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Royaume du Maroc Université Sidi Mohamed Ben

Ministère de l’Education Nationale, de Abdellah


la Faculté des Sciences Juridiques
Formation Professionnelle, de Economiques et
l’Enseignement Sociales-Fès
Supérieur
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Ministère de l’Education
ScientifiqueNationale, de

Module : Droit de la distribution

« Le régime juridique du contrat de


distribution »

AU / 2018/2019

Sommaire :
0
Introduction…………………………………………………………………………………………………..2

Partie 1 :l’encadrement juridique du contrat de distribution au Maroc……..…..5

Chapitre 1 : Qualification juridique du contrat de distribution……………………….5

Section 1 : Contrats cadres ……………………………………………………………………………6

Section2 : Contrat d’application………………………………………………………………….…6

Chapitre 2 : La vie juridique du contrat de distribution………………………….……..7

Section 1 : Négociation du contrat de distribution………………………………………...7

Paragraphe 1- le consentement………………………………………………………………8
Paragraphe 2- l ‘obligation préalable d’information…………………………………9
Section 2 : Le contenu du contrat de distribution …………………………………….….10

Paragraphe 1- Détermination du prix…………………………………………………10


Paragraphe 2 -Conditions d’exécution du contrat de distribution………11
Partie 2 : Le particularisme du contrat de distribution au Maroc………………….13

Chapitre 1 : Les différents types de contrat de distribution :……………….……..13

Section 1 : Contrat de revente……………………………………………………………….…….14

Paragraphe 1- Contrat de distribution non exclusive………………………….14

Paragraphe 2- Contrat de distribution exclusive………………………………..20

Section 2 : Contrat d’intermédiation ……………………………………..……………………..22

Chapitre 2 : Les clauses principales formant contrat de distribution……………..23

Section 1 : clause d’exclusivité……………………………………………………………..………..24

Paragraphe 1 -Clause d’exclusivité d’approvisionnement…..……………….24

Paragraphe 2- Clause de fourniture exclusive………………………………………25

Section 2 : Clause de non concurrence……………………………………….…………………..26

Conclusion……………………………………………………………………………….………………………28

1
Introduction :

Pour élucider cette problématique, on adoptera dans un premier chapitre


l’encadrement juridique du contrat de distribution au Maroc, avant de se pencher
dans un deuxième chapitre qui traitera le particularisme de celui-ci.

Partie 1 :L’encadrement juridique du contrat de


distribution au Maroc
Le circuit de commercialisation d’un produit ou service fais l’objet d’un rapport
étroit avec la vie des individus et reflète par conséquent le degré de développement
économique et social des échanges commerciaux. Ainsi il ne peut être question d’un
ajustement permanant aux exigences des différents acteurs sans parler du rôle
crucial que joue le contrat de distribution en tant que pont de rattachement entre
producteur et consommateur dans la mesure où il représente une décision

2
stratégique de grande envergure, raison pour laquelle il importe d’analyser la
composition de ce type de contrat, la qualifications( Chapitre1) qui fait son
particularisme, les exigences de sa création ainsi que les obligations imposées aux
parties qui caractérisent sa vie juridique ( Chapitre2).

Chapitre 1 : la qualification du contrat de distribution


Le contrat de distribution constitue la composante de base de toute transaction
commerciale, la première phase vers la circulation des marchandises objet
économique du contrat, la transaction intermédiaire du commerce1 (achat pour
revente).

En effet, le processus de la distribution des biens et services, s’entame par un nombre


de relations commerciales dont les plus connues et pratiqués par la vie économique
sont d’abord la vente occupant une place de premier ordre et ensuite l'échange
transaction entretenue depuis l'aube du temps. Toutefois l’importance de ce type de
transaction réside implicite dument que le législateur ne lui consacre en dehors des
dispositions prévus pour les activités commerciales en générales aucune disposition
spécifiques.

En effet ,la spécialisation de ces transaction revient essentiellement en ce qu’elles


forment des ventes en gros ou en détail et ainsi la complexité et la diversité des
opérations de distribution, certains auteurs ont institué une formule présentée
dans un type de contrat nommé «contrat cadre» qui est un contrat à exécution
successive, dont l'objet unique se réaliserait progressivement et chacune des
parties est tenue d'utiliser ses efforts afin d'atteindre des objectifs fixés pour
l'évolution du marché.

Bien qu’il ne faut pas confondre le contrat cadre avec ses contrats d’application (ex :
contrat de vente) : dans ce cas le contrat s’apparente au contrat de promesse de
contracter. A cet effet il importe de clarifier les contours de ces contrats cadre
(Section1) et leur distinction par rapport aux contrats d'application (Section2)

Section1 : les contrats-cadre :


le contrat cadre est un accord par lequel les parties conviennent des caractéristiques
générales de leurs relations contractuelles futures pour arriver par la suite à dresser
des contrats ultérieurs appelé des contrats d’application, ce dernier peut prendre la

1
Droit des affaires (commerçants, concurrence, distribution)Jean Bernard Blaise, Edition Delta1998, ep 470

3
forme de différents types de contrats, à savoir Le contrat-cadre qui prévoit les
conditions d’approvisionnements à venir2, le contrat- organisation traitant le compte
des biens et services afin de favoriser leur bonne circulation (ex : aménagement des
locaux, ajustement des quantités livrables), bien qu’Il faut souligner à ce niveau que
dans le contrat-organisation, le juge veille inévitablement sur le bon fonctionnement
des organes institués par les parties, d''une part. et d’une autre il s’avère possible que
le dite contrat de distribution peut s’apparenter au contrat-coopération caractérisé
par son intérêt partagé entre les parties3.

Dès lors, le contrat cadre revêt les caractéristiques du contrat d’adhésion lorsque
le contenu du contrat est proposé par la partie la plus puissante économiquement à
l’adhésion4 de son contractant.

Section2 : Les contrats d'application :


Les contrats d'application représentent la mise en œuvre du contrat cadre dans
les exécutions répétées des opérations, tout en sachant que la formule associant
contrat-cadre et contrats d’application nécessite une multitude de consentements
successifs.
En effet, l'insertion de ces contrats dans la longue durée des transactions de
distribution palie à la fois aux signes de complexité et à celle de l'impossibilité de
maitriser l'évolution future du contrat-cadre5. par conséquent l'adoption de clauses
susceptibles d'adaptation continue et automatique, à savoir la mise en œuvre du
contrat d’application condition incontournable pour l’organisation de la transaction
commerciale allant de la fixation avec précision du prix, retenu initialement( par
référence au tarif du fournisseur sans précision),aux délais et quotas jusqu’aux
modalités techniques d'exécution requièrent de coutume les révisions ou
réadaptations par le biais des dites contrats d'application.

Finalement, il importe de noter que certains contrats de distribution prennent


la forme de contrats-cadres, d’autres sont des contrats
Ordinaires», parfois de simples adaptations d’un contrat de vente ou de
Prestation de services. Certains se présentent comme des contrats nommés, d’autres
utilisent des formules ou des titres peu employés : contrat de coopération, contrat de
distribution, contrat de fourniture, contrat de
Partenariat, etc.

