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Traité des affections

vaporeuses des deux sexes ;


où l'on a tâché de joindre à
une théorie solide une
pratique sûre, [...]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque H. Ey. C.H. de Sainte-Anne


Pomme, Pierre. Traité des affections vaporeuses des deux sexes ;
où l'on a tâché de joindre à une théorie solide une pratique sûre,
fondée sur des observations : par M. Pomme,... Troisième édition
revue, corrigée et augmentée. 1767.

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Pomme

Traité des affections vaporeuses


des deux sexes.

B. Duplain

Lyon 1767
Symbole applicable
pour tout, ou partie
des documents microfilmés

Texte détérioré reliure défectueuse


N F Z 43-120-111
Symbole applicable
pour tout, ou partie
des documents microfilmés

Original illisible
N F Z 43-120-10
TR~rr~
DE S
F ~4 P E U R &

J~~t~ /<
/~jj~C~C
cognofcendum,
ad ~Z~Û/ï~/K.
Hipp. de Arte S. XX.
tjR~ Iir~

~FFE~ON~
:1'D/~E/S~M~

DES DEUX SEXES,


9~ 7~0/z ~cA@ ~o~/z~r~ une ~A~ze
~0~~ M~e pratzque ySrë j ~o/x~
< o~r~~o/zy:
Mr/POMME~ Doreur
Par en Médecine
de l'Univerfité de Monrpellier Médecin
ConiultantduRoi.
TROI~IE~~ ~y~J 0 N
S.EVUE~ CORRIGÉE ET AUGMENTEE.

L y 0 J~.
Chez BENOIT DUPLAIN. Libraire,
grande rue mercière a FAigle.

M. DCC. LXV1
~cc ~~rc~ps Pr~
I.
du. Rof.

j .t
~N
S M~N
.ij~i~T' 'A 'F~

~oyt/et~er <~f~~e ~<?~ en j~~


~o/ ~&~ d* premier
j~e ~Mr-~M~

~ï~r~
~/ïf 6'Mer~

~s ~'r~<'6
~M~ .S~n.f d'
~f~
~r fe RoK
~oMr
~f~e/ïc des J~r~
~~r~ ~~y-7~
~MM~ /Mr~.
MoNSiëu~
La premiere, & la feconde Édition
de cet Ouvrage ont paru en PuMic
fans auCM procè~tion que celle que
revoit tui pEocuret le zèle de Ïo~
~.Uteur.
En le décorant: pour lors du nonA
d'une perfonne diAinguée j'eLurois
craint: d'exposer mon Mécène aux
Ttgueurs du combat L~ittératre auquel
je me livrois 3 &: ce n'eA qu~aprës
m'avoir vu. vK~'orieux que j'aifon
à me choiur un Proce~eur. yous
voulez bien MO~ U R être
celui qui m'honore aujourd'hui de
~on ~uHrage je çonnois touc le prix
du bien~aic ma (alisfa~ion eH fans,
borne; elle m'intpire des jtendmens
de la plus vive reconnoiHance 6c
ceux du plus profond re~pe<~ ave~
~equel je fuis,

MONSIEUR,

~0~6 tr~MM~ d* ~r~-


~y~r~Mr
<? Médecin.
AV~N T-P ROPO S.
ne ~6~<?~ p<3~~
~o~ y~M/er les ~~o/z~
JL~6/zc~
de cet Ouvrage.
~OMr~ ~zp3z.y (a) y~r
la /~co/x~ ~~o/x~ ~y/z~o~ &
CO/Z~77Z~~ un ~~r/Ze~ OM~

~e~/X;/7Z(M7M Ce~ ~~e~~


~/z/~ que celle qui r~~o~ ~r~
c~ë ~o~ ~ozc~ ~ro~
~/72~. 1)~ 7~ M~ C€f ~GCe~~
P~~yr~ ~o/~ur
y~~ ~ro~ 6/7z~~r~

Ça) ~Encyclopédie~Trévoux., le Journ~


~ssSavans<
A
~er <~ /z~/72~
F~ ~~2~~
7~o~X€
?Z~2~/2~
~r~
~6 fO~
jM'm

~ece~
<M'po/6~
ys~
ce~~ <~e Yo~
cy~ <
y~o~
~~z
) éblouis p4~
J~r.
7~c~~o~r€
F' ~C~

~r~ 7~
~o/~

crn~ ce~e <yMe ce /z/z~


J~~c~ j7r<x~ /M~m~
y~or~
j~~
.t.
~c~ <& ~,7'6/r~
~~cA~
y i,
c~
~0~/?2~ ~~0~ ~~7~~
?j~M~ 77z''e2e~ ~M~r~
ment CO~~ <&7~77Z~O~
~0~ <& CO~r~~J
f~O~J~~
~j~~ ~M pas /? ~~7'~
~~fo~ car
~CC~/M/ï ~O~r ~ec TTZO~
~ep/z/?o~r~ ëW~7y2/f
~~7~ ~6 lui
~o~~ la
F'~e/'e~
~6
~oc'
(
/~ë
f0~<?
a ).
T~H~ ~M
~<?

~bM~ ~e c~es perJ'onnes


t~2z?~r~ ~~e~~

4~7'~
p4~
y~r~~e ~~ec
y ~ui;
pr~
~~f~/z J~~ ~~<9F~
~e c~~
~7%~7~ (B).

(~Vqy~.J.e
Voyez Traite ci-apreSt
Cf).voxez la
(&) là vie & les
les principes
principes de Mr.
yizes par Mr. E&éve. D&ns cet éent, Mr.
E~éve ne fe contenue ps~ de cenfurer nom-
bre de Médecins de diâinc~ioa~ il n~àpas'
cr&:nc, encore, d'in~e<~ver les. Membres,
~$<Mles de oo~c UluSre Faculc~ M.
()~/ /7~
e~r~ 7~0/X /~0/?Z
/f ~OM-
~/?~72e
/720/X
~~Z ~/OM~6 CC/Z/Mr~j,
C~r~~o~ OH~r~o~~ /72~
r~7<?/~ ~/?~recz/e/7z~ c~~
me ~'7'f~ lui m~/ze. C~?
<'<9~ de ~fgC~/Z~ ~?~
<Z
w
~V~ vous lui dit-i!~
des ~/coMr~ ~~e/ ~e/zj'
y7z~~ ~/x~€/xf~ J~~ yo/z~
vrais cor/r~
j~ /3/x~
~/xj~
vous
7~
o/ ~~&
vous leur ~OM~~

croy~/xce Z~/z~ ~~6


~o~~ en ~z<~r~? ~~r ~o/ï-
~/ze/-o~ jL/~ air de -~e/
des Ao/7?~ ~/z <~o~ ~r
~o~r~ repos (a)

~) Ibidem.
6p'~tr~ que 7~~ eus pour
j~r. ~7~~ ~o/~ pic /c~/6r
~~r~ ~r. J~ que yer~-c~
~OMr~A~ ~z P~yf~e
~o~r~ fr~
q~
co/z~r~~ y~ cro~

y~f~/z~e
c~/Z po~r~o~y~
un ~r/z~r ~or~
de /0~ ~/7M~/M~O~ ~OM la
ne /0/'f~~ 772~~
~ë/z /7zpo/~Mr6 ~~rr~~r. La
~~c~/ze /zo~7~r~ fOM/o~y~
~/z~ Yo/z y~/z ces e/z~ r~-
M~.y ~Mz ~z-/o~ fr~er
4~ jpro/~ de cet ~r~ ~/72~
<~ co/zf7~r<? ne ~occ~p~r ~t~x
ro~/c~rc~ rendre ~2~~e-
j~~
Il ~<~ plus temps
~M~ ~CO~ moins de 772~~
~~C<9/ voudroit nous Z/72~

~70/~r des /o~. Nous faire


C7'Z/7?6 de ~/3~<?/" l'humanité
c~? ~o~ ~/M~r r~~o~r ~M
~o/'f~ pour la y~r~
?/z/ ~e /o~ /<?~z~<?-
~zzz~

ment
elle a
~?~ y~~
paru y~cz r~
la part de ceux à

que rien ne peut r~


~/z~r ~o~y fournira ~o~o~~
des ~72~~ c ontre de tels ~7Z7~
~/2~ ne cr~
co/2f~~
/y2:072~r
y3~ pas ~zrpr~ ~Ot~
trouver y~r y?~ pas.

j~
Si nos principes lui
c~? ~~z~c~
<
y3/z~j~

7'~
~?C~
Fo~~ rc~< ~OM~ <9~~
~? les lui
/o~~ A~
?/ une ~<M/72C
r~e~o~~ ~o~c ce
~~Mr~ ~fA/e~~ que la ten-
/?o/~ des y~/z~' ~/2
pour nous
une c~M/~y~ pour produire
telle ou telle maladie tout co/yz-
me le reldchement produit les
/M~ propres à y3/~ tour;
ce ne ~772~ C07?2~-

ces deux c~~j co/zfr~-


~~z~/o/x de
<(~ que nous ferons
pendre M~ /7z~~
C~~ par de tels jp~/z~~
que nous yo/7277Z~ parvenu à
couvrir la caufe C~cA~~ des <Ï~C-*
tions ~~or~ <&* c~/? ~z/~
leur application que nous €
avons 7'z/er le ~r~ JL~
~<?/ï ~~3~~ céde'
~/7ze<
<~M/Ï6 J~y ~(?~~~M~ ~<°P'y~
T'72~~
~humec~ans a,ortïa au degre' d~
la C~6 ~J' ~0~/2~ CO/TZ*
~~ffr~ ye~cA~/Tz~/zf c<
tour, aux toniques ~?p~o*
~/3~
prz~. J'~ ~r~r ~/x ~~rez/ cas,
des remedes p/j
dans ces
c~ o~o/e~j y c~~ co/~fr~
~o~2e~zë ~c~ pr~/zczp~~
<<~ ~cc~~r ~6/T/?o/~ nerfs
~r ~~cA~/726/~ /€<[/? ~Z ~/2
7720~~or~r la 772~
rendre incurable (a.). La queflion

{~ Telle eft cependant la doctrine de


M. Fizes telle eft celle que Mrs. Aftruc
Lorry Médecins de Paris nous prë-~
renient aujourd'hui. Le premier dans fon
Traité des Maladies des Femmes imprime!
en 17~3 & le fecond dans fon TraKé
Mc~n~/M~~ <~ wor~ ~~Mf~o~w, im-
primé cette année 1766 6e. enfin celle qui
a fait jafqu~d tant de YK~imes S<. qui ne
A)/~0~6 ~~7~-
~/Z~ P/M~ ~/Z /0-'
~~?/~
Il ne r~/?~~ <~b~c /zo'z-
f~p'o/z~/2~ le <o~ de
cc~ //2~r~r des ~~p<s/z< co/z-
~7'j'< -~r. 2~7~~
jp/?6~rj'/o~ de /xo~~
~7'
z/2/
~~z /2<?M~ yTzo/z~zf Z~
~z~~ /zo~r~ ~z~o/x. Z~~M-
~~r J~b~r~ des ~z~~
~z<?~j' de Zy~o~~
ce2~ j~. ~/2y~c <&' ~/zco/'@

~OM~ ~C~~ nos C<?/~6-


r~ ont ~/x~~ dans ~oj?
~r~c~/z~~ ~~o/z~~ ~~ro/xo/ï-

cdie d'en faire tous les jours ma!gré les


généreux efforts de plufieurs Médecins qui
s~leyent coct~cile.
c~r <MW~/7~r cet ~r~c~
attendant que ~M~
ces Auteurs C6M/ /Z~M~
pro~~r /4 j~z~~f~ de nos jpr~/z-
cz~~j par ces ë~~r/~zc~~
/2u~ ont le droit de ~OM~ ~/z/~
truire &
nous co/z~cr~ /K?~~
jp're/e/~ero/~ ici celles des
j~~c~ <$' des CA~7. ont
après ~0~~ ce qui ~z/~
~Tze~~r~ nos ~z~~
<& ce A~?~7?e. ~o~
0/z
<3~/2~~f~
c~
MOM~
c~ ~'(?~/7~
~~i

PR~~
P R jÉ F C JE.

de
*W Es Médecins avouent que
toutes les maladies qui
a~igenirhumanite~ il n"y
en a point dont la cauie ïbic
moins connue 3 &: le procédé
curatif moins auure que celle
qu~on appelle aiîed:ion vaporeu-
se ou nmplement vapeurs (~x)~
Il en: donc effentiel de travailler
à fixer ce protée 3 puisqu'on
loue les efforts que font ceux
qui en cherchent la cauie le
remede (~).
De tous les obu:acles qui
prefentent pour parvenir à ce

['<ï] Voyez le Journ. de Medec. mois da


t~
Mars i76i\, pag.
~~i Voy. le même Journal p. 1~
1-1
t)ut le préjugé des MédccmÊ
e~ celui qui me paroît le plus
difficile à vaincre en effet ap<
prendre aux uns une route nou-
velle j vouloir forcer les autres
à changer d'idées 6~ de fyu:c-
me, c'en l'ouvrage du génie le
plus fubtil il ne faut rien
moins que l'éloquence la plus
perfuafive pour convaincre des
efprits prévenus & pour dé-
3
truire une erreur prefque uni-
verfelle.
J'en ai fenti toute la dirH-
culté dans ma premiere entre-
prit Animé par la vivacité de
mon zele 3 j~ai cru que mon
travail ne feroit point infruc-
tueux mais me fuis je jamais
flatté de faite beaucoup de pro-
félytes ? Se n'a'vois je pas déjà.
prévu que le nombre des me-
créans feroit très-étendu ? Les
~ns 3 anervis au préjuge3 êc tro~
intéreués àfuivre la routine refu-
&nc con~amment de fe îbumet-
tre &: les autres toujours jaloux
des nouveautés 3 quand ils ne les
eniantent pas fe récrient ians
3
fondement & fans raifon rejet-
tant avec mépris une méthode
d'autant plus intércuante que le
mal devient plus commun. Tel
a toujours été l'écueil de la Mé-
decine les plus zélés ne le dé-
savoueront pas.
Serai-je bien coupable 3 parce
que je dévoilerai fans myi~ere
ma ~açon de guérir un mal juf-
qu'ici incurable ? ôc ne me iera-
t-il pas permis en fuivant l'e-
xemple de nos Maîtres de dé-
fricher avec eux ? Les motifs qui
m~obligent a lutter contre les
plus redoutables adverfaires ex-
cureront, je penfe ma témé-
rité persuade que Je PubHiCy
dont je plaide la caufe me ~au-
ra gré de mon dénntcrenement~
C~en: dans ces vues que j~ai rom-
pu le filence une premiere fois
les controverfes des Médecins me
forcent à me défendre & je dé-
clare par avance que je ne ceP
ferai de parler que quand on
m~en aura impofe par des faits
contraires a ceux que j'ai dej~
préientcs.
Pour me rendre plus clair &:
plus intelligible je reprends ïa.
matière j je dis que la caufe
prochaine & immédiate des anec-
tions vaporeufes doit être attri-
buée au racorniuement du genre
nerveux. Si le terme choque par
fa nouveauté j & que l'on exige
de moi une explication qui le
caractérise plus parfaitement, je
dirai que la fecherene des mem-
branes & des nerfs forme elle-
même ce racorniffement, qui Seul
produit tous les dinerens fymp-
tomes de la maladie que j'atta-
que. Pour exprimer ma penfée
avec plus d'énergie
en. sv. jev me Ser-
aa v ava
virai dune comparaison palpa-
ble qu'on imagine un parchc"
min trempé mou~ ëenexible
(tels doivent être les nerfs dans
leur état naturel). Les Phyfio.
iogin:es favent que les tuyaux ex-
crétoires des dinerentes glandes
difperfées ça la Séparent du
fang le fuc qui arrofe le tinu des
nerSs pour entretenir leur Sbu~
pleSIe naturelle & cette flexibi.
lité qui les rend propres à exé-
cuter librement leurs fondions
par un défaut de ce Suc 3 le par"
chemin Se roidi t 6e par une Se~
chereffe totale, il fe racornit. Tel
@~ Fêtât des nerfs dans le
cas
dont il s'agit. Vouloir les rét~
blir dans leur premiere fituation
c'eft leur rendre l'humide dont
ils font dépourvus. (7e~ de cette
~açon que je prétends trions
pher de la caufe que j~anjgne
laplus invétérée pourroit-elle y
fénUer r
Pour pouffer l'argument ju~.
qu~a la derniere évidence on
n'a qu'à rappeller ici re~ët3 des
caufes éloignées des vapeurs 3 &:
en verra arriver de plus loin la
féchereffe dont je parle & le
yacorniHement qui la fuit. Je dis
plus qu~on ranemble~en même
temps re~et des remedes chauds,
~fi ufités de
nos jours &: fi vantés
ibus le nom pompeux d'antifpa~
modiques on verra augmenter
infenfiblement la caufe du mal
bien-loin de la détruire. Que l'on
rappelle enfin i'e&t conHant
invariable des remèdes oppofes~
on fera îbrcé pour lors d'avouée
la meprife ~&. on fe rejouira avec
moi d'avoir trouvé lefpecinque.
En un mot pour détendre le
fyâeme nerveux, qui, de l'aveu
de tous les Médecins anciens &
modernes 3 pèche ici primitive-
ment faut il des irritans ? &:
ne faut-il pas employer les con.
traires?
Les complications de cette
maladie n'embarraueront plus le
Médecin 3 quand il faura quelles
font le fruit de la premiere caufe.
Les ob~rud:ions de tous les vi~
ceres du bas-ventre n'étant que
l'effet de celle-ci~ céderont au

les merveilleux
avec~
torrent d'une circulation plus
libre il verra
cn~ts~ mé-
thode fi lalutaire par des cures
miraculeufes, le fouvenir de
tant d'autres où la pratiqua
ordinaire l'aura3 fait échouer le
convaincra toujours plus de la.
iolidit~ de celle qu~il aura nou-
vellement embrasée. En enet
combien d'hydropines d'anafar-
ques de Ieuco0h!egmaties 3 ou
le racorninement a lieu 8~ ou
les hydragogues les plus outres
font employés fans diicrction
fans fuccës .1 Combien de jau-
nines hypocondriaques que Fon
attaque journellement par les
apéritifs les plus greniers
quelles en font les fuites ? Com-
bien de maladies chroniques de
toute efpece dépendantes de cet-
te caufe, que la Pharmacie mu-~
file & achevé, après leur avoir
donne naMance à la honte de,
ceux qui Si prêtent des fecours
auffi avides que meurtriers î La
cafcarille le cachou tous les
autres fbmachiques fi familiers
aujourd'hui céderont leur place
aux remèdes qui restitueront le
j
velouté de Feûomac &: qui cor-
rigeront les empreintes meurtrie-.
res que ceux-ci ont coutume d~y
laiffer. Le tympanitique appren-
dra à fe guérir par des remedes
oppofes à ceux qui auront don-
né naiuancc à fa maladie. L'a-
pop!e<ique &: le paralytique évi-
teront les eaux de Balaruc (~z).
L'épileptique crue incurable, &:
guérie fervira d'exemple à celle
qui fera menacée de ce fléau.
L~hy~erique invétérée & le va-
poreux languinant trouveront dé-
formais un remede affuré.
Quelques efforts que je lane
j)our deffiller les yeux de tant

(~) Nous comprenons avec elles toutes


~cse~ux thermales., quelles qu'elles l'oient
<f aveugles volontaires~ je fui$
néanmoins très-certain que je
n'y parviendrai pas. L'entreprife
paroîtra toujours au deHtis de
mes forces 6~ la plupart ne
croiront pas parce que celui
qui parle ne mérite pas d~ctre
cru."t'U'u~f,o
~ru.. Inexpérience u. Médecin
un lne
d~un eCl11
de province 3 fut-elle conn:atee
par des faits auui authentiques
que nouveaux, n~aura jamais af-
iez de pouvoir pour convaincre
lesefprits~Ôene pourra elle feu-
Ïe ~approprier ce droit d~auto-
ritc que perfonne ne devroit
Ïui réfuter. On reconnoît pour-
tant que rexperience eft la mere
de la Médecine, puisque celle-
ci lui doit j~anainance, fon exif-
tence &; fa vie mais n'importe,
on faura lui reprocher d'être ibu-
vent dangereuse ( ) & quel-
'(&) E~WM~w~r~ Hipp. aph. ï.
~uerbis trompeufe & il jamais
~c fut trouvée fuipec~e 3 ce fera
nujourd'hui parce qu~eHe parle
eh ma faveur.
Tant de dimcu!tés auroient
dû m'arrêter à l'entrée de m~
caîricre. Accoutume depuis plu-
fleurs années à lutter contre les
écueiis de la nature j'ai appris
à devenir confiant. C~e.u; ain~i
que l'on triomphe le plus fou-
vent des maux les p!us rebelles;
ce qui me fait eipérer de furmon-
ter un jour le préjuge en ne
ceffant de décrier Ferreur.
Je donnerai à cet Ouvrage la
même forme fous laquelle je Fai
d' prciente
déjà pr~erré ;c~e~a'dire~
c'ef~-à-dvre qu~a-
c~aa'a-
pres avoir défini les anechons va-
poreuïes j'en détaillerai les fym-
ptômes~ pour en établir enfuie
la caufe prochaine la cure.
Les obfervations fur lefquelles
rétablis mon fyAême viendront
immédiatement après elles fe-
ront plus nombreufes & plus rai-
données 3 pour fatisfaire les Me-
decins 3 6~ pour repondre à leurs,
questions.
MM/~TY~~ (~Z~E~
de j~f~cme qui ~oM/ro~T~
arrêter certains jL~~e~r~.
&J .P~ Convul~on ou concrac-
tion violente & involontaire
(ei~et:t d'une ren~on outrée
des filets nerveux & d'une
trop grande .(ennbiHcé). Pre-
mier degré de la caufe pro-
chaine des aHë~ions vaporeuie~
~f~~c. Accroiffement de tenfion &
de ien~bilicé, joinc à une plus
grande vibracilicé ( d'où s'en-
fuit le racorniffement des nerfs).
Second degré de la caufe pro-
chaine des anémions vaporeufes.
~cfo~ C'eft ce qu'on appelle pro-
prement ventre.
.~rop~. Amaigriffement du corps par.
le défaut de nutrition.
~/c~. Hydropifie du ventre avec
épanchcment d'eau.
~c/z~. Dérauc de ton ou de reffort,
relâchement ( er~ec opposé à
la caufe ci-de~HS écablie).
t~~ct~Hc. Ce!ul qui a une Naauv~S
difpofition du corps, caufée par
la dépravation des humeurs
& tendance à l'hydropi~ie.
Cardialgie. Douleur à l'orifice Supérieur
de Fe~omac~ avec fyncope on
menace de fyncope.
(
<~zyw~f~ Rc~eafc ) qui eH contre
les vents.
Difpo~rion ou at~e<3:ion parti-
culiere des humeurs.
JE'A~w~. Enflure ou tumeur caufée
par des vents.
<9~nf~ Douleur aux dents.
Otalgie. Douleur d'oreille.
jP~fo~~c. Accès ou attaque d'une ma.
ladie qui revient par intervalles.
JP/~orc. Surabondance de fang dans
fes vaiHcaux.
Spafmodique ou ~'o~~M~~ Qui eft ac-
compagne de convuinon ou
de concrad-ion violente & in-
volontaire.
~~Mc. ~Rc~~j qui donne du reSore
aux ibiides.
y<?/z~e. {~0~ Contraûion propre
à toutes les fibres du corps hum.
T~p~ Hydropine vcnteuië.
TRAITÉ
DE~ ~FFE
'f-
CTZ <?)V~
/~jPO
jRJF~Jt'

DES D EUX SEXE S.


~~FfM~~N PjE~ ~fF~~r70A~
~~or~!{/e~, ~c~< ~HrJ
J~fo/~e~.
'APPELLE a~e<9:ion vapo-
reuie cette a~e~ion géné-
rale ou particuliere du geriT@
rens dérangemens de l'utérus com"
me l'unique caufe de ces maladies.
On l'appelle hypocondriaque chez les
hommes~ ou mélancholique~ parce que
les mêmes Auteurs en ont aiugné la
caufe dans les hypocondres, & dang
ïes vifceres du bas-ventre.
L'énumération des iymptomes des
anections vaporeufes eft autÏi vague
qu'elle eft étendue le prorée dans
~es mécamorphofes fuivant rexprei-
f!on de Sydenham & !e camcIconL
fous fes différentes couleurs, n'expri-
,ment: que ~biblemenc leur variété &:
leur bifarr erie. La tête eft plus ou
moins ane~ée on y reuenc une pe-
santeur qui en gêne les ~bn~ions, &:
quelquefois une douleur très vive
"peu étendue que l'on nomme clou
t)yAérique chez les femmes. Plusieurs
personnes font incommodées du bar-
rement des artères temporales, d~au-
tres fe piaignent d'un froid au ~bm-
met de la tête la pluparc ont des
jfifHemens dans les oreilles des ver-
tiges, des frayeurs, des terreurs pa-
niques des treznblemera ou rrc-
mouilemens
<tieuH%mens de tout le corps des la~-
études des douleurs des engour-
dUïemens, &.c. La crifteSe la me"
lancholic & le découragement empoi-
fonnent tous leurs amuiemens leur
imagination ~e trouble elles rient
chantent crient & pleurent fans fu-
jet elles rendent beaucoup de vencs
par la bouche & des rots acides ou
nidoreux elles ont un crachoremenc
incommode & quelquefois mal aux
dents la plupart font expofee~ à des
~unDcations alarmantes quelques-unes
éprouvent une toux lèche, qui de-
vient quelquefois convullive. 1/hémo-
ptyjfïe le hoquet les palpitations
de cœur font ici très communes
elles font quelquefois fi violentes
qu'on peut les entendre auprès de
quelques perfonnes maigres on iene
encore des battemens au bas-ventre~
quel~on rapporte à la cœ!iaque à la
mélèntérique iLpéneure ou à l'aorte
leur pouls e~ petit inégal inter-
mittent & même effacé dans quel-
ques paroxifmes. La ncvre e~ quel-
quefois de la pâme mais rarement
Les malades ~e plaignent commune~
ment des anxiétés &: des Dauiecs~
& font tourmentés par le vomiSe~
ment, qui approche quelquefois par
fa violence de la paillon iliaque on
fent un grouillement des tiraiUe-
mens &. des douleurs dans les en-
trailles, & même des coliques des
plus terribles. Le ventre dans ces cir-
conAances eA dur & élevé. Plusieurs
difent y fentir le mouvement de bas
en haut d'une forte de boule cette
ondulation a imité plufieurs fois
(ainn que je Fai obfervé moi même)
celle que fait un ferpent &: fe fait
fentir du bas-ventre a la gorge, qui
en fouffre un étranglement plus ou
moins violent le cours de ventre on
3a conAipaiion les urines limpides y
leur ~upprenion totale ou leur réten-
tion, font encore des Symptômes fa-
miliers aux deux anémions de même
que le froid ou le chaud qui fe fuc-
cèdent. Ce dernier fe fait principale-
ment Sentir au dos qui peut être
encore le fiege de très-grandes dou-
leurs. Les malades J~e plaignent aufH'
de crampes & d'inquiétudes aux jam-
bes qui troublent leur repos on voit
ennn à ces parties des ennures qui ne
reçoivent pas fimpre~ion des doigts
&que le lit ne di~pe point. Tels ibnc
les iymptomcs les plus ordinaires qui
caradérifcnt les a~~ions vaporeufes
de l'un 6c de l'autre fexe & qui les
confondent tellement enfemble, au
rapport de Sydenham~ qu'on a de la
peine à les diftinguer. Si tamen ~6c-
~~o/ïe~ ~vpocc'yï~<zj' -~M~o
cum mulierum Ây/c~r~y~ A~fûM~-
co/T/e/M~ vix o'p'M/~ oyo~t~-
~M~ ~M~/M funt utrobique p~~f20~
~~pr~n~M~ (a).
Mais Fane~ion hyâeriquc eft fu-
jette à des paroxifmes dont le retour
eft quelquefois périodique & qui
reconnoi~ent des fymptomes particu-
iiers. Ils fe manifeftent communémcnc
par un reucrrement ou 'étranglement
à la gorge par la diHicultc d'avaler,
par la perte de la parole, par la fuf-

[c] Sydcnham m ep~. ad Guillel. Cok


M. D. corn. 1 p. 2.
location par une ibrte de Sommeil
profond, qui prive' les malades de
tous ~entimens. Elles perdent quel-
quefois la connoidance au~ Subite-
ment que dans l'apoplexie ce qui ea
a impofé plus d'une fois a ceux qui
négligent: d'examiner alors l'état de la
mâchoire qui eft en convulnon dans
Facces hy~érique. Celui-ci eft quel-
quefois fuivi des convuldons les plus
terribles, peu différentes des épilepti-
ques. Dans cet état les mutclcs de la
ï'efpiradon & du bas ventre eiïuienc
les plus rudes fecouHcs, & ces der-
ciers s~élevent prodigieufement.
Il reiïemble encore quelquefois a la
~ncope mais la pâleur du vifage &
les fueurs froides peuvent di~inguer
cette derniere qui d'ailleurs eft fort
courte, quel qu'en foit l'événement,
pendant que l'accès hyâérique peut
durer plufieurs jours. Dans quelques
femmes le pouls e~ totalement éclip-
sé ,&: la retpiration fe fait d'une ma-
niere fi intendble, -qu'elle ne ternie
point la glace, & n'ébranle point la
Ramme d'une bougie qu'on préfente
a.u nez la roideur du corps les a-fait
paHer pour mortes plus d'une fois &,
il peut arriver de ceice mépriie le plu~
aSreux de tous les malheurs.
Plusieurs hy~ériques~ quoique fans,
mouvement &. fans parole, entendent
tout ce qu'on dit, & voient même
tout ce qu'on ~ait auprès d'eUes. On
en a vu revenir par un mouvement.
de colere contre, ceux qui vouloienc
faire quelque chofe qui leur deplaiibit:
une entr'autres cicée par un Auteur
célèbre laquelle onvouloic appli-
quer des vencatoires, qu'elle avoic en
a~verfion, prit fi bien fes dimensions,
qu'elle appliqua le plus vigoureux
ibuHlet:~ fon Chirurgien; &. ce qu'il
y a de plus furprenant:,c'eH qu'elle
recomba dans fon. premier écac, mais
qu'elle fit relpe<3:er (~.
Vezale voulut diiïequer Ïe précen-
du cadavre d'une femme qui etoic
depuis long-temps dans une pareille
Syncope la nn de ~bn attaque appro"

M Voyez le préds de la Médecine pra-


tique par Mr. Leautaud pag. ~5 5
choit fans doute elle fe plaignit v~
vement au premier coup de fcalpel:
ce qui caufa une double frayeur a.
PAnatomiAe, qui quitta l'Espagne
pour fe mettre à l'abri de l'hiqui~-
tion. Ajfclépiadc fut plus heureux il
rencontra le cadavre d'une femme
qu'on portoit au tombeau il s'en ap-
procha, & il reconnut qu'elle n'étoit
pas morte, mais qu'elle étoic en fyn-
cope. J'ai vu moi-même, nous dit
M. Raulin des fyncopes durer près
d'un jour. Et moi rajoute en avoir vu
durer plufieurs jours de fuite. Il re-
tarda les funérailles d'une fille du peu-
ple parce que fa couleur n'étoit pas
tout-a-fait changée elle fe rétablit
quelques heures après. La Demoiselle
qui fera le fujet ci-après de la première
obfcrvacion~ auroit été enterrée plu-
~curs fois fi l'on ne fe fût pas fami-
liarifé avec fes attaques de vapeurs
hy~criques. On voit par ces exem-
ples, ajoute-c-il, combien il faut être
fur fes gardes dans les maladies vapo-
reufes, pour ne pas confondre avec
1es mores des peribnnea vivantes.
I~acces hy~eriquc fe termine quel-
quefois par les fueurs & encore plus
couvent: par les urines. Il peut durer
plufieurs jours, ( comme je le mon<
trerai ailleurs Les malades qui en
Portent pouffent de longs foupirs &
font quelquefois mille gc~es ridicules
~vec des éclats de rire lorfque la
raifon leur eft revenue elles fe plai-
gnent d'une pefanteur douloureuïe
<Sc d'un embarras à la tête elles
~entenc un grand accablement, & tout
le corps brifé. Telles font les bifarre-
ries & les caprices par où fe mon-
trenc les anémions vaporeuiès tant
hyïtériques qu'hypocondriaques.Si l'on
remarque quelque différence entr'elles~
ce fera fi 1'on veut, dans l'anec~ion
hypocondriaque qui rarement: eA
portée à ce haut degré de ibrce mais
qui en revanche eft plus rebelle.

C iv
~~B~ ~FFE<:7Y<3A~
~PO ~F~FJ.
TT Eur caufe prochaine & Immédiate
JL~ a déjà fouffert beaucoup de con-
tradi~ions. Chaque Auteur qui a écrie
~ur cette maciere en a afiigné une
pardculiere. ~ïÂ~~ ( ) établit
pour caufe prochaine le cours irrégu-
lier des efprits animaux ~H/M//B
ataxia. ~0~77: E J ratcribuc a la
tendon fpalmodique des nerfs pro-
venant du vice de la matrice chez
les femmes ~o~~ nervorum
?~o~M~ ex uteri ~m & chez les
hommes il accuse le mouvement pé-
Ti~alcique des boyaux renverfé Motus
~C/'yo~M/Mj~<?~O~M~/ÏfM~ ab ~/X-
~<?/~ ac perverfo motu M~?~ïOfM/~ pe-

~] Sydenham~ tnm. ï pag. i~.


[ J Frédéric Hoifman., cra~ de malo hiA.
&: hypoc. fcct. t cap. 3~.
r~~o. M. Raulin [<z] recona~ciè
même vice des ncris 1 qu'il ap~Uc
~ennbilité du genre nerveux oa~
irricabilicé mais ne ie croyant ~$$
~ansdoufe fu~iant: pour produire
de Symptômes variés il y join~
même temps FobArudion paf~
de chaque viscère du bas-v~~e.Jô
ne ferai pas mention d'un aut~ ~iûb-
reur moderne qui a imaginé des ~dtS
prolinques feminaux, des tcyaiM ~f-
mcncans acides fuiphureux~ ~e. ~s
me bornerai au choix des AuceuM
ont écrie fur cette madère dans des yM<as
prariques &: pour rudiicé j[eute <tes
malades &: de la Médecine. Je ce
m'arrêterai pas non plus a discuter le
vrai ou le faux de leur optnion
animé comme eux du mccae e~prie
d'humanité Je cherche a guérir:
qu'il me ~bic donc permis d'expoie~
mon ~yAémc & de prononcer d'ap~s
mon expérience. C'eit elle qui m~oj~t-'
ge a reconnoicre le ~pa~me l'éréH~me

~a ] Traité des
parJ~.Ra.ulm.
a~ y&por. du $~jse .§
& le racorni~ement des nerfs, pour
caufe prochaine 6~ immédiate de ces
affections, & la feule à combattre
dans ces J maladies. Les autres vices
qui ont coutume d'accompagner cette
ïndifpo~tion n'en font que les effets.
Sur ce principe, la matrice chez
les femmes n~aura pas plus de droit
que les vaiueaux fpermatiques chez
les hommes s elle fera quelquefois
plus particuliérement arMce a rai<
fon de fa ~:ru<3:ure &: du jeu de ~ci
liqueurs. L'obUrudion de chaque vtP-
cerc du bas vencrc fera renct de ce
s'acornincmenc ce le cours irréguliec
des efprits animaux deviendra celut
de l'irritabilité & du trop deferfibi-
Ïice du genre nerveux.
Qu'on fe rappelle Fenumeration des
fymptomes, & qu'on parcoure ~{cru-
puleufemenctoutes les parties interner
~c externes .~bumifes a cette indifpo-
jficion, on conviendra que les parties
tterveuics & membraneufes font tou-
jours les plusanedees. Auui l'eïtomac
& les entrailles des hyAériques &: des
~ypocondriaques font elles toujours
les premières en jeu la cardialgie
les vents, les borborigmes les co-
hqaes, le vomifïemeni, n'en ~burnif-
~enc-ils pas la preuve ? Les meninges
feront donc anfec~ées à leur tour. Les
vertiges les éb!oui~emens j,
le clou
hy~érique l'aiÏbupiHemenc recon-
noifïenc-iis d'autres caufes que leur ren-
~ion extraordinaire &. leur racorniûc-
ment ?r Le diaphragme fe préientera.
dans la iun~ocation; le coeur lui-même
& le péricarde dans la palpitation
la veuie dans la rétention d'urine
les cordons fpermatiques dans leur
ï'ctra<~ion; le genre nerveux dans les
mouvemens convulfifs &. dans les
couvulnons générales de toute la ma-
chine toutes les parties enfin qui le"
ront foumifes à la puiSance des nerfs
feront par conséquent ~bumi(es au
même ébranlement. Par-tout on trou-
vera le fpafme, l'érefiimc &: le ra-
corniScment &: par-tout on verra
les efprits en~rouchés, leur mouve-
ment désordonné, parce que les nerfs
qui en font le conduit & le réiervoic
~e trouveront irticés érétifés.
Pour mieux affurer la caufe que
nous admettons, jettons les yeux fur
celles que les PathologiAes appellcnc
éloignées c'e~-a-dire celles qui
donnent naiffance a. celle-ci &. voyons
d'abord quelles font les pcribnncs qui
font les plus fujettes aux vapeurs.
Les femmes tiendront ici le premier
rang. Les Médecins conviennent que
celles qui habitent les grandes villes
& qui Ibnt élevées dans la molleHe
écanc par cette raifon d'une nature
plus foible & plus délicate leurs
nerfs font plus fufceptibles d'ébranle-
ment. La vie fédentaire & voluptueufe
que mènent les unes les payons vio"
lentes auxquelles les autres jfc livrent
fans mefure & fans discrétion les
longues ab~inences, les évacuations
immodérées~ & principalement. les
grandes pertes de fang la ~uppreinon,
des mois &. des' lochies fourniHent
ordinairement chez elles les caufes de
leurs innrmités. Ajoutons fur toute
chofe radverncé qui eft prefque,
inféparable de leur état. (Sur quoi il
eft eRentiel de prendre toujours deSt
MirbrmaMons parce que cette con-
noiffance ne fert pas peu a dévoiler
cette maladie, & à la rendre quel-
quefois incurable ). Il n'en fera pas
de même des femmes de la cam-
pagne accoutumées à l'exercice &
au travail, elles feront plus rebutes
dans un âge avance, que les femmes
délicates des villes ne le font dans
leur jeuneuc leurs nerfs feront moins
fufceptibles d'ébranicmenc &: d'irrita-
tion, parce qu'ils feront bridés, pour
ainil dire, & affouplis par les di~e-
rences contrarions des mufcles. AutH
les femmes des anciens Scythes ne ~i<-
renc jamais lu jecces aux vapeurs. Hip-
pocrate nous dit qu'elles é'toient éle-
vées a l'exercice des armes elles fer-
voient dans la Cavalerie, & ne fe
ïnarioien!: jamais qu'après avoir rsé
trois ennemis.
Chez les hommes nous trouverons
des contentions d'efprit de toute ef-
pece des gens de Lettres, des fbit-
taires âudieux, méditatirs & mélan-
choliques des jeunes gens livrés aux
exc~s de la débauche des peft~ us'
modérées, des veilles continuelles~
boirons exceuives en vin & en li-
queur, l'abus du tabac, celui des
alimens fans oublier celui que l'on
fait aujourd'hui dans tous les états
du chocolat & du ca~e boitions per-
nicieufes, quoique fouvent très-avan-
tageufes à ceux qui n'en font pas ordi-
Dairemenc ufage.
Qu'on ceffe après cela d'être fur-
pris fi ces maladies font devenues fi
communes le genre de vie des hom-
mes, qui leur a donne naiuanccj.
les a rendues héréditaires. Des parens
valétudinaires engendreront:~ ils des
enfans robuites ? S'ils le paroiuenc
quelque temps, c'eA que la nature a
fait tous fes efforts c'eA qu'elle a
épuifé fes forces auni les voie-on bien-
tôt attaqués des mêmes maladies, &
affligés des mêmes innrmites, dont le
principe a germé pendant leur jeu-
neffe, avec ce défavantage, qu'il a.
pris de nouvelles forces, en ne fe
développant que plus tard.
Un pere & une mère hypocondria-
ques, donc le genre nerveux, & le
j~uc qui en entretient la ibupleHe
qui en facilite les fondions., auront
iënfiblement dégénéré pourront-ils
avoir des enfans qui ne participent:
point aux mêmes vices ?
Villis(~) rapporte pluneurs exem-
ples de filles tourmentées des vapeurs.
qui leur venoient par fucceffion de
leurs parens. Je pourrois me joindra
a lui & en cicer quelques exemples
fi je ne craignois de paiiér les bornes
que je me fuis prefcrites en m'écar-
tant de mon objet. Il me iui~ra donc
d'avoir rapporté en général les cau-
fes éloignées des vapeurs. Qu'on exa-
mine après cela leur a~ion & <OR
verra qu'il en réfultera le racorni~e-
ment général du genre nerveux, pas
Févaporation du fluide qui fert à k
lubrifier, le rendre fouple & pro-
pre a exécuter les fondions vitales
avec ordre & iass trouble. Le fang &
les autres humeurs ne renentiront-el-
les pas auffi Fenet d'une telle conâi*

(a) Villis demodbus coavuUlyis~ cap. ï<


tt~n ? leur épaimnemenc en fera les
Mces les iccreMons Ibu~'iront, & la
CM~ation entera dérangée. L~embar-
~es vt&eres, leur cMrudion,
~~mération des vaiSeaux, le dé-t
&Mt de nucndon feront donc l'efîec
TseorniHemenc &. nous verrons
~ï~&ner ces maladies par l'atrophie
~Ë~rale de toutes les parties du
co~s &. leur entière contbmpcion.

~~RE ~FFEcrio~~
~~po~j-F~.
Yant trouve ta véritable cau~e
J"jL des anémions vaporeufes, on la
détruira fûrement en s'écartant avec
foin de la route ordinaire. Loin de
tendre le fyJlême nerveux par des re-
mèdes forts & violens nous ferons
nos efforts pour le relâcher en em-
ployant les contraires. Ceft de cette
ia§on que nous rétabliront le renorc
des bolides, ouc leur ton deviendra
ï-éguiier
~régulier, & que les fluides quUes ani-
ment, dépouiUés de leur vice, en-
tretiendrontl'harmonie qui doit tou"
jours régner entr'eux. Les délayans
& les humcc~ans me paroiScni les
plus propres &. même les ieuls néces-
saires a remplir mon objet je veux
dire, les bains domeftiques amples,
compotes, tiedes froidsle ped~
luye les lavemens ra~raïcinfïans
ceux d'eau commune froide, &. même
à la glace fuivant le cas & lalat-
~bn les fomentations avec les herbes
emol!ientes~les tifanes cafraîchiâances,
l'eau de veau, l'eau de poulet: le
petit laie, clarifié ou diAille' les
bouillons de poulet, de tortue d'ag-
neau, de mou de veau & ceux de
grenouilles les potions huîleufes
adouciSantes &. mucilagineu(es en-J
fin les eaux minérales acidules telles
que celles d'Yeufet, de Meine, de,
Va!s, de Camaret, de Forges, d~
Paui, de Calfabiffi., &c. Je me garde~-
rai bien d'avoir recours aux prétendus
ancihyAériquesou antifpalmodiqucs
tels que la teinture de ca~or, l'huile
de iuccin, le camphre l'affa fcetida y
le mufc la méliâe l'armoife !x
valériane la cicronelle, la matricai-
re, les neurs de tilleul, Ïe ~aHran
feau de ~eurs d'orange celle de mé-
tiHc composée, les gouttes d'Angle-
terre l'eau de luce & une infinité
d'autres tels que les amers, les em-
xnenagogues, les carminatifs, & les
purgatifs même les plus doux. Ces
remèdes quoique d'une e~cacitc
merveilleuie dans bien des maladies,
ne peuvent dans les circonj~ances
que je viens de détailler produire
que des effets très-pernicieux, puit-
qu'iis ne tendent qu'a porter le feu
& à jetter toujours plus le trouble
dans des efprits déjà enarouchés
qu'il convient d'appai~er & d'appri-
voiser 6 je puis m'exprimer ainjfi y
en prenant la voie douce bien ditfe-
rente de celle que l'on fait quelque-
fois fuivre de nos jours aux vi~imes~
du mal que j'attaque., malheureuse-
ment enclaves de bien des remedes
muifibles, &:auervics à d'anciens préju-
gés donc elles ne triomphent jamais..
~e fie remplirois point mes vues y
je me bernois à désigner les reme-
des favorables qu'il convient d'em-
ployer & les contraires, pour les évi-
ter il e~ encore néceHaire d'expotec
la maniere de les appliquer, & ie
temps où l'on doit en faire u~age.
Pour procéder avec méthode nous
diAinguerons ici l'an~c~ion hypocon<-
driaque de l'hy~énque. celle-ci étanc
fu jette à des paroxifmes qui exigenc
des remedes particuliers.
Le paroxifme hy~érique fe montre
ordinairement avant le temps périodi-
que des règles, ou dans le temps
xnême du période. Le fang m~nf-
truel, qui ne peut alors circuler li-
brement dans la matrice tant par
rapport à fon épai ni Sèment que
par- la diminution du calibre de fes
vaiiïeaux déjà tendus & racornis, y
cau~e des engorgemens ce des irri-
tacioûs plus ou moins fortes ~clon le
degré de la caufe qui agit. Celle-
ci augmente la tenfion fpafmodique
des nerfs de ce vitcere qui fe com-
muniquant enfuite à tout le genre ner-
veux produit les Symptômes les
plus effroyables de la panion hyâeri~
que la fuffocation la fyncope 1~
cardialgie, les convulsions les coli-
ques violentes le vomidemenc &
autres déjà connus par l'expofition
que j'en ai faite.
Ces forces de pâroxiûnes~bnt quel*
quefois fi terribles qu'ils e~raicnc
-non feulement les aniîtans mais
quelquefois encore le Médecin. Les
femmes s'emparent ordinairement de
ces fortes de malades. Le nombre
que l'on compte dans un apparte-
ment nous apprend déjà le nombre
de remedes que l'on a mis en uta-
ge. Les unes courent a l'eau de la.
Reine d'Hongrie à l'eau des Car-
tnes~ ou au vinaigre & ne fe con-
tentant pas d'en faire fentir l'odeur
elles ne manquent pas d'en faire ava-
ler toujours quelques gouttes, de gré
ou de force, au rifque de caffer les
dents, ou de luxer la mâchoire, tou-
jours en convulnon de ces pauvres
intbrtunées. D'autres encore plus x
craindre abreuvent les malades de
~i~erens élixirs & de certaines
quinieHences, toutes plus fpiritueu-
ies tou jours nouvelles, & toujours
de mode. Et d'autres enfin plus mo~
defles fe contentent d'appliquer des
emplâtres fur le ventre, des vé~ca-
toircs aux épaules &aux jambes~ des
venroufes, & certains autres remedes
que par décence je, ne nomme pas,
d'autant plus dangereux qu'ils anec-
tent de plus près les parties les plus
irritées. Si tous ces différens remedes
ne réunirent pas on court au Mé-
decin. Celui-ci mieux inC:ruic, rauurc
les anH~ans & la malade, & porte
le prono&ic le plus avantageux, en
apurant que ce font des vapeurs.
Pour fe conduire cependant en Mé-
decin méthodique il écrie ûir le
champ une ordonnance qui fera
y
composée fans doute avec les eaux
andhyAériques ou l'on ajoutera la
teinture de ca~or un ou deux grains
de camphre,.ce quelques gouttes ano-
dines de Sydenham. Ce remède auffi
déte~able par Ion odeur. que pac
~orce @A ordonné pour iauver la vis
à cette pauvre victime qui le pren<~
j& elle peut goutte à goutte. Le
pa-
toxifme coure néanmoins ~on période
<Sc quand il cetera, le remède, dira~

t-on, n'y aura pas peu contribué. St


la malade revient de ce combat c'eft
~ans contredit parce que la jfburce des
efprits eâ épuifee le rdâchemenc
fuite ordinaire de tout ipafmc doit
arriver à fon cour. L'orale une fois
<;almé que reAe-t-il a obier ver f Une »
Ïangue feche le gofier aride & une
foif dévorante annoncenc déjà les iu-"
tleâes effets de ces prétendus fpécin-*
ques le ventre fera cendu & élevée
le flux men~rUel Supprimé & peut-
être iera-t-il regardé comme la cauie:
du mal, &noît comme l'e~et. Quelle~
erreur & quel détordre on fe repo<'
jfera tranquillement pendant tout l'in-
tervalle du période pour recommen-'
cer de nouveau a fon premier retour.
Voilà quelles P)nt I~s vici~cudes du
mal & de la Médecine.
Comment remédiera~on a tant de
méprises & à tant de maux P L'Empi"
yique répond qu'aux mau~ violas
faut des remedes violens. Bien-loin
de convenir de ce principe je dis
au contraire que plus le mal eft vio-
lenc, plus les remedes doivent erre
doux. En pareil cas je fais donner
la malade plufieurs lavemens froids
d'eau commune, & fuivant le cas &
la faifbn je préfere reau à la glace.
Ce remede ne manque jamais fon ef-
fer. Le feu excefSf des entrailles
fuite ordinaire de l'engorgement &L
des irritations s'appaife & s'éteint
la roideur diminue & le ipaime ce-
de le cerveau auparavant engorgé
fe détend la circulation y devient
plus Hbre oc les efprits animaux
rentrent dans leur première fituation-
Se reprennent leare cours. IL'eîRc&cite'
de ce remède oc ia {implicite meritenc
bien qu'on lui donne la préférence ~c
le mute auoeié au fang dragon
dont fe ~ont Servis pluMeurs Auteurs
célèbres tout de même que fur le
~bu~rc & la noix muscade de riviere
& fur toutes les di.S'érentes potions
antihy~erioues il uïitées de nos-
jours.
Si c'cA une fuSbcation violente qu~it
1 appaiier, & que le nux menf-
faille
truel foit tout-à-fait opprimé, jetais
t~mper les pied$ danat l'eau froide
~u~qu'àux genoux ce pédiiuve fuf-
pend ces fortes de invocations comme
par enchantemenc < & cela n'eA pas
îu~Efant le bain tiede, & le plus
fouvent ~roid emportera le mal fans
retour. Dans les Indes orientales ce-
Temede eA regardé comme fpécifique,
au rapport des Médecins & des ma-
lades qui en ont éprouvé les ialuiai-
tes effets. Dans la Caroline méridio-
jaale où ces maladies font endémi~
ques, on ne connojt pas d'autres
recours.M. Lionet Chalmers, Médecin
à Charles-Town~ en fait foi C~). En
Angleterre en EcoHe & en Irlande,
on préconise fes vertus. M. le Che-
valier Floyer, qui en a été l'apolo-
gi~e attelé fi bien fon emeacice
dans les maladies hyâériques & hy-
pocondriaques, qu'on ne. peuc refuser

( a) Voyez le Journal de M~d. du mois


deNov. ~7~< p. 3S8.
ce remede toute la confiance qu'il
mérite (~). En effet quelque vio-
lente que foit la raréfaction du fang
& des efprits, elle ne peut rédfter à.
celle- ci leur volume diminue par la
concentration, & il faut de nécenjce
que les nerfs fe détendent. Si le paro-
xi~me revient au premier reflux des
Mois, je ne rejette point une baignée
au pied mais je ne pa~ïe jamais
outre, ou bien rarement; parce que
cette évacuation, quand elle eft trop
abondante, deSeche toujours plus les
nerfs en* leur enlevant le véhicule
qui fert à les lubrifier & dérange
ainfi l'équilibre qui doit régner entre
ces deux puiuances je la fais alors
précéder &: au cas d'inMifance
~ai promptement recours aux lave-
mens froids, au pédiluve & au bain.
Mais il eft crés-rare que les lavemens
froids ne foient eux feuls victorieux
du plus grand nombre de ces paroxif-
mes hyûériques. J'ajoute enfuite une

(c) Ufage également fur 8c utile des I?&int


froids p&r le Chey. Fioyer.
boi~bn copieufe d'eau de poulet'
<ï'orge ou de riz, &: quelques ~upes
au but, pour tout aiment ayant
conÏtammenc observé que le bouiUon
irritoit le velouté de Feitomac par fes
parties volatiles, &: entretenoit ainS
le paroxi~e auSi combien de ~bis
n'ai je pas ëté obUgé d*avotr recours
& dicte branche. avec tout le fuc-
ces que je pouvois deHrer ?
Je tieiM mes malades à ce regun~
& dans reau plufieurs heures entières
l'orage une fois calmé y ? les fais
iurdr du bam pour y rentrer le
lendemain, en les y aHujetciiïânt pen-
dant tout l'intervaUe du période, trois
ou quatre heures par jour quelque-
fois iix, & même plus, s'il le tauc~
Suivant le degré de racormSemenu:
que j'aitaque ëc c~eâ la ou il icra
permis de dire qu'aux maux violens
il faut de violens remèdes. A quel
degré que ibic porté le racorniSemeRt
des ner~s ( ), on conçoit bien qu~il.

( <?) Parmi les lignes qui cara~ënfent ce


deraiec degré 'd~ t&com~mçnt on @&
Thé rertâcra pas long-temps de telles
puinances trois ou quatre périodes
quelquefois, mais bien rarement fix
»
arnenent une cure radicsde à moins
que l'on ne rencontre dans le com-
mencement: de la maladie, ( ce qui eft
a(Iez ordinaire ) des dirRcultés dans le
régime, & de la déibb~iilancc de la.
part des malades ce qui rend le
traitement: plus long, & ttes-ibuven!:
infructueux.
Le aux men~ruel~ auparavant fup-
primé annonce ordinairement par fon
retour le relâchement des fibres de la
matrice; &: s'il trouve encore des obf-
tacles dans fon patïage on eft fur
alors de le lui faciliter en rappellanc

trouvera un bien-convaincant. Les Phyu-


€iens verront avec fadsfact.ion les malades
furnager dans l'eau du bain jafqu~a ce
que le relâchemenc foit furvenu auquel
temps le corps devenu pefant, parce que
la. chaleur interne étanc diminuée l'air
fera moins raréfié il fe précipice dans le
fond du bain. Les 6Ues hy~eriques qm
font ci après le fujet de la i~. 3e. & ~e.
obreryations~ m~n on), fbuïm des preuves.
la circulation dans les parties infériez
yes du tronc. Le pédiluve chaud, ce
les irisions des extrémités, ~1 vantées
par le grand Boërhaave, jferonc ici des
merveilles. L'application des fangs-fues
à la vulve, ainfi que je l'ai pratiqué
quelquefois fur Pautorité de M. Ma-
jault, Doreur-Régent de la Faculté
de Médecine de Paris (~), contribue-
ront auni a rétablir cet écoulement,
précieux pour entretenir îa lanté &
pour prévenir le retour de ces mala-
dies. Les autres remèdes humect:atLS
trouveront place dans l'intervalle des
paro~ifmes. On pourra même les fubC-
tituer a ceux-ci quand le vice fera
plus léger & moins invétéré.
Le paroxifme hyAérique ~e montre
encore communément par des coli-
ques violentes accompagnées de diar-
rhée & du vomiHemenc Symptômes
pleins de danger, quand ils font mal
traités. Les lavemens gras les po-
tions huileufes adouciilantes & mu-

( a ) Voyez; le Journal de Med. du mois


de Jany.&n. 17;?) p. ï~.
cilagineufes jointes aux narcotiques9
feront ici d*un grand fecours ces re-
medes agiront tantôt: comme catarthi-
ques, tantôt comme vomitifs felon
la Sensibilité des fibres de l'e~omac
& des entrailles & font abfolumeM
îiéceilaires pour debarrâSïer les pre-
mières voies des matières irritantes
qui en augmentant les lymptomes
s'oppoteroient à Tenet des calmans.
La tifane de poulet Suppléera enfuile
a toutes les potions j~omachiques &
cordiales dont on a coutume de ~e
fervir & elle ne tardera pas de don-
ïier des preù'ves de fon e~cacité.
Le clou vaporeux que l'on ren-
contre fi fouvent dans l'a~Ee~ion hyf.
térique ne connoît d'autre ~péciË-
que que l'eau froide appliquée fur
tête &. enfuite le bain tiède qui
Suppléera aux narcotiques auxquels
on a ordinairement recours & qui
font' très-~ulpec~s. La toux convulfive
à laquelle les femmes vaporeufes font
~1 fujettes cédera conflamment aux
fomentations' & à la tifane de poules
Dans la Syncope on préiercra les 1~.
vemens froids à tous les irritans. t~
cardialgie qui la précède toujours
<gu qui lui fuccede
ne retirera pa$
long- temps à une copieufe boifioa
d'ea~u tiède au dé~uc de celle de pou-~
lec a des potions huileuses & calman-
tes &: &ux lavemens ~reqqens.
Le hoquet devient encore un fymp-
tomè fatïn~icr de l'a~dion hyâcrique~
II eft le produn d'un mouvement con"
vullif qui s'empare alors du dia-
1,
phragme)&. quelquefois de la partie
iupérieure de re~omac. Les boiSbns
les plus adonc~antes ~bnt fouvenc in-
fru~:ueu(cs mais le pe~,t lait pouc
boitÏon ordinaire & les bains, doi-
v~nt
vent être
ê.creregardes co!nc~pecinques,
re~a;rdês comme ~`~.écificlues
i
puisqu'on ne les voit jamais ptoduirc
que de ~alu~aires enets.
Le ~ein ~e gonfle quelque~bis pac
re~ec des caufes vaporeufes* J'ai vm
prendre tnal si propos ce gonHemenc
pour une véritable tumeur. Que de
Sauces en conféquence ~c que d'in*
convéniensne voit on pas arriver
Ces gonnemens font douloureux, <Sc
d'autant plus incommodes que le§
~tntnes enibnt tou~ouis alarmées. Ua
&M trop dilaté dans le ti~fu cellulaire
d~ ~ein reRgorgeo~est de~ v~mes
NaammaiMS par le, reânx des hypogâ~-
triques doRnej~c ~u 3 cette eEreai'.
L'appUcâd<m c~tn~ Imge tcempe dans
~eau Soide diiSpe o~Dab'emeïH le
ïïï~ ôc les alacmes q~ a.votc cau-
nées. Les a.~Mes ~ytsptomes j, qu'~
inutile de teeaptt~er~ponf ne pas
faire us tâS de répëttdcms fouvent
ennuyeu~e~~ tro~veiont toujours daRS
ï~s remèdes hutnej&ans des fecours
aLu~ prompts que ~u~anj~s. Ce fera
&u Médecin ed~re eniâire le ch<MLX
& ~&pp~cauoH.
Ua~~ton hypoccndïiaqu~ reoMï-
ïio~c le même vice des nerfs elle
~eiâ par conisq~nt ibumt~e asx
ïnêmes loix. On ~oit il eft vrai~
plus rarement chez les: hommes des
Symptômes auffi graves le trai~-
ment ne ~era pa&a,ui5 6 ngoureï~
'Les bains dome~ques coD~ienner~
également bien mai& avec plus de:
ménagemeM. Le l~n lenc @â de~ï
par l'Oracle de la Médecine (~) 4
& l'expérience journaliere nous prou-
ve qu'il eft très-souvent pernicieux
mais le petit lait la tifane de pou-
let, lavemens tiedes & froids
les fomentations &c. tout doit être
employé comme dans l'autre af~cHon
fi elle fouffre plus de ménagemens,
auffi exige-t-elle plus de con~ance
à caufe de fon opiniârreté. L'appli-
cation des ~ang-fues fur les hémorrhoï-
des, fi connue des Anciens & trop
peu uncée aujourd'hui fera d'un
grand fecours pour rétablir cet écou-
lement falutaire aux hypocondria-
ques. Les paffions de rame le dér
Tangement de l'esprit ( e~c ordinaire
de cette maladie ) l'entretiennent, &
la rendent quelquefois très-difficile à
guérir au~i fommes-nous obligés de
travailler avec autant de fermeté fur
le vice de celui-ci que fur celui du
corps. Le Médecin ne doit rien ou-
blier pour détourner & détruire, s'il
le peut des idées toujours lugubres

(o)Hipp. Aph, ~fe< 5.


Bc erronnées & compatinfant aux
maux de ces perfonnes infortunées~
il les dinnadera adroitement de leur
illusion. La diffipation l'exercice à
cheval & en voiture, les auemblées
les concerts de mufique doivent en-
trer dans le régime que nous leuc
prescrivons. Les eaux minérales aci-
dulés leur conviennent parfaitement::
mais on doit observer avec moi qu'el-
les réunirent beaucoup mieux fur la
fin du traitement de la maladie les
parties minérales donc les unes <§c
les autres font plus ou moins char-
gées, exigent un certain degré de
relâchement dans les fibres des en-
trailles, pour qu'elles foient en écac
de leur faciliter le paitage, & en-
traîner avec elles, fans tumulte &: fans
.fougue les matières étrangères can-
tonnées dans les différens viiceres du
bas ventre.
Quelque invétérées que foient ces
maladies, on peut être aiîuré d'en
détruire la fource quand on n'em-
ploiera que des remedes humedans
& au CQ~raire on les rendra incu-
T''
fables, quand on joindra à ces f6"
smedes tesHomachiques les cor-
diaux, les apéritifs les purgatifs &~
les andjfpaimodiques méthode très-
familière aujourd'hui à beaucoup de
Médecins de ce 6ecle quoique des
plus expérimeRtés & des plus céie-
tfes.
Hippocrate ïuijtnême~ ce Légi~a-
teur de rArc y a connu cette vericc (~~
~~<%or~ nous dit (~) Hypocon-
~r~c~ frequentibus eorum
~o/yor~ reddantur ~pcr/p~f/~y
M~o ~MM~o M~/ïM~ y~Hnf. Celj~e
(c) ordonne, dans raHec~ion hypo-
condriaque, de boire beaucoup d'eau
froide., & de fe baigner dans l'ean
nede. GaUen, Arecee, <C~M~ ~M/r-
F~/ïM~ emploient les fomentations
& le bain. Alexandre de Traies (~

(<t) G~ fans doute d'&pjrès HippocTace


.M~
que ron a toujours dit proverbialement ti
~M~Kf~r.
in ~stMM ~ra~Mr in ~M~Kf~~

( ) San<3:onus, Aph. ïo~. ~e<3:. r.


~~) Celfe, Ub. ï. cap.
(~) AlsxMd. lib. ï. cap. 17.
~n publie les avantages en des termes
très-énergiques ~M~M/~ ~<'o/-M/~
~/M~ ~M~ C~~H~Mr,
~CM~rc ~fM/~
TÏ~MC ~rf~/Tt J
~M~~O~MT~ ~M~~C~fe CO~f~Cf~re
~ofM/~
yM/zd~ c~Mt f~
~o cor~MJ 4~M~ ~M~cr-
~ofz~ /MM~
0~o/'M/~ ~?~~re~ ac M~M~y~~
cor~M<f ~ofe<? ~~Mc ef~T~ ro/~c<~
~Tï~e~ co/ï~ ~c. Ho~nan (~z)
rapporce d'après plusieurs Auteurs des
cures merveil!euies & promptes d'a~-
fcô.ions hypocondriaques, par le leul
u~âge du bain tiède. Baglivi (~),
à rexemple de ces Oracles de la Mé<
decine~ nous enfeignc q.ue rous leSi
autres remèdes (ont infufRfans. ~~o~
P~/Ke/ï M
~K3r~o~
/'e~
~n:~t
~~M~ ~<~
y~~M~-f
cpTzfr~
~M~s ~?<zfM/M
J~M/Ï~M~ ~/KMf~rC ~4~~
~Mper~c~r ~M/ïf. Sed
<xyM~ ~~M~yo/M~
/r~
yMO?~M~

co/0/f~),
30~

xnf~~ ~M~oM~er~7M. Et quels


ionc ces remèdes qui ne pallient pointa

(a) Ho~man~ tra~.de malohypoc. J


(~) B~gUyi~ prax. med. lib. c~p. i~,
Mais qui. attaquent le mal dans
ïburce, en agilfant également fur !e~
ïolides& fur les Guides ? Et Mt~
~e ~~he~f~o~M j~-e~e/ïf~. Si après
cela les Médecins fe plaignent de~
diScultés qu'ils rencontrent dans la
cure de cette maladie, doivent ils en.
accuser l'opiniâtreté la bizarrerie?
JEt ne doiven!: ils pas au contraire
s'impucer a eux-mêmes ion incurabiii-
té ? Ils me pardonneront fans doute
ce reproche & j'efpere qu'ils me
Sauront gré du dénntéreuemenc avec
lequ'el je leur fais part du traitement
que j'emploie pour ces deux anec~ions,
qui font d'autant plus communes aux
deux fexes, qu'elles les attaquent
même fans difUn~ion, puisque ron
voit tous les jours des hommes que
l'on poutroit: appeUer hy boriques, &
des femmes réellement hypocondria-
ques. Si la Nature fe pMc ainfi a
dérouter les Médecins, ne nous fera-
t-il pas permis a noire tour d~aban"
donner nos règles, & de la fuivre
dans fes écarts f
Ces deux anedions font fouvent
compliquées avec d'autres maladies â.
quelle attention alors 6c quel ménage-
ment n'exigent-elles pas La connoif-
~ance du tempérament eft ici très-
effentielle., Les femmes en couche font.
celles qui en éprouvent les fympto-
mes les plus enrayans. $i elles onc
fait des accouchemens laborieux
toutes les membranes du corps fouf-
frent des irritations caufces à l'Mf~~j
les vuidanges diminuent ou fe op-
priment & il en furvient un grand,
pombre d'accidens des phréné~es
des fievres des ïpatm.es des con-
vulnons qui mènent ~buvenc la-
mort. Il eft donc ef~ntiel de donnée
tous fes foins pour rétablir les vui-
danges des qu'elles feront ~ppri<
mé.es. Un Auteur des plus refpe~a-
bles (~) applique à. cet effet des em-
plâtres contre les vapeurs il mêle des
cordiaux des apéritifs avec desanni-
~afmpd~ques il en forme des optais
ou il ajoute encore par iurcrofc des
~cis volatils. Quelqu'un pourroit- il

Sydpnb.&m~ pag, t~o


atteler en faveur de ces remèdes f Es
combien de Médecins n'avoueroient-
ils pas en avoir vu de très-mauvais
~Hei~ f Un autre Auteur (~)des plus
ihodernes nous fait le même aveu
tuais trop timide ~ans doute pout
ôfer y ~ub~icuer d'autres fecours il fe
:repoJ[e ~ur les efforts de la nature~
qui fait iouvent a ce qu'il dit
plus que les remedes. M. Hazon
Doreur-Régent de la Facuîcé de Mé-
decine de Paris, nous enfeigne par.
~bn exemple ceqU~Î convient de faire
en pareil cas uniquement attaché
la caufe du mal, & animé du defir
<!e la vaincre, il n'héfica pas de plon-
ger la. malade dans le bain <S( ce
fut par ce puifîanc recours que les
vuidanges jfc récablirent ('~). Un
exemple de cette efpece doit engager
les Médecins à Secouer le joug des
préjugés antiques & à marchec
avec nous dans des routes nouvelles

(~) M. Raulin pag. i<~5S


(b) Voyez le Journal de M~d, du mois.
~F~V. i7~~ P'ï~ 1
ilss trouveront: des preuves cons-
tantes des vérités que nous leur an"
nonçons.
La fievre miliaire J fi commune
chez les fen~mes en couche fur-tout
en Angleterre, en Allemagne & en
Italie reconnoÎE-eUe d'autre caufe
3
que la fupprefÏion des lochies F &
n~-e!le pas le plus fouvenr l'e~ec
des remèdes antihyâeriques, que l'on
a coutume de donner aux accouchées
dans les attaques de vapeurs, qui en
font toujours le prélude f La malade
de M (~) en a éprouvé les fb-
ïieàcs eSeis &. il y a tout lieu de
croire qu'elle n'auroit poinc iuccombée,
6 elle n'eut été gorgée de potions
cordiales 6c ancifpa~modiques la ti-
fane de poulec des lavemens fré-
J
quens 6c autres remedes que Fou
auroit pu y fubâicuer auroient in-
failliblement calms les iecouSes dans
les tendons les jMiïbns & les trem-
blemens univerfels & l'éruption mi-

(~) On trouve cet exemple dans I~


JôurR. de ~!ed.
liaire qui fe feroit faite fans trouMe~
auroit fauve la malade. C'e~ fans
doute par la même raifon que Frédé-
ric Hoffman regarde Fufage immodéré
du cane comme une des caufes qui
rendent cette maladie il commune
dans i'Eleûorat de Brandebourg.

j~
Le plus grand nombre des femmes
enceintes feroienc beaucoup n a heu-
~n.trntt~? p!us
reufes dans leur accouchement ft
dans le temps de leur groueile elles
fe fbumettoienc à un régime auorci. à
leur tempérament &: fi elles atta-
quoient leurs vapeurs, avec des reme-'
des doux. Les maladies auxquelles el-
les font le plus fujettes dans un temp&
fi critique ne feroient pas fi meur-
trières. Les plus communes chez elles,
~bnt les fievres intermittentes A les
lèvres continues.
Que de fautes groffieres ne voit-on
pas commettre tous les jours par ra"
bus qu'on fait du quinquina en pareil
cas ce remede. tout puiffant qu'H
eft dans bien d'autres circonftances
n.c devient pas moins très-dangereux
~Offqu'il prodigué dans ~ss cempé-
F~mens vaporeux fa Aipticité critpe
toujours plus Jes fibres de l'eâomac &
des entrailles, &: fa volatilité augmente
le trouble des efprits & la fougue des
humeurs. Les hume~ans & les déla-
yans précéderont donc l'ufage. de ce
remède & quand on fera ~brcé d*y
avoir recours il faudra l'â~cier avec
eux fi l'on veut en obtenir de falutai-
yes effets.
La tympanite eft encore très-com-
mune aux femmes vaporeufes, & fe
manifefte le plus fouvent à la ceiïa-
tion du flux men~ruel. Les irritations
de r~f~M~ qui fe communiquent
aux entrailles &. aux muscles de l'~
~o~M, font caufe de l'enflure qu~ y
furvient fa tenfion ordinaire les
douleurs qui l'accompagnent en
z
font les preuves. Les carminatirs oc
j~es ,purgatifs doivent être regardés

comme des poifons les douleurs


augmentent avec les irritations que
ces remedes procurent rembarras
des vifceres en eft la fuite l'épan-
chement des humeurs féreufes & iym-
ghaciques dans le tij~ cellulaire des
mutcles, & dans la capacité de F~
terminent ordinairement cette
<f<?7îï~/ï,
maladie~ en la compliquant de nou"
veau avec la leucophlegmatie & rhy-
dropide afcite. La baignée & les rerne-
des hume~ans que Fon emploiera
<ia.ns!ecommencemeDC, emporteront
Ïe mal & ~es jfui:es les irritations
Vérone bientôt calmées &: ftifpendues
9
<Sc le relâchemenc qui leur accédera
j~ubliera le triomphe de FArr.
Les hommes hypocondriaques fe-
ront: auffi expofés aux mêmes com-
plications, & au, même traitement.
St le virus yérolique attaque un corps
vaporeux, que de ménagemens &
~nellcs précautions n'exigera-t-i~
pas Les préparations ~ronc plus éten-
dues le nombre des bains dome~iqucs
fera beaucoup pl-us confidérable lo
petit lait, les bouillons de pou!ec, les
:fomentations &. les lavemens Vérone
ajoutés au traitement, pour parer les
défbrdres qu'occanonneroit i.sraillible-
ïnenc un remède toujours îbugueux
dans fon adion & par-là même dia-
~étrâlemenc oppofé au tempéfamep~
Vaporeux. Un lavant: ProMeur de
~Médecine en FUnivernté de Mont-
pellier, trop éclairé fans doute pour
fe livrer aveuglément aux dangereux
effets de ce puinant fpécinque~ nous
apprend par fa méthode (~), non-
~eu!emenc la route qu'il fauc tenir
mais encore les écarts trop communs
que nous devons éviter. Nous n'avons
donc rien a ajouter a une méthode
auni intéreKantc qu'éclairée, & nous
l'adoptons avec d'autant plus d*âÏïu-
rance, que nous hommes ~)rçés de ne
pas nous en écarter.
Le virus Scorbutique compliqué
iupportera-t-il mieux FeSec des reme-
des antiicorbutiqucs acres f Les hémor-
ragies deviendront plus considérables
Ïa fievre te mettra de la partie~ ëc
!a rétraction des tendons &: des ner~s
nous obligera bientô:: d'abandonner
ces remèdes, & de recourir à d'au-
tres fecours. Les acides feuls pourront
ici remplir nos vues &: a l'exemple

(<!) Méchodeds gucrirl~yérole~ par &~


jri~eno~
du Docteur Lmd (~ ),
nous donne*
fons toute notre confiance au feul ré-
gime végétal & humectant.
Les écrouelles n'exigeront pas moins
de ménagement:. Les remedes fondans
& incidfs feront ailbciés aux humec-
tans & par ce double fecours on
ne peut venir à bout de détruire les
vices de la lymphe~ on fera du moins
aSuré de ne pas les augmenter, en
y ajoutant la deAru<~ion des bolides
fuite ordinaire d'un traitement incon-
~dére.
La goufte elle-même dans un corps
vaporeux exigera un régime particu-
Her les ~omachiques chauds &: les
différens vins, fi vantés par les Au?
cours deviendront fuperflus pour
ne pas dire dangereux: laméca~aie
de cette humeur fera d'autant plus à
craindre~ que l'oscillation des vaiC.
~eaux la favorifera, fi on n'a l'atten?
tion d'en diminuer l'éla~icicé par des
remedes appropriés la diete blanche

(<~) Tratcé du fcorbuc tradnn de rA&'


~oisde'M.Lin-d.
a
!e lait d'ânene, le petit lait-, & Fabf~
tinënce totale du vin préviendrons
tes funeftes effets de cette humeur
étrangère & j'ofe même avancer
qu'ils en écouneroicnc le germe
on y avoit promptement recours.
La cachexie hypocondriaque meïi-
tsra bien auffi le traitement: le plus
attentif. Si les fluides iurabondent
dans cette conâicution c'eâ parce
qu'ils trouvent moins d'intervalles
qu'ils puinenc occuper puilque la
Mgidité fuppofe moins de vaiNeaux.
Que deviendront donc'<~s fluides P Ils
s'épancheront de nécenité quand le
moindre des emonctoircs naturels re-
butera de les répandre au dehors par
des voies naturelles & alors la ca-
chexie qui furviendra à cette conâi<'
tution, fera compliquée des Symptô-
mes de cachexie & de mélancolie. Les
purgatifs réitérés & les diurétiques
trop acUrs feront oppofés à la caufe
de la maladie l'anafàrque la leuco-
pMcgmatie & l'hydropifie afcite, qui
accèdent ordinairement à un traite-
ment effréné dévoileront bientôt la
méprife tandis que le perit lait ~euÏ~
ou quelquefois légèrement: aiguifë
triomphera de la caufe du mal & de
fes fuites. Cette pratique e~ d'autant
plus iniéreuante pour la ville d'Arles,
que, de l'aveu de cous les Médecins
de la province, la fécbereile du cli-
inat, la qualité des alimens donc on
~e nourrit, celle de Fair que l'on y
~rejfpire, dorinent lieu à la ;iéchereHe
de nos Hbrcs, & à celle de nos hu-
meurs. Auffi les maladies auxquel-
les nous fommes ici plus expoies
participent-eHes toures de ce carac*
.tere. M. Raymond, Médecin de Mar-
~il!e, en &ic foi (~). "J'ai traité,s
dit- il, un grand notnbsc d'aicices
~&: de tympanifes à Marseille, dans
~,rHôcel-Dicu, dans le quartier de
la Mitéricordc j & dans le re~:e
de la ville & j'o~e avancer que je
n'ai jamais reconnu d'autre cauie

(c) Voyez la Dinertacion fur le ba!a


aqueux fimple, qui a remporté le prix de
l'Académie de Dijon en l'an ~7~5 pa~
~1. Raymond.
? que la chaleur jointe à la leche-
reffe auffi ces maladies ne font-
elles adoucies que par l'usage des
» délayans~ & elles font au concraire
irritées par les remedes chauds.
j'en actefte les Médecins de cette
??
ville » (~).
Par-touc, en un mot ou le ~paC.
me fera compliqué avec d'autres ma-
ladies, par-tout il fe fera refpect:er
& les hume~ans feront les feuls re-
mèdes qu'on pourra lui oppofer. Mes
obfervacions prouveronc 1j, je pente
ce que j'ai avancé j~en fournirai un
nombre fuHifant: pour Servir à l'ex-
plication de chacun des fymptomes
qui caraâ<éri(enc la maladie que je
traite. La premiere ~burmrQi!: elle ~eule
~es preuves convaincantes de la ~blï-
dicé de mon iyHême s elle iervi~
d'appui aux autres, puifque c'e~. à elle
que je fuis redevable de mes Succès.

(&) Scribo in aëre Ro~~no nous dit Ba-


~r~
glivi. Je pourrois dire après lui~ J<T~c
~~f~
?~~ <~ ~e?M~ ~o~M/

OFJ~~T70jV.f.
Our ne pas
JL déranger l'ordre 3B!'to"
logique que nous nous hommes
propoies de fuivre dans ce traité
nous yavons Soumis nos obierva-
tions c'e~-a dire q~ecpHes qui re-
gardenc ra~Uon hyitprique paroi-
tronc les premières & à leur fuite
viendronc celles que t'an~edion hypo-
condriaque m'a fournies. Les comp!~
cations de ces deux maladies complé'-
teronc ce Recueil dans lequel la.
théorie que nous venons d'écabln'
diïcuEcra eHêmême oc décidera tou?'
tes les quêtions.

