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PREMIERE PARTIE :
METHODOLOGIE DU
SUJET D’ORDRE GENERAL
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Le Sujet d'ordre général proposé aux concours d'accès à l'ENA porte


sur les problèmes économiques, sociaux et culturels du monde

1
contemporain. Cela suppose -dans le choix des sujets- que ceux à caractère
hautement scientifique, historique, géographique, philosophique ne sont pas
très indiqués.
Exemple : la poésie est-el1e utile à l'homme moderne ?
Ou : la logique formelle participe-t-elle de la formation intellectuelle de
l'adolescent ? Ou encore : en quoi les mathématiques gouvernent-elles le
monde ?
II est cependant conseillé au candidat de se cultiver, en lisant les textes
à caractère hautement scientifique, historique. Ceux-ci participent de son
enrichissement intellectuel.
A la différence des autres techniques d'expression –résumé-analyse-
commentaire composé- le Sujet d'ordre général requiert du candidat "un
bagage intellectuel" de haute tenue. Cette épreuve de langue française
consiste à réfléchir sur un énoncé (court ou long) : la pensée d'un auteur,
d'un critique ou d'un essayiste ; à exposer les faits, les circonstances de son
énonciation (quand et, ou?), à conduire un raisonnement logique et cohérent,
à dégager l'idéologie que sous-tend l'énoncé (position de classen) afin de
convaincre le correcteur de la pertinence de ses arguments. Il ne s'agit donc
nullement, pour le candidat d'apprécier la teneur du sujet (s'il est bon ou
non, difficile ou non, intéressant ou non). Pour réussir cet exercice, le
candidat doit faire preuve d'une bonne culture générale, et maitriser les
différents types d'énoncés, l'argumentation et l'expression écrite.
Quelle que soit la nature du sujet - simple oubbj complexe - l'important
doit faire l'effort de se servir des connaissances acquises au cours de sa
formation scolaire et universitaire pour réussir cet exercice dont le
coefficient (4) est très important dans la série des épreuves.

La composition dans un Sujet d'ordre général suppose un travail en plusieurs


étapes dont la plus importante est la compréhension du sujet.

I- LA COMPREHENSION DU SUJET
Il est vivement conseillé aux candidats de lire attentivement le sujet.
Ils peuvent consacrer une demi-heure à la lecture de l'énoncé qui est soit un

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énoncé simple du genre: Télévision et violence, soit un énoncé complexe,
du type : "C'est en connaissant mieux leur passé, en dépoussiérant toujours
les recoins obscurs de leur histoire que les hommes, les peuples, les Etats
trouvent leurs ressources nécessaires pour affronter le présent. Qu'en
pensez-vous ? ". Dans tous les cas de figure, l'impétrant est invité à se poser
les questions suivantes :
- Quel est le sens réel des mots contenus dans l'énoncé ?
- Quels sont les mots clés à étudier dans les phrases?
/Leur passé/Histoire/ dépoussiérant/ ressources/ affronter/ le présent/.
- Que me demande-t-on ?
Par exemple pour le sujet ci-dessus, il s'agit de montrer en quoi les faits
historiques peuvent ou non éclairer le présent des hommes,
Pour ce qui est des mots, il faut toujours noter qu'ils peuvent être
polysémiques (avoir plusieurs sens), Dans la langue française, on distingue
le sens dénoté (appelé communément le sens propre) du sens connoté (sens
figuré).
Exemple: le terme Université signifie du point de vue de la dénotation,
un ensemble de facultés ou d'unités de formation, d'enseignement et de
recherche qui dispensent l'enseignement supérieur. Le sens connoté de
l'Université la fait percevoir comme le symbole de l'élite, du savoir, de la
réussite sociale et de l'insertion sociale future. Il peut signifier entre autres
le lieu de la contestation, de l'anarchie, de la casse orchestrée par des jeunes
"irresponsables et manipulés par des entités extérieures ".
Toute interprétation du mot est, en fait fonction de l'angle du regard,
En clair, on peut examiner un mot sans toutefois en maitriser tous les
contours. Ce qui peut Induire le candidat en erreur et donner lieu à des
interprétations oiseuses. C'est pourquoi celui-ci est appelé à faire preuve de
minutie. A ce niveau, le risque serait pour lui de traiter un autre sujet.
Exemple : "L'artiste, acteur ou témoin de son temps" est loin de signifier :
L'écrivain est-il témoin de son temps? "Ce qu'il faut faire dans ce cas, c'est
procéder à la délimitation du sujet en ayant au préalable, cerne tous les
contours.

Le second point de cette première démarche consiste à déterminer la


nature, la composition et l'orientation de l'énoncé :

1 - La nature de l’énoncé

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a- Un énoncé peut avoir un caractère :
• historique : l'historien Ki-Zerbo a dit : "…"
• philosophique : Platon a dit :
Houtondji, philosophe africain, a dit :
• littérature : un poète maudit a dit :
• religieux: les textes conciliaires soutiennent :
b- Un énoncé peut être aussi :
• Un proverbe : "Quand la, tête est là. Le genou ne porte pas le chapeau.
• Un dicton : "Qui ne dit mot consent"
• Une maxime : "Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le
nombre d’années.
2 - La composition de 1'énoncé
L'énoncé peut être constitué soit d'une :
- Phrase courte : elle a trait à une opinion exprimée par un penseur sur un
problème économique, social ou culturel. La démarche consiste à discuter
en expliquant et en justifiant, si possible, une affirmation.
- Phrase longue : dans ce type de sujet, le candidat peut extraire une ou deux
idées pertinentes qui lui permettront de bâtir son texte qui doit, dans ce cas,
reposer sur un triptyque : explication, justification, discussion.
Si d'aventure, le champ du sujet est vaste, et que vous ne pouvez le
traiter entièrement, donnez-vous la peine de délimiter le sujet, en indiquant
et en justifiant vos choix : Par exemple, pour le sujet : "L'artiste, acteur ou
témoin de son temps" vous indiquerez : "Certes, le sujet parle de l'artiste en
général, mais pour plus de concision et d'efficacité, nous parlerons de
l'écrivain en particulier car il incarne mieux, à notre sens, 1'artiste comme
acteur et témoin de son temps ".
Cette manière de traiter le sujet vous évitera le reproche d'avoir occulte
une partie de celui-ci.

3 - L'orientation de l'énoncé
Le sujet à examiner peut être accompagné d'autres directives du genre :
Démontrez, justifiez, appréciez, étudiez, exposez; qu'en pensez-vous? Que
vous suggère cette assertion?
- Estimez-vous que, croyez-vous que, ou selon vous ... Dans tous les

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cas de figure, il est recommandé aux candidats de penser par
eux-mêmes en exerçant leur sens du raisonnement
Les verbes utilises dans la directive invitent le candidat à :
1 - comprendre ce qu'on attend de lui :
2 - réfléchir à l'opportunité ou non d'une prise de position personnelle;
3 - fixer le cadre approprie, les limites de travail à entreprendre.
Pour plus de clarté sur cette démarche, nous allions, par regroupement
analyser les différents paradigmes : Etudiez/ Exposez/Démontrez.
Le travail consiste à procéder par une argumentation rigoureuse, en
analysant objectivement une question, et en s'appuyant sur la méthode
dialectique. Cela revient à observer l’enchaînement logique d'une situation
fondée sur les causes, les faits et les conséquences,
Appréciez, critiquez, discutez, évaluez, que vous suggère cette
assertion? Qu'en pensez-vous ..? Estimez-vous que ..? Croyez-vous que ..?
Le travail attendu consiste pour le candidat à se situer par rapport au
sujet. Certes, il peut examiner un sujet comme un observateur froid et
extérieur au sujet, mais il ne peut procéder à cette analyse sans prendre
position. Après avoir expliqué le sujet, le candidat est tenu d'afficher ses
préférences pour telle ou telle position, en proposant son opinion.
Prosaïquement, le candidat doit peser "le pour" et "le contre" " et proposer
sa propre opinion; (dire s'il est d'accord ou non, si la position du critique est
juste ou non, pertinente ou non).
Toutes ces observations doivent conduire le candidat à cerner
l'essentiel du sujet et la démarche qu'on attend de lui; c'est en fonction de
cette dernière qu'il édifiera la charpente de son texte.

II- CHARPENTE DU TEXTE

La seconde étape du travail de composition est l'élaboration de la


charpente du texte qui passe par la maitrise du travail demande afin de ne
jamais perdre de vue la ligne directrice de l'énoncé.

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A cet effet, on distingue trois catégories de sujets qui laissent entrevoir
les constructions attendues :
A- Les sujets d'exposition
B- Les sujets de démonstration
C- Les sujets de discussion

A- les sujets d'exposition


Ils exigent du candidat la construction d'un ordre qui tienne compte de
la loi de l'unité et de la cohérence. Le candidat doit faire le constat (par
révocation des faits, des causes et des effets) selon l'ordre chronologique.
En général, dans les sujets d'exposition, le candidat est censé montrer la
position adverse avant arriver à la position idoine. (Antithèse, thèse,
synthèse).

B - Les sujets de démonstration


Ils contraignent le candidat à étayer une thèse ou son antithèse par un
raisonnement orienté vers le seul objet du discours, à persuader le correcteur
de la justesse de l'argumentation tout en montrant l'insuffisance de la
position adverse ... Vous analyserez les faits, en choisissant des exemples
percutants dans un ordre ascendant". Plus le candidat avancera dans ses
développements, plus il devra influer sur le jugement du correcteur par la
force de persuasion et la pertinence de ses arguments.

C - Les sujets à discussion


Ils invitent le candidat à infirmer ou à confirmer une thèse ou une
antithèse, (le vrai ou le faux, l'acceptable ou l'inacceptable, la justesse ou
non d'une thèse ou de son antithèse). Si le candidat approuve une thèse, il
faudra qu'il en envisage l'antithèse.
Cela suppose de la part de l'impétrant la relativité de ses arguments. A
travers tout le texte, il devra exposer les faits, confirmer ou infirmer la thèse
ou la thèse adverse.

C'est seulement à la fin de son travail que le candidat énoncera ses


opinions, très nuancées d'ailleurs, car il devra se faire à l'idée qu'il n'est pas
le seul et unique détenteur de la vérité absolue.
Comme on le constate, à quelques nuances près, l'exercice de
composition portant sur le Sujet d'ordre général est pratiquement le même

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d'un sujet d'exposition à un autre sujet de discussion ou de démonstration.
La seule différence se situe dans l'objectivation (Exposez, expliquez)
et, dans la subjectivation, (Qu'en pensez-vous ?) Quelle est votre opinion ?
Que vous suggère cette pensée ? Appréciez).
Quelle que soit la nature du sujet, le candidat devra penser par lui-
même, argumenter, convoquer ses connaissances (Livresques ou fondées
sur les expériences de la vie) persuader le correcteur de la justesse et de la
pertinence de ses arguments, élaborer un plan, examiner de façon critique,
la thèse ou l'antithèse (c'est selon ...).
Dans tous les cas, il s'agit de dégager les méthodes de réflexion, de
rechercher des idées, pour l'organisation du travail en mettant en relief
l'importance du raisonnement dialectique.
Qu'entendons-nous donc par raisonnement dialectique ? C'est un
raisonnement "contre la conception fixiste de l’univers de l'homme et de la
pensée". Cette conception du monde exprimée par les premiers philosophes
matérialistes, les pré socrates, repose sur la notion du changement de
l’univers en devenir constant. Pour Héraclite par exemple, 500 Avant J.C,
tout s’écoule, rien ne demeure et on ne baigne jamais dans le même fleuve.
Platon et Socrate à qui on doit l'art du raisonnement dialectique, ont usé
de cet art pour réfuter et convaincre. Pour Hegel –un philosophe idéaliste-
le nombre est en devenir et tout y dépend de tout. La dialectique a pour
charge de découvrir les lois de ce dernier. Selon lui, chaque chose renferme
la contradiction et c’est cette contradiction qui permet son évolution, le
changement et sa capacité de changement en son contraire. Le schéma
hégélien, caractérisé par la thèse, l’antithèse et la synthèse, est illustrée par
la fameuse dialectique du maître et de l’esclave…
Pour en revenir aux stratégies pouvant mener à l'élaboration de la
charpente du texte du candidat, on pourrait également accorder une attention
particulière à ce tableau que proposent Cocula et Peyroutet.

Différents types
Exemples Réflexions
de sujets

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Sujet Peut-on dire que I - L'home est un être pensant
apparemment l'homme est un 2 - L'homme est aussi un
simple mais animal pensant ? animal
complexe Ce sujet nous 3 - L'homme est à la fois un
invite à un plan animal et un être pensant
dialectique. selon les attitudes et
comportements.

Sujet de type Sous la forme d'un 1 - La Littérature coloniale


scolaire commentaire. 1890-1924 produite par les
qui s'apparente à présentez les métropolitains
la restitution d'un grandes lignes de 2 - Littérature produite par
traité ou d'un la littérature des colonisés assimilés Ex :
cours demande africaine. Amos-Tutola
d'inventaire 3- Littérature de la contestation
1924- 1959
4 - Littérature postcoloniale
(des indépendances) 1960-1970
5 - La seconde génération
de 1970 à nos jours.
Commentaire commentez et discutez Et au-delà du commentaire
et discussion de cette pensée de c'est-à-dire d'une explication selon le
plusieurs unités Ahmadou Kourouma: de point de vue de Ahmadou
significations. -Nos difficultés Kourouma. il est recommandé une
proviennent des éventuelle discussion au candidat où
partis uniques il s'emploiera à dégager un
raisonnement dialectique.
Exemples :
1° partis uniques = ciment de l'unité
nationale
Etude d'une notion - L'Amour - 20 partis uniques = pensée
ou d'un thème - La mort unique
Ce genre de sujet très rare
aux concours administratifs
implique un raisonnement
Confrontation de de type dialectique (thèse:
notion Science et Techniques antithèse, synthèse)
Le raisonnement dialectique
s’impose.

III- LA PRESENTATION MATERIELLE D'UN SUJET D'ORDRE


GENERAL

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C’est la troisième et dernière étape de la composition. Les sujets dits
de "culture générale" comprennent matériellement trois parties:
1 - L'introduction
2 - Le développement
3 - La conclusion
C’est le lieu de rappeler aux candidats, en particulier à ceux de
formation juridique, que les différentes parties constituent un bloc
monolithique. Une dissertation portant sur un sujet d'ordre général ne
comprend pas de lettre, de numérotation, ni de sous-titre, Le candidat qui
s'exerce à organiser les différentes parties en chapitres ou en sections
s'expose à de lourdes sanctions, Cela relèverait d'une méconnaissance totale
de l'exercice demandé. Il est plutôt conseillé de séparer les différentes
parties les unes des autres par des blancs graphiques.

1) L'introduction
C'est une partie essentielle du Sujet d'ordre général Malheureusement,
elle est parfois galvaudée par de nombreux candidats, Les littéraires ont
tendance à trainer en longueur sur l'introduction par des considérations trop
littéraires ou trop philosophiques : la mauvaise compréhension de la
méthode de l'entonnoir.
Quand aux juristes de formation, ils escamotent le texte introductif
parce qu'ils ne savent pas comment amener le sujet. Parfois, leur
introduction est trop laconique, exemple la dissertation qui est soumise à
notre réflexion parle de la magistrature
- Comment doit-elle être ?
L'introduction doit être rédigée avec le plus grand soin car c'est elle qui
imprime une orientation à l'ensemble du devoir. Il faut se garder dans ces
conditions de :
- répondre immédiatement à la question posée par ce genre de phrase
introductive :" Moi, je pense que l'auteur a raison quand il affirme ceci", Il
faudrait réserver votre réponse pour la fin du devoir ;

- commencer votre introduction par des lieux communs du genre:


"Depuis que le monde est monde"; "Depuis la nuit des temps, les hommes

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ont toujours fait ceci ", ou cela ": ou encore" De tout temps, l'homme s'est
intéressé à la question de l'oisiveté " (sujet C.M, 1997). ni, enfin, par des
phrases laconiques telles que: " Le sujet soumis à notre réflexion parle de la
mort ",
Disons que le candidat doit :
- Avoir le souci de la concision (proscrire tout développement long,
ennuyeux et insipide);
- Ménager avec art l'intérêt (renoncer à tout élément d'appréciation
prématurée : " Je pense d'entrée de jeu que X a tort "),
- Eviter dans le preambu1e les généralités abusives du genre: "De tout
temps, l'homme est l'épicentre du monde";
- Renoncer aux démarches trop académiques : "Voyons d'abord,
examinons ensuite, concluons enfin ";
- S'interdire les coups de trompettes faciles: "Après avoir brillamment
introduit le sujet, développons enfin":
- Ne pas faire des accumulations de questions du genre "Qu'entendons-
nous par l’homme ? Quelle est sa nature ? Quelle est son idéologie ?
Autrement dit, est-il un animal pensant ? Et pourquoi ? En termes clairs,
quelle est la vraie nature de l’homme ?"
L’introduction doit être courte : évitez d'y mêler des éléments de
réflexion. N’annoncez que les grandes parties de votre développement,
n'excédez pas la dizaine de lignes. Ayez à l’esprit qu’elle doit impulser une
dynamique à votre travail. Tout cela suppose la clarté de votre démarche.
La question essentielle est donc de savoir comment donc introduire le
sujet. Pour ce faire, il faudra:
- délimiter le sujet à travers deux ou trois phrases. Il s’agit de
présenter et d’expliquer le sens et la portée du sujet que vous
êtes invité à traiter.
- Songer à le résumer en deux phrases, si l’énoncé est long, en
mettant en relief les idées dominantes de nature à montrer au
correcteur que vous avez la maîtrise du sujet.
Cela doit vous conduire à poser le problème (la problématique, c’est
selon). Ce qui revient pour le candidat à s’interroger sur la nature de l’objet
du discours. "que me demande-t-on ?" "Et comment dois-je traiter mon
sujet ?". Ce sont les deux questions essentielles auxquelles le candidat doit
pouvoir répondre. La problématique peut se présenter sous forme d’une
question ou une série de questions. De préférence, une seule question suffit

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largement pour imprimer une orientation à l’ensemble du devoir. Toutefois,
le candidat se gardera de chevaucher les parties du développement en
expliquant de prime abord les termes sur lesquels porte le sujet d’ordre
général dans le texte introductif.

Les différents types de préambule.


Comment bien aborder un sujet ? Il faut savoir qu'il existe à cet effet,
plusieurs manières d'attaquer le texte introductif. On peut procéder par:
I - Comparaison
2 - Interpellation
3- Description
4- Entrecoupement
5- Epigramme
6- Citation

1 - Comparaison
Pour ce qui est de la comparaison, l'élément principal d'un événement
de l'actualité (littéraire, historique, politique, social) réside dans l'optique
contrastée qui existe entre des situations révolues et présentes, Exemple : il
y a dix ans M. X occupait le poste de chef de Département de la Production
animale. A présent, il est ministre de l’Agriculture et de la Production
animale.
Autre exemple : dix ans durant, les ivoiriens ont accepté
volontairement le gel des salaires. Aujourd'hui, ils dénoncent le gel des
salaires décidé par son excellence, M. X, président de la République,

2 - L'interprétation
La seconde démarche est relative à l'interpellation, Le candidat peut
être amené à s'interroger sur un problème d'intérêt public reste sans réponse.
Exemple : le Synares va-t-il déterrer la hache de guerre ? C'est la
question que tous se posent en attendant l'Assemblée générale dudit
syndicat qui aura lieu demain, à l'Amphi Léon Robert de l'Université
d'Abidjan Cocody,
3 - La Description
Quant à elle, elle peut donner le ton ou dépeindre une situation délétère
ou joyeuse nécessaire à une préhension ou à une bonne compréhension du
sujet.

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Exemple : le regard terne, la voix grave, sanglé: dans une tenue de
combat vert olive, Laurent-Désiré Kabila martelait du point la table
grossièrement taillée, qu'il exigeait le départ préalable du président Mobutu
avant toute négociation.
Autre exemple : sous une brume matinale et un ciel couvert, plus de mille
chômeurs attendait patiemment l’ouverture des grilles pour toucher leur
allocation familiale.

