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Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 5-16

LA LE T T R E
“ QUAE H O N O R EM CO N D ITO RIS „
(1er Octobre 1247)

N O TE D E D IPLO M ATIQ U E P O N TIFIC A LE

S u m m a r iu m : L itte ra e ap ò sto licae « Q u ae h o n orem eon d itoris » In n o c e n tii


P P . I V e re g is tr o T a b u la ri V a tic a n i d ip lo m a tic e tr a n sc rib u n tu r a tq u e adno-
ta tio n ib n s illu stra n tu r.

La lettre « Quae honorem conditoris », qui fut délivrée à Lyon, le


1er octobre 1247, par le pape Innocent IV, peut être considérée comme
l ’un des plus importants documents du Bullaire Carmélitain. En ap­
prouvant les modifications apportées par le cardinal Hugues de Saint
Cher,1 du titre de Sainte-Sabine, et par Guillaume,2 évêque d ’Anta-
rados, à la règle de S. Albert, la lettre papale donnait au Carmel une
législation en partie nouvelle, mieux appropriée au genre de vie qui,
désormais, serait le sien. Les circonstances qui la suscitèrent sont con­
nues, et il n’est pas de notre intention de les exposer ici à nouveau.
Nous désirerions seulement fournir une édition aussi exacte que pos­
sible de ce texte, édition que nous ferons précéder de quelques remar­
ques d ’ordre diplomatique et bibliographique concernant l’original et
la transcription qui en figure dans le Registre d ’innocent IV, conservé
de nos jours aux Archives Vaticanes.

1 D o m in ica in v ers 1225, m a ître en th éo lo g ie e t p rie u r de la p ro v in c e de


F ra n ce , créé c ard in al d u titr e de S a in te -S a b in e p a r In n o c e n t I V en se p te m ­
b re 1244 , m o rt à V ite r b e le 19 m a i 1263. L a p a r t que H u g u e s de S ain t-C h e r
e u t d an s la réform e de la règle des C arm es, a é té sign alée p a r to u s les
a u te u rs q u i se so n t in téressés à la règle alb e rtin e , v . e n tre a u tres J . H . H . S a s ­
s e n , H ugo von S t Cher, seine Tätigkeit als K a rd in a l, 12 4 4 -12 6 3 , B o n n i<j°8,
p . 1 1 -1 2 .
2 G u illau m e, é v ê q u e d ’A n ta ra d o s (l’a c tu e l T a rto û s) de 124 7 à 1263, v.
R . R o e h r ic h T , Syria sacra, d a n s Z eitschrift des deutschen Pa la estin a-V erein s,
t. 10, 1887, p . 31 ; B . A lT a n B R , D ie D om inikanerm issionen des 1 3 . Ja hrh un ­
derts, H a b e lsch w erd t 1924, p . 39 (avec in d ic a tio n des sources").
6 M. H. LAURENT, O. P.

*
* *

L'Original de la lettre « Quae honorem ». — L ’original de la lettre


d ’innocent IV semble perdu. Les recherches qu’entreprit le R. P. Wes-
sels 3 et celles auxquelles nous nous sommes livré, ont eu un résultat
négatif. On peut du reste admettre que l’Ordre en perdit assez rapi­
dement la trace. De fait soit la brève chronique 4 qui précède les Cons­
titutions de 1357, soit Philippe Riboti dans sa compilation historique 8
n y font aucune allusion, mais en appellent au registre de la chancel­
lerie apostolique.
Bien que cette perte nous ait privés d ’éléments diplomatiques et
paléographiques importants, on peut classer sans hésitation la lettre
« Quae honorem » parmi les lettres (litterae), et non parmi les bulles
d ’innocent IV, et cela en raison des règles qui, adoptées par la chan­
cellerie romaine pendant le pontificat d ’innocent III, demeurèrent en
vigueur durant tout le X IIIe siècle. De même l’utilisation de la formule
«auctoritate apostólica confirmamus » au cours du dispositif permet
d ’affirmer que l’on se trouve en présence d ’un « titulus » et non d ’un
« mandarnentum ».
L ’original de notre lettre était certainement écrit sur parchemin, et
devait présenter les particularités paléographiques propres aux « tituli ».
L ’écriture en était élégante et soignée ; l’initiale du nom du pape « I »
était ajourée ; le nom du pontife « [I]nnocentius » était écrit en caractè­
res allongés, alors que les mots qui commençaient l ’adresse et le texte
avaient pour initiale une grande majuscule.
Quant à la bulle de plomb qui scellait le document, ellq était appendue
sur lacs de soie rouge et jaune, indice des lettres qui, dans l’intention
du pontife, avaient une valeur perpétuelle.

Protocole initial. — Selon un usage courant dans la chancellerie ro­


maine, le clerc chargé de transcrire dans les registres les documents
(bulles ou lettres), ne s ’astreignait point à une reproduction intégrale
du protocole. Il ne conservait qu’une partie de l’adresse, qu’il écrivait
en marge, en menus caractères, et qu’un rubricateur récrivait à l’encre
rouge dans un espace vide, ménagé à cet effet au début du document.
Dans le registre d ’innocent IV, le protocole de la lettre « Quae honorem »
3 G . WESSEES, A n tiq u issim a copia regulae ordinis nostri, d a n s A n alecta ord.
Carm elitarum , fa s c . 39, 19 13 , p. 556.
* A n t o i n e -M a r i b d e e a P r é s e n t a t i o n , C onstitutions des fr. de N .D . du
M ont-Carm el faites l’ année 13 5 7 , M arch e 19 15 , p . 14.
5 E d ité dan s le Spéculum, ord. fr. Carm elitarum , [V enise] 1507, f. 34’ .
LA LETTRE « QUAE HONOREM CONDITORIS » 7

se réduit aux mots : « Priori et fratribus heremitis de monte Carmeli ».


La suscription : « Innocentius episcopus servus servorum Dei » ; les
premiers mots de l’adresse : « dilectis filiis », suivis de deux points pour
signifier que la lettre était adressée à un personnage en raison de ses
fonctions ; le salut enfin : «salutem et apostolicam benedictionem » ont
été volontairement omis.
Si donc on désirait rétablir le protocole de la lettre « Quae honorem »
tel qu’il se présentait sur l ’original, il faudrait écrire : « Innocentius
episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis . . priori et fratribus he­
remitis de monte Carmeli, salutem et apostolicam benedictionem ».

Texte. — Le texte de la lettre «Quae honorem» ne retiendra que


brièvement notre attention. Il a été rédigé d ’après les règles en vigueur
auprès de la chancellerie apostolique. Le cursus y a été fidèlement
respecté. Son préambule, qui commence par les mots « Que honorem »
et s ’achève par les mots « noscitur habuisse», renferme une considéra­
tion générale qui n ’a qu’un lien assez lâche avec l ’objet précis de 1 acte.
Quant à la notification, reliée au préambule par la conjonction « ita-
que», elle ne forme grammaticalement qu’un tout avec le dispositif,
qui commence par les mots « nos vestris pns ». Ce dernier élément du
discours diplomatique est historiquement le plus important, puisqu ¿1
renferme intégralement (de verbo ad verbum) 1 œuvre législative des
deux commissaires pontificaux.

Clauses finales. — Comme pour le protocole initial, le texte des clauses


finales, tel qu’il figure dans le registre d ’innocent IV, a été fortement
abrégé par rapport à celui de l ’original. Le scribe n’en a conservé que
quatre mots : « Nulli ergo, nostre confirmationis », suivis deux par
deux de la locution « et cetera [etc] ». En utilisant les formulaires de
la chancellerie apostolique, on peut rétablir les clauses finales, telles
qu ’elles figuraient sur l ’original, de la manière suivante: «N ulli ergo
omnino hominum liceat hanc paginam nostre confirmationis infringere
vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemptare presumpse-
rit indignationem omnipotentis Dei ac beatorum Pétri et Pauli apostolo-
rum eius se noverit incursurum».

Date. — Les divers éditeurs de la lettre « Quae honorem » ont proposé


pour ce document des dates diverses. Le Bullarium Carmelitarum 8 à
6 B u lla riu m Carm elitarum ..., ed. 15. M onSIG nano, t. i , R o m e 17 15 , p. 8 -11,
8 M. H. LAURENT, O. P.

la suite du Bullarium romanum édité par Cherubini,7 par exemple, le


donne comme étant de 1248 ; de son côté le Bullarium romanum8
dans l’édition de Turin affirme qu’il fut délivré le 1er septembre 1247.
Q u’en est-il exactement? Comme dans tous les « tituli » du X I I I e siècle,
le « datum » de notre lettre renferme deux éléments : un élément topo­
graphique indiquant le lieu où résidait Innocent IV ; un élément chro­
nologique relatif aux jour, mois et année de son pontificat. Remar­
quons que sur l’original, le texte de ce dernier élément comportait deux
mots qui n ’ont pas été transcrits dans le registre : le scribe s ’étant con­
tenté d écrire : « Datum Lugdum kalendis octobris anno V », au lieu
de la formule complète utilisée en chancellerie : « Datum Lugduni ka­
lendis octobris pontificatus nos tri anno quinto ». D ’autre part cette
dernière parole figure, dans le registre, sous la forme du chiffre romain
correspondant « V », alors que sur l ’original, elle était écrite en toutes
lettres
C ’est donc à Lyon, où il résidait depuis le 2 décembre 1244, qu’in­
nocent IV sanctionna de son autorité les modifications apportées à la
règle carmélitaine par Hugues de Saint-Cher et Guillaume, Quant au
jour, il ne peut y avoir de doute : c ’est le 1er octobre (kalendis octobris)
de la cinquième année de son pontificat. Or Innocent ayant été couronné
le 28 juin 1243, sa cinquième année court du 28 juin 1247 au 27 juin
1248 : la lettre «Quae honorera » est donc du 1er octobre 1247. L ’erreur
commise par le Bullarium romanum s ’explique aisément. L ’editeur dis­
trait a attribué à la lettre d ’innocent la date de celle de Hugues de
Saint-Cher, rédigée également à Lyon un mois auparavant : « Actum
Lugduni, anno domini M C C X LV II, domini pape Innocentii quarti
anno V, kalendis septembris ».

Quelques éditions. — L a lettre « Quae honorera » fut imprimée pour


la première fois à Venise, en 1507, dans le Spéculum ordinis fr. Carme-
litarum. L ’auteur a-t-il utilisé pour son travail le registre d ’innocent IV ?
C ’est peu probable en raison des nombreuses variantes que l ’on peut
relever entre son texte et celui du Registre. Se serait-il servi de l’ori­
ginal? Nous ne le croyons pas, car dans ce cas il faudrait admettre —

7 L . C h e r u b i n i , B u lla riu m sive nova collectif) plurim orum constitutionum ...


romanorum p on tificu m ..., t. i , R o m e 1 6 1 7 , p . 65-67. — O n re m a rq u e ra que
C h eru b in i fix e n o tre d o cu m e n t en 12 4 7 si l ’on s ’en tie n t à l ’in d ic a tio n p la cée
d a n s la m a rg e an d é b u t d u d o cu m e n t ; en 1248, si l'o n a cc e p te la d a ta tio n
p ro p osée à la fin de la le ttr e elle-m êm e.
8 B u lla ru m , diplom atum et privilegiorum S .B . P o n tificu m T a u rin en sis éd.,
t. 3, T u rin 1858, p. 535-536.
EA EETTRE «QUAE HONOREM CONDITORIS » 9

hypothèse peu vraisemblable — que le clerc chargé de transcrire notre


document dans le Registre, n’en a exécuté qu’une copie fort défectueuse.
L ’auteur du Spéculum a donc eu vraisemblablement à sa disposition
soit un exemplaire des Constitutions Carmélitames qui, tel le British
Museum, Add. 16372,9 ou le Paris, Université 791 [anc. t. II. 70],10
renfermait un texte plus ou moins contaminé de la lettre d Innocent IV,
soit peut-être même l’a-t-il empruntée tout simplement à la chronique
de Philippe Riboti qui l’avait insérée dans son travail et que l’auteur
du Speculum connaissait fort bien puisqu il en a été le premier éditeur.
D ’une manière assez générale, l’édition du Speculum a servi de base,
directement ou indirectement, aux impressions postérieures, sans qu on
ait toujours pris soin de la reproduire fidèlement. En 1907, le R. P. Zim­
merman 11 publia à nouveau notre document en utilisant le manuscrit
déjà cité du British Museum. Quelques années plus tard, le R. P. Wes-
sels 12 réimprimait, avec quelques erreurs de lecture, la lettre « Quae
honorera» d ’après le registre d ’innocent IV des Archives Vaticanes.

Notre texte, — L ’édition que nous publions aujourd’hui reproduit


le texte que présente le registre des Archives Vaticanes : Reg. Vat.,
n.° 21 (anc. 23). Notre lettre y porte le n.° ccxxxviiij et occupe avec
les 33 dernières lignes du fol. 465’, les 43 premières lignes du fol. 466.
Nous nous sommes contenté d ’introduire une ponctuation et une uti­
lisation des majuscules, qui correspondent mieux à nos usages moder­
nes. L ’apparat critique renferme les variantes que présentent les éditions
du Speculum [ = S] et du R. P. Zimmerman [ = M], ainsi que celle
des Constitutions des Carmes D échaussés,13 témoin de la tradition
thérésienne [ = C]. L ’identification des citations explicites ou non a
été rejetée en note.

9 M an u scrit d é c rit p a r B . Z im m e r m a n , M onumento, histórica Carm elitana,


t. i , Ifirin ae 1907, p. 10-xx.
10 M an u scrit a y a n t a p p a rten u au c o u v e n t des C arm es à N îm es (sur ce cou ­
v e n t, v . B . G o if f o n , N otice historique sur les Carm es et la paroisse S a in t-B a u -
dile de N îm es..., N îm es 1875, p. 3-14) e t é tu d ié p a r H . D e n i f e E, Quellen zur
Gelehrlengesch. des Carmelitenordens im 1 3 . und 1 4 . Jahrhundert, d a n s A rch iv
f. Literatur u nd Kirchen-Geschichte des M ittelalters, t. 5, 1889, p. 367-369,
v . aussi C h . B eatjei EUX, M an uscrits de la bibliothèque de V Université de P a r is
(C a ta lo g u e gén éral des m s. des b ib lio th è q u es p u b liq u e s, in-8°), P a ris 19 18 , p. 1 9 9 -
11 Z im m e r m a n , M onum ento, t. 1, p . 12-18 .
12 WESSEES, A n tiq u issim a copia-, p. 556-561.
13 Regula et constitutiones jr. D iscalceatorum ord B .V .M . de' M onte Carmelo,
R o m e 1940, p. 5-10.
IO M. H. LAURENT, O. P.

Innocent IV sanctionne de son autorité les modifications introduites dans


la règle de S . Albert, patriarche de Jérusalem, par le cardinal Hugues de
Saint-Cher, du titre de Sainte-Sabine, et Giallaume, évêque d Antarados,
chargés par le Saint-Siège de cette révision. — Lyon, 1247, octobre, 1er.

A. — O rig in a l non re tro u v é , p ro b a b le m e n t p erd u .


B- — C opie de la ch a n cellerie p o n tific a le : A rch ives Vaticanes, R e g.
V a t. n . 21 [ex 23], f. 4Ó5’ -466, ep. c c x x x v iiij ; p arch em in .
C. — R e p ro d u ctio n de B : a) F e u ille d é ta ch é e de 40 x 60 cm ., R o m e,
* 9 * 3 1 B) d a n s II M onte Carmelo, periodico m ensile dei C arm elitani, an. 33#
I 9 4 7 > P- 83.
B. Q u elq u es é d itio n s : a) Spéculum ord. fr. Carm elitarum noviter
im pressum , [Venise] 1507, f. y^’-y^' (source n on id e n tifiée ); b) R. C h e r u b in i,
B u lla riu m sive nova collòdio plurim orum constitutionum ... romanorum
p on tìficu m ..., t. 1, R o m e 16 x 7, p. 65-67 (source n on iden tifiée) ; c) B u l­
larium C arm elitarum ..., ed. E . M onSIG nano, t. 1, R o m e 1 7 1 5 , p . 8 -11, n. 16
(d ’après D a e t D b) ; d) C. C o c q u b e in e , B ullarum , privilegiorum ac diplo-
matum romanorum pon tìficu m ..., t. 3, R o m e 17 4 °, p . 314. n. 14 (source
n on iden tifiée) ; e) B ullarum diplom atum et privilegiorum S .R . P o n tìficu m
T a u rin en sis ed., t. 3, T u rin 1858, p. 535-536 (d ’après D d) ; f) B . Z im m er-
m an, M onum enta histórica Carm elitana, t. 1, R irin ae 1907, p. 12-18 (d’après
B ritish M uséum , A d d . 16372, f. 4 -5 ’) ; g) G. WESSEBS, A n tiq u issim a copia
regulae ordinis nostri, dan s A nalecta ord. Carm elitarum , fase. 39, 19 13 ,
P- 556-561 (d’ après B) ; h) Regula prim itiva ord B .M . de M onte Carmelo,
d a n s Regula et constilutiones fr. D iscalceatorum ord. B . V .M . de M onte Car­
melo, R o m e 1940, p. 5-10 ; e tc .
B- — R e g e ste : a) A. PoTTHAST, Regesta p on tìficu m Rom anorum ...,
B erlin 18 75, n. 126 79 (d ’ap rès D d), n. 1270 1 (d’ap rès D e) ; b) E . B e r ­
g e r , L e s registres d 'in n o cen t I V [B ib l. E c o le fra n ça ise d ’A th è n e s e t de
R o m e, ser. 2, n. 1], t. x, P a ris 1884, p. 494, n. 3288 (d 'a p rès B ) ; etc.

Priori et fratribus heremitis de monte Carmeli.1


Que honorem conditons omnium et profectum continent animarum,
robons presidio sunt fulcienda perpetui, set ilia precipue super quibus
apostolice sedis auctontas salubris providentie studium noscitur habuisse.
5 Cum itaque nos, ad vestre supplicationis instantiam, per dilectum îi-

1) P riori... C arm eli] In n o c e n tiu s ep iscop u s se rvu s se rv o ru m d ei d ile ctis


filiis p rio ri e t fra trib u s h e rem itis de m o n te carm eli sa lu te m e t a p o sto licam
b e n ed ictio n e m S 3) su n t]sin t S

1 O n sa it que le clerc c h a rgé de tran scrire dan s les re gistres les d o cu m en ts


p o n tific a u x (bulles ou le ttres), ne s ’a streig n a it p a s à une re p ro d u ctio n in té ­
g rale du p ro to co le in itia l ; il n ’en co n se rv a it qu e l ’adresse q u ’il é c r iv a it en
m a rg e en m en us c a ra c tè re s e t q u ’u n ru b ric a te u r r é c r iv a it à l ’encre ro u g e dan s
u n esp ace v id e m én agé à c e t e ffe t au d é b u t d u do cu m en t.
LA LETTRE « QUAE HONOREM CONDITORIS » II

lium nostrum Hfugonem] 2 tituli Sancte Sabine presbyterum cardina-


lem, et venerabilem fratrem nostrum G[uilielmum] 3 Anteradensem epi-
scopum, quedam regule vestre dubia declarari et corrigi, ac etiam que-
dam ipsius gravia misericorditer fecerimus mitigari, prout in litteris
10 inde confectis plenius continetur, nos vestris piis desideriis annuentes,
declarationem et correctionem ac mitigationem huiusmodi auctoritate
apostolica confirmamus et presentis scripti patrocinio communimus.
Tenorem autem litterarum ipsarum de verbo ad verbum fecimus pre-
sentibus annotari, qui tabs est :

15 Frater H[ugo], miseratone divina tituli Sancte Sabine presbyter


cardinalis, et frater Gfuilielmus], eadem miseratione Anteradensis epi-
scopus, carissimis in Christo filiis viris religiosis . . priori generali et
diffinitoribus capituli generalis ordinis fratrum de Carmelo, salutem
in omnium salutari.
20 Accedentes ad apostolicam sedem fratres clerici Reynaldus et Petrus
ordinis vestri, ex parte vestra a domino papa humiliter postularunt,
ut quedam, que in vestro privilegio et regula olim vobis a felicis me­
morie Alberto patriarcha Ierosolimitano tradita continentur dubia, de-
clarare, corrigere ac quedam gravia mitigare misericorditer dignaretur.
25 Cum igitur dominus papa eorum devotis supplicationibus annuendo
nobis commiserit, ut declarationem, correctionem et mitigationem huius­
modi faceremus vice ipsius secundum quod bono statui ordinis èt fra­
trum saluti expediens videremus, religioni vestre qua fungimur auctori­
tate mandamus quatenus regulam a nobis correctam, declaratam et
30 mitigatam, prout expedire vidimus, devote recipientes earn firmiter
observetis, et ad instar eiusdem alias vestras regulas corrigatis, quam
vobis per eosdem fratres sub sigillis nostris mittimus in hac forma :

Albertus, Dei gratia Ierosolimitane ecclesie vocatus patriarcha, di-


lectis in Christo filiis B[rocardo] et ceteris heremitis qui sub eius obe-
36 dientia iuxta Fontem in monte Carmeli morantur, in domino salutem
et sancti Spiritus benedictionem.

7) n o stru m om .S 17) filiis om .S 20) R e yn a ld u s] R e g in a ld u s S 22) v e s tro


p rivilegio] p .v . S 23) p a tria rc h a om. S 26) n o b is]vo b is S 31) a lias vestras]
v .a . S 32) n o stris]v estris S 34) in C h risto om .C ; ceteris herem itis]c. fra-
trib u s h. C 35) B o n te m ]F o n te m B lia e M C

2 H u g u e s de S ain t-C h e r, ca rd in a l d u tit r e de S ain te-S ab in e.


3 G u illau m e, évê q u e d ’A n ta ra d o s (T artoûs).
12 M. H. LAURENT, O. P.

Multipharie multisque modis 4 sancti patres instituerunt quaiiter quis-


que in quocunque ordine fuerit, vel quemcunque modum religiose vite
elegerit, in obsequio lhesu Christi 5 vivere debeat, et eidem fideliter de
40 corde puro et bona conscientia 6 deservire.
Verum, quia requiritis a nobis, ut iuxta propositum vestrum trada-
mus vobis vite formularli, quam tenere in posterum debeatis :
Illud in primis statuimus, ut unum ex vobis habeatis priorem, qui
ex unanimi omnium assensu, vel m a i o r i s e t s a n i ó r i s p a r -
40 t i s ,7 ad hoc officium eligatur, cui obedientiam promittat quilibet alio-
rum, et promissam studeat operis ventate servare cum castitate et abdi-
catione proprietatis.
Loca autem habere poteritis in heremis, vel ubi vobis donata fuerint,
ad vestre religionis observantiam apta et commoda, secundum quod
o0 priori et fratribus videbitur expedire.
Preterea, iuxta situm loci quem inhabitare proposueritis, singuli ve­
strum singulas habeant cellulas separatas, sicut per dispositionem prio-
ris ipsius, et de assensu aliorum fratrum, vel sanioris partis, eedem
cellule cuique fuerint assignate, ita tamen ut in communi refectorio
ea que vobis erogata fuerint, communiter aliquam lectionem sacre
scripture audiendo, ubi commode potent observari, sumatis.
Nec liceat alicui fratrum, nisi de licentia prioris, qui pro tempore
fuerit, deputatum sibi mutare locum, vel cum alio permutare.
Cellula prions sit iuxta introitum loci, ut venientibus ad eundem
60 locum primus occurrat, et de arbitrio et de disposinone ipsius post-
modum que agenda sunt cuncta procedant.
Maneant singuli in celluhs suis, vel iuxta eas, die ac nocte in lege do­
mini meditantes, 8 et in orationibus vigilantes,9 nisi aliis iustis occasionibus
occupentur.
60 Hii, qui horas canonicas cum clericis dicere norunt, eas dicant se­
cundum constitutionem sacrorum patrum et ecclesie approbatam con-

38) religiose v ite ]v .r . M 40) b o n a con scien tia]c.b . S C 44) om nium ] om-
n iu m q u e C 48) v o b is d o n a ta jd .v . C 54) u t]q u o d C 60) e t de dispositio-
n e]e t disp ositio n e M C 65) n o r u n tjv o v e r u n t 5 66) sa cro ru m ]san cto ru m M S C

4 H eb r. I , x.
5 2 Cor. X , 5.
6 I T im . I, 5.
7 F o rm u le ju rid iq u e con sacrée p a r les a cte s d u IV e c o n cile de I.a tr a n (J. B.
M a n s i, C onciliorum nova et am plissim a collectio, t. 22, V e n ise 1778 , col. 10 11),
d ’où elle e st p assée d a n s les D écrétâ tes (libr. I, tit . 6, cap . 42) : « e lig a tu r in
qu em om n es v e l m a ior e t sa n ior p a rs c a p itu li co n se n tit ».
8 P salm . I , 2.
9 I P etr. I V , 7.
LA LETTRE a QUAE HONOREM CONDITORIS » 13

suetudinem. Qui eas non noverunt, viginti quinque vicibus « Pater


noster» dicant in nocturnis vigiliis, exceptis dominicis et sollempnibus
diebus, in quorum vigiliis predictum numerum statuimus duplicari,
ut dicatur «Pater noster» vicibus quinquaginta. Septies autem eadem
dicatur oratio in laudibus matutinis. In aliis quoque horis septies si­
militer eadem sigillatim dicatur oratio, preter officia vespertina, in qui-
bus ipsam quindecies dicere debeatis.
Nullus fratrum a l i q u i d e s s e s i b i p r o p r i u m d i c a t ,
s e t s i n t v o b i s o m n i a c o m m u n i a et d i s t r i b u a t u r
u n i c u i q u e 10 per manum prioris, id est per fratrem ab eodem ad
idem officium deputatum, p r o u t c u i q u e o p u s e r i t ,11 inspe-
ctis etatibus et necessitatibus singulorum. Asinos autem sive mulos,12
prout vestra expostulaverit necessitas, vobis habere liceat ; et aliquod
animalium sive volatilium [ad] nutrimentum.
Oratorium, prout comodius fieri poterit, construatur in medio cel-
lularum, ubi mane per singulos dies 13 ad audienda missarum sollempnia
convenire debeatis, ubi hoc comode fieri potest.
Dominicis quoque diebus vel aliis, ubi opus fuerit, de custodia ordi-
nis et animarum salute tractetis ; ubi etiam excessus et culpe fratrum,
si que in aliquo deprehense fuerint, caritate media corrigantur.
Ieiunium singulis diebus, exceptis dominicis, observetis a festo Exaì-
tationis sancte Crucis usque ad diem dominice Resurrectionis, nisi
infirmitas vel debilitas corporis aut alia iusta causa ieiunium solvi sua-
deat, quia n e c e s s i t a s n o n h a b e t l e g e m . 14
Ab esu carnium abstineatis, nisi pro infirmitatis vel debilitatis remedio
sumantur. Et quia vos oportet frequentius mendicare itinerantes, n e
sitis ho sp it ib u s onerosi, extra domos vestras

67) n overu n t] v o v e r u n t S ; n o v e rin t M C 72) sigiU atim d ic a tu r oratio]


d.o .s. C 73) ip sa m qu in d ecies ] q. i. M S 74) a liq u id ... d ica t]sib i a liq u id
p ro p riu m esse d ic a t C 75) d istrib u a tu r]d istrib u a n tu r M C ; id e st]v e l C 7®)
a u te m o m .M S 88) dom in ice R esu rrectio n is] R .d . M 89) ieiu n iu m om .S

10 Régula S . A u g u s tin i: « B t n o n d ic a tis a liq u id pro p riu m , sed sin t v o b is


om n ia com m un ia, e t d is trib u a tu r u n icu iq u e v e stru m » (P B ., t. 33, col. 960).
11 Régula S . A u g u stin i, ib id .
12 B a défense d ’a ller à c h e v a l com m u n e à to u s les ordres d u X I I I e siècle,
n ’e x c lu a it p as cep e n d a n t l ’u sage de l ’ âne ou d u m u let. Q u elques te x te s dan s
M. H . B a u rB n T , L e B x Innocent V et son temps [S tu d i e te sti, 129], B ib lio ­
th è q u e V a tic a n e 1947, P* IOO> n ote 156.
13 P salm . C X B I V , 2.
14 R é g u la iuris, v . B . HE M a u r i, Regulae iu ris, raccolta di 20V0 regole ai
diritto..., M ilan 1928, p. ! 5 3 ■
14 M. H. LAURENT, O. P.

sumere poteritis pulrpenta cocta cum carni-


96 b u s ; 15 sed et carnibus supra mare vesci licebit.
Quia vero temptatio est vita hominis super terram, et omnes qui pie
volunt vivere in Christo persecutionem patiuntur, 16 adversarius quoque
vester diabolus, tanquam leo rugiens, circuit querens quem devoret ; 17 omni
sollicitudme studeatis indui armatura Dei, ut possitis stare adversus
5 insidias inimici.18
Accingendi sunt lumbi cingulo castitatis ; 19 muniendum est pectus co-
gitationibus sacris, scriptum 193 est enim : cogitatio sancta servabit te.
Induenda est lorica iustitie,20 ut dominum deum vestrum ex toto corde et
ex tota anima et ex tota virtute diligatis,21 et proximum vestrum tanquam
10 vos ipsos.22 Sumendum est in omnibus scutum fidei, in quo possitis omnia
tela nequissimi ignea extinguere,23 sine fide enim, impossibile est piacere
Deo. 24 Galea quoque salutis 28 capiti imponenda est, ut de solo salvatore
speretis salutem, qui salvum facit populum suum a peccatis eorum.26 Già-
dius autem Spiritus, quod est Verbum dei,21 habundanter habitet 28 in ore et
1 0 in cordibus vestris,29 et quecunque vobis agenda sunt, in verbo domini fiant .30

Faciendum est vobis ahquid opens, ut semper vos diabolus invernai


occupatos, ne ex ociositate vestra aliquem intrandi aditum ad animas
vestras valeat invenire. Habetis in hoc beati Pauli apostoli magisterium
20 panter et exemplunri ; in cuius ore Christus loquebatur, 31 qui positus

96) om nes om .C ; p ie v o lu n t]v .p . M 4) stu d ea tis in d u i]in d u ite M 6) lum bi]


1. v e s tri C ; cin g u lo c a s tita tis J ca stitatis c. M 7) sacris]sa n ctis M C 8)
co rd ejco rd e v e s tro C 9) an im a... to ta ]a. v e s tra e t t. C 15) v o b is om .S
16-17) sem p er... o cc u p a to s ]s. d ia b o lu s in v e n ia t v o s o. C 20) p o situ s]p o sitis S

15 F ra g m e n t e m p ru n té a u x C o n stitu tio n s des fr. P rêch eu rs, d ist. I, ch. 8,


é d . H . D e n i f l E , D ie Constitutionen des Prediger-Ordens vom Jahre 12 2 8 , dans
A rch iv /. Litteratur- und K irch en - Geschichte des M ittel A lters, t. 1 18 8s t> iq q
16 2 T im . I I I , 12.
17 X P e tr , V , 8.
38 E p h e s. V I , II.
19 E p h e s. V I , 14.
19a c f. P r o v . I I, 1 1 : « p ru d e n tia s e r v a b it te ».
20 E p h e s. V I , 14.
21 D e u t. V I , 5.
22 M a tth . X I X , 19.
23 E p h e s. V I , 5.
24 H eb r. X I , 6.
25 E p h e s. V I , 17.
26 M a tth . I, 2 1.
27 E p h e s. V I , 17 .
28 C ol. I I I , 16.
29 R o m . X , S.
30 Col. I I I , 17.
31 cf. 2 Cor. X I I I , 3.
I,A LKTTRE « QTJAE HONOREM CONDITORIS » 15

est et datus a deo predicator et doctor gentium, in fide et veritate ; 32 quem


si secuti fueritis, non poteritis oberrare. In labore, inquit, et fatigatione
fuimus ínter vos nocte ac die operantes, ne quem vestrum gravqremus non
quasi nos non habeamus potestatem, sed ut nosmetipsos formam daremus
vobis ad imitandum nos. Nam, cum essemus apud vos, hoc denunciabimus
Vobis, quoniam si quis non vult operari non manducet. Audivimus enim
ínter vos quosdam ambulantes inquiete, nichil operantes. Hiis autem, qui
eiusmodi sunt, denuntiamus et obsecramos in domino Ihesu Christo, ut
cum silentio operantes suum panem manducent 33 ; hec via sancta est et
bona; ambulate in ea.34
Commendat autem Apostolus 35 silentium, cum in eo precipit operan-
dum et quemadmodum propheta testatur : cultus iustitie silentium 36 e s t ;
et rursus : in silentio et spe erit fortitudo vestra.37 Ideoque statuimus ut
dicto completorio silentium teneatis usque ad primam dictam sequentis
diei. Alio vero tempore, licet silentii non habeatur observatio tanta,
diligentius tarnen a mültiloquio caveatur, quoniam sicut scriptum est
— et non minus experientia docet — in multiloquio peccatum non deerit; 38
et qui inconsideratus est ad loquendum sentiet mala.36 Item, qui multis
Verbis utitur, ledit animam suam.i0 Et dominus in evangelio : de omni
verbo otioso, quod locuti fuerint homines, reddent rationem de eo in die
iudicii.i l Faciat ergo unusquisque stateram verbis suis, et frenos rectos
hori suo, ne forte labatur et cadat in lingua, et insanabilis sit casus eius
ad mortem,42 custodiens cum propheta vias suas, ut non delinquat in
lingua sua,i3 et silentium in quo cultus iustitie est,u diligenter et caute
studeat observare.

23) a c]et M C 24) nos non] n on n. M ; h ab ea m u s]h a b u erim u s M , habere-


m us C 24) n osm etip sos]vo sm etipso s S 25) nos ]v o s S ; den un ciabim us]
d en u n tia b a m u s C 28) eiusm odi]hyiiusm odi C 29) su u m p an em ]p.s. C
29-30) hec... bo n a]h ec v ia b o n a e t sa n c ta M , h a e c v ia b o n a e st e t sa n cta
S , h a e c via sa n cta e t b o n a C 35) o b se rv a tio ]o b se rv a n tia C 37) p e cc a tu m
n on d eerit]n .d .p . M S 38-39) m u ltis v e rb is u titu r]m .u .v . S 39) dom in us
in jd .d ic it i. C 40) ra tio n em de eo]d.e.r. C, de eo o m .M 42) lin gu a]l. su a C

32 x T im . I I , 7.
33 2 T hess. I I I , 8-12.
34 Isa i. X X X , 21.
35 cf. 2 T hess. I I I , 12.
36 Isa i. X X X I I , 17.
37 Isa i. X X X , 15.
38 P r o v . X , 19.
39 P r o v . X I I I , 3.
40 B c c li. X X , 8.
41 M a tth . X I I , 36.
42 B c c li. X X V I I I , 29-30.
43 P salm . X X V I I I , 2. . '
44 Isa i. X X X I I , 17.
16 M. H. LAURENT, O. P.

T u autem, frater B[rocarde], et quicunque post te institutus fuerit


prior, illud semper habeatis in mente, et servetis in opere, quod do­
minus ait in evangelio : quicunque voluerit inter vos maior fieri, erit
minister vester, et quicunque Voluerit inter vos primus esse, erit vester
servus. 4.S
Vos quoque, ceteri fratres, priorem vestrum honorate humiliter,
Christum potius cogitantes quam ipsum, qui posuit illum super capita
Vestra,i6 et ecclesiarum prepositis ait : qui Vos audit, me audit, qui vos
spernit, me spernit,i7 ut nòn veniatis in iudicium de contemptu, sed de
obedientia mereamini eterne vite mercedem.

Hec breviter scripsimus vobis, conversationis vestre formulam sta-


tuentes, secundum quam vivere debeatis. Si quis autem supererogave-
rit, ipse dominus, cum redierit, reddet ei ; utatur tarnen discretione,
que virtutum est moderatrix.48
Actum Lugduni, anno domini M .C C .X LV II, domini pape Innocenti;
quarti anno V, kalendis septembris.

Nulli ergo, etc., nostre confirmationis, etc. Si quis, etc.


Datum Lugdum kalendis octobris, anno V.

B ibliothèque Vaticane M .-H LAURENT 0 P

46-47) p o st... prior] fu e rit p o st te p rio r in stitu tu s M S 47) se rve tis]o b se rv e tis
M C 48) volu erit] v u lt M 51) illu m ]ip su m C 52) m e a u d it]m .a . e t M C
54) etern e v ite ] v .e . M C 55) b rev iter]b en e in te r S 61-62) N u lli... anno
V ] N u lli ergo om n in o ho m in u m lic e a t h a n c p a gin am n o stra e co n firm a tio n is
in frin g ere, v e l ei ausu te m e ra rio con traire. S i qu is a u te m b o c a tte n ta r e prae-
su m p se rit, in d ig n a tio n e m o m n ip o ten tis dei ac b e a to ru m P e tr i e t P a u li apo-
sto lo ru m eius, se n o v e r it in cu rsurum . D a tu m L u g d u n i, k a len d is octo bris,
p o n tific a tu s n o stri anno V S.

45 M a tth . X X , 26-27 ; M arc. X , 43-44.


46 P salm . L X V , 12.
47 L u c . X , 16.
48 « U n d e A n to n iu s d ic it q u od discretio quae ad p rü d e n tia m p e rtin e t e st
g e n itrix e t cu stos e t m o d e ra trix v irtu tu m », écrira S. T h o m a s ( I I I Sent., d ist. 33,
qu . 2, a rt. 5). S. B e n o ît a v a it de m êm e é c r it : « d iscre tio m a te r v irtu tu m » .
(Regula, ch. 64).
Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 17-49

U N T E R S U C H U N G E N U B E R
V ER FA SSE R , A BFA SSU N G SZEIT,
QUELLEN UND BESTÄ TIG U N G
D ER K A R M E L I T E R - R E G E L .

S u m m a r iu m . — I. A d q u a e situ m : quis fu e rit a u c to r R e g u la e C arm e lita ru m ,


re sp o n d etu r : n ullu s alius n isi A lb e rtu s A v o g a d ro , P a tr ia r c h a H ie ro so ly m ita n u s.
IX. A d qu aesitu m : q u an d o c o n d ita f u it h a e c R e g u la ? respon dem u s : e x
c irc u m sta n tiis v ita e eiusdem A lb e rti p ro b a ri p o te s t illu n i com posu isse R e g u la m
ta n tu m annos in te r 1207 e t 1210 . O m nes aliae th eses re fellu n tu r. — In IIT .
p a rte m o n stra tu r : A lb e rtu m R e g u la m su a m hau sisse a) n ec e x R e g u la S. A u -
gu stin i, b) nec e x ea D iv i B asilii, c) n ec e x « I n s titu tio n e p rim oru m m on acho-
ru m » cu iu sd am Joan n is 44., d) sed e x p ro p ria sc ie n tia. — In I V . p a rte a g itu r :
a ) de ap p ro b atio n e R e gu lae p er H o n o riu m I I I , b) de eiusdem R e g u la e m u ta -
tio n e su b In n o cen tio I V , c) de eius m itig a tio n e per E u g e n iu m IV .

Als im Jahre 1562 die hl. Teresia von Avila das erste Reformkloster
für den weiblichen Zweig des Karmelitenordens errichtete, griff sie,
beraten von gelehrten und frommen Männern, auf jene Form der Or­
densregel zurück, die ihr Papst Innocenz IV. gelegentlich der Appro­
bation i.J. 1247 gegeben hatte, während sie bis dahin als Nonne des
Menschwerdungsklosters die Regel in jener gemilderten Form beobach­
tet hatte, die ihr unter Papst Eugen IV. i.J. 1432 gegeben worden war.
Aehnlich geschah es i.J. 1568, als das erste Reformkloster für den männ­
lichen Zweig des Ordens in Durvelo bezogen wurde. Auch da ver­
pflichteten sich die ersten Vertreter der Reform, der hl. Johannes v.
Kreuz und P. Antonius de Heredia feierlich auf jene 1247 approbierte
Form der Regel. Und seit jenen Tagen blieb dieser Text der Regel,
wie er durch Innozenz IV festgelegt worden, unveränderte Norm für
den reformierten Zweig des Karmelitenordens, oder, wie sie seit jener
Zeit gewöhnlich genannt werden, für die « Unbeschuhten Karmeliten.»
Darum hat gerade dieser Zweig um so triftigeren Grund, die sieben­
hundertste Wiederkehr dieses bedeutenden Ereignisses gebührend zu
feiern.
i 8 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

Da nun aber sowohl über die Person des Verfassers der Karmeliter­
regel, wie über die Zeit der Abfassung derselben und deren angebliche
Quellen seit dem I4.Jahrh. bis auf unsere Tage, nicht nur von Aussen-
stehenden, sondern ebenso von Autoren aus dem Orden selbst, so mannig­
fache, einander widersprechende Angaben im Umlauf sind, mag es
nicht unangebracht sein, bei dieser Gelegenheit über all diese um­
strittenen Punkte uns Rechenschaft zu geben, soweit das bei dem ge­
genwärtigen Stand historisch gesicherter Ergebnisse möglich ist.

Wenn wir uns in erster Linie fragen : W e r i s t d e r V e r f a s ­


s e r der Karmeliter-Regel? so scheint diese Frage auf den ersten Blick
überflüssig. Denn gleich in den ersten Worten der Regel weist sich
der Verfasser aus als : « Albertus, Patriarch von Jerusalem »•
Da nun aber zwei Männer des Namens Albertus kurz nacheinander
das Patriarchat von Jerusalem innehatten, mag es kommen, dass man
den einen mit dem anderen verwechselte bezw. aus beiden nur einen
machte und infolgedessen auch die Abfassungszeit der Regel irrtüm­
lich auf einen früheren Zeitpunkt ansetzte.
Der eine dieser beiden Albert, die den Patriarchenstuhl von Jerusa­
lem mnehatten, ist Albertus, zubenannt « der Erem it», Grossneffe des
berümten Kreuzzugspredigers Petrus von Amiens ( t 1115). Dieser nun,
wie sein Grossonkel, französischer Nazionalität, war zunächst Bischof
von Bethlehem (ab 1175),1 wurde dann, nach dem Tode des Hera-
klius (1191) von Papst Coelestin III, zu dessen Nachfolger auf dem
Patriarchenstuhl von Jerusalem ernannt; residierte als solcher, da seit
1187 Jerusalem in den Händen der Sarazenen war, in Accon, starb
aber schon nach 3 Jahren (1194).2
Mit diesen durchaus gesicherten Daten kommen jedoch die ver­
schiedenen Jahre, die man vielfach als Abfassungszeit der Regel angibt,
nämlich 1171, 1199, 1205, von noch früheren ganz abgesehen, in Kolli­
sion. Denn 1171 war jener Albertus, «der Eremit», nichteinmal noch
Bischof von Bethlehem, geschweige denn Patriarch von Jerusalem.
Und 1199 oder gar 1205 war er längst tot.
Ausserdem wendet sich Albertus in seiner Regel ausdrücklich an

1 D ict. H ist., I, 1438.


2 D . M. D a n T tn e , L ’art de vdrifier les dates, (P aris 1 7 7 0 2) p. 2 9 5 -
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMELITER-REGEI, *9

Brocardus «und die übrigen Einsiedlerbrüder, die unter dessen Ge­


horsam bei der (Elias)-Quelle am Berge Karmel wohnen », d.h. er setzt
Brocardus als Oberen dieser Einsiedler voraus. Ob wir nun nach der
wahrscheinlicheren Berechnung — denn über jeden Zweifel erhabene
zeitgenössische Angaben hierüber fehlen vollständig — als Todesjahr
des hl. Brocardus 1234 oder nach anderen 1231 annehmen, so kommen
wir bei 33 Jahren Amtsdauer als Prior des hl. Brocardus, zurück auf
1200 bezw. 1198 des Beginnes seiner Amtstätigkeit. Auch dieser Um­
stand spricht also gegen obige Behauptung, der zufolge der Verfasser
der Karmeliterregel jener Albertus, « der Erem it» gewesen wäre.
Dies war eben kein anderer als jener zweite Albertus, Patriarch von
Jerusalem (1205-1214).
W e r i s t n u n d i e s e r A l b e r t u s ? Nach neuesten zuver­
lässigen Untersuchungen eines D .F. Pianzola 3 entstammte unser Al­
bertus dem Geschlechte der Avogadro, einer dem lombardischen Land­
adel angehörigen Familie, die das Schloss Gualtien bei Guastalla,
ehedem zur Diözese Parma gehörig, zu Lehen hatte. Hier erblickte
Albertus um das Jahr 1150 das Licht der Welt. Wie es seiner Abkunft
entsprach, wurde er schon in früher Jugend in die freien Wissenschaften
eingeweiht, in denen er laut einem zeitgenössischen Bericht (im bi­
schöflichen Archiv von Vercelli) grosse Fortschritte machte. Nachdem
er sodann mit grossem Erfolg Theologie und kanon. Recht studiert,
trat er bei den regulierten Chorherren des Klosters S. Croce in Mortara
zwischen Milano und Casia gelegen — ein. Wir haben keine
sicher verbürgte Nachricht aus jener Zeit über seine Lebensführung.
Mag sein, dass man ihn mit Rücksicht auf seine adelige Abstam­
mung anderen vorzog. Wahrscheinlicher aber ist, dass er durch
strengen sittlichen Wandel und durch wissenschaftliche Begabung
andere überragte. Denn um 1180 ward er, als Prior oder Propst,
wie wir ihn nennen wollen, an die Spitze jener klösterlichen Gemeinde
gestellt. Und wie schon vor ihm verschiedene seiner Amtsvorgänger auf
irgend einen der vakanten Bischofsstühle Norditaliens berufen wurden,
so ward auch Albertus Avogadro 1. J. 1184 auf den durch Tod seines
bisherigen Inhabers Gandolfo erledigten Bischofsstuhl von Bobbio er­
hoben. Allem, da Albertus, der die heiklen Verhältnisse von Bobbio
ob des dauernden Zwiespalts zwischen der bischöfl. Kurie und der
verweltlichten Abtei St. Columban nur zu gut kannte, sich gegen diese

3 I n : II M onte Carmelo (R oina) 1937, P- 19 6 ss.


K e h r , Ita lia P o n tif., v . V I , P . I I (B erlin 19 14 ), p. 244.
20 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

Berufung sträubte, wurde er, noch bevor er zum Bischof von Bobbio
geweiht war, auf den Bischofssitz von Vercelh berufen (20 april II85).5
Während der 20 Jahre, in denen Albertus den bischöfl. Stuhl von Ver-
celli innehatte, gelang es ihm, dank seiner klugen und massvollen Re­
gierungform, die materiellen und geistlichen Belange dieser Diözese in
jeder Hinsicht zu wahren und zu fördern.6
Ein Mann, der immer mit kluger Mässigung dem Recht zum Siege
zu helfen und zwischen den streitenden Parteien den Frieden herzus­
tellen verstand, war Bischof Albertus bei Papst und Kaiser in gleicher
Weise in hohen Ehren, die beide sich seiner Vermittlung in schwierigen
Staatsgeschäften und im Kampf der Parteien bedienten.7
Als nun im Jahre 1203 der Patriarchensitz von Jerusalem durch den
T od seines bisherigen Inhabers, eines gewissen Monaco, aus Florenz
gebürtig, frei wurde, ward zunächst Kardinal Caetano Siffredi (al.
Goffredus), der damals Apost. Legat in Palästina war, zum Patriarchen
von Jerusalem ernannt.8
Für den Fall, dass Kardinal Siffredi die Wahl nicht annehme, hatte
Papst Innocenz III (in seinem Schreiben vom 16 aug. 1203) 9 die
Weisung gegeben, dass das für den neuen Patriarchen übersandte Pal­
lium aufbewahrt, und dass « der Prior und die Kanoniker vom hl. Grabe
des Herrn eine andere geeignete Persönlichkeit zum Hirten jener Kirche
wählen sollten ».
Dieser Fall trat tatsächlich ein, da Kardinal Siffredi trotz ausdrückli­
cher Mahnung des Papstes die Wahl nicht annahm und gegen den
Willen des Papstes das hl. Land verliess und nach Konstantinopel ging.10
Da, wie aus der eben angeführten Weisung des Papstes zu ersehen
ist, dem Prior und den Kanonikern des hl. Grabes von Jerusalem das
Recht zustand, bei Sedisvakanz des Patriarchenstuhles von Jerusalem
eine geeignete Persönlichkeit zu wählen und dem Papst zur Bestätigung
zu präsentieren, machten die Genannten auch im Jahre 1204, nach der
endgültigen Abdankung des Kardinals Siffredi, von diesem Rechte
Gebrauch und einigten sich auf die Person des Bischofs von Vercelh,
Albertus Avogadro. Auch der König von Jerusalem, Amalrich II von

5 M i g n e , P L 214 , col. 921.


6 FERRERItrs, S . E u seb ii Vercellensis E p isc o p i... eiusque in episcopatu suc-
cessorum vitae... (R o m a 1602), p. 177 ss.
7 U g h e i a i , Ita lia sacra, v . I V , col. 787.
8 F u b e i,, H ierarch. Cath., m. ae. I, 45.
9 R e g e sta In n o c. I l l , M i g n e , P I , 2x5, c. 145.
10 Ib id ., c. 541.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMEEITER-REGEL 21

Lusignan, sowie die Erzbischöfe und Bischöfe des lateinischen Patriar­


chats Jerusalem stimmten dieser Wahl bei, wie Papst Innocenz III in
seinem Schreiben an den Bischof von Vercelli (17 febr. 1204) betont.11
Das also ist der schlichte Sinn jener auf den ersten Blick schwer ver­
ständlichen Worte der Brevierlesung (II. Lektion d. II. Nokturn) zum
Fest des hl. Albertus : « ab orientali clero in Jerosolyrmtanum Patriar-
cham desideratus fu it». Denn so mancher mag sich dabei fragen : wie
kam es, dass der im Orient völlig unbekannte Bischof von Vercelli vom
« orientalischen Klerus » zum Patriarchen von Jerusalem begehrt wurde ?
Der grosse Bischof von Vercelli, der den Friedensvermittler machte
zwischen Papst und Kaiser, zwischen den einzelnen miteinander im
Kampfe liegenden Ländern Oberitaliens, wird eben jenem angeblichen
« orientalischen K leru s», der in Wirklichkeit zumeist aus Italianern
und Franzosen bestand, nicht so ganz unbekannt gewesen sein. Denn
jene im oben zitierten päpst. Schreiben genannten « Prior et canonici
St1 Sepulchri» waren ja ein erst in der Kreuzfahrerzeit (1114) entstan­
dener, ausschliesslich aus Europäern zusammengesetzter Zweig der
Augustiner- Chorherrn. Und auch jene lateinischen Bischöfe, die, zur
Kirchenprovinz Jerusalem gehörig, die Postulation des Bischofs von
Vercelli zum Patriarchen unterstützt hatten, waren durchwegs euro­
päischer Herkunft. Was Wunder also, wenn auch ihnen der zum Pa­
triarchen vorgeschlagene Bischof von Vercelli durchaus kein Unbekan­
nter war. — Zudem war es seit Errichtung des lateinischen Patriarchats
von Jerusalem durch die Kreuzfahrer (1099) Gepflogenheit, nur einen
Mann aus dem hohen Klerus Frankreichs oder Italiens zu dieser Würde
zu erheben. Dies nur zum besseren Verständnis des Umstandes, dass
in Albertus ein italienischer Bischof zum Patriarchen von Jerusalem
gewählt wurde.
Papst Innocenz III., vor den das Ergebnis dieser Wahl schriftlich
wie mündlich durch eigene Sendboten jener bevollmächtigten Wähler
gebracht wurde, — das ergibt sich einwandfrei aus dem Schreiben des
Papstes an den also Erwählten (17 febr. 1205) 12 — bestätigte die Wahl.
Nicht gerade frohen Herzens ; denn der Papst verliert damit für Ita­
lien einen Mann, auf den er sich in allen heiklen Fragen verlassen
konnte.13 Aber im Hinblick auf die bedrängte Lage der Kirche im hl.

11 M i g n e , P L 2 15 , c. 540-1.
12 M i g n e , P L 2 15, c. 540.
13 « lic e t a u tem v a ld e n ob is n ecessarius sis in p a rtib u s L o m b ard ia e, u tp o te
cui secure in ard u is e tia m n eg o tiis c o m m ittim u s v ice s n o stra s », ibid .
22 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

Lande, und zugleich den Bitten jener Wähler willfahrend — « per suas
nobis litteras supplicantes, ut te non solum inducere, sed et cogere
dignaremur, ut postulationi eorum consentires » (ibid.) — bittet und
beschwört Albertus, sich der auf ihn gefallenen Wahl nicht zu entziehen.
Und unter dem 16. juni 1205 14 richtet der gleiche Papst ein Beglaubi­
gungsschreiben an sämtliche Bischöfe und Ordensobern Palästinas, in
welchem er diesen mitteilt, dass er Albertus, den ehemaligen Bischof
von Vercelli, « virum approbatum, circumspectum et providum » als
seinen Legaten in die Kirchenprovinz Jerusalem schickt, und sie mahnt
ihn aufzunehmen wie seine eigene Person.
Und Albertus fügte sich in den Willen des Papstes. Aber erst, nach­
dem er noch wichtige Angelegenheiten in der Diözese Vercelli geordnet
und seinen Nachfolger konsekriert hatte, konnte er daran denken, sich
ins H. Land zu begeben. Doch scheint sich die Abfahrt ausserdem auch
noch durch wiedriges Wetter in die Länge gezogen zu haben. Denn
aus einem päpstlichen Schreiben vom 29. dez. 1205 15 (IV kal. ian.
a. V III.) ergibt sich, dass der neuernannte Patriarch von Jerusalem
immer noch auf italienischem Boden ist, weil die genuesische Flotte
wegen widriger Winde nicht auslaufen konnte, und der Papst fügte
hinzu, «und noch können wir nicht wissen, wann es Gott gefällt Dir
zu Deiner Reise ins Heilige Land die Seewege zu öffnen ». Denn eben
aus diesem Grunde hatte ihn der Papst wissen lassen, dass der ursprüng­
lich auf 4 Jahre angesetzte Termin für die Dauer seiner Eigenschaft
als päpstl. Legat erst von dem Tage an zu rechnen sei, an welchem er
seinen Einzug hält in der ihm anvertrauten Kirche von Jerusalem.
Da aus dem nächstfolgenden Schreiben des Papstes an den Patriar­
chen von Jerusalem, nämlich vom 30. März 1206,16 hervorgeht, dass
dieser um diese Zeit bereits im HI. Lande ist, so kann er frühestens in
den Monaten Januar oder Februar des Jahres 1206 dort angekommen
sein. Er hatte die Überfahrt auf einer genuesischen Flotte gemacht.
Wir legen auf diese Feststellung besonderes Gewicht, da sie, wie wir
weiter unten sehen werden, von Bedeutung ist für das Ansetzen der
Zeitspanne, innerhalb welcher Albertus den Mönchen vom Karmel
seine Regel gegeben kaben kann.
Albertus Avogadro langte also in den ersten Monaten des Jahres
1206 im Hl. Lande an, und nahm, wie auch seine Vorgänger, seine

14 T h e o D. H a c u s c y n s k y j , A cta In n ocen tii I I I (R o m a 1944) p. 306-7.


45 M i g n e , P L 2 15, c. 752.
16 Ib id . 2 15 , c. 829.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMELITER-REGEL 23

Residenz in Akkon (od. Saint Jean d ’Acre), unweit des Berges Karmel,
da seit 1187 die Stadt Jerusalem in den Händen der Sarazenen war.
Dieses Akkon, eine der wenigen Städte Palästinas, die noch nicht den
Sarazenen zum Opfer gefallen war, war ausserdem sehr gut befestigt,
und bot wegen seiner günstigen Lage am Meere die Möglichkeit jeder­
zeit die Verbindung mit dem Okzident aufrecht zu erhalten.
Der Herausgeber der «Acta Innocentii III.» Theodosius Haluscyn-
skyj, O.F.Bas. S. Josaphat, hält es in seiner geschichtlichen Einleitung
zu diesem Quellenwerk für eine besonders glückliche und segensreiche
Fügung («feliciter fortunateque pro Hiersolymitano regno evem t»)
dass dieser Albertus « ein Mann, nicht nur von grösser Klugheit, son­
dern zugleich von ausserordentlicher Frömmigkeit» 17 auf diesen Posten
berufen wurde. Denn er entwickelte hier in der Tat bis zu seinem ge­
waltsamen Tode (1214) eine in jeder Hinsicht ganz erstaunliche und
umfangreiche Tätigkeit; nicht nur zum Wohle der ihm anvertrauten
Kirche, sondern überhaupt zur Wahrung der unter der Herrschaft der
Sarazenen gefährdeten christlichen Belange. Beweis dafür sind die zahl­
reichen, zumeist sehr heiklen Aufgaben, mit denen ihn der Papst be­
treute, dessen uneingeschränktes Vertrauen er genoss, wie aus den vie­
len für ihn sehr ehrenden Äusserungen des Papstes hervorgeht. Wir
werden darauf bei anderer Gelegenheit zurückkommen.
Doch war diesem seinen fruchtbaren Wirken zum Wohle der Chri­
stenheit im Orient eine verhältnismässig kurze Frist gesetzt : etwas
über 8 Jahre. Als Papst Innocenz III. unterm 19. april 1213 ein allge­
meines Konzil nach Rom (IV. Lateranense) einberief, sandte er an
Albertus, den Patriarchen von Jerusalem, ausser der für alle Kirchen­
fürsten bestimmten Einberufungsbulle noch ein eigenes Schreiben,18 in
welchem er diesem vor Augen hält, dass seine Anwesenheit bei diesem
Konzil, weil in erster Linie den Aufgaben der Befreiung des Hl. Landes
aus den Händen der Sarazenen gewidmet, ganz besonders notwendig
und fruchtbar sei. Darum möge der Patriarch, sofern irgendwie möglich,
schon vor dem anberaumten Termin (Nov. 1215) in Rom zu wichtigen
Vorberatungen eintreffen.
Doch sollte es leider dem Patriarchen nicht vergönnt sein, an diesem
für die Sache des Hl. Landes so bedeutungsvollen Konzil teilzunehmen.
Unter den beim Konzil anwesenden Kirchenfürsten finden wir 19 als

17 H a l u s c y n s k y j , A cta Innocent. I I I , p. 25.


18 M i g n e , P L 216 , c. 830-1.
18 M a n s i , Coll. C on cil., 22, 1079.
24 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

Patriarchen von Jerusalem einen gewissen Radulphus. Patriarch Albertus


war nämlich inzwischen, d. h. am 14. sept. 1214, als er gemeinsam mit
der Christengemeinde von Akkon in der dortigen Kathedrale das Fest
des heiligen Kreuzes beging, der Rachsucht eines ehrgeizigen und ge­
wissenlosen Landsmannes zum Opfer gefallen.
Nach einer Handschrift des bischöf. Archivs von Vercelli,20 wohl
der ältesten und zuverlässigsten Quelle über unseren Albertus, musste
Albertus den Oberen der Hospitalbrüder von Akkon wegen moralischer
Exzesse zurechtweisen und seines Postens entsetzen. Dieser Mann nun,
aus Caluso (Diöz. Ivrea in Piemont) wollte sich dafür rächen. Und
während Albertus am Feste der Kreuzerhöhung in Akkon die feierliche
Prozession hielt, ward er von diesem pflichtvergessenen Menschen
erdolcht.21
M it diesem Bericht stimmt übrigens auch ein Historiker aus jener
Zeit überein, wenigstens der Hauptsache nach, nämlich Torsellus in
seinem W erk: « Secreta fidelium Crucis » (1321), wenn er zum Jahr
1214 kurz angibt : « Eodem anno (1214) Albertus Patriarcha Hierosoly-
mitanus in supplicatione (d. h. bei einer feierlichen Bittprocession)
mortuus e st» .22
Demnach ist die Version der Brevierlesung zum Feste des Hl. Alber­
tus (25. Sept. Lectio VI.), wo es h eisst: « Impiorum hominum furore
divexatus, clam se subduxit, et Carmeli Eremitis se adjunxit, ubi...
sanctis operibus plenus, inter suos animam... exhalavit», ohne jegliches
Fundament. Ebenso andere willkürlich erfundene Lesarten, nach wel­
chen der Heilige in Jerusalem unter den Dolchen der Sarazenen ge­
fallen sei.
Wenn ferner manche Autoren den Todestag des hl. Albertus auf
den 8. april ansetzen, so mag das seinen Grund darin haben, dass ur­
sprünglich dessen Fest tatsächlich am 8. April gefeiert wurde.
Aus diesen nur besonders hervorstechenden, wenn auch nur sum-

20 W ied ergegeb en v o n S te p h . F e rre ri in seiner ob en zitie rte n v it a S . Eusebi*


etc. u. in A a . S S. a p r., I, p. 774.
21 W ir b ra u ch e n u n s ü b e r diese M ein ta t eines p flich tv e rg esse n e n O beren der
« H o sp ita lb rü d e r » n ic h t so n d erlich w u n d ern , n ach d em w ir au s dem ze itg e ­
n össisch en B e r ic h t des W ilh e lm v o n T y r u s in seiner H is to r ia re ru m tran sm arin .
(MlGNE, B E 201, c. 710) w issen , dass eben diese « H o sp ita lb rü d e r », v o n reichen
K a u fle u te n aus A m a lfi (TJnteritalien) u rsp rü n glich zu m S c h u tz der W eh rlo sen
u n d zu r B e h erb e rg u n g v o n europ äisch en P ilg ern in J e ru sa le m g e g rü n d e t, a ll­
m ä h lich sich je g lic h e r A u t o r itä t en tzo g en h a tte n , u n d a u ch einem der V o r­
fah re n u nseres A lb e rtu s a u f dem P a tria rch e n stu h l v o n J e ru sale m die A u sü b u n g
sein er o b e rh irtlich e n T ä tig k e it e rsch w ert h a tten .
22 A a . S S ., 1. c., p. 775.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMEUTER-REGEU 25

manschen Zügen aus dem Leben des hl. Albertus von Vercelli, oder
wie er zumeist genannt wird, Albertus von Jerusalem, ergibt sich zur
Genüge, dass nur dieser als der Verfasser der Karmeliterregel in Be­
tracht kommen kann, ergibt sich aber auch die Antwort auf verschie­
dene andere Fragen.

II

Von diesen aber ist die nächsthegende : W a n n w u r d e d i e


R e g e l der K a r m e l i t e n v e r f a s s t !
Denn auch diese Frage wurde bis in die neuere Zeit herein vielfach
falsch beantwortet.
P. Alfonso de la Madre de Dios, C.D., hat im Jahre 1622 in Segovia
eine Untersuchung darüber angestellt, wann S. Albertus den Karmeliten
die Regel gegeben hat,23 worin er all die Jahreszahlen aufführt, die er
bei den verschiedenen Autoren dazu gefunden hat. Es werden darin
nicht weniger als 16 verschiedene Jahre, von 1110-1300 laufend, ange­
führt. Unter diesen 16 Jahreszahlen haben jene von 1171, 1199 und
1205 jeweils die meisten Autoren für sich. Nachdem P. Alfonso alle
übrigen Jahre sowohl vor wie nach 1205, an Hand der vita des Heiligen
(bei Steph. Ferrerius) abgelehnt, tritt auch er für das Jahr 1205 als
Datum der Entstehung dieser Regel ein. Mit welcher Berechtigung,
werden wir weiter unten sehen.
Ohne auf die verschiedenen Jahresdaten v o r 1171, als auf blosse
Phantasieprodukte, einzugehen, wollen wir nur jene Jahre näher ins
Auge fassen, welche die grössere Zahl von Autoren für sich haben.
Da ist vor allem das Jahr 1171, das ganz unbegreiflicherweise auch im
Bullarium Carm .24 als Entstehungszeit angegeben wird, und darum
wohl seit jener Zeit — der I. Band des Bullariums erschien zu Rom,
1715 — vielfach zur Übernahme dieses Datums beigetragen haben mag.
Nachdem nämlich P. Eliseus Monsignano im genannten Werke als erstes
authentisches Dokument für die Geschichte des Karmelitenordens die
Approbation der Regel durch Honorius III., (1216-1227) und in Ver­
bindung damit den Text der Regel, wie er der päpstlichen Urkunde
beigefügt ist, vorgelegt hat, fügt er den letzten Worten der Regel :

23 « D e tem p o re in q u o S. A lb e rtu s P a tr. H ieros. C arm elita n is re g u la m tr a -


d id it » (ms. i. Gen. A rch. C . D ., R o m , n. 307dl.
24 V o l. I, p . 4.
26 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

« Utatur tarnen discretione, quae virtutum est moderatrix» noch das


Datum bei, unter dem die Regel vom Patriarchen Albertus dem hl.
Brocardus übergeben sein soll, nämlich : « Ex Accon, Idibus Januarii
anno Domini 1171 ».
Dem gegenüber ist nun aber festzustellen, wie dies schon Papebroch
in seinen Untersuchungen zu Albertus von Jerusalem 25 betont hat,
dass die Regel ursprünglich keine Jahreszahl trug, weil nach damaligem
Brauch der offiziellen Korrespondenz überflüssig. Darum wird auch in
den Acta Sanctorum (apr. I., p. 778) wo gleichfalls der ursprüngliche
Text der Regel wiedergegeben ist, das Jahresdatum weggelassen. Es
heisst dort nur : « Ex Achon Idus Januarii».
Auch abgesehen davon, ist es, wie sich aus unseren Ausführungen
über das Leben des hl. Albertus einwandfrei ergibt, ganz ausgeschlossen,
dass « Albertus, Patriarch von Jerusalem », wie es eingangs der Regel
heisst, in diesem Jahr die Regel gegeben haben kann. Denn unser Al­
bertus Avogadro, der allein als Verfasser der Regel in Betracht kommt,
war ja damals kaum über 20 Jahre alt, und kam erst in Beziehung zu
den Mönchen des Karmel i. J. 1206. Aber auch der andere Albertus,
Patriarch von Jerusalem, «d er Eremit», von dem oben die Rede war,
war i. J. 1171 nicht einmal noch Bischof von Bethlehem, geschweige
denn Patriarch von Jerusalem- Und ebensowenig war Brocardus, an
den die Regel gerichtet ist, damals schon an der Spitze jener Mönche
vom Karmel.
Ähnlich ist auch das Jahr 1199, das zum erstenmal m der berühmten
« Epistola S. C yrilli» — von dieser wird weiter unten die Rede sein,
angeblich um 1230 geschrieben, und 1370 veröffentlicht, — genannt
wird, als Zeitpunkt der Regelgebung abzulehnen ; denn der erste Al­
bertus, «der Eremit», war um diese Zeit längst schon tot ( t 1194),
und Albertus II., Avogadro, war um diese Zeit noch Bischof von Ver-
celli.
Aber auch das Jahr 1205, das von vielen als das wahrscheinlichste in
unserer Frage angenommen wird, kann nicht in Betracht kommen.
Albertus Avogadro war wohl im genannten Jahr bereits zum Patriar­
chen ernannt, aber noch keineswegs, wie oben gezeigt, am Orte seiner
Residenz angelangt. Da er, wie wir oben gesehen, erst in den ersten
Monaten des Jahres 1206 in Akkon, seiner künftigen Residenz, anlangte,
und jedenfalls nicht allsogleich mit den am nahen Karmel zurückgezogen

25 A a . S S ., ap r., I, p. 786, n. 74.


UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMELITER-REGEL 27

lebenden Mönchen in Verbindung kam, so kommt wohl auch das Jahr


1206 für die Datierung der Regel in Wegfall. Da uns ein bestimmter
Anhaltspunkt für die Datierung der Regel fehlt, müssen auch wir uns
der Meinung so vieler anderer anschliessen, dass die Regel höchst
wahrscheinlich in den Jahren 1207-1210 geschrieben wurde. Denn es
bedurfte doch auch einiger Zeit des gegenseitigen näheren Bekanntwer­
dens zwischen dem kirchlichen Oberen und den Einsiedlern vom K ar­
mel, und musste der neue Patriarch doch erst die Verhältnisse näher
kennen, in denen jene Einsiedler lebten, und die Ziele, die sie verfolgten,
wenn er ihnen eine auf ihre Verhältnisse genau zugeschnittene Regel
schreiben sollte.
So werden wir wohl mit der Annahme, dass es das Jahr 1209 gewesen
sei, der Wahrheit am nächsten kommen.26

III

Aus obigem kurzem Lebensabriss des hl. Albertus von Jerusalem lässt
sich nicht unschwer eine andere Frage beantworten, nämlich : A u s
we l c hen Q u e l l e n hat A l b e r t u s sei ne Re g e l g e ­
schöpft?
Denn auch darüber herrscht seit je grosse Unstimmigkeit. Während
besonders neue Autoren der Meinung zuneigen, Albertus habe seine
Regel der Regel des Hl. Augustinus entlehnt, behaupten andere, es sei
ihm bei Abfassung seiner Regel jene des hl. Basilius als Muster Vorge­
legen. Die meist verbreitete Meinung geht dahin, die Regel des hl.

20 D ie V e rm u tu n g, die zu erst D a n ie e a V i r g i n e M a r ia , in sein er « Vinea


Carm eli », p . 391, n ach ih m L e z a n a , in A n n a les 0 . C arm ., I V , 168, S eg er P a u li
( t 16 5 1) u n d andere n a c h ih m au sgesp ro ch en h a b en , u n d d er n eu esten s au ch
P . G a b r i e e WESSEES, in A nalecta Ö. Carm ., I I I , p. 212 zu n eigt, die ab er v o n
P a p e b r o e k , in A a . S S ., apr., I, 786, n. 73 a b g e le h n t w ird , sch ein t a u f sehr
sch w ach en F üssen zu stehen. N a c h dieser K o n je k tu r n äm lich sei u rsp rü n glich
in der '<E p is to la S. C y rilli » als das J a h r der R e g e lg e b u n g « M C C nono » ( = 1209)
gestan d en , d u rch das V ersehen eines A b sch re ib e rs sei d u rch die E in fü g u n g einer
la t. X « M C X C nono » d a ra u s gew o rden . D en n in der gleich en « E p is to la S. C y ­
rilli » w ird w e ite r oben a u sd rü ck lich b e h a u p te t, B e rth o ld u s sei, « anno D om in i
M C X X I » ( i i 21) zu m ersten P rio r ein g ese tzt w o rd en . U n te r seiner O b ed ien z
h ä tte n die B rü d er « q u a d ra g in ta q u in que annis », 45 Ja h re g e le b t (also bis
116 6 ). N ach einiger Z e it (* p o st lap su m tem p o ris »)— es k a n n n ich t angen om m en
w erd en , dass sie m ehr als zehn Ja h re oh n e O b eren w aren , — sei B ro card u s auf
ih n als P rio r g e fo lg t, u n ter dessen R e g ie ru n g sie T rig in ta trib u s ( = 33) Ja h re
verb lie b e n seien. A lso bis u n g efäh r H 9 9 . U n d diese B erech n u n g stim m t doch
überein m it der B e h a u p tu n g des gleich en V erfassers der « E p is to la », la u t w elch er
A lb e rtu s die R egel, « anno D o m in i M C X C I X ( = 1 1 99) eis tr a d id it ».
28 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

Albertus sei eine glückliche Verschmelzung der Regel des Basilius mit
der berühmten « Institutio pnmorum monachorum » eines angeblichen
Johannes 44, Patriarchen von Jerusalem, wie dies auch die Brevierlesung
(L. VI.) zum Feste des hl. Albertus zum Ausdruck b rin gt: « ex divi
Basilii et Joannis, quadragesimi quarti episcopi Jerosolymitani, operibus
regulam concinavit». Eine vierte Gruppe endlich ist der Ansicht die
albertinische Regel sei nur eine verkürzte aber prägnante Wiedergabe
jener oben genannten « Institutio pnmorum monachorum ». Zu letzterer
Gruppe zählt auch der nicht unbedeutende Ordenshistoriker J. B. de
Lezana, der in seinen « Annalen » 27 diese Ansicht vertritt.
Was ist nun zu diesen einzelnen Hypothesen zu sagen ?

Was die angebliche Abhängigkeit der Albertimschen Regel von jener


des h. A u g u s t i n betrifft, so scheint diese Ansicht auf den ersten
Blick nicht ganz aus der Luft gegriffen zu sein. Denn Albertus Avoga-
dro, der in seinen jungen Jahren zunächst als einfacher Mönch, dann
als Prior den Chorherrn von S. Croce m Mortara angehörte, musste
die Regel des hl. Augustinus besser als jede andere kennen. Denn zu
ihr bekannten sich ja jene Chorherren von Mortara, wie sie ja auch
ausser der Benediktinerregel die am meisten verbreitete Mönchsregel
im Okzident war. Was läge darum näher, als dass Albertus, von den
Einsiedlern des Karmel um eine genaue Fixierung einer für sie passen­
den Lebensregel gebeten, zu dem ihm nächstliegenden Muster der
Augustinerregei gegriffen hätte. Allein der inneren Gründe die gegen
diese Ansicht geltend gemacht werden können, sind zu viele, als dass
sie aufrecht erhalten werden könnte.
Abgesehen davon, dass schon der gelehrte Augustiner Joh. Márquez
in seinem W erk: «Origen des los frailes ermitaños de la orden de
S. Agostin» (Salamanca 1618)» 28 diese Ansicht glattweg ablehnt, be­
lehrt uns ein genauer Vergleich der beiden Regeln — es kommt nur
die sogenannte dritte Regel des Hl. Augustin die «Regula ad servos
D e i» 29 in Frage, die ursprünglich für das Frauenkloster von Hippo
geschrieben, später, wohl kaum vom hi. Kirchenlehrer, auf männliche
Klostennsassen umgeschrieben wurde, — dass eine Uebereinstimmung
zwischen beiden Regeln sich nicht feststellen lässt. Mit Ausnahme allge­
meiner Normen über Demut, Unterordnung, Gebet, Fasten, Stillschwei­

27 I. I V , p . 170.
28 C ap. 20, § 3.
29 M i g n e , P I . 32, c. 13 7 7 ss.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMELITER-REGEL 29

gen. brüder.iche Zurechtweisung usw., die für alle klösterlichen G e­


nossenschaften Gültigkeit haben, findet sich darin fast nichts, was auf
eine quellenmässige Abhängigkeit der Karmehterregel von ihr schliessen
liesse. Nur an etwa zwei Stellen scheint ein gewisser Gleichklang zwi­
schen beiden Regeln zu bestehen. So z. B., wenn es in der Augustinerre­
gel h e isst: « Et non dicatis aliquid proprium, sed sint vobis omnia com-
munia, et destribuatur unicuique vestrum a praeposito vestro victus
et tegumentum... umcuique sicut opus fuerit» (cap. I). Oder wenn es
gegen Schluss des vorletzten Kapitels (n. 11) vom Obern h e isst: « sem-
per cogitans Deo se pro vobis redditurum esse rationem ». Sonst findet
sich nichts, was auf eine Benützung dieser Regel bei Abfassung jener
für die Karmeliten bestimmte deuten liesse.
Was nun jene von vielen Autoren vertretene Behauptung betrifft,
Albertus von Jerusalem habe seine Regel für die Einsiedler vom Karmel
aus der R e g e l d e s g r o s s e n B a s i l i u s herübergenommen, so
scheint auch sie eine gewisse, wenn auch sehr beschränkte, Berechti­
gung zu haben. Denn, dass die Regel oder vielmehr die Regeln- handelt
es sich doch in Wirklichkeit um nicht weniger als 55 längere (« Regulae
fusius tractatae »)30 und 313 kürzere Regeln ( « Regulae brevius tracta-
ia e » )31 — des hl. Basilius, die von Rufinus von Aquileia (379-410)
auch ins Lateinische übertragen waren,32 einen gewissen Einfluss hatte
auf die Entwicklung des Mönchslebens im Orient, und von den meisten
klösterlichen Genossenschaften übernommen wurde, lässt sich nicht
leugnen. Allein bei näherem Zusehen ist auch von Anklängen an diese
Regel in jener des hl. Albertus so viel wie nichts zu finden. Selbst von
den zahlreich in die Basilianerregel eingestreuten Schrifttexten finden
sich nur zwei, die hier wie dort wiederkehren : « Qui vult mter vos
primus esse, sit omnium novissimus » (Mt. 20, 27), und : « ... multi
inordinate ambulantes, nihil operantes... » (II. Thess., 11, 12).
Aber damit ist noch lange nicht gesagt, dass Albertus diese Stellen
aus dem Texte des Basilius entlehnt habe. Wozu bei dem ersteren Text
zudem noch zu bemerken ist, dass Albertus den Text der Vulgata hat,
während der zweite Teil bei Basilius in anderer Form wiedergegeben
ist, ein deutlicher Beweis, dass Albertus den betreffenden Schrifttext

30 M ig n E, P G 31, c. 8 9 0 -1151.
31 Ib id ., 31, c. 1051-506.
32 D ie B em erk u n g des P a p e b r o c h (Aa. S S ., apr., I, p. 786, n. 73) : « B a -
siliana R e g u la g raeca era t, n ec p o te r a t a B erth o ld i sociis in te lligi » is t d aru m
n ich t verstän d lich .
3° FR. AMBROSIUS A S. TERKSIA, O.C.D.

nicht aus Basilius hat, sondern direkt aus der Vulgata. Auch wo Basi­
lius von den Grundregeln mönchischen Lebens handelt, wie : Gehor­
sam, Gebet, Stillschweigen u. a., ist nicht eine Spur von Gleichklang
in unserer albertinischen Regel zu finden.
Bleibt nun nur jene dritte Hypothese zu untersuchen, laut welcher
die Albertinische Regel nur ein Kompendium, d. i. eine knappe und
bündige Z u s a m m e n f a s s u n g der « I n s t i t u t i o p r i mo -
r um m o n a c h o r u m » e i n e s g e w i s s e n J o h a n n e s 44.,
P a t r i a r c h e n v o n J e r u s a l e m sei .
Im Jahre 1370 hat nämlich der katalonische Karmelit Philippus Ribot
(al. Riboti, t 1391) unter dem Titel : « Libri decem de institutione et
peculiaribus gestis religiosorum Carmelitarum» zusammen mit einer
eigenen Schrift noch vier andere Schriften älterer Autoren veröffentlicht,
unter welchem das Buch : « De institutione primorum monachorum ad
Caprasium monachum », angeblich verfasst von einem gewissen Johan­
nes, 44. Bischof, oder wie es noch häufiger heisst, 44. Patriarchen von
Jerusalem. Seitdem verstummte nicht mehr, bis herein in unsere Tage,
die Behauptung : jenes Buch des angeblichen Johannes 44., das schon
zur Zeit des hl. Hieronymus verfasst sein soll, sei die ursprüngliche
Regel der auf dem Karmel lebenden und durch ganz Palästina zerstreu­
ten Einsiedler gewesen. Da aber besagtes Buch ursprünglich in grie­
chischer Sprache abgefasst gewesen sei, welche die später (in der Kreuz-
fahrerseit) aus dem Okzident kommenden Einsiedler vom Karmel nicht
mehr verstanden, sei es auf Veranlassung des Patriarchen von Antio­
chien, Aimericus von Malfaida- nach manchen sogar von diesem selbst-
ins Lateinische übertragen worden (um 1150), und habe bis zur Abfas­
sung der Regel des hl. Albertus von Jerusalem als Richtschnur für das
Leben der Karmel-Einsiedler gedient. Und eben darum habe Albertus,
als er auf Bitten der Einsiedler vom Karmel seine Regel schrieb, jene
« Institutio » des Johannes 44. als Quelle benützt, bezw. verschiedene
Punkte aus jener älteren Regel, weil zu unbestimmt, genauer und schärfer
gefasst, und das ganze in Form eines Briefes ihnen als in Zukunft zu
befolgende Regel übergeben. So wenigstens schreibt der unbekannte
Verfasser der sog. Epistola S. Cyrilli, « De processu et variis Regulis
O. N. » die seinerzeit (1370) von Phil. Ribot zusammen mit der « Insti­
tutio primorum monachorum » veröffentlicht wurde,33 offenbar mit der

33 Z u le tz t w ie d e rg eg eb en in : A nalecta O. Carm ., v o l. I I I , p . 279-86.


UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMELITER-R EGET 31

Absicht, mit diesem Dokument die Präexistenz der « Institutio » v o r


der Regel des Albertus zu beweisen beziehungsweise zu verteidigen.
Was ist dazu zu sagen?
Genannte Sch rift: « De mstitutione primorum monachorum », wie
gesagt, von Phil. Ribot 1370 zum erstenmal der Oeffentlichkeit überge­
ben, und 1507 in dem « Speculum Ordinis » (Venezia) im Druck erschie­
nen, — es findet sich auch im ungekürztem Text in den Opera Omnia
des Pater Thomas a Jesu (Köln 1684), vol. I, pp. 407-444 — besteht
aus einem aszetisch — didaktischen (cap. 2-8) und einem historisch­
apologetischen Teil (cap. 9-48). Nur der aszetische Teil kommt für
uns in Frage, da dieser angeblich die ursprüngliche Regel für die am
Karmel lebenden Einsiedler abgegeben haben soll.
Wer war nun dieser Johannes 44., Bischof, oder wie andere wollen,
Patriarch von Jerusalem? Nach der, übrigens als unecht erklärten Epi­
stola S. Cyrilli, soll er zuerst Mönch auf dem Berge Karmel gewesen
sein, folgte dann (386) dem berühmtem heiligen Cyrillus von Jerusa­
lem, der ihn zum Priester geweiht, auf dem Bischofsstuhl von Jerusa­
lem nach. Letzteres steht einwandfrei fest. D ass er aber der 44. Bischof
von Jerusalem gewesen, ist unrichtig, vielmehr war er der 42. Auch
war er keineswegs Patriarch, da erst auf dem Konzil von Chalcedon,
451, Jerusalem zum Patriarchat erhoben wurde. Unter den Bischöfen
von Jerusalem, die den Namen Johannes trugen, war er der zweite .34
Dieser Johannes II. nun, der von 386 bis 415 den Bischofsstuhl von
Jerusalem innehatte, soll i. J. 412 seinem Schüler Caprasius und den
übrigen Mönchen auf dem Karmel jene Schrift « De mstitutione ... »
geschrieben haben, « da er sah, dass er infolge der Verpflichtungen der
übernommenen Würde nicht länger mehr seinen beständigen Wohnsitz
auf dem Berge Karmel haben könne »,3S In Wirklichkeit residierte er
schon seit 386 als Bischof in Jerusalem. Und nachdem er, wie geschich­
tlich feststeht, vom hl. Cyrillus (350-386) zum Priester geweiht worden
war, wird er wohl manche Jahre vor 386 in Jerusalem geweilt haben.
Somit steht also die Behauptung der « Epistola S. C yrilli», als habe
Johannes erst um 412 den Berg Karmel verlassen, in offenem Wider­
spruch mit den geschichtlichen Gegebenheiten.
Diese von Johannes verfasste « Institutio... » war aber, wie der Ver­
fasser der « Epistola S. Cyrilli» vorgibt, griechisch geschrieben (« elo-

34 L ’ art de vérifier les dates..., p. 249.


35 « Cernens, quod p ro p te r occu p a tio n e m su scep ti o fficii non p o sse t u lte riu s
jugern in m onte C arm eli resid en tiam h a b ere >' (E p ist. S. C y rilli, c. I.)
32 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

quio et Iitteris graecis »). Da nun viele Jahrhunderte später, ein gewisser
Aymericus von Malafaida, « patriarcha Antiochenus, et in Terra Sancta
Apostolicae Sedis legatus, vir quidam amabilis Deo et hominibus » E6
übrigens war er nicht « Delegat des Heiligen Stuhles,», wie Verfasser
der « Epistola » behauptet, weder in den ersten Jahren seines Patriar­
chats, noch auch später. Beweis dafür ist, dass er selber in den Brie­
fen, die uns von ihm aus den Jahren 1164, ¡187 erhalten,37 und die
an die Könige von Frankreich und England gerichtet sind, in der of­
fiziellen Grussformel nur sagt : « Aimericus, Dei gratia sanctae sedis
apost. Antiochiae patriarcha » — sah, dass manche der « Brüder Unse­
rer lieben Frau von Berge K arm el», besonders jene, die aus dem
Okzident gekommen waren, nicht mehr in dem Geiste wandelten, wie
er in dem besagten Buche des Johannes vorgezeichnet war, eben weil
sie den griechischen Text jener Regel nicht verstanden, üess er das
Buch aus dem griechischen ins Lateinische übertragen. Das sei ge­
wesen «anno Domini M C X X I » ( = 1121), in welchem Jahr der ge­
nante Patriarch von Antiochia seinen (leiblichen) Bruder Bertholdus
den übrigen auf dem Karmel weilenden Brüdern zum Oberen gege­
ben habe. — So der unbekannte Verfasser der « Epistola S. C yrilli».
Wie verhält sich zu diesen Angaben die geschichtliche Wirklichkeit ?
Dieser Aymericus, aus Salagnac (Limoges) gebürtig, war zwar Pa­
triarch von Antiochia, aber nicht um 1121, wie der Verfasser der oben­
genannten Epistola will, sondern kam erst auf den Patriarchenstuhl von
Antiochia i. J. 1142 38 nachdem sein Vorgänger, Radulphus, gleichfalls
Franzose, abgesetzt worden war. Und der Erzbischof Wilhelm von
Tyrus (t u m 1186), der im 15. Buch, cap. 15-18 seiner « Historia rerum
transmarinarum » 39 diese Zustände ausführlich und objektiv schildert,
spricht den, von anderen Zeugen übernommenen, Verdacht aus, dass
Aymericus bei der ungerechtfertigten Absetzung des Radulphus seine
Hand im Spiele gehabt habe, und nennt ausserdem diesen Aymericus,
den er noch persönlich kannte, gehörte doch Tyrus zum Patriarchat
Antiochia « hormnem absque littens, et conversatioms non satis
honestae », also einen Mann ohne jede wissenschaftliche Bildung, und
von nicht ganz untadeligem Wandel. Wie konnte nun, so fragen wir uns

36 Ib id ., cap . IV .
37 MlGNE, P L 201, c. 1403-408.
33 L ’ art d.e verifier les da*es..., p, 289.
33 M i g n e , P L 201, c. 630.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMEEITER-REGEU 33

mit Papebrock 40 dieser Mann ohne wissenschaftliche Bildung, zu einer


Zeit, in der auch sonst gelehrte Männer der Kenntnis der griechischen
Sprache bar waren, wissen, dass jene aus dem Okzident auf dem Kar­
mel angekommenen Brüder nicht im Geiste der griechisch geschriebenen
« Institutio » des Johannes lebten ?
Eine andere Schwierigkeit ergibt sich für uns aus der weiteren Frage :
mit welchem Rechtstitel konnte Aymerich, der Patriarch von Antio-
chia, den Einsiedlern vom Karmel jene « Institutio » des Johannes zur
Regel geben und ihnen einen Oberen bestellen, nachdem doch seine
Jurisdiktionsgewalt nur auf das Patriarchat von Antiochia (in Syrien),
beschränkt war, während der Berg Karmel, bekanntlich in Palästina •
gelegen, zum Jurisdiktionsbereich des lateinischen Patriarchen von Jeru­
salem, oder näher des Bischofs von Akkon gehörte?
Einen Ausweg aus diesem scheinbaren Widerspruch scheint uns der
obenerwähnte Wilhelm von Tyrus im 18. Buch seiner « Historia rerum
transmarinarum» 41 zu zeigen. Dieser erzählt nämlich, dass Patriarch
Aymerich i. J. 1153 vom Fürsten von Antiochien, Raynald de Chttillon,
ins Gefängnis geworfen, und schmählich misshandelt, dann aber, auf
B e t r e ib e n des Königs von Jerusalem, Balduin III., frei gegeben wurde.
Um sich weiteren Quälereien dieses Fürsten zu entziehen, habe Ayme­
rich Antiochia verlassen und habe sich in den Schutz des Königs von
Jerusalem geflüchtet, wo er scheinbar in Abwesenheit des nach Rom
verreisten Patriarchen Fulcher die Jurisdiktion ausgeübt, und wo er
auch um 1157, dem neuemannten Patriarchen Amalrich (1157-1180)
die Bischofsweihe erteilt hat. Vielleicht mag nun jene mehr materielle
Hilfe, die er der Neugestaltung des Lebens der Einsiedler vom Karmel
zuteil werden liess, wenn ihr geschichtliche Wahrheit zugrunde liegt,
in jene Jahre des Aufenthalts des Patriarchen Aymerich in Jerusalem
zu verlegen sein. Manche Autoren neigen dazu, dies in das Jahr 1155
zu verlegen. Denn später, nachdem Raynald, der Fürst von Antiochien,
um 1160, von seinen Feinden gefangen gesetzt war, kehrte Aymerich
wieder nach Antiochia zurück. Sicher ist nach einer Urkunde, dass er
1170 wieder in Antiochia als Patriarch im Amte ist. Es mag sich bei
dieser seiner Tätigkeit zu Gunsten der Karmeliten wohl mehr um einen
Freundschaftsakt gegen Bertholdus gehandelt haben, der sein Bruder
oder naher Verwandter gewesen sein soll, also um eine Tätigkeit rein

40 A a . S S ., apr., I , p . 782, n. 55.


41 M ig n E, P I , 201, c. 707-8.
34 FR. AMBROSIUS A S. TERBSIA, O.C.D.

privater Natur, die helfend, ratend, schenkend sich auswirkte, so dass


sein Andenken lebendig blieb.
Die andere Deutung, dass es sich bei dieser Tätigkeit des Patriarchen
Aymerich zugunsten der Einsiedler vom Karmel in erster Linie um
jene Brüder gehandelt habe, welche in der Nähe von Antiochia, in der
Montana Nigra wohnten — dort habe Aymerich den Brüdern vom
Karmel aus eigenen Mitteln eine Einsiedelei errichtet, wird uns erzählt,
scheint weniger Wahrscheinlichkeit für sich zu haben ; denn in
der genannten Epistola Cyrilli ist ja nur die Rede vom Berge Karmel
selbst.
Wie dem auch sei, so viele innere Widersprüche und historische
Entgleisungen durften einem Autor, der als Cyrillus (von Konstanti­
nopel) der unmittelbare Nachfolger des hl. Brocardus war, infolgedes­
sen noch mit ihm auf dem Berg Karmel gelebt hat und alle jene für
die Entwiklung seines Ordens so bedeutungsvollen Ereignisse und Per­
sönlichkeiten kennen musste, nicht passieren. Ein Grund mehr, diese
Schrift in eine viel spätere Epoche zu verlegen, in der man die genauen
historischen Daten nicht mehr kannte. Damit aber fällt von selbst die
Beweiskraft für die Echtheit, bezw. für die Präexistenz der « Institu-
tio » v o r der Regel des Albertus ins Nichts zusammen.
Uebrigens haben schon lange vor den Bollandisten so manche K ri­
tiker, wie Kard. Baronius, Kard. Bellarmin, oder besonders der Jesuit
Theophil Raynaud (1587-1663) das angebliche ehrwürdige Alter und
die Echtheit jener « Institutio » bestritten. Letzterer besonders,42 dem
man durchaus keine Animosität gegen die Karmeliten zum Vorwurf
machen kann, schreibt: es könne sich bei der Schrift « De institutione
pnmorum monachorum ® auf keinen Fall um ein Produkt aus der Zeit
des hl. Hieronymus handeln, denn der ganze Stil der Schrift, wenn
auch in lateinischer Fassung, sei nicht griechisch, sondern deute auf
einen lateinischen Autor viel späterer Zeit.
Von neueren Autoren wird die These, dass jene « Institutio» von
Johannes, dem 42. Bischof von Jerusalem stamme, völlig aufgegeben.
So meint denn der um Wiederbelebung der Geschichte des Karmeli-
tenordens sehr verdiente P. Gabriel Wessels, O.Carm. ( t 1944), es habe
den Anschein, dass dieses Buch (De institutione...) in jener Zeit, da
Patriarch Aymerich m Jerusalem weilte, also zwischen 1153 (richtig
1154) und 1159, aus teils mündlicher, teils schriftlicher Ueberlieferung

42 Erotemata de m alis et bonis libris (I,yon 1650).


UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMEEITER-REGEE 35

zusammengestellt worden sei >>.48 Und sein Ordensmitbruder, der ge­


lehrte P. Barthol. Xiberta, geht noch einen Schritt weiter.. Er setzt
sich zwar gegen die Behauptung neuerer Kritiker, speziell CI. K opp,44
als wäre die « Institutio » erst im 14. Jahrh. entstanden, ganz energisch
ein, gibt aber doch zu, dass sie erst in der ersten Hälfte des 13. Jahrh.
abgefasst sei.45 Ebenso weist auch P. Benedikt Zimmerman, O .C .D .46
die Schrift dem 13. Jahrhundert zu.
Bleibt nun noch ein näherer Vergleich der beiden Schriften, der
« Institutio » des Johannes und der Regel des hl. Albertus, wenn wir
zu unserer Frage ein Urteil fällen sollen. Es kommen dafür, wie schon
oben gesagt, aus der « Institutio » nur die Kapitel 2-8 in Betracht. Denn
nur diese geben eine Anweisung, wie der Mönch in einem von der Welt
abgesonderten Leben der Einsamkeit stufenweise zur Vollkommenheit
gelangen kann, während Kap. 1. sowie 9-11 und 16-20 ausschliesslich
vom Leben des Elias, die anderen von den Schülern des Elias und von
der Entwicklung des mönchischen Lebens im Geiste und in der Nach­
folge des Propheten Elias im Alten wie im Neuen Bunde handeln. Welch
himmelweiter Unterschied besteht nun aber zwischen diesem ersten
Teil der « Institutio» und der Regel des hl. Albertus ! Diese ersten
Kapitel, d. h. Kap. 2-8, sind nämlich nichts anderes, als eine mystische
Auslegung der Worte Gottes an den Propheten Elias (3. Reg. 17, 3-4) :
« Recede hinc, et vade contra Orientem, et abscondere in torrente Ca­
rith, qui est contra Jordanem, et ibi de torrente bibes, corvisque prae-
cepi, ut pascant te ib i». Aus diesen Worten leitet nämlich der Verfas­
ser in mystisch-allegorischem Sinn die Mahnungen bezw. Regeln ab,
die er seinem angeblichen Schüler Caprasius, und in ihm jedem Ein­
siedler des Karmel gibt, um zur Vollkommenheit, oder vielmehr zum
Genuss der Gegenwart Gottes zu gelangen. Nachdem der Verfasser
im 2. Kapitel Aufgabe und Ziel des mönchischen Lebens kurz umrissen
hat, nämlich : Gott ein von jeder actuellen Schuld reines Herz darzu­
bringen (Aufgabe) und dadurch schon hienieden zum Kosten der göt­
tlichen Nähe und zum Vorgenuss der jenseitigen Herrlichkeit zu ge­
langen (Ziel) zeigt er in den folgenden Kapiteln die Mittel auf, welche
stufenweise zu diesem Ziel führen, als da sind : Verachtung der Er­
dengüter (Kap. 3.), Verleugnung des eigenen Willens (Kap. 4), Ein­

43 A nalecla O. Carm ., I I I , 267.


44 E lia s und Christentum a u f dem K arm el (P ad erb o rn 1929).
45 A n a l. 0 . Carm ., V I I , 188.
46 M onum . hist. Carm. (L irin ae 1907), p. 235.
36 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

samkeit und Keuschheit (Kap. 5), vollkommene Liebe zu Gott und


zum Nächsten (Kap. 6). Als Mittel hingegen, um zur vollkommenen
Liebe zu gelangen, empfiehlt er die Uebung der Armut, Keuschheit,
des Gehorsams, und die Liebe zu Einsamkeit (Kap. 7), und gibt schliess-
hch (Kap. 8) die Mittel an, um in der Vollkommenheit zu verharren.
In den nächsten Kapiteln endlich stellt er uns Elias als Vorbild all
dieser Tugenden vor.
Albertus hingegen gibt in seiner Regel mehr auf die praktische Aus­
richtung des mönchischen Lebens abzielende knappe Weisungen : Un­
terordnung unter einen Oberen (Prior), Wohnen in gesonderten Zellen,
tägliches Gebetspensum, Oratorium zur Darbringung der hl. Messe,
Verbot des Eigentums, Fasten und Enthaltung von Fleischgenuss,
Flucht vor Müssiggang und Stillschweigen.
Interessant ist in diesem Zusammenhang die Beobachtung, dass Al­
bertus in der ursprünglichen Fassung seiner Regel nicht ausdrücklich
von den drei Gelübden : Gehorsam, Keuschheit und Armut spricht,
sondern in dieser Form nur den Gehorsam nennt, der dem zu erwählen­
den Prior zu geloben sei : ... ut unum ex vobis habeatis Priorem, ...
cui o b e d i e n t i a m promittat quihbet aliorum... ». Die Worte, die
in der jetzigen Fassung der Regel folgen : « cum castitate, et abdica-
tione propnetatis », sind ja ein Einschiebsel aus der Approbation Inno-
cenz IV (1247).
Wohl schärft auch Albertus in der ersten Fassung seiner Regel den
Brüdern vom Karmel die Beobachtung der Armut und Keuschheit
ein : « Nullus Fratrum sibi dicat aliquid esse proprium...» (cap. VII)
u n d : «Accingendi sunt lurnbi vestri cingulo castitatis» (Cap. X II).
Aber ausdrücklich und zusammenhängend finden sich diese drei Ge­
lübde als Grundpfeiler des klösterlichen Lebens nicht in seiner Regel.
Denn bis dahin war es im alten Mönchtum nicht Brauch diese drei
Gelübde ausdrücklich abzulegen, und findet sich deren ausdrückliche
Erwähnung nicht bis zur Zeit der Mendikantenorden.47 Wenn nun
dagegen der Verfasser der « Institutio » (im Kap. 7) betont, dass « den
Mönchen zur Erreichung der vollkommenen Liebe Armut, Keuschheit,
Gehorsam und die Abgeschiedenheit in der Einsamkeit dienlich sei »
so ersieht man auch daraus allem schon, dass die « Institutio » nicht
auf jenes vorgebliche hohe Alter zurückgehen kann.
Wohl hat Daniel a Virgine Maria, 0 . Carm., in seinem Speculum

47 A a . S S ., apr., I, p. 794, n ,
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE CARMELITER-REGEL 37

Carmelitanum (Antwerpen 1680), to. I., P. I., p. 200, einige Texte (9)
aus der « Institutio primorum monachorum » ähnlich oder fast gleichlau­
tenden Texten der Albertinischen Regel gegenübergestellt, um damit
seine These zu erhärten, dass Albertus jene « Institutio » zur Vorlage
gehabt und bei Fixierung seiner Regelvorschriften sich sogar gewisser
Texte aus derselben bedient habe. Da nun aber diese auch bei Alber­
tus, zwar nicht immer wörtlich, aber doch fast gleichlautend, fast aus-
chliesslich aus dem zweiten (historisch-apologetischen) Teil der « Insti­
tutio » entnommen sind, statt, wie zu erwarten wäre, aus dem aszetisch-
didaktischen Teil, so will P. Daniel sich damit hinter der Behauptung
verschanzen, Albertus habe gewisse Punkte der Lebensführung jener
Mönche auf dem Karmel, die all die vorausgehenden Jahrhunderte
hindurch nur Mahnungen waren oder frommer Brauch, zur Vorschrift
erhoben.
In Anbetracht der oben angeführten Umstände scheint es durchaus
nicht so gewagt, wenn man daraus folgert : die Regel des Albertus
habe bereits existiert, als die « Institutio » verfasst wurde ; irgend ein
Karmelit, dem die Regel des Albertus zu kurz gefasst schien, und dem
sie vor allem keine Handhabe zu bieten schien für das innere Leben,
habe in dieser « Institutio » vielmehr eine Ergänzung oder einen Kom ­
mentar zur Regel des Albertus schreiben wollen, um besonders dem
jungen Nachwuchs eine Anleitung für das innere Leben und einen
Abriss der Geschichte des Ordens, im Geiste einer schon Gestalt gewor­
denen Tradition, an die Hand zu geben.
Jedoch möchten wir mit dieser Vermutung durchaus nicht den Er­
gebnissen eingehender Studien vorgreifen, die in dieser Richtung von
anderer Seite gemacht werden.
ln unserer Annahme, dass Albertus in seiner Regel nicht von dieser
« Institutio » abhängig war, werden wir noch durch eine andere Ueber-
legung bestärkt, nämlich : wenn diese « Institutio » wirklich seit der
Zeit eines Johannes 42. von Jerusalem bis zum Patriarchen Aymerich,
und von da wieder bis zu Albertus jenen Einsiedlern auf dem Karmel
als Regel und Norm für ihr mönchisches Leben gedient hat, wie der
Verfasser der « Epistola Cyrilli », und mit ihm soviele andere behaupten,
warum waren jene Einsiedler zur Zeit des hl. Brocardus mit ihr nicht
mehr zufrieden, so dass sie sich an den Patriarchen von Jerusalem wand­
ten, auf dass er ihnen eine neue Regel gebe?

