Vous êtes sur la page 1sur 19

ROYAUME DU MAROC

FORCES ARMÉES ROYALES


COLLÈGE ROYAL DE L’ENSEIGNEMENT
MILITAIRE SUPÉRIEUR

METHODE DE
COMPOSITION ECRITE
METHODE DE COMPOSITION
1. NECESSITE D'UNE METHODE

Pourquoi une méthode ?

Un poste de responsabilité implique, pour son détenteur, d'avoir, dans ses fonctions
quotidiennes, à prendre position sur de multiples sujets, la prise de position allant de "l'avis" à "la
décision", et, de plus en plus fréquemment de nos jours, à s'exprimer oralement pour convaincre.
La responsabilité journalière s'exprime, le plus souvent, de façon visible par la pertinence de
l'écrit et du discours.

Certes, l'action directe peut sembler être l'essence même de l'exercice de la


responsabilité. Néanmoins, les décideurs et les véritables hommes d'action sont d'abord des
hommes de réflexion : leurs actes sont toujours mûris. ("La meilleure improvisation est celle qui
a été longuement préparée").

Or, la pratique aisée du raisonnement et de l'expression écrite ou orale passe comme la


pratique sportive, par l'entraînement.

Le mode "de raisonnement qui s'exprime" constitue la méthode qu'il est nécessaire de
posséder, comme une seconde nature, afin que, placé devant une Question écrite ou orale, le
responsable développe, rapidement et aisément, un processus intellectuel l'amenant à formuler une
réponse précise, claire et complète et à l'argumenter.

Lorsque la méthode est totalement assimilée le but recherché est atteint. L'utilisateur en est alors
tellement imprégné qu'il n'a plus de raison d'y recourir, pour l'appliquer naturellement, à des
schémas ou à des aide-mémoire. En cela, la méthode est "biodégradable": elle ne constitue ni un
domaine ni un carcan intellectuel.

Pourquoi cette méthode ?


Il serait simple de répondre à cette question en disant que cette méthode a fait ses preuves
en contribuant au succès de milliers de candidats dans des épreuves de tout type, depuis de
nombreuses décennies. Cette autosatisfaction, en référence au passé, n'encouragerait pas
obligatoirement le néophyte à l'essayer.
Sa justification tient davantage dans le constat que l'on peut faire de sa modernité et de son
réalisme :
 C'est une méthode moderne de raisonnement tourné vers l'action : destinée aux décideurs,
aux "consultants" et aux auteurs de diagnostics. Elle implique, en effet, une prise de position
personnelle d'où peut procéder soit l'action soit le débat.
 C'est une méthode réaliste, dans le monde de la communication qui exige conviction et
argumentation cohérente.
2. APERCU D'ENSEMBLE DE LA METHODE
Une composition de culture générale est l'aboutissement d'un processus intellectuel qui
permet l'élaboration d'une réponse personnelle, argumentée, à la question posée par le libellé du
sujet.

La méthode présentée s'applique à un exposé écrit qui développe un raisonnement pour


justifier une prise de position clairement exprimée dès l'introduction.

Une autre façon de procéder est possible. Elle diffère de la précédente par la nature de
l'introduction et de la conclusion. Elle développe en effet un raisonnement pour amener le lecteur
à admettre la position exprimée dans la conclusion.

La première façon de procéder a été retenue pour des raisons exposées à la fin de ce
chapitre.

Cependant, quel que soit le mode de présentation du raisonnement, l'approche méthodique


de la solution (la réponse à la question posée) est rigoureusement la même.

La méthode de composition s'articule en une suite logique de démarches comprenant


quatre actes successifs.

Premier acte : comprendre le sujet


Il s'agit de bien comprendre et de bien situer le sujet, c'est-à-dire la question posée.

