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MÉCANIQUE

Ti151 - Machines hydrauliques, aérodynamiques et thermiques

Stockage et transfert des luides


des machines hydrauliques
et thermiques
Réf. Internet : 42174

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III
Cet ouvrage fait par tie de
Machines hydrauliques, aérodynamiques et
thermiques
(Réf. Internet ti151)
composé de  :
Machines hydrauliques et thermiques : fondamentaux et Réf. Internet : 42171

concepts innovants

Combustion dans les moteurs thermiques et environnement Réf. Internet : 42166

Technologie des moteurs thermiques Réf. Internet : 42165

Moteur thermique : alimentation et lubrification Réf. Internet : 42829

Groupes motopropulseurs (GMP) automobiles : contrôles et Réf. Internet : 42169

hybridation

Turbomachines aéronautiques Réf. Internet : 42170

Machines aérodynamiques et compresseurs Réf. Internet : 42176

Technologies du vide Réf. Internet : 42175

Machines hydrauliques : pompes et hélices Réf. Internet : 42173

Machines thermiques et systèmes de production d'énergie Réf. Internet : 42167

électrique

Stockage et transfert des fluides des machines hydrauliques et Réf. Internet : 42174

thermiques

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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Machines hydrauliques, aérodynamiques et
thermiques
(Réf. Internet ti151)

dont les exper ts scientifiques sont  :


Pierre DURET
Directeur de l'ENSPM (École nationale supérieure du pétrole et des moteurs)

Paul KUENTZMANN
Haut Conseiller Honoraire à l'Office National d'Etudes et Recherches
Aérospatiales , (ONERA)

Robert REY
Ingénieur Arts et Métiers, Professeur Arts et Métiers ParisTech - Laboratoire
DynFluid - CER Paris

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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :

Marcel AUBRY Richard GLODKOWSKI


Pour l’article : A805 Pour l’article : A800

Bernard BONNEFOIS Chaieb JARBOUI


Pour l’article : BM6570 Pour les articles : BM6560 – BM6561

Jacques BONNIN Yves MAREZ


Pour l’article : A738 Pour l’article : BM6460

Walter CERESER André PELLISSIER TANON


Pour l’article : A820 Pour l’article : A843

Régis CHAMAYOU Bernard PITROU


Pour les articles : BM6590 – BM6592 – Pour les articles : BM6720 – BM6721 –
BM6591 A812

Mohammed CHERFAOUI Jean SCHIMA


Pour l’article : BM6450 Pour l’article : BM6750

Olivier COSTE Jean SERIN


Pour les articles : BM6200 – BM6201 – Pour l’article : BM6900
BM6202 – BM6204
Pierre SOULIGNAC
Jean-Paul DEBAENE Pour l’article : BM6570
Pour l’article : A846
Etienne SOUTIF
Marcel FRELIN Pour l’article : BM6570
Pour l’article : BM4176
Jean SUTTER
Pour l’article : BM6900

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VI
Stockage et transfert des fluides des machines
hydrauliques et thermiques
(Réf. Internet 42174)

SOMMAIRE

1– Technologies des réservoirs Réf. Internet page

Base de calcul des enceintes sous pression A843 11

Méthodes d'analyse des appareils à pression A846 15

Conception des circuits luides en eau. Processus de conception simpliié BM6200 19

Conception des circuits luides en eau. Rappels fondamentaux BM6201 23

Conception des circuits luides en eau. Rappels de technologie BM6202 27

Conception des circuits luides en eau. Exemples BM6204 31

Chaudronnerie en aciers inoxydables BM6570 33

Réservoirs métalliques  : stockage des liquides. Généralités BM6590 39

Réservoirs métalliques : stockage des liquides à température ambiante BM6591 41

Réservoirs métalliques  : stockage des liquides à température contrôlée BM6592 47

2– Écoulements et tuyauteries Réf. Internet page

Coups de bélier BM4176 53

Tuyauteries. Résistance des éléments. 1re partie BM6720 59

Tuyauteries. Résistance des éléments. 2e partie BM6721 65

Écoulement des luides dans les tuyauteries A738 73

Tuyauteries. Flexibilité A800 79

Tuyauteries. Compensateurs de dilatation A805 87

Tuyauteries. Transmission de la chaleur A820 91

Supportage BM6750 95

Tuyauteries. Contrôle et tolérance du supportage A812 101

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VII
3– Organes de réglage et de contrôle Réf. Internet page

Essais non destructifs BM6450 105

Exploitation des équipements sous pression BM6460 109

Équipements sous pression. Procédés et technologie du formage BM6560 115

Équipements sous pression. Règles de fabrication par formage BM6561 119

Robinetterie industrielle BM6900 123

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Stockage et transfert des fluides des machines
hydrauliques et thermiques
(Réf. Internet 42174)


1– Technologies des réservoirs Réf. Internet page

Base de calcul des enceintes sous pression A843 11

Méthodes d'analyse des appareils à pression A846 15

Conception des circuits luides en eau. Processus de conception simpliié BM6200 19

Conception des circuits luides en eau. Rappels fondamentaux BM6201 23

Conception des circuits luides en eau. Rappels de technologie BM6202 27

Conception des circuits luides en eau. Exemples BM6204 31

Chaudronnerie en aciers inoxydables BM6570 33

Réservoirs métalliques  : stockage des liquides. Généralités BM6590 39

Réservoirs métalliques : stockage des liquides à température ambiante BM6591 41

Réservoirs métalliques  : stockage des liquides à température contrôlée BM6592 47

2– Écoulements et tuyauteries

3– Organes de réglage et de contrôle

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Base de calcul des enceintes


sous pression

par André PELLISSIER TANON
Conseiller du Directeur Technique de Framatome

1. Présentation générale............................................................................. A 843 - 2


1.1 Fondement du calcul des enceintes sous pression .................................. — 2
1.2 Identification des modes mécaniques de ruine ........................................ — 2
1.3 Choix des matériaux.................................................................................... — 3
1.4 Conditions de calcul .................................................................................... — 3
1.5 Degrés d’exigence des réglementations ................................................... — 3
1.6 Catégories de situation ............................................................................... — 3
2. Prévention de la déformation excessive ........................................... — 4
2.1 Définition du seuil de déformation excessive ........................................... — 4
2.2 Dimensionnement des zones de discontinuité majeure de forme.......... — 4
2.3 Contraintes de membrane et de flexion de l’analyse élastique............... — 5
2.4 Vérification des marges vis-à-vis de la déformation excessive............... — 5
3. Prévention de l’instabilité plastique .................................................. — 6
3.1 Phénomène d’instabilité plastique............................................................. — 6
3.2 Capacité de consolidation des métaux et alliages.................................... — 7
3.3 Expression de la pression d’instabilité plastique...................................... — 7
3.4 Influence des fonds et des piquages.......................................................... — 7
4. Prévention du flambage ......................................................................... — 8
4.1 Termes des équations de calcul de la résistance au flambage................ — 8
4.2 Mécanisme du flambage............................................................................. — 8
4.3 Diagramme de calcul de la résistance au flambage ................................. — 9
5. Adaptation plastique .............................................................................. — 9
5.1 Origine du phénomène d’adaptation plastique ........................................ — 9
5.2 Comportement d’un barreau soumis à une élongation répétée ............. — 10
5.3 Relation contrainte-déformation cyclique ................................................. — 10
5.4 Variation de contrainte équivalente sous chargement multiaxé répété . — 10
5.5 Différents états de comportement d’une structure
sous sollicitations répétées......................................................................... — 11
5.6 Classification des contraintes ..................................................................... — 11
6. Prévention de la déformation progressive ....................................... — 12
6.1 Conséquences de la déformation progressive.......................................... — 12
6.2 Protection contre la déformation progressive .......................................... — 12
7. Prévention de la fissuration par fatigue............................................ — 12
7.1 Caractéristiques de résistance à la fissuration par fatigue ...................... — 12
7.2 Circonstances et prévention de la fissuration par fatigue........................ — 13
7.3 Calcul de la résistance à la fatigue ............................................................. — 13
8. Protection vis-à-vis du fluage............................................................... — 15
8.1 Phénomène de fluage ................................................................................. — 15
8.2 Principes de la prévention du dommage de fluage.................................. — 16
9. Protection vis-à-vis de la rupture brutale ......................................... — 17
10. Conclusion ................................................................................................. — 17
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 843
p。イオエゥッョ@Z@ヲ←カイゥ・イ@QYXX

Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique A 843 − 1

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BASE DE CALCUL DES ENCEINTES SOUS PRESSION ___________________________________________________________________________________________

et article présente, pour les principaux modes mécaniques de ruine et pour


C les principaux processus physiques de ruine qui affectent les enceintes sous
pression, les raisons du choix de la combinaison de contrainte retenue pour le
terme de sollicitation et de la caractéristique du matériau utilisée pour définir
le terme de résistance. Des articles généraux sur les circonstances de ruine des
appareils à pression sont donnés en [1] [2] [3]. Des présentations synthétiques
de la mécanique des appareils à pression sont faites en [25] [26].

Notations et Symboles Notations et Symboles

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

e Base des logarithmes népériens σp MPa Contrainte d’écoulement du modèle rigide-


f N/m Force répartie par unité de longueur plastique
h m Épaisseur de la paroi de l’enceinte σT MPa Contrainte équivalente de Tresca
ke Facteur de perte de confinement élastique θ o Orientation relative de deux axes attachés à
m Largeur la description géométrique d’un circuit

m N Moment réparti par unité de longueur ∆ Exprime la variation de la grandeur à
laquelle il est accolé
n Exposant de consolidation de la relation de
Hollomon
p Pa Pression
t s Temps
A % Allongement réparti de l’essai de traction 1. Présentation générale
D m Diamètre moyen
De m Diamètre externe
Di m Diamètre interne
1.1 Fondement du calcul des enceintes
E MPa Module d’élasticité longitudinale sous pression
(module d’Young)
F N Force Les défaillances des enceintes sous pression et des circuits qu’elles
I m4 Rigidité en flexion qui intervient dans la constituent sont l’aboutissement d’un processus physique de ruine
relation entre le moment réparti et la ou de plusieurs processus de ruine qui se conjuguent. Les processus
courbure de ruine s’effectuent sous l’action d’agents externes tels que la
L m Longueur pression, les efforts mécaniques externes, les températures, les
M N·m Moment agressions chimiques ou électrochimiques par les fluides contenus
N Nombre de cycles ou par le milieu externe, qui constituent l’ensemble des sollicitations.
La prolongation dans le temps de l’effet de ces agents ou leur répé-
R m Rayon moyen d’une enceinte
tition peut exercer un effet aggravant.
Re m Rayon externe d’une enceinte
Ri m Rayon interne d’une enceinte Ces processus physiques conduisent à la ruine des enceintes selon
un nombre restreint de modes mécaniques de ruine. Le principe du
R p 0,2 MPa Limite d’élasticité de l’essai de traction
calcul de la résistance mécanique consiste, pour chaque mode méca-
Rm MPa Résistance à la rupture de l’essai de traction nique de ruine envisageable, à comparer une combinaison de con-
S m2 Surface de la section d’une poutre ou d’un traintes ou de déformations exprimant la sollicitation mécanique,
tube qui dépend du mode mécanique de ruine, à un terme exprimant la
T oC Température résistance du matériau lequel dépend du processus physique de
Tf oC Température de fusion ruine. Les termes de résistance sont obtenus à partir de mesures
Z m3 Module d’inertie reliant le moment réparti à en laboratoire. Les critères de calcul précisent les valeurs minimales
la contrainte de flexion des rapports à respecter entre le terme de résistance et le terme de
ε Déformation sollicitation. Ces valeurs sont définies pour une part par les textes
εa Amplitude de variation de déformation réglementaires, qui sont présentés dans l’article Réglementation des
ε a0 Déformation à la limite d’élasticité de la appareils à pression [A 841] de ce traité, et, pour le complément, par
relation contrainte-déformation cyclique les codes de construction industriels dont une liste est donnée dans
εp Déformation plastique la bibliographie [Doc. A 843].
σ MPa Contrainte
σa MPa Amplitude de variation de contrainte
σ a0 MPa Limite d’élasticité de la relation contrainte- 1.2 Identification des modes mécaniques
déformation cyclique
σb MPa Contrainte de flexion
de ruine
σe MPa Contrainte équivalente de Von Mises
σm MPa Contrainte de membrane Les enceintes sous pression et les circuits qu’elles constituent
σ0 MPa Contrainte de référence de la relation de peuvent devenir inaptes à l’emploi, soit par perte de leur capacité
Hollomon fonctionnelle, soit par destruction par éclatement ou effondrement.