Par ailleurs, la spécialisation de ces contrats est également sectorielle :


l’observation de la pratique montre que tel secteur utilise tel type de contrat,

2
Droit des affaires (commerçants, concurrence, distribution)Jean Bernard Blaise, Edition Delta1998, ep 469
3
Le contrat-Cadre(Exploration comparative), A.Sayag, Edition litec.P 22
4
Technique contractuelle, Jean Mousseron, 5 Edition Francis Lefebvre, P 226
5
Dictionnaire de droit du marché : concurrence, distribution, consommation,Mainguy /Dir , P 253
4
souvent par habitude ou par mimétisme, ainsi le contrat de franchise dans la
restauration, qui se mue en contrat de commission-affiliation dans le secteur du
vêtement et en contrat de management dans celui de l’hôtellerie, relations plus
complexes dans le domaine de la grande distribution et par conséquent il est difficile
dans ces conditions d’identifier un droit commun de ces contrats de distribution.

Chapitre 2 : La vie juridique du contrat de distribution


En tant que fournisseur ou distributeur pour conclure un contrat de
distribution, je commence par négocier (Section 1) pour construire ce que l’on
appelle juridiquement un consentement (fondement de l’accord). Ce consentement
marque le départ de la vie juridique d’un contrat de distribution. Le contenu (Section
2) de ce dernier reste la preuve initiale en cas de contentieux.

Section1 : La négociation du contrat de distribution


Les relations contractuelles entre fournisseurs et distributeurs répondent aux
conditions classiques de formation du droit des contrats (consentement, capacité,
objet et cause licite).

Le courant d’affaires ou relation commerciale existant entre eux est conditionné par
le libre jeu de la concurrence afin de satisfaire au mieux les consommateurs et de ne
pas contribuer au dysfonctionnement de l’économie.6

Certainement tout producteur, prestataire de services, grossiste ou importateur est


tenu de communiquer ses conditions générales de vente à tout acheteur de produits
ou tout demandeur de prestations de services qui en fait la demande pour une
activité professionnelle. Il s’agit là des conditions générales de formation du contrat
de vente.7

Il est à noter que le droit marocain ne prévoit aucun texte spécial pour régir
spécifiquement cette matière, mais les dispositions concernant le Dahir formant code
des obligations et des contrats lui sont applicables. En effet l’article 230 dispose que
« Les obligations contractuelles valablement formées tiennent lieu de loi à ceux qui
les ont faites, et ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou
dans les cas prévus par la loi. »

6
L’essentiel du droit de distribution, auteur :Rabu Gaylor , Editeur :Gualino. Page 33
7
Article 59 de la loi 104-12
5
Cependant, la question ici n’est pas d’envisager tous les éléments constitutifs
du contrat en général, mais de mettre l’accent sur les spécifiés que rencontrent
communément les contrats de distribution.

Paragraphe 1 - Le consentement

Evidemment le fournisseur ainsi que le distributeur doivent exprimer leur


consentement sur la conclusion d’un contrat cadre qui tient lieu à un contrat de
spécialité. Considérant que de tel contrat est réputé d’adhésion, le fournisseur se
trouve dans une situation plus favorable que le distributeur qui est en position de
faiblesse et qui mérite une protection particulière. Au moins, le contrat doit être
exempt de tout type de vice de consentement, qu’il soit violence économique, erreur
ou dol.

La loi demeure très conservatrice en ce qui concerne l’admission de la violence


comme cause justifiant l’annulation du contrat du fait qu’elle exige une condition qui
est l’illégitimité de la contrainte.

Le dol ne donne pas lieu seulement à l’annulation du contrat mais également l’octroi
à la victime des dommages intérêts. Cela s’explique par la double nature du dol qui
est à la fois vice de consentement et délit civil.

Il donne ouverture à la rescision, lorsque les manœuvres ou les réticences de l'une


des parties, de celui qui la représente ou qui est de complicité avec elle, sont de telle
nature que, sans ces manœuvres ou ces réticences, l’autre partie n’aurait pas
contractée. Le dol pratiqué par un tiers a le même effet, lorsque la partie qui en
profite en avait connaissance.8

Le distributeur commerçant indépendant responsable de ses affaires, doit


s’informer pour informer le client ou l’utilisateur final. D’où la nécessité de mettre en
exergue l’obligation préalable d’information.

Paragraphe 2 - L’obligation préalable d’information

La théorie des vices du consentement n’est pas toujours suffisante pour assurer
la protection des distributeurs. Aussi le législateur intervient pour imposer au
fournisseur de délivrer une information préalable à la conclusion du contrat.

Le droit Français met l’accent sur l’obligation préalable d’information dans la


mesure où le fournisseur doit informer préalablement le distributeur des lors qu’il

8
Article 52 du Dahir formant Code des Obligations et des Contrats

6
met à sa disposition un élément de propriété. Cette information porte sur l’identité
du fournisseur son expérience, la description du réseau, l’exposé du contenu du
contrat, la représentation de l'état général et local du marché et ses perspectives
d'évolution, des produits et services objets du contrat.9

Le droit marocain de son coté, en l’occurrence de la loi relative à la liberté des prix et
de la concurrence prévoit que tout producteur, prestataire de services, importateur
ou grossiste est tenu de communiquer à tout acheteur de bien ou de produit ou
demandeur de prestation de service pour une activité professionnelle qui en fait la
demande, son barème de prix et ses conditions de vente. Celles-ci comprennent les
conditions de règlement ou les garanties de paiement et, le cas échéant, les
réductions accordées quelle que soit leur date de règlement. Cette communication
s'effectue par tout moyen conforme aux usages de la profession.10

Section 2 : le contenu du contrat de distribution :


Sans revisiter l’ensemble des stipulations contractuelles, le contenu des
relations contractuelles mérite un examen particulier de certaines obligations.
Fournisseurs et distributeurs sont susceptibles de faire fonctionner certains leviers
contractuels pour imposer à l’autre partie des conditions défavorables. Il en va ainsi
du prix et des conditions d’exécution du contrat.

Paragraphe 1 - La détermination du prix :

Le Dahir des Obligations et des Contrats dispose dans son article 487 que « Le prix
de la vente doit être déterminé. On ne peut en rapporter la détermination à un tiers
ni acheter au prix payé par un tiers, à moins que le prix ne fût connu des
contractants. On peut cependant s'en référer au prix fixé dans une mercuriale, ou
tarif déterminé, ou à la moyenne des prix du marché, lorsqu'il s'agit de marchandises
sont présumés s'en être référés à la moyenne des prix pratiqués. »11

La jurisprudence Française opte pour la détermination du prix non pas au niveau de


la formation du contrat cadre mais au niveau du contrat d’application.

En application, de l’article 1129 du Code civil français, la Cour de cassation a fait


preuve d’une relativement grande souplesse s’agissant de l’exigence de
détermination du prix, notamment pour les contrats-cadre, dont la particularité est

9 Droit commercial et des affaires, Auteur(s): Legeais, Dominique, Editeur: Dalloz,Année de Publication:
2015,pages: 487

10
La loi 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence . Article 59
11
Article 487 du dahir formant Code des Obligations et des contrats
7
de voir leur exécution échelonnée dans le temps. Les contrats cadres ont, en effet,
pour fonction d’organiser les relations contractuelles futures des parties.

