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Review

Reviewed Work(s): La raison systématique. Essai d'une morphologie des systèmes


philosophiques by Daniel Parrochia
Review by: I. Thomas-Fogiel
Source: Revue de Métaphysique et de Morale, No. 2, Philosophies autrichiennes (AVRIL-
JUIN 1997), pp. 310-311
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/40903546
Accessed: 25-10-2017 07:11 UTC

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310 Notes critiques

d'un être entièrement néc


de la réflexion finie reste d
tivité » qui reconnaît l'êtr
Tant par sa maîtrise de l'h
sionnante, bien qu'étrangem
que par la finesse et la rigu
plaire. Certains chapitres son
à l'immédiateté comme êtr
l'auteur reste l'un des trop
l'enjeu, penser un concept
et garantit bien des plaisir
Christian Berner

La raison systématique. Essai d'une morphologie des systèmes philosophiques,


par Daniel Parrochia, Paris, Vrin, Mathesis, 1993, 320 p.

Ce texte prend sa source dans le constat suivant : la philosophie contempo-


raine s'est constituée à partir du rejet de la pensée de la totalité, du dénigrement
de toute raison systématique. Symbole de la violence faite à la chatoyante profu-
sion du réel, véritable emblème d'une subjectivité désireuse d'asservir l'être à
sa toute puissance, la notion de système a fini par devenir, pour la conscience
commune du xxc siècle, tout à la fois source et synonyme de totalitarisme. Or,
explique l'auteur, qu'est-ce-que penser, sinon unifier une multiplicité? Que serait
notre expérience sans classification minimale, sinon une rhapsodie de sensations,
une suite de représentations sans lien ni sens? La condamnation du système,
notion clé de la philosophie avant le xxe siècle, s'apparente en fait à la haine
de la raison. Contre les contempteurs de la notion de système, qui sont aussi
les penseurs qui, d'une manière ou d'une autre, exigent d'en finir avec la raison
philosophique (par la poésie, l'incantation, le silence, etc.), l'auteur se propose
de repenser une « raison systématique ». Pour ce faire, il entend construire une
théorie des formes philosophiques; théorie qui a pour finalité Rapprocher (au
sens kantien d'un idéal régulateur) une métastructure de la systématicité, dont
les différents systèmes philosophiques seraient autant de cas particuliers.
Le livre premier pose Yhypothèse et explicite la méthodologie que l'auteur sou-
haite mettre en œuvre pour modéliser les philosophies. Le deuxième livre est une
application de cette méthode à l'histoire de la philosophie : la forme des philoso-
phies de Platon, Kant, Hegel et enfin Spinoza y est dégagée. Ce faisant, la consis-
tance de l'hypothèse est vérifiée. Le troisième livre tire les résultats de ces applications
pour s'interroger sur l'existence d'un invariant commun à toute pensée systématique.
Les outils fournis par les mathématiques sont largement mis à contribution
tout au long de cette étude. Mais on se méprendrait en pensant que l'auteur
succombe ici à l'idolâtrie de la mathématisation, comme si elle était, à elle seule,
gage de vérité. Il s'agit bien plutôt de faciliter la lecture, de « conserver l'esprit

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Notes critiques 311

de la discipline mathémati
de P« esprit » semble d'aut
les mathématiques sont pa
à une réflexion sur la léga
sa problématique du systèm
ne pouvait que puiser dans
D'un point de vue général, c
poraine de sa burlesque et s
philosophiques, la mort de
de la philosophie, l'auteur (
impulsée par M. Gueroult s
avec toute une génération
mort des systèmes, ne se
son rocher, la philosophie
de la vitalité de l'histoire

I. Thomas-Fogiel

Rhétoriques de la science, par Vincent de Coorebyter (dir.), Paris, puf, « L'


rogation philosophique », 1994, 253 p.

Faut-il s'étonner que l'on prenne pour objet d'étude les rhétoriques de la sc
Selon une opinion répandue, la science et la rhétorique s'opposent. On app
à rédiger nos comptes rendus d'expérience scientifique dans un style impers
le savant doit s'effacer devant les faits. Pourtant, l'observateur ne peut pas
éliminé, et le style impersonnel vise à donner une image d'objectivité qui
se lit pas spontanément dans les données. Le retour de la rhétorique a été l
ment confirmé, et les études actuelles tentent maintenant d'en explorer les
tières. Le post-positivisme et la sociologie de la science, Fey er abend et B. L
ont montré la difficulté d'admettre la neutralité du langage scientifique. Il
à examiner les conséquences d'une telle perspective, qui tend à accorder une
à la rhétorique dans le discours scientifique.
Répondant à ce souci, ce volume comprend une douzaine d'articles, qui o
trait autant aux sciences de la nature qu'aux sciences humaines. Dans son
duction, V. de Coorebyter reconnaît la « diversité des objets et des métho
des articles réunis : l'unité est davantage celle de la pertinence d'une anal
rhétorique du langage scientifique.
On trouvera ici une analyse des origines aristotéliciennes et un examen de la
rientation cartésienne. M. Vegetti note l'écart entre les règles édictées par Ari
et sa pratique. Il peut invoquer les travaux de G. Lloyd : chez Aristote « la
mique contre la métaphore et le mythe fait partie d'une campagne institué
la philosophie et la science contre la poésie et la religion » (p. 1 1). F. Hallyn m
comment Descartes transforme la pratique rhétorique de l'exemple en une

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