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DROIT PENAL GENERAL.

INTRODUCTION :

La criminalité ou le phénomène criminel est un fait social et humain, connu par tous
les temps et chez toutes les civilisations. En effet certains individus ne respectent pas les règles
de la vie sociale, et causent par leurs comportements le phénomène criminel. Le point de départ
passe nécessairement par une définition du concept de l’infraction techniquement selon sa
gravité :
- Les crimes : les infractions les plus graves sont les crimes. La catégorie des crimes recouvre
des actes portant une atteinte tellement grave à l’ordre social qu’on ne peut les réparer que par
une très longue privation de liberté, écartant ainsi l’agent de la société. Ex : tuer une personne.
- Les délits : Les infractions correctionnelles sont la catégorie intermédiaire, quantitativement
plus importante que la catégorie des crimes. L’atteinte n’est pas d’une gravité exceptionnelle,
mais suffisante pour que la privation soit encore de mise.
- Les contraventions : la dernière catégorie regroupe les infractions les moins grave, c’est plus
vaste des trois.
L’infraction au sens général : c’est le fait prévu et puni par la loi pénale à la raison du trouble
qu’elle cause à l’ordre social.

Ce phénomène est révélateur d’un antagonisme entre l’individu et la société, cette


dernière provoque une réaction sociale contre le criminel.
Le droit pénal constitue en effet, l’une des branches les plus importantes de la science
juridique, dans la mesure où il s’agit de consigner les exigences de la société avec les droits, et
les libertés de l’homme, c’est ce double aspect qui constitue l’originalité du phénomène
criminel, en même temps que sa complexité.
Le droit pénal est aussi une des branches de droit les plus productrices de la liberté
individuelle. Il peut être définit comme l’ensemble des règles ayant pour objet de
déterminer les actes antisociaux et de fixer leurs auteurs.
 Le droit pénal s’articule autour de deux notions clés fondamentales : L’infraction, et la
Sanction.
Il est tendant d'admettre que le droit pénal appartient au droit public, du fait qu'il oppose
l'individu à la société qui est lésée par son comportement. Personne ne le contexte, c'est bien à
l'Etat que revient le droit de fixer la liste des comportements interdits, d'organiser la poursuite
et d'assurer la répression des coupables. Toutefois le droit pénal entretient des liens et apports
avec le droit privé. En effet, le trouble social que cause l'infraction, suppose bien entendu la
plupart du temps l’atteinte à un intérêt purement privé, ainsi : le vol, l'emprunt, la violation du
droit de la propriété. De même, le procès pénal est soumis aux mêmes tribunaux juridiques que
les litiges du droit privé, et puisque le droit privé est le garant des libertés individuelles, son
esprit est celui qui inspire le droit privé. En vérité, on peut dire que l'analyse ne permet de
rattacher entièrement le droit pénal, à l'une ou l'autre catégorie, dans la mesure où il entretient
des rapports étroits avec chacune d'entre elles, il occupe une position originale dans
l'organisation juridique, puisqu'il est à la fois une discipline autonome, et dépendante des
branches juridiques voisines. Il est en effet une matière pluridisciplinaire très exigeante, il est
mêlé aux disciplines les plus diverses, et c'est cette diversité des normes applicables, qui font
du droit pénal une matière multidisciplinaire, très exigeante, d'une valeur pédagogique, et d'une
rigueur scientifique, que bien d'autres disciplines juridiques devraient lui envier. Ceci étant,
c'est dans la loi que l'on cerne la matière pénale, en incriminant tel acte plutôt que tels autres.
(Incriminer : c'est décider qu'elle sera une infraction).
C'est aux législateurs, qu'il appartient d'effectuer la détermination des infractions, et c'est grâce
à la loi qu'elle traduit ces décisions, et qu'elle en informe les citoyens; donc en l'absence d'une
loi d'incrimination, un acte aussi néfaste qu'il soit pour l'ordre social, ne sera pas considéré
comme une infraction, exemple : le législateur, incrimine l'atteinte à la personne d'autrui en
érigeant le meurtre, comme en un acte pénalement sanctionné, en le considérant comme un
crime, de cette adéquation de la loi et de l'infraction résulte le principe de la légalité
criminelle, considéré comme le pilier sur lequel repose tout le système pénale.
La légalité prend le sens du texte préétabli, c'est la loi qui détermine les infractions et fixe
les peines à exécuter. D'après l'art. 3 du C.P. qui dispose que « nul ne peut être condamné
pour un fait qui, selon la loi en vigueur au temps où il a été commis, ne constituant pas une
infraction », le droit pénal n’est donc légitime que s’il a sa source dans une loi, le principe de
la légalité constitue l’axe auquel évolue le système pénal.
Un tel principe ne peut se développer que dans un état de droit qui reconnait au surplus le
principe de la séparation des pouvoirs en déterminant l'incrimination et la sanction. Cependant,
le principe de la légalité supprime toute incertitude et apparait comme une garantie
irremplaçable contre l'arbitre et la condition de la protection des libertés individuelles pour se
garder de l'arbitraire du juge, le législateur se doit d'édicter des textes clairs et précis, la clarté
et la précision sont donc les qualités exigées de toute loi pénale en raison du principe de la
légalité des délits et des peines.
 La source normale du droit pénale ne peut être que la loi.
La jurisprudence n'a pas en droit pénale un pouvoir créateur, elle se tenait comme matière
criminelle, où il n'y a qu'un texte formel, et préexistant qui puisse fonder l'action du juge, il
faut des lois et points de jurisprudence. Toutefois la jurisprudence concerne en droit pénal
une place importante. D'ordinaire, c'est la loi qui détermine l'infraction et ses éléments
constitutives particulières, mais quand la loi n'a pas précisé les éléments de l'infraction qu'elle a
prévu, les juges peuvent les dégager à sa place, l'imprécision de la loi pénale, semble indiquer
que le législateur incapable de tout détailler un non remue au juge, ce dernier tout en étant tenu
au respect du principe de la légalité de la loi, n'est pas un automate, qui peut se faire procéder à
une application mécanique, et aveugle de la loi.
L’infraction, comme un fait prévu et définit par la loi en raison du trouble qu’il cause à
l’ordre social, la réunion de trois éléments est nécessaire pour la constitution de l’infraction.
Juridiquement, une action ou une abstention ne constitue une infraction punissable que si, étant
prévue et punie par la loi (Chapitre I : Elément légal), elle a été accomplie ou tentée
matériellement (Chapitre II : Elément matériel), par une personne humaine capable de
comprendre et de vouloir (Chapitre III : Elément moral).
PARTIE I : Les éléments constitutifs de l’infraction.

CHAPITRE I : Élément légal.

En effet, la réaction sociale contrôle les individus qui méconnaissent les règles
fondamentales, posés par l’autorité compétente. Pour l’harmonisation des rapports sociaux,
ne peut être une réaction brutale et aveugle, elle se fera sous certaines lois préétablis, et
donnera lieu à l’intervention de juges impartiaux chargés d’appliquer ces lois.
Toute infraction entraine une intervention judiciaire, il est désormais interdit à la victime
de se faire justice à elle-même (sauf dans certaines circonstances exceptionnelles), elle doit
s’adresser aux autorités publiques pour demander justice.
Le droit pénal marocain puise ses bases dans des textes écrits et préalablement élaborés,
la coutume et l’usage n’y jouent aucun rôle, de même que le législateur marocain ne se réfère
guère aux notions d’infractions et de sanctions d’origine musulmane.
Il faut attendre le Dahir du 26 novembre 1962 pour que tous les citoyens obéissent à la
même législation. Le code pénal unifié constitue la loi.
La légalité prend le sens de texte préétabli, c’est la loi qui détermine les infractions et fixe
les peines applicables à leurs auteurs, c’est une règle à valeur constitutionnelle, l’Article
10 Dahir N° 1-61-167 du 17 Hija 1380 (2 Juin 1961) portant loi fondamentale pour le
Royaume qui stipule que : « Il ne peut y avoir d'infraction ni de peine qu'en vertu d'une loi
préalablement édictée. Les peines sont personnelles » [Principe de la légalité des délits et des
peines].
A la vérité, le principe de la légalité, Il a des origines lointaines, on le trouve affirmé par la loi
musulmane « Jamais Nous n'avons puni un peuple sans lui avoir dépêché un envoyé. Coran
17:14». On le trouve aussi affirmé dans la quasi-totalité des codes étrangers, il est énoncé à la
fin du 18éme siècle par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et la
Déclaration universelle des droits de l’homme 1948, décrit en terme similaire le principe de
la légalité des délits et des peines.
Si le principe de la légalité criminelle, constitue la meilleure garantie de la liberté
individuelle, il n’assure la défense sociale, que d’une manière imparfaite, dans la mesure où il
ne permet pas de punir des actes antisociaux, qui ne rentrent pas dans les prévisions de la loi,
c’est pourquoi, on a pu dire du code pénal marocain, qu’il est la charte des malfaiteurs, dans la
mesure où ces lacunes leurs indiquent les voies de l’impunité.
La nécessité de ne pas laisser dépasser la loi pénale, par l’ingéniosité des malfaiteurs, stimulera
le législateur, et le rendra attentif à l’évolution de la criminalité. L’évolution sociale et
technologique, est génératrice de nouvelles manifestations, et de nouvelles formes criminelles,
c’est pourquoi, le législateur est intervenu, pour incriminer, et punir spécialement de nouvelles
formes de la criminalité, telles que les infractions de terrorisme, et la fraude informatique.
Le code de 1962 a été modifié sur certains points, et complété par le Dahir du 01 novembre
2003.
Déterminer les infractions équivaut à cerner la matière de la criminalité, cette criminalité
présente deux aspects :
D’une part, les actes qui sont principalement sanctionnés. D’autre part, la personne qui
accompli les actes ou l’auteur de l’infraction.
Le législateur peut déterminer une infraction de façon objective, c’est-à-dire par référence à
un acte donné, qu’il érigera en acte délictueux (l’incrimination) sans référence à celui qui la
commet.
Comme il peut la déterminer de façon subjective, en se référant à la personne qui a commis
l’acte (l’auteur de l’infraction).
Le législateur marocain fait la synthèse des deux analyses, autrement dit il consacre une
détermination mixte des infractions. Il existe une intrication étroite des deux conceptions, le
caractère mixte se présente de la manière suivante :
L’orientation demeure principalement objective par les incriminations, et elle est
principalement subjective pour le point de vue de « sanction ». Pour qu’une action ou une
abstention soit punissable, il faut qu’elle soit prévue et réprimée par un texte de loi. Puisque
sans texte légal il n’y a pas d’infraction, il est exact de dire que la loi est un élément
constitutif considéré en général. On trouve ici le principe de la légalité.
De toutes les règles consacrées par le droit pénal, est sans doute celle de la légalité criminelle,
ou encore selon l’expression latine « Nullum crimen, nulla poena, sine lege ».
Également, l'Article 3 du Code de procédure pénale marocain prévoit que : "Nul ne peut
être condamné pour un fait qui n'est pas expressément prévu comme infraction par la loi, ni
puni de peines que la loi n'a pas édictées."
La loi est préalable et extérieure à l’infraction, mais il n’en reste pas moins, que la peine édictée
par la loi n’est applicable, qu’à l’acte qui remplit les conditions fixés par la loi, et qu’ils font de
ces actes une infraction.

