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SPIRITUALITE AFRICAINE

Religion : Lwa · Oufo · Houngan · Mambo · Hounsi · Bokor · Asson · Vévé · Bain de chance · Zombi

Esprits : Agwé · Ayida Wedo · Azaka · Ayizan · Baron Samedi · Damballa · Erzulie · Grand Bois
Guédé · Loco · Lwa · Maman Brigitte · Marinette · Marassa Jumeaux · Ogoun · Papa Legba ·Simbi

Histoire : Dahomey · Yoruba · Cérémonie du Bois-Caïman · Clairvius Narcisse · Ouidah

Autres religions afro-américaines : Candomblé · Vaudou · Kumina · Macumba · Palo


Mayombe · Quimbois · Santería (Lukumí) · Obeah.

Vévé d'Ayizan

Vévé de Baron Samedi

Vévé de Maman Brigitte

Vévé de Damballah Weddo

Vévé de Papa Legba

Vévé d'Ogoun
Vévé d’Ayizan

Dans le vaudou, en particulier en Haïti, Ayizan (ou Grande Ai-Zan, Aizan, ou encore Ayizan Velekete)
est le lwa du marché et du commerce. Elle est l'un des lwa-racine, et son nom signifierait « Terre
sacrée » ou « Pays sacré ».

Elle est invoquée lors des rites d'initiation vaudou (appelés kanzo). Son mari est Loko Atisou, qui
connaît les vertus des plantes et initie les « doktè-fey » (docteurs feuilles), tandis qu'Ayizan protège
des mauvais sorts.

Son symbole est la feuille de palmier. Son Vévé montre quatre traits formant un losange central
hachuré représentant la feuille de palme, ou un palmier stylisé. Elle ne boit pas d'alcool, et son doublet
catholique est sainte Claire.

VEVE DE BARON SAMEDI

Dans le vaudou : Baron Samedi (ou Baron Samedi, Bawon Samedi, Bawon Sanmdi) est l'un des aspects
du lwa Baron. C'est le lwa des morts, avec ses autres incarnations Baron Cimetière et Baron La Croix.
C'est l'un des Guédés, ou leur père spirituel. Sa femme est Maman Brigitte. Il est représenté vêtu d'un
chapeau haut de forme blanc, d'un costume de soirée, de lunettes de soleil dont un verre est cassé,
avec du coton dans les narines.

C'est l'esprit de la mort et de la résurrection : Il se trouve à l'entrée des cimetières et se met sur le
passage des morts vers la Guinée.
Certains anciens mystiques haïtiens prétendent qu'une invocation rituelle de ce dieu le 1er samedi
du mois de juin au lever du soleil permettrait d'obtenir la mort de certains ennemis ou d'obtenir la
domination maléfique d'une femme qui se serait rebellée. Il sert également à l'approche du jour des
morts (1er novembre) à la vengeance des âmes errantes, des personnes persécutées, des sorcières et
des consultantes des cultes vaudou. Il est invoqué avec l'aide de bourdons pour lequel un charme
sera jeté sur les aiguillons selon la parole biblique "mort où est ton aiguillon?".

VEVE DE MAMAN BRIGITTE

Dans la mythologie vaudou : Maman Brigitte (Grann Brigitte, Manman, Manman Brigit, Manman
Brijit) est un lwa de la mort, épouse de Baron Samedi. Elle boit du jus de piments, et elle est symbolisée
par un poulet noir. Comme Baron et les Guédés, elle emploie un langage obscène.

Elle protège les pierres tombales et les cimetières : A la condition qu'ils soient convenablement
pourvus de croix.

