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MEMOIRE DE FIN DE CYCLE POUR L’OBTENTION DU DIPLOME

DE MASTER EN GENIE CIVIL OPTION B.T.P.

(INGENIEUR DE CONCEPTION)

Stage effectué à Générale de l’Ingénierie pour le Développement

Thème : ETUDE COMPARATIVE ENTRE


UNE PROTECTION EN RIP RAP ET UNE

PROTECTION EN BETON DE TALUS AMONT

DE BARRAGE CONTRE LE BATLLAGE

Présenté publiquement par M.WENDKYETA JULES MAGLOIRE OUEDRAOGO,


étudiant Master II à E.S.T.P.O.

Directeur de Mémoire Maitre de stage

M.ABDOU SOUMANA M.IDRISSA BEOGO

Composition du jury
Président du jury :…………………………….
Membres du jury : M.ABDOU SOUMANA

M.IDRISSA BEOGO

…………………………….

Année Académique
2016-2017
DEDICACE

NOUS DEDIONS LE PRESENT MEMOIRE A NOTRE FAMILLE :

NOTRE PERE SAIDOU DE BANGRE OUEDRAOGO, NOTRE MERE ALIMA BAMBARA, NOS
FRERES ET SOEURS POUR LEUR SOUTIENT MORAL, FINANCIER ET MATERIEL DURANT
TOUTES NOS ANNEES DE FORMATION.

RECEVEZ TOUS CE TRAVAIL COMME L’EXPRESSION DE MES FRATERNELLES


RECONNAISSANCES.

9ème promotion GC MASTER II/ Année 2016-2017 Page I


REMERCIEMENTS

Nous rendons grâce au DIEU TOUT PUISSANT qui nous a permis de produire ce
mémoire. Nous remercions toutes les personnes qui ont œuvré de près ou de loin à la
réalisation de ce travail, en particulier à :

 l’administration, l’ensemble de nos professeurs pour leur dévouement ;


 M. Gaston GNOUMOU, Directeur Général de l’ESTPO pour son engagement
dans la réussite de notre formation ;
 M. Issaka GUIGUEMDE, Directeur des Etudes pour les efforts mis en place dans
le souci de former des ingénieurs compétents ;
 notre maître de stage M.IDRISSA BEOGO ;
 notre directeur de mémoire M.ABDOU SOUMANA ;

Pour leur disponibilité et leur assistance depuis le début jusqu’à l’élaboration de ce présent
mémoire;

 M. le Président du jury ainsi que les membres du jury pour leurs remarques et
suggestions ;
 notre famille ;
 nos ami(e)s et camarades pour leurs encouragements.
 Enfin toutes les bonnes volontés qui ont fait preuves d’une action prompte au
moment de nos difficultés.

A tous, nous vous formulons notre profonde gratitude.

9ème promotion GC MASTER II/ Année 2016-2017 Page II


AVANT PROPOS
L’Ecole Supérieure des Travaux Publics de Ouagadougou (E.S.T.P.O.) est une école
spécialisée dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics. Située dans
l’arrondissement de Boulmiougou (Commune de Ouagadougou), elle a été créée en
2006. Elle donne des formations professionnelles à plusieurs niveaux :

 Diplôme de Techniciens Supérieure (DTS)


 Diplôme de base : Baccalauréat /Série scientifique, technique, ou professionnel
 Durée des études : 2 ans
 Diplôme de sortie : D.T.S. de Bâtiment et des Travaux Publics
 Ingénieur de travaux (Licence Professionnelle)
 Diplôme de base : D.T.S., B.T.S., Licence ou Maitrise en maths ou sciences
physiques
 Durée des études : 3 ans
 Diplôme de sortie : Ingénieur des travaux en Bâtiment et Travaux Publics
 Ingénieur de conception (Master II)
 Diplôme de base : Licence Professionnelle, Licence Académique
 Durée des études : 5 ans
 Diplôme de sortie : Ingénieur de conception en Bâtiment et Travaux Publics.

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RESUME
Mots clés :

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ABSTRACT
Keywords:

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SIGLES ET ABREVIATIONS

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LISTE DES TABLEAUX

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LISTE DES FIGURES

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LISTE DES ANNEXES

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TABLE DES MATIERES

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INTRODUCTION GENERALE
1) Introduction
Ce projet s’inscrit dans le programme académique de la formation du cycle de master à
l’Ecole Supérieure des Travaux Publics de Ouagadougou. Dans le cadre de cette
formation, il est prévu aux étudiants en fin de cycle de master d’élaborer un mémoire de
fin d’étude qui leur permettra de mettre en exergue leurs connaissances théoriques
acquises durant ladite formation. Ainsi, les responsables pédagogiques ont constaté qu’en
plus de la théorie, la rédaction des projets techniques par les étudiants au terme de leur
formation permet de satisfaire aux exigences de compétences et de professionnalisme
attendues.
C’est dans ce sens qu’ayant constaté que l’action agressive de l’eau sur les parois amont
des barrages cause de sérieux dommages à la structure entière de l’ouvrage. Il nous a
paru nécessaire de mener une étude sur les mesures de protection sur cette partie des
barrages en vue de trouver une solution adéquate et raisonnable qui permettrait de
résoudre ces questions d’insécurité.
L’objectif général de cette étude est de renforcer le secteur hydraulique en apportant des
solutions après une analyse technico-économique de deux variantes de protection de
talus amont des barrages dont l’un est en rip rap ou enrochement et l’autre en béton.
2) Les objectifs de l’étude
2-1) Les objectifs généraux
Les objectifs de cette étude sont clairement cités dans les termes de référence du présent
mémoire de fin d’étude. Il s’agira de faire une analyse technico-économique de deux
variantes de protection de talus amont des barrages dont l’un est en rip rap ou
enrochement et l’autre en béton et de proposer la solution la mieux adaptée du point de
vue technique et économique et d’établir ensuite une étude conceptuelle et le
dimensionnement structural des différents éléments porteurs des deux variante en vue de
sortir les notes de calculs et les plans d’exécutions.
2-2) Objectifs spécifiques
Afin d’atteindre cet objectif, notre étude devra viser les objectifs spécifiques suivant :
Etablir une étude technique et économique des deux variantes de protection de
talus amont des barrages ;
Fournir une évaluation qualitative des deux solutions ;

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Poser les limites des variantes choisies.
Proposer la meilleure solution du point de vue technique et économique.
3) Approche méthodologique
La recherche bibliographique prend naturellement une très grande importance dans un
mémoire de cette envergure. Elle sert en effet à organiser notre recherche à la suite des
travaux et à identifier les différentes ressources afin d’établir un organigramme et une
chronologie de travail pour les chapitres à traiter au cours de notre projet.
L’étude bibliographique nous a été très fructueuse. La liste des documents consultés et les
références des sites visités sont dressées à la suite de la conclusion du présent rapport
dans la page réservée exclusivement à la bibliographie.
Afin de mener à bien cette étude, il a été établi un organigramme de travail suite sur lequel
sera basée notre étude afin d’aboutir aux objectifs fixés. Nous avons ensuite consulté des
études similaires effectués par d’autres étudiants, des fichiers de mémoire de fin d’études
du cycle d’ingénieur et des thèses de doctorat relatifs à des projets de mêmes types. Nous
avons également effectué des recherches documentaires.
Le mémoire sera structuré comme suit :
 chapitre I : Généralités ;
 chapitre II : Etudes technique détaillées des protections en rip rap et en béton des
talus amont de barrages ;
 chapitre III : Estimation financière, avantages et inconvénients pour les deux
variantes de protections ;
 chapitre IV : Elaboration d’une étude d’impact environnementale pour les deux
variantes de protections ;
 chapitre V : Les remarques et recommandations.
Conclusion

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CHAPITRE I : GENERALITES

I-PRESENTATION DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL, DU PROJET ET


DESCRIPTION DE SA STRUCTURE

1) Présentation de la structure d’accueil


a) Organisation et situation géographique
Générale de l’Ingénierie pour le Développement (GID) Sarl, est un bureau d’études
spécialisé dans le domaine de bâtiment et de travaux publics à travers ses prestations
diverses, d’études, de contrôle et suivi des travaux et d’assistance technique. Créé dans
une perspective pluridisciplinaire dont l’objectif principal est de contribuer au
développement des infrastructures en Afrique d’une manière générale et au Burkina Faso
en particulier. La structure offre ses services d’expertise aux différents maîtres d’ouvrages
qui peuvent être des particuliers, des représentations diplomatiques, des institutions
nationales et internationales ou administratives, etc. Le siège du bureau est situé dans la
ville de Ouagadougou au secteur 51, elle dispose d’une équipe dynamique, compétente
composée de cadres expérimentés, capables de proposer des solutions adéquates à tout
type de projet du génie civil.
b) Domaines d’activités de la structure
Les domaines d’activités de l’entreprise sont très variés mais se rapportent tous aux
B.T.P. (Bâtiment et Travaux Publics). Ainsi, elle intervient dans les domaines suivants :
bâtiment, construction métallique, barrages, aménagement hydro agricoles, hydraulique
urbaine et villageoise, assainissement, appui au développement local, etc.

2) Présentation du projet et description de sa structure

a) Présentation du projet
Le projet relève d’une étude comparative entre deux types de matériaux de construction
pour le talus amont des petits barrages permettant de lutter contre le batillage dans un
pays en voie développement comme le Burkina Faso où la pluviométrie est assez faible.
Le but de cette étude est d’optimiser la valeur de chaque matériau grâce à une étude
approfondie afin de mieux connaitre le matériau le plus résistant du point de vue technico-
économique.

