Vous êtes sur la page 1sur 20

Un monde parfait

De l’optimum à l’équilibre

Michel Guillard
Université d’Evry-Val-d’Essone

janvier 2016
Les préférences et la technologie
Les préférences et la technologie

I On considère une économie simplifiée, composée d’un agent


représentatif dont les préférences dépendent positivement de la
consommation de biens, et négativement du travail fourni.
I On suppose que les préférences de cet agent sont
représentables par la fonction d’utilité – ou de bien-être –
additivement séparable suivante :
0 1 0 1 0 1 !
U @C , G , N A = u @C A + @G A ` N
+ + + + +
+

I N est la quantité de travail offerte, par exemple évaluée en


nombre d’heures de travail,
I C représente la consommation directe de bien privatif de
l’agent,
I G est un bien collectif.
Les préférences et la technologie

I En absence d’investissement – inutile dans cette économie


statique – et donc de capital physique, les conditions de
production peuvent être résumées par la contrainte
technologique suivante :

C + G  F (N)

I F (N) représente une fonction de production croissante et


concave qui dépend du travail, l’unique facteur de production.
I La même technologie permet de produire des biens délivrés au
consommateur directement, mais également indirectement, via
la décision de dépenses publiques.
L’optimum d’une économie centralisée
Le programme du planificateur

I Le planificateur central est supposé maximiser l’utilité de


l’agent représentatif en respectant la contrainte
emplois-ressources de l’économie :

max u (C ) + (G ) ` (N)
C ,G ,N

s.c. C + G  F (N)

I On pose plus précisément :

max L = u (C ) + (G ) ` (N) + [F (N) (C + G )]


C ,G ,N
Le programme du planificateur

I En annulant les dérivées premières de L, on trouve les


conditions (nécessaires d’optimalité) du premier ordre (CPO)
suivantes :
@L @L
= u 0 (C ) = 0, = 0
(G ) = 0,
@C @G
et :
@L
= `0 (N) + F 0 (N) = 0,
@N
ainsi que la condition :

min [ ; F (N) (C + G )] = 0.
L’optimum d’une économie centralisée

I Les quantités optimales, notées C o , G o et N o , doivent


vérifier :

u 0 (C o ) = 0
(G o ) (1)
`0 (N o )
= F 0 (N o ) (2)
u 0 (C o )
F (N o ) = C o + G o (3)
Un exemple

I Spécifions les fonctions u (·) , (·) , ` (·) et F (·) suivantes :

C 1 1/ ¯ 1/ G 1 1/
u (C ) = 1 1/ ; (G ) = 1 1/ ;

1+1/ n
` (N) = ⌘ N1+1/ n
; F (N) = AN.
Un exemple

I On en déduit, après quelques calculs :


✓ ◆ + ✓ ◆ n
o A1+ n n
o (1 + ¯ ) A 1 + n
C = , N = ,
⌘ n (1 + ¯ ) ⌘
✓ ◆
A1+ n + n
Go = ¯C o = ¯
⌘ n (1 + ¯ )
I En notant enfin Y = C + G = AN, la production totale, cette
dernière est alors donnée à l’optimum par :
✓ ◆ n
o
(1+ n ) 1+¯ + n
Y =A + n

L’équilibre d’une économie
décentralisée
Le comportement du consommateur

I Le programme du consommateur représentatif s’écrit :


⇣ ⌘
max u (C ) ` Ñ + (G )
C ,Ñ

s.c. PC  W Ñ + ⇧ Tc

où P est le prix du bien de consommation, W le salaire


horaire, ⇧, le profit et Tc , les impôts supposés forfaitaires.
Le comportement du consommateur

I On trouve : ⇣ ⌘
`0 Ñ W
= , (4)
u 0 (C ) P
ainsi que
PC = W Ñ + ⇧ Tc . (5)
Le comportement de la firme

I Le programme du producteur représentatif s’écrit :

max ⇧ = PY WN Te
Y ,N
s.c. Y  F (N)

où Te représentent les impôts supposés forfaitaires.


I On obtient :
W
F 0 (N) = (6)
P
ainsi que
Y = F (N) (7)
Le comportement de l’Etat
I Nous supposerons que le gouvernement détermine le montant
de dépenses publiques en appliquant une règle de type :

G = G (C ) (8)

I Cette règle a l’avantage de permettre la possibilité d’une


dépense budgétaire complètement exogène, dans le cas :

G (C ) = Ḡ 8C ,

ou de répliquer parfaitement la règle de dépenses publiques de


l’économie centralisée, dans le cas :
0 1
G (C ) = u 0 (C ) .

I La contrainte budgétaire impose alors à l’Etat un niveau


d’impôt vérifiant :
PG = Tc + Te
L’équilibre général

I Les contraintes budgétaires du consommateur, de l’entreprise


et du gouvernement étant saturées, on a simultanément :

PC = W Ñ + ⇧ Tc
⇧ = PY WN Te
PG = Tc + Te

I En sommant ces trois égalités, on obtient :


⇣ ⌘
P (C + G Y ) + W N Ñ = 0

I L’équilibre du marché du travail imposant l’égalisation de


l’offre et de la demande, N = Ñ, on trouve sans difficulté :

Y =C +G
L’équilibre général

I En utilisant les résultats précédents, l’équilibre général


concurrentiel est alors solution des équations suivantes :

G ⇤ = G (C ⇤ ) (9)
`0 (N ⇤ )
= F 0 (N ⇤ ) (10)
u 0 (C ⇤ )
F (N ⇤ ) = C ⇤ + G ⇤ (11)

soit des solutions parfaitement identiques à celle de l’économie


centralisée lorsque G (C ) = 0 1 (u 0 (C )) ou bien, plus
directement encore, G (C ) = G o .
Un exemple
I On conserve les mêmes spécifications que précédemment pour
la technologie et les préférences et on suppose que la fonction
de dépenses publiques prend la forme spécifique suivante :

G = G (C ) = C

I On obtient :
✓ ◆
⇤ A1+ n + n
C =
⌘ n (1 + )
✓ ◆ n
⇤ (1 + ) A 1 + n
N =

✓ ◆ n
(1+ n ) 1+ + n
Y⇤ = A + n

✓ ◆
A1+ n + n
G⇤ = C⇤ = ·
⌘ n (1 + )
L’effet d’une hausse des dépenses budgétaires

I On suppose maintenant que le niveau de dépenses budgétaires


est exogène. On obtient le système suivant :
✓ 0 ◆
0 1 ` (N)
C = u
F 0 (N)
C = F (N) G

I où la première équation représente l’équilibre du marché du


travail ;
I et la seconde représente l’équilibre du marché des biens.
L’effet d’une hausse des dépenses budgétaires
I On obtient la représentation suivante de l’équilibre et de l’effet
d’une hausse des dépenses publiques :