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Introduction :

La coagulation est un processus unitaire du traitement de l’eau, qui


résulte l’addition de réactifs chimiques dans des dispersions
aqueuses, afin d’assembler en agrégats plus gros, les fines particules
dispersées. Ces nouveaux agrégats peuvent être éliminé, après
floculation, par des procèdes telles la décantation ou filtration. La
floculation est considérée ici comme processus distinct qui a lieu en
fin de coagulation. Elle consiste à favoriser la croissance de flocs
macroscopiques, avec ou sans utilisation d’additifs tels les adjuvants
de floculation. Bien que la floculation soit la conséquence naturelle
de la coagulation, les deux procédées correspondent à des
technologies spécifiques qui doivent être mises en œuvre envisagée
comme un processus à part entière.

La décantation est un traitement qui comporte l’élimination des


matières premières en suspension, colloïdales ou non.
Partie théorique :

But :
1- Eliminer la turbidité et les suspensions colloïdales d’une eau par la
coagulation/floculation.
2- Faire le suivi de décantation pour établir la courbe de Kynch, permettant ainsi de voir
la fiabilité du traitement par coagulation/floculation.

Principe :
L’introduction d’un agent de floculation/coagulation dans une suspension de particules très
fines permet de modifier l’état électrique de la surface de ces particules et de permettre leur
agglomération. Les agglomérats obtenus étant de taille plus importante, la décantation est
plus rapide ou la filtration plus aisée. La floculation/coagulation dépend beaucoup des
conditions de pH par exemple.

Application dans le traitement des eaux

Dans le cadre d'un traitement de potabilisation, la coagulation-floculation peut-être utilisée


pour éliminer la turbidité de l'eau (microparticules comme l'argile responsable d'un trouble
de l'eau). Pour potabilité de l'eau, un procédé de coagulation-floculation doit s'accompagner
d'une décantation et d'une élimination rigoureuse des flocs. De plus, les quantités de réactifs
doivent être précisément évaluées pour ne pas en ajouter de trop.
L’appareillage de mesure :

 Jar Test :
La détermination de ces grandeurs en laboratoire est réalisée par ce qu'on appelle le jar test.
Il consiste en une rangée de béchers alignés sous un appareillage permettant de tous les
agiter à la même vitesse. Les différents béchers ont reçu une dose différente de réactifs et à
la fin de l'expérimentation, on détermine quels sont les couples quantités de réactifs /
vitesse et temps d'agitation qui permettent d'obtenir l'eau la plus limpide, les flocs les plus
gros et les mieux décantés. Concernant les vitesses d'agitation, la seule certitude est que la
coagulation nécessite une vitesse d'agitation plutôt rapide (afin de bien mélanger l'eau et
que les colloïdes et les cations métalliques se rencontrent et se neutralisent) et que
la floculation - quant à elle - nécessite une vitesse relativement lente (afin de favoriser la
rencontre et l'agrégation des colloïdes mais sans détruire les flocs déjà formés)...

 Ph mètre :
Le pH-mètre consiste à mesurer le pH ou potentiel d’hydrogène d’une solution. La mesure
s’effectue grâce à une électrode de verre et d’un pH-mètre.

Le pH-mètre est généralement constitué d'un boîtier électronique permettant l'affichage de


la valeur numérique du pH et d'une sonde de pH constituée d'une électrode de
verre permettant la mesure et d'une électrode de référence. Son fonctionnement est basé
sur le rapport qui existe entre la concentration en ions H3O+ (définition du pH) et la
différence de potentiel électrochimique qui s'établit dans le pH-mètre une fois plongé dans
la solution étudiée.
Celui-ci est constitué de deux électrodes, l'une standard dont le potentiel est constant et
connu (appelée électrode de référence), l'autre à potentiel variable (fonction du pH, appelée
électrode de verre). Ces deux électrodes peuvent être combinées ou séparées.
L'appareil est étalonné au moyen de deux solutions tampon (pH 4,7 et 10 disponibles). On
peut aussi (après avoir réalisé cet étalonnage) déterminer la valeur du pH par simple
corrélation, la différence de potentiel évoluant proportionnellement à la valeur du pH selon
la formule suivante :
avec :

 , la différence de potentiel entre les deux électrodes ;

 , le pH de la solution à mesurer ;

 , le pH de la solution de référence ;
 a et b, les constantes dépendant de l'appareil, elles sont révélées lors de l'étalonnage
du pH-mètre.

