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Anatomie fonctionnelle appliquée

à l’ostéopathie crânienne
Dans la même collection

L’anneau pelvien, par. T. Liévois, ISBN : 2-84299-738-7.


Diagnostic ostéopathique général, par A. Croibier, ISBN : 2-84299-655-0.
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Manipulations des nerfs crâniens, par J.-P. Barral, A. Croibier, ISBN : 2-84299-771-9.
Ostéopathie pédiatrique, par N. Sergueef, ISBN : 978-2-84299-971-9.
Traitement ostéopathique des lombalgies et lombosciatiques pour hernie discale, F. Ricard,
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Manipulations vasculaires viscérales, par J.-P. Barral, A. Croibier, ISBN : 978-2-8101-0095-8.

Du même auteur

L’Odyssée de l’iliaque, Paris : Spek éd., 1985


Le B.A.BA du crânien, Paris : Spek éd., 1986
La thérapie craniosacrée chez l’enfant, Paris : Spek éd., 1988
C0, C1, C2, Données physiologiques et normalisations, Paris : Spek éd., 1989
Normaliser la colonne sans « manipulation vertébrale », Paris : Spek éd., 1994
Approche ostéopathique des plagiocéphalies avec ou sans torticolis, Paris : Spek éd., 2004
Anatomie fonctionnelle
appliquée à l’ostéopathie
crânienne
Nicette Sergueef
Nicette Sergueef
Kinésithérapeute, Ostéopathe,
Associate Professor,
Midwestern University, Chicago College of Osteopathic Medicine
Department of Osteopathic Manipulative Medicine
555 31st Street
Downers Grove, IL 60515 USA

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


Responsable éditorial : Marie-José Rouquette
Éditeurs : Peggy Lemaire/Stéphanie Honoré/Laure Besson
Chefs de projet : Mafalda Colaço/Aude Cauchet
Conception graphique et maquette de couverture : Véronique Lentaigne
Illustration de couverture : © Nicette Sergueef
Dessins intérieurs : voir « Crédits illustrations » à la page 353
Photographies intérieures : © Nicette Sergueef à l’exception des figures 2.3, 2.4, 4.12, 11.6, 19.4, 19.13
voir « Crédits illustrations » à la page 353

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Photocomposition : SPI ISBN : 978-2-8101-0096-5


Imprimé en Italie par Trento ISSN : 1768-1995
Dépôt légal : novembre 2009
Avant-propos

La plupart des livres d’anatomie sont conçus pour évidentes. L’anatomie prend alors de plus en plus
étudier la médecine ; aucun n’est spécifique à l’étude d’importance dans l’approche ostéopathique et
de l’ostéopathie crânienne. Habituellement, l’ana- son étude devient passionnante.
tomie crânienne, à la différence de l’anatomie des À ce jour, il existe de nombreux ouvrages. Le
autres régions du corps, n’a pas encore été étudiée texte idéal serait probablement une compilation
par les étudiants en ostéopathie crânienne, et cette de tout ce qui a pu déjà être écrit. Toutefois, pour
anatomie semble difficile. La plupart des ouvra- l’ostéopathe, la description de l’anatomie ne peut
ges la présente soit d’une manière très complexe, se réduire à une simple description des structu-
décourageante, ou alors avec des descriptions res ; la structure permet la fonction, et l’anatomie
trop simplifiées, insuffisantes pour l’ostéopathe. ostéopathique doit être avant tout une anatomie
De surcroît, les aspects palpatoire et fonctionnel fonctionnelle. Une parfaite compréhension de la
autant que l’intérêt ostéopathique clinique ne structure et de son rapport avec la fonction per-
sont pas suffisamment valorisés. Dès lors, à voir met à l’ostéopathe de reconnaître une dysfonction,
leur désir de trouver un livre facile à consulter, qui parfois même avant que les symptômes associés à
comporte les bases anatomiques fondamentales cette dysfonction n’apparaissent. En effet, telle
à l’application du concept crânien, les étudiants est la définition de la dysfonction somatique :
m’ont inspiré cet ouvrage. “Impaired or altered function of related compo-
Selon Still, “The osteopath must remember that his nents of the somatic (body framework) system : skele-
first lesson is anatomy, his last lesson is anatomy and tal, arthrodial and myofascial structures, and their
all his lessons are anatomy.” [1] (« L’ostéopathe related vascular, lymphatic, and neural elements.”
doit se souvenir que sa première leçon est l’anato- (« Fonction perturbée ou altérée des composan-
mie, sa dernière leçon est l’anatomie et toutes ses tes associées au système somatique (structure de
leçons sont l’anatomie. ») corps) : squelettiques, structures arthrodiales et
En fait, plus l’étudiant progresse dans la pensée myofasciales et éléments vasculaires, lymphatiques
ostéopathique, plus il comprend l’importance et nerveux qui leur sont rattachés. » [2])
d’une bonne connaissance de l’anatomie. La L’histoire permet bien d’appréhender l’évolu-
multitude des techniques développées ici ou là tion d’une anatomie tout d’abord descriptive vers
dans l’approche thérapeutique manuelle est tou- une anatomie contemporaine plus fonctionnelle.
jours basée sur une solide vérité, à savoir celle de Hippocrate (496-370 av. J.-C.) et Aristote (385-
l’anatomie. La palpation pour la structure et la 322 av. J.-C.) sont souvent les premiers anatomis­
palpation pour la fonction sont essentielles au dia- tes auxquels on fait référence ; ils semblent avoir
gnostic ostéopathique. Et nous croyons qu’il est étudié l’anatomie sans dissection humaine. C’est
très difficile de réaliser ces palpations sans connais- Hérophile (environ 300 ans av. J.-C.) qui, le pre-
sance anatomique ou avec une connaissance ana- mier, base ses conclusions sur les dissections du
tomique insuffisante ou imprécise. En revanche, à corps humain [3]. Hérophile décrit le cerveau, les
chaque étape de la progression dans notre étude ventricules, les méninges. Il pratique la vivisection
de l’anatomie, la palpation devient plus facile et et différencie les veines des artères en observant
les liens entre les différentes régions du corps plus la présence ou l’absence de pulsations. Galien
Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne
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X Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

(­ 130-201), célèbre pour ses interventions sur les da Vinci qui sublime l’art et la précision du des-
gladiateurs romains et partisan d’une solide édu- sin anatomique d’après dissection et ses illus-
cation pour tout praticien, nous laisse un grand trations pourraient toujours être incluses dans
nombre de traités anatomiques. Toutefois, ses un ouvrage contemporain [7]. Pour permettre
écrits basés essentiellement sur des dissections la vision d’une pièce comme si l’on « tournait
animales comportent beaucoup d’erreurs relatives autour », il la dessine sous différents angles avec
à l’anatomie humaine ; pour autant son influence un sens élaboré de la perspective et il est proba-
persiste jusqu’à la Renaissance [4]. blement le premier à présenter des illustrations
En effet, avec l’effondrement de l’Empire romain, de coupes anatomiques [8]. Ses écrits démon-
l’enseignement des sciences médicales est aban- trent une extrême culture, la recherche du détail
donné. Tous les traités médicaux sont en latin, dans ses descriptions anatomiques ; ils valorisent
langue que seuls les religieux sont capables de lire aussi une approche fonctionnelle de l’anatomie
et avec des manuscrits conservés dans les monas- tout autant qu’une approche holistique du corps
tères, c’est l’Église qui devient le dépositaire du humain [9].
savoir médical de l’époque. Au Moyen Âge, ce Avec l’avènement du microscope, puis des moyens
sont donc les moines qui manifestent un regain radiologiques débute une vision de l’anatomie
d’intérêt pour la pratique médicale ; ils y mêlent qui va au-delà des limites visibles à l’œil nu. Plus
connaissances, mysticisme et astrologie, parfois au récemment, les avancées dans les technologies de
détriment de leurs pratiques religieuses [5]. En l’imagerie médicale et de la biologie cellulaire et
1162, pour pallier cet état de fait et éliminer les moléculaire offrent de nouveaux champs d’ex-
ordres religieux de la pratique médicale et chirur- ploration, et permettent une étude de l’anatomie
gicale, le Concile de Tours décrète que “Ecclesia du vivant, une anatomie en fonction. De fait, les
abhorret a sanguine” (« L’Église a horreur du premières descriptions faites dans la Grèce anti-
sang »). Toute dissection devient ainsi difficile et que sont parfois revues, tout comme le sont les
nécessite une permission spéciale de l’Église [6]. descriptions de structures fines altérées par les
Dès lors, trafics, profanations et querelles accom- moyens de conservation employés par le passé.
pagnent l’étude et l’enseignement de l’anatomie Surtout, l’anatomie contemporaine est plus pré-
et c’est seulement après la Révolution et l’Empire cise, les liens entre les différents systèmes mieux
que les Écoles de Médecine disposent de cadavres établis et les fonctions des structures mieux
en nombre suffisant pour étudier l’anatomie au définies.
moyen de dissections. Avec cet ouvrage, nous avons trois objectifs :
Longtemps, l’étude de l’anatomie se limite à l’ob- donner les bases anatomiques fondamentales à
servation, à l’étude des formes, à la différenciation l’application du concept crânien, donner des infor-
des structures ayant un aspect normal de celles qui mations complémentaires pour tout individu dési-
présentent un état pathologique. On comprend reux d’aller plus loin dans cette étude, et décrire
alors que les maladies ne sont plus seulement le l’intérêt ostéopathique clinique des informations
fait d’esprits malins, mais qu’elles sont associées à présentées avec, chaque fois que cela est possible,
des structures pathologiques, à des lésions organi- l’abord pratique des structures. Dans la présen-
ques. Le plus souvent, les anatomistes nomment tation du texte, trois styles différents mettent en
les structures selon leur forme (par exemple  : valeur ces différentes données, et bien que l’os-
l’hippocampe), ou leur donne leurs propres téopathie crânienne soit un peu plus que le crâne,
noms (par exemple : la veine de Galien, la trompe nous nous limitons dans cet ouvrage à l’étude des
d’Eustache). structures du crâne.
C’est Gabriel Zerbi (1468-1505), un contem- “Thus it is far better to familiarize your eye and
porain de Leonardo da Vinci (1452-1519), qui hand with the normal before you can approach the
le premier publie un texte où les organes sont abnormal intelligently”. [10] (« Ainsi, c’est beau-
regroupés par systèmes [7]. Pour autant, c’est coup mieux de familiariser votre œil et votre main
Avant-propos XI

avec le normal avant de pouvoir approcher l’anor-   [4] Tsafrir J, Ohry A. Medical illustration : from caves to
mal intelligemment. ») cyberspace. Health Info Libr J 2001 ; 18 : 99–109.
  [5] Semur F, Seigneuric JB. Naissance de l’art dentaire
Mon souhait est que ce livre soit un ouvrage de moderne au XVIIIe siècle. Le rôle décisif de Pierre
référence en anatomie, facile et agréable à consul- Fauchard. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris).
ter, un outil précieux pour l’étudiant comme pour Stomatologie 2007 ; 22-000-A-10.
le praticien ostéopathe éternellement curieux.   [6] Leblond S. Anatomistes et Résurrectionnistes en
France. Can Med Assoc J 1968 ; 99 : 368–70.
  [7] Xie C, O’Leary JP. The first anatomists/artists. Am
Références Surg 1999 ; 65 : 899–900.
  [1] Still AT. The philosophy and mechanical principles of   [8] Tsafrir J, Ohry A. Medical illustration : from caves to
osteopathy. Kirksville, MO : Osteopathic Enterprise ; cyberspace. Health Info Libr J 2001 ; 18 : 99–109.
1986. p. 12.   [9] Dunn PM. Leonardo Da Vinci (1452-1519) and
  [2] Glossary of Osteopathic Terminology. In : Ward RC, reproductive anatomy. Arch Dis Child Fetal &
Ed. Foundations for Osteopathic Medicine. 2nd ed Neonatal Ed 1997 ; 77 : F249–51.
Baltimore : Williams and Wilkins ; 2003. p. 1249. [10] Still AT. Autobiography of Andrew T. Still. Kirskville,
  [3] Dooley D. A dissection of anatomy. Ann R Coll Surg MO : AT Still ; 1908. p. 190. Reprinted, Colorado
Engl 1973 ; 53 : 13–26. Springs, CO : American Academy of Osteopathy ; 1981.
Chapitre 1
Ostéopathie crânienne
et anatomie

Selon le glossaire de l’American Academy of l’ostéopathie ne se limite à cette seule partie de


Osteopathy, l’ostéopathie est ainsi définie : l’organisme.
“A system of medical care with a philosophy that
combines the needs of the patient with current
practice of medicine, surgery, and obstetrics, and Mécanisme respiratoire primaire
emphasizes the interrelationships between struc-
ture and function, and an appreciation of the C’est sur le concept du « primary respiratory
body’s ability to heal itself” [1]. (« Un système mechanism » ou « mécanisme respiratoire pri-
de soins médicaux avec une philosophie qui maire » (MRP) de William Garner Sutherland
combine les besoins du patient avec la pratique DO, que repose l’ostéopathie crânienne, plus
en cours de la médicine, de la chirurgie, et de récemment nommée « Osteopathy in the Cranial
l’obstétrique, et qui met l’accent sur l’inter- Field » (« Ostéopathie dans le champ crânien »).
dépendance entre la structure et la fonction, « Primary » a deux significations. Tout d’abord,
et une appréciation de la capacité du corps à le sens de primitif, i.e. le premier dans un ordre
s’autoguérir. »). chronologique ou dans un processus de dévelop-
En effet, la philosophie ostéopathique est fondée pement. Enfin, le sens de principal, de ce qui est
sur l’holisme, i.e. l’interdépendance de toutes les de plus grande importance et de premier rang [2].
structures du corps et sur l’idée que la structure En choisissant le terme « respiratory », Sutherland
et la fonction sont indissociables. Classiquement, fait référence au processus de respiration interne,
quatre grands principes sont mis en valeur : à savoir les échanges entre les cellules des tissus
• le corps humain est une unité fonctionnelle et leur environnement. Quant au terme « mecha-
dynamique ; nism », il signifie le mouvement interdépendant
• le corps possède des mécanismes autorégula- des tissus et des fluides organisés pour une finalité
teurs qui sont par nature autoguérisseurs ; spécifique [1].
• la structure et la fonction sont interconnectées à Sutherland distingue respiration primaire et respi-
tous les niveaux ; ration pulmonaire. La première précède la seconde
• un traitement rationnel se base sur ces principes. et leurs fréquences, bien que parfois synchrones,
Selon le principe de l’holisme, toutes les parties sont le plus souvent différentes.
du corps sont interdépendantes les unes des autres En 1939, après une dizaine d’années d’enseigne-
et de fait sont toutes de grande importance. Ainsi, ment de son concept, William Garner Sutherland
des dysfonctions présentes au niveau du crâne DO publie « The cranial bowl ». Il expose les cinq
peuvent affecter l’axe vertébral et la posture. éléments qui constituent son modèle du MRP [3] :
Inversement, des problèmes de colonne peuvent • la motilité inhérente au cerveau et à la moelle
affecter les fonctions crâniennes. Cet ouvrage épinière ;
décrit l’anatomie crânienne, mais en aucun cas • la fluctuation du liquide cérébrospinal ;

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


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2 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

• la mobilité des membranes intracrâniennes et de posture qui favorisent sa fluctuation. En fait,


intraspinales ; les liquides intracrâniens fluctuent au rythme du
• la mobilité articulaire des os du crâne ; MRP [7].
• la mobilité involontaire du sacrum entre les
iliaques.
Mobilité des membranes
intracrâniennes et intraspinales
Motilité inhérente au cerveau
et à la moelle épinière Nommées aussi membranes de tension réciproque,
les membranes intracrâniennes et intraspinales
Parmi les cinq éléments du MRP, Sutherland accompagnent rythmiquement les déplacements
considérait la motilité inhérente au cerveau et du cerveau et de la moelle épinière, à la fréquence
à la moelle épinière comme la force motrice du de la motilité inhérente du tissu nerveux. En
MRP. En fait, depuis la publication du texte de même temps, elles contrôlent les déplacements
Sutherland, on montre bien que les cellules glia- du cerveau et permettent la fluctuation du liquide
les ont un mouvement spontané rythmique [4], cérébrospinal. De surcroît, par sa couche externe
et le mouvement du cerveau est aussi démontré périostée et par les duplications de sa couche
par IRM [5]. Ainsi, au stade où les vésicules céré- interne, la faux du cerveau, la tente du cervelet
brales primitives sont entourées de mésenchyme, et la faux du cervelet, la dure-mère relie les os du
puis au stade où les os du crâne commencent crâne entre eux. Par son prolongement spinal,
à s’organiser dans ce mésenchyme, la motilité qui contribue au core-link (lien central), la dure-
inhérente au système nerveux central se transmet mère relie le crâne au bassin. Ainsi, la dure-mère
aux tissus environnants. Le MRP s’organise, où contribue grandement à l’équilibre de la tension
tous les tissus sont impliqués dans une dynami- du système.
que commune. Puis, au fur et à mesure que l’in-
dividu grandit, la trame des tissus conjonctifs se
calcifie plus ou moins, et leur degré de flexibilité, Mobilité articulaire des os
très important chez les nourrissons et chez les du crâne
enfants, diminue chez les adultes. Toutefois, le
MRP existe toute la vie et peut être perçu par En 1898, Sutherland est étudiant à l’Ameri-
les ostéopathes. L’écoute du MRP et l’apprécia- can School of Osteopathy, l’école dont Still
tion de ses caractéristiques qualitatives et quan- est le fondateur et le président. Il a pour habi-
titatives constituent des éléments fondamentaux tude d’observer les os du crâne exposés dans
du diagnostic et du traitement en ostéopathie une vitrine, et un jour : “As I stood looking and
crânienne. thinking in the channel of Dr. Still’s philosophy,
my attention was called to the bevealed articu-
lar surfaces of the sphenoid bone. Suddenly there
Fluctuation du liquide came a thought – I called it a guiding thought
cérébrospinal – ‘beveled like the gills of a fish; indicating arti-
cular mobility for a respiratory mechanism.’ ”
Pendant la systole, le liquide cérébrospinal fluc- (« Comme je reste à regarder et à penser dans
tue des ventricules latéraux vers les troisième et le courant de la philosophie du Dr Still, mon
quatrième ventricules et vers le canal vertébral. attention est attirée par les surfaces articulaires
Pendant la diastole, l’inverse se produit [6]. biseautées de l’os sphénoïde. Soudain, une idée
Sécrété par les plexus choroïdes, le liquide céré- apparaît – je l’appelle une idée guide – ‘biseau-
brospinal est produit par une efflorescence des tées comme les ouïes d’un poisson ; indiquant
vaisseaux sanguins, et ce sont la pulsation des vais- une mobilité articulaire pour un mécanisme
seaux sanguins, la respiration et les changements respiratoire’ ») [8].
Chapitre 1. Ostéopathie crânienne et anatomie 3

Après quelques années, Sutherland définit les cranial concept in the science of osteopathy was his,
mouvements des os crâniens associés au MRP. Ils not mine” [9]. (« Si vous lisez attentivement les
se produisent sur deux temps. écrits du Dr. Andrew Taylor Still, vous verrez que
• Le temps de l’inspiration crânienne, pendant … le concept crânien de la science ostéopathique
lequel les structures médianes démontrent un était le sien et non le mien. »)
déplacement nommé flexion et les structu- Emmanual Swenderborg (1688–1772) semble
res latérales un déplacement nommé rotation aussi avoir inspiré Sutherland [10]. Cet homme de
externe. Pendant ce temps, les dimensions trans- sciences suédois étudie l’anatomie afin de trouver
versales du crâne augmentent et les dimensions l’âme. Dans une de ses publications majeures, The
verticales diminuent ; la flexion basilaire aug- Brain, écrite en 1743–1744, il décrit brillamment
mente au niveau de la synchondrose sphénoba- les mouvements du cerveau qui selon lui consis-
silaire qui s’élève et la base du sacrum se déplace tent en une succession d’expansion et de contrac-
postérieurement dans un mouvement de flexion tion [11]. Pour Swenderborg, cette animation
craniosacrale. rythmique manifeste l’interaction entre l’âme et
• Le temps de l’expiration crânienne, pendant le corps et unifie tous les autres mouvements de
lequel le déplacement des structures média- la vie organique. Dès lors, présente partout, elle
nes est nommé extension et le déplacement contribue au mouvement des membranes dura-
des structures latérales, rotation interne. Les les, à celui des os crâniens et de leurs sutures
dimensions transversales du crâne diminuent et dont l’aspect et les détails comme les interdigita-
les dimensions verticales augmentent. La flexion tions reflètent la variété des mouvements osseux.
basilaire diminue au niveau de la synchondrose Swenderborg décrit aussi les qualités pulsatiles du
sphénobasilaire qui s’abaisse ; la base du sacrum liquide cérébrospinal qui se transmet à l’ensemble
se déplace antérieurement dans un mouvement du corps, qui chemine au travers et entre les raci-
d’extension craniosacrale. nes et les fascicules des nerfs, et qui les accompa-
gne pour se propager à l’ensemble du corps. Pour
La flexion et l’extension craniosacrales décri- cet auteur, chaque artère, chaque veine et chaque
tes dans le MRP diffèrent parfois de la flexion fibre nerveuse suivent le courant du mouvement
et de l’extension anatomiques, avec lesquelles du cerveau [11].
elles ne doivent pas être confondues. Ses remarques sur la dure-mère sont particulière­
ment intéressantes : “that by virtue of its elasticity,
and in its capacity as a muscular tendon, it contri-
Mobilité involontaire du sacrum butes in a general way to the reciprocal expansive
entre les iliaques motion of the brain” (« qu’en vertu de son élas-
ticité, et par sa capacité en temps que tendon
Selon Sutherland, le mouvement du sacrum entre
musculaire, elle contribue d’une manière géné-
les iliaques décrit dans le MRP ne résulte pas d’une
rale au mouvement d’expansion réciproque du
activité volontaire. Pour lui, le core-link formé par
cerveau »). Notons que, au xviiie siècle, certains,
la dure-mère spinale qui relie le foramen magnum
comme Pacchioni, considèrent la dure-mère comme
de l’occiput au sacrum transmet et coordonne les
un muscle.
mouvements entre ces deux structures.
Ainsi, pendant la phase d’expansion du cerveau,
la dure-mère est étirée ; inversement pendant la
Swedenborg phase de contraction cérébrale, elle est relâchée.
De cette alternance rythmique, naît une « action
Dans l’élaboration de son concept, Sutherland réciproque », qui fournit à son tour « une puis-
reconnaît plusieurs influences. Tout d’abord celle sance réactive » et affecte le cycle alternatif du
de Still : “If you read the writings of Dr. Andrew mouvement d’expansion et de contraction céré-
Taylor Still carefully, you will find that…the brales [11].
4 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Selon Sutherland : “If you become a mechanic of the Les découvertes actuelles sur les oscillations
cranial mechanism by correcting a cranial lesion, de basse fréquence de la circulation sanguine,
you then become the pharmacist. There is no end to et leur rapport avec le système nerveux auto-
this thought. It is not a new thought. Swedenborg, nome montrent bien leur rôle dans l’homéo-
200 years ago, said there is movement of the brain. stasie [16]. Selon Magoun, “This cycle manifests
Have we anything totally new?” (« Si vous devenez as the cranial rhythmic impulse and represents
un mécanicien du mécanisme crânien en corrigeant a dynamic metabolic interchange in every cell,
une lésion crânienne, vous devenez alors le phar- with each phase of action.” « Ce cycle se mani-
macien. C’est une pensée sans fin. Cela n’est pas feste comme l’impulsion rythmique crânienne
une nouvelle pensée. Swenderborg, il y a 200 ans, et représente un échange métabolique dynami-
a dit qu’il y a un mouvement du cerveau. A-t-on que dans chaque cellule, à chaque phase d’ac-
quelque chose de totalement nouveau ? ») [10]. tion » [17].
En fait, ces oscillations peuvent être perçues au
niveau du crâne, mais aussi sur toutes les parties
Impulsions rythmiques du corps. Chaque structure du corps manifeste un
crâniennes mouvement biphasique en concomitance avec les
phases d’inspiration et d’expiration du MRP. En
Pour l’ostéopathe, la « respiration primaire » peut revanche, en présence d’une dysfonction somati-
être perçue sous la forme d’impulsions rythmi- que, la fréquence et la puissance de cette fonction
ques crâniennes (IRC). Ce terme défini en 1961 biphasique sont perturbées.
par les Woods fait référence à la sensation palpable Dans l’approche holistique d’un traitement
du MRP [12]. Cette composante dynamique, à ostéopathique, toutes les structures anatomi-
différentier de la respiration thoracique, consiste ques impliquées, les membranes, les ligaments,
en une sensation d’expansion du crâne pendant les fascias, les muscles, les os, les articulations
la phase d’« inspiration primaire » et une sensation et les viscères, tout comme le MRP et les IRC
de retour à la position initiale pendant la phase doivent être pris en compte durant le traitement.
d’« expiration primaire ». Les traitements manipulatifs qui utilisent le
Récemment, les IRC sont enregistrées en relation modèle crânien affectent le patient par leur effet
avec une oscillation de basse fréquence présente sur l’anatomie et la physiologie de la région, qui
dans la circulation sanguine : l’oscillation de Traube- visent à normaliser :
Hering-Mayer [13]. Une modulation de fréquence • la fonction nerveuse ;
des IRC de 20 % est objectivée [13] et les traite- • la fluctuation du liquide cérébrospinal ;
ments crâniens modifient cette oscillation [14, 15]. • les stases circulatoires ;
• les tensions membraneuses ;
• les dysfonctions articulaires.
« L’oscillation de Traube-Hering-Mayer a été mesurée
en association avec la pression artérielle, la fréquence De surcroît, ces traitements entraînent une
cardiaque, la contractilité myocardique, le flux sanguin réponse globale sur l’organisme par leur action
pulmonaire, le flux sanguin cérébral et du liquide céré- sur le système nerveux autonome (SNA). Tout
brospinal, et les flux sanguins périphériques prenant en traitement qui influence le MRP influence le
compte les activités thermorégulatrices. Ce phénomène SNA. De fait, les forces biodynamiques inhé-
impliquant tout le corps, avec une fréquence le plus rentes à l’individu sont sollicitées, ce qui résulte
souvent légèrement inférieure, et indépendante de la en une autorégulation globale, tout autant que
respiration présente une ressemblance frappante avec locale, à savoir le niveau précis de la dysfonction
le MRP. » [13].
considérée.

0001097444.INDD 4 10/16/2009 6:43:27 AM


Chapitre 1. Ostéopathie crânienne et anatomie 5

La physiologie humaine est dynamique. Bien


que plusieurs formes de thérapie manuelle
affectent les biorythmes, l’ostéopathie crâ-
nienne est la seule qui considère un rythme
inhérent au sujet comme moyen de trai-
tement. Habituellement, les autres modè-
les thérapeutiques s’intéressent à d’autres
rythmes, comme celui de la respiration
pulmonaire.

Anatomie
Selon Still : “An osteopath reasons from his
knowledge of anatomy. He compares the work of Fig. 1.1.  Plans de l’espace.
the abnormal body with the work of the normal 1.  coronal ;
2.  transversal ;
body” [18]. (« Un ostéopathe raisonne à partir 3.  sagittal médian.
de sa connaissance de l’anatomie. Il compare D’après Richter M, et al., Encycl Méd Chir, Stomatologie.
les actions d’un corps anormal avec celles d’un
corps normal »). “A knowledge of anatomy with
its application covers every inch of ground that is
necessary to qualify you to become a skillful and
• le plan coronal (frontal) dans lequel se trouvent
successful Osteopath…” [19]. (« Une connais-
les axes transversal et vertical ;
sance de l’anatomie et de ses applications couvre
• le plan transversal (horizontal) dans lequel se
chaque pouce du terrain nécessaire afin de vous
trouvent les axes sagittal et transversal ;
qualifier pour devenir un Ostéopathe habile et
• le plan sagittal dans lequel se trouvent les axes
efficace… »).
sagittal et vertical.
Ainsi, lors de l’examen du sujet debout, face à
Langage anatomique l’examinateur, la paume des mains tournée vers
l’avant et les pieds légèrement écartés, la position
En 1955, une nomenclature anatomique inter- d’un repère étudié est :
nationale est adoptée ; elle est révisée en 1998. • craniale lorsqu’elle est déplacée vers le haut ;
Il convient de l’utiliser ; nous indiquons le • caudale lorsqu’elle est déplacée vers le bas ;
plus souvent l’ancienne nomenclature entre • distale lorsqu’elle est éloignée du tronc ;
parenthèses. • proximale lorsqu’elle est rapprochée du tronc ;
Pour décrire l’anatomie, le système de référence • ventrale lorsqu’elle est déplacée vers l’avant ;
utilise trois axes de référence : • dorsale lorsqu’elle est déplacée vers l’arrière ;
• l’axe vertical, qui est perpendiculaire au sol ; • latérale lorsqu’elle est déplacée latéralement ;
• l’axe transversal, qui est horizontal et perpendi- • médiale lorsqu’elle se rapproche de la ligne
culaire au précédent ; médiane.
• l’axe sagittal orienté d’avant en arrière. Ces définitions restent valables quelle que soit la
Ces trois axes permettent de définir les trois plans position du sujet. Ainsi, une grande aile de sphé-
de l’espace (figure 1.1) : noïde déplacée vers le haut est en position craniale
6 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Arcade sourcilière

Os frontal

Incisure
supraorbitaire (foramen)

Glabelle

Processus zygomatique
Nasion (de l’os frontal)
Os nasal

Orifice piriforme Processus frontal (du maxillaire)


Os zygomatique
Cornet nasal inférieur Foramen infraorbitaire
Crête nasale

Épine nasale antérieure


Processus zygomatique Processus alvéolaire
(du maxillaire)
Ligne oblique
Branche de la mandibule

Maxillaire Partie alvéolaire de la mandibule

Angle de la mandibule
Mandibule
Corps de la mandibule
Foramen mentonnier
Protubérance mentonnière Tubercule mentonnier

Fig. 1.2.  Vue antérieure du crâne.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

lorsque le sujet est debout ; elle reste en position os occipital, ethmoïde, sphénoïde et frontal ; 2 os
craniale lorsque le sujet est en décubitus dorsal. pairs et latéraux : les os pariétaux et temporaux ;
• le viscérocrâne ou squelette facial formé de 13 os,
parmi lesquels 12 os sont pairs et latéraux : les
Présentation du crâne maxillaires, les palatins, les os zygomatiques, les
os lacrymaux, les os nasaux et les cornets infé-
Crâne vient d’un terme grec qui signifie casque. rieurs ; 1 os est impair et médian : le vomer.
Cela rend bien l’idée de protection qui lui est À ces 21 os, s’ajoute la mandibule qui n’appar-
associée : protection du système nerveux central, tient ni au neurocrâne ni au viscérocrâne, les
mais aussi des viscères de la face. trois osselets pairs de l’oreille moyenne (malleus
Typiquement, le crâne est divisé en deux parties : [marteau], incus [enclume] et stapès [étrier]),
• le neurocrâne formé de 8 os qui entourent et pro- et l’os hyoïde, impair, suspendu sous la base
tègent le cerveau : 4 os impairs et médians : les crânienne, soit un total de 29 os (figure 1.2).
Chapitre 1. Ostéopathie crânienne et anatomie 7

Suture sphénosquameuse

Suture sphénopariétale Suture squameuse


Portion squameuse (de l’os temporal)
Suture coronale

Os pariétal
Ptérion

Suture
pariétomastoïdienne
Os frontal

Grande aile (de


l’os sphénoïde)

Suture
lambdoïde
Os lacrymal

Os nasal Astérion

Foramen
zygomaticofacial Os occipital

Os zygomatique
Suture
occipitomastoïdienne
Maxillaire Partie mastoïdienne de
l’os temporal
Processus mastoïdien

Portion alvéolaire Os tympanal (de l’os temporal)


(de la mandibule)
Processus styloïde
Foramen mentonnier Processus condylaire

Angle

Branche de la mandibule
Corps de la mandibule Processus zygomatique (de l’os temporal)

Processus temporal (de l’os zygomatique) Processus coronoïde

Fig. 1.3.  Vue latérale du crâne.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

Le neurocrâne est aussi divisé en deux parties : la • l’os frontal ;


voûte ou calvaria, d’origine membraneuse (figure • les os pariétaux réunis sur la ligne médiane par
1.3), et la base, d’origine cartilagineuse (figure 1.4). la suture sagittale, et séparés de l’os frontal par
la suture coronale ;
Voûte • de chaque côté, l’écaille des os temporaux réu-
nie à l’os pariétal par la suture squameuse ;
La voûte est formée par des os plats réunis entre • la plus en arrière, l’écaille de l’os occipital réunie
eux par des sutures. D’avant en arrière ce sont : aux os pariétaux par la suture lambdoïde.
8 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Épine nasale postérieure Fosse incisive


Palais dur (os maxillaire)

Arcade alvéolaire Palais dur (os palatin)

Ouverture nasale postérieure (choane)


Foramen grand palatin
Hamulus Foramen petit palatin
Processus pyramidal de l’os palatin Corps de l’os sphénoïde
Lame médiale du processus
ptérygoïde
Fosse ptérygoïde
Lame latérale du processus
Vomer ptérygoïde
Grande aile Fosse scaphoïde
(de l’os sphénoïde)
Orifice du canal Foramen déchiré (lacerum)
ptérygoïdien
Foramen ovale
Tubercule articulaire
Fosse mandibulaire Foramen épineux
Sillon de la trompe auditive (spinosum)

Canal carotidien
Processus styloïde
Foramen jugulaire
Foramen stylomastoïdien

Processus mastoïde

Incisure mastoïdienne
Partie basilaire de l’os
occipital

Canal hypoglosse
Tubercule pharyngien
Condyle occipital

Foramen magnum

Crête occipitale externe Ligne nuchale inférieure

Ligne nuchale supérieure

Protubérance occipitale externe

Fig. 1.4.  Vue inférieure du crâne.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

Base ailes du sphénoïde, l’écaille et la face antéro-


supérieure de la partie pétreuse des os tempo­
• La base consiste en trois étages qui s’adaptent raux ;
à la forme du cerveau (figure 1.5) : la fosse crâ- • la fosse crânienne postérieure formée par la partie
nienne antérieure formée par l’os frontal, la lame postérieure du corps du sphénoïde, la face pos-
criblée de l’os ethmoïde et la partie antérieure térosupérieure de la partie pétreuse et la partie
du corps et les petites ailes du sphénoïde ; mastoïdienne des os temporaux, l’angle mastoï-
• la fosse crânienne moyenne formée par le corps dien des os pariétaux, l’os occipital et le dos de
du sphénoïde, la face cérébrale des grandes la selle.
Chapitre 1. Ostéopathie crânienne et anatomie 9

Crête frontale
Crista galli Foramen cæcum
Partie orbitaire (de l’os frontal) Foramens de la lame criblée
Lame criblée

Processus clinoïde moyen Sillon chiasmatique


Processus Tubercule
clinoïde antérieur de la selle turcique
Petite aile Canal optique
(de l’os sphénoïde)
Fissure orbitaire
Grande aile supérieure
(de l’os sphénoïde) Foramen rond

Processus
Fosse hypophysaire clinoïde
postérieur
Dos de la selle
Orifice du canal Foramen
carotidien déchiré
Impression Foramen
trigéminale épineux

Gouttière et hiatus Foramen ovale


pour le nerf petit
pétreux Eminentia
arcuata

Gouttière et hiatus Tegmen


pour le nerf grand tympani
pétreux
Méat
acoustique
interne
Gouttière du sinus
pétreux inférieur
Foramen
jugulaire
Gouttière du sinus
sigmoïde
Tubercule
jugulaire
Canal de l’hypoglosse
Gouttière
Clivus du sinus transverse

Foramen magnum Crête occipitale interne

Protubérance occipitale interne

Fosse crânienne Os frontal


antérieure Os ethmoïde

Fosse crânienne
moyenne Os sphénoïde

Os temporal

Fosse crânienne
postérieure
Os pariétal

Os occipital

Fig. 1.5. Base crânienne.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

0001097444.INDD 9 10/16/2009 6:43:32 AM


10 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Vertex
Bregma

Stéphanion
Euryon

Ptérion

Ophryon

Glabelle Lambda

Nasion

Inion

Astérion
Prosthion

Entomion

Gnathion
Gonion

Fig. 1.6. Points craniométriques.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

Points craniométriques Astérion : de chaque côté du crâne, le point situé à la


jonction des sutures lambdoïde, occipitomastoïdienne et
La connaissance des points craniométriques est pariétomastoïdienne.
indispensable pour toute référence anthropomé- Basion : le point médian du bord antérieur du foramen
trique (figures 1.6 et 1.7). En orthodontie, ces magnum.
points sont utilisés pour étudier la morphologie Bregma : le point médian situé à la jonction des sutures
et la croissance du neurocrâne et du vicérocrâne, coronale et sagittale.
et pour évaluer l’indication et la progression d’un Entomion : bilatéralement, le point situé à la jonction des
traitement orthodontique. Toutefois, en raison de sutures pariétomastoïdienne et squameuse ; c’est aussi
variations individuelles, le repérage de ces points le sommet de l’angle mastoïdien de l’os pariétal.
est délicat et nécessite une parfaite connaissance Euryon : point latéral le plus saillant de la tête, à l’extré-
de l’anatomie crânienne [20] (figures 1.6 et 1.7). mité du plus grand diamètre transversal.
Glabelle : le point le plus saillant sur la ligne médiane de
La liste dans l’encadré ci-contre comporte les
l’os frontal, à environ 1 cm au-dessus du bord nasal.
points les plus fréquemment utilisés. u
Chapitre 1. Ostéopathie crânienne et anatomie 11

Staurion

Hormion

Basion

Opisthion

Fig. 1.7. Points craniométriques.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

u
Gnathion : le point le plus bas situé sur la ligne médiane Prosthion : le point médian le plus antérieur à la jonction
de la mandibule. des processus alvéolaires des maxillaires.
Gonion : le point le plus latéral et le plus bas de l’angle Ptérion : de chaque côté, le point à la jonction de la grande
de la mandibule. aile de l’os sphénoïde, de l’écaille de l’os temporal, de la
Hormion : le point médian situé à la jonction du bord face temporale de l’os frontal et de l’angle sphénoïdal de
postérieur du vomer et de l’os sphénoïde. l’os pariétal ; a le plus souvent grossièrement la forme
Inion : le sommet de la protubérance occipitale d’un H, et le ptérion forme la barre horizontale du H.
externe. Staurion : le point médian à la jonction de la suture pala-
Lambda : le point médian situé à la jonction des sutures tine transverse et de la suture intermaxillaire.
sagittale et lambdoïde. Stomion : le point médian de la jonction entre les lèvres
Nasion : le point médian à la jonction de la suture supérieures et les lèvres inférieures lorsque les lèvres
nasofrontale et de la suture internasale. sont jointes.
Opisthion : le point médian du bord postérieur du fora- Stéphanion : point de croisement entre la suture coro-
men magnum. nale et la ligne temporale inférieure.
Ophryon : le point médian intersourcilier. Vertex : point le plus haut de la tête.
12 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

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Chapitre 2
Os occipital

Os impair, médian, l’os occipital constitue le tiers


Normalement, la partie supérieure ou interpariétale de
postérieur de la base crânienne et la portion pos- l’écaille s’unit avec la partie inférieure ou cérébelleuse de
téro-inférieure de la calvaria (figure 2.1). l’écaille (aussi nommée supraoccipitale). Au XIXe siècle,
plusieurs descriptions de crânes péruviens font référence
à l’os des Incas quand cette partie interpariétale reste
Ostéogenèse isolée [3] (figure 2.3). Occasionnellement, cette partie
supérieure de l’écaille dérive de multiples centres d’os-
L’os occipital consiste en quatre parties : la partie sification qui ne s’unissent pas à la partie inférieure. Au
XVIIe siècle, Olaus Wormius décrit ces petits os surnumé-
basilaire ou basiocciput, les deux parties latérales
raires, d’où leur nom d’os wormiens [3] (figure 2.4).
ou exocciputs et la partie squameuse ou écaille
occipitale (figure 2.2).
Le basiocciput, les deux exocciputs et la partie Description
inférieure ou cérébelleuse de l’écaille procèdent
d’ossification endochondrale et dérivent de cinq L’os occipital présente à décrire quatre par-
centres cartilagineux primaires : un pour le basioc- ties qui circonscrivent le foramen magnum :
ciput, un pour chaque exocciput et deux pour le corps ou partie basilaire en avant, les parties
l’écaille. La partie supérieure ou interpariétale de latérales de chaque côté et la partie squameuse
l’écaille procède d’ossification de membrane et se en arrière. Cette dernière est la seule partie
développe dans le crâne membraneux à partir de palpable.
deux points d’ostéogenèse.
La réunion des parties inférieure et supérieure Corps ou partie basilaire
de l’écaille survient pendant le 3e mois de gesta-
De forme grossièrement quadrilatère, le corps est
tion, pour autant elle peut être incomplète à la
plus épais en avant qu’en arrière.
naissance.
Les synchondroses intraoccipitales postérieures Face externe (figure 2.5)
qui séparent de chaque côté l’écaille des exocci-
Environ 1 cm en avant du foramen magnum la
puts fusionnent entre 2 et 4 ans.
face externe du corps de l’os occipital présente le
Les synchondroses intraoccipitales antérieures tubercule pharyngien. Sur ce tubercule s’insèrent
qui séparent de chaque côté les exocciputs et le le ligament longitudinal antérieur et les fibres du
basiocciput fusionnent entre 7 et 10 ans [1]. fascia pharyngobasilaire. En avant du tubercule,

À la naissance, les condyles occipitaux sont


toujours formés de deux parties situées de part Chez l’embryon, la notochorde est la chorde fibrocellu-
et d’autre des synchondroses intraoccipitales laire axiale à partir de laquelle se développe la colonne
antérieures. Toute force excessive appliquée vertébrale primordiale ; d’autres traces de la notochorde
sur les condyles avant leur ossification peut persistent chez l’adulte au niveau du nucleus pulposus
causer une dysfonction intraosseuse [2]. des disques intervertébraux.

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


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14 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Suture sphénosquameuse

Suture sphénopariétale Suture squameuse


Portion squameuse (de l’os temporal)
Suture coronale

Os pariétal
Ptérion

Suture
pariétomastoïdienne
Os frontal

Grande aile (de


l’os sphénoïde)

Suture
lambdoïde
Os lacrymal

Os nasal Astérion

Foramen
zygomaticofacial Os occipital

Os zygomatique
Suture
occipitomastoïdienne
Maxillaire Partie mastoïdienne de
l’os temporal
Processus mastoïdien

Portion alvéolaire Os tympanal (de l’os temporal)


(de la mandibule)
Processus styloïde
Foramen mentonnier Processus condylaire

Angle

Branche de la mandibule
Corps de la mandibule Processus zygomatique (de l’os temporal)

Processus temporal (de l’os zygomatique) Processus coronoïde

Fig. 2.1.  L’os occipital constitue le tiers postérieur de la base crânienne et la portion postéro-inférieure de la calvaria.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

une petite dépression marque un vestige de la Face interne


notochorde : c’est la fossette notochordale. La face interne, endocrânienne, se continue vers le
En arrière du tubercule pharyngien, d’avant en haut avec la face postérieure du corps de l’os sphé-
arrière, s’insèrent la membrane atlanto-occipitale noïde pour constituer le clivus. Elle forme la gout-
antérieure et tout près du bord du foramen magnum tière basilaire (figure 2.7) qui supporte la moelle
le ligament de l’apex de la dent de l’axis (figure 2.6). allongée et la partie inférieure du pont ; elle en est
De chaque côté du corps, d’avant en arrière, s’in- séparée par la dure-mère et le liquide cérébrospinal.
sèrent les muscles long de la tête et droit antérieur Sur le bord postérieur s’insèrent le ligament occi-
de la tête. pitotransversaire (cruciforme) et le faisceau médian

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Chapitre 2. Os occipital 15

Partie supérieure
de l'écaille

Ligne d'union
entre les parties
supérieure
et inférieure
de l'écaille
Partie inférieure
de l'écaille

Centre de Kerckring
Fig. 2.4.  Os wormiens.
D’après Saxena SK, et al., J Anat 1986.
Partie latérale
(Exocciput)

Partie basilaire
(Basiocciput)

Fig. 2.2.  Ostéogenèse de l’os occipital.


D’après Williams PL, Gray’s Anatomy, 38th edition.

1
2

Fig. 2.3.  Os des Incas ou os interpariétal. Fig. 2.5.  Corps de l’os occipital : face externe.
D’après Saxena SK, et al., J Anat 1986.  1.  fossette notochordale ;
2.  tubercule pharyngien.

de la membrane tectoriale (occipito-axoïdienne). Bord antérieur


Cette membrane est le prolongement supérieur du
Le bord antérieur correspond à la face quadrila-
ligament longitudinal postérieur [4] et au niveau
tère qui s’articule avec la face postérieure du corps
de son insertion occipitale, ses fibres se mêlent à
du sphénoïde. C’est la synchondrose sphéno-
celles de la dure-mère crânienne [5] (figure 2.8).
­occipitale (sphéno-basilaire) qui, chez l’adulte,
De chaque côté de la partie basilaire, un petit sillon est ossifiée. (Voir Chapitre 17, page 211).
de 2 à 3 mm complète celui situé sur le rocher
pour loger le sinus pétreux inférieur.

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16 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Os temporal, Pore acoustique interne


Foramen magnum, partie pétreuse
bord postérieur

Os occipital, partie basilaire

Membrane tectoriale
Membrane atlanto-occipitale
antérieure
Ligament de l’apex
Membrane atlanto-occipitale Ligament occipitotransversaire
postérieure
Dent de l’axis
Artère vertébrale
Premier nerf spinal cervical
Arc antérieur de l’atlas
Arc postérieur de l’atlas Cartilage articulaire
Traces du disque intervertébral
Ligament transverse
Ligament Corps de l’axis
transverso-axoïdien

Ligament jaune Ligament longitudinal postérieur

Ligament longitudinal antérieur

Fig. 2.6. Insertions occipitales.


D’après Standring S, Gray’s Anatomy, 39th edition.

Bord postérieur
2
1 Le bord postérieur constitue la limite antérieure
du foramen magnum. Le milieu de ce bord est le
basion (figure 2.7).
En arrière du ligament occipitotransversaire, le
3 ligament de l’apex de la dent de l’axis relie le bord
antérieur du foramen magnum à l’apex de la dent
de l’axis (figure 2.6).

Sur une radiographie, en vue latérale, l’intervalle entre


le basion et l’apex de la dent de l’axis doit être inférieur
à 12 mm [6].

Parties latérales
Situées entre la partie basilaire et l’écaille, les par-
Fig. 2.7. Corps de l’os occipital : face interne.
1. gouttière basilaire ; ties latérales de l’os occipital limitent latéralement
2. sillon du sinus pétreux inférieur ; le foramen magnum. Elles s’articulent avec l’atlas
3. basion. par leur face inférieure.

Bords latéraux Face externe (figure 2.9)


Très épais, ils sont taillés en biseau aux dépens Chaque partie latérale présente médialement
de la face externe. Ils s’articulent avec la partie un condyle occipital, qui s’articule avec la cavité
pétreuse des os temporaux pour former les sutures glénoïdale de l’atlas. De forme ovale, convexe
pétro-occipitales ou pétrobasilaires. d’avant en arrière et de dedans en dehors, à

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Chapitre 2. Os occipital 17

Ligament Foramen jugulaire


occipitotransversaire
Processus
Foramen magnum, transverse de l’atlas
bord antérieur
Ligament alaire Membrane tectoriale

Ligament transverse
Capsule articulaire de l’articulation Ligament longitudinal
atlanto-axoïdienne postérieur
Ligament
transverso-axoïdien

Fig. 2.8. Insertions occipitales.


D’après Standring S, Gray’s Anatomy, 39th edition.

Les condyles occipitaux mesurent entre 16,7 et 30,6 mm


de long, 6,5 et 15,8 mm de large, pour une hauteur
comprise entre 5,8 et 18,2 mm (9,2 mm en moyenne).
Dans plus de 50 % des cas, ils sont de forme ovale.
3 Toutefois, ils peuvent être réniformes, triangulaires ou
présenter des déformations [7].

Les condyles occipitaux ne sont pas palpa-


bles. Pour toute normalisation des condyles
et de l’interligne occipito-atloïdien, notez la
position relativement antérieure des condyles.
2 1 Lorsque le sujet est en décubitus, et que le
praticien place les mains sous la tête du sujet,
Fig. 2.9. Partie latérale de l’os occipital : face externe. les doigts allongés sur l’écaille occipitale, les
1. condyle occipital ; condyles occipitaux sont visualisés en avant de
2. vestige de la synchondrose intraoccipitale antérieure ;
3. insertion du ligament alaire.
l’écaille et non dans le prolongement du bout
des doigts (figure 2.10).

grand axe dirigé en avant et en dedans, le condyle


occipital présente souvent un rétrécissement à sa En avant et en dehors du condyle, un orifice est
partie moyenne ; c’est un vestige de la synchon- visible au fond de la fosse condylaire antérieure,
drose intraoccipitale antérieure. c’est l’orifice du canal du nerf hypoglosse (canal
Médialement, le condyle présente une surface condylien antérieur) (figure 2.11). En arrière du
d’environ 3 mm de hauteur où s’insèrent en avant condyle, la fosse condylaire postérieure est parfois
le ligament alaire (occipito-odontoïdien latéral) et perforée par le canal condylaire dans lequel che-
en arrière le faisceau latéral de la membrane tecto- mine une veine émissaire qui se jette dans le sinus
riale (occipito-axoïdienne). sigmoïde (figure 2.12).

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18 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

En dehors du segment postérieur des condyles,


une surface rugueuse donne insertion au muscle
droit latéral de la tête.

Le nerf hypoglosse (XII) sort du crâne, entouré d’un plexus


veineux, en traversant obliquement la base du condyle occi-
pital vers le dehors et l’avant. C’est autour de ce nerf que
s’organise l’ossification de la synchondrose intraoccipitale
antérieure pour constituer le canal du nerf hypoglosse. Ce
nerf innerve tous les muscles intrinsèques et extrinsèques
de la langue à l’exception du muscle palatoglosse qui est
innervé par le nerf vague (X). Les dysfonctions de la syn-
chondrose intraoccipitale antérieure peuvent affecter le
nerf hypoglosse et la fonction motrice de la langue, ce qui
provoque chez le nourrisson des difficultés de succion.

Face interne (figure 2.13)


Fig. 2.10. Les condyles occipitaux sont situés en avant des
doigts du praticien. Sur le versant médial de sa partie antérieure, la face
interne présente une saillie importante, le tubercule
jugulaire. La taille et la forme de ce tubercule sont
très variables [8]. Le plus souvent ovoïde, il mesure
environ 1,35 cm de long et 1,1 cm de large [9]. Sous
cette saillie, se trouve le canal du nerf hypoglosse
dont l’orifice endocrânien est visible à la partie infé-
rieure de la face médiale du tubercule jugulaire.
En avant et en dehors du tubercule jugulaire appa-
raît le prolongement du sillon du sinus pétreux
inférieur.
Fig. 2.11. Canal du nerf hypoglosse.
1 4
3 2

Fig. 2.13. Partie latérale de l’os occipital : face interne.


1. processus jugulaire ;
2. tubercule jugulaire ;
canal du nerf hypoglosse ;
3. sillon des nerfs glossopharyngien (IX), vague (X)
et accessoire (XI) ;
Fig. 2.12. Fosse condylaire postérieure et canal condy- 4. sillon du sinus pétreux inférieur ;
laire (•). incisure jugulaire.

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Chapitre 2. Os occipital 19

En arrière du tubercule jugulaire, un sillon obli- Bord latéral


que en avant et en dehors abrite les nerfs glosso­
Presque en son milieu, la saillie du processus jugulaire
pharyngien (IX), vague (X) et accessoire (XI),
s’articule avec la facette jugulaire de l’os temporal. En
lesquels se dirigent vers le foramen jugulaire (trou
avant du processus, l’incisure jugulaire limite avec le
déchiré postérieur).
bord postérieur du rocher le foramen jugulaire (Voir
Plus en arrière, une large gouttière répond à la page 23). Le processus intrajugulaire (épine jugu-
partie terminale du sinus latéral. Latéralement laire) est visible sur la partie antérieure de l’incisure.
et d’avant en arrière, cette gouttière est définie
En arrière du processus jugulaire, le bord laté-
par deux saillies, le processus intrajugulaire et
ral s’articule avec la partie mastoïdienne de l’os
le processus jugulaire. Ce dernier constitue la
temporal. Il participe ainsi à la constitution de la
limite postérieure du foramen jugulaire (figure
suture occipitomastoïdienne dont il forme la par-
2.14).
tie horizontale.
Bords antérieur et postérieur
Aucune démarcation n’indique les bords anté- Écaille
rieur et postérieur. Les parties latérales se conti- De forme convexe en arrière, l’écaille occipitale pré-
nuent en avant avec le corps et en arrière avec sente deux faces, quatre bords et quatre angles.
l’écaille de l’os occipital.
Face externe (figure 2.15)
Bord médial
Au centre de l’écaille, la protubérance occipi-
Il constitue la limite latérale du foramen mag- tale externe et son sommet l’inion forment une
num. Le pourtour du foramen magnum consti-
tue avec les sutures et la base crânienne les
zones où l’adhérence dure-mérienne est la plus 1
forte [5].
3
3

1 4 4

2
3
4 5
5

6
5

6
2

Fig. 2.14.  Foramen jugulaire : orifice endocrânien (côté


droit). Fig. 2.15.  Écaille de l’os occipital : face externe.
1.  fissure pétro-occipitale ; 1.  protubérance occipitale externe ;
2.  processus intrajugulaire de l’os occipital ; 2.  crête occipitale externe ;
3.  processus intrajugulaire de l’os temporal ; 3.  lignes nuchales suprêmes ;
4.  fosse jugulaire ; 4.  lignes nuchales supérieures ;
5.  processus jugulaire de l’os occipital ; 5.  lignes nuchales inférieures ;
6.  suture occipitomastoïdienne. 6.  opisthion.

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20 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

saillie facilement palpable sur laquelle s’insère le Ces crêtes résultent des tractions produites
ligament nuchal (ligament cervical postérieur). par les muscles de la région postérieure du cou
Pour autant, sa forme très variable limite son inté- (figure 2.16) :
rêt en craniométrie [10]. De cette protubérance • entre les lignes nuchales suprême et supérieure
part une crête médiane verticale, la crête occipi- s’insèrent médialement le trapèze et latérale-
tale externe ; elle relie la protubérance au foramen ment les chefs cléido-occipital et sterno-­occipital
magnum, et donne aussi insertion à des fibres du du muscle sterno-cléido-mastoïdien ;
ligament nuchal. • juste en dessous du tiers latéral de la ligne
De chaque côté de l’écaille, de haut en bas, s’ob- nuchale supérieure se fixe le splénius de la tête ;
servent plusieurs crêtes transversales : • entre les lignes nuchales supérieure et inférieure
• les lignes nuchales suprêmes (lignes courbes s’insèrent médialement le muscle semi-épineux
occipitales suprêmes), peu marquées, donnent de la tête (grand complexus) et latéralement le
insertion au ventre occipital du muscle occipi- muscle oblique supérieur de la tête (petit obli-
tofrontal (muscle occipital) ; que de la tête) ;
• les lignes nuchales supérieures (lignes courbes • en avant de la ligne nuchale inférieure s’atta-
occipitales supérieures) s’étendent de chaque chent médialement le muscle petit droit posté-
côté de la protubérance occipitale externe ; rieur de la tête et latéralement le muscle grand
• les lignes nuchales inférieures (lignes cour- droit postérieur de la tête.
bes occipitales inférieures) partent de la crête Sur tout le bord postérieur du foramen magnum,
occipitale externe ; tout d’abord transversa- la ligne d’insertion de la membrane atlanto-occipi-
les, elles se dirigent ensuite obliquement en tale postérieure est bien visible. Cette membrane
bas et en dehors en direction de l’incisure relie le bord postérieur du foramen magnum au
jugulaire. bord supérieur de l’arc postérieur de l’atlas et

Protubérance occipitale externe


Trapèze
Petit droit postérieur de la tête
Ligne nuchale suprême
Semi-épineux de la tête
Ligne nuchale supérieure
Chef occipital
Oblique supérieur de l’occipitofrontal
Sterno-cléido-mastoïdien
Splénius de la tête

Ligne nuchale inférieure


Crête occipitale externe
Grand droit postérieur de la tête
Droit latéral de la tête Processus jugulaire
Canal condylaire Fosse condylaire
Ligament alaire Condyle
Canal du nerf hypoglosse
Droit antérieur de la tête
Long de la tête Tubercule pharyngien

Fig. 2.16.  Insertions occipitales.


D’après Standring S, Gray’s Anatomy, 39th edition.

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Chapitre 2. Os occipital 21

limite les mouvements d’hyperflexion cervicale


Classiquement, le ligament nuchal est présenté comme
(figure 2.6). À l’opposé du basion, le point situé une lame fibreuse sagittale séparant les muscles posté-
au milieu du bord postérieur du foramen magnum rieurs du cou [11]. Il s’étend de la protubérance occipi-
est l’opisthion. tale externe jusqu’au processus épineux de C7 où il se
prolonge caudalement par le ligament interépineux [12].
Toute la surface de l’écaille occipitale située Plus récemment, on lui décrit des insertions occipitales
sous la ligne nuchale suprême est recouverte non seulement médialement sur la crête et la protubé-
par des muscles dont les insertions cauda- rance occipitales externes, mais aussi bilatéralement
les sont comprises entre C1 et D12. Chez le par deux lames qui se fixent sur les lignes nuchales
nourrisson qui essaie de relever la tête, la trac- inférieures. Ce système semble jouer un rôle important
tion exercée par ces muscles structure l’écaille dans la stabilité de la tête pendant les rotations cervi-
occipitale. Puis avec l’acquisition d’une pos- cales [13].
ture bipède, cette action musculaire est main- Par ailleurs, entre les première et seconde vertèbres
tenue pendant des périodes plus longues. Chez cervicales, un faisceau de fibres provenant du ligament
l’adolescent et l’adulte, cela conduit parfois à nuchal se prolonge jusqu’à la dure-mère spinale posté-
des états de fatigue et ce d’autant plus que rieure. Ainsi, les dysfonctions de ces tissus associées
l’occiput présente une dysfonction. Dès lors, aux whiplash et autres traumatismes cervicaux pour-
pour favoriser la fonction des muscles occipi- raient contribuer aux troubles décrits par les patients
taux en recréant des bras de levier satisfaisants, tels que les douleurs cervicales chroniques, maux de
la normalisation de toute dysfonction somati- tête, difficultés pour se concentrer et troubles de la
que occipitale est indispensable. mémoire [13].

Les muscles occipitofrontal, sterno-cléido-


mastoïdien et splénius de la tête s’insèrent à
cheval sur l’occiput et le temporal. Ils peu- 4
vent être affectés et peuvent affecter la suture
occipitomastoïdienne. 7

Spontanément, en position de décubitus dor- 1


sal, nous recherchons une position de confort 5
cervical où les muscles de la région posté-
rieure du cou sont relâchés. De fait, dans une
approche ostéopathique fonctionnelle, nous
conservons cette position de confort lors
des palpations pour la structure et des pal-
pations pour la fonction. Ainsi, la perception
du mécanisme respiratoire primaire est plus 6
2
facile car le relâchement musculaire améliore
la compliance intraosseuse. 8

Face interne (figure 2.17) 3

Fortement concave, cette face semble divisée en Fig. 2.17. Écaille de l’os occipital : face interne.
quatre fosses avec une saillie centrale, la protubé- 1. protubérance occipitale interne ;
rance occipitale interne. De cette protubérance 2. crête occipitale interne ;
part une crête qui se dirige vers le foramen mag- 3. surface vermienne ;
4. sinus sagittal supérieur ;
num, c’est la crête occipitale interne. Près du 5. sinus transverse ;
foramen magnum, sa bifurcation limite une petite 6. angle latéral de l’écaille ;
surface triangulaire en regard du vermix cérébel- 7. bord supérieur de l’écaille ou bord pariétal ;
leux, c’est la surface vermienne. 8. bord inférieur de l’écaille ou bord mastoïdien.

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22 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Au-dessus de la protubérance, un large sillon table interne ; dans son tiers latéral, il est taillé en
médian longe le sinus sagittal supérieur. De part biseau aux dépens de la table externe.
et d’autre de la protubérance partent deux sillons
horizontaux pour les sinus transverses. Le plus Parfois, la suture lambdoïde subit une compression
souvent, le sillon du sinus sagittal supérieur se pendant la vie fœtale, lors de l’accouchement ou après
continue avec le sillon du sinus transverse droit la naissance avec la position de sommeil en décubitus
[14], alors que le sillon du sinus transverse gau- dorsal. Une plagiocéphalie postérieure non synostotique
che continue le sinus droit. Au niveau des angles peut en résulter. Selon l’emplacement de la compres-
latéraux de l’écaille occipitale, les sillons des sinus sion, la plagiocéphalie peut être unilatérale ou bilaté-
transverses se prolongent par les sillons des sinus rale. Lorsque survient une ossification prématurée de la
sigmoïdes qui se terminent au niveau du foramen suture lambdoïde, c’est une craniosynostose ou synos-
jugulaire. tose de la suture lambdoïde avec comme conséquence
une plagiocéphalie postérieure synostotique. (Voir
Sur les berges des sillons transverses s’insère la Chapitre 6, page 88)
grande circonférence de la tente du cervelet ; les
bords du sillon du sinus sagittal supérieur donnent
insertion à la faux du cerveau et ceux de la crête Bord inférieur
occipitale interne au bord postérieur de la faux du
cervelet. Ces cloisonnements dessinent les quatre Le bord inférieur ou bord mastoïdien est oblique en
fosses occipitales : les deux fosses cérébrales au- bas et en avant. Il prolonge le bord supérieur avec
dessus des sillons des sinus transverses et les fosses lequel il forme l’angle latéral de l’écaille. Il s’articule
cérébelleuses au-dessous. avec la partie mastoïdienne de l’os temporal pour
former la partie verticale de la suture occipitomas-
toïdienne (OM). Vers l’avant, il se continue avec le
La protubérance occipitale interne peut être bord latéral de la partie latérale de l’occiput.
visualisée à peu près en regard de la protubé-
rance occipitale externe. Le sinus transverse Notez que la suture OM comporte deux parties
est localisé au moins 1,5 mm au-dessus de la (figure 2.18) :
ligne nuchale supérieure [15]. Fréquemment, • une partie verticale formée par l’articulation entre
le sinus transverse droit est plus haut que le le bord inférieur mastoïdien de l’écaille occipitale
droit [16].