4- L’Entrecoupement
Il y a entrecoupement lorsqu'un élément temporel, que ce soit une série
d'actions rapides ou les intervalles séparant une série d’évènements
connexes, doit être souligné. Il s'agit d'une série de phrases, ponctuées par
des points ou traits d'union qui se présentent d'ordinaire, sous une forme
descriptive.
Exemple: à treize heures, aujourd'hui, les machines de l'usine Carena
se sont arrêtées. Un millier d'employés ont quitté l'usine en bon ordre et la
direction a verrouillé le portail derrière eux. Des piquets de grève des
employés brandissant des pancartes ont pris place devant l'usine. La grève
des employés venait ainsi de débuter dans la plus grande sérénité ...

5 - L'Epigramme
Le ton ou la morale d'un événement peut être accentué, au moyen d’une
épigramme. Il peut être soit un proverbe soit une morale pouvant être
appliquée de l'événement concerné.
Exemple : se syndiquer pour les étudiants c'est être digne. Les étudiants
incarcérés à la MACA ont recouvré la liberté après que leurs revendications
eurent trouvé une oreille attentive auprès du Président de la République. Ils
ont été reçus au Palais de la présidence par son excellence, M. Henri Konan
Bédié qui leur a prodigué de sages conseils.

6 - La citation
Elle met en exerce une pensée d’un auteur qui aura marqué son époque.
La situation peut confirmer ou infirmer une thèse. On peut l'utiliser sur une
situation donnée pour ironiser.
Exemple: "Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des
années " ou encore: " Qui s'excuse, s'accuse ".

Une fois que la dissertation est mise sur orbite, le candidat doit être

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guidé par le souci de poser le problème (la problématique, c’est selon).
La troisième phase sera l’annonce du plan que le candidat respectera
scrupuleusement dans son développement.

2) Le développement
Le développement doit être signé. Il faudrait pour se faire proscrire de
votre texte des expressions argotiques, -le ton familier de la conversation ou
les "ivoirismes" sous prétexte d'être proche du milieu ambiant. Exemple :
ne dites pas: c'est un "coco" pour c'est un parasite ou encore" il a fauté "
pour il a commis une faute. etc.
Pour le concours d'entrée à l'ENA, le discours relâché est déplaisant et
inacceptable tout comme le style télégraphique et les abréviations ("même"
pour" m"). En second lieu, il faudrait renoncer à l’individualisation, qui
consiste à l’emploi de je ou du moi, car le Sujet d’ordre général doit être
traité sans passion, sans trop de subjectivité, ni d'avis péremptoire.
Exemple : " Je pense que tous les oisifs doivent passer à la potence pour
le dynamisme de la société" (concours CM, professionnel. 1997)
La modération doit donc être de mise. Ainsi, devriez-vous proscrire de
votre discours la "verbomanie" ou la logomachie du genre: "Avant d'entrer
dans le vif du sujet, souffrez que nous fassions un bref rappel historique
pour en arriver aux conclusions que vous êtes en droit d’attendre..." Ce style
pédant rend la copie ridicule. Par ailleurs. Au terme de votre
développement, vous devriez faire une synthèse des arguments en présence
et donner votre avis qui doit être nuance. On se gardera d’adopter les
positions du genre : Exemple : "Je pense qu'il faut pendre haut et court tous
les assassins d'enfants" (Grand jury, ENA.1997).
Recherchez somme toute, la clarté et la simplicité en usant, à bon escient,
d'une bonne ponctuation.
Dans le développement de vos arguments, vous devriez pouvoir donner un
contenu précis à tous les termes du libellé, du moins pour tous ceux qui
demandent à être élucidés, en insistant sur les mots clés, notamment ceux
qui cernent exactement le problème.

- La composition du développement

Bien conçu, le développement comprend trois parties: la thèse, l'antithèse et


la synthèse

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1 - La thèse
Elle fait 1'inventaire de tous les arguments qui militent en faveur d’une
pensée d’un auteur, d’un essayiste. Ce sont des arguments d’ordre
historique, sociologique, philosophique, politique. A ce niveau, l’impétrant
fera appel à ses connaissances livresques et à des expériences de vie, de
nature à susciter un intérêt chez le correcteur. Cependant, il devra renoncer
à des arguments trop personnalises et trop fantaisistes du genre" Je suis de
telle ethnie et vous savez tous que la sorcellerie chez nous ne se discute pas"
ou encore" Dans mon village, j'ai vu des sorciers manger l'âme des jeunes
gens". Tout argument doit convaincre sur la base des preuves palpables. La
rigueur scientifique doit être la règle d’or dans le cas d’espèce. En théorie,
tous les points de vue sont acceptables à la seule condition qu'ils soient bien
argumentés et mieux présentés ; mais dans la pratique, on évitera toutes les
positions extrêmes qui heurtent le bon sens.
Exemple: tous 1es assassins ont des gènes qui font qu'ils ne peuvent pas se
reconvertir (Grand jury, Magistrature, ENA 1997).

2 - L'antithèse
Elle est constituée d'arguments qui prennent le contrepied de la thèse. Il
s’agit comme l’écrivait G. Bousque, d’un paradoxe que le candidat se
propose d’élucider ou de traiter. Elle ne doit être trop brutale, ni trop
ironique mais elle doit cependant exposer et démontrer la vérité relative de
la thèse adverse sous la forme persuasive ; Exemple: " A première vue, il
me semble que les livres peuvent instruire les jeunes, cependant il existe
d'autres canaux d'instruction tels que" ou "Si les voyages forment la
jeunesse, il n'en demeure pas moins vrai que les livres peuvent être un atout
indispensable à l'éducation des jeunes ",

3 - La synthèse
Quand la thèse et l'antithèse sont reconnues comme relatives, le candidat
peut rechercher une position idoine (synthèse) qui est la position du
consensus ou du compromis, ce qui donnera une impression d’équilibre à
son texte. Cette situation de compromis, écrivait Bousque, est de nature à

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satisfaire aux exigences intellectuelles d'équilibre et d'harmonie,
En somme, le raisonnement dialectique implique un plan, en trois parties :
la thèse, l’antithèse, la synthèse. Schématiquement, le candidat se doit
d'utiliser des arguments et des exemples favorables au point de vue exprimé
par l'auteur. On le soutient dans la thèse ; quant à l'antithèse. elle, regroupe
des exemples et arguments défavorables à l’idée défendue par la thèse. La
synthèse, pour sa part, doit transcender la thèse ou l’antithèse : "L'étude des
règles de la dialectique nous y invite puisqu'elles nous prouvent que tout
change, que rien n'est éternel et que les contradictions se surmontent".
Dans 1'élaboration du plan qui précède la rédaction, on notera en vrac
sur les feuilles ces idées comme l'indique le tableau suivant :

- Feuille I : Thèse Exemples :


Idées : arguments - évocation d’expériences personnelles
- (ne pas en abuser) – amis, familles
- Références à des expériences livresques
- Apports de l’art –de la littérature, des
sciences et techniques)
- Journaux, revues.

Feuille II : Idées - Exemples classées selon les différents


plans de nature à informer la thèse
antérieure
- Economiques
- Sociales
- Politiques
- Historiques
Les exigences du développement
Etc.

Le développement de vos arguments suppose sommes toute, la qualité


des arguments, la construction des paragraphes, l’art des transitions,
l’équilibre, mes parties du développement produit par le candidat.

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La qualité des arguments
Tout exercice portant sur le sujet d’ordre général se propose de donner
des informations (la fonction illocutoire du langage) sur un thème précis.
Aussi, le correcteur se fondera-t-il sur la qualité des informations pour
apprécier le niveau intellectuel du candidat. De fait, celui-ci doit persuader,
convaincre le correcteur (fonction perlocutoire du langage : Olivier Reboul)
qu’il est de niveau. C’est pourquoi le candidat doit être guidé par la qualité
des arguments n’utilisant que ceux dont il est sûr. Le candidat doit être
pénétré de l’idée qu’il peut tout dire mais que la règle d’or du sujet d’ordre
général est la suivante : s’appuyer sur des arguments forts qui doivent se
fonder sur de courtes citations ou des références sociales, politiques,
précises. Cependant, il ne s’agit pas ici de décupler indéfiniment les
arguments. A force de vouloir trop prouver, "on sombre dans la glose et
l’entreglose".
Pour être plus pratique, on peut ramener les arguments à 3 ou 4 ; les
plus faibles venant renforcer les plus forts. A cet effet, on peut les classer
dans un ordre progressif, les moins importants les premiers, les plus
importants par la suite.

2- Construction de paragraphe
Les arguments doivent être organisés à travers des paragraphes dont
la composition peut varier. On suivra pour se faire soit l’ordre synthèse-
analyse, soit l’ordre analyse-synthèse.

a- L’ordre synthèse-analyse
Le candidat énoncera d’abord l’idée directrice puis en reprendra les
arguments qui la fondent un à un en les développant. Voir supra (texte du
candidat n°2, paragraphe3). Evitez de faire des confusions inacceptables du
genre "Comme l'écrivait Amadou Koné, l'auteur de Les Soleils des
indépendances" ou d'avouer des trous de mémoire : " Comme le disait un
autre ivoirien dont j'oublie malheureusement le nom". Personne ne vous

fera le grief de n’avoir pas cité le nom d'un auteur mais évitez de faire de
l'esprit si vous n'en n'avez pas les capacités.

b- L’ordre analyse-synthèse
On peut partir des arguments et les classer dans un ordre progressif de

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manière à déboucher directement sur l’idée directrice. Voir la démarche
inverse du texte du candidat n°2 Paragraphe 3.

- L’art des transitions


On appelle transitions, les expressions charnières (Bousque) qui
marquent le mouvement général du texte et les étapes de sa progression
harmonieuse. Exemple : Richard Antony, l’artiste-compositeur, à succès de
nos vingt ans, a été incarcéré à la prison de Fresnes à Paris pour n'avoir pas
honoré ses engagements au niveau du service des impôts de Paris. Richard
Anthony est l'auteur-compositeur de : "J'entends siffler le train".
Un homme qui n'a pas entendu siffler le train, c'est le responsable de
la gare d'Antony. Le pauvre homme, il était dans de Morphée toute la nuit
durant. Pour cela, il ira séjourner lui aussi à la prison de Fresnes ou Richard
Anthony lui chantera en privé, certainement son morceau à succès:
"J'entends siffler le train".
Contrairement à l'opinion répandue, la transition peut être brève,
parfois un simple mot suffit. C'est l'occasion de souligner qu'à travers tout
le devoir, le principe d'économie doit guider le candidat qui supprimera
impitoyablement tout mot inutile, toute répétition abusive de mots et toutes
sortes de digressions. En revanche le texte peut être enrichi par la précision
des citations des références convenables et une ponctuation avenante.

- L'équilibre
Il serait présomptueux de la part d'un professeur d'indiquer la longueur
convenable du développement. Cependant. on peut avancer que le candidat
doit avoir à l’esprit l’équilibre des parties du développement afin de donner
le sentiment qu’il n’est pas à bout de souffle. Parfois, on observe des
déséquilibres inacceptables dans les devoirs, La seule remarque digne
d'intérêt est que la première et la seconde parties doivent être sensiblement
d'égales longueurs, Cela signifie clairement que la progression dans l'intérêt
doit être savamment dosée (Brunei Plazolles) car le candidat est apprécié
selon le rythme de son souffle mis en relief par l'équilibre entre les parties
et entre les paragraphes.

- Les parties du texte produit par le candidat


Trop de candidats considèrent que la constitution des parties (et des
paragraphes) relève d'une ancienne époque, il n'en est rien car la

17
construction des parties participe de la richesse de la qualité de votre texte.
Chaque partie doit être elle-même composée autour d’uns aspect
majeur du devoir (thèse, antithèse, synthèse). Aussi doit-elle comprendre :
- Un bref préambule qui imprime une orientation d’ensemble à la
partie.
- Des paragraphes correspondant aux divers aspects du thème traité.
- Et une conclusion partielle (et transitoire, si une autre partie la suit).
Une fois le travail achevé, le candidat doit veiller à la présentation de
la copie. Une marge d'un tiers à gauche, un alinéa à chaque paragraphe,
chaque partie marquée par des astérisques ou des blancs graphiques.

3- La conclusion
Elle doit répondre à la problématique posée dans l’introduction. A ce
niveau, le candidat ne doit pas perdre de vue l’interrogation suivante : Ai-je
répondu, bien répondu à la question posée antérieurement ? Mon
argumentation est-elle cohérente ou convaincante ?
Pour des conseils pratiques, la conclusion ne saurait être une
"conclusion-développement" qui consiste à voir rassemblées dans la
dernière partie de votre texte, les thèses ou les antithèses insuffisamment
développées.
La conclusion est un assemblage synthétique des conclusions
partielles de la thèse ou l’antithèse. Elle se doit de répondre définitivement
à la problématique. Cependant, elle peut par la suite réactualiser le débat –
le sujet de discussion engagé par l'auteur d'une pensée donnée. Il est souvent
conseillé aux postulants d’ouvrir des perspectives à partir du sujet traité
pour bien indiquer aux correcteurs qu’ils ont bien compris ce sujet qu’ils
peuvent le replacer dans un cadre plus vaste. Du point de vue de la
matérialité de la conclusion, le candidat doit marquer la différence entre la
conclusion et les parties du développement par un blanc textuel enrichi ou
non d'astérisques.
Pour influer positivement sur l'évaluation du correcteur, l'impétrant
doit se soucier de 111
maitrise de la langue de la concision et de la "chute" du texte final. A
cet effet, le candidat doit écrire sa conclusion en conformité avec l'esprit du
texte introductif qui s'interdira entre autres les "ivoirismes" même avec des
guillemets.
Il se gardera aussi de se complaire dans la préciosité et le ridicule avec

18
les formules du genre: "Avant de boucler la boucle avec le ceinturon, nous
voudrions avec la permission du correcteur, conclure".
Il renoncera surtout à toute tentative de corruption active du correcteur
par des déclarations du type larmoyant : "Monsieur, ayez pitié de moi, je
sors d'un accident de la circulation. Avec la moyenne dans cette épreuve, je
m'en sortirai". Ce dont il doit être certain, c'est qu'il ne peut attendrir deux
correcteurs par ces phrases indignes d'un candidat au concours d'entrée à
l'ENA.
Il ne devra, non plus s'auto-apprécier par des propos du style: "Après
avoir brillamment développé le sujet, nous allons enfin conclure…" A cet
égard, seul le correcteur est habilité à évaluer votre copie. Et toute tentative
de nature à infléchir son jugement expose le candidat à de lourdes sanctions.

19
DEUXIEME PARTIE :
EXERCICES
PRATIQUES

"La liberté mal assumée finit par sombrer dans le chaos"


SUJET 1: Qu'en pensez-vous ?

20
Le sujet ainsi libellé contient la pensée d'un auteur, d'un penseur ou
d'un critique, fut-il anonyme. L'énoncé contient un certain nombre d'unités
de significations dénotées et connotées. Dans le cadre du Sujet d'ordre
général, le candidat se doit d'abord de détecter très vite les unités de
significations pour apprécier ensuite leur pertinence, Cela ne peut se faire
sans au préalable le découpage sémantique pour épargner au candidat les
contresens préjudiciables au traitement du sujet. La méthodologie
conseillée, en l'espèce, est la suivante :
Etape 1 : Relisez lentement le texte sans prendre de notes pour vous
en imprégner. Repérez les mots-clés mais évitez les surcharges inutiles qui
peuvent vous embrouiller... A ce stade, vous n'aurez qu'une appréhension
très globale et superficielle de l'énoncé, (Une lecture naïve)
Etape 2 : Relisez le texte tout en recherchant les unités de
significations essentielles en vous fondant sur les signes et les termes de
liaisons, "les connecteurs logiques" qui en facilitent la saisie du sens.
Etape 3 : Utilisez le crayon pour souligner les éléments clés et
dégagez si possible la structure et le plan qui vous apparaitront en troisième
lecture.
A titre d'exemple, l'énoncé ci-dessus peut être découpé en trois unités
de significations :
- la liberté
- mal assumée
- sombrer dans le chaos
A partir de ces unités de significations retenues, on peut déjà élaborer
un canevas pour la recherche des idées, des arguments, et des exemples.
Il convient de modeler le raisonnement sur la base des unités de
significations retenues.
Par exemple : la première unité "liberté" peut être expliquée;
-"mal assumée" a besoin d'être expliquée et commentée
- tout comme l'expression : "sombrer dans le chaos"

1 - INTRODUCTION

21
a/ Perspective générale de la Liberté
La préoccupation essentielle de l'homme : les textes religieux,
notamment la Genèse, la Déclaration Universelle des Droits de l'homme du
10 décembre 1948 et la Déclaration des Droits du Citoyen de 1789
proclament la possibilité pour l'homme de vivre, sans servitude au regard
de la loi, de prendre possession de la terre et d'en être le maitre.

b/ Situation du jugement dans son contexte


Cette liberté s'apparente à la licence, à l'absence de contrainte, mais la
liberté est fondée sur celle du devoir, de la responsabilité, de la morale. C'est
dans cette perspective que se situe cette pensée de cet auteur anonyme : "La
liberté mal assumée finit par sombrer dans le chaos".

c/ Indication des pistes de recherche par une ou deux


interrogations
Que recouvre donc l'acception liberté ? En quoi la liberté mal assumée
peut-elle être synonyme de chaos?

2 - PLAN DEVELOPPE

Définition de la liberté
Plusieurs acceptions selon les contextes socio-psychologiques.
Selon le dictionnaire le Robert, la liberté :

1°- C'est l'état, la situation de la personne qui n'est pas sous la


dépendance de quelqu'un par opposition à l'esclavage, la servilité, la
servitude que peut connaitre l'être humain.

2° - La liberté signifie donc l'autorisation de… "la permission de poser


un acte. Cela veut dire clairement que contrairement à la vulgate, la liberté
est régie par la loi : ce qui est loin de rimer avec le caractère libertaire qui
est l'expression d'une vie dévergondée, une vie sans contrainte.

En dépit de ces nombreuses acceptions, on peut relever que la liberté


consiste "pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui", comme le proclamait
judicieusement la déclaration des droits de l’homme en son article 4.

22
3°- De fait, la liberté est le respect des règles, des principes qui
contribuent à la pleine jouissance des droits de l’être humain à la différence
de la licence, de l’irrévérence, du laxisme et de l’anarchie qui sont
l’expression d’une liberté mal assumée, mal gérée et peu maitrisée.

Précision de la thèse initiale


Dans le cadre de notre étude, la liberté peut être reconnue à des
individus (la liberté individuelle) ou à des groupes (raciaux, sociaux) sous
les formes les plus diverses : liberté d'opinion, liberté physique, liberté
religieuse, liberté économique, de travail et des communes (autonomie).

Restriction du sujet : notre propos se fondera sur les deux


dimensions de la liberté.

- la liberté physique bien assumée Vs liberté physique et liberté


d'expression mal assumées.

I - THESE:

Liberté bien assumée


1-1 - la liberté physique--- capacité de jouir pleinement (en droit) de son
corps, sans contrainte.
Argument 1: Liberté sexuelle Vs prostitution sacrée (vestale) ;
Faits historiques : chez les romains et les hindous
Argument 2: La liberté est différente d'oppression physique;
Faits historiques : esclavage, colonisation
Conclusion partielle : La liberté permet à l'homme ou à la femme de
disposer de son corps sans contrainte.
- pour son épanouissement personnel (Liberté de mouvement)
Exemple: le cas des sauf conduit (cf. Climbié de B. Dadié) - présomption
d'innocence (cf Une vie de boy d'Oyono)
- pour son épanouissement collectif

Exemple : le cas de la souveraineté nationale


- Prise en main de la destinée du peuple : sa vie économique, vie politique,
vie sociale sans aucune dépendance (métropolitaine) ou d'un quelconque
autoritarisme (liberté, démocratie, voix du peuple).

23
Conséquence: la loi garantit la liberté de l'homme qui jouit pleinement de
son corps, mais aussi de son esprit.
Transition: Cela se manifeste par la liberté (d'expression): capacité de
s'exprimer librement et ouvertement sans encourir l'arbitraire.