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A 843 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique

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__________________________________________________________________________________________ BASE DE CALCUL DES ENCEINTES SOUS PRESSION

La perte de capacité fonctionnelle peut résulter : par des conditions spécifiques du fonctionnement, variables selon
— soit d’une déformation excessive, qui peut faire perdre les types d’appareils, comme les débits des fluides et les flux ther-
l’étanchéité aux dispositifs d’assemblage par joints démontables ou miques échangés et aussi le nombre et la fréquence des cycles
bien fausser les alignements nécessaires au fonctionnement opératoires.
d’organes mécaniques fixés aux enceintes ; la déformation excessive
peut se réaliser par les processus de déformation plastique ou de
déformation par fluage ;
— soit d’un percement provoquant une fuite, qui peut se réaliser 1.5 Degrés d’exigence
par les processus de corrosion généralisée, de fissuration par fatigue,
par fluage, par corrosion sous tension, ou par une combinaison de
ces processus.
des réglementations

Les degrés d’exigence des diverses réglementations sur la défi-
L’éclatement peut être obtenu :
nition des sollicitations, sur l’identification des processus physiques
— soit par rupture brutale, consécutive à un processus de fis- de ruine, sur l’importance des calculs, sur la valeur des facteurs de
suration non détecté, qui peut survenir avant percement ou après sûreté à respecter entre les termes de sollicitation et les termes de
percement si la fuite n’a pas été détectée ; résistance, et sur l’importance des contrôles et des recettes de fabri-
— soit par instabilité plastique au cours d’une surcharge, ou à la cation varient dans de larges proportions selon la nature et l’usage
suite d’un processus d’amincissement par corrosion généralisée. des appareils et des circuits [4] [5] [6].
L’effondrement peut être obtenu : C’est ainsi que le calcul de nombreux réservoirs de stockage ou
— soit directement, par un processus de flambage sous l’effet de transport et aussi de nombreux circuits ou enceintes des génies
des poids ou d’une pression externe ; celui-ci peut avoir été induit chimique ou agrobiologique est fait sur la base des données de calcul
par un affaiblissement par amincissement ; seules. Les données de calcul servent essentiellement à vérifier une
— soit indirectement, à la suite de la rupture ou de l’effondrement sûreté suffisante vis-à-vis des ruines par déformation excessive, par
d’un supportage. instabilité plastique ou par flambage des corps des enceintes. Des
règles de tracé confirmées par l’expérience garantissent que les
déformations des corps et des viroles constituant l’enceinte ou le
1.3 Choix des matériaux circuit restent suffisamment limitées vis-à-vis des nécessités fonc-
tionnelles. Les réductions locales de section et les effets de concen-
tration de contrainte dus aux soudures sont pris en compte par
La pratique des analyses de conception tend à séparer en deux l’application de coefficients minorateurs aux termes de résistance,
phases distinctes le choix des matériaux pour éviter la corrosion qui dépendent de la conception de l’assemblage soudé. La vérifi-
généralisée ou la fissuration par corrosion sous tension et les cation de la résistance à la fatigue est souvent omise au vu de
opérations associées au dimensionnement de l’appareil et à la véri- l’expérience d’exploitation des appareils de même nature.
fication de la résistance mécanique.
Le choix des facteurs de sûreté est fait en tenant compte :
Dans la plupart des cas, la gamme des matériaux à utiliser au
contact d’un fluide donné est connue par l’expérience, et le choix — de la précision de la connaissance que l’on a des sollicitations
des nuances et des traitements thermiques est fait pour obtenir la auxquelles l’appareil est soumis ;
résistance mécanique au meilleur coût. — de l’effort qui est consenti pour contrôler la qualité des produits
manufacturés ;
Nous ne parlerons pas ici de la protection contre la corrosion et — de la gravité du risque industriel et du risque social en cas de
du choix des matériaux résistant à la corrosion qui font l’objet des défaillance.
articles Protection contre la corrosion [A 830], Matériaux à employer
pour les canalisations de produits chimiques usuels [A 835] et Aciers Les réglementations des enceintes sous pression sont présentées
(tôles et pièces forgées ) pour chaudières et appareils à dans l’article Réglementation des appareils à pression [A 841] de ce
pression [A 854] de ce traité. traité.
Nous n’aborderons pas non plus le problème de la prévention de
la corrosion sous tension, qui affecte principalement certaines
nuances d’alliages inoxydables à résistance mécanique élevée. 1.6 Catégories de situation
Nota : le lecteur pourra se reporter à l’article Chaudronnerie en aciers inoxydables [A 869]
de ce traité.
Les facteurs métallurgiques et les particularités des traitements Dans les industries pour lesquelles les défaillances peuvent avoir
thermiques y tiennent un rôle essentiel. Lorsque des alliages un impact industriel et social très important, comme pour l’aéro-
sensibles à la corrosion sous tension sont utilisés, il faut limiter nautique, le nucléaire ou de nombreuses constructions du génie civil,
strictement les effets de concentration de contrainte lors du tracé le dimensionnement, fait à partir des conditions de calcul, est
des pièces et il faut adapter les procédés de fabrication pour pouvoir complété par des vérifications du comportement mécanique pour
laisser des contraintes résiduelles très réduites dans la pièce ou, les conditions d’exploitation et dans un certain nombre de situations
encore mieux, pour obtenir des contraintes de compression aux exceptionnelles qui sont spécifiées à la commande des appareils.
surfaces exposées au milieu agressif. Les spécifications du calcul distinguent en général deux ou trois
catégories de situations :
— les situations normales de fonctionnement, avec les perturba-
1.4 Conditions de calcul tions auxquelles il faut s’attendre ;
— les états exceptionnels peu fréquents et peu probables, qui
pourraient être atteints à la suite de défaillances d’organes de
La première démarche du calcul porte sur la définition des sol- commande ou de contrôle ou bien par l’occurence d’un événement
licitations. Elle consiste à déterminer des conditions maximales naturel comme une tempête ou un séisme ayant une intensité
enveloppes, dites conditions de calcul, pour chacune des sollicita- exceptionnelle ;
tions telles que la pression, la température des fluides véhiculés, les — dans certains cas, des hypothèses de séquences accidentelles
charges dues au poids, les efforts exercés par les agents externes ayant une très faible probabilité de se réaliser, considérées pour
comme le vent ou les séismes. Ces conditions servent de base au garantir la sûreté, principalement dans l’industrie nucléaire.
choix des matériaux et au dimensionnement. Elles sont complétées

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique A 843 − 3

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BASE DE CALCUL DES ENCEINTES SOUS PRESSION ___________________________________________________________________________________________

2. Prévention
de la déformation
excessive
2.1 Définition du seuil
Q de déformation excessive
Le seuil de déformation excessive est défini par rapport à la capa- Figure 1 – Repères pour la détermination de la déformation
excessive des enceintes et circuits sous pression
cité fonctionnelle (§ 1.2) et à la sûreté (§ 1.5) :
— par rapport à la capacité fonctionnelle, il est associé à l’exigence
que les déformations permanentes subies en service ne dépassent
pas l’ordre de grandeur des déformations élastiques ;
— par rapport à la sûreté, il est associé à la capacité à garantir
que l’occurence d’accroissements modérés de la pression ou des
efforts externes, au-delà des valeurs spécifiées pour les calculs, ne
puisse pas provoquer de fortes déformations plastiques.
La limite d’élasticité conventionnelle de l’essai de traction, Rp 0,2
ou R 0,002 (article Essais mécaniques des métaux. Détermination des
lois de comportement [M 120] du traité Matériaux métalliques ),
correspond à la définition du seuil de déformation excessive pour
le barreau de traction considéré comme une structure.
Pour une enceinte sous pression, le seuil de déformation excessive
est défini sur les courbes présentant la variation d’une dimension Figure 2 – Passage du seuil de déformation excessive,
caractéristique de l’appareil, comme son diamètre ou la distance avec un acier présentant un plateau de limite d’élasticité
entre deux zones de discontinuité majeure de forme, en fonction de
la pression. Pour les canalisations, les efforts dus aux poids, aux
sollicitations climatiques ou aux séismes, peuvent exercer une action
prépondérante ; les déformations globales qui permettent de repérer
la déformation excessive peuvent être la variation de distance entre
deux zones de discontinuité majeure du tracé (piquages, coudes,
brides) ou la rotation relative de deux sections. La figure 1 présente
des exemples de dimensions dont la variation peut servir de repère
pour mesurer la déformation excessive.
La détermination du seuil de déformation excessive se fait sans
ambiguïté pour les aciers ferritiques qui possèdent un plateau de
limite d’élasticité (figure 2). Pour les aciers austénitiques et les
métaux à structure cubiques à face centrée, qui présentent une
transition progressive de l’état de déformation élastique à l’état de
déformation élastoplastique, il faut se fixer une convention. La
figure 3 présente deux des conventions de définition les plus
utilisées :
— valeur du chargement pour une déformation rémanente de
0,2 % (figure 3a) ; Figure 3 – Deux possibilités de détermination
— valeur du chargement pour laquelle (figure 3b) la déformation du seuil de déformation excessive
élastique sous charge égale la déformation plastique. avec un alliage ne présentant pas de plateau de limite d’élasticité
Nota : nous utilisons l’indice e (pe : pression dans une enceinte et Me : moment agissant
sur un tronçon de canalisation) pour caractériser le seuil de déformation excessive.
Pour les aciers austénitiques, le tracé de la courbe de traction dans plastique. Le seuil de fin de comportement élastique (pi ou Mi ) qui
la transition élastique-plastique est très sensible aux conditions de marque le début de la transition élastoplastique, y est plus faible
fabrication, mais un écrouissage par déformation plastique le que dans les éléments de l’enceinte qui se raccordent dans la zone
stabilise, en élevant la limite d’élasticité. Pour ces raisons, le de discontinuité, à cause des effets de concentration des efforts cités
dimensionnement des enceintes sous pression en acier austénitique ci-avant. Mais l’accroissement d’efforts qu’il est nécessaire
est effectué par rapport à l’instabilité plastique, et le cycle de fabri- d’appliquer pour atteindre la déformation globale correspondant au
cation peut comporter une stabilisation des cotes par pressurisation seuil de déformation excessive est plus élevé.
hydraulique. Les usinages de finition des portées astreintes à des Pour limiter les effets de concentration des efforts, les codes de
tolérances dimensionnelles étroites doivent être faits après pres- construction des enceintes sous pression prescrivent d’augmenter
surisation hydraulique [5]. les épaisseurs des corps qui se raccordent dans la zone de dis-
continuité. Ces règles de renforcement assurent que le seuil de défor-
mation excessive dans la zone de discontinuité soit supérieur à celui
des corps qui s’y raccordent. Pour ces raisons les codes de
2.2 Dimensionnement des zones construction ne prescrivent pas de vérification vis-à-vis de la défor-
de discontinuité majeure de forme mation excessive pour les zones de discontinuité de forme. L’état
idéal de dimensionnement d’une zone de discontinuité est repré-
Les zones de discontinuité majeure de forme, constituées princi- senté sur la figure 4.
palement par les piquages, ou les liaisons d’une virole à une bride
ou à un fond, sont le siège de concentration des efforts, selon un
mécanisme qui est analysé au paragraphe 5.1 sur l’adaptation

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A 843 − 4 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique

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Méthodes d’analyse
des appareils à pression

par Jean-Paul DEBAENE
Ingénieur de l’École Centrale des Arts et Manufactures
Chef du Service Dimensionnement chez Novatome

1. Réglementation et contraintes ............................................................ A 846 - 2


2. Méthode des coefficients d’influence................................................ — 2
2.1 Description de la méthode.......................................................................... — 2
2.2 Limites de validité........................................................................................ — 3
2.3 Exemples d’application ............................................................................... — 3
2.3.1 Étude du cylindre seul........................................................................ — 3
2.3.2 Étude du fond seul.............................................................................. — 3
2.3.3 Assemblage des deux éléments........................................................ — 4
2.3.4 Calcul des contraintes ........................................................................ — 4
3. Méthode des éléments finis .................................................................. — 4
3.1 Principe de la méthode ............................................................................... — 4
3.1.1 Approximation géométrique ............................................................. — 4
3.1.2 Approximation nodale ....................................................................... — 4
3.1.3 Équations de la mécanique................................................................ — 5
3.1.4 Assemblage des éléments ................................................................. — 6
3.1.5 Fonctions d’interpolation géométrique ............................................ — 6
3.2 Différents types d’éléments finis................................................................ — 6
3.3 Utilisation dans le domaine linéaire élastique .......................................... — 6
3.3.1 Modélisation. Choix du type d’élément............................................ — 6
3.3.2 Conditions aux limites........................................................................ — 6
3.3.3 Chargements....................................................................................... — 7
3.3.4 Résultats .............................................................................................. — 7
3.4 Autres domaines d’utilisation..................................................................... — 8
3.4.1 Non-linéarité géométrique................................................................. — 8
3.4.2 Non-linéarité des matériaux .............................................................. — 9
3.4.3 Dynamique .......................................................................................... — 10
3.4.4 Mécanique de la rupture .................................................................... — 10
3.5 Conditions d’utilisation des programmes ................................................. — 11
3.5.1 Programmes de maillage................................................................... — 11
3.5.2 Programmes de traitement des résultats ......................................... — 11
3.5.3 Couplage entre programmes............................................................. — 11
3.6 Principaux programmes disponibles sur le marché................................. — 11
Références bibliographiques ......................................................................... — 12

’objet de cet article est de décrire les principales méthodes de calcul


L disponibles pour évaluer les contraintes dans un appareil sous pression. On
y abordera la mise en forme de ces contraintes en vue de leur utilisation dans
les codes, mais l’application des règles des codes n’est pas traitée. Celle-ci fait
l’objet de l’article Dimensionnement des appareils [A 849] de ce traité.
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@QYXW

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MÉTHODES D’ANALYSE DES APPAREILS À PRESSION _________________________________________________________________________________________

de Von Mises, soit celle donnée par Tresca, dans la majorité des
Notations et Symboles codes. En particulier, même si le terme de comparaison est plutôt
à faire sur la déformation, l’usage conduit généralement à exprimer
Symbole Unité Définition les règles en contraintes.
Nota : le lecteur pourra se reporter à l’article Bases de calcul des enceintes
sous-pression [A 843] de cette rubrique.
a m Longueur de fissure
e m Épaisseur Suivant les modes de ruine considérés, ces règles peuvent exiger
la connaissance non seulement d’une valeur maximale de la
k Paramètre d’écrouissage
contrainte, mais également de la variation de celle-ci au cours de
t m Épaisseur de plaque


