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CHAPITRE 11

Fondations superficielles

11.1. Description, comportement et


principes de justifications
11.1.1. Définitions
Une fondation superficielle est définie par les caractéristiques géométriques décrites ci-après :
• la largeur B d’une semelle est le plus petit côté de la semelle ;
• la longueur L d’une semelle rectangulaire correspond au grand côté. Il convient de distin-
guer les semelles suivantes :
– les semelles circulaires B = 2 R, R étant le rayon de la semelle,
– les semelles carrées B = L,
– les semelles rectangulaires B < L,
– les semelles continues B ≪ L.
• la surface A ;
• l’épaisseur h de la semelle ;
• la hauteur d’encastrement (ou profondeur) D est l’épaisseur minimale des terres au-dessus
du niveau de fondation. Si un dallage ou une chaussée surmonte la fondation, ceux-ci sont
pris en compte dans la hauteur d’encastrement ;
• l’ancrage a de la semelle.
Une semelle est considérée comme superficielle lorsque le rapport D/B est faible (< 1,5), et
surtout lorsque la justification de la fondation ne prend en compte que la résistance du sol
située sous le niveau d’assise. Lorsque D/B est compris entre 1,5 et 5, on parlera de fondation
semi-profonde.
Un radier général est une semelle de grande dimension portant tout ou partie d’un ouvrage.
La largeur B est de plusieurs mètres. Les bâtiments fondés sur un radier en béton armé ou le
fond d’un réservoir posé directement sur le sol sont des exemples de radier généraux.
390 | Fondations superficielles

Les dallages ne reprennent que des charges permanentes faibles (cloisons) et sont destinés à
supporter des surcharges aléatoires : charges roulantes, stockage sur rack ou en tas. Le
dimensionnement des dallages est traité par le DTU 13.3. (norme NF P11-213-1) et prend
en compte le sol via la détermination des modules Es et des coefficients de Poisson ν de
chaque couche de sol jusqu’au toit de la couche supposée incompressible ou de la couche
profonde qui n’est plus sollicitée. Si l’investigation géotechnique comporte des essais pressio-
métriques, le module Es pour les dallages peut être assimilé en première approche à EM/α.
Ce  sujet n’est pas traité plus en détail dans cet ouvrage ; il convient de se reporter
à [NF P11-213-1 2005].

D
L
h

Fig. 11.1. Définitions des dimensions

11.1.2. Comportement d’une semelle chargée

11.1 .2.1 . Comportement sous charge verticale


Considérons une semelle superficielle chargée axialement et verticalement. Les tassements
sont fonctions de l’intensité de la charge appliquée et ont l’allure présentée sur la figure 11.2.

Q
Qu Q
0
s

s Rupture
Q Domaine Domaine
élastique plastique

Fig. 11.2. Chargement vertical d’une semelle superficielle


Description, comportement et principes de justifications | 391

Le domaine plastique se différencie du domaine élastique par l’amplitude de plus en plus


marquée des phénomènes de fluage.
La détermination de la charge limite ou charge de rupture peut être problématique, c’est pourquoi
elle est définie conventionnellement. La charge de rupture peut par exemple être définie comme la
charge correspondant à un certain enfoncement, en général pris égal à B/10 pour un enfoncement
vertical et B/20 pour un déplacement horizontal. Dans la pratique, les semelles seront dimension-
nées pour rester dans le domaine élastique, bien en deçà de la charge de rupture.

11.1 .2.2. Influence de l’encastrement

Comme le montrent les résultats d’expériences présentés dans la figure 11.3, l’encastrement
améliore la portance d’une fondation superficielle.

Pression appliquée (kPa) Pression appliquée (kPa)


0 250 500 750 1 000 0 0,5 1 1,5
0 0

2
D=0
4
6,25 cm
2,5 cm
Tassement (10−2 m)

Encastrement
Tassement (cm)

6 D=0
D = 7,5 cm D = 0,3 cm
0,5 8
5 cm 3,75 cm
10

12
D - encastrement
Très dense
Semelle 1,25 cm × 1,25 cm 14 Lâche
Semelle 1,25 cm × 7,5 cm
Moyennement dense
1
a) essais en laboratoire sur de petites fondations b) essais de grandes fondations sur sols
(Meyerhof, 1948) reconstitués (Muhs et Weiss, 1969)

Fig. 11.3. Influence de l’encastrement [11 Canépa 2004]

11.1 .2.3. État de saturation du sol

La figure 11.4 présente l’influence du niveau de la nappe sur la portance des fondations à
partir de résultats de calculs numériques. Comme nous le verrons, les règles de dimensionne-
ment de la portance à partir d’essais in situ ne font pas explicitement apparaître cette sensibi-
lité. Il convient donc de s’appesantir sur les variations possibles des niveaux de nappe, y
compris pour des sols réputés insensibles aux variations hydriques.
392 | Fondations superficielles

120 1400
Charge limite (kPa)

Charge limite (kPa)


1200
100
1000
80
800
60 600
40 bornes inférieures Krishnamurthy et al. (1975) bornes inférieures Krishnamurthy et al. (1975)
400
20 bornes supérieures LIMI bornes supérieures LIMI
200
0 0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Rapport dw /B Rapport dw /B
φ = 20 degrés φ = 35 degrés

300
Charge limite (kPa)

250 TN
200
150
100 bornes inférieures Krishnamurthy et al. (1975) B dw
50 bornes supérieures LIMI

0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Rapport dw /B
φ = 25 degrés

Fig. 11.4. Influence de la proximité d’une nappe sur la capacité portante du sol sous une semelle filante
[11 Magnan 2004]

Par ailleurs, il convient d’être prudent sur les caractéristiques de sol retenues dans les sols
sensibles (argiles, limons) situés à faibles profondeurs, caractéristiques qui peuvent varier
selon leur état de teneur en eau (par exemple en fonction des saisons).

11.1 .2.4. Comportement sous charge excentrée


Considérons maintenant une charge verticale excentrée. En reprenant Canépa
[11 Canépa 2004], il s’avère que la charge de rupture est d’autant plus faible que la charge
d’application est excentrée.

− 40 B 0 200 400 600 800 Q (kN)


0
d
− 20
s déplacement vertical (mm)

20
Plan initial
0 Plan initial
40
sc, 30 min (mm)

20
G = 450 kN

40 400 kN 60
300 kN

60 200 kN 80 E/B = 0 (ESSAI 13)


100 kN E/B = 0,1 (ESSAI 14)
80 Semelle 100 E/B = 0,2 (ESSAI 15)
Essai 16 - Labenne
E/B = 0,3 (ESSAI 16)
100
120
a) évolution de la base de la fondation b) enfoncement du point d’application
de la charge : courbe de chargement

Fig. 11.5. Chargement vertical excentré d’une semelle superficielle [11 Canépa 2004]
Description, comportement et principes de justifications | 393

On note par ailleurs que la fondation pivote autour d’un axe fictif, fonction de l’excentricité
relative E /B.

d d
B L
Code Nature sol
E Sable
2,0 Limon
Sable rapporté E
1,5 d

1,0

0,5
B ou L
E/ B
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4 E/L

Fig. 11.6. Position de l’axe de rotation de la semelle en fonction de l’excentricité de la charge [11 Canépa 2004]

11.1 .2.5. Comportement sous charge inclinée


Dans le cas d’une charge inclinée appliquée sur une semelle, on constate une diminution de
la charge de rupture lorsque l’inclinaison de la charge augmente. Les mécanismes de rupture
sont illustrés ci-après :

δ = 5 degrés

δ = 10 degrés

δ = 20 degrés

δ = 30 degrés

Fig. 11.7. Semelle filante sous charge inclinée et centrée : mécanismes de rupture pour différents angles d’inclinaison
de la charge [11 Magnan 2004]
394 | Fondations superficielles

11.1 .2.6. Comportement en bord de pente


Une fondation située à proximité d’une crête de talus (c’est-à-dire à moins de 6 à 8 fois son
diamètre) subit une baisse de sa capacité portante. Cette baisse est d’autant plus marquée que
la semelle est proche de la crête et que le talus est incliné.