En tant que divinité vaudou du Nouveau Monde : Maman Brigitte a probablement pour origine sainte
Brigitte. Ses fidèles lui rendent hommage le 1er lundi du mois de juin en lui offrant des liqueurs et des
parfums pour sa protection, ses grâces et son intervention bienveillante auprès de son époux Baron
Samedi. Elle libère les femmes qui l'invoquent des charmes maléfiques. Certains initiés peuvent
l'invoquer pour obtenir la guérison des ulcères. Ces rituels spectaculaires ont pratiquement disparu de
nos jours. Son haleine pimentée mélangée au souffle de l'initié est censée troubler l'eau mise en
contact avec les victimes d'un envoûtement.
VEVE DE DAMBALLA

Damballa ou Damballah Wedo : Il est l'esprit vaudou de la connaissance symbolisé par la couleuvre ou
le boa. Il est l'époux d'Ayida Wedo, la maîtresse du ciel.

Il apporte et communique les connaissances occultes et le savoir : Il est un grand esprit de fertilité
et de sagesse qui aidera également à éviter les mauvais pas et à prendre les bonnes directions.

Il représente le principe du bien, et vit près des rivières et des sources. Sa couleur est le blanc, et il
demande des offrandes de cette couleur (œufs, farine). Les fidèles possédés par Damballa se mettent
à siffler et à ramper comme des serpents.

Il est associé au saint Patrick chrétien qui chassa les serpents d'Irlande.

VEVE DE PAPA LEGBA

Papa Legba : Il est un lwa (esprit, divinité) du vaudou, religion originaire de l'ancien royaume du
Dahomey (actuel Bénin en Afrique de l'Ouest). Il est toujours largement répandu au Bénin et au Togo.

Papa Legba, a la fonction d'intermédiaire et de messager des dieux : Il est assimilé, dans le vaudou
syncrétiste haïtien, à saint Pierre, qui détient les clefs du Paradis et de l'Enfer. Il préside le lavage des
mains d'eau et de rhum.

Dans le vaudou en Afrique : Il n'y a pas les concepts de paradis et d'enfer. Lêgba (Eshu pour les
anglophones) est en effet le dieu le plus important en cela qu'il est le dieu des croisements, le dieu de
la réflexion ; son rôle d'intermédiaire vient ensuite. Il forme avec la divinité Fa (ou Ifa) un couple
porteur de la pédagogie de cette culture.
VEVE D’OGUN

Ogoun : Ogou, ou Gou, est au départ un orisha dans la mythologie yoruba, et


un lwa du vaudou haïtien, qui se présente sous plusieurs aspects. Il préside au feu, au fer et à
la guerre. Comme tel, il est le patron des forgerons. Il est le frère de Shangô.

Mythologie yoruba :

Il est le fils d'Yemaja (ou Iemanjá) et d'Orungan, l'époux d'Oya et d'Osun. Il représente
le guerrier traditionnel et le travail du métal. Puissant et triomphateur, il peut être destructeur.

Dans le culte des Orishas : Il a plusieurs aspects et plusieurs noms.

Aspects vaudou : Ogou Feray ou Ogoun Ferraille ! C'est le guerrier qui lutte contre la misère. Ses
attributs sont le sabre, le coq rouge, le rhum et le tabac. Il est l'un des amants d'Erzulie. C'est aussi un
chef politique, qui a servi d'inspiration aux esclaves pour la révolution haïtienne en 1804. Son
doublet catholique est saint Jacques le Majeur. Saint Jacques le Majeurs appelé Fils du tonnerre
Ogou Tonnerre !

Ogou Badagris : Il porte l'aspect phallique d'Ogou, et représente la fertilité.

Ogou Shango : C'est le lwa des éclairs.

L’HISTOIRE

Les hougan :

C’est le nom donné à un chef spirituel de la religion vaudou, il est l'organisateur des cérémonies, celui
par lequel passent les esprits (lwas) qui désirent transmettre un message au monde des vivants. Son
équivalent féminin est la mambo ou manbo. Il officie dans l'Oufo, le temple, autour du potomitan.
L'insigne de son pouvoir sur les esprits est l'asson. Un houngan qui crée des zombis est appelé bòkò
(sorcier).

Les Bokors :

Les bokors, bocors ou bòkò dans la religion vaudou sont des sorciers ou houngans (prêtres) qui louent
leurs services. On dit d'eux qu'ils "servent les lwas (les loas) des deux mains", ce qui veut dire qu'ils
pratiquent à la fois la magie noire et la magie bénéfique. Leur magie noire inclut la création
des zombies et celle des "wangas", des talismans qui abritent des esprits. Son équivalent féminin est
la mambo ou manbo.

