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BATIMENTS MULTI-ÉTAGES

1. OBJECTIFS ET CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES


Les objectifs de l'analyse sont :
Avoir une meilleure connaissance du comportement de la structure sous l'action des
charges appliquées ;
Obtenir des ensembles d'actions appliquées qui soient équilibrés par les réactions et
qui peuvent être utilisés pour le calcul des éléments individuels de la structure ;
Prévoir les déplacements statiques et dynamiques de la structure et leurs effets sur les
finitions du bâtiment et pour le confort de l'occupant.
Afin de pouvoir déterminer si la structure est satisfaisante, sa réponse est comparée aux
limites normalisées appropriées, par exemple pour les contraintes dans les éléments, pour la
réponse en flèche locale et globale, pour les critères de stabilité...
Il est, de façon claire, important que le modèle pris comme hypothèse dans l'analyse soit
représentatif de la manière dont la structure se comporte. Un résultat de ceci peut être qu'il est
important, préalablement à toute analyse, de prendre en compte les aspects suivants :
L'évaluation de la construction du bâtiment. Par exemple, le type de plancher et sa
capacité à répartir les forces latérales ou la nature du bardage et la manière dont il
répartit les charges de vent appliquées ;
La géométrie globale du bâtiment et les fondations proposées. Pour de grandes
structures, il peut être nécessaire d'avoir des joints de dilatation, interrompant par
ce moyen l'intégrité globale de la structure ;
Pour des structures ayant les étages supérieurs à des niveaux différents et donc des
intensités de chargement différant de façon importante sur l'« empreinte » globale,
il faut prendre en compte dans l'analyse la possibilité d'avoir des tassements
différentiels dus à l'interaction sol-structure ou la possibilité d'avoir une structure
réticulée (figure 1) ;
Il est particulièrement important de pouvoir identifier le chemin de chargement à
travers la structure, c’est-à-dire la manière dont les actions permanentes et
variables sont transférées à l'ossature primaire de la structure, puis, à travers le
cadre de la structure, aux fondations (figure 2) ;
La nature et l'intensité des actions permanentes et variables et leurs combinaisons
susceptibles d'avoir les effets les plus préjudiciables sur la structure ;

La compréhension de l'économie du bâtiment incluant les procédures de fabrication


et de montage. En particulier, la disposition idéale de l'ossature primaire et le fait
de savoir si la nature de l'ossature, par exemple avec des assemblages
poutres/poteaux articulés ou rigides correspondent à la structure étudiée ;
La stabilité globale de l'ossature et sa capacité à résister à des forces latérales. En
particulier, s'il y a des éléments de contreventement dans la structure ou si les
forces latérales doivent être reprises par un effet de cadre.
Vertical
gravity load

Moment induced due


to foundation
settlement

 s

Figure 1 Possible effect of ground movement on


frame analysis Lateral wind load

Figure 2 Transfer of external actions


to foundations.

2. ACTIONS
Pour l'analyse des bâtiments à étages, on prend en compte les catégories suivantes de
chargement :

2.1 Actions permanentes


Ces actions, typiquement, comprennent les effets suivants :
poids propre des éléments de structures (dalles, poutres, poteaux, éléments de
contreventement),
finition de plancher,
faux plafonds,
équipements,
cloisons fixes,
protection incendie,
bardage.
On peut obtenir des renseignements sur les valeurs caractéristiques des charges de produits
brevetés à partir des documents du fabricant.
2.2 Actions variables - charges imposées
Les charges imposées minimales sont basées sur l'utilisation du bâtiment étudié et sont
spécifiées dans des règlements locaux. Les bâtiments sont souvent calculés pour des charges
imposées spécifiées en plus de ces minima, afin d'accroître leur souplesse d'utilisation
ultérieure. Les éléments à considérer sont :
personnes,
matériel,
cloisons mobiles,
équipements,
stockage,
charges de neige/toiture.
Normalement, on ne fait qu'une analyse statique pour les charges imposées, mais une analyse
dynamique peut être nécessaire pour déterminer les effets :
des actions sismiques,
des chocs de véhicules,
de la transmission du bruit et des vibrations créées par des équipements à
l'intérieur du bâtiment ou provenant de routes ou voies ferrées voisines,
des vibrations du plancher dues à la marche, déterminées d'habitude en
considérant les effets d'un « coup de talon » normalisé.
La figure 3 représente les limites généralement acceptées (seuils de désagrément) pour les
vibrations dues à la marche.
2.3 Actions variables - charges de vent
L'intensité des charges de vent de projet à appliquer à un bâtiment dépend de sa localisation et
de la topographie locale du site. On utilise les termes suivants pour décrire les différents types
de charges de vent :
moyen : effet statique dû à un flux de vent stable autour du bâtiment. D'habitude basé sur la
vitesse moyenne du vent pendant une heure. Son intensité décroît avec l'augmentation de la
rugosité du sol face au vent, sur le site.
Peak acceleration
a o% g