La question s’est alors posée de savoir s’il était nécessaire que, dès la conclusion du
contrat-cadre, le prix auquel seront conclues les ventes à venir soit déterminé.

Devait-on admettre, au contraire, que, sans fixer le prix, le fournisseur puisse


seulement prévoir que le prix correspondra, par exemple, au tarif qui figurera sur le
catalogue à la date de conclusion du contrat d’application ?

Pendant longtemps, la jurisprudence s’est manifestement satisfaite de la seconde


option.

Elle estimait, de la sorte, que le renvoi dans le contrat-cadre au prix du tarif


fournisseur au jour de la livraison pour les ventes exécutées en application de ce
contrat était valable. 12Le critère ce sera souvent la référence au marché, on va
vérifier que le fournisseur n’impose pas des prix qui sont complètement incompatible
avec le marché. Mais si l’augmentation du prix est justifiée, si le partenaire a été
prévenu de cette clause, alors il n’y a pas d’abus.13

Le fournisseur dispose d'un droit unilatéral de fixer le prix: le juge va donc vérifier que
le prix a été correctement fixé, et vérifie que le fournisseur n'a pas abusé du droit qui
lui est conféré de fixer le prix unilatéralement.

Rien ne s’oppose à ce que le prix soit fixé par le seul fournisseur ou le seul
distributeur, il suffit que les prix des biens, des produits et des services sont
déterminés par le jeu de la libre concurrence et jugé non abusif.

Paragraphe 2 - Les conditions d’exécution du contrat de distribution

En dehors du prix, le fournisseur est susceptible d’imposer ses conditions et de


maintenir une relation commerciale déséquilibrée, notamment lorsque le contrat qui
le lie au distributeur est de longue durée. À l’inverse, le distributeur qui négocie les
conditions d’exécution de la fourniture se ménage souvent la possibilité de contrôler
et de sanctionner la défaillance du fournisseur.

12
Droit des contrats , Par Aurélien Bandé 13mars2017 « l’exigence de la détermination du prix et la réforme
des obligations »
13
C. Jamin, « Réseaux intégrés de distribution : de l’abus dans la détermination du prix au contrôle
des pratiques abusives », JCP 1996. I. 3959 ; Com. 4 nov. 2014, CCC 2014, comm. 38.

8
En outre, le fournisseur comme le distributeur doit respecter un certain nombre
d’obligations. La détermination de ces obligations est la précaution qui permet en
particulier d’éviter une interprétation trop restrictive ou une qualification différente
donnée au contrat par le juge.

À la différence des contrats qualifiés dont le contenu est fixé par la loi, le contenu des
contrats de distribution se limite aux stipulations contractuelles.

Donc, il apparait primordiale de préciser les obligations de chacune des parties au


contrat (Fournisseur /Distributeur).

-Les obligations du fournisseur :

Lorsqu’il s’agit d’une distribution exclusive, l’obligation principale tient


généralement au respect de l’exclusivité qu’il a pu consentir et qui consiste pour lui à
ne livrer que le distributeur choisi dans le territoire qui lui a été reconnu. On évoque,
à cet effet, un mécanisme d’exclusivité territoriale qui impose au fournisseur de ne
pas vendre à un autre distributeur dans ce territoire.

Cas pratique :14

Une société de droit néerlandais, la société Kawasaki Motors Europe, importe et


distribue en France des motos de la marque Kawasaki dans le cadre d’un réseau de
distribution. La société Kawasaki a conclu avec la société Motoworld un contrat de
concession exclusive pour les « arrondissements » de Nancy, Toul et Lunéville. La
société Motoworld a assigné les sociétés Kawasaki et PC Moto en paiement de
dommages et intérêts. La société Motoworld reproche à la société PC Moto, qui
exerce à Nancy une activité indépendante de vente de motocycles, d’avoir en
commercialisant des motocycles de la marque Kawasaki, participé à la violation d’une
interdiction de revente hors réseau. La société Motoworld reproche à la société
Kawasaki d’avoir quant à elle manqué à ses obligations en ne veillant pas à
l’étanchéité de son réseau.

La société Kawasaki reproche à la Cour d’appel de Paris, dans un arrêt rendu sur
renvoi après cassation, de « dire qu’elle a engagé sa responsabilité en ne garantissant

14
https://www.lettredesreseaux.com/P-2291-451-A1-obligation-de-veiller-au-respect-de-l-exclusivite-
territoriale-consentie-dans-un-contrat.html?fbclid=IwAR3XWHGEYNk_M_PIS-
HLO1ZPMv1dEJgP1vDk8Smt2t2fj1cntdST5ypkvas
9
pas l’exclusivité qu’elle avait assurée à la société Motoworld et de la condamner au
paiement de dommages-intérêts ».15

On peut dire que les obligations du fournisseur tiennent leur source de la vente qui
est à la base de l’accord de volonté, ainsi de la collaboration que les contractants se
sont promis. A cet égard, le fournisseur doit fournir les produits selon les modalités
prévues. A default, le distributeur peut obtenir des dommages et intérêts ou encore
s’engager d’une exécution forcée.

Le droit Français met l’accent sur l’obligation préalable d’information dans la


mesure où le fournisseur doit informer préalablement le distributeur des lors qu’il
met à sa disposition un élément de propriété. Cette information porte sur l’identité
du fournisseur son expérience, la description du réseau, l’expose du contenu du
contrat, la représentation de l'état général et local du marché et ses perspectives
d'évolution, des produits et services objets du contrat.

Le droit marocain de son coté, en l’occurrence de la loi relative à la liberté des prix et
de la concurrence prévoit que tout producteur, prestataire de services, importateur
ou grossiste est tenu de communiquer à tout acheteur de bien ou de produit ou
demandeur de prestation de service pour une activité professionnelle qui en fait la
demande, son barème de prix et ses conditions de vente. Celles-ci comprennent les
conditions de règlement ou les garanties de paiement et, le cas échéant, les
réductions accordées quelle que soit leur date de règlement. Cette communication
s'effectue par tout moyen conforme aux usages de la profession. 16

-Les obligations du distributeur :

Il doit respecter les quotas prévus par le contrat, respecter l’exclusivité


d’approvisionnement ou les critères du contrat de distribution sélective, payer bien
sûr le prix des marchandises, les droits d’entrée et redevances prévus par le contrat.
La sanction est la résolution judiciaire ou la résiliation lorsqu’une telle clause a été
insérée dans le contrat. Il assume, surtout, des obligations à l’égard des
consommateurs, sous-acquéreurs des marchandises vendues par le fournisseur au
distributeur.
Là se situe l’enjeu essentiel de ces contrats car le fournisseur cherche à organiser ces
réseaux de distribution pour contrôler la distribution de ses marchandises aux
consommateurs. Aussi ces contrats comportent-ils des clauses qui imposent par

15
Cass. com., 22 octobre 2013, n°12-22.281. Voir annexes
16
La loi 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrence ,article 59
10
exemple des obligations de démonstration ou de conseil aux consommateurs, un
service après vente même à ceux qui n’ont pas acquis les marchandises dans leur
magasin.
Si les contrats cadre ne peuvent être qualifiés comme une vente, les contrats
d’application, donc le distributeur est tenu des obligations de l’acheteur notamment
l’obligation de payement de prix et de prendre livraison.