Deuxième acte : étudier le sujet et élaborer la réponse


Il s'agit :
 d'abord, de rassembler, classer et ordonner les éléments à prendre en considération pour créer
la matière d'une réponse personnelle à la question posée, et à elle seule, en s'appuyant sur des
bases objectives ;
 ensuite, d'exploiter les éléments recueillis pour dégager progressivement des synthèses
partielles (SP), puis une synthèse globale et complète (SG) apportant sa réponse personnelle à
la question posée. Nous appelons idée maîtresse (IM) cette synthèse globale.
Troisième acte: bâtir la démonstration
Cela consiste à ordonner les éléments accumulés précédemment en un raisonnement
logique et convaincant, afin de pouvoir aborder la rédaction finale sans avoir à se préoccuper de la
marche à suivre.

Quatrième acte: rédiger la réponse et sa démonstration


Il faut enfin exposer de façon claire et équilibrée, dans un style si possible élégant, une
réponse personnelle à la question posée, et la démonstration correspondante.
Les actes ainsi définis comportent des étapes successives qui apparaissent dans le schéma
général suivant.
Documentation
1er acte Comprendre le sujet Sujet
éventuelle

2ème acte Etudier le sujet et élaborer la réponse

Tableau
1er étape : organiser et préparer
d'étude

2ème étape : conduire l'étude

SP
3ème étape : élaborer les synthèses partielles
(SP) puis la synthèse globale (SG), aboutissant SP SG
à l'idée maîtresse (IM)
SP

Bâtir la démonstration

Etablir le plan : introduction, ID +IS

De chaque partie du développement,


ème
3 acte IM

ID1
Plan
ID2
ID3
4 ème
acte Rédiger la réponse

1ère étape : rédaction


Document écrit
PLACE DE L'IDEE MAITRESSE

On peut contester la position que nous prenons de placer l'idée maîtresse (la réponse) dans
l'introduction, entre le préambule et l'annonce du plan.

D'aucuns souhaiteraient, pour s'en tenir à la méthode classique (universitaire) qui fait de
succéder la thèse, l'antithèse et la synthèse, exprimer la réponse (l'idée maîtresse) dans la
conclusion. Ce cheminement semble de logique pure et ménagerait, en outre, un "suspense" au
lecteur, dont la conviction serait emportée par un "et la lumière fut..." final.

La recommandation de placer l'idée maîtresse en tête de l'exposé fait suite à deux raisons :
la première tient à la cohérence des méthodes d'expression écrite et orale ; la seconde est
pédagogique.

 Cohérence des méthodes d'expression : dans l'expression orale moderne, il est d'usage
"d'afficher" sa réponse en tête du discours, donc faisons de même pour l'expression écrite (une
seule méthode). En effet, dans l'ère de communication actuelle, les officiers auront à
s'exprimer dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions. Dans ces occasions, ils gagneront à
appliquer naturellement la méthode en vigueur. De même, à la lecture d'un texte, c'est le début
de celui-ci qui par sa force ou son originalité convainc le lecteur de poursuivre. Cette
constatation ancienne a conduit d'ailleurs à donner aux titres de plus en plus d'importance.
Certains titres modernes sont à eux seuls des condensés de la thèse de l'article.

 Raison pédagogique : dans un but essentiellement pédagogique, seul un cadre de travail fixé
avec rigueur permet de guider les premiers pas d'un candidat, de le conseiller et d'évaluer avec
lui ses progrès.
Ces considérations justifient que la réponse (l'idée maîtresse) fasse l'entrée en matière du
texte ou de l'exposé.

3. EXAMEN DETAILLE DE LA METHODE


PREMIER ACTE : COMPRENDRE LE SUJET

Le sujet vous est imposé. Le traiter avec précision est une obligation absolue. Bien qu'elle
soit une œuvre personnelle, la composition est totalement dépendante de cette obligation.

Le but de ce premier acte est essentiellement de se mettre en bonne condition pour entreprendre
ultérieurement la recherche et l'élaboration d'une réponse personnelle à la question posée et donc
de COMPRENDRE exactement cette dernière, par un examen objectif du libellé. Cet acte est
primordial car il oriente définitivement la composition. Toute erreur ou omission, à ce stade, se
répercute en s'amplifiant au cours des actes suivants.