la durée de vie de l’appareil (cas de la prise en compte du dommage
u, v, w m Déplacements de fatigue).
E MPa Module d’Young
Il est donc nécessaire de déterminer ces contraintes. En dehors
F (σ, k ) = 0 Surface d’écoulement de cas particuliers, de géométrie et de chargement simples, les règles
G MPa Module de cisaillement (ou module de codifiées n’indiquent pas comment calculer ces contraintes à partir
Coulomb) : des sollicitations.
G = E /[2(1 + ν)]
L’arrivée de l’ordinateur et avec lui des nouvelles possibilités de
J N/m Intégrale de Rice
calcul dans les domaines de la thermique et de la thermomécanique
K1 MPa · m1/2 Facteur d’intensité de contrainte a profondément modifié les méthodes de calcul des appareils à
M N · m/m Moment méridien par unité de longueur pression. Aujourd’hui, les calculs manuels sont en train de
p MPa Pression disparaître. Dans cet article, nous exposons deux méthodes, celle
Q N/m Effort tranchant par unité de longueur des coefficients d’influence qui a été utilisée avec les premiers
Re m Rayon externe ordinateurs, et celle des éléments finis qui est la méthode la plus
Ri m Rayon interne largement utilisée de nos jours.
ν Coefficient de Poisson
εc , εr , εz Déformations circonférentielle, radiale,
méridienne
θ rad Rotation 2. Méthode des coefficients
σc , σr , σ z MPa Contraintes circonférentielle, radiale,
méridienne d’influence
τ MPa Contrainte de cisaillement (ou de
cission) 2.1 Description de la méthode
γrz Cisaillement (ou glissement unitaire)
Ω MPa Densité d’énergie interne La méthode a été développée pour les coques minces
[B ] Matrice reliant les déplacements aux axisymétriques sous chargement axisymétrique. Elle consiste à
nœuds aux déformations modéliser, de façon approchée, l’appareil sous pression étudié par
[C ] Matrice d’amortissement un ensemble de coques de géométrie très simple (cylindre, sphère,
[D ] Matrice d’élasticité reliant contraintes et plaque, cône) pour lesquelles une solution des champs de
déformations déplacement et de contraintes sous les sollicitations appliquées est
[K ] Matrice de raideur calculable analytiquement.
[L ] Opérateur matriciel reliant déformation La jonction de ces coques entre elles est réalisée de façon
et déplacement
approchée par utilisation de la méthode des forces généralisées :
[M ] Matrice de masse deux coques consécutives sont reliées en un seul point, générale-
[N ] Matrice des fonctions de forme ment sur la fibre moyenne, pour lequel on impose la continuité du
[U ] Vecteur des déplacements déplacement radial et de la rotation méridienne. Cela est obtenu en
[F ] Vecteur des forces s’exerçant sur un appliquant à chaque coque, séparément, au droit de la section de
nœud raccordement, un torseur (moment méridien, effort radial et effort
[f ] Vecteur des forces aux nœuds longitudinal) égal et opposé. Cette méthode repose sur le principe
équivalentes aux forces réparties de Saint-Venant qui veut que l’effet de l’approximation faite à la
s’exerçant sur l’élément ou la structure jonction de raccordement reste local.
[ε] Vecteur des déformations
L’application de la méthode se fait comme suit.
[σ] Vecteur des contraintes
— Chaque élément de coque est étudié séparément. On calcule
les déplacements et rotations à ses deux extrémités sous l’effet :
• des sollicitations connues qui lui sont appliquées (par
exemple pression, température) ;
1. Réglementation • des sollicitations inconnues que sont les torseurs appliqués à
ses deux extrémités.
et contraintes Les principaux articles ou ouvrages où se trouvent ces solutions
sont donnés en [1] à [6].
Le dimensionnement des appareils sous pression exige la vérifi- — On assemble les divers éléments de coques. Pour cela on
cation d’un certain nombre de règles qui ont été codifiées dans des écrit qu’à chaque jonction :
codes tels que le CODAP [24], le RCC-M [25], l’ASME [26], etc. La • il y a continuité du déplacement et des rotations ;
satisfaction de ces règles permet de se prémunir contre un certain • le torseur résultant de la somme des deux torseurs appliqués
nombre de modes de ruine qui sont décrits dans l’article Bases de séparément à chaque coque est nul.
calcul des enceintes sous pression [A 843] de ce traité. On obtient un système d’équations linéaires dont la résolution
Le principe de ces règles est de comparer un terme exprimant les fournit les valeurs des forces et des moments aux jonctions.
sollicitations mécaniques et/ou thermiques à un terme admissible — Il est alors possible sur chaque élément de coque de calculer
traduisant la résistance des matériaux. Le terme de comparaison le champ de déplacement et le champ de contraintes. Le calcul des
utilisé est la contrainte équivalente, soit celle donnée par la formule valeurs numériques des déplacements et rotations résultant de

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________________________________________________________________________________________ MÉTHODES D’ANALYSE DES APPAREILS À PRESSION

l’application des formules analytiques est traité par ordinateur dans Application numérique : au point de jonction ( z = 0) on
les cas compliqués (par exemple, dans le cas des cônes, il faut obtient (§ 2.3) :
calculer des fonctions de Bessel). La résolution du système
d’équations linéaires se fait également à l’aide de l’ordinateur. Eu 0 = 167,109 5 Q 0 + 1 112,988 M 0 + 6,821 841 × 107
E θ0 = 1 112,988 Q 0 – 14 825,5 M 0

2.2 Limites de validité


2.3.2 Étude du fond seul

Le domaine d’application de la méthode est limité aux coques Les formules de base sont celles de la plaque circulaire appuyée
minces axisymétriques sous chargement axisymétrique dans le sur sa périphérie.
domaine élastique. Le moment et la force (M 0 et Q 0) sont appliqués au point O non
Il faut noter que les jonctions entre les éléments d’une coque se situé sur la ligne moyenne. Dans les formules ci-après la correction
trouvent aux endroits de discontinuité géométrique, c’est-à-dire qui en résulte est exprimée au moyen de coefficients qui se trouvent
justement là où les contraintes sont maximales et où une dans le tableau 1. (0)
approximation est faite.
L’utilisation de la théorie des coques minces permet de calculer
Tableau 1 – Valeurs des coefficients de correction
des contraintes de membrane et de flexion, mais pas les effets locaux
de concentration de contrainte. F 1 , F 2 , F 3 et F 4 en fonction de e/Re
La pratique consiste alors à estimer un facteur de concentration e /R e F1 F2 F3 F4
de contraintes tiré d’un formulaire [7].
0,00 1,050 0 2,475 0 4,200 0 1,000 0
0,02 1,011 2 2,414 9 4,129 0 0,993 0
2.3 Exemples d’application 0,04 0,972 9 2,354 6 4,058 9 0,986 1
0,06 0,934 9 2,294 3 3,989 7 0,979 3
0,08 0,897 4 2,233 8 3,921 3 0,972 5
Soit un réservoir cylindrique long muni d’un fond plat, soumis à 0,10 0,860 4 2,173 4 3,853 8 0,965 8
une pression interne p (figure 1). Ses caractéristiques sont : 0,12 0,823 8 2,112 9 3,787 1 0,959 2
0,14 0,787 8 2,052 4 3,721 3 0,952 7
e = 0,048 m 0,16 0,752 3 1,991 9 3,656 2 0,946 2
R e = 0,800 m  0,18 0,717 3 1,931 5 3,592 0 0,939 8
Re + Ri
 - = 0,776 m
R m = ------------------- 0,20 0,683 0 1,871 2 3,528 6 0,933 5
R i = 0,752 m  2

t = 0,140 m
E = 2 × 10 5 MPa Au point O, on a les formules :
3
ν = 0,3 2F 3 R e Re F1 R e p
Eu 0 = ------------------- Q 0 + F 3 -------
- M 0 – --------------------
-
p = 6,5 MPa 3t t2 2t 2
3
Re Re F1 R e p
Dans le modèle utilisé, la convention des sens donnés au - Q + 2F 3 -------
Eθ 0 = F 3 ------- - M 0 – --------------------
-
moment méridien M et à l’effort tranchant Q traduit l’équilibre à la t2 0 t3 t3
jonction (figure 1).
Application numérique : avec les valeurs numériques des
paragraphes 2.3 et 2.3.1 et sachant que e /Re = 0,048/0,8 = 0,06, on en
2.3.1 Étude du cylindre seul déduit que (tableau 1) : F1 = 0,934 9 ; F 3 = 3,989 7 et :

Les formules ci-après sont tirées de [1] : Eu 0 = 15,198 85 Q 0 + 162,844 9 M 0 – 7,937 11 × 107

E θ0 = 162,844 9 Q 0 + 2 326,356 M 0 – 1,133 873 × 109


2λR 2m 2 λ 2 R 2m
Eu = – ------------------ e – λ z cos λ z Q 0 + --------------------- e – λ z ( cos λ z + sin λ z ) M 0
e e
2 2
2 R m (1 – 2ν) + R e (1 + ν)
+ pR i -------------------------------------------------------------------
R m ( R e – R 2i )
2

2 2
2λ 2 R m 4 λ3 R m
E θ = --------------------- e – λ z ( cos λ z + sin λ z ) Q 0 – --------------------- e – λ z cos λ z M 0
e e
3 ( 1 – ν2 )
avec λ4 = -------------------------
2
,
R m e2
M0 , Q 0 valeurs de M et Q par unité de longueur à l’abscisse
z = 0,
u, θ valeurs du déplacement et de la rotation à
l’abscisse z. Figure 1 – Réservoir cylindrique à fond plat
Nota : la formule du déplacement radial dû à l’effet de la pression tient compte de l’effet
de fond.

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Conception des circuits fluides


en eau
Processus de conception simplifié Q

par Olivier COSTE


Ingénieur ENSPG
Remerciements à Mme C. Gibaud Aziza, ingénieur ESM2 et Mr H. Guillermain, diplômé de
l’Université Paris V, pour leur aide précieuse à l’élaboration de cet article.

1. Terminologie .............................................................................................. BM 6 200 - 2


2. Expression de besoin (phase de faisabilité :
jalon « 0 » à jalon « 1 ») ......................................................................... — 5
3. Conception préliminaire (phase de definition
jalon « 1 » à jalon « 2 ») ......................................................................... — 7
4. Conception détaillée (phase de développement
jalon « 2 » à jalon « 3 ») ......................................................................... — 12
5. Synthèse des processus ......................................................................... — 16
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 6 200

et article a pour objet de décrire les dispositions de maîtrise d’un pro-


C cessus simplifié d’études de systèmes fluides. Cet article constitue un
guide, il doit être adapté systématiquement à la taille du projet et à sa spécifi-
cité, et doit être utilisé comme une aide pour le déroulement des études des
systèmes fluides. Les documents listés dans le corps du texte sont donnés à
titre indicatif et seront nécessaires à la réalisation de la plupart des grands pro-
jets. La description de ces processus est linéaire pour une plus grande clarté
sur l’enchaînement des tâches, mais leur logique et leur traitement sont
souvent de type itératif.
La conception des systèmes fluides : intérêts et enjeux
Il s’agit d’apporter les connaissances minimales requises à la conception de
systèmes fluides en eau, tant sur le plan technique (en proposant des rappels)
que sur le plan de la méthode (en proposant un processus simplifié). D’autres
articles aborderont spécifiquement la conception des circuits fluides en air, en
vapeur.
Un système fluide en eau est un assemblage plus ou moins complexe de
matériels divers contenant ou véhiculant de l’eau. Cet article et les autres qui
suivent tentent d’apporter des éléments de réponse à la question « comment
concevoir un système fluide ? », de sa version la plus préliminaire, à sa version
la plus détaillée.
La tâche incombe en général à l’ingénieur de bureau d’études en charge de
conception procédé. Dans l’industrie, le concepteur d’un système fluide joue
un véritable rôle d’ensemblier auprès de nombreux métiers en interface. Le
p。イオエゥッョ@Z@ェオゥャャ・エ@RPQP

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CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU ____________________________________________________________________________________________

concepteur d’un système fluide doit faire preuve d’un bon sens pratique, être
un assidu de l’analyse fonctionnelle, être toujours force de proposition, être
sensible aux aspects coûts, et s’appuyer, quand c’est possible, sur le retour
d’expérience d’installations similaires existantes, et donc sur les connaissances
de ceux qui ont déjà exploité des installations similaires à celle qu’il conçoit.
Prérequis à la conception de systèmes fluides

Q Cet article [BM 6 200] présente de manière simplifiée le processus type de


conception d’un système fluide, c’est-à-dire la stratégie générale de conception
d’un circuit, depuis la phase d’expression de besoin (l’émission du cahier des
charges fonctionnel), jusqu’à la mise en service du circuit (rédaction des pro-
grammes d’essais).
L’article [BM 6 201] présente des rappels d’hydraulique, d’échangeurs ther-
miques, de chimie.
L’article [BM 6 202] présente des rappels de technologie (pompes, sectionne-
ments, etc.), avec des descriptions, des conseils de choix.
L’article [BM 6 203] présente le couplage d’une pompe centrifuge avec un
système fluide.
L’article [BM 6 204] présente quelques exemples de système fluide simples, à
un stade d’étude « préliminaire ».
Dans ces cinq dossiers, nous tentons d’être le plus général possible, même si
nous prenons la liberté de détailler certains aspects plutôt que d’autres.

D’un simple croquis au début du projet avec des boîtes noires


1. Terminologie représentant des pompes, des échangeurs, des réservoirs, des
croix représentant des vannes, des traits grossiers représentant
des tuyauteries, le croquis décrivant l’ossature incertaine d’un cir-
cuit, finit par devenir un schéma de principe à mi-projet qui définit
Principaux sigles employés dans l’article une architecture préliminaire.
À ce moment-là, le choix des principaux composants
CDCF Cahier Des Charges Fonctionnel « critiques » (les plus volumineux qui doivent être anticipés en
fabrication par exemple) est en général réalisé ; une préétude de
DD Dossier de Définition calcul permettant d’estimer les performances des circuits (plus
gros tuyaux, vannes, pompes, réfrigérants, réservoirs...) a été réali-
DJD Dossier Justificatif de la Définition sée, et on commence à spécifier le besoin vers les métiers « en
aval », comme les exigences de contrôle-commande, d’aménage-
NDE Note de Définition ment, etc.
En fin de projet, le schéma « procédé » est élaboré, il est très
NDI Note de Dimensionnement détaillé, (après finalisation des calculs par exemple...). Sur ce
schéma, les composants se sont multipliés, leur représentation
NJD Note Justificative de la Définition graphique s’est enrichie, le diamètre des tuyauteries apparaît, les
types de pompe, d’échangeurs, de vannes, sont précisés, le repé-
REX Retour d’EXpérience rage des composants est exhaustif, une nomenclature décrivant
toutes leurs caractéristiques a été élaborée. Ce schéma décrit
STB Spécification Technique de Besoin comment le besoin a été traduit en solutions.

■ Nomenclature
■ Schéma fluide La nomenclature est la description de détail des constituants
d’un circuit et de ses conditions d’utilisation. Bien plus qu’une
Le schéma est un des vecteurs de la communication graphique. simple liste, il s’agit d’un document de référence exprimant sous
Il a pris une importance considérable dans nos sociétés tech- une forme compacte et codifiée des informations diverses.
niques. Il est utilisé couramment dans la vie quotidienne mais son
On y trouve aussi bien le descriptif des composants du circuit
domaine privilégié est celui du monde industriel. Le schéma se
que celui des plans et autres définitions CAO (conception assistée
définit comme une présentation simple et abstraite de la réalité. La
par ordinateur), mais également, par exemple, des références à
schématisation est un système de pensée et un moyen de
des cahiers des charges et des règlements ou encore des résultats
communication, et le schéma un outil d’aide à la création et un
de calcul.
agent de transmission de l’information. Le schéma montre bien
l’évolution de la conception d’un système fluide, puisque tout au Cela s’applique aux éléments conçus en interne, à l’aide des
long du processus de conception, il s’enrichit sans cesse. moyens propres à l’entreprise, mais aussi aux produits obtenus

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_____________________________________________________________________________________________ CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU

auprès de fournisseurs extérieurs. La nomenclature est un langage du concept de circuit retenu et du besoin spécifié et à étudier
commun propre à chaque entreprise, servant de support à la les principaux moyens et procédés assurant que la définition
communication entre techniciens, quelles que soient leurs spéciali- est productible.
tés et localisations géographiques.
Des clés techniques (Ti), ou jalons contrat, peuvent être impo-
Souvent considérée à tort par les concepteurs comme un travail sées par le projet et correspondent aux dates de livraison des
administratif effectué au dernier moment lorsque le « vrai » travail documents au client.
technique est terminé, la nomenclature devient de plus en plus un


travail essentiel, réalisé a priori et servant d’outil de pilotage du ■ Phases et jalons de phase
travail d’étude.
Jalon « 0 » : jalon associé à la décision de démarrer la phase de
■ Cycle de vie et des phases faisabilité.
Le processus de conception est divisé en trois étapes : l’expres- Phase de faisabilité : groupement des tâches de recherche et
sion de besoin, la conception préliminaire et la conception d’évaluation des concepts de solution susceptibles de répondre au
détaillée (voir tableau 1). Il conduit, pour le 1er, à « l’état besoin en cours de validation.
fonctionnel », pour le 2e, à « l’état spécifié », pour le 3e, à « l’état
défini ». Jalon « 1 » : jalon associé à la décision sur le ou les concepts de
Ce processus s’étend sur trois phases : faisabilité, définition, et solution à retenir pour la phase de définition.
développement (voir tableau 1). Phase de définition : groupement des tâches permettant
Chaque processus, cadencé par un certain nombre de jalons d’approfondir le concept de solution pour en arriver à un concept
processus, est destiné à faire passer le circuit d’un état à un autre : de produit (objet accomplissant un ensemble de fonctions qui
peuvent être organisées suivant une arborescence fonction) et de
• Expression de besoin (EB) : ensemble des tâches qui
préparer l’organisation des phases ultérieures avec notamment
concourent à optimiser l’expression du besoin fonctionnel et
l’affinement des estimations de coûts et des délais permettant de
à faire passer du besoin fonctionnel au besoin spécifié.
limiter les risques associés.
• Conception « préliminaire » (CP) : ensemble des tâches qui
concourent à explorer les divers concepts de solution pour Jalon « 2 » : jalon associé à la décision de lancement du déve-
aboutir au choix du concept optimal répondant aux besoins loppement.
fonctionnels et spécifiés. Phase de développement : groupement des tâches de concep-
• Conception « détaillée » (CD) : ensemble des tâches qui tion détaillée à partir du concept de produit retenu, et de qualifi-
concourent à définir complètement le produit défini à partir cation de la définition du produit.

