui crée généralement les chutes de tension pré-
pondérantes.Tension et puissance réactive sont donc des grandeurs très liées.
Ainsi, la puissance réactive voyage mal (elle crée des chutes de tension). Cela a
pour conséquence qu’au-delà d'une certaine distance, la puissance réactive
fournie par les alternateurs ou les condensateurs ne peut pas parvenir jusqu'à
l'endroit où on en a besoin.
La puissance maximale transmissible
Par ailleurs, si l'on considère une charge variable purement active (Zch = Rch)
et que l'on examine l'évolution de la tension à ses bornes en fonction de la
puissance active qui lui est transmise à travers la ligne, on constate que lorsque
la charge augmente (c'est-à-dire lorsque Rch diminue), la puissance transmise
à la charge commence par augmenter, puis passe par un maximum, avant de
diminuer (cf. courbe ci-dessous) :

Il existe un point critique (correspondant à la tension critique Uc et à la puis-


sance maximale transmissible), au-delà duquel il devient impossible de faire
transiter plus de puissance vers la charge.
On retrouve là une propriété bien connue :
il existe une valeur maximale de puissance active transmissible à une charge à
travers une ligne, à partir d'une source de tension constante.

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Puissance maximale
transmissible à une charge

La puissance maximale transmissible à une charge


depuis une source à tension tenue est égale à :

2
U1 cos 
Pmax = .
Z 2 (1+cos(ß- ))

Elle atteint sa valeur maximale pour   = 0 et ß = 90° (Z = X) et vaut alors :

U12
Pmax =
2X
La puissance transmissible entre deux points à "tension
tenue" reliés par une réactance est égale à :

U1 U2
P= sin e
X
e = angle de transport

Sa valeur maximale est atteinte pour e = 90° et vaut :

Pmax = U1U2 / X

On voit que, si l’on parvient à maintenir la tension constante aux


bornes de la charge, la puissance maximale transmissible est deux
fois plus grande que lorsque la tension est maintenue constante uni-
quement aux bornes du groupe. D’où l’intérêt de disposer de nom-
breux points à tensions tenues.

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A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

Pour une charge quelconque Zch, cette puissance maximale correspond à une
valeur de l'impédance de la charge telle que : Zch / Z = 1 et s'exprime de la maniè-
re suivante :
2
U1 cos 
Pmax = .
Z 2 (1+cos(`- ))
où :
U1 est la tension tenue en un point du réseau,
Z est l'impédance de la ligne entre le point à tension tenue et la charge,
  est le déphasage introduit par la charge,
(tg   = 0 lorsque la charge est compensée exactement),
` est le déphasage introduit par la ligne.

Cette expression de Pmax montre, entre autres, que :


- plus la tension d'exploitation est haute (U1), plus la puissance maxima-
le transmissible est grande. D'où l'intérêt d'exploiter avec un plan de ten-
sion le plus haut possible ;
- plus l’impédance du réseau est faible (Z), plus la puissance maximale
transmissible est grande. D'où l'intérêt d'avoir un réseau suffisamment dimen-
sionné et d'exploiter avec le maximum de lignes disponibles ;
- plus   diminue, c'est-à-dire plus la compensation de la charge augmen-
te (grâce à l'adjonction de condensateurs), plus la puissance transmis-
sible croît. D'où l'intérêt de compenser au maximum (voire de surcom-
penser) et au plus près des charges, la puissance réactive qu'elles
consomment.

A.1.3.3 COMPENSATION DE LA PUISSANCE RÉACTIVE


Régler la tension suppose donc, tout d'abord, de maîtriser les transits de puis-
sance réactive qui sont dus à deux causes :
- la consommation des charges : elle est caractérisée par la tangente des
récepteurs, très variable selon le type de charge, lui-même différent selon
le type de jour (ouvré ou non) et l’heure (tangente   plus faible en
heures creuses qu’en heures pleines) ;
- les éléments du réseau (transformateurs, lignes et câbles) : les lignes peu-
vent fournir ou absorber de la puissance réactive, selon que la puissan-
ce transitée est inférieure ou supérieure à sa valeur caractéristique.

193
©RTE 2004
La stabilité en tension est dégradée
lorsque la tension d’exploitation baisse
ou lorsque les charges sont insuffisamment compensées.

Pour une tg  donnée, la Pmax transmissible augmente avec la


tension de la source.

Pour un niveau de tension donné, la Pmax transmissible augmente


avec la compensation de la charge.

194
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

Comment exercer une compensation efficace du réactif pour maîtriser ces transits ?

Sur les réseaux de distribution

Comme la puissance réactive voyage mal, les problèmes de réactif doivent être
au maximum traités localement si l’on veut pouvoir les régler. Les interfaces
entre transport et distribution ne peuvent donc pas être négligées vis-à-vis de
cette question.
La meilleure compensation est à l'évidence celle qui est effectuée au niveau des
appareils d’utilisation eux-mêmes en incitant le client, par un tarif approprié, à
installer des condensateurs. Mais elle n'est pas toujours suffisante et doit donc
être complétée par une compensation effectuée directement sur les réseaux de
distribution. Celle-ci est réalisée à l'aide de condensateurs installés sur les
réseaux HTA et commandés, pour l'essentiel, de manière automatique par des
relais varmétriques. Pour obtenir une "bonne compensation", il est indispen-
sable de disposer de condensateurs en quantité suffisante, installés là où cela
est nécessaire et commandés de façon efficace par des relais varmétriques dis-
ponibles et bien réglés. En cas contraire, il en résulte des problèmes de tenue
de la tension sur le réseau de distribution qui ont des conséquences néfastes
sur la sûreté du réseau de transport.

Sur les réseaux de transport

La compensation de la puissance réactive est également nécessaire à ce niveau.


Elle a pour but de compléter (si nécessaire) celle des réseaux de distribution et
de réaliser la compensation du réseau de transport.
Les alternateurs raccordés au réseau de transport peuvent fournir ou absorber
de la puissance réactive de façon très simple, en faisant varier leur courant
d’excitation. Ceci n’est bien sûr possible que dans les limites de réserve du
réactif permises par leur "diagramme de fonctionnement".
C’est pourquoi il faut que les moyens de production soient construits de façon
à disposer de réserves de réactif suffisantes. Il faut aussi que ces possibilités
soient réellement disponibles, et que les réserves réelles soient connues des
exploitants du Système ; dans le cas contraire, la sûreté du réseau est mise en
danger, puisque les exploitants risquent de compter sur des réserves qui en fait
n’existent pas.

195
©RTE 2004
Régler la tension suppose de maîtriser
les transits de puissance réactive

196
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

L’action des groupes peut se révéler insuffisante, du fait de leur localisation sur
le réseau (le réactif voyage mal !), de leur indisponibilité ou de leurs possibili-
tés limitées. Il est donc nécessaire de recourir à d’autres moyens de compen-
sation : condensateurs, réactances, voire compensateurs synchrones. Ici aussi,
il est primordial pour la sûreté que ces moyens soient installés là où il convient
et soient effectivement disponibles.