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c) Description de la structure du projet
Pour un développement économique dans un pays enclavé comme le nôtre, la
construction des barrages occupe une très grande importance. Pour cela, il y a lieu de
respecter les normes et recommandations qui rigidifient convenablement la structure de
ces infrastructures. Les règles définissent des modèles et des approches spécifiques aux
différents types de barrages de part leurs tailles ou de leurs matériaux constitutifs. Ainsi,
notre tâche consiste à étudier deux types de variantes pour la protection des talus amont.
Vu l’importance de notre projet, notre travail a pris en considération l’effet éventuel de
plusieurs conditions techniques. Les éléments constitutifs d’un barrage sont :
c-1) D’une digue
La digue d’un barrage représente l’élément (l’ouvrage) principal du barrage érigé sur le
flanc perpendiculaire du cours d’eau. Elle peut être en matériaux homogènes (remblai) ou
en matériaux hétérogènes et est destinée au stockage de l’eau. La nature ou
nomenclature de la digue va imposer sur la nomenclature du barrage.
La coupe transversale d’une digue en terre donne :
 Corps de la digue (remblai argileux)
 Tranchée d’ancrage (fondation du barrage) réalisée sur le long de l’axe du barrage.
 Travaux d’excavation
 Travaux de remblai
 Couche de pose sur le talus aval pour protéger le remblai argileux en matériaux
latéritiques.
 Couche de couronnement de la crête en matériaux latéritiques
 Le muret de crête (maçonnerie de moellon : mélange de moellon et de mortier)
 Mur parapet (préserver le barrage contre les crues exceptionnelles, préservation
d’une submersion de la digue).
 Couche de perré du talus amont (protection du talus)
 Couche de pose pour la protection du talus amont (remblai latéritique)
 Butée (appui) de pied amont, il contribue à assurer la stabilité du perré sec.
 Drain ou filtre horizontal (matériaux sableux)
 Drain ou filtre vertical (matériaux sableux), évacuation des eaux d’infiltration.
 Drain de pied aval pour recueillir les eaux d’infiltration provenant du corps de la
digue qui vient déboucher sur le chenal (matériau perré ou maçonné).

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c-2) Déversoir
Appelé aussi seuil déversant ou évacuateur de crues, le déversoir est un ouvrage de
sécurité permettant l’évacuation des crues. La cote crête du déversoir est égale à la côte
plan d’eau normale (PEN) ou cote retenue normale (Cote RN). Lorsque le niveau d’eau se
situe à la cote PEN on a un remplissage de la cuvette.
On peut classer les déversoirs suivant leur emplacement sur le profil longitudinal.
 Déversoir central se situe dans le lit de la partie centrale du barrage.
 Avantage : il permet d’avoir moins de perturbations sur le plan hydraulique et
sur le plan environnemental.
 Inconvénient : il coute plus cher que le déversoir latéral
 Déversoir latéral se situe en dehors du lit sur la partie latérale.
 Avantage : il coute moins cher que le déversoir central
 Inconvénient : il crée beaucoup de perturbations sur le plan hydraulique et
sur le plan environnemental.
 Déversoirs de types poids : Il existe deux déversoirs de type poids :
 Déversoirs sous types linéaire:
A crête mince < 0,5
A crête épaisse > 0,5
Profil creager
 Déversoirs sous forme de bec de canard
 Déversoirs rigides á contrefort
 Déversoirs de type Radier
c-3) Ouvrage de vidange
L’ouvrage de vidange permet d’évacuer l’eau de la cuvette dans un bref délai. L’ouvrage
de vidange peut être sollicité pour :
 Venir au secours du barrage pour des besoins particuliers
 La réhabilitation du barrage
 La pollution artificielle
 Les fortes pluies exceptionnelles
c-4) Ouvrage de prise
L’ouvrage de prise permet le prélèvement de l’eau dans la cuvette du barrage à un
ouvrage. L’ouvrage de prise peut être sollicité pour l’exploitation des eaux du barrage pour
différents usages (AEP, irrigation, pastoral). Des ouvrages de prises sont prévues pour :

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 Les conduites enterrées
 Le siphon
L’emplacement de l’ouvrage de prise sera fonction de l’altimétrie du barrage. L’ouvrage ne
peut pas être sur le lit mineur (la zone la plus encaissée du barrage). Sur les petits
barrages l’ouvrage de prise peut être aussi l’ouvrage de vidange pour question de cout
mais sur les grands barrages ces ouvrages sont distincts.
Le bassin de dissipation est un ouvrage de régulation qui permet de canaliser l’eau vers le
chainage. Il est en général en gros béton. Les blocs chicanes ou blocs de chutes ont pour
objet de casser l’énergie de l’eau (énergie cinétique).En aval immédiat du bassin de
dissipation on met des matelas de gabions ou enrochements pour palier a l’affouillement
du barrage qui est le déplacement des matériaux sous l’influence de l’eau.

II- CARACTERISTIQUE DE L’EAU ET DES MATERIAUX DE


CONSTRUCTION
Les matériaux qui interviennent dans le projet ont des caractéristiques très différentes
selon leurs natures et leurs compositions internes.
1) Caractéristique du béton
a) Nature
Le béton est un matériau de construction obtenu en mélangeant dans des proportions
convenables et de manière homogène : du ciment, de ‘’granulat’’ composé de sable et de
matériaux pierreux (gravillons, cailloux), de l’eau et de ou des adjuvants. Le mélange fait
prise puis ‘’durcit’’, ce qui se traduit par un accroissement de ses résistances à la
compression (valeur élevée) et à la traction (valeur faible et incertaine).
b) Composition interne
Dans le cas courant, pour l’établissement des projets, le béton est défini par :
 une valeur de sa résistance à la compression à 28 jours appelée valeur
caractéristique requise ou spécifiée notée fc28 en MPa (Art 2-1-11 B.A.E.L. 91);
 une valeur de sa résistance à la traction à 28 jours notée ft 28 en MPa est
conventionnellement définie par la relation pour fc28 ˂ 60 MPa
ft28 = 0,6 + 0,06 fc28 (Art A-2 12 B.A.E.L.91 modifié 99) ;
 une valeur de son module d’élasticité ou de déformation longitudinale en MPa qui
est le rapport des forces unitaires (contraintes) aux allongements unitaires
(déformations relatives). Il est dit instantané quand la durée d’application des forces

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unitaires est ≤ à 24 h : Eij = 11003√fcj (Art A – 2.1.21 B.A.E.L.91) et différé lorsque
1
t > 24 h : Evj = 37003√fcj (Art A – 2.1.22 B.A.E.L.91) ou Evj est proche de 3 Eij ;

 contraintes de service à la compression en MPa (Art A – 4 .5 .2 B.A.E.L.91) : σbc =


0,6 fc28 ;
 contrainte limite à la compression en MPa (Art 4 –3 .41 B.A.E.L.91) :
fc28
fbu = 0,85 x ϴ x ɣb ;
∆d ∆l
 une valeur de sa déformation transversale unitaire ( d ), longitudinale unitaire ( l ) : le
∆d

coefficient de poisson ( ∆ld ) (Art A – 2.1.3 B.A.E.L.91). Il est pris soit égal à 0,2 pour
l

le calcul des déformations (béton non fissuré) ou 0 pour le calcul des sollicitations
ultimes (béton fissuré).

Donc pour pouvoir utiliser ce matériau économique mais fragile, on lui associe des
armatures métalliques capables d’éviter les inconvénients résultant de cette faible
résistance à la traction : le matériau ainsi obtenu est le ‘’béton armé’’. La présence
d’armatures dans le béton ne suffit pas à faire de celui-ci un béton armé. Il faut en plus
une organisation structurale spécifique portant sur les formes des pièces, ainsi que sur la
qualité et l’agencement des armatures.

2) Caractéristique de l’acier
a) Nature

L’acier est un alliage métallique utilisé dans la construction métallique et mécanique. Il est
constitué d’au moins deux éléments, majoritairement du fer puis du carbone dans des
proportions comprises entre 0,02 % et 1,67 % en masse. C’est essentiellement la teneur
en carbone qui confère à l’alliage les propriétés du métal qu’on appelle acier. L’intérêt
majeur de l’acier réside du faite qu’il est caractérisé par sa bonne résistance à la traction
qu’en compression.

b) Composition interne

Il est caractérisé par :

 sa limite d’élasticité garantie Fe en MPa compris entre 215 et 235 MPa pour les
ronds lisses et entre 400 et 500 MPa pour les hautes adhérences ;

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 la contrainte maximale des armatures tendues à l’ELU notée Fed et calculée par :
Fe
Fed = ; avec ɣs le coefficient de sécurité de l’acier (1 pour les cas accidentels et
ɣs

1,5 pour les cas courants surtout dans le bâtiment) ;


 résistance à la rupture Fr = 14 MPa ;
 module d’élasticité longitudinal : Es = 200000 MPa ;
 diagramme contrainte déformation de calcul (Art A – 2.2.2 BAEL91) ;
 la contrainte maximale des armatures tendues à l’E.L.S. : Il est nécessaire de
limiter l’ouverture des fissures (risque de corrosion des armatures), et ce en limitant
les contraintes dans les armatures tendues sous l’action des sollicitations de
service d’après les règles B.A.E.L.91, on distingue trois cas de fissuration :
fissuration peu préjudiciable (F.P.P.) (B.A.E.L.91 /Art 4-5-32) ;
fissuration préjudiciable (F.P.) (B.A.E.L.91/Art 4-5-33) pour les aciers de
nuances FeE400 avec fc28 = 25 MPa ⇒ σst = 267 MPa et pour les aciers de
nuances FeE500 fc28 = 25 MPa ⇒ σst = 333 MPa ;
fissuration très préjudiciable (F.T.P.) (B.A.E.L.91 / Art4-5.34) pour les aciers
de nuances FeE400 avec fc28 = 25 MPa ⇒ σst = 214 MPa pour les aciers de
nuances FeE500 fc28 = 25 MPa ⇒ σst = 266 MPa.
 protection des armatures (Art A.7-2 4 B.A.E.L.91) : dans le but d’avoir un
bétonnage correct et prémunir les armatures des effets intempéries et des agents
agressifs, on doit veiller à ce que l’enrobage (c) des armatures soit conforme aux
prescriptions suivantes :
c ≥ 5 cm : Pour les éléments exposés à la mer, aux embruns ou aux
brouillards salins ainsi que pour les éléments exposés aux atmosphères très
agressives ;
c ≥ 3 cm : Pour les éléments situés au contact d’un liquide (réservoir, tuyaux,
canalisations) ;
c ≥ 1 cm : Pour les parois situées dans des locaux non exposés aux
condensations.

3) La règle des trois pivots


Pour dimensionner une pièce à l’Etat Limite Ultime, on admet que le diagramme des
déformations passe nécessairement par l’un des trois pivots (A, B, C) défini par le
diagramme. Les positions limites de ces droites permettent de différentier trois
domaines que sont :

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 le pivot A correspond à un allongement maximal de 10% que peut subir l’acier ;
 le pivot B correspond à la valeur maximale d’un raccourcissement de 3,5% relatif
au béton ;
 la zone tampon correspond au raccourcissement maximal de la fibre de béton
située à 3h/7 à partir de la fibre supérieure comprimée (compression du béton =
compression de l’acier à 2 pour 1000).

