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55 - Humidité dans les maçonneries


Entretien, rénovation, réhabilitation des bâtiments
CLASSEUR À MISES À JOUR - Septembre 2015
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L’eau est l’ennemie des constructions (voir fiche 2.10), en particulier des maçonneries anciennes. Elle pénètre dans les maçonneries de plusieurs
façons : porosité, capillarité, fissuration, perméabilité, etc. Elle entraîne des désordres pouvant aller jusqu’à la dégradation des revêtements de finition
entraînant l’impropriété à l’usage des locaux.

1. Mécanismes de pénétration de l’eau


Action de l’eau
L’action de l’eau dépend de ses propriétés physico-chimiques et de facteurs externes :
- tension superficielle et pouvoir mouillant ;
- pression de liquide ou de vapeur ;
- température ;
- pH ;
- faculté de véhiculer des composés chimiques dissous ou en suspension ;
- participation à des réactions chimiques ou électrochimiques.

Chaque type d’action de l’eau provoque des désordres ou des manifestations spécifiques (éclatement en cas de gel, moisissure en cas de remontées
capillaires, etc.).

Voies de pénétration de l’eau


En raison de l’hétérogénéité de la constitution des maçonneries, trois voies de pénétration d’eau sont possibles, par :
- les joints ;
- les matériaux constitutifs ;
- les interstices entre joints et matériaux.

Le cheminement de l’eau dépend des caractéristiques des maçonneries et de leur environnement immédiat : le sol, les conditions climatiques et les
conditions d’occupation des locaux.

Mode de pénétration de l’eau dans les maçonneries selon l’origine


Les maçonneries sont sensibles à la pénétration d’eau par deux voies principales :
- la pénétration par les remontées capillaires ;
- la pénétration par défaut d’étanchéité à travers les parois extérieures en maçonnerie.

Ces phénomènes décrits par la suite trouvent leur traitement dans la fiche 7.60.

2. Humidité due aux remontées capillaires


L’origine des remontées capillaires réside dans la présence de vides dans les matériaux de construction (vides communicants ou non). Elle s’exprime
par la porosité.

Porosité des matériaux


La porosité d’un matériau est le rapport, exprimé en pourcentage, du volume des vides au volume total.
Les sols et la plupart des matériaux de construction comportent des vides interstitiels microscopiques. C’est dans ces vides que l’eau circule, sous l’effet
de la gravité et de la capillarité.

Sols
La porosité des sols varie dans de larges proportions (tab. 1).

Tab. 1. Porosité des sols.

Type de sol Porosité (%)


Roches dures non fissurées <1
Sables à granulométrie uniforme 40
Argiles organiques 80

Maçonneries
La porosité des maçonneries est moins étendue que celle des sols (tab. 2).

Tab. 2. Porosité des maçonneries.


Type de maçonnerie Porosité (%)
Granit ≈0
Pierres calcaires 1 à 40
Mortiers 20 à 30
Brique 15 à 25

Capillarité des matériaux


La capillarité est définie comme la migration d’eau au travers des pores du matériau. L’eau progresse sous l’effet des forces capillaires dues à la tension
superficielle à l’interface solide-eau.

Hauteur d’ascension capillaire


La hauteur d’ascension capillaire est fonction :
- du diamètre des pores ou des fissures et de leur communication ;
- de la température de l’eau et de la quantité de sels dissous.

Diamètre des pores ou des fissures


La hauteur d’ascension capillaire est inversement proportionnelle au diamètre des pores ou des fissures (fig. 1) et de leur communication.
Elle est déterminée approximativement par la relation suivante, établie à partir de la loi de Jurin :

cm
d étant le diamètre du capillaire, exprimé en cm.
Fig. 1. Variation de l’ascension capillaire selon le diamètre d’un tube.