Compte tenu des caractéristiques très différentes des groupes de production et


des condensateurs, en matière de contribution au réglage de la tension et de
compensation du réactif, un usage pertinent de ces différents moyens s’impo-
se. Les groupes fournissent un réactif qui est mobilisable instantanément et
peut être régulé de façon très fine. De son côté, la manœuvre des gradins de
condensateur nécessite des délais et se fait en tout ou rien ; de plus, le réactif
fourni par un condensateur diminue quand sa tension baisse. Les condensa-
teurs sont un moyen utile, mais leur réactif n’est pas du tout comparable au
réactif "dynamique" des groupes de production.
En pratique, on privilégie la mobilisation des moyens de compensation sta-
tique (condensateurs, réactances) afin de préserver une partie du réactif des
groupes pour les réglages fins et rapides et la réponse aux incidents.

A.1.3.4 RÉGLAGE DE LA TENSION DE RÉSEAU THT


Sur le réseau THT, le contrôle de la tension en régime normal est obtenu par une
succession de trois niveaux de commande ayant des constantes de temps éche-
lonnées dans le temps et permettant de mobiliser les réserves réactives sur des
zones de plus en plus étendues.

Sur les réseaux de niveau de tension inférieur (90, 63 kV et HTA), le réglage de


la tension est assuré par les régleurs en charge automatiques installés sur les
transformateurs THT/HT et HTB/HTA.

197
©RTE 2004
Limites constructives de l’alternateur :
le diagramme P-Q aux bornes du stator
Pour une tension donnée aux bornes stator, le domaine de fonctionne-
ment possible de l’alternateur a l’allure suivante, exprimé dans les axes
puissance active-puissance réactive.

3
1

Les limites du domaine correspondent à diverses contraintes physiques :


1 limite liée à l’échauffement des zones d’extrémité du stator
(combinaison des flux stator et rotor),

2 limite d’intensité stator


(problème d’échauffement des circuits statoriques),

3 limite de courant rotor (problème d’échauffement des circuits


magnétiques dû aux pertes fer) (cas des turboalternateurs),

4 limite de l’induction dans l’entrefer (échauffement des tôles du


circuit magnétique dû aux pertes fer) (cas des turboalternateurs),

À chaque valeur de la tension stator correspond un diagramme différent.

198
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

Le réglage primaire automatique de tension


Les alternateurs sont les seules sources qui permettent d’avoir sur le réseau de
transport des points à tension régulée constante ; il faut pour cela qu’ils soient
équipés d’un régulateur primaire de tension. Ce dispositif automatique asservit
des grandeurs locales (le plus souvent la tension, plus exceptionnellement la
puissance réactive) à des valeurs de consigne, en agissant sur la tension d’ex-
citation de l’alternateur.
Cette action est quasiment instantanée et elle permet de répondre aux fluctua-
tions aléatoires de la charge, changements de topologie et incidents, du moins
tant que le groupe de production n’atteint pas ses limites de réactif. Il s’agit
ainsi du moyen le plus précieux qui existe en matière de réglage de tension.
Tout doit donc être fait pour que les groupes soient équipés de régulateurs pri-
maires bien réglés et pour que les possibilités de réactif des groupes soient
réellement disponibles et connues des opérateurs de conduite du Système.
Le réglage secondaire automatique de tension
Lorsqu’ils sont sollicités, les régulateurs primaires agissent instantanément et
trouvent automatiquement un nouveau point de fonctionnement de l’alterna-
teur. Si l’on n’agit pas sur les consignes des régulateurs, certains groupes risquent
de produire inutilement du réactif qui sera consommé par d’autres.
Par ailleurs, au-delà de l’action locale des régulateurs primaires et de celle des
régleurs en charge, la maîtrise du plan de tension nécessite des actions plus
globales, au niveau régional, pour faire face aux variations de la charge et de la
topologie.
Cette coordination des actions est assurée sur le réseau THT français de façon
automatique par le réglage secondaire de tension (RST).
Son principe consiste à organiser le réseau en "zones" de réglage et à contrôler
le plan de tension séparément à l’intérieur de chaque zone en agissant de façon
automatique et coordonnée sur la puissance réactive de certains groupes de
production de la zone. Ces groupes, asservis au RST, sont appelés "groupes
réglants".
L’action du RST consiste à réguler la tension d’un point particulier de la zone, le
"point pilote", qui est choisi de façon à ce que sa tension soit bien représentati-
ve de celle de l’ensemble de la zone.

199
©RTE 2004
Mode de réalisation du RST
Le RST assure simultanément, dans chaque zone, la régulation du plan de
tension et la répartition de la puissance réactive entre les groupes réglants.

Le schéma d’asservissement comporte une boucle de régulation si-


tuée au dispatching régional (régulateur de zone) qui permet de modifier
automatiquement la consigne du régulateur primaire de tension des
groupes asservis.

Jeu de barres
Transmission de la tension du point pilote Vp
pilote

Participation
Qr
réactif produit par le groupe
Boucle
X en
Consigne Régulateur réactif
Vc de zone
Uex
Consigne Uo
Régulateur
Dispatching Niveau primaire
régional N de tension
tension stator U

Groupe i + 1 Groupe de production i


Groupe i + 2 Réseau

Vc : tension de consigne du RST (pour le point pilote)


Uex : tension d'excitation de l'alternateur
Vp : tension mesurée au point pilote
Uo : consigne du régulateur primaire de tension

200
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

Pour que ce dispositif soit efficace, il convient de disposer dans la zone de


groupes réglants capables de fournir une puissance réactive suffisante.
Il faut aussi qu’il soit possible de trouver des zones de réglage suffisamment
indépendantes. Comme l’évolution du système électrique a accentué les cou-
plages entre zones, ceci a conduit à développer un nouveau système, appelé
réglage secondaire coordonné de tension (RSCT), utilisé dans la région Ouest,
capable de tenir compte de ces interactions.
La bonne contribution du RST et du RSCT à la sûreté de fonctionnement du
Système demande bien sûr des actions appropriées des opérateurs : maintien
de la disponibilité et de la performance des régulateurs, mise à disposition de
liaisons de transmission fiables et performantes, respect des consignes d’ex-
ploitation. Il faut aussi qu’un nombre suffisant de groupes participent aux
réglages primaire et secondaire.

Le réglage tertiaire de tension

Le réglage tertiaire de tension est manuel. Il s’agit de l’ensemble des actions


commandées par les opérateurs des dispatchings pour coordonner le plan de
tension entre les différentes zones de réglage secondaire.

Les régleurs en charge de transformateurs

Afin de maintenir le plan de tension sur les réseaux 90 kV et 63 kV (et en HTA),


les transformateurs THT/90-63 kV (et les transformateurs HTB/HTA) sont munis
de régleurs en charge automatiques. En modifiant le rapport de transformation
en fonction des variations de la tension au primaire, les régleurs permettent de
maintenir la tension autour de la valeur de consigne au secondaire. Les chan-
gements de prise sont effectués avec une temporisation initiale (passage de la
première prise) de 30 secondes pour les transformateurs du réseau de trans-
port (1 minute pour les transformateurs HTB/HTA), puis de 10 secondes pour le
passage des prises suivantes.
Très utiles en situation normale, ces dispositifs risquent en situation d’incident
de contribuer aux écroulements en tension (cf. § suivant).