100

50

20 Walking vibration

(12% Damping) Walking vibration


10 Heel impact test
a o
Walking vibration
5
(6% Damping)

Walking vibration
2 Continuous vibration
(3% Damping) Average peak
1,0 a o

Continuous vibration
0,5
(10to3 cycles/sec)

0,1
1 2 4 6 10 20 Frequency HZ
Figure 3 Annoyance thresholds for floor vibrations
due to footsteps (residential, school,
office occupancies)

en rafales : effet dynamique des rafales sur le bâtiment. L'intensité de cette composante
diminue si la taille du bâtiment augmente, dans la mesure où une rafale individuelle n'est pas
suffisamment importante pour envelopper l'ensemble d'un grand bâtiment. Son intensité
augmente avec la rugosité du sol.
résonnant : effet dynamique dû à la flexibilité du bâtiment qui interagit avec les
rafales. Son intensité augmente avec la hauteur du bâtiment et diminue avec sa masse et sa
capacité d'amortissement.
Des effets croisés du vent peuvent aussi être présents sous forme de :
gîte : effet statique et dynamique de « voilure » dû à la forme du bâtiment.
chocs successifs : effets dynamiques dus aux fluctuations de la direction du vent.
tourbillons : effets dynamiques des tourbillons qui se développent sur les bords du bâtiment
opposés au vent.
Pour les bâtiments à étages de hauteur faible à moyenne, une étude complexe du vent n'est pas
nécessaire et on peut utiliser des charges statiques équivalentes définies dans les règlements
locaux ou dans l'Eurocode 1 (lorsqu'il sera disponible). Les effets croisés du vent ne sont
normalement pas significatifs pour l'étude aux états limites ultimes, mais ils peuvent avoir une
influence importante sur le confort. La figure 4 présente quelques niveaux d'acceptation pour
les vibrations dues au vent.

Peak resultant
35
acceleration
(milli-g)
30

NBCC RECOMMENDATIONS
for offices
25

10s Acceptance levels (Davenport's criteria)


20 2% of population objecting
10%
5s
15 BS 6611 : 1985 Recommendations
for general
buildings
2s
(Dependent on
10 building period)
NBCC Recommendations
for appartments

Perception thresholds
5 10% of the population
2%

0
0,02 0,05 0,1 0,2 0,5 1,0 2,0 5,0 10 20 50 100 200 Storms/year
50 20 10 5 2 1 Return period(years)
Figure 4 Acceptance levels for wind induced vibrations

2.4 Actions sismiques


En Europe du nord, il n'est normalement pas nécessaire de prendre en compte les actions
sismiques, mais ce sont ces actions qui prédominent en Europe du sud. Cela dépend :
de la séismicité régionale,
des conditions locales du sol,
de la période du bâtiment (fonction de sa hauteur, de sa masse et de sa rigidité
latérale),
de sa forme structurale et des matériaux.
Les bâtiments soumis à des efforts sismiques doivent non seulement être calculés en
résistance, mais aussi en ductilité.

2.5 Effets de la température


Selon la taille et l'agencement du bâtiment, les déformations thermiques dues au changement
de température peuvent être significatives. Par exemple, si un bâtiment long a une structure de
contreventement rigide à chaque extrémité, des déformations thermiques différentielles
peuvent se développer entre la superstructure et les fondations et des efforts intérieurs
importants seront créés dans les poutres et le contreventement (figure 5a). Pour éviter cet
inconvénient, une localisation du contreventement au milieu de la structure permet une
dilatation libre des éléments, sans aucun maintien (figure 5b), de ce fait, il n'y a pas création
de forces supplémentaires.
Les effets thermiques peuvent être pris en compte en prenant une gamme de températures
appropriée (fonction de la localisation du bâtiment et de son utilisation) et un coefficient de
dilatation thermique pour l'acier.