1 5
En Grèce, 300 ans av. J.-C., Hérophile est un des
premiers anatomistes à baser ses conclusions sur les 2
dissections du corps humain. Il décrit cette zone de
confluence des sinus au niveau de la protubérance occi-
pitale externe, de fait nommée pressoir d’Hérophile ou
torcular. Pour autant, la confluence des sinus n’est pas
3
toujours présente et des cloisonnements dure-mériens
plus ou moins complets peuvent exister [17]. Le drai-
nage du sinus sagittal supérieur dans le sinus trans-
verse droit est identifié dès la vie fœtale [16].
4

Bord supérieur
Fig. 2.18. Suture occipitomastoïdienne (OM) : vue
De chaque côté, le bord supérieur ou bord pariétal inférieure.
s’étend de l’angle occipital supérieur à l’angle occi- 1. partie verticale de l’OM ;
2. pivot CSM ;
pital latéral. Dentelé, il s’articule avec l’os pariétal 3. partie horizontale de l’OM ;
et forme la suture lambdoïde. Dans ses deux tiers 4. processus jugulaire ;
médiaux, il est taillé en biseau aux dépens de la 5. processus mastoïde.

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Chapitre 2. Os occipital 23

et le segment postérieur du bord postérieur occi- De chaque côté du crâne, l’angle latéral est situé
pital de la partie mastoïdienne de l’os temporal ; à la jonction de trois sutures : suture lambdoïde,
• une partie plus horizontale formée par l’articu- suture pariétomastoïdienne et suture OM. Le
lation entre le bord latéral de la partie latérale point de rencontre de ces trois sutures correspond
de l’os occipital, i.e. le segment situé en arrière à l’astérion.
du processus jugulaire, et le segment antérieur
du bord postérieur occipital de la partie mastoï-
dienne de l’os temporal. Dans la procédure de la compression du
4e ventricule (CV4) [19], les éminences thé-
Il peut exister un changement d’orientation des
nars du praticien contactent les angles laté-
biseaux des bords occipitaux et mastoïdiens. Dans raux de l’os occipital, médialement à la suture
la partie verticale de la suture, le bord de l’écaille OM (figure 2.20). Notez que les bords situés
occipitale peut présenter un biseau aux dépens de de part et d’autre du sommet de l’angle
la table externe, alors que dans la partie plus hori- latéral,  i.e. la partie latérale du bord pariétal
zontale le biseau du bord inférieur mastoïdien de et le bord mastoïdien de l’écaille occipital,
l’écaille occipitale est plus aux dépens de la table présentent des biseaux aux dépens de la table
interne. Les biseaux sont inversés pour l’os tempo- externe qui autorisent la compression.
ral. Le point où l’orientation des biseaux change
est situé au changement d’orientation dans l’espace
des deux parties de la suture et se nomme le pivot Foramen jugulaire
condylosquamomastoïdien (pivot CSM) [18].
En fait, le foramen jugulaire (trou déchiré pos-
Angles (figure 2.19) térieur) ressemble plus à un canal qu’à un simple
foramen. Il fait communiquer la fosse cérébrale
L’angle supérieur compris entre les deux pariétaux,
postérieure avec l’espace sous-parotidien postérieur.
correspond à la jonction des sutures sagittale et
Situé entre l’os temporal et l’os occipital, ce canal se
lambdoïde. Le sommet de cet angle est le lambda.
dirige vers l’avant, le dehors et le bas. Sa forme varie
considérablement d’un sujet à l’autre [20], autant
que d’un côté à l’autre, et habituellement, le côté
1
droit est le plus volumineux [21–23].
Les orifices endocrânien et exocrânien de ce « canal
jugulaire » sont dans des plans différents [23] :

Os pariétal

Os temporal

Os occipital

Maxillaire

Fig. 2.19.  Les angles de l’écaille occipitale.


1.  lambda ;
2.  astérion.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy. Fig. 2.20.  Compression du 4e ventricule (CV4).

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24 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

• l’orifice endocrânien regarde en arrière, en dedans • Latéralement, le bord postérieur du rocher des-
et en haut. De forme grossièrement triangulaire, sine un tracé irrégulier où le processus intra-
son grand axe est oblique en avant, en dedans et jugulaire de l’os temporal fait saillie. En avant
en haut. Son bord latéral correspond au bord pos- de ce processus, le nerf glosso-pharyngien (IX)
térieur du rocher, et son bord médial au bord laté- creuse une large échancrure sur le bord posté-
ral de la partie latérale de l’occiput (figure 2.14) ; rieur du rocher. En arrière du processus, la fosse
• l’orifice exocrânien regarde en avant et en bas. jugulaire loge le bulbe supérieur de la veine
Parfois comparé à un alambic, il est situé en dehors jugulaire interne.
de l’orifice du canal du nerf hypoglosse, en arrière • Médialement, c’est le bord latéral de la partie laté-
de l’orifice inférieur du canal carotidien et en dedans rale de l’os occipital où le processus intrajugulaire
de la base du processus styloïde (figure 2.21). de l’os occipital fait saillie. Il est visible en avant,
juste au-dessus de l’orifice exocrânien du canal du
Limites nerf hypoglosse. Le sinus pétreux inférieur laisse
son empreinte en avant de ce processus.
• En avant, c’est l’extrémité postérieure de la fis-
sure pétro-occipitale, entre le bord postérieur
Contenu (figure 2.22)
du rocher et le bord latéral de la partie basilaire
de l’os occipital. Le sinus pétreux inférieur che- En 1934, Hovelacque décrit deux compartiments
mine au-dessus de cette suture en direction du au foramen jugulaire : antéromédial, comparti-
foramen jugulaire pour se jeter dans le bulbe de ment nerveux ou pars nervosa et postérolatéral,
la veine jugulaire interne. compartiment veineux ou pars vascularis [23].
• En arrière, le processus jugulaire de l’os occipi- Un pont fibreux, parfois ossifié cloisonne ces
tal s’articule avec la facette jugulaire du rocher. deux compartiments [21], et relie le plus sou-
vent le processus intrajugulaire de l’os tempo-
ral et le processus intrajugulaire de l’os occipital
[24]. En fait, cette division existe au niveau de
6
1

2
3
5

4
Fig. 2.22.  Foramen jugulaire : vue endocrânienne du contenu
(côté droit).
1.  processus jugulaire de l’os occipital ;
2.  processus intrajugulaire de l’os temporal ;
3.  pprocessus intrajugulaire de l’os occipital ;
4.  golfe de la jugulaire ;
Fig. 2.21.  Foramen jugulaire : orifice exocrânien (côté droit). 5.  sinus pétreux inférieur ;
1.  processus jugulaire de l’os occipital ; 6.  artère méningée postérieure ;
2.  processus intrajugulaire de l’os temporal ; 7.  nerf glossopharyngien (IX) ;
3.  processus intrajugulaire de l’os occipital ; 8.  nerf vague (X) ;
4.  orifice exocrânien du canal du nerf hypoglosse ; 9.  nerf accessoire (XI).
5.  orifice inférieur du canal carotidien ; D’après Thomassin JM, et al., Encycl Méd Chir, Techniques
6.  base du processus styloïde. chirurgicales - Tête et Cou [30].

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Chapitre 2. Os occipital 25

l’orifice endocrânien du foramen jugulaire, mais


ne se retrouve pas au-dessous [20]. De surcroît, sensations du pharynx, des tonsilles palatines,
de la trompe auditive et du tiers postérieur de
un deuxième faisceau fibreux plus postérieur relie
la langue. Les dysfonctions du X causent de
le processus intrajugulaire de l’os temporal au nombreux symptômes tels les dysautonomies,
bord latéral de la partie latérale de l’os occipital. coliques et reflux [27]. Enfin, l’innervation
Ainsi, les descriptions plus modernes du foramen motrice des parties supérieure et moyenne du
jugulaire font état de trois loges abritant des struc- trapèze et du SCM est compromise par une
tures vasculo-nerveuses primordiales. dysfonction du XI [28]. Lors de l’inspiration
• En avant, le nerf glossopharyngien (IX) chemine crânienne associée à la flexion de l’os occipital
dans la large échancrure du bord postérieur du et à la rotation externe de l’os temporal, le
rocher. Le sinus pétreux inférieur se dirige vers foramen jugulaire se ferme ; lors de l’expira-
la veine jugulaire interne, en passant en avant du tion crânienne associée à l’extension de l’os
processus intrajugulaire de l’os occipital. occipital et à la rotation interne de l’os tempo-
ral, le foramen jugulaire s’ouvre. En pratique,
• Au centre, entre les deux faisceaux fibreux, pas-
la compression de la suture occipitomastoï-
sent le nerf vague (X), le nerf accessoire (XI) et dienne doit être impérativement évitée pour
l’artère méningée postérieure. ne pas comprimer le foramen jugulaire.
• En arrière, la portion d’origine dilatée de la
veine jugulaire interne, prolongement du sinus
sigmoïde, constitue la structure la plus volu- Des tumeurs peuvent se développer dans le foramen
mineuse du foramen jugulaire. Elle reçoit plu- jugulaire. Selon leur localisation, elles peuvent produire
sieurs afférences : le sinus pétreux inférieur, le des troubles de l’audition, tinnitus, douleurs, vertiges
sinus pétro-occipital, le plexus veineux caroti- et dysfonction des nerfs crâniens VII à XII [29]. Ce sont
dien, la veine de l’aqueduc cochléaire, les veines essentiellement des neurinomes, des méningiomes
condyliennes antérieures et la veine condylienne basicrâniens et des paragangliomes jugulaires [30].
postérieure inconstante. Grâce aux progrès de l’imagerie leur diagnostic est faci-
lité. Pour autant, l’accès chirurgical reste complexe [23,
31].

95 % du sang veineux sortent du crâne par


le foramen jugulaire. Toute dysfonction entre
Foramen magnum
l’os occipital et l’os temporal affecte ce drai- Légèrement oblique en bas et en arrière, le fora-
nage veineux [25]. Pour Sutherland : “In our men magnum (trou occipital) fait communiquer
viewpoint, the jugular foramen restriction is of
la boîte crânienne avec le canal rachidien. Plutôt
greater importance than the occipitoatlantal in
so far as restriction of the venous drainage from
ovalaire, à grand axe antéropostérieur, il mesure
the internal cranial region is concerned” [26] environ 35 mm de long et 30 mm de large. Bien
(« De notre point de vue, la restriction du qu’aucun dysmorphisme sexuel relatif à la forme
foramen jugulaire est de plus grande impor- du foramen n’ait pu être mis en évidence, l’aire
tance que la restriction occipitoatlantale en ce du foramen magnum est plus importante chez les
qui concerne la restriction du drainage vei- hommes que chez les femmes [32].
neux de la région endocrânienne ».) Ses limites sont le bord postérieur du corps de l’os
occipital en avant, le bord médial des parties laté-
rales en dehors et le bord antérieur de l’écaille en
En pratique, la normalisation du foramen avant. Son extrémité antérieure est le basion, son
jugulaire doit être considérée avant toute extrémité postérieure est l’opisthion.
autre technique crânienne de drainage vei-
neux. En outre, les nerfs IX, X, XI peuvent Il contient la moelle allongée et ses enveloppes
aussi subir l’influence d’une dysfonction du méningées, les artères vertébrales avec leur plexus
foramen. La dysfonction du IX altère les sympathique, les veines vertébrales et les racines
spinales des nerfs accessoires.

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26 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Mouvement craniosacral Selon l’âge et la santé de l’individu, l’os occipital


consiste en une trame de tissu conjonctif calcifié
Flexion-extension crânienne de plus ou moins grande densité. Cette matrice
ouverte permet un certain degré de flexibilité toute
L’os occipital s’articule avec l’os sphénoïde au niveau la vie durant. Dès lors, en plus des mouvements
de la synchondrose sphéno-occipitale (sphéno-basi- de flexion-extension crânienne décrits ci-dessus,
laire ou SSB). Cette articulation appartient à la base une expansion latérale est aussi palpable au niveau
crânienne et présente normalement chez l’adulte des os impairs. C’est le cas des angles latéraux de
un certain degré de flexion, i.e. un angle entre le l’occiput, où un déplacement postérieur et latéral
corps de l’occiput et le corps du sphénoïde ouvert peut être palpé dans la flexion crânienne, et un
vers le bas et donc une légère convexité au niveau déplacement antérieur et médial dans l’extension
de la partie endocrânienne de la SSB. crânienne. Ce mouvement est mis en évidence
Pendant l’inspiration crânienne, le mouvement crâ- dans l’application de la procédure de la compres-
nien consiste en une flexion crânienne où la convexité sion du 4e ventricule (CV4).
de la SSB augmente. Lors de l’expiration crânienne,
le mouvement crânien consiste en une extension crâ-
nienne et la convexité de la SSB diminue [33]. Les Torsion
autres parties du crâne accompagnent le mouvement
crânien de flexion et d’extension de la SSB. En plus des mouvements de flexion-extension crâ-
nienne, l’os occipital participe aussi aux mouve-
L’occiput participe au mouvement de flexion- ments de torsion et de sidebending-rotation de la
extension crânienne avec un axe de mouvement synchondrose sphéno-basilaire.
transversal horizontal localisé au-dessus du fora-
men magnum, au niveau des processus jugulaires. La torsion est un mouvement qui se produit autour
Pendant la flexion crânienne, la surface articulaire d’un axe antéropostérieur reliant le nasion à l’opis-
antérieure de la partie basilaire de l’os occipital se thion. Lors de la torsion, le sphénoïde et l’occiput
déplace vers l’avant et le haut, le lambda se déplace tournent autour de cet axe, en directions opposées.
vers l’arrière et le bas, et les angles latéraux vers Ainsi, lorsque le corps du sphénoïde tourne autour
l’arrière et le dehors (figure 2.23). Pendant l’ex- de cet axe, un côté est plus haut que l’autre. La
tension crânienne, la surface articulaire antérieure grande aile du sphénoïde est déplacée vers le haut
de la partie basilaire se déplace vers l’arrière et le de ce côté, pendant que la grande aile de l’autre
bas, le lambda vers l’avant et le haut, et les angles côté est déplacée vers le bas. En même temps, l’oc-
latéraux vers l’avant et le dedans. ciput tourne, se déplaçant vers le bas du côté de la
grande aile haute et vers le haut de l’autre côté.
La torsion est nommée du côté où la grande aile
du sphénoïde se déplace vers le haut. Par exemple,
lors d’une torsion droite, la partie droite du corps
du sphénoïde et la grande aile droite se déplacent
vers le haut, alors que la partie droite de l’occiput
se déplace vers le bas (figure 2.24). En l’absence de
dysfonction somatique crânienne, les mouvements
de torsion droite et gauche sont symétriques.

Sidebending-rotation
Le sidebending-rotation de la SSB consiste en
Fig. 2.23.  Mouvement de l’occiput dans la flexion
crânienne. deux composantes, avec pour chacune d’elles des
D’après Sergueef N, Ostéopathie pédiatrique. axes de mouvement différents. Autour de l’axe

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Chapitre 2. Os occipital 27

Fig. 2.24.  Mouvement de la synchondrose sphénobasilaire


dans la torsion droite.
D’après Sergueef N, Ostéopathie pédiatrique.

antéropostérieur qui joint le nasion et l’opis- Fig. 2.25.  Mouvement de la synchondrose sphénobasilaire
thion, l’occiput et le sphénoïde tournent dans la dans le sidebending-rotation gauche.
D’après Sergueef N, Ostéopathie pédiatrique.
même direction. Ainsi, lorsque le corps du sphé-
noïde tourne autour de cet axe, un côté est plus
haut que l’autre. La grande aile du sphénoïde est Palpation pour la structure
déplacée vers le haut de ce côté, pendant que la
grande aile de l’autre côté est déplacée vers le La palpation pour la structure consiste en la pal-
bas. Simultanément, l’occiput tourne avec le pation de l’écaille, des muscles qui s’y insèrent, et
sphénoïde, se déplaçant vers le haut du côté de la des sutures occipitomastoïdiennes et lambdoïdes.
grande aile haute et vers le bas de l’autre côté. La palpation du corps de l’occiput et des masses
En même temps, autour de deux axes verticaux, un latérales n’est pas possible.
pour chaque os, l’occiput et le sphénoïde se dépla- Tout d’abord palpez les reliefs de l’écaille, chez
cent dans des directions opposées. Un axe passe l’adulte notez la proéminence des lignes nuchales,
par le centre du corps du sphénoïde, l’autre par l’importance de la saillie de la protubérance occi-
le foramen magnum de l’occiput. La grande aile pitale externe et de son sommet l’inion. L’inion est
du sphénoïde et l’occiput s’écartent l’un de l’autre facilement identifiable presque au milieu de l’écaille
d’un côté ; pour cela la grande aile se déplace vers (figure 2.26). Les lignes nuchales supérieures se pal-
l’avant et l’occiput vers l’arrière. De l’autre côté, pent de chaque côté de la protubérance occipitale
la grande aile et l’occiput se rapprochent l’un de externe. Des reliefs marqués manifestent une traction
l’autre. Cela produit un sidebending entre le sphé- importante des muscles qui s’insèrent sur l’écaille et
noïde et l’occiput au niveau de la SSB, avec comme du ligament nuchal qui s’insère sur la protubérance
résultat une convexité d’un côté et une concavité occipitale externe. L’inion est approximativement à
de l’autre. Le sidebending-rotation est nommé du hauteur de la protubérance occipitale interne et les
côté où la grande aile et l’occiput sont déplacés vers lignes nuchales supérieures à hauteur des insertions
le bas. Par exemple, dans un sidebending-rotation occipitales de la tente du cervelet.
gauche, la partie gauche du corps du sphénoïde et Par la palpation, appréciez la symétrie ou l’asy-
la grande aile gauche se déplacent vers le bas et vers métrie de l’écaille, sa convexité ou inversement
l’avant, alors que la partie gauche de l’occiput se la présence de méplats. Chez le jeune enfant, un
déplace vers le bas et vers l’arrière (figure 2.25). méplat unilatéral signale une plagiocéphalie [34].

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28 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Palpez aussi avec délicatesse la partie la plus anté-


rieure de l’écaille, en avant des lignes nuchales
inférieures. À ce niveau, la palpation renseigne sur
l’inclinaison de l’occiput par rapport à la première
vertèbre cervicale et signale souvent une dysfonc-
tion occipito-atloïdienne.

Attention à ne pas confondre l’asymétrie des


repères crâniens causée par une inclinaison
ou une rotation de la tête du sujet à la suite
d’une dysfonction vertébrale avec l’asymétrie
causée par un déplacement ou une modifica-
tion structurelle crânienne de ces repères.

Les muscles occipitaux sont souvent contractés


chez la plupart des patients qui consultent. Leur
palpation peut être effectuée dans de nombreuses
positions ; toutefois, les contractions sont plus for-
tes lorsque le patient contrôle activement la posi-
tion de sa tête. En raison du réflexe oculomoteur,
Fig. 2.26. Palpation de l’inion.
les contractions musculaires sont aussi augmen-
tées lorsque le patient conserve les yeux ouverts.
Notez aussi chez le nourrisson, la différence entre
En revanche, la palpation est facilitée lorsque le
la partie inférieure ou cérébelleuse de l’écaille qui
patient installé en position de confort en décu-
dérive d’une ossification endochondrale et la par-
bitus dorsal conserve les yeux fermés. Dans cette
tie supérieure ou interpariétale qui dérive d’une
situation, les déséquilibres de tension perçus cor-
ossification intramembranaire. Une différence
respondent bien à des dysfonctions locales et non
marquée entre ces deux parties révèle une dysfonc-
à des compensations de dysfonctions situées à dis-
tion intraosseuse de l’os occipital et bien souvent
tance ; notez alors la qualité des fibres musculaires :
la partie interpariétale de l’écaille est comprimée
élasticité, souplesse, induration, fibrose, notez
vers l’avant entre les deux pariétaux.
aussi les modifications de tension présentes dans
les fascias qui recouvre ces muscles.
Depuis 1992 et la campagne « back to sleep » où les
parents ont été encouragés à coucher leurs bébés sur le
dos pour dormir afin d’éviter le syndrome de mort subite Chez les patients souffrant d’une névralgie d’Arnold,
du nourrisson [35], l’emplacement de la déformation des deux points sur le trajet du nerf grand occipital sont
plagiocéphalies non synostotiques est typiquement à potentiellement sensibles. Le rameau dorsal de la
l’arrière du crâne. Avant cette date, les enfants dormaient deuxième paire cervicale forme le nerf grand occipital
en procubitus et les plagiocéphalies occipitales étaient (grand nerf occipital d’Arnold) qui se dirige vers l’arrière,
moins fréquemment rencontrées chez ces sujets. contourne le bord inférieur du muscle oblique inférieur
de la tête, puis monte selon un trajet oblique vers le
haut et le dedans entre les muscles oblique inférieur
Chez l’adulte les méplats sont moins marqués, et et semi-épineux de la tête. Ensuite, il bifurque latérale-
ment et perfore le muscle semi-épineux de la tête et le
une asymétrie de la forme de l’écaille, normale-
muscle trapèze. De nombreuses branches innervent le
ment convexe, accompagne souvent un schéma de
cuir chevelu de la région occipitale, les muscles splé-
sidebending-rotation de la SSB. Dans ce cas, un nius de la tête, longissimus de la tête et semi-épineux
côté de l’occiput est plus bas et plus postérieur et de la tête.
l’autre côté est plus haut et plus antérieur.

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Chapitre 2. Os occipital 29

au niveau de l’angle latéral de l’os occipital que la


Les deux points sensibles à la palpation correspondent
aux passages du nerf au travers des muscles semi-épi-
résilience est la plus importante.
neux de la tête et trapèze. La traversée du semi-épineux La palpation de l’angle supérieur de l’os occipital
est localisée en moyenne 11,5 mm en dehors de la ligne se fait entre les deux pariétaux, à la jonction des
médiane et 37,3 mm au-dessous d’une ligne horizon- sutures sagittale et lambdoïde. Le sommet de cet
tale passant par la protubérance occipitale externe. Le angle est le lambda.
muscle trapèze est perforé près de son insertion sur l’os
occipital, en moyenne 31,8 mm en dehors de la ligne
Chez l’enfant, la fontanelle mastoïdienne est loca-
médiane et 22,2 mm au-dessous de la protubérance lisée au niveau de l’astérion ; elle est habituelle-
occipitale externe. Lors des dissections, ce dernier ment fermée vers l’âge de 6 mois. La fontanelle
passage est toujours étroit et rigide [36]. En pratique, postérieure ou lambdatique au niveau du lambda
les normalisations de l’occiput, C1 et C2 donnent d’ex- se ferme dans la deuxième année [5].
cellents résultats dans le traitement des névralgies
d’Arnold. L’astérion est proposé comme un point de repère impor-
tant dans les approches chirurgicales de la fosse pos-
térieure du crâne et de la partie postérolatérale de la
base crânienne pour identifier la localisation de la jonc-
La palpation de la suture occipitomastoïdienne tion entre le sinus transverse et le sinus sigmoïde. Dans
n’est possible que sur la partie verticale de la 87 % des cas, l’astérion est situé au niveau de cette
suture. Avec l’index ou le médius, repérez l’inci- jonction [39].
sure mastoïdienne en arrière de la portion mastoïde
et remontez obliquement vers l’arrière. Déplacez
votre doigt de part et d’autre de la suture pour en Palpation pour la fonction
apprécier les reliefs. En raison des rapports étroits
entre la suture et le foramen jugulaire, veillez à ne L’identification de la dysfonction somatique est le
pas comprimer la suture. fruit de l’observation, de la palpation pour la struc-
La palpation des sutures lambdoïdes et occipito- ture et de la palpation pour la fonction. La palpa-
mastoïdiennes présente un intérêt majeur chez le tion pour la fonction comporte les tests d’écoute
nouveau-né. Évaluez la qualité du tissu sutural, et les tests de mobilité [40]. Ils permettent de pré-
recherchez les chevauchements éventuels, signes ciser la présence éventuelle et la localisation d’une
de dysfonction de la suture. Les chevauchements ou de plusieurs dysfonctions somatiques.
de sutures sont fréquents au niveau des sutures Le sujet est en position de décubitus dorsal, prati-
lambdoïdes. Une arête suturale épaisse doit atti- cien assis à la tête du sujet. Placez les deux mains
rer l’attention, c’est peut-être un signe de synos- sous l’occiput, paumes tournées vers le haut,
tose de la suture. Toutefois, les synostoses de la de telle sorte que la pulpe des index, médius et
suture lambdoïde surviennent rarement [37] ; annulaires soit en contact avec la partie squa-
elles ne représentent que 3,1 % de toutes les meuse de l’occiput, le plus antérieurement pos-
synostoses [38]. sible. Comme aucune force compressive ne doit
La palpation des angles latéraux de l’os occipital s’exercer sur les sutures occipitomastoïdiennes,
est associée à celle de l’astérion. Les angles latéraux les doigts sont toujours positionnés médialement
sont compris entre les sutures lambdoïde et occipi- aux sutures.
tomastoïdienne. L’astérion est localisé au sommet Commencez toujours par une écoute globale de
de la partie verticale de la suture occipitomastoï- l’occiput [41]. Quels sont les mouvements pré-
dienne, à la jonction avec les sutures lambdoïde sents ? L’inspiration et l’expiration crâniennes sont-
et pariétomastoïdienne. Par des pressions douces, elles satisfaisantes ? Notez le rythme, l’amplitude
appréciez les différences dans l’aspect superficiel et la puissance de ces mouvements. Lorsqu’une
des os pariétal, temporal et occipital. La surface restriction de la motilité intracrânienne est perçue,
de l’os pariétal semble plus régulière que celle de définissez la ou les structure(s) anatomique(s)
la portion mastoïde de l’os temporal. Enfin, c’est auxquelles se rattache cette restriction.

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30 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Puis visualisez les différentes articulations de l’oc-   [8] Osborn AG, Brinton WR, Smith WH. Radiology of
ciput ; écoutez leur motilité inhérente. Existe-t-il the jugular tubercles. AJR Am J Roentgenol 1978 ;
131 : 1037–40.
des zones de dysfonction ? Visualisez tout d’abord   [9] Mintelis A, Sameshima T, Bulsara KR, Gray L,
les condyles occipitaux sur les facettes de l’atlas Friedman AH, Fukushima T. Jugular tubercle :
et appréciez les mouvements de cet espace articu- Morphometric analysis and surgical significance.
laire. Les condyles occipitaux sont situés en avant J Neurosurg 2006 ; 105 : 753–7.
des masses latérales de l’occiput, et dans cette posi- [10] Olivier G. Biometry of the human occipital bone.
J Anat 1975 ; 120(Pt 3) : 507–18.
tion ils sont placés en avant des doigts. Visualisez [11] Rouvière H, Delmas A. Anatomie humaine. 15e éd.
ces condyles convexes et convergents vers l’avant. Paris : Masson ; 2002.
Normalement, ils peuvent se déplacer librement [12] Kadri PA, Al-Mefty O. Anatomy of the nuchal liga-
vers l’avant et vers l’arrière sur les facettes de l’at- ment and its surgical applications. Neurosurgery
las, et autorisent des mouvements de latéroflexion 2007 ; 61(5 Suppl 2) : 301–4 discussion 304.
[13] Mitchell BS, Humphreys BK, O’Sullivan E.
et de rotation. La plupart des sujets présentent Attachments of the ligamentum nuchae to cervical
une dysfonction occipito-atloïdienne qui doit être posterior spinal dura and the lateral part of the occi-
normalisée. Le plus souvent, nous trouvons une pital bone. J Manipulative Physiol Ther. 1998 ; 21 :
inclinaison occipitale plus facile d’un côté combi- 145–8.
née à une rotation du côté opposé. Le glissement [14] Singh M, Nagashima M, Inoue Y. Anatomical varia-
tions of occipital bone impressions for dural venous
latéral des condyles est du côté opposé à celui de sinuses around the torcular Herophili, with special
l’inclinaison. reference to the consideration of clinical signifi-
Visualisez la synchondrose sphéno-occipitale cance. Surg Radiol Anat 2004 ; 26 : 480–7.
(sphéno-basilaire), l’articulation entre le processus [15] Avci E, Kocaogullar Y, Fossett D, Caputy A. Lateral
posterior fossa venous sinus relationships to surface land-
jugulaire de l’os occipital et la facette jugulaire de marks. Surg Neurol 2003 ; 59 : 392–7 discussion 397.
l’os temporal, les sutures lambdoïde et occipitomas- [16] Adams WM, Jones RL, Chavda SV, Pahor AL. CT
toïdiennes. Définissez toute restriction de la moti- assessment of jugular foramen dominance and its
lité inhérente du MRP. Cette visualisation peut être association with hand preference. J Laryngol Otol
confirmée avec des tests de mobilité spécifiques à 1997 ; 111 : 290–2.
[17] Bisaria KK. Anatomic variations of venous sinuses in
chaque suture. (Voir Chapitre 17, page 210) the region of the torcular Herophili. J Neurosurg
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Chapitre 2. Os occipital 31

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Chapitre 3
Os sphénoïde

Os impair et médian, l’os sphénoïde (du grec Ostéogenèse


σϕηνo ειδη′ ς : en forme de coin) doit son
nom à sa situation entre les fosses crânien- L’os sphénoïde dérive de 13 points d’ossification.
nes antérieure et moyenne. C’est un os com- Tous sont d’origine endochondrale, sauf les cen-
plexe, qui présente de nombreux rapports, tres pour la lame médiale du processus ptérygo-
et qui participe à la constitution de plusieurs ïde et la petite aile qui se forment partiellement
espaces anatomiques : cavités orbitaires et par ostéogenèse fibreuse [1]. À la naissance, neuf
nasales, fosses endocrânienne, temporales, synchondroses sont encore présentes dans un état
ptérygopalatines et rhinopharynx. Il est tra- d’ossification intermédiaire [2]. Pour autant, à ce
versé par de nombreuses structures nerveuses stade, on identifie classiquement trois parties prin-
et vasculaires et contient une cavité aérienne, cipales :
le sinus sphénoïdal. On lui décrit un corps • une partie centrale formée par le corps et les
médian d’où partent de chaque côté trois petites ailes ;
processus, la petite aile et la grande aile au- • deux parties latérales, chacune consistant en
dessus et le processus ptérygoïde en dessous une grande aile et un processus ptérygoïde
(figure 3.1). (figure 3.2).
L’os sphénoïde est souvent comparé à une Ces trois parties fusionnent entre elles vers la
chauve-souris à deux paires d’ailes et chez qui fin de la première année. Néanmoins, de par sa
les processus ptérygoïdes sont les pattes. Les position entre les fosses crâniennes antérieure et
yeux de l’animal sont situés sur la face antérieure moyenne, et ses rapports avec les os de la face,
du corps ; ce sont les deux ostiums des sinus à tout moment, la croissance du sphénoïde
sphénoïdaux. influence fortement celle du neurocrâne et du
viscérocrâne [3].

Corps
Petite aile

Petites ailes

Grande Grande Foramen


aile aile rond
Foramen
ovale

Lingula Os palatin, Hamulus de la lame


Processus ptérygoïde lame ptérygoïdienne médiale
perpendiculaire
Fig. 3.1.  Os sphénoïde : vue antérieure.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, Fig. 3.2.  Os sphénoïde à la naissance.
1st edition. D’après Williams PL, Gray’s Anatomy, 38th edition.

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


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34 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Le corps du sphénoïde consiste en deux parties : le Description


présphénoïde et le postsphénoïde. La synchondrose
intrasphénoïdale qui les sépare s’ossifie vers le 8e mois Corps du sphénoïde
fœtal.
Les petites et grandes ailes du sphénoïde proviennent De forme grossièrement cubique, il présente six
respectivement des cartilages de l’orbitosphénoïde et de faces : supérieure, antérieure, inférieure, posté-
l’alisphénoïde. Les synchondroses entre les deux orbitos- rieure et latérales.
phénoïdes et le corps sphénoïdal sont encore partiellement
ouvertes à la naissance ; elles se ferment vers 3 mois [2]. Face supérieure
Les synchondroses entre les deux alisphénoïdes et le corps
sphénoïdal se ferment dès 6 mois ; elles peuvent toutefois D’avant en arrière, nous trouvons le jugum sphé-
rester visibles en tomodensitométrie jusqu’à 4–5 ans [2, 4]. noïdal, le sillon chiasmatique (gouttière optique)
La face dorsale du sphénoïde participe à la constitution et la selle turcique (figure 3.3).
de la base crânienne. Sa croissance suit celle du cer-
veau avec lequel elle est en rapport et la plus grande Jugum sphénoïdal
partie de cette croissance est effectuée avant l’âge de Le jugum sphénoïdal est une surface quadrilatère
10 ans. En revanche, la face ventrale en rapport avec les qui se continue latéralement avec la face supé-
limites postérieures du viscérocrâne présente une crois- rieure des petites ailes du sphénoïde. De part
sance similaire à celle des os de la face et une phase de et d’autre de la ligne médiane deux gouttières
croissance importante au moment de l’adolescence [5]. dépriment le jugum ; elles prolongent les sillons

Os frontal 4 3
7 1 2
Os ethmoïde 6
5

Os sphénoïde

Os temporal

Os pariétal

Os occipital

10
a

Fig. 3.3. Corps du sphénoïde : face supérieure.


a. D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.
b.
1. jugum sphénoïdal ; 2. sillon olfactif ; 3. processus
ethmoïdal ; 4. limbus sphénoïdal ; 5. sillon chiasmatique ; 11 9
8
6. canal optique ; 7. tubercule de la selle turcique ;
b
8. crête synostosique ; 9. processus clinoïde moyen ;
10. processus clinoïde postérieur ; 11. dos de la selle.

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Chapitre 3. Os sphénoïde 35

olfactifs de l’os ethmoïde et contiennent une


Les dimensions de la selle turcique varient de 4 à
structure plate ovalaire : le tractus olfactif. 12 mm pour la hauteur et de 5 à 16 mm pour la dimen-
La partie antérieure du jugum forme une saillie sion sagittale ; elles sont plus en relation avec la taille du
médiane, le processus ethmoïdal de l’os sphénoïde sujet qu’avec son âge. Le contour de la selle turcique est
qui s’articule avec la lame criblée de l’os ethmoïde. étudié en radiologie pour ses rapports avec l’hypophyse
Le sommet du processus arrive au niveau de l’ex- et ses variations dans divers syndromes [7].
trémité postérieure de la crista galli de l’ethmoïde. Avant la naissance le corps du sphénoïde consiste
en deux parties : le présphénoïde formé par le corps
en avant du tubercule de la selle et le postsphénoïde
Sillon chiasmatique
formé par le reste du corps sphénoïdal et le dos de la
En arrière du jugum sphénoïdal, une crête trans- selle. Vers le 8e mois de gestation, la synchondrose
versale plus ou moins marquée, le limbus sphénoï- intrasphénoïdale qui sépare les deux parties s’ossi-
dal sépare le jugum du sillon chiasmatique. Ce fie. Toutefois, un coin cartilagineux peut persister
sillon, qui se continue latéralement par les canaux quelques mois après la naissance [8, 9]. La synchon-
optiques, est limité en arrière par une crête trans- drose intrasphénoïdale participe à la flexion de la base
versale assez marquée, le tubercule de la selle turci- crânienne.
que. En arrière du tubercule de la selle, se trouve
la selle turcique où loge l’hypophyse (glande
pituitaire).
Face antérieure (figure 3.4)
Selle turcique Crête sphénoïdale
La selle turcique est une excavation normalement
concave d’avant en arrière qui présente un versant Une crête médiane, la crête sphénoïdale (crête
antérieur, un versant postérieur et un plancher sphénoïdale antérieure), divise la face antérieure
sensiblement horizontal en dessous duquel se en deux ; elle répond en avant au bord postérieur
trouve le sinus sphénoïdal. de la lame perpendiculaire de l’os ethmoïde. À
sa partie supérieure, la crête atteint la saillie du
À la partie supérieure du versant antérieur se processus ethmoïdal de l’os sphénoïde. À sa partie
trouve un sillon transversal, c’est le sillon du sinus inférieure, elle forme une saillie, le rostre sphénoï-
intercaverneux (sinus coronaire) limité en arrière dal (bec du sphénoïde) qui se continue à la partie
par la crête synostosique, vestige de la synchondrose inférieure du corps sphénoïdal.
intrasphénoïdale. De part et d’autre de la crête
synostosique, une petite saillie inconstante corres-
pond au processus clinoïde moyen.
Le versant postérieur de la selle turcique est consti- 3
tué par le dos de la selle (lame quadrilatère). Sa face 1 4
postérieure oblique en bas et en arrière se conti-
nue avec la partie basilaire de l’os occipital avec
lequel elle forme le clivus. De part et d’autre de
son bord supérieur, le processus clinoïde postérieur
donne insertion à la grande circonférence de la
tente du cervelet, et juste au-dessous au ligament
pétrosphénoïdal (de Gruber). (Voir ce chapitre, 2
page 39) Latéralement, la base du processus cli-
noïde postérieur présente une échancrure pour le
nerf oculomoteur (nerf moteur oculaire commun, Fig. 3.4. Corps du sphénoïde : face antérieure.
1. crête sphénoïdale ;
III) [6]. Une autre échancrure est visible à la par-
2. rostre sphénoïdal ;
tie inférieure du bord latéral du dos de la selle où 3. ouverture du sinus sphénoïdal ;
passe le sinus pétreux inférieur. 4. demi-cellules.

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36 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Sinus sphénoïdal
Par son ouverture sur la face antérieure du corps du
De part et d’autre de la crête sphénoïdale, la face sphénoïde, le sinus sphénoïdal se draine dans les cavités
antérieure forme une gouttière qui présente à sa nasales. Les sinusites sphénoïdales constituent 2,7 %
partie supérieure un orifice : l’ouverture du sinus de l’ensemble des sinusites et sont le plus souvent
sphénoïdal. Cette gouttière constitue de chaque révélées par des céphalées. Des irradiations pariétales,
côté la partie postérieure de la voûte de la cavité occipitales, cervicales et rétro-oculaires peuvent être
nasale ; dès lors le sinus sphénoïdal creusé dans présentes. Elles se distinguent par le risque de graves
l’épaisseur du sphénoïde s’ouvre dans la cavité complications infectieuses, neurologiques centrales et
ophtalmologiques du fait de la localisation profonde, au
nasale (figure 3.5).
centre de l’étage moyen de la base du crâne, du corps
Demi-cellules du sphénoïde [15].

Latéralement, des demi-cellules sont visibles ; elles


s’articulent avec les demi-cellules homologues de
l’os ethmoïde, plus précisément celles de la face
postérieure des labyrinthes ethmoïdaux (masses Sinus frontal
latérales de l’ethmoïde), et avec celles de la sur-
Cornet nasal supérieur
face sphénoïdale du processus orbitaire de l’os
palatin. Glande pituitaire
(ou hypophyse)

En raison de la situation de l’ouverture du


sinus sphénoïdal, sur la face antérieure du
corps du sphénoïde, dans les procédures de
drainage du sinus sphénoïdal la tête du patient
doit être inclinée vers l’avant.

Sinus sphénoïdal

L’innervation des sinus sphénoïdaux provient


de la branche frontale du nerf ophtalmique
(V1). Une de ses branches terminales, le nerf Cornet nasal inférieur
supraorbitaire (frontal externe) émerge au Cornet nasal moyen
niveau de l’incisure ou du foramen supraorbi-
Fig. 3.5. Cavité nasale droite. Vue médiale. L’ouverture du
taire. Il constitue un point réflexe important
sinus sphénoïdal est sur la face antérieure du corps.
dans les sinusites et leur traitement par une D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.
approche manuelle, telle la stimulation du
nerf trijumeau proposée par Bailey en 1922
[10, 11]. Face inférieure (figure 3.6)
La face inférieure constitue le plancher du sinus
sphénoïdal, la partie la plus postérieure de la voûte
Le sinus sphénoïdal est de forme et de taille varia-
des cavités nasales et contribue aussi à former le
bles [12]. Une expansion du sinus sphénoïdal dans la
partie basilaire de l’occiput est possible, ce qui fra-
toit du nasopharynx.
gilise la base crânienne et peut faciliter les fractures Sur la ligne médiane, la crête sphénoïdale inférieure
de cette région [13]. Pour certains, après la fusion continue la crête sphénoïdale décrite sur la face
de la synchondrose sphéno-occipitale, ce prolonge- antérieure. Elle se loge entre les deux ailes du
ment existe dans près de 64 % des cas [14]. Dès lors, vomer avec lequel elle s’articule tout en laissant un
l’évaluation radiologique du sinus est toujours très canal étroit sur la ligne médiane dans lequel che-
précise dans les voies d’abord chirurgicales trans- mine de petits rameaux veineux : le canal voméro-
sphénoïdales, essentiellement utilisées en pathologie
sphénoïdal (canal sphéno-vomérien médian)
hypophysaire.
(figure 3.7).

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Chapitre 3. Os sphénoïde 37

L’articulation entre le sphénoïde et le vomer est une


1
schindylèse, i.e. une articulation où une lame osseuse
est reçue dans la gouttière d’un autre os.

Sutherland insiste sur le rôle du vomer dans


le drainage du sinus sphénoïdal : “The vomer
is a functional aid to the sphenoidal air inter-
change, its action being like that of a plumber’s
3
plunger directly upon the rostrum.” [16] (« Le
2
vomer est une aide fonctionnelle à l’échange
d’air sphénoïdal, son action étant comparable
Fig. 3.6. Corps du sphénoïde : face inférieure. à celle de la ventouse d’un plombier sur le
1. crête sphénoïdale inférieure ; rostre »).
2. processus vaginal du processus ptérygoïde ;
3. cornet sphénoïdal.

Face postérieure (figure 3.8)


Processus vaginal
de la lame ptérygoïdienne De forme quadrilatère, cette face s’articule avec la
médiale Canal vomérosphénoïdal partie basilaire de l’os occipital avec laquelle elle
Canal palatovaginal Aile du vomer
Processus sphénoïdal forme la synchondrose sphéno-occipitale (sphéno-
Vomer
de l’os palatin basilaire) (Voir Chapitre 17, page 211).

Faces latérales (figure 3.9)


Sur chaque face latérale du corps sphénoïdal, on
peut observer les racines des ailes de l’os sphé-
noïde. La petite et la grande aile du sphénoïde
fusionnent avec le corps du sphénoïde respective-
ment vers le début et la fin de la première année.
Les zones de fusion délimitent les parties pré- et
rétro-alaires de la face latérale.
Choanes
La petite aile s’implante par deux racines supérieure
Cavité orale et inférieure qui limitent avec le corps sphénoïdal
le canal optique par lequel le nerf optique (II) et
Lame horizontale
de l’os palatin Processus pyramidal
Lame ptérygoïdienne de l’os palatin
médiale de l’os
sphénoïde

Fig. 3.7. Corps du sphénoïde : face inférieure.


La crête sphénoïdale inférieure est reçue dans la gout-
tière formée par les deux ailes du vomer.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

De chaque côté de la ligne médiane se trouve


une surface triangulaire à base antérieure, c’est le
cornet sphénoïdal (cornet de Bertin) limité laté-
ralement par le processus vaginal du processus
ptérygoïde. Fig. 3.8. Corps du sphénoïde : face postérieure.

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38 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

La partie pré-alaire constitue le segment postérieur


2
3 de la paroi médiale de l’orbite. La partie rétro-
1 alaire répond à la loge latérosellaire (loge caver-
10 9 neuse). L’artère carotide interne située près de la
paroi médiale de la loge, creuse le sillon carotidien
sur la face latérale du corps sphénoïdal. Les lèvres
4
de ce sillon sont bien définies et la lèvre médiale
marque la limite latérale de la selle turcique. À sa
7
11
5
partie antérieure, se trouve le processus clinoïde
6 moyen.
8

Les rapports entre l’artère ophtalmique et le nerf opti-


que à l’intérieur et en dehors du canal optique sont
Fig. 3.9. Corps du sphénoïde : face latérale.
1. racine supérieure de la petite aile ; très variables [18]. En cas de traumatismes sévères,
2. racine inférieure de la petite aile ; des possibilités de compression vasculaire existent qui
3. canal optique ; résultent en dysfonction visuelle [19].
4. racine antérieure de la grande aile ;
5. racine moyenne de la grande aile ;
6. racine postérieure de la grande aile ;
7. foramen rond ; Petites ailes (figure 3.10)
8. foramen ovale ;
9. fissure orbitaire supérieure ; Les petites ailes sont deux lames horizontales,
10. sillon carotidien ;
en forme de triangle à sommet latéral. Réunies
11. lingula.
de part et d’autre à la partie antérosupérieure du
corps sphénoïdal par leur racines supérieure et
inférieure, elles présentent à décrire deux bords,
l’artère ophtalmique gagnent la cavité orbitaire. antérieur et postérieur, un sommet et deux faces,
Le canal optique se dirige en dehors et en bas et supérieure et inférieure.
mesure entre 4 et 11 mm de long [17, 18].
Le bord antérieur s’articule avec la partie orbitaire
La grande aile s’implante par trois racines anté- du frontal. Il présente un biseau habituellement
rieure, moyenne et postérieure : taillé aux dépens de la face inférieure.
• les racines antérieure et moyenne circonscrivent
Le bord postérieur est libre et répond au sillon
le foramen rond pour le passage du nerf maxil-
qui sépare le lobe frontal du lobe temporal du
laire (nerf maxillaire supérieur), seconde bran-
cerveau. Son extrémité médiale forme une saille
che du nerf trijumeau (V2), et de petites veines
volumineuse, le processus clinoïde antérieur sur
émissaires ;
lequel se fixe l’extrémité antérieure de la tente du
• les racines moyenne et postérieure circonscrivent
cervelet.
le foramen ovale pour le passage du nerf man-
dibulaire (nerf maxillaire inférieur), troisième
branche du nerf trijumeau (V3), du rameau 2 1
méningé accessoire de l’artère maxillaire interne
(artère petite méningée) et de petites veines
émissaires.
Entre la racine inférieure de la petite aile et la 3
racine antérieure de la grande aile, se trouve l’ex-
trémité médiale de la fissure orbitaire supérieure
Fig. 3.10. Petites ailes du sphénoïde : vue supérieure.
(fente sphénoïdale), où un sillon étroit donne
1. bord antérieur de la petite aile ;
insertion au tendon commun (tendon de Zinn) 2. processus clinoïde antérieur ;
pour les muscles droits de l’œil. 3. bord postérieur de la petite aile.

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Chapitre 3. Os sphénoïde 39

Le sommet de la petite aile s’effile latéralement Face externe (figure 3.11)


quelques millimètres au-delà de l’extrémité laté-
Plus complexe que la face interne, cette face
rale de la fissure orbitaire supérieure.
externe ou exocrânienne présente quatre faces
La face supérieure plane, en continuité avec les séparées par quatre crêtes.
segments orbitaires du frontal, forme la partie la
plus postérieure de la fosse crânienne antérieure.
Face orbitaire
Médialement, les petites ailes sont en continuité
avec le jugum sphénoïdal. La face orbitaire constitue l’essentiel de la paroi
latérale de l’orbite et regarde en avant et en
La face inférieure forme la partie la plus posté-
dedans. Grossièrement quadrilatère, elle présente
rieure de la paroi supérieure de l’orbite. La partie
quatre bords :
postérieure de la face inférieure limite avec le bord
• le bord supérieur s’articule avec la lame orbi-
antérieur de la grande aile du sphénoïde la fissure
taire de l’os frontal au niveau de la suture sphé-
orbitaire supérieure (fente sphénoïdale).
nofrontale latérale (suture frontosphénoïdale) ;
Deux muscles s’insèrent sur la face antérieure de la • le bord latéral s’articule avec l’os zygomatique
racine supérieure de la petite aile. Ce sont les mus- au niveau de la suture sphénozygomatique ;
cles releveur de la paupière supérieure et en dedans • le bord inférieur limite la fissure orbitaire
le muscle oblique supérieur (grand oblique). inférieure ;
• le bord médial limite la fissure orbitaire supérieure.
Les processus clinoïdes antérieur et moyen sont réunis
par un repli méningé nommé le ligament carotidoclinoï- Face temporale
dien, qui peut s’ossifier. Cela définit un foramen caroti- La face temporale forme la partie antérieure de la
doclinoïdien où passe l’artère carotide interne à sa sortie fosse temporale. Elle regarde en dehors et donne
du sinus caverneux. En cas d’ossification, l’artère peut
être affectée par compression ou étirement [20, 21].
Les processus clinoïdes antérieur et postérieur sont 1 4 9 10
aussi réunis par un repli méningé nommé le ligament
interclinoïdien. Une autre partie de ce repli, le ligament
pétrosphénoïdal parfois nommé pétroclinoïdien, relie
le bord latéral du dos de la selle au bord supérieur du
rocher de l’os temporal. Il consiste en un faisceau pétro- 2
clinoïdien antérieur considéré comme une extension de
la tente du cervelet et un faisceau pétroclinoïdien posté- 5 11
rieur qui prolonge la petite circonférence de la tente du 6
12
cervelet [22]. De par leur rapport étroit avec ces structu- 8
res, les nerfs crâniens oculomoteur (III) et abducens (VI) 3
7 13
peuvent être affectés : le III par le ligament interclinoïdien
et le faisceau pétroclinoïdien postérieur [22] et le VI par
le ligament pétrosphénoïdal [23]. Fig. 3.11. Grandes ailes du sphénoïde : face externe.
1. face orbitaire ;
2. face temporale ;
3. face infratemporale ;
4. face maxillaire ;
Grandes ailes 5. crête zygomatique ;
6. crête infratemporale ;
Les grandes ailes sont deux lames qui naissent 7. crête maxillaire ;
par trois racines sur la face latérale du corps du 8. crête orbitaire ;
sphénoïde. De là elles se dirigent vers l’avant et 9. foramen optique ;
10. foramen rond ;
le dehors puis vers l’arrière. On leur décrit deux 11. foramen ovale ;
faces, externe et interne, et quatre bords, anté- 12. foramen épineux ;
rieur, latéral, postérieur et médial. 13. foramen antérieur du canal du nerf ptérygoïdien.

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40 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

insertion au muscle temporal. Elle présente qua- Face infratemporale


tre bords : La face infratemporale est presque horizontale.
• le bord supérieur s’articule dans sa partie pos- Elle regarde en bas et donne insertion au faisceau
térieure avec l’os pariétal au niveau de la suture supérieur du muscle ptérygoïdien latéral (ptérygo-
sphénopariétale et dans sa partie antérieure avec ïdien externe). Dans sa partie postérieure, sont
l’os frontal au niveau de la suture sphénofron- visibles les ouvertures des foramens ovale et épi-
tale latérale (suture frontosphénoïdale) ; neux et en arrière du foramen ovale l’insertion
• le bord antérieur correspond à la crête zygo- supérieure du fascia ptérygo-temporo-maxillaire
matique qui sépare la face temporale de la face avec le ligament supra-ptérygo-épineux (ligament
orbitaire de la grande aile ; cette crête s’articule de Hyrtl). Elle présente quatre bords :
avec l’os zygomatique pour former la suture • le bord supérieur correspond dans sa partie laté-
sphénozygomatique ; rale à la crête infratemporale qui sépare les faces
• le bord inférieur correspond à la crête infratem- temporale et infratemporale de la grande aile.
porale qui sépare les faces temporale et infra- Dans sa partie médiale, le bord supérieur cor-
temporale de la grande aile ; respond à la crête maxillaire qui sépare les faces
• le bord postérieur concave en arrière s’articule infratemporale et maxillaire de la grande aile ;
avec l’écaille de l’os temporal au niveau de la • le bord médial correspond à la racine latérale du
suture sphénoquameuse. processus ptérygoïde ;
• le bord postérieur s’articule avec le bord anté-
rieur du rocher de l’os temporal au niveau de la
La face temporale de l’os sphénoïde est palpa- suture pétrosphénoïdale ;
ble à travers les fibres du muscle temporal. La • le bord latéral s’articule avec l’écaille de l’os tem-
connaissance anatomique de la fosse tempo-
poral au niveau de la suture sphénosquameuse.
rale est essentielle pour repérer les limites de
cette face. Pour autant, sa palpation est relati- Face maxillaire
vement facile. La palpation des autres parties
palpables de l’os sphénoïde, i.e. l’hamulus et La face maxillaire (sphéno-maxillaire) est la plus
l’extrémité caudale de la lame latérale du pro- petite des faces de la grande aile du sphénoïde.
cessus ptérygoïde, requiert plus d’expertise Située en arrière de l’os maxillaire, elle forme le
car ces palpations sont intraorales. toit de la fosse ptérygopalatine, et l’ouverture du
foramen rond est visible dans sa partie médiale.
Elle présente quatre bords :
• le bord supérieur correspond à la crête orbitaire
En forme d’éventail, le muscle temporal s’in-
qui sépare les faces maxillaire et orbitaire de la
sère sur la face temporale de la grande aile
du sphénoïde, la face temporale du frontal, grande aile ;
le bord latéral du pariétal et l’écaille tempo- • le bord médial correspond au processus pté-
rale. Il se termine sur la face latérale du pro- rygoïde avec lequel la face maxillaire se continue
cessus coronoïde, sur le bord antérieur de la sans démarcation ;
face médiale de la branche mandibulaire et • le bord inférieur correspond à la crête maxillaire
sur la lame prédiscale de l’articulation tempo- qui sépare les faces maxillaire et infratemporale
romandibulaire. À la palpation, il existe une de la grande aile ;
tension plus marquée d’un côté, chez tout • le bord latéral présente à son extrémité postérieure
patient dont l’occlusion est dysfonctionnelle. le tubercule sphénoïdal où s’insèrent des fibres
Souvent, une sensation de déplacement cau-
des muscles temporal et ptérygoïdien latéral.
dal de la grande aile du sphénoïde est associée
à cette tension ; cette sensation ne doit pas Crêtes
être confondue avec une dysfonction primaire
de la synchondrose sphéno-basilaire, comme La crête zygomatique est la plus marquée ; elle
par exemple une torsion. sépare les faces orbitaire et temporale de la grande
aile. La crête infratemporale démarque les faces

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Chapitre 3. Os sphénoïde 41

temporale et infratemporale, la crête maxillaire les rond fait communiquer les espaces intracrâniens,
faces infratemporale et maxillaire et la crête orbi- en particulier la région latérosellaire, avec la fosse
taire les faces orbitaire et maxillaire. ptérygopalatine et donc les espaces profonds de
la face.
Face interne ou cérébrale (figure 3.12)
Foramen ovale
Elle est concave en haut et en arrière et forme une
Situé entre les racines moyenne et postérieure de
partie de la fosse crânienne moyenne. Diverses
la grande aile, à environ 1 cm en arrière du fora-
impressions répondent aux circonvolutions du
men rond, et beaucoup plus volumineux que lui,
lobe temporal du cerveau. Un sillon oblique en
il mesure entre 6 et 10 mm de diamètre. Il livre
haut et en dehors correspond à la branche anté-
passage au nerf mandibulaire (nerf maxillaire infé-
rieure de l’artère méningée moyenne.
rieur), troisième branche du nerf trijumeau (V3),
Dans sa partie médiale, la face interne (endocrâ- au rameau méningé accessoire de l’artère maxillaire
nienne) présente trois foramens qui sont d’avant interne (artère petite méningée) et à de petites
en arrière et de dedans en dehors les foramens veines émissaires.
rond, ovale et épineux. D’autres foramens sont
inconstants, ce sont les foramens pétreux (trou Foramen épineux
innominé d’Arnold) et veineux (trou de Vésale). Situé approximativement à 2 mm en arrière du
foramen ovale, il livre passage à l’artère ménin-
Foramen rond (grand rond)
gée moyenne et au rameau méningé du nerf
Situé entre les racines antérieure et moyenne de la mandibulaire.
grande aile, le foramen rond n’est pas comme son
nom l’indique un foramen mais plutôt un canal le Foramens pétreux et veineux
plus souvent dirigé antérolatéralement. Il mesure En arrière et en dedans du foramen ovale, le fora-
entre 2,1 et 10,8 mm de long, pour un diamè- men pétreux (trou innominé d’Arnold) contient
tre compris entre 0,8 et 4,4 mm [24] et donne le nerf petit pétreux qui se dirige vers le ganglion
passage au nerf maxillaire (nerf maxillaire supé- otique. En avant et en dedans du foramen ovale
rieur), seconde branche du nerf trijumeau (V2), se trouve le foramen veineux (trou de Vésale). Les
et à de petites veines émissaires. Son orifice anté- foramens pétreux et veineux sont inconstants.
rieur apparaît sur la face exocrânienne de la grande
aile au niveau de la face postérieure de la fosse
On retient que les nerfs ne traversent pas les os. Les
ptérygopalatine (fosse ptérygo-maxillaire). (Voir
nerfs et les structures vasculaires sont présents avant
chapitre 20, figure 20.25.) Dès lors, le foramen le début du développement squelettique, et le crâne
cartilagineux primordial se développe en les entourant.
Ainsi, lorsque les ailes du sphénoïde se rattachent au
corps, des structures canalaires s’organisent autour des
éléments vasculonerveux déjà en place.
De nombreuses variations existent dans la présentation
de ces foramens [25], par exemple le foramen ovale
peut être partiellement ouvert sur le foramen déchiré
1 [26]. Fréquemment, les foramens rond et ovale sont plus
étroits du côté droit du crâne que du côté gauche. Pour
3 certains auteurs, la névralgie du trijumeau résulte d’une
2 possible neuropathie par compression des branches
maxillaire et mandibulaire du nerf trijumeau lors de leur
passage dans les foramens rond et ovale. Dès lors, une
Fig. 3.12. Grandes ailes du sphénoïde : face interne. stimulation mécanique nocive aggrave le phénomène de
1. artère méningée moyenne ; compression lorsque le sujet mobilise la face, par exem-
2. foramen rond ; ple lorsqu’il boit, mange, se rase ou se lave [27].
3. foramen ovale.

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42 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Bords de la grande aile


Bord antérieur
Le bord antérieur présente deux parties.
Médialement, il constitue la limite inférieure de
la fissure orbitaire supérieure. Latéralement, au
niveau d’une surface triangulaire, parfois com-
parée à la lettre L, le bord antérieur de la grande
aile s’articule avec le bord sphénoïdal de l’écaille
frontale pour former la suture sphénofrontale
latérale (suture frontosphénoïdale). Les deux par-
ties du « L » correspondent au bord supérieur de
la face orbitaire pour la courte portion du « L », Fig. 3.13. Grandes ailes du sphénoïde : bord antérieur.
La surface articulaire de la grande aile avec l’os frontal est
et au bord supérieur de la face temporale pour la schématiquement en forme de « L ».
longue portion du « L » (figure 3.13).
Plus en arrière, le bord antérieur de la grande
aile s’articule avec l’os pariétal au niveau de la
suture sphénopariétale. Cette dernière forme le
ptérion.

Le ptérion est un carrefour entre des os en rapport


avec la face, la base crânienne et la calvaria. C’est
aussi un point craniométrique défini par la réunion de
la grande aile de l’os sphénoïde, de l’écaille de l’os
temporal, de la face temporale de l’os frontal et de
l’angle sphénoïdal de l’os pariétal. Classiquement, la
suture sphénopariétale entre l’angle antéro-inférieur
du pariétal et le bord apical de la grande aile est
décrite comme la ligne horizontale d’un H. Pour autant,
ces rapports sont très variables. La forme en H est
retrouvée dans 71,3 % des cas, avec pour le reste une
forme en K, I, W ou X. De surcroît, dans 15,71 % des
cas, des os surnuméraires (os ptériques) sont présents
[28] (figure 3.14).
Chez le nouveau-né, le ptérion est l’emplacement de la
fontanelle sphénoïdale habituellement fermée vers le
6e mois. Cette zone reste, toute la vie, la zone osseuse la Fig. 3.14. Suture sphénopariétale : variantes.
plus fine de la boîte crânienne. a. ptérion en H ; b. ptérion en K ; c. ptérion en I ;
d. ptérion en W.

Bord latéral (figures 3.15, 3.16) partie horizontale. Le bord latéral forme un
Le bord latéral ou bord squameux s’articule angle avec le bord postérieur de la grande aile
sur toute sa longueur avec l’écaille du tem- dont le sommet correspond à l’épine du sphé-
poral pour former la suture sphénosquameuse. noïde. Elle donne insertion au muscle tenseur
Concave en arrière, il est taillé en biseau aux du voile du palais et aux ligaments sphénoman-
dépens de la table externe dans sa partie ver- dibulaire (sphénomaxillaire) et ptérygo-épineux
ticale et aux dépens de la table interne dans sa (sphéno-épineux).

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Chapitre 3. Os sphénoïde 43

Fig. 3.15.  Grandes ailes du sphénoïde : bord latéral.


Fig. 3.16.  Suture sphénosquameuse et pivot sphéno-
­squameux (pivot SS).