Le travail correspondant va donc consister en un examen systématique et objectif du


libellé (pour répondre de façon exhaustive à la question DE QUOI S'AGIT-IL ?), qui se fait en
quatre temps :
1 -Examen de la structure du libellé. Il consiste à distinguer :

 Le TITRE qui sert, s'il y en a un, à situer le thème général du sujet ;


 Le CHAPEAU qui sert, s'il y en a un, à présenter la question et à apporter des précisions ou
des indications complémentaires ;
 La QUESTION posée qui comporte ou qui rassemble :
L'action demandée, généralement exprimée par un verbe, l'objet de cette action, exprimé en terme
principal et éventuellement en termes déterminatifs, les limites de cette action158 (temps, espace,
matière à couvrir) et les autres contraintes imposées à votre plan, à votre étude.

En pratique, nous vous conseillons: Marquage correspondant utilisé sur les documents
imprimés en noir et blanc

 d'encadrer en noir L’ACTION

______________
 de souligner en rouge l'OBJET

 de souligner en bleu les LIMITES


-----------------
 de souligner en tirets noirs, les autres
données à prendre en compte.
--------------------------

2 -Réflexion sur le sens des termes du libellé


Il s'agit de préciser le sens que l'on donne aux mots et aux groupes de mots principaux
employés par l'auteur du sujet. Ce travail est à faire par écrit afin de pouvoir s'y référer ensuite,
notamment au début du deuxième acte pour la recherche initiale des informations. Il est important

158
Une contrainte peut être une exigence de l'auteur du libellé de la question sur l'orientation ou sur la forme à donner au
travail demandé. Elle peut concerner l'étude proprement dite (par exemple lorsque le libellé comporte un terme du type..
compte tenu de...) ou le cœur du sujet par exemple lorsque le libellé comporte des termes du type. mettant en évidence ou
plus particulièrement).
car il peut faciliter ultérieurement l'étude du sujet. Au cours de la préparation, l'aide du
dictionnaire est vivement conseillée.
3 -Cadrer la question posée
Pour affiner la compréhension du libellé nous vous conseillons de noter rapidement
quelques indications complémentaires qui concernent :

 le cadre général dans lequel se situe la question posée, par exemple les relations
internationales, le commandement, le pouvoir de la presse, etc.
 la discipline concernée par exemple la politique, les relations humaines, l'économie, etc.

4 -Conclusion du premier acte


Une fois toutes les opérations du premier acte effectuées vous écrivez avec
précision, mais en termes simples, ce qu'il est demandé de faire : Il s'agit de... (action, objet,
limites). Une fois rédigé ce libellé personnel de la question, vérifiez qu'il ne déforme pas le libellé
initial (en particulier Si vous utilisez des termes différents). Cette question reformulée doit être
suivie de l'expression de la forme générale de la réponse. Ce n'est pas une idée maîtresse
intuitive: elle apporte la réponse à la question uniquement dans la forme, sans prendre position
quant au fond. On pourrait dire qu'il s'agit d'une réponse "à choix multiples ": votre prise de
position reste à déterminer à la suite du deuxième acte. Ensuite, gardez ce libellé
sous les yeux : vous devrez le consulter pendant le reste de l'étude, pour vérifier que vous ne vous
écartez pas du sujet à traiter. Ce premier acte va
commander tout ce que vous allez entreprendre par la suite. Vous devez l'exécuter avec le
plus grand soin.

DEUXIEME ACTE: ETUDIER LE SUJET ET ÉLABORER LA RÉPONSE

Cet acte a pour buts:

 de rassembler de manière ordonnée les éléments concernant le sujet ;


 de les synthétiser sous forme d'idées permettant de répondre complètement à la question
posée.
C'est le moment le plus délicat du travail initial de recherche de renseignements. Certes il
est rare de ne posséder aucune idée sur le sujet à traiter, mais il convient d'être le plus exhaustif
possible. Seule une recherche méthodique permet d'y arriver.
Pour ce faire, on procède en trois étapes :