I -2 - La liberté d'expression
Argument 1 : Libre d'expression marquée:
- par l'écriture ou des propos tenus sur tous les sujets : politiques,
économiques, sociaux, religieux :
- par la production des films sur tous les sujets sans restriction aucune : films
politiques, économiques, sociaux, religieux pour dénoncer les autocrates,
prédateurs, spoliateurs, tartuffes.
Argument 2: La liberté d'expression peut aussi se caractériser par la
possibilité pour l'homme de manifester son mécontentement sur la gestion
de son pays par des pétitions, des sit-in, des marches, des grèves, des
boycotts, par la sanction des urnes afin de contraindre les gouvernants à
mieux prendre en compte les aspirations du peuple.
Conséquences : Respect des sans-voix, transparence dans la gestion, plus
de démocratie, plus de liberté individuelle ou collective.

II - ANTITHESE :
Liberté mal assumée = chaos) ;

2-1- Liberté physique = dévaluation du corps et de l'image de l'homme


Argument 1 : Dépravation sexuelle - dévergondage
Conséquences fâcheuses pour des individus : maladies sexuelles pour la
société (pandémie du Sida), grossesses non désirées, avortements ou
surpeuplement.
Argument 2 : Liberté physique = paresse, laxisme, parasitisme, misère
Conséquence = insécurité et tous les autres fléaux qui y sont lies.
Conclusion partielle : liberté est synonyme de licence, de jouissance de son
corps, de dépravation de servage de son corps, d'insécurité psychologique
voire sociale des individus et des collectivités.
2-2 - Liberté d'expression mal assumée = débouche sur une gestion
chaotique de la cité.
Argument: La liberté n'est pas "Synonyme de tout ce qui affiche l'anarchie
et le désordre. Exemple de la gestion mal maitrisée : Rwanda, Burundi.

24
Liberia, Yougoslavie ; - guerres tribales : Hutus et Tutsis - Serbes et Croates
-
Conséquences: tueries, dépeuplement, Refugiés, pays en déliquescence:
marasme économique, social et politique.
Autre exemple : FLN = mauvaise gestion des militaires gestion mal
maitrisée :
- corruption généralisée
- chômage incontrôlé des jeunes ;
- émergence du FIS et ses conséquences politiques.

III-SYNTHESE
En se fondant sur la Déclaration universelle des droits de l'homme du
10 décembre 1948 ; déclaration des droits du citoyen 1789, tous ces textes
proclament la possibilité de l'homme de vivre sans servitude et au regard de
la loi.
La liberté participe de l'épanouissement de l'homme quand elle est
bien assumée. Tout comme elle contribue à l'acquisition de la souveraineté
nationale pour les peuples en lutte. Exemple des peuples africains colonises
ayant acquis leur indépendance en 1960 au prix de l'effort et du sang.
- La liberté se manifeste sur plusieurs formes: liberté d'opinion, d'expression
...
- Autant d'avantages : bien assumée, la liberté est la chose la plus précieuse
pour l'homme, pour son avenir, pour la collectivité.
Mais la liberté se délite quand elle est mal assumée : elle se manifeste
par la dévaluation de la liberté qui rime avec l'anarchie, le chaos,
l’irrévérence, la déstabilisation des sociétés.
Ce qui suppose des transformations importantes au niveau des
mentalités pour un regain de liberté fondée sur le respect des institutions,
des principes.
Pour que la liberté retrouve son vrai sens comme disait un philosophe
: "A la liberté de penser, d'agir et de vivre s'oppose en premier lieu la
contrainte civile".
3 - CONCLUSION GENERALE

Valeur de la notion
Constat au terme de l'analyse :
En se fondant sur les textes religieux (la Genèse) - sur les textes d'ordre

25
juridique, la liberté de l'homme a été la préoccupation constante de
l'homme.
Elle se veut comme la possibilité de l'homme de vivre sans servitude
mais au regard de la loi de la contrainte civile.

Redéfinitions de la notion de base


Elle apparait sous différentes acceptions :
- liberté physique
- liberté d'opinion
- liberté d'association, etc.

Reprécisions de la notion
Pour notre part, nous nous sommes intéressé à la liberté physique à
cause de la pertinence du sujet :
Pour la liberté physique, elle se résume à la possibilité de l'homme de
disposer de son corps sans entrave aucune.
- Bien assumée, la liberté physique participe de l'épanouissement de
l'individu (résultat à inventorier);
Quant à la liberté d'opinion ou d'expression, elle contribue à une
meilleure gestion de la vie de la cité,
Cependant si la liberté physique et la liberté d'expression sont mal
assumées, le chaos est inéluctable:
a) - La liberté se délite et se manifeste par:
- la dévaluation du corps et de l'image de l'homme
- L'anarchie et la gestion chaotique de la Cité.

Rédaction
Au terme de notre analyse, nous pouvons dire que:
- la liberté au sens droit du terme caractérisée par une vie sans contrainte est
un anachronisme. Fondée sur la responsabilité et le respect d'autrui, la
liberté participe à l'épanouissement de l'homme et de la collectivité.
Néanmoins, si elle est mal assumée, la société sombre inéluctablement dans
le chaos. C'est fort de cette préoccupation que l'auteur anonyme à raison
quand il soutient que la liberté mal assumée finit par sombrer dans le chaos.

Réactualisation du sujet

26
L'histoire est tant truffée d'exemples de liberté mal assumée que cette
pensée interpelle bien des sociétés des hommes enclins aux chants de
sirènes de liberté à tout vent...

"La vie des oisifs est la seule qui coute cher".


SUJET 2 : Qu'en pensez-vous ?

Compréhension du sujet
N.B. : Ceci n'est pas un corrigé au sens classique du terme, mais une
explication du sujet les enjeux qui définit les grandes orientations de la

27
correction du devoir par le candidat, aussi bien au niveau de la forme qu'à
celui du fond.
1- Fond et forme
A - Du fond
Le sujet instaure implicitement une distinction au sein de la société sur une
base essentiellement économique en terme de productivité dans le processus
de développement. D'une part les oisifs, de l'autre, les non-oisifs.
1.a- Les oisifs
Il s'agit ici de la frange de la population inactive, tous ceux qui sont sans
activité professionnelle pourvoyeuse de biens matériels, de revenus et dont
la constitution au processus global de développement est à terme, nulle ou
quasi-inexistante.
- chômeurs sans qualification
- citoyens qualifiés en quête du premier emploi ;
- défaillants physiques et/ou moraux (tous types d'invalides).
- toutes les personnes sans ressources à la charge de la collectivité et des
contribuables.
1.b- Les non-oisifs
Toutes les personnes exerçant une activité lucrative et dont le rôle
économique dans la société est établi grâce à leurs diverses contributions
financières à l'effort général de développement.
B - Forme
Le verbe copule "est" établit une équation définitionnelle et
explicative sous forme d'égalité : " La vie des oisifs = la seule (vie) qui coute
cher ".
Quant au syntagme la seule, il est l'expression d'une sélection -exclusion.
Ainsi dans l'équation précédente, le sujet laisse-t-il entendre que" rien
d'autre ne coute cher a l'exception de la vie des oisifs".

2 - Méthode
Le candidat est donc appelé à se situer par rapport à une telle
affirmation qui se pare des couleurs d'un véritable postulat. En termes
différents, cela signifie que le sujet qui se ponctue par une interrogation
interpellative sollicite la capacité de discernement du candidat invité à livrer
son point de vue sur la pensée. Il doit donc dire dans quelle mesure à son
avis, cette pensée est recevable, valide et tout à fait justifiée en invoquant

28
des situations, des exemples et des preuves qui en attestent l'exactitude et la
confortent. Dans cette perspective, il doit insister sur l'importance du travail
dans une société marchande où l'être humain se réalise principalement par
et dans le travail, notamment grâce aux ressources financières générées par
celui-ci.
Mais il est aussi somme, immanquablement, de noter les réserves et
limites éventuelles du sujet dans la même rigueur démonstrative.

3- Développement possible.
a/ Thèse (explication-justification)
Le postulat initial implicitement exprime est que l'existence n'est
souvent qu'un vaste marche codifie par les règles du donner et du recevoir:
avoir quelque chose à offrir et être disposé à en recevoir. Quiconque reçoit
sans pouvoir donner détériore les termes de l'échange, vicie et subvertit le
contrat social tacite dans la mesure où, par ce fait même, il constitue une
charge pour les autres. Or, les oisifs qui sont économiquement improductifs
sont des assistés parce que sans revenus propres, sans ressources
financières, ils émargent dans le cadre d'un Etat, à la trésorerie générale,
c'est-à-dire qu'ils sont à la charge des contribuables, de leurs parents aussi,
bien sur.
En effet, citoyens à part entière, les oisifs ont légitiment et légalement
droit aux prestations dont l'Etat, en tant qu'autorité anonyme supra-
collective, assure la charge au profit de l'ensemble des citoyens. Parfois
même, ils bénéficient de mesures de protection et d'aide spéciales. Ainsi
comparés aux contribuables ( les travailleurs de tous secteurs ayant des
revenus fixes) les oisifs gracieusement entrevus, reviennent-ils finalement
cher à l'Etat, à leurs familles respectives.

b - Antithèse (limites et relativisations)


Bien que ce qui précède soit établi, on peut de droit se poser quelques
questions: Est-on absolument fondé à dire que la vie des oisifs est "la seule
qui coute cher" ? On pensera ici :
- à l'opportunité de certaines dépenses somptuaires et de prestige, en
particulier dans les pays en développement :
- aux dépenses d'équipement en infrastructure, aux efforts légitimes

29
d'industrialisation et de modernisation qui exigent un volume important de
capitaux dont aucun Etat ne peut se priver sans compromettre son
développement.
La notion d'oisif même, si elle est prise dans un sens réducteur, peut
rendre la pensée inopérante et l'invalider. En effet, certains oisifs, souvent
des personnes a la retraite ou du troisième âge ont longtemps contribue aux
frais de fonctionnement de leur Etat avant de quitter la scène économique
comme acteurs directs parce que touches par la limite d'âge. Parce qu'ils ont
cesse toute activité lucrative et que l'Etat qu'ils ont contribué à asseoir prend
le relais pour certaines prestations en leur faveur, sont-ils des oisifs au sens
défini ici même ?
Ceci amène à une synthèse dont les points essentiels peuvent être
résumés sous forme d'interrogations.

c - Synthèse
Doit-on considérer les oisifs de manière indistincte, sans
discernement ?
Autrement dit, peut-on tout imputer aux oisifs sans distinction de leur
situation?
N'est-ce pas la aussi, du reste, un aveu d'échec de toutes politiques
sociales?
La société elle-même peut-elle se passer de cet élan naturel de
solidarité sans se saborder ?
Mais à la vérité, est-il possible d'imaginer une société sans fracture
sociale de cette nature?
En effet, si 1'on se situe du point de vue des charges financières
occasionnées par la vie -des individus, on peut affirmer que la vie des oisifs
est la seule qui coute cher puisqu'ils consomment, ils ne produisent rien. En
revanche, si l'on considère la cherté par rapport à la responsabilité de
l'individu à l'égard de la cellule familiale et de la collectivité dans laquelle
il évolue, on peut dire que seul la vie de la personne active coute cher.
De l'existence des actifs dépend celle des oisifs. Aucun oisif ne peut
survivre s'il n'y a pas des personnes qui travaillent, qui participent à la
création de richesse et au progrès de la société humaine. la vie d'un cadre
ou d'un salarié st bien plus chère au regard des considérations d'ordre social.
En effet, lorsqu'un salarié n'est plus, la situation de ceux envers qui il était
tenu à 1'obligation alimentaire devient dramatique. Ce qui aboutit souvent

30
à l'abandon des enfants dans la rue, au banditisme et au gangstérisme. En
Afrique, lorsqu'on dit qu'on a perdu un être cher, cela signifie qu'il s'agit
d'un être qui nous est très utile.
A côté de ce que nous venons de dire, il faut souligner aussi le fait que
les gouvernants déploient aussi des efforts pour améliorer le bien-être des
travailleurs. Même si cela s'obtient parfois à bout de revendications
contrairement aux oisifs qui bénéficient de l'Etat-providence.
Par ailleurs, la société humaine accorde plus d'égard, de respect et
d'honneur aux personnes actives. Toutes les bonnes prières portant sur les
vœux de santé, de longévité sont dirigées vers elles. Cela s'explique par le
fait que la vie de ces personnes coute cher à la société. A 1'opposé, l'individu
oisif ne reçoit de la considération que lors des élections car il constitue un
"bétail électoral". On se préoccupe tout juste de sa survie et non de son bien-
être. La disparition d'un oisif n'a pas d'incidence significative sur la vie des
autres. Sa situation de désœuvré fait qu'il est considéré comme un homme
négatif, un bon à rien. Même si de temps en temps, le devoir moral appelle
les uns et les autres à lui venir en aide. Sa vie n'a vraiment pas d'importance,
raison pour laquelle lorsqu'il décède, peu d'hommes en sont affectés. L'oisif
ne coûte cher que par son poids dans le budget familial et surtout par l'espoir
qu'on se fait en pensant qu'un jour, il pourra être utile à la société.
Au total, la vie de tout individu est chère. Tout dépend de la société
où il vit et l'angle sous lequel on estime cette vie. Si des sacrifices énormes
sont consentis en faveur des oisifs par la cellule familiale, l'Etat et les
Organismes Internationaux, c'est parce que l'oisiveté est une tare qu'il faut
combattre à tout prix.

Proposition de corrigé

Dans la plupart des Etats actuels, la question du chômage est de plus


en plus au centre des préoccupations majeures. Des efforts déployés ici et
là tant au niveau des groupes familiaux qu'au niveau des mouvements et des
organismes internationaux pour venir au secours des personnes sans emploi
sont assez considérables, Ces efforts se font parfois même au détriment des
intérêts des autres groupes sociaux. Face à cette situation, l'on ne se gène
plus à dire que: "La vie des oisifs est la seule qui coute cher". Qu'est ce qui
fait la cherté de la vie des oisifs? Est-il exact d'affirmer que seule la vie des

31
oisifs coute cher ? La réponse à ces questions constitue le fil conducteur de
nos propos.

Dans la quasi-totalité des sociétés humaines modernes, il existe deux


types d'individus. Ceux qui sont employés ou qui s'emploient a faire quelque
chose pour assurer leur survie et ceux qui ne font rien, c'est-a-dire ceux qui
ne travaillent pas, Les premiers sont appelés les " actifs " et les seconds "les
inactifs". Parmi les inactifs, on trouve les oisifs. Les oisifs sont des
personnes qui n'exercent aucune activité professionnelle, qui n'apprennent
aucun métier et qui ne fréquentent aucune école. Ils sont dans cette situation
soit parce qu'ils sont des incapables (handicap physique ou mental) soit
parce qu'ils s'y plaisent, soit parce qu'ils n'ont pas les aptitudes
intellectuelles ou la qualification nécessaire pour faire face au marché du
travail.
La conséquence de cette position est qu'ils n'ont pas de revenu, ils ne
participent pas au processus de production: à la création de richesse. En un
mot, ils n'apportent rien, ni à leur famille, ni à la communauté étatique. Les
oisifs sont dans une situation d'éternels assistés. Les individus doivent
exister et pouvoir satisfaire les besoins vitaux sans lesquels l'homme ne peut
vivre. Ils doivent se nourrir, se vêtir; se loger, se soigner comme toute autre
personne. S'ils n'ont pas ce minimum, ils deviennent une menace pour la
paix sociale. C'est la raison pour laquelle les gouvernements en se fixant
pour objectif de réduire la pauvreté et d'assurer le bien-être des populations
initient sans cesse des programmes couteux en vue de permettre aux oisifs
de se prendre en charge.
Parmi les actions des gouvernements on peut citer entre autres la
création de centres d'apprentissage et de reconversion professionnelle, la
mise sur pied de programmes d'aide à l’embauche, le versement d'allocation
de chômage etc. Le financement de ces programmes se fait soit par
prélèvement sur le revenu des actifs, soit par emprunt ou dons extérieurs.
Les organismes internationaux sont aussi des acteurs dans la lutte pour
l'amélioration de la situation des oisifs, Ils apportent de l'aide aux Etats, soit
en nature, soit en numéraire.
Quant à la cellule familiale, elle assure le plus souvent la satisfaction
des besoins vitaux des oisifs. En Afrique ou la solidarité familiale fait partie
de nos coutumes, les individus sans emploi sont à la charge de ceux qui
travaillent. Ces derniers ont une obligation morale de les entretenir.

32
Cette mobilisation pour la survie des oisifs donne l'impression que
seule leur vie coûte cher. En effet, à côté d'eux, i1 peut se trouver des
individus qui, quoique exerçant un métier, peuvent connaitre des difficultés
matérielles menaçant même leur survie. Pour ces derniers, il n'y a pas
d'organisation pour leur venir en aide gratuitement. Ils doivent le plus
souvent s'endetter, ce qui aggrave leur situation.
Cependant, il existe d'autres moyens qui peuvent amener le salarié à
se sentir soutenu. Cela nous amène à nous demander s'il est vrai de dire que
seule la vie des oisifs coûte cher.

En définitive la vie d'un homme peut être chère à cause de ce qu'il est
utile pour la société dans laquelle il vit. L'individu est utile et donc coute
cher du fait qu'il existe et appartient à une communauté. A ce titre, la société
est tenue de prendre soin de ses membres conformément aux valeurs sur
lesquelles repose la collectivité humaine. C'est donc principalement dans un
souci de solidarité que l'on assiste l'oisif et non pas parce que sa vie est la
seule qui coûte cher. Il est vrai que toute vie quelle qu'elle soit, coûte cher.
La vie des oisifs coûte cher à la société mais elle ne peut être la seule qui
coûte cher.

"En protégeant son milieu, l'homme se protège lui-même".


SUJET 3 : Qu'en pensez-vous ?

Compréhension du sujet

Compréhension du sujet
Dans sa formulation, le sujet établit un rapport dialectique entre l'homme et
son milieu.

Plan possible

33
1 - La protection du milieu assure la survie de l'homme
Argument n° 1 : Equation l'homme = le milieu
• Définition du milieu
• le milieu peut être entendu au sens de :
- l'environnement na nature)
- l'espace géographique (la ville, le village)
• Définition de la notion de protection
- préservation du milieu en rapport avec les intérêts de l'homme
Argument n° 2: L'écosystème est utile à l'espèce humaine
Argument n° 3 : La qualité de vie dépend de l'environnement
- Au plan individuel (hygiène, salubrité)
- A un niveau général (la planète...)

II- La protection du milieu peut nuire a l'homme


Argument n° 1 : Dangers d'une politique trop écologiste pour le progrès
d'un pays, ralentissement de l'industrialisation.
Argument n° 2 : Une protection trop prononcée de la nature peut mettre en
danger la vie de l'homme, trop grande prolifération de certaines espèces
nuisibles ou dangereuses pour l'homme : loups, agoutis ....

III - De la nécessité d'une rationalisation de la protection


Argument n° 1 : Quelle approche de la protection?
Argument n° 2 : La survie de l'homme exige de lui certaines actions de
destruction, sur la flore et la faune.

Proposition de corrigé n°1

Le milieu de l'homme pourrait se concevoir comme l’aire


géographique dans laquelle l'être humain est amené à vivre. Cet espace n'est
pas sans influence sur la vie de l'homme parce qu'il en détermine les
éléments vitaux tels l'air, les cultures, le temps. Aussi, sa détérioration est-
elle ressentie sur le monde et les conditions de vie de tout homme. C'est ce
qui, du reste, a amené un penseur à affirmer que: "En protégeant son milieu,
l'homme se protège lui-même". En quoi consiste pour l'homme la protection
de son milieu? Qu'y gagne t-il ? Cette protection ne présente-t-elle toujours
que des avantages ?

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Ces différentes interrogations nous amèneront à définir la protection
du milieu de l'homme, ensuite à montrer les avantages de cette protection
mais aussi quelques inconvénients lies à une trop forte protection du milieu
de l'homme.