201
©RTE 2004
Illustration de l’action du RST
Considérons sur le réseau simplifié suivant que le groupe G2 en
pleine fourniture de réactif déclenche à t = t0

Évolution des tensions si le RST est hors service :

Évolution des tensions si le RST est en service :

202
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.3 Le réglage de la tension

A.1.3.5 LE PROBLÈME DE L’ÉCROULEMENT DE TENSION


La marge qui sépare, à tout instant, le fonctionnement du Système de l’écrou-
lement en tension dépend beaucoup des conditions d’exploitation du réseau :
valeur de la tension, choix des prises des autotransformateurs et des transfor-
mateurs principaux des groupes, évolution de la charge, topologie, points où la
tension peut être tenue par des groupes de production, déclenchements de
lignes, ... Elle peut se réduire soudainement en présence d’aléas, tels que le
déclenchement de groupes ou l’atteinte par les groupes de leurs limites de
réactif.

Les régleurs en charge des transformateurs risquent de favoriser les écroule-


ments de tension si des précautions ne sont pas prises. En effet, lorsqu’ils
détectent une tension basse du côté des charges, ils provoquent des change-
ments de prise jusqu’à retrouver la tension de consigne souhaitée. Ceci conduit
à augmenter les courants dans les lignes côté HTB et à accroître les chutes de
tension, en rapprochant toujours plus le point de fonctionnement du Système
du point critique caractérisant l’écroulement de tension. Dans ce cas, en France,
des dispositifs automatiques permettent de bloquer les régleurs en charge sur
la prise courante, voire de revenir à une prise plus haute. Le critère de blocage
est le franchissement d’un seuil minimal de tension sur un noeud électrique
représentatif de chaque zone du réseau.

203
©RTE 2004
La règle du N-k définit le niveau
de risque maximal accepté.

204
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.4 La règle du N-k

L'exploitant du Système doit faire en sorte, qu'à tout instant, le Système reste
viable après un aléa hypothétique sur la situation nominale conduisant à la
perte(1) de k ouvrages (cf. § 2.3). Vis-à-vis de ce type d’aléa, il peut néanmoins
tolérer un certain risque en fonction d'un arbitrage coût - sûreté.

La règle du N-k définit le niveau de risque maximal toléré, évalué par une
valeur de référence du produit "Probabilité de l’événement x Profondeur de
coupure" : plus la probabilité d’un événement est forte, plus la coupure admi-
se (en MW) est faible.

Cette valeur de référence partage le plan "conséquences - probabilité" en quatre


domaines distincts :
- la zone des risques acceptables (zone 4),
- la zone des risques inacceptables (zone 3),
- la zone des conséquences inacceptables (zone 2),
- la zone des risques pour laquelle l'exploitant du Système accepte de sollici-
ter le plan de défense (zone 1).
Si les conséquences potentielles d'un aléa sont inacceptables (zone 2) ou si le
risque encouru est supérieur au risque maximal toléré (zone 3), l'exploitant du
Système doit ramener la coupure prévisionnelle aux niveaux tolérés ou, si ce
n'est pas possible, la minimiser, en prévisionnel et en temps réel.
Pour cela, il peut mettre en œuvre des moyens entraînant des surcoûts d'ex-
ploitation. Lorsque plusieurs solutions sont possibles, il doit chercher à mini-
miser les conséquences des événements redoutés.

(1) : Il s’agit bien de la perte d’ouvrages ; les ouvrages consignés sont déjà déclarés
hors service dans l’état nominal du réseau.
205
©RTE 2004
La perte d’un groupe de production ne doit pas avoir
d’impact sur l’alimentation de la clientèle.

SNET - Centrale de Provence

206
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.4 La règle du N-k

Le tableau ci-après dresse une liste d'événements types à prendre en compte et


précise, pour chacun, les conséquences et les risques tolérés.

207
©RTE 2004
Des réserves de puissance active
doivent être pré-disposées
pour assurer l’équilibre offre-demande
et résoudre les congestions sur le RPT.

EDF - CNPE de Saint-Laurent-des-Eaux

208
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.5 Les marges d’exploitation


et le mécanisme d’ajustement

A.1.5.1 LES RÉSERVES ET MARGES D’EXPLOITATION

A.1.5.1.1 Les besoins de réserves

Conformément au rôle qui lui est assigné par l’article 15 de la loi n° 2000-108, RTE
assure l'équilibre entre l’offre et la demande sur l’ensemble du système électrique
français et résout les éventuelles congestions du réseau public de transport, sur un
horizon allant de la préparation journalière en J-1 jusqu’au temps réel en J.

Chaque producteur gère la mobilisation des moyens nécessaires pour fournir la


consommation de ses clients, et certains aléas. RTE établit sa prévision de
consommation globale France et calcule les valeurs des réserves requises pour
couvrir les différents types d’aléas.

En temps réel, les réglages primaire, secondaire et tertiaire permettent de gérer


l’équilibre offre-demande, en utilisant des réserves ménagées à cet effet. RTE
évalue les réserves effectivement disponibles. Si celles-ci sont insuffisantes, RTE
procède à des ajustements sur les moyens de production.

A.1.5.1.2 Les aléas sur l’équilibre offre-demande

• Aléas sur la consommation


L'aléa météorologique (température, nébulosité) a une forte influence sur la
consommation : ainsi, en hiver ou inter-saison, un écart de température d'un
degré se traduit par une variation de la consommation pouvant atteindre 1 600
MW. De même, en été, lorsque la température est supérieure à 250 C, un degré
de plus génère une sur-consommation pouvant aller jusqu’à 600 MW due au
fonctionnement des divers moyens de production de froid (ce phénomène
augmente chaque année avec le niveau d’équipement en appareils de
ventilation ou de climatisation).

Une autre perturbation sur la consommation est liée aux enclenchements ou


déconnexions de charges en début et fin de périodes tarifaires (heures
creuses, EJP, …).

• Aléas sur la production


Les moyens de production, comme tous les composants du Système, sont affectés
dans leur fonctionnement par un certain nombre d’événements fortuits et/ou de
limitations entraînant, en temps réel, l’indisponibilité fortuite d’un certain volume
de production.

209
©RTE 2004
Depuis le 1er juin 1998,
la valeur recommandée par l’UCTE
est déterminée à partir de la courbe ci-dessous :

Cette courbe, de la forme :

Pr = a Lmax + b2 - b

est établie de manière empirique avec :


a = 10 et b = 150

Pr = Demi-bande de réglage secondaire recommandée en MW

Lmax = Charge maximale prévue de la zone de réglage en MW


pour la période considérée

210
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.5 Les marges d’exploitation


et le mécanisme d’ajustement

• Variations sur les échanges internationaux


L’augmentation sensible des échanges est accompagnée d’une concentration des
modifications des programmes d’échanges à certaines heures et des
"changements de parallèle" de plusieurs milliers de MW entre la France et les autres
pays sont courants. Dans ces phases de transition, le réglage secondaire
fréquence-puissance est fortement sollicité.

A.1.5.1.3 Définition et dimensionnement des réserves et marges

Réserve primaire
Dans un réseau interconnecté, la réserve primaire est la somme des réserves
primaires des groupes en réglage primaire. La réserve primaire d’un groupe est
la marge de puissance allouée au réglage primaire de fréquence (cf. annexe A.1.2).