Sur une vue latérale du crâne, le changement


Processus ptérygoïdes
d’orientation des biseaux du bord latéral de la (figures 3.18, 3.19)
grande aile du sphénoïde est situé à hauteur
du processus zygomatique de l’os temporal.
Implantés de chaque côté de la face inférieure de
Le point où l’orientation des biseaux change l’os sphénoïde, les processus ptérygoïdes naissent
est nommé le pivot sphénosquameux (pivot par deux racines. La racine médiale s’attache au
SS). Il correspond à l’extrémité postérieure de corps et la racine latérale à la grande aile. Ces
la crête infratemporale de la grande aile. Cette deux racines limitent en arrière la fosse scaphoïde
crête définit un net changement d’orientation où s’insère le muscle tenseur du voile du palais.
entre la face temporale située dans un plan Au-dessus de la fosse scaphoïde apparaît l’orifice
relativement vertical et la face infratemporale postérieur du canal ptérygoïdien (canal vidien), un
située dans un plan relativement horizontal. canal d’environ 1 cm de long où passent :
• l’artère du canal ptérygoïdien (artère vidienne),
branche de l’artère maxillaire ;
Bord postérieur • le nerf du canal ptérygoïdien (nerf vidien)
Le bord postérieur est le plus court et de direction constitué par la réunion du nerf grand pétreux
oblique en arrière et en dehors. Médialement, il (grand pétreux superficiel), branche du nerf
forme la limite antérieure du foramen déchiré et facial (VII), et du nerf pétreux profond du
présente une fine languette aplatie transversale- plexus carotidien interne.
ment et dirigée en arrière et en dehors, c’est la La racine médiale et la racine latérale se continuent
lingula (figure 3.9). chacune par une lame. Dans leur moitié supé-
En dehors du foramen déchiré, le bord postérieur rieure les lames médiale et latérale s’unissent en
de la grande aile s’articule avec le bord antérieur avant pour former la face antérieure du processus
de la partie pétreuse de l’os temporal au niveau de ptérygoïde et un angle ouvert en arrière, la fosse
la synchondrose sphénopétreuse. Le versant exo- ptérygoïde. Dans leur moitié inférieure, les lames
crânien de cette suture présente un sillon où che- sont séparées par l’incisure ptérygoïdienne où s’ar-
mine la partie cartilagineuse de la trompe auditive ticule le processus pyramidal de l’os palatin.
(figure 3.17).
Lame latérale
Bord médial Plus large que la lame médiale, la lame latérale
Le bord médial correspond aux racines de la est déjetée en dehors. Son bord antérieur donne
grande aile et aux orifices qui les séparent. insertion au ligament ptérygoïdien antérieur

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44 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Suture intermaxillaire Fosse incisive

Processus palatin de l’os maxillaire


Épine nasale postérieure Processus alvéolaire de l’os maxillaire
Lame horizontale de l’os palatin
Processus pyramidal de l’os palatin Foramen grand palatin
Foramen petit palatin

Lame médiale
du processus ptérygoïde
Grande aile de l’os sphénoïde
Lame latérale
du processus ptérygoïde
Hamulus ptérygoïdien
Fosse scaphoïde
Lame membranacée
de la partie cartilagineuse Partie pétreuse
de la trompe auditive de l’os temporal
Foramen ovale
Foramen épineux
Épine de l’os sphénoïde Ouverture de la partie osseuse
de la trompe auditive
Canal carotidien Processus styloïde
de l’os temporal

Foramen stylomastoïdien Processus mastoïde

Zone rugueuse de l’insertion


du muscle élévateur du voile du palais Foramen jugulaire
Partie cartilagineuse de la trompe auditive Foramen lacerum (déchiré, obturé par du cartilage)

Fig. 3.17. Sphénoïde : face inférieure. La trompe auditive est sous la synchondrose sphénopétreuse.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

Les faisceaux supérieurs et inférieurs du muscle


ptérygoïdien latéral s’insèrent sur la face laté-
rale de la lame latérale et le muscle ptérygoïdien
médial s’insère sur toute la face médiale. Cette
face latérale forme la partie postérieure de la fosse
ptérygopalatine (figure 3.20).

Le ligament ptérygo-épineux relie le bord postérieur de


4 la lame latérale du processus ptérygoïde à l’épine de l’os
1 sphénoïde. Il peut s’ossifier avec risque de compression
2 3
du nerf mandibulaire et de la chorde du tympan [29].

Fig. 3.18. Processus ptérygoïdes.


1. face médiale de la lame latérale du processus
ptérygoïde ; Le canal ptérygoïdien s’organise autour du nerf et de l’ar-
2. face médiale de la lame médiale du processus tère du canal ptérygoïdien, lors de la fusion des parties laté-
ptérygoïde ; rales du sphénoïde (grande aile et processus ptérygoïde)
3. orifice postérieur du canal ptérygoïdien ; avec le corps, et ce, pendant la première année de la vie.
4. fosse scaphoïde .

Lame médiale
sur l’épine ptérygoïdienne antérieure. Son bord
postérieur donne insertion au ligament ptérygo- Située dans un plan presque sagittal, elle est plus
épineux sur le processus ptérygo-épineux et sur étroite et plus longue que la lame latérale. Son
toute sa hauteur au bord antérieur du fascia extrémité supérieure se continue sur le corps du
interptérygoïdien. sphénoïde par une fine lamelle osseuse, le processus

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Chapitre 3. Os sphénoïde 45

Foramen ovale

Tenseur
du voile du palais
Chef supérieur
du muscle
ptérygoïdien
Élévateur
du voile du palais
Chef inférieur
du muscle ptérygoïdien
latéral (sectionné) Épine du sphénoïde
Lame latérale du
processus ptérygoïde
Ligament
sphénomandibulaire
Hamulus ptérygoïdien
Processus styloïde

Constricteur supérieur

Styloglosse

Fibres profondes
du muscle ptérygoïdien
médial
Canal mandibulaire

Fibres superficielles
du muscle
ptérygoïdien médial
Insertion du muscle ptérygoïdien
Raphé ptérygomandibulaire médial sur la face médiale
de la mandibule
Fig. 3.19.  Processus ptérygoïdes : rapports musculaires.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

Os zygomatique Fosse ptérygopalatine


vaginal, qui s’articule en avant avec le processus
sphénoïdal de l’os palatin et médialement avec
l’aile du vomer avec laquelle il délimite le canal
vomérovaginal (canal sphéno-vomérien latéral)
dans lequel passent des veinules (figure 3.7).
Dans ses trois quarts antérieurs, la face médiale de
Os sphénoïde
la lame médiale est recouverte par la lame perpen-
diculaire de l’os palatin. En arrière, elle constitue
la partie la plus postérieure des cavités nasales.
Os palatin Sa face latérale donne insertion en arrière au mus-
cle tenseur du voile du palais (muscle péristaphylin
Os maxillaire externe) et sur le reste de la surface au muscle pté-
rygoïdien médial.
Sur tout le bord postérieur de la lame médiale
s’insère le fascia pharyngobasilaire et sur la partie
Fig. 3.20.  Fosse ptérygopalatine. inférieure de ce bord s’insère le muscle constric-
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. teur supérieur du pharynx.

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46 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Son extrémité inférieure se termine par un crochet, 3

l’hamulus ptérygoïdien (crochet de l’aile interne)


autour duquel s’enroule le tendon du muscle ten-
seur du voile du palais. Le raphé ptérygomandibu- 4 2
laire s’y insère. Fréquemment, sur les spécimens 5
6 1
osseux du sphénoïde, l’hamulus est cassé. 7
14
8
10 9 13
Chez l’adulte, les processus ptérygoïdes mesurent en 11
8 12
moyenne 34,7 mm, avec des extrêmes de 28 mm et de
44,5 mm [30]. Ils sont plus longs et plus verticaux lors-
que l’angle de la base crânienne démontre une flexion.
Chez le nouveau-né, les processus ptérygoïdes sont peu
développés. Leur croissance est en partie sous la dépen-
dance des tractions exercées par les muscles tenseurs
du voile du palais, ptérygoïdiens médiaux, ptérygoïdiens Fig. 3.21. Fissure orbitaire supérieure.
latéraux et constricteur supérieur du pharynx. Dès lors, 1. nerf optique ;
la stimulation associée aux activités orofaciales telles la 2. muscle oblique supérieur ;
succion-déglutition, et plus tard la mastication et la pho- 3. releveur de la paupière supérieure ;
nation, sont de grande importance [31]. En revanche, 4. artère méningée moyenne ;
toute dysfonction de la base crânienne, et du sphénoïde 5. lacrymal ;
6. frontal ;
en particulier, affecte ces fonctions et donc le dévelop-
7. IV ;
pement des structures musculosquelettiques associées. 8. III ;
De fait, la biométrie des hamulus ptérygoïdiens et leur 9. veines ophtalmiques ;
relation avec les structures qui les entourent changent 10. VI ;
selon l’âge du sujet et la compétence des fonctions oro- 11. nasociliaire ;
faciales. En clinique, ces modifications sont à considérer 12. tendon commun ;
13. racine sympathique ;
dans les syndromes d’apnées obstructives du sommeil et
14. artère ophtalmique.
de ronchopathie chronique (ronflement) [32]. Les chances D’après Hamard H, Encycl Méd Chir, Ophtalmologie.
de succès sont d’autant plus grandes que le traitement
est précoce. Normalisez l’os sphénoïde, l’os hyoïde, leurs
rapports avec les structures environnantes, et tout désé-
forme en virgule à grosse extrémité inféromédiale.
quilibre postural éventuellement présent chez le sujet.
On lui décrit une partie médiale large et une par-
La croissance normale des processus ptérygoïdes en
hauteur et en largeur contribue aussi à l’augmentation tie latérale effilée. En fait, la fissure est rarement
des dimensions transversale et sagittale du complexe fermée à son extrémité latérale par la réunion des
maxillaire, ce qui correspond aussi à l’expansion du deux ailes sphénoïdales. Plus fréquemment, ces
nasopharynx [3]. deux ailes restent séparées par un petit espace que
comble l’os frontal par sa surface sphénoïdale.
Oblique en haut, en dehors et en avant, longue de
Fissure orbitaire supérieure 20 mm en moyenne [33], la fissure orbitaire supé-
(figure 3.21) rieure est plus large médialement, environ 9 mm,
que latéralement, environ 2 mm.
Traversée par de nombreuses structures vascu- Les structures qui traversent la fissure orbitaire
lonerveuses, la fissure orbitaire supérieure (fente supérieure se divisent en deux groupes, selon qu’el-
sphénoïdale) fait communiquer la cavité orbitaire les passent ou non dans l’anneau tendineux com-
avec l’étage moyen de la base du crâne ; elle consti- mun (anneau de Zinn) à partir duquel prennent
tue aussi la paroi antérieure du sinus caverneux. naissance les muscles droits. Les structures qui tra-
Limitée en haut par la face inférieure de la petite versent la fissure orbitaire supérieure mais ne pas-
aile, en bas par le bord supérieur de la face orbi- sent pas dans l’anneau tendineux commun sont :
taire de la grande aile et en dedans par la face • les veines ophtalmiques supérieure et inférieure ;
latérale du corps du sphénoïde, elle présente une • le IV ou nerf trochléaire (nerf pathétique) ;

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Chapitre 3. Os sphénoïde 47

• le nerf frontal, branche du nerf ophtalmique La lingula divise ce foramen en deux parties :
première branche du nerf trijumeau (V1) ; • une partie médiale entre le corps du sphénoïde
• le nerf lacrymal, également branche du nerf et la lingula où chemine la carotide interne qui
ophtalmique (V1). sort du canal carotidien intrapétreux, accompa-
Les structures qui pénètrent par la fissure orbitaire gnée de ses plexus veineux et sympathique ;
supérieure puis qui traversent l’anneau tendineux • une partie latérale en dehors de la lingula où
commun sont : passe le nerf du canal ptérygoïdien (nerf vidien)
• les deux branches supérieure et inférieure du et un rameau méningé de l’artère pharyngienne
nerf oculomoteur (III, nerf moteur oculaire ascendante.
commun) ;
• le VI ou nerf abducens (nerf moteur oculaire
externe) ;
Mouvement craniosacral
• le nerf nasociliaire (nerf nasal), branche du nerf
ophtalmique (V1) ; Flexion-extension crânienne
• la racine sympathique du ganglion ciliaire. L’os sphénoïde s’articule avec l’os occipital au niveau
de la synchondrose sphéno-occipitale (sphéno-basi-
Fissure orbitaire inférieure laire ou SSB). En tant qu’articulation de la base crâ-
nienne, la SSB présente normalement chez l’adulte,
Normalement fermée par le périoste orbitaire, un certain degré de flexion qui participe à l’ensem-
elle fait communiquer la cavité orbitaire avec la ble de la flexion de la base crânienne. L’angle entre
fosse ptérygopalatine. Dirigée obliquement en le corps de l’occiput et le corps du sphénoïde est
avant et en dehors, elle est comprise entre la face ouvert vers le bas, avec une légère convexité au
orbitaire de la grande aile de l’os sphénoïde en niveau de la partie endocrânienne de la SSB.
haut, la face orbitaire de l’os maxillaire en bas et
la face orbitaire de l’os zygomatique en dehors. À Pendant l’inspiration crânienne, le mouvement
l’union de son tiers antérieur et de ses deux tiers crânien consiste en une flexion crânienne où la
postérieurs, son bord antérieur est échancré par convexité de la SSB augmente. Lors de l’expiration
le sillon infraorbitaire creusé sur la face orbitaire crânienne, le mouvement crânien consiste en une
du maxillaire dans lequel chemine le nerf maxil- extension crânienne et la convexité de la SSB dimi-
laire (V2) (Voir Chapitre 20, figure 20.25). nue [34]. Les autres parties du crâne accompagnent
ce mouvement crânien de flexion et d’extension.
Pour appréhender les déplacements de l’os sphé-
En arrière de l’os maxillaire, dans la profondeur de la noïde et ses rapports au reste du crâne, une
partie médiale de la fissure orbitaire inférieure, le fora- connaissance de l’anatomie de cet os est indis-
men rond est visible sur la face maxillaire de la grande pensable. Trois parties distinctes forment le
aile du sphénoïde. Le nerf maxillaire (V2) passe dans sphénoïde à la naissance. Le corps et les petites
cet orifice du toit de la fosse ptérygopalatine et après
ailes constituent la partie centrale et, de chaque
un trajet en baïonnette dans l’arrière-fond de la fosse
côté, les parties latérales sont chacune formées
ptérygopalatine emprunte le canal infraorbitaire pour
déboucher à la face externe de l’os maxillaire. par l’association de la grande aile et du proces-
sus ptérygoïde. Typiquement, l’ossification des
synchondroses entre ces trois parties est terminée
entre la première et la deuxième année de la vie.
Foramen déchiré Toutefois, ces zones charnières conservent plus
Le foramen déchiré ou foramen lacerum (trou ou moins un certain degré de flexibilité. Dès lors,
déchiré antérieur) est situé entre la partie latérale le corps du sphénoïde se comporte comme une
du bord postérieur du corps sphénoïdal et l’extré- structure impaire, et les deux unités grande aile-
mité antérieure du rocher de l’os temporal. Il est ptérygoïde, comme des structures paires.
comblé par un tissu fibrocartilagineux, un reste du Le corps de l’os sphénoïde participe au mouve-
chondrocrâne primitif qui ne s’est jamais ossifié. ment de flexion-extension crânienne avec un axe

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48 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

de mouvement transversal horizontal localisé en Dans le plan coronal, les grandes ailes se dépla-
avant et en dessous de la selle turcique. Cet axe cent latéralement avec les parties squameuses des
est à hauteur de la ligne qui relie les deux points os temporaux. Les processus ptérygoïdes se dépla-
pivots sphénosquameux (SS) où les biseaux du cent aussi latéralement avec les os palatins.
bord latéral de la grande aile du sphénoïde chan- Dans le plan transversal, les faces temporales des
gent d’orientation. grandes ailes se déplacent vers l’avant et le dehors,
Pendant la flexion crânienne, la partie antérieure et les fosses temporales semblent comblées. De
du corps se déplace vers le bas, et le dos de la selle chaque côté, l’angle entre les faces orbitaire et
vers le haut, ce qui produit une rotation antérieure temporale des grandes ailes augmente. La fissure
du corps sphénoïdal dans le plan sagittal. Pendant orbitaire supérieure s’élargit.
l’extension crânienne, la partie antérieure du corps Pendant la rotation interne, le mouvement inverse
se déplace vers le haut, et le dos de la selle vers le se produit. Dans le plan sagittal, les grandes ailes
bas, réalisant une rotation postérieure du corps du sphénoïde se déplacent en rotation postérieure
dans le plan sagittal (figure 3.22). en suivant le corps du sphénoïde et les processus
De chaque côté, les parties latérales du sphénoïde ptérygoïdes se déplacent vers l’avant. Dans le plan
démontrent un mouvement plus complexe pen- coronal, les grandes ailes médialement avec les tem-
dant la rotation externe crânienne associée à la poraux, et les processus ptérygoïdes se déplacent se
flexion basilaire et pendant la rotation interne déplacent médialement avec les os palatins. Dans
associée à l’extension. Grossièrement, lorsque le le plan transversal, les faces temporales des grandes
sphénoïde est comparé à une chauve-souris ou à ailes se déplacent en arrière et en dedans, ce qui
un oiseau, les processus ptérygoïdes représentent creuse les fosses temporales, et l’angle entre les faces
les pattes de l’oiseau et les grandes ailes, les ailes de orbitaire et temporale des grandes ailes diminue. La
l’oiseau qui se déplient lorsqu’il prend son envol. fissure orbitaire supérieure diminue de largeur.
En fait, les mouvements de rotations externe et
interne crâniennes des parties latérales du sphé- Comme pour l’occiput, en plus des mouvements de
noïde résultent de la combinaison des déplace- flexion-extension crânienne décrits ci-dessus au niveau
ments dans les trois plans de l’espace. du corps, une expansion latérale est aussi possible. Le
Dans le plan sagittal, les grandes ailes se déplacent sphénoïde se développe à partir de 13 points d’ossifica-
en rotation antérieure en suivant le mouvement tion dont 12 sont pairs et dans le corps du sphénoïde les
sinus sphénoïdaux forment deux cavités séparées l’une
du corps du sphénoïde autour de l’axe reliant les
de l’autre par un mince septum. Les structures impai-
deux points pivots SS. Le mouvement est le plus
res sont souvent des structures paires et se comportent
important au niveau de l’épine du sphénoïde. comme telles avant leur ossification.
Dans le même temps, les processus ptérygoïdes se
déplacent vers l’arrière.
Torsion
Comme l’os occipital en plus des mouvements de
flexion-extension crânienne, l’os sphénoïde parti-
cipe aussi aux mouvements de torsion et de side-
bending-rotation de la SSB.
Pendant la torsion, le sphénoïde tourne autour de
l’axe reliant le nasion et l’opisthion, en direction
opposée à celle de l’occiput. Dès lors, lorsque le
corps du sphénoïde tourne autour de cet axe, un
côté est plus haut que l’autre. Une grande aile est
Fig. 3.22. Mouvement de l’os sphénoïde dans la flexion
crânienne.
déplacée vers le haut, pendant que la grande aile
D’après Sergueef N, Ostéopathie pédiatrique. de l’autre côté est déplacée vers le bas. Dans le

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Chapitre 3. Os sphénoïde 49

même temps, l’occiput tourne en direction oppo- et vers l’avant, alors que la partie latérale gauche
sée, se déplaçant vers le bas du côté de la grande de l’occiput se déplace vers le bas et vers l’arrière.
aile haute et vers le haut de l’autre côté. Normalement, ce mouvement existe symétri-
La torsion est nommée du côté où la grande aile quement avec les déplacements en sidebending-
du sphénoïde se déplace vers le haut. Par exemple, rotation droit et gauche démontrant les mêmes
dans la torsion droite, la partie latérale droite du quantité et qualité. Une différence signale la pré-
corps du sphénoïde et la grande aile droite se dépla- sence d’une dysfonction somatique crânienne.
cent vers le haut, alors que la partie latérale droite
de l’occiput se déplace vers le bas. Normalement,
ce mouvement existe symétriquement. Une dif- Palpation pour la structure
férence dans la qualité des mouvements perçus
entre les déplacements en torsion droite et gauche Au niveau de l’os sphénoïde, la palpation pour la
signale la présence d’une dysfonction somatique structure consiste en la palpation de la face latérale
crânienne. de la grande aile du sphénoïde, de l’extrémité cau-
dale de la lame latérale du processus ptérygoïde
et des muscles qui s’y insèrent. Ce sont les seules
Sidebending-rotation parties de l’os sphénoïde directement palpables.
Le sidebending-rotation de la SSB consiste en Tout d’abord, observez l’aspect de la fosse tem-
deux composantes de mouvement impliquant porale. Elle est constituée par cinq os : le frontal,
chacune des axes de mouvement différents. Le la grande aile du sphénoïde, le pariétal, la par-
sphénoïde et l’occiput tournent dans la même tie squameuse du temporal et le zygomatique.
direction autour d’un axe antéropostérieur reliant La face latérale de la grande aile du sphénoïde
le nasion et l’opisthion. Lorsque le corps du sphé- constitue le fond de cette fosse. Dans la flexion-
noïde tourne autour de cet axe, un côté est plus rotation externe crânienne la fosse temporale est
haut que l’autre et la grande aile du sphénoïde pleine ; elle est creusée dans l’extension-rotation
est déplacée vers le haut de ce côté, pendant que interne. Typiquement, dans un schéma de tor-
la grande aile de l’autre côté est déplacée vers le sion de la SSB, l’oreille est décollée du côté de la
bas. Dans le même temps, l’occiput tourne avec le fosse temporale haute, et une combinaison inverse
sphénoïde, se déplaçant vers le haut du côté de la s’observe de l’autre côté. En revanche, lorsque
grande aile haute et vers le bas de l’autre côté. l’oreille est décollée du côté de la fosse temporale
Simultanément autour de deux axes verticaux, basse, avec l’inverse de l’autre côté, un schéma de
un pour chaque os, l’occiput et le sphénoïde se sidebending-rotation de la SSB peut être présent
déplacent dans des directions opposées. L’axe du du côté de la fosse temporale basse.
sphénoïde passe par le centre de son corps et celui Demandez aussi au patient de fermer les yeux,
de l’occiput par le foramen magnum. Ainsi, une observez l’obliquité des lignes de cils. Souvent,
grande aile se déplace vers l’avant et de ce côté ces lignes reflètent de chaque côté la position de la
l’occiput se déplace vers l’arrière. Les deux os grande aile du sphénoïde.
s’écartent l’un de l’autre de ce côté et se rappro- Puis, avec le patient en position de décubitus dor-
chent l’un de l’autre du côté opposé. Cela produit sal, asseyez-vous à la tête du sujet. Placez la pulpe
un sidebending entre le sphénoïde et l’occiput au des index ou des médius de chaque côté au niveau
niveau de la SSB, avec comme résultat une conve- des fosses temporales. Appréciez la qualité des tis-
xité d’un côté et une concavité de l’autre. sus superficiels ; toute modification de la qualité de
Le sidebending-rotation est nommé du côté où la la texture tissulaire peut indiquer une dysfonction
grande aile et l’occiput sont déplacés vers le bas. somatique. Palpez le muscle temporal qui remplit
Par exemple, dans un sidebending-rotation gau- la fosse temporale. Promenez les doigts d’avant en
che, la partie latérale gauche du corps du sphénoïde arrière pour évaluer les faisceaux du muscle. Les
et la grande aile gauche se déplacent vers le bas différences entre le côté droit et le côté gauche

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50 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

reflètent souvent des dysfonctions orofaciales et Pour palper la lame latérale du processus ptéry­
manducatrices. goïde de l’os sphénoïde insérez le cinquième doigt
Repérez la grande aile du sphénoïde attentive- d’une main gantée, entre la lèvre supérieure et la
ment. De chaque côté, placez la pulpe d’un index gencive du patient. Longez le bord alvéolaire du
ou d’un médius au niveau des fosses temporales. maxillaire en direction postérieure, puis remontez
Au travers des fibres du muscle temporal essayez légèrement sous le bord latéral de l’os maxillaire,
de différencier la grande aile de l’os sphénoïde, de déplacez le doigt postérieurement jusqu’à sentir le
l’écaille de l’os temporal, de la face temporale de processus ptérygoïde. Comparez avec l’autre côté
l’os frontal et de l’angle sphénoïdal de l’os pariétal. (figure 3.24). Pour palper l’hamulus du processus
Le sommet de la grande aile est la partie osseuse ptérygoïde de l’os sphénoïde, insérez le cinquième
la plus fine de la boîte crânienne, et normalement doigt d’une main gantée sur la surface palatine du
la grande aile peut être repérée à l’endroit où l’os bord alvéolaire de l’os maxillaire. Déplacez l’index
présente la plus grande flexibilité intra-osseuse. en arrière jusqu’à sentir l’hamulus (figure 3.25).
Ces deux dernières palpations doivent être réali-
Le plus souvent, le bord apical de la grande aile qui
sées avec beaucoup de prudence.
s’articule avec l’angle antéro-inférieur du pariétal
au niveau de la suture sphénopariétale est décrit
comme la ligne horizontale d’un H. Ce carrefour Palpation pour la fonction
définit le ptérion. Pour autant, de grandes varia-
tions existent dans la présentation de la suture La palpation pour la fonction de l’os sphénoïde
sphénopariétale (figure 3.14). Habituellement, le permet de définir l’existence de dysfonctions soma-
ptérion est repéré environ 3 à 4 cm en arrière du tiques. Les grandes ailes du sphénoïde sont direc-
processus zygomatique du frontal (figure 3.23). tement palpables, en revanche le corps et les petites
ailes du sphénoïde ne le sont pas. Une connais-
sance approfondie de l’anatomie de la région et
En pratique, il est conseillé de repérer suc-
cessivement les deux grandes ailes, car elles
ne sont pas forcément symétriques. L’erreur
fréquente consiste à trouver un côté, puis
à placer les doigts de la main opposée, à la
même hauteur, sur l’autre côté, sans palper
nécessairement l’os sphénoïde.

Fig. 3.23.  Palpation de la grande aile de l’os sphénoïde. Fig. 3.24.  Palpation de la lame latérale du processus ptérygoïde.

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Chapitre 3. Os sphénoïde 51

est le mouvement des grandes ailes, qualitative-


ment différent de celui du corps sphénoïdal. Pour
évaluer le mouvement du corps de l’os sphénoïde,
comme cela est nécessaire dans l’évaluation de
la synchondrose sphénobasilaire, procédez à la
même palpation en vous projetant mentalement
au niveau du corps du sphénoïde.
Il est très facile de commettre l’erreur de palper
le mouvement superficiel et de supposer que ce
qui est perçu est le mouvement du corps. Il faut
se souvenir que les points de contact sur le sphé-
noïde sont sur des parties osseuses d’origine mem-
braneuse, qui, à cause de leur flexibilité, peuvent
démontrer quelque degré de mobilité même en la
présence d’une absence de mouvement au niveau
du corps sphénoïdal et de la SSB.
Dans la torsion de la SSB, la grande aile du sphé-
noïde se déplace d’un côté vers le haut et de l’autre
côté vers le bas. Dans le sidebending-rotation de
la SSB, la grande aile du sphénoïde se déplace vers
le bas et vers l’avant d’un côté, et vers le haut et
vers l’arrière de l’autre côté. Il est conseillé de pro-
céder à une prise sphéno-occipitale (prises fronto-
Fig. 3.25.  Palpation de l’hamulus du processus ptérygoïde. occipitale, par la voûte, en berceau pour compléter
cette étude (Voir Chapitre 17, page 212).
Essayez toujours de préciser quelles sont les struc-
une capacité à visualiser mentalement ces structu-
tures anatomiques palpées et d’analyser les mouve-
res sont essentielles pendant les tests d’écoute.
ments perçus. À quoi correspondent les sensations
Avec la pulpe de l’index ou du médius au niveau perçues ? Ainsi, la sensation d’un mouvement vers le
des fosses temporales procédez à un test d’écoute. bas au niveau de la surface latérale de la grande aile
Durant la phase de flexion-rotation externe du du sphénoïde peut correspondre à un déplacement
mouvement crânien, la partie supérieure des de la grande aile vers le bas, mais peut aussi refléter
faces temporales de la grande aile donne une une tension du muscle temporal plus importante
sensation de déplacement latéral lorsque le corps de ce côté chez le sujet dont la mastication est
du sphénoïde se déplace en rotation antérieure. préférentiellement unilatérale. Encore une fois, la
Simultanément, les extrémités inférieures des pro- connaissance de l’anatomie facilite la palpation.
cessus ptérygoïdes se déplacent vers l’arrière, le
À partir de la prise sur les grandes ailes du sphé-
dehors et le bas.
noïde, visualisez les différentes parties de l’os,
Lors de la rotation interne, la partie supérieure écoutez leur motilité inhérente. Existe-t-il des
des faces temporales de la grande aile donne une zones de restriction au niveau de l’os sphénoïde
sensation de déplacement médial lorsque le corps et/ou des structures voisines ? Par exemple, au
du sphénoïde se déplace en rotation postérieure. niveau des processus ptérygoïdes, des muscles et
En même temps, les extrémités inférieures des articulations en rapport avec le sphénoïde, des
processus ptérygoïdes se déplacent vers l’avant, le foramens, des insertions méningées ou des structu-
dedans et le haut. Notez la présence d’un mouve- res vasculo-nerveuses. Définissez-les en visualisant
ment particulièrement dominant. la ou les structure(s) anatomique(s) auxquelles se
Dans la palpation du sphénoïde, la première sen- rattache cette restriction afin de procéder à leur
sation est celle des grandes ailes ; ce qui est senti normalisation.

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52 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

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Chapitre 4
Os ethmoïde

Os impair et médian, l’os ethmoïde (du grec


Au 3e mois de gestation, au niveau de la future paroi
ηθμòς : crible) appartient à la fois à la base du
latérale de la cavité nasale, à l’emplacement de la
crâne, où il participe à la constitution de la fosse muqueuse du cornet nasal moyen, des évaginations
crânienne antérieure, et au massif facial où il constituent les premières ébauches des cellules eth-
contribue à former la cavité nasale et l’orbite. Il moïdales. Puis, très vite, apparaissent des évagina-
est placé sous la partie orbitonasale de l’os frontal tions à l’emplacement de la muqueuse du cornet nasal
où il comble l’incisure ethmoïdale. supérieur pour former les ébauches des cellules eth-
moïdales postérieures [4]. À la naissance, le labyrinthe
ethmoïdal mesure 8 à 12 mm de long, 1 à 5 mm de
haut et 1 à 3 mm de large [5]. Les cellules ethmoï-
Ostéogenèse dales antérieures sont déjà pneumatisées et de forme
sphérique. Les cellules ethmoïdales postérieures plus
Le chondro-ethmoïde dérive des capsules nasales. petites sont opaques et ne se pneumatisent que vers
Il se différencie en une partie centrale, le méseth- 1 an [6].
moïde et deux parties latérales, les ectethmoïdes. Vers 3 ans, la limite supérieure des labyrinthes est
Toutes ces structures cartilagineuses sont réunies située au-dessus du niveau de la lame criblée. À
par l’aponévrose faciale et les tissus mous de la l’âge de 4 ans, le labyrinthe ethmoïdal mesure 12
face. Le mésethmoïde participe à la formation du à 21 mm de long, 5 à 11 mm de large, 8 à 16 mm
de haut, et c’est surtout entre 3 et 8 ans que la
septum nasal et constitue une véritable « matrice
dimension antéropostérieure augmente [7]. À 8 ans,
fonctionnelle » poussant et positionnant la partie le labyrinthe ethmoïdal mesure 18 à 24 mm de long,
inférieure des frontaux, les os nasaux, et les pré- 9 à 13 mm de large, 10 à 15 mm de haut et vers
maxillaires [1–3]. 12 ans son développement est similaire à celui de
L’ossification des ectethmoïdes débute entre le l’adulte [6].
4e et le 5e mois de la vie fœtale au niveau des faces
latérales des labyrinthes, puis des cornets. Pour
autant, à la naissance, les labyrinthes sont peu Description (figure 4.1)
développés et leurs parois médiales et latérales
presque en contact l’une de l’autre. Parfois surnommé l’os en dentelle en raison de
L’ossification et la croissance du mésethmoïde son aspect aérien, l’os ethmoïde est complexe. Il
s’étalent de la première année à la fin de l’adoles- consiste en quatre parties :
cence, voire parfois plus. L’apophyse crista galli • médialement, une lame osseuse située dans le
et la lame criblée s’ossifient entre 6 mois et la fin plan sagittal, la lame verticale dont la crista galli
de la première année. Vers 1 an, la lame criblée représente la partie supérieure et la lame per-
est unie aux labyrinthes, et vers 5 ans les cellu- pendiculaire la partie inférieure ;
les ethmoïdales des labyrinthes sont parfaitement • une lame horizontale qui coupe la précédente
formées. dans sa partie haute, aussi nommée lame criblée ;

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


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54 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Lame perpendiculaire
Crista galli
4 Aile de la crista galli
1
3
Sillon
ethmoïdal
antérieur Cellules
2 ethmoïdales
Lame
criblée
Sillon
ethmoïdal
postérieur
5

Fig. 4.2. Os ethmoïde : vue supérieure.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

• deux faces latérales convexes en dehors, surtout


Fig. 4.1. Os ethmoïde : constitution. Vue postérieure. dans leur partie antérieure ;
1. crista galli ; 2. lame perpendiculaire ; 3. lame verticale ;
4. lame horizontale ou lame criblée ; 5. labyrinthes
• un bord postérieur oblique en bas et en arrière,
ethmoïdaux. qui se termine en crête ;
• un bord antérieur presque vertical, très légère-
ment oblique en bas et en avant, dont la par-
tie la plus inférieure s’articule avec le fond de
• deux labyrinthes ethmoïdaux (masses latérales
l’incisure ethmoïdale de l’os frontal. De part et
de l’ethmoïde) suspendus sous la lame horizon-
d’autre, une crête latérale, l’aile de la crista galli
tale de chaque côté de la lame criblée.
borde souvent le foramen cæcum (trou borgne)
La lame perpendiculaire forme l’essentiel du sep- de l’os frontal (figure 4.3) ;
tum nasal. L’espace compris entre les labyrinthes • un sommet arrondi dans la partie plutôt antérieure
ethmoïdaux et la lame perpendiculaire correspond de la crista galli où s’attache la faux du cerveau.
aux cavités nasales (fosses nasales).

Le foramen cæcum (trou borgne) conduit à un cul-de-sac


Lame verticale d’où son nom. Parfois, un canal le remplace entre la face
endocrânienne du frontal et le bord antérieur de la crista
Située dans le plan sagittal, la lame verticale galli de l’os ethmoïde. Une veine fronto-ethmoïdale peut
consiste en deux parties séparées par la lame hori- le traverser et relier les veines de la muqueuse nasale au
zontale : au-dessus la crista galli (crête de coq en sinus sagittal supérieur.
latin) et au-dessous la lame perpendiculaire qui La crista galli présente de nombreuses variétés dans son
participe à la constitution de la cloison médiale volume et dans sa forme ; très souvent elle est déviée
des cavités nasales. d’un côté ou de l’autre. Tous ses bords libres donnent
insertion à la faux du cerveau.
Crista galli
De forme triangulaire, la crista galli apparaît sur
la ligne médiane de la face supérieure de la lame En raison de l’importance des membranes
criblée (figure 4.2). Elle se loge dans l’incisure eth- dure-mériennes dans le concept crânien, la
zone d’insertion de la faux du cerveau sur la
moïdale (échancrure ethmoïdale) de l’os frontal et
crista galli et les rapports de l’ethmoïde avec
présente : le frontal doivent être libres de toute dysfonc-
• une base unie sur toute sa longueur à la lame tion somatique.
horizontale ;
Chapitre 4. Os ethmoïde 55

Crête frontale
Crista galli Foramen cæcum

Foramens de la
Partie orbitaire lame criblée
de l’os frontal

Lame criblée

Petite aile du sphénoïde


Corps (du sphénoïde)
Processus clinoïde antérieur

Fig. 4.3.  Vue interne de la base crânienne : fosse antérieure. Le foramen cæcum (trou borgne) est situé en avant de la crista
galli.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

Lame perpendiculaire (figure 4.4) • un bord supérieur fixé sur la ligne médiane de la
face inférieure de la lame criblée, en continuité
Fixée sous la face inférieure de la lame criblée,
avec la crista galli ;
cette lame osseuse constitue la partie antéro-supé-
• un bord antéro-supérieur qui s’articule en haut
rieure du septum nasal et, comme la crista galli,
avec l’arête postérieure de l’épine nasale de l’os
elle est fréquemment déjetée d’un côté ou de
frontal et en bas avec l’arête d’union des deux
l’autre. Mince et aplatie, elle s’épaissit au niveau
os nasaux ;
de ses bords antérieur et supérieur, et de forme
• un bord antéro-inférieur oblique en bas et en
pentagonale elle présente cinq bords :
arrière, qui s’unit au bord postérieur du car-
tilage septal ;
• un bord postérieur presque vertical, qui s’arti-
Épine nasale de l’os frontal
cule avec la crête sphénoïdale (crête sphénoïdale
Lame perpendiculaire de l’os ethmoïde antérieure) ;
• un bord postéro-inférieur oblique en bas et en
Os nasal Sinus sphénoïdal avant, qui s’articule dans le sillon des trois
Fosse hypophysaire
(ou pituitaire) quarts supérieurs du bord supérieur du vomer.
Cartilage Les deux faces de la lame perpendiculaire sont
septal
recouvertes par la muqueuse olfactive. Dans leur
partie supérieure, l’empreinte de sillons vasculo-
nerveux est bien visible.

Lame horizontale ou criblée


Crête nasale des os
Située dans un plan horizontal, de chaque côté de
maxillaire et palatin la crista galli, allongée d’avant en arrière, la lame
criblée s’encastre dans l’incisure ethmoïdale de l’os
Crête incisive Vomer
frontal. Comme son nom l’indique, elle est percée
Fig. 4.4.  La lame perpendiculaire de l’os ethmoïde par­ de nombreux orifices qui livrent passage aux filets
ticipe  à la constitution de la cloison médiale des cavités
nasales. du nerf olfactif (I). La lame criblée présente deux
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. faces, supérieure et inférieure et quatre bords.
56 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

3 mm et livre passage à un rameau de l’artère


Chez la plupart des mammifères, la lame criblée est
située dans un plan frontal. De fait, la fonction olfactive
méningée moyenne. Plus latéralement, le fora-
est optimale. Chez l’être humain, l’acquisition du bipé- men ethmoïdal est situé à l’extrémité antérieure
disme et une diminution des besoins olfactifs contribuent du sillon ethmoïdal. Ce sillon suit le bord latéral
à l’horizontalisation de la lame criblée et à la pneumati- de la lame criblée jusqu’au foramen ethmoïdal
sation de l’ethmoïde [8]. antérieur de la face supérieure du labyrinthe
ethmoïdal. Une des branches terminales du nerf
ophtalmique (V1), i.e. le nerf ethmoïdal anté-
Face supérieure (figure 4.5)
rieur (nerf nasal interne), branche terminale
La face supérieure consiste en deux moitiés symé- du nerf nasociliaire (nerf nasal), et l’artère eth-
triques situées de part et d’autre de la crista galli. moïdale antérieure, branche de l’artère ophtal-
Ainsi, de chaque côté, se creuse une gouttière mique cheminent dans le foramen et le sillon
olfactive dont la partie antérieure plus profonde ethmoïdaux.
et plus étroite reçoit le bulbe olfactif. Chacune des
deux moitiés est percée de nombreux orifices de
taille variable, les plus fins étant situés sur la partie
En fait, les orifices de la lame criblée ont la forme de
latérale de la gouttière. Ces orifices livrent passage
petits entonnoirs, eux-mêmes sous-divisés en plusieurs
aux nerfs olfactifs. orifices dans leur partie inférieure. On se souvient que
À l’avant de la lame criblée, on trouve deux les nerfs ne traversent pas les os. Ils sont présents
orifices particuliers : la fissure ethmoïdale et le avant le début du développement squelettique et le
foramen ethmoïdal. Médialement, c’est la fis- crâne cartilagineux primordial se développe autour
sure ethmoïdale qui longe la crista galli sur 2 ou d’eux, tout en établissant un rapport étroit avec les
tissus conjonctifs de leur périnèvre (perineurium) [10].
Le nerf olfactif présent avant le début du développe-
ment squelettique, consiste en de nombreux filets qui
se rassemblent pour former les bandelettes olfactives.
2 1
Le crâne cartilagineux primordial se développe autour
5 2
6 de ces filets et forme les orifices de la lame criblée. De
4 3 ce fait, les méninges accompagnent les nerfs au-delà
des foramens de la lame criblée pour se mêler à leur
périnèvre.
Selon Sutherland : « The meninges of the brain extend
7
over the olfactory bulbs, and include the cerebrospi-
nal fluid. When you hear someone sneeze, do not tell
him that he is catching cold. He is, instead, protecting
his nasal mucosa with cerebrospinal fluid. » [10] (« Les
méninges du cerveau recouvrent les bulbes olfactifs, et
englobent le liquide cérébrospinal. Lorsque vous enten-
dez quelqu’un éternuer, ne lui dites pas qu’il prend froid.
Au contraire, il est en train de protéger sa muqueuse
nasale avec du liquide cérébrospinal. »)
Plusieurs auteurs montrent que par l’intermédiaire des
nerfs olfactifs, une partie du liquide cérébrospinal se
draine dans les lymphatiques de la muqueuse nasale,
puis dans les ganglions lymphatiques cervicaux superfi-
ciels et profonds [11, 12]. De surcroît, cette voie olfactive
pourrait être une voie de drainage pour les antigènes des
Fig. 4.5. L’os ethmoïde : face supérieure. espaces arachnoïdiens vers les ganglions lymphatiques
1. crista galli ; 2. ailes de la crista galli ; 3. lame criblée ; cervicaux où des réponses immunitaires spécifiques
4. fissure ethmoïdale ; 5. foramen ethmoïdal ; sont induites [13].
6. sillon ethmoïdal ; 7. demi-cellules ethmoïdales.
Chapitre 4. Os ethmoïde 57

Face inférieure L’artère et le nerf ethmoïdaux antérieurs (nerf


nasal interne) cheminent dans le canal antérieur
La face inférieure participe à la constitution de
et l’artère et le nerf ethmoïdaux postérieurs (nerf
la voûte des cavités nasales. Sur la ligne médiane,
sphéno-ethmoïdal) dans le canal postérieur.
la lame perpendiculaire la divise en deux parties
symétriques.
Face inférieure (figure 4.6)
Bords D’aspect irrégulier la face inférieure consiste en
fines lamelles recourbées sur elles-mêmes. Plus large
La lame criblée comprend un bord antérieur, un
en arrière qu’en avant, la face inférieure de chaque
bord postérieur et deux bords latéraux :
labyrinthe ethmoïdal est oblique de haut en bas et
• le bord antérieur s’articule avec l’incisure eth-
de dehors en dedans ; elle regarde en dehors et en
moïdale de l’os frontal. Il limite la partie supé-
bas. Ses demi-cellules, parfois de simples méplats,
rieure de l’orifice antérieur de la cavité nasale ;
répondent dans ses deux tiers antérieurs aux demi-
• le bord postérieur habituellement échancré reçoit
cellules de la face nasale du maxillaire, pour former
le processus ethmoïdal de l’os sphénoïde ;
des cellules ethmoïdomaxillaires et dans son tiers
• les deux bords latéraux s’articulent avec les
postérieur à la demi-cellule de la facette ethmoïdale
bords latéraux de l’incisure ethmoïdale de l’os
du processus orbitaire de l’os palatin.
frontal.
Processus unciné
De la face inférieure des cloisons transversales qui
Labyrinthes ethmoïdaux ferment les cellules ethmoïdales antérieures naît
De chaque côté des bords latéraux de la lame cri-
blée, les labyrinthes ethmoïdaux (masses latérales
de l’ethmoïde) consistent en plusieurs petites cavi-
tés aux parois très fines. Situés entre les orbites
et la cavité nasale, les labyrinthes participent à la
constitution de la paroi orbitaire médiale et de 3
la paroi latérale de la cavité nasale. On peut leur
1
décrire six faces.
2
Face supérieure (figure 4.5)
Des petites cavités creusent la face supérieure du
labyrinthe ethmoïdal : ce sont les demi-cellules
ethmoïdales. Avec les demi-cellules similaires de la
surface ethmoïdale de l’os frontal, elles constituent
les cellules ethmoïdofrontales. De chaque côté, deux
sillons croisent la face supérieure du labyrinthe eth-
moïdal. Ils sont dirigés obliquement de dehors en
dedans et d’arrière en avant (figure 4.2) et forment
avec les sillons de la surface ethmoïdale de l’os frontal
des canaux ethmoïdaux antérieur et postérieur qui
s’ouvrent latéralement dans l’orbite par deux petits
orifices situés au niveau de la suture ethmoïdofron-
tale (figure 4.2). Médialement, ces deux canaux
Fig. 4.6.  L’os ethmoïde : face inférieure.
s’ouvrent au niveau du bord latéral de la lame cri-
1.  processus unciné ;
blée. Le sillon antérieur se prolonge en avant avec le 2.  cornet moyen ;
sillon ethmoïdal pour aboutir au foramen ethmoïdal. 3.  lame perpendiculaire.
58 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

une mince lamelle osseuse recourbée sur elle-


même de dedans en dehors. C’est le processus
unciné ethmoïdal (apophyse unciforme) placé
entre l’extrémité antérieure du cornet moyen et
la face latérale ou lame orbitaire (os planum) du
labyrinthe (figure 4.10). Il obture la partie supé-
rieure du hiatus maxillaire et se termine par deux
expansions. La lamelle antérieure s’articule avec
le processus ethmoïdal du cornet inférieur, et la
lamelle postérieure se dirige vers le bord postérieur
du hiatus maxillaire. Habituellement, le processus
unciné est cassé sur un os ethmoïde désarticulé.

Face antérieure (figures 4.7 et 4.8)


Oblique d’avant en arrière et de dedans en dehors,
la face antérieure du labyrinthe regarde en avant et
en dehors. Elle présente des demi-cellules divisées
en deux groupes. Supéro-médialement, une ou
deux demi-cellules s’articulent avec la face médiale
Fig. 4.8.  L’os ethmoïde : face antérieure.
du processus frontal du maxillaire pour former des
cellules ethmoïdomaxillaires. Latéralement les demi-
cellules s’articulent avec la face médiale de l’os
lacrymal pour former des cellules ethmoïdolacrymales.

Face postérieure (figure 4.9)


La face postérieure du labyrinthe ethmoïdal pré-
sente des demi-cellules qui répondent aux demi-
cellules de la face antérieure de l’os sphénoïde en
haut et du processus orbitaire de l’os palatin en bas.
Au-dessous des demi-cellules de la face postérieure,
on aperçoit la partie postérieure des cornets.

Crista galli

Ailes de la crista galli

Labyrinthe
ethmoïdal
Fig. 4.9.  L’os ethmoïde : face postérieure.

Face latérale (figures 4.10, 4.11 et 4.12)


Lame perpendiculaire
Cornet moyen De forme quadrilatère, la face latérale ou lame orbi-
Fig. 4.7.  L’os ethmoïde : face antérieure. taire du labyrinthe ethmoïdal est une lame osseuse
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy. très mince, d’où le nom de lame papyracée (os
Chapitre 4. Os ethmoïde 59

Crista galli 5 6 1
Aile
4 F
de la crista galli
3
Cellules Lame
aériennes orbitale S E
ethmoïdales
antérieures P
L N

M
Cornet
moyen 2

Lame
perpendiculaire Processus unciné
Fig. 4.12.  L’os ethmoïde : face latérale, vue orbitaire.
Fig. 4.10.  L’os ethmoïde : face latérale. E. os ethmoïde ; F. os frontal ; S. os sphénoïde ; M. os
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy. maxillaire ; P. os palatin ; N. os nasal ; L. os lacrymal.
1. suture ethmoïdofrontale ; 2. suture ethmoïdomaxil-
laire ; 3. suture ethmoïdolacrymale ; 4. suture sphéno­
ethmoïdolale ; 5. foramen ethmoïdal postérieur ;
6. foramen ethmoïdal antérieur.
D’après Olver J, Colour Atlas of Lacrimal Surgery.

processus orbitaire de l’os palatin pour former la


suture ethmoïdopalatine ;
• le bord antérieur s’articule avec le bord posté-
rieur de l’os lacrymal, au niveau de la suture eth-
moïdolacrymale ; à sa partie la plus supérieure le
bord antérieur de la face latérale du labyrinthe
ethmoïdal s’articule avec le bord postérieur du
processus nasal de l’os frontal ;
• le bord postérieur répond au bord latéral de la
face antérieure de l’os sphénoïde au niveau de la
suture sphénoethmoïdale.

Fig. 4.11.  L’os ethmoïde : face latérale. Face médiale (figures 4.13 et 4.14)
La face médiale ou face nasale du labyrinthe eth-
planum) qui lui est parfois attribué. Sa surface lisse, moïdal constitue la plus grande partie de la face
légèrement convexe, forme la plus grande partie de la latérale de la cavité nasale ipsilatérale. En raison de
face médiale de l’orbite. Elle présente quatre bords : la présence des cornets nasaux ethmoïdaux supé-
• le bord supérieur s’articule avec l’os frontal rieur et moyen cette face est parfois nommée lame
au niveau de la suture ethmoïdofrontale. Deux des cornets. De structure complexe, elle peut être
petites échancrures constituent avec les échan- divisée en deux parties :
crures correspondantes de l’os frontal les fora- • au-dessus du cornet nasal supérieur, une sur-
mens ethmoïdaux antérieur et postérieur : ce face rugueuse où le nerf olfactif (I) creuse de
sont les orifices des canaux ethmoïdaux déjà nombreux sillons verticaux. Ils proviennent de
décrits ; la muqueuse ethmoïdale et se dirigent vers les
• le bord inférieur répond sur presque toute son orifices de la lame criblée ;
étendue au bord médial de la face orbitaire • au-dessous de cette surface, deux lamelles sont
du maxillaire, au niveau de la suture ethmoïdo- recourbées sur elles-mêmes en forme de cornet :
maxillaire. En arrière, ce bord s’articule avec le ce sont les cornets nasaux supérieur et moyen.
60 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Processus frontal de l’os maxillaire

Os lacrymal
Os frontal
Lame criblée
Cornet supérieur
Sinus frontal Récessus sphéno-ethmoïdal

Cornet moyen

Os nasal
Partie basilaire
de l’os occipital

Foramen sphénopalatin
Lames médiale et latérale du processus ptérygoïde
de l’os sphénoïde
Hamulus ptérygoïdien de l’os sphénoïde
Lame perpendiculaire de l’os palatin

Canal incisif Processus unciné de l’os ethmoïde

Petit cartilage Cornet inférieur


alaire Processus palatin de l’os maxillaire
Cartilage latéral

a Grand cartilage alaire


Bulle ethmoïdale

Ouvertures des cellules ethmoïdales moyennes


Ouverture du récessus frontal
Cornet supérieur (sectionné)
Ouvertures des cellules
ethmoïdales postérieures
Ouverture du canal frontonasal Ouverture du sinus sphénoïdal
Foramen sphénopalatin

Processus unciné
de l’os ethmoïde

Ouverture du canal lacrymonasal

Cornet moyen (sectionné)


Foramen petit palatin
Cornet inférieur (sectionné)
Foramen grand palatin

Processus ethmoïdal du cornet inférieur

b Ouverture entre la bulle et le processus


Hiatus semilunaire
unciné (ouverture du sinus maxillaire)

Fig. 4.13.  L’os ethmoïde : a. Face latérale. b. Section des cornets.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.
Chapitre 4. Os ethmoïde 61

Lame criblée de l’ethmoïde

Sinus frontal
Cornet supérieur

Sinus sphénoïdal
Os nasal
Récessus
sphéno-ethmoïdal Cornet moyen
Méat nasal Os lacrymal
supérieur Face médiale
du maxillaire
Hiatus semilunaire

Foramen
sphénopalatin

Lame médiale Sinus


du processus ptérygoïde Palais dur
maxillaire Cornet inférieur
Lame perpendiculaire Méat nasal moyen Méat nasal inférieur
de l’os palatin

Fig. 4.14.  L’os ethmoïde : face médiale ; coté latéral droit.


D’après Standring S, Gray’s Anatomy, 39th edition [15].

d’eux se trouve au-dessus de la moitié postérieure


Tous les cornets du nez, les cornets nasaux du cornet sous-jacent [14]. Parfois, au-dessus du
suprême, supérieur et moyen, à l’exception du
cornet nasal supérieur, on observe des cornets
cornet inférieur font partie de l’os ethmoïde.
nasaux supplémentaires : le cornet nasal suprême
(cornet de Santorini), et plus rarement un dernier
Cornets nasaux ethmoïdaux cornet plus supérieur et plus petit, le cornet de
Le cornet nasal supérieur (cornet de Morgagni), le Zuckerkandl.
plus petit, occupe seulement la moitié postérieure
du labyrinthe ethmoïdal. Ovoïde à grosse extré- Méats nasaux
mité antérieure, il s’insère par son bord supérieur. Les méats nasaux sont les espaces limités par :
Sa face latérale concave est lisse ; sa face médiale • la face médiale ou face nasale du labyrinthe eth-
convexe participe à la formation de la paroi laté- moïdal en dehors ;
rale de la cavité nasale. • la face médiale d’un cornet en dedans ;
Le cornet nasal moyen s’insère également par son • l’insertion du cornet en haut.
bord supérieur. Son extrémité antérieure, la tête De fait, ces espaces communiquent avec la cavité
du cornet, habituellement de forme arrondie est nasale. On trouve un méat nasal supérieur, un
libre. Son extrémité postérieure, la queue du cor- méat nasal moyen, un méat nasal inférieur et par-
net, effilée s’articule avec l’os palatin. fois un méat nasal suprême.
Les cornets nasaux ethmoïdaux sont placés les Le méat supérieur est sous le cornet supé-
uns au-dessus des autres de telle sorte que chacun rieur. Les cellules ethmoïdales postérieures s’y
62 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

abouchent. C’est aussi là que s’ouvrent les sinus au-dessous de l’insertion de la partie moyenne
sphénoïdaux. du cornet nasal moyen. En fait, c’est l’expansion
Le méat moyen est localisé sous le cornet moyen. Dans d’une cellule ethmoïdale moyenne et sa taille peut
ce méat, s’abouchent le canal nasofrontal, les cellules varier. À sa partie inférieure, la bulle est séparée
ethmoïdales antérieures et le sinus maxillaire. du processus unciné par une gouttière antéro-
postérieure, le hiatus semilunaire (gouttière
Le méat inférieur situé sous le cornet inférieur
uncibullaire) qui débouche latéralement sur l’in-
draine la voie lacrymale.
fundibulum ethmoïdal. Cet entonnoir draine les
Sur la face médiale du labyrinthe, au-dessous de cellules ethmoïdales antérieures et, pour au moins
la ligne d’insertion des cornets, se trouvent les 50 % des individus, il fait communiquer directe-
ostiums des cellules ethmoïdales. Ces orifices laissent ment les sinus frontaux avec le méat nasal moyen
communiquer les cellules ethmoïdales et les méats [15]. Dans les autres cas, le sinus frontal se vide
nasaux et de la sorte les cellules ethmoïdales avec plus médialement directement dans la partie anté-
la cavité nasale. rieure du méat nasal moyen.
Agger nasi
L’agger nasi est une proéminence située sur la Cellules ethmoïdales
paroi latérale de la cavité nasale, à hauteur de la
partie supérieure de la face médiale du labyrinthe Seuls les humains, les chimpanzés et peut-être
ethmoïdal, entre le méat nasal moyen et la face les orangs-outans présentent une pneumatisation
médiale du processus frontal du maxillaire. Elle est de l’ethmoïde avec création d’un sinus ethmoïdal.
constituée par la muqueuse qui recouvre la crête Le bipédisme et le déplacement antérieur de l’os
ethmoïdale (crête turbinale supérieure) du maxil- ethmoïde, qui va de pair, pourraient en être la
laire où s’articule le cornet nasal moyen [15]. cause [8].
En fait, c’est dès le 6e mois de la vie intra-utérine
Bulle ethmoïdale (figure 4.15) que les cellules ethmoïdales commencent la pneu-
La bulle ethmoïdale est une saillie arrondie située matisation des labyrinthes ethmoïdaux. Alors sous
sur la face médiale du labyrinthe ethmoïdal forme de petits diverticules, elles s’arrondissent à

Cavité crânienne
Lame orbitaire
Lame criblée Crista galli
de l’os frontal

Orbite Orbite
Cellules ethmoïdales
Lame orbitaire moyennes
du labyrinthe ethmoïdal
Bulle ethmoïdale
Lame perpendiculaire
Cornet nasal moyen
Cavités nasales