Histoire de Clairvius Narcisse : C’est un Haïtien supposé avoir été plongé dans l'état de zombi par un
bokor.
LES LOAS, ANGES OU DEMONS

« Les loa nous aiment, nous protègent et nous gardent. Ils nous révèlent ce qui arrive à nos parents
qui vivent loin de nous, ils nous indiquent les remèdes qui nous soulagent quand nous sommes
malades… Si nous souffrons de la faim, les loa nous apparaissent en songe et nous disent : « Ne perds
pas « courage, tu gagneras de l’argent. » Et l’argent promis nous parvient. »

Cette profession de foi d’une paysanne résume assez bien ce que les adeptes du vaudou attendent des
loa. Pour qu’elle fût complète, il aurait fallu ajouter : « Les loa nous avertissent des machinations de
ceux qui nous veulent du mal. » Alfred Metraux : le Vaudou Haïtien

Les origines

Le vaudou qui signifie en langue fon « Culte des esprits » tire ses racines des pratiques religieuses et
magiques africaines associées au culte catholique. En effet aux XVI ème siècles, pour pallier à la
disparition des indiens en tant que main d’œuvre des millions esclaves africains vont être déportés
dans les colonies du Nouveau Monde et notamment sur l’île de St Domingue (qui deviendra plus tard
Haïti).

C’est là que naquit le Vaudou. Sous l’influence et l’oppression des colons, les esclaves métissèrent leurs
traditions africaines du culte catholique. Très vite les réunions secrètes se multiplièrent dans les
champs de coton, les forêts et les grottes. Il n’était alors pas rare d’entendre s’élever, à la nuit tombée,
d’étranges psalmodies chantées au rythme des tambours.

Le Vaudou peu à peu devint un outil de cohésion entre les esclaves, une communion spirituelle et
sociale dans la résistance face à l’esclavage. A tel point que ce fût lors de la cérémonie de « Bois Caïman
» que fût prêté le serment qui donnera lieu à la première grande insurrection à Haïti.

Par la suite avec la proclamation de la première république noire d’Haïti en 1804 et les migrations des
esclaves le Vaudou dépassa les frontières des Caraïbes. C’est à cette époque que la Nouvelle Orléans
devint la place forte du Vaudou aux Etats Unis.

Avant 1803 la Louisiane appartenait à la France. Les colons français, témoins de ce qu’il s’était passé à
Haïti, interdirent toute importation d’esclaves venant des Indes Occidentales. Mais la Louisiane fût
rachetée par les américains qui levèrent l’embargo. Les esclaves des Indes affluèrent alors à la Nouvelle
Orléans. Certains étaient libres, affranchis ou esclaves en fuite. D’autres sont arrivés avec leurs maîtres
qui fuyaient la révolte. Ils amenèrent le Vaudouisme.

Les premiers lieux de rassemblement seront le Bayou de St. John et les abords du lac Pontchartrain à
la Nouvelle Orléans, lieux qui demeureront célèbres pour leurs cérémonies. Dès 1817, les maîtres
d’esclaves commencèrent à craindre ces rassemblements, tout rassemblement fût alors interdit en
dehors de zones et d’horaires bien déterminés, en l’occurrence les dimanches après-midis au Square
Congo. Les esclaves et les affranchis y faisaient des simulations de leurs danses vaudous devant les
tenants de la société créole. Bien sûr parallèlement ils continuaient à se retrouver en secret pour
pratiquer le véritable Vaudouisme. Vers 1830 apparût une reine vaudou, probablement la plus connue
des grande prêtresses, Marie Laveau. Elle dirigea le Vaudouisme à la Nouvelle Orléans durant plusieurs
décennies.

Aujourd’hui le Vaudou a atteint un rayonnement mondial, même si il reste prédominant dans les
caraïbes, et dans certains pays d’Afrique comme le Bénin. Encore de nos jours, le Vaudou est craint et
souvent vu comme une religion diabolique. Ceci s’explique déjà par le contexte de l’époque où est né
le Vaudou.