~rf~~
~P.E~R.S
HYSTÉRïQ.UEâ

~FFE~r~~v ~~r.EM(/c/jB
~CC0772~Z~ ~72~~
~~r~n~~r~y.
C.' 'IL s~glHoit ici de donner une'
Oidee de fa~Mion hyAén~ûe
j'empruncerois volontiers ta dénhi-
fton qu'en a déjà donnée un Auteur
(~)des plus recomïnandables: ëc je
~ourrois dire ~mpiementavec tui, qu~
j~usie nom de cette maladie,on peut:
en comprendre plusieurs
~zMt ~ofzMJ ~cr~orM/~ coAcrj yM<ï~
~cr yo<:e/~ ~e~o~~ Ay/?e~c~ ~M/re--
~7ïtt:r ~~rcj. En e~ec cette ~led~
j

[~] Hoifhian, tr~. de mato hy~t. tom.


jE€<ij,ca.p.
Tr~
~mptôme~ ~bus laquelle cetrë mala~
die a coutume de paroître l'incerti-
tude & le emprise de j~ termi~naiibn
& la~di~culté de la vaincre ont Hy
~brc~onné cëu~ qui s'éfoient pfôpo-
~es d'en démêler la caufe., qu'après
y avotr e~sh~mé p~uûeufs ~)îs Us
font conMntésd'en tracer le portrait,
3f faide des diSerences couleurs ~bas
tefquelles il a plu a chacun de nous
la préienter. Toutes ces di~cultés
~fubilAeroient encore & la maladie
donc il s'agic feroit encore au nom~
~re de celles qui n'ont pu fubir les
toix de la. théorie fi l'obier vadon
pratique ne l'y eût jtbumile en nous
montran!: que tous les phénomènes
qu'elle produK & quï paroi~enc a;
plusieurs fi irréguliers ne font que
des rayons différens qui abeutiSen~
au centre commun.
L'ôbfervation fera- toujours pouc
nous une voie aNurée qui nous con-
duira à la connoiSance parfaite des
maladies, puitqu'eHe a été de tou?
les temps la bouffole de la pratique
!~j~bnnée, qui eft le terme où doit
rendre Ïe Médecin te ~eut but ou
doit rapporter touces ~ës connoiHan-
ces &. que c'eâ elle enfin qui a
iormé l'Art & qui répond de fa con~-
~ervadon. Il ~oit par œhfequeht~u-
per0u de ftoUs àr~cer at des défini-
tions Vagues etïipraïtté~s, oc e~
connoïc âHez rn~tuHi~nce & !es dé-
fauts. EGouMhS l'e~périéscé, qui ~et~è
jnous în~run'â; & eM tna;rchâûc ain~
à la faveur dé fes lumière~ nous a~
percevréHS ûïte i~Ënicé de traits qui
ïTOUS découvrirooc au nâfufel Ïë ~râi.
que ~ôtts cherchons en ~ous mon-
trahc le faux que ËÔùs voulons éviter
Dans le courant de rânnée
MadetHoiteUc ÀUthcHïah
17~
âgée dé
jo ans, d'un tempérament btHeux
Sciangum, fut attaquée d'une dou-
~eUr violence au gro~ doigt du pied
~roic, qui lui ôca le Sommeil & l'ap-
pétic. Cette douleur ~butint ain~
un mois~& demi, & elle n'augmenta
que pour lui càufer une tbiMe0e,
dont elle ne revint qu'après bien de~
cordiaux de toute espèce F'our en*
trer da.ns des convul~ons a~reufes
accompagnées de Symptômes au~S
finguliers que terribles; H on pinçoit
iégérement quelque partie de iba
corps fi on verfoit deffus une feule
goutte d'eau le mal redoubloit avec
une fureur capable d'alarmer c'étoit
une machine décraquée, où tout alloit
à l'aventure par fauts 6e par bonds y
avec une irrégularicé qu'on tent mieux
qu'on ne l'exprime. La lignée arrêta.
le cours de ces désordres, fans fixer
celui des efprits enarouchés, & le dé-
lire parut avec une hémiplégie qui
occupoic tout le côté droit le bras
étoit plié ~ur la poitrine fans qu'on
pût rétendre d'une ligne le ventre
étoit élevé tout le long de la ligne
blanche la cuinc &: la jambe ~ai-
foient par leur rôideur une piece con-
tinue. Elle reAa onze jours dans cet
état, fans prendre aucun aliment, ia
ïnâchoire & la langue ayant part à
cette hémiplégie. $
Plusieurs Médecins, atïemblés à cet
éffet, convinrent que cette maladie ti-
roit fon origine de i*érétilme des
nerfs, &; de la iéchereRe des liauir
des Se qu'elle ne pou volt être com-
battue que par les hume&ans. Les
bains agirent d'abord avec Succès., puif-
qu'ils diSUj~rent le délire. On ne vie
pins de crachement de Sang, de vo~-
miSïe.mens, de Suffocations, ëc autres
iymptûmes inséparables de la iaignée
aux jours critiques mais il ne ren-
dirent qu'imparfaiccHicnc la foupleffe
aux membres eréciSes.
Il écoic bien difficile à une fille d'un
caractère vif & ardent de fe mainte-
nir dans les bornes d'un régime Sé-
vère de prévoir bien des accidens,
&: de divertir les penfées fâcheufes
qui pouvoient déranger Féconomie de
fon efprit &: Féquilibre de fa fanté.
Aufîi écoic-elle fouvent en butte a di-
vers paroxifmes dont un fut fi for!
qu'on défefpéra de fa vie. Elle étoit
plongée dans un aSïoupiSemenc lé-
thargique fi violent, qu'une épingle
profondément enfoncée dans la chair
était inacceSIible à fes Sens. Les plus
forts irricans n'opérèrent qu'après dou-
ze )ours & une hémorragie du nez
débarraSant le cerveau d'un fang épais.
T"
noir & gluant, en détruire la caute.
Le tçu des encraiHes, que la priva-*
tion entière de tout aliment avoit ai-"
~m~ pendant cet incervalj~~ depoui~-
la ïa langue de fa prem~e peau
~a rendu: paralytique.
Hmc années enneres le ~técou-
lées dans une alt.ernanve de chûtes
~c de rechuces pre~qu'a chaque mois
il falloit: la taigner, c'e~dire lui
procurer un délire & des convul~ons
anFeuies, qui lai~o~enc des ebrante-
mens terribles. Dans ces cri~-es con-
jonctures elle me fut connee. L'ou-'
yrage ecoïc pénible &: je ne l'auroi!
}atnais entrepris je n'a vois pas
~té animé par l'envie de m'in~ruire~
par une efpérance fecrete du iuc-
çès, que je ne pouvois attribuer qu'a~
~e~rque j'en avois conçu.
Une ebullition de fang qui aug-
~ïientpit ~entibletnent avec des taches.
qui imito~cnt celles de la rougeole
<& la fievre ~mp~ocae étranger
loin de me rebuter à l'entrée de m~
carriere qui fut le 6 Novembre
j~~ ~engagerencà redoubler mes
~f~<~
~oms. Je ne doutai pasque la ~gne~
Be ca,lmâc ces troubles, &; ~~elle n~
;prevmc auiR les eng~rgÊnens dom;
Iarare~a<9.ion du fang fem~loic noua!
menacer mais & peine ~e ~eg ~ortoit."
il de la yeine, que tes ~p~tes ~9
reçu de roceiUp d;u nez, de 1~
bouçh.e & de 1~ t~n~e lai ~ure~E
ravies par tes coavul~ons, ainfi que de
touces tes autres parles du ~oce drpic~
~ai~nc par leur roideu~ ~e pièce
çoncinue.
Quoique ces dét~rdres ~o~c
~uee &: ie recitt: ej~raient, M~nc d'uo~
~oiad~c conséquence ~uc çep~ quej~
~gaec avoïc prevepu~ li faHoi~
p~urcânt Ïes calmer. J'eus recoure
aux bam$ do~ne~~ue~ x ta titans
de poulet. Je ~e regardai ppipc ta n-
~ueur de la faifon co~mie ua ob&a-
cle a. re~cacice de ces hume~a~
je ne me trompai point car a pein~
iu mes-nous arrives au dp~iem.e ~our~
que nous entendîmes descc~a.cs tres-
dbuloureu~ dans les iote~-ins peu d~
temps après dans la cmiSEe iembla-
Mes ~iRpmenc d'un Darchem~
v
~brc <ec, ou au bruit, quoique plu$
~orc, des halanges des doigts rude-
mène dépecées. Je conclus que ce
bruit ,6 agréable à un Médecin dans
ces circon~ances prenoic fa ~burce
dans rimpul~on Vto!enre & ~n~ble
du fang, qui iDrcoic ÏepatTage dans
jtes canaux fermés & racornis. Le len-
demain la force du ~ng défrui~c
jbrutquement ia réMAance dans le bras,
'qui en éclacanc, .fe mou voie contre
les parois de la baignoire. De cette
~cdo cette fille ~e retira du bain
avec le ventre, la cuiffe & le bras
Nexibîes quoique paralyfés maM
Ïe délire parùc accompagné de cir-
con~anccs auffi irréguiieres que rhé~
miplégie donc j'ai déjà parlé.
Son vifage étoic riant fon humeur
agréable elle tutoyoit indifféremment
!esuns& les autres; les facultés de
îa main droite étant interdites par la
paralyfie, elle peignoit avec la gau-
che & brodoic avec une dextérité
incroyable les productions de fon
efpricn'écoient pas moins furprenanfes
qUê~ceUes de fa mam elle nous ré-"
C~tolt des vers ou l'on remarquoic
toute la vivacité & la délicateSfe poC-
~ble quoiqu'ils fuffent fes premiers
nés (~).
Ce délire ingénieux oc divertiSanc
étoic périodique oc revenoit quel-
quefois irrégulièrement. Dans un dé-
lire iubféquenc elle fe fouvenoit de
tout ce, qu'elle avoit dit & fait dans
celui qui l'avoit précédé. Sa mémoire
la fervoit au mieux elle redeman-
doit fa plume fon fil oc fon aiguil-
le, pour finir les ouvrages ébauchés,
& faifoit toutes ces chofes d'un air
aifé naturel & tranquille. Je laiSe
aux PhyfiologiAcs le foin d'expliquer
les effets étonnans & variés du déli-
re, comme auffi de décider fi Fen~
thoufiafme poétique n'eA point une
efpece de délire car cette fille, rendue
a fon état naturel n'auroit fu faire
un vers tandis que dans le paroxif-
me elle en faifoit à milliers.
Cette aiRigée fut en proie a de

(a) Ad~oie avoit déjà obtervé Que ces


m&l&d@s avoient tomes de refpcH.
pareilles vexanons jufqu'au mois d&
Juillec, auquel la Jfechere~e & la cha-
)eur, pLas conddera~es qu'elles ne
font ordinairemenc, ayant fomenté
cne ecrange e~erveicence dans 1s
iang lui &~cn:erent: un Symptôme
~e;n'êtrp inoui. Ce fang rudement
~setM <ians les vain[eaux, dont les
tumques soient: en contra~ion ne
~u~uem~nc irrupdon au jour péno-
<dique d~n~ la macriœ & jfuinca
travers l'oeil & les vaiH~aux cutanés
ducrâne,de~oreiUe, du nez, du
nombril du jarret & du picd~ tou-
~ours du coce paralyse ce qui. donn~
~eti a la cacalep~e.
Pour con~atcre une hydre dont les
têces rcnaiSoien!: tous les jours, H
~Iloïc oppofer avec les mêmes armes
de plus puisâmes encore pour m'af-
furer de la défaite de ce montre. Ea
effet, à la faveur de la diete blanche
des glaçons qui fe fondoien.t dans
touche fans en Sentir le froid des
~bains de 10 a i~ heures par jour
pendant dix mois enders ( ce ferme
se fera pas trop long 6 Fon &on~
tiere que pendant neuf ans le mal
ïl'avoïc en que de petits intervalles)~
la. faveur, dis-je, de ces humec-
tans j'eus la ~atis&~ion de voir to-
talement ceiler les convuljfions. Les
membres éredtes éclatèrent avec moins
de douleur & les éclats des ménin-
ges dopèrent le délire la nacure
Surchargée & débarra~a alors par un
long vomiHemenc d'une matiere de
couleur de limon & le ~mmeil~
que les narcotiques avoient en vain
Mppellé, revint. Le fang avoit donc
perdu de fa fougue mais fon épai-
fiffement & la féchereffe des vaiffeaux
Ctoicnt encore des obûacles au Rux
ïnen~ruel. Ce fut dans cet inAanc cri-
tique que je plongeai la malade dans
~ebain. L'évacuation fut fi abondan-
ite, que l'eau en fut teinte. La puif-
~anre harmonie du violon acheva de
rétablir les tondions du cerveau, de
~oeil de la mâchoire, de l'oreille &
du nez, par plu~eurs petits éclacs(~);

(a)~. Roger f écrie fur ces édats, &:


pl&iin ayec mëpns de ce q~'U n'ea com-
<Scles rudes iecouiTes d'une voiture
choisie rendirent au bras & à la jamBe

prend pas le mëchanitme. [*] H me femble


cependant que je me fuis aiîez bien expli-
qué dans la relation de cette maladie que
je fis imprimer en :7~, pour me faire
entendre de tous les Phyûologinies. Je ré-
péterai volontiers la leçon à ce fa vaut Ba-
<€heÏter, en lui difant que le ion de cet
iniicumenc aginoic fur les Abres du cer-
veau par la continuité des filets nerveux
dont la membrane du tympan eft compo-
lee~ 8~ que par les vibrations qu'il pro-
<:nroit fur cet organe il y rappelloic ians
<ioute le fang & les efprits ce qui pro-
curoic ces éclats douloureux que je ne
pouvois mieux défigner qu'en les compa-
tant au bruit que fait le frotuement d'un
parchemin fort fec ou à celui quoiqae
beaucoup plus fore des phalanges des
$
doigts rudement déplacées. Toutes les par-
ties qui furent aHez voifines du cerveau~
reçurent les mêmes impreNions. Qu'il ceue
donc d'être furpris fi rœil éclata à fan
tour & avec douleur, s'il reprit fes fonc-
ïions & fi la mâchoire, le nez 8<: la langue
ptonterént du même avantage.
(*) T~f~~M M~oa< 6~ murices în
~o~~ ~M~aHHM~ Authore Jqj~p~o Ro~r~

yM ro~ ~?c Mos~


Argentoratenfi
~o~<n~ ~KO
pro prima Apollinari lau-
~M
~0~~ ~rop~?!m
17 ;8.·
paralyse la liberté de fes mouve-
~ens, tout comme aux parties inté-
fieures du bas ventre la libre circu-
lation de fes liqueurs par les mêmes
éclats quoique plus douloureux. C'ej~
par ces voies que cette Demoifelle fut
comme miraculeuiemcnt rétablie.
Ne déguisons point la vérité &:
difons avec iranchiie qu'elle jouit pen-
dant un an feulement de fa pjemiem
ianié mais la nature~ toujours in-
du ~rieuie voùlut fe repofer fans
doute &. ~e préparer des forces pour
foutenir de nouveaux efforts. Notre
Demoiselle fut bientôt en proie à une
Nouvelle maladie qui fuc pour elle
d'autant plus redoutable que la dé-'
licate~e de fon fexe & une mode~ia
naturelle la rendoient enroyable à iba
efprit. Ce fut une luppreuion d'urine,
que rien ne put foulager. Il ~alluc d~
ïiéceutté recourir aux fecours de
Chirurgie, pour lui Sauver une vie
qu'elle eût voulu perdre mille rois.
La fonde écarta le danger mais,
elle ne put remédier à la caufe qui le
procuroic des corps étrangers qui
M prefen~oienc au canai de t~re'cfëf~
mectoienc obAacîe a fécouïemenc des
urines elles devinrent bourbeufes
elles chariereMc des gravier~ &: dë~
morceaux de mef~brane les dou-
leurs devinrent toujouts plus vives
& une pierre fe pré~ehra au pa~agej
QueUes douleurs quels to~rmens
& quels eSbrts Itfallut pourtant y
Te~er & aider i~a natu're par cous
les fecours de Farc. Cette pierre ~or"
tic enfin enveloppée d'un kiA. EHe'
étoit de ïa CguTe & de Ïa groûeuf
d'une châtaigne blanche ~c entraîna
avec eUe des porcions tnembràneuies~
de pMeurs Hgures, & une grande
quancité de grumeaux .de ~ang.
Une fois débarra~ee d'u~n ii terribîe
fardeau ié crut guérie y ëe qui
y elie
Be~en ~roit pas ~actérLesporMons
membraneu~fes~ .(emb!abtes a d'es' mor-
ceaux de parchemin trempé eonti*
Ruoient à fe décacher pa?r d'e iégeres~
douleurs &: IbrEoien!: journeHemeNc
avec les urines i: l'urerre du: côte~
droit fe dépouitta a ion tour &: for-
tit tout entier par iar ~eïne voi~ Les
couleurs 3c la di~culté d~rïnef coo~
tinuerent néanmoins, ëc augmente-*
fenc ;u~qu~au point que te canal fut
touché une Seconde j~bis. Alarmée
de nouveau par le foupçon d'une
eonde pter~ il ~a!iut revënif à là
tonde qui nous a~urà d~ eontrâire:
mais un corps plus mou qm ~ai~
~ic iencir, &: qui bouchotc eXa~emenE
ïe pacager, ne ~e faifoit p~ moin~
ye~ped:er à fon four. Je ne doucad
plus que la membrane ïHte'r6e de tau
veffie ne fe fâ<: tout-à-fait décachee
& repïiée dans cet endroit: te râc<
Miïement antérieur Favoit obligée ~~n~
doute à fe réparer ainfi da vivant
N'en fut-il pas de même des inteâtn~
qui dans un autre temps déposa
terenc de Ïeur tunique interRC qaë
~ous vîmes fortir par te re~um
I~œibphage ta trachée artère & t~
langue s~ecoient: au~ d~pouiitées
leur tour oc la malade en avoit re-~
~etcé dinérentes pieces foit par le
vomuïement foit par ~expectoration~
ïn~ruit: par con~equeot de ce qui fe
paSbit dans la ve~e~ il ne fut ptos
quefUon que d'y remédier. Il fallut
aider la nature à fe débarraj~er de
ce iecond~rdeau. Les inje~ons pa-
rurent les remèdes les mieux indi-
qués. J'en fis faire de plufieurs fortes,
après en avoir éprouvé l'avion fur des
morceaux de pellicules que je gar-
dois toujours précieutemenc. Ceilc de
l'eau de Barege méritèrent la préfé"
rence. On ne des injectons continuel-'
les pendant trois jours & trois nuit~
La crife fut douteuse la malade écoic
à toute extrémité puifque je me vis
~orcé de recourir aux cordiaux mais
elle triompha au moment qu'elle pa-
j'oi~bic fans renource. L'injecHon dé"
tacha trois champignons que dine*
rens replis de la membrane interne
de la veuie avoient formés & en.
semble la membrane interne du~~c-
t~, qui Sortit toute entière en ~ubC.
tance & en ngurc. Un Chirurgien Li<-
thotomi~e de grande réputation (~)

( ) 61s, Chirurgien.Major'
M. Pamard le
des hôpit&ux d'Avignon, Anbcié-Corref-
pondant de rAcad~mic royale de Chirurgie.
Ana:omi.~e
j~natomiAe par goût &: par état que
fon miniAere avoit appelle a Arles
examina ~crupuleuiement toutes ces
parties ) de concert avec le Chirur-
gien ordinaire de la malade, homme
de mérite & trés-ex~ctmenté ) (<x)
il convint avec moi qu'eUes ctoienc
réellement celles que j'avoi$ fuppo-
iees. Il reconnut l'urécere~ le~p~K~er,
ce les portions membraneules de ia
venic, &. fut tout auni furpris que
moi de voir la nature victorieuse pro-
duire de pareils effets. La malade
revint de fa foibleffe, & reprit pour
ïors une nouveUe .(anté, qui depuis
ï~a jamais été altérée.
(ruelle gloire pourla Médecine~ de
pouvoir écaler des merveilles de cette
efpece aux yeux de es envieux quelle
preuve en même temps plus folide du
~yAême que je propose Le raccr-
ïliuemcnt des nbres ne fera donc plus
contei~é, pui~'c~u'il
conceûé montre aujour-
puisqu'il fe montre aujour-
d~hui tous nos yeux tes antihyâéri-
ques ne feront donc plus regardés com-
me des remedes pour ces maladies la
a ) M. Fabre
(<? 1~ père.
Ï)~e.,quij~ic ïefujet: vi~orieux J~
cette obfervatton atïe~em eUe ïRêmc
«quece ~M des poisons, & ~bn exem-
ple puMiera à là 'po~ertté l'e~caçné
des rëtiTLedes contres f~\
~rirla certains etpnc~ toujours perces à cou-
Vérité'da voile du men&nge, n'ont pas
tnanque de publier, & publient encore tous les~
yours., que ta guerilbn de Mlle. Authemant n'c~
pas aujN r'adicaïe que je viens de Fanno'n'cer.
Sans'trpp approfondirtes moti& qui les animent~
il me iera permis iajns doute d'autorifer ce fait
Ipar les preuves les plus cornpîcttes Se les plus
~uchentiques. J~en appelle d~abord au c~moi-
snage de cette Dem<MieHe & à celui de toute
M ~amiMe~ Je prie en ihërne temps les incré-
idutes de J& poiter chez elle, 8~ là ils appren-
tïront~ queileîle e&de nouveau détenue daji$
fa cha~b~e c~eA une chate qu'elle JSt il y a Hx
ens j où elle eut le malheur de fe ca~J' la cuif~e.
~L& redu~ion ay~nt été tentée très-inutilement y
la pauvre victime e~ réduite ~aujourd'hui apai-
ser le fe&e de ijta vie iur un &at€uil ce Qui
donné lieu à des embarras dans les premieres
~oies.par le défaut de mouvement Se d'exercice~
& lui a procuré, dans cet espace de temps, deu~
lèvres puer ides <ies mieux cara~eri~ces~ & en-
core pluneurs accès de fievre tierce & quarte~s
dont eUe a toujours guéri par les remèdes uJE.
~es~ je'veu-x diye~a iai~nee~ l'emetique, les pur.
,gati& Se -les rcbriruges, tous remèdes bien op-
poies la cauïe hy~erique, que la malade n'au-,
roit jamais pu :tupporter elle en eat conierve~
encore le germe.
Outre ces preuves, qui Ibnc, comme Fon
~oitj. trê3 convaincantes" j'ajouterai
"oit.) tres.convaincautes, j''a;outei'ai encore
~ue îx r~dn~ion de cm~ a ctc tentée pa~
Qu'il eue été avantageux pour 1~
Malade de M. Laugier, que ce Mé-
decin eût été inÏtruit du merveilleux
de cette cure i la. DUe. Majoc n'au-
yott point péri thiféràBleme~ H3Uà
fes yeux. Et il eH a préfumer que les
deux Médecins confuses ignoroient
tout comme lui les nouvelles décou-
vertes que je venois de i~ire fur la
cure des maladies hyAériques. Ce fut
en ï'7~0 que parut mon premier enat
fur les vapeurs ;&. en î~~Iz on Uc
dans le Journal de Médecine (
~hiitoire ~uccinte de la maladie
de la mort de la Dlle. Majot. J~ l<t
rapporterai ici toute entière pour
que ron ju~e diaprés le parallèle de
jces deux malaêies le digèrent qui
partage les Médecins.
crois &is, ÏaM que les tirâillemens aient amené
tesconvul~ofts. H y a pïns l'excrécton d'un
<ca.lculdela veSie., qms~~aite par les~u~t
€:itbrts de la nature & ~vec des douleurs inex-
~rimableSjM~uroit-eUepas ràppellé les vapeurs~
mais que fervent aux incrédules ( diions nueuK
i~ux envieux) les preuves &: ~évidence & ce n'eit
A nourrir leur rage & leur fureur.
(a) Voyez le Journal de Med. mois de Jûillee
<?<s: P. Tr~~
~l'Of~M~M~
~/ï~
~M~ f~ per/o~ë qui
~MC/~
erï~Tm ~yM/~ ~yoM~rt t/-o~ rc~
~ï~neej ~e/ï~a~f ~fc/'y~ de ~c~~
~M
J9o~Mr
JeM~ ~f.cr,
~r
~f~ec~e F~Jc
r
M
,Pro~(~.

«Le tableau de cette maladie pre~


~fente deux caractères dinerens, quoi-
~que les traits fous lesquels eUe~e
~montre foient afïez iDUvenc reffem-
)) b~ans & beaucoup anabgues les
uns aux autres. Un eschatnement de
~Tymptomes les pÏus cariés, & couvent
3)confbndus les uns dans les autres
~n'a pas empêché de dï~inguerleuF
véritable jtburce, & de regarder le
tout comme une épilepfie hy~érique
~d'autant plus terrible & opiniâtTc,
~qu'elle a été abandonnée pendant
~quelque temps au caprice & à. la
~bizarrerie de eelle qui en'fait le trilts
~tujec, quoique digne d'un ~ort plus
~heHreu~~ par tous les avantages les
~~aveurs que la Nature iembloit avoic
~réunis en fa perfonne.
1 3)
Vers le commencement de Sep-
tembre 17~8, la Dlle. Majot, nâCt"
~ve de S. Maximin en Provence~ âgée
»de ans, d'un tempérament: fan-
gum, mélancolique d'un efprit vi~
~cc prompt, d'un naturel gai, badm
~& enjoué, qu!< étoïc pour lors a
~Pelluïane chez fes parens, eut une
frayeur fi conHdérable, qu'il en ré-
~iuka une fupprenion totale de ~es
~évacuations périodiques~). Le
~du même mois elle tomba dans un ac-
~cidcnt épileptique des plus enrayans
~qui fut fuivi de deux autres auui
~jEbris le même jour l'on apperçuc
? 0~ MOM~ <*0/ZyM~Jf écume à
~7~ ~OMC~ ,y~<'oï~~ violentes con-
~f<3/ aux levres ë* ~OM~ ~M mem-
~~<?~. Le lendemain oppremon labo-
rieufe., iunbcation menaçante, efforts

(a 3 La CippreiRoti des moi~, par lej~t


d'une frayeur fubite annonçoit déjà chez cette
DUe. cette tention outrée & cette extrême fet~-
~biîite du genre nerveux, qui cara~erifeat
CcMt, ~pâJCmodique. 1 .11%
~fréquens fbucenus de la poitrines
~Peu de jours après on envoya à Sa-
~lôn chercher M. Barthone dont le
» mérite & les
connoiHances dans ton
»Arc tuiont acquis depuis long-temps
~l'eftime &: la eonudéranon de touc
»le monde & a qui je fuis redeva-
blé des mémoires qu'il a bien vouim
~me communiquer fur le commence-
mène de cette maladie. Ce Doreur
en arrivant chez la malade la trouva
~dans l'intervalle de fes paroxifmes
~& dans le calme le plus gracieux,
~fi fort qu'il eut de la peine a
~(e persuader qu'etle fût le ~ujec de
~~bn voyage. Mais il ne jouic pas
» long-temps de cette agréable erreur 3
car tandis qu'il donnoit cours aux
~rénexjions que lui faiibit naître le
récit des accidens pa(Ïes il fu&
y
témoin d'une attaque des ptus vio~
~lentes qui, fe montra encore ~bus
~!es agitations les plus fortes mouve-
~mens irréguliers contractions ipaf-
modiques opprenion funbcante
~étranglemen!: écume a la bouche.
~pes-lors il ne balança plus de croire
~quu y avoit alliage d'épuep~e âvee
~les vapeurs hy~ériques c'eA pour-
~quoi,a6n d'aller au plus preHa~c,
MÛ fit faire des ignées réhérées
~dans fort peu de ce~ps. La malado!
» reprit ~uiage de fes fens & recoti"
~vra la liberté des fbn~ioBS de l'ef-
prie. On proSca de ce temps po~c
~lut ~aire admmmrer les Sacrement
»EUe fut purgée en~nte &~ emeci~eë:
( ). Les accidens continuèrent, a,
fort peu de différence & d'MicervaHe
~près, jusqu'au point qu'on la-vit an
M bout de huiE jours dans un aNbupi'C'
~(emene mortel On lui appliqua les
~veucatoires mais elle ne ceSfbie de
jouer un rôle que pour en com"
~mencer un autre.
Les bains les antiepileptiques,
» les légers apéritifs, les céphaîiques
~onc ete propoies~ en partie com~-

(<ï) Le début de M. Bafthonc en aSure


~ejà FincurabHite~ puisqu'il ajoute à la pre-
miere caujf~ du mal plusieurs degrés de force
Se d'inten6t&, qui ta rendirent dans la ânce

pmHans~
inacceiEbIe à l'avion des remèdes les plu~
Z~ <1F*
~mences mais rinconjfiance dé Ia~
malade, qui a donné lieu a fon opi-
niâtreté, a rendu le tout infrudueux.
M. Joannis, Médecin d'Aix qui
jouit d'une grande réputation &
plufïeurs aucres ont été conlulcés a
ce fujet mais tous leurs efforts ont
~j, été inutiles pour les mêmes raifons.
Touc cela s'eft pâlie dans l'intervalle
de cinq à fix mois. Lorfque je com-
mencai de la voir dans les premiers
jours d'Avril lyj~je trouvai cette
D" ani~e~ moitié dans Jfbn lit~ ~bus
~un air allez tranquille, & qui ne pa-
roi~bit avoir de malade qu'un vifage
blanc, pâle, tenant plutôt de fa cou-
leur ordinaire &: naturelle d'ailleurs
pas autrement défait ni décharjné
~que des effets de fa maladie des
~yeux vifs & animés s'allioient à un
air de vivacité, qui trahiHoienc &
~embloient démentir fa Situation elle
écoic dans un moyen embonpoint
~a .~ru<3:ure paroiuoit être forte &
~vigoureule, jouiffant de beaucoup
d'élaïUcité & de reffort ce qu'il
~uc abfolument fuppofer pour qu'elle
)oeûc pu féMer à tant d'anauts &
» fe débarraSer des violentes fecouf-
~Ses fi fouvent réitérées qu'elle a
~etïuyées. Je trouvai le pouls plein
~fréquent &: fort déployé la main
» fort chaude & la peau du bras un.
~peu moite. On me rendit fort en
~gros ce qui s'étoic paue à ce ~ujet
3) tandis que je rénéchtilbis un peu fur
~tout il fembla que la malade ne
» voulût pas me laincr conclure fur
~(bn écat: d'après mes idées feules,
mais m'en faire ju~r par mon pro-
~pre témoignage.
~C'eA pourquoi je devins dans le
9) moment fped:aceur d'un de fes paro-
xifmes &. tandis que nous ne pen-
» fions rien moins qu'à cela elle fer-
~mc les yeux bainc la tête tombe
~fur fon chevet alonge les bras
~ramaue & fléchit lesdoigts dans la
~main, & perd toute connoiuance,
» la refpiration baine un peu mais
~le pouls fe fou tient dans le même
étac, & insensiblement s'élève plutôt
~que de s'anbiblir. JuSques-la je ne
Mpris cec accident qui dura environ
:oun demi-quart-d'heure, que comm~
»un de ceux qui fbnc attachés aux
~vapeurs hy~eriques. Depuis ~lorC. 1
»qu'elle fortoit de ces mêmes éva-
~nouiiïemens vaporeux, elle en reve-
~noit fort tranquiUe, & comme d'un
fbnge.? aHez ibuvent: même elle en
prévenoic fon monde, & ~nfbic ies
radieux fur un ton badin. Lorïqu'H
~encroic quelqu'u-n qui faifoit fur fon
~efpri!: une impref~on au deffus de
~l'ordinaire & qu'elle n'étoit pas
~accoutumeede~ voir tous les jours
»eUe tomboit dans fon paroxiime
~qui ne duroitgueres plus d'un demi-
quart-d'heure; &qui hors dece~
~momens-l~j, lui prenoit plufieurs fois
»par jour & duroit davantage.
M On
me fit obferver qu'il y a voit
~chez elle un fond de phtifie hérédi-
taire qu'elle ne mangeoit que des
chofes de haut goût ~bizarres & de
~fantaide. J'y retournai le lendemain;
~& après avoir fait bien des réflexions
~fur un pareil déibrdre je comprit
qu'il y avoic à combattre un embar-
~f~ ~r~~ Kfï ~C~aA
~/6<? <coeyîeM~ g~rc 7ïFfycMJC' f~"
corn~ o~M~ ~r~z~~erc~enc e'M
~/or~ de yo/t ton yMfMr<~ ~~c~, <ït-
» ~M~/onne, ~ro~~Mc~t ~rott~ ~r
~~eM/ trop ~r~c~ ce qume
~pouvoic fe faire qu'avec de très-téger~
~apéritifs par rapport: la délicate
~conAitucion !@s tempéFans €a~
~mans, hume~anS dé~ayans &
~baltamiques. C'eâ dans cette inten-
~tibn que je propoM de faire ref-
~pirec à !a malade un air champê-
~tre de prendre )es bains, le lait
~le petit lait, les bouillons de poulet,
~de tortue les crèmes; de leur joiïi-
~dre les antiepilepnqueï dans un
temps, & les antihyRériques dans un
autre comme la poudre de guttete,
~ceUe de ca~or & autres delà même
~claiïe(~). Mais de tout ce~a H n'y
~a que le lait qui aie été exécutée1
~qui. feul a été continué )uiqu~ la.

(a) On ne peut pas conclure plus judicieu-


fement que M. Laugier fur Fétac de cette
DUc. aux a.ndhyitëriques près il ne ~agn
donc plus que de fuivre les ~dications qu'U
propoi~,
En & qui
dans certains temps a
)) fait prefque tout feul fa nourri
~ture.
Comme nous étions pour lors dans
la belle iai~bn les faines &. douées
» impreiuons de ce temps, jointes à
celles du lait, Hrenc que les paroxit-
mes s'éloignèrent: de plus en plus
de façon que la malade put s'habil-
1er (c lever ëc s'aueoir fur une
GhaHc ou je la trouvai un foir
dans ma vifite quoiqu'elle eût: la
refpiracion un peu laborieute. ËUe
» demeura dans cet état pendant quel-
» ques jours j, lorlqu'c!le voulut tra-
verger de fon appartement une auez
grande antichambre, pour voir paf-
~er d'une fenêtre la proceuion de lat
Fête-Dieu, a ce que je puis me rap-
peller. Comme il failbit du vent ce
jour-la & qu'elle s'y expofa un peu
trop long-temps fans. que le fbu-
venir du paue lui fervît de leçon t
pour l'avenir elle en eut quelques
accidens fort peu de temps après
» elle euuya une colere fans doute
parcs qu'on lui reprochoit fon nn-
prudence cet ~ujet. Comme elle
étoit fort vive~ & qu'elle avoit l'ef-
prie un peu volontaire cela lui ne
une n grande révolution, que fes
accidens la. reprirent avec beaucoup
,y de vigueur & furent accompagnés
3, d'une ~unbcadon forte, que nous
craignîmes pour elle~
Les chofes fe Soutinrent dans cet
état juÏques dans le coeur de Fêté,
j~ ou elle reçoit les deux jours, & quel-
queibis plus~ dans un état catalepti-
que, 6c tout-a-tait immobile qui
,,tenoit de la fyncope, excepté que
"le. pouls ie ibutenoit toujours quoi*
que très-petit. Dans fes paroxifmeï
~ibncorps froid oc tout le vifage
étoient d'une couleur cendrée oc
d'une pâleur mortelle la refpiration
yy lourde & profonde, a peine remuanc
le feu de la chandelle le pouls étoic
moins fenfible &: plus concentré qu'à
~l'ordinaire. Dans ces premiers acci-
~dcns, 6c ceux qu'elle a eus aux mois
de Juillet & d'Août de la même
année câpres tes traies d'impru-
~dence~eUeenJ~rconteme rouçe
.f
? bri(ée ce qui n'arrivoïc pas dans
30 ceux qui étoient fimplement vapo-
~reux.
v On s'appercoic ~ans doute que les
~gncs épileptiques qui fe font mon-
>! très avec tant de violence au com-
mencementfont très-rares & diS'é-
rens depuis quelque temps plus de
mouvemens convuMfs, contrad-ion:
~fpa~modiques, écume a ta bouche
du inoins ~ont-ils très-~ares. Aujour-~
» d'hui un mal de tête aigu vif oc
pénétrant, jette la malade dans des
agitations & des affauts étotmans
p
.? tellement qu'on I'entendr.oit de vingc
pas elle demande dans le fort de
» fa ibu~fance de lui ceindre ëc ierrec
» fortement la tête ,en quoi elle fem-
blé trouver quelque peu de foulage-
3) ment elle la panche & l'appuie en
avant, ~ur u'n carreau fur lequel elle
donne de grands coups & fe préci-
» pite a reptiles réitérées. La corn prêt-
fion de ce côté-la dans le cerveau
étant portée à fon comble elle étend
» fes coups jutques dans la fource des
organes du mouvement &. des ~enst
saC'e~ pourquoi la malade dans rinf-
» tant tombe dans fon paroxifme de-
?3 vtent
immobile pendant quelques ml.-
M nuces, &
n'en revient que pour entrer
fa funocaiion.
1
dans
M C' ou l'esprit.h
C'e~ici '1'
ici humain a de
l'efp~riC
la peine a concevoir comment il eton
po~ble que cette pauvre créature pût
)) foutenir un iR terrible travail, & ré-
~lâer à une taci.gue auSi rude & auui
» enrayante,.fans y échouer & fûccoïn-
M
ber mille fois. Qu'on s'imagmc tout
a! ce que peuvent
faire d~enprM de
violences & de mauve. mens les
?) corps les
plus robu~es ce font ceux
?) que mettoit en
ufage notre malade
pour débarra~Ïcr fa poitrine on ï&
» voyoit quelquefois élever deux pied3:
?) au
dciÏus de ion lie dans la jtbrc~
de :fes ~ecouûes, ce qui duroit demi-
heure plus ou moins. Sa fituation
3t étoit pénible laborieuïe, & tout-
chance que ceux qui étoient obliges
de rcHer auprès d'elle en fuoient à
?) grones gouttes, ne pouvoienc fe fou-
?) tenir fur leurs jambes tremblantes.
?)
Quels fecours porter x cet ct~t d~
M danger & defbunrancel Unepou"
» voit y en avoir que de palliatifs~ 5e
qui n'avoient d'autre mérite que ce-~
» lui de foulager pour quelques mo-
» mens.
» Depuis le commencement de 1~
» maladie on étoic en ufage de la fai-
» gner au bras, & on l'a fait jusqu'à
la fin (<ï). Quelque repréhen~ble
» que fût cette conduite que tous les
» Médecins confultés ont blâmée &:
» condamnée elle n'a pas moins été
fuivie a la honte de ceux qui on6
» eu une pareille manoeuvre. Dans. le
3) calme la D~lé. GOni~nroi!: de n'en!

~] C'e~: la faignée Ilifbuvent ré-


pétée que l'on doit tout imputer puif-
qu~en diminuant ainfi le voulume du fang,
le calibre des v&ij[Te~ux s~e~: toujours plus
tëtred ce qui a entrecenu cet ét&c de plé-
thore qui a obligé tant de fois de recou-
rir au même remède. De plus le fang a:
~cé deftitué par-là d'aune grande partie de
fon -véhicule &c de fon baume fon épaif-
iluemenc en a été la fuite; ce qui a fomente!
cec état de féchereiïe des liquides qui a
privé les nerfs de rhumide nécen~ire~d~où.
fuit toujours le racorniSetnentt 1
pom<:
point faire dans la tempête ell~
auroit mis le feu à la maiibn, fi on
M la lui avoit réfutée elle difoit plus
j'ouvrirois moi-même la veine avec
?) les dents ou avec un couteau
fi je
» ne pouvois pas faire autrement. On
» auroit bien pu trouver des moyens
?) pour paner outre, & prévenir tout
événement ti le Chirurgien qui 1~
voyoit avoit eu a~Iez de docilité
?) pour feconder l'intendon'
des Méde-
cins, qui. lui ont fait comprendre
l'abus &. le danger de fa manoeuvre~
qui ne le menoit qu'a rendre la ma
ladie plus opiniâtre 6c incurable
» mais une ridicule ignorance, foute-
9) nue par
beaucoup de présomption~
?) une
rbiblefle condamnable, une coîu-
?)
plaifance mal placée, 3c peut-écrè
?) des motifs d'une autre nature l'ont
» toujours emporté fur le bien de la
malade & ion devoir. Cela écoic
y vrai que la Due. iembloifêtre fou"
lagée après la faignée; mais quel-
~ques momens padés~ il falloit y
?) revenir encore. Ce qui arrivoic, en
?) cer:ains temps preique toutes les
» nuîts & côtoie toujours a fecont"
mencef de nouveau lè lendemain.
» Le ïang qu'on lui tiroit éicic dif<
~~bus, Ïereux pretencoit un fond
jaunâtre, &: n~étoit furcbargé que*
~o~
pâ!' un très-pet-n: Dans Ie~
cH~rens teptoches que je iaiibis :t
3t
îâ mâïadc fur rinutilité de t~nt: de
M
~aignees~ qut ne ràvân~oienc nen
s
qui en épuisant fes forces, portoienc
un coup&ortel à fa maladie jelm
dis que puifqu'elle vouloit abiolu-
mène de$ lignées pour la jbu!agcr
» eUe préférât ceîte au pied, qui aHoie
3) deux 6ns au j~buiagemenc qu'elle
détroit, & à la révuMon, qui pour-
roic plutôt débaffaÏïer~a têce & la
» poitrine en fuppofant qu~on pût en-
» core y être a temps. Elle fut execu-
» tée quelquefois avec iuccès, <& à
» Msta~ion de la malade puifqu'eUe
reculait ïe paroxi~tHe du jour mai$
?~
jfbit que ce ne fût pas du gouc du
~PhiébotoniiHe~ ou ibit qu'on eue
» beaucoup de peine la pratiquer,
) on n'en a gueres ~àit plus de trois
3) ou quatre pendant tout le cetnp~
que /ai fuivi ce:cc maladie.
~iLorfque la malade (orcoit de la
Mbcacion die a voit le feu dans 1~
go~er & comme elle demandoic
<
avec empreHement a. bdFe on lut
donTMit de reau avec du 6rop de
as
câptÛaire. Pendant presque toute fa.
maladie, elle a eu le j[bmme~ fore
di~c~te on lui donnoic a ce ~ujec
le nrop de pavot blanc qui ne de-
3) von pas manquer de porter coup
la poicdne par rapport à la ~unb-
canon ou tous les narcodques font
contraires, & le long ufage du fucre
» dévote m~lUblement nuire a tout le
~re~e du corps. Je vins à bout de le
faire iuppnmer; car il faut obierver
M
qu'auprès de cette malade, lés, Me-
» decm~ n'avoic que la voix de 1~
?) repréfeïKacion,&.
fouvent avoient-ils
» la mortification de ne voir rien exe-
M cuter
de ce qu'ils prelcri voient (~.

dans
(tï)Oh che
â) Oh. cherche inutilement des exeu~s
rôpimàtreté
,s

de t;e$ fortes de malades J


car nous lavons que leur indqcUicé eA fo~
)ours relative à là timidué du Médecin qui
ne fait pas fe Qbeit. pareil c&s~J
Pour ce qui eft de fon régime~
~on avoàbeau~ui dire de s'ab~enir
de tous les alimens de hauc goûc,f
?? e!!c ne
mangeoic que du jambon
des harengs ~Més~ du ~auciHon, &:
aucres de ia même espèce. Sa boif-
ïbnn'étoic prévue que du vin blanc,
:)) dont éUe a bu une quanciEe
écon-
)) nante.EHe faifoit ~buvencbruîefreau'
de caneîie avec du fucre & e!!e Ïa
9) buvoic aioil.Onavoic beau lui reprc-
ienter le danger o~ eHe s'expo~bic:
». fa pafflon ~uffouc cela écoicp!us
» jfbfte que toutes les renexioM de
~~on efpnc.Ses boyaux devoienc cel-
Ïemenc iouj~rn* de ce genre de vie,
qu'i!. n'e~ pas furprenant qu'elle n~al-
o tac a la feUe que tous les buic ouJes
quinze jours. Auui fon ventre éfoic
? toujours gros & d~on diamecre con-
a) ifiderab!c ~bic que ne ie remua~c
M pas~ & ne faifant, aucun exercice,

B-ous jugeons qu'il vâuc mieux abandonner


ïes rênes Scies malades~ leur malheureux
ibrc, que de fe rendre tefponfable de mUlc
~omplaifances criminelles ,qui font toujours
toup~ooner 1'infu.S~nce 4e ~Acc;
s~ïes mteAins~ans jeu dévoient êtrs<
M dans une pareiïc & un anaiâemehc
bien grands. Les urines n'ont jamais
fi
rien eu de particulier ce n'ei~
M
d'ecre ~orc crues ordinairement,quoi-
» que leur couleur nacureUe~ fûc ci~ron-
née. Ses jambes écoient cputes mai-'
grès & décharnées. Maître Ï'es ora-
ges qu~eUe eSuyoic, j~bn hutneur gaie
~&. badine ne la quictoic jamats,&:
rcmpliiïbit: les coures mterKalles que
» lui laiHpicnt la. douleur de tête Se
J~es fuHpcadpns quL pendant: phis
d'un aïi ibnt: devenues pertodiques
~c'eA-à.-dire~de deu~~uits ~une.
M Comme c'écoiE toujours le tCtups le
plus critique pour elle excepté .aptes-
M la baignée au ~ed, qui reculoic. le
M
paroxi~me d'un Jour, ain~ que nous
~ravons die Tpcndanc coût le cemps Y
? que je l'ai vue,je lui ai trou. ve une
nevre qui ne Fa jamais quittée~ ~c
3)
qui lui
e~ devenue habituelle qui
ïe fbutenoic en chaud pendant Je
jour~ & quibainant le foir, lalaiP
ibic dans un état de glace pendant
~la, nuic; ce qui s*eH) toujours encre~ `
a<
tesu~d~&~meme~tuadoo~3&ave~
ia. même régui~Hcé.
Quetq~es-unes des par~Ïarites
M
é~,
de cet c'ëâ qu~ M fenêtre de
fa ch~mb~, qui r~ard~ic i'bae~ de
PeUiSane, ~ome'e p~p -un bâtii~e~c
voifin, & ptacéevi~vis~ qui étoic
toujours a demi-fermée en écé H
~o~ ~o~vroit ou îa jFe~moit up peu
?)<
p~, eM~ e~ éco~ tncommpd~e, &
évMtom~Mt, ~ns d~ute par le chan-'
» gecaent que ~.foit ~àir &r les ner~
M comnM parce qu~un p~s gràttd jour
j~i~bi!: de trop ~Fte~impreSons fur
j~ rétine ). Comme eit& étoic tou-
M' jouy~ à Id m~Q& pïaëe dass ion !ic s:
» H oa venoit a~ t'ea tir~r pour ïa met:-
cre un pie~ de dt~à~ëe ~e M

(~ J~ cc~npOK une vapoMui~ iMy~céf~ej,


qm vu depuis lon~ue,s atln~M 4~Rs Ïes cé-
n~bf6s d*np<e chambre tou~HM ëxa~eiBene
&rm~e~ ne pou vaut fuppoirter an & fëMoe
ttûp fenUb~i, parce q~ell~ eit éï~ttf~e
ï~mprenipn des ï:ay?ns. I~m~Mux> BI!e a-,
toujoufs écé cjrattée avec des ~empde&
chauds par les M~dedns de~a ville qu'eUe
M.ice~
!p
~aire changer de ifïcuation, elle tosi-~
~boic immobile. Je voulus une fois
claire plonge!: fes pieds dans l'eam
tiède pour égayer de dégager ia,
tête dans cet ecat de ~uSrance
mais je ne ~eus pas plucôc fait cban-.
M ger
de ficuation pour faire ~rdp les
» pieds ~up le devanc & hors du Ut~
qu'elle tomba dans fon paroxi~e.
» Quoiqu'eUe maogeâc beaucoup
~ordinairement & des choses toue
oppofées a fon mal elle a re~e
que~q~;eâ)~s les deux jours ~an< rien
prendre fbit qu'elle les eût paSe~
)?
dans, fon paroxifme ou que racca-
biemcn~ o~ eUe écoic loriqu'elïe ea
~ortoic, la laiH&c avec le dégoût
& dans cet et~t d'mdi~rencc pous
aales alimens, La plupart du temps
? elte feroit mofce d'inaninon le laiCj,
qu~cHe a toujours aHez bien pris, nQ
l'en avoit préserves,&. ne Itn avoic
tenu lieu d~~mens, quoiqu~ne îinc
donné qu'en qpalité de rem~ede~ Lor~
M qu'eUe iorcoit de ~on paroxiimë ~Qal-
gré qu'eUe ouvrit: bien ie& yeux ella
le~oit u~ dem~-quarc d'heure avan~
» d'y voir, & de jouir librement des
» fonctions de l'efprit. Un ton de voix-
» un peu trop fort & trop long temps-
Soutenu ~aiifbic une impre~on de
» fouffrance à fes oreilles. 11 arri-
yvoic allez fouvent que la douleur de
3)
tête la plongeoic dans un délire fin-
» gulier qui duroit quelquefois pen-
» dant vingt quatre heures où e!!&
diibic bien des chofes qui n'a voient
?) ci rapport ni liaifon entr'elles. C'eib
pendant ce délire qu'elle porcoit les~
mains au front, de droit a gauche
N) & de gauche à droite, toujours dans
» le même fens comme pour vouloir
» en arracher ce qu'elle y fentoit de
-poids & d'embarras. Dans le fort de
» ~a iu~bcation a mesure qu'elle ne
» pouvoit pas parler, elle portoic une
main vers le pli du bras oppote o~
» on devoit la baigner pour faire
comprendre qu'elle vouloit rétre;&
~i dn fârdoic trop elle ~e mectoic
» de mauvaise humeur contre le Chi-
)) rurgiëh. Lorfque pendant ~es acci-
dens la malade entroit dans un étae
~t~cpdque, eUe re~ok daM la mê~
? me attitude, pendant tout l'accident,1
» ou elle étoic lorsqu'il avoit commencé.
» Si elle étoit affife ou droite fur fon'
» lit, un bras levé en l'air, quelque
cho~e dans la main, la tête baillée
ou levés les jambes Béchics ou
» alongées, elle reçoit: de même dans
tout ion accident ainfi des autres
» pondons que le hafard pre~encoic. U
» arrivoic auez jfbuvenc que fi elle
3) commencoif un mot quand Facci-
33 dent la prenoit elle ne manquoit
» pas de le finir lorfque celui-ci ce~'
39
foie comme, par exemple, voulant
» parler d'un mouchoir elle difbic
» mou & en fortant de l'accident
» elle nniHoic ~o~r.Elle avoic l'air fi
3)
intéreHant en fa taveur, une conver-
» iation H enjouée & gracieufe. qu'où-'
» tre la part que l'on prenoic à fon
M ecac, tout le monde s'empreHbit da
lui faire compagnie. C'efL pourquoi,
dans les dinFércns ûijels de conver-
fation que l'on commencoit, fi rac-
?) c'denc la, prenoit avant la fin de celui
.u qu'on avoic encamé elle le repre-
noie au retour du paro~ime. Lorf;
qu'elle étoit dans fon attitude cata-
» lepftque fi avec le doigt on tou"
~choic le dos de fa main ou un de
» fes orceils on lui voyoit touc de
fuite remuer la tête & cela pendant
~touc le temps qu'on touchoit ces
mêmes parties.
» Tres-ibuvenc elle rendoic,
p'res-i'owves.~ en dif-
ï_ eu
icrens temps, & fans beaucoup d'ef-
fores des gorgées de fang de fa
~poitrine dans fon mouchoir. L'état
de paceâc de fes boyaux ( ne venant
que tous les hun ou les quinze jours
amfi que nous l'avons déjà dit ) obli-
~geoit fouvent d'avoir recours aux
purgacirs mais fes felles n'en étoient:
3) pas pour cela
devenues plus rangées
(<t). Le tang qu'on lui tiroit vers la
( 4 ) Vouloir remédier à une cçnfUpadon
opiniâtre par l'effet des purgatifs ce n~e~
pas redreH~r!~ nature~ mats bien latecon-~
der dans fes écarts putfq~en augmemanc
ainfi l'excès de chaJeur qui durcie les excrë-
Hfiens, §c cette rpideur des 6bres des en.
trailles qui leur enlevé leur foupleue 8e
leur él~tcité on doit êtK aHhré de &~0<
<i~ ce fympcome;
~.nn de maladie, n'a voit pre~que~
plus de confiAance ni de couleùp
naturelle car il tiroic plutôt fur le
blanc fcreux jaune pâley que
:M
fur le rouge. Cec ecr~nge mal de
téce ~e 1~ ~u~bcaHon revenus pério-
diques ~in~ que n~us Favons du:,
quoiqu'il y eue quelques variations
par intervalles, fe ~bnc ~butecus ton-
jours de même depuis la fin de
17~? .turques toute rannee 17~0,
K toujours avec la même force &: la.
m~me co~ance.
IMn. les derniers jours ~O~obra
notre pauvre martyre ~)ie ~enm
des douleurs très-vives. & crès-aiguës
dans: le ventre ce qui lui ~ai~bi~
pou~er hauts cris des plain-
tes a~ëre~ qui j[e ~uceno~ent: con-
tinuellemen! Ses gencives, fa bou-
?) che & fes lèvres Noircirent:. De ce&
x' et~t elle to~ba dans un ~bmmeH
~léthargique qui dura }u~qu'a la:
s
nuit de la TouHainis premier No-
~vetnbre 1700 ou elle rendit fans

<(a) C~ ticre lui e& bien d~.


» beaucoup d'efforts les derniers ~b~
» pirs.
M
II e.ttétpnn~nt que cette héroïque
âthlece après tant de lignées, de
rudes ie~ouHes de momens peril-
leux reH:anc que!que~ois les jours
entiers fans manger & le plus iou-
» vent vivant d'alimens mal ~ains, ne
~fuc pas plus deiîechée & p!us dé-
30
charnée qu'eUe l'étoit. C'eâ fans
» doute parce que ne pouvant pa$ re'
muer de Ja place, & par confequenc
» ne faifant point. de dimpadon, par îc~
» détaut d'exercice le peu qu'elle pré-
~noic dévoie fu~re.
Les dir~rens tableaux qu'onre a
» la renexion la peinture d'une ~em*
30
blab!e maladie auroienc de quot
30 étonner
l'efprtc humain ïi les a&c-
fions fpafmodiques & nerveutes~ don!:
le jeu eft innni & incompreheanMe
» ne nous montroienc pa~ cous les jours
»'des exemples d'une pareille nacure.
» Et ce qu'il y a de plus remarquable
en cela, c'eâ que quoiqu'elles ~rap-.
pent, enraienc, & ~ai~Henc le plus
~raccendon~ ce font pourcant c~s
qui ordinairement ré~J~ent le plus
&: fuccombent le moins. Notre m~
» lade en eft une preuve puisqu'elle
a tant traîné, & qu'elle eft morte
d'une maladie écrangere'à cei!c qu'on
auroit dit devoir l'emporter à touc
M
infant car H on avoit pu en faire
» l'ouverture, je, ne doute pas d'un mo-
ment qu'on n'eût trouve fes boyaux
» gangrenés ou fcorbutiques. La noir"
» ceur de toute la bouche & des
» lèvres jointe aux vives .douleurs
» qu'elle relfentoit dans le ventre avant
3) fa mort, nous
donnent lieu de n'en
point douter. Un aveugle préjugé
» en général le défaut d'uiage une
?) délicateHe mal placée & faute d'en
connoître le prix, rendent l'ouver-
» ture des cadavres très-rare dans ce
?) pays d'ailleurs la crainte de la de-
mander & la dirHculté de l'obtenir,
?) nous ont
empêché d'en faire la pro-
pofition.
»Quant à la caufe premiere de
3? cette
maladie il n'eA pas iurpre-
» nant que le reflux des menitrues
ayant été porté en premier ~eu au
a) cerveau, l'aie comprime y air bcea*
30 ïtonné un embarras, des ob~ru<~ibM.
DeÏa cecte comprej~ion qui cédoit
?) & fe renou~elioic par incervaUcs, de-
voit porter immediatemen!: fur l'ort-
gine des nerfs, & déranger le mé-
chaniime de toures les parciés o~
s'écendoic leur di~ribucion.
Comme il n~y a pas de maladie
3) plus fréquence & qui regrc plus
dans ce pays que les épilepfies va-
poreufes i! n~eit pas douteux qu'cï-
les ne deviennent opiniàcres ëc ne
» ie multiplient tous les jours parce
? qu'on n'y fait pas a~ez d'attention,
&: que fous le prétexte de jfimp!es
vapeurs, on croit qu'it n'y a rtenx
faire que des remèdes de femmes.
M Toc ou tard on aUeude fe repen
tir de cec~e erreur & de reconno~
cre l'abus d'une pareille iUuiion fou*
venc alors n'y e~-on plus à temps.
3) parce que l'an~d-ion
nmplemencva-
9) poreufe dégénère bientôt en épi"
iep~e. C'eA pourquoi te bien de
~humanité) Fbonneur desMédecinSj,
M
~embieroient exiger d'eu~ ~u'ih s~
tachaient a trouver pour cette maïa-
die en général un moyen curatifplus
alïuré qu'on de~re depuis long-
» temps afin d'en fixer les progrès y
» après en avoir donné une defcription
» la plus exad:e & la plus âdelie qu'il
)) feroit
poffible. C'eA dans cette inten-
M tion que nous nous
hommes empref-
fés de faire tous nos e~bfts pour y
3)
fatisfaire

Voilà le tri~e tableau d'une mala-


die hy~érique. Les Médecins qui en
ont été chargés tous ceux qui ont
été consultés ne font pas plus res-
ponfables de la mort de cette De-
moiselle que le Chirurgien qui a été
innocemment fon bourreau puifque
les uns & les autres ont exa(3.emeïiE
fuivi la méthode commune mais dm
moins que de pareils exemples nous
apprennent à nous écaiter d'une rou*
te fi dangereufe & que ehacua de
cous s'en fraie désormais une nou-
velle. L'inefEcacicé des remedes que
~on avoit apportés au commencement
de la maladie de la Demoiselle M~-
jot, avoit jfburni à M. Laugier Ïe~
idées les plus juJ~es fur ion ecac <Sc
les indications qu'i! avoir érablies
étoienc en tout conformes à celles que
j'avois heureufemenr fuivies chez
ma malade puisqu'il avoir eu en vue
tout comme moi de combattre les
embarras du cerveau~ M/z/7'~
dnw·O*
yec "'4" nerveux
foe~~Mje' 1;, genre
Pih ~r~é»afl.vs

~o/ïc c'?rM~ ~t?'c~f1"'t"r.'A'7;A,04 yr~z-'


~~1__

<?'/7ïM
~or~ fon ton naturel <z~M~
/<?n/ïe'~ ~<?~ï~ ~'<?~7<zr des
liqueurs trop arides; ce qui ne pou voie
fe faire, dit il qu'avec de très-léffers
~er~~
~M~C~/Ï~
~r~/2J'
délayans, d'
'La plupart des Médecins reconnoif-
~7!
les c~ï~
~ent comme lui les vices qu'il fup-
poie, & tous en général s'écarcenc
de leur but dans radmini~racion de
leurs remedes. Les hume~ans feront
toujours reconnus pour des remedes
fpécifiques dans cette maladie, &: on
ne manquera jamais de s'en iervir
en les employant tour à tour dans
le cours d'un craicemenc mechodiquc
mais l'intervalle ~era cou jours rempli
pas
par les purgatifs, & les antispasmo-
diques les plus outrés & c'eil de leurs
funeHes effets qu'en proviendra tou~-
jours rincurabilité. Après cela trouve-
ya-t'on bien change de ta voir dégé-
nérer en véritable arre~ion fcorbuti.
que f Tant de faignées répétées coup
fur ,coup tant de purgatifs & autres
irritans aginant également fur Jat
partie féreufe & balsamique du fang
~c des humeurs, les rendront bientôt
impropres a circuler & ne produi-
ront elles pas par leur epainitlement:
& leur acrimonie la diathefe Scorbud~
que qui termina la vie de cette pauvre
vicUme~a l'exemple de tant d~aucres
qui l'ont aind finie fous le joug de
l'empirifme le plus meurtrier ?
Parmi le nombre d'hyUériques que
j'ai vu périr de cette façon j'en ci-
terai une ieulc qui a imicé d'ai~ez
près la Demoiselle Majot. La femme
d'un Procureur d'Arles, âgée de 18
ans (~) fut fujette aux vapeurs dès

(~) M~e~oifeUe DeyiHe.


,la premiere année de fon mariages
~n la traita toujours fuivant fon
goûc car elle ne re~piroic qu'après
les cordiaux & les élixirs de toutes
les efpeces, ians qu'elle ménageâc
davantage l'eau de la Reine d'Hon"
gde, &: l'eau fans pareille, dont
elle buvoit en même temps qu'elle
en flairoit l'odeur. Le lymptome le
plus remarquable dont elle étoit af-
~e<~ée, con~i~oit dans une douleur
gravative qu'elle reiïentoic continuel"
lement à la région de l'eHomac, &:
<qui fe promenoit, diibic-elle~ dans
les entrailles, & montoit quelquefois
~u~qu'a la gorge avec un reuerre-
ment au gofier d'autant plus incom-
mode, qu'il gênoit la déglutition des
alimens, & quelquefois même le
paffage de l'air de façon que la ma-
lade craignoit à tout inâanc d'écou~
fer, &: de mourir étranglée. Cette
douleur écoic plus ou moins forte
fuivant la fituation de fon corps
c'eA-a-dire, que fi la malade vouloic
ic redreuer, & relever un peu trop
~a tecc~ qu'elle ctoic ~b~C de ïenk
Courbée & appuyée J~ur la poitrine
la douleur dëvenoic in~pporcabîe
<S(: ne ceSoïc que par un éclac encore
plus douloureux qu'eUe reHcntoic dans
FeHotnac, &. qui ~obiigeoic prompce-'
tnenc à ~e replier fur eUe-même ( )-
Dans cette cri~e ~ïTuadôn, elle accou-
cha ~uccenivement de deux enfans, ëc
Rc enfuice un nombre de faunes cou-
ches avec des pertes les plus immo-
déréesce qui la jena enfin dans une
véricable ane0:ion Scorbutique où ei!é
perdit fes dentsi fes gencives &
dont e!ie mourut a l'âge de vingr-'
cinq ans après avoir gardé ie lie

( a) On trouve dan& ce fymptome la réa«


lité de macomparailbn~ puliqu~l dévoile
parfaitement le racorniHement de rei~omac
& des entrailles, por~é un tel poinc replig
que tûut le c~nàl membraneux ëtoit:
fur lui-même., Se ne pouvoit s'étendre par
conféquent 8e ie precer aux ejBFbj-cs des
mufcles du t&oM~ Se du col. I~eclac qui
fuivoit cette extenfion fotcée imnoit p'ar-
~nernenE bien celui d'un parcheiDin ra.
corni, qu'on voudroit étendre en Fobitgca.nc
de fe prêter en tous iens, malgré la ïoidem;
de fes 6bres.
deux années entières étant
il racornie
fi

a un point que tout fon corps & fes


membres étoient repliés, fans qu'elle
pût jamais les étendre d'une ligne.
Les trois cens lignées faites a la
Demoifelle Majot & les pertes de
fang qu'avoit effuyé ma malade, for-
ment enfemble les premiers traits du
portrait de ces deux hystériques. Les
élixirs dont l'une s'abreuvoit conti-
nuellement le vin blanc & l'eau de
canelle dont l'autre a toujours fait fa
boiQon ordinaire achevent de les ca-
tactérifer fi parfaitement que la ma-
ladie dont elles étoient l'une & l'au-
tre attelées fe termina par un même
genre de mort.

COLIQUE H~T~
T) 1 E N de plus commun dans ce
Jt\. climat que cette efpece de coli-
que que l'on nomme hy~enque,
ÏaqueUe le plus grand nombre des
Elles des femmes Ibnc plus ou
moins Sujettes~ fuivant la texture de
leurs nbres, & la qualité plus ou
moins acrimonieufe de leurs humeurs.
Parmi fes caractères diSUnc~irs la
préSence du flux menStruel eft celui
qui la diâingue le plus des autres
efpeces de colique puifque c'eA con-
jours de fon dérang'emcnt que dépen-
dent tous les différens ~ympcomes~,
ci-après decaillés, de cette maladie
à laquelle un favant Obfervateur (~)
a donné le nom de colique fanguine
puifqu'elle ccHe ordinairemenc en
j-appellant l'évacuation menAruelle
chez les femmes tout de même
qu'on la guérit chez les hommes hy-
pocondriaques, en rappellanc le Sux
hémorroidal Supprimé.
Les observations que j'ai faites lue
ce Sympcome hy~érique ne Servironc
a
pas peu éclaircir les idées que je
propoSe fur la curation de ces: mala-
dies & les remèdes eSEcaeeSt que
remploie journellement en pareïl c~s

(a) Car. Pifo, tra<3:. de mprb. a colin"


~e fero& orM &c. ÏV cap. IL
aHurent toujours de plus en plus !&
j'éalice de !a cau(e que j'ajjîigne. L'ap-
plication d'un linge trempé dans l'eau
J~oi~e fur toute la, capacité de l'ab-
domen~ & renouvelée auni iouvenc
qu'il le faut pour le maintenir dans
une Certaine froidure une copieuie
boiSbn d'eau froide & des lave-
mens froids tres-jfréquens~ ionct
~es ~culs fpécinques que je connoifîa
pour appai;fer les douleurs, & pour
provoquer en même temps le jnax
~Tien~ruel d'où dépend toute la cure
~eit-à?difCe~ qu'en con~enianc~ par
Ïe froid les, raré~a~ons internes du
~ng ~deSiautres humeurs, j'en dimi-;
cueje volume, tout de m~me que
celui de l'air trop raré6~ qui eA con-
tenu dans les entraiHe5, qui en dip
xendanc toujours plus ces tuniques, y
procure les tiraillemens, les Jpatmes
qui s'oppo~nc au paRage du 0ux ~cn~
tfuel, d'où provienncnc les douleur~
que re~entenc les femmes hy~ériques
dans l'hyppga~re, qui fe communi-
quent le p!us fbuvenc a touc le, genre
cefYeux~ pfoduiienc alofs les di~
Ïerens Symptômes de la pa(uon hy~
torique, auxquels on remédiera tou"
j~oars quand on en connoicra le princi-
pe & la Source.
fPiufieurs Auteurs célebres l'ont con-
nue avant moi, cette caufe puif-
qu'ils y ont apporté les mêmes remè-
des. ~f/~ZfM~ & ~<ZCMfM~ jL~f~TÏM~
nous en offrent des exemples le pre<
mier publie la vertu de l'eau de nei-
ge dans cette espèce de colique,
l'autre celle du bain froid dans la pa-
ralyfie qui y furvient. Sepcalius (~)
préconiic refEcacité de ce remede
quand les douleurs ont été irritées
par les, remedes chauds. Frédéric
Jrïonman ( ~) eA de ce nombre, puif-
qu'il nous die A~Me in co~<z ~~fM~
~f~ ~~M/& c~ frigida. ejcfg-
~z~~c~~ penitus ~ro~~7ï~ ye-
~~M/ïC. ()M~ m re ~M~or~fe eje'~ïorM~
~co/'M/n ~r~oTï~ item. j~c~
(<ï) Luiovicus Septalius animadv.Hb~
y, p. i~.
( ) Frédéric. Ho~mM, tom. V. fe<3:. IÏ.
Y 4~ inK~UL dqlorib. p. ~p~.
de
~r~
T~r~ï~, niti
~M~c~
w
~<*ct
a ,r
j qui ~yïfc~ ~M~
ventri ~ynpQ/zt~,
in colicis ~<?Zor~MJ Ye~/z~ /~<z~j!
<f.
Un autre Auteur non moins céÏe-
bre dans fa pratique que ceux que
je viens de citer quoique repréhen-
~ibte dans les idées hypothétiques
qu'il avoit fabriquées, adopte ici les
tnêmes vues curatives. Je ne puis me
difpenfer de les publier (?M~<? ni-
iMM ~~r~rM~ crifpatura irritatio
cz~~t ~~yio ~~etM ~~fM~
/~<C~<?~M humorum in jO~M~ M~-
TZMu~Mr, ~~e~fur fM/ïc datis
yë~f C/fM~T: laxantibus j~-
tC~~o~M r~fuMTïfur ob T~~M~
Xr/<:Z~03~~ ac ~2/~tM~M~, ~<Z yM~*
.t~fMr, induratur ~c ~M~ im-
mo~ evadit unde ~~6~~<s ~M~c?-
irM~/ecr~~o~
Et plus bas il ajoute T~
<r~M ~r~e~t~ e/? ~c ~~e/t~f/t~~
tollenda ~o/o/~ ~~M~/îc
t~ laxantia
-~zf~c~
<
per o~o/~ 1 ~~9-
<~7ï~ r~~c~M .y nam c~
/M~ ~~s~~B <<3~M/ïr~ ~Mon~
yccr~zo~~
ff
Et il ~nic en difaut JE~oTïf~-
rto modo procedatur plurium ~M<%or
<r~ Medicus e~M~ lethaliumque

~âj.
concre~o~MM liquidorum in parte

Les obfervations de ces Auteurs


étoient trop conformes à ma façon
de penfer fur ia colique hyftérique
pour ne pas me déterminer à les
fuivre en tous points. La chaleur des
entrailles qu'ils donnent pour caufe
de cette maladie n'eu rien moins
qu'idéale puifque l'effet des remedes
en prouve l'exiAence fans pouvoir la.
conteHer. Ce fera donc du frottement
des parties intégrantes du fang, & de
l'action réciproque des folides fur ce
fluide que proviendra cette chaleur
extrême & cette raréfaction des liqui-
des qui s'oppofent couramment au
pauage du flux men.ttruel; & ce fera
en condenfantl'air qui eft contenu dans
les eniraiUes~ & le fang menftruel trop
taréné que ion remédiera à ce itym-
pcome. En voici deux exemples.

(~) BagUyi~de fibra motrice, pag. ~7.


r
Mlle. Vacher, fille ainée, âgée
de 22. ans, fit une chûte des plus
dangereuses~ dans le tems critique de
fes regles eUe s'effraya beaucoup ce
la fuppreuion en fut la ~uice. Quelques
jours après la ~evre furvint, & âtc un-
vie de coliques hyftériques. On baigna.
au bras 6c ~u pied mfru~ueu~emenc
<m donna des lavemens tiedes, adou"
ci~ans on recourue aux narcotiques:
<Sc tout tue employé fans fuccès. La
malade ~ouHr~c patiemment tout le
tctïis du période; mais à fon retour
tes douleurs augmentèrent fort
qu'oa demanda d'autres remèdes. Les
~tïientadôns froides furent employée~
avec un protnpc foulagement. Les rè-
gles parurent, &: on difcontinua. Les
douleurs fe réveillèrent pour lors avec
d'autanc plus de force, que l'on fuc
contraint de revenir au mêtne remè-
de qui opéra le même effet. On con-
tinua tout le tems du période 5e on
vit avec iurpriis que l'écoulemenc
ïnenAruel ne discontinua jamais fous
la fomentation froide, ce qui certnip~
maladie.
Une fille du, peuple nommée Set-
gnoret.ce~ hy~érique depuis plulieurs
années, fut attaquée a fon tour de
violentes conques avec une iu~fbca-
tion de même efpece, qui la ~adguon:
il crueMement qu'on la crut fans
reCfburce. Les faignées au bras & au
pied avoieMece réitérées p lufieurs
fois lorsque je fus mandé pour la.
fecourir. Les fomentations froides
opérerenc ici avec un fi prompt fuc-
cès, que la fufîbcadon difparut à
l'mAant, les coliques calmèrent Se
révsLCuadoa meniiruellc fut fi abon-
danre, qu'eUe ém porta le paroxii[mc:
le bain froid acheva la cure(~).

(a) Certains excès d'un travail trop aui-


du ont ifbuvenc donn& lieu à des rechu-
tes mais cette pauvre fille, qui eft obli-
gée de gagner fa vie aux dépens de fa
tante, a t elle du moins la fausfacHon
de remédier aux paroxifmes auxquels elle
eft iujetce par le fecours de la fomenta-
tion froide de façon quelle a recours à.
ce remede toutes les fois qu'elle éprouve
le moindre dérangement dans fes ëvacua-
!i.ôns përtodiques~cequi ne manque ja"
~nat.s de ~roduirs d& ~tj~an:es e~s.
Je me borne à ces deux observa-
tions, qui me paroi~enc i'urnfantes
pour aiïurer Ferncacicé des remèdes
que j'emploie, & enfemble la. caufe
que j'a~gne. Le racornifïeBnenc de~
fibres qui compofent le tiHu des vaiC-
feaux de la matrice, & l'extrême ra.-
réfa<~ion des liquides qui y circulenc
paroilîent évidemment: procurer ce
fymptome hy~éiique, auquel on op-
poie crès-iouvenc des remedes chauds
tandis que l'on trouve un véricable
fpécifique dans la iïmpleboitïbn d'eau
froide, quand il n*cA pas porté à un
~1 hauc degré que ceux que je viens
de rapporter.

~TF<)~7Y<~ m~y~CC/JE'.
T~ Es ob racles que le ~ang menf<
.t crud trouve dans fon paffage par
les tuyaux de ta matrice, devenant
toujours plus invincibles, il faudra
de toute nécedité que ce fluide re-
flue fur les autres parties du corps
~pres avoir agacé les ner~sd.$~BM~
tnce oc y avoir procuré des fpaf-
anes plus ou moins conSidérables, Sui-'
vant le degré de la caufe qui agir.
La poitrine fe préfentera la premiere,
&: elle fupportera d'autant plus les
premiers enbrts du fang menilruel
fupprimé, que fes vaineaux Jtanguins
&: fes nerfs Sympathisent avec ceux
de la matrice par ranaUcmoie qm
les unit & ce fera par cette voie
que les poumons Seront bientôt fur-
chargés par la pléthore & ne pou~
vant alors aifément fe dilater poue.
recevoir la quantité d'air néce~aire a
la refpiration, ils feront agités par
cette fecouffe précipitée qui forme elle-
même cette efpece de fuffocation que
nous appellons hyâérique, pour la
diftinguer de toute autre ou le vice de
la matrice ne fauroit avoir lieu.
La théorie de ce Symptôme nous
annonce déjà la qualité du Spéci&-
que qui peut feul être employé avec
fuccés je veux dire, tous les remè-
des qui pourront relâcher prompte-
ment les fpafmes & condenSer en
même temps la raréf~ion des U<
queurs qui forme elle feuie la pîé".
ïhore. L'obtervadon pratique éctair-
cira les idées curât ives.
Madame Religieufe Urûl-
Kne~ âgée de 22 ans étoit fujecce
depuis trois ans à des attaques de
luHbcacion hy~érique, qui revenoient
très-reguHeremenc au temps criaque
de fes regles. Les iaignées avoient
été prodiguées à un point qu'il
eue été bien difficile de s'en rappel-
ler le nombre ( ). Les potions and-
hy~ériques les pilules purgatives

(a) Quoique le nombre de faignées que


iuppofta cecce Religieufe foie des plus
conndérables il n'approche pourtant pas
de celui que M. Brillonet Chirurgien-
Major de l'ri6pital de Chantilli fit à une
fille tourmentée de vapeurs hyj~eriques
depuis i~ ans j, puisque l'on compte mille
&: vingt (aignées (avoir 80 du pied &:
~o du bras. Voyez le Journal de Mëd,
mois de Mai, an. ï7~7 p. ~9~MiJe.
d~Andeloc qui m'a appellé auprès d'elle
en Franche- Comté m'a déclaré avoir ef-
fuyé un pareil nombre de faignées dan$
les différens paroxifmes de fuirbcation hyi~
térique auxquels elle &:s iujene.
fr.&
itpéritives & emménagogues
r n'avoiens
pas été plus épargnées ce qui a voie
porté la caufe du mal à ion plus
haut degré. La tifane de poulet &
Jes lavemens froids furent les pre-
miers remèdes que je mis en uiage~
en attendant le premier paroxi~me
dès qu'il fut arrivé, j'ordonnai le
pédiluve froid qui le calma en un
infant..Les règles auparavant fuppri-
mées coulerent un peu le lendemain,
& emportèrent le paroxiime. La ma-
lade prit enfuice les bains domeâit-
ques tiedes pendaiit un mois, & elle
fut mife à la diete blanche. Par ce
double fecours le période fuivant ne
fut pas fi orageux. Elle continua les
mêmes remèdes pendant quatre mois
conlécutirs auquel temps, le relâ-
chement des nerfs dé la matrice Suc-
céda à leur racorniffement les règles
coulerent, & la malade fut entièrement
fécablie.
Mademoifelle {ceur cadette
de la Religieuse dont je viens de faire
mention âgée de i ans d'un tem-
péj-amenc fanguin & fort méiancho-
tique, fut faifie quelque temps après
d'une fievre continue & inflammatoire.
Les fatigues qu'elle avoic eiïuyées dans
le temps de la maladie de fa fœur, les
effrois & les alarmes que lui avoient
caufé les retours imprévus de ces fortes
de fuffocationsavoientoccadonné chez
elle ce détordre. Les faignées réitérées~
les lavemens, les ~bmen~adons & les
émulons rafraîchifïances emportèrent:
.9

la 6evre & fes fymptomes. La cure de


cette maladie fut enfin terminée par
un purgatif des plus doux. Ce mino-
fâtifreAa cependant dans les entrailles
fans produire aucune évacuation le
ventre fut tendu il devint doulou.
reux les potions huileufes les fomen-
tations &. les lavemens furent inutiles.
Le temps périodique arriva des coli-
ques des plus affreufes l'annoncerent,
&: la fuffocation fut bientôt de la partie.
Le pédiluve froid futpendit ce fympto-
me pour quelques inftans il fallut
par conféquenc recourir au bain do-
meIUque dans lequel elle fut obligée
de reAer pour la premiere fois vingt"
deux heures de fu~ce~ pour calmer cee
orage.
~rage. Elle continua l'usage de ce re-
mède pendant tout l'intervalle du pé-
riode, & elle re~a. conRamment dans
l'eau fix heures par jour a l'exemple
de fa fbeur.Le fecond période ne fut
pas à beaucoup près fi orageux & le
tToi~emc enfin amena avec lui les
trophées de la victoire.
On rencontre tous les jours des fil-
les & des femmes vaporeufes fujec-
tes à ces forces de fuffocations qui
ne connoi~ent d'autres remedes que
la baignée: auni darenc-el!es.la. nai~
fance de leur maladie depuis plu~eurs
années, & le nombre des baignées
par celui des fuffocations qu'eUes ont
quelquefois tous les jours. En dimi-
nuanc ainfi le volume du iang on
remédie il eft vrai a la pléthore
& au danger imminent dont il lëm"
blé qu'elles font menacées mais re-
médie- t- on au vice des iolides ? Le
volume des humeurs écanc diminué
le calibre des vai~caux fe rétrécit
les oscillations en deviennent plus for.
tes & plus fréquentes & le racor~
mHemen: des fibres en eft la fuies.
~AuSi voyons-nous ces pauvres infor-
tunées traîner une vie ÏanguiHance
jufqu~au trépas~ qu'eues ce~enc enfin
de gémir, &: de murmurer contre la
Médecine. Si elle a rougi long-temps
de jfbn in~u~fance elle triomphe au-
jourd'hui en pre~enfan!: des armes
aHurees à touces celles qui implorenc
fon recours.