Sinus
maxillaire Sinus
maxillaire
Processus unciné

Cavité orale Cornet nasal inférieur


Processus palatin de l’os maxillaire Vomer

Fig. 4.15.  L’os ethmoïde : coupe coronale.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.
Chapitre 4. Os ethmoïde 63

la naissance avec un diamètre de 2 à 5 mm. De l’exception de la zone olfactive, recouverte par l’épi-
dimension, de forme et de nombre très variables, thélium olfactif. La physiologie normale des sinus
entre 7 et 10 de chaque côté [16], c’est vers la paranasaux repose sur les fonctions de ventilation
puberté que se termine leur développement. et de drainage. Cela suppose des ostiums sinusaux
Typiquement, elles ont alors des formes ovalaires libres et une muqueuse saine, qui sécrète un mucus
ou polygonales et peuvent être incomplètement de qualité satisfaisante et qui démontre une fonction
divisées par de fines lamelles osseuses. de balayage mucociliaire adaptée. La fréquence du
Dans chaque labyrinthe, trois à cinq cellules eth- battement des cils respiratoires est d’environ 1 000
moïdales sont alignées les unes derrière les autres par minute [18]. Dès lors, un mouvement constant
sur deux ou trois étages. Leur partie inférieure du mucus propulse les sécrétions vers l’arrière, en
répond aux méats de la cavité nasale et un ostium direction du nasopharynx. De multiples influences,
de 2 à 5 mm permet leur drainage. Habituellement, telles que, l’hypoxie, les changements de tempéra-
ces cellules sont disposées en deux séries bien dis- ture, la déshydratation, les infections, les irritants
tinctes l’une de l’autre par la racine cloisonnante environnementaux et les allergènes peuvent res-
du cornet nasal moyen. Ce sont les cellules eth- treindre cette fonction, avec stase et accumulation
moïdales antérieures, en plus grand nombre qui de sécrétions dans les cavités nasales. Une dysfonc-
s’ouvrent dans le méat nasal moyen par l’infun- tion somatique de l’os ethmoïde et la perte de sa
dibulum, et les cellules ethmoïdales postérieures qui motilité inhérente favorise la stase mucociliaire. Une
s’ouvrent directement dans le méat nasal supé- dysfonction du système nerveux autonome contri-
rieur et suprême. Les cellules ethmoïdales les plus bue aussi aux troubles de la fonction mucociliaire.
postérieures sont appelées cellules d’Onodi et, par Dans ce cas, la normalisation du viscérocrâne et des
leur partie latérale, elles sont en rapport avec le structures en rapport avec l’innervation autonomi-
nerf optique. Ainsi, la transmission des variations que de la muqueuse des voies respiratoires supérieu-
de pression intrasinusienne peut exposer le nerf res, en particulier la colonne cervicale et thoracique
optique au risque d’ischémie nerveuse [17]. supérieure, doit être envisagée.
Alors que certaines cellules restent ethmoïda-
les, d’autres se prolongent dans les os adjacents
et forment ainsi des cellules ethmoïdofrontales, Mouvement craniosacral
ethmoïdosphénoïdales, ethmoïdomaxillaires, eth-
moïdolacrymales et ethmoïdopalatines. Comme toutes les structures crâniennes, l’os eth-
moïde participe au mouvement de flexion-exten-
sion du mécanisme respiratoire primaire. C’est un
Parce que l’ostium des cellules ethmoïdales os médian ; toutefois, il présente une partie médiale,
est situé au niveau de leur base, pour profiter la lame verticale et deux parties latérales, les laby-
de la gravité, le drainage des cellules ethmoï- rinthes ethmoïdaux. Dès lors, comme nous l’avons
dales comme celui du sinus frontal est plus proposé pour l’os sphénoïde, la partie médiale se
efficace dans la position assise.
comporte comme une structure impaire qui se
déplace dans un mouvement de flexion-extension
et les parties latérales comme des structures paires
Le sinus de l’os ethmoïde est phylogénétique-
qui se déplacent dans un mouvement de rotation
ment, embryologiquement, anatomiquement, et
externe ou de rotation interne.
fonctionnellement complètement différent des
autres sinus paranasaux, car chez l’être humain, de
par sa position centrale il contrôle la ventilation et Flexion-extension
le drainage de tous les autres sinus [8]. L’absence
de dysfonction à son niveau est essentielle.
crânienne (figure 4.16)
La totalité de la surface nasale de l’os ethmoïde est Le mouvement de flexion-extension crânienne
recouverte par une muqueuse de type respiratoire à de la partie médiale de l’os ethmoïde se produit
64 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

mouvement des labyrinthes ethmoïdaux est plus


grand au niveau de leur face inférieure.
Dans le plan transversal, les labyrinthes ethmoï-
daux se déplacent de telle sorte que la face latérale
ou lame orbitaire du labyrinthe regarde vers l’avant
et la face médiale ou face nasale vers l’arrière. Les
bords postérieurs présentent le plus grand dépla-
cement. Ils suivent en cela l’écartement des lèvres
de l’incisure ethmoïdale du frontal et du corps des
maxillaires, ce qui contribue à l’augmentation de
la dimension transversale du crâne.
Pendant la rotation interne crânienne, les déplace-
ments se font dans les directions opposées. Dans le
plan sagittal, les labyrinthes ethmoïdaux font une
rotation antérieure, avec un déplacement vers le
Fig. 4.16.  Mouvement de l’os ethmoïde dans la flexion
bas des parties antérieures et un déplacement vers
crânienne.
D’après Sergueef N, Ostéopathie pédiatrique. le haut des parties postérieures. Dans le plan coro-
nal, les labyrinthes se rapprochent l’un de l’autre
et le mouvement est plus grand au niveau infé-
autour d’un axe transversal horizontal, perpen- rieur. Dans le plan transversal, les labyrinthes eth-
diculaire à la lame verticale ethmoïdale. Pendant moïdaux se déplacent de telle sorte que les faces
la flexion crânienne, l’angle situé entre les bords latérale et médiale se sagittalisent. Les bords pos-
antérosupérieur et antéro-inférieur de la lame per- térieurs démontrent le plus grand déplacement.
pendiculaire se déplace vers le haut. Le sommet de Ce mouvement accompagne celui des lèvres de
la crista galli se déplace vers le haut et vers l’arrière. l’incisure ethmoïdale du frontal et celui du corps
Le bord postérieur de la lame criblée où s’articule des maxillaires, participant ainsi à la diminution de
la saillie médiane du processus ethmoïdal de l’os la dimension transversale du crâne.
sphénoïde se déplace vers le bas, en même temps
En fait, l’os ethmoïde d’origine endochondrale
que la partie antérieure du corps sphénoïdal.
présente des contours d’une extrême finesse et le
Pendant l’extension crânienne l’angle situé entre concept de la flexibilité intraosseuse semble facile
les bords antérosupérieur et antéro-inférieur de la à accepter pour une telle structure. On se rappelle
lame perpendiculaire se déplace vers le bas, et la que tout os vivant consiste en un réseau de tissu
crista galli vers le bas et l’avant. Le bord postérieur conjonctif calcifié, de plus ou moins grande den-
de la lame criblée se déplace vers le haut comme la sité. En l’absence de dysfonction somatique, en
partie antérieure du corps sphénoïdal. fonction de l’âge et de la santé de l’individu, cette
Les labyrinthes ethmoïdaux suspendus sous les matrice ouverte démontre une certaine flexibilité
bords de l’incisure ethmoïdale du frontal en toute la vie. L’os ethmoïde illustre parfaitement
subissent l’influence. Pendant la rotation externe ce concept. Sur chaque temps de l’inspiration
crânienne, le mouvement des labyrinthes ethmoï- primaire, les cellules ethmoïdales des labyrinthes
daux résulte de la combinaison des déplacements s’expansent ; pendant le temps de l’expiration pri-
dans les trois plans de l’espace. maire elles reviennent à leur situation initiale. Ce
Dans le plan sagittal, ils font une rotation posté- pompage qui suit le rythme du mécanisme respi-
rieure, comme la lame verticale de l’ethmoïde. Les ratoire primaire assure une fonction de balayage
parties antérieures des labyrinthes ethmoïdaux se mucociliaire satisfaisante et un drainage du sinus
déplacent vers le haut, avec la crista galli, et les ethmoïdal.
parties postérieures vers le bas. Dans le plan coro- Les cornets contribuent à ce mouvement ; ils
nal, les labyrinthes s’écartent l’un de l’autre. Le se « déroulent » lors de l’expansion latérale des
Chapitre 4. Os ethmoïde 65

labyrinthes et s’« enroulent » lors du mouvement frontal s’élargit, le labyrinthe ethmoïdal se déplace


de retour. Citons Sutherland : « See the turbina- selon un mouvement comparable à la rotation
tes on the side of the nose as they are in the living externe et s’expanse latéralement. Cela facilite
body, curling and uncurling during inhalation l’inspiration nasale de ce côté.
and exhalation. » [19] (« Regardez les cornets sur Du côté opposé à la torsion, le labyrinthe eth-
le côté du nez tels qu’ils sont chez le sujet vivant, moïdal démontre un mouvement comparable à
s’enroulant et se déroulant pendant l’inspiration la rotation interne, et les déplacements contraires
et l’expiration. ») se produisent. La moitié de l’incisure ethmoïdale
située de ce côté diminue de largeur et le labyrin-
Torsion the « se contracte ». L’inspiration nasale est moins
facile de ce côté.
En plus des mouvements de flexion-rotation externe Globalement, ces mouvements s’harmonisent
crânienne décrits pendant la phase d’inspiration crâ- avec ceux des autres os de la face qui se déplacent
nienne, ou d’extension- rotation interne pendant aussi en rotation externe du côté de la torsion et
l’expiration crânienne, l’os ethmoïde participe aux en rotation interne de l’autre côté.
mouvements de torsion et de sidebending-rotation
de la synchondrose sphéno-basilaire (SSB).
L’os ethmoïde s’articule avec le sphénoïde au Sidebending-rotation
niveau de la synchondrose sphénoethmoïdale et
Comme dans le mouvement de torsion, l’os eth-
ne présente aucune articulation avec l’os occipital.
moïde subit l’influence de l’os sphénoïde dans le
Il subit directement l’influence de l’os sphénoïde.
sidebending-rotation de la SSB. Deux compo-
Dans la torsion, autour d’un axe antéropostérieur
santes de mouvement sont présentes, avec pour
qui relie le nasion à l’opisthion, le sphénoïde et
chacune d’elles des axes de mouvement diffé-
l’occiput tournent en sens contraires. Un côté du
rents. Le sphénoïde tourne autour de l’axe antéro­
sphénoïde est plus haut que l’autre et la grande
postérieur qui relie le nasion et l’opisthion.
aile se déplace vers le haut de ce côté, pendant que
Lorsque le sphénoïde tourne autour de cet axe,
la grande aile controlatérale se déplace vers le bas.
un côté est plus haut que l’autre et la grande aile
De fait, l’os ethmoïde suit le mouvement de rota-
se déplace vers le haut de ce côté, pendant que la
tion du sphénoïde. L’os ethmoïde s’articule aussi
grande aile de l’autre côté se déplace vers le bas.
avec le frontal au niveau de l’incisure ethmoïdale
Simultanément, le sphénoïde autour d’un axe
du frontal; il en subit également l’influence.
vertical et d’un côté la grande aile du sphénoïde
La torsion, nommée du côté où la grande aile du se déplace vers l’avant, alors que de l’autre côté la
sphénoïde se déplace vers le haut, doit être possi- grande aile se déplace vers l’arrière. Le sideben-
ble vers la droite et vers la gauche avec les mêmes ding-rotation est nommé du côté où la grande
quantité et qualité de déplacement. La restriction aile est basse. Dès lors, dans le mouvement de
de ce mouvement signale une dysfonction soma- sidebending-rotation l’os ethmoïde suit les deux
tique crânienne. composantes de mouvement du sphénoïde. Il en
Dans le mouvement de torsion, les labyrinthes résulte un déplacement vers le bas et l’avant de
ethmoïdaux démontrent des mouvements compa- l’os ethmoïde du côté du sidebending-rotation,
rables à ceux décrits lors de la rotation externe et et un déplacement vers le haut et l’arrière de
de la rotation interne. Une fois de plus, la prise en l’autre côté.
compte d’un certain degré de flexibilité des struc-
tures osseuses crâniennes est nécessaire ; les mul-
tiples compartiments présents dans l’os ethmoïde Palpation pour la structure
permettent cette adaptation au mouvement.
Du côté de la torsion, en même temps que la Classiquement, la palpation pour la structure n’est
moitié de l’incisure ethmoïdale ipsilatérale de l’os pas pratiquée.
66 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Palpation pour la fonction lame verticale ? Ce mouvement semble-t-il exister


dans un plan sagittal, ou bien présente-t-il une
La palpation pour la fonction de l’os ethmoïde fait inclinaison comme cela pourrait être le cas avec
logiquement suite à une anamnèse ciblée et à l’ob- une torsion ou un sidebending-rotation ?
servation pour identifier une dysfonction soma- Pendant l’inspiration crânienne, sentez- vous une
tique. Ici, la palpation pour la fonction repose rotation externe des labyrinthes ethmoïdaux ? Est-
particulièrement sur la connaissance anatomique, elle aussi libre qualitativement et quantitativement
car elle est pratiquée par l’intermédiaire des os voi- que la rotation interne de l’expiration crânienne ?
sins. Habituellement, ce sont les os nasaux ou le S’il existe une restriction de la motilité inhérente,
septum nasal qui sont utilisés. Comme pour les définissez la ou les structure(s) anatomique(s)
autres structures, la palpation pour la fonction de auxquelles se rattache cette restriction. Visualisez
l’os ethmoïde consiste en tests d’écoute et en tests les membranes dure-mériennes et l’insertion de la
de mobilité. faux du cerveau sur la crista galli. Toute restriction
Commencez tout d’abord par une écoute globale de mobilité à ce niveau prédispose à une stase dans
de l’ethmoïde. Le sujet est en position de décubi- les cavités nasales.
tus dorsal et le praticien assis à la tête du sujet ou Selon Sutherland : « …He can use it (the falx cere-
sur le côté, à hauteur de la tête. Placez le pouce, bri) by way of the crista galli to move the ethmoid
l’index et le médius d’une main de chaque côté like the bell on a locomotive. With the rocking motion
de la racine du nez si vous êtes sur le côté (figure we can see what happens to the olfactory bulbs as they
4.17), ou les deux index sur les os nasaux si vous rest on the cribriform plates with the olfactory nerves
êtes à la tête du sujet. Visualisez les os nasaux hanging down. » [20] (« … Il peut l’utiliser [la faux
sous vos doigts, puis en arrière des os nasaux les du cerveau] par l’intermédiaire de la crista galli
processus frontaux des os maxillaire, puis les os pour mobiliser l’ethmoïde comme la cloche d’une
lacrymaux et enfin les faces latérales, nasales des locomotive. Avec le mouvement de balancement
labyrinthes ethmoïdaux. Visualisez la lame verti- nous pouvons voir ce qui se passe au niveau des
cale au centre avec l’insertion de la faux du cer- bulbes olfactifs qui reposent sur la lame criblée
veau sur la crista galli. avec les nerfs olfactifs suspendus dessous. »)
Existe-t-il un mouvement ? L’inspiration et l’expi­ Visualisez les os avec lesquels s’articule l’os eth-
ration crâniennes sont-elles présentes en qualité et moïde : les os sphénoïde, frontal, lacrymal, maxil-
quantité satisfaisantes ? Percevez-vous le mouve- laire, palatin, vomer, cornet inférieur et le cartilage
ment de rotation antérieure et postérieure de la septal. Définissez les dysfonctions interosseuses
éventuelles. Reconnaissez aussi les dysfonctions
intraosseuses qui doivent être différenciées des
dysfonctions interosseuses. Une dysfonction
intraosseuse se produit dans la structure d’un seul
os, alors que les dysfonctions interosseuses se pro-
duisent entre des os adjacents [21]. Une dysfonc-
tion intraosseuse résulte en la perte de la flexibilité
normale des fibres constituant la matrice du tissu
osseux.
Les normalisations adéquates visent à faciliter une
ventilation nasale et sinusienne correctes pour pro-
mouvoir une régénération de la clearance muco-
ciliaire et un drainage satisfaisant des secrétions.
Elles contribuent aussi à la fonction olfactive et à
Fig. 4.17.  Palpation pour la fonction de l’ethmoïde. l’équilibre des membranes de tension réciproque.
Chapitre 4. Os ethmoïde 67

Pour la palpation pour la fonction, des positions   [9] Sergueef N. Ostéopathie pédiatrique. Paris :
alternatives sont possibles. Par exemple, en restant Elsevier ; 2007. p. 38.
[10] Sutherland WG. Teachings in the science of
sur le côté du sujet placez l’extrémité des index et Osteopathy. Fort Worth, TX : Sutherland Cranial
des médius de la main caudale sur l’arête du nez. Teaching Foundation, Inc. ; 1991. p. 82.
Visualisez l’ethmoïde en arrière du cartilage nasal. [11] Speransky AD. A Basis for the Theory of Medicine.
En restant à la tête du sujet, vous pouvez aussi New York, NY : International Publishers ; 1943.
p. 111.
placer la pulpe des index très délicatement et le [12] Johnston M, Zakharov A, Papaiconomou C,
plus postérieurement possible sur les processus Salmasi G, Armstrong D. Evidence of connec-
frontaux des os maxillaire. Cette prise facilite la tions between cerebrospinal fluid and nasal lym-
perception du mouvement des labyrinthes. phatic vessels in humans, non-human primates
and other mammalian species. Cerebrospinal Fluid
Res 2004 ; 10 ; 1: 2.
[13] Walter BA, Valera VA, Takahashi S, Matsuno K,
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1976. p. 78–87. Paris : Masson ; 2002.
[3] Couly G. Le mésethmoïde cartilagineux humain. Son [15] Standring S. Ed. Gray’s Anatomy : The ­anatomical
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Chapitre 5
Os frontal

Os impair, l’os frontal est l’os le plus antérieur du limite entre les deux faces. Deux cavités sont conte-
neurocrâne. Il forme le front, le bord et le toit nues dans l’os frontal, ce sont les sinus frontaux.
des cavités orbitaires. Il consiste en deux parties,
verticale et horizontale, séparées l’une de l’autre
par le bord antérieur de l’os frontal (crête orbi- Face exocrânienne
tonasale). La partie verticale appartient à la voûte
Deux parties constituent la face exocrânienne : ce
crânienne dont elle constitue la partie la plus anté-
sont l’écaille et la partie orbitonasale. Elles sont
rieure, c’est l’écaille frontale ; l’autre partie, hori-
séparées par la crête orbitonasale.
zontale, appartient à la base crânienne dont elle
forme la partie la plus antérieure, c’est la partie
Écaille (figures 5.2 et 5.3)
orbitonasale.
Totalement sous-cutanée et palpable, cette partie
du frontal forme le front ou écaille frontale. C’est la
Ostéogenèse partie la plus antérieure de la calvaria. Convexe, et
normalement plus large que haute, l’écaille présente
de chaque côté, une bosse frontale située à l’empla-
À part l’épine nasale d’origine cartilagineuse,
cement des centres d’ossification de l’os frontal.
l’os frontal d’origine membraneuse se développe
à partir de deux centres d’ossification, un à cha- Sur la ligne médiane, au-dessus du bord nasal, les
que emplacement des futures bosses frontales. vestiges de la suture frontale ou suture métopique
Ces centres apparaissent dans le mésenchyme
embryonnaire vers la 8e semaine de gestation. Fontanelle antérieure

À la naissance la suture métopique sépare les Suture métopique


deux moitiés de l’écaille frontale (figure 5.1).
Habituellement, cette suture fusionne vers l’âge
de 8 ans. Pour autant, dans une proportion qui
peut atteindre, selon le groupe ethnique, 7,4 %
des individus, elle peut ne pas fusionner [1].
Vers la dixième année, deux centres d’ossification
secondaire se forment pour l’épine nasale dans la
partie antérosupérieure du chondro-ethmoïde [2].

Description
Classiquement, on décrit deux faces à l’os frontal, Tubérosité frontale
une face exocrânienne et une face endocrânienne Fig. 5.1.  Os frontal à la naissance : vue antérieure.
ou face cérébrale. Le bord circonférentiel marque la D’après Standring S, Gray’s Anatomy, 39th edition.

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


© 2009 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés
70 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

5 7
1 2 6
3 5 8
1 4
2 Fig. 5.3. Os frontal : écaille.
1. pilier latéral ;
Fig. 5.2. Os frontal : écaille. 2. pilier médial ;
1. bosse frontale ; 3. ligne temporale ;
2. nasion ; 4. stéphanion ;
3. glabelle ; 5. ligne courbe inférieure ;
4. ophryon ; 6. bord nasal ;
5. arcade sourcilière. 7. épine nasale ;
8. incisure supraorbitaire.

peuvent être présents. Chez le nouveau-né, cette Environ 1 cm au-dessus du bord nasal, une émi-
suture partage le frontal en deux moitiés qui se nence est bien palpable sur la ligne médiane, c’est
comportent alors comme des os pairs. Dès l’âge la glabelle ou zone glabre entre les sourcils. Juste
de 3 mois, des signes de fusion de la suture méto- au-dessus de la glabelle, toujours sur la ligne
pique peuvent apparaître [3]. L’âge de son ossifi- médiane se trouve l’ophryon.
cation varie selon les individus et selon les auteurs, Latéralement, de part et d’autre de la ligne
avec une fourchette d’âge comprise entre 2 ans [4] médiane et au-dessus des sourcils, les arcades
et 8 ans [5]. Pour autant, cette ossification peut sourcilières dessinent un relief normalement plus
être incomplète et parfois chez l’adulte quelques marqué chez l’homme que chez la femme [7].
vestiges de suture sont toujours présents sur quel- Cette différence résulterait de l’action des muscles
ques millimètres au-dessus du nasion. En fait, chez faciaux et masticateurs [8].
9 % des adultes, cette suture n’est pas ossifiée [5].
Au-dessus du processus zygomatique du frontal,
une crête à concavité postérieure, la ligne tem-
porale (ligne courbe supérieure) de l’os frontal
Une ossification prématurée ou synostose de la suture monte jusqu’au bord antérieur de l’os pariétal vers
métopique existe dans environ 7 % des cas de cranio- le stéphanion, i.e. à la jonction du tiers latéral et
synostoses. Plus souvent présente chez les garçons que
des deux tiers médiaux de la suture coronale. Elle
chez les filles, son phénotype couvre un large spectre,
se prolonge sur l’os pariétal avec la ligne tempo-
depuis la simple proéminence de la suture métopique
jusqu’aux sévères trigonocéphalies où l’avant du crâne rale supérieure. La ligne temporale de l’os frontal
de forme triangulaire présente un risque de compres- constitue la partie antérieure de la ligne temporale
sion pour les hémisphères cérébraux. Fréquemment, on supérieure et donne insertion au fascia temporal.
observe un hypotélorbitisme (rapprochement anormal Au-dessous de la ligne temporale, l’écaille frontale
des yeux) et parfois l’association d’une synostose inter- est légèrement aplatie et de forme grossièrement
nasale et intermaxillaire. Les synostoses de la suture triangulaire ; c’est la face temporale de l’os frontal
métopique peuvent exister isolément ou faire partie de qui constitue la partie la plus antérieure de la fosse
syndromes impliquant aussi les structures prosencépha-
temporale. Une deuxième ligne courbe, la ligne
liques et rhinencéphaliques [6].
courbe inférieure, part du processus zygomatique
Chapitre 5. Os frontal 71

et diverge légèrement de la ligne temporale en antérieure et du nerf ethmoïdal antérieur (nerf


direction du bord antérieur de l’os pariétal. Toute nasal interne) ;
la surface située au-dessous de la ligne courbe • canal ethmoïdal postérieur (canal ethmoïdo-
inférieure ainsi que la face postérieure du proces- frontal) pour le passage de l’artère ethmoïdale
sus zygomatique de l’os frontal donnent insertion postérieure et du nerf ethmoïdal postérieur
au muscle temporal. (nerf sphéno-ethmoïdal).
En arrière du bord antérieur de l’incisure ethmoï-
Partie orbitonasale dale se trouve l’épine nasale du frontal. De forme
Relativement horizontale, la partie orbitonasale triangulaire, son sommet s’oriente en bas et en
contribue à former le toit des orbites. Elle consiste avant. Elle s’articule en avant avec la crête formée
en trois segments : un segment médial nasal et par la réunion des deux os nasaux et en arrière
deux segments latéraux orbitaires (figure 5.4). avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde.

Segment nasal Segments orbitaires


Au centre en arrière du bord nasal une échancrure De chaque côté des surfaces ethmoïdales, les faces
ouverte en arrière, l’incisure ethmoïdale (échan- orbitaires de l’os frontal constituent la plus grande
crure ethmoïdale) de l’os frontal, s’étend sur toute partie du plafond des cavités orbitaires (figure
la ligne médiane du segment nasal. Elle s’articule 5.4). Globalement concaves, elles présentent en
avec la lame criblée de l’os ethmoïde. L’incisure avant deux dépressions :
est bordée par une surface anfractueuse, la sur- • en dehors la fosse de la glande lacrymale (fos-
face ethmoïdale de l’os frontal, surface creusée de sette lacrymale) ;
demi-cellules qui forment avec les demi-cellules de • en dedans la fossette trochléaire où s’insère la
la face supérieure des labyrinthes ethmoïdaux, les poulie de réflexion du muscle oblique supérieur
cellules ethmoïdofrontales. de l’œil (muscle grand oblique).
De chaque côté, deux canaux cheminent entre les
cellules ethmoïdofrontales :
La trochlée fibrocartilagineuse du muscle
• canal ethmoïdal antérieur (canal ethmoïdo-
oblique supérieur est un anneau fibrocartilagi-
frontal) pour le passage de l’artère ethmoïdale neux situé en dessous et en arrière du rebord
orbitaire de l’os frontal. Elle sert de poulie de
réflexion au muscle oblique supérieur qui naît
5 de la petite aile du sphénoïde, au-dessus et en
2
8 dedans du foramen optique, puis se dirige vers
l’avant pour se terminer par un tendon qui tra-
7 verse la trochlée de l’os frontal. À partir de là,
le tendon du muscle oblique supérieur se dirige
vers l’arrière, le dehors et le bas, pour s’insérer
dans la sclère du bulbe oculaire, dans son qua-
drant supérolatéral postérieur (figure 5.5).
Dans l’étude des bras de levier, la trochlée
6 3 4 1 de l’oblique supérieur est considérée comme
le point d’insertion musculaire. De ce fait, le
mouvement du muscle oblique supérieur com-
Fig. 5.4.  Os frontal : partie orbitonasale. porte plusieurs composantes : abduction, abais-
1.  incisure ethmoïdale ;
sement et intorsion (mouvement de rotation
2.  demi-cellules ;
3.  canal ethmoïdal antérieur ; médiale autour d’un axe sagittal). En clinique,
4.  canal ethmoïdal postérieur ; une déviation supéromédiale de l’œil peut être
5.  épine nasale ; associée à une dysfonction ispilatérale de l’os
6.  fosse de la glande lacrymale ; frontal qui affecte la longueur du bras de levier
7.  fossette trochléaire ; et la fonction du muscle oblique supérieur.
8.  bord supraorbitaire.
72 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Trochlée Petite aile du sphénoïde


Oblique supérieur Os frontal
Fissure orbitaire supérieure
Canal optique
Grande aile du Foramens ethmoïdaux
sphénoïde
Os ethmoïde

Droit médial
Droit supérieur

Droit latéral

Os zygomatique Os lacrymal
Fig. 5.5. Os frontal. La trochlée du muscle oblique supé- Fissure orbitaire inférieure Os palatin
rieur de l’œil est située en dessous et en arrière du bord Os maxillaire
orbitaire de l’os frontal.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1 edition.
st
Fig. 5.6. Os frontal : pilier médial.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

Crête orbitonasale À chacune de ses extrémités le bord supraorbitaire


La crête orbitonasale sépare les deux parties ver- présente un pilier. Un peu en arrière de l’extrémité
ticale et horizontale de l’os frontal. Au centre se médiale, le pilier médial presque vertical forme le
trouve une échancrure en forme de V renversé : processus nasal (apophyse orbitaire interne) de
le bord nasal (échancrure nasale) (figure 5.3). l’os frontal (figure 5.6). Il s’articule avec le bord
Chacune des branches du V s’articule médiale- supérieur de l’os lacrymal (unguis) au niveau de la
ment avec l’os nasal pour former la suture fron- suture frontolacrymale. Ce pilier semble encastré
tonasale et latéralement avec le bord supérieur du entre le processus frontal du maxillaire en avant et
processus frontal du maxillaire (branche montante la lame orbitaire de l’os ethmoïde en arrière.
du maxillaire supérieur) pour former la suture Latéralement, le bord supraorbitaire se continue
frontomaxillaire. Au centre et un peu en retrait par le pilier latéral : c’est le processus zygomati-
du bord nasal on aperçoit l’épine nasale. Celle-ci que (apophyse orbitaire externe) de l’os frontal.
est fréquemment cassée sur les spécimens osseux. Oblique en bas et en dehors, il forme une saillie
De chaque côté du bord nasal, le bord supraorbi- dont le sommet inférieur s’articule avec le proces-
taire (arcade orbitaire) forme le rebord supérieur sus frontal de l’os zygomatique au niveau de la
de l’orbite. À la palpation, son contour est épais et suture frontozygomatique. Parfaitement palpable,
un peu émoussé dans sa partie médiale alors qu’il ce processus présente une face antérieure lisse et
est mince et tranchant dans sa partie latérale. À sous-cutanée, une face médiale très excavée qui
l’union de son tiers médial et de ses deux tiers laté- répond à la cavité orbitaire et une face latérale qui
raux, une petite échancrure ou un foramen, l’in- répond à la fosse temporale.
cisure ou le foramen supraorbitaire (échancrure
sus-orbitaire) livre passage aux vaisseaux et au nerf Quel que soit le sexe de l’individu, la distance qui sépare
supraorbitaires (vaisseaux et nerf sus-orbitaires). le foramen supraorbitaire de la ligne médiane est en
Une autre incisure est parfois visible en dedans de moyenne de 2,44 cm à droite et de 2,51 cm à gauche.
En revanche, son aspect varie et au moins dans la moitié
la précédente, c’est l’incisure frontale que traver-
des cas, le foramen est remplacé par une incisure [9].
sent les vaisseaux frontaux.
Chapitre 5. Os frontal 73

Face endocrânienne c’est la crête frontale. À sa partie supérieure, cette


crête se divise en deux branches qui cheminent de
Globalement concave, la face endocrânienne pré- part et d’autre de la ligne médiane jusqu’au bord
sente deux parties comme la face exocrânienne, à pariétal de l’écaille. Elles constituent les lèvres du
savoir l’écaille et la partie orbitonasale. Entre les sinus sagittal supérieur (gouttière du sinus longi-
deux, l’angle ouvert en arrière est émoussé. Elle tudinal supérieur).
répond au pôle antérieur (frontal) des hémisphè- De part et d’autre du sillon du sinus sagittal
res cérébraux. supérieur de petites fossettes, les fossettes gra-
nulaires (fossettes de Pacchioni) participent à
Écaille (figure 5.7) la résorption du liquide cérébrospinal (liquide
Sur la ligne médiane, une crête saillante d’environ céphalorachidien). Bilatéralement, les fosses
3 cm de long donne insertion à la faux du cerveau : frontales concaves répondent aux lobes frontaux
du cerveau. Quelques dépressions irrégulières
signalent les circonvolutions frontales, ce sont les
2 3 impressions digitales séparées par des saillies plus
ou moins allongées, les éminences mamillaires.
Latéralement, on aperçoit les sillons des rameaux
antérieurs de l’artère méningée moyenne.
À la partie tout inférieure de la crête frontale, juste
au-dessus de l’incisure ethmoïdale, un petit ori-
fice, le foramen cæcum (trou borgne) conduit à
un cul-de-sac. Parfois, un canal le remplace entre
la face endocrânienne du frontal et le bord anté-
rieur de la crista galli de l’os ethmoïde. En fait, ce
1
4 foramen reste ouvert dans environ 1 % des crânes
5 adultes. Une veine peut alors le traverser et relier
les veines nasales au sinus sagittal supérieur [5]
(figure 5.8).
Fig. 5.7.  Os frontal : face endocrânienne.
1.  crête frontale ;
2.  sillon du sinus sagittal supérieur ; Partie orbitonasale
3.  fossettes granulaires ;
4.  rameaux antérieurs de l’artère méningée moyenne ; La partie orbitonasale forme la partie la plus anté-
5.  foramen cæcum. rieure de la base du crane. Au centre l’incisure

Crête frontale
Crista galli Foramen cæcum

Foramens de la
Partie orbitaire lame criblée
de l’os frontal

Lame criblée

Petite aile du sphénoïde


Corps (du sphénoïde)
Processus clinoïde antérieur

Fig. 5.8.  Vue interne de la base crânienne : fosse antérieure.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.
74 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

ethmoïdale répond à la lame criblée de l’os eth-


moïde. De part et d’autre les bosses orbitaires
répondent aux faces orbitaires de la face exocrâ-
nienne. Leur surface très irrégulière présente
des saillies et des dépressions en rapport avec les
sillons et les circonvolutions de la face inférieure
du lobe frontal.

Bord circonférentiel
Le bord circonférentiel consiste en deux parties,
supérieure ou demi-circulaire, qui correspond à Fig. 5.9.  Les surfaces sphénofrontales de l’os frontal.
l’écaille du frontal, et inférieure ou horizontale en ¢ côté latéral du triangle articulaire de la suture sphé-
rapport avec la partie orbitonasale. nofrontale latérale (frontosphénoïdale) ;
¢ côté médial du triangle articulaire de la suture sphé-
nofrontale latérale (frontosphénoïdale) ;
Bord de l’écaille ¢ base du triangle articulaire de la suture sphénofron-
tale latérale (frontosphénoïdale ;
Le bord de l’écaille est palpable sur sa plus grande ¢ bord orbitonasal articulaire avec la petite aile pour
partie. Il consiste en trois parties, le bord pariétal former la suture sphénofrontale médiale ou suture
au centre et un bord sphénoïdal de chaque côté. orbito-sphéno-frontale.

Le bord pariétal de l’écaille frontale occupe l’es-


sentiel du bord de l’écaille. Il s’articule avec les
deux os pariétaux pour former la suture coronale, • le côté latéral se continue par la suture sphéno-
dont le point médian est le bregma. Dentelé, il est pariétale qui est aussi la barre horizontale du H
taillé en biseau aux dépens de la table interne de que forme le ptérion (Voir Chapitre 3, page 42) ;
l’os dans ses deux tiers médiaux et aux dépens de la • la base du triangle est dans le prolongement
table externe dans son tiers latéral. Le point où les latéral du bord postérieur du segment orbitona-
biseaux s’inversent est le stéphanion (figure 5.3). sal de l’os frontal.
Le bord sphénoïdal de l’écaille frontale s’articule
avec la partie latérale du bord antérieur de la grande
aile de l’os sphénoïde au niveau de la ­sutu­re sphé-
Les surfaces du frontal articulaires avec la
nofrontale latérale. En fait la surface frontale arti-
grande aile du sphénoïde sont parfois nom-
culaire avec la grande aile du ­sphénoïde consiste
mées les surfaces en L. La branche verticale
en deux parties, une moitié latérale qui corres- du L représente alors le côté latéral du trian-
pond à la partie inférieure de la face temporale de gle articulaire et la branche horizontale du L
l’os frontal, et une moitié médiale qui appartient représente le côté médial.
à la partie orbitonasale. Ces deux parties forment “These two frontosphenoidal articulations,
la surface articulaire frontale de la suture sphéno­ though much smaller, resemble the two sacroi-
frontale latérale (frontosphénoïdale) qui a la forme liac articulations. It seems that the sphenoid is
d’un triangle dont (figure 5.9) : suspended beneath two frontal bones in a like
• le sommet orienté vers l’avant rencontre l’ex- manner to the suspension of the sacrum beneath
trémité supérieure de la suture sphénozygo- the two ilia.” [10]. (« Ces deux articulations
matique et l’extrémité postérieure de la suture frontosphénoïdales, bien que beaucoup plus
frontozygomatique décrite plus haut entre le petites, ressemblent aux deux articulations
sacro-iliaques. Il semble que le sphénoïde
processus zygomatique de l’os frontal et le pro-
est suspendu sous les deux os frontaux d’une
cessus frontal de l’os zygomatique ; manière similaire à la suspension du sacrum
• le côté médial se continue par la limite inférieure sous les deux iliaques. »
de la fissure orbitaire supérieure ;
Chapitre 5. Os frontal 75

Bord orbitonasal
Le bord orbitonasal n’est pas palpable. Il repré-
sente la limite postérieure de la partie orbitona-
sale. De part et d’autre de l’incisure ethmoïdale, Sinus
le bord orbitonasal se dirige obliquement en avant frontaux

et en dehors. De chaque côté de l’os frontal, il


Cellules
consiste en : ethmoïdales
• un segment médial articulaire avec le bord anté-
Lame orbitaire
rieur de la petite aile de l’os sphénoïde pour for- de l’os ethmoïde
mer la suture orbito-sphéno-frontale ;
• un segment latéral articulaire avec le bord anté-
Sinus
rieur de la grande aile de l’os sphénoïde pour maxillaires
former la partie médiale de la suture sphé-
nofrontale latérale décrite plus haut ; Racines des molaires
• quelques millimètres entre les segments médial supérieures postérieures
et latéral où le bord orbitonasal est libre, et Fig. 5.10. Sinus frontaux.
constitue la limite supérieure de l’extrémité D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students.
latérale de la fissure orbitaire supérieure.

cloisonnent en plusieurs compartiments qui com-


La nomenclature utilisée pour décrire les rapports arti- muniquent entre eux.
culaires entre l’os frontal et l’os sphénoïde varie selon
les auteurs ; elle n’offre pas toujours la précision sou- C’est la migration d’une cellule ethmoïdale qui
haitée pour différencier les rapports du frontal avec la explique l’apparition du sinus frontal [14]. En fait,
petite aile du sphénoïde d’une part, et les rapports du vers la 12e semaine de gestation, une évagination
frontal avec la grande aile d’autre part. Habituellement, de la muqueuse de la capsule nasale primitive enva-
les textes ostéopathiques traditionnels font référence à hit l’ébauche cartilagineuse des os de la face [15].
l’articulation frontosphénoïdale. Les auteurs modernes C’est à partir de cette capsule nasale cartilagineuse
désignent les deux sutures qui composent l’articulation que se développe l’os ethmoïde [16]. Mais alors
sphénofrontale sous les noms de suture sphénofrontale que le sinus ethmoïdal a pour origine la capsule
latérale et de suture orbitosphénofrontale. La première nasale cartilagineuse (origine endochondrale),
se forme entre le frontal et la portion latérale de l’ala
les autres sinus paranasaux se forment à partir de
temporalis, à partir de deux centres d’ossification mem-
diverticules épithéliaux, extensions de l’ethmoïde
braneuse, alors que la seconde représente une jonction
chondromembraneuse entre le frontal d’ossification dans les os membraneux [17].
membraneuse et la petite aile du sphénoïde d’ossifica- Ainsi, vers le 6e mois de gestation, une cellule de l’in-
tion endochondrale [11]. fundibulum ethmoïdal s’allonge postérieurement le
Les sutures orbitosphénofrontales commencent à s’os- long de la partie médiale du toit orbitaire et latérale-
sifier vers 5 ans ; elles fusionnent vers 15 ans [12, 13]. ment au-dessus de la partie interne du sourcil pour
former l’ébauche du sinus frontal. Les sinus frontaux
s’individualisent vers l’âge de 2 ans. Ils sont visibles
radiologiquement vers 5 ou 6 ans et atteignent leur
Sinus frontaux taille définitive après la fin de la puberté.
Les sinus frontaux sont deux cavités asymétriques La croissance différentielle entre le neurocrâne et
situées de part et d’autre de la ligne médiane du le viscérocrâne favoriserait aussi le développement
frontal, dans l’épaisseur de l’os, entre l’écaille et des sinus frontaux. En effet, vers 6 ans, à l’arrêt de la
la partie orbitonasale (figure 5.10). Une mince croissance cérébrale, la table interne de l’os frontal
cloison les sépare : c’est le septum des sinus fron- n’est plus stimulée, alors que la table externe très
taux. Parfois, d’autres petites lamelles osseuses les intimement adhérente à la dure-mère crânienne,
76 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

et toujours soumise à la poussée du mésethmoïde, peut conserver, plus ou moins, selon les individus,
se détache de la table interne. Ce clivage entre les un certain degré de compliance intraosseuse qui se
tables interne et externe de l’os frontal correspond manifeste par des mouvements de rotation externe
à l’emplacement du sinus f­rontal [18]. et des mouvements de rotation interne.
De forme très variable, les sinus frontaux présen- Classiquement, dans le modèle proposé par
tent une hauteur d’environ 2 à 3 cm pour une Sutherland, un axe de mouvement relie grossiè-
profondeur de 1 à 2 cm. Ils peuvent se continuer rement un point situé au centre de chaque face
en direction des processus zygomatiques, et de la orbitaire à la bosse frontale ipsilatérale de l’écaille.
voûte orbitaire. Chaque sinus frontal communi- Chaque moitié du frontal tourne autour de ces
que avec la cavité nasale et se draine dans le méat deux axes, et le mouvement de rotation externe
moyen. L’ouverture du sinus frontal (canal fron- est associé à l’effacement de la suture métopique
tonasal) a parfois la forme d’un canal en forme et au déplacement vers l’avant des processus zygo-
d’entonnoir de 1,5 à 2 cm de hauteur qui consti- matiques. Les déplacements opposés sont décrits
tue la portion intra-ethmoïdale du frontal : c’est dans la rotation interne.
l’infundibulum ethmoïdal. En fait, la description du mouvement autour
L’innervation des sinus frontaux provient de la bran- d’un axe est un modèle mécanique excessivement
che frontale du nerf ophtalmique (V1). Une de ses simplifié où les mouvements ne se produisent
branches terminales, le nerf supraorbitaire (frontal que dans un seul plan de l’espace. En revanche,
externe) émerge au niveau du foramen ou de l’in- la description du mouvement autour d’un point,
cisure supraorbitaire. Il constitue un point réflexe qui devient le centre du mouvement est plus satis-
important dans les sinusites et leur traitement par faisante. Dans ce cas, ce point peut être le centre
une approche manuelle, telle la stimulation du nerf d’ossification à partir duquel se développe chaque
trijumeau proposée par Bailey en 1922 [19, 20]. moitié du frontal. Dès lors, le mouvement com-
plexe de l’os frontal peut être décrit par rapport
Parce que l’ostium du sinus frontal est situé aux trois plans de l’espace :
au niveau de sa base, pour profiter de la gra- • dans le plan sagittal, l’os frontal démon-
vité, le drainage du sinus frontal est plus effi- tre une rotation antérieure ou une rotation
cace dans la position assise. postérieure ;
• dans le plan coronal, l’ensemble du frontal se
déplace caudalement mais à un plus grand degré
Mouvement craniosacral au niveau de la partie médiale que de la partie
latérale ou inversement l’ensemble du frontal se
Embryologiquement, l’os frontal consiste en déplace céphaliquement mais à un plus grand
deux parties qui, à la naissance, sont séparées par degré au niveau de la partie médiale que de la
la suture métopique au niveau de l’écaille de l’os partie latérale ;
frontal. Pour cette raison, l’os frontal est considéré • dans le plan transversal, la suture métopique
comme un os pair dans le concept crânien. On lui s’efface quand les processus zygomatiques du
décrit donc des mouvements de rotation externe frontal se déplacent vers l’avant ou inversement
pendant l’inspiration crânienne associée à la flexion la suture métopique avance quand les processus
de la synchondrose sphénobasilaire (SSB), et des zygomatiques reculent.
mouvements de rotation interne pendant l’expira- Ainsi, dans le mouvement de rotation externe qui
tion crânienne associée à l’extension de la SSB. résulte de la combinaison des mouvements dans
les trois plans de l’espace, la suture métopique se
Flexion-extension crânienne déplace vers l’arrière quand les processus zygo-
matiques du frontal se déplacent vers l’avant et le
Après l’ossification de la suture métopique qui sur- dehors. Les bosses frontales s’effacent, le ­bregma
vient le plus souvent entre 6 et 8 ans, l’os frontal se déplace vers l’arrière et vers le bas, le bord
Chapitre 5. Os frontal 77

postérieur des parties orbitonasales descend en crânienne associée à la flexion de la SSB ou d’ex-
même temps que l’incisure ethmoïdale s’élargit. piration crânienne associée à l’extension de la
Dans la rotation interne, les déplacements opposés SSB. Le crâne est une structure où les pièces sont
se produisent, la suture métopique avance quand articulées selon des rapports complexes et tout
les processus zygomatiques se déplacent vers l’ar- mouvement comme la torsion ou le sidebending-
rière et le dedans. Les bosses frontales sont plus rotation de la SSB nécessite la prise en compte
proéminentes, le bregma se déplace vers l’avant et d’un certain degré de flexibilité des structures
le haut, le bord postérieur des parties orbitonasa- osseuses crâniennes.
les monte en même temps que l’incisure ethmoï- Dans le mouvement de torsion, le frontal démon-
dale diminue de largeur. tre des mouvements comparables à ceux de rota-
tion externe et de rotation interne. Du côté de
la torsion, le processus zygomatique du frontal se
Torsion déplace latéralement et la bosse frontale s’efface.
Avec le sphénoïde et les autres os qui constituent
Comme toute structure paire, en plus des mou- la cavité orbitaire, l’os frontal contribue à l’ap-
vements de rotation externe crânienne décrits parence plus large de cette cavité. La moitié de
pendant la phase d’inspiration crânienne, ou de l’incisure ethmoïdale située du côté de la torsion
rotation interne pendant l’expiration crânienne, s’élargit, ce qui participe au mouvement global
l’os frontal participe aux mouvements de torsion des os de la face, en rotation externe du côté de
et de sidebending-rotation de la synchondrose la torsion. La respiration nasale est plus facile de
sphénobasilaire. côté.
L’os frontal s’articule avec le sphénoïde au niveau Du côté opposé à la torsion, le frontal démontre
des sutures sphénofrontale latérale et orbito- un mouvement comparable à la rotation interne,
sphéno-frontale, mais ne présente aucune arti- et les déplacements contraires se produisent. Le
culation avec l’os occipital. Il subit donc plus processus zygomatique se déplace médialement, la
directement l’influence de l’os sphénoïde que celle bosse frontale est plus proéminente, la cavité orbi-
de l’os occipital. Dans la torsion, le sphénoïde et taire semble plus étroite et la moitié de l’incisure
l’occiput tournent en directions contraires autour ethmoïdale située de ce côté diminue de largeur.
d’un axe antéropostérieur qui relie le nasion à Ce mouvement s’associe au mouvement global
l’opisthion. Lorsque le sphénoïde tourne autour des os de la face, dans le sens de la rotation interne
de cet axe, un côté est plus haut que l’autre et la du côté opposé à la torsion. La respiration nasale
grande aile se déplace vers le haut de ce côté, pen- est plus difficile de côté.
dant que la grande aile controlatérale se déplace
vers le bas. Dans le même temps, l’occiput tourne
en sens contraire et se déplace vers le bas du côté Sidebending-rotation
de la grande aile haute et vers le haut de l’autre Deux composantes de mouvement sont présentes
côté. La torsion est nommée du côté où la grande dans le sidebending-rotation de la SSB, avec pour
aile du sphénoïde se déplace vers le haut et, en chacune d’elles des axes de mouvement différents.
l’absence de dysfonction somatique crânienne, L’occiput et le sphénoïde tournent dans la même
les mouvements de torsion droite et de torsion direction autour de l’axe antéropostérieur qui relie
gauche sont possibles avec la même quantité et la le nasion et l’opisthion et lorsque le sphénoïde
même qualité de déplacement. tourne autour de cet axe, un côté est plus haut
Pendant les mouvements de torsion et de side- que l’autre et la grande aile se déplace vers le haut
bending rotation, les déplacements du fron- de ce côté, pendant que la grande aile de l’autre
tal sont comparables mais non identiques aux côté se déplace vers le bas. L’occiput tourne du
mouvements de rotation externe ou de rotation même côté que le sphénoïde. Simultanément,
interne décrits pendant les phases d’inspiration autour de deux axes verticaux, l’occiput et le
78 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

sphénoïde tournent en direction opposée et d’un chaque moitié de l’écaille frontale. Recherchez la
côté la grande aile du sphénoïde se déplace vers suture métopique sur la ligne médiane ou ses ves-
l’avant quand l’occiput se déplace vers l’arrière, tiges si le sujet est adulte, puis sur les côtés palpez
alors que de l’autre côté, la grande aile et l’occiput les processus zygomatiques. Un schéma associé
se rapprochent l’un de l’autre. Le sidebending qui à la flexion-rotation externe est présent lorsque
en résulte entre le sphénoïde et l’occiput au niveau la(les) bosse(s) frontale(s) est(sont) effacée(s),
de la SSB, produit une convexité d’un côté et une l’écaille plus aplatie, la suture métopique estom-
concavité de l’autre. Le sidebending-rotation est pée et le(les) processus zygomatique(s) plus
nommé du côté où la grande aile et l’occiput sont latéral(aux). Dans l’extension-rotation interne, les
déplacés vers le bas. déplacements inverses sont palpés.
L’os frontal suit les déplacements de l’os sphénoïde Postérieurement, le bord pariétal de l’os frontal
et démontre un mouvement comparable à la rota- s’articule avec les deux os pariétaux au niveau de
tion interne du côté du sidebending-rotation et un la suture coronale. De chaque côté du bregma le
mouvement comparable à la rotation externe du bord pariétal est taillé en biseau aux dépens de la
côté opposé. Toutefois, on se souviendra que pen- table interne de l’os frontal et recouvre l’os pariétal.
dant les mouvements de sidebending-rotation, les Au niveau du stéphanion, les biseaux s’inversent,
déplacements du frontal ne sont pas exactement le bord pariétal de l’os frontal est taillé en biseau
identiques aux mouvements de rotation externe aux dépens de la table externe, et il est recouvert
ou de rotation interne décrits pendant les phases par le pariétal. Le stéphanion est situé à la réunion
d’inspiration ou d’expiration crâniennes. de la ligne temporale de l’os frontal avec la suture
coronale. Notez que le stéphanion correspond à la
ligne d’insertion du fascia temporal.
Palpation pour la structure Essayez de repérez la suture coronale et le bregma
en son centre, souvent reconnaissable par une
La palpation pour la structure consiste en la palpa- légère dépression. Chez l’enfant, la suture coronale
tion de l’écaille et de la crête orbitonasale de l’os peut être le siège de chevauchement des os.
frontal. La partie orbitonasale n’est pas palpable. Placez la pulpe des index ou des médius en arrière
Normalement, la palpation pour la structure des processus zygomatiques du frontal, au niveau
confirme les informations obtenues par l’obser- de la face temporale de l’os qui forme la partie la
vation. L’écaille du frontal est sous-cutanée et plus antérieure de la fosse temporale. Cette surface
palpable à travers les fibres du muscle occipito­ ainsi que la face postérieure du processus zygomati-
frontal. Ce muscle s’insère par un ventre occi- que donne insertion au muscle temporal, plus spé-
pital au-dessus de la ligne nuchale supérieure et cifiquement aux fibres les plus verticales du muscle
sur la face externe des processus mastoïdes, puis temporal, fortement impliquées dans la mastication.
il se continue en avant par la galéa aponévrotique Existe-t-il une différence entre les deux côtés ? Le
(aponévrose épicrânienne), et par le ventre fron- cas échéant, considérez l’éventualité d’une masti­
tal du muscle qui se termine au niveau du derme cation unilatérale pour expliquer cette asymétrie.
supraorbitaire. C’est le muscle qui mobilise le cuir Recherchez l’emplacement de la glabelle, environ
chevelu et élève les sourcils. Veillez donc à installer 1 cm au-dessus du bord nasal de l’os frontal, puis
le sujet en position de confort, pour relâcher ce au-dessus définissez la situation de l’ophryon.
muscle et faciliter la palpation. Comparez la densité intraosseuse de ces deux
Palpez tout d’abord les reliefs de l’écaille qui est points. Normalement, cette densité est moindre
globalement convexe et notez les différences entre au niveau de l’ophryon. Visualisez la faux du cer-
les deux côtés. L’écaille est-elle plus antérieure veau qui s’insère sur la face endocrânienne de la
d’un côté que de l’autre ? Existe-t-il une différence suture métopique. À partir de la glabelle, dépla-
dans la convexité ? De chaque côté, recherchez cez les index ou les médius de part et d’autre de
les bosses frontales situées presque au centre de la ligne médiane, au-dessus des sourcils et palpez
Chapitre 5. Os frontal 79

les arcades sourcilières. Elles sont plus horizonta- par la palpation pour la fonction pour identifier
les et semblent longues dans le mouvement de la une dysfonction somatique. Dans tous les cas, la
flexion-rotation externe ; inversement elles sont connaissance anatomique permet une analyse des
plus convexes et semblent moins longues dans le informations perçues. La palpation pour la fonc-
mouvement d’extension-rotation interne. Notez tion de l’os frontal consiste en tests de mobilité,
que le tracé des sourcils du sujet, s’ils ne sont pas parmi lesquels les tests d’écoute sont privilégiés.
épilés, suit cette forme. Procédez tout d’abord à une écoute globale de
Puis palpez la crête orbitonasale. Comparez les l’os frontal. Le sujet est en position de décubi-
deux côtés en promenant la pulpe de l’index de tus dorsal, le praticien est assis à la tête du sujet.
haut en bas sur le bord supraorbitaire qui forme Placez les deux mains sur le frontal, les doigts en
le rebord supérieur de l’orbite. Il paraît plus mar- direction caudale, avec :
qué et déplacé vers l’avant dans la flexion-rotation • les deux index de part et d’autre de la suture
externe ; inversement il semble émoussé dans l’ex- métopique ;
tension-rotation interne. • la pulpe des médius au milieu du bord
Au niveau du bord nasal, recherchez de chaque supraorbitaire ;
côté, l’articulation de l’os frontal et de l’os nasal, • les annulaires sur la face antérieure du processus
médialement au niveau de la suture frontonasale, zygomatique ;
et l’articulation de l’os frontal et du processus • les auriculaires sur la face temporale de l’os
frontal du maxillaire, latéralement au niveau de frontal, en arrière des processus zygomatiques ;
la suture frontomaxillaire. Notez les différences • les talons des mains reposent souplement sur la
entre les deux côtés, ces surfaces sont situées dans partie supérieure de l’écaille frontale ;
un plan plus frontal dans le mouvement de rota- • les avant-bras reposent sur la table avec de bons
tion externe, et dans un plan plus sagittal dans le appuis pour faciliter la perception des mouve-
mouvement de rotation interne. ments par les mains.
L’incisure ou foramen supraorbitaire se palpe Percevez-vous quelque chose ? Existe-t-il un mou-
approximativement à l’union du tiers médial et vement ? L’inspiration et l’expiration crâniennes
des deux tiers latéraux du bord supraorbitaire. sont-elles satisfaisantes qualitativement et quan-
Cette zone qui livre passage aux vaisseaux et au titativement ? Essayez de définir d’où provient la
nerf supraorbitaires est sensible, procédez délica- sensation perçue : structures cutanées, sous-cuta-
tement, comparez les deux côtés et notez toute nées, musculaires, osseuses, membraneuses, liqui-
différence dans la qualité tissulaire. diennes, ou nerveuses. Apprenez à percevoir par
l’écoute, les structures propres à chacun de ces
Latéralement, le processus zygomatique oblique
niveaux. Pour évaluer le niveau le plus superficiel,
en bas et en dehors est facile à palper. Il forme un
la pression des mains et des doigts est extrême-
pilier qui fait saillie. Comparez les deux côtés. Le
ment légère, puis elle augmente au fur et à mesure
pilier est plus antérieur et latéral dans le mouve-
que l’on explore les couches les plus profondes,
ment de flexion-rotation externe et plus postérieur
tout en restant très légère. Le niveau d’écoute
et médial dans le mouvement d’extension-rotation
varie surtout selon l’intention mentale et la visua-
interne. Repérez la limite inférieure du processus
lisation du praticien.
zygomatique et son articulation avec le processus
frontal de l’os zygomatique au niveau de la suture Évaluez le mouvement crânien : existe-il une alter-
frontozygomatique. nance de rotation externe et de rotation interne
associées à l’inspiration et à l’expiration crânienne,
ou un mouvement de torsion, de sidebending,
Palpation pour la fonction de strain latéral ou vertical ? Dans la rotation
externe, une expansion latérale des deux moi-
L’anamnèse, l’observation et la palpation pour tiés de l’écaille est perçue au niveau des doigts,
la structure doivent toujours être confirmées mais aussi au niveau des paumes de la main. Les
80 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

processus zygomatiques s’écartent, la suture


métopique s’enfonce sous les index et l’incisure
ethmoïdale que l’on essaie de visualiser s’ouvre.
Ce mouvement facilite la rotation externe de l’os
ethmoïde et des structures nasales qui l’entourent.
Inversement, dans la rotation interne, l’incisure se
ferme ce qui favorise la rotation interne de l’eth-
moïde et des structures associées. Rappelez-vous
que toutes les structures de la face sont « suspen-
dues » sous le frontal, à l’exception de la mandi-
bule et du vomer ; dès lors toute dysfonction de
l’os frontal doit être normalisée.
Lorsqu’on sent une restriction de la motilité
intracrânienne, définissez la ou les structure(s)
anatomique(s) auxquelles se rattache cette restric-
tion. Visualisez les membranes dure-mériennes Fig. 5.11.  Palpation pour la fonction de l’os frontal.
et l’insertion de la faux du cerveau le long de la
suture métopique. Existe-il des zones de restric-
tion ? Mentalement, visualisez chacune des sutures pulpe de l’index sur le bord médial et la pulpe du
et évaluez les rapports articulaires de l’os frontal médius sur le bord latéral du processus zygomati-
avec les os qui l’entourent : sutures frontonasale, que (figure 5.11). Essayez de sentir si le mouve-
frontolacrymale, frontoethmoïdale, frontomaxil- ment est plus facile dans un déplacement latéral
laire, orbitosphénofrontale, sphénofrontale laté- pour la rotation externe ou médial pour la rota-
rale, frontozygomatique, coronale. Évaluez si cela tion interne.
est possible la composante de flexibilité intraos- Pour autant, l’évaluation de l’os frontal doit être
seuse de l’os frontal et chez le sujet jeune, le mou- aussi complète que possible et s’inscrire dans un
vement de la suture métopique. protocole d’examen global. Très fréquemment, les
Lorsque l’écoute n’informe pas suffisamment, des dysfonctions du frontal sont associées et/ou respon-
tests plus inductifs avec sollicitation des mouve- sables de dysfonctions faciales. Leur normalisation
ments peuvent être pratiqués [21]. Chaque mouve- doit être envisagée le plus précocement possible.
ment du frontal peut être sollicité : tout d’abord par
la sollicitation la plus fine qui est celle de la visualisa- Références
tion mentale, puis par une induction plus grande.   [1] Williams PL, Ed. Gray’s Anatomy. 38th ed. Edinburgh :
Avec le même placement des mains, imaginez Churchill Livingstone ; 1995.
mentalement l’anatomie de la zone palpée et les   [2] Rice DP. Developmental anatomy of craniofacial
sutures. Front Oral Biol 2008 ; 12 : 1–21.
mouvements à tester. Laissez toujours revenir   [3] Weinzweig J, Kirschner RE, Farley A, Reiss P,
en position neutre avant de tester le mouvement Hunter J, Whitaker LA, et al. Metopic synostosis :
opposé. Ainsi, visualisez la rotation externe du Defining the temporal sequence of normal suture
frontal, l’élargissement du frontal au niveau des fusion and differentiating it from synostosis on
processus zygomatiques en même temps que la the basis of computed tomography images. Plast
Reconstr Surg 2003 ; 112 : 1211–8.
suture métopique s’enfonce, le profil du frontal   [4] Ajmani ML, Mittal RK, Jain SP. Incidence of the
qui avance légèrement au niveau du rebord orbi- metopic suture in adult Nigerian skulls. J Anat
taire, et le bregma qui descend. Visualisez le mou- 1983 ; 137(Pt 1) : 177–83.
vement opposé pour la rotation interne.   [5] Standring S, Ed. Gray’s Anatomy : The anatomical
basis of clinical practice. 39th ed Churchill Livingstone :
Très simplement, le mouvement de l’os frontal Edinburgh ; 2004.
peut être apprécié au niveau des processus zygo-   [6] Hinojosa J, Esparza J, Muñoz MJ, Salván R,
matiques. Pour ce faire, de chaque côté placez la Romance A, Alén JF, Muñoz A. Surgical treatment
Chapitre 5. Os frontal 81

of trigonocephalies and associated hypoteleorbitism. [14] Amanou L, Van Den Abbeele T, Bonfils P. Sinusites
Neurocirugia (Astur) 2002 ; 13 : 437–45. frontales. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) :
  [7] Schiwy -Bochat KH. The roughness of the supra- ­Oto-rhinolaryngologie ; 20–430-D-10.2000
nasal region--a morphological sex trait. Forensic Sci [15] François M. Ethmoïdites aiguës chez l’enfant.
Int 2001 ; 117 : 7–13. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) : Oto-rhino-
  [8] Celbis O, Iscan MY, Soysal Z, Cagdir S. Sexual dia- laryngologie ; 20–440-A-10. 2008.
gnosis of the glabellar region. Leg Med (Tokyo) [16] Sergueef N. Ostéopathie pédiatrique. Paris : Elsevier ;
2001 ; 3 : 162–70. 2007. p. 53.
  [9] Agthong S, Huanmanop T, Chentanez V. [17] Márquez S, Tessema B, Clement PA, Schaefer SD.
Anatomical variations of the supraorbital, infraorbi- Development of the ethmoid sinus and extramural
tal, and mental foramina related to gender and side. migration : the anatomical basis of this paranasal
J Oral Maxillofac Surg 2005 ; 63 : 800–4. sinus. Anat Rec (Hoboken) 2008 ; 291 : 1535–53.
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Neuroimaging Clin N Am 2000 ; 10 : 1–21 vii. 2007. p. 153.
Chapitre 6
Os pariétal

Os plat, pair, le pariétal (du latin pariet, paroi) se réunissent rapidement. L’ossification continue
forme la partie supérolatérale du crâne, de chaque de manière excentrique autour d’eux, ce qui expli-
côté de la ligne médiane (figure 6.1). que la présence de fontanelles au niveau des angles
de l’os pariétal, les dernières parties à s’ossifier.

Ostéogenèse
Description
Chaque os pariétal se développe à partir de deux
points d’ostéogenèse qui apparaissent dans le Quadrangulaire, convexe en dehors, il présente
tissu membraneux vers la 7e semaine de gestation. deux faces, externe et interne, quatre bords et
Localisés au niveau de la future bosse pariétale, ils quatre angles.

3
Face externe (figure 6.2)
2 Convexe, la face externe (face exocrânienne) de
l’os pariétal est lisse. À sa partie moyenne, elle

4 3
1
2 5

1 7
6
4
5
Fig. 6.2.  Os pariétal : face externe.
1.  bosse pariétale ;
Fig. 6.1.  Os pariétal : vue supérieure. 2.  ligne temporale supérieure ;
1.  suture sagittale ; 3.  ligne temporale inférieure ;
2.  suture coronale ; 4.  bord sagittal ;
3.  bregma ; 5.  bord frontal ;
4.  lambda ; 6.  bord squameux ;
5.  foramen pariétal. 7.  bord occipital.

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


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84 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

présente une voussure assez marquée qui consti- chevelu par des tractus fibreux, et qui sépare le
tue la bosse pariétale. Généralement plus marquée pariétal de la peau. Tout près du bord supérieur,
chez le jeune enfant que chez l’adulte, cette bosse aux environs de l’union de ses trois quarts anté-
correspond aux extrémités du plus grand diamètre rieurs et de son quart postérieur, un orifice de
transversal de la calvaria. petite taille, le foramen pariétal, livre passage à
Deux lignes courbes à concavité inférieure traver- une veine émissaire.
sent l’os pariétal sur toute sa longueur. Ce sont les
lignes temporales (lignes courbes temporales) supé- Face interne (figure 6.4)
rieure et inférieure. La ligne temporale supérieure
se prolonge en avant sur l’os frontal. Elle donne La face interne (face endocrânienne) de l’os parié-
insertion au fascia du muscle temporal (figure 6.3). tal est concave. À sa partie moyenne, la conca-
La ligne temporale inférieure donne insertion au vité est plus marquée, c’est la fosse pariétale qui
muscle temporal. Ce muscle s’insère aussi sur toute répond à la bosse pariétale.
la surface de l’os pariétal située au-dessous de la Sur cette face, se devinent les empreintes des gyrus
ligne temporale inférieure. cérébraux habituellement peu marquées. Les
Dans sa partie médiale, au-dessus de la ligne sillons vasculaires profonds, bien visibles sont les
temporale supérieure, l’os pariétal est recouvert sillons des branches de l’artère méningée moyenne
par la galéa aponévrotique (aponévrose épicrâ- et des veines qui les accompagnent. Souvent au
nienne), une lame fibreuse qui adhère au cuir nombre de trois, ils sont dirigés de bas en haut :

Temporal

Ptérygoïdien latéral

Masséter

Grand zygomatique Auriculaire postérieur

Petit zygomatique Occipital

Corrugateur du sourcil

Orbiculaire de l’œil

Procerus Splénius de la tête


Oblique inférieur Trapèze
Releveur de la lèvre
supérieure et de l’aile du nez Semi-épineux de la tête
Releveur de la lèvre supérieure Petit droit postérieur
Releveur de l’angle de la bouche de la tête
Transverse du nez Oblique supérieur
Dilatateur des narines Longissimus de la tête
Grand droit postérieur
Abaisseur du septum nasal de la tête
Sterno-cléido-mastoïdien
Buccinateur
Droit antérieur de la tête

Stylopharyngien
Mentonnier
Stylohyoïdien
Abaisseur de la lèvre inférieure
Temporal
Abaisseur de l’angle de la bouche Styloglosse
Platysme
Masséter

Fig. 6.3.  Os pariétal : face externe.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.
Chapitre 6. Os pariétal 85

un sinus veineux : c’est le sinus sagittal supérieur


3 (figure 6.5). Cette gouttière est rarement creusée
de manière symétrique sur les deux pariétaux, elle
est presque toujours déviée, et le plus souvent vers
la droite [2]. La faux du cerveau s’insère sur les
lèvres du sillon du sinus sagittal supérieur et le
1 sinus sagittal supérieur court dans un dédouble-
ment de cette membrane (figure 6.6).
Près du sillon du sinus sagittal supérieur, la face
interne de l’os pariétal est creusée de petites fos-
settes, les fossettes granulaires qui contiennent
des granulations arachnoïdiennes (granulations
de Pacchioni) (figure 6.7). Celles-ci présentent
des villosités comparables à de petites hernies de
l’arachnoïde dans les parois d’un sinus veineux
2 [3]. Bien visibles dès l’âge de 18 mois, leur nom-
bre augmente au fur et à mesure de la croissance ;
Fig. 6.4. Os pariétal : face interne.
1. sillon antérieur de l’artère méningée moyenne ;
ce nombre varie selon les individus [4]. Elles sont
2. sillons postérieurs de l’artère méningée moyenne ; habituellement plus marquées chez le sujet âgé.
3. fossettes granulaires.