G Fondation

sh
TN
sv
sh
sv
1,1 sh
1,2 sh
0,3 sv sv : enfoncement vertical de la semelle
sv = 0
sh : déplacement horizontal de la semelle
G : charge verticale centrée
β : inclinaison du talus
β

Fig. 11.8. Exemple de mécanisme de rupture moyen d’une fondation en crête de talus, extrait de [NF P94-261 2013]

11.1.3. Principes de justification d’une semelle superficielle


Les contraintes réellement transmises au sol par la semelle devront d’une part, être compa-
tibles avec le risque de rupture du sol et d’autre part, n’entraîner que des tassements
acceptables.
Ces principes de base sont traduits dans les règlements actuels par des vérifications à réaliser
sous les États limites ultimes (ELU) ou de service (ELS).
Ils sont classés selon les états STR, GEO, UPL, HYD définis dans le chapitre 7.
À l’ELU, les vérifications portent sur :
• la capacité portante du sol ;
• l’excentricité du chargement par rapport à la semelle ;
• le glissement à la base de la fondation.
Ces vérifications sont effectuées suivant l’approche de calcul 2, préconisée par l’annexe natio-
nale française NF P94-251-1/NA de l’Eurocode 7. L’approche 3, admise par ce même docu-
ment, s’utilise pour des vérifications de stabilité générale ou d’ensemble et pour les analyses
numériques d’interaction sol-structure.
Bien entendu, la stabilité générale du site doit être assurée notamment pendant et après la
réalisation de l’ouvrage.
Des vérifications structurelles sont aussi nécessaires. Ces dernières ne sont pas développées
dans cet ouvrage mais portent sur :
• la structure même de la fondation ;
• la solidité de l’ouvrage vis-à-vis des déformations sous les fondations.
L’aspect durabilité vis-à-vis de l’agressivité du milieu (sol et eau) est néanmoins développé au
chapitre 12.
Capacité portante du sol | 395

Tableau 11.1. Vérifications à faire à l’ELU [NF P94-261 2013]

Projet État-limite Situation du projet Combinaison d’actions


(caractère)

GEO : stabilité générale du site


Exécution
GEO : poinçonnement
(Transitoire)
Tous les projets GEO : excentrement du chargement et
Exploitation
GEO : glissement Fondamentale
(Durable)
STR : structure de la fondation et/ou
Exploitation
GEO : tassement / rotation
Selon le cas (Transitoire)
UPL : soulèvement

Selon le cas GEO / STR Accidentelle (choc) Accidentelle

À l’ELS, les vérifications portent sur :


• les déplacements ;
• la capacité portante du sol ;
• l’excentricité du chargement ;
• la structure de la fondation.

Tableau 11.2. Vérifications à faire à l’ELS [NF P94-261 2013]

Projet État-limite Situation du projet (caractère)

GEO : tassement / rotation / tassement différentiel

GEO : excentrement du chargement Quasi permanent


Tous les projets
GEO : limitation de la charge transmise au terrain et/ou caractéristique

STR : structure de la fondation

11.2. Capacité portante du sol


11.2.1. Comportement du sol à la rupture
Les études sur modèles réduits ont permis de mettre en évidence plusieurs zones de sol dans
lesquelles le comportement est différent pendant la phase de rupture. C’est ainsi que trois
zones principales peuvent être distinguées (figure 11.9) :
• la zone I est située directement sous la fondation. Le sol fortement comprimé est en équi-
libre surabondant et se déplace avec la fondation. Il forme un coin limité par les points A,
B et C ;
• la zone II est refoulée vers la surface ; les déplacements et cisaillements sont très importants
et il s’y produit une rupture généralisée ;
• dans la zone III, le sol est peu ou pas perturbé par la rupture.
396 | Fondations superficielles

En pratique, les sols n’étant pas homogènes et les charges n’étant pas rigoureusement centrées,
il se produit généralement un poinçonnement par rupture dite localisée avec basculement de
la fondation d’un côté ou de l’autre.

Qu

II II

A B
I

C
III

Fig. 11.9. Schéma de rupture d’une semelle

11.2.2. Formulation générale et coefficients de sécurité


À l’ELU, la formulation générale pour la vérification de la capacité portante est :
A´· qnet
Vd − R0 ≤ Rv;d = (1)
γR;v· γR;d;v
et R0 = A · q0
avec :
• Vd : valeur de calcul de la composante verticale de la charge transmise par la fondation
superficielle au terrain ; Vd doit inclure les charges s’appliquant à la fondation superficielle,
le poids de la fondation superficielle située sous le terrain après travaux ainsi que le poids
des sols situés entre la fondation superficielle et le terrain après travaux ;
• Rv;d : valeur de calcul de la résistance nette du terrain sous la fondation superficielle ;
• R0 : valeur du poids du volume de sol constitué du volume de la fondation sous le terrain
après travaux et des sols compris entre la fondation et le terrain après travaux ;
• A est la surface totale de la base de la fondation superficielle ;
• q0 est la contrainte totale verticale que l’on obtiendrait à la fin des travaux à la base de la
fondation superficielle en l’absence de celle-ci.
La figure 11.10 illustre les valeurs de R0 et q0 pour différentes configurations.
• A´ est la surface effective (comprimée) de la semelle ;
La surface A´ est une surface réduite de la surface de la fondation, déterminée suivant le
modèle de Meyerhof, illustré sur la figure 11.11 ci-après pour une semelle rectangulaire, eb
et eL représentant les excentricités par rapport au centre de la semelle et suivant les deux
axes principaux, de l’effort axial résultant.
e e
( )(
A´ = A · 1 − 2 b · 1 − 2 L
B L ) (2a)
Capacité portante du sol | 397

Niveau terrain fini Niveau terrain initial


Niveau terrain initial A Niveau terrain fini

q0
D A D

L L
Semelles filantes

Niveau terrain Niveau terrain fini


fini
A
D
q0 A A A
Niveau terrain fini
D q0
Radier rigide

Fig. 11.10. Illustration de R0 = A · q0 – exemple de cas

L´ = L − 2 eL

F
B´ = B − 2 eb eb
B

eL

Fig. 11.11. Illustration de la surface effective A´ – Modèle de Meyerhof

• qnet est la contrainte associée à la résistance nette du terrain sous la fondation superficielle.
Sa détermination dépend des paramètres retenus pour caractériser les sols (pl, qc, cu, c´, φ´)
et sera détaillée dans les paragraphes suivants ;
• γR;v est le facteur partiel permettant de passer de la valeur de calcul de la résistance nette
du terrain à sa valeur caractéristique. Pour l’approche de calcul 2, γR;v vaut 1,4 à l’ELU
pour des situations durables et transitoires (combinaison fondamentale) et 1,2 pour une
combinaison accidentelle. La portance sous combinaisons sismiques est traitée
spécifiquement ;
• γR;d;v est le coefficient de modèle associé à la méthode de calcul utilisée.