La règle UCTE prescrit pour la France une réserve primaire de 700 MW en


permanence (+ 150 MW si fréquence de référence à 49,99 Hz / - 150 MW si
fréquence de référence à 50,01 Hz).

Réserve secondaire

Pour un GRT ou plusieurs GRT appartenant à un même bloc de réglage, la réserve


secondaire est la somme des réserves secondaires des groupes asservis au réglage
secondaire fréquence-puissance.

La réserve secondaire (instantanée) d’un groupe correspond à la puissance (à la


hausse ou à la baisse) encore disponible sous l'action du RSFP à un moment donné,
compte tenu de la valeur du niveau N de RSFP à cet instant. Elle est égale à la
Participation au RSFP lorsque le niveau N de RSFP est égal à 0, hypothèse prise dans
les études prévisionnelles.

RTE détermine pour chaque point demi-horaire le besoin de réserve secondaire : valeur re-
commandée par l’UCTE pour les périodes où le gradient de la demande (con-
sommation France + échanges internationaux) est faible (cf. page ci-contre) ou valeur
majorée pour les périodes où le gradient de la demande est fort, avec un minimum de
500 MW quel que soit le niveau de la demande.

Réserve tertiaire
La réserve tertiaire, à la hausse ou à la baisse, est la puissance mobilisable en moins
d’une demi-heure. Elle est constituée à partir des offres d'ajustement soumises sur le
mécanisme d’ajustement (cf. § 1.5.2 de cette annexe) qui ont un délai de mobili-
sation compatible avec l'utilisation envisagée dans le cadre du fonctionnement
normal de ce mécanisme.
211
©RTE 2004
Elle comprend deux parties :
• la réserve tertiaire rapide : réserve de puissance mobilisable en moins de 15
minutes, pour une durée garantie d’au moins une heure pour chaque acti-
vation et au moins deux fois par jour.

D’une valeur minimale de 1 000 MW, la réserve tertiaire rapide a vocation à


compléter les contributions au service de réglage secondaire de la fréquence.

• la réserve tertiaire complémentaire : réserve de puissance mobilisable dans


un délai compris entre 15 minutes et une demi-heure, pour une durée garan-
tie d'au moins six heures consécutives pour chaque activation et au moins
une fois par jour.

D’une valeur minimale de 500 MW, la réserve tertiaire complémentaire est desti-
née à reconstituer la réserve tertiaire rapide.

Réserve différée

Puissance mobilisable dans un délai supérieur à une demi-heure et dont l'utilisation


est garantie pour une durée consécutive donnée. La réserve différée permet de
reconstituer chaque fois que cela est nécessaire le niveau de réserve tertiaire à la
hausse (ou à la baisse) voulu, donc le niveau de la marge d'exploitation.
Marge d’exploitation (ou Marge)

À l'instant t0, la marge d'exploitation pour une échéance donnée t0 + d


correspond à la différence entre :

- d'une part, l’offre(1) connue à l’instant t0 comme devant être disponible à t0 + d


(à l’exception d'actions exceptionnelles ou de sauvegarde),
- d'autre part, la demande estimée à l’instant t0 comme probable à t0 + d.

Pour une marge à la hausse (ou à la baisse), c'est la production maximale (ou la pro-
duction minimale) offerte qui sera prise en compte.
Des disponibilités de réserves convenues entre GRT à l’horizon t0 + d (réserves
"communes") peuvent aussi s’intégrer, le cas échéant, à la marge d’exploitation.

(1) : Par offre on entend pour l’essentiel la production disponible ou déclarée comme telle
par les responsables de programmation dans les programmes d'appel et la produc-
tion offerte dans le cadre du fonctionnement normal du mécanisme d'ajustement.
212
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.5 Les marges d’exploitation


et le mécanisme d’ajustement

Liens entre réserves et marge d’exploitation : exprimée d'une autre façon, la


marge est la somme algébrique des réserves secondaire (ou plus précisément de
la participation au RSFP des groupes), tertiaire, différée, communes, qui
correspondent chacune à des caractéristiques particulières, et du "bouclage"(1) .

La marge d'exploitation courante correspond à la marge constatée à l'instant


courant t0. Elle est établie à partir des valeurs courantes connues à l'instant t0 des
réserves et du bouclage et traduit le degré de sévérité de la situation vécue à t0.

Marge 15 minutes

Il s'agit de la puissance mobilisable en moins de 15 minutes. Elle est constituée de


la réserve tertiaire rapide et de la réserve secondaire et doit permettre de com-
penser la perte du plus gros groupe couplé (qui peut être d’environ 1 500 MW).

Quelles marges conserver ?

La marge requise est la marge jugée nécessaire pour respecter un niveau de risque
prédéfini de faire appel aux moyens permettant d’éviter une défaillance du système
électrique liée à l’équilibre production-demande. Elle est fonction du niveau de
production/demande, de la fiabilité estimée des moyens de production, de la
caractérisation des aléas de consommation, ...

Chaque jour, en J-1, RTE définit ce volume pour diverses échéances représentatives et
s’assure, en J-1 puis en temps réel, que la marge disponible à ces échéances reste
supérieure à la valeur requise. Il vérifie plus particulièrement que les offres présentes
sur le mécanisme d’ajustement permettent d’atteindre cet objectif.

Le risque admis

Les marges d’exploitation permettent de faire face aux aléas. Les fournisseurs ont la
responsabilité de constituer les marges leur permettant de se couvrir contre les risques
associés à leurs engagements contractuels. Les textes règlementaires ne fixant pas le
niveau de risque minimal pour lequel les acteurs doivent se couvrir, ces derniers
déterminent eux-mêmes ce niveau.

RTE, compte tenu de son expérience dans ce domaine, définit le niveau de risque qu’il
lui paraît pertinent de couvrir pour l’ensemble du système électrique français. Ce
niveau est défini et valable pour les différents horizons temporels. Les règles

(1) : Le bouclage est un indicateur caractérisant le déséquilibre entre la production program-


mée (en fait la somme des consignes de puissance active transmises aux producteurs
par RTE) et la demande (consommation + échanges).
213
©RTE 2004
actuelles sont telles que la probabilité de faire appel à des moyens exceptionnels
et actions de sauvegarde (interruption de contrat, délestage de clientèle, montée
à Pmax pour les groupes, ...) soit inférieure à :

- 1 % à la pointe du matin,
- 4 % à la pointe du soir.

Ordres de grandeur

À risque constant, la marge nécessaire évolue en fonction de l’horizon temporel


considéré : à des échéances rapprochées, la marge requise diminue en volume
puisque les risques d’aléas décroissent et que l’avenir est de plus en plus
déterministe ; a contrario, aux échéances plus lointaines, le volume augmente
puisque l’incertitude sur les aléas s’accroît. L’accroissement du volume n’est
cependant pas une fonction linéaire puisque doivent rentrer en ligne de compte
les moyens qui peuvent être rendus disponibles d’ici à l’échéance du temps réel.

L’objectif, tel qu’il est d’usage dans les règles d’exploitation du Système, est de
disposer en temps réel d’une marge de 2 300 MW à échéance 2 heures et
d’environ 1 500 MW à 15 minutes.