Section 1 : Application de la loi pénale dans le temps.

A) Le principe de la non-rétroactivité :

Le principe est un corollaire direct du principe de la légalité criminelle, cela résulte


des termes même de l’Article 4 qui dispose que « nul ne peut être condamné pour un fait,
selon la loi en vigueur au temps où il a été commis, ne constituait pas une infraction ».
En effet, il n’est pas possible dans un Etat de droit de punir au nom d’un texte que par
hypothèse elle ne pouvait pas encore connaître. En outre la loi pénale n’est légitime que si elle
prévient avant de réprimer.
La nécessité d’un élément légal pour l’existence d’une infraction, entraine comme
conséquence l’impossibilité d’appliquer la loi nouvelle à des faits antérieurs à sa date
d’entrée en vigueur.
Le principe de la non-rétroactivité, a une valeur constitutionnelle, la loi ne peut avoir des faits
rétroactifs, corollaire indispensable du principe de la légalité, le principe de la non rétroactivité
est une mesure de justice sociale, et une garantie pour la liberté individuelle.

 Le principe : La loi ne s’applique qu’aux actes postérieurs à sa publication, et ne peut régir


des situations qui sont nées avant son entrée en vigueur, pour les faits commis au préalable, il y
a survit de la loi ancienne, mais la question ne se pose pas toujours au terme aussi simple, une
infraction peut être commise sous l’empire d’une loi ancienne et jugée après l’entrée en vigueur
d’une loi nouvelle, ce concours de lois constitue un problème, lorsqu’il met en présence deux
textes différents dans un sens de sévérité ou de douceur

B) Les exceptions à la non-rétroactivité :

L’application de la loi pénale dans le temps est gouverné par deux principes,
celui de la non rétroactivité et celui de la rétroactivité, ou plus exactement
l’application immédiate de la loi pénale.

Distinction entre la loi pénale de forme et la loi pénale de fond :


1) les lois pénale dites de forme, c’est-à-dire, les lois qui sont relatives à la
compétence, et à l’organisation des juridictions, et constatations, ainsi les poursuites
de l’infraction etc., ces lois s’appliquent immédiatement, même au jugement des faits
commis avant leur promulgation.
L’application immédiate des lois pénale nouvelles de forme, se justifie par le fait,
qu’elles sont animées par le souci d’aboutir plus vite à la manifestation de la
vérité, elle assure une meilleure administration de justice. Ces lois ne peuvent en
principe, être défavorables à la personne poursuivi, il serait même fâcheux d’en
retarder l’application, elle vise à l’amélioration de la technique juridique.
2) Les lois pénale de fond, c’est-à-dire celles qui déterminent les infractions, et
édictent les pénalités, le principe de la non rétroactivité est vraiment la règle.

L’application immédiate de la loi nouvelle, principe qui est assorti d’exceptions :


i) Loi pénale plus douce :
Concerne les lois pénales nouvelles, dites plus douce, ce sont des lois plus favorables à
la personne poursuivi, l’Article 6 du code pénal énonce que « Lorsque plusieurs lois
ont été en vigueur entre le moment où l’infraction a été commise et le jugement
définitif, la loi, dont les dispositions sont les moins rigoureuses, doit recevoir
application ».
Sont entièrement, assurément plus douce, les lois qui suppriment une incrimination,
c’est-à-dire qui rendent licite une comportement qui était antérieurement punissable,
ou encore une loi qui modifie la nature de l’infraction, en transformant un crime en un
simple délit, voire un délit en simple contravention (qui met en évidence la
classification tripartite des infractions), une loi qui admet un fait justificatif nouveau,
cette clémence et douceur peut se manifester également quant à la sanction, ex : une
loi qui réduit ou abaisse la sanction, ex : une loi qui substitue la réclusion à temps à
la réclusion perpétuelle, une loi qui supprime les circonstances aggravantes.
Ces lois nouvelles plus douce, vont s’appliquer aussi bien aux faits commis
postérieurement à leur entrée en vigueur, mais aussi aux faits antérieurs non
définitivement jugés, c’est-à-dire ceux déjà jugés en première instance, et qui peuvent
être réexaminés par une juridiction d’appel ou même par la cour suprême, c’est-à-dire
il faut qu’une décision définitive, de condamnation passée en force de chose jugée,
n’est pas intervenue, il y a certainement des lois qui sont expressément déclarés
rétroactifs par le législateur, le juge doit les appliquer même à des faits antérieurs à
leur application, ex : affaire des huiles nocive Dahir 20 octobre 1959.

ii) Les lois interprétatives :


Ce sont des lois destinés à préciser le sens d’une loi antérieure, donc elles forment un
corps avec cette loi, ces lois ont le même domaine d’application dans le temps.

iii) L’application immédiate des mesures de sûreté :


L’article 8 du C.P. stipule que « nulle mesure de sûreté ne peut être prononcée que
dans les cas et conditions prévus par la loi. Les mesures de sûreté applicables sont
celles édictées par la loi en vigueur au moment du jugement de l’infraction. »  Les
mesures de sûreté applicables sont celles édictées par la loi en vigueur au moment du
jugement de l’infraction.

Section 2 : Application de la loi pénale dans l’espace.


A) Le Principe de la territorialité :

Principe posé par l’Article 10 du C.P, qui stipule que « sont soumis à la loi
pénal marocaine, tous ceux qui, nationaux, étrangers ou apatrides, se trouvent sur
le territoire du Royaume, sauf les exceptions établies par le droit public interne ou
le droit international. »
Le principe de la territorialité, trouve son fondement dans le fait que l’Etat
marocain, est seul qualifié pour sanctionner les atteintes portées à son autorité, sur
le territoire du Royaume, ou s’exerce sa souveraineté. Le territoire du Royaume,
inclut les espaces maritimes et aériens qui lui y sont liés.
D’un point de vue réaliste, le coupable connait, ou est présumé de connaître la loi
du pays où il agit, on le surprend pas en lui appliquant cette loi, plutôt que sa loi
nationale qui pouvait ignorer.
Enfin d’un point de vue répressif, il convient qu’une infraction soit jugée le plus
près possible au lieu où elle a été commise, c’est là en effet qu’un trouble a été
causé et que l’opinion publique doit être apaisé. La répression alors aura une valeur
intimidante plus grande et plus efficace.

B) Les exceptions à la territorialité :

a) Les infractions commises au Maroc et qui sont soustraites à la loi marocaine


(c’est-à-dire qui échappent à la loi marocaine) :

- Elles sont en nombre de deux :


- La première : est celle d’immunité diplomatique aux agents diplomatiques qui
commettent une infraction au Maroc, ils ne seront pas jugés au tribunal marocain.
Représentant à un Etat étranger, c’est à ce dernier de les juger.
- La deuxième : est celle de l’effet négatif de la chose jugée à l’étranger, lorsqu’un
étranger commet une infraction au Maroc, il ne pourra pas être suivi et jugé devant la
justice marocaine, s’il justifie avoir été définitivement jugé à l’étranger pour cette même
infraction. Cette dérogation se justifie par le souci d’éviter une double condamnation
pour la même infraction.

b) Les infractions commises hors du Royaume peuvent être poursuivies et jugées


au Maroc :

On distingue deux cas :

• Tout fait qualifié crime ou délit par la loi marocaine commis hors du
Maroc par un marocain. Toutefois la poursuite ou le jugement de l’inculpé ne peut
avoir lieu, lorsqu’il justifie que le jugement de la condamnation à acquis la force de
chose jugée à l’étranger

• Tout étranger qui hors du Royaume commet ou s’est rendu coupable d’un
fait qualifié crime par la loi marocaine peut être poursuivi et jugé d’après les
dispositions de la loi marocaine, lorsque la victime de ce crime est de nationalité
marocaine. Toutefois la poursuite ou le jugement de l’inculpé peut avoir lieu lorsqu’il
justifie avoir été définitivement jugé à l’étranger.
CHAPITRE II : Élément matériel.

Le droit pénal ne réprime pas la simple pensée criminelle, ni même la résolution, car
elle ne trouble pas l’ordre social, et ne devient punissable que lorsqu’elle se manifeste
extérieurement. Le droit pénal gouverne les conduites et non les consciences, ce qui
présente la formule suivante : Un droit pénal démocratique est un droit de l’acte.
L’élément matériel consiste dans la nécessité d’un acte positif (commission) ou
négatif d’omission (abstention) c’est-à-dire un événement manifesté par une attitude
extérieure. Il est généralement indifférent au résultat de cet acte, c’est-à-dire la non-
exigence de résultat ou indifférence de résultat.

Section 1 : Nécessité d’un acte.


L’élément matériel est un commencement d’exécution de l’infraction.
L’élément matériel nécessite un acte positif, il consiste dans l’accomplissement d’un
acte positif sanctionné et prohibé par la loi. Plus rarement, l’élément matériel réside
dans un acte négatif qui consiste à ne pas accomplir ce que la loi commande et ordonne.
Dans le premier cas, le législateur peut ainsi, interdire de commettre un acte en
incriminant une action (ex : le vol, meurtre…).
A l’inverse, il a la possibilité d’interdire (c’est-à-dire, de ne pas exécuter un tel ou tel
acte), et cela en incriminant une abstention.

– L’élément matériel et l’infraction consommée :

Il peut consister soit en la commission d’un acte interdit par la loi, soit en l’omission
d’un acte prescrit par la loi.

a) Les infractions de commission :


Les infractions de commission, insistent à faire ce que la loi interdit, la plupart sont les
plus courantes dans le Droit Marocain, elles sont dite matérielles.
Les infractions sont celles, dans lesquelles le résultat est un élément de l’infraction,
celle-ci, n’est consommée que par la réalisation de l’infraction (ex : le crime qui n’est
consommé que par la réalisation de l’infraction).
Il existe une catégorie particulière d’infractions de commission, appelées formelle,
réalisée par les seuls moyens indépendamment de leur résultat, Art-398 du C.P
« Quiconque attente à la vie d’une personne par l’effet de substances qui peuvent
donner plus ou moins promptement, de quelque manière que ces substances aient été
employées ou administrées, et quelle qu’en aient été les suites, est coupable
d’empoisonnement et puni de mort. »  « L’empoisonnement est punissable comme
infraction consommée, que la victime soit morte ou qu’elle ait survécu.», elle
consiste en l’incrimination d’un comportement ou d’un moyen de nature à provoquer
ultérieurement un résultat légal.

b) Les infractions d’omission :


Les infractions d’omission sont en nombre limité, elles consistent à ne pas faire ce que
la loi ordonne et commande de ne pas faire.
Exemples :
– omission volontaire de porter secours à une personne en danger, l’Art-431 du
C.P. stipule que « Quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en
péril l’assistance que sans risque pour lui, ni pour les tiers, il pouvait lui prêter, soit
par son action personnelle, soit en provoquant un secours, est puni de
l’emprisonnement de trois mois à cinq ans et d’une amende de 120 à 1000 dirham ou
de l’une de ces peines seulement ».
– non-témoignage en faveur d’une personne innocente.
– Abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité
corporel, l’Art-430 du C.P. énonce que « Quiconque pouvant, sans risque pour lui ou
pour des tiers, empêcher par son action immédiate, soit un fait qualifié crime, soit un
délit contre l’intégrité corporelle d’une personne, s’abstient volontairement de le faire,
est puni de l’emprisonnement de trois mois à cinq ans et d’une amende de 120 à 1000
dirhams ou de l’une de ces deux peines seulement »
– Omission de déclarer la naissance d’un enfant nouveau-né.