Bien que décrites antérieurement, c’est à partir du travail


• le sillon antérieur qui part de l’angle sphénoïdal de Pacchioni (1705) que les granulations arachnoïdien-
marque le passage de la branche antérieure de nes sont nommées [5]. Pour l’anecdote, Pacchioni et
l’artère méningée moyenne ; ses contemporains considèrent la dure-mère comme un
muscle. À ce jour, malgré de nombreuses études, la phy-
• les deux sillons postérieurs qui partent du bord
siologie des granulations et de la résorption du liquide
latéral sont les empreintes des divisions de la bran- cérébrospinal (liquide céphalorachidien) n’est toujours
che postérieure de l’artère méningée moyenne. pas totalement élucidée. Classiquement, on attribue aux
granulations arachnoïdiennes une fonction de résorption
du liquide cérébrospinal, en association avec celle des
En 1890, Trolard décrit un canal osseux, le canal sphé- voies lymphatiques [6].
nopariétal (de Trolard), situé sous le bord postérieur de la Notez qu’autrefois le terme diploé signifiait les deux tables
petite aile du sphénoïde dans sa partie latérale, et dans de tissu compact dont les os du crâne sont formés. Plus
lequel cheminent les branches antérieures de la veine récemment, il signifie la substance spongieuse, trabécu-
et de l’artère méningées moyennes. Ce canal se conti- laire qui sépare les deux tables des os de la voûte.
nue au niveau pariétal par un sillon situé le long du bord Le diploé de l’os pariétal contient un important réseau
antérieur de l’os, en avant du sillon de la branche anté- vasculaire sinusoïdal qui communique avec la dure-
rieure de l’artère méningée moyenne. Ce sillon contient mère sous-jacente. Dès lors, un autre mode de résorp-
un sinus veineux, nommé parfois le sinus de Breschet, tion indirect du liquide cérébrospinal semble possible par
ou sinus sphénopariétal. Cette appellation est controver- l’intermédiaire des espaces périvasculaires où baignent
sée. Pour certains, l’appellation « sinus de la petite aile les granulations arachnoïdiennes. Les veines diploïques
du sphénoïde » est plus satisfaisante. Elle évite l’assi- qui leur sont associées cheminent à l’intérieur de l’os
milation de ce sinus avec le prolongement pariétal de la pariétal, dans le diploé de la zone parasagittale, et sont
branche antérieure de la veine méningée moyenne [1]. reliées au sinus sagittal supérieur [7].

Près de l’angle mastoïdien, un sillon court et large


Le long du bord supérieur de l’os pariétal une creuse la face interne de l’os pariétal. C’est le sillon
demi-gouttière assez large forme avec celle de l’os oblique en bas et en avant du sinus sigmoïde qui
pariétal opposé un large sillon dans lequel chemine prolonge le sillon de l’os occipital et se continue
86 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Crête frontale

Os frontal

Sillon de la branche antérieure


Sillon du sinus sagittal de l’artère méningée moyenne
supérieur

Bregma Suture coronale

Fossettes granulaires
Sillons pour l’artère
méningée moyenne

Suture sagittale

Os pariétal

Suture lambdoïde
Os occipital
Lambda

Fig. 6.5.  Os pariétal : face interne. Sillon du sinus sagittal supérieur.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

sur la face médiale ou cérébrale de la partie mas- Bords (figures 6.2 à 6.8)
toïdienne de l’os temporal. La tente du cervelet
s’insère sur les lèvres de ce sillon. Au nombre de quatre, ce sont les bords sagittal,
frontal, squameux et occipital.

L’os pariétal présente de nombreux rapports Bord sagittal


veineux. Le sinus veineux sagittal supérieur che- Très épais, dentelé, convexe vers le haut, ce bord
mine entre les deux pariétaux, en dessous de la sagittal (bord supérieur ou pariétal) est le plus long
suture sagittale, dans le dédoublement dure-
de tous les bords de l’os. Ses nombreuses dentelures
mérien de la faux du cerveau. Le sinus sigmoïde
passe en pont au niveau de l’angle latéral de l’os
sont visibles sur les deux faces de l’os. Il s’articule
occipital, de l’angle mastoïdien de l’os pariétal et avec le bord sagittal du pariétal opposé pour former
de la partie mastoïdienne de l’os temporal. Une avec lui la suture sagittale. Les dentelures de ce bord
dysfonction somatique de ces os et des mem- sont irrégulières et peuvent s’effacer près d’un point
branes dure-mériennes qui leur sont rattachées craniométrique situé sur la suture sagittale au niveau
peut affecter le flux veineux. Par exemple, une des foramens pariétaux : l’obélion (figure 6.1).
telle dysfonction peut résulter d’un accouche-
ment difficile, où le pariétal et le sinus sigmoïde Bord frontal
sont parfois soumis à des contraintes importan-
tes au niveau de l’astérion [8]. Moins épais, moins dentelé, le bord frontal (bord
antérieur) dessine une légère courbure à concavité
Chapitre 6. Os pariétal 87

Sinus sagittal inférieur


Sinus sagittal supérieur Sinus sigmoïde
Sinus pétreux supérieur

Sinus droit

Confluence des sinus


Sinus basilaire

Grande veine cérébrale


Sinus sphénopariétal

Sinus intercaverneux

Veine ophtalmique

Sinus transverse droit


Sinus sigmoïde
Sinus pétreux supérieur

Sinus pétreux inférieur


Sinus caverneux Plexus veineux ptérygoïdien

Fig. 6.6.  Os pariétal : face interne. Faux du cerveau et sinus sagittal supérieur.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

Granulations arachnoïdiennes Sinus sagittal supérieur

Artère cérébrale Veine cérébrale

Table externe
Diploé Crâne
Dure-mère
Table interne

Arachnoïde Espace extradural


(espace virtuel)
Pie-mère
Espace
subarachnoïdien

Fig. 6.7.  Os pariétal : face interne. Granulations arachnoïdiennes.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.
88 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

• en arrière, une courte portion s’articule avec le


1 bord supérieur de la partie mastoïdienne de l’os
2 temporal au niveau de la suture pariétomastoï-
3
dienne. Cette suture répond au sillon du sinus
sigmoïde.
L’angle formé entre les parties centrale et posté-
rieure du bord squameux est ouvert en arrière,
c’est l’incisure pariétale.

Bord occipital

6 Très dentelé, le bord occipital (bord postérieur)


4
s’articule avec le bord supérieur lambdoïdien de
5
l’os occipital pour former la suture lambdoïde.
Fig. 6.8. Os pariétal : vue latérale. Dans ses deux tiers médiaux, le bord occipital de
1. suture sagittale ; l’os pariétal est taillé en biseau aux dépens de la
2. suture coronale ; table externe et, dans son tiers latéral, il est taillé
3. suture sphénopariétale ; en biseau aux dépens de la table interne.
4. suture squameuse ;
5. suture pariétomastoïdienne ;
6. suture lambdoïde. Normalement, l’ossification de la suture lambdoïde
débute vers 25 ans et se termine entre 35 et 47 ans [9,
antérieure. Il s’articule avec le bord pariétal de 10]. Chez le jeune enfant, une ossification prématurée
l’os frontal pour former avec lui la suture coronale. de cette suture est une craniosynostose ou synostose de
Dans ses deux tiers supérieurs, le bord frontal de la suture lambdoïde. Elle résulte en une plagiocéphalie
l’os pariétal est taillé en biseau aux dépens de la postérieure qui peut être unilatérale ou bilatérale. Pour
autant, les synostoses de la suture lambdoïde survien-
table externe ; il est taillé en biseau aux dépens de
nent peu fréquemment [11] et représentent seulement
la table interne dans son tiers inférieur.
3,1 % de toutes les synostoses [12].

Bord squameux
Le bord squameux (bord inférieur ou temporal)
est le plus court des quatre bords de l’os pariétal.
Angles
Il est taillé en biseau aux dépens de la table externe Les deux angles supérieurs sont des angles presque
de l’os et présente trois segments : droits ; les deux angles latéraux sont plus aigus.
• en avant, une courte portion s’articule avec le Chez le nouveau-né, ces angles correspondent à
bord antérieur de la grande aile de l’os sphé- l’emplacement des fontanelles. Parfois, des os wor-
noïde, dans sa partie la plus latérale, avec laquelle miens fontanellaires persistent à ces emplacements.
il forme la suture sphénopariétale. Cette suture
participe à la constitution du ptérion ; elle est Angle frontal
décrite comme la ligne horizontale d’un H formé
par la réunion de la grande aile de l’os sphénoïde, L’angle frontal (angle antéro-supérieur) est formé
de l’écaille de l’os temporal, de la face temporale par la réunion de la suture sagittale et de la suture
de l’os frontal et de l’angle sphénoïdal de l’os coronale ; le sommet de l’angle définit le bregma.
pariétal. Pour autant, ces rapports varient sou-
vent (Voir Chapitre 3, page 42). Angle occipital
• au centre, la portion la plus large, à concavité L’angle occipital (angle postéro-supérieur) est
inférieure, s’articule sur toute sa longueur avec formé par la réunion de la suture sagittale et de
le bord pariétal de l’écaille du temporal pour for- la suture lambdoïde ; le sommet de l’angle définit
mer la suture squameuse (temporo-pariétale) ; le lambda.
Chapitre 6. Os pariétal 89

Angle sphénoïdal • dans le plan transversal, l’ensemble de l’os parié-


tal se déplace latéralement, comme la partie
L’angle sphénoïdal (angle antéro-inférieur) est
squameuse de l’os temporal. Ce déplacement
formé par la réunion de la suture sphénopariétale
latéral de l’os pariétal se produit à un plus grand
et de la suture coronale ; il contribue à la constitu-
degré en arrière qu’en avant. C’est le mouve-
tion du ptérion.
ment majeur ;
Angle mastoïdien • dans le plan coronal, l’ensemble de l’os parié-
tal se déplace vers le bas, mais à un plus grand
L’angle mastoïdien (angle postéro-inférieur) est degré au niveau du bord sagittal que du bord
formé par la réunion de la suture lambdoïde et squameux ;
de la suture pariétomastoïdienne ; le sommet de • dans le plan sagittal, le bord sagittal de l’os pariétal
l’angle définit l’astérion. se déplace vers l’arrière avec l’écaille de l’os occi-
En fait, le point craniométrique de l’astérion (Voir pital ; le bord squameux de l’os pariétal se déplace
Chapitre 2, page 28) réunit trois sutures ; ce sont vers l’avant avec l’écaille de l’os temporal.
les sutures lambdoïde, pariétomastoïdienne et Inversement, pendant l’extension-rotation interne
occipitomastoïdienne. Sur la face endocrânienne, crânienne, l’os pariétal contribue à la diminution
ce point répond à la jonction des sinus transverse de la largeur crânienne. Son mouvement se situe
et sigmoïde [13]. dans les trois plans de l’espace :
• dans le plan transversal, l’ensemble de l’os parié-
tal se déplace médialement, avec un plus grand
Les fontanelles correspondent aux quatre angles des déplacement en arrière qu’en avant ; c’est le
pariétaux. Pour l’ensemble du crâne, cela fait donc six mouvement majeur ;
fontanelles. Les deux fontanelles médiales sont les plus • dans le plan coronal, l’ensemble de l’os pariétal
grosses, ce sont les fontanelles antérieure ou bregma- se déplace vers le haut, mais à un plus grand
tique et postérieure ou lambdatique. Les fontanelles
degré au niveau du bord sagittal que du bord
latérales sont paires, deux de chaque côté, ce sont les
fontanelles sphénoïdales en avant et mastoïdiennes
squameux ;
en arrière. Typiquement, les fontanelles postérieure et • dans le plan sagittal, le bord sagittal accompa-
sphénoïdales sont fermées vers l’âge de 6 mois, les fon- gne l’écaille de l’os occipital vers l’avant et le
tanelles mastoïdiennes vers l’âge de 1 an et la fontanelle bord squameux suit l’écaille de l’os temporal
antérieure dans la deuxième année de la vie [14]. vers l’arrière.

Torsion
Mouvement craniosacral
Lors de la torsion de la SSB, les os pairs comme
Flexion-extension crânienne l’os pariétal, accompagnent les déplacements des
os occipital et sphénoïde, avec une tendance vers
L’os pariétal est un os pair. Il présente donc des la rotation externe du côté de la torsion, et vers la
mouvements de rotation externe pendant l’inspi- rotation interne de l’autre côté. Pour autant, on se
ration crânienne associée à la flexion de la synchon- souvient que pendant les mouvements de torsion
drose sphénobasilaire (SSB), et des mouvements les déplacements de l’os pariétal ne sont pas exac-
de rotation interne pendant l’expiration crânienne tement les mêmes que les mouvements de rotation
associée à l’extension de la SSB. externe décrits pendant l’inspiration crânienne
Pendant la flexion-rotation externe crânienne, l’os associée à la flexion de la SSB, ou de rotation
pariétal participe à l’augmentation de la dimension interne pendant l’expiration crânienne associée
transversale du crâne. Il présente un mouvement à l’extension. Des changements accommodatifs
qui résulte de la combinaison des déplacements surviennent dans les composantes mineures du
dans les trois plans de l’espace : mouvement.
90 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Sidebending-rotation muscles temporaux. En forme d’éventail, ils s’in-


sèrent aussi sur la face temporale du frontal, la
Les principes décrits ci-dessus concernant l’adap- face temporale de la grande aile du sphénoïde, et
tation de l’os pariétal aux mouvements de tor- l’écaille temporale. Ils se terminent sur la mandi-
sion s’appliquent également aux mouvements de bule et peuvent présenter une asymétrie de tension
sidebending-rotation. L’os pariétal situé du côté en présence de troubles occlusaux ou de dysfonc-
du sidebending est sollicité vers le bas avec les tion de l’articulation temporomandibulaire.
déplacements de l’occiput et du sphénoïde, ce qui Évaluez les sutures, la qualité de leur tissu, leur
tend vers la rotation externe, alors que l’os pariétal motilité inhérente. Chez l’enfant, notez la présence
opposé est sollicité vers le haut comme l’occiput et de chevauchement osseux et palpez les fontanelles.
le sphénoïde, ce qui tend vers la rotation interne.
Comme pour la torsion, on se souvient que les
mouvements de rotation externe ou interne ne Palpation pour la fonction
sont pas exactement les mêmes que ceux décrits
pendant la flexion ou l’extension de la SSB.
Après l’observation et la palpation pour la structure,
pratiquez la palpation pour la fonction. La motilité
inhérente et le mouvement global de la voûte peu-
Palpation pour la structure vent être appréciés par les tests d’écoute.
Le sujet est en position de décubitus dorsal et le
L’os pariétal est un os facile à palper, car il est com- praticien est assis à la tête du sujet. Commencez
plètement accessible. La palpation pour la struc- par une écoute globale du mouvement des os
ture consiste en la palpation de sa face externe, de pariétaux avec une prise par la voûte [15]. Les pou-
ses quatre bords et de ses quatre angles. ces sont l’un sur l’autre au-dessus de la suture sagit-
Tout d’abord, palpez les reliefs de la face externe tale, sans la toucher ; les autres doigts sont placés
de l’os pariétal au niveau de la voûte crânienne. de chaque côté de la tête, avec :
Les deux côtés sont-ils symétriques ? Existe-il • les index sur la zone frontosphénoïdale ou sur la
des bosses, des méplats ? Un côté est-il plus bas, face latérale de la grande aile du sphénoïde ;
plus large, moins convexe, ce qui est associé à un • la phalange proximale ou intermédiaire des
mouvement de rotation externe de l’os pariétal. médius sur l’angle sphénoïdal (angle antéro-
Inversement, dans la rotation interne, la face inférieur) de l’os pariétal ;
externe de l’os pariétal semble plus haute, moins • l’annulaire sur l’angle mastoïdien (angle pos-
large, plus convexe. téro-inférieur) de l’os pariétal ;
Évaluez la texture tissulaire et toute augmentation • l’auriculaire sur l’écaille occipitale.
de la sensibilité. Appréciez la qualité des tissus qui Notez que cette prise diffère légèrement de la prise
forment la galéa aponévrotique, son degré d’ad- par la voûte décrite le plus souvent [16]. Ici, la
hérence au cuir chevelu, la présence de fibrose au phalange proximale ou intermédiaire des médius
niveau des tractus qui séparent le pariétal de la est plus précisément sur l’angle sphénoïdal de l’os
peau. Évaluez aussi la densité de l’os pariétal. Une pariétal et non simplement en avant de l’oreille,
augmentation de la sensation de densité osseuse et l’annulaire est sur l’angle mastoïdien de l’os
accompagne souvent les dysfonctions somatiques pariétal et non simplement en arrière de l’oreille.
crâniennes. Notez que, normalement, la peau du Cette différence permet une écoute plus précise
cuir chevelu est la plus épaisse de tout le corps. Elle des pariétaux. La paume de la main peut contacter
est aussi très adhérente au fascia superficiel, lequel le crâne avec la pression la plus légère possible. Un
est en continuité avec le fascia cervical en arrière et placement de mains confortable est indispensable
avec le fascia temporal en dehors. pour une bonne relaxation du patient.
Sur les parties latérales des os pariétaux au-des- Existe-il un mouvement ? À quel niveau se situe
sous des lignes temporales supérieures, palpez les le mouvement ? Se produit-il au niveau cutané,
Chapitre 6. Os pariétal 91

aponévrotique ou osseux ? Est-il bilatéralement de brain : differentiation from dural sinus disease. AJNR
qualité et de quantité égale ? En cas de restriction Am J Neuroradiol 1996 ; 17 : 1523–32.
  [4] Le Gros Clark WE. On the Pacchionian Bodies. J
de la motilité intracrânienne, définissez la ou les Anat 1920 ; 55(Pt 1) : 40–8.
structure(s) anatomique(s) auxquelles se rattache   [5] Turner L. The structure of arachnoid granulations
cette restriction. Visualisez mentalement les qua- with observations on their physiological and patho-
tre bords de l’os pariétal et toutes les sutures qui logical significance. Ann R Coll Surg Engl 1961 ; 29 :
leur sont associées. Évaluez les rapports articulai- 237–64.
  [6] Kapoor KG, Katz SE, Grzybowski DM, Lubow M.
res du pariétal avec les os qui l’entourent, i.e. les os Cerebrospinal fluid outflow : an evolving perspec-
frontal, sphénoïde, temporaux, occiput ainsi que tive. Brain Res Bull. 2008 ; 77 : 327–34.
les rapports des deux pariétaux entre eux. Pensez   [7] Johnston KD, Walji AH, Fox RJ, Pugh JA, Aronyk KE.
à l’influence des fascias qui peuvent donner une Access to cerebrospinal fluid absorption sites by
sensation de déplacement caudal et à celle de mus- infusion into vascular channels of the skull diplö. J
Neurosurg 2007 ; 107 : 841–3.
cles temporaux hypertoniques qui tendent à abais-   [8] Arbuckle BE. The selected writings of Beryl E.
ser les os pariétaux. Arbuckle, DO, F.A.C.O.P. Newark OH: Am Acad
Puis visualisez les structures intracrâniennes et leur Osteopathy ; 1971.
influence sur les os pariétaux. Visualisez les mem-   [9] Todd TW, Lyon DW. Endocranial suture closure.
Its progress and age relationship. Part I. Adult males
branes dure-mériennes très intimement adhérentes and white stock. Am J Phys Anthropol 1924 ; 7 :
à la face interne des os pariétaux et leurs rapports 325–84.
avec les sinus sagittaux et sigmoïde. Existe-il des [10] Todd TW, Lyon DW. Cranial suture closure. Its
zones de restriction ? Essayez de définir leur niveau progress and age relationship. Part II. Ectocranial
de profondeur. C’est l’appréciation de la motilité closure in adult males of white stock. Am J Phys
Anthropol 1925 ; 8 : 23–45.
inhérente des structures étudiées qui renseigne au [11] Moss ML, Greenberg SN. Post-natal growth of the
travers des impulsions rythmiques crâniennes, de human skull base. Angle Orthodontist 1955 ; 25 :
leur qualité, amplitude et puissance. Si nécessaire, 77–84.
normalisez. [12] Persson M, Thilander B. Palatal suture closure in
man from 15 to 35 years of age. Am J Orthod 1977 ;
72 : 42–52.
Références [13] Ucerler H, Govsa F. Asterion as a surgical landmark
[1] San Millan Ruiz D, Fasel JH, Rufenacht DA, for lateral cranial base approaches. J Craniomaxillofac
Gailloud  P. The sphenoparietal sinus of Breschet  : Surg 2006 ; 34 : 415–20.
does it exist  ? An anatomic study. AJNR Am J [14] Williams PL, Ed. Gray’s Anatomy. 38th ed. Churchill
Neuroradiol 2004 ; 25 : 112–20. Livingstone ; 1995.
[2] Tubbs RS, Salter G, Elton S, Grabb PA, Oakes WJ. [15] Magoun HI. Osteopathy in the cranial field.
Sagittal suture as an external landmark for the supe- Kirksville, MO : The Journal Printing Company;
rior sagittal sinus. J Neurosurg 2001 ;94 : 985–7. 1951. p. 97.
[3] Leach JL, Jones BV, Tomsick TA, Stewart CA, [16] Magoun HI. Osteopathy in the cranial field. 2nd ed
Balko   MG. Normal appearance of arachnoid gra- Kirksville, MO : The Journal Printing Company ;
nulations on contrast-enhanced CT and MR of the 1966. p. 122.
Chapitre 7
Os temporal

« I call the temporal bone the ‘mischief maker’ or crânienne, l’os temporal représente un des os les
the ‘clown’ in the cranial articular mechanism. plus importants.
This comment points to the fact that I have found
more trouble originating from problems with that
little temporal bone than from any other in the Ostéogenèse
cranium. » [1]. (« Dans le mécanisme articulaire
crânien, j’appelle l’os temporal le « vilain » ou le L’os temporal est à la fois d’origine cartilagi-
« clown » du mécanisme articulaire crânien. Ce neuse et membraneuse. Il dérive de trois par-
commentaire illustre le fait que j’ai trouvé plus ties principales, les os squamosal, tympanal et
d’ennuis ayant leur origine dans des problèmes de pétreux. Les parties squameuse et tympanale
ce petit os temporal que dans n’importe lequel des sont d’origine membraneuse. La partie pétreuse
autres os crâniens. ») est d’origine cartilagineuse. À cela s’ajoute
Os pair, l’os temporal est situé de chaque côté du une quatrième partie, le processus styloïde qui
crâne entre l’os sphénoïde en avant et l’os occipital dérive de la partie cartilagineuse du deuxième
en arrière. Il participe à la constitution de la base arc pharyngien. Ainsi, à la naissance, les os
crânienne et de la calvaria, et contient les organes temporaux comportent chacun quatre parties
de l’audition et de l’équilibration. En ostéopathie (figure 7.1).

Processus zygomatique Partie squameuse Suture pétrosquameuse Partie squameuse

Suture
squamomastoïdienne
Eminentia
arcuata
Processus
Fosse
mandibulaire Partie Fosse zygomatique
mastoïdienne subarcuata
Tegmen tympani
Foramen
stylomastoïdien
Anneau tympanal Aqueduc
de la cochlée
a Fenêtre du vestibule Dépression b Méat acoustique interne
pour le processus styloïde

Fig. 7.1.  Temporal droit à la naissance.


a. Les trois parties principales, vue latérale ; de gauche à droite, les os pétreux, la partie tympanique et le squamosal.
b. Vue médiale.
D’après Standring S, Gray’s Anatomy, 39th edition.

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


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94 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Dès la 8e semaine de gestation, un centre d’ossifica­


tion apparaît pour la partie squameuse de l’os temporal, 3
6
et entre la 12e et la 16e semaine pour la partie tym­
panique. Pour la partie pétromastoïdienne, on décrit
1 11
jusqu’à 14 centres qui apparaissent entre la 20e et la
5
24e semaine de gestation. La partie styloïde présente
deux centres, le premier apparaît avant la naissance, le
second après [2]. 2
La suture squamotympanique marque la réunion des
parties tympanale et squameuse, la suture pétro­
squameuse celle des parties pétreuse et squameuse, 10
8
et la suture pétrotympanique des parties pétreuse
et tympanique. La suture squamotympanique se
ferme juste avant la naissance. La suture pétrosqua­
meuse peut s’ossifier dans la première année de vie,
bien que parfois une fissure reste présente jusqu’à 9 4
19 ans. La suture pétrotympanique s’ossifie avant 7
la fin de la première année. Les sutures pétrosqua­
meuse et pétrotympanique participent à la consti­
tution de la fosse mandibulaire, toit de l’articulation Fig. 7.2. Os temporal droit : vue latérale.
temporomandibulaire. 1. crête supramastoïdienne ;
2. pore acoustique externe ;
3. sillon de l’artère temporale moyenne ;
4. fissure pétro-tympano-squameuse ;
Description 5. processus zygomatique ;
6. racine postérieure ;
7. processus styloïde ;
Dans sa description anatomique, l’os temporal est 8. tubercule articulaire ou racine antérieure ;
classiquement divisé en trois parties : une partie 9. tubercule postglénoïdal ;
10. tubercule zygomatique antérieur ;
squameuse ou écaille, une partie pétrotympani- 11. fosse mandibulaire.
que ou rocher et une partie mastoïdienne dont
les deux tiers postérieurs dérivent de l’os pétreux
fœtal, le tiers antérieur de l’os squamosal.
La partie postérieure, la racine, est dirigée de dedans
en dehors et aplatie de haut en bas. Elle présente :
Partie squameuse ou écaille • une face supérieure transformée en gouttière par
les faisceaux postérieurs du muscle temporal ;
Mince lame osseuse verticale unie à la partie • une face inférieure qui forme la partie antérieure
pétreuse, l’écaille présente à décrire deux faces, de la fosse mandibulaire (cavité glénoïde) ; en
latérale ou temporale et médiale ou cérébrale, et avant de celle-ci, elle dessine une saillie transver-
un bord circonférentiel. sale convexe, le tubercule articulaire (condyle
du temporal), qui est aussi la racine antérieure
Face latérale ou temporale (figure 7.2)
du processus zygomatique ;
Un processus, le processus zygomatique divise • un bord médial fixé à l’écaille temporale ;
la face latérale de l’écaille (face exocrânienne) en • un bord latéral qui constitue la racine posté-
deux parties. rieure du processus zygomatique. En avant, cette
racine rejoint la racine antérieure du processus
Processus zygomatique zygomatique au niveau de la saillie d’insertion
Habituellement divisé en deux parties, le proces- du ligament latéral de l’articulation temporo-
sus zygomatique consiste en une partie postérieure mandibulaire (ATM) : le tubercule zygomati-
fixée, la racine ; et une partie antérieure libre. que antérieur. En arrière, la racine postérieure

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Chapitre 7. Os temporal 95

se continue avec la crête supramastoïdienne où • en avant du tubercule articulaire, une surface


s’insère le fascia temporal et présente en avant plane sous-temporale, de forme triangulaire
du pore acoustique externe (orifice du conduit qui participe à la formation du toit de la fosse
auditif externe), le tubercule postglénoïdal (zygo- infratemporale.
matique postérieur).
La partie antérieure est libre, allongée d’avant
Les mesures céphalométriques montrent qu’en l’ab­
en arrière, légèrement convexe sur sa face laté-
sence d’autres anomalies dentofaciales telles que des
rale et aplatie de dehors en dedans. Elle pré-
problèmes de taille mandibulaire ou de hauteur verticale,
sente : les malocclusions classe II peuvent être associées à une
• une face latérale convexe, sous-cutanée et fosse mandibulaire plus postérieure que chez les sujets
palpable ; classe I, ce qui entraîne une rétrusion mandibulaire [3].
• une face médiale concave qui limite la fosse Dans la malocclusion classe II, toutes les dents inférieu­
temporale et où s’insère le faisceau profond du res s’emboîtent dans une position distale à la normale,
muscle masséter ; et la cuspide distale de la première molaire maxillaire
• un bord supérieur tranchant où se fixe le fascia s’emboîte dans le sillon vestibulaire de la molaire mandi­
temporal ; bulaire. La malocclusion classe II représente une collec­
• un bord inférieur plus épais qui donne insertion tion hétérogène d’affections et la malocclusion peut être
d’origine purement squelettique, ou d’origine combinée
au faisceau moyen du muscle masséter ;
squelettique et dentaire.
• une extrémité antérieure biseautée aux dépens
Pour autant, les malocclusions classe II fonctionnelles
du bord inférieur qui s’articule avec le processus peuvent être associées à une dysfonction somatique
temporal de l’os zygomatique. crânienne. Dans la rotation externe de l’os tempo­
ral, la fosse mandibulaire se déplace postérieure­
Partie supérieure ou temporale de l’écaille ment ; inversement, dans la rotation interne, la fosse
Située au-dessus du processus zygomatique, la mandibulaire se déplace antérieurement. Dès lors,
partie temporale de l’écaille est convexe et lisse. le condyle mandibulaire qui s’articule dans la fosse
Elle répond à la fosse temporale et donne inser- mandibulaire s’adapte et la mandibule recule avec la
tion au muscle temporal. Un sillon vertical creusé rotation externe de l’os temporal et avance avec la
par l’artère temporale moyenne (artère temporale rotation interne.
profonde postérieure), branche de l’artère maxil-
laire, est visible dans son tiers postérieur.
Face médiale ou cérébrale (figure 7.3)
Partie inférieure ou basilaire de l’écaille
Légèrement concave la face médiale de l’écaille
Elle est située au-dessous du processus zygomati-
(face endocrânienne) est marquée par plusieurs
que et au-dessus des sutures squamomastoïdienne
dépressions qui répondent aux circonvolutions
en arrière et pétro-tympano-squameuse (scissure
cérébrales et par des sillons vasculaires en rapport
de glaser) en avant. Bien visible sur une face infé-
avec les branches de l’artère méningée moyenne.
rieure de l’os temporal, elle présente :
Sa limite inférieure est la suture pétrosquameuse
• la saillie transversale du tubercule articulaire
supérieure.
de l’os temporal décrite précédemment avec le
processus zygomatique ;
Bord
• en arrière du tubercule articulaire, une pro-
fonde dépression à grand axe dirigé de dedans Le bord de l’écaille consiste en trois parties : un
en dehors et d’arrière en avant : la fosse mandi- bord fixe, un bord supérieur pariétal et un bord
bulaire (cavité glénoïde) ; la fissure squamotym- antérieur sphénoïdal.
panique sépare la partie articulaire de la fosse
mandibulaire qui appartient à la partie squa- Bord fixe
meuse de l’os temporal, de sa partie non articu- C’est le bord uni aux autres parties de l’os tem-
laire qui appartient à l’os tympanal ; poral. En arrière, il constitue la limite supérieure

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96 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

6 3

5
4

7
8
9

Fig. 7.3.  Os temporal droit : vue médiale.


1.  bord sphénoïdal ;
2.  bord pariétal ;
3.  fissure pétrosquameuse supérieure ; Fig. 7.4.  Os temporal droit : vue inférieure.
4.  eminentia arcuata ; • Point pivot sphénosquameux (pivot SS).
5.  tegmen tympani ;
6.  empreinte trigéminale ;
7.  pore acoustique interne ;
8.  fossa subarcuata ;
9.  fossette unguéale. Sur une vue latérale du crâne, le changement
d’orientation des biseaux du bord antérieur,
sphénoïdal de l’écaille de l’os temporal est
de la portion mastoïdienne de l’os temporal. En situé au niveau du processus zygomatique de
avant, il est marqué par la suture pétrosquameuse l’os temporal. Le point où les biseaux chan-
supérieure visible en vue endocrânienne et par la gent est nommé le pivot sphénosquameux (pivot
suture pétro-tympano-squameuse visible en vue SS). Il  correspond au changement d’orienta-
exocrânienne. Cette dernière se continue en avant tion entre la partie supérieure, temporale de
l’écaille située dans un plan relativement ver-
par la fissure pétrosquameuse inférieure.
tical et la partie inférieure, basilaire de l’écaille
située dans un plan relativement horizontal
Bord supérieur, pariétal (figure 7.4).
Convexe vers le haut, le bord pariétal est biseauté
aux dépens de la table interne. Il s’articule avec
le bord squameux de l’os pariétal pour former la
suture squameuse (temporopariétale).
Partie pétrotympanique
La partie pétrotympanique consiste en une par-
Bord antérieur, sphénoïdal tie tympanique plaquée sur la partie pétreuse ou
Convexe vers l’avant, le bord sphénoïdal s’articule rocher du temporal. En forme de pyramide qua-
sur toute sa longueur avec le bord latéral ou bord drangulaire avec un grand axe dirigé obliquement
squameux de la grande aile de l’os sphénoïde. Il en avant et en dedans, elle présente quatre faces,
est biseauté aux dépens de la table interne dans sa antérosupérieure, postérosupérieure, antéro-
partie verticale et aux dépens de la table externe inférieure et postéroinférieure, quatre bords, une
dans sa partie horizontale. base et un apex tronqué.

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Chapitre 7. Os temporal 97

Face antérosupérieure (figure 7.3) • près de l’apex pétreux, à sa partie médiale, l’em-
preinte trigéminale où loge dans le cavum de
Oblique en bas, en dehors et en avant, elle parti-
Meckel le ganglion trigéminal (ganglion de
cipe à la formation de la fosse crânienne moyenne
Gasser) du nerf trijumeau (V) ; en arrière le
(étage moyen de la base du crâne). Elle s’étend
tubercule rétrogassérien fait parfois saillie lors-
du bord supérieur du rocher en dedans à la fissure
que la dure-mère est ossifiée à cet endroit.
pétrosquameuse supérieure en dehors et présente
les structures suivantes :
• à l’union de ses deux tiers antérieurs et de son tiers La localisation de l’eminentia arcuata correspond
postérieur, l’eminentia arcuata, une saillie formée approximativement à celle du canal semicirculaire anté­
par le canal semicirculaire antérieur (supérieur) ; rieur mais des variations individuelles existent dans cette
relation topographique [4].
• en avant de l’eminentia arcuata, le hiatus du
Les données de l’imagerie scanographique précisent ces
canal du nerf grand pétreux (hiatus de Fallope) rapports lorsque la chirurgie est indiquée pour des patholo­
pour le passage du nerf grand pétreux (grand gies fonctionnelles (neurotomie vestibulaire dans la mala­
nerf pétreux superficiel), branche du nerf facial die de Ménière) ou tumorales et qu’une voie sus­pétreuse
(VII) (figure 7.5) ; (VSP) ou voie de la fosse moyenne est considérée [5].
• en dehors du précédent, le hiatus du canal du
nerf petit pétreux (hiatus accessoire) pour le pas-
sage du nerf petit pétreux (petit nerf pétreux Le nerf trijumeau (V) émerge du tronc cérébral à l’union
du tiers supérieur et des deux tiers inférieurs de la face
superficiel), également une branche du nerf
antérieure du pont (protubérance annulaire). Les fibres
facial (VII) ;
sensitives et motrices suivent une direction oblique en
• en avant et en dehors de l’eminentia arcuata, le teg- haut et en avant en direction de la pointe du rocher et du
men tympani qui s’étend au-delà de la fissure pétros- cavum trigéminal (cavum de Meckel).
quameuse supérieure et qui forme un toit osseux Le nerf quitte la fosse crânienne postérieure par le porus
de fine épaisseur pour la cavité tympanique ; trigeminus, i.e. l’orifice d’entrée du cavum trigéminal,
situé à mi­distance entre le pore acoustique interne et le
dos de la selle. Ici, le nerf est juste au­dessous du bord
libre de la tente du cervelet, du sinus pétreux supérieur,
et du ligament pétroclinoïdien [6].
Par le porus trigeminus les fibres nerveuses pénètrent
dans le cavum trigéminal. Ce cavum est « une loge
fibreuse, constituée par une évagination en doigt de gant
de la dure­mère et de l’arachnoïde de la fosse crânienne
postérieure vers l’avant, accolée à la partie postérieure
de la paroi latérale de la loge caverneuse » [7].

Face postérosupérieure
Oblique en bas, en dedans et en arrière, elle par-
ticipe à la formation de la fosse crânienne posté-
rieure (étage postérieur de la base du crâne). Elle
Foramen ovale s’étend du bord supérieur du rocher en dehors
à son bord postérieur en dedans et présente les
Sillon et hiatus du nerf
grand pétreux structures suivantes :
• un large orifice, le pore acoustique interne (ori-
Sillon et hiatus du nerf
fice du conduit auditif interne), orifice d’entrée
petit pétreux du méat acoustique (canal auditif) où chemi-
Fig. 7.5. Hiatus des nerfs grand et petit pétreux. nent les nerfs cochléovestibulaire (VIII), facial
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. (VII) et intermédiaire (VII bis) ;

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98 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

• au-dessus et en arrière du pore acoustique vers le haut, à sommet antérieur, elle s’applique sur
interne, la fossa subarcuata au fond de laquelle la face antérieure de la pyramide pétreuse et forme
se trouve le foramen du canal pétromastoïdien ; la paroi antérieure du méat acoustique externe. Sa
• approximativement 1 cm en arrière du pore face externe constitue la partie postérieure non
acoustique interne, la fossette unguéale qui abrite articulaire de la fosse mandibulaire (fosse tympa-
dans sa partie supérieure l’orifice endocrânien nale) dont elle est séparée par la fissure tympa-
de l’aqueduc du vestibule. nosquameuse inférieure. Cette face se prolonge
autour de la base du processus styloïde et forme la
Face antéro-inférieure crête vaginale ou gaine du processus styloïde.
(figures 7.6, 7.7 et 7.8) En avant, la lame osseuse tympanique constitue le
processus tubaire qui forme la paroi latérale de la
De forme triangulaire à sommet antérieur, la face
trompe auditive osseuse (trompe d’Eustache) (figure
antéro-inférieure consiste en deux parties : une
7.8). Juste au-dessus, la fissure pétrotympanique
partie postérieure formée par l’os tympanal et une
forme un canal complété par un petit sillon situé sur
partie antérieure pétreuse.
le prolongement inférieur du tegmen tympani dans
lequel chemine la corde du tympan. La fissure pétros-
Partie tympanique
quameuse est visible en dehors du prolongement
La partie tympanique constitue les deux tiers pos- du tegmen tympani. Les fissures pétrosquameuse
térieurs de la face antéro-inférieure. Cette fine
lame osseuse provient de l’os tympanal fœtal.
Grossièrement en forme de demi-cornet ouvert

Fig. 7.6.  Os temporal droit : vue latérale. La partie squa-


meuse est en beige, la partie tympanique en rouge clair, la
partie pétreuse en rouge foncé. Fig. 7.7.  Os temporal droit : vue latérale. La partie tympa-
  1.  fissure pétrosquameuse ; nique est retirée.
  2. épine supraméatique et en arrière zone criblée 1.  partie osseuse de la trompe auditive ;
rétroméatique ; 2.  orifice inférieur du canal carotidien ;
  3.  méat acoustique externe ; 3. zone de contact entre la partie pétreuse et la partie
  4.  crête vaginale ; tympanique de l’os temporal ;
  5.  processus styloïde ; 4.  canal du muscle tenseur du tympan ;
  6. fissure tympanosquameuse inférieure (scissure 5.  caisse du tympan ;
de Glaser) ; 6. partie cupulaire de la partie squameuse de l’os
  7.  prolongement latéral du tegmen tympani ; temporal ;
  8.  canal carotidien ; 7.  grande épine tympanique ;
  9.  fosse mandibulaire ; 8.  petite épine tympanique ;
10.  processus zygomatique. 9.  sillon tympanique.
D’après Thomassin JM, et al., EMC, otho-rhino-laryngologie [37]. D’après Thomassin JM, et al., EMC, Otho-rhino-laryngologie [37].

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Chapitre 7. Os temporal 99

En fait, en avant de la fissure tympanosquameuse


inférieure (scissure de Glaser), le tegmen tympani de
3 l’os pétreux, que nous avons décrit sur la face antéro­
2 4 supérieure de la partie pétrotympanique, se prolonge
5 latéralement. Il s’insinue entre l’écaille et le rocher et
constitue ainsi deux nouvelles fissures : en dehors, la
6 fissure pétrosquameuse et en dedans la fissure pétro­
1
tympanique. L’ensemble de ces trois fissures forme un
7
8 Y couché, où la partie inférieure du Y est la fissure tym­
9 panosquameuse, et les deux branches supérieures du Y
12 sont les fissures pétrosquameuse et pétrotympanique.

Face postéro-inférieure

10
D’aspect irrégulier, cette face comporte des struc-
13 11 tures capitales (figure 7.9) :
15 14
• en avant du processus mastoïde, le foramen mas-
toïdien, orifice inférieur du canal facial (canal de
Fig. 7.8. Os temporal droit : face antéro-inférieure de la Fallope) qui livre passage au nerf facial (VII) ;
partie pétrotympanique.
1. pore acoustique externe ;
2. fissure tympanosquameuse inférieure (scissure de
Glaser) ;
3. fissure pétrosquameuse ;
4. prolongement inférieur du tegmen tympani ;
5. fissure pétrotympanique ; 2
6. sillon de la corde du tympan ;
7. orifice du canal du muscle tenseur du tympan ;
8. orifice externe de la trompe auditive osseuse ;
9. sillon de la trompe auditive cartilagineuse ;
10. processus tubaire ;
11. pore acoustique interne ;
12. bord antérieur de la partie pétrotympanique ;
13. incisure mastoïdienne ;
14. éminence juxtamastoïdienne ;
15. sillon de l’artère occipitale.

et pétrotympanique se prolongent en arrière par la


fissure tympanosquameuse inférieure. 8

Partie pétreuse 1
3 7
La portion pétreuse de la face antéro-inférieure est 6
4
creusée d’un sillon qui forme avec le bord posté-
5
rieur de la grande aile de l’os sphénoïde le sillon de
la trompe auditive (gouttière tubaire) qui répond Fig. 7.9. Os temporal droit : face postéro-inférieure de la
à la portion cartilagineuse de la trompe auditive. partie pétrotympanique.
1. foramen mastoïdien ;
En avant du processus tubaire de la portion tympani- 2. processus styloïde ;
que, s’ouvrent deux orifices qui sont de haut en bas : 3. facette jugulaire ;
• le canal du muscle tenseur du tympan (muscle du 4. fosse jugulaire ;
marteau), entre l’écaille et le bord antérieur du 5. orifice du canalicule mastoïdien ;
6. orifice du canalicule tympanique ;
rocher ; 7. orifice externe du canal carotidien ;
• la trompe auditive dans sa partie osseuse. 8. orifice interne du canal carotidien.

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100 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

• en avant du foramen mastoïdien, le processus sty-


Le processus styloïde (PS) est un petit os cylindrique
loïde qui donne insertion à plusieurs muscles et oblique en bas en avant et en dedans. Pour autant, les
ligaments ; ce sont les ligaments stylomandibu- muscles et ligaments qui s’y attachent jouent un rôle
laire (ligament stylomaxillaire) sur la face laté- important dans la mastication. Le PS dérive de la partie
rale et stylohyoïdien sur le sommet du processus cartilagineuse du deuxième arc pharyngien, i.e. le car­
styloïde. Le muscle stylohyoïdien se fixe sur la tilage de Reichert, comme le stapès (étrier) de l’oreille
partie postérosupérieure du processus, le muscle moyenne, le ligament stylohyoïdien, la petite corne et le
stylopharyngien sur la partie supérieure de sa face bord supérieur du corps de l’os hyoïde. Séparé de l’os
médiale et le muscle styloglosse sur son sommet ; temporal par du cartilage chez l’enfant, le PS s’ossifie le
• en dedans et en arrière du foramen mastoïdien, plus souvent entre 5 et 8 ans [8].
la facette jugulaire, surface rugueuse qui s’arti- Associé à la petite corne de l’os hyoïde et au ligament
stylohyoïdien, le PS forme le complexe stylohyoïdien qui
cule avec le processus jugulaire de l’os occipital ;
relie l’os temporal à l’os hyoïde. En fait, le ligament stylo­
(Voir Chapitre 2, page 19) hyoïdien est une bande de tissu conjonctif qui relie le
• en dedans et en avant du foramen mastoïdien, sommet du PS à la petite corne de l’os hyoïde et diffé­
la fosse jugulaire du foramen jugulaire qui loge rents degrés d’ossification peuvent s’observer sur cette
le bulbe supérieur de la veine jugulaire interne. structure [9].
Sur la paroi latérale de la fosse jugulaire un La longueur du PS, normalement de 2 à 2,5 cm, peut
petit orifice est visible, le canalicule mastoïdien être exagérée (> 4,5 cm). Ainsi, une longueur excep­
(ostium introitus), pour le passage du rameau tionnelle de 6 cm est rapportée [10]. Les nerfs glosso­
auriculaire du nerf vague (X) ; pharyngien, vague et hypoglosse qui sortent par le
• en avant de la fosse jugulaire, l’orifice externe foramen jugulaire très proche du processus peuvent
du canal carotidien par lequel l’artère carotide être irrités, tout autant que peuvent l’être l’artère caro­
tide, la veine jugulaire interne ou le nerf facial, ce qui
interne pénètre dans le rocher ;
explique les symptômes neurologiques d’un syndrome
• en arrière et en dedans de l’orifice externe du décrit par Eagle [11]. En effet, les patients présentent
canal carotidien, l’orifice du canalicule tympa- différents symptômes tels que des douleurs cervicales
nique est visible sur la crête jugulaire ; il livre ou craniofaciales, des douleurs d’oreille, des maux de
passage au nerf tympanique (nerf de Jacobson), gorge avec parfois la sensation d’un corps étranger
branche du nerf glosso-pharyngien (IX) ; dans le pharynx [12]. Ce sont aussi des patients qui
• en avant de l’orifice du canal carotidien, une après traitement pour dysfonction de l’ATM conservent
surface irrégulière s’étend jusqu’à la pointe du des douleurs à l’ouverture buccale [13]. À l’examen, la
rocher. Cette surface répond à l’extrémité supé- palpation digitale du processus dans la fosse tonsillaire
rieure de la paroi latérale du pharynx et donne augmente les symptômes [14].
insertion au muscle élévateur du voile du palais
(muscle péristaphylin interne).
• en arrière, à hauteur de l’empreinte trigéminale,
Bords une échancrure plus large, c’est l’échancrure du
La partie pétrotympanique du temporal présente nerf trijumeau (V) ;
quatre bords : supérieur, antérieur, postérieur et • sur toute la longueur du bord supérieur, un sillon
inférieur. dans lequel chemine le sinus pétreux supérieur ;
sur les lèvres de ce sillon s’insère la grande cir-
Bord supérieur conférence de la tente du cervelet, et en avant
Situé entre les faces antérosupérieure et postérosu- du bord supérieur le ligament pétrosphénoïdal.
périeure, ce bord est oblique en avant, en dedans (Voir Chapitre 3, page 39)
et légèrement en haut, en direction de la selle tur-
cique. On y trouve : Bord antérieur
• en avant une petite échancrure pour le pas- Situé entre les faces antéro-supérieure et antéro-
sage du nerf abducens (nerf moteur oculaire inférieure, ce bord n’est bien visible que dans
externe, VI) (figure 7.10) ; son tiers antérieur où il forme avec l’écaille du

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Chapitre 7. Os temporal 101

inter-tympano-squameuse, ce qui résulte en une


fissure pétrosquameuse et pétrotympanique.
Le fascia interptérygoïdien s’insère sur le bord
tympanique des fissures tympanosquameuse infé-
rieure et pétrotympanique.

Bord postérieur
7 6 Situé entre les faces postéro-supérieure et pos-
téro-inférieure, ce bord présente en arrière la
facette jugulaire déjà décrite avec la face postéro-
5 inférieure. Cette surface rugueuse s’articule avec
le processus jugulaire de l’os occipital. En avant
4
de cette surface, une large échancrure limite avec
une échancrure similaire du bord latéral des par-
3 ties latérales de l’os occipital le foramen jugulaire
(trou déchiré postérieur) (figure 7.11). Cette
échancrure est divisée en deux parties par la saillie
2 du processus intra­jugulaire de l’os temporal :
1
• une partie postérieure, la plus volumineuse, qui
répond à la fosse jugulaire de la face postéro-
Fig. 7.10.  Os temporal gauche : vue médiale. inférieure du rocher et qui abrite le bulbe supé-
1. bord supérieur ;
2. bord postérieur ;
rieur de la veine jugulaire ;
3. échancrure du nerf glossopharyngien ; • une partie antérieure plus étroite, subdivisée
4. échancrure du nerf trijumeau ; en deux autres parties par un faisceau fibreux
5. échancrure du nerf abducens ; plus postérieur qui relie le processus intrajugu-
6. empreinte trigéminale ;
7. bord antérieur.
laire de l’os temporal au bord latéral de la partie
latérale de l’os occipital. C’est dans cette partie
antérieure que passent le nerf glosso­pharyngien
temporal un angle rentrant : l’incisure sphénoïdale (IX), le nerf vague (X) et le nerf accessoire (XI).
(figure 7.10). Ce bord s’articule le bord sphénoï- Le nerf glossopharyngien (IX), le plus antérieur
dal de l’écaille au niveau de la synchondrose sphéno- des trois, creuse une échancrure sur le bord pos-
pétreuse, sauf à son extrémité antérieure où il limite térieur du rocher. À cette hauteur une fossette,
en arrière le foramen déchiré ou foramen lacerum
(trou déchiré antérieur).
Les deux tiers postérieurs du bord antérieur sont
cachés et correspondent à la fissure pétro-tym-
pano-squameuse qui unit la partie pétrotympa-
nique à l’écaille. Cette fissure comporte plusieurs
segments :
• en arrière l’écaille et la partie tympanique for-
ment la fissure tympanosquameuse inférieure,
bien visible dans la fosse mandibulaire qu’elle
divise en une partie antérieure squameuse, arti-
culaire et une partie postérieure tympanique,
non articulaire ;
• en avant l’écaille et la partie tympanique s’écar-
tent l’une de l’autre séparées par un débor-
dement latéral du tegmen tympani, la crête Fig. 7.11.  Foramen jugulaire : vue inférieure. Côté droit.

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102 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

la fossette pétreuse (fossette pyramidale), située antérieur de la partie mastoïdienne en haut et


sur la face postéro-inférieure du rocher abrite le en arrière, et l’os tympanal sur le reste de son
ganglion inférieur du nerf glossopharyngien (gan- pourtour.
glion d’Andersch) (figure 7.10).
Apex
En avant du processus intrajugulaire, le bord pos-
térieur du rocher s’articule avec l’os occipital au D’aspect irrégulier, l’apex (pointe) du rocher
niveau de la suture pétro-occipitale. Du côté endo- est tronqué. I1 présente quatre bords qui
crânien, le long de ce bord, on devine le sillon correspondent à chacune des faces du rocher.
du sinus pétreux inférieur complété par un sillon L’orifice interne du canal carotidien occupe une
similaire le long du bord latéral de la partie basi- large partie de cet apex (figure 7.9). C’est par
laire de l’os occipital. Du côté exocrânien, c’est le cet orifice que l’artère carotide interne sort du
sillon du sinus pétro-occipital. rocher pour pénétrer dans le sinus caverneux.
La couche osseuse qui sépare l’artère carotide
interne de la face antérosupérieure du rocher est
L’ossification complète de la suture pétro­occipitale est très mince et parfois déhiscente sur les spéci-
tardive et un vestige du chondrocrâne sépare la partie mens osseux.
pétreuse de l’os temporal et le corps de l’os occipital L’apex s’articule dans l’angle formé par le corps et la
[15, 16].
grande aile de l’os sphénoïde, avec lesquels il limite
Cette articulation est décrite sous de multiples noms :
le foramen déchiré (trou déchiré antérieur). L’apex
fissure pétro­occipitale, synchondrose pétro­occipitale,
suture pétro­occipitale. Parfois aussi « complexe pétro­ forme le bord postéromédial du foramen, et le corps
occipital », pour insister sur l’importance des rapports et la grande aile de l’os sphénoïde dessinent le bord
anatomiques et fonctionnels qui existent entre la base antérolatéral. La lingula située sur la partie médiale
crânienne, les voies respiratoires supérieures, et le reste du bord postérieur de la grande aile du sphénoïde
de la tête et du cou [17]. divise le foramen en deux parties :
• médiale où l’artère carotide interne chemine en
direction de la loge latérosellaire ;
Bord inférieur • latérale où à l’état frais le foramen est comblé
par du tissu fibreux que traversent les nerfs
Situé entre les faces antéro-inférieure et postéro- grand pétreux et petit pétreux.
inférieure, le bord inférieur consiste en deux par-
ties. Dans ses deux tiers postérieurs, il est net et
Chez l’adulte, une fracture de l’os temporal est pré­
tranchant formé en arrière par le bord inférieur de
sente dans 75 % des fractures de la base du crâne.
la crête vaginale (apophyse vaginale) qui entoure
Typiquement, les fractures longitudinales font suite à un
la base du processus styloïde, puis en avant par le choc latéral dans la région pariétale du crâne ; les frac­
bord inférieur du processus tubaire. tures transversales sont plus fréquemment causées par
Son tiers antérieur pétreux est moins précis ; il un choc violent sur la région occipitale ou par un impact
répond au bord inférieur du sillon de la trompe frontal direct. Ces dernières sont plus graves.
cartilagineuse. Classiquement, les fractures de l’os temporal sont diffé­
renciées en fractures longitudinales où le trait de frac­
ture passe par le méat acoustique externe en direction
Base
du foramen déchiré (80 % des cas, les plus fréquentes),
Difficilement dissociable de la région mastoï- et en fractures transversales qui partent du foramen
dienne sur laquelle elle est implantée, la base de magnum, passent par les structures de l’oreille interne
la pyramide pétreuse est partiellement visible sur puis se dirigent vers le foramen déchiré. Pour autant,
la face latérale de l’os temporal, sur le pourtour du cette classification ne permet pas de prévoir l’impor­
pore acoustique externe. tance des séquelles tels les paralysies faciales ou les
troubles vestibulaires. En fait, une classification plus
De forme ovalaire, avec son grand axe dirigé en
récente repose sur la présence ou l’absence d’atteinte
haut et en avant, le pore acoustique externe est labyrinthique [18].
limité par la partie squameuse en haut, le bord

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Chapitre 7. Os temporal 103

Partie mastoïdienne du pore acoustique externe, on distingue l’épine supra-


méatique (épine de Henle). Cette épine et la zone
Située en arrière et au-dessous de l’écaille, et en arrière criblée d’orifices vasculaires, i.e. la zone criblée rétro-
du pore acoustique externe, la partie mastoïdienne est méatique située en arrière et au-dessus d’elle donnent
palpable sur toute sa face latérale. En forme de trian- insertion à de petits muscles de l’auricule (figure 7.6).
gle à base supérieure, elle présente deux faces, latérale Au-dessous de la fissure pétrosquameuse, la face
et médiale, et un bord circonférentiel. Le processus latérale présente des rugosités qui sont les zones
mastoïde prolonge la face latérale vers le bas. d’insertion de plusieurs muscles (figure 7.12) :
Les deux tiers postérieurs de la partie mastoï- • le ventre occipital du muscle occipitofrontal
dienne dérivent de l’os pétreux, le tiers antérieur (muscle occipital) ;
de l’os squamosal. • le muscle sterno-cléido-mastoïdien (SCM) qui
s’insère le long de la fissure pétrosquameuse et
dont l’insertion se continue sur la moitié latérale
Face latérale
de la ligne nuchale supérieure de l’os occipital ;
Globalement convexe, la face latérale (face exo- • le muscle splénius de la tête qui s’attache en
crânienne) présente parfois les restes d’une fissure arrière du muscle SCM et dont l’insertion se
oblique en bas et en avant, la fissure pétrosqua- continue aussi sur l’os occipital au-dessous du
meuse postérieure, qui délimite la partie d’origine tiers latéral de la ligne nuchale supérieure.
squameuse de la partie d’origine pétreuse. À proximité du bord postérieur, le foramen mastoï-
Au-dessus de la fissure pétrosquameuse, la face latérale dien est visible. Il livre passage à une veine émissaire
est lisse. En avant, de cette face, au-dessus et en arrière mastoïdienne qui se dirige vers le sinus sigmoïde.

Origines Temporal

Insertions

Ptérygoïdien latéral

Masséter

Grand zygomatique Auriculaire postérieur

Petit zygomatique Occipital

Corrugateur du sourcil

Orbiculaire de l’œil

Procerus Splénius de la tête


Oblique inférieur Trapèze
Releveur de la lèvre
supérieure et de l’aile du nez Semi-épineux de la tête
Releveur de la lèvre supérieure Petit droit postérieur
Releveur de l’angle de la bouche de la tête
Transverse du nez Oblique supérieur
Dilatateur des narines Longissimus de la tête
Grand droit postérieur
Abaisseur du septum nasal de la tête
Sterno-cléido-mastoïdien
Buccinateur
Droit antérieur de la tête

Stylopharyngien
Mentonnier
Stylohyoïdien
Abaisseur de la lèvre inférieure
Temporal
Abaisseur de l’angle de la bouche Styloglosse
Platysme
Masséter

Fig. 7.12.  Insertions musculaires craniofaciales.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

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104 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Sur les lèvres de ce sillon, s’insère la tente du


L’insertion du muscle SCM se fait par un ten- cervelet, et vers sa partie moyenne, au niveau du
don puissant, sur la face latérale du processus
foramen mastoïdien, s’ouvre l’orifice de la veine
mastoïde et par une mince aponévrose, sur la
moitié latérale de la ligne nuchale supérieure
émissaire mastoïdienne. En arrière du sillon
de l’os occipital. Ce sont les fibres claviculai- du sinus sigmoïde, la face médiale participe à la
res du SCM qui se terminent essentiellement constitution de la fosse cérébelleuse.
sur la mastoïde, alors que les fibres d’origine
sternale suivent un trajet plus oblique et Bord
superficiel en direction de l’occiput. Dès lors, Le bord de la partie mastoïdienne consiste en trois
la traction des deux chefs est différente [19].
parties : un bord antérieur, un bord supérieur
Notez que l’insertion des muscles SCM et pariétal et un bord postérieur occipital.
splénius de la tête sur le processus mastoïde
se prolonge jusqu’à l’os occipital en recou- Bord antérieur
vrant la suture occipitomastoïdienne (OM).
En avant, le bord de la partie mastoïdienne se
Pour cela, il est fortement recommandé de
prendre en compte la tension de ces muscles
confond avec les parties squameuse et pétreuse de
dans toute procédure de normalisation de la l’os temporal.
suture OM. Placer le sujet dans une position Bord supérieur
de confort est propice au relâchement muscu-
laire et facilite la normalisation. Presque horizontal, ce bord s’articule avec le
pariétal dans sa partie postérieure au niveau de la
suture pariétomastoïdienne. Il forme avec le bord
pariétal de l’écaille temporale un angle ouvert en
Face médiale ou cérébrale arrière : l’incisure pariétale.
Concave, cette face participe à la formation de la Dans sa moitié antérieure et sur la face latérale
fosse crânienne postérieure. Antérieurement, une de la région mastoïdienne, le bord supérieur cor-
large gouttière, le sillon du sinus sigmoïde la sépare respond à la crête supramastoïdienne où se fixe
de la base de la pyramide pétreuse (figure 7.13). le fascia temporal. La limite postérieure du bord
supérieur correspond à l’astérion (Voir Chapitre 2,
page 29) ; ce point craniométrique réunit les
sutures lambdoïde, pariétomastoïdienne et suture
occipitomastoïdienne. La limite antérieure du bord
supérieur est l’entomion qui réunit les sutures
1 pariétomastoïdienne et squameuse.
4 Bord postérieur occipital
2
Convexe en arrière, dirigé vers le bas et l’avant, ce
3 bord s’articule avec le bord mastoïdien de l’os occi-
pital au niveau de la suture occipitomastoïdienne. Il
est biseauté aux dépens de la table interne.
5

Le bord postérieur de la partie mastoïdienne peut pré­


6 senter un changement d’orientation des biseaux, avec
Fig. 7.13. Partie mastoïdienne : vue médiale. un biseau aux dépens de la table interne dans la par­
1. bord supérieur ; tie supérieure de ce bord et un biseau aux dépens
2. sillon du sinus sigmoïde ; de la table externe dans la partie inférieure. Le point
3. foramen mastoïdien ; où l’orientation des biseaux change est situé un peu
4. incisure pariétale ; au­dessous du milieu du bord postérieur et se nomme le
5. bord postérieur ; pivot condylosquamomastoïdien (pivot CSM) [20].
6. pivot condylo-squamo-mastoïdien (pivot CSM).