Wenn nun aber wie die bisherigen Ausführungen ergeben, der hl.
Albertus seine Regel weder aus Augustinus, noch aus Basilius, noch
38 FR. AMBROSIUS A S. TBRESIA, O.C.D.

aus der « Institutio » des Johannes 42. geschöpft hat, welche Quelle hat
er dann benützt ?
Dem gegenüber sei aber die andere Frage erlau bt: ist es denn abso­
lut notwendig, hinter dieser Regel des Albertus irgend eine bestimmte
andere Ordensregel als Quelle oder Vorbild zu suchen? Tun wir dem
hl. Albertus nicht vielmehr Unrecht, wenn wir ihm nicht einmal die
Fähigkeit zugestehen, eine in kurzen aber höchst aktuellen Leitsätzen
abgefasste Regel, wie es die der Karmeliten ist, aus eigenem Wissen
und persönlicher Erfahrung zu schöpfen, ohne dass er nötig hatte, sich
dazu erst nach einem Vorbild umzusehen ?
Darum stehe ich nicht an, ungeachtet aller anderslautenden Meinun­
gen, zu behaupten :
D e r h l. A l b e r t u s v o n J e r u s a l e m h a t d i e K a r -
m el ite rre ge l aus Eig en e m geschöpft.
Em Blick auf das Leben und die Tätigkeit dieses Mannes wird diese
Behauptung erhärten.
Albertus Avogadro war, wie wir oben gesehen, zunächst selber Mönch,
zuerst als einfacher Professpriester, dann als Prior oder Propst des Klo­
sters von Mortara, und darum seit früher Jugend wohlvertraut mit
den Pflichten und Gepflogenheiten des klösterlichen Lebens. Er hat
schon von früh an, wie alle Urkunden von ihm berichten — die Hand­
schrift im bischöflichen Archiv von Vercelli, — mit solider Frömmig­
keit gründliches Wissen, besonders auf dem Gebiete des kirchlichen
Rechtes, vereint, wie so viele von ihm geschlichtete Rechtshändel be-
weisen.
Als Bischof von Vercelli hatte er des öfteren mit anderen Orden oder
ordensähnlichen Vereinigungen zu tun. So wird uns z. B. berichtet,
dass er i. J. 1194 den Kanonikern von Biella eigene Statuten gab ; dass
er um 1201 einen langjährigen Rechtsstreit zwischen den Kanonikern
und den Mönchen zum hl. Ambrosius in Mailand beilegte.48 Besonders
interessant ist die Beziehung des Albertus Avogadro zum Orden der
Humiliaten. Diese, ursprünglich eine fromme Laienorganisation, waren
allmählich in sektiererisches Fahrwasser geraten, aber durch die kluge
Vermittlung des Bischofs von Vercelli wieder auf den rechten Weg
zurückgebracht, und um 1201 zu einem Orden umgestaltet worden,
wie aus einem Schreiben des Papstes Innocenz III. zu ersehen ist.49

48 U g h e u .1 , Ita lia sacra, I V , 787, u. M ig n e , P I, 224 c Sso


49 M i g n e , P L 214 , c. 924.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMEUITER-REGEL 39

Und sehr wahrscheinlich war es Albertus, der ihnen bei dieser Gele­
genheit eigene Satzungen gab.
Auch in die Reform seines Diözesanklerus griff er tatkräftig ein,
indem er i. J. 1191 zu Vercelli eine Diözesansynode abhielt, auf welcher
er einschneidende Dekrete zur Reform des Klerus erliess. Also alles
Äusserungen einer auf verschiedene Gebiete des kirchlichen Lebens
sich erstreckenden segensreichen Tätigkeit, die ihn für sein späteres
legislatorisches Eingreifen zum Nutzen jener Mönche auf dem Karme
als ein geradezu von der Vorsehung bestimmtes Werkzeug vorberei-

Und welch reiche und überaus segensvolle Tätigkeit entwickelt Al­


bertus gar erst als Patriarch von Jerusalem ! Die zahlreichen Schreiben
des Papstes an ihn geben uns hierüber hinlänglich Aufschluss. So hat
er z. B. 1206 im Aufträge des Papstes den zwischen den Königen von
Cypern und Jerusalem geschlossenen Frieden zu ratifizieren und über
die Ausführungen der-Friedensbestimmungen zu wachen,“0 oder (1207)
die vakante Stelle des Erzdiakons von Antiochia mit einer würdigen
und geeigneten Persönlichkeit zu besetzen,51 oder, gleichfalls 1207, hat
er sich mit Energie einzusetzen für die Freilassung des vom Grafen
von Tripolis in Haft gehaltenen Patriarchen von Antiochien, und die
Streitigkeiten zu schlichten zwischen dem genannten Grafen und den
Tempelrittern.52 Im folgenden Jahr (1208), hat er den wider alles Recht
eingesetzten griechischen Patriarchen von Antiochien abzusetzen und
gegen seine Anerkennung durch Klerus und Adel einzuschreiten, 0 und
an Stelle des im Kerker verschiedenen lateinischen Patriarchen von
Antiochia die Wahl eines neuen Patriarchen zu betreiben.54 Aehnlich
hören wir, wie er auch in den folgenden Jahren mit einer Menge von
heiklen Aufträgen betraut wird, die ihn wiederholt in Beziehung brin­
gen zu den Fürsten des Orients — die Könige von Jerusalem, Arme­
nien und Cypern, die Sultane von Damascus und Bagdad — deren
Uebergriffe zum Schaden der Kirche oder kirchlichen Institute er in
die Schranken zu weisen hat, eine Tätigkeit also, die keine mittelmäs-
sige Klugheit und Tatkraft bei ihm voraussetzen.
Wie hoch Papst Innocenz III. diesen Mann schätzte, der sich so

50 MlGNE, P L 2X5, C. 829.


51 I b id ., c. 1278.
62 I b id ., c. 13 2 1.
53 Ib id ., c. 1345.
54 Ib id ., c. 1428.
4° PR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

fruchtbar für die Sache der Kirche, diesseits wie jenseits des Mittel­
meeres, einsetzte, ergibt sich eindeutig aus einigen Stellen der päpstli­
chen Schreiben. So z. B. wenn der Papst m seinem Schreiben vom
16. Juni 1205 den Bischöfen, Erzbischöfen und übrigen Prälaten des
Heihgen Landes bekannt gibt, dass er Albertus, « virum approbatum,
circumspectum et providum » zu ihnen als Legaten sende, den sie auf­
nehmen sollen wie seine eigene Person.35 Oder wenn derselbe Papst
in seinem Schreiben vom 5. März 1209 an den Patriarchen von Jerusa­
lem unverhohlen seiner Freude Ausdruck leiht über all das, was Alber­
tus bis dahin zum Wohle der Kirche im Orient geleistet hat, und es
dessen klugem und energischem Eingreifen verdankt, wenn nicht schon
alle Provinzen des Orients dem Zugriff der Sarazenen zum Opfer ge­
fallen sind ( « tuam prudentiam digms in Domino laudibus commenda-
mus, quod inter imminentia circumquaque discrimina... ita te fortiter
et prudenter exerces, ut ex magna parte tuae possimus operae imputare,
si quid nunc orientahs provmciae vel de persecutione subtrahitur, vel
ad requiem procuratur»).56 Oder wenn der gleiche Papst in seinem
Einladungsschreiben zum IV. Laterankonzil, vom 19. April 1213, aus-
drücxlich dem Patriarchen gegenüber betont, dass seine Anwesenheit
und sein kluger Rat und seine Kenntnisse der Verhältnisse des Heiligen
Landes ganz besonders notwendig sei.57
Wir haben all diese Dinge, die an sich mit unserer Untersuchung
über die Regel nichts zu tun haben, deshalb angeführt, weil wir aus
all diesen Tatsachen, besser denn als aus sonstigen historischen Beri­
chten, ersehen können : es handelt sich bei Albertus von Jerusalem nicht
um eine Persönlichkeit von mittelmässmgem Durchschnitt, sondern um
einen Mann von ganz grossem Format, der unleugbare Verdienste um
das Wohl der Kirche im Orient und Okzident für sich zu buchen hat.
Nehmen wir noch zu allem Ueberfluss hinzu, dass dieser gleiche
Albertus auch auf literarischem Gebiete tätig war. Er hat nämlich auf
Wunsch des Papstes ein uns leider verlorengegangenes Werk gesch­
rieben : De situ et statu Terrae Sanctae. So wenigstens berichtet uns
der im orientalischen Schrifttum gut bewanderte, getaufte Jude, Sixtus
von Siena ( f 1569) in seiner Bibliotheca sancta (Lyon 1575) t.I.p. 216.
Und dieser Mann soll nicht fähig gewesen sein, aus Eigenem eine
kurze und praktische, noch dazu zu einem grossen Teil mit treffend ge­

55 H a e u c s y n s k y j , A cta Inn ocen tii, I I I (R om a 1944). p. 306.


™ M ig n e , P R 2 16 , c. 18.
67 Ib id ., 216, c. 830.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMELITER-REGEL

wählten Schrifttexten durchsetzte Regel zu schreiben? ln dieser Ansicht


werden wir noch bestärkt, wenn wir uns vor Augen halten, dass dieser
Mann, als er daran ging, für die Mönche auf dem Karmel eine ihren
Verhältnissen angepasste Regel zu geben, sich sehr wohl an das Leben
der Karmaldulensermönche erinnerte, die er aus seiner italienischen
Tätigkeit her sehr gut kannte, und deren Lebensweise in vielen Punkten
ähnlich war jener, welche sich die Mönche auf dem Karmel zu führen
vorgenommen hatten.
Dürfen wir uns nach alledem noch wundern, wenn Albertus die ihm
gestellte Aufgabe so glücklich löste, und, ohne sich dazu erst nach ande­
ren Quellen oder Vorbildern umsehen zu müssen, für jene Mönche
vom Karmel eine Regel schrieb, die sich « ob ihrer knappen Kürze
und bündigen Form, ob ihrer klaren Äussdrucksweise und Vollständig­
keit vor vielen anderen Ordensregeln vorteilhaft abhebt». 58

IV.

Lfm unsere Untersuchungen über die Albertinische Regel zu vervoll­


ständigen, obgleich dazu schon anderorts Stellung genommen wird,
bleibt nun noch ein Wort zu sagen über d i e B e s t ä t i g u n g d e r
Regel.
Bis zum IV. Laterankonzil (1215) war die Neugründung der Ordens­
genossenschaften nicht der Bestätigung des hl. Stuhles unterworfen. Es
genügte, wenn die Bischöfe der betreffenden Territorien, in denen
sich neue Ordensgesellschaften bildeten, dieselben anerkannten bezw.
deren Regel bestätigten. Der Patriarch von Jerusalem konnte dank
seiner Stellung als Apostolischer Legat für das gesamte Heilige Land— er
war dazu ernannt worden unterm 16. Juni 1605, u9 und unterm 9.
Juli 1208 wurde ihm diese Würde auf weitere vier Jahre verlängert —
aus eigener Machtvollkommenheit den Mönchen auf dem Karmel eine
für sie verbindliche Lebensregel geben, ohne dass vonseiten des Hl. Stuh­
les eine Approbation nötig gewesen wäre. Das dürfte wohl der Grund
sein, warum wir unter den offiziellen Dokumenten aus der Zeit des
Papstes Innocenz III. keines finden, das sich irgendwie mit dieser Regel
befasste.

58 T h o m a s a J e s u , Opera om nia, I, 476 ss.


59 H a l u s c y n s k y j , A cta Inn oc.
60 M i g n e , P T 2 15 , c. 1427.
42 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

Jedenfalls erfreuten sich jene Einsiedlerbrüder am Karmel, und ihr


Oberer, der hl. Brocardus, so lange ihr am päpstlichen Hofe so einfluss­
reicher Freund, Albertus, am Leben war, des unangefochtenen Besitzes
ihrer Regel. Das sollte freilich anders werden, als ihnen i.J. 1214 ihr
grösser Gönner durch den jähen Tod entrissen wurde, mehr noch, als
auf dem 4. Laterankonzil von 1215 eine für ihre fernere Entwicklung
gefahrdrohende Entscheidung getroffen wurde.
Auf genanntem Konzil wurden nämlich ausser den besonders' vor­
dringlichen Fragen über die Rückgewinnung des H I. Landes aus den
Händen der Sarazenen auch Fragen über Reform des Klerus und Neu­
gründung von Orden behandelt. Durch das einschneidende Dekret :
« Ne nimia religionum diversitas », 61 wurde bestimmt, dass hinfort
kein neuer Orden gegründet werden dürfe. Wer immer sich dem Ordens­
leben zuwenden, oder ein neues Kloster errichten wolle, müsse eine der
bereits approbierten Ordensregeln annehmen.
Unter den ca 2212 Teilnehmern am Konzil waren auch verschiedene
hohe Prälaten aus dem H I. Land, wie der Patriarch von Jerusalem,
Radulphus, der Erzbischof von Tyrus, die Bischöfe von Abila und
Bethlehem, sowie der Vertreter des wegen Krankheit verhinderten latei­
nischen Patriarchen von Antiochia. b2 Durch sie wurde der Wortlaut
dieses Dekretes auch nach Palästina gebracht und allen irgendwie daran
interessierten Persönlichkeiten mitgeteilt. Da nun die kleine Mönch-
siedlung am Karmel wohl für die meisten der Prälaten Palästinas, soweit
sie nicht in näherer Verbindung zu jenen Brüdern standen, etwas Neues
war, und nach ihrer Ansicht mit den Bestimmungen des Laterankon­
zils in Gegensatz stand, denn die Mönche fuhren auch nach dem Konzil
ruhig weiter in ihrer bisherigen Lebensweise, so mögen wohl manche
dieser Prälaten den Brüdern vom Karmel das scheinbar Ungesetzliche
ihres Verhaltens zum Vorwurf gemacht haben. Das lag um so näher,
als seit den Tagen, da St. Albertus jenen Brüdern eine eigene Rege!
gegeben, ihre Zahl von Jahr zu Jahr merklich zunahm. Wir sind frei­
lich nicht genau darüber unterrichtet, wie viele es jener « Fratres Ere-
mitae» waren, denen um das Jahr 1209 die Regel des Patriarchen Al­
bertus übergeben wurde. Als der bekannte griechische Mönch Johannes
Phokas i. J. 1185 das Heilige Land bereiste, und auch am Berge Karmel
weilte, waren es nur an die zehn Brüder, die an der Quelle des Elias

61 M a n s i, Sacror. C oncil. collectio (V en etiis 1778), v . 22, c. 1002.


62 M a n s i, 1. c., col. 1079.
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMEEITER-REGEL

sich um Bertholdus, als ihren gemeinsamen Vater scharten.“ Recht


viel mehr werden es vielleicht zur Zeit der Uebergabe der neuen Regel
auch nicht gewesen sein. Ob ausser dieser Siedlung am Karmel noch
andere solcher Vereinigungen in Palästina und Syrien bestanden, wie
manche Autoren behaupten, lässt sich nicht eindeutig ausmachen.
Jedenfalls werden in der Grussformel der Regel — sie ist ja in Briefform
abgefasst — nur « Brocardus und die übrigen Einsiedlerbrüder, die
unter dessen Obödienz nahe der (Elias) Quelle am Berge Karmel woh­
nen », als Empfänger der Regel genannt. Um diese also handelt es sich
auch in den Jahren nach dem Laterankönzil, deren Zahl freilich durch
Zuzug weiterer Brüder aus Europa in den Jahren nach der Uebergabe
der Regel merklich gewachsen war. Und um sie handelt es sich wohl
auch zunächst, wenn uns von alten Autoren berichtet wird, dass sie nach
dem Bekanntwerden jenes oben erwähnten Dekretes vonselten des
übrigen Klerus belästigt wurden, weil sie, entgegen den Bestimmungen
des Konzils, ohne approbierte Regel nicht nur in ihrer bisherigen L e­
bensweise verharrten, sondern sogar noch neue Mitglieder in ihre Reihen
aufnahmen.
Um der Ungewissheit dieser Lage ein Ende zu machen, sandte Bro­
cardus als das Haupt dieser Einsiedler eine Abordnung von einigen
Brüdern an den päpstlichen Hof — wir dürfen wohl annehmen : auf
den Rat oder wenigstens im Einverständnis, und vielleicht auch mit
Empfehlungen des nunmehrigen Patriarchen von Jerusalem — welche
dem Papst die Rechtmässigkeit ihrer Lebensweise nach einer Regel,
die ihnen schon vor dem Laterankonzil gegeben worden war, darlegen
und ihn um Approbation dieser Regel bitten sollten. Dies ergibt sich
klar aus dem Text der Approbationsbulle. Denn nach jahrhundertalter
Gepflogenheit des päpstlichen Kanzleistils gibt die päpstliche Bulle
oder das Breve die Hauptpunkte des Bittgesuches oder Tatbefundes
wieder.
Papst Honorius III. (1216-1227), der in jenen Jahren nicht in Rom,
sondern im kleinen Provinzstädtchen Rieti Hof hielt, empfing die
Abordnung jener Einsiedler vom Karmel, — ob die von verschiedenen
Autoren berichtete Erscheinung der Muttergottes, die den Papst ge­
mahnt haben soll, sich der Brüder vom Karmel anzunehmen, auf Wahr­
heit beruht, wollen wir hier nicht untersuchen, — und erliess, nach
eingehender Prüfung der Sachlage, unterm 30. Jan. 1226 eine Bulle,

63 M on . hist, carm., p. 270, resp. M ig n e , P G 133, col. 961.


44 FR. AMBROSIUS A S. TERESIA, O.C.D.

gerichtet an « die geliebten Söhne, den Prior und die Einsiedlerbrüder


vom Berge Karmel >>, in welcher er der Bitte derselben entspricht, die
Regel gutheisst, und ihnen befiehlt, «weiterhin die Regel, die ihnen
vom Patriarchen von Jerusalem vor dem allgemeinen Konzil gegeben
wurde, mit Gottes Hilfe zu befolgen ». (« Ut vivendi normam regula-
riter, a bonae memoriae Hierosolyrmtano Patriarcha editam, quam ante
Generale Concilium vos dicitis humiliter suscepisse, in posterum vos,
et successores vestri, quantum cum Dei adjutorio poteritis, observetis,
in rermssionem vobis mjungimus peccatorum.
Datum Reate, 3. Kalendas Februarii, Pontificatus nostri anno de-
cimo »).64
Darauf folgt, wie es bei Approbierung von Ordensregeln oder-Satzun­
gen Brauch ist, der genaue Text der Regel, wie sie von Albertus nieder­
geschrieben worden war.
Das also ist die erste päpstliche Approbation der karmelitanischen
Regel, wie überhaupt das erste offizielle Aktenstück vonseiten des Hl.
Stuhles in der gesamten Geschichte des Karmelitenordens.
D ass die Regel des Albertus von Jerusalem bereits i. J. 1216, also im
ersten Pontificatsjahre des Honorius III, bestätigt worden sei, wie so
viele Autoren — darunter auch der weiter oben genannte P. Alfonso
de la Madre de Dios behaupten, ist vollständig aus der Luft gegriffen.
Von einer Bestätigungsbulle aus einem früherem Jahr als 1226 findet
sich auch nicht eine Spur, weder in der Regestensammlung des Potthast,
noch in der speziellen Sammlung der Regesten Honorius III. (Rom
1888). Hätte eine solche existiert, so wäre sie weder einem Lezana,
der mit Eifer alle Archive durchsuchte, noch einem Monsignani bei
Herausgabe des Bullarium Carmelitanum (P. I. X II., Romae 1715)
entgangen.
Seit dieser offiziellen Approbation vom Jahre 1226 waren denn die
« Einsiedlerbrüder vom Berge Karmel » (« Fratres Eremitae » oder « Fra­
tres eremi Montis Carm eli»), wie sie fortan in den päpstlichen Verlaut­
barungen genannt werden, im unanfechtbaren Besitz ihrer Regel und
konnten nunmehr ihr tägliches Leben im Geiste dieser Regel gestalten,
ohne dass ihnen darob von irgendwelcher Seite her ein Vorwurf gemacht
werden konnte. Das mag wohl nicht wenig dazu beigetragen haben,
dass ihre Zahl wuchs, und dass ihnen wohl auch von Seiten der Gläu­
bigen reichlichere Almosen gespendet wurden, besonders in Form von.

64 B u ll. Carm ., I, p. i .
UNTERSUCHUNGEN ÜBER DIE KARMEEITER-REGEE *5

Naturalien oder auch liegendem Besitz. Das aber hatte zur Folge, dass
sie versucht waren auch anderwärts solche Siedlungen anzulegen, bezw.
den Grundbesitz um ihre klösterliche Siedlung am Karmel herum
auszudehnen. Denn in ihrer Regel war nur jeglicher Privatbesitz ver­
boten (« nullus Fratrum sibi dicat aliquid esse proprium »), war aber
nichts festgelegt über gemeinsamen Besitz. So mögen wohl dem oder
jenem der Brüder, besonders solchen, die von Italien her die Armuts­
frage der franziskanischen Bewegung kannten, Bedenken über die Er-
laubtheit solchen Besitzes gekommen sein. Oder wurden sie vielleicht
von anderer Seite beim Hl. Stuhl verklagt, dass sie Besitz zu eigen hat­
ten? Auch diese Vermutung hat eine gewisse Berechtigung. Um die
Frage zu klären, wandten sich die Brüder an den Hl. Stuhl.
Dies nämlich müssen wir voraussetzen. Andernfalls bliebe unver­
ständlich, wieso Papst Gregorius IX. so unvermittelt zu jener wichtigen
Entscheidung kam, von der in Folgendem die Rede ist.
Gregorius IX. (1227-1241) erliess nämlich von seinem damaligen
Sitz Perugia aus, unterm 6. April 1229 6J ein Dekret, laut welchem er
« dem Prior und den Brüdern der Einsiedelei auf dem Berg Karmel »
streng verbietet, dass genannte Einsiedelei « Landbesitz, Häuser, Ein­
künfte zu eigen haben oder annehmen dürfe ». (« Nos vestro profectui
aspirantes,... auctoritate praesentium distnctius mhibemus, ne in pro-
prietatem de cetera Ererm vestrae loca, vel possessiones, seu domos,
aut redditus ahos recipiatis... vel praesumatis habere...».66) Und nachdem
der Papst in einem weiteren Paragraphen verbietet, dass sich irgend
jemand ausserhalb der Emsiedlergemeinde erlauben dürfe, den Prior
einzusetzen ohne die Zustimmung des grösseren oder vernünftigeren
Teiles des Brüder, bestätigt er neuerdings die schon von seinem Vor­
gänger Honorius III approbierte Regel.
Es frägt sich nur, ob in dem angeführten Dekret unter dem Ausdruck
« Fratres Eremi Montis Carmeli » nur die genau umschriebene Einsie­
delei auf dem Berge Karmel gemeint ist, wie Papebroch 07 will, oder
ob darunter die bereits über Syrien und Palästina in Einsiedeleien ver­
streuten Einsiedlerbrüder vom Berge Karmel als Kollektivbegriff zu
fassen sind. Denn nach dem Berichte des Wilhelm von Sandwich (Gu-

65 « O c ta v o Id u s A p rilis P o n tific a tu s n o s tri anno te rtio » k a n n n ur der 6 ap r.


1229, n ich t 1230 sein, w ie P a p e b ro ch u n d and ere w o llen . D en n er w a r ge w ä h lt
am 20 M ärz 1227.
S® B u ll. Carm ., I, 5.
67 A a . S.S., ap r., I , p. 793, n. 110 .
46 FR . A M B R O S IU S A S. T E R E S IA , O .C .D .

lielmus de Sanvico), der von 1254 bis zum Jahre 1291 selbst auf dem
Berge Karmel geweilt, in seiner « Chronica de multiplicatione religionis
Carmelitarum in Terra Sancta, et eius inde transmigratione in Euro-
pam » 68 bestanden um diese Zeit bereits mehrere Niederlassungen von
Einsiedlern des Karmel in Syrien und Palästina. Wie wäre es auch zu
erklären, dass in den Jahren um 1235, 1238, als die Bedrängung seitens
der Sarazenen immer beängstigender wurde, so viele aus europäischen
Ländern stammende Brüder wieder nach dort zurückkehrten und über­
all dort Klosterniederlassungen errichteten? Diese konnten doch alle
unmöglich aus dem gleichen Kloster auf dem Karmel hergekommen
sein. Zumal die Lage jener Einsiedlerwohnungen in wadi ’ain es-siäh,
dem Tal der Quelle des Propheten am Abhang des Karmel — nicht an
der Stelle, wo das heutige Kloster steht, — nicht hinreichend Platz bot
für viele Einsiedlerzellen.69 Wissen wir doch, dass in den genannten
Jahren verschiedene Gruppen dieser Karmelbrüder, je nach ihrem G e­
burtsort, die einen auf die Insel Cypern, andere auf Sizilien, wieder
andere nach Südfrankreich, und andere nach Süd-England übersiedel­
ten, zumeist von in die Heimat zurückkehrenden Kreuzrittern dorthin
gebracht.
Diese Tatsache hat denn auch das päpstliche Schreiben Innocenz IV.
27. Juli 1247 («V I. Kal. Augusti, Pontific. Nostri anno quinto») 70
zur Voraussetzung. In diesem Schreiben nämlich mahnt Innocenz IV.
(1243-1254) die europäischen Bischöfe und Erzbischöfe, in deren Diö­
zesen sich Karmeliten niedergelassen haben, dieselben gütig aufzuneh­
men und ihnen das Recht Gottesdienst zu halten und eine Begräb­
nisstätte zu gewähren. Denn sie hätten ihre überseeischen Siedlungen
(im Orient) nur mit grossem Leid verlassen, weil gezwungen durch
die Einfälle der Sarazenen.71
Die infolge Uebersiedlung in europäische Gebiete eingetretene Ver­
änderung der Verhältnisse in der Lebensweise der « Brüder Unserer
Lieben Frau vom Karmel » (Fratres B. Mariae de Monte Carmelo),
wie sie nunmehr in den päpstlichen Schreiben genannt werden, hatte
auch notwendig eine Anpassung ihrer Regel an die neuen Verhältnisse
zur Folge. Denn ihre bisherige Regel war auf orientalische Verhält­
nisse zugeschnitten, ursprünglich nur für eine Einsiedlergemeinschaft

68 Speoulum Carm elitanum (A n tw e rp ia e 1680), t. I, P . I, p. 95-106.


69 K o p p , E lia s u. Christentum a u f dem K arm el. (P ad erb o rn 1929), p. 133 .
70 A lso n ic h t 1248, w ie in B u ll. Carm. zu lesen ist.
71 B u ll. Carm ., I, p . 8.
U N TERSU CH U N G EN ÜBER D I E K A R M E L IT E R -R E G E U

bestimmt. Als im Jahre ¡247 72 das erste Generalkapitel auf englisch­


em Boden (Aylesford) gehalten wurde, waren dazu bereits Vertreter
aus verschiedenen Ländern : Cypern, Sizilien, Frankreich, England,
Deutschland anwesend. Darum ward auf jenem Generalkapitel, auf
welchem der hl. Simon Stock zum General gewählt wurde, beschlossen,
beim H L. Stuhl um Aenderung gewisser Punkte nachzusuchen, die
für europäische Verhältnisse nicht mehr haltbar waren. Simon Stock,
der General, sandte darum, wohl im Namen des Kapitels, die zwei Pa­
tres : Reginaldus (al. Raynaldus) und Petrus von Folsham 73 zu Papst
Innocenz IV., der damals in Lyon Hof hielt, um von ihm Abänderung
der Regel und deren Neubestätigung zu erwirken. Der Papst bestellte,
wie aus dem Text der aus diesem Anlass veröffentlichten Konstitution
zu ersehen ist, zur Prüfung der fraglichen Punkte zwei Kommissäre,
den Kardinal Hugo de S. Caro, Tit. Kard. von S. Sabina, und einen
gewissen Gulielmus, Tit. Bischof von Tortosa (Antaradensis), in Syrien,
beide dem Dominikanerorden angehörend. Das Ergebnis dieser Prü­
fung, die einige dunkle Punkte schärfer und klarer umschrieb, einige
für europäische Verhältnisse schwer zu beobachtende Vorschriften
erleichterte, wurde von den beiden Kommissären unterm I. Sept. 1247
dem Papst zur Bestätigung unterbreitet. Dieser erliess unterm 1. Okt.
1247 74 die Konstitution « Quae honorem conditoris », in welcher er
den Text der Albertinischen Regel in der neuen Fassung, die ihr die
beiden päpstlichen Kommissäre gegeben hatten, bestätigt.
Darnach ist es nunmehr den «Einsiedlerbrüdern des Ordens Un­
serer Lieben Frau vom Berge Karmel », wie sie von jetzt ab genannt
werden, gestattet, sich nicht bloss « in erem is» (in abgelegenen Ge­
genden) anzusiedeln, sondern überall, wo ihnen ein passender Platz
geschenkt wird. Statt das Essen in Einzelzellen einzunehmen, wird
ihnen erlaubt, die Mahlzeiten in einem gemeinsamen Refektorium zu
halten. Das Verbot des Fleischgenusses bleibt zwar grundsätzlich auf­
recht erhalten, jedoch unter gewissen Voraussetzungen (Reisen zur
See) etwas gemildert, wie auch die Zeit des absoluten Stillschweigens
abgekürzt.
Damit war von selbst der grosse Schritt in der Entwicklung des Or­
dens, der Uebergang vom Eremitenleben zum Cönobitentum, zum ge­
meinsamen Mönchsleben vollzogen, und der Orden den anderen Men­

72 S o n a ch Z im m e r m a n , M on . hist, carm., p. 2 15 w a h rsch e in lich er als 1245.


73 S o : M on. hist, carm., p . 216.
74 Im B u ll. Carm ., I, p. 8, b ezw . n w ird irrtü m lic h 1248 an gegeben .
48 FR . A M B R O S IU S A S. T E R E S IA , O .C .D .

dikantenorden gleichgestellt, wenn auch noch nicht de jure, so doch


de facto.
Und in dieser neuen Fassung dient die Regel des hl. Albertus von
nun ab tausenden von « Brüdern der allerseligsten Jungfrau Maria vom
Berge Karmel » als Norm der Heiligung, als « des Ordens Form und
Seele », bis zur ersten Hälfte des 15. Jahrhunderts. Bis dahin hatte sich
der Orden, zunächst vom allgemeinen Konzil von Lyon (1274),75 wenn
auch mit Vorbehalt anerkannt, « weil schon vor dem IV. Laterankonzil
bestehend», dann aber vom Papst Bonifaz V III., durch Konstitution
vom 5. Mai 1298 76 offiziell und vorbehaltlos bestätigt, rasch über sämt­
liche Länder Europas ausgedehnt. Diese glückliche innere wie äussere
Entwicklung des Ordens wurde nun freilich um die Wende des 14. Jahr­
hunderts, teils durch die Wirren des päpstlichen Schismas (1378-1417),
teils durch das grosse Sterben (1394-1406) erheblich beeinträchtigt.
Und i. J. 1432 gab Papst Eugen IV. dem Wunsche vieler Ordensbrüder
nach, welche die Regel in ihrer bisherigen Form, besonders wegen
des ständigen Verbotes von Fleischgenuss, wegen des langen Fastens
(von Kreuzerhöhung, 14. Sept. bis Ostern), und wegen der Vorschrift
stetiger Zurückgezogenheit in den Zellen, nicht mehr für zeitgemäss
hielten, während anderseits auch viele durch diese Strenge abgeschreckt
wurden, in diesen Orden einzutreten. In seiner Konstitution « Romani
Pontificis » vom 15. Febr. 1432,77 mildert er diese Punkte dahin ab,
dass fortan den Religiösen gestattet sein soll, an drei Tagen der Woche,
mit Ausnahme des Advents und der kirchlichen Fastenzeit, Fleisch
zu essen. Ausserdem soll es ihnen erlaubt sein, zu gewissen Stunden
des Tages ausserhalb der Zellen sich aufzuhalten bezw. im Klosterhof
oder in der Umgebung des Klosters sich zu ergehen.
In dieser Form haben denn auch die hl. Theresia von Avila und der
hl. Johannes vom Kreuz während eines beträchtlichen Teiles ihres L e­
bens die Ordensregel beobachtet, bis beide, mit päpstlicher Erlaubnis,
in der von ihnen eingeleiteten Reform auf jene Fassung der Regel
zurückgriffen, wie sie ihr durch Innocenz IV. (1247) gegeben worden
war. Während also in diesem von Theresia und Johannes vom Kreuz
reformierten Zweig des Ordens die Regel des hl. Albertus in jener von
Innocenz IV. approbierten Form beobachtet wird, folgt der übrige
Teil, d. i. der Karmel der alten Observanz, jener Form, welche diese

75 M a n s i , Concilior. Colleclio, 24, c. 97.


76 B u ll. Carrn., I, 48-9.
77 B u ll. Carm ., I, 182.
U N T E R S U C H U N G E N Ü B E R D I E K A R M E U IT E R -R E G E I, 49

gleiche von Innocenz IV. approbierte Regel nach der Milderung durch
Eugen IV. (1432) bekommen hat.
Wie viele tausende von Männern und Frauen — denn auch der weib­
liche Zweig in beiden Observanzen bekennt sich zu der einen oder an­
deren Form dieser Regel — aus allen Nationen der Erde, aus jeglicher
Gesellschaftsschicht haben all die Jahrhunderte hindurch ihr Leben
nach dem Geiste dieser Regel geformt, und haben, zu einem bedeut­
enden Teil wenigstens, in der genauen Beobachtung derselben den
Weg zu hoher Heiligkeit gefunden !
Als St. Albertus, der Patriarch von Jerusalem, um das Jahr 1209
den wenigen, an der Ehasquelle des Karmel lebenden Einsiedlerbrüdern
seine Regel übergab, hätte er sich da wohl träumen lassen, dass dieses
unscheinbare Senfkörnlein, das er damit in den Boden des Karmelberges
senkte, im Laufe der folgenden Jahrhunderte zu einem gewaltigen
Baum erwachsen würde, der seine Äste zunächst über alle Länder
Europas, ja sogar (ab 17. Jahrh.) über die fernen Länder des Orients
und der neuen Welt breiten sollte?

Rom , 1948.

F r. A m b r o siu s a S. T e r e sia , O.C.D.


Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 51-64

C A RM ELITA R U M R EG U LA ET ORDO
D E C U R S U XIII S A E C U L I

Legenti antiquiora scripta carmelitica quae inde ab ineunte saeculo


X IV de originibus carmeliticis tractant,1 liquido apparet saeculum X III
periodum luctae prò ordinis existentia fuisse. Ista enim scripta vix non
omnia agunt de ordinis antiquitate et de multiplici eiusdem ac regulae
confirmatione per Romanos Pontifices, ut tum institutionem cum ap-

1 P ra e se rtim in te n d im u s s c rip ta ann o 1360 a n terio ra , c u m ea q u ae p o s te ­


rio ra su n t p o tiu s p ra e ce d e n tia tr a n sc rib a n t e t a m p lifice n t. N o ti scrip to res
su n t : GuiLLKLMUS A S a n d w i c h (al. de S a n v ic o ), d e fin ito r T e r ra e S a n c ta e in
c ap itu lo g en erali ann o 1287 cele b ra to in c o n v e n tu M on tisp essu lan o (cfr. G.
WESSELS, A cta capitulorum generalium , I, p. 10) e t in co ia m o n tis C arm eli u squ e
ad ann u m 12 9 1, u t ip se te s ta tu r in su a Chronica de m ultiplications religionis
carmelitanae ; S i b e r t u s a B e e k (al. de B ek a ), d o cto r s. th eo lo g ia e a c p ro fessor
P arisien sis anno 13 16 , e lectu s p rio r p ro v in c ia lis G erm an iae In ferio ris an n is 1318
e t 1324, ac to tiu s G erm an iae ann is 13 2 7 e t 1330 (cfr. WESSELS, loc. cit., p. 18,
19, 24, 27, 31), m o rtu u s anno 1332, s c rip s it Considerationes super regulam ordinis
Carm elitarum (cfr. cu rricu lu m v ita e a p u d B a t h o l . M. XlBERTA, D e scriptoribus
scholasticis saeculi X I V ex ordine Carm elitarum , p . 142-148) ; I o h a n n e s a
B a c o n Th o r p , m a gister P arisien sis ann o 1322, e lectu s p rio r p ro v in c ia lis A n g lia e
annis 1327, 1330 e t 1333 (cfr. WESSELS, loc. cit., p . 26, 31 e t 32), m o rtu u s
anno 1348, scrip sit qu o d a d n os p e rtin e t, C om pendium historiarum et iu riu m
pro defensione in stitu tion is et confirm ationis ordinis beatae M ariae de monte
Carmeli e t Speculum de institutione ordinis ad venerationem V irg in is D eiparae,
p ro b a b iliter circ a ann u m 1320 (cfr. cu rricu lu m v ita e ap. XlBERTA, loc. cit.,
p. 167-194) ; I o h a n n e s a C h i m in e t o , anno 1336 le cto r P arisien sis (cfr. W e s ­
s e l s , loc. cit., p. 34), sc rip sit Speculum ordinis beatae M ariae de monte Carm eli,
quod rep on en d u m v id e tu r a n te a n n u m 1350. I s t a sc rip ta e d ita su n t in
Speculo ordinis Fratrum Carm elitarum , cu ra m a g is tri B a p tis ta e V e n e ti de C a-
th an eis anno 150 7 V e n etiis im presso, a t eoru m p lu ra a d h u c e x t a n t m an u scrip ta.
S c rip ta p o tiu s a n o n y m a su n t : R ubrica I C o n s titu tio n u m tu m an n i 1324
a u c to rita te Jo h a n n is A le rii e d ita ru m (ed. B e n . Z im m e r m a n , M onum enta histó­
rica carmelitana, I , p. 20SS - R u b r. I, p. 20-21 - 'e x m s. A d d . 16372 M usei B r i­
tan nici), cu m anni 1357 a u c to r ita te P e tr i R a y m u n d i ab In s u la e d ita ru m (ed.
A n t o in e -M a r i e d e l a P r ä s e n t a t i o n , C onstitutions... faites l ’année 135 7,
M arche 1 9 1 5 - R u b r. I, p. 1-20 - e x m s. 45 b ib lio th e ca e m u n icip a lis c iv ita tis
M olinae) ; D e exordio ordinis beatae M ariae de monte Carm eli e t D e inceptione
ordinis beatae M ariae de monte Carm eli, C od. V a t . O tto b . la t. 407 (saec. X V ) ,
resp. f. 3r-4 v e t ir - 3 r : p rim u m sc rip tu m est p a u lo p o s t a. 132 6 ed itu m q u e fu it,
collato eiusdem op eris (?) te x tu q u i h a b e tu r in cod. la t. 10586 b ib lio th e ca e
n ation . P arisien sis, f. 19V, in A n a l. O. Carm ., 13 (1946), p. 71-74 , a lte ru m v ero
scrip tum est p o s t ann um 1347 ed itu m q u e f u it loc. cit., 8 (1932-1937), p.. 179 -18 2.
52 F R . M B E C H IO R A S . M A R IA , O .C .D .

probationem carmeliticae religionis ab eius impugnatoribus adversa-


riisque defendant atque vindicent.
Quidnam per illam « antiquitatem » intellexerint, ad nostrum non
spectat argumentum, cum solummodo intendamus praecipuos referre
eventus supradictae periodi luctae.
Re quidem vera, ordinis existentia duplici ex angulo subruebatur,
iteratis scilicet atque indies vehementioribus paganorum insultibus in
Palestina qui eo usque pervenerunt ut, anno 1291, de facto ordinem in
illa regione penitus extinguerent,2 et oppositione praelatorum tum in
Palestina primo cum in partibus occidentalibus postquam ordo carmeli-
ticus, anno 1238, ad bas regiones transmigravit. Ast iteratae interventio-
nes atque approbationes ecclesiasticae ipsi ordini pedententim plenum
ius civitatis elargitae sunt.
Hane oppositionem pressius inspicere lubet.

1. Decretum concilii Lateranensis IV


« Ne nimium religionum diversitas ».

Ansam huic oppositioni videtur praebuisse concilium Lateranense IV


quod anno 1215 ab Innocentio III convocatum fuit «pro subsidio Terre
Sancte et pro statu uniuersalis Ecclesie, in quo statuta multa Ecclesiae
utilia et necessaria fuerunt prouulgata ».3
Celeberrimum est eius decretum Ne nimium religionum diversitas,
quo ad praeveniendam gravem in Ecclesia Dei confusionem inventio
novarum religionum prohibita est, et statutum ut «quicumque uoluerit
ad religionem conuerti, unam de approbatis assumat ; similiter qui uo­
luerit religiosam domum fundare de nouo, regulam et institutionem acci-
piat de religionibus approbatis ».4

Potuitne istud decretum adduci contra ordinem beatae Mariae de


monte Carrneli? Etenim paulo ante ipsum concilium Albertus, patriar-
cha Hierosolymitanae ecclesiae et Sedis apostolicae legatus,5 suis «di-

2 G u ie e b e m u s a S a n d w ic h , Chronica, in Speculo 150 7, f. 38V.


3 D e inceptione, in A n a l. O. Carm ., 8, p. 18 0 -18 1.
4 M a n s i, Sacrorum conciliorum nova et am plissim a collectio, 22, 1002. C fr.
Corpus iu r is canonici, c. 9, X , I I I , 36 (ed. F r i e d b e r g , I I , 607) ; S ib e r T u s a
BÉBÉ, Considerationes, in Speculo 150 7, f. 31V.
6 A lb e rtu s d e C astro, e x episcop o V ercellen si p a tria rc h a H ie ro so ly m ita n u s
(120 5-1214) ; cfr. P . M a r i e -J o s E p h , Albert de Verceil, in D iet, d ’hist. et de géogr.
ecclés., I, 15 6 4 -15 6 7, et p. 18 h u iu s fa scic u li.
R E G U I A E X O RD O D E C U R S U X I I I S A E C U II 53

lectis filiis Brocardo et caeteris fratribus eremitis qui sub eius obedientia
iuxta fontem < E lia e > in monte Carm eli» morabantur, «uitae formu­
la m » tradiderat.6 Quidam « minus periti» affirmabant, teste Johanne a
Baconthorp,7 non agi de regula stricte dicta, sed potius de vivendi for­
mula vel norma. Quibus ipse Johannes respondit ut « prius discant
quam loquantur, quia forma uiuendi a regula non distrahit, sed regu-
lam diffinit», uti dicitur in decretis Gratiani : « Regula dicta est eo
quod [...] normam recte uiuendi prebeat ».8 Ipse quoque, rem ulterius
examinando, asseruit ordinem rite, vi ordinariae iurisdictionis, a pa-
triarcha Alberto institutum fuisse, cum reservatio Sedi apostolicae hac
in re primo in concilio Lateranensi habita sit, et « quod non est reserua-
tum, intelligatur esse concessum » 9 ; proindeque carmeliticae « religio
et regula fuerunt in ipso concilio Lateranensi approbatae sicut et omnes
religiones et regulae concilium praecedentes ».10

6 P rolo gu s a d regu lam ordin is fra tru m b e a ta e M ariae de M on te C arm elo ;


v o x « E liae.» n on v id e tu r p ertin u isse a d p rim itiv u m te x tu m .
A n tiq u issim u m te stim o n iu m de e x is te n tia re g u la e ca rm e litica e e st V in -
CENIII B e i a o v a c e n s i s , Speculum historiale, 1. X X X (al. X X X I ) , c. 123 (cfr.
n o t a 16). A b eius te stim o n io c erte p e n d e t Io h an n e s a B a c o n th o rp , Speculum ,
c. 4, in Speculo 1507, f. 56V.
A n tiq u io re s a u cto res n o s tri n on c o n co rd a n t de ann o q u o A lb e rtu s d e d it
re g u la m : Io h an n es a B a c o n th o rp (loc. cit.) d ic it re g u la m d a ta m « ab a n tiq u o » ;
a u c to r ig n o tu s op eris D e inceptione (in A n a l. O. Carm ., 8, p. 180) e t R ubrica I
C o n stitu tio n u m anni 13 5 7 (ed. A n to in e-M a rie, p. 12) a sseru n t h o c fa c tu m esse
a n n o 116 0 , du m Io h an n es a C h im in eto (S p ecu lu m , c. 5, in Speculo 1507, f. 50V)
p ro p o n it an n u m 1190 e t G u illelm u s a S a n d w ic h a tq u e S ib e rtu s a B e e k (resp.
in Speculo 150 7, f. 35V et 2gr) lo q u u n tu r de ann o 119 9 ; B u lla riu m Carm eli-
tanum (I, 4a) e t B u lla riu m Rom anum ( II I, 417b) fe r u n t a n n u m 1 1 7 1 . E x in d e
fa c ile in te llig itu r cu r a p u d q u osd am fia t m e n tio de a p p ro b atio n e re gu lae ab
A le x a n d ro I I I e t ab In n o ce n tio I I I : ab A le x . I l l q u id em ann o 116 1 (Iohannes
a C him in eto, loc. cit., f. 5 1t) v e l ann o 117 0 (De inceptione, lo c. cit.) -— assertio
R ubricae I Constitutionum an ni 13 5 7 (loc. c it.), n im iru m q u o d A le x . I l l re gu lam
a p p ro b a sse t anno 112 3 e vid en s m en du m e st — ; ab In n . I l l v e ro ann o 119 8
(De inceptione, loc. c it., e t Ruhr. I C onstitutionum an ni 13 5 7 , loc. c it., p. 13),
d u m h ie qu oq u e assertio Io h an n is a C h im in eto (loc. cit.) de anno 1 1 7 6 e v id e n te r
m en d o sa est. A s t h a e c om n ia erro n ea su n t.
H isto rio g ra p h i m odern i p u ta n t A lb e rtu m re gu lam dedisse circ a ann um 1209.
C fr. p. 25 h u iu s fascicu li.
7 Com pendium , p a rt. 4, in Speculo 1507, f. 52V.
8 C. 2, D . I l l (F r i e d b e r g , I, 4).
9 Com pendium , p a rt. 8, in Speculo 1507, f. 53r. A p p e lla t a d c. 29, X , V ,
39, cu iu s tarnen disp ositio sen su u ni v ersa h in te llig it : ib i enim a g itu r de reser­
v a t i o n cu iu sd am e xco m m u n icatio n is : « [...] q u ia tarnen co n d ito r can on is eius
ab so lu tio n e m sib i sp e c ia liter n on re tin u it, eo ip so concessisse u id e tu r fa c u lta te m
aliis r e la x a n d i». (F r i e d b e r g , I I , 900).
10 Speculum , c. 4, in Speculo 1507, f. 56V. A p e lla t ad c. 13, X , 1, 2 : « [...]
q u u m leges e t co n stitu tio n e s fu tu ris certu m s it d are fo rm am n egotiis, non ad
p r a te r ita fa c ta tr a h i n isi n o m in a tim in eis de p ra e te ritis ca u e a tu r », e t ad c. 2 :
« Q u o ties u ero n o u u m q u id sta tu itu r, ita so le t fu tu ris fo rm am im pon ere, u t
d isp en d iis p ra e te rita non com m en d et [...] ne d etrim e n tu m ante p ro h ib itio n em
p o ssin t ig n o ran te s in cu rrere, qu o d p o stm o d u m d ign u m est u e tito s su stin ere ».
54 F R . M E E C H IO R A S . M A R IA , O .C .D .

Nihilominus, teste Siberto a Beek,11 « quidam praelati Terrae San-


ctae, in qua mons Carmeli dinoscitur existere, ceperunt ex tune fratres
nostrae religionis ita infestare ac si contra prohibitionem dicti generalis
concilii nouarn religionem inuenissent uel regulam approbatam non
haberent. Fratres autem praedicti super hiis ad dominum Radulphum,
patriarcham Hierosolymitanum, tunc recurrerunt qui et ipse, praemor-
tuo eius praedecessore Alberto, interfuerat dicto generali concilio. Hic
patriarcha [...], uisa autentica regula Alberti patriarchae edita et fratribus
tradita ionge (!) ante dictum concilium generale, compescuit praedictos
praelatos a dictorum fratrum infestatione. Ad maius autem robur prae-
standum dictae regulae consuluit ipse fratribus ut earn peterent a Sede
apostolica approbari. Idcirco praedicti fratres successori dicti domini
Innocentii, scilicet Honorio papae tertio, dictam regulam ostendentes,
humiliter supplicauerunt sibi ut earn approbaret ».
Papa Honorius III earn de facto approbavit, tertio kalendas februarias
anni 1226, verbis valde sobriis :

« V t normam uiuendi regulariter a bonae memoriae Hieroso-


lymitano patriarcha editam, quam ante generale concilium uos
dicitis humiliter suscepisse, in posterum uos et successores ue-
stri, quantum cum Dei adiutorio poteritis, obseruetis, in remis-
sionem uobis iniungimus peccaiorum »,12

Nescimus utrum iste textus in eiusmodi tenore e curia pontificia exie-


rit, siquidem Bullarium Carmelitanum, testans quidem de praesentia
bullae authenticae in conventu Tolosano, dicit se ìllam una cum re­
gula mutuatum esse ab antiquo Speculo, ubi reapse pluries invenitur.13
Similiter Bullarium Romanum 14 illam bullam refert addito regulae textu,
quin tamen indicet fontem unde desumpsit. Hic fons non potuit esse
registrum Honorii III cum in ipso non inveniatur prima approbatio
nostrae regulae.10

(F r i E d b B r G, I I , 16 e t 8). C fr. Com pendium , p a rt. 8, u b i a p p e lla i a d c. u n. V ,


6, in V I 0: p ro h ib e tu r q u om in u s religio si m en d ican tes n o v a lo ca re c ip ia n t ab sq u e
sp e cia li lic e n tia S ed is a p o sto licae . (F r i e d b e r g , I I , 1082)..
11 C onsiderationes, in Speculo 1507, f. 31 v .
12 B u lla riu m Carm elitanum , I, ia -4 a , u n a cu m re g u la p rim itiv a .
13 V id e a tu r f. 29v-3or : re g u la ; f. 31V, 6 o v e t 74V : b u lla H o n o rii I I I .
14 I H . 4 i5 a - 4 i7 b ; v id e tu r te x tu m b u lla e desum psisse e B u ll. C arm ., cu m
eu n d em a n n u m 1 1 7 1 a ssign et p ro re gu lae tra d itio n e .
15 E tia m , PoTTHAST, Regesta P o n tificu m R om anorum ..., I, 7524, v id e tu r eam
d esum p sisse e B u lla rio Carm. p ro p te r a ssign atio n em e iu sd em anni. Io h an n e s
a B a c o n th o rp te s ta tu r b u lla m h a b e ri F on d in i (C om pendium , p a rt. 4, i n . Speculo
I5 0 7, f. 5 2 v ).
R EG U IyA E X ORDO D E C U R S U X I I I S A E C U U 55

Atvero de authenticitate approbationis ab Honorio III nullum dubium


moveri potest, cum Vincentius Bellovacensis, qui scripsit circa annum
1240, eius mentionem explicitam faciat. Iuvat eius testimonium hic
subiungere, eo magis quod quamvis integrum textum regulae non affe-
rat, nihilominus primum praeceptum vitae carmeliticae, nimirum prae-
ceptum iugis orationis, indigitet, et quia, quantum sciamus, antiquissi-
mum testimonium est de existentia regulae carmeliticae :

« Idem quoque Honorius papa regulam eremitarum fratrum


habitantium in monte Carmeli, quem Helias frequentasse le-
gitur, approbauit, et eis in remissionem peccatorum obseruan-
dam tradidit, a uenerabili Alberto patriarcha Hierosolymitano
editarti.
Scilicet ut singuli singulas habeant cellulas separatas, in qui-
bus uel iuxta quas die ac nocte in lege Domini meditentur et
in orationibus uigilent, nisi aliis iustis occasionibus occupentur ;
praeter nimis debiles et infirmos carnibus non uescantur, et
caetera quae idem pater tradidit eiifts obseruanda.
Post haec successor Honorii Gregorius eandem regulam con-
firmauit, et ne possessiones vel redditus reciperent, districte
eis prohibuit »,16

Hanc approbationem maximi fecerunt nostri auctores. Iohannes a


Baconthorp, v. gr., inde argumentum desumpsit ut ostenderet insimul
ordinem approbatum fuisse. Nam secundum Decretum Gratiani et
Decretales, ordines et regulae approbatae a Papa in iure pro approbatis
habentur ; imo religio ex tunc approbata est, quando habet regulam sibi
traditam a Sede apostolica.17 Auctores nostri insuper libenter eandem

16 Speculum historiale, 1. X X X (al. X X X I ) , c. 123, ed. D u a c i 1624, p . 1274-


1275. T o to 'c o rd e g r a tia s agim u s R . P . R . L o e n e rtz, e x I n s titu te h isto rico O. P .
S. S ab inae, qui u ob is hu n c te x tu m aliasq u e n o titia s b e n ev o le co m m u n ic a v it.
V in cen tiu s B ello va ce n sis e st unu s e x p ra e cip u is fo n tib u s n o stro ru m anti-
q u iorum auctorum . E iu s a u c to rita s ta n ta e st u t ig n o tu s sc rip to r op eris De
inceptione ad v erb u m tr a n sc rip se rit e x V in c e n tio com p en d iu m p ra e ce p ti cen ­
tra lis regu lae carm elitica e, scil. « u t sin gu lis... o b se rv a n d a », lic e t a lia p ra e ce p ta
h u ic a d d a t ; cfr. A n a l. O. Carm ., 8, p. 180.
17 Com pendium , p a rt. 9 e t Speculum , c. 4, in Speculo 1507, f. 53V e t 57R
A p p e lla i ad c. 4, X , I, 6 e t c. 17, .X, V , 3 1, u b i resp . a u c to rita s R o m a n i P o n ti-
ficis p o n itu r su p ra a u c to rita te m con cilio ru m , « c u m om n ia c o n cilia p er R o-
m an ae E cclesiae a u cto rita te m e t fa c ta sin t e t ro b u r a cc ep e rin t », a tq u e per
tran sen n am d ic itu r ordines e t re gu lae F ra tru m P ra e d ic a to ru m e t F ra tru m Mi-
n orum a S ed e ap o sto lica esse a p p ro b a ta . (F r i e d b ERG, I I , 50 e t 842). Ite m a p ­
p e lla i ad D e cre tu m G ratian i, c. 14, C. X X I V , q. 1, u b i re fe rtu r te x tu s q u id a m
S. H ie ro n y m i ad P a p a m D am asu m , e x p o n e u tis su a m fid e m e t c o n clu d e n tis :
« in q u a si m inus p e rite a u t p a ru m c a u te fo rte a liq u id p o situ m est, em en d ari
cu p im u s a te, q u i P e tr i e t sed em te n e s e t fid em . S i a u te m h e c n o stra confes-
56 F R . M E L C H IO R A S . M A R IA , O .C .D .

approbationem iuxtaposuerunt approbationi Fratribus Praedicatoribus


et Fratribus Minoribus ab eodem Honorio III post concilium Latera-
nense datae, ut exinde, saltern implicite, manifestarent detractores ordi-
nis, quiqui smt, miuste invehl contra Carmelitas.18

« Occasione autem horum uerborum, sic ulterius Sibertus a Beek,


quibus Honorius papa tertius approbatione dictae regulae loquens fra­
tribus d ix it: « Quam ante generale consilium uos dicitis humiliter susce-
pisse», msultabant quidam praelati dicentes assertionem fratrum affir-
mantium se suscepisse dictam regulam ante praedictum concilium ge­
nerale gestandum non esse nisi fratres legittimis documentis earn pro-
barent. Intendebant quoque dicti praelati fratribus contra formam dictae
regulae priorern absque assensu fratrum uel maioris et sanioris partis
ipsorum instituere, fingentes dictam regulam approbatam non esse.
» Fratres autem coram Summo Pontifice Gregorio nono probauerunt
manifeste per registrum sextidecimi anni pontificatus Innocentii papae
tertn, quod dictus papa Innocentius in praedicto sextodecimo anno
scripsit Alberto patriarchae Hierosolymitano ut cum nunciis apostolicis
destinaret quosdam uiros prouidos et fideles ad soldanum Damasci et
Babylonae, et quod si absque grandi dispendio Terrae Sanctae posset
fieri, satageret praeuemre praefixum annum ad celebrandum dictum
generale capitulum siue concilium, ducens secum aliquod uiros in con-
silio prouidos et in commisso fideles.19 Albertus uero patriarcha prae-
dictus morte praeuentus non potuit mteresse dicto generali con cil<i>o.
[...] In quo consilio interfuit Radulphus patriarcha Hierosolymitanus,
sicut in eodem registro legitur ubi agitur de annotatione praelatorum
qui dicto concilio interfuerunt.20

sio A p o s to la tu s t u i iu d icio co n p ro b a tu r, q u icu m q u e m e c u lp a re u o lu erit, se


in p eritu m u el m aliu o lu m , u el e tia m n on cath o licu m , se d [non m e] h e reticu m
c o n p ro b a b it ». (F r i e d b e r g , I, 970). U ti p a te t Io h an n e s a B a c o n th o rp h a e c
d ic ta in sensu u n iv e rsa li in te rp re tatu r.
18 C fr. I o h a n n e s a B a c o n t h o r p , Speculum , c. 4, in Speculo 150 7, f. 57r ; —
D e inceptione, in A n a l. O. C arm ., 8, p . 18 1 ; — Constitutiones anni 1357 R ubrica
I , § 6, ed. A n toin e-M a rie, p. 13.
B u lla e a p p ro b a tio n is su n t : p ro F ra trib u s P ra e d ic a to rib u s, « N o s a tte n d e n tes
fra tre s », R o m a e a p u d S. S a b in a m (?), x i k a l. ia n u a rii (22 dec.) 1226, a. p. 1 ; p ro
F ra trib u s M in oribus, « S o le t a n n u ere S ed es », L a te r ani, 111 k a l. dec. (29 n ov.)
1223, a. p. 8. PoTTHAST, I, 5402 e t 7108.
19 F p is t. « P iu m -et sa n ctu m », v i k a l. m aii, a. p. 16 ; M a n s i , 22, 967-968 ;
POTTHAST, I, 4720.
-° C fr. HEFEEE-LECEERCQ, H istoire des conciles, V , 2 e p ., 172 2 -17 3 3 , u b i
elen ch u s isto ru m p ra e la to ru m re fertu r.
R E G U L A E T O RD O D E C U R S U X I I I S A E C U L I 57

» Ex eo ergo quod Albertus tempore dicti generahs conciln non erat,


sed prius fuerat patriarcha Hierosolymitanus, et ex eo quod ipse existens
patriarcha Hierosolymitanus dederat Carmelitis dictam regulam, proba-
batur manifeste quod Carmelitae ante dictum generale consilium susce-
perant earn.
» Quapropter summo pontifici Gregorio nono humiliter supplicabant
ut dictam regulam tanquam a Sede apostolica approbatam confirmaret,
et ut inhiberet ne quis praesumeret priorem eius instituere absque fra-
trum uel maioris et samoris partis ipsorum < a sse n su > ».21
Gregorius IX eorum supplicatiom annuii et msimul fmem debitum
imposuit altercationi cuidam quae inter fratres exorta erat circa pos-
sessiones, domos et redditus ipsis a fidelibus in vitae sustentationem
oblata, prohibens ne fratres possessiones, domos et redditus haberent
aut suscipere praesumerent, « praeter asinos masculos et aliquod ani-
malium seu uolatilium nutrimentum >>.22

2. Regulae mutatio auctoritate


Innocentii IV facta.

«Post haec anno Domini 1238, propter paganorum insultus, compulsi


sunt ab ilio loco per uarias regiones mundi dispergi ».23 Etenim, « infir-
miores professores huius religionis conturbati et perterriti de frequen­
ti bus incursibus paganorum, quod patiebantur maxime in monasteriis
quae erant in beremis, optabant Terrain Sanctam deserere et, si fieri
posset, licite ad regiones proprias unde uenerant redire », desiderantes
ibi monastena erigere « in quibus possent secure Domino Deo et eius
Matri Virgini iugiter deservire ».24
Re deliberata in quodam concilio fratrum habito in ipso monte Car-
meli, Ciprii ad insulam Cipri transfretaverunt et mansionem eorum re­
ligioni commodam in heremo Forcariae construxerunt, Siculi ad Sici­
liani navigaverunt et habitationem religioni congruam in suburbanis
Messanae erexerunt, Provinciales applicuerunt apud Massiliam et here*
mum vulgo dictum « Les Aygalades » sibi elegerunt. Anno autem 1240,

21 Considerationes, in Speculo 150 7, f. 3 iv -3 2 r.


22 B u lla « B x o fficii n ostri» , P eru sii, v i i i id u s a p r. (<J apr.) 1229, a. p. 3 ;
B u ll. Carm ., I, 4a-5b ; POTTHAST, I , 8368.
23 VlNCENTIUS BELLOVACENSIS, loc. cit.
24 G u i l l . a S a n d w i c h , Chronica, in Speculo 1507, f. 36V.
58 P R . M E L C H IO R A S . M A R IA , O .C .D .

« christianissimi milites dommus Ioannes Vescy et dominus Ricardus


Grey, natione anglici, post multos actus bellicos in Palestina contra
infideles strenue peractos, de Terra Sancta ad Angliam remeantes,
quosdam huius religionis fratres anglicos de licentia prioris monasteri
montis Carmeli secum ex deuotione ad Angliam duxerunt ; quibus:
fratribus dominus Ioannes Vescy in silua de Holne iuxta Alnelbicum,
et dominus Ricardus Grey apud Eylisfordiam in Cantia mansiones
huic religioni commodas edificauerunt >>.25

Numero fratrum crescente oportuit erigere nova monasteria. At prius-


quam hoc praesumerent, prudente consilio ducti ad Summum Ponti-
ficem Innocentium quartum accesserunt eique rationem suae fugae e
Palestina et adventus ad varias regiones occidentales exposuerunt, pe-
tentes ut dignaretur impenderé favorem eis quo possent in istis regio-
nibus multiplicare suam religionem.
Invidens tamen diabolus bono eorum operi et eorum religionis multi-
plicationi, « incitauit rectores et curatos parochialium ecclesiarum ad-
uersus fratres praedictos. Qui fratres non permittebant in eorum mo-
nastenis diuina celebrare nec sepulturam fratrum sui ordinis habere.
Cumque fratres ad dominos diocesaneos pro compescendis rectoribus et
curatis a grauaminibus praedictis recurrerent supplicantes eisdem ut
de licentia eorum et gratia possent in locis suae religionis diuina cele­
brare et sepulturam fratrum sui ordinis habere, respondebant praelati
quod cum haec religio esset ignota, gratiam postulatam non concederent
fratribus, donec super praemissis intentionem Summi Pontificis sci-
rent ».26
Oppositio profundiores habebat radices, in quantum religio Carme-
litica iungebatur religionibus iamiam existentibus in diversis regionibus
et videbatur, sicuti et aliae, sibi partem curae animarum, cui clerus
saecularis praepositus erat, velie appropriari. Abunde regula carmelitica
erat regula fratrum heremitarum, et adaptatio novis circumstantiis vitae
requirebat commorationem in villis. Ordinis Superiores deputaverunt
proinde duos fratres, fratrem Reginaldum et fratrem Petrum, qui ne-
cessariam mitigationem seu correctionem regulae peterent ab Innocen­
t i IV.

Loc. cit. ; c£r. B e n . Z im m e r m a n , Monumento, histórica carmelitana, I


p. 364-369 : de a d v e n tu F ra tru m in A n g lia . A ln elb icu s v e l A ln e v ic u s v u lg o
d ic itu r A ln e w y k .
26 Loc. cit., i. 3yr.
R E G U L A E T O RD O D E C U R S U X I I I S A E C U L I 59

Registrum Papae Innocentii IV tres habet pro anno 1247 bullas quae
rem carmeliticam spectant. VI kalendas augustas scripsit archiepiscopis
et episcopis ut fratres heremitas sanctae Mariae de monte Carmeli ad
ipsos pervenientes benigno susciperent affectu et pii favoris gratia pro-
sequerentur, ipsis concedentes licentiam celebrandi divina et habendi
liberam fratrum suorum sepulturam-27 Die prima mensis octobris re-
gulam mutatam cura duorum fratrum Ordinis Praedicatorum, scilicet
fratris Hugonis a S. Caro, presbyteri cardinalis tituli S. Sabinae, et
fratris Guillelmi episcopi Antaradensis in Syria, approbavit.28 Tandem
die 4 octobris, « aduersitatibus eorum compatiens et de multiphcatione
huius religionis per cunctas fidelium partes gaudens, litteras [...] con­
cessit per quas uniuersis christifidelibus scripsit ut dictos fratres be­
nigne reciperent et eis de oportunis locis in quibus possent secure D o­
mino famulari, liberaliter et caritatiue prouiderent».29
Non statim tarnen difficultates evacuatae sunt, et opus fuit aliis lit-
teris Innocentii IV datis idibus ianuariis anni 1252, quibus molestatores
cohibebantur per censuram ecclesiasticam, appellatione postposita.30

27 B u lla « P a g a n o ru m in cu rsu s », E u gd u n i, v i k a l. au g. (27 iulii) 1247, a.


p. 5 ; B u ll. Carm ., I , 8a ; PoTTHAST, I I , 12623.
28 B u lla « Q u a e ho n orem C o n d ito ris », E u g d u n i, k a l. o ct. (1 o ct.) 1247, a.
p. 5 ; B u ll. Carm ., I, 8 a - n a ; PoTTHAST, I I , 12 7 0 1. H a e c b u lla a lib i in h o c f a ­
scicolo d ip lo m a tice e d itu r. '
D e is ta m u ta tio n e re gu lae p rim u s lo q u itu r S te p h a n u s S ala n ia cen sis, O .P .,
in q u a rta p a rte su i op eris D e quatuor in quibus D eu s ordinem Praedicatorum
in sig n iu it, q u o d a u c tu m e d id it B ern a rd u s G uidon is, O .P ., ann o 1305. S te p h a ­
n u s a u te m erronee re g u la m ab A lb e rto H ie ro so ly m ita n o tr a d ita lo a ttr ib u ii
A y m e ric o p a tria rc h a e A n tio c h en o (1 1 4 1 -1 1 9 3 ? )- V id e a tu r te x tu s in A n a l. O.
Carm., 3 (19 14 -19 16 ), p. 370. Ip se B ern a rd u s G u id o n is lo q u itu r de re g u la d a ta
ab A lb e rico p a tria rc h a H ie ro so ly m ita n o ; cfr. L . A . M u r a t o r i , Rerum italicarum
scriptores, 3, M ediolani, 1723, 590b C -D .
In flu x u s S te p h a n i S ala n ia cen sis in q u o s d a m n o stro s scrip to res s a t m agn u s
fu it, u ti v . gr., in a u cto rem op eris D e inceptione (in A n a l. 0 . Carm ., 8, p. 179 ),
in Ioh . a C him in eto , S peculum , c. 5 (in Speculo 150 7, f. 50V) e t in Ruhr. I . Consti-
tutionum an ni 1 3 5 7 , § 6 (ed. A n toin e-M a rie, p. 11 -1 2 ).
P rae cip u a e m u ta tio n e s, te s te S ib e rto a B e e k (Considerationes, in Speculo
1507, f. 32V-33V), sp e c ta n t m en tio n em e x p lic ita m v o t i c a s tita tis e t p a u p e rta tis ,
lic en tia m com m oran d i in v illis, re fec to riu m com m un e, possessiones in com m un i,
a tq u e te m p e ra m e n tu m tem p o ris silen ti! e t a b stin e n tia e a carn ib u s.
29 B u lla « C u m d ile c ti filii », E u gd u n i, i v n on . o c t. (4 oct.) 1247, a. p. 5 ;
B u ll. Carm ., I, 5 2 2 b ; P o t t h a s t , I I , 1 2 7 1 1 . C fr. G u i l e . a S a n d w i c h , Chronica,
in Speculo 1507, f. 36v-37r, q u i ta m e n h a n c b u lla m d ic it d a ta m x i i k a l. iu l.
an n i 1245 ; e x in d e q u a n d a m p ra e se fe r t con fu sio n em in n a rra tio n e e v e n tu u m
illiu s tem p o ris. — P ro ch ro n o lo gia tr iu m b u lla ru m In n o c e n tii I I I v id e a tu r n o ta
R . P . G ab. C o u to in A n at. 0 . Carm ., 10 (1938-1940). P- 512-515-
30 B u lla « E x p a rte d ile c to ru m », P eru sii, id . ia n . (13 ian .) 1252, a. p. 8.
B e r g e r , L e s registres d ’Innocent I V , 3, 5563 A n a l. O. Carm ., I I ( i 9 II_ i 9 I 3 ).
p. 128. I s ta b u lla n on in v e n itu r in B u ll. Carm . n ec a p u d P o tth a s t,
6o FR. MELCHIOR A S. MARIA, O.C.D.

Teste Guillelmo a Sandwich, qui paulo post ordinem ingressus est,


has htteras postularunt fratres beata Virgine Maria Priorem generalem
ad hoc movente.31

In posterum Summi Pontifices Alexander IV,32 Urbanus I V 33 et


Clemens IV regulam ab Innocentio IV mitigatane approbaverunt
atque ordmem Carmehtarum modo speciali protegendum susceperunt.

3. Decretum concilii Lugdunensis II


« Religionum diversitatem ».
Nonobstante prohibitione concilii Lateranensis IV, multi adhuc exinde
ordines religiosi absque licentia vel approbatione Sedis apostolicae in-
stituti sunt. Huic rerum statuì concilium Lugdunense II, convocatum
anno 1274, prorsus occurrere voluit suo decreto Religionum diversita­
tem. Quod summatim sequenti modo potest referri : ordines non ap-
probati perpetuae prohibitioni submissi sunt, approbati vero mendican­
tes speciali dispositioni Sedis apostolicae reservati ; exceptionem tarnen
patiebatur decretum pro ordinibus Praedicatorum atque Minorum, pro­
pter evidentem ex eis utilitatem ecclesiae universali provenientem ; ordi­
nes Carmehtarum atque Heremitarum s. Augustini poterant, utpote
existentes ante concilium Lateranense, in suo statu permanere donee
de ipsis aliter esset statutum.
Iuvat tarnen afferre integrum textum :

« Religionum diuersitatem nixniam, ne confusionem induceret,


generale concilium consulta prohibitione uetuit. Sed quia non
solum importuna petentium inhiatio illarum postmodum multi-
plicationem extorsit, uerum etiam aliquorum praesumptuosa
temeritas diuersorum ordinum, praecipue mendicantium, quo­
rum nondum approbationis meruerunt principium, effraenatam
quasi multitudinem adinuenit, repetita constitutione districtius
inhibentes, ne aliquis de cetero nouum ordinem aut religionem
inueniat uel habitum nouae religionis assumat.

31 Chronica, in S pecu lo 150 7, f. 38r.


32 B u lla « S p ec ia li g r a tia », L a te ra n i, v i i i id. m a rt. (8 m a rt.) 126 1 a p 7 ■
B u ll. Carrn., I , 21 ; P o t t h a s t , I I , 18061. ’
33 B u lla « C u m a n ob is », V ite r b ii, xi k a l. iu n (22 m aii) 1262, a. p . 1 ■B u ll.
Carrn., I , 2 7 b ; P o t t h a s t , I I , 18334.
34 B u lla « S p e cia li g r a tia » , P eru sii, v i k a l. o c t (26 sept.) 1265, a. p. 1 • B u ll.
Carm ., I , 32a ; P o t t h a s t , I I , 19366.
REGULA ET ORDO DECURSU X III SAECULI 6l

Cunetas affatim religiones et ordines mendicantes, post dictum


concilium adinuentos, qui nullam confirmationem Sedis aposto-
licae meruerunt, perpetuae prohibitioni subicimus et quatenus
processerunt, reuocamus.
Confirmatos autem per Sedem eandem, post tarnen idem con­
cilium institutos, quibus ad congruam sustentationem redditus
aut possessiones habere professio siue regula uel constitutiones
quaelibet interdicunt, sed per questum publicum tribuere uictum
sole[n]t incerta mendicitas, modo subsistere decernimus infra­
scripto : ut professoribus eorumdem ordinum ita liceat in illis
remanere, si uelint, quod nullum deinceps ad eorum professio-
nem admittant, nec de nouo donxum aut aliquem locum acqui-
rant, nec domos seu loca quae habent alienare ualeant, sine
Sedis eiusdem licentia speciali. Nos enim ea dispositioni Sedis
apostolicae reseruamus, in Terrae Sanctae subsidium uel paupe-
rum aut alios pios usus, per locorum ordinarios uel eos quibus
Sedes ipsa commiserit, conuertenda. Si uero secus praesumptum
fuerit, nec personarum receptio nec domorum uel locorum acqui-
sitio aut ipsorum ceterorumque bonorum alienatio ualeat ; et
nihilominus contrarium facientes sententiam excommunicationis
incurrant. Personis quoque ipsorum ordinum omnino interdici-
mus, quoad extráñeos, praedicationis et audiendae confessionis
officium aut etiam sepulturam.
Sane ad Praedicatorum et Minorum ordines, quos euidens
ex eis utilitas ecclesiae uniuersali proueniens perhibet approba­
tes, praesentem non patimur constituíionem extendi.
Ceterum Carmelitarum et Eremitarum sancti Augustini ordi­
nes, quorum institutio dictum concilium generale praecessit, in
suo statu manere concedimus, donee de ipsis aliter fuerit ordi­
natimi. Intendimus siquidem, tarn de illis quam de reliquis,
etiam non mendicantibus ordinibus, prout animarum saluti et
eorum statui expedire uiderimus, prouidere.
Ad haec personis ordinum, ad quos constitutio praesens exten-
ditur, transeundi ad reliquos ordines approbatos licentiam con­
cedimus generalem, ita quod nullus ordo ad alium, uel conuen-
tus ad conuentum se ac loca sua totaliter transferat, Sedis eius­
dem permissione super hoc specialiter non obtenta ».35

Gregorius X istam constitutionem ordmi Carmelitarum commumcavit


litteris datis pridie kalendas apriles 1275.36

Non ipse Gregorius, sed Bomfacius V ili de supradictis ordinibus,


saltern de ordine Carmelitarum, providit. Postquam emm Nicolaus IV

35 C. 23 : de religio sis d o m ib u s u t ep iscopo sin t su b ie c ta e ; M a n s i , 24, 96-97-


36 B u lla « U n am e x co n stitu tio n ib u s », L/ugduni, u k a l. apr. (31 m a rt.), a.
p. 4 ; B u ll. Carm., I , 34b -3 5 b ; PoTTHAST, I I , 210 10 .
62 »R . MELCHIOR A S. MARIA, O.C.D.

anno 1289 sua vice ordinem ac regulam, prout ab Innocentio IV fuit


mitigata, confirmavit, 37 Bonifacius V ili, tertio nonas maias anni 1298,
constitutionem conciln Lugdunensis et Gregoru X aliquatenus immu-
tavit : resecavit scilicet clausulam « Donec de ipsis aliter fuerit ordina-
tum » et verbis « In suo statu manere concedimus » sequentia substi-
tuit : « In solido statu volumus permanere >>.38
Nostri auctores hanc decisionem Bonifatii V ili magni faciunt, non
tantum quia ordmem consolidaverit, sed etiam quia ipse, sicut et con­
cilium Lugdunense ìam aperte declaraverat, ad hoc motus sit quia ordo
existebat ante concilium Lateranense.39 Libenter quoque appellant ad De-
cretales Gregoru IX : « Cum dicitur “ uolumus , perpetuae sententiae
habet firmitatem », 0 et ad interpretationem Sexti Decretalium glossa-
torum, videlicet Iohanms Monachi, Guidoms a Baiso et Iohannis An-
dreae, qui unanimiter affirmabant ordinem Carmelitarum ex tunc
totaliter esse confirmatum.

4. Exemptio concessa a Johanne X X II.


Triplici actu Summus Pontifex Johannes X X II opus Bonifatii V ili
complevit. Tertio idus martias anni 1317 ordinem Carmelitarum «in
statu firmo, solido et stabili » permanere decrevit atque voluit, et insu­
per ipsi pnvilegium exemptioms a ìurisdictione quorumcumque dioce-
sanorum concessit, ordinem, loca, res et personas « in ìus et proprie-

37 B u lla « C u m a n ob is », R e a te , k a l. iu l (i iul) 1289, a. p. 2 ; B u ll. Carni


I , 4 0 b ; PoTTHAST, I I , 22991.
38 B u lla « T en o rem cu iu sd am co n stitu tio n is », R o m a e ap. S. M ariam , n i
non. m a i. (5 m aii), 12 9 8 ; B u ll. Carni., I, 48b-49b ; P o t t h a s t , I I , 24675 ; cfr.
C orpus iu r is canonici, c. u n., I l i , 17 , in V I 0 (ed. F r i e d b e r g , I I , 1054-1055).
39 lOH. A B a c o n t h o r p . Com pendium , p a rt. 9 e t S peculum , c. 4 (in Speculo,
I 5° 7 - f- 5 3 v e t 56V) ; D e inceptione (in A n a l. O. Carm ., 8, p . 18 1) ; I o h . A C h i-
m in e to , Speculum , c. 5 (in Speculo 150 7, f. 5 ir ) ; C onstitutionum an ni 7.
R ubrica I , § 6 (ed. A n to in e-M a rie, p. 14-15).
4° ( F r i e d b e r g , I I , 915-916) : a g itu r de casu sp e cia li in qu o
A rch ie p isco p u s M ed iolan en sis p ro cla m a n s se n te n tia m q u a n d a m d ix it « S ta tu o
e t p ra e cip io » ; is ta v e r b a e x in te rp re ta tio n e e t d iffin itio n e P a p a e C oelestin i I I I
p e rp e tu o v a litu ra e se n te n tia e o b tin u e ru n t firm ita te m ; u n d e p o tiu s d ictu m
P a p a e C oelestin i in iu re adm issu m est u t o s te n d a tu r v e rb is « S ta tu o e t p ra e ­
cip io » d iffin itiv a m se n te n tia m posse ferri. Ioh . a B a c o n th o rp , q u i is ta v e rb a
a d d u c it (Speculum , c. 4, in Speculo 150 7, f. 57r), p o tiu s s ta tu tu m can on is a d a p ta t.
I t a Ioh . a B a c o n th o rp e t R ubrica I C o n stitu tio n u m a n n i 13 5 7 , loc. cit.
in n o ta 39. T a n tu m m o d o p o tu im u s certio res fieri de opere Io h a n n is M onachi,
I n sextum librum D ecretalium dilucida commentaria, glossa aurea nuncupata
V e n etiis, 158 5, p. 300 a.
REGULA ET ORDO DECURSU X III SAECULI 63

tatem b. Petri et apostolicae Sedis» assumens .42 Sexto kalendas maias


anni 1319 plurimos episcopos deputavit conservatores privilegiorum
ordinis b. Mariae de monte Carmeli, ut tum religiosos cum privilegia
a molestns et miurus ipsis extra regnum Franciae illatis tuerentur.
Tandem XI kalendas decembres anni 1326, constitutionem Bonifatii VIII
Super cathedram, quam Clemens V in concilio Viennensi mnovaverat,
ad ordinem Carmelitarum extendit, ita ut ipsis Carmelitis facultates
in memorata constitutione Praedicatoribus et Minoribus concessae circa
praedicationes faciendas, confessiones audiendas, poenitentias iniungen-
das, etc. concederentur,45 ac proinde voluit « fratres dicti ordinis pares
esse fratribus Praedicatoribus et Minoribus quoad omnia et equales».46

*
* *

Breviter, antiquioribus nostris auctoribus praeeuntibus, oppositionem


ad ordinem et regulam Carmelitarum decursu saeculi X III explanavi-
mus atque inde sequentes approbationes et confirmationes Sedis aposto­
licae rettulimus. Lubet per modum conclusionis ostendere quomodo
Iohannes a Baconthorp probet ordinem esse approbatum iure divino
et iure canonico, quin tarnen nostra faciamus omnia quae ipse asserii.47
Ordo, ait, a principio fuit confirmatus iure divino, idest divina inspi­
ratone, quia nulla persecutione aut legis editione dissolvi potuit : « Sem­
per enim Deo disponente in sua antiquitate processit, nec per Sarace-
norum persecutionem nec per leges editas contra religiosos poterat dis-
solui ». Et hoc fulcit dicto Gamalielis de religione christiana in Actibus
apostolorum 48 : « Sinite illos, quoniam si est ex hominibus consilium
hoc aut opus dissolvetur : si vero ex Deo est, non poteritis dissolvere
illud, ne forte et Deo repugnare videamini ».

42 B u lla « S acer ordo v e s te r », A v in io n e , iip id . m a rt. (13 m art.) 1317» a -


p. 1 ; B u ll. Carm ., I, 5ôb -57b ; M o i x a t , Jea n X X I I . . . Lettres communes ana­
lysées d'après les registres dits d ’A vign on et du V atican , n. 3 114 .
43 B u ll a « D ilecto s filios p rio rem gen eralem », A v ig n o n e , v i k a l. m a i (26 apr.)
13 19 , a. p. 3 ; B u ll. Carm., I, 5^a-59b ; M o u , AT, n. 9349-
44 Corpus iu r is canon ici, c. 2, I I I , 7 >411 Clem , u b i h a b e tu r b u lla B o n ifa tii V I I I
( F r i e d b e r g , I I, 116 1-116 4 ).
45 B u lla « I n te r ceteros or dines », A v in io n e , x i k a l. dec. (21 n ov.) 1326, a.
p. 11 ; B u ll. Carm ., I , 66b-67b ; M o u a T , 27104.
46 Ruhr. I Constitutionum anni 1357> § 7 » e<^- A n toin e-M arie, p . 16.
47 Com pendium , p a rt. 7-9, in Speculo i 5° 7 » 5 3r - v -
48 A ct. A p ., V , 38-39.
64 MELCHIOR A S. MARIA, O.C.D.

Secundo, ordo Carmeli confirmatus est iure regulae Christi et apo-


stolicae institutionis, quia eundern vitae modum in communi et in pau-
pertate sibi elegerunt Carmelitae.
Tertio, fuit confirmatus iure canonico communi turn ordinariae insti­
tutionis a patriarcha Alberto antequam institutio ordinum a concilio
Lateranensi reservaretur Summo Pontifici, quum ratihabitionis in ipso-
met concilio Lateranensi, cuius decretum futura respiciebat.
Tandem ordo Carmeli fuit approbatus iure canonico speciali, quia
post dictum concilium eius régula a Sede apostolica agnita fuit, et ipse
ordo ante et post concilium Lugdunense multoties a Surnmis Pontifi-
cibus fuit confirmatus sive explicite sive per transennam in bullis ordini
quaedam privilegia concedentibus.49

Romae, 1948.

fr. M e l c h io r a S. M a r ia , O.C.D.

U n us p o ste a ean d em a rgu m e n tatio n e m re a ssu m e t e t m u ltu m am p lifica -


b it, P h ilip p u s R ib o ti in suo opere cu i titu lu s D e insU tutione et peculiaribus
gestis religiosorum Carm elitarum , 1. X , c. 5-6 (in Speculo 150 7, f. 4 o r-4 ir). H o c
op u s v id e tu r sc rip tu m circ a a n n u m 1380 v e l e t p o stea , c u m ip se P h ilip p u s se
d ic a t P riorem p ro v in c ia le m p ro v in c ia e C a th a lo n ia e (cfr. Speculum 150 7, f. 2r)
a tq u e a d h o c m u n u s p rim a v ic e e lectu s s it in c a p itu lo g e n erali anno 1379
(cfr. G. WESSELS, A cta capitulorum generalium, I , p . 78), n isi fo rta sse trien n io
p ra e ce d e n te su b in tr a v e rit d em o rtu o Priore p ro v in c ia le R a y m u n d o C a lv o n i ; ad
id e m m u n us a lte ra v ic e e lectu s e s t in ca p itu lo gen erali a n n i 1385 (cfr. G . W e s -
SEi/S, loc. cit., p . 94).
Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 65-97

L E F O N T I B IB L IC H E
D E L L A R E G O L A C A R M E L IT A N A
SUMMAMUM. — T extus biblici Regulae Carmeliticae critice iUustrantur.

S. Alberto si è servito abbondantemente del testo biblico nella reda­


zione della Regola carmelitana da lui scritta dietro richiesta di S. Bro-
cardo, Priore degli Eremiti del Monte Carmelo. Prima di lui altri glo­
riosi legislatori di Ordini religiosi avevano sparso copiosamente i tesori
della parola di Dio nelle norme sapienti di perfezione che scrissero per
i loro discepoli : una semplice lettura delle Regole di S. Basilio, di
S. Agostino, di S. Benedetto, delle Istituzioni e Collazioni di Cassiano
è sufficiente a convincerci di questa verità. Il profondo influsso che la
parola di Dio ha esercitato in tutti i tempi nella formazione spirituale
dei fedeli, è dovuto al suo carattere soprannaturale : per i cristiani le
parole della Bibbia sono parole di Dio. M a nella Regola Carmelitana,
molto meno estesa di quelle opere, le continue citazioni o allusioni alla
S. Scrittura, sono messe maggiormente in rilievo dalla sua stessa brevità
ed il lettore facilmente si accorge che alcuni paragrafi non sono altro che
un seguito di citazioni bibliche. In questo articolo intendiamo esaminare
in quale misura il senso dei numerosi testi biblici usati dal Legislatore,
concordi con il senso voluto dagli agiografi.

*
* *

La Regola carmelitana, nella sua forma esterna, si presenta al lettore


con tutti i caratteri di una lettera nella quale è facile distinguere le tre
parti tradizionali : prologo, corpo, epilogo. La divisione in capitoli ap­
pare per la prima volta nella bolla di Onorio III (1226) ai quali, nella
bolla di conferma di Innocenzo IV (1 ottobre 1247) furono aggiunti i
titoli. 1 Noi per maggior chiarezza nell’esposizione, manterremo la di­

1 B u lla riu m C arm e lita n u m ..., ed. E . M onsignano t,. I , R o m a e 1715* E a d i­


v isio n e in ca p ito li (bolla d i O norio I II ) e d in tito li (bolla d i In n ocen zo IV ) che
66 FR. PIETRO DETTA MADRE DI DIO, O.C.D.

visione in titoli, divisione che abbiamo anche oggi nella Regola pre­
messa alle Costituzioni dei Carmelitani Scalzi.
I primi accenni alla S. Scrittura li abbiamo già nel prologo : multi-
jarie multisque modis. Queste parole richiamano subito alla mente l’iden­
tica frase che ricorre nel primo versetto della Lettera agli Ebrei 2 ;
zoXou.spùic zai TToXoTpÓTccoc. Vediamo quale sia il pensiero di
S. Paolo. L ’Apostolo confronta la rivelazione del Nuovo Testamento
con quella del Vecchio per mettere in rilievo la perfezione della prima
sulla seconda. Nell’antica alleanza Dio aveva parlato : ?toXop.sptòc
cioè frammentariamente, non rivelando tutte insieme le verità che inten­
deva far conoscere agli uomini ma completandole con successive mani­
festazioni fatte nel corso dei secoli. Oltre ad essere frammentaria questa
rivelazione era stata anche : TtoXuTpÓTto)? cioè molteplice, non solo per
il modo usato da Dio nel manifestarsi agli antichi Profeti : sogni, visioni
rivelazioni, locuzioni interne ed esterne, simboli ma anche per la forma
stessa che veniva a prendere esternamente la parola di Dio : cerimonie
liturgiche, comandamenti, precetti legali, profezie direttamente mes­
sianiche, avvenimenti storici, vari insegnamenti degli agiografi. Mentre
nel Nuovo Testamento la Rivelazione, non più frammentaria, viene
fatta nella sua pienezza dallo stesso Figlio di Dio : da Mosè fu data la
legge, la Grazia e la Verità per Gesù. Cristo fu fatta. Nessuno ha mai
Veduto Dio : l’Unigenito Figliuolo che è nel seno del Padre, Egli ce lo ha
rivelato.3 11 Legislatore invece usa la frase di S. Paolo per esprimere
un’idea del tutto diversa : la molteplicità delle regole e delle forme di
vita religiosa esistenti nella Chiesa. Dunque si tratta solo di una dipen­
denza materiale.
Altre due allusioni alla S. Scrittura le abbiamo nel seguito del prologo.
Nota il legislatore che le vane regole e forme di vita religiosa tramanda­
teci dalla tradizione, hanno tutte un punto in comune in cui convergono
e che le riduce ad unità : vivere in ossequio di Gesù Cristo e servire a
Lui con cuore puro e buona coscienza (et? rìjv òira zo Y jV t o ù Xpioroè ;
è x z a t ì- a p à ? z a p o ( a ? z a ì aovsiSrjasw? a - fa i }-?]?).4 La prima frase ri­

corre nella seconda ai Corinti. Il contesto immediato ci aiuterà a com­


prendere il pensiero di S. Paolo. L ’Apostolo nel capitolo decimo refuta

tro v ia m o n el « B u lla riu m C arm elit. » ed in a ltri a u to ri ca rm elita n i è s ta ta f a t t a


d a ll’O rdin e in u n ’ep oca che n on p o tre i precisare. N e l p iù a n tico esem p lare della
R e g o la , p u b b lic a to in q u esto n um ero d i « E p h em erid es » d al P .M .H . L a u re n t
O .P ., n on a b b ia m o a lcu n accen n o a divisioni.
2 E b r. I, I .
3 G io v . I , 17-18.
4 2 Cor. 10, 5 ; 1 T im . 1, 5.
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 67

le accuse dei Giudaizzanti 1 quali con le loro calunnie cercavano di


scalzarne l’autorità apostolica e conseguentemente, turbavano la tran­
quillità della Chiesa di Corinto. Una delle accuse fatte a S. Paolo era
quella di camminare secondo la carne 0 cioè di agire non per zelo apo­
stolico ma mosso unicamente dal suo egoismo e da considerazioni umane.
Egli, facendo una distinzione, mostra ciò che vi è di vero e di falso
nell’affermazione dei suoi avversari ; ammette di camminare secondo la
carne nel senso che porta con sè una natura guasta dal peccato origi­
nale, natura di cui sente tutte le difficoltà e ripugnanze, ma nega di
militare secondo la carne cioè di agire per 1 bassi motivi di cui lo calun­
niavano i suoi nemici. Prova la sua affermazione mostrando quali siano
le armi che egli usa nel combattimento 6 cioè nel suo lavoro apostolico,
per dedurne poi l’eccellenza, la santità della sua milizia. Le sue armi
non sono carnali ( a a p x t x à ) cioè deboli come dovrebbero essere se
nel suo apostolato fosse mosso da considerazioni umane quali, se­
condo gli avversari, sarebbero stati i raggiri da lui usati per adulterare
il Vangelo e quindi per ingannare e perdere i neofiti. Le sue armi invece
sono spirituali e quindi forti di una fortezza che viene loro da Dio
(Savore« Tip Wew) e consistono in quel complesso di doni soprannaturali
con i quali il Signore ha insignito il suo apostolo per renderlo ministro
idoneo del suo Vangelo. L a spiritualità delle sue armi appare anche
dal fine a cui sono destinate. Egli non le usa per acquistare la stima
o il plauso degli uomini, ossia per vanagloria, ma esse servono unica­
mente per distruggere le fortezze ( ò -/ o p to p .à tw v ) ossia tutto ciò che si
oppone alla diffusione del Vangelo. L ’Apostolo spiega subito quali
siano in particolare le fortezze che deve distruggere con le armi ricevute
da Dio. Esse sono i raziocinii ( À o '(ia |j.o ù ? ) cioè tutto quello che la
sapienza umana dei filosofi pagani, degli scribi e dei dottori giudaizzanti
ha saputo trovare per combattere il Vangelo.7 Altra difficoltà da vin­
cersi con le armi apostoliche è l ’orgoglio dell’intelletto (u<jj(op.a = vallo) 8
il quale non vuole ammettere le verità che superano la sua capacità
naturale come sono le verità rivelate da Dio. Debellati questi nemici,
l’intelletto, fatto prigioniero di Cristo, a Lui si sottomette e ne osserva
la legge.
Come vediamo dal contesto immediato, S. Paolo parla direttamente

6 C fr. ib . v . 3.
6 S econ d o S. Paolo, l ’A p o sto lo è un so ld a to (I T im . I, 18 ; 2 T im . 2, 3) v e ­
s tito d i o ttim e a rm i (X T ess. 5, 8) che egli d eve .usare per la p ro p ag azio n e e la
d ifesa del V a n gelo.
7 C fr. Z o r e l l , L exicon graec. N .T ., ed. I, p. 332.
8 C fr. Z o r e l l , op. cit., p. 596.
68 FR. PIETRO DEEEA MADRE - DI DIO, O.C.D.

delle armi, cioè dei mezzi da usarsi nel ministero apostolico per sotto­
mettere a Cristo ogni mente ribelle. Quindi nelle parole della Regola
possiamo vedere solo un accomodamento che gli esegeti chiamano per
somiglianza di effetti : come le armi spirituali usate dall’Apostolo servi­
vano a sottomettere a Cristo l’intelletto orgoglioso, restio ad ammettere
le verità rivelate, allo stesso modo le vane forme di vita religiosa esistenti
nella Chiesa, hanno come scopo di rendere soggetto a Cristo colui che
le professa.
Con la seconda allusione, presa dalla prima lettera a Tim oteo 9 il
Legislatore specifica in che cosa consista l ’obbedienza, la sottomissione
a Cristo. Nei versetti che precedono immediatamente la frase citata,
S. Paolo ricorda al discepolo prediletto il motivo per cui l’aveva lasciato
ad Efeso prima di partire per la Macedonia. Questa Chiesa era turbata
da falsi dottori i quali insegnando dottrine peregrine 10 provocavano
dispute inutili e complicate tra i fedeli senza alcun vantaggio per le
anime. Timoteo doveva intimare a questi falsi maestri di astenersi dai
loro vani insegnamenti. Ora lo scopo di tale intimazione era solo « la
carità di puro cuore, di buona coscienza e di fede non simulata». Ascol­
tiamo il commento di S. Giovanni Crisostomo : « Caritatem autem quam
dicit? sincerami, quae non verborum tenus fit sed ex affectu et animo
et commiseratione : ex corde, inquit, puro sive ex recta conversatione
et sincera amicitia... sunt quippe etiam improborum amicitiae... At hoc
non est ex coscientia bona sed mala, neque ex puro corde sed ex impuro
corde, neque ex fide non ficta sed simulata. Fides enim quod verum
est exibet. Ex fide vero sincera caritas nascitur ».11 È chiaro quindi il
senso che S. Paolo dà alla frase citata : l ’ammonizione di Timoteo deve
procedere « da un cuore puro » ossia non per egoismo o per risenti­
mento personale, ma unicamente per il bene spirituale dei suoi fedeli
e « da una buona coscienza*) che supponendo una vita immacolata,
rende più efficace l ’ammonizione. 12

9 I T im . I, 5 .
10 A lc u n i tra d u c o n o ÉtBQOÒiSaaìiaÀsìv con « in segn are l ’errore ». N o ta però
il P. P r a T, L a Théol. de S . P a u l, I, p. 4 0 6 : « ils n ’en seign en t p a s en gén éral
des choses co n tra ire s à la do ctrin e de l ’A p ô tre , m ais ils en se ign en t des choses
q u ’il a ju g é su p erflu ou p é rille u x d ’enseigner e t ils e n seign en t autrement que
lu i les a rticles de so n B v a n g ile ». B qu in d i trad u ce il v erb o SiSotaxcctóv con
« enseign er des n o u v e a u té s ». P erciò n on si t r a t ta p ro p ria m e n te d i eretici. (Cfr.
presso lo stesso a u to re la ricostru zio n e del sistem a d o ttrin a le d i q u e sti falsi
d o tto ri).
11 P G . 62, 50g.
12 Q u esta è l'in te rp re ta zio n e d i S. G io v a n n i C risostom o, di T e o fila tto e
fra i m o d ern i d i P . P ra t, Sales, B o a tti. A ltr i in ve ce : F illon , B a r d y , (Sainte
Bible, X I I , p . 206), R e n i é (M a n u el d 'E crit. Sainte;3 V I , p. 437) dan no alla
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 69

Anche qui abbiamo dunque un adattamento della parola di Dio. Il


Legislatore usa il testo di S. Paolo per inculcare quella puiezza di
cuore, cioè quel distacco da tutte le creature, non esclusi noi stessi
e quella santità di vita, senza le quali è impossibile essere veri servi
di Cristo : « Deo servire quispiam non potest, nisi omnia que in hoc
mundo sunt, propter Deum spreverit >>.13

Dell'avere un Priore e di tre cose che


a lui si devono promettere (Cap. 1),
II legislatore, dopo aver stabilite le norme da seguirsi nell’elezione
del Priore, con una frase presa dalla prima lettera di S. Giovanni, mette
in rilievo in che modo deve essere adempita l ’obbedienza che i religiosi
hanno votata al loro Superiore : ognuno « procuri di mantenere le sue
promesse veramente con le opere » ioperis veritatè). Queste ultime parole
richiamano alla mente il versetto conosciutissimo della prima lettera
di S. Giovanni : « Figliuolini miei, non amiamo a parole e con la lingua
ma con l'opera e la verità ». (sv spytp za! àÀTplma) . 14 È il principio
generale che l’Apostolo della carità deduce dal caso particolare enun-
ziato nel versetto precedente nel quale ha insegnato praticamente ai
fedeli, che cosa significhi amare a parole ed amare con i fatti : « se uno
avrà dei beni di questo mondo e vedendo il suo fratello nella necessità
gli chiuderà il proprio cuore, come la carità di Dio dimora in lu i?».
Dunque, conclude S. Giovanni, amiamo il prossimo non a parole, cioè
protestando un amore di cui è privo il nostro cuore, ma con 1 opera,
ossia soccorrendolo realmente nelle sue necessità fisiche e spirituali e
con la verità nel senso che l’opera esterna di carità, qualunque possa
essere la sua natura, non sia altro che il segno sensibile dell’amore sin­
cero e soprannaturale che sentiamo in noi, senza assegnare all’atto di
carità dei secondi fini che ne deturperebbero la bellezza. N ell’insegna­
mento di S. Giovanni la carità verso Dio e verso il prossimo formano
una cosa sola, anzi la seconda è misura della prima . 15 Dal Vangelo sap­
piamo che il divino. Maestro considererà come fatto a sè stesso tutto
quello che avremo fatto per il più piccolo dei nostri fratelli. 16 Inoltre

p a ro la aa.QOcyye.Xia il sig n ific a to di « p red ica zio n e cristia n a del V a n g e lo », la


qu ale h a com e scopo di su scita re l ’ am ore nelle anim e. P erch è p o i q u e s t’am ore
sia g ra d ito a D io, d eve p rocedere da un cuore pu ro, d a u n a b u o n a coscien za
e d a u n a fed e sen za finzion i.
13 P .G . 44, 427. 14 I Jo h . 3, 18.
15 G iov . 4, 20.
16 M at. 25, 40.
7^____________________ ER. PIETRO DETTA MADRE D I DIO, O.C.D.