Member tends to expand


as temperature rises,
but expansion is prevented
Internal compression
force arises
Stiff bracing frame
acts as a restraint
Large horizontal forces
are generated

(a)

Members can expand without any restraint

(b)

No additional forces arise in the


members nor in the bracing

Figure 5 Effects of thermal expansion on braced structures

3. ÉTATS LIMITES
Une structure doit être étudiée de manière à s'assurer que la probabilité d'atteindre un état
limite quelconque, pour lequel elle ne remplit plus les fonctions pour lesquelles elle a été
conçue reste raisonnablement faible.

3.1 État limite ultime


L'état limite ultime prend en compte les exigences de résistance et de stabilité de la structure -
essentiellement un critère de ruine. Les valeurs individuelles de charges caractéristiques sont à
multiplier par les coefficients adéquats, pour en déduire les charges de projet et doivent être
appliquées dans leur combinaison réaliste la plus défavorable pour la détermination de la
réponse de l'élément ou de la structure globale recherchée. Une expression simplifiée,
lorsqu'on ne considère que les actions variables les plus défavorables est donnée par :

Fd   G , j Gk , j  Q ,1 Qk ,1
 j

 où : Fd représente l'action de projet


 Gk représente la valeur caractéristique des actions permanentes
 Qk représente la valeur caractéristique des actions variables
 gG représente le coefficient partiel de sécurité appliqué à l'action
permanente
 gQ représente le coefficient partiel de sécurité appliqué à l'action
variable
Les coefficients partiels de sécurité proposés dans l'Eurocode 3 [1], lorsqu'on calcule à l'état
limite ultime sont représentés dans le tableau 1. Il faut noter que les actions permanentes sont
effectivement le poids propre des éléments de la structure et des éléments non-structuraux,
alors que les actions variables sont les charges appliquées, par exemple le vent, les charges
imposées de plancher, le tassement... Quand on considère qu'il peut y avoir plus d'une action
variable agissant en même temps, les coefficients partiels de sécurité sont réduits pour prendre
en compte la probabilité réduite d'apparition réelle de cette combinaison sur la structure, c’est-
à-dire :


Fd    G, j G k, j  0,9   Q, i Q k , i
j i 1
La figure 6 montre comment on peut appliquer ces coefficients partiels de sécurité pour
déterminer les conditions de projet les plus critiques dans une gamme de différents
types de structures. La prise en compte des imperfections sera expliquée dans le § 6.
Gravity loads

(1) (2)

(3) (4)
 G = 1,0 or 1,35,  Q =0,0

 G = 1,35,  Q =1,5

(5)
 w =1,5
when combined with (1)-(5),
 w = 1,35,  Q =1,35 or 0,0
 G = 1,35, or 1,0
(Note-this load is reversible)

(6)
3.2 Imperfection loads.
État limite de service
To be included in all load L'état limite de
combinations.
Imperfection load related to gravity
service en
loading. construction
(Note-this load is reversible) métallique
concerne : (7)
Figure 6 Application of factors of Table 1.
des déformations ou
des flèches affectant l'aspect ou l'exploitation efficace de la construction (y
compris le fonctionnement des machines ou des services),
des vibrations, oscillations ou déplacements latéraux, provoquant l'inconfort
des occupants d'une construction ou des dommages à son contenu,
des déformations, flèches, vibrations, oscillations ou déplacements latéraux
causant des dommages à des finitions ou à des éléments non-structuraux.
L'Eurocode 3 [1] donne des directives permettant de s'assurer de ce que ces limites ne sont pas
dépassées.
Quand on fait une vérification donnée d'un état limite de service d'une structure soumise à une
seule charge variable en plus de la charge permanente (poids propre), les coefficients partiels
de sécurité sont égaux à 1. La structure est effectivement étudiée en prenant les valeurs
caractéristiques des actions. Cependant, lorsqu'on détermine la réponse d'une structure à un
état limite de service donné sous plus d'une action variable ou lorsque l'on considère une
réponse dynamique, l'Eurocode 3 [1] introduit trois types de combinaisons d'actions :
Combinaison rare
Gj
k, j Qk ,1  o ,i Qk ,i
i 1

