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Il y a lieu de distinguer les actifs corporels, les actifs incorporels et les unités

génératrices de trésorerie (UGT).

a) Les actifs corporels


A la clôture de l’exercice, les actifs corporels font l’objet d’un test d’impairment
uniquement s’il existe des indices de pertes de valeur.
Les indices externes concernent la valeur de marché, les changements importants
dans les taux d’intérêt et de rendement.
Les indices internes portent sur l’obsolescence, la dégradation physique, les
changements importants d’utilisation et le niveau de performance (inférieure aux
prévisions).

b) Les actifs incorporels


Les actifs incorporels amortissables suivent le même régime de dépréciation que
les actifs corporels. En revanche, les actifs incorporels non amortissables doivent
faire l’objet, chaque année, d’un test systématique obligatoire (§. 10). En outre,
s’il existe des pertes de valeur, un test intermédiaire doit être réalisé.
Les actifs incorporels non amortissables correspondent aux éléments incorporels
à durée d’utilité non déterminée et aux goodwills issus d’acquisition
d’entreprises
Les unités génératrices de trésorerie (UGT)
En cas d’impossibilité de calculer une valeur d’utilité pour un actif (§. 67), le
test d’impairment doit être réalisé au niveau de l’UGT à laquelle cet actif est
rattaché.
L’UGT est un regroupement d’actifs ayant leurs propres flux de trésorerie,
comme des actifs d’exploitation, corporels, incorporels. Y compris des goodwills
(voire certains passifs comptabilisés).

Dans ce cas, il est comparé :


- la valeur comptable de l’UGT, c’est-à-dire, l’agrégation des valeurs
comptables des actifs composant cette UGT ;
- à la valeur recouvrable de l’UGT correspondant à la valeur maximale entre le
prix de cession net et la valeur d’utilité relatifs au groupe d’actifs constituant
l’UGT.

3.2.3. Le calcul de la valeur recouvrable

Le calcul de la valeur recouvrable exige de procéder à l’évaluation du prix de


cession net et/ou au calcul de la valeur d’utilité. En effet, selon la définition
d’IAS 36, la valeur recouvrable est égale au montant maximal entre ces deux
valeurs.