Section 2 : La non-exigence d’un résultat. (La tentative punissable)


La tentative est une action coupable destinée à réaliser une infraction mais qui
n’accomplit pas l’intégrité des éléments constituants l’infraction. Elle se situe sur la
trajectoire de l’infraction, en effet entre le moment initial de la résolution criminelle et
la réalisation complète et intégrale.
En général, une infraction ne se réalise pas d’un seul coup, on a souvent comparé
l’activité ou l’entreprise à un chemin aux étapes nombreuses, allant de la simple pensée
criminelle, jusqu’à la production d’un résultat, en passant par la résolution, la
préparation, le commencement d’exécution, et finalement l’exécution (c’est-à-dire, la
consommation complète).
On sait que la simple résolution ne peut suffire à caractériser une infraction, si
l’individu sait résister à la tentation, et s’abstient, la loi pénale ne pourra le réprimer, s’il
poursuit son entreprise délictueuse et parvient à ses fins, il s’expose à toute la rigueur de
la loi pénale. Elle se pose alors la question de savoir à partir de quel moment l’activité
criminelle tombe-t-elle sous le coup de la loi pénale ?
Selon l’art-114 du C.P, c’est avec le commencement d’exécution qu’on entre dans la
soue de la répression sous l’incrimination de la tentative.
De l’art-114, il résulte que la tentative punissable suppose deux conditions :
1) Une condition positive, c’est-à-dire le commencement d’exécution ou des actes
non équivoques tendant directement à commettre l’infraction.
2) Une condition négative, c’est-à-dire l’absence de désistement volontaire.
Cependant, la jurisprudence marocaine semble adopter un critère mixte. Le
commencement d’exécution (accomplissement de l’infraction) repose alors sur la
conjonction d’un élément de la volonté et un acte matériel destiné à la
consommation, c’est donc l’acte qui tend directement à l’infraction avec intention de la
commettre ….

Art-114 du C.P : « Toute tentative de crime qui a été manifestée par un commencement
d’exécution ou par des actes non équivoques tendant directement à le commettre, si elle
n’a été suspendue ou si elle n’a manqué son effet que par des circonstances
indépendantes de la volonté de son auteur, est assimilée au crime consommé et
réprimée comme tel ».

A – LE COMMENCEMENT D’EXECUTION (ou des actes non équivoques tendant


directement à commettre l’infraction).

Il s’agit du comportement pénal de l’agent, comportement extériorisé par des actes


d’exécution qui ne sont en rien douteux ni équivoques, car ils ont un rapport direct avec
l’infraction projetée.

I – Une simple résolution criminelle ne peut donc être assimilée au commencement


d’exécution projetée.

Cette résolution criminelle peut, cependant, constituer l’élément matériel d’une


infraction spécifique, dès qu’elle devient collective ou tente de le devenir.
Ex :
- Art 175 C.P : Crime de complot : « résolution d’agir concertée et arrêtée entre deux
ou plusieurs personnes ».
- Art-293 C.P : Crime d’association de malfaiteurs « qui existe par le seul fait de la
résolution d’agir arrêtée en commun ».

II – Seuls des agissements extérieurs peuvent constituer la tentative.

a) Deux types d’agissement extérieurs : Actes préparatoires et actes d’exécution.


1) Les actes préparatoires sont en principe trop équivoques pour constituer un
commencement d’exécution.
Ils peuvent cependant être directement réprimés dans la mesure où ils constituent
une infraction spécifique. Ex : Art-515 C.P : délit de fabrication de fausses clés.
2) Seuls les actes d’exécution sont donc susceptibles de constituer la tentative
punissable.

– Comment distinguer Actes préparatoires et Actes d’exécution ?

1) Conception objective. Elle est fondée sur le principe de la légalité : l’acte


d’exécution doit être implicitement contenu dans la définition légale, sinon il faut
le regarder comme un acte préparatoire. L’acte d’exécution doit donc être
équivoque, c’est-à-dire indubitable quant à sa finalité.
Ex : l’escalade d’un mur est équivoque, alors que la mainmise du voleur sur la
chose est univoque.
 Cette conception tend à restreindre la répression de la tentative.
2) Conception subjective. Elle tient uniquement compte de l’intention criminelle. Il
y aura commencement d’exécution, lorsque l’acte accompli révèle la volonté
définitive, et arrêtée de commettre l’infraction. Cette volonté sera bien établie
lorsque l’acte apparaitra lié et proche du but que voulait atteindre l’agent.
Ex : l’escalade d’un mur devient univoque et donc équipollente au vol avec la.
 Conception qui tend ainsi à élargir la répression de la tentative.
3) Attitude des tribunaux. Les tribunaux marocains semblent trouver
insuffisamment protectrice la conception objective, et trop dangereuse la
conception subjective. Le critère retenu est, plus souvent strictement fonction de
la personnalité pénale de l’agent. Un même acte, par exemple l’escalade d’un
mur, sera considérée comme un acte préparatoire ou comme un acte d’exécution
selon que son auteur est un délinquant primaire ou un récidiviste.

B – L’ABSENCE DE DESISTEMENT VOLONTAIRE.

C’est l’arrêt involontaire dans l’exécution. Si l’agent s’est arrêté de lui-même, s’il s’est
volontairement désisté, il n’y a pas tentative punissable. Encore faut-il que :
- le désistement intervienne avant que l’infraction ne soit consommée.
- et qu’il soit volontaire.

I – Le désistement doit intervenir avant la consommation de l’infraction.

a) Si l’infraction est consommée et que l’agent essaie d’en réparer les conséquences,
il n’y a plus désistement mais repentir actif (ex : le voleur restitue la chose volée).
Le repentir actif ne produit aucun effet sur les conséquences juridiques de l’acte)
(ex : l’indemnisation de la victime par l’auteur d’un abus de confiance est
inopérante), mais le juge peut en tenir compte en accordant au repenti les
circonstances atténuantes.
b) Si l’infraction n’est pas consommée, il faut distinguer les infractions matérielles
et infractions formelles.
1) L’infraction matérielle est une infraction dont la réalisation suppose un
dommage, c’est pourquoi on l’appelle aussi « infraction de résultat ». La
plupart des infractions sont des infractions matérielles.
2) L’infraction formelle est une infraction consommée par le seul
accomplissement de l’acte incriminé, même s’il n’a commis aucun dommage.
On parle aussi d’ « infraction de moyen », autrement dit, c’est l’infraction qui
est consommée avant que le résultat n’ait été atteint, par exemple :
l’empoisonnement, le désistement volontaire est donc impossible, alors que le
repentir est toujours possible.
Exemples :
- L’empoisonnement est défini comme un « attentat à la vie par des substances
qui peuvent donner la mort et quelles qu’en aient été les suites.»
- Le délit de fabrication de fausse monnaie est constitué par le seul fait de
fabriquer de la fausse monnaie, sans qu’elle soit mise en circulation.
- La mise en danger d’autrui suppose pour être consommé le fait d’exposer
autrui à un risque immédiat de blessure ou de la mort.

II – Le désistement doit être volontaire.

a) Le mobile (remords, crainte du châtiment…) est indifférent. Le système Marocain


est purement utilitaire : c’est une prime au repentir (désistement volontaire).
b) La volonté de l’agent doit être libre. Si le désistement est provoqué par un
événement extérieur (ex : arrivé de la police ou d’un tiers) la tentative demeure
punissable.

III – Absence de désistement et exécution infructueuse.

L’agent a accompli tous les actes nécessaires à la réalisation de l’infraction. Il ne s’est pas
désisté, mais il n’a pu parvenir à ses fins. Deux hypothèses :

a) Infraction manquée. C’est une forme de tentative punissable. L’Art-114 C.P (« …ou
si elle n’a manqué son effet… ») assimile l’infraction manquée à l’infraction
consommée.
b) Infraction impossible. Que décider lorsque l’absence du résultat recherché est due à
une impossibilité d’exécution matérielle ignorée de l’agent. En France, la doctrine a
longtemps été hostile à la répression, mais aujourd’hui la jurisprudence tient compte
de l’intention criminelle. Au Maroc, l’infraction impossible est, en revanche, réprimée
dans tous les cas, ce qui permet la répression de l’infraction formelle tentée (ex :
empoisonnement). L’Art-117 C.P pose en effet, en principe, que « la tentative est
punissable alors même que le but recherché ne pouvait être atteint en raison d’une
circonstance de fait ignorée de l’auteur. » L’Art-449 C.P fait une application
particulière de ce principe en réprimant les manœuvres abortives commises sur une
femme «supposée enceinte».

CHAPITRE III: Élément moral.

Pour qu’une action ou une abstention constitue une infraction, il faut que
l’agent aie commis une faute (Section 1 – Culpabilité), et que cette faute lui soit
imputable (Section 2 – Imputabilité).
L’imputabilité révèle un élément psychologique qui se rapporte à l’état d’esprit de
l’agent, certains auteurs préfèrent parler plutôt de l’élément psychologique.
En revanche, la culpabilité suppose la commission d’une faute au sens large, soit
intentionnelle, soit d’imprudence ou de négligence qui constitue l’élément moral de
l’infraction.

Section 1 : Culpabilité.

L’agent auquel l’acte est matériellement imputable ne sera coupable que s’il a
commis une faute. Il y a des degrés dans la culpabilité et la faute génératrice de la
responsabilité pénale n’est pas toujours la même intensité.

1. LA FAUTE INTENTIONNELLE : (le dol pénal).

a) Le dol général :

C’est la faute intentionnelle in genere, celle qui déclenche la responsabilité pénale.