En revanche, le distributeur n’est pas obligé de respecter l’obligation qui lui serait
faite de revendre au prix imposé par le fournisseur.

Partie 2 : Particularisme des contrats de distribution


Certes, le contrat de distribution, contrat innommé non régit par un texte claire
et précis, présente des particularités divers qui permettent de connaitre tel ou tel
type de contrat et de s’assurer de l’existence de clauses qui protègent les intérêts
contractuels étant plus flexibles et souples aussi.

Chapitre 1 : différents types de contrats de distribution :

Le contrat de distribution est peut-être la meilleure option juridique pour


exercer le commerce sans prendre de risque .En effet, Il existe deux grandes
catégories de contrats de distribution à savoir l’intermédiation et la revente. D’une
part, le contrat de revente qui comprend essentiellement : distribution exclusive
(appelé aussi « contrat de concession exclusive »), le contrat de franchise , le contrat
de distribution sélective. Ceux-ci présentent des variations de la distribution des
produits et des services. Seuls les contrats de franchise et de distribution sélective
sont des contrats de distribution non exclusive. D’autre coté, le contrat
d’intermédiation se manifestant principalement dans le courtage commercial, le
mandat, la commission et l’agence. Alors que veut dire chaque contrat et quel en est
le régime juridique applicable ?
Ce contrat de distribution centre de notre étude peut être soit un contrat
d’intermédiation ou bien un contrat de revente

Section 1 : Contrats de revente

11
Paragraphe 1 - Les contrats de distribution intégrée et non exclusive :

Ces contrats comprennent les contrats de franchise, les contrats de distribution


sélective.

Avant de passer à la franchise, il importe de la distinguer du contrat de concession,


bien que tous deux présentent certaines règles communes par rapport à la formation
et aux délais légaux relatifs au contrat en question.

Au niveau de ce contrat la concession bénéficie d’une assurance technique et d’une


exclusivité territoriale pour pouvoir écouler les produits du concédant sans pour
autant trop s’exposer à une forte concurrence .de surcroit une clause de quotas
obligeant le concessionnaire à commander un minimum de marchandise soit requise
17

Bien que les grands principes caractérisant le contrat de franchise soient à peu près
très Constants et faciles à préciser leurs modalités d’application peuvent varier à
l’infini et une définition globale risque d’être imparfaite 18
Le franchisage ("franchising") est un contrat par lequel le franchiseur concède à un
franchisé (entreprise indépendante) l'utilisation de sa marque, une exclusivité
géographique, son savoir-faire, son assistance technique et un éventuel contrat de
concession (de fourniture de produits ou de services).
En contrepartie, le franchisé doit financer lui-même son magasin, le gérer et payer au
franchiseur une redevance sur son chiffre d'affaire. De plus, il s'engage,
généralement, à payer un droit d'entrée et à s'approvisionner chez le franchiseur.

Contrairement à d'autres pays qui disposent de législations spécifiques (loi boudin en


France, Full Disclosur Law aux USA, etc.), le droit marocain ne prévoit aucun texte
pour ce type de contrat de distribution. Le contrat de franchise (qui n'est ni un
contrat de vente, ni un contrat de location, ni un contrat d'adhésion mais qui peut
englober plusieurs contrats à la fois, dont les règles se juxtaposent : contrat d'achat
de produits ou services, contrat de concession de marque et/ou d'enseigne, contrat
de licence de savoir-faire et/ou de brevet, etc.) est régi au Maroc par le DOC, dahir
formant le code des obligations et contrats et, notamment, par son article 230 qui
stipule que "les obligations contractuelles valablement formées tiennent lieu de loi à

17
http://www.cours-de-droit.net/contrat-de-distribution 29/10/2018 à 19:35 mn
18
P.ANDRIEUX, distribution. Le commerce indépendant .dunod.1972 p.84
12
ceux qui les ont faites et ne peuvent être révoquées que de leur consentement
mutuel ou dans les cas prévus par la loi".

La formule de la franchise permet au franchiseur de se développer sur son marché


sans investissement, d'accroître son activité et sa notoriété tout en percevant une
redevance et, éventuellement, un droit d'entrée.
Parallèlement, le franchisé bénéficie de conditions d'approvisionnement parfois
avantageuses, de la caution, du savoir-faire et des conseils du franchiseur, ainsi que
d'une exclusivité géographique et des retombées des campagnes publicitaires
nationales du franchiseur.

En outre, la première franchise installée au Maroc remonte à 1962 : la société


marocaine SCAL s'étant franchisée auprès de la société américaine AVIS.

Si cette forme de commerce a progressivement séduit d'autres entreprises


(apparition des franchises : Hertz en 1963, Europcar en 1978, Pigier en 1981,
Méridien, Naf-Naf), ce n'est qu'à partir des années 1990 qu'elle a réellement pris son
essor au Maroc, pour connaître actuellement un rythme d'environ 6 créations par an
:

N.B. : 10 réseaux n'ayant pas communiqué leur date d'implantation au


Maroc ne figurent pas sur le graphe
Source : Ministère de l'Industrie et du Commerce et des
Télécommunications

En décembre 2002, le Ministère du Commerce et de l'Industrie recensait


121 réseaux de franchise au Maroc :

13
- 19 % d'origine marocaine (Kitéa, Bidgil, Unitex, Au pain tout chaud,
etc.)
- 60 % d'origine française ou américaine (plus de 50 % des
enseignes seraient française selon l'Observatoire marocain de la
franchise)
Ce réseau représentait 540 points de vente (dont 35 % dans les secteurs
de l'habillement et de la restauration).

Selon l'Observatoire de la franchise, les réseaux implantés au Maroc se


répartissent comme suit :

Le nombre de franchisés a augmenté de 185 % en 5 ans (90 % des


enseignes étant implantées à Casablanca).
En février 2004, la Fédération Marocaine de la Franchise déclare, quant
à elle, 154 marques franchisées :
- 15 % Maroc-marocaines
- 85 % américaines et européennes

En termes de secteur d'activité, les franchisés sont principalement implantés


dans le secteur de l'habillement (27 %) suivis par les secteurs de la restauration, de la
cosmétique-coiffure et de l'ameublement. Le secteur des services reste sous-
représenté en regard des attentes du marché.19

En effet, bien que les dispositions générales d’un contrat de franchise soient
identiques en France et au Maroc, l’absence de cadre juridique régissant le secteur au
royaume implique la nécessité de faire attention à certains détails notamment les
clauses relatives aux modalités d’exécution et d’extinction du contrat. En l’absence
de cadre juridique, le franchiseur peut résilier sans préavis si le contrat le liant
au franchisé ne prévoit pas, dans les détails, les modalités de rupture des relations
commerciales (faute grave ou clause résolutoire généralement) ce qui suppose une
19