Tableau 1 – Cycle de vie et phases


CYCLE DE VIE PHASES (JALONS) STADES
ÉTATS (document
PROCESSUS PHASES STADES
de référence)
BESOIN
Expression
FONCTIONNEL FAISABILITÉ (jalon 0 à 1)
de besoin
(CDCF) CONCEPTION
BESOIN SPÉCIFIÉ Conception Conception
DÉFINITION (jalon 1 à 2)
(STB) préliminaire
CIRCUIT DÉFINI Conception
(DD) détaillée Développement DÉVELOPPEMENT (jalon 2 à 3)
Qualification
CIRCUIT RÉALISÉ Industrialisation RÉALISATION
Approvisionnement Production
PRODUCTION
Fabrication
Montage
CIRCUIT Livraison
EN SERVICE
Intégration
Acceptation
Suivi technique (en acquisition)
UTILISATION UTILISATION
Exploitation
Maintenance
Ravitaillement Soutien
Suivi technique

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CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU ____________________________________________________________________________________________

Jalon « 3 » : jalon associé à la décision de lancement de la pro- ■ DD (dossier de définition)


duction. Il regroupe (liste non exhaustive) la STB, la NDE, les schémas, la
Phase de production : groupement des tâches permettant de nomenclature.
réaliser les divers exemplaires du produit conformes à la défini-
tion. ■ DJD (dossier justificatif de définition)
Phase d’utilisation : groupement des tâches d’exploitation et de Il regroupe (liste non exhaustive) la NJD, la NDI.
soutien des divers exemplaires du produit après leur mise en ser- ■ STB (spécification technique de besoin)


vice et jusqu’à leur fin de vie.
Elle constitue la référence technique du circuit fluide à l’état spé-
■ États du circuit dans son cycle de vie cifié. Elle intervient au stade de la conception du circuit. La STB
Besoin fonctionnel : le circuit est défini par un besoin exprimé d’un circuit a pour objet la spécification des exigences fonction-
dans un langage d’utilisateur généralement sous forme de fonc- nelles et techniques relatives à ce circuit. La STB décrit le circuit
tions attendues. fluide à définir et à réaliser le « quoi », limitant le « comment »
lorsqu’elle est émise à l’état préliminaire aux choix de conception
Besoin spécifié : le circuit est défini par un besoin exprimé dans imposés, cela dans le but de maintenir initialement des marges de
un langage technique et contractuel sous forme de spécifications à liberté suffisantes pour la conception du circuit fluide. La STB pré-
satisfaire (un coût objectif peut être associé). cise le concept choisi du circuit fluide vis-à-vis des exigences fonc-
Circuit défini : le circuit est défini par un ensemble de données tionnelles, de performances et de coût, énoncées dans le CDCF de
permettant de l’identifier, de le produire et de l’utiliser. référence. La STB exprime ainsi :
Circuit réalisé : le circuit est constitué de divers composants – les exigences fonctionnelles associées au cycle de vie du cir-
fabriqués, avant leur entrée en service. cuit fluide (conditions d’environnement, conditions de fonction-
nement, maintenance, etc.) ;
Circuit vivant : le circuit est constitué de divers composants en
– les exigences issues des contraintes d’ensemble
service, exploités et soutenus par l’utilisateur.
(disponibilité...) ;
■ CDCF (cahier des charges fonctionnel) – les exigences relatives aux interfaces ;
Le CDCF n’impose aucune solution. Il est nécessaire afin de ne – les exigences de conception et de réalisation (solutions impo-
pas freiner la créativité en imposant des solutions qui risquent sées ou interdites, etc.) ;
d’être dépassées. Il exprime le besoin en termes de résultat sans – les exigences de qualification (essais, calculs, etc.).
faire allusion à des solutions. Il facilite l’innovation, il constitue une L’évolution de la STB suit un processus nécessairement itératif.
référence entre partenaires, il fournit un cadre de réponse à un Dans ce processus d’optimisation, le besoin s’affine au fur et à
appel d’offres, il sert de base à l’établissement du cahier des mesure de l’apparition de solutions possibles, puis se précise par
charges général. Pour mémoire, il faut toujours classer les fonc- le resserrement des marges de liberté de conception. La STB sert
tions par catégorie : de référence pour la validation ultérieure de la conception du cir-
– les fonctions « principales de service » (exemple : épurer une cuit fluide, prononcée à l’occasion des essais, elle permet de figer
eau) ; l’expression du besoin aux niveaux supérieurs de l’arborescence
– les fonctions complémentaires de service (exemple : l’eau doit fonctionnelle et de répercuter ce besoin sous forme d’interfaces
aussi être filtrée) ; fonctionnelles et physiques aux niveaux inférieurs.
– les contraintes dues à l’environnement (externe ou interne) ; Une STB constitue le vecteur privilégié pour intégrer les
– les contraintes dues à la réglementation, aux normes, aux contraintes amont, issues des résultats des études d’ensemble au
invariants ; fur et à mesure de leur avancement. En phase de définition, on
– les contraintes dues à la technologie (exemple : les résines renverra autant que possible la rédaction des paragraphes de la
sont inefficaces au-delà de 60 oC) ; STB définissant les exigences issues des contraintes d’ensemble,
– les fonctions techniques : encore appelées fonctions de aux documents de spécification à caractère général émis pour
conception ou de construction. Elles répondent à un besoin de l’ensemble du projet, ce qui conduit implicitement à prendre en
conception ou de construction que l’utilisateur du circuit n’a pas compte leurs évolutions en cours d’étude pour la conception du
forcément demandé. Bien souvent, il les ignore. Elles sont en circuit fluide. Cette disposition réduit le caractère autoporteur de la
quelque sorte les supports des fonctions de service (exemple : il STB mais présente l’avantage notable de limiter les mises à jour
faut refroidir l’eau à épurer). des STB en phase de définition, aux seules évolutions des don-
nées techniques propres au circuit fluide. La STB ne spécifie pas
■ Critère, niveau, négociabilité les études qu’il faut mener sur un circuit, mais le besoin technique
Une bonne conception de circuit se mesure à la proportion de à satisfaire.
fonctions techniques par rapport aux fonctions de service : on peut
■ NDE (note de définition)
estimer que le rendement d’une solution est correct lorsqu’il est
compris entre 0,5 et 0,7. On apprécie telle ou telle fonction par un En général, le schéma et la nomenclature (description du
« critère d’appréciation » : critère retenu pour apprécier la manière « comment ») font l’objet d’une note support qui peut être suffi-
dont une fonction est remplie ou une contrainte respectée. Une sante pour répondre aux exigences de la STB. Il peut être intéres-
fonction se caractérise rarement par un seul critère (exemple : tem- sant, pour une meilleure compréhension du circuit, de compléter
pérature de fonctionnement des résines). Le « niveau » apporte la le schéma fonctionnel et la nomenclature par une note décrivant
précision voulue. C’est en général une valeur numérique dans le détail le fonctionnement du circuit au cours du fonction-
(exemple : la température de l’eau en entrée du pot de résine doit nement normal, au cours du fonctionnement incidentel, en phase
être inférieure à 50 oC). En discutant avec le client, on octroie aux de maintenance, etc. Ce document associe autant que faire se peut
niveaux un « degré de négociabilité » (exemple : 50 oC n’est pas les matériels dessinés sur le schéma fonctionnel et les exigences
négociable), qu’il ne faut jamais perdre de vue, afin de faciliter les fonctionnelles.
futurs arbitrages technico-économiques, à la base de l’analyse de
la valeur qui permet de chiffrer le coût d’un circuit, tant en ■ NJD (note justificative de la définition)
conception, qu’en exploitation. Le CDCF n’est cependant pas suffi- Ce document analyse et justifie la prise en compte des exi-
samment précis en matière d’exigence de résultat pour pouvoir gences d’une STB, tout au long du processus d’étude. Une exi-
constituer un document contractuel de référence : l’expression gence peut être « acquise », « non acquise », « non encore
contractuelle du besoin est réservée au concept de STB. acquise ».

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Conception des circuits fluides en eau


Rappels fondamentaux

par Olivier COSTE
Ingénieur ENSPG

1 . Canalisations, tuyauteries ..................................................................... BM 6 201 - 2


1.1 Matériaux...................................................................................................... — 2
1.2 Diamètres et caractéristiques des canalisations ....................................... — 2
2 . Hydraulique ................................................................................................ — 2
2.1 Quelques grandeurs physiques utiles en hydraulique ............................. — 2
2.2 Rappels de certains théorèmes utilisés en hydraulique ........................... — 3
3 . Diagrammes de l’eau ............................................................................... — 6
4 . Transferts thermiques et échangeurs ................................................ — 7
4.1 Capacité thermique ...................................................................................... — 7
4.2 Mode de transfert de chaleur ...................................................................... — 7
4.3 Échangeur de chaleur .................................................................................. — 7
5 . Chimie.......................................................................................................... — 9
5.1 Quelques grandeurs utiles en chimie de l’eau .......................................... — 9
5.2 Traitement des eaux. Divers procédés ....................................................... — 12
5.3 Cristallisation................................................................................................ — 15
6 . Filtration ..................................................................................................... — 17
6.1 Généralités et définitions ............................................................................ — 17
6.2 Définition des principaux termes liés à la filtration .................................. — 17
6.3 Principe général de la filtration ................................................................... — 17
6.4 Filtres de tuyauterie ..................................................................................... — 18
6.5 Effet de « peau mince » ............................................................................... — 18
7 . Séparation .................................................................................................. — 18
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 6 201

et article a pour but de rappeler certaines notions rencontrées fréquem-


C ment dans le domaine de la conception des systèmes fluides en eau.
Nous tentons d’être le plus général possible, même si nous prenons la liberté
de détailler certains aspects plutôt que d’autres. La littérature spécialisée
comblera sans peine tout manquement ou imprécision dans ce présent article,
et nombreux sont les renvois vers les articles plus spécialisés des Techniques
de l’Ingénieur.
p。イオエゥッョ@Z@ェ。ョカゥ・イ@RPQP

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CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU ____________________________________________________________________________________________

1. Canalisations, tuyauteries 2. Hydraulique


Remerciements à M. P. Ramassamy pour son aide précieuse 2.1 Quelques grandeurs physiques
à l’élaboration de cet article.
utiles en hydraulique
• Masse volumique : c’est le rapport entre une masse m (en kg)