Il faut entendre par protection du milieu, l'adoption de mesures visant


à améliorer les conditions d'existence. Aussi, cette protection se manifeste-
t-elle dans la manière pour l'homme de gérer son habitation. Cette protection
s'apprécie également en terme d'hygiène alimentaire, c'est-à-dire les
mesures que prend l'homme afin de respecter les règles conventionnelles en
matière d'hygiène. Enfin, l'on protège son milieu de vie afin d'avoir sinon
de vivre dans des conditions optimales de santé.
Protéger son milieu consiste également pour l'homme à adopter des
mesures strictes afin d'éviter que les eaux qui sont dans son espace ne soient
polluées, ou que celles qui sont polluées soient assainies. Il lui appartient
également de faire en sorte que l'air soit sain. A cet effet, il doit éviter que
la nature qui l'entoure soit le dépôt de déchets et autres ordures ménagères.
Au total, il faut retenir que la protection du milieu par l'homme doit
s'entendre comme une volonté pour l'homme de ne pas polluer son cadre de
vie mais plutôt de le préserver, de l’assainir.
En préservant et en assainissant son milieu, l'homme ne retire que des
avantages tout à son honneur. En effet, l'objectif premier d’une telle
protection est d’améliorer le cadre de vie de l'homme. Car une habitation
propre est synonyme de vie agréable, tout autant que l'est un environnement
sain. Ce qui concourt avant tout à une amélioration de l'état de santé des
habitants d'un tel milieu. A long terme, un milieu de vie sain sera le gage
sur d'une espérance de vie élevée.
Le second objectif de la protection du milieu est l'abondance que les
hommes vont tirer de ce milieu. En effet, en prescrivant les forets d'une
exploitation sauvage, a tout le moins abusive, la pluviométrie de ce milieu
de foret sera élevée. Les hommes habitant une telle zone vont avoir de
bonnes productions agricoles (cultures vivrières et de rente) dont la
conséquence sera pour eux, une bonne rentrée de devises. Une bonne
pluviométrie est également positive en ce sens que l'eau de pluie pourra
permettre aux barrages hydroélectriques de produire suffisamment
électricité. Ce qui évitera au pays les délestages ou les importations
d’énergie d'autres pays, la Côte d'Ivoire par exemple, en a fait les frais en

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1984. Une pluviométrie abondante permet à la flore de se reproduire vite et
de faire régresser le désert, un désert synonyme de disette, de pauvreté et
même de mort. Et que dire alors des espèces animales en pareils lieux ?
Elles seront aussi abondantes car disposant de nourritures et de verts
pâturages. Enfin, la préservation du milieu par l'homme présente un dernier
avantage non moins important, celui de permettre au pays qui applique une
telle politique d'être indépendant. En effet. pour aider les- pays sous-
développés notamment, à protéger leurs milieux, les pays développés, à
travers certains organismes de financement, imposent aux pays nécessitant
ces aides des lignes de conduite à suivre.
Des lors, ces pays sous-développés se voient obligés d'appliquer les
recommandations reçues. Ceci pour dire que si les pays africains adoptaient
des mesures propres à eux, visant à protéger leur milieu, i1s ne subiraient
pas de diktat de ces pays à travers leurs organismes de financement.
Cependant, force est de reconnaitre qu'une protection trop forte du
milieu par l'homme présente quelques inconvénients. En effet, afin
d'empêcher les paysans de cultiver chaque année une nouvelle parcelle de
terre, l’on peut leur conseiller l'utilisation de la jachère. Seulement, sans
produits phytosanitaires, le rendement de telles portions de terre pourrait
être en deçà de celui d'une portion nouvelle. Aussi les paysans, adeptes de
la culture itinérante sur brûlis, pourraient-ils répugner un tel mode de
culture.
Protéger le milieu de nos jours consisterait à demander aux paysans la
fin de l'extension des cultures de rente. Cette politique à laquelle s'attelle la
SODEFOR en Côte d'Ivoire est perçue par certaines personnes comme la
raison de la baisse de gains des planteurs. Quant aux ménages, la lutte pour
la préservation de nos forêts qui passe par l'abandon du charbon du bois de
chauffe ne rencontre pas du tout leur assentiment. Peut-être parce qu'ils
n'arrivent pas encore à concevoir de nouveaux modes ou moyens pour
cuisiner. Enfin, une analyse trop simpliste pourrait faire croire que protéger
nos forets qui sont un élément de notre milieu serait la cause des fermetures
de nos entreprises de transformations de bois. Car le bois étant protégé, les
entreprises ne tournent plus à plein régime, et au-delà des entreprises, 1'Etat
aurait un manque à gagner dans les devises issues de la vente des espèces
forestières.
Apparemment, certains aspects de la protection du milieu par l'homme
tels la lutte contre les charbons de bois, le refus de l'extension des cultures

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de rente par la création de foret dites classées pourraient apparaitre comme
néfastes aux ménages, aux paysans donc à 1'homme. Mais avec un peu de
recul et à long terme, 1'on s'aperçoit que la protection du milieu par l'homme
lui procure des avantages incommensurables. En effet, en protégeant son
milieu, l'homme se met à 1'abri des cataclysmes naturels que sont la
sécheresse, les disettes, les érosions du sol, la disparition du patrimoine
forestier, l'avancée du désert. C'est d’ailleurs pour éviter que les hommes
tombent dans ce travers qu'un grand homme politique ivoirien a lancé un
jour, a peu près en ces termes, ce cri d'alarme : "l’homme est allé sur la lune
mais il n’a jamais pu fabriquer un flamboyant, ni un oiseau. Qu’il se garde
de détruire ce qu’il n’a pas créé".

Au reste, nous pensons que l'homme existe parce qu'il se trouve dans
un milieu. Aussi doit-i1 s'atteler à la protection de ce milieu car l’action de
celui-ci et celle de l’homme s’interpénètrent.

Proposition de corrigé N°2

L'homme est avant tout un élément de la nature. A ce titre, ce serait


un truisme que d'affirmer qu’il dépend étroitement de son milieu de vie.
La problématique du rapport de l'homme, ou si l'on veut, du
comportement de l'homme à l'égard de son milieu, tient une place
privilégiée dans les discours politiques, scientifiques ou même religieux.
Tout se passe en effet, comme si 1'humanité toute entière prenait
conscience du fait que le sort de 1'homme dépend avant tout de son attitude
à 1'égard de la nature. Ainsi peut-on affirmer qu' ‘‘en protégeant son milieu,
1'homme se protège lui-même’’. Mais quelle vérité recèle une telle

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assertion? La protection de son milieu de vie, si elle est une condition
nécessaire pour assurer l'équilibre de 1'homme, est-elle à la fois une
condition suffisante ? La réponse à ces questions nous amènera à montrer
dans une première étape de notre analyse l'importance de l'environnement
dans l'affirmation et 1'équilibre de l'homme et dans une seconde étape, nous
essaierons de nuancer quelques aspects de cette assertion.

La problématique du rapport de l'homme avec la nature ne date pas de


notre siècle. Cette question semble même ineffable dans la mesure où elle
est étroitement liée à l'acte de la création divine. Le milieu dans lequel nous
vivons, c'est-a-dire la nature ou l'environnement est appréhendé comme
1'ensemble de tous les éléments qui nous environnent; du brin d'herbe au
ciel étoilé en passant par l'homme lui-même. Et c'est cette nature qui est
définie comme un tout indissociable de l'homme. L'homme ne peut en effet
se saisir hors de la nature. Car procédant d'elle, il ne peut qu'en dépendre.
Et il ne se contente même pas d'être assujetti à la nature, il est ce que la
Grèce Antique a appelé un "microsome". En tant que fils de la divine
nature, l'homme, aux yeux de la Grèce Antique, ne pouvait qu'obtenir de
façon inconditionnelle à la nature, c’est-à-dire son milieu d'existence, en
évitant tout acte de profanation qui consisterait par exemple à vouloir
changer ou transformer l’ordre naturel des choses. Le seul rapport que
l’homme avait la nature était un rapport de respect et de vénération car la
nature représentait la divinité même, l'homme ne se referait à elle que pour
implorer son secours.

Cette conception de la nature comme réalité et par conséquent


inviolable va se perpétuer jusqu'au l7e siècle de la Révolution
Copernicienne où on commence à comprendre et même à prendre
conscience de la possibilité de désacraliser cette nature. Ainsi Descartes
pouvait-il désormais rêver: "Par la maitrise des sciences et des techniques
l'homme doit devenir comme maitre et possesseur de la nature". Le 18e
siècle, siècle de la Révolution industrielle, voit un début de réalisation du
vœu de Descartes. Et la nature a depuis lors une définition nouvelle. Notre
milieu n'est plus une réalité sacrée mais un moyen de notre réalisation. Et
c'est en abusant de cette possibilité qu'il a de la nature que l'homme est
parvenu a un degré de dégradation de la nature qui fait peser un réel danger

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sur la survie même de l'espèce humaine. Il y a donc nécessité, pour notre
propre survie, de redéfinir notre rapport à notre environnement afin de nous
réconcilier avec notre milieu, c'est-à-dire avec nous-mêmes. Telle semble
être la préoccupation majeure des hommes de cette fin du 20e siècle. Le
constat qui est fait aujourd'hui, est que notre environnement est dans un état
de dégradation avancée. Il est vrai que les causes de cette dégradation
peuvent être purement naturelles, on peut prendre ici l'exemple de l'érosion
éolienne ou maritime, les dégâts causés par les tempêtes et autres vents
violents etc.…Mais ces difficultés que la nature pose à elle-même ne
peuvent pas remettre en cause l'équilibre de l'homme.
Il faut donc rechercher les causes réelles de la destruction du milieu
de vie de l'homme en l'homme. En effet, la passion, très souvent injustifiée
pour les découvertes en matière d'armement nucléaire, le désir trop poussé
de conquérir les espaces, la fabrication abusive de produits toxiques
conduisent inéluctablement les hommes vers la perdition et la dégradation.
L'environnement ou le milieu de notre existence, ne se limite en effet pas
au cadre physique et minéral qui nous englobe, outre ces éléments certes
déterminants, il faut compter les différents groupes sociaux comme faisant
partie du milieu de vie.
On le sait, l'homme n'est pas seul au monde, il vit parmi ses
semblables. Par conséquent, il ne peut qu’en tenir compte. Il en va même
du comportement de l'homme à l'égard du cadre physique de son existence,
les actes posés entre la nature redéfinissent nécessairement notre rapport à
notre milieu et cela peut constituer un réel danger pour notre équilibre et
pour notre maintien. Il faut protéger la nature, en vue d'assurer notre propre
maintien. Car un cadre de vie décent conduit nécessairement a une vie
décente. Il y a aujourd'hui à travers le monde une prise de conscience
collective du problème de l’environnement qui est devenu aujourd'hui une
préoccupation universelle. Ainsi, dans les pays africains et en particulier en
Cote d'!voire, un accent particulier est-il mis sur l'entretien et la sauvegarde
de l'environnement avec par exemple la création d'un Ministère Chargé du
Cadre de Vie et de l'Environnement, l'institution des journées de l'arbre, des
journées" ville propre" et même d'un prix en matière de propreté et de
respect du milieu de vie tant au niveau des résidences que des sociétés
industrielles. D'ailleurs, l'institution par les organisations de jeunesse de ce
qu'il est convenu d'appeler "opération coup de balai" a fini par nous
convaincre que notre vie et notre santé dépendent du soin que nous mettons

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à entretenir notre milieu de vie. Ce n'est même plus un souhait que de
chercher à nous réconcilier avec notre environnement mais ceci est même
devenu une nécessité pour nous. N’est-ce pas pour cela qu'en Côte d'Ivoire,
les autorités politiques ont jugé bon de créer une brigade de protection de
l'environnement? Au plan international, l'ONU a institué une journée
mondiale de l'environnement, des accords ont des signes entre les grandes
nations pour interdire les essais nucléaires qui ne vont pas sans la pollution
de l'environnement. Il est également interdit pour les grandes industries de
déverser les déchets toxiques dans notre environnement.
De tout ce qui précède, il ressort donc que l’homme étant un maillon
essentiel de la chaîne de la nature, il lui revient de respecter son
environnement en vue de sauvegarder non seulement notre milieu mais
aussi de maintenir notre propre équilibre. Le respect de l’environnement est
une condition suffisante pour que l’homme se sécurise.
L'environnement est très déterminant dans la saisie de l'homme, c'est
même, comme le croyaient les grecs, une réalité sacrée. Il faut donc
respecter, défendre notre milieu contre toute attaque de nature à pouvoir le
détruire.
La nature peut cependant constituer en elle-même un frein ou un
obstacle à l'homme. Et c'est parce qu'elle est fondamentalement en
dysharmonie avec les besoins et nos exigences biologiques que l'homme,
par la technique, peut soumettre la nature à sa volonté, recréer son milieu
selon ses propres représentations. Car la technique n'est rien d'autre que la
transformation de la disposition naturelle des êtres et des choses en vue de
nos propres finalités.
Il est donc nécessaire pour que l'homme se réalise, qu'il se libère du
joug étouffant de la nature. Et la rationalité technoscientifique qui donne le
comportement de l'homme de cette fin de 20e siècle atteste d'une réelle
victoire de l'homme sur son milieu. Il est certes vrai qu'en protégeant la
nature, l'homme se protège lui-même mais il faut éviter d'entendre par
protection une totale séparation, une indifférence de l'homme vis-à-vis de
son milieu. L'homme peut en effet protéger la nature tout en la transformant,
en évitant les abus de l'exploitation et en tentant par exemple de reconstruire
ce que nous détruisons souvent. C'est bien ce que les autorités politiques
ivoiriennes tentent de faire depuis les années 1980 à travers les campagnes
de sensibilisation au reboisement.

40
Au terme de notre démarche, on peut dire qu'en vertu du rapport étroit
que l'homme entretient avec son milieu, son action sur la nature est contre
lui-même. Ainsi, peut-on affirmer que le sort de l'homme dépend de son
attitude à l'égard de la nature. Mais le cadre de vie n'est-il pas souvent une
menace pour l'homme indépendamment de sa propre volonté?

"Toutes les sociétés humaines reposent sur le principe du


SUJET 4 : respect: le respect de l'autre, de ses opinions, de la chose
publique, le respect des institutions, des valeurs de la société".
Que pensez-vous de cette réflexion ?

Compréhension du sujet

Le sujet pose le problème des devoirs d'obéissance et de soumission


aux normes sociales fondées sur le respect, de l'homme (en tant
qu'individu).
Proposition de plan:

Il implique nécessairement un plan ternaire, dialectique.

41
I - THESE:
Toutes les sociétés humaines reposent sur le principe du respect.
(Il s'agit d'un point de vue conservateur).
- le respect d'autrui
- le respect des institutions, de la chose publique
- le respect des valeurs de la société, c'est-à-dire l’idéologie dominante
avec toutes les valeurs qu'elle prône.
II- ANTITHESE :
Cette thèse se trouve contestée à plusieurs titres, Notamment:
A) Par des théories politiques de gauche, comme l'anarchisme de
Proudhon qui se méfie de l'Etat présenté comme un tyran. L'anarchisme
souhaite la liberté de l'individu en société.
B) Par des théories politiques de droite :
-le radicalisme qui conteste tout despositisme social (de droite ou de
gauche) ou d'individu.
- le libéralisme et le néo-libéralisme qui se méfie de la notion du
pouvoir forcement hégémonique è leurs yeux.
C) Par des théories philosophiques :
- l'existentialisme qui plaide pour la liberté de l'individu par rapport aux
normes (voir Camus dans l'Etranger).

III - SYNTHESE
EI1e est plus souple. On peut choisir entre:
Comment concilier liberté de l'individu et fonctionnement de la société?
a - Reconnaissance des Droits de l'homme et de la Personne
b - Enseignement au Citoyen du contrat social qui repose sur l'acceptation
de la perte de sa liberté en échange de la garantie de protection.
Le respect est-il la seule valeur ?
Non,
a - Valeur éventuelle de la liberté
b - Valeur éventuelle de la légalité
c - Toutes les valeurs morales qui garantissent la socialisation de l'homme.

42
Proposition de corrigé N° 1

La vie en société ne peut se concevoir sans normes de conduite bien


définies et établies pour régir les comportements des individus. Ces règles
de conduite sont des principes dont les plus fondamentaux sont consacres
par les déclarations des traits de l'homme et du citoyen, lesquelles
déclarations figurent dans bon nombre de constitutions des Etats, ce qui leur
confère une supériorité aux lois internes et ordinaires.
Cette affirmation s'inscrit bien dans les objectifs que s'est fixé l'Etat
ivoirien dans le souci de la construction d'une nation forte et stable par son
économie et sur tous les autres plans à travers le rappel et la réaffirmation
du civisme du dévouement à l'intérêt de la chose publique, chose de tous.

La variation des principes fondamentaux constitue les règles de

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conduites que se donne un Etat pour la réalisation de ses multiples objectifs.
L'Etat de Côte d'Ivoire n’est pas en reste, pour sa part, pour le principe
du respect comme socle de l'existence des sociétés humaines. Si divers
arguments militent en sa faveur étant donne l'incontournabilité dudit
principe, force est de reconnaitre que ce principe apparait comme insuffisant
à divers égards. Le principe du respect dont il s'agit ici s'analyse en plusieurs
variantes qui en restituent la substance,
Le respect de l'autre et de ses opinions se traduit par l'acceptation de
l'autre, sa considération, son estime mais surtout la prise en compte de ses
actes, de ses agissements en somme par l'acceptation de celui qui n'est pas
soi, dans sa diversité et dans sa différence. Cela impose la tolérance vis-à-
vis d’autrui.
L'opinion qui n'est autre que l'expression des libertés définies,
consacrées et protégées par les déclarations des droits de l'homme et du
citoyen en faveur de l'individu. Leur respect s'impose à tous comme normes
et leur violation est sanctionnée en principe en tant que confiscation des
libertés.
Le respect de l'autre et de ses opinions apparait comme base de la vie
en société en ce qu'il recouvre d'autres principes comme le respect de
l'intégrité physique et morale de l'homme, le droit d'aller et de venir, etc. La
philosophie et la littérature n'enseignent-elles pas que l'homme n'est rien
sans les autres ?

L'homme ne serait pas isolé, coupé des autres hommes qui lui
permettent de se critiquer objectivement et de se perfectionner. L'union fait
la force, avons-nous coutume de dire. Avant la construction de l’Etat. qui
passe par l'union des cœurs, des bras séculiers, par la solidarité et l'entraide,
elle ne peut donc se concevoir en excluant l'autre qui constitue un facteur
de production en économie. L'acception de l'autre sous-tend la prise en
compte de ses actes, de ses agissements qui ne peuvent se manifester qu'a
travers leur extériorisation qui constitue l'opinion, l'expression. Cette
expression est à l'origine de toutes sortes de création de développement à
tous les niveaux. En effet, les grandes découvertes, les inventions, le progrès
scientifique et de la médecine aujourd'hui doivent leur salut à la liberté
d'expression, la liberté d'opinion. Toutes ces découvertes étant
indispensables au développement et au bien-être des sociétés humaines, la
confiscation des libertés d'opinion ne peut qu'être néfaste à l'Etat. Le respect

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de l'autre et de ses opinions s'entend aussi par la tolérance vis-à-vis de lui,
par la non destruction mais au contraire par l'encouragement de ses
entreprises indispensables à l'édifice de l'œuvre commune qu'est la société.
Ce respect se donne donc comme base à l'existence des sociétés humaines
en ce qu'il comprend également un autre principe fondamental, le droit à la
vie. En effet, le respect de l'autre sous-tend sa non exclusion, sa non
élimination qui se traduit par le respect de l'intégrité physique et morale de
l'autre.
Le respect de la chose publique, des institutions et des valeurs de la société
qui constitue l'autre variante du grand principe du respect est indispensable
à la société.
L'égard pour la chose publique et les institutions étatiques forment ce
qu'on appelle le civisme qui n'est autre que le dévouement, l’intérêt de la
chose commune. En Côte d'Ivoire, ce devoir était tombé en désuétude au
point qu’on l'a rappelé récemment et réaffirmé qu’il est incontournable pour
des objectifs de développement économique et de protection de l’image
d’un Etat. La chose de tous par sa seule recherche de satisfaction de l’intérêt
général mérite protection. Son obtention nécessite des dépenses de l’Etat ;
par conséquent, sa dégradation implique des dépenses supplémentaires
puisqu’il faut un refinancement. Les dépenses publiques augmentant un
déficit budgétaire conduit à la déstabilisation économique de l’Etat, à sa
faiblesse.