HjE~P?T~~ ~~r~7<2M~
IT A même caufe qui agit dans la
JL~uSocation hy~érique procurera
au~t l'emopty~e fi les vaifïeaux
fanguins du poumon trop ~bibte~
pour re~iÊer rimpétuoitîcé du fang
<neqn:ruel qui y aborde cedent aux
<e~brts réitères que fait le fang ~u?
leurs parois. Les vaiffeaux ain~ dif-
tendus s'engorgeront alors & après
avoir fouffert différentes excenhons
par plufieurs iecoutïes réitérées, il s~
formera des ouvertures & des crevaf-,
fes plus ou moins grandes par lef-
~ueUes le fang s'échappera avec d'au-
~ant plus d'abondance qu'il y fera
poulie avec plus ou moins de vigueur
par la contraction fpafmodique des
vaiffeaux & des nerfs de la marricet
ce qui procurera des hémopry~iés d'au*
tant plus diHiciles à guérir qu'elles:
deviendront: périodiques mais jamais
incurab~es quand on en coonoicra le
principe & la fource.
M~. Mauche âgée de 26 ans
tnélancholiquc & hypocondriaque
fouffroit depuis long-temps des coM-!
ques hyUériques que l'on avoic tou-
jours attribuées aux douleurs des hé-
morroïdes auxquelles elle étoit iu-
jette depuis plufieurs années. Le mal
augmenta par la iuppremon de les
règles. Il furvint une ~émoptylie des
plus confidérablesi accompagnée d'é*
Vanouitîemens hy~ériques & dé
i
mouvemens convulfifs, qui réveille-
J
rent enfin findolence des perfonnes
qui entouroienc cette Dëmoiielle.
Je fus appelle pour y remédier. L~
caufe de la maladie étanc d'autant plu~
profonde quelle étoic invétérée il
fallut recourir aux plus puions rg~
TT
medes. La faignée au pied fut le pre~
mier que je mis en ufage. La malade
la fupporta fans murmurer mais na-
turellement indocile, elle rejetta tout
autre fecours. Le rerour périodique
des regles arriva l'émoptyne revinC
a fon tour mais avec plus de force
les convulfions furent de la partie &
la malade perdit tout fentiment. La
roideur de la mâchoire s'oppofa au
pauage de tout liquide il ne fut plus
poffible de prendre des alimens le
fang s'alluma toujours plus, les nerfs fe
toidireni davantage, &. lacaufe de la
~naladie fut bientôt à fon dernier degré.
Une pareille fituation me rendoit
tïlaîcre de cette enrêcée (R) mais le
mal étoit plus difficile à vaincre qu'il
tte l'eût été dans le commenccmenr.
La malade fur ainfi plongée dans l'eau

(a) La defobdilance l'opiniâtreté l'en-


têtemenc j & quelquefois, même le dérange-
ment de Feiprn peuvenc êcre mis au nom-
bre des {ymptomes de raHe<~ion hy~érique}
puifque la roideur gënérale des fibres dm
corps fuppofe en même temps celle des
Rbres du cetyeau.
tïcde,ou elle refta dix-huit heures ce
qui termina le paroxifme. Plus docile
pour lors elle conifentic à tout ce
qu'on exigeroit d'elle elle reprit los
bains, & s'y adujeltic d'elle-même fix
heures par jour. Le troifieme période
fut néanmoins très-dérangé les règles
ne coulerent prefque pas mais le qua-
trieme & le cinquieme période etn-
porterent la maladie.
Une Religieufe Hofpitaliere âgée
de aii ans fut attaquée de même
d'une légère hémoptyue qui revine
plufieurs fois périodiquement. Le ven-
tre étoit tendu, élevé & douloureux,
les regles ne couloienc que très-peu:
ce qui cara~ériSbic encore l'aSe~ion
hy~érique. Une Baignée au pied fuc
fans efïec mais les lavemens froids,
la tifane de poulet & les bains do'-
MefUques emportèrent dans peu un
vice naitlam qui n'auroic pas manque
de germer <Sc de croire.
Si la caufe qui produit le renux des
regles a toujours fait l'embarras des-
Médecins, la maniere de les rappel-
1er da~s leur ~oie naturelle ne fait pa~
-tr-y
moins aujourdhui leur peine & ïeu~
écude. Toujours occupée du dérange~
mène qu'eues procurenc, & des rou-
~e§ ecrangsres qu'elles ont coutume de
fe ~ayer, il iep~bte qu'on fe ~bic ~ic
une loi de les cuivre dans leurs écans
&: de les atcaquer où la nature
tes a décerminées. C'eA ainft que Font
atrnbue très-fbuvenc une hémopty~e
au vice locah du poumon une ophcai-
mie a une i!mp!e innammanon des
membranes de i'ceU ou a re0ec d&
quelque humeur écrangere qui aur~
Dépote fur cette parcie j(a.j[a.!ure~c
~bn acrimonie un vomitïcmeo!: de
&ng au felache~ent: des veines de
~e~omac~ ou ~puvercure de quet-
qu~aucre vai~eau iangutn de' ce VJ.C'
cere & ainifi des aucres parctes du
corps par où eUes ion~ montrées
plus d'une~is(<z). Cesbtzarrese~ecs
en impo~ndt fouvenc aux ~edecms,
par les maladies partiçuUeres don~c H<
(~) Dansle journal de JMéd. du mois de
Janv. ï7~~ on trouve une observation au
~ujet d'une évacuation pénodique des regles
qm.~e &iibn pArlesmMneMes & le vilAge~
prennent la forme & les fymptomes
qu'il eft bien difficile de ne pas s'y
méprendre fi on n'eft au préalable
auuré du tempérament des malades,,
& des ftgnes qui ont précédé la ma-
ladie que l'on a à guérir. Que de fau-
tes, que d'écarts dans la pratique!
Qui de nous n'en fut jamais coupable ?
On fera donc fur fes gardes à l'ave-
nir, & on évitera fans peine les pie-
ges que nous tend continuellement la.
nature toujours induftrieufc & tou-
jours bizarre dans fes égaremens fi
dans les perquifitions des fïgnes qui
carad-érifent les maladies des femmes,
on ne rejette pas avec tant de mépris
la caufe hyAérique. Qu'on ra~ejcabîe
~rupuleufement touces les maladies
auxquelles le fexe eft expofé & on~
verra que celle-ci eft devenue au Jour'
d'hui bien commune. Un praticien
précoce que Rome a vu en même
temps naitre & mourir, nous enfeigne
& nous prévient que dans les mala-
dies des enfans, il faut toujours foup-
çonner les vers pMcr~ j~nJ'M/~
~r~~y il vem aufli que dam
vy
celles des adultes, nous ne perdions
jamais de vue le virus vérolique gene-
raliter in viror~um pct~tinacibus rrtarbi,r
r~z~r ~ror~/yï
~Me y~~M. tommes en droit
Nous ~<r~n<z<MJ'~ror~~
d'ajouter ici avec lui que chez les
femmes, il faut toujours ibupconner
lacaufe hy~érique: y~o
~~<nc (a). Quel avantage
~our la Médecine~ &.encore plus pour
les malades Un pareil Soupçon en
fauvera plus d'une du trépas; & telle
qui auroit été déclarée hccUque apo-
ple~ique épiléptique, ou paraliuque,
ne fe trouvera peut-être qu'hy~érique.
Les remèdes hume~ans que l'on em~
ploie pour combattre celle-ci, ne ~au-
Toient être nuinbles aux autres au
cas qu'elles fun'ent réellement carad:é-
rifees au compliquées au lieu que les
autres remèdes ieroient ici nuinbles ëc
~nortels. Je ne douce nullement que
Ïes Médecins ne les cachent ditlinguer
ïnieux que, moi ce n'eA donc pas a
eux que je m'adre~e mais à tous
ceux qui feront bien aifes de profiter
de ce confeil.
(~) B~Uy~ Prax.Med. Ub. t~ p.
~P~JEF~jE NJ~rj~7()~
ir~UtsquE le reflux des regles peue
A produire des engorgemens dans
les parties fupérieures au baffin, le
cerveau fera par conféquent expofe à
~bn Wour a être plus ou moins fur-
chargé fuivanc le degré de pléthôre
qui aura été fourni par te degré de
compreffion qui fe forme pour lors
dans les vaiffeaux hypogaitriques
parmi lefquels nous comprenons ceux
de la matrice & du vagin.
La caufe de cette comprenion eft Ïa
même que celle qui procure les autres
fymptomes hyâéri~ues; je veux dire.,
la tendon fpafmodique des neris, leur
fenfibilité outrée, & leur racornitle-
ment ce qui préfente des obltac!es
invincibles au paffage du flux menf-
truel, & en procure le reflux fur les
di~érentes parties du corps d~ou dé-
pendent tant de fymptomes.
Dans le cas dont il s'agit:, répi-
3epfie deviendra périodique c'eH-a-
dire, que :onces les Fois que le fang
men~rueî présentera à l'ouverture
des vaiffeaux utérins, qu'it ne pourra
penécrer à caufe du rétreciffement de
leurs parois, il fera forcé pour lors
de rétrograder ce qui aura lieu d'au-
tant plus factiemenc, que ces mêmes
vaiHeaux, irrités ~e doués d'une é!af-
tictté oucrée~ jfe con!:rad:eronc~.vec
plus de vigueur, agiront fur le fang
ïnen~ruei & l'obligeront ainfi de
a
refluer fur le cerveau. Une fois dépote
& arrecé dans les différens iinus com-
me dans la fubitance de ce vi~ccrs~
il y formera des comprenons plus on
moins fortes, & plus ou moins irré-
guiieres~ qui agiront fur la circula-
non des efprits animaux, & procure-
ront par- la des mouvemens convul-
~~s des convulfions générales ou par-
ticu!ieres~ l'epitep~e même, & touces
les autres maladies qui dépendent des
(Merens engorgemens du cerveau.
Le paroxiime épileptique n'aura
donc lieu que dans le remps périodi-
que des règles & c'ejft ce qui le dis-
tinguera de la véritable épilep~e, qui
?econnoJn une caufe pafticuUe~e ~n
cerveau. Au(E le voit-on fe présente:
le plus fouvent dans le remps même
de l'écoulement menftruel & arriver
au moment qu'il vient de ie fufpen-
dre, tout comme nous le voyons cef-
~er au moment qu'il parole &: qu'il
revient. Sur ce principe, que l'expé-
rience établie & rend inconteflable
toutes les femmes &: filles épilepti-
ques feront-elles incurables ? & le
remede n'e&il pas atïuréPpuitqu'en
appaifant les fpafmes des entrailles
comme celui de tous les vaiffeaux hy-
pogaHriques nous hommes fûrs d'y
tétablir la circulation des liqueurs &
de provoquer ainfi l'évacuation menf-
tr uelle.
Ce ne fut jamais un paradoxe~
puisque la vérité du fait e& établie fur
l'expérience qu'en ont déjà faic piu-
fleurs pcrfonnes,que l'on a vues dans
le cas dont il s'agit 6c entr'autres la
Demoiselle qui a fait le fujec de la
première obfervation, & Louife Bour-
bone dont il fera fait mention ci-
après, qui ont été attaquées l'une &
~utre des véritables fymptomes ép~
leptiques, qui les firent cara~ériier
telles Fune & Faurre, & qui le fe-
Toient: enfin devenues, fi méconnoii-
fant la véritable caufe qui procuroic
chez elles les fymptomes épiiepdqueSjp
on Jes eût combattus avec des remè-
des contraires ou bien qu*on les eût
peuc-écre déiaifîees & abandonnées à
leur malheureux fort & alors I~epi-
lepfte, que j'appelle ici ~ymptomad-
que ou fecondaire, feroit devenue dans
la fuite effentielle pour ne pas dire
incurable par la raifon que le cer-
veau, fi fouvent furchargé auroic
ibuîïerc de grandes comprem~ns; ce
qui auroit infailliblement produit cer-
tains engorgemens, & des dilatacions
dans les tuniques des vaineaux arcé"
nels & veineux de ce viicere, d~on
fe forme l'épilepfie.
MUe. ~M~e~ de ce nombre: la
preuve en eft ~cnfible puisque les ilmp-~
tomes épilepciques qu'elle éprouve
trequemment ne manquent jamais de
reparoitre au tems prefcric & accom.
pagnent toujours l'écoulement: mcn~
:mel~ qui Ne ~~ir qu'avec beaucoup
<~e.peine & avec douleur: ce qui
caractérise pariairement le fpafme des
vaiffeaux de la matrice, & enfemble
la ~échere~îe & le rétreciffement de
leurs parois (échcreHc d'autant plus
fenfible & profonde qu'elle eft ihvé-
térée~ & par furcroit, elle a été de
tout tems entretenue par un grand
nombre de remedes andfpafmodiques
& annépileptiques, dont cette Demoi-
felle faifoit ufage par le confeil d-un
oncle habile Pharmacien mais pas
affez habile praticien pour juger de
la valeur de ces remèdes.
Combien pourrois- je citer d~exem-
ples de cette efpece d'incurabilité$
chaque ville en eft malheureu~emen!:
pourvue mais encore voyons-,nous
d'un ceil indifférent l'Empirique s'ap-
proprier le droit de travailler lui ~eu'
fur une maladie que nous appelions
incurable, parce qu'elle nous paroîc
trop rebelle. Si la difficulté de guérir
eût étonné nos premiers Maîtres., où
en feroit aujourd'hui l'Arc & quel-
les croient fes conjectures fes mépri'-
~es & fes incertitudes ? De
cet ej~aim
de difficultés qui fe présentent dan~
la cure de plufieurs maladies, on a
déjà conclu qu'un homme defUné
cette importante fonction doic'mefu-
rer fon application fur les obftacles.
Ils fbnc grands cesobUacles j'en con-
viens mais fbnc-ils insurmontables ?
Et combien de Médecins ont joui
& jouiuenc encore tous les jours de
l'honneur de la dtrnculté vaincue?Cet-
te difncuicé confifie à développer la
caufe cachée des maladies. Dans celle
dont il eA ici queflion, elle paroic au
grand jour l'uterus la fournit, & lé
vice du genre nerveux la procure. Ce-
lui-ci nous paroît trop tendu il'faut
le relâcher l'autre eft ob~rué par le
rétreciHement du calibre de fes vaif
feaux il faut par conféquent les aSou-
plir & délayer les liqueurs auxquel-
les il doit fournir le panage, fi on
veut éviter le reflux. Par ce double
accord, qui s'opérera par lés mêmes
remedes on détruira îûremenc la caufe
d'un mal toujours plus redoutable;¡
puisque les deux malades déjà. citées~
& Beaucoup d'autres, ont guéri fans
le moindre retour (~).

DÉLIRE MANIAQ.UE
Hjr~TjÈ~~Cï/E.
~E ne fera point à l'inflammation
du cerveau & de fes membranes
que nous attribuerons la caufe de ce
délire. La nevre qui e& inféparable
,de toute Ha~e inHammacoire, ne pa-
roit jamais ici ce qui fait le cara~ere
effentiel du délire tnaniaque &: hypo-
condriaque: mais l'engorgement des
vaiiïeaux fanguins produit par le ré-
treciSement de leurs parois, fera le
~eul vice que nous ayions à détruire.
En effet, le racorniiïement des v<df-

(~) Pour achever de convaincre nos ad..


verfaires fur un point au~i mcéren&nt, nous
nous voyons forcés de rappeller ici deux
cures en ce genre qui ont e:é opérées à
~jyon fous leurs yeux.
jfeaux utérins ne permettant: point Ïs
pacage au flux menftruel, il faudra.
de toute nécenicé que le fuperflu du
fang reflue dans une des cavités fupé-
rieures, ainfi qu'il a été déjà une fois
expofe c'eft à dire, que la poitrine
& le cerveau en feront tour à- tour
jfurchargés & ce fera du degré de
pléthore & d'engorgement que dépen-
dront les différens fympromes de la
pauion hyftérique, qui en impofent aux
Médecins par les différens caractères
des maladies qu'ils ont coutume d'em-
prunter. On cetera d'en êrre furpris
&:on ie familiarilcra~ pour ainfi dire,
avec eux, quand on conviendra avec
moi que l'érétifme des nerfs produit
~eul tant de déibrdres.
Une fois convaincu de cette vérité
on concevra fans peine que des fibres
trop tendues,j, parce,qu'elles font éré-
tiiees~ feront p!usfutceptib!esd'ébran-
ÏCtnenc que celles qui jouilïent d'une
véritable élaHicicé~ qui leur permec
d'obéir aux différens enoris de la cir-
culation & que le moindre engorge-
ment d'un .(ang épais acrimonieux
fera
~era. fur ces fibres de rudes erïbns
nonleulement capables de déranger
les rendions du cerveau, mais encore
celles de toutes les parties qui en dé-
pendent. Quelle conlunon dans la ma-
chinet les folides feront bientôt le
jouet des liquides ceux ci émus ce
irrités par des fecouffes toujours plus
fortes, s*embra(eront par leur frotte-
ment, 6c confumeront ainfi la machi-
ne~ après l'avoir invitée elle- même
fa dcârud:ion. Tel a été rétat de la
Demoiselle qui fera le fujei de l'ob-
servation fuivante.
MUe. âgée de dix-huit: ans
d'un tempérament fanguin & rbri me'
tanchoiiquc, fut tout-à-coup arfectée~
à l'approche de fes regles, d'un ai~on-
piffeinent léthargique. Elle fut jfaignéè
en conféquencc, & ce Tympcome s'e<
vanouit. Au période fuivant FaSbu-
piffement reparut avec beaucoup plus
de force on faigna pour la iecond~
fois on y revint une troifieme & od
livra enfuite la malade aux efforts de
la nature pendant plufieurs mois con-
~eud~s. Le mal augmenta toujours
plus & a cet anbupinemenc périodi-
que ~uccéd~ enfin le détire hyAérique,
qui augmenta a fon tour à tous les
périodes, jusqu'au point que cette
Demoifelle délaidee & abandonnéede
fon Médecin devint tout-à-fait ma-
niaque, cM/M~Mro~ (~ <xM~ refu-
fant toute boinon &. toute forte d'aU-
mens ce qui la fit déclarer incurable 3c
fans efpoir.
On attendoit depuis dix-fept jours
que la mort terminât une vie fi miie-
rable mais la con~ance du mal an-
nonçoît toujours plus fa durée ce qui
me fit appellcr. Une pareille ~tuanon
exigeoit des remèdes auni prompts
qu'e~Hcaces. Le bain me parut indi-
qué la malade y fut plongée en ma
préfence fon indocilité exigea des
cnbrts mais biencoc on la vie ie fou-
mettre à l~acMon du remede. Sa voix
enrouée par les cris s'éclaircic tout-
à'~aic dans refpace de douze heures
qu'elle refta dans .l'eau & devine
ïiaturelle. On lui prélenta pour lors
à boire & à manger ce qu'elle ne
~efuia que par coutume on la pre~a.~
elle obéit. Des progrès au~i fatisfai-
fans amenerent le calme, & ranime-
rent l'efpoir d'une famille defolée, qui
confia la malade à mes ~bins. Huit
heures de bain par jour l'applicadon
confiance d'un Imge trempé dans l*eam
froide fur la tête, & rcnouvellée
chaque infant, emporterent le délire
dans l'efpace de deux mois. Les regles
parurent alors, & nocre Demoifelle fut
cntiérement rétablie.
Je ne cacherai point la rechute ou.
elle tomba, fans pouvoir mettre au
jour ce qui y donna lieu mais au(H
aurai-je la douce confolation de pu-
blier fon entier réiabli(Iement par ref*
fet des mêmes remèdes (~).
N'eil il pas démontré que fi cette

(<?) On lit dans le Journal Encyclopédi-


que du mois de Janv. i7<!ï., p. 77 Fhti-
toire d'une fille citée par M. Planque dans
fa Bibliothèque de Méd. qui étant: devenue
folle & lourde s'échappa dans un bois où
elle refta jours fans aucune nourriture i
& yeITuya pendant deux jours & deux nuits
confëcunyes une pluie continuelle, qui 1~
guenc.
Demoifelie eût éré fecourue au pré*
mier Symptôme du ma!, on eût fans
contredit prévenu fes effets. Le pre-
mier engorgement, qui fut produit
parle premier reflux des mois, n*aumic
pu réfifter à une ou deux Saignées i,
ibucenue par un remede hume~anc.
Son fang appaifé & moins raréfié,
auroit moins agacé les fibres de la
matrice, & le reflux fur celles du cer-
veau n'auroic jamais procuré tant de
défordres puifque le période fuivant
auroit fans doute emporté la caufe
du mal, en éteignant la premiere étin-
celle, qui produinc dans la fuite l'em-
brafement général du cerveau. C'en
pourquoi il fallut recourir aux plus
jpuiHans remèdes & pour peu que
l'on eût héfité, par la fatale crainte
d'un événement douteux, la malade
auroit infailliblement fuccombé.
J'ai pardevers moi quelques obfer-
vations de cette efpece que je fuis
obligé de tenir fecrettes par condefcen-
dance pour les perfonnes qui en font
ïefujet; mais du moins me fera-t-il
permis de rapporter celles qui m'onc
été adreffées autre dereconnoiGance
par mes Confreres. M. Debaux, Mé-
decin à Marfeilic, di~ingué dans cette
ville par fon expérience fur l'inocula-
tio'n, me rapporta en fon temps les
observations iuivantes en ces termes.

«Zélé partisan de votre fy~ême


» mon cher Confrere je viens d'ea
~faire une épreuve des plus fatisfai-
3)
fantes pour vous & pour moi. Le
~18 Novembre 1~60, je fus demandé
M pour
vifiter le Capitaine d'un vaif-
3)fcau Hollandois.. 11 éroic âgé d'en-
» viron ans, d'une taille au-dcSus
3? de la moyenne fort vigoureux &:
» mufculeux. Il étoit venu par terre
3) de Hollande pour prendre le com-
» mandement d'unvaiueau qu'on char-
» geoit à Marfeille. En traverfant les
provinces de France, dès qu'il eut
M touché celles ou croît le vin, il s'en

» gorgea tous les jours jufqu'à l'ivre~-


» fe pendant le reAe de fa rouie &:
3) en
ufa de même à Marfeille envi-
» ron trois femaines il ne but pas
~avec plus de modération les liqueur~
fortes & fpiritueufes de ce pays
~quï produisirent enfin la maladieJ!
~que je vais décrire.
»Il fut attaqué le ï~. Novembre
d'une fièvre très-violente, au rap-
~port du Chirurgien qui fut appellé
~le même jour, accompagnée d'une
grande douleur à la tête d'une cha-
~leur brûlante & d'une foif inex-
~tinguib!e. Les pul~atioss artérielles
~étoient très-fortes, fur-tout aux ar-
~teres temporales le pouls écoit dur
??& tendu comme une corde. On fen-
s?toit de fréquens foubrefauts aux ten-
~dons qui pafferent bienroc à des
~fpafmes & des convu!dons générales
» dans toutes les parties mufculeufes
» membraneufes & tendin eufes. Il fur-
~vini un hoquet qui fatigua le mala-
~de pendant plusieurs jours de rré-
~quentes naufées & un vomiHemenc
~jaunâtre & bilieux. Le ventre étoic
» extrêmement ~ferré. Le malade ren-
» doit fréquemment de rurine.mais
~en petire quantité elle écoic fans
~couleur, fans odeur & fans fédi-
~ment. Cet état dura quatre jours
~pendant lefquels le Chirurgien fai-
gna le malade deux fois au bras
& une fois au pied lui inj~c~a plu-
» Cieurs lavemens anodins & laxatifs
» l'abreuva d'une tifane rafraîchifïanie,
:o &: le purgea une fois avec une mé-
» decine ordinaire aiguifée de quel-
~ques grains de tartre flibié.
Le 18 ayant été appeUé je trou-
~vai le malade fans fièvre, mais tra-
M
vaille de convulfions fi violentes &:
))d'un délire fi phrénétique qu'à peine
» quatre de fes matelots~ gens extrê-
» mement vigoureux pouvoient-ils le
retenir dans font lit. Il parlote d'un
» ton fort haut & pouffoit par fois
~dcs cris, qui reSembloienc plutôt
» des hurlemens fon pouls étoic fort:
~dur &: fort tendu fa peau brûlante
~feche, & comme écaHleufe. D'une
heure à l'autre les convulfions étoiene
»telles qu'une force humaine n'auroit
» pu fléchir un de fes membres. Il
refutbic toute forte de nourriture de-
Mpuis trois jours, mais il fe livroit:
:)''facilement a la boiffon. Cependant~
~maigre Iba délire il répondoit cou-
3) jours & la plupart des queflions que
3) je lui fairois fur fon mal à chacune
de mesvifites & ïeplaignoit conf-
» tamment d'une douleur aigue au.mi-
lieu de la tête.
» J'ordonnai qu'on lui fît une qua-
trieme baignée à la jugulaire; je lui
fis injecter pendant quatre jours huit
lavemens d'eau froide chaque jour
dans les intervalles des lavemens,
3) je lui fis appliquer fur la tête bien
ratée une veille de boeuf à demi
» pleine d'eau froide qu'on rcnouve!–
loic tous les quarts-d'heures., parce
qu'elle fe réchaurFbic bientôt. Je le
lis gorger d'une titane de poulet
acidulée avec le tel de nitre, & lui
fis prendre de douze en douze heu-
res une émulfion cuite nitrée &
anodine. L'application de la venie
» calma par intervalles la douleur de
» la tête & les davemens froids
relâcherent un- peu les fibres. Ces
». deux remedes ayant produit quelque
modération dans le mal mais ne
paroi (ïanc pas iufÏi~ns pour ache-
yer de le détruire au moins au~H
promptement que Fêtât du malade
)) Fexigeoic je me déterminai, à le
jettcr dans un bain froid malgré la
M
réfiAance des autAacrs &. le froid
?) vif que nous faifoit fentir le nord-
3) eft., qui régnoit alors parmi nous
depuis quinze jours.
» Le malade fut mis dans le bain
)) le 22 à fix heures du ~bir &. y fut
retenu de force pendant une heure
& demie ayant toujours pecdanc
cet intervaUc la tête cocnee de fa
)) veuie à demi-pleine d'eau froide
3) renouvellée tous les quarts d'heure.
:) A fept heures & demie il fortit du
» bain dont il avoit dégourdi l'eau;
» on le ~echa avec des linges froids
» & on le remit dans fon lit que je
» ne voulus pas laiffer chauffer. Il y
» grelotta pendant une demi-heure
» après laquelle il fe réchauffa peu à
» peu, & s'endormit ce qu'il n'avoit
» pas fait un feul infant depuis plus
de huit jours. Son fommeil fut doux
» & tranquille & fa durée de treize
M
heures, pendant lefquelles il fua pro-
digieufement. A ~bn premier léveU
je lui 6s prendre un bouillon à ïs
» viande fur lequel il s~endormif tout
» de fuite pendant dix heures, fua
plus copieufement que la premiere
» fois, s'éveilla enfin libre de toute,
» douleur à la tête, parfaitement deli-
» vré de fon délire & de fes convul-
» fions p &: fut en état dix jours après
» de s'embarquer, & de prendre le
» commandementde fon vaiffeau (~).
Dans le mois de Décembre de la.
? même année, je fus appelle chez une
Dame âgée d'environ cinquante ans,
d'un tempérament: chaud &: mélan-~
cholique cruellement fariguée du
~clou hyAérique depuis plufieurs jours,
qui fut guérie comme miraculeufe-
» ment par l'application fur la tête de
» la veffie à demi remplie d'eau froide,
& par l'injection de quelques lave-
mens froids. Voilà, mon cher Confre-
re, des expériences de votre goût. Je
vous ferai part, toujours avec un

(c) On trouve dans les Mémoires de l'A-


cadémie Royale des Sciences, an. 1713 un
exemple d'une pareille cu-ce, opérée par 1~
bain froid
nouveau plaifir,de celles que ma pra-
3) tique me fournira en ce genre (~) M.

ODONTALGIE HYSTÉRIQUE.
fi tous les nerfs en général fouf-
k) frêne dans
ces maladies un cer-
tain degré da racorniSement pour-
quoi la cinquieme paire, qui fe dif-
tribue à la mâchoire ne ferait-elle pas
fufceptible des mêmes impren~ons~
Les dents feront d'autant plus fentî-
bles à l'effet de cette caufe, qu'elles
font toutes pourvues d'un filet ner-
veux, qui une fois agacé & tiraillé
produira des fpafmes qui ~c com-
muniqueront bientôt tout le long de
la mâchoire, & occafionneront les plus
cruelles douleurs. De plus, la circu-
lation étant pour lors interceptée dans
cette partie attendu rérécjïme des

(a) Ces deux ohferv&dons ont été înfé-


yêes depuis dans lejourn. de Médec. mois
Jum t?< p. ~o~.
nerfs & des vaiffeaux les humeurs
y croupiront &: acquérant par-la un
plus grand degré d'acrimonie elles
formeront de nouvelles irritatiôns
non-feulement fur tous les nerfs de la
mâchoire~ mais encore fur tous les
vaiffeaux fanguins & lymphatiques
qui en tapiffent le tinfu, d'ou il s'en-
fuivra la carie des dents quelquefois
même celle des alvéoles, & le plus
fouvent encore la chûce des gencives,
leur noirceur les efcarres icorbud~p
ques, & l'entiere corruption de la.
bouche.
Pour remédier a de pareils rava-
ges,y on tente toujours inutilemenc
d'attaquer les parties anectées. La
Chirurgie~ toute puiilante qu'elle eft
dans fes opérations ne fauroit remé-
dier au vice caché qui fournit le dé-
sordre. La texcure du fang & des
humeurs & cet état des folides
furent toujours inacceuibles aux efforts
de la main. Il faut attaquer l'un &
l'autre par des remedes qui puiffent
en changer le tiffu en corrigeant;
leurs vices. Dans le cas donc il ~agit
l'acrimonie des humeurs & la S~che-
rede des folides doivent fans contre-
dit remplir nos vues mais le déran-
gement que ces deux caufes produi-
fent dans la circulation, doit feul
<p<'CM~~r ~f~cc~ vue de ce
~Mpfo/7te'.
Ec en effet ce fera toujours de la
compreffion irréguliere qui fe forme
dans les viscères du bas-ventre atten-
du la diminution du calibre de leurs
tuyaux & des irritations fréquentes,
que les ditïérens fucs qui s'y fépa-
rent y produisent, que dépendront
toujours les différens fpafmes qui
attaquent les parties de la tête. Le
fang comprimé & gêné dans fa circu-
lation refluera pour lors dans les par-
ties Supérieures celles ci peu Hexi-
bles, comme les autres parties da
corps, en feront aifément furchargées
d'où s'enfuivront les Siafes fanguins
& lymphatiques dans les vaiffeaux in-
térieurs & extérieurs du cerveau ce
qui procurera des douleurs fixes &
vagues en même temps, fur toutes les
parties nerveufes & membraneufes qui
tapiffent le crâne intérieurement & ex~
térieurement. C'eft-à-dire, que fi l'en'
gorgemenc fe fait fur la cinquième
paire des nerfs &. fur les parties ou
fes ramifications aboutiffent on ~bu~-
frira des douleurs aux dents qui fe-
ront plus ou moins fortes, fuivant le
degré de la caufe qui agit; lefquelles
douleurs en imposeront au Chirurgien
le plus expérimenté dans fon Art,
mais qui ignorera parfaitement le vice
que j'affigne.
Si au contraire les membranes du
cerveau fe trouvent aSe~ées, le clou
liy~-érique fe montrera avec la même
fureur les nerfs opciqaes agacés ou
engorgés produiront des douleurs dans
l'orbite des plus aiguës, & occafionne-
ront enfuite des ophtalmies très-rebel-
les & ainfi des autres parties du cer-
veau, qui produiront chacune à leu~
tour leurs iympiomes à proportion
du degré d'irritation & d'engorge-
ment qu'elles auront reçu des parties
éloignées.
Mais ce qui nous étonnera le plus,
ce fera fans douce la métaûajfe de
tes humeurs, qui agitant fur des vaiF-
~eaux extrêmement tendus, & doués
d'une élaHicité peu commune, feront
fouettées & expuifécs au gré de ces
vaifïeaux & changeront ainfi de lieu~
~ans.jamais changer decara~:ere(~)~
ce qui produira toujours les ravages les
plus at~reux. Au ffi voyons-nous ceS
pauvres vi~imes cyranni~ees par îes vi-
ci~cudesde leurs ssâux,& ie§ Méde-
cins étonnés à la vue de tant de ~ympt~-
mes, tantôt aHociés, paroiâant être
produit d'une même cauîe, & tantôt &
oppofés en apparence qu'ils jfbrmem:
encr'eux tous raiïemblagc le plus bizar-
re par la variété de leurs couleurs~ &
la difformité de leurs traits.
Pour mieux <:ara~éri(er le poptrant
que )'en fais, ajoutons aux désordres
capricieux fous letquels ils ont cout~
me de paroitre~ ceux que tant de
medes oppofés ne ceHeni de produïTe.
Quel dérangement réprouvera pas
pour lors la machine des nerfs irrités
(a) On fait que c'e~ par le tHniCelM&t~
que fe font toutes les méta Haies du dil~-
tentes hun~uis on ea ~onaoïtle méch&*
ïnfme.
& agacés par les pointes piquantes de
digérons remèdes aufU actifs que cauC-
ïiques des efprits cnarouchés par tant
de parties volatiles qui preffées de
toutes parts, & forcées pour ainfi dire,s
de fe mêler avec eux produiront les
ravages les plus affreux dans la circula-
tion du fang & des efprics. Les fonc-
tions du cerveau, celles du cœur & du
poumon, & enfemble celles de tous les
vifceres dubas-vencre, fuivronc donc
de près le premier dérangement <5c
pour peu quëFon néglige d'y porter des
iecours, on verra crouler l'édifice fous
les coups redoublés de ceux même que
i'on choific pour en être le ibuden.
L'Odoncalgie hy~érique méritera
donc toutes nos attentions~puiique~par
l'expote que nous venons de fair e, on
ne peut méconnoîcrc la véritable caufe
qui la procure. Et fi elle exige d'être dif.
tinguée de toute autre, c'eû que par la
mépnteon commet tous les jours bien
des cruautés. Oa en jugera par ce récir.
La femme d'un Savetier vaporeuse
à rcxcés~ fut iaiiïc à la fin d'une groï-
fefle d'une douleur aux dents des plus
crueUes,g
cruelles elle fut faignée&: résignée
~en cohféquence; elle eue recoud au~
ïïarcbciques tes plus puiSans ëc aux
irémedës lés plus vantés~ qùecnaeu~
s'émprénoit dé lui procurer &: tout
~fuc eHïployé ians fuccès. Les douleurs
qu'elle FeSentdic a la :mâchoire écoient:
avives qu'elles l'avoient déterminée
~~e ~aire arracher tôures les dencs~ii
les approches dé ~6n accouchêmenc
~'eùilent fufpen.du ce violent pro~e~
Elle actendit donc patiemment: l'heu-
reux moment: de ia couche, dansTe~
poir de~e débarraiÏer énfune de ies
douleurs. Le temps arriva ënnn
les vuidanges écant: une fois écablie~
bn Hàttoit que le mal aux dentS
difpàroîtroit pour toujours. On exi-
géoic même qu'elle ne Ibun'ric plus
du tout parce que lés lochies cou-
~oienc en abondance de ~açon qu'il
pe fut plus permis à cette pauvre fem-
me de fe plaindre puisqu'il avoit été
décide par un oracle ridicule que le
temps écon: arrivé ou elle dévoit écré
délivrée de tous maux.
Les douleurs peï~âsrént néanmoms
tout le temps de ta couche. La Malade
~e vK pour tors débarrauee de ~ba
~rde~u & necratgnant plus les ~m-
~9S d'une opération qui lui paroiiïbic
n~ceuaire, eUe eKtgea de fon Chi-
tupgien qu~ ~i arrachât fucce~ive-
meM trois dents môiaires de !a m~-
<;hotre in~rieuï'e. Gecte opemcion ~ti ce~
t'es douleurs reparupeat y & on ne con-
nut pas d'autre fpéct~que qu'une j(e*
coade ~perauon, par laquelle. on en
.arracha deux autres. Les douleurs pec-
Ji~erent encore & ayanc perdu aloM
-tout efpoir de guérir par le recours de
~'in~putnen~on eut recours au Médecin~
Je connoi~bis déjà cette ~emme pour
Nne vaporeuse invétérée, ce qui me
donna tieu de cara~éM~er ~bn naal~
~ans avoir entendu fon récif. J'ordeïï-
mai fur le champ qu'eUe fui p~ngée
jdans un bain tiède, eu eMere~a piu-
~eurs heures de fuite on !ui donna
~plu~eurs tavemens, & on ~ub&ttua
tous les dinérens élixirs dont elle fe
ta voit la bouche le ample collyre avec
l'eau fraîche & quelques gouttes devi-
~igre. L'iMetV~e dubaul futtempli
~àr des ~mencaMons~mollieûtes;ce qui
Jhe manqua pas de ealmerleSt douleurs.
Quelques jp~rs après la ~mme
j,
d'un Appuhicatre cette yiUe~ Ml~.
de
Mârcau VQiJ'ine de notre Savedere, Ïe
trouva dans le même cas. L'exempïô
ccon: frappant, ~c il ne s'ag~nbic plu:
que de ~e fuivre mais une perte de
tang, qu'elle ayqn jdepuis long-temps~
Y'empgchdt!: di~n- eHe., d'user du mê-
ïne remède. Elle hérita plufieurs jours
avant de le fbumettre~ & ~lle ula pae
préférence de
de~to~is les re~edes~
fous ~e~ remèdes phar~a-
pharma-
ceutiques quelle avoit lous la main
maisipunlement voulue-eHe fe guérie
elle-même, il ~al!ut obéir, &: recourir
au bain nede dans lequel eUe trouve
un jfbulagemenc fes douleurs & 1s
~emedsaj~Ïufc (~) ppurfes pênes (Q.

(a) On rencontre auvent de? doaleurs d'oreiï-


teproduices par cette m~mecauie. On doutes
-laquer p~jLesnj.~e~re~e.d~.
( 3 Madame de de Mar~eiM~, a <eee
traitée encore plus cruellemeM: que not~~va"
idere car après douze années de &u~ance gc
après avoir epuife toutes les re&bm'ees de
médecine 8c de la chu-urgie de Marieïile el~
tut à Pacis j où.~Ue cot~ta Mr§. A~~c, Het~
N.OHyafd Mâioum t Tronchin~ St Moraad~ q~
~~f~MEjvr R~r.ÉR~jE.
fJL~culiérement
E de l'e~on~c, & parti-
~pafme
l'érétitmedes houppes
~nerveuies qui forment h première des
membranes de ce vitfcere~ que nous
appelions veloutée, doivent: être regar-
dés comme une même caufe qui pro-
cure le vomi~menthy~erique puiP-
que ce n'eA qu'en corrigeant ce vice,
que nous pouvons guérir le vomiHe-
ment donc il s'agit
La jten~biHté des nerfs ne provient
felon les PhydologiAes que de leur
tendon plus ou moins grande qui
y
forme en eux ce degré d'élaAicité qui
s'oppojte à leur relâchement. Dans ïë
cas dont il s~agic ici cette fenfibilité
paroît outrée puifque la membrane
veloutée de l'eitomac ~e révolte au
moindre choc que fait fur elle l'ali-

après l'avoir foumife, chacun en particulier, aux


rudes épreuves de plufieurs traitemens internes,
qui ont détruit la fanté de cette Dame~ fini-
rent enfin par lui &ife arracher onze dents.
Cette pauvre vi~ime toujours fouffrante, eA
a~uellement à Arles fous mes yeux; ia guéridon
~e me paroît pas impo~BbIe fur un ~ec âgé de
3S aM.
ment le plus doux, 8c même "la. boif-
~)n la plus {impie d'où néceUaire-
ment il fauc conclure que l'érétifma
des nerfs procure cet enei.
Quant aux caufes conjointes qui
agirent de concert pour procurer le
vomiSemcM oucrc celles qtnagiHcnc
fur les parties éiotgnées de ce vifce-
re nous rcconnoi(fbns au~ l'àcteté
des fucs Aomachtques & dig~âifs,
J
qui, en agaçant: toujours plus les pa-'
rots de l'e~bmac l'indue dux mou-
vemens convuKi&. On trouvera ces
indications rempUes dans les ôbfeîva.-
tions~uivantes~
Dans le courantdu mois de 'Pe-<
vricr de l'année 17~0 je fus appel-
lé pour voir Sufanne Gouirec .âgée
de .trente-cinq ans d'un tempéra"
mène robuAe &: fanguin & qui dés
l'âge de puberté n'avoit jamais été
bien réglée. E~c éton: trava~ée d'un
vomiGfement hyUédque violent
quelle rejettOK tout liquide avec
des~eiSorts fi terribles qu'ils amenoieM
te ~ang avec eux. Le premier remede
auquel on eue recours fut ~lon la
coutun~ ordinaire une ~odoh an"
tihyUérique compose des eauX de
méH~ë )8c d'armoire de quelques
gouttes de teinture d~ ea~or & d&
~cUes de iaudanum Itquide de Syd~n-
hâtR. d~ette bombn ~ut la ~eule, H
@& vrat, dont (on eâornac ne le fé-
voÏta poino. On en rci~râ~a do~e,
dans l'a~Me de caiïner le vomiiTe-
~nènC Mais on ~rt turpris de ce
que dans peu la malade ajouta aù~
e~orts du vomtu~tnen!r là diScu~é
d'aval, ~e ipa~e de l'c&ocQac s'em~
pafai de t'<t~p~ags & H ne fue
plus pon~ble d'avaler ni meïhe das
p~~ea~r une ~3u!€ goutte d~au, ~ana
q!u'e~€ ~Ht MYreë~ de pareil enbrts.
~efétt~e <~es 6~es de reûoma~
& de to~c Ïc cans~ inteâinat mepa~
toi~anr ette veritâbie càu~ de ces'
~bite$ d'ane<3:ioB~~ j'ordonttai le bain~
co~me 1~ feul ~peciRque je voulus
menstè exiger que ta inalàde y 6jc plon-
grée juiqu'a par&ite guéri&)n. M~~
coName le préjuge hM pas facile
détruire a peine pus-jsobreBirdi~
heures de bain par jo~r. ~eau d~
~ain Hit pour lors ion unique reme<
de< Celle qui pénétra par les'pores
cutanés fervit a entretenir le fang dans
~a fluidité natùreÏl~, puisque ïes uri-
nes coulèrent. Ce rue au Septième jour
que le rdâchemenc Ïucceda au ~aC-
me un evânouiHemenc fubic <t6us
rannonca dans cec inHanc~ cette 2
ftUe avala pour la première rbis'
boiHbn fut une tïianc de riz,au dé-
&uc de celle de poulet, dont ellû"
t)Ut conttdéraMën&cnt dans la vue
de détremper les fucs ~omactR~ïe~,
~c d'en Corriger ràcnmonie~ €0 fuc~
par ce double tecours qu'eMe Ïut en-
tièrement r~taMiëJ
Que Fbn compare ici l'ëtrêt~ ~am
a~vec celut dey remèdes aïitN~Ren-
ctues &: on verra clairemefit la. vé-
ncé de ma tReÏe. Si l'on d~mand~
après cela pourquoi là màîadë rejec-
tbit toute $oirton, à rexception de
potion amin~erique il fera ibrt aifé
de comprendre que le la~da.nuT'ït pro-
duHbtt cet eSëi &: on conviendra
que la vertu de ce pui~nc narcoci-
~e n~mp~cba pourtant pas que le~
parue~ volatiles du ca~or~~ns p~
Mier. celle des .d~rens cordiaux:
qut ~en~enc dans !a compo~don dn
laudaf~m liquide de SyAenbam~ne'
laij~a.<Ïe~ des entpreiptes crueUes fuc.
les &bres de re~oma,c, puisque !s
jpa~e~& îa foideur genéraîe des
Ëbres. de..toucteL canal mceâmal en
furetules~ fuites. f.
M~ âgée d~ v~
cinq
aM~ d'un tempéramenc ianguin
fore melançhoUque~ éprouve depun
jfjx Je$
arnnees.enMer~
vomiSe~enc hyÈenque pEU
d'un
ia defo-
b.e~ïTce~pu. par~une.rep~gnanc~'
naturelle qu'eUe a toutours eue pour:x
les basais dotMeihques. ~ecQUIemenc
penod~que, des mots "a; ~ajmais e~
elle la moindre, interruption &.
elle crt .a éprouve quelquefois le.
derangeïneRt, c'a M~purs ece pa!*
trop d'abondance plutôt que, par di-~
mmution. JLe petit laie qufefle a pri&.
par ïn<M, confeil pendaDt une année
emiere ne procura aucun JJbu!age-'
~ent:. Ce qui prouve que te~acornif-
~emenc des JÈbres de re~mac de~
entrailles eft porté à un fi haut degré
querbumectant le plus puinant né
peut plus pénétrer dan& le fang par
les voies ordinaires; les folidcs & les
~uiLdes: ~e deflechenc encore plus pac
le ma-R~ue d'aUmens, & le mal en
acquière cou~ les jours de nouvelles
forces. Nous ibmmes donc en droit.
de pronQUiquer pour la Seconde fois
a cette Demoitelle fon incucabili.cé
hellène i[ej fournée en6n~l'uiage du.
bain domejUqûe, quij, ap~esS avoir
~el~c~e le tijïu de la peau, &, en avoir
ouvert les i:~es, jettera ~ans leiang~
rhumide dont il eAdépputvu~ relà-~
çhera les Ber~s, <5c tétab'lira ainR les.
~bnd;ions dans le corps de cette De*
tnoi~Ue.
On n'acçufera point ici le déran"
gemcnt du flux menâruel & ne iera- `
t on pas tbrce de chercher la caufe,
hy~érique ailleurs que dansFuterus
~/éreufmedcs nerfs ne :Èera donc plus
anecte.àa ce
aife~é
ce
vifcere
vticere,puifqu'il
puisqu'il ~aroîc.
paroîc
exempt de toute irritation. & du.
pioJLRdrg d~apgemen:.
~MMM~ ~ryr~T~
L
a

IJT Esdouïeurs que repentent let


JL~ hyËériques dæVdt(j.
fel!1ri1ès.'hr~étiq\!es
femmes dans ~eËo-
<nac fur toute la région epiga~rï-
qoe, qui cè~epc le p!us foulent ~r
Fe~er du plus petit remède., p~~r ré~aL-
toicre enfuitc avec p!us de ~i~ueur~
proviennent: a leur tour de là ten-
don de~ membranes de ce v~cere,
Ïàqueïte tenRoR preieRte alors de~obC.
~cles à ïa ëirculâtïon des lues' qut s~y
réparent d''6B tl s*ehfuic des gon~e-
~aens & des dHâtàtions dâ~ ïes dip'
~E~s~ couloMs de ~e~màc & dt!
<fMoefMM/M qui en diAendant îc~
j~&~ Mc~K~ de toutes ces parties~
procurent des douleurs plus ou môm~
portes fui vaut le degré dé tenfion-
de fen~ibilité des parties a~e~ées.
Pour, remédier avec ~reté noua~
n'enviÏagerons que la câufc primiciv)&
qui procure cette maladie~ je veux
dire, le fpafme & rerétilme dea~
Qerfs ce fera en trayaUlaût promp~
Minent au, relâchement des membra-
nes du viscère arMé, que nous ob-
vierons aux dincrens défordres qui
font' ordinairement: l'effet des remedes
contraires. °
Une jeune Religieufe Urfuline,
d'un tempérament bilieux~ fanguin
& d*une conitifucion des plus robus-`
tes ~~utactaquéefubiteménc ( après,
les chaleurs excenive~ de l'écé &:
apr~s avoir &ic u~ u~age des p!us
immodérés du caHe ) d'une cardiatgie
des plus cyuelïes avec des évanouiue-
mens convumfs qui cau~erenc d'au-
tanc~lus d~foi dans ~communautés,
que c ette Religieufe en écoit aiïë~éej
pour la première fois. On courue aux
cordiaux dans le cems qug je fus ap'-
pelîé. Les évanoui~emens devinretie
plus ~réquens, & di~pàrurenc enfin
par 1'efïec de deux lavemens froids
que l'on donna ~cceuivement à la
malade. La cardiaigt~ revint alors
avec une nouvelle fbrce les coii-'
ques~ les borborigmes, le vomiffe-
meM., & le hocquet (e mirent de la
paf;ie~ to~t €n ua moc~ décl~fa ~ar-~
~icemenc l'arMton hy~érique. La ti-
fane de pouletc fut préférée par la
malade à tout autre remède elle en
bucabondamment:; -& auilxiemejouc
itfurvtnt une d~rrhée bilieuse, qui ta,
déUvra d'un mai dont eUe avotc tou-
jours rcdqucé tes approches.
La cri~e qui termina la cardtaîgie
que je vien~ de décrire anhonce ctat-
yemenc le relâchement des membranes
de reâdmac & des entrailles par fef-
~et de la ti(ahe de poulet & tes iymp-
CEMnes qu'éprouvoïc la malade an-'
soRcoien-c a leur tour que tout le
canal inteHinal écbtC en érétiime 6c ëa
~oMrra~ion.
~tans cer étac, récoulemenc des
&ç$quî s'y féparenc, étoit tocalemënc
~pendu; les glandes en écotenc par
conséquent: iurchargées: ce qui pro-
c'SFO'ic des tirâi!lemens dans les filets
serveux~ & les douleurs qui carac~é-
Ttfbienc la cardialgie par leur liège
& leur nature. Le voinnage du cœuc
donna lieu aux évanouinemehs~ pac
i'ébrankmen!: de la huiciëmè paire,
~erïs qui en fe communiquai
Au cerveau, dérangea, pour quelques
initans la circulation du fang & des
efprits. Le hocquet le vomin~emeTTt,
les coliques ce les vents, qui tour-
mentoient en m~me tems la malade,,
défignoieni parfaitement la même cau-
fe c'eA-a-dire que le diaphragme fat
entraîné à fon tour & fouffrit les mc-*
mes ~couHes. Toutes ces parties etoiest
par conféquent foumifes aux mouvc-
mens irréguliers de leurs nerfs il fat-
~oit donc y apporter les mêmes remedesL
Les caufes éloignées, qui avoleac
donné lieu a celle-ci étoient toutes
affez puiSantes pour avoir fomenté
du plus loin cette iechereHe des
nerfs fi eHcntielle à la maladie que
y attaque: l'ufage immodéré duca~~
auquel cette Religieufe s'étoic livrée
depuis fon enfance, étoit lui feul plus
que fu~tanc pour fournir cette cauîe~
en agiuant continuellement fur le v~-
louté de reAomac comme fur la
partie féreufe des humeurs & du fang.
Celui-ci devenu plus épais & plus
Ïec, n'avoit pu fournir aux différen-
$e§ ocrerions de l'e~omac & des d~
trailles les ~igemons en furent de~
rangées le çbyie devine plus groÛier<¡
la bile, plus ~paiHe mp~nseoulance,
forma bientôt des embarras devenue
enfuit.e pîtM ~çre pa.r ~pn ~.jo~r elle
irrita tes vaiHeanx,ëcprqcura tou~
çes ravages. §i l'on e~: ajowe aux
cordiaH~dpMon ~ë Servie au premier
~ymp~ome du mat un craitemenc
analogue leur a~:mn, eH il douteux
que cette première abaque de pa~ion
hy~ériqup n'eue eu des ~uices des
plus runej~es f Le,genre nerveux agace
de nouveau par les parues acres 5~
volatiles de cous ces dij~erens .remèdes
~ndtpafmodiques~ auroic ~bu~erc de
prodigieuies McoujSes; &le racorniHe-'
menc qui .eii auroic e~eia ~tife, auroia
ïburoi le ~erme d'une maladie qui tut:
toujours rebelle & incurable encre le$
mains de la Pharmacie~ jSc qui n'au-
yoic cédé qu'après plufieurs efforts d'un
traicemenc concraire (~).

(a) La nourri cure des malades fait une


circon~arice e~encielle de leur traitemenr..
j~oblerve en pareil cas de retrancher abfo-
ornent les bouillons a y~~e St kus
FRf~~N ~F~ri~u~m
Ip A R M i tes d~nerens Symptômes des
A anémions vaporeu&s, on compte
le ~enctînent de ~roid & de chaud
qu'éprouvent ~ucce~iveme&c toutes iea:
paittes du corps, & quelquefois K~-
tes enfemble. On voit coïnmancmeta:
~es personnes qui & platgnent d~an
~roid importun que isnent une partie
du corps ~ans exception d'aucuitej;
& d'autres qui ~buSrent ce icadmeM:
~e ~oïd par toute ~nabicude du corps
&M pauvoir s'en ~aranur, ma~rc
toutes les précautioDs qu~Hes pre~
iBent pour ~e mettre à couvert ades
injures'de t'atr. L'exp~tcatioa de ce
Symptôme ~e trouve clairement étab~e
~dans la curaMon que ~yai a portée
~Sc par l'enet des remèdes contraires~

fais fuMnuer les crûmes de riz ~<?r~e~


eu d'avoine à l'eau par la rat~n que les
parties fu~phureutes Sc~âHnes dub<mil-
ion irritent le velouté de l'e~em~c~ ë<~<B-
.ïil.eo~in~ la caïdia~ie.
dont la malâdequi fera le fujctde cette
obiervation a voit primitivement u(e.
Une~DemoitcHe de considération de
cette ville, âgée de ~oans,loutîrbit:
depuis plufieurs années un froid uni-
verlel qui Pobligeoic à Jfe couvrir dans
les plus grandes chaleurs de la cani-
cule, comme tout le monde ~e couvre
jen hyver. Nonob~ani toutes les pré"
cautions qu'elle ne ceSoic de prendre
pour fe garantir du ~roid elle en reC-
~entoic toujours les mêmes impremons.
La chaleur exceflive du poële, celle
d*unlit balHne & couvert oucre mela-~
re ne changeoient rien à Ion état. Gâ
qui Fobligea à demander des remèdes.
.Le premier Médecin à qui elle
s'adre~a prononça que c'écoic là l'ej~-
fet d'une tranfpiration fupprimée; oc
en conféquence les indications furent
de la rappeller. Les baignées les
purgatifs & les fudorifiques furent
employés tour a tour, mais fans ~fuc-
ces. L'infuHifance dç ces remèdes ne
changea pourtant pas les idées eu"
ratives, puifque le Médecin propola
le bain de ~ble. On attendoitle tems
~VOfable
favorable pour fon exécution lorf-
que je fus confulté.
L'ineHicacité des remèdes dont la
malade ufoit depuis long-tems, &:
certains Symptômes vaporeux que )e
découvris dans fon récit me firent
d'abord juger que celui-ci étoit du
nombre tenfion fpafmodique des
nerfs qui aboutiHen!: a la peau éroic
par conféquenc la feule caufe que pa-
vois à combattre. Le bain ciederem-
ptiilbic toutes mes vues puifqu'il
t
étoit capable de relâcher le ciHu de
la peau d'en ouvrir les pores, &:
de récabur par ce moyen la circula- 1
tion des liqueurs qui s'y leparenc. La
malade le préféra au bain de ~able r
elle y entra le lendemain, & dans
refpace de deux mois elle quitta une
bonne partie de fes couvertures. La.
perfe~ion de la cure fut remife, a.
caufc de mille affaires domefliques.,
au retour de la belle faifon.
Les Phynologin-es nous apprennent:
que la peau eit remplie d'un nombre
de vaiMcaux iangûins nerveux <5c
tymphaciqucs qui compoicnt le re-
zeau réticulaire d'ou partent les houp-
pes nerveufes qui forment le jfend-
ment du cac~ du froid &: du ehaud.
Ce fera donc du vice de ce rézean
que proviendra le fymptome qu'éprou-
voit la malade. Si la coctra~ion des
nerfs qui le .composent e~crop~orte,
la circulation du fang fera alors gênée
& même interceptée~ &: tes molécules
de ce fluide heurtant continuellementà
l'ouverture de fes tuyaux y causerons
un ébranlement qui fe perpétuera fur
l'habitude du corps en total on en
partie, fuivant le degré de tenfion &:
d'érétim~e des nerfs qui aboutirent a
la peau: & alors on éprouvera néces-
sairement ce fentiment de froid, qw
fera plus ou moins ibrt felon le de-
gré de la caufe qui le procure.
Sur ce principe on remédierat
facilement à ce fymptome, en relâ-
chant le tiffu de la peau oc en faci-
litant par ce moyen la circulation dans
cette paruc du corps 6c enfemb!e
les fecrétions naturelles qui s'y font
trop effentielles à l'entretien de l'in-
dtvidu~ pour ne pas s'empreRer de
~es rétablir toutes tes ~bis qu'el~
paroîtront dérangées. L~tïct du baift
~ticde écaie le raifonnement théorique
que je viens d'établir d'après le~
principes de ~Eco~e, & raa:icm op-
pofée des tifânes fudorifiques dont
malade avoic ufé infru<~u~u~ment
âne contribue pas peu a~éc~ircif.I~è
bain de ~able, q~e l'on avoit preP-
<crit., étoic d~auraAt~m'oins iàd~qué,
qu'il auroit augmeMe la ~echer~C~
des nerfs réticutaire~; & la raré~c"
tion du fang q~'H auroit provoquée
Men-lotn de rétaMi~les (ecrétions eu*
taaées auroit formé de nouveaux
embarras dans ~e tiiïu de la peau.
Les idées curatives que je propo~
tci. d'après ~expérience apprendront
aux peribnacs Sujettes aux vapeurs p
qui éprouvent dans les di~érentes par?-
ties du corps les effets de ce iyinpto-
tne, a ne point recourir aux reme-f
des échau~ans pour récablir la cha-
leur dans les parties ou elle leur pa-e-
Toît éteinte. Celles qui éprouvent ce
Sentiment de froid au cerveau, fe
couvrent ~"prodigieusement ia jEece f
quelles eceignenr~ pour ainjfi dire;
la circulation des liqueurs dans les
tegumens du crâne par le poids des
couvertures & bien loin de ie gué-
rir. par4a de leur incommodité, elles
en augmentent la caufe & les ~ym-
~:omes.{D'autres éprouvent le même
itreid à la région de l'eHomac & ne
~e cpnMncant pas encore de le cou-
vrir oucre mefûTe,; elles ont recours
aux boiNons les plus chaudes &. les
plus fpiritueu&s, dans la. vue de ré-
chauner ce viscère, qui leur parole
dirent-elles, ne devoir plus faire fes
tondions. Pour ce qui regarde le froid.
des mains & des pieds, qui eft cou-
vent: habituel à beaucoup d'autres
on adopte volontiers les :moyens que
chacun ~e procure pour y remédier,
pourvu toutefois qu'ils foient d'une
.nature a ne point dcj(ïecher davanta-
ge les extrémités du corps ni trop
incendier la malle des liquides. Le
pédiluve chaud iera toujours le pré-
féré, puisqu'il eft le ~eul capable
d'aHbuplir les vaiffeaux, & de réta-
blir par ce moyen la chaleur natu-
MÎle dans les parties éloignées du
cœur, en y réhabituant la circulation
du fang & des elprics.

j~ppR~o~v ror~Lp
des urines <~ des /<?~ dans

/2~
une ~zÏ~ des ~~pe~r~

T~ER soNNE n'ignore que les éva-


JL cuadons natureHes
ne ibient: fu~.
cepcibles de beaucoup de dérange-
mens auniles voie. on devenir très-
~buvenc la caufe de plufieurs mala-
dies3 &: retîec de bien d'aucras que
ïa pratique nous fournit tous les jour?.
Les PhyfiologiAes n'ignorent: pasauni
que ces évacuadons ionc fi analogues
entr'elles qu'elles fe preccnc quelque-
Ibis mutuellement: la main, au gré
de la nacure~ toujours indu~rieufe
pour l'entretien de fon individu. C'e(t
ainfi que l'on a vu, & plus d'uné fois,
les urines fe fupprimer, & paiïer par
tes voyes des fueurs, &. celles-ci a ieuc
Mur pan~r par !es voies des urines 5e
aindde~ autres (~) Mais a t-on jamais
obfervé que les évacuations fefupprt-
maHent toutes a la fois fans encraîner
avec elles la dcârudioh de la machine ?
Un en~et aufn nouveau qu'extraor-
dinaire étoif refervé ~ns doute a l'hyf-
téricité. La nature jfs joue tetlement:
dans cette maladie qu'on ne doic
jamais être {urpris de ce qu'elte onre
de bizarre & de merveilleux. Quel
qu'en foit cependant le caprice, dans
le cas que je vais rapporter, il ~erx
toujours vrai de dire qu'un fymptomer
de cet~e efpece ne pouvoit être produit
que par la: iecheren~c extrême du fang

(~) M. Gignous Médecin Valence en~


Agénois raconte qu'une femme re~a fepc
dns fans aller à la felle ni uriner mais les
fueurs fuppléoienc tellement a ces deux év&-
cuations j qu elles revenoient au gré de 1&
nature Se porcoienc avec elles l'odeur de&
excrémens. EUe guërif contre toute at-
3
tence, 8~: fans remedes. Les couloirs de
~urine &: des felles s'ouvrirent d~eux-mê-
~es §c les fueurs ceu~renc totalement.
Voyez le Journ. de Médec. mois de Juia
ï7~.p. ~10.
& des autres humeurs. Sécherene eHen-
tielle a cette maladie, & qui entraîne
ordinairement après elle celle des fbli-
des fource féconde de tant d'infirmi-
tés, ce l'unique objet du Médecin dans
le traitement des maladies hystériques.
Louile Bourbonne âgée de dix-
huit ans, d'un tempérament bilieux
& très-ardent, ~ut anaquée dans le
mois d'Août de l'année l'y~, à l'arri-
vée de fes regles d'une colique hyAé-
rique & convulfive. Le fang menj~ruei
n'ayant pu pénétrer a travers les
vaiffeaux de la matrice y forma des
engorgemens & procura à la malade
une tenfion douloureufe au ventre
accompagnée de fuffocation, & d'au-
tres Symptômes hyitériques ordinaires.
Elle fut baignée plufieurs fois au
bras & au pied fans aucun foulage-
ment. Il furvint une inlomnie la
malade perdit l'appétic de forte
qu'elle re~a fort long temps fans
prendre aucun aliment elle maigrit
ëc donna lieu de craindre pour fa
vie car au retour périodique de fes
mois il furvint des crachemens de
iang & des vomniemens tres-conhde-*
rables, joints à des accidens hyâéri-
ques fi violens, que l'on les prenoit
pour des vapeurs épilepriques. Elle
re~a plufieurs mois dans cet état, foit
qu'on crût que fon mal fût trop re-
belle, ou qu'eue éblgnâc elle-même
tout fecours par fon opiniâtreté.
Huit mois s'ecouîerenc ainfi dans
cette alternative de chûces & de rechu-
tes fon ventre fut toujours tendu la
funbcation devint continuelle ainfi
que tous les autres accidens. A tous
ces dinferens fymptomes il s'en joignait
un autre extraordinaire qui réveilla
enfin l'indolence des perfbnnes, aux
Ibins desquelles elle avoit été connée
ce fut une (uppreuiton totale des urines
des felles je fus alors appelle pour
y remédier.
J'examinai la choie avec attention
~c avec toute la vigilance qu'exigeons
Ï,â fingularicé du cas. On fonda la ma-
lade piufieurs fois, fans qu'on trouvât
jamais une goutte d'urine dans la
veuie & ce ne fut qu'après des épreu-
ves multipliées & faites fous mes yeux,
Que je commençai à reconnoître la
vérité. Ce fymptome unique dans
fon efpece me parut provenir de la
~echerene du fang d'cù il ne fe
féparoit point d'urine. La fupprcmon
des felles ne me furprit pas tant, puif-
qu'on a vu des perfonnes qui avoient
€cé très-long-temps con~ipées (<:).

(a) Dans le Journal de Médecine du mois


d~Avril 1754., il eft fait mention d~un homme
qui a été deux ans fans venir à la felle. Je
connois un vaporeux invëréré qui ne va à
la felle que de trois en trois mois. La caufe
de cette indisposition, me paroh devoir être
attribuée à la fëcheretle extrême des en-
trailles 8& a cette chaleur brûlante qui
confume la plus grande partie des excré-
mens. J'ai prefcrit en conféquence l'eau de
poulet, les bains tiedes & les fomentations
&oides. Un Médecin de nom prétend au
contraire que le vice e~ organique Se qu~l
gît dans une dilatation du boyau t'o~on, au
deffous de laquelle il y a étranglement~ &
c'eft en conféquence qu'il a prefcrit des fric-
tions feches ou avec des onguens, fur le
ventre, dont le malade a ufé pendant un
an mais fans fuccés d~où je conclus que
fi la caufe fuppofée par ce Médecin avoic
lieu il faudroic que le féjour des excré-
mens dans les entrailles produisît les plus
Les veilles & le peu de nourriture
que prenoit la malade, ayant beau-
coup contribué à deffécher le fang
& ïés autres humeurs, je crus que je
Pavois d'autre remède à lui pretcrirc
que les bains tiedes. Ëlle les prit un
mois de fuite, au bout duquel elle
rendit dans l'eau une quantité d'ex-
crémens très-fétides~ avec des vers
&~ des grumeaux de fsng mais ians
tïtine. Elle continua de faire ufage des
Mêmes bains pendant deux mois en-
tiers, fans eSet. Pendant cec efpace
de temps elle prit deux lavemens par
jour, fans en rendre aucun. Sa boi~oQ
~ut toujours composée d'eau de poulet;
<~îe fit ufage de plufieurs apozemes
Ïsxati~ & ya~ratchif~ans, de potions
buileufes, & ne fe nourrie que d'aii.
mens les plus hume~ans.

tfuels fymptomes de la paIRon iliaque. J'ai


ptis la Itberté de repré~nter à cet Oracle
M fauffeté de fa caufe fuppofëe ëtaMie
fur mes pnncipes 8~ fur l'infuffifance de
fes fricHons mais on fait anez que les
reprëfeûfâtions font inutiles quand cer-
tasis Medecms ont une fois p~onoM~
Comme on étoit alors en 4te~ je
m'imaginai que la tranfpiration natu"
relie n-iettoit obftacle à l'écoulement
des urines, puifquxelle emportoic le
peu d'humide que je faifbis pénécrer
dans le fang. Combattu dans mes idées
fur l'explication d'un phénomene fi
extraordinaire, je fis appeUer tous mes
Confrères qui d'abord douterent beau-
coup de la vérité de cette hiûoire il
jfaHuc en venir aux preuves. La fille
fuc gardée à vue & enfuite enfermée
a clef dans une chambre qui n'avoic
point d'iiïue on lui donna à boire
& a manger pendant huit jours au
bout defquels il fallut avouer qu'elle
n'avoit fait aucune ~bncHon. La réalité
du fait ne pouvant plus être ConteHée,
on fut d'avis de continuer les bains.
Mais comme les chaleurs de l'été
devenoient toujours plus rbrtes, la
tranfpiration & la iueur mettoient
continuellement oMade à re~cacité
du remede. J'y Suppléai par le bain
~oid, pour augmenter la réditance
du côté de la peau & obliger le
&ng & ie décharger fut les reins.
Celui-ci opéra pour lors la fille éva-
cua de nouveau & elle urina. Je lui
fis continuer ce remedependancdeux
mois entiers reftant dix heures par
jour dans l'eau oc pour la rendre
p.lus froide, on y jettoir de tems en
tems des morceau~ de glace ce qui
augmencoic alors l'évacuation de l'u-
fine & en diminuoic l'ardeur. Par
ce moyen j'eus la ~acis~a<~ion de voir
rétablir les tonciions de cette 611e. La.
~aéri(bn graduée ~&:lcs circon~ances
qui l'ont accompagnée m\mc en-
core plus aSuré de la, vérice.de ce
donc j'avois écé témoin. Pour expli-
quer l'avion du bain, dans les cas
ct-de~Tus rapportés, nous rappellerons
fes e~ecs, qui font de déccndre
tTaSouplir a d'hume~er les folide~
deileché~ & racornis, de condenfer
les liqueurs trop raré6ées, d'en dif~
foudre les fels & d'en corriger l'a-
crimonie qui y domine en leur
reftituant le véhicule dont elles font
dépourvues. C'eA de cette ~açon qu'il
opere, &. qu'il guérit les maladies aux-
quelles il eH appropriée des qu'il eâ.
diamétralement oppole aux différenteS
caufes qui les produifent. Ce remède
employé de cette ~açon c'eâ-a-dife,
tiède pu agréablement froid fera
fans contredit le plus grand humée".
tant connu non-feulement pour le
relâchement & le ramolliiTemenc d~s
tégumens qu'il procure mais encore
par la quanrité de vehicul'es aqueux
qu'il fournit à la maHe du fang.
La ~brcc avec laquelle Feau ~inÏt-
nue dans les pores eâ immense, les
Phy~ciens n'en connoijSenc pas encore
les limices les particules de ce fluide
pénétrent dans les pores des tés'a-
mens dans leur tiSu le plus terrée
}utques dans les glandes elles ça
écartent les fibres les unes des autres~
avec la même force qu'elles ~ndcM
les rochers. Le cinu des parties abre'a-
vées cédant en tout ~ns te ramol-
lie au lieu de ~e fendre l'eau pe-
nétre ain~ dans les vaiueaux & les
membranes & paiïe a travers tous
les obftacles l'eau attaque par cet-
te voie le vice des fblides & des
Smdes jufques dans les derniers re"
coins, ou eue ne pourroit aDorctcr pac
ïa voie de la circulation, lorsqu'il y
aL des obArucHons.
C'e~ ainft que la iecherc~s extrê~
~nedes membranes & desner~s cede~.
fâ à ration de ce puiSant jfpéciâ'-
que. Les vaïSe~u~ captilaires dont
te caUbre @~ teHemenc j'écreci que la.
€ircu!~îion y eâintercepcée~ devenue
~bupÏes céderont ~i~emenc à rin~<-
puïfion des âmde§ qm y abordent s
tes ~ecpenons, anp~pavaM iupprimées
par i'ob~rn~ton, ou pour naneux dire
par robUKeranoo de fes canaux, fe ré~-
tabliroM en même ten~s & les Huides
que la dendte ~épa~âement; la.
iechereâe & l'acrimonie rendenc im-
propres à circuler~ reprenant leurve..
hicule, concribueront à leur tour au
recabliuetnenc gênera! de la machine.
Tant de merveilleux eSetS Vérone
dûs à Fanion puiuante du bain tiède
<5c le plus fouvent encore à celle du
bain froid &: ce fera par le degré
de chaleur &. de rarefac~on interne
que nous mesurerons le degré de tié-
deur ou de 6:oidurc de re~u que cous
y oppoibns.
On conçoit aiiemeni que dass
cas oH la raréfecMon de~ liqueurs eQ:
~xcrêmc & le racorni~etnent de~
nerfs porce a ton plus haut degré,
on ne pourra parvenu* la décea~e
des ~blides tâîns qu~u préalable
yareM-ion des liqueurs Be I(MC ~t'-
~-fa~ appâte c~ que l'on ne potï~-
jra ~n~is ob~mf que par le M~
froid. Auiii verrons-nous en pareil ca,<s
tiédit l'eau par le ~eul e~ct de çet~s
chaleur interne, qui fe communique!~
reau du bain par le ~ul c~nta~
immédiat de l'eau ~r tou~ l'habit-
de du corps &: nou$ ~rons alprs ~f-
ces de rcnouveller cette ~foidurc
l'eau, pour absorber cet excès d~ <~r
leur~&: pour nous prQCUMr reStcac~
que nous cherchons dans la tem~
sure du fang & des autres humeur
On voit par les raisons cont~iï~
combien ferait ici nuitible le ~i~
chaud, puisque par ~n a~-ionle~ang
ieraréne la transpiration augmente~
la graiffe de Fh~bitude du corps &
tiqueté,J &: tranipire par la peau j,
dont les pores ~a.c alors ~r~s-dil~e~
le fang devient toujours plus a!ka.<
lefcent & ~bn tinu fc défunit. Auni
le reconnoi(îbns-nous, en pareil cas
comme très-nuinble, & entiéremenc
oppofé a nos vues.
Ce que le bain tiède entier 6c !e
bain froid operent par rapport à tout
le corps, le bain particulier l'opé-
rera dans les parties baignées c~cit-
à-dire, que fi la raréfad:ion du fang
eAplus grande dans une des parties
du corps, on l'attaquera toujours erH-
cacement avec le même remede & on
calmera par ce moyen les iymptomes
qui ~en dépendent. La fomentation
'froide appliquée fur le ventre étein-
dra les ardeurs brûlantes des entrail-
'les, en appaifaht la raréfaction du
-fang, preué dans ces parties, & gê<
né dans fa circulation. Si au contraire
le cerveau fouffre par cette même
caufe Feau froide appliquée fur
la tête en étouffera les premieres
étincelles & remédiera elle feule au
plus affreux détordre d'un incendie
général. Si enfin la vîteffe & la fbu-
guc impétueule du fang anaquenc la
poKrms
'jDbîcrine, ou l'une des;trois cavités, <?
qu'il faille promptement en détourner
lé cours le pédiluve froid nous pro-
curera dansces circon~ances une ré-
vul~on promp!:e&: Salutaire, qui en
détournant le coup éloignera le danger!.
Ce feront toujours là les armes avec
lefquelles nous dompterons ce montre
protéifbrme~~bus la figure duquei
<ona voulu dépeindre cette efpeçe de
maladie que nous connoiHons fous
le nom de vapeurs. La variété de fes
couleurs, comparées par Sydenham à
celles du caméléon trouvera fon an-
tidote dans runi~brmité & la implici-
te du remède que je lui oppose:
quoiqu'il parpiHe très-fou vent invinci-
ble la confiance du Médecin n'en
triomphera pas moins & fa dé~aice
~era d'autant plus glorieufe qu'elle
fut toujours l'écueil des premiers M~
~resderArc.
J~J~F~F ~P~PFJC~~ a

"jr A fievre a laquelle les femmes &:


JL~ les Elles hyâériques font plus ou
moins fu jettes, fera du même câmc~-
tere que celle que les Médecins appel-
tétic non- humorale, c'cA a-dire, qui
s'e~ point produire par la présence
r't
& une matière iebriie, mais par le r <
t ieul
vice du genre nerveux qui con~e
dans un ébranlement général & une
trop grande tenfion de fes fibres
d'où. il s'enfuit une augmentation
considérable de force dans le cceur
les artères &: les veines.
Pour concevoir comment ce feu~
vice peut produire la ncvre~ nous
dirons avec M. Fizes (4), que lors-
que le genre nerveux fouffrira de vio-
lentes iecounes, tout le iyAéme des
nerfs fera ébranlé i le fluide nerveux
fera déierm'iné par ces fecouffes vio-
lentes &. inaccoutumées à fe porter

(<!) Voyez le Traité des lèvres de M. Fizes.


tiîu$ abondamment vers les pâmes
auxquelles ces nerts aboucinenc. Tou-
tes les nbres feront donc alors plus
dUlendues qu'~ l'ordinaire ~fuE-rout
ceUes qui jtbnj: dans un mouvement
'continuel, puisque le fluide nerveux
trouvera des routes plus frayée~ de
ceeôcé-1~ amnies ~lides, fur-touE
~e coeur & les a.fcer6s dont les bact:e*-
.mens ne difcontinuent point, àgironE
avec plus de force; le fang en fera
agitjé avec plus de violence, & par-là
il éprouvera une raréfaction qui du&-
tendra cous ks organes & augn~n-
tera leur reiÏbrt. Cette force ira cou-
jours en croisant par l~acEioQ f~ciprOf-
que des bolides jfur les Guides, ce des
fluides fur les Mdes.Le fangjfei-adjonc
poufîe avec plus de yiteHe par le coeur
dans les vaiSeaux ëc par les parois
,de ces vaiffeaux dans le cœur delàJ~
fréquence des'concracHons du coeur
~c conléqucmnaenc ceUe.du pouls.
De plus, le ~ng raré&é par cects
grande agitation ne coulera qu~avec
peine dans les vailïeaux capillaires;
pluneurs même de ces vaineauxtrop
~eiierres par les contracuons Ipafmodi-
ques, qui leur font habituelles ne
transmettront que fort peu ou point
-de Sang, randis que les autres lui laif-
feront un panage libre. Et ce fera en-
core 1~ une autre cauic de latfréquence
du pouls & des contrarions violentes
du .coeur: ce qui conAituera les deux
conditions requifes pour la fievre
qui font., felon le même Auteur une
augmentation de vîfeile dans le pouls
avec une lenon des fondions conitanie
& notable.
Suivant cette théorie, le tempéra-
ment vaporeux eH. fans contredit le
plus propre nous montrer cette
efpece de nevre, puifque la tenfion
fpafmodique des nerfs & la raréfac-
tion des liquides ~bni propres à cette
conAitucion. La cure de cette fievre
différera donc de celle de rhumorale.
Ce ne fera point par les j~urgatils &:
autres remèdes alcérans que nous ea
attaquerons la caufe, puifqu'elle rende
ailleurs que dans le vice des humeurs,;
ce fera au contraire fur le genre ner-
ycux ur~ilie irrité & violemmenc
ébranlé, que nous porterons nos vues
&nos remèdes: & en appai~ant ainS
la raréraction des liquides, nous raiera
tirons le mouvement de la circulation,
& cohféqucmmenc la vitefïe du pouls.
Les obfervations pratiques que jet
pourrois rapporter, font toutes dédui."
tes des idées de rAuccur que je citet
& prouvent évidemmens l'exigence de
la cau~e qu'il anigne je. me concen-'
terai d'en citer un exemple.
M~c. de Sainc-J.oeurs, Pfétendante
chez les Dames earméli tes, âgée de
dix-huit ans, d'un tempérament bi-~
lieux, Sanguin jtrés-ardenc, ~ue:
attaquée d'UReInevrë des plus aiguës~
avec toux oppreuion & un. légep Ï
crachemenc de iang.?Elle fut faignée:
& relaignée eri eonÏequence on preC-
crivit les tiianes les~plus ratraichi~
tantes les ému!&MM & ptupeurs
lavemens & ces ~mpcomes s'éva- <
nouirent. La nevre fubil~oi~ néas~
moins depuis plus de trois fcmames
lorfque je fus consulté la pea~étoic
aride & écailleufe, la langue &Ehe,
l'u~mm& habicuelle; ce qui déno~
toit une enervelcencc des plus con~-
dejEabIes. Les evanouiHemens vapo-
reux âirvinrenc ensuite; les coliques,
les borBorigmes~ le ~pa~me de la veuic
& des reins tes urines ciaircs, lim-
pides j, le déran 9 ement des re~Ies~
cirent au~i de la pafde: cequi déclara.
ipar~icement ra~e~dh-hy~erique.
Je ~u~Hituài d~abord au premier
traitement la tisane de poulet & les
fomentations emollienres dont la
malade reçut quelque Jfbu lacement
tBàis réredime des &eris & la Taré-
~at~icm~ des liqueurs écoient portes a.&
un ~,haut degre~ qu'il falloir recou-
~r aux plus puij[Ïansremèdes. Le
baitifeuipoUvoic opérer cet e~et. L~ v
malade de de~rcfit ardemment
elle reHentoit~ j., di~bi~elie
cac
intérieu-!
jremënt les ardeurs d'une cnaleur bru"
l~Bre, qui invitM't~ ~ture a deman-
der cUc~même ce remède. BUe yea-
tM &vec plaiftr & y rc~a pendant
~eux mois, fix heures par jour con-

~nombre y
en
sécutives. L'ih iomaië ce~a pour lors
~e pouls dont lés pûlifations étoiéNC
-nom de cem Ken~8 dansdans r(Jf-t:
1'~
pace d'une minute, revint enfuice par
degrés a celui de quàcre-vingc-dix,
qui fbrmoic ton écac naturel chez cette
Demôifelle; lapeau devint foupteoe
Jnurnide les régies ~e récâbUrencea
n~me fends que les urines eUes en-
tràînéfenc avec elles une quandcépre-
digieute de fâBles ~c de graviers
donc les reins ~voient éié charges p~r
Ïe rétreciiÏemenc de leurs couloirs.?
là malade rcpricen~n~ première
~a.nté, dohcelle}ouic aujourd'hui dans
Un ccât bicd oppoie & celui qu'elle
~vbit voulu ci-dêva-ntèmbraHe~
0~ rroùve ici l*e~plicanpa~ de Ï~.
Séquence du pou~j; -qui caraûérij{o
}ë pouls vaporeux &
on comprend
a.uS pourquoi ce même pouls ~c coR-<
cca':rë li ibuvënf pour fe deyelop-
p~ ëniuite altcrnativëmënc dans les
paroxiîmes hyAenqùe~. Les picilla.-
tîons irregùlieres des àrcére~ <5c dm
cœur p~oduicës par les mouvemens
fpâfmôdiques des ner~/& par rirré-
~ularicé du cours, des efpfits animau~
~h iohc la cauïë évidence.
~e~cadce du .bain tiède daa~
cette efpece de fievre eft connue~ jQ
pen~e de tous les Médecins & s'ils
ne mettent pas plus fbuvent ce reme"
de en pratique, c'eA ians doute par
les dURcultés qu'ils rencontrenc dans
Ibn adminiAratibn. Car ignorerpienc-
ils qu*Htppocrate lui-même emplo-
oit ce remède dans ïa Hevre qui
Kë prôyenoïc, dit~il,ni de la bile
tti du phlegme, niais de quelque
autre càu~e (~) f Celte prppo~e le bain
tiède dans la nevre éphémère même
dans le décim des autres~ loriqu'elle~
tecônnpiHent des çaufes chaudes &
que îes malades Ïbnc~ d'un tempéra,~
tnenr chaud &' ieq (~. v
Alexandre de TraHes ayoït: telle-.
ïïient accrédité ce remède dans la,
cure 'de ces forces ds Ëevres j, que!.
les malades y alloiënt: d'eux mêmes

ce ~Yant Auteur
j~~c~ïf ~~rM/ ~f~~M no~
~i~
de jfontem~psJt Suivant le rapport de
o~

c~?6~7zf ~y~?~/M~~ yc~


(a) Hipp. lib.epîde~. Se encôfe dû
morb. lib. t
de dfasta j lib.
(~) Celte Meth..medL lib. 8~ cap.
Hb. < cap.
<e ~n/Mcr~c ad ~eMM ~o-
j~ïfMr t~M~M ~fMM CM<x-
dam c~o~ optimum ~r~c~'MM~K/Me rc*'
~~f~~f~ ~~crM/
Tï~~t~Mc corpus recrementis vacuum
neque ~~fAo/M/ ~f ~~o/ o~~<o-
~u~y~ M~~fM~ ~Mer/f M~
7~~ ~M~~yïfMr (a).
GaUen ne connoif-
~oic pas d'aucres fpéci6ques dans
ilevrë etiqùe ( qui eH la même que
celle dont il eA ici quej~ion ) que le
bain tiede qu'il termine par le bain
légèrement froid J~ A~c~ ~<?
/6~r~H~ ~Ho~ rc/~e~
<'<ï~es /o~i ~o~ e/? fed ~<B (b).t
L'Andqui~é connôiHbic donc les
avantages de ce remède par le grand
uiage qu'elle en ~aifbit. Qu'on Ule r
tous les anciens Médecins, &. onverr~
cette pratique généralement approu-
vée~ puisqu'ils en étendoient l'usage
fur toutes les nevres, dans leur déclin.
Le même Oracle déjà cité qui exer-
~oit fa proireuion dans un climat chaud

(<z)Alexand. lib n' cap. i.


