Vous êtes sur la page 1sur 4

Bac 2019

Épreuve de philosophie
Série L

Sujet 1 : Est-il possible d’échapper au temps ?

Les notions traitées :

Le temps, l’existence, le sujet, la conscience [du temps].

Le niveau de difficulté

Le sujet est très classique dans sa formulation et dans son contenu.

La problématique (reformulée)

Le temps est-il une donnée à laquelle nous sommes capables de nous soustraire ?

Les points clés à développer par sujet

Se demander : pourquoi chercher à échapper au temps (le vieillissement, la mort, la perte des jours
heureux ou de la jouissance de l’instant présent) ?

Le sujet sous-entend la volonté de l’être humain d’échapper au temps mais la question est : est-ce
possible, en avons-nous le pouvoir, la capacité ?

Se poser deux questions :


- la question des moyens d’échapper au temps (comment ?) : ces moyens sont-ils efficaces
(nous permettent-ils vraiment d’échapper au temps ?)
- la question du ou des buts visés : où sommes-nous alors si nous échappons au temps, dans
quel état (cet état et ce lieu existent-ils: s’ils n’existent pas, s’ils sont simplement pensés,
imaginés ou espérés, pouvons-nous vraiment échapper au temps ?). Deux buts principaux se
dégagent : 1) vivre l’instant présent, 2) accéder à l’éternité dans une vie suprasensible.

S’interroger sur le verbe « échapper » qui implique deux idées. D’abord : fuir de… (se soustraire à…).
Ensuite : fuir vers (aller vers…).

Plan possible

I. Il n’est pas possible d’échapper au temps


II. Il est possible d’échapper de notre vivant (vivre l’instant présent).
III. Il est possible d’échapper au temps dans une vie suprasensible.

Les astuces à utiliser/références à mentionner

Pas d’astuces particulières


Platon, Phédon.
Platon, Banquet, discours d’Aristophane (sur l’intemporalité du mythe).
Kierkegaard, Stades sur le chemin de la vie.
Bergson, Durée et simultanéité.
Et tout le registre de la poésie (Ovide, « Carpe diem » échapper au temps en vivant l’instant présent ;
Lamartine, Le lac : « Ô temps suspens ton vol » : Ronsard, Les Regrets ; Apollinaire, Le pont
Mirabeau…).

Les pièges à éviter

Les sujets dits classiques ne sont pas pour autant des sujets faciles.

Sujet 2 : À quoi bon expliquer une œuvre d’art ?

Les notions traitées :

L’art, la culture, la raison (expliquer), la vérité (la question de l’explication vraie, juste).

Le niveau de difficulté

Le sujet est classique dans sa formulation et dans son contenu.

La problématique

Pourquoi ne parviendrions-nous pas à expliquer une œuvre d’art, les œuvres d’art en général ?

OU

Faut-il s’acharner à expliquer l’œuvre d’art ou, au contraire, faut-il y renoncer, faute de pouvoir le
faire vraiment et utilement ?

Les points clés à développer par sujet

La formule « À quoi bon » impose une tournure défaitiste supposant qu’on ne pourrait le faire. Or, le
problème est que le sujet présuppose en même temps notre tendance naturelle à l’explication des
choses, de l’art en général et des œuvres que nous ne comprenons pas (ex. « 4’33’’ » de John Cage,
ou « Carré blanc sur fond blanc » de Malevitch).

Le « à quoi bon » renvoie à deux éléments : 1) Nous ne pourrions pas expliquer les œuvres d’art. 2)
Même si nous le pouvions, est-ce qu’au fond ce serait vraiment utile, mais aussi est-ce que ce serait
pertinent (Les explications seraient-elles bonnes ? Quand savons-nous que l’explication d’une œuvre
est la bonne ?)

Il faut aussi mettre la notion d’explication en opposition avec le sentiment ou l’intuition (expliquer VS
ressentir) : si une œuvre d’art se ressent et ne s’explique pas, il serait donc vain de le faire.

Plan possible

I. Il faut chercher à expliquer les œuvres d’art pour que nous puissions leur trouver un
sens.
II. À bon quoi ? Il faut y renoncer : une œuvre se ressent de façon incommunicable et ne
s’explique pas par la raison.
III. La tendance à l’explication est irrésistible mais il faut admettre que toute explication
d’une œuvre d’art est temporaire, subjective, relative.

Les astuces à utiliser/références à mentionner

Dans un sujet sur l’art, il convient d’être concret et de proposer l’analyse d’œuvres précises.

Aristote, Poétique.
Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation, 3.
Hegel, Esthétique.
Nietzsche, Naissance de la tragédie.
Heidegger, L’Origine de l’œuvre d’art.
Ouverture : mettre en lien avec la question du beau.

Les pièges à éviter

Les sujets dits classiques ne sont pas pour autant des sujets faciles.

Sujet 3 : Texte de Hegel

Les notions en jeu

Le droit, la politique, la raison et le réel.

Le niveau de difficulté

Sujet assez difficile dans son approche de la notion de loi humaine et de droit humain (domaine du
droit, juridique) dans la mesure où Hegel comprend cette notion par une comparaison avec la loi de
la nature (domaine des sciences physiques, scientifique).

La problématique

Il s’agit d’un texte sur les raisons de la peur : comment et pourquoi se développe-t-elle ?
La peur qui peut nous retenir d’agir est plus ou moins consciente car nous cachons ce sentiment (un
peu honteux) par une cause plus « noble », « des raisons purement morales ».

Les points clés à développer par sujet

La thèse du texte : contrairement à la loi de la nature qui ne peut pas ne pas être acceptée (elle
s’impose à nous), le droit humain n’est pas toujours admis et, en ce sens, a la caractéristique d’être
modifiable.

Le problème que le texte soulève : Nous pouvons connaître et changer le droit, mais nous ne
pouvons connaître que les lois de la nature.

La question que le texte soulève : Peut-on assimiler la loi humaine à la loi naturelle ? Les lois de la
nature nous fournissent-elles un modèle pour comprendre nos lois, notre droit ? Qu’est-ce qui rend
la loi naturelle inchangeable, à l’inverse de la nôtre ?
Plan possible

- « Pour savoir […] s’accroître (ligne 5) » - Les lois de la nature, en elles-mêmes, puisqu’elle
émanent de la nature – et non de l’homme – ne sont pas humainement modifiables.
- « La connaissance […] donné (ligne 10) » - La comparaison loi de la nature/loi humaine (droit)
met en avant une analogie : le droit existe déjà pour l’individu.
- « Toutefois […] de l’homme (ligne 14) » - En revanche, cette même comparaison fait
apparaître une différence importante : le droit est fait par l’homme (pas les lois de la nature)
et celui-ci a la possibilité de les modifier.
- « La conviction […] vigueur (ligne 20) » - Ces modifications sont liées à des conflits, soit
intérieurs (cas de conscience) soit extérieurs (domination autoritaire par la loi).
- « Dans la nature […] admise » (fin) : contrairement à la loi de la nature qui, supérieure et non
modifiable, s’impose à nous, le droit humain n’est pas toujours accepté.

Les astuces à utiliser/références à mentionner

« La connaissance de l’auteur n’est pas requise » précise le libellé. C’est donc vraiment un texte à
comprendre pour lui-même.

Les pièges à éviter

Éviter de ne pas lire le texte jusqu’au bout car la clé du texte est à la fin.