 La première consiste à préparer et organiser l'étude en créant un tableau d'étude approprié


aux besoins ;
 La seconde a pour objet de rechercher les éléments d'informations pertinents (faits et idées)
puis à les classer dans le cadre d'étude ;
 La troisième a pour but de traiter l'information rassemblée, pour élaborer des synthèses
partielles, répondant en partie à la question, puis la synthèse globale, synthèse des synthèses
partielles, qui sera votre réponse à la question.
Cette synthèse globale constituera, en l'état ou sous une forme légèrement remaniée, votre
idée maîtresse, c'est-à-dire la thèse que vous allez défendre.
1-Premiere étape: préparation et organisation de l'étude
En général la question posée est simple, même si sa formulation est quelquefois longue et
comporte plusieurs incidentes. II s'agit souvent de donner votre avis sur une opinion émise, sur
une situation donnée ou sur un problème concernant soit l'individu soit un groupe. Les sujets
proposés peuvent être des plus variés.
Dans un premier temps, il s'agit de déterminer deux, exceptionnellement trois, grands
axes de recherche que nous appellerons rubriques de recherche, dont le rapprochement permettra
d'élaborer la réponse à la question posée.

Ce rapprochement s'effectuera au cours de la troisième étape :

 soit par confrontation de deux ensembles d'informations qui s'opposent (arguments pour,
arguments contre).
 soit par comparaison de deux ensembles d'informations dont l'un sert de référence pour
apprécier l'autre.
Dans un deuxième temps, pour couvrir la totalité du sujet, il faut décomposer chaque
rubrique en sous-ensembles élémentaires que nous appellerons domaines de recherche. Il est
commode de rassembler idées et faits dans une partie du tableau d'étude sous la forme générale
suivante:
RUBRIQUE 1 -R1 RUBRIQUE R3 (à titre exceptionnel)
2 –R2

D2 D’ 2

D3 D’ 3

D’ 4

S'il est possible d'utiliser les mêmes domaines dans les différentes rubriques de recherche,
le tableau s'en trouve simplifié et le travail ultérieur de confrontation sera plus aisé. Le tableau se
présente alors ainsi :

R1 R2 R3 (éventuellement)

D1

D2

D3
Quelques conseils pratiques:
 Pour choisir les rubriques, rappelez-vous que le tableau doit vous conduire à la réponse (IM).
Ce sont donc les termes importants de la question qui doivent vous guider dans ce choix.
 Les domaines ont pour but de couvrir complètement le champ de recherche des idées
pertinentes. Ne vous limitez donc pas exagérément : mieux vaut étudier un domaine qui se
révélera improductif qu'éliminer a priori un domaine utile.

2 -Deuxième étape: recherche et rassemblement de l'information

Il s'agit à présent de remplir les cases du tableau d'étude par des idées et des faits
provenant de votre fonds personnel, puis de la documentation, s'il y en a une jointe au sujet ou si
vous avez accès à celle-ci.

Pour être retenues, les informations à porter dans les cases doivent présenter trois qualités:

 correspondre aux différents aspects de la question posée: la recherche doit donc être
dirigée;
 être exactes: la recherche doit donc être critique;
 être significatives: la recherche doit donc être sélective.

Le fond personnel est constitué par:

 L’aptitude au raisonnement et le souci constant de rigueur et de logique ;


 la culture, c'est-à-dire un système cohérent d'idées personnelles permettant de saisir la
complexité des divers aspects d'un problème à résoudre (diversité) et de comprendre ce qui les
relie (unité);
 les données de la mémoire, permettant soit d'étayer les idées à partir des faits, soit de
raisonner par analogie.

Il est donc marqué par :

 son caractère personnel (c'est sa définition même),


 sa disponibilité permanente,
 sa possibilité d'application à tous les aspects d'un problème.