À l’ELS, la vérification de la charge portante est un critère de limitation de la charge de


manière à :
• prévenir les phénomènes de fluage ;
• vérifier que le calcul de tassement a été réalisé dans une gamme de chargement
acceptable.
Pour cela, l’inégalité (1) doit toujours être satisfaite, mais avec le coefficient γR;v de 2,3 sous
les combinaisons ELS quasi permanentes et caractéristiques. Pour les ELS fréquents, aucune
vérification n’est exigée dans la norme NF P94-261.
398 | Fondations superficielles

Les jeux de coefficients partiels à utiliser pour les vérifications de portance et le facteur résul-
tant de leur produit sont synthétisés au tableau 11.3.

Tableau 11.3. Facteurs partiels et coefficients de modèle aux ELU et aux ELS

Méthode de calcul γR;d;v γR;v · γR;d;v

ELU ELU ELS


combinaison combinaison quasi permanent
fondamentale accidentelle et caractéristique

γR;v = 1,4 γR;v = 1,2 γR;v = 2,3

cu – méthode analytique (sols


1,2 1,68 1,44 2,76
cohérents en conditions non drainées)

c´ et φ´ – conditions drainées 2,0 2,8 2,4 4,6

calage
c´ et φ´ – méthode numérique – – –
spécifique

Méthode pressiométrique 1,2 1,68 1,44 2,76

Méthode pénétrométrique statique 1,2 1,68 1,44 2,76

Pour les fondations superficielles supportant des murs-poids, des niveaux de déformations
plus conséquents sont acceptables. Les facteurs partiels à considérer sont alors différents (voir
chapitre 13). À noter que si le mur-poids est amené à supporter des charges provenant des
fondations d’un autre ouvrage, il convient alors d’appliquer pour les fondations du mur les
facteurs partiels présentés au tableau 11.3.

Nota : Calcul de la surface comprimée A´ :


1. Pour une semelle filante de largeur B considérée sur une longueur L, la surface A´ vaut pour
un excentrement e de la charge :
e
(
A´ = L · B · 1 − 2
B ) (2b)

2. Pour une semelle circulaire de rayon R, la surface A´ vaut pour un excentrement e de la


charge :
e
A´ = π ·R · 2
2
(
cos−1
π
R −
( )
2e
π ·R
· 1−
e 2
R ( ) ) (2c)

3. Les formules ci-dessus sont basées sur le calcul de la charge admissible à l’ELU ou à l’ELS
d’une semelle de fondation. Il est également possible de s’exprimer en contrainte admissible σR ;d
(égale à RV;d /A´) et en contrainte appliquée σV;d (égale à Vd /A´).
4. Il est possible d’adopter une répartition des contraintes sous une semelle suivant un
diagramme trapézoïdal ou triangulaire (au lieu d’une répartition homogène suivant Meyerhof ),
illustrée par le tableau 11.4 ci-dessous pour une semelle filante. Dans ce cas, la contrainte de
calcul est prise égale à la contrainte aux trois quarts de la répartition (trapézoïdale ou
triangulaire).
Capacité portante du sol | 399

Tableau 11.4. Schéma de trapèze/triangle de la contrainte sous une semelle filante

e ≤ B/6 e > B/6

B/4 3B/4 B´

qmin = 0

qmin

qref qref = 3 qmax


qmax 4
qmax

qref =
Vd
B (·1+
3e
B ) qref =
Vd
B − 2e

11.2.3. Méthodes fondées sur les propriétés de cisaillement du sol

11.2.3.1 . Méthode analytique – Conditions drainées


La charge limite de la fondation est déterminée en superposant trois états de résistance illus-
trés par la figure 11.12 :
• l’action de la résistance au frottement du sol sous le niveau de la semelle, entraînant une
certaine résistance Q γ , γ2 étant le poids volumique des terres sous le niveau de la semelle ;
• l’action des terres situées au-dessus du niveau des fondations est supposée agir comme une
surcharge q0 = γ1·D (ou q´0 = γ´1·D le cas échéant) sur un milieu non pesant, d’où une résis-
tance Q p , γ1 étant le poids volumique des terres au-dessus du niveau de la semelle ;
• l’action de la cohésion, d’où une résistance Q c.
La charge limite de la fondation sera Q u = Q γ + Q p + Q c et la contrainte limite qu = qγ + qp + qc
avec qu = Q u /S.
De nombreux auteurs ont résolu le problème en faisant des hypothèses différentes sur la rugo-
sité de la semelle et la forme de la zone en équilibre limite, c’est-à-dire sur l’allure des surfaces
de glissement. Bien que les valeurs numériques soient parfois assez différentes, toutes ces
études conduisent à la formule générale (3a) en contraintes totales.
qu = 0,5 sγ · γ2 · B · Nγ + sq · q0 · Nq + sc · c · Nc (3a)
• le premier terme est appelé terme de surface : il est proportionnel à B ;
• le deuxième est appelé terme de profondeur : il est proportionnel à D ;
• le troisième est appelé terme de cohésion : il est proportionnel à c ;
• sγ, sq et sc sont des coefficients dépendant de la forme des fondations ;
• Nγ, Nq, Nc sont les facteurs de capacité portante qui dépendent uniquement de l’angle de
frottement interne φ.
400 | Fondations superficielles


Terme de
γ2 ≠ 0
surface
φ≠ 0
B c= 0

Qp
Terme de
profondeur γ2 = 0
φ≠ 0
Q0 = γ1· D c= 0
D

Qc
Terme de
cohésion γ2 = 0
φ= 0
c≠ 0

Fig. 11.12. Décomposition de la charge ultime

En introduisant pour chacun de ces trois termes les coefficients bc, bq, bγ relatifs à l’inclinaison
de la base de la semelle, ainsi que les coefficients ic, iq, iγ relatifs à l’inclinaison de la charge,
on retrouve la formulation de la norme NF P94-261, en contraintes effectives :
qnet = 0,5 sγ · γ´· B´· Nγ · bγ · iγ + sq· (q´0 + q) · Nq· bq· iq + sc· c´· Nc· bc· ic − q´0 (3b)
avec c´ : valeur de cohésion effective du sol d’assise de la fondation ;
γ´ : poids volumique effectif du sol ;
B´ : largeur effective de la fondation, illustrée dans la figure 11.11 ;
q´0 : la contrainte effective à la base de la fondation après les travaux en faisant abstrac-
tion de celle-ci ;
q : pression de surcharge au niveau de la base de la fondation ;
bc, bq, bγ : les coefficients de base inclinée ;
ic, iq, iγ : les coefficients d’inclinaison de la charge.

Remarque
Les formulations de Nγ , Nq et Nc ainsi que sγ , sq, sc présentées jusqu’ici sont celles proposées dans l’annexe
informative F de la norme NF P94-261. Comme précédemment indiqué, d’autres expressions existent, sans
qu’il ne soit possible d’en privilégier une plutôt qu’une autre. On pourra apprécier le panel des formules en
se référant à [11 Magnan 2004].
Capacité portante du sol | 401

Les facteurs de portance, les coefficients de base et de forme de la fondation et les coefficients
d’inclinaison de la charge sont déterminés selon les formules du tableau 11.5.