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Chapitre 7. Os temporal 105

Processus mastoïde méat acoustique externe et en son orifice d’entrée,


le pore acoustique externe.
Prolongement caudal de la face latérale, le proces-
sus mastoïde constitue une saillie plus ou moins L’oreille moyenne est l’organe de la transmission
volumineuse. Les insertions des muscles SCM et des sons recueillis par l’oreille externe. Elle a éga-
splénius de la tête décrites avec la face latérale de lement un rôle de protection vis-à-vis de l’oreille
la partie mastoïde se prolongent sur la face latérale interne. Ses trois cavités remplies d’air se pro-
du processus mastoïde. Le muscle longissimus de longent les unes les autres, selon un axe presque
la tête (petit complexus) se fixe sur le bord posté- parallèle à celui de la partie pétrotympanique. Ces
rieur du processus mastoïde. cavités sont d’arrière an avant :
• les cavités mastoïdiennes dans la région
Sa face médiale est limitée en haut et en arrière par
mastoïdienne ;
une rainure allongée d’avant en arrière, l’incisure
• la caisse du tympan qui contient la chaîne
mastoïdienne où s’insère le ventre postérieur du
des osselets, i.e. le malleus (marteau), l’incus
muscle digastrique. Presque parallèle à cette inci-
(enclume) et le stapès (étrier) ; la membrane
sure, et médialement à elle, l’éminence juxtamas-
tympanique sépare la caisse du tympan de
toïdienne apparaît comme une crête bordée sur son
l’oreille externe ;
versant médial par le sillon de l’artère occipitale.
• la trompe auditive qui s’ouvre au niveau du naso-
pharynx par l’ostium de la trompe auditive.
La région mastoïdienne et le processus mastoïde per­ Normalement, les trois cavités de l’oreille
mettent de déterminer le sexe d’un individu à partir moyenne sont remplies d’air et assurent l’équi-
de son crâne [21]. En 1875, Broca note que lorsqu’un libre des pressions de part et d’autre de la mem-
crâne est posé sur une surface plane, il prend appui brane tympanique. Elles sont tapissées d’une
sur les processus mastoïdes s’il appartient à un sujet muqueuse qui prolonge la muqueuse pharyn-
masculin et sur les condyles occipitaux ou sur d’autres
gée. L’oreille moyenne s’ouvre médialement sur
parties du crâne si c’est celui d’un sujet féminin [21].
Ordinairement, les processus mastoïdes sont plus déve­
l’oreille interne par la fenêtre de la cochlée (fenêtre
loppés chez l’homme, en raison des forces de traction ronde) et la fenêtre du vestibule (fenêtre ovale). À
musculaire. Notez l’importance de corriger chez un sa partie supérieure, la chaîne des osselets réunit
enfant, le plus précocement possible toute asymétrie le tympan en dehors à la fenêtre du vestibule en
fonctionnelle de la rotation cervicale, pour éviter le déve­ dedans. Ces osselets ont leurs propres muscles.
loppement d’asymétries structurelles au niveau des pro­ L’oreille interne est l’organe de la perception des
cessus mastoïdes et de la base crânienne. sons et de l’équilibration. Elle est formée par une
À la naissance, le processus mastoïde est plat, c’est la
série de cavités creuses qui forment le labyrinthe
traction du muscle sterno­cléido­mastoïdien qui stimule
son développement durant les deux premières années
osseux et consiste en un vestibule, une cochlée (lima-
de vie lorsque l’enfant commence à redresser la tête. çon) et trois canaux semicirculaires. À l’intérieur
du labyrinthe osseux, des cavités fibreuses abritent
les récepteurs sensoriels de l’oreille. Ces cavités
fibreuses constituent le labyrinthe membraneux
Cavités de l’os temporal qui comporte trois parties :
• le canal cochléaire (limaçon membraneux) ;
C’est autour des organes de l’audition et de • les canaux semicirculaires membraneux ;
l’équilibration que la partie pétrotympanique de • l’utricule et le saccule.
l’os temporal se structure. De fait, l’os temporal Les sensations sonores sont transmises par l’oreille
présente de multiples cavités. Habituellement, moyenne jusqu’au canal cochléaire et au nerf
l’oreille est divisée en trois parties : oreille externe, cochléaire. Les canaux semicirculaires, l’utricule
oreille moyenne et oreille interne (figure 7.14). et le saccule forment l’organe de l’équilibration
L’oreille externe consiste en un pavillon qui où les afférences neurosensorielles stimulent les
recueille les ondes sonores. Au niveau de la partie fibres du nerf vestibulaire. Nerfs cochléaire et ves-
pétrotympanique, l’oreille externe consiste en un tibulaire forment le nerf vestibulocochléaire (nerf

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106 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Oreille externe Oreille moyenne Oreille interne

Méat acoustique interne

Auricule

Méat acoustique externe

Cartilage
Pharynx

Membrane tympanique Trompe auditive

Fig. 7.14.  Cavités de l’os temporal.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

auditif) (VIII) qui sort de la partie pétreuse de Antre de la mastoïde Aditus ad antrum
l’os temporal par le méat acoustique interne, puis Tegmen tympani
pénètre dans la boîte crânienne. Récessus
épitympanique
Le labyrinthe membraneux contient un liquide,
l’endolymphe, et la périlymphe circule entre le
labyrinthe membraneux et le labyrinthe osseux.

Cavités mastoïdiennes
De volume et de taille très variables, les cavités
mastoïdiennes appartiennent à l’oreille moyenne. Trompe auditive

Elles sont constituées des cellules aériques qui Oreille moyenne


occupent l’intérieur de la portion mastoïdienne Processus mastoïde
de l’os temporal. On distingue une grande cavité, Cellules aériques
située en arrière de la caisse du tympan, l’antre mastoïdiennes
mastoïdien, tout autour duquel sont disposées Fig. 7.15.  Cavités mastoïdiennes.
les cellules mastoïdiennes. Un canal, l’aditus ad D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.
antrum, fait communiquer l’antre mastoïdien avec
la caisse du tympan (figure 7.15). De fait, à la naissance, l’antre mastoïdien a une
C’est durant la vie fœtale que commence la pneu- taille très importante. Des diverticules de l’antre,
matisation de l’os temporal. L’antre mastoïdien les cellules aériques se forment dès la 33e semaine
apparaît à la 22e semaine de gestation et atteint sa de gestation. Vers l’âge de 5 ans, la pneumatisation
taille adulte dans la 35e semaine de gestation [22]. mastoïdienne est bien développée et vers l’âge de

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Chapitre 7. Os temporal 107

10 ans elle est presque complète [22]. Elle cesse à


l’âge adulte [23].

Le rôle des cellules aériques mastoïdiennes est pré­


pondérant dans l’équilibration des pressions de l’oreille
moyenne. Un défaut de la pneumatisation mastoïdienne
est associé aux otites séromuqueuses [24, 25]. Cela
étant, un phénomène inflammatoire chronique peut aussi
favoriser une sclérose du système cellulaire mastoïdien.
Chez l’enfant, les plagiocéphalies et/ou tout défaut de
développement de la base crânienne contribuent à
une imperfection de la pneumatisation mastoïdienne
[26]. En clinique, pensez à normaliser les dysfonctions
somatiques de la base crânienne, les compressions de Fig. 7.16. Cavités mastoïdiennes.
la suture occipitomastoïdienne, les dysfonctions intra­ Vue latérale de l’os temporal droit (partie pétreuse),
osseuses des temporaux et de l’occiput, et les vertèbres partie tympanique et partie squameuse retirées.
thoraciques supérieures [27]. En fait, dans les otites de 1. Zone de contact entre la partie pétreuse et la partie
l’oreille moyenne, les procédures ostéopathiques sem­ squameuse au niveau de la région mastoïdienne de
l’os temporal ;
blent réduire le besoin d’antibiotiques [28]. 2. antre mastoïdien ;
Un fin canal, le canal pétromastoïdien, fait communiquer 3. caisse du tympan ;
l’antre mastoïdien et la cavité crânienne. Il débouche au 4. gouttière du muscle tenseur du tympan ;
5. gouttière de la trompe auditive osseuse ;
niveau de la fossa subarcuata sur la face postérosupérieure 6. zone de contact entre la partie pétreuse et la partie
du rocher. La dure­mère crânienne se prolonge dans ce tympanique de l’os temporal.
canal, ce qui peut contribuer à la propagation des inflam­ D’après Thomassin JM, et al., EMC, Otho-rhino-larynyologie.
mations de la mastoïde à la dure­mère et à l’encéphale.
Dans la trépanation mastoïdienne, l’antre mastoïdien est • inférieur, la caisse du tympan proprement
ouvert au niveau d’une zone de projection sur la face dite (atrium), situé à hauteur de la membrane
latérale de la partie squameuse de l’os temporal, dans tympanique.
la partie postérosupérieure du méat acoustique externe. Deux éléments séparent ces étages. Tout d’abord,
À cet endroit, l’antre est distant de 10 à 15 mm de la la deuxième portion du canal facial qui forme une
surface osseuse exocrânienne.
volumineuse saillie oblique bas et en arrière. Puis,
la portion tympanique du canal du muscle tenseur
du tympan (muscle du marteau) que l’on aperçoit
Caisse du tympan sur la paroi antérieure de la caisse. Notez que l’en-
semble du canal de ce muscle est juste au-dessus
Située au centre de l’oreille moyenne, la caisse
de la partie osseuse de la trompe auditive. Il
du tympan aussi nommée cavum tympanique
s’étend de l’incisure sphénoïdale, i.e. du som-
est une cavité aplatie de dehors en dedans qui
met de l’angle compris entre le bord sphénoïdal
mesure environ 6 mm de large à sa partie supé-
de l’écaille et le bord antérieur du rocher vers la
rieure, 2 mm à sa partie moyenne, et 4 mm à sa
caisse du tympan, selon un trajet dirigé vers l’ar-
partie inférieure, pour une hauteur approximative
rière, le haut et le dehors.
de 15 mm (figure 7.16). Latéralement, la caisse
du tympan répond à la membrane tympanique qui Plusieurs structures sont visibles sur la paroi
la sépare de l’oreille externe ; médialement, elle médiale de la caisse du tympan. Au-dessus du canal
répond à l’oreille interne. Elle présente deux étages : facial, une saillie volumineuse presque horizontale
• supérieur : le récessus épitympanique (attique ou répond au canal semicirculaire latéral.
logette des osselets) au-dessus de la membrane À l’étage inférieur, une saillie arrondie d’envi-
tympanique, où se trouvent la tête du malleus et ron 8 mm de large et 6 mm de hauteur répond
le corps de l’incus (figure 7.17) ; au premier tour de spire de la cochlée, c’est le

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108 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Proéminence du canal facial


Ganglion géniculé
Nerf facial (VII)
Base du stapès sur la fenêtre vestibulaire Nerf intermédiaire
Proéminence du canal semicirculaire latéral (racine sensitive du VII)
Méat acoustique interne
Nerf pour le muscle stapédien
Nerf petit pétreux
Cellules Nerf grand pétreux
mastoïdiennes
Tenseur du tympan

Artère Élévateur
carotide du voile du palais
Nerf facial (VII) Fenêtre de interne
Trompe auditive
la cochlée
Nerf tympanique Branche du nerf carotidien
Foramen stylomastoïdien (collatérale du nerf
glossopharyngien [IX])
Tendon du muscle stapédien
Stapès Promontoire

Fosse jugulaire
Plexus tympanique

Fig. 7.17.  Cavités mastoïdiennes. Paroi médiale de l’oreille moyenne (côté droit).
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

promontoire (figure 7.18). Au-dessous du pro- (fenêtre ronde), sépare la caisse du tympan, de la
montoire, un petit orifice, l’orifice du canalicule cavité sous-vestibulaire de l’oreille interne, la rampe
tympanique (canal de Jacobson), livre passage au tympanique de la cochlée. Cette fenêtre est comblée
nerf tympanique (nerf de Jacobson), branche du par une membrane fibreuse, le tympan secondaire.
nerf glossopharyngien (IX). Sur la paroi postérieure de la caisse du tympan, en
En arrière et au-dessus du promontoire on aper- arrière du promontoire et au-dessus du niveau de
çoit la fossette de la fenêtre vestibulaire. Au fond la fenêtre de la cochlée, une petite saillie conique
de celle-ci la fenêtre vestibulaire (fenêtre ovale), un est visible : c’est l’éminence pyramidale. Un canal
orifice de 2,1 mm de long sur 1,2 mm de haut en creusé sur toute la longueur de l’éminence pyra-
moyenne [29], sépare la caisse du tympan, du ves- midale et qui se prolonge dans le rocher abrite le
tibule de l’oreille interne. Cette fenêtre est com- muscle stapédien (muscle de l’étrier). Les fibres de
blée par la base de l’étrier. ce muscle naissent des parois du canal osseux et
En arrière et au-dessous du promontoire la fossette son tendon sort par l’orifice de l’éminence pyra-
de la fenêtre de la cochlée au fond de laquelle un midale pour aller s’insérer sur la tête du stapès.
orifice de 2 mm de diamètre, la fenêtre de la cochlée Au-dessous de l’éminence pyramidale se trouve

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Chapitre 7. Os temporal 109

Proéminence du canal semicirculaire latéral Proéminence du canal facial Tegmen tympani


Promontoire

Muscle tenseur du tympan

Aditus ad antrum
de la mastoïde
Trompe auditive

Fenêtre du vestibule
(fenêtre ovale)

Éminence pyramidale Nerf petit pétreux

Rameau pour le plexus


carotidien interne

Nerf de la corde
du tympan
Plexus sympathique

Fenêtre de la Artère carotide interne


cochlée (fenêtre
Nerf de la corde du tympan
ronde)
Rameau tympanique du nerf glossopharyngien (IX)
Nerf facial (VII)
Veine jugulaire interne

Fig. 7.18.  Oreille moyenne : parois.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

l’ouverture tympanique du canalicule de la corde réunissent entre eux. En fait, certains ligaments
du tympan, entre les parois postérieure et latérale sont simplement des replis de la muqueuse qui
de la caisse du tympan. La corde du tympan che- recouvre l’ensemble de l’oreille moyenne.
mine dans ce canalicule qui descend en avant du
canal du nerf facial pour rejoindre le nerf, environ Malleus
6 mm au-dessus du foramen mastoïdien. C’est le plus long des trois osselets, de 7 à 9 mm,
le plus latéral et le plus antérieur. Comme son nom
Chaîne ossiculaire l’indique, il est en forme de massue. On lui décrit
La chaîne ossiculaire consiste en trois osselets, qui une tête, un col, un manche et deux processus,
sont de la superficie vers la profondeur, le malleus latéral et antérieur.
(marteau), l’incus (enclume) et le stapès (étrier) La tête loge dans le récessus épitympanique. De
(figure 7.19). Placés entre la membrane tympa- forme arrondie, avec un diamètre compris entre
nique et la fenêtre vestibulaire, ils jouent un rôle 2 et 3 mm [30], elle présente à sa partie postéro-
essentiel dans la transmission sonore. Leur fonc- médiale une surface qui s’articule avec l’incus au
tion est assurée par deux muscles tympaniques, le niveau de l’articulation incudomalléaire. Le liga-
muscle tenseur du tympan et le muscle stapédien, ment supérieur du marteau unit le sommet de la
auxquels s’ajoutent plusieurs ligaments qui les sus- tête à la paroi supérieure de la caisse du tympan
pendent aux parois de la caisse du tympan et les (figures 7.20 et 7.21).

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110 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Ligament supérieur du malleus


Tête du malleus Ligament supérieur de l’incus

Ligament antérieur du malleus


Branche supérieure de l’incus
Processus antérieur du malleus

Récessus épitympanique Ligament postérieur de l’incus


Pli malléaire antérieur Branche inférieure de l’incus
Tendon du muscle
tenseur du tympan

Manche du marteau

Trompe auditive

Élévateur
du voile du palais Corde
Corde du tympan du tympan
Processus mastoïde
Artère carotide interne
Nerf facial (VII)
Membrane tympanique
Veine jugulaire interne Processus lenticulaire de l’incus
Fig. 7.19.  Chaîne ossiculaire. Paroi latérale de l’oreille moyenne (côté droit).
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

Le col est la partie aplatie qui supporte la tête. Sa facilement deviner en vue endoscopique. Dès lors,
face latérale donne insertion au ligament latéral du toute force agissant sur le tympan est transmise au
marteau dont l’extrémité latérale s’attache au bord marteau. Près de l’extrémité supérieure du bord
inférieur du récessus épitympanique au-­dessus de médial, se fixe le tendon du muscle tenseur du
la membrane tympanique. Son bord médial donne tympan qui émerge de son canal par le processus
insertion au muscle tenseur du tympan qui est cochléariforme (bec de cuillère).
aussi fixé sur la base du crâne, au niveau de l’épine Le processus antérieur (apophyse antérieure)
du sphénoïde et du cartilage tubaire. est long et fragile. En fait, c’est une épine d’in-
Le manche est situé au-dessous du col et s’oriente sertion pour le ligament antérieur du mal-
obliquement en bas, en dedans et en arrière. Son leus qui se prolonge vers l’avant dans la fissure
extrémité distale, élargie en spatule, est en rapport tympanosquameuse.
avec l’ombilic de la membrane tympanique. À cet Le processus latéral (apophyse externe) est une
endroit, le manche du marteau est très adhérent courte éminence conique de 1 mm, qui naît sur
à la membrane du tympan (umbo) et se laisse la face latérale du col. I1 se porte en dehors et

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Chapitre 7. Os temporal 111

Facette articulaire pour l’incus


Facette articulaire
pour le malleus
Tête du malleus

Branche courte

Col du malleus

Processus Corps
latéral de l’incus
Processus antérieur

Branche longue
a b
Manche du malleus
Base du stapès
(platine)

Branche postérieure Branche antérieure

Fig. 7.21. Chaîne ossiculaire.


c Tête du stapès
1. ligament supérieur de l’incus ;
Fig. 7.20. Chaîne ossiculaire. a. Malleus ; b. Incus ; c. Stapès. 2. ligament supérieur du malleus ;
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. 3. ligament latéral du malleus ;
4. ligament antérieur du malleus ;
5. tendon du muscle tenseur du tympan ;
6. muscle tenseur du tympan à l’intérieur de son canal ;
se présente sur la face externe du tympan comme 7. articulation incudomalléaire ;
une petite saillie conique bien visible. 8. ligament postérieur de l’incus ;
9. éminence pyramidale ;
10. tendon du muscle du stapès ;
L’origine embryologique du malleus est débattue [31]. 11. articulation incudostapédienne.
D’après Thomassin JM, et al., EMC, Otho-rhino-laryngologie [37].
À l’exception du processus antérieur, le malleus semble
toutefois dériver du cartilage de Meckel qui se développe
bilatéralement dans les premières paires des arcs pha­
ryngiens [32]. L’enveloppe du cartilage, quant à elle, se
transforme et donne les ligaments antérieur du malleus couronne de la molaire, et deux branches supérieure
et sphénomandibulaire. et inférieure, qui seraient les racines de la dent.
Chez l’adulte, une fine structure ligamentaire relie le pro­ Le corps est situé dans le récessus épitympanique
cessus antérieur du malleus à l’extrémité postérosupé­ avec la tête du marteau. I1 est aplati de dehors en
rieure du disque de l’ATM. Divers noms lui sont attribués dedans. Sa face antérieure s’articule avec la surface
tels que ligament discomalléolaire, frein méniscal posté­
articulaire de la tête du marteau au niveau de l’ar-
rieur ou bande discomalléolaire. Pour certains auteurs,
ticulation incudomalléaire.
cette structure consiste en une portion discomalléolaire
et une portion représentée par le ligament antérieur du La branche supérieure (branche horizontale),
malleus, considéré comme la portion tympanique du branche courte, épaisse et conique se porte hori-
ligament sphénomandibulaire [33]. En clinique, le fait zontalement en arrière. Son extrémité postérieure
que des fibres provenant du disque passent dans la vient se loger dans la fosse de l’incus, une petite
fissure tympanosquameuse jusqu’au ligament antérieur échancrure située à l’orifice d’entrée de l’aditus
du malleus peut expliquer la survenue de dysfonctions ad antrum de l’antre mastoïdien dans la caisse du
otologiques, après des traumatismes de l’ATM où ces
tympan. Le ligament postérieur de l’incus réunit
ligaments sont extrêmement étirés [34, 35].
l’extrémité de la branche supérieure au pourtour
de la fosse de l’incus. Dans leur dimension antéro-
Incus postérieure, le corps et la branche supérieure de
Classiquement comparé à une molaire, l’incus est l’incus mesurent ensemble entre 4 et 5 mm [30].
situé en arrière du marteau. C’est le plus gros des La branche inférieure (branche verticale), branche
trois osselets, et il présente à décrire un corps, la longue, est plus étroite. Elle est logée presque

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112 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

verticalement dans la caisse du tympan. Son extré- tympanique, en variations de pression dans les
mité inférieure se courbe et se termine par le pro- compartiments liquidiens de l’oreille interne. Pour
cessus lenticulaire, en forme de petit condyle qui ce faire, l’impédance du milieu extérieur aérien
s’articule avec la cavité glénoïde du stapès pour doit être adaptée au milieu intérieur cochléaire
former l’articulation incudostapédienne. liquidien, et les vibrations de basse pression et les
grands déplacements de l’air transformés en vibra-
Stapès
tions de haute énergie avec de faibles déplacements
Le stapès est le plus petit et le plus léger des osse- permettant une conduction dans les liquides laby-
lets. Situé dans la caisse du tympan, en dedans rinthiques [38].
de l’enclume, il se couche entre le processus
L’arrangement des structures osseuses et ligamen-
lenticulaire de l’incus et la fenêtre vestibulaire.
taires de la chaîne ossiculaire participe à ce méca-
Typiquement comparé à un étrier, il consiste en
nisme, où les forces appliquées sur la membrane
une tête, une base et deux branches.
tympanique sont retransmises sur la platine du sta-
La tête est creusée sur sa face latérale d’une petite pès avec une augmentation de la pression et pour
cavité glénoïde qui s’articule avec le processus len- autant un déplacement du stapès inférieur à celui
ticulaire de l’incus. Sa face médiale se continue par du marteau.
un col qui relie la tête aux branches.
Le manche du malleus, très adhérent à la mem-
La base (platine) est une mince lame osseuse plus brane du tympan, suit tous les mouvements de
ou moins ovalaire qui répond à la fenêtre vesti- cette dernière. Le malleus et l’incus tournent
bulaire. Sa surface vrillée est comparée à une ensemble autour d’un axe de rotation schémati-
hélice. Sur son pourtour, les fibres du ligament que qui relie la branche supérieure et le ligament
annulaire l’enchâssent entre les bords de la fenêtre postérieur de l’incus au ligament antérieur du
vestibulaire. malleus. Ainsi, à chaque déplacement médial de
Les branches antérieure et postérieure relient la la membrane du tympan correspond un déplace-
tête à la base et forment l’arc stapédien. La bran- ment similaire du malleus qui mobilise l’incus et
che antérieure est plus courte et moins incurvée pousse la base du stapès au niveau de la fenêtre
que la postérieure. vestibulaire vers le labyrinthe et sa périlymphe. De
fait, ce déplacement de la périlymphe provoque
L’articulation incudomalléaire est une diarthrose, où par une saillie de la membrane fibreuse qui comble la
emboîtement réciproque le versant postérieur de la tête fenêtre de la cochlée, i.e. le tympan secondaire. Le
du marteau s’articule avec la face antérieure du corps déplacement latéral de la membrane du tympan
de l’enclume. Un ménisque complète l’articulation et entraîne les déplacements opposés.
l’élasticité de ses tissus participe à la transmission des Cette description est schématique ; la réalité est
vibrations sonores [36]. Après la puberté, cette articula­
plus sophistiquée. Ainsi, l’axe de rotation n’est pas
tion peut s’ossifier.
fixe mais varie en fonction de la fréquence. De plus,
L’articulation incudostapédienne est une énarthrose
entre le processus lenticulaire de l’incus et la cavité glé­ comme pour toute articulation, les mouvements
noïde de la tête du stapès. C’est une articulation fragile, sont rarement purs et les rotations peuvent s’ac-
qui reste mobile chez l’adulte, et qui peut se luxer dans compagner de translation. Par exemple, lors des
les traumatismes crâniens [37]. grands déplacements de la membrane du tympan,
Dans l’otospongiose, une surdité de transmission est l’incus s’adapte par simple glissement au niveau de
due à la fixation de la base du stapès dans la fenêtre l’articulation incudomalléaire, ce qui prévient la
vestibulaire par un foyer otospongieux. désarticulation de la base du stapès au niveau de la
fenêtre vestibulaire. Le jeu combiné des osselets,
de leurs ligaments et des muscles tenseur du tym-
Déplacements de la chaîne ossiculaire pan et stapédien, résulte en un système dans lequel
L’oreille moyenne transforme les vibrations sono- la base stapédienne ne fonctionne pas au niveau
res aériennes qui arrivent contre la membrane de la fenêtre vestibulaire comme un simple piston.

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Chapitre 7. Os temporal 113

Plutôt, cette base tourne et présente des mouve- Trompe auditive osseuse
ments de charnière autour des zones d’épaississe- Le cône postérolatéral de la trompe auditive est
ment de son ligament annulaire, mouvements qui localisé dans la partie pétreuse de l’os temporal,
varient selon l’intensité sonore. en avant de la caisse du tympan : c’est le protym-
panum [40]. L’ostium tympanique de la trompe
Par sa contraction, le muscle tenseur du tympan attire le auditive est visible sur la paroi antérieure de la
manche du malleus médialement, ce qui tend le tympan. caisse du tympan au-dessous du canal du muscle
Simultanément, ce mouvement pousse médialement tenseur du tympan. Il mesure environ 5 mm de
l’enclume et l’étrier à l’intérieur de la fenêtre vestibulaire
hauteur et 3 mm de large (figure 7.18).
(ovale), ce qui augmente la pression intravestibulaire.
Ainsi, le muscle tenseur du tympan concoure à assour­ Sur toute sa longueur, la trompe auditive osseuse
dir les bruits violents. Il est innervé par le nerf du muscle est située au-dessous du canal du muscle tenseur
tenseur du tympan, une branche du nerf mandibulaire du tympan ; elle est comprise entre la face antéro-
(V3). inférieure de l’os pétreux et la face profonde du
L’antagoniste du tenseur du tympan est le muscle du processus tubaire de l’os tympanal. Ce court seg-
stapès. En attirant l’étrier latéralement, il détend le tym­ ment de 11 à 12 mm, approximativement un tiers
pan et diminue la pression intravestibulaire. La chaîne de la longueur de la trompe auditive, se termine
ossiculaire peut ainsi s’adapter à l’écoute des bruits fai­
sur la face exocrânienne de la base du crâne, juste
bles et lointains. Le muscle du stapès est innervé par un
rameau du nerf facial (VII).
en arrière du foramen épineux (trou petit rond).
Bien visible sur un crâne sec, l’orifice antérieur de
ce segment est situé juste au-dessous de l’extrémité
Trompe auditive antérieure de la synchondrose sphénopétreuse ;
La trompe auditive (trompe d’Eustache) consiste c’est l’orifice à grand axe vertical juste au-dessous
en deux structures de nature différente, une partie de celui du canal du muscle tenseur du tympan.
osseuse à l’intérieur de l’os temporal et une par-
tie fibrocartilagineuse située à l’extérieur de l’os. La Nomina Anatomica désigne sous le terme de canal
L’ensemble forme un conduit qui fait commu- musculotubaire l’accolement du canal de la trompe
niquer la caisse du tympan avec le nasopharynx osseuse avec celui du muscle tenseur du tympan, à
(rhinopharynx). Ainsi, à chaque déglutition, l’air la manière des canons d’un fusil [37]. La fine lamelle
qui pénètre dans la caisse du tympan équilibre la osseuse de séparation entre les deux est nommée sep­
pression atmosphérique de part et d’autre de la tum du canal musculotubaire.
membrane tympanique.
Les deux portions de la trompe auditive ont
Trompe auditive fibrocartilagineuse
chacune la forme d’un cornet aplati dans le sens
transversal. Ces deux cônes se réunissent par leurs Les deux tiers antérieurs de la trompe auditive
sommets tronqués au niveau de l’isthme de la sont fibrocartilagineux. Ce segment est oblique en
trompe auditive. C’est l’endroit le plus étroit où bas, en avant et en dedans, dans le prolongement
la trompe mesure 2 mm de hauteur sur 1 mm de des autres cavités de l’oreille moyenne et il s’étend
large ; médialement, elle répond au canal caroti- depuis l’isthme de la trompe auditive jusqu’à
dien et latéralement, à l’ATM. son orifice pharyngien sur une longueur de 20 à
24 mm (figure 7.22).
C’est en 1563 que Bartolomeo Eustachio décrit la trompe En fait, le cartilage tubaire consiste en deux lames
d’Eustache. C’est aussi lui qui donne une description du cartilagineuses qui forment une gouttière ouverte
muscle tenseur du tympan et montre que la corde du vers le bas que complète une lame fibreuse : la lame
tympan est une branche du nerf facial. Il contribue à la membranacée. La lame médiale constitue la paroi
description de l’oreille interne et postule que la chaîne médiale du canal de la trompe auditive cartilagineuse.
ossiculaire et le muscle du tympan sont impliqués dans
C’est elle qui dessine la lèvre postérieure de l’orifice
la transmission sonore [39].
pharyngien de la trompe auditive (torus tubaire) au

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114 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

l’échancrure tubaire du bord postérieur de la lame


médiale du processus ptérygoïde et se termine au
niveau de l’orifice pharyngien de la trompe.
Bien visible sur la paroi latérale du nasopharynx,
l’orifice pharyngien de la trompe est le relief
superficiel le plus marqué du nasopharynx [41]. Il
forme une saillie en arrière de la queue du cornet
inférieur, et on lui distingue deux lèvres, posté-
rieure et antérieure. La lèvre postérieure, la plus
marquée, se prolonge caudalement sur la paroi
latérale par le pli salpingopharyngien. En arrière
de cette lèvre, une fossette déprime la paroi pha-
ryngienne : c’est le récessus pharyngien (fossette
de Rosenmüller). Entre les deux lèvres, un repli
de la muqueuse pharyngienne soulevé par le mus-
cle élévateur du voile du palais constitue le torus
de l’élévateur. Pendant la déglutition, l’orifice pha-
ryngien de la trompe auditive s’ouvre ; il mesure
alors 8 mm de haut et 5 mm de large [37].
Fig. 7.22. Trompe auditive fibrocartilagineuse.
1. hamulus de la lame ptérygoïdienne médiale ;
2. lame ptérygoïdienne latérale ; Chez l’adulte, la longueur de la trompe auditive est
3. fosse scaphoïde ; approximativement de 35 à 45 mm. Chez le nouveau­né,
4. foramen ovale ; elle fait environ la moitié de cette longueur, vers 7 ans,
5. foramen épineux ; elle en atteint les 98 %. De surcroît pendant la crois­
6. épine du sphénoïde ; sance, divers phénomènes, tels la descente du larynx, le
7. artère carotide interne entrant dans le canal
déplacement des hamulus ptérygoïdiens vers le bas et
carotidien ;
8. processus mastoïde ; le dehors, et l’augmentation de hauteur des orifices pos­
9. processus palatin du maxillaire ; térieurs des cavités nasales, contribuent normalement
10. lame horizontale de l’os palatin ; à un changement d’orientation de la trompe auditive.
11. choanes ; D’une direction presque horizontale à la naissance, elle
12. lame latérale de la partie cartilagineuse de la se dirige obliquement vers l’avant et le dedans, en direc­
trompe auditive ; tion du nasopharynx, chez l’adulte.
13. lame médiale de la partie cartilagineuse de la
trompe auditive ;
14. foramen déchiré ;
15. partie pétreuse du temporal ; L’expérience clinique montre que la fonction
16. condyle occipital ; des structures associées à l’os temporal est
17. foramen magnum. assujettie à la liberté de mouvement de cet os,
D’après Thomassin JM, et al., EMC, Otho-rhino-laryngologie [37]. telle qu’elle est décrite dans le concept crâ-
nien. Pour Sutherland : « It is my belief that
the petrous portion rotates externally during the
niveau du nasopharynx (figure 7.23). La lame laté- period of inhalation, that the cartilage portion
rale constitue la partie supérieure du canal. Cet agen- rotates externally also and the mouth of the eus-
cement permet des mouvements d’ouverture et de tachain tube opens. » [42]. (« C’est mon avis
fermeture de la trompe. que la portion pétreuse tourne en rotation
externe pendant la phase d’inspiration, que la
À partir de l’isthme, la portion cartilagineuse de
portion cartilagineuse (de la trompe) tourne
la trompe est solidement fixée par du tissu fibreux aussi en rotation externe et que l’orifice de la
à la base crânienne externe dans un sillon qui trompe d’Eustache s’ouvre ».)
suit la synchondrose sphénopétreuse, entre la partie Et aussi : « In case of a lesion fixation in the
pétreuse du temporal et le bord postérieur de la movement of the petrous portion, the movement
grande aile du sphénoïde. En avant, elle repose sur

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Chapitre 7. Os temporal 115

Labyrinthe osseux
of the cartilaginous portion would be in the
same fixation and the mouth of the eustachian Le labyrinthe osseux est un ensemble de cavi-
tube would be either wide-open or closed. » [43]. tés localisées dans le rocher qui communiquent
(« En cas de fixation lésionnelle du mouve- les unes avec les autres. Il contient le labyrinthe
ment de la portion pétreuse, le mouvement membraneux, organe de perception des impres-
de la portion cartilagineuse serait fixé de la sions auditives et vestibulaires et point de départ
même façon et l’orifice de la trompe d’Eusta- des deux parties cochléaire et vestibulaire du
che soit béant soit fermé »).
nerf cochléovestibulaire (VIII) (figure 7.24).
Pour Magoun : « With an external rotation Labyrinthe membraneux et labyrinthe osseux
lesion of the temporal, the tube may be held
sont séparés par un liquide dont la composition
continuously open, and the patient complains
of a low-pitched roar. With internal rotation, it
est proche de celle du liquide cérébrospinal : c’est
may be held closed, accompanied by high-pitched la périlymphe. L’endolymphe remplit le labyrinthe
humming or buzzing. » [44] (« Avec une dys- membraneux.
fonction de rotation externe du temporal, la Le labyrinthe osseux consiste en trois parties :
trompe peut être maintenue continuellement • au centre, le vestibule osseux ;
ouverte, et le patient se plaint d’un mugisse- • en arrière, les trois canaux semicirculaires ;
ment dans les graves. Avec la rotation interne, • en avant, la cochlée osseuse.
elle peut être maintenue fermée, avec un bour-
donnement ou un murmure dans les aigus »). Vestibule
Au repos, les parois de la trompe auditive
Placé au centre du labyrinthe osseux, le vestibule
sont normalement rapprochées. Ainsi, elles
font barrage à toute infection rétrograde
est situé entre l’oreille moyenne et le fond du
en provenance du nasopharynx [45]. Pour méat acoustique interne (figure 7.25). Il est aussi
autant, l’ouverture de la trompe auditive dans en arrière de la cochlée, en avant des canaux semi-
la déglutition, les pleurs ou le bâillement est circulaires et en dedans de la paroi médiale du
nécessaire pour permettre à l’air d’entrer ou cavum tympanique. Il communique avec la cavité
de sortir de la cavité tympanique, et ainsi crânienne par un petit canal, l’aqueduc du vesti-
d’équilibrer le gradient de pression entre l’at- bule. Plus ou moins ovoïde, aplati transversale-
mosphère et la cavité tympanique. Lorsque ment, il mesure environ 5 mm d’avant en arrière,
l’ouverture tubaire n’est pas efficace, comme 5 mm de haut en bas et 3 mm de large, et présente
c’est le cas par exemple dans la déglutition à décrire six parois : antérieure, postérieure, supé-
dysfonctionnelle, les parois de la trompe
rieure, inférieure, latérale et médiale.
auditive sont continuellement effondrées. La
pression négative dans l’oreille moyenne et la La paroi antérieure répond en haut à la première
rétraction de la membrane tympanique qui en portion du canal facial et au-dessous à la cochlée. À
résulte, avec risque d’aspiration des sécrétions sa partie inférieure, un orifice fait communiquer le
nasopharyngiennes dans l’oreille moyenne, vestibule avec la rampe vestibulaire de la cochlée.
sont des facteurs de risque pour une otite.
Les parois postérieure et supérieure présentent les
Plusieurs muscles s’insèrent sur la trompe cinq orifices des canaux semicirculaires osseux.
auditive ; ce sont de chaque côté, les muscles -
tenseur du voile du palais, dilatateur tubaire, La paroi inférieure ou plancher vestibulaire laisse
élévateur du voile du palais et salpingopharyn- voir l’origine de la lame spirale de la cochlée fixée
gien. Ces muscles participent à la fonction de sur sa partie médiale. Son bord latéral est libre et
la trompe et il est admis que la contraction laisse communiquer la cavité vestibulaire avec la
des muscles tenseur du voile du palais [46, 47] cavité sous-vestibulaire, qui est en fait le début du
et dilatateur tubaire [48] augmente la lumière tube cochléaire.
tubaire et donc ventile l’oreille moyenne. Pour
cette raison, toute dysfonction de ces muscles
La paroi latérale répond à la paroi médiale de
et des os sur lesquels ils s’insèrent, i.e. le tem- la caisse du tympan. La fenêtre vestibulaire est
poral et sphénoïde, doit être normalisée. visible sur la partie supérieure de cette paroi ;

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116 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Cornet nasal supérieur

Cornet nasal moyen

Ouverture de la
trompe auditive

Nasopharynx

Palais mou

Cornet nasal inférieur

Fig. 7.23.  Trompe auditive : orifice pharyngien.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

classiquement décrite en « gueule de four » elle est le récessus elliptique (fossette semi-ovoïde ou
reçoit la base de l’étrier fixée à la fenêtre par le utriculaire) qui répond à l’utricule ; la dépression
ligament annulaire. La deuxième partie du canal inférieure, le récessus sphérique (fossette hémis-
facial est dans cette paroi latérale, au-dessus du phérique ou sacculaire) qui répond au saccule ;
niveau de la fenêtre vestibulaire. • la dépression postéro-inférieure est le récessus
La paroi médiale répond à la moitié postérieure cochléaire.
du fond du méat acoustique interne par où le ves- Sur cette paroi médiale se trouvent les orifices des
tibule et les canaux semicirculaires envoient les deux aqueducs de l’oreille interne : l’aqueduc du
filets d’origine du nerf vestibulocochléaire (VIII). vestibule au-dessus et un peu en arrière du récessus
Elle présente trois dépressions, deux antérieures, elliptique et l’aqueduc de la cochlée ou canalicule
la dernière postéro-inférieure : cochléaire au niveau de l’étage sous-vestibulaire.
• deux dépressions antérieures sont l’une au- L’aqueduc du vestibule est un canal osseux très fin,
dessous de l’autre et séparées par la crête vestibu- qui s’étend du vestibule à la face ­postérosupérieure
laire qui se termine antérieurement en une saillie, du rocher dans la cavité crânienne. Il naît à la
la pyramide vestibulaire. La dépression supérieure limite postérieure de la fossette ovoïde, du fond

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Chapitre 7. Os temporal 117

d’une petite gouttière verticale, la fossette sulci-


forme. De là, il décrit une courbe intrapétreuse
à concavité inférieure sur un trajet d’environ
8 mm. Il se termine au niveau d’une petite fos-
sette sur la face postérosupérieure du rocher, à
mi-distance entre le pore acoustique interne et le
sinus sigmoïde : la fossette unguéale (figure 7.3).
Canal semicirculaire L’aqueduc du vestibule contient une veinule et
antérieur le canal endolymphatique, qui se termine sous la
dure-mère crânienne.

Deux vésicules, l’utricule et le saccule, constituent le


Cochlée
vestibule membraneux logé dans le vestibule osseux. Ce
sont les organes otholitiques qui répondent aux accé­
Nerf cochléo-
vestibulaire (VIII) lérations linéaires. C’est au niveau de l’utricule et du
Canal semicirculaire saccule que se trouvent les zones de cellules épithélia­
postérieur les différenciées appelées macules qui sont le point de
départ des filets des branches sacculaire et utriculaire
Canal semicirculaire latéral
du nerf vestibulaire (VIIIv).
L’utricule et le saccule sont réunis l’un à l’autre par le
Fig. 7.24. Labyrinthe osseux. conduit endolymphatique qui pénètre dans l’aqueduc
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. u

Canal et conduit semicirculaires latéraux


Canal et conduit semicirculaires
postérieurs Canal et conduits semicirculaires antérieurs
Conduit endolymphatique (aqueduc du vestibule)
Dure-mère

Saccule

Ampoule
Utricule
Stapès contre la fenêtre
du vestibule
(fenêtre ovale) Hélicotréma
Vestibule

Cochlée
Membrane tympanique
Rampe vestibulaire
Conduit cochléaire
Rampe tympanique

Fenêtre de la
cochlée (fenêtre ronde)

Trompe auditive

Fig. 7.25. Labyrinthe osseux et membraneux.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

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118 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

u Le canal semicirculaire postérieur est convexe


Suite de l’encadré p. 117
vers l’arrière et le dehors ; il est situé dans un plan
du vestibule et se termine par le sac endolymphatique vertical parallèle au grand axe du rocher et forme
(figure 7.26). Ce sac forme un renflement sous la dure­ donc un angle ouvert en arrière d’environ 45°
mère de l’ouverture externe de l’aqueduc du vestibule par rapport au plan sagittal. C’est le plus long des
et constitue une véritable extension intracrânienne du
canaux, il mesure 20 mm et sa boucle est presque
labyrinthe membraneux.
complète.
Pour certains auteurs, le sac endolymphatique « jouerait
un rôle dans la régulation du volume et de la pression Le canal semicirculaire latéral (externe) est placé
de l’endolymphe, liquide riche en potassium baignant le dans un plan horizontal. Sa convexité qui regarde
pôle apical des cellules sensorielles de l’oreille interne, en arrière et en dehors fait saillie sur la paroi médiale
dans la défense immunitaire de l’oreille interne et dans du récessus épitympanique et de l’aditus ad antrum,
l’élimination des débris, notamment d’origine cellulaire, juste au-dessus et en arrière du canal facial. C’est le
présents dans l’endolymphe » [49]. De plus, son dysfonc­ plus court des canaux, il mesure 15 mm.
tionnement est évoqué dans certains cas de maladie de
Ménière, où les patients présentent surdité, vertiges et
acouphènes, et sur le plan histologique une augmen­ Alors que l’utricule et le saccule contenus dans le ves­
tation du volume du compartiment endolymphatique ou tibule détectent les accélérations linéaires du mouve­
hydrops endolymphatique. ment, les canaux semicirculaires sont disposés pour
« With every fluctuation of the cerebrospinal fluid there is détecter les déplacements angulaires de la tête. De ce
created a wave in the endolymph which augments fluid fait, le cerveau est constamment informé de la situation
movement in the internal ear. The connection of the duct exacte du corps dans l’espace et la posture est ajustée,
with both the saccule and the utricule is of significance in si nécessaire, par les efférences vestibulo­spinales, ves­
vertigo, deafness and the like. » [50] (« À chaque fluctua­ tibulo­thalamiques et vestibulo­oculomotrices.
tion du liquide cérébrospinal, une vague se forme dans C’est en agissant par paire que les canaux semi­
l’endolymphe qui augmente le mouvement des fluides de circulaires détectent les mouvements angulaires de la
l’oreille interne. La connexion du sac endolymphatique tête. Ces informations sont nécessaires au contrôle du
avec à la fois le saccule et l’utricule est importante dans mouvement des yeux et par le biais des réflexes vesti­
les vertiges, la surdité et ce qui est similaire ».) bulo­oculaires permettent de stabiliser le champ visuel
sur la rétine. Ainsi, chaque canal antérieur est situé dans
Canaux semicirculaires le même plan que le canal postérieur hétérolatéral. Dès
Les trois canaux semicirculaires occupent la partie lors, lorsque le mouvement de la tête se fait dans leur
plan, ils sont stimulés simultanément, comme c’est le
postérosupérieure du labyrinthe. Comparés à des
cas dans le mouvement de post­flexion de la tête, avec
tubes creux d’environ 0,8 mm de diamètre, en
rotation de 45° soit à droite, soit à gauche. Ces mouve­
forme de fer à cheval, ils s’ouvrent dans le vestibule ments sont utilisés dans les manœuvres positionnelles,
osseux par leurs deux extrémités. L’une de ces deux comme celles de Dix et Hallpike [51].
extrémités est dilatée en ampoule sur une longueur « Lesions may interfere with free fluctuation, or they may
de 3 à 4 mm : c’est l’ampoule du canal semicirculaire disturb the parallelism of the semicircular canals and so
qui contient l’épithélium sensitif vestibulaire. Les the equilibrium. » [52] (« Les dysfonctions peuvent entra­
extrémités non ampullaires des canaux antérieur ver une fluctuation libre [du liquide cérébrospinal], ou
et postérieur se réunissent pour former un canal elles peuvent déranger le parallélisme des canaux semi­
commun qui s’ouvre dans la chambre vestibulaire : circulaires et ainsi l’équilibre. »)
c’est la crus commune. Schématiquement, les trois
canaux semicirculaires sont disposés dans les trois Cochlée
plans de l’espace et donc approximativement per- La cochlée osseuse contient le conduit cochléaire
pendiculaires les uns aux autres. (limaçon membraneux) où les sensations sonores
Le canal semicirculaire antérieur (supérieur) est transmises par l’oreille moyenne impressionnent
convexe vers le haut ; il est dans un plan vertical les fibres du nerf cochléaire. Le vestibule est l’or-
presque perpendiculaire au grand axe du rocher gane de l’équilibration et la cochlée est celui de
(figure 7.24). l’audition.

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Chapitre 7. Os temporal 119

Hélicotréma Ampoule du canal


semicirculaire Canal semicirculaire
antérieur antérieur

Saccule Crus commune


Hamulus Utricule Canal
semicirculaire
postérieur

Ampoule du canal
semicirculaire
latéral

Canal cochléaire Canal


semicirculaire
latéral
Vestibule

Fenêtre
du vestibule
Ductus
reuniens
Fenêtre
de la cochlée
Canal endolymphatique Canal Ampoule du canal
Sac endolymphatique utriculo-sacculaire semicirculaire
postérieur

Fig. 7.26.  Labyrinthe osseux et membraneux.


Labyrinthe membraneux en bleu, vu à travers le labyrinthe osseux. Les flèches indiquent la direction des
changements de pression dans la cochlée.
D’après Standring S, Gray’s Anatomy, 39th edition [19].

La cochlée osseuse est située juste en avant et spirale similaire à la ligne d’enroulement du
en dedans du vestibule sur 5 à 6 mm de hau- canal spiral de la cochlée : c’est le tractus spi-
teur et 9 mm de diamètre à la base. Elle est ral criblé. Les faisceaux de protoneurones de la
formée par un tube osseux enroulé en spirale, voie cochléaire qui forment le nerf cochléaire
d’une longueur de 30 mm et d’un diamètre de (VIIIc) passent par ces orifices qui se prolon-
1 à 2 mm : le canal spiral de la cochlée. Ce tube gent par de fins canalicules, lesquels se termi-
est enroulé en spirale en 2 tours et demi de spire nent dans le canal spiral du modiolus (canal spiral
autour d’un axe : le modiolus (columelle), et la de Rosenthal) (Voir Chapitre 20, page 30). Les
face externe apparente du tube constitue la lame corps cellulaires des fibres nerveuses forment le
des contours. Le canalicule cochléaire (aqueduc ganglion spiral (organe de Corti) à l’origine du
de la cochlée) fait communiquer la cochlée et la nerf cochléaire.
cavité crânienne. Le canal spiral de la cochlée est cloisonné par la
Le modiolus est un cône creux couché dont lame spirale osseuse en deux tubes secondaires :
l’axe presque horizontal est oblique en avant • la rampe tympanique placée vers la base en com-
et latéralement, presque perpendiculairement munication avec la fenêtre de la cochlée ;
à l’axe du rocher. Son sommet est en rapport • la rampe vestibulaire placée vers l’apex en com-
avec le protympanum et sa base perforée de munication avec la fenêtre du vestibule.
multiples orifices répond au quadrant antéro- C’est sous le vestibule que débute la lame spirale.
inférieur du fond du méat acoustique interne. En fait, elle en constitue le plancher, puis elle
D’autres petits orifices sont présents sur la s’enroule autour du modiolus et se termine sous
surface interne du modiolus selon une double la coupule du vestibule par un crochet, le crochet

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120 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

de la lame spirale. Cela constitue un passage, l’hé- • la fossette postérieure, l’aire vestibulaire supé-
licotréma, qui fait communiquer les deux rampes rieure (fossette utriculaire) située à hauteur de
(figure 7.25). l’utricule du vestibule comporte de nombreux
petits orifices par lesquels passent les fibres utri-
culaires du nerf vestibulaire.
Le modiolus où passe le nerf cochléaire fait communi­
quer la cochlée avec les espaces sous­arachnoïdiens et
Étage inférieur
constitue une voie de diffusion des atteintes méningées
au labyrinthe [53]. Une crête verticale divise aussi cet étage en deux
fossettes antérieure et postérieure, auquel s’ajoute
le foramen singulaire (foramen de Morgagni) pour
Pour certains, la suture pétro­occipitale joue le rôle d’un le passage d’une branche du nerf vestibulaire, le
amortisseur entre le rocher et la base crânienne. Ainsi, les nerf ampullaire postérieur.
forces transmises depuis la colonne vertébrale jusqu’à la • la fossette antérieure, l’aire cochléaire (fossette
base du crâne sont amorties, ce qui protège les structures cochléaire), située à hauteur de la base du modio-
de l’oreille interne. En raison de l’importance des rapports lus est déprimée et présente de nombreux orifi-
anatomiques et fonctionnels du « complexe pétro­occi­ ces que traversent les fibres du nerf cochléaire ;
pital », l’ossification de la suture pétro-occipitale pourrait • la fossette postérieure, l’aire vestibulaire inférieure
être sous la double influence de forces biochimiques et
(fossette sacculaire), située à hauteur du saccule
biomécaniques. Chez l’homme de plus de 60 ans, cette
du vestibule livre passage aux fibres sacculaires
suture peut être complètement ossifiée. Dès lors, plu­
sieurs facteurs contribuent aux pertes d’audition asso­ du nerf vestibulaire.
ciées à l’âge : une modification des rapports osseux, une
altération du flux liquidien cérébrospinal autour du canali­ Canal facial
cule cochléaire, et une diminution de l’amortissement des
vibrations qui arrivent sur la partie pétreuse [17]. Compris entre le fond du méat acoustique interne
et le foramen mastoïdien, deux fois coudé sur
Méat acoustique interne lui-même, le canal facial (aqueduc de Fallope)
présente trois segments.
Creusé dans le rocher en dedans du labyrinthe osseux,
le méat acoustique interne est un canal osseux par- Premier segment
couru par les nerfs vestibulo-cochléaire (nerf auditif,
Ce segment labyrinthique de 3–4 mm est le plus
VIII), facial (VII) et intermédiaire (nerf intermé-
court. Il commence au fond du méat acoustique
diaire de Wrisberg, VII bis). Oblique en avant et en
interne et se dirige obliquement en avant et en
dedans, presque cylindrique, il mesure environ 8 à
dehors, perpendiculaire à l’axe du rocher. Il répond
l0 mm de long, pour une largeur de 4 à 5 mm. I1 se
en dehors et en arrière au canal semicirculaire
termine sur la face postéro-supérieure du rocher par
antérieur, et en dedans et en avant à la cochlée. Le
le pore acoustique interne (figure 7.3).
canal facial livre passage au nerf facial (VII) et au
Le fond du méat acoustique interne répond en nerf intermédiaire (7 bis) (figure 7.27).
avant à la base du modiolus, en arrière à la face
médiale du vestibule. La crête transverse le divise Deuxième segment
en deux étages, supérieur et inférieur. Après un virage de 75–80° dans le plan hori-
zontal, le segment tympanique est pratique-
Étage supérieur
ment parallèle à l’axe du rocher, donc oblique
Une crête verticale divise cet étage en deux fosset- en arrière, en bas et en dehors. À l’angle formé
tes, antérieure et postérieure : entre les segments labyrinthique et tympanique,
• la fossette antérieure, l’aire faciale (fossette le canal facial présente une fossette pour le gan-
faciale), livre passage au nerf facial et au nerf glion géniculé. Le nerf intermédiaire arrive sur
intermédiaire ; ce ganglion d’où part le nerf grand pétreux. À

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Chapitre 7. Os temporal 121

associée à la flexion de la synchondrose sphéno-


basilaire (SSB), et des mouvements de rotation
interne pendant l’expiration crânienne associée à
l’extension de la SSB.
Selon Sutherland, le temporal bouge comme une
roue voilée. Il propose de tenir d’une main l’os
temporal, avec un doigt sur le sommet de la por-
tion pétreuse de l’os et un autre doigt sur la base
du processus mastoïde, puis de saisir le processus
zygomatique avec l’autre main. Normalement,
lorsque l’on fait descendre le processus zygomati-
que, la portion pétreuse tourne latéralement, c’est-
à-dire s’éloigne de la ligne médiane. Lorsqu’on
fait monter le processus zygomatique, la portion
pétreuse tourne médialement, c’est-à-dire se rap-
proche de la ligne médiane [54]. Ce petit exercice
donne une idée du mouvement de l’os temporal.
Fig. 7.27.  Canal facial.
1.  canal latéral ; Dans cette représentation simplifiée du mouve-
2.  VII ; ment de l’os temporal, la partie pétreuse de l’os
3.  fenêtre de la cochlée ; tourne autour d’un axe arbitraire qui relie la facette
4.  carotide ; jugulaire à l’apex pétreux [55]. Le déplacement du
5.  promontoire.
D’après Hitier M, et al., EMC, Otho-rhino-laryngologie. bord supérieur de la portion pétreuse devient la
référence pour nommer la rotation. Ainsi, dans la
rotation externe, ce bord se déplace latéralement et
partir de cet angle, le nerf intermédiaire et le dans la rotation interne il se déplace médialement.
nerf facial ne forment plus qu’un cordon ner- En fait, décrire un mouvement autour d’un seul
veux unique. Ce segment tympanique du canal axe est restrictif car cela ne permet des mouvements
facial fait saillie sur la paroi médiale de la caisse que dans un seul plan de l’espace. Pour des struc-
du tympan entre la saillie du canal semicirculaire tures impaires qui se déplacent uniquement dans
latéral au-dessus de lui et la fenêtre vestibulaire le plan sagittal, cela peut convenir. En revanche,
au-dessous. c’est moins satisfaisant pour des structures paires
dont les mouvements sont plus complexes. Ainsi,
Troisième segment nous pensons que la description d’un point centre
Le troisième segment du canal facial est le segment de mouvement convient mieux. Pour l’os tempo-
mastoïdien qui est vertical. Il se dirige oblique- ral, dans les situations normales ce point pourrait
ment en bas et en dehors, passe sous le plancher être la facette jugulaire, la petite surface rugueuse
de l’aditus ad antrum et se termine au niveau du qui s’articule avec le processus jugulaire de l’os
foramen mastoïdien (figure 7.9). occipital. Pour autant, ce point centre de mou-
vement peut varier selon les contraintes que subit
l’os temporal, par exemple les contraintes postura-
les par le biais du muscle sterno-cléido-mastoïdien
Mouvement craniosacral ou les contraintes masticatrices. Dans tous les cas,
ces descriptions restent des modèles schématiques
Flexion-extension crânienne pour faciliter la visualisation du mouvement.
L’os temporal est un os pair. Dans le concept Autour d’un point centre de mouvement, plu-
crânien, il présente donc des mouvements de sieurs degrés de liberté sont possibles qui peuvent
rotation externe pendant l’inspiration crânienne être décrits dans les trois plans de l’espace :

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122 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

• dans le plan sagittal, l’os temporal démontre une l’attachement supérieur est plus antérieur et que
rotation antérieure ou une rotation postérieure. l’attachement inférieur est plus postérieur d’un côté
Dans la rotation antérieure le bord supérieur de de la tête que de l’autre. Inversement, un attache-
l’écaille du temporal se déplace vers l’avant et ment supérieur plus postérieur et un attachement
vers le bas, le processus zygomatique se déplace inférieur plus antérieur laissent penser à une rotation
vers le bas, et la pointe du processus mastoïde postérieure de l’os temporal, une composante du
vers l’arrière et vers le haut ; l’inverse se produit mouvement de rotation interne. Dans tous les cas,
dans la rotation postérieure ; l’observation doit être confirmée par la palpation
• dans le plan coronal, l’os temporal réalise une pour la structure et la palpation pour la fonction.
abduction du bord supérieur de la partie squa-
meuse et une adduction de la pointe du pro-
cessus mastoïde ou une adduction du bord Torsion
supérieur de la partie squameuse associée à une
abduction de la pointe du processus mastoïde ; En plus des mouvements de rotation externe et
• dans le plan transversal, l’ensemble du tempo- de rotation interne crâniennes, l’os temporal par-
ral se déplace latéralement mais à un plus grand ticipe aux mouvements de torsion et de sideben-
degré au niveau de la partie postérieure que de ding-rotation de la synchondrose sphénobasilaire.
la partie antérieure, ou inversement l’ensem- Dans la torsion, le sphénoïde et l’occiput tournent
ble se déplace médialement toujours à un plus en directions opposées autour d’un axe antéropos-
grand degré au niveau postérieur qu’au niveau térieur reliant le nasion à l’opisthion. Un côté du
antérieur. sphénoïde est plus haut que l’autre, et l’occiput
Ainsi, dans le mouvement de rotation externe qui est bas du côté de la grande aile haute et haut de
résulte de la combinaison des mouvements dans l’autre côté. Le côté où la grande aile du sphénoïde
les trois plans de l’espace, le bord supérieur de se déplace vers le haut définit la torsion. En l’ab-
la partie squameuse se déplace vers l’avant, vers sence de dysfonction somatique crânienne, le mou-
le dehors et vers le bas, et la pointe du processus vement de torsion est possible des deux côtés.
mastoïde vers l’arrière, vers le dedans et vers le L’os temporal logé dans l’espace compris entre le
haut. Pendant la rotation interne crânienne, les os corps et la grande aile du sphénoïde en avant et
temporaux réalisent les déplacements opposés et le l’os occipital en arrière subit leurs deux influences
bord supérieur de la partie squameuse se déplace qui dans la torsion sont contradictoires. L’écaille
vers l’arrière, vers le dedans et vers le haut, et la temporale d’origine membraneuse s’articule en
pointe du processus mastoïde vers l’avant, vers le avant avec la grande aile sphénoïdale, et la mas-
dehors et vers le bas. toïde d’origine cartilagineuse s’articule en arrière
Dans l’observation du patient, il est classique de avec l’os occipital. De fait, dans les conditions nor-
regarder l’auricule pour avoir une idée du mouve- males, l’os temporal accompagne les mouvements
ment de l’os temporal. Une oreille décollée laisse de l’os occipital. Dans une torsion droite où l’oc-
supposer une rotation externe de l’os temporal ciput tourne se déplaçant vers le bas du côté droit
ipsilatéral, et une oreille plaquée contre le côté de et vers le haut du côté gauche, l’os temporal droit
la tête laisse supposer une rotation interne. Cette démontre une rotation externe et l’os temporal
observation est valable pour étudier la composante gauche une rotation interne. Inversement, avec
du mouvement située dans le plan coronal. Pour une torsion gauche où l’occiput se déplace vers le
autant, parfois la composante dans le plan sagittal bas du côté gauche et vers le haut de l’autre côté,
prédomine et dans ce cas, l’observation de la posi- l’os temporal droit démontre une rotation interne
tion relative des attachements supérieur et inférieur et l’os temporal gauche une rotation externe.
de l’auricule est plus satisfaisante pour définir le Dans les mouvements de torsion et de sideben-
mouvement des os temporaux. Une rotation anté- ding rotation, les os pairs se déplacent en rota-
rieure de l’os temporal, composante du mouve­ tion externe ou en rotation interne. Toutefois, ces
ment de rotation externe, est probable lorsque déplacements ne sont pas exactement identiques

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Chapitre 7. Os temporal 123

aux mouvements de rotation externe décrits pen- Il en résulte un sidebending entre le sphénoïde et
dant la phase d’inspiration crânienne associée à la l’occiput au niveau de la SSB, avec d’un côté une
flexion de la synchondrose sphénobasilaire (SSB), convexité et de l’autre une concavité.
ou de rotation interne pendant l’expiration crâ- Les principes décrits ci-dessus concernant l’adap-
nienne associée à l’extension de la SSB. Ainsi, tation de l’os temporal aux mouvements de tor-
dans le mouvement de torsion de la SSB, la por- sion s’appliquent également aux mouvements de
tion mastoïde de l’os temporal subit l’influence de sidebending-rotation. Le temporal situé du côté
l’os occipital, en principe la plus forte, quand la du sidebending suit les déplacements vers le bas
partie squameuse subit l’influence de l’os sphé- de l’occiput et du sphénoïde, ce qui résulte en
noïde. Les deux mouvements sont de direction une rotation externe. En même temps, il subit les
opposées : l’occiput se déplace vers le haut quand influences contradictoires des déplacements vers
le sphénoïde se déplace vers le bas et vice-versa. l’arrière de l’occiput et vers l’avant du sphénoïde.
L’os temporal est sollicité en torsion, et ce sont les Comme pour la torsion, dans les conditions nor-
zones les plus souples qui s’adaptent. À ce titre, males, l’os temporal accompagne les mouvements
l’écaille temporale d’origine membraneuse offre le de l’os occipital et sa partie squameuse accom-
plus grand potentiel d’accommodation. mode ceux de l’os sphénoïde.

