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Sujet 3 : Leibniz, Remarques sur la partie générale des Principes de Descartes (1692)

Analyse du sujet : La notion concernée par ce texte apparaît clairement, il s'agit de la liberté, abordée plus
précisément sous l'angle du libre arbitre. En quoi consiste exactement notre libre arbitre ? Pourrait être le
problème abordé et la thèse de Leibniz est qu'il ne consiste que dans notre capacité à diriger notre attention
et notre intérêt (lignes dix-onze).

Lignes un à cinq : « Nous avons le libre arbitre, non pas quand nous percevons, mais quand nous agissons »
Cette première phrase est essentielle pour comprendre le texte. L'action dont il est question ici consiste en
l'orientation de nos centres d'intérêts, ce vers quoi nous nous tournons. Nous avons la capacité de diriger
notre attention, pas de décider de ce que nous allons percevoir, aussi bien sur le plan sensible (le miel) que
sur le plan intellectuel (le théorème).

Lignes cinq à neuf : Nos décisions sont toujours accompagnées de perceptions, de pensées, de souvenirs.
Mais nous ne pouvons pas décider librement du contenu de ces perceptions. Ainsi, pour reprendre le premier
exemple, nous pouvons décider de goûter du miel mais nous ne pouvons pas décider de son goût, la sensation
sucrée ne dépend pas de notre libre arbitre.

Ligne neuf à fin : La phrase « Nous ne reconnaissons à la volonté que le pouvoir de commander à l'attention
et à l'intérêt » constitue en fait la thèse de Leibniz. Le libre arbitre consiste donc, selon lui, uniquement dans
la capacité de diriger notre attention, c'est-à-dire de se tourner vers tel ou tel sujet sans que nous puissions
décider des impressions que cela produit en nous. Cependant la direction de cette attention va se trouver
elle-même conditionnée par le fait que nous tournerons notre attention plus facilement vers ce qui produit
en nous des sensations plaisantes que vers celles qui sont déplaisantes. Du coup un renforcement s'exerce
qui peut nous plonger dans l'illusion.

Intérêt de ce texte : La dernière partie du texte est d'une actualité brûlante car ce que décrit là Leibniz ce
sont des mécanismes psychologiques amplifiés de façon préoccupante avec internet et les réseaux sociaux,
tant ils se prêtent malheureusement à la manipulation. En dirigeant notre attention vers ce que nous croyons
déjà (moralement, politiquement, religieusement) nous renforçons toujours plus notre conviction, notre
croyance, et réduisons d'autant plus notre sens critique.
Pour éviter cela, il faudrait, comme Nietzsche le recommandait, regarder les choses à travers « de multiples
yeux » c'est-à-dire à travers de multiples points de vue, sous plusieurs angles.

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