(~)
~J Ga~eR. Meth. med. ~à~:
vaae~. ,U.Let Ub. IQ ~p, ~a;
10 cap. i9<
~c~eC), & par conséquent: égal au neu-
tre: y ne dêdaignôt pas de s'enfervir
<Ïa~s la cure des nevres tierces, puif-
qu'il nous die jE~~f~ co~o~~j~/ï~
<~M~/zf~ fune, ~M/M/F/~p~~
n~Z d~~M~~ (à). Atexandrc
$*eip'rime encore avec plus d~ënergic

~r~
c~r M ajoute;i F~/ïcMM
~0
~<E~<?~M/7t
/~<ï~~
~'<'c?~c f~~<?y-c/ï~~r~j~~
/76'~t~
~z/t cre~r~ MM ~y~cr~ ~on/M~-
~/ïf necnon <'o~o o/M/ïo c~ye<
~z: c/?~ ~e~ M~ ~'c'/f~~ Kr~ct
~ï~ ~~co~M/te~ ~rc con~~f. ~M~
~IMB ~r~M~ bile ~(zr~Jc' ~~M~~
f~rc ~Mfr~r~f~~ ~BMr~M~ ~~M~
(b)~
reuc-oh trou ver p lus decon~rnme'
entre la pi-anque de ces grands bom-
mes & celle donc je publie les fucces
Tanrd*autorites toutes autli ahcien-
pes que rëfpe<3:ab!es~ qui ioni la four-
ce 8e ràppui de ce traité feront ~ans
<îôure évanouir le titre odieux dé no-

(~) Galenus de arte cufând. ad Glaucos<


~.t.c&p.
(~) Alex~nd. lib. n.. cap.
V~euf, que me donnent ceux qui Is
font eux-mêmes. Autiï bien loin de
vouloir tn'éMgcr c~ MattfedcrArt~
je ~ais gloire au concrairc de me
ïïTMtrer ïè disciple de ces hôïhmes i~
ïuAres, qui ont ouvert les premiers
les routeS pénibles dans lefquelles nous
marchons, & dont nous nous trou"
vons aujourd'hui tort: égares, parce
qu'on a voulu en créer de nouvelles..
V A P Ë U R S
SrP o~o N P R l~ 6 ï7~
T)AR M ï le nombre de lettres à
JL con(ulcer que j'ai. reçues de
différentes villes' du Royaume de-
puis la publication de mon premier
€0~ fur les afïe~ions vaporeu~, i!
m'a écé permis d'en publier une 01~
les Symptômes vaporeux font détail-
~és avec d'autant plus d'exad-itude~
que le malade qui en étoit tourmente
depuis plu~eurs~ années avoit appris
par fa propre~pêrience a s'exprimer
avec energ;~ en employa:~ les termes
de l'Art. Cet~ lettre & le memoira
dont elle étoit accompagnée, ferone
fuivis de la coniultaiion que l'on me
demandoic a ce fujet. Ce qui nous
fournira des idées claires & précises
fur l'aHecHon hypocondriaque In~
le traitement qui lui convient.
Z jT 2" R
PB L~~O~C/ ~TTTJ~
M ON S ÏEU R.
Dans un voyage que je viens <Ie
ifairea MoncpeiUer, j'ai lu avec uï~
véricable iatisfa<3:ion votre ouvrage tn-
tïtu!é, JP~t~r fM~e~o~j y~crëa-
ye~~cj c~M~ ycjc'cj, Vous com-
Jbactez~ Monteur, ~es maladies ~vec
des armes fï puiSantes, & les peigner
avec des traits fi ~appans, qu'il &
jdroit: être doublement vaporeux pom
les meconnoîcre, & ne pas approN-
ver une méthode auni palpable &.<mN
éclairée que la vôcre. Les faits dont vos
judicieuses observations jfbntétayées,
ne laiHent rien à délirer & tout pra?-
ticien impartial, & ami de rhumaM-
te~ ie ~era je pente un vrai devoïT
de marcher fur vos traces. Belle lecoa
pour nos enclaves imitateurs des ora-
cles de la Médecine pour nos parn-
jfans zélés de l'ambre & du ca~or~
~pour d'autres encore plus téméfa~
res, qui ne traitent )es maladies con"
vulves qu'avec les purgatifs & les
antispasmodiques 1 Je pouerois voM
citer, Monfieur, plus d'une vi~mc
qui ont été, immolées par cette funeUe
pratique & peu s'en eft fallu que je
n'aie été moi-même de ce nombre,,
comme vous en jugerez par le mé-
moire ci-jpinc que je prends la
liberté de vous adrefîer. Je meHaccè
que par une iuite du zèle avec lequet
vous aimez à obliger, vous voudrez
bien m'honorer de vos conieils dans
la conduite que je dois tenir pour me
tirer de l'état de langueur dans lequel
je tui,s depuis long-tems. J'attends
cette marque de vos bontés~ <5cvous
prie d'être bien perfuadé qu'on ne
peut rien ajouter a la refpe<3:ueufe con-
~dération avec laquelle je ~uis, <Sec.

LA RoqUETTE.

A Brean ï~ ï~ Aoûc t7~o,


~J~07R~ co~~rj~
t~/z~ ~<?~
~r~ ÂypccoTZ~rz~~z~

Je fuis ~ge de trente-huit ans, d'u~


tempérament maigre &: ~ec & ~o~
meiajnpholique. J'ai jout d'une tre~-
~pnnc fanté jufqu'a Fage de ving~.
cinq ans, auquet tetnsj'at Fe~enci que~1
ques légers maux de t6ce ëc de jEre-
quens aiïoupidemens, que des cos~
tendons d'efpric des plus oucfées co~
procurerenc. Mon Médecin me 6c Ïaa-
gner au pied, & vingt-quatre Beure~
après il me fit prendre remédquc d~
fous dans un pot d'eau pour en j~an~
plufieurs verres. Le premier me~
vomir mais le fecond, paSa dans
entraiUes &. me purgea avec irrita-
tion, ce qui augmenta coB~~efa~
tnenc mes douleurs.
Quelques jours après je reHent~
dans re~omac une chaleur extrême
accompagnée de cuiH~ns très-conM~"
râblés, & !a fievre ne tarda pas a Ï9
déclarer. Pour prévenir les fuites
jehenïes de cet accident je fus &ign~
trois fois. Mes urines devinrent clài*-
res comme deFeau, mon ventre fe
boucha entièrement je fus attaqué en
même tems de ferremens d'étour-
démens convulufs, & des hémorroïdes
externes. Il me prit des battemens
dans le bas-ventre & dans les oreilles,
qui ifubMenc encore mais que je ne
reffens que quand je fuis couché.
Pour me cirer de cet état fâcheux,
on me ne prendre une douzaine de
bains dome~iques, avec des bouillons
apéritifs de toutes les espèces, le petit
lait clarifié, avec la fumeterre des
opiats apéritifs & fondans, des :~o-
machiques des amers, le camphre,
& la teinture de caâor. On me mie
enfuite au laie de vache, pour toute
nourriture; &je dois vous faire re.
marquer que le lait me con~ipe, m~P
~bupic, & me caufe des engoùrdiUe-'
mens dans toute la machine.
Il feroit inutile de faire ~énumera-
tion des différens remèdes donc on
m'a abreuvé; je dirai feulementque
malgré ma constance &: mon exacti~
mde ils ont toujours été in~ru~ueu~.
Comme
Comme il y a près d'un an que je
n'en fais aucun je vais vous rapporter
mon état pfélenc qui eft peu diffé-
:ï'enc du pane, Se vous mettre à même
de juger combien tous ces remedes
étoient peu convenables à mon mal.
Mon appétit eft afîez bon mais
je ~ens a la fin de chaque repas une
barre a la région ombilicale avec
des battemens qui montent juiqu'~
reAomac. Si je n'ai pas cette barre, on
pour mieux dire, cet état ipafmodi~-
que, ma tête s'embarrane il me prend
alors des froids convulfifs les nauiees
& la migraine s'eniuivenE voila Fécac
alternatif dans lequel je me trouve
journellement. Ce même tracas m'ar-
rive à la diâribudon d~un feu! mor-
ceau de pain comme à celle d'un
dîner entier. Mon fommeil e~ très-
profond mais le matin à mon lever
je fuis engourdi & je me fens le
corps tout: brifé. Je fuis fi conAipé~
que je ne vais à la garde-robe que
de quatre en quatre jours, après quoi
il me rej[te une roideur dans les en-
trailles~ ou un goa~emenc dans les
~aincaux hémorroidaux. Si par ha~ar<t
je n'éprouve ni Fun ni l'autre de ces
Symptômes ma tête s'embarrafîe, &
la migraine s'enfuit ma douleur eft
toujours fixe à la temple droite.
Mon régime eft des plus exa~s;
car fi je m'avise de manger quelque
chote de trop falé j'ai alors les en-
:trailles crifpées~ ma tête s'embarraney
~c je mouche du fang. Pour peu que
.jje m'approche du ~eu mon ventre fe
tend. Je fuis très- fenfible au froid. On
peut lever tout foupçon fur le virus
verolique. Depuis la levure de votre
ouvrage je me fuis interdit le vin, les
liqueurs & le cane, dont j'ai toujours
fait ufage avec excès. Je ne bois plus
que de l'eau, & je ne vous dinimulerai
pas que je m'en trouve mieux, puisque
mes migraines font moins tréquences. `
~o~~E/~y~r;o~.
Les fymptomes énonces dans fe
mémoire qui nous a écé présenté y
cara~éri~enc parfaitement l'anfe<3:ion
vaporeuse invétérée. Les contentions
d'ei~ric auxquelles le malade s'e~livrc
<âe fort bonne heure les remedes
&:
chauds dont il a fait ufage, ont agi.
de concert pour porter la maladie à
fon plus haut degré c~-a-dire que
Ïa diuipation extrême des efprics am-
maux, &: les évacuations con~déra-
blés que l'on a excitées par les éva-
cuans, ont extrêmement appauvri la
maue des liquides; ceux-ci devenus
épais & gromers~ n'ont pu fournir
aux différentes Iccréfions les folides
en ont fouffert par ~échere~e & le ra.-
corniuemenc en a été la fuite ce qui
con~itue a~ucllement la caufe eHen.-
tielle que nous avons a combattre.
Cette maladie quoique curable
yen Hera long-cems à l'effet des re-
mèdes les plus appropriés, attendu
les fautes groffieres que Fon a déjà
commîtes dans le premier traitement..
Des purgatifs fans nombre des émé-
tiques, des ftomachiques des plus
chauds des apéritifs, des diurétiques~
& des antifpafmofdiques on jette un
fi grand trouble dans la machine, en
agaçant les nerfs, & en dejuéchant le$
fluides que ce ne fera que par le lon~
uiage des remedes oppofés que l'o~
viendra à bout de détruire le vice.
Les indications que nous avons 3t
remplir font de rétablir les digérions,
en appai~anc leur fougue; de délayer la
maQe des liquides, en reflituant leur
véhicule & de corriger le vice du gen-
ie nerveux, en rendant la ~upleHe qui
lui manque pour exercer librement les
fondions de l'efprit & du corps.
Pour nous procurer ces effets on
eft d'avis que le malade fe mette in-
ceSamment à Fumage de la tifane de
poulet dont il fera fa boiffon ordi-
naire pendant un mois entier. Cette
tifane fera faite avec un jeune poulet
de la groffeur d'une cai!le que l'on
fera bouillir pendant demi-heure dans
~ix pois d'eau après l'avoir écorché en
vie & éventré. On coulera enfune fans
expreffion pour en faire- une tifane
à laquelle on pourra ajouter un petic
morceau de citron, pour Faromatiler
tant foit peu.
Après l'uiage de cette tifane au-
quel on ajoutera plufieurs lavemens
d'ea.u commune amplement dégou?-
die, on paucra a celui des bains do-
mefUques tiedes & prefque froids,
dans lequel le malade refera, s'ileA
pouible, deux ou trois heures confé-
cutives au fortir du bain il fe cou-
chera dans ~bn lie fans l'avoir fait
chauffer, & H avalera enfuite un bouit-
ion rafraîchiuanc qui fera fait avec
quatre onces de coi d'agneau~ les.
cuines de crois grenouilles, le cœuc
d'une laitue, & une pincée de chico-
rée amere de jardin. L'eau feule fera
pour lors fa boiffon ordinaire.
Apres avoir pris trente ou quarante
bains domeIUques & autant de bouil-
Ions farraichiua.ns on panera à rufag~
des eaux miné raies d'Yeufec, que ron
prendra pendant neuf jours, à ta do~e
de deux pots, fous les matins à j~eûn
~ans addition d'aucun fel purgatif, ëc
~ans les faire tiédir; après quoi on
prendra le petit lait clarifié, & pac
préférence le diAillé. On pourra reve-
nir alternativement à l'ufage des reme-
des ci-deffus prétérits, en nous donnant
avis de leur enet & de l'état ou fs
trouvera pour lors, le malade.
w ~&
T vv
On interdit ta Baignée, les purga-"
tifs, tout comme le vin tes liqueurs
~c le cane. On exhorte le malade
cvtter toute contention d'efprit, (ans
quoi les remèdes neproduifOient au-
~un enet. On lui cônfeille de monter
chëva! de tems eh tems de le pro-~
~cnerjôufneliemenc à pied ou en
"pôitufe, & de iréquenter les compa-
gnies pour fe diniper, oë divertir de
jfbn esprit les idées fâcheuses que ~bn
étac lui procure.
Ses alimens doivent être doux
Jb~më~ans, te!s que les viandes ~aï-
<:hé~, la volaille, le mouton le veau~
Ï*~neàu & le poUïon bouiHi, ou fris
gras. Sa boinon ~era cdnâammenE
~el~eau pure de fontaine ou de rivic-
ye~ & encore mieux t*eau de citerne
ou d~ pipie. Il en boira copieufemenc
fes fèpas~ &: pMeurs ~)is dans la
tournée, ~ur-cout lé matin jeun. Oa
j~Êatce qu'il ~eratcrupuleutemenc exa<~
st cuivre ce régime. C'eÊ a ces condt*
~tons que l*on répond delacure.
D~libër~ à Ades~ le Août 7
Ï'~MME 6ls, Méd.
.Noire malade me il enchante des
nouvelles vues que je venois de lui
j[uggérer fur fon état qu'il m'en té-
moigna fur le champ toute fa recon-
noiffance par une féconde lettre, en
m'auurant qu'il alloit commencer avec
d'autant plus d'empreffement l'ufage
des remedes que je lui prefcrivois
qu'il écoic coût-à-fait convaincu de
teure~Rcacité. Il, ulalemfmejour de
la tifane de poulet. Il prit enfuite les
bains domeAiques &: dans la crainte
de manquer à l'obéi~ïance qu'il m~â-
voit jurée, il refta chaque jdm' dans
feau plus de trois heures. Ces reme-
des amenèrent le calme, en nous pro-~
curanc le relâchement que nous cher"
ehions. Et les eaux d'Yeuiec qui vin-
rent enfuite balayèrent tellement les
entrailles, qu'elles pénétrèrent jufques
dans les plus petits recoins des glan-
des & des vifceres ce entraînerenc
avec elles les embarras qui s'y étoienc
j~ormés. Les évacuations durent fi mé-
nagées, que les forces du malade n'en
reçurent aucune atteinte. Mais tout ne
fut pas M la teni~ndes âbres €to~
«~
Piv
t~~t~
TTt
trop force pour céder fi aiiémenc iî
taHuc par conféquenc y revenir plu*
~ïeurs fois. Le peni l~ic di~Ulé feconda
parfaitement bien l'en~t des aurres~
remèdes, qu'U ~~uc employer de
nouveau &: après avoir gardé une
année entière ce régime le malade
repnc ia ~ncé ainfi qu'il c~ prouvé'
par la lettre fuiva.nte.,
z rr R
JpB ~fR. DB LA Rc~C/jETTE.
-M.O.'NSIBUR. =.
J'avois bien réfolu d'avoir rhonReur
de vous voir; plais les pluies~ la gelée
& les vents ont mis ob~acle a mofh
pfojer. En âtrendanc que je pui~e me
procurer ce plaisir, recevez, je vous
prie le témoignage dés vœux que
j'onre au Ciel en votre faveur au
commencement de cette nouvelle an-
née. Vous devez écre convaincu de
leur nncérité puifque vous en con*
noiffez le motif une ianté que vous;
M'avez rendue au lieu d'une maladie
~m depuis douze ou treize années.
tenoit mon corps & mon eïpnt dans
onc dépendance continuelle~ exigera
toujours la plus vive reconnoiHaace.
Je fens le bienfait coonoiâez mon
coeur, qui n'eA rien moins qu*iogmc,
& vous aurez une foiMe idée da bon-
heur que je vous fouhaite. J*ai rhon-~
neur d'être, &c.
I~A ROQUETTE.
A Breau le Janvier 17~.
La reconnoiffance de M. de la Ro-
quette étoit fi vive, qu'eHe lui iïï~pi-
Toic le deilr le ptus ardent de faire le
voyage d'Adcs. Déiivré de fes-maux,
libre dans tes avions, aimant à faire
de l'exercice parce qu~iL en connoif-
foit tout le prix pour iajtantc, il ne
put ie refuser aux preSantesMiicita-~
tions de fon cœur. H partie en enen
dès que le temps le lui permit &
arriva ici le 20 Avril fuivant. Nos
entretiens: auroient été bien inArucHis
pour qui y auroic pris parc un malade
inftruit de lui-même~ &parlesMéde-
ans qu'il avoic fi fouvent con~uirés
qui raconte des maux qu'il connoic &
<il éprouve, toujours traités, jamais
guéris mais, qui pis e~ irrités par
t~nc de remèdes contraires s'exprima
Men éner~iquemeni pour Se jfairc
~couter~ &: pour perfuader le moins'
.~teHigenc. Si couverture des cadavres
scus deeo~vfe au naturel la eau te ca-
chée de beaucoup de maladies incura"
Mes~ elle ne nous fournit pas toujours
des moyens apurés pour y remédier m
tandis que l'obier vation pratique
éclàtreë du Sambeau d'une théorie
&ttte & judicieuse, nous apprend
combattre & a les guérie
Po~rerayet toujours p!us les Idees~
caratives que cetM observation nous
~e&nce, nous authentiquerons les
~:rs dont elle eA accompagnée. Deu~
consultations d'un des plus grands
Médectns:da Royaume, que je rap-<
porcefatriei Mute entieres extraites
~M les originaux que M. de la Roquecce
m~ remis dévoileront: au monda
vaporeux ce my~ere d'incurabilité,
facile à pénétrer pour qui ne ~c refuSe
pas a l'évidence des preuves & à~
~smoti~tation. r
<
<C 0 NS ~7 Z y~ 2" 7 0 ~r
dej~b/r~ pour~r.
LA Roj~ErrE ~z/z/z~ zy~o.
Le battement: que le malade ienc
en différentes parties de la tête & du
b&s-ventre~ & les autres Symptômes
énoncés dans le mémoire éfabliSenc
une afie<3:ion mélanchoUque, dont la
caufe elt un ~ng épais fec & acri-
monieux avec trop de tenHon des
6 te Es nerveux.
L~ vte laborieute que le malade a
menée }ufqua aujourd'hui, êc les ex-
ces auxquels il s'e~ livré ont occa-
iipnné une dimpation conildérable de
ce mucilage doux qui donne la Buidit~
a la maiîe du fang & e'eû en conié-
quence de cette dintpation que le ~ang
a pris les mauvaises qualités énoncées,
& que le genre nerveux eft trop roidi.
Dans un pareil état des nûides &
du ~Hême~nerveux, le iangeA quel-
quefois gêné dans ~bn pan[a.ge à tra-
vers les tuyaux capillaires &. quelque
petite que ~bip la dimculté qu'il y a
~'y pepécier les ~lecs E@jEveux trop
rendus & roidis, en ~bnc Secoues ex"
trememenc ce qui don.ne occa~ton à
de légers ~palmes dans diHerenres par-
ties mufculaires, par confequenr à des
tirailleinens des battemens & au-
tres fentimens de cette efpece. C'eA
os' qui arrivé au malade en dmerens
endroits de ïa têce & dans les mu~-
€~es du ventre.
Cecce maladie e~t fans aucun dan-
ger pour la vie mais elle référa:
Ïong-temps aux remedes. Les'vues que'
Pbn doit avoir pour venir à bout de
Il guérira font de corriger les digeP
MOM &: de les entrecenir en boa
état, d'inciter doucement la màîïe du
iaog, de le délayer ~e de l'adoucir.
G*e~ pourquoi fans perdre de
~emps, on fera les remedes fuivans.
On commencera par une faignée au
~ras de la valeur de huit onces on
purgera le lendemain avec une once
de racine de poUpode de chêne en
décoction donc on iera deux verres,
après avoir fait infufer coute la nuit
fur les cendres chaudes deux dragmes
de ~ene de~x ~crupui~ de rhubarbe
concaHee, & une petite demi-poïgnée
de fleurs de mauve diiTolvant le ies-
demain dans le premier verre d~
colature deux onces de manne <Se
dans le fecond une once feulement.
On paffera cnfuite à l'ufage des
Veuillons, qui feront faits avec un ~cu-
ïie poulet, croîs écreviffes de rivière
une dragme de racine d'enula campa-
na, deux dragmes de racine de pivoioe
mâle une dragme & demie de ra-
cine de valériane Sauvage, & une poi-
gnée de chicorée amere de jardin.
On continuera neuf matins de fuite
fumage de ce bouillon puis on par-
fera à celui du petit lait de vache,
fait avec la prénire que l'on prendra
le matin à jeûn à la doie d~nvirom
douze onces on éteindra dans ce pe-
tit lait trois gros clous rougis ~u ~u
on le clarifiera avec le blanc d'œuf~
y faifant bouillir pendant la clarifica-
tion une demi-pincée de fotnmités
fleuries d'~?ertCMm & l'ayant coulé,
on y ajoutera un peu de fucre.
Ayant pris ce petit lait dix matins~
en purgera le malade cemme &upar&-
'vanc, pour paHer tout de fuite à Fu"
fage du lait d'ânene, qu'il prendra Je
matin à jeun a la dofe de douze à
J~ize onces, pendant deux mois. Mais
pendant le lait d'âncSc il prendra de
trois en trois jours un moment avant
le lait: & dans deux cuiMcrées d'eau
de fleurs d'orange une priie de pou-
dre composée de dix grains de cachou
bruc, huit grains de cloportes prépa-
rées, & fix grains de fafran de Mars
apéritif. Si FeAornac ne fbutient pas
bien le lait d'âneue on y ajoutera
deux cuillerées de la féconde eau de
chaux mais fi après dix ou douze
jours de lait Feâomac s'en accom-
mode, on le prendra encore une fois
dans la journée à favoir à dix heu-
res du foir mais pour lors il faut fou-
per à fix heures, fimplement avec une
ibupc à la viande. Après deux mois
de lait d'ânefîe on purgera le malade
comme auparavant.
Pendant Phyvcr il prendra, dix jours
de~ chaque mois le matin à jeûn une
grande rauc d'infufion de méliHc ou
citronnelle en guife de thé, & les dix
de
~ourS fuivans huit grains de fafran
Mars apéritif avec la premiere cu~-
lerée de (bupe du dîner. Au printemps
prochain s'il re~c quelque impreuioR
du~al on recommencera cous les
remedes ordonnés pour cette automne.
Au furplus le malade obterver~
€xaQ:emenc un bon régime de vivre: il
~e nourrira de foupe de bouilli, de
rôti il pourra cependant quelquefois
manger du poiHbn mais ieulemenï:
rôti iur le gril ou eun à Feau oa
au court bouillon léger comme au~S
quelques ceuis frais. Il boira le vm
bien choifi vieux &: rouge mais
toujours mêté avec trois fois autant
d'eau. 11 fera de l'exercice mais mo-
déré &. fe di~ipera par quelques am~
iemens honnêtes.
D~lib~é MontpelUer le xo Sept. :7
~~n~ FiZES.
Si la caufe de ranedion mélancho-
tique ou vaporeufe rende, fuivant l'An-
teur de cette confultation dans un
iang fec & acrimonieux & dans une
trop grande tenfion des filets Berveux~
les mdicadons que Fon a remplit
ibnt donc d'humecter~ de délayer,
d'adouoir les humeurs & de relâ-
cher les nerfs. Les bouillons de pou-
ïec le petit lait & le lait d'âneffe
dont il compofe fon traitement au.
foïent pu par conséquent procurer ces
effets chez le malade dont il s'agit,
s'iJs euffent été employés avec exaÛi-
tude, & auffi long-temps qu'il le fal-
lott pour détruire le vice. Mai$ il Foa
~oute à ces remedes adouci dans, &
indiqués fuivant la théorie ci-deiïus
établie par l'Auteur de cette confulta-
tion fi l'on ajoute dis je les ûo-
machiques chauds les céphaliques
les apéritifs & les purgatifs on doit
s'attendre a des e~ecs oppotes qui
prévaudront d'autant plus fur celui
des remèdes falutaires qu'ils favori-
feront la caufe effentielle qui agic.
C'eA ce qui eft tant de fois arrivé
a M. de la Roquette ainfi qu'on le
voit arriver tous les jours chez cous
ceux que l'on foumet à un pareil traite-
ment. J'en appelle volontiers au témoi-
gnage de tous les vaporeux du royau-
me & en même temps je prends la
hbertc
<')
liberté de demander à Mr. Fizes, j~
fes obfcrvaiions pratiques à cet fujec
pourront jamais démentir cé reproche.
Il eût été bien difficile qu'un Mé-
decin fi judicieux méconnût: plus long-
temps les écarts de la pratique vuL-
gaire. Tant de victimes fi fouven~
immolées qui s'adreiïent: a lui de
toutes les parties de l'univers, lui ont
fourni tant de fois l'occafion de mé-
diter fur l'incurabilité de cette mala-
die, qu'il étoit réellement impofnbla:
que ce grand praticien n'en pénétrât
tôt ou tard le my~ere, & n'en corri-
geât les défauts. La dernière consul-
tation qu'il fit pour M. de la Roquette,
que l'on trouvera -ci-après nous an-
nonce déjà un changement dans iâ
pratique qui nous conduit ennn à la
méthode ci-deHus pro potée les itô-
machiques chauds les apéridts &:
tout le cortège pharmaceutique eri
<eA tout-à-fait retranché ce qui nou<:
fait efpérer que dans peu les purga-
tifss feront a leur tour rejettes &
reconnus pour des remèdes contraires.
c o~v J~~JL r~f y 7 o
~o/z~
J~ ~/z~
de POMr
~y~O.
le /72~v~

Les fuffocations dont fe plaint M.


le Confultant les pa~pirations de
J
coeur, le battement qu'il reffent dans
la tête & quelquefois dans les entrail-
les, l'efpece d'incube dont il eA atta-
qué presque routes les nuits !a conf-
tipation les vents dont il eft travaillé
a l'e~omac & aux inteftins la gêne
qu'il reffent dans la région épiga~ri-
que & dans les hypocondres, la gran-
de frayeur enfin dont tous ces acci-
dens font accompagnés établirent
cvidemmenc une a~e<3:ion hypocon-
driaque.
Cette maladie reconnoît pour caufe
la féchereHe du fang, avec quelque
acrimonie &: une trop grande tenfion
dans le fy~eme nerveux ce qui e~
démontré par le fpafmodique qu'on
apperçoit dans les attaques.
Il paroit que les exercices violens
de la chaffe ou voyage a pied de trop
longue haleme joints à bien d'autres
excès, ont donné occafion à cette ma-
ladie ayant fait diffiper une grands
partie du mucilage doux du fangqui.
lui donne la détrempe nécetlaire.
Cette maladie e~ beaucoup plus
effrayante que dangereufe mais il
~auc un traitement un peu long &;
mechodique (~) pour pouvoir en
yemr à bout ce dont on fe Haece,
pourvu que le malade tâche principa-
lement: de fe di~raire, & de fe per-
iuader que fa maladie n'a rien de dan-
gereux pour la-vie.
Les indications queFon a à remplip
font de détremper &. d'adoucir la maf-
jfe du fang, de l'inciter légèrement
& de recUncr les digeftions. C~ci~
pourquoi d'encrée on prendra pen-
dant quatre macins un bouillon ~ic
avec (tx onces de collet de mouionjt
Une laitue, & une pincée de chicorée
amere. On fe purgera en fuite ave~
une once de polypode de chêne donc
on fera deux verres de déco~ion ou

(a) On voit par l&date de la confnIra.i'ioH


précédente que le traicemein durok depuis
<iix ans. 0Qirir
l'on fera infufer la nuit fur lescendres
chaudes deux dragmes & demie fblli~
cules de féné, & demi-poignée fleurs
de violettes on diuoudra le lende-
main matin au premier verre deux
onces de manne, & au fécond une
once & demie; on prendra le fecond
verre deux heures après le, premier,J
& le même bouillon que ci-deffus après
le fecond verre.
Le furlendernain de la purgation
6n commencera l'uiage des bouillons,
qui feront faits avec un petit poulet
& une poignée de chicorée amere de
jardin. Ayant pris ces bouillons pen-
dant dix matins, on commencera l'u-
fage du bain dome~ique tiede le ma-
tin à jeûn on y refera une heure
&au fortir du bain on prendra le même
bouillon de poulet.
Ayant pris les bains pendant neuf
jours on fe repofera rrois ou quatre
jours après quoi on prendra une bou-
teille d'eau d'Yeufet pendant neuf ou
dix matins, obfervant de prendre le
premier & le dernier jour deux onces'
demie de manne au premier au
dernier verre. Après les eaux, on fe
reposera quatre ou cinq jours, après
quoi on reprendra pendant dix jours
le même bouillon de poulet & on fe
.pepurgera avec la médecine ci deHus
prefcrite pour paner à l'ufage du
petit lait de vache ou de chèvre~ a la
dofe de douze on quinze onces ob-
iervanc de faire infufer pendant la cla-
rification une demi-poignée de ~z/~M/Tz
ZMf~i?t, & d'y ajouter une çQiUerée de
fucre en poudre~
Ayanc pris ce petit lait pendant
quinze jours on en viendra au lait
d'âneGe~ qu'on prendra pendant deux
mois c'eA-a-dire jusqu'au froid ob-
fervant de prendre potir lors un jour,'
autre non un opiac fait avec quinze
grains de craie de Brian~on, autant de
poudre de guct:e~e& 4s corail rouge
prépare, incorporés avec une furnfancs
quancicé de firop de capillaire. On
commencera par une turquette de
laie, & on viendra peu a peu jusqu'à
une bonne écuelle. On fe re-purgera
a nn avec ia même médecine.
Qn le contentera pendant tout rhi:
ver de prendre trois fois la (emaine une
tafïe de citronnelle en gui~e de fhc
avalant dans la première cuillerée
vingt grains de poudre de guttete.
Pendanc ruiage de ces remedes on
te nourrira avec du bcuilii <&: du rô<
ti, & on boira le vin bien crempe.
.peiibere à Montpellier le 19 J uiIJet 17~.
J~M FtZES. CROS.
On voit dans cène confulcaiionque
remploi des humec~ans domine fur
celui des autres remedes; & il eft atîez
évident: que M. Fizes les reconnoî&
pour de vérirables ipécinques dans îa
cure des ancrions vaporeutes mais
lès purgatifs & quelques légers antit-
-pa~modiques lui paroiffent encore in-
difpen~ables.J~oie prier ce lavant Mé-
decin de jetter un coup d'oeil fur mes
cbfcrvacions~ de fe rappeller fur-
tout celles dont je l'ai rendu quelque-
fois le témoin il y trouvera par (es
iumicres des preuves convaincantes de
la necen~c de la réforme qu'il vient
de laire a ia pratique ce qui Fobli-
gcra a la ~mpiiner davantage, pour la
yendpe uniforme dans fes e&5
alors elle iera toujours efficace pui("
qu'elle ne aie jamais mfru~ueufc.

jF~~ ~jE'MORRO~~L.
f 0 iT que le flux hemorroïdiai de-
vienne trop abondant, ou qu*iHoic
Supprime, il tera toujours compris
dans te nombre des lympior~ëS de l'aj~-
~Q;ion hypocondriaque, puifque !e~
mêmes caufes procurent ici l'un &
l'autre derangemens tout de merh~
que chez les tenues hy~eriqués étï~
procurent td ~ux immodéré comme j,
ia. fuppre~oH desmeD~rues,
Ce ierà toujours dans ia roideur
des nbres &: dans l*epaiilî0ement: &: la
~ëherc~e des liqueurs, que nous trou-
verons rexphcadôn de ce ~ympcome; &
jnous ferons toujours p!us apures d'y re-
médier, quand n.ous ferons fcrupuleu-
~ement: atcencifs à ne nous jamais ecar-'
ter des indications que cette roideur ~e
cet epaifaCfementnous preientent.
Si la fougue du iang & fon impe-
tuoilcé prévalent fur le vice des ibii-
des, cet ecoulemenc fera alors immo-
r\
déré; & nous nousempreHerons à 1~
ralentir, en tempéranc l~orgafme des
humeurs & à l'exemple d'Hoffman,
~ous n'emploierons alors que les remè-
des les plus rafraïchi~ans D~~ M/~r-
~c/2~
~n
p~~< c~ ~M~B c~'ce~e~
y~Tï~z/~e yM~~M/'My-M/~
<-M/~ CO~M/ÏC ~~MCTÏf~ /ïe ~o-
r~/r~p~~
Que
CM~ /MCCO <
~OCM~ ~M~B ~r~7t~
CO~ &;C. (~)
ycf~

an concraire la roideur de$


iblides&le jfpa~mcdes encrailles pré-
valent fur cecce con~itudon du fang
~es humeursy le flux en ~era Sup-
primé &: nous remcdi~rqns toujours
aux ravages qu~il ne manquera pas de
procurer., en rc!~cham: le ipaime de~
entrailles & en ouvrant les voies natu-
relles par lesquelles !e fang doit s'échap-
per: <Sc cetera encore par les mêmes
& les adouci~ans ~M~o
~M~~ ~e/n!orr<?~M~ ~OCZ~M~'M/~
~ï/
remèdes~ je veux dire, les caïmans

~~<?y~~fM~t, &c. /o~/ï~M~

(a) Hofman~ de fluxu b.emorro'ïd~U nimto~


!;oai,~pag. ;~o,
~mor~~ €C~~f~MJ ~JV~T~~M~
<?~r~~ quoque c/Tto~f~M~ <~ y~-
Do/~or~(a).
Ce n'en. donc point ici le lieu d'ac-
cuser le relâchement des vai Seaux &
de recourir par conféquent aux remè-
des Hipdqucs, quelque violente que
~oitrhémorragie; ce ~eroi!: le moyen
de la rendre luneUe par ie degré d'é-
redSme & de crifpation que l'on ajou-
teroit aux folides & la caufe qui pro-
cure la maladie en acquerroic vraijtem-
~lablemenc beaucoup plus de vigueur,
En outre, fi ces remèdes Hiptiques
devenoicnc afiez puiuans pour bou-
cher exactemenc l'ouverture des vaiC-
feaux le reflux du fang n'en ~eroic
que plus a craindre, puisque les oi-
cUladons des vaiueaux étant toujours
plus fortes dans les parties irncées,
la circulation en feroit bientôt déran-
gée, 6c enfuite interceptée ce qui obli-
geroit le fang à le porter fubifemenc
iur les parties fupérieures, & princi-
palement fur le cerveau qui. par la

(~) ibidem.
i~ru~ure fefoit toujours le préféré
~Mr l~x autres parties du corps ce qui
a. procuré plus d'une fois des apople-
xies rebelles, la manie & toutes les
maladies qui dépendent de rengor-
gTemen!: de ce Ulcère.
On voic par-1~ combien il eH efîen-
tïcl de dij~inguer le Hux hemorrhoï-
(Ïaî, en développant la véritable caufe
<~Uï le procure, pour pouvoir l'atta-
qoer avec des remèdes ialutairës. Ces
épiques ft vanœs tous plus fpéci-
6ques pour arrêter rhemorfhagtc on
pour appaifer les douleurs qu'occa-
~onne toujours le gonHemenc des vaii-
~eaux hémorrhoÏdaux nG ~bm rien
tnoins qu'indi~crens~ puifque par leuc
~ion il peut en réfulcer un €iÏet: op-'
i~fé à celui que l'on de~re.
Pour remédier a cet inconvénient,
nous rejetterons donc tout remede
my Sérieux quel qu'il foie., & nous
Saurons recours qu'a ceux qui tempe-
yenc l'ardeur des entrailles, toujours
ïnleparab!e de cette incommodité dans
les cempérâmens vaporeux &: par ce
moyen nous ferons allures de calmer
rhémorrhagie, fi elle e~ trop abon-
dance comme de la provoquer, fi elle
eâ fupprimée. Sans nous arrêter à
citer des exemples funeftes d'un trai-
tement: empirique, trop connus des
Médecins pour qu'il foit néceSaire
de les rappeller nous nous conten-
terons d'étaler les vertus de la méthode
contraire.
Un Bourgeois de cette Ville, âgé
de trenre-fix ans d'une confUtUticn
atrabilaire eprouvoic depuis long-
temps un flux hémorroidal des plus
immodérés pour lequel il fit plu~urs
remèdes. Dans la perquifition des car-
fes éloignées, qui lui avoient procuré
cette incommodité on ioupçonna ie
virus vérolique il fut traité en consé-
quence, avec les précautions les pÏas
~crupuleufcs & l'hémorragie ceHa.
Il étoit fur le point de Sortir ds
retrai~c lorfqu'il eut occasion de
s'emporter vivement contre un domes-
tique qui rintulia fa colere fut vive.
pour ne pas dire extrême j & les iui-
tes devinrent ~i funei~es que l'hémof-
yagic revini: avec une abondance dor~
je fus fi étonné, que je vis le malad'8
en danger (~). L'ennurc du vitagc
& des pieds y fuccéda & les coliques
raccompagnèrent. On n'employa au-
cun aâringenc, pilais au contraire on
tempéra la fougue des humeurs, trop
yarén.ées par le mercure & ce fut par
le fecours du demi-bain froid, de plu-
fieurs lavemens rafraîchinans d'une
diete forte mais hume~anœ, que
r&n vint a bout d'arrêter l'hémorra-
gte. Les enflures fe diiîiperent: enfuite
par l'exercice du cheval &: le malade
recouvra pour lors la iancé.
M. Vatcher Avocac âgé de cin-
quante ans, d'un tempérament fan-
guin & fort mélancolique, éprouve
depuis longues années une évacuadon
périodique par les hémorroïdes, qui
reparoît anez régulièrement tous les
mois &: qui lui e~ il Salutaire que

(<ï) Cette hémorragie fut plus conlidé-


rable qu'aucune que ~îoM~n~ 8~ P~7!<?ro~M~
aient jamais obfervëe car eUe dura plus
d'un mois & le malade perdit chaque joue
près d'une livre de fang.
~a fanté en e~t toujours altérée quand
cette évacuation ceffe pour quelque
temps.
Les Symptômes qui annoncent chez
lui la pléthore & qui exigent une
prompte évacuation font ordinaire-
ment des coliques violentes, accom-
pagnées du vomiffement, dont il eR:
plus ou moins tourmenté, iuivantie
degré d'érédfme de la membrane ner-
veufe de Fe~omac & des entrailles~
& fuivant les différentes caufes éloi-
gnées qui favorifent alors la fuppref-
fion.
Les fomentations continuelles, les
lavemens rairaîchijuans, & une boiffon
copieufe d'eau de poulet ou de quel-
qu'autre tifane rafraichinanie ont
toujours rappelle l'hémorragie &:
amenent ainfi le calme. Ces deux ob-
fervations nous prouvent évidemment
que la même caufe qui procure cette
efpece d'hémorragie, en procure auffi
la iupprefïion puisque les mêmes
remèdes guénflent parfaitement biea
l'un & l'autre dérangemens.
M/N~E NFPOCO~RM(~R
~UoiQUE pcrfbnne n'aie encore
fait
condriaque
mention de la )auni(ïe hypo-
elle ne doit pas moins
être regardée comme un fymptome des
aHections vaporeuses, qui en impoic
toujours aux Médecins, lorsqu'ils ie
livrent aveuglement à la maladie elle-
même, fans envisager la véritable caufe
qui la produit.
Les embarras du foie & de la vé~-
cule du fiel robUruction des canaux
excrétoires de ce viicere, ont été regar-
dés jusqu'ici comme les feules caufes
du reflux de la bile dans la mailc des
humeurs & toutes les fois que l'on a
voulu y remédier, on a toujours eu
en vue de délob~ruer, en purgeant
les humeurs fupernues & en incitant
celles dont l'épaiiliu'ement forme lui-.
même robn.ru<3:ion (<z).

(a) Mne fera pas Muc-à-faic étranger à la


madère que je traite., de publier ici les ver-
tus du ma'rrube blanc, qui a toujours étd
regarde comme un remede efficace d&!is les
Dans celle-ci, nos vues feront bien
di~îérentes, puifque les embarras da
foie ne proviennent que du vice des
folides, qui étant dépêchés & racor-
nis, forment eux-mêmes les obâacles
à l'écoulement de la bile, & procu-
rent la jaunilïe dont il eft ici que~io~
C'eH pourquoi nous ferons attentifs à
relâcher le ti0u des vaiHeaux bien-
loin de les tendre par des remèdes
irritans & de cette façon nous ibm-
mes apurés de remédier à ce fympt~-
me. Les observations que nous alloits
rapporter autorifent fi fort notre Tac~om
de penser a ce fujet, qu'a moins de les
rejetter cout-a-rait, ou delesrévoqiief
en doute, on ne peut fe refuser âcs
preuves qu'elles nous donnent de
théorie que nous venons d'établir ~H*
la maladie dont il s'agit.
Le Sr. Arnaud, Marchand Cordier~
fut attaqué dans le courant de Fanné~
ny~o d'une dysenterie qui le fatigua

obitru<ons du Fote. J'atte~e en ~veir i~


t~e bons e~ets~ je l~t employé m~.ao~~
en pareil cas avec iuccé~
plufieurs mois. Après avoir réMé aux
remèdes les plus vantés & en mém~
temps les plus chauds elle fe calma.
enfin. Mais la jauniffe prit fa place
la cardialgie y les borborigmes, les
vents & les coliques fpafmodiques fe
~ôignirenc bientôt aux autres fympto-
mes. Le malade devint maigre, exce-
nué & ~jec aux vapeurs ce qui me
fit douter que le racornifTemenc des
tuyaux hépatiques ne fût la caufe de
cette nouvelle maladie, qui me parut
pour lors parfaitement bien caractérisée
de jaunie hypocondriaque.
La quantité prodigieuse de purga-
tifs, de vomitifs & d'opiats âoma-
chiques dont le malade avoic ufé ce
l'atrophie générale du corps m'auure-
rent que les vaiHeaux capillaires écoienc
totalement deSechés, & que par con-
féquent leur calibre écoit obâruc de
lui-même (~). U fallut donc pen(er

(a) C'eft de cette façon que fe forment à


noire avis, toutes les ob~ru6Hons dans les
tempérameas vaporeux c''ei~-à..dtre q~el~
les forn. toujours ~econdakes.
ïouvriË
rouvrir tous ces canaux, & à rétablir
par-ia les tondions du foie pour ob-
vier aux ravages d'une maladie qui
menacoic le malade d'hydropiïie &:
d'une mort alïuréc, pour peu que le
germe eue vieilli, &eût dans la fuite
âi~e~é les autres viscères du bas- ventre.
Je prescrivis les humed:ans. Un
bouillon de poulet fait avec les her-
bes rafraichi~antes, & les cuiffes de
quelques grenouilles~ que le malade
prit tous les marins pcnda~c vingt
jours emporta la cardialgie, en rei
ticuant: la IbupIeHe aux ïbembranes de
l'eftornac & en jettant quelque peu
de véhicule dans les humeurs~ déj~
trop groffieres pour pénétrer librement:
tes tuyaux iecrécoires & excrétoires des
glandes & des viscères. Je prescrivis
enfuite une tilane légèrement diuréd-
que faite avec le chiendent & le
nitrc dont le malade buvoit abon-
damment à les repas & dans le jour.
Les urines furent bientôt moins tein-
tes & moins chargées, & la jauniHe
diminua à vue.. d'oeil. Les lavemens
ra~aichiSans foutenus par les ~bmë~
tations emollientes furent placés en-
fuite en gui~e de purgatifs les évacua-
tions fuivirent de près Fanion de ces
remèdes; le canal cholédoque fe prê-
ta pour lors à l'écoulement des tuyaux
excrétoires de la vé~cule & du foie
& la jauniffe difparut fans pùrgatHs
ëcians autres remèdes.
Mme. C feptuagénaire & hypo-
condriaque éprouve depuis quelques
années des paroxitmes vaporeux, qui
ie manireHent toujours par des coli-
ques fpafmpdiques, fuivies de la diar-
rhée & du vomiHemenc, &. qui fe
terminent fouvent par la jauniSe. L'ef-
fet des remedes dont elle ufe en pa-
feil cas, prouve lui feul inconteâable-
ment la caufe que ~aiugne.Les fomen-
tations continuelles, les lavemens fré-
quens la tifane de poulec~ empor-
tent toujours le paroxiime vaporeux
& fes fymptomes. Il paroît démontré
que fi la malade vouloit fe foumettre
au régime que je lui ai prefcrit plus
d'une fois dans ~intervalle de fes pa-
Mxifmes, elle en éloigneroit à jamais
le ïetour.
M.BaHac, habitant de Mouriés,
me confulia en 17~8 pou~ une ;au-
ni(Ie invétérée, qui lui éroit furvcnu~
a la. fuice des fièvres quarces, pour les-
quelles il avoit employé toutes fortes
de ref~edes fébrifuges. ItémM âgé de
~.o ans fon tempérament eH iec 6e
â)rt mélancolique. Son centre éroic
tendu il éroic conHipé ce qui carac-
térifbic afïe~ la cau~e que j'adigne.
Un Médecin ~Avignon qui jouiÉ
d'une répu!:a:don qui lui e~ héréditai-
re, ravoit déjà traité avec les apéri-
tits, les purgatif 6e lesdiufétiques les
plus puions; ce qui bien-loin de le
guérir de fa jaunine, en avoic aug-
ïnenté con~dérâblemërn les fympto-
încs. Mais les bouillons de poulet~
les eaux minérales d'1feui6t~ &: les bains
domeHiqucs emportèrent la maladie.
On concevra fans peine que la di-
minution du calibre des vaineaux du
jk)ie, que le ~éul raCornifÏemenc peue
produire, procufëra cette ëfpece d~
~auniiïe que nous appelions hypocon-
driaque parcg qu'elîc e~ particulière
a ce cempéfacïKitIt. E~ ne concevra. !oo
paxau~ comment les remedes humec-
tans deviendront defobûrud:ij& & pur-
gad~s en pareil cas ?

yo~ co.v~7Z~7~
~TT~OuTES les parties nerveuses &
JL membraneuses étant expofées aux
différens fpafines vaporeu x, le dia-
phragme & la poitrine &. par fym-
pathie encore le ventricule & les en-
trailles ne feront point exempts de cette
j!brte de contra~ion & d'agacement
qui forment les mcuvemens convul-
Hfs. La ceux deviendra donc nécefîai-
jre pour ne pas dire indifpcniab!e,J
toutes les fois que ces parties feront
agacées & irritées par les pointes
piquantes & alkalines des dirrerentes
humeurs qui agiront fur elles. Mais
comme la ~enfibiMcé des nerfs fera
toujours oucrée, attendu leur trop
grande tenfion, rimpreHion des par-
ties irritantes fera beaucoup plus vive
<Sc Fébranlement: en fera plus violent
4'où ~'eniuivronc les mouvemens çon-
vulnfs qui conHicuenc le caractère
eHendel de la toux convulfive que
l'on trouvera décrite & carad:érifée
par fes fympcomes en ce qui fuie.
Dans le mois d~Od-obrc de tannée
ï'7~8 &: après avoir e~uyc les plus
rudes fatigues, je fus moi-même atta-
que d'une coux convulhve, qui me mie
plufieurs jours hors d'écac de vaquer
a mes affaires. Deux baignées que l'on
me fit & coûtes les tifanes pe~oralcs
dont je m'abreuvois continucllemenc~
n'ayanc rien opéré dans refpace de
trois Semaines je me crus hors d'e~'
poir &. prêt à cracher mes poumons
y
quoique ma toux fût toujours ieche ~e
fans expe~oration,
Les idées noires s'emparerent alors
de mon efpric, rinibmnic amena 1s
J
dégoûc je maigris à vue d~oeil, je
fus hypocondriaque fans le favoir, &
je devenois bientôt infupportable à
moi- même, malgré les bons avis &
les leçons que ne ceCtoienc de me faire
~es personnes qui de~roienc ardemmenc
de me voir rétablir. Les vents, les cen-
~oss aux iTypocondre~ &: l'abondance
cernes urines, jEe toignicent: e~~iiteau~
pjEemiers ~ymiprom~esdemojn mai &:
cn.e ~rent appercevoir que reçois <de-
venu.të!. qu'un chacun me çarac~épi~bi:
Pour remédier avec e~cacité au
xaal dont je me voyoi~ aSec~e je
ch~R~eâi prem~temenf iDop régime~
p~~ recourir à MeaM. J'en bus abon-.
<~mmem, j'oife dire ayocturear; j<3
E:r,
pris isdes
'des iavemens &: !e âts ioulagé.
E~h&rdi par par les eâets,d',tin
ies effets remede en
d~m remède
~[Ut depuis long-ceïnp~ j'ai mis toute
ma c.onâânce,jepnsfe~or pourt!
vailler ierientetitenf a guérir moe cer-
veau, qui ibu~rott encore pius que le
BeAe d.@ mon corps. Le Séjour de la
campagne commencoic a devenir inii-
pide, c~e~ pourqso.i je préférai le
voyage a touc autre plai~r. Je pris la
po~e & parcourus ea peu de jours
les principales viHe5 de 'la province
accompagné d*un de mes amis avec
~eque! je m'arrêrai à MarieiUe d'où
~'arrivai guéri de ma toux par Te~ec
de la voirure & par la ~feulc boi~on
~'eau froide dont je ne cenai jamais
m'abreuver tout le long de ma ronc~
II me revoie encore quelques légers
Symptômes de vapeurs que j'actaquois
toujours avec le même remède lorf-
que je fus appelle a Mano~que pour
Mlle. de Se. Joeurs qui a déjà été
citée plus haut laquelle ayant déjà
éprouvé l'eScacité de la nouvelle mé-
thode, ne voulue le eon6er peribn-
ne qu'a moi pour la traiter d'une
maladie qui lui étoit ~urvesue. J~ac-
ceptai la propofition du voyage avec
d'autant plus de plaidr que j'en con-
noiSbis déjà le prix pour ma fanté.
Je me rendis donc à Manoique par
la même voie & fous le même régi-
me que j'avois toujours fuivi. Mais
quelle fut ma furpriife lorsque deux
jours après m~n arrivée dans cette
ville je fus pris d'un dégoût infup-
montable pour toute forte d'alimens.,
& encore plus pour Feau Ce iym-
ptome commençoit à m'erirayer de
nouveau mais une diarrhée bilieu-
fe, qui fur vint en même temps, avec
tous les carad:eres d'une évacuation
critique., me raiîura d'autanc plus
qu'elle me rendit biemôc l'appétit
mes forcer iUv
R iv
Parmi tes différentes toux convu!-
Ëves, nous di~inguerons ce!Ie que
tious appelions hypocondriaque par
Jks ~ïg'nes pamcu!icrs qui caradté-
rHen! Frédéric Ho~an a observe
que dans ceUe-ci iï s'y joignoic cou-
~ours îes vents le ~pa~ne des incei-
tins, & ~es aucres ~mpromes hypo-
condriaques 7~ ~/? ~?e'co~
yM/~M/MMr~z~Mf~s
O* ~~f<9~
y~ re/~M~ A)/~o.
Tïo~M~
~<?M~r~~ (a). Et il prer~nd avec rai-
ion qne vericabte cau~c de ce~e m~-
Ïadie doic êcre affribuee à une jfm'a-
bondance d~huîTieurs crabes, impures~
iereufe$, dont re~omac & les encrail-
les ~bnt abreuves qui ccanc agifees
par ..les fpatmes conn~ue!s de ces par-
lies fbnc quelq~erbis obligées de re-
muer fur les poumons J~ ~/2~~fMr
<f
~M~MT-~M~ ~r~ /~û-
~0/'MM <Z~fM~/Ï~
<~o/M~M/~ ~~<~j e~ ~K~o/z~ co~*
PM~ < CO /?M~~ ~/Z/f /T~
(~) HoiRn&n ~e6~ H., cap. Ht p. 11~.
~m.H.. j~
y~M~ aut <Ï/ï~t <Z~~M~ ~TZ~M~/K
ccc~'o/z<2/ r~ro'c~M (a~.
Pour me conformer aux idées d'un
fi grand praticien je reconnus avec
lui la préfence de ces humeurs, com-
me caufe prochaine de la toux qui
caufës '1" ~i
me fariguoit depuis long temps. Les
donne
avoienr donn'é
caufes éloignées qui y avr~ic.nt
lieu, étayoient pârfaicement mes idées;
puisque la dinipadon extrême des ef-
prics animaux que j'avois faite dans
mes coudes, &. par des contentions
d'e~pric peu ménagées avoit bien pu
épaiair mes humeurs, & les rendre
par-là moins fluides. La bile devenue
plus groHicre~ s'écoit arrêtée au mi-
tieu de fes couloirs & avoir infecte
par fon Séjour les différens fucs qui fe
mêlen!; avec elle delà l'obârucMon
des glandes inielUnales, les irritanons
les ipafmes des inteAins, & des par-
ties nerveuses & membraneuies qui
fymparhifcnc avec. eux ce qui carac-
tériie parfaitement raned:ion vaporeu-
se d'où dépendent tous ces iymptomes.

(c) Ibidem pag. m.


Pour remédter a. mon mal, je de-
vois l'attaquer dans fa Source c~étoic
iar mon e~omac & ~ur mes entrail-
Ïes que je devois apporcer le remède
B ~Hoit relâcher les fpafmes calmer
Ïes irricadons de toutes ces pâmes,
ée e~femble déloger rhcmeur pec-
cmtce la détremper 6c la rendre plus
eoalance pour inviter la nature à s'en
éébarrâSer par les couloirs naturels
Pour me procurer ces e~eis, je ns
connus point de plus puisant fpéci-
'que que reau froide donc la vercu
ea!mance furps~era toujours celle de
diSercns remèdes les plus van ces. Je
m'y livrai avec d'aurant plus de con-
6ance que j'écois déjà convaincu de
fon effi-cacité par ma propre expérien-
ce, & par celle que plusieurs ~Méde-
cins il!uâres en ont faite avant moi.
L'Auteur que je cire e~: de ce nombre;
& <ans vouloir, comme lui., en faire
ici rapologie la plus oucrée (~)~ du

(<z) Ho~Fman de aqua medicina uni.ver~


fome IV., p. ~ci.
Œoîns me fera- t-il permis d'en pu-
blier les vertus puisqu'elle a éic
pour moi un remède e~cace.
J'aurois pu ajouter à fon eHicacite
y
9 l'exemple de mon guide, l.es parties
mucilagineufes des di~erens remedes
balsamiques & adouciHans qui n~-
roit: pu qu~augmeater ies veftus. La
ti fane de poulet auroic fourni le même
véhicule & les eaux minérales rsdFmi-
chiffantes que notre Auteur emploie
cou-pées avec le lait auroient ~ncae
eniemble un délayant anorti à l''épai<-
jfitlemenc à racrimonie d~s humeurs
que pavois à combattre.
Je ne meprifbis point ce mélange,
tant s'en faut mais je le rebmois
trop, pour m'y livrer avec la profu-.
~on que je croyois m'êcre neceHaire.
C'eâ pourquoi je fuivis mon pcnchanc
& mon goûc. L~cxercicc que je me
procurai en même temps en aidanc
~a diânbution des liquides facilita.
rexpulfion des humeurs étrangères
<& les eaux que je bus à Manoique~
'e~nt tour-a-~aic minérales, ne conrri-JI
buersnc pas peu a mon enue~'e gué-
nfbn pa.r Fevacuadon qu'eUes me
procurèrent: (a).

~o ~f7~~
Ao~
~vr.
~zp'r~ <&" r~ppor~.
T)OuR ne pas revenir à des repe-
A tidons rou~ours fort ennuyeuses a
tout le~eur imparciai & trop avan-
tageuses a celui qui ne lit un ouvrage
que pour le cridqucr nous pre~cnre-
rons les différens derangemens de i*ei-
tomac produics par une même caufe,J
ious un feut poinc de vue l'explica-
tion qu'on en exige, fera ainu plus
claire & plus intelligible.

(<?)Certe omnes facilè credenc vix un-t


quam a.ccuratiore'-nmorbt defcnptionemh~-
ben, quàm fi fa.~a fuerit à perito Medico,
qui hune p&{Tus fuit, dùm in sgro corpore
mens fana erac. îdeô ma~ni se~imatur po-
~âgrsdefrriotto, quam 6'y~M~MM~ dedit
cholerx ht~cria-j quam 'Tr~ conCe'ripnt.,
~c. Sic & B~H~«~~ phnn graviter labo-
Vid. Vans
~o~.
~n
favic, ac feiofnm curavit.
M~mcM.
J~ pt~.58.
HprKï. Bofr-~
Quoique le méchanifme de la diges-
tion foit connu de chaque Médecin t j,
il ne fera pourtant pas inutile de nous
le rappellcr en d'iiant que la diiïb-
lution des alimens ( & non la fermen-
tation ni la trituration ) eft la vérita.
ble ~bnd:ion de ce vifcere par laquelle
il en réfuice un chyle doux & baiia-
mique, capable de réparer les pertes
du corps, en réparant les déperditions
journalières des humeurs, & en entre-
tenant par là l'étac de foupleffe fi
néce(îaire aux ioHdes pour qu'lls puif-
~enc fe prêter aux différens mouvemeïis
intérieurs & extérieurs du corps, d'ou
il en réfulte cette douce harmonie &:
cette réciprocanon qui doit régner
enir'eux dans récat de la fanté la plus
pariaite.
La qualité naturelle & bienfaifante
des fucs digeAifs, & celle des alimens,
feront donc les conditions elTeniiellest
de ce méchanifme c'e~-a-dire que
fi l'une des deux peche dans fes prin-
cipes, il faudra néceHairemenc que
m digeHion en foit dérangée, &. que
le chyle qui en réiuhe foit aicéré
pa~qu'il fera empreint des mauva.ifes
qualités des fucs qui le con-ipofenf.
Un fang épais fec & acrimonieux
( ce! qu~eft celui des hypocondriaques )
ppodutra-t-il des fucs d'une qualité
bienfai~nce & telle qu'elle a été énon-
cée ? La gro~Sérete de !a bile, Fâcreté
d-!ï AtC pancréaTique~ celle de la ia!ivc
&: des fucs Aornachiaucs i'a!kalei-
3
cence des uns, l'acidité des- autres
en~nteronc fans doute un composé des
pîus ardens, qui fermentera pour lors,
produira une liqueur des plus pi-
quantes, acide, acrimonieufe & inca-
pable de ~but'nir un chyle doux &
iMutaire ( ).

(a) Pour ne pas effaroucher les efpnts,


en leur présentant cène idée fermentacive'
des fucs dige~ifs j qui procurent) à notre
avis, l&ctdité donc il eft ici quejftion nous
&verun]bns nos loueurs que nous ne radop~.
tons que dans le cas donc il s'agit, c~e~-à*
d:!re, ï~ ?0~0/0 car la faine Phyfio-
togie nous apprend que la bile eft une li"
~ueur favonneufe~ qui n~eH: ni acide ni aïka-
Une qu'elle e~: compofee d'une grande
quantité d'huile & de fel & de parcies
ipirinîeufes le tout délayé d~ns Feai~ qnë
Cette même acidité heurtant conti-
nuellement contre les parois de l~e~o-
mac, les invitera à fe contracter ce
qui obligera les liquides contenus
dans ce vifcere à refluer prompcemeat
par fes orinces. Mais la pre~ion coï~-
tinuelle des muicles du bas ventre,
( attendu leur érécimie & leur €<m-
Cra~.ion ) l'embarras du ~o~?/M~
la tenGon fpafmodique des fibres ct!-
culaires du pylore lormanc des oM-
tacles naturels à récoulement du chy*-
ie par les voies inférieures, l~oriEce
fupérieur fera rbrcé de fe dilater,
de recevoir une portion des liqucu.fs
exprimées par la contra<3:ion de la
membrane nerveufe du ventricule câ
qui procurera ces aigreurs qui ~ad-
~uenc d'autant plus les bypocondris-

le fuc pancréatique eA une lymphe ~mpid~e,


formée de beaucoup d'eau & de peude 'M
&c d'huile fans être acide ni sikaline; qu'<
fin ces deux liqueurs ne font point enM-
mies quelles s'aHocient eniembie <EM~
bruit & fans tumulte &s qu'elles concoûrec!:
amiablement S: partHMemenc a la jperfe~U<m
du chyle.
ques, qu'elles amenent ordinairement
avec elles le dégoût:, & laiffent à 1~
Salive, qui fe iepare dans les din~ren-
tes glandes de la bouche l'empreinte
ineffaçable de leur acidité.
Cette contra~ion & cette explofion
( ~uite néceGfaire de rirritadon des
parties où e!!este rbrment)ûippo~c-
ront toujours une chaleur considéra-
ble, qui raréfiera outre ïncfure l'air
contenu dans les petites cellules des
alimens qui étant ouvertes pour lors
& entièrement détruites en lai~rone
échapper toutes les particules, & aug-
menteront ainfi le volume de celui
qui e~ contenu dans l'eHomac & dans
les entrailles ce qui diAendra tou-
jours plus leurs tuniques, & excitera
de nouvelles contractions, qui s'op-
pofant continuellement à l'expansion
de l'air & à la dilatation du canal
membraneux, preileronc de toute parc
l'air contenu, & l'obligeront enfin à
s'échapper par les voies naturelles
d'où s'ensuivront les rapports
tus les vents marieurs, les grouil-
~emens ou borborigmes la, panion
E~ueuie
j8atueufe, les coliques venreuies de
re~omàc & des inicAins, &: tquce~
les espèces de météorifmes auxquels
lont ordinairement fujets les vaporeuy.
1~ même contra~ion fpafmodique
des niembranes de rc~omac devenant
toujours plus ~brte raiion d'une
plus grande irn~adc'n que les madè-
res contenues pourront: y produire 1
excitera bientôt les mou~emens con-
vulnfs, ëncratherà ainfi le diaphrag-
me, (~ procurera le hoquec &. pour
peu que cet étaccohvulfif ibic porcê
a un cercain degré par rincen~té
de fes causes, les imu~cles du bas-
ventre (cront invites a leur tour & ie
contra~er &. les cônvulnons devé-
jûant alors géheràles dans coûtés Ïes
parties intérieures 6e extérieures de
r~o~e~, le vomiuefneht s'enfuivra
par lequel s'échapperonc non-feula-'
ment les matières contenues datïsTef'
tomac &. dans le efM~enM~, maïs en-
core tout liquide que ron préienterà
par la déglutition,.qui par Ifâ pre~
JLence irritera toujours plus les houp-
pes nerveuies dn vem~culë ~rop
agacées déjà oc trop érédfées pour
apporter le moindre choc ce qui
caractérisera, pour lors le pariait ra-
cornin~ment de toutes ces parties, oc
te dernier degré de la cau~e qui agit.
II résulte de la théorie que nous
venons d'établir qu~une trop grande
tenSon des membranes de l'e~omac,
8e qu'une trop grande eHervefcence
des iucs digeAifs tels que la ialive
Ja bile, le fuc pancréatique, & celui
qui découle des glandes du ventri-
cule, procureront chez les hypocon-
driaques les aigreurs, les vents les
tappo~tS le hoqueta oc le vomiSe-
ment, Suivant le desré de ces deux
cauie$, qui agittent~='
reçiproquemenE
pour procurer un même eî~er. La
tendon des membranes trouvera fon
antidote dans les hume~ans les plus
puiHans ~oc l'e~rvefcence des li<
queurs digeâives dans le véhicule
te plus rarraîchiuant, qui en les con-
densant & en éteignant le mouve-
ïnehc inceIHn qui les oblige à ~ërmen.-
ter~ émoufïera ainfi les pointes pi-
~uantcs & acrimoiliéuïes~ que rac~
due qu'eues avoient contra~eë leuf
procure. L'eau frotde l'emportera icr
iur rabtorbanc le plus vahtê pùtp
qu~cllc doit corriger les aigreurs, 6e
en decruire les ~ympcomes, & !e~
autres huïùe~ai~s, tels que les muci-
îag!.neux les délayons & les adou-
CliÏautS, oppoferont enfuite aux êtïbrcsf
du votni~etnent &: du hbquec la de-
rente des foliLdes que l'on cherctte tôû-
yours infru~ueu~emenc dahà l'erfec dës~
~co~edes contraires. EtoutonS rèxpé~'
~ience, qui ~euîe nous convaincra.
M~e de P~, d'un cernperamënt
~ec & fort mélàscotrque fut appelle~
Marfeille en 17~ pour un 6~'
qui y ecoit: dangerëutemént malade.
3La nialàdie de cet éhiant lue longue
~c la convalescence très-pemMe; c~
qui altéra la fânte de Mme. ~a mère,'
qui. an: dès-lôrs ancrée de vapeurs~
Des
verciges rrêquënis~ des éblout~*
tnëns ce enfemble la fuppre~oti'
des règles, cara~ériioient ai~ezfà~-
~ibn vapdrëûfe mais tl lurvmt dësr
aigreurs, qui parurén!: au Médécrn~
dé ~rfeilk un. ~ytnpceme étranger
r"
aitx vapeurs. Les purgatifs,' les Ho-
machiques & les abïbrbans jfurcnc
employés en conséquence~ mais ~ansf
jEuccés. La (ancé de cet enranc s~écanc
enfin retaMie, il fut permis à la ma-
lade de retourner à Arles ou elle
arriva en très-mauvais état. Pour ob-
vier à la pléthore, dont les ~gnes
n'écoienc point équivoques on fit une
baignée au pied & polir remédier avec
eËtcacicé aux aigreurs dont elle écoic
~ort tourmentée~ je prefcrivis une
copieute boiSon d'eau du Rhône. Ce
remède opéra avec un jtt prompt fuc-
cés, qu*en peu de jours les aigreurs
difparurent~~c les vapeurs cédèrent à
leur tour au traitement ordinaire.
Le Sr. Germain {eptuagénatre&
Sypocondriaque, devenu tout à ifaic
aveugÏe par FeHet de deux cataractes
des mieux conditionnées, tomba couc-
~-coup dans une tri~e~e morccï!e~ qui.
attira chez lui plufieurs Symptômes
vaporeux, parmi lesquels on compcoit:
les aigreurs & le hoquet. La ~tuacion
'de ce pauvre malade étoit d'autanc
pl~ ~cheu~c, qu'un chagrin nacnrd
a quiconque fe voit, privé pour tou-
jours du plaifir de jouir de la lumic-
re, fait ordinairement: mépriser tout
remede étranger à cette cruelle priva-
tion. Notre aveugle avoit tcllemenc
approuvé ce fyftême, qu'il réfuta pen-
dant long-tems tout fecours; le hoquet
Et des progrès, les aigreurs devinrent
infoutenables & la fievre qui fe mië
de la partie, tpena~a le malade d'une
inflammation prochaine, fi elle n'écoic.
pas déjà. formée puitquc le méc~~
rifme du bas-ventre & la violence du
hoquet paroiffoientaffez la cara<~éri~er.
Ce fut alors que je fus appelle.
Mais pour perfuader au malade qu'it
écoit: de fort devoir de laiffer travail-
rer à lui fauver la vie, il fallut au
préalable le raffurer contre la perte
de fa vue, & lui promettre des te-
cours pour la lui rétablir. L'extrac-r
tion du criHa.Uin écoic le ieul qui pût
lui être utile je l'affurai qu'il éfoic
dans le cas. Cette promeiïc ranima
fon efpoir~ &. le rendit docile. Lati-
fane de poulet, les fomentations eon-
t~nuelles, les lavemens rafraîchif-
fans remédièrent aux. deux ~ymptox
pies le hoquet difparut, & enfuite
les aigreurs ce qui mie le malade
en état de partir pour Avignon, o~
il fut opéré avec un Succès éc!a-
tant qu'on le voir aujourd'hui jouir
~e fes yeux & defa ianté (~).
La tendon de~ cerfs & la raréfac-
tion des liqueurs di~e~ives éroienc
trop grandes chez ce malade pour
~empj~oyerque reau rroîde. Le mu-
tifane de poulet me pa-
tue néceHaire pour augmenter !a ver-
tu du délayant &: pour émouner
plus ~uremenc les pointes piquantes
des acides de l'eitomac. Les fomen-
tations émollientes ëc les lavemens
TajfraîchiHans contribuerent auui a)

(a) Le Sr. Germain fut opéré à Avignon


par M. Pamard le fils. Ce Chirurgien habile,
nous a donné pluHeurs fois des preuves aoo.
fuipe~es de la fureté de la méthode pour'
extraire la cacara~e. Les cures merveiUeufe~
qu~il a faites en cette V'ile~ tant par cette
opératton que par celle de la taille, lui ont
ïpëritë 'Périme du Public c'eft pourquo:
cous nous faifons un vrai devoir de ptecQ-~
.pï&r ta~M;
procurer la détente des Mdes en
appai~anc toujours plus la rare~Uo~
des liqueurs, &: en s'opposant ainj~
au mouvement mte~in qui les obH-
geoit à fermenter. Ces remedes ab-
forberenc eux mêmes les addes <§E
ien éteignirent la fource. Le corail,
la craie de Briançon, les yeux d'é-
creviHe ~aps oublier le cachou trop
famiiier aujourd'hui, & en même tems
trop dangereux pour ne pas le cnef
avec éloge, auroient par confequent
produit de très-mauvais effets puiC-
que par leur alkale(cence ils auroient
excité la fermentation, des liqueurs
digeH-ives, & auroient augmente les
~greurs, bien-loin de les détruire (~).

