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1.

Introduction
L’identification des sols se fait à l’aide d’essais simples de laboratoire. Ces essais
d’identification permettent non seulement de classer les sols mais aussi de cerner
leurs comportements mécaniques, qui donnent une idée sur les possibilités d’utili-
sation en construction de ces matériaux.
Que ce soit dans le domaine des travaux routiers ou dans l’industrie de fabrication
des matériaux de construction, la granulométrie des matériaux est la première spé-
cification qu’il faut respecter en matière de fourniture des granulats, d’emploi de
sol en remblai ou comme matière première pour la fabrication des blocs de terre
stabilisés ou non.
On doit réaliser des essais granulométriques qui utilisent le tamisage par voie
humide ou sèche des éléments de dimensions supérieures à 80μm et la
sédimentrée pour les éléments inférieurs.

2. But
L’analyse granulométrique par sédimentométrie permet de déterminer la distribu-
tion en poids des particules fines (de diamètre inférieur à 80u) d’un sol en fonction
de leurs dimensions donc elle complète l’analyse par tamisage.
La séparation par décantation consiste à déterminer les diamètres équivalents
des particules sphériques en fonction de leur vitesse de chute dans un environne-
ment visqueux afin d’obtenir le tracé d’une courbe Granulométrique pour des par-
ticules inférieur à 0,08mm.

3. Principe de l’essai
Dans un liquide au repos, des grains de diamètres différents sédimentent à des vi-
tesses différentes.
La sédimentométrie se base sur la loi de Stokes exprimant la relation entre la vi-
tesse-limite de sédimentation (v) et le diamètre (D) d'une particule solide sphérique.
En l’appliquant à des grains de forme quelconque, on n’obtiendra que des diamètres
équivalents

L'analyse granulométrique par sédimentométrie n'est donc applicable qu'aux


parti- cules plus petites que 60 𝜇m .D'autre part, les particules d'une certaine
grosseur peuvent entrainer mécaniquement dans leur chute des particules plus fines.
Cet effet perturbateur ne semble pas encore avoir été quantifié.
4. Appareillage
- Un densimètre gradué de 0 à 60 de forme torpille
- Une éprouvette graduée de 2 litres
- Un thermomètre de mercure 0-50 °C gradué en cinquièmes de degrés
- Un chronomètre
- Un agitateur mécanique à grande vitesse de rotation (de l’ordre de 11 000 tr/mn)
- Un agitateur manuel (tige avec disque en tôle)
- Défloculant (solution d’hexamétaphosphate de sodium à 5%)
-un mortier avec pilon muni d’une extrémité en caoutchouc
-une balance ,un tamis a maille carrée de 80 um d’ouverture ,un bac ,une étuve
-eau distillée ou déminéralisé

Le densimètre
Principe

Un densimètre sert à mesurer la densité relative d’un liquide, à savoir le rapport de


la densité du liquide sur la densité de l’eau. Sur un densimètre, la valeur de l’eau
distillée est 1.
Le principe de fonctionnement du densimètre est basé sur une loi de la physique: la
poussée d’Archimède. Selon cette dernière, tout corps plongé dans un liquide reçoit
une poussée vers le haut dont la force est égale au poids du volume du liquide dé-
placé.

L’instrument

Le densimètre est une fiole en verre qui possède un renflement ou une


bulle dans sa partie inférieure qui contient des grenailles de plomb. La
partie supérieure est étroite et contient l’échelle de graduation qui a
été réalisée et étalonnée pour une température précise.

Figure 1.Un densimètre


Influence de la température

La température influence la masse volumique de la solution. Pour une même con-


centration d’une solution, si la température est plus élevé, le densimètre s'enfon-
cera plus et faussera la mesure en la rendant plus faible qu'elle n'y est réellement.
Si la température est moins élevée, il va moins s’enfoncer, car le liquide devient plus
visqueux et la densité mesurée paraîtra ainsi plus haute que la réalité.
D’où la nécessité de faire les corrections qui s’imposent, parce que le densimètre a
été étalonné pour une température précise (généralement 20°C).

L’utilisation du densimètre -Conseils d'utilisation

• prendre un échantillon de solution d’une quantité suffisante pour remplir le con-


tenant de telle façon à permettre une lecture qui ne sera pas en plongée, mais bien
le plus près de l’horizontal possible;

• il doit bien flotter verticalement et ne pas coller aux parois.

• utiliser un densimètre bien nettoyé; des résidus sur le densimètre ajouteraient du


poids à celui-ci, qui s’enfoncerait plus dans la solution pour enfin sous-évaluer la
concentration;

• noter la lecture faite à la base du ménisque formé par le liquide autour du densi-
mètre (voir figure 2), mais dans une suspension qui n'est pas transparente, effectuer
cette lecture au sommet du ménisque et corriger la ensuite.


Figure 2.illustration de la prise de mesure sous le ménisque.

