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Le paiement de la lettre de change

La lettre de change est quérable, elle peut circuler jusqu’au jour de l’échéance. La
paiement de la lettre de change a pour conséquence la libération du tiré , mais
celle des garants.

Section1- la réalisation du paiement

Le paiement de la lettre de change obéit à des règles spéciales dans la mesure où


même si le porteur est créancier du tireur, il ne peut se faire payer qu’au jour de
l’échéance.

Sous-section 1-l’échéance

La mention de l’échéance figure parmi les mentions obligatoires de la lettre de


change de droit commun, un créancier est libre de ne pas se faire à l’échéance,
mais en matière cambiaire, le porteur d’une lettre de change est obligé de se
présenter au paiement à l’échéance

1- L’interdiction des délais de grâce

La sévérité du droit de change se manifeste au regard de l’échéance par l’article


231 al 2 du code de commerce qui pose en principe qu’aucun jour de grâce ni
légal, ni judiciaire n’est admis

2- Le paiement avant l’échéance

L’alinéa 2 de l’article 186 du code de commerce ajoute en effet que « le tiré qui
paie avant l’échéance le fait à ces risques et périls » la règle a d’abord pour but
d’empêcher qu’au cas de perte ou vol les droits du véritable propriétaire,
involontairement déposséder de son titre, ne soient sacrifiés faute par lui d’avoir
pu pratiquer une opposition en temps utile

Sous-section2- la présentation au paiement

La présentation au paiement est une obligation qui pèse sur le porteur de la lettre
de change

1- Les modalités de la présentation au paiement

Une lettre de change peut être présentée au paiement soit par le porteur légitime,
titulaire de tous les droits résultant du titre, soit par un mandataire soit par un
créancier gagiste

2- Les conséquences du défaut de présentation

Le défaut de présentation peut mettre le porteur dans deux situations : il peut être
déchu, comme il peut encourir une responsabilité civile
A- La déchéance du porteur

Le porteur peut encourir la déchéance lorsqu’une lettre de change stipulée « sans


protêt » n’est pas présentée à l’échéance

B- La responsabilité civile du porteur

La responsabilité du porteur est encourue lorsqu’il commet une faute ainsi


lorsqu’il n’ayant pas présenté la lettre

Sous-section3- l’interdiction des oppositions

- L’interdiction des oppositions se justifie par la nécessité e faciliter la


circulation des effets de commerce, en garantissant la paiement de la lettre
de change au porteur
- L’interdiction s’applique, non seulement à la créance de nature cambiaire
qui naît de l’acceptation de la lettre de change par le tiré, mais encore à la
créance représentative de la provision
- L’article 189 du code de commerce permet exceptionnellement l’opposition
dans deus cas. Le 1er cas est celui de la perte ou vol de la lettre de change le
2éme cas est relatif au redressement ou liquidation judiciaire du porteur

Section2- la libération du tiré

1- Le mode de paiement de la lettre de change

Le règlement se fait en principe en espèce. Le porteur peut consentir à recevoir en


paiement un chèque. Le problème se pose au niveau de la détermination de la
monnaie de paiement.

A- La détermination de la monnaie de paiement

Lorsque la lettre de change est libellée en dirhams, le tiré, en vertu de la


fongibilité de la monnaie, exécute son obligation d’après le montant indiqué, en
dirhams du jour du paiement, quelles que soit les variations qui ont pu affecté la
valeur du dirham entre la date de la création de l’effet et la date de son paiement.

B- Le paiement partiel de la lettre de change

Lorsque le porteur accepte de recevoir la paiement partiel, l’article 185 alinéa 3,


donne au tiré le droit d’exiger que la mention de ce paiement soit portée sur la
lettre, et qu’une quittance lui soit donnée

2- Les vérification à effectuer et responsabilités encourues par le tiré


A- La vérification de la suite des endossements

L’art 186 al 3 précise bien que le tiré est obligé de vérifier la régularité de la suite
des endossements, mais non la signature des endosseurs
B- La responsabilité du tiré au cas de fraude ou de faute lourde
1) La fraude : elle doit s’entendre comme une connivence consciente et
active en faveur du porteur au détriment de quelqu’un d’autre.
2) La faute lourde : elle doit être appréciée dans ce cas particulier par
référence à la fraude : se rend coupable d’une faute lourde celui qui s’il
n’avait commis une négligence grossière n’aurait pu payer sans
commettre une fraude.
3- La preuve du paiement de la lettre de change

L’art 185 al 1 du code de commerce permet au tiré d’exiger du porteur que la


lettre de change lui soit remis acquittée