4) Avantages du matériau béton-acier


Cette association se révèle efficace car :

 l’on note une bonne adhérence entre le béton et l’acier ;


 il n’y a pas de réaction chimique entre l’acier et le béton (sauf en présence de
certains adjuvants) ;
 le béton protège l’acier contre la corrosion ;
 leurs coefficients de dilatation sont sensiblement les mêmes, à savoir : 11.10-6 pour
l’acier et 10.10-6 pour le béton.
 la souplesse du béton armé ;
 son monolithisme ;
 sa mise en œuvre très simple ;
 sa conservation ;
 son prix et son coût d’entretien réduit.

5) Caractéristique de l’eau

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II-ETUDES DES DIFFERENTS CAS DE RUPTURE DES TALUS AMONTS
DES BARRAGES.
1) Effondrement des talus
Il est difficile de rendre stables les talus sableux qui souffrent d’instabilité mécanique ou
qui sont soumis au suintement. Il arrive aussi que, suite à une forte crue, certains talus ou
rives soient littéralement emportés. Dans ce cas comme dans le premier, il faut stabiliser
les talus pour qu’ils puissent résister aux prochaines crues sans provoquer un phénomène
accéléré d’affouillement. L’enrochement (figure 7.10) est selon Dickinson (1975) la
méthode la plus économique de stabiliser les talus.
Le point le plus sensible est en général le pied du talus. C’est là que doivent être les plus
grosses roches. Cet enrochement doit être bien ancré dans le fond du cours d’eau pour
empêcher que l’écoulement puisse faire bouger le fond du lit et créer des conditions
favorables à l’affouillement sous les roches. L’enrochement est nécessaire sur une
hauteur correspondant à celle provoquée par une crue annuelle (Shanklin, 1976). La
grosseur des roches peut être déterminée selon les modèles présentés précédemment et
la pente des talus est, en général, de 1,5 :1 à 2 :1. Au Québec, quelques expériences
d’enrochement pour réparer des rives fortement endommagées ont été réalisées avec des
pentes plus fortes que celles recommandées et semblent donner de bons résultats.

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2) Stabilité des talus de la digue
Les ruptures par glissement de terrain surviennent sur les talus de la digue suite à
l’utilisation des matériaux peu performants (matériaux argileux de faible plasticité) ou par
l’adoption de pentes insuffisantes ou à un déficit de compactage.
Des études de stabilité des talus sont recommandées sur des ouvrages dont la hauteur de
la digue est supérieure à cinq (5) mètres. Les études de stabilité des talus sont effectuées
à partir des hypothèses ci-dessous :
a) Rupture des talus
Les ruptures des talus s’effectuent suivant les cercles de glissement pouvant être
profondes ou superficielles. Plusieurs cercles de glissement pourront subvenir sur les talus
de la digue. Le cercle de glissement le plus critique sera retenu pour l’étude de la stabilité

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des talus. Le coefficient du glissement engendré par le cercle le plus critique est le plus
défavorable.
b) Etude de stabilité
Les études de stabilité des talus d’un barrage (de la digue) sont réalisées suivant trois
phases :
 Première phase
Etude de la stabilité des talus à la fin de la construction de l’ouvrage avec une cuvette vide
durant laquelle les matériaux sont intacts.
 Deuxième phase
Etude de la stabilité des talus est menée à la retenue normale (niveau d’eau à la côte PEN
ou PHE) durant laquelle les matériaux du corps de la digue sont saturés.
 Troisième phase
Etude de la stabilité des talus de la digue est effectuée à la vidange rapide de la cuvette durant
laquelle les matériaux sont saturés.

Les études de la stabilité des talus sont réalisées à l’aide des formules empiriques, les
méthodes de FELLENIUS et de BISHOP.

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 Méthode de FELLENIUS
En considérant une tranche élémentaire issue d’un cercle de glissement donné nous
obtenons :
 Une force tangentielle Tn tendant à provoquer le glissement des matériaux
 Une force centrifuge ou stabilisatrice engendrée par la composante normale du
matériau déjaugé qui aura tendance à stabiliser le matériau.
Des moments résistants et moteurs seront alors engendrés par ces deux forces.

Mresistant=∑ (N′ tg(φ)) R + ∑(c × dl)R

Mresistant=R × (∑N′ tg(φ) + c × l)


Mmoteur=𝑅 × ∑𝑇𝑛
Mresistant (∑N′ tg(φ)+c×l)
Fglissement = Mmoteur = ≥ 1.5, avec
∑Tn

N’ : La composante normale du matériau déjaugé


l : La longueur de l’arc de cercle
R : Rayon du cercle
C : Cohésion du matériau
ᵩ : Angle de frottement intérieur du matériau
Tn : Force tangentielle

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Le principe des calculs de stabilité repose sur les principes des itérations successives pour la
recherche du cercle de glissement le plus critique qui engendre un plus faible coefficient de
glissement. La stabilité du talus est assurée si et seulement si le coefficient de glissement du
cercle le plus critique est supérieur à 1,5. Des logiciels spécifiques sont généralement solliciter
pour la recherche du cercle le plus critique.

 Méthode de BISHOP
La méthode de BISHOP est dérivée de la méthode de FELLENIUS et introduit un coefficient mx
tendant à minimiser le moment résistant. L’expression de la méthode de BISHOP se présente
comme suit :

Mresistant=⦋∑ (N′ tg(φ)) R + ∑(c × dl)R⦌ /mx

Mresistant=R × (∑N′ tg(φ) + c × l)/mx


Mmoteur=R × ∑Tn
Mresistant (∑N′ tg(φ)+c×l)/mx
Fglissement = Mmoteur = ≥ 1.5, avec
∑Tn

tgα × tg(φ)
mx=cosα(1 + , avec
f

𝛼 : Angle de la tranchée élémentaire dl avec l’horizontal


f : Coefficient de frottement du matériau

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Remarque : Les méthodes de calcul de stabilité des talus permettent la détermination du
coefficient du glissement du cercle le plus critique.
Lorsque la stabilité n’est pas assurée plusieurs solutions pourront être préconisées par le
concepteur. Il s’agit entre autre :
 L’augmentation du fruit des talus
 Le changement du matériau du corps de la digue ou une amélioration de ses propriétés
mécaniques.
 La conception d’un talus avec une risberme.

Risberme

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I) Détermination de la cote crête de la digue
Pour déterminer la côte crête de la digue on va procéder par plusieurs étapes.

1) Etude du bilan d’eau


Cette étude a pour but de déterminer la côte PEN ou côte RN. Pour ce faire, l’appréciation
de la côte PEN se fera à partir de la courbe hauteur volume de la cuvette.
L’exploitation, des levés topographiques de l’axe de la digue doit prouver la compatibilité
de la côte PEN avec le site c’est-à-dire côte PEN< côte max terrain naturel, sinon revoir
les besoins à la baisse.
2) Détermination de la côte PHE
On détermine la côte PHE à travers le dimensionnement hydraulique du seuil. L’objectif du
dimensionnement hydraulique du seuil est de calculer la longueur L et la hauteur he.
3⁄
QprojetouQlaminé=µ𝑜 × ℎ𝑒 2 × 𝐿 × √2𝑔
Qprojet ou Qlaminé 3⁄
he=⦋ ⦌ 2
µ𝑜×𝐿×√2𝑔

Côte PHE = côte PEN + he


(Shéma)

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3) Détermination de la revanche libre RL
La revanche libre représente une marge de sécurité pour contenir les vagues et d’évacuer
les crues exceptionnelles. La revanche libre se calcule suivant deux approches :
 Les formules empiriques
 Méthode approchée (abaque)

Formules empiriques
a) Formule de BRETSCHNEI
𝑉2
RL=0.754 ×H2 + 2g
0.5
H = 0.76×0.032× ﴾𝑈 × 𝐹﴿ -0.274× 𝐹 0.25 , avec
H : la hauteur des vagues
V : la vitesse des vagues
U : la vitesse du vent en km/h (données métérologiques)
F : Fetch en km

b) Formule de GAILLARD
V = 1.5 + 2H
V : la vitesse des vagues
H : la hauteur des vagues
U→ F→ H→V→RL

Méthode approchée

𝐻 2 × √𝑉 5 30 100 700 1500

RL
0.4 0.6 0.8 1.05 1.3
minimale

H : la hauteur max de la digue


V : volume de la cuvette
Si la côte digue calculée est inférieure ou égal à la côte max du terrain naturel, on maintien la
côte digue calculée (site bien encaissé).
Si la côte digue calculée est supérieure à la côte max du terrain naturel, il faut adopter côte
digue égal à côte max du terrain naturel (site faiblement encaissé).

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Lorsqu’il y a variation altimétrique du terrain naturel, on prend la côte la plus basse pour caler la
côte de l’axe de la digue.

(Schéma)

Remarque : La valeur définitive de la largeur en crête issue des formules empiriques devra
tenir compte de la facilité d’exécution sur le terrain. Les valeurs entières seront privilégiées au
détriment des valeurs décimales.
Largeur en crête
La largeur en crête (b) d’une digue est déterminée en fonction de la hauteur du barrage
(H) par l’une des formules suivantes :
- Formule 1 : b = 1/3 H
- Formule 2 (Knappen) : b = 1,65 x H^0.5
- formule 3 : b = 3,6 x H1/3 – 3
- formule 4 (Preece) : b = 1,1 x H^0,5 +1
Avec H : hauteur maximale de la digue (m)

La largeur minimale de trois (3) mètres est généralement adoptée pour tenir compte du gabarit
des engins de compactage.
Pour une digue routière, la largeur en crête sera fonction des caractéristiques géométriques de
l’infrastructure routière en projet (se conformer au profil en travers type de la route).
La crête de la digue doit être protégée par une couche de couronnement (matériau latéritique)
afin de préserver le corps de la digue des fissures dues à l’ensoleillement.

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Une légère pente de l’ordre de 3%est également adoptée pour drainer les eaux de
ruissellement de la crête dans la cuvette du barrage (pente adoptée dans le sens aval vers
amont).
La mise en place d’un mur parapet peut-être envisagé au-dessus de la crête du barrage afin de
sécuriser l’ouvrage vis-à-vis des crues exceptionnelles (propositions techniques dans le
contexte des changements climatiques).

II) Les pentes des talus


Les pentes des talus encore dénommé fruit des talus sont adoptées pour assurer la stabilité de
la digue vis-à-vis du glissement. Les pentes comprises entre 2H/1V à 3.5H/1V sont également
préconisées pour les talus des barrages ou la digue. Le choix des pentes tient compte de la
qualité des matériaux du corps de la digue aussi que de sa hauteur (H). Le tableau ci-dessous
propose des valeurs recommandées pour les pentes des talus dans les projets de barrage.