Pierre CÉLIER, Professeur de l'ENSET de Mohammedia


document mis à jour le 20/01/2005

14
grande vigilance surtout pour le franchisé en situation de « subordination » et être
en mesure d'identifier les risques potentiels attachés au contrat et d'en prévoir le
dénouement. Cependant devant l'inégalité des rapports des forces des deux parties,
généralement le franchisé adhère au contrat dont les clauses sont dictées par le
franchiseur. La puissance économique du franchiseur doit être régulée par
l'intervention du législateur, comme il a fait dans d'autres contrats de même nature
en vue de mettre le franchisé à l'abri de toutes les manœuvres de concrétisation de
l'accord.20

 Le contrat de distribution sélective est un contrat par lequel un fournisseur


confie à un distributeur qu’il aura choisi la tâche de commercialiser ses
produits. Pour effectuer son choix le fournisseur se base généralement sur des
critères qualitatifs ou objectifs requis par la nature des produits, et qui
concernent la formation du personnel de vente, les points de vente,
l’assortiment des produits vendus, etc.

On considère généralement que la distribution sélective purement qualitative ne


fausse pas la concurrence, dès lors que trois conditions sont respectées :

 tout d’abord, la nature du produit doit être telle, qu’elle requiert la mise en place
d’un système de distribution sélective pour en préserver la qualité et en assurer
un bon usage,
 ensuite, les distributeurs doivent être choisis sur la base de critères objectifs,
uniformes pour tous, portés à leur connaissance et appliqués de manière non-
discriminatoire,
 enfin, les critères de sélection définis ne doivent pas aller au-delà de ce qui est
nécessaire.

N .B : certains fournisseurs ayant instauré des critères de sélection visant à éliminer


des distributeurs sans justification quant à la nature du produit ou à la pratique
commerciale du fournisseur ont été condamnés.

Et d’autres critères de sélection quantitatifs. Ils peuvent ainsi exiger un niveau de


vente minimal ou maximal, limiter le nombre de revendeurs agréés, etc.

On peut constater que pour certains produits tel que les parfums, les critères peuvent
être le coté luxueux des locaux, pour des domaines à haute compétence technique,
ce peut être la compétence.

20
Mémoire en ligne, les franchises au Maroc ,université AIN CHOCK ROYAUME DU MAROC,
https://www.memoireonline.com/02/12/5257/Les-franchises-au-maroc.html
15
N.B : Il n’y a pas un verrouillage du réseau comme dans la franchise, ce sont des gens
qui n’ont pas du tout la même enseigne.
Il est alors interdit de revendre les produits à un autre distributeur qui serait en
dehors du réseau car dans ce cas-là, ce serait permettre à l’autre distributeur de
vendre les produits alors qu’il n’a pas été sélectionné : principe de
désorganisation.21

En outre, c’est un contrat réservé à ceux qui ont la qualité de commerçants et ce


caractère sélectif dépend évidemment de l’espace géographique. Son régime
juridique tend à laisser une bonne marge de manœuvre aux premières négociations.

Il est à mentionner également que Le fournisseur ne peut empêcher par exemple le


distributeur de commercialiser les produits visés sur internet. Le distributeur doit
disposer d’une totale liberté dans la détermination du prix de vente qu’il pratiquera.
Le fournisseur peut donc certes restreindre son réseau de distribution mais il ne peut
en aucun cas restreindre la liberté commerciale dont doivent disposer ses
distributeurs.

Ces interdictions ressortent du droit de la concurrence. Le fait d’empêcher le plus


grand nombre de distributeurs d’accéder à son réseau peut présenter des entorses
au droit de la concurrence.
En effet, la préoccupation principale en la matière concerne les cas d’abus de position
dominante et les ententes. Concrètement, le fait d’établir un réseau de distribution
sélective entraine nécessairement une exclusion des revendeurs qui n’auront pas été
agréés par le fournisseur. Il convient donc de préférable d’insérer des clauses licites
dans son contrat de distribution sélective et donc de passer par un professionnel
pour établir un tel contrat.

Pour simplifier, il faut que le réseau mis en place par les contrats de distribution
sélective ne conduise pas à des pratiques comme des ententes (qui sont constituées
par des accords, sur les prix ou sur les zones géographiques) ou des abus de position
dominante (situations dans lesquelles une entreprise dispose d’une telle force sur le
marché que son comportement échappe totalement au libre jeu de la concurrence).
A titre d’exemple, bien que le fournisseur puisse préciser sur quel marché
géographique il souhaite que tel distributeur intervienne, il n’est en aucun cas
possible de stipuler une clause qui aurait pour but d’annuler les effets de la
concurrence entre distributeurs se trouvant sur un même marché.

21
http://www.cours-de-droit.net/contrat-de-distribution-
16
Le contrat de distribution sélective exige donc une grande rigueur dans sa rédaction,
comme tous les contrats de distribution, la meilleure solution étant de se faire
accompagner par un professionnel.22

Elément fondamental de la politique commercial des fabricants la distribution


sélective qui permet de mettre à la disposition du consommateur final des biens et
services consiste à sélectionner et a gérer un ensemble de moyens pour que les
produits soient disponibles en bon endroit dans les quantités voulues et dans les
conditions les plus propices à susciter l’acte d’achat.23

La sélection est pratiquée plus particulièrement lorsqu’il s’agit de commercialiser des


produits de luxe (parfumerie par exemple), de haute technicité (Renault par exemple)
dont la nature requiert un distributeur spécialisé disposant d’un personnel qualifié et
d’un point de vente approprié.

Afin d’instaurer la loyauté et l’équilibre des relations commerciales les pouvoirs


publics gardent un œil sur cette collaboration et insiste sur la liberté du distributeur
notamment en matière de fixation des prix de revente mais attribuent néanmoins un
droit de contrôle au fabriquant propriétaire de la marque et prometteur du réseau.24

Paragraphe 2 - Contrats de distribution exclusive :

Bien que facultatif, le contrat de distribution exclusive (qui prévoit une


exclusivité pour certaines obligations) est primordial pour sécuriser la relation entre
les parties prenantes et les départager en cas de conflit.

Le contrat de distribution exclusive ainsi appelé contrat de concession exclusive est


un contrat par lequel un fournisseur accorde le droit à un seul distributeur (à
l’exclusion des autres) de revendre ses produits ou services sur un territoire ou dans
un périmètre déterminé en son nom (fournisseur) et pour son propre compte. Par
exemple l’entreprise Renault avec son réseau de concessionnaires.

Ce contrat s’inscrit dans l’objectif de la création d’un réseau de distribution. Celui-ci


est géré par le fournisseur, et c’est ce dernier qui prend les rênes de la distribution du
produit concerné par le contrat.
22
https://www.captaincontrat.com/articles-droit-commercial/contrat-distribution-selective ; date de
consultation 28/10/2018 a 13:39 mn
23
A .DAYAN,manuel de distribution ,Ed d’organisation,paris 1981,p.03
24
MARIE LAURE ALAIN CLAIRE COMBOLLE, « les relations entre producteurs et distributions bilan et limites de
30 ans de régulation »https://ceco.polytechnique.fr.
17
Aussi, la rédaction du contrat de concession exclusive repose sur cinq éléments
essentiels : le droit applicable, la formation, les clauses indispensables, les obligations
des deux parties et la durée de validité du document.