La documentation éventuelle est au contraire marquée par:

 son caractère impersonnel,


 l’incertitude sur la valeur de ses apports: elle doit être abordée avec un esprit critique;
 son caractère fragmentaire: elle ne couvre jamais la totalité de la question à étudier; elle
comporte souvent des éléments parasites, étrangers à celle-ci.
L'opération fondamentale est donc l'exploitation du fonds personnel, la documentation
fournissant au mieux un contrôle et un complément. II ne s'agit en aucun cas d'effectuer une
synthèse dans une épreuve de ce type.
Dans la pratique, pour diriger votre recherche, c'est-à-dire l'adapter aux besoins inventoriés, ayez

ATTENTION: pendant la recherche, il est courant que devant telle information (fait ou idée),
surgisse un doute sur la validité de l'organisation de l'étude telle qu'elle a été menée.
II est fortement conseillé de rester ferme sur la position prise antérieurement.
L'expérience montre que l'indécision est toujours génératrice d'un mauvais résultat.
Evidemment, si une très grave erreur apparaissait dans les réflexions préalables, il conviendrait
d'envisager une adaptation de cette organisation.
Au fur et à mesure de l'acquisition des informations il faut les placer dans le tableau d'étude, leur tri et
leur classement simultanés résultant du caractère directif de la recherche. Ce report des informations se
fait sous forme d'annotations en style télégraphique, de renvois aux pages de la documentation, de
sous les yeux: La conclusion du premier acte et le tableau d'étude.

3- Troisième étape: élaboration des synthèses

Le travail de synthèse va alors consister à s'élever progressivement du stade des données brutes du
tableau d'étude à celui des arguments mis en forme par un travail de tri, de hiérarchisation et de
mise en cohérence.

En pratique, une triple démarche est possible :

 en travaillant horizontalement par domaine (cas le plus fréquent),


 ou verticalement par rubrique, notamment lorsque tous les domaines ne sont pas communs,
 ou en rapprochant successivement chaque domaine d'une rubrique de tous les domaines de
l'autre.
Dans les trois cas il convient alors:

 d'opérer des rapprochements ou des confrontations pour dégager les synthèses partielles ;
 à partir des synthèses partielles, de rédiger une synthèse globale qui les renferme toutes et qui
constituera votre idée maîtresse, le cas échéant à quelques modifications de détail près.
Le schéma de raisonnement peut s'illustrer ainsi:
Pour deux rubriques:
 Rapprochement par domine (ici les domaines sont communs aux deux rubriques)

 Rapprochement par rubrique (que les domaines soient communs ou propres à chaque
rubrique)
information contenue information contenue dans
dans
D’1
D1

 

 

information contenue information contenue dans


dans
D’2
D2

 

 

information contenue information contenue dans


dans
D’3
D3

 

 

Synthèse partielle Synthèse partielle Synthèse globale



SP1 SP2

 Rapprochement mixte (en général lorsque les domaines sont propres à chaque rubriques)

Pour trois rubriques:

Le schéma général de raisonnement est du même genre que dans le cas précédent. On
confronte:

 d'abord les éléments contenus dans les deux premières rubriques (rapprochement soit par
domaines, soit par rubriques) ce qui permet d'obtenir une première série de synthèses
partielles;

 ensuite ces synthèses partielles aux informations contenues dans la troisième rubrique. On
obtient alors les synthèses partielles recouvrant l'ensemble du sujet d'où l'on extraira la
synthèse globale.
NOTA: On voit que les opérations sont plus complexes et plus longues s'il y a trois rubriques, ou
des domaines différents selon les rubriques. On s'efforcera donc, si possible, de constituer un
tableau de deux rubriques, en recherchant des domaines communs.
Attention: La synthèse globale ne doit pas être trop sommaire. Elle doit comporter les
explications essentielles (les "attendus") tirées des synthèses partielles. Elle doit être aussi
nuancée. Il est en effet extrêmement rare qu'une réponse puisse être uniquement affirmative ou
négative. Sa qualité résidera dans le mélange subtil des arguments dont la répartition et le poids
relatif refléteront votre personnalité.

En pratique, nous vous conseillons de travailler sur un tableau unique qui aura la forme
suivante (dans cet exemple les synthèses partielles s'effectueraient par domaines).

