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Travail sur le texte littéraire et sur l’image

Grammaire et compétences linguistiques

▶ 1. Le garde s’exprime dans un niveau de langage familier. Il emploie des

constructions et des expressions familières, comme par exemple l’oubli du

premier élément de la négation : « je voyais plus » à la place de « je ne voyais

plus ». Ou bien encore : « Je vais au camarade lui demander une chique pour

passer ça. »

▶ 2. a) Les paroles sont rapportées au discours direct, telles qu’elles ont été

prononcées, entre guillemets.

b) Cela rend la scène plus vivante, plus naturelle et conserve au dialogue des

gardes toute sa truculence.

▶ 3. a) Il s’agit du présent de l’indicatif.

b) Il a une valeur de vérité générale.

▶ 4. Les modifications sont mises en couleur.

ATTENTION !

Le participe passé empoignées est employé avec l’auxiliaire avoir et s’accorde

donc avec le pronom COD les, féminin pluriel.


« Elles ont continué de toutes leurs forces aussi vite qu’elles le pouvaient,

comme si elles ne me voyaient pas arriver. Et quand je les ai empoignées, elles se

débattaient comme desdiablesses. »

Compréhension et compétences d’interprétation

▶ 5. Ce texte est une scène de théâtre, comme le montrent les noms des

personnages placés devant les répliques et les didascalies en italique.

Elle est extraite d’une tragédie antique revisitée par un auteur moderne. Les

personnages sont de condition royale, à l’exception du garde.

Il y est question de devoir, de vie et de mort. Le dénouement de la pièce

s’annonce fatal : l’héroïne est prête à sacrifier sa vie pour ne pas renoncer à ce

qu’elle pense être son devoir.

▶ 6. a) Antigone tente de recouvrir de terre le corps de son frère Polynice, laissé

sans sépulture sur l’ordre du roi Créon.

b) Elle s’impose cette tâche, car elle veut que Polynice trouve le repos dans la

mort : elle considère que cela relève de son devoir de sœur.

c) Elle encourt la peine de mort.

▶ 7. On peut bien sûr penser que le geste d’Antigone est inutile face à

l’intransigeance de Créon. Son sacrifice peut sembler vain : elle devrait plutôt

choisir de vivre. Cependant, s’il n’existait pas d’Antigone pour s’opposer à

l’inacceptable, que serait le monde dans lequel nous vivons ? Ainsi, le sacrifice des
résistants ou les risques pris par certains Français pour protéger des familles

juives pendant la Seconde Guerre mondiale ne doivent pas être oubliés.

Sans aller jusqu’au sacrifice de sa vie, il faut être capable de ne pas se laisser aller

à de petites lâchetés et de ne pas se taire lorsque l’on est témoin d’une injustice,

d’un racket ou d’une agression par exemple.

▶ 8. Dans cette version d’Antigone, le metteur en scène a opté pour un décor

simple, dépouillé, dans des teintes de gris.

Les costumes sont modernes : Antigone porte un pantalon gris et une chemise

d’homme, et les cheveux courts à la garçonne. Créon est en costume-cravate,

mais sans sa veste, en bras de chemise et bretelles, la cravate de travers. Rien ne

rappelle ses fonctions de roi, ni sceptre ni couronne.

Antigone, derrière Créon, semble révoltée et déterminée. Son visage exprime

une sensibilité à fleur de peau, à la fois souffrance et conviction. Créon, lui, semble

fatigué, accablé par sa tâche de roi et par son impuissance à faire entendre

raison à la jeune insoumise.

▶ 9. Bien sûr, il existe bien d’autres possibilités de mise en scène : certains

pourront préférer des costumes antiques, d’autres insisteront sur le contexte de

l’occupation nazie. Cependant, cette version épurée, pleine de sobriété, nous

emmène au plus proche de l’universalité du mythe.

Dictée
Point méthode

1 Attention aux terminaisons verbales. Tu ne dois pas confondre :

– la deuxième personne du pluriel du présent de l’indicatif : vous n’avez ;

– la troisième personne du singulier de l’imparfait : il fallait (action passée) ;

– l’infinitif des verbes du premier groupe : toucher, manger, donner, se baigner.

2 Ne confonds pas les homophones : ce et se ; a et à.

Comprendre… Vous n’avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis

toute petite. Il fallait comprendre qu’on ne peut pas toucher à l’eau, à la belle et

fuyante eau froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela

tache les robes. Il fallait comprendre qu’on ne doit pas manger tout à la fois,

donner tout ce qu’on a dans ses poches au mendiant qu’on rencontre, courir,

courir dans le vent jusqu’à ce qu’on tombe par terre et boire quand on achaud

et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on

en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas

comprendre.

Rédaction
Voici un exemple de rédaction sur chacun des deux sujets.