Dio non può essere ingannato : è l ’uomo che si ferma alle apparenze,
il Signore scruta invece il segreto del cuore e quindi vede se il nostro
atto procede da pura carità o se è un prodotto del nostro egoismo,
della nostra vanagloria.
Le parole dell’Apostolo prediletto trovano la loro completa appli­
cazione anche nel contesto della Regola : l ’amore verso Dio perchè
sia vero esige necessariamente lè opere, i fatti, sia che si tratti
di conformarci alla sua volontà come è richiesto dal voto di Obbe­
dienza o di amarlo indirettamente nel nostro prossimo. Sarebbe perciò
inutile promettere 1 Obbedienza al Superiore rappresentante di Dio
se poi essa si limitasse solo alle parole. Più innanzi il Legislatore enun-
zierà esplicitamente il principio che deve informare l ’Obbedienza del
religioso perchè sia soprannaturale : il Superiore è il rappresentante di Dio.

Meditazione della legge di Dio s


preghiera ininterrotta (cap . 7).
In questo paragrafo due citazioni della S. Scrittura fissano il carat­
tere proprio, la caratteristica speciale che avrà in tutti i tempi l’Ordine
Carmelitano nella Chiesa. Viene imposto agli Eremiti di stare « nelle
proprie celle o in vicinanza di esse meditando notte e giorno sulla Legge
del Signore e vegliando in orazione ».
La prima frase richiama due espressioni dei libri santi ; nel libro di
Giosuè il Signore parla al nuovo condottiero di Israele : « non si
diparta dalla tua bocca il libro di questa legge ( m i n H) anzi mediterai
(1 3 n ' j n i ) in esso il giorno e la notte » ; ne! Salmo primo 18 è chia­
mato beato l’Uomo che «nella Legge ( i n U n 3 ) di Lui (del Signore)
medita il giorno e la notte ». In ambedue i versetti abbiamo il verbo
r o n (tradotto dai L X X « (Latoto ») w che significa: meditare, ri­
flettere, pensare con assiduità a qualche cosa. L ’oggetto del verbo n 3 H
viene espresso dalla parola H *11 n, la quale nel linguaggio biblico ha
un significato ben determinato, indica i primi cinque libri del Vecchio
Testamento, libri che più tardi vennero designati con il nome comune
di Pentateuco. Naturalmente per un cristiano che scrive a dei cristiani,
I espressione « legge di Dio » viene ad avere un senso tnolto più ampio
includendo tutta la Rivelazione sia del Vecchio che del Nuovo Testá­

is Í !io s' 8‘ . . . 18 Salm . i, 2.


v erb o « n jn » sig n ific a p ro p ria m en te b o rb o tta re, p a rlare fra i den ti,
s o tto v o c e « u t e st m os so lita rie m e d itan tiu m ». C fr. ZOREl.r„ L e x. Hebr. A ra-
mate. V .T ., fase. 2, p. 184.
L E FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA C A R M E L I T A N A ------------ 7

mento, specialmente in relazione a quelle verità eh ordine speculativo


e pratico che formano l’oggetto diretto della nostra fede e la norma
della nostra vita. Abbiamo poi la frase avverbiale « giorno e notte
che determina la durata della meditazione sulla legge 1 io. evi
dente che a questa frase si deve dare il significato che ha 1 identica
espressione anche nelle nostre lingue nelle qual, essa viene usata nel
senso di «assiduamente, con diligenza». Commenta S. Ambrogio,
«ideoque die ac nocte in lege Domini meditatur, m quo non tam con­
tinua legendi postulato intentio quam servandae legis affectus».
Tale è anche il significato della corrispondente frase ebraica 301
f t S ’V l (nei L X X : xal voxtò? ) .21
La seconda frase la troviamo nella prima lettera di S. Pietro Anche
qui il contesto immediato ci aiuterà a comprendere il pensiero del Prin­
cipe degli Apostoli. S. Pietro esorta i fedeli alla santità della vita. Di­
venuti cristiani, devono evitare con ogni cura di ricadere nei disordini
nei quali vivevano prima del battesimo. A questo li incita l’esempio
di Cristo che ha patito per noi nella sua carne ; perciò il cristiano « deve
armarsi dello stesso pensiero » 23 cioè deve patire con pazienza, perchè
colui che dietro l’esempio di Cristo patisce nella carne, necessariamente
odierà il peccato. Anche il pensiero del giudizio di Dio al quale tutti
gli uomini, compresi ì pagani loro persecutori, dovranno rendere conto
delle loro azioni, servirà a tenerli lontani dagli antichi disordini. Per
questo, conclude l’Apostolo, « siate prudenti » ossia : agite m modo da
essere pronti alla venuta del Giudice, « z.a! vTj'jjats sì? irpoo»o/à?
= e siate sobrn per le orazioni » cioè perche possiate attendere all ora­
zione. La Volgata traduce la frase greca con « vigilate in orationibus »
e probabilmente da questa versione dipende anche la frase della Re­
gola. Il senso però non muta. Anche se propriamente il verbo (da
cui l’imperativo virare del testo) significhi « evitare ogni eccesso nel
bere », esso nel Nuovo Testamento è usato sempre in senso metaforico
cioè « essere sobrio di mente, non lasciarsi turbare o sedurre da cosa
alcuna, essere moralmente sobrio, temperante » 24 e quindi le parole di
S. Pietro non sono altro che un’esortazione alla vigilanza, anche se nel
testo greco manca il verbo che corrisponde al latino « vigilare » (cioè :
fpTfjYopéa), àyponvém, come troviamo negli altri autori del N. T.).

20 P .I ,. 14 , 981 G .
21 C fr. W. G e s E n iu s : Hebr. und A ram . Handwórtebuch, p. 294.
22 1 P etr. 4, 7, « . . . e t v ig ila te in o ratio n ib u s» .
23 1 P e tr. 4, I.
24 P i r o t , La Sainte B ible, X I I , p. 446 e 467 ; U . H o l z m e i s t e r , Comm. in
E p ist. S S . Petri et Judae, p. 372.
72 PR. PIETRO DEBBA MADRE DI DIO, O.C.D.

L ’idea di vigilanza unita a quella di orazione ricorre frequentemente


negli scritti del Nuovo Testamento. Nel Vangelo il Signore richiama
alla mente di tutti i cristiani l ’obbligo di vegliare, di tenersi pronti tutte
le volte che parla del suo ritorno glorioso come Giudice ; da ricordare
particolarmente le parabole: dei servitori vigilanti, 25 dell’economo fe­
dele e prudente, 26 del ladro che viene di notte, 27 delle dieci vergini, 28
della porta chiusa . 29 Anche il discorso sulla «Parusia» viene concluso
dal Signore, secondo S. Marco, con una esortazione energica alla vigi­
lanza : « ciò che dico a voi, lo dico a tutti : vigilate ».30 Le parole di
Gesù agli Apostoli prediletti, nell’Orto del Getsemani insegnano la
stessa verità : veglia e preghiera per non soccombere nella tentazione. 31
In quest’ùltimo caso però trattandosi degli Apostoli presi dal sonno il
verbo Ypijyopéw ritiene evidentemente il suo senso proprio. M a dal
pericolo in cui vennero a trovarsi i tre discepoli prediletti per aver ce­
duto alla stanchezza, possiamo dedurne il principio generale inculcato
con tanta insistenza dal divino Maestro in tutta la sua vita . 32 Fuori
dei Vangeli ci piace ricordare due frasi delle Lettere di S. Paolo nelle
quali l ’Apostolo rivolge ai fedeli di Colossi e di Efesq la medesima
ammonizione : « siate perseveranti nell’orazione, vegliando in essa » 33
e più esplicitamente agli Efesini : « con ogni sorta di preghiere (Sia
TtàaTjs 7cpooeo/i)c e di suppliche (òsr'cswc) orando continuamente
(Iv Jtavtì xatptò) in ¡spirito (èv 7ivsó[T.ati) e in questo stesso ve­
gliando (àYpojrvoòvTSc) con ogni perseveranza e supplica per tutti i
santi... » 34 Queste parole seguono immediatamente la descrizione del­
l’armatura che deve rivestire il cristiano per vincere i nemici dell’anima.
«Vide autem beati Pauli Apostoli prudentiam. Armavit eos diligentissime,
quomodo postea oporteat Regem invocare et rogare ut manum porrigat,
docet ».35 Così S. Giovanni Crisostomo. S. Paolo nelle parole citate
parla della preghiera in tutte le sue forme : preghiera di adorazione e
di offerta (irpoasox1!. Séijat?) e preghiera di petizione. Ne descrive
anche le qualità : preghiera assidua, perseverante, instancabile (èv Travet
xatptp, afpoirvoùv'uee èv TtàaTj TrpooxapTep^ost), preghiera vocale e so ­

25 M arc. 13, 3 3 -3 7 ; L u c . 12, 35-38.


26 M at. 24, 45-51.
27 M at. 24, 43-44 ; L u c. 12, 39.
28 M at. 25, 1-13.
29 L u c . 13, 25-30. 30 M arc. 13, 37.
31 M at. 26, 41 ; M arc. 14, 37.
32 K n a b E n b a u e r , Comm, in Ev. secundum M ath., p. 462.
33 Colos. 4, 2.
34 E fe s. 6, 18.
35 P .G . 62, 169.
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 73

pratutto dello spirito e del cuore (èv 7rvsó|Lati), preghiera fatta con
diligenza ed ogni attenzione possibile, preghiera per tutti i santi.36
Siamo tutti soldati di Cristo e dobbiamo combattere contro gli stessi
nemici. È necessario quindi aiutarci a vicenda e in questo consiste la
vera comunione dei santi fra i membri della Chiesa militante .37
Dalla maggior parte dei testi citati appare che la continua esorta­
zione alla vigilanza è motivata dall’incertezza in cui ci troviamo riguardo
al ritorno glorioso di Cristo come giudice. M a anche i testi che racco­
mandano questa virtù per non soccombere nella tentazione, conten­
gono implicitaménte la stessa verità, perchè alcuni caratteri che il Van­
gelo assegna alla «Parusia», quali sono l ’incertezza del tempo e l’im­
provvisa manifestazione di Cristo, valgono anche per il giudizio par­
ticolare che ognuno dovrà subire dopo la morte. Di qui la necessità
di mantenere in noi la grazia di Dio per essere pronti a qualsiasi chia­
mata. Ma la nostra prudenza umana sarebbe insufficiente a preservarci
dai pericoli se Dio stesso non venisse in nostro aiuto con la sua grazia.
Per questo all’idea di vigilanza va unita quella di preghiera, il mezzo
ordinario stabilito da Dio per soccorrere la nostra debolezza.
È molto probabile che il Legislatore con le parole « vigilantes in
orationibus » oltre ad esortare alla prontezza nel respingere qualsiasi
pericolo dell’anima, intenda anche inculcare la mortificazione del sonno,
considerata in tutti i tempi dall’ascetica cristiana come un mezzo po­
tente ed efficace di perfezione. Anche in questa ipotesi le parole della
Regola non sono contrarie al senso che hanno nella S. Scrittura : la limi­
tazione del sonno, fatta per attendere più a lungo all’orazione, serve a
rendere più forte l’anima contro i nemici del suo progresso spirituale.

Del non possedere cosa propria (cap. 9).


In questo paragrafo il Legislatore prescrive ai religiosi che tutte le
cose siano possedute in comune e che esse vengano distribuite dal
Priore o da un religioso designato a tale ufficio, secondo il bisogno dei
singoli. Nel fare questa prescrizione egli ha presente il capitolo se­
condo degli Atti degli Apostoli dove è fatto un primo brevissimo ac­
cenno alla vita della comunità cristiana di Gerusalemme all indomani
della Pentecoste. Riportiamo i due testi nei punti di maggior somiglianza
perchè si possa vedere meglio la dipendenza.
Atti : « omnes... qui credebant... habebant omnia' communia : pos-
36 C fr. P i r o T, L a Sainte B ib le, X I I , p. 73.
37 C fr. V osT É , Comment. in E p ist. ad E p h ., p . 265.
74 FR. PIETRO D E IXA MADRE DI DIO, O.C.D.

sessiones et substantias vendebant et dividebant illa omnibus proui


cuique opus erat ».38
Regola : « Sint vobis omnia communia et distribuantur unicuique...
prout cuique opus erit ».
È evidente la dipendenza della Regola dagli Atti. Da notarsi
però la grande differenza fra la comunanza dei beni quale era in
vigore nella Chiesa di Gerusalemme e la rinunzia prescritta dal
Legislatore. Negli Atti degli Apostoli non si tratta di una comu­
nanza di beni come viene praticata nelle comunità religiose e tanto
meno come è propugnata nel sistema comunista. Era solo il frutto di
quella mutua carità che regnava fra i membri della comunità cristiana
dopo la discesa dello Spirito Santo. Giorno per giorno, secondo le ne­
cessità, i più ricchi vendevano spontaneamente 1 loro beni 39 e la somma
ricavata, consegnata agli Apostoli, serviva a sollevare l’indigenza dei
fratelli più poveri. Ë vero che il modo con cui l’agiografo parla di questo
fatto indica chiaramente che fu di grandiose proporzioni, ma si tratta
di un fenomeno limitato alla sola città di Gerusalemme e sopratutto di
una rinunzia spontanea, come appare evidentemente dall’episodio di Bar­
naba e da quello di Anania e Saffira . 40 Certamente l’atto di carità dei
cristiani più ricchi verso i loro fratelli più poveri, è un segno di perfe­
zione straordinaria, ma non appartiene all’essenza della vita cristiana. 41
L a rinunzia effettiva ai beni della terra non è imposta, nel Vangelo, a
tutti i cristiani, essa viene solo consigliata a quelle persone che più da
vicino vogliono seguire le orme del divino Maestro : si vis perfectus
esse 42 ; mentre la comunanza dei beni prescritta nella Regola, appar­
tiene all'essenza dello stato religioso. Nessuno è obbligato ad abbracciare
questo stato, ma una volta determinatosi per quella forma di vita, egli
viene a rinunziare, con il voto solenne di povertà, allo stesso diritto di
possedere, trasferendolo in un altro soggetto determinato dalla legge .43

38 A t t i 2, 44-45. 1 / agio g ra fo t r a t t a più d iffu sa m e n te d e lla v ita in te rn a della


co m u n ità c ristia n a n el c. XV, 32-35. U n te s to sim ile ricorre an ch e n ella R e ­
g o la d i S. A g o stin o (cfr. in q u e sto n um ero d i « E p h e m e rid e s » l ’ a rtico lo del
P . M. H . L a u re n t O .P . : Iva le ttr e « Q u ae h on orem C o n d itoris ») ; p u ò essere
q u in d i che il L e g is la to re d ip en d a d iretta m e n te d a q u e s t’op era.
39 L a frase « om n ia e ra n t illis com m u n ia » ( = jtóvTOC -/.orni) n on in d ic a n e­
cessa ria m en te che si p riv asse ro d i t u t t i i loro ben i. I n S. L u c a i te rm in i a ê ç
e ano.- » n o n d e v o n o essere presi sem pre in senso asso lu to (cfr. J a c q u i e r , L es
A ctes des A pôtres2, I, p. 157).
40 Q u esto ap p are e vid en te m e n te d alle p a ro le che S. P ie tr o riv o lg e a d A n a n ia :
«nonne m an en s tib i m a n eb at, e t v en u m d a tu m in tu a e ra t p o te sta te ? » ( A tti 5,41).
41 C fr. E . J a c q u i e r , L es A ctes des Apôtres2, I, p p. 156-158 ; A . C a m e r i ,i n c k ,
Com m. in A ct. A p ., p. 133 ss. ; A . B o u d o u , A ctes des Apôtres, p p . 93-94.
42 M at. 29, 21.
43 D ico il v o to solenne d i p o v e rtà . I n fa t ti a n orm a d el can . 590, p a ra g r. I,
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 75

Esortazioni (cap. 14).


Il Legislatore mette in guardia il religioso contro i nemici del suo
progresso spirituale, indicando allo stesso tempo i mezzi efficaci per
vincerli. Il capitolo è formato per intero da citazioni di frasi bibliche
prese sia dal Vecchio che dal Nuovo Testamento e raggruppate intorno
ai versetti 11-17 del capitolo sesto della Lettera agli Efesini.
L a prima citazione è il conosciutissimo testo del libro di Giobbe :
« tentatio est vita hominis super terram » 14 (nella Vlg : Militia est...).
L a traduzione differisce un poco, quanto alla forma, dal testo ebraico,
dove abbiamo l’interrogazione. La parola oltre al senso di « eser­

u n professo d i v o ti sem p lici sia p e rp e tu i che te m p o ra n e i, co n se rv a la p ro p rie tà


dei su oi ben i e la c a p a cità d i a cq u istarn e a ltri. In o ltre secon do il can . 528, n. I,
t u t t i i ben i che dop o la profession e solenne possan o v en ire in q u alsia si m odo
al religioso, d iven g on o p ro p rie tà o d e ll'O rd in e , o d ella P r o v in c ia opp u re della
casa religiosa, secon do q u a n to v ien e sta b ilito n elle C o stitu zio n i, p u rch é l ’ O r­
din e sia cap ace di possedere. I n u n O rdin e p riv o d i ta le c a p a c ità è la S. Sed e
che d iv ien e p ro p rie ta ria dei b en i del religio so (can. 580, n. 2). L 'O rd in e dei
C arm e lita n i è di v o ti solenni e a n orm a delle sue c o s titu zio n i la p ro p rie ta ria
dei b en i del religioso è la co m u n ità d i cu i fa p a rte . D a n o ta rsi p u re che n es­
su n a legge o b b lig a il religio so a disporre dei b en i p o sse d u ti p riip a d e lla p ro fes­
sione solenne in fa v o re d e lla religio n e di cu i sa rà m em b ro ; qu in d i n e ll’a tto di
rin u n cia che, a n orm a del can. 581, p a rag r. I, d e v e fare en tro i 60 gio rn i che
preced on o la p rofession e solenne, e gli è c o m p le ta m e n te libero. N on è im p ro ­
b a b ile che alcu n i cristian i, com e p er esem pio B a rn a b a , a b b ia n o v e n d u to t u tt i
i lo ro b en i e che qu in di la lo ro eroica rin u n zia e q u iv a lg a al v o to d i p o v e rtà .
Q u esto p erò non p ossiam o a fferm arlo in d istin ta m e n te d i t u t t i i c ristia n i d e lla
co m u n ità d i G erusalem m e. D a g li A t t i v en iam o a con oscere il nom e d i alcu n i
fed eli che co n se rv a v a n o la p ro p rie tà dei loro b e n i : M aria, m adre d i G io v an n i-
M arco ( A tti 12, 12) e M nasone ( A tti 21, 16) p ossed evan o u n a casa in G eru sa ­
lem m e, il d iacon o F ilip p o ne p o sse d ev a u n ’a ltra a C esarea ( A tti 21, 8). Ci sem b ra
p erciò tro p p o gen erale l ’ afferm azion e del P. R en ié : « L e so i-d isa n t com m un ism e
de l ’B g lise de Jéru salem n ’e st en som m e que la réalisation de V idéal de pau-
vreté monastique. (R E N lé, op. cit., t. V , p. 88).
44 G iob b e 7, 1. Il term in e e b ra ico s : j è tr a d o tto dai L X X con rcsiQarqQiov
da cui viene tentatio n ella recensione d e lla a n tica versione la tin a fa t t a d a S. G i­
rolamo sul te sto esap lare. L a b o lla d i O n orio I I I a v e v a m ilitia, m a d a In n o ­
cenzo I V questa p a ro la fu so stitu ita con tentatio, lezion e che ab b ia m o anche oggi
nella regola prem essa alle c o stitu zio n i dei C a rm e lita n i S ca lzi (cfr. anche B a lla r.
Carm., ed. E . M onsignano, P . I, p p . 3 e 10). L a p a ro la tentatio d o v e v a tr o v a r s i
in qualche codice d ella V o lg a ta ai te m p i di In n o ce n zo I V , in filtra ta s i d a ll’ an­
tica versione la tin a . S ap p ia m o che nel secolo X I I I la con fu sion e fra le due v e r ­
sioni era grande, n o n o sta n te le correzion i fa tt e n ei secoli p reced en ti d a u om ini
eminenti. È d i qu esto tem p o la B ib b ia d i P a rig i, te n ta tiv o poco felice di dare
un te s to uniforme ai professori d e lla S orb on a per le loro lezion i d i teologia,
cosi p oco felice che fu ro n o n ecessari i « co rrecto ria b ib lica » p er em endare le
v a rie in terp o lazio n i. R u g g e ro B aco n e O .F .M . d e tte u n giu d izio severo su am ­
bedue le opere (cfr. il te sto in : H ò p fl- G u T , Jntr. in sacros utriusque Test, libros
C om pendium , I, ed. I V , p . 378).
L ’eb ra ico w u k S fu tr a d o tto , a senso d a i L X X ó pio? dv&pójtov, e d a lla
V o lg a ta « v ita ho m in is ». A n ch e n ella tra d u zio n e d ire tta d al te s to ebraico,
S. G irolam o alcu ne v o lte d ip en d e d a i L X X . (Cfr. i v a ri casi in : D h o rm e , Le
Livre de Job, P a ris 1926, p. C L X X I ) .
76 FR. PIETRO DEDEA MADRE DI DIO, O.C.D.

cito, armata » può indicare anche il tempo passato sotto le armi, il ser­
vizio militare . 45 Dai traduttori moderni la frase viene resa comunemente
in quest’ultimo senso : « non è forse una milizia per l ’uomo (star) sulla
terra?» (trad. Ricciotti) ; « n’est ce pas un service miìitaire que fait
l’homme sur la terre?» (trad. Dhorme). il passo citato fa parte del di­
scorso tenuto da Giobbe per ribattere la tesi sostenuta da Eliphaz : che
l’uomo è infelice per le proprie colpe e che il dolore è sempre punizione
del peccato. Solo con il pentimento è possibile ottenere misericordia
da Dio e quindi la perduta felicità. Nella risposta il Patriarca nega l’af­
fermazione dell’amico : se egli soffre non è per la sua empietà, il dolore
qui sulla terra è unito indissolubilmente alla vita dell’uomo, vita rude e
travagliata come quella del soldato in guerra.
Un secondo testo, preso dalla seconda a Timoteo 46 serve al Legisla­
tore per ricordare al religioso che la dolorosa verità enunziata da Giobbe,
vale in modo particolare per i seguaci di Cristo : qui pie Volunt vivere
in Cristo, persecutionem patientur. Nel capitolo terzo della seconda a
Timoteo, S. Paolo mette in guardia il diletto discepolo contro gli eretici
che nel futuro cercheranno di inquinare la purità della fede, ben più
terribili dei falsi dottori che al presente, con le loro vane dottrine, 47
turbano la tranquillità della Chiesa di Efeso. Ai loro errori deve opporre
la dottrina sana e forte appresa nella sua lunga consuetudine con l’Apo­
stolo. Gli eretici non potranno mai distruggere la Chiesa e soffocare la
verità. Nè si spaventi di fronte alle persecuzioni : tutta la vita dell’Apo­
stolo, come egli ben sa , 48 è stata una continua tribolazione, eppure, so­
stenuto dalla grazia di Dio, ha vinto ogni prova. L a persecuzione è
un’eredità lasciata da Cristo a tutti i discepoli che vogliono vivere se­
condo la sua dottrina. 49 Incorporato a Cristo per mezzo del Battesimo ,50
il cristiano appartiene a Lui solo ; il mondo, come ha perseguitato il Cristo
nella sua vita terrena, continuerà ad odiarlo, a perseguitarlo anche nelle
sue mistiche membra. 51

46 G . R i c c i o t t i , I l Libro di Giobbe, T o rin o -R o m a 1924, p . 12 1 (cfr. la sp ie­


ga zio n e a lla p a r o la « m ilizia » ). C fr. D h o r m e , op. cit., p . 87.
46 2 T im . 3, 12.
47 S im ili fa ls i d o tto ri si in co n tra n o an ch e n elle co m u n ità cristia n e d i C reta,
a ffid a te a lle cu re d i T ito . (Cfr. T it. I, 10 -11 e 1 3 - 1 6 ; 3, 9 -11).
48 S . P a o lo n on p a rla delle persecu zio n i su b ite in siem e a ll’ a m a to d isce­
polo in M aced on ia (A tti, cc. 16 -17) m a solo d i-q u e lle che ebbero com e te a tro
la p a tr ia d i T im o teo , oriun do d i L istri. F orse p er rico rd a rg li che e gli fu te s ti­
m one d elle p ersecu zio n i d el suo M aestro, fin d a i su oi p rim i p assi nel c ristia ­
nesim o.
49 M at. 10, 22.
50 R o m . 6, 4 ; G al. 3, 27.
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 77

Oltre al mondo, un altro nemico, il demonio che come leone ruggente


va intorno cercando chi divorare. 52 Il testo conosciutissimo è preso dalla
prima lettera di S. Pietro. 53 Dopo aver ricordati nei versetti precedenti
la citazione della Regola, i doveri che legano a vicenda i pastori e i fedeli,
l ’Apostolo raccomanda a tutti indistintamente l’umiltà, la sobrietà, la
vigilanza, necessarie, particolarmente quest’ultima, per resistere agli
assalti del demonio paragonato ad una ferocissima belva.
Contro questi nemici del progresso spirituale di ogni cristiano, ma
in modo particolare di quello del religioso, è necessario, rivestire l’arma­
tura di Dio (TtavoirXia) 54 ossia le armi spirituali indispensabili al sol­
dato cristiano, per non cedere nemmeno un palmo di terreno (aCTjvai)
di fronte al demonio e quindi riportarne completa vittoria. L ’esperienza
insegna che il nemico non è inoperoso; intervenendo, a volte diretta-
mente, più spesso servendosi del mondo e della sensualità, egli tende
continuamente « imboscate » (¡J,sffo8s'.ac) alle anime.
S. Paolo, descrivendo nei versetti che seguono, il cristiano armato per la
lotta, ha presente l’armatura del soldato romano55: «Accingendi sunt
lumbi vestri cingulo castitatis» (testo gr. 7csptC(oaá¡j.ev(H rijv òacpòv... èv
àXij&eif* ).56 Secondo alcuni commentatori l’immagine sarebbe stata sug­
gerita all’Apostolo dall’usanza, comune presso gli orientali, di stringersi
intorno ai fianchi con un cingolo 1 lunghi abiti talari per non essere impe­
diti nel lavoro o nel cammino. Per altri invece si tratterebbe del «balteo»,
lunga cintura munita di lamine di ferro destinata a proteggere 1 rem
e i fianchi. 57 Questa seconda sentenza sembra da preferirsi, perchè
in tutta la descrizione S. Paolo ha presente l’armatura del soldato ro­
mano. L ’interpretazione della frase « èv àX7)«-s£o(. » nel senso di « ca­
stità» come fa il Legislatore, la troviamo anche presso alcuni Padri, 08

62 In greco : trp ò jv r iv a xaram ieiv. le tte ra lm e n te : « cercan d o ch i bere »


opp u re, m etten d o l ’ a ccen to su ll'u ltim a , tiv ù = cercan d o « che cosa » bere.
53 i P e tr. 5, 8.
64 « Jiavoiilda » sign ifica : « a rm a tu ra c o m p le ta » cioè : « scu tu m , gladin s,
p ila, galea, ocrea, p ecto ra le ». (Cfr. W . G r im m , L exicon graeco-latinum4, G issae,
p. 33). N el N .T . il prim o accen n o a ll’a rm a tu ra del cristian o l ’ a b b iam o n ella
p rim a le tte ra a i T essalon icesi ed il p ensiero è s v ilu p p a to n el c ap ito lo sesto della
le tte ra agli E fesin i. In am bedu e S. P a o lo dipen de d a I sa ia (59, 17 ; I I , 5) e d al
lib ro d ella S ap ien za (5, 17-20). Se con fron tia m o i q u a ttro te s ti v ed ia m o che
le singole arm i non corrispond on o sem pre a lle stesse v irtù .
55 M en tre S. P a o lo d e tta v a il suo sc ritto era g u a rd a to a v is ta d a u n so l­
d a to . L a le tte ra agli E fesin i, d a cu i è p resa la citazion e, fu s c ritta (insiem e a
P ii., Coloss., F ilip .) d u ra n te la p rim a p rig ion ia ro m an a. G li A t t i (28, 30) ci d i­
con o che S. P a olo rim ase p er u n bien n io in u n a casa p r iv a ta p resa in a ffitto
so tto la co n tin u a so rv e g lia n za di u n p retoriano.
58 E fes. 6, 14.
57 C fr. P . M. S a l e s , I l N .T . Commentato, v . 1 1 , p. 298, T o rin o 1914.
58 S. G ir o l a m o (P L 26, 584 C) ; S. G r e g o r io M a g n o (P L 76, 1123).
78 FR. PIETRO DETTA MADRE DI DIO, O.C.D.

oggi però è abbandonata. Il P. Vosté la giudica « p ia » ma non corri­


spondente a verità: « expositio de castitate est pia sed non vera ».59
I commentatori moderni vedono nella parola « àX^itsta » la versione
del termine ebraico K J 1 0 N (allusione ad Is. 1 1 , 5 ) 60 però non sono
concordi nella sua interpretazione. Alcuni la traducono con «lealtà,
sincerità, punta d intenzione », virtù alle quali deve ispirarsi il cristiano
in tutti i suoi atti, 61 altri invece con «fedeltà» ossia ferma adesione,
speculativa e pratica, alle verità del Vangelo. 62 Ci sembra più probabile
la prima interpretazione perchè della fede come rimedio contro le insi­
die del demonio, l ’Apostolo parlerà nei versetti seguenti. Inoltre nel
capitolo quarto della lettera, S. Paolo esortando i fedeli di Efeso a spo­
gliarsi dell uomo vecchio, li mette in guardia contro la menzogna che i
pagani consideravano come cosa del tutto naturale e quindi lecita, pur­
ché apportasse qualche utilità a chi la pronunziava.
Quale rimedio contro la sensualità il Legislatore indica anche i santi
pensieri e ne da la ragione : « scriptum est enim, cogitatio sanata ser-
vabit te ». Certamente le parole si richiamano ad un testo della S. Scrit­
tura che però è impossibile trovare nella Bibbia, almeno nella forma
riportata dalla Regola. Esistono nel Vecchio Testamento alcuni testi
ai quali forse intende alludere il Legislatore : essi sono due passi del
libro dei Proverbi ed un altro che appartiene al libro della Sapienza.
Li riportiamo come si trovano nella Volgata : Fili mi, attende ad sapien-
tiam meam... ut custodias cogitationes et disciplinam labia tua conservent.63
Nei primi versetti del capitolo quinto da cui è presa la citazione, il Savio
mette in guardia il discepolo contro le lusinghe della donna adultera.
Da notarsi però che l’ebraico invece di «cogitationes» ha niDÌD
e quindi la frase va tradotta : affinchè tu conservi la prudenza, la ri­
flessione.

59 VOSTÙ, op. cit., p. 252.


60 I n I s a ia la p a ro la nilO N si riferisce a p i i = giustizia, p resa in senso
p ro p rio : il M essia è p re se n ta to com e u n giu d ice che ese rcite rà le su e fu n zion i
in fa v o re dei p o v e ri e d e gli op pressi fed elm en te, cioè se n za p referen ze, in m a ­
niera in fa llib ile e im p a rzia le . (ZORETT, L e x. hebr. aram., fase. I, p. 63, trad u ce :
inconcussa ju stitia ).
61 G io v . C r i s o s t . (P G 62, 164) ;R e n i E,M a n u el d 'É crit. Sainte, t. V I ,
p. 369 ; V o s t ù , op. cit., p . 252.
62 K n a b e n b a u e r , Comm. in E p . ad E p h ., p. 168 ; P . M. S a tE S , I l N .T .
Com m., v . 1 1 , p. 298 ; P . P r a T , L a Théol. de S . P a u l, t. I I , p. 381,’ n o ta 3 •
PiROT, L a Sainte B ib le, t. X I I , p. 72.
63 P ro v . 5, 2 (Cfr. ZORETT, L e x. hebr. aram., R o m a e 1942, fase. 4, p . 642).
P erciò la p a ro la e b ra ica m o t e in cu lca p iu tto sto la p ru d en za, v ir tù così n eces­
saria a lla g io v e n tù in esp e rta sp ecialm en te p er e v ita re c e rti p e cca ti.
I I / X X tra d u c o n o : iv a cpi>Xà|r]5 evvoiav ayalìfiv cioè « p er m an tenere
bu on o il p ensiero ».
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 79

Anche al capitolo decimo quinto dei Proverbi, abbiamo, sempre se­


condo la Volgata, un’esortazione alla purezza dei pensieri : « abominatio
Domini cogitationes malae et purus sermo pulcherrimus firmabitur ab
eo >>.64 Nella seconda parte l’ebraico dà questo senso : « ma le parole
benevole sono pure ai suoi occhi ». Come appare dal parallelismo anti­
tetico le « cogitationes malae » del primo membro, opponendosi a « pa­
role benevole » del secondo membro, non si riferiscono solo ai pensieri
contrari alla purezza del cuore. Il testo del libro della Sapienza dice :
perversae cogitationes separant a Deo (nel testo greco . i ragionamenti
malvagi separano da Dio). Anche qui la parola « cogitationes » della Vol­
gata 66 deve essere presa in un senso generale : qualsiasi giudizio o ra­
gionamento che può privare dell amicizia di Dio.
Abbiamo notato la differenza che esiste fra il testo originale e la Vol­
gata, ma ricordiamo che il Legislatore, sempre nell’ipotesi della sua di­
pendenza dai testi riportati, cita secondo il testo latino. Abbiamo ve­
duto poi che nelle due ultime citazioni si parla direttamente di pensieri
malvagi « cogitationes malae » mentre nella Regola abbiamo « cogitatio
sancta » ; è facile però spiegare il passaggio : una volta conosciuti gli
effetti disastrosi che i primi producono neH’anima, quasi istintivamente
viene il pensiero della necessità dei secondi per mantenere in noi la
grazia di Dio. In questo senso possiamo aggiungere anche alcuni testi
del N. T . Presso i semiti, come risulta da numerosi esempi della
S. Scrittura, sede del pensiero è il cuore (Mat. 15, 19 ; Marc. 7, 21 ;
Lue. 2, 35 ; 24, 38 ; Atti 8 , 22); avere un pensiero santo quindi, equi­
vale ad avere un cuore puro. Sulla purezza del cuore il divino Maestro
ci ha lasciato molti insegnamenti ; ricordiamo particolarmente il testo
di S. Marco (7, 21) dove Egli spiega ai discepoli che solo il cuore im­
puro può contaminare l’uomo dinanzi a Dio : « poiché dal di dentro,
dal cuore degli uomini procedono i cattivi pensieri, gli adulterii, le for­
nicazioni, gli omicidi, i furti, le avarizie, le malvagità, le frodi, le impu­
dicizie, l ’invidia, le bestemmie, la superbia, la stoltezza». Nella lunga
serie di peccati ricordati dal divino Maestro il primo posto è occupato
da quelli contrari alla castità. Anche qui la costatazione degli effetti no­
civi prodotti dai pensieri cattivi, poteva far pensare, per opposizione,
all ’utilità e santità dei pensieri buoni. Sempre nel S. Vangelo, abbiamo
la beatitudine evangelica : beati mtmdo corde quoniam ipsi Deum vide-
bunt (Mat. 5, 8). Ordinariamente la purezza di cui parla la beatitudine

64 P ro v . 15, 26.
65 S ap . 1, 3.
66 II libro d e lla S ap ie n za n ella V o lg a ta è an cora l ’ a n tica versio n e la tin a .
8o FR. PIETRO DELTA MADRE DI DIO, O.C.D.

viene ristretta ai pensieri contrari alla castità, mentre invece indica


I esclusione di qualsiasi peccato sia mortale che veniale, come appare
evidente se la confrontiamo con il testo di S. Marco riportato sopra.
Può darsi dunque che il Legislatore voglia alludere anche a questi due
testi del N. T . quando parla della necessità dei santi pensieri per vin­
cere la sensualità.
Prosegue il Legislatore: induenda est lorica justitiae.67 La corazza
(\tópa£) formata di lamine di bronzo, era quella parte dell’armatura
che proteggeva il petto e le spalle del soldato. La corazza del cristiano
è la giustizia, ossia il complesso di tutte le virtù; in modo speciale quelle
destinate a proteggere il cuore, centro della vita morale. 68 Fra queste
primeggia la carità nei suoi due precetti dell’amore di Dio e del pros­
simo : ut Dominum Deum Vestrum ex toto corde vestro et ex tota anima
vestra et tota virtute diligatis 69 et proximum vestrum tamquam vos ipsos.70
II primo versetto, preso dal Deuteronomio (6 , 4), segnava l’inizio della
preghiera che ogni pio Israelita doveva recitare due volte al giorno.71
Amare veramente Dio significa anteporlo a tutte le creature, considerarlo
come 1 unico e sommo Bene che solo può appagare i desideri del cuore
e quindi mettere al suo servizio tutte le nostre facoltà ed energie : il
cuore, che i semiti consideravano come sede della mente, l’anima, ossia
le potenze sensitive, la forza, cioè tutte le proprie energie fisiche .72
Al precetto dell amore di Dio è necessario aggiungere anche quello
del prossimo. Per il giudeo la parola prossimo aveva un’estensione molto
limitata comprendendo solo i familiari, gli amici, gli appartenenti alla
propria nazione. Per il cristiano la carità fraterna deve essere universale,
com è universale la bontà e la misericordia del Padre celeste .73 Anzi
fra ì rigenerati nelle acque del battesimo, i vincoli di questa virtù sono

67 E fe s. 6, 14.
68 M at. 15, 17-20.
69 M arc. 12, 30. S. M arco a ggiu n g e « e t to ta m en te v e s tra » . L e p a role di
N . S ign o re sono la cita zio n e del D e u t (6, 4). Pen sa il P . L a g r a n g e (E v a n g .
selon S . M arc, p . 322) che la p a ro la ò td v o ia — mens sia s t a t a a g g iu n ta d a l­
l ’ E v a n g e lis ta p er m e ttere m eglio in rilie v o la p a rte d e ll’in te llig e n za n e ll’am ore
di D io, p a rte in d ic a ta in m odo in su fficie n te d a lla p a ro la xocohioc. P er i R o m a n i
d e stin a ta rii del V a n gelo, com e p er i G reci, sede del pensiero è la m en te e non
il cuore. I L X X , alm eno secon do il cod B , a v e v a n o tr a d o tto bene l ’espressione
del D eu tero n om io " p s S S u a con o?.qc; Tijg huxvoiag aou m a p o i p rev alse
la p a ro la jtaQÌÌia com e ap p are d a i co d ic i A , P .
70 M at. 22, 39 ; M arc. 12, 30 ; L e v . 19, 18.
71 E r a c h ia m a ta « Sem a » d a lla p rim a p a rola con la q u ale in co m in cia va .
C om p ren d eva , o ltre al D e u t. 6, 4-9, anche due a ltri passi del P e n ta te u c o , cioè
D e u t. 1 1 , 13-21 ; N u m . 15, 37-41.
72 C fr. L . P i r o T, L a Sainte B ib le, t. I X , p. 551.
73 L u e . 6, 36.
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 81

molto più forti e più intimi : partecipi della natura divina sono tutti
figli di Dio .74 Quando l ’amor di Dio e quello del prossimo saranno
radicati profondamente nel cuore diverranno leggere anche le prove
più dure che nella vita spirituale potrà muoverci il demonio o la carne
ribelle, nelle persecuzioni del mondo vedremo solo l ’avveramento delle
parole di Gesù 75 e nel persecutore un fratello bisognoso della nostra
pietà e del nostro perdono . 76
Altra arma del cristiano è lo scudo della fede : sumendum est in omni­
bus 77 scutum Fi.dei in quo possitis omnia tela nequissimi ignea extinguere. 78
Come le frecce incendiarie si estinguevano al contatto delle pelli fre­
sche del grande scudo 79 (dopsó?) allo stesso modo le tentazioni più
violente nulla potranno contro le venta della fede richiamate con pron­
tezza alla mente nei pericoli dell anima.
A conferma della necessità di opporre al demonio lo scudo della fede
viene citato un passo dell’epistola agli Ebrei : 80 sine fide enim impossibile
est piacere Deo. Nel capitolo X I l ’Apostolo per animare i suoi lettori
a perseverare nella fede passa in rassegna gli esempi fulgidi che di que­
sta virtù hanno dato i personaggi illustri del Vecchio Testamento. Fra
questi è il patriarca Enoch di cui dice la Scrittura : et ambulavit cum
Deo (T. M .) 81 cioè fu fedele, obbedì a Dio. Se dunque, argomenta
S. Paolo, egli piacque a Dio è segno che aveva la fede perchè « senza
la fede è impossibile piacere a Dio ». Vediamo quindi che questo prin­
cipio generale è usato diversamente da S. Paolo e dal Legislatore. Il
primo ne deduce l’esistenza della virtù teologale nel patriarca Enoch
con un argomento che il P. Perrella chiama « a fortiori » : accedere a
Dio è meno che piacere a Dio. Se la fede è necessaria nella prima con-

74 i Jo h . 3, i .
76 G io v . 15, 1S-22.
76 M at. 5, 43-47.
77 N e l te s to greco a b b ia m o du e lezio n i :
1) èjù Jtùoiv (ccd. A , D , E , P , G) = s o p ra tu tto ; se si a c c e tta q u esta
lezion e, la frase v ien e ad a vere qu esto senso : o ltre alle a rm i d i cui b o p a rlato,
r iv e s tite v i s o p ra tu tto dello scu d o d e lla fede.
2) |v u d o iv (ccd. B , N, V lg ) = in tu tto , cioè in tu tte le circostan ze
r iv e s tite v i ecc...
Q u esta secon da lezion e la tro v ia m o n elle ed izio n i critic h e del N .T . (Tisch.,
N e st., A . M erk, W e stc o tt-H o rt).
78 E fe s. 6, 16.
78 «Bupeóq» è il gran d e scu d o d i fo rm a re tta n g o la re, rico p erto d i p elli fresche
che d ife n d ev a tu tt o il corpo del so ld a to , m en tre il clipeo « àamc, » d i fo rm a ro ­
to n d a e di m inori dim ensioni p ro te g g e v a il p e tto e la fa c cia . L e p a role « te la
ig n e a » allud on o a ll’uso b a rb a ro d i sco ccare co n tro il n em ico frecce da lla p u n ta
a v v o lta d a sto p p a im b e v u ta d i resina o d i p ece che poi v e n iv a accesa p rim a
d el lan cio (cfr. T . L i v i o , X X I , 8 ; V e g e t . E p . I V , 18).
80 E b r. 1 1 , 6. 81 G en. 5, 24.
82 FR. PIETRO BETTA MADRE DI DIO, O.C.D.

versione, a più forte ragione è necessaria per piacere a Dio, cioè per
vivere nella sua amicizia. Se quindi la Scrittura afferma di Enoch che
« piacque a Dio » questo è un segno che egli aveva la fede, perchè senza
di essa è impossibile piacergli.82 11 Legislatore ne deduce invece la ne­
cessità di usare la fede come mezzo efficace per piacere a Dio, per man­
tenerci nella sua grazia insidiata dal demonio : è necessario opporre lo
scudo della fede al demonio per respingerne le insidie, perchè senza
1 esercizio di questa virtù è impossibile piacere a Dio cioè vivere nella
sua grazia. D a notarsi però che in tutto il capitolo X I, la parola « fede »
designa 1 adesione dell’intelletto alle verità soprannaturali su ll’autorità
di Dio che le rivela .83 In questo senso il principio generale enunziato
da S. Paolo, può valere, almeno indirettamente, anche nel contesto della
Regola : sarebbe impossibile opporre al demonio le verità eterne se la
mente non vi aderisse fermamente.
Allo scudo della fede dobbiamo aggiungere l'elmo della salute.84,L ’elmo
che difende la parte più vitale del corpo, la testa, è il simbolo della
speranza cristiana , 85 la virtù teologale che infonde nel nostro cuore la
fiducia incrollabile di raggiungere la vita eterna e di ricevere dal S i­
gnore infinitamente buono e misericordioso gli aiuti necessari per con­
seguire il nostro ultimo fine. « S. Paolo chiama la speranza un elm o,
di salute, scrive S. Giovanni della Croce, e l ’elmo è un’armatura che
protegge tutta la testa e la copre in modo che non le rimane altra parte
scoperta se non la visiera per vedere. Lo stesso fa la speranza che pro­
tegge tutti i sensi del capo dell’anima dalle cose del secolo, di modo
che le saette di questo non giungano a ferirli in nessuna parte. Soltanto
le lascia una visiera, affinchè gli occhi possano mirare il cielo e non
altro, poiché è officio ordinario della speranza far sollevare all’anima lo
sguardo a Dio solo ».86 La vita eterna alla quale ci fa tendere la speranza,

82 I L X X in v e c e di « a m b u la v it cum D eo » del T .M ., h an n o « siuipÉ<m]aEV gè


Evoox liì) tìscp = placuit enim E n och Deo». S u di essi si fo n d a S an P a o lo « evape-
o trix é v a i t i) 0£q> e snapeoTijoai » (v. 6).
h a frase «xòv itpoaepxóiievov 0e£> » qui indica la prim a conversione ( i l , 6))
« accessu s p rim u s qu o h om o se c o n v e rtit ad D e u m ». (Cfr. P E R R E T T A B [1933],
r 3 )- Q u esta è anche l ’in te rp re ta zio n e dei te o lo g i i q u ali p o i sp iegan o la fra s e
« q u ia e st e t in q u ire n tib u s se re m u n erato r e st » n el senso d i D io C reatore e R e-
m u n erato re n e ll’ordin e so p ra n n a tu ra le.
D a fra se « 8naQE0xr|xÉvai t<u 0eq> » in d ica in v e c e il secon do m o m en to d ella
con version e, q u an d o l ’ uom o possied e già la g ra zia di D io : « fid e s p rogre-
diens ». (Cfr. P E R R E T T A ibid .).
83 C fr. P . P r a t ., op. cìt., v . 1, B p . 463.
84 E fe s. 6, 17.
85 1 T ess. 5, 8.
86 S . G io v . d e t t a C r o c e , Notte Oscura, tra d . ita lia n a d i P . N a z z a r e n o ,
pp. 408-409.
I/E FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 83

come pure i mezzi necessari per conseguirla, sono i frutti consolanti


della Redenzione. II Legislatore, con un testo preso da S. Matteo, si
dà premura di ricordare al religioso questa verità : Galea quoque salutis
capiti imponendo est ut de solo Salvatore speretis salutem qui salvum fa -
cit populum suum a peccatis eorum, 87
Infine ricorda la spada dello spirito 88 che è la parola di Dio 89 :
gladius autem spiritus quod est Verbum Dei. Questa spada dello spirito,
fornita dallo Spirito Santo è la parola di Dio contenuta nei libri santi,
la quale attentamente letta e meditata, ci sostiene nelle difficoltà della
vita spirituale. S. Paolo nella lettera agli Ebrei 90 ne descrive meravi­
gliosamente i caratteri : più affilata di una spada a due tagli la quale
può solo penetrare nelle parti materiali del nostro essere, essa, onni­
presente come Dio, si spinge fin nei più intimi recessi della nostra na­
tura 91 per giudicare della bontà o malizia dei sentimenti (èv'&ojiTÌaewv)
più nascosti e delle intenzioni (ivvotwv) più occulte del cuore. Per
questo, conclude il Legislatore citando ancora S. Paolo,92 che la parola
di Dio abiti in voi doviziosamente (rcXoooiaic) cioè sia sempre pre­
sente alla vostra mente e al vostro cuore e tutto quello che farete, fa­
telo nel nome del Signore .93 Uniti a G esù Cristo in tutte le nostre
azioni, la nostra vita sarà trasformata in una continua preghiera di ado­
razione e ringraziamento al Pad re celeste, il quale per mezzo del Figlio
suo divenuto uomo per nostro amore, ci ha ricolmi di grazie. In par­
ticolare : la nostra elevazione a figli adottivi di Dio che rende possibile
qui sulla terra l’intimità col Signore e l ’associazione alla vita divina
nell’eternità.
Veduto quale sia il senso delle numerose citazioni bibliche che ri­
corrono in questo capitolo, possiamo domandarci se le varie armi spi­
rituali, nell’intenzione del Legislatore, siano destinate a rendere forte
il religioso contro qualsiasi tentazione oppure ognuna abbia di mira

87 M at. 1, 21.
88 « G lad iu s » (t. gr. = u à/ a ip a ) sp a d a c o rta a du e ta g li d is tin ta dallo liqpog
p iù lu n g o e a d a tto a ferire solo d i p u n ta . E fe s. 6, 17.
89 E fe s. 6, 17.
90 E b r. 4, 12.
91 rpuxi'i l ’anim a com e p rin cip io d e lla v it a se n sitiv a ; im C p a l ’ an im a com e
p rin cip io d ella v ita in te lle ttu a le . D a n o tare p o i ch e in S . P a o lo il cuore è il
c en tro d e lla v ita sensibile, in te lle ttu a le e m o ra le (cfr. P r a T . op. cit., v . I I ,
p . 54). Q u esta id e a ricorre an ch e n eg li a ltri sc ritto ri del N .T . (M at. 15, 17-20).
92 C ol. 3, 16. Da V o lg a ta tra d u c e JtXouoicoe con « a b u n d an te r ».
93 Col. 3, 17 . In greco : év ovóuccu K iip tov 'h ja o u = fa re qu alch e cosa « no-
m in is C h risti m em or » (W . G rim m , op. cit., p. 3 11 ). D a p a ro la « nom en » s ta
p er la p erson a (cfr. K n a b e n b a u e r , Comm. in E p . ad Coloss., p. 353) ; qu in d i
t u t t a la frase v ien e ad a vere q u esto senso : fa re ogni cosa n ella person a d i
G esù, in unione con Gesù, fa cen d o n o stri i suoi se n tim en ti (cfr. G al. 2, 20).
84 FR. PIETRO DEEEA MADRE DI DIO, O.C.D.

qualche speciale difficoltà della vita spirituale. Fra queste difficoltà


sono nominate espressamente le tentazioni del demonio, le persecuzioni
del mondo ; abbiamo veduto inoltre che una citazione presa dal libro di
Giobbe, ricorda a tutti, in modo generale, che la vita dell'uomo sulla
terra è travagliata come quella di un soldato in guerra. Ci chiediamo
se quest’ultima frase, sempre nell’intenzione del Legislatore, ritenga
anche nella Regola il suo significato generale, oppure accenni a qualche
difficoltà particolare della via della perfezione, cioè la ribellione dei
sensi. Se così fosse noi avremmo i tre nemici tradizionali e capitali del­
l ’anima : carne,94 mondo 95 demonio.96 Questa seconda ipotesi ci sem­
bra più probabile sia per l ’espressa menzione degli altri due nemici,
mondo e demonio, sia perchè in seguito è nominata esplicitamente la
virtù della purezza come rimedio contro la sensualità. E allora, in con­
seguenza di questa restrizione nel senso del testo di Giobbe, possiamo
forse vedere speciali relazioni fra le singole tentazioni e le varie armi
spirituali : alla ribellione dei sensi si deve opporre il balteo della castità
e la purezza dei pensieri, alle persecuzioni del mondo la corazza della
giustizia 97 cioè la virtù della carità nei suoi due precetti dell’amore di
Dio e del prossimo, alle insidie del demonio lo scudo della fede, l ’elmo
della speranza cristiana e la spada della parola di D io .98 È evidente
però che la simmetria fra tentazioni e rimedi, anche se esiste, non è
perfetta ; inoltre la natura delle armi spirituali assegnate alle singole
tentazioni, fatta eccezione per la castità e ì santi pensieri, è tale da ren­
derne efficace l’impiego anche contro gli altri nemici della perfezione
religiosa.

Il lavoro (cap. ¡5).


Tutto questo paragrafo è formato da una lunga citazione presa dalla
seconda lettera ai Tessalonicesi nella quale è inculcata la necessità del
lavoro, mezzo efficacissimo per impedire al demonio di insinuarsi nel­
l ’anima .99
Per meglio comprendere le parole dell’Apostolo e quindi il pensiero
del Legislatore, credo opportuno ricordare brevemente le circostanze che
spinsero S. Paolo a scrivere questa lettera. Mentre dimorava a Corinto

s* x Jo h . 2, 16.
95 G io v . 15, 19 -2 1.
96 1 P e tr. 5, 8-9.
97 L a frase « lo rica ju s titia e » in d ica p er sè l ’insiem e d i tu tt e le v ir tù cristian e.
98 G esù respinse le te n ta zio n i del dem onio u sand o le p a ro le d e lla S crittu ra .
99 2 T ess. 3, 8-12.
BE FONTI BIBLICHE DEBBA REGOBA CARMEBIXANA 85

durante il secondo viaggio apostolico 100 fu informato da Timoteo re­


duce dalla Macedonia, sullo stato della Chiesa di Tessaionica. Le no­
tizie in genere furono buone : i cristiani sopportavano coraggiosamente
la persecuzione dei loro concittadini, mossa per istigazione dei giudei
e il loro amore per S. Paolo non era per niente diminuito, nonostante
le maligne insinuazioni dei suoi avversari, anzi desideravano ardente­
mente di rivederlo. M a non mancavano dei difetti abbastanza gravi,
residuo di cattive abitudini contratte prima del Battesimo. Alcuni si
davano alla lussuria, all’adulterio,101 non amavano troppo star sotto­
messi agli anziani della Chiesa e sopratutto molti fedeli se ne stavano
tutto il giorno in ozio adducendo come pretesto l’imminente ritorno
glorioso di Cristo. S. Paolo cercò di ovviare a questi inconvenienti con
la prima lettera ai Tessalonicesi. Ben presto, data la vicinanza delle
due Chiese, egli conobbe gli effetti prodotti da questa prima lettera :
i fedeli, confortati dalle sue parole, sopportavano coraggiosamente la per­
secuzione tutt ora in atto, fiorivano nella Chiesa tutte le virtù cristiane
particolarmente la fede e la carità. L a questione però della seconda
venuta di Cristo glorioso agitava ancora fortemente gli animi. Alcuni
falsari parlavano di pretese rivelazioni, adducevano un insegnamento
mal compreso o forse falsamente attribuito a S. Paolo, anzi facevano
circolare perfino una lettera apocrifa 102 sotto il nome dell’Apostolo;

100 h a C hiesa d i T essa lo n ica fu fo n d a ta fr a il 50 e il 52. C e circ o sta n ze che


l ’accom p agn aron o, sono d e scritte n eg li A t t i d e gli A p o s to li (17, 1-15 ). S. P a o lo
non p o tè c o m p leta re l ’istru zio n e d ei n e o fiti p erch è u n tu m u lto p o p o la re p ro ­
v o c a to d a i G iudei, lo costrin se ad a b b a n d o n a re la c ittà . S i rifu g iò con S ila e
T im o teo a B erea che b en p resto d o v è la sciare p e r u n a n u o v a p ersecu zio n e dei
G iudei e ven n e a d A te n e. I n q u e sta c ittà lo ra ggiu n se ro p o co dopo T im o te o e
S ila i q u a li fu ro n o in c a ric a ti d i du e m issio n i d is tin te : il prim o fu in v ia to a
T essalon ica (I T ess. 3, 1-5) p e r sosten ere il co ra gg io dei fed eli in m e zzo alle
p ersecuzion i, il secon do in ve ce, con t u t t a p ro b a b ilità , ven n e m a n d a to a F i­
lippi. R e sta to solo ad A te n e (I T ess. 3, x) l ’A p o s to lo v ed en d o il p oco fr u tto
che v i o tte n e v a , la la sciò p er ra ggiu n ge re C orin to. Q u i lo tro v a ro n o i su oi due
com pagn i re d u c i d a lla M aced on ia ( A tti 18, 5). R e n o tizie a v u te su lle con d izio n i
d ella Chiesa, diedero origin e a lla p rim a ai T essalon icesi.
A ltr i p ensan o che S . P a o lo desse l ’in ca rico a T im o te o d e lla m ission e a T e s ­
salo n ica n on p erson alm en te m a p er m ezzo d ei fe d e li d i B e re a che lo a v e v a n o
a ccom p agn ato ad A te n e e ch e q u in d i m a estro e discep o lo si rived essero solo
a C orinto. S iccom e p o i g li A t t i (18, 5) p a rla n o anche del rito rn o d i S ila d a lla
M acedonia, pensan o g li stessi a u to ri che e gli fosse s ta to in ca ric a to , co n te m ­
p oran eam en te a T im o teo , d i u n a m ission e p er la C hiesa d i F ilip p i, op p u re che
asp ettasse in B e re a il rito rn o d i T im o te o d a T essa lon ica.
101 h a V o lg a ta , tra d u cen d o la fra se g re c a èv xS> Jigci.'i'paTi con « in n eg o tio »,
in cu lca l ’id e a d i frod e nel com m ercio e qu in d i l ’id e a d i « a varizia» . I P a d r i greci,
segu iti d a m o lti co m m en ta to ri m oderni, p en san o che S. P a o lo v o g lia a llud ere
a ll’ad u lterio (cfr. A m i o t , EpU res a u x Thess., p p . 321-322, in Verbum S alutis,
X I V ; P r a T, op. cit., v . 1 1 , p. 4 11).
102 N o n si tr a tta , com e a lcu n i credono, d e lla p rim a le tte ra ai T essalon icesi,
falsam en te in tesa, m a d i u n a fa lsificazio n e. C iò è co n ferm ato d a l fa t t o che
FR. PIETRO D E LIA MADRE D I DIO, O.C.D.

tutto questo per far credere che la « Parusla » era imminente. Conse­
guenza di queste false notizie fu il moltiplicarsi degli oziosi nella chiesa :
se il ritorno glorioso di Cristo era vicino, inutile lavorare, inutile affa­
ticarsi. S. Paolo con una seconda lettera completa l ’insegnamento fatto
a voce a Tessalonica 103 e per scuotere gli oziosi dalla loro pigrizia, porta
come esempio il suo lavoro personale. Il Legislatore prima di esporre
il modo di agire di S. Paolo, ricorda ai religiosi le eminenti qualità del-
1 Apostolo : «qui positus est a Deo praedicator et doctor Gentium in fide
et ventate » (I Tim. 2, 7). L a citazione è presa dalla prima a Timoteo.
Nel contesto immediato, S. Paolo esorta i fedeli della chiesa ad innalzare
a Dio ogni sorta di preghiere dalle quali nessuno deve essere escluso.
E sse sono gradite a Dio il quale ha destinato a tutti il dono della sal­
vezza, Egli desidera che tutti gli uomini siano salvi e vengano alla co­
noscenza della verità. L Apostolo prova la volontà salvifica di Dio verso
tutti gli uomini con due argomenti : 1) Dio è il principio e il fine di
tutte le creature ; 2) Unico è il Mediatore, l ’uomo Cristo Gesù, il quale
per mezzo della natura umana assunta dalla Persona divina è morto
per nostro riscatto (àvdXazpov = riscatto completo) cancellando il
debito infinito che avevamo con la divina Giustizia. S. Paolo è stato
eletto da Dio predicatore (xijpoS = il pubblico banditore che annun­
ziava ai cittadini i decreti delle autorità), Apostolo (quindi uguale in
dignità ai Dodici perchè come essi direttamente chiamato, istruito e
mandato da G esù Cristo) ; 104 inoltre Dottore delle G en ti 105 per an­
nunziare loro la fede cristiana il cui oggetto è la verità, in modo spe­
ciale quella rivelata. Seguendo l’esempio dell’Apostolo insignito da
Dio di qualità cosi eccelse, i religiosi possono essere certi di non er­
rare. Qual e stato 1 esempio di S. Paolo? « In labore et fatigatione fui-
mtts inter vos notte et die operantes ne quem Vestrum gravaremus sed
ut nosmetipsos formam daremus vobis ad imitandunì nos ». Con queste
parole ricorda S. Paolo quale fosse stato il suo comportamento
e quello dei suoi compagni mentre erano a Tessalonica. E ssi,
sottoponendosi notte e giorno ad un lavoro estenuante (èv xÓ7ct<)
xai aóyitw), si erano guadagnati ciò che era necessario al sosten­
tamento per non essere di aggravio ai fedeli. «N o n quasi nos
non haberemus potestatem sed ut nosmetipsos formam daremus

S a n P a o lo d ’o ra in n a n zi, sc riv e rà a lla fin e d elle le tte re alcu n e p a ro le d i suo


p u gn o che sa ra n n o com e il segn o d ella loro a u te n tic ità (cfr. 2 T ess. 3, 1 7 • Col. 4
18 ; G al. 6, 11 ; I C or. 16, 21).
103 C fr. I T ess. 2, 9.
104 C fr. A t t i 26, 16 s s .; G al. 1, 12 e 15.
106 C fr. A t t i 9, i 5 ; 13, 3 ; G al. 2, 7.
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA »7

vobis ad imitandum nos » : come Apostolo avrebbe avuto il diritto di


esigere il necessario dalla chiesa perchè l'operaio evangelico e degno
della sua mercede.106 Se egli ha provveduto al suo sostentamento con
il proprio lavoro, lo ha fatto unicamente per dare ai fedeli un esempio
( tottov) di disinteresse e di operosità da imitare . 107 « Nam cum es-

semus apud vos hoc denuntiabamus vobis, quoniam si quis non vult
operari non manducet » : si comprende da queste parole che 1 primi
segni di ozio si erano già manifestati nella chiesa, durante la dimora
di S. Paolo a Jessalonica. Egli aveva cercato di combatterli inculcando
ai fedeli la necessità del lavoro. Nella frase dell’Apostolo, un proverbio
molto comune a quei tempi, abbiamo l’eco delle parole di Dio al primo
uomo dopo la colpa : mangerai il tuo pane con il sudore della tua
fronte . 108 « Audivimus 109 enim inter vos quosdam ambulantes in­
quiete 110 nihil operantes ».111 Dopo la sua partenza il male era di­
venuto più generale e sebbene la maggior parte dei fedeli ne restasse
immune, tuttavia alcuni (tivds), esaltati dai falsi rumori di un’immi-
nene «Parusia», tralasciavano il lavoro necessario per occuparsi di fu­
tilità. « His autem qui huiusmodi sunt denuntiamus et obsecramus in
Domino Jesu Christo ut cum silentio operantes panem suum mandu-
cent» : a questi pochi che turbavano la pace della chiesa S. Paolo in­
giunge ( 7taparréXXo[i.sv) e prescrive (7tapaxaXoùp,sv) con l ’autorità

106 M at. 10, 10 ; i T im . 5, 18 ; L u e . 10, 7.


107 A n ch e qu an d o si tr o v a v a a C orin to S. P a o lo segu ì la stessa lin ea di
c o n d o tta . M a in q u e sta ch iesa lo fece « per n on fra p p o rre im p ed im en to al V a n ­
gelo » (X Cor. 9, 12) cioè p er n on d are occasion e a i m a le v o li d i a ccu sarlo di
cu p id igia. A n zi nello stesso c ap ito lo (v. 18) d à u n a ragio n e più p ro fo n d a del
su o m odo d i agire : egli h a rin u n zia to v o lo n ta ria m e n te al d iritto d i essere m a n ­
te n u to dai fed eli per a vere d a D io il prem io sp eciale d o v u to alle opere d i su-
pererogazion e. S o lo n ella su a p erm an en za a C o rin to n e l seco n d o v ia g g io
a p o sto lic o , e d u ra n te la p rim a p rig io n ia a R o m a , a cc e ttò alcu ne som m e d i
d a n aro o fferte sp o n ta n e am en te n e l p rim o caso d a a lc u n i fe d e li d e lla M ace ­
d o n ia (2 C o r. 9) n el se co n d o d a i fed eli d i F ilip p i (F ilip . 4, 10 -11).
108 G en. 3, 19.
108 I n greco cbcoéousv = p res. « siam o in fo rm a ti ».
110 L a V o lg a ta trad u ce à rrix tm ; con « in q u ie te » (cfr. 3, 7 oùx qxaxxTÌ0ai.iev =
: « n o n in q u ieti fu im u s »). N el greco classico àxàmwc, (ed àxaxxéco d a cui
d eriv a ), fa p a rte del lin g u ag g io m ilitare ed in d ic a il so ld a to che m a rc ia fu o ri
d i linea. D a qu esto p rim o senso ne v ien e u n a ltro d e riv a to : n on osservare la
legge, n on com piere il p ro p rio do vere. T eo d o re to fra gli a n tich i (P .G . 82, 1189)
e qu asi t u tt i i co m m en ta to ri m odern i del n ostro te sto trad u co n o « àxobixcDi; »
con « oziosam en te », e « àxanxéoi » con « v iv e re n e ll’ozio ». Q u esta trad u zio n e ,
c o n fe rm a ta d a l senso che qu este p a role h an no in alcu n i p ap iri, è qu ella che
m eglio risp on de al c o n te sto (cfr. ZoR ELI, op. cit., p. 81 ; P i r o T, L a Sainte
B ib le, X I I , p. 189).
111 L a V o lg a ta aggiu n g e « sed curiose a ge n tes ». I l la tin o n on ren d e bene
il giu oco d i p a role che a b b ia m o nel greco « pr)8èv èpvatopévoui; àXXà JiEpie-
QY<xi;o|xévoui; » = « n ihil o p era n tes sed fu tilia tr a c ta n te s » (cfr. Grim m , op. cit.,
p. 350) ; il P . K n a b e n b a u e r n ella su a tra d u zio n e , m an tien e an ch e in la tin o
88 FR. PIETRO DEEI.A MADRE DI DIO, O.C.D.

che gli viene da Gesù Cristo , 112 di mangiare il proprio 113 pane lavo­
rando in pace, con tranquillità 114 (¡xstà Yjao/Eas).
Esposta la necessità del lavoro, una citazione presa da Isaia 115 serve
al Legislatore per esortare i religiosi ad imitare l ’esempio di S. Paolo :
haec via sancta et bona,116 ambulate in ea. Nel capitolo trentesimo da
cui è presa la citazione, il Profeta inveisce contro i suoi connazionali
«che discendono in Egitto per mettersi sotto la protezione del Faraone ».
Invece di ascoltare Iahwéh che solo può salvare il suo popolo, essi si
comportano con Lui come dei figli ingrati. Arrivano perfino a proibire
ai suoi profeti di annunziarne la parola perché essa condanna le al­
leanze straniere, ingiuriose per il Signore, funeste per il popolo. L e loro
speranze umane però falliranno ed essi saranno puniti. M a dalla puni­
zione verrà la salvezza perchè « un resto si convertirà » e Dio lo col­
merà delle sue benedizioni. Come un pastore che guida il suo gregge,
il Signore sarà con il suo popolo in tutte le circostanze, per mezzo dei
suoi profeti manifesterà ad esso la sua volontà ed Israele ascolterà fe­
delmente la parola di colui che « alle spalle l ’avvisa : questa è la via,
camminate per essa ». D a tutto il contesto appare quale sia il senso inteso
dal Profeta : nel futuro, quando Israele si convertirà, ascolterà fedel­
mente la parola di Dio annunziata dai profeti, a differenza di ciò che
facevano ì suoi contemporanei. Nella Regola abbiamo un adattamento
del testo di Isaia, adattamento che serve ottimamente al Legislatore per
incitare i religiosi ad evitare l ’ozio così pericoloso per l ’anima.

Del silenzio (cap. 16).


Anche il paragrafo che tratta del silenzio, come quello delle esorta­
zioni, è tutto un seguito di citazioni bibliche, nelle quali però, come
vedremo, il senso voluto dal Legislatore non sempre concorda con quello
dell agiografo. Esaminiamo anche qui le singole citazioni.

la p a ro n o m asia : «nihil agen tes sed satagen tes» (cfr. Comm. in E p . z ad Thes
p . 16 3 ).(
112 L ’espressione « bv Knpitp ’Iiioo-O Xqujtou » equivale a « év òvópari toù
’It|ooO Xpioroù » usata al v. 6.
113 N o ta il p ro n om e rifle ssivo « tavT w v » = « m a n g ia re il p a n e fr u tto del
proprio la v o ro ». Q u esti oziosi rico rre va n o a lla c a rità d e i fe d e li p e r il so sten ta ­
m e n to (cfr. I T ess. 4, 11).
114 L a V o lg a ta tra d u c e « in silen tio ». M a S . P a o lo p iù che la lo q u a c ità , h a
di m ira l ’a g ita zio n e feb b rile p ro v o c a ta in m o lti fed eli d alle false n o tizie del­
l ’im m in en te « P a ru sia », a gita zio n e che fa c e v a trascu ra re il la v o ro n ecessario per
o ccu p arsi in cose d i n essu n co n to ; « D ie u s a it les b izarreries q u i éclo sen t dan s
les c e r v e a u x e x a lté s » (cfr. P i r o t , op. cit., X I I , p. 190).
116 Is. 30, 21 .
116 L e p a ro le « sa n c ta e t b o n a » sono sta te a g g iu n te dal L e g isla to re.
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 89

« Commendai autem Apostolus silentium cum in eo praecipit operandunv),117


Queste parole alludono al terzo capitolo della seconda Lettera ai T es-
salonicesi e più precisamente al versetto dodicesimo. Nella spiegazione
data nel capitolo che tratta del lavoro, abbiamo veduto che S. Paolo
non riprende, almeno direttamente, la loquacità dei Tessalonicesi, ma
li esorta solo a lavorare «tranquillamente» (¡ierà ip'r/yj.c) senza la­
sciarsi mettere in orgasmo dalle false notizie di un’imminente « Parusia ».
« Et quemadmodum Propheta testatur : cultus justitiae silentium est ».
L a citazione è presa da Isaia 118 dove la frase ebraica differisce alquanto
dalla versione latina: «ed effetto ( m 3 J ? ) della giustizia (sarà) tran­
quillità (O p tfn ).119 Il Profeta nel capitolo trentaduesimo descrive (nei
vv. 15-20) le felici condizioni nelle quali verrà a trovarsi la nazione
dopo la disfatta inflitta agli Assiri, allorché Israele si convertirà al Si­
gnore. L ’effusione dello Spirito di Dio (v. 15) cambierà i cuori degli
uomini i quali nell’avvenire riporranno nel Signore ogni loro fiducia.
Tale cambiamento avrà delle felici ripercussioni in tutto il paese perché
pace e tranquillità regneranno dovunque. Questa vera e salda tran­
quillità e sicurezza si oppone a quella falsa ed instabile suscitata nel po­
polo dall’alleanza con l ’Egitto e che il Profeta descrive nei versetti 9-11.
« Et rursus : in silentio et spe erit fortitudo Vestra ».12° Altra citazione
di Isaia. Anche qui la versione latina è un po’ differente dall’ebraico :
« nella tranquillità (lip id i! 3 come 32, 17 è) e nella fiducia sarà la vo­
stra fortezza ». Il Profeta inculca ai suoi concittadini le stesse verità
che abbiamo veduto sopra : la tranquillità si oppone ai febbrili prepa­
rativi di guerra contro gli Assiri, la vera fiducia in Jahwéh alla falsa
speranza suscitata negli animi dall’alleanza con l ’Egitto. Vediamo quindi
che il senso dato alle frasi bibliche dal Legislatore è diverso da quello
inteso dagli agiografi : in tutte e tre le citazioni essi non parlano di si­
lenzio ma di «tranquillità». S. Paolo la raccomanda ai Tessalonicesi,
in orgasmo per la «P aru sia» creduta imminente; Isaia ammonisce i
suoi concittadini che la vera tranquillità non proviene da alleanze stra­
niere ma solo da un incrollabile fiducia del popolo nel Signore.

117 2 T ess. 3, 12.


118 Is. 32, 17 b.
119 L . D e n n e f e l d {Sainte B ib le, t. V I I , p . 123) so pprim e n p l ï n = giustizia
e legge tsB aion = diritto. S op p rim e anche ... 1 upip'n = tranquillità e ritien e solo
n e 3 = sicurezza, trad u cen d o tu tt o il v e r s e tto : « e t le fru it du d ro it sera la
sécu rité p ou r to u jo u rs ». A q u e sta lezion e a ccen n a anche K lT T E L n ella su a
B ib lia Hebraica (p. 652 in n ota).
120 Is. 30, 15.
go FR. PIETRO D B U A MADRE D I DIO, O.C.D.

D a notarsi però che il Legislatore ha presente il testo latino, dove


la parola «silentium » può causare l’equivoco, sebbene anche nella Vol­
gata, dal contesto immediato e mediato, si possa vedere che il termine
« silentium » equivale a « quies ».
Dopo aver prescritti due periodi di silenzio : il grande silenzio o si­
lenzio straordinario che va da Compieta sino alla fine di Prima del
giorno seguente ed il silenzio ordinario meno rigoroso, da osservarsi
nelle altre ore del giorno, la Regola, con una nuova serie di citazioni
bibliche, mette in guardia il religioso contro il pericolo di trasgressioni
facili a verificarsi in questo secondo periodo. Anche qui passiamo in
rassegna le singole citazioni: « In multilaquio peccatum non deerit».121
Cornelio Alapide spiega chiaramente perché la loquacità difficilmente
sia esente da peccato : « quia labente lingua et fallente memoria ac ra-
piente pnirigine loquendi, facile (hornines) veris imrniscent falsa, uti-
libus noxia, necessanis vana et otiosa ; ac difficile immo impossibile
est ut cautelam et circumspectionem, quae requiritur, omnibus suis
dictis adhibeant ».122 Ammonisce perciò S. Am brogio: « alliga sermo-
nem tuum ne luxuriét et multiloquio peccata sibi colligat ; sit restrictior
et ripis suis coerceatur : cito lutum colligit amnis exundans » .123 E
S. Gregorio Magno : « quot enim supervacuis verbis a silentii sui cen­
sura dissipatur, quasi tot rivis extra se ducitur unde et redire interius
ad sui cogmtionem non sufficit quia per multiloquium sparsa, a secreto
se mtimae considerationis excludit ».124
« Et qui inconsideratus est ad loquendum sentiet m ala 125 ; l ’ebraico
significa letteralmente : chi apre le sue labbra (è) rovina a sè stesso.
La Volgata traduce giustamente, a senso, « qui inconsideratus est ad
loquendum » perchè il Savio mette in guardia contro ì discorsi superflui
fatti senza riflessione.
« Item qui multis utitur verbis odit animam suam » 126 ; i L X X tradu­
cono : chi abbonda nellaparola si renderà odioso (¡SosXoyh^asraL) . 127
In questo capitolo il Savio parla dellacorrezione fraterna : perchè la
riprensione possa ottenere il suo effetto deve essere fatta a tempo op­
portuno, senza eccessiva collera e loquacità ; queste norme da osservarsi

121 P r o v . io , i i .
122 C. A e a p id b , Comm. in Proverbia Salom onis, p . 295.
123 P .L . 16 , 30 G.
124 P .L . 7 7 , 73 B.
125 p r 0y . 3,
126 E c c li. 20, 8.
127 II v e rb o PSe Mnkko in senso p ro p rio sig n ifica q u e lla rip u g n a n za che uno
sen te v erso u n a p erson a od un o g g e tto d a c u i em a n a u n odore p o co grad ev o le.
LE FONTI BIBLICHE DEEEA REGOLA CARMELITANA 91

da ogni uomo sapiente sono trasgredite dallo stolto il quale fra gli altri
difetti ha anche quello di rendersi odioso con la sua petulanza.
«Et Dominus dicit in Evangelio: de omni verbo otioso quod locuti fuerint
homines, reddent de eo rationem in die judicii, » 128. Sono le parole rivolte
da Nostro Signore ai farisei quando osarono attribuire i suoi miracoli
ad intervento diabolico. Se di una parola inutile dovremo rendere conto
al Signore, quanto più severo sarà il giudizio di Dio contro i farisei i
quali contro ogni evidenza si ostinavano a non voler riconoscere nei
miracoli il segno della divina legazione di Cristo. Riguardo alla frase
« de omni verbo otioso » abbiamo due interpretazioni. S. Giovanni Cri­
sostomo la prende in un senso molto ristretto e spiega la parola « àp'fóv =
« otiosum » : «quod rei non convenit, mendax, sycopatiam continens,
immo inane ut quidam dicunt, quod risum movet inordinatum, vel
turpe, imprudens, illiberale ».129 S. Girolamo, seguito dai commentatori
moderni, dà al termine in questione un senso più generale : « quod sine
utilitate loquentis dicitur et audientis, si omissis seriis de rebus frivolis
loquamur ».130
D all’esame delle citazioni bibliche di questa seconda serie, conside­
rate nel loro contesto immediato, risulta la perfetta corrispondenza fra
il senso voluto dagli agiografi e l’uso che ne fa il Legislatore, ciò che
non si verificava nelle citazioni della prima serie.
Una terza serie di testi biblici conclude il capitolo che tratta del si­
lenzio ; come abbiamo già veduto in altri casi, queste citazioni servono
al Legislatore per esortare i religiosi alla pratica della virtù o all’osser­
vanza della prescrizione esposte nei relativi capitoli. « Faciat ergo unus-
quisque stateram Verbis suis et frenos rectos ori suo ne forte labatur et cadat
in lingua sua (et insanabilis sit casus ejus ad mortem) » .m Nei versetti
che precedono la citazione biblica, il Siracide descrive i danni che può
causare al prossimo la lingua del calunniatore (vv. 16-26). Il giusto
però, cioè colui che teme il Signore, non solo non deve prestar fede
alla calunnia ma deve guardarsi bene anche dal proferirla (vv. 28-30)-
L a versione latina differisce alquanto dal testo greco più conciso e più
chiaro : Rinchiudi (perchè non ti venga rubato) l'argento e l'oro e (con
la stessa sollecitudine) per le tue parole f a una bilancia ed un peso (testo
greco : Cofòv zat axatì-jròv) e per la tua bocca una porta ed un chia­
vistello ; sta attento di non sdrucciolare in essa, affinchè tu non cada di-

128 M at. 12, 36.


129 P .G . 57 -5 8 , 4 5 3 -
130 P .I,. 26, 84 D .
131 B c c li. 28, 29-30.
92 ER. PIETRO DEEEA MADRE DI DIO, O.C.D.

nanzi a colui che ti insidia, cioè affinchè tu non dia occasione al tuo
nemico di calunniarti. Le parole della Volgata « et insanabilis sit casus
tuus ad mortern », mancano nella versione greca e latina come pure nei
frammenti ebraici ritrovati alla fine del secolo scorso . 132
« Custodiens cum Propheta vias suas ut non delinquat in lingua sua ».133
L a citazione si riferisce al Salmo 38 (Ebr. 39) composto da David con
tutta probabilità durante o dopo la ribellione di Assalonne. Il Salmista
ha stabilito fermamente di vigilare sulla sua condotta per non peccare
con la sua lingua, cioè per non mormorare contro Dio paragonando la
felicità dell’empio con il dolore che l ’opprime. Anche qui le citazioni
bibliche ritengono il loro senso proprio. L ’esortazione (nell’£cc/esi. 28
29-30) o il proposito (nel Salmo 38) di custodire con diligenza la lingua
per non peccare, hanno un valore generale anche se formulati, come
appare dal contesto biblico, per motivi particolari : il pericolo di ca­
lunniare il prossimo o di mormorare contro Dio. Quale sia poi il senso
dell’ultima citazione « silentium in quo cultus justitiae est » 134 lo abbiamo
già esposto al principio di questo paragrafo.

Esortazione al Priore di essere umile (cap. 17).


Abbiamo una sola citazione biblica presa da S. Matteo . 135 Il Priore
ed i suoi successori devono avere sempre presenti le parole di Cristo :
« quicumque Voluerit inter vos major 136 fieri erit minister vester et qui-
cumque voluerit inter vos primus esse erit Vester servus ». È la lezione di
umiltà che il divino Maestro dà ai suoi discepoli, adirati contro Gia­
como e Giovanni per l ’ambiziosa richiesta fatta a Gesù, tramite la loro
madre. M a le parole di Nostro Signore, quantunque rivolte agli Apo­
stoli, hanno un valore per tutti ì tempi, riguardano tutti ì cristiani, inse­
gnano quale sia agli occhi di Dio, la vera grandezza. « Proinde etiam
docet (Chnstus) quomodo qui aliquam prae aliis dignitatem vel pri-
matum in Ecclesia consecutus sit, se gerere debeat et animo dimisso,

132 II lib ro d e ll’E c c le s ia s tic o della V o lg a ta è an cora il te sto d e ll’a n tica


v ersio n e la tin a , h a d iffe re n za che n oi og gi risco n tria m o fra il te s to la tin o e
qu ello greco d a cui dipen de, è d o v u ta ad errori d ì tra scrizio n e, ad a m p lifi­
cazio n i a rb itra rie f a tt e p er ren dern e p iù a ccessib ile il senso. (N e ab b ia m o un
esem p io an ch e n ella c itazio n e d e lla R ego la), h a versione v ien e a sseg n a ta com u ­
n em en te a g li an n i 200-250.
133 S a lm . 38, 2 (H ebr. 39).
134 Is. 32, 17 b.
135 M at. 20, 26-27 (cfr. M arc. 10, 43-44).
136 S . A lb e rto dopo la p a ro la « m a jo r », aggiu n ge « fr a t e r » che p erò ven n e
so p p ressa da In n o ce n zo IV .
LE FONTI BIBLICHE DELLA REGOLA CARMELITANA 93

omnibus praesto esse ac servire oporteat >>.137 Perfetta concordanza


dunque fra l’agiografo e il Legislatore.

Esortazione ai religiosi perchè


onorino il loro Priore (cap. 18).
I religiosi sono esortati ad onorare il loro Priore. Anche qui un’unica
citazione biblica indica di quale natura deve essere la loro umile vene­
razione : essi considereranno nel superiore non la persona con le sue
qualità buone o cattive, ma Cristo stesso, secondo le parole del Van­
gelo : « qui vos audit me audit et qui vos spernit me spernit » .138 Questo
versetto fa da conclusione alle istruzioni date da Gesù ai settantadue
discepoli prima di inviarli in missione innanzi a sè . 139 E ssi non andranno
in mezzo ad Israele come uomini privati ma saranno i rappresentanti
del Maestro, annunziando il Regno di Dio, facendo uso dellautorità
ricevuta da Gesù. Quindi il rispetto, l’onore di cui saranno oggetto come
pure le offese e le persecuzioni che dovranno subire non riguarderanno
solo la loro persona ma anche Colui che rappresentano : l’ambasciatore
è, moralmente, una cosa sola con chi l ’ha inviato. Questa verità non vale
solo per i 72 discepoli eletti direttamente da Gesù, ma anche per tutti
coloro ai quali Egli, indirettamente, per mezzo della sua Chiesa, con­
ferisce qualche autorità sui fedeli. È il fondamento soprannaturale del­
l’obbedienza.
Nell’epilogo non abbiamo alcuna esplicita citazione biblica. Ricorre
solo un’allusione alla S. Scrittura nelle paróle : « si quis autem supererò-
gaverit ipse Dominus cum redierit reddet ei », se le confrontiamo con il
testo di S. Luca nella parabola del buon Samaritano « quodcumque su­
pererogaveris, cum rediero reddam tibi ».14° L ’allusione è evidente e pro­
babilmente possiamo vedervi un adattamento per somiglianza di effetti:
come il buon Samaritano al suo ritorno rimborserà l'oste di tutte le
spese fatte per il mantenimento del povero ferito, eccedenti i due da­
nari, allo stesso modo Cristo nel suo ritorno prenderà le opere supere-
rogatorie del religioso. Da notarsi però che nei due casi le opere alle
quali è dovuta la ricompensa sono diverse : nella parabola si tratta di

137 K n a b E n b a u e r , Com m . in E v . M ath., p. 195.


138 L u e. 10, 16.
139 L a m issione dei 72 d iscep o li è p ro p ria d i S. L u c a . N el discorso d i Gesù
si tro v a n o m o lti in segn am en ti già d a ti d a L u i ai 12 p rim a di in v ia rli in m is­
sione (M at. 10, 5-6 ; M arc. 6, 7 -11 : L u e . 9, 1-16). I l fa tto si spiega con la som i­
g lia n za d i circostan ze.
94 FR. PIETRO D E IAA MADRE D I DIO, O.C.D.

spese necessarie per il mantenimento dell’infermo, la Regola invece


parla di opere supererogatorie, cioè fatte in più del necessario, opere non
prescritte ma lasciate alla buona volontà del religioso. Conseguente­
mente il Legislatore non intende parlare di una ricompensa qualsiasi,
la quale del resto è dovuta anche alle opere imposte dalla Regola, ma
di quella ricompensa speciale con la quale Cristo nel suo ritorno pre-
mierà tutto ciò che di supererogatorio sarà stato fatto. Quindi la somi­
glianza di effetto consiste solo nella certezza della ricompensa che se­
guirà le opere, le quali però riceveranno una mercede proporzionata
alla loro natura.
L a Regola finisce con quest’accenno al ritorno di Cristo a cui dovremo
rendere conto di tutte le nostre azioni. « Omnia fiant sub specie aeterni-
tatis » che tutto venga fatto alla luce dell’eternità, sembra ammonire il
Legislatore ed a lui fanno eco le parole di S. Paolo : non habemus hic
manentem civitatem sed futuram inquirimus, non abbiamo quaggiù una
città permanente ma cerchiamo quella avvenire 141 ; è la Gerusalemme
celeste, beata visione di pace 142 dove sarà premiato in modo impen­
sabile 143 tutto ciò che avremo fatto qui sulla terra, per amore di Dio.

*
* *

Dall esame dei testi biblici della Regola risulta che nella maggior
parte dei casi, perfetto è l ’accordo fra il Legislatore e gli agiografi quanto
al senso. Fra le citazioni esplicite solo in alcune (ricordiamo le prime
tre nel paragrafo del silenzio), abbiamo notato delle differenze, mentre
più numerose erano le divergenze quando si trattava di semplici allu­
sioni, come del resto era da aspettarsi in un tal genere di citazioni.
L ’apporto della S. Scrittura nella redazione della Regola è quindi
assai notevole. In questo modo essa si riallaccia alla parola di Dio
non solo nel senso generico che essa sia stata autorevolmente giudicata
dalla Chiesa conforme all’ideale di perfezione evangelica contenuto nei
libri sacri, ma più particolarmente perchè in essa questo ideale viene
espresso direttamente con testi presi dalla S. Scrittura.

141 E b r. 13, 14.


142 C om un. D e d ic a i. E c c l., h y m n . in I vesp.
143 I Cor. 2, 9.
B E FONTI B IB L IC H E DEBBA REGOBA CARMEBITANA 95

Da notarsi poi un’altra particolarità : l ’ideale di perfezione che tro­


viamo nella Regola, sebbene abbia molti punti in comune con le varie
forme di vita religiosa esistenti nella Chiesa, si distingue da queste per
¡1 suo carattere speciale ; è un ideale di vita religiosa eminentemente
carmelitana.
La tradizione dell’Ordine infatti ha considerato sempre il precetto
della preghiera continua come il più fondamentale e costitutivo della
sua vita spirituale « die ac nocte in lege Domini meditantes ». Inoltre
l’osservanza vissuta della Regola e delle Costituzioni che la completano,
ha dato origine, nel corso dei secoli, ad una dottrina spirituale che ha
come centro l ’unione d ’amore con Dio per mezzo della preghiera inin­
terrotta. Così tutto l ’insegnamento di S. Giovanni della Croce, nelle
cui opere questa dottrina spirituale ha trovato la sua espressione più
alta, può considerarsi in un certo senso come il commento più com­
pleto di questo precetto fondamentale della Regola.
Ora, dal punto di vista che abbiamo considerato in questo studio,
è degno di rilievo che proprio questo precetto viene espresso nella Re­
gola con una sentenza schiettamente biblica e, d ’altra parte, il Mistico
Dottore che ne è il commentatore più autorevole, fonda esplicitamente
il suo insegnamento sulla parola di Dio : « non penso di affermare alcuna
cosa, scrive nel Cantico Spirituale, fondandomi su ll’esperienza mia o
altrui (pur giovandomi sì dell’una come dell’altra) ma solo ciò che è
confermato dalla testimonianza della S. Scrittura, almeno circa le cose
più difficili a intendersi ».144
Non è forse questo un invito a ricollegare la dottrina spirituale con le
fonti genuine della S. Scrittura? *

F iren ze, 1 7 Settembre 19 4 7 .

F r. P ie t r o della M adre di D io , O.C.D.

* Perchè il lettore si possa rendere conto più facilmente dell’apporto


della S. Scrittura nella redazione della Regola, sintetizziamo in uno
schema 1 vari punti della dottrina spirituale che il Legislatore esprime
per mezzo della parola di Dio. Notiamo fra parentesi quadre [ ] quei

144 C an t. Spir. - Proem io, ed. N a za ren o , R o m a 1940, p. 425, n. 4. C fr. anche
S a lita del M onte C arm elo, Proem io, p. 5, n. 2 ; F iam m a , Proem io, p. 634 n 1
L ’uso d e lla S. S c rittu ra n elle opere di S. G io v an n i d e lla Croce non è s ta to an­
co ra a ffro n ta to in u no stu d io sp e cializzato .
96 FR. PIETRO DETTA MADRE DI DIO, O.C.D.

testi che hanno un senso diverso nel contesto biblico e fra parentesi
rotonde ( ) i testi il cui senso, quale risulta dal contesto della Regola,
ha trovato o trova dei sostenitori.

A) Fine dell'Ordine Carmelitano.


I « Die ac nocte in lege Domini méditantes » (Gios. I, 8 ;
U n io n e co n
Salm. I, 2).
D io n e l l a
«E t in orationibus vigilantes » (I Petr. 4, 7).
P r e g h ie r a
« Omnia quaecumque vobis agenda sunt in verbo
c o n t in u a
Domini fiant» (Col. 3, 17).

B) Mezzi per raggiungere il fine.


1. M ezzi che uniscono direttamente a Dio.

« Sumendum est in omnibus scutum fidei in quo pos-


sitis omnia tela nequissimi ignea extinguere »
(Efes. 6 , 16).
« Sme fide enim impossibile est piacere Deo » (Ebr.
F ed e II, 6).
« Gladius autem spiritus quod est verbum Dei » (Efes.
6 , 17).
« abundanter habitet in ore et in cordibus vestris »
(Col. 3, 16).
« Galea quoque salutis capiti imponenda est » (Efes.
6, 1)
S peran za — ut de solo Salvatore speretis salutem — « qui sai-
vum facit populum suum a peccatis eorum » (Mat.
I, 2 1 ).
« Induenda est lorica justitiae » (Efes. 6 , 14).
« Ut Dominum Deum vestrum ex toto corde vestro
et ex tota anima vestra et tota virtute diligatis »
C a r it à
(Marc. 12, 30).
« et proximum vestrum tamquam vos ipsos » (Mat.
22, 39).

2. M ezzi per liberare il cuore dagli affetti terreni.


a) Il Superiore servo dei sudditi
« Quicumque voluerit inter vos major fieri erit mini-
ster vester et quicumque voluerit inter vos pri-
O b b e d ie n z a mus esse erit vester servus » (Mat. 20, 26-27).
b) I sudditi servi di Cristo.
« qui vos audit me audit, qui vos spernit me spernit »
(Lue. 10, 16)
LE FONTI BIBLICHE DELLA. REGOLA CARMELITANA 97

« (Nullus fratrum sibi aliquid proprium esse cheat, sed


sint vobis omnia communia et distribuante uni-
P o vertà cuique per manum Prioris vel per fratrem... prout
cuique opus erit) » (cfr. Atti 2, 44-45 ; 4, 32-35).

« (Accingendi sunt lumbi vestri cingulo castitatis) »


(Efes. 6 , 14).
C a st it à « Scriptum est enim cogitatio sancta servabit te » (cfr.
nell’articolo i vari testi possibili).

L av o r o « Qui non vult operari non manducet » (2 Tess. 3, 11).


« [Commendat autem Apostolus silentium cum in eo
praecipit operandum] » (2 Tess. 3, 12).
« [Cultus justitiae silentium est]» (Is. 32, 17 b).
« [In sdendo et spe erit fortitudo vestra] » (Is. 30, 15).
« In multituloquio peccatum non deerit » (Prov. 10, II).
« Qui inconsideratus est ad loquendum sentiet mala »
(Prov. 13, 3).
« Qui multis utitur verbis laedit animam suam » (Ecch.
S il e n z io 20, 8)
« De omni verbo otioso quod loquuti fuerint homines
reddent de eo rationem in die judicii » (Mat.
„ l2 > 36) ’
« Faciat ergo unusquisque stateram verbis suis et
fraenos rectos ori suo ne forte labatur et cadat
in lingua sua » (Eccli. 28, 29-30).
« Custodiens cum propheta vias suas ut non delin-
quat in lingua sua » (Salm. 38, 2).

C) Nemici dell'unione.
C o n c u p is c e n z a S « (Tentado est vita hominis super terram) » (Iob. 7, 1).

M ondo - <( Qu' P*e volunt vivere in Christo persecutionem pa-


I tientur » (2 Tim. 3, 12).
( « Adversarius quoque vester diabolus, tamquam leo
D E M O N IO rugiens circuit quaerens quem devoret» (I Petr.
( 5, 8).
Non intendiamo limitare la dottrina spirituale della Regola ai punti
riportati in questo schema ; per averne un’idea completa si legga, in
questo numero di Ephemerides, l ’articolo del P. François de Sainte-
Marie O.C.D. « L ’esprit de la Règle du Carmel ».
Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 99-122

IL COM M ENTO DELLA REG O LA


N E L C A R M E L O A N T IC O
S u m m a siu m : R e c e n se n tu r c o m m e n ta r la in R e g u la m c a r m e litic a m a P a t r ib u s
A n tiq u a e O b s e r v a n tia e c o n sc r ip ta .

Il più antico commento pervenutoci sulla Regola del Carmelo, è


rappresentato dall’opuscolo « Ignea Sagitta » del B. Nicolo di Francia.
In ordine di tempo seguono la « Lettera di S. Cirillo » e l ’opuscolo di
Siberto di Beek, trasmessi nella collezione di Filippo Ribot.
Accanto all’opera del B. Giovanni Soreth si è affermato il trattato
giuridico del Lezana. Non si esagera dicendo che i commenti poste­
riori sono contenuti nelle opere di questi autori. Si faccia eccezione
per le note ascetico-mistiche del V. Giovanni di S. Sansone, e per la
pubblicazione polemica del P. Valentino di S. Amando che non hanno
riscontro negli scrittori precedenti. Presentano tuttavia una fisonomia
propria i trattati del Ven. Girolamo Graziano, di Stefano di S. Fran­
cesco e del Ven. Michele di S. Agostino.
Per ogni secolo si sono indicati gli autori a nostra conoscenza, eccetto
quelli del sec. X IX per i quali non è stato possibile nessun richiamo.
Col Villiers si sono aggiunti i manoscritti più noti.
Le citazioni sono state ristrette al massimo e spesso abbreviate. 1

SEC O LO X I I I

T re soli autori del sec. X III sono a noi noti : B. Nicolò di Francia,
Ps-Cirillo e Guglielmo di Sanvico ( | post 1291) conosciuto piuttosto
per la « Chronica ». A lui il Villiers attribuisce un libro sulla Regola
Carmelitana : « In Regulam Carmelitanam L. I » (B. C. I, 608). Non
si sa altro.

1 S igle : Anal. = « A n a le c ta O rdinis C a rm e lita ru m », R om ae, 1909 ss. ;


B.C . = V illiers, « B ib lio th e c a C arm e lita n a » , A u relian is 1752 (ed. W essels,
R o m a e 1927) Spec. = D an iel a V irg in e M aria, « S p e cu lu m C arm elitan u m »,
I , I I (A n tw erp iae 1680).
IOO p. Al b e r t o m . m a r t i n o , o . c a r m .

I l B e a t o N i c o l ò d i F r a n c i a , immediato successore di
S. Simone Stock al Generalato, nell’opuscolo tuttora inedito « Ignea
Sagitta » (a. 1270) rispecchia la forte opposizione conservatrice dell’Or­
dine contro la revisione innocenziana del 1247.
Premesso un breve prologo, l ’autore in 14 capitoli esalta i pregi della
solitudine nell eremo, contrapposti ai pericoli della vita di apostolato :
affine di distogliere da questa gli entusiasti. Per cui 1 opuscolo interessa
in quanto è un commento particolare ai capitoli 2, 3, 7 della Regola.
L e esagerazioni sono rilevanti, anche per espressioni veristiche — con­
tro i predicatori, i confessori, le abitazioni in Città, i pericoli della vita
apostolica — sparse nei capp. 4, 5, 8 , 10 : dai quali però è facile intra­
vedere a che punto era 1 apostolato dei Carmelitani dopo appena venti
anni.
Per dar maggior valore agli argomenti addotti si procede in forma
filosofico-scolastica, più che evidente nei capp. 3 , 7 , 13 (dove si cita
Aristotile).
L autore rileva come i nostri antecessori « ... conoscendo la propria
imperfezione dimoravano a lungo nella solitudine dell’eremo ; ma quando
stimavano di poter giovare al prossimo senza però danneggiar affatto
se stessi, qualche volta, assai raro, discendendo dall’eremo — sbattuti
ì granelli nella (mistica) trebbiatura della predicazione — seminavano
largamente quanto avevano mietuto colla falce della contemplazione »
(cap. 6 ).
Nel cap. 7 con dialettica propria della « Ignea Sagitta », si difende
come la nota distintiva della Regola per la scelta delle abitazioni, non
sta nel permetterle « negli eremi o dove vi saranno date » ; ma nell’esi-
gerle « adatte e confacenti all osservanza della vostra religione ». I « frati
moderni » al contrario « da sofisti » invece di « dove » generalizzano e
leggono «dovunque», quasi si dicesse : «Potrete avere abitazioni dove
vi saranno date adatte e confacenti per la vostra regolare osservanza,
o dovunque vi saranno date». Segue l ’esposizione sullo scopo del con­
tinuo ritiro in cella.
Lo Spinto Santo nella nostra Regola ha stabilito quanto conviene a
ciascuno : « ... che ciascuno di noi abbiamo celle separate : non dice
infatti « (celle) attigue », ma « separate », affinchè lo Sposo celeste e la
Sposa 1 anima contemplativa — riposandosi in esse parlino più inti­
mamente » (cfr. Spec. I, num. 123)... Se vogliamo vivere secondo la
nostra professione, dobbiamo avere celle separate, nelle quali o vicino
alle quali dobbiamo rimanere meditando notte e giorno nella legge del
Signore, e (attendendo) alle preghiere, alle veglie, se non ne siamo im­
II, COMMENTO DELI/A REGOLA

pediti in opportune occupazioni... Chi abita nella cella professando la


nostra Religione, per qualunque ragione si troverà fuori cella, deve
esaminare la sua coscienza, se è occupato in opera giustificante. Perchè
se non troverà una ragione sufficiente, è tenuto a ritornare in cella...
E affinchè l’occupazione spirituale in cella — forse protratta più del
conveniente — non infastidisse gli animi dei meno perfetti, piacque
aggiungere a (questa) disposizione, una occupazione secondaria, mate­
riale, affinchè avvicendandosi tra loro, tutto il tempo venisse impie­
gato' per la nostra utilità e a gloria del Creatore. Vi è poi aggiunto :
« Dovete compiere qualche lavoro etc. » (cfr. Regola cap. XV). Ecco,
nella solitudine vi è una doppia occupazione, spirituale e materiale:
completandosi a vicenda le quali, si corrobora la difesa della castità,
facilmente si trascorre il tempo e così per conseguenza si acquista un’in­
fallibile aumento di meriti » (Ignea Sagitta cap. 8 ).
... Nella cella ci viene mostrato il tesoro inestimabile e incomparabile
della soave contemplazione, in modo che disprezzate del tutto le cose
terrene e caduche — l’animo nostro completamente libero si dedichi
con fervore all’acquisto della contemplazione... Felicemente nascosti alla
vanità del mondo nella cella della solitudine, otteniamo le vere delizie
del Paradiso che ricreano e corroborano il nostro uomo interiore, in tal
modo che l’appetito ne venga sempre saziato » (ib. cap. 9).
Nel cap. 11, con volo poetico e appropriati dettagli, si esalta tutto
ciò che circonda la solitudine dell eremo, dove ogni cosa quasi ani­
mandosi — ricrea lo spirito ed eleva maggiormente alle cose celesti.
Invocato poi « il cielo e la terra » come testimoni contro « lo scandalo »
degli entusiasti della « città tumultuosa » — che tradiscono la vocazione
alla « dolcezza della solitudine » 1 opuscolo si chiude con accorato
rimpianto per l’infausto esito riportato nel tentativo di ricondurre 1 Or­
dine alla vita eremitica (cap. 12-14).
Si è seguito il testo del Cod. Mise. V i l i dell’Archivio del­
l ’Ordine in Roma, più accurato del t. V fol. 587-614 dell’Arch.
Postulat. Gener., dal quale è stata pubblicata quasi al completo
una versione francese del P. F r a n ç o i s d e S a i n t e - M a r i e O.C.D.,
Les plus vieux textes du Carmel (Paris 1944), 165 ss.
Le edizioni frammentarie sono indicate dal P. B e n e d e t t o
d e e e a C r o c e Z im m e rm a n n O.C.D.’ Monumenta Histórica Car­
melitana (Lirinae 1907), 373 s. — Cfr. anche B. C. II, 488.