C’est pourquoi, les devoirs imposes aux agents de la fonction publique


comme le devoir d'obéissance, le devoir de loyalisme, etc. servent à assurer
la protection de la chose commune. Des lois pénales sont également prévues
pour assurer l'observation desdites règles comme l’était la loi "anti casses"
en Côte d'Ivoire. Aucune société ne peut se concevoir sans structures
dirigeantes, il faut donc protéger les institutions étatiques pour éviter tout
désordre, toute déstabilisation politique de l'Etat qui implique la faiblesse
de cet Etat sur tous les plans marqués par les destructions et le refus
d'investir des bailleurs de fonds.
Le respect des valeurs sociales est indispensable pour l'affirmation
culturelle de l'Etat. En effet, les valeurs traditionnelles constituent des
valeurs sures qui permettent de caractériser cet Etat. Ces valeurs sociales se
traduisent aussi par les bonnes mœurs dont l'inobservation constitue souvent
des délits. Certaines valeurs naturelles et écologiques participent au

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développement étatique faisant entrer des devises par le biais des touristes :
ce sont les sites touristiques ; les autres participent à la présentation d'un
environnement sain : ce sont la flore et la faune.
On le voit, plusieurs arguments militent en faveur de la réflexion du
chef de l'Etat Ivoirien mais cette réflexion est limitée en ce qu'elle idéalise
trop la société humaine.
Toutes les sociétés ont certes pour objectif cet idéal mais ne l'ont pas
toutes pour acquis, sinon comment comprendre que dans bon nombre
d'Etats, il y ait la confiscation des libertés d'expression ? En effet, un
exemple incontournable dans l'histoire est l'exécution de cet autre chercheur
scientifique Copernic qui avait eu pour seul tort d’avoir les fruits de ses
années de fouille en affirmant que la terre tourne, et pourtant, tous les
scientifiques en sont revenus à la fatale réalité.
Le rejet, l'exclusion de l'autre est de mise dans les sociétés actuelles,
Cela se traduit par les nombreuses guerres ethniques qui dévastent
actuellement l'Afrique en particulier. Pourtant, ces différentes sociétés où le
respect de l'autre et de ses opinions n'existe plus, n'en demeurent pas moins
des sociétés humaines formées, délimitées par des frontières bien tracées.
L'irrespect des institutions qui aboutit à la déstabilisation politique et à
l'anarchie s'observait dans divers Etats africains comme la Sierra-Leone, le
Nigeria, le Congo, etc. Cependant, ce sont bien des Etats, des sociétés
humaines. C'est que les sociétés humaines n'ont pas toujours constitué des
nations qui sont différentes des Etats. En effet, l'Etat existe dès que ses
éléments constitutifs que sont le territoire, la population et le pouvoir
politique sont réunis.
En outre, la nation se forme, quant à elle, par la volonté des peuples
qui composent la population de l'Etat de s'unir, de vivre ensemble dans
l'amour du pays pour la construction de la chose commune, des objectifs
communs. C'est cette distinction qui n'est pas contenue de façon nette dans
cette réflexion qui fait qu'elle souffre d'insuffisance.
La réflexion est insuffisante car il existe bien d'autres principes qui
gouvernent les sociétés humaines qui ne sont pas dans le principe général
de respect et qui n'en demeurent pas moins fondamentaux. Ce sont par
exemple le droit à l'éducation et à la formation, le droit a la santé, etc.
Ces droits qui paraissent bien souvent élémentaires sont
fondamentaux en ce qu’ils sont même antérieurs au principe général du
respect de l’autre, de la chose publique, du respect des institutions et des

46
valeurs de la société. En effet, l’éducation et la formation sont
indispensables au discernement. En cela, elles devraient être acquises au
préalable et servir de socle à tous : ce qu’on attend ou qu’on exige de
l’individu, or il se trouve que dans les pays sous-développés, ces droits les
plus élémentaires ne sont pas acquis à l’avance et l’extrême pauvreté qui ne
cesse de s’accroître fait que le civisme est connu mais foulé au pied au profit
de la corruption généralisée, de l’absentéisme et surtout des casses. Cette
situation entraîne une dépendance de l'extérieur marquée par des rapports
conflictuels d'intérêts qui laissent pourtant bien souvent survivre les sociétés
humaines.
Toutes les sociétés reposent en définitive sur un ensemble de règles
de conduite nécessaires à l'épanouissement de l’homme lui-même et à la
survie de l'Etat. Certes, certains de ces principes sont posés comme
essentiels pour le maintien de la société humaine comme celui du respect
mais ce principe sans lequel il ne saurait y avoir nation, demeure un idéal
bien souvent difficile à atteindre et n'enlève pas pour autant aux Etats leurs
caractères de sociétés humaines. Ces Etats demeurent en tout état de cause
des groupements humains que constituent des populations vivant sur un
territoire bien déterminé.
Si, en Occident, les Etats sont passés d'abord par la phase de la nation,
en Afrique également, c'est le phénomène inverse qui s'est produit et forger
une nation est devenu un objectif à atteindre pour les Etats.

Il est par conséquent évident qu'il existe encore un grand nombre de


ces pays où l'amour de l'autre, de ses opinions, en somme l'amour de vivre
ensemble n'est pas encore ancré dans la volonté des gens.

Le principe de respect donc, si important qu'il soit, demeure


insuffisant pour servir à lui tout seul de fondement à l'existence de sociétés
humaines. Ce qu'il faudrait par conséquent, c'est la prise en compte de tous
les principes fondamentaux consacrés bien déjà par les diverses
constitutions plutôt que la recherche d'une hiérarchisation entre ceux-ci.
Car en fait, tous ces principes forment un tout indissociable. Aucun
d'eux ne saurait être pris isolement car il ne suffirait à circonscrire toutes
les passions humaines, tout ce dynamisme.

47
Proposition de corrigé N° 2

Pour éviter l’arbitraire et l’économie susceptibles de dégrader les sociétés


humaines, sont alors établies des lois auxquelles chaque individu consent
librement.
C’est certainement pour faire allusion à cela qu’un auteur estime que
« Toutes les sociétés humaines reposent sur le principe du respect : le respect de
l’autre, de ses opinions, de la chose publique, le respect des institutions, des
valeurs de la société ». Le disant, il pose le problème de l’obéissance des principes
de vie dans une communauté organisée. Comment le fondement des sociétés
humaines est-il perçu ? En quoi les sociétés humaines sont-elles fondées sur
l’obéissance aux lois ? Dans quelle mesure le consentement aux règles de vie
apparait-il comme la base de toutes les sociétés humaines ?

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Pour répondre à ces différentes préoccupations, nous tenterons d’analyser
la position de l’auteur, nous en établirons les insuffisances avant d’analyser une
position tierce constituant un autre aspect de la réflexion.

Une société est une communauté d’individus ayant mis ensemble leurs
intérêts. Le fondement de celle-ci est la base sur laquelle elle se construit. Dans
cette perspective, le fondement se situe à l’origine de toute société et participe à
la dynamique de celle-ci. Il est donc le repère dans lequel la vie communautaire
devient difficile. Il est la caractéristique essentielle d’une société humaine. La
constitution dans un Etat moderne est un exemple de fondement de cette société.
Le fondement de toute société humaine, selon l’auteur de notre réflexion
est l’obéissance aux lois. Cette obéissance suggère la soumission de chaque
individu aux règles et règlements établis dans la vie d’une communauté organisée.
Dans leur désir de vivre ensemble les hommes élaborent des principes qui
régissent les rapports sociaux. Le non respect de ces règles sociales est un danger
pour la société, car cela favorise la désorganisation de la vie et crée un
environnement non épanouissant. Tel est le cas dans une société où règne
l’arbitraire, l’anarchie. En outre, la soumission aux lois apparait comme la base
de toutes les sociétés. C’est un facteur nécessaire pour la survie d’une société. En
réalité c’est un repère qui est à l’origine d’un meilleur vivre ensemble.
Il oriente de façon positive les attitudes, les opinions et les comportements des
individus vis-à-vis de leurs prochains et des biens publics. Le respect des lois est
souci d’une vie sociale harmonieuse et peut conduire à la stabilité d’une société.
Tel a été le cas aux dernières élections présidentielles aux Etats-Unis où le peuple
américain s’est soumis au verdict de la plus haute autorité compétente à donner
les résultats des élections dans leur pays.

Qu’en est-il au delà de cette situation ?

Il importe de retenir la nécessité d’une langue commune comme fondement


de toute société. C’est ce langage commun à un groupe social, c’est cet élément
capital sans lequel il ne peut avoir de communication entre les membres d’une
société. Ainsi, les rapports humains ne peuvent être possibles sans la
communication, car l’homme est avant tout un être social. Il a besoin de l’autre
pour satisfaire ses besoins fondamentaux. Il a également besoin d’échange sur les
plans économique, culturel, politique et scientifique. Pour réaliser tout cela, il lui
faut un langage par lequel il peut transmettre son message et être sûr d’être

49
compris par son interlocuteur. Pour cela, chaque nation a au moins une langue
nationale. C’est le cas du français en Côte d’Ivoire.
En plus de la langue commune, les sociétés françaises sont fondées sur le
travail. Le travail est une activité. Par celui-ci, l’homme peut transformer son
environnement au profit de la société. Le travail de l’homme peut être constructif
pour une société. Le fruit de cette activité peut être source d’épanouissement, d’un
bien-être aussi bien pour celui qui l’exerce que pour la communauté. Le travail
permet aux hommes de satisfaire leurs besoins fondamentaux : nourriture,
logement, santé, etc. Telle est l’activité d’un agriculteur qui produit le riz pour
l’alimentation de la société.

Quelles préoccupations pouvons-nous énoncer au-delà de ces deux


positions ?

Après analyse de ces deux positions, il y a assurément des problèmes


fondamentaux à tenir en considération.
Le premier est relatif à la compréhension, à l’appréciation du fondement
des sociétés humaines. Il s’agit surtout de mieux cerner le contenu de cette notion.
Si vivre ensemble suppose l’acceptation préalable et librement consenti des
principes de vie en communauté organisée, il y a des aspects nécessaires à la
réalisation de vie qu’il ne faut occulter. Il y a alors lieu de s’accorder sur des
repères objectifs à la construction d’une société humaine. Les coutumes, les
mœurs peuvent être considérés comme des repères objectifs sur lesquels reposent
les sociétés traditionnelles.
De ce premier aspect, découle nécessairement une préoccupation
fondamentale, à savoir, amener les individus à avoir une connaissance objective
de ce fondement. Cela peut se faire par une véritable socialisation ou une
adaptation au vrai. Il y a nécessité d’informer, de sensibiliser la population en
mettant à leur dispositions les connaissances importantes qui puissent évaluer leur
conscience. Ceci peut se faire à travers les médias.

L’analyse de la réflexion qui présente les sociétés humaines comme fondées


sur l’obéissance aux lois met en évidence le rôle capital des principes de vie dans
les rapports humains.
L’obéissance aux lois sociales est alors d’une importance majeure pour la
construction d’une société où l’homme peut se réaliser pleinement.

50
A notre sens, il importe que ce facteur fondamental de la société ne soit
énoncer en fonction des intérêts et des motivations individuelles, mais collectives.

"Nous devons affirmer notre volonté d'être et de vivre ensemble


SUJET 5 : Quoiqu'il advienne. De nous unir et d'agir collectivement en toutes
circonstances".
Que pensez-vous de cette réflexion?

Compréhension du sujet :

Malgré la longueur de la proposition, toute la pensée se ramène à une


seule unité de signification: "la nécessité de l'unité nationale à partir de la
volonté". C'est cela qui doit être l'objet de la réflexion du candidat
Dans un tel contexte, on est amené au plan ternaire dialectique : thèse,
antithèse, et synthèse

Il est impératif de souhaiter ensemble l’unité nationale ; bien entendu


le candidat qui voit cette unité au-delà de la nation (supranationale) ne doit
pas être sanctionné.

51
a- C'est une nécessité politique : pour ne pas fragiliser l'Etat qui n'est pas
encore une nation.
b- C'est une nécessité sociale : nous avons un devoir de solidarité les uns
envers les autres. Afin de ne pas fragiliser le tissu social
c-C'est une nécessité culturelle : il y a une nation à construire à partir de
l'hétérogénéité linguistique et culturelle.
Malheureusement, la volonté seule ne suffit. Il ne suffit pas d'affirmer
cette envie communautaire. Il y a de sérieux obstacles à la réalisation de ce
projet.
a- Des obstacles historiques : la Cote d'Ivoire par exemple depuis la
colonisation est un Etat complexe au niveau ethnique. Les sensibilités sont
parfois si marquée que l'Ouest est plus proche de la mentalité libérienne,
l'Est de celle du Ghana, le Nord de celle du Mali, etc.
b-Des obstacles politiques : la disparité ethnique influe sur la géographie
des partis politiques.
c- Des obstacles économiques et naturels : Il y a une véritable disparité
dans la répartition des richesses du sous-sol et du sol que la solidarité est
souvent battue en brèche.

Dans quelles conditions peut-on tirer profit des différences et


consolider la nation?
Comment concilier particularisme et nationalisme ?
a- Se servir des particularismes de façon positive : Les intérêts ne
doivent pas être conflictuels mais plutôt harmonieux en vue d'un
enrichissement mutuel et réciproque.
b-Prôner un nationalisme qui ne soit pas exclusif c'est-à-dire synonyme
de renfermement et d'autarcie : Un nationalisme au sens le plus noble du
terme.
c-Renforcer les valeurs de solidarité : de tolérance et de paix qui sont des
valeurs éducatives autour de la notion centrale de démocratie qui est la base
et la garantie de l'égalité et de la liberté des uns par rapport aux autres dans
un cadre de droit.
Comme on le constate, les arguments sont bien distincts les uns des
autres. Ils doivent chacun correspondre a un paragraphe. Et cela doit être
lisible et visible sur la présentation typographique de la copie.

52
Proposition de corrigé

La poursuite d’un objet commun a vu souvent naitre la réunion de


plusieurs personnes d'horizons divers. La réunion faisant appel parfois à la
cohabitation, des peuples se sont formés, des nations ont germé, et même
des continents ont apparu. Cette cohabitation étant souvent le fait du hasard,
sa maintenance, s'i1 est vrai qu'elle dépend en partie des facteurs
climatiques dépend bien souvent de la volonté affirmée de tous "d'être et de
vivre ensemble quoiqu'i1 advienne. De s'unir et d'agir collectivement en
toutes circonstances". Des lors, aucune querelle ne doit être qui ne puisse
trouver de solutions. Peut-on alors réellement satisfaire à toutes les
préoccupations des uns et des autres ?
En d'autres termes, pouvons-nous éteindre nos aspirations profondes
et personnelles pour se laisser être que le bien commun, la préservation de
l'unité nationale ?

53
La Côte d'Ivoire est un pays dont le peuplement s'est fait à l'issue de
plusieurs vagues successives de peuples venus de contrées lointaines et
différentes.
Son peuplement dû au fait du hasard a été pour elle, l'occasion de
réunir sur un même sol, une multitude d'êtres humains les uns aussi
différents que les autres. Cependant, si ce sol a pu réunir et garder en son
sein ces différents peuples au point de devenir une nation, cela ne peut être
le fait du hasard. Mais, celui, de tous de vouloir vivre dans une quiétude
longtemps recherchée. Dès lors, de peuples étrangers qu'ils étaient, ils sont
devenus des peuples frères au point de former un seul peuple qui est le
peuple ivoirien.
Mais comment cela a-t-il été possible?
C'est justement parce que des différences se sont tues, pour ne laisser
être que l'harmonisation. Ainsi, la cohabitation bien que pouvant être le fait
du hasard : pour demeurer cohabitation saine, a-t-elle besoin d'un minimum
de garantie.
En effet, si la Côte d'Ivoire a pu être une nation de paix, ce n'est pas
la force des choses mais bien plus. C'est par la volonté commune d'hommes
qui ont voulu faire d'elle une terre de paix.
Aussi, une nation ne peut-elle être que ce que ses habitants auront
décidé d'en faire. En ce sens, il n'y a que la volonté du peuple, volonté qui
suppose toutes les volontés réunies qui fera d'un pays soit un pays de paix
soit un pays de guerre. De ce fait, un pays parce qu'i1 est le regroupement
de plusieurs personnes, se doit de mettre tout en œuvre pour son avancement
et pour garantir un minimum de paix a ses citoyens. Des lors, pour permettre
cet avancement, l'on se doit d'affirmer une « volonté d'être et de vivre
ensemble quoiqu'i1 arrive ». Ceci pour dire que, ce n'est que dans cet aspect
et par une volonté commune de rester ensemble que l'on peut franchir les
barrières qui se dressent au devant de nous. Nous devons donc en toutes
choses garder intact cet objectif, celui d'être ensemble. C'est seulement
lorsque nous aurons assimilé cet objectif que « La volonté de nous unir et
d'agir collectivement » s'en suivra.
Il importe donc pour ce peuple de Cote d'Ivoire, ainsi que pour tout
peuple digne de ce nom qui désire fortement une longue et incessante
cohabitation voire même une collaboration certaine et durable de rester un
peuple uni en toutes circonstances. Car ne dit-on pas que l’'union fait la
force ? A cet effet, s'il est vrai que l'union fait la force, il n'en demeure pas

54
moins que cette union doit se faire dans un même élan d'action, dans un
même élan d'esprit. C'est pourquoi, l'on peut affirmer sans risque de se
tromper, qu'un pays qui n'est pas uni court inexorablement à sa perte, car en
lui subsistent des fissures et des déchirures. Déchirures par lesquelles
s'opèrent les divisions, les querelles, les guerres. Ceci s'explique d'ailleurs
aisément quand on sait qu'a la base de toute guerre, il y a d'abord les
incompréhensions, les frustrations de toutes sortes et enfin les
différenciations tribales, ethniques ou raciales.
Si aujourd'hui, certains pays tels que le Rwanda, le Liberia ou l'ex-
Zaïre vivent ou ont vécu des situations de guerre, c'est parce qu'ils n'ont pas
su cultiver le souci premier être et de vivre ensemble. C'est parce qu'ils
n'ont pas voulu s'unir et agir collectivement pour la sauvegarde de leur
pays. Car s'unir, suppose aussi s'écouter, discuter, échanger en vue de
trouver un terrain favorable d'entente. C'est aussi avoir en soi la volonté
partagée de toujours demeurer dans l'adversité. Et dans ces pays, si la guerre
a vu le jour, c'est parce qu'on a laissé subsister des intérêts personnels au
détriment de l'intérêt général. D’où l’intérêt d’un civisme certain. Car loin
de demeurer simplement uni, c'est aussi un appel lancé à tout un chacun
pour servir son pays en premier et a prendre ses responsabilités vis-à-vis de
son pays. C'est aussi la volonté affirmée et manifestée de vouloir
sauvegarder sa patrie, ce qui suppose que 1'on veuille en toutes
circonstances préserver la patrie de toute déchirure interne grave de tout
chamboulement pouvant entrainer sa disparition.' C'est pourquoi une nation
qui demeurera unie et agira collectivement en toutes circonstances, aura
pour elle la paix, la joie de vivre, la force et le désir partage d'aller toujours
ensemble dans 1'accomplissement d'un destin commun.
Seulement, il convient de relever ceci, à vouloir rester uni en toutes
circonstances, ne court-on pas le risque d'imposer aux autres nos idées en
vue d'acquérir leur adhésion?
En effet, nous savons qu'un peuple même uni comporte en son sein
plusieurs individus, qui, même s'i1s partagent le même but, n'usent pas
toujours de moyens similaires pour 1'atteindre. Il convient alors de souligner
que, s'i1 est vrai qu'i1 est nécessaire pour un peuple de rester uni, il est aussi
important de ne pas oublier que nous sommes des êtres différents. Il faudrait
donc qu'au souci d'unité nationale et d'action collective, s'ajoute celui de la
tolérance qui impose que 1'on ne puisse point ignorer les oppositions, mais
au contraire, les prendre en considération, car elles sont des parties

55
constituées de toute vie sociale communautaire. D'ailleurs, la vie familiale
en est un exemple assez clair. En son sein coexistent des individus aussi
différents les uns les autres, leurs différences entrainant parfois des
divergences bien sur, celles-ci ne sont, a bien regarder de près, que des
moyens utilisés différemment en vue d'assurer un avenir certain a la famille.
Dès lors, malgré les divergences, la famille est toujours prête à s'unir et à
défendre son honneur. Tel doit être le cas de la Cote d'Ivoire. Ceci pour dire
qu'il n'est en aucun cas interdit d'avoir des points de vue divergents car la
différence est parfois création, il faudrait que ces divergences ne s'érigent
pas en barrières infranchissables.
C'est pourquoi, même si on ne peut trouver des solutions à toutes les
préoccupations personnelles, tout au moins pouvons-nous faire de sorte à
éviter les frustrations et les positions radicales qui sont bien souvent sources
de conflit.
Un peuple, i1 est vrai, a besoin d'affirmer son désir de vouloir
demeurer toujours uni aussi cette union doit-elle se faire en toutes
circonstances. Cependant, la recherche de 1'union ne devrait pas constituer
une fixation au point que toute opposition soit interprétée comme une
manœuvre de désunion.