 Turbidimètre
La turbidimétrie fait partie de la photométrie industrielle, elle représente l’un des principaux
paramètres de détermination de la qualité de l’eau de boisson/potable. En effet, la clarté et
la transparence de l’eau sont l’image d’une haute qualité de l’eau pour la plupart des
personnes.

Pour déterminer la turbidité, on mesurait autrefois la lumière qui traversait le liquide. La


mesure de la lumière diffusée sous un angle de 90°s‘est avérée supérieure, spécialement
dans les champs de mesure plus bas et constitue aujourd’hui dans le monde entier une
technique reconnue. Les appareils de mesure qui utilisent cette méthode sont appelés
néphélométries.
Mode opératoire :

 Remplir les cuves du « Jar Test » à un volume de 1 litre par l’eau brute (cette eau à
traiter sera proposé par l’enseignant).
 Lancer l’agitation à l’aide de l’appareil à une vitesse de 260 tr/min.
 Initialement à t=0, ajouter des quantités variables du coagulant le plus rapidement
possible et de façon identique dans chaque bécher :
Exemple : Sulfate d’aluminium soit : 0.5gr, 1gr, 1.5 et 2gr.
 Après 5 min d’agitation, ajouter d’adjuvant (soit le floculant : la chaux) tel que le
rapport adjuvant/coagulant soit : 0.16gr, 0.33gr, 0.5gr et 0.7
 Maintenir la forte agitation juste pour 2 min puis réduire la vitesse de 260 à 60
tr/min. Laisser pour 20 min.
 A la fin, verser le contenu des quatre béchers dans des cônes d’IMMOHF et laisser
décanter.
 Prélever du surnageant, des quantités d’eau clarifiées de chaque bécher pour
mesurer le pH et la turbidité, y compris la solution initiale (eau brute).
 Faire le suivi de la meilleure décantation pour tracer par la suite la courbe de KYNCH.
Partie expérimentale :
 Eau brute :
pH= 7.26
Turbidité= 4096NTU
 Le tableau suivant présente les paramètres mesurés (pH et la turbidité) :

Masse du PH Turbidité
coagulant (g)
Dose coagulant 1 0.5 4.02 376
Dose coagulant 2 1 3.87 412
Dose coagulant 3 1.5 3.81 4096
Dose coagulant 4 2 3.81 4096

Interprétation des résultats :

pH :

A partir de nos expériences, on a remarqué que la valeur initiale du pH pour l’eau est 7.26
car l’eau à traiter est basique à cause des charges négatives des colloïdes. Cette valeur a
diminué progressivement en augmentant la quantité du coagulant, pour atteindre sa valeur
de 4.02 à la masse 0.5g de coagulant ajouté. A partir de cette valeur en montre que c'est un
milieu acide et la qualité d’eau qu’on a étudiée est mauvaise. L’ajout du coagulant entraine
la formation d’hydroxyde du métal avec libération d’une certaine acidité (hydrolyse) ce qui
explique la diminution de valeur du pH.

La valeur du pH continue à diminuer en augmentant la masse du coagulant jusqu’à qu’elle a


atteint 3.87 pour 1g. Les particules du coagulant apportent aussi des charges positives ce qui
contribue aussi à la diminution de la valeur du pH. Arrivant à une certaine valeur de
coagulant le pH diminue avec une variation très faible.

Turbidité :

On remarque bien que l’addition de 0.5 du coagulant a provoqué la diminution de la valeur


de turbidité de 4096 à 376 NTU et avec l’augmentation de la quantité du coagulant ces
valeurs continuent à diminuer. Cela est du à ce que les particules du coagulant déstabilisent
les colloïdes négativement chargés présents dans l’eau à traiter, en neutralisant les charges
qui génèrent les forces de répulsion entres colloïdes.