(<?) Une des cures des pins éclatantes en


<pe genre, eft fans contredit celle de Mm~.
de Laubaret de Roche, d'Ufez, cette Dame
~.gëe de yiagc fept ans, d~une con~nutipn
foible & déUciite étoïc depuis cinq aas fn-
jette aux aigreurs dont il s'agit, pour lef-
quelles Mr. Fizes employa d'abord les puf-
gatifs, les abforbans les ~omachiques
onfuite le lait d~neûe; lefquels remèdes
~.vorifereRt la caufe de la maladie;, bien-loin
dela.~Km:e< procurèrent ea~n des co~
Dom Bareicut~ Religieux Benedic-
tm de la Congrégation de St. Maur,
âgé de yingt'deux ans, d'un tempera-
ment iec & ~ort mélancolique, eprou-
voic depuis deux ans les e~ns d*un
VomiHement autH crue~ qu'importun,
qui revenoit tous lés jours après les
rep~s avec des rapports & des vents
~i con~dérabies,que ce jeune Reli-
gieux étoit obligé de s~écarter de la
Communauté. Les Homachiques, les
purgadis, les apéritifs & tes abibr-
bans étoienc les iéuls remedes dont il
avoit fait utage. Le mal devint tou-
jours plus rebelle, & le malade fuc
abandonné à fon malheureux fort.
Après avoir traîné avec lui cette

ques violences des mouvemens convulfifs


la fuppreiHon des règles~ & le délabrement
total de Feûom&c la ma~de fut réduite
pour lofs à ne fe nourrir qu'avec quelques
<EUtHerées de bouillon & du chocolat fans
pain ce qui l'avoit mtfe dans un état de
dépérifiement qui approchoit du marafme 8c
de la confomption ce fut dans cette Situa-
tion qu'on amena ce::e malade à Arles dans
rémois de Novembre ï7<s$ on la von an<.
~onrd'hm à Uiez MtalemÈm t établie.
incommodué dans plufieurs de fes
Ménagères 6c après avoir éprouvé
!e changement: de digérées airs~ il
vint fe réfugier à l'Abbaye de Mont-
major. C'eit là où je fus appelle pour
!e voir & plufieurs autres de fes con"
freres qui n'écoient pas moins mdif-
potes que lui.
Il ne fut pas diflicile de compren-
dre, au récicdeiesmaux, 6~ au ré-
gime qu'il avoir ~uivi, que la caufe
de fon vomiû~ment réfidoit dans la
tenfion fpafmodique de la membrane
nerveufe de rcâomac, & enfemble
dans râcreré des fucs Aomachiques.
Des veilles continuelles & des con-
tentions d'efpric auxquelles ce jeune
homme s'écoic livré ians di~crédon,
avoient donné naiSance à fa maladie;
&: les remedes irritans donc il avoit
ufé n'avoient pas peu contribué s
rentrerenir. Les humcc~ans furent
donc fub~itués aux autres remèdes
avec d~auranc plus de connance, que
ceux-ci avoient écé nuiilbles. La tiia-
Rc de poulet dont il fit fa boiSbn
ardinaire pendant: un mois cader~
emporta le vomiHement. It ne re~.a.
plus alors que les vent$ & les rap-
ports y qui tourmentoient encore le
malade mais les eaux minérales d'Yeu-
fet & les bains domeIUques acheverent
~e détruire le vice.
Mr. ~C~ Procureur au Siege~dç
cette ville iexagénaire &: hypocon-
driaque~ fut accaquc dans le même
tems de If même maladie. Son vo-
îni~emen!' étoit d'autant plus dange-
reux que les madères qu'il rejetcott
CEoienc noires, fétides, & d'une amef-'
tume infupportable Semblables en
touc a l"acrabi!e fi connue en même:
tems queprofcrite par les Anciens (~)~
de tous les Auteurs qui les onp
fui vis. Des inquiétudes des con~
tentions d'efpric journalières, un cha-
grin des plus vifs avoient donné
Baiilance à cette cruelle maladie &
en j~bmcncant continuellement la caufe
qui la procuroit, fembloient aum la
rendre incurable, pour ne pas dirç
ïnonclle. Des exemples auJS récent

(a) Hippocrat. aph. n < fe< 4.


que fuselés (~) autor~foient Ïe ma-
lade à défefpérer de ion fort: ce qui
rendit la cure très-longue.
Les ieuls humec~ans furent encore
employés avec d'autant: plus de conf-
tance que le mal avoic }ecté de plus
profondes racines. La tifane de poulet
ëc les fomentations furent conttouel-
les, les bains domeâique$ & les !a-
vemens fréquens ne ~uren? pas aud
négligés ce fi ces remedes n'empor-
tèrent pas d~abord la maladie, du moins,
Us en empêchèrent les progrès.
peux années entieres s'eioienc déjx
écoulées en chutes ecen rechutes~ fans
que le malade pût fe reprocher la mom-
dre négligence dans ion régime mais
des aiRaires domediqucs, qui entrete-
noienc journellement les inquiétudes
de fon efprit s'oppoibienc à l'effica-
cité des remèdes. U faHut donc quitte''
la ville, & abandonner les occupations

(a) Il r~y avoit pas encore un-an, que M.


de Lavai Archidiacre de FEsUfe ïDCtro-
poluame de cette ~ille éton mort de la
tnême maladie, fous les coups ledoubi~
)~e ~~B~M~sa.
de fon état, pour aller chercher dans
la di~radion & le repos le récab!iiue-
ment d'une ~ancé fi délabrée. Cette
épreuve fut fuivie de falutaires enecy.
Le vomiuemenc céda pour lors aux
mêmes remèdes, & un exercice jour-
nalier ne contribua pas peu à récablir
îe malade.
La mécl~dc de Ga!Ien pour trai-
ter ces maladies ne celle de me iur-
prendre car il nous dit exprefîemenc:
*j?/z M/z~r/M/ft ~~Mr omnes ~M~ hu-
~<y/'c ~ïc~Mc~o~cc ~ro~/z~~f ~e<%M~

humorem y~CM~ZTI~M~
~Mo~ï~M~
-M/
~Zf~ inter ~Zf~ /7Z~~7~e/ït~
augeantur ~ro~~f3~. Gale-
nus de acra bile, p.~oj*.
C*eâ-a-dire que, ~elon cet Aureur-
les purgatifs ordinaires ue ~u~Hient pas
mais encore faudra-1-il préférer ceux:
qui purgent violemment.
Ces maladies ont donc 'changé de
caractère depuis ce premier Oracle.
il faut donc que Fon change leur
nom fi l'on ne veuc point nous in-
duire en erreur. Cette atrabile, qui
roccupoic tant le rendott ~n& dou~
te lui-même au~ caustique dans le
choix de fes remedes qu'elle l'€Ê
elle-même dans ton a~ion. Nous fa-
vons aujoud'hui que fi elle domine
dans les maladies hypocondriaques,
tanc s'en faut qu'elle en foit la caufe
primitive, & la feule a combattre, pui~
<~u'au contraire elle n'en eft que l'e~t,
La diminution du calibre des vai~-
~eaux excrétoires du foie & des autres
vifccres du bas-ventre, leur iechereSe
excreme & leur obUruction rendant
le cours de la bile plus pénible, cette
tumeur~ dé)a trop groSiere~ fera
jFbrcée de s'arrêter au milieu de fes
couloirs. Elle les ob&ruera, &: pat
le féjour qu'eMe fera obligée d'y faire,
elle éprendra la couleur &. racrimonïe
BeccHaire pour former cette atrabilc
jti redoutée de Galien~ & méprisa
aujourd'hui des Médecins modernes
Obifgée quelquefois de refluer dans la
maHe des liquides, elle formera des
embarras procurera en même tems
des irritations conndérables là où elle
fera portée, & enfantera ainfi toutes
~es maladies que l'on voudra lui impu-
ter. Mais pour remédier à tous les
défbrdres qu'elle a coutume de pro-
curer, faudra-c-il la forcer brufque-
ment de fortir de ta matTc des liqui-
des Et pour cela faudra-t-il agacer
des folides racornis, qui, pour aind
dire onc déjà fait corps a~eceMèT
Ce, ne fêra jamais ain~t que ~o~
domptera cette humeur iulphureufe
dès la nai~Iance Saline par degrés
& acrimonieute de fa nature elle
s effarouchera au moindre abord &
pour peu que Fon s'obfUne, elle écla-
iera avec fureur, ~peuc-ecrë de vien-
dra- t-elle indomptable.Comment donc
y remédier ? La chofe ef~ pénible y
il eft vrai~, mais elle n'ej~ poinc im-
pouible. Si elle fut toujours recueil'
des Médecins ne ~era-c-eUepas auut
le che~-d~œuvre de FArt: ?
Ce fera donc par des remedes doux
que nous émounerons les pointes pi-
quantes dont elle eft hérinee; & en
la délayanc & la détrempant, nous
lui oppoferons un torrent dans lequel
elle fera fubmergee & détruite efi
même tems qu'elle iera entra.Ïnée
au dehors par les voies ordinaires.
Elle refilera long-tems a fon enne-
mi, mais elle ne fuccombera pas
moins tôt ou tard à une puiuance
d'autant plus redoutable pour elle,
qu'elle l'attaquera avec des armes tou-
jours confiantes & toujours variées.
Mon raisonnement & mes expé-
riences iatisterônc, je pen~e, les Mé-
decins praticiens; mais les Phy~olo-
giftes outres exigeront fans doute des
expériences de leur goûc & à leur
portée. Pour les fatisfaire & les con-
vaincre en même tems, en voici une
quejeleurpropoie, &: qu'ils ÏeroM
à même de faire dans leur cabinet~
s'ils ne veulent pas prendre la peine
de descendre jufqu'au lit des malades.
Que l'on prenne de Fatrabile récem-
ment rejettée parle vominemenc oa
par les felles Con odeur eft fecide~
& fon goût, au rapport des mala-
des, eft d'une acerbité insupportable:
qu'on la détrempe avec une certaine
quantité d'eau oh la verra bient~T
changer & devenir verte en aus-
mentant le véhicule~i elledeviesdf~
jaune; & en continuante elle perdra
éntiérement fa cou!ear, fon odeur &
~bn goût que l'on fa~e évaporer en-
fuite, on la verra reprendre fes mê-
mes couleurs par degrés, & la ma-
cère qui refera au fond du vai(Ieau
fera la même que celle que t'en y
avoit mife précédemment elle aura
fa couleur, fon odeur & fon acerbité.
Que l'on compare enfuicc l'enec des
~.élayans avec la nature de cette hu-
meur, on conviendra fans peine que
par la détrempe que procure le véhi-
cule on vient à bout de lui faire per-
dre fon âcreté, en lui faisant perdre
fes couleurs. Auul voyons-nous chez
tot~ les mélancoliques, que les éva-
cuations de cette efpece varienc chez
eux par ces degrés, & que leur réta-
bUilement eft toujours précédé de
toutes les variations dont je viens de
parler. Mr. G~, &.p!uncurs autres
que j'ai vus dans le même cas, m'ont
fourni ces épreuves & bien d'autres
encore que j'ai vus fuccomber, parce
qu'ils n'avoient pas écç fecourus afiez
tôt, m'ont fourni par contraires les
mêmes gradations. ~~pL~ci~
R~mPL.É6~ ~F~M.
T'Entends par hémiplégie fp~(modL-
J que cétcc efpece de paralyne par-
faite ou impariâitèqui iurvienc à ren.-
gorgemcncdcsvai~eaux du cerveau:
lequel engorgement eft toujours le pro-
duit dé la. tennon tpa.fmodiqué des
ner~s.
Les di~réns embarras du cerveau
font produits par trois différences
causes ce qui càrà<3:enie trois cfpe-
ces d~apoplexic. La première & Ïa Se-
conde font connues fous le .nom d'a-
poplexie pitùiceuîe & ianguine; par-
ce qùe dans i~unë ia furabondance du
fang que l'on dé~ghe plus particu-
lièrement par le nom de plethôre, eh
eA la caufe; & dans Fautre, la pi-
tuire ou la furabbndance d~humeurs:
lymphatiques &: lereuies, procure le
même effèt. Mais la. troisième, que
rappelle fpatmodique/eH cë!le qui
Teconnoîc pour caùic prochaine ~c
~mmedia-ce le ~eul. vice des Derfs~ je
'-VL
veux dire cette tenfion outrée des
filets nerveux, qui s'oppofe entière-
ment à cet état d'atonie &: de relâ-
chement qui forme lui-même la pa-
ralyse laquelle tenfion rétrécit le
diametre des vaitïeaux, augmente ainfi
Ïe volume des liqueurs, &: forme en-
fin cette pléthore d'où naincnt en-
fuite rengorgemcnt, la compreflion
des vai~feaux l'interceptation des ef-
prits animaux l'apoplexie enfin oc
la paralyfie qui la fuit.
Pour concevoir comment l'engor-
gement dont il s*agit peut fe former
dans des vaineaux tendus &: racor-
ïlis y dont la force elaIUque & la vi-
gueur de leurs fibres font augmentées
a un point, qu'elles s'oppofent en
tout fens à. cette extenfion demefurée,
qui doit aSbibîir leur ton pour pro-
duire de pareils effets; on doit fe
rappeller i?. que le cerveau eft
d'une J~ub~ance molle &: nexible,
dont les fibres font continuellement
abreuvées par la ~eronté qui s'y fé-
pare 2. que le nombre des vaiffeaux
~nguins dont la ~ur~ace eâ tapiiTce~
<ÈA fort confidérable & qu'en outre
elle eft remplie de différens finus
qui ra!entiHenc le mouvement de la
circulation; 3~. qu'il eft continueUe-
ment expofé aux différentes comprei-
~ons des meninges, qui rembra~enc
de toutes parts j, & qui dans le cas
du racorm~ement, le preâenc avec
plus ou moins de forcej, gênenb
le mouvement des liqueurs; ce qui
pré tente tout àutânc d'obftacics a îâ
circulation du Ia.ng dans ce vifcere~
favorite par confequenc ~engoî'ge-
ment dont il s'agit.
De cette dirpoHtion du cerveau ii
en résulte que toutes tes fois que
fang s'y portera avec trop de fougue
& d'impécuo~ce, il faudra néceilâiï'e-
ment qu'il excice dans fes di~efenS
imus et dans fes vaiffeaux artériels
veineux des dilatations forcées, qui
~ugmenteronc inienfïblement leur ca-
libre, & formeront: enfin des gonrte-
tnens variqueux leiquels en gênant
la circulation du fang & celle deâ
efprits~ donneront lieu à l'apoplexie,
~épilepiie la para!yfic a cout~
les autres maladies qu'une telle corn"
prefnon peut produire.
Cette fougue & cette Impécuo~ce
avec lefquelles le fang fe portera dans ce
vifcere proviendront des mouvemens
irréguliers & des fpafmes qui fe for-
ment fréquemment dans les membra-
nes de reJ~omac & des entrailles des
hypocondriaques attendu la délica-
teffe & rextrême fenfibilité de leurs
fibres leur tenfion & leur racorniffe-
ment. En effet, les nerfs du ventri-
cule étant continuellement agités &
ébranlés par l'âcreté des fucs Aoma-
chiques & dtgefUfs qui s'y féparent,
ceux des reins de la rate, du foie,
du plexus méfentérique, le feront à
leur tour, & contra<~eronc les vaif-
feaux. La concra<9:ion des extrémités
artérielles arrêtera le cours du fang
dans toutes les parties les liqueurs
fe porteront donc en plus grande
abondance vers la tête, & produi-
ront les effets dont nous venons de
parler. Il en fera de même des in-
teâins car fi les contrarions arté-
tielles font telles dans ces parties~
que le fang ne puiiïe pas y circuler
avec une certaine liberté, les engorge-
mens qui furviendront cauferont
de tels mouvemens dans les nerfs,
que tout entrera en convulsion. Les
tiraillemens caufés par les nerfs infé-
rieurs pourront auuî produire Ïes mê-
mes effets dans ceux qui communi-
queront avec eux. Tous ces différens
mouvemens convulfifs pourronc enSn
procurer la paralyfie dont il s~agit,
de même que nous avons dit que l'a-
poplexie la produifbit.
Puifque cette efpece de paralyfie
feconnoîc une caufe particulière
elle propre', il faut néceGairement
qu'elle produite des Symptômes par-
ticuliers qui la di~inguent des aucre~
c'eA a-dire que la tenfion ~paAnodi-
que des nerfs <e montrera toujours
dans la roideur des membres para-
iyles, dans leur irritabilité comme
auni dans l'atrophie ce dans les mou-
vemens convulfifs. Le pouls fera tou-
jours petit & fréquent, & s'éloigne-
ra, de cette plénitude qui annonce la
veric&ble p~chôrc~ & le relâchement.
des tuniques artérielles qui cara~-ér~
~Cïn les deu~autresefpecesd'apoplexie.
L'a cure din~rera donc de celle
qu~n adopte ïndiAin~emenc pou?
toutes les espèces d~appplexie c'eA
pourquoi les lignées fi fouvent ré-
pétées les cordiaux, les vifs mt~u-
J~ans les emédques & les purgatif
~e fauroicnt convenir puiique les
Mricadons violentes que tous ces re~-
ïnedcs proGuren! augmenterpient in~-
~aiUiblementlacauie du mal bien-
loin de la détruire. C'e~ a rob~erva?
tiona nous fournir les preuve§~
Mr. Oman (~~irurgien de cette
v~le A âgé de tr~nte-Rinq ans, d'un
tempérament ianguin ~c fort robuAe
~ut attaqué dans le mo~ de MaiL
~~l d'une ~evre putride & inn~?
~catoire, dont 11 guérie par le fecours
de dix baignées, un étuéfique, ~c que~
~u~s tégers purg&tifs. Une iptbmni~
des plus rebelles l.e fatiguoit dans
ia convalescence ~depms pluficurs
jours lorfqu'il J&it fai6 tout-a-coup
~une hémiplégie imparfait au cote
~on. Son bra.S & jambe fu~ns
d'abord engourdis, fon œil fut éraillé
par la récra~ion des deux paupieres, &:
la, bouche je~a dans un état convul~
Le malade alarmé par les Symptô-
mes d'une hémiplégie réelle, récla-
moit à tout inHant le recours de fon
Art, & fe difpofoit déjà a fe faigner
ïui même H je ne fufïe arrivé à
tems pour m'y oppofer. Les ~ympco-
mcs dee laa maladie
mes rqa~atlle qui avoit précédé,
qUI avoic prece e.
(~ les remcdes.que j'avois employés
me fournirent au premier coup d'œH
les ~gnes diagnoIUcs du mal que j'a-
vois à combattre. Le ipatmc & réré-
tifme desneris femontroientau grand.
}our: il falloit par coniéquent: relâ-
cher au plus vue les pâmes qui pa-
roi~ïbient: en être le plus a~e<~ées. I~e
bain tiede fut préféré à tout autre
fecours, quoique la tbibIeHe du ma-
lade parût à quelques-uns contre in-
diquer remploi de ce remède. $on e~-
jEacicé ne le démentit point puis-
que l'on vit en peu de jours dUpàroi-
tre tous ces iymptomes(~).
(a) On trouve dans Fore~us un ncm~s
Les Séquences baignée: que le ma-
Ïade avoite~Iuyées dans le cours de
la fièvre inHammatoire & les autres
évacuations que les differens purgatifs
dont: je m'écois fervi avoienc produi-
tes doiyenc ecre regardées com~me les
caufes éloignées de l'hémiplégie qu~
iurvint a ce eonvaleîcenc. Il faltoit par
confequenc recourir aux remedes qui
A .<
pouvoienc reIUcuer au fang & .r..jt
au~
autres humeurs le véhicule qu'elles
àvoienc perdu & aux nerfs la ibu-i
pleMe & réIaiUciM que les di~rent-es
Mncatipns qu'ils avoienc tou~erces leur
avoient enlevées. C'étdic fans concre-
dit le ieul moyen dé fauver le malade i
& quelque nouveau qu'il parotHe
plufieurs, iln*eH pas moins aîruré~
puilqu'il eA appuyé fur les principes
d'une théorie faine, & fur les plus
heureuiesexpériencesque pluileurs Mé-
decins de cette Province en ont faites
avec moi.

de pareilles cures de paralyses produites


pMune canie lèche ~ch.~ude~
Je demande à préfent fi la faignée
que l'on auroit communément pref-
crite en pareil cas, dans ridée de
combattre l'engorgement du cerveau
& enfemble les purgatifs, dont om
n'auroit pas manqué de ie fervir fous
différentes formes, auroient pu êcre
utiles au malade. Les effets oppofés
que le bain tiede nous procura avec
tanc de célérité nous prouvent m-
conteftablement que les nerfs, agacés
de nouveau par Fanion de ces dine-
rens remedes auroient ~buHcrc de
plus grandes contrarions, la circu-
lation des efprits auroit été bientac
inrerceptée &: les mouvemens con-
vulnfs, qui feroient Survenus au-
îoienc infaiHiblemenc emporté le ma-
lade. L'obier vaiion fuivance cerdHe Ig
prono~ic.
Mr. le Marquis de Carillon âge
de trente-huit ans, fe plaignoit depuis
ïong-tems d'une douleur de têrc y
pour laquelle il me demanda des re-
medes. Son tempérament m'étoit trop
~onnu, ainfi que fon genre de vie~
pour me tromper fur la caulé de ton
~âl. Je lui prelcrivis un régime con-
M~
yenable, & des bouillons de poulet,
La douleur de tête difparut en par-
tie, & on le crut guéri. Les leçons
& les conseils des Médecins ne font
ordinairement impre~on que dans le
tems de la maladie & fi on fe les
rappelle quelquefois dans Fécat: de ~an"
té ce n'eA tout au plus que par ré-
flexion pauagere. Le malade oublia
mes confeils il quitca mon régime.,
pour reprendre le ~len. La douleur ne
tarda pas a reparoicre. Elle devint in-
~pportable par degrés, & ~c termt-
Bs enfin par un évanouiHement va-
poreux~ qui Ëc touc craindre pourï~
vie. Cec évanouiilement fut fuivi d"une
jbémiplégie de tout le côté droit. Le
bras la jambe & la cutHe furent roi-
des & touc-a-jfaic paralyfës; l'oeit &
rorei!le du même côcé perdirent to-
talement leurs ~bncUons tout en un.
mot annonçoic le racorniffement par-
fait du genre nerveux, oc il ~alloic
prompcemen!: fecourir le malade.
Un Médecia de grande répufa-"
~ion (~) qui fut confuicé~ reconnuË:

(~) M. Fizes.
avec moi le même vice des nerfs, & en-
~rnb!e l'epai~ncmcnc de~nuides. Pour
remplir ces deux indications, on eut
recours aux remedes hume~ans,
aux inci~fs. Dans les premiers~ les
~outUonsde poulet ceuxdetorcuej,
petit tau:, <5c les eaux minérales
acidules tenoienc le premier rang &:
dans les autres les apéritifs les
j.l~ & i4.7
purganJ~s ,uVIo"-£~ y
andfpa~modiques
ïes qu
~oientcontbndus fous di~rentes ibr-'
mes. Bten ipin d~UtQn~cr une pareU-
~e méc~ode, je ne pus au contraire
m'empêcher de pronoAiquer font ce
qui s'enfuivroic. La CQR~ance qu'on
avoi!: en moi n'ccoic pas fufpe~e:â
ma~ il fallut obéir aveug~sienc à un
confeil fi refpe~able.
Après que le ,maladeu eut pris vingt
bouclons de tortue, pa.r ou pavois
déjà commencé le cra~emenc, il éto~c
pre~cru par l'ordonnace du Médecin
confuse de faire prendre au malade un
opiat compote avec la conierve d~~M-
jt*4~ celle de Maorrodon~
la poudre de guctece, celle de clopor-
tes~ la. caneUe la câicariLlle~1 la v~
lériane Sauvage & le firop de chico-
rée compofé avec la rhubarbe. On
avoit déjà trop de con6ance pour un
remede qui devait opérer tant d'enecs-
à la fois, pour que j*o(aue me ré-
crier. Je crus même avoir beaucoup
gagné en faifant confentir rApochi-
caire C~) à retrancher la moicié de
la do~e, à l'indu des perfonnes inté-
reffées. Ce fut deux heures après que
notre malade eut avalé ce remède
~u~un évanoui~ement vaporeux de
même nacure que le premier, qui fut
~uivi de mouvemens convulfifs aux
membres érétifés fit connoître rcr-
reur. Le ventre fut tendu & irrité par
de violentes coliques & par des bor"
borigmes affreux., que je fus obligé
de calmer par une copieufe boinbn
d'eau de poulet, & par le fecours de
plufieurs lavemens.
Cet accident imprévu quoique
prédit effraya tellement le malade
&~a famille, qu'on me laina. alors
despotique de fon fort. Cent foixante

(a) M. Duné~
bains domeftiques tiedes autant de
bouillons de poulet ou de tortue, &
beaucoup de lavemens d'eau commu*
pc amplement dégourdie &. le plus
fouvent froide, rendirent la foupleffe
aux membres éréti~és l'exercice du
cheval ce celui de la voiture rendirent
enfuite à ces parties leur première
liberté & leur mouvement de façon.
que le malade reprit fa première
j~ncé, au grand étonnemenc d'un
nombre de personnes qui le regar-
doient comme un homme perdu
parce qu'il fe foumettoit aveuglément
a de nouvelles épreuves.
De tous les Auteurs qui ont écrit
fur les maladies du genre nerveux
Frédéric Honman (~) eft le feul que
je tache, qui faffe mention de l'apo-
plexie fpafmodique & de la paralyfie
de même efpece qui lui fuccede ordi-
nairement. Après en avoir fait la plus
@xa~:c defcription cet Auteur nous

(a) Hoffman, de neryorum refolut. cap. t~


p.com.
annonce que cette efpece d apoplexie
jn*eft réservée que pour les femmes
hy~ériques & pour les hommes hypo-
condriaques & il nous dit que la ten-
jRon naturelle de leurs nerfs & la féche-
ïeiJc de leurs entrailles s'oppoienc
la. libre circulation du fang dans les
Viscères du bas ventre &: dans les
parties inférieures du tronc. Le cer-
veau en eft par cette raifon furchargc
ce qui procure des engorgemens ian"
guins &: des comprenions irrégulieres
dans ce viicere~ d~ou dépendent tous
tes fymptomes de rapopiexic fpaftno-
dique dont nous venons de fournit
deux exemples.
La diitincHon de l'apoplexie fpaf-
modique d~avec les deux autres efpece~
que l'on connoîc fous le nom d'apo-
plexie féreufe & fanguine, eA encore
due à cet Auteur. Quoique cette der-
mere participe beaucoup de celle dont
il s~agic le fpatme n'en e~ pas moins
très-ibuvent la véritable caufe. La roi-
deur des membres paralyfés & les
mouvemens involontaires qu'ils éprou-
vent en ibnc les preuves convaincan"
tes. iLes faignées réitérées, les védca~-
toires, les émétiques &c. produiront
donc, ielon le même Auteur, de fune~-
tes eSëcs, ( M. le Marquis deCaâil-
Ion en fit !a triËe expérience ) tandis
que les bains domeâiques, le pédiluve
&: autres remedes de même efpece~
qui attaqueront: cette ngidité des nerrs,,
produiront des e~eis ia~utaires, puii-
qu'ils faciliteront la diËribution des
liqueurs en re~ituant aux vaijïeaux
leur calibre & leur ~bupleHe.
Mon cémoignage paroicroic ici (uf-
pe~ s'il n'étoic étayé de celui de l'Au-
teur que je cire. Ses obfervations ~a.
font foi (~). Je puis donc y ajouter
que j'ai vu nombre de paralytiques
chez qui ces mêmes remedes avoieM
procuré ce désordre. Combien n'ont-ils
pas termine leur vie fous le joug d'une
~i cruelle pratique P Le dirai-je f rint~
rec du Public Fexige, &. le zèle qm
m'anime m'y engage j'ai été le âdele
témoin, & plus 'd'une fois, des funei-

(a) Ho~man, cocfuk. &: relponf. c&nc. ï~


M.t~C~USï~.
tes effets des eaux de Balaruc, ou FoK
envoie communémenc tous nos para*
lytiques & ceux des Provinces voi~-
ïies, fans égard & fans di~ind.ion~
J'y ai vu encr'aucres un malade a.
qué de la paralyiie dont il eft ici queP-
tion, iaifi d'une fievre des plus vio-
lentes, avec délire, &.de mouvemens
convulfifs aux membres paralyses le
premier jour qu'il fut purgé avec ces
eaux au grand étonnement du Méde-
cin qui s'en étoit chargé. Il ne fallut
rien moins que deux baignées & une
copieufe boinon d'eau de poulet, pour
le fauver du danger auquel on l'avoit
aveuglément expofé.
Ces eaux thermales & taîlnes agiC-
fent donc ici avec trop de ~bu*
gue (~). M. le Roi~ Profeueur en
Médecine de rUniverfué de Mont-
pellier, qui a écrie avec au anc d'élé-
gance que de précision iur la nature
& les effets des eaux minérales, n'a.
pas oublié de nous prévenir fur l'ac-

(~) ïl en feroit de même de touces les


ea-i~x thermales~ quelles qu'elles foient.
non
don des eaux de Balaruc, puisqu'il
ÏTtOUS dit ~~OC ~M~ ~M~M ~TïM~
~7z~ ~o~~ y~~
~o~~r~
?ïoy!

y~,~O~~f~
c~/?t
<ïM<' lue
C~/ZO-M~, aut JM~-
/ef ys/M-
aut
~b~ë ~~crcf A~~oro/ï~M~ ~Mf ~/?e-
f~~ (a_).
Mais nous avouerons vô!ondeî-s a~ec
!ui qu'eHes reu~~enc parfaicemenc bienL
ta où le re!âchement: des tb!ides, ~c
énfcmble re~aiHI~thenc &ia vi~coïlte
des humeurs procurent la maladie.
Leurs effets miraculeux actefienc bien
en leur faveur, qu'il ~eroic inudîe
pour ne pas dire ridicule, de vouloir
concéder leur merice & leur vertu. Nous
avouerons encore, l'on veut, qu'ellei
peuvenc êcreSalutaires dans bien d'au~
tres circonAances où !a rigidité peut
ccre compliquée avec d'autres vices
mais ce fera toujours fous les conditions
que l'on fe coniencerâ alors de les ap-
piiquer extérieurement & avec queUe
précaution nous permettrons-nous leur

(~) Caroli le Roi de aqu. min. natuiâ


~f'j~ prop< ï~o~ M, ?
ufage intérieur 0'eH ainfi que je con.
clus des autres eaux thermales câlines
pu fulphureuies, à qui on a vu opérer
plus d'une fois entre les mains des
Médecins habiles de merveilleux ej~
~ets~ qui paroiHotenc cependant con-
tradi<3:oires avec la caufe que l'on
~voic combattre.

R~f CORjV7~ ~~j~FJVr


~~fr~Tz~~
des extrêmite~
1 du corps.
co/y~.
~~E fera particuliérement fur les
parties les plus éÏoigïiees du cen-
ire que fe feront ~ennr les effets de
notre racorniHement. L'extrêmicé des
vaiffeaux & la petiteSe de leur calibre
favorifant fon a<~ion par les $bftacle<
naturels qu'ils préfentent à la circula-
tion des liqueurs, les lymphatiques
feront bientôt oblittérés; la nutrition
fera interceptée ce qui defféchera
toujours plus les parties folides & les
racornira a un point, que les muicles
tes nerfs & les tendons qui aboutinenc
aux extrémités du coxps le conirac-
t~ronc avec douleur, & forceront auuï
les membres à j{e replier fur eux-
mêmes, après avoir forcé le tronc
d'obéir l'avion qui le preSe pouc
fléchir à fon tour &: nous aurons daM
ce dernier effet du racorniHemenc des.
folides dont nous allons fournir des
exemples la preuve inconcevable de
&n exiAence 6c de fon a~ion dan~
chaque fymptome des amenons vapo"
yeuses.
DomLameé, Religieux BeÊéd~i~
du Monaftere de Montmajor âgé de
~ingt-crois ans, d'un tempérament vi~
~e très'ardent ~unroic depuis deux
ans des douleurs tr~s-aiguës au~ euif-
~eS, aux jambes <Se aux reins, âvé@
J
une roideur qui Fempêchoic de mar-
cher. La grande application a. fés écu-~
dos~ & fur-couc la musqué âvdi~
fourni les caufes éloignées de ibï~
indifpontion. La dimpadon excrêms
des efprits animaux avoit intenable"
ïnenc appauvri la mafle des nuides
~e les fréquentes irricadons du genra

,A
Nerveux avoiencenÊn produit le faeo~
~~ilemëaCt
Les bains agirent d'abord avec tan~
d'emcacité, que dans l'efpace d'un
mois le malade fut délivré de fes dou"
leurs & marcha droit, comme s'il
~avoit jamais eu d'incommodité. H
reprit fes exercices, & rechuca il eut
recours aux mêmes remèdes, qui opé-
rerent toujours avec la même force.
Je l'obligeai pour lors a quitter la
Miu~que oc fes études. Ce ne fut pas
fans peine que j'obtins de mon malade
une privation fi ien~b!e à tout Muû-
cien paH)onné mais auSi jouit-il d'une
ïneilicure ~nté jusqu'aux chaleurs de
~a canicule, lelqueHes, plus exceŒvcs
alors qu'elles n'avoient jamais été, le
6renc retomber de nouveau. Il revint
aux bains pour la tfoifieme ~bis; il
&t en même temps ufage de la tifane
de poulet & du petit-lait diAitlé ce
qui termina fa maladie.
Ne me fera-t-il pas permis de join-
1
dre à cette obier vation une autre de
même efpece qui ne m'appartient
point, & dont j'ai été le témoin dans
les premières années que j'exerçois la
Médecine fous mon père:* Mr. le
Confeiller ~B~, âgédecmquante-
cinq ans, d'un tempérament bilieux
j~nguin, 6c fort mélancolique fut
attaqué dans les plus grandes chaleurs
de l'été d'un cholera morbus le vo-
miuement, la diarrhée, les crampes
& les défaillances cara<3:érifbient cette
maladie à ne pouvoir s'y méprendre.
La limonade en arrêta les progrès
la fievre, qui accéda a tous ces ef-
forts, la féchereHe de la langue, des
urines rouges & ardentes, & le dé-
lire, dénotoient une effervefcence ex-
traordinaire dans les humeurs.. Les
iaignées répétées les émulfions les
lavemens rafraîchinans les fomen-
tations, ce la tifane de poulet, s'op"
poferent au danger de ~innammatioa
dont le malade étoit menacé, & ter-
minerent ainfi une maladie qui eût été
très férieufe & même mortelle
on l'eût méconnue ou tant foie peu
ménagée.
La ncvre céda enfin après plu-
fieurs jours, & fes fymptomes s'éva-
nouirent mais le racorniffement gé-
néral des excrêmnés du corps en~
la fuite. Lalkaleïcence des humeurà
avoit été grande que les humectans
les plus 'puions, que Fôn avoit fi
prudemment employés 'ne purent pa-
ter le coup. Les bras les jambes, les
doigts des mains & des pieds furent
yoide! & immobiles l'épiderme s'é~
cailla, & la peau deHecha totale~
tnent. Ce fut par le fecours des bains
domeHiques & des autres remedes
hume~ans, dont le malade u~a pen-
dant une année entiere qu'il vint à
bout de rétablir tes membres &
~anté.
Les effets de ce racorni~emene
Bous fournirent tous les jours des
preuves de cette MYereHe des ~!i-
des, que nous avons reconnue pour
caufe, prochaine de l'a~e~ion vapo-
reufe. Je connois un nombre de per-
sonnes fujettes aux vapeurs chez qu~
cette ~éche~e~c e~: mani~eUe~ que
dans di~érens endroits de leurs corps
~épiderme fe détache, les cheveux
& les poils tombent: chez d'autres les
~bres mufculaires fe iéparent, & ~br-'
des crevaRcs aux doigt: d@$
mains & c(es pieds. Que répondront
ici nos adveriaires p E~-ce la i'enec de
l'irrégularicé du cours des efprits an:~
maux ? & n'eâ-ce pas plutôt t~iui
des folides viciés ? Les derangemenS
de i'M~rM~ & les ob~ru<9.ions de cha-
que vifcere du bas-ventre, en gcn~-
rat & en pardcuUer, produifenc-elles
ces fymptomes & ne ibmmcs-nou~
pas forcés dévouer qu~eUes font elles-
mêmes te fruit du vice des folides què
ïious indiquons.
Que l'on ne nous obje~e pomt que
l'on voit tous les jours des peribn"
nes qui jouiffent de 1"embonpoint le
plus envié, chez qui les folides ne
paro~enc pas plus ane~és que les li-
quides, & qui cependant font ûtjec-
tes aux vapeurs. La teniion ~pa(mo-
dique du genre nerveux fa roideur
& fon racorni~cn~en!: ne font point
incompatibles avec ce tempérament:
puifque ces mêmes perfonnes font
accaquées des mêmes inErmités~ &:
guériuenc à leur tour avec les mêmes
remedes. Que l'on ufe auprès d'elles
du moindre irritant & Fon verra
bientôt que la tenuon namteUe de
!curs ner~s ~e changera en jfpa~e
en convulfion elles feront par con-
j~quenc a~ervies aux mêmes vici~iru-
des j, &; elles feront foumifes au mê-
tne traicemenc avec ce désavantage
qu'elles j{buHrironc, & n'oseront pas
jfe plaindre. Cec etpbonpoint leur jfe-
ra d'autant plu& a charge qu'il leur
~era reproche
< 7
par ceux même
« qm
eUes feront forcées de s'adreHer, o~
dont elles imploreront continuellement
es recours.
VAPEURS
~<9~fjLJ~~j&
.f~~RB PUTRIDE COAtrU~~E.
JLjt A complication de cette mala-
TT
die avec les vapeurs fut tou-
jours le piege des Médecins Phar-
maceutiques. La préfence de cette
matiere putride dont les pre~iieres
voies font alors furchargées la tur-
gefcence de ces levains étrangers qui
inondent la maSe du fang & des hu-
meurs, exigent promptement les fe-
cours de la Pharmacie. J'avouerai par
conféquent avec les -plus outrés que 1~
pu la matiere putride abonde, nous de-
vons nous hâter de l'évacuer je dirai
même plus, puifque je conviendrai en-
core avec eux que nous devons em-
ployer les remedes les plus aAMs, pour
pe pas .(impleïnenc remuer les madères
mais au contraire pour les expulfer avec
force & cHicacicé. Les cathartiques
les émétiques &: tous les vermifugesJ
feront donc reconnus ici pour les feuls
fpécifiques &. fi ces maladies ~e ter-
minent le plus fouvent avec fuccès ce
fera toujours par les évacuations que
ces remedes procurent.
C'eft-là une méthode généralement:
teconnue & approuvée puisqu'elle
eft appuyée des plus heureufes expé-
nences mais ne trouvera-t-elle jamais
aucune contradiction? & faudra-tit
toujours purger par la feule raifon
que la fievre eft putride & que les
matieres abondent f ou bien s'il ~aue
nécetfairemcnc évacuer, ne faudra-t-il
jamais employer d'autres remedes que
ceux qui attaquent cette matiere fébri-
le en attaquant le vice des fluides
fans jamais avoir égard à celui des
folides qui demande fon tour des
fecours ?
Le tempérament vaporeux e~ pré-
ci fément celui qui nous pré fente des
entraves dans FadminiAration de nos
remèdes en fourniffant à la première
maladie une Seconde caufe d'autant
plus redoutable, qu'elle s'oppose conC-
tamment à l'efficacité des remedes in-
diqués. Cette caufe réfide dans cette
roideur des folides & dans leur fen-
~bilité, fi grande, que le moindre choc
des parties avives des plus doux pur-
gacifs excicc alors des (palmes & des
mouvemens convul~fs qui bien-loin
de favoriser leur action s'oppofent
au contraire à l'évacuation des matie.-
res putrides, ~c en augmentent en-
core 1-leffervefcence.
Pour remédier a cette complication~
les hume<3:anx feront les feuls remè-
des appropriés & les feuls capables
de corriger la roideur des iblide~,&
enfemble les irritations que lescathap-
tiques procurent néceSairement par
leur action. On les employera donc
dans tous les tems de la maladie, &:
ce ne fera que par leurs effets que l'on
obtiendra la dépuration des humeurs
en ïbumectant ainfi les folides aux dif-
férentes irritations auxquelles ils font
fujets dans tout le cours du traite-
~nem de la maladie primitive.
La terminaifon plus ou moins ftt-
Mefte de ces fortes de fièvres par
Fimpéritie de ceux qui les craicent
quelquefois dans les villes, & plus
fouvent encore dans les campagnes,
où les Médecins font toujours appel-
lés trop tard nous prouve clairement
que cecie complication ef~ auffi com-
mune dans ce climat que peu connue
&. il feroit à fbuhaiter pour le pro-
fit de cette partie du genre humain
fi utile à l'Etat, à chaque province,
& en particulier à cette ville, à caufe
de fon immenfe terroir, que les Chi-
rurgiens & les Apothicaires vouluffenc
du moins écouter les leçons que nous
ne celions de leur faire fur cet arti-
cle. Nous fommes en droit d'exiger
d'eux un peu plus de modération dans
l'ufage des purgatifs & un peu pIiLS
d'attention fur les différences boifïon~
chaudes dont ils abreuvent indiSeretn-
ment tous leurs malades, dans la vue
d'exciter des fueurs, toujours fympto-
maciques & toujours pernicieufeSag
puiiqu'eHes deffechent les humeurs,
rendent la. matiere fébrile plus épaifle.~
& moins propre a être élaborée & dif-
ibute, pour être ainfi expulfée par les
efforts de la narure ce qui procure
des engorgemens fanguins dans les
viscères, & des inflammations d"au-
tant plus fune~es~ qu'elles font le fruit
d'un traitement tout-à-fait empirique,
fous lequel tant de vi~imes fuccom-
bent journellement.
Pour leur apprendre donc à être.
moins cruels, & pour les inUruire fur
une matiere auut tntérefïance (<z)~

(~) Cette leçon n'e~ faite que pour les


Chirurgiens de campagne pour ceux qui
par cupidité fe mêlent de pratiquer la Mé-
decine dans les villes qu'ils habitent. On en
compte plusieurs dans le royaume où la
Chirurgie a pris un empire fi abfblu~ quelle
y commet impunément les plus grands meur-
tres fous les yeux de ceux même que ic
Souverain a établis pour veiller à la con-
fervation de fes fujefs. L'abus eft fi outrer
,e
que les remedes les plus a<~ifs, que la Chi-
rurgie n'a jamais employés que dans cer-
tains cas graves, font devenus fi familiers
que bientôt on comptera les hommes qui
n'en porteront pas les marques caucërifer,
couper, brûkr font des remèdes à tous
tnaux.
aous nous faifons un vrai devoir dé
publier notre façon de traiter cette
complication de maladies, qui con-
6fte dans le mélange des remedes
évacuans avec ceux qui humèrent
& relâchent ~es folides trop tendus*
On emploiera, les faignées luivant le
degré de fievre & d'inflammation, fi
la fievre putride eft de ce caraû:cre
6 au contraire la puiridité domine
nous nous hâterons de vuider les pre--
x~iieres voies, & nous préférerons tou-
jours le tartre émédque, dom: ra~ioît
iera beaucoup plus apurée (~). La

(a) Ce n*e~ pas feulement par ton acti-


Vtté que nous pr~fero&s le tartre émétique
à tous les autres évacuans, mais encore
parce qu~l e~ beaucoup moms tacendia~re,
pmi'qu il. n'agit que fur les membranes de
Fe~omac, qu'il ne pénetre point dans le
iang 8c. qu'il ne laiffe après lui aucune
empreinte d'irritabilité fur les tuniques des
vatHeaux. Le vin émédque opérefoit des
effets contraires l'hipecacuana & tous les
purgatifs quels qu~Us fbtent~ agtuanc à leur
tour par leurs parties réuneuies, agace-
ï-oient beaucoup plus les val~eaux. Ce~
pourquoi nous rejettons abfolumenc ces re-
medes dans le premier temps de la maladie~
tifane de poulet fera la boiuon ordi*
naire des malades les lavemens
rafraïchinans les émulions & les
j~bmentafions en fbuciendront les efîecs.
On emploiera aufU les tifanes rafraî-
chiuLantes acidulées avec le nitre, l'ef-
prit de vitriol & l'acide du limon.
Ce fera avec ce régime que l'on fe
fervira alors, fans crainte d'irritation
& fans trouble, des vermifuges & des
diScrens purgatifs dont on aura be-
soin pour expulier les matieres putri-
<des, & pour écouter le foyer de la
fièvre.
C'eA ainfi que nous aiderons ïa.
nature a fe debarraSer de fon fardeau
<Sc il malgré nos foins nous ne
pou-
vons éviter le racorni(îement des fbU-
des par les évacuations copieufes que
nous femmes forcés de procurer un
régime aHorti à nos idées corrigera
bientôt ce vice & la convalefcence
des malades fera alors pour eux le
commencement d'une nouvelle fanté.
L'observation fuivante nous fournie
une preuve dei
cette complication.
<
LsLSceur de Se. Efprit, Religieuse
Hospitalière, âgée de trente-cinq an?~
fut attaquée dans le mois de Décem-
bre de l'année 17~ d'une nevre pu-
tride &:innammatoire~ Elle fut baignée
plufieurs fois au bras & au pied s
elle prit l'émétique, & fut purgée
enfuite deux fois par incervaHe ce qui
procura de grandes évacuations de
matieres pucridcs & des vers. s
Nous écions déjà arnvés au quator~.
ziemc jour de la maladie la fievre
avoic confidérablemenc diminué &
l'orage paroiffoit entiéremenc calmé
lorsque le délire parut accompagné
d'un tremblement universel qui fe
changea bientôt en roideur de tout le
corps. La machoire fut en convu~on i
&: il ne fut pîus poffible de faire pren-
dre des a!imens à la malade. Tous ces
diHérens Symptômes cara~érifoienc a.f*
fez l'ar~ection hyitérique compUquée;
mais ce qui avoic déjà précédé ren-
doit le prono~ic très douteux.
J'ordonnai néanmoins que cette Re*
Ïigieuié a demi-morre fût plongée dans
l'eau. J'avouerai ici que ce ne fut pas
fans furprife que je voyois déjà que
is
Te premier bain & le fécond n*à voient
opéré aucun changement à fon état s
mais le troisième enfin qui fut plus
tong, me rafïura~ & agit avec tant d'e~"
6cacicé que la fievre & IcdéUre di(-
parurent, la roideur du corps fut moin-
dre, 6e la malade put prendre des aU-
mens. Des effets au~i Ms~ai~s pu-"
blîoien~ aHez l'eHicacite du remèdes
au(u la malade y fut livrée j)u~qu'à.
parfaite guéfifbn.
Lcsmouvemensconvul6fs qui fur"
viennent à la 6n des maladies aiguës,
ont toujours été regardés comme mor<"
tels Hippocfaie & Buret nous l'aHu-
Fenc. Le premier nous dit: ~~r~
<~M~ ~CM~ CO~yM~OTïM, ~r~yt/~
~r~ ~o~r~ fortes Mï~~MM (a); Et ts
fecond ajouce: ~nyM~o /~r~yM~f<'
~Tï~/tjr omnirio ~Mnc~ ~err~ro ~Mfe~
pMerM~~ yM~ ~roycptcM annis ~roy~"
~or~yMTït COTt~M~O~ 7K?~ f~t~~fMf
in febre ~ï ~MfcM ~~er~t (b).
Le~

(a) Hippocr. aph. LXVÏ!. fec. !V. 1


..0.
(P) Duretus m coacssHippocr. eap.XÏV<
p.3n<?.
Médecins qui les ont fuivis, j[e fbn~
~puis convaincus par leur propre ex-
périence'que ce pponoâic ne pouvons
ëtM ïau'x, puMque nos Oracles l'avoient
prédit-.
Imbu des mêmes principes & de
ces vérités, j~a vois déjà condamné cette
pauvre vi~i~s & elle auroit infailli-
btetnenc ~uoi l'arrêt y je n'euHe cru
ï&e rendre ~oMn~ide en l'abandonnant
ainfi à fon malheureux fort. Conti-
nuelleïïienr occupé chercher dans. les
teIÏburces d<8 rArc~ le, moyen de lut
fauver la vie je parcourus plus d~une
tois Ï~s~ dérangemens de la nature
tes causas qui les avoienc produits
tïxerentstu~ mes regards 6e les~ym"
atomes qui ~e pré~encoMM à mes yeux
ar~eyeM mes idées.
De grandes contentions d'efpTit'
avoienc précédé le mal & de graR*
des évacuaBioRS ~avoient ânvi. Quelle
reSou~ce pour urer une conféquence
qui deve&oic.â intéreHante qu'elle pou-
voie iauver les jours à la malade
Mais, ridée d'une méca~afe de la ma-
~ere motbi~aue au cerveau~ la pré-
~ence des vers:, ou bien rânea~dS~~
~nenc du fang des efpnts, traver-
foLent conci:naeHjemcncmon.efpotr. Ent-
barraHe de f~oi-mêmc, & me repro'-
chant ~crét~meni mon' inûiHUance~
me décidât en&a. Une copieuËe evaL"
cuânoti d'urine qui parut en ees mo-.
mène, &que ie ne recevoïc~ parce
que ta malade ecotc roide & immo'-
Miè etâya mes idées je De doutai
plus alors que la malâdïe ne ~c com-
pliquée avec Ifa~Mion hyâérique (~
J~ordonne le ba~n dede, &. avec une
conâance que traitera peuc-eMe
d~ cemérMé, ~annonce le fuecès. ~L~
(a) P~rmt l~&~MS? q~ caTs~ér~m ra(&.
fe~ion hyitértqus~ Faboadanc~ des, ~nng$!,
en, e~ un des plus certams~ auL rapport de
Syde~ham. K~~ M~t~ propttMM
~c M ÏM~M~ %J(?~ï~f,~g-r~î
M~s~. r~~Mt ~y<
p rMp~a~ ~t~r!e~
ïf~f

<
~~M~ t<~Me co~
jptO~. ~MO~ quidem ~0 J~aHfN ~rfOS-
~~M~O ÏM OM~~M~ ~rc' d~~< ~NMM! f~
~~O~OM~MM ~f~ ~MO~ ~<f~
?KMM A~cr~cot~ maribus ~poccM~r~fpj'
~M~o~ p~~y~M!. Voyez SydenhaE~ iït
epin:. ad Gmlleim. Gde., M~d. iom. ï'~
~o.
joie des aiMa-ns ranimna leurs forces
en même temps que mon courage. On
court, on fe hâte de préparer Je re-
mède. La confiance que l'on avoit en
lui redoubloic a chaque in~anc par le
récit de fes vertus on ïe vit en effet
opérer fes merveilles.
Ge n*eA pas feulement fur les fie-
vres putrides compliquées que nous
prétendons uïer de ce régime; les
intermittentes exigeront encore le mê-
xne traitement, puisque la même roi-
deur des folides s'oppafera toujours st
l'action des remèdes évacuans & d<s
fébrifuges, auxquels il faut néce~aire'-
ment avoir recours. Combien pour-
nôns-nôus citer d'exemples de fievres
des plus rebelles dégénérées enfuitc en
bien des maladies chroniques, par le
trop ~rand ufage des purgatirs &: de
différens remedes tébri~uges aufociés au
Quinquina (~)~

-(<?) Cecce 9~ïe!'tton~ couce concr&d:<~oî''e


q~eUe e~ avec celle de nos premiers Maï-
t~, mëfîtera toujours les égards des Më-
'decms praticiens. On compce pluHeurs Au-
teurs~ fur l'autorité de~ud: j'ai commis
Une épidémie qui régna à Arles
en i~~i, comme dans plusieurs au-
tres villes de la Province, a appris
aux Médecins à ufer modérémenc de
ces fortes de remedes & ce n'a ése
qu'après bien des leçons que tanc d'e-
xemples funcAes nous ont faites que
nous avons appris à leur afïocier les
hume<3:ans ~c les aqueux. C'eA de
cette façon que, nous avons fixé la fie-
vre, en tempérant ainfi l'orgafme des

moi-même plufieurs fois !a faute que je


publie ce feroit m~expofer au reproche de
les avoir méprifësou méconnus, fi. je n'en
préfentois ici un certain nombre; Sydenham,
/1
cp~. ad G'M!~M. p~. s Mead,
ïn
MON~. ~pr~ Co~ 11
M~. J~ malo hypocond./1
Linnx,us, mat. M! des T~~M~~ il". XMJ.
Fracaumi, af~. A~.
Morton, ~?o~ p~. 93, Pticarn, ~g-.
hyp., pag. 3<~ s

161 Fuller~ Malpighi t con~Jf.


pag. 73
w~. n~. XXÎX~ 39 Lancifch <'o~
Mc~. M~. XL p~. t7, Se p!uneurs autres qu:
n~onc pas crame de publier les vertus du
quinquina dans l'a~ec~ion hyftérique & hy-
pocondriaque, fans nous prévenir fur fes
mauvais effets toutes les fois que rërcdï-
me des ner~s prévaudra fur la caufe hucûto-~
ïâ~
fumeurs. Nous savons en même terne
ouvert tes votes a matière fébrile;
qui s'e~: échappée par l'extrémité des
vailTeaux~ & p&rr les dinérens cou-
loirs ~ue la nasufe de concert: avec
Ï€S remèdes, lui avoit préparés. Parmi
le nombre de ces ~bricitans j'en cue-
]'~i deux exemples.
jLe ~eur PeHi~ery, NâpoUsain~
~Ca~! raine de chaloupe des termes
Ï-a
du Roi âgé de q~aranfe ans, d'urï
tempérament bilieux.~ jfanguin ce ibrc
ïnélancolique fut attaqué de la fievre
tierce qui régnoit ici en i~~i il fut
&igné,.purgée & prk ensuite plu-
~eurs'priies de quinquina avec tuccè~
Quelque tems après il retomba~ c~
recourue aux mêmes remèdes~ qui à-
xerenc la Hevre.pour la
Seconde ~bis.
Revenu de nouveau dans ~bn pre-
ïmcrét~t:~ tl changea de méthode ,c~
~e décida pour l'émétique, qui opéra
jfbrt bien ~ans emporter la âevre:
e'ej~ pourquoi on recourut derechef
aux remedes fébrifuges, que le mala-
de prie en décoction oc en ~ubAan-
€~ La, Revre devine alors n'réguHerc
tantôt continue, & tantôt MteFn~tf
tente, marquée quelquefois en tierce
&cîi double tierce & ~e nxa.en6n~n
quarte bien réglée.
Les vents, les borborigmes, les
couleurs aux hémorroïdes parurene
'alors, & tourmentèrent prodtgicu~-
ïnent le malade. Je prescrivis ta titane
de poulet pour les calmer mais ce
fut fans fuccès puitque les coliques
inteâinales & les mouvemens convul"
jfirs fc mirent de la partie. Dans cet
€Eac je ne connus que les bains .tic-
des. Le malade y fut plongé le même
jour, & fut fort foulagé. On continua;
~c par ce fëul remède on emporcâ le:
douleurs & la :&evre.
Le ~icur Thevenon Econome de
'i'Hopital de la Gharité~~du même
~âge, & du même tempérament.que
~otre Napolitain, fut .attaqué de i&
~evreépidémique.Les purgati&.&:les
'~ebri~uges attirèrent chez duL des ~m~-
~ptomes vaporeux affez con~der~bles
~ans jamais nxer~a nevre. 'Il guérie à
-fon tour par ~'enet du bain, tiede.
~en pourrois cuer plusieurs nuircs qu&
prouveroienc inGonte~ablementla conY!"
plication que ~'annonce, o~lcsiblides,
encore plus outré& dans leur degré de
fenfibilité refufoient conRammeml'âc'-
tion des fébrifuges de façon qu'il ne
fut jamais permis de s'en fervir quoi-
qu'a~bibUs dans le véhicule le plus
approprié. Le ~eul relâchement: des
ibiides que l'on fe procuron: alors par
les remedes bumcd:ans, rendoit aux
fibres cette é!a(HcLté fi nécenaire pour
agir elles-mêmes fur la matiere lébri"-
le & pour inviter la nature a l'expui?-
ier coûte feule, au dehors.

CERCLE ~O~P~JC~~E. °.

IT~E toutes lea méthodes de traitef


JL~ !a véfoh, c'eA avec fbndemeM
que nous adoptons tC!. celle que pu-
blia. M. Haguenot dans un mémoire
dont ce célèbre ProieSeur fit la levure
en 1732, dans une ajKemblée de la
Société Royale des Sciences de Mont.
pellier. Ce mémoire fut imprimé en-
tute en ïy~~ iQUS~pptoba-dond~
cette ilîulire Académie. Les raifbns
quecontienc cet ouvrage font fi con-
formes à mes idées, dans le cas où
cette maladie fe trouve compliquée
avec tes vapeurs que j'ai cru ne pou-
voir me difpenfer de les préfenter au
Public une feconde i~bis, pour étayer
mon ~yAême y & lui mériter toujours
plus le fuffrage des Médecins prati-
ciens. Voici en abrégé le contenu de
ce mémoire.
i
Perfonne n'ignore., dit-i!, que le
mercure ne ïbit un puiffant remède
& le feul fpécifique pour la guéridon
des maux vénériens. Les Médecins
conviennent encore unanimement que
de toutes les manieres de s'en fervir.,
celle de irot~er l'habitude du corps
avec ronguent\mcrcuriel eft la mcii-
ïeure, la plus ~ure, & la feule qui
guériffe radicalement parce que quel-
que utiles que puiffient être dans cer-
tains cas les préparations chimiques
que l'on fait de ce minéral, & les
dinérentes tifanes dans lefquelles on a
trouvé le fecret de le fufpendre mal-
gré Ton exce~ive pc~meur elles ont
été néanmoins ou abandonnées aux
empiriques, ou regardées comme in-
iuniiances pour la cure radicale par
la raifon que les unes compofent des
remedes violens comme les précipi-
tés & que les autres font tout au
moins des alliages du mercure avec
des parties de quelqu'autre mixte
ce qui donnant à ce remède plus de
corps, lui ôte la vertu de fureter, ~e
d'emporter les embarras des plus pe-
tics vaiSeaux caufés par le virus vé-
nérien.
Cette méthode de tri~-tonner les ma-
lades, dont la Médecine fe fait hon-
neur d'être en poHenion depuis il long"
tems a été fort perrec~ionnée de nos
jours. Le célèbre M.Barbeirac, Doc-~
teur en Médecine de la Faculté de
Montpellier, dont le nom jtubu&era
toujours dans la postérité la plus re-
culée, fut le premier qui mitla main
à cet ouvrage. Il ne pouvoic voir d'un,
ceil tranquitle qu'un remede qu'il re-
gardott à ju~e titre comme un fpécin-
que auuré, fît périr une grande quan.
ticé de malades, par les violensac~
~en5 qu'il caulbic :pretque toujours.
Il n~eut pas de peine à comprendre
que ces accidens provenoieni des dic-
tions ~niverféHes que l'on pradquoit
alors il crue, ~pour arrêter la fougue
du mercure, devoir Supprimer ces
j~ric~ions &'leur en fnbûiMer de par-
ticulières.
Cette méthode, quia éce observée
par tous ceux qui ont marché iur les
traces de ce fameux praticien fut cor-
rigée enfuite d'une maniere plus par-
ticulière, en préparanc les malades plus
long-tems, en leur donnant de fric-
tions plus légères, en mertant de plus
longs incervalles de Func à l'autre &:
en leur faisane ufer pendant tout le
cours de ces mêmes fripions de lai-
tage, & de tifanes délayantes, pour
amortir racUon du remède. C'eA~
M. Chicoyneau, premier Médecin du
'Roi, que nous fommes redevables de
cette maniere de traiter, qu'il rendit
publique en ï7l:8, dans une thefe qui
fut foutenue aux Ecoles de Médecine:
dans laquelle il prouve par des rations
~blides~ & par de~ obfervations tre~
bien circonâanciées, que le principal
but que l'on doit fe propofer dans la
guéridon de la véro!e,c'e~ d'éviter~
autant qu'il eft poffible, la Mtvation s
que ce genre d'évacuation e~: plus
dangereux qu'utile & qu'on doit s'a~
tacher à éteindre le virus, & non pas
à révacuer. Rien ne fait tant l'éloge de
cette méthode & de fon auteur, que
les contradi~ions qu'eUe trouva d'a-
bord parmi les plus habiles & les plus
expérimentés fur cette matiere qui
furent contraints dans Ïa fuite d'en,
devenir les apotogiAes, & de fe con-
former à la pratique de ce grand Me'
decin. 1
Cependant quoique cette méthode
aujourd'hui généralement reçue 6e
pub!iée une feconde fois par M. Gui-
~ard (<:), Médecin de Montpellier, tbic
préferabie a toutes celles qui l'avoient
précédée, oc qu'elle ait procuré juf-
qu'ici de très- grands avantages eliee~
encore fu jette à bien des inconvénient

(a) Voyez la Differt. pratiq. f~ les mau~


~saeriens, par M. Guifard.
dont la plupart, tires de la nature &
de l'avion même du mercure font
pfefque toujours inévitables.
Tout le monde convient que ce
femede a des parties intégrantes crcs-
îourdes ce ires-mauives~qui par leur
poids ébranlent beaucoup les folides,
<Sc britent les humeurs ce qui fait
qu'on le regarde comme un remede
jbndant capable d'apporter des chan-
gemens confidérables à la machine
la chaleur qu'il excite dans touc
corps, l'élévation du pouls, & les au-
tres effets qu'il produit, en font une
preuve incontestable.
C'e~ de cette action violente du
mercure qu'on doit déduire tous les
accidens que les iricUons ont coutu-
me de procurer & fans parler ica
des mauvais effets qu'il Jfai~bic ancien-
nement, lorsqu'on donnoit des fric-
tions générales & qu'on ne les mé-
cageoit: point avec la prudence de nos
jours, il ej~ certain que malgré les
fages précautions que l'on prend au-
jourd'hui on ne pcuc guere préservée
certains malades de fâcheux accidens,
J
quelquefois mortels, toujours di~icîîes
a arrêter. Par exemple on a expéri-
menté que, quoiqu'on ménage les frie-
tions & par rapporta. la quantité de
l'onguent, & pa'rrapportàl'mcerva!-
le qu'on l~iiîe de l'une à Fautre, il
farvient fouvent aux malades des ~ati-
vatîons~ des insomnies, des maux de'
tête des cardia!gies des ulcères a la
bouche des naufées de~ vomiffe.
mens, des dyienterie~ des àbatte-
mens de forces, des fyncopes & au-
tres accidens qui quoique moins
violens qu'âutretois ont fôuvenc dô
~auvaifes fuites, 6 les fujets onr la.
poitrine dé-licate1 ou &'ils font d'une
mauvaiie conHicution.
Nous avons vu, dit notre Aufeur~
des gens qui ont été traités felon les
regles de t'Arc, devenir paralytiques
& perclus de fous leurs membres, fans
qu'on aie pu foupçonner d'autre eau te
que la trop grande action du mercure
iur le cerveau & fur le genre ner-
veux, & qu~on n'a pu prévenir. On
fait en un mot qu'il y a certains ma-
lades difpoiés à ialiver~ qu'onaman-
que de guérir par cette méthode:
parce qu'une falivation abondante,
Survenue après la première ou deu-
xième friûion j, a obligé de les fufpen-
dre, &. qu'on n'a pas pu fournir au
fang une fuffifante quantité de mer-
cure pour détruire le venin.
Convaincu par cet expofé de la né-
ceutté des fripions pour la guéridon
des maux vénériens, mais en même
tems peu fatisfait de la maniere qu'on
les donnoic, notre Auteur crut que
pour Ïa perfe~ionner, il ne s'agiuoie
<~ue de trouver un remede qui bndâc,
pour ainfi dire le mercure & en ar-
ï~tâc la trop grande violence. Il ima-
gina fort fagement que ~e bain, domef-
tique dont on te iervoic pour prépa-
rer les malades aux. ~ri<~ions, étoit le
moyen le plus efficace pour produire
cet enet. Les raifons fuivantes le dé-
terminerent a ~aifir cette penfée.
Première raifon. Pendant le cours
des incHons, on fe propose de dé-
layer le fang intérieurement par des
lavages ou des titanes rafraichi~an-
tes & diurétiques~ dans la vue~ p~n ~en-'
lement de procurer une évacuation par
les urines, mais encore d'appaifcr te
grand mouvement qu'excite le mercu~.
ye, & d'empêcher le defÏéchement des
folides. Or le bain a toutes ces quali-
tés il jette dans le corps une grande
quantité de parties d'eau qui détrem-
pent les humeurs relâchent les par-
ties folides & augmentent la diure~
La feconde raifon qui fuit del~
première, eft que le bain diminuant
ractton du mercure., & prévenant par
conséquent fes mauvais effets, on peuc
pouffer plus loin les fripions j, &. lea
continuer longtems fans rien crain"
dre ce qu'il ne faut pas fe flatter de
pouvoir faire, en fuivant la méthode
iccue.
Troifieme raifon. Le bain ramollit
la peau, rend fes conduits plus ibu-
pies & plus faciles a céder aux parties
du mercure qui s'y présentent, & en
~avorife par conféquent rentrée. C'e~
pour cela que lorsque l'on traite les
malades felon la méthode ordinaire,
après les avoir fait (aigner & purger
le lendemain des bains qui fervent de
préparation~
préparation, on leur en fait prendre
encore deux ou trois autres immédia-
fement avant les trimions, pour éviter
la fécherene que la peau contracte pen-
dant ces deux jours employés à la jfai-
gnée & à la purgation féchereffe c~ui.
eJ~ cercainemenc un grand obitacle
rentrée du mercure. Or le bain, pris
depuis le commencemenc du traitement:
jniqu*a la ~in, doit entretenir cet état
de molle~Te de la peau, qui la rend
propre a recevoir les parties du vil-.M:
argent. Donc le bain a encore cet
avantage, qu'il convient merveilleule-
ment pour faciliter l'ad-ion du mer-
cure en rendant itbn entrée plus ailée
dans le ïang ce qui eft une des prjm-
cipales vues qu'on doit avoir dans
.(agedes fricHons.
1'
Quatrieme raifon. De toutes les
évacuations, celle qui Ibulage le plus
ces malades, eft la,fueur & l'intenable
tranfpiration; parce qu'elle eft la plu~
con~dérable de Toutes les évacuations
naturelles du corps humain & qu'on,
peuc la regarder comme un égom uni-
verfei qui ~grc à mettre au dehors le
y~M~ qui a déjà été bri~e par le mer-
cure (~). Or le bain favorife beau-
@~up la cranipirâdon en rendant ta
pe&u ïBoite & di~po~ee recevoir une
p~ grande quantité de nuide donc
le bam eft encore par cette raifon crès?'
~nvesa~~e.
raifon. La tranipiratioa
Cinquième
~an6 pÏu~ ai~ee pïus abondante par
i~ t~oyen du bain, les liqueurs jCe por-
cea!: mpis$ vers les autres couloirs; &:
par~à. on prévient la Mvacion, qui eft

(a) ~~o ~<~ t~M~ ppr~<~


~f~ ~~«~r~ <~rg'~
Ao~r~ ~c~n~o
J~~ ~~Mt~nF t~~<'far. Aph. Med.
j'?r~~<
j,

~artc.Bntan.KelH.
Cec AtMenr a~out~ aph. n C~crp~ wof~
~o'c~o anc~ ~<p tres, M~~a;
~~twor j!?~oM<' ~a~o ~sw Aoffp
pF~st~. Ec aph n ~«~M~ major ~~r-
~fr~o ?0~ ~a~ ~w~o ~~f~ toHfo Mf-
Mr p~r ~Me~M &M'~ ~o~orc
~~fc.
D~où il s'enfuie~vt~ïnment que rien ne;
favonle cane la traafpira~on que le bann
puifqu'~ n'en emp&che pas la continuation
comme temonveme~t~ chalenr~ rexes~
~c~
des plus grands ob~âdes x g~e-
M~on des maux vénériens
i
~~6
'aux ineonvémens m&fq~és Ct de0~.
C'eâce qm ~H~ pMeMS fois, dàtis
~e traitement des ~éf~és~ de ~~ouHr
au bain danïe&t~ue p~F en ~rrêcotï'
les progrès &: notre Autëui' à ~oÊC-
tamnïein: eb&rvé qa~ te ~cours ë&
plus pto&ipt ~Ë ptNS p~SaM q~el~
lignées & tes patg~i~~ qn~n s co~
tume d'employer m~ & ~ï'ëpk)S dà~s
ces fortes d~ccâ~otïs 's ~ît~ comptée
~u'on eA encore ~i~ps âpr~s avoir
arFecé là MivsLtion de continuer lés
~rK~ion$ ~erc~ie~s, ~ppoCs <~eHes
m'ateMpâseté~n~s.
Temes ees fâifons fur MM <~
t~m pendant te ce~ips ées 6't<
Ïm pâturent à piaules q~it ërac
tic nen ha~rdoF ~ën têocér l'ex~-
nencet Ce ftH eti i~ï~ ~u'it e~
~Temïer e~ïat ~r un Arit~n Moàt-
peMier, donc la màM~e écoic pàr~n'.
~etnent: càra~:éri!ee ï & ? eue
~a~tôn de vdif âttpâfé~rë peti p~n
tous lés fympcon~. it féipéF~ eè!
ép~uyes~ E~a$ ~Soîc qwe
l'efpace de quelques années il avoïc
guéri plus de trente malades auul
vivement attaqués du mal vénérien
que FArtiian dont il eft fait mention.
Il ajoute encore qu'il a traité diné-
tentes efpeces de véroles, & que tous
les Symptômes vénériens les plus mar-
qués ont été couramment emportés
par fa méthode qui confifte en géné-
ral dans l'ufage des fripions & des
bains entremêlés & continués depuis
le commencement jusqu'à la nn~
Si jamais cette jfaçon de traiter la
vérole doit prévaloir fur toute autre,
ce fera fans contredit toutes les fois
que les malades qui en font attaqués
auront les fibres roides, feches & racor-
nies, & que leur fang épais & acri-
monieux exigera les remedes les plus
propres à changer fon caractère. Dans
.une pareille conflitution le mercure
fera toujours un remede très-dange-
reux, puifque par fon action il heur-
tera violemment contre ces fibres ra-
rénera outre mefure les molécules du
fang, di~endra les tuniques des vaif-
~ux~ & proeurefa des engorgemens
& des inflammations le plus fouvent
mortelles.
On trouve dans la méthode ci-
deHus propofée les plus fages précau-
tions pour prévenir ces fune~es effets
puifque par l'uiage continuel du bain
on s'oppofe continuellement à l'ac~io~
d'un remède toujours contraire à l'étac
des folides, &: toujours néceiïaire pour
détruire le virus. Si les observations
de M. Haguenot en prouvent évidem-
ment FeHicacité, celles que j'ai faites
après lui confirment toujours plus la
jufteSe des idées curatives que ce grand
Médecin nous propofe.
Une fille du monde âgée de vingt-
cinq ans, d'un tempérament fec &
fujette aux vapeurs, s'écanc livrée de
fort bonne heure aux excès de la dé-
bauche, eut bientôt gagné 'les faveurs
de Venus. Les fymptomes qui carac~é-
yiioienc fa maladie n'étant pas équivo-
ques elle s'adreffa à un Chirurgien
qui la retira chez lui, & la traita à
fa manière. Une ou deux iaignées, au"
tant de purgations & quelques bains
<E.omcitiques cha.uds pour ne pa.s diE&
bouHlans, hrept tous !es frais de
préparation qui, comme Fon voit
fu$ bien précipitée. U ajouta avec
même c~er~te Ïa pommade mercuriet-
~e pour deb~r~a~r au p!ns vice
d'HEte ~$~de importune qui vivoic
~S ffais.
~.es iymptome~ hy~.eriques augmen~
tereRt tous tes jours & une Mvation
~es p~$ abondantes qui furvint a t~
quatrième ~ri~ioB termina traite-
<aen<. On y revint une Seconde ~bis
g~ retour de &i~bn x on la traita.
de même, & avec le même Succès.
On fe Batroit en6n qu'~ ta troiueme
~is' te oaï ne ~roit pas 6 rebeUe s
après avoir pris confeit de pMeur$
Médecins &. Chirurgiens, tous éga~.
tement expérimentes, on tecommenca~
~c nouveau un traitemeM un peu ptus
modérer mais inutitcment voutuc-on
s'obAiner a pouâer Les ~ricHons }u<qu'a
~extrémité du eo~ps, U~aMut s'arrêtec
$u milieu de Toute; & pour peu
~u*on eut tardé de recourir au bain
ta matade iuccomboit fous l'enec du
temcde. L'orage une ibis calme~ o~
affura à cette fille une guéridon radi-
cale & ee fut avec 1'approbation dô
tous les confulcans qu'elle fe maria.
Une perte blanche Qu'elle gardoit
précieufement depuis trois ans, & que
Fon regardoit alors comme non iu~
pe<3:e, déclara le myAere au ~xiem6
jour de fes noces. Son mari fut empesé
par une gonorrhée virulente qui rc~uà
dans le~rofM~, & qui laiË~ après eU6
des marques a~'urées d'une vérole con-
Ërméc. Je fus appelle pour lôr$ potît
y remédier. Le jeune homme d'u~à
naturel fort doux & pacinque, CRtrà
ians murmurer dans les remèdes N
fut traité touc 6mplemem: par la mé-
thode commune, & foc guéri dans
l'efpace de deux mois.
Le traitement de ~<m épouse exi*
geoic bien d'autres remèdes, fon rnsd
étoit invétéré, & fon tempérament
s'oppofoit d'autant plus à l'avion du
mercure qu'il s'étôic déjx e~arouché
trois fois à fon approche. N'eÊ-il pas
évident qu'elle àuroit fubi pour la qua-
trieme ibis le même fort, fi j'eu~e fuivi
la même route que les premiers qu~
t,
s'en étoient chargésP La préparatioa
la plus longue & la plus ménagée eût
été encore intufn~ante c~eit pourquoi
remployai la méthode ci-de~ïus pro-
posée & après avoir préludé par
trente bains domestiques, où la ma"
ïade refloit quatre heures chaque jour,
& autant de bouillons de poulet, on
donna les fnd.ions, fans jamais dis-
continuer 1'ufage du bain, que la ma-
lade prenoit régulièrement les deux
)ours d'intervalle que je mis aux fric-
tions. Par ce moyen je repaffai deux
.fois le corps, & j'employai douze on-
ces de pommade mercurielle(~)~ fans
que la bouche en fût tant foi,t peu
altérée. Ce traitement fut très-long;

(a) On obfervera que par ce traitement


en peut employer fans aucun nfque douze
onces de pommade mercurielle & même
plus fuivant les cas ce qui fait deux
<iofes communes & c'eft pour fuppléer à
celle que l'eau du bain entraîne avec elle..
Cette ïénexion a échappé à M. Aftruc s'il
l'eût faite en fon temps U autoit ménagé
fa cenfure fur la méthode ci- deffus propofée.
Voy. Aftruc de mor&~ ventreis, VI
~ï.
des ~M~ ~ejc* 34~
mais la malade guérie radicalement,
que fon mari en fit l'épreuve.
11 eft prouvé par cet exemple, &
par bien d'autres que je pourrois citer,
que le feul moyen de guérir la vérole
dans les tempéramens fecs & racor-
nis, & par-là trop fenfibles à l'effet
du mercure, eft d'en brider l'adion
par le bain dome~ique. C~eft la ieule
~açon d'en arrêter la fougue en l'o-
bligeant à re~er dans le fang un rems
affez confidérable pour détruire Jcs
concrétions véroliques, & les expulfer
au dehors. Les effets dangereux que ce
remede procure, quand il eft em-
ployé feul & fans ménagement, prou-
veront encore plus la nôce~icé d'y re-
courir.
Le rieur Savi, Calfateur de fon mé-
tier~ âgé de quarante-cinq ans d'un
tempérament ièc & atrabilaire le hxa.
dans l'efprit qu'il avoit la vérole on
le traita par les fripions, uniquement
pour le iaiisfairc & on le deffécha à
un plus haut degré. Tourmenté tou-
jours plus par fes idées chimériques
ne fe croyant pas guén il voulue
tenter un autre remede ce fut de !â
tisane d'Aix. Il fut dans cette ville
pour confulter l'inventeur de ce pré-
tendu fpécinque & en revint très-fa-
tisfait. H commença en 1760 pour la
premiere fois d'user de ce remède~
qui conMe en une ti~ne fudorifique,
&: en des pillules mercurïeUes purgac
tives~ qui l'echau~erenc fi prodigieu-
fement, qu'il ~aûuc recourir aux plus
grands rà~raichiSans pour réparer le
désordre.
Au mois de Mai !i il y revint
une feconde fois. Les folides agacée
de nouveau par l'effet de ce remède
en ~utMrenc de fi grandes contrac-
tions, que la fievre furvint. Les en-
trailles érétifées & reitomac auni
révolté, nous fournirent les plus vio-
lens fymptomes du cholera Mor~M~
les crampes, les défaillances, les éva-
nouiNemens,ce les évacuations copieu-
fes par le vomi~ement oc par les fet"
les {ecouerenc le malade à un point
qu'on le vit a deux doigts de fa perte,
L'eau de poulet calma réréti~me &
le bain auquel on eut recours d~&
~ue les évacuations eurent ce(ïe ache-
va de. calmer cet orage.
Après cette féconde épreuve dans
~aqueUe notre hypocondriaque avoic
~or~ risqué n'avoit on pas lieu de
croire que ts'étant fatisfait, il refpec-
teroit pour toujours ce remede ? On
ajouta atateçon qu'il venoic de re-
çevoir les Faisons les plus perfuB~ives
pour Lie tranquillifer fur un mal dont
il étoit continuellement occupé. OnË!:
plus, on écrivic au Médecin d'Aix
pour le prier de rejetter ce fanatique,
ëc de lui refufer fon remede. Tout
cela fut inutile: le malade fut fort
bien fe le procurer une troifieme fois
il le prit en cachette & éprouva de-
Iechef les mêmes accidens.
On voit par ce récit combien aR"
roit été favorable à ce malade la mé-
thode que nous publions puiiqu'en
combattant la maladie hypocondriaque
par le bain, on auroic affurément guéri
la 'manie vérolique qui en étoïc un
fymptome.
Le traitement de la gonorrhée com-
pliquée exigera encore les mêmes me-
nagemens punque les remeaes les
plus appropriés agiront fur des fibres
douées d'une même conHitUtion. Les
tiiancs rafraîchi~anies & diurétiques
feront toujours favorables pour déter-
ger l'ulcere des préfaces, & pour
expulfer par cette voie les parties du
virus qui l'ont formé. Mais les purga-
tifs & les diurétiques chauds ieronc
toujours fufpeû:s; & bien-loin d'en
favorifer la Ibrde, ils en procureront
le reflux. C'eâ par cette raifbn~ que
nous regarderons les pillules mercu-!
rielles, comme des remedes empiri-
ques, pour ne pas dire de véritables
poifons, que tout Médecin éclairé doie
rejetter de fa pratique (~). Les fages
réHexions de M. Goulard (~) fur cette
maladie apprennent: aux Chirurgiens

(a) Nous portons le même jugement fur


le iublimé corroi-if que M. Vans-Viecen em-
ploie dans le traitement. de la vérole tom
comme fur les dragées du Sr. Keifer, donc
nous avons vu de très-mauvais e~ecs.
(b) Remarques S~ obfervations pratiques
fur les maladies vénériennes par M. Gou.
lard.
!â~fout'c qu'ils doivent fuivre, en pu-
bliant authentiquement l'ufage des fric-
tions & du bain.
Nous ne nous étendrons pas davan-
tage fur cet article, puifque M. Gou-
lard nous a déjà prévenus: nous ajou-
terons feulelnenr après lui que fi cette
jfaçon de traiter la gonorrhée a paru
a ce grand Chirurgien la plus falutaire
de couces c'eit parce qu'il pratique
.dans un climat où les tempéramens
phlegmatiques font aufu rares, que
les tempéramens chauds & fecs ~bnc
communs.
Ce feroit ici le' lieu de rapporter
une quantité d'exemples fous plus fu-
sne~s des effets des pillules mercu-
rielles, fi je n'étois pleinement con-
vaincu que tout Médecin les connoîc
comme moi. Je me contente donc
d'avertir ceux qui ne connoiffent pas
d'autres remedes, de vouloir bien étu-
dier leur action & ils verront que
c'cA avec raifon que nous leur impu-
tons tant de mauvais effets.
~CM~LLJM C~PL~~E~
~~ETTB efpece d'épaim~ement <~
~j la lymphe qui con~icue le virus
fcrophuleux, n'eft point antipathique
avec le vice du genre nerveux, qui
confUcue à ion tour l'ane~ion vapo-
reufe puisqu'on voit de vertt.a.b~es
fcrophuleux a~<3:és de vapeurs c'ett-
a-dtre que la maladie primitive de~-
vient pour lors compliquée avec celle.
ci que j'appellerai Secondaire avee
d*autant plus de raifon qu'eBe eft pre~
que toujours Fc~ec des~ remedes trop
aû:its que l'on emploie pour attaquer
ïe virus fcrophuleux toujours iniuHi-
fans pour le détruire~ mais non pas
auez indifférens pour ne pas procu-
rer la compitcaiion vaporeuie &. quel-
degré..
quefois elles la portent à fon plus haut

pour remédier cette double caufe,


autant que pour la prévenir, nous au"
rons foin, dans le traitement de la ma"
ladie primitive, de rejetter couc pur-
gatifdfaHique~ tel que l'hellébore noir
affocié au mercure doux (~), & au-
tres de même efpece les fudorifiques
trop puitfans feront au~î exclus, pour
y (ubâituer les altérans les plus doux
aSociés aux humedans & aux aqueux.
Ce fera fous ce régime que nous atca"
querons toujours plus puiSammenc les
vices de la lymphe, puisqu'on jfoumec-
tant am~i le genre nerveux aux impref-
Cons du virus fcrophuleux, nous obvie-
rons aux ravages intérieurs qu'il ne
~eHe de produire.
Si les cures en ce genre de maladies
font rares, c'ejH que le remede fpéci-
fique manque. Les heureuses expérien-
ces de M. Srorck (~) fur la ciguë fem-
blenc nous promettre quelque chofe
pour l'avenir. Il e~ a espérer que ce
Médecin habile, qui a fi bien fu ma-
nier ce poifon nous dévoilera un jour
toute la fpécincicé de ce rémede; puir-
(a) Voyez r&~régé de la Méd. prat. pal
JeajiAllen tom. IV, p. 4.7$.
( ) Antonii Scorck, Nacras Caetar. Reg.
Apoit. M&jeA. ConcUii Aalid Atdua.t. ë&c<
Supplem. aecsiT de cicuca.
qu~il nous force à reconnoitre déjà en.
lui un fondant des plus puions des
plus pénéirans & des plus actifs, ~ans
être échau~anc, qui opere avec efH-
cacité dans coures les occafïons ou il
faut résoudre, difcuter & donner de
la liberté dans la circulation. C~eH
ainft qu'on a vu réfoudre les obAruc~-
tions fondre les fquirrhes & guérir
le cancer -corriger en même temps
l'acrimonie du ~ang les fluxions les
caibarres~ les démangeattbns~ la gale,
la teigne & les maladies cutanées les
plus rebel!es.
>1
Tant de merveilleux effets atteftés
par les expériences réitérées de ML
Scorck~ & parcelles qui ont été rai-
tes après lui car plufieurs Médecins
<&: Chirurgiens (~)~ aHez amis de

(~) M. LaUem&nd Médecin à Epernay.


Journ. de Mëdec. du mois de Mai t7~o~
à
P. ~1.
M. Marcin, Médecin à Aumale. Journ. de
Méd. du mois de Fév. 1761 p. 11:.
M. DefmiIIeviIIe Médec. à Lille. Journ.
de Méd. du mois d'Avril J7~i., p. 3~
M. PeU~ M~d. a MUIau en Rouergue.
rhum~nice
rhumamcé pour s'être empreifés de
tnettre à profit une fi belle décou-
verte, femblent nous anurer que nous
trouverons enfin dans les diSérences
prép&radons de cette plante un anti-
dote pour détruire le virus fcrophu-
leux. En accendanc que les pardons
zé!és de ce nouveau remède animés
par fes antagoniftes, en aient décou-
vert toutes les propriétés il e~: très-
<à(IentieI de prévenir les uns & les
aucres fur fon infujHliance toutes les
fois que le virus qu'il attaque fe trou-
vera compliqué avec loue autre vice,
œ qui exigera alors un traitement
analogue à la maladie iecondaire.
M. Scorck a prévenu Fobjection~
puifqu'il confeille, en Médecin judi-
Journ. de Médec. mois de Décembre 1701~
p. 5ï~.
M. Finantveu Chirurgien major de lHô-
pual de Briançon. Journ. de Med. mois de
Décembre 17~1., p. ~n.
M. Agaffon, Médecin à Le~oure. Journ.
de Méd. du mois de Fév. ï7<~3 p. n-7.
M. Bieshaar, Chirurgien à Berg-op Zoom.
Journal de Médec. du mois de Mai ï?63
p.
ry
11.7
deux, de faire ufage des remedes
propres aux différentes aned-ions par-
ticulières parmi lefquelles il compte
l'aiÏe~ion fpafmodique, qu'il attaque
avec les narcotiques & les autres re-
medes u~tes. Je refpeAe beaucoup les
déciuons de notre Auteur fur l'effica-
cité de fon remede comme fur fon
emploi mais il me fera toujours per-
mis de rejetter de fa pratique les antif-
paimodiques~ dont il fe ier:: dans le
cas de cette complication. Cette modi-
ëcacion ne lui paroîtra pas ians doute
trop indi~creice, puifqu'elle ne fert:
qu'à réhauSer le prix de la ciguë, en
fortifiant fes vertus.
La contradi<3:ion de ces prétendus
remedes antifpatmodiques eft trop
manifeAe pour ne pas concevoir qu'en
agaçant davantage le f~émc des
nerfs, ils s'oppofent a l'avion de touE
Jjpécinque, en lui refufant l'entrée dans
les plus petits vaiffeaux qui connen-
tient précifément la matière fur laquells
le fpécinque doit agir. Ce n'eâ donc
qu'en relâchant le tiHu de ces vaiP-
~[eaux qu'on ~cilitera Fanion d~
ïbnd~nt, quel qu'il tbic, que Foïi
~eut employer pour détruire le viru?.
A l'exemple de M. Storck oc de të~e
Médecin praticien j~ppuyefai Moft
taïibnneiïiënt pat ï~a propre expé-
tience.
Le Frère Efprit Audibéft Moine
Bénédidm âgé de quarante ans
d'un teMpéram~nt bilieux, &ngdnx
& fort mé!aficôiiquë~ me montra une
tumeur qu'it portât depuis pMeur~
mois à !â t~âineUe gauche. Gectc
fumeur ecoit dure, indoiente, d'une
Ëgure ovale de la gro~eur d*uïï
<!)euf de poule ce qui eâra~ed~bi~
plucêt le virus ~cro~Meux que tout
autre, non cnôinS dangereu~ que dir-
~cite a guérir. Je ïfàvois point raie
encore ufage de la ciguë, c~ce cas md
parut décide pour ion emploi. On trâ-
'VàiHà le même jour a 1~ prépâradot~
de l'extrait de ciguë, a îâ manière d~
~bn inventeur. Le malade s'y jfbucnic
d'autant plus volênners qu~il étôi~
àffeë~e des fuites de maÏadie. La~
crainte que ia tumeur ne de~î'nt tek
ou card c&acere~.1 ~n~u~ imf
ion imagination, qu'elle porta fur i~
jtanté. Les vapeurs s~en mêlèrent elles
devinrent fi violences, que le vomii-
fement en fut la fuite. Pour remédier
a cette complication j'interrompis
Fumage du remede. L'eau de poulet
les lavemens & les fomentations y fu-
rent fubfUcués avec un prompt fuccès
après quoi je revins a la ciguë, donc
)e foutins l'effet par une copieufe boif-
fon de petit-laie di~iHe. Ces deux re-
medes agirent avec tant de fuccès,
que dans l'efpace de trois mois ils
emporterent la tumeur & la maladie
compliquée.
Je iuppoïe que cette anecUon vapo-
reufe eût été attaquée par les remedes
antifpaimodiques ordinaires il eft
très-aHuré que, bien-loin de la guérir,
on l'eût au contraire irritée &:n'ejM
pas à préfumer que l'avion de notre
ipécinque eût été pour lors fufpendue,
pour ne pas dire étounée P puifque le
ipa~me de l'eflomac oc celui de tous
les vaiueaux fanguins & lymphatiques
auroient infailliblement empêché la.
di~ribudon du remède, ~a divinon &
fon a<9.ioR. U falloit par conséquent
yeiâcher les fpatmes~ affouplir les vaif-
~eaux capillaires, pour les rendre libres
a Fanion, du fondant qui devoit les
pénétrer, 6c obcenir par-là les falucai-
res effets qu'on lui attribue. C'eA de
cette façon que j'emportai la tumeur,J
en fecondant reHicadcé de la ciguë
par l'effet d'un fécond ~péciEque, en-
core plus puiHant(je veux direrbu"
menant:) que celui de M. Scorck. c
Malgré les nombreuies acceitadons
qui dépofent en faveur de la nou-
velle méthode de traiter les vapeurs
tout comme en faveur de la ciguë,
quelles contradi~ions n'ont-éUes pas
dé~a euuyées l'une & l'autre ? Npus.dé-
fendrions volontiers ces nouvelles dé-
couvertes contre leurs plus cruels ad-
verfaires, fi l'apblogiâede M. Siorck
(~) ne nous avoit prévenus c'eit pour-
quoi nous nous contenterons de répon-
dre avec lui, que tous les nouveaux
» remedes ont trouve de tous les tems

z
(~) M. Vendermonde dans fon Journal
~e ~vis: de Fannée 17~2.. p. 4.
7 ui
~des opposions & des obRac)es de!s
part de ceux qui, titane profe~on
~d'inerédulité, ont ré~btu de couc nier~,
~oMce que leurs peMS ne leur onc
~pa.siappï'is topt croire &: tout mer~
~ajeuie-c-it, font deux extrémités ega-
~lement ab~urde~ qm n'ont d~u?-
~cpes Sources q~m le défaut d'examen
quand QQ croit tout, la moindre vrai-
~&t~bbnceparoKHnevér~é: le plus
siéger nuage, au contraire, eft une
obscurité comptecce pour celui qui
doute de touc. La cféduiMé aveugle
~eâ te parcage des jLgno~ans & de&
~ib~ ~incred~icé opimâtfe eA 1~
~&UK des préjugés de ta fauffe doc"
~n'ioe~ & d'une orgu~eu(e jaloune:
Miis douM méthodique & yénéchi eft
l~apaoage des fages. Dans les connot~*
3a fanées hu maines & par conféq ueM
~dan& jta fcience de la Médecine
l'observateur démontre ce qu*ii peut,.
~Groic ce qui lui eft démontré, ne
9
~rejecce pas ce qui comba!: &décon~
çerte fes opinions particulières, &
~J~foend fan jugement fur touc ce
? qui e~ po~~ie & don: U ne ~on?
~noîc ni les effets ni les propriccesM.
De fi fages réHexions femblent nous
annoncer quelques fuccès, pUtfqu'eUe~
portent âvcc,eUes leca.ra<3:ere de lâper-
fuafion ce qui nous fait efpérer, qu'a-
près que l'expérience aura fouvent
prononcé la vérité ~e fera jour.