Combinaison fréquente
Gj
k, j  1,1 Qk ,1  2 ,1 Qk ,i
i 1

Combinaison quasi-permanent
G
j
k, j  2 ,i Qk ,i
i 1

Les facteurs qui interviennent dans les formules ci-dessus (0, 1 et 2) varient et sont
détaillés dans les différents DAN (Document d'Application National) de l'Eurocode 3 pour les
différents états membres. La combinaison rare, comme son nom l'indique, prend en compte
une grande proportion d'actions variables par rapport à celles prises en compte dans la
combinaison fréquente. C'est là une exigence de l'Eurocode 3 que de prendre en compte la
combinaison rare des actions lorsqu'on fait une détermination d'élément ou de structure
globale, alors qu'on prend en compte la combinaison fréquente lorsqu'on veut déterminer la
réponse dynamique de la structure.
4. CLASSIFICATION DES STRUCTURES
Lorsqu'on analyse une structure de principe, il est important de pouvoir la classer, comme
étant souple ou rigide, contreventée ou non contreventée. La classification de la structure
détermine la méthode d'analyse globale à employer et l'influence des effets du second ordre
sur la structure.

4.1 Classification en ossature contreventée ou non-contreventée


Une ossature est classée en contreventée ou non contreventée selon la rigidité relative du
système de contreventement fournissant la résistance aux efforts latéraux.
Le critère de structure contreventée est que le système de contreventement soit au moins cinq
fois plus rigide que la rigidité latérale de l'ossature. Il faut noter que cette exigence sera
automatiquement satisfaite pour des structures réticulées qui comportent des dispositifs de
contreventement. En l'absence de système de contreventement, une structure réticulée a une
rigidité latérale nulle.
Pour une ossature destinée à être contreventée, le système de contreventement doit être
calculé pour résister à toutes les charges latérales appliquées à la structure, y compris celles
provenant des imperfections de l'ossature, voir § 5.
Une ossature qui est considérée comme contreventée est automatiquement calculée comme
rigide. Une ossature qui est destinée à être non contreventée pourra plus tard être classée
comme soit souple, soit rigide.

4.2 Classification en ossature souple ou rigide


Une ossature est classée comme rigide pour un cas de charge donné si le critère suivant est
satisfait :
Vsd / Vcr < 0,1

 où : Vsd désigne la valeur de calcul de la charge verticale totale


Vcr désigne la valeur critique élastique pour l'instabilité suivant le mode à
nœuds déplaçables.
Pour des ossatures planes à étages de type poutre/poteau, avec des poutres assemblées à
chaque poteau, à chaque niveau, on peut faire une classification en ossature rigide pour une
combinaison de charges donnée, simplement en déterminant si la condition suivante est
satisfaite :
   V 
 h   H   0,1

 où :  désigne le déplacement horizontal à la partie supérieure de


l'étage par rapport à sa partie inférieure
 h désigne la hauteur de l'étage
 V désigne la réaction verticale à la partie inférieure de l'étage
 H désigne la réaction horizontale à la partie inférieure de l'étage.
Les ossatures classées en ossatures souples doivent ultérieurement être vérifiées à la stabilité
horizontale totale en utilisant les procédures données dans l'Eurocode 3 [1].

5. PRISE EN COMPTE DES IMPERFECTIONS


Les effets des imperfections de forme doivent être pris en compte dans l'analyse globale de
toute ossature. En effet, les imperfections sont traitées comme des cas de charge, à prendre en
compte dans toutes les combinaisons critiques d'actions qui agissent sur l'ossature.
Dans l'Eurocode 3 [1], les effets des imperfections sont quantifiés en termes de défaut initial
d'aplomb à la base des poteaux (voir figure 7), mais elles peuvent être converties en forces
horizontales équivalentes (voir figure 8).