Marge d'exploitation en régime dégradé

La marge d'exploitation constituée ne permet pas, par définition, de faire face à


n'importe quel aléa. Si elle se révèle insuffisante à l'approche de l'échéance sans
qu'il soit possible de la reconstituer par les actions usuelles, il convient alors
d'utiliser les moyens prévus pour la conduite en régime dégradé.

En particulier, lorsque la marge à 2 heures ou celle à 15 minutes ne peut pas être


respectée, un message "Alerte situation critique pour marge insuffisante" est
activé par le CNES à destination des producteurs (cf. par ailleurs en A.1.5.2 le §
"Insuffisance des offres d’ajustement").

214
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.5 Les marges d’exploitation


et le mécanisme d’ajustement

A.1.5.2 LE MÉCANISME D'AJUSTEMENT


Pourquoi un mécanisme d’ajustement ?
Comme indiqué précédemment, RTE doit disposer, en préparation journalière et en
temps réel, des marges lui permettant d’assurer l’équilibre offre-demande global
France et la résolution des congestions sur le RPT.
RTE incite les acteurs du marché à offrir les moyens disponibles pour constituer ces
marges. À cette fin, après une large concertation avec les différents acteurs concernés,
RTE a mis en place le 31 mars 2003 un mécanisme d'ajustement (MA) qui permet de
mutualiser les moyens disponibles.
Ce dispositif fonctionne par soumission des offres des acteurs d’ajustement. Tout
acteur qui le souhaite peut participer au mécanisme sous réserve qu’il respecte les
règles validées par la Commission de Régulation de l’Énergie.
Les acteurs soumettent leurs offres d’ajustements. RTE fait appel à ces offres selon
les besoins d’ajustement, en fonction des conditions associées (prix, conditions
d’utilisation des offres et contraintes techniques) et en tenant compte des
conditions d'exploitation du Système. Les offres activées sont rénumérées au prix
d’offre.
Représentant un volume physique brut (hausse et baisse) de l'ordre de 15 TWh
annuels, le mécanisme d'ajustement offre ainsi un intérêt mutuel à chaque acteur :
- pour les différents offreurs, valoriser leurs capacités d'effacement ou leurs
souplesses de production à la hausse comme à la baisse, tout en fixant tous
les paramètres de l'offre (prix, période, conditions),
- pour RTE, assurer en permanence la sûreté du Système et faire émerger un prix de
référence pour le règlement des écarts.
Qu’est-ce qu’une offre d’ajustement ?
Chaque acteur transmet à RTE, en J-1 avant 16 h, un programme de production
(programme d'appel ou PA) ou une référence de consommation et soumet, pour
chacune de ses entités d'ajustement qu'il souhaite proposer, une offre définie par les
paramètres suivants :
- sens d'ajustement (hausse/baisse),
- période sur laquelle porte l’offre,
- prix éventuellement différent sur des plages horaires définies a priori,
- conditions d'utilisation.
Pour les producteurs, le volume de l’offre est implicite : il correspond respectivement à
Pmax - PA pour l’offre à la hausse, PA - Pmin pour l’offre à la baisse.

215
©RTE 2004
Pour les consommateurs, l’offre correspond au volume d’effacement ou de sur-
consommation possible par rapport à la consommation prévue.

Pour les autres acteurs, le volume de l’offre -à la hausse ou à la baisse- est exprimé de
manière explicite.

Soumission des offres d’ajustement

Le mécanisme d’ajustement fonctionne en continu (24h/24) pour la transmission


des offres à RTE (nouvelles offres, modification ou suppression d'offres soumises
précédemment) et de manière séquencée pour la prise en compte des offres, sur
la base de guichets répartis sur la journée J. Chaque clôture de guichet est suivie
d’une période de neutralisation s'appliquant aux redéclarations d’offres. Sur
cette période, une offre ne peut être :
- activée par RTE,
- retirée ou modifiée par l’offreur.

Chaque acteur d’ajustement s'engage à ne pas proposer l'énergie mise à disposition


par les différentes offres à un autre acteur et RTE s'engage à prendre en compte et à
respecter toutes les conditions d'utilisation déclarées de ces offres.

Mobilisation des offres d’ajustement

RTE mobilise les offres, en J-1 ou en temps réel, pour l’une au moins des causes
suivantes :

• P = C, pour rétablir l'équilibre offre demande global France ;


• Réseau, pour résoudre une congestion sur le réseau national, sur le réseau
régional ou sur une interconnexion internationale ;
• Services Système, pour reconstituer les minima requis en réserve primaire et
secondaire ;
• Marge, pour restaurer la marge d’exploitation au niveau requis pour les
diverses échéances futures.
216
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.5 Les marges d’exploitation


et le mécanisme d’ajustement

Le programme d'appel modifié par les demandes d'ajustement de RTE, tant en J-1
qu'en temps réel, et éventuellement par des redéclarations des acteurs, devient
le programme de marche.

L'ajustement est, quantitativement, la différence entre les deux puissances


(programme de marche PM et d’appel PA).

Insuffisance d’offres d’ajustement


La disponibilité d’un volume suffisant d’offres à la hausse et à la baisse pour le respect
des niveaux de marges requis et la résolution des congestions réseau est vérifiée par
le CNES et les URSE en J-1 et en temps réel.
En cas d’insuffisance d’offres, RTE alerte les acteurs d’ajustement selon des modalités
décrites dans les règles dédiées (tous les acteurs pour les marges, certains pour les
congestions réseau) :

217
©RTE 2004
- échéance supérieure à 8 heures : message d’alerte sur le MA, par lequel RTE
sollicite des offres complémentaires ;
- échéance inférieure à 8 h : message "Notification de passage (du MA) en
fonctionnement dégradé", éventuellement précédé ou suivi de l’envoi -via le
SAS- de l’ordre de sauvegarde "Alerte situation critique pour marge
insuffisante" en cas de non respect du niveau de marge à la hausse requis
à une échéance donnée (8 h, 2 h, 15 min). RTE peut alors mobiliser, au
delà d’éventuelles offres complémentaires, les offres exceptionnelles.