Le défloculant

La plupart des normes* ont adopté « l'hexamétaphosphate de sodium » comme


défloculant, à la suite des plusieurs travaux** qui ont montré que :

 ce composé assure la meilleure dispersion de pratiquement tous les sols (sauf,


peut-être, les sols latéritiques***) ;
 son effet défloculant est peu sensible à sa concentration, alors que la concentra-
tion optimale d’autres défloculants dépend du sol étudié

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Figure 3 Un chronomètre Figure 4 Un thermomètre de mercure 0-50 °C

Figure 6 Une éprouvette graduée Figure 5 Un agitateur mécanique

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5. Mode opératoire
1- Préparation de la prise d’essai

1) Prendre 80 g de matériau au cg près de la fraction inférieur à 0,1 mm qui a été


recueilli par tamisage à sec.
2) Introduire la prise d’essai dans la récipient utilisé avec l’agitateur mécanique ,puis
ajouter 500 cm3 d’un mélange constitué de 440 cm3 d’eau distillée ou déminéraliser
et 60 cm3 d’une solution a 5% d’hexamétaphosphate de sodium
3) Laisser reposer 15h minimum. Compte tenu du délai minimum de repos de
l’échantillon avant emploi, on utilisera pour la suite de la manipulation un échantil-
lon du matériau préparé à l’avance.
4) Le contenu du bécher ainsi traité est versé dans le récipient de l’agitateur méca-
nique en ajoutant 200 cm3 d’eau distillée.*
5) Procéder à l’agitation au mixer à très grande vitesse pendant 5 minutes (sépara-
tion des particules fines).
6) Verser, dans une éprouvette graduée de 2000 cm3, 300 cm3 environ d’eau. In-
troduire alors le matériau en suspension, après avoir lavé le récipient de l’agitateur,
compléter enfin à 2000 cm3 avec de l’eau.

2- Mesures densimétriques

Avant l’essai, le densimètre doit être nettoyé très délicatement et introduit dans
une éprouvette d’eau propre. La tige doit être bien propre pour que le ménisque
soit bien développé. (Nettoyer avec une très grande précaution pour éviter la casse).
1) Agiter vigoureusement à l’aide d’un agitateur manuel, pendant une minute envi-
ron, la suspension pour homogénéiser.
2) Dès que l’agitateur manuel est retiré, déclencher le chronomètre et introduire
lentement le densimètre dans la suspension en vue de la première lecture à 30 se-
condes et des lectures successives à 1 minute et deux minutes.

3) Après la troisième lecture, retirer le densimètre et prendre la température à


1/11e de degré près (replonger le densimètre dans l’éprouvette contenant l’eau).
4) Pour les lectures suivantes faites à 5, 11, 20, 40 ,80 minutes, 2, 4 et 24 heures,
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plonger lentement le densimètre 15 secondes avant la lecture et retirer aussitôt la
lecture faite. Prendre à chaque fois la température de la suspension.
_Toutes les normes prévoient une série de mesures effectuées immédiatement
après introduction du densimètre.
Dans la plupart de ces modes opératoires cette première série de mesures a lieu
après 30 s, 1-min, 2-min (et parfois 4 min) de sédimentation sans enlever le
densimètre de la suspension.
Le mode opératoire du Laboratoire Central des Ponts et Chaussées est le seul qui
permet dans tous les cas d'effectuer ces mesures, grâce à l'utilisation d'un
agitateur manuel.
_Toutes les normes, à l'exception du mode opératoire français, prescrivent que le
cylindre de sédi- mentation soit placé dans-un bain à température constante,
généralement 20°C. Cette condition, favorable à la précision et à la reproductibilité
des résultats, et qui évite des corrections fasti- dieuses et discutables, nous parait
raisonnable.

6. Lectures et Corrections
Avant d’utiliser un densimètre pour les essais de sédimentométrie, il faut détermi-
ner la « correction composée » à apporter aux lectures R pour tenir compte :
1) Les variations de température en cours de l’essai (Ct)
2) Du ménisque (Cm)
3) Du défloculant (Cd)
La lecture intervenant dans le calcul des pourcentages des grains inferieur à D sera

Rc est appelée lecture corrigée.

Correction due au ménisque Cm

Cette correction est obtenu en plaçant le densimètre, dont la tige aura était préa-
lablement parfaitement nettoyée pour permettre le développement correct du
ménisque, dans l’eau déminéralisé (distillée).
La différence des lectures faites respectivement au sommet et à la base du mé-
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nisque donnera la correction Cm. Cette correction est à ajouter à la lecture R.
Souvent on prend Cm =0.0004

Correction due à la température Ct

Les densimètres sont généralement étalonnés à 20 °C par le constructeur. Les tem-


pératures en cours d’essai étant pratiquement toujours différentes de 20 °C. Une
correction est nécessaire pour tenir compte de la densité de l’eau à la température
de l’essai.

Ct doit être déterminé expérimentalement, en prenant deux éprouvettes iden-


tiques d’eau distillée, on place une dans le réfrigérateur à 11 °C et l’autre dans un
four à 35 °C. On relève les lectures du densimètre dans les deux cas (tous les 0,5
degré). A l’aide des résultats on peut tracer la variation de la lecture en fonction de
la température de (11 °C à 35 °C).