Température de l’eau et quantité de sels dissous


La hauteur d’ascension capillaire est d’autant plus importante que la température de l’eau est basse et que la quantité de sels dissous est grande.
Cette loi trouve cependant ses limites :
- si les pores ne communiquent pas entre eux, l’eau ne peut pas circuler dans le matériau ;
- lorsque les pores sont trop fins, les effets de surface freinent le processus.

En effet, le séchage par la surface du mur influe sur la hauteur de remontée capillaire. Ainsi, deux parois étanches (mortier de ciment et doublage avec
polystyrène) bloquent la respiration du mur et favorisent les remontées.
À l’inverse, un enduit à base de mortier de chaux permet une évaporation de l’humidité d’autant plus importante que la pièce est bien ventilée, ce qui
réduit les remontées capillaires.

Vitesse de progression de l’eau


La vitesse de progression de l’eau par capillarité est d’autant plus lente que les pores sont fins :
- dans un sable grossier, l’ascension atteint sa hauteur maximale, soit 10 à 50 cm, en quelques semaines ;
- dans une argile, une année est nécessaire pour que l’eau s’élève de 1,50 m au-dessus de la nappe phréatique.

Dans les maçonneries, l’importance de la capillarité est caractérisée par la vitesse d’absorption par unité de surface, mesurée sur une surface
horizontale immergée de 2 mm2 (tab. 3).

Tab. 3. Valeurs moyennes de la capillarité d’éléments de maçonnerie.

Nature de l’élément de maçonnerie Capillarité (g/cm2/min)

Granit 1
Brique 5
Grès 10
Mortier 15
Calcaire tendre 30
Plâtre 50
Calcaire très tendre 80

Manifestations liées aux remontées capillaires


Les conséquences des remontées capillaires se constatent sur les façades, refends et cloisons en contact avec le sol.
La présence d’humidité se situe en partie basse du mur avec les particularités suivantes :
- la hauteur de remontée est relativement constante dans un mur (elle dépend principalement du matériau constitutif et des joints) ;
- le taux d’humidité est décroissant en s’élevant, mais il reste constant lorsque l’on pénètre à l’intérieur du mur ;
- la limite supérieure entre zone humide et zone sèche dépend de la capacité d’évaporation offerte par le revêtement du mur (un revêtement qui respire
favorise l’évaporation, un revêtement étanche bloque l’évaporation et favorise la montée de l’humidité) ;
- les parois humides sont sujettes au développement de mousses, lichens ou à la formation de sels de cristallisation.

3. Humidité due à la pénétration d’eau à travers les murs extérieurs


Pour pénétrer à travers une paroi en maçonnerie, l’eau utilise les moyens suivants :
- la pression du vent poussant les gouttes à travers les fissures d’un mur ;
- la gravité, c’est-à-dire l’attraction vers le sol.

Causes possibles
Selon les caractéristiques de la paroi, les défaillances peuvent se manifester de plusieurs façons :
- présence de fissures traversantes en façade ;
- revêtement extérieur dégradé (endommagé, voire disparu) ;
- éléments constitutifs du mur perméables ;
- absence d’ouvrages en façade pour rejeter les eaux de ruissellement vers l’extérieur ;
- défauts aux éléments de jonction entre divers éléments de façade (maçonnerie / menuiserie, maçonnerie porteuse / éléments de remplissage).

Perméabilité des matériaux


La perméabilité est la capacité d’un matériau à se laisser traverser par un fluide (liquide, gaz ou vapeur) soumis à un gradient de pression (1) Elle
dépend :
- de la porosité (dimension et forme des pores) ;
- de l’état de fissuration ;
- du fluide (nature, température, pression et viscosité).

La perméabilité à l’eau des murs est classée en fonction de leur capacité d’absorption en 30 minutes sous une charge hydrostatique constante de
50 cm d’eau (tab. 4).

Tab. 4. Classement de la perméabilité à l’eau des murs de maçonnerie.

Niveau de perméabilité des murs Absorption (L/m2)

Imperméables <1
Très perméables >6

1) Gradient de pression : différence de pression de deux points, divisée par la distance qui les sépare.

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