L e t t e r a d i S. C i r i l l o . A S . Cirillo, terzo Generale dell’Ordine


( t 1234), viene attribuito l’opuscolo : «Epistola Cyrilli : De processu
et vanis Regulis Carmelitarum : ad Eusebium Priorem Montis Neroi ».
102 P. ALBERTO M. MARTINO, O. CARM.

Staccandosi dal Waestels, Bonae Spei (?), Daniele della Vergine e


dal Villiers, se ne ripone la forma attuale verso la fine del sec. X III.
A noi interessa l ’ultima parte dove — ricordata l’elezione di S. Bro-
cardo, secondo Generale dell’Ordine (1199) — si parla su ll’origine della
Regola. Enumerati gli articoli su cui doveva basarsi la Regola secondo
la richiesta degli eremiti, si aggiunge che S. Alberto — solo dopo aver
letto la «Regola di Giovanni 4 4 » e riscontrato l ’assenza di determina­
zione su detti articoli — concesse loro una Regola nel 1199 (!). Segue
poi il testo della Regola in cui si descrive la vita strettamente eremitica
di preghiera e lavoro in celle separate, dove si rimane continuamente
anche per la refezione.
Due soli sono gli atti comuni in cappella (Officio Canonico con M essa
giornaliera e Convegno settimanale) ; silenzio rigoroso da Vespro a
Terza ; astinenza perpetua dispensabile solo per « infermità o estrema
debolezza fisica » ; digiuno per oltre meta anno ; povertà strettissima
(si riceve dal Priore quel che Dio dona) ; voto di sola obbedienza al
Priore da essi stessi eletto, che dispone di tutto nell’eremo.
Con osservazione ovvia si rileva una certa dipendenza letteraria del-
1 « Epistola Cyrilli » dalla nostra Regola. Questo ritrovato letterario —
giustificato dallo scopo polemico — non toglie all’opuscolo di essere eco
delle tradizioni carmelitane del primo secolo in Europa.

Si è seguito il testo di Spec. I, n. 289 ss. ; cfr. anche nn. 2941 ss.,
3324 ss. ; B. C. I, 361 e 485 ; A m i. I li, 279 ss. VII, 186 (edd.’
e mss.), 199 ss. Per la versione italiana di P. Giulio di S. Andrea
Corsini O.C.D. cfr. P. F io r e n z o d e l B. G e s ù , I l Monte Carmelo
(vers. ital.) Cremona 1930, pag. 487 ss.

SE C O LO X IV

Nel sec. X IV Siberto di Beek e Filippo Ribot tramandano in iscritto


1 particolari di cui sono unica fonte — sulle varie approvazioni pon­
tificie della Regola nel secolo precedente. Giovanni Baconthorp inoltre
ne espone il senso mistico mentre il Ribot aggiunge una iniziale inda­
gine sulle fonti. Nulla è conosciuto sull’opuscolo «D e Regula Carme-
litarum et ejus confirmatione — liber I » che il Villiers (B. C. I, 596)
attribuisce a Guglielmo di Coventry ( t 1360).
S ib e r t o d i B e e k , Provinciale di Germania ( f 1332) nel trat­
tato «D e Consideratis super Carrnelitarum Regula» (a. 1310) — che
Giovanni Grosse attribuisce a Guglielmo di Samuco ( t 1348) — ricorda
It, COMMENTO DELLA REGOLA

brevemente le approvazioni della Regola per 1 Pontefici Onorio III,


Gregorio IX, Innocenzo IV(cfr. Spec. In . 349 ss.)- L ’approvazione di
Onorio III (1226) fu consigliata dal Patriarca Rodolfo successore di
S. Alberto Legislatore, per fronteggiare le rimostranze dei Prelati di
Terrasanta. Contro altre rimostranze il Pontefice Gregorio IX (1229)
rinnovò l’approvazione confermando il diritto degli eremiti ad eleggersi
il Priore. Inoltre dietro loro richiesta aggiungeva il diniego assoluto di
possedere — sia pure in comune — campi, poderi, case e redditi,
eccetto alcuni animali da lavoro o per nutrimento.
Siberto, nell’approvazione di Onorio III, tace l ’apparizione della Beata
Vergine tramandataci da Balduino Leerzio (1460 c.) e l’intervento di
S. Simone Stock ricordato dal Bucher (1513).
La revisione innocenziana è considerata quale vera mitigazione della
Regola come del resto si dichiara nella stessa Bolla. L ’accuratezza di
Siberto è tale che non riesce difficile ricostruire dal testo attuale quello
primitivo, trasmesso nell’ « Epistola Cyrilli», {Spec. I n. 360 ss.). I prin­
cipali punti della mitigazione sono : esplicita promessa dei voti di ca­
stità e povertà ; permesso di abitare in città e conseguente accesso al­
l ’apostolato ; refezione comune ; uso delle carni in determinate circo­
stanze ; abbreviazione del silenzio rigoroso. Il testo della Regola fu
portato nella forma attuale.
In merito al voto esplicito di povertà e castità, col Vilhers piace rile­
vare che ancora per molti anni nella formula della Professione si pro­
metteva solo obbedienza {B. C. II, 38). Nulla riferisce Siberto sul-
I aggiunte delle parole « de custodia Ordinis » (Alberto di S. Germano)
o delle altre « animarum salute » (Valentino di S. Amando) o forse
ancora dell’intero capitolo delle colpe (Ven. Michele di S. Agostino).
II P. Brandsma ( t 1942) nella richiesta degli eremiti di astenersi piut­
tosto dal vino che dalle carni — secondo riferisce Siberto — vede un
certo influsso della Regola di S. Benedetto dove (cfr. cap. 40) si pro­
mettono particolari benedizioni a chi si astiene dal vino.

T e edizioni e manoscritti sono indicati in Anal. V II, 186


(collezione del Ribot). Cfr. anche Anal. II, 556 ss. ; I I I , 213 ss.
X , 514 ; Bullarium Carmelitanum I (Romae 1715) ; pp. 1-6
Dictionnaire de Spiritualité I I (Paris 1937), 167.

G i o v a n n i B a c o n t h o r p { ~ \ \ 348 c.) scrisse tre opuscoli per di­


fendere il valore giuridico, l’antichità e le prerogative dell’Ordine.
Nel « Tractatus super Regulam Carmelitarum », per dimostrare il ca­
P. ALBERTO M. MARTINO, O. CARM.

rattere mariano dell’Ordine, espone come nella Regola vi sono molti


punti di contatto con la vita della B. Vergine : per cui Maria è il mo­
dello del Carmelo. Inizia l ’indagine ponendo in parallelo testi della Re­
gola con altri scritturistici. Il raffronto sempre più particolareggiato si
estende sull’intera vita, anzi sulla vita quotidiana e sulle singole virtù
della B. Vergine, insinuate dalla Regola con precetti, consigli e con
esortazione alle opere supererogatorie. Le deduzioni — più intenzio­
nali che reali e quindi non del tutto convincenti — dimostrano il ca­
rattere mariano dell’Ordine consacrato già nella Regola di Giovanni 44.
L a iniziativa sarà seguita da molti commentatori della Regola che
ne trascriveranno per intero il Trattato, mentre il P. Diether lo am­
plificherà con riferimenti storici.

Si è seguito il testo di Spec. I, n. 2605 ss. ; cfr. anche nn. 722


et 733- — Te Edizioni, versioni e manoscritti sono indicati presso
P . B a r t o l o m e o X i b e r t a O. C a r m ., De scriptoribus scholasticis
saeculi X I V ex Ordine Carmelitarum (Louvain 1931) 190 s.
Altre edizioni nei commenti del Lezana e Valentino di S.
Amando ; Alberto di S. Germano (vers. francese) Ven. Michele
di S. Agostino (lat., fiamm., spagnolo, tedesco).
Per l ’omissione del nome di Baconthorp in Speculum Ord.
Fratr. Carmelitarum (Venetiis 1507) fol. 52r, l ’opuscolo dal Ven.
Girolamo Graziano fu attribuito a Giovanni di Chimineto, dal
P. Thibault fu detto anonimo, da P. Michele di S. Agostino fu
assegnato al Ribot. — Cfr. anche P. G a b r i e l e d i S. M. M a d d .,
La vita mariana del Carmelo (vers. ital. Milano, 1934, p. 61).

F i l i p p o R i b o t . Le note sulla Regola compilate da Filippo Ribot


Provinciale di Catalogna ( t 1391), sono inserite nel libro V ili della
sua collezione « De Institutione et peculiaribus gestis religiosorum car­
melitarum >> (a. 1370). U n ’intero capitolo, suggerito da un semplice
accenno del Ps.-Cirillo, dimostra come S. Alberto non abbia detto
nulla o ben poco di più di quanto già si trova nella Regola di Gio­
vanni 44 : in quanto ha determinato in particolare quel che Giovanni 44
aveva consigliato in modo generico o con esortazioni o con esempi dei
Santi Padri, ossia di S. Elia e dei suoi Discepoli. Con argomenti spesso
assai lontani, ma per l ’autore più che convincenti, la dimostrazione si
estende a ciascuno dei « dieci statuti » della Regola, anzi allo stesso
Prologo, rimandando al corrispondente testo di Giovanni 44 e — per
eventuali revisioni d ’Innocenzo IV — anche all’opuscolo di Siberto
(Spec. I, n. 336 ss.).
Questo voluto parallelismo è usato anche dal Ven. P. Michele di
II, COMMENTO DELLA REGOLA 105

S. Agostino che lo amplia. Mentre il P. Daniele della Vergine riduce


queste somiglianze e si richiama all’autorità del B. Soreth, Ven. Tom ­
maso di Gesù, e particolarmente del Waetels. Giovanni di Chimineto va
oltre e intravede le fonti della Regola anche nelle opere di S. Basilio ;
altri presso S. Paolino ; altri (ricordati già dal Casanate) presso S. Ago­
stino e altri ancora presso S. Brocardo.
Il Ribot ricorda ancora le conferme pontificie di Innocenzo IV, Ales­
sandro IV (dei quali trascrive le Bolle), di Urbano IV, Nicolò IV, Bo­
nifacio V ili (cfr. Spec. I, 390 ss.). Alessandro IV (1256) pone fine ad
un dubbio dei religiosi, dichiarando che il Priore appena eletto secondo
la Regola e le Costituzioni dell’Ordine, ha piena autorità sui religiosi,
nè si richiede conferma di alcuno. Da questa allusione indiretta alle
Costituzioni dell’Ordine, si prende argomento per l ’esistenza di antiche
Costituzioni, che dal Baie vengono allacciate a S. Brocardo

Per edd. e mss. cfr. A n d . V II, 186 ; inoltre cfr. A n d . I l i,


396 ss. ; VI, 468 ; B. C. II, 639. .
Per la questione sulle fonti della Regola e sulle Costituzioni,
cfr. Speculimi Ordinis Fratrum Carmelitarum (Venetiis i 5 ° 7)
fol. 5ov ; B. C. I. 300 et 612 ; II, 158 et 162 ; Spec. I, num. 348,
522, 3350 ss. ; ZlMMERMANN O. C. 279; JOANNES ,BAPTISTA DE
I vE z a n a , Annales... Ordinis B.mae V. M. de M. Carmelo, IV
(Romae 1656) 71, 115, 1 7 3 ss.; M a r c u s A n t o n iu s A l EGRE d e
C a s a n a t e , Paradisus Carmelitici Decoris (Rugduni 1639) 252 et
259 ; A n t o in e M a r i e d e e a P r é s e n t a t i o n C D ., Constitutions
des Frères de N. D. du Moni Carmel (Marche 1915) 11.

SE C O LO X V

Oltre l ’opera del B. Giovanni Soreth, possiamo ricordare col Villiers


il nome di altri tre autori.
G e r a r d o d i H a a r l e m , Olandese, verso il 1470 scrisse in versi
epici «De antiquitate, titulo et regula ordinis Carmelitani» (B . C. I, 551).
A G i o v a n n i « D e P l a t e a » ( t post 1470), collaboratore del
B. Soreth nella riforma, si attribuisce il trattato « In Regulam Carmeli-
tarum Commentarla — Liber I » (B. C. II, 78).
E l i o d o r o d i C r e m o n a ( t 1508) scrisse elegantemente «In
Carmelitarum Regulam a B. Alberto Patriarcha datam — Liber I »
(B .C . I, 617).
È del P. M a t t i a F a b b r i il « Commentarium in Regulam Car-
io 6 p. A l b e r t o m . m a r t i n o , o . c a r m .

melitarum» (1491), ms, cod. Iat. 4151, conservato nella Bibliot. di Stato
a Monaco di Baviera.2

A r n o l d o B o s t i o dedica alla Regola undici capitoli nel libro Vi


dello « Speculum Historiale sectatorum Sanctorum Prophetarum Eliae
et Elisaei » (1490 circa). Sono note storiche trascritte dallo Ps.-Cirillo,
Siberto Ribot, Bradley (Spec. I, n. 838) e dalle Bolle di mitigazione
di Eugenio IV, Pio II, Sisto IV. Vi sono però alcuni particolari.
S. Alberto consegnò la Regola in « Acchon » (S. Giovanni d ’Acri).
Questa Regola anche da Onorio III fu riscontrata conforme a quella di
Giovanni 44. T ra i motivi del ricorso al Patriarca Rodolfo si aggiunge il
desiderio degli eremiti a voler lasciare la Regola di S. Alberto per ritor­
nare a quella di Giovanni 44, professata col primo ingresso in religione.

Il testo tuttora inedito, è stato consultato sul ms. delTArch.


Gen. dei PP. Carm. Se. in Roma, trascritto dal cod. AE, X II,
22 della Bibliot. Brera in Milano. Cfr. fol. 4o6v-43iv ; partico­
larmente 4o6v, 4I5v, 4i6r. Inoltre Spec. I. n. 1149 (indice dei
capitoli) ; B. C. I, 198 s.

B. G i o v a n n i S o r e t h ( t 1471). L ’ « Expositio Paraenetica »


del B. Giovanni Soreth è frutto dellesperienza vissuta. L ’autore scri­
veva verso il 1445 mentre era Priore Generale dell’Ordine (B . C. II,
100). Nella prefazione si insinua come scopo dell’opera, — che è lo
stesso dell intera Riforma promossa dal Beato — sia riportare l ’Ordine
all antico splendore, alle antiche tradizioni di vita contemplativa sul-
1 esempio di S. Elia e dei suoi seguaci. Non mancano richiami a Gio­
vanni 44, al Ribot {Spec. I, n. 123) e alla spiritualità della « Ignea Sa-
gitta ».
Il carattere dell opera — che il P. Damele della Vergine chiama
« insigne commento e una delle più nobili glorie dell’ingegno » del
Beato — è rilevato per Io spirito di adattamento alle nuove circostanze,
con influsso dei Vittorini, di S. Bernardo, e particolarmente della « De­
vozione Moderna » e della « meditazione sistematica » (cfr. Dictionnaire
de Spiritualità, II, 166).
L a Regola è divisa in 19 testi, a ciascuno dei quali si aggiungono
alcuni capitoli di commento (per il secondo testo ne sono undici !). Si
spiega come il vero obbediente promettendo obbedienza al superiore
consegni il suo volere e non volere {Spec. I, n. 2636 s.). L a nostra vo~
(2) P e r q u e sta in d icazio n e d o b b iam o g ra titu d in e al M. R . P . A m b ro g io d i
S . T eresa C . D .
IL COMMENTO DELEA. REGOLA

cazione è di amare la solitudine. Se è permesso abitare in città dobbiamo


separarcene coll’intenzione e collo spirito : quantunque sia conveniente
separarsene qualche volta anche col corpo (ib. 2664 ss.). Oltre la cella
esteriore dove abita l ’anima col corpo, bisogna avere quella interiore —
nella coscienza — dove abita Dio coll’anima (n. 2669). Il continuo si­
lenzio e la continua lontananza da ogni rumore mondano costringerà
a meditare le verità eterne. À questo tendono tutte le osservanze clau­
strali (ib. 2685). La concessione di Eugenio IV non altera nulla : « E per­
messo di rimanere e passeggiare liberamente nelle chiese, chiostri, e
luoghi annessi ai conventi meditando la legge del Signore o pregando
o occupati in giustificati lavori » (ib. 2688 s.). Il digiuno deve essere
accompagnato dalla preghiera e deve riferirsi più ai vizi che ai cibi :
anche la carità secondo l ’esempio dei Santi Padri è sufficiente per di­
spensarsi dal digiuno (ib. 2741 ss.). È bene osservare almeno l ’obbligo
dell’astinenza nei limiti rimasti dopo la mitigazione «affinchè l ’asti­
nenza cancelli ciò che la colpa ha indotto. La mortificazione del corpo
è purificazione dell’anima. Qualche volta l ’astinenza è in soddisfazione
dei peccati » (ib. 2737).
T ra le armi raccomandate per il combattimento spirituale, la corazza
della giustizia — per la sua configurazione a squame — indica il com­
plesso delle virtù, particolarmente dell’amore di Dio (ib. 2753). L in­
quietudine e l ’ozio, la curiosità e la loquacità sono conseguenze che si
incorrono tralasciando il lavoro manuale (ib. 2767). Il parlar molto in­
duce quasi sempre al peccato, particolarmente di mormorazione, mor­
dacità, superbia, lascività. Se il Signore ci chiederà conto di ogni pa­
rola superflua, maggiore responsabilità si avrà per le parole che impli­
cano per sè peccato. Taccia la lingua maledica per parlare a Dio con­
tro la propria superbia e ringraziarlo invece di mormorare (ib. 2769 ss.).
Professando la regola contraiamo un obbligo di giustizia ad osservarla,
anche in preferenza di altre opere più faticose ma non comandate (ib.
2778 s.) Lo zelo di aggiungere le opere supererogatorie sia sempre mo­
derato e guidato dalla discrezione, senza la quale la stessa virtù finirà
in vizio (ib. 2782).
Molto forti son le parole del Beato per l'osservanza della povertà.
Le celle prescritte dalla Regola debbono essere piccole, perchè desi­
gnate col diminutivo « cellulas ». Non si parla quindi di palazzi nè di
ampi appartamenti. La Cappella riservata ai religiosi deve portare l’im­
pronta della povertà non solo negli ornamenti, ma nelle stesse dimen­
sioni da proporzionarsi alle città o paeselli dove si vive. Nessuna ricer­
catezza è permessa nella scelta delle vesti, degli animali consentitici dalla
p. A l b e r t o m . m a r t i n o , o . c a r m .

Regola come aiuto nel nostro lavoro, e per i cibi. Si annulla lo scopo
dell astinenza rendendo più saporiti i cibi vili o usando cibi ricercati
(ib. nn. 2667, 2714, 2724, 2672).
Severo apparisce l ’obbligo della Regola per le Ore Canoniche, che
non si soddisfa con la recita privata ma solo con quella corale (ib. 2694).
Incessanti sono i richiami che manifestano Io zelo del Beato a promuo­
vere la riforma, particolarmente nei consigli prudenziali suggeriti ai
Superiori. E ssi sono tenuti a correggere i religiosi colpevoli con pa­
terna fermezza seguendo in preferenza quelli meno perfetti, tristi, mor­
moratori. Il loro zelo per la cura spirituale dei religiosi non deve pre­
ferirsi in nessun modo agli interessi materiali della comunità. Questa
totale dedizione non si arresta neppure difronte alla morte (ib. n. 2700,
2729 ss., 2773).

Il testo dello Spec. I nn. 2619 ss. da noi seguito è trascritto


dalla edizione del V . P. F i l i p p o T i b a u l t , Expositio paraenetica
in regulam Carmelitarum (Parisiis 1625). F a più recente edizione i
P. CONSTANTINU S AB IM M ACULATA CON CEPTIO N E C . D., Exposito \
in Regulam Carmelitarum (St. Omer, 1894). Il Tritemio attri­
buisce al B. Soreth un altro commento a noi non pervenuto.

SEC O LO X V I

Per gli autori del sec. XVI rimangono le sole notizie del Villiers.
D i e g o D e C a s a n a t e ('t 1557) Provinciale di Aragona scrisse due
trattati molto brevi dal titolo « Adductiones morales » (B . C. I, 388).
Ad A n g e l o d i S a i a z a r ( f 1582) Provinciale di Castiglia si
attribuiscono manoscritti « Super Regulam Carmelitanam » (B . C. I,
125 s.).
L a « Institutio Carmelitana » di N i c o l ò B on f i g l i d a S i e n a
( t 1601) Provinciale di Toscana espone la Regola in forma dialogale
(B . C. II, 477). Il Villiers attribuisce a S i m o n e C 0 e l h o, Provin­
ciale di Portogallo ( f 1606) «Commentarla in Regulam Carmelitarum
ab Alberto Patriarcha Jerosolymitano datam » (B. C. II, 744), del tutto
taciuti dalla « Bibhotheca Carmelitano-Lusitana » (Romae 1734), 208.

SEC O LO X V II

I commenti dei più noti scrittori del Carmelo sono del sec. X V II.
Per il carattere e l’indirizzo su cui è condotta la loro esposizione richie­
dono maggior rilievo.
II, COMMENTO DEEEA REGOLA

Ve n. G i r o l a m o G r a z i a n o d e l l a M a d r e d i D i o
(t 1614). L ’insigne collaboratore di S. Teresa, nel 1599 — mentre si
trovava nel convento di S. Martino ai Monti in Roma — per ordine
del Priore Generale Enrico Silvio scrisse un trattato che il P. Giovanni
Antonio Bovio tradusse dallo spagnolo in italiano : « Della Disciplina
Regolare» (in Venetia, 1600). L ’opera, divisa in quattro parti, è diretta
ad istruire i religiosi sull’osservanza della propria Professione, principal­
mente attraverso la spiegazione della Regola, « con sensi morali e mi­
stici ». Per cui il commento risulta frammentario, sparso in più punti
col testo stesso della Regola. Nella Introduzione tra le fonti si ricorda
anche il B. Soreth. Sotto il nome di Filippo Ribot si citano Ps.-Cirillo
e Siberto. Mentre il Trattato del Bacontorp, trascritto in succinto, si
attribuisce a Giovanni di Chimineto (fol. 9 s.). I riferimenti storici sono
racchiusi in un solo capitolo (fol. 26 ss.). Non mancano lievi interpreta­
zioni coartate e perciò sorprendenti, come per l’Ufficio dei « Pater No-
ster » e l ’astinenza in casa degli ospiti (fol. 203 et 235). Con opportuno
criterio il parallelismo tra il testo della Regola Carmelitana e quello
delle altre regole monastiche è rimandato quasi in appendice (fol. 277 ss.).
Tutta l’opera si legge volentieri e riesce di alta formazione spirituale
per i suggerimenti pratici e per le elevazioni esuberanti di affetti. Per
cui facilmente si supera la monotonia delle enumerazioni che si susse­
guono nell’indicare le meditazioni per ciascun giorno della settimana
(fol. 167 s.), i misteri da considerarsi in ciascun « Pater noster » dell U f­
ficio dei laici (fol. 209 ss.) ; gli esempi, gradi ed effetti dell umiltà
(fol. 262 ss.), i consigli per la pratica delle opere supererogatorie
(fol. 275 ss.).
Una delicata parafrasi — a cui seguono brevi consigli — chiude il
trattato. Fu composta dal Ven. autore a Tunisi nel Natale 1593, mentre
era ostaggio dei pirati (fol. 321 ss. ; B. C. I, 646).
Il P. Valentino di S. Amando la accettò nel suo trattato traducendola
in latino sulla versione del Bovio.

Ve n. G i o v a n n i d i S. S a n s o n e (du Moulin : t 1636).


I quattordici capitoli delle « Observatioris sur la Règie des Carmes »
del Ven. Giovanni di S. Sansone si distinguono da tutti gli altri com­
menti per il loro carattere di esclusiva spiritualità carmelitana.3
3 Seguiam o l ’ edizione del P . D o n a T IE N d b S t . N i c o e a s , Les Oeuvres sp iri-
tuelles et mystiques du divin contem platif fr. Jea n de S . Sam son, I (R ennes 1658),
847 ss. V e d i t o r e non riferisce sem pre il pensiero gen uin o del V e n erab ile. D el
resto sono rile v a n ti le d ifferen ze coi fra m m e n ti d a n oi c o n su lta ti al C oll. S. A l ­
berto in R o m a su u n ap o grafo della B ib lio t. M unic. d i T o u rs : m s. 487 (5 27 )*
fol. 236r-263r ; 446r~457r. — C fr. A n a l., V I I , 225.
P. ALBERTO M. MARTINO, O. CARM.

Nella Prefazione 1 autore dichiara di voler comporre un trattato « del


tutto spirituale e di affetto » in cui « ciascuno potrà trovare luce, spirito,
fiamma e forza, per vivere spoglio di ogni colpa nella pratica fedele ed
esatta della nostra Regola ».
In tutto il trattato si insiste piuttosto nel dichiarare gli obblighi dei
superiori per la direzione spirituale della Comunità, correzione dei sud­
diti, umiltà a presieder loro, osservanza dei voti (cfr. capp. 2, 3, 4, 9,
10, 12). Lo stesso pensiero si ripete più volte con chiarezza sempre
crescente.
Nel voler conoscere le fonti vien subito da ripetere che il Ven. è da
annoverarsi tra i discepoli del Ruysbroek {Anal. VII, 258). D ’altra parte
nella stessa prefazione egli assicura di riferirsi alle sentenze dei Padri.
Non mancano aperti richiami alla Regola di Giovanni 44, e forse una
lontana allusione alla « Ignea Sagitta ». Fuorché in quei casi non si voglia
parlare di dottrina passata nel patrimonio comune di tutti i carmelitani
attraverso le Costituzioni.4
Noi siamo figli legittimi del grande Elia nell’Ordine della Beata Ver­
gine del Monte Carmelo. La nostra successione da Elia coimplica di
continuare con lui il « culto divino ed amoroso », nello stesso spirito
e cogli stessi mezzi. Per questo però non è necessario vivere al Carmelo.
I nostri conventi sparsi per il mondo sostituiscono bene le antiche
nostre solitudini (pag. 850). Per essere intieramente solitari non basta
la solitudine del corpo ; ma è necessaria quella del cuore e dell’anima,
per cui non sono « occupazioni che giustificano » la nostra permanenza
fuori cella tutte quelle che occupano disordinatamente il cuore ed impe­
discono il raccoglimento interiore (pag. 856). Sono da agevolare i reli­
giosi che si dedicano interamente alla vita di solitudine e raccoglimento
interiore, perchè osservano la Regola nel suo punto culminante e nel
primo e principale spirito, riposto nella continua contemplazione di
Dio (857). Col silenzio interiore gusteremo la dolcezza dell’influsso di­
vino nel cuore e comprenderemo che i gusti del senso sono per i bruti.
II silenzio « morale » o esteriore — per sè proprio dei carcerati — deve
consigliarsi ai principianti e sempre osservarsi da tutti nel tempo sta­
bilito dalla Regola : perchè mancando ad esso si diventa insensibili e
ciechi a tutto ciò che è,interiore (859 s.). Anche il nostro digiuno e asti­
nenza sarà più meritorio se accompagnato dalla solitudine, silenzio e
preghiera, comandati dalla Regola (865 s.). I religiosi sono come guer­
rieri armati spiritualmente che combattono contro i nemici, cioè i propri

4 Oeuvres, I, 848, 890 ; m s. d i T o u rs, 487 (525), fol. 2581 e t 314''.


IL COMMENTO DELLA REGOLA III

appetiti ed il demonio. Questa spirituale battaglia riesce amara in prin­


cipio ; poi diventa dolce e finalmente coronata dalla vittoria. Il vero
religioso non combatte contro il peccato come i secolari, ma contro le
imperfezioni. L ’esito di questa battaglia dipende dal nostro avanza­
mento nella via dello spirito. Solo i perfetti passano dalla difensiva
all’attacco (876 ss.). Le opere esteriori di supererogazione servono per
la migliore edificazione del nostro prossimo. Se noi consideriamo pro­
fondamente le nostre relazioni con Dio, riscontriamo che non esistono
per sè opere supererogatorie : perchè è nostro obbligo amar Dio con
tutte le nostre forze, con la preghiera e occupazione continua in Lui.
Questo infatti è stato il vero spirito dei nostri primi Padri, ai quali il
Carmelo era un Paradiso Terrestre. E di questo ancora godono al pre­
sente i veri carmelitani (890 s.).
Insistenti sono — come già si è notato — le preoccupazioni verso
i Superiori affinchè promuovano la perfetta osservanza. L a vita comune
è un potente mezzo per aver pace e tranquillità di spirito. Per questo
al principio di ciascuna Riforma si pone subito tutto in comune. Due
estremi sono da evitare : da una parte i sudditi non debbono chiedere
alcunché di superfluo, ma debbono essere coscienziosi e rigidi. D altra
parte i Superiori debbono provvedere alle giuste necessità dei sudditi,
e preferire di esser piuttosto larghi nel concedere senza voler usare
una stessa misura per tutti. E ssi infatti debbono tener conto dell’indole,
delle abitudini e delle condizioni di chi richiede (851 ss.).
L ’obbligo di correggere i sudditi per essi è assai grave. Useranno
sempre moderazione. Infatti le parole della Regola « media charitate »
significano che bisogna infliggere metà della pena dovuta (!). Dirige­
ranno i sudditi alla perfezione particolarmente coll’esempio nella pre­
ghiera, ritiro, solitudine, con cui debbono far strada per accendere alla
imitazione. Tali infatti saranno i sudditi quali i superiori (pag. 854 s.).
Conforme allo spirito dell’Ordine, saranno perciò più contemplativi che
attivi (880 SS.)*

G. B a t t i s t a D e L e z a n a ( f i 659). L ’ « Expositio Regulae


Carmelitarum » del Lezana ha un indirizzo del tutto giuridico con
rari accenni storici, d ’altra parte esposti per esteso in vari punti de­
gli « Annales ».5
N ell’insieme piace, spesso però riesce pesante per il freddo ragiona­

5 E x p ositio Regulae CavvnelitaYum, n. 2óss., in Sutntna Quaestiouum Regu-


larium , I I I (L u gd u n i 1656), p . 190ss. ; cfr. anche v o i. I (L u gd u n i 1655), p. 49SS.
Per le ris p e ttiv e edizioni cfr. B .C . I, 774s -
112 P. ALBERTO M. MARTINO, O. CARM.

mento. Cita Siberto sotto il nome di Ribot ; inoltre Giovanni Pinto


di Vittoria (« Hierarchia Carmelitana» — Valencia 1616, pag. 146 ss. ;
cfr. B .C . II, 75); e particolarmente il B. Soreth, Ven. Tommaso di
Gesù, Ven. Girolamo Graziano. Trascrive per intero l ’opuscolo del
Baconthorp (n. 171 ss.). Frequente è il richiamo alle Costituzioni del
tempo (quelle di Gregorio Canali : a. 1626).
Non soddisfa quando per consuetudine liturgica da seguire nella re­
cita delle Ore Canoniche si intende anche quella del rito romano (n. 95).
Con troppo rigore 1 assenza dal Coro per il professo non iniziato agli
Ordini maggiori si giudica peccato grave, dal quale si è scusato una
o due volte per occupazione notevole (ibid.).
Tra i punti mitigati nella revisione innocenziana si omette la facoltà
di scegliere ì conventi negli eremi o nelle città (n. 29). L ’eccellenza
della Regola si rileva dalla brevità e chiarezza con cui indica quanto è
necessario alla perfezione (n. 26). L obbligo di osservarla scaturisce in
virtù della professione religiosa, delle approvazioni pontificie, partico­
larmente di Innocenzo IV, e dai decreti del Concilio Tridentino. Questo
obbligo varia tra il peccato veniale e il mortale (n. 32 s.).
La Regola parla di « cellulae » cioè « celle piccole, basse, strette, in­
dice di povertà, umiltà e semplicità » (n. 59). Il regime monastico in
essa indicato è tra il monarchico (tutto dipende dal Priore) e il demo­
cratico (consenso dei religiosi solo nella scelta dei conventi e nell’asse­
gnazione delle celle). Il connotato « democratico » dalle Costituzioni è
stato mutato in «aristocratico» (scelte persone) : cfr. num. 56 et 61.
La refezione comune permessa da Innocenzo IV comanda quattro cose :
Niente può prendersi fuori del refettorio. — Solo nel refettorio deve con­
sumarsi la refezione. — A nessuno venga dato cibo speciale. — Si
legga la Sacra Scrittura.
Le parole « die ac nocte » possono riguardare l’obbligo sia della per­
manenza in cella, sia della continua unione con Dio. Nel primo signifi­
cato la concessione di Eugenio IV non è una mitigazione, ma piuttosto
una dichiarazione delle altre parole « juxta eas », e della clausula « nisi
alns justis occasionibus occupentur ». L aggiunta « et quia vos oportet
frequenter mendicare» indica che noi siamo mendicanti per Regola,
senza alcuna proprietà, neppure in comune : che però il Concilio di
Trento ci ha permesso (n. 101 ss.).
Non sembra doversi asserire che la M essa conventuale ci sia imposta
per Regola : come al contrario vorrebbe il P. Tommaso di Gesù. Mentre
si può rilevare 1 obbligo dell Ufficio corale perchè gli eremiti ascoltano
la M essa in « Coro », ossia in posto riservato, senza confondersi coi se­
II, COMMENTO DELLA REGOLA

colari. Del resto la recita delle ore canoniche obbligatoria « cum clericis »,
e la determinazione del silenzio stretto da Compieta a Prima indica
sufficientemente l ’obbligo dell’Ufficio corale (n. 113 s.). Oltre la ma­
lattia e la debolezza fisica — a cui si riduce la complessione delicata —
anche un rilevante lavoro manuale o intellettuale e la stessa carità, se­
condo il B. Soreth, sono cause giustificanti dal digiuno (n. 124 ss.).
L a mitigazione pontificia sul digiuno e l’astinenza è stata rinunziata
dai Padri Scalzi, da quelli di Monte Santo o Primo Istituto. Gli eremiti
di L a Graville in Francia osservano la Regola come data da S. Alberto.6
Del resto i digiuni non prescritti dalla Regola ma obbligati dalle sole
Costituzioni sono quasi un compenso alle mitigazione di Pio II (n. 182).
Le esortazioni al combattimento spirituale nei riguardi della castità,
fede, speranza e carità sono precetti gravi (n. 147). Le opere superero-
gatorie non sono proibite dalla Regola, ma piuttosto permesse, special-
mente se con assenso dei superiori (!) cfr. n. 168.

V e n. P. M i c h e l e d i S. A g o s t i n o (Van Ballaert : t 1684).


Provinciale della Prov. Flandro-belgica, noto mistico e mariologo, ri­
serva cinque brevi capitoli all esposizione « De Regula Carmehtarum »,
che fa seguito a quella più generale « De Regulis Monasticis ».
Il breve trattato è diretto a determinare i tre principali motivi che
debbono spingere i carmelitani ad amare con particolare affetto e vivere
la loro Regola : essa è perfettamente confacente al loro scopo prefisso.
Esprime la vita e le virtù dei Santi Padri Elia ed Eliseo. Compendia
la vita della B. Vergine.
E ssa indica i mezzi più adatti per l’acquisto della perfezione specifica
a cui tendono i Carmelitani. E una Regola scelta, breve e sostanziosa,
adatta alla nostra vocazione, occasione di gaudio e pace interiore per
noi, ai quali non rimane che dedicarsi ad osservarla con fedeltà e co­
stanza. Per la nostra santificazione è la via più breve, seguendo la quale
non potremo sbagliare (cfr. cap. I).
Nè dobbiamo ricorrere ad altre Regole — come quella di S. Bene­
detto, di S. Francesco, di S. Agostino — nè seguirle per arrivare alla
perfezione da noi propostaci. Esse infatti sono proporzionate allo scopo
dei loro istituti ben diversi dal nostro. Noi Carmelitani dobbiamo in­
teressarci soltanto del modo come i nostri Santi Padri Elia ed Eliseo ci
hanno preceduto coll’esempio, e in che modo dobbiamo perseverare

6 C fr. u n. 131SS., 143, 513. — In o ltre A n t o in e ; M . d e d a P r é s e n t a t i o n


C .D ., L e Carm el e n 'F ra n c e, I I (Toulouse 1936), 2 9 7 ; B .C ., I , 70s.
n 4 P. ALBERTO M. MARTINO, O. CARM.

nel servire il Signore ; come i nostri Santi sono arrivati alla perfezione
e come tuttora ad essa tendono 1 veri carmelitani (cfr. cap. II).
L a Regola per la nostra perfezione ha perciò ragione di via unica
ispirata dalla Divina Provvidenza al Santo Legislatore (cfr. cap. III).
Segue poi anche nel cap. IV una esposizione accurata che acuisce i
parallelismi del Ribot e si conclude con espressioni enfatiche, echi della
polemica bollandista : la perfetta osservanza della Regola ci farà cono­
scere per figli di Elia ed Eliseo anche da chi ne è contrario, nello stesso
modo che — dalla somiglianza del volto, indole, modo di agire — vol­
garmente si indica la figliolanza naturale.
Nel cap. V si riporta per intero l ’opuscolo del Baconthorp e si sinte­
tizza 1 intera esposizione : la Regola di S. Alberto dev’essere a noi cara
e preziosa perchè composta in modo confacente alla nostra vocazione
e perchè con accuratezza ci delinea la vita del nostro Padre S. Elia e
della nostra Madre Maria SS.m a.

Edizioni : P. M ichaèi, a S. A n g u s t in o , Institutionum Mysticarum


libri Quatuor (Antwerpiae 1671) L. I l i p. 123 ss. Una corrisponden­
te edizione fiamminga (Mechliniae 1669) è ricordata in B. C. II,
446. L ’intero L. I l i corrisponde a «Introductio in terram Car-
meli » (Bruxellae 1659) comparsa anche in fiammingo : « In-
ieydinghe tot het landt van Carmelus » (Brussel 1659). Si ricorda
inoltre una versione dal latino in tedesco per opera del P. An­
seimo di S. Corrado (Corrado Kraz, f 1708). Cfr. « Scriptorum
Ord. Carmelitarum », Cod. I li, fol. 49v et 5or, ms. all’Archivio
dell’Ordine in Roma.
Si è seguita l ’edizione del P. W e s s e g s , Introductio in vitam
internarti (Roma 1926) 173 ss. Cfr. anche pp. 139 s. et 146 (ca­
pitolo delle colpe). Su questa edizione si è avuta una recente
versione spagnola « Introducción a la vida interna y práctica
fruitiva de la vida mística » (Barcelona 1936) pp. 269 ss. Il no­
stro opuscolo è sempre in appendice al secondo trattato.

A l b e r t o d i S. G e r m a n o. Priore di Liegi, scrive per le car­


melitane di Liegi un opuscolo dal titolo « La Règie qu’observent à pré-
sent et à la quelle s ’obügent les Carmes et les Carmelines » (Liege 1668).
Nei sottotitoli e nella dedica si espone come scopo dell’autore sia
rendere accessibile il senso « letterale, storico, morale e mistico » della
Regola (pag. 6). L a lettera del Generale Matteo Orlando ricorda che
l ’autore desiderava evolvere questi appunti per un’opera voluminosa
(pp. 8 et 42). Alcune note storiche (pp. 9-28) precedono il vero com­
mento (pp. 29-80) a cui segue il trattato del Baconthorp tradotto in
IL COMMENTO DELLA REGOLA 115

francese (pp. 81-89) e una breve digressione su ll’obbligo della Regola


e delle Costituzioni (pp. 91-100). I commenti del B. Soreth, del Le-
zana e del Ven. P. Tommaso di Gesù sono autorità indiscusse. Si riscon­
tra l’influsso del Ven. F. Giovanni di S. Sansone. Non mancano dati
storici imprecisi. Molto studiati sono gli argomenti per dimostrare i
limiti e i pregi della solitudine e dell’apostolato. L a concessione di
Innocenzo IV per le abitazioni in città oggi si mostra provvidenziale.
Innocenzo X infatti ha dovuto sopprimere tanti piccoli conventi di cam­
pagna per impossibilità di regolare osservanza in essi. Del resto i veri
carmelitani, dappertutto, anche nell’apostolato portano con sè la soli­
tudine del cuore, più di quelli che hanno la solitudine materiale (p. 43).
Inoltre l’obbligo di non entrare nella cella altrui ottiene a questo fine
lo stesso effetto delle celle divise, richieste nella Regola primitiva. L a
parola « cellula » designa una stanza che per la sua povertà deve imitare
quella del Profeta Eliseo, composta d ’un giaciglio, un tavolo ed una
lucerna (pp. 44 ss. ; cfr. 4 Reg. 4, 10).
L ’apostolato ci viene comandato in virtù della stessa Regola primitiva
dalla quale viene stabilito di interessarsi « della salute delle anime » del
nostro prossimo durante il convegno settimanale ; mentre l ’altro obbligo
di interessarsi della «osservanza regolare (de custodia Ordinis) » ag­
giunto da Innocenzo IV (?) riguarda gli interessi spirituali e temporali
dei religiosi (p. 62 s.).
Del resto la dispensa di astinenza da parte di Eugenio IV (!) nei
viaggi, dimostra che i Carmelitani si interessavano già molto dell’apo­
stolato (p. 64 bis). L ’obbligo dell’apostolato non incombe sui sin­
goli religiosi, ma sulla comunità che sceglierà solo quelli giudicati più
capaci a questa vocazione : della quale però tutti debbono rendersi
idonei attraverso lo studio (p. 11 ss. bis).

P. V a l e n t i n o d i S. A m a n d o (Beekmans, t 1687). La po­


lemica piuttosto animata per la difesa della Regola nacque dalle note
di Henschen e Papenbroek sulla vita di S. Alberto Patriarca di Gerusa­
lemme.7 Il P. Valentino di S. Amando rispose brevemente in « Pro-
dromus Carmelitanus » (Coloniae 1682) n. 136 ss. La ristrettezza di
quell’opera però non gli consentiva trattare a lungo. Promise perciò
una esposizione più ampia (ib. n. 140). Lo stesso anno infatti conse­
gnava alle stampe 1’ « Heroica Carmeli Regula » (Coloniae 1682). L ’autore

7 C fr. A c ta S S . A p rilis, T o m . I (A n tw erp iae 1675), 769SS. e b rev em en te


in Spec., I, n. 3047SS. ; cfr. in o ltre ib id ., n. 3258 ; B.C ., I I , 855.
n 6 P. ALBERTO M. MARTINO, O. CARM.

è mosso a scrivere per difendere la brevità e il carattere ebano delia


Regola che conduce all apice della perfezione : onde il titolo. È « eroica »
la Regola perchè ereditata dall eroe Elia e perchè plasma gli eroi della
perfezione (cfr. « H eroica...», n. 1). La sua brevità è compendiosa, per
cui cade ogni difficoltà del Papenbroek contro l ’organizzazione mona­
stica del Carmelo. 11 ministero verso il prossimo è accennato dall’obbligo
di disporre tutto in dipendenza dal Priore ; Io studio è ricordato nel-
1 esortazione al lavoro ; la gerarchia dei superiori è indicata nel voto di
obbedienza al Priore Generale e nella sudditanza dei religiosi al Priore
nel disporre di ogni cosa (ib. n. 56 ss.). Il mancato richiamo ai mo­
nasteri femminili non sorprende perchè riscontrato anche nelle regole
di S. Benedetto e di S. Francesco (n. 61). L ’uso del canto e del coro
è più che chiaro negli obblighi delle ore canoniche (ib. n. 62 ; cfr. Spec.
I n. 3262 ss.). L a sua brevità voluta espressamente dai Carmelitani,
non omette nulla di quanto è necessario alla vera santità (n. 70 et 73).
È indice di genio dir molto in poche parole, è proprio della Regola Car­
melitana obbligare alla perfezione colla brevità (ib. n. 189). Anche l’in­
dirizzo apostolico, sull’esempio di Elia, è motivo di eccellenza per la
Regola. Infatti colle parole del Pontefice Innocenzo IV (?) « de salute
animarum tractetis » nacque a noi uno stretto obbligo per l ’apostolato :
mentre prima scaturiva dalla sola carità e dal comando del superiore
in virtù della regola che appena lo accenna, nel ricordare i lavori esone­
ranti dalla permanenza in cella (ib. nn. 193 et 195). Alla Regola com­
pete ancora la caratteristica di esprimere la vita dei Santi Profeti Elia
ed Eliseo, ed imitare le virtù della B. Vergine (ib. n. 200 ss.). L ’evidente
conferma di questa sua eccellenza è data dalla santità acquistata colla
sua pratica non solo da Elia, Eliseo e gli altri eremiti vissuti nei primi
secoli al Carmelo ; ma ancora dai Priori Generali venerati con culto
pubblico. Enumera poi questi Santi e aggiunge esempi dalla vita di
S. Maria Maddalena dei Pazzi, Ven. Angela di Arena e di S. Teresa
(cfr. nn. 254 ss., 271, 275 s.). L ’esposizione si chiude con un compendio
del trattato : « La Regola (del Carmelo è) breve per mole, ma di peso
immenso ; breve nella stesura, ma ricca per l ’eccellenza delle virtù.
Piccola per grandezza ma immensa per il valore dei meriti. Norma dei
Santi, Madre delle Sante. Anima dell'Ordine. Più che sufficiente all’Or­
dine finché esso durerà ; più che sufficiente ad ambo gli Ordini (Car­
melo antico e Riforma di S. Teresa) ; più che sufficiente a tutto l ’Ordine
sparso nel mondo. Regola splendida per il fuoco di Elia e per l’amore
a Maria ; per i ratti di Teresa e per gli ardori di Maria Maddalena dei
Pazzi... » (ib. n. 278).
II, COMMENTO DEEEA REGOLA II7

La « Heroica Carmeli Regula » si impone per il singolare carattere


di condurre l’intera esposizione nel difendere « l’eccellente brevità » della
Regola. Non mancano rilievi ovvii. Stanca senz’altro la prolissità sui
testi di Foca (n. 84 ss.) e di Erasmo di Rottherdam (n. 127 ss.). Mentre
con piacere si scorrono le pagine dedicate direttamente all’eccellenza
della Regola. Anche i versi sparsi in tutta l ’opera spezzano la monotonia
del pesante ragionamento condotto con argomenti spesso« ad hominem ».
Alle ripetute citazioni dal B. Soreth e dal Lezana si aggiungono lunghe
trascrizioni dal V. P. Michele di S. Agostino (n. 202 ss.), da Siberto,
citato sotto il nome di Ribot (n. 144 ss.). Mentre si riportano al com­
pleto il commento del Baconthorp (n. 205 ss.), e l ’esposizione spirituale
e mistica del Ven. Girolamo Graziano, tradotta in latino sulla versione
del Bovio (n. 215 ss.).

S t e f a n o d i S. F r a n c e s c o S a v e r i o ( f ] 685), Provinciale
della Riforma di Rennes, nell’opera postuma « Exhortations Monasti-
ques... sur la Règie de l’Ordre de la B. H. Vierge M . du M . Carmel »
(Rennes 1687) espone lungamente i benefici dell’esatta osservanza della
Regola e delle Costituzioni della Riforma. Sono elevazioni spirituali di
fine intuito mistico, con moltiplicate citazioni della Sacra Scrittura,
Santi Padri, leggi ecclesiastiche, opere di S. Teresa, commento del
B. Soreth e Costituzioni della Riforma di Rennes. Si riscontra dipen­
denza anche dal Ven. Giovanni di S. Sansone (cfr. pag. 189 s. et 200).
Potrebbe dirsi un ottimo corso di esercizi spirituali diviso in 78 confe­
renze delle quali 10 sono per il Prologo della Regola e 17 per il primo
capitolo. L ’autore si dirige alle suore dei monasteri di Rennes e di
Ploermel.
La Regola ci manifesta la volontà di Dio dovunque ci chiama : al
coro, preghiera, refettorio, ricreazione, in cella (p. 15) ; ci allaccia ripe­
tutamente alla Vergine ed al S. Profeta Elia (p. 19), ad imitazione del
quale « non siamo religiosi carmelitani per studiare, predicare, confes­
sare, interessarci del mondo, convertire i popoli, ma per vivere a Dio,
unirci a Lui attaccandoci fortemente cogli esercizi interiori della pre­
ghiera » (p. 49). L ’eccellenza della spiritualità nel nostro Ordine è data
dalla preferenza della contemplazione su ll’apostolato (p. 53).
L a nostra obbedienza sia secondo la generosità della professione, non
limitata al solo necessario come per lo schiavo e il mercenario, ma totale
e semplice come quella d ’un bambino (pp. 231 e 259).
Il silenzio e la contemplazione fanno maggiormente comprendere la
vocazione religiosa : la loro osservanza è il segreto per avvicinarsi a
i i 8 P. ALBERTO M. MARTINO, O. CARM.

Dio (pp. 383 et 605). La sollecitudine di prepararsi al combattimento


spirituale a cui ci esorta la Regola, deve essere totale. Il nemico per la
sua natura penetrante, conosce tutti i modi di sedurci — il nostro tem­
peramento, umore e inclinazioni e non gli resta che adattarsi ad essi
per portarci alla rovina. Non tralascia nessun mezzo pur di farci cadere
almeno in qualche fallo anche se evitiamo il resto. Le nostre armi per
combatterlo non debbono essere quelle della natura, ma soprannaturali,
perchè le nostre vittorie servono per il cielo (pp. 529 et 531).

G i u s e p p e M a r i a F o r n a r i ( f 1707) : « Regola oggidì pro­


fessata da’ Carmelitani » in «Anno Memorabile dei Carmelitani» to. II
(Milano 1690) pp. 284-299. Si dilunga a ripetere piuttosto notizie sto­
riche dal Lezana ed esortazioni con esempi dal P. Michele di S. Ago­
stino e dal P. Valentino di S. Amando, senza mai indicarli. Accetta il
parallelismo del Baconthorp, rimandando però a Girolamo Graziano.

V a l e r i o X i m e n e z D e E m b u n ( t 1634) Provinciale di Ara­


gona pubblicò « Notas a la Regia data a Ios religiosos carmelitas por el
Patnarcha S. Alberto » (Zaragoza 1633). Un secondo volume è citato
ms. (B . C. II, 860).

M a t u r i n o A u b r o n ( t 1645) Vicario Provinciale della Riforma


di Rennes : « In Regulam Ordims Carmelitici Commentarium », ms.
(5 . C. II, 420).
Ludovico Jacob attribuisce a L i v i n o C a n i s i o d e l l a S S . m a
T r i n i t à ( t 1650): « Scholia et notae in Regulam et Statuta sui
O rdm is» (B .C . II 257).

G i o v a n n i T h u a u t ( t 1653), Provinciale e Riformatore del Car­


melo di Aquitama : « Commentaire sur la Règie des Carmes », ms. (cfr.
però B. C. II, 1 30).

M a r c o A n t o n i o A l e g r e D e C a s s a n a t e ( f i 658) :
« Commentarli Morales super Regulam primitivam quam Patriarcha
Albertus Carmelitis dedit », due libri mss. (B. C. II, 309).

L i c i n i o d i S . S c o l a s t i c a (Pietro Virdou t 1674) pubblicò


in francese « Dissertations ou exhortations sur la Règie des Carmes »
(B. C. II, 254).
Il P. Norberto di S. Giuliana tra ì mss. di T i l m a n n o d i S. E l i a
IL c o m m e n t o d e l l a r e g o l a 119

(f 1697) Commissario Generale in Germania Superiore e Polonia, ri­


corda «Stromata Regulae Albertinae Ord. Carm. » (B .C . p. X L III).
Si ricorda infine 1’ « Archilogium Rheno-Carmelitanum » di F i l i p P 0
d i S . G i o v a n n i ( t 1697) (cfr. B C. p. X L II).
Attraverso i repertorii bibliografici non è stato possibile rintracciare
il titolo fiammingo dell’opera di D a n i e l e d e l l a V e r g i n e
(Audenarde t 1678) « Delineatio tertiae regulae carmelitarum » (Ant-
werpiae 1666), ricordata in B .C . I, 378. Fuorché il Villiers per svista
non intenda indicare l’opera « Albeeldinghe van de derde Orden des
Berghs Carmelus » (Antwerpen 1648 ; Brussel 1666) : che non ci riguai -
derebbe affatto, trattandosi di una esposizione sul terz’Ordine Carme­
litano. Del resto il pensiero dell’autore sulla Regola è chiaro dalle osser­
vazioni sparse in « Speculum Carmelitanum » e « Vinea Carmeli » (An-
twerpiae 1662).

SE C O L O X V III

Nessuna particolarità si rileva negli autori del sec. X V III che nei
brevi commenti si limitano ad elevazioni ed esortazioni.
L ’opera di F r a n c e s c o P a s t o r diretta a religiose ha questo
titolo : « Regia y Constituciones de las Religiosas de la Orden de la
Bienaventurada siempre Virgen Maria del Monte Carmelo de la anti-
gua y regular observancia ».8 Nella prima parte riservata alla sola
regola — premesse alcune note sulla storia dell Ordine, si espone la
Regola in forma catechetica, senza alcun conto della critica. Si indi­
cano però le fonti consultate : B. Soreth, Lezana, Giovanni di S. An­
gelo, Ven. Tommaso di Gesù, Ven. Girolamo Graziano, le Costituzioni
della Riforma di Rennes. Si rimanda ai decreti particolari per la Spa­
gna emanati dal Priore Generale Stefano Chizzola nel 1595.
Accurate sono le note per la spiegazione dell’obbligo dell’Ave Maria
e la determinazione dei « giorni solenni » nell ufficio dei « Pater Noster ».
Opportuno è il testo del Cap. Gen. 1645 (e non 1647 !) con cui si di­
chiara che l’ufficio dei Pater Noster non può sostituirsi con quello parvo
della B. Vergine nè con altro (p. 73 s.). Sorprende leggere la dispensa
del silenzio al refettorio riservata al Papa (p. 62).
G i u s e p p e M a r i a S a r d i scrisse « Il Giovane dell Ordine

8 S egu iam o la secon da ed izio n e (Z arago za 1856). N o n è sta to possib ile co n ­


su ltare la p rim a edizione : Regla y Constituciones de los religiosos de la Orden
de N .S . del Carmen (V alen cia 1752)-
120 P. ALBERTO M. MARTINO, O. CÁRM.

della S. V. M. del Carmine dell’Antica Osservanza istruito nella sua


Regola nei suoi obblighi e nei suoi privilegi» Venezia 1737.
Dallo stesso titolo si intravede la divisione dell’opera in tre parti delle
quali a noi interessa la seconda : « Obblighi a ’ quali è tenuto chiunque
professa la Regola Carmelitana» (pp. 21-45).
Il richiamo alle Costituzioni del tempo (del Generale Gregorio Canali :
a. 1626) ; le citazioni più che comuni dei decreti pontifici, della Sacra
Scrittura e dei Santi Padri variano la monotonia delle esortazioni cul­
minanti sempre in minacce di « irrevocabili, tremendi, formidabili »
castighi divini, o pene canoniche contro i trasgressori della Regola.
Contro l ’ozio indica i mezzi : « Nunc lege, nunc ora, nunc cum fervore
labora : Sic erit hora brevis et labor ipse levis » (p. 40).
P. I g n a z i o M a r i a R o s s i : « II Novizio Carmelitano istruito
dal suo maestro nello stato religioso, Regola e Costituzioni del suo Or­
dine » (Napoli 1764) 119 ss. In maggioranza sono istruzioni sui tre voti,
vita comune e prassi della vita interiore ; in parte poi ampliate dall’autore
ne « I l Priore Carmelitano...» (Palermo 1768).
Degna di rilievo la nota sul digiuno prescritto una volta la settimana
per 1 intero anno nella Bolla di mitigazione di Eugenio IV. Col Lezana
ricorda che si tratta di obbligo necessario non per l ’uso della mitiga­
zione, ma per il diritto all Indulgenza plenaria « in articulo mortis ».
Questo digiuno attualmente non obbliga più mentre la stessa indulgenza
si acquista per concessione del Pontefice Paolo V (p. 262).
Non è stato possibile consultare la « Disciplina religiosa en Conside­
raciones espirituales y reflexiones morales» (Madrid 1717) del P. G i o ­
v a n n i d i S. A n g e l o — omessa anche in B. C. I, 727 — che viene
considerata il migliore commento del secolo per ampiezza e contenuto.
T ra le opere di P i e r T o m m a s o P u g l i e s e ( f i 707), Provin­
ciale di Calabria, è ricordata la « Histonco-ascetica et moralis explicatio
in Regulam Carmelitarum » già annunziata dallo stesso autore e che il
Villiers dice pubblicata in Napoli, senza indicarne la data (B. C. II, 615).
A P. C a r l o F i l i b e r t o B a r b e r i ( f i 722), Generale dell’Or­
dine, viene attribuito il ms. « Disciplinae Carmelitarum libri tres». Questa
notizia sfuggita a B. C. I, 317 è registrata in « Scriptorum Ord. Car­
melitarum cod. I l i » p. 231 (ms. all’Archivio dell’O rdine): dove si
elencano gli argomenti dei vari capitoli.
Nello stesso Archivio sono conservati i mss. del P. Potenza e del
P. Bagnari : L ’opera del P. Serafino Maria Potenza ( t 1763) ha per ti­
tolo : « Introduttione nella mistica Terra del Carmelo o ’sia il Novitio
Carmelitano istruito nella perfettione della sua Regola, e nell’santo eser-
IL COMMENTO DELLA REGOLA 1 21

citio dell’oratione. Con le Regole de’ Noviziati Carmelitani — S. Maria


della Vita di Napoli 1721 ». Solo la prima delle tre parti (fol. 9r-36v)
parla sulla Regola. Si trascrive dal Baconthorp, Ven. P. Michele di
S. Agostino, Giovanni 44, B. Soreth, Costituzioni di Rennes. Si citano
esempi di S. Maria Maddalena de’ Pazzi. Esula ogni riferimento storico
(cfr. Anal. II, 319 ; B. C. II, 737).
Le note del P. P i et r o B a g n a v i ( j 1749) negli « Annales Carme-
litarum » voi. I (Romae 1746) pp. 159-180 ; 199-206 trascrivono dal
Lezana (Annales IV). Piace l’esposizione contro il Mireo (Van den
Eede) su Alberto di Amiens preteso legislatore dei Carmelitani (p. 156 s.).

SE C O LO X X

Per le commemorazioni centenarie del 1926 non si sono riscontrate


pubblicazioni di carattere scientifico sulla Regola.
L ’opuscolo « L a Regia de la Orden Carmelitana » (Madrid 1926) del
P. S a l v a t o r e d e l l a M a d r e d i D i o M o l l a è piuttosto
diretto alla divulgazione di cose carmelitane con entusiasmo e tradizio­
nalismo. Sorprendenti appariscono alcune spiegazioni sull’astinenza e
digiuno (p. 115 s.) e a riguardo della salmodia (p. 118). Mentre soddi­
sfano le note sui motivi del lavoro manuale (p. 119) e 1 asserzione ovvia
che la descrizione delle armi per il combattimento spirituale fu ispirata
al Santo Legislatore dall’armatura crociata del tempo (p. 121).
Si aspetterebbe un parallelismo tra la vita della B. Vergine e la Re­
gola Carmelitana, nell’opera del P. L o r e n z o D i e t h e r ( t 1936) :
« Imitation of Mary or A Brief Commentary on thè Carmelite Rule »
(Chicago 1928). Ben limitati invece sono i riferimenti diretti. Mentre
abbondano le esortazioni e le elevazioni per la vita spirituale e mona­
stica. Del resto l’autore parla ai novizi (p. 18). Le relazioni dei Religiosi
colla B. Vergine sono completate con riferimenti storici alle tradizioni
mariano-carmelitane.

P. G i o v a n n i d e l l a C r o c e B r e n n i n g e r { f i 946). Il « Di-
rectorium Carmelitanum vitae spirituale » (Typis Polyglottis Vaticanis,
1940) — compilato in anonimo dal compianto P. Giovanni della Croce
Breninger — dedica alcune pagine a una schematica spiegazione della
Regola : « Sanctae Regulae brevis explicatio » (pp. 152-156). Sono note
ascetiche o di carattere giuridico che quasi indice precedono le eleva­
zioni sparse nella IV parte riservata alla «V ita Carmelitana» (pp. 341-
122 p. a e b e r t o m . m a r t i n o , o . c a r m .

535). Il riferimento particolareggiato alle Costituzioni — quelle della


Riforma di Rennes aggiornate col Diritto Canonico — ai decreti pon­
tifici e alla tradizione dell’Ordine, danno carattere scientifico alla brevità
dell’esposizione.
Tra i mss. dell’autore si conserva un altro commento più ampio in
lingua italiana.
Piace infine ricordare anche gli articoli che si sono susseguiti negli
ultimi anni. Il P. B a r t o l o m e o M. X i b e r t a ha esposto il ca­
rattere giuridico della Regola nell’articolo « Carmes Chaussés (Règie
des) » comparso in « Dictionnaire de Droit Canonique » t. II (Paris
1937) col. 1354 ss.
Il P. S e r a p i o n e Z u k — attraverso i documenti pontifici e lo
stesso testo della regola sia primitiva che della revisione innocenziana
— ha illustrato l ’evoluzione storica della capacità di possedere in co­
mune nel nostro Ordine al sec. X III. La breve monografia è in Anal.
X (1938 ss.) 12 ss., col titolo «D e capacitate possidendi in communi
in Ordine Carmelitano Saec. X III» .
Negli stessi Anal. X III, 35 ss. si è iniziata la pubblicazione postuma
delle note esegetiche del compianto P. E u g e n i o D r i e s s e n ( t 1946):
« In caput X IV Regulae Ordinis Nostri Commentarius ».

Rom a, 1948

P . A l b e r t o M. M a r t in o O. C a r m .
Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 123-203

LA EXPO SICIÓ N C A N Ó N IC O -M O R A L
DE LA R EG LA C A RM ELITA N A SEGÚN
LOS CO M EN TA D O RES DESCALZOS

S u m m a r i u m . — N o tu la e q u ae d a m de p ra e cip u is c o m m en ta riis R e g u la e pri-


m itiv a e a p rofessoribu s C arm eli R e fo rm a ti a d o rn a tis exh ib e n tu r.
I. R e ce n se tu r olim a gita tissim a e t m odo n on du m th eo re tice om n ino so p ita
qu aestio de n a tu ra o b lig a tio n is a R e g u lis e t C o u stitu tio u ib u s p ro ven ien tis.
I I . O b liga tio R e g u la e p rim itiv a e O rdin is C arm e lita ru m :
1) in genere e x con su etu d in e religion is, e x p lic itis d e cla ra tio n ib u s firm a ta ,
c o n s ta i esse d u m ta x a t sub v en ia li, q u a m q u a m v i v erb o ru m p o tiu s su b g r a v i
adstrin gere v id e re tu r ;
2) Q u aed am su u t in specie p ra e sc rip ta q u oru m tran sg ressio « v i R e g u la e »
v en ialem c u lp a m im p o rta u t, u ti de co m m u n i refectio u e, de usu reru m h a b ita
v en ia S up erio ris de recessu cellu laru m , de assidua o ratio n e ac m e d itatio n e, de
d iv in i o fficii recitation e, de p ro h ib itio n e d icen d i a liq u id esse p ropriu m , de q u o ­
tid ia n a sacri audition e, de c o n v e n tu a li c eleb ratio n e c a p ita li, de ieiun io e t ab-
stin e n tia a carn ib us, de silen tio n o ctu rn o tem p o re se rva n d o etc.
Q u aed a m c a p ita nonnisi e x h o rta tio n e s seu m ó n ita referu n t. T a n d e m non n ulla,
ob im m u ta ta s con dition es, fu e ru n t te m p o ris decu rsu v i p ra e c e p tiv a prorsus
d e s titu ía .

Al celebrarse el séptimo centenario de la confirmación de la Regia


dada por S. Alberto Patriarca de Jerusalén a los moradores del Monte
Carmelo, creemos será oportuno exponer el sentido canónico-moral que
los comentadores del Carmen Descalzo dieron al mencionado docu­
mento, ya para presentar uno de las pocos ejemplos de obligación mo­
ral leve que la historia de las Reglas monásticas y Constituciones de
las Ordenes religiosas nos ofrece, ya para conocer mejor la fuerza obli­
gatoria que en el Carmen Reformado se atribuyó a los diferentes pre­
scritos del venerado código carmelitano.
En otros estudios que el lector podrá ver en este mismo número se
exponen las vicisitudes históricas de la Regla de S. Alberto, y por esto
bastará notar en estas páginas que los comentadores descalzos se re­
fieren siempre a la Regla confirmada por el Sumo Pontífice Inocencio IV,
llamada Primitiva, prescindiendo, por tanto, de las mitigaciones o de­
claraciones de Eugenio IV, y otras facultades posteriores, a las cuales
renunció la Reforma de S. Teresa.
124 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

Buena parte de los comentadores de la Regla en el Carmen Descalzo,


siguiendo el ejemplo de los de la Antigua Observancia, expusieron jun­
tamente el aspecto canónico y ascético o espiritual de dicho documento,
con la prevalencia casi exclusiva de éste y el olvido frecuente de aquél.
La razón debe buscarse, sin duda, en la misma naturaleza de estas leyes
que generalmente se encaminan a preceptuar y recomendar lo que es
de consejo, y en el fin inmediato que se proponían al escribir, esto es,
excitar a los que la profesaban a la generosa ejecución de cuanto en
ella se contenía y de lo que con ella conservaba directa relación.
No faltaron, sin embargo, doctos varones, en ambas Observancias,
que directa y únicamente expusieron el sentido canónico-moral de la
Regla, prescindiendo por completo de la parte exhortativa de la misma.
Ya de esto se colige que los comentadores que para nuestra exposi­
ción tienen interés casi exclusivo, son los que, al menos prevalente-
mente, la expusieron bajo este aspecto, y por tanto a ellos hemos de
¡imitarnos en nuestro estudio. No pretendemos haberlos consultado todos,
pero sí creemos poder referir lo que han sentido los más importantes.
Daremos en primer lugar una breve noticia de algunos comentarios
y luego sucesivamente expondremos lo que pensaron sobre la obligación
de la Regla en general y de sus diversos prescritos, en particular, dando
antes una breve noticia de la controversia sobre la obligación de las
Reglas monásticas.

Noticia sobre algunos comentarios.


Seguiremos el orden cronológico en la exposición de estas breves notas.
En primer lugar viene el del P. J e r ó n im o G r a c ia n d e l a M a d r e
DE D lO S, el cual si bien escribió por mandato del Generalísimo de la
Antigua Observancia a la cual pasó por mandato del Papa en 1595, luego
de haber sido expulsado de la Reforma por el P. Nicolás de Jesús María
(Dona) y haberse librado de los Turcos, nos parece que no hemos de
prescindir de él tratando de los comentarios escritos por los descalzos,
ya que continuó tan hijo de Santa Teresa dentro de la Reforma como
fuera de ella. Además que, como el mismo nos dice, si bien muchas
doctrinas expuestas en su comentario «son state (lette) alia luce nei libri
di Roma, sono pero gran parte state studiate, et meditate all’oscuro
nella Mazmorra Bagno di T en esi»,1 y lo escribió entre 1595 y 1600
poco después de pasar a los observantes.

1 F r a G ir o e a m o G r a t i a n o deeea Ma d r e di D i o , D ella d iscip lin a regolare,


In V e n etia , ió o o .
DA EXPOSICIÓN CANÒNICO-MORAL DE DA REGÍ.A CARMELITANA • I 25

EI Mandato que tenía del P. Fr. Enrique Silvio Maestro General,


era «c h ’esponesse la Regola nostra con sensi morali e spirituali».2 De
hecho, el P. Jerónimo nos da dos comentarios, el primero — que tiene
algún interés para nuestro trabajo — costituye una exposición ascético-
moral o tratado de perfección religiosa construido sobre la Regla del
Carmen, y cuyo fin y método expone el mismo autor cuando dice :
«N on è intention mia far parafrasi della Regola, dichiarandola parola
per parola per l ’ordine, ch’ella è scritta, ma si bene congiungendo
diuersi punti della Regola, che trattino della medesima materia, e virtù
scrivere sopra quello la dottrina, che sarà più uniuersale et utile per
tutte le religioni. Ne meno pretendo disputare a modo di sommista i
casi di conscienza, quali in queste materie regolari ne si offriranno,
ancorché non resterò di trattarne alcuni con breve risolutione, seguendo
l’opinione che mi parerà più vera per insegnar quello, a che le anime
sono oblígate nella Osservanza... L ’intento mio è in questa opera in­
segnare a tutti i Religiosi, come hanno di osseruare la sua Regola con
Perfettione, e spirito, e principalmente la Regola della Beatissima Ver­
gine del Carmine ».3
De esto ya se puede colegir que sólo algunos puntos de su comen­
tario expuestos muchas veces casi incidentalmente, tienen importancia
para nuestro objeto. La erudición del Padre Gracián es inmensa, pero
no todas las fuentes que usa resistirían a la crítica histórica de nuestros
días ; a esto se añade que él, como casi todos los comentadores, tiene
muy puesta en la mente la descendencia, llamémosla jerárquica, de la
Orden del Carmen de aquellos grandes profetas Elias y Eliseo.
El segundo es un comentario espiritual y místico, breve de solos 13
folios de los 334 que la obra contiene.4
Esta fue escrita en castellano y traducida al italiano por el R. P. Maes­
tro Juan Antonio Bouio de la Antigua Observancia.
La citaremos de esta manera : Della Disciplina monastica, fol.
Debemos a la bondad del R. P. Evaristo de la Virgen del Carmen
de nuestra Provincia de Castilla el haber podido aprovechar una copia
fielmente sacada de un manuscrito que contiene varios opúsculos en
tre los cuales, « Exposición de nuestra regla primitiva », que comprende
unas 6 0 páginas, cuyo autor es, casi con certeza el P. J o s é d e S. F r a n ­
c is c o (1 5 6 9 - 1 6 3 5 ), compuesto probablemente los últimos años del siglo

2 O. c., C a r ta del G en eralísim o p resen ta n d o la ob ra a la Orden. (Ib id .) .


3 O. c., In tro d u ttio n e .
4 Espositione spirituale et m istica della stessa regola del Carm ine, ouero R e ­
gola vn itiua d ell'A n im a con Christo (o. c., fol. 321-233).
126 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

X V I o primeros del X V II,5 (ya que no cita al P. Tomás de Jesús que


tan buen comentario escribió sobre la Regla, publicado en Amberes
en 1617); fue maestro de novicios desde 1596 al 1625 y el comentario,
breve y elemental, se dirige a informar de sus obligaciones a los jóvenes
que deben profesar la regla primitiva o están en periodo de formación.6
El comentario más notable entre los Descalzos es sin duda alguna
el del P. T o m a s DE J e s ú s , hombre de gran talento, religioso virtuoso e
infatigable tanto en la regular observancia como en el celo por la sal­
vación de las almas.7 Entre otras muchas obras com puso: «Expositio
in omnes ferme Regulas Sanctorum, Basilii, Augustini, Benedicti, Fran-
cisci, ac aliorum Ordinum praecipue in Regulam Carmelitarum ».8 No
obstante el título que lleva esta obra, sólo trae una exposición extensa y
bien argumentada de la Regla carmelitana aduciendo las demás reglas
junto con muchas autoridades de los santos Padres, Doctores de la Iglesia
y canonistas, en confirmación de lo que sobre la dicha regla del Carmen
quiere sostener o ilustrar.
Al comentario propiamente dicho hace preceder, a modo de intro­
ducción, las diversas reglas observadas, según el sentir de la tradición,
por los moradores del Monte Carmelo, o sea las reglas, « quibus ordo
noster a prima sua aetate fuit adstrictus, ut sic gradatim ad Regulam
Alberti descendentes, eius sensum et mentem clarius percipiamus »,9
ya que ésta fue tomada de aquéllas. En sentir del P. Tom ás estas fueron
dos : la que estuvo en vigor durante la época que corre desde S. Elias
hasta Juan 44 Patriarca de Jerusalén (a. 414 p. Ch.),10 y la que tuvo
valor de norma, desde esta fecha, contenida o mejor constituida por el
libro « Institutiones pnmorum monachorum» atribuido a dicho Patriarca,11

3 R e v is ta A rchivo Carm elitano, v o i. I (1931), E n « S u p le m e n to de A rc h iv o » ,


p. 10 y sigs. (Solo se p u b lic ó u n n ú m ero p or im p ed irlo la re v o lu ció n o a d v e n i­
m ien to de la re p ú b lic a m a rx ista en E s p a ñ a ; el P . E v a r is to ilu stró la fig u ra
del P . Jo sé com o in tro d u cc ió n a los op ú scu los e sp iritu a le s d el m ism o que ib a
a p u b licar).
6 Ib id .
7 B ibliotheca Carm elitana, v o i. I, R o m a 1927, col. 815-819.
8 Com m entarla in cap. N o n dicatis X I I , Q. I , c. M on achi E t c. C um ad M o-
nasterium de S t a t v M on ach oru m , I n q u ib u s de n a tu ra v o t i P a u p e rta tis, D e
P r o p rie ta te a b d ican d a, D e lic e n tia S u p erio ru m p ra e re q u isita , D e v it a com ­
m uni, A c d en iq u e de P a u p e rta te in com m uni, ta m e x a n tiq u o ru m P a tru m ,
q u am a lioru m D o c to ru m se n te n tia a gitu r. A d iu n cta expositìone in omnes ferme
Regulas Sanctorum , B a s ilii, A u g u stin i, B enedicti, F ra n cisci, ac aliorum Ordi-
n um , praecipue in Regulam Carm elitarum , A n tv e rp ia e , 16 1 7 .
9 O. c., p. 1.
10 O. c., pp. 19-23- E s ta s n o ticia s n on son rig u ro sam en te e x a cta s.
11 E l m en cio n a d o d o cu m en to es de fe c h a m u ch o p osterio r. E l R . P . W essels
O .C ., d ice : « R e g u la m sic d ic ta m Io h an n is 44 D e Institucione priorum M on a-
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA 12 7

de cuyo original griego se hizo una traducción por Aymerico 12


hacia el año 1120, sirviendo como regla hasta que S. Alberto dio la suya
a los moradores del Monte Carmelo.13 Esta es la regla que comentara
el P. Tomás tal como fue el año 1248 modificada y confirmada por
Inocencio IV.14
El comentario del P. Tomás tiene grande importancia no solo porque
trata ampliamente, tal vez demasiado, todas las principales cuestiones,
sino también por el influjo que ha ejercido en los comentadores poste­
riores en el aspecto exegético-moral y canónico.
Lo citaremos poniendo la palabra inicial « Expositio» añadida la
página.
Contemporáneamente al P. Tom ás escribía el P. JüAN DE Jesús M aría,
maestro insuperable en la formación de los jóvenes religiosos de nuestra
Congregación de Italia, unas exhortaciones capitulares que pudieran
servir de norma a los Priores para explicar la Regla en los capítulos
semanales, cuyo título e s : «Disciplina monástica».15 El fin que el
autor se proponía en ellas era instruir y mover los religiosos al fiel cum­
plimiento de la disciplina regular y, por tanto, nada tiene de extraño
que poco insistiera en la exposición literal de la Regla ; en hecho de
verdad son más bien fervorosas pláticas ascéticas, a las cuales dan oca­
sión los prescritos de la misma, que no una exégesis de ella, únicamente
de modo incidental expone el sentido canónico-moral de alguno de sus
prescritos.
La citaremos, Disciplina monástica, vol. Ill, p. — , añadida la letra
en que se subdivide la página para mayor facilidad en hallar el texto,
sobreentendiendo siempre la edición de Florencia 1774.
El célebre prior de Medina de Rioseco, erudito e insigne predicador,
P. FRANCISCO DE S. ElíAS escribió un comentario extenso, lleno de eru­
dición y buen sentido, de mucha utilidad tanto en cuanto a la exégesis
de la regla como respecto a la doctrina ascética en relación con la mis­
m a.10 Usó dicho Padre el comentario del P. Tom ás de Jesús y casi siem­
pre sigue la interpretación de éste ilustrándola con nuevas razones y
ejemplos.

corum, op tim e scrib i p o tu isse t circa 1 1 50 » (A u a le c ta O rd. C arm elita ru m , v o i. I I I ,


p . 267 seq .). H a y quienes p ien san sea de é p oca m ás recien te.
12 E xp ositio, p. 23.
13 O. c., p p. 23-27. P ro b ab lem en te la re g la fu é d a d a p or S. A lb e rto el año 1309.
14 B u lla riu m Taurinense, v o i. I I , pp. 4 15 -4 17.
15 D iscip lin a monastica, in O pera O m nia, v o i. I l i , F lo ren tia e , 177 4 , pp. 1-63.
16 Comentarios y doctrina sobre la Regla p rim itiva de la Orden de Nvestra
Señora del Carmen, Segouia, 1638, in-folio.
FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

Lo citaremos por la palabra Comentarios, añadiendo la página y el


número.
Poseemos también un comentario ascético-doctrinal escrito en ita­
liano por el P . J o s é M a r ía de J e s ú s . 17 El autor nos da sus instruccio­
nes capitulares en forma de comentario a la regla primitiva, de una
manera por cierto muy original, o sea aduciendo « ad pedem litterae »
textos del Angélico Doctor, de tal manera que las dos terceras
partes están tomadas en esta forma del santo. Ni siquiera se preocupa
de darnos una citación cualquiera de los autores de la Orden que co­
mentaron la Regla. No ofrece interés para nuestro trabajo.
Otro comentario escrito en italiano, que forma cuatro gruesos vo­
lúmenes en folio, lo escribió el P . M a n u e l DE J e s ú s M a r ía . 18 Son una
colección de sermones morales sobre la Regla primitiva donde los Su ­
periores o quienes deben hacer instructiones, no sólo sobre la dicha
Regla sino sobre cualquier argumento de ascética religiosa y cristiana,
hallarán material abundantísimo, dispuesto según el orden de todos y
cada uno de los prescritos de la regla albertina, enpezando desde la
inscripción de la misma y terminando con el comentario a la última
cláusula : « utatur tamen discretione quae virtutum est moderatrix».
Apenas hay algo aprovechable para un comentario canónico-moral, si
bien, como ahora decíamos, ofrece abundantísima materia predicable.
Lugar muy distinguido merece el P. A n t o n i o d e l E s p í r i t u S a n t o
que nos ha dejado un excelente comentario canónico-moral, breve,
claro, sintético, en el cual refiere casi todo lo que sus predecesores T o ­
más de Jesús, Francisco de S. Elias y el insigne De Lezana de la An­
tigua observancia escribieron.19 Forma parte dicho comentario de la
«Sectio secunda, Disp. VI, tractatus III, pp. 116-130, n. 177-462, de
su obra meritísima, « Directorium Regularium ». En cuestiones de me­
nor importancia, en que De Lezana disiente de los descalzos, adhiere
a estos, aunque no deja de tener su propia sentencia en algunos puntos.
El modo de citarlo será: Directorium, con la página y el número
correspondiente.
Ponemos término recordando el comentario del P. Angelo del Sdo.
Corazón, que escribió un manual de derecho de los Regulares en el
cual nos da una explicación canónico-moral de la Regla, basada en la
síntesis de lo que sobre ella escribieron los comentadores de la misma,

18 P r io ri d ell’Ordine d e’ Carm elitani Scalzi, I n T o rin o 16 7 1.


drlln p , • Carmelo D iscorsi morali sopra la Regola prim itiu a dell'Ordine
della B eatissim a Vergine M a ria del M onte Carmelo, I n R o m a ano 1667.
V irecto n u m Regularium , V e n etiis 1697.
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA 129

ilustrada con las disposiciones legislativas del Carmen Descalzo. Obra


que fue adaptada al Código de derecho canónico y a las nuevas con­
stituciones de la Orden por al P. Nicolás del Inmaculado Corazón
de María.19“ 8

I.

Qué obligación imponen las Reglas monásticas.

Para comprender mejor el sentido que los Comentadores de la Re­


gla del Carmen han dado a la cuestión de la obligación de la misma,
será útil referir aquí, aunque sólo en líneas generales, la agitadísima
controversia, abierta hace ocho siglos y no del todo resuelta en nuestros
días, sobre la naturaleza de la obligación que imponen las reglas y
* * 20
constituciones. _
Sabido es que la vida monástica tuvo su formación y desarrollo junto
a aquellos insignes varones que, profundamente impregnados en las
enseñanzas del Evangelio, se apartaron « del mundanal ruido » para vivir
en soledad, abnegación total de sí mismos y trato continuo con Dios.
La fama de sus virtudes pronto les procuraba multitud de discípulos
que venían a escuchar, llenos de admiración y santo afan de aprove­
charse, las máximas de vida eterna aprendidas en la soledad con la
frecuente lectura de los Libros Sagrados y la continua oración. Día
tras día iban proponiendo estos Maestros del Yermo las sublimes ense­
ñanzas, que, recogidas amorosamente por los discípulos, las transmi­
tieron oralmente formando una rica tradición de consejos ascéticos y
monásticos amaestramientos. Estas mismas enseñanzas fueron más tarde
escritas por los Padres del desierto a instancias de sus hijos, dando
origen a las reglas monásticas.
Dichas máximas eran ciertamente de carácter espiritual, ascético, di­
rectivo, supuesto que, a pesar de las continuas insistencias y severas
.palabras con que algunas veces recomiendan y exigen la fiel observan­
cia de las normas establecidas, jamás se halla ni una declaración explí­
cita que determine o imponga su obligación bajo pena de pecado al­

xsbis M an uale Iu r is C om m unis Regularium et sp ecia lis Carm elitarum D isca l-


ceatorum, G an dae, 1899. vol. I, n. 507- 597. PP- 449‘ 527 1. Con idén tico títu lo
se pu b licó acom odad o al C ódigo y a la s n u e v as C on stitucion es, B u rgo s, 1929,
n. 473-469, p p . 172 -219 . . . ,
20 M o n z ó n C a n d id o S .I ., L a s Reglas de los Religiosos, su obligación y n atu ­
raleza jurídica, R o m a 1940 (I-X V , 1-360).
13° PR. VICTOR DP JESÚS MARÍA, O.C.D.

guno,21 ni una declaración implícita que suponga dicha obligación. Ver­


dad es que se encuentran frecuentemente expresiones que parecen im­
portar no sólo obligación leve sino también grave 22 : « praecepimus,
mandamus, praecepta etc. », pero la manera de proponer sus enseñan­
zas y recomendaciones es tal, que mas bien se infiere que al escribir
sus reglas otra cosa no pretendieron que exhortar a la observancia de
aquello que los antiguos Padres del yermo enseñaron y practicaron
para adquirir la perfección ; eran, por tanto, normas de carácter ascé­
tico, doctrinal, expositivo, en las que recomendaban, instruían, daban
consejos más bien que imponían mandatos.23
En aquellos tiempos no se ponía la cuestión, como se puso más tarde
y nos la ponemos hoy : i obligan las reglas bajo pena de pecado, grave
o leve, o solo a la pena establecida o que el Superior imponga, o ni a
culpa ni a pena, o se da finalmente otra obligación? Ni es extraño que
la cuestión no se formulase de esta manera, entre otras razones, por­
que no era tan aquilatada como hoy la distinción entre pecado mortal y
venial, y mucho menos entre el pecado venial y la imperfección;
aun en nuestros días se disputa esto último entre los autores.24
Para dictar una regla monástica antes del sig lo 'X II, no se necesi­
tará, como siglos adelante, la intervención de la autoridad pontificia,
sino que bastará ser fundador de un monasterio o haber reunido un
grupo de solitarios formando una comunidad. Pero un hecho de tran­
scendental importancia tuvo lugar a principios de dicho siglo. El Abad
S. Ruperto de Solesmes deseaba restituir al primitivo fervor la regla
benedictina un tanto relajada con el andar de los siglos. No encontrando
sino algunos pocos monjes dispuestos a la reforma, estableció con el
grupo de los que le siguieron el « monasterium novum», designado
más tarde con el nombre de « Cistercium » (Citeaux). Al propósito de
observar la Regla de S. Benito « sine glossa » y en todo su verdadero
espíritu, añadieron la llamada «Carta Charitatis», redactada por el
Abad Esteban Harding, en la cual se daba a la familia cisterciense una
forma centralizada, bastante menos estricta que la poseída más tarde
por las Ordenes mendicantes y otras familias religiosas, pero muy dis­
tinta de la que poseían generalmente los monasterios del gran Patriarca
de los monjes de Occidente.2'0 La llamaron así, los mismos que la

21 O. c., p p . 142-143.
22 O. c., p p . 158 -159.
23 O. c., p p . 163-182,
24 O. c., p. 335 n o ta 37.
P L ., v °l- l6 6 > i 3 7 7 _i384. N o c o n sta en qué fe c h a fu é d a d o este d o cu m en to,
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA I 3I

redactaron y luego los Sumos Pontífices, tal vez porque nada tem­
poral exigía de los monasterios que les estaban sujetos : « Abbatibus
et confratribus nostris monachis, quos per diversa loca Dei pietas per
nos misserrimos homines regulari disciplina ordinavit, nullam terrenae
commoditatis, seu rerum temporalium exactionem imposuimus », mien­
tras por otra parte se cuidan de su bien espiritual: « Curam tamen
animarum illorum gratia charitatis retiñere volumus, ut si quando a
sancto proposito et observantia sanctae Regulae, quod absit, declinare
tentaverint, per nostram sollicitudinem ad rectitudinem vitae redire pos-
sin t».26 Este documento obtuvo la aprobación de Calixto II el 23 de
diciembre de 1119, y de Eugenio III el 1 de agosto de 1152 por la Bula
« Sacrosancta Romana Ecclesia », en la cual se reproduce íntegramente,
como se hará luego en documentos posteriores del mismo genero, la men­
cionada «Carta Charitatis».27 Se añada a esto que el Concilio de Le-
trán(1215), posteriormente, mandó que no se escribiesen nuevas Reglas
monásticas, y aquellos que quisiesen eregir nuevas religiones debían
adoptar una de las aprobadas por la Iglesia.28
Dos fueron por tanto, las causas principales de las interesantes y apasio­
nadas controversias acerca de la obligación de las reglas monásticas .
el deseo de observar la Regla de S. Benito « sine glossa », y el haber
intervenido la suprema autoridad de la Iglesia en la aprobación de las
m encionadas^glas.
Si la Regla aebía observarse « sine glossa », en caso de violarla, c co­
mete pecado el monje por el mero hecho de haber transgredido lo im­
puesto sólo por la misma ? 0 en otras palabras : « c Cual es la obliga­
ción de la Regla?». Por otra parte las reglas monásticas ya no son, como
antiguamente, documentos dictados por la autoridad privada de un in­
signe Maestro que levanta un monasterio o constituye una comunidad,
sino normas sancionadas por la suprema autoridad de la Iglesia que
deben observar los religiosos que ya viven bajo ellas, y deben abrazar
las nuevas religiones sin poder crear otras, i Se transformaban, por
tanto, en verdaderas leyes?
Fue S. Bernardo quien primero trató la cuestión, rogado por sus

p ero es cierto que an tes de 1 1 1 9 , d a d o qu e lo con firm ó C a lix to I I este año (1. c.,
v o l. 166, 1378).
26 Ib id ., I 377-1 379-
27 B u lla riu m Taurinense, v o l. I I , 300, 582-587.
28 M a n s i , X X I I , 1002 : « N e n im ia relig io n u m d iv e rsita s g ra v em in E c c lesia
D e i con fu sio n em in d u ca t, firm ite r p rohib em us, ne qu is de cetero n o v a m reli-
gionem in v e n i a t ; sed q u icu m q u e v o lu e r it ad religio n u m co n ve rtí, n u a m de
ap p ro b a tis assu m at. S im ilite r q u i v o lu e r it re ligio sa m do m u m fu n d a re de no\o,
re g u lam e t in stitu tio n e m a cc ip ia t de re ligio n ib u s a p p ro b a tis ».
I 3'2 ER. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

monjes, y la resolvió, como era de suponer, dada la tendencia de su re­


forma, en sentido rigorista : los prescritos de la Regla de S. Benito son
verdaderos preceptos y obligan bajo pena de pecado mortal.29 Así pen­
saban también quienes defendían esta doctrina, creyendo hallar firme
argumento en aquellas palabras : « Absculta, o fili, praecepta magistri »,30
y también en la obligación de observar la Regla, aceptada por los san­
tos votos. Otros contradecían este modo de sentir insistiendo en el
mismo texto de la Regla benedictina, pero tomándolo íntegramente :
« Absculta, o fili, praecepta magistri, et inclina aurem cordis tui et ad-
monitionem pii patris libenter excipe et effieaciter comple ».31 No se
trata, por tanto, de una disposición imperativa que obliga bajo pena
de pecado mortal, sino más bien de una amonestación o exhortación
al cumplimiento de lo establecido en la Regla,32 y en cuanto al argu­
mento fundado en la profesión de la Regla, responden que no se hace
profesión de observar la Regla, sino de obedecer según la Regla.33 Ad­
miten, sin embargo, que obliga a pecado mortal lo que se comprende
en la materia de los votos, y a venial, todo lo demás que esté cierta­
mente preceptuado.34

En cuanto a la Regla de S . Agustín, insistiendo en la cláusula con


que comienza : « Haec sunt quae ut observetis praecepimus in mo­
nasterio constituti »,35 algunos sostenían que todo cuanto mandaba eran
verdaderos preceptos, y, por tanto, obligaban bajo pecado mortal. Pero
era demasiado evidente a quien considerase los diversos prescritos
de la misma, que dicha doctrina no podía admitirse. De aquí nacieron
diferentes opiniones que poco a poco se concretaron en la doctrina que
Santo Tomás expuso sobre las reglas : « In regula continetur aliquid
dupliciter... : uno modo sicut finis regulae, puta ea quae pertinent ad
actus virtutum : et horum transgressio, quantum ad ea quae cadunt

29 D e praecepto et dispensatione, cap . i , P h . v o l. 182, col. 861-862 : « O m nia


p roin de s a n c ti B e n e d ic ti in s titu ta , e x c e p tis san e n on n u llis d e sp iritu alib u s,
v e r b i cau sa, c h á n ta te , h u m ilita te , m an su etu d in e, q u ae n o n ta m ip se c o n sta t
in stitu is se q u a m D e u m ... de cetero re liq u a u n iv e rsa n o n p ro flte n tib u s q u id em
m ó n ita ta n tu m seu co n silia cen sen d a su n t, n ec g r a v a n t n on o b s e rv a ta ; cu m
ta m e n p ro fite n tib u s in p ra e ce p ta , p ra e v a ric a n tib u s crim in a f i a n t ».
30 Regula et Constitutiones S. B ened icti Abbatis, cum D eclarationibus et Con-
stitutionibus P P . Congregationis Casinensis, R o m a e 1880, p. 1.
31 Ib id .
32 B e r n a r d o s X C a s i n e n s i s , Speculum M onachorum , F rib u r g i B . 1901,
p. 99, 100.
33 Ib id .
34 O. c., 1 13 , 114 .
35 Regula S . P . N . A u r e lii A u g u stin i E p isco p i H ip p on en sis etc. R o m a e 1880,
P- 9 -
EA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE DE EA REGEA CARMELITANA 133

communiter sub praecepto, obligat ad mortale : quantum vero ad ea


quae excedunt communiter necessitatem praecepti, non obligat ad mor­
tale, nisi propter contemptum ; quia... religiosus non tenetur esse per-
fectus sed ad perfectionem tendere, cui contrariatur perfectionis con-
temptus. Alio modo continetur aliquid in regula pertinens ad exterius
exercitium, sicut sunt omnes exteriores observantiae ; inter quas sunt
quaedam ad quas obligatur religiosus ex voto professionis. Votum autem
professionis respicit principaliter tria praedicta, scilicet paupertatem,
continentiam et obedientiam ; alia vero omnia ad haec ordinantur. Et
ideo transgressio horum trium obligat ad mortale, aliorum autem.trans-
gressio non obligat ad mortale ; nisi vel propter contemptum regulae,
quia hoc directe contrariatur professioni, per quam aliquis vovit regu­
lärem vitam, vel propter praeceptum sive-oretenus a praelato factum
sive in regula expressum ; quia hoc esset facere contra obedientiae vo-
tum >>.36 Por tanto, el religioso está obligado bajo pena de pecado mor­
tal a cumplir todo lo que están obligados a cumplir los demás fieles ;
pecaría mortalmente, si despreciara la perfección a la cual tiene obli­
gación de tender ; asimismo, si violara uno de los tres votos ; finalmente,
si violara lo demás de la regla por desprecio. Ahora bien como los pre­
ceptos impuestos por la regla o por el superior se incluyen en el voto
de obediencia, resulta que todas las observancias de la vida regular con­
tenidas enH^t regla fuera de los tres votos no obligan a pecado mortal.
Por consiguiente, según el Angélico doctor, la obligación que nace de
la regla como tal, « ex vi regulae », no es obligación bajo pena de pe­
cado grave, i Obligará al menos a pecado venial ?
Respondiendo « ad primum » dice : « Ule qui profitetur regulam non
vovet servare omnia quae sunt in regula ; sed vovet regulärem vitam,
quae essentialiter consistit in tribus praedictis [scilicet votis]. Unde et
in quibusdam religionibus cautius aliqui profitentur, non quidem re"
gulam, sed, vivere secundum regulam : idest, tendere ad hoc quod aliquis
mores suos informet secundum regulam sicut secundum quoddam
exemplar... In quibusdam autem religionibus, adhuc cautius profiten­
tur obedientiam secundum regulam ; ita quod professioni non contrariatur
nisi id quod est contra praeceptum regulae. Transgressio vero vel ornis-
sio aliorum obligat solum ad peccatum veniale >>.37 Parece que la res­
puesta haya de ser necesariamente que la obligación en fuerza de la
regla es bajo pecado venial ; en cambio, respondiendo a la objeción :

36 Sum m a, 2-2, q. 186, a. 9.


37 L . c., ad p rim um .
*34 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

« Regula ¡mponitur religioso sicut lex quaedam. Sed ille qui transgreditur
praeceptum legis, peccat mortaliter. Ergo videtur quod monachus trans-
grediens ea quae sunt in regula peccet mortaliter», responde : « non
omnia quae continentur in lege traduntur per modum praecepti, sed
quaedam ponuntur per modum ordinationis cuiusdam, vel statuti obli-
gantis ad certam poenam... >>.38 De esto parece deducirse que Sto. T o ­
más no afirma absolutamente que todo lo preceptuado en la regla ade­
más de los tres votos obligue bajo pecado venial, ya que la regla puede
establecer algunas cosas a modo de ordenaciones o prescripciones que
obliguen a cumplir cierta pena. Por otra parte puede ponerse la cues­
tión : i Cómo puede determinarse en concreto la obligación de los di­
versos prescritos de la regla, salvo lo que respecta a los votos ? La cues­
tión quedaba ilustrada y parcialmente resuelta, no definitivamente de­
cidida, y sin decidir continuará teóricamente siglos adelante.