Pentes des talus


Hauteur de la
Type de digue Amont Aval
digue
H/V H/V
Barrage homogène 2,5/1 2/1
3 à 5m Barrage hétérogène à
2/1 2/1
zone
Digue homogène 2/1 2/1
5 à 10m Fort pourcentage d'argile 2/1 2/1
Hétérogène à zone 2,5/1 2/1
Barrage homogène 2,5/1 2/1
10 à 20m Fort pourcentage d'argile 3/1 2,5/1
Hétérogène à zone 2,5/1 2,5/1
Barrage homogène 3/1 2,5/1
H>20m Fort pourcentage d'argile 3,5/1 2,5/1
Hétérogène à zone 3/1 3/1

III) Protection des talus


On protège le talus amont contre l’érosion hydrique et le talus aval contre l’ensoleillement. Des
protections sont envisagées sur les talus amont et aval afin de garantir la pérennité de
l’ouvrage.

1) Protection du talus amont

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La protection du talus amont a pour rôle essentiel de protéger le corps de la digue contre
l’érosion hydrique due à l’action des vagues. Cette protection peut s’effectuer par une couche
de remblai latéritique de 10 à 20cm d’épaisseur ou à l’aide d’une membrane géotextile. La
membrane géotextile empêche la migration des particules fines du corps de la digue vers la
cuvette du barrage. Une protection en perré sec ou en rip-rap est en outre recommandée sur la
couche de pose ou la membrane géotextile pour assurer une meilleure pérennité du talus
amont vis-à-vis des agressions hydriques.
La protection en rip-rap est généralement recommandée sur les grands barrages.
L’utilisation du perré sec nécessite parfois la mise en place de boutisses intermédiaires afin de
palier au glissement du perré le long du talus amont.
Le talus amont est généralement protégé en perré maçonné au voisinage du seuil pour tenir
compte du comportement hydraulique de la cuvette lors du déversement (zone de turbulence
ou de perturbation).
(Schéma).

7.1 INTRODUCTION
Il se présente parfois des situations de cours d’eau naturels ou de canaux où il est
impossible de construire
ou d’aménager en respectant les critères de stabilité précédemment définis. Lorsque le sol
ne
permet pas des conditions suffisamment stables, il faut rendre le cours d’eau et les
structures résistants

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à l’érosion en les protégeant.
L’utilisation de cailloux, de roches et plus récemment de roc concassé s’estmontré une
solution intéressante
pour protéger les cours d’eau et les canaux de l’érosion et réaliser certaines structures
hydrauliques. Les roches et les cailloux sont desmatériaux souvent disponibles et
accessibles près de
plusieurs chantiers. Pour être efficace, leur utilisation dans des projets d’hydraulique
nécessite une
bonne connaissance de leurs propriétés et des lois de l’hydraulique.
Les roches, les cailloux ou la pierre concassée peuvent être utilisés pour protéger le fond
des cours
d’eau, leurs talus et construire des barrages et des seuils dissipateurs d’énergie.
7.2 DIMENSIONS ET ANGLE DE REPOS
Les cailloux et les roches peuvent être de différentes formes : sphérique, arrondie,
cubique, angulaire
ou allongée.
La dimension des petits cailloux est généralement déterminée par tamisage. Les tamis
sont constitués
de mailles carrées et la dimension des cailloux tamisée est définie comme la largeur de
l’ouverture
entre les mailles au travers duquel la roche ou le cailloux passe pour être retenue sur le
tamis aux
mailles de plus petites dimensions. Pour un cailloux arrondi ou sphérique, la dimension
des mailles
du tamis sera plus grande que la dimension moyenne. Pour les cailloux de forme allongée,
la plus
petite section du cailloux passera dans l’ouverture des mailles du tamis de sorte que la
dimension
moyenne sera près de l’ouverture des mailles du tamis.
86
L’ENROCHEMENT DES TALUS ET DU FOND
Pour la stabilité des roches dans les structures hydrauliques, Stephenson (1979)
considère que c’est la
surface exposée à l’écoulement qui est importante. La plus grande face est souvent la
plus critique et
la plus petite dimension de cette face contrôle la stabilité.
L’angle de repos des pierres et des cailloux dépend de leur grosseur et de leur angularité
comme le
montre la figure 7.1.
Figure 7.1 Angle de repos du matériel granulaire (d’après, Simons, 1961).
26
28
30
32
34
36
38
40
42
44

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46
1,00 10,00 100,00 1000,00
Roc concassé
Arrondies
Angulaires
Diamètre des particules (mm)
Angle de repos (θ )
1:1
1,25:1
1,5:1
1,75:1
2:1
Pente
7.3 L’ENROCHEMENT DES TALUS ET DU FOND
Lorsque la vitesse d’écoulement est supérieure aumaximumacceptable pour le type de sol
rencontré,
le cours d’eau peut être protégé en recouvrant le périmètremouillé dematériaux pouvant
résister aux
vitesses rencontrées. En général, la pierre et les roches sont utilisées.
L’analyse de la stabilité d’une particule (grain de sable ou caillou) sur un talus ou dans le
fond d’un
canal est analysé en détails par Julien (2002).
Plusieurs organisations et auteurs ont proposé différentes méthodes ou équations pour
déterminer la
grosseur minimale des roches ou des pierres à être utilisée pour réaliser des canaux ou
cours d’eau
stable aux forces érosives. Prakash (2004) présente une revue exhaustive des différentes
équations
qui ont été proposées. Escarameia (1998) et FHWA(2005) sont deux publications récentes
traitant de
la protection des cours d’eau et présentes différentes approches dont celle de
l’enrochement (riprap).
Dans la pratique, la dimensionminimale des roches ou cailloux est déterminée par
différentesméthodes
et la valeur de design est choisie en portant un jugement parmi les différentes valeurs
calculées.
Les principales équations utilisées sont présentées dans cette section et elles sont
regroupées selon
deux approches.
87 ENROCHEMENT
7.3.1 Approches non basées sur la turbulence
La méthode de Maynord (Maynord et al., 1989) estime la dimension des roches et des
cailloux par
l’équation suivante :
[7.1]
d30
D = 0, 30 SF

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(γ −γ)_
s 0,5
V
gD_

2,5
d30 = diamètre des roches dont 30 % sont de diamètre inférieur (m)
D = profondeur moyenne de l’eau (m)
SF = facteur de sécurité utilisé
V = vitesse locale moyenne (m s--1)
g = accélération de la gravité (9,8 m s--2)
γ = masse spécifique de l’eau (kg m--3)
γs = masse spécifique de la roche (kg m--3)
Le facteur de sécurité SF recommandée est 1,2. Lamasse spécifique de la roche
normalement utilisé
est de 2640 kg/m3. Pour des masses spécifiques de la roche de 2560 kg/m 3 et 2480
kg/m3, il est
recommandé de multiplier le d30 par un facteur de 1,06 et 1,114 respectivement.
La méthode No l du U.S. Army Corps of Engineers (USACE, 1994) propose l’équation
suivante :
[7.2]
d30
Da
= SF Cs Cv Ct


(γ −γ)_
s 0,5
V
_g Da K

2,5
K = facteur de correction pour la pente du talus = [1−_sin2 θ_
sin2 φ
]
θ = angle du talus par rapport à l’horizontale
ϕ = angle de repos des cailloux ou des roches
SF = facteur de sécurité (1.1 -- 1,5)

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Da = profondeur locale de l’écoulement
Cs = coefficient de stabilité
Cv = coefficient de distribution verticale de la vitesse
Ct = coefficient d’épaisseur
Pour la protection du lit d’un canal ou d’un cours d’eau, K = 1 puisque θ ≅ 0. Le coefficient
de stabilité
Cs est égal à 0,30 pour les pierres angulaires et 0,375 pour les pierres rondes. Le
coefficient de
distribution verticale de la vitesse Cv est égal à 1,0 pour les canaux droits et peut atteindre
1,283 dans
les courbes. Le coefficient d’épaisseurCt est égal à 1,0 lorsque l’épaisseur de
l’enrochement est égale
au d100.
88
L’ENROCHEMENT DES TALUS ET DU FOND
Le modèle de l’ASCE (Vanoni, 1977) calcule le d50 minimum :

d [7.3] 50 = _6 W 50

π γs _0,333
W [7.4] 50 = 0, 0232 Gs V6
_(Gs−1)3 cos3 θ_
W50 = poids des pierres (kg) pour un diamètre d50 des pierres
Gs = densité relative des pierres
Le modèle empirique du U.S. Bureau of Reclamation {Peterka, 1958) spécifie simplement
le d50 en
fonction de la vitesse moyenne dans le canal ou le cours d’eau :
d [7.5] 50 = 0, 043 V2.06
a
Va = vitesse moyenne dans le canal ou le cours d’eau (m s--1)
Pour permettre les comparaison entre les différents modèles, le d50 est estimé à 1,5 d30.
Pour des raisons de stabilité, il est recommandé d’utiliser des pierres de différentes
dimensions dans
l’enrochement de sorte que les plus petites pierres occupent les espaces vides entre les
plus grandes
pierres. Différentes répartitions de la grosseur des pierres sont recommandées par
différentes organisations
et le tableau 9.1 présente celle de Barfield et al. (1981).
Tableau 7.1 Répartitions de la grosseur des pierres (Barfield et al., 1981).
Dimension des pierres Pourcentage du poids total des pierres plus petites
2 d50 100
1,7 d50 85
1,0 d50 50
0,42 d50 15
0,10 d50 0
L’épaisseur de l’enrochement généralement recommandée est de 2 d50 ou de la
dimension de la plus
grande pierre.
7.3.2 Approche basée sur la turbulence