Q 1.1 Matériaux de matière homogène et le volume V (en m3) occupé par cette
masse en kg · m–3 : ρ = m/V. On utilise parfois son inverse appelé
volume massique. On constate que les masses volumiques des
Les aciers utilisés pour la fabrication des canalisations des
liquides sont de l’ordre de 1 000 fois plus élevées que celles des
réseaux des bâtiments et de l’industrie peuvent être :
gaz (les liquides sont sous une forme plus condensée que les gaz).
Lorsque le fluide garde une masse volumique constante, on dit
• De l’a c i e r « n o ir » : c’est un acier doux dont la fabrication à
que le fluide est en écoulement incompressible. Dans le cas
chaud lui confère une oxydation superficielle. Cette couche super-
contraire, on parle d’écoulement compressible. Les liquides
ficielle formée d’oxydes de fer de couleur noire lui a donné son
peuvent être considérés, dans une large mesure, comme étant en
nom commun. Cette couche de calamine peu adhérente au métal
écoulement incompressibles.
sous-jacent se détache dès les premières mises en service. En
fonction des températures et pressions, différentes qualités sont • Densité : c’est le rapport entre la masse d’un certain volume
disponibles. du corps et la masse du même volume d’un corps de référence : la
densité d’un liquide est souvent donnée par rapport à l’eau prise à
• De l’a c i e r g a l v a n i s é : il est en général employé pour les tuyau- 4 oC sous 1 013 mbar (masse volumique 1 000 kg · m–3).
teries véhiculant de l’eau destinée à la consommation humaine • Viscosité : dans un fluide réel, les forces de contact ne sont
(eau froide et eau chaude sanitaire) dans les installations où l’utili- pas perpendiculaires aux éléments de surface sur lesquels elles
sation du cuivre n’est plus intéressante, et en transport d’eau tech- s’exercent. La viscosité est due à ces frottements qui s’opposent
nique froide. au glissement des couches fluides les unes sur les autres. Les phé-
nomènes dus à la viscosité des fluides ne se produisent que lors-
• De l’a c i e r i n o x y d a b l e : utilisé dès que le fluide transporté ne que ces fluides sont en mouvement. Il s’agit d’une caractéristique
doit subir strictement aucune altération ou que l’on ne peut tolérer du fluide pompé : elle représente sa capacité à s’opposer au dépla-
aucun risque de corrosion. Il est employé dans les domaines de cement. La viscosité varie en fonction de la température : quand il
l’agroalimentaire, des industries pharmaceutique et chimique, ou y a élévation de température, la viscosité de l’eau diminue. La vis-
dans le nucléaire. Il existe une multitude de classes d’aciers inoxy- cosité d’un liquide ne varie quasiment pas avec la pression. Cette
dables qui, comme leur nom ne l’indique pas, ne sont pas tous influence peut être négligée pour l’eau en-dessous de 40 bar.
sans risque de corrosion : le choix de l’acier est fonction du liquide
transporté. La viscosité dynamique, notée µ s’exprime en Pa · s. Pour l’eau,
µ = 10–3 Pa · s à pression et température ambiantes.
• Dilatabilité : la dilatabilité exprime la variation de volume que
subit un matériau sous l’influence de la température. Pour l’eau,
1.2 Diamètres et caractéristiques cette grandeur peut être négative ou positive suivant la tempéra-
des canalisations ture. D’une façon générale, les matériaux se dilatent lorsque la
température s’élève.
• Diamètre extérieur : diamètre maximal entre la génératrice • Compressibilité : la compressibilité exprime la variation de
supérieure et la génératrice inférieure d’un tuyau. masse volumique sous l’effet de la pression. On dit souvent que
l’eau est un fluide incompressible. Ce n’est pas tout à fait exact : sa
• Diamètre intérieur : diamètre extérieur d’un tuyau circulaire compressibilité est suffisante pour que le niveau des océans soit
réduit de deux fois l’épaisseur. de 40 m plus bas que si l’eau était réellement incompressible.
• Thermosiphon : du fait de la variation de masse volumique de
• DN : désignation alphanumérique conventionnelle, relative à
l’eau en fonction de la température (cela est vrai pour tous les
la taille d’un composant de tuyauterie et utilisée à des fins de réfé-
corps fluides : « l’air chaud monte »...), certaines installations fonc-
rence. Cette désignation est exprimée par le sigle DN suivi d’un
tionnent sans pompe : on obtient une circulation naturelle de l’eau
numéro approprié. Ce numéro n’est relié que de manière approxi-
dans l’installation du fait de la différence de masse volumique
mative aux dimensions de fabrication. Il ne représente pas une
entre l’eau chaude et l’eau refroidie. Cela conduit à avoir des dia-
valeur mesurable et ne doit jamais être utilisé dans les calculs, ni
mètres de tuyauterie importants, des températures de l’eau éle-
être suivi d’une unité.
vées au départ de la source chaude, et de ne pas calorifuger les
canalisations afin d’améliorer le « tirage ».
• ISO PN : désignation alphanumérique conventionnelle, rela-
tive à la résistance mécanique d’un composant de tuyauterie et uti- • Pression absolue : c’est la pression par rapport à la pression
lisée à des fins de référence. Cette désignation est exprimée par le du vide parfait, c’est-à-dire en prenant comme référence p = 0.
sigle ISO PN suivi d’un numéro approprié. • Pression relative ou effective : sous-entendu relativement à la
pression de l’atmosphère (≈ 1 bar), c’est la pression mesurée par
• Pression de calcul : pression différentielle choisie pour les cal- rapport à celle de l’atmosphère. Ainsi définie, la pression effective
culs de résistance mécanique d’un composant, à la température de peut être négative, pour un composant en « dépression » ou « sous
calcul, pour le dimensionnement de celui-ci. vide ».
• Pression maximale admissible : pression différentielle positive • Pression différentielle : c’est une différence entre deux pres-
maximale qu’un composant peut supporter à une température sions. La pression relative est une pression différentielle (diffé-
donnée, de façon permanente. rence entre la pression dans une canalisation et la pression de
l’atmosphère extérieure) mais une pression différentielle n’est pas
• Pression de rupture : pression à laquelle se produit la rupture obligatoirement une pression relative.
du composant soumis à une pression progressivement croissante. Ces trois différentes définitions sont illustrées sur la figure 1.

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_____________________________________________________________________________________________ CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU

Les liquides peu dilatables sont souvent en écoulement


Point A incompressible (masse volumique constante) : on parle alors
d’écoulements isovolumes.
pA pression
Pression relative
Pression absolue
en A (> 0)
• Écoulements permanents ou stationnaires : un régime d’écou-
différentielle en A lement est dit permanent ou stationnaire si les paramètres qui le
entre A et B caractérisent (pression, température, vitesse, masse volumique...),
Pression
ont une valeur constante au cours du temps.


atmosphérique
Pression relative
en B (< 0) • Hauteur d’élévation ou pression totale : hauteur de soulève-
ment d’un liquide : le pompage sous-entend l’élévation d’un
Point B
pB pression absolue en B liquide depuis un niveau plus bas vers un niveau plus haut.
Exprimé en mètres de colonne de liquide ou en bar (pression).
Vide absolu p = 0
• Pression d’aspiration : pression disponible à l’entrée d’un
composant, en général à l’aspiration d’une pompe.
Figure 1 – Différentes pressions en hydraulique
• Pression de refoulement : pression disponible à la sortie d’un
composant, en général au refoulement d’une pompe.
• Pression de vapeur : si dans une enceinte vide (à température
ambiante par exemple) on injecte de l’eau, celle-ci va se vaporiser. • Pompe en charge : type particulier d’installation de la pompe,
Au fur et à mesure que la masse d’eau injectée augmente, la pres- où celle-ci est située à un niveau inférieur à celui de la veine où
sion va monter jusqu’à une limite appelée pression de vapeur l’eau est prélevée : de cette façon, l’eau entre en général spontané-
saturante (autrefois appelée tension de vapeur). Ensuite, tout ment dans la pompe sans aucune difficulté.
volume d’eau introduit reste à l’état liquide. Si l’on augmente la
température de l’enceinte, le volume d’eau liquide diminue pour • Amorçage : remplissage de la pompe ou de la tuyauterie par
atteindre (s’il y a au départ suffisamment de liquide) une nouvelle retrait de l’air que celle-ci contient. Dans certains cas, il peut y
pression. On a donc correspondance entre la pression d’une avoir des pompes auto-amorçantes, c’est-à-dire équipées d’un
vapeur en présence de liquide et la température. La vapeur qui mécanisme automatique qui facilite l’amorçage et, par
coexiste avec le liquide est appelée vapeur saturée. Si il n’y a plus conséquent, le démarrage de la pompe qui, autrement, serait
de liquide en présence de la vapeur, celle-ci est communément impossible ou tout au moins très lent.
appelée vapeur surchauffée. En chauffage vapeur on préfèrera uti-
liser de la vapeur saturée. Pour l’entraînement de turbine, il sera • Cavitation : une pompe est construite pour véhiculer un fluide
au contraire impératif d’utiliser une vapeur surchauffée pour éviter et non un gaz. Dans certain cas, l’eau à l’entrée de la pompe peut
toute érosion (voire pire) liée à la présence de gouttes de liquide. se vaporiser (en fonction de la pression et de la température) ;
c’est le phénomène de cavitation. Si une pompe cavite, le débit
d’eau chute fortement et les changements d’état de l’eau créent un
Unités de pression
martèlement à fréquence élevée. La documentation technique de
On utilise comme unité « légale, SI » le pascal : Pa la pompe indique la pression minimale à l’aspiration, en dessous
(1 Pa = 1 N · m–2), mais il y a beaucoup d’autres unités de laquelle la pompe ne doit pas travailler. Cette valeur s’appelle le
possibles, en fonction du domaine de pression étudié : NPSH (Net Positive Suction Head ).
– le bar : 1 bar = 105 Pa ;
– l’atmosphère : 1 atm = 101 325 Pa = pression exercée par
une colonne de mercure de 760 mm ; 2.2 Rappels de certains théorèmes
– le psi (unité anglo-saxonne), « pounds force per square
inch ») : 1 psi = 6 895 Pa ; utilisés en hydraulique
– le mètre de colonne d’eau (masse volumique prise à 4 oC
sous 1 atm) : 1 m CE = 9 807 Pa = pression exercée par 1 m de
colonne d’eau. Le m CE est très commode lorsque le fluide est
2.2.1 Théorème d’Archimède
l’eau mais ne se justifie pas pour les autres liquides.
« Tout corps plongé dans un fluide en équilibre est soumis de la
part de celui-ci à une poussée verticale dirigée de bas en haut,
• Débit : le débit est la quantité de fluide qui traverse une sec- égale au poids du volume de fluide déplacé ». Le point où toutes
tion droite de conduite et par unité de temps. les forces génèrent l’effort de poussée est appelé le centre de
Débit-masse : si ∆m est la masse de fluide qui a traversé une poussée. Il correspond au centre de gravité du fluide déplacé.
section droite de la conduite pendant le temps ∆t, par définition, le
débit-masse est :
2.2.2 Théorème de Pascal
∆m
Qm = (unité : kg ⋅ s−1)
∆t Un fluide incompressible transmet intégralement les pressions.
En effet, pour deux points A et B fixes, toute augmentation de
Débit-volume : si ∆V est le volume de fluide qui a traversé une pression en A se transmet en B, puisque la différence de pression
section droite de la conduite pendant le temps ∆t, par définition, le ne dépend que de la différence d’altitude, qui demeure constante.
débit-volume est :
∆V 2.2.3 Théorème de Bernoulli appliqué
Qv = (unité : m3 ⋅ s−1)
∆t à un fluide réel avec pertes de charge
Relation entre Q m et Q v : Lors de l’écoulement d’un fluide réel, il peut y avoir des pertes
de charge entre deux points (1) et (2). Toute occasion de ralentis-
Qm = ρQ v sement de la circulation normale du fluide déplacé représente
une cause de pertes de charge, comme les brusques change-
avec ρ masse volumique. ments de direction ou de section des tuyauteries. Dans le cas

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CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU ____________________________________________________________________________________________

d’une installation ne comportant pas de machine hydraulique


(pompe ou turbine) on écrira la relation de Bernoulli sous la
forme :
1
ρ (v 22 − v12 ) + ρ g (Z 2 − Z 1) + (p2 − p1) = − ∆ p
2 a écoulement laminaire b écoulement turbulent
(vue instantanée)
avec p1 pression statique au point 1,
p2 pression statique au point 2,

Q v1 vitesse du fluide au point 1,


v2 vitesse du fluide au point 2,
c écoulement turbulent
Z1 altitude du point 1,
(vue en pose)
Z2 altitude du point 2,
ρ masse volumique, Figure 2 – Types d’écoulement
g accélération due à la pesanteur.
∆p(Pa) représente l’ensemble des pertes de charge entre les
■ Nombre de Reynolds
points (1) et (2).
Rappelons que dans l’expression de la relation de Bernoulli, En utilisant des fluides divers (viscosité différente), et en faisant
ρ v 2/2 est la pression dynamique et ρ g Z est la pression hydrosta- varier le débit et le diamètre de la canalisation, Reynolds a montré
tique. que le paramètre qui permettait de déterminer si l’écoulement est
laminaire ou turbulent (voir figure 2) est un nombre sans dimen-
■ Expression des pertes de charge sion appelé nombre de Reynolds et donné par :
Lorsque l’on considère un fluide réel, en mouvement, il subit
des pertes d’énergie dans son parcours. Les pertes de charge ρvD vD
Re = ou Re =
dépendent de la forme, des dimensions et de la rugosité de la µ ν
canalisation, de la vitesse d’écoulement et de la viscosité du
liquide mais non de la valeur absolue de la pression qui règne avec ρ (kg · m–3) masse volumique du fluide,
dans le liquide. La différence de pression p = p1 – p2 entre deux v (m · s–1) vitesse moyenne,
points (1) et (2) d’un circuit hydraulique a pour origine :
– les frottements du fluide sur la paroi interne de la tuyauterie ; D (m) diamètre de la conduite,
on les appelle pertes de charge régulières ou systématiques ou µ (Pa · s ou kg · m–1 · s–1) viscosité dynamique du fluide,
linéaires ;
ν (m2 · s–1) viscosité cinématique (10–6 pour l’eau).
– la résistance à l’écoulement provoquée par les accidents de
parcours (coudes, élargissements ou rétrécissement de la section, Ce nombre compare les forces d’inertie aux forces de frottement
organes de réglage, etc.) ; ce sont les pertes de charge acciden- visqueux.
telles ou singulières. L’expérience montre que, pour des tuyaux rugueux :
Le problème du calcul de ces pertes de charge met en présence – si Re < 2 000 le régime est laminaire : dans un régime lami-
les principales grandeurs suivantes : naire, les forces de frottement visqueux dominent et imposent ce
• Grandeurs liées au fluide : régime. Pour une conduite cylindrique, la distribution des vitesses
est parabolique dans une section donnée. Les couches glissent les
– sa masse volumique ρ ;
unes sur les autres, et les lignes de courant ne se mélangent pas.
– sa viscosité cinématique ν.
Les cellules de fluide « gardent » leur individualité ;
• Grandeurs liées au tuyau : – si 2 000 < Re < 3 000 le régime est intermédiaire ou
– sa section (forme et dimension) en général circulaire (diamètre « transitoire » ;
D ), sa longueur L ; – si Re > 3 000 le régime est turbulent : à partir de certaine
– sa rugosité ε (hauteur moyenne des aspérités de la paroi). valeur de la vitesse d’écoulement, les transferts de quantité de
Ces éléments sont liés par des grandeurs comme la vitesse mouvement par convection dominent, et imposent un régime tur-
moyenne d’écoulement v ou le débit q et le nombre de Reynolds bulent. Les lignes de courant ne sont plus parallèles, mais emmê-
Re qui joue un rôle primordial dans le calcul des pertes de charge. lées. Les cellules de fluide se déplacent dans toutes les directions
(même à contre-courant). Le mélange des lignes de courant favo-
■ Rugosité ε rise l’homogénéisation des vitesses et des transferts de quantité
Le profil des vitesses et les pertes de charge dépendent forte- de mouvement, de matière et de chaleur.
ment de la rugosité ε des parois en régime turbulent. Pour une Ces valeurs doivent être considérées comme des ordres de gran-
conduite de diamètre D, on définit une rugosité relative par le quo- deur, le passage d’un type d’écoulement à un autre se faisant pro-
tient ε/D où ε est une épaisseur moyenne caractérisant la hauteur, gressivement.
la forme, le nombre, et la répartition des aspérités. Cette grandeur
est appelée rugosité absolue. ■ Pertes de charge « systématiques »
Quelques exemples de rugosité absolue ε (en mm) Ce genre de perte est causé par le frottement intérieur qui se
ɺ produit dans les liquides ; il se rencontre aussi bien dans les
• Tube étiré (verre, cuivre, laiton) : ε < 0,001.
tuyaux lisses que dans les tuyaux rugueux. Entre deux points
• Tube industriel en laiton : 0,025. séparés par une longueur L (m) dans un tuyau de diamètre D (m)
• Tuyau en acier laminé : apparaît une perte de pression exprimée sous la forme suivante (v
– neuf : 0,05 ; est la vitesse en m · s–1).
– rouillé : 0,15 < ε < 0, 25 ; En pascals (Pa) :
ɺ
• Tuyau en acier soudé :
– neuf : 0, 03 < ε < 0,1 ; ρv 2 L
∆p = λ
– rouillé : 0,4. ɺ 2 D