RUBRIQUE R3 Synthèses Synthèse


R1 R2
DOMAINE (éventuellement) Partielles globale

D1

D2

D3

D4

Pour en faciliter l'exploitation, nous vous conseillons de l'établir sur une double feuille.
Nota: Lorsqu'un sujet comporte deux (ou plusieurs) questions il faut tout d'abord essayer d'en
rétablir l’unité dans la mesure du possible. Ceci facilitera une véritable synthèse globale et
partant l'unité de la composition.
Arrivé à ce stade de votre travail, il est indispensable de confronter votre synthèse globale aux
conclusions du premier acte pour vérifier que vous répondez bien à la question posée et que
cette synthèse globale peut donc constituer votre idée maîtresse.

TROISIÈME ACTE : BÂTIR LA DÉMONSTRATION

Cet acte a pour finalité d'établir le plan et la structure (ID, IS) de la démonstration

Le plan a pour but d'ordonner les éléments accumulés lors des actes précédents, afin d'aborder la
rédaction finale sans préoccupation de la marche à suivre. Il fixe le cheminement que l'on souhaite
faire suivre à la pensée du lecteur.

Il se construit à partir de l'idée maîtresse et de la façon dont on veut en démontrer


l'exactitude. Outre l'introduction et la conclusion le plan peut comporter autant de parties que le
cheminement de la réflexion l'exige. (Quatre est toutefois un maximum).
Caractéristiques générales d'un plan

Il s'agit de convaincre votre lecteur du bien-fondé de votre thèse. Cette entreprise de


persuasion, pour être efficace, doit s'appuyer sur une démarche logique et progressive, et faire la
preuve de son impartialité.

Il ne suffit pas, en effet, d'exposer successivement plusieurs aspects du sujet (par exemple
ceux qui peuvent être tirés des domaines du tableau d'étude) Cet exposé analytique ne
constituerait pas une véritable démonstration, et votre lecteur ne manquerait pas d'imaginer
d'autres aspects moins favorables à votre thèse: vous ne le convaincriez pas.

Il serait illusoire, en outre, de ne présenter que les arguments favorables à votre thèse, en
laissant dans l'ombre ceux qui lui sont contraires. Cette vue partielle, ou partiale, de la question
vous conduirait d'ailleurs à une réponse sans nuances, et donc en règle générale peu réaliste. il est
indispensable de montrer que votre analyse du sujet a été complète, que vous n'ignorez pas les
objections qu'on peut faire à votre point de vue, et que c'est en toute connaissance de cause que
vous êtes logiquement parvenu au point de vue que vous défendez.

Cela dit, il n'y a pas de règle impérative, ni de recette universelle pour construire un bon
plan. Beaucoup peuvent être efficaces, sans exclure le plan universitaire classique -thèse,
antithèse, synthèse -qui traduit souvent la complexité de la réalité. Mais s'il n'existe pas de recette
absolue, un certain nombre de critères doivent être respectés.

Le plan devra être :

 logique dans le raisonnement, et cohérent dans l'articulation de l'IM avec les ID, et de celles-
ci avec les IS ;
 argumenté de façon pertinente, en ne retenant que les idées les plus fortes, et en les étayant
d'exemples et de faits probants ;
 progressif dans le cheminement de la pensée, en conservant en général pour la fin les
arguments les plus solides en faveur de votre thèse;
 équilibré, en fonction de l'importance relative des différentes parties.

Composition du plan

Un exposé comporte toujours une introduction, un développement, une conclusion.

L'introduction a pour but de faciliter la compréhension de l'exposé pour le lecteur. Elle comporte
:

 un préambule qui présente simplement le sujet et précise, si nécessaire, la façon dont vous le
comprenez ;
 une idée maîtresse qui exprime une réponse personnelle, synthétique et complète à la question
posée, autrement dit la thèse qui va être soutenue.
 une annonce de plan qui précise l'ordre dans lequel les principaux arguments vont être
présentés.
Le développement se décompose en parties (trois de préférence) qui comportent chacune :

 une idée directrice qui commande l'exposé et résume l'argumentation de cette partie ;
 un développement qui argumente l'idée directrice par des idées secondaires étayées par des
faits, les uns et les autres provenant du tableau d'étude;
 une conclusion partielle qui reprend l'idée directrice de la partie et transition qui annonce la
partie suivante. La dernière partie ne nécessite pas de transition vers la conclusion.
La conclusion met un point final à la réflexion et rappelle que le sujet a été traité en soulignant
l'essentiel de la démonstration. Elle comporte en général une certaine ouverture dans le
prolongement du sujet.

