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Bac 2019

Épreuve de grec

PREMIÈRE PARTIE

Question 1

a)
ἐκείνην : la fille de Cnémon
Ἐγὼ : Sostrate
ὑμῶν : Gorgias et Cnémon (et éventuellement la fille de Cnémon)
σοι : Gorgias

ἐκείνην : pronom personnel de troisième personne, singulier féminin accusatif


Ἐγὼ : pronom personnel de première personne, singulier masculin nominatif
ὑμῶν : pronom personnel de deuxième personne, pluriel masculin génitif
σοι : pronom personnel de deuxième personne, singulier masculin datif

Les pronoms sont révélateurs des enjeux de la scène en ce qu'ils désignent les différents
personnages impliqués : le jeune homme et celle dont il est amoureux en premier lieu, puis le frère
et le père, désignés d'abord par un pronom pluriel, en tant qu'ils sont les deux hommes responsables
des décisions familiales liées à la jeune fille. Le fait que la jeune fille soit désignée par ἐκείνην
exprime son éloignement, puisqu'elle n'est pas en scène, mais également le fait que, quoiqu'étant la
principale intéressée, elle n'est pas au centre de la prise de décision.

b)
Pour exprimer la cause on trouve la participiale ὢν ἐλεύθερος, et le groupe prépositionnel Ἐπὶ κακῷ.
Sostrate énumère les raisons, bonnes et réelles (le mariage), ou mauvaises et supposées (porter
préjudice à la jeune fille et à sa famille), qu'il pourrait avoir de se trouver en ce lieu et de chercher à
entrer en contact avec Gorgias et sa famille.

Question 2

On remarque d'emblée que la traduction de Blanchard cherche à préserver le rythme du vers grec,
mettant en valeur en début de vers les termes importants (« amoureux » (en fin de vers en grec),
« son père »). La traduction de Loicq-Berger relève d'un registre moins soutenu (« je m'amène »,
« peut-être bien »), avec des adresses plus directes de Sostrate à Gorgias (« un peu d'attention »,
« que diable »). Mise à part la disposition graphique, les traductions de Jacques et Blanchard sont
assez proches, notamment avec ἀδίκημα/ ἠδίκηκα rendu par « crime », ce qui est beaucoup plus
satisfaisant pour le topos du « crime d'amour » que « tort » proposé par Loicq-Berger.

Question 3

Cette scène voit la naissance de l'amitié et du pacte entre Gorgias et Sostrate, chacun parlant de
manière relativement ouverte à l'autre. Sostrate y apparaît comme un amoureux sincère et n'est plus
le personnage ridicule des scènes précédentes.
Cnémon est présenté ici par son fils. Il n'est pas seulement un khalepos, difficile à aborder, c'est un
véritable misanthrope qui n'apprécie la compagnie d'un seul homme. Mais on apprend aussi une
information sur sa relation avec sa fille, seule personne dont il accepte la compagnie aux champs, et
dont il lui sera encore plus dur de se débarrasser.

On comprend également dans cette scène que Gorgias est lui aussi très critique envers son père,
raison pour laquelle il va être disposé à aider Sostrate.

La suite de la pièce et son dénouement verront l'évolution des caractères des personnages.

VERSION

Sostrate

Tu parles du dur à cuire ? Je le sais bien.

Gorgias

C'est le pire des fléaux. Son bien vaut peut-être deux talents. Il le cultive toujours seul, il n'a aucun
homme pour l'aider, ni un esclave de maison, ni un ouvrier du pays, ni un voisin, mais il est tout seul.
Son plus grand plaisir, c'est de ne voir aucun homme. Il travaille avec sa fille auprès de lui, la plupart
du temps.