Attention les titres en couleur ne doivent pas figurer sur ta copie.

Sujet de réflexion

[Présentation de l’injustice et des sentiments ressentis] L’an dernier, j’ai été

témoin d’une injustice : un nouvel élève était arrivé dans la classe ; très vite, il

est devenu le bouc émissaire de tous. Pour moi, la situation était intolérable : je

ne supporte pas les injustices. Aussi, ai-je décidé d’en parler. Ce n’était pas facile,

car je suis plutôt timide. Cependant, je n’avais pas le choix : cela me tourmentait,

m’empêchait de dormir. Je ne voulais pas être témoin et encore moins complice

d’un tel acharnement.

CONSEIL

Varie les moyens de rapporter les paroles : discours indirect, discours indirect

libre et discours direct. N’oublie pas les guillemets au discours direct.

[Les circonstances de la prise de parole] Un jour, à l’heure de la vie de classe, j’ai

pris mon courage à deux mains et j’ai décidé de prendre la parole. J’ai commencé

par parler d’Antigone, la pièce d’Anouilh que nous étions en train d’étudier. J’ai

rappelé à mes camarades qu’il fallait parfois savoir dire non. Nous en étions tous

d’accord. Eh bien, le moment était venu d’en faire nous-mêmes l’expérience.

[1er argument : les différences de chacun sont source de richesse] « Nous ne

pouvons plus continuer à harceler Paul, ai-je dit. C’est l’un des nôtres. Nous
sommes tous différents, c’est ce qui fait la richesse de notre classe. Apprenons à

mieux le connaître.

[2e argument : s’attaquer à plus faible que soi est lâche et cruel] De plus, ai-je

continué, c’est lâche de s’en prendre à quelqu’un de plus faible, qui est seul contre

tous. C’est tellement facile ! On dirait une meute de chiens qui s’acharne sur une

proie. En réalité, c’est vous qui êtes faibles, sans honneur, sans dignité. »

Quelques rires ont fusé, quelques plaisanteries ont été lancées, mais très vite le

silence s’est fait.

[3e argument : le harcèlement peut mettre en danger de la vie d’autrui] « Et

surtout, je refuse d’être complice : Paul est absent aujourd’hui, comme souvent.

Il semble profondément affecté par toutes les méchancetés qu’il subit sans cesse.

J’ai peur pour lui. N’avez-vous pas vu à la télévision la campagne contre le

harcèlement : les conséquences peuvent être tragiques et nous serons tous

coupables. »

[Conclusion] Alors, d’autres ont pris la parole. Nous avons décidé de téléphoner,

d’envoyer des textos ou des mails le soir même à Paul pour lui demander de nous

excuser.

Sujet d’imagination

ATTENTION !
Place bien le nom du personnage devant sa tirade sans guillemets ni verbe

introducteur et pense aux didascalies.

[Évocation des souvenirs heureux, de la complicité passée] ANTIGONE (penchée

sur le corps de son frère) Polynice, mon frère, toi qui as partagé mes secrets, toi

qui m’as initiée aux jeux les plus intrépides, toi qui m’as tiré les cheveux quand

nous nous disputions, mais qui savais aussi me protéger, comment pourrais-je

t’abandonner, solitaire et rejeté de tous, condamné à être dévoré par les

corbeaux, sous les yeux de ces deux gardes stupides qui ne savent qu’obéir ? (Elle

regarde dans leur direction) Il faut que je fasse vite avant d’être découverte.

CONSEIL

N’oublie pas de faire allusion aux gardes qui peuvent à tout moment arrêter

Antigone.

[Explication, justification de son geste] De toute façon, je préfère braver la mort

que de vivre avec le remords de t’avoir renié : comment pourrais-je profiter du

jour, de la caresse du soleil, de la douceur de la pluie, de la sérénité de la nuit,

si je te sais errant sans sépulture dans les ténèbres de la mort ? Et si ta sœur,

ta petite Antigone, ne le fait pas, qui le fera ? (Chuchotant d’une voix

douce) Regarde, j’ai pris la petite pelle sur laquelle papa avait gravé ton nom et

avec laquelle nous faisions des châteaux dans le sable. Je te revois, les cheveux

pleins de sel et le corps hâlé. Tu étais mon héros, j’étais ta princesse.


[Révolte d’Antigone devant la mort de ses frères] Quelle tristesse que ce pouvoir

maudit vous ait poussés à vous battre à mort, vous, mes deux frères chéris,

Polynice et Étéocle ! Quelle est cette soif dévorante qui a fait se déchirer deux

frères jadis si complices ?

[Dernière promesse] Dors en paix, mon Polynice. Et ne t’inquiète pas, s’ils

viennent te découvrir, je reviendrai, s’ils m’emmènent, je m’échapperai et s’ils

m’enferment, je serai là par la pensée. Antigone sera toujours avec toi.