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Conception des circuits fluides


en eau
Rappels de technologie Q

par Olivier COSTE


Ingénieur ENSPG

1. Terminologie .............................................................................................. BM 6 202 - 2


2. Robinets ...................................................................................................... — 3
2.1 Sélection d’un robinet, notion de Kv et de Cv ........................................... — 3
2.2 Différents types de robinets ....................................................................... — 3
2.3 Manœuvre d’une vanne ............................................................................. — 8
3. Clapets......................................................................................................... — 10
3.1 Clapets de non-retour (CNR) ...................................................................... — 10
3.2 Clapets d’arrêt ............................................................................................. — 11
4. Éléments moteurs : les pompes ........................................................... — 12
4.1 Classification ............................................................................................... — 12
4.2 Pompes volumétriques............................................................................... — 12
4.3 Pompes dynamiques centrifuges .............................................................. — 14
5. Éléments de stockage ............................................................................. — 16
6. Éléments de surveillance ....................................................................... — 17
7. Éléments de protection des circuits ................................................... — 17
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 6 202

et article aborde plus spécifiquement les aspects composants, que l’on est
C amené à choisir pour satisfaire tel ou tel besoin fonctionnel, au cours de
la conception d’un système fluide. Il présente donc des rappels de technologie,
avec des descriptions, des conseils de choix.
Les principaux éléments rencontrés sur les systèmes fluides, et que nous
abordons au cours de cet article, sont les suivants :
– des éléments de liaison (tuyauterie, pièce de raccordement, etc.) ;
– des éléments de sectionnements (robinets, clapets, etc.) ;
– des éléments moteurs (pompes volumétriques, pompes centrifuges, etc.) ;
– des éléments de stockage (réserve de stockage, caisse de collecte, etc.) ;
– des éléments de surveillance (type de mesure, technique de mesure, etc.) ;
– des éléments de protection (soupape, casse vide, disque de rupture,
détendeur, etc.).
Les composants mécaniques (supportage), électrique, ou de calorifuge ne
sont pas abordés dans cet article.
p。イオエゥッョ@Z@ェ。ョカゥ・イ@RPQQ

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CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU ____________________________________________________________________________________________

1. Terminologie en particulier face au risque vibratoire. Le DN d’un piquage doit être


précisément calculé pour l’utilisation visée.
Ils sont essentiellement liés à des actions de maintenance,
■ Vocabulaire employé pour les tuyauteries exemples :
• Fonctions : conduire, transporter l’eau d’un matériel à un • Évent : pour vider l’air ou tout autre gaz d’un circuit : à dispo-
autre ; caractéristiques : De (Diamètre extérieur), Ep (épaisseur), ser en parties hautes du circuit, prévoir un col de cygne pour pro-
PMA (Pression Maximale admissible), TMA (Température Maxi- téger l’opérateur d’une projection.


male admissible), matière, soudable, non soudable. • Purge : pour vider/vidanger l’eau dans un circuit : à disposer
• Composant : ensemble d’éléments ou élément entrant dans la en parties basses du circuit.
composition d’une ligne de tuyauterie d’un circuit. • Prélèvement : il faut respecter les règles d’isolement à la pres-
• Élément : pièce, sous-ensemble, entrant dans la constitution sion et/ou à la température pour protéger l’opérateur. L’ouverture
d’un composant d’un circuit, ou le composant lui-même. est en général lente. Ce type de piquage peut comprendre une pro-
• Tube ou tuyau : composant de base d’une tuyauterie, tection en cas de rupture de ligne (clapet d’arrêt par exemple).
constitué par un corps creux et de section droite en général circu- • Mesures : par exemple, mesure de pression, mesure de tem-
laire, sur un circuit fluide en eau. pérature intrusive.
■ Vocabulaire employé pour les pièces de raccordement • Essai d’une pompe : en bout de piquage, un diaphragme peut
être prévu.
• Raccordement : jonction de deux composants de tuyauterie,
permettant la continuité de circulation de l’eau. • Mise en pression : par exemple pour un test d’étanchéité.
• Raccord : composant intermédiaire, en un ou plusieurs élé- Après utilisation, l’eau doit être purgée pour éviter tout effet
ments, destiné au raccordement de plusieurs composants de chaudière entre la vanne fermée et le bouchon.
tuyauterie. On distingue plusieurs types de raccords.
■ Vocabulaire employé pour les sectionnements
• Coude : raccord à deux orifices dont l’axe de l’un forme un
On distingue sous le nom de sectionnements l’ensemble des
angle avec l’axe de l’autre.
appareils que l’on place sur un circuit permettant de régler, de dis-
• Té : raccord à trois orifices, ayant les axes concourants en un tribuer ou d’interrompre le débit de l’eau. Les principales fonctions
point. sont :
• Tés mélangeurs : allongement de la partie principale, le – interrompre la circulation d’un fluide totalement (robinet de
mélange entre fluide chaud et fluide froid s’effectue dans la partie sectionnement) ;
principale en dehors de toute soudure et limite le risque de faïen- – distribuer un fluide (robinet à tournant, électrovanne...) ;
çage sur un point fragile de la tuyauterie. – régler ou limiter le débit de circulation (robinets vannes, robi-
• Réductions : relier un tuyau de DN (diamètre nominal) donné nets à soupape).
à un tuyau de DN inférieur. Un robinet d’isolement aura pour principale qualité d’être
• Élargissements : relier un tuyau de DN donné à un tuyau de étanche (entre l’amont et l’aval). Un robinet de réglage aura pour
DN supérieur. principal objectif de créer une perte de charge progressive au
cours de son ouverture, afin de permettre de régler le débit désiré.
• Brides : une bride est une pièce le plus souvent de révolution
en une ou plusieurs parties, monobloc ou séparée, assemblée à un Tout robinet comporte un obturateur. Son sens de déplacement
composant (avec ou sans collet) et destinée à être raccordé de peut être :
façon démontable à un autre composant lui-même équipé d’une – perpendiculaire à la veine fluide (en général robinet
bride. Une bride peut-être définie par : d’isolement) ;
– son type (mode de raccordement avec la tuyauterie) ; – parallèle à la veine fluide (en général robinet de réglage de
– son gabarit de raccordement (couple diamètre nominal et pres- débit).
sion nominale) ; Tout robinet comporte un système de manœuvre, en général
– sa face de joint. une tige reliant l’obturateur à un système extérieur. Ce système
• Soudures : le soudage est utilisé pour les joints courants des peut être :
tuyauteries partout où il n’y aura pas nécessité de démontage. Le – manuel direct (poignée) ;
soudage est préconisé pour toutes les canalisations de fluides à – manuel démultiplié (volant) ;
haute température et à haute pression. – asservi [la force motrice nécessaire à la manœuvre est fournie
• Diaphragme : orifice placé dans une tuyauterie et permettant par un servomoteur pneumatique (pression d’air) ou hydraulique
de créer une perte de charge calibrée. Disposés sur les branches (pression d’huile)] ;
d’un réseau hydraulique, ils permettent d’équilibrer en débit les – automatique : il comporte alors un servomoteur qui est relié à
différentes branches, ou de casser sévèrement la pression d’un un système de commande à distance.
fluide. Un système d’étanchéité est en général disposé sur la tige de
manœuvre. Le système le plus fréquemment rencontré est le
■ Vocabulaire employé pour les pièces d’obturation
presse-étoupe, dont le rôle est de resserrer une tresse d’étanchéité
• Bride pleine : bride sans orifice central (alésage), servant à sur la tige de commande.
obturer une tuyauterie ou un composant de tuyauterie à brides.
Le raccordement avec les canalisations ou appareils s’effectue
• Bouchon : élément sans orifice central assemblé de manière par :
généralement amovible à un autre composant, servant à obturer
– brides ;
une tuyauterie ou un composant de tuyauterie.
– embouts filetés ;
■ Vocabulaire employé pour les « piquages » – embouts taraudés ;
– soudage ;
Un piquage est une ligne composée le plus souvent d’un raccorde-
ment à la tuyauterie, d’un tuyau, d’une vanne, d’un bouchon plein. Il – voire par collage.
est fortement conseillé d’utiliser des tés en fer forgés pour le raccor- Dans les paragraphes qui suivent, le lecteur trouvera des sché-
dement, plutôt qu’un bossage qui est plus fragile mécaniquement, mas explicatifs support.

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RX
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2. Robinets
2.1 Sélection d’un robinet, notion de K v
et de Cv
Fluide
La taille d’une vanne est souvent décrite par la dimension nomi-


nale de son raccordement d’extrémité. Mais pour la plupart des
systèmes fluides, le débit admissible pour une vanne est une
mesure plus importante. Les principes de calcul du débit imposent Figure 1 – Vanne à boisseau sphérique
que certains aspects du passage d’écoulement soient connus,
notamment :
1. La taille et la forme de l’orifice et du passage d’écoulement.
2. Le diamètre interne du tuyau ou du tube.
3. Les caractéristiques du fluide, telles que sa densité et sa tem-
pérature.
4. La chute de pression entre l’entrée et la sortie.
Il est facile de comprendre qu’un passage d’écoulement traver-
sant droit, comme celui d’une vanne à boisseau sphérique
(figure 1), permet un débit plus élevé qu’une vanne à pointeau de
taille équivalente (figure 2) dans laquelle le cheminement du fluide
est beaucoup plus sinueux. Plutôt que d’effectuer des calculs
compliqués visant à appréhender l’écoulement, il est possible de
comparer le coefficient de débit (C v). Le C v incorpore les effets Figure 2 – Vanne à pointeau
combinés de toutes les restrictions de l’écoulement dans une
vanne et offre un nombre de référence commun unique. L’action-
nement automatique ou manuel et les modes de raccordement
Débit (L/min)

sont d’autres caractéristiques de conception de la vanne à


16
considérer. L’expérience montre que les vannes avec raccor-
dements d’extrémité intégraux minimisent les points de fuite 15
potentiels et peuvent rendre les procédures d’installation et 14
d’entretien moins exigeantes en main-d’œuvre. 13
■ Notion de coefficient de vanne Kv 12
Il permet, lorsque l’on connaît le débit Qv pour une différence de 11
pression ∆p donnée entre l’entrée et la sortie du robinet, de déter- 10
miner le débit pour n’importe quelle différence de pression.
9
Le coefficient de vanne ou de robinet Kv peut être défini par : 8
7
Qv
Kv = 6
∆p 1 2 3 4 5
Pression (bar)
Dans le système international d’unités, cette grandeur s’exprime
Ici Kv = 0,42 m3 · h–1 · bar–1/2
m3 ⋅ s−1
en .
Pa Figure 3 – Débit en fonction de la différence de pression
entre l’entrée et la sortie du robinet
Néanmoins l’usage veut, pour des raisons de commodité des
m3 ⋅ h−1
nombres à manipuler, que ce coefficient soit exprimé en . créant une perte de charge de 5 mbar, soit 0,05 m de colonne
bar
d’eau. La relation entre le Kv et le Cv est :
L’évolution du débit est en effet proportionnelle (Kv étant le
coefficient de proportionnalité) à la racine carrée de la différence C v = 1,156 K v
de pression entre l’entrée et la sortie du robinet. D’où la courbe
présentée en figure 3.
On trouve également la notion de coefficient de débit pour l’ins- 2.2 Différents types de robinets
tallation. Par habitude de langage, on utilise alors la notation « Kv
de calcul » pour l’installation et « Kvs de vanne ». 2.2.1 Robinets vannes
■ Cv d’une vanne Les robinets vannes sont communément appelés vannes.
Pour certaines vannes et en particulier les vannes de régulation L’obturateur sous le nom d’opercule se déplace perpendiculai-
on utilise le coefficient de débit Cv pour les différentes ouvertures. rement à la veine (ou sens d’écoulement) fluide au droit du siège,
Il s’agit du Kv , mais exprimé en unités anglo-saxonnes. et parallèlement aux sièges d’étanchéité. Un schéma et la nomen-
clature pour un robinet vanne sont présentés sur les figures 4 et 5.
Par définition, Cv est le débit d’eau de densité 1 exprimé en US
gallons par minute, qui s’écoule au travers de la section contractée Leurs caractéristiques principales sont :
pour une perte de charge de 1 poundforce per square inch (psi), ce – faible perte de charge, passage intégral possible ;
qui correspond sensiblement au débit d’eau en litres par minute – bonne adaptation à la fonction d’isolement ;

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RY
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CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU ____________________________________________________________________________________________

– inaptitude au réglage : ne doit servir qu’au sectionnement – déconseillé pour fluides chargés ;
(possibilité de réglage en débit pour les faibles vitesses de fluide
– inadaptation aux manœuvres fréquentes du fait des efforts
seulement) ;
importants de manœuvre ;
– pas de sens de montage ; appareils symétriques ;
– encombrement et poids importants ; – difficulté d’obtention d’une étanchéité poussée (portées d’étan-
– axe de la tige verticale au-dessus de la tuyauterie ; chéité métalliques) ;
– robustesse ; – domaine étendu d’applications en température et en pression ;

Q Tige de commande
– la tige de commande ne tourne pas, elle monte et elle des-
cend, en faisant monter ou descendre l’opercule (ou coin). On peut
donc déterminer si le robinet est ouvert ou fermé en observant le
dépassement de la tige de commande au-dessus du volant
filetée
(dépassement = ouvert, pas de dépassement = fermé).
Volant

2.2.2 Robinets soupapes


Garniture
d'étanchéité
Ils sont constitués d’un obturateur appelé soupape ou clapet se
déplaçant perpendiculairement à la veine fluide et perpendiculai-
Coin
rement au siège d’étanchéité. La fermeture se réalise contre le
courant du fluide. Arrivée du fluide sous le clapet, conception qui
permet de soustraire les garnitures à l’action du fluide lorsque le
Corps de vanne Sièges sectionnement est fermé. Des schémas et les nomenclatures s’y
référant sont présentés en figures 6, 7, 8 et 9 pour des robinets
soupapes.
Fermé Ouvert

Figure 4 – Robinet vanne (schéma)

Schéma Nomenclature Exemple Volant


Tige de commande
1 R E P DÉSIGNATION
filetée
2 1 Volant de manœuvre
4 2 Tige de manœuvre Garniture Soupape
d'étanchéité ou clapet
5 3 3 Fouloir
4 Étoupe