AFFECTION ~OR~r/CC/E
COM PL Ij~U Ë E.
Es
J fus
premières obfervations, ci-dcf*
rapportées nous montrent en
parallèle rafîe~ion hy~eriqne dégéné-
rée en véritable a~e<3:ion icorbutique
i
par re~ec d'un traitement qui &vûri~
la véritable caufe,de la maladie pri-*
mitive c'eâ-a'dire, qu'en agaçant tou-
jours plus le ~y~ême des nerfs déjà
tendus & érétifés & en volatilifant la
mane des humeurs ~iéja cropraréEées
par les remedes les plus irricans & les
plus chauds, le fang a écé dépouille
de fa partie balfamique la ~cro~e
s'e~t échappée par les couloirs ou elle
& 6t:é attirée & les iels qui n'o~
pu êtf6 furRSammenc dinbus, ~onc de-
venus pat conféquent plus grouiers ce
quia procuré la diachete Scorburique
qui s'ej~ alors compUquée avec l'affec-
tion hy~érique; &qui auroit exigé un
même traitement puifqu'elle écoic
fournie par une même caufe.
Rien ne prouve plus évidcmmenc
Jes trifles effets de la pratique vutgai-
jrë que la rerminâi~n fune~e de
maladie. de la DUc. Majo~. On me par-
donnera fans doute de la rappeller ici
une Seconde fois, puisqu'elle doit ré-
veiller racrention des Médecins dans
iadi~in~ion de cette efpece d~anfec-
nohrScorbucique avec toute autre. dif-
tin~ibn d'auranE plus eHencicHe~ que
~a cure en dépend. Pour nous con-
vaincre enciéremenc~ur un point auni
intéreiïant pour les jours de tant de
victimes, discutons ia.qucAion, <~c
prouvons par les ~irs.
Un Chirurgien de grande réput-a-
tion, généralement connu par fes ta-
lens dans chaque ville dé cette pro-
vince, d'un tempérament maigre &
<ec fut accaqué il y a trois ans d'une
arMion fcorbutique pour laquelle il
fit plufieurs. remedes tans aucun fou-
tagemenc. Appelle dans notre void-
nage pour y faire l'opération de la
taille~ il vmc me confuker il m'ex-
pofa en homme de FArt. les caufes
éloignées auxquelles il croyoit devoir
ac~ibuer ia. maladie. Un travail auidu
& forcé dans les Ecoles de Paris des
veilles concinuellesj, ~des concencions
d'efprit des plus outrées j 6e l'abus dé-
meluré qu'il avoic toujours fait des
liqueurs & du caffé écoient les prin-
cipales fourees ou il avoic puifé le mal
dont il fe voyoit arrec~é.
Les {ympcomes n'étoient point équi-
voques les gencives faignoient le voi'
le du palais & le go~erétoientecor-
chés & ulcérés les amygdales étoient
fi prodigieufement gorgées & cnnam-
mées, que la déglutidon ne le M.i-
foit qu'avec peine & avec douleur la.
falive écoi!: faumuréc, & picocoic fi fort
les parties intérieures de la bouche~
qu'elle y procuroit des aphces & en-
tretenoit ainfi l'inflammation de routes
ces pa.rt.ies la jnevre ~e mencFoic auiB
par intervalles des douleurs dans les
articulations fe faiifbienc fentir pour
lors elles étoienc quelquefois a~fïcz
vives pour que le ~bmmeii en rue in-
~errompH. Ce fut dans cet état qu'il
6fa s'exposer à faire ce voyage, &.à
prendre i~n~rumeRC qui devoit déli-
vrer trois malheureux quijnnp!oroien!:
ardemment fon recours.
Sur ccfecit il étoit ~orc âi~e de ca;-
ja~érifer là maladie. La diffolution
du ~ng & la con~itucion muriaM-
que ~e préfentoit au premier coup
d~ceil i'acrophie de fon corps deno-
toit la fëchereHe des ~oïides qu'un
genre de vie des plus échaunEans avoic
produice. H falloit par conféquent res-
tituer au ~ang&: aux autres humeurs
leur ~ero~té, & Fhumide ïiéce~aire
pour lier & pour unir enfemble fes
molécules en di~oîvant les ieïs donc
il eroit furchargé oc il falloit en mê-
me tems aHouplir les folides pour
les rendre moins jfen~btes aux impreJ~
fions des parties piquantes & corroïl-
ves des humeurs, qui dans leur cir-
culation irricoientconfidefablemenc les.
parois des vaiSeaux &: procuroient
~np~ des engorgemens & des in~iam-
~a~ions.
Les remèdesanci~corbutiques, quels
qu'ils ~btenc, auroient fans contredit
a~iacé les tildes le madade en aveu
4~ la MiAe expérience (~). U
~Hoït employer d'aucres fpeciEqjues
qui doués de toute autre vercu, ney
pouvoient être intu~~ans. Les ba~a.-
piques les laiteux les hume~ans~
les délayans rempUHoienE parfaitement
nos vues c'ecoit à eux ~euls qu'il
eût fallu recourir au commencemenc
du mal, & les fymptomes n'auroient
jamais été portés a un fi haut degré.
Notre malade reconnut biencôc là
méprise, & pour ne pas fe rendre plus
)ong-tems homicide de fon corps, i!
quitta fur le champ fon régime, pour
vivre désormais fous un autre plus~
lucaire & plus doux. Il s'incerdi!: pour

(a) M. Raulin avoue avoir obfervé chez


plusieurs femmes fcor~utiques~ que les reme-
des contre cecce mal~dte ne les CoulagRoienc
pas torfqu'ellesavoiencdesfympcomes de va-
leurs. V~yez le CMi~ede&y~peurs., p. 2~.
toujours le vin les liqueurs & î~
can~é fes alimens furent fi fimples
que fon bouillon fut fait avec l'agneau,
le mouton le veau ou le poulec, fans
fel. Le defir de regagner une &nce
touc-a-~an: délabrée aQaiionnoit; fans
doute la fadeur d'une pareille nourn-'
turc~ puifque le malade ne s'en dé-
goûca jamais pendant une année en-
tière que dura le traitement le lait
d'ânefîe fut fon principal remede. II
prit enfuite plufieurs bouillons de pou"
lec & quelques bains domestiques &
ce Hic de cette forte qu'il rétablit en-
tiérement fa ianté.
Nous n'omettrons point ici une cir-
con~ance eUcnciclle du traitement de
fa maladie, qui cara~érifeelle feule
la caufe compliquée; je veux dire
J
cette féchereUe & cette fenfibilité outrée
du genre nerveux, qui dominoit fur la
diathefe fcorbutique. L'effet d'un pur-
gatif nous en jEburnic la preuve. Après
avoir fait utage du lait d'aneHe pendanc
trois mois'consécutifs, fous un régime
auin Sévère notre malade fe Siatcoiç
d'arriver promptemenc au cerme d'uno
gùéni'bn radicale. Et en effet ton réca-
bliHcment n'étoic point équivoque
puisque tous les fymptomes fcorbuti-
ques avoine totalement ceHe. Les Gui-
des avoient par conféqucnc repris leur
confiflance naturelle, leur véhicule ëc
leur baume mais le genre nerveux
étoit encore au même degré de tenfionL
& d'erédfme, & il auroit fallu conti-
Duer le tranemenc, fans jamais s'en
défiler. On auroit pu tout au plus
fe repofer quelque temps, pour reve-
nir derechef aux mêmes remèdes
mais il ne fut jamais permis d'em-
ployer des contraires.
Nocre malade Chirurgien très-
habile & expérimence, mais non pas
Médecin anez verfé dans la cure des
maladies, s'ordonna de lui-même un
léger purgatif, qu'il crut indifpen-
fable après trois mois de lait d'âneiïe,
~c pour fe préparer entrer dans le
bain ainfi que je lui avois prefcric.
Ce purgatif, compose feulement de
trois onces de manne, opéra airez bien,
les felles furent nombrcuies & abon-
dantes mais les dernières irriterent fi
fort les vaineaux hémorroïdaux, ~~eï~
les procurèrent des cuiffons &des dou-
leurs; la fievre furvint le tendemain
& les fymptomes fcorbutiques reparu'-
ïenc avec la même force (~). Les re-
grets devinrent inutiles, il fallut reve-
nir fur lès pas l'eau de poulet remé-
dia à ce delbrdrc, & le bain domei~-
tique perfe~ionna la cure.
Ce n*eH pas le jfeu! exemple que Je
pourrois citer des dangereux effets des
purgacits &; cette erreur eft H com-
mune dans le traitement des ma!adieS
fpafmodiques fimples ou compliquées~

(<?) Si trois onces de manne ont procuré


ttn tel e~ict dans une aifec~ion fcorbutique
en doit juger par.l~ des vertus du vin ând-
fcorbutique du Sr. Moret*, 8c de fes p!l!u<.
les fondantes que l'on a regardées pendant
long-temps comme des fpécinaues de cette
maladie, fans avoir égard à les compUca~.
tions.
Voyez la cinquieme édition de la Phar-
macopée de Paris ~M~c 17~8. On y a
f~j p. ï.3 une manipulation de ce r~~ qut
revient à peu près a
CA~Hr~~?~
<~ ~r ~or~f~
que i on peut fans partialité i appellef
générale. Toutes lescontultations des
di~érens Médecins de réputation ré-
pandus dans le royaume, ne ~ont-elles
pas un compofé de remedes adoucif-
fans a~ociés aux purgatifs de coures
les espèces? L'abus eft trop férieux,
pour qu'il ne me foit pas permis de
l'attaquer & de le vaincre. Tous ces
différens Médecins consultés s'effor-
cent de nous prouver par leurs écrits
(~) qu'il font Médecins méthodiques
&: peut-être craindroienr-ils de rabaif-
fer leur crédit, s'ils ~mpiinoicnc leur
pratique, fans vouloir discerner des
motifs trop cachés pour les approfon-
dir. Je me contenterai de publier les
dangereux effets de tanc de remedes
oppofés par leur action, & par la tou-
jours contraires à la caufe principale
de la maladie que l'on a à combattre.
Pour en certifier le vrai, j'en appelle
volontiers au témoignage de plusieurs
praticiens de di~in~ion que je pour-

(a) Voyez le recueil des c(mful~!ions d$


~ompellier~ en yo!.
fois citer qui connoiSïenc parfaite-"
ment ces abus, & qui bien-loin de les
aucoriSer par leur Silence, s'efforcent
au contraire de les divulguer. Heu-
reux ceux qui en pareille circonftance
ne dédaignent pas de fe toumettre
aux déci fions d'un Médecin Subalter-
ne 1&. malheur a celui qui adore la
divinité
M. le Marquis de Carillon que
j'ai cité plus hauc, a été de ce nom-
bre. Par discrétion autant que par
lefped: ) je n'en cicerai point d'au-
tres mais du moins que ma modé-
xauon apprenne aux plus oucrés à
devenir eux-mêmes plus modérés, &
qu'ils ne nous obligent pas à déngu-
rer tous leurs écrits, en retranchant,
dans le cours du traitement qu'ils y
prescrivent tout ce qui eA irricani
ta ou il ne faut qu'aSîbuplir les foli-
des touc comme ils trouveroient à
leur tour fort étrange que l'on em-
ployât des relâchans là où il faut les
tendre, oc leur rendre le ton &l*élaS-
ticité.
C'eil ain~i que tant de vaporeux ~s
di~em
dirent incurables. En ferons-noustou«
jours furpris?r D'un mélange de remè-
des aum coniradi~oires que doic-il en
réfulter, fi ce n'eA des effets oppofés
& des vicinicudes continuelles, iL'mcu--
ï-abiliré enfin, à la. honte'de,s Médecins
& de l'Art? Que l'on Ce recnè a.pre$.
cela fur la bizarrerie du mal & fut
caprices quon lui impute tant: qu~ëa
voudra d'avoir cou jours été le néau
des Médecins (~); le reproche n'eH
pas fondé n'en accusons que noire
tnfu~[(ance~ puifque c'eâ nous ïeuls
qui fbmmes coupables du forfait.

jL~ ~C 0 P~J~~ yjT~


C 0~PLI~UÉE.
C* 0 u s le nom de leucophlegmatië
tL.3 nous comprendrons
en même tems
toutes les etpeces d'hyd-ropide aux-

(a) Non MMMMf A~Wa in ~BM!~ ~9t


~oco/~r~M T/<r~ p~o Medicorum
~~HM eft. C'eA am~i que s'exprime M. Fiz<
gerald dans fon traité des maladies des fem-
mes, au chapure delà pajiion hyit~dqne~
~ag~y ~s~x&~r ~M!~Kr
~es~ <sa~r~zM~Kr~~y~~ j~~ JJJ
~Ë~~KMaaf~~M~a~~y~x~y~~y~p~av
~Ny~B!~ ~y ~Kf

'7-
~saaaay~~p ~&~ë~ay~y~x~~7~
.~& ~<t~7<M<? ~y
3!Si~&?~T?<?< ~~7-
5 ~&~ ~~M~ :S~Z?~' le
K~y~K&t~M~~S~
,uela
~y~a~Tx~ l'vr- j~t
PI.
j~
~a~~ .~a~~§~sx~M7 ~~y
~~z~r
~s~
~<~
~J7~
J~
~? ~y

j~
a
.f~~Ka~~
~K7.r<~a~ ~~BF
~~y~. jaF
i~ ~aK~, ~s~
.Y~yMsr<
.s?~~s~~a%&~
~~s~ j~s~aa~ ~z~a
~~f~ ~B~aa~s~?~
~asz~
~a~
~~j~ ~~s&y~. j~aa
J~
~oguef ~i ye~ evaLMC les ccare:
..J'
d'une p~adq~e ave~lc, que les pcm~
~tp~ d'une ..h' M4e ~j$t: ja~
~une tbpo~e ~Çoliàe
t~a~s ~la~rço,. j~es pUEgaiti~ &r<MH
ja.
$o~~jn~ $;~e~s, ~<mp M pas dire
~e~Mr~rs, Les <i~€dq~es trop a~i~
~g~~c e~eors &vsc ~Eop fbug~~
~~eeM@~- l~m -aux
d'ouvEtr uae tiïue :atES
1'"~JI.l .'9\1v.tW Ufi1e
~~e~r~ épan<~@@~, ~s metet<?~
~e~ ~H~~ & en augoaencecoïM: iô
volume.
~pnis ~M~~s jdooe .~a'up~aenc
ai~eanis à gard~ ~a ~uâ@~iRieu ea-
crp ces deux rcsaed~< Les duneé~ques
~s plus amples que nous &&€~
MMque~u~~is aux dei&y&M &&ux
$~U!~nx, r~Ga~trûM touces iMS ~es
t~S forceronc <EetC~ éeaiRcé dM ~ig~
t~ e~i tep~f€r<smcies globules, ëc
Y~ro~ aux humeurs BpaLnçheMjM~
p~em~e vo~e ~e retour agmaBt d~
~ême ~ur ~Udes t~ ~s ceiâ~
<
ch~f(MC & dé~bârnaronc ai~i €~
a<MQbte de ~adcs vaiReaux capïHai~
rcs qui en facilitant ia diâdbu~oa
d~s ~queurs ~rovo~ns~~c à Jeuc
ee~r ilev~cuat~on d~ csUe~ nojL
abondent -» les plus gronïeres qui
j'e~eronc alors parce quelles n'au-
font: pu pénétrer jusqu'à l'extrémité~
des vaiUeaux excrétoires, feront €M-
~uice féfervées pour les purgatifs on
choifira les plus amples & les plus
doux on en, cmouHera les poinces~
en les noyant dans quelque véhiGule
approprié, pour parer les ravages <Sc
les irritations qu'iis ont coutume de
procurer.
Cette théorie, toute nouvelle qu'elle
paroit à plufieurs &toute concra-'
di~oire qu'elle eft avec celle de piu-
~eurs Médecins de ce fiecle, n'eft pas
<ïioins folidement établie par l'effet
des remedes contraires a ceux donc on
vante de tout temps i'eHicacité. Les
observations pratiques que nous allons
rapporter y dépofent d'autant plus en
faveur de ce iyâême, qu'elles ibnc
j~milieres a chaque Médecin de cette
province 1 & à tous ceux encore qui
vivent comme nous fous un même
climat.
x
Mademoiselle~C~ âgée de ttentc<
deux ans mélancolique & fujette
J
aux vapeurs fut attaquée dans les
plus grandes chaleurs de l'été d'une
fievre continue qui céda aux reme-
des ordinaires, après avoir cruelle-
ment fatigué la malade pendant vingt
jours. L'enflure des mains & des pieds
fucceda à cette premiere maladie
elle fit de fi grands progrès, qu'elle
occupa dans peu toute l'habitude du
corps les cuiiÏes & les jambes étoient
prodigieufement enRées le virage
étoit monftrueux & l'impre~onda
doigt n'y étoit pas fenfible ( ce qui
cara~éri(e cette espèce de leucophleg-
matie, en la diftinguant de celle où
le relâchement des folides, & la vi~'
comité des humeurs en ~bnt les prin-
cipales caufes ). Les purgatifs les plus
pui~ans n'avoieni opéré aucun chan-
gement à ton état lorfque nous fû-
mes confites mon pere & moi.
La fievre, qui avoit précédé, avoit
tellement appauvri le fang & les hu-
meurs, que le mcorniiïemenc de&
nerfs & de rextrcnucé des vaiiÏea.ux
cxcrécoires, en avoit été la fuite. Des
mouvemens vaporeux qui fe mirent
<tt
de là parde & ~n léger crachëïnënc
de ~ng ne nous doaroerent plus Me~
ée douter de cette caufe. Les pHfga-
tMs~ ëc les diurétiques ~trest conie~
~ctNm~nt mtef~Ms & le p~tt iaic
qu'on leuf &ppléâ reMplït par~t-
teB~eHï: m)S vo~.I~es ufines a~para-
vaot âtpptïSïéss ~?6 de Hquide
e~uÏetetM: ~eM(~ pat r~t de ce ïMM-
vean remede; & eé ~ut par le
c&gé qae la tnatstde @H ~t p~daM
M~ t&~s qN@ les enSoT@s dtfp~ufen~
Mtté~mem. Ï~etaic d'âoe~e ~ef~ee-
MoM~ là Cure ett îe&itUâËt aQ fang
ieyéMë~lë dô~t il avoit été dépour-
vNy ~âûxoÊf~ le mucMage qui les
ï<ïbd6e~ & les ~~??61 dâ~ eefte
~uple~e (~û~ë~ble qui leur ~~Ê&
d'e~et~e~ leurs MMm~MeRS rep~
ré~c âMS cette éta~MM 6 nec~e~aire
l'oscillationdes ~atHea~x, & la cir.
~ûlat~otï~Befalë de toutes les h~mcHrs;
& to~c ~t tétâMi da~s iba p~~tep
état.
Cett~~o~eQ~ des Mdes~ qui pré-
sente elle ~euie des ob~ados a la cip-
~l~M~ ge~~alc des l~e~S cé~
"te denM du fang, qui refufe le~me~
lange des humeurs lymphatiques ~s
féreufes & en produit la réparation
& îa ~agnaiion fur la ~nperncie d~
corps, feront encore mieux prouvée~
par Fobferv~tion fuivante.
Un jeune homme de cette ville
d'un temperansenc maigre & ~c~ ~c
fort meiancoUque, fut attaqué le mais
d~e Juillet de cannée 17~61 d'une fievre
ïncermucence, q~Mruc tong-tems re~
belle a ration des remèdes y & qui
~c termina enfin- par des enflures aux
extrémités du corps. Les hume~am
les. plus puinans & les remèdes fé-
brifuges opéraient, tour a tour cR~z
notre hypocondriaque les câets; qu'X
lui plaiibit de leur attribue!' 3 c'eH-
dire que: seu~- ei I'échau~bien&prQdi-
que ,aewo.œ l~échauffoient, praU!-
gieutemene les~ &ntre& le raê'aï-
chiSoienc diibic-il oucre mefure~:
ce qui rendic la fievre habituelle.
A cous les ~mpcomes de ma!~
die fe joignit alors le dérangement
du flux de fes urines elles coulerene
avec peine & procurèrent des trfit~
tions plus en moins vive:~ ~uhsm$ J~
quantité qui fe préfentoit au pacage
de l'urecre. D'anciennes carnontés
qu'il portoic dans ce canal & des
glaires qu'il rendoit en urinant,déno-
toient deux ob~acles invincibles, &:
donnoient lieu de ibupçonner le re-
flux, des urines dans la tnaue du fang
ce qui devoit entretenir !a Revre.
Cette complication de maladie join-
te à l*hypocondriacité taiibit en tout
un affemblage d'autant plus difficile
à démêler, que le malade naturelle-
~nent indocile rejetloic toute propo-
iicion.
-Dans cette perplexité il fut
~[ontpeUier, accompagné de en-
~ures & du mouvement fébrile qui
tte le quittoit jamais. Le Médecin
qu'il confulta, prononça que ce M~r
~~e ~tOtt en grand ~T~tT ~H~M'~
y~o~7ï0ï~on e~ lui une fievre ~c~~Mc
p
un fang ~~eA~c~Me la pierre
~ro~ (a). Les remèdes qu'il prefcri-

(a). Ce font-la les termes 8c les mêmes


~xpreSons du Médecin confulté exïrai~
~rQngm~
vit, furent des bouillons de poulet
ceux d'écrcvifïes, quelques légers apo-
zemes diurétiques !e périt lait &
enfuite le lait d*âneHe~ ~uppofé que
les enflures euffent cédé. Le tout fut
afiord de quelques purgatifs des plus
doux avec la re~ricHon, que s'ils
procuroient de trop grandes irrita-
lions on en diminueroic la quantité &
la dofe.. Peu de jours après le malade
revint de Montpellier, guéri des en-
flures & de la fievre c'cft-a-dire
que la voiture feule opéra ce change-
ment. Il commença pour lors l'ufage
des remedes qui lui avoient été prét-
érits ils réunirent d'autant, mieux
que le voyage en avoit été le prélude.
Il fut à la campagne, il voyagea con-
tinuellement, & il guérit ainfi de fon
hypocondriacité & de fes fymptomes.
SiFerFet de rexerciceefE ici mani-
~elte, fon action dévoile encore mieux
la véritable caufe de la maladie que
je viens de décrire puisqu'on fecouant
ies folides engourdis & en accélé-
rant le mouvement des liqueurs, il
ranima ja circulation de celles qui
étoienc engorgées fur les extrémités
du corps, d'ou provenoient les ennu-
fes. La fievre qui les accompagnoit,
était occasionnée en partie par le re-
flux d'une portion de ces hùmeuri
épanchées, & encore par robâru~îon
des-vaiffeaux capillaires, qui pre~et!-
tant des cb~acles invincibtes !a cïr-
cuîatïon du ~ang exchoient par-là
des cûncra~ions plus graûdes &: plus
~-équences des arteres ~c du coeur
d'où s'enfuivoïc nece~airement cette
Séquence dor pouts, qui cafa<3:érife
fievre. Ces deux fympcomes recow-
notSoïent une tïïême caufe auS ci-
derenit ils à l'action d'un remede bieA
pUttÏan~ ( j'entends rexercice à cheval
ou en voiture ) mais trop peu ufïté en
pareille circonftance. C'eiÏ donc avec
raitbn que nous nous récrions ici concre
les remedes diurétiques chauds & fi
nous rejettons encore tout purgatif~
quel qu'il foit c'eit que nous fom-
mes convaincus que fon action eft en-
fieretïïen!: oppose à ceUe des remedes
dont nous vantons l'erHcacité.
Quoique ta fcidenr des &)Udes
la den~ré du fang nous fournirent;
lescaufes de cette compUcadon vapo-
renfe il y a tout lieu de croire qua.
l'extrême raréfaction de l'air contenu
dans la maSe des liquides fe joint à
ceîles-ci, & nous penfuns que par
fon éla~icicé il force les tuyaux lym-
phatiques, après en avoir diâenda
coûtidérablemen!: les-parois, & démê-
le ainfi avec les humeurs épanchées
fur l'habitude du corps ce qui forme
alors de véricables amphifemes, ou
pour mieux dire des enflures comp!i-.
quées d'amphiteme que nous appel-*
lerons amphiïématiques. Les douleurs
qui en font iniéparables & la fievre
qui les accompagne fb.uvenc en font
des preuves convaincantes. Je puis y
a jouter l'avion des remedes qui con-
denfent les humeurs trop rarénées
en parallèle de ceux qui agirent, en
les rarénant tout cela nous anurs
re~~ence des différentes caufes que
jt'aIÏigne~ & la necenité de les com-
battre avec les remedes que je propofe.
Si cependant ces épanchemens de~
yenoicRC R eoniïdcrables que les ca~.
vîtes du corps en fu(fenc inondées~J
(je veux dire la poitrine & l'abdo-
men, ce qui formerait alors de vé-
ritables hydropifies ) faudroit-il bien
évacuer par les voies inférieures une
portion de férodtés épanchées f J'a-
vouerai ici avec les plus outrés, qu'en
pareil cas il faut nécetfairement éva-
cuer & qu'il faut par conféquen~
avoir recours a ces fortes de remèdes
jlimulans qui agiffant fur les tu-
niques des ititeflins y attirent par
leurs avions une partie des féroHtés
fuperMues, &. diminuent ainfi le volu-
me de celles qui font déjà épanchées
dans une de ces deux cavités du
corps.
Mais dans une pareille extrémité
faudra-t-il mépriser des folides deHé-
chés, quelquefois même racornis j,
jufqu'à vouloir exciter fur eux des
contrarions continuelles F Ce fera tou-
jours là une contradiction maniteAe
entre la caufe primitive de la maladie
& l'effet du remede que l'on eft obli-
gé d'employer pour la dompter. Quelle
fera donc la ïiécejuicé la plus urgente
qui forcera le Médecin a ordonner
un remede contraire par -la même
qu'il eft entièrement oppofé aux vues
curatives ? fera-ce l'infuflifance de
i'Arc~ ou l'impéritie de celui qui.
t'exerce La Chirurgie nous offre fes
recours pourquoi les mépriter f Ils
font mfuHitans, j'en conviens mais
du moins ne font ils pas meurtriers
Par ce moyen nous dégagerons les
vifcercs opprimés, c~ nous remédie-
tons aux plus dangereux fymptomes
& en prolongeant ainfi les jours d'un
malade dcfeipéré nous lainerons a
la nature fon entiere liberté, pour
travailler elle feule à la confervation
de fon individu en fecondant re~ec
des remedes ialutaires on enienA
ceux qui attaqueront la caufe primi-
tive dans fon principe & qui s'op-
poferont par conféquent aux ravages
qu'elle a coutume de procurer toutes
les fois qu'elle eft méconnue, ou tant
foit peu négligée (~).

(a) On a vu à LyonMme. Garcm deve-


nue tymp&nmque par FeiÏet de méde-
Les cures de c<ette efpec~ j~pni: râpes
il eâ vrai; mais aulS ces maladies
ieroient elles moins commuP~~ fi on
~e hâcoit: d'en fufpendrc le c~ufs en
y rejnnLedtaBt: des leur na~nçe par
des remèdes a~oftis, non p$r dei:
cpnM~~re~. C'e~ CQ<n~!Bncement d~
Mal, dans le temps o~ la. nature c~ ea
déiaut~ que le Medecim e~. prépofe ppuc
la redre~er prompt&ment, pour 1~
rappeUer des voies ou e~e s~e~. égarée.
Auui voyons-nous cres-fbuvent que les
premiers lympto~es d'un mal coàcenc
peu a écarter, tandis que raHemb!és au

très couvent indoï~pcabics. Fr~


mombre de plu~eurs, ils devicnneM

c~~ s'ecnoitt autrefois notre d'acte.


On a connu de tout temps r'tndp~ence
~es Médecins on a voulu par-la réveil-
ler leur vigilance ceSenons-nous de
yefped:cr le précepte & celui, qui 1~
donné?
Quoique la d~Hiculte de guénr

cines auxquelles on oppofa les bains tie-


desj la titane de poulet le pem-lait 8c
autres hume<~a.ns~ avec fuccès devenue
enfuite afcM eUe a été guérie pa: ht
pon~ion,
augmente toujours plus, a proportion
de l'intenfité des Symptômes qui carac-
(érifent la. maladie que l'on traite il
<eH cependant très'poHible de parvenir
fon bue, quand on l'attaque avec
des armes toujours contantes & iaiu~-
taires je veux dire, univoques dans
leur a~ion & toujours oppofées à 1<;
caufe qui la produit. Ç'eil ainfi par
exemple, que l'épançhemenc des féro-
~ites qui forme l'amené ou l'hydropi~e
de poitrine deviendra moins rebelle
-a guérir~ fi dan~ le rraiMment: qu'o~
y apporte on ne perd jamais de vue
la caufe primitive qui la produit. Dan~
]~esépanchemensdotitil e~ iciqueftion~
le vice des folides doit occuper le plu~
le Médecin; &: ce fera toujours dans
le relâchement des vaiffeaux qu'tl
trouvera les effets qu'il chercheroit en
vain dans l'évacuation des humeurs
épanchées. L'heureuse terminaiïb~
d'une hydropifie de poitrine commen-
tante nous inâruira beaucoup mieux,
que ne peuvent faire les raifons théo-
riques les mieux concertées & les
tnieux établies.
Monsieur Bègue~ Avocate mon
ami & mon Conieil, homme méd~
tatif & Septuagénaire, fut tout-a-coup
anecté de terreur par la mort fubite
d'un de fes proches, qui tomba apo-
plectique en fe promenant avec lui.
La liaison qu'il y avoit entre ces deux
parens étoic trop étroite pour que
celui-ci n'y fût pas extrêmement fen-
fible. Auni dès ce moment on le vit
ane~é de vapeurs. Une inquiétude
continuelle tracauoj.c ion efpric & fon
corps depuis plufieurs jours, lorfque
je l'obligeai a. quitter la ville. Mais
inutilement voulut-on le ~bu~rairc
aux effets d'un fi funefle coup le mal
empira toujours plus; la refpiration
devint gênée enfuite embarraMee~
la fuffocation s'en mêla. Je courus au
plus vîte auprès de lui, & je le rame-
nai le même jour de la campagne,
craince de le voir étouner fans pouvoir
lui donner du fecours.
La voiture calma tant foit peu ce
lymotome, la fecoune s'oppofa pour
quelque temps au torrent des efprirs
enarouchés mais le calme ne fut
pas
pas de longue durée la fuffocation
reparut: avec une nouvelle force puif-
qu'elle nous obligea de le faire iai-
gner. On fut même contraint d'y re-
venir une féconde fois mais ce fut
fans .fuccès. L'enflure des pieds ne
tarda pas long-tems à fe montrer
elle ne des progrès affez considéra-
bles & elle nous menaçoic déjà d~un.
épanchement prochain dans la poi-
trine lorsque la bou~~ure des mains
nous le carad-ériita. La furFocarion.
étoit alors fi ~brcc~ qu'il ne fut pas
pofnble au malade de fe tenir au lie
un feul in~ant~ mais encore deve-
noit elle par fois fi violente que
t'en craignoic à tout moment de le voir
expirer.
Une pareille ~cuation exigeoit des
remedes au~ prompts qu'eHicaCe?.
L'empiême écoic le feul. qui pou voie
opérer avec Succès, fi l~épanchemenc
eût éce cara~ériie au point de. pou-
voir distinguer laquelle des deux ca-
~vicés de la poitrine en étoit an~~ée
mais aucun figne cara~ériAlque n'au-
toritbic cette opération. Le malade
étoit également Moquée de quelque
<côté qu'il penchât fa tête & fon corps
iar fon fauteuil, & ne pouvoit rci-
pire!* qoé la tête courbée fur la poi-
trine~ & appuyée en avant fur les
bras. Quel parti prendre dans une
pareille extrémité?
Les remedes a&its (,j'entends les
chirurgicaux) étant touc-a-~aic inuti.
tes~ il fallut bien ~e retourner ail-
leurs & travailler x calmer les fym.
ptomes du mal quoiqu'il parut 6
difficile à vaincre. Nos indications
ecoient fans doute de détourner par
les voies ordinaires les humeurs qui
menacoient la poitrine révacuadoï:
des urines & l'expe~.ôr&tion furent
les prérérées: le petit-lait clarine~
aiguifé de vingt cloportes écrases en
vie fut employé avec quelque appa-
rence de Succès o( pour entretenir
une expectoration naturelle au ma-
lade, les fucs de bourrache d'aigre-
moine, adoucis par le firop de lierre
terreâre furent employés à cet e6ec
~c enfemble on fe fervit d'un looch in-
ciuf~ dont le malade faUbit ufage à
congre.
Mais un mouvement fébrile qui
parut alors ) la lecherene de la peau
& une ardeur brûlante dont fe plai"
gnoit continuellement le malade., me
~renc appercevoir que ces remedes
étoient encore crop a<~Hs. On recran"
cha les cloporces -» on fubRicua a!i
~rop de lierre cerre~re celui de mm-
phea les urines devinrenc plus abon-~
dances & la chaleur fébrile fut moin-~
dre. On continua Fumage de ces re~
~edes, & on y ajoufa une tifane
~égéremen!: diurécique faite avec le
chiendent & le nitre. On enaugmen'e
ta la dote a proportion de la liberté
d~avàlec que prenoic chaque jour le
balade mej~ïre que la relpiranoït
devine plus libre révacuation d~$
urines rue alors très abondante
dans l'ëipace de trois fernaines les 6n~
~ures & la (urÏocacion dilparurenc en-
ticrement les felles s'ouvrirenc d'ei<
~es-mêmes cecEe évacuation ~uc aun~
if! es copieule un léger minorât~
qui précéda Fumage du lait d'ân~Be~
termina la cure.
On improuVêr~ fans dou~ cët~ ~<
t
$on de traiter les hydropifies y & <Mie
paroîcra non-feulement iniurïi~ante au
premier coup d'oeil mais encore
~angereu~e & meurtrière dans bien
des circon~ances. Quant a foninfu~.
fifance je réponds hardiment qu'elle
ne le fera jamais, toutes les fois que
les hydropi~es dépendront de la mê-
me caufe que celle dont il eft quei-
tion puiiqu'en remédiant au vice
des folides on efl-tres-aSuré, quand
on eft appellé allez tôt de le dé-
tfutre. Ce vice conj[iAe ici dans la
trop grande tenfion. de nerfs ëc
dans la crifpadon des vaiffeaux ca-
pillaires qui ne permettant pas le
pacage a. la férofité celle ci fera
obligée de rénuer dans le torrent de
la circulation d*ou elle iera repouilee
enluite, pour s'épancher dans une des
cavités du corps. Dans le cas dont il
s'agit, cette tendon des nerfs toute
naturelle qu'elle étoit au malade,
puifqu'elle étoit propre a fon tem-
pérament fut encore portée à un
plus haut degré par l'effet de la
ffayeur fubite, qui. agi~anc dans cet
mUant fur l'habitude du corps, re-
pouffa les humeurs dans l'intérieur.
Ces humeurs ainli repouiïees des vati-
fcaux capillaires refluerent fur la
poitrine, engorgèrent la plevre &
les vaiueaux du poumon & elles au-
roieni bientôt formé un épanchement
local dans une des cavités, de la poi-
trine, fi elles n'eudenc écé prompte-
ment évacuées par les voies inférieures.
Les purgatifs auroient fans contre-
dit irricé les vaifÏeaux &: n'auroient-
ils pas par-la. augmenté l~érétifme?
Les diurétiques chauds auroient agt
de même ( le feul etfet des cloportes
nous raHure). Il falloit par conte-
quent tempérer l'orgafme des hu-
meurs &. en diminuant ainfi leur ra-
féfa~ion & leur volume, on étoit af-
furé de détendre les tuniques des
vaiueaux capillaires, & de remédiée
~par la à la premiere caufe. La circu-
lation devenue ainfi plus libre, la ie-
paration des humeurs fe fit par les
voies où elles furent attirées. La boi~-
fon copieufs de la tifane diurétique
le pecit lait opérerent cet enet~ JLe
1
~angjfe déchargea, des humeurs (upe~
Sues celles qui étoieni engorgées
rentrerent en partie dans la circula?
tion par l'avion ela~ique des vai~
j!eaux; &: tout concribua a la gué-~
ïiibn de la maladie. Que cette pratique
foit infru~ueuie & conrraire en bien
d'autres circon~ances ~en conviens
aum ne doic-eUe être adoptée que par
ceux qui font en écac de diftinguer
le cas où elle doit être employée.

~TMP~NIT.E ~P~MapJ<~
C~ ~CMP~qUJ&B.
VYippoçRATE ppononcc que
JET. douleurs dn bas veoEre qui ne
cèdent a~ucun retnedc font ordin~
jremem Envies de la t-ympanite ~~MF
tcr~7ï<ï d~ ~r~z Mm~~M~ ~(?~of~~
~M~rM~: <~or ~M~ yïe~Me m~-
<'4~Mfo n~~M~ 4~M~ yo~fMr
<~ro~e~ J~ccM~ j~r~~Mr (a).

~) Hipp. a~h. Xï, fe<~ IV.


En ettet après les douleurs ai~uë~
& les fpatmes exce~irs qu'ont: e;0uye
les imeO-ins & le mésentère ces vif-
jceres acquierent une difpofidon becU-
que, a laquelle ce premier père d9
ia Médecine accribuoic avec ra~bn 1~
~ympanite.
Cette maladie 6 elle n'e~: pro!
pcemenc gué~e~ n'e~i~e pas Ipng-
Mms~e~le; l'a~cites'y jpincbien!:9~
.Po/or co~cM~ dit L<wnnius,
t/c in A~~rp~ Les vai~aux e~
jhalans du penc~ne des v~e~
continuent de ûirrer beaucoup de
~o~ce dans la cavité dubas-yentre~
pendant que !~vaiiïeaux ab~prban~
qui ~boc toujours les pre~iefs o~
tjrues, parce qu'iis ~bnc les premi<MS
~blittéres & racornis, en r~pompe~
une très pe~tsquand~~ ils~nc pep-
du leurs redores & ne cernent
~u~ee peine la lymphe qu'Hs rap~
ponenc, & cef aic~e, qut iuccedc
à la tympanke e~ incurabt&
Ce n'eA donc point: dans ce dernief
tems de la maladie que nous appor-
Mrpos des remèdes, ~Is ~~oient ia-
~u~Hfans mais bien dans ion com~
mencemenc, c'e~-a-dire, quand les
douleurs du bas-ventre nous annonce-
ront le début d'une maladie férieufe
& tres-~buvenc mortelle. Ces douleurs
font produites par les violentes irrita-
tions que fouffrent les inteAins &;
par l'acrimonie des liqueurs qui y cir-
cuîenc. C~eA par cecie acrimonie qu~et-
ie& agi~cnc fur des vaiueaux &: des
Beri~ -trop tendus, qu'eiles y exci-
tent ces ~patmes &: cette raré~acUoEi
de l'air contenu, &. contequemmeni
ceccc tendon &. ce gonnement qui
ca.ra~ériient la tympanite ipatmodt-
que, je veux dire, ceUe qui eft pro-
-duite primitivement par le raeorniiîe-
~ent des membranes ce des vaii~
j~aux, & qui par cette raifon fut tou-
jours inféparable du tempérament va-
poreux.
Pour y remédie: nous Savonsd'au-
tres indications à remplir que ceUes
qui nous portent a détendre le ~y~-
tême des nerfs oc à calmer la raré~
~acHon des liqueurs, & de l'air con-
tenu dans le canal des intentas &
quelquefois encore dans la capacité
de l~~o~ïe/ï. C'eH de cette façon que
nous remédierons avec crncacité aux
premiers efforts d~une maladie auHl
cruelle & en voulant aind arrêter
fes progrès nous ferons quelquefois
aSez heureux pour en détruire le prin-
cipe & le germe. Mes obfervations
pratiques a ce fujec & celles de plu-
fieurs Médecins illuftres qui m'onc
précédé, autorifent ce traitement.
Mr. le Chevalier de Faucon Beau-
champ, Brigadier des armées du
Roi, homme Septuagénaire, & fort
mélancolique, fut tout a coup atta-
qué de douleurs aux entrailles & aux
reins qui amenerent en peu de tems
le météorifme du bas-ventre. La téche-
refïe de la bouche & les Hatuoficés fe
joignirent à ce fymptome, & caractéri-
sèrent par conféquent la tympanite naiC-
j~ante. Un mal qui débutoit avec tant
de vivacité faifoit tout craindre pour
les fuites fi les premiers remedes
1
que l'on fe propofoit d~y apporter ne
l'euffent bientôt calmé. Mais l'eau de
'poule!: les fomentations émollientes
furent employées avec un ~i prompt
Succès qu'elles ne laifferent aucua
~upçon de retour. Le lait d'âneCe
pertc~ionna la cure.
On voit par ce récit que la tympa'-
nite commençante peut aifément &
guérir, quand on attaquera la véri-
tabte caufe qui ta procure & par la
raifon contraire, celle qui fera né-
gligée ou irritée 1 ré~~eya plus long-
tems aux remèdes !es pt~ appropriés.
En voici un exempt.
La D!le. Galoutaîre ~exagénan'e &
hypocondriaque, fut attaquée dans
le courant de l'année 17~ de J~
.hevre quarte. Un Empirique ~a guérit
par le (ecoufs de quelques pu,rgati&
.hydt'agogues, & d'une grande quan-
tité de pilules ~ébriiuges. Q~uelquie
tems après le ventre fe tendit &:
s'éleva conndérablemcnt il devint
douloureux, & la tympanite fut con-
~rmée. Les fomentations froides,
tifane de poulet, l'eau à la glace
le petit lait les lavemens huileux
& le bain calmèrent con~tdérable-
mène ces Symptômes. Il furvint un~
~ja.rrnee M~eufe avec des vents,
qui ~buiagerenc la malade. Le ventre
délenHa &les douleurs s'évanoui-
rent. Deux onces de manne diHouTes
dans un verre de pedc laie, me pa-
rurent alors indiquées mais les en-
trahies, trop ~eniib!es encore n'en
purent ibutenir l'abord les douleur~
le révëillerenc avec vivacité, le ven-
tre ~e tendit & enMa de nouveau. Je
revins prompMmenc ~ux mêmes reme"
des, qui calmerent encore le ravage.
La cure ~uc terminée par l'urage du
lait d'ane~e.
Mr. Combaluzier n'a point omis
dans fon craité des maladies venteu-
fes (~) re~pece de tympanite dont ii
<ï'agit ici ce Havane Aureur a dépeinc
cecce maladie avec tant de ûdelicé
qu'on ne fauroit rien a}oucer au por-
trait qu'il en fait. Les remèdes qu'd
propoie font les mêmes que jt'ai em-
ployés. Uniquement occupé du fpai-
me quJL, domine dans les entrailles

(<ï) Voyez le traité des maladies vent.


pM ~.<lH~f< tP.m. < p.
& de la rare ration de l'air qui y eft
conrenu il a recours aux bains do-
mc~iques~ aux lavemens rafraichij~
fans, aux fomentations d'eau froide
à la limonade~ au pecii.iait, la.
titane de poulet au lait d'âneHe,
& enfin à tous les remèdes qui tem-
perenc la fougue des humeurs <~
h u mécène en même tems les Mides.
C'e(t aum avec les mêmes remedes
qu'il traite & qu'il guérit: les coliques
venceu(es qui précèdent ordinaire-
ment cette maladie, &: qui l'accom-
pagnent toujours jufqu'à la fin.
Pour donner plus de poids à fon
~yUcme il l'étaie de l'autorité de plu-
fieurs Auteurs des plusrefpec~ables de
l'Antiquité~ chez qui il a puifé ~a.
pratique. Il rapporte d'après Hippo-
crate (~t) qu'une femme, qui d'ail-
leurs étoic graffe oc de bonne ~anté~
avoit pris un bol pour fe faire avor-
ter, & en conséquenceavoit été faifie
~d'une colique avec des tranchées vio-
lentes enflure du ventre~ & autres

(d:) Hîpp. lib.V. de morb. pop. obi~rv.x~


Symptômes, & étoit tombée jusqu'à
cinq fois dans une fi violente fyncope
qu'elle paroiâbit morte. Hippocrate
lui fit répandre fur le corps Mente
cruchées d'eau &. la foulagea par
ce feul remède. Elle rendit enfuite
beaucoup de bile par en bas mais
quand elle fentoit ces douleurs, elle
De rendoit rien. Elle revint enf anté (<ï).
Il ajoute au témoignage d'Hippo-
crate celui de Z~M~~ jLM/zf~~H~ qui
tai~bn boire aux malades une grande
quantité d'eau à la glace, & lai~bic
obferver un régime froid. Il cite plu-
6curs exemples rapportés par ~~ïe
& par Amatus. Il rapporte, d'après
Jean Colbatch Médecin à Londres,
l'hiûoire d'une fille cympanitique qui

(a) On observera que la malade d~H!p-


pocrate étoit hyftérique, puifque la iyn-
eope la carâ<~énfe; & on fera attention
que l'évacuation de la bile n'avoit lieu que
dans l'intervalle des douleurs, c~eÊ à-dire,
quand le relâchement étoiE furvenu. Ce qui&
fait une nouvelle preuve de l'~Rcacné des
hume~ans dans les maladies fpafmodi-
aues.
guérit: en ~baignant dans reautfot-
dé de la mer; & il finit par ce!l~
d'âne femme tympanitique guérie
par Fufagc interne & exreme de Feadt
a la glace par M. Ra~~ Médecm
de Lyon. Les drcon~ances qnt ac-*
compagnenc cette eure miraculeu~
dénient d'autant plus d'ccre rappor~
tées,qu'encs puMient non- ieu~etrient
~eiEcacité du remède ïnais encore les
pernicieux effets de bien d'autres did"
ïnécralement opposes a ce~ui-' ci par
leur action.
La preuve Triquec, après une cdu~
che ou les vuidànges a~dient crès~
peu coulé comba tout ~-coup dana
~në nevreconcinue putride, qui fut
&ivie d'une endure tympanitique, ëë
de tous les autres fyniptomes qui ca-
ractérisent la tympanite fpaimodique.
Elle né put être guérie ni par tea
huileux ni par les di~rÊfUes jfbrt~
y
de carminatirs. M.. RaA penfa qu~
dans ce cas il falloit reprimer par le
froid, les vents qui ~rarénoient: par
trop de chaleur. Il proposa de reiM-
plif cette indicadoa, en appliq~an~
de l'eau à la glace; mais il n'o~
l'effayer fans prendre çonfeil d'un de
fes confrères. Ce Médecin qu'i~
appelle célèbre, consentit qu'on em-
ployât ce remede & en même tems
il conseilla, caufe de la fbibleHe
de la malade de lui donner inté-
rieurement quelques cordiaux fpiri-
tueux ce qui fut ~an:. La malade
rendit quelques vents, & peu à pea
le ventre fe défenfla. On mit encore
quelque tems en ufage ces deux ïc-
medes opposes: mais le ventre rede"
vint plus enné & la malade fouffroit
les plus grandes douleurs. Le Méde-
cin ordinaire attribua avec ju~e rai-
fon, ce mauvais effet à la chaleue
des cordiaux, & à leur place il 0!-
donna à la malade de boire copieu-
fement de l'eau à la glace. Elle la bu~
avidement & avec plaiHr & on lut
en appliqua extérieurement. L'enflu-
re diminua, & enfin elle difparut
tout'a-raic (~).
Quoique là tympanite foit produite

(a) Voy. M. Comb&luzicr, tom. t. p. ~ci


quelquefois par le relâchement d,eS
fibres du can~l inteftinal, avouons-le
fans peine il eft bien rare que cette
caufe la produire primitivement puis-
qu'elle eft presque toujours la iuite
de la trop grande tenfion des fibres,
qui, après de violentes diAeniions,
tombent alors dans cette atonie géné-
rale ou les remedes les plus appro-
priés deviennent impui(ïans. Pourquoi
donc tant de carminaci~s & tanc
d'autres remedes chauds f Les dou-
leurs qui précèdent ordinairement rhy-
dropitie tympaniie, ôe qui l'accompa-
gnent toujours jufqu'à fa fin ne
dénotent rien moins que la ~bible~e
des parties intéretïees. Mr. Combalu-
zier a prévenu ce reproche s'il eft
fécond en formules & en remedes de
toute eipece, c*eH: fans contredit pour
avoir la fatisfad-ion de nous dire
.P~r~ hîc A~ ut ~~M~ yë~~<x~ (sL)'
Quelle preuve plus authentique, de
l'étendue de fon génie & de fon dii-
cernement ?

(a) Voyez la préface du.Tr&dn<3.eur.,p.


j~y ~o.
P~JL C 0 JL JE <~R
C 0 M P L 1 j8.UËE~
Y Es pâles couleurs ou c~o~o~f,
JL~ maladie très commune Euro-
en
pe qui a toujours été regardée com-
me un Symptôme de la iuppreiHon
des règles, pourra bien fe compliquée
avec les vapeurs lorsque le racornif-
fement des vai~ïeaux utérins tant (an-
guins que lymphatiques procurera
l'ui feul la fuppreiEon des men~rues.
Que cet étac cdnvul~f des nerfs de
ta matrice foit une des caufes de cette
~uppreuion les Médecins en con-
viendront: c'e& pourquoi on ne peut
que reconnoitre cet état convulfif pour
une décolles qui procurent le <cA~r<
puisque cette feconde maladie fut tou-
jours l'effet de la première, je veux
'dire, la fuppreuion.
Cette caufe une fois établie il f~
fort ai~é d'en déduire les Symptômes
le reflux de la lymphe utérine & celui
du fang menRruel ont déj& fourni à
M. A~ruc une infinité de preuves ce
de raifons fur lesquelles il appuie fon
iyAcme(<ï). Mais quel eft le traite-
ment qui convient à cette ma~die
lortqu'eUe eft compliquée avec les va-
peurs f -ML AArucle de~gne fans ofer
le pre~crife c'eA pourquoi il nous fera
permis d'y ajouter des préceptes.
Pour éviter la méprit dans Ïa,
di~in~ion de cette compUcatipn, nous
dpnneyons pour fignes non équivoquet
tous les fymptomes ~y~ériques quels
qu'ils Soient même les plus légers
la tenfion des hypocondres le gon-
~emenc douloureux de l'eHomac <Sc
du ~of<?n des douleurs dans la ma-
trice, qui~ annoncenc un étac de ten-
j5on & de phlogofe~ qui s'écendenc
enfuice jutqu'aux reins aux aînés,
aux cuines, le vomi~ement la
limpidicé des urines, &ç. & alors nous
ferons àHurés que la teoi~on ~palmo-
~ique des ner~s procure la ~upprenion
~cënjtemblele~or~. y

(a)Voyez le tyait~ des m&l&die$ das


femmes, par Mr. A~ruc.
Dans un pareil état on cherche~
toit en vain à défob~ruer les vàiNeauX
utérins, &ceux des autres vifcere~
du bas- ventre qui ont été Secondaires
Kicnc ane~és. La rigidité des nerfs
qui a donné lieu au premier ~ice,
s'opposera toujours a Talion des re"
tnedes apéritifs les crifpations aug;<-
jmentcront les obUruetions deve~
liant par-là plus compares elles de~
viendront auui plus rebelles, &: capa,
bles de produire des ravages beau~
coup plus grands en formant de~
obftacles invincibles à la circulation
des liqueurs; d'oui! s'enfuit commun
nément tant de détbrdres.
Cette erreur e~ générale ngno-~
France du vulgaire 1 entretient, & la.
cupidité des ArdËcs la favorife. Que
de remedes, vantés &. fous combien
de ~brme~ Opiats éle~uaires ex-
traits, poudres, elixirs vinsmédi'.
cinaux 6e autres de cette espèce
ce font < la tout autant de poifbn~ en-
tre les mains de l'Empirique, qui jte
Kiêle de guérir {ans connoicre heaume
de 4~ maladie qu'H traite tandis qn~
ces mêmes remedes font de véritables
fpécifiques entre les mains de celui
qui diâingue & qui fait diftinguer
les cas où ils font appropriés.
Ce ne fera donc jamais dans la
complication vaporeufe que la Phar-
~nacie étaiera fes crétbrs mais bien
dans les maladies où l'embarras des
viscères fera produit par tout autre
vice que celui que nous venons d'a-
dopter. Ici tout eft tenfion crifpa-
tion érétitme ~e s'il paroîc d'autres
vices à combattre par les complica-
tions de différentes maladies~ ils jfe-
ront toujours ibumis a l'adion de cette
première caufe, & ne pourront être
domptés qu'après avoir détruit celle
avec laquelle ils font tellement liés &
unis, qu'on doit les regarder comme
un même vice, ~l'on veut éviter les
écarts dangereux d'une pratique in-
considérée.
C'eA pourquoi., a quelque degré
que foit porté le mal & quels que
foient les fymptomes qui paroîtronc
les plus contradictoires comme l'en-
Sure des pieds la bou;6Mure du vj~a-
ge fa pâleur rinapétence, &:c. nous
annonçons d'après l'expérience, que
tous ces fymptomes doivent être répu-
tés nuls lorfque l'aSccMoîi hyAérique
y fera aCfbciée, & que celle ci au
contraire exigera toujours les remedes
les plus prompts. Les délayans & les
hume<~âns précéderont donc remploi
de tout autre fpécinque; & ce ne fera
jamais qu'après eux que l'on pourra
employer, fans crainte de mauvais effet,
les purgatifs & lesapermis, qui agt-
ront alors avec d'autant plus d'erSca-
cité, que les nerfs oc les vaiHeaux
devenus moins fenfibles aux impref-
~ons des parties avives de ces feme-
des, fe contracteront fans peine & fans
trop de vigueur oc de cette façon nous
ferons aHurés que les évacuacions ne
feront point inMIiantes~ ni même trop
abondantes puisqu'elles feront ména-
gées par les doux efforts des folides,
qui inviteront ainfi la nature a fe ioula-
ger, & a participer elle-même a la eure~
Faudra-t-il des exemples aiSortM aux
idées pratiques que je propose ou
Men exigera-t-on de moi des exemples
contratres? DansFunoc dans Fàucre
genre y OR ne ~auroic trouver ia Méde-
cine en défaut', il nous ~u~Era donc
de réveiUer rattendon des Médecine
dans ta di&tn~on de ces deux mala-
dies compliquées. Chacun pourra y
ajouter JEes propres obfervations.

JPJE~yE~ ~L~N~NE~
v. C'CMP LI ~t/J.
E regardant tes fleurs hanches
TCNcomtne
JL~ comme u,un1n Symptôme ra~ec-
de 1"affec-
fyinptome de
tion ~y~enque nous recon noierons
pour Gau~e prochaine & immédiate de

~ircu!eBt dans r~
cette ma!adte, te vice des ~queufs qui
& eniemMe
~etut des folides qui compofent le tiH~
de ce viscère. En effet ~acrimoRieex<
traordinaire de la lymphe, & de la
jtero~é, étant très- propre a former
des embafras dans ies va~Ïeaux eUe
iermera en même tems des ob~a-
cles à le~f di~ribucion enfuite des
gonnemeBS & des diâen~ons pïu&
?? ~oms &nes.nm cbiïgeroM te~
fibres a s'écarter, à ~e féparer~ oc
fe rompre ce qui favoriiera d'abord
la fortie des humeurs les plusiereu-
ies, enfuite de la lymphe & quelque-
foîs encore de quelques globules rou-
ges, fuivant le degré d'acdmdiMe que
ces humeurs auront reçu par l'eHec
des différentes caufes éloignées qui ont
favorifé leur vice.
En outre l'oblittération d~un nom-
bre des plus petits vaiScaux dcrMf~MJ~
occanonnée par le rétreciScment de
leurs parois, formant elle même le
plus grand obâacle à la diâribution
des liqueurs, donnera lieu a une plé-
thore d'aucanc plus cônndérable, que
le nombre des vaiueaux oblictéres aug-
mentera toujours plus & nous aurons
la par conféqucnc deux caufes qui
agiotant réciproquement, produiront
entr~elles un même vice que nous
devons attaquer également, & avec
les mêmes remèdes.
Les indications qui ~& présentent:
dans cette complication de maladies,
font donc de corriger racrMnonie de
ta lymphe Utérine, c~ de roùynï e~
même tems les tuyaux capiUaires
oblitérés pour pouvoir rétablir la
circulation dans !a matrice. Les m.-
craHans les hume<9:ans, les bal~a-
miques & les rafraîcM~ans rem-
pliroSît'ouces nos vues; puiiqu'en
diSoÏvant les fels dont ta lymphe e~
~urchar~ée, ils en corrigeronc ainfi
Ï'acrimpnie, &: iuiremtuerontÏeba~
~amique~ donc eïïee~ rout-à~i!: dé-
pourvue. Les vaiiïeaux moins irricés
pour lors cederonc aisément aux doux
cnbrcs d'une circulation plus painbte:
ce qui rétablira les ~onc~ons nacurelles
du vipère a~ecté.
On conçoit déjà, par l~expo~e que
je viens de iaire~ de quelle utilité
pourroienc être en pareil cas lesapé'-
ririfs, les purgatifs & les remedes
Aiptiques. Et pour mieux dire, ne
recon noie-on pas combien ils feroient
pernicieux? les uns crifperoient les
vaiffeaux, & augmenceroienc ain~ le
nombre de ceux qui font obUccérés
ou obârués: les autres diviieroiens
encore plus les humeurs lymphati-
ques; leur ténuité & leur acrimonie
devenant toujours plus grandes, elles
s'échapperoienc beaucoup plus aifé-
ment par l'extrémité des vaineaux,
& en corroderoient le tinu ce qui.
favonferotc récoulemenc au lieu de
le fufpendre, & entraîneroit infailli-
blement après lui la de~rucUon totale
du fang & des autres humeurs (c).
Pour remédier donc avec e~càcité
aux différens maux qui furviennent
toujours aux dangereux effets de tant
de remedes que l'on emploie journei-
lement dans le traitement de cette
maladie, on prefcrira une diete forte,
à caufe de la longueur de la maladie
mais telle qu'elle ratraîchiue, humecte,
& adouciffe l'acrimonie. La malade
ne fera qu'un exercice modérée &
(a)Pour fatisfaire les Médecins fcrupu-
ieux je propoferai ici un tranemenc mé-
thodique en a.nnonçMH que fi je me fuis
difpenié de le faire dans les différentes ma-
ladies que je décris dans ce Traité c~ef!:
pour épargner à mes lecteurs l'ennui de
toutes ces répétidons médicinales & phar-
maceutiques qui groiHfïent prodigieufe-
ïnenc un volume mais qui n'appreanent
rien aux Médecins praticiens.
fe nourrira d'agneau, de veau, de
jeunes poulets elle fera en même
tems ufage des nourritures farineufes
telles que le riz, les grumeaux d'orge~
d'avoine, l'orge perlé la Semoule, le
vermichel, le fagou on y ajoutera
quelquefois les bouillons de poiuons
de limaçons, pour adoucir le fang
& rincra~er plus efficacement.
SaboiHon ordinaire fera pour quel-
ques jours une tifane de poulet faite
avec un petit poulet de la grotTeuc
d~unc caille & un peu de riz ou là
racine d'alchea. (~n donnera des lave-
mens rarraîchiSans & s'ils ne fu~-
~enc pas pour évacuer les crudités qui
pourroient être dans les premières
voies on donnera une purgation
mais douce, comme celle qui luit:
Prenez pulpe de cane récemment
tirée, ce firop de chicorée com-
pofé, de chacun une once dif-
~bivez dans huit onces d'eau de
fontaine & faites une potion.
Après que le corps fera ainti purgée
on pourra préparer un bouillon fous
1~ formule fuivante, que la malade
prendra pendant vingt jours, & plus,
s'il le faut, fuivant les degrés de Sé-t
chereffe & d'acrimonie que l'on a à
combattre.
J~nez racine d'althea & degrande
confoude, de chacune demi -once;
feuilles de laitue & de pourpier~
de chacune demi- poignée; ~e.
nience de lin, demi dragme
faites cuire, ~elon l'Art, avec
un jeune poulet, dont on farcira
le ventre avec les quatre fémen-
ces froides majeures: faites un
bouillon.
L'ufage du bouillon fini, on s'abf-
tiendra des purgations, par la raifon
qu'elles feroient non feulement fuper-
flues, mais encore dangereufes & con-
traires puifqu'elles détruiroient par
leur acMos les doux effets des remedes
adouciSans & on pauera touc de
fuite à l'ufage du lait coupé avec l'eau
d'orge & autres femblables ou au
lait d'âheSïe fans addition d'aucun
opiat abforbant & Stomachique, qui
produiroit encore des e~ts oppoSes
à l'avion des remedes indiqués pont
détruire le vice.
On pourra auni conseiller dans le
même tems les m jetons avec ladé-
co<~ion de guimauve, l'eau d'orge
ou le petit- lait bien clarifié, & le
baindome~ique. Les eaux minérales
acidules conviennent pareillement pen-
dant tout Fécé, pour a-ppaifer la ra-
réfa~ion des liqueurs, adoucir leur
acrimonie & relâcher les fblides crif-
pés. On doit varier ces remèdes fui-
vant le cas & la fai fon & on pourra
auili y iubAicuer dans le beibin le
petit lait clarine ou diAillé les bouil.
lons de grcnoui!les, & aucres du mc-
me genre. On reviendra plufieurs fois
a ces différens remedes, jusqu'à ce que
t'en foit alïuré d'une guérifbn radicale.
C'efl de cette façon qu'ont écé gué-
ries deux personnes de conudération
dont l'une etoic fi incommodée queJ
la perte blanche qu'elle gardoit de-
puis plufieurs années avoic centrale
un caractère d'acrimonie fi extraordi-
naire que les parties voifines en
écoient écorchées. S'il m'écoit permis
de mettre au jour les confidences de
bien d'autres j'en citerois bon nom~
bre qui en font aiBigées depuis long-
tems par l'eSec d'un très mauvais
régime & par la feule opiniâcre-
té à ne vouloir faire aucun remede
ce qui exigeroit: d'elles certaines pri-
vations dans leur façon de vivre &
fur tout des boiïîons alkalefcentes
dont elles font iournellement uiage.

P~ jR y~~ D~ JV~
~/727yz0~ree~ C0772p~~e~.
JL
~TT~Outes les fois que les hémorragies
utérmes proviendront de ïa caufe
hyAérique nous ferons attentifs à tes
diAinguer, pour ne pas leur oppofer
des remèdes contraires. Les fignes qui
cara~érifent cette efpece d'hémorragie
iont felon Hoffman, Mn/M' t~~o
hypocondriorum circa fM/Tï~o~ ~o/or
~r<:y~t~M~ prefforius quandoque
cum fenfu re/r~6/ ~M/ïc~ extrema-
rM~t partium refrigeratio n/b~M/~ de-
CM~6/cc~.s ~co~or~c~ pallidus, ~M~-
fus c~r cum Mf~~orM~ ~r~or~ J
<z~ ~?n~Mr~ Mr~~ ~~or ~M~M~.
N~B~ omnia ~M~M/ ~M/Ï~~M~
~~fMr, non à c~M/~yo/M/M~
y?~~ ~f~ uteri Jed ab ~~f~
~f~~ ~<3~C~ partium y~/CM/OfM/~
<~ TteryorM~ ~r~~r~ fanguinem ad
g~M/M M~ZMW M7'f~M~ AûC y~t~M~
yrc/K' L~~e efMjW ratio repetenda
~Mo~ /as/ï~ AvpocoM~4< ~?cr~~
<~ ~M~s te/zcrM/yMyït ad animi commo-
i~o~e~ ~ror~zo/ /ï~fMf<s Ao~ Mof~<?
~[~fo/rc~M~f~~ afficiantur ("a~.
Le reiâchemenc des yaiiïeaux Ute-
rins n'aura point lieu dans cette es-
pece d'hémorragie, de même qu'un
jtang trop fluide où la fëroHté domi-
ne. Une pareille con~icudon ne pour-
roic jamais procurer les fymptomes
ci- deffus decaiHes par l'Auteur que je
cice & les mêmes que nous obfervons
chaque jour. Ce fera au contraire fur
le ~pafmc des vaiSeauxdel'MfcrM~&:
enfemble fur la raréfa~ion d'un làng
~ec & acrimonieux, que nous porce-

(û) Ho~Rn&n de uteri hemorjragia ie<~


t.cap. Vt p.~ï-~tom.t. °
fôns des remedes capables de relâcher
les vaiQeaux trop tendus dont le ca-
ïibre diminué par cet effet, augmente
toujours plus la pléthore ils ouvri"
font le diametre des vaiffeaux &
appaiferont en même tems la~raré-
~a~ion des liqueurs qui y circulent =
& par ce double accord, la circula-
tion devenant plus paifible, la diâri-
bution du fang deviendra plus égale
dans chaque partie du corps.
Les remedes que notre Auteur em-
ploie répondent à ces idées & les
effets qu'ils procurent font très bien
attelés par les obfervations pratiques
qu'il nous rapporte. Les humectans
les délayans, &: les ra6'aichiHans
font toujours préférés à tout autre re-
cours, écoutons leur éloge: ~M~r~o
~/î:~ ebull ientis fanguinis Or~~ï/~tM~
~0~~ ë~* auget hoc ~~M/Tt 0~ TMO~U~B
Mfc/?~MM ~~r~~M~ yM~Mr~rM~ con-
citatiorem diluentia, ~MMC~~7ïf~
.r~~cr~/ït~ ~u~~o/M~f ~c~c~~ïo~
atque inter A~c excellit ~M~/n m<Mc~~
fola aqua frigida fontana ~o~o fit
~~4 ~yM~~ ~MC ~M~ ~cr <z~M<~
jpfMVM~ pro~ confervata~Mfrc~-
~j expers ~z~M~f~ ~f~ d~TïM
~M~fc d~er~f~ ye~ CMM~M yt"
trioli d'yM~~MM <'<?~M~<?M.
Il prétend avec raUbïi que par ce
traitement tout fimple qu'il eft, on
divife les humeurs trop épaiGes, on
adoucit racrnnonie on appaife la
chaleur on redonne le ton aux ~bres
& on guérie plus promptement &. plus
enicacemenc la maladie dont il s'agit.,
que lorfque l'on emploie les fpecin-
ques les plus vantés ~f~~
~tBC medicina ~M~~O
~cjc
/O~~M-
7M<?r~ 6~' ~C, f~e/Ï~O nimium- j
~Me ~?M/~ /'c/?~~Me/ï~o ~~r~-f ~MO~Me
~f~j'~r/0 ~'r~
plus cc/'tc
~M~ tantopere â 7!c~ ~rM
generis /~M~~f~f~~
hoc malum
&c.(~).
Le relâchement des tibres, qui pa-
roîc contradictoire avec lefpalme que
nous accutbns doit s'entendre des
fibres de la matrice que l'impécuonte
du fang a déchirées & relâchées, après

(<ï) Ibidem, p. n.~


jks avoir forcées de céder aux violentes
di~-enfions qu'elles ont fouffertes. C'eft
inr ces mêmes libres que les remedes
humectans agiront; ils leur rendront
Heur première élaâicité, en y re~i-
tuant leur ~buplenc. Les toniques les
a~ringens, qui du premier abord iem-
bleroienc leur ecre favorables, cnfpe~
roient toujours plus rexrrêmité des
vaiueaux, &: y procureroient des irri-
tations d'autant plus dangereufes
qu'elles ulcéreroient: les parties qui en
~eroicnt années. Auffi voit-on le plus
fouvent que ces fortes d'hémorragies
procurent l'ulcère de la matrice;, tant
par rapport à la qualité du fang qui le
fournit que par le pernicieux effet des
remedes contraires qui le favorifent.
D'après cet expofé dans lequet
nous trouvons une explication claire
& naturelle du méchaniime qui procure
ce dérangement menfiruel il nous
parole déjà qu'il fera fort aifc d'y
temédier puifqu'en tempérant ror-
gafme des humeurs & en relâchant
le fpafme de la matrice, nous ibmmes
M@s-aSurés de rétablir les foncUon~
Naturelle? de ce vipère & de préve-
nir en même temps les ditférens maux
qui fuccedent au premier dérangement.
Ce projet fi va&c en apparence, puif-
qu'il embraffe la plus grande partie
des maladies du ex intérenc d'au-
tant plus les Médecins praticiens, qu'il
uf u ici le fujet
]jufqu'ici a~ ~v
tes éclaire fur une matiere qui a fait
~alet ue
de leurs recherches,
~c fur-laquelle la plupart de ceux qut
s'y font exercés ont toujours échoué
& fe font plaints des diHicultés infur-
'montaMes qui fe font préfentées (~).
Pour éviter toute contradiction,
fejettons tout fyAême écoutons fim-
plement la nature fut-elle jamais fi
éloquence, que lorfqu'elle eft oppri-
mée & pr~te a fuccomberf La roideur
des reHorcs qui compofent la machine
demande des fecours; hâtons-nous
de les relâcher ces organes, ouvrons
par ce moyen les canaux obArués <

(a) C'e~ ce qui avoit fait dire à Démo-


cnce j fexcentarum <cr~r~M: ~fM~
que authorem effe uterum. Democr. ad Hip-
~ocr. de natuta humana,
~e râppellant ainfi la circulation de
toutes les liqueurs, nous rétablirons
!es fondions du viscère anec~é.
M"M- ~F*, âgée de quarante aM~
J
'd'un tempéramenc chaud & ~c
e prou voie depuis deux ans le ~ux
immodéré de fes mois fon Médecin
attribua ce dérangement menftruel à
la ceffation prochaine de cette évacua-
tion & ne prefcrivit aucun remede.
Mais les mouvemens vaporeux, qui
~e mirent bientôt de la partie les
gonflemens dans les entrailles & des
douleurs aiguës qui fe faifoient fentir
vivement aux cuiffes & aux reins)
exigerent quelque foulagement. Oa
preicrivit quelques bouillons ràrra~-
chiffans, qui calmerent tant foie pe~
la malade; après lefquels on crut ne
pouvoir fe difpenfer de la purger légé-
rement.
L'irritation que ce remède procura,
dérangea fi fort les projets du Méde-
cin, que les premiers fymptomes du
mal reparurenc avec une nouvel!e
force; l'hémorragie devint plus abon-
dance i les douleurs fi réveillèrent
& une éruption dartreufe ie manifej~a.
bientôt fur toute l'habitude du corps.
L'eau de poulet calma d'abord tous
ces fymptomes mais l'hémorragie en
él~doit Fanion il fallut recourir au
bain tiede la malade y fut livrée
pendant trois mois au bout desquels
elle fut guérie de tes pênes.
La remme d'un Chirurgien de cette
ville du même âge & du même
tempérament que la précédente ibu~
froit depuis trois ans le même déran-
gement dans tes évacuations périodi-
ques, & fut encore J~bulagée par les
mêmes remedes: Revenue en meilleure
ianté, elle s'écarta de fon régime
deux taffes de caffé, qu'elle prit fuc-
ceRivement à la fin d'un repas, lui
donnerent la fievre & rappellerent:
rhémorragie.
On voit par ces deux observations
que la caufe que j'ai aulgnée plus
haut eft parfaitement bien caracté-
îitée mais l'enec des remedes con-
traires, que ces deux malades avoient
éprouvés, nous démontre fon exif-
tence & la nécejSit.é de ne jamais la
xnéc~nnoitre.
Le bain, qui paroît aujourd'hui le
fpécifique auuré d'un mal fi redouta-
ble ne doit point alarmer les Méde-
cins par les concradi~ions qui paroif-
~ent d'abord le préfenier fur fon ufage:
les moins hardis ne l'emploieront que
dans les intervalles de l'hémorragie, &:
par ce moyen ils en éloigneront peu a
peu le recour; & les autres, plus cou-
rageux fans être téméraires, franchi-
ront tous les Ob racles pour arriver plus
promptement a leur bue. Pour fe con-
former cependant aux loix que la na-
ture nous impofe on s'arrêtera pru-
demmcnt aux jours marqués pour cette
évacuation; le fuperflu exige le remède.
Ce n'eit pas feulement fur les per-
tes périodiques immodérées que nous
prétendons établir nos indications cu-
Tatives celles qui fuivent de près l'ac-
couchement naturel & qui fortent
des bornes que la nature leur a pref-
crites, exigent à leur tour les mêmes
remedes, lorfqu'une même cauie les
procure. Cette caufe eft commune a
toutes les femmes fujettes aux vapeurs,
~e~-& dire~ que la tenfion naturelle ds
leurs fibres, augmentée par les di~"
rentes irritations que ](ouHre le genre
nerveux dans les douleurs de l'accou-
chement procure des f palmes & des
contractions violentes qui agiRenc
inégalement fur les fluides, les preHenc
de toutes parts & les obligent à ~e
'porter dans les vaii~ïeaux où ils crou-
vent moins de reMance.
L~ouyerture des vai~eaux de ïa ma-
trice occa~onnée par le déchirement
qu'ils ont founerc a la fortie du pla-
(;enfa présente un vuide a~z conH--
dérape pour attirer les fluides. oc leuc
iburhir des iilues, par le(qucUes Us
s'échapperont avec d~autanc plus de
vîceHe~ que la force qui les meut agira.
avec plus ou moin$ de vigueur. C~
j~ra donc du degré de cette a<3.ion
organique que dépendront !~es pertes
immodérées dont il s'agit & aux-
quelles on remédiera toujouts avec
c~cacité en attaquant cette cau~
paries contraires.
Quel changement dans la pratique
$E que d'erreurs a corriger La mor~
~ce~e d'un grand nombre d'acçou-y
ehces aSure ici l'impéritie des :fages-
femmes qui deviennent elles-mêmes
homicides de tant de vînmes qui leur
font connees. C'eA dans les cordiaux
qu'exige leur poifon. La raréfaction
des liqueurs que ces remedes procu-
rent, & les oi'cillations des vaiQeaux
qu'ils favorifent, doivent fans contre-
dit augmenter les fymptomes. Les dé-
faillances qui précèdent l'accouche-
ment, & la fyncope qui lui Succède
fembleroient cependant exiger des re-
medes acUrs pour accélérer le mou-
vement d'une circulation qui paroîc
lianguiffante & ralentie, tandis qu'elle
e~ au contraire opprimée. Quel cen-
trale & quelles extrémités
Ne ferions nous pas coupables à
notre tour, fi nous héndons de divul-
guer la mépri(e r On nous pardonnera
donc de rappeller la perte que fit, il
y a quelques années, Mr. de ~S*~
Capitaine des vaiiÏeaux du Roi, dif-
tingué dans cette guerre par fes ex-
ploits de deux femmes chéries, qui
l'une &. l'autre j, après un accouche-
ment laborieux périrent par une
hémorragie indomtable, parce qu'elle
fut entretenue par les cordiaux les
plus actitS.
Ces exemples auffi authentiques
que récens, nous apprennent à n'em-
ployer ces remedes que dans le cas où
le relâchement: des folides joint à
Ï'épaiu!j!Jement des liqueurs demande
de vifs ~imulans pour les exciter à (e
ïnouvoir~ pour réveiller les oscillations
yalenties &. pour broyer les liqueurs
dont 1~ circulation languinance menace
de s'éteindre on ne hâte pas d*y
porter du iecours. C'eft dans ces cir-
ConHanccs que nous les reconnoiffons
pour de véritables fpécifiques; & dans
ie cas contraire, ils feront reconnus
pour de véritables poifons puifque
par leur action/les folides déjà trop
tendus fouffriront de plus grandes con-
tractions qui accéléreront toujours
plus le mouvement des liqueurs, & les
obligeront ainfi à fuir par les voies
qui leur feront ouvertes.
L'Auteur que j'ai déjà cité rejet-
toit ces remedes pour recourir à l'eau
~foide~ doM l'e~cacKé eA attelée p~
<
le fréquent ufage que ce grand prati-
cien en fai~bit dans un climat bien
ditférenc du nôtre par fa froideur &:
dans lequel les femmes ne font pas
moins f u jettes aux vapeurs par les excès
auxquels elles fe livrent aveuglément,
~c fur-tout par celui qu'elles font des
liqueurs & du caffé. Ajoutons à l'expé-
rience de ce ~rand Médecin des exem-
ples anords au cas dont il s'agit.
M~. Marquife de d'un
tempérament vif & très-ardent,.accou-
cha heureufementà Anduze d'un enfant
mâle, & fut traitée avec des cordiaux
qui réchaun~rent fi fort, que fa ~anté
en fut depuis altérée. Deux ans après

ce
elle devint groffe & accoucha encore
dans la même ville, & fous le même
qui ajouta un fecond de-
gré d'irritation & de fechereHe dans
~bn fang 6c fur fes nerfs, & dérangea
la ianté de cette Dame au point qu'elle
fut an-ec~ée de vapeurs.
Devenue grolTc pour la troifieme
'tbis, elle accoucha à Arles d'un eh-
'tanc mon, & effuya dans le momenc
une perte de fang des plus coniide-
Tables, avec des évanouiflemens con-
vulfifs qui enrayèrent fa famille. On
m'appella dans la nuit & on courait
aux cordiaux quand j'entrai dans la.
chambre de cette accouchée & malgré
mes inftances, on l'auroit abreuvée de
toute forte d'élixirs, je ne me ~uiïe
déterminé à la foigner moi-même, &
à paffer le reite de la nu<t auprès d'elle.
L'eau froide fut mon unique remède
elle en but à chaque inftant ce qui
calma les évanouiHiemens~ &. les fit
tout-a-tait difparoître dans refpacc de
deux heures. L'hémorragie devint a
fon tour moins considérable, & la ma-
lade échappa du danger. Le régime
qu'elle observa tout le temps de fa cou-
che fut des plus ra~raichi~ïans. Elle
prit enfuite les bouillons de poulet, les
bains domeftiques & le petit-lait dif-
tillé, qui la rétablirent fi parfaitement,
qu'elle reprit fa première jlanté, que
les cordiaux lui avoient enlevée.
La femme d'un Meunier, qui avoit
accouché depuis quarante-cinq jours
ne pouvoit fe relever de fa couche,,
par la durée de fes pertes. Les éva-
Komuemens convulfifs furvinrent, ëc
je fus appelle. Dans la recherche des
caufes éloignées qui avoient donné lieu
a cette hémorragie, j'appris que la
malade avoit été gorgée de cordiaux
dans le tems de fes douleurs, & qu~on.
Favoic toujours nourrie avec des fou-
pes très fucculenies ce qui avoic
jette dans fon fang une grande quan-
ticé de parties fulphureufes & alkali-
nes, qui le rarénoienc outre mefure
&. procurotcnc rhémorragie. Je corri-
geai ce régime les layemens froids
&: la tifane de poulet rétablirent la
Malade.
On conçoit déjà combien il e~ eHen-
tiel de connonre les fauces que l'on
commet tous les jours dans le régime
des accouchées pour favoir les éviter,
ou pour y apporter les remedes les
plus efficaces. C'eA dans les alimens
pomme dans la boinon que nous
trouvons tant d'erreurs à corriger. Les
bouillons trop fucculens dans lef-
quels on fait entrer la poule la per-
drix & le boeuf, les tifanes diuréti-
ques chaudes, les herbes vulnéraires~
auxquelles on attribue fi gratuitement
la propriété de pouffer les vuidanges,
Je vin, l'eau de fleurs d'orange, &
toutes les espèces d'élixirs ou cor-
diaux, quels qu'ils Soient, font tout
autant de boiSbns toutes plus aïka-
le~cences, qui raréfient les liqueurs
agacent les folides & procurent aind
la plus grande partie des maux qui
furviennent après l'accouchement.
Sous cette efpece d~hémorragie uté-
rine nous comprendrons encore celle
qui procure la ~autle couche, & qut
eft ians contredit la plus dangereufe
de toutes, puifque le déchirement:
d\!ne partie du ~~cc/ïf~ prétente quel-
quefois des ouvertures tres-comidcra-'
blés, par lesquelles le fang s'échappe
avec d'autant plus de vîteue, qu'il ei~
pouffé par la contraction des vaif-
~eaux, & par la compreffion plus ou
moins forte qu'il éprouve dans fa cir-
culation.
Il eft vrai que la fortie du ~fMF
termine toujours cette hémorragie
ou du moins en ~ufpend la fougue &
~impémo~cé. La matrice qui poM
1
1
lors fe centrale en fe repliant fur
elle-même, comprime l'ouverture des
'vaiffeaux, &. en bouche l'orifice. Mais
en attendant cet enbrt de la nature,
rhémorragie continue & peut par
conféquentdevenir dangereufe & mor-
telle.
Pour en prévenir les fuites, nous
ferons attentifs à calmer l'impétuofité
des liquides, en diminuant les con-
tractions du cceur par ce moyen nous
fufpendrons rhémorragic & le relâ-
chement des folides que nous procu-
rerons, facilitera d'autant plus l'ex-
pulfion du /<xf~~ hors de la cavité de
la matrice, que les i(Tues feront plus
libres, & moins inacceffibles aux efforts
de la main.
Les cordiaux & les andhy~eriques
ordinaires feront donc ici des remèdes
contraires mais à leur place on em-
ploiera avec fuccès les décochons émol-
lientes, les boiffons dé!ayanies & ra-
;[raichir[antes &: quelquefois encore
le bain domestique tiede quand les
douleurs feront fi vives qu'elles exci-
teronc des fpafmes <~ des miouvc-
mens convulfifs (~). J'en citerai deux
exemples.
La femme d'un Apothicaire, en-
ceince de deux mois eprouvoic cha-
que jour des evanouiHemens vapo-
reux que l'on traita avec les remè-
des antihy~criques. Les mouvement
convulfifs parurent, & la fauiïecou.
che fut bientôt déclarée., par rhémor-
ragie qui furvint. Les douleurs aux
reins devinrent bientôt infupportables;

(a) Le Commentateur de Deventer nous


donne des préceptes curatifs pour cette ef-
pece d~hémorragie utérine j qui étoient ma
taçon de penfer à ce fujet. Il afugne trois
caufes des convulsions, la perce j l'abon-
dance de fang & les douleurs que fouf-
fre la matrice à caufe de fa grande diften.
jRon. Il arrive quelquefois ajoute-t-il
que la matrice n'eft pas fuiRiammenc ou-
verte, quand la convulfion arrive: dans
ce cas on ne peut faire que les' remedes or-
dinaires. Laiaignée ne convient point dans
les convulfions caufées par l'inanition ce
qui caractérife la feconde caufe. Les dé-
cochions émollientes peuvent faire un bon
effet dans la treiûcme. Dionis 8~ Mauriceau
penfeni comme lui. Voy. le Commentateuc
de Deventer., p. 1~8.
a
le ventre fut tendu & douloureux la
cardialgie les coliques & les vents
tourmentoient alternativement la ma-
lade, malgré les foins d'un mari qut
defiroit ardemment de guérir fon
époufe.
A tous les remedes échauHans dont
on avoit fait ufage,= je fubUituai le
régime le plus rafraichiuanc les lave-
mens froids, les fomentations emol-
lientes & la boiffon la plus copieufe
ne purent cependant pas remédier aux
fpatmes &. a l'érétiime des nerfs de la
matrice il fallut par coniequeni re-
courir aux plus fpécifiques, & plonger
la malade dans le bain avec l'hémor-
ragie ce qui fut fait. On y revint
plufieurs fois, oc ~eus la iatisfad~oa
de procurer par-là un calme fi consi-
dérable, qu'elle accoucha ensuite fans
douleur & fans beaucoup d'hémorragie.
M. Hazon, Docteur-Régent de la
Faculté de Médecine de Paris ra-
conte dans un des Journaux de Mé-
decine (~) qu'une femme du corn-

(a) Voyez le Journal de Médecine du


mois de Févrierï7~ p. tic.
mun âgée de 3o ans, d'un cempé"
ramène fanguin & pléthorique ~rce
& bien conâiruée, & médiocrement:
replecce fut attaquée pendant Fhivec
de l'année 17~ d'une panion iliaque
des plus ~acheuies qui fe trouva
compliquée avec une gro~eiïe de cinq
mois.
On l'appella pluncurs jours après
que la maladie fut déclarée. Les ac-
cidens conMoienc dans des douleurs
énormes par tout le bas-ventre &:
fur-tout dans route récendue des in-
te~ins grêles. La malade vomi~oic
couccs les boitions qu'on lui donnoit
peu de tems après les avoir prîtes 9
elle rejettoit la bile, accompagnée
quelquetois de matieres ftercorales
moulées & formées, telles qu'on les
rend par la voie ordinaire des intef-
tins. Rien ne perçoit par le bas. Les
lavemens forroient comme ils écoiene
entrés. Les douleurs écoien!: fi vives
qu'elles écoienc accompagnées de con-
vulnons. Le pouls éroic plein, & il
y avoir beaucoup de fievre. 11 exa-
mina s'il y avon quelque deiccnce,
mais
mais il trouva toutes les parties dans
leur état naturel.
Pour arrêter les progrès d'une ma<-
ïadie funefte, il fit multiplier les
baignées on en fit huit du bras, &
deux du pied. Il ordonna des boiffons
avec de la graine de lin des émul-
fions, des lavemens émolHens & ano-
dins des fomentations d'herbes émol-
lienccs, des porions huileuses & cal.
mances il employa même en dernier
lieu les ea~tx de Vichy. Le tout fuc
fans ~ucc~s; les vomiffemens conti-
nuoient toujours, les forces cependant:
s'anbibliuoicnt: beaucoup & il y avoic
tout lieu de craindre pour la vie de
la malade.
Dans ces triées conjonctures fe
voyant prefque au bout de toutes les
jrcSources ordinaires, Mr. Hazon ~e
retourna d'un autre côcé, & conieilia.
les bains domeftiques. Les deux pre-
miers ne produifirent aucun effet le
quatrième eut plus de fuccès la fem-
me accoucha d'un enfant mort les
vuidanges prirent leur cours. Il crut
pour lors que le vomiâement calme~
toit, mais il n'écoit pas encore tems s
il fut contraint de faire continuer le
xnéme remede, qui réunit à merveil-
le. Le jour même de la couche on
plongea cette femme dans l'eau on
obferva feulement que l'eau fût un
peu plus chaude qu'auparavant. Avant
que la malade fût accouchée elle pre-
coic deux bains par jour, pendant
l'efpace d'une heure après l'accou-
chement elle n'en prit qu'un, daat
lequel elle ne reftoit que trois quarts
d'heure. -En fuivant cette méchode les
vuidanges continuerent a couler y le
ventre fe dégagea le vomiffement
ceffa les douleurs calmèrent entière-
ment après quoi on fit interrompre
l'ulage des bains on purgea enfuite
la malade, pour emporter le germe
de la nevre j, qui auroit beaucoup re-
tardé la guéri fbn.
On trouvera peut-être, dit-il, cette
pratique trop hardie; mais le maiétoiE
extrême le peu de fuccès qu'avoienc
eu les différens remedes que ce Mé-
decin avoit employés, & l'analogie,
!e déterminèrent ? fe frayer eecce route.
Il y & quelques années, ajoute-t-H
encore ,que je vis une DemoifeUeatta"
quée d'une ane<3.ion hy~érique, qui
enaya de tous les remedes, & qui ne
fut foulagée que par l'ufage continua
des bains domeftiques. Cette Demoi-
iellclesprenoit même pendant le tems
de fes régies, qui par ce moyen ve*
noient avec plus de facilité. Quand on
<ufpendoit: les bains, les vapeurs recom-
fnençoient avec plus de violence.
On nous traitera fans doute de té-
méraires M. Hazon & moi, & je
fuis trés-a(ïuré qu'on n'adoptera jamais
cette pratique, parce qu~eUeeA trop
Rouvelle & fujette à beaucoup d'in-
convéniens. Plonger dans le bain une
femme enceinte qui fe bleue, dans la
vue de faciliter la fortie du ~tK~
c'eit vouloir, dira-t-on révolter le~
efprits & s'attirer les plus cruels re-
proches. Quelles que foient cependant
les raifons que l'on peut oppofer à ce
iy~ême, elles trouvent dans la théo-
rie que j'établis les réfutations les plus
folides, & l'expérience qui la fuit ac-
teâera toujours en fa faveur.
On ie récriera bien davantage,
Bon content d'employer ce remede dans
le cas de la fauffe couche, ians refpec-
ter l'hémorragie, je prétends encore
m'en fervir dans le tems que les lo-
ehies coulent fi les Symptômes les plus
preffans exigent ce fecours. Trois ob-
fervations des mieux circonfianciées
fourniront un vai~e champ aux réne-
xions des incrédules. Je les rapporte-
rai ici fous la forme où elles furent
~dreSees à FAuteur du Journal.