En ce sens, nous pouvons ajouter que, si le souci premier des


gouvernants reste l'union face à toutes les épreuves. La nécessite de cultiver
la tolérance à tous les niveaux doit s'imposer a tous. Car vivre ensemble et
le demeurer ne suppose t-il pas une ouverture d'esprit, une certaine dose de
tolérance voire le pardon en toutes circonstances ?

56
"C'est en connaissant mieux leur passé, en dépoussiérant toujours les
recoins obscurs de leur histoire que les hommes, les peuples, les Etats
trouvent leurs ressources nécessaires pour affronter le présent". Qu'en
SUJET 6 :
pensez-vous ?

Compréhension du sujet

Ce sujet peut se résumer ainsi : pour les hommes, les peuples et les
Etats, le passe est un outil indispensable à la maitrise du présent. C'est un
sujet très simple; et comme il demande l'avis du candidat, Qu'en pensez-
vous? Il oblige à un plan tertiaire dialectique (Thèse, Antithèse, Synthèse)
où transparait la discussion.

Proposition de plan

I - THESE
La connaissance approfondie du passé sert à affronter le présent.
A- Le passe permet une connaissance de soi-même :

57
- Connaissance de ses défauts, ‘‘de ses faiblesses" ...
- Connaissance de ses qualités, de ses valeurs, de ses forces, etc.
- Connaissance de ses traditions, de sa culture
- Tout cela représente une étape nécessaire et primordiale dans la vie de
l'individu : c'est une saisie de soi (identité).

b- A ce titre, le passe permet :


- De corriger tout ce qui a été erreur, ce qui a été valeur négative
- Et de renforcer tout ce qui peut être considéré comme valeur positive
- Cela permet de stabiliser l'individu dans son présent
- Par exemple, en Afrique, l'absence d'une étude sérieuse
et approfondie dans la connaissance du passé, conduit les Africains a des
situations complexes où tantôt, ils recherchent .les valeurs occidentales,
tantôt les leurs, sans savoir véritablement comment faire la part des choses.

c- A ce titre, le passe permet d'affronter le présent:


- Parce qu'il permet de prévoir (les phénomènes de la Vie se répètent et
connaissent des cycles)
- Parce qu'il évite les surprises de nature a compromettre le présent.

II- ANTITHESE
Attention toutefois, à ne pas entretenir une relation subjective avec ce passé.
Ce type de relation peut desservir plutôt les Africains au lieu de les servir:
a- Si ce passé est glorieux, le sujet (les hommes, les Etats, les peuples)
ici devient nostalgique.
- Il est alors l'illusion euphorique (son passé est enivrant)
- Il a tendance à dormir sur ses lauriers (sur sa grandeur
passée)
- Il ne se remet pas en question ;
- Il n'affronte plus alors le présent et ne se rend pas
parfois compte de sa déchéance
- C'est le cas de brillantes civilisations passées aujourd'hui à la recherche de
leur gloire.
b-Si ce passe est amer, le sujet peut devenir émotionnellement inefficace
- Il vit dans la honte de ce passe qui est un drame pour lui
- Il vit dans la rancune de ce qui l'a " affaiblie " (dans le cas des guerres par
exemple. Cas des Palestiniens et des Juifs)
- Il vit dans le traumatisme historique comme le peuple allemand dans le

58
souvenir de Hitler.

III- SYNTHESE
Comment donc vivre le rapport au passé?
a -Il y a la nécessité d'un rapport objectif :
Détaché de toute surprise émotionnelle et affective, le passé doit être pris
comme un objet. C'est d'ailleurs le rôle de
l'Histoire en tant que discipline scientifique.
b- Il y a aussi la nécessite de dédramatiser les situations les plus graves,
les plus douloureuses : Cela permet à terme le recul critique en vue d'une
analyse sereine de son passé pour un vécu actuel (présent) satisfaisant

Proposition de corrigé N° 1

Selon certaines idéologies modernistes qui, pour l'écrivain chinois


Han Shaogong, confondent la modernité avec la mode et l'air du moment,
toute revendication du passé, quelle qu'elle soit est à prendre comme une
régression. Et pourtant un autre auteur affirme que: " Les hommes, les
peuples et les Etats n'avaient des chances de réussir que par une plus grande
connaissance de leurs origines et une actualisation permanente de leurs
traditions et de leurs cultures". En quoi une telle affirmation est-elle justifiée
? Le passé peut-il répondre aux exigences et aux contraintes de la vie
présente ? N'y a-t-il pas de risque de tomber dans la fascination béate d'un
passé devenu obsolète? Certains éléments du passé ne peuvent-ils pas être
en soi des obstacles à toute capacité créatrice ?

Le fondement philosophique de cette conception qui tend à séparer le


passé du présent en les saisissants comme des éléments antagoniques et
étrangers est à chercher chez Aristote. Pour le philosophe grec, en effet, le
temps est une succession d'instants qui ne se touchent pas. Or, nous savons
depuis Henri Bergson que le temps est continuité, mouvance, nuance
interprétation entre passé, présent et avenir. Il n'y a donc de présent que par
le passé. C'est pourquoi les hommes, les peuples et les Etats qui renieraient

59
leur passé n'auraient pas de présent. Heidegger écrivait en substance dans
L'être et le temps que "L'arbre ne peut s'élancer avec bonheur dans
l'immensité du ciel que s'il est profondément enraciné dans le sol".
Cette métaphore du philosophe allemand est assez significative qui indique
à quel point le passé est important dans la vie de tout être. Le passé,
l’histoire est en effet synonyme de racine. Ce sont eux qui forgent la
personnalité et donnent son identité à un peuple. Or tout homme, tout peuple
et même tout Etat qui n'a pas de "moi" propre ne peut composer
efficacement avec les autres et donc avec son propre aujourd’hui sans se
perdre. Car si l'on s'évertue seulement à prendre chez les autres, à copier les
autres, ou bien ce que l'on prend n'est pas ce qui convient à sa nature, ou
bien l'on copie mal. Et puis d'ailleurs, l'orignal est toujours préférable à la
copie. Les connaissances de ses traditions, de sa culture, et leur adaptation
permanente aux situations du moment sont donc fondamentales dans la
recherche des solutions qui correspondent à nos réalités. Et tout peuple, tout
état doit suivre cette voie pour pouvoir se faire une place à soi dans le
monde. Par exemple, en reconduisant le modèle occidental (et pour des
raisons de domination) les Etats africains ont été balkanisés et enfermés
dans les limites et des frontières bien données. Or c’est la conception que
les berberes, peuls et touaregs ont de l'espace infinie. On comprend donc
que ces peuples nomades connaissent les problèmes de nationalité, de
migration et qu'ils se sentent lésés par le modèle occidental de l'Etat
postcolonial. Peut-être faudrait-il inventer un régime différent pour ces
peuples qui étouffent dans les limites de leurs Etats en tenant compte de leur
tradition millénaire de nomades.
Si le passé et l'histoire des peuples et des Etats sont à prendre comme
des racines qui permettent d'évoluer dans la vie présente sans perdre ses
repères, ils sont aussi source de liberté. Il n'y a qu'analyser les différentes
étapes ou phases de la colonisation pour se convaincre de cette vérité. Après
s'être approprié le sol et avoir marqué les corps au fer rouge, le colonisateur
s'empresse toujours de s'approprier la mémoire des peuples colonisés, car il
a conscience que c'est de cette façon qu'il peut asseoir définitivement sa
domination. En des termes concrets, cette aliénation de la mémoire se
traduit par une falsification de l'histoire de ces peuples où ils sont saisis
souvent comme inférieurs. On comprend donc que la prise en compte de
leurs traditions, de leurs coutumes, de leurs cultures pour les peuples et les
Etats colonisés, la réappropriation de leur mémoire soit une quête de liberté,

60
leur donne les moyens de pouvoir se libérer de leurs complexes de colonisés
afin de pouvoir faire face à leurs difficultés ou aux défis du développement
avec plus d'efficacité. Car comment, dans un monde qui se libéralise de plus
en plus, pourriez-vous négocier efficacement avec vos anciens maîtres si
vous continuez à véhiculer des complexes de colonisés? Comme le dirait
Adorno : "Le passé est mémoire et seule la mémoire libère". Benjamin
écrira à la suite que seul pour les peuples libérés, le passé peut être une
référence. Les peuples soumis n'ont pas de passé tel quel, encore faudrait-
i1 l'adapter à son temps pour qu'il vous donne les moyens de vous faire votre
place dans le monde.
Ainsi, une plus grande connaissance et une actualisation intelligente
de son passé sont-elles fondamentales dans la vie de tout homme, de tout
peuple et de tout Etat, car non seulement, elles confèrent un moi propre qui
permet de trouver les solutions qui conviennent à ses réalités mais en plus,
elles libèrent des chaines qui empêchent de se mouvoir avec efficacité.
Cependant la revendication du passé ne comporte-t-elle pas de risques de
fascination béate ? Ne peut-elle pas devenir un obstacle à tout progrès ?
La quête du passé comporte un risque majeur qui est celui de la
fascination, c'est du reste le reproche qui fut fait au mouvement de la
Négritude. Voulant apporter une réponse valable à la négation colonialiste
des valeurs africaines, ces chantres sont tombés dans l'autre extrême en
hypostasiant des traditions et des cultures qui n'étaient pas sans défauts, cela
a abouti au mythe d'une Afrique harmonieuse dont la traite négrière et la
colonisation avaient pertubé la cohérence. Mais justement parce qu'ils
avaient forgé un mythe, c'est-à-dire une irrationalité, ils sont tombés dans la
béance, dans une incapacité critique qui aurait aidé leur continent au
moment où il fallait et afin de lui permettre d'éviter bien des misères par la
suite. Il fallut attendre les années 70 pour que la conscience africaine
commence à sortir de ce que Jean-François Bayart appelle "le paradigme
du joug colonial", et à intérioriser le concept de la responsabilité. Les maux
du continent allaient ainsi cesser d'être le seul fait du colonisateur, on
entrevoyait la responsabilité des dirigeants africains.
A côté du risque de la fascination béate, il y a l'obstacle que peut
constituer le passé ou l'histoire en tant que tels. Comme l'ont bien montrée
des écrivains comme Akoto Yao, Jean Marie Adiaffi, tout dans le passé n'est
pas à prendre en compte. Si certains éléments du passé peuvent servir à la
vie présente, bien d'autres le desservent. C'est aux hommes, aux peuples et

61
aux Etats d'actualiser ce qui leur est profitable et de rejeter ce qui ne reste
pas. Expliquant le sous-développement de l'Afrique, Manguelle écrivait
d'ailleurs que celui-ci est du à la conception que les Africains ont de la
nature. Si pour l'occident la nature est à dominer, pour l'Africain, au
contraire, elle invite au respect. Et c’est pourquoi selon Manguellé, il n'a
pas pu développer les instruments de la conquête du monde. Le
développement ne sera vraiment possible que si ce dernier opère une
véritable reconversion mentale en cessant de considérer la nature comme la
mère nourricière. Ainsi, tout dans la tradition n'est pas positif, c'est pourquoi
les hommes, les peuples et les Etats doivent aller au cœur de leurs mœurs
pour extirper la gangrène qui les empêche de se mouvoir dans le présent et
s'orienter vers le futur.
Pour faire face à leur modernité, les hommes, les peuples et les Etats
doivent avoir une grande connaissance de leurs traditions et de leurs cultures
et les adapter aux contraintes nouvelles dans le sens ou ce sont elles qui leur
donnent l'identité et la liberté afin de leur permettre de se faire une place
dans le monde.

Au terme de notre analyse, nous avons observé que cette


revendication du passé n'est pas sans risque, elle peut être source de
fascination béate ou faire valoir des éléments de tradition négatifs. C'est
pourquoi, il est important d'avoir l'esprit de discernement et d'actualiser le
passé qui peut être bénéfique.

62
Proposition de corrigé N° 2

Résolument tourné vers le progrès et la délectation du quotidien, notre


monde n'accorde d'importance qu'a deux dimensions du temps: le présent et
l'avenir, occultant de fait le passé. Les gestes, les faits et les événements,
une fois accomplis, sombrent dans le gouffre du gosier de Chronos, dieu du
temps, et on oublie jusqu'à leur souvenir. Pourtant face aux difficultés qui
perdurent, démontrant l'incapacité de plus en plus manifeste de notre monde
à vivre et à gérer notre présent avec une telle attitude, certaines voix
s'élèvent et suggèrent qu'on change d'approche, estimant que: "C'est en
connaissant mieux leur passé, en dépoussiérant toujours les recoins obscurs
de leur histoire que les hommes, les peuples, les Etats trouvent les
ressources nécessaires pour affronter le présent". En quoi est-ce que le passé
des individus et des collectivités est une mine d'énergies pour construire le
quotidien ? N'y a-t-il pas lieu de s'inquiéter des dangers que pourrait susciter
la mise à jour de certains faits passés et songer à y remédier ?

Il est indéniable que la meilleure connaissance du passé permet


d'affronter le présent. Cela est vrai à toutes les échelles, que ce soit dans le
cas des hommes, des peuples ou des Etats. Les hommes savent bien qu'il n'y
a pas de génération spontanée, que rien ne se crée ex-nihilo et que le poids
de notre héritage doit être assumé pour que notre présent soit allégé. Ainsi,
dans le domaine de la génétique, est-il nécessaire de savoir les difficultés
particulières de sa famille. Des tares physiques ou mentales si el1es sont

63
décelées peuvent permettre de prendre des précautions. Au plan de la
psychanalyse, Freud a démontré qu'une incursion dans le passé d'un
individu peut permettre de corriger certains défauts tels la timidité, la
claustrophobie, l'agoraphobie, etc.
Sur le plan du langage, on note qu'un enfant en apprentissage d'une
langue seconde a des difficultés particulières. Si le système de sa langue
maternelle est différent, il y aura des interférences. Il faut donc découvrir
son passé linguistique (langue maternelle) pour mieux enseigner la langue
seconde.
Le passé de l'homme, notamment sa lutte, est aussi importante que
manifeste lorsqu’il s'agit des peuples.
Les peuples, collectivités d'hommes, réunis par un passé et des
caractéristiques communes ont impérativement besoin de connaître ce
passé. Au plan des alliances entre tribus, Soundjata de Djibril Tamsir Niane,
paru chez Présence Africaine en 1960 est une œuvre riche d'enseignements
en ce qu'elle explique l'origine des castes chez les peuples mandingues mais
également la naissance de la caste des griots qui n'est rien d'autre que les
descendants du frère nourri de la chair de son aîné. Djeli Mamadou Kouyaté,
le griot narrateur affirmait: "Le monde est vieux mais l'avenir sort du passé
".
Plus loin dans l'œuvre, au chapitre "Kourougan Fouganou, le partage
du monde", il explique comment Soundjata a scellé les alliances entre tribus.
Ces faits se sont passés au XIIIe siècle après la bataille de Kirina qui a eu
lieu en 1235. Mais aujourd'hui, ils permettent aux descendants des acteurs
de cette alliance de garder des liens. Des crises souvent graves sont vite
résolues lorsqu'un Diabaté (caste des griots) rappelle à son adversaire
Traoré (caste des chasseurs) qu'ils furent à l'origine des frères. Il est aussi
important pour les peuples de connaitre leur passé afin de se libérer de
certains complexes présents. L'œuvre Nations nègres et culture de l'historien
sénégalais Cheick Anta Diop nous éclaire dans ce sens. En effet, après
l'esclavage et la colonisation qui ont contribué à nier au Noir toute identité
et toute valeur, un complexe d'infériorité avait gagné le Noir Ce complexe
a été accentué par certains penseurs tel que Champollion, qui, après avoir
décodé les hiéroglyphes égyptiennes passa sous silence que les premiers
pharaons étaient des Noirs.
Il est donc important que les hommes, les peuples et les Etats
déchiffrent leur passé afin de mieux vivre leur présent. Mais en remuant le

64
passé, ne risque-t-on pas de mettre à jour certains aspects préjudiciables au
présent?
L'histoire est parfois jalonnée de rancœurs, de douleurs et de
souffrances. Le rappel de certains événements peut être néfaste pour les
hommes, les peuples ou les Etats.
Les hommes peuvent voir leur passé fonctionner comme un facteur
peu favorable à leur épanouissement. Au plan psychologique, nous avons
des hommes qui, traumatisés par un passé douloureux, ont une existence
pénible. C'est le cas de Charles Baudelaire, poète symboliste français né en
1821 et mort en 1867. Cet homme, orphelin à dix ans, souvent malade, ayant
vécu une vie affectueuse douloureuse avec la mulâtresse Jeanne Duval a eu
son existence plombée par ce passé. Las de la vie passée, dans un poème
intitulé "La Mort des pauvres" extrait du Recueil Les Fleurs du Mal, il dira
de la mort qu'il souhaite voir venir : "C'est la mort qui console, hélas, et qui
fait vivre. C'est le but de la vie et c'est l'unique lueur à notre horizon noir ".
Un autre poète au passé peu glorieux pour son présent est Alfred de
Musset. Faisant le bilan de son passé, il dira dans un sonnet:
"J'ai perdu jusqu'à la fierté qui faisait croire en mon génie".
Pour terminer ce chapitre des poètes traumatisés par leur passé, nous
pourrons citer Paul Verlaine (XIXe siècle) qui, dans sa pièce en vers
intitulée "Chanson d'Automne" extrait du recueil Paysages Tristes disait :
"Les sanglots longs / des violons / de l'automne / blessent mon cœur / d'une
longueur / monotone / tout suffoquant / et blême quand / sonne l'heure. Je
me souviens des jours anciens/ et je pleurs/ ". Nous notons que le passe
désigné par la périphrase "jours anciens" suscite des pleurs dans le présent.
Sur le plan physique, une blessure qu'on a eue dans le passé, peut être un
handicap pour le présent. Rappeler à un paralytique, à un muet, à un sourd,
à un aveugle les circonstances dans lesquelles il a contracté ce handicap,
loin de le guérir, risque de lui faire revivre des moments douloureux et il se
refermera sur lui-même. Parfois négatif pour les individus, le passé peut
aussi, à force d'être remué, devenir un danger pour les peuples.
Le passé de certains peuples est à la base de beaucoup de conflits qui
minent présentement le monde. C'est le cas des Juifs, des Africains et des
Italiens.
Les Juifs vivent présentement leurs problèmes essentiellement à cause
du passé. Depuis l'exil de Babylone avec le roi Nabuchodonosor II jusqu’au
conflit Israélo-palestinien, en passant par le génocide de la seconde et

65
première guerre mondiale, nous notons que le passé est un poids pour les
Juifs qui veulent vivre en paix.
Les Africains, quant à eux, ont un passé qui leur créent des problèmes
internes et externes. Au plan interne, il y a des problèmes ethniques.
Au Rwanda par exemple, les hutus et tutsis ne peuvent vivre
pacifiquement dans le présent car les plaies du passé sont toujours remuées.
Au plan externe, il y a un afro-pessimisme et les Occidentaux en plus de
quelques Africains, en se référant au passé, pensent que 1'Afrique est un
continent sans espoir. Les Indiens d'Amérique, descendants de l'illustre
Geronimo ont plus de raisons de pleurer en songeant à leur passé que d'être
heureux. Jadis prioritaires de vastes prairies, ils sont pour certains (pas tous
heureusement) cantonnés dans des réserves, leurs terres ont vu surgir les
Etats les plus prospères de la planète sans qu'ils en soient les premiers
bénéficiaires.
Au-delà des peuples, les Etats, malgré leur apparence de solidité,
peuvent subir les effets négatifs de l'évocation du passé.
L'Etat, à la tête duquel est un pouvoir politique, a souvent affaire à des
crises. D'ailleurs, la constitution prévoit des circonstances exceptionnelles
ou est établie "la légalité normale pour que l'ordre soit établi. Ces
circonstances sont l'état de crise (article 19), l'état de siège (article 43) et
l'état d'urgence. En dehors même de ces cas extrêmes, pour se maintenir,
1'Etat utilise souvent le bâton. Si 1'on veut remuer toutes les exactions
commises dans le passé de l'Etat, le présent deviendrait invivable pour les
citoyens.
On note donc que la connaissance du passé peut être néfaste dans bien
des cas pour les hommes, les peuples et les Etats. Comment canaliser alors
les investigations dans le passé pour éviter les débordements ?
Recourir au passé en évitant que les enseignements ne soient
dangereux pour le présent nécessite des garde-fous. Il faut, après avoir fait
un inventaire, une collection des faits, faire un tri qualitatif. On retiendra ce
qu'il serait utile d'exploiter pour faire évoluer positivement le présent.
Il faut également éviter de tomber dans un passéisme stérile. Dans un
monde où le progrès fait ses preuves, se confiner à spéculer sur le passé
serait marcher à contre-courant de l'histoire et du développement.
En définitif, la sonde du passé, en permettant aux individus et aux
collectivités de savoir d'où ils viennent, les amènent-ils à aborder le présent
avec plus de sérénité. Pour éviter révocation systématique du passé qui peut

66
se révéler néfaste pour l'édification du présent, il faut opérer un choix
qualitatif des données recensées pour avoir une attitude positive.
On n'arrête pas ce grand maitre qu'est le temps mais on peut composer
avec lui. Si, face aux maux qui minent notre monde présent, nous savons
accorder judicieusement les trois dimensions du temps qui sont le passé, le
présent et l'avenir, la terre serait plus vivable pour tous.