Au de la de 0,5 mg/l on a remarqué l’augmentation des valeurs des paramètres mesurés et


qui croit avec l’accroissement de la dose du coagulant. On comprend de cela que la surdose
en coagulant provoque la déstabilisation des particules colloïdales ainsi la disponibilité de
leurs sites diminue et empêche la formation des ponts inter particulaires et on aura donc
une eau très chargée en coagulant avec une mauvaise clarification. Et cela nous confirme
que la mase optimale du coagulant est 0,5mg/l.

Remarque :

Pour éliminer la turbidité, il faut réduire ces charges répulsives et créer des liaisons
chimiques, ionique ou électrostatiques entre particules qui formeront des flocs qui
décanteront rapidement et seront plus facilement filtrables. C’est le rôle des coagulants.
Mais l’injection d’une trop grande quantité de coagulant pourrait charger les particules
positivement et recréer des forces répulsives empêchant alors la création des flocs et donc la
décantation complète des particules.

 la courbe 1 : NTU= f (pH)


le pH optimum qui correspond à la turbidité minimale est 4.02

 la courbe 2 : NTU= f (mcoag)


la masse optimale qui correspond à la turbidité minimale est 0,5 g.
L’allure de courbe nous montre bien que la quantité entre 0.5 g représente la
masse optimale car c’est le point correspondant à la plus faible valeur de la
turbidité où la courbes est croissantes au-delà de 0.5 g.

 le tableau suivant présente les résultats du suivi de la décantation :

Temps (min) Hauteur de la base (cm) Hauteur de l’eau clarifiée (cm)


0 35 0
3 24,8 10,2
6 21,2 13,8
9 19,7 15,3
12 17,5 17,5
15 14 21
18 13 22
21 12,4 22,6
24 10 25
27 10 25
La courbe 3 de Kynch: H= f(t)
Résultats :

A – Début de la décantation: au départ homogène, le mélange commence à se séparer en


une phase claire, située au-dessus de l'interface, et une phase concentrée. Dans cette étape,
les particules en suspension ont commencé à couler, ce qui fait diminuer la concentration à
la couche superficielle. La hauteur H de l'interface, initialement égale à la hauteur de la
surface libre, commence à diminuer, mais de façon non linéaire au début.

B – Sédimentation en particules séparées: la hauteur H diminue linéairement avec le temps


(la courbe est assimilable à un segment de droite): la vitesse de chute est constante car les
particules chutent isolément .Dans cette phase, la concentration C n'est pas encore
suffisamment importante pour provoquer la floculation.

C – Zone de transition, qui se subdivise en deux sous-étapes:

• Décantation en masse (ou « sédimentation troublée »): dans la phase mélangée, du


fait de la diminution de H, et donc du volume du mélange, la concentration devient
suffisamment élevée pour que les particules interagissent hydro dynamiquement pendant
leurs chutes: la floculation commence à se produire, les particules grossissent et deviennent
plus lourdes.

• Ralentissement: les particules, devenues plus volumineuses, se freinent mutuellement


entraînant donc un ralentissement de la diminution de H.

D – Phase de compression (ou tassement): les particules solides agglomérées acquièrent un


poids suffisant pour exercer une compression du milieu. Les particules se compactent et la
concentration devient d'autant plus élevée. Il n'y a plus décantation mais tassement.
Conclusion :
Dans ce TP, Nous avons également défini les conditions
expérimentales pour la technique de jar-test par laquelle nous avons
réalisé, au cours des différentes étapes, nos manipulations de
coagulation floculation et aussi la décantation pour éliminer les
matières premières en suspension comme les colloïdales

La turbidité et la couleur d'une eau sont principalement causées par


des particules très petites, dites particules colloïdales. Pour éliminer
ces particules, on a recours aux procédés de coagulation et de
floculation. La coagulation a pour but principal de déstabiliser les
particules en suspension, c'est-à-dire de faciliter leur agglomération.
En pratique, ce procédé est caractérisé par l'injection et la dispersion
de produits chimiques. La floculation a pour but de favoriser, à l'aide
d'un mélange lent, les contacts entre les particules déstabilisées. Ces
particules s'agglutinent pour former un floc qu'on pourra facilement
éliminer par décantation.