F1
F1 F1

F2  F2
F2

F3 F3
F3

 F i
Figure 7 Initial sway rotation to allow for frame 
imperfections
Figure 8 The equivalent horizontal forces due to
sway imperfections

Le défaut initial d'aplomb  peut être déterminé directement en utilisant le Tableau 3. Le


nombre de poteaux nc comprend uniquement les principaux poteaux porteurs (c’est-à-dire
uniquement ceux qui reprennent plus de 50 % de la charge moyenne reprise par tous les
poteaux de l'ossature étudiée) et qui s'étendent à travers tous les étages pris en compte par ns.
De la même manière, le nombre d'étages, n s, ne comprend que les planchers et les toitures
connectés à tous les poteaux comptés quand on évalue nc. On adopte une valeur unique de 
pour l'ensemble de l'ossature. Si la disposition des poteaux est telle qu'il est possible de
calculer plus d'une valeur pour , il est permis de prendre la valeur qui donne l'effet le plus
bénéfique. Dans le cas contraire, tout autre choix sera conservateur. Les valeurs varient pour F
dans une gamme allant de la valeur supérieure 1/200 à la limite inférieure d'environ 1/630.
La force horizontale équivalente F à chaque niveau de toiture et de plancher est calculée en
multipliant la part de la charge verticale, F, appliquée à ce niveau, par le défaut d'aplomb
initial,  (voir figure 8).
Les forces horizontales équivalentes peuvent s'appliquer dans toutes les directions
horizontales, mais dans une seule direction à la fois.
Aux appuis, les forces horizontales équivalentes obtenues en multipliant les réactions
verticales par  sont appliquées de telle sorte que les forces équivalentes horizontales sur la
structure globale constituent un système fermé, donnant lieu à une réaction horizontale nette
nulle, en l'absence de force horizontale réelle.
Il faut insister sur le fait que les forces horizontales équivalentes résultantes doivent être
appliquées en plus de toutes les autres forces horizontales susceptibles d'agir.

6. MODÈLE D'ANALYSE ET MÉTHODE


La modélisation des systèmes structuraux sera étudiée en Annexe H d'un additif futur à
l'Eurocode 3 [2]. Pendant ce temps, les principes généraux suivants s'appliquent.
On convient de faire l'hypothèse que les éléments d'une ossature de structure de principe ont
leurs lignes moyennes qui se coupent en un point. La manière dont les actions de calcul se
distribuent autour de l'ossature dépend de la nature des assemblages et des mesures employées
pour résister aux charges latérales. Le tableau 3, extrait de l'Eurocode 3, illustre les différentes
méthodes d'analyse globale qui sont permises selon le type d'ossature et d'assemblage.

7.1 Structures réticulées


La méthode d'analyse et de calcul des ossatures réticulées est traitée en détail dans la
leçon 14.10. La structure comprend un système de contreventement séparé qui est calculé
pour résister au chargement latéral et qui fournit une stabilité latérale à la partie de la structure
encaissant les charges de pesanteur (voir figure 9).
Ce modèle fait l'hypothèse que :
Les éléments qui se coupent à un nœud sont articulés.
La nécessaire flexibilité des assemblages peut donner lieu à quelques
déformations non élastiques dans les éléments de connexion (autres que les
attaches).
Les poteaux d'appui ne sont pas soumis à des moments directs passant à travers
les assemblages.
Il en résulte que la structure est isostatique. Les forces intérieures et les moments peuvent
donc être déterminés sur la base de considérations de statique.
Les structures réticulées sont invariablement calculées comme des ossatures rigides (voir § 4)
et il en résulte que l'on peut ignorer les effets des déformations de la structure sur la
distribution des efforts intérieurs et des moments.

6.2 Structures continues


Pour des structures continues, les forces intérieures peuvent être déterminées en utilisant :
a. soit l'analyse élastique globale.
b. soit l'analyse plastique globale.
Alors que les méthodes élastiques d'analyse globale peuvent être utilisées dans tous les cas,
l'analyse plastique globale ne s'applique que lorsque les éléments de l'ossature sont d'une
classe telle qu'elle autorise le développement de rotules plastiques.