LETTRE à r~~r
Journal ~c~e.
MONSIEUR,
J'ai été pénétré de la plus vive re-
connoiiïance en lifant le Journal de
ce mois (<ï), à la tête duquel j'aî
trouvé un extrait de mon Effai fur
les vapeurs dont vous avez bien voulu
faire part au Public. Enhardi par vo-

(a) Journal du mois de Février 17~' <


p.~y.
tre fuffrage je reprendrai dans peu la
plume, pour achever un ouvrage que
je n'avois fait qu'ébaucher. J'avois tra-
vaillé feul jufqu)ici dans cette pénible
carrière mon exemple a enfin féduit
les Médecins & les fuccès fe mul-
tiplient au point que ma méthode
réumi par-tout où elle eft mife en
pratique.
Entre plufieurs obfervations qui m'ont
été communiquées a titre de reconnoif-
fance, je fais que vous en avez reçu
une qui me paroîc mériter une place
dans vos Journaux un Capitaine Hol-
tandois frénétique en fait le fujet.
M. Debaux Médecin à Marjteille
qui vient d'écrire en faveur de l'ino-
culation, d'après fes heureufes expé-
riences, en eft Fauteur.
M. Felix, Médecin à Mornas (~)
m'écrit en même tems & au nom de
fes Confreres, une lettre auui polie
qu'elle eH fatisfaifante, par le récit
qu'il me fait de mille merveilles ope-

(~ Pe:ns yUle du. Comt&t.


Ec i~
v~
rées fous fes yeux. J'ai par devers moi
depuis la publication de mon Euai y
grand nombre d'observations toutes
plus intérenantes, dont je ferai part:
au Public en fon tems. Mais pourrois-
je ad:ueUement m'empêcher de vous
apprendre que depuis peu j'ai fait plon-
ger trois femmes en couche dans Feau,s
dont l'une des trois m*e~ redevable
de la vie.
Celle dont il s'agit e~ une Dame
de Marieille, époufe du fieur Lacroix~
Négocianc de cecce ville que des af-
&iresenentielles avoient aciirée ici. Elle
eft âgée de vingt-trois ans & Sujette
aux vapeurs hydriques depuis quel-
ques années avant fon mariage. Un
Chirurgien de Marseille avoit tou jours
traité cette Dame à fa maniere. La
groHeSe fufpendit tout accident, oc
Fon pronoUiqua que la couche ache-
veroit la cure. Elle tint bon en effet
juiqu'atU vingt-deuxièmejour auquel
tems les accidens hyRériques reparu-
rent avec une nouvelle force;s le dé-
lire en fut la fuite oc en même tems
la m~cho~re la tajague j'eâerenE 10~
des & immobiles, fans que les lochies
en re~uSent aucune atteinte.
Le bain étoit le ~eul remede qui
pût: y remédier mais les lochies, qui
coulerent alors avec plus de force, étaye-
tenc le préjuge & il ne me fut pas
pouible de le mettre en ufage. On ac-
quietça plus volontiers aux lavemens
froids très fréqucns, & aux fomenta-
tions continuelles. Ces remedes quoi-
qu'indiqués ne furent pas J[um(ans
puifque depuis trois jours que la ma-
îade y étoit livrée, elle n'avoit pu
encore avaler une feule goutte d'eau s
ce qui nous obligea de recourir au
bain tiede. Les trois premiers, dans
lesquels la malade reita quatre heures
n'eurent aucun etÏet~ mais le quatriè-
me emporta les fymptomes hyftérï*'
ques. Elle en continua l'ufage pendant
un mois consécutif 6e les lochies con-
tinuerent de couler pendant tout le
tems du remède.
Madame S âgée de quarante
ans vaporeufe depuis l'adolescence
& par hérédité~ fauffroit des douleurs
~ss ping ~guë$. occa~onnecs par BN
gonflement extraordinairedes vaineaux
hémorroidaux qui attirerent enfin les
convulfions dans les derniers jours de
fa couche les topiques les plus adou"'
eifïans &. rapplicadon des fangtues
ne procurerentaucun foulagement. Les
lochies couloient, & on hefita long-
tems à fe foumettre au bain tiede. 11
fallut cependant obéir aux douleurs~
Le premier bain les calma conndéra-t
blement, &
C'w au
cinquième tout tus
"1''U'
Il
évanoui.
p
t.v. 11

Quelques jours après Madame*?~


accoucha laborieufement d'un enfant
.mort. La fievre qui furvint oc une
douleur de ~ciatique, accompagnée
d'une chaleur extrême qui fe répandait
fur toute la cuiffe droite, obligerent
la malade à demander d'autres reme-
des que ceux que fon Accoucheur lui
preicrivoit depuis vingt cinq jours.
3L'eau de poulet & les lavemens froids
ne furent pas ~uHi(ans pour calmer
les douleurs & la fievre il fallut tout
de même recourir au bain tiede qui
après un très-long u~age, emporta la
~véritable caufe du mai & fes iuites
fans jamais déranger l'écoulement des
lochies.
Je fuis en droit de conclure après
des expériences de cette efpece, que
le bain tiede e~t le plus puiffant ~pé-
cifique que l'on pmfle employer dans
tous les tems de la maladie que j'at-
taque, y pui~qu~il eft entiérement op"
pofé par fon a~ion à la ver~able caufe
que j'aligne.
J~PPR~~JO~
des ~ocAze~ co/Tzp~uee.
TL eft prouvéf par les observations
JLci-detTus rapportées, que le flux
men~ruel Supprimé, 6c celui qui eH
immodéré, font produits ~un &: l'au-
tre par une même caufe. Par la mê-
me théorie. & par l'expérience pra-
tique qui la fuit, il eft encore prou-
vé & démontré que la même caufe agic
dans les différens dérangemens du
flux hémorroidal. Pourquoi la fuppref-
fion des lochies ne proviendroic-elle
pas du même vice que toutes ces dif-
férences efpeces d'hémorragies foit
qu'on les confidere comme immodé-
rées ou comme fiipprimées ?
C'eft dans réfat convulfif du genre
nerveux & dans la fougue impécueuie
avec laquelle circulent les dinérentes
liqueurs dans l'Mfer~ que nous avons
anigné plus haut la caute des hémor-
ragies utérines & il a été une fois
apporté, que fi la fougue du fang
& fon irnpécuonté prévaloienc fur te
vice des iolides, l'hémorragie feroit
alors immodérée que fi au contraire
la roideur des folides prévaloit fur cette
conHitution du iang &: des autres hu-
meurs, ~hémorragie en ieroiciuppd-
mée. Nous fommes d'autanc plus fon.
dés à adopter ici cette même théorie
que l'effet des remedes qu'elle indique
répond parfaitement bien aux vues eu-
radves qu'elle établie c'eA-a-dire,
qu'en relâchant te jtpaime de la ma-
trice, nous devons obtenir les e~ets
que l'on defire qui font de provo-
quer les vuidanges, <Se de remédier
par-là aux différens maux qui furvien-
nenc toujours à ce dérangement.
Là délicace~Ïe de la matiere que je
,traite & la dtiKcuIcé de ramener des
efprits prévenus, me forcent ici d'ea-
taSer preuves fur preuves c'eit pour-
quoi je n'hénterai pas d'étaler au
grand jour les méprifes de l'Art, en
publiant fans partialité ce que l'obfer-
vation pratique dépofe chaque jour
contre la méthode vulgaire.
Une ~mms du monde qui vivoit
dans la débauche, accoucha, iecretcs'-
ment d'un enfant mort. Des inquié-
tudes journalières & familieres à fon
état des effrois & des alarmes fuivies
de dé~ëfpoir, furent les principales cau-
fes d'un accouchement auffi laborieux.
La ncvre furvint bientôt, & les lochies
fe fupprimerent. On courut au voiiina~-
~e, on appella le Médecin, & alors
les confidences fe multiplièrent: à un
point que la maladie de cette femme
ne fut plus un my~ere.
L'ouverture de la faphene fut le
premier remède que l'on mit en u~-
ge la fievre augmenta néanmoins
& fut toujours plus forte on revint-
plufieurs fois au même remède qui
bien-loin d'amener le calme attira le
délire & les mouvemens convulfifs.,
La malade devint alors inaccenible
deux Médecins en furent effarouchés
& après avoir été menacés plufieurs
fois par cette frénétique, ils n'oferent
plus fe présenter devant elle, & furent
ainfi rbrcés de s'aHembler au bas de
relcalicr.
C'écoic dans cet endroit qu'ils con~
jfcfoient entr'eux fur l'état de cette in-
fortunée. Les ani~ans ont prétendu
qu'ils ne furent pas toujours d'accord
tuf le choix des baignées: celle du
piedétoit-elle révulfive ou dérivative
a la macrice & étoit-elle par-la falu-
taire ou nuifible en pareille circonf-
tance r mille raifons toutes plus per-
iuanves, forti6erent le préjuge de cha-
que combattant aucun d'eux ne cé-
da, & on faigna tant du bras que du
pied M/~Me ad mutationem coloris ce
qui calma la ~rénéne. Mais, par une
fatalité que l'on n'a pu concevoir la
malade mourut peu de jours après
0,
ayant fon cerveau libre & le coeur
fi touché au fouvenir d'une vie fi cri-
minelle, qu'elle en Et à Dieu le plus
généreux iacrince.
Il a été expofe que des contentions
d'efprit des plus violentes des effrois
& des. alarmes avoient précédé Fac-
couchement de cette femme; & c'eA
ians contredit ce qui attira le déj[brdre.
En effet la diuipation extrême d'efprits
animaux les contrarions violentes du
cceur &, des vaiffeaux agitereAila maSe
des Guides la circulation en fut trott*
blée & dérangée ce qui excita de<
~ecoutïes plus ou moins forces fur la
matrice, qui intére~erent d'autant plus
la vie du ~Bf~, qu'il ne put fouccnic
le choc des liqueurs, & fut forcé par- là
de fortir de la cavité de la matrice
ce qui ne peut fe faire fans des efforts
très douloureux &: des pertes des
plus considérables, qui deHecherene
toujours plus les reports & les roidi-
rêne a un point, qu'ils fure~ des ce
moment detUtués de leur jeu.
Le trouble de la circulation, &
l'ob~ru~ion des vai~eaux capillaires
(par l'effet duracorniHemenc ) ame-
nerent la fievre. La contraction ~paf-
modique des vaii~eaux de l'M~rMj' oc"
cafionna la ûipprenion des lochies, &:
~eur reflux portant fur le cerveau,
procura le délire & les convulfions.
Quel parti prendre dans cette extrêmi-
té f Appaifer le trouble de la circula.
tion du fang & des efprits relâcher
les fpafmes de la matrice, c'étoient fans
contredit les feules indications que l'on
avoit à remplir. Les humed&ns & les
feîâchans étoient par conféquent les
feuls remedes capables d'opérer ces
effets; puifqu'en appairant le mouve-
ment des liqueurs ils fe feroient op-
pofés aux dangereux efforts de la plé-
thore &. en relâchant les tenions &:
les fpafmes de l'uterus ils auroient
provoqué l'écoulement des vuidanges,
y
en préparant ainfi les voies qui leur
font deftinées.
Les triftes effets de tant de baignées
répétées autorient ici ma façon de
penfer puisqu'on diminuant le volu-
me du fang elles accélérèrent la cir-
culation des liqueurs, les contrarions
du cœur devinrent plus fréquentes ce
qui augmenta l'érétifme, & favorifa la
~uppreuion (~). Ces idées théoriques

(a) Les perfonnes intéreiïees aux jours


de Mme. de & celles qui ont été
m~runes des circonftances qui ont accom-
pagné la maladie & la mort de cette jeune
Dame, appercevronc ici l'erreur. Car pour-
roitTon difconvenir que l'inflammation de la
matrice, qui furvint après un accouchemenc
fi naturel ne pouvoit être produite que
par la contraction fpafmodique des vaiiïeau~:
méritent d'être étayées de l'expérience
contraire.
Une femme du commun amie de
Ïa défunte dont nous venons de faire
mention, s'alarma fi prodigieusement:
le premier jour de ta couche, qu'elle
~e perfuada qu'elle alloic éprouver un.
même fore. Les vapeurs s'en mêlerenc
bientôt, &les vuidanges difparurent
la fievre furvint le même jour la fuf-
focation 6~ le délire raccompagnèrent m
ce qui carac~érifoit parfaitement la mê-
me maladie dont cette pauvre femme
redoutoit les approches, je veux dire
celle qui venoit d'immoler fon amie.
Les indications curatives étoient les
mêmes a. remplir mais il ne falloic
pas employer les mêmes remedes. Une
tifane émultionnée, au défaut de celle

de l'~fcr~ qui en bouchant exactement


leurs orifices occafionna la fuppreinon des
lochies Si l'on eût ainfi penfé fur l'état de
cette accouchée on eut fans contredit mé-
nagé les faignées 8e les douleurs cruelles
donc elle fuc tourmentée jufqu'au dernier
foupir auroienc infailliblement c~dé à l'ac-
tion du bain tiede.
~e
~ë poulet, les fomentations emoHien-
Ms continuelles & les lavemens les
plus rafraichiuans calmerent bientôc
la fievre & le délire & au croi~me
jour les vuidanges reparurent.
Dans le courant de Janvier 1~3
je fus appelle à Mâcon par M. de
Franchelins Président au Préddial de
cette ville, dont les nerfs avoient été
tellement érétifes par l~enet de toutes
fortes de remedes pharmaceutiques
qu'il étoit hors d'état de venir me
confulcer à Arles (~). Durant le féjouc
que je fis en cette ville, je fus prié
par deux Dames charitables de vifiter
une pauvre femme en couche, qui im-
ploroit ardemment mon fecours. J'y
courus a l'inAant & la trouvai au
lit, où elle étoit détenue depuis plus
d'un mois, avec fievre, ardeur duri-
ne & tuppreuion des lochies depuis
le fixieme jour de fon accouchement.

(a) Le Public de Mâcon a vu avec d'au-


tant plus de furprife le rétabliifement par-
fait de M. de franchelms que l'on avon
déclare fa maladie incurable avanc mon arti-
vee après mon dépars 1
pf
Ff
p e
Le ventre écoic tendu, douloureux <Sc
conlUpé & la malade fouffroit fi
cruellement des douleurs aux hémor-
roïdes, qu'elle n-'avoit pu dormir un
feul inftant depuis qu'elle étoit alitée.
Un Apothicaire de Maçon quï
s'e~oit érigé en Médecin de cette pau-
vre femme, attribua tous ces différens
fymptomes à la fuppre~ïon des vui-
danges il fit les plus rudes efforts
pour rappeller cette évacuation &
pour y réumr,J il employa tous les
diSérens vulnéraires, & enfemble les
tifanes diurétiques chaudes de toutes
les efpeces dont il abreuva fa malade
pendant un mois de ~açon que par le
feul enec de ces prétendus ~pécinques,
cette pauvre accouchée alloic bientôt
Succomber fous une inflammation gé-
Berals du bas ventre~ le hafard ne
m'eût amené auprès d'elle.
Je changeai promptement ce régi-
tne. La malade forcit du lit par moa
ordre, avec la fievre ëc fes douleurs.
Elle but abondamment d'une tifanne
des plus ratraichiHa.ntcs on donna
des lavemens tréquens en &c des
R)mentations conttnueUes dans le lit
& hors du lie en peu de jours elle
fut rétablie.
La Dlle. Chiris, âgée de vingt-cinq
ans, accoucha de deux enfans le 8
Décembre ï~j~. Son accouchement
fut pénible & très-laborieux;s elle
éprouva des mouvemens vaporeux
affez con~derab~es les défaillances
furent continuelles & on ne manqu-a
pas de l'abreuver dans ces in~ans de
tous les élixirs les plus tpiricueux que
Fon fut fe procurer, ju~ques la que la
Ëevre y fuccéda.
La langue étoit feche & le gofier
aride; des coliques des plus violentes
furent bientôt de la partie & les
lochies fe opprimèrent ~e vomi~c-
ment qui imitoit celui de la panion
iliaque (~)~ la fuffocation &:le délire
annonçoient des engorgemens pro-
chains & la mort~ fi la malade n'eût
été promptement recourue.
Le bain étoit d'autant plus indt"
~é, que la malade de M. Hazon en
(a) VoyezToMerya~onde M. Hà~on.
publie encore les merveilles; réretif-
me de tout le canal inteftinal & le
fpafme de la matrice exigeoient un
humectant des plus prompts. La ri-
gueur de la ~aifôn ne mettoit point
obUacle a l'eHicacité du remède, mais
elle nourriâbit le préjugé des perfon-
nes intéreffées aux jours de la malade.
On ne voulut donc y confencir que
dans le cas ou les autres remedes que
l'on pouvoit y fubAicucr auroient été
tnfuHilans. Il fallut par conféquenc
obéir & concilier la cure d'une mala-
die fi dangereufe avec les obûactes
que l'on y oppofoit continuellement.
L'eau de poulet, les lavemens froids
& les fomentations émollienies furent
prétérées au bain tiede la boiûbn fut
des plus rigoureuies, car huit pots de
titane ne iuHirent pas du foir au len-
demain. La nevre .fe calma dans les
vingt quatre heures, le vomiifement
& les douleurs ceiïerenc le lendemain,
&. le iroiueme jour les vuidanges fe
rétablirent.
D'après cet expofé il eft aifé de con-
clure que le vomiRemenc~ les coliques
Infernales, le fpa(me de la matrice,
le délire & la fievre étoient l'effet des
cordiaux qui avoient agacé le genre
nerveux par leurs parties âcres & cauf-
tiques, & avoient ainfi jette le trouble
dans la machine. Fa-lloit-il, pour y
remédier recourir une féconde fois à
des remedes de même efpece, ou bien
faUoic-il fe borner à rouveriurc de la
~aphenef
Quelle ren~ource ou pour mieux
dire quelle foibleffe de la part du
Médecin On diminue par-là, il eft
vrai, le volume d'un fang raréfié &
d'aucanc plus preffé dans les vaiSeaux,
J
que leur calibre eft beaucoup rétréci
par ren~t du racorniffement des fibres
qui compofent leurs parois; & on pré-
yienc ainfi en partie les engorgemens
& les inflammations.
Mais comment remédiera-t-on à la
tenfion fpafrriodique de tout le genre
nerveux, & à cet érétilme particuliè-
rement anec~é aux nerfs de la. matrice
qui feul produit tous ces fymptomes f
C'eA.la où la Médecine chancelle
j[e; tait. Il étoit réiervé fans doute aux
plus jeunes & aux plus téméraires de
franchir le pas & de rompre le nience.
L'eau feule triomphera à Favenir du
préjugé & de terreur. Des lochies
Supprimées des pertes immodérées
des règles arrêtées, un cerveau déran-
gé, la poitrine gênée, des entrailles
éréfi~ées, toure la machine enfin déla-
brée, publieront désormais les mer-
veilles de l'Art. Les obiervations que
nous venons de rapporter, ferviront de
bouclier contre les affauts d'une opi-
niâtre incrédulité & pour leur donner
tout le poids qu'elles exigent, nous ré-
pondrons toujours de leur authenticité.
Si après cela il fe trouve encore des
Médecins & des malades qui s'obfU-
nent dans leur entêtement nous leur
dirons avec Pline Qui ~M/f
~~MfMr (a).

(a) Je ne puis me difpenfer, en nnIHant~


de demander aux Médecins~ fi la thëorie~
fous laquelle je préfente mon Iy~éme.,n~eHpasa
auin facile à faifir par fa ûmplicité, que celle
que M. Aitruc au ingémeuiemenc imagmëe
dans fon traité des maladies des femmes.
8i ron en juge fans pr~YsmIon, on fe rendra
R 6' 7
DU- TEMPERAMENT Ï~~POREUX.
T E ferois coupable d'omi~on, je
n'ajoutois ici des regles de régime
pour les personnes injectes aux vapeurs.

d'autant plus volontiers aux idées que je


propofe qu'elles ne font point entièrement
oppofées à celles de M. Aitruc puifque ce
favant Médecin a dé)a. reconnu avec moi le
]'acorni{Iemenc des nerfs de la matrice pour
une des caufes de la fuppreuion des regles
( ) il s'agit fimplement aujourd'hui de
reconnoître cette caufe pour une de celles
qui agit le plus fbuvenc~ 8~ la feule à
combattre dans Fai~e~ion hy~érique. Les
obfervations pratiques qui étaient ce fyite-
me font auez convaincantes pour lui méri.
ter le fumage des Médecins praticiens.
On avouera donc fans peine que cette fe-
conde partie de l'ouvrage (**) de M. A~ruc
ne répond pas à beaucoup près au mérite
(*) Vo ez ~n<~ loco citato, pag, 10~
tome 1 ) ~OK~~ édition.
(**) L~~r~~M~.
t?
Les unes fe plaindroient avec raij[b~
de mon infuHliance &: les autres
~eroient: autori(ees a vivre dans leurs
erreurs parce qu'on ne leur auroit
point appris a fuivre d'autres regles
que celles qui ont donné naiûance a
leurs infirmités, & qui les entre-
tiennent continuellement en leur
fourniffant chaque jour de nouvelles
forces.
Pour éviter les reproches des uns
& pour inftruire en même temps les
autres nous expoferons donc des
regles diététiques que nous tirerons
de la qualité du tempérament vapG-

de la première ce qui nous met' en droit


d'exiger de lui des expériences contraires,
ii mieux il n'aime adopter notre fentiment.6
Ce n'ett point un désaveu que l'on deman-
de, on fe reconnoît trop inférieur à M.
AUruc pour l'exiger mais on cherche 8c
on s'efforce de gagner ion fuffrage, pui&-
que la conquête d'un Membre fi refpec~abte
entraîneroit infailliblement après elle celle
de touc le Corps Se alors la Médecine
cefferoit de rougir de fon infu~ifance f~
~ec article
feux. L'ouvrage feroit trop pénible~
s'il falloit parcourir avec les Anciens
les différences des ccmpéramens, les
1
di~inguer entr'eux &: leur aligner à
chacun un régime particulier; peut-
être feroit-il au-de~us de nos forces
nous nous bornerons donc à un feulJ
que nous appellons vaporeux ou mé-
lancolique y c'e~-a-dire, ~c~ bilieux,
vif, atrabilaire & fanguin. Ce fera
fur celui ci que nous fixerons nos
regards, puifqu'il eft particulier &:
ancd:c aux maladies que nous trai-
tons.
Pour prouver fon exiftence pei-
gnons-le par fes effets. Les mélanco-
liques fuivant les Anciens, font des
hommes fecs maigres pâles, bruns
ou noirs, très fenfibles au froid ou
aux impren~ons des objers extérieurs
digérant mal, enfantant beaucoup de
vents fujets aux ~~émorro'ides~ à la
conâipation, urinant beaucoup, jetant
beaucoup de pituite par les émonc-
toires naturels de cette humeur. Telle
eft l'idée que l'on doit fe faire des
mélancoliques,
Le dérangement: <x la tougue des
digérions la groniérecé de la bile,
la dtHiculté qu'elle éprouve dans fon
pa~Tagc ians qu~il y ait d~arrcc ni
d'obHrud:ion formée la tenfion & la
~echere~ïe des folides, mais fi grande,
qu'elle peut écre regardée comme rigi-y
dicé font les élémens de la confti-
tucion mélancolique coniUcucion ap-
pellée mélancolique~ parce qu'il eft
rare que la cri~e~c & la déHance de
ioi-meme & de la force de fes fonc-
tions, ne fe joignent à ces fympto-
mes.
Le régime de ce tempérament doit
être
A exadL Le grand arc confiée x
introduire dans le fang affez de li-
quide, pour qu'il puiffe pénétrer les
parties du fang trop rapprochées
pour qu'il puiffe ie mêler incimemenc
avec elles & être porté par un mou-
vement commun avec la maffe des
humeurs. Tous les alimens de difficile
digeftion & qui font par conféquent
capabks d'engendrer des glaires &
des humeurs vifqueufes doivent être
bannis du régime qui appartient: à G~
cempéramenc.
Les farineux non fermentés & les
légumes fecs feront donc ici profcrits.
D'un autre côté les fub~ances qui
peuvent fe pourrir dans l'eftomac ôc
dans les entrailles, ou donner au fang
des principes putrides, font auHï très-
dangereufes, parce qu'elles croupiront
dans quelqu'endroic du corps que nous
les fuppofions porcées.
Le tempérament: mélancolique e~
donc prefque entièrement réduit aux
alimens qui placés dans un ~u~e
fnilieu, n'ont aucun des excès que
l'on peut reprocher x ceux dont les
parties font mal liées, ou ~ont au
contraire trop denfes. Le pain bien
fermenté, les viandes les plus amples
tirées des animaux qui ne vivent que
d'herbes, les jeunes volailles doivent
être le fonds de leur nourricure. Les
herbes potagères doivent en faire l*a(-
~aiHonnement. Il fauc qu'ils en taHenc
ufage en tout temps. Leurs ~ucs
Savonneux &. légers forment un chyle
capable d'augmenter les iëcrétions
fans les forcer ces fucs fervent de
véhicule à ~eau en la mêlant: avec
fang, en même temps qu'ils aiguiî-
ïonncnt légèrement les bolides.
Il faut toujours craindre les aro-
mates. En voulant exciter l'ofcillation
de l'eAomac & augmenter fon action
on peut nuire à Fêtât des folides &
procurer le danger d'imméabilité,
qu'un fang trop épais produirait dans
des vaincaux fecs & roides. Le caffé
& iie chocolat produiront cet effet
leur ~ub~ance huileufe &: inflammable
irritera le velouté de reHomac, &
incendiera la maffe des liquides. Nous
croyons donc qu'il eft très-pernicieux
aux perfonnes vaporeuses &: ce n'e&
qu'avec regret que nous leur en inter-
difons l'ufage, comme auffi des di~e-
rentes pàtiiïeries, des mets artiflement
préparés avec la pâte les œufs
l'huile le beurre le lait le miel
ou avec plufieurs autres chofes de cette
nature, qui, a caufe de leur facilité
a fe gonfler procurent des vents &
des rapports, & dérangent ainfi la
digeftion.
Le choix de la boition des perfbn-
ïies vaporeufes ne demande pas moins.
d'attention que leur nourriture. Si l'on
confulte le plus grand nombre, le vin
tuérite la préférence mais à n'écouter
que l'expérience, l'oracle de la vérité,
nous apprendrons que cette liqueur,
qui eft le produit de la fermentation
&, qui eft pleine d'un efprit ardent,
eA en général contraire aux vaporeux.
Le vin, au lieu de délayer & de dif-
foudre les alimens les durcit & les
rend plus compactes, communique fon
ardeur aux tuniques de Feitomac le
deHeche & le refferre extrêmement,
& de cette iacon ruine totaleménc
l'appétit.
Il eft donc néceffaire de le défendre
très févérement aux vaporeux & à
plus forte raifon doivent-ils s'abûenic
de ces liqueurs fpiritueufes ou plu-
tôt de ces agréables poifons, qui ont
pour baie l'efprit de vin liqueurs
toutes ardentes de leur nature lef-
quelles par leur caufticité crifpent,
reHerrent, épaiHiHcnt & brûlent encore
plus puiffamment que le vin les par-
ties fluides & folides du corps.
L'eau eft donc la feule vérifiei
boiHon c'ctt elle qui délaie fumfam*
ment & tranquillement tout ce que
Fon mange, qui nettoie l'eftomac,
J
qui excite Fappéti!: felon Hippocrace~
qui l'appelle vorace c*eit elle qui
conferve la Hjidtcé de nos humeurs,
J
& qui, en entretenant la flexibilité &:
la. ~bu piètre des vaiiïcaux, encrenenc
am~t la fanré.
Celle qui eft claire, légère pure
j.
& fans mélange, palÏc pour la plus
falutaire de toutes. Celle de pluie
étanc la plus fubtile a toujours m&-
ricé la préférence fur bien d'autres
dont on pefit faire ufage. Celle qui
approche le plus de la nature &. de la
bonté de celle-là c'eA l'eau de riviere
qui, puifée au milieu du canal, ce
gardée quelque temps dans un vaif"
~eao y dépose touc ce qu'elle pour-
roit avoir déranger, & devenue par"
là claire & limpide, peut: fe conserver
des années entières, pour ne pas dire
des uecles. Telle eH celle que nous
buvons à Arles dont nos voifins ne
connoiflenc pas affez le prix, quoique
6 fort va-mée par le célebfe Jacques
m or
Spon Médecin de ]LyoQ (<z).
L'eau de fontaine fuit immédiate~-
ment celle-ci, par fa légèreté &
Hmpidité mais l'eau -de puits doit
être entiérement rejectée. C'eA dans
ces différentes eaux que les vaporeux
trouveront un véritable remède. Son
ufage chez eux ne connoît point d'ex-
cès. Avicene nous d'c ~M7:<?
yentriculo ~Of<S ~?OM~< ~MM7ïf
~~M/~yM~MCMnf, <*o~ doloribus opitu-
lantur ( b ). Et Fexpérience jouraa-
liere nous confirme que les coliques
venteufes, auxquelles les vaporeux font
très fu jets ne reconnoiffent d'autres
préfervatifsy qu'une copieufe boiffon
d'eau tiede prife tous les madns à
jeun, & quelquefois même après les
repas.
Ajoutons à cet éloge ce que Ron-
deletius en dit, en nous affurant qu'il
a guéri des goutteux par la feule boif-
(a ) Obferv. rara circà aqu. Rhodani.
Jacob. Spon, Med. Lugd. Acta erud. an.
1673.
(~) Avicen. lib. i~ fe< &, cap, ï~,
7
p. 10~.
fon d'eau froide JE~o multoties ~~8
~r~ potu podagricos y~i~i~ quod
j~c~~M~ fuccedit in bibliofa (a). Silva"
ticus vante auni fes effets, & la pref-
crit de même à tous les goutteux (b).
Marcianus en cite un bel exemple
Solo ~z~M~s yr~~B potu Bernerius ~r-
dinalis à podagra ~er~fM~ (c).
BaHomus nous dit Miror cur in her-
~et~M~ ~/?~/KM~f~n~M~ quibus
~M7Mcc?~/i~~ refrigerandi co/M/Tt ~/?,
non ~ot~ ~~M~z/~ accedamus (d).
Riviere nous afïure qu'il a plus récabli
de flux men~ruels par le feul ufage
de l'eau que par toute autre cmména-
gogue De menfibus
fMf~M~yo~M~
y~o/y~
~r~
repetito ~M
tinum fluxum r~/?~MfU/~ /M~ hoc
~/nj?~c~ remedio plus ~r~/?~~fM/~
~M~~ cm~c~o~M~ (e). R~
nus ennn nous attefte qu'il a guéri un
nombre de mélancoliques & de mania-
(a) Ronde!edus, page~n.
(~) Silvatîcus ca.p.f~ obferv. 1.
(c) Marn~nus m Hippocr.
(~) Bdionms, lib. i epidem. p. ic~.
(<?) River. hb.4~ câp.z.
ques
1.-
~ues p~f ce feul remede; & il ajoute
CM/M-f M/~ C~~Ac~~ ~e~OTÏ/e~ CO~
~~c/cM/tt (a).
Nous n'aurions pas besoin de recou-
fir a tant d'autorités nous voulions
confulter la raifon & la nature. L'une
~l'autre ne nous di~enc-eUes pas que
~eGréateura deHiné l'eau pour la boiC-
Jtbn ordinaire de 1 homme, & de tous
ies êcres animés f
Quelque fcrupule.ux que Soit un
vaporeux a fe choifir une norriture
convenable & une boiffon Salutaire,
il n'en fera pas plus avancé, s'il ne
joint à cela un exercice modéré. H
faut qu'il fe rappelle continuellement
cet oracle de Celfe que le travail for-
tij&e le corps, & que l'oisiveté l'éner-
ve otium corpus Af~Mf lahor firmat.
L'exercice récrée & réjouie l'efprit par
la variété des objets augmente légé-
rement le reffort de toutes les fibres.,
& rend égales leurs oscillations di.
~iSe &. atténue duement les humeurs,

( ~) RidUtiuSj, lia. med. ahn. ~~37,


~n.
& facilite leur mouvement fait cou*
~:r d'Util maniere uniforme le fluide
nerveux dans les différentes parties du
corps aide merveilleutementles lecré-
tions & les excrétions, augmente l~p-
~étit, & rend toutes les parties plus
toupies & plus di~poiees a exécuter
~romptement leurs diverfes fondions.
De cette tnaniere il fortifie le corps
diffipe peu à peu tout ce qui caufe de
~inégalité dans les mouvemens des
fluides & des folides rétablit ~harmo-
~ie entre les uns & les autres, & chane
fi efficacement les vapeurs, au rapport
de tous ceux qui en éprouvent conitam-
anenc les falutaires eSeis, qu~iln'cA au-
cun remède qui lui foit comparable
~ur-touc fi l'on y joint le régime que
Bous avons prefcrit.
De tous les exercices, celui du che-
nal méritera toujours la préférence. H
fe fait fans beaucoup de fatigue ~c
fans diminuer les forces & pour s'ex-
primer comme Sydenham fans une
grande dépenfe d'cfprits. 11 fecoue dou-
cement & également toutes les parties
du corps &, principalement les vlice"
Ï'e'sdu bas-ventre, qui font comme fut-
pendus & flottans; il aide la diges-
tion, &. s'oppofe par conféquent aux
T)bArud:ions, dimpecenesquiibntdé-
ya formées, &: qui deviendroient dans
la fuite la fource de mille infirmités'
Nous le recommandons très-expreSe-
ment aux vaporeux, puifque fans lui
les autres remedes teroienc inutiles &
quelquefois nuifibles.
Nos regles dictéciques s'étendent en"
core fur les panions. L'amé & le corps
font tellement unis enfemble que les
a~cMons de l'un fe communiquent ré-
ciproquement a l'autre & c~eH par
l'entremife des fibres nerveufes que fe
fait ce commerce mutuel entre ces deux
parties de l'homme.Les impreffions du
corps font tranfmifes en peu de tems
au fiege de l'âme par le miniflere des
Taerfs~ & l'an~d.cntdi vertement. L'amê
à fon tour étant vivement a~ec~ée
ébranle fortement les fibres nerveufes
& excite dans le corps des mouve-J
mens extraordinaires, irréguliers qu~
deviennent d'autant plus fréquensches!:
,les perfonnes vaLporeuies, que la c~H".
fion naturelle de leurs nerfs &: léur vî~
bratilité les ~avcri~ent.U faut donc qu'el-
les aient grand foin de modérer leurs
panions: elles doivent fur-tout éviter
la colère car cette pauton furieufe tend.
avec excès tous les fibres accélère
violemment la circulation du fang &
des efprits, & jette ainfi le trouble
dans la machine.
Elles doivent fe prémunir & fe te<
nir en garde contre la frayeur fubite,
qui ~aiiant: impreffion tout-a coup furJ
le genre nerveux y caufe une con-
tra~ion fpafmodique & repouHe le
fang vers les parties internes. Elles doi-
vent auui éviter cous les travaux d'ef-
prit, qui mettent le fluide nerveux
dans un trop grand mouvement en
font une grande diffipation appau-
vriHeni la maffe des humeurs, &: en-
tretiennent ainfi la féchereSe du fang
&: du genre nerveux.
Elles ne doivent pas moins fe ga"
rantir du chagrin, qui ébranle tout
le corps, challe le fbmmeil, ôtel'ap-
petic, jette enfin dans une langueur
J
~mv~rjteUe qui s'oppofe a FeSec des
plus puiffans remedes. Elles doivent
fuir les inquiétudes, les grands em-
barras j, Fenvie la jalouse &c. Mais
elles doivent faire leurs délices des en-
tretiens de leurs amis, vivre tantoc àt
la campagne & tanrôc à la ville,, aJ~
Mer le plus fouvent qu'il eA poiBbIe
a des concerts de musqué ne pas
s'occuper trop long-tems a concemplef
la même choie, mais chercher la di-
verHce des objets pour fe récréer l'e~
prie, & le décourner de tout ce qui
peut rappéller l'idée des vapeurs., ¡

G g u}
po~y-~cR~pr~~
f'Aï appris dans un voyage que
J j'aiiaità Lyon le mois paiïe, que le
journal des Savânsdumoisd~O~o-
bre ï'yoï avoit donné un extraie de
mon EHai fur les arte<~îons vaporeu-
fes auquel il avoir ajouté des réBe-
xions critiques qui exigent de mot
ï~e ~éponfe. Un filence atïedé feroit
~nexcù&ble; c~ pourquoi le lende-
main de mon retour à Arles je me
fuis empreHé de me procurer ce Jour-
nal &:d*envoyer a mon Libraire ce
Supplément, par tequel je réfute les
objedions du Journalise.
Après avoir donné le JPro/p~ï~ de
mon EHai le Jouroali~e dit à la pa-
ge 68~ Nous Tïe~on~ fur cette jP~-
y~r?~~o~ que ~M~MM r~e~Fon~ qui
y<'ry~fc'7Zf apprécier le travail de ~f.
Pomme dont le ~e~ mérite toujours ~M
~o~
Le compliment ne paroîtroit point
~dé~, fi le JournaUJ~e ie concemok
~nfuite de propofer amplement fes
objectons. Dans la premiere il pré'
tend ~Mc caufe ~Me~c des ~~c-
~o/ï~ vaporeufes ~'c/? pas toujours ~ef~
que j'admets à ~C/M/Ï de ~CM~ ~M-
tre. Notre Auteur n'ofcpourEanc pas
disconvenir que cette caufe ne r~-
<'<?~fr<* ~~7~' ~Me~MM malades
y<2~~Mf, ajoacec-ii, CM yo~
JPo/n/~c. Et il affure qu'il j/
~on:~ vaporeufes qui ont une autre
des

c~M/6 immédiate ~M'<?/!ne co/M/


/e
jamais avec le
OM
celles ci~e~~
~M~ M <e
bain /~o~ ~Mj~~e~ ~ue
au ~onfr~re des
rcmedes ~?//7tM~7Ï~ des toniques
~erc~e ~M ~c~~ ~f ~-<?~~
~~Mfr~~coMr~ yM: j?r~M~~<
<~eM ~c~M~f coTïfr~~e~ <e ceux
~Tïf ~~r bain.
L'obje~ione~: endorme. Me ~r~-
cer a reconnoitre p~tcurs eaufes pfo~
chaînes des vapears c~ei~ détruire
mon ~yâême, qui n'en' fécoèBo~ qu'une
feule & pour preuve de cette op~
ïuon me montrer des malades gus-
p~r des remède ~ï~~BS~
rendre l'objection fans réplique, & m@,
forcer au défaveu leplusibiemnel.
C'eA précifémentlaon je prétends
terminer la difpure; c'eA-a-dire, que
soo,nàdvertan'e me préfentera desob*
tervations contraires aux miennes,
des malades guéris pa~ des remèdes,
~imulans & alors ~avouerai la mé-
prife. Mais comment conciliera-t-on
la tenfion des nerfs, que Fon a été
forcé de reconnoïcre pour cau(e im-t
médiacc, avec le relâchement, que ron
voudroicme faire adopter f x auroic-~
tl.des Symptômes contradictoires dans
<cecte maladie f ou pour mieux dire~
enparoit-il quelqu'un qui annonce le,
relâchement des iplidesf Ce feroit
méâer des lumieres d'un ad~eriairjS
que je reipe<3:einRniment~que de vou-
loir moi-même difcuter la que~ion~
JTajouterai feulement que fous le titre
d'ojbfervationscontraires, je n'y com~.
prends point quelques légers iympto-
mes vaporeux fufpendus par l'effet de,
quelques remedes chauds, pourrepa-?
rojtre enfuice avec plus de vigueur &;
~pp~n~cre~: mais bien une ~mm&
~y~érique~ ou un homme hypocon-
driaque, guéris l'un ou l'autre par
des coniques & des ûimulans 3 &au~H
radicalemenc que ceux que j'ai cicés.
Je crois mon adversaire Médecin,
& par conféquent homme de bonne
foi. Si cependant il exigeoit de moi
des certificats pour les obfervations que
je lui pré~ncc & qu'il trouve
~y~M~er~ je lui donnerois les at-
teitadonsde mes malades eux-mêmes
p
celles de mes Confreres &: encore
le témoignage public de mes conci-
toyens.
Paûons a la féconde obje~ion &:
~ans celle-ci nous trouverons des con-
tradictions manileAes du fentiment con-
traire qu'il nous opppfe au fujet du
bain & de fes effets. J~ai avancé que
les malades parvenus au dernier de-
gré du racorniuemenc ~rnageoient
dans le bain & j'ai attribué cet effet
celui de la chaleur interne du corps
Felative au degré du racorninemenc
que je fuppofe laquelle chaleur raré-
pe extrêmemen!: l'air contenu dans les
{~ueurs~ ce qui rend le corps plus
léger. Ce qui le prouve, c'eit que'
dans la fuite, &. par l'effet du bain
& des autres humec~ans, le relâche-
ment étant enfin arrivé, le corps ie
précipice au fond du bain.
Notre Journalise prétend au con-'
traire y~f les regles de ~H~o/-
tacique, que le corps racorni préfen-
tant moins de furface il doit donc
enfoncer &: qu'éMnc relâché par l'eau
du bain, il doit furnager. D'où je
conclus que mes malades ont tort en
ce qu'ils n'ont pas fuivi les règles de
rjHydroltacique.
Notre Journalifte avance encore
que ro/ï ~M l'Hôtel- Dieu de J~~n~
une qui ~e~CTIt ~'671/0~0~
jP~ dans Z'C~M du mais que ~C~
~ffrz~MO~ cet effet aux mouvemens con-
~ïM~j' qu'elle ye JoMTïo~ ~M*o/ï re-
~~r~~ avec y/M~~Tï~'e com-
me ~M~e~~ ceux nageurs. Pour
adopter cette idée, il ne s'agit plus
que de faire nager mes malades dans
le bain; mais malheureusement celle
quia fait le fu jet de la premiere ob"
~ery~don~ celle de la. quatrième~
étoient roides l'une & l'autre comme
une barre de fer. Pour rapprocher
toujours plus les ~ai~s de cerceefpece,
on a vu ces jour~pa~cs à Arles un
malade qui ~mageoic (~) fans re-

(<~) Lazare Vidal natif du village de I&


Baume dans la Principauté d'Orange âge
de dix<huit ans d'un tempérament maigre
& fec fut apporté à l'Hôpital le p du
mois de Juillet 17~3~ par des hommes de
campagne qui le trouvèrent étendu fbus
un arbre fans fentiment S~ fans mouve-
ment, de façon qu'on le crut mort. Je trou-
vai ce malade à rH6p:tal Fheure de ma
vifite. Son pouls éfon très-lent &: concen-
tré, la mâchoire ét0!t ti roide & fi immo-
bile, qu'il fut tout-à-fan impoïHblcde lui
faire avaler un~ feule goutte d'eau ce qui
me décida pour les véficatoires. Le lende-
main 10 du courant il n'y eut aucun chan-
gemenr. Le n tout fut de même. Le
appliqua des iangfues
n on
Se on donna des la-
'vemeM irricans on y revint le 13 tou-
jours infruc~ueufemenc 8: le ï~- la fievre
fe mit de la partie.
Un état auni défefperé me permetto!c
toute forte d'expériences. On appliqua de
la glace fur la tête le malade ouvrit les
yeux & la mâchoire. Le lendemain ï 5 on
plongea dans un bain froid a huit heures
~u in&un 8& on appliqua en même temps
ïYluer fesmembres, & qui rettoic dans
l'eau douze heures p~r jour ay~nc
la tête coët?e3 d'une veffig remplie da
glace que l'on renouvelloit trèsdbu-'
vent:. Ce Mi!~de, que j'ai arraché
des bras de la mort- reçoit: adn~
douze heures immobile, en furnageant
dans le batn & le Journalise ne
trouve cetre pof~Hire que ~'o~r~M~
~M~/c~rï~. C~mn~nr concilier les
la glace f~r !a tcte d pou~Ta de grands
cris en entrant dans le bain St dans Fe~
pace (run q'jart-d~het.i.e on le vit boire &
manger 8~ reprendre tous fes fens. On le
retira du bain à dix heu'es mais il retom-
ba dans ton fommeil que~ues n'unucesaprés.
On revint au bunle même ~our, qui opéra
avec fuccès. Le il refta dans le bain
froid pendanr dou~e heures le malade ne
retomba en léthargie que le leRdemaia ï7 j,
à fept heures du matin mais le bain 8~
l'application de la glace le réveillèrent de
nouveau en peu de temps. Le 18 tout fus
entièrement rérabli.
On voit a~uellemenc à Lyon Mme. de
Cligny qui fumage à fon tour. Je ne crains
point d'avancer que dans peu elle s~enfon-
cera dans le bain. Le Public fera ini~rui:
en fon temps des lunes d~ne pareille e~
treprilg,
Mees phynques avec Fexpenence f
L'explication en eft bien diHicile en
eavitageanc cet effet du côté des ib-
Ïidcs fous toute autre face je veux
dire du coce des liqueurs & de t'air,
on la trouvera plus ai(ée. Les Phy~-
ciens ne feront peut-être pas Satisfaits
de celle que je donne mais du moins
n'eA-elie point contradictoire avec
Inexpérience, comme celle de mon ad-
verfaire.
La troineme réflexion regarde les
cliquetis & ces éclats douloureux qui
fe lai~bienc entendre chez ma malade
$
que j'ai attribués à l'impulfion vio-
lente & fenfible du fang dans les ca-
naux ci-devant racornis. Le Journa-
lifte ne s'y arrête pas. Sans trop m'y
arrêter a mon tour il me ~cra per-
mis fans doute d'y ajouter que ce
tnême bruit fe fait entendre chez plu-
fieurs vaporeux dans l'articulation de
leurs membres & c'e~ à mon avis,
le défaut de fynovie & la fechereHe
de fes couloirs qui le procurent.
Quant: à la quatrieme renexion,
nous nc!a paHercnspas ~bus filence.F
.~TL~/M~ dit notre adveriaire
~~e grande Mf~ notre
pour la defcription tableau qu'il
n~M~ donne des ~e~~oTi~ y~crc~~
hypocondriaques. Je réponds à cela
que la deicripdon de la maladie qu~
je traite e~ la ieu!e partie de mon
Ouvrage qui puiHe avoir quelque ref-
fembiance avec toute autre de même
efpece~ décrice dans les Auteurs. Quanc
aux obfervarions, elles n~appartiennenc
apurement a peribnne. Voyons donc
ou je fuis plagiaire.
J'avancerai d'abord que la défini-
tion eft toure neuve, Qui pourra en
disconvenir ? La caufe e.~ encore neu-
ve, puifque notre Journalise en eft
o~enfé. La cure eft relative à cette
caufe elle eft donc neuve auu~ ( quoi-
que autorisée par tour ce qu'il y a de
plus rcfpeAable dans FAnciquite). Ce
fera par conféquent fur la de~cripdon
des fyi-nptomes que tombera le repro-
che. J'avouerai très-volontiers que les
fymptomes que j'ai décrics font les
mêmes que ceux fous lefquels cette
maladie a coutume de paroître, & que
Ton trouve chez tous ceux qui ont
traité des arfecUons vaporeufes mais
j'ai préféré la defcription que nous
en a donné un Auteur des plus mo-
dernes à celle de Sydenham. Cec Au-
teur eft désigné dans mon Traité je
l'appelle célebre. Que notre adversaire
le cherche il nous donnera des preu-
ves de fon érudition~ en avouant la
méprit.

r
REPONSE
RÉPONSE
~!7~T OBJECTION
DE L'AUTEUR

D E~ ~r07R~
DE TRÉVOUX.
R É P 0 N S E
OBJECTIONS
DE ~AUTEUR
D~~ ~f~7B~<y
DE T~ÈV QUX~
jPoM~ preuve ~/no7~/?/
y~cor/ï~/KMt des ~0~~ ~~? f'o~
~/Mcf poMr ~er ~re
caufe ~MM ~ëjr ~e~o~~
yore~/e~.

~ê~â~NAL~SER un ouvrage~ <e~


À & ~n dévd~p.per fondt
,en
corfigef ~~ëfa~ts & .ap-
plaudir à fon mMT~ ~uand le ~jjee
en eft incere~Ia.nr. Le Journai~e de
Trévoux a fuivi ~e même p~an ~ec
exactitude dans l'analyse qu'il a faite
du Traité des vapeurs (~) il en a
ditcuté avec efprit toute la théorie;
U en a corrigé les plus petits dérauts
& a enfin applaudi à la pratique,
qu'il a préconifée. Son Auteur feraits
entièrement fatisfait, fi dans la partie
qui, a méricéla cenfure, le Journa-
liAene s'écoit pas montré en cenfeur
partial une inexa~itude dans l'ordre
typographique, une lettre de trop,
une autre a ajouter doivent elles
attirer les plus ~anglans reproches:'
ëc une ~auSe interprétation de fa parc
doit-elle être appcHée/n< ~t~r-
~<?~n~
de cette façon dansFanaly~e
Débuter
d'un Ouvrage que l'on publie comme
un Ouvrage intéreHanc auquel on
ti'a pu rcru~er des éloges complets,
en le reconnoiffant comme le feul
en cccce matière,~ ~7ïf~/ï~ye-
c~f~ <'Mr<z~ appropriés à tous les cas,
~M~M'~ ~o~w~6'~r~ remplir
~OM~~ les M~c~oyïj C~ corriger

(~)Mem. de Tr~oux Janvier ï7~~ p. 3~.


f~n~eMcnt vice tant ~?MM~
que ~/b~~(~) débuter, dis-je,
de cette façon, c'eA annoncer une par-
tialité toujours repréhenGMe. Les mi-
nùties font des fautes gronicres dans
un Ouvrage minutieux mais ici la
vie des hommes, leur fanté, une ré-
forme néce(Iaire dans l'arc de guérir
font des motifs trop puinans pour
ne pas être pénétré de leur valeur;
& alors on pardonne aifément à un
Auteur des fautes légères, qu'on pour-
roit bien ne pas lui imputer & s'il eft
du devoir d'un cenfeur de ne pas
les cacher, on les préfente fur un ton
moins févere.
Quoi qu'il en foit, notre Journa-
lise a cru qu'il lui étoit permis d'ap-
pefantir la main fur deux lettres &
fur. deux mots. Ce n'eA pas là iur
quoi j'ai à répondre, mais bien aux
obtenions qu'il me préfente. Le dé-
veloppement de mes idées, & celles
qu'il nous fournit en Phydcien con-
sommé ferviront à éclaircir la théo-

(<?) Mém. de Trévouxpag. ~o.


t-r~
ï'ie d*un Ïyâéme trop connu aujoof~
d'hui pour ne pas le difcuter enciére~
Kïëni. Je ne cherche point à me ven-
ger nion but eit autre cho(e, les
progrès de notre Art.
J~entfe en maitere & fans m'arrê-
iet d'abord à ûne définition que celut-
@i âppfduve (~) 6c que l'autre re-
cette )e reviens fut la caufe proch~t-
ïie & tïïimédiate, qui feule élève tanc
deconcë~âtioins. Ce racorru~ementdës
nerfs cette ipntabiltcé du genre ner-
venx qui en eâ le prélude ieront:-
ïls reconmïs pour les prmcipaux mo-
~em"~ des (ymptomes hyâénques f oc
~e répugne-c-il pas de rejetter le vice-
des liquides, pour h'adtïietcrê abfolu-
ïïïénÉ que le vice des ner~s f C'câ 1~
prédfeiïient: le point de la di~cuhé
&. ehnn le fujet de la dtfpuce. Eclair-
~tr ce fait, le rendre en évidence,i
c'eA réfoudre la queRion & c*elt per-
j~cMonner cet Ouvrage que de don-
ner enfuite une idée claire du racor-

(a) Vandermonde, Journ. de Méd. mois


4eMa:s ï~i,p&g. 1~7.
finement des nerfs en en donnant
des preuves non équivoques: voil~ le
plan que nous avons à remplir.
Que les nuides agiuent fur les nerfs
c'eit un point inconie~able & que
ceux-ci réagirent fur eux, c'eA encore
un iy~émc reçu. Par là même rai-
fon, il eft bien difficile que les cau-
fes qui agiffent fur l'un n'âgiHenË
pas fur l'autre cette uniformité d'ac*
tions ne les abandonne jamais foit
dans leurs mouvemens réguliers, ( j~
~eux dire dans récat de &nté ) com-
me dans les irréguliers (ce font ceux
qui forment la maladie ). 11 fallait
donc ne pas les féparer dans la caui~
que nous avons admife, ajoutera nocr~
Adverfaire.
A quoi nous répondrons, que quoi-
que ces deux agens participent égal@-
menc aux effets des caufes éloignées
qui les altèrent, il n'e~ pas poffible
que l'un des deux ne reçoive une im-
prcuion particuliere, & plus ou moins
jEbrte de Fanion qui agit fur eux
ëc alors ils produisent des Symptômes
qui nous apprennent: à diUmgiuef ce~
1
lui qui eH le plus aned:e; ce qui
nous. force à reconnoître pour cauia
Immédiate de la maladie qu'ils pro"
curent celui des deux qui parole agir
avec une partialité apparente com-
me par exemple dans le icorbuc
ce feront les humeurs quoique les
caufes élognées qui l'ont procuré aient
~gi égalemeut fur les fluides comme
fur les bolides; & dans la maladie
dont. il s'agit, ce iera le genre ner-
veux, tout ecant égal d'ailleurs.
Si l'on demande enfuite d'où vient
cette prédi!e(9:ion & pourquoi le gen-
re nerveux fe montre ici plus particu-
liérement ane<3:é, pourquoi ailleurs ce
feront les liquides une difpoMon par-
ticuliere à chaque individu réfoudra la.
queâibn: ce fera, l'on veut, le
vice héréditaire, celui du régime (~)
& de réducation en un mot le tem<-
pérament ~z~Tï~~x/M, appellé par
les Grecs.

(~) Sous ce régime nous comprenons ce


nombre de remedes pharmaceutiques aux-
quels on a recour& à chaque mdUpo~non.
De là il réfulte que les nerfs étanc
ici primitivement a~ectés, il faut qu'il
fe préiente des fymptomes non équi-
voques de cette arfection nerveufe. Sans
en faire une féconde énumération~
pous défierons notre Adverfaire de nous
en prétenter un feul qui ne nous donn~
des preuves convaincantes de leur ir-
yitabUicc primitive, avant même que
les fluides aient agi fur eux ( à moins
que dans la claife des fluides on ne veuil-
le comprendre les efprits animaux ce
qui changeroic abfolument la queJ~ion).
11 faut donc les reconnoître pour les
principaux moteurs de chaque fym-
ptome vaporeux, & çonféquemment
comme caufe premiere.
Si l'on refufe encore cette préfé-
Tence au genre nerveux, & que la
force du préjugé exige qu'on lui af-
iocie le vice des liquides, ce fecond
vice fera tout au moins analogue a~
premier ainfi que nous l'avons an-
noncé dans le Traité & on eft allure
de le détruire avec les mêmes reme-
des de façon que de ne le point
admettre il n'en réful-tcra jamais le
moindre inconvénient; tandis que Ïc
~uppofant &: l'admettant pour caufe
de la maladie on eft forcé de l'atta-
quer avec des armes dinerentes &
alors le'projet eft manqué, la cure
eft compliquée, lesdimcultés augmen-
tent, & l'incurabilité s'enfuit.
Pourquoi donc avouer que la c~H/c
~'M~e M~Z~C une fois fO~'ZMF
~o~~ ~g f &: pourquoi recon-
tioitrc le traitement qu*on y apporte
/Me
comme le feul (a), fi on ne
veut enfuite convenir que la caufe que
l'on a préfentée eft la feule qui mé-
rite d'être admife puifque les reme-
des qu'on y oppofe agitant fpécia-
lement fur elle deviennent néanmoing
fpécifiques & radicaux f C'e~t là ce
me iemble un aveu démenti par les
objections qu'on y oppofe.
Ce n'eA pas tout on s'obUine fi
fort à appeller les fluides dans ce con-
cours, qu'en nous accordant que ~<z
difpofition particulicre du genre ner-
veux e/? principe de ~e~Mfj ~ec-
(a) M~m. de Tr~oux p~. 4~
)~OM ~~Z/~O~~M~ 07Ï nous C~C ~&
~~ïù~ ~~o~t''c/' que ~c/Y/~o/Me (~ ~e"
.x'fM/ï ~M/MM/rf ne /o~t yMj~
y~/ïf~ ~oMr jpro~M~e tous ~j~~fo~tM
des /7M/ ~~orcM/ej' &: pour preuve
incontë~ableon nous dit (~M'M/ï ~<?~-
Mc~rM/ze M~~o~/o/t /z'y<f-f
j~a/~ë~ que dans cas CM /e~ nerfs
yf/'o~t r<ïcor/ï~ CM. pour p~r/er p~Mjr
corre~c~c~~ ( parce que le terme cho-
que) feront dans M/ï ~~t r~~fc
jDnM~z~(a)~
Cette obje~ion nous a pam fi fbi-
ble, que nous n'y répondrons que par
tine objc~ion contraire. On demande
au JournaUAe pourquoi un vice caa<
cereux, Jfcorbudque, en un mor, une
con~icucion muriatique ne produit pas
toujours rarïecUon vaporeufe. Nous
répondrons pour lui que cette conf-
titutiondës humeurs nefu~n: pas; iÏ
faut encore que la difpo~don des io-
lides ~bic teUe que les nerfs répondenc
à FacHon irritante des fluides & c*eH
cecie difpofition quieft la cauie eHcn-

(c) Mém. de Trévoux pag.


tielle, primitive fans laquelle nul e6e~
I~e poUbn agira toujours dans quel
corps que ce foit parce que le degré
d'irritation qu'il procurera, furpaHera.
toujours celui des humeurs les plus
acrimonieules mais agira-c-il avec
la même force dans chaque tempéra-
menc~ & s'iLexcifc des cpncradions
~pafmodiques fur des fibres relâchées,
que ne fera-il pas fur des fibres crif-
.pees F C'eft ainfi qu'agira le purgatif,
je veux dire, avec plus ou moins d'irri-
tarion & d'enec, fuivant le degré d'é-
laihcité des fibres des entrailles celu~
de fenfibilité, de tenfion, de crifpa-
tion &; de racornitïemenc. Ce fera
donc rcladvemenc à Fécac des iolides,
que nous pourrons meîurer fon action.
Cet ovaire rempli d'une humeur
acre, dont parle Harvee~ ne fuffi foit
donc pas pour procurer la maladie
Jhy~erique. Il falloit que les nerrs euf-
~ent: acquis ce degré de tenfion qui
forme l'état fpafmodique, fans quoi
!a malade d'Harvee n'auroic jamais
éprouve aucun de ïes~ympcomes. Les
plus cruelles douleurs de l'accouche~
ment, celles que procure un calcul
engagé dans l'uréthere, produiroiene
donc toujours la païlion hy~érique*
On voit cependant fi fouvent le con"
traire; &n quelquefois cela arrive;
c'cH par la complication de cette dif-
pofition fpa~modique fans laquelle
on ne verroit jamais de mouvemens
convu!fiÏs~& autres fymptomes qui
caracbériient ra~ecHon vaporeufe.
M'objed'era-c-on enfuice des ~aits
qui paroiffent contradictoires? ~f~
jP~Me,~ r<?~'r<z~oyt ~M
cancer à la mamelle, /Mt ~~r~~c~
dira-t-on, des y~~Mr~ ~M elle ~0~
~M/KM~'e. Ainii des autres cas Sem-
blables (~). On a emporté à cette
Dame la caufe irritante ;les nerrsnonc
plus été provoqués à fe contra~ef
& les Symptômes ont ce~ïé. Mais it
re~e toujours chez elle la même dii-
pofition dans le genre nerveux, laquel-
le difpofttion fpatmodique fe réveillera
bientôt fi on néglige d'y apporter les

(~) Cette objedUon n'eH peine à FAuteui


des Mém. de TieYO~x..
temedes $n)caces je veux dir@ !es f~
lâcbans~ qu~ ~euls peuvent l'acjaquef
la vaincre. G~ donc ici la caufe
primidve ~le tera juâcoient appeUée
cauie immediace; &: c~itfuFeneque
cous portefons nos vups &: nos rsme-
des, ians q uoi la o.! re ~era paHiari v~
&ja~ats fadiea!e.
Oo a ~end ~a reaUcé de Ïa cau~e
~uppoj~e; on n'a pu reâi~r aux ncc~
cecce predHe~toR, pui~qu~on~a ayoue
~ao$ la huicietR.e o~~e~Lon qu'on nous
avance, ojn ile~ du: .en prQ.p~'e~ter-
~nps: ~(M~ rf~~
~y~,
~jc~eaf ë~
s~~
~fûnc ~~M-
tro~f ~~M~
t~~y/ ~û~J' ~f
jp~jM/c~ ~~r~o~ ('a~. Ponr-
~MF ~~O/ï~

quo~donc !a rej.ett:er après l'a voifain~


reconnue F eaf (itouc écant égal d'aii-
leurs, ïes fpa~es naiHent plus ~aci*
lemenc eu égard a la diipoâcion du
genre nerveux on ne peut désavouer
que tes netTs aient: dans ce cas une
dHpoïldon fpafmodiqueinnce.

(~) Mérn. de Tréyoux p.


Avançons &: discourons avec no-
tre Adverfaire fur ce raçorniHemenc
<~es ner~s.qut fait le dernier degré

<Sc
/c~
de ~a.cauie immediaFe des anec~ions
vaporeutes Car raidit dans madénni<-
tion,
non ou r~o~e~t,
r<zcor~îte~f,
( comme 1'~
avancé le JournaUûe)r~)~ ce qui
annonce deux états dans les nerfs, qui
fuppofent deux degrésdi~Férens. Quanc
~u premier, qui eN: celui d'irritabili.-
té, tous les Méd.ecins ~pnt: adopté
tBc l'adoptent encore aujourd'hui il
jn'en fera pas de même de i'aucre on

l, A.
pe l'entendra point des ner~s racor-
nis ~cela parojtcajb~rde, &. quand mê-
me ce racornijtïement & moncreroil
~~u~
nos yeux, onIemeçonnoMfajutqu'auL
~Qs j:ufqu'aç~
poinc de rejetcer fes e~ecs, pour les
accribuer ailleurs. Il c& bon d'en don-
ner une nouveHe idée & pour cela
nous rappeUerjOns ici nocre comparai-
fon.
Qu'on ImaguTe un parchemin trem-
pé, mou ~c ~exible: ( tels doivenp
(~)M~m. de T~youx., p.
êfre les nerfs dans leur état naturel ).
Les Phynologiâes favent que les tuyau~
excrécoircs des grandes, dilper~ées ç~
& la réparent du fang le fuc qui ar~
roife leriiTu des nerfs, pour entretenir
leur foupleilc naturelle &: cecce ~exi-
biHcé qui les rend propres a exécutée
ïibrcmenc leurs rongions. Par le dé*-
~aui de ce fuc, le parchemin ie roi-
dit, &. par une iecherene totale il fe
racornit. Tel eA rétac des nerfs dans
le cas dont il s'agic.
Suivant cette comparaiibn,que le
Jourcali~e auroic dû atcaquer il eH
prouvé que les nerfs font plus ou moins
relâchés & plus ou moins tendus, fui~.
vant qu'ils font plus ou moins arro-
fés & hume~és. Nous dirons entuice
avec les Phyficiens, que réia~icicédes
nerfs & leur ~ennbilicé dépendenc de
leur cennon plus ou moins grande, &
que leur relâchement eit Fétac oppofé
à leur élafticité comme à leur len~.
jfibilicé. Sur ce principe, qui eA in-
conceâabie leur iecherene augmen*-
tant leur renfion augmentera & de
degré en degré tout le genre nerveux
fs
racornira c'e~-a-dire que faute
d'humide, il fe denechera jusqu'au
point qu*il perdra fon extennon natu-
re!le/&. ce ~era-la le dernier degrc
de la caufe qui agir.
Quant aux preuves de ce racorni
mène, on les trouvera toujours dans
la premiere observation du Traité
qu'on a eu loin d~nierpreter a fa ma-
nière & de prétenter fous une face
avantageuse pour ceux qui atmenc
a nier & contefter. On veut ~c f~ ~t<z-
y~~ ~y~f j~t A~rMMc~
mco/~TTtc~e e~ Me~:e
~~rr~ & on veut encore que
f~ ~ï~ de

~ï~ ~M/y~rf~Mf ~oMr~Tîf


f/g/~e~f /~c7zc Z~o/?~
~ro~M~ par r~c~ce Z'Mrme C~' ~~r
j
les ~r~r~ tout co/Tî~ Cf~~ ~J ~~t-
7~/M ~CfM y~~ ~M*<~m7?7ÏO~ C~f-
~7M~/e~e, ~M /'<z~<~ /në/ dit-on,
~f. Pomme ("a ).
1~.11 n'eA point dit dans cette ob-
fervation que la malade fe iUc jamais
sourrie d'alimens acres & iales puif-

(<?) M~m,deT!~voux:,p.
qu'au contraire on y rapporte qu~elîê
Devi voie que de lait.
2~. La malade n'a fourni de Symp"
tomes de la pierre qu'une année après
fa parfaite guériSon.
Comment eSt il poflible que l'a-
brojfion & l'excoriation produites par
les graviers aient pu entraîner la tu-
nique interne de l'oesophage, celle du
~<%M~ & des autres ince~ms & en-
semble l'enveloppe membraneufe de
la langue & des bronches f Notre cen-
feur s'eA oublié en cet endroit~ trop
de précipitation dans la ted:ure d'un
ouvrage qu'on analyse entraîne le plus
fouvent après elle des ~v~ rM~ë-
ment ~n~r~o/M~/e.f.
Voici donc co~en~ auroit pu
raifonner à fon tour. L'expulfion de
toutes ces pieces anatomiques; que l'on
garde précieusement en Saveur des in~
crédules, ne peut être que l'effet de là
iechereHe des membranes par le man-
que d'humide que le fang a coutume
de îburnir & voila une preuve dé-
monUrative du racorniSement des Sb-
lides que l'on admet pour le dernier
~egré de la caufe prochaine & immé-
diate des aHecHons vaporeufes.
C~eâ ce même racorninement: qut
avoit particulièrement artère le côté
droit chez cette Demoiielle en parca-'
geant fon corps par moitié, qui ayant
extrêmement diminué le calibre des
~aiueaux du foie, du rein droit de
la veffle &: de la matrice procura
des fymptomes particuliers à chacun
de ces vifceres le rein nous fournit l'u-
réthere & ce fut à l'extrémité de fon
trajet & dans fon infertion dans les
membranes de la vcnie qu'il fournit
un foyer au calcul, en refufant le paf-
~age à rurine qui s'y filtra pendanc
y
des années entieres, & dépofa ainfi la.
matière càlculeu~e &. ce [uc de cec
endroit: que le calcul une fois détaché
& expulse, la membrane interne de
la veffie fe déchira & fe replia peu
a peu fur fon cou ce qui forma trois
champignons, dont la malade ~e dé"
barraifa dans la fuite avec le~A~~
de la venie (~). 1

( c ) On voit ici en quoi differe le ~acot~


On concevra présent fans peine
que les ob~rucMons produites par le
racorni~ementdes bolides ne ion!: point
idéales, puisqu'elles font fondées en
raifon par la théorie que nous avons
établie, & en preuves démon j~racives
par l'effet des remedes qui les décrui-
fent. En effet les tuyaux excrétoires
& fecretoires de chaque vifcere perdront
de leur diamètre toutes les fois que
la féchereffe des bolides agira avec aHez
de force pour exciter fur eux des
contrarions fpafmodiques; & ces
contractions augmentent par degré
(ainfi qu'il arrivera quand on les atta-
quera avec des remedes contraires ) les
vaiffeaux feront bientôt oblittérés par
le rétreciHement des leurs parois; & c~eA

ciflemenc dont il s'agit de celui des vieil-


lards puifquc celui-et e~ toujours le pro-
duit de plufieurs caufes éloignées j d'où.
réfulie nëceilairemeni la léiion des fonc-
tions du corps & l'autre au contraire eH
un effet naturel de la diflipation journa-
liere, laquelle altération fe faifant infenfi-
blement & avec égalité, tant du côté des
lolides que de celui des fluides elle ne
d~ra~ge en rien r~quUibJ'e de la iante.
cette oblitération qui formera robf-
tru~ion parracorniSemcnt :obHrucUoa
qui reconnoîtra pour caufe le vice des
bolides, & à laquelle on ne pourra
Jamais remédier qu'en attaquant ce
même vice, c'elt-a-dire ,en diminuant
la contra<ion des tuniques des vaif-
~eaux lymphatiques, en reftituant leur
~bupleue & en élargiHant ainfi leuc
calibre; & alors la mâture arrêtée cou-
lera avec d'autant plus d'aifance, qu'el-"
le fera poupée & entraînée par la co-
lonne du liquide qui la fuit, dont la
force fera toujours proportionnée au
degré de cette éla~icité outrée que
nous avons ~up potée dans les fibres.
Notre Journalise ne s'en e& pas
tenu-la fon zele n'a point de bornes
auffi n'e~- il pas fatisfait. La réponie
que j'ai faite à un des ~es Conrreres
au fujet du furnagement des malades
dans le bain, exige une réplique. No-'
tre Auteur en aura toute la. gloire
en répondant pour lui. EH-ce une in-
difcrétion de fa part, ou une téméri-
té f De quel nom qu'on qualifie une
pareille entreprife, nous répéterons à
c~s deux cpncurrens que ce ~urnage~
mène doit erre accribué~ la rare&dios
de Fair contenu dans les liqueurs-
( laquetle rarera<~ioa ~uc toujours ana-
ÏQgH~ au racomt~emenc cies ibïides )
~C ta preuve en devient inconteâabis~
quand oo eon~dere que par re~ec du
~a;a ~Otd ~es t~a~ades qui ~urnageoiene
~~n;c ep~ot)cc§ apr&s un cercaîn cemps.
Ot) ~K cepetidaM, (ans qu'U ~bic be.
~n de nous rapprendre qu~n corps
ï'aeoroi présence moins de j~r~ace~ëc
~or~qne~meî~ q~il do~c s~enrbnceF
~an$ l~eau mais .on ~t: aud que dans
€e corp~ racorni y a une grande
quasdcé de buUes d'air qm une tbis
~a.j'enses ~gmencent prodigteutemenE
vo~Mc & ~~rs ee corps racorn:
~evie~t oeam~oMtS cres-iéger d'où ii
~en~ujC qu'il d<m ~urûager jufqu~
~e qM.e .es ~H~e air marieur., eon~
d,eïi~e par ren~t des particples d'eau
q~i peneiCrenc par les pores de ~a peau~
j-e~itue au corps ib~ prenuer poids
ce q;ui eA démootre par tes mêmes
règles d'Hydro&adque qu'ou nous op-
jpo~.
On alléguera ensuite tant qu'on vou-
dra. que les TM~f~~e~ ~Ut O~t ~Mr/M~
~'fo~t dans une c'f~ de y~te oc on
dira ~M'~x ~~f~ ~rco7î/?~/tce co~
ï/O~ des ~M/cfe~ ~M~/MC/ïtOK ~Mf
yo/M/ ce ~M~ ~fo~ une plus ~r~
de yMA/<ZCe ~Mt/~M~~ ~'f<?~~ M/ïC
~O/~O/Ï ~Mf~M~ ~M~C <7MC~Me/0~ ~Oj~r
~oM~/Mr M/ï ~<?/n6 ~ï~ ~<2M ( a. ). Ceice
obje~lon eâ fans tbrce car plusieurs
~e nos malades ont Surnagé ~ns coM-
tra~ion des mutcles ( Madaine de
<~ligny a été de ce nombre) ce qui
nous oblige encore une fois à attri-
buer cet e~t au vice dés liqueurs <Sc
de ~an', ~e non a celui des Mde!. ï
H
tre
ne manquon: & une pareille cen-
qu'une eontradi~Uon; la~oieien
évidence dans la dernière réHeXtoï! de
Bocre Auteur. Dans cette a~e~ias
yc/ïfrc ~r~oMy~t t~J~
r<xf des y~ppMr~ y~e'~ yo~~ ~oMf-
~MO~, nous die il, 7e.y c~~M yMr7ï~-
~e~t (b). Ce fM: d~nc plus tci la

( <?) j
Mémoires de Trévoux p. n~
( & ) Mémoires de Trévoux, p. <
contraction des mutc!es, mais bien de~
vapeurs raré6ées; & qu'eA ce que, ces
vapeurs raré6ées ce n'eâ Fair con-
tenu dans les liqueurs, & le même
que celui que nous avons préiencé
pour,caufe de ce phénomène f
Après avoir combattu aiHeurs!evice
des bolides, que nous avons admis
pour cauie prochaine & immédiate des
à~ections vaporeuies, on n'a pu leur
refufer cette prédiledion par un aveu
des plus formels & après avoir com-
battu ici le vice de l'air on lui at-
tribue~neanmoins tout l'effet. Voilà ce
qui s'appelle cenfurer en Journali~
te (~). Tel e~ le droit que Monueur
rAbbé J ~.a voulu s'approprier
celui de couper, tailler en pieces, fans
trop ravoir pourquoi. Mais a-t-il ja<
mais acquis celui d'impoler le nience!*
Pour moi, qui n'afpire qu~au pront
.de notre, Art, je répéterai, pour la (e-
conde fois que ~s ~e~r~~ ~e~«zr-
ter qùe. ~M~yï~ pn M'i~ ~M/'4 t/~o/~ par
des faits co~fr~M ceux ~~c j'~x
(*)De Trêves
<~z préfentés ( a). Il eA donc inutile
d'éluder la quefUon. L'Auteur du Jour-
nal des Savans à qui je me fuis déjà
adreffé en répondanc a ia critique
(~) n'a pu encore me fatisfaire mais
celui des Mémoires de Trévoux qui
paroîc beaucoup plus courageux y
fuppléera fans doute un jour.
Quel contrafte des ar~c~ions vapo-
reuiés guéries par des remedes âimu-
lans & d'aucres par les relâchans les
plus oucrésiC~eA- là le chef-d'ceuvre
du Médecin mais non le chef d'oeu-
vre de l'Art. En attendant cette dou-
ble merveille ( c ) nous préienrerons

( a ) Voyez la Préface, p. 2.0.