L’intention ou dol pénal constitue l’élément moral dans les crimes ou délits, et certaines
contraventions.
Les crimes et délits qui sont commis par imprudence, négligence ou inattention
sont exceptionnellement punissables dans le cas prévu par la loi, (Art 432 et 433 du
C.P.) « les crimes et délits, précise l’article 133 al.1 du C.P., ne sont punissable que
lorsqu’ils ont été commis intentionnellement ».
C’est la volonté dirigé vers la réalisation de l’infraction ou vers un but interdit par
la loi (la volonté c’est le fait d’être conscient et libre : l’agent a conscience du fait que
son action va produire le résultat incriminé, il a donc voulu l’acte et ses conséquences).
En somme, l’intention criminelle consiste en la volonté d’accomplir un acte que l’on
sait puni par la loi pénale.
– Le dol se distingue du mobile :

Le mobile c’est la cause impulsive et déterminante de l’acte criminel, elle est


nécessairement variable, (peut être honorable « faim du voleur », ou perverse
« cupidité du voleur ») selon les personnes et les circonstances d’une infraction donné
(Exemple : si on considère le mobile, on peut tuer par haine, par vengeance ou par
pitié même. Dans le mobile il y a autant de mobiles, alors que l’intention dans le
meurtre sera toujours la même, à savoir la volonté de donner la mort).  Le dol est
toujours identique.
En principe, le mobile n’influence pas sur l’existence de l’infraction, et reste
punissable « le mobile ne sauve ni ne nuit », même si le mobile était honorable, le
droit pénal ne tient pas compte du mobile, celui-ci reste indifférent quelques soit les
raisons qui ont poussé l’auteur à agir, il reste qu’il a consciemment violé la loi pénale
en voulant obtenir le résultat illicite, le mobile ne fait pas disparaitre l’infraction. Cette
réglementation de l’indifférence du mobile ne sera pas absolue : Tout d’abord, les
juges tiennent compte du mobile la circonstance atténuante, permettant d’abaisser la
peine et de corriger la rigueur de la loi lorsque le mobile parait noble, ou
particulièrement estimable dans certains crimes. Parfois, et à l’inverse le mobile peut
constituer une circonstance aggravante (ex : l’enlèvement d’un mineur conçoit un
crime punissable de réclusion de 5 à 10 ans, si le coupable a eu pour but de se faire
payer une rançon, la peine sera aggravée, la réclusion partira de 10 à 20 ans.)
Le dol général consiste dans la volonté d’accomplir un acte que l’on sait interdit par la loi, il
n’est pas toujours suffisant dans nombreuses infractions. La loi subordonne l’existence de
l’infraction à une infraction criminelle spécifique ( le dol spécial), c’est ainsi qu’en plus de la
volonté consciente de violer la loi pénale, elle exige en outre, l’intention de donner la mort en
cas de meurtre, l’intention de s’approprier la chose d’autrui en cas de vol, ou encore l’intention
de nuire à la considération d’une personne, en cas de diffamation.

2. LA FAUTE NON-INTENTIONNELLE :

Elle suffit parfois de déclencher la responsabilité pénale. L’article 133, al.2 du C.P.
en fait une catégorie spécifique présentée comme exceptionnelle : « Les délits commis
par imprudence sont exceptionnellement punissable dans les cas spécialement prévus
par la loi ».
Les délits commis par imprudence, il s’agit, de l’homicide involontaire (Art 432 du
C.P.), et des coups et blessures involontaires (Art 433 du C.P.) qui ne supposent pas
que l’auteur ait agit avec conscience et intelligence, c’est-à-dire involontairement (= le
mot involontaire signifie qu’il n’y a pas une volonté vers l’homicide ou les coups et
blessures…).
Le mot involontaire, ne signifie nullement que ces infractions ne sont pas l’œuvre d’une
volonté, mais seulement que leurs conséquences ne sont pas voulues.

La faute d’imprudence n’est pas définie d’une manière générale par le législateur, pour
reprocher à une personne de ne pas avoir su prévenir ou empêcher un résultat, le
législateur évoque indifféremment la négligence, l’inattention, le manquement à une
obligation, on peut la définir aussi faute d’imprudence comme étant un relâchement de
la vigilance, l’agent ne s’est pas comporté comme un bon père de famille. Elle distingue
de la faute intentionnelle, en ce que le résultat n’est pas désiré.
L’imprudence est donc le non prévision du résultat, mais l’imprudence n’est pas en
elle-même délictueuse. L’imprudence apparait lorsque l’imprudence provoque un
résultat illicite.
La faute d’imprudence retenue pour un certain nombre de délits (art 432 et 433 du
C.P.). Elle est en principe moins sévèrement punie que la faute d’intention (ex :
l’homicide intentionnel est puni de la réclusion criminelle à perpétuité, alors que
l’homicide par imprudence est sanctionné de l’emprisonnement de 3 mois à 5ans, et une
amende de 200 à 1000dh.), la faute d’imprudence n’a pas la même nature intentionnelle
qu’il s’agit d’un délit d’imprudence ou de contravention.

3. LA FAUTE CONTRAVENTIONNELLE :

C’est une faute présumée à la différence de la faute d’imprudence de matière d’un


délit non intentionnel. La faute de la contravention n’exige même pas une imprudence
ou négligence, elle résulte de la simple violation de la prescription légale en
réglementation, elle est nécessairement présumée, puisqu’elle est punissable dans tous
les cas, ainsi le procureur du Roi n’est pas obligé de démontrer son existence (à la
différence des infractions intentionnelles qui doivent être prouvée par le procureur, ou
le ministère public), exceptionnellement lorsque la loi exige expressément l’intention de
nuire, le coupable sera puni d’une faute contraventionnelle, intentionnelle (ex : le fait de
jeter volontairement sur quelqu’un des ordures, ou toute matière susceptible de souiller
l’évènement). L’article 133 al.3 du C.P. stipule que « les contraventions sont
punissables même lorsqu’elles ont été commises par imprudence, exception faite où la
loi exige expressément l’intention de nuire ».

4. LA COMPLICITE :

A) La notion de délinquant :

– L’auteur de l’infraction, est celui qui commet une infraction à la loi pénale. S’il
s’agit à titre principal, il est considéré comme auteur. Ou parfois coauteur de
l’infraction, s’il s’agit avec une, ou plusieurs autres. S’il participe à la réalisation de
l’infraction sans l’exécuteur lui-même, il sera considéré comme complice.
– La notion de responsabilité : l’auteur est regardé comme principal responsable des
faits délictueux, alors que le complice, apparait comme un responsable de deuxième
degré.
– Notions de l’auteur, coauteur, et le complice :
- L’auteur de l’infraction est celui qui réalise en sa personne tous les éléments
constitutifs de l’infraction, à ce titre, l’auteur commet, ou tente de commettre
l’infraction.
- Le coauteur de l’infraction est celui qui en ait l’auteur avec d’autres, c’est-à-dire, qui
commet avec les autres, les actes matériels constitutifs de l’infraction (ex : celui, qui
avec un autre soustrait la chose d’autrui, est co-auteur d’un vol. Art.128 du C.P.)
- Le complice est celui qui ne réalise pas en sa personne les éléments constitutifs de
l’infraction, mais, celui qui coopère à la réalisation de l’infraction par un acte matériel
distinct de l’élément matériel de l’infraction mais avec intention.

B) L’étude de la complicité à travers l’incrimination et la répression :

La complicité est un mode particulier de participation criminelle, le complice


s'associe à la commission de l'infraction imputable à l'auteur principal, à ce titre il ne
commet pas l'infraction dans laquelle il participe, le complice aide l'auteur en lui
fournissant par exemple un outil pour enfoncer un coffre-fort , l'acte du complice n'est
délictuel que sur la base de l'infraction principale sur laquelle il empreint, c'est le
système de l'empreint de pénalité « Selon cette théorie, le complice emprunte sa
criminalité à l'auteur principal ».
– La complicité suppose la réunion de trois éléments :

A- L’élément légal (la nécessité d'un fait principal punissable) :

Tout d’abord, il faut qu’il existe un fait principal punissable qui constitue l’élément
légal.
La complicité du complice n'est qu'accessoire et indirecte, dès lors elle ne peut exister
que si un fait principal a été commis ou tenté par l'auteur principal.
Un fait principal est punissable lorsqu'il tombe sous le coup de la loi pénale et constitue
une infraction. Si l’acte de l’auteur principal n’est pas incriminé par la loi, l'acte du
complice ne pourra pas être punissable, cette règle connait une exception, l'art 407 du
C.P. punit la complicité du suicide alors que ce dernier proprement dit n'est pas
punissable.
Sur la nature de l'infraction, le fait principal doit être qualifié crime ou délit, car en
matière de contravention la complicité n'est pas punissable.
Mais pour qu’il y ait répression de la complicité, il ne suffit pas que le fait principal
soit un crime ou un délit. Il faut en outre, que ce crime ou délit (du fait principal par
l'auteur principal) soit consommé ou simplement tenté.  La complicité de tentative
est donc punissable, il suffit pour que le complice soit puni, l’auteur principal doit
commettre une tentative punissable.
En revanche, le complice échappe à la répression si l'auteur principal n'a pas dépassé le
stade des actes préparatoires, ou si pendant son commencement d'exécution, il s'est
désisté volontairement. Car si la complicité dans la tentative est punissable, la
tentative de complicité n’est pas punissable  Faute de fait principal punissable,
toujours parce que le fait principal ne l’est pas. La complicité n’est pas davantage
punissable, lorsque le crime ou le délit commis par l’auteur principal se trouve justifié
par un fait justificatif (l’ordre de la loi, la légitime défense…)
Enfin, si la complicité dont la tentative n'est pas punissable, la tentative de complicité
n'est pas punissable à son tour, faute du fait principale.
DÉROGATION : l’indifférence de la poursuite de l’auteur principal : le complice peut
être poursuivi et condamné même lorsque l'auteur principal échappe à la répression.
Les hypothèses sont nombreuses soit qu'il est mort, soit qu'il est mineur, soit qu'il est en
état d’aliénation mentale.

B- L’élément matériel :

La complicité suppose un acte de participation qui constitue son élément matériel.


Il ne s’agit pas d’un acte quelconque, mais de l’un de ceux énumérés par l'article 129
du C.P. :
1. La complicité par provocation accompagnée de circonstances : promesses,
menaces ou abus d’autorité ou de fourniture d’instructions (indications précises,
informations et renseignements)  L’élément moral consiste dans ce fait de donner des
informations, sachant qu’elle servirait à la réalisation d’un crime ou d’un délit.
2. La complicité par fourniture de moyens : il s’agit de tous les moyens ou
instruments utilisés, nécessaires à l’auteur pour commettre une infraction (Il y a
complicité de crime, ou de délit si l’infraction a été consommée, ou simplement tentée).
3. Complicité par aide ou assistance que reçoit l’auteur principal et qui facilite le
crime ou le délit : c’est un cas très large et susceptible d’application variée, il vise les
faits qui peuvent être concomitant à l’acte principal.
4. Complicité par recel de malfaiteurs : elle suppose que le receleur fournisse aux
malfaiteurs de façon habituelle un logement, un lieu de retraite ou de réunion.

Ces actes de complicité que nous venons d’énumérer, sont d’abord des actes positifs
(infraction de commission), la complicité n’est pas un acte négatif (ex : celui qui a été
seulement spectateur d’une infraction, et qui ne l’a pas empêché, ne peut être considéré
comme un complice «on n’est pas complice par abstention»).
Toutefois, l’auteur d’une abstention peut parfois être poursuivi en tant qu’auteur d’un
délit d’abstention (en cas d’omission de porter secours à une personne en péril,ou en
cas de dénonciation d’un crime).
Par ailleurs, pour constituer un acte de complicité punissable, il faut encore que cet acte
positif ait été consommé, si on met à part le cas de la tentative punissable.
 En outre, les actes de complicité sont des actes consommés, on ne peut pas être
poursuivie pour avoir tenté d’être complice. Par conséquent, il n’y a pas de tentative de
complicité, on parle de complicité de tentative.
Les actes de complicité sont, soit antérieurs à l'infraction (ex : donner des instructions
au cambriolage d'un fonds de commerce), soit concomitante au fait principal (ex : celui
qui joue de la musique, pour que les cris de la victime ne soient pas entendues).