218
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

A.1.6.1 NÉCESSITÉ DE PLANS DE PROTECTION


A.1.6.1.1 Origine et nature des défauts
Les ouvrages de transport d'électricité (lignes, câbles, postes) peuvent être
affectés au cours de leur fonctionnement d’un certain nombre de défauts d’iso-
lement. On classe habituellement les causes de défauts en deux catégories :
origine externe et origine interne.
Dans le premier cas, il s'agit des causes naturelles ou accidentelles indépen-
dantes du réseau. On distingue deux grands types de causes externes :
• les perturbations météorologiques (orage, brouillard, givre, vent, …), qui
sont la principale cause de défaut sur les lignes aériennes ;
• les causes diverses et accidentelles : amorçages avec des corps étran-
gers (branches, oiseaux…), amorçages avec divers engins (grues,
engins de terrassement, …), pollution.
Dans le second cas, au contraire, les défauts ont pour origine le réseau lui-
même. Les causes internes sont principalement les avaries de matériels
(lignes, câbles, transformateurs, réducteurs de mesures, disjoncteurs, ...)
engendrées par des ruptures mécaniques ou le vieillissement des isolants, et
les manœuvres inopportunes qui peuvent être liées à une défaillance humaine
ou matérielle.
Un défaut a pour conséquence, dans la très grande majorité des cas, l'apparition
d'un courant de court-circuit qui doit être éliminé par la mise hors tension de
l'ouvrage en défaut. De ce fait, les défauts qui affectent les différents compo-
sants du réseau constituent, vis-à-vis de la clientèle, la principale cause d'inter-
ruption de fourniture d'énergie électrique.
Quelle qu’en soit la cause, un défaut peut être de deux natures diffé-
rentes : il est dit fugitif si, après un isolement de courte durée, l’ouvrage
concerné peut être remis sous tension (contournement d'une chaîne d'isola-
teurs dû à une surtension atmosphérique, par exemple). Il est dit permanent
lorsqu’il s’accompagne d’une avarie (ou d’une présomption d’avarie) de maté-
riel nécessitant une intervention pour réparation ou contrôle avant remise en
service de l’ouvrage.
Les ouvrages de transport subissent de l’ordre de 10 000 à 12 000 courts-cir-
cuits par an, dus très majoritairement aux conditions météorologiques : envi-
ron 60 % pour la foudre et un peu plus de 20 % pour le givre, la neige collante,
la pluie, le vent, la pollution saline, …). Les avaries de matériels interviennent à
hauteur de 2 %, le reste étant dû à des causes diverses (contacts avec la végé-
219
©RTE 2004
RTE - Vue intérieure d’un bâtiment de relayage 400 kV

Les systèmes de protection sont regroupés


dans des bâtiments de relayage
situés à proximité des installations HTB.

220
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

tation et les animaux, incidents dont l’origine est chez les utilisateurs, actes de
malveillance, aléas de cause inconnue).
Au delà des causes météorologiques, le nombre de courts-circuits aux 100 km
d’ouvrages par an est étroitement lié au niveau de tension : de l’ordre de 2-3 en
400 kV, 7-8 en 225 kV, 9-12 en 90 kV et 15-20 en 63 kV.

A.1.6.1.2 Courants de court-circuit

Les courants de court-circuit engendrés par les défauts perturbent le bon fonc-
tionnement du Système. Ils provoquent en effet :
- des chutes de tension (creux de tension) sur le réseau, dont l’amplitude et la
durée sont fonction de la forme -monophasée ou polyphasée- des défauts,
de leur emplacement, ainsi que des temps d’élimination ;
- des contraintes d’échauffement et des efforts électrodynamiques au niveau
des matériels qui peuvent avoir des effets destructeurs si les limites de
tenue du matériel sont dépassées ;
- des contraintes dynamiques (en particulier, d’accélération) au niveau
des groupes de production.
Vis-à-vis de ces différentes contraintes, la durée des défauts est déterminante
et les temps d’élimination doivent être parfaitement maîtrisés.

A.1.6.1.3 Élimination des défauts

Lorsqu'un défaut apparaît sur un ouvrage du réseau, il faut mettre l'ouvrage


concerné hors tension en ouvrant le (ou les) disjoncteur(s) qui le relie(nt) au reste
du réseau. Les fonctions de détection du défaut et de commande de déclenche-
ment des appareils HTB concernés sont assurées par des dispositifs particuliers :
les protections contre les défauts.
La fonction de protection est une des fonctions les plus critiques pour la sûre-
té du Système.

On attend des protections un fonctionnement sûr (pas de défaillance ni d’in-


tempestif), sélectif (déclenchement des seuls disjoncteurs nécessaires à l'éli-
mination du défaut) et rapide (pour minimiser les contraintes sur le matériel
et préserver la stabilité des groupes de production).
221
©RTE 2004
Comme indiqué sur le schéma ci-dessus, les ouvertures sont limitées
aux deux disjoncteurs de la ligne en défaut : l’élimination est dite "sélective".

L'ensemble des protections d'un réseau constitue un "système de protection".


Les systèmes de protection se déclinent en différents paliers techniques : Plan
75, Plan 83, Plan 86. Chaque système doit être tel, qu'en cas de défaillance
d'une protection ou d'un disjoncteur, un secours soit toujours assuré ; ce
secours peut être réalisé soit localement (par exemple, par doublement des
protections, …), soit à distance par les protections des autres ouvrages du
réseau. Le secours sera plus ou moins performant (en sélectivité, en rapidité,
…) suivant la nature du réseau concerné : réseaux d'interconnexion, réseaux de
répartition, ...

Exemple d’élimination en secours : cas d’un secours éloigné ;


on notera la perte de sélectivité avec ce type de secours.

Le système de protection des réseaux maillés (ou bouclés) est plus complexe
que celui qui protège les réseaux en antenne, car en cas de défaut sur une ligne
d'un réseau maillé, le courant se répartit sur les différentes branches du réseau.
En 400 kV, il est nécessaire d'éliminer les défauts en un temps très court pour ne
pas compromettre la stabilité des groupes. Le système de protection fait appel à
des protections électroniques ou numériques associées à des asservissements
entre postes (accélération de stade, par exemple). Les temps limites d'élimina-
tion des courts-circuits triphasés francs, temps de fonctionnement des disjonc-
teurs compris (50 ms), sont de l'ordre de :

- défauts lignes : 70 à 110 ms,


- défauts barres : 140 ms pour les postes ouverts, 100 ms pour les postes blindés.
- défauts avec défaillance d'un disjoncteur : 190 à 270 ms.

222
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

En 225 kV, les équipements de protections électromécaniques tendent à dispa-


raître au profit de l'électronique dans le cadre des programmes de renouvelle-
ment, que cela soit au titre des contraintes de stabilité (postes proches des
groupes) ou au titre de la vétusté. L'utilisation d'asservissements entre postes
(téléactions, ...), nécessaires dans le cas des postes proches, tend à se dévelop-
per pour les autres installations (prise en compte de contraintes de qualité de
fourniture). Les temps maximaux d’élimination des courts-circuits triphasés
francs, temps de fonctionnement des disjoncteurs compris (70 ms), sont de
l’ordre de :
- défauts lignes : 120 à 150 ms pour les "postes proches", 140 à 800 ms en
général pour les autres postes (< 250 ms si téléactions),
- défauts barres : 95 ms pour les "postes proches", de 600 à 800 ms pour
les autres.
En HTB1, les systèmes de protection font encore largement appel à l’électro-
mécanique ; les programmes de renouvellement conduisent à leur remplace-
ment par des matériels de nouvelle technologie au titre de la qualité de fourni-
ture ou au titre de la vétusté. En zone sensible, des asservissements entre
postes (téléactions) peuvent être utilisés. Les temps d’élimination sont du
même ordre de grandeur que ceux adoptés en 225 kV pour les "postes non
proches".