Tableau 11.5. Facteurs de portance et coefficients sur l’inclinaison de la base, la forme de la fondation
et l’inclinaison de la charge

Terme de surface Nγ Terme de surcharge Nq Terme de cohésion Nc

π φ´ Nq − 1
Nγ = 2 (Nq − 1) · tan φ´ Nq = eπ·tan φ´· tan2 +
4 2 ( ) Nc =
tan φ´

Valeurs de : Nγ Nq Nc

selon φ´ (°)

0 0 1,0 5,1
15 1,6 3,9 10,9
20 3,9 6,4 14,8
25 9,0 10,7 20,7
30 20,1 18,4 30,1
35 45,2 33,3 46,1
40 106 64,2 75,3
45 268 135 134

B´ B´ sq·Nq − 1
Forme sγ = 1 − 0,3 sq = 1 + · sin φ´ sc =
L´ L´ Nq − 1

Inclinaison 1 − bq
bγ = (1 − α · tan φ´)2 bq = (1 − α · tan φ´)2 bc = bq −
de la base Nc· tan φ´

1 − iq
( ) ( )
H m+1 H m
Inclinaison iγ = 1 − iq = 1 − ic = iq −
de la charge V + A´·c´/tan φ´ V + A´·c´/tan φ´ Nc· tan φ´

α représente l’inclinaison de la base de la fondation par rapport à l’horizontale

La valeur de l’exposant m est déterminée selon les expressions suivantes :


B´ B´ B´

H
L´ L´ L´
θ
H H
L L L

B B B
Composante horizontale Composante horizontale Dans les autres cas :
dans la direction de B´ : dans la direction de L´ :
B´ L´
2+ 2+
m = mB = L´ (4a) m = mL = B´ (4b) m = mθ = mL· cos2θ + mB· sin2θ (4c)
B´ L´
1+ 1+
L´ B´

Fig. 11.13. Expressions de la valeur m


402 | Fondations superficielles

11.2.3.2. Méthode analytique – Conditions non drainées


Dans les sols fins saturés, φ étant égal à 0 en conditions non drainées, la valeur minimale du
terme de cohésion Nc vaut π + 2 (soit 5,14). Les valeurs de Nγ et Nq retenues au tableau 11.5
valent respectivement 0 et 1.
La formule (3b) devient donc naturellement :
qnet = (π + 2) · cu · sc · bc · ic + q (5)
cu est la cohésion non drainée, q est la pression de surcharge au niveau de la base de la fonda-
tion et sc, bc et ic sont définis par les formules suivantes :

sc = 1 + 0,2 (6a)


bc = 1 − (6b)
π+2

ic =
1
2(1+ 1−
H
A´· cu ) avec H ≤ A´· cu (6c)

11.2.3.3. Méthode analytique – Prise en compte de la proximité d’un talus


La diminution de la portance d’une semelle située à proximité d’un talus peut être traitée de
façon similaire aux méthodes pressiométrique et pénétrométrique.
La méthode retenue dans la norme NF P94-261 est développée au chapitre 11.2.4.1.5.

11.2.3.4. Méthodes numériques


La norme d’application nationale de l’Eurocode 7 introduit la possibilité de justifier la
portance d’une fondation superficielle en ayant recours à des méthodes numériques, telles
que la méthode des éléments finis ou des différences finies.
Il n’est pas prévu de développer ici l’éventail des possibilités offertes par ces méthodes. Nous
insisterons plutôt sur l’impérieuse nécessité de s’étalonner sur des résultats déjà connus et
éprouvés, soit à partir d’essais en grandeur réelle, soit plus couramment sur des méthodes de
calculs déjà reconnues. Les méthodes numériques n’ont donc d’intérêt réel que pour étudier
des configurations complexes que les méthodes classiques ne couvrent pas. Là encore, une
analyse fine des résultats est nécessaire. Suivant la complexité et les enjeux, des vérifications
a posteriori peuvent s’avérer indispensables.
En deux mots, le bon sens et l’œil critique du praticien sont impératifs pour garder le recul
nécessaire sur l’apparente certitude que semblent offrir ces méthodes.

11.2.4. Méthode basée sur les données mesurées in situ


Le géotechnicien est doté d’une variété de sondages in situ pour caractériser au mieux les sols
en fonction de ses besoins. Un de ses besoins premiers étant de connaître la charge que peut
supporter un sol sur lequel il est prévu de construire un ouvrage, il est naturel de chercher un
lien direct entre les données mesurées in situ et sa capacité portante.
En France, la norme NF P94-261 fournit tous les éléments permettant de calculer la portance
ultime à partir des méthodes pressiométriques et pénétrométriques statiques. D’autres
Capacité portante du sol | 403

méthodes de calcul seront aussi développées dans ce document. L’utilisation de ces dernières
en France à des fins de dimensionnement nécessite de passer par une étape de validation.
La diversité des méthodes de calculs associées aux différents sondages permettra de s’assurer
de la cohérence des résultats obtenus (de même que la diversité des sondages sur un même site
est propice à enrichir et à affiner la connaissance du terrain).

11.2.4.1 . Méthode pressiométrique


La contrainte qnet du terrain sous une fondation à base horizontale est déterminée par la
formule (7) :
qnet = kp · p*le · iδ · iβ (7)
avec kp : facteur de portance pressiométrique ;
p*le : pression limite nette équivalente ;
iδ : coefficient de réduction de portance lié à l’inclinaison du chargement (valant 1 si la
charge est verticale) ;
iβ : coefficient de réduction de portance lié à la proximité d’un talus (valant 1 si la fonda-
tion est suffisamment éloignée du talus).
La formule générale (1) devient alors :
A´· kp· p*le· iδ · iβ
Vd − A · q0 ≤ Rv;d = (8)
γR;v· γR;d;v
Et le tableau 11.3 se résume à :
Tableau 11.6. Facteur partiel et coefficient de modèle aux ELU et aux ELS – méthode pressiométrique

Méthode de calcul γR;d;v γR;v · γR;d;v

ELU ELU ELS


combinaison combinaison quasi permanent
fondamentale accidentelle et caractéristique

γR;v = 1,4 γR;v = 1,2 γR;v = 2,3

Méthode pressiométrique 1,2 1,68 1,44 2,76

Remarque
Le cas d’une semelle présentant une base inclinée est traité au paragraphe 11.2.4.1.6.

11.2.4.1 .1 . Pression limite nette équivalente p*le


La valeur de p*le est définie comme la moyenne géométrique des pressions limites nettes carac-
téristiques ou représentatives sur une épaisseur hr sous l’assise de la fondation.
n n
p*le = ∏ p*l;k;i (9)
i =1
où p*l;k;i représente la valeur caractéristique ou représentative de la pression limite nette dans
la couche i.
Le choix des pressions limites nettes représentatives doit provenir d’une analyse issue de
l’ensemble des données exploitables, en gardant à l’esprit que ce sont les couches de sols les
moins compactes qui limitent la portance du terrain.
404 | Fondations superficielles

La norme NF P94-261 rappelle aussi que pour des valeurs de pression limite nette équiva-
lente faibles (inférieures à 0,2 MPa pour les argiles et les limons et inférieures à 0,3 MPa pour
les sables), il convient de s’assurer que la portance du sol sous la fondation superficielle est
pérenne.
B/2
La détermination de p*le nécessite aussi de définir hr.
Sous ELS, la valeur de hr à retenir est hr = 1,5 B. B/4 e
Sous ELU et pour les justifications au séisme, la
valeur de hr dépend de l’excentrement de la charge,
selon la représentation suivante pour une fondation
hr
filante.