C- L’élément moral :

La complicité est essentiellement intentionnelle, le complice participe à l'acte


principal en connaissance de cause. Donc il doit non seulement avoir connaissance de
l'infraction envisagée, mais aussi la volonté de s'y associer, si l’infraction commise est
sans rapport l'infraction envisagée, le complice échappe à la répression (ex : un individu
qui prête son fusil de chasse pour un braconnage (chasse illégale) alors que ce dernier
utilise cet arme pour tuer l'amant de sa femme (complicité échappée à cause de non
correspondance d’intention) (ex : un complice qui a fabriqué de fausses clés, et elles les
a remise à l’auteur principal, sachant qu’elle devait faciliter un cambriolage, mais le
malfaiteur après avoir quitté les lieux, et a commis un viol, dans ce cas on peut
soumettre cette personne à la complicité).
En revanche, si l'infraction commise est de même nature que celle envisagée, la
complicité demeure punissable, même si en cours de réalisation, l'infraction s'est
aggravée de circonstances aggravantes, et même si le complice les a ignorés totalement
(ex : un complice qui donne des instructions utiles pensaient faciliter la réalisation d'un
vol simple, alors que l'auteur principal commis le vol dans la nuit et avec l'utilisation
d'une arme. Le vol s'est transformé en vol aggravé «qualifié crime»).
N.B : la réunion, la nuit, l'arme, sont des circonstances qui modifient la nature de
l'infraction (du délit en crime).
SECTION 2 : L’IMPUTABILITE.

Elle constitue après la culpabilité la seconde composante de l’élément moral, c’est la


capacité de comprendre et de vouloir. Elle consiste de mettre la faute au compte de
celui qui l’a commise. Il n’y a pas en droit marocain de texte posant un principe légal de
non imputabilité.
La contrainte qui annihile la volonté, n’est pas liée à l’imputabilité, car elle fait
disparaitre l’infraction, étant érigée en fait justificatif. Seule l’insuffisance des facultés
intellectuelles, constitue une cause de non imputabilité.

1) LES CAUSES SUBJECTIVES DE NON-IMPUTABILITE :

A) La minorité pénale :

Le code pénal distingue différentes tranches d’âge :


– Tout d’abord, le mineur de -12 ans, est juridiquement considéré irresponsable par
défaut de discernement. S’il commet une infraction, le juge l’admoneste et le remet à son
tuteur ou à ses parents.
– Le mineur de 12 ans qui n’a pas atteint l’âge de 18 ans, il est considéré comme
partiellement irresponsable en raison d’une insuffisance de discernement, s’il commet
une infraction, il peut faire l’objet d’une ou de plusieurs mesures de protection ou de
rééducation prévu par l’article 481 du C.P., (ex : placement dans un internat apte à
recevoir des mineurs délinquants d’âge scolaire). Mais il peut être condamné
exceptionnellement d’une peine atténuée lorsque les circonstances ou la personnalité du
mineur paraissent l’exiger.
La peine prononcée contre un mineur de 12 à 18 ans, est atténuée par l’effet d’excuse
légale atténuante de minorité. Toutefois, les jugent n’usent qu’exception cette faculté,
puisque le mineur est plus facilement rééducable, et il est préférable de le soumettre à des
mesures éducative, plutôt de le condamner à des véritables peines.
– Et enfin, les délinquants au-dessus de 18 ans, qui ont atteint la majorité pénale : ils
sont « réputés pleinement responsables ».
Le droit pénal des mineurs est d’une grande souplesse. Cependant, l’inadaptation des
mineurs constitue un phénomène social inquiétant, ainsi il est important d’aider ces
mineurs pour qu’ils ne deviennent pas des adultes délinquants, et puisque le mineur est
plus facilement rééducable, il est préférable de le soumettre à des mesures d’éducation
choisies en fonction de sa personnalité, et du milieu social dans lequel il vit, au lieu de le
condamner à de véritables peines.

B) L’aliénation mentale :

A côté de l’irresponsabilité totale dont bénéficie le dément intégral. Le Code pénal marocain
consacre le concept d’irresponsabilité partielle dont il fait bénéficier le « demi fou ». Il y a
lieu de distinguer ici entre la démence proprement dite, et les états voisins de la démence :

- La démence « irresponsabilité totale ». (Art. 134 du C.P) :


La démence peut être définie comme une altération mentale et durable des facultés
mentales, telles que le dément n’a plus conscience de ses actes. En d’autres termes,
l’individu est privé de tout discernement.
Pour faire disparaitre la responsabilité pénale, la démence suppose deux conditions :
1- Il doit s’agir d’une démence totale ayant abolie le contrôle des actes.
2- Il faut que la démence existe au temps de l’infraction (c’est-à-dire, synchrone à l’acte
délictuel).
Les troubles sont constatés par expertise médicale, et les juges demandent l’avis du médecin
expert pour savoir si le discernement est totalement aboli. Dans ce cas, l’individu sera
déclaré totalement irresponsable, et doit être interné dans un établissement psychiatrique.

- Les états voisins de la démence (ou les anormaux mentaux dont la capacité de
comprendre et de vouloir est affaiblie) « irresponsabilité partielle ». (Art. 135 du C.P.) :
Entre la démence ayant aboli le discernement et la lucidité parfaite, il existe des états
intermédiaires, dans lesquels la faculté de discernement n’est pas supprimée, mais
simplement altérée, il s’agit des anormaux mentaux, qui ne sont pas pleinement capables,
d’apprécier le caractère délictueux dans leurs actes.
Les juges après expertise médicale, doivent déclarer cet individu comme partiellement
irresponsable, ensuite ordonner la peine, et finalement, ordonner que le condamné soit
hospitalisé dans un établissement psychiatrique, préalablement à l’exécution de toute peine
privative de liberté.

2) LES CAUSES OBJECTIVES DE NON-IMPUTABILITE : (La neutralisation de


l’élément légal).

Art.124 du C.P. : « Il n’y a ni crime, ni délit, ni contravention :


1/ Lorsque le fait était ordonné par la loi et commandé par l’autorité légitime ;
2/ Lorsque l’auteur a été matériellement forcé d’accomplir ou a été matériellement placé
dans l’impossibilité d’éviter l’infraction, par un événement provenant d’une causé
étrangère auquel il n’a pu résister ;
3/ Lorsque l’infraction était commandé par la nécessité actuelle de la légitime défense de
soi-même ou à autrui, pourvu que la défense soit proportionnée à la gravité de
l’agression. »

La neutralisation de l’élément légal a la conséquence directe de retirer le caractère


infractionnel à un acte normalement punissable
Il peut arriver qu’un acte contraire à la loi pénale et constituant une faute, soit licite et
n’expose son auteur à aucune condamnation, ainsi l’acte est légitime, et justifié par la
présence d’un fait justificatif.
Les faits justificatifs sont des circonstances objectives indépendantes de la psychologie
du délinquant, qui fait disparaitre le caractère délictueux d’un acte. L’article 124 du C.P.
dispose en effet « il n’y a ni crime, ni délit, ni contravention ».
On peut étudier le fait des faits justificatifs dans le cadre de la responsabilité pénale, et
les considérer comme des causes objectives par rapport aux causes subjectives de non
imputabilité, l’article 124 du C.P. prévoit 3 sortes de faits justificatifs :

 L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légitime :

Il arrive que la loi elle-même, et l’autorité légitime qui donnent l’ordre de


commettre un acte qui est normalement, pénalement puni, le code pénal prévoit
plusieurs exemples, l’exemple le plus cité est celui du secret professionnel du
médecin et chirurgien, ces derniers sont tenus au secret professionnel. L’art.446
réprime la violation du secret professionnel (obligation du secret professionnel),
dans le même article, la peine n’est pas applicable dans le cas où la loi impose ou
autorise la révélation du secret, ex : des textes qui autorisent l’homicide ou la
peine capitale.
Le commandement de l’autorité légitime évoque deux remarques : la
première relative à la notion d’autorité légitime, la deuxième relative au
commandement lui-même lorsqu’il s’avère illégale. Il s’agit tout d’abord d’une
autorité publique civile ou militaire, et non d’une autorité privé, c’est ainsi
l’autorité du père sur son fils, ou de l’employeur sur son employé ne saurait
justifier leurs actes…
Par ailleurs, contrairement à l’ordre de la loi, l’ordre commandé par l’autorité
légitime n’est pas à lui seul une cause de justification autonome. Il faut en outre
que l’autorité agisse pour l’exécution régulière de la loi, conformément aux
pouvoirs qu’ils lui sont reconnus, ex : le chef d’établissement pénitencier qui est
tenu selon la loi d’incarcérer les condamnés ne commet pas la séquestration
arbitraire, à la condition qu’il exécute les instructions en ce sens du juge, donc
l’ordre donné par l’autorité légitime justifiera l’action.
 Donc pour légitimer l’action, l’ordre donné doit être conforme à l’ordre légal,
c’est une commission du bon sens, car une autorité aussi puissante soit elle, ne
pourrait donner l’ordre de violer la loi, cela parait théoriquement simple, ainsi en
pratique les choses sont plus complexes. C’est toute la question du
commandement illégal qui est issue d’une autorité légitime.
On se demande alors si l’obéissance à un ordre illégal peut constituer un fait
justificatif et supprimer l’infraction. Cette question à reçu en doctrine deux
solution, et deux conceptions qui s’opposent :
- Selon une première dite obéissance passive, l’ordre reçu doit être toujours
exécuté et constitue un fait justificatif, le subordonné n’a exécuté que l’ordre de
son supérieur, entre autre, l’inférieur n’a pas le droit de discuter ou d’apprécier la
légitimité de l’ordre qu’il reçoit.
- Il y a un autre système dit baïonnettes intelligentes, ou système de
l’obéissance résonné, le subordonné a le droit de discuter et d’apprécier l’ordre et
refuser de s’y soumettre s’il est illégal. Selon le système, l’ordre ne saurait
justifier le commandement, par conséquent le subordonné engage à sa
responsabilité.
Le droit pénal marocain, adopte un système intermédiaire où le subordonné
ne doit refuser d’exécuter que les ordres manifestement illégales auquel on
ne doit pas s’y soumettre et l’ordre apparemment légal (c’est-à-dire l’ordre ou
l’illégalité n’est pas aussi éclatante, auquel on peut obéir avec justification de
l’infraction), le caractère manifeste s’étend d’une illégalité évidente.
Ex :
- un lieutenant qui commande à son subalterne de commettre un crime contre la
sûreté de l’Etat.
- le fait de soumettre une personne à la torture, ou porter atteinte à la vie ou à
l’intégrité corporelle d’une personne.
- l’ordre de falsifier un document.
Il peut s’agir d’un n’importe quel ordre de l’agent public ordonnant un acte
arbitraire qui porte atteinte à la liberté et aux droits essentiels des citoyens.
 Le commandement de l’autorité exonère l’exécution de toute responsabilité,
sauf si l’acte sollicité est manifestement illégal.