Para dar una respuesta definitiva que aquietará las conciencias se


recurrió a la declaración de la autoridad competente.
Los Padres de Santo Domingo reunidos en el Capítulo generalísimo
de París el año 1236 resolvían el problema mediante esta declaración :
« Volumus et declaramus ut Constituciones nostraé non obligent nos
ad culpam, sed ad poenam, msi propter praeceptum ve! contemptum »,39
lo cual fue extendiéndose poco a poco a la Regla.40
En la familia franciscana es donde surgieron más agitadas y persis­
tentes controversias. En hecho de verdad, las palabras de la Regla se
prestaban no poco a ello. Comienza de esta manera : « Regula et vita
Minorum Fratrum haec est, scilicet, Domini Nostri Iesu Christi sanctum
Evangelium observare, vivendo in oboedientia, sine proprio, et in casti-
tate »,41 y concluye como sigue : « paupertatem et humilitatem et sanctum
Evangelium Domini Nostri Iesu Christi, quod firmiter promissimus,
observemus >>.4“ c Debían cumplir todo lo que aconseja el santo Evan­
gelio, en fuerza de la Regla ? Por otra parte el Seráfico Padre les dejó
en su testamento el mandato de observar la Regla sin glosas. « Et omni-
38 L . c., a d secun du m .
39 Monumento, O rdin is Praedicatorum H istórica ; A c ta C a p itu lo ru m G en era-
liu m , v o l. I, p. 8.
40 D e h ech o S to . T o m á s, h a b la n d o de la o b liga ció n de la s reglas, dice de la
de su O rden : « I n a liq u a ta m e n religion e, scilicet, ordin is P r a tru m P ra e d ic a ­
to ru m , tran sg re ssio ta lis, v e l om issio e x gen ere suo n o n o b lig a t ad c u lp a m ñ e ­
qu e m o rta le m ñ eq u e v en ialem , sed solu m ad p a en am t a x a ta m su stin en d am ,
q u ia p er h u n c m o d u m ad ta lia se rv a n d a o b lig a n tu r » (Sum m a, 2-2, q. 186,
a. 9, a d i) .
41 B u lla riu m T a u rin ., v o l. I I I , 550.
42 B u ll. T au rin ., v o l. I I I , p. 550.
EA EXPOSICIÓN CANÓfcTICO-MORAE DE EA REGEA CARMELITANA 135

bus fratribus meis — dice — clericis et laicis praecipio firmiter per


obedientiam ut non mittant glossas in Regula, nec in istis verbis, di-
cendo : Ita volunt intelligi, sed sicut dominus dedit mihi simpliciter et
puré dicere et scribere Regulam, et ista verba ; ita simpliciter et puré
sine glossa intelligatis et cum sancta operatione observetis usque in
f mem >>.43
Las dificultades eran de mucha trascendencia y prácticamente inso-
lubles. Gregorio IX el 17 de octubre 1230, por la Bula « Quo elongasti »,
declaró que el testamento del Santo Fundador no obligaba a la Orden,
« cum non habeat imperium par imperandi» ; ya no era general y no
podía imponer tal mandato sin el consentimiento de los hermanos y
especialmente de los ministros de la Orden.44 Las controversias se acre­
cieron aún más y los Sumos Pontífices tuvieron que dar nuevas decla­
raciones. Inocencio IV con la Constitución, « Ordinem vestrum », del
14 de noviembre 1245, explicaba algunos puntos del documento de
Gregorio IX, y aquilataba algún tanto la extensión de la Regla en cuanto
al deber de observar los consejos evangélicos : « Per eamdem regulam
quoad observationem Evangelii quam iniunxit, nonnisi ad ea dumtaxat
Evangelii consilia tenemini quae in ipsa Regula praeceptorie vel inhibi-
torie sunt expressa >>.48 Pero esto no podía ser suficiente para quitar
toda duda; Nicolás III 46 emanó la Constitución « Exiit qui sem inat»
para cal r a l l a s conciencias, mas sin resultado; sólo cuando Clemente V,
en la famosa Decretal del 6 de mayo 1312, « Exivi de paradiso »,47 espe­
cificó los diversos preceptos explícitos e implícitos contenidos en la
regla, quedó definitivamente resuelta la cuestión en cuanto a lo que
obligaba bajo grave.
Como estas declaraciones poco significan respecto a la decisión ge­
neral de las muchas cuestiones que todavía quedaban sin definir, no
es extraño que se continuase disputando con calor.
En hecho de verdad era esto muy poco para resolver el problema
de la obligación de las reglas. Sobre la de S. Benito ninguna disposi­
ción común para toda la familia benedictina se había dado ni doméstica
ni pontificia ; y mientras los Cistercienses en parte sostienen la doctrina

43 I,. W a d d i n g , A n u a les M in orum , v o l. 2, Q u a ra c ch i 19 3 1, p. 163.


44 O. c., 2, 279 ; B u ll. T a u rin ., v o l. I I I , 500 : « ... q u od sine consensu fra tru m
e t m á x im e m in istroru m , qu os u n iv erso s ta n g e b a t, ob ligare n e q u iv it, n ec suc-
cessorem su u m q u o m o d o lib e t o b lig a v it, cu m n on h a b e a t im p eriu m p a r im p e ­
ra n d i n.
43 B u ll. T a u rin ., v o l. 3, col. 520.
48 N icolau s I I I , C o n stititio n e « E x iit q u i se m in a t ». E p ito m e P o n t. C o n stitu -
tio n u in O p era A lo y s ii G uerra, V e n etiis 177 2 , to m . I V , p. 32.
47 C. 1, V , 11 in Clem.
136 PR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

de S. Bernardo que defiende la obligación de la Regla bajo pecado


mortal y en parte se alejan del Doctor Melifluo asegurando que « vi
regulae» obliga sólo a pecado venial, la tradición de Monte Cassino y
de la mayor parte de las Congregaciones benedictinas niegan la obli­
gación « ad culpam » de la regla de los monjes de Occidente.
L a decisión del Capítulo generalísimo de los Padres Dominicos re­
solvió auténticamente la obligación de las Constituciones — luego se
fue entendiendo también de la Regla — « non ad culpam sed ad poe-
nam » ; pero esto no lo resolvía todo, ya que podía preguntarse : ¿ Cuándo
empieza esta obligación, al momento de cometer la falta sancionada por
la Regla, o tan sólo cuando es impuesta por el Superior? y en el caso quo
el Superior la imponga ¿obliga en fuerza de la Regla o en virtud del
mandato del Superior ?, y, lo que interesa más todavía : c Hay obliga­
ción de cumplir la pena en conciencia, o sea, bajo pecado?
Por declaración pontificia era cierto que la Regla del Seráfico Pa­
triarca contenía unos 27 preceptos bajo grave, pero c y todo lo demás
prescrito en ella obligaba a pecado venial o-sólo «a d poenam »?
Sobre la Regla Carmelitana ninguna declaración explícita tenemos
hasta la segunda mitad del siglo X V I, pero había una tradición con­
stante come luego tendremos ocasión de decir.
A todo esto se añade que los criterios para indagar la voluntad del
legislador, cuando no había una declaración explícita de su voluntad,
no eran por todos unánimemente admitidos. En cuanto a muchas pa­
labras y modos de decir, se ponía en duda si importaban precepto o
sólo recomendación o consejo ; y no pocos sostenían que aun las pa­
labras en sí preceptivas no lo eran tratando de tal o cual regla en parti­
cular. N i finalmente era del todo claro si la Regla añadía nueva obli­
gación cuando mandaba lo ya preceptuado por la ley divina o eclesiástica.

De todo esto bien puede inferirse que las discusiones debían ser ne­
cesariamente muchas, arduas e inconcluyentes. Harto se ha disputado
y mucho puede todavía disputarse. Un estudio cuidadosamente hecho,
que hemos aprovechado para hilvanar estas noticias sobre el estado de
la cuestión, concluye con esta afirmación, o, mejor diré, legítima con­
clusión de su trabajo : « las reglas como tales obligan bajo pena de im­
perfección positiva >>.48
Tal estado de cosas explica perfectamente cómo en la mayor parte
de las constituciones se halle hoy la declaración explícita de la obliga­

48 M o n z ó n C a n d i d o S .I ., L a s Reglas de los Religiosos etc., p. 354.


DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAD DE DA REGDA CARMERITANA I 37

ción que imponen las Reglas y Constituciones, que generalmente suele


ser sólo « ad poenam ».

II.

C Cuál es la obligación que impone la Regla Carmelitana ?


Tan agitada y teóricamente insoluble se hallaba la cuestión de la
obligación de las reglas monásticas, como acabamos de referir, cuando
el principal de los Comentadores Descalzos, P. Tom ás de Jesús, escri­
bió su tratado ^E xpositio in omnes ferme Regulas Sanctorum Basilii,
Augustini, Berí \icti, Francisci ac aliorum Ordinum, praecipue in Re-
gulam Primitivam Carmelitarum » ; el cual, según hablando de los Co-
mentatores hemos notado,49 casi exclusivamente habla de la Regla Car­
melitana.
Advertimos enseguida que entre los comentadores literales el dicho
Padre, no sólo tiene un lugar preferente, sino que bien poco de nuevo
han dicho después los autores que hemos podido consultar, y por tanto,
queriendo reproducir la doctrina o interpretación que estos dieron a
la Regla, forzosamente nuestra exposición irá basada sobre el comen­
tario del P. Tomás,
El mencionado autor tuvo clara percepción de la dificultad del pro­
blema que se proponía tratar, como lo prueba la introducción al « Du-
bium V III » de la segunda parte, que propone de esta manera : «D e
obligatione Regulae : An, scilicet, obliget ad mortale, an vero ad veníale
peccatum, sive potius ad nullum »,50 y continúa diciendo : « Huius dubn
resolutio adeo gravis et difficilis auctoribus visa est ut Caiet [anus] ...
Summum Pontificem adeundum pro eius solutione putet,61 Angelus,
verbo (praeceptum) eamdem circa D. Augustini regulam, declarationem
desiderat,02 Navarrus, vero vir alias rebus moralibus aptissimus, hanc
investigationem— ita difficilem et abstrusam arbitratur, ut ibi asserat
praeoptasse se ut a Concilio Tridentino diffiniretur.53 Quod et expectasse
Henricum et Caietanum, ibidem asserit ille. Et Sylvester, verbo (lex)

49 V é a se , p . 3.
50 E x p o sitio , p. 132. — H a b la e v id en te m e n te en e sta d u d a de la R e g la p ri­
m itiv a del C arm en.
61 « E t om n im od a certitu d o h u iu s qu aestion is, q u o a d iu s com m une, defini-
tio n em a u c to r ita tiv a m A p o s to lica e S ed is e x ig ere v id e tu r » (Com m entarium Car-
d in alis Caietani, in 2-2, q. 186, a. 9, ed ición L e o n in a v o l. 10, R o m a 1899, p. 503
52 A n g e d u s d e C d a v a s io , Sum m a A n gélica, V e n etiis 1578 , v . praeceptum.
63 N a v a r r u s (M a r t i n u s d e A z p id c u e t a ), C o n silia et Responsa, c. 23, n. 48
. (cita d o p o r el m ism o P . T om á s).
13« FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

nihil se potuisse in hac re exploratum et certum habere confitetur ».54


Luego recuerda la grande dificultad que tuvieron los Menores Fran­
ciscanos acerca de la obligación de la Regla, los cuales, sólo mediante
la decretal « Exivi de paradiso » y las otras dadas anteriormente a este
fin, pudieron obtener la paz de sus conciencias.55
Se trata en el caso, sin duda alguna, de conocer y manifestar la mente
del institutor o legislador, y para esto es necesario saber cómo podre­
mos deducir la intención del mismo y qué medios podrán ayudarnos
a colegir « quando lex in concientia obliget, et praeceptiva sit, quando
vero directiva tantum aut poenalis solum ».56

Dos puntos importantes.

Antes de referir los criterios que le sirven de norma para investigar


la mente del legislador, notaremos estos dos puntos de capital im­
portancia : el primero, la noción de precepto ; el segundo, la fuerza
de la costumbre en determinar o interpretar el sentido de una ley.
« Praeceptum dupliciter sumi, [constat], primo stricte et proprie sive
antonomastice pro illo praecepto cuius transgressio est mortalis. Se­
cundo sumitur latius, prout solum eius trangressores venialis culpae
reos constituit *>. Esta acepción, que muchos designan con el nombre
de « mandatum sive statutum » y que obliga bajo venial, tiene un tér­
mino medio entre el precepto, que obliga bajo pena de pecado mor­
tal y el consejo o exhortación, que no obliga a pecado alguno, si bien
tanto el uno como la otra se incluyen « sub nomine praecepti generict
sumpti, de cuius ratione est obligatio ad culpam, abstrahendo a mor-
tali et veniali», y la razón es manifiesta : el pecado venial es también
de materia prohibida, « ut constat de mendacio aut verbo iocoso, ergo
est contra praeceptum quia prohibido inter reliquos actus legis con-
numeratur a D. Thoma >>.57 Es la doctrina que Cayetano defendía como
propria del Angélico Doctor contra algunos que parecían desconocerla.58

54 E x p o sitio , p. 132.
55 Ib id .
56 Ib id .
57 O. c., p. 133.
58 « I n te r o b lig a tio n e m n am qu e ad m ortale, e t lib e r ta te m a d op era consilio-
ru m , m e d ia t o b lig a tio a d v en iale. Ita q u e su b p ra e ce p to c a d it om n is ob liga tio ,
s iv e ad m o rta le siv e ad v en ia le : q u on ia m te n em u r v ita r e v e n ialia. U n d e q u ia
p ra e ce p ta , u t d istin g u u n tu r c o n tra con silia, n on o b lig a n t n ecessario a d m o rtale,
sed ad m o rta le v e l v en ia le ; con sequ en s e st u t e x ig n o ra n tia p ro ce d a t, e x affir-
m a tio n e p ra e ce p ti in fe rre p e c c a tu m m o rta le d eterm in a te, v e l e x n eg a tio n e p ra e ­
c e p ti ad m o rta le in ferre q u o d e st de Consilio. E t q u ia h o c m u lto s scrip tores
EA EXPOSICIÓN CANÓNICO MORAL DE EA REOEA CARMELITANA I 39

En segundo lugar nótese la diferencia que existe entre las leyes « ante-
quam usu et consuetudine recipientium interpretentur», y las mismas
« prout iam usu et consuetudine » han sido aceptadas, dado que en el
primer caso hay que atender únicamente a la ley en sí considerada,
antes que por el consentimiento del pueblo « eius vis minuatur, augea-
tur, obscuretur, aut omnino extinguatur», mientras en el segundo no
podemos prescindir de la declaración que proviene de la costumbre,
« quia tanta est consensus recipientium legem vis ac potestas, ut varié
eius obligationem immutare p o ssit».89
Este es el principio capital que conducirá a la determinación doctri­
nal y práctica de la obligación de la Regla Carmelitana. M ás todavía,
según el P. Tomás, no puede darse otra razón convincente, diversa
de la costumbre, para probar que las Reglas de S. Basilio, S. Benito
y S. Agustín no obliguen estrictamente a sus religiosos — esto es, bajo
grave — y que la de S. Francisco obligue a pecado mortal.60

Normas de interpretación.
He aquí las normas o criterios para interpretar o colegir cuál es la
obligación que la Regla impone :
1°) Siempre que el legislador expresamente manifiesta su intención,
con tal que la materia sea suficiente, la ley obliga según la voluntad del
legislador. Contra Soto y otros autores sostiene que si el legislador da
simplemente la ley sin manifestar su intención de imponer obligación
grave, « minime tune ad id obligare, quamvis alias materia sit gravis »,
y otro tanto debe decirse en caso de duda, porque « praesumendum est
de mente legislatoris (máxime Ecclesiastici et potiore iure de institutori-
bus et patribus Religionum) noluisse conscientias subditorum illaqueare,
nec oneribus importabilibus filios suos gravare ».61

la te re v id e tu r, ideo non e st m iru m si m in u s q u an d o q u e scrib itu r. E t ne p u te s


m e n o v a m in gerere d o ctrin am , lege d iv u m T h o m a m su p eriu s, in m u ltis qu ae-
stion ibu s, sc ilic e t q u an d o t r a c ta t de p ra e ce p tis fid ei, spei, c a rita tis, p ru den -
tia e, iu stitia e , fo rtitu d in is e t te m p e ra n tia e : e t v id e b is m u lta su b p rae-
cep to com p reh en d i ad v en ia lem ta n tu m c u lp a m o b lig a n tia » (S. T h o m a e A q u i-
n a Ti s , Opera omnia, ed it. leon in a, 10, R o m a e 1899, p. 503).
59 E x p o sitio , p. 133. D e b e en ten d erse de la co stu m b re en c u a n to p u ed e ser
m edio p a ra con ocer el sen tid o de la le y .
80 0 . c., p. 183.
61 E x p o sitio , p. 134 ; S. T h o m a s , Questiones Quodlibetales, art. 20, T a u rin i-
R om ae, 19 3 1, p p . 17-18 . — S i no fu e ra así, com o a ce rta d a m e n te n o ta n m u ch os
a u to res, la s regla s m ás b ien se rviría n p a ra lle v a r los religio so s al in fiern o . « A r-
g u m en to r q u od re gu la e st in p ra e ce p to sed q u o d d ic itu r ad o b se rv a n tia m regu lae,
in te lliga s q u o a d tr ia v o ta s u b s ta n tia lia in d istin cte ... om n ia v ero alia q u ae con-
tin e n tu r in re gu la non p u ta m u s esse in p ra e ce p to , a lio q u in v ix u n u s de q u a tu o r
I 40 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

2°) Si el legislador usa palabras preceptivas es señal que quiere obli­


gar « ad culpam » grave o leve. Tales son : « Praecipimus, mandamus,
prohibemus, inhibemus, vetamus, interdicimus, iubemus et similia ; et
a fortiori, cum aliquid praecipitur districte, vel in virtute sanctae obe-
dientiae, sub obtestatione divini iudicii, sub indignatione Apostolorum
Petri et Pauli, vel ali¡s aequipollentibus verbis quae mandantis anirnum
magis declarant».62 Basta para esto que las palabras sean equivalente­
mente preceptivas, como « debeant, teneantur, necesse aut necessarium
est, non licere, non potest» asimismo las palabras puestas en el modo
imperativo. Por el contrario no imponen obligación bajo pena de pe­
cado mortal, aunque la materia sea grave, las palabras : « Ordinamus,
stabilimus, sancimus, volumus, decernimus >>.63 Esta regla es presentada
como cierta y magistral por la célebre decretal « Exivi de paradiso »,
según el autor,64 y de ello infiere que debe aplicarse a la interpretación
de las leyes sobre todo eclesiásticas, conforme al común sentir de
teólogos y canonistas, y de las reglas de los religiosos.65
3°) Como las palabras preceptivas de la ley no importan por sí una
obligación determinada leve o grave, sino que abstraen de esta deter­
minación, es necesario que la materia sea grave para que haya obliga­
ción grave. Refiere que hay algunos teólogos jóvenes 66 que sostienen

s a lv a tu r ¡> (In librum D ecretalium tertium Commentaria, c. Relatum , N e clerici


vel m onachi, V e n e tiis 15 8 1, 181 v . ; V é a se M o n z ó n C a n d i d o S .I ., L a s Reglas de
los R eligiosos etc., p. 198.
62 E x p o sitio , p . 134 ; D irectorium , p . 1 1 7 , n. 199.
63 E x p o sitio , p . 135 ; Directorium , p . 1 1 7 , n. 198.
64 E x p o sitio , p . 135.
66 E x p o sitio , p. 134. D irectorium , p . 1 1 7 , n. 196. P e ro n ó tese q u e el C ard.
C a je ta n o d ice p a re ce r ra zo n a b le qu e en don de se h a lla la p a la b ra « p ra e c e p ti »
a llí h a y a o b lig a ció n b a jo g ra v e , p o r la a u to rid a d de la D e c re ta l « E x iv i de p a ­
ra d iso », m as a ñ a d e : « D ix i a u te m esse rationabile p ro p te r d ic ta m a u c to rita te m
iu ris c a n o n ic i; e t n o n d ix i esse constans a u t necessarium . T u m qu ia, e x v i v o -
cab u li, praecipere seu praeceptum , lic e t im p o rte t v im o b lig a tiv a m , non
ta m e n a d m o ría le ». (Com m entarium C ardinalis Caietani, in 2-2, q. 186, a. 9
in S . Thom ae A q u in a tis Opera, 10, R o m a e 1899, p . 503).
S i b ie n se con sid era, n os h a lla m o s a n te la in ve rsió n c o m p le ta de los criterio s
que d e b ía n re g ir la in te rp re ta c ió n de la s re gla s y e sta tu to s m o n ástico s ; m ien ­
tra s p o r lo m ism o que. se tr a t a de n orm as d a d a s p a ra a d q u irir m a y o r p e r­
fecció n , m e d ia n te el e jercicio de lo que sólo es de con sejo, la s p a la b ra s p re c e p ti­
v a s se d e b ía n en ten d er en u n se n tid o la to y ben ign o, se les da, b a jo el in flu jo
de la fa m o sa D e cre ta l, el sig n ificad o de v erd ad e ro s p re cep to s ; en cam b io no
es cierto qu e se a p liq u e ta l p rin cip io a la s le y e s de la I g le sia en gen eral, qu e
su elen v e rsa r so bre m a te ria n o de con sejo sino de p re c e p to ; de h ech o C a y e ta n o
n os d ice : a E t n on om n ím od a ce rtitu d o h u iu s qu aestion is, quoad iu s commune,
d e fin ítio n em a u c to r ita tiv a m A p o s to lica e S ed is e x ig ere v id e tu r » (1. c.). L o r e ­
tien e cierto en c u a n to a la s R e g la s, d u d a resp ecto al d erecho com ún.
66 S. R o b e r t o B e b d a r -m in o , D e Constroversiis Christianae iid ei, t. 2, V e ­
n etiis 1599, lib . I I I , c. 1 1 , a d se p t. p. 474.
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAD DE DA REGDA CARMEDITANA I 4I

no poder el legislador preceptuar materia grave bajo leve ; opinión que


él reprueba conforme al sentir más verídico y probable, ajustado a lás
enseñanzas de Sto. Tomás 67 y de otros muchos autores.68
4°) Cuando el legislador manifiesta que no tiene intención de obli­
gar bajo grave, aunque use palabras preceptivas y sea grave la materia,
no se impone obligación grave, como consta « ex communi omnium fere
reíigionum consensu >>.69
5°) Si de las palabras preceptivas de la ley no consta la obligación,
se debe recurrir a la pena que el legislador ha impuesto a los que la
violan ; y, según que la pena sea grave o leve, lo será la obligación '° : y
6°) «Vera et potissima interpretado obligationis cuiuslibet legis iam
promulgatae et receptae est communis populi consensus, communisque
usus et consuetudo piorum aut maioris partis communitatis ».71 Ade­
más del argumento de autoridad 72 aduce estas razones : Si la costumbre
tiene la virtud de abrogar la ley, ¿ por qué no la ha de tener para inter­
pretarla? Además, si de la Regla de S. Francisco nos consta que obliga
bajo grave y de las de S. Basilio, S. Benito y S. Agustín no nos consta
dicha obligación, esto se debe a la costumbre.73
Podemos notar que la cuarta norma se reduce a la primera, supuesta
la doctrina que defiende en la tercera sobre la fuerza de las palabras
preceptivas ; y en realidad así consta por las leyes de casi todas las reli­
giones que imponen una materia grave, v. g. el ayuno, bajo leve o bajo

67 S a n t o T o m a s , Quaestiones quodlibetales, a. 20, T a u rin i-R o m a e, 19 3 1, p. 18;


D irectorium , p . 1 1 7 , n. 187-188.
63 S. BBRNARDTj s , D e praecepto et dispensatione, P L . v o l. 182, col. 859 :
« M aiora m in o rav e m a n d a ta d ix erim , se cu n d u m q u o d m a gis m in u sv e v e lle con-
stite rit, ip su m q u i p ra e cip it, siv e h o m in em siv e D e u m »,
69 E xp ositio, pp. 138 -139 ; D irectorium , p. 1 1 7 , n. 188.
70 E xp ositio, p. 1 3 9 ; D irectorium , p. 1 1 7 , n. 201.
71 E xp ositio, p. 1 3 9 ; D irectorium , p. 1 1 7 , n. 194.
72 C a r d . C a y e t a n o , Com m entaria C ardina lis C aietani, in 2-2, q. 186, a. 9 :
« Q u ocu m qu e le x u ta tu r v erb o , si com m u n is sen sus in te lle x it n on p ro p terea
d a ta m o b liga tio n e m a d m o rtale, n o n e st ta le p ra e ce p tu m . N e c h o c a lia eget
p ro b a tio n e : q u ia p er ean d em ra tio n e m c la ru m e s t » (S. T h o m a e A q u in a tis
O p era O m nia, 10, R o m a e 1899, p. 5 0 3 ); S a n to T o m á s : « P e r a ctu s m á x im e
m u ltip lic a to s q u i con su etu d in em e fficiu n t, m u ta ri p o te s t le x, e t exp o n i, et
e tia m a liq u id c au sa ri q u od legis v ir tu te m o b tin e a t... con su etu d o e t h a b e t v im
legis, e t legem abolet, e t est le gu m in te rp re ta tr ix » (1-2, q. 97, a. 3, in corp).
73 E xp ositio, p. 139. A fir m a el c ita d o P a d re qu e la costu m b re in te rp re ta ­
t iv a no n ece sita com o la s d em ás p rescripción , p ero la v e r d a d es que, si no era
c o stu m b re m eram en te in te rp re ta tiv a de u n a d isp osició n dudosa, sino qu e tr a ía
la le y « ad in te lle ctu m e x o rb ita n te m a iu re » (A n to n io de B u trio , S u p e r p rim u m
D e cre ta liu m , lib . I, tit. 4, c. 8, n. 2 1), re q u e ría n los a u to re s to d a s la s co n d icio­
n es de la co stu m b re p re scrita. D u d a adem ás de si e sta co stu m b re te n g a fu e rza
de ta l p o r la le y n a tu ra l o p o r el tá c ito con se n tim ie n to del le gislad o r (E x p o sitio ,
P- I 3 9 ) ; sin d u d a a lgu n a h o y c o n sta qu e re cib e su e fic a c ia del con sen tim ien to
de la a u to rid a d c o m p e te n te (can. 25).
I 42 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

ninguna culpa. Es de grandísima importancia para la interpretación de


la leyes monásticas la tercera, ya que, si el precepto siempre impor­
tara grave obligación, todas ellas impondrían, al menos originariamente,
dicha obligación. La quinta poca utilidad tiene para la interpretación
de la Regla Carmelitana, pues ésta no nos ofrece un elenco de sancio­
nes para las precripciones que obligan sólo « ex vi Regulae » ; y aplicada
a las constituciones de la Orden habría que decir que no todo lo que
se denomina como pena grave supone la trangresión de una obligación
grave,74 ni lo que se designa con el nombre de pena media o leve su­
pone la inobservancia de una obligación leve, ya que generalmente no
importan culpa moral alguna.75

i- — c Cómo obliga la Regla Carmelitana


« vi regulae » en general?

La cuestión de la obligación de la Regla Carmelitana no estaba ni


teórica ni prácticamente resuelta en los principios de la Descalcez, ya
que se propuso a los orígenes mismos de la Reforma y se continuó
luego discutiendo sobre ella. « Est enim haec difficultas — dice el
P. Tom ás — íampridem inter nos simul cum reformatione exorta, et
tam ínter ordinis nostri professores, quem inter alios extra ordinem auc-
tores píos, et doctos exagitata ; quorum aln rigidissimam' censuram, alii
mitiorem, alii vero nullam de bac regula proferentes, in varios sensus et
opiniones divisi sunt. Nam ex his auctoribus plerique ad mortale, alii
ad vemae peccatum, nonnulli vero neutro modo obligari concedebant >>.78
Los primeros, que eran la mayor parte — « plerique » —, podían
construir muy bien su argumentación, para concluir que la Regla obliga
bajo grave, insistiendo en la fuerza de las palabras praeceptivas. En
verdad, la Regla albertina, además de los tres votos y el oficio divino,
contiene una serie de disposiciones que — exceptuado lo prescrito a
modo de exhortación o admonición — caen bajo el precepto manifiesto
de Inocencio IV en la Bula de confirmación : « Religioni vestrae, qua
fungimur auctoritate, mandamus, quatenus Regulam a nobis correctam,

74 Regula et C onstitutiones Fratrum Discalceatorum O rdin is B . V. M . de M onte


Carmelo, R o m a e, 1940, ns. 668-671.
75 O. c., ns. 664-667, 4.
7B E x p o sitio , p . 140. T a l v e z a esto se refiere al P . Jo sé de S. F ra n c is co cu a n d o
afirm a qu e n u e stra re g la o b lig a b a jo v en ia l, según m u ch os y d o cto s v a ro n es
afirm an , no o b sta n te la s bachillerías que podamos poner en contrario. V é a se
n o ta 82 ; « N o á fa lta d o quien aia dich o o b lig a a p eca d o m o rta l la R e g la de
S. A lb e rto » (Com entarios, p. 49, n. 3).
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA I 43

declaratam, ac mitigatam prout expedire vidimus devote suscipientes,


eam firmiter observetis, et ad instar eiusdem alias vestras corrigatis » 77 ;
lo cual se corrobora por las últimas palabras de la misma Regla : « Haec
breviter scripsimus vobis, conversationis vestrae formulam statuentes,
secundum quam viüere debeatis >>.78 0 sea, tanto al principio como al
fin de la Regla se impone un precepto general, que abraza todo lo que
en la misma se preceptúa, aplicable siempre de no constar luego que
tal o cual disposición particular constituye una derogación al dicho
precepto general ; ni puede ponerse en duda que en las referidas cláu­
sulas se usa el modo imperativo afianzado por otras dicciones que le
corroboran : qua fungimur auctoritate, firmiter observetis.79
Se añada que en casi todos los artículos de la Regla hasta las « Exhor-
tationes », el legislador ha usado el modo imperativo, determinando una
materia cuya posible gravedad en caso de transgresión no puede po­
nerse en duda. Finalmente el hecho de que repetidas veces pidieran a
la S. Sede declaración y enmienda de la Regla es señal que temían fal­
tar gravemente contra ella.80
Esta sentencia se apoya exclusivamente en la segunda norma que pro­
pone el P. Tom ás y que es ciertamente la principal : el sentido de las
palabras que usa el legislador; pero este criterio, evidentemente, no
basta siempre para obtener el verdadero sentido de la ley.81
La segunda opinión o sentencia sostiene que sólo obliga a pecado,
venial. La razón es que la norma magistral, cierta e infalible, para co­
nocer la obligación de la ley, se halla en el consentimiento de los que
la reciben y en la costumbre. Ahora bien, « cum in nostra religione —
dice el P. Tom ás — nunquam fuent receptus talis Regulae sensus, aut
obligatio, nec a maiori, nec a minima eius parte, a primo lirnine appro-
batus, sed potius contrarium religionem profitentibus praedicere, ac de
nostra Regula commendare soleant Praelati pii ac docti, nimirum nihil
in ea praeter tria vota, trangressorem reum constituere culpae mortalis :
evidens signum est, regulae mandata sive praecepta nullam similem suis
professoribus obligationem imponere >>.82 Esto mismo confirma el modo

77 B u lla r. T a u rin ., v o l. I I I , pp. 535-536.


78 Regula et Const. etc., R o m a e 1940, p. 10.
79 E xp ositio, p. 14 1.
80 Ib id .
81 C an . 18.
82 E xp ositio, p. 142 ; D irectorium , p. 120, n. 250 ; el P . Jo sé de S. F ra n cisco
dice : « N o ob edecer a la R e g la en lo qu e to c a a los tres v o to s es p e ca d o m o rta l
d e su n a tu ra le za ... si no fu ere en u n a m a te ria ta n p e q u eñ a que la p eq u eñ ez
escusase de p eca d o m o rta l... N o ob edecer a la re g la en lo dem as com o es en el
silen cio, a y u n o o a b stin en cia de carn e com u n m en te e n tre n osotros se p la tic a
144 FR, VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

de emitir los tres votos, ya que tanto el profesar absolutamente la re­


gla, como el prometer vivir según ella, o el obligarse a observar obe­
diencia según la misma, no impone el deber de guardar, en fuerza de
la profesión todo lo que la regla contiene. De esto lógicamente se in­
fiere que nuestra Regla, consideradas las palabras que usa el legislador,
obligaría a pecado mortal, si no fuera que la costumbre de la Orden
no aceptó ese documento con la fuerza de obligar bajo pecado grave,
y por esto « non est dubiurp de facto ad talem culpam non ligare ; est
enim consensus et consuetudo recipientium legum tantae vis ac robo-
ris, ut ab ea omnis potestas ligandi in lege dependeat >>.83

Admitimos sin reservas que así esté la cuestión : La Regla del Car­
men obliga a quienes la profesan bajo pena de pecado venial, pero per­
mítasenos observar que el modo tan absoluto de afirmar que la fuerza
de la ley depende del consentimiento de quienes la reciben y de la cos­
tumbre, induce a pensar que dicho autor seguía una doctrina sobre la
eficacia jurídica de la aceptación de la ley que muchos defendieron,
la cual propugnaba que las leyes se daban con esta condición : « si fue-
rint usu receptae a communitate vel a maiore eius parte » 84 ; senten­
cia, que nunca fue común, y que, no pocos combatieron, porque la
aceptación ejecutiva, ni era necesaria por defecto de potestad de parte
del legislador, ni por defecto de voluntad de obligar, ya que las leyes
eclesiásticas « feruntur verbis praeceptivis et comminantur poenas con­
tra inobedientes » 8j ; por tanto no se debe presumir aquella benigna
voluntad del legislador, sino que se debe probar.
Creemos que deba msistirse, no en la necesidad de la aceptación,
sino más bien en la fuerza de la costumbre. Esta, si es « iuxta legem »,
no crea un derecho normativo que no estuviera ya constituido antes

p o r p e ca d o v e n ia l y asi lo tie n en m u ch os y D o c to r (sic) v a ro n es de n u e stra


s a g ra d a religió n a lo s cu a les no es ra zó n cream os n o so tro s ig n o ran te s p o ­
n ien d o to d a s la s b a ch ille ría s que en con tra rio p u d ié ram o s h a c er » (M a n u s­
crito, p . 12). E l P . F ra n cisco de S. E lia s p on e la cu estión : ¿ A qu é o b lig a n u e stra
R e g la ? Y resp on d e b rev e m e n te : « que solo a p eca d o v en ial. A si està recebido,
è in tro d u zid o p o r la costu m b re, asi se à p ra tic a d o siem pre con sen tim ien to
c o m ú n de n u e stro s C a p itu lo s gen erales, i de to d o la R eligió n , i asi fin a lm en te
se d eclara, i d e te rm in a en n u estras C on stitu cio n es, I p a rt. c a p . I, n um . 6 (Co­
m entarios, p . 49, n . 1).
R iform a de’ S calzi (T ra d u cció n de la s crón icas de la C on g. d e E sp a ñ a ), to m o I,
G en o v a , 1654, P- * 7° • « Q u esti con a ltri m in ori co m a n d a m e n ti a b b ra c cia qu e­
s ta S a n ta R e g o la , e n iun o o b b lig a a p e cc a to m o rtale. P erò la su a trasgressio n e
n o n è lib e ra d a c o lp a v en iale, com e sem pre la religio n e h a in te so ».
83 E x p o sitio , p . 143.
84 A . V a n H o v e , Com m entarium Lovaniense C. I . C ., v o i. I , M echliniae-
R o m a e 1930, p . 118 .
85 E . c.
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO MORAD DE BA REGBA CARMEBITANA I 45

de introducirse la costumbre, lo que no vale en nuestro caso, si ad­


mitimos que sólo por la costumbre o aceptación de la Orden ha que­
dado determinada la obligación de la Regla bajo leve, ya que esto su­
pone que otra era la obligación impuesta por el legislador o que al me­
nos no constaba ciertamente de la misma. En cambio si la costumbre
es en alguna manera « contra legem o praeter legem », como sucede
cuando interpreta una ley cuyo sentido era verdaderamente dudoso, o
la restringe, como sería nuestro caso, o la extiende a lo que originaria­
mente no se incluía, induce un derecho normativo nuevo. Este derecho
tendrá fuerza de ley, no precisamente por la costumbre material que
interpreta la norma existente de aquella manera determinada, extendién­
dola o dándole un sentido más estrecho, sino por la parte formal de
la costumbre, o sea el consentimiento del legislador.86

Nos inclinamos a creer que es la costumbre « secundum legem » la


que dió a la Regla el grado de obligación que hoy le atribuimos. De­
bieron ser los mismos moradores del Monte Carmelo los que cono­
ciendo la mente del S. Legislador llegaron a la firme convicción de
que no se Ies imponía obligación de observarla bajo pena de pecado
grave, aunque las palabras de la Regla si se atiende a su materialidad,
pueden interpretarse en sentido rigorista. Para ellos sería demasiado
evidente que tanto S. Alberto como los que le pidieron aquella norma
de vida, de ninguna manera quisieron atar gravemente a quienes la pro­
fesasen, ni imponer a sus hijos una carga insoportable. Así se explica
cómo en la Antigua Observancia y luego también en la Descalcez per­
maneciera firme la convicción de que la Regla obligaba sólo bajo pena
de pecado venial.
Tal vez al nacer la reforma de S. Teresa, según nos induce
a pensar el P. Tomás, se suscitó esta cuestión, llevados nuestros
primitivos por el celo de la fiel observancia de la Regla primitiva, algo
así como acaeció en la Reforma de la Orden benedictina por S. Ru­
perto 8' ; pero la sentencia no prevaleció, si bien no se excluye que
algunos sostuvieran la obligación bajo grave, ni tal vez pueda excluirse
que alguien, aunque su afirmación se juzgase ignorante bachillería,88
dijese que no obligaba a pecado alguno ; es lo cierto que en la segunda
redacción de las Constituciones de la Congregación italiana, el año
1605, se insertó la siguiente declaración que precisa cuidadosamente

86 Can. 25.
87 V éase arrib a, p. 130.
88 V é a se n o ta 82.
I46 fr. V íc t o r d e j e s ú s m a r í a , o .c .d .

la obligación de la regla y de la materia de la obediencia en general -


«Regula... ad culpam tantum venialem obligat, Constitutiones autem,
Instructiones, et viuae vocis mandata, non ad culpam, sed ad poenam
impositam vel a Superiore imponendam obligant, nisi contemptus ad-
sit, aut contrarium eius quod statuitur, ex natura sua aut aliunde culpa
sit. Sola trium votorum grauis transgressio mortalis e s t ; obedientiam-
que tune solummodo quis graviter transgreditur, cum ea quae per
scriptum, sub formali praecepto, vel censura iubentur, non obseruat».89
Esta fórmula será precisada en las de 1611 declarando que también
se exceptúan de la obligación a sólo venial, además de los tres votos,
el oficio divino que obliga bajo grave 90 ; sucesivamente se perfeccio­
nará la dicción sin cambio alguno sustancial.
En la Congregación de España semejante declaración se introdujo
después de 1604 y antes de 1622, ya que en la Constituciones, hechas
en S. Pedro de Pastrana en la primera de esas dos fechas, todavía no
se halla y en las enmendadas en la segunda se dice que de nuevo con­
firma el Capítulo dicha declamación. Ni el P. José de S. Francisco, ni
el P. Tom ás de Jesús que escribieron sendos comentarios a la Regla
por este tiempo hacen mención de ella, por tanto se introduciría poco
antes de la última fecha.91 Por el contrario en las de 1622, cuya tra­
ducción española poseemos, se dice: «Antes de passar adelante, nos
pareció conueniente declarar a que obligan ansi nuestra regla como
las Constituciones. Y lo primero dezimos, que nuestra Regla primitiua
de ninguna manera obliga a sus professores a pecado mortal, sino sola­
mente a venial, porque ansí esta recebido, y introduzido por costumbre,
y se ha praticado siempre, con aplauso común de toda la Religión :

89 Constitutiones C a p itu li Generalis 1605, manuscrito, A r c h iv o O .C .D ., fol. 2,


cap . 1, n. 4 y 5.
90 « R e g u la qu ip p e, e x c e p tis v o tis, e t officio diu in o ib i co n te n tis, ad cu lp am
ta n tu m v e n ia le m o b lig a t. C o n stitu tio n e s autem , O rdin arium , M an u ale, In stru -
ction es, e t v iu a e v o c is m a n d a ta n on a d cu lp am , sed a d p o e n am im p o sitam ,
v e l a S u p erio re im p o n en d a m o b liga n t, n isi co n te m p tu s a d sit, a u t co n tra riu m
eius, q u o d s ta tu itu r e x n a tu ra sua, a u t aliu n d e c u lp a s it ». « S o la tr iu m v o to ru m
solem n ium , e t q u a r ti de n o n am b ien d o grau is tran sgressio, e t o ffic ii d iu in i om is-
sio m o rta lis est : o b e d ie n tia m a u tem , tu n e solu m m odo q u is g r a u ite r tran sg resd i-
tu r, c u m ea, q u a e p er sc rip tu m su b fo rm a li p ra e ce p to , v e l cen su ra iu b en tu r,
non o b s e r v a t » (Regla P rim itiu a et Constitvtiones Fratrvm Discalceatorvm Con-
gregationis S . E lia e O rdin is B . V irgin is M ariae de M onte Carmelo, R o m a e 1 6 1 1 ,
p p . 14 -15 , cap . 1, n. 4 y 5.
91 E l P . Jo sé de S. F ra n c isco escribió ciertam en te d espués de 1595, fech a
en que fu é n o m b ra d o M aestro de N o vicio s, y an tes del 1622, y a qu e no aduce
la s C o n stitu cio n es p a r a p ro b a r c u á l es la o b liga ció n de la R e g la . E l P . T o m á s
te rm in a rla de escrib ir su com en ta rio allá p o r 16 12 , p u es el d o cu m en to p o r el
cu al se d a la e x c lu siv a p a ra los rein os de A le m a n ia in ferio r d a ta del 9 de ju ­
lio 16 13 .
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA

de nueuo se confirmo esta declaración por votos de todo nuestro Ca­


pitulo General, asi para los Religiosos, como para las Religiosas. Todas
las Constituciones, y determinaciones de nuestra Religión, solo obli­
gan a la pena que ella señalan, ó a la que los Prelados impusieren, sino
es cuando contienen precepto, o censura, o lo que por ellas se manda
o prohibe, es de suyo culpa, o por razón del desprecio, o por otra circun­
stancia ». 92 Tiene grande interés para la obligación de la regla, la ex­
plícita mención de que esto vale « tanto para los Religiosos, como para
las Religiosas >>.93

Nuestros comentadores sostienen, fundándose en Sto Tom ás, que


al menos la Regla obliga a pecado venial, por tanto se excluye que obli­
gue sólo « ad poenam » o a ninguna culpa : « Omnia quae sunt in nostra
Regula per modum praecepti expósita ad minus obligant ad peccatum
veníale »,94 La razón que dan es la del Angélico Doctor : « Professioni
non contrariatur nisi quod est contra praeceptum regulae — los tres
votos —, trangressio vero vel ornissio aliorum obligat solum ad pec­
catum veníale ; quia... huiusmodi sunt dispositiones ad principaba vota.
Peccatum autem veníale est dispositio ad mortale >>.95

82 Regla prim itiva y Constitvciones de los R eligiosos D escalzos de la Orden de


N . Señora del M onte Carmelo de la Congregación de E sp añ a, en V eles año 1623,
fo l. 9, cap . i , n. 6. S on la s h ech as en S. P ed ro de P a stra n a el año 1604, re to ca d a s
t a l v e z en 1622, y a qu e n o se h a lla n los n ú m eros en los cu a les se d e c la ra la
o b liga ció n de la R e g la y to d a s la s dem ás le y e s de la C on gregación .
93 S e dió u n a d eclaración e x p líc ita de la o b lig a ció n de la R e g la , en la s Con-
s titu tio n e s h ech as p a ra la s m o n ja s en el C a p itu lo de A lc a lá de H en ares, año
15 8 1, el c u a l fu é p resid id o p o r el C om isario A p o s tó lico P . F r a y J u a n de la s
C u e v a s O .P ., siendo P ro v in c ia l el P . Jeró n im o G ra ciá n de la M adre de D ios.
D ice así : « ... Y p a ra m a y o r sossiego y q u ie tu d de v u e stra s con sciencias, d e cla ­
ra m o s qu e n i los m a n d a to s que e stán en la regla , n i de e stas co n stitu cio n es, ni
la s de v u e stro s p erlad os su p erio res n u n ca os o b lig a n a c u lp a : au n q u e h a y a
a lgu n o s c a p itu lo s en que tr a ta n d o de p en a s d ig a c u lp a leue, o c u lp a grau e,
o m as grau e, o grau issim a, sino so n en c u a tro casos. E l prim ero, q u an d o el n e ­
go cio qu e se v e d a de su y o es p e cc a d o . E l segu n d o q u an d o se h a ze o d e x a
de h a ze r algo en m en osprecio de la le y . E l te rce ro , q u an d o el p e rla d o su ­
p erior m a n d a algo p o r e scrip to , d izien d o e stas p a la b ra s. M an do en v ir tu d de
S p iritu sa n cto , y de sa n cta o b ed ien cia, y d e b a x o de p recep to . E l q u arto , q u an d o
el p re la d o su p erior m an d a a lgo p o r escrip to so p en a de e xcom m u n io n m a y o r
la ta e se n ten tia e : y estos dos casos v ltim o s o b lig a n estos m a n d a to s so p e n a de
p e cc a d o m o rta l » (Constitutiones de las m onjas Carm elitas Descaigas de la p rim i-
tiu a obseruantia, A lc a lá de H en a res 15 8 1, P ro lo go , - E M C t. 6, p. 423). A p lic a ­
ron a la s m o n ja s c arm elitas lo que e sta b a en v ig o r en la O rden de S to . D om in go
desde el C a p ítu lo G en eralísim o de 1236, lo c u a l e ra c o n tra la costu m b re secu lar
de la O rden del C arm en. T o d a v ía se lee en la s de 1588, d ich a d eclaració n p ero
d esap arece en 1592. E n la s C o n stitu cio n es de los R e ligio so s ja m á s se in tro d u jo
d eclaració n sem ajan te.
94 E xp ositio, p. 143.
95 Sum m a, 2-2, q. 186, a. 9, a d 1.
148 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

Además el hecho de que todo precepto implica obligación en con­


ciencia bajo pena de pecado mortal o venial, confirma indirectamente
la obligación a pecado venial. La conclusión es que la Regla obliga a
culpa venial de no existir costumbre contraria que exima también de
esta obligación, pero tal costumbre no existe en nuestra Orden, «quia
potius fere omnium religiosorum nostrorum consensus et sententia in
hanc partem semper inclinavit, et ita hodie passim tam praelati quam
subditi, tan docti quam indocti, una mente et ore fatentur >>.96
Añaden nuestros comentadores que la trangresión de la Regla, siem­
pre dentro de los dimites del pecado venial, «es gravísima desobedien­
cia », ya por la dignidad del Prelado cuyo mandato se viola, ya porque
es contra una voluntad muy firme del legislador, el cual podría haber
recomendado solamente su cumplimiento o exhortado tan sólo a vivirla
con perfección y en cambio la impuso con palabras preceptivas refor­
zándolas con las cláusulas : « qua fungimur auctoritate, firmiter etc >>.97
Finalmente, no puede caber la menor duda, como se infiere de cuanto
hemos dicho, que nuestros autores tratan de la obligación « ex vi re-
gulae », dando por supuesto que conservan toda su fuerza los preceptos
que en ella se contienen y que obligan en virtud del derecho divino o
eclesiástico. Por lo demás, así consta explícitamente de cuanto dice
el P. Antonio resumiendo la obligación de la Regla : « Nostra regula
primitiua, exceptis illis praeceptis, in quibus imperat aliqua, quae alias
ratione grauitatis materiae tenentur rehgiosi facere ex vi voti, vel ad
quae obligantur ex praecepto ecclesiae, ad nihil aliud obligat sub mor-
tali, licet aliae observantiae in ea contentae, ut sunt ieiuma, abstinentia
a carnibus, silentia et similia iubeantur verbis praeceptiuis >>.98

2. —- Obligación de los diversos prescritos de la Regla.

Determinada la obligación de la Regla en general expondremos el


deber que cada uno de los prescritos de la misma impone, según nues­

96 E x p o sitio , p. 144.
97 O. c., p. 145 ; D irectorium , p. 120, a . 251.
98 D irectorium , p. 119 , n. 249. 151 P. G raciá n a firm a qu e c o m e te p e ca d o m o r­
ta l qu ien v io la la re g la p o r desprecio, o ta m b ién , si h a y escán d a lo o coin cid e
con el p re cep to de la m ism a, con los m a n d a m ien tos de D io s o d el S u m o P o n ­
tífice , cu an d o lo es la m a teria , p o r ca u sa del v o to o se im p o n e p re cep to con
in te n c ió n y m odo su ficie n te s p a ra o b lig a r b a jo g ra v e . P ero aun e x c u sa de p e ­
cad o m o rta l : S i el P rela d o lo m an dó en fa v o r de la p ro p ria p erson a o su s p a ­
EA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE BE EA REGLA CARMELITANA - 1 49

tros Comentadores, siguiendo el orden de parágrafos y comenzando


del Prólogo e inscripción de la dicha Regla.

«Regula primitiva Ordinis Beatissimae Virginis Mariae de


Monte Carmelo a beato Alberto Patriarcha Hierosolymitano
tradita et ab Innocentio IV confirmata.
Albertus, Dei gratia Hierosolymitanae Ecclesiae vocatus Pa­
triarcha, dilectis filiis Brocardo et caeteris Fratribus Eremitis,
qui sub eius oboedientia, iuxta fontem in monte Carmeli moran-
tur, in Domino salutem et sancti Spiritus benedictionem. Mul-
tifarie multisque modis sancti Patres instituerunt qualiter quis­
que in quocumque Ordine fuerit, vel quemcumque modum re-
ligiosae vitae elegerit, in obsequio Iesu Christi vivere debeat,
et eidem fideliter de corde puro et conscientia bona deserviré.
Verum, quia requiritis a nobis, ut iuxta propositum vestrum
tradamus vobis vitae formulam, quam tenere in posterum de-
beatis ».

Es de suma importancia para formarse una idea cabal de la interpre­


tación que dieron a la Regla los Comentadores, el referir las ideas fun­
damentales expuestas al ilustrar el título y prólogo de la misma, ya que
nos exponen principalmente el fin específico de la Orden y las
características más notables que determinan su fisonomía.
La Regla Carmelitana la define así el P. Tom ás : « Rehgionis Car-
melitarum Regula est quaedam norma vivendi ab Alberto Patriarcha
Hierosolymitano tradita, ab ipso et a Sede Apostólica approbata, dirí­
geos ad Charitatis perfectionem acquirendam, potíssimum oratione ac
meditatione continua, quae est veluti immediatus eius finis ; deinde
cellulae clausura, manuum labore, arctissima abstinentia, et silentio,
tanquam medus ad praedictum finem destinatis ».100
Consta claro de esta definición que el fin principal de la Regla, y
por tanto de la religión, es tender a la perfección religiosa, significado
por aquellas palabras : « vivir en obsequio de Jesucristo y servirle fiel­
mente con corazón puro y buena conciencia », ya que esto supone prin­
cipalmente ejercitarse en el amor de Dios y del prójimo,101 procurando
la gloria que a Dios se debe, y en lugar secundario practicar todas las
demás virtudes.102

rien tes, no p o r el bien com ún, si se d a ig n o ra n c ia in v e n cib le, m a te ria le ve ,


in a r v e rte n c ia (D ella D is cip lin a Regulare, I n V e n e z ia 1600, fol. 98).
99 Regula et Constitutiones Fratrum Discalceatorum O rdinis B . V. M ariae
de M onte Carmelo, R o m a e 1940, p. 5.
100 E x p o sitio , p. 93.
101 Directorium , p. 120, n. 256.
102 E xp ositio, p. 104 ; Directorium , p. 120, n. 256.
FR. VICTOR DB JESÚS MARÍA, O.C.D.

A este fin general, que por lo demás es común a todo fiel cristiano,
se añaden los demas fines específicos de toda religión que tienen razón
de medio respecto al principal y son el fundamento de la diversidad
de los Institutos religiosos. Agrupados bajo este aspecto en una cla­
sificación general, se dividen en contemplativos, activos y mixtos ; estos
últimos pueden subdividirse en dos, según que tanto la contemplación
como la acción tengan partes iguales o la una prevalezca sobre la otra.103
Este fin, que tiene razón de medio respecto al fin principal, puede
llamarse fin próximo, y puede ser principal y menos principal. Así
establecen :

1°) « Certo statuendum est proximum et potissimum nostrae reli-


gioms fmem esse contemplatiom vacare »,104 o en otras palabras : « Pri-
mum principale obiectum et adaequatum ordinis nostri esse divinae
legis contemplationem >>.105
Las razones son las siguientes : Nuestra regla intenta conservar la
pureza del la institución monástica hasta nuestro tiempo, y sabido es
que el monaquisino tenía por fin principal la contemplación 106 : S. Elias
su caudillo y autor, pasó casi toda su vida en oración y los hijos de los
Profetas se ejercitaban « die ac nocte in himnis et orationibus », otro
tanto debe decirse de los tiempos de la ley evangélica 107 ; en todo
tiempo ha sido reconocida « ut proprium nostri ordinis institutum assi-
dua divinae legis meditatio », como lo expresa la regla cuando impone
dedicarse día y noche a la oración y meditación, y lo atestigua la inter­
pretación común de la Orden ; 108 los Sumos Pontífices afirman otro

103 E xp ositio, p. 104, 118 -119 . 104 Ib id .


100 E xp ositio, p . 108 ; D irectorium , p. 120, n. 2 5 6 ; I o a n n ES a I. M ., D is c i­
p lin a M onastica, v o l. I l i , E lo re n tia e 177 4 , p. 4 D : « S tá tu o , v o s e x m aiorum
n o stro ru m d o ctrin a , e t v a r ia le ctio n e nosse, I n s titu ti n o stri fin e m d u p licem
esse, a lte ru m p o tio rem , q u i e st co n te m p la tio , a lte ru m m in u s p rin cip alem ,
q u i e st a ctio : ita u t v it a q u a m du cim us, e x d u p lici p a r te m ix ta e t c o n te x ta
sit, in a c q u a li tarn en pon d ere, c u m in c o n te m p la tio n e m d iu tiu s e t so llicitiu s
q u am in a ctio n em in c u m b a t » ; y m ás a b a jo : « P o tio r I n s titu ti n o stri p a rs re-
ru m d iv in a ru m c o n te m p la tio e st» (1. c., p. 53 C).
106 E x p o sitio , p . 108.
107 Y a h em o s n o ta d o qu e n uestro s com en tad ores e n ten d ían la cien cia h istó ­
ric a de m o do m u y d iv e rso que la solem os en d en d er h o y , p o r ta n to n ad ie debe
m a ra v illa rse qu e u sen a lgu n as v ec es argu m en tos h istó rico s q u e n o p u ed en a d ­
m itirse.
« H a n e A e g y p tio ru m m o n ach o ru m in p rim itiv a E c c le s ia v iv e n d i n orm am ,
in s titu ti p u rita te m R e g u la n o stra p ro tra h ere u sq u e ad n o stra te m p o ra a c con ­
se rva re n ititu r » (E x p o sitio , p. 104).
108 E xp ositio, p . 105.
A d u ce este te stim o n io de n u estro W ald en se : « V e n ia t B e n e d ic ta s e t cre sc a t
in assidua cu sto d ia c la u stri : su c ce d a t A lb e rtu s cu m C arm e litis su is e t cre scat
in silen tio e t m ed ita tio n e c o n tin u a le gis D ei, in secretis cellis, cu m la b o re m a-
LA EXPOSICIÓN CAÑÓ MICO-MORAL DE DA REGLA CARMELITANA

tanto, así Gregorio IX dice que los carmelitas están obligados a pro­
curar' no acaezca que los que lavaron sus pies para subir al monte a
orar con el Señor, « iterum eos coinquinent a contemplationis specu la
discedendo », y luego añade, « Hinc est quod cum lotis pedibus spe-
culam Domini ascendatis, vacaturi contemplationibus coelestium etc. ».109
y lo mismo testifican otros Pontífices,110 los cuales dieron siempre a
nuestros Hermanos el nombre de ermitaños, y no sin razón, ya que
nunca dejaron de promover los desiertos en los cuales se dan a Dios
mediante la oración y meditación de las cosas divinas 111; finalmente,
mientras la Regla nada dice de la vida activa ni siquiera de la mixta,
todos sus prescritos se ordenan a la vida contemplativa : retiro y sole­
dad en celda separada, trabajo de manos que da lugar a tener la mente
puesta en Dios, Horas canónicas que son la oración más excelente,
ayuno y abstinencia que facilitan la mortificación de las pasiones y
confieren libertad a la mente para elevarse a Dios, silencio insistente­
mente recomendado y rigurosamente impuesto.112
A esta parte del fin principal próximo u objeto principal de nuestra
religión se añade, como medio y complemento de la oración y medi­
tación, la aspereza de la vida especialmente el retiro de la celda y mo­
nasterio, y todas las demás cosas : « ad haec dúo... veluti ad dúos ora-
tioms pedes, et firmissimas nostri mstituti columnas, cetera reducun-
tu r».113

2o) En segundo lugar, « nostrae religionis institutum mixtum esse


contemplatione et actione, non tamen ex aequo, sed principaliter ex
contemplatione, secundario autem et minus principaliter, ex actione »,
esto es, celo «salutis animarum >>.114

n u u m , e t p en u ria v ictu s. S ic D om in icu s fe r v e a t in d o ctrin a coelesti, e t F ra n -


ciscu s in n u d ita te e t d esp ectu m undi, etc. » (D e S acra m e n talib u s, tit . 9, c. 84.
n . 7).
109 Expositio, p . 105-106.
110 I n o c e n c i o I V , 1 de sep t. 1248, B u ll. T a u rin ., v o l. I l l , p p . 535-536 ;
A l e j a n d r o I V , R e n u e v a lacon firm a ció n de In o cen cio I V el 3 de F e b re ro de
1256 (B u ll. T a u rin . v. I I I , p . 628-9); E u g e n i o I V , 16 feb r. 1432. (B u ll. T a u r i­
nense, v o l. V , p p . 4-6).
111 Expositio, p. 106.
112 L . c., pp. 106-108 ; J u a n d e J. M ., D isciplina monastica, v o l. I l l , p. 4 :
« E t p rim u m sane, qu o d c o n te m p la tio fin is n ob is p o tio r sit, e x to to re gu lae
c o n te x tu p a la m d ed u citu r, c u m ib i q u id q u id vere p ra e cip itu r, ad recessum ,
oration em , silen tiu m , so litu d in em q u e p e rtin e a t : q u ae qu idem c a p ita a p erta
v ita e co n te m p la tiv a e sig n a su n t, q u ae viris, qu i saecu li iu gu m e xcu sse ru n t et
in. soliu s D ei a m p lexu s a sp ira n t, m irifice c o n g ru u n t ».
113 Expositio, pp. 106-108.
114 O. c., p. 108 ; D irectorium , p. 118 , n. 231.
152 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

Para entender debidamente esto es necesario advertir que no es lo


mismo regla que instituto, ya que este último abraza en sí la regla
y el fin o intento al cual se ordena todo lo demás establecido tanto en
la regla como en las constituciones. En hecho de verdad no basta la
regla para discernir un instituto, supuesto que muchos la tienen común,
y por consiguiente, debemos recurrir non sólo a la regla sino también
a la interpretación de la misma dada por los Sumos Pontífices a quienes
pertenece explicar, declarar, limitar, corregir, sublimar lo que ella con­
tiene, y a las Constituciones y fin principal de nuestra Orden.115
En primer lugar nuestra Regla no sólo no se opone al ministerio, como
no se opone ninguna de las reglas antiguas,116 antes se aviene perfecta­
mente, ya que no impone el retiro y la soledad, de un modo absoluto
sino, «n isi aliis iustis occasionibus occupentur» 117 y al fina! de la re­
gla se dice : « Si quis autem supererogaverit ipse Dominus cum redie-
rit reddet e i » 118 ; luego ningún Consejo se excluye, y por consiguiente
menos debe exclurirse el enseñar el camino de la salvación, que más
bien es un precepto.
En cuanto al primero de esos dos textos, a decir verdad, dudamos
mucho que fuera la mente del legislador establecer con él que pu­
dieran dedicarse al ministerio, pues lo más obvio es que importe la
facultad de poder salir de la celda cuando los ermitaños tengan que
trabajar en el campo o huerta o en alguna dependencia del monasterio.
M ás todavía; dudamos del significado que da el P. Tom ás a otra dispo­
sición de la Regla, cuando dice : « apertissimum contineri praeceptum
de tuenda sive procuranda proximorum salute», en este prescrito :
« Dominicis quoque diebus vel aliis, ubi opus fuerit, de custodia ordinis
et animarum salute tractetis, ubi etiam excessus et culpae... corrigan-
tur » 119 ; y quiere probar su aserción notando que la cláusula subrayada
fué introducida por Inocencio IV al acomadar la Regla albertina a la
nueva condición de la Orden hecha mendicante, pero creo que se ne­
cesitaría algo más para imponer un precepto manifiesto por el cual
obligara a procurar la salvación de las almas mediante el ministerio
pastoral tanto entre los fieles como entre los infieles, especialmente

110 E x p o sitio , p. 109 ; v éa se « S tim ulu s M ission u m , s iv e de P ro p a g a n d a a


R e ligio sis p e r u n iv e rsu m orbem fid e » , R o m a e, 1610.
J u a n d e J e s ú s M a r ía , Assertio M ission u m , in Opera om nia, v o i. I I I F lo -
re n tia e 177 4 , p p . 2 7 1-2 7 7.
116 Sum m a, 2-2, q. 18 7, a. 1.
117 Regula et C onstitutiones Fratrum D iscalceatorum etc.., R o m a e 1940, p . 6.
118 O. c., p. 10 ; E x p o sitio , p. n o ,
119 E x p o sitio , p. 110 . R e g u la e t C o n stit., p. 7.
EA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE DE EA REGEA CARMEEITANA 153

cuando se prescriben en el capítulo que trata del bien de la disciplina


regular y del bien de los religiosos, como interpreta dicho lugar la cos­
tumbre de la religión.
El P. Juan de Jesús María se remite a las Constituciones para afir­
mar que es doble el fin de nuestros instituto : « Statuo, vos ex maiorum
nostrorum doctrina, et varia lectione nosse, Instituti nostri finem du-
plicem esse, alterum potiorem, qui est contemplatio, alterum minus
principalem qui est actio : ita ut vita quam ducimus ex duplici parte
mixta, et contexta sit, inaequali tamen pondere, cum in contemplatio-
nem diutius et sollicitius, quam in actionem incumbat. Hoc ergo statuo
cum in ipso Constitutionum prologo satis expressum sit et tam saepe
legatur».120 Hablando de la conveniencia de las misiones a nuestra
Reforma, para probar su intento, sacando argumento de la Regla, in­
siste an aquellas palabras : « quia vos oportet frequentius mendicare
itinerantes», y «nisi aliis iustis occasionibus occupentur».121 Del pri­
mero sostiene que apenas puede interpretarse de otra cosa que de las
misiones, ya que tal frecuencia sería muy difícil en quienes tienen obli­
gación de estar día y noche en la celda ; del segundo afirma que nin­
guna ocasión más justa que aquella por la cual el Hijo de Dios salió del
seno del Padre.122

Ni el uno ni el otro de los textos nos dan argumento convincente, si


no nos engañamos, ya que no creo pensasen siquiera en las misiones
de nuestra Orden los Correctores Dominicos ; los comentaristas dan
otro sentido a esa cláusula del « mendicare itinerantes », y por otra parte
acabamos de decir lo que pensamos sobre el significado de la cláusula
que permite salir de las celdas por justas ocupaciones.
Según nuestro humilde juicio, de la Regla sólo se deduce que no se
opone a nuestra vida carmelitana el dedicarse a la salvación de las al­
mas sea en tierras de misiones como donde la jerarquía está constituida,
pero ella nada dispone que la preceptúe o la recomiende ; por lo de­
más era muy natural que así fuese, ya que se escribió para ermitaños
y luego fue retocada sólo para que no impidiese la nueva forma de
vida, conservando en la mayor integridad posible el venerado documento.
Otra cosa debe decirse de las declaraciones pontificias. Urbano IV
exhortando los Religiosos carmelitas a la observancia de la pobreza de­
cía : « ut per eorum ministenum salus Deo provemat gravissima ani-

120 D iscip lin a M onástica, en O pera om n ia, v o l. I I I , p. 4 C.


121 « A sse rtio M issionum », p. 273 E .
122 L . c.
*54 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

m arum »,123 asimismo Clemente IV en diversas Bulas,124 y Bonifa­


cio V III en la Bula que comienza: « Religionis vestrae meretur ho­
nestas, ut petitionibus vestris praesertim animarían, salutem concernen-
tibus favorabiliter annuamus ».125
Asimismo resulta indudable de las Constituciones. De hecho en las
primeras de Alcalá (a. 1568) hablando de la diversidad de conventos
se dispone que al tercer género pertenezcan aquellos en los cuales « de
spirituali monachorum profectu et animarum salute habenda est ra-
tio » 126 ; en las de Madrid (1590), se repiten las mismas palabras ahora
citadas 127 ; en las de Pastrana (1600) hay disposiciones que se enca­
minan a preparar los religiosos al ministerio sacerdotal,128 pero una
declaración directa no se hallaba hasta las de 1604 sin duda bajo el in­
flujo de las Constituciones italianas : en las que se lee : « Praeterea, cum
sacer ordo noster ad excolendam vineam Domini ab Ecclesia sancta
vocatus, ac Sanctorum Patrum Prophetarum Eliae et Elisaei aliorum-

123 B u ll. Carm elitarum , p a rte I, R o m ae, 17 1 5 , p. 26.


124 O. c., p p . 29-34.
125 O. c., p p . 29-40.
126 E x p o sitio , p. 1 1 5 . í$n la tra d u c ció n c a ste lla n a d e d ich a s C o n stitu cio n es
qu e poseem os se d ic e : « ...f u e r a de los m on asterios de m o n ja s a u ra tres m a ­
n eras de m o n asterio s y casas : V n a s serán de n ou iciado s, en las q u ales se en ­
señ en los n ou icio s y m an cebos : O tras serán collegios p a ra e stu d ia n te s : y las
o tra s casas de profession . Y au n q u e en to d a s ellas se g u a rd e n v n a s m esm as
com u n es y gen erales co n stitu cio n es : conuiene, em pero qu e en c a d a m an era de
con u e n to s h a y a su s p a rtic u la re s a cta s y con stitu cio n es, segú n la d iu e rsid ad del
p a rtic u la r in s titu to en qu e d iffieren : p orq u e en la s p rim eras de lo que p rin ­
cip a lm e n te se h a de tr a ta r, es del a p rou ech am ien to s p iritu a l y enseñarse las
re g la s y co n stitu c io n e s : E)n las segu n das de estu d io y le tra s : Y en la s terceras,
del a p ro u e ch a m ie n to sp iritu a l de los religiosos, y el p ro cu ra r la sa lu acio n de
la s o tra s a lm as » (Regla prim itiva y Constituciones de la P rov in cia de los F rayles
Descalzos de la Orden de nuestra Señora la Virgen M a ria del monte Carmelo »
S a la m a n c a , 1582, cap. I I : B M C . t. 6, p. 465).
127 E x p o sitio , p. 1 1 5 : í$n v e r d a d se re p ite en la tín el te x to casi id é n tico
c ita d o en la n o ta p reced en te, p ero se h a lla en d istin to lu gar, o sea, en el cap . 12
de la se g u n d a p a rte . T ra n s u m p tu m a u th e n ticu m C on stitutionum Congregationis
Nostrae H ispan icae, A n n o 1590, I n C apitulo Generali editarum et A n n o 1592
a Clemente V I I I confirmatarum, a rch iv o de la C asa gen eralicia. K n los e je m ­
p la re s im p resos de la s m ism as cap . 12, n. 12, fol. 27 : « T r ip le x e rit gen us D o-
m o ru m v e l M on asterio ru m p ra e te r M on asteria m o n ialiu m , v n u m v id e lic e t D o-
m o ru m in q u ib u s N o u itii, seu n o u ite r con uersi in stitu a n tu r, a lte ru m C o lle g io ru m
p ro stu d en tib u s, a lte ru m a u te m p ro professis. I n q u ib u s óm n ib u s e tia m si qu oad
com m u n em v ita m v n iu ersa lis O rdin is san ction es se ru a n d ae sin t, d e b e n t ta m en
q u a e d a m p riu a ta e sin gu lis a ccom m od ari iu x t a d iu e rsita tem p ro p o siti specialis.
I n p rim o enim p ra e cip u e de e d u ca tio n e s p ir it u a li: I n secu n d o de lite ra ru in
stu d io , in te rtio v e ro de sp iritu a li M on ach oru m p ro fe cto e t a n im aru m a liaru m
sa lu te e s t h a b e n d a ra tio » ; y en el cap. 9 se d a n n orm as p a ra la fo rm a ció n cien ­
tífic a , e n tre la s cu a les se lee : « Q u ia v ero R eligio so s d e c e t a d h o c stu d ere u t
h aereses e t v itia e x tirp e n tu r, e aq u a e legere q u ae sib i e t p ro xim is in fid e ac
m o rib us prodesse d ig n o scu n tu r etc. » (n. 2, fol. 13).
128 E x p o sitio , p. 116 .
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAD DE DA REGDA CARMEDITANA I 55

que vestigiis inhaerendo, non solum coelestium contemplationi insistati


sed et profectibus iugiter vacet animarum, tam contemplationem quam
actionem (licet non ex aequo) complectitur >>.129

Otro tanto debe decirse de las Constituciones de la Congregación de


Italia. En las primeras, que se redactaron el 1599, se lee :
«Quamquam uniuersi, quos aeternae felicitatis tenet desiderium, in
opera charitatis, quae finis est praecepti, potissimum incumbunt: quia
tamen ex uno quasi Libano charitatis, uiuentium aquarum in unum
Ecclesiae Jordanem confluxuri dúo fontes erumpunt, amor nimirum
Dei ac proxim i; Sancta Mater Ecclesia filiorum suorum studia in dúo
uelut agmina direm it; unum quod in Dei, alterum quod in amoris pro-
ximorum officia propendens uiuentis aquae pocula ministraret».
«Nostrae uero Religioni utriusque fontis haustu recreatae funes ce-
ciderunt in praeclaris, ut potior eius pars esset arcana unió, qua, per
amorem et contemplationem Deo anima sociatur, posterior autem pars
proximis impenderetur ».13°
En las Constituciones de 1611, que fueron las primeras impresas, se
retocó dicho texto, pero quedó intacta la sustancia,131 y así permaneció
hasta 1926 cuando fueron adaptadas al Código de derecho canónico,
ya que en esta fecha se introdujo una clausula que afirma nuestra filia­
ción mariana.132
No otra cosa se infiere del ejemplo de los Santos de la Orden, espe­
cialmente de N. M. S. Teresa que tanto deseaba que sus religiosos se
ocupasen también en el ministerio apostólico en favor de los prójimos.13"
El lugar que ocupa el « Studium salutis animarum », no es el de una
actividad accidental al instituto, sino parte esencial al fin de la Reforma,
si bien en segundo lugar con respecto a la oración y meditación, como

129 Constitutiones Fratrum D iscalceatorum Beatae M ariae V irgin is de M onte


C arm eli, P rólo go n. 4, m a n u scrito que se c o n se rv a en e l a rch iv o de la C asa
G en eralicia.
130 M an u scrito que se co n se rv a en el a rch iv o de la C asa G en eralicia, P r ó ­
lo g o : D e in stitu ti nostri ratione, n. 1-2.
131 Regula P rim itiv a et Constitutiones F ratrum D iscalceatorum Congregationis
S . E lia e O rdin is B . V irgin is M ariae de M onte Carm elo, R o m a e, 1 6 1 1 , p. 12 :
<1 N o stra e v ero R e lig io n i d u p le x b o n u m hoc, ord in e se ru a to , d iu in itu s c o lla tu m
est, v t p o tio r eius p a rs e sset reru m d iu in aru m c o n te m p la tio e t am or ; p o s te ­
rio r a u te m esset a ctio , ea p ra e se rtim q u ae a d p ro x im o ru m sa lu te m p e rtin e t »
(P ro l. n. 2).
132 Regula et Constitutiones F ratrum Discalceatorum O rdin is B eatissim ae V ir­
g inis M ariae de M onte Carmelo, R o m ae, 1940, p . 13.
133 E xp ositio, p p . 1 1 7 -1 1 8 . N o tien en m u ch a fu e rza a lgu n o s e jem p lo s qu e
e l a u to r aduce, y a que p u ed e ponerse en d u d a si p erten ecieron a la O rden.
156 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

se confirma por las palabras de los Papas Juan X X II y Clemente V II :


« Cuius professores coelestium contemplationi vacantes insistunt iugi-
ter et profectus animarum ».134 Lo mismo se infiere del hecho de ser
orden mendicante cuyo fin es ayudar al Sumo Pontífice, a los Obis­
pos, y a los párrocos en el ejercicio del sagrado ministerio, como lo de­
claran en su respectivo proemio las constituciones de ambas congrega­
ciones española e italiana.135
El ministerio se toma no sólo en el sentido de predicar y confesar
en los países ya evangelizados, sino también en las misiones propria-
mente dichas.136
Otro de los puntos dignos de notarse lo exponen los comentaristas
al referirse al título de la Regla, « Fratrum Beatae Mariae de Monte
Carmelo », afirmando que si bien la religión reconoce a Elias y Elíseo
como Padres, tiene a la SS.m a Virgen por Madre, ya que así como
en toda familia debe existir la madre que crie y eduque a los hijos, de
la misma manera, era conveniente que tuviéramos la propia madre,
« quae ad spiritualem hanc religiosorum familiam efficiendam, et eam-
dem nutriendam et propagandam, suis virtutibus, officiis ac meritis
concurreret ».137 Es la característica mariana de que tanto se precia la fa­
milia carmelitana, y que inducirá a muchos autores de la misma a poner
en relación nuestra vida con la de la Virgen Santísima 138 La compa­
ración podrá ser muchas veces artificial y rebuscada, pero pone de ma­
nifiesto el grande y santo orgullo que sienten de considerarse hijos pre­
dilectos de la Virgen y la veneración, devoción y sincero amor filial
que Je profesan.
Estas cuestiones fundamentales que acabamos de recordar y que
fluyen directa o indirectamente del título y proemio de la Regla, no
dejan de tener su influjo en la exégesis de los diversos prescritos de
la misma que vamos a exponer enseguida.

134 O. c., p. 119 .


435 D e h ech o en lo s te x to s referid os b ien claro e stá qu e h a b la n las C o n sti­
tu cio n e s de dos p a rte s d el m ism o fin esp ecífico de la O rden, y de e stas dos
p a rte s d e claran que la p rin c ip a l es la v id a co n te m p la tiv a . E l P . F r a n c is c o
d e S. E l i a s resum e e sta d o ctrin a : « E l fin p a rticu la rissim o de n u e stra sa g rad a
R e lig ió n es la oración c o n tin u a i c o n tem p la ció n d iu in a con m e zcla acción ,
au n q u e con dom in io de la c o n tem p la ció n que es el fin p o tissim o » (Comentarios,
p . 45, n. 4).
136 E x p o sitio , p p . 12 0 -12 1.
137 O. c., p. 94.
138 D elta D is cip lin a Regolare, fol. 9 sg. H a y m u ch os m o tiv o s que p o r razó n
del títu lo « n os corren de p a re ce m o s a ta l M adre, i S eñ ora n u estra , im itan d o
segú n to d o n u e stro p o sib le su s gran d es v irtu d e s» (Comentarios, p. 37).
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA 157

1. - D e QUE SE TENGA UN PRIOR, Y DE TRES COSAS


QUE SE LE HAN DE PROMETER.

« Illud in prim is statuim us ut unum ex vobis habeatis Prio-


rem, qui ex unanimi omniumque assensu, vel m aioris et sanio-
ris partís, ad boc officium eligatur, cui obedientiam prom ittat
quilibet aliorum, et prom issam studeat operis veritate servare
cum castitate et abdicatione p ro p rie ta tis».

¿D e qué Prior habla la Regla? No concuerdan nuestros autores. El P.


Tomás sostiene que se refiere al Prior General, que hoy llamamos
Prepósito General, tomando argumento de la historia que atestigua haber
sido S. Brocardo el segundo General al que se dirigió S. Alberto al dar
la Regla. Esto no obstante concluye : « Quamvis non incongrue secundo
interpretan possumus praedicta verba — esto es “ tengáis uno de voso­
tros por Prior ” — tan de electione Prioris Generalis, quam conven-
tualis, cum utrique possint commode aptari».139 El P. Gracián más
bien lo entiende de todos.140 Antonio del Espíritu Santo nos refiere
que no pequeña cuestión se suscitó, alguna vez, entre los carmelitas
sobre las mencionadas palabras ya que algunos sostenían ser conforme
a la Regla que los Priores General, Provincial, local se eligieran por
el respectivo capítulo, general, provincial, conventual 141; pero él por
su parte concluye decididamente : « relicta huiusmodi novitate nobis fir-
miter tenendum est regulam solum loqui de Príore generali, non vero
de prioribus provincialibus vel conventuahbus».142 Lo mismo siente
el P. Francisco de S. Elias.143 El P. Antonio cita autores tanto de la
Antigua Observancia como descalzos, omitido el P. Tomás, añadiendo
estos dos argumentos : En el mismo capítulo de la Regla se dice : « cui
(Priori) obbedientiam promittat quilibet aliorum», sed nostri religiosi in
professione non promittunt obedientiam Priori locali vel Prouinciah,

139 E xp ositio, p. 149 : « O m n ia q u ae in re g u la n o stra de P riore a b so lu te


p roferu n tur, ta ra a d P riorem G en eralem , q u a m ad co n v e n tu a le m sp ectare,
dum m odo sin g u la sin gulis d e b ite acco m m o d en tu r : it a u t ea qu ae ad m o n a ­
steri! ad m in istrati on pm re d u cu n tu r, a d P riorem co n v e n tu a le m re fera n tu r : illa
vero q u ae ad to tiu s ordiu is regim en sp e c ta n t, u t su n t dom u s recipere e t sim i-
lia, G en erali P rio ri con ven ire om n ino asseren du m s it » ; Comentarios, p. 5 6 ,
n. 1 : C asi tra d u c e al p ie de la le tra al P . T o m á s ; D ella D is cip lin a regolare,
fol. 84 : « P rio r si ch ia m a, che v u o l d ir p rim o n el choro, n ella p en iten za , n ella
v irtù e ta le n ti ».
140 0 . c., fol. 84 y 107.
141 Directorium , p. 1 2 1 , n. 266. E s D e L e z a n a qu ien refiere ta l n o ticia , p ero
parece ser qu e d ich a cu e stió n no se su scitó en n u e stra R e fo rm a.
142 D irectorium , p . 12 1, n. 267.
143 Comentarios, p. 56, n. 1.
158 BR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

sed solum Generali, ergo etc. » ; además, « quando verba regulae sunt
obscura, debent intelligi secundum consuetudinem vniuersalem reli-
gionis... sed communis vsvs, praxis, Stylus et acceptatio, et consuetudo
totius religionis in ómnibus familiis tam discalceatis, quam obseruanti-
bus semper in hoc sensu illa verba intellexit, erg©».144

No creo que hayamos de poner en duda que el uso, la « praxis », el


sentido, la costumbre de la religión atribuyan tal sentido a las mencio­
nadas palabras, y que por tanto según eso deban entenderse del Prior
General, o, como nosotros los descalzos decimos, del Prepósito general,
pero creo sinceramente que toda esta interpretación se funda en el con­
cepto históricamente poco exacto que de los principios de la Orden nos
han dejado en sus libros.
De la Regla consta claramente que en el Monte Carmelo, junto a la
fuente, había un ermitaño llamado Brocardo y otros Hermanos, ermi­
taños como él, dedicados a la propia santificación, congregados en
aquel preciso lugar tal vez porque allí es donde el grande profeta de
Dios Elias se dedicó a la meditación de la excelencias del Dios de Israel
y porque les sería muy fácil proveerse del agua indispensable tan escasa
en Palestina. Sin duda alguna antes que se dirigieran a S. Alberto
para obtener la Regla vivían ya agrupados en dicho lugar, teniendo de
hecho un propio Superior, S. Brocardo, sucesor del que realmente fue
el primero en reunir los Hermanos ermitaños esparcidos por aquellos
lugares. A estos ciertamente se dirige la Regla : « Dilectis filiis Brocardo
et cetens fratribus eremitis, qui sub eius obcedientia mxta fontem Ehoe
in Monte Carmeli morantur».
Parece cierto, por otra parte, que hubiera al momento de darse la
Regla en otros lugares de Palestina y Egipto agrupaciones de ermitaños
que llevaban el género de vida propia de los del Monte Carmelo. Ahora
bien, aun sosteniendo que el modo de vivir fuese idéntico al que se
conducía en dicho Monte, puede ponerse la cuestión : c Cuáles eran
las relaciones de dependiencia con los que vivían en el Monte Car­
melo ? c Puede decirse con seguridad que el Superior del santo Monte
lo era también de todos esos monjes que llevaban la misma vida pero
que habitaban en otros lugares más o menos distantes? Supongamos
todavía que exista un cierta dependencia entre aquel Superior y estos
ermitaños, por ejemplo, de dirección, inspección, etc. cera dicha de­
pendencia tal que equivaliese, o mejor, fuese igual a la poseída en el

144 D irectorium , p. 1 2 1 , n. 267-270.


LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA 159

siglo X III por las Ordenes mendicantes, o sea la forma centralizada?


Se recuerde que las antiguas Ordenes monásticas tienen, y mucho más,
tenían un régimen descentralizado o independiente de modo que cada
monasterio era « sui iuris », con derecho a elegir su propio Superior
generalmente vitalicio. Parece, por tanto, que si S. Alberto quería dar
dicha Regla para toda una religión que debía tener sus Priores, General,
Provincial y local y no sólo tenía intención de que valiera para quienes
habitaban en el Monte Carmelo, sino que ya existían de hecho en otras
partes bajo la obediencia del mismo Prior, debía haberse expresado de
otra manera.

De hecho la Regla se dirige a S. Brocardo y a los Hermanos del Monte


Carmelo, como decíamos, a estos les dice que tendrán un Prior, ele­
gido por todos o por la más sana parte, a quien prometerán obediencia,
luego dispone que las celdillas sean designadas a cada uno por el Prior,
sin duda Superior local, supuesto que no es lógico suponer quiera el
legislador que el Prior general intervenga para designar las celdas a los
Hermanos de toda la Orden, y lo mismo se diga del cambio de celdilla ;
establece además que el Prior tenga la celdilla a la entrada del lugar
o sea, si observamos el contexto, del desierto donde viven en celdas
separadas, y por consiguiente se trata asimismo del Superior local, tanto
más que luego todo cuanto debe hacerse será según la disposición
del mismo ; ordena que todo sea distribuido por mano del Prior, que
no puedan interrumpir el silencio mayor sin su licencia ; finalmente,
hablando de la humildad que debe tener el Superior, recomienda al
mismo Brocardo, entonces Superior y a todos los que serán constitui­
dos después de él, que tengan presente las palabras del Señor : « Qui-
cumque voluerit Ínter vos maior fieri erit minister vester, et quicumque
voluent ínter vos pnmus esse erit vester servus » 140 y dígase otro tanto
de la recomendación de honrar al Prior. Ciertamente, en estos dos úl­
timos lugares se trata del Hermano Brocardo, el mismo a quien dirige
la Regla, actualmente General, — en sentir de nuestros autores, — y de
los que luego le sucederán por elección, de la cual se habla en este
parágrafo primero cuyo comentario exponemos. Pues bien c con que
derecho podemos decir que en estos tres lugares se trate del Prior
General y en los otros del local, cuando ninguna distinción hace el legisla­
dor o institutor entre aquéllos y éste ? m existe razón alguna para darle
diverso significado según la Regla en la forma dada por S. Alberto.

145 20j 27.


1 6o FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

En conclusión, para nosotros es evidente que el legislador habla en


este parágrafo, como en toda la Regla, del Prior local y no del General.
En cuanto al argumento tomado del hecho que se debe prestar obe­
diencia al Superior General, no al local, me parece que no sea tan di­
fícil responder. Cuando la Orden tomó la forma centralizada era natural
que debía prestarse obediencia al General, ya que a éste competía la
potestad de disponer de todos y cada uno de sus súbditos, no excluidos
los demás Superiores, a norma de las Constituciones ; de lo contrario
el súbdito que no quisiera obedecer a los Superiores, a quienes no ha­
bía prestado obediencia directamente, tenía buen fundamento para eva­
dirla.
Pero se me dirá que si esto es así c porqué no corrigieren este punto
los Dominicos que la enmendaron por orden del Sumo Pontífice ? Por­
que los dichos correctores se limitaron muy laudablemente a cambiar,
suprimir o innovar lo que era estrictamente necesario para adaptarla al
nuevo género de vida, esto es, de Orden mendicante, conservando en
lo posible la forma primitiva del venerado estatuto. Ahora bien, el pre­
sente parágrafo dejado casi intacto, — ya que solo se le añadió, « cum
castitate et abdicatione proprietatis », — podía aplicarse al General, a!
Provincial, y aun al local en cuanto a la elección « maioris et sanioris
partís», sin entrar en otras determinaciones que las leyes emanadas luego
por los capítulos generales se encargarían de precisar. Que sea este
el criterio que les guió en la corrección, creo resulta evidente de otros
ejemplos que se hallan en la misma Regla : La vida ya no es sólo ere­
mítica y sin embargo se deja lo que a ella se refiere intacto, sin atender
que en la mayor parte de los monasterios ya no podrá observarse ; deben
vivir según la Regla en celdas separadas mientras en los monasterios
se construyen unidas ; deben ser designadas por el Prior y los Herma­
nos, cosa que en el nuevo modo de ser ni se observa ni se ve la razón
de observarse ; dígase lo mismo del cambio de celda, del prescrito que
impone esté la del Prior a la entrada del lugar, de que permanezcan
los frailes en sus celdas, de la construcción del oratorio en medio de
ellas y de la insistente recomendación del trabajo manual.

Comentando las palabras «unum ex vobis », entienden que el Supe­


rior debe ser miembro de la Orden y profesar la Regla primitiva.146 Nos

146 E xp ositio, p. 150. E x a m in a n en este lu g a r c u á l sea la m e jo r fo rm a de


go b iern o y a firm an : « N o stra e v ero R eligio n is gu b e rn a n d i fo rm a m a g is ad
a risto c ra tia m a cced it, siv e (u t v eriu s dicam ) a d m o n arch ia m m ix ta m . I n ea enim
G en eralis, e x se n te n tia e t consensu D iffin ito ru m , om n ia g r a v io r a disp on it, gu-
EA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE DE EA REGEA CARMEEITANA

parece que la Regla habla de uno de los que había en el Monte Car­
melo a quienes se dirigía el legislador, pero evidentemente significaba
también que en el caso de extenderse la Orden debía de ser uno que
perteneciese a ella. Cosa que luego se fue aplicando, según la costumbre
y a tenor de las disposiciones de los capítulos y prescritos de la Santa
Sede. Así hoy no basta que sean de la Orden, sino que ordinariamente
deben ser de la misma Provincia religiosa, los Superiores que se eligen
en el capítulo provincial ; 147 de la Orden, los que se eligen en el ca­
pítulo general.148 La Regla se observa puntualmente en los conventos
de Carmelitas Descalzas.149
«... qui ex unanimi omniumque assensu vel maioris et sanioris partis
ad hoc officium eligatur». Tampoco concuerdan con respecto al sentido
primitivo de la Regla, ya que afirmar que esta mayor y más sana parte
la constituyen los que son hábiles para elegir, o sea los Provinciales y
los socios del capítulo general, es decirnos que, en razón de las leyes
de la Iglesia y de la Orden, son hoy estos la más sana parte, no porque
así se deduzca del texto de la regla. M ás simple y concluyente nos pa­
rece lo que dice el P. Antonio : « Per communem et antiquam ordinis
consuetudinem diplomatibus pontificiis... stabilitam, non solum iuri
communi, sed etiam regulae sufficienter derogatum est».150
Finalmente, creo muy justa la observación que hace De Lezana so­
bre las últimas palabras de este parágrafo, oponiéndose al P. Tomás
de Jesús 151 o sea, que en fuerza de la regla no tenemos la obligación

b e rn a t e t p ra e cip it : q u a m v is h o die G en eralis a u c th o rita s n on sine ra tio n a b ili


c a u sa am p liu s e x te n sa D e fin ito ru m q u e c o a rc ta ta : ita u t non n isi in g ra v issim is
ra rio rib u sq u e casibu s, eoru m con sen sus re q u ira tu r » (1. c.) ; así lo d ed u cen de
lo s v a rio s p u n to s de la regla. D irectorium , p. 122, n. 297. P ero m u y re cta m en te
n o ta n que, con sid erad as la s disp ositio n es de n u e stra s leyes, el m odo de g o ­
b iern o de los C arm elita s d esca lzos es u n a m e zcla de régim en m on árq uico, d em o ­
crá tic o y a risto crá tico , y a qu e en a lgu n as cosas decide sólo el G eneral, P r o v in ­
cial, o P rior, en o tra s n ecesitan la coo peración del con sejo re sp ec tiv o , y en otras
fin a lm e n te el con sen tim ien to de to d a la co m u n id a d o ca p ítu lo v o c a l (Directo­
rium , p . 122, n. 296). E l P. F ra n c isco de S. E lia s dice qu e al gén ero de go biern o
m o n árq u ico -aristo crático , « se red u ce m as el de n u e stra R eligió n que a n in ­
gu n o de los otros. I no d e x a de h allarse en n u e stra R e g la algun os ra stro s, au n q u e
no m u i d istin to s, del gouiern o dich o qu e e n tre n osotros el d ia de oi flo re c e »
en el c a p itu lo de la recep ció n de los lu gares y design ación de la celd a (C om en­
tarios, p p. 36-37, n. 2).
147 Regula et Constitutiones Fratrum D iscalceatorum etc. R o m a e 1940, n. 488.
148 O. c., n. 359.
149 Regla y Constituciones de las M on ja s D escalzas de la Orden de la B ea tí­
sim a Virgen M a ria del M onte Carmelo, B u rg o s 192 7, n. 6. A sí se d ed u ce del
hecho qu e no p u ed en la s m o n ja s elegir u n a de o tro m o n asterio p a ra P riora, y ,
si qu ieren design arla, debe ser m ed ia n te p o stu lació n .
150 Directorium , p. 12 1 , n. 2 8 3 ; E x p o sitio , p. 1 5 1.
151 E. c.

11
FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

de profesar explícitamente castidad y pobreza, sino de prometer obe­


diencia y luego observarla fielmente juntamente con esas dos virtudes.
De hecho, según las antiguas fórmulas de profesión, aun después de
hallarse en la Regla las palabras « cum castitate et abdicatione proprie-
tatis », sólo se hacía profesión de obediencia.152
Este primer parágrafo, es el que más profundamente ha experimen­
tado el paso de la forma estrictamente monástica, de régimen « sui
iuris », a la forma centralizada, no obstante que la dicción permaneció
casi intacta.

2. — De LA ELECCION DE LOS LUGARES.

«I/Oca autem habere poteritis in Eremis, vel ubi donata vobis


fuerint, ad vestrae religionis observantiam apta et commoda,
secundum quod priori et fratribus videbitur expedire ».

Este parágrafo fué introducido por Inocencio IV, para adaptar la


Orden a la condición de mendicante, que, había tomado por esas fechas,
sin dejar de ser en parte eremítica; de donde ya no le era posible
tener los conventos sólo en el desierto, como ordenaba la regla.
Según se deduce del texto de este parágrafo, todos los comentadores
afirman que a nuestra religión le está concedido tener conventos no
sólo en el desierto sino también en otros lugares 153 ; y el P. Tomás
infiere del mismo que la vida eremítica está conforme con nuestro in­
stituto : « Id enim est proprium et potissimum quod regula intendit
dum a i t ; Loca autem habere poteritis in eremis. Imo quod alibi licite eri-
gant, id potius extensio quaedam, sive regulae indulgentia videtur».154
Cautamente el autor dice « videtur », ya que la dicción en realidad sig­
nifica tanto la una cosa como la otra, o sea, la misma facultad se da
para tenerlos en los desiertos como en otros lugares ; más todavía, si
advertimos el fin que el legislador se propuso al introducir este nuevo
parágrafo, hemos de concluir que la razón de él es sólo conceder
lo último, ya que lo primero estaba establecido por el modo de ser
eremítico del instituto y únicamente el ser ahora la Orden mendicante
motivaba la mencionada disposición.155

152 D e D e z a n a , Sum m a quaestionum Regularium , L u g d u n i, 1656, v o l. I I I ,


p. 195, n. 50.
153 E x p o sitio , p . 152 ; Comentarios, p. 135, n. 1 ; D irectorium , p. 122, n. 292.
154 E x p o sitio , p. 152.
155 E l m ism o P a d re, refirién d ose a los D e sie rto s que el P . G en eral E lia s
d e S. M artín m an d ó con stru ir, u n o en c a d a P ro v in cia , d ice qu e n o es su in ten -
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA 163

Los lugares deben ser « adaptados y acomodados para la observancia


de nuestro instituto ».
Supuesto que la vida del carmelita es principalmente contemplativa
y en lugar secundario activa, serán, generalmente hablando, lugares
más aptos los que estén algo separados del rumor de los seglares pero
no tanto que impida asistirles espiritualmente, por tanto en los subur­
bios, o cerca de la ciudad, « nec ¡n mediis urbibus nec procul ab eis >>.156
Verdad es que esto se deja al arbitrio del Prior y de los Hermanos, pero
estos no deben prescindir del fin principal de nuestra religión que es
la vida contemplativa.157
¿Quiénes son el Prior y los hermanos a los cuales pertenece recibir
los nuevos monasterios? Según nuestros comentadores son el General
y sus Definidores. La razón es porque en el primer parágrafo se trata
del Prior General y, por tanto, también en el segundo, como se con­
firma por la disposición de las Constitutiones.158 Nos parece que para
establecer con seguridad el verdadero sentido de estas palabras al mo­
mento de introducirse esta modificación en la Regla, sería necesario saber
el grado de centralización de poderes que suponía el régimen vigente
en la Orden por aquellas fechas. Tal vez ello nos llevaría a poder con­
cluir que en este texto, introducido casi medio siglo después de haber
sido dada la Regla primitiva, se hablaba en verdad del Prior general,
mientras en los otros lugares de la misma Regla, se trata del local.

3. — D e l a s c e l d a s d e l o s r e l i g i o s o s .

«Praeterea, iuxta situm loci quem inhabitare proposueritis,


singuli vestrum singulas habeant cellulas separatas, sicut per
dispositionem Prioris ipsius, et de assensu aliorum Fratrum,
vel sanioris partís, eaedem cellulae cuique fuerint assignatae ».

Este parágrafo se refiere sólo a la vida eremítica que era la única ob­
servada en la Orden en sus principios, cuando las celdas se edificaban

ción rep ro barlo s, sino que esto « p o tiu s la u d a n d u m ac v iis óm n ib u s com m en dan -
d u m e st : cu m m o n asteria h a e c colu m en sin t, a c ordin is decus, ac regu laris
o b se rv a n tia e fu n d a m e n tu m : e t d en iqu e v e lu ti ossa ac n e rv i q u ibu s b o c spiri-
tu a le religio n is a ed ificiu m su s te n ta n d e b e t » (E xpositio, p. 1 5 4 ) ; p o r con si­
gu ien te, segú n la regla, n on d eben sobre todo co n stru irse en e l d esierto lo s m o­
n asterio s, sin o m ás bien sólo convenientemente, oportunamente se e d ifica n en los
lu g a res desiertos.
166 E xp ositio, p. 154 ; D irectorium , p. 122, n. 292.
157 Exp ositio, p p. 1 5 2 - 1 5 3 ; Comentarios, p. 13 5 , n. 3 ; Directorium , p. 122,
n. 293.
158 E xp ositio, p. 15 6 ; Comentarios, p. 135, n. 4 ; Directorium p. 122, n. 295
164 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

separadas unas de otras en un grande espacio o desierto,159 como de


hecho solían edificarse algunas en los desiertos de la Reforma. No está
claro el motivo por el cual los correctores Dominicos dejaron intacto
este parágrafo. Tal vez fué el que hemos indicado más arriba, esto es,
que procuraron, por respeto y veneración a la Regla, dejar intacto todo
lo que no desdijera de la vida que debían llevar entonces los Carmeli­
tas, y como dicho prescrito podía sin duda tener cumplimiento en los
lugares donde se observase la vida eremítica, lo dejaron sin corrección.
Puede ser también que esta vida fuera en dicho tiempo la que aún pre­
valecía en la Orden.160
Todos sin embargo afirman que llama el legislador « cellulae» en
diminutivo y no « cellae», « ut insinuetur, habitacula arcta et stricta,
parum exculta et expolita, et ex consequenti paupérrima ac simplicissima
fuisse, et demum talis conditionis ut non cellae nomen, sed cellulae
tantum sibi possent vindicare. Huius enim altissimae Regulae profes-
soribus non congruere sumptuosa, aut magnifica domorum, aut cellu-
larum constructio nostroque paupertatis, humilitatis ac simplicitatis
instituto minime convenire dignoscitur >>.161 Así lo confirma N. S. M a­
dre 162 y las Constituciones d éla religión,163 y en esto todavía está la
Regla en vigor.

159 E xp ositio, p p . 1 5 8 -1 5 9 ; J o s é d e S. F r a n c is c o , manuscrito, p. 34: N o


es c o n tra esto el « te n erla s p e ga d as u n a s con o tra s p o rq u e en el tie m p o que esta
re g la se dio no se h a c ia n cu a rto s de casas d iv id id o s en celd as, sino d en tro de
u n a m ism a c la u su ra h a b ia d iv e rsa s celdas, m a s y a el uso tie n e lo co n tra rio ».
E s to es d ecirn os qu e p o r uso co n tra rio de la religió n y a n o v ig e el p re scrito de
ten er la s celd as se p a ra d a s u n a s de otra s. E l P . F ra n cisco : « E s to h a b la de la v id a
to ta lm e n te e re m ític a i a n a co ritica que en ten ces ee v sa u a » (Comentarios, p. 147,
n. 1).
160 E l P . T o m á s su p on e u na corrección o m itiga ció n de la R e g la en v ir tu d
de la c u a l y a no ob servam os el p rim itiv o rigor en este p u n to : « Q u ia — d ice —
fo rs ita n in h a c p a rte (imo e t id v a ld e p ro b a b iliter ap p aret) a n tiq u itu s co rrecta
re g u la fu it. E t lic e t id n obis expresso testim o n io n on c o n ste t ; e x eo ta m e n
co n iici p o test, qu od qu an d o ab E u gen io IV , h aec re gu la f u it m itig a ta , in te r
a lia q u ae sum m us E cclesiae P a sto r tu n e te m p e ra vit, illu d p o tissim u m fu it, u t
fra tre s e x tra suas cellu la s per m o n asteri c la u stra d e a m b u lare lib ere possent.
E x qu o non ob scure in fertu r, iam tu n e an tiq u a m illam ere m ita ru m v iv e n d i
n orm am ad com m un em coen o b iticam sive clau stralem v ita m r e d a c ta m fu isse »
(E xpositio, p. 159).
161 I,, c. C on cuerd a p e rfecta m e n te J o s é d e S. F r a n c is c o , m anuscrito, p. 34 :
« N ó ten m , n u estro s lin o s a quellas p a la b ra s célula, p or do n de en ten d erán que
la s celd as de los frailes descalzos no h an de ser cusiosas, gran d es y anchu rosas,
com o en o tra s religion es sa n ta m en te se p erm iten , sino chicas, p ob res y an g ostas
y ta le s fin a lm e n te que no se p u ed an lla m a r celd as sino célula que es m enos y
asi nos con ten tem os con las celd as pequ eñ as b a ja s y a n g o stas, p o r am or de
aquel que tu v o p o r bien n acer en un e stab lo » ; Comentarios ; p. 147, n. 2 ; D i -
rectorium, p. 122, n. 300 ; D ella D iscip lin a Regolare, fo l. 130.
162 C am ino de P erfección, c. 2, n. 9, en B M C . t. 3, p. 16 .
163 D irectorium , p. 122, n. 300.
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAD DE DA REGDA CARMELITANA 165

Asimismo tiene fuerza de ley en cuanto manda que cada uno habite
en una celda separada de las demás, y que por tanto no puedan vivir
dos o más religiosos en la misma celda.164 No está en vigor, la cláu­
sula : « sicut per disPositi°nem Prioris ipsius et de assensu aliorum
fratrum vel sanioris partís », lo cual se refería al tiempo de la vida ere­
mítica cuando las celdas estaban separadas unas de otras : « cum iam
hic separatim vivendi modus cessaverit, etiam cesset hoc regulae de-
cretum, saltem quantum ad illam partem, quod Prior in concedendis
cellulis teneatur aliorum consensum exquirere >>.186 Es evidente que
todos entienden tratarse en este parágrafo del Prior local.

4. — D e LA REFECCION EN COMUN.

1) «Ita tamen, quod in communi refectorio ea quae vobis


erogata fuerint, communiter aliquam lectionem sacrae Scripturae
audiendo, ubi commode poterit observari, sum atis». 2 ) «Nec
liceat alicui Fratrum, nisi de licentia Prioris qui pro tempore
fuerit, deputatum sibi mutare locum vel cum alio perm utare».
3) «Cellula Prioris sit iuxta introitum loci, ut venientibus ad
eumdem locum primus occurrat, et de arbitrio et dispositione
ipsius postmodum quae agenda sunt cuneta procedant». 4) «Ma-
neant singuli in cellulis suis vel iuxta eas die ac nocte in lege
Domini meditantes et in orationibus vigilantes, nisi aliis iustis
occasionibus occupentur ».

Hemos puesto este texto todo junto por seguir la disposición con
que suele presentarse hoy la Regla en las ediciones que usamos, aunque
no siempre antiguamente era uniforme la distribución de parágrafos ;
y hemos distinguido cuatro puntos para mayor claridad en la exposi­
ción.