A.1.6.2 PROTECTION DES LIAISONS DU RÉSEAU


DE TRANSPORT CONTRE LES DÉFAUTS D ’ISOLEMENT

Compte tenu des schémas d’exploitation des réseaux de transport à haute et


très haute tension, on ne peut se contenter d’utiliser de simples relais d’inten-
sité, tels ceux employés sur les réseaux radiaux. Le maillage du réseau impose
un système de protection plus sophistiqué pour tenir compte des différents
apports au défaut. Schématiquement, le principe en est le suivant :

223
©RTE 2004
Toutes les protections détectent et localisent le défaut :
- les PXA et PXC localisent le défaut "extérieur" à l’ouvrage qu’elles protè-
gent et n’ordonnent pas immédiatement le déclenchement ;
- les PXB localisent le défaut sur l’ouvrage qu’elles protègent et ordon-
nent l’ouverture des extrémités de la ligne B.
Pour les lignes du réseau de transport, le système de protection répond à la
triple exigence de sûreté de fonctionnement, sélectivité et rapidité. Cela sup-
pose la redondance matérielle, voire la complémentarité fonctionnelle, des
équipements utilisés au niveau de chaque départ (critère de sûreté de fonc-
tionnement) et, selon le besoin, la mise en œuvre d'un système d'échange d'in-
formations entre les protections des deux extrémités de l'ouvrage (critères de
rapidité et de sélectivité) ; on parle, dans ce dernier cas, de téléprotection.
On distingue deux grands types de protections :
• les protections utilisant des critères locaux élaborés à partir de la mesu-
re des courants et / ou tensions au niveau de chaque départ : ce sont les
protections de distance qui permettent de situer l'emplacement du
défaut par mesure de l'impédance à partir des réducteurs de mesure du
départ, qui déterminent l’emplacement des défauts et délivrent en
conséquence ordres de déclenchement et téléactions ;
• les protections utilisant comme critère la comparaison de grandeurs
électriques aux extrémités de l'ouvrage : les deux principales sont les
protections différentielles de ligne (différence de courant) et les protections
à comparaison de phases (écart de phase tension/courant).

A.1.6.2.1 Principe d'une protection de distance.


Avantages et inconvénients

Le principe de la protection de distance est schématisé ci-dessous : d’une part,


pour les défauts entre phases et, d’autre part, pour les défauts phase-terre.

224
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

La localisation du défaut est réalisée au niveau de la protection par deux


mesures de distance : la première couvre généralement 80 % de la longueur de
la ligne, la seconde 120 %.
- La première, compte tenu des erreurs propres de mesure et des impréci-
sions de la connaissance des caractéristiques de l'ouvrage, permet d'iden-
tifier le défaut de façon sûre sur l'ouvrage et de procéder au déclenche-
ment immédiat. Le défaut est alors dit en "zone 1" et éliminé en "1er stade".
- La seconde permet de couvrir le reste de l'ouvrage, mais a une portée qui va
au-delà des barres du poste opposé et couvre, dans une certaine mesure, les
départs qui y sont raccordés. Il est nécessairement temporisé pour être
sélectif vis-à-vis des défauts qui pourraient y survenir et qui doivent être éli-
minés par les protections locales. Le défaut est alors dit en "zone 2" et élimi-
né en "2ème stade".
Le schéma ci-dessous résume, dans le sens A vers B, cette façon de procéder
(dans l’autre sens, les principes de fonctionnement sont les mêmes).

stade - Départ

• Avantages : Cette protection détecte les défauts au-delà de l'ouvrage concer-


né et présente ainsi l'avantage d'assurer des déclenchements en secours
pour des défauts situés au poste B ou plus éloignés (défauts barres, défauts
lignes mal éliminés par suite d'une défaillance de disjoncteur ou de protec-
tion). On parle alors d'un fonctionnement en "secours éloigné".
• Inconvénients : Elle est en revanche relativement lente en 2ème stade. Cet
inconvénient peut être réduit en ayant recours à des échanges d’information
entre extrémités de l'ouvrage au moyen de systèmes de télétransmission ; on
parle alors d'accélération de stade.
De plus, pour les liaisons courtes, la différenciation entre zones 1 et 2 atteint ses
limites.Toutefois, ces protections peuvent encore être utilisées en ayant recours
au mode d'asservissement particulier dit à verrouillage.
225
©RTE 2004
A.1.6.2.2 Principe des protections différentielle et à comparaison de phase -
Avantages et inconvénients
La protection différentielle de ligne (schéma de gauche) calcule l’écart entre les
valeurs de courant mesurées aux deux extrémités de la ligne et le compare à un
seuil prédéfini. En cas de dépassement, il y a déclenchement.
La protection à comparaison de phase (schéma de droite) fonctionne sur le
même principe mais la détection porte sur l’écart de phase entre tension et cou-
rant aux deux extrémités de la ligne.

• Avantages : Outre leur insensibilité aux courants de transit, ces protections pré
sentent l'avantage d'une meilleure sélection de la (ou des) phase(s) en défaut, en
particulier sur les files de lignes à deux circuits (cas de défauts affectant simulta-
nément les deux circuits). De plus, la protection différentielle permet une protec-
tion efficace des lignes comportant des piquages.
• Inconvénients : Par principe, ces protections sont insensibles aux défauts exté-
rieurs et ne peuvent assurer le "secours éloigné". Aussi, doivent-elles être asso-
ciées obligatoirement à une protection de distance.
Par ailleurs, elles nécessitent des circuits de transmission spécifiques à hautes
performances, notamment en terme de disponibilité (qui peuvent eux-mêmes
constituer un mode commun entre plusieurs ouvrages). Le coût qui en résulte
limite son emploi au réseau 400 kV et aux liaisons souterraines.

A.1.6.2.3 Limites d'emploi de ces protections


Le domaine d'action des protections de distance, des protections différentielles
ou à comparaison de phase est limité à l'élimination des défauts peu résistants
(résistance de défaut inférieure à 30 1). Pour l'élimination des défauts résis-
tants, on utilise des protections spécifiques dont le principe est la mesure de la
puissance homopolaire. Ces protections présentent l'inconvénient d'être lentes,
ce qui est admissible car ce type de défauts est moins contraignant.

226
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

A.1.6.2.4 Types d'équipements et performances


pour les différents niveaux de tension
Le tableau ci-dessous précise, pour les cas courants, les matériels utilisés ainsi
que les performances moyennes (temps de fonctionnement des disjoncteurs
compris).
Il indique le mode de redondance retenu de façon à assurer la sûreté de fonc-
tionnement. La protection contre les défauts résistants n'est pas mentionnée,
mais est prévue de façon systématique.

A.1.6.3 PROTECTION DES BANCS DE TRANSFORMATION

Schématiquement, un banc de transformation THT/HT comporte :


• le transformateur lui-même et ses équipements associés :
- le changeur de prise en charge (CPEC),
- le transformateur de point neutre (TPN), permettant de recréer un point
neutre HT en cas de couplage étoile-triangle,
- la réactance de mise à la terre (RPN) du point neutreTHT ou du point neutre HT,

227
©RTE 2004
- le transformateur de services auxiliaires (TSA), alimentant les auxiliaires
du poste. Il est raccordé, soit au tertiaire du transformateur, soit au secon-
daire du TPN (transformateur étoile-triangle),
• la liaison primaire, située entre le disjoncteur côté primaire (THT) et le
transformateur,
• la liaison secondaire, comprise entre le secondaire du transformateur
et les réducteurs de mesure installés côté HT.
Schéma banc de transformation

La protection du banc de transformation fait l’objet de dispositions spécifiques


coordonnées avec la protection des lignes et des jeux de barres des postes. Elle
se décompose selon les trois sous-ensembles suivants.