Sidebending-rotation
Palpation pour la structure
Dans le sidebending-rotation de la SSB, deux
composantes de mouvement sont présentes avec La palpation pour la structure consiste en la palpa-
pour chacune d’elles des axes de mouvement dif- tion de l’écaille, de la partie mastoïdienne, du pro-
férents. Un axe antéropostérieur relie le nasion cessus zygomatique, du pore acoustique externe,
et l’opisthion, et autour de cet axe, l’occiput et des muscles temporal et masséter, et des sutures
le sphénoïde tournent dans la même direction. squameuse, pariétomastoïdienne, occipitomastoï-
Simultanément, autour de deux axes verticaux, un dienne, temporozygomatique et ATM. La palpa-
pour chaque os, l’occiput et le sphénoïde se dépla- tion de la partie pétreuse de l’os temporal n’est
cent dans des directions opposées. pas possible.
Ainsi, lorsque le corps et la grande aile du sphé-
noïde tournent autour de l’axe antéropostérieur
et se déplacent vers le bas d’un côté et vers le haut Écaille
de l’autre, l’occiput tourne dans le même sens et Tout d’abord, palpez les reliefs de l’écaille tem-
tourne avec le sphénoïde, se déplaçant vers le haut porale sur les côtés de la tête, au dessus des auri-
du côté de la grande aile haute et vers le bas de cules. Notez les différences entre les deux côtés.
l’autre côté. En même temps, lorsque l’occiput Avez-vous la sensation que d’un côté l’écaille est
et le sphénoïde se déplacent autour des deux axes plus antérieure que l’autre, plus convexe, plus
verticaux qui passent l’un par le centre du corps latérale, ce qui est associée à un mouvement de
du sphénoïde et l’autre par le foramen magnum de rotation externe de l’os temporal. Inversement,
l’occiput, la grande aile du sphénoïde et l’occiput dans la rotation interne, l’écaille semble plus plate
s’écartent l’un de l’autre d’un côté, et se rappro- et médiale. Chez l’adulte, notez l’importance de
chent l’un de l’autre de l’autre côté. Le sideben- la tension des muscles temporaux.
ding-rotation est nommé du côté où la grande aile
et l’occiput sont déplacés vers le bas. Pour un side-
bending-rotation droit, la partie droite du corps Partie mastoïdienne
du sphénoïde et la grande aile droite se déplacent
vers le bas et vers l’avant, alors que la partie droite Puis continuez la palpation en promenant la pulpe
de l’occiput se déplace vers le bas et vers l’arrière. des doigts sous la zone libre des auricules vers

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124 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

l’arrière et vers le bas, vous arrivez sur la partie musculaires. Ce sont essentiellement le mus-
mastoïdienne. Toute sa face latérale est palpable cle sterno-cléido-mastoïdien (SCM) et juste en
en arrière du pore acoustique externe, en arrière arrière le muscle splénius de la tête. La différen-
et au-dessous de l’écaille. Ici, l’os temporal est ciation de leurs faisceaux d’insertion peut être
plus proche de la surface cutanée qu’il ne l’est au facilitée en sollicitant une participation active du
niveau de l’écaille. Notez les différences entre les sujet, avec le cas échéant un léger mouvement
deux côtés. contre résistance. Le SCM est sollicité par une
Essayez alors de repérer le bord supérieur des par- inclinaison ipsilatérale à la zone d’insertion mas-
ties mastoïdiennes. Dans leur moitié antérieure, toïdienne associée à une rotation controlatérale.
ils correspondent à la crête supramastoïdienne sur Le splénius de la tête est actif lors de l’inclinai-
laquelle se fixe le fascia temporal. Cette crête est son et de la rotation ipsilatérales à la zone d’in-
située dans le prolongement postérieur du bord sertion mastoïdienne. Appréciez leur tension, et
supérieur du processus zygomatique. Comparez leur réponse à la sollicitation. Dans le cas d’un
les deux côtés ; le côté le plus haut correspond déséquilibre, vérifiez les zones d’insertion à dis-
normalement au côté où le temporal est en rota- tance de ces muscles. Elles sont potentiellement
tion externe. responsables de ce déséquilibre musculaire, avec
comme effet secondaire une dysfonction crâ-
Continuez la palpation de la crête supramastoï-
nienne de l’os temporal. Pour le SCM, vérifiez le
dienne en direction postérieure, vous arrivez sur
manubrium sternal et la clavicule ; pour le muscle
la moitié postérieure du bord supérieur des parties
splénius de la tête vérifiez C7 et les trois ou qua-
mastoïdiennes qui s’articule avec le pariétal pour
tre premières vertèbres thoraciques.
former la suture pariétomastoïdienne ; elle se ter-
mine en arrière par l’astérion, point de rencontre
des sutures pariétomastoïdienne, lambdoïde et
occipitomastoïdienne. En haut de ce point, vous
Processus zygomatique
êtes sur l’os pariétal, en arrière sur l’os occipital La partie antérieure libre du processus zygoma-
et en avant sur la portion mastoïde de l’os tempo- tique est facilement palpable. Placez la pulpe de
ral. La perception tactile au niveau de ces trois os l’index et du médius juste en avant du tragus et du
est différente. La surface de l’os pariétal est plus pore acoustique externe. Vous êtes au niveau de
régulière que celle de la portion mastoïde, et c’est l’ATM. Demandez au sujet d’ouvrir doucement
l’occiput qui offre la plus grande résilience. la bouche ; normalement, vous sentez le condyle
Promenez la pulpe des doigts sur la portion mas- mandibulaire se déplacer vers l’avant sous la face
toïde en dessous de la crête supramastoïdienne ; inférieure du processus zygomatique. Par l’inter-
cette surface est relativement lisse. Déplacez les médiaire d’un ménisque, le condyle de la man-
doigts en direction du processus mastoïde où la dibule répond à la fosse mandibulaire lorsque la
surface osseuse est plus rugueuse. La limite entre bouche est fermée et au tubercule articulaire lors-
les deux est la fissure pétrosquameuse. Notez que la bouche est ouverte. Palpez très délicate-
la position respective des processus et des por- ment le bord latéral de la fosse mandibulaire et
tions mastoïdes. Dans le mouvement de rotation le tubercule articulaire ; comparez les deux côtés.
externe de l’os temporal, l’extrémité inférieure Une asymétrie dans la position des temporaux
du processus est plus postérieure, plus médiale et peut contribuer à une dysfonction de l’ATM. Le
plus haute, et la portion mastoïde est plus latérale. tubercule articulaire est souvent sensible à la pal-
Dans le mouvement de rotation interne, l’extré- pation ; c’est parce que la petite saillie palpée sur
mité inférieure du processus est plus antérieure, sa partie latérale, i.e. le tubercule zygomatique
plus latérale et plus basse et la portion mastoïde antérieur, donne insertion au ligament latéral de
plus médiale. l’ATM.
Les rugosités présentes sur la face latérale de Déplacez les doigts vers l’avant, palpez la face
la portion mastoïde sont les zones d’insertion latérale du processus zygomatique. Légèrement

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Chapitre 7. Os temporal 125

convexe avec un bord supérieur mince et tran- le plus superficiel à cet endroit. Le faisceau profond
chant qui donne insertion au fascia temporal et du muscle masséter se fixe sur la face médiale du
un bord inférieur plus épais qui donne insertion processus zygomatique, et se situe plus en profon-
au faisceau moyen du muscle masséter. Comparez deur. Notez les différences entre les deux côtés.
la position dans l’espace de ces deux bords. Dans Interrogez le sujet sur ses habitudes manducatrices,
le mouvement de rotation externe de l’os tem- et considérez l’éventualité d’une mastication unila-
poral, le bord supérieur semble plus éversé et le térale comme source de dysfonction temporale.
bord inférieur plus effacé. Inversement, dans le
mouvement de rotation interne, le bord supé-
rieur semble plus effacé et le bord inférieur plus Pore acoustique externe
éversé.
Procédez avec beaucoup de délicatesse. Évaluez
Continuez la palpation du processus zygomatique s’il existe une différence de hauteur entre les deux
de l’os temporal jusqu’à son extrémité antérieure côtés. Comparez la taille des deux pores. Dans le
et son articulation avec le processus temporal de mouvement de rotation externe de l’os temporal,
l’os zygomatique. Essayez de définir cette suture le pore acoustique externe est plus bas et sem-
qui présente à la palpation un léger décrochage. ble plus ouvert, dans le mouvement de rotation
Biseautée aux dépens du bord inférieur, le bord interne, il est plus haut et semble plus fermé.
sutural du processus zygomatique de l’os tem-
poral recouvre le processus temporal de l’os
zygomatique. De fait, l’extrémité supérieure de Palpation pour la fonction
la suture semble plus antérieure que l’extrémité
inférieure. Notez les asymétries entre les deux La palpation pour la fonction se pratique après
côtés. Comparez la position de l’extrémité anté- l’observation et la palpation pour la structure.
rieure des deux processus zygomatiques. Dans le Ces étapes complètent l’anamnèse et permettent
mouvement de rotation externe de l’os temporal, d’identifier une dysfonction somatique. La palpa-
elle est plus basse, dans le mouvement de rotation tion pour la fonction de l’os temporal comporte
interne, elle est plus haute. les tests d’écoute et les tests de mobilité.
Évaluez la sensation de continuité entre les proces- Le sujet est en position de décubitus dorsal et le
sus zygomatiques des os temporaux et les proces- praticien est assis à la tête du sujet. Commencez
sus temporaux des os zygomatiques. Notez que le toujours par une écoute globale des os temporaux
temporal et l’os zygomatique se déplacent ensem- et pour ce faire placez les pouces et les index sur les
ble en rotation externe ou en rotation interne bords supérieur et inférieur des processus zygoma-
dans tous les mouvements de flexion-­rotation tiques, les médius au niveau des pores acoustiques
externe, d’extension-rotation interne et de tor- externes, les annulaires sur les pointes des pro-
sion. Dans ces mouvements les processus zygoma- cessus mastoïdes, et les auriculaires sur les ­parties
tiques et temporaux tournent dans le même sens. mastoïdiennes. C’est la prise à cinq doigts qui
En revanche, l’os temporal et l’os zygomatique permet une excellente écoute de l’os tempo-
ont des déplacements en sens contraire dans le ral dans sa globalité (figure 7.28). Existe-t-il un
sidebending-rotation. Ainsi, dans le sidebending- mouvement ? Les deux côtés bougent-ils autant ?
rotation droit, l’os temporal se déplace en rotation Le mouvement est-il symétrique ? En cas de res-
externe alors que l’os zygomatique se déplace en triction de la motilité intracrânienne, définissez
rotation interne. Habituellement, une dysfonction la ou les structure(s) anatomique(s) auxquelles se
au niveau de la suture temporozygomatique est rattache cette restriction. Visualisez les membranes
palpable, avec une sensation de non-continuité. dure-mériennes et leurs rapports avec le temporal,
Palpez les fibres du muscle masséter sous le bord en particulier la tente du cervelet au niveau de la
inférieur du processus zygomatique. Le faisceau partie pétreuse. Existe-il des zones de restriction ?
moyen du muscle masséter s’insère sur ce bord, c’est Mentalement visualisez chacune des sutures et

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126 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

sagittal plus important à l’arrière ; simultanément


la pointe du rocher descend légèrement.
Visualisez la structure pétreuse et son contenu.
Avez-vous une sensation de densité ou d’iner-
tie ? Cette sensation de diminution ou perte de la
motilité inhérente des tissus est souvent associée
aux dysfonctions de la partie pétreuse du temporal
et de son contenu.
Les pouces et les index placés sur les bords supé-
rieur et inférieur des processus zygomatiques peu-
vent écouter spécifiquement ces processus. Dans
le mouvement de rotation externe de l’os tempo-
ral, le processus zygomatique descend et son bord
Fig. 7.28.  Palpation pour la fonction de l’os temporal. supérieur s’éverse, dans le mouvement de rotation
interne le processus zygomatique monte et son
bord supérieur s’efface.
évaluez les rapports articulaires de l’os temporal Avec les annulaires sur les pointes des processus
avec les os qui l’entourent : sutures sphénosqua- mastoïdes et les auriculaires sur les parties mastoï-
meuse, squameuse, pariétomastoïdienne, occipito­ diennes intéressez vous à la partie mastoïdienne
mastoïdienne, pétro-occipitale, sphénopétreuse, de l’os temporal. Dans le mouvement de rotation
temporozygomatique et ATM. externe, l’extrémité inférieure du processus se
Dans la prise à cinq doigts, plusieurs parties du déplace vers l’arrière, le dedans et le haut, dans
temporal peuvent être particulièrement testées. le mouvement de rotation interne, elle se déplace
Avec le médius placé à l’entrée du méat acoustique vers l’avant, le dehors et le bas.
externe, écoutez les tissus qui recouvrent le pore Pour faciliter l’écoute et le diagnostic précis de
acoustique. Si l’écoute est insuffisante, induisez un dysfonction somatique, la représentation mentale
très léger mouvement d’enroulement des tissus en de l’anatomie de l’os temporal est indispensable.
rotation antérieure, puis laissez revenir à la posi- La conscience proprioceptive et l’interdépendance
tion neutre avant de solliciter le mouvement dans des doigts sont tout aussi importantes. Nombreux
le sens de la rotation postérieure. Comparez les sont les praticiens qui écoutent davantage les sen-
réponses. Dans le mouvement de rotation externe sations perçues au niveau des pouces et des index,
de l’os temporal, les tissus s’enroulent plus facile- au détriment de celles perçues par les autres doigts
ment vers l’avant, dans le mouvement de rotation de la main. Dans ce cas, les informations reçues
interne l’enroulement est postérieur. concernent le processus zygomatique et peut être
Maintenant visualisez la partie pétreuse et le bord l’écaille temporale, ce qui ne correspond pas forcé-
supérieur de cette partie. L’axe long des parties ment au mouvement de la partie mastoïdienne du
pétreuses de l’os temporal est dirigé vers la selle temporal. Normalement, il existe une harmonie de
turcique. Existe-il une différence entre les deux mouvement entre les différentes parties du tempo-
côtés ? Dans le mouvement de rotation externe de ral. Pour autant, en cas de non-cohérence pensez à
l’os temporal, le rocher « roule » vers le dehors, l’éventualité d’une dysfonction intraosseuse [56].
son bord supérieur se déplace latéralement avec Lorsque l’écoute ne fournit pas d’information
un écartement par rapport au plan sagittal plus suffisante, procédez à des tests plus inductifs avec
important à l’arrière ; dans le même temps la recherche des amplitudes de mouvement [57].
pointe du rocher monte légèrement. Dans le mou- Chacun des mouvements décrits peut être sollicité
vement de rotation interne, le rocher « roule » vers très délicatement, en commençant par la sollici-
le dedans, son bord supérieur se déplace médiale- tation la plus fine qui est celle de la visualisation
ment avec un rapprochement par rapport au plan mentale. Conservez le même placement de doigts,

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Chapitre 7. Os temporal 127

imaginez mentalement l’anatomie de la zone pal-   [5] Darrouzet V, Franco-Vidal V, Lavieille JP,
pée et les mouvements à tester. Prenez toujours le Liguoro D. Chirurgie du méat auditif interne. EMC
(Elsevier Masson SAS, Paris), Techniques chirurgi-
temps de laisser revenir en position neutre avant cales - Tête et cou. 46–010, 2007.
de tester le mouvement opposé.   [6] Kapila A, Chakeres DW, Blanco E. The Meckel cave :
Très grossièrement, le mouvement du temporal computed tomographic study. Part I : Normal ana-
peut être testé au niveau des écailles. De chaque tomy ; Part II : Pathology. Radiology 1984 ; 152 :
425–33.
côté, placez la pulpe des index, médius et quatrième   [7] Benoudiba F, Hadj-Rabia M, Iffenecker C,
doigt, sur l’écaille de l’os temporal. Très douce- Fuerxer   F, Bekkali F, Francke JP, et al. Variantes
ment, introduisez une légère poussée vers l’avant anatomiques du cavum de Meckel en IRM. J
d’un côté puis de l’autre en sollicitant l’écaille de Neuroradiol 1998 ; 25 : 201–6.
l’os temporal et non pas seulement les tissus sous-   [8] Bafaqeeh SA. Eagle syndrome : classic and carotid
artery types. J Otolaryngol 2000 ; 29 : 88–94.
cutanés ; comparez les réponses. Laissez revenir à   [9] Başekim CC, Mutlu H, Güngör A, Silit E,
la position neutre, puis effectuez le même test en Pekkafali  Z, Kutlay M, et al. Evaluation of styloid
sens inverse. En l’absence de dysfonction, l’écaille process by three-dimensional computed tomogra-
temporale doit pouvoir répondre au mouvement phy. Eur Radiol 2005 ; 15 : 134–9.
vers l’avant et vers l’arrière, avec la même qualité de [10] Prabhu LV, Kumar A, Nayak SR, Pai MM,
Vadgaonkar R, Krishnamurthy A, Madhan Kumar
mouvement. En cas d’asymétrie, l’os temporal est SJ. An unusually lengthy styloid process. Singapore
généralement en dysfonction de rotation externe du Med J 2007 ; 48 : e34–6.
côté où le mouvement est le plus facile vers l’avant, [11] Eagle WW. Elongated styloid process : report of two
et en dysfonction de rotation interne du côté où le cases. Arch Otolaryngol 1937 ; 25 : 584–6.
mouvement est le plus facile vers l’arrière. [12] Savranlar A, Uzun L, Uğur MB, Ozer T. Three-
dimensional CT of Eagle’s syndrome. Diagn Interv
Pour autant, les tests d’écoute sont plus satisfai- Radiol 2005 ; 11 : 206–9.
sants à de nombreux égards. Ils permettent une [13] Zaki HS, Greco cm, Rudy TE, Kubinski JA.
évaluation rapide de la fonction étudiée, tout Elongated styloid process in a temporomandibular
disorder sample : prevalence and treatment out-
autant qu’une évaluation des diverses parties de
come. J Prosthet Dent 1996 ; 75 : 399–405.
l’os sans modification nécessaire du placement [14] Prabhu LV, Kumar A, Nayak SR, Pai MM, Vadgaonkar R,
des doigts du praticien. Dans les tests d’écoute, le Krishnamurthy A, et al. An unusually lengthy styloid
praticien observe simplement les forces inhérentes process. Singapore Med J 2007 ; 48 : e34–6.
au mécanisme respiratoire primaire avant le trai- [15] Madeline LA, Elster AD. Suture closure in the
human chondrocranium : CT assessment. Radiology
tement. Cela ne dérange pas le sujet, ce qui en
1995 ; 196 : 747–56.
fait une méthode de choix chez toute personne [16] Mann SS, Naidich TP, Towbin RB, Doundoulakis  SH.
sensible. Normalement, la normalisation suit les Imaging of postnatal maturation of the skull base.
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Chapitre 7. Os temporal 129

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Chapitre 8
Os zygomatique

Os pair, l’os zygomatique (du grec ζu’ γωμα : il forme un arc-boutant solide, l’arcade zygoma-
joug) aussi nommé os jugal ou os malaire (du tique où s’insère un muscle masticateur puissant,
latin mala : joue) est situé sur la partie supérola- le masséter.
térale du squelette de la face (figure 8.1). Parce
qu’il joint le viscérocrâne au neurocrâne, il est
considéré comme un os clé. Ainsi, en ostéopa-
thie crânienne, l’évaluation de sa motilité per-
Ostéogenèse
met d’appréhender rapidement la fonction des
structures crâniennes, aussi bien celles apparte- Chaque os zygomatique se développe à par-
nant au viscérocrâne que celles appartenant au tir d’un seul point d’ostéogenèse qui apparaît
neurocrâne. Facilement palpable, il constitue une dans du tissu membraneux vers la 8e semaine de
interface irremplaçable entre l’os sphénoïde et le gestation. Parfois, une suture horizontale par-
maxillaire et entre l’os temporal et le maxillaire. tage l’os zygomatique en moitiés supérieure et
Avec le processus zygomatique de l’os temporal, inférieure.

Description
De forme quadrilatère, l’os zygomatique présente
à décrire trois faces : jugale, temporale et orbitaire,
quatre bords et trois processus : frontal, temporal
et maxillaire.

Face jugale
Globalement, la face jugale ou face cutanée de l’os
zygomatique est lisse et convexe. Elle regarde en
dehors, et forme la portion la plus saillante de la joue.
Cette face donne insertion à plusieurs muscles :
•• le muscle masséter s’insère sur le bord postéro-
Os zygomatique inférieur ;
•• le muscle grand zygomatique se fixe à la partie
moyenne et latérale de l’os zygomatique sur une
légère dépression presque horizontale ;
•• le muscle petit zygomatique s’attache en avant du
Fig. 8.1.  Os zygomatique. muscle grand zygomatique, très légèrement en
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy. dessous de lui (Voir Chapitre 7, figure 7.12).
Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne
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132 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Un petit orifice, le foramen zygomaticofacial (trou Parmi les six branches collatérales du nerf maxillaire
malaire) s’observe près du rebord orbitaire (figure (V2), le rameau orbitaire qui naît en avant du foramen
8.2). C’est l’orifice antérieur du canal zygomati- rond, est celui qui s’anastomose avec un rameau du nerf
cofacial (temporo-malaire), où passe le rameau lacrymal (V1). C’est de cette anse anastomosique que
zygomaticofacial du nerf zygomatique (nerf tem- part le nerf zygomatique. Puis par le foramen zygoma-
poro-malaire), branche du nerf maxillaire (V2), tico-orbitaire, il pénètre à l’intérieur de l’os zygomatique
accompagné du rameau zygomatique de l’artère où il se divise en deux rameaux et chemine ainsi dans
lacrymale (artère temporo-malaire). un canal en Y, le canal zygomatico-orbitaire (canal tem-
poro-malaire). Deux rameaux sont donc issus du nerf
zygomatique, le nerf zygomaticofacial et le nerf zygoma-
Face temporale ticotemporal qui assurent l’innervation des téguments
des régions zygomatique et temporale.
La face temporale de l’os zygomatique est globa-
lement concave transversalement. Sa surface est tue la paroi antérolatérale (plancher) et la paroi
lisse et constitue la limite antérieure de la fosse latérale de la cavité orbitaire.
temporale. Sur cette face, près du bord médial se C’est sur cette face que l’on peut apercevoir l’ori-
trouve un petit orifice : c’est le foramen zygomati- fice d’entrée du canal zygomatico-orbitaire, i.e.
cotemporal qui correspond à l’orifice postérieur du le foramen zygomatico-orbitaire. Le nerf zygo-
canal zygomaticofacial (temporo-malaire) décrit matique et la branche zygomatique de l’artère
ci-dessus (figure 8.3). Le rameau zygomatico- lacrymale cheminent dans ce canal (figure 8.4).
temporal (rameau temporal) du nerf zygomatique
passe dans ce canal.
Bord orbitaire
Face orbitaire Lisse et concave, le bord orbitaire regarde en haut
et en dedans. Il constitue la partie inférolatérale
Située à la partie supérieure de l’os zygomatique, du rebord orbitaire. Il est compris entre les angles
la face orbitaire est lisse et concave. Elle consti- supérieur et antérieur de l’os zygomatique. Sa

1 4
1
3
2

5 3

Fig. 8.2. Os zygomatique droit : vue antérieure. Fig. 8.3. Os zygomatique droit : vue postérieure.
1. foramen zygomaticofacial ; 2. bord orbitaire ; 1. foramen zygomaticotemporal ; 2. processus tempo-
3. bord temporal ; 4. bord massétérin ; 5. bord maxillaire. ral ; 3. processus maxillaire ; 4. éminence orbitaire.
Chapitre 8. Os zygomatique 133

sa longueur (figure 8.2). Il est compris entre les


2 angles postérieur et inférieur de l’os zygomatique.

Processus frontal
Situé à la partie supérieure de l’os zygomatique
(figure 8.4), le processus frontal s’articule à sa
partie supérieure avec le processus zygomatique
de l’os frontal pour former la suture frontozygoma-
1
tique. Son bord postérieur fortement déchiqueté
s’articule avec la crête zygomatique de la grande
aile de l’os sphénoïde pour former la suture sphé-
nozygomatique. Au-dessous de cette surface, une
courte portion de l’os zygomatique reste libre et
correspond à l’extrémité antérieure de la fissure
orbitaire inférieure.
Sur la face orbitaire du processus frontal, à environ
1 cm de son extrémité supérieure, un petit tuber-
Fig. 8.4.  Os zygomatique : face orbitaire. cule, l’éminence orbitaire (tubercule orbitaire de
1. foramen zygomatico-orbitaire ; 2. processus frontal.
Whitnall), donne insertion au ligament palpébral
latéral, à l’expansion latérale de l’aponévrose du
palpation est facile et typiquement il est épais et muscle releveur de la paupière supérieure et du
mousse (figure 8.2). muscle droit latéral de l’œil (figure 8.3).

Bord temporal Notez l’importance des insertions sur l’émi-


Grossièrement en forme de S, le bord temporal nence orbitaire. Les muscles extraoculaires sont
engainés dans des manchons de tissu conjonctif
est convexe dans sa partie supérieure et concave
solidement reliés les uns aux autres et qui ser-
dans sa partie inférieure (figure 8.2). Il est com-
vent de poulies aux muscles. Des expansions les
pris entre les angles supérieur et postérieur de l’os fixent aux parois orbitaires. Ainsi, les ailerons
zygomatique. Le fascia du muscle temporal s’in- des muscles droit latéral et droit médial sont
sère sur toute sa longueur. respectivement ancrés sur l’éminence orbitaire
de l’os zygomatique et en arrière de la crête
lacrymale de l’os lacrymal. La normalisation
Bord maxillaire ostéopathique des os de la cavité orbitaire et
en particulier celle de l’os zygomatique sont
Oblique en bas et en arrière, plus rugueux, le bord
essentielles pour assurer des bras de levier per-
maxillaire est compris entre les angles antérieur et mettant une fonction musculaire satisfaisante.
inférieur de l’os zygomatique (figure 8.2). Il s’ar- En cela, l’os zygomatique contribue à l’équili-
ticule avec le bord antérieur du sommet tronqué bre des fonctions visuelles, en association avec
du processus zygomatique du maxillaire pour for- les différentes structures orbitaires, qui doivent
mer la suture maxillozygomatique. elles aussi être fonctionnelles.
Dès lors, la fonction de la suture frontozygo-
matique doit toujours être vérifiée. Cette
Bord massétérin suture se synostose tardivement, dans la
8e décennie de la vie. Pour autant à l’âge de
Oblique en haut et en arrière, épais, le bord massé- 85 ans, sa fusion n’est pas complète [1].
térin donne insertion au muscle masséter sur toute
134 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Processus temporal déplacement de la partie médiale est plus grand


que celui de la partie latérale.
Oblique en bas et en arrière, le processus tempo- Pendant la rotation interne, les mouvements sont
ral de l’os zygomatique s’articule avec l’extrémité inversés. Dans le plan sagittal, les bords orbitai-
antérieure du processus temporal zygomatique de res des zygomatiques se déplacent vers l’arrière et
l’os temporal pour former la suture temporozygo- le haut, et les bords massétérins vers l’avant et le
matique. L’extrémité postérieure du processus bas. Les pommettes sont plus saillantes. Dans le
temporal est taillée en biseau aux dépens de la face plan coronal, les os zygomatiques concourent à
médiale (figure 8.3). la diminution de largeur du crâne et des orbites.
La face médiale du processus temporal de l’os Leurs bords supérieurs se déplacent médialement
zygomatique est lisse, légèrement excavée. Elle et leurs bords inférieurs latéralement. Dans le plan
se prolonge en arrière par la face médiale du pro- transversal, tout le zygomatique se déplace média-
cessus zygomatique de l’os temporal pour former lement, toujours avec un plus grand déplacement
l’arcade zygomatique. de la partie médiale que de la partie latérale.

Processus maxillaire
Torsion
Le processus maxillaire de l’os zygomatique présente
sur sa face médiale un champ rugueux qui s’articule L’os zygomatique concourt aux mouvements de
avec le sommet tronqué du processus zygomatique torsion et de sidebending-rotation de la synchon-
du maxillaire pour former la suture maxillozygoma- drose sphénobasilaire. Il est très influencé par les
tique. Parfois, le sinus maxillaire se prolonge dans mouvements de l’os sphénoïde en avant duquel il
cette suture jusqu’à l’os zygomatique (figure 8.3). est placé.
Dans la torsion, les déplacements des os sphénoïde
et occipital autour d’un axe antéropostérieur reliant
Mouvement craniosacral le nasion à l’opisthion sont des rotations en direc-
tions opposées. Un côté du sphénoïde est plus haut
Flexion-extension crânienne que l’autre, et l’occiput est bas du côté de la grande
aile haute et haut de l’autre côté. La torsion est
Les os zygomatiques sont des structures paires. définie par le côté de la grande aile haute, et nor-
De ce fait, pendant la rotation externe crânienne, malement en l’absence de dysfonction somatique
les os zygomatiques affichent des mouvements crânienne, le mouvement est facile des deux côtés.
qui résultent de la combinaison des déplacements
Dans un mouvement de torsion droite où l’os
dans les trois plans de l’espace.
sphénoïde tourne en se déplaçant vers le haut du
Dans le plan sagittal, ils se déplacent de telle manière côté droit et vers le bas du côté gauche, l’os zygo-
que les bords orbitaires vont vers l’avant et le bas, et matique droit manifeste une rotation externe et
les bords massétérins vers l’arrière et le haut. Ainsi, l’os zygomatique gauche une rotation interne.
dans ce mouvement, les pommettes, qui indiquent Réciproquement, en torsion gauche, l’os zygo-
la partie inférieure des faces jugales, sont effacées. matique droit démontre une rotation interne et
Dans le plan coronal, le mouvement des os zygo- l’os zygomatique gauche une rotation externe.
matiques concourent à l’élargissement général du On se rappelle que les os pairs suivent les mou-
crâne et des cavités orbitaires. Les deux bords supé- vements de torsion et de sidebending-rotation en
rieurs, les bords orbitaire et temporal, se déplacent se déplaçant en rotation externe ou en rotation
latéralement, et les deux bords inférieurs, les bords interne. Pour autant, ces déplacements ne sont pas
massétérin et maxillaire, médialement. exactement identiques aux mouvements de rota-
Dans le plan transversal, l’ensemble de l’os zygo- tion externe ou interne décrits pendant la phase
matique se déplace latéralement. Pour autant, le d’inspiration crânienne associée à la flexion de la
Chapitre 8. Os zygomatique 135

synchondrose sphénobasilaire (SSB), ou de rota- Palpation pour la structure


tion interne pendant l’expiration crânienne asso-
ciée à l’extension de la SSB. La palpation pour la structure consiste en la pal-
pation de la face jugale, des quatre bords et des
trois processus.
Sidebending-rotation Après l’anamnèse et l’observation, procédez à la
Deux composantes de mouvement sont présentes palpation pour la structure. Les os zygomatiques
dans le sidebending-rotation de la SSB, et chacune sont facilement accessibles. Promenez les doigts sur
d’elles démontre des axes de mouvement différents. les pommettes et notez la qualité des tissus. Toute
Autour de l’axe antéropostérieur qui relie le nasion à dysfonction modifie le grain de peau, la texture tis-
l’opisthion, l’occiput et le sphénoïde tournent dans sulaire. Comparez la forme des pommettes. Palpez
la même direction. De plus, conjointement, autour les quatre bords et chaque fois notez la position
de deux axes verticaux, un pour chaque os, les deux de ce bord dans l’espace et par rapport à l’autre
os se déplacent dans des directions opposées. coté. Normalement, le bord orbitaire est épais et
mousse. Dans la rotation externe, ce bord est plus
Le corps et la grande aile du sphénoïde tournent
éversé, alors que le bord massétérin est effacé ; la
autour de l’axe antéropostérieur et se déplacent vers
pommette qui correspond à la saillie du bord mas-
le bas d’un côté et vers le haut de l’autre. En même
sétérin est alors moins proéminente. Dans la rota-
temps, le sphénoïde tourne autour d’un axe vertical
tion interne, le bord orbitaire est effacé, le bord
qui passe par le centre du corps, de telle sorte que
massétérin proéminent et la pommette saillante.
la grande aile se déplace vers l’avant du côté où elle
est basse, et vers l’arrière du côté où elle est haute. Palpez les bords supérieur et inférieur des processus
Le sidebending-rotation est nommé du côté où la temporaux des os zygomatiques. Dans le mouvement
grande aile et l’occiput sont déplacés vers le bas. de rotation externe, le bord supérieur est plus éversé
et le bord inférieur plus effacé. Dans le mouvement
Dans un mouvement de sidebending-rotation
de rotation interne, inversement, le bord supérieur
droit, l’os zygomatique droit participe au mouve-
semble plus effacé et le bord inférieur plus éversé.
ment avec un déplacement vers la rotation interne,
et l’os zygomatique gauche avec un déplacement De chaque côté, comparez la position respective
vers la rotation externe. Pour autant, les princi- des processus zygomatiques de l’os frontal, des
pes décrits ci-dessus concernant l’adaptation de processus frontaux des os zygomatiques, et des
l’os zygomatique aux mouvements de torsion grandes ailes de l’os sphénoïde. Normalement, ces
sont tout aussi valables pour les mouvements de rapports sont harmonieux. Une incohérence peut
sidebending-rotation. Les mouvements ne sont signaler une dysfonction qui doit être confirmée
pas aussi « purs » que pendant la flexion-rotation par une palpation pour la fonction.
externe ou l’extension-rotation interne. Notez que l’éminence orbitaire des processus fron-
taux des os zygomatiques est palpable. Procédez très
délicatement, et recherchez sur la face orbitaire du
Notez le rôle de l’os zygomatique qui ajuste processus frontal un petit tubercule environ à 1 cm
continuellement les forces transmises entre l’os de l’extrémité supérieure. Comparez les deux côtés.
sphénoïde et le maxillaire et entre l’os temporal C’est la zone d’insertion du muscle droit latéral de
et le maxillaire. L’os zygomatique présente de l’œil qui est le muscle abducteur de l’œil. Pendant
nombreuses articulations pour un os relative- la palpation, on peut demander au sujet de déplacer
ment petit ; ce sont autant de sites où des ajuste- tranquillement les yeux vers la droite et vers la gau-
ments peuvent se produire entre le viscérocrâne che pour apprécier la réponse musculaire.
et le neurocrâne. La fissure orbitaire inférieure
est un autre site où le jeu adaptatif est possible. Comparez aussi la position respective des processus
Dès lors, en normalisant la fonction de l’os zygo- zygomatiques des os temporaux avec la position
matique, l’ostéopathe facilite ces ajustements. des processus temporaux des os zygomatiques.
Dans les mouvements de flexion-rotation externe,
136 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

d’extension-rotation interne et de torsion, le tem- Lors de chaque flexion-rotation externe, le bord


poral et l’os zygomatique se déplacent ensemble orbitaire s’éverse et le bord massétérin rentre, et le
soit en rotation externe, soit en rotation interne, mouvement contraire se produit dans l’extension-
et les processus zygomatiques et temporaux tour- rotation interne. Le diamètre orbitaire qui est la dis-
nent dans le même sens. En revanche, dans le tance entre les angles supéromédial et inférolatéral
sidebending-rotation, l’os temporal et l’os zygo- de la cavité orbitaire augmente pendant la rotation
matique ont des déplacements en sens contraire. externe, il diminue pendant la rotation interne.
Par exemple, dans le sidebending-rotation droit, Les os zygomatiques sont placés en avant des grandes
l’os temporal droit se déplace en rotation externe, ailes du sphénoïde et, lors de leur palpation, visua-
alors que l’os zygomatique droit se déplace en lisez le mouvement des grandes ailes normalement
rotation interne. À la palpation de la suture tem- synchrone à celui des os zygomatiques. La liberté
porozygomatique, une sensation de non-conti- de ces structures facilite les échanges au niveau des
nuité illustre cette différence de mouvement en la structures du viscérocrâne : “During inhalation the
présence d’une dysfonction somatique. zygomatic bones and the vomer fonction somewhat
like a plumber’s plunger on the sphenoidal sinus and
the maxillary sinuses.” [2] (« Pendant l’inspiration,
Palpation pour la fonction les os zygomatiques et le vomer fonctionnent un
peu comme une ventouse de plombier sur le sinus
Normalement, la palpation pour la structure suit sphénoïdal et les sinus maxillaires ».)
la palpation pour la fonction sans discontinuité. Lorsque vous sentez une restriction de la ­motilité
Le sujet est en position de décubitus dorsal, le intracrânienne au niveau des os zygomatiques, défi-
praticien est assis à la tête du sujet. De chaque nissez la ou les structure(s) anatomique(s) ­auxquelles
côté, placez les index sur les bords orbitaires et se rattache cette restriction. Mentalement visualisez
les médius sur les bords massétérins des os zygo- les os frontal, sphénoïde, temporaux et maxillaires qui
matiques (figure 8.5). Procéder à une écoute de entourent les os zygomatiques et les sutures corres-
la motilité intracrânienne. Comme pour les autres pondantes : sutures frontozygomatique, sphénozygo-
structures, définissez s’il existe un mouvement et matique, temporozygomatique, maxi­llozygomatique.
définissez sa qualité. Le mouvement est-il libre, Existe-t-il une zone de restriction ? Si cela est néces-
puissant, régulier, symétrique ? saire, lorsque l’écoute n’informe pas suffisamment,
procédez à des tests plus spécifiques à chaque suture.
Procédez aux normalisations. Très fréquemment,
la normalisation des dysfonctions des os zygoma-
tiques améliore considérablement les dysfonctions
faciales. Leur normalisation doit être envisagée le
plus précocement possible pour toute dysfonction
de l’appareil de la vision [3]. Elle doit être aussi
considérée chaque fois que l’on souhaite amélio-
rer la circulation veineuse et la circulation lympha-
tique des régions nasales et postnasales.

Références
[1] Kokich VG. Age changes in the human frontozygo-
matic suture from 20 to 95 years. Am J Orthod 1976 ;
69 : 411–30.
[2] Sutherland WG. Teachings in the science of
Osteopathy. Fort Worth, TX : Sutherland Cranial
Teaching, Foundation, Inc ; 1991 : p. 84.
[3] Sergueef N. Ostéopathie pédiatrique. Paris : Elsevier ;
Fig. 8.5.  Palpation pour la fonction des os zygomatiques. 2007 : 348.
Chapitre 9
Os maxillaire

Os pair, qui appartient au massif facial, le maxil- 3e mois de développement et se continue jusqu’aux
laire (maxillaire supérieur) est le plus volumineux décennies moyennes de la vie [1]. La fissure qui les
des os de la face. Il participe à la constitution des sépare fait l’objet de débats quant à sa définition.
cavités buccale, nasale et orbitaire. Il est creusé Les éléments sont insuffisants pour démontrer son
d’une large cavité, le sinus maxillaire, qui occupe rôle en tant que site de croissance [2], dès lors le
les deux tiers supérieurs de l’os et constitue le plus terme de suture est contesté [3]. Pour autant, elle
grand des sinus paranasaux (figure 9.1). est souvent nommée suture prémaxillaire ou suture
incisive et reste visible sur le palais osseux jusqu’à
l’âge de 12 ans [4] (figure 9.2).
Ostéogenèse Pendant la croissance, le maxillaire se comporte
comme une structure composite où chacune des
L’os maxillaire s’ossifie à partir du mésenchyme et parties de l’os présente un modèle de croissance
dérive de deux centres d’ostéogenèse principaux qui lui est spécifique. Au final, cela permet un
qui peuvent apparaître pendant la 7e semaine de accroissement de la taille de l’os dans plusieurs
la vie fœtale et forment le maxillaire et l’os incisif directions de l’espace [5].
(prémaxillaire). Leur fusion commence au début du

Description
Formé essentiellement d’os compact à l’excep-
tion du bord alvéolaire, du processus palatin et
du sommet du corps constitués d’os spongieux,
le maxillaire présente à décrire un corps et qua-
tre processus : les processus zygomatique, frontal,
palatin et alvéolaire (figure 9.3).

Corps
Classiquement décrit en forme de pyramide cou-
chée horizontalement avec une base médiale et
un sommet latéral tronqué, le corps du maxillaire
présente quatre faces. Ce sont les trois faces de
la pyramide : antérieure ou faciale, postérieure ou
infratemporale, supérieure ou orbitaire, et une
Maxillaire face pour la base de la pyramide : face médiale ou
Fig. 9.1.  Os maxillaire.
nasale. Le sommet de la pyramide est le processus
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy. zygomatique (apophyse pyramidale).
Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne
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138 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Sillon nasolacrymal
Sillon Sinus maxillaire
infraorbitaire Processus frontal Pour l'os palatin
Os incisif
Processus
zygomatique
Processus
palatin

a b c
Processus
zygomatique

Fig. 9.2.  Os maxillaire droit à la naissance.


a. Vue latérale. b. Vue inférieure. c. Vue médiale.
D’après Williams PL, Gray’s Anatomy, 38th edition.

les deux os maxillaires définissent une vaste échan-


3 crure, c’est l’orifice antérieur de la cavité nasale
ou o­ rifice piriforme (voir Chapitre 1, figure 1.2,
page 6). Son extrémité inférieure présente un relief
9 2 marqué, l’épine nasale antérieure, qui résulte de
6 la réunion des saillies présentes sur chaque maxil-
laire. En dessous de l’orifice piriforme, le bord
médial de la face antérieure s’unit au segment ana-
4 logue du maxillaire controlatéral pour former la
suture intermaxillaire.
Dans sa partie inférieure, la face antérieure est
limitée par le bord alvéolaire au-dessus duquel des
7 saillies verticales répondent aux racines des dents.
1 La plus marquée, le jugum de la canine (bosse
8
canine) correspond à la saillie de la canine et sépare
les fosses incisive et canine (figure 9.3). Plusieurs
5 muscles s’insèrent sur la face antérieure du corps
maxillaire qui, de par leur traction, jouent un rôle
prépondérant dans la croissance de cet os :
Fig. 9.3.  Os maxillaire droit : vue antérieure. • en dedans et au-dessus du jugum de la canine
1.  corps ;
2.  processus zygomatique ;
une dépression, la fosse incisive (fossette myrti-
3.  processus frontal ; forme), donne insertion au muscle abaisseur du
4.  processus palatin ; septum nasal (muscle myrtiforme) ;
5.  processus alvéolaire ; • en dehors et au-dessus du jugum de la canine,
6.  incisure nasale ;
7.  jugum de la canine ;
le muscle releveur de l’angle de la bouche (mus-
8.  fosse incisive ; cle canin) naît de la fosse canine (figure 9.4 et
9.  foramen infraorbitaire. cf. infra Chapitre 18, figure 18.2) ;
• au-dessous de la fosse incisive, sur le bord alvéo-
laire, s’insère un faisceau du muscle orbiculaire
Face antérieure ou faciale
de la bouche (orbiculaire des lèvres) ;
Entièrement sous-cutanée et palpable, la face • près du bord orbitaire s’insère une partie du
antérieure (face jugale) regarde en avant et en releveur de la lèvre supérieure et de l’aile du nez
dehors. Globalement concave en avant, elle est séparé du rebord orbitaire par l’insertion infé-
limitée par le bord infraorbitaire à sa partie supé- rieure du muscle orbiculaire de l’œil (orbiculaire
rieure et médialement par l’incisure nasale. Ainsi, des paupières) ;
Chapitre 9. Os maxillaire 139

Droit médial Procerus

Oblique supérieur Corrugateur

Élévateur Portion orbitaire supérieure


de la paupière
supérieure Portion palpébrale Muscle
orbiculaire
Droit supérieur de l’œil
Portion lacrymale
Droit latéral Portion orbitaire inférieure

Temporal
Muscle releveur superficiel
Droit inférieur de la lèvre supérieure et de l’aile du nez
Oblique inférieur Muscle releveur profond de la lèvre
supérieure et de l’aile du nez
Grand zygomatique
Releveur de l’angle Petit zygomatique
de la bouche Masséter
Sterno-cléido-mastoïdien
Transverse du nez
Stylopharyngien

Dilatateur des narines Styloglosse

Temporal
Abaisseur du septum nasal Masséter
Buccinateur

Platysme
Abaisseur de l’angle de la bouche
Abaisseur de la lèvre inférieure
Mentonnier
Fig. 9.4. Os maxillaire : insertions musculaires.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

• en dehors et au-dessous de l’incisure nasale


Le foramen est placé 7,8 mm en moyenne au-dessous
s’insèrent les deux parties du muscle nasal,
du rebord infraorbitaire à droite et 8 mm à gauche [7].
i.e. les muscles transverse du nez et dilatateur des Dans la névralgie trigéminale, comme dans les sinu-
narines. sites, ce point d’émergence du nerf infraorbitaire est
À 8 mm au-dessous du rebord infraorbitaire, envi- douloureux.
ron un centimètre au-dessus de la fosse canine L’innervation sensitive des voies aériennes supérieures
et 3 cm en dehors de la ligne médiane, on voit le est assurée par le nerf trijumeau. Ce nerf véhicule aussi
foramen infraorbitaire (trou sous-orbitaire) (Voir des fibres postganglionnaires sympathiques et parasym-
Chapitre 9, Figure 9.8). C’est la terminaison anté- pathiques destinées aux voies aériennes supérieures [8].
En pratique, la stimulation du nerf trijumeau, décrite par
rieure du canal infraorbitaire, lieu de passage de
Bailey en 1922 [9], associée à un traitement ostéopa-
l’artère et du nerf infraorbitaires (sous-orbitaires), thique de la colonne cervicale et thoracique, diminue
branches de l’artère et du nerf maxillaires. la congestion nasale et augmente les sécrétions pour
une période de 30 minutes à plusieurs heures après le
À la sortie du foramen infraorbitaire, le nerf infraorbitaire traitement [10]. Cela consiste en une pression digitale
consiste en 3 à 8 faisceaux de tailles inégales qui se appliquée bilatéralement sur les branches supraorbi-
mêlent à l’artère et à la veine infraorbitaires. Des fora- taire, infraorbitaire et mentonnière du nerf trijumeau au
mens accessoires peuvent exister [6]. niveau de leurs émergences supraorbitaire, infraorbitaire
La palpation de la face permet de préciser la localisa- et mentonnière. Les tissus guident le praticien qui, dès
tion du foramen infraorbitaire. Des différences existent lors, dose et adapte la pression puis son relâchement en
entre les sujets, et entre le côté droit et le côté gauche. fonction de leur réponse.
140 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Face postérieure ou infratemporale


Partiellement palpable, la face postérieure
regarde en arrière et en dehors et forme la paroi
antérieure des fosses infratemporale et ptérygopa-
latine (figure 9.5). Sa partie médiale convexe de
haut en bas et transversalement constitue la tubé-
rosité maxillaire, alors que la partie latérale de la 3
face postérieure s’excave et se prolonge avec l’os
zygomatique. La tubérosité maxillaire est la zone
de moins grande densité osseuse de l’os maxil-
laire [11]. 2
1
Son bord supérieur est creusé d’un sillon qui se
continue sur la face orbitaire de l’os par le sillon
infraorbitaire ; le nerf maxillaire (V2) chemine
dans ce sillon (figure 9.6). Médialement, à la ­partie
supérieure, le trigone palatin, une surface trian- Fig. 9.6.  Os maxillaire droit : vue postérieure.
gulaire qui déborde sur la face médiale, s’articule 1.  tubérosité maxillaire ;
avec le processus orbitaire de l’os palatin au niveau 2.  sillon du V2 ;
3.  trigone palatin.
de la suture palatomaxillaire. À la partie inférieure
du bord médial de la face postérieure, une petite
surface articulaire avec le processus pyramidal de Plusieurs muscles s’insèrent sur la tubérosité
l’os palatin est visible ; elle se continue aussi sur la maxillaire qui, de par leur traction, contribuent à
face médiale. la croissance de l’os :
Dans la partie moyenne de la face postérieure, un • en avant et en dehors de la surface articulaire
ou deux petits orifices, les foramens alvéolaires pos- avec l’os palatin naissent quelques fibres du
térieurs, livrent passage aux vaisseaux et aux nerfs muscle ptérygoïdien latéral ;
alvéolaires postérieurs (vaisseaux et nerfs dentaires • latéralement s’insère le faisceau superficiel du
postérieurs) (figures 9.7 et 9.8). muscle ptérygoïdien médial (Voir Chapitre 18,
Figure 18.8) ;
• au-dessus du rebord alvéolaire se fixe le muscle
Os zygomatique Fosse ptérygopalatine buccinateur (figure 9.4).

Face supérieure ou orbitaire


Non palpable, la face orbitaire forme la plus grande
partie du plancher de l’orbite. Elle est inclinée et
regarde en haut, en avant et en dehors. De forme
Os sphénoïde
grossièrement triangulaire, elle est creusée d’arrière
en avant d’une gouttière qui prolonge celle de la face
postérieure, c’est le sillon infraorbitaire (figure 9.9).
Os palatin Ce sillon se dirige en avant et en dedans, et s’enfonce
dans l’épaisseur de l’os maxillaire où il se transforme
Os maxillaire en canal infraorbitaire. Le nerf maxillaire, deuxième
branche de division du nerf trijumeau (V2), et ses
vaisseaux cheminent dans ce canal, où il prend le
nom de nerf infra­orbitaire. L’orifice antérieur du
Fig. 9.5.  Os maxillaire : vue latérale gauche. canal infraorbitaire est visible sur la face antérieure
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. au niveau du foramen infraorbitaire.
Chapitre 9. Os maxillaire 141

Articulation
avec l’os frontal

Sillon lacrymonasal
Articulation
avec l’os ethmoïde
Processus Face orbitaire
frontal Sillon infra-orbitaire
Processus
zygomatique,
articulation
Foramen avec l’os
infraorbitaire zygomatique
Orifices
Incisure des canaux
nasale alvéolaires
Épine
nasale
antérieure

Jugum de la
canine Tubérosité

Fig. 9.8.  Os maxillaire gauche : vue latérale.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

Fig. 9.7.  Os maxillaire droit : vue latérale.

Le bord médial présente dans sa partie antérieure


l’incisure lacrymale pour le canal lacrymal. Ce bord
s’articule d’avant en arrière avec l’os lacrymal, la
lame orbitaire de l’os ethmoïde et le processus
orbitaire de l’os palatin (cf. infra Chapitre 11,
figure 11.6). En dehors de l’incisure lacrymale,
2 une petite dépression donne naissance au muscle
oblique inférieur (figure 9.4).

Des six muscles extraoculaires, le muscle obli-


que inférieur est le seul à ne pas s’insérer sur
l’os sphénoïde.

1
Face médiale ou nasale
Non palpable, la face médiale correspond à la base
de la pyramide du corps du maxillaire. Un pro-
Fig. 9.9.  Os maxillaire droit : vue supérieure.
1.  sillon infraorbitaire ; 2.  incisure lacrymale. cessus horizontal, le processus palatin, la divise en
deux parties : les trois quarts supérieurs forment
un segment nasal et le quart inférieur un segment
oral (figures 9. 10 et 9.11).
Le bord postérieur de la face supérieure est lisse. Il
forme le bord antérieur de la fissure orbitaire infé- Segment supérieur nasal
rieure dont la face orbitaire de la grande aile de Elle contribue à former la paroi latérale de la cavité
l’os sphénoïde forme le bord postérieur. La fissure nasale. En haut et en arrière, un large orifice, le
fait communiquer la cavité orbitaire avec la fosse hiatus maxillaire, de forme grossièrement trian-
ptérygopalatine (Voir Chapitre 10, Figure 10.6). gulaire, avec une base supérieure et un sommet
142 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Articulation avec l’os frontal

Sillon
lacrymonasal Crête
Hiatus maxillaire
ethmoïdale
Articulation Méat nasal
avec la lame moyen
perpendiculaire
de l’os palatin Crête
conchale
Sillon grand
Méat nasal
palatin
inférieur
Épine
nasale
Articulation antérieure
avec la lame
perpendiculaire
de l’os palatin
Fissure palatine
Processus palatin

Fig. 9.11.  Os maxillaire gauche : vue médiale.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

Fig. 9.10.  Os maxillaire droit : vue médiale.

inférieur communique avec le sinus maxillaire. En arrière du hiatus maxillaire, dans l’angle pos-
Partant du sommet, la fissure palatine est oblique térosupérieur de la face médiale, une facette arti-
en bas et en arrière ; le processus maxillaire de l’os culaire triangulaire s’articule avec le processus
palatin s’insinue dans cette fissure. En avant de la orbitaire de l’os palatin, c’est le trigone palatin.
fissure palatine, une large surface répond au méat Cette facette palatine déborde sur la face posté-
nasal inférieur. rieure du maxillaire (figure 9.6).
Au-dessus du hiatus maxillaire, la face médiale Le sillon grand palatin est visible au-dessous de
est creusée de deux ou trois demi-cellules. Elles la facette palatine. Oblique en bas et en avant, ce
répondent aux demi-cellules de la face inférieure sillon forme le canal grand palatin (canal palatin
du labyrinthe ethmoïdal. postérieur) avec un sillon analogue de la lame ver-
En avant du hiatus maxillaire, le sillon lacrymo- ticale de l’os palatin, où cheminent le nerf grand
nasal est bien visible. Un sillon analogue sur la palatin (nerf palatin antérieur) en provenance du
face latérale de l’os lacrymal le transforme en ganglion ptérygopalatin (ganglion sphéno-­palatin)
canal. En arrière du sillon lacrymonasal, le bord et l’artère palatine descendante. Deux champs
antérieur du hiatus maxillaire forme une petite rugueux articulaires avec l’os palatin bordent le
lamelle qui se recourbe vers l’avant : c’est la sillon grand palatin  : en avant pour l’articulation
lunule lacrymale qui contribue à fermer le sillon avec la lame perpendiculaire de l’os palatin et en
lacrymal. En avant, la crête lacrymale du pro- arrière pour la face antérolatérale du processus
cessus frontal de l’os maxillaire limite le sillon pyramidal de l’os palatin.
lacrymonasal.
En avant du sillon lacrymal, une crête rugueuse Segment inférieur oral
légèrement oblique en bas et en avant, la crête Situé au-dessous du processus palatin, le segment
conchale (crête turbinale inférieure) s’articule inférieur est concave médialement. De faible
avec le cornet nasal inférieur. Au-dessous de hauteur, il est limité en dehors et en avant par le
cette crête, la face nasale répond au méat nasal processus alvéolaire dont le bord inférieur, l’ar-
inférieur. cade alvéolaire, présente 8 alvéoles dentaires. Le
Chapitre 9. Os maxillaire 143

segment inférieur s’unit au maxillaire controlaté-


Pendant la croissance, et à un degré moindre durant
ral pour former les deux tiers antérieurs du palais toute la vie, la suture maxillozygomatique, comme les
osseux (voûte du palais). autres sutures du viscérocrâne, s’adaptent aux contrain-
tes qu’elles subissent telles les forces de la mastication
ou celles appliquées en orthopédie dentofaciale. Ces
Le sinus maxillaire est une vaste cavité aérienne,
sutures autorisent des modifications dans leur rapport
de forme pyramidale à base médiale, qui creuse le
interosseux par phénomène de déposition et de résorp-
corps du maxillaire et qui communique avec la cavité
tion osseuses [13].
nasale par un ostium situé au niveau du méat moyen.
À la naissance, cette cavité est toutefois minuscule
et remplie de liquide. Sa croissance se produit entre
3 et 7 ans, puis elle se ralentit pour redémarrer au Processus frontal
moment de la puberté. À 6 ans, la cavité adopte sa
forme pyramidale et commence à être visible sur les Le processus frontal (apophyse montante) est le
radiographies. Sa croissance s’achève vers l’âge de prolongement céphalique des faces antérieure,
15 ans, sauf vers son extrémité postéro-inférieure supérieure et médiale. Lame aplatie, le processus
qui ne prend forme qu’après l’éruption de la dent de frontal présente à décrire deux faces, latérale et
sagesse [12]. médiale, et trois bords, antérieur, postérieur, et
Les dimensions du sinus varient dans des proportions supérieur.
infinies d’un sujet à l’autre, et souvent même entre
les sinus droit et gauche. Elles dépendent du degré de
Face latérale
pneumatisation du sinus. En moyenne, un sinus mesure
33 mm de haut, 23–25 mm de large et 34 mm d’avant Sur cette face, la crête lacrymale antérieure donne
en arrière, pour un volume de 15 mL. La croissance de insertion au faisceau antérieur du ligament palpé-
la cavité sinusale est subordonnée au développement de bral médial. Elle divise la face latérale du processus
l’os maxillaire et des dents. La cavité est tapissée par frontal en deux parties.
une muqueuse respiratoire.
Notez que l’ostium du sinus est dans sa moitié supé- La partie postérieure, la plus étroite, est creu-
rieure et de ce fait n’est pas favorable au drainage de sée d’un sillon qui s’élargit en descendant : c’est
la cavité. le sillon lacrymonasal qui forme avec le sillon ana-
logue de l’os lacrymal la fosse du sac lacrymal où
loge le sac lacrymal (figure 9.8).
La partie antérieure, la plus large, donne insertion
Processus zygomatique
à deux muscles :
De forme pyramidale à sommet tronqué et irré- • le faisceau supérieur du muscle orbiculaire de
gulier, ce processus zygomatique s’articule avec l’œil (orbiculaire des paupières) dont l’insertion
l’os zygomatique au niveau de la suture maxillo- se prolonge jusque sur l’os frontal ;
zygomatique. Il présente trois faces qui correspon- • le muscle releveur superficiel de la lèvre supérieure
dent aux trois faces de la pyramide maxillaire ; ce et de l’aile du nez dont l’insertion se prolonge
sont les faces antérieure, postérieure et supérieure jusque sur la face antérieure de l’os maxillaire
(figure 9.3). (figure 9.4).
La face antérieure prolonge la face faciale. La face
Face médiale
postérieure, concave, continue la face infratem-
porale. Les faces antérieure et postérieure sont Dans sa partie supérieure, la face est rugueuse et
réunies par une arête concave palpable par une parfois creusée de demi-cellules qui répondent
approche intraorale. La face supérieure corres- à la face antérieure du labyrinthe ethmoïdal.
pond à la face orbitaire. En arrière, une petite Dans sa partie moyenne, une crête oblique en
saillie verticale triangulaire est visible, c’est le bas et en avant, la crête ethmoïdale (crête turbi-
tubercule facial qui complète la fissure orbitaire nale supérieure), s’articule avec le cornet nasal
inférieure. moyen.
144 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Bords Bord postérieur


Le bord antérieur, dans sa partie supérieure, répond Transversal, le bord postérieur est taillé en biseau
au bord postérieur de l’os nasal pour former la aux dépens de la face supérieure et s’articule avec
suture nasomaxillaire. Dans sa partie inférieure, il le bord antérieur de la lame horizontale de l’os
participe à la constitution de l’orifice piriforme. palatin pour former la suture palatine transverse.
Le bord postérieur s’articule avec le bord anté-
rieur de l’os lacrymal au niveau de la suture lacry-
momaxillaire. Ce bord se continue en bas en une La réunion des os palatins et des maxillaires constitue
le palais dur. En arrière du palais dur, le palais mou
crête saillante qui forme le bord antérieur du sillon
(voile du palais) est comme un rideau de fibres musculo-
lacrymonasal. aponévrotiques suspendu au bord postérieur du palais
Le bord supérieur oblique en bas et en arrière, s’ar- dur (bord postérieur des lames horizontales des deux
ticule avec la portion latérale du bord nasal de l’os os palatins), qui s’étend vers le bas et l’arrière entre la
frontal au niveau de la suture frontomaxillaire. bouche et le pharynx. Le palais dur sépare les cavités
nasales de la cavité orale (figure 9.12).

Processus palatin
Le processus palatin (apophyse palatine) s’unit Bord médial
au processus palatin controlatéral au niveau de Épais et saillant sur sa face supérieure, le bord
la suture palatine intermaxillaire. Ils forment le médial forme une arête qui constitue avec celle
palais osseux qui sépare la cavité nasale de la cavité du côté opposé la crête nasale. À sa partie supé-
orale. Chaque processus palatin forme une lame rieure, la crête est creusée d’un sillon dans lequel
qui s’étend postérieurement jusque vers le som- s’articule le bord inférieur du vomer pour former
met du hiatus maxillaire et présente une face supé- la schindylèse voméropalatine. Antérieurement, le
rieure et une face inférieure. bord médial est beaucoup plus épais et présente

Face supérieure
Lisse et concave, elle forme le plancher de la cavité Cavités nasales
Paroi latérale Toit de la cavité orale
nasale. La crête nasale est située sur le bord médial (joue) (palais dur) Palais mou
de la face supérieure du processus palatin ; elle forme
avec la crête opposée un sillon pour le vomer.
Isthme
Face inférieure pharyngien

Elle est rugueuse et participe à la constitution du


palais osseux. Latéralement, les sillons palatins Isthme
continuent les sillons palatins de la face inférieure du gosier

de la lame horizontale de l’os palatin. Le nerf Fente


orale
grand palatin et l’artère palatine descendante Pharynx

cheminent dans ce sillon. Plancher


de la cavité orale
Cavité orale
(langue et autres
Larynx tissus mous)

Chez le sujet jeune, c’est sur cette face que la Trachée Œsophage
fissure entre le maxillaire et l’os incisif (pré-
maxillaire) peut être observée. Elle relie les
espaces situés de chaque côté entre les incisi-
ves latérales et les canines (figure 9.2). Fig. 9.12. Palais mou et palais dur (osseux).
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.
Chapitre 9. Os maxillaire 145

Fosse incisive
Suture intermaxillaire Processus palatin du maxillaire
Hamulus du processus
ptérygoïde de l’os sphénoïde Lame horizontale de l’os palatin

Épine nasale postérieure


Os sphénoïde
Foramen grand palatin

Foramen petit palatin


Processus pyramidal de l’os palatin

Lame latérale du processus


ptérygoïde

Vomer
Lame médiale du processus
Portion fibrocartilagineuse
Os temporal ptérygoïde
de la trompe auditive
Insertion de l’élévateur Foramen déchiré
du voile du palais

Fosse scaphoïde pour l’insertion


du tenseur du voile du palais
Fig. 9.13.  Palais osseux (vue inférieure).
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

une importante saillie, la crête incisive qui répond Processus alvéolaire


au bord inférieur du cartilage septal.
Sur la face inférieure du palais osseux, la suture Le processus alvéolaire (arcade dentaire) dessine
intermaxillaire s’élargit dans sa partie antérieure une concavité médiale et postérieure. I1 présente
et dessine la fossette incisive (figure 9.13). Au fond sur sa face externe des saillies, les jugums alvéolai-
de cette fossette, le foramen incisif conduit au canal res. Son bord libre ou bord alvéolaire est creusé
incisif (canal palatin antérieur) pour le passage dans de huit alvéoles dentaires constitués par une lame
la cavité nasale du nerf nasopalatin et de l’artère de tissu compact unie par des trabécules au tissu
nasopalatine (branche de l’artère sphénopalatine). spongieux voisin.
146 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Cavités nasales au centre et latéralement par la lame médiale du


processus ptérygoïde.
Les os maxillaires contribuent largement à la En dedans, le septum nasal forme la paroi médiale
constitution des cavités nasales. Ces cavités sont des cavités nasales. Il est constitué par la lame
situées de part et d’autre de la ligne médiane, au- perpendiculaire de l’ethmoïde, le vomer, et le car-
dessus de la cavité orale, au-dessous des cavités tilage septal du nez (figure 9.15).
orbitaires. Elles correspondent à la partie supé- En dehors, la paroi latérale des cavités nasales
rieure des voies respiratoires. est la paroi la plus complexe. De chaque côté,
Sur le squelette, elles s’ouvrent en avant par la paroi consiste en trois plans osseux juxtaposés
l’orifice piriforme, habituellement décrit en (figure 9.16). De dehors en dedans, ce sont :
forme de poire (figure 9.4). De chaque côté, en • le plan latéral, composé par la face nasale de
bas et en dehors, l’incisure nasale de l’os maxil- l’os maxillaire et la lame médiale du processus
laire circonscrit l’orifice, en haut et en dehors ce ptérygoïde ;
sont les os nasaux. Sur le sujet vivant, les par- • le plan moyen, constitué à sa partie supérieure
ties les plus antérieures des cavités nasales sont par l’os lacrymal, et en arrière pas la lame per-
les vestibules du nez, à l’intérieur des narines. pendiculaire de l’os palatin, articulée avec l’os
Latéralement, les cartilages alaires et latéraux maxillaire et le processus ptérygoïde ;
limitent les narines et les vestibules ; médiale- • le plan médial façonné en haut par le labyrinthe
ment, c’est le cartilage septal et le tissu conjonc- ethmoïdal auquel s’ajoutent ses cornets nasaux
tif de la columelle. supérieur et moyen, et en bas le cornet nasal
En arrière, les cavités nasales s’ouvrent dans le inférieur. Par leur forme arrondie, les cornets
nasopharynx par les orifices postérieurs ou choa- nasaux augmentent largement la surface des
nes (figure 9.14). Elles sont limitées par le vomer cavités nasales.
Le toit des cavités nasales est étroit, incliné en bas
Processus vaginal
et en arrière (figure 9.17). Il est formé :
de la lame ptérygoïdienne • dans sa partie antérieure par l’épine nasale de
médiale
Canal palatovaginal Aile du vomer l’os frontal et les deux os nasaux ;
Processus sphénoïdal Vomer • dans sa partie moyenne par la lame criblée de
de l’os palatin
l’os ethmoïde avec ses nombreux foramens pour
les nerfs olfactifs ;

Épine nasale de l’os frontal


Lame perpendiculaire
de l’os ethmoïde
Sinus sphénoïdal
Os nasal
Fosse hypophysaire
(ou pituitaire)
Cartilage
septal

Choanes

Cavité orale

Lame horizontale
de l’os palatin Processus pyramidal
Lame ptérygoïdienne de l’os palatin
médiale de l’os Crête nasale des os
sphénoïde maxillaire et palatin
Crête incisive Vomer
Fig. 9.14.  Orifices postérieurs des cavités nasales ou
choanes. Fig. 9.15.  Paroi médiale des cavités nasales.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.
Chapitre 9. Os maxillaire 147

Processus frontal de l’os maxillaire


Os lacrymal
Cornet nasal supérieur
Cornet nasal moyen

Processus uncinatus de l’os ethmoïde


Os nasal

Processus latéral
du cartilage septal

Grand cartilage alaire


Lame ptérygoïdienne médiale
de l’os sphénoïde
Cartilage alaire accessoire Lame perpendiculaire
de l’os palatin
Cornet nasal inférieur

Fig. 9.16.  Paroi latérale des cavités nasales.