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La vitesse d’écoulement en un point donné d’un cours d’eau ou d’un canal n’est pas
constante et varie
localement. Ces variations locales sont d’autant plus grandes que l’écoulement est
turbulent, ce qui
est généralement le cas dans les cours d’eau. Ces variations de vitesse peuvent causer
des problèmes
d’érosion.
La turbulence est définie en terme de niveau ou d’intensité de turbulence (turbulence
intensity) et
représente la variation de vitesse par rapport à la vitessemoyenne.Comme la turbulence
est difficile à
89 ENROCHEMENT
mesurer, elle est souvent définie de façon qualitative. Desmesures effectuées en
Angleterre (Escarameia
et al., 1995) ont permis de quantifier les niveaux de turbulence (turbulence intensity)
présents
dans différents tronçons. Le niveau de turbulence a été défini comme le rapport de la
racine carrée des
vitesses au carré (root mean square) sur la vitesse moyenne. Les vitesses étaient
mesurées près du
fond, à une profondeur correspondant à 10%de la profondeur d’eau au--dessus du fond.
En l’absence
de mesures, Escarameia (1998) d’utiliser les données du tableau 7.2.
Tableau 7.2 Niveaux de turbulence (Escarameia, 1998).
Situation
Niveau de turbulence
Qualitatif Intensité (TI)
Cours d’eau ou tronçon droit et courbes
naturelles (R/W > 26)
Normal (faible) 0,12
Bordures des revêtements dans des tronçons
droits
Normal (élevé) 0,20
Piliers de ponts, caissons, brise--lames;
transitions
Moyen à élevé 0,35 -- 0,50
À l’aval de structures hydrauliques (déversoirs,
ponceaux, bassins de dissipation)
Très élevé 0,60
L’équation de Escarameia etMay (1992) qui a été développée à partir d’essais en
laboratoire utilise le
concept de turbulence :
d50 = C [7.6]
V2b
2 g (γs _ γ−1)
d50 = diamètre des roches dont 50 % sont de diamètre inférieur (m)
g = accélération de la gravité (9,8 m s--2)
Vb =vitesse près du fond (à 10 % de l’épaisseur de l’eau au--dessus du fond
(m s--1)
C = coefficient intégrant l’intensité de la turbulence

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Le d50 est estimé du poids d’un cube _W50 _ γs1_3.
Pour l’enrochement, la valeur du coefficient “C” est estimée avec l’équation suivante qui
est valide
pour des TI > 0,05 et des pentes de talus inférieures 1:2 :
C = 12, 3 TI−0, 20 [7.7]
TI = intensité de la turbulence (tableau 7.2)
Pour des intensité de turbulence TI < 0,5, la vitesse au fond peut être estimée :
v [7.8] b = (−1, 48 TI+1, 04) V
90
PROTECTION DANS LES COURBE
Pour des intensité de turbulence TI > 0,5, la vitesse au fond peut être estimée par
l’équation approximative
suivante :
v [7.9] b = (−1, 48 TI+1, 36) V
L’équation [7.6] inclut un facteur de sécurité et elle estime alors de façon sécuritaire la
taille des pierres.
7.3.3 L’enrochement des talus des cours d’eau
L’équation [7.2] permet de calculer la grosseur des roches et cailloux pour la protection
des talus des
cours d’eau.Le facteurKpermet de tenir compte de la pente du talus par rapport à l’angle
de repos des
roches ou cailloux. Lorsque l’angle du talus se rapproche de l’angle de repos, la grosseur
des roches
doit être augmentée de façon importante car les roches deviennent plus instables.
L’équation [7.2] est valide pour les pentes de talus inférieure 2:1. Pour des pentes de
1,5:1, il est
recommandé de multiplier le d30 par un facteur de 1,3.
7.4 PROTECTION DANS LES COURBES
Les points sensibles dans les courbes (figures 4.8 à 4.10) doivent être protégés par un
enrochement
car les vitesses localisées sont fortement supérieures aux vitesses moyennes. La
correction à appliquer
aux vitessesmoyennes pour tenir compte de la concentration des vitesses près des talus
dans les
courbes a été présentée dans le document de l’USACE (USACE, 1991) et elle est
recommandée par
leUSDA--NRCS (2007). Laméthode est basée sur un grand nombre de cas observés en
laboratoire et
comparés avec les données de prototypes (Maynord, 1988). Laméthode est applicable
pour des pentes
de talus égales ou inférieures à 1,5:1. Cette méthode utilise la vitesse caractéristique Vss
sur la
pente des talus, vitessemoyenne locale qui est localisée à 20%de la pentemouillée au--
dessus du pied
du talus. Ce point a été déterminé comme étant la partie du talus qui fait face à la plus
grande vitesse.
L’accroissement de cette vitesse par rapport à la vitesse moyenne (Vss/Vmoy) est fonction
du rapport
du rayon de courbure de la ligne de centrale du cours d’eau dans la courbe sur la largeur
au miroir de

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 37 -


l’écoulement (R/W). La figure xx.1 présente les valeurs recommandées pour les cours
d’eau naturels
alors que la figure xx.2 présente le cas des canaux trapézoïdaux. Les données présentées
à la figure
xx.2 sont basées sur les calculs de modèles numériques décrits par Bernard (1993). Les
facteurs
affectant la distribution des vitesses sur les talus dans les courbes enrochées sont R/W,
l’angle de la
courbe et le rapport de la largeur au fond “b” sur la profondeur d’écoulement “y”. USDA--
NRCS
(2007) spécifie que les valeurs de Vmoy, R et W doivent être basées sur l’écoulement dans
le canal
principal et ne doivent pas inclure la pleine d’inondation.
91 ENROCHEMENT
Figure 7.2 Rapport de la vitesse à 20% du pied de la pente du talus sur la vitesse
moyenne
pour les canaux naturels (Source : USDA--NRCS, 2007).
0,8
1,0
1,2
1,4
1,6
2 4 10 20 40
R/W
Vss
Vmoy
Ces éléments ont été repris dans les études réalisées par les USACE (1994) traitant de la
protection
dans les courbes et les résultats sont inclus dans l’équation [7.2] par le coefficient de
distribution de
vitesse Cv. Ce dernier est définie de la façon suivante lorsque le R/W est inférieur à 26 :
Cv = 1, 283−0, 2 lg10 [7.10]
R
W
R = rayon de courbure de la ligne de talweg la courbe
W = largeur au miroir
Dépendant de la géométrie de la courbe, ce coefficient va typiquement accroître la taille
des pierres
jusqu’à 30% par rapport aux conditions d’un cours d’eau droit. Bien que ce coefficient aie
été développé
pour l’équation [7.2], Escarameia (1998) recommande de l’utiliser avec les autres
équations.
92
Figure 7.3 Rapport de la vitesse à 20% du pied de la pente du talus sur la vitesse
moyenne
pour les canaux trapézoïdaux (Source : USDA--NRCS, 2007). Les courbes sont
basées sur lemodèle STREMR(Bernard, 1993) pour desVmoy = 1,8m/s, n = 0,038
et y = 4,6 m.
1,0
1,1
1,2
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1,3
1,4
1,5
2 4 10 20 40
R/W
Vss
Vmoy
by
= 3, 3
1,0
1,1
1,2
1,3
1,4
2 4 10 20 40
R/W
Vss
Vmoy
by
= 6, 7
Angle de la courbe 120_
80_
40_
Angle de la courbe 120_
80_
40_
1,0
1,1
1,2
1,3
1,4
2 4 10 20 40
R/W
Vss
Vmoy
byAngle de la courbe 120_
_
10
80_
40_
93
7.5 ENROCHEMENT DE PENTES FORTES
Dans le cas des cascades, des chutes enrochées, les seuils dissipateurs d’énergie et les
tronçons à très
fortes pentes, les équations précédentes ne peuvent être utilisées. Les deux équations
suivantes sont
proposées.
7.5.1 Équation de l’USACE
Dans le cas des canaux ou des cours d’eau à forte pentes (2 à 20%), les débits par unités
de largeur et

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l’épaisseur de l’écoulement sont généralement faibles et les vitesses d’écoulement sont
généralement
grandes. L’USACE (1994) recommande le modèle suivant :
d50 = 1, 95 [7.11]
K S0,555 q2_3
g1_3
K = facteur de concentration de l’écoulement, généralement 1,25
S = pente du lit (m/m)
q = débit par unité de largeur (m3 m--1 s--1)
7.5.2 Équation de Stephenson
Lemodèle développé par Stephenson (1979) permet de déterminer l’angle aval de
l’enrochement en
fonction du diamètre des pierres de l’enrochement, de l’angle de repos des pierres et du
débit unitaire.
Sonmodèle a été développé par l’analyse des conditions de déséquilibre. La détermination
du diamètre
des pierres requises se fait simultanément avec celle de l’angle aval de l’enrochement.
L’équation
obtenue est :
tan θ = [7.12]
0, 35 g2_3 _D85e

100002
q4_3 _ (γs_ γ−1) cos θ (tan_−tan θ) _5_3
θ = angle d’enrochement;
φ = angle de repos des pierres
g = constante gravitationnelle (9,815 m s--2);
D85e = diamètre pour lequel 85% des pierres de l’enrochement sont plus
petites (mm);
q = débit unitaire (m3 s--1 m--1).
Cette équation étant implicite, elle doit être résolue par itération. Les figures 7.4 à 7.9
permettent de
simplifier ces calculs. Ces fleuresmontrent la variation de l’angle aval de l’enrochement en
fonction
du diamètre des pierres pour des débits spécifiques variant de 0,25m 3/s à 3,0m3/s et pour
des angles
de repos des pierres de 38°,--40° et 42°. La densité des pierres a été choisie égale à γs =
2,7.
94
Figure 7.4 Diamètre des pierres de l’enrochement (D85e) en fonction de l’angle aval
d’enrochement et du débit spécifique (0,25 < q < 1,00 m 3/s--m) pour un
angle au repos de 38°.
Figure 7.5 Diamètre des pierres de l’enrochement (D85e) en fonction de l’angle aval
d’enrochement et du débit spécifique (1,00 < q < 3,00 m 3/s--m) pour un
angle au repos de 38°.
95
Figure 7.6 Diamètre des pierres de l’enrochement (D85e) en fonction de l’angle
aval d’enrochement et du débit spécifique (0,25 < q < 1,00 m 3/s--m)

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 40 -


pour un angle au repos de 40°.
Figure 7.7 Diamètre des pierres de l’enrochement (D85e) en fonction de l’angle
aval d’enrochement et du débit spécifique (1,00 <q <3,00m 3/s) pour
un angle au repos de 40°.
96
Figure 7.8Diamètre des pierres de l’enrochement (D85e) en fonction de l’angle aval
d’enrochement et du débit spécifique (0,25 < q < 1,00m 3/s--m) pour un
angle au repos de 42°.
Figure 7.9 Diamètre des pierres de l’enrochement (D85e) en fonction de l’angle aval
d’enrochement et du débit spécifique (1,00 < q < 3,00 m3/s--m) pour un
angle au repos de 42°.