9 5 Chapeau
Corps de vanne Sièges
6 6 Opercule
7
7 Siège
8 Corps
8 Fermé Ouvert
9 Bride de raccordement
Figure 5 – Robinet vanne (nomenclature) Figure 6 – Robinet soupape (schéma)

Schéma Nomenclature Exemple


REP DÉSIGNATION

1 1 Volant de manœuvre
2 Tige de manœuvre
4
5 3 Écrou de manœuvre

10 2 4 Fouloir
5 Étoupe
3
9 6 Soupape
6
7 Siège
7 8 Corps
8 9 Bride de raccordement
10 Chapeau

Figure 7 – Robinet soupape (nomenclature)

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SP
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Conception des circuits fluides en eau


Exemples

par Olivier COSTE
Ingénieur ENSPG

1. Circuit de relevage ................................................................................... BM 6 204 - 2


2. Circuit de collecte .................................................................................... — 3
3. Circuit de purge ........................................................................................ — 4
4. Circuit de mesurage des paramètres physico-chimiques
d’une eau industrielle.............................................................................. — 5
5. Circuit de refroidissement ..................................................................... — 6
6. Circuit de servitude d’un grand bassin d’eau traitée..................... — 7
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 6 204

et article présente des schémas de principe, très simplifiés, issus d’une


C phase projet préliminaire fictive, pour bien comprendre l’association
solution-fonction, telle que décrite dans l’article [BM 6 200] « Processus de
conception préliminaire d’un circuit fluide ». Pour chaque schéma proposé, on
précise la fonction principale du circuit, les différentes fonctions techniques,
les solutions techniques envisageables et une justification sommaire des choix.
p。イオエゥッョ@Z@ェ。ョカゥ・イ@RPQP

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SQ
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CONCEPTION DES CIRCUITS FLUIDES EN EAU ____________________________________________________________________________________________

– FT4 : protéger le réservoir amont de la corrosion ⇔ Solution :


Principaux sigles employés dans l’article étant pressurisé à l’azote (gaz inerte), cela le protège efficacement
CNR Clapet de Non Retour M Motorisation des interactions avec l’air. S’il est en acier inoxydable, c’est aussi
un plus ; l’eau peut de même être traitée, à condition que cela ne
EV ÉlectroVanne P Pression soit pas préjudiciable à la chimie du récipient aval.
FT Fonction Technique N Niveau – FT5 : atténuer les phénomènes de pulsations de pression
FC Fonction de Contrainte T Température issues de la pompe volumétrique à piston ⇔ Solution : disposer
un accumulateur J, il apporte de même une bonne précision pour


NPSH Net Positive Suction Q Débit
Head les mesures de pression et de débit en aval.
– FT6 : protéger le circuit contre la fermeture intempestive du
sectionnement au refoulement ⇔ Solution : la soupape I au refou-
lement de la pompe protège le circuit.
1. Circuit de relevage – FT7 : conduire le circuit (régler le débit) ⇔ Solution : une
vanne de réglage H est positionnée en bipasse de la pompe, le
retour peut aussi s’effectuer vers le récipient amont vis-à-vis d’un
Remerciements à M.F. Martin, ingénieur IUSTI, pour sa éventuel échauffement de la pompe.
collaboration à la réalisation de cet article. – FT8 : surveillance du circuit ⇔ Solutions :
• la mesure de débit au refoulement indique la valeur du débit
Se reporter à la figure 1. refoulé vers le récipient aval, la mesure de pression apporte
une indication en cas de fuite au refoulement (elle baisse) ;
■ Fonction principale
Relever de l’eau d’une capacité de stockage, vers un récipient • la mesure de niveau du récipient amont permet de surveiller
aval sous haute pression. la quantité d’eau restante :
• le niveau bas (NB) peut arrêter automatiquement la pompe
■ Fonctions techniques et solutions par prévention,
– FT1 : refouler très haute pression ⇔ Solution : compte tenu de
la pression du récipient aval, une pompe volumétrique (exemple à • le niveau haut (NH) indique à l’opérateur que la caisse est
piston) F est requise. pleine et qu’il faut la vidanger.
– FT2 : protéger la pompe contre une pollution ⇔ Solution : dis- – FC1 : interdire l’effet chaudière pompe à l’arrêt (augmentation
poser un filtre E à l’aspiration. de pression dans un volume mort confiné, du fait d’une augmenta-
– FT3 : assurer un NPSH requis suffisant ⇔ Solution : pressuriser tion de température) ⇔ Solution : la vanne K et le clapet L doivent
le récipient amont à l’azote par exemple (il est alors muni d’une être montés dans le sens tel que présenté sur le schéma (expan-
mesure de pression). sion possible du fluide vers l’aval).

Mesure
de pression M
Mesure de niveau
Mesure
de niveau
A
Mesure
de niveau
Azote

J
B
Eau A casse vide
traitée Récipient B soupape de protection du récipient amont
C aval haute C vanne de vidange/prélèvement/remplissage/appoint
pression D vanne manuelle fermée en bipasse du pot à filtre
E pot à filtre
F pompe volumétrique à piston
G gate de récupération des égouttures aux garnitures
D E H vanne motorisée de réglage
I I soupape de protection du circuit
F
J accumulateur antipulsatoire
K L
K vanne de maintenance
L clapet anti retour
G M soupape de protection du récipient aval
Mesure de pression N piquage en fond de récipient amont
H
Mesure de débit

M
Vanne motorisée

Figure 1 – Circuit de relevage

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SR
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Chaudronnerie en aciers
inoxydables

par Pierre SOULIGNAC
Ingénieur matériaux de l’École des mines de Nancy
Industeel
Bernard BONNEFOIS
Ingénieur matériaux
Centre de recherche des matériaux du Creusot, Industeel
et Etienne SOUTIF
Ingénieur soudeur
Technip

1. Classification des aciers inoxydables ............................................... BM 6 570 – 2


2. Aciers inoxydables martensitiques ................................................... — 4
3. Aciers inoxydables ferritiques ............................................................. — 6
4. Aciers inoxydables austéno-ferritiques ............................................ — 8
5. Aciers austénitiques ............................................................................... — 12
6. Finition de surface des constructions chaudronnées .................. — 16
7. Résistance à la corrosion des appareils chaudronnés ................. — 17
8. Eaux de lavage et d’épreuve ................................................................ — 18
9. Rechargement, soudage hétérogène et soudage des tôles
plaquées ..................................................................................................... — 18
10. Assemblage des tubes sur les plaques tubulaires ........................ — 20
Pour en savoir plus .......................................................................................... Doc. BM 6 570

a propriété principale qui définit les aciers inoxydables est leur résistance à la
L corrosion qui en fait des matériaux de choix pour les industries de la chimie,
de la pétrochimie, de la pâte et du papier, de la production d’énergie, de l’agro-
alimentaire, de l’eau, de la construction et du génie civil. Cette résistance à la
corrosion est liée à leur teneur élevée en chrome (de 10 à 30 %) et renforcée par
des additions de molybdène (jusqu’à 7 %) et d’autres éléments d’alliage comme
le tungstène, le cuivre, le nickel, l’azote… Le nickel et l’azote sont utilisés pour
renforcer la structure des aciers inoxydables austénitiques car ils jouent souvent
un rôle positif sur leur tenue à la corrosion, à la différence du carbone.
La présence à la surface des aciers inoxydables d’une « couche passive » super-
ficielle, gage de leur bonne tenue en service, implique la nécessité de conserver –
ou éventuellement reconstituer – lors des opérations de chaudronnerie l’état de
surface adapté aux conditions de service des appareils ou équipements.
Pour choisir et utiliser les méthodes de mise en œuvre les plus adaptées à cha-
que acier inoxydable (il en existe une centaine), il est indispensable de connaître
ses propriétés et son comportement à la mise en œuvre, qui sont en première
p。イオエゥッョ@Z@ェオゥャャ・エ@RPPW

approximation liés à sa famille d’appartenance.

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SS
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CHAUDRONNERIE EN ACIERS INOXYDABLES ________________________________________________________________________________________________

(0)

Notations et symboles

Symbole Unité Définition


A % allongement à la rupture


d m diamètre
e m épaisseur
I A intensité
j m jeu radial entre tube et plaque
K coefficient de l’azote
KV J énergie de rupture en flexion par choc sur éprouvette
Charpy V
Ms K température de début de transformation martensitique
Rm Pa résistance à la traction
Rp 0,2 Pa limite d’élasticité conventionnelle (à 0,2 % d’allongement)
U V tension
Vr °C/h vitesse de refroidissement
Vts m/s vitesse de soudage
τ taux de dudgeonnage

1. Classification des aciers Encadré 1 – Équivalents chrome et nickel


inoxydables pour le diagramme de Schaeffler

■ D’après Schaeffler (pourcentages massiques)


Eq Cr = % Cr + % Mo + 1,5 × % Si + 0,5 × % Nb (1)

1.1 Notions de base Eq Ni = % Ni + 30 × % C + 0,5 × % Mn (2)


■ D’après Espy (pourcentages massiques)
Eq Ni = % Ni + 30 × % C + 0,87 + K (% N – 0,045) +
Les aciers inoxydables doivent leur résistance à la corrosion à la 0,33 × % Cu (3)
formation, dans leurs conditions d’emploi, d’une couche passive avec K = 30 si % N ⭐ 0,20 %
très mince (quelques nanomètres) constituée de composés de K = 22 si 0,21 % ⭐ % N ⭐ 0,25 %
chrome de structure complexe. Le choix judicieux d’un acier inoxy- K = 20 si 0,26 % ⭐ % N ⭐ 0,35 %
dable pour une utilisation donnée a pour but de s’assurer que l’acier La constante 0,87 de la relation () remplace l’effet du manga-
choisi reste dans cet état « passif » caractérisé par une vitesse de nèse, pour des teneurs comprises entre 0 et 10 %.
dissolution ou de corrosion très faible (généralement inférieure à Le coefficient de l’azote K est considéré comme décroissant
0,1 mm par an). Ces aciers contiennent de 10 à 30 % en masse de avec la teneur de cet élément.
chrome, ainsi que d’autres éléments choisis pour améliorer leur
tenue à la corrosion ou leur effet sur leur structure tels que le
molybdène, le nickel, l’azote ou le titane.
1.2 Diagrammes de structure
Les aciers alliés au chrome présentent également une bonne
résistance à l’oxydation à haute température liée à la formation
d’une couche adhérente et stable d’oxyde de chrome : on parle alors La diversité des éléments d’alliages utilisés a conduit au dévelop-
d’aciers réfractaires qui peuvent également contenir du silicium, de
pement de formules d’équivalence et de diagrammes de prévision
l’aluminium, qui forment comme le chrome des oxydes résistants.
de la structure à l’état soudé (Schaeffler) ou à l’état traité thermique-
Ils peuvent aussi contenir du nickel et de l’azote pour obtenir une
structure austénitique stable, mais aussi, pour améliorer leur tenue ment (Pryce et Andrews).
au fluage, du molybdène, du titane, du niobium et du carbone
L’utilisation de plus en plus courante d’additions d’azote a conduit
(tableau 1).
Delong, puis Espy à étudier de plus près le rôle de cet élément. Espy
a par ailleurs mis en évidence que le manganèse n’a plus d’effet sur
Les compositions sont indiquées en pourcentage massique, la teneur en ferrite en présence de teneurs suffisantes en nickel et
sauf indication contraire. azote (figure 1 et encadré 1). D’autres diagrammes ont été mis au

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point pour étudier des domaines plus précis comme le diagramme ple), peut affecter sensiblement l’équilibrage de la microstructure du
de Kaltenhauser pour la structure de solidification des aciers ferrito- métal déposé, ni l’effet des réaffectations thermiques en soudage
martensitiques (§ 3.1). multipasse. Les diagrammes attribuent aux différents éléments
L’utilisation de ces diagrammes est facile et utile pour l’interpréta- d’alliage un pouvoir alphagène ou gammagène calibré par rapport aux
tion des structures métallurgiques mais ils ne dispensent jamais com- éléments d’alliage principaux, le chrome (pour les éléments alphagè-
plètement d’une caractérisation métallographique directe pour les cas nes, c’est-à-dire favorisant la structure ferritique) et le nickel (pour les
délicats ou au voisinage des limites qu’ils indiquent. De même, ils ne éléments gammagènes, favorisant l’austénite). La somme pondérée


prennent en compte ni l’effet de la vitesse de refroidissement lors du des éléments alphagènes est l’équivalent chrome (Eq Cr) et celle des
soudage qui, pour certaines nuances inoxydables (duplex par exem- éléments gammagènes est l’équivalent nickel (Eq Ni).

30
Éq Ni

fe rite
0 % ferrite
ferrit 5%
10 %
25
Aust nite
Austénite 20 %
20
Solidification primaire
primai
p imaire
egγ 40 %

15 80 %
A+M
p imair δ
primaire
Solidification primai
10
100
0%
Martensite
Martensit
Ma tensite
A+M+F
5
M+F Ferrite
F+M
0
0 4 8 12 16 20 24 28 32 36 40
Éq Cr
Figure 1 – Diagramme de Schaeffler et Espy

(0)

Tableau 1 – Effet des éléments d’alliage sur les propriétés d’emploi


Teneur
Élement Effets sur les propriétés d’emploi
(% masse)
Alphagène (coef. 1 par définition).
Chrome 10 à 30 Essentiel à la tenue à la corrosion générale et localisée dans la plupart des milieux.
Améliore la tenue à l’oxydation à haute température.
Alphagène (coef. 1 à 2).
Molybdène ⭐7 Améliore la tenue à la corrosion localisée.
Augmente la résistance au fluage.
Augmente la résistance à la fissuration à chaud du soudage.
Alphagènes
Titane ⭐1 Accroissent la résistance à la corrosion intercristalline en piégeant le carbone libre.
Niobium Parfois utilisés comme éléments durcissants.
Le niobium accroît le risque de fissuration à chaud au soudage.
Gammagène (coef. 1 par définition).
Nickel 0 à 50 À teneur élevée, augmente la résistance à la corrosion sous contrainte.
Améliore la résilience à basse température.
Gammagène (coef. 10 à 30).
Améliore les propriétés mécaniques.
Azote ⭐ 0,5 Retarde la précipitation de phases intermétalliques dans les aciers à haute teneur en chrome et molybdène.
Stabilise la structure austénitique lors de cycles thermiques courts.
Améliore la résistance à la corrosion localisée.
Gammagène (coef. 0,3).
Cuivre ⭐3 Diminue l’écrouissabilité.
Améliore la tenue en milieu sulfurique.
D’autres éléments (silicium, aluminium, tungstène, cobalt…) sont utilisés dans des cas particuliers.