A.1.6.3.1 Protection du transformateur et des équipements associés

La protection du transformateur est assurée selon les principes suivants :


- protection Büchholz, qui est destinée à éliminer les défauts dans le trans-
formateur en détectant les mouvements d'huile ou la présence de gaz,
consécutifs à un amorçage interne,
- protection masse cuve, qui complète la précédente et détecte un amor-
çage interne ou externe entre un élément sous tension et la cuve du trans-
formateur par mesure du courant circulant dans la mise à la terre de la
cuve (ce qui impose que la cuve soit isolée du sol par des cales isolantes).
La protection des équipements associés (CPEC, TPN, TSA) est assurée par des
équipements séparés du même type que ceux qui protègent le transformateur :
protection Büchholz, protection masse cuve ou relais de courant de neutre
selon les cas.
228
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

A.1.6.3.2 Protection de la liaison primaire


La liaison primaire est généralement très courte ; elle ne comporte donc pas de
protection particulière. Les défauts affectant cette liaison sont éliminés en tant
que défauts barres.

A.1.6.3.3 Protection de la liaison secondaire


Quel que soit le plan, les protections associées à la liaison secondaire assurent
plusieurs fonctions :
- protection principale de la liaison secondaire,
- protection en secours de la liaison secondaire,
- protection de secours côté THT (élimination de l'apport du transforma-
teur à un défaut THT) comme par exemple le déclenchement du transfor-
mateur en secours de la protection principale de barres THT ou pour un
défaut THT mal éliminé,
- protection de secours côté HT (destinée à éliminer l'apport du transfor-
mateur à un défaut HT),
- protection de débouclage HT (action sur le disjoncteur de couplage HT).

A.1.6.3.4 Performances des protections des transformateurs


Le tableau ci-dessous rappelle, pour les différents plans, les performances des
différentes protections de barres utilisées sur les transformateurs (temps de
fonctionnement en millisecondes, ouverture du disjoncteur comprise) :

229
©RTE 2004
A.1.6.3.5 Reprise de service
Afin de faciliter l'analyse préalable à la reprise de service après déclenchement
d'un transformateur, les informations relatives aux causes de déclenchement
ont été classées selon trois niveaux :
• Défaut certain : le défaut est sur le banc de transformation et toute tentati-
ve de remise sous tension est prohibée. Il s'agit d'un déclenchement par
Büchholz (transformateur, TSA ou TPN), différentielle de liaison secondaire
(ou masse câble), défaut CPEC, maximum d'intensité neutre TSA, maximum
d'intensité courant tertiaire.
• Défaut moins certain : le défaut est interne ou externe au banc de trans-
formation et l’on peut éventuellement, après analyse, tenter une remise sous
tension. Il s'agit d'un déclenchement par masse cuve (exemple : amorçage
d'un éclateur de borne) ou par protection de secours THT.
• Défaut extérieur : le défaut est externe au banc de transformation et il est
normal de tenter une remise sous tension du transformateur. Il s'agit d'un
déclenchement sur défaut barres THT ou HT ou Défaillance disjoncteur, pro-
tection de secours HT, maximum d'intensité neutre TPN ou RPN.

A.1.6.4 PROTECTION DES JEUX DE BARRES


DES POSTES DU RÉSEAU DE TRANSPORT

On désigne par "défauts barres" les défauts qui sont situés dans le poste à l'in-
térieur de la zone délimitée par les transformateurs de mesure de courant qui
équipent les départs. Cette zone est appelée "zone barres".
Outre leur incidence sur le matériel, ces défauts peuvent être particulièrement
contraignants pour la stabilité des réseaux en THT, et pour la qualité de l'ali-
mentation de la clientèle sur les réseaux de répartition THT et HT. Aussi, des sys-
tèmes de protection particuliers sont-ils mis en œuvre pour détecter et localiser
le tronçon de barres en défaut et procéder à sa mise hors tension. Leurs per-
formances sont adaptées selon les rôles de chaque réseau : interconnexion,
répartition, ...
De façon générale, le système utilisé pour l'élimination des défauts barres sur
les réseaux THT est constitué :
• d'une protection différentielle de barres, réalisant l'élimination du
défaut par ouverture locale, au poste concerné, des couplages et tronçonne-
ments délimitant le tronçon de barres en défaut et des disjoncteurs des
départs aiguillés sur ce tronçon de barres ;

230
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

• d'une protection de débouclage de barres, intervenant en secours et réa-


lisant la séparation du tronçon de barres en défaut par rapport au reste du
poste (débouclage des barres), complétée par le fonctionnement en deuxiè-
me stade naturel des protections de distance des départs encadrant le tron-
çon de barres en défaut, assurant ainsi l'élimination totale du défaut.

Le principe de fonctionnement de ces systèmes est présenté ci-après.

A.1.6.4.1 Protection différentielle de barres

La protection différentielle de barres réalise la somme des courants sur les dif-
férents tronçons de barres du poste. Si, sur un tronçon, celle-ci n'est pas nulle,
il y a défaut barres. Le défaut est alors éliminé par ouverture locale des dis-
joncteurs des départs alimentant le tronçon de barres en défaut ainsi que des
disjoncteurs de couplage ou de tronçonnement l’encadrant. Cette fonction est
réalisée par un équipement unique centralisé, indépendant des protections des
départs.
Schéma de principe de la protection différentielle de barres

En cas de défaut barres, la protection différentielle ne fait déclencher que les


disjoncteurs qui sont raccordés sur le sommet en défaut. La protection diffé-
rentielle de barres doit donc connaître le schéma électrique du poste. Elle utilise
pour cela les positions des sectionneurs d’aiguillage des différents départs.
A.1.6.4.2 Protection de débouclage de barres

L’élimination du défaut est réalisée en deux étapes :


1) ouverture, dans le poste en défaut, du disjoncteur de couplage pour
"déboucler" les barres et isoler ainsi la barre en défaut du reste du poste ;

2) ouverture, dans les postes encadrants, des départs alimentant toujours


le défaut.
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©RTE 2004
RTE - Nouveau palier de contrôle-commande numérique
des postes transport (ELECTRE)

232
©RTE 2004
A Annexe 1 - Fonctionnement du Système :
notions de base

A.1.6 Les plans de protection

A.1.6.4.3 Protection de supervision

La protection de supervision est une protection de débouclage de barres parti-


culière, utilisant, pour assurer la fonction débouclage, une protection différen-
tielle simplifiée prenant en compte uniquement la somme des courants traver-
sant les départs indépendamment de leurs aiguillages.
Cette protection, utilisée uniquement en 400 kV pour la protection de secours
des postes stratégiques, présente l'avantage d'être plus rapide qu'une protec-
tion de débouclage classique.

A.1.6.4.4 Mise en œuvre et performances

Le tableau ci-dessous rappelle les performances des protections de barres utili-


sées sur les différents niveaux de tension (temps d'ouverture du disjoncteur com-
pris : 50 ms en 400 kV et 50 à 80 ms en 225 kV). Les protections principales sont
notées "Pp" et les protections de secours "Ps".

À noter, le cas particulier des postes sous enveloppe métallique (PSEM) qui,
en principe, sont équipés d’une protection différentielle de barres quel que
soit leur niveau de tension.
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©RTE 2004