 La légitime défense : (Art.124 al.3 du C.P.)

a) Définition :

La légitime défense consiste de repousser par la force une agression injuste,


imminente, cela peut paraitre en contradiction avec le principe général « nul ne
peut se faire justice à soi-même ». Cette défense individuelle normalement
prohibé devient légitime en cas d’urgence, c’est-à-dire, dans les situations où la
sécurité des personnes, voire celle des biens, ne peut pas être assurée par les
moyens habituelles de la justice, et de la police. Donc partant de là, celui qui se
défend ne fait que remédier à la défense de ces moyens, et ne connait pas d’acte
contraire au droit. On admet même qu’en se défendant, la victime accomplit un
devoir de justice dans la mesure où en repoussant une agression injuste, il
contribue à la défense de la société, c’est dans ce sens que Hegel a écrit
« l’attaque est la négation du droit, la défense est la négation de cette négation,
donc l’application du droit ».

b) Les conditions de la légitime défense :


- Conditions relatives à l’agression :

C’est une agression qui est actuelle et imminente (c’est-à-dire, elle consiste
dans la menace d’un mal qui ne peut être écarté qu’en commettant une
infraction).
Dans la conception de la légitime défense, il y a en effet la notion d’urgence, le
fait de ne pas pouvoir attendre que l’autorité normalement compétente, puisse agir
et intervenir. Si la menace est simplement future, la légitime défense n’est plus
admise, de même qu’en intervenant trop tard, la défense n’est plus légitime. Celui
qui réagit contre un mal passé est inspiré d’un simple sentiment de vengeance
privée interdit par la loi (la répression de l’agression appartient dans ce cas à la
société).
L’agression doit être injuste, c’est-à-dire non édictée par la loi, si l’acte
d’agression est justifié, la légitime défense n’est plus valide. ex : celui qui blesse
un agent d’autorité qui procède à son arrestation.

- Conditions relatives à la défense :

Elle doit être nécessaire, c’est-à-dire qu’elle doit constituer le seul moyen de se
défendre (la personne agressée n’a pas pu faire autrement pour échapper au
danger, que de commettre une infraction.)
Elle doit être proportionnée à la gravité de l’agression, la défense donc doit être
mesurée.  L’appréciation de la proportionnalité est délicate, elle relève de
l’appréciation du juge. Elle ne suppose pas en tout cas une stricte équivalence
(ex : l’acte de défense de la femme qui tue son violeur, cet acte sera évidemment
justifié), en revanche, l’absence de proportionnalité repousse tout idée de légitime
défense (ex : celui qui répond à une gifle ou un coup de poing par un coup de
feu).
Cette exigence de proportionnalité, est plus sévèrement et rigoureusement
apprécié par les juges, lorsqu’il s’agira de la simple défense de biens, c’est ainsi
que le vol, ne confère pas au propriétaire le droit de tuer.

c) Les effets de la légitime défense :


Lorsque la légitime défense est établie, la personne n’est pas pénalement
responsable. Par conséquent, il n’y aura aucune sanction pénale, si des poursuites
ont été intentées, elles doivent prendre fin dès que la légitime défense est établie,
l’auteur de la riposte n’a commis aucune faute, de plus la légitime défense est
même pour lui un droit.

 L’état de nécessité et de contrainte :


a- L’état de nécessité :

L’état de nécessité est l’état à l’individu, qui tout en gardant sa liberté de


décision, est obligé pour échapper à un danger imminent, qui le menace ou
menace autrui, de commettre une infraction. Elle place ainsi l’individu dans une
situation difficile qui l’oblige à opérer un choix entre deux maux qui ne peut
l’éviter, soit il commette un acte délictueux, soit il subit un mal plus grave.
 Donc il s’agit de sacrifier une valeur pour sauvegarder une autre d’un intérêt
supérieur.
L’état de nécessité ressemble à la légitime défense, mais à la différence de la
légitime défense où la victime de l’infraction agresse le coupable. Dans l’état de
nécessité la victime est un tiers innocent qui voit son intérêt sacrifié au profit d’un
intérêt jugé sur le moment supérieur.
Le mal ou le danger écarté par la commission de l’infraction doit être imminent et
inévitable, et ensuite il faut une certaine proportionnalité entre le moyen
employé et la gravité de la menace. Le dommage causé par l’infraction doit être
proportionné par rapport à celui qui permet d’éviter l’infraction.
Ex :
- supprimer ou sacrifier une vie humaine pour sauver un animal ne permettrai pas
d’invoquer l’état de nécessité.
- l’avortement n’est pas puni lorsqu’il constitue une mesure nécessaire pour
sacrifier la vie de la maman, le médecin qui pour sauver la mère tue l’enfant dont
elle allait accouchée.
En France, l’exemple le plus célèbre est l’affaire Ménard (4 mars 1898), dans
laquelle la cour d’Amiens a acquitté une mère de famille qui, n’ayant pas mangé
depuis deux jours, avait dérobé un pain chez un boulanger pour nourrir son enfant
malade. Le juge fonde sa décision, confirmée par la cour d'appel d'Amiens le 22
avril 1898, sur l'état d'absolue nécessité de la prévenue.
Dans une autre affaire, la cour de cassation accepte que le mari étranger à l’acte de
l’accouchement puisse échapper aux poursuites fondé sur l’exercice illégal de la
médecine, car son acte avait été justifié par l’état de nécessité. Dans tous les cas,
l’infraction peut être justifiée par l’état de nécessité, par ailleurs l’impunité se
justifie par le fait que l’auteur n’est pas inspiré par un tempérament antisocial.

b- La contrainte :

La contrainte est le fait pour un individu d’agir sous l’empire ou l’influence


d’une force à laquelle il ne peut résister, cette force supprime et annihile sa
volonté, et par conséquent toute liberté de décision (ex : un militaire en permission
est ligoté chez lui par des voleurs, et ne peut pas rejoindre son poste, il se trouve
dans une situation de contrainte ; et ne peut de ce fait être condamné pour
désertion.)
L’impunité de l’infraction impose que l’auteur ne se soit pas trouvé dans cette
situation par l’effet d’une faute antérieure (ex : celui qui a volontairement mis le
feu à sa maison, puis ensuite pour échapper aux flammes…).

PARTIE II : La sanction pénale.


C’est de façon purement abstraite que le législateur apprécie la gravité des
infractions. En fonction des mœurs politiques du moment (Ex : confessionnalité ou
laïcité, libéralisme ou socialisme), ou du contexte international (Ex : temps de paix
ou temps de guerre), il fera de l’infraction qu’il réprime un crime, un délit ou une
contravention, et il fixera la peine objectivement encourue pour cette infraction par
n’importe quel délinquant.
Par exemple, aux termes de l’a. 490 C.P., « sont punies de l’emprisonnement d’un
mois à un an, toutes personnes de sexe différent qui, n’étant pas unies par les liens
du mariage, ont entre elles des relations sexuelles ». C’est là une infraction
strictement fondée sur le confessionnalisme musulman (crime et péché de Zina).
De même, aux termes des a. 191 et 192 C.P., l’espion coupable d’une atteinte à la
sûreté extérieure de l’Etat est passible, « en temps de guerre » de la réclusion de
cinq à trente ans, et « en temps de paix » d’un emprisonnement d’un à cinq ans.
Il importe donc de présenter tout d’abord la sanction pénale, en tant que
manifestation objective de la réaction sociale (Chapitre I).
Il est toutefois, nécessaire que la sanction pénale soit adaptée par le juge au degré
de responsabilité propre à chaque délinquant. Lorsque la sanction pénale est
temporaire, l’individualisation du châtiment par le juge peut non seulement
s’opérer dans les limites du minimum et du maximum légal, mais également
excéder ces limites sous la forme d’une atténuation au-dessous du minimum ou
d’une aggravation au-dessus du maximum. C’est là, tout le problème de
l’individualisation de la sanction pénale (Chapitre II)

CHAPITRE I : La réaction sociale.


La sanction constitue après l’incrimination, la seconde composante de toute
infraction.

En effet, la loi pénale qui décrit une incrimination, permet de déterminer la


sanction correspondante conformément au principe fondamental du droit Pénal, le
principe de la légalité des délits et des peines. La commission d’une infraction
implique une réaction de la société. Cette réaction sociale qui a pour but de
préserver l’ordre public et la sécurité, se traduit par la condamnation à une peine
(réaction répressive) soit par l’application d’une mesure de sureté (réaction de
protection préventive).

Classiquement, le Droit Pénal ne connaissait comme sanction pénale que la peine


qui lui a d’ailleurs donné son nom. Par la suite, l’arsenal répressif s’est enrichi
d’une sanction de type nouveau : La Mesure de Sûreté répressif qui vise une
meilleure protection de la société et de l’individu.

La peine est un châtiment, un mal infligé au délinquant en rétribution de


l’infraction qu’il a commise. La mesure de sûreté est une sanction individuelle
coercitif et sans coloration morale imposée à l’individu reconnu dangereux pour
l’ordre social afin de prévenir les infractions que son état dangereux rend
probables.

L’état dangereux peut être défini comme la capacité criminelle ou la forte


probabilité d’une infraction future. La mesure de sûreté s’attache moins à
l’infraction qu’à l’état dangereux que représente le sujet pour la société. Le Droit
Pénal marocain utilise les deux techniques de sanction.

Section 1 : Théorie des peines.

A) Les fonctions de la peine :


La peine remplit certaines fonctions, qui expliquent les caractères qu’elle présente,
elle remplit essentiellement trois fonctions, qu’elle conserve à travers le temps, et
l’espace.

a) Fonction d’intimidation : l’exemplarité de la peine est telle, qu’elle puisse


impressionner les délinquants à qui elle infligée (intimidation individuelle) ; et
décourager les imitateurs éventuels (intimidation collective), l’exemple du
malfaiteur puni fait réfléchir les délinquants éventuels, et les détourne de la
criminalité (elle décourage les imitateurs, dans la mesure où la crainte d’un
châtiment exemplaire, est de nature à faire hésiter les délinquants éventuels).
Ce qui conduit le législateur à prévoir les peines, les plus élevées pour les actes
qui causent un trouble social important.

b) Fonction de rétribution ou fonction morale : la peine est la juste sanction de


la faute commise, et du trouble social occasionnée par l’infraction. La peine
suppose toujours une faute (notion de culpabilité). Elle est orientée vers le
passé, mais se préoccupe aussi de l’avenir, dans un but utilitaire et social de
réadaptation, une répression qui ne se préoccupe pas de réadapter les
délinquants est vaine et inhumaine.

c) Fonction de réadaptation : cette fonction est aujourd’hui prédominante. La


peine doit préparer et favoriser la réinsertion sociale et l’amendement du
condamné. Notre pays s’engage dans cette voie.
En effet, en applications des hautes orientations royales, la Fondation Mohamed
6 pour la Réinsertion des Détenus œuvre à traduire dans les faits la volonté
royale pour préserver la dignité des détenus, et les aider à réintégrer leur place
dans la société, et devenir membres actifs, grâce à la formation et aux cours
pédagogiques qu’ils recevront durant leur détention.

B) Les caractères de la peine :


a) Caractère afflictif et infamant : la peine est un châtiment, l’individu se voit
infliger une souffrance qui constitue une punition pour la faute qu’il a commise.
b) Elle implique d’autre part, un blâme social, le coupable qui a enfreint l’ordre
social est désigné à la réprobation publique. Cependant, ce blâme ne doit pas être
poussé très loin, pour ne pas empêcher le reclassement du délinquant qui, en ayant
exécuté sa peine, doit être considéré comme ayant payé à la société, et surtout y
retrouver sa place.
c) Caractère déterminé et définitif : la peine est en principe fixée définitivement par
le juge qui dispose au moment du prononcé de sa décision de tous les éléments
pour doser la peine et la prononcer.
d) Caractère définitif : la décision judicaire devient définitive à l’expiration des
voies de recours. Elle acquiert l’autorité de la chose jugée : la peine prononcée
n’est plus susceptible de modification judiciaire, et demeure inscrite au casier
judiciaire.