Io) Lo que se contiene en el primer punto es de data posterior a la


de la Regla de S. Alberto, ya que fue introducido por Inocencio IV. La
refección en común estaba prohibida por la misma Regla cuando en el
parágrafo « de no tener proprio », decía : « Ita tamen (se distribuya la
comida) ut sicut praemissum est in deputatis cellulis singuli maneant
et ex his quae sibi distributa fuerint singulariter vivant». El mencionado
pontífice suprimió estas palabras y preceptuó la refección en común

164 E xp ositio, p. 158 ; Comentarios, p . 147, n. 1 ; D irectorium , 122, n. 303.


160 E xp ositio, p. 159 : Comentarios, p . 14 1, n. 1 ; D irectorium , p. 122, n. 305,
q u ien so stien e lo m ism o c o n tra D e L e z a n a (Sum m a quaestionum regularium ,
L u gd u n i, 1658, v o l. I I I , p. 196, n. 61).
166 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

y la lección de la Sagrada Escritura mientras comían. Disienten entre


sí los autores sobre la perfección o imperfección de este cambio. El
P. Tom as parece inclinarse a que implica una relajación supuesto que,
según el, Inocencio IV la introdujo o porque sospechaba habían de
surgir en lo futuro dificultades de aquel modo tan singular de vivir, o
porque, decayendo el espíritu, ya no podrían llevar una vida estricta­
mente eremítica 166 ; esto ultimo indica que se concedía una relajación.
Otros en cambio sostienen que fue con ello elevada a más perfección :
« Nam ex vi illius dice el P. Antonio — ut notavit venerabilis Ioan-
nes Soret hic, et Fr. Franciscus a sancto Helia hic § I, tenentur omnes
religiosi tam subditi quam Praelati nihil extra communem mensam man­
ducare, aut bibere, sed omnes eadem hora, eodem potu et cibo aequa-
liter condito, et aequaliter distributo lectionem Sacrae Scripturae au-
diendo vesci... a quibus ómnibus liben erant nostri antiqui eremitae ;
in suis namque cellulis separatis non erat illis prohibitum ex vi regulae,
nisi tantum carnes manducare, caeteris ómnibus in sua dispositione
manentibus >>.167 Siglos después los Sumos Pontífices impondrán o
exigirán de muchas Ordenes religiosas el más exacto cumplimiento de
la refección en común para reformar la observancia decaída de sus pri­
meros fervores.168
Según la Regla todos deben comer en el refectorio común, juntos
y al mismo tiempo, — « cornmuniter », lo que se da a todos,169 de no
ser que la necesidad u otra causa justa aconseje otra cosa, pues entonces
con permiso del Prior se podrá conceder algo singular a quien lo ne­
cesite,170 y dispensarle de la refección común.171
La transgresión de este prescrito es sólo pecado leve, no obstante
el Decreto de Urbano V III, de no ser que hubiera escándalo, desprecio
u otra circunstancia que la hiciera mortal.172
La lección de la S. Escritura durante la comida era cosa común ya

166 E xp ositio, p. 16 1.
167 D irectorium , p. 123, n. 306-309.
16 8 „ P r a e c ip iu n t dich o s P o n tífic e s — u t om nes fra tre s sim u l in re fecto rio
eod em p ane, eod em v in o , eod em obson io siu e p ita n cia , n isi in fir m ita tis
ca u sa im p e d iti fu e rin t, v esca n tu r, n ec sin g u la ri a liq u id , p ro p riu a tim q u isq u e
m cib u m v ta tu r , v ilo m odo a fferri p o s s i t » (D irectorium , p. 123 , n. 3 11).
189 E xp ositio, p. 161 ; J o s é d e S. F r a n c is c o , m a n u scrito , p. 35 : « í$s con ­
tr a la R e g la com er a escon d id as y en secreto y fu e ra del re fe c to rio ... ; p ero no
es c o n tra esto el d arn os de cen a r a lgu n a v e z en la h u e rta , p o rq u e la Re<»la se
en tien d e que de ord in ario se h a g a a q u e llo ».
170 Com entarios, p. 150, n. 1 ; D irectorium , p. 123, n. 311 : « e t c o n sta t
e x com m u n i O rd in is co n su etu d in e ».
171 E xp ositio, p. 163.
172 D irectorium , p. 123, n. 312.
LA EXPOSICIÓN CANÒNICO-MORA.!, DE DA REGLA CARMELITANA

entre los antiguos monjes, y muchos concilios y Sumos Pontífices la


preceptuaron. La razón de introducirla, como se infiere de tales testi­
monios, especialmente de Casiano, es ésta : « Hanc vero lectionem tum
ob spiritualem animae refectionem, tum (idque praecipue) ob compe-
scendam superfluam, otiosamque inter edendum confabulationem, a
Patribus fuisse statutam >>.173 En verdad el Concilio III de Toledo
cap. 7 sintetizando la tradición disponía : « Pro reverentia Dei sacer-
dotum, id universa sancta constituit synodus ; ut quia solent crebre
mensis otiosae fabulae interponi, in omni sacerdotali convivio lectio
scripturarum divinarum misceatur. Per hoc enim et animae aedifican-
tur ad bonum et fabulae non necessariae prohibentur >>.174 Este prescrito
obliga asimismo bajo veníaí como los otros preceptos de la Regla.

2o) Lo que llevamos explicado hasta aquí de este parágrafo, es un


paréntesis puesto entre el fin del parágrafo anterior y lo que inmediata­
mente sigue : Nec liceat etc., que hemos puesto en el número segundo
del presente. El que los frailes no puedan cambiar el lugar que les ha
sido asignado sin licencia del Prior, es una consecuencia inmediata
de la pobreza y obediencia. No hacen cuestión los comentaristas del
significado de la palabra Prior en este lugar ; sin duda nadie piensa
siquiera que se trate del General.170

3o) Sobre lo dispuesto en el número tercero respecto a la celda del


Prior, que debe estar « iuxta introitum loci ut venientibus ad eumdem
locum primus occurrat », nuestros autores notan que la Regla se refiere al
tiempo de la vida eremítica ; se daba esta disposición para evitar que los
seglares se encontrasen con los religiosos al venir al desierto y solo con
el Prior tratasen sus cosas y negocios ; así se impedía que turbasen la
paz, el recogimiento, y la oración.178 Esta disposición, por tanto, hoy
ya no está en vigor,177 si bien es conveniente que en cuanto sea po­

173 E xp ositio, p . 165.


171 M a n s i , Collectio C onciliorum , voi. 9, col. 994 : Decretum Gratiani, c. 9,
D .-X I v I V .
175 E xp ositio, p. 167 ; D irectorium , p . 123, n. 313.
176 E xp ositio, p. 168 : Jo sé de S . F ra n c isco a firm a qu e se refiere a la v id a
e rem ítica , y d edu ce qu e só lo el P rio r debe re cib ir a los seglares (M an uscrito,
P- 36) ; J u a n de Jesú s M aría : « B x q u ib u s p ro fe c to verb is, liq u e t le g islato ris
m en tem fuisse, om n ium reru m ad C oen ob iu m ia m co n d itu m a ttin e n tiu m pro-
v id e n tia m , e t exp ed itio n em ita P riori credere, u t M on ach i n ihil sp o n te sua
a tte n ta r e n t, a u t se n eg o tiis in iu ssi u n q u a m in ge re re n t » (D iscip lin a M onastica,
in O p era om nia, F lo ren tia e, 1774, p. 28 C) ; Comentarios, p. l ó i , n. 1 ; D irecto­
rium , p. 123, n. 314.
177 E xp ositio, p. 168 ; J o s é d e S. F r a n c i s c o , 1. c.
16 8 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

sible la celda del Prior esté cerca de la entrada del lugar, especial­
mente en los desiertos,178 sin que la Regla por esto constituya al Prior
portero del monasterio.179
Lo que sigue, « de arbitrio et dispositione ipsius etc .» pone la
cuestión de si todas las cosas debe disponerlas el Prior o tiene necesi­
dad en algunas de ellas del consentimiento de la mayor parte del ca­
pítulo. 180 Si se atiende al modo absoluto con que la Regla se expresa,
habría que concluir afirmando la omnímoda potestad del P rior; pero
no hay duda que ciertas cosas las tiene limitadas por la Regla misma,
como la recepción de los lugares, la distribución de las celdas, y de esto
concluyen, apoyándose asimismo en las constituciones y el derecho
común, que dicha potestad debe entenderse en las cosas de menor im­
portancia.181 No cabe la menor duda que hoy dicha potestad debe
entenderse limitada tal como lo dispone el derecho común, las consti­
tuciones y también la costumbre, si la hay; pero es cierto que no se
infiere del texto de la Regla, pues el hecho de limitar en los dos
casos dichos la potestad del Prior no significa que se le impone
el que todo lo demás de alguna importancia deba consultarlo con los
Hermanos. En hecho de verdad los mismos comentadores admiten que
la Regla ha sido en parte derogada por la costumbre común de nuestra
religión, aprobada por la autoridad de los Sumos Pontífices.182
Del texto de la Regla se deduce además esta consecuencia : sin la li­
cencia y voluntad del Prior, nada grande ni pequeño puede hacerse en
el monasterio, tanto en lo temporal como en lo espiritual, así en las
obras internas como en las externas.183
Finalmente, aunque muchos comentadores no se propongan la cues­
tión, admiten implícitamente que el Prior, en este parágrafo, es el Su ­
perior local. El P. Gracián expresamente habla de éste : « Se bene la
regola parla del conventuale quando dice, che habbia la celia vicina
alia porta», debe entenderse de todos, General,Provincial y conventual,
ya que todos deben dar cuenta a Dios, y por tanto, todas las cosas han
de procurar que pasen diligentemente por sus manos.184

178 D irectorium , p. 123 , n. 314.


179 E x p o sitio , p . 169.
180 L . c. ; D irectorium , p. 123, n. 3 15 .
181 E x p o sitio , p. 169 ; Com entarios, p. 16 1-2 , n. 4 ; D irectorium , p. 12 3 , n. 3 16 .
182 E x p o sitio , p p . 17 0 -17 1 : « I n h a c re, e tia m si R e g u la o b sta ret, s u ffic e r e t
n o stra e e t a liaru m religio n u m in co n tra riu m com m u n is e t re c e p ta co n su etu d o ,
a u c to r ita te P o n tific u m co m p ro b a ta ».
183 E xp ositio, p. 17 1 ; D elta D is cip lin a Regolare, fol. 1 1 3 -1 1 4 .
184 O .e ., fol. 113 .
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA 169

4°) En la última parte de este parágrafo, o sea en el número cuarto, se


manda « que cada uno permanezca en su celdilla o junto a ella meditando
día y noche en la ley del Señor y velando en oración, a no ser que estu­
viese legítimamente ocupado en otros quehaceres ».
Este prescrito es el principal de la Regla 185 y preceptúa la perma­
nencia del religioso en la celdilla, solo, para que mejor se dé a la ora­
ción, de modo que more en ella día y noche de no estar legítimamente
ocupado fuera de ella ; ahora que no basta cualquier causa sino úni­
camente aquella que la obediencia, la necesidad u otra causa razonable
justifiquen.186 Pero la cuestión se pone sobre el sentido de la frase « die
ac nocte». ¿ S e refiere a la obligación de estar en la celda o solamente
a la de orar día y noche, esto es, continuamente? El P. Tomás res­
ponde : « Sine dubio praedicta verba ad utramque capitis partem referri
debere » ; la razón verdaderamente eficaz la toma « ex communi con-
sensu et interpretatione ordinis»,187 por la cual consta que no sólo
estamos obligados a la continua oración, sino también a permanecer
en las celdas.188 Otro argumento es el que se infiere del mismo texto,

185 Directorium , p. 123, n. 321.


186 E xp ositio, p. 172.
187 L . c. ; J u a n d e J e s ú s M a r ía , D is cip lin a M onástica, v o l. I I I , p. 2 9 E :
« A n im u s q u ip p e le gislato ris est, siv e in cellis siv e iu x t a eas, u b i e rem ítico m ore
sep aran tu r, M on ach um d iv in is re b u s in te n tu m esse debere, a c in ea an im i in-
ten tio n e, q u o a d h u m a n a fra g ilita s fe r t, u b iq u e p ersistere, n isi occu p a tio n e s
iu sta e a P ra e la tis in iu n ctae o ratio n e ín in te r p e lle n t» ; y m á s a b a jo : « N o n enim
regu lae sensus est, debere n os m e d ita tio n i sem p er in sistere, eo p ro rsu s m o do
quem s ta tis o ration is h oris certo p a rtiu m ordin e exercem u s, sed m itio ri alio
m odo, qu i in D ei p ra e se n tia e t b rev issim is a c in te rc a la tis m e d itatiu n cu lis,
variisq u e v ir tu tu m a ctib u s, v a riis ite m p iis c o g ita tio n ib u s com p o n itu r, it a u t,
qu oad fieri p o te st, M on ach us sem per p iu m a liq u id sine c o n a tu m en te p e rtr a c te t,
nec. d e lib érate in res alias, n isi e x o b e d ie n tiae n u tu , a n im u m in te n d a t. H o c
au tem m o do p lañ e su a v i p eren n iter orare m in im e d u ru m e s t » (p. 30 B) ; Jo sé
de S . F ra n c isco d ice : que la f r a s e : e sta r d ía y n och e en la celd a « se en tien d e
com o su ena, y asi sa lir de la ce ld a o a n d a r fu e ra de e lla si no en cosa n ecesaria
que no p u ed a h a cer d en tro es c o n tra este c a p itu lo de la R e g la » (m anuscrito,
p. 37) ; Comentarios, p. 170, n. 2 : « D ie ac n octe se á de en ten d er asi de la g u a rd a
de la celd a com o de la c o n tin u a d a o ració n ».
188 E x p o sitio , p p. 172 -17 3 ; D irectorium , p. 123, n. 321-323. E s te a u to r con ­
tra d ice a D e L e za n a en cu a n to a l re tiro de las celd as, p e ro n o del to d o re c ta ­
m en te, y a que, si b ien es c ierto que éste n ieg a a lgu n o s a rgu m en tos d el P . T o ­
m ás, a d m ite e ilu str a el que se re c a b a del t e x to de la le y , co m p le ta n d o en este
p u n to la exp o sición del d ich o P a d re (Sum m a quaestionum regulariüm , v o l. I I I ,
D ugduni, 1656, pp. 198-199, n. 57). P o r o tra p a rte n os p a rece qu e n o te n g a
c o m p leta m en te ra zó n D e E e za n a al no qu erer a d m itir el a rg u m e n to to m a d o de
la m itiga ció n y del con sen tim ien to de la O rden, y a qu e en la B u la de m itig a ­
ción se d ice : « S ta tu im u s, ord in am u s, con ced im u s qu o d d ic ti ordin is profes-
sores q u i n u n c su n t e t in tem p o re e ru n t... h o ris con gru is in eorum ecclesiis e t
illo ru m cla u stris ac p er eoru m a m b itu s m an ere e t d e a m b u lare lic ite e t libere
v a l e a n t » (B u ll. T a u rin ., v o l. V , § 3-4, p . 5.) D e E e za n a sostien e que se tr a t a
de la e x p lic a ció n de la cla u su la « iu x t a eas », p ero es e v id en te que la R e g la se
17o FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

ya que las palabras « die ac nocte » sirven en el caso para determinar.


Ahora bien, en derecho es principio admitido que una determinación
que se refiere a varias cosas determinables las tiene que determinar a
todas ellas de la misma manera ; por tanto, en nuestro caso se debe
referir la determinación tanto al modo cómo deben estar en las celdas,
— « meditantes et vigilantes », — como a la permanencia en ellas, su­
puesto que son las dos cosas determinables en dicho texto. El último
argumento lo toma de la mitigación, hecha por Eugenio IV en este
punto.189
La cláusula « vel iuxta e a s», junto a las celdas, los comentadores
descalzos Unánimemente la refieren a las celdas Según estaban al tiempo
que se dió la Regla, esto es, celdas separadas por un espacio más q me­
nos grande entre ellas, no a las que hoy tenemos en nuestros conventos
construidos al modo cenobítico. Antiguamente los ermitaños tenían
necesidad de pasear junto a las celdas, por esto podían estar « iuxta eas »,
hoy en cambio, si esto fuera lícito, peligraría o se mermaría notablemente
el verdadero espíritu de la Regla, ya que, si « unicuique libere liceret
iuxta cellulam manere, facile inutilibus confabulationibus ansam aliis
praebebit; et sic finis regulae aut extingueretur aut valde inminuere-
tur ».190
Además de esto, los Superiores obligan a sus súbditos al retiro de
la celda, y nada puede pensarse más absurdo en nuestra religión que
el estar permitido a los religiosos vagar por los claustros u otros lugares
cerca o lejos de la celda. No estaría sin embargo prohibido el perma­

refiere a la v id a e re m ítica don de no h a b ía iglesias, ni cla u stro s en los cuales


los religio so s p u d ie ra n lib re m e n te p erm an ecer y p asearse con la con sig u ien te
ocasió n de co n ve rsacio n e s m ás o m enos tir a d a s e in ú tiles. P o d em o s a d m itir
que es u n a d e claració n extensiva d e l a iu x t a eas », p ero que im p o rta u n a m iti­
g a ció n en la v id a de re tiro en la celd a p ro p ia de los erm itañ os, con el cu a l les
era fá c il cu m p lir la o b liga ció n de m e d ita r dia y n oche en la le y del Señ or, y a
q u e v iv ía n en la so ledad. E n c u a n to al con sen tim ien to de la O rden, ta l v e z se
refiere el P . T o m á s a la O rd en de los D escalzo s p a ra qu ien es escrib ió ; pero no
h a y d u d a qu e e stá m ás en lo ju s to D e D ezana, si debe en ten d erse de to d a la
O rden, e x c lu id a la re fo rm a teresian a. V é a se ta m b ié n a Jo sé de S. F ra n cisco ,
m anuscrito, p p . 37-38.
189 E xp ositio, p . 17 3 ; Comentarios, p . 170, n. 2 ; J o sé de S . F ra n c . : « Dos P a ­
dres m itig a d o s p a ra sa lir al cla u stro y a n d ar p o r la cla u su ra y p u e rta del m o ­
n aste rio p id iero n d isp en sación y dice G regorio I V que d isp en sa con ellos y
que les m itig a este ca p itu lo d án d o les licen cia p a ra que [etc] lu eg o n osotros
q u e no ten em o s t a l m itig a ció n n i disp ensación , no p od em os lic ita m e n te h acer
esto, sino qu e acem os c o n tra la R e g la ». (M anuscrito, p p. 37-38) ; D irectorium ,
p. 123, n. 324.
190 E xp ositio, p. 173 . « A q u e l iuxta eas no se en tien d e de la v id a ze n o b itica
que aora gu ard a m o s i fo rm a de celd as que al p resen te ten em os ; sino de qu an d o
los C ou en tos e sta u a n en los ierm os, i la s celd as se p arad as u n a s de o tra s » (Co­
mentarios, p. 170, n. 2).
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA I 7I

necer junto a la celda para tomar el sol, estudiar más cómodamente etc.
con tal que no haya peligro de faltar al silervcio y al recogimiento.191
La razón de este prescrito debe buscarse en el fin peculiar de la Orden
que es la asidua meditación de la ley del Señor y la continua oración,
al cual contribuye poderosamente el retiro de la celda.192

« In lege Domini meditantes et in orationibus vigilantes ». La Regla


se rifiere a la oración tanto mental como vocal, ya que dispone en tér­
minos generales ; por tanto, cumple este precepto quien está ocupado
en las cosas de Dios en cualquiera de los dos modos. Cuando dice que
« die ac nocte in lege Domini meditantes », quiere e impone que nues­
tra mente esté casi siempre ocupada en la consideración de la ley di­
vina.193
Ley divina puede significar: « Primum, quaecumque ad Deum et
divina beneficia pertinent, ut sunt bonitas, charitas, misericordia, ce-
teraque Dei attributa, et praeterea eius erga homines beneficia, ut sunt
creationis, redemptionis, fidei, inspirationum, vocationum per se vel
per alios, expectationis ad poenitentiam, praeservationis a tot periculis
animae et corporis, et denique plura alia unicuique propria et maxima
beneficia. Secundum, defectuum et culpae propriae considerado : ad
quod etiam pertinent labilitas ad peccandum, dissipatio proprie substan-
tiae, nuditas a virtutibus, vulnera ignorantiae, mahtiae, mfirmitatis et
concupiscentiae, et alia».194 Además puede reducirse a la meditación
en la ley del Señor el estudio de la Sagrada Escritura, de la teología,
de la filosofía, hecho con el fin « ut melius divinas scripturas et legem
Dei cognoscamus >>.195
« Et in orationibus vigilantes», debe entenderse de la oración que
incluye « postulationes sive obsecrationes aut gratiarum actiones», o
sea la petición de los bienes que necesitamos nosotros o los demás, la
detestación de los pecados con la súplica de que se nos perdonen, y el

191 O. c., p . 177 .


192 E xp ositio, p. 1 7 9 ; José de S. F ra n c. : « N o cu m p le la R e g la el qu e es­
ta n d o de d ía y de n oche con el cuerpo, an d a con el cora zó n en el m ercad o p e n ­
san d o m il im p ertin en cias, p orqu e es m en ester que con a q u el en cerram ien to
e x te rio r del cu erp o h a y a recogim ien to in te rio r del a lm a o cu p a d a siem pre el
(sic) p en sar en D io s y en la m ed itación de la cosas so b ren a tu rale s... » (M a n u ­
scrito, p. 38).
193 E xp ositio, p. 179.
194 O. c., pp. 179, 183 ; Comentarios, p. 170, n. 3 ; D irectorium , p. 124, n. 336.
196 E xp ositio, p p. 179 . «es opin ión m ui p ro b a b le lla m a rse ta m b ién m e­
d itació n de la lei de D ios qu alq u ier estu d io de la T eo lo g ía , S a g ra d a e scritu ra
i aun ló g ica i filo so fia hazien dose con fin de llegar p or ese m edio m e jo r al c o ­
n ocim ien to de la e sc ritu ra i lei diu in a » (Comentarios, p. 170, n. 3).
172 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

reconocimiento de los beneficios recibidos con la manifestación de gra­


titud por ellos. Para cumplir con la Regla hay que hacer las dos cosas :
meditar y vigilar en oración.196

¿Cóm o debe entenderse la frecuencia con que se nos manda orar?


En la S. Scritura existe también el precepto de orar siempre : « Opor-
tet semper orare et unquam deficere »,197 « Vigilate itaque omni tem-
pore orantes»,198 «N on ¡mpediaris orare sem per»,199 «Sine intermis-
sione orate».200 Algunos sotienen que siempre ora quien obra y vive
bien ; otros piensan que orar siempre es « mentem cum Deo per amo-
rem et desiderium assidue coniungere »,201 y según S. Basilio no es
imposible en este sentido el precepto de orar siempre, « Quia non est
impossibile rem vehementer dilectam semper desiderare. Nam amato-
res huius saeculi, sive comedant sive bibant, rem amatam cum desiderio
cogitant, et etiam inter dormiéndum cum ea somniando versantur » 202 ;
finalmente otros entienden dicha frecuencia ; « perseverantiam et assi-
duitatem orandi quam maximam habere possimus... non solum
certis horis, sed omni tempore, oblata occasione, tum noctu turn inter-
diu orationi vacare debernus ».203
Al P. Tom ás le parece que no es imposible orar continuamente en­
tendido en el segundo y tercer modo, tanto más que la Regla no habla
de una manera tan absoluta como la S. Escritura, ya que ésta sólo dice
orar y la Regla orar y meditar de modo que se practique ora una ora
otra.204 Al P. Antonio le place la segunda sentencia o modo de cum­
plir la obligación de orar y la dice más conforme con nuestra Regla y
el uso de nuestra Orden, la cual «verba illa intelligit non tantum de
oratione vocali, sed etiam mentali, quae est elevatio mentís in Deum
per affectum et am orem ».205 Además de esto la continuidad debe en­

1 96 L . c. : « C a e te ru m lic e t h a e c it a sint, h o c p ra e ce p tu m su ffic ie n te r im -


p le tu r, siue p e r o ratio n em m en talem , q u ae d e n o ta tu r illis v erb is. I n lege
D o m in i m é d ita n te s, c u m m e d ita tio s it a ctu s in te lle ctu s, siue p e r o ratio n em
v o c a le m q u a e d e n o ta tu r illis v e rb is e in o ra tio n ib u s v ig ila n te s , siue p er ora-
tio n es ia cu la to ria s, p er e x a m e n con scien tiae, p e cc a to ru m con sid eration em ,
p er h u m ilem sp ecu la tio n em , p er a ctu a lem D e i p ra e se n tiam » (D irectorium ,
P- 124, n. 3 3 1 -3 3 3 )-
197 Lc. 18, 1.
198 L c. 2 1, 36.
199 E c c li 18, 22.
200 I T hess 5, 17.
201 E x p o sitio , p. 18 1.
202 C ita d o p o r el P . T o m a s 1. e.
203 E xp ositio, p . 182 ; D irectorium , p . 124, n. 326 ; Com entarios, p. 17 1 sq. n. 5.
20* E xp ositio, p. 182 ; D irectorium , 124, n. 328.
- Oo D irectorium , I .e . : D l P . Jo sé d e S . F ra n c , d ice qu e n o se en tien d e la
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAD DE DA REGDA CARMEDITANA 1 73

tenderse de una manera no física sino moral, y por tanto basta que de
cuando en cuando por medio de aspiraciones, afectos, oraciones jacula­
torias y ejercicio de la presencia de Dios procuren los religiosos tener
la mente y el afecto en Dios ; esto mismo confirma el texto de la Regla :
« nisi aliis iustis occasionibus occupentur », que se refiere sea al morar
en las celdas sea también al meditar día y noche en la ley del Señor.206
Los legos tienen la misma obligación que los coristas, ya porque la
Regla non distingue, ya porque así lo ha interpretado comúnmente la
religión,207 ya finalmente, podemos añadir, porque la Regla fue dada
en tales términos que supone haya muchos ermitaños que no sepan
leer y por tanto no destinados al coro, y esto no obstante lo mismo a
ellos que a los demás impone la oración y el trabajo de manos.
Sobre la gravedad de la obligación afirman que no puede estar tran­
quilo en conciencia « qui in nostro ordine non contendit se expeditum
et habilem reddere ad meditationem et orationem», o lo que es lo
mismo, quien voluntariamente y de modo habitual no procura quitar
los impedimentos que son obstáculo para la oración y meditación. No
puede decirse que se halle en este caso quien procura de uno u otro
modo darse a la oración. Pero no bastaría hacer dos horas de oración,
según prescriben las Constituciones, ya que la Regla pudiéndolo deter­
minar no lo ha determinado ; y pecaría también vemalmente quien
fuera de dicho tiempo viviera completamente descuidado de su vida
de oración.208 Además estaría en grave peligro quien no cuidara de
ella, porque despreciaría el medio que en su religión conduce a la
perfección religiosa.209
« Nisi aliis iustis occasionibus occupentur» significa que no faltan
al precepto de estar en las celdas los religiosos que salen de ella según

re g la d e a q u e lla oración que es sólo p etició n , p u es n o n os o b lig a a e sta r siem ­


pre p idien do , sino de a q u e lla « que a b ra za to d a s su s p a rte s que son la m e d ita ­
ció n y la con tem p lació n , h a cim ie n to de g racias y p e tic ió n ... ; solo a quel la q u e ­
b r a n ta qu e e sta en la celd a ocioso, o cu p a d o en im p e rtin e n cia s p or la s qu e les
(sic) p ierde la p resen cia de D ios. O el qu e v o lu n ta ria m e n te o a d v e rtid a m e n te
se d e rram a en p en sar cosas de aire y de m u n do, p orq u e estos ta le s sin ju s ta
o c u p ació n carecen de la o ración ; m as el que p ro cu ra siem pre ten er el corazó n
le v a n ta d o a D ios o e sta b ien ocu p ad o en la celd a no la q u e b ra n ta » (M a n u ­
scrito, p p . 39-41)-
206 L . c., n. 327, 332, 333.
207 E xp ositio, p. 186.
208 E xp ositio, p. 185 ; D irectorium , p. 124, n. 338.
209 E xp ositio, p. 185 ; Comentarios, p. 172, n. 5 : « S i el R eligio so C arm elita
D escam o de ta l su erte dexase caer, i re m itir el anim o, que fa lta s e a este con ­
tin u o estu d io de la oración i m ed itació n ; v iu iria sin d u d a en peligrosísim o
e sta d o ; p orq u e ia esse ta l, q u an to es dé su p a rte fa lta en la in ten ció n de con ­
segu ir su p rop rio fin » ; D irectorium , p. 124, n. 338.
174 FR. VICTOR DE JESUS MARÍA, O.C.D.

lo dispone la obediencia, para ocuparse en otros oficios u obras de ca­


ridad, como confesar, predicar, procurar las cosas necesarias etc. 209 bií

5. — D e l a s h o r a s c a n ó n ic a s.

«Hi, qui Horas canónicas cum Clericis dicere norunt, eas


dicant secundum constitutionem SS. Patrum et Ecclesiae ap-
probatam consuetudinem. Qui eas non noverint, viginti quinqué
vicibus Pater noster dicant in nocturnis vigiliis, exceptis Domi-
nicis et solemnibus diebus, in quorum vigiliis praedictum nu-
merum statuimus duplican, ut dicatur Pater noster vicibus quin-
quaginta. Septies autem eadem dicatur oratio in Paudibus Ma-
tutinis. In aliis quoque Horis septies similiter eadem dicatur
Oratio sigillatim, praeter officia Vespertina, in quibus ipsam
quindecies dicere debeatis ».

« Qui Horas canónicas cum clericis dicere norunt, eas dicant». Anti­
guamente no había en nuestra religión, ni en las demás, la distinción,
hoy tan frecuente, entre coristas y laicos o donados, y por tanto, el texto
de la Regla impone, tanto a los coristas como a los legos que saben leer,
la obligación de recitar el oficio divino, sea que supieran leer cuando
entraban en la religión, sea que aprendieran luego de haber ingresado.
Introducida la distinción mencionada, «ex communi consuetudine re-
ligionis, iam haec obligatio ad solos choro destinatos limitata est iuxta
usum aliarum religionum».210
Los coristas, aunque no hayan recibido las sagradas órdenes, — lo
mismo se diga de las monjas —, tienen obligación de recitarlas, pero la
obligación es mayor en los ordenados; porque se funda en la costumbre y
en la ley de la Iglesia, mientras la de los simples coristas, sólo en la
costumbre, que no siempre obliga a pecado mortal. Admiten como pro­
bable la sentencia que sostiene no obligar a mortal a los que son sim­
plemente coristas, aunque más probable reputan la contrario 211; en

208t>¡> Comentarios, p. 172, n. 6 : « ... no fa lta m o s a e sta o b liga ció n , qu an d o


p a ra la s cosas n ecessarias a l bien com ú n , o p a rtic u la r de la s alm as, encargado
p or la obediencia, saliésem os de las celdas, d ex an d o (come dizen) á D ios por
D ios ».
210 E xp ositio, p . 18 7 ; Comentarios, p. 1 9 1 , n. 3 : JosH D E S . F r a n c . , M a ­
nuscrito, p. 42 ; D irectorium , p. 124, n. 339-341.
211 E xp ositio, p. 1 8 9 : « M ihi p ro b a b ile v id e tu r ... eos q u i ch o ro d e p u ta n tu r,
solum te n eri su b c u lp a v e n ia li h o ras can ón icas recitare , q u a m v is p ro b a b iliu s
e t certiu s credam , ad h u c eos sicu t e t reliq u os religio n u m ch o ristas -— o rd en a ­
dos in sa cris — su b c u lp a m o rta li t e n e r i», y la ra zó n es que la o b liga ció n se
fu n d a en la regla , p ero la cu a lid a d y m odo de o b lig a r h a sido d e te rm in a d o por
la co stu m b re y segú n é sta o b lig a b a jo g ra v e . A s í c o n sta h o y p a ra lo s pro fesos
de v o to s solem n es (can. 610, § 3) ; D irectorium , p. 123, n. 342, 343.
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAD DE DA REGDA CARMEDITANA I 75

fuerza de la Regla la obligación es solo bajo leve, añadiendo que no


pueden cumplir recitando el oficio parvo de la Virgen ni los Padrenues­
tros que recitan los Hermanos.212
En cambio éstos no tienen obligación de recitar bajo grave los Pa­
drenuestros, ya que ni por costumbre común, ni por el derecho, ni por
ley alguna consta dicha obligación 213 ; pero deben ciertamente rezarlos
y probablemente distribuidos durante el día bajo pena de pecado leve ;
ni satisfacen a su obligación recitando el oficio parvo de la Virgen.214
Ponen la cuestión, si en fuerza de este prescrito de la Regla están
obligados los Carmelitas a la recitación coral. Y responden afirmativa­
mente. La razón es que la Regla dice se reciten según probada costumbre
de los Santos Padres y de la Iglesia ; ahora bien, la costumbre común
de la Iglesia, como enseñan casi todos los doctores, es que los clé­
rigos reciten el oficio divino en el coro.210
Este deber, sin embargo, afecta directamente a los prelados, de tal
manera que están obligados bajo pecado mortal, — con tal que
haya oportunidad de hacerlo, — a procurar que en sus monasterios
se recite públicamente y en común el oficio divino. En cambio los re­
ligiosos, si no asisten sin estar legítimamente impedidos, pecan sólo
venialmente y, si por su culpa, o no puede recitarse o no se recita con
la debida reverencia, pecan mortalmente.216
La oportunidad depende de las circunstancias : número de religiosos,
tiempo, lugar, escándalo del pueblo etc. El número de religiosos cuando
se trata del oficio cantado no puede fácilmente determinarse ; si del
recitado, «sufficit duorum numerus qui chorum componunt» .217
« Secundum consuetudinem Sanctorum Patrum et Ecclesiae appro-
batam consuetudinem ». Tal vez habla la Regla del modo de recitar las
Horas canónicas en la Tebaida y Egipto, o más probablemente de aquella
que existía en Palestina y Siria ; es lo cierto que adoptaron el modo
de la Iglesia Jerosolimitana, así la cláusula « secundum consuetudinem
Ecclesiae approbatam, sine dubio de consuetudine Hierosolimitanae

212 D irectorium , p . 124, n. 342.


•213 E xp ositio, p . 190. Comentarios, p. 19 1, n. 4.
214 Directorium , p. 124, n. 342 : E xp ositio, p. 205 ; pero h o y no e stá n o b li­
ga d o s a re c ita r los P a d ren u estro s los donados de v o to s sim ples.
215 E xp ositio, p p . 190, 192, A s í lo deducen ta m b ié n de la m ism a re g la cu an d o
d ice : « H i, q u i H o ras C an ó n icas cum clericis dicere n o r u n t », p or ta n to ju n ta ­
m en te con los dem ás, y cu an d o im pon e el silen cio desde C om p letas a P rim a,
lo c u a l h a ce referen cia a u n a cto com ún (D irectorium , p. 124, n. 344).
216 E xp ositio, pp. 190 -191.
217 O. c., p. 19 1.
176 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

Ecclesiae est accipienda » 218 ; esto siente el P. Tomás, mientras ei


P. Antonio dice : « Respondeo, intelligi septem Horas canónicas quae
secundum consuetudmem Romanae Ecclesiae recitantur, nam cum re­
gula absolute postulet, quod tales horae sint secundum constitutioñem
SS . Patrum et Ecclesiae approbatam consuetudinem, per nomen Eccle­
siae non debemus intelligere Ecclesiam Hierosolymitanam... sed Ro-
manam. Nam quando verba sunt dubia debent sumi in potiori signi-
ficato ».219 La cosa puede discutirse aún hoy, pero nos parece que la
mayor probabilidad está por lo que sostiene el P. Tom ás en conformi­
dad con otros muchos autores y la tradición de la Orden. Cierto es
que los Descalzos el año 1568 adoptaron el Breviario Romano. 220

6. — De no ten er p r o p io .

«Nullus Fratrum sibi aliquid proprium esse d ic a t; sed sint


vobis omnia communia, et distribuantur unicuique per manum
Prioris, vel per Fratrem ab eodem ad idem officium deputa-
tum prout cuique opus erit, inspectis aetaris et necessitatibus
singulorum ».

La primera frase, que prohíbe al religioso decir que tiene alguna


cosa propia, impone directamente la obligación de no usar las pa­
labras : esto es mío, es de mi propiedad, tengo dominio sobre esta
cosa ; indirectamente prohibe asimismo poseer alguna cosa propia, ya ■
que es como si dijera : « Si enim aliquid proprium vobis nominare pro-
hibeo, quanto magis ñeque habere ñeque retiñere concedam ».221
En cuanto a determinar el pecado que comete el religioso que tales
palabras profiere, el P. 1 omas opina que peca venialmente, ya que la
Regla lo preceptúa para la mejor observancia de la pobreza y obliga a
pecado venial, de no ser que se diga por ignorancia o inconsideración. 222
El P. Antonio sostiene que puede pecar mortalmente, supuesto que la
obligación no proviene de sola la Regla, mas sólo cuando el religioso,

218 O. c., p. 193.


219 « E t h ie sensus v id e t u r c o n fo rm io r sensui In n o c e n tii I V , e t a lio ru m P o n -
t iñ c u m q u i re g u la m c o n firm a ru n t... sensus ig it u r re g ulae sa ltern p o s t illiu s con-
írm a tio n e m a R o m a n o P o n tífic e est, q u o d horae c an o n icae re c ita re n tu r se cu n ­
d o ^consuetudmem R o m a n a e E c c le s ia e » (Directorium, p. 124, n. 346-347)
Expositio, p. 193. i//*
1-d' 210 ’ J UAN DE J e s ú s M a r í a , D isciplina monástica, v o l I I I
p. 35 P : « E x qu o in t e r nos p ro n o m in a illa , m e u m e t tu u m , h o r r o r i s u n t v e s ti-
m e n tu m q u e quo m d u itu r, n o n m eum , sed n o s tru m q u ilib e t a p p e lla t • Di- i.
rectonum, p. 125, n. 349.
222
Expositio, p. 210, y De voto paupertatis, p. 45.
IyA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE DE EA REGEA CARMEEIEANA ^77

diciendo esto es mío o esto es de mi propriedad, tiene intención de afir­


mar que le pertenece el dominio de aquella cosa, con tal que la materia
sea grave ; no peca ni grave ni levemente si dice que es suyo y quiere
significar que lo tiene en uso ; otra cosa es si dice que es propio aunque
tenga intención de decir que es tal en cuanto al uso, o sea, que posee
de manera irrevocable e independientemente del Superior el uso de
aquella cosa, dado que esto es contra la Regla . 223 El P. Gracián dice
que se peca cuando se dice : « il mió habito, il mió letto, la mia camera...
quando lo dicesse con animo et affetto proprietario », aunque siempre
es bueno enseñar a los frailes a decir «n uestro ».224
« Sed sint vobis omnia communia ». Comúnmente afirman que « ex
vi Regulae nos tam in particulari quam in communi, arctissimam pau-
pertatem profiteri »,225 y esto no sólo consta de las modificaciones in­
troducidas por Inocencio IV, sino que ya constaba en el texto de la
Regla albertina antes de semejante modificación : « Sint vobis, omnia
communia et ex his quae Vobis Dominus dederit distribuantur unicui-
que etc. ».226 Así lo declara Gregorio IX , 227 lo supone Inocencio IV , 228
y se deduce del mismo contexto de la Regla cuando enumera algunas
cosas que se pueden poseer : asnos o mulos y algunos animales o aves,
y al imponer o referir que frecuentemente han de viajar mendigando,
con lo cual parece indicarse que la Orden profesa una pobreza muy
estricta y que por esta causa, no teniendo réditos, establece la Regia
se viaje mendigando. 22J
De este precepto se infiere también la obligación de la vida común
que consiste principalmente en dos puntos ; en carecer de algo pro­
pio y en la distribución de las cosas comunes según las necesidades
de los súbditos . 230 Todo cuanto adquiere el religioso debe ponerse en
común luego de haberlo entregado el Superior ; así no pueden nuestros

223 Directorium, p. 1.2 5 , n. 351.


224 Della D isciplina monastica, fol. 14 1.
225 E xpositio, p. 207 : JOSÉ d e S. P r a n c . : « N o es c o n tra el v o to de p o b re za
a lg o en com ú n » (M an uscrito, p . 48) ; D irectorium , p. 125, n. 363-364 ;
te n e r
Com entarios, p. 204, n. 4.
226 Bull. Taurinense, v o i. I l i , p. 416.
227 O. c., p. 520.
228 O. c., p. 535.
229 E xp ositio, p. 225 ; Directorium , p. 125, n. 363-366.
230 E xp ositio, p p . 210 -211 : « E t sic tu n e in religio n e o m n ia com m u n ia esse
d ic u n tu r, qu an d o u n a m en sa u n u s cibus, eaed em v este s, ead em h a b ita tio ,
ea d em su p ellex, e t den ique om nia, q u ae ad v ic tu m e t v e s titu m p ertin en t, aeq ua-
lite r om n ibus d istrib u u n tu r ». Comentarios, p. 205, n. 6 : « S in t v o b is om n ia
com m u n ia, esto es, que n in gun o te n g a p a ra si cosa p ro p ria, sino que siendo
to d a s, de todos, se ap liqu e, i d istrib u ía de ai lo n ecesario a cad a v n o ».

12
17« FE. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

Carmelitas tener peculio alguno o rentas, como manifiestamente consta


para los Descalzos en sus constituciones, si bien los prelados de la An­
tigua Observancia pueden, por justa causa, conceder el peculio no ob­
stante la Regla . 231

« Distribuantur unicuique per manum Prioris, vel per Fratrem ab


eodem ad idem officium deputatum ». A los religiosos por consiguiente
se les prohibe que puedan tomar cosa alguna como propria o destinarla
al propio uso, sin el consentimiento del Superior, al cual por sí, o por
el Hermano destinado a este oficio por él, pertenece distribuir los bie­
nes del convento entre los religiosos según la necesidad : asimismo no
puede el religioso dar nada a otro, para que lo posea o use, sin la misma
licencia . 232 Por el contrario al Superior incumbe la obligación de di­
stribuir a los religiosos, solícita y caritativamente, lo necesario, y, si él
o el Hermano destinado no lo hicieran, pueden tomarlo ; dígase otro
tanto cuando haya licencia tácita . 233 El Hermano destinado por el Su­
perior, se llama en las antiguas religiones « cellarius, dispensator, oecc-
nomus », y en la regla de S. Alberto se le designaba con el nombre
« homo », esto es, se disponía que fuera un hombre, « per hominem »
decía en vez de « per fratrem » 234 ; sus facultades dependen de las leyes
y de las disposiciones que dé el Superior, y debe ejercer su oficio con
fidelidad y prudencia.

« Inspectis aetatibus et necessitabus singulorum». Esta cláusula se


refiere al modo de la distribución, con la cual no se preceptúa una
distribución matemáticamente igual, sino en la medida de las necesi­
dades, y por tanto, a quien más necesita se le debe dar más y a quien
menos le baste se le distribuya menos, esto es, según la justicia distri­
butiva que atiende a la igualdad proporcional. « Aetatibus» se pone
para más inculcar que se atienda a esa circunstancia que puede influir
mucho en la proporción de la necesidad, y especialmente para que se
atienda a los ancianos, ya que la vejez es una especie de enfermedad.
Quiénes sean tales no es fácil determinarlo — c 45, 46, 50 años ? — ;
pertenecerá, por tanto, al Superior apreciarlo en cada caso con mucha
cautela y prudencia, sea que se trate de viejos, sea que deba juzgar

231 D irectorium , p . 125, n . 355-356.


232 E x p o sitio ; p p . 2 1 4 - 2 1 5 ; Comentarios, p. 205, n. 7 ; D irectorium , p. 125,
n- 3 5 4 . 3 5 7 . 3 5 8 .
233 D irectorium , p . 125, n. 358.
234 D e L e z a n A , Sum m a quaestionum regularium, v o l. I I I , L u g d u n i, 1656 ,
p. 189.
EA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE D E EA REGEA CARMEEITANA 179

sobre los jóvenes, para que no se menoscabe el rigor de nuestra vida.


Se pone también « necessitatibus » porque éstas pueden bastar sin aqué­
llas, pero no aquéllas sin éstas . 235
La necesidad comprende todo aquello sin lo cual el religioso no puede
cumplir el oficio que le está encomendado, o no puede vivir cómoda­
mente en conformidad con nuestro género de vida ; ni se entiende una
necesidad absoluta, sino de decencia y congruencia, en relación a nuestro
estado de pobreza, y que, por tanto, según éste, fuera inconveniente o
indecoroso no remediarla. Especialmente nuestra Regla entiende por ne­
cesidad la debilidad y enfermedades de nuestros religiosos. 236 Estas
deben ser diligentemente atendidas por los prelados como se infiere;
entre otros testimonios, de las palabras de la S. Madre : « Antes falte
lo necesario a las sanas que algunas piedades a las enfermas ».237 Los
religiosos no deben exigir lo que no les sea estrictamente necesario y
conforme a la pobreza que han profesado.

7. — D e l o q u e se p u ed e p o s e e r e n c o m ú n .

«Asinos autem sive mulos, prout vestra expostularit neces-


sitas, vobis habere lic e a t; et aliquot animalium sive volatilium
ad nutrimentum ».

Este parágrafo fué íntegramente añadido por los reformadores o co­


rrectores Dominicos, sin duda para proveer a las nuevas necesidades,
si bien no creemos que sea fácil explicar el motivo preciso que les in­
dujo a ello, ya que los autores andan discordes cuando quieren precisar.
« Asinos autem sive mulos prout vestra expostularit necessitas ». Aun­
que el legislador hable sólo de asnos o mulos, algunos autores entienden
también caballos, con tal que no sean de lujo, para recreo o vanidad,
sino aptos para el trabajo o viajes . 238 La razón de esta disposición la
hallan algunos en el hecho de que frecuentemente nuestros frailes ha­
bitaban lugares distantes de las ciudades y necesitaban de dichos ani­

230 Expositio, pp. 2 1 7 -2 1 8 ; Directorium, p. 125, n. 360, 361 ; el P . G raciá n


-¿■I bien lo entien d e de la en ferm ed ad [Delta D isciplina regolare, fol. 157).
236 Expositio, p p . 218-219.
37 Regla y Constituciones de las M onjas Descalzas de la Orden de la Beatí-
Slm^ M aría del Monte Carmelo, B u rg o s, 1927, n. 23 ; Expositio, p. 222.
Directorium, p. 125, n. 362 : Ju a n de J e sú s M a r ía : « T e x tu m e x p ló ra te
e t com p erietis, iu m e n ta a d on era v a r ia in C lau stru m in feren da, v e l ad m o-
n a cliu m aliq u em pedestre^ ite r facere n on v a le n te m veh en d u m , v o la tilia v ero
e t anirnan tia alia, v e l occisa in esum aegrorum , v e l v iv a in fo e tu m o v o ru m e t
ac ís ad aegros v a le n te sq u e p ascen dos destin ari (D isciplina monástica, in O pera
om nia, v o l. I I I , p. 37 B y p. 38 D ).
FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

males para transportar al monasterio los alimentos y demás servicios


de la comunidad , 239 así como para cultivar las tierras o huerto que
pueden poseer . 240
« Aliquot animalium sive volatilium ad nutnmentum ». Entre los ani­
males que la regla concede hay que poner ciertamente las ovejas y las
cabras de cuya leche o lacticinios pueden alimentarse los religiosos,
ya que no pueden comer de carne y no es fácil en todas partes obtener
pescado, pero todos los autores sostienen que no se pueden tener rebaños
de esos mismos animales o de bueyes, conejos u otros cualesquiera;
y sólo permiten cuatro o seis carneros para los enfermos 241 o los hués­
pedes . 242 En cuanto a los volátiles entienden gallinas para obtener los
huevos y para el nutrimento de los enfermos. 243 La razón de la estre­
chez en conceder los rebaños de cualesquiera animales nos la da el
P. T o m ás: « Hoc enim valde nostrae paupertati dissonum, et omnino
contrarium, censeo ».244

8. — D el O r a t o r io y del culto d iv in o .

« Oratorium, prout commodius fieri poterit, construatur in


medio cellularum, ubi mane per singulos dies ad audienda Mis-
sarum solemnia convenire debeatis, ubi hoc commode fieri po­
test ».

Lo primero que se recomienda es que se construya el Oratorio en


medio de las celdas, sin que se imponga un precepto absoluto. De esto
se infiere que el legislador se refiere a los desiertos donde las celdas
se construyen separadas unas de otras, no a los conventos cuya estruc­
tura forma todo un conjunto continuo. Por tanto tal prescripción no
está en vigor fuera de las casas de vida eremítica, donde el motivo de
dicho prescrito aún puede existir, esto es, que todos puedan venir con
comodidad a la misa conventual y oficios divinos. 240 Dice oratorio y

239 Expositio, p. 224 ; Comentarios, p. 206, n. 8 : « C om o qu iera que p ara


lle u a r la p ro u ision n ecesaria á los M onasterios, m u ch os de los quales, o e sta ­
ría n en ierm os, ó en lu gares rem o to s de las C iud ad es ; fu e p re cisa m e n te n ece ­
saria e sta perm isión de p o d er ten er algu n a s cau alg ad u ra s, m aiores o m enores
en orden a eso, i a otro s m inisterios, p a ra que de ordin ario suelen ser m enester
en los C on u en to s ». Directorium, p. 12 5 , n. 362.
240 Delta disciplina monástica, fol. 159.
241 Expositio, p. 224 ; Directorium, p. 125, n. 362.
242 Della disciplina monástica, fol. 159.
243 Expositio, p. 224 ; Comentarios, p. 206, n. 8 ; Directorium, pp. 12
244 Expositio, p. 224.
245 O. c., p. 227 ; Directorium, p. 126, n. 367.
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE DE EA REGEA CARMELITANA I8l

no iglesia para indicar que los templos de nuestros conventos no de­


ben ser magníficos sino modestos. 246
Se preceptúa que se junten todos los días a oír Misa, en donde pue­
dan hacerlo cómodamente. Los comentadores deducen de aquí la obli­
gación de oír misa todos los días bajo pecado venial de no estar legí­
timamente impedidos, ya que se trata de un precepto de la Regla, la
cual obliga a esta culpa . 247 Con mucha probabilidad se trata de la misa
conventual, ya que a dicha misa solemne todos deben asistir, y por
tanto es un acto de comunidad. Ni puede aducirse contra esta inter­
pretación lo de « ubi hoc commode fieri potest», supuesto que estas
palabras las puso el legislador teniendo en cuenta que los ermitaños
distantes del oratorio no siempre podrían cómodamente hacerlo, como
lo dijo también cuando estableció que se juntasen a comer en refectorio
común. 248 «H inc fit religiosos nostros, ex vi regulae, teneri praecipue
missam conventualem audire, si tamen fuerint impediti, particulari
missa huic praecepto satisfaciunt ».249 Aunque diga «M issarum so-
lemnia » no consta que haya obligación de cantar la misa . 2“0

9 . — D e l C a p it u l o y c o r r e c c ió n de lo s R e l ig io s o s .

(i Dominicis quoque diebus, vel aliis, ubi opus fuerit, de cus­


todia Ordinis et animarum salute tractetis, ubi etiam excessus
et culpae fratrum, si quae in aliquo deprehensae fuerint, caritate
media corrigantur ».

« Los domingos, u otros días, cuando fuere necesario». Estas pa­


labras pueden tener dos sentidos : primero, se celebre el Capítulo los
domingos, y si hubiere impedimento se tenga otro día de la se­
mana, y segundo : no sólo los domingos, sino asimismo otros días,
si fuere necesario, se tenga el Capítulo. Tom ás de Jesús cree más con­
forme al texto de la Regla este último sentido, fundándose en la cláu­

246 Expositio, p. 227 ; Directorium, p. 126, n. 368.


247 Expositio, p. 227 ; Comentarios, p. 221, n. 3 ; Directorium, p. 126, n. 369.
248 Expositio, p. 228 ; Comentarios, p. 221, n. 3 ; Ju a n de Jesú s M aría : A n ­
tig u a m e n te p ocos se ord en ab an sa cerd o tes y p o r e sta cau sa fu é c o n ve n ien te
e sta b lec er que se reuniesen to d o s los d ías p a ra oir m isa en el O rato rio . « N u n c
a u tem v ero S a c erd o tu m c r e v it num erus, a n tiq u a e discip lin ae ra tio n on n ihil
m u ta ri d e b u i t » (D isciplina monástica, in O p era om nia, v o l. I I I , p. 39 E ) ;
Directorium, p. 126, n. 367. N o nos p arece p ro b a b le , com o sostien e este a u to r
(1. c. n. 370), que el religioso c a rm e lita que no o y e m isa el dom ingo p equ e g r a v e ­
m en te com o to d o s los fieles y adem ás le vem en te.
249 Directorium, p. 126, n. 373. Cfjr. Expositio, p p . 227-228. Comentarios,
p . 221, n. 4.
250 Directorium, p. 126, n. 373.
PR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

sula « ubi opus fuerit», la cual importa una necesidad que aparece o
surge de momento, y así aunque se hubiere celebrado el domingo po­
dría tenerse el lunes inmediato « ubi opus fuerit». Admite sin embargo
que el primer significado se acomoda mejor al común sentir de la
Orden , 251 ya que de hecho suele hacerse otro día, tal vez porque el
domingo está muy ocupado con otros ejercicios espirituales y el sagrado
ministerio. 252 En este prescrito, como en otros muchos, aparece una
reminiscencia de la vida estrictamente eremítica, en la cual el domingo,
libre de otras ocupaciones, especialmente del trabajo manual, podía
cómodamente dedicarse a las cosas espirituales ; muy diferente era la
condición de la comunidades que, según la vida mixta adoptada más
tarde, debían darse al sagrado ministerio.
Casi todos los comentadores ponen de relieve que la celebración del
capítulo se preceptúa de una manera absoluta, dado que el legislador
no ha empleado la fórmula : « ubi commode poterit observan », como
en otros capítulos, concluyendo, que el Superior debe celebrarlo al
menos una vez a la semana, 253 bajo pena de pecado venial, ya que di­
fícilmente se dara el caso que « omnes dies hebdornadae sint legitime
occupati ».254 Demasiado absoluta nos parece esta aserción, sea porque
no es tan difícil que de hecho todos los días de la semana estén legíti­
mamente impedidos, sea también porque el modo común de interpre­
tar este prescrito no suele ser tan estricto que suponga pecado venial
si, pudiéndolo hacer un día cualquiera de la semana, no se celebrare.
Otra cosa es la responsabilidad del Superior que por su negligencia en
celebrarlo causa daños más o menos notables a la regular observancia.
« Tratareis de la observancia de la Orden y de la salvación de las
almas ». Este es el fin principal y lo primero que en el capítulo debe
tratarse , 205 luego se hará la corrección de culpas y, sólo al fin, se tra­
taran las cosas temporales. 206 El tratar de la observancia de la Orden
comprende : la lección y exposición de la Regla y de las Constituciones,

“ol Expositio , p p . 228-229 ; J u a n de Jesú s M aría : C a p ítu lu m , « q u em e x


R e g u la e p ra e scrip tio n e ac m a io ru m n o stro ru m la u d a tissim a co n su etu d in e cele-
b ram u s » (D isciplina monástica, in O pera om n ia, v o l. I I I , p. 43 B ).
2o2 Della disciplina regolare, fol. 226 : « S e si f a la dom en ica, su ole im p ed iré
la p rep a razion e, che h a n n o d a fa re i fr a t i e le m o n ach e p er con fessa rsi e com -
m u n icarsi, o ltre che i p re d ic a to ri e con fessori soglion o essere in t a l gio rn o occu-
p a ti, e p e r q u e sto sa ra ben e che si fa c c ia il v en e rd i gio rn o de p assion e, ouero
com e d ice la re g o la aliis d ie b u s q u ib u s op u s f u e r i t ».
253 Directorium, p . 126, n. 375 ; Expositio, p p . 228-229.
254 Directorium, 126, n. 377.
255 Expositio, p p . 230-231 ; Comentarios, p. 222, n. 3 ; Directorium, p. 126,
n. 378 ; Della disciplina regolare, fo l. 227.
256 Directorium, p. 126, n. 378 ; Della disciplina etc., fol. 227.
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE DA REGEA CARMELITANA I 83

exhortando a su cumplimiento y al amor del propio Instituto 257 ; la


exposición de la doctrina sobre las virtudes, 268 y el que súbditos y Su­
perior confieran entre sí qué sea lo más útil para la observancia y, con­
siguientemente, para extirpar abusos, si los hay, y evitar que se intro­
duzcan, atendiendo no solamente al bien común sino también al de cada
uno en particular. 259
« ... donde también se corregirán con caridad las transgresiones y
culpas que quizá se háyan notado en algunos de los Hermanos ». Puede
parecer a primera vista que esta corrección en público no es según la
norma establecida por el Salvador, esto es, corregir primero en secreto
y luego, si no hubiere enmienda, en público. A esto responden, alegando
la razón de S. Basilio, que se trata siempre de culpas leves, y que en
las graves debe observarse el orden mencionado por el Señor , 260 de
no ser que sean públicas y notorias.

Cada Hermano debe acusarse de sus culpas leves exteriores que no


importan grande difamación, las interiores las podran manifestar si
sienten el deseo de hacerlo movidos del Espíritu Santo ; en cuanto a
las graves hay la misma obligación si ya fueren públicas y notorias a
la mayor parte de la comunidad ; así dice el P. Antonio que consta por
el uso de la Congregación Lusitana , 261 pero no comete pecado alguno
quien deja de acusarse . 262 Cuando los súbditos no se acusan espontá­
neamente deben manifestarlas en primer lugar el Superior y el Ce­
lador, y corregirlas ya por caridad ya también por razón del ofi­
cio. de tal manera que, si dejan de hacerlo pecan gravemente cuando
se trata de faltas graves o que, aun siendo leves, por su frecuencia, pue­
den causar relajación o costumbre contra la Regla ; pecarán levemente
en el caso que fueran culpas leves y no hubiere tal peligro de relaja­
ción. 263 A los demás religiosos, según algunos, incumbe el mismo de­
267 Expositio, p p . 230-231 ; Della disciplina ecc., fol. 227.
268 Della disciplina ecc., 1. c.
258 Expositio, pp. 230-231. Comentarios, p. 223, n. 3 : « . . . e l P rela d o no so
lo en com ún, p ero a cad a v n o en p a rtic u la r, segú n su cam in o, ocu p ación , i
o ficio le guie, enseñe, i end erece á su m a ior ap ro u ech am ien to ».
260 Della disciplina ecc., fol. 226 ; Comentarios, p. 223, n. 4.
261 Expositio, pp. 230-232 ; Directorium, p. 126, n. 381 ; Comentarios, p. 223,
n. 3 : « ... m i se án de en ten d er de las to ta lm e n te in teriores, i o cu lta s, n i ta n
p oco de las e xterio res secretas, m aiorm en te sien do grau es : p u es en las ta le s
n ingun o e sta o b liga d o a m a n ifestarse e in fa m a rse. P ero siendo esas p u b licas,
110 tie n e d u d a que pod rían , i au n te n d ría n o b liga ció n á m a n ife starlas en el
c a p itu lo : si bien q u an d o ia n o to ria s a to d a , o a la m a ior p a rte del ».
262 Expositio, p p. 230-232.
263 L . c. ; Directorium, p. 126, n. 382-383 ; Comentarios, p. 223, n. 5 ; Della
disciplina ecc., 227-228.
184 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

ber en fuerza de la caridad, pero hay quienes les excusan aún de pe­
cado venial cuando tales faltas no son ocasión de pecado mortal ni de
relajación. 264 Es cierto que no hay obligación si tales defectos son ocul­
tos, aunque pueden manifestarlos. 265
El modo de la corrección lo indican aquellas palabras, <<se corrijan
con candad». Si el Prelado — dice Tomás de Jesús — falta a la ca­
ridad paterna y dilección hacia sus súbditos, de nada aprovechará la
corrección y, si se extralimita, ahondará las heridas ; « si nimis rigidus
et iustus, iniuriosus erit ».266 Esto no obstante no debe ser demasiado
suave, ya que entonces crecerían los vicios. Se necesita, por tanto, grande
prudencia, discreción y caridad, para observar un justo medio, procu­
rando más bien hacerse amar que temer. 267 En pocas palabras : « iusti-
tia cum misericordia miscenda est, quamvis semper magis in benigni-
tatem quam in ngorem ¡nclinandum s i t ».268 Finalmente, los que acu­
san deben hacerlo con candad y modestia, y los acusados deben so­
brellevarlo con paciencia, humildad, obediencia, contrición y deseo
de salvarse . 269

10. — D el ayuno de los R e l ig io s o s .

«Ieiunium singulis diebus, exceptis dominicis, observetis a


Festo Fxaltationis sanctae Crucis usque ad diem Dominicae
Resurrectionis, nisi infirmitas vel debilitas corporis aut alia
iusta causa ieiunium solvi suadeat, quia necessitas non habet
legem ».

En fuerza de esta disposición los Carmelitas están obligados a ayu­


nar desde el día de la Exaltación de la S. Cruz inclusive, hasta el día
de Pascua de Resurrección exclusive, exceptuados los domingos, su­
puesto que cuando la preposición a se antepone en la ley a un deter­
minado día, éste se incluye, de no ser que su inclusión sea contra el
derecho común . 270 Los domingos y el día de Pascua se exceptúan en
honor de la Resurrección del Señor y por costumbre eclesiástica deri­

ÍM D irectorium , p. 126, n. 384-388; Comentarios, p. 223, n. 6 ; E x p o -


sitio, p. 238.
265 D irectorium , p p . 126-127, n - 389-390.
266 E x p o sitio , p. 237 ; Directorium , p. 127, n. 382 ; Com entarios, p . 224,
a . 7 ; D elta d iscip lin a ecc., fol. 227.
267 E x p o sitio , p. 237 ; D elta d iscip lin a ecc., fol. 227.
268 E x p o sitio , p. 238.
269 L . c. ; D ella d iscip lin a ecc., fol. 228.
270 E xp ositio, p. 241 ; D irectorium , p. 127, n. 393 ; Comentarios, p. 237, n. 2.
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-M ORA!, DE LA REGLA CARMELITANA 185

vada de los Apóstoles. 271 Todos los demás días, hablando en rigor de
términos, se incluyen, ya que la Regla solo excluye los domingos :
quien manda una cosa que debe hacerse todos los días, ninguno ex­
cluye.272 Si esto es así, ¿deberá ayunarse también el día de N avidad?
Tomás de Jesús dice que la equidad pide no se ayune ese día y que
los Prelados deben dispensar . 273 Antonio del Espíritu Santo no dice
claramente si se excluye por costumbre de la Iglesia o de la Orden,
más bien parece decir ambas cosas . 274 Pero de alguna manera debía
constar cuando el Capítulo General se preocupó de dispensar el segundo
día de Navidad, no el primero, o mejor, declarar la mente de la Regla,

disponiendo 1
que no se ayunase. 275
Los ayunos de que habla la Regla son en verdad ayunos eclesiásti­
cos, que consisten en abstenerse de los manjares, según la norma y el
modo establecidos por la Iglesia . 276 Este es el común sentir de toda la re­
ligión, 277 pero unos dan como razón la conformidad sustancial del ayuno
de la Regla con el de la Iglesia , 278 otros lo retienen tal porque impuesto
por un Superior eclesiástico y confirmado por el Sumo Pontífice . 279
De esto infieren que debe observarse como el de la Iglesia, abstenién­
dose de comer carne, — según era la disciplina de entonces, — no de
lacticinios, haciendo una sola comida a la hora establecida, y la cola­
ción por la noche. 280

Tienen obligación de observarlo todos los profesos sean coristas o


donados, estén en el convento o fuera de él, aun antes de cumplir ¡os
ventiún años, ya que la obligación proviene del voto, que es personal ;
y por tanto su cumplimiento urge en todo lugar a los que voluntaria­
mente se obligaron a observar una regla que impone otros ayunos so­
bre los de la Iglesia 281 ; ni otra cosa debe retenerse respecto a los que
comenzaron el sexagésimo de edad y aún tienen fuerzas bastantes para

271 Directorium , p. I27, n. 394 ; Comentarios, p. 237, n. 3.


272 Expositio, p. 243 ; Directorium , p. 127, n. 394.
273 Exp ositio, p. 243 ; Jo sé de S. F ra n c is c o : « N o hace c o n tra este c a p itu lo
lo s P re la d o s en n o m a n d a r a y u n a r en a q u e llo s d ia s » (M an uscrito , p. 50).
274 Directorium , p. 127, n. 394.
275 E x p o sitio , pp. 243-244.
270 E . c ., p p . 2 4 4-2 46; Comentarios, p, 237, n. 5.
277 D irectorium , p. 127, n. 395.
278 E xp ositio, p. 245.
279 Directorium , p. 127, n. 395.
280 L . c., n. 396-399.
281 E xp ositio, p. 247 ; Directorium , p. 127, n. 401-403 ; E l G ra c iá n supone
esta o b lig a c ió n y a que d a la edad de m enos de v e in t iú n años y m ás de sesenta
co m o cau sa de d ispensa (Delta d iscip lin a regolare, fo l. 231).
186 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

ayunar,282 si bien en cuanto a éstos Tom ás de Jesús confía a la pru­


dencia del Superior juzgar si pueden o no observar el ayuno, « nam
alii certius (sic), alii vero tardius praedictam impotentiam senectutis
incurrunt ».283 Si no lo observaran, pecarían venialmente, porque la
Regla obliga a pecado venial, pero no incurrirían en semejante culpa
quienes no observasen los ayunos de la Iglesia establecidos en las Con­
stituciones, ya que éstas no obligan a pecado alguno y a los ayunos de
la Iglesia no están obligados luego de haber empezado el sexagésimo
año de edad . 284
«A no ser que alguna enfermedad o debilidad del cuerpo, u otra
causa justa aconseje que se deje de ayunar, porque la necesidad no
tiene ley ». El P. Tom ás concluye de estas palabras : « Quantum opi-
nor, nulla Regula tam prolongata ieiunia statuit» 280 ; el P. Gracián
piensa que de ellas se infiere la grande benignidad en el ayuno de la
Regla : « Si bene si mira non v ’é regola piü mite nel digiuno che quella
del Carmine » 286 ; el P. Juan de Jesús María pone de relieve la pru­
dencia del legislador que ha juntado la benignidad a la austeridad : « Sa­
tis profecto caecus foret, qui in ipsis austeritatis nostrae praescriptio-
nibus prudentiam legislatoris suavitatem admiscentis minime digno-
sceret, quod vel ex textu hoc, quo ieiunium septem mensium praeci-
pitur, plañe convincitur. Tría quippe capita subiunxit, infirmitatem,
debihtatem aliamque iuxtam causam quae multiplex esse potest, ut
ieiunii abstinentia relaxetur : qua certe temperie, quod asperum edi-
xerat, Ienivit, et suavi se Christi spiritu duci demonstravit».28'
Estas tres causas se reducen a la justa causa, que comprende la ne­
cesidad, la enfermedad y la piedad. Por razón de la impotencia o enfer­
medad están excusados los enfermos y los débiles. Estos pueden ser
convalecientes o predispuestos a enfermar por su débil complexión o
constitución, pero en esto se siga el parecer del médico y del Supe­
rior, 288 el cual no debe ser demasiado escrupuloso, sino « pietate magis
quam rigore ducatur ».289 La necesidad puede darse en los que tra­
bajan mucho corporalmente dentro o fuera del convento, como los
Hermanos donados, o los que ayunando no pueden cumplir bien su

282’ Comentarios, p. 238, a. 6 ; Directorium , p. 127, n. 404.


283 E xp ositio, p. 247. Comentarios, p. 238, n. 6.
284 D irectorium , p. 127, n. 405.
285 E x p o sitio , p. 244.
286 D elta d iscip lin a ecc., fo l. 230.
287 D is cip lin a monástica, in O p e ra o m n ia , v o l. I I I , p. 46 D .
288 E xp ositio, p. 247 ; Directorium , p. 127, n. 406 ; D ella d iscip lin a , fo l. 230.
289 E xp ositio, p. 248.
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE DA REGI.A CARMELITANA 187

oficio. La otra causa, o sea la piedad, se da siempre que tengan un


oficio de piedad o caridad corporal o espiritual para con el prójimo y
no puedan satisfacerlo ayunando, como los lectores de ambas teologías,
de filosofía, predicadores, confesores, 290 y lo mismo debemos decir de
los que enseñan otras materias. Mas añaden que esto se entiende de
los que deben sobrellevar mucha fatiga, ya para preparar las lecciones,
libros u otros ejercicios literarios, ya para componer los sermones o
predicarlos, ya en atender largas horas al confesonario. 291 Este punto
de la Regla es uno de los mitigados por Eugenio IV y solo vige entre
los Descalzos.

II. — D e LA ABSTINENCIA DE CARNES.

«Ab esu carnium abstineatis, nisi pro infirmitatis vel debili-


tatis remedio sumantur. E t quia vos oportet frequentius men-
dicare itinerantes, ne sitis hospitibus onerosi, extra domus ve-
stras sumere poteritis pulmenta cocta cum carnibus, sed et
carnibus supra mare vesci lic e b it».

«O s abstendréis de comer de carne». No se incluyen en el nombre


de carne los huevos y lacticinios, 292 pero como tal se toman en el caso,
además de la carne propriamente dicha, el lardo, la grasa o sebo, la
sangre, el caldo de carne y otras cosas semejantes . 293 Así se infiere del
mismo texto de la Regla que exceptúa sólo las cosas cocidas con carne,
y, por tanto, es señal de que se incluyen todas las demás ; la costum­
bre de la Orden y el común sentir de la misma lo entienden de esta
manera, y finalmente la Iglesia no lo toma de diverso modo, cuando
manda a los fieles que se abstengan los viernes de comer carne. 294
« Si no fuere por remedio de enfermedad o debilidad ». El P. Tomás
refiere la noción de enfermedad tomada del jurisconsulto Labeón, quien
a su vez la tomó del grande jurista Sabino, el cual afirma : « morbum...
esse habitum cuiusque corporis contra naturam, qui usum eius ad id
facit deteriorem, cuius causa natura nobis eius corporis sanitatem de-

290 L . c. ; Directorium, p. 12 7 , n. 409 ; Della disciplina ecc., fol. -230.


291 Directorium, p . 12 7, n . 409.
292 Expositio, p. 255.
293 O. c., p p . 256-257 ; Directorium, p. 128, n. 4 12 -4 17.
294 Expositio, p p. 256-257. E l P . Jo sé de S. F ra n c isco d ice que la re g la nos
d a lic en c ia « en este ca p itu lo p a ra com er ca ld o o le g u m b res cocid a s con carn e
a n d an d o fu e ra de c a sa » (Manuscrito, p. 51), y «el fin de n u e stra la R a(reg la)
en esto... fu e p o rq u e com id a de p e scad o no se h a lla b a fác ilm e n te e n tre seglares
cu an d o n o es c u a re sm a » (o. c., p p . 51-52) ; Directorium, p . 128, n. 4 16 -4 17.
i88 FR . V IC TO R D E JESÚS M A R ÍA , O .C.D.

dit ».295 Debilidad es la languidez e imperfección del cuerpo en sus


acciones, o sea, una especie de término medio entre salud y enferme­
dad, en el que se hallan los que tienen grande propensión a enfermar
y los que están convalecientes.
L a Regla concede en estado tanto de enfermedad como de debilidad
el que se pueda comer de carne para remedio de las mismas ; pero no
son causa suficiente para dispensarse el cansancio o la notable fatiga,
como lo son para el ayuno. 296 Por otra parte, no se requiere que la de­
bilidad sea extremada, sino aquella que el médico y el Superior juzguen
suficiente. 297 El P. Gracián piensa que cuando el « medico dirà che
può mangiar carne, nè il Prelato ha da dubitare, nè il suddito da repli­
care ».298 No obstante esta prohibición de la Regla, muchos comenta­
dores admiten justamente que deben exceptuarse los casos de grande
necesidad, o sea cuando no se hallen otros manjares, como puede acae­
cer en tiempo de hambre, durante el sitio de una ciudad o la reclusión
en una cárcel etc . 299
Esto se entiende de los Carmelitas Descalzos, supuesto que los miti­
gados pueden tomar carne cuatro veces a la semana.300
« Y porque muchas veces os sucede viajar mendigando, por no ser
gravosos a los huespedes, fuera de vuestras casas podréis comer legum­
bres cocidas con carne ». Aquellas palabras « et quia vos oportet frequen-
tius mendicare itinerantes», según el P. Tomás, suscitan la duda de
si tienen los Carmelitas la obligación de caminar o viajar mendigando y
a pié, dado que los que van a caballo no suelen mendigar ; concluyendo
que la Regla no lo manda, pero amonesta y recomienda que se haga fre­
cuentemente, aunque no siempre, y sólo por esta mendicidad permite
que podamos comer manjares cocidos con carne evitando de esta ma­
nera que seamos pesados a los demás 301. El dicho Padre habla eviden-

29o jg-0 es ¿ e l to d o c ierto de don de e stá to m a d a o rigin alm en te e sta d efin i­


ción , y a qu e la re fiere U lp ian o en u n te x to to m a d o de G abeon, qu ien n os dice
ser de S a b in o ; en cam b io otro s dicen qu e es de M od estin o y la re fiere G elio
lib . 4 n o c tiu m a ttic a r u m (D. X X I , i , i , 7) ; Expositio, p. 258.
296 O. c., p . 259 ; B ella disciplina ecc., fol. 235.
297 Expositio, p . 259 I Comentarios, p . 250, n. 3 ; Directorium, p. 128,
n. 421-422.
298 Della disciplina ecc., fol. 234.
Della disciplina ecc., fol. 235 ; Directorium, p. 128, n. 418-420.
300 Della disciplina ecc., fol. 235 ; Directorium, p. 128, n. 432.
301 Expositio, n. 260 ; Della disciplina ecc., fol. 235 ; J u a n de J e sú s M aría :
« R e g u la n ostra, q u a D e i v o lu n ta s e xp rim itu r, ta n q u a m c e rtu m s ta tu it, m o-
n ach o s ite r fa c ie n te s m en d icatu ro s, qu o d e x em isso p a u p e rta tis v o to p a la m
d ed u ci v id e tu r » (D isciplina monástica, v o l. I I I , p. 48 A ). E x h o r t a a d em ás a
no u sa r de la fa c u lta d de com er cosas cocid a s con carn e p a ra m a y o r p erfecció n
y ejem p lo de lo s seglares (1. c., p. 49 B).
E A E X P O S IC IÓ N C ANÓ NICO M OR AE D E E A R BGEA C A R M E E IE A N A

teniente de una interpretación tal vez muy conveniente en su tiempo,


pero que no parece acomodarse perfectamente al sentido de la Regla.
Creemos más conforme con dicho texto que el legislador dio la facul­
tad de comer manjares cocidos con carne porque en los viajes frecuen­
temente había necesidad de este permiso, pero nada más. Así no pue­
de decirse contra la Regla la disposición de las Constituciones que,
si bien conserva la formula « pedites iter agant», añade : « aut curru
Vel alio statui religioso convenienti modo vehantur ».302 El P. Francisco
de S. Elias sostiene que el adverbio, « frequentius» cae derechamente
sobre la palabra de mendigar o pedir limosna ; i no sobre la del cami­
nar, i el sentido es tan manifestó corriente, que según buena grama-
tica, no puede auer en el du da».302b1“

Qué signifique « pulmenta cocta cum carnibus » no es tan fácil de­


terminarlo. Luego de haber tratado eruditamente la cuestión, el P. T o ­
más concluye que la mencionada cláusula importa « legumina aut olera
ipsa quae sirnul cum carnibus elixari solent, sive quodcumque aliud,
dummodo carnes non sint ñeque ex eis sementinam originem trahant...
sub quo etiam pulmento ius ipsum comprehenditur ».303 Esto pueden
hacerlo, en rigor de Regla, sólo fuera de los conventos de la Orden,
«extra domus vestías», y mientras están de viaje, mas por costumbre
de la Orden puede observarse aunque no sea durante el mismo .304
M ás todavía, aunque no fuera gravoso a quien les hospeda preparar
de vigilia, pueden comer los manjares cocidos con carne, ya que la
razón general de la ley que esto concede subsiste, — y por tanto tam­
bién la ley — aunque en este caso particular dicha razón no exista.30’’
Esto no obstante — advierte el P. Gracián — que no conviene tomen
dichas cosas cocidas con carne cuando no haya dificultad en preparar
otros manjares.306 El violar este precepto en sí es pecado venial, si bien
puede ser grave por otra razón, como escándalo o desprecio.307
« Y aun la misma carne podréis comer viajando por mar ». Esta tra­
ducción de la cláusula « sed et carnibus supra mare vesci licebit» es ya
una interpretación. De hecho sostienen los comentadores que se en­

302 Regula et Constitutiones F ratrum Discalceatorum O rdinis B . M. V. de


M onte Carmelo, R o m a e , 1940, n. 112.
3o2b¡s Comentarios, p. 250, n. 4.
303 E xp ositio, p. 261. Comentarios, p. 251, n. 5.
304 O. c., p. 262 ; Directorium , p. 128, n. 425-426.
306 E xp ositio, p. 262 ; Directorium , p. 128, n. 423 ; Comentarios, p. 251, n. 6.
306 D ella d iscip lin a ecc., fol. 235.
307 E xp ositio, pp. 262-263.
FR . V IC TO R D E JESÚS M A R ÍA , O .C .D .

tiende de la estancia en el mar mientras se navega, no cuando se entra


en una nave al mar para recrearse. « Non da licenza la Regola — dice
el P. Gracian che i frati vadano a far banchetti sopra i vascelli,
quando stanno forti sulle ancore nel porto » 308 ; y lo mismo debe de­
cirse de los que navegan por los ríos ya que la Regla claramente dice
« supra mare >>.309
Niegan los comentadores descalzos que puedan comer carnes cuando
estén en casa de algún príncipe 310 u Obispo, aunque éstos lo lleven a
mal o tengan algún privilegio especial, ya porque es directamente con­
tra la Regla, ya porque no hemos de suponer que el Papa, al dar el pri­
vilegio, quiere dispensar los religiosos de sus santísimas leyes.311

12. — E x h o r t a c io n e s .

«Quia vero tentatio est vita hominis super terram et qui pie
volunt vivere in Christo persecutionem patiuntur » etc.312

Este largo parágrafo en el cual el legislador trata de las armas espi­


rituales, tiene menos importancia para el género de comentario que
vamos refiriendo, por esto no lo transcribimos ; además de que el lector
lo podrá leer en el texto de la Regla que va al principio de este número.
Decimos, sin embargo, que el legislador enumera y recomienda como
instrumentos de lucha — que dan pie a comentarios doctrinales y de­
votos muy provechosos.313 — : «la justicia, esto es, la observancia de
todos los mandatos y preceptos de Dios y de la Iglesia, la fe, la espe­
ranza, la candad, la castidad, el recuerdo de Dios, las palabras deDios,
y finalmente la exacta obediencia ; terminando todo esto con decir :
«todo cuanto hubiéreis de hacer, hacedlo en nombre del Señor». Al­
gunas de estas cosas deben observarse bajo pecado, como son la espe­
ranza, la fe, la candad y la castidad; las demás son únicamente exhorta-
308 Della disciplina ecc., fo l. 235 ; Expositio, p. 263 ; Directorium, p. 128,
n. 4 2 7 ; Comentarios, p. 251 n. 7.
309 Expositio, p. 263 ; Comentarios, p. 251, n. 7 ; Directorium, p. 128, n. 427.
310 Directorium, p. 128, n. 429 ; Comentarios, p. 2 51, n. 8.
311 Directorium, p. 128, n. 429 : N o s refiere cóm o en la C o n greg ació n esp a­
ñ o la h a b ía p re c e p to de no com er de carn e y p or ta n to o b lig a b a b a jo g ra v e
(1. c., n. 431). Expositio, pp . 263-264. E n la s C o n stitu cio n es a ctu a le s se h a lla
esta d e c laració n o p re scrito : « C arn ib u s a u tem e x tr a c la u stra n ec S up eriores
n ec s u b d iti v es ca n tu r, n isi iu s ta de cau sa h a b ita q u e P ra e la to ru m v e n ia » (Re­
gula et const. etc., n. 74).
312 h a d iv isió n de io s p a rá g ra fo s n o es la m ism a en to d a s la s e d ic io n e s ; n o­
so tros n os hem os a ju sta d o a la que lle v a la a ctu a lm e n te v ig e n te , q u e m u ch as
veces hem os citad o .
313 Directorium, p. 129, n. 434 ; Comentarios p. 261 sqs. ; D ella disciplina,
fo l: 237-238.
W BP
LA EXPO SICIÓN CANÓNICO-MORAL D E LA REG LA CARMELITANA I 91

ciones que no obligan a culpa alguna, de no haber desprecio, y lo mismo


debe decirse de aquellas palabras : « todo cuanto hubiereis de hacer,
hacedlo en el nombre del Señ o r ».314
Dudan algunos comentadores de si importa o no precepto esta dispo­
sición : « La palabra de Dios esté frecuentemente en vuestros labios y
en vuestro corazón », inclinándose a creer que por ella la Regla manda
el ejercicio de la predicación, ya que teniendo cuenta que somos mendi­
cantes, y, por tanto, cooperadores de los Obispos, « ex officio », parece
que estamos obligados a ejercer el ministerio de la predicación y difu­
sión de la palabra de Dios 315 ; tanto que el P. Gracián afirma que con
esas palabras la Regla «vuol dire che ci sia abbondanza di Predicatori».316
Dado que se trata de un texto primitivo, nos parece evidente que el
legislador no tuvo semejante intención al dar la Regla, ya que se diri­
gía a los ermitaños del Santo Monte ; más bien quiso significar que
conservasen en su corazón las divinas enseñanzas aprendidas sobre todo
en la meditación de la ley del Señor, o sea de la palabra de Dios, y que
frecuentemente en sus conversaciones o trato con los demás hablaran
de Dios y de cosas santas. Por tanto nos parece simplemente una aco­
modación el referirlas a la predicación de la divina palabra propia de
la Orden en su cualidad de mendicante.
En este mismo parágrafo de las Exhortaciones, se halla una disposi­
ción que según los comentadores implica un verdadero precepto, esto e s :

El trabajo de manos.
«Faciendum est vobis aliquid operis, ut semper diabolus in-
veniat vos occupatos, ne ex otiositate vestra aliquem intrandi
aditum ad animas vestras valeat invenire ».

Los santos Padres y los fundadores de las Ordenes religiosas precep­


tuaron todos el trabajo de manos, proponiéndose como fin : obtener
lo necesario para el propio sostenimiento corporal, evitar el ocio y sus
males, poder hacer limosna, facilitar la permanencia en la celda o er­
mita y procurar la tranquilidad al cuerpo y al espíritu; esto último era
el fin especial entre los ermitaños.317

314 Directorium, p. 128, n. 434 ; Expositio, p. 266.


315 Directorium, p. 128, n. 436. A sim ism o sien ten J u a n B acón , S oreh t, G a r­
cía, D e D ezan a (ibid).
316 Delta disciplina etc., fol. 246.
317 Expositio, p p . 269-270 ; Comentarios, p . 306, n. 3-4 ; Directorium, p. 128,
n- 4 3 7 -
192 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

Nuestro legislador impone el trabajo por idénticos fines : evitar el


ocio ,318 obtener la permanencia en las celdas, procurar el manteni­
miento, ya que vivían en el desierto y no poseían campos, posesiones
y rentas de que sustentarse ,319 domar el cuerpo porque, fatigándose
este y sudando, « lo spirito sta piü quieto, la orazione piü pura, e piü
raccolta 1 anim a »,320 y hacer en fin que nuestras palabras produzcan
mayor fruto en ¡as almas .321

El trabajo que aquí se manda es todo aquél que sirve para ganarse
lícitamente la comida, sea que se ejercite con la mano, con los pies o
con la lengua .322 Por tanto todos los oficios del monasterio en los cuales
se requiere ejercicio corporal, como el de procurador, portero, sacristán,
expendedor, enfermero, lector de teología, filosofía, gramática, supuesto
que lengua en este caso, en sentir de Sto. Tom ás, se comprende bajo el
nombre de mano.323 Asimismo se cumple la Regla, ejercitando trabajos
espirituales, como oír confesiones, predicar, leer, escribir, enseñar.324
En cuanto al modo de ejercitarlo, enseñan que debe tomarse de tal
modo que conduzca al fin que se ordena, esto es, con una solicitud y
diligencia que no disipen el espíritu, ni distraigan de la oración, reci­
tación del oficio divino, y de las demás ocupaciones de la disciplina
regular.325
El religioso, como tal, no está más obligado al trabajo que los demás
en fuerza de la ley natural o positiva, pero sí que está vinculado por
una nueva obligación en virtud de la Regla que profesa, de tal manera
que, si se eximiese de todo trabajo, pecaría mortalmente, ya que en
este caso no sólo violaría la Regla, sino también el pacto que, al mo-

318 J u a n de Je sú s M a r ía : « O p u s f u it u t o tiu m lege d a m n a re tu r, c u m qu od -


d a m v it io r u m s e m in a riu m s it » (D isciplina monástica, in O p e ra o m n ia v o l I I I
P. 54 C).
319 Expositio, p. 271 ; Delta disciplina ecc., fo l. 249.
320 O. c., fo l. 250.
321 O. c., fo l. 249.
322 Expositio, p. 272 ; S to . T o m á s, Summa 2-2, q. 187, a. 3 ; Directorium,
p. 129, n. 441 ; Comentarios, p. 306-307 n. 5-6.
33S- Expositio, p. 2 7 2 ; Directorium, p p . 129, 442 ; Comentarios, p. 306, n. 5.
324 Delta disciplina ecc., fo l. 253 ; Directorium, p. 129, n. 442 ; Expositio,
P- 275 ; Jo s é de S. F ra n c is c o : « 33n este c a p itu lo se nos m a n d a n m u ch a s co n ­
s titu c io n e s y u n a de e lla s es que estem os o cu p a d o s en a lg u n a o b ra de m an os
p a ra h u ir la o cio sid a d , p e ro p o rq u e el f in de e sta e x h o rta c ió n no es o tro m as
de h u ir la o cio sid a d , p a ra lo c u a l elige p o r m ed io el tra b a jo de m an os y la o b li­
g a ció n de la le y se h a de to m a r delfin , de a q u í es que elque n o e stu v ie re ocioso
sin o o cu p a d o en leer, e s c rib ir o e s tu d ia r o h a ce r o tro s e je rc icio s e sp iritu a le s no
q u e b ra n ta este c a p itu lo de re g la au n q u e no h a g a o b ra de m anos, pue s cu m p le
co n la in te n c ió n de la le y que es e v it a r la o cio sid a d , la c u a l es o b e d ie n c ia m as
p e rfe cta » (Manuscrito, p p . 52-53).
325 Expositio, p. 273 ; Comentarios, p. 307, n. 6 ; Directorium, p. 129, n. 443.
LA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE LA REGLA CARMELITANA I93

mentó de profesar, hizo con la religión, por el cual se obligó a cum­


plir todas las ocupaciones espirituales y temporales de la misma, y ésta
a suministrarle todo lo necesario para la vida .326 Tal violación sólo ten­
drá lugar cuando sin causa alguna que le excuse omita habitualmente
el cumplimiento del trabajo, y no falta quien tiene como probable que
peque además venialmente por ingratitud.327

13. — D e l s ile n c io .

« Commendat autem Apostolus silentium, cum in eo praecipit


operandum. E t quemadmodum Propheta testatur : Cultus iusti-
tiae silentium est. E t rursus in silentio et spe erit fortitudo ve-
stra. Ideoque statuimus ut dicto Completorio silentium teneatis
usque ad Primam dictam sequentis diei. Alio vero tempore, licet
silentii non habeatur observantia tanta, diligentius tamen a
multiloquio caveatur... ».

El texto continúa aduciendo autoridades de la Sagrada Escritura que


confirman la importancia del silencio y exhortan a su observancia.
Que en las palabras citadas de este parágrafo exista un verdadero
precepto, no puede ponerse en duda, como se infiere de la clausula :
« Ideoque statuimus etc.», y se confirma del hecho que pidieron y obtu­
vieron del Papa Inocencio IV la mitigación en este punto, por la cual
se estableció que se guardase desde dichas Completas hasta terminada
Prima, en lugar de observarse desde Vísperas hasta Tercia del día si­
guiente; sé infiere asimismo de la costumbre constante de la religión.328
Contiene dos preceptos, el primero : «Por tanto ordenamos que di­
chas Completas, guardéis silencio hasta después de Prima del día si­
guiente », punto que fué mitigado por Inocencio IV, como ahora de­
cíamos, ya que debía guardarse « ab hora vespertina usque ad horam
tertiam sequentis d ie i». Según algunos, este punto fue por otra parte
agravado, dado que el mencionado Pontífice suprimió la clausula : « Nisi
forte necessitas, vel causa rationabihs, aut hcentia Prions silentium m-
terrumpat >>.329 No parece destituida de fundamento esta opimon por
razón de la última cláusula, ya que la licencia, para que pueda conce­
derse lícitamente, no siempre supone una verdadera necesidad ni causa
de alguna manera notable, pues basta una conveniencia cualquiera.
326 O. c., p. 129, n. 439-440 ; Expositio, p p . 275-276.
327 Expositio, p p . 276-277.
328 O. c., p. 298 ; Comentarios, p. 325, n. 2 ; D ella disciplina ecc., fo l. 259-
260 ; Directorium, p. 129, n. 444-445.
328 Expositio, p. 299.
194
FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

No dice « ab hora Completorii », sino «ad ic to Completorio », ni «ad


Primam », sino « ad dictam Primam », por tanto no obliga hasta que se
digan Completas por muy tarde que sea, ni puede hablarse antes de
decir prima aunque se recite muy tarde. 330 Admiten los comentadores
que por justa causa, pueden diferirse las Completas para que se pueda
hablar, y que es preferible esto a dispensar del silencio luego de ha­
berlas dicho.331 Por silencio se entiende asimismo el no hacer ruido,
como se infiere del fin de la Regla, que pone tanto empeño en el silencio
para que oren y descansen .332
A esta disposición están obligados súbditos y Superiores, de tal ma­
nera que el permiso que da la Constitución para hablar en la celda del
Prior, cuando deben tratarse algunas cosas necesarias, se ha de enten­
der de aquellas tan sólo que no se pueden diferir, « quae minime dif-
ferri possunt >>.333 Los súbditos, en sentir del P. Tom ás, no pueden
hablar ni siquiera cosas necesarias sin permiso, y los Superiores reciben
para ello licencia general de la Constituciones.334 M ás benignos son
otros comentadores ya que conceden a los religiosos la facultad de co­
municarse secretamente las cosas estrictamente necesarias, cuando no
pueden manifestarse con señas. La razón es que el silencio es una virtud
moral, y, como toda virtud, debe consistir en el medio, esto es, que
no se debe hablar sino en las debidas circunstancias, como claramente
lo ilustra este paso de S. Gregorio : « Talis enim occasio potest offerri
— de hablar —, ut virtus silentii, non virtus, sed superstitio fo ret;
qui enim ea quae omnino sunt necesaria loquitur, silentium retinet...
pro eodem habetur silentium et loqui secrete, bene potest ergo esse
silentii observatio cum locutione, quando omnino necessaria est ».83S
330 L . c.
331 E . c.
332 L . c. ; Comentarios, p. 326, n. 3, Directorium, p. 129, n. 446. E n la s C o n ­
s titu c io n e s de la C o n g re g a ció n de E s p a ñ a se d e c ía : « D ic h a s [com pletas], se
re c o ja n to d o s co n p re ste za en sus celd as (si n o es que a lg u n o q u isie re quedarse
en o ra c ió n en la Ig lesia) y en la c e ld a de n in g u n a m a n e ra h a g a n ru id o » (Regla
Prim itiva y constituciones de los religiosos descalzos de la Orden de N. Señora
del Monte Carmelo de la Congregación de E spañ a, en V ele s, 1623, cap. 15 , p a rte I a,
n. I, fo l. 40).
333 Expositio, p. 299 ; Directorium, p. 129, n. 446 ; J o s é d e S . F r a n c i s c o ,
Manuscrito, p. 53 : « E n tie m p o de s ile n c io con b re u e d a d se tra te en la c eld a
d e l P r io r, solo a q u e llo de que de n in g u n a m a n e ra pued e d ila ta r s e » (Regla p ri­
mitiva etc., pag. a n te rio r). Comentarios, p. 326, n. 4.
334 Expositio, p. 299.
335 Directorium, p. 129, n. 448-451 ; Comentarios, p. 326, n. 6 ; Della disci­
plina ecc., fo l. 259-260. Jo sé de S. F ra n c is c o : « Q u e b ra n ta (el sile n cio ) n o so lo el
que h a b la después de c o m p le ta s p a la b ra s no necesarias, sin o el que h a b la la s
n ecesarias que se p u d ie ra n d ife r ir p a ra o tro tie m p o sin in c o n v e n ie n te , y a si so lo
es lic it o h a b la r en a q u e l tie m p o lo que sin in c o n v e n ie n te no se p u e d a d ife r ir n i
escusar » (M anuscrito, p . 53).
EA EXPOSICIÓN CANÓNICO MORAE DE EA REGEA CARMEEITANA 195

Claro que el sentir del P. Tom ás, aunque no aceptable como teorética­
mente mejor, prácticamente evitará muchos abusos que fácilmente
pueden introducirse en esta materia.

La transgresión del silencio, hablando sin justa causa durante el tiem­


po que corre de dichas Completas a recitada Prima, es pecado venial.386
El segundo precepto lo contienen estas palabras : « En lo restante del
tiempo, aunque no haya tanto rigor en la guarda del silencio, evítese,
sin embargo, con grande diligencia el mucho hablar etc .».
Mientras el precepto del silencio que debe observarse de completas
a prima prohíbe toda locución que no sea de urgente necesidad, el si­
lencio que se impone durante el día importa el evitar toda charla o con­
versación. 337 El P. José de S. Francisco aclara esta idea cuando dice
que quebranta el silencio durante el día el que « habla demasiado no
solo en las cosas impertinentes y ociosas sino también en las necesarias.
Porque la Regla nos manda entre dia guardarnos del mucho hablar ;
claro esta que no se entiende de mucho hablar palabras ociosas y no
necesarias, impertinentes que esto por la ley de Xpo (Cristo) estaba
ya vedado cuando dijo « de quocumque verbo otioso », sino que habla
¡a H a (Regla) de las palabras necesarias y en esas aun quiere que sea­
mos escasos, porque si nos descuidamos en hablar mucho en esta? a
vueltas de ellas hablaremos muchas que no sean necesarias >>.338 O sea,
que, aún hablando cosas necesarias, podemos hablar más de lo nece­
sario y también esto prohíbe la regla.
Es lo cierto que el mucho hablar a nadie puede producir un verda­
dero bien, y mucho menos a los religiosos en general ; pero tiene un

336 E l P . G ra c iá n d ice : « S i g u a rd i i l s ile n tio n e l te m p o che c o m m a n d a la


R e g o la, cioè d a c o m p ie ta sin o a l fin e d i p rim a , che c h i p a rla in que sto te m p o
senza causa g iu sta , pe cca v e n ia lm e n te , d ic e n d o p a ro la o tio s a p e rch è è c o n tro
la R e g o la ». E x p lic a n d o lu e g o qué s ig n ific a ju sta causa d ic e que an tes lo e x p li­
caba la R e g la c u a n d o d is p o n ía : « N is i fo rte n e ce ssitas v e l causa ra tio n a b ilis ,
a u t lic e n t ia P r io r is s ile n tiu m in t e r r u m p a t », y co m e n ta : « N e c e s sità com e an­
dare d a q u a lch e in fe rm o , ouero in a lc u n a o cca sion e n e cessaria, che s i o ffre o
de n tro o fu o r i d e l c o n ve n to , com e rip re n d e r a lc u n i o im p e d ire q u a lc h e m ale .
C a u sa ra g io n e v o le com e q u a n d o v ie n e u n fo re stie ro , o cosa s im ile . L ic e n z a del
P rio re , com e q u a n d o n o n h a u n fra te c o m m o d ità d i c o m m u n ica re q u a lc h e
n e g o tio co n u n a ltr o te m po, d im a n d i lic e n z a a l su p e rio re e h a u u ta la , p a r li
senza scro p o lo. L ’istesso è, se v o rr à sfu o g a rs i d i a lc u n a m a lin c o n ia , che la n o ­
s tra re g o la è fo n d a ta in ta n ta d is cre tio n e che h a u e n d o l ’o c ch io a l m a g g io r ser-
u it io d i D io , a n co rch é p a ia che s i tra sg re d isca , s i osse rva p e rfe tta m e n te » (Della
disciplina ecc., fo l. 260) ; el P . T o m á s en c a m b io d ice de la c lá u s u la c ita d a a q u í
p o r el P . G ra c iá n y que ,fué q u ita d a p o r In o c e n cio I V p a ra e v it a r to d a o casió n
de ab uso en esto p u n to .
337 Expositio, p. 299. Comentarios, p. 326, n. 5.
338 José d e S. F r a n c i s c o , Manuscrito, p p . 53-54.
196 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

especialísimo interés la guarda del silencio en las religiones eminente­


mente contemplativas, como la de los Carmelitas Descalzos .339

14. — E x h o r t a c ió n a l P r io r a se r h u m ille .

« Tu autem Frater Brocarde, et quicumque post te institutus


fuerit Prior, illud semper habeatis in mente et observetis in
opere, quod Dominus ait in Evangelio : Quicumque voluerit
ínter vos maior fieri, erit minister vester ; et quicumque voluerit
inter vos primus esse, erit vester servus».

Es una exhortación al Prior para que sea humilde,340 o, como otros


dicen, al Prior General y a todos los demás Prelados para que no se
envanezcan por su dignidad, de modo que no traten de dominar como
si fueran príncipes a los súbditos, sino como verdaderos pastores, con­
denando asimismo toda ambición de poseer dignidades. Esta debe estar
muy lejos de todo buen religioso y por eso manda humillar y despreciar
a los que estuvieren inficionados de tal enfermedad.341 Propiamente no
contiene ningún precepto diverso del que impone el Señor en el Evan­
gelio.
Como también el texto de este parágrafo es primitivo, no puede haber
duda alguna que el legislador trata del Prior del monasterio, no del
General o Provincial, si bien no es menos evidente que a todos puede
aplicarse, supuesto que el mandato del Señor a todos comprende.

15. — E x h o r t a c ió n a lo s r e lig io s o s p a ra q u e h o n r e n a su P r io r .

« Vos quoque, ceteri Fratres, Priorem vestrum honorate hu-


militer, Christum potius cogitantes quam ipsum, qui posuit ipsum
super capita vestra, et Fcclesiarum Praepositis a i t : Qui vos
audit, me audit, et qui vos spernit, me spernit; ut non veniatis
in iudicium de contemptu sed de obedientia mereamini vitae
aeternae mercedem».

Dos cosas hace aquí el legislador : exhorta los Hermanos a que mi­
ren a Cristo en el Superior, lo cual es simplemente un consejo cuya
transgresión no obliga a culpa alguna ; luego manda que le presten la

339 Directorium, p. 129, n. 452,; Comentarios, p. 326, n. 5 : « I e ra lla n a ­


m ente n e ce sario d e l to d o este m a n d a to de sile n c io ta n rig u ro so , i a p re tad o ,
p ue s gente que p ro fe sa o ra c ió n c o n tin u a p u d ie ra m a l c o n se g u irla s in eso ».
340 Expositio, p. 309.
341 Directorium, 130, n. 453-454.
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAD DE DA REGDA CARMKDITANA 197

debida reverencia, y esto constituye un verdadero precepto que obliga


en fuerza del derecho natural.342
El P. Tomás dice simplemente que el legislador exhorta a que se
dé al Prelado el honor debido. Esto se cumple amándole y prestándole
obediencia, para lo cual nada más a propósito que mirar en él la per­
sona de Jesucristo, ya que sólo de esta manera se merece la retribución
o galardón de la obediencia.343
Diversos son los modos con los cuales se les puede prestar dicho
honor : escuchándoles con atención, hablándoles con reverencia, levan­
tándose cuando vienen, permaneciendo en pie cuando están sentados,
acompañándoles cuando caminan, inclinándose cuando pasan o en otra
circunstancia, prestándoles nuestra ayuda, dándoles los primeros pla­
tos y mejores vestidos etc. descubriéndonos la cabeza en su presencia«
prefiriéndoles en todo, en el caminar, descender, hablar, sentarse etc.344
El desprecio formal del Superior de que habla aquí la Regla se dará
si el religioso no quisiere sometérsele cuando aquél en virtud de su
autoridad manda alguna cosa, y esto, no por la dificultad de la cosa o
por el modo de mandar del Superior, sino porque lo manda el Supe­
rior. Este desprecio sin duda sería pecado mortal, si la cosa fuera grave,
de lo contrario, solamente leve.345

E pilogo .