La forme et le contenu du contrat de concession exclusive sont librement fixés par le


fournisseur et le distributeur et Les termes doivent cependant respecter les droits
des deux parties, notamment les règles du droit de la concurrence.il en est de même
que, le fournisseur doit respecter les quotas de livraison faisant l’objet de son
engagement et, en parallèle, le distributeur doit respecter le quota
d’approvisionnement prévu dans le contrat

Il est fortement recommandé de faire rédiger le contrat de concession exclusive. Les


cocontractants doivent définir les termes et conditions d’achat et de vente au
préalable. Ces éléments devront également être mis noir sur blanc, et accompagner
ledit contrat. Le document doit également indiquer le barème de prix décidé et
approuvé par les deux parties, ou la méthode de détermination du prix, si le barème
n’a pas été clairement défini.

Le contrat de concession exclusive doit être conclu avant le 1er mars de chaque
année. Il peut aussi être conclu dans les deux mois suivant le début du cycle de
commercialisation du produit faisant l’objet de l’accord entre le fournisseur et le
distributeur.

Par ailleurs, le fournisseur doit impérativement garantir les défauts et autres vices
cachés des produits qu’il fournit, ainsi que l’exclusivité de la marque, de l’enseigne,
du produit ou du concept sur le territoire accordé au distributeur.

Quant au distributeur, il doit, pour sa part, payer le prix convenu pour les
marchandises. Si le contrat le prévoit, il doit aussi maintenir un stock de produits
pour répondre aux besoins immédiats de la clientèle, assurer divers services à cette
dernière et respecter, bien entendu, toutes les règles commerciales visées par le
fournisseur. Le distributeur a également le devoir d’informer son fournisseur de l’état
du marché et des retours de la clientèle sur le produit commercialisé, entre autres.

Enfin, la politique du réseau doit être bien définie et mise en œuvre par le
fournisseur, et elle doit être respectée par le distributeur.25

25
https://www.captaincontrat.com/articles-droit-commercial/contrat-concession-exclusive
18
La durée de validité du contrat de distribution exclusive peut être indéterminée, dans
ce cas chaque partie peut y mettre fin à condition de respecter un préavis défini lors
de la rédaction du document. Dans cette mesure, aucune indemnité de clientèle n’est
prévue si le fournisseur rompt le contrat.

Néanmoins, il est plus courant d’opter pour un contrat à durée déterminée. Dans ce
cas, il est impossible pour les deux parties de mettre fin à leur engagement avant la
date prévue, sauf en cas de faute grave ou de clause résolutoire. Cette dernière
clause, optionnelle, ouvre le droit à la rupture prématurée du contrat à durée
déterminée.

Enfin, le contrat n’est pas renouvelé tacitement. C’est la raison pour laquelle il est
important de prévoir un préavis pour la notification du refus de renouvellement de la
part du fournisseur, et d’en indiquer le délai dans le contrat.

Section 2 : Contrats d’intermédiation


Ce sont les partenaires du commerçant qui le représente à l’égard de sa
clientèle. Il y a forcément un contrat entre le commerçant et son partenaire. La
nature de ce contrat traduit le degré d’indépendance entre les deux.
Le commerçant peut choisir une solution avec plus d’indépendance en proposant un
contrat de mandat, de commission ou de courtage.
-Dans le contrat de mandat : le mandataire est chargé de représenter le commerçant
et le commerçant est appelé le mandant.
Le mandataire lui-même n’est pas forcément commerçant, il le représente. Quand il
agit dans le cadre de son mandat, il n’agit pas en son nom. Mais il n’a pas la
possibilité de négocier le contenu du contrat.
-Tandis que, le contrat d’agent commercial, celui qui est chargé de façon permanente
de négocier et éventuellement de conclure des contrats de vente/location/etc. pour
le compte du commerçant.
L’agent commercial est soumis à une réglementation particulière qui déroge au droit
commun du mandat. On considère que le contrat de mandat est particulier : les 2
parties y ont intérêt = contrat de mandat d’intérêts communs. Du coup, quand le
contrat de l’agent commercial est à durée indéterminée, la loi lui donne le droit à une
indemnité en cas de rupture (c’est une particularité de l’agent commercial car ce
n’est pas dans le droit commun du mandat).

19
-Dans le contrat de commission : c’est le commissionnaire qui s’engage à accomplir
des actes pour le compte d’un commettant. Ce qui est différent du mandat est que le
commissionnaire agit en son nom personnel, c’est la raison pour laquelle il doit lui
aussi être commerçant.
- Dans le contrat de courtage, le courtier est celui qui met en relation deux personnes
qui veulent passer un contrat, lui-même n’en passant pas. Il agit en son propre nom
donc il doit avoir la qualité de commerçant.
En effet, Le courtier répond à des effets, objets, valeurs et documents qui lui
sont confiés. La rémunération est due dès que le contrat prévu a été conclu avec
les tiers. Mais quand le courtier n’indique pas à l’une des parties de l’autre
partie contractante, il se rend responsable de l’inexécution du contrat. En cas de
vente sur échantillon, le courtier doit conserver ce dernier jusqu’à ce que la
vente soit traitée et terminée. Il est responsable de l’authente des signatures et
de l’identité de ses clients. S’il a un intérêt personnel dans l’affaire, il est tenu de
prévenir les parties contractantes, faute de quoi il peut être astreint à des
dommages intérêts. S’il fait des opérations illicites, il n’a droit à aucune
rémunération.

Chapitre 2: Les clauses principales formant contrat de


distribution

Trop de contrats restent muets sur plusieurs aspects fondamentaux de la


relation liant la tête de réseau à ses distributeurs. Ce constat vise toutes les
catégories de commerce organisés26, pourtant les contrats de distribution
comprennent divers effets et obligations, le plus souvent organisés en « clauses »,
plus ou moins dépendantes les unes des autres.

Certaines ne présentent aucune spécificité particulière, s’agissant de leur existence


ou de leur validité, comme (des clauses relatives à la responsabilité, des clauses
relatives aux litiges, ou encore, plus sophistiquées et propres aux contrats d’affaires,
des clauses de force majeures des clauses d’adaptation, etc…) En outre, certaines
clauses seront plus spécifiquement envisagées comme les clauses de résiliation ou les
clauses d’intuitu personae ; restent, alors quelques clauses relativement communes,
tel que les clauses d’exclusivité ou les clauses de non concurrence.
26
https://www.lettredesreseaux.com; FRANCOIS LUC_SIMON (AVOCAT ASSOCIE_GERANT_DOCTEUR EN
DROIT) 00H10
20
La valeur ajoutée d'une telle clause réside dans la qualité de son contenu, qui doit
permettre une meilleure protection des parties qui chercheront dans le contrat la
souplesse attendue.27

Section 1 : Les clauses d'exclusivité

En raison de leur insertion dans un réseau, Lorsqu’un fournisseur fait appel à un


intermédiaire de commerce tel qu’un distributeur afin de commercialiser son produit,
les parties doivent s’interroger sur la pertinence et la nécessité d’accorder une
exclusivité ; dans laquelle ils perdent une part de leur liberté de choisir leurs
cocontractants qu'il s'agisse d'exclusivité de distribution ou d'approvisionnement.
Paragraphe 1 - Les clauses d'exclusivité d'approvisionnement :

Les clauses d’approvisionnement exclusif (aussi appelée « clause d’achat


exclusif », « exclusivité d’approvisionnement » ou « obligation d’achat »), s'avèrent
les plus récurrents.