Correction due au défloculant Cd

L’addition d’un défloculant modifie la lecture faite dans l’eau déminéralisée. Pour
déterminer la correction Cd, remplir une éprouvette de 2 litres de l’eau déminéralisé
et faire la lecture au sommet du ménisque. Ajouter la quantité du défloculant pré-
vue au mode opératoire, bien brasser le liquide pour repartir le défloculant, puis
refaire la lecture du densimètre au sommet du ménisque. La différence de deux
lectures représente la correction Cd à apporter à la lecture R.
Souvent on prend Cd = - 0,0008.

7. Calcul du diamètre D des particules


Ce calcul s’effectue en utilisant la loi de Stockes qui donne la vitesse de chute
des particules sphériques dans un liquide. Celles-ci sont soumises à la force de
la pesanteur verticale et la poussée d’Archimède, verticale ascendante.
D=[(1/g)*(18n/Ps-Pw)*(Ht/t)]
-g : accélération da la pesanteur

-g : accélération da la pesanteur
- Pw : la masse volumique de l’eau distillée a la température d’essai C,Pw =998 kg/m3
-Ps =la masse volumique des particules solides : Ps=2650 kg/m3
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-n : la viscosité dynamique de la solution a l’instant t :
n = 0.00179/1+a*C+B*C^2
C : la température de l’éprouvette témoin a l’instant t
a =0.03368 ,B =0.00022
Ht=H-110*H1*(R+Cm-1)-Hc
H1 :est la distance séparant la graduation 1.0000 de la graduation 1.0110
H :est la distance séparant la milieu du bulbe du densimétre de la graduation 1.0000 :
H=H0+0.5*H1=0.13+05*0.038= 0.222 m
Hc :est le deplacement du niveau de la solution lié a l’introduction du densimétre dans
l’éprouvette d’essai :
-pour les trois premiéres lectures :Hc=0
- A partir de la quatrieme lecture :Hc= 0.5*(Vd/A)= 0.0064 m
A :est l’aire de la section droite de l’éprouvette d’essai
Vd :est le volume du bulbe densimètre

8. Analyse de la courbe
La courbe granulométrique représente pour chaque dimension de particules, le
poids (ou masse) (en %) des particules de cette taille ou de tailles inferieurs(le tami-
sât). Ce poids est exprimé en pourcentage par rapport au poids total de la matière
sèche de l’échantillon étudié
Cette courbe est tracée en coordonnées semi-logarithmiques (le pourcentage pon-
dérale de tamisât cumulés à l’échelle arithmétique, le diamètre des particules à
l’échelle logarithmique).
1- Coefficient d’uniformité Cu

La forme de la courbe granulométrique permet de préciser le degré d’étalement


de la granulométrie ou encore son uniformité ; Cette uniformité est exprimée par
le Coefficient d’uniformité ou COEFFICIENT DE HAZEN
Cu =d60/d11
 𝑑60: dimension du tamis Ce coefficient est donc immédiatement
correspondant à 60 % de calculé a partir de la courbe granulométrique
passants (tamisats).
 𝑑11: dimension du tamis
correspondant à 11 % de
passants (tamisats).

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-si Cu < 2 la granulométrie est uniforme (ou serrée),
- si Cu > 2 la granulométrie est étalée (ou variée).

2- Coefficient de courbure Cc :

On définit également le coefficient de courbure Cc :

Cc= d30^2/(d11*d60)

A noter : Un sol est bien gradué si Cc est compris entre 1 et 3.


Pour la classification LPC des sols :
- Un gravier est bien gradué si Cu > 4 et 1 < Cc < 3.
- Un sable est bien gradué si Cu > 6 et 1 < Cc < 3.

Calculs et résultats

𝑑60 68.5
 𝐶u = = = 2.14 > 2
𝑑11 32

Alors la granulométrie est étalée (ou variée).


(𝑑30)2 472
 𝐶c =
𝑑
= = 1.007
11∗ 𝑑60 68.5*32

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Alors le sol est bien gradué car Cc est compris entre 1 et 3.
 Pour la classification
LPC des sols : Le sable n’est
pas bien gradué car Cu <6.
Enfin, la courbe granulométrique par sédimentométrie permet de
déterminer la dis- tribution en poids des particules de diamètre inférieur
à 80um d’un sol en fonction de leurs dimensions donc elle est utile
essentiellement pour compléter l’analyse granulométrique par
tamisage.

Conclusion :

L’analyse granulométrique d’un sol a pour but de déterminer les dimensions


des grains qui le Constituent, par conséquent elle nous permet de connaître la
nature de notre sol.
D’une manière générale, les particules d’un sol ont une forme quelconque et la
définition de leur dimension n’est pas aisée.
Les grains de sol sont analysés par des tamis ou passoire.
La dimension d’un grain est alors, par définition le diamètre de tamis qui le laisse
juste passer.

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