1,5 B

Fig. 11.14. Illustration de la variation de hr


en fonction de e pour une semelle filante
Les formules sont rappelées ci-après : de largeur B
• Semelles filantes de largeur B :
2e 1 2e 1
hr = 1,5 B si 1 − ≥ et hr = 3 B − 6 e si 1 − < (10a)
B 2 B 2
• Fondations circulaires de diamètre B :
2e 9 8 B 16 e 2e 9
hr = 1,5 B si 1 − ≥ et hr = − si 1 − < (10b)
B 16 3 3 B 16
• Pour les fondations rectangulaires de largeur B et de longueur L :
2e
( )(
hr = 1,5 B si 1 − B · 1 − L ≥
B
2e
L
1
2) et

2e
(
hr = min(3 B − 6 eB; 3 L − 6 eL;1,5 B) si 1 − B · 1 − L <
B )(
2e
L
1
2 ) (10c)

11.2.4.1 .2. Facteur de portance pressiométrique kp


La détermination de kp nécessite au préalable d’introduire la hauteur d’encastrement
équivalente De.
1 D
De = · p*(z)· dz
p*le d = 0 l ∫ (11)

De est une valeur conventionnelle, inférieure ou égale


à D, qui permet de pondérer les épaisseurs de terrains
suivant leur compacité.
D
De

Fig. 11.15. Illustration de la valeur de De


Capacité portante du sol | 405

La valeur de kp peut alors être déterminée en utilisant la figure 11.16 suivante. Les courbes Q1
à Q8 sont définies en fonction de la nature des sols et du type de semelle selon le tableau 11.7 :
Tableau 11.7. Choix des courbes Q1 à Q8 - méthode pressiométrique

Argiles et limons Sables et graves Craies Marnes et


marno-calcaires
Argiles limoneuses – limons Sables argileux – sables – Roches
argileux – argiles sableuses limoneux – limons sableux altérées

Semelle filante Q1 Q3 Q5 Q7

Semelle carrée Q2 Q4 Q6 Q8

2,0
Q8 - marnes et marno-calcaires - roches altérées - semelles carrées

Q7 - marnes et marno-calcaires - roches altérées - semelles filantes


1,8 Q2 - argiles et limons - semelles carrées

Q1 - argiles et limons - semelles filantes


Q8
1,6 1,6

1,4 1,4
Q7
kP

1,2
Q2
1,12
1,02
1,0 Q1

0,8

0,6
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
De/B
2,0

Q6
1,8
1,77

Q4
1,6 1,58
Q5 1,52

1,4 1,39
Q3
kP

1,2

1,0
Q6 - craies - semelles carrées

Q5 - craies - semelles filantes


0,8
Q4 - sables et graves - semelles carrées

Q3 - sables et graves - semelles filantes

0,6
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
De/B

Fig. 11.16. Détermination de kp pour des semelles filantes et carrées


406 | Fondations superficielles

La valeur de kp pour des fondations de forme rectangulaire est alors fonction du rapport B/L,
des valeurs de kp d’une semelle carrée (B/L = 1) et des valeurs de kp d’une semelle filante
(B/L = 0), selon la formule suivante :
kp;B/L = kp;B/L=0 · 1 −
B
L (
+ kp;B/L=1 ·)B
L
(12)

11.2.4.1 .3. Coefficient de réduction lié à l’inclinaison du chargement


On définit l’inclinaison du chargement δd par :
δd = arctan
( )
Hd
Vd
(13)

avec Hd valeur de calcul de l’effort horizontal ;


Vd valeur de calcul de l’effort vertical.
Une fois définie la valeur de δd, le coefficient de réduction iδ se calcule suivant les formules
suivantes.
• Pour des sols purement cohérents, on retient :
2δ 2
iδ;c;De/B = 1 − d
π ( ) (14)

• Pour des sols purement frottants, deux formules sont utilisées suivant la valeur de l’incli-
naison de chargement :
2δ 2 2δ 2δ π
et
π( π ) ( )
iδ;f;De/B = 1 − d − d · 2 − 3 d · e B
π
D
− e
pour δd <
4
(15a)

2δ 2 2 δ 2 − De
(
iδ;f;De/B = 1 − d − 1 − d · e B
π π ) ( ) pour δd ≥
π
4
(15b)

• Pour des sols à la fois cohésifs et frottants, les deux formules précédentes sont associées de
la façon suivante :
α·c
(
iδ;cf;De/B = iδ;f;De/B + (iδ;c;De/B − iδ;f;De/B)· 1 − e

γ ·B · tan φ
) (16)

avec α : paramètre de calage égal à 0,6.


Un exemple est donné ci-après avec c = 10 kPa, φ = 30° et De /B = 0,5.
1
0,9 Sol purement cohérent
Sol cohérent et frottant avec De/B = 0,5
0,8
Sol purement frottant avec De/B = 0,5
0,7 Sol purement frottant avec De/B = 0

0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Inclinaison de la charge (degrés)

Fig. 11.17. Exemple de variation du coefficient de réduction (en ordonnée) en fonction de l’angle d’inclinaison
de la charge en degrés (en abscisse). Calcul pour une cohésion de 10 kPa et un angle de frottement de 30°
Capacité portante du sol | 407

L’application de ces formules amène aux remarques suivantes :


• Pour des sols purement cohérents, le coefficient de réduction iδ dépend uniquement de
l’inclinaison de la charge. Il ne découle donc ni de l’encastrement ni de la valeur de cohé-
sion (néanmoins l’encastrement intervient dans la valeur de kp et la cohésion plus ou
moins directement dans la valeur de qnet).
• Pour des sols purement frottants, le coefficient de réduction iδ ne dépend pas de l’angle de
frottement, mais de l’inclinaison de la charge et de l’encastrement relatif de la fondation
(la figure 11.17 présente la courbe des valeurs calculées pour De /B = 0 et De /B = 0,5).
• La valeur de iδ pour un sol purement frottant avec De /B = 0 est un minorant des valeurs
possibles.

• ( 2δ 2
)
La valeur de iδ;c;De/B = 1 − d , correspondant à un sol purement cohérent, est un majo-
π
rant des valeurs de iδ pouvant être calculées.

11.2.4.1 .4. Coefficient de réduction liée à la présence d’un talus de pente β


Les paramètres principaux sont définis par l’illustration suivante :

β β < π/4

Fig. 11.18. Fondation superficielle à proximité d’un talus [NF P94-261 2013]

Le talus est réputé avoir une influence sur la portance de la fondation jusqu’à d = 8 B.

Les formules suivantes sont utilisées :


• pour des sols purement cohérents :
β
iβ;c;De/B = 1 −
π(· 1−
d
8B ) 2
pour d < 8 B (17)

• pour des sols purement frottants :

( )
De 2
d+
tan β De
iβ;f;De/B = 1 − 0,9 tan β ·(2 − tan β)· 1 − avec d + < 8B (18)
8B tan β
• pour des sols à la fois cohésifs et frottant, les deux formules précédentes sont associées de
la façon suivante :
α·c
iβ;cf;De/B = iβ;f;De/B + (iβ;c;De/B − iβ;f;De/B)· 1 − e( −
γ ·B · tan φ
) (19)

avec α : paramètre de calage égal à 0,6.