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Un barrage est un ouvrage artificiel qui coupe un cours d’eau. Pour bien jouer son rôle il
doit résister à la poussée de l’eau, être pourvu d'un déversoir qui laisse passer l'eau que la
retenue ne peut stocker, en particulier celle des crues, être équipé d'une vidange de fond,
qui permet de vider la retenue et doit comporter une ou des prises d'eau qui servent à
assurer la fonction pour laquelle il a été conçu. Pourquoi construit-on un barrage?
Un barrage permet de stocker, de façon économique, un grand volume d’eau, qui peut
être employée pour : l’irrigation des terres cultivées, l’alimentation en eau potable des
collectivités, l’abreuvement des animaux, la réduction des débits maximaux des crues, le
stockage de l'eau pour la production d'énergie électrique, l’élevage des poissons,
l’utilisation touristique et sportive d'un plan d'eau.

pompage des
matériaux par l’action des vagues),

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 42 -


la hauteur des vagues provoquées par les vents dans la
retenue dépend de
la vitesse du vent, de al durée du vent, du fetch (longueur
du plan d’eau
exposée au vent), de la profondeur de l’eau et de la largeur
du plan d’eau.
la hauteur des vagues à l’approche du talus amont de la
digue du barrage
est diminuée du fait de l’augmentation de la profondeur
et/ou du fait du
rétrécissement en largeur du plan d’eau.
En ce qui concerne le contact des vagues avec le talus
amont du barrage,
l’effet des vagues est influencé par l’angle d’incidence, la
pente du talus
amont, la texture de la surface du talus.

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 43 -


• Ne pas être submergé par une crue,
• Les infiltrations ne doivent pas provoquer d’érosion interne
(Renards),
• Les talus doivent avoir une pente telle qu’ils ne glissent
pas.

Barrages en terre
Principales catégories
Deux catégories principales :
• Ouvrages en terre homogène compactée et
imperméable, descendant
des ouvrages anciens,
• Ouvrages zonés dont la conception plus moderne
sépare les fonctions
principales (étanchéité, stabilité, drainage ou filtration)
dans des
matériaux distincts

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 44 -


Situation des barrages en terre au
Burkina Faso
• Le Burkina Faso a fait beaucoup d’efforts en matière de
petite hydraulique;
les premiers barrages datent néanmoins des années 20 et
une centaine
était réalisée en 1960
• Ils ont des dimensions très variables de quelques dizaines
de milliers de
m3 à des millions. Ils servent à l’approvisionnement en eau
des populations
et du bétail, mais aussi pour l’agriculture depuis les années
70.
• Les constructeurs sont l’Etat et ses démembrements
comme la Direction
Générale des Ressources en Eau (DGRE), l’ONEA, les
Services du Génie
Rural et de l’Hydraulique, les sociétés para-publiques ; mais
aussi les
ONGs et les missionnaires.
C’est une réussite avec environ 1400 ouvrages :
• Les conditions géologiques sont plutôt favorables : la
disponibilité en
matériaux latéritiques favorise la mise en place des remblais
et des
protections. 39
Hauteur
[m]
Volume stocké
[million m3]
Kompienga 50 2 050
9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 45 -
• Mais surtout, la présence du socle précambrien sur
la quasi totalité
du territoire du Plateau Central condamne
l’approvisionnement en
eau de nappe.
• Les eaux de surface constituent alors fréquemment
la seule
ressource facilement utilisable.

Étapes d’un projet « Barrage »


L’étude d’un projet « Barrage » se décompose en :
– Choix d’un site
– Etude des besoins,
– Etude de la retenue,
9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 46 -
– Etude des crues et de leur évacuation
– Etude des fondations au niveau de l’axe de
l’ouvrage
– Etude de la digue et de ses protections
– Mode de gestion et d’entretien
– Principes de suivi

Solutions Avantages Inconvénients


Barrage − Stockage d’un volume d’eau plus
important en général
− Permet de conserver un volume
d’eau qui sinon aurait ruisselé
− Facilité d’exploitation de l’eau
stockée (écoulement gravitaire et
accessible à beaucoup de gens à
la fois)
− Réalimentation possibles des
nappes environnantes et proches
− Ouvrage anti-érosif
− Très onéreux
− Sites favorables peu nombreux
− Eau stockée fréquemment polluée
− Forte évaporation de l’eau stockée
− Entretien difficile et complexe (difficulté
d’organiser les utilisateurs en syndicat
capable d’assurer l’entretien courant,
nécessité de disposer parfois des moyens
d’intervention hors de la portée des riverains
et des autres utilisateurs)
− Très gourmande en occupation de l’espace,
− Autorise plusieurs activités socioéconomiques
− Peut permettre de désenclaver
des localités (barrage – route)
donc très sensible aux problèmes fonciers

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 47 -


(expropriation des propriétaires terriens,
ouvrage parfois à cheval entre plusieurs
collectivités villageoises d’où des difficultés
de planification de la gestion de la
ressource…)
− Développement des maladies d’origine
hydrique (paludisme schistosomiase,
dracunculose, etc..)
− Envasement progressif de la cuvette
− Menace la sécurité des personnes et des
biens en cas de rupture

Critères de choix d’un barrage


Morphologie du thalweg et qualité de la fondation
• Morphologie du thalweg :
– La topographie d’un site influe sur le choix de l’ouvrage;
– Les barrages en béton sont réservés pour les vallées
étroites;
– En zone soudano-sahélienne, les reliefs de plaine ou de
plateau, où les
vallées sont très peu marquées, imposent le choix d’un
barrage en terre.
• Qualité de la fondation :
– Fondations rocheuses saines pour les ouvrages rigides;
– Les barrages en remblai acceptent de petites
déformations;
– La fondation commande aussi le dispositif d’étanchéité à
prévoir.

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 48 -


121
Disponibilité en matériaux
• Selon les types d’ouvrages, il faut s’assurer de la
disponibilité en quantité et en
qualité des matériaux.
• Barrage en terre : bonne disponibilité de matériau de
bonne qualité
mécanique, sinon barrage à zone ou à masque amont ;
matériaux pour la
protection et pour drains et filtre.
Critères de choix d’un barrage
• Barrage mixte : prévoir en plus des enrochements de
bonne qualité.
• Barrage en enrochements : disponibilité des enrochements
et de matériaux
pour assurer l’étanchéité.
• Barrage en béton ou maçonnerie : sables et agrégats,
ciment, enrochements
de bonne qualité (maçonnerie).
122
Critères de choix d’un barrage
Critères hydrauliques
• Les barrages en béton ou en maçonnerie offrent de
meilleures garanties
de sécurité vis à vis des incertitudes de l’hydrologie.
• Sans aménagement un barrage en terre ne supporte pas
un débordement
par dessus la crête. Il est néanmoins possible de
l’aménager pour qu’il
soit entièrement déversant (utilisation de gabions,
revêtement de la
digue…).
123

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 49 -


Critères de choix d’un barrage
Critères socio-économiques
• Une main d’oeuvre abondante est nécessaire pour
les ouvrages
en maçonnerie ou en gabions. C’est intéressant en
terme
d’appropriation.
• Il est indispensable de s’adapter au contexte du
projet pour
rechercher un type d’ouvrage en rapport avec
l’utilisation prévue et
ne pas uniquement aborder des considérations
d’ordre technique
(particulièrement au niveau des ouvrages annexes).
• L’entretien de l’ouvrage est à prendre en compte. On
recherchera
de préférence des ouvrages simples ayant une bonne
longévité et
un entretien limité surtout si le site est isolé.

CHAPITRE 3
ETUDE DE LA RETENUE
125
3.1. Evaluation des besoins

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 50 -


3.1.1- Besoins agricoles
3.1.2- Alimentation en eau potable
3.1.3- Abreuvement du bétail
3.2. Estimation des pertes
3.2.1- Infiltration dans la cuvette
3.1.2- Moyens de lutte contre les infiltrations dans les
cuvettes
de petites dimensions
3.1.3- Moyens de lutte contre les infiltrations dans les
ouvrages
importants
3.1.4- pertes par évaporation
3.1.5- Pertes par dépôts solides
3.3. Répartition des tranches d'eau dans la
retenue
3.4. Courbes Hauteurs – volumes – surfaces
3.5. Courbe d’exploitation de la retenue
126
3.1. Évaluation des besoins
• La construction d’un barrage répond à l’objectif de
constituer une réserve d’eau
pour satisfaire plusieurs besoins en eau.
• Si dans certains cas, comme pour les besoins industriels
par exemple, les
besoins en eau sont bien quantifiés, dans le cas de
l’alimentation humaine, du
bétail ou l’agriculture, ils méritent une évaluation qui n’est
pas toujours aisée.
• Les principes d’évaluation suivants sont proposés.
1. Besoins agricoles

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 51 -


• L’agriculture autour des barrages concerne la mise en
valeur du pourtour de la
cuvette et l’irrigation des plaines par gravité ou par
pompage.
• L’évaluation des besoins en eau des cultures tient compte
de la surface, de
l’infiltration et de l’ETP.
• Calcul de l’ETP : la formule de PENMAN semble être la
plus adaptée pour
l’Afrique de l’Ouest et Centrale ; on lit les valeurs
mensuelles de l’ETP
directement sur les atlas du CILSS et du CIEH. 127
Évaluation des besoins
Atlas pour le calcul de l’ETP
128
Évaluation des besoins
2. Besoins pour l’alimentation en eau potable
Les barrages ne sont pas les ouvrages les plus
économiques pour alimenter
les zones rurales en eau de boisson.
• On retient généralement les chiffres suivants :
– Centres urbains 150 l/jour/habitant
– Centres secondaires 70 l/jour/habitant
– Centres ruraux 40 l/jour/habitant
15 l/jour/habitant est un minimum en zone rurale
• Actualisation de la population :
– Popa+n = Popa (1 + )n
Considérer la population située dans un rayon de 5 km
autour du barrage.
129
Évaluation des besoins
3. Abreuvement du bétail

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 52 -


• On retient généralement les chiffres suivants :
– Bovins ou UBT 30 à 40 l/ jour
– Petits ruminants 5 l/ jour
– Chameaux 100 l/ 5 jours
(1 UBT = 1 boeuf = 5 petits ruminants)
• Il est difficile de quantifier les animaux concernés surtout
en zone de
transhumance: Un animal s’abreuve à une retenue s’il
pâture à moins de
10km, soit 30 000 ha et 6000 UBT (densité = 1 tête pour 4
à 6 ha en zone
sahélienne).
• Il est nécessaire d’aménager les points d’abreuvement.
130
3.2. Estimation des pertes
• Pour concevoir et gérer correctement une retenue, il faut
aussi tenir
compte des diverses pertes d’eau inhérentes au site même.
• Il s’agit principalement des pertes par infiltration, par
évaporation et
également les pertes de capacité de la cuvette à la suite
des dépôts
solides.
• Contrairement aux besoins qui s’expriment en volume, les
pertes
correspondent généralement à des hauteurs d’eau.
131
Estimation des pertes
Infiltration dans la cuvette
• Sauf à rechercher l’alimentation de la nappe, on s’assure
de la bonne
imperméabilité de la cuvette (épaisseur minimale de
matériaux imperméables