(~) Voyez ci-defTus le Po~r~M~.
( c ) L'Auteur du Journal Encyclopédique
( ï3 Février i7~p. !) nouspréiemedeux
cbfervâtions qui paroiffent vic~orieuies pour
la défeniedeFAuteurdu Journal des Savans.
La premiere, tirée du Traité chéohque Se pra-
tique de ra~ec~ion hy~érique & hypocon-
driaque par M. de Ponticelli annonce la
guénfon d'une Dame hyAérique par Fuiage
du bain fec d'une lampe d'efprit de vin
allumée, &: par celui des fubilances réfi-
~eui.es gommeu.fes fortiûames j joint à
ici celle que la nouvelle méthode vient
d'opérer aux yeux d'un Public étonner
c'eA la cure que nous avons pronof-
tiquée (~), c'eA celle de Madame de
Cligny, qui fournira matière aux ré-
~exions du Journalifte.
Madame de Cligny, âgée de j~p ans,
d'un tempérament robufte & fanguin,
fut attaquée de vapeurs dans la pre-

celui du lait. Sans vouloir rejetter Fobter-


vat,ion de cet Auteur je ferai toujours en
droit d'attribuer cette cure au lait, jufqu'~
ce que plufieurs obfervations de cette efpece
viennent à l'appui de celle-ci.,
La feconde tirée des expériences & me..
moires des curieux de la Nature publie la
vertu de Félec~ricitc 8e non ceUe des re-
medes Himulans t puifqu*au contraire on y
rapporte qu'un {eul minoratif fit reparottre
les ~ecou~fes fpafmodiques. Ce qui doit être
attribué à reiÏet de la commotion électri-
que fur les nerfs laquelle commotion ac-
céléra la circulation du tan~ 8c des efprifs,
ëc rëtablit ainfi pour un temps les fonc-
tions de cette malade hyAérique guériion
ïniraculeufe~ qui mérite toute l'attention des
Phyficiens, 8& qui doit les encourager dans
leurs recherches fur les effets de réle<~r~
Cïté.
(~) Voyez ci-ddïus:, p, 47~
ornière année de fon mariage. Les Symp-
tomes les plus ordinaires, don: elle
étoit tourmentée, étoient des verti-
ges des vomiSÏcmens, des crampes
des tirailiemens douloureux & con-
vulfifs & un tremblement continuel
dans les jambes, qui ravoient obligés
a garder le lie où elle étoit réduice
depuis ving-~épc ans lorsque je fus
appelle à Lyon auprès ~d'elle.
Un état autE invétéré préfenton des
ob&acles prefque infurmontables &
la malade dégoûtée avec raifon de faire
des remèdes, n~écoutoit qu'avec mé-
pris les aS~rances de guéridon qu'uti
chacun lui préSentoit:~ fur le récit de
pMeurs cures en ce genre que j'a-
vois opérées. Mais comme le defir de~
gagner la ~anté fut toujours insépa-
rable de -notre être la malade ie ren-
dit aux prenantes follicications des fes
amis, non qu'elle fuc déterminée à fui-
vre mes confeils, mais feulement pour
favoir ce que je penferois fur fon état.
Telles furent fes conditions avec les
parties intéreSïecs auxquelles je Sbu~-
crivM :t mon tour car le defir que
j'avois de connoîcrc cette incurablecga"~
loic tout au moins celui des perfonnes
in~ruiccs qui prétendant avec raifon
qu'on pouvoit la guérir, (buhaitoienc
ardemment qu'elle me fuc 'confiée.
Je fus donc appelle chez elle une
perionnc de di~Un~ion homme éclai-
ré & véritablement Médecin fur cet
article m'y conduire. J'examinai de
près Fécac a~uel de cette Dame je
remontai jufqu'à la fource du mal;
je m'informai avec exactitude de tous
les iymptomesquiavoient précédé,
& de tout ce qu'elle avoit fait pôur
les vaincre & je ne vis que des mé-
prîtes, des horreurs, des meurtres corn?
mis par les Empiriques, en un mot
une vi~imc de la cupidité & de
l'ignorance la plus criminelle.
Ma réponse fut décifive la voici
en deux mots Madame, je vous
plains néanmoins rauurez vous car
vous êtes curable. Cette affertion ne
~uHitpas pour la convaincre elle exi"
gea un peu plus de détail; & il. fallut
expoferle plus clairement qu'il fut poC'
~ibie ~éta!: aduei où elle écoic réduis
t-e celui où elle avoit été primicive-'
menc d'où elle conclut avec moi
que fa maladie écoic plutôc le produic
des remedes que de mille autres cau-
fes auxquelles un chacun avoit voulu
l'attribuer jufqu'ici.
Une fois éclairée fur fon état elle
demanda quels feroient les remedes
qui. pourroient la guérir. C'écoic-la
précifément le point incérejManc &:
comme il ne s'agiubic pas de préfen-
ter la panacée, il fallut prononcer un
arrêt qui exigeât une réiorme dans le
régime, & une confl-ancc à touce épreu-
ve dans Fuiage des remedes, auffi pé-
nibles dans Fexécmion qu'ils devoienc
être lents dans leurs enecs. Le bain
froide l'eau de poulet, ce furent là
tous nos iecours~ avec lefquels il fut
prouvé que l'on viendroic à' bout de
décruire une caufe auni invécérée. Cette
propofition réjouit la malade, qui par
inâinct ne foupiroit que pour l'eau.
Elle confentit donc volontiers à ces
épreuves, & ce fuc après huit jours
de réflexions qu'elle ën.crepric ce c.ou-
veau traicemenc.
Le il Juin 1~6~, elle entra J~n~
le bain froid pour la premiere fois t
la tifane de poulet fut pour lors
boiubn ordinaire fon féjour dans le
bain fut de huit heures par jour, fao
~oir~ cinq heures le matin &: trois
heures le foir ce qui fut continué
pendant cinq mois confécutifs.
On observera, ï~. que la malade
furnagea pendant deux mois, au bout
duquel rems on la vit enfoncer dans
le bain. La froidure de l'eau fut
conHammenc tempérée par la châleue
du corps cette température fut por-
tée même plus d'une fois à un point,p
qu'il fallut renouveller l'eau froide
& en arrofer la tête, pour appaifer
rcxtrêmc chaleur du cerveau, & les
rare tarions intérieures qui y étoient
Tepouuees par la froidure de l'eau, &:
par fon poids fur l'habitude du corps.
~?. Le bain ne procura aucun effet
ienfible qu'au vingt-deuxième jour ëc
alors la malade reneotit des douleurs
fourdes dans tous les membres qui
augmentèrent par degrés, & fe ter-
minerent enfin par des éclats cres-dou?
Ïoureux, (ainfi qu'il a été déjà ob"
fervé chez Mlle. Aurhemant )~ C~)
lefquels éclats ont toujours continué
tout le temps du remède & dont
FeHec a été de rendre au corps fes
mouvemens & fon agilité. Les
accidens hyûériques, tels que le vo"
mluemenc les vertiges les mouve~
mens convulfifs, &c. que la malade
appelloit des critcs & qui revenoienc
fréquemment, ne reparurent qu'a-
près de longs intervalles ils furent
toujours plus mitigés de façon qu'ils
difparurent enfin après deux mois de
traitement & alors la malade fortie
du lie, reila toute la journée fur fon
fauteuil & fut en état de fe dinipef
au jeu.
Tels furent les progrès de notre In-
curable après cinq mois de bain froid
& d'eau de poulet, dont elle ne ceiïa
jamais de faire uiage à la dofe de fepC
ou huit bouteilles par jour. La faifon
devint alors peu favorable pour nos
opérations; ma préfence fut néceHair~

(~) Voyez ci-deHus 1& premiere ob~rv&c,


à Arles il fallut fe dé~er. La ma-"
lade quitta le bain, & à la place nous
jfub~ituamcs le bain des pieds, & le
pedt-lait di~tllé, dont elle s'abreuvoic
alternativement avec l'eau de poulet.
Elle plongeoit fes jambes dans l'eau
chaude pendant trois ou quatre heu-
res par jour; ce qui faifoit un pédi-
luve d'autant plus agréable que la
faifon le rendoit nece(ïaire. Les nrail-
lemens des nerfs & les éclats ne dif-
continuerent jamais par l'effet de ces
nouveaux remedes, auffi la malade ga-
gna-t-elle toujours plus. La tête de-
vint encore plus libre, le tremblement:
continuel des jambes difparut tout- a-
fait elle acquit pour lors atlez de
force pour ~c trainer elle rnérne fur
fon fauteuil, & parcouroit ainfi tout
fon appartement à fon gré ce qui ne
fe faifoit jamais fans les acclamations
de fes amis..
Tout n'écoic pas fini & pour per"
fec~ionnerune belle cure, il falloic
que la malade marchât. Son corps,
auparavant fi léger, devenait cepen.
dant chaque jour plus pefanc. L'ex<
trême
tyême ra-réiachon des liqueurs oc de
l'air ~i puiSammenc condensée pac
tâM de véhicule aqueux lut avoïc
re~icuc ion premier po~ds avec u~
M?ce qui pré~ncoi~ des ob~ades qui
pàroi~oienc rrès pré judiciables à nos
projecs.Uj~Hutdoncy reïïtédtér. Les
iecouHcs de la voiture ne devote~-cl-
les pas opérer avec une nouvel!e jFbr=
ce f les vaiffeaux aHoupiS ne devoienc-
ils pas céder a rimpumon des liqueurs ?
& n'avions-nous pas écé une fbis le té-
moin de~es puiiïans eSecs (<:) f C'e~
a quoi on s'occupe aujourd'hui la
malade eA tnoncée en voicure le a~f
Juin ly~ pour la première fois. Le
Public de Lyon a écé le témoin des
effets de ce remède (~).

( ) Voy. ci-de~us la premiere obfervation.


( ) On auroïc voulu contefter ce f&H
mais iflucUemenc â-t-on femé des doutes fur
la fétiife de cecce cure. Mde. de Cligny a
paru en public, & non contence de faire
rougir par fa préfence ceux de fes conci-
wyens qui s~Eoiess décharnés contre (ba
i~ <-
Pour éviter la peine au JoumaU~~
dé féBéchir ~uf cette obier vadon~ nous
~viendrons fuf elle, nous dirons~
1~. que la Malade a fumage pendanr
deux mois, c'eA parce qu'il a ~m
tout ce tetups a l'eau pour pouvoir,
condetï~r raii' marieur trop fare~e;
& qurë c'e~ de cette ~~on que l'on a.
rë~icue a~ ë~rps ~)û premier poids.
Silâ froidure de l'eau a tou-
jours ~)cé tempérée par la chaleur du
côtps, c'e~ la cetïïpéfature de l'eatt
qu'il J~utatcrib~eri'eSët dont il s'a-
git parce que per~bnae honore que
!è 6'ôid Annule ë6 tend les fibres; bien-
loin de les j'elâchêr~ ~c que par cbn-
~quesc M deviendroie contraire, s'i!
agiiïoit ici en ëetcê q~alMé c'eA auS
du degré de cette chaleur du corps
& du degré de la froidure. de Feau
qu'on y oppofe que dépend toute la
cure c'eit pourquoi nous croyons de-
voir prévenir notre Adversaire de ne

libérateur elle voulue encore vëriir a Arles


y publier fa reconnoinance de-1~ elle
parcourut toutes les Villes de la prev~ce'.
~a.'s fe fier à .tes propres lumières s'il
a~oit envie de faire cette épreuve.
Si le bain n'a montre ~esé~ec~
Qu'après vingt-deux ;ours, e'ëÊ iahS
doute par la raito! que !a peau écoi~
~b~ruêëpàt~ ~cheie~e~ë fes tuyaux
il à MÏ~ pa~ cdn~quenc c~m ce temps
~f î'ëan ~ëap ta î'aïitëî!ir, rendre
p~ntétrâ~ê~ ~s duu'!ëurs !es'
~c!ât$ ont iu~i de près nniromin~on.
~ë~ partitu'teÊ d~a~~eB e-n~ore '.par
ie de~etd~pëMêti~ ?§ va~Ieàux Sn-
~Utf!<! ïy~p~iq~ès y et- d~van~
~int~re~~ râGor~tS~ ài8ft ~u'ita é'cé
ex~Sfe déëS~ ~ëriëque ndt~ àvon~
éi~!i~
~.E~a, ê~s ËLcddeïMhy~rt-
qués ëîi~ êifp~F~ daR~ te courage dn
traricentenc, c'eÊ ~ïM eo~redit t~~
rouvermre ~es couloirs incédeurs, c~
qui a retabli la circulation générale:
~e décrétions auparavanc fuppr~ces
ou tout au moins ralenties, ~ë ~oîit
tes fans obâacle, les humeurs ~eçre-
tôires & eËcfecoires r~ô~~ plu? ar-
yeragées, tout a coulé par fes tuyaux
tiacurels & !cs évacuadons inférieure~
ont prévenu le reflux d'ou depea~
denc à notre avis, les retours im-
prévus des paroxiimes hyâériques
fur lesquels on s'arrête & doRC oa
demande raifon (~J.
Ceci fuffira-t- il pour convaincre nos
incrédules f Oui fans doute, s'Hs pré-
féroient le bien qui en réfulte à tout
~utre motiC Mais hélas que n'aurions-
ïious pas à dire fur cet article, fi par
Tefpect. nous n'étions obligés à garder
le filence? Il nousTuHira donc de mon-
tre!: notre zele, en répliquant toujours
avec la, même ardeur à toutes les ob-
jetions qu'on nous fera; espérant néan-
moins qu'une Puiiïance fuprême nous
aidera un jour à terraSer ces enne-
mis du vrai & alors l'humanité vic-
torieufe fecouera le joug dont elle e&
accablée.

(a) Voyez le Journ. Encyclop. 1 Février


.<7~.p. 56.

JF~ ~<?~ <?M ~My~~ I/cM~,


?!?

OBSERVATION
Sur /e AM/Tz~x/M.,
les /7z~/<2~d~<?<Me~ ~p~~
dans

~r. Z)~ro~6 Do~~r


~e~c~/zë de la JF~c~
</M<?~~?~er de ~~fc~ze
Royale des Sciences de la
7?2e/7ze ~/e
Médecin de
pital, Saint-Jean de la M/~
~~r~/720/X~.

Tr A Médecine fait tous les jours de


JL~ nouveaux progrès l'obfervadon
fidelle les découvre la théorie bolide
les éclairclc & la juâe pratique en
forme des regles. C'ej~ ainfi que les
tdences fe ~bnc perted:ionnées, & que
les Auteurs qui les ont ennoblies font
couverts d'une immortelle gloire. Nous
devons au zele de Mr. Pomme une
nouvelle méthode de traiter cette ef-
pece de maladie qu'on nomme vulgai-
cernent ~~eM~. Les ob~~atircïis
iefqueUes il fonde ~bn fy~ême~m'one
paru .curieu~s! ~c ê ~tere~âMes~
quelles tn'onc engagée adopter ~a pr&-
tique. Les faics fuiva-ns en ionc le frui!
Un 't~r~vaiUeur âg~ d~ quarance
ans d~n tenapérament &c & aEra-
bUâipe éte~t lout'tBenté depuis ~ix ans~
par nne d~leur viv~ a ~yp~gaâre
qui s~éce~doM tout le ~ng ~es ~uHes
jcôces, & parfois fur la potcpipe ~E ~up
la tcce ou ilcOR~derables~u~
reH~ncôic~ ditoit: il des.
batreBQens n Ïëm-
~!oic que ? tête centre ehoquoitayee
une autre. Il vint a MapMal il ~uc
baigné & purge plusieurs ~bis il prie
des boui!loBS a~erMtS de§ ap~ejcïie~
~es opiais, le peMC-la~; le tout
jfanï ~ueces. Il en fortiE ~e~e plua
malade. Un Medëcit; .d'Avignon~
qu'il confuica, renvoya aux Eau~ d~
Saînc-Laurenc le ~aMe rea~ic
~ur les lieux, y exécuta ~crupuleute-
ment: cecce nouvelle 'ordonnancer &
<n revinc ~ns. guérUon. L'examinant
a!ors de p!us près, je découvris le<
~y'nptoïnes de rbypqcoRddMi!:q pl~
Marquée d'après mesure ~u Trai-
té de Mr. Pomme, je~ condamnai a~
bain tiède j, de cgim-ci, H p~~Ïa par de~-
gre au bain froid qui guérie radi"
çalemenp. S~nnert: aucor~ ce traice'-
ment, pu~qu'~ nous die
~<z~~
jt ~e~O~ <~ <~0~
2~
M~f
<n~

<er~rM/o~ ~c~~ ~r~f~e~


~c~ ~M~or~~ jpf~ ~/n:c~f~
~ïcAo~c~~ ~Mf4~, j3f~ï~~Me~ t~?-
jM~M~
rzf 6~
c~
~4~M~ <~jM~
AM~€~4~ ~M?' ~~yM~

~/M f~~or~Mr. Spnï!. Hbp. 'cap. ïy.


La femme d'ua Mar~h~ ~c acca-
quée d'une perte de &ng de$ pluj!:
con~déraMes, a taqusne ~uce~erenc
de! GoMq~es violentes ay~ ~i~a-
tion~ perte d'appui!: it~mme 4e~
douteursdesplHS viotences& Ïa~ce le
~oignireM eaMte ce§ pr~mier$ ~ym?
pcomej! l'eféttfme eR6n ~c ppKe ~e~
cecEe ~emme àun 6 hauc degré que
les nerfs & racGJ'oireï~ a ~@ur$ e~Efe?.
mices, & rormerenc OM~Qorbuce ccïi?
~idérab!e daQS les phaiangcs des ~ipign~
des mains & ..des pieds.
Nombre de remedes pnafmaceud-'
ques dont elle avoit rait u~age Fa-
voient réduite dans un tri~e état
mais une abondante boi~bn d'eau de
poulet, & plufieurs lavemens froide,
dont elle fit un long ufage, la réta-
blirent entièrement.
Mr. l'Abbé Bermond, âgé de 65
ans, d'un tempérament btlieux, fan-
gum & mélancolique fut attaque
d'apoplexie au mois de Mai 170~,
& devint paralytique du côté gauche.
On le faigna abondamment, on le
purgea de même, &: on l'envoya en-
fin aux eaux de Balaruc pour fe con-
former aux usages reçus & autorifés
par une routine toujours fune~e. Ces
eaux minérales parurent agir avec vi-
gueur, elles procurèrent de grandes
évacuations mais amenèrent elles
auffi la fievre & des mouvemens con-
vulftts ? ce qui décela la méprife. L&
baignée, les lavemens fréquens & une
copieuse boiffon d'une tifane rafrai-
chiiïante calmèrent tant ~oit peu cet
orage., le malade put retourner chez
!uL Je fus appelle je le trouvai dans
un ti mauvais étatique je défefpérat
de fon rétablifîement. La fievre étoic
allez vive elle fe toutint plufieurs
jours & prit enfin le cara~ere de la
fievre lente.. La diarrhée furvinr, des
crachats purulens parurent & en
grands abondance, ce qui m'empê-
cha d'employer les remedes néceffai-
jres, les ~eu!s capables de tempérer
l'effervefcence des humeurs, que les
eaux de Balaruc avoient fi fort augmen-
tée. Le malade mourut trois mois
après. Son corps fut réduit par !e ma-
ïa~me au poids de quarante livres.
C~eA bien ici le lieu de fe récrier
avec nocre Auteur fur les fune~cs
effets des eaux de Balaruc & de pu-
blier, une feconde fois les ~ages
précautions qu'il, nous indique
~OC ~Mft~ auxilii ~C~M~ non ~ZCJ!~ ye-
~MJ CMf~ homine qui aut ~O~M~~f
aut hic ~~or~t ~/ïe/ aut ~E'
obnoxius aut ~<~o/ïc labore Aypo~
co/ï~MC~~ aut A~/?~c~. Pomme,
STraice des vapeurs, pag. 30~.
OBSERVATION
Sur une ~<~«:?~o~ /I
~<? ~Z~pr~o/ï
~e~ j~. ~ï
~~c t/~
/c'cA~j
f~Mr 6/x
~z~j
par
~~c~~
~/z
r~ Z~<?c-

.P/'<?~/zc~ (a).

T E traitemenc de ra~e~ion hyU~.


JL~ nque fait aujourd'hui l'occupa-
tion des plus grands Médecins. les
di~erentes produ<3:ions qu'il ~aic naî-
tre journeUemenc, en fbnc une preuve
bien convaincante. Quelles que ibienc
les conteftations des Médecins fur la
parcie théorique de ces fortes de ma-
ladies l'observation pratique a feule
le droit de terminer le dinerenc. Celle
que je vais publier aujourd'hui auco-
rijte la ~açon de penicr de Mr. JP(Wt/Ke

(a) Journal de Méd. du mois de Décem-


bre :7~3. p~g- `
J
quoique je me fois de~ présente
~ne fois pour le détenteur de ion iyf-
téms, je déclare avec lui que je ne
rejetterai pas les expériences conirai-
res qu'on pourroit faire a ~avenir
ma~s qu'U me j~it permit en acten-
danc, de publier les fuçces d'une doc-
trine lumincuie.
jfi
MUc. Oinovés, fetn~e d*un Ména-
ger de cette ynie âgée de vingc-iepc
ans accoucha r)eureufemcnc d'un en-
fant m~s le JuUlec l~
heures du madn. Vers le midi d~
crois

même }pur, il furvmc c~e? cecie ac-


coucher des mou~smens vaporeux,
qui augmentèrent: par degrés &, aJ
deux heures après midi, Us devinrene
forts, qu'on employa Fcau des Car-
mes ce qu~ attira les convulficns &
porta ~isntO!: le paroxifme~ ~bn der-
nier période: unaiïbupiilemenc léthar-
gique, qui parut pour lors, alarma
~a ~amiUe on courut chez Mr. Brun,
Chirurgien qui, fouc au~i ettraye
yinc m'appeller lui même. À mon ar-
rivée j }e trouvai la malade roid~
~omm~ HRg barre de fer les vuldan"
ges étoient totalement iuppnmees, Se
le pouls prefque éclipfé mais cecécac
ne iuc pas de longue durée. La ma-
lade rentra bientôt en convulfion, &
donna des Symptômes réels d'épilep-
~ie l'écume a la bouche là cara~érifa.
Dans cecce conjon~ure je ne connus
d'autre remede que les lavemens d~eau
froide, récat convulhf de la mâchoire
ne me permettant pas d'employer
d'autres recours; mais ceux-ci eurene
peine a pénétrer, & les mouvemens
convul~rs redoublerenc julqu'au point
que la malade devint ipacceiEble; ce
qui me détermina a fecouM~a.ux ïpé-
cinques vantés par Mr. J~e'c. Ce
futl~eau iroide~ dont je fis arrofer le
corps de raccouchée, après l'avoir
dépouillée de fes linges & mife tout
à nud, ce qui fuppléa au bain froid.
Ce remède eut fes etÏets puifque dans
un court intervalle on vie celïer les
convulfions. La malade ouvrit les yeux
&: la mâchoire, &:repricfes féns peu
à peu. Une toux convuluve furvinE
alors je la combattis avec Une abon-
dante boiffon d'eau de poulet, qu<
pavois déjà prefcrite au commence-
ment de l'attaque. Ce fymptome dif-
paruc à,fon tour & alors les vuidan-
ges jfe rétabUrent. Laconvale~cenceiut:
enfin très-heureute par ce traitement.
Les ré~exions que je pourrois ajou-
ter ici feroient couc-a-iaic fuperflues
je renvoie le le~eur à celles que l'on
trouve dans FOuvrage de rAuteuc
cité.
OBSËRVÂ~
J~r ~/x <rô~
~7z~~ ~e
<. o/Mp~zs~ dé
y jp~re J~<2e~
c~ .<
~&
~'o~ ~c~<
/Z~ ~CC~, C(?/72~~
une ~1//?f~<2~ re-
~cA~/7?6/Z~
~/z/~ff~ ~r
~~y3~ F'
y~~ des
~z~ P~r ~r. P~/?z~
CA~j~~or de la
~r/?~/oA <S'
l a ~~e
~~<
Co/'r~
pondant de /~c<x~/2~ JRoy~~
de Chirurgie, ~c. r j
Tr Es maladies convulfives en ont
JL-~ impose de
tout tems aux Mé-
decins 6c Chirurgiens les plus habiles p

(a) Journal de Méd. du mois de Juillet


'7~î, pag. ~3.
~c il j~roÏt, }e penjfe fort inutile de
cacher que ces maladies ne feroient
pas fi communes~ ~i nous avions con-
su la véritable caufe qui les procure.
Entraînés ~uiqu'ici par la divertité des
~eïicimenS, autant que par la bizarre-
tiede leurs Symptômes, nous avons
inutilement cherché des moyens cura-
tifs allures. C'eA dans cette incertitude
que nous avons commis tant de fautes
dans la pratique c'eit après l'aveu de
celles que j'ai commîtes a mon tour
dans le cours de mes opérations, ou
j'ai fi ibuvenc rencontré cette compli-
Gacion de maladie, que je vais publier
!es heureux eSecs de la nouvelle mé-
thode de les traiter Fin~uHi~nce des
remèdes communs dont le malade qui
fera le fujet de cette observation avoit
ufé mite en parallèle avec ceux qui
ont fi bien réunï, prouvera toujours
plus la néce~icé où nous ibmmes de
nous ranger fous les loix du généreux
Auteur (~) à qui nous en fommes
redevables.

(a) M.Pomme, Traité des aSedttons ya.


por. des deux Sexes.
Mr. Bûin~ Secrétaire de l'Intendance
Lyon, .d'un tempérament fanguin &
mélancohque furatcaqué d'une iynco-
pe convu~veq~on regarda comme utie
attaque d'a.poplexie: ce fut en con~s-
~uencequ'on employa les iaignées, l'e~
mécique~ les purgatifs, les ~dori~ques,
& les remedes fpiritueux dont oh fit
des ~K~tonsfuria cece: des évacua-
tions très-abondantes fuivirent de près
l'enec de ces remedes & ie~ malade
reita dans un étac de~upeur, auquel
Succéda bientôt un étattoutcontratre:
fes nerfs fc roidirent cou jours plus <Sc
devinrent fi len~bles que l'tmpreP-
jfion du froid commedu chaud fureM
bientôt in~butenabîes. La lumière oc-
cafionna des douleurs aux yeux, les
objets parurent doubles les yeux fe
tournerent du côté du nez (<:). Mr.
Boin devint louche & la paupière de

(a) Cette neaniere de ~OMC~r ~p~


pour la <
du nom de ~r~~F CO~M~CKf
tinguer JM~F r~Jfny~ ~H~?~
me d'inégale A~M~~r. ~o~f2B<?~~w,J~-
~on~M~~M~ des maladies ï87~ j
i~.
~I~ap, IV.
r<x~
~ceil droit s'a~aif~ ce qui annonçoit:
clairement l'érétiime de cet organe,
pour lequel on réemploya que des re-
medes tout auffi oppofés que ceux qui
l'avoient primicivemenc produit. Un
large véncatoirc fut appliqué fur les
épaules, dans la vue fans doute de
détourner les humeurs qu'on accu-
ioit: Ïaunemenr. Cette application eut
~bn effet. Tous les fucs, devenus tou-
jours p!us acres par l*et?ct des reme-
des chauds furent déterminés à cou-
ler vers !esépau!es, ou ils formèrent
deux tumeurs phlegmoneules qui s'ob.
féderent & en imposèrent au point
qu'on nattbic le malade d'un touiage-
ment ai~uré. Mais plus la fuppuradon
fut abondante plus le ~abifme fit
des progrès. Les alarmes s'accrurent
avec la violence & la durée des acci-
denSjCequt aigrit tous les Symptômes.
Tel étoïc l'étac de Mr. Boin après
un mois de traitement, lorfque je le
vis à Lyon où je fus appelle pour
y faire l'opération de la catara<3;e. Sur
ce récit. il ne me fut pas difficile de
prononcer que rérétiime des nerfs étoic
feule caufe qu'on avoit a combattre' $
~e Arabtfme accompagné de la douleur
aux yeux en étoit le Symptôme, quoi-
que l'anm~emejM delà fnftruit
paupière parùc
imposer a ptu~eurs.
en 1:tafiaiif~,me111tde
ça la tnâruit par les
par le~
tenons de l~Auteur qu~ }'ai cité que
les hume~ans ~M teuls capables de
détruire ce vice des nerfs &: cette
foule de fymptomes qui en dépendent,
& convaincu par ma propre expéneti"
ce~ je preccrivM l'eau de poulet pour
boiSon ordinaire, enfuitele bain tiè-
de, accompagnede plujHeurs lavemens
froids; je iubitituai à une nourriture
des plus échauSances les crêmes de
riz à l'eau, les bouillons légers fans
j~el, & enfin les aUmens les plus doux.
Dés le quatrième jour de bain & de ré-
gime~ la paupière aSai~fee fe releva le
malade au<E iads~anque furpris devint
docile le bain froid fuc alors préférée
&: on appliqua fur fa tête des linges
trempés dans l'eau froide pendant
les trois heures de fuicc qu'il revoie
dans le bain. Ces remedes agirent
promptement la fenfation douloureu-
de la rétine fut moindre~ la vue
~Môni~ ïenuble, les deux prunelles de"
vinrent parallèles peu a pe~i ne
canotent ptus que relativement au~
digérions êc à l'miomnie le ~râbi~
/~c\ en un mot eeiTa, &ce fuca!a
détente que ~a. diarrhée biUe~ ( e~
~i ordinaire de ce craiteMenc ~),)
parut avec un cara~ere vraimenr cri-
dque. On purgea ie malade à n~on
infu & dans le fort de l'été, pen-
danf mon abfcence on iufpendn: les
bains le malade te relâcha iur la boii-
fon & fur le régime on lui donna des
bouillons altérans pour quelque dar-
tre qu'il avoit fur la peau, & dans
peu tous les lynaptOmes reparurent
il fallut revenir a l'eau de poulet 6~
~aux bains. On promit ~inGéremenc de
ï'ejetrer tout remède contraire, & le
imalade guérit pour la~ féconde lui s.
J'enverrai fucce~vement nombre
d'obfervations de cette efpece qui
pubUenc authentiquement l'effet des
i~euls humed:ans dans les maladies

(~) Ibidem~ Fag; ~&.


~pafmodiqucs ou cpnvuliïves. Cètcë
complication fe rencontre auffi fou-
vent dans la pratique des maladies
chirurgicales, que dans celles qui ont
rapport à la Médecine. J'aurois été
plus empreffé à les publier, fi je
n'avois trouvé dans mes différentes
courfes nombre de prosélytes auffi zé-<
lés que je le fuis de cette nouvelle
méthode.
OBSERVATION
J~ une Z.CC~A/TZ~ uri.
~2 C~e~ p/Z~ ~/X

par pr~2/zc6 d'une pierre


dans la ~~er~ ~r7~o-
p~o/ï <~ ~co~ lieu
par la cr~/pa~o/z des filieres
yeer~o~r~~ ~j r~~j F~er~~
par les A~77z~ Par le
77?~~faJ.
T' Es Symptômes des maladies j,quol-
JL~ que les mêmes, ont fouvent des
caufes différentes ils exigent par -1~
des remèdes pppofés a ceux qui les
a-voient primitivement fait évanouir.
Il faut beaucoup d'attention
pour ne
pas prendre te change & dans le
cas des extrêmes fuivant le confeil

(a) Journ. de Méd. mois de Novembre


t7~pag.~i.
Ç~~ tt vaut mie'sK e~y&f sa
remède douteux que de tailler te ma-
3a~e en proie a une more mevica~ie.
T~e nts de Mr. Bohdon Sculpteur
de notï'c vtUe, âgé de cinq ans
êco~ afcaqué de ïa pierre il ~bur~oic
pea, mais par incervaHes ta pierre
~oueh~ic exa~me~c ancrée du ca-
MÏ ~~urctrej, q~e ~s unBes~ après
avojr rempU ta v~jfîïe, rc~uoiaBE daas la
jma~ & procuroienc'peu 9 peu nneana.
Marque ou Ïeucophlegmarie urineufe
qui inondoic fouc ïe fi~u ceî!ulaire:é
~€n~anc re~oha~t~ aSotïpi jusqu'à
ce que les urines repriS~M leur cours
l'ana~arque di~ipoic entièrement~
&, ~OB B'en exëëpEe un peu ~c
b<9U~iTure a la peaa~ ~c pecit malade
parôi~bic jouir d'une ~onne&nte'.
Pour rendre raiiojn deh cetïatton~
aat~reMe de ce iympcoîne~ M fuj%:
~'ob~erver que ~excen~on graduée de
ia ve~e en tui tat~ant perdre ~bn
~'e~orc eva~ic l'entrer du canat de
rurecre & que !a pierre alors n'ecan!:
plus reâerrée par les cocés, fe dega-
~eoic ~cUemenc les paren~ de rea-
âmt, e accoutumes à cet accident, n~
s'en en'rayoicnt plus, puisqu'il ce~oit
de lui-même mais devenu plus fré-
quent Se de plus longue durée, on me
6t voir le malade. Je le fondai, ëe
apr~s une p~epar~non relative au tem-
pérament )e le tâmâi. Au moment
qae j'eu~ entamé le cou dèlave~e~
~e premier jet des urines enrraîna. 1~
pierfe elle tomba heureusement dans
un ba(&n, & ~c du bruit ce qui
~m'épargna des recherches inutiles. EUé
ietoit eXa~cment (emblable en forme
ëc en grotïeur a un noyau d'olive:
comme fur~acëétoit par-toUt très*
ràboteuïe, je jugeai qu'eUe devoit êcr~
feule. Le malade étoit presque guéd
~e douzième jour &, du Moment d&
~opération ii n'àvôit plus été ~ueC-
fion d'enBure, lotïquê je la vi§ îepa*
foitreaveela même rapidité; j'en fus
d'autant plus !(urpris que je n'avoir
pas lieu de l'attendre &: d~s que 1~
i:nerë de l'entanc & garée meu-
rent proteâé de leur exa~imdë dans
Fobtervànce du régime que j'avoi~
prefcrit, je me fus mauvais ère d@
tnon peu de recherche dans J~ ve~Se~
eu je Soupçonnai d~<3r$ encore que!
que pierre, vu la jfimilirude du fym-r
ptpme. Ce reflux urineux àvoit déjst
gagné jusqu'aux épaules, dans l'c~
pace de rrois heures Je fondai le ma-
lade, dans la, vue de dégager la vef-
fie de l'ob~-ade que j'y tbupconnois
mais je ne rencontrai rien & je ne
tirai pas une ieuie goucte d~urine. En
xnettant-la, main fur le vencre, quoi-~
que tuméfié, je ne fends pas cecce
rondeur de la veffie qui en carâc~érife
la dilatation, fur loue chez les en~ns
eu eUe eH: ordinairement très-grande
jje jugeai que le mal venoïc des reins:
on mie en uïage les diurétiques chauds~
qui augmenEercnt vi~blemenc le mal.
1/ennureavoit gagné le vidage, &l9
cours de l'urine dans le tiHu ceIluT
jtaire éfoic libre, que l'enflure aug'*
ïnencoic du coré qu'on coucboic l'en-
jfanc, il éfoit amitié & très- aHoupi
fon pouls écoic dur &: concentré; 1$
danger devenoit prenant, & ce fut
dans cecce (Kuacion., que je ne jfauroi~
peindre avec des couleurs aRe? viye~
tant pour le petit malade que pour
moi, que j'accusai le ~patïpe des reins,
occa~onnc par quelque imprudence~
qu'on ne vouloic pas m'avouer CoTï-

f~
~Mf/~o fit vel
ex r/Mm~o/M, vel reple-
die Hipp. ~A. ~p. L'état du
pouls me raffuroit fur la foibIeSe -»
ainfi pour relâcher les rems & mal-
gré la bourHiTure qui avoie gro!ii cet
enfant: du double, je le faignai du
bras, je lui tirai deux palettes de fang
noir y je le fis envelopper dans un drap
délie plie en fix doubles &. trempé dans
reau tiede, lui donnant en même tems
beaucoup d'eau froide à boire. Par
ces fomentations univerfelles,i réi:é-
rées tous les quart-d'heures, & conti-
nuées quairç heures de tuitc j'eus la
iatisfa~ion de voir couler les urines
le relâchement fut annoncé par une
Syncope qui dura quelques minu-
tes(~z). Il fut ranimé par l'applica-
lioM de linges chauds & iecs & dan$
peu de jours il fut parfaitement guéri.
Les Syncopes dans les cas de ceci~

(a) Traité des vapeurs p&g. i~t.


èfpcce, ibnt toujours exemptes dé
convuHions~enes dépendent enticre"
ment du relâchement des~oÏides ainÏi
les Jfyncopes convu!~ves procurées~
~e!on Hyppocrace, c~' z/ï<z~c, ~p-
poienc une depÏecion des vaUÏeaux
iubice, teHe que nous voyons Ïbuvent
âpres tes faignées, autres eXetBtples
journaUers.
Pour revenu', j'appris que certé
leucoph!egmatie urineuîe fecondairô
avoit pour cau(e des aiimens grômerS
qu'une petttC nUe~ ~oeur du)nâ~dej,
lui av ):c donnés furdvemeRC. Sï l'eh"
jfanr fû., mort on aurait aHUrêmene
gstrdete tec:eciur cette imprudence~
qui n'eA que trop fréquente, &qut à
Ccûcé !a vie à bien des hommes dans
tous !es écacs. Pour achever ïa cure
j'eus recours à. des putgafitS Ïégere'-
ment hydragoguesqui,» en expul~nc
les madères contenues dans !es pré.
Mieres voies, enlevèrent endéremenc
!a bou~iuure eUe fut plus rétive que
dans tes premiers tems ou tl n'étoiE
pas quciUon d'inaammmon m d'ère"
n~me.
Cette oblervaiion m'a paru fàre,
Bc d'autant plus intérel~anie qu'elle
êcaie de plus en plus la méthode d'at-
taquer les f palmes de quelle nature
qu'ils ibiehc par les humed:an%, juf-
qu'à ce que le relâchement s'annon-
cer), avant que d'employer les re-
medes capables de détruire les causes
qui les procurent dans les cas de com-
pitcadon~
Le bain tiede eût-il été d'un plus
'grân.d iecpurs que les ~mentanc~nsy &:
ion en~t: auroit- il été plus ptompt f La
que~ioneAép!.aeu&, & je renvoie
mon Lecteur a l'excellence DUÏertaiion
fur le bain aqueux jttmple, par M. Ray-
j
mond Médecin de MadeiUe. M eue
été diHicilc de déterminer le degré de
chaleur de l'eau on trop chaude,
ou trop froide, dit ce bavant Méde-
cin elle,auroit pu être contraire &
dans les deux extrêmes la gravitation
de l'eau fur toute l'habitude du corps,
ou feulement la moitié dans le demi-

(c) Pornme~ Traité des vapeurs, psg. 34.


bain auroit pu augmenter l'embaffas
du cerveau les fomentations., daiT$
lès m~amm~tionsinternes locales, con.-
jfeillees par rAmeur cké, agirenc avec
eHIcacKe d'où je puis conclure qu'e~
les m~ncoiejn!: la préférence.

OB S E RV À T 10 N
Sur une /7Z~ CO/X~M~/?~~ ~f
J?~ ~Z~~ ~/Ï C~-
~Mr~~ au FoMr~' J9~7oy~ e/ï
CA~/T~zefa~.
TDLlSABETH Roi, femme d'un do-
jLLmeHique de!a~erme de Beâumonf,
reHencon: depuis quatre mois, dans la
région hypoga~rique gauche des
mouvemens convulfifs, que Fon au-
roit pris pour les mouvemens d'uH
er;fanc de huit mois. Ils étoient âe>'

P~(~) Journ.deM~d.motS dejâny. i7< 1


compagnes de funbcadon, de reffer-
remenc a la gorge, & de douleurs
fur les lombes tous ces accidens ic
terminoient par des fueurs abondan-
tes qui duroient deux ou trois heures
Ces accidens augmentèrent par Fu-
jfage des emmenagogues que l'on ne
continuer pendant un mois, dans la
vue de rappeller les règles iuppntnées
depuis long-temps les felles les uri-
nes ceSerent de coulera le ventre fe
fendit, & malgré un grand nombre
de potions hydragogues & de lave-
mens Aimulans la malade fut qua-
tre mois fans rien rendre.
le i~ Oûobrc i~
Je lus appelle ~ans cette extrêmité,
je trouvai le
pouls enfoncé & rare, le coude la
matrice dur comme du bois, le ven-
tre raifonnant comme un tambour
je ne tirai pas une feule goutte d'u-
rine de la veflie par la fonde on me
dit que cette femme étoic fort colé-
rique & je conclus de tout ce que
deSus, que rérétifme dans toutes
~es parties du bas-ventre~ étoic la
cau~e de tous les accidens qu'elîd
€prouvoit.
En conséquence je fis mettre la ma-
lade dans le bain d'eau tiede d'où. oitj
la retira une heure après a cauf~
d'une légère ~bibleHe qu'elle eue: ic
~bir on rétrera le bain dans lequel.
les con~u~ons reparuTenc~ forcement
qu'on*!âcrut expirance des ce Second
bain il y eut des borborigmes tres-
~brcs. Le 16 ia malade rej~a deu~
heures dans le bain, & le ibir crois
heures fans en être incomtnodee on
lui donna un lavement d~cau tiède
on lui appliqua des ferviettes mouil-
lées fur le vcnrre~ ~es convuliions fu-
ient auui violentes que les jours pré-
cedens. Le ly, la malade fuca peins
dans le bain que les douleurs des lom-
bes augmentèrent: & les borborigmcs2
elle~y reâa cependant crois heures &
en fortant on lui donna un lavement.,
& on lui appliqua les ferviecces mouil*
lées fur le ventre la malade dormit
deux heures; elle n'avoit pas ~rme
l'oeil depuis quatre mois.
Le i8, mêmes remèdes: les con-
vulfions revinrent mais alors le cou
de la matrice étoit moins tendu. Pen-
dant le bain du ioir, il fonit un vent
avec tant d'impétuofité~ qu'il ht jail-
lir l'eau hors de la baignoire & ré-
pandit une odeur insupportable ce
bain étoir froid le lavement fut don-
né avec l'eau' froide & les iervietres
qu'on appliquoic fur le ventre trem-
pées dans l'eau froide; après cela on
trouva le ventre ramolli les convul-
fions revinrent plus tard ~re~ moins
longues & moins vives; lé~~mmeH
fut plus long & plus tranquille. Le
ïp, mêmes remedes la malade urina,
rendit par les felles des crottes blan-
ches, & les convulfions furent très-
légeres. Ces bains ont été continués
pendant un mois on lui a donné de
l'eau de poulet & une hoiHon dé-
layante pour toute nourriture & cou-
tes les" fondions font ad:uellemenc
dans l'ordre naturel.
(3 B S E RV A T 1 ON

De J~n ~~7'c~r CA~r~~


de .F~r~y co/yz~z~/x~M~ à
JRo~.v~ Z~o~~r-jR~z~ de
la
JF~c~ Médecine de jP~
<~c. ~zfe~r ~M~v~
y~r une je une z)~o~
qui
ë/ro/z fix /7zo~ fans
pr~Me aucune /xoMr-
yffMr~faJ.
TT E ~ujec de l'Observation rivante
.J)L~ que ~'ai l'honneur de vous cofn-
jmuniquer, Mondeur~ eft une jeune
Demoifelle, qui a pa~îe euvtFon ~ix
mois fans prelque prendre aucune
nourriture, ni prononcer la moindre
parole. Comme le fait a paru fingulier
à plufieurs perlonnes de ~Arc~ qui ont

( a ) Journal de M~d. mois d'Aoùc 17~,1


pag. ï33.
voulu
~ôuiu voir là malade, je prends là
Ëbcrtc de vous l'adreHer & vous
prie de vouloir bien l'inférer dans
vOtre Journal, iuppolé que vous le
jugiez capable d'exciter la curio~cé d~:
quelques. ans de vos le~curs. J'avoue
que ce phénomène, quoiqu'excraor-
dinaire, n'e~ pas nouveau puiioue
dans un de vos Journaux des Sa-
vans de Fannée 16~8 on lit l'obfer-
vadoh d'une nUe qui fut trente cinq
fetnainestans boire ni manger, & qui
à vécu loa~ëms après. ~f~Â~M~9
dahsfes ouvragés, en rapporte encore
Mn ~emblab~e., ~ë Journal de Verdun
Mars ï~~ c~ une femme qui ne
vouloic nfVôir) ni parler, mmangec
devant per~on~e, <Sc qui a reité dix-
~pt ans dans cet écat. Votre Journal
en iburnit même plu(!eurs exemples.
Mais comme ces maladies font rares
que d'ailleurs celle que je présente
au publia a ecé accompagnée de bien
de circoh~ancesqui tembleni la di~in-
guer des pï-ecédentes, tout cela me
perfuadè qu'elle peut devenir intére(-
~nce eu égard aux enecs & aus,
moyens <~oac oR s'eâ ~er~i pour de-
tf~n-e ~ne matadie qu'ona. toujours
xeg~rdée<:ômthein€urab~.
MH~L* âgée d'environ vingt.-
t~ois ans jouiSant d'une parfaite tan-
!?, R'âjrant: eut eu vie d aucre mala-
die que la petîte yer~le, donc eUe fut,
atcaqi~ce en Bourrice d'~n eara~ere
~OHibfe &. mélancolique mangeane
natUfeUeïnenc beaucoup, tr~s ie-
dencatre y tomba ve~ le m~ic.u 4s'
Décembre 17~0 dans une efpecë
d~mbeei.llite elle tenoic dejs propos
concraires au bon ~cns fai~on
elle verjfoiE condnuelletnent des larme&
comme une peribnnea~e~ee-ungrand
chagrin, de Jforte qu'eUe paSa pluHeurs
~ours ~ns presque prend! aucun a,U-
ïhenc ~blide oultquide. Ses païens
inquiets fur J~bn etac Ëfenc tous leufi
~nbrts pouf deëouvnr la caufe de~on
chagrin; mais leurs inHanee~ ~uren!:
mutiles. EUc s~ob~ina garder ~e
~@nce: il eft vraiiemblable qu'elle en
tgnoroit elle-même la cau~e. La trii~

preuve.
fuite de ia maladie en ~â~Qe forte
Bans ces circonHances on me pria de
la voir. J'examinai d'abord fon pouls
que je trouvai ircs'regulier: ~n[ em-
bonpoint écoit toujours le même, fon
~bmme~ aiïez tracquiHe la nuit: il e~
vrai qu'à Ton té~cU iri~eSe & ~es
pleurs recommen~oient avec autant. des
force que ia. veille. ApTes bien de
quêtions, auxqueHes eU& nu repon-'
dotc que très-'impar~nceïReM~ j~m'in'-
formai de fe~ évacuations péBiodiqiues.
On me dit: que le tems ord~na~e de-
~oic être paHe & qu'on n~ s~toic
encore apperçu de rien. Ne tï'oHyanp
autre chofe qui pûc exiger a~cun ie-
cours de rÂTC plus preHe }e con&iï-
lai puifqu'ËHe avoit motns d~ho~reuE
pour la boiSon que pour tout antre
alimenta de lui donRerunetégefe in-
jfufion de tafran~ ann d'aider la na-
ture a opérer cette évacuation, qui
ïl'avoit jamais ecéauparavaac retardée~
avancée d'un ~euA jour. En effet,
aptes peu de jours d'usage de ce re-
mède les règles parurent avec plu$
d'abondance qu'à l'oj-dmaire.Sans dou-
te que ce ïecardne provcnoicque du
prétendu chagrin dônt~on efprtt étoit:
arÏe~é puitqu'a. la feule apparition
des règles, les larmes qui avoient
coule pendant près de quinze jours
ceûereM en même tems & la malade
reprit ~soccupacions vers le commen-
cement de janvier 1760.
Cette tranquillité apparente ne dura
pas long-tems: vers la fin du même
mois de Janvier, les règles reparurent,
& avec elles les larmes &: les gémi~
iemens. On lui fit toujours des ques-
tions inutiles: elle ne, parloit que pa~*
monotyllabes. Après Févacuation du
~ang mënâruel, qui ne fut pas d'une
II longue durée, ni en fi grande
quantité que le mois précédent, les
ÏarmespâFurencie calmer~ elles n'é-
tô~Et~~plus continuelles, mais elles
Tevenoient par intervalles. Dans le peu
de paroles qu'elle prononçoit, on s~ap-
percevoit qu'elle dérai~onnoit un peu.
Elle re~a huit ou dix jours dans ce
Second période de fa maladie p~n"
dant leiquels il arriva plusieurs foi-
bleues, qui laitbient craindre pour fa
vie. Cela ne parolMa pas étonDanc~
~uand on faura que la malade ne
prenoit pour toute nourriture qu'un
peu de ti fane ou de bouillon encore
cela n'arri voit-il que deux ou trois fois
par jour. Elle n'a eu d'autres évacua-
tions durant ce tems'ia, que celles
des urines.
Enfin vers le milieu du mois de-
Février, dix jours après la céladon
des Symptômes du fecond période de
fa maladie, la malade tomba entière-
ment dans une efpece d'aSoupiHemcni
elle ne vertoic plus aucune larme
ne prenoit aucun genre de nourriture
ne prononçoit aucune parole les ex-
crédons furent- totalement Supprimées
les règles di~ent les yeux écoienc
fermés ~a. tête p~ fur fa poi-
trine, fans qu'onput lalùi faire rele-
ver, fon pouls dans le même état
qu'auparavant. A FinfpecHon du vi-
fage on fbup~onnoit qu'elle devoit
fouffrir intérieurement il étoit ridé
comme celui d'une perfonne qui ibut-
triroic fans feplaindre.
Les parensplus touchés de ce trifle
état qu'ils ne.l'a.voienc encore été.
conjurèrent un Médecin qui après
s'êrre informe de ce qui avoir précé-
dé, convint de 'la Singularité de la
ïnaÏadie(~), &: taisant conn~er
principale caufe dans l'eïn barras du
cerveau il proposa !a baignée du pied
& du bras qui ne furent pas encié-
yemeUt exercées, attendu, les ~bi~e.t-
qui furvenoient après ri~ue d'une
demi'palecce de ~ang. On empïoya
alors les boij!?ons, & Ïes pocioHsai-
guifées de pMeurs elpeces~ qui furenc
inudies çauie de la <~i.~cuité iniur-<
moncabie qu'on avoic a lui faire ava-
ler un liquide quelconque. Trois on
quatre jours après ces tentatives, Oti
parvint à lui faire non ~ans
peine, un lavemen~~rgatif, qu'cMe
garda fix heufes~ après lequel tems
elle eut une évacuation conildérable
de madères noires &. liquides. Trois
heures apre~ t'e~et de ce remède, ïa

(a) Ne pa.s t'hy~éfktt~


rec9nnoïtf!e îci
I&plus paf&itc~.Scparo~fe ~ufprrs de la.
~tzarrerte des (ympcomes~u~ la ca.ra~éri-
fenc, c~ûomdoïlneru~e ~dée~eu f&vo~
~Me du..M~d~cm ~<m~î~.
malade ouvrit les yeux, & demanda
du pain & de la viande choite qu'elle
n'avoit pas fait depuis long tems. *0a
voulut voir alors a lui donner uc pe~t
de loupe de crainte que la viande
ne l'incotnmodàt, n~ayani~ien voula
manger de ibUde depuitS un mois an
moins mais elle refufa la ibupe, ~Oït
lui donna; donc ce qu'eMe avoi!: de-
mandé elle le mangea avec une
avidité furprenante; deux heures après
elle recom~a dans fon premier écac.
Le lendemain on tenta un fecond la-
vement, dans refpérance qu'il pro'eu-
feroic le même eî!~t que .celui de la
veille mais, malgré tous les moyens
dont on ~c fervit pour le lui faire
prendre, on ne pût jamais en veairà
bout elle fe foidi~bit coMretousceu?:
qui la ~brcoient. On lui pjéfenm
tnanger, elle le refusa. Dans ces-cic-
conAances le Médecin prescrivit les
demi-bains tiedes~ pour paHer enfuite
aux bains entiers le tout fur exécuté
pon<~MeUemest.La malade revoie dan.s
i'eâu deux ou trois heures on l~y te-
Boi!: a la vérité, ma~é ~llc. ~res
M
t~
m tM
quinze jours d'ufage des bains, îî
M

parut pas que la malade fur mieux


iï fembloit~ au contraire, qu'elle al-'
loit plus mal puifque la maigreur
du vifage & du corps fefaifoit apper-
cévoir de plus en plus. Le Médecin
ayantmisen u~age tout ce qui lui
parut ie plus propre, dans un écaE
Semblable, ~ns aucun crfec, ne vou-
ïut: pas continuer de la voir, & le
retira (~).
Depuis ~époque du troisième pe~
riode de fa maladie qui eft arrive
vers le milieu du mois de Février
~ufqu'au déparc du Médecin, fix ~e"
maines lè font écoutées, durant lequel
tems la malade n'a pas prononcé la
moindre parole, ou du moins elle
parloit fi bas, qu'on avoic toutes les
peines du monde a l'encendre fi pro-y
che que Fon fût de fa bouche. Sa.
nourriture écoit un peu de pain trempa

(a) Si on Marne ce Médecin de n'avoir


pas fu cara~ïérifer cette maladie du moins
eû-tl louable d'abandonner moue autre un
tranenient dont il ne conno~ pas la you.<
dans du Lait, ce qui n'arrivoit~que
deux ou trois fois par Semaine fa.
boiHbn une eau rougie très-légère
il n'y eut d'autres évacuations que
celles des urines qui étoient un peu
c~ues~ aux environs de chopine tous
les huit jours. On la promenoic quel-
quefois dans fa chambre il ne falloit
que la Soutenir, elle marchoit aHez
bien, mais lentement:, fa tête tou-
jours penchée fur fa poitrine. On a
e~ayé a lui mettre plufieurs fois des
alimens autrefois agréables à ion goût
à coté d'elle~ alors on lalaiffbic ieulc»
un peu de tems mais on les retrou-
voit à la même place quand on re-
venoit auprès d'elle. A l'égard du
fommeil, on ignore fi elle en prenoit.,
ayant toujours les yeux fermés il n'é-
toit pas poffible de favoir réta( de fb~
,pouls, puifqu'elle reciroic le bras tou-
tes les fois qu'on vouloic le lui prendre.
Comme la famille défefpéra de la
voir rétablir plufieurs perionnes con-
ieillerent de la tranfporter à l'Hôre!-
Pieu atyle où fe trouvent plus com-
~unémsnc tous i~s recours qui dans
le particulier con~ituent dans d'é-
normes dépends tur-tout dans le$
longues maladies (~). On l'y trans-
porta, en etïcc au commencement
d'avrU de la même année ïyob.
Les circonAances d'une fi nnguîicre
maladie ne parurent pas moins ~rpre-'
nantes aux habiles Médecins qui con-
duifent cette maifou ils employerent
donc tout ce qu'ils crurent capable de
la décruire &, malgré les lignées
réitérées du bras & du pied, & de la
jugulaire, malgré rappucatioa conti-
nuelle des véHcatOïrcs, pendant près
de deux mois & les remedes internes
qu'on a employés fous différentes for-
mes, elle eA rcAée toujours dans le
même état. Les évacuations ont été~
a la vérité, un peu plus fortes, attendu
la quantité des purgatifs & des éméd"

(a) Dirons mieux, afyle de ces mal-"


heureufes vi~imes dont tous les Hôpitaux
du Royaume font furchargës, à la hontC
des Médecins de rArt.
ques qu'on lui rai~bic avaler malgré
eiïe(~).
Dans le courant du mois de mai,
on s'appercuc qu'eue craignoit: beau-
coup l'eau froide on la baigna donc
dans l'eau froide. Ce moyen la fit un
peu revenir mais celui-là ne fu~~nc
pas) on la coucha à nud iur le car-
reau 6c on l'arrofoit d'eau iortant du
robinet. On a répéce plufieurs fois
cecce efpecc de douche ~e l'on eft
enfin parvenu à la remettre dans ~bn.
premier érat au commencement de
juin de la même année (~).

(a) Il eût été avantageux pour cette pau-


vre infortunée que les habiles Médecins de
cet Hôpital euileM pen~ea.uHi fagemenc que
le premier qui en avok été charge c'ett-a-
dire, que ne connorj~anc pas plus que lu*
la véritable caufe du mal, ils euffent aban-
donné la malade à fon malheureux fore on
eût épargné par-là toutes les cruautés que
cette continuelle application de véûcacotres
nousrepréfence~~ qu'on ne fauroit ima-
giner fans frémir.
(b) Il a donc fallu enfin que le hafard
rinH'jnct ou la nature découvriflenc un fpé-
eiëque qui nous coûte tant aujourd'hui à
QueÏques jours après elle eft reve-~
nue dans ia îamiUc attaquée d'une
maladie curanée qui fut très-confi-
dérable, qui a même, fuivant les
apparences contribué à fa parfaite
guéridon. Depuis ce t:emps-!a elle
s'cA très bien portée s~eH mariée
depuis deux ans c'a pas encore eu
d'encans <5e jouit d'aHleurs d'une
parfaite ianté, fans ie relfouvenir de
la moindre circonRance de fa ma-<
ladie.

prdcomfer 8t a faire adopter à ceux-même&


que nous rendons fi fouvent les tdmom;s d~
tes puions effecs.
OBSERVATION
~0~ des
~MT
/<~ 772~y
p~r ~r. Co/~e CAz/z
~72~
~M7i~€Z~ ~/Z~

à ~0/2 6/Z Z)~ZC.


~~N !oue ) on préconife îe Traite des
vapeurs (~); on raccaque en mê-
me tettis, & on forme des doutes fur !a.
do~rme que contient cet ouvrage (~).
Il ne m'appartient point d'entrer en
hce avec fes adversaires le litige dé-
céleroi.c btentôt mon iniurrnance, <Sc
en vouiant détendre ~on Auteur je
~bumirois peut-être des armes aux
comba.tcans. Je n'ai donc garde de me

(a) Voy. le Journ. de M éd. mois de


Septembre i7~, p. i~.
(~) Idem.. mois de Septembre ï7~p.
&
préfenter le déj~emeur de ce fy~ems~t
toute di~cu~on a ce fu jet me déplai-
roit infiniment. Je me borne a fournir
des matériaux à ceux qui plus coura-
geux que moi fauront en faire ufaget
des obfervations bien conftarées' &: des
expériences praciques, feront à !'abri~
fans douce de tout raiibnnemenCt En
voici un certain nombre:
Une fille du commun, âgée de trente
ans ~oun'rôic depuis long'cemps d'un
gonflement cres-douîoureux aux deux
ïTiameUcs, pour lequel elle avoic ère
baignée nombre de fois !oriqu*eUe me
confulca. Le iymptome etoic des plus
cara~eri~iques il annoncoit parfai-
tement le fpâ(me de la maLtricc, le
reflux des règles par L'ana~omofe des
vai~caux de rhypoga~re avec ceux
des mamelles. La ~bmencation froide
fur les parties iburfrances emporc~
dans peu le gonnemen!: & les don-
~eurs. ~<?/~ le Traicé des vapeurs,
Seconde édidon~ page ~a.
Le fieur Chatelan laboureur âge
de cinquante-cinq ans d'un fempé-
ornent fec fut attaqué d'une fievre
putride compliquée de fpafme, que fon
tnéconnut entiérement. Les purgatifs
réitérés aigrirent les Symptômes. Il
furvint une chaleur brûlante, la lan-
gue étoit feche &. noire les yeu~
ennamés, le délire le hoquet & une
tenfion douloureuse à FeAornac, ne
me permirent pas de douter de la
méprise ce qui m'obligea de chan-
ger le traitement. L'eau de poulet,
les lavemens froids les fomentations
continuelles & pluneurs verres d'é-
mul~oQ~ calmèrent, peu à peu~ le
malade~ 6~1e guérirent enfin parfaite-
ment. J~< page 281.
La femme de Jaques Geynet gar-
de batelier des fermes du Roi, âgée
de vingt-cinq ans fut attaquée, tout-
à-coup, d'accidens épilepttques, qui
alarmèrent le mari & la famille. Dans
les perquifitions des caufes, je décou-
vris le vice de la matrice. Je la traitai
en conséquence, d'après les in~rucMons
de notre Auteur. Le bain froid dans
lequel je la lainai plufieurs heures par
jour l'application des linges trempés
dans l'eau froide,(ur la tête, ïâ gue-'
nrent radicalement dans l'espace de
deux mois. 7~. page 122..
Mlle BuiSon gouvernante che2!
Mr. le Comce d'Août âgée de trente-
cinq ans fuc atcaquee /le premief
juin i'70~. d'une perte de ~ang~
étant enceinte de iepc mois. Le, huit
la perte, redoubla ScleneufeUe fuë
fi con~deràble qu'elle amena l~a ~au(ïe-
couche. Le cordon ~eprefenia d'abord
& parut gangrené l'odeur des perces
étoit cadavereu le, les défaillances con-
tinuelles, &les forces très-abattues~
ce qui annonçoic un danger évident:~
& la neceSicé d'accouchée prompce-
ment cette ~emme ce a quoi je tra-
vaillai avec fuccès. La irievre paruc
pour lors certains mouvemenscon-
vulfifs fe mirent de'la partie~ le ventre
~c gonna & les lochies' fe Supprimè-
rent. Mes indications furent d'attaque!"
lesipafmes enretachanc tes tUyaux
de la matrice, <&. toutes les parties du
ventre & du baum; pour cet effet, je
preicrivis les fomentations avecJles her-
bes emoHientes~ les icjedippsdeme'
me
Mie etpece & ennn l'eau de poulee
nicrée pour me conformer en tout
$
point aux préceptes de Mr..P<?/n/
Ces remedes agirent d'abord avec
fuccès, puisque les lochies reparurent.
On appella le Médecin qui alarmé
y
par l'odeur des pertes, accufa la gan-
grene, & rejetta mes remedes pour
y fubftituer le quinquina & aucreï
antifeptiques. Ceux-ci réveillerenc les
~paimes ils devinrent par degré fi
considérables qu'on fut contraint de
revenir au premier craicemenc au-
y
quel on ajouta plufieurs émulfions
nitrées & dans l'eipace d'un mois
tout fut entiérement rétabli. Ibidem
page~o.
Mlle Baudran époufe du fieur
Baudran, Notaire & Châtelain du
Marquifat de Saverge âgée de
trente ans, d'un tempérament fanguin
& fort mélancolique, accoucha allez
heureufement le 10 juillet 1764 le
l~ les lochies fe fupprimerent &
procurèrent par leur reflux fur le
cerveau le délire maniaque hy~éri-
que. Le Médecin & moi, fumes ap-
pelles en même temps pour ~ecounR
cecce accouchée. Je propofai le bain
froid mais cet avis fur réjecre avec
mépris de la part du Médecin~ &
encore de la famille, l! ra!luc donc
ie ibumcctre & obéir ~veuglemenc
p
au confeil fupérieur. On débuta par
la faignée du pied.; on prejfcrivi!: en-
fuite rhypecacuana &: non conrent
d'avoir exciré par ce remede de
>
plus grandes fureurs on'abreuva la
malade avec une potion anc~hy~éri-
que, dans laquelle encroienc l'ambre
ëc le Ca~or, que l'on 6e avaler, de
gré ou de ~brce, jusqu'à ce que ies
.mouvemens convuhirs de reJ~omac~
& ceux de l'ce~bphage vinrent s'y
oppofer, en empêchant la déglucidon
de rour liquide encore plus ceMe des
alimens. La malade devine alors fu-
rieuie elle s'arrachoic les cheveux,
fe jeccoic fur tous ceux qui l'encouroient:
pour les dévorer & pour les mordre;s
ce qui fit croire à plu~eurs quelle
ecoic hydrophobique: notre Médecin en
fuc deconccrce ce îerappeuanrmoH
avis, il livra la malade a mes ~bins.
Le bain froid fut donc notre unique
remède x la malade y entra dès ce
jour elle y fut attachée de force.
On renouvella plufieurs fois la froidure
de l'eau, dans l'efpace de douze heu-
res qu'elle y re~a pour la premiere
fois. On appliqua fur la tête des fer.
viettes trempées dans l'eau froide, que
l'on renouvella toutes les fois que 1~
chaleur en indiqua le befoin ce que
l'on fit jusqu'à parfaite guériiton. Ibid.
page 128.
Je laine aux antagoniftes de ce
fyAême le foin de rénéchir fur ces
obfervations. Ma reconnoiSance en-
vers notre Auteur cité, eft le premier
motif qui m'engage à les publier. Le
fecond, non moins intéreHani~ eft le
defir de foulager l'humanité, en invi-
tant ain~i mes Confrères à m'imite'' en
pareille eifconHance.

F f 2~
FO~y-~CR7pr~7~:
'V E Traite des maladies nerveufes de M.
JLj Whiff pareît en6n en notre langue
ii j'ai été des premiers à me procurer cette
nouvelle traduction fuis-eau~I un de ceu~
à qui elle paro~t particulièrement adreffée.
Je rai lue d'abord avec avidité je l'ai relue
enfuite & parcourue plus d'une fois je la
connois par coniequent au point que je pour-
rois en donner ici l'e.iîCr&tt, &~ en relever tou-
tes les contradif~ions~ fi tout autre ~que moi,
prëpofe pour ces fortes d'analyfes, ne m'a-
voit prévenu.
Je me bornerai donc à .en extraire répi<
graphe placée à la t~e de cet Ouvrage; la
-voici M~M~ egerunt ante nos yMprant.,
j~~ non ~r~TM?. M~/f~M ~Mf reftat
C~f~' multumque r~f neque «/~ 7~0
yo/? M~~ y~cM~ jpr~cf~r occafio aliquid
De fi belles paroles, pro-
férées avec humilité par notre Auteur An-
glois j Semblent demander grace à tout
lecteur impartial. Mais me difpenferont-clles
<ie venger l'humanité de ce nouvel outrage?
Je me croirois coupable fi,avec le plus
grand nombre de Médecins je me conten-
tois de gémir iecrétemenc fur elle qu'il
me foit donc permis de prendre hautement fa
défenfe, en m'élevant contre les prétentions
de M. Whitt. Son Traducteur à qui nous
femmes redevables d'une préface d'une fa-
vante Introduction, & d'un Codex Pharma-
ceutique, à l'afpe~t duquel tout vaporeux
frémic vengera fl bon lui femble fon
Auteur; ce à quoi je l'invite aujourd'hui.,
en le priant de vouloir bien égayer les ob-
fervations pratiques rapporcées dans cet Ou-
vrage j par de nouveaux &its donc nous
puiutons juger par nous-înemes en les
niectanc fous nos yeux.
Si par des obfervations faites en France
il e~ prouve queFémétique rhypëcacuana,
les purgatifs, les élixirs ou cordiaux lesJI
Homachiques les antifpafmodiques les
plus outrés les narcotiques, les véfica-
toires & les cauteres foienE des remedes cu-
ratifs dans rairecHon nerveufe fpafmodique~
je dirai alors avec'M. Whitt Multum ege-
runt qui ante nos fuerunt fed non perege-
runt. MM~MM adhuc r~~ opcr<c, multum-
que f~~<t (~'c. & avouant alors mon infuf-
6(ance, je rentrerai dans le cahos ténébreux
où l'on nous a laiffés. Ce n'en: point à
M. Whitt feul que je prends la liberté de
m'adreffer mais encore à tous les Auteurs
vivans qui ont traité avec moi cette matiere,
je n'en excepte point les anonymes, je ne
rejette que les personnalités.
Les conteftations des Médecins fur le faie
de l'inoculation, ont réveillé le ze!e des
JMagi~racs, qui par une fage prévoyance
ont voulu s'ajfTurer par des éclaircuTemens
certains de Futilité ou du danger de cette
opération. La conteftation préfente fur un
fait tout auSi important ne fixera-t-elle pas
leur attention? C'eH: le feul moyen de ~atuec
définitivement fur cet article~ de fouf~raice
l'humanité a la fureur des deux partis.
Notre célebre Journalise a fenci toute la
conféquence d'une prompte déciHon. Cette
quefûon ( nous dit-il, ) une des plus
importantes qu'on aie agité depuis long-
fems., ne fauroit être difcutëe avec trop,
d'exactitude~.Nous recueillerons avec foin
les pieces du procès, afin que les Médecins
instruits puilfent en déduire la pratique la
plus falucaireda.ns ce genre de maladie qui
n'ajufqu~ici que trop réMé à leurs eiîbrcs.
/<? Journal de Médecine mois d'Août
17~ p~. in.
C'e~ à M. le
Begue TraduBeur de M.
Whicc, & à fous ceux qui, comme lui, adop-
tent cette pratique, a fournir, à M. Roux
les pieces nécen~ires à Finttru&Uon de ce
procès. II n'a encore paru que des obferva-
tions oppofées à leur fvftême ou, s'il en a
paru quelques-unes qui femblent leur être
favorables elles ne fauroient être décisives
ce qui nous force à demander des faits plus
concluans en un mot des obfervations con-
traires à celles que l'on a publiées. J'ai déj~
fait une fois cette demande dans ma pre-
miere Edition; je l'ai. refaite dans ma fecon-
de, & encore aujourd'hui dans la croiiieme~
on me difpenfera, je penfe, d'y revenir une
quatrieme fois, & je déclare que ce fera la
dernière.
F r N.
TABLE
DES T 1 T RE S.
JL~ /f~. Pag. 3ï
T~Ë FINITION ~J~~OMTM~O~S-
x
Caujes des ~J~ïpM 'U~or~H/FJ! ~.0
Cure des ~OM -uapor~~j'. 48
Obfervations. 8Q
VAPEURS HYSTÉRIQUES.

Co~
~OK hyftérique accompagnée, ~C.

E~

13~
Suffocation A~~r~M~. ï 40
H~MOj9f)~ A~~r~Mf. 1~
1:53
D~M~n~~McA~?cn~Mc. ï!?
Fo~f?~
P~onf~~A~r~M~.
Ciï~c hyftérique.
ï7ïx
Y8o
186'
.Fr)~oM ~r~ac. ï~ï
~~r~OM totale des urines < J~~C~ dans
unefille attaquée de vapeurs ~r~s~.ï??'
Hë'urcj~~oJ~M~ no
VAPEURS HYPOCONDRIAQUES.
~j~on hypocondriaque %ie
~MJChémorroïdal. T.7
J~MM~ hypocondriaque. 2.
ÏOMX cnnvulfive. 2.~0
~o~~MM~A~M~, a~~ry~r~ppor~. 2.68
H~J~o~~MC. 18.9
R~orM~~fH? ~~r~~ corps, 30~
COMPLIQUÉES
.Fï~vr~ ~sf~~ compliquée. 31 $
~ro~co~M~. ~tS
JE<"ro~~fo~~M~. 350
~J~MH~O~N~~MC ~0~M~.
JL~M~M~ ~OMp/ 36~
'Ï~O~S~C'O~p~~M~. 3~0
P~~<*OM~M~ COM~M~M. ~Oï
.P~T~.f blanches compliquées. ~.o~
Pertes <~y~~ immodérées ~*<*oMp~M~f.~i 3
~'M~<?7! des lochies M~M~. 4.
R~O~F aux 0~
JR~ïMc as tempérament vaporeux.

res de TrfUOMX.
4. $
de J'Auteur des Mémoi-
48~
D~~û~~r ~~?g'~ des
Obfervation dë M.
A~~Ci~~H~ dans les M~yso~
;i7
Idem, de M. Br~n, fur une attaque d'affec-
~o~ ~MF o~pr~o~ des lochies,
Ïdem
~MM~MC j<
de ~f. P~M~~ j fur ~r~
un
Idem, du même,fur une leucophlegmatie uri-
M~M~ (~ $
Idem, de M. Brote, fur une maladie convul-
ïdem M.
MC!/C~~M<~
M~r fur
~rOH~X
!4o
une jeune D~-
moisfans pren-
dre prefque aucune nourriture. Y44
Idem, de M. Comte fur l'ufage des humec-
dans les maladiesfpafmodiques. ~7
Fin de la Table des Ticres.
~rrROB~no~
~ppRo~:r~(M~
T'Ai lu par ordre de Mbin~eigneac
J le Vice Chancelier, un ManuMt:
contenant nombre d'objfervatiojn~ <ie~
inférées dans le Journal de .Médeci-
ne & un Po/?-~r~fH~ qui démon-
tre que le bien de rhumanité eft l'u-
nique objec qui détermine les Travaux
de Mr. Pomme nous croyons que
ce Manufcric ne préiente rien qat
doive en empêcher l'impremon à la
fuite de la troifieme Edition de fon
Ty-~f~ y~' les ~~Mrj & il ~eroie
à de~rer, pour l'honneur même de
la Médecine que les conieHations
qui s'élèvent entre les Médecins.~ ne
fu~ïenc décidées que par des faits dont
l'auchenticicé ne pût recevoir aucune
atteinte de la mauvaise foi en ce
cas Mr. Pomme ne rencontreroit
-aucun Contradicteur dans la carriers
qu'il coure.
A Paris ce s~ Décembre 17~
~<9ï7RC~L~r.
FR~CJ~ CJÊ~R~.
A-JOUÎS~
par, ïa grâce de Dieu~ Rot de
Tfàtice Se de Navarre A nos ames Se "Eeaux
Con&illsfs, les gens tenant nos Cours de Parle-
tnent, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre
~Ôtel~ Grand-Gonieil, Prévôt de Paris Bai!-
)i~s, SeR~chauXj leurs Lieutenans civils &: autres
nosJuiHciers qu'il appartiendra SALUT. Notre
âme le Sr. PoMME Médecin à Arles, Nous a
fait e~poier qu'il deureroit faire imprimer &:
donner au Public un Ouvrage de ia composition
qui a pour titr e r/'M~c~rj ~<?~~ ~~<?~fM/<~
~~x Sexes s'il Nous p!aiioit lui accorder
nos Lettres de Privilege pour ce néceffàires. A
c&S CAUSES voulant favorablement traiter
l'Expofant, Nous lui avons permis & permet-
tons par ces présentes, de faire imprimer fondit
Ouvrage autant de fois que bon lui iemblera~ Se
de le faire vendre & débiter par tout notre
royaume pendant le temps de fix années conie-
<u<:ives, à compter du jour de la date des pré-
~tttes ~ai&ne defenfes à tous Imprimeurs
Mbraires & autres Personnes, de quelque qua-
lité & condition qu'elles ibient, d'en introduire
d~impre~ion étrangere dans aucun lieu de notre
obei~ance, comme auiE d'imprimer ou faire
imprimer, vendre, faire vendre, débiter, ni
contretaire ledit Ouvrage j ni d'en faire aucun
extrait fous quelque prétexte que ce pui~e
ëtre~ ians la perrniHion .expreHe & par écrit
dudit Expofant ou de ceux qui auront droit de
lui, à peine de conttication des Exempla.ires
contreraits de trois mille livres d'amende con-
tre chacun des contrevenans., dont un tiers à
Nous, un tiers à ~Hôtel-Dieu de Paris, Se
r&utre tiers audit Ex.poiaaLt ou à celui qui aura
A-dt'de lùi~ &'de tous d~pe~~ <îpmîna~M S~
bïtercts à la charge que ces Preientës ieront
<;nregi;ftrces tout au long iur le RegïHre de la.
Communauté des fmpruncurs & Libraires de
Paris dans trois mois de la date d'icelles que
rimpreHion dudit Ouvrage fera faite dans notre
Royaume &' non ailleurs en bon papier Se
beaux cara~eres~ conibrm'~ment à la ieuille
imprimée, attachée pour modèle tous le contre-
tcel des Preiente~ que rimpcuant J~e con&r-
mera en tout aux Reglemens de la Librairie,
& notamment à celui du M Avril ï7*-5 qu'a-
vant de Fexpoier en vente le Manuicrit qui
aura ~ervi de copie à i~imprejEon dudit Ouvrage
fera remis, dans le même état où l~Approbation
y aura été donnée es mains de notre très-cher
t[ féal ChevaJier Chancelier de France, le Sr~
<ie Lamoignon &: qu'il en fera eniuite remis
<~eux Exemplaires dans notre Bibliothèque pu-
blique, un dans celle de notre Château du Lou-
vre un dans celle dudit Sr. de Lamoignon 3c
un dans celle de notre très-cher & tëal Cheva.-
lier Garde des Sceaux de France le Sr. Fey-
<ieau de Brcu~ le tout à peine de nullité dex
Preientes Du conieitu desquelles vous mandons
Se enjoignons de faire jouir ledit Expoiant & les
ayajtt cauie pleinement 8< paii'iblement, ianK
ioum'ir qu'il leur ibit fait aucun trouble ou em-
pêchement. Voulons que la copie des Preientes
qui fera imprimée tout au long au commence-
ment ou à la fin dudit Ouvrage foie tenue
pour duement ngniiiee., & qu'aux copies colla-
tionnées par l'un de nos amés & ieaux Coaiieil-
lers- Secrétaires foi ibit ajoutée comme à l'ori-
ginal. Commandons au premier norre HuiiKer
eu Sergent iur ce requis, de raire pour l'exé-
cution dicelles tous a~tes requis &< necejiaires~
ians demander autre permi.&on & nonobi~ant'»
clameur de Haro;, Charte Normande &! Lettres
ce coutraire~: cai- tel eA notre plaiur. Do~. ~JE
à PaFK< ie ~e~~ah~eme jour du mo~ d~Aoôt'~
~an de grâce miï iept cent ibixante. troisj, de
notre regne le quarante-neuvième.
PAR LE ROI EN SON CON~EIÎ~
G~J?.
~R~?~ J~~
~R<)y~e Jy~~«z~ des Libraires 6* Imprimeurs
< jP~fM~ .A~. H0<$t 4~, ~t7C~<?~/K~/ZMC
~a' jR~~?M~~t t7t.$, ~Kt y< ~j~M Art. ~.t
<? M~fM ~ff/a/Z~ de ~~t'f* ~C~f~'Cr' condi-
~MM ~~W~' ~)~C
F~~mœ~
Z-J,
autres que /M ~C~C~ G*
~/ï~ débiter" faire ~y
les vendre en leur /!<?/?,II
<!MCM/M'
/<Mf ~Y~ ~M ~yj~f<f7~f/'<f
o'c~j'
C~ d
fae'
Me/n~ J~e/ ~r~~
~<'cff ~<zM
Chambre
charge de j~Kr/Ztf à
/M~
Septembre ce 3
<?~

10~ ~K
176~.
DESPILLY., Adjoint.

C JE f JV.
J*Ai
cède à Monteur BENOIT DupLAîN
Hbraire à Lyon le Privilege ci-de~us pour
toaîour~ iuivane les convendonj..faites entre
nous. A Lyolit~~ Septembre ~7~3.
POMMB 6ls~ Mjd.

ï)e rrmprimerie de ~Ot/fy ~?(/fjj'ON, pi~ce


dcï CordeJjery.