D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students,1st edition.

Épine spinale de l’os frontal processus palatins des os maxillaires composent les
Lame criblée deux tiers antérieurs, et les lames horizontales des
Ouverture du sinus palatins le tiers postérieur.
sphénoïdal
Os nasaux Aile du vomer

Les cavités nasales communiquent avec plu-


sieurs cavités. Par leurs ouvertures postérieures
ou choanes, elles communiquent immédia-
tement avec le nasopharynx ; par les trompes
auditives, elles sont reliées aux cavités tympani-
ques ; par les ostiums des sinus paranasaux, elles
sont en rapport direct avec les sinus maxillai-
res, sphénoïdaux, frontaux et ethmoïdaux ; les
canaux lacrymonasaux les unissent céphalique-
ment à la conjonctive des yeux et caudalement,
le nasopharynx se prolonge par l’oropharynx,
le laryngopharynx et l’œsophage. Notez que
Rostre sphénoïdal
toutes ces régions offrent une parfaite démons-
Vomer tration de l’interdépendance des différentes
Fig. 9.17.  Toit des cavités nasales. parties du corps humain.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

• dans sa partie postérieure, par la partie antérieure Mouvement craniosacral


du corps sphénoïdal où s’ouvrent les sinus sphé-
noïdaux de chaque côté du septum nasal. Ici, le
toit des cavités nasales est plus incliné.
Flexion-extension crânienne
Le plancher des cavités nasales est large, consti- Pendant la phase d’inspiration crânienne asso-
tué par la face supérieure du palais osseux. Les ciée à la flexion, les os pairs démontrent un
148 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

mouvement de rotation externe. Globalement, des parties médiales. Les parties latéropostérieures
durant cette phase, les dimensions transversales présentent toujours le plus grand mouvement. De
crâniennes augmentent et les dimensions verti- fait, le palais est plus étroit, et les faces latérales des
cales diminuent. Le crâne s’élargit et l’arrière du processus frontaux se sagittalisent.
crâne s’élargit plus que l’avant. La voûte du crâne
s’abaisse, comme les voûtes orbitaire et palatine,
et la descente est plus importante en arrière du Torsion
crâne qu’en avant.
La torsion de la SSB est un mouvement qui se
Pendant la phase d’expiration crânienne associée
produit autour d’un axe antéropostérieur. Cet axe
à l’extension, les os pairs démontrent un mouve-
relie le nasion et l’opisthion. Autour de cet axe,
ment de rotation interne. Durant cette phase, les
le sphénoïde et l’occiput tournent en directions
dimensions transversales du crâne diminuent, et
opposées. Lorsque le sphénoïde tourne, un côté
les dimensions verticales augmentent.
du corps sphénoïdal est plus haut que l’autre. De
Dès lors, pendant la flexion crânienne les os maxil- ce côté, la grande aile du sphénoïde est dépla-
laires démontrent des mouvements de rotation cée vers le haut, et de l’autre côté la grande aile
externe qui résultent de la combinaison des dépla- est déplacée vers le bas. Simultanément, l’occi-
cements dans les différents plans de l’espace. De put tourne et se déplace vers le bas du côté de la
fait, comme pour tous les os pairs, un seul axe de grande aile haute et vers le haut de l’autre côté. La
mouvement ne peut être envisagé. Les os maxil- torsion est nommée du côté où la grande aile du
laires sont des structures composites où chacune sphénoïde se déplace vers le haut.
des parties présente un degré de flexibilité parti-
Au niveau des os pairs, des déplacements se pro-
culier. Dans le mouvement de rotation externe,
duisent pour accompagner la torsion de la syn-
chaque os maxillaire pivote autour de la suture
chondrose sphénobasilaire, avec une tendance
frontomaxillaire.
vers la rotation externe du côté de la torsion, et
Dans le plan sagittal, les os maxillaires se déplacent vers la rotation interne de l’autre côté. Ainsi, dans
vers le bas. La partie postérieure des os présente un une torsion droite, le maxillaire droit a tendance à
déplacement plus grand que la partie antérieure. se placer en rotation externe.
Dans le plan coronal, ils se déplacent latéralement.
Ce mouvement est de plus grande amplitude au
niveau de la partie latérale des os maxillaires ; la Sidebending-rotation
concavité palatine diminue et l’espace interincisif
augmente. Les dents sont en vestibuloversion. Le sidebending-rotation de la SSB consiste en deux
Dans le plan transversal, les os maxillaires se dépla- composantes, avec des axes de mouvement diffé-
cent vers l’arrière avec un plus grand déplacement rents pour chaque composante. Autour d’un axe
des parties médiales. Globalement, les parties antéropostérieur reliant le nasion et l’opisthion,
latéropostérieures présentent le plus grand mou- l’occiput et le sphénoïde tournent dans le même
vement et le palais s’élargit. Dans le même temps, sens. Donc un côté du corps du sphénoïde est plus
les faces latérales des processus frontaux se rappro- haut que l’autre et, de ce côté, la grande aile est
chent du plan coronal. déplacée vers le haut, alors que la grande aile de
Pendant la rotation interne crânienne, dans le l’autre côté est déplacée vers le bas. Dans le même
plan sagittal, les os maxillaires se déplacent vers temps, l’occiput tourne avec le sphénoïde et se
le haut. Le déplacement est plus grand en arrière déplace comme lui vers le haut du côté de la grande
qu’en avant. Dans le plan coronal, ils se déplacent aile haute et vers le bas de l’autre côté.
médialement. Le palais se creuse, l’espace interin- De surcroît, les deux os se déplacent simultané-
cisif se resserre et les dents sont en linguoversion. ment dans des directions opposées autour de deux
Dans le plan transversal, les os maxillaires se dépla- axes verticaux, un pour chaque os, qui passent par
cent vers l’avant avec un plus grand déplacement le centre du corps du sphénoïde et par le foramen
Chapitre 9. Os maxillaire 149

magnum. De ce fait, la grande aile du sphénoïde Observez le visage, les dépressions et les asymé-
et l’occiput s’écartent l’un de l’autre d’un côté, car tries présentes. Notez l’harmonie des proportions
de ce côté la grande aile se déplace vers l’avant et entre les trois étages du visage :
l’occiput vers l’arrière. De l’autre côté, la grande • supérieur, frontal, au-dessus de l’ophryon ;
aile et l’occiput se rapprochent l’un de l’autre. • moyen, nasal, de l’ophryon au point sous-nasal ;
Cela produit un sidebending entre le sphénoïde et • inférieur, buccal, du point sous-nasal au gnathion.
l’occiput au niveau de la SSB, avec comme résul- Regardez le nez, ses proportions. La largeur de
tat une convexité du côté de l’écartement et une l’orifice piriforme correspond à la distance inter-
concavité de l’autre. Le sidebending-rotation est canine. Observez l’aspect des processus frontaux
nommé du côté où la grande aile et l’occiput sont des maxillaires. Le processus se rapproche du plan
déplacés vers le bas. coronal dans la rotation externe du maxillaire ;
Au niveau des os pairs, des déplacements se il se rapproche du plan sagittal dans la rotation
produisent pour accompagner le sidebending- interne. Comparez la profondeur et l’obliquité
­rotation de la synchondrose sphéno-basilaire. Sur des sillons nasolabiaux. En présence d’une aug-
le côté du sidebending-rotation, où la grande mentation de leur profondeur, suspectez une
aile se déplace vers le bas, les os influencés par rotation externe ipsilatérale du maxillaire et/ou
le sphénoïde comme le maxillaire ont tendance de l’os zygomatique, inversement suspectez une
à démontrer une rotation interne. Les espaces rotation interne en présence d’une diminution de
anatomiques comme la fissure orbitaire inférieure leur profondeur.
permettent aussi une adaptation au mouvement Étudiez la bouche, les lèvres. Normalement, en
de sidebending-rotation. situation de repos, les lèvres sont jointives et sans
tension musculaire. Une dysmorphose ­sous-jacente
telle une proalvéolie incisive produit une incom-
Palpation pour la structure pétence labiale. Notez la forme et la direction
de la lèvre supérieure ; elle reflète la position du
Après l’observation, la palpation pour la structure maxillaire. Du côté de la rotation externe de l’os
permet de chaque côté de palper le corps, les pro- maxillaire, la lèvre semble plus large, alors que du
cessus zygomatique, frontal, palatin et alvéolaire. côté de la rotation interne elle semble plus étroite.
Tout d’abord, observez globalement le crâne puis Typiquement, les lèvres sont étroites lorsque leurs
le visage du patient. Notez leurs caractéristiques, extrémités sont à l’aplomb des ailes du nez, elles
le type morphologique, le schéma crânien. La sont larges lorsque leurs extrémités sont à hauteur
flexion produit une augmentation de la largeur des verticales pupillaires.
crânienne et l’extension une diminution. Pour Observez le philtrum, qui est le sillon situé
autant, cela peut correspondre à un type morpho- au-dessus de la lèvre supérieure, et ses berges.
logique définit par l’index céphalique : diamètre L’orientation des sillons nasolabiaux tout comme
transverse/diamètre sagittal x 100. Le type bra- celle des berges du philtrum suit le schéma des
chycéphale présente un index supérieur à 80, et le maxillaires. Plus ces repères s’horizontalisent, plus
type dolichocéphale un index inférieur à 75. la rotation externe est probable ; plus ils se verti-
Dès lors, chez le patient de type brachycéphale, les calisent, plus la rotation est interne. Là encore, les
structures crâniennes et donc les maxillaires sem- informations obtenues par l’observation doivent
blent plus larges alors que l’inverse s’observe chez être vérifiées par la palpation pour la fonction. La
le patient de type dolichocéphale. Seule la palpa- majorité des individus démontrent quelque degré
tion pour la fonction permet de différencier un d’asymétrie, avec un maxillaire en rotation externe
type morphologique d’une dysfonction somatique et l’autre en rotation interne.
crânienne, où la modification des paramètres crâ- Évaluez les différentes fonctions musculaires de la
niens est associée à une restriction de la mobilité face. Aussi bien celles des muscles peauciers qui
des structures considérées. s’apprécient au travers de la mimique du sujet, que
150 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

celles des muscles masticateurs qui peuvent s’éva- pommettes du sujet. Insérez de préférence le cin-
luer par la palpation. quième doigt entre la lèvre supérieure et la gencive
Confirmez les observations précédentes en pal- du patient. Longez le bord alvéolaire du maxillaire
pant les repères observés. Le sujet en position de en direction postérieure jusqu’à sentir la convexité
décubitus dorsal, praticien assis à la tête du sujet, de la tubérosité.
promenez délicatement la pulpe des index, médius Éventuellement, et avec beaucoup de finesse, pal-
et annulaires à la surface des os maxillaires ; appré- pez la face inférieure du processus palatin (apo-
ciez la qualité des tissus. Tout changement dans physe palatine) de chaque os maxillaire. Comparez
la qualité tissulaire reflète une dysfonction soma- la hauteur, la largeur et la concavité de ces deux
tique. Repérez le foramen infraorbitaire situé processus. Promenez le doigt sur la suture pala-
8 mm au-dessous du rebord infraorbitaire et envi- tine intermaxillaire. Notez toute proéminence, un
ron 3 cm en dehors de la ligne médiane ; palpez « torus palatinus » qui, dans les cas extrêmes, peut
cette zone très délicatement, en particulier chez refléter une dysfonction vomérienne.
les sujets qui souffrent de sinusite ou de névralgie
trigéminale. Notez tout changement dans la tex-
Les palpations intraorales sont délicates.
ture tissulaire.
Veillez à ne pas ouvrir exagérément la bou-
Placez la pulpe des index, médius et annulaires de che du sujet. La mise en tension des muscles
chaque côté du nez. Par la palpation, comparez les ptérygoïdiens médiaux qui en résulte diminue
deux maxillaires. Les faces antérieures ont-elles la considérablement la motilité inhérente des
même convexité ? Les bords orbitaires sont-ils symé- tissus et rend la palpation plus difficile.
triques ? Palpez les processus frontaux, recherchez
là encore une différence entre les deux côtés, défi-
nissez les déplacements des processus vers les plans
coronal ou sagittal. Palpez les deux processus zygo- Palpation pour la fonction
matiques, définissez leur position dans l’espace.
Demandez au sujet d’ouvrir la bouche pour Les informations obtenues par l’observation et la
observer les processus palatins des maxillaires. palpation pour la structure doivent être vérifiées
Du côté de la rotation externe, le palais semble par la palpation pour la fonction.
plus bas et aplati, et les dents peuvent être légè- La palpation pour la fonction comporte les tests
rement en vestibuloversion. Du côté de la rota- d’écoute et les tests de mobilité [14]. Ils per-
tion interne, le palais apparaît plus étroit, plus mettent de préciser la présence éventuelle et la
haut et ogival, et les dents légèrement en linguo- localisation d’une ou de plusieurs dysfonctions
version. Notez la coïncidence ou la déviation des somatiques.
incisives médianes, i.e. la position des incisives Le sujet en position de décubitus dorsal, praticien
maxillaires par rapport aux incisives mandibulai- assis à la tête du sujet, commencez par une écoute
res et leur situation par rapport au plan sagittal globale des maxillaires. Placez les index, médius et
médian. éventuellement les annulaires souplement allon-
Procédez ensuite très délicatement à la palpation gés de part et d’autre du nez, la pulpe des doigts
intraorale. L’ouverture buccale doit toujours res- au contact des processus alvéolaires (figure 9.18).
ter confortable. Promenez subtilement la pulpe Veillez à placer les doigts en dedans de la suture
de l’index ou de l’auriculaire d’une main gantée maxillozygomatique et à bien distribuer les points
au-dessus du bord alvéolaire de chaque maxil- de contact sur les bords alvéolaires pour une éva-
laire. Notez les différences entre les deux côtés. luation satisfaisante.
Latéralement, palpez la concavité du processus Écoutez la motilité intracrânienne. L’inspiration et
zygomatique et comparez les deux côtés. l’expiration crâniennes sont-elles harmonieuses avec
Les tubérosités maxillaires peuvent être pal- des mouvements de rotations externe et interne de
pées sous les os zygomatiques et donc sous les chaque maxillaire ? En présence d’une restriction,
Chapitre 9. Os maxillaire 151

Références
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Edinburgh : Churchill Livingstone ; 1995.
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croissance faciale 68 ans après. Rev Stomatol Chir
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Anatomical variations of the supraorbital, infraorbi-
tal, and mental foramina related to gender and side.
définissez la ou les structure(s) anatomique(s) aux- J Oral Maxillofac Surg 2005 ; 63 : 800–4.
quelles se rattache cette restriction. Visualisez les   [8] Nelson KE, editor. Somatic Dysfunction in
différents os avec lesquels les maxillaires s’articu- Osteopathic Family Medicine. Baltimore, MD :
Lippincott Williams & Wilkins ; 2007. p. 223.
lent ; écoutez la motilité inhérente de ces sutures.   [9] Bailey JH. Osteopathic treatment of the eye, ear,
Existe-t-il des zones de dysfonction ? nose and throat in hay fever, asthma, bronchitis,
Puis déplacez la pulpe des index sur les processus catarrhal deafness and allied conditions. Lecture 13.
Osteopathic treatment of hay fever. Philadelphia :
frontaux des maxillaires. Procédez à une écoute et
Author ; 1922.
étudiez les rapports entre les processus frontaux [10] Kaluza CL, Sherbin M. The physiologic response
des maxillaires, les os frontal, nasaux, lacrymaux of the nose to osteopathic manipulative treatment :
et ethmoïde. preliminary report. J Am Osteopath Assoc 1983 ;
82 : 654–60.
Les tests d’écoute peuvent s’appliquer sur les tubé- [11] Park HS, Lee YJ, Jeong SH, Kwon TG. Density of
rosités maxillaires soit en plaçant la pulpe d’un the alveolar and basal bones of the maxilla and the
ou deux doigts sous les pommettes du sujet, soit mandible. Am J Orthod Dentofacial Orthop 2008 ;
par une approche intraorale comme celle décrite 133 : 30–7.
ci-dessus. [12] Lawson W, Patel ZM, Li FY. The development and
pathologic processes that influence maxillary sinus
Demandez au sujet d’ouvrir la bouche et placez pneumatization. Anat Rec (Hoboken) 2008 ; 291 :
la pulpe de vos index gantés sur la face inférieure 1554–63.
des processus palatins. Après avoir défini s’il existe [13] Nanda R, Hickory W. Zygomaticomaxillary suture
une différence entre les deux processus, si l’un est adaptations incident to anteriorly-directed for-
ces in rhesus monkeys. Angle Orthod 1984 ; 54 :
plus concave ou plus convexe que l’autre, faites 199–210.
une écoute de ces processus. Normalisez toute [14] Sergueef  N. Ostéopathie pédiatrique. Paris :
dysfonction trouvée. Elsevier ; 2007. p. 196.
Chapitre 10
Os palatin

« The palatine bones fit in between the sphenoid and perpendiculaire présente un autre processus : le
maxillae and function as ‘speed-reducers’ to retard processus pyramidal.
the movement between the sphenoid and maxillae. » Nous étudierons donc successivement la lame per-
[1] (« Les os palatins s’intègrent entre le sphé- pendiculaire, la lame horizontale, et les trois pro-
noïde et les maxillaires et fonctionnent comme cessus, orbitaire, sphénoïdal et pyramidal.
des ‘réducteurs de vitesse’ pour retarder le mou-
vement entre le sphénoïde et les maxillaires. »)
Petit os pair, l’os palatin a longtemps été pris pour Lame perpendiculaire
une partie de l’os maxillaire, tant il est difficile de
Aplatie de dehors en dedans, la lame perpendicu-
le désarticuler sans le briser [2]. Placé entre l’os
laire (lame verticale) est légèrement inclinée en
sphénoïde et l’os maxillaire, il participe à la consti-
avant et en dehors, dans un plan presque sagit-
tution de la cavité nasale, de la cavité orale et par
tal. Elle est grossièrement quadrilatère et présente
un tout petit processus, au plancher de la cavité
deux faces, médiale et latérale, et quatre bords.
orbitaire. De surcroît, il contribue à la formation
de la fosse ptérygopalatine.
Face médiale
La face médiale ou face nasale de l’os palatin
Ostéogenèse participe à la constitution de la face latérale de la
cavité nasale (figure 10.1). Elle présente de haut
Chaque os palatin se développe à partir d’un seul en bas :
point d’ostéogenèse qui apparaît dans le tissu • approximativement au niveau de l’insertion des
membraneux à la 8e semaine de gestation. À la processus qui dominent son bord supérieur, une
naissance, la dimension de la hauteur de la lame crête horizontale, la crête ethmoïdale (crête tur-
perpendiculaire de l’os palatin est la même que binale supérieure), qui s’articule avec la queue
celle de la largeur de la lame horizontale. Chez le du cornet nasal moyen (figures 10.2 et 10.3) ;
sujet adulte, elle est deux fois plus grande [3]. • au-dessous de la crête ethmoïdale, une gout-
tière qui appartient au méat moyen ;
• à l’union de son tiers inférieur et de son tiers
Description moyen, une autre crête horizontale assez
saillante, la crête conchale (crête turbinale infé-
Deux lames osseuses très minces constituent l’os rieure), qui s’articule avec la queue du cornet
palatin : l’une est verticale, c’est la lame perpen- nasal inférieur ;
diculaire ; l’autre est horizontale, c’est la lame • au-dessous de la crête conchale, une autre gout-
horizontale. Ces deux lames sont réunies à angle tière qui répond au méat nasal inférieur.
droit. Deux processus flanquent la partie supé-
Face latérale
rieure de la lame perpendiculaire : le proces-
sus orbitaire en avant et le processus sphénoïdal La face latérale ou face maxillaire de l’os palatin est
en arrière. Enfin, la partie inférieure de la lame articulaire avec les processus ptérygoïdes de l’os
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154 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Processus frontal de l’os maxillaire

Os lacrymal
Os frontal
Lame criblée
Cornet supérieur
Sinus frontal Récessus sphéno-ethmoïdal

Cornet moyen

Os nasal
Partie basilaire
de l’os occipital

Foramen sphénopalatin
Lames médiale et latérale du processus ptérygoïde
de l’os sphénoïde
Hamulus ptérygoïdien de l’os sphénoïde
Lame perpendiculaire de l’os palatin

Canal incisif Processus unciné de l’os ethmoïde


Cornet inférieur
Petit cartilage Processus palatin de l’os maxillaire
alaire
Cartilage latéral

Grand cartilage alaire

Fig. 10.1.  Paroi latérale des cavités nasales.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

Processus sphénoïdal

Incisure sphénopalatine

Processus orbitaire

Crête ethmoïdale

Processus maxillaire

Crête conchale

Lame horizontale
Processus pyramidal

Fig. 10.2.  Os palatin gauche : vue médiale.


D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy. Fig. 10.3.  Os palatin droit : vue médiale.

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Chapitre 10. Os palatin 155

sphénoïde en arrière et avec la face nasale de l’os et forme la paroi médiale de la fosse ptérygopala-
maxillaire en avant. La face latérale peut être divisée tine (arrière-fond de la fosse ptérygomaxillaire)
en quatre parties relativement verticales. D’avant (figure 10.6). La partie inférieure du sillon consti-
en arrière, ce sont les segments sinusien, maxil- tue le sillon grand palatin, qui forme le canal grand
laire, inter-ptérygo-maxillaire et ptérygoïdien. palatin (canal palatin postérieur) avec un sillon
analogue de la face nasale du maxillaire. Dans ce
Segment sinusien canal, cheminent le nerf grand palatin (nerf palatin
En avant de la face latérale, le segment sinusien antérieur) et l’artère palatine descendante.
recouvre en partie le hiatus maxillaire. Près du Un petit orifice, l’ostium du canal petit palatin
bord antérieur de la face latérale, une crête osseuse (canal palatin accessoire) livre passage à une bran-
recourbée en arrière forme un crochet qui agrafe che de l’artère palatine descendante et aux nerfs
l’os palatin au bord du hiatus. petits palatins (nerfs palatins moyen et postérieur)
qui proviennent du ganglion ptérygopalatin et
Segment maxillaire
traversent le processus pyramidal en direction de
En arrière du segment sinusien, le segment maxil- sa face inférieure.
laire rugueux s’articule avec la face nasale du
maxillaire, sur la surface située en avant du sillon Segment ptérygoïdien
grand palatin. Ce segment rugueux s’articule avec la face médiale
Segment inter-ptérygo-maxillaire de l’aile médiale du processus ptérygoïde.
Le segment médian est le segment inter-ptérygo-
Bord supérieur
maxillaire où un sillon inter-ptérygo-maxillaire des-
cend obliquement en bas et en avant (­figures 10.4 Le bord supérieur ou bord sphénoïdal est sur-
et 10.5). La partie supérieure de ce sillon est large monté par le processus orbitaire en avant et le

Processus sphénoïdal
Incisure sphénopalatine
Processus orbitaire

Processus
maxillaire

Sillon grand
palatin

Processus pyramidal
Fig. 10.4.  Os palatin gauche : vue latérale.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy. Fig. 10.5.  Os palatin droit : vue latérale.

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156 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

processus sphénoïdal en arrière. Ces deux proces-


sus sont séparés par l’incisure sphénopalatine qui Normalement, l’os maxillaire ne s’articule pas
avec l’os sphénoïde. Pour autant, à l’obser-
forme avec le corps de l’os sphénoïde le foramen
vation du crâne en vue latérale, un contact
sphénopalatin (figure 10.6). semble exister entre la face antérieure des
processus ptérygoïdes et la tubérosité de l’os
Bord antérieur maxillaire et ce d’autant que celle-ci est très
Oblique en bas et en avant, le bord antérieur ou développée. En fait, l’os palatin comble la
bord maxillaire croise la partie postérieure du hia- fosse ptérygopalatine (fosse ptérygomaxil-
laire), i.e. l’espace compris entre le maxillaire
tus maxillaire. Au-dessous de ce hiatus, il présente
et le processus pté­r ygoïde (figure 10.6).
un long processus, le processus maxillaire de l’os
palatin. Ce processus s’enfonce dans la fissure
palatine de la face nasale du maxillaire et s’arti-
cule à l’intérieur du sinus maxillaire, sur sa paroi Lame horizontale
médiale, avec le bord postérieur du processus
maxillaire du cornet nasal inférieur. Située en arrière du processus palatin du maxil-
laire, la lame horizontale de l’os palatin forme la
Bord inférieur partie postérieure du palais osseux (palais dur) et
du plancher de la cavité nasale. De forme quadri-
Le bord inférieur répond au bord latéral de la
latère, la lame horizontale présente deux faces,
lame horizontale.
supérieure et inférieure, et quatre bords.
Bord postérieur
Face supérieure
Très mince et légèrement oblique en bas et en
avant, le bord postérieur ou bord ptérygoïdien Lisse, légèrement concave transversalement la face
s’adosse à la face médiale de la lame médiale du supérieure ou face nasale constitue le tiers posté-
processus ptérygoïde. rieur du plancher de la cavité nasale.

Os zygomatique Fosse ptérygopalatine Fissure orbitaire inférieure

Foramen sphénopalatin

Canal palatovaginal

Os sphénoïde Foramen rond

Canal ptérygoïdien

Canal palatin
Os palatin

Os maxillaire b

Foramen alvéolaire
a
Fig. 10.6.  Fosse ptérygopalatine. A. Vue antérolatérale. B. Vue latérale.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition.

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Chapitre 10. Os palatin 157

Face inférieure Bord latéral


Plus rugueuse, la face inférieure ou face palatine C’est la ligne où les lames horizontale et perpendi-
constitue le tiers postérieur du palais osseux (Voir culaire se réunissent. L’encoche du foramen grand
Chapitre 9, figure 9.13). En arrière, une crête palatin est visible sur ce bord.
transversale donne insertion aux fibres musculoa-
ponévrotiques du palais mou qui continue vers Bord médial
l’arrière le palais osseux. Latéralement et en avant
Très épais, rugueux, le bord médial s’unit à celui
de cette crête, se trouve le foramen grand palatin,
du côté opposé pour former la suture palatine
qui est l’orifice inférieur du canal grand palatin
médiane ; elle prolonge en arrière la suture pala-
où cheminent le nerf grand palatin (nerf palatin
tine intermaxillaire. À sa partie supérieure, le bord
antérieur) et l’artère palatine descendante. Une
médial forme une crête nasale qui continue celle du
gouttière oblique, le sillon palatin, prolonge cet
maxillaire et répond au bord inférieur du vomer.
orifice en avant et se continue sur la face inférieure
du processus palatin du maxillaire. En arrière du bord médial, une saillie dirigée en
arrière forme avec la saillie controlatérale l’épine
nasale postérieure, où s’insèrent les muscles uvu-
Comparé à un rideau suspendu au bord postérieur des laires (muscles releveurs de la luette).
lames horizontales des deux os palatins, le palais mou
s’étend vers le bas et l’arrière entre le nasopharynx et Bord postérieur
l’oropharynx. Dans sa moitié antérieure, le palais mou
Le bord postérieur est mince, tranchant et légère-
consiste en une lame fibreuse, le fascia palatin, attaché
en avant sur le bord postérieur de la lame horizontale ment concave en arrière. Il définit la limite entre
du palatin et de chaque côté au bord inférieur de l’aile le palais osseux en avant de lui et le palais mou en
médiale du processus ptérygoïde. En fait, ce sont des arrière.
fibres aponévrotiques, essentiellement des expansions
des tendons des muscles tenseurs du voile du palais qui Bord antérieur
forment ce fascia. Des structures vasculonerveuses, du
tissu adénoïdien et des glandes mucipares complètent Le bord antérieur est biseauté aux dépens de la
sa formation. face inférieure et s’articule avec le bord postérieur
Cinq paires de muscles se fixent sur le fascia palatin : du processus palatin du maxillaire pour former la
l’élévateur du voile du palais, le tenseur du voile du suture palatine transverse.
palais, le palatopharyngien, le palatoglosse et le mus-
cle uvulaire. La position du palais mou détermine la voie
respiratoire. Lorsqu’il s’horizontalise, il sépare le naso- Processus orbitaire
pharynx de l’oropharynx, et facilite la voie respiratoire
orale. Lorsqu’il se verticalise, il ferme l’isthme oropha- Le processus orbitaire de l’os palatin surmonte
ryngien, et autorise la seule voie respiratoire nasale. la partie antérieure du bord supérieur de la lame
La respiration est à la fois buccale et nasale lorsque le perpendiculaire. Il est placé entre le corps de l’os
palais mou est dans une position intermédiaire [4]. (Voir sphénoïde en arrière, la tubérosité maxillaire en
Chapitre 9, figure 9.12) avant et le labyrinthe ethmoïdal en haut.
Le processus orbitaire est déjeté presque à angle
droit sur son pédicule, et se porte en avant et en
En chirurgie maxillofaciale, le bloc analgésique de la dehors par rapport au plan de la lame perpendi-
branche maxillaire du nerf trijumeau (V2) peut être prati- culaire (figures 10.7 et 10.8). Il présente cinq
qué. La voie utilisée passe par la cavité orale au travers facettes. Trois sont articulaires : facette inférieure
du foramen grand palatin en direction du canal grand maxillaire, facette médiale ethmoïdale et facette
palatin où cheminent le nerf grand palatin et l’artère postérieure sphénoïdale; deux facettes sont non
palatine descendante. Chez l’adulte, la position de ce
articulaires : facette supérieure orbitaire et facette
foramen est très variable [5].
postérolatérale ptérygopalatine.

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158 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Face orbitaire
Processus orbitaire

Incisure sphénopalatine
Processus
sphénoïdal

Lame perpendiculaire

Crête conchale

Lame horizontale

Insertion du muscle uvulaire


sur l’épine nasale postérieure
Fig. 10.7.  Os palatin droit : vue antérieure.
Fig. 10.8.  Os palatin gauche : vue antérieure.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.

Facette inférieure, maxillaire Facette supérieure orbitaire


Grossièrement triangulaire, cette facette regarde Cette facette participe à la constitution de la par-
en bas en avant et en dehors. Elle s’articule avec tie postérieure du plancher de la cavité orbitaire
la facette palatine de la tubérosité maxillaire, le tri- (figure  10.9). Elle est le plus souvent de forme
gone palatin. triangulaire, oblique en bas, en avant et en dehors.

Facette médiale ethmoïdale Le nerf maxillaire, branche du nerf trijumeau


Cette facette regarde en haut, en dedans et légé- (V), émerge de la boîte crânienne par le fora-
rement en avant et s’articule avec l’os ethmoïde. men rond. Il se situe alors à hauteur de la paroi
Elle est creusée de demi-cellules placées en regard postérieure de fosse ptérygopalatine. Il croise la
partie supérieure de la fosse où il donne deux
des demi-cellules de la partie postérieure de la face
branches qui passent par le ganglion ptérygo-
inférieure du labyrinthe ethmoïdal.
palatin et se destinent au palais, au nez et au
pharynx. Puis, il se coude fortement et suit un
Facette postérieure sphénoïdale trajet « en baïonnette ». En fait, il contourne
Cette facette regarde en haut, en dehors et en la facette postérolatérale ptérygomaxillaire de
arrière. La partie antéro-inférieure du corps de l’os l’os palatin. Il suit ensuite un trajet en direction
antérolatérale en arrière de l’os maxillaire, puis
sphénoïde s’articule avec cette facette. Ainsi, de
se coude une autre fois en direction du sillon
chaque côté, les os palatins constituent des points
infraorbitaire de la face orbitaire maxillaire [3].
d’appui pour le corps de l’os sphénoïde.
« The process (orbital) also functions as an equali-
zer to the tension on the nerve (V2) during respi-
Facette postérolatérale ratory movement, which is inferior with the body
ptérygomaxillaire of the sphenoid. » [6] (« Le processus (orbitaire)
Cette facette regarde en arrière et en dehors. Elle agit aussi sur le nerf (V2) comme un égalisateur
constitue la partie supérieure de la face antérieure de tension pendant le mouvement respiratoire,
qui est caudal avec le corps du sphénoïde »).
de la fosse ptérygopalatine.

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Chapitre 10. Os palatin 159

Petite aile du sphénoïde Processus orbitaire Face orbitaire


Complète la paroi
Fissure orbitaire Os frontal du sinus sphénoïdal
supérieure
Canal optique Incisure sphénopalatine
Grande aile du Foramens ethmoïdaux
sphénoïde Os ethmoïde Surface articulaire

Processus
sphénoïdal

Lame perpendiculaire

Crête conchale

Lame horizontale
Articulation avec la lame
Articulation médiale de la ptérygoïde
avec la lame
Os zygomatique Os lacrymal
Os palatin latérale Processus pyramidal
Fissure orbitaire de la ptérygoïde
inférieure
Os maxillaire Fig. 10.10.  Os palatin gauche : vue postérieure.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.
Fig. 10.9.  Cavité orbitaire.
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1 edition.
st

Processus sphénoïdal
Dans le prolongement de la lame perpendicu-
laire, le processus sphénoïdal est une fine lamelle
osseuse incurvée de telle sorte qu’elle présente
deux faces, l’une concave inféromédiale, l’autre
convexe supérolatérale, et quatre bords (figu-
res 10.10 et 10.11).

Face inféromédiale
Concave, elle contribue à la constitution de la
paroi supérieure de la cavité nasale. Elle est limitée
en bas par la crête ethmoïdale.

Face supérolatérale
La face supérolatérale supporte le sphénoïde. Elle
s’adosse contre la face médiale de la lame médiale
du processus ptérygoïde et sur le processus vagi-
nal de ce processus, avec lequel elle limite le canal
palatovaginal (canal ptérygo-palatin). C’est dans
ce canal que cheminent le rameau pharyngien du
nerf ptérygopalatin (nerf pharyngien de Böck) et
l’artère pharyngienne supérieure (artère ptérygo-
palatine). Fig. 10.11.  Os palatin droit : vue postérieure.

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160 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Incisure sphénopalatine Face inférieure

L’incisure sphénopalatine est localisée entre le La face inférieure prolonge la face inférieure de
processus orbitaire et le processus sphénoïdal de la lame horizontale. Les petits orifices des canaux
l’os palatin (figure 10.6). La face inférieure du petits palatins sont visibles sur cette face. Ils che-
corps de l’os sphénoïde qui repose sur les deux minent du sillon grand palatin au palais osseux en
processus transforme ainsi l’incisure sphénopala- traversant le processus pyramidal de l’os palatin.
tine en foramen sphénopalatin.
Le foramen sphénopalatin permet une communi-
cation entre la fosse ptérygopalatine où siègent le Mouvement craniosacral
ganglion ptérygopalatin et la cavité nasale. De fait,
l’artère sphénopalatine, les rameaux nasaux posté- Flexion-extension crânienne
rieurs, supérieurs et latéraux du ganglion ptérygo-
Placés entre les os maxillaires et l’os sphénoïde, les
palatin (nerfs nasaux supérieurs ou sphénopalatins
os palatins sont généralement considérés comme
externes) et le nerf nasopalatin (nerf sphénopala-
des « réducteurs de vitesse », i.e. des amortisseurs
tin interne), branches efférentes du ganglion pté-
du mouvement entre les maxillaires et le sphénoïde.
rygopalatin, passent dans cet orifice.
Pour autant, situés en arrière des maxillaires, ils
en suivent les déplacements dans la flexion-rota-
Processus pyramidal tion externe de la synchondrose sphénobasilaire
(SSB), comme dans l’extension-rotation interne.
Le processus pyramidal prolonge la moitié infé- Ces mouvements doivent prendre en compte la
rieure de la face latérale de la lame perpendicu- flexibilité des structures osseuses crâniennes chez
laire. De forme pyramidale comme l’indique son le sujet vivant.
nom, il est oblique en bas, en arrière et en dehors.
Durant la rotation externe, ils manifestent un
Il complète l’espace situé entre les extrémités infé-
mouvement qui résulte de la combinaison des
rieures des deux ailes du processus ptérygoïde et
déplacements dans les trois plans de l’espace.
présente trois faces, postérieure, antérolatérale et
Dans le plan sagittal, ils se déplacent vers le bas.
inférieure (figures 10.10 et 10.11).
La partie postérieure de l’os présente un dépla-
Face postérieure cement de plus grande amplitude que la partie
antérieure. Dans le plan coronal, comme c’est le
Triangulaire et oblique en bas et en arrière, la face cas pour les os maxillaires, ils se déplacent laté-
postérieure présente trois segments. Les deux parties ralement. Ce mouvement est plus important au
latérales, rugueuses, s’articulent avec le bord anté- niveau de la partie postérolatérale des os pala-
rieur des deux lames du processus ptérygoïde. La tins. Dans le plan transversal, comme pour les
partie médiane comble l’incisure ptérygoïdienne qui maxillaires, ils se déplacent vers l’arrière avec
sépare les deux lames du processus ptérygoïde. Cette un plus grand déplacement des parties média-
face donne insertion au muscle ptérygoïdien médial. les. Il en résulte un élargissement de l’arrière
du palais.
Face antérieure
Lors de la rotation interne, dans le plan sagittal,
Plus ou moins triangulaire, la face antérieure regarde les deux os se déplacent vers le haut, la partie pos-
en avant et en dehors. Sa surface rugueuse s’articule térieure dans une plus grande amplitude que la
avec la tubérosité de l’os maxillaire, au niveau de la partie antérieure. Dans le plan coronal, ils se dépla-
surface située en arrière du sillon grand palatin. cent médialement et le mouvement est plus grand
Le bord postérieur de la face antérieure donne à la partie postérolatérale des os palatins. Dans le
insertion au muscle ptérygoïdien latéral dans sa plan transversal, ils se déplacent vers l’avant avec
partie supérieure et au muscle ptérygoïdien médial un plus grand déplacement des parties médiales.
dans sa partie inférieure. De ce fait, le palais est plus étroit.

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Chapitre 10. Os palatin 161

palatin peut ne pas suivre le déplacement latéral


Notez que pendant la flexion-rotation externe du processus ptérygoïde. Comme dans la dysfonc-
et l’extension-rotation interne, les processus
tion de torsion de la SSB, cela peut provoquer une
ptérygoïdes du sphénoïde se déplacent dans
les mêmes directions que les os palatins.
dysfonction somatique entre l’os sphénoïde et l’os
palatin.
L’harmonie du mouvement entre les os sphé-
noïde, palatins et maxillaires contribue à la
bonne fonction du ganglion ptérygopalatin.
Ce dernier est logé dans la fosse ptérygopala- Palpation pour la structure
tine contre la face postérolatérale ou face pté-
rygomaxillaire de l’os palatin qui en constitue
l’arrière-fond. “It (the palatines) is a little thing to be handled
with delicacy, not a determined thrust. In the art
of knowing your mechanism you use the application
of that light gentle contact that you see when a bird
Torsion lights on a twig without injuring the bark. Then
you allow natural forces to make a reduction.” [7]
Comme tous les os pairs, l’os palatin accompagne
(« C’est [les palatins] une petite chose à manier
les déplacements des os occipital et sphénoïde pen-
avec délicatesse, et non pas avec un thrust déli-
dant la torsion de la SSB. Du côté de la torsion,
béré. Dans l’art de connaître votre mécanisme
le mouvement de l’os palatin tend vers la rotation
vous utilisez l’application du contact doux et
externe, et de l’autre côté il tend vers la rotation
léger que vous voyez quand un oiseau se pose
interne. Ces mouvements présentent des accom-
sur une brindille sans en abîmer l’écorce. Ensuite
modations dans leurs composantes mineures, et la
vous permettez aux forces naturelles de faire une
prise en compte d’un certain degré de flexibilité
réduction. »).
des structures osseuses crâniennes, en particulier
celle de l’os palatin ne doit pas être oubliée. Seule la face inférieure qui est la face palatine de
l’os palatin est palpable. Le sujet est en position
Pour autant, dans les dysfonctions de torsion de
de décubitus dorsal, le praticien est assis à la tête
la SSB, du côté de la torsion, donc du côté où la
du sujet. Demandez au sujet d’ouvrir la bouche
grande aile de l’os sphénoïde se déplace vers le haut,
confortablement. Introduisez la pulpe de l’in-
le déplacement latéral du processus ptérygoïde peut
dex ou de l’auriculaire d’une main gantée dans la
être plus important que celui du processus pyrami-
cavité orale et placez la pulpe du doigt sur la face
dal de l’os palatin. Une dysfonction somatique entre
inférieure du processus palatin de l’os maxillaire.
l’os sphénoïde et l’os palatin peut en résulter.
Déplacez le doigt vers l’arrière et notez toute dif-
férence de niveau et (ou) d’aspect lorsque vous
Sidebending-rotation passez au-dessus de la suture palatine transverse.
Située approximativement à la réunion des deux
Les principes décrits ci-dessus s’appliquent égale- tiers antérieurs et du tiers postérieur du palais
ment aux mouvements de sidebending-rotation. osseux, elle marque la séparation entre le bord
L’os palatin situé du côté du sidebending-rota- postérieur du processus palatin du maxillaire et
tion est sollicité vers un déplacement en rotation le bord antérieur de la lame horizontale de l’os
interne, alors que l’os palatin opposé est sollicité palatin. Souvenez vous que le palatin recouvre le
vers la rotation externe. Comme pour la torsion, maxillaire au niveau de cette suture. Appréciez la
on se souvient que les mouvements de rotation « continuité » entre l’os maxillaire et l’os palatin.
externe ou interne ne sont pas exactement les Inversement, notez toute différence de hauteur
mêmes que ceux décrits pendant la flexion ou l’ex- entre ces deux os, unilatérale ou bilatérale reflet
tension de la SSB. d’une dysfonction.
Dans la dysfonction de sidebending-rotation de la Puis comparez la face palatine des deux pala-
SSB, du côté opposé au sidebending-rotation, l’os tins. Comparez leur hauteur, leur largeur et leur

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162 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

concavité. Promenez le doigt sur la suture palatine tension de ces muscles limite la motilité inhérente
médiane. Notez toute proéminence exagérée. du sphénoïde et des palatins.
Si cela reste confortable, notez l’aspect de la limite Le sujet est en position de décubitus dorsal, le pra-
postérieure du palais osseux. Il se continue en ticien est assis à la tête du sujet. Glissez l’index ou
arrière par le palais mou dont la fonction peut être de l’auriculaire d’une main gantée dans la cavité
influencée par une asymétrie dans la position des orale, pour placer la pulpe de ce doigt contre la
os palatins. face inférieure de la face palatine de l’os palatin.
Laissez la pulpe de ce doigt épouser délicatement
la surface palatine. Pratiquez un test d’écoute.
« Malalignments of the palatine bones are Essayez de sentir les déplacements vers le dehors,
usually secondary to those of the maxillae and le bas et l’arrière de l’os palatin pendant la rota-
sphenoid. They are readily diagnosed by obser- tion externe ou vers le dedans, le haut et l’avant
vation through the mouth. » [8] (« Les désali- pendant la rotation interne. Définissez les zones
gnements des os palatins sont habituellement de restriction et normalisez toute dysfonction
secondaires à ceux des maxillaires et du sphé-
trouvée.
noïde. Ils sont rapidement diagnostiqués par
l’observation intraorale »).
Références
[1] Sutherland WG. Contributions of thought. Fort
Worth, TX : Sutherland Cranial Teaching Foundation,
Inc. ; 1998. p. 169.
Palpation pour la fonction [2] Cruveilhier J. Traité d’anatomie descriptive. 5e éd
Paris : Librairie de la Faculté de Médecine ; 1871.
Comme pour la palpation pour la structure, la [3] Williams PL, Ed. Gray’s Anatomy. Churchill
Livingstone : Edinburgh  38th ed. ; 1995.
palpation pour la fonction est intraorale et doit [4] Rodenstein DO, Stanescu DC. Soft palate and oronasal
être pratiquée avec beaucoup de délicatesse. Les breathing in humans. J Appl Physiol 1984 ; 57 : 651–7.
tests d’écoute sont recommandés et, s’ils s’avèrent [5] Ajmani ML. Anatomical variation in position of the
insuffisants, les tests de mobilité avec induction greater palatine foramen in the adult human skull.
doivent être les plus légers possibles. Le plus sou- J Anat 1994 ; 184(Pt 3) : 635–7.
[6] Magoun HI. Osteopathy in the cranial field.
vent, une visualisation mentale du mouvement à Kirksville,  MO : The Journal Printing Company ;
produire est suffisante. 1951. p. 36.
La bouche du sujet ne doit pas être excessive- [7] Sutherland WG.  Contributions of thought. Fort
ment ouverte. Rappelez-vous que les muscles Worth, TX : Sutherland Cranial Teaching Foundation,
Inc. ; 1998. p. 100.
ptérygoïdiens médiaux s’insèrent sur les processus [8] Sutherland WG. Contributions of thought. Fort
ptérygoïdes de l’os sphénoïde et sur le processus Worth, TX : Sutherland Cranial Teaching Foundation,
pyramidal des os palatins. Dès lors, toute mise en Inc. ; 1998. p. 182.

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Chapitre 11
Os lacrymal

Os pair, l’os lacrymal est le plus petit os de la Articulation avec l’os frontal
face. C’est un os délicat, avec la ténuité et par- Face orbitaire
fois même la forme d’un ongle, ce qui explique Sillon lacrymonasal
(pour le sac lacrymal)
le nom d’unguis qu’on lui a aussi donné [1]. Il Articulation
participe à la formation de la paroi médiale de avec l’os
ethmoïde
l’orbite (cavité orbitaire) et de la paroi latérale de Articulation
Crête lacrymale avec le maxillaire
la cavité nasale. postérieure

Hamulus lacrymal

Ostéogenèse Processus articulaire avec


le processus lacrymal
du cornet nasal inférieur
Chaque os lacrymal se développe autour de la Fig. 11.1.  Os lacrymal droit : face latérale.
capsule nasale, dans le tissu membraneux, à partir D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.
d’un seul point d’ostéogenèse qui apparaît pen-
dant le 3e mois de la vie intra-utérine.

Description
De forme grossièrement quadrilatère et aplati de
dehors en dedans, l’os lacrymal présente deux
faces, latérale et médiale et quatre bords, anté-
rieur, postérieur, supérieur et inférieur.

Face latérale
La face latérale, ou face orbitaire de l’os, constitue
la partie antérieure de la paroi médiale de l’orbite.
Une crête verticale, la crête lacrymale postérieure,
la divise en portions antérieure et postérieure
(figures 11.1 et 11.2).

Portion antérieure
C’est la portion lacrymale, la plus étroite et celle
qui descend le plus bas. Elle regarde en avant et en Fig. 11.2.  Os lacrymal gauche : face latérale.

Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne


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164 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Points lacrymaux
Canalicule lacrymal Crête lacrymale postérieure
La crête lacrymale postérieure est très saillante dans
sa partie supérieure. Le ligament palpébral médial s’y
insère et en arrière de lui la partie lacrymale du mus-
cle orbiculaire de l’œil (orbiculaire des paupières).
Sa partie inférieure se recourbe en un petit pro-
cessus en forme de crochet, l’hamulus lacrymal.
Ce processus se dirige vers l’avant et le dehors
pour s’articuler avec l’incisure lacrymale du bord
médial de la face orbitaire du corps du maxillaire,
et délimitant ainsi l’ostium supérieur du canal
lacrymonasal.

Conduit lacrymonasal
Le sac lacrymal mesure de 12 à 15 mm de longueur.
Canalicule lacrymal
Situé dans la fosse formée par l’os lacrymal, le pro-
Sac lacrymal
cessus frontal du maxillaire et le fascia lacrymal, il se
Fig. 11.3. Sac lacrymal. prolonge caudalement dans le canal lacrymonasal. De
D’après Drake RL, Gray’s Anatomy for Students, 1st edition. surcroît, la membrane muqueuse qui le tapisse conti-
nue celle de la conjonctive de l’œil par les canaux
lacrymaux, et celle de la cavité nasale par le canal
dehors et présente un sillon sur toute sa hauteur, le
lacrymonasal.
sillon lacrymonasal. Ce sillon abrite le sac lacrymal En superficie, le sac lacrymal est recouvert par une
(figure 11.3). Elle consiste en deux parties : extension du périoste orbitaire, le fascia lacrymal, et le
• une partie supérieure qui appartient à la paroi ligament palpébral médial. Sa face profonde est croi-
médiale de l’orbite ; elle comporte un sillon com- sée par la partie lacrymale du muscle orbiculaire de
plété en avant par le Un sillon lacrymonasal creusé l’œil qui s’insère sur la crête lacrymale postérieure de
sur la face latérale du processus frontal du maxil- l’os lacrymal. En fait, ce muscle se fixe sur le pourtour
laire. Ici, l’os lacrymal associé au processus frontal orbitaire, avec des insertions sur l’os frontal, le proces-
du maxillaire forme la fosse du sac lacrymal ; sus frontal du maxillaire et l’os lacrymal (Voir Chapitre
• une partie inférieure où le sillon lacrymonasal de 9, figure 9.4). Ainsi, quand il se contracte, comme
lorsqu’on cligne des yeux, une compression du sac
l’os lacrymal répond à un sillon analogue creusé
lacrymal se produit, ce qui expulse les sécrétions dans
sur la face nasale du maxillaire pour former avec
le canal lacrymonasal et les draine dans le méat inférieur
lui le canal lacrymonasal. Ce canal lacrymonasal de la cavité nasale [2].
se prolonge caudalement pour se drainer dans le La dacryosténose est une obstruction congénitale du
méat nasal inférieur. canal lacrymonasal qui résulte d’une anomalie dans le
système du drainage lacrymal ou d’une infection. Elle
Portion postérieure est souvent associée à une dysfonction des os qui for-
ment le canal osseux qui abrite le canal lacrymonasal,
Cette portion de la face latérale est plus large que c’est-à-dire le maxillaire, l’os lacrymal et le cornet nasal
la précédente. Sa surface lisse regarde en dehors. inférieur. Typiquement, nous trouvons une compression
Elle consiste en deux parties comme la portion de l’os frontal en direction des os de la face, et(ou) un
précédente : strain vertical inférieur de la synchondrose sphénoba-
• une partie supérieure, orbitaire, qui prolonge en silaire. Les dysfonctions des os frontaux, maxillaires et
avant la lame orbitaire de l’os ethmoïde et participe lacrymaux restreignent le drainage des sécrétions du
à la constitution de la paroi médiale de l’orbite ; canal lacrymonasal. La physiologie du muscle orbicu-
• une partie inférieure, maxillaire, en rapport avec laire de l’œil peut aussi être affectée par modification
des rapports entre ses points d’insertion et donc ses
la face nasale du corps de l’os maxillaire, dont elle
bras de levier.
comble parfois une partie du hiatus maxillaire.
Chapitre 11. Os lacrymal 165

Face médiale Bord supérieur


La face médiale de l’os lacrymal est la face Le bord supérieur irrégulier s’articule avec le bord
nasale et elle est recouverte par la muqueuse de inférieur du processus nasal de l’os frontal au
la cavité nasale. Une rainure verticale qui cor- niveau de la suture frontolacrymale.
respond à la crête lacrymale postérieure de la
face latérale la divise en deux parties (figures
11. 4 et 11.5) : Bord inférieur
• une partie antérieure convexe qui correspond à
Le bord inférieur s’articule en avant avec le bord
la gouttière de la face latérale ;
supérieur du processus lacrymal du cornet nasal
• une partie postérieure, plus large dont la por-
inférieur. En arrière du sillon lacrymal, il s’arti-
tion inférieure répond au méat nasal moyen
cule avec le bord médial de la face orbitaire de l’os
et la portion supérieure s’articule avec la face
maxillaire.
antérieure du labyrinthe ethmoïdal. Des cellu-
les pneumatisées ethmoïdolacrymales peuvent
exister. Notez que le bord supérieur de l’os lacrymal
n’est pas à la même hauteur que le bord supé-
rieur de la lame orbitaire de l’os ethmoïde, et
que le bord supérieur du processus frontal de
l’os maxillaire (figure 11.6). L’échancrure ainsi
délimitée s’articule avec le processus nasal (apo-
Face nasale
physe orbitaire interne) de l’os frontal. Pendant
Articulation avec
la grossesse, l’accouchement, ou toute autre
le maxillaire
circonstance dans laquelle l’os frontal subit
une compression exagérée, les forces peuvent
se concentrer sur ce pilier médial avec comme
Processus articulaire conséquence une dysfonction de l’os lacrymal.
avec le processus lacrymal du
cornet nasal inférieur
Fig. 11.4.  Os lacrymal droit : face médiale.
D’après Drake RL, Gray’s Atlas of Anatomy.
Bord antérieur
Le bord antérieur s’articule avec le bord postérieur
du processus frontal de l’os maxillaire et, dans sa
partie inférieure, à la lèvre antérieure du sillon
lacrymonasal de la face nasale du maxillaire.

Fig. 11.6.  Cavité orbitaire.


Fig. 11.5.  Os lacrymal gauche : face médiale. D’après Olver J, Colour Atlas of Lacrimal Surgery.
166 Anatomie fonctionnelle appliquée à l’ostéopathie crânienne

Bord postérieur moins vers l’avant et la dimension transversale des


cavités nasales diminue.
Le bord postérieur s’articule avec le bord antérieur
de la lame orbitaire de l’os ethmoïde ; au-dessous
du plancher orbitaire, ce bord s’articule avec la Torsion
lunule lacrymale du maxillaire qui contribue à fer-
mer le sillon lacrymal. Lors du mouvement de torsion de la SSB, l’os
lacrymal se comporte normalement comme la face
latérale, orbitaire du labyrinthe ethmoïdal et la face
Mouvement craniosacral latérale du processus frontal de l’os maxillaire. Du
côté de la torsion, i.e. du côté où la grande aile du
sphénoïde s’est déplacée vers le haut, l’os lacrymal
Flexion-extension crânienne démontre des mouvements comparables à ceux
Comme tous les os pairs, l’os lacrymal démontre décrits lors de la rotation externe. Inversement,
un mouvement de rotation externe pendant la il présente des mouvements comparables à ceux
phase d’inspiration crânienne associée à la flexion décrits lors de la rotation interne du côté opposé
de la synchondrose sphénobasilaire (SSB). Le à la torsion.
mouvement résulte de la combinaison des dépla-
cements dans les trois plans de l’espace.
Sidebending-rotation
Dans le plan sagittal, les os lacrymaux font une
rotation postérieure, comme les faces latérales, Pendant le mouvement de sidebending-rotation
orbitaires des labyrinthes ethmoïdaux et les faces de la SSB, comme pendant le mouvement de tor-
latérales des processus frontaux des os maxillaires. sion, l’os lacrymal se déplace comme la face laté-
Le bord antérieur des os lacrymaux se déplace vers rale, orbitaire du labyrinthe ethmoïdal et la face
le haut, le bord postérieur vers le bas. Dans le plan latérale du processus frontal de l’os maxillaire. De
coronal, les os lacrymaux s’écartent l’un de l’autre fait, du côté du sidebending-rotation i.e. du côté
et le mouvement est plus grand au niveau de leur où la grande aile du sphénoïde s’est déplacée vers le
bord inférieur. bas, l’os lacrymal effectue des déplacements com-
Dans le plan transversal, les os lacrymaux démon- parables à ceux décrits lors de la rotation interne.
trent un déplacement où la face latérale orbitaire Inversement, il présente des déplacements compa-
s’oriente vers l’avant et le dehors. Les bords pos- rables à ceux décrits lors de la rotation externe du
térieurs présentent le plus grand déplacement. Il côté opposé au sidebending-rotation.
en résulte une frontalisation des os lacrymaux. Ils
suivent en cela le déplacement des lèvres de l’in-
cisure ethmoïdale de l’os frontal, et contribuent Palpation pour la structure
à l’augmentation de la dimension transversale des
cavités nasales. La palpation pour la structure n’est pas pratiquée.
Lors du déplacement en rotation interne pendant
la phase d’expiration crânienne associée à l’exten-
sion de la SSB, les mouvements sont en direction Palpation pour la fonction
opposée. Dans le plan sagittal, les os lacrymaux
font une rotation antérieure où leur bord anté- Comme pour l’os ethmoïde, la palpation pour la
rieur se déplace vers le bas et le bord postérieur fonction de l’os lacrymal repose sur la connais-
vers le haut. Dans le plan coronal, les os lacrymaux sance anatomique, car elle est pratiquée par l’in-
se rapprochent l’un de l’autre avec un plus grand termédiaire des os voisins, généralement les os
mouvement au niveau de leur bord inférieur. Dans nasaux. La palpation pour la fonction de l’os
le plan transversal, les os lacrymaux se sagittalisent ; lacrymal consiste en tests d’écoute et en tests de
la face latérale orbitaire regarde plus latéralement, mobilité.
Chapitre 11. Os lacrymal 167

Le sujet en position de décubitus dorsal, le prati- du mouvement, des asymétries, comme cela pour-
cien assis à la tête du sujet ou sur le côté, à hau- rait être le cas avec un mouvement de torsion ou
teur de la tête. Placez la pulpe du pouce et de de sidebending-rotation de la SSB ?
l’index d’une main de chaque côté de la racine du S’il existe une restriction de la motilité inhérente,
nez, sur les os nasaux. Très délicatement dépla- définissez la ou les structure(s) anatomique(s)
cez le bout des doigts en direction postérieure. auxquelles se rattache cette restriction. Bien sou-
Visualisez les os nasaux, puis en arrière des os vent, la normalisation de l’os frontal est nécessaire
nasaux les processus frontaux des os maxillaire, pour améliorer la fonction de l’os lacrymal.
puis les os lacrymaux.
Percevez-vous un mouvement ? Avez-vous un Références
­mouvement de rotation externe et de rotation
[1] Cruveilhier J. Traité d’anatomie descriptive. 5e éd.
interne dans les trois plans de l’espace ? L’inspiration Paris : Librairie de la Faculté de Médecine ; 1871.
et l’expiration crâniennes sont-elles de quantité et [2] Williams PL, Ed. Gray’s Anatomy. 38th ed. Edinburgh :
de qualité satisfaisantes ? Sentez-vous des restrictions Churchill Livingstone ; 1995.
Chapitre 12
Os nasal

Os pair, l’os nasal (os propre du nez) est situé en Ostéogenèse


avant du processus frontal de l’os maxillaire, et au-
dessous de la partie nasale de l’os frontal (figure L’os nasal se développe à la 8e semaine de gesta-
12.1). Les deux os nasaux se rejoignent au niveau tion, à partir d’un seul point d’ostéogenèse qui
de la ligne médiane et participent ainsi à la constitu- apparaît dans le tissu membraneux situé autour
tion de la charpente osseuse du nez. Ils contribuent de la partie antérieure cartilagineuse de la capsule
aussi à la paroi supérieure de la cavité nasale. nasale.

Processus frontal de l’os maxillaire

Os lacrymal
Os frontal
Lame criblée
Cornet supérieur
Sinus frontal Récessus sphéno-ethmoïdal

Cornet moyen

Os nasal
Partie basilaire
de l’os occipital

Foramen sphénopalatin
Lames médiale et latérale du processus ptérygoïde
de l’os sphénoïde
Hamulus ptérygoïdien de l’os sphénoïde