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 53 -


de 0,5m avec une perméabilité < 10-4 cm/s).
• L’infiltration diminue normalement avec le temps au fur et
à mesure du dépôt
des argiles colloïdales.
• Il faut faire attention aux perméabilités en grand : passées
sableuses
affleurantes ou cuirasses latéritiques.
• Les pertes sont souvent difficiles à quantifier, voir à juguler
par traitement ;
mais elles peuvent être économiquement acceptables si
elles ne mettent pas
en danger l ’ouvrage.
• Valeurs usuelles = 1 à 3 mm/j en moyenne ou 10% de la
hauteur utile de la
retenue en phase d'avant-projet. 132
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette
Cas d’un sol perméable en fond de cuvette sur une certaine
épaisseur
(facile à détecter) :
Plan d’eau
133
Couche perméable
Couche imperméable
Massif perméabilité Kr

Estimation des pertes


Quelques cas d’infiltration dans la cuvette
Cas d’un affleurement d’une zone sableuse quelque part
dans la
cuvette et qui communique avec l’aval
Plan d’eau
134
Zone de grande perméabilité supérieure à kfondation
Massif perméabilité kr
kfondation

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 54 -


Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette
Cas d’un affleurement de la cuirasse quelque part dans la
cuvette
135
Moyens de lutte contre les infiltrations dans les
cuvettes de petites
dimensions
• Si matériau de la cuvette a une granulométrie étendue
avec au mini 3 à
4% de fines (< 0.05 mm), on peut scarifier le fond de la
cuvette et
compacter correctement (avec ajout d'eau).
• Si matériau de la cuvette ne contient pas assez d'éléments
fins ou si on
veut recouvrir une zone sableuse ou latéritique, on peut
répandre et
compacter de l'argile sur environ 50 cm de profondeur.
• Apport de «sol-ciment»: coûteux et problème de dosage.
• Apport de bentonite (argile spéciale): problème de coût et
dispositions
constructives.
• Recouvrement de la surface de la cuvette avec du film
plastique très fin
(1/10 mm) : problème de coût et dispositions constructives.
• Émulsion de bitume depuis la surface de l'eau pour
colmater les fissures
du fond de la cuvette.
136
Moyens de lutte contre les infiltrations dans les
ouvrages importants
Solutions de tapissage du fond de la cuvette
impossibles
9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 55 -
Tapis amont
Avec p la réduction de débit de fuite
e [m] = 0,6 + x/100
L – l = l * (1/p – 1)
e [m] = x * [(L – l)/E] * K’/K
ou
137
Parafouilles : écran étanche dans la fondation
Mur en béton/paroi moulée Rideau de
palplanches
(lames métalliques 30 à 50 cm d'épaisseur)
138

Caractéristiques des
palplanches
Lames métalliques de très grandes
longueurs et e 30 à 50 cm
de large enfoncées par battage et reliées les
unes aux autres
par un système d’accrochage. Elles sont
battues jusqu’au
refus et n’exigent pas de fouille préalable.
H= hauteur
I = moment quadratique par
rapport xx’
2I/H = module de résistance
139

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 56 -


Caractéristiques des différents
profils de
palplanches de type courant
140
Injections: Roches fissurées ou couches successives
plus ou moins
perméables de grande profondeur.
• Argile (petites fissures), Argile-ciment (moyenne fissures),
sable-argileciment
(fissures importantes)
141
Estimation des pertes
Evaporation
• Les pertes par évaporation sont liées à
la surface du plan d ’eau (donc
exprimées en mm) et dépendent de :
– La durée de l ’ensoleillement,
– l ’exposition au vent,
Evaporomètre de PICHE
– le déficit de saturation de l ’air,
– la présence de végétation aquatique,
– la profondeur de la retenue.
• Les formules donnent des résultats
incertains, on préfère se servir de
données obtenues à l ’évaporomètre ou
au bac « Classe A ». 142
Estimation des pertes
Evaporation
• Utilisation du bac d’évaporation
« Classe A »

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 57 -


– Il faut appliquer un coefficient
correcteur,
– Il varie de 0,5 à 0,68 en conditions
sahélienne et tropicale sèche,
Bac d ’évaporation
« Classe A »
– Il varie de 0,70 à 0,80 en régime
tropical.
• POUYAUD propose la formule :
Elac = 1,664 Ebac avec r = 0,93
143
Estimation des pertes
Dépôts solides
Mécanisme de sédimentation dans un barrage
144
Conséquences
• Conséquences socio-économiques
- diminution de la capacité de la retenue → baisse de la
production d'énergie
électrique.
- diminution des volumes d’eau stockée → pénuries d’eau,
baisse des
rendements agricoles
- dépôts dans les canaux ou conduites d'alimentation en
eau ;
- obstruction des injecteurs d'irrigation par aspersion ou
localisée ;
- apparition de taches quasi indélébiles sur les fruits qui sont
ainsi dépréciés ;
- colmatage des échangeurs thermiques dans l'industrie ;
- perturbation du fonctionnement des stations de traitement
des eaux urbaines
9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 58 -
ou industrielles notamment lorsque les sédiments sont
chargés en matières
organiques ou en résidus toxiques.
- développement de la végétation aquatique → impact sur le
tourisme et
développement de maladies (paludisme, onchocercose)
- surélévation du plan d'eau et inondations en amont
145
• Conséquences techniques
Dans le réservoir
- remontée du plan d'eau érosion des berges
- blocage, par consolidation des dépôts, des organes
profonds d'évacuation
(vidange de fond, vannes, etc... ).
- poussées dues aux dépôts solides diminution de la
stabilité des
barrages.
En Amont
La formation d'un delta dépôts dans le lit de la rivière qui
gêne la
navigation, et un exhaussement du niveau de l'eau et une
divagation du lit de
la rivière
En aval
L'eau ayant déposé ses matériaux dans le réservoir, sa
compétence
augmente et donc son pouvoir d'érosivité. Cela provoque
une érosion du pied
aval de l'ouvrage et le sapement des berges
146
Mesures
nasses ou pièges à sable : imprécise et ponctuelle

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 59 -


fosse à sédiments : fiable mais "lourde" à mettre en
place
marquage des sédiments : peu fiable car sédiments
difficiles à retrouver dans
la retenue après une crue ou saison (effacement, usure,
etc..).
prélèvement en rivière par des bouteilles spéciales :
ponctuelle et difficile à
mettre en oeuvre sur le moyen et long terme.
Néphélométrie : procédé optique de détection des
"nuages" de sédiments.
Utilisation limitée et onéreuse.
datation des sédiments : convient bien à l'envasement
historique et pas à
l'envasement actuel des retenues.
Télédétection : élaboration de la topographie de la
cuvette à partir de photos
aériennes et d'images satellites. Très onéreuse.
levés topographiques : mesures topo et/ou
bathymétriques, profils en travers
ou courbes de niveau.
sondages : carottage ou pénétrométrie suivant un
maillage. Fastidieuse et
moins précise.
147
Formules
Formule de FOURNIER
Formule de COLLET
V : volume annuel du charriage en m3
Q = débit moyen naturel en m3/s
V 523*Q * I
148
I = pente longitudinale du B V en millièmes

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 60 -


Formule de MEYER-PETER
Formule de ENGELUNG HANSEN
Formule de WISCHMEIER et SMITH
Formules
Formule de GOTTSCHALK (USA)
D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)
S : superficie du bassin versant (km²)
Formule de EIER - CIEH ( GRESILLON )
D 260 *S 0,1 et V D* S
149
D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)
P : pluviométrie moyenne annuelle en mm
S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)
S et V D S
P
D**
100
700* 0,1
2,2







Les moyens de lutte


Il n’existe pas de technique capable de
réduire
9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 61 -
considérablement les dépôts solides
ruisselés.
• Localiser les dépôts et les évacuer
périodiquement
(pour les petits ouvrages).
• Réduire le seuil de vitesse par
modification de pente
• Pour les petits bassins versants,
stabiliser les pentes
au moyen de reboisement et en des
cultures
appropriées (terrasses).
• Diguette en gabions pour stocker les
dépôts en tête
de cuvette. 150
Lutte contre les dépôts
solides
Diguette en gabions en tête de cuvette
151
Les moyens de lutte
Avant l’envasement
• La conservation des eaux et des sols (CES)
• Les barrages de décantation
• Le court-circuitage du barrage
Pendant l’envasement
• La constitution d’une tranche morte

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 62 -


• La surélévation du barrage
• La force vive des crues
Après l’envasement
– Le soutirage - Le dragage
– Le siphonage - La chasse à retenue vide
– Le décapage
152
N. B. :
Il n’existe pas en réalité de méthode radicale de lutte contre
l’envasement.
Toutes les méthodes ci-dessus utilisées ne font que retarder
l’échéance de
la sédimentation. Les dépôts retirés des barrages posent un
problème de
stockage et de nos jours, plusieurs solutions sont mises en
oeuvre :
– formation de plages "naturelles" d'épandage dans les
bassins limités
par des gabions
– utilisation des dépôts pour l'enrichissement en fines des
terres
cultivables
– confection de briques pour la construction
– etc…
153
Mesure des dépôts solides à l'échelle de quelques
retenues au
Burkina
Barrages
Surfac
e [km2]
Période
d’étude
Organisme

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 63 -


Pluie
moyenne
annuelle
[mm]
Dégradation spécifique
m3/km2/an
t/ha/an
(densité de
1,2)
Volta
Blanche
30 200 1977 ORSTOM 625 6,2 0,07
Kompienga 5 800 1980 EIER 905 53 0,67
Samboendi 148 64-80 EIER 724 260 3,1
Boulbi 102 60-83 MIETTON 850 75 0,95
Gouinré 151 68-96 KARAMBIRI 619 292 3,5
Thiou 328 81-89 KARAMBIRI 619 57 0,68
154
Répartition des tranches d'eau dans la
retenue
155
155
Volume de la retenue – courbes Hauteurs
– volumes -
surfaces
A partir des cartes topo du site au 1/2000 ou au
1/5000 avec des
courbes de niveau mètre par mètre, on opère au
planimétrage des
surfaces des différentes courbes de niveau en se
refermant sur l’axe du
barrage.
Les résultats obtenus permettent d’évaluer;