La méthode est aussi valable pour les méthodes au pénétromètre statique et celles fondées sur
les paramètres de cisaillement.
408 | Fondations superficielles

11.2.4.1 .5. Prise en compte simultanée des coefficients iδ et iβ


Dans le cas de la figure 11.19a, où la charge est inclinée et dirigée vers l’extérieur du talus, la
formule générale s’applique. La résolution complète consiste à multiplier iδ par iβ.

qnet = kp· p*le· ib· i`


d

β β < π/4

Fig. 11.19a. Charge dirigée vers l’extérieur du talus

Dans le cas de figure 11.19b, où la charge inclinée est dirigée vers l’intérieur du talus, il
convient de remplacer le produit iδ ·iβ par iδβ.

d
iδβ = min
( )

;i
iδ δ

β β < π/4

Fig. 11.19b. Charge dirigée vers l’intérieur du talus

11.2.4.1 .6. Coefficient de réduction liée à l’inclinaison de la base d’une fondation


Cette configuration se rencontre notamment pour les fondations de bracons retenant des
parois de soutènement.
L’inclinaison de la base de la semelle peut être appréciée en utilisant les formules provenant
des méthodes analytiques.

Remarque
S’il n’existe qu’une formule pour les conditions non drainées, il y a deux formules pour les conditions drai-
nées : une relative au terme de surcharge et de profondeur (bq et bγ) et une relative au terme de cohésion (bc).
La norme ne précisant pas la formule devant alors être appliquée, le jugement d’ingénieur semble permis, à
condition d’y respecter la règle de prudence.

Il est aussi admis d’utiliser les formules liées à la présence d’un talus en assimilant l’inclinaison
de la semelle à celle du talus.

d β d

Fig. 11.20a. Semelle en présence d’un talus Fig. 11.20b. Semelle inclinée

Des méthodes numériques peuvent enfin être utilisées.


Capacité portante du sol | 409

11.2.4.2. Méthode à partir d’essais au pénétromètre statique

La contrainte qnet du terrain sous une fondation est déterminée par la formule (20) :
qnet = kc · qce · iδ · iβ (20)

avec kc : facteur de portance pénétrométrique ;


qce : résistance de pointe équivalente ;
iδ : coefficient de réduction de portance lié à l’inclinaison du chargement (valant 1 si la
charge est verticale) ;
iβ : coefficient de réduction de portance lié à la proximité d’un talus (valant 1 si la fonda-
tion est suffisamment éloignée du talus).

La détermination des valeurs de iδ et de iβ a été détaillée avec la méthode pressiométrique


(voir § 11.2.4.1), ainsi que les méthodes permettant d’apprécier l’effet de l’inclinaison de la
base de la semelle.

La formule générale (1) devient alors :


A´· kc· qce· iδ · iβ
Vd − A · q0 ≤ Rv;d = (8bis)
γR;v· γR;d;v

Et le tableau 11.3 se résume à :

Tableau 11.3bis. Facteurs partiels et coefficient de modèle aux ELU et aux ELS – méthode pénétrométrique

Méthode de calcul γR;d;v γR;v · γR;d;v

ELU ELU ELS


combinaison combinaison quasi permanent
fondamentale accidentelle et caractéristique

γR;v = 1,4 γR;v = 1,2 γR;v = 2,3

Méthode pénétrométrique 1,2 1,68 1,44 2,76

11.2.4.2.1 . Résistance de pointe équivalente

La résistance de pointe corrigée qcc(z) est déterminée en écrêtant les valeurs de pointe à
1,3 fois la valeur moyenne qcm. La valeur moyenne est calculée entre D et D + hr.
La détermination de hr est identique à celle développée au § 11.2.4.1.1.

La résistance de pointe équivalente qce est alors obtenue à partir de la formule suivante :
1 D +hr
qce = ∫
· q (z)· dz
hr D cc
(21)
410 | Fondations superficielles

qc (courbe lissée)

h qcm 1,3 qcm


qce

hr

Fig. 11.21. Illustration de qce d’après [Fascicule n°62 titre V 1993]

11.2.4.2.2. Facteur de portance pénétrométrique

Q6 - craie - marnes et marno-calcaires - roches altérées - semelles carrées

Q5 - craie - marnes et marno-calcaires - roches altérées - semelles filantes

Q4 - sables et graves - semelles carrées


0,5 Q3 - sables et graves - semelles filantes

Q2 - argiles et limons - semelles carrées


0,45
Q1 - argiles et limons - semelles filantes

0,4 Q2
0,38
0,35 0,35
Q1
0,3
0,27
kc

0,25 Q6
0,24
0,21
0,2 Q5
Q4
0,15 0,16
0,14
0,11 Q3
0,1
0,09
0,05

0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
De/B

Fig. 11.22. Détermination de kc pour une semelle filante ou carrée


Capacité portante du sol | 411

Par analogie avec la méthode pressiométrique, la notion d’encastrement équivalente peut être
introduite à partir du pénétromètre statique, par :
1 D
De = ∫
· q (z)· dz
qce d = 0c
(22)

La valeur du facteur de portance pénétrométrique kc peut être déterminée à partir des courbes
Q1 à Q6 de la figure 11.22. Ces courbes Q1 à Q6 sont définies en fonction de la nature des
sols et du type de semelle selon le tableau 11.8 :

Tableau 11.8. Choix des courbes Q1 à Q6 – méthode pénétrométrique

Argiles et limons Sables et graves Craies Marnes et


marno-calcaires
Argiles limoneuses – limons Sables argileux – sables – Roches
argileux – argiles sableuses limoneux – limons sableux altérées

Semelle filante Q1 Q3 Q5 Q5

Semelle carrée Q2 Q4 Q6 Q6

La valeur de kc pour des fondations de forme rectangulaire est alors fonction du rapport B/L,
des valeurs de kc d’une semelle carrée (B/L = 1) et des valeurs de kc d’une semelle filante
(B/L = 0), selon la formule suivante :
kc;B/L = kc;B/L=0 · 1 − (
B
L )
+ kc;B/L=1 ·
B
L
(23)

11.2.4.2.3. Semelles, charges et sols inclinés

La diminution de la portance du fait de l’inclinaison de la semelle, de la charge ou de la


présence d’un talus s’évalue de façon similaire à la méthode pressiométrique.

11.2.4.3. Pénétromètre dynamique

La norme NF P94-261 ne présente pas de méthode de dimensionnement à partir des résul-


tats de sondages dynamiques, comme la résistance dynamique de pointe qd, quel que soit le
type de pénétromètre dynamique utilisé (cf. norme NF EN ISO 22476-2).
On rappellera pour mémoire la formule empirique (24) qui ne peut être utilisée que pour
apprécier la faisabilité de fondations superficielles au stade de l’avant-projet sommaire, ou
bien pour contrôler la portance d’un horizon bien connu par ailleurs.
q
qu = d avec kd = 5 à 7 (24)
kd

11.2.4.4. Essais de pénétration au carottier – SPT

Cet essai normalisé (voir chapitre 6) permet d’apprécier l’angle de frottement interne des sols
pulvérulents et donc d’appliquer la théorie de la plasticité exposée précédemment (méthode
des paramètres de cisaillement).
412 | Fondations superficielles

Très peu compact

Moyennement
Peu compact

compact

compact

compact
Assez

Très
140 Nγ 0
Facteur de capacité portante Nγ et Nq N
120 20

Essai standard de pénétration, N


coups/pied (30 cm)
Nq
100 40

80 60

60 80

40

20

0
28 32 36 40 44 Angle de
frottement interne φ
Fig. 11.23. Relations entre les valeurs de SPT, l’angle de frottement interne du sol
et les facteurs de capacité portante

Les abaques des figures 11.24 et 11.25 ci-après proposent une estimation de la contrainte
admissible pour des sables.
Ces abaques, présentés dans la Revue Française de Géotechnique n° 58 [11  Gonin  1992],
tiennent compte d’un coefficient de sécurité global de 3 par rapport à la rupture et ne sont
applicables que si le niveau de la nappe phréatique sous la semelle est au moins à une profon-
deur égale à la largeur de la semelle. La figure 11.25 donne la contrainte admissible pour un
tassement de 1 pouce (2,54 cm).