Elles contraignaient le distributeur à ne traiter qu'avec le fournisseur pour les


produits et services objet du contrat. , durant une certaine période (ex. : un garagiste
indépendant s’engage à acheter tous ses pneus de rechange auprès de Michelin
pendant cinq ans).

La clause d'approvisionnement exclusif est accompagnée par une clause de


fourniture exclusive et une règle de quotas que le distributeur doit réaliser.

L'agencement de ces règles met le distributeur sous la dépendance économique du


fournisseur qui le place le dans une situation préoccupante. En effet, il est tributaire
pour son existence et sa survie économique de la poursuite de la relation
contractuelle. 28

Cette situation n'est admise que si elle ne cache point d'abus notamment à travers la
durée de son effectivité.
Cependant La contrainte que représente ce type de clause se révèle généralement
des mois plus tard, lorsqu’une nouvelle opportunité commerciale se présente, Des
tensions apparaissent alors Le distributeur signataire souhaite se libérer de son
obligation d’exclusivité, tandis que son partenaire entend obtenir jusqu’au bout le
respect de l’obligation d’exclusivité.

27 CA Paris, 30 avr. 1997 : JurisData n° 1997-020730

28
B. DUBUISSON et G. TOSSENS , p. 451.
21
Paragraphe 2 - Les clauses de fourniture exclusive :

L’exclusivité de fourniture est une obligation par laquelle le fournisseur


s’engage à approvisionner le distributeur avec les produits mentionnés dans le
contrat, et ce, dans une zone géographique déterminée (zone concernée par la
clause d’exclusivité territoriale) dans un esprit d'équilibre des obligations des
parties ; Cela veut dire qu’elles obligent le fournisseur à ne pas livrer les produits et
services concernés à un autre distributeur dans la zone attribuée et pendant la durée
de l'exclusivité ( La mise en œuvre implique nécessairement la fixation d'une zone
géographique de l'exclusivité ).
Le distributeur est protégé contractuellement contre le trouble du fournisseur, il lest
par le biais de la concurrence déloyale contre un autre distributeur.

En revanche, plusieurs types d’exclusivité peuvent être envisagés , L’exclusivité


de marque impose à son débiteur de ne conclure des contrats que portant sur la
marque, avec le fournisseur ou un tiers, l’exclusivité de distribution suppose que le
distributeur n’effectue qu’une activité d’un type déterminé, comme c’est le cas de
l’exclusivité d’approvisionnement ou l’exclusivité de fourniture, voire l’exclusivité
réciproque.
Enfin, la clause d’exclusivité est fréquemment accompagnée d’obligations
accessoires ; Ainsi en est-il de la clause de rendement qui impose au distributeur de
réaliser un certain nombre d’opérations contractuelles avec ses propres clients : on
les appelle alors clause de minima lorsqu’on envisage les volumes d’achats que le
distributeur doit réaliser, clause de quota lorsqu’il s’agit de mesurer un minimum de
reventes.
La jurisprudence attache une certaine importance à ces clauses, c’est ainsi qu’elle
considère que leur non respect justifie la résiliation du contrat à moins que le
fournisseur ait admis une tolérance particulière qui l’empêche d’imposer une rigueur
nouvelle, sauf à manquer à la bonne foi contractuelle.
De toute façon, la clause d'exclusivité ne peut être valable que si elle ne porte pas
atteinte par elle-même à la liberté de la concurrence et si elle est nécessaire au
fonctionnement du système, Il arrive souvent que les deux intérêts s'imbriquent et
entrainement des clauses d'exclusivités réciproques.

Section 2 : Les clauses de non concurrence

Les clauses de non concurrence peuvent présenter un risque en termes de


concurrence, notamment dans les domaines sensibles, tenus au secret industriel.
Pour limiter ce risque, le contrat signé entre les parties peut poser une clause de
non concurrence.

22
Les contrats de distribution sont également fréquemment assortis d’une clause de
non concurrence. Ces clauses interdisent au distributeur d’exercer une activité
similaire qui serait susceptible de faire concurrence à celle du fournisseur, elles
permettent ainsi de se protéger contre la concurrence de son partenaire contractuel
soit, pendant la durée des relations contractuelles soit, à leur échéance pour une
durée déterminée par les parties.

Il est bien évident que la clause de “non-concurrence” est une atteinte à la


liberté du commerce, qui est une liberté constitutionnelle, ainsi cette incorporation
renforce la position de faiblesse du distributeur et le place dans un état de
dépendance et de vulnérabilité profonde29 , aussi le fait d’empêcher le plus grand
nombre de distributeurs d’accéder à son réseau peut présenter des entorses au droit
de la concurrence.
En effet, la préoccupation principale en la matière concerne les cas d’abus de
position dominante et les ententes.
Concrètement, le fait d’établir un réseau de distribution sélective entraine
nécessairement une exclusion des revendeurs qui n’auront pas été agréés par le
fournisseur, car ceux-ci ne pourront avoir accès aux produits visés sur un marché
déterminé.
Evidemment, dans ce genre de cas, il est possible de tomber rapidement dans les
pratiques anticoncurrentielles.
Cependant, il est important de rappeler que l’objectif de ces clauses est de
protéger l’ensemble du réseau, donc aussi bien la personne qui octroie le droit, que
la personne qui le reçoit. Interdire de telles clauses risquerait d’engendrer une
déstabilisation de l’ensemble du réseau commercial et de diminuer l’incitation à
développer d de nouveau savoir-faire30.
Il faut donc veiller à ce que ces clauses n’entrainent pas d’obligations exagérées et
déséquilibrées, afin d’éviter ces excès, ces clauses ne peuvent être écartées par la
volonté et la loi peut seulement la limiter sans l’exclure à travers un certain nombre
de conditions de validité :
_ La limitation dans le temps et dans l’espace : la non concurrence doit être limitée
dans l’espace et dans le temps. Ainsi, la clause doit être précise sur les dates et lieus,
dans des délais et espaces raisonnables.
_ La spécificité de la prestation : la clause doit spécifier explicitement et précisément
quelle activité de prestation est tenue à la non-concurrence. D’une manière générale,
la clause de non-concurrence ne doit pas porter atteinte à la liberté de travail

29
Technique contractuelle ,JEAN JACK MOUSSERON ,5eme edition (FRANCIS LEFEBRE) p 226
30
Rapport d’évaluation de la Commission d’Arbitrage sur l’information précontractuelle dans le cadre d’accords
de partenariat commercial , 4 avril 2007, pp. 8-9
23
Conclusion :
Les contrats de distribution sont nés de la pratique, ils ne connaissent pas de régime
juridique spécifique. Le point de départ c’est un fabricant qui veut vendre ses
produits, il choisit soit de créer ses points de vente ou de passer par des
commerçants indépendants. Et c’est en réponse de ce besoin là que sont nés les
contrats de distribution.