C) Nomenclature des peines :


L’article 14 du C.P. fait une distinction entre les peines principales, et les peines
accessoires.
La peine principale est la sanction essentielle de l’infraction, celle qui est prévue à
titre principal par le texte pour sanctionner un comportement déterminé contraire à
la loi. Elle sert à qualifier l’infraction, c’est-à-dire à déterminer sa nature
criminelle, délictuelle ou contraventionnelle. En effet, c’est d’après sa nature que le
juge saura si l’infraction est un crime, un délit ou une contravention (art. 111 C.P.).
En effet, d’après cet article :
- L’infraction que la loi punit des peines prévues à l’article 16 est un crime.
- L’infraction que la loi punit d’une des peines prévues à l’article 17 est un délit.
- L’infraction que la loi punit d’une des peines prévues à l’article 18 est une
contravention.
La peine accessoire est celle qui s’ajoute à la peine principale, elle constitue une
mesure secondaire, appuyée sur la peine principale et ne peut être prononcée sans
elle. Ce sont des peines rattachées à certaines peines principales, elles résultent
automatiquement de la condamnation sans que le juge n’ait le besoin de les
prononcer expressément.
Elle est d’autant plus importante, qu’elle sert à qualifier l’infraction, c’est-à-dire à
déterminer sa nature criminelle, délictuelle ou contraventionnelle.
Les peines accessoires sont : (voire les articles 36 à 48 du C.P.).
 Les peines principales sont criminelles, délictuelles ou contraventionnelles.

a) Les peines principales criminelles sont : – la peine de mort – la réclusion


perpétuelle, la réclusion à temps (pour une durée de 5 à 30 ans) – la résidence
forcée – la dégradation civique.
i) La peine de mort : peine criminelle affectant à l’intégrité corporelle. Le
code pénal la prévoit pour la répression des infractions, les plus grave (ex :
attentat contre le roi ou la famille royale, assassinat, empoisonnement (le
Maroc évolue vers l’abolition de la peine de mort).
ii) La réclusion : peine privative de liberté, elle peut être perpétuelle ou
prononcée à temps pour une durée de 5 à 30 ans.
Elle s’exécute dans une maison centrale avec isolement nocturne.
Le condamné à la réclusion ne peut être admis au travail à l’extérieur, avant
d’avoir subi 10 ans de sa peine s’il a été condamné à perpétuité, ou le quart
de sa peine s’il a été condamné à temps.
iii) La résidence forcée (art.25) : peine restrictive de liberté, c’est une peine
criminelle principale. Elle restreint la liberté de déplacement, mais laisse au
condamné la possibilité de mener une vie normale.
Elle consiste dans l’assignation au condamné d’un lieu de résidence ou
d’un périmètre déterminé dont le condamné ne peut s’éloigner sans
autorisation de l’autorité compétente (la Direction Général de la Sûreté
National).
Sa durée ne peut être inférieure à 5 ans quand elle est prononcée comme
peine principale.
iv) La dégradation civique : c’est une peine privative de droits, elle est tantpot
une peine criminelle principale. Elle se traduit par la privation de nombreux
droits civils, civique, et de famille. En tant que peine criminelle principale,
elle est prononcée seule pour un durée de 2 à 10 ans.

b) Les peines délictuelles principales sont :


i) L’emprisonnement : c’est la seule peine délictuelle privative de libeté,
sa durée est d’un mois au moins et de 5 années au plus (Art 17 du C.P.).
Elle est prononcée dans les délits correctionnels et de police.
Le délit correctionnel, est une infraction que la loi punit d’une peine
d’emprisonnement dont elle fixe le maximum à plus de 2 ans
Le délit de police est une infraction que la loi punit d’une peine
d’emprisonnement dont elle fixe le maximum à 2 ans.
ii) L’amende de plus de 1200 DH : c’est une peine pécuniaire, elle consiste
dans l’obligation pour le condamné de payer au profit du trésor une
somme d’argent déterminée.
c) Les peines contraventionnelles principales :
i) La détention de moins d’un mois : c’est une peine privative de liberté,
elle est exécuter dans les prisons civiles ou dans leurs annexes avec
travail obligatoire à l’intérieur, sauf incapacité physique du détenu.
ii) L’amende de 30 à 1200 DH.

Section 2 : Les mesures de Sûreté.

Le droit marocain utilise principalement les peines et accessoirement les


mesures de sûreté.

A) Buts de la Mesure de Sûreté : n’ayant pas de coloration morale, la mesure de sûreté


n’a ni une fonction d’intimidation ni une fonction de rétribution. Le but de la
mesure de sûreté est exclusivement un but de prévention.
Rappel  La mesure de sûreté est fondée sur l’état dangereux qu’un individu
présente, c’est-à-dire, la forte probabilité de le voir commettre une infraction. Mais
le droit pénal marocain n’admet pas que ces mesures puissent être appliquées avant
la commission d’une infraction « ante delictum » ou en dehors de la commission
d’une infraction, c’est le système de l’infraction préalable.

L’application d’une mesure de sûreté avant la commission de toute infraction


porterait atteinte au principe fondamental de la légalité criminelle. Le système de
l’infraction préalable connait une exception : le nouveau code de procédure pénale
(art. 513) permet au juge d’intervenir préalablement, pour appliquer au mineur, en
danger ou en situation difficile, une des mesures de protection prévues par l’article
741du C.P.P.

B) Caractères des mesures de sûreté :

1- dénuée de tout fondement moral, la mesure de sûreté n’a ni caractère afflictif ni


caractère infamant, à la différence de la peine, la mesure de sûreté ne cherche pas à
infliger une souffrance, un blâme ou une humiliation. On parle à cet égard de
l’amoralité des mesures de sûreté.

2- Caractère indéterminé de la mesure de sûreté : la mesure de sûreté s’accommode


par essence d’une certaine imprécision, elle ne doit normalement cesser qu’avec la
disparition de l’état dangereux. Cependant, le respect de la liberté individuelle
s’oppose à l’indétermination absolue des mesures de sûreté.
L’autorité judiciaire fixe la durée maximum de la sanction dans les limites établies
par la loi.

3- Caractère ré visible : la mesure de sûreté est exclusivement orientée vers


l’avenir, elle doit être continuellement adaptée à l’évolution de l’état dangereux,
elle est de ce fait susceptible de modification, postérieurement au prononcé du
jugement.

C) Classification des mesures de sûreté : (Art 61 à 92 du C.P.)


On distingue deux types de mesure de sûreté : les mesures de sûreté personnelles et
les mesures de sûreté réelles.
i) Les mesures de sureté personnelles : elles s’attachent au délinquant lui-
même considéré comme porteur de tendances criminelles qui doivent être
supprimées afin d’éviter la commission de nouvelles infractions. Ces
mesures sont :
1) La relégation : l’article 63 du C.P., la définit comme étant l’internement
dans un établissement de travail sous un régime approprié de réadaptation
sociale, pour une durée qui ne peut être inférieure à 5 ans ni supérieure à 10
ans à compter du jour où cesse l’exécution de la peine. D’une manière
générale, elle ne s’applique qu’aux récidivistes.
2) l’obligation de résider dans un lieu déterminé.
3) L’interdiction de séjour.
4) L’internement judiciaire dans un établissement psychiatrique.
5) Le placement judiciaire dans un établissement thérapeutique.
6) Le placement judiciaire dans une colonie agricole.
7) L’incapacité d’exercer toute fonction ou emploi publics.
8) L’interdiction d’exercer toute fonction activité ou art, subordonnés ou non
à une autorisation administrative.
9) La déchéance des droits de puissance paternelle.
ii) Les mesures de sûreté réelles : elles s’attachent à la situation dangereuse,
c’est-à-dire, celle qui a permis ou permettrait à nouveau la commission d’une
infraction. Elle s’apparente à :
1) La confiscation des objets ayant un rapport avec l’infraction ou des objets
nuisibles ou dangereux ou dont la possession est illicite.
2) La fermeture de l’établissement qui a servi à commettre une infraction.
CHAPITRE 2 : L’individualisation de la sanction pénale.
La sanction pénale constitue après l’incrimination la seconde composante de toute infraction,
la loi qui décrit une incrimination, permet de déterminer la sanction correspondante en vertu
de la légalité des délits et des peines. Or, entre la sanction telle qu’elle figure abstraitement
dans le texte d’incrimination et la sanction qui de façon concrète sera prononcée par le juge,
puis exécutée par le condamné, apparait donc un écart important. Ce phénomène est le souci
d’individualisation de la sanction pénale.
Tout d’abord, la plupart des peines sont assortie d’un minimum ou maximum légal, ouvrant
ainsi au la possibilité de choisir la peine qui sera adaptée au délinquant paraissant devant lui.
Par ailleurs, animé par le même souci d’adapter la loi, qui, par définition général et
impersonnelle aux situations particulières. Le législateur définit lui-même les causes
d’atténuation ou d’aggravation de la peine que le juge est tenu d’appliquer au coupable (art.
142 du C.P.).
Il est extrêmement rare que la sanction pénale prévue par le code de 1962 soit fixe, comme
c’est le cas pour la peine de mort, pour la réclusion perpétuelle, pour la dégradation civique,
ou pour les mesures de sûretés réelles.
La plupart des peines principales et des sanctions qui en sont l’accessoire sont, en effet,
susceptibles de variation entre un minimum et un maximum. Il en va de même des mesures
de sûreté ; mais l’individualisation de ces dernières est, nous l’avons vu, spécifique.
L’article 141 du C.P. fixe à cet égard les prérogatives du juge : « Dans les limites du
maximum et du minimum édictés par la loi réprimant l’infraction, le juge dispose d’un
pouvoir discrétionnaire pour fixer et individualiser la peine en tenant compte d’une part, de
la gravité de l’infraction commise, d’autre part de la personnalité du délinquant ».
Cependant, les limites légales ne sont pas toujours infranchissables. Le juge conformément à
l’article 142 C.P., peut, selon les cas, être tenu d’appliquer au coupable, soit une peine
atténué (Section 1), soit une peine aggravée (section 2).

Section 1 : L’atténuation de la sanction.


Elle peut être fondée soit sur une cause légale d’atténuation, il s’agit alors des excuses
atténuante (1), soit sur une cause judiciaire d’atténuation, il s’agit alors des circonstances
atténuantes (2). Dans l’un et l’autre cas, la sanction est atténuée, mais « la catégorie de
l’infraction n’est pas modifiée », même si le juge prononce une peine « altérante à une autre
catégorie d’infraction » (Art. 112 du C.P.).

1) Les excuses atténuantes.


Définition : ce sont, des fait limitativement prévue par la loi, qui tout en laissant
subsister l’infraction et la responsabilité permettent de diminuer la culpabilité, et
assurent aux délinquants une modération de la peine édictée par la loi. (Art.143 C.P.).