1,6
50

40
N=

N=

1,4
Contrainte admissible (MPa)

1,2
35
=
N

1,0

0,8
30
N=
0,6
25
N=
0,4
0
N=2
0,2 N= 5
1
N = 10
N=5
0
0 2 4 6
Largeur B de la semelle (m)
Fig. 11.24. Contrainte admissible en surface d’après NSPT
Capacité portante du sol | 413

0,8

0,7

N = 50 Très dense

Contrainte admissible (MPa)


0,6

N = 50
0,5

N = 40 Dense
0,4

0,3 N = 30

0,2 N = 20 Moyen

0,1 N = 10

N=5 Lâche
0
0 2 4 6
Largeur B de la semelle (m)

Fig. 11.25. Relation entre NSPT, contrainte admissible et largeur de la semelle

11.2.5. Semelles superficielles ancrées dans un bicouche


11.2.5.1 . Présence d’une couche d’argile en profondeur
Cette configuration est assez fréquente ; en particulier lorsque le site est composé d’argile
molle ou peu consistante, une méthode de fondation consiste à substituer le sol sur une
certaine épaisseur par un matériau compacté de bonne qualité et généralement granulaire.
Y. Tcheng [11 Tcheng 1957] a étudié le cas de la présence d’un bicouche constitué d’une
couche de sol pulvérulent de poids volumique γ1 et d’angle de frottement interne φ, surmon-
tant une argile purement cohérente ; il est parvenu aux résultats décrits ci-après.

B N *γ 300

φ = 45° 114
100
40° 49,1
50
D 22,7
20 35°
Couche I
30°
h1 10
5

φu = 0 2
Argile Couche II
cu ≠ 0
1
1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
h1/B

Fig. 11.26a. Définition d’un bicouche Fig. 11.26b. Valeurs de N *γ


414 | Fondations superficielles

La résistance ultime de la fondation dépend du rapport h1 /B. Trois cas peuvent être
distingués :
h (2 + π)·cu
• Si 1 < 1,5 : qu = q 0 + (25)
B h
1 − 0,3 1
B
h1
• Si 1,5 < < 3,5 : qu = q0 + 0,5 γ1·B ·N *γ + cu·N *c (26)
B
h
avec N *c = 15,75 − 4,5 1 et N *γ donné par la figure 11.26b en fonction de l’angle de
B
frottement interne de la couche supérieure.
h1
• Si > 3,5 : l’influence de la couche d’argile devient négligeable.
B

11.2.5.2. Présence d’un substratum rigide en profondeur


La fondation est ancrée dans une couche d’argile saturée (φu = 0) d’épaisseur h, limitée par
rapport à la largeur B de la semelle (figure 11.27a).
La contrainte de rupture de la semelle continue se déduit de la formule (3a).
qu = q0 + c ·N *c (27)
N *c dépend du rapport B/h et du contact lisse ou rugueux entre la fondation et le sol. Les
valeurs de N *c [11 Mataar 1977] sont données sur la figure 11.27b. Cette figure montre qu’il
faut que le rapport B/h soit grand pour que le substratum induise une augmentation signifi-
cative de la capacité portante.

B/h
TN

D 30
e

se
liss

γ≠0
eu
gu

φ=0
ace

B
ru
erf

h
ce

c≠0 20
r fa
Int

te
In

Substratum rigide
10

N *c
0
0 5 π+2 10 15 20

Fig. 11.27a et fig. 11.27b. Fondation dans un sol purement cohérent d’épaisseur limitée

11.3. Excentrement admissible des charges


La norme NF P94-261 fournit des valeurs d’excentrement à ne pas dépasser. Ces valeurs sont
rappelées dans le tableau 11.9 et illustrées dans la figure 11.28 pour une semelle filante.
Glissement | 415

Tableau 11.9. Valeurs d’excentrement admissibles

Semelle filante Semelle circulaire Semelle rectangulaire


de largeur B de diamètre B de largeur B et de longueur L

ELU durables et transitoires 1−


2e

B 15
1
1−
2e
B

3
40 (1 − 2Be )·(1 − 2Le ) ≥ 151
B L

ELS quasi permanent et


fréquent
1−
2e 2
B

3
1−
2e 3
B

4 (1 − 2Be )·(1 − 2Le ) ≥ 23
B L

2e 1
ELS caractéristique 1−
B

2
1−
2e

B 16
9
(1 − 2Be )·(1 − 2Le ) ≥ 12
B L

e= 7 B B B
e= e=
15 6 4

ELU durables ELS quasi ELS


et transitoires permanent et caractéristique
fréquent

Fig. 11.28. Illustration des excentrements admissibles pour une semelle filante

En considérant une contrainte de réaction du sol de type triangulaire (voir § 11.2.2), cela
revient à considérer une semelle entièrement comprimée sous ELS quasi permanent et
fréquent ; et à accepter un décollement de 75 % et de 90 % respectivement sous ELS caracté-
ristiques et sous ELU durable et transitoire.

Remarque
Pour des ouvrages de types monopodes (pylônes de télécommunications, fondations d’éoliennes), les soulève-
ments admissibles retenus sous ELU fondamental sont souvent moindres (70 %, voire parfois 50 %). Les
fondations d’éoliennes font par ailleurs l’objet de recommandations spécifiques citées en référence
[11 Cfms 2011], auxquelles on pourra se reporter.

11.4. Glissement
Sous les états limites ultimes, il convient de s’assurer de l’absence de glissement sous la base
d’une fondation par l’application de l’inégalité suivante :
Hd ≤ Rh;d + Rp;d (28)
avec Hd : valeur de calcul de la composante horizontale des efforts appliqués à la base de la
fondation ;
Rh;d : valeur de calcul de la résistance au glissement de la fondation sur le terrain ;
Rp;d : valeur de calcul de la résistance frontale ou tangentielle de la fondation.
416 | Fondations superficielles

La contribution de la résistance frontale Rp;d à la résistance au glissement doit faire l’objet de


grandes précautions du fait des incertitudes sur la pérennité de l’épaisseur de terrain dans
laquelle elle peut être mobilisée. Par ailleurs, la butée maximale ne peut être obtenue que par
des déplacements élevés pouvant être inadmissibles pour la structure portée et associée à la
valeur liée au frottement résiduel. À l’intérieur des bâtiments et pour des fondations coulées
pleines fouilles, il est d’usage de limiter la butée à une valeur de butée hydrostatique (kp = 1)
lorsque l’on prend en compte cette résistance. Pour des fondations superficielles, la norme
NF  P94-261 conseille de négliger dans l’évaluation de la portance les réactions latérales
(frottement sur les faces latérales, butée). La contribution de  Rp;d sera négligée dans ce
chapitre. Pour plus de renseignements, il convient de se reporter à la norme NF P94-261 ou
au chapitre fondations semi-profondes du présent ouvrage.
Rh;d vaut :
• en conditions non drainées : Rh;d = min
( A´· cu;k
γR;h· γR;d;h
; 0,4 Vd
) (29a)

Vd · tan δa;k
• en conditions drainées : Rh;d = (29b)
γR;h· γR;d;h
avec A´ : valeur de la surface effective de la semelle telle que présentée dans la figure 11.11,
Vd : valeur de calcul de la composante verticale de la charge transmise par la fondation
superficielle au terrain ;
γR;h : facteur partiel pour la résistance au glissement de la fondation superficielle ;
γR;d;h : coefficient de modèle lié à l’estimation de la résistance ultime au glissement ;
cu;k : valeur caractéristique de la cohésion non drainée du terrain d’assise de la
fondation ;
δa;k : valeur caractéristique de l’angle de frottement à l’interface entre la base de la fonda-
tion et le terrain. δa;k peut être retenue comme égale à l’angle de frottement interne à
l’état critique pour une fondation en béton coulée en place et à 2/3 de l’angle de frotte-
ment interne à l’état critique pour une fondation préfabriquée lisse.
Les coefficients partiels sont présentés dans le tableau 11.10.