Encore, on assiste à un accroissement accru de la vente moderne et des grandes


surfaces spécialisées dans ce nouveau domaine. Ceci conduit à affirmer que la grande
distribution au Maroc est amenée, a évoluée de manière considérable notamment
avec l’expansion de l’investissement étranger au paysage marocain de la distribution.

La contrainte reste que la pléthore des textes juridiques marocains dans le domaine
de la distribution favorise le disfonctionnement du système de la distribution au
Maroc.

24
BIBLIOGRAPHIE :
 Ouvrage :ABDELKEBIR ZEROUAL , titre : Droit de la distribution au Maroc : adéquation
inadéquation au développement Page5
 Ouvrage : R.Hoffher, l’économie marocaine. Page :223 ss
Mémoire : Institutions de contrôle en droit de la distribution entre les mécanismes
d’encadrement et le droit de la concurrence : IBEN LAKHAL.p.3.
 Ouvrage :Droit des affaires (commerçants, concurrence, distribution)Jean Bernard
Blaise, Edition Delta1998, ep 470
 Ouvrage :Droit des affaires (commerçants, concurrence, distribution)Jean Bernard
Blaise, Edition Delta1998, ep 469
 Ouvrage : Le contrat-Cadre(Exploration comparative), A.Sayag, Edition litec.P 22
 Ouvrage :Technique contractuelle, Jean Mousseron, 5 Edition Francis Lefebvre, P 226
 Dictionnaire de droit du marché : concurrence, distribution, consommation,Mainguy
/Dir , P 253
 Ouvrage : L’essentiel du droit de distribution, page 33
 Ouvrage : A .DAYAN,manuel de distribution ,Ed d’organisation,paris 1981,p.03
 Ouvrage :MARIE LAURE ALAIN CLAIRE COMBOLLE, « les relations entre producteurs
et distributions
 Technique contractuelle ,JEAN JACK MOUSSERON ,5eme edition (FRANCIS LEFEBRE) p
226
 Rapport d’évaluation de la Commission d’Arbitrage sur l’information précontractuelle
dans le cadre d’accords de partenariat commercial , 4 avril 2007, pp. 8-9
 Dahir formant Code des Obligations et des Contrats
 la loi 104-12 sur la liberté des prix et de la concurrene
 P.ANDRIEUX, distribution. Le commerce indépendant .dunod.1972 p.84

WEBOGRAPHIE
http://www.cours-de-droit.net/contrat-de-distribution 29/10/2018 à 19:35 mn
Mémoire en ligne, les franchises au Maroc ,université AIN CHOCK ROYAUME DU
MAROC, https://www.memoireonline.com/02/12/5257/Les-franchises-au-
maroc.html
http://www.cours-de-droit.net/contrat-de-distribution-
https://www.captaincontrat.com/articles-droit-commercial/contrat-distribution-
selective ; date de consultation 28/10/2018 a 13:39
https://ceco.polytechnique.fr.
https://www.captaincontrat.com/articles-droit-commercial/contrat-concession-
exclusive
https://www.lettredesreseaux.com; FRANCOIS LUC_SIMON (AVOCAT
ASSOCIE_GERANT_DOCTEUR EN DROIT) 00H10

JURISPRUDENCE
CA Paris, 30 avr. 1997 : JurisData n° 1997-020730

25
Annexes :

26
Cas pratique sur l’obligation du respect d’exclusivité : Arrêt Cass. com., 22 octobre
2013, n°12-22.281

La société Kawasaki reproche à la Cour d’appel de Paris, dans un arrêt rendu sur
renvoi après cassation, de « dire qu’elle a engagé sa responsabilité en ne garantissant
pas l’exclusivité qu’elle avait assurée à la société Motoworld et de la condamner au
paiement de dommages-intérêts ».

La société Kawasaki soutient ainsi « qu’il ne peut être reproché à un fournisseur de


ne pas avoir fait respecter l’exclusivité concédée à l’un de ses distributeurs que s’il
était en mesure d’intervenir pour assurer ce respect ». La société Kawasaki soutient
par ailleurs que la Cour d’appel ne s’est pas expliquée « sur la manière dont elle
aurait pu, entre fin 2007 et le 19 février 2008, identifier le concessionnaire ayant
commercialisé les motocyclettes de marque Kawasaki revendues sur le territoire
exclusivement réservé à la société Motoworld ». Selon la société Kawasaki, le délai
d’intervention de la société Kawasaki correspondait au temps qui lui était nécessaire
« pour retracer avec certitude l’historique de la commercialisation ».

La Cour de cassation ne suit pas ce raisonnement et valide l’arrêt de la Cour d’appel.


En effet, la Cour de cassation rappelle que le concédant a l’obligation de faire
respecter l’exclusivité qu’il a pu consentir et relève que la société Kawasaki a été
« destinataire d’un constat d’huissier établi le 27 novembre 2007, mentionnant les
numéros de série des motocycles neufs de marque Kawasaki en vente dans le
magasin de la société PC Moto » et « que ces numéros lui permettaient de connaître
l’historique de la commercialisation des véhicules ».

La Cour de cassation relève également que malgré la communication de ce constat


d’huissier à la société Kawasaki, la société Kawasaki a attendu le 20 août 2008 pour
mettre fin, avec effet au 1er janvier 2009, au contrat de concession qui la liait à la
société City-2-roues, qui avait vendu les véhicules à une société de droit belge qui
elle-même avait vendu les véhicules à la société PC Moto. La Cour de cassation
énonce enfin que la société Motoworld est d’autant plus fondée à demander l’octroi
de dommages et intérêts qu’un précédent avertissement avait déjà été donné en
2007 à la société City-2-roues.

La Cour de cassation rappelle ainsi l’obligation pesant sur le concédant de faire


respecter l’exclusivité qu’il a pu consentir, et la responsabilité du concédant, qui par
sa passivité et son inaction, n’a pas mis fin à la violation de l’exclusivité territoriale
concédée.
27
La Cour de cassation valide enfin le raisonnement de la Cour d’appel quant à
l’indemnisation du préjudice subi retenant que « la défaillance de la société Kawasaki
à faire respecter l’exclusivité consentie à la société Motoworld avait permis à la
société PC Moto d’acquérir douze motocycles de marque Kawasaki et retenu que
cette défaillance avait causé un préjudice commercial certain à la société
Motoworld ».

Cette décision, classique en matière d’obligation pour le concédant de faire respecter


l’exclusivité territoriale accordée, rappelle néanmoins que la responsabilité de la tête
de réseau ne peut être mise en jeu qu’à la condition où il avait connaissance de cette
violation d’exclusivité territoriale et qu’il peut être considéré que la tête de réseau a
eu un comportement passif pour faire cesser cette violation.

28

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