«Haec breviter scripsimus vobís, conversationís vestrae for-


mulam statuentes, secundum quam vivere debeatis. Si quis
autem supererogaverit, ipse Dominus, cum redierit, reddet ei.
Utatur tamen discretione, quae virtutum est m oderatrix».

En fuerza de la Regla, por tanto, nuestros religiosos tienen la facul­


tad de hacer obras supererogatorias.348 Esto no obstante, por muchas
razones que claramente expone el P. Tom ás de Jesús, la prudencia
aconseja que se practiquen con el permiso del Superior .347
Respecto a la necesidad de las obras de supererogación — y con ello
queda dicho de su conveniencia — sostienen que es muy difícil cum­
plir debidamente los preceptos si al menos alguna vez no se cumplen
también los consejos, que eso significa « supererogare », dar más de lo

342 Della disciplina ecc., fol. 263 sig.


343 Expositio, p . 310.
344 Directorium, p . 130, n. 457-458.
340 O. c., p. 130, n. 460 ; Della disciplina ecc., fol. 92.
346 Expositio, p . 3 1 1 y 314 ; Directorium, p. 130, n. 461.
347 O. c., p. 130, n. 462 ; Expositio, p p . 3 14 -3 2 1.
PR. VICTÓR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

que uno tiene obligación .348 Quienes vivieren sin deseos de dar a Dios
más de Io que estrictamente se le debe, no recibirán « abundantiora
seu specialiora auxilia >>.349 M ás todavía, si llegasen a despreciar las
dichas obras de supererogación, pecarían mortalmente, ya que esto
equivaldría a despreciar los consejos divinos, y, si tan sólo se despreocu­
pasen de ellos, porque no son necesarios — sin llegar al desprecio, —
pecarían venialmente .350 Por el contrario es cosa muy laudable esmerarse
en hacer más de la que manda la Regla .351
Es un hecho que todos los religiosos no han recibido los mismos
talentos, tanto en cuanto al cuerpo como en cuanto al alma y que cada
uno debe dar cuenta según lo que ha recibido ; no podrá hacer la misma
penitencia quien es de complexión débil y enfermiza que quien tiene
robusta constitución y buena salud .351 Ni debe olvidarse que el Maestro
divino, a quien el religioso debe imitar, se dió sin medida, supuesto que
bastaba un pequeño sacrificio para redimirnos y quiso sufrir atroz mar­
tirio. Además no quedará sin recompensa todo cuanto por Dios se haga,
ya que el Señor lo retribuirá cuando venga a dar a cada uno según su
merecido, y, finalmente, el amar las obras de supererogación es señal
de un espíritu grande y magnánimo.353 Podríamos añadir con el P. Gra-
cián que es un efecto del verdadero amor de D ios .354
Esto no obstante, las obras de supererogación deben proceder con
la aprobación de la obediencia, de tal manera que sólo no deben regirse
por ésta cuando el Superior « praeciperet absolute, ut nullus aliquod
supererogationis opus faceret... quia praecipit contra consilium Dei et
spirituale profectum », pero habría que obedecer si en un caso par­
ticular mandase a uno, por justa causa, que no haga más que lo pres­
crito en la ley, o si impusiere que nada extraordinario hagan sin su
permiso, ya que el Superior es señor de las acciones del religioso .355
Si el Superior nada dijere respecto a las obras de supererogación,
pueden hacerse estas sin su permiso, supuesto que la obra es buena

348 O. c., p. 312 ; Della disciplina ecc., fol. 272-273.


349 Expositio, p. 212.
350 O. e., p. 313. Comentarios, p. 383, n. x .
351 Ib id .
352 Della disciplin a ecc., fo l. 272.
353 Ib id .
354 O. c., fo l. 271 : « II re lig io so che h a vero am ore d i D io , e c a r ità ferve n te ,
è q u a si im p o s s ib ile che s i c o n te n ti con q u e llo solo che è n e lla R e g o la , senza
b ra m a re e p ro c u ra re o p e ri m ag g io ri, p e rch è è l'a m o r d i D io com e lu c e e fuogo,
e si com e è im p o s s ib ile da re la lu c e a m isu ra , o la fia m m a a peso, co sì è im p o s ­
s ib ile che ’1 cu ore acceso in D io , la s c i d i s a lir p iù in a lto che p u ò ».
355 Expositio, p. 314 ; Comentarios, p. 383, n. 2.
DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE DA REGLA CARMELITANA I9 9

en sí, y con tal que no haya circunstancia alguna que destruya su


bondad, pero es peligroso y poco meritorio porque entonces se rige
el religioso por su propio juicio. Por el contrario, si los deseos se expo­
nen al Superior y se observa su disposición o deseo, todo procede según
el orden establecido por Dios, que pone otros hombres en su lugar
para regirnos, y el religioso se ejercita en la obediencia y se libra de
muchos peligros .356

Por tanto las palabras de la Regla, que conceden dicha facultad, deben
entenderse « cum Superioris licentia», ya porque esto es más apro­
piado a la perfección, ya porque no excluye la obediencia, ya finalmente
porque así lo interpretaron los santos y la misma Regla recomienda la
discreción que fácilmente se pondrá mejor en práctica siguiendo
el consejo y ayuda del Superior o confesor.357 « Recte igitur et congrue
ubi nostra Regula monet, ut in supererogationibus discretione utarnur
exponi debet, Discretione id est, consilio et obedientia praelatorum sive
seniorum. Dixi seniorum, quia forte aliquando continget, Praelatum ita
esse timidum aut tepidum, ut nullam praebeat licentiam, nec similia
opera illi multum placeant; et tune eligendus est confessor, aut Pater
spiritualis, vir pius et prudens ; et eius consiliis et definitionibus stan-
dum erit. Tutius tamen est, quando id commode fieri potest, Praela­
tum adire et eum consulere. Nam Praelatis cum Deus subditorum re-
gimen commisserit, ab illis praecipue vult subditos gubernari». 358
Será suficiente una licencia general, y aun interpretativa, cuando no
se pueda cómodamente consultar al Superior ; no sería prudente la
obra de supererogación que fuera contra la Regla o la obediencia. F i­
nalmente, quien por obediencia deje de hacer una obra de supereroga­
ción tiene mayor mérito que si la hubiera realizado.309

Las Constituciones en muchos de sus prescritos son la aplicación


de esta disposición de la Regla, ya que añadieron a ésta muchas obras
que la completan y elevan lo contenido en ella a mayor perfección. Así,
entre otras, imponen dos horas de oración mental todos los días libres
de toda otra ocupación, el modo de rezar el oficio divino, examen de
conciencia, descalcez, aspereza en el vestir, dureza en la cama, disci­
plina, capítulo de culpas por la noche en el refectorio, grande pobreza

356 O. c., pp. 315-318 ; Comentarios, p. 384, n. 3.


357 O. c., p p . 318-319.
358 O j e., p. 320.
359 Delta disciplina ecc., fo l. 274-276.
200 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

de celda, ausencia de rentas en común, igualdad en la comida, ayunos


de constitución, etc.360

Conclusión.

Entre los comentadores descalzos de la Regla primitiva dada por


S. Alberto y confirmada por Inocencio IV, campea el P. Tomás de
Jesús, del cual dependen los que luego la comentaron en la Reforma y
también el insigne De Lezana de la Antigua Observancia. Dicho Padre
Tomás acometió decididamente el problema de la obligación prove­
niente de las Reglas monásticas, y dió la solución respecto a la del Car­
men tomando argumento decisivo de la costumbre o aceptación de la
Regla por parte de la religión, concluyendo que « vi regulae », la dada
por S. Alberto obliga a quienes la profesan a pecado venial.
No puede ponerse en duda que era este el común sentir de la Orden,
pero probablemente no faltaban contradictores, tanto más que en el
Capítulo de Alcalá de Henares, el año de 1571, al redactar las Consti­
tuciones para las Carmelitas Descalzas, se insertó una declaración con­
traria al dicho sentir tradicional, en la que se hacía constar que ¡a Regla
y las constituciones no obligaban a culpa alguna. Es cierto que sólo siete
años después tal declaración se omite, mas no puede concluirse que
ya nadie tuviera dificultad alguna en admitir la sentencia común de la
Orden, cuando tanto en las Constituciones de la Congregación de España
como en las de la de Italia hechas a principios del siglo X V II, se
introduce la declaración explícita de la obligación de la Regla bajo pena
de pecado venial.

El fin específico de la Orden del Carmen consiste principalmente en


dedicarse a la vida de oración y contemplación, como resulta evidente
no sólo de la Regla primitiva sino también de la tradición de la Orden,
de los documentos pontificios, y de las Constituciones ; secundariamente
en el ejercicio del ministerio apostólico en favor del prójimo. Mas,
a decir verdad, la Regla confirmada por el mencionado Pontífice Inocen­
cio IV, no ofrece un argumento decisivo para probar la existencia de
esta segunda parte del fin de la Orden, como ya podría inferirse del
hecho que la Regla fué dada para ermitaños y por otra parte las inno­
vaciones de los correctores Dominicos nada introdujeron que lo de­
terminase, como aparece del examen de sus prescritos. Estos, sin em­

360 Expositio, p p . 321-322 ; Comentarios, p. 384, n. 4.


DA EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAE DE I.A REGLA CARMELITANA 201

bargo, de ningún modo se oponen a dicho ministerio apostólico, mien­


tras de la declaraciones de los Sumos Pontífices y de las Constitucio­
nes evidentemente consta, que éste constituye parte secundaria del fin
total específico de la Orden.
Una nota peculiar, defendida e ilustrada con singular entusiasmo, es
la filiación mariana de la Orden. En la Santísima Virgen han visto no
sólo la Titular a la cual el Instituto ha sido dedicado, sino también la
Madre que con sus cuidados, sus virtudes, sus méritos nutre y propaga
esta familia religiosa, y es el ejemplar de la vida de oración y recogi­
miento que deben llevar sus hijos.

La Regla primitiva podría dividirse de un modo general en tres partes :


la primera que comprende los parágrafos 1-4, — excluido en este últi­
mo : « Maneant singuli etc. », — la cual trata principalmente de la po­
testad del Prior, y del lugar y disposición que deben tener las casas ;
la segunda, que incluye la última parte del parágrafo 4 y los siete si­
guientes o sea 5-11, y que trata sobre todo de las obligaciones de los
religiosos ; y la tercera, que comprende desde el parágrafo 12 al 15,
y contiene casi exclusivamente exhortaciones.
En el primer parágrafo se agita entre los comentadores la cuestión
del significado de la palabra Prior, que aplican generalmente al Pre­
pósito o Prior General de la Orden, pero que algunos creen puede en­
tenderse asimismo del Provincial y del local. Tal vez no reparan bastante
en la profunda modificación sufrida por este parágrafo, — aunque ape­
nas sostuvo modificación alguna al tiempo de Inocencio IV, — por
el hecho de haber adoptado la Orden la vida mendicante y consiguien­
temente la organización centralizada. Nos parece que teniendo en cuenta
esta circunstancia no es difícil concluir que se trate del Prior local. De
algunos prescritos de la Regla claramente se infiere que la religión del
Carmen tuvo ya desde sus principios un régimen mixto de monarquía
y democracia, que más tarde fue tomando una característica prevalen-
temente aristocrático-monárquica. Además la forma eremítica es según
el espíritu y la letra de la Regla como se infiere del parágrafo segundo,
y del fin prevalentemente contemplativo del Instituto.
Los prescritos particulares que obligan a pecado venial « ex vi re-
gulae » son principalmente los siguientes : comer en común, que im­
porta el hacerlo en comunidad en el refectorio y tomando lo que todos
comen, de no tener legítima excusa ; no poder disponer de las c o s é is
sin el consentimiento del p rio r; guardar el retiro de la celda sino están
legítimamente ocupados fuera de ella ; el no quitar voluntaria y habi­
20 2 FR. VICTOR DE JESÚS MARÍA, O.C.D.

tualmente los impedimentos de la oración y meditación ; para los legos


rezar los Padrenuestros ; el no decir esto es mió con ánimo o afecto pro­
pietario, y con mayor razón no poseerlo o disponer de ello con el mismo
ánimo sin el debido permiso ; oír misa los días ordinarios a no ser que
alguna causa justifique su omisión ; hacer el capítulo conventual una
vez por semana ; el observar el ayuno y no comer de carne según la
regla ; guardar el silencio de Completas a Prima, y no sostener durante
el día largas conversaciones innecesarias.

Algunos de los prescritos de la Regla hoy están parcialmente o total-


men abrogados, al menos según su verdadero significado primitivo. Así
no rige plenamente el sentido primitivo del texto que impone la elec­
ción del Prior por la mayor y más sana parte, ya que hoy no inter­
viene la comunidad en ello ; el de tener las celdas separadas se refiere
solo a la vida eremítica ; asimismo lo de que deba el Prior obtener el
consentimiento de los Hermanos para designar la celda a cada uno>
tener la celda a la entrada del lugar o monasterio ; en parte está también
derogado el prescrito que concede al Prior omnímoda potestad de dis­
poner : « de arbitrio et dispositione ipsius... quae agenda sunt cuneta
procedant», ya que hoy debe en esto observar las Constituciones; el
de poder estar junto a las celdas, de no ser que pueda hacerse sin faltar
ai recogimiento y silencio ; el de recitar el oficio todos los que saben
leer dado que sólo obliga a los coristas ; el que deba construirse la igle­
sia u oratorio en medio de las celdas ; en parte el del trabajo de manos
que hoy se entiende de toda legítima ocupación.
De esto resulta evidente la norma que siguieron los correctores Do­
minicos : introducir lo que sea necesario para proveer a los nuevas
necesidades y dejar todo lo que no esté en abierta oposición a la vida
mixta adoptada por una orden de origen monástico : es un caso de
singular y religioso respeto al venerado código de la vida carmeli­
tana.
Finalmente, creemos poder afirmar que se descubre en el conjunto
exegético hecho por los comentadores de la Regla, el defecto de esfor­
zarse en interpretarla a la luz de otras determináciones posteriores de
la autoridad Pontificia o de la Orden, en las cuales los límites entre
una interpretación extensiva o restrictiva dentro del genuino sentido
de la misma y la introducción de una disposición nueva y fuera del
ámbito del verdadero sentido, no son fáciles de averiguar. Esto no ob­
stante, algunas veces claramente hablan de ciertos prescritos que ya no
vigen, o que han sido derogados, en todo o en parte.
I,A EXPOSICIÓN CANÓNICO-MORAL DE DA REGLA CARMELITANA 20 3

Este es el comentario exegético-moral y canónico que los comenta­


dores del Carmen Descalzo hicieron de la Regla primitiva sin apartarse
de la tradición de la Orden, ya que a ella singularmente recurren para
determinar su obligación tanto en general como en particular, y sin
diferir, sino en pocas e insignificantes cuestiones, de los comentadores de
la Antigua Observancia y dependiendo muchas veces de ellos por lo
mismo que refieren el sentido tradicional.
Nos parece que no ha de carecer de utilidad para los estudiosos del
derecho tener una idea del genuino sentido que dió la Orden a la Regla
de S. Alberto, ejemplar tal vez único de obligación monástica bajo pe­
cado venial « ex vi-Regulae ».

Rom a, 1948.

F r . V í c t o r d e Je s ú s M a r í a O. C. D.
Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 205-244

L ’ E S P R I T DE L A R È G L E DU C A R M E L

S u m m a r iu m . — D o c trin a sp iritu a lis R e g u la e carm elitica e e x p o n itu r a tq u e


te x tib u s scrip toru m O rdin is illu stra tu r.

Dieu ne s ’est pas contenté d ’inscrire au cœur de ses créatures la loi


profonde de leur activité. Il a voulu encore par révélation les aider à
retrouver cette loi en même temps qu’il la complétait. Des ordres, des
conseils émanés de Lui orientent alors la vie de l ’homme vers de
nouveaux sommets : ceux de l’intimité la plus étroite avec Dieu. La
loi nouvelle, dit Saint Thomas, est «principalement la grâce du Saint-
Esprit... Cette loi est... avant tout infuse et seulement à titre secondaire
écrite ».1 lia bien fallu cependant qu’elle soit écrite. Et le texte si court
de l’Evangile commenté par les Apôtres du Christ est devenu la forme
par excellence de la vie chrétienne.2
Les premiers Pères du Désert ont d ’abord- fait de l’Ecriture leur
unique Règle de vie ; ils trouvaient dans sa méditation des principes
généraux suffisants pour vivre à la perfection les conseils évangéliques.
Mais au fur et à mesure que la tradition monastique et érénntique s ’est
constituée, l’usage s ’établit de recourir à elle pour résoudre les nom­
breux points qui ne sont pas touchés dans le Livre Saint et que seule
une longue expérience permettait de trancher. D ’autre part,desfamilles
dam es commençaient à se dessiner avec leurs exigencespropres, leur
manière personnelle d ’entendre et de vivre le message évangélique. Il
convenait que l’Esprit remplît à leur égard le rôle que le Christ lui
avait assigné dans le discours après la Cène : « L Esprit-Saint vous
enseignera tout et vous remettra dans, l’esprit tout ce que je vous ai
dit... » 3 C ’est Lui, comme le rappelle N. P. Saint Jean de la Croix,
qui a suscité « les âmes de ceux dont la vertu et 1 esprit se devaient
répandre en la succession de leurs enfants — Dieu donnant la richesse
et l’excellence, en ce qui est des prémices de l’Esprit, aux chefs, selon

1 I-IX, q. ioô, a. i.
2 C f. p a r exe m p le ST. A u g u s t i n , De vera rettgione, C. 16.
3 Je a n , X I V , 26. X V I , 12.
206 FR. FRANÇOIS DE SAINTE-MARIE, O.C.D.

la plus grande ou plus petite succession que leur doctrine et leur esprit
devaient avoir ».4
A travers les intermédiaires humains, l’Esprit a donc joué un grand
rôle dans la composition des règles religieuses. Comme il est des lieux
où II souffle, il est des textes qu’il a imprégnés de son influence invi­
sible. Sous leur apparente rigidité, ces lois palpitent d ’une vie mysté­
rieuse. Aussi elles sont aptes à conserver à travers les âges un esprit.
Au début de la Règle du Carmel, le Bienheureux Albert souhaite aux
ermites, selon l’usage épiscopal, la «bénédiction du Saint Esprit». Cette
simple clause de style revêt ici une véritable grandeur et une singulière
efficacité. Sur ce texte si bref, elle est comme le sceau de Dieu : « Notre
Règle primitive, dira le frère Jean de Saint-Samson, est excessivement
essentielle et concise et plus au dedans de l’esprit qu au dehors dans
l’expression ».6 Avant même d ’en scruter le contenu, un simple regard
sur elle nous confirme dans cette impression. Elle présente dès l’abord
le caractère dépouillé des grands textes spirituels, la légèreté des choses
d ’en-haut. Ce texte qui, dans les registres pontificaux, tient en deux
simples folios, nous apparaît entièrement débarrassé de tout accidentel :
aucune indication chronologique significative, aucun détail reflétant
une mentalité particulière, aucune préoccupation d ’ordre secondaire
ou temporel. Il plane au dessus des contingences matérielles et ne s’at­
tarde même pas à des questions d organisation de vie.

Mais, quelque spirituel que soit un texte, il ne livre pas son secret
sans avoir été abordé avec les dispositions voulues, et sans avoir été
longuement interrogé. Si l’on peut lire l’Ecriture sans en pénétrer le
sens, à plus forte raison une Règle religieuse. Durant les périodes de
relâchement, la Règle n’est plus comprise, l ’étincelle de l’esprit couve
seulement sous la cendre de la lettre. Puis viennent les réformateurs
qui raniment la flamme. Ils apportent à l’étude de la Règle cette droi­
ture intérieure, cette aptitude à recevoir l’Esprit, qui leur en éclaire
les profondeurs. C ’est alors comme s ’ils renouvelaient des choses très
anciennes en les retrouvant dans leur pureté originelle : « Notre but,
déclarera Sainte Thérèse à ses filles, est de renouveler la règle de la

4 V iv e F la m m e . E d i t i o n d u R . P . L u c ie n - M a r ie de S a in t-J o s e p li, Desclée,


de B ro u w e r, 1947. S tr. I I , 2, p. 997. N o u s n o u s ré fé re ro n s g é n é ra le m e n t au
c o u rs de ce t r a v a il à c e tte e x c e lle n te t r a d u c t io n des O e u v re s c o m p lè te s de
S a in t Je a n de la C r o ix .
6 Vrai E sprit du Carmel, da n s les O e u v re s S p ir itu e lle s e t M y s tiq u e s d u d iv in
c o n te m p la tif F . Je a n de S. Sam son, R e n n e s M D C L V I I I , p. 43.
*

E’ ESPRIT DE EA RÈGER DU CARMEE 2O7

Vierge notre patronne»6 — la renouveler, non pas en y ajoutant quelque


chose, mais au contraire en détruisant tout ce qu’on y a ajouté indû­
ment, tout ce qui a alourdi la lettre au détriment de l ’esprit. L ’en­
treprise n’était pas si facile. Et Thérèse de gémir : « Il y a des per­
sonnes qui, avant de bien comprendre l ’esprit de notre règle... ont fort
à faire ».7
Cependant, il faut désirer cet héritage de l ’esprit sans lequel la
lettre reste morte et porteuse de mort. « Donne-moi une double por­
tion de ton esprit », disait Elisée à Elie .8 Ce désir se fait jour chez les
meilleurs à tous les âges de la vie monastique. Tauler raconte que les
premiers dominicains interrogèrent leur Père alors qu’il était sur le
point de mourir : « Ils le prièrent de leur indiquer le caractère essentiel
du Saint Ordre, le fond, la base sur laquelle il avait établi toutes ces
lois. C ’est la substance qu’ils voulaient savoir, l’accidentel, ils le sa­
vaient déjà. Nous en sommes tous là, ajoute le mystique. Les règles,
nous les connaissons ».9 Recherche délicate, certes, mais combien né­
cessaire. Jean de Saint Samson souhaitait, pour asseoir la Réforme de
Touraine, que quelques religieux s’y livrent assidûment.10
Cette recherche nous n aurons pas l ’audace de l ’entreprendre par nous
mêmes. Nous nous bornerons seulement en ces pages, à l’école de nos
grands spirituels, à dessiner les grands traits de l’esprit du Carmel tel
qu il ressort de la Règle primitive. Mais auparavant il nous faut nous
situer dans un ensemble plus vaste, apprendre de notre Règle elle
même que le Carmel est scripturaire et évangélique,- qu’il est d ’Eglise.

Le Carmel est évangélique.


Une règle religieuse ne prétend nullement se substituer à l’Ecriture,
forme par excellence de la vie chrétienne. Elle s ’ente au contraire aussi
profondément que possible sur ce grand arbre pour en recueillir la sève
afin de la distribuer à une famille d ’âmes. Et plus elle est contempîa-

6 Les Fondations, Duruelo, ch. X I V , p. 117. T r a d u c t io n des C a rm é lite s de


P a ris, B eauchesne, 1922-1926. C ’est da n s c e tte t r a d u c t io n q u e n o u s c ite ro n s
S a in te T h é rè se .
7 Fondations, ch. X V I I I , p. 155.
8 I I T iv r e des R o is , I I , 9 e t 12.
9 C ité p a r T avaud , L ’idée de la vie religieuse, D esclée, de B ro u w e r 1939,
P - I 53-
10 « I l s e ra it bon... que da ns nos assem blées o n c h o is ît d e u x ou t r o is p e r­
sonnes au p lu s p o u r ch e rch e r et d é c o u v rir les m o ye n s de p r a t iq u e r n o tre v é r i­
ta b le e sp rit. Ce ne s e ra it p a s l ’œ uvre d ’u n jo u r ; m a is s i n o u s ne p re n o n s cette
voie, n o tre c o n d u ite ne sera ja m a is assurée n i s ta b le ». Traité de la perfection,
et décadence de la vie religieuse, O péra, p p . 969-979.
FR . FR AN ÇO IS DE S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

tive, plus elle insiste sur le rôle de la Parole de Dieu. Aussi le Patriarche
Albert fait-il une obligation aux frères du Carmel de se nourrir de
l’Ecriture. Au réfectoire, on en fera une lecture commune, mais chacun
devra avoir avec elle un contact personnel, soit qu’il s’applique à la
scruter avec passion « jour et nuit », soit qu’il laisse la Parole « habiter
dans sa bouche et dans son cœur » comme un véritable sacramental
qui tend à réaliser ce qu’il signifie. Alors tout ce qu’il y aura à faire
sera accompli « selon la parole du Seigneur ». Et la Règle prêche d ’exem­
ple, car elle est littéralement tissée de textes d ’Ecriture, surtout en
certains de ses chapitres, tels celui des Exhortations ou du Silence.
C ’est plus précisément vers l ’Evangile que le Carme est orienté par
ce commandement liminaire dans lequel la Règle fait consister toute
la perfection religieuse: «Vivre dans la dépendance de Jésus-Christ ».
Comment réaliser une telle dépendance si l’on ne s ’applique au préa->
lable à Le bien connaître, Lui ? Et comment Le connaître si on ne Le
fixe inlassablement des yeux de la foi ? « Que le spirituel ait un désir or­
dinaire d ’imiter le Christ en toutes choses, déclare Saint Jean de la Croix,
se conformant à sa vie, laquelle il doit considérer pour savoir L imiter
et se comporter en tout comme le Christ ferait Lui-même ».u Le même
Docteur écrit dans la Montée: «O n doit s ’arrêter à ce que le Christ
a enseigné... tout le reste n’est rien et ne doit être cru s ’il n’est con­
forme à cela ».12 Dans la mesure même où l ’on s ’applique, au Carmel,
à vivre une authentique vie contemplative, on y éprouve toutes les
conduites et toutes les doctrines à l ’aide de cette pierre de touche qu’est
l’Evangile.
Pour Sainte Thérèse d ’Avila comme pour Saint Jean de la Croix :
être religieux, c’est suivre le Christ, vivre son enseignement: « J ’ai ré­
solu, écrit-elle dans le Chemin, de faire le peu qui dépendait de moi,
c ’est-à-dire de suivre les conseils évangéliques avec toute la perfection
dont je serais capable et de porter les âmes qui sont ici à faire de
même ».13 On se rappelle comment son bon sens surnaturel l’a préservée
d ’une illusion à laquelle elle avait un instant cédé, celle d ’écarter déli­
bérément l’Humanité du Christ pour mieux se livrer à la contempla­
tion. Si obscur que puisse être parfois le contact de l ’âme d ’oraison
avec cette Humanité, celle-ci n’en reste pas moins la Voie, le chemin
dont on ne peut s ’écarter sous peine de s’égarer.
C ’est ainsi que la recommandation: «Vivre au service de Jésus-

11 M ontée h . I , ch. X I I I , p. 109.


12 Ibidem , I,. I I , c h . X X I I , p . 248.
13 C hem in, I, 9.
i/B S P R IT D E E A R ÈG EE D U CARM EE 209

Christ » se répercute au cours des âges dans la doctrine carmélitaine.


Un des tout premiers disciples de nos grands réformateurs, le Père
Jean de Jésus-Marie (Aravalles) déclare dans son Instruction des Novices
que «le Maître engendre ses fils dans le Christ Jésus par le moyen de
l’Evangile » 14 et il affirme : « L e Christ nous enseigne ce que nous de­
vons penser, répondre, dire ou taire, et finalement comment nous de­
vons nous comporter en toutes choses >>.16 Le Frère Jean de Saint-
Samson, âme d ’une autre Réforme, celle de Touraine, précisera que
notre idéal est tout entier dans ce service du Christ : « Ne sommes-
nous pas obligés à la perfection évangélique qui consiste en la parfaite
pratique des conseils de Notre-Seigneur et de vivre selon ses com­
mandements en leur souveraine perfection ? » 16
Tout près de nous, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, après avoir
affirmé avec Sainte Thérèse d ’Avila que « l ’Evangile lui suffit», con-
cluera : « Quelle douceur de n’apprendre plus rien que de la bouche
de Jésu s». Ces textes nous rappellent qu’une vie contemplative ne peut
être bâtie que sur la pierre angulaire du Christ et non sur le sable
mouvant des doctrines humaines.

La Règle ne se contente pas de donner à la vie carmélitaine une


orientation évangélique. Elle nous enseigne par le choix même des
textes ce que nous devons chercher dans l ’Evangile : les secrets de la
vie intérieure la plus profonde.
Le précepte central : « jour et nuit méditant la Loi du Seigneur et
veillant dans la prière » nous apparaît comme un écho de la consigne
donnée par le Christ Lui-même : « Il faut prier toujours... ». Plus loin,
au cœur du chapitre des Exhortations, c ’est le grand commandement
de l’amour qui revient tel que le Seigneur l ’a rappelé au cours de son
enseignement : «... que vous aimiez le Seigneur votre Dieu de tout
votre cœur, de toute votre âme et de toute votre force, et votre pro­
chain comme vous-même ». Cette vie théologale, 1 obéissance permet

14 Instruction des Novices, tra d u c tio n p u b lié e dan s « L a V ig n e d u C arm el »,


é d itio n s d u Seuil, Paris, 1945, P- 3°-
15 Ib id ., p . 98.
16 Vrai E sp rit du Carmel, O péra, p. 5.
I l n ’est p a s in d iffé re n t de re m a rq u e r qu e S a in t J e a n de la C ro ix lu i aussi
a e m p lo yé p a r trois fois la m êm e exp ressio n : « L e p lu s gra n d h o n n eu r que
n ou s p uission s... rendre à D ie u ... c ’est de L e se rv ir s u iv a n t la perfection évan­
gélique... Bt. ce q u i e st hors de c elà n ’e st d ’au cu n e v a le u r n i p r o fit à l ’h o m m e »
(Montée, L . I I I , ch. X V I I I , p. 353). « P o u r u ne jo ie q u ’on q u itte p o u r L u i et
p our la perfection de l ’Evangile, I l en ren d c e n t dès c e tte v ie » (Montée, L . I I I ,
ch. X X , p. 367). B t : « ... le ch em in de la v ie éte rn elle... q u i est la perfection
évangélique » (Cantique, S tr. X V I I , 2, p. 801).

14
210 FR . FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

de la pratiquer jusque dans le détail de l’existence, à la lumière d ’une


autre parole du Christ : « Qui vous écoute m ’écoute, qui vous méprise
me méprise». Tout cela dans une atmosphère de dénuement intérieur
qui est aussi très évangélique. Ne rien avoir en propre, demeurer seul,
éviter la moindre parole inutile, abdiquer sa volonté propre, comment
ne pas songer en lisant ces consignes rigoureuses mais libératrices, à
la première des béatitudes, celle des contemplatifs : « Bienheureux les
pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux » ? L a Règle n’a
même pas oublié l’invitation à se faire petit pour pénétrer dans le
Royaume : « Quiconque voudra être le plus grand parmi vous sera votre
serviteur ». Ce texte n’est-il pas là comme une sorte de pierre d ’attente
de la doctrine de l’enfance spirituelle, message que le Carmel adresse
aux hommes de notre temps, en les invitant à revenir à l ’Evangile?

Un tel choix de textes, n’est certes pas l’effet du hasard, et il oriente


les contacts personnels que nous devons avoir avec la Parole de Dieu.
Nous sommes conviés à méditer les passages les plus profonds de l’Evan­
gile, ceux qui parlent de la vie théologale, du dépouillement intérieur,
de la prière, de l ’humilité. C ’est là que se trouve comme en son germe
toute la spiritualité du Carmel.

Le Carmel est d'Eglise.

Si personnel que soit au Carmel le contact de lam e avec l ’Evangile,


il n’a rien d ’anarchique. Nos Saints ne cesseront de nous répéter que
seule l ’Eglise a qualité pour nous présenter l ’enseignement du Christ
et nous le commenter en vérité. L ’appartenance à un Ordre religieux
ne saurait nous faire oublier que nous sommes d ’Eglise.
Tel est du reste l ’enseignement de la Règle elle-même, dès le Prologue :
«Albert par la grâce de Dieu patriarche de Jérusalem ...». Ce n’est
pas un fondateur qui nous donne notre forme de vie, comme la chose
a lieu d ’ordmaire, mais l’évêque, le chef hiérarchique et ecclésiastique.
Et l’évêque lui-même disparaît volontairement derrière la grande tra­
dition de l ’Eglise et la personne du C hrist: «Bien souvent et de
bien des manières les saints Pères ont réglé comment chacun, en
quelque ordre qu’il se trouve ou quel que soit le genre de vie
religieuse adopté par lui, doit vivre dans la dépendance de
Jésus-Christ... ». Un texte tel que celui-là incite l ’âme carmélitaine
à estimer avant tout cette « qualité de chrétienne » dont sainte Thérèse
* 211
L ’E S P R IT D E E A R È G L E D U CARM EE

arlera à ses filles.17 Le fait d ’apparténir à un Ordre religieux ne doit


Pas effacer à nos yeux notre dignité primordiale de chrétien, fils de
Dieu. Au reste la profession n ’instaure à proprement parler rien de
nouveau dans notre vie chrétienne. Elle n’est pas un sacrement. (Mais
elle n’en a pas moins d ’efficacité surnaturelle pour cela). Elle se situe
dans les perspectives du baptême et par 1 observation des conseils qui
parachève celle des commandements, elle vise à nous rendre parfaite­
ment chrétiens. C ’est pourquoi elle permet à celui qui la prononce dans
de bonnes dispositions de retrouver l’innocence de son baptême. Le
Carme Thomas de Walden a rappelé contre Wicleff le caractère baptis­
mal de la profession religieuse.18 Et le cérémonial de notre prise d ’Habit,
dès l ’origine, est tout imprégné du mystère de mort et de vie qui est
celui du baptême chrétien : dépouillement du vieil homme et de ses
actes et revêtement de l’homme nouveau créé selon Dieu .19
Ce souci de vivre pleinement la vie chrétienne dans le cadre si large
de l’Eglise, engendré par le Prologue de la Règle, se fait jour chez nos
grands spirituels. L ’amour qu’ils ont pour leur Ordre est une forme
de leur amour pour l’Eglise : « Chacun, déclare Sainte Thérèse, devrait
faire en sorte que ce fût par lui que Dieu accordât à son Ordre le
bonheur de servir l’Eglise dans les pressants besoins où elle se trouve
aujourd’hui ».20 Pour sa part, sur le point de mourir, la Sainte « rendait
(à Dieu) de vives actions de grâces de ce qu’il l ’avait faite fille de l’Eglise
et de ce qu’elle mourait dans son sein. Elle répétait souvent : “ Enfin,
Seigneur, je suis fille de l’Eglise ” ».21 L a Petite Thérèse dira à son tour
« je veux être fille de l’Eglise comme notre Mère Sainte Thérèse » 22
et elle se situera avec transport «au cœur» du grand Corps Mystique .23
Car la vie contemplative authentique dilate l’âme aux dimensions
de l’Eglise, et lui fait épouser les grandes intentions de celle-ci. C ’est
ainsi que Thérèse d ’Avila ressentait dans son propre cœur le déchi­
rement de l’hérésie, se passionnait pour les missions lontaines, comme
plus tard Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne actuelle des missions.
Ce souci d ’appartenir à l’Eglise se manifeste tout autant dans le do­
maine de la doctrine. La tradition carmehtaine, pour etre fort ancienne,
n’a rien d'ésotérique, comme on voudrait parfois nous le faire croire.

17 Chem in, ch. X X I V , p. 155.


18 De Sacram entis, T it. 9, cap . 80.
19 V o ir, p a r e x e m p le : Constitutions de 13 2 4 , é d itio n d u R . P . BënEDICT
Zim m erm an, L irin a e I 9° 5> P- 45-
20 Vie, Ch. X L , p. 486.
21 Vie, R i b e r a , L iv r e I I I , 15-429.
22 H istoire d’ une A m e, ch. X , p. 1 9 9 -
23 Ib id em , ch. X I , p. 216.
212 FR . FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

Nos spirituels ont cheminé au grand jour, à la lumière de l ’enseigne­


ment de Celui qui a parlé ouvertement — « palam locutus sum » —
enseignement transmis et commenté par l’Eglise. Car il faut « nous
gouverner en tout par la loi du Christ-Homme et par celle de son Eglise
et de ses ministres, humainement et visiblement >>.24
Ce sens de l ’Eglise se répercute sur les relations que le Carmel entre­
tient avec les autres Ordres religieux. Le Prologue de la Règle nous le
montre se référant dès l’origine à l ’expérience séculaire des «Saints Pè­
res», fondateurs et héros de la vie monastique; il s ’insère dans leur li­
gnée, non pas tant avec la prétention de les revendiquer pour siens
qu’avec le désir de montrer comment toutes les formes de vie religieuse
se rejoignent en quelque sorte par leur sommet : le service de Jésus-
Christ. Cette considération conduit à une fraternité profonde avec les
autres Religions. Le contemplatif, si épris qu’il soit de sa manière de
vivre, n accepte pas de se laisser emprisonner par une formule. Il est
heureux de communier par l ’esprit à d ’autres familles d ’âmes, consa­
crées comme lui au service de Jésus-Christ.
Peu de temps après la promulgation de la Règle, Nicolas le Français,
dans sa « Flèche ardente », promenait avec courtoisie son regard sur les
divers Ordres religieux plantés dans les jardins de l’Eglise :
«Toutes les formes de vie religieuse sont substantiellement la même
chpse et découlent d une semblable certitude. Quand II a disposé à
l ’intérieur de l ’Eglise militante les différents Ordres religieux, le Sei­
gneur, dont la Providence est infaillible, a sagement placé les uns avec
Marie dans la solitude, les autres avec Marthe dans la cité... Il a prévu
pour les villes ceux qui ont des aptitudes pour les travaux de l ’esprit,
les recherches d ’Ecriture Sainte, et dont la vie spirituelle est ferme­
ment établie... Mais les plus simples, ceux avec lesquels II s ’entretient
volontiers dans le mystère, le Seigneur les garde dans la solitude... ».25
On pourrait glaner dans notre littérature spirituelle bien des textes sem­
blables. L idéal universel et large du Carmel lui permet d ’estimer tant de
richesses diverses conservées dans l’Eglise et d ’en faire la synthèse dans
1 amour. Il n est pas de plus beau symbole de cette ouverture totale
que les nombreux contacts de sainte Thérèse d ’Avila avec des reli­
gieux de toutes les grandes familles : Dominicains, Jésuites, Franciscains,
Augustins... qui l’ont aidée, chacun pour leur part, à se trouver et à
24 M ontée, L . I I , ch. X X I I , p. 248.
25 L es p lu s vieux Textes du Carmel, dans « L a V ig n e d u C arm el ». B d itio n s
du Seu il, P a ris 1945, p . 175.
O n nous e xcu se ra dan s les p a g e s q u i su iv e n t de nous ré férer so u v e n t à cet
o u v rag e, en v u e de sim p lifie r les références.
l ’e s p r it d e la règ le d u carmel 2 13

trouver la formule de sa Réforme, sans porter la moindre atteinte à


son originalité propre. Car ce n’est pas en se repliant jalousement sur
soi-même, en s ’enfonçant dans un isolement stérile, que l ’on réalise le
mieux sa véritable personnalité ; c’est en réagissant à mille influences
extérieures.
Comme par une sorte de centuple, le Carmel qui s ’est montré si
ouvert à toutes les influences, a rayonné largement sa doctrine dans
l’Eglise. Un Saint Jean de la Croix, une Sainte Thérèse d ’Avila, une
Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus sont aimés, connus et suivis dans
de nombreux cloîtres. Leur influence si universelle nous semble préfi­
gurée et préparée par l’universalité même de la Règle à 1 ombre de
laquelle ils ont vécu, par le souci qu elle a manifeste de s mserer dans
le grand mouvement de ferveur qui a entraîné tous « les saints Pères »
au service du Christ.

Un esprit dans l'Eglise.


Le fait de communier à l’élan de toutes ces âmes n empêche pas d ap­
partenir à une famille déterminée, choisie et préférée entre toutes.
L ’amour de l’Eglise et l’amour de son Ordre, loin de se faire échec
dans une âme religieuse, se renforcent et s ’appellent. Les ermites du
Carmel tenaient certainement beaucoup à ce mystérieux « propositum »
que le Patriarche Albert a sanctionné par le don de la Règle. Chaque
dimanche, ils se réunissaient pour discuter ensemble de « la garde de
l’Ordre ». Il est permis de supposer que ces formules consacrées tra­
duisent un réel amour de leur vie. Cet amour se fait jour dans les do­
cuments anciens, il anime les magnifiques descriptions que 1 Institution
des Premiers Moines nous fait de la vie «prophétique érémitique» :
« T u retireras beaucoup de profit, déclare 1 auteur au moine Caprais,
à saisir les principes spirituels de ta profession et tu en vivras les pré­
ceptes avec plus d amour, quand tu connaîtras sa forme premiere et
la grandeur de ses fondateurs ».28 C est cet amour de leur Religion,
nous dit Guillaume de Sanvic, qui a incité les Carmes a la trans­
planter en Occident, en luttant désespérément contre la double mort
qui la menaçait : celle du cimeterre et celle des lois ; c est le meme
amour qui a inspiré à Nicolas le Français les accents déchirants avec
lesquels il plaide la cause de sa Mère bien-aimée : « Religion très
chère ! Mon zèle affectueux et peut-être excessif n a-t-il pas toujours

26 L es p lus vieux Textes du Carmel, p. n i .


214 FR . FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

tenu mon âme dans l ’allégresse?... Ma profonde affection pour toi


m a fait traverser les mers, parcourir toutes les parties du monde,
dépenser mon temps, fatiguer mon corps... >>.27
Ce zélé ardent de l ’Ordre se perpétue à travers les âges et atteint dans
1 âme des Réformateurs un véritable paroxysme. Jean Soreth, au cours
d un de ses voyages apostoliques, fondra en larmes en apercevant une
petite montagne qui lui rappellera le Mont Carmel et la vie des pre­
miers ermites.28Thérèse d ’Avila tiendra «les yeux attachés sur la race
des saints Prophètes dont nous descendons ».2B Jean de Saint-Samson
aura lui aussi la nostalgie des origines : « Au temps de ses premiers
patriarches et instituteurs, la religion monastique... était un corps for­
tement et excellemment animé d ’esprit, ou plutôt elle était toute esprit
et esprit fervent... ».30
Cet amour de 1 Ordre n est tourné vers le passé que dans la mesure
où celui-ci permet d ’engendrer l ’avenir: «M on Ordre, écrivait Sainte
Thérèse, j ’en soutenais les intérêts de toutes mes forces et de bon cœur
j ’aurais dans ce but sacrifié ma vie, mon plus grand désir étant d ’y
voir fleurir une entière perfection ».31 La Réformatrice met bien l ’accent
sur ce que nous devons aimer dans notre Religion : son esprit, qui est
eternel, sa perfection actuelle, beaucoup plus encore que le patrimoine
d histoire, d ’art ou de pensée qui est le sien. L ’Ordre se fait constam­
ment sous nos yeux tel que nous contribuons à le faire : « J ’entends dire
quelquefois, écrit encore Sainte Thérèse, en parlant des commence­
ments des Ordres religieux, que Dieu faisait de plus grandes faveurs
à ces saints parce qu’ils étaient les fondements de l ’édifice. Cela est
vrai, mais on devrait considérer aussi que l ’on est soi-même fondement
par rapport à ceux qui viendront... Il est clair que les nouveaux venus
songent moins aux religieux morts depuis de longues années qu ’à ceux
qu’ils ont sous les yeux >>.32

Combien il est donc important dans ces perspectives de se pencher


sur nos lois afin d ’y découvrir cet esprit dont nous avons présentement

27 L es p lu s vieux Textes du Carmel, p. 19 1.


Vie du B ien h eu reu x Jea n Soreth, d 'a p r è s u n m a n u sc r it d u R .p U bat-
t e r o d e T e r r a N u o v a . P a r is 19 0 1, p. 40.
C e t o u v ra g e c o n tie n t éga lem en t les E x p o sitio n s ou E x h o rta tio n s su r la R è g le
2^^ jUreUX J ean S o re th - a u x q u elle s n ou s n ou s référeron s p lu s loin
Fon dations, ch. X X I X , p. 300.
Cli e di ' ns L a D octrine Spirituelle du vénérable Frère Jea n de S a in t Sam son,
p a r le R . P . J é r ô m e d e d a M è r e d e D i e u , E d itio n s de l a V ie S p iritu elle
P a n s 1925, p. 35.
31 Vie, ch. X X X V I , p . 417.
32 Fondations, ch. I V , p. 35.
* l ’e s p r it de ta r è g le du c a rm e e 215

la garde, comme nos Pères l’ont eue en leur temps. C ’est à cette re­
cherche de notre esprit que nous allons nous employer maintenant, en
scrutant la Règle de plus près.
A première vue celle-ci ne paraît pas «rédigée»: de brèves notations,
des chaînes de textes, semblent n’en faire qu’une sorte de schéma
d ’allure très impersonnelle. La plupart de ses prescriptions ne sont pas
originales. Elles viennent des Pères du désert ou des règles orientales
anciennes : prière perpétuelle, silence, solitude, jeûnes et veilles, tra­
vail des mains. Et, de fait, le patriarche Albert a dû utiliser les compi­
lations ascétiques qui portent le nom de Saint Basile. Car celles-ci pré­
sentent de nombreux points de contact avec la Règle du Carmel . dé­
pouillement absolu des biens et de la volonté ; soumission entière à
un chef qui, seul dans le monastère, doit se mettre en rapport avec les
étrangers ; vie laborieuse dans un travail qui doit assurer la subsistance ,
garde de la cellule. Quant aux préceptes plus spirituels, ils semblent
inspirés de l’œuvre de Cassien, principalement en ce qui concerne les
vertus théologales, « l’armure » et le combat spirituel. Cette utilisation
des thèmes éternels de la vie religieuse n’a rien pour nous déplaire,
bien au contraire. Elle ne nuit aucunement à l’originalité profonde
de la Règle. Par la manière dont il a. su grouper ces matériaux tradi­
tionnels, le législateur, sous le souffle de l ’Esprit, a donné corps à un
esprit dont nous vivons encore et qui se survivra à travers les âges à venir.

Quel est-il cet esprit? Nous n’avons pas la prétention d ’en donner
une formule rigoureuse. Car les réalités surnaturelles contiennent de
l’ineffable ; ces idées et ces mots qui servent à les approcher ou à les
traduire ne sauraient en épuiser la richesse. Nous penchant de plus
près sur le texte vénérable, nous chercherons seulement à l’éclairer à
la lumière d ’une tradition spirituelle, vieille maintenant de près de huit
siècles. Ce qu’il ne nous livrerait pas de prime abord à cause même
de sa concision, nos grands mystiques nous permettront de le discerner,
à la clarté de leur expérience. Ainsi la vue de l ’arbre immense fait mieux
comprendre toute la vie qui dormait dans le grain de sénevé. L ’arbre
n’était pas en son germe avec sa stature actuelle, sa frondaison exubé­
rante ; il s ’y trouvait cependant, mais en devenir, en puissance. De même
le merveilleux épanouissement de notre spiritualité au cours des âges
témoigne des virtualités que la Règle contenait, de 1’ « esprit » qui l ’ani­
mait et dont il nous faut esquisser à larges traits les caractères.
216 FR. FR AN ÇO IS DE S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

Un idéal tout spirituel.


II suffit de parcourir la Règle pour être frappé de son caractère spi­
rituel. Beaucoup plus qu’un texte de loi, elle est un texte mystique,
tant les précisions canoniques y sont restreintes en regard des déve­
loppements spirituels et du but si élevé qui nous est présenté : la vie
de prière et d ’union à Dieu.
De ce fait 1 idéal du Carmel semble résolument intérieur. Idéal d ’une
union à Dieu étroite et continuelle par le moyen des vertus théologales,
dégagées le plus possible de leur gangue de sentiments ou d ’idées. Le
Carmel, c est Dieu avec le minimum d ’bumain nécessaire pour Le
saisir et Le rayonner. Dieu connu, expérimenté, Dieu servi et donné
au prochain, mais toujours avec cette nuance de simplicité essentielle,
de sobriété dans 1 ordre des moyens, de vérité dans l ’expression. C ’est
donc le Tout par le Rien et dans le Rien. En ce sens, les maximes d ’un
Saint Jean de la Croix atteignent, en sa profondeur, le mystère même
du Carmel. Et le dessin du Mont de Perfection, sommet dénudé et
serein où se goûte l ’intimité avec Dieu, est la représentation exacte
bien que symbolique de l’Ordre tout entier.
L originalité du Carmel vient de ce qu’il se fixe cet idéal intérieur
sans le mêler d un autre but secondaire déterminé : culte ou prédi­
cation, étude ou missions. Et refusant de se centrer sur une activité
particulière, il est susceptible de les assumer toutes. Culte liturgique,
contemplation solitaire, étude intellectuelle, prédication, quel que soit
le rythme auquel se succèdent ces diverses activités, c ’est le contact
avec Dieu qui fait à travers elles, en chacun, l’unité de vie.
C est pourquoi l ’idéal carmélitain est au-delà du cloisonnement que
1 on a coutume d établir entre vie active et contemplative. Notre Règle,
même dans sa première rédaction, ouvrait la porte à un certain aposto­
lat, très discret. Sans doute il est difficile de voir, comme on l ’a fait
parfois, dans la clause « nisi aliis justis occasionibus occupentur » une
allusion au ministère. Elle n’est pas assez explicite. Mais le texte pri­
mitif déclarait qu au chapitre l ’on s ’entretiendrait <<de la garde de
1 Ordre et du salut des âmes ». Surtout nous savons par nos vieux chro­
niqueurs que 1 on venait visiter les « frères du carme » sur leur Mont,
et que les pèlerins étaient conquis par le rayonnement spirituel qui
émanait de leurs personnes et la suavité de leur sourire .33 Les frères

33 C f. C h ron iqu e de G u illau m e de S a n v ic , L e s p lus vieux Textes du Carmel


p. 2 0 6 .
l ’ e s p r it d e la règ le du carmel 217

descendaient même parfois de la montagne pour aller prêcher, rappelle


Nicolas le Français.34
C ’est que de soi, la vie contemplative, tend à rayonner visiblement.
« Aimant les membres du Christ, tu aimes le Christ, aimant le Christ,
tu aimes aussi le Père, impossible de diviser l’amour », s ’écriait saint
Augustin. Cette gradation peut aussi se renverser : comment aimer
vraiment le Christ sans l’aimer T otal? Les âmes carméhtaines res­
sentent au plus profond d ’elles-mêmes cette impossibilité de « diviser
l’amour ». Elles ne peuvent aimer le prochain sans éprouver au moins
de temps, à autre le besoin de faire quelque chose pour lui. Sainte T hé­
rèse d ’Avila l’a très bien dit : «N e faisons aucun cas de... ce que nous
nous proposons de faire ou d ’entreprendre en faveur du prochain et
pour le salut d ’une seule âme. Si nos œuvres n’y répondent pas, il
est à craindre que tout cela restera sans effet... Le Seigneur veut des
œuvres ».35 Et le comportement de saint Jean de la Croix à Duruelo est
significatif. Le voilà qui, seul avec le Père Antoine de Heredia, entre­
prend de revivre l’idéal primitif de l’Ordre. Au lieu de s ’ensevelir dans
une solitude absolue comme celle de la Chartreuse (à laquelle il avait
songé), il sait allier — parce qu’il est resté carme — à une intense vie
de prière et de recueillement, un apostolat discret mais persévérant
dans les campagnes d ’alentour. II le fait avec tout le dépouillement
qu’un carme sait y mettre, lorsqu’il est de cette trempe, allant prêcher
nu-pieds dans la neige, refusant de toucher au repas qu’on lui a pré­
paré. Mais il le fait — lui qui par contre réagira plusieurs fois contre
les prédicateurs trop actifs et surtout trop mondains — parce que c est
ainsi qu’il comprend, à la lumière de la tradition, la Règle primitive,
à laquelle il est tellement soucieux de revenir.
Dans le même esprit, Sainte Thérèse d ’Avila ne se passionnera pas
seulement pour les missions lointaines en faveur desquelles elle a entre­
pris sa Réforme, mais elle cherchera encore, discrètement, à faire du
bien autour d ’elle à ses visiteurs ou à ses correspondants.

En ces grands modèles de notre vie, en ces incarnations de la Règle,


nous saisissons donc une certaine alternance de contemplation et de rayon­
nement apostolique, de solitude et de contact avec les âmes, qui nous paraît
essentielle à la vie carmélitaine, et sans laquelle elle se sentirait comme mu­
tilée. Ce rythme est dépeint dans les plus anciens documents de 1 Ordre.
Cinquante ans environ après la rédaction de la Règle, Nicolas le Fran­

34 L es p lus vieu x Textes du Carmel, p. 173.


35 Château, Ves Dem eures, p. 155.
2 l8 FR . FR ANÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

çais, tout en réagissant vivement contre la dissipation de ses frères au


sein de la cite, ne s élève pas contre tout apostolat. Il reconnaît volon­
tiers que les premiers Pères « dans l’intérêt des âmes et de la leur, de­
scendaient parfois de leur solitude, mais rarement, répandre généreuse­
ment dans la prédication ce qu’ils avaient moissonné au désert avec
les faux de la contemplation >>.36
Ce rythme, prudent — car il faut tenir compte de l’infirmité humaine
c est celui qui scande notre existence et qui, lorsqu’il est respecté,
lui donne toute sa beauté et même sa supériorité sur une forme de
vie plus séparée : « Une religion mixte, affirment les Carmes de Sa-
Jamanque a la suite de saint Thomas, est en valeur absolue plus par­
faite qu une religion purement contemplative ou purement active » 37 :
« quia continet eminenter rationes vitae pure contemplativae et vitae
tantum activae ». Et ils ajoutent qu’une telle religion ressemble le plus
à la manière de vivre du Christ et à celle des évêques.38

Mais ils précisent aussi à quelle condition une religion peut être dite
mixte. Non pas lorsqu elle fait deux parts à peu près égales d ’action
et de contemplation qu elle se refuse à hiérarchiser fortement. Elle
n aurait plus alors que le nom et pas la réalité de la vie mixte. Mais
lorsqu’elle vise principalement et premièrement (primo et principaliter)
la contemplation, et 1 action seulement comme un effet dérivé de cette
contemplation : « ex ejus redundantia procedit ad perfecta opéra circa
proximum... »,30 Simple question d ’accent, mais capitale en une telle
matière. Si 1 apostolat carméhtam n est pas établi en fonction de la vie
intérieure qu’il contribue à entretenir dans le sujet en même temps
qu il la rayonne au dehors, fatalement un jour ou l’autre la proportion
se renverse ; ce sont les tâches à remplir qui dictent leurs exigences,
c est le primat de 1 activité et du rendement sur la vie intérieure dont
les lois profondes sont vite violées. Car s ’il n ’y a pas de synthèse plus
harmonieuse que la vie mixte, il n’y en a pas aussi de plus délicate.
L alternance même de la «séparation» et de 1’ « engagement », n’est
pas rigoureusement la même pour tous les sujets. Chaque âme a son
rythme et si la Règle recommande de tenir compte de l ’âge et des né­
cessités de chacun, c ’est également dans ce domaine, encore plus
important que celui de la nourriture et du vêtement.
Sans doute nos Constitutions ont établi un cadre de la journée car-

36 Les p lu s vieux Textes du Carmel, p . 173.


37 C ursus theologicus, E d itio n P alm é, P a ris 1879, t. X I I , p. 425.
38 Ib id ., p. 426. 39 Ib id ., p. 427, 1.
E ’ E S P R IT D E DA RÈGUB D U CARMEU 219

mélitaine. Les heures de l’Office canonial, la double oraison du matin


et du soir, un effort de tout l’être pour vivre en présence de Dieu, équi­
librent, dans l’ensemble, les justes occupations et les tâches apostoliques
pressantes. Mais bien des adaptations restent à faire dans le concret.
Il semble qu’elles relèvent du Prieur à qui la Règle donne une grande
autorité. Il n’est pas seulement le chef et l’administrateur du Couvent,
la providence matérielle de ses sujets, il est encore leur père. A lui de
créer un rythme de recueillement et d ’activité apostolique qui convienne
à la majeure partie de ceux-ci et reste compatible avec leur équilibre
personnel. La vie carmélitaine, à cause de son amplitude, de ses possi­
bilités illimitées exige pour être conservée une grande prudence de
la part des Supérieurs comme une parfaite obéissance de la part des
inférieurs. Au Supérieur de discriminer parmi ses fils ceux qui comme
s ’expriment les Constitutions de la Congrégation d ’Italie, «tentent
d ’abriter leur oisiveté sous le paravent de la vie contemplative », et
dont il faut secouer la torpeur ; ceux au contraire dont la vie contem­
plative authentique a besoin d ’être protégée. Au lieu de reprocher à
ces derniers leur peu de rendement, il les comprendra et les soutiendra
dans leur voie. Ici encore le Carmel répugne à toute formule absolue.
Il laisse à celui par qui tout doit être ordonné, le soin de concilier le
bien commun de l’Ordre avec les exigences spirituelles de chacun, tâche
délicate, toute de prudence et d ’esprit surnaturel.

Le problème d ’équilibre que pose la vie mixte pour la Communauté,


chaque sujet doit en un sens le résoudre pour son compte et dans 1 obéis­
sance. Il s ’agit pour lui de trouver son rythme intérieur, à égale distance
d ’une paresse routinière et d ’une activité fiévreuse. Il s ’agit de garder
une ascèse sévère au sein de nombreuses réalisations. L ’idéal carméli-
tain est si profond et élevé qu’il peut tout assumer en dépassant tout
dans l’amour. Il n’est pas de perfection plus harmonieuse et plus ample
que celle d ’un Saint Jean de la Croix, d une Sainte Thérèse d Avila :
sens aigu de la réalité concrète des choses et des hommes, délicate
sensibilité, profondeur de la pensée sous le souffle de la spiritualité
la plus haute. Nous n’avons pas affaire à des rêveurs, à des « séparés »,
mais à des personnalités très riches, riches dans la mesure même où
elles sont constamment occupées à tout perdre et à se perdre elles-
mêmes. « Qui aura su mourir à tout recevra vie de tout » : la maxime
de Saint Jean de la Croix exprime parfaitement le paradoxe évangé­
lique du centuple comme fruit du renoncement total, qui est la clef
de « l’humanisme » carmélitain. Certes, il faut une très large étoffe
220 F R . FR AN Ç O IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

psychologique et morale pour trouver un si parfait équilibre au car­


refour de 1 action et de la contemplation. C ’est pourquoi la vocation
carmélitaine demande de fortes personnalités. Nos Saints l ’ont laissé
entendre en disant combien il fallait être sévère pour le recrutement des
sujets .40 Dans la mesure même où l’Ordre repose sur l’équilibre inté­
rieur de chacun, il exige que celui-ci soit excellent, et qu’il y ait aussi à
la base ce jugement parfaitement sain que Thérèse d ’Avila demandera
a ses filles, celui-là même qui donne au texte si bref de la Règle à
la fois tant d envolée et tant de prudence.

Le précepte de la prière perpétuelle.

L idéal spirituel du Carmel se concrétise dans un précepte que le Père


Jean de Jésus-Marie a pu en vérité qualifier de « central » .« Que chacun
demeure dans sa cellule ou près d ’elle, jour et nuit méditant la Loi du
Seigneur et veillant dans la prière, à moins qu il ne soit légitimement oc­
cupé à autre chose ». La proposition restrictive ne vise certes pas la con­
tinuité de la prière, mais la garde de la cellule. Et cette continuité ne
peut être entendue comme si chaque jour un temps régulier consacré
à l’oraison suffisait à l ’assurer virtuellement. L ’esprit de totalité de la
Règle, tel qu il s exprime en d autres passages, s ’inscrit contre cette in­
terprétation : « Mettez tout votre zèle et tous vos soins à vous revêtir
de 1 armure de Dieu... en sorte que vous aimiez le Seigneur votre Dieu
du tout votre cœur, de toute votre âme et de toute votre force... Prenez
en toutes choses le bouclier de la Foi... Que tout ce que vous avez à faire
soit fait selon la parole du Seigneur... ». Cet accent d ’absolu ne trompe pas.
Il n a pas trompé nos spirituels. Jean Soreth peut écrire :
« Excellente conjugaison que ce verbe : maneant ; qu’ils demeurent
dans leurs cellules, méditant continuellement, car un silence continuel
et un éloignement perpétuel du bruit du siècle conduisent nécessaire­
ment à la méditation des choses du ciel ».41 Autrement dit, il s ’agit là
d une priere qui tend à devenir contemplative et qui ne sera vraiment
continuelle qu à ce titre. Voilà donc clairement manifesté le rôle
du Carmel : être dans 1 Eglise 1 Ordre qui a pour but d ’entretenir l’esprit
d oraison et dont toute la mission en quelque sorte se ramène à cela.

40 C ito n s p a r e x e m p le ce te x te de N . M . S te T h é rè se : « N o s p ères d an s
1 é ta t re lig ie u x o n t ordo n n é u ne année d ’ é p reu v e a v a n t la pro fession . Ivt m oi
je v o u d ra is q u ’ic i l ’on a tte n d it ju s q u ’ à d ix ». Chem in, X I I I , 87.
41 E xp osition s sur la Règle, p. 128.
l ’ e s p r it de la r èg le du carmel

On n’entre pas au Carmel principalement pour faire son salut, ni pour


réparer, ni pour preclier ou sauver des ames, on y entre avant tout
pour trouver Dieu, pour avoir avec Lui un contact personnel et vivant.
Lorsque l’on a bien compris le concept de la vie mixte, tel que les Saî-
.manticenses l’ont exposé plus haut, on ne s ’étonne pas de cette asser­
tion, puisqu’une telle vie est « premièrement et principalement orientée
vers la contemplation ». Aussi à travers les âges nos réformateurs met­
tront presque uniquement l ’accent sur le précepte de la prière et de
la garde de la cellule, sachant que toute la fécondité apostolique en
découlera comme de soi. Il y a là comme une paraphrase du passage
de l’Evangile : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et
le reste vous sera donné par surcroît » ; l ’antithèse des deux expressions :
d'abord et par surcroît est frappante.
Les plus vieux chroniqueurs font déjà allusion à cette prière perpé­
tuelle. Jacques de Vitry nous décrit les premiers Carmes « à l’imita­
tion du prophète Elie », l’Homme de la présence de Dieu, « habitant
dans leurs roches de petites cellules et tels que les abeilles du Seigneur,
faisant un miel d ’une douceur toute spirituelle »,42
L ’ Institution des Premiers Moines, au chapitre V III, décrit d ’une
manière très émouvante le désir du moine d ’adhérer continuellement
à Dieu dans la prière en dépit de la faiblesse de sa nature. « Quand tu
auras bu au torrent de ma volupté, ne va pas t ’arracher à cette douceur
si grande que tu auras goûtée : mais cependant les défauts de ton corps
et de ta fragilité t ’éloigneront d ’elle de temps en temps... Prends donc
garde de ne pas “ descendre du sommet de la perfection pour t ’arrêter
à emporter ” quelqu’un de ces biens que tu as rejetés ».43
Et à travers toutes les étapes de 1 histoire de 1 Ordre nous retrouvons
constamment, comme un leitmotiv, sous la plume des reformateurs 1 ap­
pel à la prière perpétuelle. Nicolas le Français dans son Ignea plaide en
sa faveur: « L ’Esprit-Saint nous veut assidus à une occupation spirituelle
comme il convient à des serviteurs du Christ... Il nous prescrit en effet :
“ Que chacun reste dans sa cellule ou près d elle... . Par conséquent, si
nous voulons vivre notre profession, comme je 1 ai dit plus haut, nous de­
vons avoir des cellules séparées, y demeurer, ou du moins rester près
d ’elles, y méditer jour et nuit la Loi du Seigneur, prier et veiller à moins
d ’occupations légitimes ».44

42 L e s p lus vieux Textes du Carmel, p. 6 i.


43 Ib id ., p . 139.
44 Ibid., p . 177.
222 FR . FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

Un autre réformateur, Jean Soreth, reviendra plus tard sur le même


thème : « L a fin de tout religieux et la perfection de son cœur, c’est de
tendre à une oraison continuelle, ininterrompue, persévérante ; autant que
le permet la faiblesse humaine et de s avancer avec effort vers l’im­
mobile tranquillité et la perpétuelle pureté de lam e... ».4B Et peu de
temps avant la Réforme thérésienne, le Père Rubeo de Ravenne
donne au précepte central son sens le plus fort :
« L idéal primitif et principal des habitants du Mont-Carmel — que
doivent imiter et poursuivre tous les Carmes — le voici : jour et nuit,
qu ils consacrent tous les efforts dont ils sont capables à unir leur âme
et leur esprit à Dieu le Père par l ’oraison, la contemplation et un amour
non interrompu, et ceci de façon non seulement habituelle, mais actuelle >>.46
Il est difficile d ’être plus explicite.
Sainte Thérèse dA vila n en dira pas plus. Elle sait que parce qu’elle
«porte ce saint habit du Carmel », elle est «appelée à l ’oraison et à la
contemplation ». « C est là notre première institution », ajoute-t-elle.47
Et elle déclare : « Il est dit dans notre première Règle que
nous devons prier sans cesse. Pourvu que nous accomplissions avec tout
le soin dont nous sommes capables, ce point qui est le plus important
de tous, nous ne manquerons ni aux disciplines, ni aux jeûnes, ni au
silence que la Règle prescrit ».48
Mais le plus beau commentaire du précepte de la prière perpétuelle
nous semble fourni par les admirables « maximes » de Saint Jean de la
Croix: «Mettez un frein puissant a la langue et à la pensée; portez votre af­
fection habituellement sur Dieu... Ne laissez votre esprit prendre sa nourriture
qu en Dieu / ne faites plus attention aux choses ; conservez dans le cœur
avecpa paix le recueillement. L univers n est pas digne d ’une seule pen-
see de 1 homme, elle est uniquement due à Dieu ; si bien que toute
pensee de 1 homme qui n irait pas à Dieu est pour nous un larcin ».49
Les heures fixes de priere, loin de dispenser de l’oraison continuelle,
ont pour but, expliqueront les Constitutions de la Réforme d ’Italie
(1599), d entretenir dans 1 ame 1 aptitude à converser avec Dieu : 89

45 E xp osition s, p. 132.
46 C onstitutiones R u bei. C ité p a r le R . P . B r u n o d e J . M. d a n s la V ie de
S a in t Jea n de la Croix, P io n éditeu r, p. 48.
47 Château, V e* Dem eures, ch. I, p . 169.
48 Chem in, ch. I V .
49 M ots d ’ordre de St. Jea n de la Croix. Dom C h e v a u u E R , D esclée de B rou -
w er é d ite u rs, p . 67.
59 N o s C o n stitu tio n s a ctu e lles d é v elo p p en t éga lem en t c e tte id ée : « C um
I n s titu ti n o stri p o tio r p a rs sit co n te m p la tio , ad q u am per c o n tin u a m D ei prae-
sen tia m e t s ta tu ta s q u o tid ia n a sq u e o ration is h o ras ten d en d u m e st... ». C a p u t I V .
1 / E S P R IT D E LA R ÈG LE D U C AR M E L 223

«Notre Règle prescrit à juste titre qu’en qualité d ’élus du Seigneur


ils occupent toujours leur esprit des choses divines. Pour se conformer
plus exactement à ce précepte et ne se relâcher jamais de l’esprit d ’orai­
son (car il faut prier toujours sans jamais se lasser) nos frères imprime­
ront plus profondément en eux le souvenir de Dieu en vaquant plus
spécialement à l’oraison à certaines heures déterminées... ».51
Nous touchons là le fond même de l’esprit de l ’Ordre, et si nous
pouvions nous pencher plus longuement sur l’histoire de l ’Ordre, nous
découvririons chez tous nos spirituels cette même orientation vers la
prière perpétuelle.
Au X V IIe siècle, le frère Laurent de la Résurrection, — trop peu
connu à notre avis, — enseignait que « c ’était grandement se tromper
que de croire que le temps de l’oraison dût être différent de l’autre,
que nous étions aussi étroitement obligés d ’être unis à Dieu par l’action
dans le temps de l’action que par l ’oraison dans son temps». «Pour
moi, ajoutait-il, le temps de l ’action n’est point différent de celui de
l’oraison. Je possède Dieu aussi tranquillement dans le tracas de ma
cuisine où quelquefois plusieurs personnes me demandent des choses
différentes en même temps, que devant le Saint-Sacrement ».52
Exemple concret de la manière dont peut se vivre, de nos jours comme
au temps des prophètes ou des chevaliers, le précepte qui nous fait
carmes.

Les textes que nous venons de citer disent assez combien l’idéal
carmélitain de la prière perpétuelle est lié à la garde de la cellule. Sans
un degré élevé de solitude effective, la vie mixte ne saurait conserver
longtemps son”caractère profond qui est d ’être «premièrement et prin­
cipalement » orientée vers la contemplation. Il faut dire aussi que le
Carme garde de ses origines une véritable nostalgie du désert, celle que
nourrit la méditation des vieux textes de l’Ordre. Comment relire sans
émotion, dans YIgnea S agit ta, la description idyllique de la solitude du
Carmel peuplée par nos premiers Pères, sous «la lumière silencieuse
des astres », au milieu du « sourire des fleurs », alors que « l’herbe ver­
dit, les ramures et les arbres se réjouissent... et applaudissent à leurs
louanges»? «Toutes nos sœurs les créatures qui dans la solitude char-

51 C hap . V . Ces c o n stitu tio n s o n t été p u b lié es p a r le T . R . P . G a b r i e l d e


S a i n t e M a r i e M a d e l e i n e d a n s les A nalecta O .C .D ., ju illet-se p te m b re 1932.
N ous citon s ic i l ’exce llen te tra d u c tio n p a ru e dan s « R a V o ix de N o tre D am e du
M ont C arm el ».
52 L a Pratique de la Présence de D ieu . D esclée De. B ro u w e r 1934, P- I 4 I
e t p. 90.
224 FR . FR AN ÇO IS :D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

ment nos yeux ou nos oreilles, nous reposent et nous réconfortent,


poursuit le vieil ermite. En silence, elles chantent leur beauté et
incitent notre âme à louer le Créateur admirable ». Et d ’évoquer
a la suite d Isaïe 1 allégresse qui habite le désert : « La solitude se ré­
jouira et fleurira ; elle germera comme un lys qui pousse et bondira
de joie, pleine de louange »,53

Sans doute les Carmes ont dû quitter, au moins pour un temps, les
solitudes de Palestine et même celles d ’Europe, telle Aylesford où ils
paraissent avoir mené une vie presque uniquement contemplative. La
Règle, du reste, en sa seconde rédaction, avait prévu que l ’on pourrait
habiter des lieux moins écartés. Mais le précepte central n’a pas changé :
^ Que chacun demeure seul dans sa cellule... ». Au sem de la vie mixte,
il reste comme un accent vigoureux placé sur le recueillement et l’esprit
de solitude. Sans doute, il est une cellule intérieure, celle « de la con­
science où Dieu doit demeurer avec notre esprit », cellule dans laquelle
le moine peut toujours se réfugier, même au sein de l’activité. Mais
Jean Soreth a raison d ajouter : « La porte de la cellule extérieure est
le signe de la clôture intérieure... Aimez donc votre cellule intérieure,
aimez aussi votre cellule extérieure ».54 La cellule du carme, entourée
d une clôture, protegee de 1 agitation du monde, est dans sa vie un vé­
ritable centre de gravite spirituel, un heu dont il ne s ’écarte que par
devoir et où il revient, sa tâche accomplie, se refaire spirituellement.

Car la Reforme Thérésienne, loin de porter atteinte à la solitude,


1 a renforcée en lui donnant toute sa portée spirituelle. Sainte Thérèse
exprimera toute sa vie dans une formule lapidaire : « Vivre seule avec
le Seul ». Saint Jean de la Croix fera retentir dans les strophes immor­
telles du Cântico, le mot «soledad» comme un appel d ’une plénitude
et sonorité admirables à la vie cachée en Dieu. Leur disciple, le Père
Jean de J. M . Aravalles, codifiera cet enseignement dans la première
Instruction^ des Novices de la Réforme : « Nos Frères garderont la soli­
tude et 1 éloignement de tout commerce humain. Sans cette solitude
totale, I âme ne jouira pas des savoureux colloques du doux Jésus, si
réservé dans ses tendresses et l’on peut dire si timide, qu’il ne peut
traiter amoureusement avec une âme sans l’avoir d ’abord attirée dans
la solitude ».5S

53 L e s p lu s vieu x Textes du Carmel, p . 182.


54 E xp osition s, p. 117 .
55 Instruction des N ovices, p p . 78-79.
l ’ e s p r it de la r èg le du carmel 225

La Réforme Thérésienne entraînera au X V IIe siècle, comme une


conséquence de sa fécondité, la création des Saints Déserts qui témoi­
gnent dans l’Ordre de la permanence et même d ’une véritable
recrudescence de l’idéal de solitude. Ces Déserts, dont nous espé­
rons à nouveau beaucoup en notre temps, ne sont-ils pas le cœur
de l’Ordre du Carmel où bat plus généreux le sang de l’Amour sans
lequel le grand Corps ne saurait subsister? Dans ces solitudes se distille,
au sein d ’une prière vraiment continuelle, eet amour solitaire et pur
dont le plus petit degré est plus agréable à Dieu que toutes les œuvres
réunies accomplies avec un moindre amour.

Contemplation infuse.

Les textes cités dans les pages précédentes prouvent assez que le
précepte central de notre Règle vise à faire de nous des contemplatifs.
Et notre prière ne deviendra réellement perpétuelle qu a ce prix. «E n
nous obligeant à ces interminables veilles en 1 oraison, (la Règle) veut
faire de nous des intimes du Seigneur et de l’amour notre état d'âme >>.56
Si notre Règle ne spécifie pas la nature de cette contemplation vers
laquelle elle nous oriente, il est important sur ce point de la compléter
et commenter avec YInstitution des Premiers Moines. Celle-ci fut
longtemps considérée dans l’Ordre comme la Règle primitive. Elle a
pu l’être en certaines de ses parties. En tout cas, dans ses neuf premiers
chapitres, elle constitue un document hors de pair, sur 1 esprit de 1 Ordre.
Et elle donne précisément une orientation sublime à la prière perpé­
tuelle lorsqu’elle enseigne que le Carme doit chercher a « goûter d une
certaine manière dans son cœur, expérimenter dans son esprit la force
de la divine présence et la douceur de la gloire d En-Haut, non seule­
ment après la mort, mais même en cette vie mortelle... ce qui est
proprement boire au torrent de la joie de Dieu >>.67 On voit bien qu il
s ’agit là d ’une expérience de Dieu que Ion est en droit d appeler
mystique, à condition de ne pas donner à ce mot l ’acception d extraor­
dinaire. Et l’on peut alors déclarer avec le Père Titus Brandsma :
«Jam ais, dans aucun Ordre, livre fournissant une norme de vie et
déclarant la fin vers laquelle doivent tendre ses membres, n’a énoncé
de façon aussi formelle la vocation à la vie mystique >>.58 Pour Nicolas
le Français, c’est dès l’origine que notre religion fut «distinguée de

66 Prem ières Constitutions d ’Italie, I«re P a rtie, c h a p itre 1, loc. cit.


57 L es p lu s vieux Textes du Carmel, p. 102.
58 D iction n a ire de S p iritu a lité, B e a u c h e sn e é d ite u r, a rt. Carmes.
226 FR . FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O.C.D.

toutes les autres par la solidité de son esprit contemplatif ». Et le


vieil ermite chante le bonheur du colloque savoureux de l’âme avec
Dieu dans le secret de la solitude : « Nous ayons la joie de recevoir,
dans notre cellule, la direction lumineuse de l’Esprit-Saint. Un trésor
sans prix nous est révélé dans le ravissement de la contemplation, au
point que notre âme, délivrée des choses terrestres qrk’elle dépasse, se
donne tout entière à la ferveur de cet élan contemplatif ».39
Au cours des âges, les grandes figures de la tradition carmélitaine
boiront à leur tour de « l ’eau du torrent» et nous inviteront à nous
approcher de la source. Ainsi Sainte-Thérèse: « Je le répète, Il ne met
pas de restriction ; oui, Il nous appelle tous. Je regarde donc comme
certain que tous ceux qui ne resteront pas en chemin boiront de cette
eau vive ».60
C est de la même eau surnaturelle que parle saint Jean de la Croix
lorsqu il explique que l’âme, à force de méditer, en vient à contempler
de manière acquise, et puis atteint avec la grâce de Dieu et de la façon
qu il Lui plaît, 1 état de contemplation infuse : « C ’est pourquoi, se
mettant en oraison — comme celui qui a déjà puisé l’eau — elle (la)
boit à son aise avec suavité, sans qu’il soit besoin de la tirer des
aqueducs des considérations passées, des formes et des figures. De
manière qu aussitôt qu’elle se présente devant Dieu, elle se met en
acte d une connaissance confuse, amoureuse, paisible et tranquille où
l’âme boit la sagesse, l’amour et la saveur ».61

Cela ne veut certes pas dire que tous boivent avec la même profusion :
« De cette source abondante jaillissent des ruisseaux, les uns grands,
les autres petits ; parfois ce ne sont que des filets d ’eau destinés aux
enfants, c ’est-à-dire aux commençants ».62 Nos auteurs restent sou­
cieux de réserver la part de Dieu dans le don de la contemplation in­
fuse ; car II donne « à qui II veut, quand II veut, comme II veut ».63
De là des exceptions à une règle générale, exceptions dont Dieu seul
connaît la raison .64 Mais la règle reste générale.

59 Ignea Sagitta, ch. I X .


60 Ste T h é r è s e , Chem in, ch. 2 1.
61 M ontée, I I , ch. X I V , p. 18 1.
62 Chem in, ch. X X I I .
63 Vie, ch. X X X I V . Château, I V e* Demeures, ch. x et I I , p. 97.
64 Ces e x c e p tio n s d u re ste se fo n t m oins rares si l ’ on é la rg it com m e il se
d o it la n o tio n de c o n te m p la tio n in fuse. L o in de se lim ite r à des é ta ts p erçu s
e t p le in e m e n t con scien ts, elle re v ê t, S a in t J e a n de la C ro ix le d it assez, bien
des form es sèches e t arides qui, p o u r ê tre com p lè te m e n t ob scures, n ’en so n t
p a s m oin s élevées, bien au con traire.
Il sem b le que ce so it p o u r con soler des sœ urs apparemment m oin s con tem -
l ’e s p r it d e la règ le d u càrmel 2 27

Qui oserait soutenir que Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus n’était pas


contemplative au sein d ’une sécheresse presque continuelle? A travers
son apparente pauvreté, elle sait bien que Jésus la guide et l’inspire
continuellement. Et sous la motion de l ’Esprit, à l’oraison comme au
milieu de son labeur... « elle découvre dans l’Ecriture toujours de nou­
velles lumières, des sens cachés et mystérieux... >>.65

Il convient donc de donner à la contemplation infuse son sens le plus


large, celui d ’une connaissance amoureuse produite sous l’action spé­
ciale de l’Esprit Saint, qui, dans et par l’amour, éclaire l’intelligence
et la « meut vers la Vérité tout entière », parfois d ’une manière très
suave, parfois aussi de façon très secrète et cachée. Si l’idéal de tous
les enfants de Dieu est d ’être mû par l’Esprit de Dieu, comment
tout chrétien ne désirerait-il pas connaître Dieu et les choses de
Dieu par «instinct divin», sous la motion de l ’Esprit? Comment le
carme ne verrait-il pas dans la contemplation infuse la réalisation par­
faite du commandement que lui fait sa Règle : « jour et nuit méditant
la Loi du Seigneur et veillant dans la prière » ? Aussi, à juste titre,
le R. P. Gabriel de Ste Marie-Madeleine a pu écrire dans le Diction­
naire de Spiritualité, de l’Ecole Thérésienne qu’elle est « éminemment
contemplative. S ’adressant directement aux âmes vouées à la vie con­
templative, c ’est-à-dire à une vie composée essentiellement d ’exercices
d’oraison et de mortification, elle les oriente vers le sommet de cette
vie qui est l’union mystique, elle leur apprend à s ’engager le plus
loin possible par leurs propres efforts sur la voie qui mène à la con­
templation... ».66

Vie Théologale.
Après avoir proposé l’idéal de la prière perpétuelle, la Règle, dans le
chapitre des Exhortations, insiste sur les vertus théologales, seules ca­
pables d ’assurer ce contact vivant et personnel avec Dieu. Reprenant
l’image de l ’armure spirituelle utilisée par saint Paul et à sa suite par
l’antiquité monastique, elle nous montre lam e carmélitaine bardée des
trois vertus comme un chevalier des croisades : cuirasse de la justice

p la tiv e s que S a in te T hérèse a é crit des p h rases com m e celles-ci: « D e ce q u ’en


ce m on astère to u te s s ’ ad on n en t à l ’ oraison, il n e s ’ e n su it p a s que to u te s d o iv e n t
être co n te m p la tiv es. C ’e st im p o ssib le... L a c o n te m p la tio n e st u n don de D ie u ...
Sans la c o n te m p la tio n u n e âm e n e la isse p a s d ’ ê tre très p a rfa ite » (C hem in ,

66 H istoire d'une A m e, p. 146.


68 D ictionnaire de Spiritualité. Carmes, col. 205.
228 FR . FR ANÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

(au sens profond de chanté), bouclier de la Foi, casque de l ’Espérance.


Cette armure est nécessaire dans la lutte contre l ’adversaire qui nous
barre l’entrée du Royaume. Mais le chapitre des Exhortations montre
aussi le rôle positif des vertus théologales qui donnent d ’aimer Dieu
et le prochain, de se nourrir de la parole de Dieu.
Parce qu’il oriente les âmes vers un contact vivant et continuel avec
Dieu, le Carmel se devait d ’être théologal jusqu’aux moelles. Seules les
vertus théologales sont à la mesure de Dieu. Ignace d ’Ântioche l ’ensei­
gnait déjà quand il écrivait : « La Foi et la Charité... ces deux vertus
sont le principe et la fin de la vie : la Foi en est le principe, la Charité
en est la perfection, l ’union des deux, c ’est Dieu même ».®7 Oui, Dieu
avec le minimum de créé nécessaire pour Le saisir. «Dans la Foi, Dieu
parle ; par 1 Espérance, Dieu aide ; par la Charité Dieu se donne, Dieu
comble >>.68
Aussi la vie carmélitaine est-elle toute théocentrique. Saint Jean de
la Croix, poursuivant l’image du chapitre des Exhortations en la rema­
niant, explique : « L ’âme qui veut gravir cette montagne (de la per­
fection) doit avoir accompli le changement de vêtements », c ’est-à-dire
avoir été dotée d ’une « nouvelle façon d ’entendre Dieu en Dieu », d ’un
« nouvel amour de Dieu en Dieu ».69 Dans la Nuit, il précise : « La
livrée qu’elle porte est de trois couleurs principales, blanc, vert et
rouge, qui signifient les trois vertus théologales : foi, espérance et cha­
rité, avec lesquelles elle ne gagnera pas seulement la grâce et la volonté
de son ami, mais aussi elle sera très assurée et très à couvert de ses trois
ennemis... ».70
Ainsi revêtue : tunique blanche de la Foi, pourpoint vert de l ’Espé­
rance, robe écarlate de la Charité, lam e gravit le mont de perfection.
Ces vertus qui lui servent de moyen pour cheminer lui assureront aussi
sur terre la possession du terme : «Nunc tria haec manent ».71 Au sommet
du Carmel où seuls habitent l ’honneur et la gloire de Dieu, le Docteur
67 A d B p h esio s, X I V , i .
68 R . DE LanGEAC, L a vie cachée en D ieu , « L a V ign e d u C arm el» , p. 2 1.
69 M ontée, L . I , ch. V , p. 77.
70 N u it, L . I I , ch. X X I , p . 626.
O n n e p e u t im a gin e r u n m eilleur com m en taire d u c h a p itre des Exhortations
que ces p a g e s de la N u it où nous re tro u v o n s les m êm es te x te s scrip tu ra ires que
d an s la R è g le : « C e tte v e r tu (de la F oi) le p ro tè ge b ea u cou p p lu s que les au tres
con tre le dém on, son enn em i le p lu s re d o u ta b le ; aussi S a in t P ierre, q u i n ’a
p a s tr o u v é de m eilleu r b o u clier p o u r le repousser, nous d it : « R é siste z-lu i en
d em eu ran t ferm es d an s la F o i... ». « S an s la F oi, il est im p o ssib le de p la ire à
D ieu » (N uit, L . I I , ch. X X I , p. 626). « S a in t P a u l appelle l'e sp é ra n ce « le casque
du salut », q u i e st u ne arm ure qu i d éfen d to u te la tê te e t la c o u v re te lle m e n t
q u ’il n ’ y a rien de d é c o u v e rt q u ’une visière p o u r se con du ire » (ibid. p . 628)
71 I Cor. X I I I , 13.
l ’e s p r it de la règ le du carmel 229

Mystique a inscrit le nom des trois vertus théologales. Car alors, sans
encore se résoudre dans la claire vision, elles laissent deviner leur objet
dans la pénombre d ’une aube déjà triomphante. La Foi, tout éclairée,
procure à lam e un sentiment de la présence de l’Aimé si vif qu elle
a l’impression de porter cet Aimé ébauché dans son intime : « Sur ce
crayon de la foi, il y a un autre crayon d ’amour... qui est selon la vo­
lonté, en laquelle le Visage de l’Ami se crayonne de telle manière...
qu’il est vrai de dire que l’Ami vit en l’amant et l’amant en l ’Ami >>-72
Le Carmel n’est-il pas l’Ordre de l ’amour? Saint Jean de la Croix, son
plus grand Docteur, n’a eu qu’une ambition : nous enseigner à aimer :
« Le précepte de l’amour contient tout ce que l’homme spirituel doit
faire et ce que je veux lüi enseigner pour s ’approcher vraiment de
Dieu en union de volonté par le moyen de la charité >>.73 Et en un
sens, toute notre spiritualité se résume en ce seul mot : aimer, « se
cacher en Carith ». « L ’essentiel n’est pas de penser beaucoup, mais
d ’aimer beaucoup », dira Sainte Thérèse d ’Avila. Thérèse de 1 Enfant-
Jésus aura à son tour l ’intuition fulgurante de ce qu’est le Carmel: «au
cœur de l’Eglise... l ’amour», l’activité théologale suprême.
Aussi la Règle n ’a pas besoin de nous demander autre chose que de
prier et d ’aimer ; elle ne détaille pas les autres vertus ; ne se trouvent-
elles pas comme en fusion, dans l ’amour? Au lieu de s ’employer à les
acquérir jalousement une à une — et puisqu’aussi bien elles resteront
toujours pour nous de « pur emprunt »74 — l ’âme doit surtout s occuper
d aimer, de chercher le Royaume de Dieu et sa justice. Tout le reste
lui sera donné par surcroît.
Mais il faut avoir acquis une juste notion de l’amour pour centrer
aussi résolument sa vie sur lui. Et la chose n ’est pas si facile, au dire
de Sainte Thérèse elle-même : « Peut-être ne savez-vous pas bien ce
que c’est qu’aimer et je ne m ’en étonnerais guère. Eh bien ! aimer,
ce n’est pas avoir des goûts spirituels, c’est être fermement résolu
de contenter Dieu en tou t ».75 C ’est même, ajoute saint Jean de la
Croix, « connaître un grand dénuement et une grande souffrance pour
l’Aimé »,76
h ’Institution des Premiers Moines avait compris dès l ’antiquité 1 amour
carmélitain avec cet absolu, cette générosité : « Si tu m ’offres ton

72 Cantique, S tr. X I I , 5, p. 762.


73 M ontée, h. I I I , ch. X V I , p. 349.
74 Chem in, ch. X X X V I I I , p . 277.
75 C ité p a r B e r r u e t a e t C h e v a l i e r , Sainte Thérèse et la Vie M ystique,
D enoël e t S teele éditeu rs, P a ris 1934, P- 2 3°-
76 M axim e 165, p. 13 16 , éd itio n du R . P . L u c i e n -M a r i e d e S t . J o s e p h .
230 FR. FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

cœur avec assez d ’amour, si tu te confies à moi avec assez d ’affection


pour éviter et haïr ce que je ne veux pas et que je te défends, quelque
difficile que ce soit de 1 éviter ; si ce que je veux et t ’ordonne, quelque
dur que ce soit de 1 accomplir, tu l’observes et tu l ’accomplis, alors
tu commences a m aimer de toutes manières, de tout ton cœur, de
toute ton âme, de tout ton esprit, et à être en Carith, c ’est-à-dire dans
la charité ».77

L a Foi et l ’Amour imprégneront en fait notre existence monastique


par la pratique de Yobéissance, dans l’esprit de la Règle. Celle-ci, en une
exhortation finale, enseigne aux Frères à regarder leur Prieur comme le
Christ, ou mieux encore, à « considérer, plutôt que le Prieur, le Christ
Lui-même qui 1 a mis au-dessus d ’eux ». C ’est dire qu’il faut là aussi
percer les apparences humaines de ce regard de la Foi qui ne s ’arrête qu’à
Dieu: «Que jamais le Supérieur à vos yeux ne soit moins que Dieu... veil­
lez avec un soin extreme a ne vous occuper ni de son caractère, ni de son
genre, ni de son air, ni de ses autres manières de faire. Vous vous feriez
ce tort immense d en venir a rendre tout humaine Vobéissance divine ». 78
C est parce qu elle se laisse pénétrer par la Foi et l ’Amour que l ’obéis­
sance dépassé le plan simplement moral pour se diviniser tout entière.
Elle n est plus alors qu un exercice continuel de la vie théologale.
Celle-ci, non contente d adhérer au mystère de l’Etre de Dieu, com­
munie à celui de 1 Agir divin tel qu’il se répercute dans les moindres
détails de notre vie quotidienne. Car « Dieu travaille et son œuvre est
Dieu »,79 Et à travers les causes secondes, c ’est à Lui tout entier que l’on
communie lorsque 1 on adhère à ses vouloirs les plus infimes. Ainsi
n y a-t-il pas, au regard de la Foi, de solution de continuité entre les
dogmes les plus sublimes et les menus faits de notre existence. Ici et
là, c est toujours Dieu que nous fixons du regard, souvent dans l'obscu­
rité et cependant avec une infaillible certitude. Le Supérieur pourra
se tromper, certaines de ses intentions pourront n’être pas entièrement
pures. Sans renoncer pour autant à l ’éclairer ou à apporter à l ’œuvre
notre part d initiative personnelle, nous saurons, dans l’esprit de la
Règle, dépasser finalement ce plan des raisons humaines. Et nous adhé­
rerons dans l’obscurité aux desseins mystérieux de Dieu, parce q u ’il
ne peut se tromper ni nous tromper, parce que finalement, selon l’ex­
pression de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, «tout est grâce». Et nous

77 L e s p lu s vieux Textes du Carmel, p. 127.


78 M ots d*Ordre, Dom C h e v a l i e r , nos 44, 4 yt 48, p. 79.
79 Ib id ., n. 227, p. 29.
E ’ ESPR IE D E E A R ÈGEE D U C ARM EE -J )1

ne pourrons L ’aimer davantage qu’en épousant joyeusement sa volonté


instant par instant, telle qu’elle s ’exprime à nous.
Aussi l ’obéissance, qui résume toute la vie monastique — au point
que la Règle primitive, comme les anciennes professions bénédictines,
ne demandait au moine que ce seul vœu — se ramène-t-elle simple­
ment à l’exercice de cette Foi amoureuse dont vit le juste. C ’est
toujours l’Amour que nous trouvons au cœur de notre vie. Et pourvu
que l’on se fasse de lui une notion exacte — celle que nous avons sug­
gérée en ces pages — on pourra exprimer la vie du Carme dans ce
seul précepte: « T u aimeras».

Pauvreté d'esprit. Dépouillement.

L ’amour appelle le renoncement, comme son aliment et sa preuve :


«T ou t pour Vous... rien pour m oi ».80 C ’est précisément parce que
notre Règle veut nous placer dans un climat favorable à l’amour qu’elle
fait le vide en nous et autour de nous. De là sa simplicité et sa nudité
profondes.
Même dans le domaine spirituel, elle n’ajoute rien au but essentiel :
la prière perpétuelle dans la Foi et 1 Amour toute centree sur le service
de Jésus-Christ. Une telle sobriété nous rappelle que «le s» dévotions
auxquelles on s ’attache et dont on nourrit sa sensibilité, sont souvent
un obstacle à « la » dévotion, à la véritable vie contemplative : «Quant
aux dévotions niaises, Dieu nous en preserve », écrit la Sainte Mère
au chapitre X III de sa Vie. C ’est bien parce qu’elle s adresse à des
contemplatifs que la Règle se montre si concise même sur le plan de la
vie spirituelle.
Cette extrême simplicité se retrouve dans le domaine des préceptes
qu’elle porte. Ici encore le vrai esprit contemplatif se fait jour, ennemi
des consignes trop précises et rigoureuses ou simplement de la multi­
tude de ces « règlements de police » dont parle avec dédain Jean de
Saint-Samson. Il ne convient pas, en effet, d ’écraser des âmes qui ten­
dent à la contemplation, sous une multitude d ’ordonnances et d usages
plus faits pour les embarrasser que pour les soutenir dans leur élan très
simple et très dépouillé vers Dieu. Plutôt que de vouloir étayer la pauvre
créature fragile par ces frêles appuis humains, ne vaut-il pas mieux
lui apprendre à trouver sa force en Dieu, à capter en se faisant toute
disponible les énergies quasi illimitées que la grâce met à sa disposi­

80 M o ts d ’ Ordre, D o m C h e v a i a i e r , n . 2 3 0 , p . 8 9.
232 FR . FR AN Ç O IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

tion? Le meilleur artisan de notre salut est en effet Dieu Lui-même.


Et la vie intérieure profonde est un art de se faire sauver par Dieu et
même de se faire aider par Lui en toute circonstance — ce qui certes
ne supprime pas notre part de coopération à l’action divine. Ainsi priait
le frere Laurent de la Résurrection, demandant a chacune de ses actions
la force de l’accomplir : «M on Dieu, je ne saurais faire cela si vous ne
me le faites faire». Alors, «on lui donnait de la force et au-delà ».81
La Règle cherche donc à placer lam e carmélitaine dans un climat
de renoncement qui, sans l’étouffer, lui permet de prendre conscience
de sa pauvreté afin de se tourner à chaque instant vers Dieu. Ce climat,
on le crée par quelques fortes négations qui dépassent de beaucoup
en fermeté et en amplitude une foule d ’ordres positifs. La théologie
morale nous le rappelle dans ses axiomes célèbres : la prohibition oblige
semper et pro semper, toujours et en toute circonstance ; la prescription
positive semper sed non pro semper, toujours mais non en toute circon­
stance. C ’est donc aux négations que la Règle aura recours :

abstinence : ne pas manger de viande


pauvreté : ne rien posséder en propre
solitude : ne pas sortir de cellule
silence : ne pas parler
travail : ne jamais rester oisif

Le précepte du silence formulé ici est sans doute le plus dépouillant.


Car à travers les formes inférieures du silence d ’action et du silence
de parole, la Règle nous oriente vers le silence intérieur — atmosphère
dont 1 âme contemplative a besoin pour « cultiver » la parfaite « justice ».
Sinon elle sera continuellement blessée par sa propre langue. Peut-on
parler beaucoup sans offenser la charité? Le patriarche Albert ne le
croit pas, Jean Soreth non plus, qui écrit : « C ’est une chose bien
légère qu’une parole, elle vole légèrement mais elle blesse profon­
dément, elle passe légèrement mais elle brûle gravement, elle entre
légèrement dans l’esprit, mais elle n’en sort pas de m êm e » .82
Me me ne blesserait-on pas la chante, le simple fait d'être « un grand
parleur » empêche la réalisation de l’union divine, déclare Saint Jean
de la Croix. Et le Docteur Mystique montre que 1 âme ne peut parvenir
a la contemplation si elle ne purifie totalement, dans le silence, son
intelligence et sa mémoire de toutes leurs appréhensions distinctes :

81 Pratique de la Présence de D ie u , p. 125.


82 E xp osition s, p. 203.
i,'e s p r it d e la r è g le du carm el 233

« Il n’est pas possible que cette très haute sapience et que ce lan­
gage de Dieu — ce qu’est cette contemplation — se puissent recevoir,
sinon en un esprit silencieux et non appuyé sur les goûts et les con­
naissances acquises par discours ». 83
Dans ces perspectives, il faudra, selon la recommandation de la Règle
et de l’Ecriture, peser toutes ses paroles à une juste balance, éviter la
moindre d ’entre elles qui serait inutile. Alors, dans le dépouillement
intérieur, on pourra se tenir aux écoutés de Dieu, s entretenir avec Eui
à l’aide de ce «silence d ’amour» qui est «le parler qu’il entend le
mieux ».84 Ainsi le silence enveloppera dans ses plis toute la vie du
moine : souffrances, joies, prière, activité... c ’est en mourant dans le
silence que le grain portera du fruit pour la vie éternelle.