QUATRIEME ACTE : REDIGER LA REPONSE

1 -La rédaction

Avant d'entreprendre la rédaction qui se fait directement à partir du plan, il est fortement conseillé de
rédiger au brouillon l'introduction, l'idée maîtresse, les idées directrices et la conclusion qui sont les
"points d'attache" de l'exposé ainsi que le schéma des idées secondaires développant les idées
directrices.

La composition aura une longueur variable selon le temps alloué. Quelle que soit cette
longueur, il faudra toujours prendre garde à préserver la clarté, la continuité et l'unité de la
démonstration, et l'équilibre des parties entre elles.

L'introduction est très importante car elle provoque la première impression du lecteur, sa mise
dans l'ambiance. Elle doit être limpide et permettre au lecteur de voir sans ambiguïté de quoi il va
être question, à quelle solution on compte parvenir et comment on va l'y conduire. Sa rédaction
doit être sobre. Pour cela, elle est travaillée " au brouillon ".

 Le préambule indique sans ambages et très nettement comment le rédacteur situe et


comprend le sujet proposé. Il fournit ainsi au lecteur l'aboutissement du premier acte
(compréhension du libellé): quelle est la question posée ? Sa longueur dépendra donc de la
complexité plus ou moins grande de la question posée, de la nécessité où l'on se trouve de
préciser les limites ou qui ont été choisies, ou le sens donné à tel ou tel terme pouvant prêter à
équivoque. Dans tous les cas, il doit être aussi court, aussi simple, aussi direct que possible.

Nous attirons votre attention sur les dangers de rattacher la question à un événement
récent. Il est rare de trouver un événement qui caractérise suffisamment l'ensemble du problème
qui va être traité. De plus, l'événement qui peut paraître important et caractéristique à l'heure où
est rédigé le travail peut très bien, quelques jours plus tard, avoir perdu toute importance ou
changé de résonance.
 La thèse qui va être défendue doit être annoncée dès l'introduction, de sorte que soit
indiqué d'emblée au lecteur vers quelle solution on va l'orienter. Il est donc nécessaire d’indiquer
à la suite du préambule votre idée maîtresse, suffisamment développée, mais sans détails ou
commentaires superflus.

 Enfin, l'annonce succincte du plan va permettre au lecteur de suivre plus facilement le


déroulement de votre démonstration. Evitez toutefois les tournures scolaires telles que dans un
premier temps nous montrerons que... puis dans un deuxième temps..."

Le développement est composé de plusieurs parties, comprenant chacune: une idée directrice,
placée en tête; un certain nombre d'idées secondaires développant cette idée directrice et étayées
par quelques exemples bien choisis ; une transition.

 L'idée directrice doit être particulièrement soignée, et suffisamment développée. On


vérifiera d'une part qu'elle concourt bien à démontrer la thèse, d'autre part qu'elle résume
correctement l'argumentation de cette partie. Cette double cohérence (IM/ID et ID/IS) est un
élément important de la qualité d'ensemble du devoir.
 Le nombre des IS ne doit pas être trop élevé : (trois idées au maximum sont en général
suffisantes).
 Les transitions contribuent tant à l'unit qu’à la continuité du raisonnement. Figurant à la
fin d'une partie, elles montrent comment on va passer de ce qui vient d'être exposé à ce dont il va
être question à présent. Il convient donc d'y apporter un soin particulier.

La conclusion est une reprise de l’idée maîtresse sous une autre forme avec une ouverture
élargissant le sujet et poussant le lecteur à s’interroger.

En revanche, de même que dans l'introduction le problème a été "placé" dans son cadre
général", la réponse elle aussi peut, dans la conclusion, après avoir été "affirmée" (CQFD), être
"située" soit en fonction de sa portée (sur le problème général auquel se rattachait la question),
soit en fonction du temps, en indiquant la ligne d'évolution possible de ce qu'on vient de
démontrer.