Tableau 11.10. Coefficients partiels au glissement

γR;h γR;d;h γR;h · γR;d;h

ELU – situations de projet durables et transitoires 1,1 1,1 1,21

ELU – situations de projet accidentelles 1,0 1,1 1,1

11.5. Justifications sous sollicitations sismiques


Les vérifications et critères de dimensionnement sont présentés dans l’Eurocode 8 partie 5
[11  NF  EN  1998-5  2005]. Conformément aux calculs à l’état limite ultime, les semelles
doivent être vérifiées afin d’éviter la rupture par glissement et la rupture par perte de capacité
portante (article 5.4.1.).
Justifications sous sollicitations sismiques | 417

11.5.1. Portance sous sollicitations sismiques


Pour vérifier la portance sous des situations de projet sismiques, la norme NF  P94-261
renvoie à l’annexe informative F de l’Eurocode 8 partie 5 où il convient de s’assurer que :
c c c´ c
 ) T·(β ·V
(1 − e ·F  )T  ) M·(γ · M
(1 − f ·F  )M
+ −1≤0 (30)
N
a
[
 · (1 − m ·F
 )
k k´

−N ]b N
c
[
 · (1 − m ·F
 )
k k´

−N ]d
γ ·N γ ·V γ ·M
avec N  = Rd Ed ; M
 = Rd Ed ; V  = Rd Ed (30bis)
Nmax Nmax B · Nmax
et NEd : valeur de calcul de l’effort normal (par ml de semelle) sur la base horizontale ;
MEd : valeur de calcul de l’action exprimée en termes de moment (par ml) ;
VEd : valeur de calcul de l’effort tranchant horizontal (par ml) ;
Nmax : capacité portante ultime de la fondation sous charge verticale centrée (par ml) ;
B : largeur de la fondation ;
F : force d’inertie du sol, sans dimension ;
γRd : coefficient partiel de modèle.

Les différentes variables liées aux caractéristiques de sols, les coefficients partiels et le domaine
d’application sont définis dans le tableau 11.11. Les constantes sont quant à elles données au
tableau 11.12.
Tableau 11.11. Valeurs de Nmax , γM, γRd et F

Sols secs Sols sans cohésion saturés Sols purement cohérents


purement frottants avec accumulation de
ou sols sans cohésion saturés pression interstitielle
sans accumulation de pression
interstitielle
τcu cu
Nmax
1
2 (
a
ρ·g· 1 + v ·B2·Nγ
g ) (π + 2)·
γM
·B (π + 2)·
γM
·B

ag ρ·ag·S·B ρ·ag·S·B
F g · tan φ´d τcu cu
F = 0 si ag·S < 0,1 g F = 0 si ag·S < 0,1 g F = 0 en situations courantes

1,25 sur tan φ 1,25 1,4


γM
(pour le calcul de Nγ)
Sable lâche Sable moyennement Sable lâche Argile Argile
γRd sec dense à dense saturé non sensible sensible
1,15 1,00 1,5 1,00 1,15
Valable  ≤1
0 <N  ≤1
0 <N
 < (1 − m·F
0 <N  )k´
pour  ≤1
V  ≤1
V
avec ag = γI · agR : valeur de calcul de l’accélération du sol pour un sol de classe A
γI : coefficient d’importance
agR : pic de référence de l’accélération du sol pour un sol de classe A
S : paramètre caractéristique du sol
av = 0,5 ag·S : accélération verticale du sol
τcu : résistance au cisaillement cyclique non drainé
cu : cohésion non drainée
418 | Fondations superficielles

Tableau 11.12. Valeurs des constantes pour l’expression (30)

Sol purement cohérent Sol purement frottant

a 0,70 0,92

b 1,29 1,25

c 2,14 0,92

d 1,81 1,25

e 0,21 0,41

f 0,44 0,32

m 0,21 0,96

k 1,22 1,00

k´ 1,00 0,39

cT 2,00 1,14

cM 2,00 1,01

c´M 1,00 1,01

β 2,57 2,90

γ 1,85 2,80

Remarque
Il suffit de comparer les expressions de Nmax avec la méthode analytique pour se rendre compte que Nmax
correspond à une charge verticale appliquée à une semelle filante avec un encastrement nul, sans surcharge.
Il est tentant de généraliser cette expression et donc l’utilisation de la formule (30) à des fondations isolées en
y intégrant les valeurs sγ et sc.

La norme NF P94-261 autorise de calculer Nmax à partir des méthodes pressiométrique et


pénétrométrique (statique).
Tableau 11.13. Valeurs de Nmax, γM, γRd à partir d’essais in situ

Méthode pressiométrique Méthode pénétrométrique

Nmax kp;0 · p*le kc;0 · qce

1 pour les Sables et Graviers 0,09 pour les Sables et Graviers


kp;0 , kc;0 0,8 pour les autres sols 0,27 pour les Argiles et Limons
0,11 pour les autres sols

γM 1,4 1,4

γRd 1,2 1,2

La comparaison de la portance du sol sous conditions statiques et sismiques n’est pas directe,
compte tenu de la diversité des combinaisons possibles entre les torseurs d’efforts, des condi-
Justifications sous sollicitations sismiques | 419

tions de sols et des valeurs de F . On se limitera ici à une configuration simple d’une semelle
superficielle non ancrée sous effort vertical et horizontal (moment nul), en négligeant les
forces d’inertie du sol.

Les graphiques de la figure 11.29 présentent les courbes limites de la capacité portante admis-
sible d’une semelle filante pour des sols cohérents et frottants pour les valeurs suivantes :
• pl = 1 MPa ;
• largeur B = 1 m.

Voici pour exemple :

Sols cohérents Sols frottants


600 600

550 550

500 500
Sismique Sismique

Statique Statique
450 450

400 400

350 350
NEd (kN)

NEd (kN)

300 300

250 250

200 200

150 150

100 100

50 50

0 0
0 50 100 150 0 50 100 150
VEd (kN) VEd (kN)

Fig. 11.29. Capacités portantes sous sollicitations sismiques et statiques sous (NEd, VEd, MEd = 0)

Remarques
1. Pour une charge purement verticale, les capacités portantes admissibles sont égales en statique comme en
sismique. Au contraire, combinées avec des efforts horizontaux, les graphiques montrent que les formules
« statiques » ne sont pas sécuritaires si elles sont utilisées sous les conditions de projet sismique, sans néan-
moins provoquer une erreur très préjudiciable pour la sécurité des structures.
2. Pour des sols frottants, le graphique est donné pour une charge ultime Q1 de kp0·B ·pl = 1 × 1 × 1 000 kN/ml.
Q
Dans les conditions évoquées plus haut et pour une charge ultime Q2 = 1, le couple (NEd2;VEd2) peut être
k
représenté sur le graphique en retenant (NEd2 · k ;VEd2 · k).