Abstinence, pauvreté, solitude, silence, tels sont les « riens » qui, jalon­
nent le sentier du Carmel, et mènent à la possession du Tout. Ce n est
pas quelque chose de créé qui, en définitive, nous conduit à Dieu ;
car cela est sans proportion avec Lui. Une certaine négation est au
contraire ici-bas le meilleur reflet de 1 Absolu divin. Créatures, nous
n’avons en quelque sorte à Lui offrir que notre vide béant, celui des
« cavernes » de nos sens et de nos facultés. Et II les remplira dans la
mesure où nous saurons les désembarrasser.
Tel nous paraît être l’esprit de la Règle à la lumière de l’enseigne­
ment de Saint Jean de la Croix condensé dans une maxime célèbre :
« On va au saint recueillement, non pas en acceptant mais en niant ».8o
Cette attitude de pauvreté intérieure, fût-ce au sein de la vie intel­
lectuelle la plus riche ou de la vie intérieure la plus nourrie de grâces,
s ’avère essentielle à la spiritualité du Carmel. Elle est àla prière conti­
nuelle, à l’union totale avec Dieu ce que l ’enversd une chose est à
son endroit. L ’envers et l’endroit sont absolument inséparables, et
cependant ce n’est pas l’envers que l’on considère, mais 1 endroit. Ainsi
en est-il du dépouillement : lam e ne le recherche pas pour lui-même,
elle se garde de le goûter, elle ne s ’y arrête même pas, elle le traverse.
Mais elle l ’accepte tel que sa Règle le fait régner autour d ’elle et en
elle. Et cela n’est pas toujours facile, comme l’a bien vu Thérèse
de l ’Enfant-Jésus : « Il faut consentir à rester toujours pauvre et sans
force, voilà le difficile ; car le véritable pauvre d ’esprit, il faut le cher­
cher bien loin, dit l ’auteur de l’Imitation ».86
83 Vive Flam m e, S tr. I I I , 3, p. 1045.
84 M ots d ’ Ordre, Dom C h e v a l l i e r , n. 253, p . 72.
85 Ib id ., n. 140, p. 66
'6 H . A . Lettre à M arie du Sacré Cœur, p. 356.
234 FR. FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

Et pourtant le Carmel exige cette pauvreté d ’esprit. Avant même


que la Règle ne fût rédigée, un texte prophétique de Grégoire de Nysse
annonçait : « La beaute du Carmel sera donnée à l’âme qui ressemblera
à un désert : c ’est un don de l’Esprit >>.87 Ce don de l’Esprit, nos spi­
rituels sont descendus au désert pour le chercher. Tous ont pris le che­
min du rien. Et de quelque époque qu’ils soient, ils ont des accents
émouvants pour célébrer le dépouillement :
« Vous voulez obtenir le ciel ? écrit Jean Soreth, embrassez la bassesse
de la pauvreté et il sera a vous... C est 1 amour des pauvres qui fait les
amis du royaume des cieux, c ’est l ’amour de la pauvreté qui en fait les
rois. Bienheureux celui qui ne court pas après ces biens dont la posses­
sion fatigue, dont l’amour salit, dont la perte torture... Le royaume
divin est plutôt donné que promis à la pauvreté... Les hommes de
bonne volonté... quittant tout pour le Christ comme II a tout quitté
pour eux, ils Le suivent partout où II va >>.88 Ce texte contient déjà
en germe la doctrine de Saint Jean de la Croix sur le renoncement. Cette
doctrine est trop connue pour qu’il soit nécessaire d ’y insister. Sait-on
à quel point Notre Mère Sainte Thérèse lui fait écho dans des pas­
sages tels que celui-ci: «Comprenez bien, pour ce dont il s ’agit, le
Seigneur entend que nous ne vous réserviez rien, que ce soit peu ou
beaucoup, Il veut tout >>.8® « Le moyen unique pour acquérir la pu­
reté, dira encore le Seigneur à sainte Marie-Madeleine de Pazzi, est
le renoncement absolu à tout ce qui est créé : renoncement à l ’être,
renoncement à l’intelligence, renoncement à la science, renoncement
aux affections, mais surtout renoncement à la volonté propre».90
Nos spirituels s ’enfoncent tellement dans le rien qu’ils en con­
naissent par une sorte de centuple divin, la richesse insondable. Même
leurs états d oraison participent de ce mystérieux dépouillement qui
appelle la richesse du Tout : «Je me sens conduite à un anéantisse­
ment en moi de toutes choses, dit, par exemple, Marie de Sainte-
Thérèse. Je ne dois m appuyer sur rien, ne me représenter rien...
Laisser tout cela à Dieu seul comme si rien ne m ’était donné, afin de
demeurer de cette façon toute sombrée dans la nudité de mon rien ».9l
Pratiquement cet esprit de pauvreté se traduit chez le carme par
une disposition à perdre et non à s ’enrichir, même spirituellement.

87 Les plus vieux Textes du Carmel, p. 41.


88 Expositions, p p . 98-99.
89 Château, Vus Demeures, ch. I, p. 169.
90 Extases et Lettres, E d itio n de Dom B r ijn ia u x , P a lm é é d iteu r, 18 7 s. I,
P- 243.
91 L ’ Union Mystique à M arie, E d itio n s du C erf, J u v is y 1936, p p . 33-34.
L ’ E S P R IT D E L A R È G LE D U C AR M EL

Progresser dans l’union à Dieu, ce ne sera pas toujours — et il s ’en faut


gagner en ferveur, en vertu, en connaissance... Ce sera plutôt se
sentir de plus en plus pauvre, et l’accepter avec beaucoup de paix.
Lorsque Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus disait tout net à une de ses
•novices : « Dites plutôt que vous avez à perdre... »,92 elle énonçait à
son tour cette orientation profonde de son Ordre, dans le domaine de
la vie spirituelle.

Lutte. Travail.

Les vertus théologales pour être mises en œuvre à la perfection, le


dénuement pour être pratiqué fidèlement, exigent un grand effort
humain. A ussi nous ne saurions nous étonner de 1 atmosphère de
virilité dans laquelle nous plonge la lecture de certains chapitres de
la Règle, celui des Exhortations par exemple. Le rappel du texte de
Job : « La vie de l’homme sur terre est une tentation », la description
de l’armure spirituelle, l’allusion au combat incessant à mener, mettent
en pleine lumière le caractère de lutte que comporte notre vie.
L ’idéal même poursuivi, l’union totale avec Dieu, a quelque chose
de déchirant ici-bas. L am e «souffre de la part de deux contraires qui
sont la vie naturelle dans le corps et la vie spirituelle en Dieu — qui
sont contraires en soi. L ’âme vivant dans les deux, doit nécessairement
éprouver un grand tourment ».9a Elle devient même parfois un véritable
champ de bataille où s ’entrechoquent ces deux antagonistes que sont
Dieu et la créature.94 Comment s ’étonner dès lors de la psychologie
contrastée des âmes carmélitaines, éprises d ’absolu et cependant si
conscientes de leur faiblesse. Elie, « homme de Dieu », était aussi
« homme comme nous », alliant à une violence agissante la sensibilité
la plus tendre. Le lendemain du jour où il a massacré d ’une main im­
pitoyable une bande d'impies, il se retrouve fragile, désemparé devant
la colère d ’une femme, fuit au désert et demande à mourir. L âme
qui voudra à sa suite «boire l ’eau du torrent» connaîtra, ces retom­
bées soudaines qui sont la rançon des moments d ’intimité avec Dieu:
« Tandis que tu t ’efforceras de te reposer plus longtemps dans ces
délices ineffables, bues au torrent de ma joie, tu t ’en trouveras soudain
séparé par la fragilité de ton corps et tu retourneras à toi-même... tu
prieras alors si tu veux persévérer dans la perfection et tu diras en

92 Conseils et Souvenirs, p. 266.


93 Cantique Spirituel, S tr. V I I I , 5, p. 741.
94 Nuit de l'E sprit, h- I I , ch. 5, p. 552.
236 FR. FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

gémissant : “ Dieu, ô mon Dieu, je te cherches au point du jour. Com­


bien ma chair... est altérée de toi...».®5

Parfois c est avec Dieu Lui-même que les contemplatifs doivent


lutter, tel Jacob dans la nuit, croyant contre toute évidence, espérant
contre toute espérance. Alors ces « amis intimes de Dieu... comme avec
une permission tacite que Dieu leur donne, se prennent pour ainsi dire
à bras le corps avec Lui comme pour Lui résister... L ’amour de notre
Père Elie n eut pas moins de hardiesse. Celui-ci parut en effet se que­
reller avec Dieu, au dire de Saint Jean Chrysostome, pour empêcher
la pluie de tomber sur la terre des pécheurs >>.96
L a Petite Thérèse se rattachera bien à cette lignée héroïque lorsqu’elle
ne craindra pas à son tour de se mesurer avec Dieu dans la pratique
des vertus théologales ; et elle lancera ce véritable défi : «Jésu s se las­
sera plus de me faire attendre que moi de L ’attendre... »,97

S ’il faut parfois lutter contre Celui qui, selon l ’expression de Pascal,
est «plus notre ami que tel ou tel», que dire du combat à soutenir
quotidiennement contre « l ’ennemi »? Parce que la Règle du Carmel est
écrite pour des contemplatifs, elle fait une part importante au démon.
Elle commence par le camper devant nous, comme l ’adversaire qui rôde,
le lion rugissant en quête d ’une proie à dévorer.98 Quelques lignes plus
loin, elle le décrit comme un homme d ’armes qui nous crible de
traits enflammés que seul peut éteindre le bouclier de notre Foi. Enfin,
elle le représente sournois, qui cherche comme à tâtons un accès pour
pénétrer dans 1 âme. On ne peut mieux suggérer la haine, la violence
et la ruse de celui qui s acharne spécialement contre les âmes d ’orai­
son, car l’enjeu est pour lui d ’un grand prix.
Le démon a toujours guerroyé contre le Carmel. Nos vieux chroni­
queurs ont discerne son influence perfide dans les nombreuses persé­
cutions subies par l’Ordre dès son arrivée en E u ro p e." On se rap­
pelle également l’agitation insolite qui régna dans la ville d ’Avila

95 Institution des Premiers Moines, ch. V I I I , d an s Les plus vieux Textes,


P- 1 3 7 -
96 Instruction des Novices, d u P . J e a n d e J é s u s M a r i e A r a v a e e e s , p. 142.
97 L ’ E sprit de Sainte Thérèse de l ’Enfant Jé su s, p. 39.
98 J e a n S o re th , dan s ses Expositions de la R è g le , p è se ra to u s les m o ts de
ce p a ssa g e p o u r m o n tre r à ses frè re s « la ja lo u sie , la pu issan ce, la m a lice, l ’ audace,
la m é ch a n ceté, la fé r o c ité » d u dém on (p. 177).
99 « T a n d is que les F rères se liv ra ie n t à c e tte a c tiv ité , le dém on, ja lo u x de
leu r bon t r a v a il e t de l ’e xten sio n de c e tte R e ligio n , s ’e ffo rça d ’y m e ttre ob ­
sta c le ... » (Les plus vieux Textes du Carmel : C hron iqu e de G u illa u m e de S a n vic,
ch. V , p . 218 . Cf. ch. V I I , p. 2,24).
l ’e s p r it de la r èg le du carmel 237

au moment de la fondation du couvent de Saint Joseph et toutes


les difficultés que l’ennemi suscita à la Réforme Thérésienne. Sainte
Thérèse ne s ’y est pas trompée. Elle a vu aussi le démon luttant contre
toute âme qui aspire à pénétrer un peu profondément dans le Château
Intérieur : « Il tient en chacune de nombreuses légions de ses sem­
blables pour leur barrer le passage... et comme les pauvres âmes ne
s ’en rendent pas compte, il leur joue mille mauvais tours...».100
L ’on ne saurait s ’étonner, dans les perspectives ouvertes par la Règle,
des conseils de prudence que nous donnent nos spirituels. La lutte est
âpre, fertile en surprises. Car le démon est encore moins à craindre
lorsqu’il déploie sa violence que lorsqu’il ruse, lorsque avec un art
consommé, il coud le cuir avec la soie : « Parce que premièrement la
soie, étant ferme, passe, et incontinent après le fil — lequel, étant faible,
ne pourrait entrer si la soie dure ne le conduisait ». Et qu’on avise bien
à cela... ».101 II faudra « se méfier de ce qui a bonne apparence, sur­
tout quand l’obéissance n’intervient pas ».lo2 C ’est presque toujours
sous l’apparence de bien que Satan joue les spirituels.
Mais il ne tient qu’à nous de nous rendre invulnérables, en nous
déguisant sous la livrée des vertus théologales, en revêtant l’armure
dont parle la Règle, cuirasse de la Justice, bouclier de la Foi, casque
de l’Espérance. Ainsi le même acte de Foi et d ’Amour qui nous unit
à Dieu nous arrache à l’influence du démon. C ’est ici encore que se
manifeste l’extrême simplicité de la spiritualité du Carmel. Au heu de
nous indiquer des conduites variées pour résister aux diverses tenta­
tions, au lieu même de nous amener sur le terrain de la tentation, elle
nous enseigne à l’aide de ce mouvement anagogique, dont parlait si
bien Saint Jean de la Croix, à nous évader en Dieu par un acte de Foi
et d ’Amour. Mais il faut pour cela vivre continuellement sous les armes
théologales. « II en est de nous, dira Sainte Thérèse, comme de ceux
qui ont les ennemis à leur porte, qui ne peuvent ni dormir, ni manger
sans leurs armes ».103 Et la Petite Thérèse à son tour chantera la joie de re­
vêtir l ’armure de Dieu et de pouvoir mourir «les armes à la main».104 Elle
a compris, elle aussi, que l’union totale à Dieu se gagnait de haute lutte.

Le chapitre que la Règle consacre au travail prolonge admirablement


celui des « Exhortations ». Notre vie exige beaucoup de virilité. La ten­

100 Château, 7 « Demeures, p. 58.


101 Montée, h . IX, ch. X X V I I , p. 282.
102 Mots d ’ordre, p. 74, n. 36.
103 Château, I I I es Demeures, ch. I, p. 77.
104 Poésies, p . 416, 417.
F R . FR AN ÇO IS D E SAIN TE *-M A R IE , O .C .D .

tation serait si grande, sous couleur de contemplation, de se laisser aller


paresseusement. La fausse paix, que Thérèse d ’Avila pourchasse dans
ses écrits avec une verve impitoyable, n’a rien à voir avec la paix véri­
table celle qui se conquiert sans cesse par les armes. Nicolas le Français
rappelait déjà a ses Frères qu ils devaient employer «tout leur temps
à la gloire du Créateur et pour le salut» de leurs âmes. Il invoquait le
texte de la Règle : « Vous devez vous livrer à quelque travail afin que
le diable vous trouve toujours occupés» et recommandait dans la cel­
lule un rythme normal d ’activité spirituelle et matérielle.105

Les occupations ne manquent pas, rappelait Jean Soreth avec beau­


coup d ’à propos, en invoquant les conseils de saint Jérôme au diacreRusti-
cus: «Fabriquez des corbeilles avec du jonc... Ensemencez la terre... Gref­
fez des arbres stériles afin de pouvoir recueillir au bout de peu de temps
les doux fruits de votre travail ; fabriquez des ruches d ’abeilles aux­
quelles les Proverbes de Salomon vous renvoient et apprenez de ces
petits êtres le bon ordre et la discipline si remarquables des monastères ;
faites des filets pour prendre des poissons ; écrivez des livres afin que
vos mains préparent des aliments à l’âme et que celle-ci se rassasie de
ia lecture ».106 Flelas ! au lieu de se livrer à ces occupations bienfai­
santes, il en est qui demeurent oisifs. Ils passent leur temps à «errer
toute la journée d un endroit à un autre, ne faisant rien de leurs
mains qui soit utile à eux ou aux autres et agissant en curieux, c ’est-
à-dire allant aux nouvelles avec un soin superflu et inutile. Que fait
le T u rc? Que fait le Sultan? Que fait le roi de Portugal? Quel est le
prix des vivres ? Quel temps fera-t-il cette année ?... »d0?

Ces oisifs, que condamnait deja la Règle et à qui elle voulait retirer
leur pain parce qu ils ne l’avaient pas gagné, nos grands Réformateurs
achèveront de les confondre par leur exemple. Sainte Thérèse dans
les fondations sera la première a s acquitter des tâches rebutantes. Saint
Jean de la Croix construira lui-même son cloître à Grenade. Pour eux,

105 L es plus vieux Textes du Carmel. Ignea, ch. V I I I , p p . 178 -179 .


S a in te T h érèse d ’A v ila m e ttra aussi fo rtem en t l ’ accen t su r le tr a v a il qu i
éq u ilib re la v ie m o n astiq u e : « N o tre R è g le p rim itiv e p re s crit le tr a v a il des
m a in s... T e te m p s q u i est e m p lo yé u tile m e n t ne déto u rn e p a s de l ’oraison ...
I l e st très ju s te que v o u s p o u rv o y ie z à v o s besoin s e t g a g n ie z de q u oi v o u s
n o u rrir... » (Ces te x te s e t d ’a u tres sem b lab les o n t été cités d a n s les Entretiens
de Sainte Thérèse sur la Vie Religieuse. T a V ig n e d u C arm el, P a ris 1947.
Ch. I X : D u T r a v a il des m ain s, p p . 155 e t sq.
106 Expositions, p. 198.
107 Ibidem, p p . 198-199.
i
1,’ e sp r it de ea rêgee du carm ee 239

le labeur prolonge l’oraison, l’incarne dans un effort de tout l’être;


et les plus humbles actions du carme deviennent, selon l ’expression
du frère Laurent de la Résurrection, « une manière de petits entretiens
avec Dieu». C ’est ainsi que l’on peut prier toujours, en agissant sans
■cesse, à l ’exemple du Pere des cieux.

Le sens de la mesure.

La Règle, qui exige de lam e carmélitaine une prière continuelle, une


mise en œuvre héroïque de ces pouvoirs surhumains de croire et d ’aimer
que sont les vertus théologales, lui rappelle avec une égale force la
mesure, la discrétion qu’il faut apporter dans cet élan même. Après
nous avoir lancés vers le Ciel, ne s ’achève-t-elle pas sur un rappel à
la discrétion «modératrice des vertus»? Ainsi dans les belles cathé­
drales qui furent ses contemporaines, la flèche de pierre ne s élève si
haut vers le Ciel que parce que sa poussée, parfaitement équilibrée,
répartie sur les divers contreforts et murs de soutènement, vient re­
poser au sol sur de solides fondations. Telle est la mystique chrétienne,
empreinte à la fois de l ’élan le plus audacieux et de l’équilibre le plus
stable. L a vie contemplative n’est pas plus de 1 illuminisme que du
quiétisme. Elle est souverainement raisonnable, pourvu que 1 on donne
à ce mot le sens que lui donne Jean de la Croix lui-même.
C ’est pourquoi la Règle ne craint pas d ’invoquer un principe qui
permettra en certaines circonstances de se dispenser de ses exigences :
«N écessité ne connaît pas de loi» — Sainte Thérèse, avec beaucoup
de largeur d ’esprit, saura rappeler ce principe : « Peu importe, écrira-t-elle
un jour, de manger toujours gras, alors même que ce serait en carême ;
ce n’est pas aller contre la Règle, quand il y a nécessité ; ne soyez pas
rigides sur ce point ».108
Et la Règle évitant toute rigidité dans la poursuite de l’Absolu, ne
craint pas de nuancer chacune de ses prescriptions d ’une restriction
qui l’assouplit et l’adapte. Même l’assistance aux cérémonies liturgiques
est soumise à certaines conditions de possibilité. La garde de la cellule
est imposée, « à moins qu’on ne soit légitimement occupé à autre chose ».
La pauvreté doit être totale, compte tenu cependant des nécessités de
chacun. Du jeûne rigoureux, la maladie, la faiblesse du corps ou même
« quelque autre juste motif pourra dispenser ». Le simple souci de ne
pas être à charge à des hôtes tempérera l ’abstinence et conduira à user

108 Lettre C D I, T ra d u c tio n du R . P . G régoire de S a in t Jo seph , P oussielgu e,


P a ris 1900, T . I I I , p . 254.
24 ° FR. FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

d ’aliments cuits avec de la viande. Le silence ne sera pas aussi rigoureux


au Carmel qu’à la Trappe.

Comment ne pas être frappé de l’équilibre carmélitain? Comment


aussi ne pas sentir, une fois de plus, tout ce que notre idéal a de diffi­
cile, puisqu’il doit sans cesse, à l’exemple de la Sagesse de Dieu, « attein­
dre d ’une extrémité à l’autre», allier l’absolu et la mesure?
C est ici encore qu’il faut commenter la Règle par l’exemple de nos
Saints. Jean de la Croix, qui «suit nu Jésus-Christ nu», apparaît cepen­
dant, parmi les solitaires inhumains de Pastrana, comme le « modérateur
des vertus ».109 Lui qui ne connaît que la Foi pour se conduire sur le che­
min de la vie éternelle, défend en des maximesadmirables les droits de
la raison : « Faire comme veut la raison, c’est prendre un repas substan­
tiel »,110 et Sainte Thérèse, en s ’élevant contre les illuminés dira, avec son
bon sens couturmer : «N ous ne sommes pas des anges, nous avons
un corps, vouloir faire de nous des anges tandis que nous sommes sur
terre, c est absurde ».m Dans la même ligne, Jean de Saint-Samson,
le mystique le plus «perdu», réclamera un certain bien-être physi­
que pour faciliter la vie d ’oraison : « Qu’un chacun ait tout ce qui
lui est nécessaire pour le bien-être de l’esprit selon la vraie vie et
même pour celui du corps dans la juste médiocrité. Car aussitôt que
l’on souffre notablement en l ’esprit ou au corps, on est par nécessité
tout là dedans et l’esprit n’ayant ni paix ni repos, on est totalement
inapte pour rentrer en soi-même et se convertir à Dieu ».112

Ce besoin de vivre dans la réalité s ’accompagne au Carmel d ’un sens


psychologique très sûr, dont nous trouvons déjà le germe dans la Règle.
Celle-ci enseigne à respecter la diversité des sujets. Elle prévoit que
l ’on ne saurait traiter tout le monde de la même manière. Ainsi la
distribution des biens se fera «selon les besoins de chacun, compte
tenu de l’âge et des nécessités particulières ». « Il n’est pas dit, commente
Jean Soreth, que l ’on doive distribuer également à tous. Si l’on veut,
en effet, pratiquer l’égalité, ce n’est pas dans la quantité qu’il faut la

109 C f. Sain t Je a n de la Croix d u R . P . B r u n o d e J . M ., P io n éd iteu r, 1022


ch. I X .
110 Mots d'Ordre, D om C h e v a u u e r , n . 13 4 , p . 109.
111 Vie, ch'. X X I I , p . 280.
112 Observations sur la Règle du Carmel, p. 852.
L e m êm e b o n sens se m a n ife stera ch ez S a in te T h érèse de l ’R . J . : « A h ! m a
M ère, des in tu itio n s !... S i v o u s s a v ie z d a n s quelle p a u v re té je su i§... Je ne sais
rien qu e ce qu e v o u s sa v e z... Je ne d ev in e rien que p a rce que je v o is e t sens,
com m e v o u s » (E sp rit , p. 162).
i/ e s p r it de ta règee du carm el ^*

• j . n„ la satisfaction des besoins de chacun. L a distri-


pratiquer, ma ;ère égale lorsque celui qui distribue donne a

* - * » * d‘ ™ à “ su ie t,” ‘

• Dans l’esprit même de la Règle, nos maîtres spirituels respecteront


le mystère des âmes et s ’adapteront à chacune avec beaucoup de psy­
chologie. « Le maître des novices, insiste le P. Jean de Jesus-M ane
(Aravalles) étudiera leur caractère et s ajustera a la disposition de cha­
cun se mettant à leur mesure, comme le firent nos Saints P eresE h e
et Elisée pour rendre la vie aux deux enfants qu ils ressuscitèrent... I
’ ce oui convient à chacun...».114 Dans le meme esprit sainte
™ r de l S a n t Jésus «pénétrant dans le sanctuaire des âmes »,
I fera toute à toutes, avecle sens des nécessites particulières de
u ne • « T’ai vu écrit-elle dans YHistoire à une Ame, que toutes

- ï £ p - corabats et j ' " \ r e. côti 1 y, ■


entre elles une différence extrême ; cette différence oblige a ne pas les
attirer de la merne maniéré^. " _ t
H es. beau de voir tout l'absolu de l'idéal carmélite,n adapte avec
autant de souplesse et de délicatesse à la moindre des ames.

« Frères de la Bienheureuse Vierge


Marie du Mont Carmel».
Le Carmel s’est tourné spontanément vers la Vierge dès sa naissance.
Les vieux chroniqueurs font mention de la petite eglise dediee a Marie
par nos premiers Pères, sur le Mont Carmel.11« Et 1 Institution des Pre­
miers Moines à travers même ses inexactitudes historiques, nous montre
le Carmel dominé par les deux grandes figures qui incarnent son idéal,
chacune àson rang: Elie et la Vierge Marie. Ehe, c ’e s t 1 amour qui
se purifie dans la nuit, sacrifie sous le voile épais des figures et des
symboles. Marie, c’est la plénitude rayonnante de la vie contemplative,
le service du Seigneur, la disponibilité totale à ses moindres volontés.
Nos Pères, pour affirmer leur dévotion à 1 égard de la Vierge, tinrent
à être appelés « Frères de Notre-Dame » et défendirent ce titre, même
devant l’autorité ecclésiastique.117 S il leur tenait tellement à cœur,

113 E xp osition s, p. 146-


114 Instruction des N ovices, p. 31-
115 Histoire d’ uen A m e, ch. X , p. 185.
110 r . r j,ius vieux Textes du Carmel, p . 63.
117 C f. L a V ie M ariale Carm élitaine, R . P . G a b r i e l d e Ste M a r i e M a d e ­
l e i n e . R o m e 1 939, PP- 22-23.
242 FR . FR AN ÇO IS D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

n’est-ce pas pour la raison, que met en lumière YInstitution : «A cause


de cette conformité (de vie avec elle) les religieux du Carmel appelaient
la Vierge Marie leur Sœur... et pour le même motif ils s ’appelaient
eux-mêmes les Frères de la Bienheureuse Vierge Marie >>.118
Le Carme anglais Jean Baconthorp (vers 1330) exprimera la même
idée dans son « Expositio analogica Mystica... » de la Règle en fonction
de la Vierge Marie. Après avoir rappelé que chaque Ordre religieux
reçoit son nom d ’un Saint dont les successeurs cherchent à imiter la
vie, il ajoute : « Dans les Bulles Apostoliques nous sommes appelés de
cette manière : Frères de l’Ordre de la Bienheureuse Marie. Car nous
avons choisi une règle dont bien des points se retrouvent semblables
dans la vie que mena la Bienheureuse Vierge Marie... >>.119

Il est regrettable que cet auteur, pour développer sa pensée, ait eu


ensuite recours à des rapprochements trop subtils entre la vie du carme
et celle de Marie. Ainsi la vie commune menée par la Vierge avec ses
parents correspond pour lui au réfectoire commun des Frères, la com­
pagnie du laïc Joseph et du clerc Jean dont elle a joui serait une amorce
de la distinction des clercs et des frères lais... ! Il semble, pour avoir
succombé à ces ingéniosités, être passé à côté d ’une intuition très ri­
che. C ’est l ’esprit même de la Règle qu’il fallait rapprocher de l’esprit
qui anime la vie de la Vierge. Alors l’attitude d ’âme profonde du
Carme eût apparu comme une véritable réplique de celle de la Vierge.

Qui mieux que Marie a connu cette «dépendance à l ’égard de Jésus-


Christ» dont parle le patriarche Albert? N ’était-elle pas toute transformée
en son Fils, ne gardant en propre que cette transparence qui lui per­
mettait de refléter les perfections de Celui-ci, cette docilité intérieure
qui la rendait sensible aux plus légères motions de l’Esprit de Jé su s?
Dans cet Esprit, son âme brûlait sans se consumer de la prière la plus
ardente et la plus continuelle. Pour comprendre le « jour et nuit... veil­
lant dans la prière » de la Règle, c ’est encore Elle qu’il faut regarder.
Elle a été prière jusqu’en ses moindres fibres. Constamment son âme
bondissait au-delà des horizons de la terre et ne trouvait de repos qu’à
demeurer toute éveillée dans sa Foi en face du mystère de Dieu.
La prière de la Vierge émanait d ’une méditation continuelle de la
Loi du Seigneur. Et c est ici encore qu’elle est un modèle pour ses

118 Ibidem, p. 15.


119 Spéculum Carmelitanum, éd itio n du P . D a n i e e de ea V i e r g e M a r i e ,.
A n v e rs 1680, to m e I, p p . 687-688.
I . ’ E S P R IT D E LA RÈGRE D U CARMEE ¿43

Frères du Carmel. La reine des contemplatifs a été une âme profonde,


recueillie, se nourrissant dans le secret de toute parole sortie de la
bouche de Dieu. Ce germe divin porteur de lumière et de vie, elle l ’a
conservé en elle dans toute sa pureté, elle l ’a «laissé habiter avec plé­
nitude dans sa bouche et dans son cœur ».

Dans la Foi elle vivait, comme nous devons vivre nous-mêmes. En


contact intime avec les mystères de Dieu, elle n’en avait pas pour autant
la vision intuitive. Elle était par excellence «Celle qui croit». Elle por­
tait la livrée des vertus théologales. Mais quelle différence aussi entre
sa Foi et la nôtre ! Jamais en son intelligence le moindre obstacle ne
s ’était élevé à l’envahissement du «pur rayon de ténèbre». Sa Foi
avait la force et la sécurité d ’une vision. Et cette Foi si vive engendrait
en elle un amour très fort et très pur. Elle fut aussi par excellence
« Celle qui a aimé », avec tout ce que ce mot comporte de délicatesse
et d'exigence. Et si l ’Amour, l’accomplissement du précepte du Sei­
gneur, nous est apparu comme le dernier mot de la vie carmélitaine,
c ’est bien dans le sillage de la Vierge Marie, qui, au cœur de l’Eglise,
est cette « fontaine d ’amour » dont parle le Stabat. Elle a rayonné
l’Amour non seulement de manière invisible, mais encore dans des
gestes tout spontanés de charité apostolique ; gestes qui tracent devant
nous la ligne idéale de l ’apostolat carmélitain, en ce qu’il a de discret,
d intime, de profond. Marie se contente d ’apparaître sur le seuil de sa
cousine, de la saluer très simplement, et voici que l ’enfant tressaille au
plus secret d ’Elisabeth, que celle-ci exulte. Rien qu’en étant ce qu’elle
est et presque sans parler Marie a agi, et avec quelle efficacité !
Son empire sur le démon est du même ordre. Revêtue de l’armure
théologale, elle lui échappe totalement ; « il n’a rien en elle ». C ’est
pourquoi la nouvelle Eve ne nous apparaît jamais en conversation avec
! ennemi. Il lui suffit d être ce qu elle est pour que sur le bouclier de
sa Foi, les traits enflammes du Malin viennent s éteindre impuissants.

Ces richesses de Foi et d ’Amour qui comblent 1’âme de la Vierge


et que l’ennemi n’a pu lui ravir, elles sont le centuple de son dépouil­
lement intérieur. La pauvreté que la Règle demande au carme non
seulement en lui retirant la possession des biens de la terre, mais en
lui apprenant a aliéner sa volonté propre, à se purifier de toute pensée
et de toute parole inutile, cette totale pauvreté d ’esprit que chantent
nos auteurs, la Vierge Marie l’a pratiquée d ’une manière inégalable.
aint Jean de la Croix ne dit-il pas qu «elle n eut jamais en son âme
244 FR. FRANÇOIS DE SAINTE-MARIE, O.C.D.

de forme imprimée d ’aucune créature et jamais ne se mut par elle » ?120


Elle était vierge même de son moi. Elle ne dit pas en effet « je veux »
ou « j ’accepte»... le jour de l ’Annonciation, mais « q u ’il me soit fait
selon votre parole ». Elle va plus loin encore dans le dépouillement,
acceptant d ’être privée des biens de Dieu au sein même de son union
étroite avec Lui. Son divin Fils, elle en sera séparée au cours de la vie
publique et puis durant les longues années qu’il lui faudra encore rester
sur terre. Souverainement pauvre de tout, elle possédera dès ici-bas
le Royaume de Dieu et ce jardin du Royaume qu’est le Carmel.

Saint Antoine proclamait que « l’ascète devait épeler chaque jour sa


propre vie, comme en un miroir, en la manière de vivre du grand
Elie ».121 L ’âme carmélitaine est heureuse d ’obéir à une telle consigne,
car elle trouve en Elie une incarnation puissante de l’idéal absolu qu’elle
poursuit. Mais c ’est surtout la manière de vivre de Marie qu’elle désire
épeler en se penchant sur l’Evangile et en fixant à l ’oraison d ’un re­
gard de Foi celle qui est sa Mère, sa Reine, sa Sœur. Alors elle retrouve
fondus en la mystérieuse unité d ’une figure vivante les traits de son
esprit que la Règle avait dessinés un à un. Union à Dieu, vie théologale,
dépouillement, lutte — ces vérités abstraites deviennent chaleureuses
et vivantes lorsqu’elles sont contemplées en Marie et lorsque la Vierge
découvre à ses enfants les propres mouvements de son âme.

Marie de Sainte-Thérèse qui se réjouissait d ’ « être un tout petit


membre, un petit sarment de cette Vigne du Carmel » dont Marie est
la Reine, retrouvait dans la contemplation de la Vierge l’esprit même
de son Ordre lorsqu’elle écrivait :
« Rien que de la contempler je me sens instruite et stimulée à pour­
suivre une pureté de plus en plus parfaite et une plus entière simpli­
cité d ’esprit ainsi qu’une science plus claire de ce que je dois faire ou
omettre en telles et telles circonstances afin de mieux accomplir sa
volonté et celle de mon Bien-Aimé... Ce qui est certain, c ’est que je
perçois alors et expérimente d ’être travaillée par un bon esprit ; ce
qui donne à mon âme une très grande et profonde paix».122

A v o n -F o n ta in e b le a u , 1948.

F r . F r a n ç o is de S a in t e - M a r ïe O.C.D.

120 M ontée, L . I I I , ch. I I , p . 313.


121 V ita sancli A n to n ii. P . G . t. X X V I , p. 854.
122 M a r ie d e S t e T h é r è s e , U nion M ystique, p. 43.
Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/1) 245-262

L ’E R E M ITISM O D E L L A R E G O L A
CARM ELITAN A

S ummarium . — L ic e t o fd o carm eliticu s, ann o 1247, ip sa m u ta tio n e R e g u la e


a u c to rita te P p . In n o ce n tii I V fa c ta , a d n u m eratu s s it o rd in ib u s m en d ican tib u s,
C arm eli R e g u la n ihilom in us essen tiam v ita e e re m itica e in te g ra m s e r v a v it :
ideale con tem p iation is h a u d q u a q u a m m u ta tu m e x ig it so litu d in em , silen tiu m
et a u sterita tem . P roin d equ e « erem i » q u oru m fu n d a to r e st P . T h o m a s a Iesu
regu lae gen u in a exp ressio sunt.

Con la Regola innocenziana l’Ordine Carmelitano è entrato definiti­


vamente a far parte degli ordini mendicanti, mentre, si sa, era prima
un istituto eremitico. La Regola stessa conserva vivi taluni elementi
eremitici ed è questo appunto uno dei suoi aspetti più significativi.
Scopo della presente succinta nota è precisamente quello di raccogliere
questi elementi inquadrandoli nello spinto dell Ordine, e cercando di
coglierne l ’intimo equilibrio.

I primordi orientali dell’Ordine, documentati dalla storia, furono so­


stanzialmente eremitici. Lo spirito di Elia profeta, le grotte e la solitu­
dine del monte Carmelo sono gli elementi messi in rilievo dalle testi­
monianze di Beniamino di Tudela (1163), Giovanni Foca (1185), Gia­
como di Vitry (1221) e delle varie Peregrinationes.1
«A ll’estremità del promontorio [del Carmelo] che guarda il mare
si vede la grotta del profeta Elia. Quest’uomo straordinario ivi condusse
una vita angelica prima di esser rapito in cielo. In questa località fu
anticamente un grande edificio di cui esistono ancora le rovine... Ma

1 C fr. B e n e d i c t u s Z i m m e r m a n , M onum enta histórica carmelitana, i.irin a e


1 9 0 7 , p . 2 6 9 ss. ; F r a n ç o i s d e S t e - M a r i e , L e s p lu s vieux textes du Carmel,
P a r is 1944, p . 57 ss.
24 6________ FR- ANASTASIO DEL S. ROSARIO, O.C.D.

da qualche anno un monaco rivestito della dignità sacerdotale, oriundo


di Calabria, e dalla bianca capigliatura, per una rivelazione del profeta
si stabilì fra i resti di tale edificio ; vi costruì un piccolo recinto con
una torre e una piccola chiesa, e radunati una decina di fratelli abita
anche ora tale santo recesso».2
«Altri [eremiti] ad esempio ed imitazione del santo e solitario pro­
feta Elia, vivevano solitari sul monte Carmelo, e soprattutto nella regione
che sovrasta la città di Porfiria, oggi chiamata Caifa, presso la fontana
detta di Elia... abitando come api del Signore mellificanti spirituale dol­
cezza negli alveari delle piccole celle».3
« Sul fianco dello stesso monte [Carmelo] si trova una dilettevole
località dove abitano eremiti latini che si chiamano Fratelli del Car­
melo ; v è una molto bella chiesetta di Nostra Signora ».4
Questi frammenti di stona si accordano molto bene con le prime do­
cumentazioni ufficiali e pubbliche; infatti la Regola di Sant’Alberto
Avogadro è diretta : « Ai diletti Fratelli Eremiti che abitano sul monte
Carmelo presso la fontana [di Elia] » ; e il più antico documento pon­
tificio indirizzato all’Ordine, che è un atto di Gregorio IX (1227), si
rivolge ; « Al diletto figlio, il Priore degli Eremiti di S. Maria del monte
Carmelo ».5
Fino a questo momento, nulla lascia supporre che la famiglia eremi­
tica del S. Monte abbia giuridicamente qualche ramificazione fuori di
Terra Santa, ma ben presto le condizioni dell’Oriente cristiano determi­
neranno 1 inizio di una trasmigrazione in Occidente di importanza de­
cisiva per l ’avvenire e la struttura dell’Ordine.
Le particolari circostanze intorno agli Ordini religiosi, creati dal

2 I o a n n e s P h o c a s , D e locis sanctis, c. x x x i : « In e x tre m a p a rte iu g i [Car-


m eli] q u a m are re sp icit, p ro p h e ta e B lia e sp elu n ca sp e c ta tu r, in q u a a n g elicam
v ita e ra tio n e m cu m exe gisse t, m irificu s ille v ir in aera su b la tu s e st. B r a t eo
loci a n tiq u itu s h a b ita tio m a gn a u t stru ctu ra ru m v e s tig ia ad h a e c u sq u e te m ­
p o ra com m on str a n t... V e ru m a n te a liq u o t annos q u id a m m o n ach u s d ig n ita te
sacerdos, ca p illitio albu s, e C a la b ria oriun du s, e x p ro p h e ta e re v e la tio n e in m on-
te m a p p ella n s e a lo ca, h a b ita tio n is n em pe reliqu ias, v a llo p e rp a rv o c in x it e t
tu rri e x a e d ific a ta te m p lo q u e n on in ge n ti e x s tru c to fra trib u s q u e ferm e ad d e ­
cern c o lle ctis e tia m n u m sa n ctu m illu d a m b itu m c o lit ». C fr. Z i m m e r n a n , M o ­
numenta, pp. 269-70.
3 J a c o b u s a V i t r y , H istoria orientalis, c. lii : « A lii ad e x e m p lu m e t im ita -
tio n em sa n cti v ir i e t so lita rii B lia e p ro p h eta e in m on te C arm elo e t m a x im e in
p a rte illa q u ae su p erem in et c iv ita te P o rp h y riae q u ae hodie C aip h as a p p ella tu r,
iu x ta fo n te m qu i fon s B lia e d ic itu r, ... v ita m so lita ria m a g e b a n t in a lv e a rib u s
m o d icaru m cellu la ru m ta m q u a m apes D om in i d u lced in em sp iritu a le m m ellifi-
can tes ». C fr. Z i m m e r m a n , M onum enta, p. 280.
4 D eH 'anom ina C itez de Jherusalem . C fr. Z i m m e r m a n , M onum enta, p . 281.
5 B u lla riu m Carm elitanum , I, p. 4.
L'EREMITISMO d e l l a r e g o l a c a r m e lita n a 247

Concilio Lateranense (1215), sono causa di difficoltà che solo nel 1226,
coll’intervento di Onorio III, si placano, vedendo confermata la Regola
albertina, cui tuttavia nel 1229 Gregorio IX aggiungerà, con con­
seguenze forse impreviste, una clausola riguardo alla povertà col-
lettiva.
I primi alveari carmelitani d ’Occidente, come « Les Aygalades » presso
Marsiglia e «Aylesford» in Inghilterra, testimoniano che gli sciami
d ’Oriente portano seco intatto il loro eremitismo anche materiale ed
esteriore ; ma i primi decenni della nostra storia occidentale raccolgono
anche il travaglio intimo dell’inevitabile adattamento alle esigenze
ecclesiastiche, giuridiche, morali ed economiche dell’Occidente.6
II delicato processo di questo adattamento occidentale avvenne sotto
la guida di S. Simone Stock e si concluse con la revisione della Regola
albertina sancita da Innocenzo IV nel 1247.7
Il testo innocenziano mentre accentua gli elementi cenobitici dell or­
ganizzazione sociale non sembra sminuire apprezzabilmente 1 eremitismo
spirituale della vocazione carmelitana, ma senza dubbio il trapasso dalla
figura giuridica di Ordine eremitico a quella di Ordine mendicante e
di vita mista ebbe profonde ripercussioni su tutto l’equilibrio e l ’ar­
monia della vita concreta,8 non senza suscitare rimpianti nostalgici,
come quelli del B. Nicolò Gallico nella sua Ignea Sagitta, o provocare
intemperanze attivistiche, se non proprio rilassamenti degeneri.
Tuttavia il P. Zimmerman 9 ha potuto documentare sufficientemente
l ’eremitismo collettivo e individuale del Carmelo nel Medio Evo, dif­
ferenziandolo profondamente dall’eremitismo certosino,10 e collegandone
le diverse manifestazioni nelle varie riforme dell’Ordine con la mani­
festazione più luminosa compiutasi nella riforma di S. Teresa,11 in
seno alla quale, soprattutto per opera del P. Tomaso di Gesù, i « De­

6 Bruno de J é S U S -M a r ie , Traversées historiques, in Études carmélitaines,


XX (1 9 3 5), I . P- 7 ss.
7 I v i . C f r . G i u s e p p e d i G e s ù C r o c i f i s s o , Vicende storiche della Regola del
Carmelo, i n Vita carmelitana, n . 8 ( n o v . 1946), p . 31 ss.
8 B e n o i t - M a r i e d e l a S t e - C r o i x (Z i m m e r m a n ), L es Sain ts D éserts des
Carm es déchaussés, P a ris 1927, ch. I. B es tra n sfo rm a tio n s de l ’Ordre.
9 B . c ., ch. I I . L ’érémitisme au M oyen-Age, p. 11-2 1.
10 B . c., ch. I I I . L e Carm el et la Chartreuse, p. 22 ss.
11 C fr. L es Réformes dans l'Ordre de Notre-Dam e du M ont-Carm el, in Études
carmél., X I X (1934), I I , p. 155 ss. S ig n ific a tiv o il rilie v o (p. 193) che la B o lla
d i B eone X con cu i n el 15 16 si ricon osce il co n v e n to di M on te O liv eto , presso
G en o v a, san cisce : « S u b re g u la ri o b se rv a n tia e t vita eremitica secu n d u m pri-
m a e va m re gu lam ... v iv a n t » ; in fa tti si t r a t t a d e lla R e g o la in n o cen zian a, c u i si
ricon osce sp irito erem itico.
248 ER. ANASTASIO DEL S. ROSARIO, O-.C.D.

serti » ebbero ed hanno una precisa figura giuridica e struttura spiri­


tuale con insieme una storia gloriosa.
Non si può tuttavia nascondere che, mentre tutti i documenti spiri­
tuali dell Ordine si richiamano allo spirito eremitico della vocazione
carmelitana, in realtà le incarnazioni storiche ed esteriori di eremitismo
perfetto dopo la Regola di Innocenzo IV sono piuttosto discontinue ed
episodiche se si eccettua l ’istituzione dei « Deserti » nella Riforma te-
resiana. Non è compito nostro analizzare sotto tutti gli aspetti questa
singolare ed apparente divergenza fra spirito e storia, ma ci sembra
molto importante fermare l ’attenzione su alcuni elementi di carattere
spirituale che illuminano l ’orientamento deH’eremitismo carmelitano e la
sua funzione neH’equilibrio della vita dell’Ordine.

Sfondo cenobitico.

L ’eremitismo monastico, almeno in Occidente, nella sua concezione


tradizionale, è sempre stato considerato come l ’ultimo passo del mo­
naco verso la perfezione dell’ascesi. Il passaggio dal cenobio all’eremo,
anche nel pensiero di S. Benedetto e di Cassiano, suppone l ’ormai rag­
giunta perfezione morale e la solitùdine viene cercata come suprema
risorsa per la divinizzazione della vita nella continuità della contempla­
zione e come avvicinamento al paradiso.12
S. Tomaso stesso entra nel medesimo ordine di idee quando afferma :
« Solitudo autem competit iam perfectis »,13 chiamandola « pericolosissima »,
se abbracciata senza uno stato di perfezione personale.
Ciò è vero trattandosi di un eremitismo puro dove l ’individuo sia
abbandonato al suo esclusivo e personale controllo ed è ovvio che in tale
forma la vita eremitica si inserisca nella vita sociale di una famiglia
religiosa come un coronamento prezioso ma di eccezione.
Esiste però un’altra forma di eremitismo, dove il culto della solitu­
dine è armonizzato con elementi cenobitici, fra i quali soprattutto l ’ob­
bedienza monastica, come presso i Certosini e i Camaldolesi ; ed in que­
sto caso la pregiudiziale di S. Benedetto e di S. Tomaso non conserva
più la sua piena efficacia. Quando una struttura cenobitica conveniente
sorregga la solitudine, questa non è più il privilegio dei perfetti, ma

12 S t o e z A n s e lm , L 'a scesi cristiana, B rescia 1943 : c. I. L ’ e rem ita , p. q ss.


13 I l a I la e , q. 188, a. 8.
1,’ EREMITISMO DELI/A REGOLA CARMELITANA 249

può anche essere il tesoro dei proficienti, poiché : « Cum vitam eremi-
ticam sub sanctae obedientiae disciplina et continua superiorum dire-
ctione profitemur, ab omni parte securissima e st».14
È il caso dell’eremitismo carmelitano, quale viene sancito dalla Re­
gola, dove gli elementi cenobitici sono perfettamente delineati.
Nel Prologo la Regola si indirizza : « A Broccardo e àgli altri fratelli-
che vivono sotto la sua obbedienza sul monte Carmelo... » e il fatto di
una vita socialmente organizzata viene codificato col primo precetto
della Regola stessa : « Prima di ogni altra cosa ordiniamo che abbiate
uno di voi come Priore, eletto a questo ufficio coll’unanime consenso
di tutti o della parte maggiore e più degna ; e a questi ogni altro pro­
metta obbedienza e, promessa che labbia, si studi di osservarla con la
verità delle opere insieme a castità e rinuncia della proprietà ».
Il testo è fondamentale sia perchè scandisce l ’unità sociale dell’Ordine
accentrandolo intorno all’autorità, sia perchè fa gravitare intorno all’ob­
bedienza tutta la sostanza della vita religiosa ; tuttavia per comprenderne
bene lo spirito è necessario avvicinarlo ad altri elementi della Regola
che precisano il precetto dell’obbedienza, rilevandone il valore e il si­
gnificato.
C ’è anzitutto una limpida espressione incastonata proprio in mezzo
al testo capitale di tutta la Regola, che suona : «... tutte le cose proce­
dano secondo la volontà e la disposizione del Priore », e in perfetta
coerenza con ciò, la legge richiama espressamente a tale volontà trat­
tandosi degli elementi essenziali della vita. Infatti sottopone all’autorità
del superiore l ’attuazione concreta dell’eremo, l ’assegnazione individuale
delle celle; come pure l ’ordinamento della vita comune: « Sint vobis
omnia communia et distribuantur unicuique per manum Prions ». M e­
rita di esser notata la dipendenza così precisa e meticolosa dall’autorità
dello stesso eremitismo che sembra aver proprio nell’obbedienza il suo
vigile e sapiente praesidium.
I precetti dell’oratorio comune, dell’ufficiatura corale, della mensa
comune e del capitolo delle colpe costituiscono per così dire la strut­
tura materiale del cenobio carmelitano ; mentre la fedeltà liturgica che
dirige la salmodia, la lettura della Bibbia che santifica la mensa, lo zelo
per I osservanza e per le anime che vivifica il capitolo delle colpe, ne
sono le forze spirituali. Ma su tutto questo spirito cenobitico domina

14 T h o m a s a I e s u , Instructio sp iritu a lis eorum qui vitaux profitentur eremi-


ticam , c. I l i , in Opera omnia, Colon iae A g rip . 1684, P* 66b •
¿50 FR. ANASTASIO DEL S. ROSARIO, O.C.D.

la conclusione tanto significativa della Regola stessa : « T u poi, o fra


Broccardo, e chiunque dopo di te sarà costituito Priore, abbiate sempre
in mente ed osservate con le opere ciò che il Signore dice nel Vangelo :
Chiunque tra voi vorrà esser maggiore, sarà vostro ministro; e chiunque
vorrà tra voi esser primo sarà vostro servo ». « Voi pure, o fratelli, ono­
rate umilmente il vostro Priore vedendo in lui, più che la sua persona,
Cristo medesimo, che ve Io ha dato per superiore e dice ai prelati della
Chiesa : Chi ascolta voi ascolta me, e chi disprezza voi disprezza me ;
affinchè non abbiate ad essere giudicati per averlo disprezzato, ma in
premio dell’obbedienza meritiate la vita eterna».
Questa trama cenobitica, tessuta sull’obbedienza perfetta, costituisce
per così dire il supporto fondamentale dell’eremitismo carmelitano, nel
quale il valore spirituale dell’eremitismo classico è salvo e la pericolo­
sità dello stesso è eliminata. Infatti gli elementi caratteristici della vita
anacoretica rivivono chiarissimi nella Regola innocenziana.

Solitudine,

Primo fra tutti la solitudine e la contemplazione come impegno stret­


tamente personale.
La Regola è indirizzata ai : «... Fratelli Eremiti che abitano... sul
monte Carmelo, presso la fontana [di Elia]... », dunque a persone che
vivono da eremiti. Il legislatore non dimentica questo fatto e l’eremi-
tismo individuale gli sta innanzi continuamente nell’organizzare la vita
della società religiosa per cui detta la legge. Già nello stesso Prologo il
fine generale dell’O rdine: «...V ivere in obsequio Iesu Christi... » è
affermato come una responsabilità spiccatamente personale : « ... ogni
singolo... con cuore puro e buona coscienza... ». Il « quisque vivere de­
beat... » mette 1 eremita innanzi alla sua individuale solitudine che non
gli permette di dividere con altri la responsabilità della sua fedeltà al
Cristo e della sua santità.
C ’è forse qui il senso eroico del primitivo eremitismo cristiano, inteso
come una singolare tenzone impegnata col soccorso di un’ armatura
sovrannaturale, ma senza l’aiuto d alcuna creatura, contro i nemici in­
visibili del Cristo.15

15 S t o l z , L ’ ascesi cristiana, p . 19 ss.


i/EREMITISMO DEI/EA REGOEA CARMELITANA 251

Il carattere personale dell’eremitismo è un elemento di estrema impor­


tanza per la valutazione di tutto Io spirito nostro, perchè se l ’eremi-
tismo sociale dell’Ordine si è attenuato lungo i secoli e la stessa Regola
albertina modificata da Innocenzo IV porta i segni di tale attenuazione,
Io spirito di solitudine eremitica nel singolo religioso resta immutato ed
essenziale per la fedeltà alla regola stessa.
Le preoccupazioni di questa perchè la solitudine del singolo sia custo­
dita sono molteplici. Anzitutto c ’è la precauzione relativa ai luoghi dei
monasteri. «Potrete abitare nei deserti oppure in altre località che vi
siano offerte purché adatte e convenienti all’osservanza della vostra
Religione». Nessun dubbio che l ’osservanza di cui si difende la forza
sia intimamente connessa con la solitudine personale.
Del resto questo deserto materiale che è il monastero ha la sua sen­
tinella. « L a cella del Priore sia presso l ’entrata dell’abitazione affinchè
egli per il primo possa farsi incontro a coloro che si avvicinano al mona­
stero stesso » ; la vigilanza del superiore protegge dalla presenza del
mondo e difende la solitudine dei religiosi.
Nello stesso ambito dell’abitazione monastica il religioso deve essere
solo anche nei confronti dei suoi confratelli e per questo ecco il pre­
cetto così caratteristico della Regola carmelitana : la Cella.
«Nella località che avrete scelta per abitazione, ogni singolo di voi
abbia una singola cella separata », e il religioso è così legato ad essa che
non può e non deve mutarla con altri ; anzi l’assegnazione della cella è
faccenda così importante che il Priore nell’assegnarla dovrà farlo col
consenso dei suoi consiglieri.
« Rimanga ogni singolo nella sua cella, o vicino ad essa, giorno e
notte...». Bisogna osservare che l ’inciso «vicino ad essa» non attenua
la solitudine ma la difende, perchè limita l ’insopprimibile bisogno di
moto che pervade l ’umana creatura.
Anche questo precetto della cella illumina la caratteristica personale
deH’eremitisrno nostro, dove la solitudine interna della casa, più che
forma strutturale di vita comune, è difesa e custodia di una ricchezza
interiore. Tanto vero che il precetto della cella è fuso, nella stessa forma
letteraria del testo, con il nucleo vitale di tutto lo spirito della Regola :
« Rimanga ogni singolo religioso nella sua cella, o vicino ad essa, giorno
e notte meditando la legge del Signore e vigilando nelle preghiere, a
meno che non sia occupato in altre giuste occupazioni ». E, notiamo
bene, l ’eccezione delle « giuste occupazioni » è fatta indifferentemente
per la cella e per la meditazione perenne : inseparabilità quanto mai
significativa perchè pone sullo stesso piano due precetti apparente­
252 FR. ANASTASIO DEI/ S. ROSARIO. O.C.D.

mente tanto lontani, quello materiale della cella e quello mistico della
incessante meditazione.16

Contemplazione.

Nel testo appena citato, la funzione contemplativa della solitudine è


più che evidente, mentre il testo stesso è come l ’anima e la vita di tutta
la regola, senza la quale interamente si decompone. Il suo significato
spirituale svanisce, la sua saggezza organizzativa si capovolge, il suo
mirabile equilibrio psicologico si annulla e la sua efficacia plasmatrice
scompare, senza dire che la sua interiore originalità viene totalmente a
mancare. Per questo tutta la tradizione spirituale dell’Ordine non ha
mai cessato di vedere il centro e il nucleo fondamentale del propositum
carmelitano che la Regola muta in legge.
Il precetto nella sua forza esteriore sancisce la continuità della pre­
ghiera, assegnandola ai religiosi come occupazione specifica della loro
vita. La meditazione e la preghiera perenni sono la professione del car­
melitano.
Infatti è interessante rilevare come la Regola carmelitana assegni al
religioso espressamente soltanto Yopera della meditazione e della pre­
ghiera, ignorando altre specifiche attività, ciò che crea nel Carmelo
1 ideale contemplativo. Parlando di questo ideale in senso giuridico, pos­
siamo osservare che la forza della Regola è tale da far sì che un carme­
litano completamente avulso da ogni attività esteriore sia perfettamente
al suo posto purché davvero occupato nella perenne meditazione e pre­
ghiera. Così la Regola è vissuta infatti dalle nostre Carmelitane di stretta
clausura. M a l ’ideale trascende i limiti giuridici ; il suo significato e la
sua forza vanno cercati con criteri spirituali.
L affermazione che il fme specifico del Carmelo è la meditazione
perpetua ha spiritualmente un suo logico sviluppo che bisogna osser­
vare con molta attenzione.
Prima di tutto il religioso è personalmente impegnato : la sua voca­
zione è tale che non ammette sostituzioni o supplenze e la stessa vita
comune non diminuisce la responsabilità del singolo che solo, appunto
perchè persona, può elevarsi a Dio meditando e pregando. A sua volta

16 C fr. il n o stro stu d io L o spirito della Regola, in V ita carm elitana, n. 8 (no­
v em b re 1946), p. 42 ss., che q u i u tilizzia m o la rga m e n te .
l ’e r e m it is m o d ella r e g o l a c a r m e l it a n a 253

questa elevazione a Dio esige, sempre nel singolo, una interiore libertà
da altri vincoli che la Regola attua con il precetto della solitudine. Si
tratta essenzialmente di mettere l ’anima a tu per tu con Dio (« Sola col
Solo » dirà S. Teresa) ; ed è ovvio che la presenza delle creature sia
di ostacolo. Di qui l ’eremitismo carmelitano che diventa legge soltanto
per proteggere la meditazione perenne e che, al contrario, cessa quando
la contemplazione trabocca in sovrabbondanza apostolica di vita. D i
qui soprattutto il carattere interiore e personale di questa solitudine
carmelitana che ha un’unica legge : difendere ne! religioso il suo «solo
a solo » con Dio ; sicché nulla è più lontano dall’eremitismo nostro di
quel ritiro materiale che non fosse vivificato dall’unione con Dio.
L ’unione con Dio! È utile accostare questa suggestiva espressione
con le vigorose parole della Regola : « Meditando giorno e notte la legge
del Signore e vigilando nella preghiera » ; l ’accostamento è rivelatore.
Lo spirito umano si eleva a Dio con l ’attività della mente e l ’anelito del
cuore, ma questa elevazione fatta scopo della vita ha un suo naturale
coronamento : l ’intimità col Signore. È assurdo un incessante pregare
senza il sorgere dell’anelito unitivo, senza VAmorei
Per questo ci sembra fondatissima sul testo della Regola la costante
tradizione spirituale dell’Ordine che sente il suo precetto di orazione
perenne come una vocazione alla stessa vita mistica. Il celebre testo
dell'Institutio primorum Monachorum rende testimonianza forse quasi
contemporanea allo spirito della Regola : « In questa vita [la carmeli­
tana] distinguiamo un duplice fine. Al primo noi giungiamo col nostro
lavoro e l’esercizio delle virtù aiutati dalla grazia divina ed è : offrire a
Dio un cuore santo e puro da ogni attuale bruttura di peccato... Il se­
condo fine ci viene proposto in virtù di un puro dono di Dio ; esso con­
siste nel gustare in qualche modo nel nostro cuore, esperimentare nel
nostro spinto, la forza della divina presenza e la dolcezza della gloria
celeste, non solamente dopo la morte, ma anche in questa vita mortale >>.17
Del resto la incessante « meditatio in lege Domini » tende precisamente
a ciò per se stessa. L ’anima che raccoglie le sue vive forze interiori in­
torno alle divine realtà, studiandone la sostanza, vedendone le bellezze,

17 « C uiu s u ita e d u p le x d in o scitu r esse fin is, u n u s q u id em q u em p e r la b o re m


n ostru m e t u irtu o su m e x e rc itiu m diurna a d iu a n te g r a tia a cqu irim u s, hoc
a u tem est offerre D eo co r sa n ctu m e t p u ru m ab om ni a c tu a li sorde p e cca to -
ru m ... A liu s a u te m h u iu s u ita e fin is e st e x m ero dono D e i n ob is co lla tu s, uide-
lic et n o n solu m p o s t m o rtem , se d ia m in h a c m o rta li u ita a liq u a lite r g u sta re
in cord e e t e x p e riri in m en te u irtu te m d iu in ae p ra e se n tia e e t d u lced in em su-
p ern ae glo ria e... » (Speculum Carm elitarum , "Venezia 15 0 7, p . 3r-T).
.

254 l-'R. ANASTASIO DEI, S. ROSARIO, O.C.D.

assaporandone la soavità, ascoltandone i palpiti, ne subisce inevitabil­


mente il fascino divino che ha in se una forza profonda di assimilazione.
Questa assimilazione è grazia e carità che a loro volta inclinano Dio al
mistico dono, sicché il diuturno meditare è un preludio e un’attesa del
contemplare l Amore ! Da notarsi pure che l ’aderenza materiale alla
S. Scrittura che nella Regola è tanto inculcata, dà alla meditazione car­
melitana un elemento di più perchè sia intimamente permeata di fede e
di soavità, e più immediatamente rivelatrice di Dio.
L incessante «vigilia in orationibus» non può non diventare la traduzione
di profondi desideri che sorgendo dal centro dell’anima dilagano in tutta
la vita e gradatamente la trasfigurano : non è più un semplice vivere
terreno ma una trepida attesa dell’amorosa presenza di Colui che, na­
scosto, nutre ed alimenta la perenne «vigilia d Amore » !
È anche ovvio che il mistero del Cristo si inserisca con la sua amorosa
concretezza in questa celeste vita, vissuta nella sua fedeltà, nel suo desi­
derio, nel suo pensiero. Così infatti vuole la Regola, e ci sembra che le
diverse allusioni a Gesù siano molto più significative, dal punto di vista
mistico, di quanto superficialmente possa apparire, specialmente se si
tiene anche conto del tempo in cui la Regola fu redatta.

Silenzio e austerità.

Altro elemento classico dell eremitismo è il silenzio e nessun capi­


tolo della Regola è tanto diffuso e ricco di contenuto spirituale come
quello dedicato al silenzio dove il legislatore al principio e alla fine del
testo ricorda il biblico : Cultus iustitiae silentium, e assume un tono di
solenne ammonimento verso il religioso : « Ne forte labatur et cadat in
lingua sua et insanabilis sit casus ad mortem ».
La parola toglie 1 uomo dalla sua spirituale solitudine in quanto lo
mette in comunicazione con i suoi simili ; per questo l ’eremitismo car­
melitano si nutre essenzialmente di silenzio ; e la vigente legislazione
degli Eremi teresiani che impone il silenzio perpetuo incarna in modo
perfetto lo spirito della Regola quando ammonisce : « Quanto più alto
salgono gli Eremiti verso il vertice delle virtù lasciando in basso i pen­
sieri e i desideri terreni, tanto più parchi debbono essere nelle parole :
poiché sanno bene gli uomini spirituali quanto dissolvimento interiore
porti con sé la libertà della lingua >>.18

18 Instructiones pro eremis F ratrum Discalceatorum ordinis B . V. M ariae


l 'e r e m it is m o d ella regola c a r m e l it a n a 255

Anche l ’austerità penitenziale tutta permeata di veglie, astinenze,


digiuni e lavoro, per cui vanno famosi gli eremiti del quarto secolo, ha
le sue risonanze nella Regola, come in essa al ricchissimo capitolo delle
Esortazioni rivive il concetto e l ’impegno del combattimento spirituale,
che il P- Stolz, 0 . S. B. ha acutamente segnalato come uno degli ele­
menti caratteristici della spiritualità eremitica primitiva.19
Come si vede, alla Regola carmelitana nulla manca della sostanza
eremitica : solitudine, contemplazione, silenzio, penitenza, lavoro, guerra
al demonio formano il midollo spirituale della vocazione che essa codifica
e invadono tutta l’esistenza del religioso che la vive. Ma bisogna rilevare
attentamente come il documento mentre dà a questi elementi eremitici
tanto risalto spirituale fino a costituirli sostanza della vita, non ne svi­
luppa le esigenze esteriori se non con una discrezione che diremmo
quasi minimista, lasciando, per cosi dire, alle materializzazioni eremi­
tiche una larga libertà di attuazione giuridica e storica.
In questa interiorità prevalente sta forse, a nostro giudizio, una delle dif­
ferenze più profonde tra l ’eremitismo carmelitano e quelli della Certosa e
di Camaldoli, nei quali i fattori esteriori hanno una codificazione più det­
tagliata ed esigenze più rigide proprio in funzione di vocazione specifica.
Al contrario l’eremitismo che la Regola codifica in modp preciso è
un eremitismo interiore che coincide in modo essenziale con il carme­
litano propositwn di vita. Perciò le vicende storiche, come 1 aggregazione
del Carmelo agli Ordini mendicanti, con la conseguente attività apo­
stolica, e le modifiche in senso cenobitico fatte alla Regola da Inno­
cenzo IV, non hanno diminuito l ’obbligo personale del singolo religioso
di esser spiritualmente eremita.
Si potrebbe dire che al Carmelo l’eremitismo interiore è un fine spe­
cifico della vita, mentre l ’eremitismo esteriore ne è soltanto il mezzo,
la cui sfera può cominciare dal semplice amore del ritiro e giungere al
romitorio di un « Deserto ».
Con ciò non si vuol dire che l ’eremitismo esteriore sia un semplice
accessorio della vocazione carmelitana, ma, al contrario, la sua funzione
di mezzo in rapporto a quello interiore ci permette di precisarne il valore
e le esigenze fondamentali.

de monte Carmelo, R o m a e 1932, c. I V , n. 5 : « Q u an to erem itae a ltiu s a scen d u n t


ad culm en v irtu tu m , terren is c o g ita tio n ib u s e t c u p id ita tib u s in fra re lictis, ta n to
p arcio res d e b en t esse in v e rb is : sc iu n t enim h om in es sp iritu ale s q u a n tu m dis-
so lu tion is a ffe ra t in trin secu s lin gu ae reso lu tio ».
19 S t o l z , L ’ascesi cristiana, p . 19 ss.
256 FR. ANASTASIO DEI, S. ROSARIO, O.C.D.

La sostanza della vita carmelitana è la contemplazione delle cose ce­


lesti e l ’unione con Dio ; per questo scopo la regola impegna il religioso
ad una legge tutta permeata di solitudine, preghiera, silenzio, penitenza
e ascetismo totale, facendone un autentico anacoreta spirituale. Nessun
dubbio che il fine e l’impegno presentino le loro difficoltà, incontrino i
loro ostacoli ed abbiano i loro nemici. Sono gli stessi che hanno spinto nel
passato gli eremiti nei deserti e per la stessa logica il Carmelo guarda
alla solitudine, come ad una necessità sia per raggiungere l’ideale sia per
difenderne il possesso. Così l ’eremitismo esteriore perfetto si inserisce
nella nostra storia, quasi a segnalare momenti di vitalità profonda o
momenti di lotta decisiva. Così la storia carmelitana del Medio Evo re­
gistra 1 istituzione dei Reclusi 20 e la Riforma teresiana possiede i « De­
serti ».
I reclusi possono essere testimonianza di eroismo personale nel vi­
vere la solitudine contemplativa della Regola, mentre i « Deserti » affer­
mano la funzione sociale nell’Ordine dell’eremitismo perfetto per la
difesa dell’ideale e la pienezza del suo possesso.

Il « Deserto » teresiano.

L ’idea del « Deserto » nacque nell’anima 'del P. Tomaso di Gesù


proprio da un assiduo e approfondito studio della Regola innocenziana,
quale nella sua integrità la Riforma di S. Teresa professa.21 Dalla Re­
gola egli intuì chiaramente la necessità sociale nella compagine dell’Or­
dine d ’un perfetto sviluppo anche esteriore per l’intimo eremitismo che
anima il propositum carmelitano, come del resto è espressamente detto
nel prologo della legge particolare dei «D eserti».22

20 Z i m m erm an , L e s Sain ts Déserts, p. 1 7 s s .


21 E t ie n n e d e S a i n T E - M a r i e , L e fondateur de nos saints déserts, in S p ir i­
tualité carm élitaine, n. 4, p . 9 ss.
22 « I n te r c a e te ra p ra esid ia , q u ib u s S a cra m n o stra m R e lig io n e m D eu s v a lla -
v it a tq u e in s tru x it, n o n in fim u m sib i v in d ic a t lo cu m C oen ob ioru m E r e m iti-
coru m in stitu tio . N ih il enim ad v irtu te s anim is religio so ru m in seren d as a p tiu s,
n ih il a d a b sterg e n d u m p u lve re m , quo e tia m sa n cto ru m v iro ru m c o rd a e x hom i-
n u m c o n ve rsatio n e sord escere so ien t, e ffica ciu s, q u am M arth ae sep o sito o f­
ficio , secedere a liq u a n tisp er cu m M aria e t eius a ctio n ib u s v ire s an im i reficere.
R e lig io su s in desertu m , v e lu t in p o rtu m qu asi e x m u lta te m p e sta te cu raru m
se re cip it. T a n tu m ib i e st d iv in a e le ctio n is Studium , tarn creb ra e oratio n u m
v ice s, ta m firm a p ressa de fu tu ris co g ita tio , u t om nes re liq u i tem p o ris occup a-
tio n es fa cile h a c v a c a tio n e com pen set. P riscoru m P a re n tu m n o stro ru m v e stig iis
in h aeren tes, p rim i R e fo rm a tio n is n o stra e alum n i v ita m erem itic a m in tro d u xe re.
H a n c eos d o cu it E lia e C arm elus, Io a n n is D esertu m , a c m on s d en iqu e ille in
l ’e r k m it is m o d ella regola c a r m e l it a n a 257

Ma il P- Tomaso di Gesù aggiunse al merito dell’intuizione spirituale


quello della realizzazione concreta dando al Carmelo una delle sue ric­
chezze più grandi. Per comprenderlo bisogna aver veduto uno di questi
« Deserti ».
In una località nascosta tra i monti e le selve, tutta cinta da solide
mura (a volte sviluppate per chilometri) che segnano il limite della clau­
sura papale, sorge in posizione dominante e centrale il cenobio : non più
di due dozzine di celle separate tra loro da un orto, ma raccordate su
un quadrilatero da un corridoio che conduce alla chiesa anche architet­
tonicamente centro dell’edificio. Ogni cella ha tre o quattro vani che
oltre all’abitazione dell’eremita provvedono alle necessità dell’orticello
e del lavoro, con un tono di nuda povertà. Gli eremiti salvo qualcuno
che custodisca la continuità della tradizione vissuta, non restano in
perpetuo al « Deserto », ma solo per un periodo di tempo che da un mi­
nimo di uno può giungere a due o tre anni ; e normalmente i giovanis­
simi e i vecchi ne sono esclusi, in quanto non sarebbero in grado di sop­
portare l’asprezza delle veglie e la estrema sobrietà del nutrimento. Il
genere di vita è perfettamente contemplativo. Le giornate si intessono
esclusivamente di orazione, salmodia, lettura spirituale, veglie e lavoro,
concedendo al riposo e alla mensa il minimo indispensabile per la vita
e tutti circondando con la legge del perpetuo silenzio, interrotto sol­
tanto per i necessari rapporti col superiore e nell’ora del colloquio spi­
rituale che ha luogo ogni quindici giorni presieduto dal Priore. Al di
fuori del coro e del refettorio il ritiro nella cella è perenne ; in più du­
rante l ’Avvento, la Quaresima, la preparazione di Pentecoste, alcuni
eremiti abbandonano il cenobio e vanno ad abitare in vari romitori
sparsi fra le selve nel recinto delle mura vivendo da perfetti anacoreti
uniti alla comunità soltanto con il suono della campanella che sovrasta
il santuario della loro solitudine contemplativa.23
Ci si può domandare a questo punto qual sia l ’impegno spirituale
assunto in simile struttura di vita dall’eremita carmelitano, e bisogna
affermare subito che nel « Deserto » il Carmelitano non si considera un
religioso che ha ormai raggiunto la perfezione monastica, ma viceversa
si sente impegnato con esigenze di totalità a lavorare indefessamente
per raggiungere la pienezza della sua ricchissima vocazione. Qui l’ere-

quem Iesus saepe secessisse secu m q u e anim o q u ie to v e rsa tu m esse c o n sta t ».


(Instvuctìones pro eremis, P ra e f., p. 7).
23 Per la descrizion e d e tta g lia ta d i q u e sta v it a e rem itica , cfr. Instructiones
pro eremis, e Z i m m e r m a n , L es Sain ts Déserts.
258 FR. ANASTASIO DEI, S. ROSARIO, O.C.D.

mitismo esteriore si esaspera nelle sue forme più ardue, proprio perchè
l ’ideale contemplativo si avveri sovranamente. Per questo tra il «D e­
serto» e l ’ascesi totale carmelitana c’è un rapporto di contemporaneità
e non di successione. A rendersene conto basta analizzare attentamente
la Instructio prò eremis che ne è il codice giuridico vigente e la Instructio
spiritualis eorum qui vitam profitentur eremiticam del P. Tom aso di Gesù
che è l ’anima dei «D eserti» stessi.
La Instructio giuridica ripete in proporzioni di pienezza tutti i pre­
cetti della Regola : obbedienza,24 solitudine,25 salmodia,28 contempla­
zione,27 silenzio,28 astinenza e digiuno,29 lavoro,30 povertà,31 e ne costi­
tuisce il commentario eremitico più perfetto, molto più fecondo che non
le nostalgie troppo esuberanti del B. Nicolò Gallico nella sua famosa
Ignea Sagitta.
La Instructio di Tomaso di Gesù è a sua volta un documento esau­
riente di ascetismo eremitico in perfetta conformità allo spirito e alla
vocazione che la regola incarna.
L ’eremita dovrà nel primo periodo della sua presenza nel « Deserto »
attendere con ogni cura alla conoscenza di sè,32 alla compunzione,33
alla meditazione del peccato e della passione di Cristo,34 alla divina

24 « T a n ta e st p ro fe c to b o n oru m a fflu e n tia q u am v irtu s o b e d ie n tiae p a rit,


u t q u a m v is v ir i obedientes, quos in erem is n ostris con spexim us, non lo qu e-
ren tu r, ip sa c e r ta ra tio p e rv in ce re t v irtu te m h an c su m m a cu ra e t stu d io esse
colen d am . Q u ip p e n ec stu d iu m b o n ae action is, n ec o tiu m sa n cta e con tem p la-
tio n is, n ec la crim a e p o e n ite n tis e x tr a ob ed ien tiam a cc e p ta e esse p o te ru n t illi
q u i ta n ta m h a b u it ob e d ie n tiam u t p o tiu s v ita m q u am ip sa m perdere m alu erit.
Q u am ben e ig itu r B re m ita s, q u i g ran d ia c o g ita n t, se to to s h u ic v ir tu ti dedere
co n v e n it » (Instructiones, c. 4, n. x ; cfr. nn. 2-4).
25 L . c., c. 4, n. 13-5.
26 L . c., c. 2, n. 3-9.
27 L . c., c. 2, n. 1 : « P ra e te r co n tin u a m òration em , c u i e x I n s titu ti
ra tio n e a d strin gim u r, e t du as illa s horas to ti O rdin i com m un es, qu aru m altera
m ane, a lte ra vesp ere, in B re m o p o st M a tu tin u m m ediae n o ctis d im id ia fere
ho ra oration i v a c a b u n t, e x ce p tis diebu s q u ibu s c o lla tio e x tra o rd in a ria h aben da
est ; ite m a lte ra d im id ia m ane du m re c ita tu r M issa co n ve n tu alis, n on v ero cum
c a n itu r... ».
28 L . c., c. 4, n. 5-10 ; v ed a si il n. 5 sopra, n o ta 18.
29 L . c., c. 3, n. 1 : « Ieiu n iu m an im ae n ostrae alim en tu m est, leves ei p en n as
p ro d u cit, u t in su blim e fe ra tu r e t su m m a con tem p la ri q u e a t ; q u ap ro p ter B re-
m itae n o stri c o n te m p la tio n i v a c a n te s, fru g aliu s qu am in aliis c o n v e n tib u s v i­
vere d e b en t » ; cfr. nn. 2-4.
30 L . c., c. 1, § 2, n. 14 ; c. 4, n. 13.
31 L . c., c. 3, n. 5.
33 T h o m a s a IESIj, Instructio, c. 4 (Opera omnia, I I , p. 68a).
3S L . c.
34 L . c., c. 5 (p. 69a).
l 'e r e m it is m o d ella regola c a r m e l it a n a 259

salmodia 35, alla cella,36 al lavoro manuale,37 e tutto renderà più sicuro
con una profonda fedeltà e sincerità verso il suo superiore.38
A questo primo periodo simile in certo modo ad un noviziato eremi­
tico, seguirà una seconda fase dove la mortificazione delle passioni,36 uni­
tamente alla conoscenza e all’amore di Cristo 40 opereranno la progres­
siva purificazione del cuore introducendo gradatamente nella terza man­
sione della santità eremitica dove la contemplazione intellettuale 41 ed af­
fettiva42 si alternerà con i sospiri incessanti dell’anima verso l ’Amore.43
£ evidente come questa struttura materiale e spirituale dell’eremo
carmelitano nutra non solo nel religioso singolo, ma in tutta la famiglia
monastica l ’ideale contemplativo della Regola rendendolo vigoroso e
fecondo; di qui l ’efficacia sociale di questi «D eserti», dove gli eremiti
del monte Carmelo si plasmano e donde essi partono per diffondere negli
altri cenobi dell’Ordine la pienezza della vocazione sublime, ed anche
per annunziare al mondo il segreto della loro contemplazione luminosa.

Eremilismo e apostolato.

A questo punto è opportuno un rilievo di intuitivo interesse spirituale.


Tutta la tradizione dell’Ordine riallaccia lo spirito proprio a quello

35 L . c. (p. 6 9 b).
36 L. e., c . 6 (p. 70b).
37 L . c. (p. 7 i b).
38 L . c., c. 7 (p. 72 “ ). G ià il tito lo stesso del c a p ito lo è m o lto sig n ific a tiv o
in p ro p o sito : « U n u m e x p ra e cip u is in v it a e re m itica p ro ficie n d i m ediis esse,
siu cerain e rga S u p erio res fid e lita te m e t v e r ita te m ». — « Q u i co ra m D eo in v e ­
n t a t e a m b u la i, e tia m cu m su is S u p erio rib u s D e i lo cu m te n en tib u s sim ilite r
sincere et v e r a c ite r a m b u la b it, qu o d n ih il a liu d e st q u a m Sup eriorem v iv a e
fid e i ocu lo ta m q u a m D eu m agn oscere e t, u t n o stra re g u la p ra e scrib it, Christum
p otius cogitare quam ipsum , qui posuit ip sum , e tc . H ic e st om n ium v ita e erem i-
tic a e bo n oru m fon s e t sca tu rig o , und e in n u m era b iles fr u c tu s in anim arti d im a-
n a n t. P rim o, d e b ita v e n e ra tio S u p erio ru m e t ta m q u a m C h risti p erso n am re-
p ra e se n ta n tiu m d ig n a a estim a tio . S ecu n d o , in tim u s eoru n d em am or q u i om nes
m u rm u ra tio n es e t an im i re p u g n a n tia s e lim in a b it. T e rtio , sin cera om n ium ne-
cessita tu m , e t sp iritu a liu m p la g a ru m m a n ife sta tio , u t h is ta n q u a m m edicu s a
D eo c o n stitu tu s s u b d iti m orb os cu ra re e t sa n are v a le a t ; ta n q u a m p a te r con-
so le tu r e t c o m p a tia tu r ; ta n q u a m P r a e la tu s e t P a sto r g u b e rn e t e t p a s c a t e t ad
p e rfectio n e m p e rd u c a t. Q u ae om n ia e x an im i e rg a S uperio rem v e n ta te p ro m a-
n a n t, n ec m irum , qu an d oq u id em re v era D ei lo cu m v icesq u e P ra e la tu m h abere
res p ia n e certissim a sit ».
39 L . c., c. 8 (p. 73b).
40 L . c.(p. 74“ ).
41 L . c., c. 10 (p. 76“ - 77b).
42 L . c., c. 11 (77b).
43 L . c „ c. 12-3 (pp. 78“ - 79” ).
26 o F R . A N A ST A SIO D E L S . R O SA R IO , O .C .D .

di Elia profeta, 1 eremita e 1 apostolo. La Institutio primorum monachorum


si diffonde in proporlo modello dell’eremitismo nostro,44 imperniando
tutta la sua esortazione su una curiosa ma significativa allegoria del
torrente Carith che diventa la divina carità per Iddio e per il prossimo.45
Del resto non c è bisogno di allegorie per vedere in Elia il prototipo del-
1 eremita-apostolo, basta la storia biblica con la sua grandiosa eloquenza.
Il Carmelo è il deserto di Elia, e il deserto è il regno del contatto con
Dio. M a l ’incessante contatto con Dio, che è fuoco divorante, non può
lasciare fredda l ’anima e quanto più il Signore l’avvolgerà della sua
fiamma, tanto più 1 ardore della divina carità s ’accenderà nella vita.
L ebbrezza dei desideri mistici sarà pur feconda di zelo apostolico e il
Carmelitano col cuore in fiamme scenderà dal suo monte solitario an­
nunziando la vita e l ’amore di Dio.
È il traboccamento dell’ideale contemplativo raggiunto.
Non si tratta di un’attenuazione diminutiva dello spiritoeremitico,
ma piuttosto del suo fecondo coronamento. Cosi il Carmelo è Ordine
di vita mista.
E il caso di citare il limpido testo dei Carmelitani di Salamanca : « La
religione di vita mista è ordinata immediatamente e prima di tutto alla
contemplazione e all’amore di Dio, ciò che costituisce il dovere della
vita puramente contemplativa ; perciò per questo essa non le è inferiore,
ma inoltre per la sovrabbondanza di tale conoscenza ed amore di Dio
essa si dedica alla salvezza del prossimo propter Deum, e questoinnalza
la vita mista sopra la vita puramente contemplativa >>.48
Gli elementi dello spirito apostolico nella Regola sono materialmente
molto rari : due in tutto, e per giunta di interpretazione assai dubbia.
Nel testo relativo al capitolo delle colpe si legge : « Tratterete in esso
della custodia dell ordine e della salute delle anime » ; nel testo più volte
citato relativo alla preghiera perenne, c ’è espressa l’eccezione delle
altre giuste occupazioni : due espressioni che la tradizione spirituale
dell Ordine interpreta come accenni apostolici.

44 C. 1-9, in Speculum Carmelitarum, V e n ezia 1507, (p. 3r ss.).


45 C. 6 ; 1. c „ (p. 4* - 5y.).
46 « ... d ice n d u m e st religio n em m ix ta m v e rsa ri im m ed iate e t p e r se prim o
circa D eu m , illu m c o n te m p la n d o e t am an d o, q u od e st o fficiu m v ita e p u re con-
te m p la tiv a e , q u o circa n o n est q u a n tu m a d h o c illa in fe rio r ; sed in su p er e x
re d u n d a n tia n o titia e e t am oris D e i p ro ced ere a d sa lu te m p ro x im i p ro p te r D eum ,
qu o d h a n c v ita m e le v a t su pra co n te m p la tiv a m . » TV. X X . D e statu religioso,
disp. 2, n. 34 (ed. P alm é, t. 12, p. 429») ; cfr. Sum m a theol., I l a l i n e , q. 188,
L 'E R E M IT IS M O D E L L A R E G O L A C A R M E L IT A N A 2 ÔI

Bisogna osservare che molto probabilmente ambedue questi elementi


appartengono alla originale redazione albertina ; come pure è notevole
il fatto che ambedue gli elementi, nella composizione letteraria della
Regola, siano accostati a precetti di fondamentale ed essenziale impor­
tanza. Tuttavia, a nostro parere, lo spirito apostolico è assai meglio affer­
mato, diremmo così, per eminenza nella stessa perfezione della vita
contemplativa che la Regola impone. In essa non c e alcun limite, nè
espresso nè implicito, al pieno sviluppo della divina carità, che anzi,
vagheggiandone l’attuazione più sublime qu ale appunto la mistica, ne
favorisce. senza dubbio la manifestazione più feconda, nell’apostolato.
Del resto il vivere « in obsequio Iesu Christi... et eidem de corde puro
et conscientia bona deservire », sancito dalla Regola, è meno generico
di quanto non sembri, anche rispetto all’apostolato.
Insomma la Regola mentre non sacrifica in nulla il suo ideale con­
templativo favorisce con la sua libertà ogni manifestazione di pienezza
dello stesso ; sicché potremmo dire che il rapporto esistente al Carmelo
tra contemplazione e azione è determinato da un criterio di sovrabbon­
danza contemplativa : mancando questa il carmelitano non può e non
deve essere apostolo ; esistendo questa il suo apostolato non ha che un
limite : custodire e diffondere la contemplazione.
E questo è l’insegnamento della storia carmelitana dagli inizi ad oggi.
Lo stesso Nicolò Gallico, il focoso difensore dell’eremitismo contem­
plativo dell Ordine alla fine del 1200, vi consente nella sua Ignea sa-
gitta, che è un grido di passione verso la solitudine : « Conoscendo la
loro imperfezione essi [i carmelitani] vivevano continuamente nella soli­
tudine del deserto. Nell’interesse delle anime e della loro, essi discen­
devano talvolta dall’eremo, ma raramente, a diffondere generosamente
nella predicazione ciò che avevano mietuto nella solitudine con la falce
della contemplazione >>.47
Ma, concludendo, bisogna osservare, che come l’eremitismo della Re­
gola non impedisce lo zelo dell’apostolo, così lo stesso eremitismo fa
amare, anche n ell’atto dell’apostolato, il lavoro che meglio salva la soli­
tudine, il silenzio e la preghiera e l’intimità dell’Amore ; poiché in defini­
tiva nessuno meglio dell’eremita-apostolo carmelitano è consapevole che :
« un poco di puro amore è più prezioso al cospetto del Signore e per
l’anima stessa, od apporta maggiore utilità alla Chiesa, che non tutte
le altre opere unite insieme ».

47 C. 4 ; cfr. I-es p lu s vieu x textes du Carm el, p. 175.


48 S. G i o v a n n i d e l l a C r o c e , Cantico spirituale, str. x x i x .
F R . A N A ST A S IO D E I, S . R O SA R IO , O .C .D .

Del resto proprio l’utilità della Chiesa e delle anime viene assegnata
come fine fondamentale agli Eremi teresiani : « II fine della nostra isti­
tuzione eremitica è soprattutto questo : che i religiosi abitanti nei De­
serti con il perenne impegno dell’orazione, delle preghiere e delle veglie,
con l’assidua mortificazione del corpo e le altre pie opere, siano di mas­
sima utilità a tutti i fedeli e a tutta la Chiesa >>.49
Cosi anche l ’eremitismo carmelitano ha per vessillo il grido elianico:
« Zelo zelatus sum prò Domino Deo exercituum ».50

Genova, 1948.

F r . A n a s t a s io del S. R o s a r io , O. C. D.

49 C onstitutiones O .C .D ., n. 319.
50 I I I Reg., X I X , 10.
Ephemerides Carmeliticae 02 (1948/2) 265-304

L A JUSTICE ORIGINELLE
SELON LES SALM AN TICEN SES
ET SAINT THOMAS D’AQUIN
S ummarium . — Salm an ticen ses p rim o m u tu a n tu r d escription em sta tu s iu sti-
tia e origin alis a C om pendio th eo lo g iae S . T h o m a e e t dein de trip lice m praeser-
tim quaestion em sib i so lv en d a m p ro p on u n t, sc ilic e t :
1. Q uodnam fu it su b iectu m p rin cip ale iu stitia e origin alis? R e sp o n d e n t in d i­
cando anim am .
2. C uiu sn am generis fu it elem en tu m p rim ariu m seu fórm ale istiu s iu stitia e ?
T en en t illu d fuisse g ra tia m sa n ctifica n te m eiusdem speciei cum n o stra g ra tia
sa n ctifican te a t p o llen tem p e rfe c tio n in fo rm a n d i m odo.
3. F u itn e a ctu a lis exclu sio p assion is e t co rru p tio n is e ffectu s solius d om in ii
gratiae et anim ae in corpus, an in su p er e ffec tu s alicu iu s d ispositionis seu for-
mae p o sitiv a e in ip so corpore recep tae, ita u t ilia a ctu a lis exclu sio fo rm a liter
depend eat a dom inio g ra tia e e t anim ae, d isp o sitiv e v ero a b h a c fo rm a q u ae
v o catu r « im p a ssib ilitas »? H o c u ltim u m p ro p u g n a n t e t p ro p te re a in stitu u n t
com p arationem in te r im p a ssib ilita tem sta tu s iu stitia e o rigin alis e t im p assibili-
ta tem b e a titu d in is coelestis cuiu s ilia e ra t im p e rfe cta p a rtic ip a tio .
Q u am vis S. T h o m as v o c ib u s « iu stitia e o rigin alis » e t « don i n a tu ra e » non
sem per ean dem re a lita te m e x p rim â t, op in a m u r n ihilom in us ip su m seq uen tem
iu stitiae origin alis con cep tu m ten ere : fórm ale ip sius elem en tu m d u p le x est,
nim irum p rim ariu m seu g r a tia sa n ctifica n s e t secu n d ariu m sert re c titu d o su-
p em a tu ra lis ra tio n is ac v o lu n ta tis ; eius elem en tu m m a te rià le c o n sistit in im -
p assibilitate, im m o rta lita te et, eaq u e p ra esertim , im m u n ita te a con cu p iscen tia.
H une con cep tu m diversis p ro b a m u s argu m en tis.
In A p p e n d ice p o n u n tu r qu aed am an im ad version es circ a se n te n tia s p rin ci-
p aliorum D iv i T h o m ae co m m en ta to ru m saecu loru m X V - X V I I I .
N em inem fu g it q u aestion em iu stitia e origin alis m agn i esse m o m en ti u b i de
v ita sp iritu a li serm o fit.

Le problème de la justice originelle, et du péché originel qui en est


la privation, a de tout temps suscité de grandes disputes parmi les théo­
logiens et donné lieu à bien des opinions. Peut-être saint Albert le
Grand et saint Robert Bellarmin exagèrent-ils lorsqu’ils affirment qu’il
y a autant de sentences que de théologiens.1 Mais la remarque de saint

1 A lb e rt le G ran d exa m in e la re la tio n en tre la con cu p iscen ce et le p éch é


originel : « D icen d u m qu od hic m u lti m u ltip lic ite r su n t lo cu ti, ita q u od n u llu s
con cord et cu m alio » (I n I I Sent., d ist. 30, a. 3 ; L u g d u n i, 16 5 1, t. 1, p. 282a).
— R o b e rt B ella rm in tr a ita n t d u péch é origin el é c r it : « L a b o ra n t om nes u t os-
te n d a n t qu om odo s it p e ccatu m , e t a lii a lia d ic u n t » (Controversia X I V : D e
am issione g ra tia e e t sta tu p e cca ti, 1. V , c. 16 ; V e n etiis, 1599, t. 4, p. 331).
*

266 F R . M E L C H IO R D E S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

Augustin sur le péché originel reste toujours vraie : «[...] nihil est ad
praedicandum notius, nihil ad .intelligendum secretius».2 Dom. Soto
lui faisait écho, au X V Ie siècle, quand il écrivait : « Est enim hoc di-
sertissimo etiarn cuique explicatu difficillimum ; de quo, ut meam fa-
tear inscitiam, nihil hactenus Iegi, quo non desiderarem amplius ».3 II
n y a pas de quoi s ’étonner: la justice originelle et le péché originel
sont des vérités surnaturelles ; le fait de leur existence nous a été ré­
vélé ; la détermination de leur nature appartient aux théologiens, et la
liberté d opinion en ces matières engendre nécessairement des diver­
gences d explication.4

Lorsque, il y a environ 25 ans, les auteurs abordaient de nouveau le


problème, ils se proposaient avant tout d ’établir la vraie doctrine de
saint Thomas ; pour mieux pénétrer celle-ci, ils interrogeaient aussi
les devanciers du Docteur commun, ses contemporains et ses com­
mentateurs.0 Les Salmanticenses ne furent pas consultés, bien qu’ils
soient rangés parmi les coryphées de l’école thomiste aux X V IIe-X V IIIe
siècles 6 et que Gaudel, voulant présenter la doctrine de cette école
sur le péché originel, déclare qu’ « il suffira de résumer les positions
des théologiens de Salamanque, très attachés aux principales thèses de
saint T hom as».7 Nous croyons faire œuvre utile et de justice en expo­
sant plus longuement ces « positions » ; et puisque ¡es Salmanticenses
se donnent comme des disciples fervents et fidèles du Docteur angélique,
nous confronterons ces mêmes positions avec la doctrine du Maître.8
2 De moribus ecclesiae catholicae, 1. I, c. 22 ; P B . 32, 1328.
3 De natura et gratia libri tres, 1. I, c. 7 ; V e n etiis, 1583, p. 30a.
C ’est l ’ op in ion des Salm an ticen ses: Tr. X I I I : De vitiis et peccatis, disp. 16, in tr.
5 P o u r u n ap erçu gén éral de la question , v o ir : A . v a n H o v e , De erjzonde
(B eerboeken der D o g m á tica en der A p o lo g é tica , tr . X V I ) , S ta n d a a rd -B o e k -
h andel, A n tw e rp e n - B ru ssel - B eu ven , 1936, p. 123-222. — A . G au dE E , Péché
originel, d an s Dictionn. de théol. cathol., 12, 432-605. — A . M ic h e e , Justice ori­
ginelle, loc. c it., 8, 2031-2042.
6 S c h e e b e n ap p elle l ’ œ u vre des S alm an ticen ses « das g ro sza rtig ste u nd
v o lle n d e tste W e r k der T h o m isten scliu le » (Handbuch der katholischen Dog­
matik, t. I, 1&73, p . 4 4 9 ) : v o ir M. G rabm ann , Einführung in die Sum m a theo-
logica des heiligen Thomas von Aquin, 2e A u fl., H erd er, F re ib u rg i. B r., 1928,
P- 45 : Die Geschichte der katholischen Theologie seit dem Ausgang der Väterzeit,
ib id ., 1933, p. 164. — T h . D em an , Salamanque (Théologiens de), dan s Dict.
de théol. cathol., 14, 10 17, ap p elle le Cursus theologicus Salmanticensis « un m o­
n u m en t de la litté r a tu r e en m êm e tem p s que l ’u ne des som m es les p lu s n otoires
du T h o m ism e ». — fvEiSÉE DE ea N a tiv ité , L a vie intellectuelle des Carmes,
d an s Études Carmélitaines, 20, I (avril 1935), p. 122-123, p la ce les S alm . sur
le m êm e p ie d que C a jé ta n e t J e a n de S ain t-T h o m a s.
7 Péché originel, dans. Dict. de théol. cathol., 12, 555-556.
8 De te x te s u iv a n t p e rm e t de ju g e r de leu r v o io n té : « In v a lu itq u e adeo
h a e c vel in B lia e filiis [à sa v o ir, les Carm esj [...] erg a te a ffectio , u t non cen-
se a tu r in te r nos B lia e filius, q u i in T homam op tim e a n im atu s n on sit. I n m y -

1
L A JU S TIC E O R IG IN E N T E SENON NES SAN M AN TIC EN SES E T S A IN T TH OM AS 267

Nous espérons combler ainsi — du moins en partie, car nous


ne nous occupons pour l’instant que de la justice originelle — une
lacune regrettable.

Il ne peut y avoir de doute que la position des théologiens vis-à-vis


Je l ’état de justice originelle ait des répercussions sur leur manière
d ’envisager la vie spirituelle. Nous croyons que les positions des Sal­
manticenses, qui appartiennent à l’ordre éminemment contemplatif q u ’est
le Carmel, et une plus nette détermination de la doctrine de saint Tho­
mas, le . Docteur commun, sont aptes à donner une explication plus
adéquate aux descriptions des auteurs mystiques. Nous le montrerons
à la fin de notre article.9

LA D O C T R IN E D E S SA L M A N T IC E N SE S

Remarquons tout d ’abord que Ies Salmanticenses n’approfondissent


pas «ex professo» la doctrine de la justice originelle ; ils n’en parlent que
comme d ’une introduction, indispensable d ’ailleurs, au traité du péché
originel.10

sticis, in m oralibu s, in sch o la sticis n on prob.am us secu ru m cu i D. T homas


pro b a tu r adverstis. (T homam im b ibim u s, .Thomam scribim u s, T homam eru c-
tam us). Q u id q u id v ix it in h o c C arm eli corpore, hoc to tu m sp iritu s v e r ita tis
th om isticae a n im a t ». (D ed ica tio t. X , C olon iae A g rip p in a e , 169 1, f. p . 3r;
éd. P alm é, t. 1, p. 52).
I l serait u tile de con fro n te r la d o ctrin e des S alm . a v e c celle des gran ds
com m en tateurs de sa in t T h o m a s a u x X V e- X V I I I e siècles ; les S alm . eux-
mêm es nous assuren t q u ’ils o n t, afin de m ie u x sa isir la p ensée du M a ître , éco u té
les « v o ta [...] T h o m istaru m , id e s t eoru m q u i e x a ffectu , stu d io , in stitu to e t
fid e lita te m erito cen sen tu r tu i in d u b ita n te r d iscip u li, u t C apreolu s, C aietan us,
F errara, M edina, A lv a r e z e t sim iles : hos n am q u e p a r est credere q u od tu o s
sensus in tro sp e x erin t e t d e p o situ m fid e lite r c u sto d ierin t » (loc. c it., 16 9 1, f.
p. 3 v ; éd. P alm é, t. 1, p. 53). N o u s réu niron s en ap p en d ice q u elques réflex ion s
sur la pensée des p rin c ip a u x auteu rs, a fin de ne p o in t su rch arger les n o tes au
bas des pages.
3 T e p roblèm e f u t a d e u x reprises a b o rd é : p a r J . B i ï TREMIEUX q u i so u tie n t
une d istin ctio n ad é q u a te en tre la grâce e t la ju s tic e origin elle : Het geestclijk
leven en de oorspronkelijke gerechtigheid, d a n s Ons geloof, 8 (1922), p. 112-12-1,
e t p a r J. V a n d e r Me e r s c h , qu i n 'a d m e t q u ’ u ne d istin c tio n in a d é q u a te :
Het geestelijk leven en de oorspronkelijke gerechtigheid, loc. cit., p. 455-466.^
10 « N u lla a p tio ri v ia in ve n ire p o terim u s ra tio n e s p er se ad p e cc a tu m ori­
gin ale p ertin en tes, qu am in q u iren d o e t in v e stig a n d o e ffectu s quos tra n sfu d it
in p osteros p e ccatu m a ctu a le A d a m i, e x q u o n o stru m origin ale e t q u id q u id ad
illu d per se a ttin e t ta n q u a m e x cau sa e ffe c tiv a e t a d a e q u a ta o rtu m d u x it.
N o titia vero illorum e ffectu u m q u a n tu m ad p riv a tio n e m dep en d et e x cogn i-
268 FR . M E L C H IO R .DE S A IN T E -M A R IE , O .C .D .

Tout en empruntant au Compendium theologiae de saint Thomas,


P. I, ch. 186-187, la description de letat de justice originelle,11 ils sont
convaincus que le Maître ne dit pas, en cet endroit, le dernier mot sur
le problème, car ils se posent de multiples questions qu’ils résolvent
à la lumière de sa doctrine.

Voici d ’abord les conclusions qu’ils déduisent du Compendium. La


justice originelle perfectionnait toute la nature humaine en soumettant
le corps à 1 âme, les sens à la raison et celle-ci à Dieu, de telle sorte
cependant que les deux premières subordinations dépendaient de la
dernière dans leur production, leur être et la conservation de cet être
(in fieri, esse et conservari), et devaient se maintenir aussi longtemps
que la raison ne se serait pas rebellée contre Dieu. Cette justice origi­
nelle était un don gratuit de Dieu qui devait se transmettre à tous les
hommes, a la condition toutefois qu Adam observât le commandement
de D ieu ; quoique, par conséquent, son absence dans l ’état de nature
pure n’eût été nullement imputable à l ’homme, cette même absence
dans 1 état actuel constitue une privation qui est à la fois une faute et
une peine (habens rationem mali culpae et poenae). La justice origi­
nelle facilitait, il est vrai, l ’observance du précepte de Dieu, mais ne
privait pas 1 homme de sa liberté ; le péché et la perte du don de Dieu
restaient donc possibles, et nous savons que le péché a été commis.

Ces conclusions n offrent guère de difficultés et sont universellement


admises par les auteurs catholiques. Les questions que se posent les

tio n e eoru m qu ae D eu s p er iu stitia m origin alem n a tu ra e h u m a n ae co n tu lit


q u aeq u e ip sa p e r p e cc a tu m a m isit [...] » (Tr. X I I I , disp. 16, in tr. ; éd. 1679
p . 669b ; éd. P a lm é, t. 8, p. 221a). E t u n peu p lu s lo in : « [...] lic e t om nes huius-
m odi qu aestion es e x professo e xa m in a re non v a c e t n eq u e p ro p riu m s it hu iu s
i, b re v is tarn en e aru m d ecisio om nino e st n ecessaria » (loc. c it. n. 6 • 1679
p. 6 7 1b ; éd. P alm é, p. 223b).
L a d o ctrin e des S alm . su r la ju s tic e origin elle se tr o u v e p rin cip ale m e n t
dan s le Tr. X I I I . D e vitiis et peccatis, disp. 16 : D e essen tia e t c o n stitu tiv o
p e c c a ti origm alis, n. 1-9 e t 53-61 (L u gdu n i, 1679, t. 4, p . 669b-672a e t 688a-
6 9 1 a ; ed. P a lm é, t. 8, p. 2 2 ia -2 2 5 a e t 2453-2493).
N ous citeron s, dan s le cou rs de c e tte étude, d e u x édition s, celle d e L y o n
1679 ou la prem ière réim pression du tom e I V fa ite a v a n t l ’a ch è v e m e n t du
C ursus q u i f u t p u b lié de 163 1 à 17 1 2 , e t celle de V . P alm é, P aris, 1870-1883,
t. V I I I , ou la « rééd itio n d ev en u e co u ran te »