A) L’excuse de minorité :
Elle concerne les infractions qui sont commises par un mineur de 12 ans qui n’a pas
atteint l’âge de 18 ans. Ces mineurs sont susceptibles d’être excusés « l’effet de
l’excuse de minorité ».
La réduction de la peine varie selon la gravité de l’infraction commise, selon l’art. 482
du C.C.P, le maximum er le minimum prévu par la loi sont diminués de moitié (Si
l’infraction commise est passible de la peine de mort ou de la réclusion perpetuelle, la
juridiction des mineurs leur substitue la peine à réclusion à temps, de 10 ans à 15 ans.

B) L’excuse atténuante de provocation :


Une excuse spéciale qui ne concerne que le meurtre, les coups et blessures, ils sont
considérés comme excusables, lorsqu’ils sont provoqués par les violences graves
contre la personne, ou la moralité publique.
Sera considéré comme excusable, celui qui a été provoqué et troublé par la colère, ce
qui diminue le jugement. De plus, celui qui commet l’infraction sous l’empire de la
colère et de l’irritation parce qu’il n’est plus maitre de lui, est moins dangereux que
celui qui commit l’infraction alors qu’il est en plein possession.
Elle s’apparente à la légitime défense, dans la mesure où l’agent a été poussé à
commettre l’infraction. Ceci explique qu’elle est souvent utilisée de l’excès de la
légitime défense. Elle vient ici atténuer les faits pénaux de légitime défense, ex : le
meurtre (Art 418 C.P.), les blessures et les coups ou violence grave envers la personne
(Art 416 C.P.)
 Les coups et blessure sont excusables si elles ont été commises par l’un des époux
sur la personne de l’autre, ainsi que sur le complice à l’instant où il les surprend en
flagrant délit d’adultère (Art 421 du C.P.).
 Les coups et blessures sont excusables lorsqu’ils sont commis sur la personne d’un
adulte surpris en flagrant délit d’attentat de pudeur, commis sur enfant de -18 ans. Les
faits sont excusables lorsqu’ils sont commis sur la personne d’un adulte surpris en
flagrant délit de tentative de viol.

C) Excuse légale de soumission :


On peut la considérer comme une prime à la soumission, l’art.440 du C.P. la prévoit
expressément au profit du coupable qui spontanément fait cesser la détention ou la
séquestration.
 Elle est utilitaire dans la mesure où la réduction de peine ne peut s’analyser que
comme une prime à la soumission : elle est, à cet égard proche de certaines excuses
absolutoires ; le code pénal de 1962 envisage expressément cette excuse dans son art.
440 en cas d’atteinte portée par des particuliers à la liberté individuelle. Bien que le
texte ne le précise pas, cette excuse semble uniquement concerner la détention et la
séquestration de majeurs ou de mineurs de plus de douze ans, des textes spéciaux étant
réservés à la protection des mineurs de douze ans (art. 471-475 du C.P.)
Les circonstances atténuantes eux, sont des faits laissés à l’entière appréciation du
juge qui empreigne un adoucissement quantitative de la peine au-dessous du
minimum légal.
La loi n’a donnée ni énumération ni exemples (Art. 416 du C.P.). Elles sont
personnelles, c’est-à-dire que la peine est réduite qu’à l’égard du condamné (Art.
147 : modalités des réductions de la sanction).

Section 2 : Aggravation de la sanction.


La loi entend rester souveraine quand il s’agit d’aggravation. Il peut arriver que
l’infraction soit commise dans un contexte particulier, qui l’a fait apparaitre aux
yeux du législateur comme plus grave que d’ordinaire, c’est-à-dire les causes
d’aggravation de la peine sont légales.
La nature ou catégorie de l’infraction n’est pas modifiée en matière d’atténuation
ou suite à l’usage d’une excuse légale d’atténuation. Le juge prononce une peine
afférente à une catégorie d’infraction (Art.112-113 du C.P.). Parce qu’il a été
excusé, le législateur puni le crime d’une peine délictuelle mais pas criminelle, la
sanction sera donc moins sévère. C’est la catégorie initiale de l’infraction qui
demeure, il en est de même en matière d’aggravation (Ex : un sujet récidiviste
commet un délit, il va être puni d’une peine criminelle).
En matière d’aggravation (récidive), la nature de l’infraction ne change pas. Il en
va autrement lorsqu’il s’agit des circonstances aggravantes, dans ce cas la nature de
l’infraction change (Ex : un vol simple est délit, le vol aggravé est par contre un
crime)  (Circonstances aggravante = nature de l’infraction change)  Toute cause
d’aggravation est légale.
Si l’indulgence favorable aux intérêts du condamné peut être laissée ou
abandonnée à l’initiative du juge, il ne saurait être ainsi de la sévérité (Le juge, ne
peut de lui-même dépasser le maximum légal que sur prévision de la loi).

A) Les circonstances aggravantes :


Des circonstances aggravantes (Articles 152 et 153 du C.P.)
Art 152 du C.P. « L’aggravation des peines applicables à certaines infractions
résulte des circonstances inhérentes soit à la commission de l’infraction, soit à la
culpabilité de son auteur ».
Art 152 du C.P. « La loi détermine ces circonstances à l’occasion de certaines
infractions criminelles ou délictuelles » (les circonstances aggravantes ne
concernent pas les contraventions).
Dans un système dominée par le principe de légalité, l’aggravation de la peine
applicable ne peut être abandonné à l’arbitraire du juge ; ce dernier au contraire,
« est tenu d’appliquer au coupable une peine (…) aggravante chaque fois que sont
prouvées (…) une ou plusieurs des circonstances aggravantes prévues par la loi »
(Art. 142 al. 1 du C.P.). Il appartient donc au législateur de prévoir à l’avance la
liste des événements qui lui paraissent susceptibles d’aggraver la responsabilité de
l’agent. L’art 153 C.P. consacre cette norme en rappelant que « la loi détermine ces
circonstances à l’occasion de certaines infractions criminelles et délictuelles ».
Curieusement, le texte exclut l’aggravation des contraventions, circonstance rare,
mais dont le code lui-même fournit pourtant un exemple. De fait, si les
contraventions ne sauraient, dans la plupart des cas, être aggravées, c’est que les
circonstances qui correspondraient à leur aggravation sont le plus souvent érigées
en éléments constitutifs des délits. Par exemple, la contravention de maraudage de
l’art 608-6° C.P, est la même infraction que le délit décrit dans l’art. 519 du C.P.,
mais ce dernier est commis non pas le jour, mais la nuit ou réunion.
Les circonstances aggravantes peuvent être donc définies comme des circonstances
accessoires du fait principal, fixées limitativement par la loi et déterminent une
augmentation des peines ordinaires.

 Domaine des circonstances Aggravantes :

L’art. 152 du C.P. distingue les circonstances inhérentes à la commission de


l’infraction, de celles qui sont inhérentes à la culpabilité de l’agent ; les premières
sont réelles ou objectives, car elles se rattachent au fait matériel de l’infraction,
les secondes sont personnelles ou subjectives, car elles sont liées à la personnalité
de l’agent.
1- Circonstances aggravantes réelles. Ce sont celles qui participent à la structure
matérielle de l’infraction. Elles aggravent de ce fait la criminalité objective de
l’acte.
a) circonstances de moyen. Ex : Escalade (vol), réunion (rébellion), port d’armes
(mendicité), fausses clés (vol), effraction, violence…etc.
b) circonstances de lieu. Ex : chemins publics (vol), maison habitée (vol),
aéroport (vol), gare ferroviaire (vol)…etc.
c) circonstances de temps. Ex : nuit (vol).
2- Circonstances aggravantes personnelles. Elles participent, en quelque sorte, à la
structure morale de l’infraction. Elles aggravent de ce fait la responsabilité de
l’agent.
Circonstances fondées sur la nature des relations qui unissent l’agent à sa
victime :
1) car ces relations lui imposaient un devoir particulier de respect. Ex : parricide
(art.397 C.P., crime commis par le descendant sur la personne de l’ascendant) ou
régicide (art. 163 C.P., crime commis par le sujet sur la personne du souverain)
2) car ces relations étaient de nature à lui faciliter l’infraction. Ex : vol du
domestique ou de l’ouvrier.
Circonstances fondées sur l’exercice de certaines fonctions qui impliquent une
honnêteté sans faille. Ex : usage de violence, sans motif légitime par un préposé
de la force publique…
B) La récidive :
Art. 154 du C.P. : » Est (…) en état de récidive légale, celui qui, après avoir été
l’objet d’une condamnation irrévocable pour une infraction antérieure (1er terme
de la récidive), en commet une autre » (2ème terme de la récidive).
Il y'a récidive lorsqu’une personne déjà condamné irrévocablement pour une
première infraction, en commet une nouvelle dans les conditions définis par les
art.154 à 159 du C.P.
La récidive suppose la réunion des conditions restrictives exigées par la loi. Les
exigences légales tiennent à ce qu’il est convenu d’appeler les termes de la
récidive, plus précisément la récidive suppose un individu coupable de deux
infractions ou plus, sa particularité, tient à la nécessité d’une condamnation pour
la première infraction, avant la commission de la seconde. En l’absence de cette
condamnation, il n’y aurait qu’un concours d’infractions.

En conséquence, la récidive suppose la réunion d'éléments appelés les termes de


la récidive :
- Le premier terme : est une première infraction donc une condamnation pénale
(antérieure et irrévocable, non susceptible de recours), définitive (elle passe en
force de la chose jugée).
 Une mesure de rééducation ou de protection prise à l’égard d’un mineur, ne
constitue pas le premier terme de la récidive.
- Le deuxième terme est une nouvelle infraction distincte et indépendante de la
première, si elle n'en est que sa conséquence (Ex : un condamné à la réclusion
criminelle qui s’évade pour échapper à l'exécution de sa peine, ce dernier ne sera
pas considéré comme récidiviste du seule fait de son évasion, celle-ci est
seulement la conséquence de la première infraction).
La nature de la nouvelle infraction, ainsi que du délai dans lequel cette nouvelle
infraction a été réalisée, sont en fonction de la gravité de l’infraction (Art 155 à
159 prévoient plusieurs situation et cas de récidive).

On distingue plusieurs catégories de récidive:

1) la récidive criminelle (de crime en crime) : cette récidive est générale (peu
importe la nature des crimes commis), elle est aussi permanente et perpétuelle
(quel que soit le temps qui s'est écrouler depuis l'expiration de la première peine)
art 155

2) la récidive délictuelle : elle est spéciale (il faut un délit identique) mais aussi
des délits assimilés art 158, par ex: le 1er thème de la récidive est un vol, le 2eme
est un abus de confiance, la condition de spécialité sera alors respectée parce qu'il
s'agit de délits, ex:2ans après l'expiration d'un vol, une personne commet un
homicide volontaire: la condition de spécialité ne sera pas remplie
art 158:délits assimilés qu'on peut considérer comme délits identiques

3) la récidive de peine prononcée pour crime à peine délictuelle art 156:elle est
générale puisqu’on ne tient pas compte de la nature des infractions, elle est aussi
temporaire, car la 2eme infraction doit être commise dans un intervalle de temps
ne dépassant pas 5ans après l'expiration de la première peine

4) la récidive contraventionnelle art 159