2: Dispositions pratiques:

La rédaction est la seule partie du travail que verra le correcteur. Sa présentation et sa


qualité ont donc une très grande importance.

S'il s'agit essentiellement de convaincre le lecteur, il convient en premier lieu de ne pas


l'indisposer. Or, quelles que soient la richesse et la qualité du fond de la composition, il achèvera
sa lecture dans de mauvaises dispositions s'il ne rencontre pas :

 une écriture parfaitement lisible,


 une orthographe convenable,
 un style clair et simple, de la précision dans le choix des mots, une syntaxe correcte,
 du soin dans l'accentuation et surtout la ponctuation, cette dernière étant souvent indispensable
à la clarté des phrases.

L'écriture et le style doivent se travailler le plus tôt possible : la première par l'application
apportée à écrire, souvent et régulièrement, en formant ses lettres, le second par la fréquentation
des bons auteurs et l'usage habituel d'un dictionnaire. En revanche, la présentation d'ensemble et
la correction des fautes font partie de l'épreuve.

La présentation d'ensemble doit faciliter la lecture et la compréhension du texte.

Puisqu'une composition française ne comporte ni titre ni sous-titre, il faut l'aérer pour


permettre au lecteur de discerner, d'un simple coup d'œil, son équilibre.

On séparera donc nettement les différentes parties composées de paragraphes, ceux-ci


d'alinéas, les alinéas de phrases. On commence toujours chapitres, paragraphes et alinéas à la
ligne. A l'intérieur d'un alinéa les phrases se suivent, simplement séparées par la ponctuation.

Enfin une bonne présentation évite rature, surcharge ou bavure. Bien entendu, il faudra laisser une
marge suffisante, à gauche du texte.

La relecture

La correction des fautes est le principal objet de la relecture. Pour que celle-ci soit
efficace, il faut :

 Relire rapidement chaque paragraphe avant de passer au suivant (correction des fautes
d'orthographe, d'accentuation et d'accord des verbes). Cette relecture rapide favorise en outre la
fluidité de la rédaction (choix des mots de transition) ;
 Faire de même à l'issue de chaque partie ;
 Relire enfin, attentivement, la copie rédigée.

CONCLUSION

La méthode qui vient de vous être présentée est destinée à vous aider. Son but est de
vous permettre de réaliser la rédaction d'une bonne copie.

Elle ne doit en aucun cas étouffer votre énergie créatrice. Au contraire, elle vise à la
canaliser pour mieux la concentrer sur le bien-fondé de votre thèse et la justesse de votre
démonstration. A force de la pratiquer, vous allez vous apercevoir de son utilité pour la mise au
point d'un raisonnement intellectuel rigoureux et créatif.
Rappelez-vous donc que lors d'une épreuve de culture générale la nécessité impérieuse est
de bien comprendre ce qui vous est demandé et de présenter dans les délais fixés une rédaction
structurée selon le plan classique :

 vous dites ce que vous allez dire,


 vous le dites,
 vous dites que vous l'avez dit.
La page suivante donne un aperçu sur le schéma général de la Méthode de Composition
TABLEAU SYNOPTIQUE DE LA .METHODE DE COMPOSITION

C
Titre – Chapeau
A
Lecture du De quoi s’agit-il ?…..
O
Sens des mots
Sujet

IL S’AGIT DE …………….
M
1- RUBRIQUES DOMAINES

P
Organisation
TABLEAU
de l’étude
R

Ressources Rassemblement, tri et


2-
E classement des faits et des
conduite Documentatio idées
n
B de l’étude Conclusions des rapprochements ou
N corrélations
Etude du

Sujet Synthèses partielles


D

3-

R exploitation Synthèse Globale

de l’étude Contrôle
E

F
IDEE MAITRESSE
A
INTRODUCTION
I
Idées directrices
Corps du sujet
R
CHAPITRES CONCLUSION
E C

PLAN
- dire ce que l’on va dire
C D COMPOSITION - le dire
O Rédaction

P Développement