a) L’évaluation du prix de cession net


Le prix de cession net est déterminé par différence entre le prix de cession et les
frais de vente. Le prix de cession doit être évalué en prenant en compte :
- soit, directement les derniers prix de vente connus (y compris engagement
d’achat sur la base d’un prix déterminé) s’il existe un marché actif pour le bien
considéré ;
- soit, indirectement par comparaison, dans le secteur, avec des ventes récentes
d’actifs similaires (méthode des transactions comparables).
Le prix de cession net résulte du prix de cession issu des prix de vente du marché
ou de transactions comparables minorés des frais de vente liés à la cession de
l’actif.
Si les prix de vente sont disponibles, il est préférable de commencer par la
comparaison du prix de cession net avec la valeur comptable de l’actif ou de
l’UGT. Dans le cas où cette dernière est inférieure au prix de cession net, il
devient ainsi inutile de calculer la valeur d’utilité.
b) Le calcul de la valeur d’utilité
La détermination de la valeur d’utilité implique la mise œuvre d’un calcul
financier basé sur la méthode dite des cash-flows actualisés (DCF). En effet, la
valeur d’utilité d’un actif ou d’une UGT est définie comme étant la valeur
actualisée des flux futurs de trésorerie.
Dans le cadre de ce calcul, les flux de trésorerie doivent être déterminés sur la
base d’éléments prévisionnels sur une période maximale de 5 années issus du
processus de planification budgétaire interne à l’entreprise. Au-delà de 5 années,
les flux futurs de trésorerie doivent être estimés par extrapolation (§. 36).
La nature des flux de trésorerie à retenir est double. Tout d’abord, il convient de
prendre en compte les flux de trésorerie résultant de l’utilisation normale de
l’actif. Autrement dit, il convient de raisonner à structure et périmètre constants
hors projets de restructuration et d’acquisition (investissement de croissance).
En revanche, les investissements de renouvellement pourront être pris en compte
dans la mesure où ils visent le maintien du fonctionnement et de l’état de marche
des actifs existants dans le cadre de l’activité normale de l’entreprise (§. 49). Ces
flux de trésorerie sont déterminés hors frais financiers et impôts, c’est-à-dire, en
excluant les effets résultant de la structure de l’endettement (modalités de
financement) et de la situation fiscale de l’entreprise (§. 50). Autrement dit, cela
revient à calculer des flux de trésorerie d’exploitation (FTE). Ensuite, il y a lieu
d’intégrer les flux de trésorerie espérés de la cession de l’actif en fin
d’utilisation, soit, le prix de cession net résultant de transactions normales sur
un marché actif.
Par cohérence avec le calcul des flux de trésorerie, il convient de retenir un taux
d’actualisation également avant impôt. Ce taux est déterminé en fonction de taux
de marché auquel il est intégré les risques spécifiques inhérents à l’actif
concerné.
3.2.4. Le traitement comptable
Si le test d’impairment révèle que la valeur comptable est supérieure à la valeur
recouvrable, il y a lieu, en conséquence, de comptabiliser une perte de valeur au
titre de l’actif considéré (§. 59). Cette perte de valeur est égale à la différence
entre la valeur comptable et la valeur recouvrable à la date de réalisation du test.
En l’absence de plan de comptes en référentiel IFRS, la perte de valeur pourra
être enregistrée soit, sous forme de dépréciation soit, par réduction directe à due
concurrence de la valeur comptable de l’actif.
Si les indices de perte de valeur n’existent plus lors d’une clôture ultérieure, une
reprise partielle ou totale de la perte de valeur constatée antérieurement est
susceptible d’intervenir pour les actifs corporels.
La constatation d’une perte de valeur sur un actif amortissable conduit à modifier
sa base amortissable pour le calcul des futures dotations aux amortissements
(effet prospectif).

a) La comptabilisation des pertes de valeurs relatives à un actif isolé


S’agissant d’un actif isolé, la perte de valeur est comptabilisée, en règle générale,
en charge afin de ramener la valeur comptable de l’actif à sa valeur recouvrable.
Néanmoins, dans le cas où l’actif corporel a fait l’objet antérieurement d’une
réévaluation catégorielle selon la norme IAS 16, la perte de valeur s’impute sur
l’écart de réévaluation ; le solde éventuel est enregistré en charge.

b) La comptabilisation des pertes de valeurs relatives à une UGT


En présence d’UGT, la perte de valeur doit être imputée prioritairement sur le
goodwill affecté (incorporel à durée d’utilité non définie) et, pour le complément
éventuel, aux autres actifs appartenant à l’UGT proportionnellement à leur
valeur.
c) Les reprises de pertes de valeur
Les reprises totales ou partielles de dépréciation sur les actifs corporels
interviennent dès lors qu’il y a disparition ou atténuation des indices
correspondant de pertes de valeur. Le montant de ces reprises est limité de sorte
que la valeur réajustée n’excède pas la valeur comptable de l’actif hors
impairment à la date de la reprise.
Les reprises de perte de valeur sont interdites en ce qui concerne les goodwills.
Pour ces actifs incorporels à durée de vie indéfinie, les pertes de valeur
constatées antérieurement sont en effet définitives et irréversibles.
Les reprises de pertes de valeur font l’objet, en règle générale, d’un
enregistrement comptable en tant que produit.
Dans le cas où la perte de valeur a été imputée initialement sur un écart de
réévaluation, la reprise va se traduire symétriquement par une augmentation de
l’écart de réévaluation dans les limites évoquées précédemment.
En présence d’une UGT, la reprise de pertes de valeur fait l’objet d’une
répartition proportionnelle entre les actifs (hors goodwill) en fonction de leur
valeur comptable.

De manière symétrique, la reprise d’une perte de valeur sur un actif amortissable


entraîne une modification
Prospective du plan d’amortissement, c’est-à-dire, des futures dotations aux
amortissements (§. 121)