Les grandes religions du monde voient souvent d’un mauvais œil les pratiques religieuses non
conformes à leurs dogmes et ont, pour la plupart, souvent adoptée une stratégie d’expansion. De ce
fait l’essor du Vaudou dans les colonies aux XIXème siècles était perçu comme un danger pour
l’évangélisation du Nouveau Monde, d’où la diabolisation de ces rites. La seconde raison à cette
mauvaise réputation vient du fait que le Vaudou, de par ses mystères et les peurs qu’ils pouvaient
engendrer, fût un sujet qui inspira énormément de fictions hollywoodiennes, lesquelles montraient
ses aspects les plus extrêmes et les plus sombres.

LES CROYANCES

Polythéiste ou monothéiste ?

Il y a dans le vaudou tout un panthéon d’esprits nommés loas. Lors des cérémonies ce sont ces esprits
qui sont invoqués. Mais au-dessus il y aurait Dieu ou le « Grand Maître », démiurge suprême qui serait
le début et la fin de tout ce qui existe. Si son nom est souvent invoqué dans la vie quotidienne, il ne lui
est rendu aucun culte, car placé au fondement même de la symbolique des esprits, il en constitue la
réserve.

Ainsi les loas seraient l’équivalent des Saints de la religion catholique (il est d’ailleurs troublant de voir
à quel point beaucoup de ces loas correspondent à des Saints du catholicisme), à savoir des
intermédiaires entre l’humain et le divin.

Dieu est ici le grand Architecte de l’Univers et il est considéré par les vaudous comme la même entité
que celle des autres religions monothéistes, une entité Universelle existant par-delà les dogmes et les
interprétations religieuses. Ainsi pour les Vaudouisans toutes les religions monothéistes s’adressent à
la même et seule entité, et sont par là même en droit d’être respectées.

De plus au niveau des rites, le calendrier vaudou est adapté selon celui de l’Eglise Catholique. Dès sa
naissance le vaudouisant, après son baptême catholique est placé sous la protection de son lwa
racine, esprit tutélaire de sa famille. Plus tard il devra subir les épreuves de l’initiation. Il devra alors
servir un esprit spécial, le lWa-me têt (loa maitre tête), qui aura pour charge d’assumer la direction de
sa vie.
Les loas sont parfois représentés sous formes d’ancêtres disparus, d’humains à visages d’animaux ou
de Saints de la mythologie chrétienne. Ils sont terrestres mais invisibles, ils logent dans les éléments
naturels : les arbres, les rivières, les montagnes, le tonnerre, la tempête, le feu , l’eau, l’air.

Les loas sont divisés en deux groupes, ceux du culte Rada, et ceux du culte Petro. Les loas rada viennent
de la tradition africaine et sont de nature bénéfique et bénigne. Les loas petro sont apparus à l’époque
de l’esclavage et ont une connotation beaucoup plus ambivalente et obscure.

Papa Legba est l’un des principaux loas. Il est le maître des carrefours, il garde l’entrée des temples, la
croisée des chemins. C’est le premier loa à être invoqué lors des cérémonies car c’est celui qui ouvre
les portes de la communication avec les autres loas. Versatile, parfois colérique, il peut être tout à tour
protecteur ou maléfique. On le représente parfois sous les traits de Saint Pierre, qui garde les clefs du
Paradis. Il vit sur les routes ou les croisements, où il apparaît sous les traits d’un vieillard boiteux en
haillons. On lui offre du riz, des bananes et des coqs, sa couleur est le rouge.

Un autre loa de première importance est Baron Samedi. Il est le chef des Gédés qui sont les loas de la
mort, sa femme est la Grande Brigitte. Il est souvent représenté en habit noir et en chapeau haut de
forme en train de fumer le cigare en buvant du rhum. Les cérémonies de magie et de sorcellerie qui lui
sont consacrées ont lieu dans les cimetières ou à la croisée des chemins. On lui sacrifie boucs et coqs
noirs, son attribut est une croix noire et ses couleurs sont le noir et le violet.