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 64 -


- le volume maximum de la retenue
- les relations hauteurs volumes de la retenue
On peut établir ainsi le rapport entre le volume de la
réserve et la
hauteur de la digue pour différentes hauteurs
possibles et différents
sites possibles. 156
Volume de la retenue – courbes Hauteurs
– volumes -
surfaces
Méthode de calcul des volumes d’eau stockés
• Méthode rapide ; assimilé à un cône de hauteur H1 et de
surface S1
• Méthode plus rigoureuse : les surfaces S1, S2, S3, … Sn
des plans d’eau
correspondants aux courbes de niveau distantes d’une
hauteur h. En partant
du fond on pourra calculer les volumes d’eau de chaque
tranche.
Vn, n1 = [(Sn + Sn+1 )/2] * h
On établit un tableau qui donne la relation hauteur – volume
nécessaire pour
une utilisation dans le temps (retenue)
157
Calcul du volume de la retenue
h
SS
V nn
nn*

2
9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 65 -
1
,1




S4
S3
S2
S1
Cotes Surface Hauteur Surf. moy. Volume
élémentaire
Volume cumulé
Cote fond 0 0 0 0 0
Cote fond + h S1 h S1 / 2 (S1 / 2) * h = V1 V1
Cote fond + 2h S2 h (S1 + S2)/ 2 (S1 + S2) * h/2 = V2 V1+V2
Cote fond + 3h S3 h (S2 + S3)/ 2 (S2 + S3) *h/2 = V3 V1+V2+V3
Cote fond + nh Sn h (Sn-1 + Sn)/ 2 (Sn-1 + Sn) *h/2 = Vn 
i
Vi
158
Courbes Hauteurs-Volumes et Hauteurs-
Surfaces
159
Courbe d’utilisation de la retenue
• On la trace pour vérifier l’adéquation de la capacité de la
retenue avec les
besoins en eau. Elle permet d'optimiser la gestion de la
retenue et le choix
des spéculations culturales.
Cote de déversement
160
Étude des apports – Étude hydrologique –
prédétermination de la crue de projet
(PM, voir cours d'hydrologie)

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 66 -


FAO, 1996. Crues et apports. Manuel pour l’estimation
des crues décennales
et des apports annuels pour les petits bassins versants
non jaugés de
l’Afrique sahélienne et tropicale sèche. Bulletin n°54,
Rome, 244 p.
Disponible sur :
http://www.fao.org/docrep/W2570F/W2570F00.htm
< 5 5 à 30 30 à 100 100 à 700 > 700
Période de retour
(années) 100 500 1 000 5 000 10 000
H: hauteur du barrage (m),
V : volume de la retenue (hm3), d’après G. DEGOUTTE, 1997

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 67 -


CHAPITRE III : ETUDES D’IMPACTS ENVIRONNEMENTALES ET
SOCIALES
Les aspects environnementaux et sociaux sont devenus une partie intégrante de tout
projet. Avant la conception de tout projet il est primordial de faire des études d’impacts
environnementales et sociales pour connaitre les effets de ce projet sur la nature et les
êtres vivants afin de prendre des mesures appropriées pour les atténuer.

I) ETUDES D’IMPACTS SOCIALES


Tout projet de construction lors de son exécution ou lors de son exploitation aura des
impacts positifs ou négatifs.

En matière d’impacts positifs on peut noter :

 la création des emplois : en effet bien que l’entreprise ait déjà de la main d’œuvre,
elle aura besoin d’employer de la main d’œuvre locale surtout en début de travaux
pour l’exécution des fouilles et d’autres travaux de manœuvre ;
 en outre naîtra l’opportunité de création de petits commerces par les riverains où
viendront s’alimenter les ouvriers et les manœuvres pendant les temps de pause ;

9ème promotion GC/Année 2016-2017 Page - 68 -


 la création d’emplois après la construction autour du bâtiment comme l’exploitation
de l’immeuble à des fins de commerce, de bureaux et d’appartements surtout que
l’ouvrage se trouve dans la ville de Tenkodogo.
En matière d’impacts négatifs on signalera quelques inconvénients tels que :

 la santé publique où les impacts négatifs seront caractérisés par l’apparition des
maladies des yeux, des affections ORL et des maladies sexuellement
transmissibles liées essentiellement à la à la production continue de poussière, à
la pollution sonore créée par les engins de travail et à la propagation de maladies
sexuellement transmissibles par le contact entre les ouvriers et les populations
riveraines.
 la sécurité publique :
 ce sont surtout les ’accidents de travail sur les chantiers, l’occupation par
l‘ouvrage de certains espaces publics pour le stockage des approvisionnements
occasionnant ainsi une intensification du trafic à certains endroits et créant
parfois des embouteillages ;,
 on notera également un encombrement des engins au voisinage du chantier
occasionnant ainsi des déviations de voie, les sorties d’engins et de camions du
chantier créant des dépôts de terre et boue sur la voie publique en particulier
lors des phases de terrassement. , Ces dépôts sont source d’insécurité car ils
rendent la chaussée glissante.

II) ETUDES D’IMPACTS ENVIRONNEMENTALES


D’une manière générale, tout bâtiment engendre un impact sur notre environnement ; on
peut citer : l’épuisement des ressources servant de matériaux de construction, le
déracinement de certains arbres, l’extraction des carrières de granulats, avec plusieurs
tonnes d’émission de CO2 et une consommation considérable de pétrole. Le secteur du
génie civil est l’un des plus gros consommateurs d’énergie, source des rejets de CO2 qui
est très néfaste pour l’environnement.

III) MESURES D’ATTENUATION


Afin de satisfaire donc aux exigences environnementales pour un bâtiment durant toute sa phase
de vie, le spécialiste devrait maîtriser les impacts sur l’environnement extérieur en se référant aux
cibles ci- dessous :

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Eco-construction : relation harmonieuse des bâtiments avec leurs environnements immédiats,
choix intégré des procédés et produits de construction, chantiers à faibles nuisances.

Eco-Gestion : gestion d’énergie, de l’eau, des déchets d’activités, l’entretien et de la maintenance


visant à créer un environnement intérieur satisfaisant.

Confort : confort hygrothermique, acoustique, Confort visuel et olfactif.

Santé : qualité sanitaire des espaces, de l’air et de l’eau.

Aussi avant tout travail de terrassement, on doit au préalable arroser le lieu à terrasser,
limiter l’occupation des espaces publics pour le stockage des matériaux de construction.
Par ailleurs il faut sensibiliser les ouvriers sur les maladies sexuellement transmissibles en
leur distribuant de brochures qui parlent de ces maladies. De plus il faut être exigent en ce
qui concerne la sécurité au chantier. En effet tout ouvrier doit être en tenue de travail et
veiller au respect du code de la route sur le chantier en faisant attention là où passent les
engins et à placer suffisamment des panneaux de signalisation aux alentours du chantier Il
est fortement recommandé d’instituer une réunion chaque matin avec les ouvriers en leur
rappelant les règles de conduite au chantier.

CHAPITRE IV : REMARQUES ET RECOMMANDATIONS

I) REMARQUES ET DIFFICULTES RENCONTREES

1) Remarques
La présente partie consiste en une analyse et une critique des différents résultats obtenus
lors de l’étude. Ainsi, de façon globale, les différents aciers obtenus sont suffisamment
significatifs. Aussi, les différents calculs réalisés manuellement (Caquot, forfaitaire,…) ont
permis de s’approcher au mieux de la réalité. Cette décision a été prise dans le seul souci
d’éviter les problèmes de minimisation des aciers par endroits et maximisation dans
d’autres endroits causés généralement dans le cadre des calculs sur logiciels (Robot,
RDM6,…). Les effets du vent n’ont pas d’incidences fâcheuses sur le bâtiment (le poteau
central le plus chargé est plus sollicité que le poteau périphérique le plus chargé soumis
aux effets du vent). Le projet dans son ensemble est bénéfique sur quasiment tous les
plans.

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2) Difficultés rencontrées
Les difficultés majeures rencontrées sont le manque d’information pour le
dimensionnement manuel de certains éléments. Les calculs sont longs, fastidieux, moins
précis et majorés nous exposant ainsi à un risque de surdimensionnement.

II) RECOMMANDATIONS
Le rôle de l'ingénieur dans un projet de construction en bâtiment et travaux publics est
fondamental. Il doit concevoir et calculer les éléments de la structure de sorte qu'ils
puissent résister à toutes les sollicitations prévues et à présenter une durabilité
satisfaisante pendant toute la période d'exploitation. Pour cela, il lui faudra avoir une
bonne maîtrise des outils informatiques de dimensionnement, indispensable à l’étude d’un
projet de grande envergure. Aussi, la maitrise de ces outils permet de gagner du temps,
donne des résultats plus fiables et moins fastidieux. Au regard des dimensions de notre
ouvrage la réalisation d'un joint peut participer au bon fonctionnement de celui-ci. C'est
ainsi que nous réaliserons un joint permanent qui a pour rôle de réduire fortement voire de
supprimer les désordres dûs aux retraits, à la dilatation, aux tassements et aux ponts
phoniques.

CONCLUSION
Notre projet de fin de cycle dont le thème est axé sur la conception technique s’est révélée
être un sujet enrichissant. Dans un premier temps, nous nous sommes intéressés à la
phase technique. On retiendra du présent mémoire les résultats fondamentaux suivants :
deux types de planchers de 20 cm d’épaisseur chacun, dont des dalles pleines au
plancher haut du sous sol et celui du niveau technique et des corps creux pour les autres
niveaux. La réalisation d’une fondation superficielle en radier nervuré de même superficie
que le bâtiment. Un diamètre maximum de HA25 et un diamètre minimum HA6 au niveau
des armatures. Par ailleurs, les calculs réalisés manuellement sur l’ensemble des
éléments de la structure ont permis d’obtenir des ferraillages souvent théoriques mais le
choix définitif et les dispositions pour la réalisation des plans d’exécution ont été faits en
prenant en compte à la fois l’aspect financier, technique et réaliste. Dans un second
temps, nous avons estimé le coût global de l’ouvrage, établi une étude d’impact
environnementale et sociale puis faire des remarques et enfin apporter quelques

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recommandations. En somme la réalisation d'un bâtiment est généralement
l'aboutissement d'un long et complexe processus de planification de nature
multidisciplinaire. L'objectif majeur pour l'ingénieur est de concevoir une structure capable
de transmettre toutes les charges du bâtiment au bon sol. Pour terminer nous pouvons
dire que le dimensionnement est donc la tâche principale et indispensable dans toutes
réalisations d’ouvrage en génie civil et si celui-ci n’est respecté, le risque d’effondrement
de ces ouvrages sera fréquent.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
OUVRAGES :

MEMOIRES :

 Mémoire fraiche l’entreprise : O. D. Ismaël.


WEBOGRAPHIE :

 http/www.Google.com

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ANNEXES

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