7.2.1 Analyse élastique au premier ordre


Dans une analyse au premier ordre, les actions du second ordre supplémentaires dues à la
déformation de la structure (voir figure 10) ne sont pas prises en compte. Cette hypothèse
n'est valable que dans les cas suivants :
a. quand l'ossature est classée en contreventée (voir § 5.1).
b. quand l'ossature est classée en rigide (voir § 5.2).
c. quand on utilise une méthode de calcul dans laquelle une méthode de prise en
compte de façon indirecte des imperfections (amplification) est adoptée pour
tenir compte des effets du second ordre.
Dans ce dernier cas, les moments dus à la déformation latérale obtenus à partir d'une analyse
élastique linéaire au premier ordre sont multipliés par le rapport :
1 VSd
pour  0,25 (1)
1  VSd / Vcr cr
 où : VSd désigne la valeur de calcul de la charge verticale totale

 Vcr désigne la valeur critique élastique suivant un mode d'instabilité


à nœuds déplaçables
Pour les ossatures conventionnelles, le rapport Vsd / Vcr peut être déterminé de la manière
suivante :
VSd     V 

Vcr  h   H 

P P
Q

Before deflection
M=QxL
After deflection
L M=QxL + Px 

But linear analysis


M ignores Px term, 
which is OK if -
QxL >> Px 

Figure 10 P- effect. 
La méthode d'analyse élastique au premier ordre est une approche pratique. La plupart des
bureaux d'études possèdent des logiciels informatiques capables d'appliquer cette méthode
d'analyse à de grandes structures hyperstatiques. Les figures 11, 12 et 13 montrent des sorties
graphiques typiques issues d'une analyse au premier ordre faite en utilisant des logiciels.
Par ailleurs, on peut aussi faire des calculs à la main sur des sous-structures appropriées (voir
figure 14) ayant un nombre d'éléments significativement plus réduit. Ces calculs simples sont
aussi recommandés si l'on veut faire une vérification physique des sorties informatiques.
Lorsqu'on fait l'analyse d'une sous-structure isolée, il est important que :
a. La sous-structure soit réellement représentative de la structure globale.
b. Les conditions aux limites choisies soient correctes.
c. L'on prenne en compte les effets contraires possibles entre des sous-structures
adjacentes.
13 7 14 8 15

12 16 20

10 5 11 6 12
Z
11 15 19

Y 7 3 8 4 9
X

10 14 18

4 1 5 2 6

9 13 17

1 2 3
Enc Enc Enc

Figure 11 Graphical computer output-typical model

Z
Y
X

Figure 12 Graphical computer output-displacements and bending moments


for predominant vertical loads.

Y
X

Figure 13 Graphical computer output-displacements and bending moments


for predominant horizontal loads.
Tableau 1 - Coefficients partiels de sécurité de l'Eurocode 3
Actions permanentes Actions variables

(G) Action variable de base Actions variables


d'accompagnement
Effet favorable 1,0*) 0,0 0,0
F,inf

Effet défavorable 1,35*) 1,5 1,5


F,sup

  k c k s o

avec :  o 1 / 200

1
kc  0,5  1
nc

1
ks  0, 2  1
ns
Tableau 2 - Méthodes d'analyse globale données dans l'Eurocode 3 pour différents types de modélisation
et d'assemblages
Type de modélisation Méthode d'analyse globale Types d'assemblages

Réticulée Nœuds articulés Articulés


Articulés
Continue Élastique Rigides
Articulés
Rigide-plastique Résistance complète
Articulés
Élastique-plastique Résistance complète-rigides
Articulés
Semi-continue Élastique Semi-rigides
Rigides
Articulés
Rigide-plastique Résistance partielle
Résistance complète
Articulés
Élastique-plastique Résistance partielle, semi-rigides
Résistance partielle, rigides
Résistance complète, semi-rigides
Résistance complète, rigides
Articulés

Tableau 3 - Défaut initial d'aplomb F


nc
ns 2 3 4 5 6 7 8

1 1/200 1/220 1/230 1/240 1/245 1/250 1/255

2 1/240 1/260 1/275 1/285 1/290 1/295 1/300

3 1/275 1/300 1/315 1/325 1/335 1/345 1/375

4 1/300 1/325 1/345 1/355 1/365 1/375 1/400

5 1/315 1/350 1/365 1/375 1/385 1/400 1/400

6 1/325 1/360 1/375 1/390 1/400 1/400 1/400

ns est le nombre d'étages


nc est le nombre de poteaux par plan