Erzulie est le loa de l’amour. Son domaine est l’amour sous toutes ses formes, aussi bien psychique
que charnel. Elle apparaît souvent sous les traits de la Vierge Marie. Mais elle est provocatrice et
sensuelle, mi madone mi prostituée. On lui offre des parfums et des objets de toilettes. Son symbole
est un cœur multiple et un miroir.

Damballah est l’un des loas les plus anciens. Il est représenté sous forme d’une couleuvre blanche.
C’est un loa bénéfique, sa femme est Aïda Wedo qui a les mêmes champs d’action que son mari. Il
habite dans les sources et les rivières et son symbole est une couleuvre arc en ciel. On lui offre tout ce
qui est blanc : des poules blanches, du riz, du lait, des œufs, de la farine.

Ogoun a pour attribut des cornes de taureau. Il représente l’aspect guerrier. Il aime recevoir en
offrande des coqs rouges, parfois un bœuf. Ses adeptes portent un foulard rouge. Le feu est son
élément mais il est aussi le loa de la fertilité.

Les loas Jumeaux (ou loas loa Marassa) sont parfois représentés sous les traits de Saint Côme et Saint
Damien. Ils symbolisent l’harmonie première, l’union originelle du ciel et de la terre, du jour et de la
nuit, ils réunissent les contraires. Ils sont instables et peuvent être destructeurs.

Le Vaudou compte une multitude d’autres loas, et au fur et à mesure du temps en apparaissent
d’autres. En effet le Vaudou s’adapte aux différentes époques et intègre certaines croyances d’autres
religions. Ceci peut s’expliquer par le fait qu’il n’y a pas véritablement de dogmes, et que les croyances
y ont été transmises essentiellement par voie orale, même si certains textes, comme la Kabbale ou la
Bible, sont utilisés.

Les rites

L’un des moments essentiels est la cérémonie. C’est durant ce moment que vont être invoqués
les loas. Le rite se fait au sein d’un Hounfor (temple vaudou) et est dirigé un Houngan (prêtre vaudou)
ou son équivalent féminin la Mambo. Le Hougan et la Mambo sont souvent munis d’une calebasse
emplie de vertèbres de couleuvre qui les différencie des autres pratiquants. La cérémonie se déroule
en deux temps principaux : l’appel des loas et le sacrifice. Avec le Houngan et la Mambo, les initiés
sont les principaux acteurs de la cérémonie. Ils ont divers rôles : musiciens, danseurs, commanditaire,
sacrificateur, spectateurs. On sacralise l’espace par le rite du jétédlo (jeté de l’eau), la disposition des
objets sacrés vers les quatre points cardinaux et la parade des drapeaux. Au milieu du lieu de
cérémonie se trouve le poteau mitan, mât décor des signes loa, symbole de la communication entre le
monde céleste et le monde terrestre : le poteau mitan symbolise l’axe du monde. Au pied du poteau
mitan, sur un socle, sont rassemblées les offrandes, différentes selon le loa invoqué. Au sol sont
dessinées, autour du poteau mitan, à la craie, avec de la farine, du plâtre ou du marc de café les
symboles des loa : les Vévé. D’autres signes sont souvent peints sur le poteau mitan, accompagnés
d’objets accrochés, notamment des feuilles de palmier royal destinés à chasser les mauvais esprits.

Puis les tambours, éléments essentiels et symboliques du rite, se mettent en place. Les tambours font
battre à l’unisson les coeurs des initiés et ceux des loas, les deux mondes entrent alors en contact par
les prières, les danses, la musique et les libations.

Les loas sont sensés se nourrir et bien boire à leur arrivés afin d’être disposés à aider ceux qui sollicitent
leur aide. Des mets divers et des liqueurs les attendent. Arrive alors le moment du sacrifice. On prépare
l’animal en l’habillant de symboles multiples, en le nourrissant et en le parfumant avec des potions
préparées par le Houngan. Le rythme des tambours s’accélère et se fait plus intense, emportant les
initiés dans une transe spirituelle.