« Il faut accepter le jeu de la concurrence pour éviter


SUJET 7 : la violence ». Apprécier cette assertion

Compréhension du sujet

- Obligation d'accepter, car, l'acceptation préalable du Contrat social


implique le respect des règles et des lois.
- Accepter, convenir, admettre un principe arrêté.
- Jeu de la concurrence : lutte en partant d'une base juste et équitable pour
tous les partis.
- Concurrence dans le sens d’une saine émulation, d'une confrontation de
valeurs et la liberté pour les destinataires de choisir ce qui leur convient.
- Crise : situation d'instabilité, de conflit.
- Toute crise peut être dénommée par une concertation ou déboucher sur la
violence, état de force où seuls triomphent les plus forts (situation de désordre).
- Acceptation du jeu : On échappe aux conséquences de la violence,
On évite la violence
- Refus du jeu : On ne peut pas éviter la violence
On s’expose aux conséquences de la violence

67
Proposition de corrigé

Dès 1762, .J. J. Rousseau énonce dans Du Contrat social le principe de (la)
en société, En aliénant volontairement leurs libertés individuelles, les hommes ont
convenu de vivre en paix (et) dans le respect des lois et principes qui gèrent la
communauté. Il s’agit en d’autres mots d'accepter l'idée d’un bien-être sans
rapport de force.
Lorsque l'auteur de notre réflexion avance l’idée selon laquelle «Il faut
accepter le jeu de la concurrence, pour éviter la violence», il pose la question
essentielle de la place des jeux de ce principe dans les rapports entre individus.
Comment est-elle perçue, et à quel niveau aboutit-elle à la violence? En quoi le
refus du jeu de la concurrence peut-elle engendré une instabilité sociale et donc la
violence ? Dans quelle mesure l’on ne peut que se soumettre à cette obligation ?
Pourquoi la violence est-elle privilégiée dans l’opinion de l’auteur de la
réflexion ?
Une approche dialectique nous semble une démarche convenable pour
répondre à ces préoccupations.
Communément, la concurrence est perçue comme une compétition
opposant au moins deux partis qui visent la réalisation d’une performance ou
l'acquisition d’un bien. La concurrence suppose donc des enjeux dont les
paramètres peuvent aller des moins importants aux plus importants, au point
d'engager ou de susciter des motivations différentes. Pour remporter le gain de la
concurrence, les hommes sont donc prêts, pour certains, à prendre tous les risques
possibles, quitte à se compromettre, ou pour l'essentiel, à compromettre la vie de
tiers, Dès que la concurrence atteint ce niveau, elle apparaît sous les traits d'une
rivalité d'intérêts, et c'est à ce moment qu'elle s'abandonne au règne de la force,
au triomphe des contre-valeurs s'abîme dans la violence. C'est le cas des gangs
constitués au sein des groupes de jeunes noirs dans le Bronx et à Harlem, où

68
concurrence et violence vont de pair.
Une situation d'instabilité sociale synonyme d'anarchie et de désordre. Dans
un pays, on en voit l'expression à travers le primat de la force et de tout moyen
autre que pacifique. Chaque société à pour vocation d'entretenir un climat
d'entente et de bien-être qui riment avec bonheur. Un tel pays peut bien
s'accommoder de la concurrence. Mais il importe que celle-ci soit maîtrisée par
les garde-fous qu’élève la loi. Si de telles précautions tendent à prévenir et à
contenir tout débordement ne sont pas prises, la concurrence peut employer la
violence pour atteindre ses fins, à savoir satisfaire l'ego du parti le plus fort. Pour
une personne honnête, refuser le jeu de la concurrence, ce ne sera pas se dérober
à ce jeu, qui du reste, affirme l'être et lui donne une idée de ce qu'il vaut, ce sera
refuser toute forme de concurrence malhonnête. Pour le concurrent malhonnête,
ce refus déclenche la violence, comme au jeu de cartes, du fait que ce tricheur très
intéressé au gain dégaine son arme.
Dans quelle mesure l'on doit se soumettre à cette obligation? Dans la
société, les valeurs sont ce que recherchent tous les hommes. Une aspiration
profonde porte chacun à se valoriser en vue de s'affirmer, sans doute dans une
perspective existentialiste. L'obligation de se soumettre au jeu de la concurrence
est donc plus morale que participant du respect d'une nécessité matérielle illusoire.
Triompher du jeu de la concurrence, c'est marquer son époque, prendre un ticket
aller-simple pour une notoriété éternelle. Tout être se nourrit d'honneur et
plastronne quand on lui reconnaît une certaine distinction qualitative. C'est le cas
des agriculteurs qui s'échinent à produire plus d'une année à la suivante. De facto,
alors qu’aucune contrainte extérieure ne l’y tient, il se soumet, avec le plus grand
engagement physique, moral et matériel, à cette obligation.
La violence est à l'observation, l'option privilégiée par l'auteur de la
réflexion. C'est à juste titre, et il le sait, qui reconnaît en l'homme social, une
socialisation incomplète, donc en cours. Dès lors, du fait que son instinct animal
est en veille, il importe de surveiller cet homme en le formant, en le sensibilisant
régulièrement, C'est donc pour annihiler en lui la tendance naturelle à la violence
que l'auteur s’y intéresse de près. Qui plus est, le recours naturel - un raccourci -
à la violence est pour l'homme, un réflexe de survie plutôt qu'un fait banal.
L'auteur veut exorciser le mal en parlant, comme dans les bonnes thérapeutiques
de groupe, qui combattent le mal par le mal ainsi qu'il en est de la concurrence et
de la violence permanente entre les équipes de football françaises que sont
Marseille et le PSG.
Après la mise, en rapport des notions de concurrence et de violence et l'idée

69
que la première peut, par l’acceptation du jeu de la concurrence, éviter que la
seconde naissent, voyons maintenant ce que nous pouvons apporter en termes
d’idées complémentaires.
En deçà et au-delà du jeu de la Concurrence, il y a l'acceptation préalable
des règles des principes et dès lors qui fondent la vie d'une société organisée. Là
réside tout le sens et la portée positive du terme contrat, qui suppose un esprit, un
consensus. Accepter ne devrait d'ailleurs pas être synonyme d'obligation, puisque
pour exercer son libre-arbitre, un individu doit être affranchi de toute contrainte.
Là commence la Liberté dans toute l'élasticité et la flexibilité de sa signification.
L’acceptation du jeu de la concurrence commerciale n'est ainsi pas une contrainte
à laquelle 1'on est soumis par crainte de la violence, mais bien mieux, pour faire
du profit. Mieux, mis à part quelques cas extrêmes de destruction des biens de ses
concurrents, un commerçant ne s'embarrasse jamais de moyens violents pour tenir
le rythme que lui impose une concurrence apparemment intenable.
Certes, l'acceptation du jeu de la concurrence permet d'éviter la violence.
Mais cette acceptation ne garantit pas avec force persuasion et certitude, l'état
d'équilibre et de paix qui doit régner par exemple entre des concurrents au plan
politique. Il importe de souligner et d’avoir présent à l'esprit que dans les
échanges, en dépit de l'acceptation du jeu de la concurrence, il peut y avoir faillite
de la paix, et donc crise puis violence, si l'on a en face, une personne convaincue
et structurée de tricherie et de mauvaise foi. En Europe et de plus en plus en
Afrique, les hommes politiques, qui n'ont pas une appréciation objective de la
saine concurrence, trichent dans le combat qui les oppose à des adversaires contre
lesquels il ne recule devant aucun moyen pernicieux.

Il y a assurément des problèmes fondamentaux qu'il importe de tenir en


considération.
Le premier aspect est celui de la définition, de la compréhension, en somme
de l’essence, des fondements de la notion de société, puis de celle de violence.
Vivre en société suppose des principes de vie dans une collectivité organisée. Il
ne devrait pas avoir de contraintes subtiles ni explicites mettant en demeure
l'individu socialisé de respecter telle règle plutôt qu’une autre. En outre, celui qui
comprend dans toute la latitude le son expression le phénomène de la violence sait
qu'elle instaure des rapports de force et n’a d'autres conséquences que négatives
toujours irréversibles. Chaque individu socialisé devrait donc privilégier les
attitudes qui comportent l'harmonie sociale et commencer par en respecter les
règles, les lois et les principes de stabilité.

70
De là découle nécessairement une seconde préoccupation essentielle, à
savoir le fait de combler les lacunes des citoyens aux plans de la compréhension
et de la conscience objective qu'ils doivent avoir face aux institutions et aux
principes de la vie en société. D’où les options que sont l'éducation, la
sensibilisation, la prise de conscience. Ceci, pour que chacun opte naturellement
pour les valeurs positives, les positions rationnelles, une mentalité évoluées et une
saine moralité. Sur cette base, ainsi qu'on le relève dans les sociétés de peuple
vivant encore à l'âge de la pierre, même si Hobbes et .J.-J. Rousseau en soutinrent
le contraire, l'homme social n'a pas besoin d'être en permanence dans les fers ni
soumis à la contrainte, puisqu'il choisirait logiquement le bon, le vrai et le bien.
C'est le cas de ces "nègres" de Papouasie en Nouvelle Guinée et d'Iriyan Jaya en
Indonésie, pour lesquels seules sont valables lois de la nature.

Au terme de l'analyse que nous venons de faire du rapport entre concurrence


et violence, il apparaît qu'une appréciation objective de la concurrence, mais
également de toute forme de compétition doit être rationnel.
On peut se soumettre à l'obligation d'user de violence que lorsqu'en face de
soi, la personne avec laquelle la compétition et la saine émulation sont engagées
n'en respecte pas les principes.
C'est, nous semble-t-il, un paramètre à prendre en compte pour éviter de
basculer dans la violence et d'en arriver à l'usage de celle-ci comme moyen de
rééquilibrer le rapport de la concurrence.

71
« Le développement rapide du nombre des abonnés à Internet
dans le monde et en particulier en Afrique aura-t-il des
SUJET 8 : conséquences sur la vie politique, sociale, économique: des
pays africains ?». Commentez !

Compréhension du Sujet,

Le développement : l'évolution;
Rapide: introduit une idée de diligence, de célérité, qui se fait de manière rapide
Abonnés à Internet : les clients, les utilisateurs réguliers et régularisés par contrat
Conséquences: des suites positives et également négatives
Sur la vie politique, sociale et économique des pays africains: sur le vécu
quotidien d'un pays donné,
En d'autres mots, il s'agit d'analyser celle réflexion pour en arriver à établir les
enjeux et l'importance de l'implantation de l'Internet en Afrique,

72
Proposition de corrigé

Dans le domaine de, la communication, la technique et la technologie


évoluent quotidiennement. Il s'agit d'améliorer, aux plans de la qualité et de la
célérité de la transmission de l'information, les rapports entre les individus, où
qu'ils se situent dans le monde.
«Le développement rapide de nombre d'abonnés à Internet dans le monde
et en particulier en Afrique aura-t-il des conséquences sur la vie politique, sociale,
économique des pays africains? », s'interroge un critique dans son observation de
ce phénomène. Ce disant, il pose le problème des enjeux politiques, sociaux et
économiques du développement de ce moyen de communication et de formation
dans les pays africains. Comment se présente l'Internet, quelles en sont les
caractéristiques et quelle est la nature de son développement. En quoi son
épanouissement influe-t-il - positivement et négativement - sur les principaux
aspects de la vie de ces pays? Dans quelle mesure Internet peut-il être perçu
comme une chance pour le développement des pays africains! Quelle opportunité
l’Internet offre-t-il aujourd’hui à ces pays ainsi que enfin pour ceux qui ont
inventé cet outil ?
L'analyse de ces questions abordera tour à tour, la thèse, la seconde thèse
qui exprimera ses traits en des termes d'idées complémentaires et la synthèse par
le moyen de laquelle les problèmes de fond suscités par le thème de l'Internet
seront mis en lumière.

Qu'entend-on par Internet? Ce terme apparaît dans un sens concret comme


un outil, un moyen de communication qui assure avec célérité, efficacité et
pertinence, la transmission de messages ou d'informations précises. Les
caractéristiques de ce produit de la science et de l’informatique sont sa dimension
pratique, son accessibilité à tous et sa capacité à unir les endroits les plus reculés
de la planète en un temps record. Internet offre d'énormes possibilités de

73
réalisation de soi et d'un pays et c’est à ce niveau que le mot développement revêt
toute sa signification. On note une expansion de l'utilisation de ce moyen par sa
vulgarisation elle-même tributaire de l'entrée de l'ordinateur dans les ménages et
l’univers socio-professionnel. L’Internet est une Nouvelle Technologie de
l’information et de la communication -NTIC - dont nul ne peut se passer
aujourd’hui: d'où son développement inhérent à la prise de conscience progressive
de son importance.

Cette implantation, qui est plus précisément de l'ordre d'une incrustation


lente, mais sûre, n'est que le signe que cet outil de communication et de formation
est utile en un certain nombre de choses pour les pays du monde auxquels
s'agrègent de plus en plus ceux d'Afrique. Alors qu’il s'amorce à peine, il nous
apparaît que l'Internet a et est en train de se trouver, de se définir des applications
d'intérêt certain. Il va sans dire que ce développement influence directement et
concrètement la vie des pays qui l'adoptent. Puisqu'il renforce la cohésion sociale
en favorisant la communication et permet une ouverture culturelle et intellectuelle
par la formation des hommes, du fait que les transactions qu'il suscite sont d’ordre
économique, à la hauteur des politiques de développement intégré, il n'est aucun
doute que l'impact de l'Internet est perceptible.
Cet outil peut être perçu comme une chance pour le développement des
pays africains du fait qu’il leur offre la possibilité de s'engager en toute confiance
sur le chemin difficile du développement. Il leur sera aisé d'arpenter la voie du
développement en consentant le moins de sacrifices possibles et surtout, en
gagnant du temps, pour évaluer la situation en terme d'efficacité. l'Internet donne
la possibilité à l'Afrique de se développer intégralement. Il est avéré que
l’information est sacrée; plus vite elle circule, mieux cela vaut car la clé, c'est du
temps et de l'argent qui sont gagnés. Au niveau des ménages cet outil offrira
progressivement aux africains de s'épanouir au rythme de l'évolution de la science
et de tous les bienfaits de la vie moderne. Depuis quelques années, les Africains
sont directement connectés, et à toute heure sur la toile mondiale, donnent et
reçoivent à temps réel, ainsi que le permettent les cyber-conversations, des
informations capitales.
L'opportunité qu'autorise l'Internet est pour l'heure insoupçonnée. Même
aux Etats-Unis et en Europe, cet outil n'a pas fini de révéler ses possibilités
usuelles en situation, en situations scolaire, commerciale, administrative, etc. Il
reste qu'en tout état de cause, l’Internet est un moyen précieux qui apparaît aux
yeux des classes sociales malheureusement défavorisées, comme un produit et un

74
usage de luxe. Pour eux, même s’il l’ignore, cet outil est là, qui leur propose un
contrat d'assistance de l'ordre de les arracher à la pauvreté, à la précarité d'une vie
sombre qui n'est cependant pas une fatalité. Il leur arrivera, à eux aussi, des choses
agréables, comme le plaisir, le bonheur, le sourire devant un écran montrant des
images exquises de cultures d'ailleurs, mais également perception d'un revenu
pour les tenanciers de Cybercafés.
N'y a-t-il que ces aspects qui expliquent le développement rapide de
l'Internet dans les pays africains ?
L'expansion de cet outil est certes rapide, mais il ne manque pas d’entraîner
dans son sillage, des conséquences autres que politiques, sociales et économiques,
positives et négatives. Il, n’est aucun doute qu’il permet les échanges culturels les
plus inimaginables. La différence, on l’a toujours dit, enrichit par l’ouverture et la
découverte sur des cultures étrangères. Malheureusement, tous les sites ne sont
pas fréquentables, or, ils sont tous accessibles, des plus courtois aux plus
pernicieux. C’est le cas des sites sur lesquels est diffusée une pseudo-culture,
réellement empreinte de valeurs perverses, dans un mélange explosif d’une
langue et d’images de débauche, de cultes d’antivaleurs comme le racisme, la
pédophilie et l’hégémonie des civilisations les plus avancées -celles des pays du
nord.
Dans les pays africains, le secteur de l'éducation est en crise: manque de
personnels qualifiés, d’infrastructures par rapport à des sollicitations
grandissantes, démission des parents et partant, des enfants pauvres. Internet est
depuis quelques temps, à ce que l'on voit pratiquement à tous les carrefours des
cités des grandes villes africaines, un recours satisfaisant. L'on peut, partout et
notamment à toute heure, accéder à une formation et à l’information complètes et
qualitatives, sans limites. Il allie des possibilités remarquables sur toutes les
questions de développement personnel et collectif. C'est le cas d'information
exhaustive à laquelle l'Internet permet aux élèves et étudiants d'avoir droit sur le
concept de mondialisation.
Il Y a certes un développement rapide du nombre d'abonnés en Afrique,
mais quelles en sont les caractéristiques essentielles, dans quel cadre et sur quel
principe repose le développement de l’Internet ?
L'implantation d'Internet a été précédée par une prise de conscience de ses
possibilités incommensurables. C'est la bonne attitude à tenir, car l'importance de
cet outil n'est plus à démontrer. C’est l'objet d'un intérêt qui doit aller au-delà d'un
engouement anodin qui doit plutôt répondre en terme de satisfaction aux attentes
d'une volonté politique aspirant au bien-être de son peuple et de la nation. Mais le

75
cadre dans lequel évolue l'Internet n'est pas convenable, à ce qu'il paraît, surtout
au regard de la législation relative aux taxes sur le matériel informatique. Si la
volonté politique n'harmonise pas ses desiderata et les conditions de leur
réalisation, les pays africains espèreront en vain en l'Internet.
Il est évident qu’il importe de travailler à créer les conditions de l’expansion
objective de l’Internet. A ce qu’il apparaît, la vulgarisation de cet outil de
formation et de communication révolutionnaire ne s'est pas encore trouvé en
Afrique un terrain d'application favorable, à tout le moins au niveau des structures
d'accueil. Vu l’ampleur de la pauvreté, les autorités devraient rendre l'ordinateur
accessible à tous les ménages, ou par .zones d'habitations, créer comme c'est le
cas à Dakar, des cybercafés publics. Qui plus est, loin d'être un outil de plus au
progrès, Internet doit être perçu comme engageant la souveraineté d'un pays selon
que son développement est ou non à la hauteur du niveau de l'évolution du pays
en question, ou de sa volonté politique. L'enjeu est donc de taille, qui se doit d'être
examiné.