Une fois l’animal égorgé, le sacrificateur goûte à son sang et les initiés y trempent leurs mains. L’animal
est alors présenté, offert symboliquement aux loas, face aux quatre points cardinaux. Les chants et
danses redoublent de puissance, les vévés préalablement dessinés sur le sol sont censés appeler
les loas. C’est alors que survient le sommet de la cérémonie. Le loa entre dans le corps de l’un des
initiés, on dit qu’il le chevauche. Il se met à danser avec frénésie, différemment selon le loa invoqué.

Le loa ne partira pas tout à fait, après la cérémonie, un lien se créera entre l’initié et l’esprit, pour toute
sa vie. Vases, bouteilles, colliers, bougies, pierres sacrées, pots, paquets magiques, poupées, ficelles
de toutes couleurs entassés sur un autel. Ce sont des wangas.

Ils sont destinés à capter les esprits, bénéfiques, maléfiques ou protecteurs. « Wanga » signifie
fétiche. Ce sont bien souvent des objets ayant une fonction particulière. Certains peuvent avoir pour
rôle de protéger une personne ou d’influer sur sa vie de façon bénéfique, d’autres d’influencer les
éléments. Les fameux gris-gris sont également utilisés, ce sont en général de petit sac en cuir porté
autour du cou et contenant une mixture contenant divers éléments (poivre de Cayenne,
brique en poudre, cheveux, peau de serpent etc..). Si les Houngan recherchent avant tout la
communion spirituelle par le respect des équilibres et l’osmose avec la nature et les différentes formes
de vie, il existe des prêtres nommés Bokor, qui eux se livrent, dans le but de nuire, à une forme de
magie noire. C’est cette dernière qui, même si minoritaire chez les véritables pratiquants vaudou, a le
plus marqué l’inconscient collectif.

Ce qui différencie un Bokor d’un Houngan est essentiellement la pratique de l’envoutement,


notamment par l’utilisation de poupées vaudou. Même si en réalité ces dernières font davantage parti
du folklore que véritablement du Vaudou par lui-même. Il est d’ailleurs amusant de voir que cet aspect
du Vaudou est celui qui vient en premier dans l’esprit des gens lorsqu’on leur parle de Vaudou mais ce
genre de poupées existaient bien avant la naissance du Vaudou. Dans la France du Moyen-Age des
poupées en cire traversées d’aiguilles pour nuire à autrui étaient déjà utilisées.

Ces poupées ne seraient elles que des Vestiges du colonialisme importées par les européens ?
Il n’en demeure pas moins qu’elles sont utilisées dans le Vaudou, mais cette pratique est plus de l’ordre
du Hoodoo (Partie folklorique et sorcellerie) que véritablement du Vaudou pure en tant que religion.
Une autre pratique assez connue est la zombification. Le bokor fait jeter au visage de la victime une
poudre la plongeant dans une profonde léthargie proche de la mort. Le but est de ralentir les fonctions
vitales au maximum, ce qui donne tous les symptômes de la mort clinique. Dans la conception de cette
drogue intervient également, pour le folklore (?) des os broyés en poudre de préférence ceux d’un ou
d’une sorcière, lézards, ver polychète, plantes, mais aussi la Tétradotoxine issue du poisson globe qui
a un grand rôle dans la composition de cette poudre.

Tenue pour morte la victime est enterrée, puis exhumée le soir même par un sorcier qui lui administre
un contre poison. L’individu reste plongé dans un état de catalepsie, dû à la faible oxygénation de son
cerveau. Le bokor se servirait ainsi de ce zombi comme esclave.

Il existe à Haïti des sociétés secrètes telles que Bizango ou le Cochon Gris, constituées de Bokors,
exerçant ce genre de pratique ainsi que le sacrifice humain. Il est difficile de savoir si de telles
affirmations sont fondées, il n’en reste pas moins que ces sociétés secrètes instaurent un climat de
terreur bien réel au sein de la population haitienne.

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