Au terme de l'analyse, il ressort que l’Internet est une chance réelle pour les
pays africains par l'ouverture qu'il favorise.
Les enjeux, comme on a pu le noter, sont très importants, qui dépassent les
dimensions purement socio-politiques et économiques.
A notre sens, les pays africains gagneraient à accorder une grande attention
à l'Internet par lequel passe, assurément, leur avenir.

76
Fétin un citoyen égyptien, « Accepter la mondialisation, c’est
SUJET 9: abandonner les pauvres à leur sort ». Quelles réflexions vous
inspire cette opinion ?

Proposition de corrigé
Face aux nouveaux défis de développement, les sociétés modernes ont
envisagé la mondialisation, un idéal de solidarité. La mise en pratique de cette
théorie connait des fortunes diverses auprès des populations.
C’est sans doute pour faire allusion à ces difficultés de contenter au même
degré les populations qu’un citoyen égyptien affirme qu’«Accepter la
mondialisation, c’est abandonner les pauvres à leur sort ». Le problème que
suscite cette assertion est celui des enjeux pervers de la mondialisation sur les
pauvres. Qu’est ce que la mondialisation et comment est-elle perçue ? Dans quelle
mesure la mondialisation fascine-t-elle la paupérisation ? Pourquoi ce concept
entraine la pauvreté ?
Notre analyse consistera à analyser la thèse de l’auteur, à déceler ses limites
et à proposer un autre avis.

La diversité des ressources, des compétences, des cultures et le


protectionnisme des états ont limités les efforts de développement global sur la
planète. Pour remédier à ce déficit, les sociétés modernes ont inventé la
mondialisation qui consiste à mettre en commun les compétences, les ressources
et les cultures pour un équilibre en matière de bien-être social. L’application de
ce noble concept est fragilisée par la mauvaise interprétation et détournement à
des fins impérialistes. Ce qui se traduit par une appréciation partiale des notions
comme la démocratie, la bonne gouvernance, la liberté individuelle, etc. par
l’opinion internationale. Il est courant de voir un Etat taxé de tous les maux
lorsque celui-ci envisage un développement original en marge des critères et
préoccupations génériques prescrits par les institutions séculaires des
impérialistes telles que la Banque Mondiale, le Fond Monétaire Internationale. A
preuve, le Zimbabwe a vu sa dette extérieure gelée et privé des aides extérieures.

77
La mondialisation quoique noble dans son principe des Etats la chute des
frontières et barrières économiques, commerciales et douanières. Ce qui est pour
les pays en développement des préjudices car ne disposant pas de moyens
techniques, technologiques, des compétences humaines et des ressources
naturelles nécessaires pour faire face à la concurrence extérieure. Ces pays
participent donc, faiblement aux échanges internationaux. Ils sont plus
consommateurs qu’acteurs. En outre, la faiblesse des revenus des ménages
engendre des disparités sociales évidentes. La Banque Mondiale le révèle bien
lorsqu’elle publie les statistiques suivantes dans les alternatives économiques
n°201 : 1%de la population aux Etats-Unis d’Amérique concentre 33,8% "des
richesses" et 2 milliards de personnes s’appauvrissent par an.
Les pays en voie de développement paient un lourd tribu à cause de la
mondialisation tout azimut. Au plan culturel, les mœurs traditionnelles sont
heurtées par celles importées à travers les nouvelles technologies de l’information.
Dans la quasi-totalité des pays pauvres, les populations sont très attachées aux
considérations religieuses, culturelles qui régissent l’organisation des sociétés, en
grande partie rurales. Au plan moral, il se pose un conflit entre certaines pratiques
occidentales et celles des populations pauvres. Ainsi, on remarque que la femme
est marginalisée sur tous les plans en Afrique, tandis qu’en Europe, elle est très
privilégiée par les lois sociales au même titre que les hommes. D’où la lutte pour
la condition des femmes en Côte d’Ivoire engagée par le Ministère de la condition
féminine.

La mondialisation connait des insuffisances dans son application. Cela


suffit-il pour justifier son rejet catégorique.
En dépit des déboires que pourrait engendrer la mondialisation dans son
application, elle reste pour le pauvre un moyen de promotion social, culturel, et
économique. Car la quasi-totalité des pauvres, ex-colonies était sous le joug des
puissances colonisatrices qui censuraient leurs échanges commerciales et leurs
partenaires à l’échange. Avec les différentes nouvelles technologies de la
communication, ces pays sont libres de participer au commerce international ; car
un cadre institutionnel et l’internet facilitent la communication. Pour preuve, la
construction du palais de la culture de Côte d’Ivoire a été financée par la Chine
sans l’intervention de l’Etat français.
La chute des barrières douanières et financières permet la délocalisation des
usines à la recherche de "paradis fiscal", ces usines, en s’implantant, favorisent le
transfert de technologie et créent des emplois pour les pauvres dont l’espace

78
devient favorable aux investissements extérieurs. Ce qui pousse les dirigeants à
créer un cadre juridique et économique favorables aux investissements. La bonne
gouvernance, le respect des droits de l’homme, la lutte contre la pauvreté sont au
rang des exigences de la mondialisation. Ce qui explique l’effort des gouvernants
actuels dans les pays sous développés d’améliorer leur gestion politique. Ainsi, le
président Blaise Compaoré a été appelé à justifier sa non implication dans la mort
du journaliste Norbert ZONGO devant "journalistes sans frontière".
Au-delà de ces deux positions, n’existe-t-il pas d’autres préoccupations ?
La polémique que suscite l’appréciation des effets de la mondialisation
laisse entrevoir le problème de la définition et de la compréhension de ce concept.
La mondialisation véhicule dans son principe les sentiments de partage, de
solidarité et le souci pour l’humanité d’atteindre un bien-être social universel.
Cependant, les intérêts égoïstes des états et les disparités sociales limitent sa mise
en route. Les pays pauvres sont confrontés à des problèmes de survie pendant que
les riches ne savent ou déverser le surplus de leurs productions industrielles. Les
institutions de développement international devraient pouvoir procéder à
l’harmonisation des niveaux de vie. C’est l’une des raisons qui expliquent
pourquoi la mondialisation n’a pas la même appréciation dans le monde. Les
usines en Afrique continuent de fermer face à la délocalisation des grandes firmes
occidentales.
Il importe pour les pays initiateurs de la mondialisation, de sensibiliser leurs
populations et celles des pays pauvres sur les fondements réels de ce concept, qui,
pour l’humanité est l’expression manifeste d’améliorer les conditions de l’être
humain. Les institutions internationales doivent œuvrer à la réduction de la
pauvreté dans le monde. L’analphabétisme et la condition précaire de la femme
doivent faire l’objet d’une lutte internationale. Car pour les pauvres, la
mondialisation est une forme de néocolonialisme. Alors, ils sont réticents quand
à une libéralisation totale de leur espace culturel. Le NEPAD (Nouveau
Partenariat pour le Développement de l’Afrique) est une réponse des Africains
qui revendiquent une mondialisation à leur mesure.

Au terme de notre analyse, nous pouvons affirmer que la mondialisation, à


l’instar de concepts comme la bonne gouvernance, la démocratie, connaît des
insuffisances liées à son application, parce qu’elle se heurte aux divergences
culturelles et sociales.

79
La mondialisation a un enjeu important dans la paupérisation, mais elle a
pour effet de limiter toute initiative originale de développement par ses solutions
génériques aux disparités.
A notre sens, les pays riches doivent au préalable supprimer la dette des
pays
pauvres, afin « La considération de l’homme dans une société réside
de témoigner dans ses rapports aux vertus et nulle part ailleurs ».
des objectifs Qu’en pensez-vous ?
philanthropiques de la mondialisation.
SUJET 10 :

Proposition de corrigé

Les critères de l’importance de l’homme dans la société suscitent beaucoup


de controverses. Pour certains, l’estime de l’homme se rapporte aux valeurs
morales.
Allant dans le sens de la seconde position, un critique avance l’idée selon
laquelle « La considération de l’homme dans une société réside dans ses rapports
aux vertus et nulle par ailleurs ». le disant, il pose le problème de la grandeur, de
la puissance et de la valeur de l’homme dans son milieu. Comment les valeurs
morales valorisent-elles l’homme dans la société ? en quoi les vertus sont-elles
importantes ? Dans quelles mesures peuvent-elles contribuer à valoriser
l’homme ?

Pour répondre à ces préoccupations, nous examinerons la position de


l’auteur, nous lui apporterons des éléments complémentaires avant d’unir ces
deux positions dans une synthèse.

La société humaine est organisée et régie par des lois et vertus qui tentent
d’harmoniser les rapports entre les hommes. Les règles apparaissent comme de
mesure de la grandeur de l’homme dans la société. Lorsqu’un individu se
conforme aux valeurs sociales et morales établies par la société elle-même, il attire
l’attention de son entourage qui l’admire. Cela le valorise en terme de popularité,
de grandeur et d’importance. Ainsi il gagne la confiance des autres et bénéficie
d’une considération de ceux-ci. L’exigence de probité chez ceux qui gouvernent

80
en régime démocratique est l’expression de l’importance des vertus dans la
société.
Le fonctionnement normal de la société nécessite une harmonisation des
rapports entre les hommes. Cela passe par la mise en place des normes morales et
sociales qui régissent la société. Ces vertus enseignent aux hommes des valeurs
telles que la sagesse, le courage, la paix et la probité. La pratique de ces valeurs à
éduquer, à former et à socialiser des personnes qui deviennent utiles et serviables
pour la société. Celles-ci contribuent à la construction d’une société forte et
considération. C’est le cas des centres de formation religieux qui forment des
personnes enseignant les vertus morales et les institutions telles que l’assemblée
nationale où l’on élabore les règles de la société.
Le développement de la société s’accompagne d’une dégradation de
mœurs. La société connaît une crise, un problème de repère dans son
fonctionnement. Ainsi, ceux qui se distinguent par leur attachement aux vertus,
constituent un model et l’objet d’une considération particulière. Ils bénéficient
d’une puissance et d’une importance dans la société. Leurs actes, leurs paroles
sont incontestables et ils sont presqu’adorés comme des seigneurs. C’est le cas
des sages de la société traditionnelle et des responsables religieux qui enseignent
les valeurs morales et sociales, la paix et l’amour entre les hommes.

Les vertus contribuent à la valorisation de l’homme, mais il importe


d’examiner d’autres facteurs de considération de la société.

Bien des personnes s’accordent à affirmer que la grandeur de l’homme


existe dans ses rapports aux vertus. Cependant, il existe d’autres facteurs qui
pourraient déterminer l’importance de l’homme dans son milieu. Il s’agit de la
puissance matérielle et financière. Dans une société de plus en plus matérialisée,
l’on a de la considération que s’il dispose de biens matériels et financiers. A
l’échelle familiale, nationale comme internationale, le chef où la puissance est
celui qui dispose des richesses de toutes natures. Ceux-ci détiennent le monopole
des grandes décisions régissant le fonctionnement de la communauté, traduisant
ainsi leur influence sur le reste de la société. Le recours de tous les pays sous-
développés vers ceux dits développés et vers les institutions internationales
financières traduit la grandeur ou l’importance de ceux-ci qui jouissent d’une
aisance financière.
La considération de l’homme dans la société peut également s’apparenter à
son rang hiérarchique où sa puissance politique. L’homme politique ou le

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responsable administratif dispose d’un pouvoir de décision. Dans leurs fonctions,
il demeure incontournables et donc considérables pour le reste de la société. Le
Président Laurent Gbagbo n’est pas nécessairement le plus riche ou le plus
vertueux de la Côte d’Ivoire, mais il est important et considérable du fait de sa
situation politique.
Evidemment, la valeur d’un homme dans la société nécessite des valeurs
morales et sociales, mais il se pose le problème de son usage et de son intégration
sociale.
En dehors des positions examinées plus haut, et qui sont presque comme
des facteurs de puissance et grandeur de l’homme dans la société, il convient de
relever un problème qui consiste à considérer ou à prendre l’homme dans toutes
ces dimensions.
L’homme est à la fois spirituel et physique ; pour son développement et son
intégration sociale, il importe qu’il se forme moralement, intellectuellement et
qu’il dispose aussi des biens matériels. Ces éléments réunis font de lui un homme
utile et serviable à la société, ainsi, son utilité le rend important et considérable
aux yeux des autres. Tel est le cas ou l’objectif de la nouvelle école qui vise à
former des citoyens complets au plan moral et intellectuel.
Ce qui apparait également important à relever est le bon usage de l’individu.
Toute personne dans la société, est une valeur sûre ; sa grandeur ou son
importance dépend de l’utilité qu’on fait de lui. Pour se rendre compte de son
importance, il suffit de le mettre dans son milieu. Chaque individu dans la société
acquiert une spécialité ou dispose d’une connaissance pour laquelle il est
considérable. L’économiste, l’enseignant dans leur domaine de formation
respectif produisent des résultats aussi importants que le ferait une politique de
formation.

En définitive, les vertus valorisent l’homme dans la société au même titre


que son activité.
La formation de l’homme, sa spécialité dans une activité sociale et son bon
usage constituent des facteurs de valorisation et d’intégration de celui-ci dans la
société.
A notre sens, les valeurs morales que l’on considère comme facteur de
grandeur, de considération de l’homme n’est qu’un aspect mineur de ce que doit
être le citoyen de la société.

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« La probité est la vertu de démocratie, car le peuple
SUJET 11 : regarde avant tout aux mains de ceux qui gouvernent ».
Qu’en pensez-vous ?

Proposition de corrigé

Le développement économique et social d’un pays nécessite un cadre


politique adéquat. Aujourd’hui, la démocratie apparait comme le régime de
gouvernement le mieux indiqué pour atteindre cet objectif. Pour ce faire, la
pratique de cette politique exige des qualités morales et intellectuelles chez ceux
qui gouvernent.
Lorsque notre critique avance l’idée selon laquelle « La probité est la vertu
de démocratie, car le peuple regarde avant tout aux mains de ceux qui
gouvernent », il pose le problème de l’importance des valeurs morales et sociales,
des rapports entre le peuple et leurs gouvernements en régime démocratique.
Comment la probité constitue-t-elle une qualité en démocratie ? en quoi les
valeurs morales sont-elles importantes ? Par quels moyens le peuple exerce-t-il
un contrôle sur ceux qui gouvernent.
Pour répondre à ces préoccupations, nous examinerons la position de
l’auteur, nous lui apporterons des éléments complémentaires avant d’unir les deux
positions dans une synthèse.
La démocratie apparait comme un système de gouvernement des sociétés
actuelles, dans la pratique, elle consiste en une gestion consensuelle de la cité, et
son objectif est de construire une société moderne et prospère à partir d’une
gestion transparente des affaires de l’Etat. Ainsi, du fait de l’importance de cette
mission, l’on exige certaines valeurs morales chez ceux qui gouvernent. Ces
valeurs s’appellent rigueur, clarté et probité. Cette deuxième est la qualité
première que l’on exige chez quiconque voudrait postuler à un poste de
responsabilité dans le pays. La sélection des candidats à base de ces valeurs

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permet à l’Etat d’atteindre ses objectifs, notamment la satisfaction de l’intérêt
général. Sur ces principes ; beaucoup d’hommes politiques ont vu leur
candidature rejetée quant à l’occupation de certains postes de responsabilité. C’est
le cas de bien de candidats dont les dossiers ont été rejetés lors des élections
présidentielles de 2000 en Côte d’Ivoire. Après analyse de dossiers, la cours
suprême a estimé qu’ils n’étaient pas éligibles.
Dans les régions démocratiques, la gestion du domaine public repose sur le
principe de bonne gouvernance dont l’objectif est la recherche du bien-être social.
L’accomplissement de cette mission nécessite une transparence dans toute
activité des gouvernants. Pour cette raison, ceux-ci doivent avoir des qualités
morales ; notamment la probité qui est fondamentale pour le bon fonctionnement
du système démocratique. Ces valeurs ou qualité sont importants d’autant plus
qu’elles ont un apport socio-économique. Un responsable ou gouverneur honnête
accompli loyalement sa mission de service public ou social. De même, un
organisme ou pays où la transparence et la probité sont de rigueur, celui-ci connait
un développement incontestable. C’est le cas des Etats-Unis et la plupart des pays
européens, partisans de la démocratie que l’on appelle pays développés. Dans ces
pays, la transparence et la bonne moralité sont des critères fondamentaux dans le
choix de ceux qui gouvernent.
En dehors des exigences morales chez les gouvernants, le système
démocratique donne un pouvoir de contrôle du peuple sur la gestion des biens
publics par ceux qui gouvernent. Cela se traduit par l’idée selon laquelle la
démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple au risque
de se voir destituer par celui-ci ; car en démocratie, c’est le peuple qui donne le
pouvoir sur la base d’un contrat social. Si les clauses de ce contrat ne sont pas
respectées, c’est ce même peuple qui arrache ce pouvoir soit par un soulèvement
général. C’est ce qui explique les changements de régime ou de gouvernement
dans la plupart des pays sous-développés, en Côte d’Ivoire, et à Madagascar, lors
des élections présidentielles.
Les qualités morales sont certes primordiales dans le fonctionnement du
système démocratique, mais il importe d’apporter d’autres éléments
complémentaires.
L’homme est à la recherche permanente d’une société organisée et
consensuelle. Il lui apparait que les valeurs morales telles que la probité est la
qualité essentielle de la démocratie, système de gestion des sociétés modernes. En
revanche, d’autres qualités semblent également importantes pour la bonne marche
de ce régime. Il s’agit de la valeur intellectuelle. Celle-ci aussi capitale que la

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bonne moralité, car pour gouverner, pour assurer une responsabilité dans le
service public, il importe de pouvoir élaborer un règlement ou un programme de
société conforme aux attentes du peuple. Cela nécessite donc des connaissances
intellectuelles. C’est ce qui explique le choix des dirigeants qui ont une grande
culture intellectuelle ou une spécialité pour occuper tel ou tel département
ministériel. Le ministre de l’économie par exemple est nommé par rapport à sa
culture ou formation économique.
Le choix des gouverneurs et des responsables peut également être fait pour
des raisons purement politiques dans la mesure où la fonction de gouverner est
aussi politique. L’homme politique ou le responsable social doit avoir une grande
culture politique afin de comprendre les mutations sociales et poser une politique
adaptée aux réalités et aux besoins de son peuple. De même, l’homme politique
bénéficie d’une popularité qui constitue une force incontournable dans la gestion
de l’Etat. C’est le cas des présidents Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade du
Sénégal qui, après avoir été pendant longtemps opposants ont eu la confiance de
leur peuple qui les a porté à la tête de leur pays respectifs.

Assurément, le fonctionnement de la démocratie nécessite des qualités.


Cependant, un problème demeure, celui de l’existence même de l’Etat.

Au-delà des deux positions déjà examinées comme facteurs indispensables


pour le fonctionnement normal de la démocratie, il convient d’étendre notre
analyse à un autre élément qui est celui de la raison d’être de l’Etat. Le souci de
tout responsable politique ou de tout gouverneur est d’assurer l’intégrité et la
continuité de l’Etat. Cela nécessite donc des dispositions préalables que le chef
peut utiliser pour accomplir sa mission. Ainsi, les textes régissant le pays laissent
entrevoir des accomplissements pour les situations exceptionnelles. C’est le cas
du pouvoir discrétionnaire dont disposent les gouverneurs pour solutionner des
situations qui peuvent compromettre le fonctionnement normal de l’Etat.
Ce qui apparait encore important pour la construction d’une société
moderne et prospère est la satisfaction des besoins du peuple, la stabilité politique
et sociale. Celle-ci passe par une réduction de la pauvreté et une protection de la
population contre tout aléa. Une population bien soignée, bien nourrie et bien
logée, s’épanouit et se soucie peu des actes des politiciens ou de leurs
gouverneurs ; ainsi, on assiste moins aux soulèvements sociaux. Tous, se mettent
au travail pour le développement souhaité de la société ; tel est le cas des pays dits
industrialisés.

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Au terme de notre analyse, il apparait que les valeurs morales sont
importantes au même titre que la culture intellectuelle et politique.
La probité est sans contexte une qualité pour le bon fonctionnement du
système démocratique.
A notre sens, la probité est une valeur nécessaire mais pas suffisante pour
la société moderne.

BIBLIOGRAPHIE

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