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SU
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CHAUDRONNERIE EN ACIERS INOXYDABLES ________________________________________________________________________________________________

1.3 Classification 2. Aciers inoxydables


martensitiques
Il est utile, pour étudier les aciers inoxydables, de les répartir en
grandes familles d’aciers possédant des structures métallurgiques
semblables et donc un comportement voisin vis-à-vis du soudage 2.1 Composition et propriétés


(type de solidification, effet des cycles thermiques de soudage) et du
formage (à chaud, à froid). Ces grandes familles sont :
Les aciers inoxydables martensitiques présentent une teneur en
— les aciers inoxydables martensitiques (§ 2) ; chrome voisine de 12 % et une teneur variable en carbone, qui déter-
mine leur capacité de durcissement par trempe (tableaux 2 et 3). On
— les aciers inoxydables ferritiques (§ 3) ; utilise surtout en chaudronnerie des aciers dont la teneur en car-
bone est relativement limitée. En effet, la fragilité accrue des aciers
— les aciers inoxydables austéno-ferritiques (dits duplex) (§ 4) ; à teneur en carbone supérieure à 0,2 % augmente sensiblement le
— les aciers inoxydables austénitiques (§ 5). niveau de précaution nécessaire lors du découpage, du formage et
du soudage de ces aciers.
Dans chaque cas, on présente des aciers représentatifs de chaque Du fait de leur teneur en chrome (11 à 16 %), une « trempe à l’air »
famille et, si nécessaire, de sous-familles ayant un comportement est suffisante pour obtenir les caractéristiques mécaniques désirées,
particulier. tout en limitant les risques de tapures lors du refroidissement. Ces
aciers subissent, dans un intervalle de température compris entre
Pour chacune de ces familles et sous-familles sont étudiées 800 et 1 400 °C, une transformation (au moins partielle) de la ferrite
successivement : en austénite qui produit une structure martensitique lors du refroi-
dissement à partir d’une température dite Ms (début de transforma-
— la composition chimique ; tion martensitique).
— les propriétés mécaniques et les effets des cycles thermiques
de formage ou de soudage sur leur structure ;
— les conditions de mise en œuvre par formage (à chaud ou à
2.2 Traitements thermiques
froid) et de soudage ; et caractéristiques mécaniques
— les utilisations principales.
Les aciers martensitiques sont généralement livrés à l’état traité.
La trempe à partir du domaine austénitique (ou biphasé) produit
une structure martensitique qui doit être adoucie par traitement
1.4 États de surface thermique (tableaux 2 et 3).
Il existe plusieurs possibilités :
— un détensionnement vers 250 °C produit une relaxation des
Avant leur mise en œuvre, les produits en aciers inoxydables sont
contraintes ;
livrés avec différents états de surface : — des traitements de revenu vers 550 à 650 °C adoucissent la
— non décalaminé : limité généralement aux aciers utilisés à martensite et améliorent ainsi la ductilité des aciers (allongement à
rupture, pliage, tenue au choc) (tableau 4) ;
haute température ou aux demi-produits (tôles, barres, ébauches) ;
— au-delà du point AC1, on risque de produire à nouveau de
— laminé à chaud, traité, décapé : état de surface habituel pour l’austénite qui se transforme en martensite au refroidissement.
les produits plats (> 5 mm) et pour les barres et ronds, tubes sans Dans le cas de nuances contenant du nickel (pour lesquelles le
soudure laminés ou filés à chaud ; point AC1 peut être abaissé sensiblement), un double revenu est
parfois pratiqué.
— laminé à froid, traité, décapé, skin passé : produits plats
minces d’épaisseur comprise entre 0,5 mm et 5 mm environ ; (0)

— recuit brillant : produits très minces (moins de 2 mm environ) ;


Tableau 2 – Compositions et traitements thermiques
— usiné : produits longs ; des aciers martensitiques classiques
— poli : à différents grains de finition.
C Cr Trempe Revenu
ASTM EN
Pour obtenir l’état de surface requis par les conditions d’utilisa- (% masse) (% masse) (°C) (°C)
tion des appareils finis, le chaudronnier adapte les précautions à 410 1.4006 0,12 12,5 920 à 1 000 550 à 750
prendre à chaque stade du processus de mise en œuvre (approvi-
420 (1) 1.4021 (1) 0,20 13 900 à 1 000 550 à 750
sionnement des produits, formage, protection des zones soudées,
finition des soudures, nettoyage ou préparation de surfaces finales). (1) mise en œuvre délicate

(0)

Tableau 3 – Compositions et traitements thermiques des aciers martensitiques soudables


C Cr Ni Mo Trempe Revenu
ASTM EN
(% masse) (% masse) (% masse) (% masse) (°C) (°C)
41500 1.4313 0,02 13 4 0,5 1 000 550 à 700
1.4422 0,01 12 4,7 1,5 1 000 550 à 650

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________________________________________________________________________________________________ CHAUDRONNERIE EN ACIERS INOXYDABLES

2.6 Soudage
(0)

Tableau 4 – Caractéristiques mécaniques


des aciers martensitiques
2.6.1 Effet des cycles thermiques
Rp 0,2 Rm A KV travers
ASTM EN
(MPa) (MPa) (%) (J)
Les aciers martensitiques subissent lors des cycles de soudage,
410 1.4006 (1) > 400 550 à 750 > 15 une série de transformations :
420
41500
1.4021 (1)
1.4313 (1)
> 450
> 650
650 à 850
780 à 980
> 12
> 14 > 70 (20 °C)
(0)

Liquide Ferrite Austénite Martensite
1.4422 550 à 700 750 à 900 > 20 > 100
(–40 °C) (Phases (+ ferrite (+ austénite
secondaires résiduelle) résiduelle)
(1) Il existe plusieurs états de livraison possibles. Celui indiqué ici correspond éventuelles) (+ carbures)
à l’adoucissement le plus favorable à la mise en œuvre. (+ ferrite
résiduelle)

2.3 Formage à froid des aciers


martensitiques courants La structure austénitique présente une taille de grains d’autant
plus importante qu’elle a été portée à très haute température (dans
la zone fondue ou la partie de la zone affectée thermiquement plus
Cette opération n’est pas recommandée pour les aciers marten- proche de la ligne de fusion) et la structure martensitique résul-
sitiques sauf pour des déformations très limitées et pour des états tante est alors relativement grossière.
adoucis au maximum. Il faut alors prendre les précautions Cela augmente les risques de fissuration à froid, sous l’effet com-
suivantes : biné des contraintes locales de traction et de l’hydrogène présent.
— préparation soignée des surfaces et des bords des tôles pour Les précautions à prendre sont liées à la nécessité d’éliminer ces
éviter des amorces de tapures (les aciers martensitiques sont très deux facteurs de risque et elles sont d’autant plus critiques que la
sensibles à l’effet d’entaille) ; teneur en carbone des aciers martensitiques considérés est élevée.
— préchauffage vers 150 à 250 °C ;
Dans le cas des aciers martensitiques les plus alliés, la transfor-
— rayons de déformation élevés ; mation austénite-martensite, qui se produit à basse température
— éviter absolument les pliages alternés ; avec expansion, annule en partie les contraintes de retrait liées au
— éventuellement revenu de détensionnement (température de soudage et diminue leur sensibilité potentielle à la fissuration à
revenu initiale moins 20 °C pour éviter d’abaisser les propriétés froid, du moins lorsque leur teneur en carbone reste modérée
mécaniques au-dessous du niveau visé). (C < 0,05 %).

2.6.2 Procédés
2.4 Formage à chaud des aciers
martensitiques courants La plupart des procédés de soudage sont utilisables :
— électrode enrobée ;
C’est la méthode habituelle pour ces aciers. — fil fourré ;
— MIG (metal inert gas) ;
La procédure la plus recommandable est la suivante :
— TIG (tungsten inert gas) ;
— chauffage vers 950 °C à 1 100 °C ; — fil sous flux solide.
— ne pas travailler le métal au-dessous de 550 °C ;
— remise au four vers 900 °C à 950 °C pour le traitement final Toutefois, les procédés sans apport (TIG, plasma, laser, résis-
(maintien 30 min) ; tance) ne sont applicables qu’aux aciers martensitiques bas car-
bone (C ⭐ 0,050 %). De plus, il ne faut pas utiliser de gaz de
— refroidissement à l’air au-dessous de Ms (vers 100 °C à 150 °C)
protection contenant de l’hydrogène ou de l’azote.
puis ;
— revenu à la température choisie en fonction des caractéristi-
ques mécaniques souhaitées.
2.6.3 Aciers martensitiques soudables

Le métal fondu et la ZAT (zone affectée thermiquement) de ces


2.5 Formage des aciers martensitiques aciers présentent une meilleure ductilité, du fait de leur basse ou
soudables très basse teneur en carbone et de la présence d’austénite résiduelle
(pour les teneurs en nickel élevées).
Le préchauffage est généralement limité à 150 °C (1.4313) ou
Les aciers martensitiques soudables qui contiennent environ 4 % réduit à un simple dégourdissage et sa température reste en tout cas
de nickel présentent moins de risques de fragilité que les aciers mar- inférieure à Ms.
tensitiques type 410 et 420 (ASTM).
Le traitement après soudage n’est pas toujours indispensable
Cependant, le formage à chaud reste la méthode la plus courante pour les produits minces (< 25 mm). L’effet de sa suppression doit
pour les produits épais (exemple : pâles de turbines hydrauliques en cependant être évalué en fonction des conditions d’utilisation (la
EN 1.4313) tandis que le formage de tubes (EN 1.4422 pour le trans- résistance à la corrosion sous contrainte du 1.4422 est améliorée
port de gaz) est réalisable à froid, ou avec un préchauffage limité si par un traitement postsoudage même très court : 600 °C, 5 min
la température ambiante est basse (< 10 °C). (souvent réalisé par induction pour les tubes).

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Réservoirs métalliques :
stockage des liquides. Généralités
par Régis CHAMAYOU
Ex-Responsable des Études de la Société Entrepose-DB (EDB)

et de la Société Nouvelle des Constructions Métalliques de Provence (SNCMP)
du groupe Chicago Bridge and Iron Co (CBI)

1. Volatilité des produits stockés............................................................. BM 6 590 – 2


2. Configuration des réservoirs de stockage ........................................ — 2
3. Modes de stockage .................................................................................. — 3
3.1 Liquides volatils qui ne bouillent pas à température ambiante............... — 3
3.2 Liquides volatils qui bouillent à des températures inférieures
ou égales à la température ambiante......................................................... — 3
3.2.1 Généralités — 3
3.2.2 Stockages sous pleine pression — 3
3.2.3 Stockages semi-réfrigérés — 3
3.2.4 Stockages réfrigérés et cryogéniques — 3
Pour en savoir plus ........................................................................................ Doc BM 6 593

L e stockage massif des liquides, pour les différents produits rencontrés dans
l’industrie du pétrole, de la pétrochimie et de la chimie, s’effectue principa-
lement dans des réservoirs métalliques, de construction soudée, installés à l’air
libre et reposant sur le sol (réservoirs aériens).
Ces réservoirs ont des capacités très variables. Elles n’excèdent pas quelques
centaines de mètres cubes pour de nombreux produits chimiques, tandis que,
dans le domaine pétrolier, les réservoirs de pétrole brut par exemple dépassent
de beaucoup ces limites. C’est ainsi que, sur le parc de certains terminaux de
chargement du Moyen-Orient, il existe des réservoirs de 240 000 m3 et qu’il n’est
pas rare, sur les terminaux de réception européens, de compter des réservoirs
de 100 000 à 150 000 m3.
Les produits stockés sont nombreux et différents. Pour chacun d’eux existe
une capacité de stockage fonctionnellement et économiquement adaptée aux
caractéristiques du stock envisagé. L’objet de l’article « Réservoirs métalliques
pour stockage des liquides » est d’examiner les divers types de réservoirs
aériens employés et de donner au lecteur une information suffisante pour lui
permettre d’effectuer le choix le plus rationnel.

Nota : L’article « Réservoirs métalliques pour stockage des liquides » fait l’objet de plusieurs fascicules :
— Généralités
— Stockages à température ambiante [2]
— Stockages à température contrôlée [3].
Les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres. Le lecteur devra assez souvent se reporter aux autres
fascicules. Le numéro de fascicule est suivi du numéro de paragraphe ou de figure.
p。イオエゥッョ@Z@ッ」エッ「イ・@QYYW

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Réservoirs métalliques : stockage


des liquides à température ambiante

par Régis CHAMAYOU
Ex-responsable des études de la société Entrepose – DB (EDB) et de la Société nouvelle
des constructions métalliques de Provence (SN-CMP) du groupe Chicago Bridge
and Iron Co (CBI)
Mis à jour par Bernard BOUCHEZ

1. Réservoirs atmosphériques ................................................................ BM 6 591 -2


1.1 Généralités................................................................................................. — 2
1.2 Cuve ouverte ............................................................................................. — 2
1.3 Réservoirs à toit fixe ................................................................................. — 4
1.4 Réservoirs à toit flottant ........................................................................... — 7
1.5 Codes d’étude et de construction ............................................................ — 13
1.6 Qualités des aciers utilisés ....................................................................... — 13
1.7 Protection contre l’incendie ..................................................................... — 13
2. Réservoirs sous faible et forte pressions ....................................... — 14
2.1 Généralités................................................................................................. — 14
2.2 Réservoirs cylindriques verticaux............................................................ — 15
2.3 Sphéroïdes................................................................................................. — 16
2.4 Ballons cylindriques horizontaux ............................................................ — 17
2.5 Sphères ...................................................................................................... — 19
2.6 Codes d’étude et de construction ............................................................ — 21
2.7 Qualités des aciers utilisés ....................................................................... — 21

es réservoirs de stockage à température ambiante constituent la presque


L totalité des capacités qui forment les parcs de stockage, car, à l’évidence,
ils représentent la solution logique et naturelle pour stocker les liquides : les
produits sont conservés dans l’état physique où la température du site les
maintient.
Dans cette situation et en fonction de leur degré de volatilité, une pression
de vapeur plus ou moins importante s’établit au-dessus du liquide.
Lorsque celle-ci est inférieure à la pression atmosphérique, aucune pression
effective n’existe dans l’enceinte de stockage et l’on peut alors mettre en
œuvre des réservoirs atmosphériques.
Si, au contraire, cette pression de vapeur est supérieure à la pression atmos-
phérique, la capacité de stockage est soumise à une pression interne. C’est
toujours le cas pour les liquides dont la température au point normal d’ébull-
ition est inférieure à la température ambiante. Pour ces produits, il est alors
nécessaire de s’orienter vers des réservoirs sous pression, étudiés et conçus
pour résister à cette contrainte.
L’article « Réservoirs métalliques pour stockage des liquides » fait l’objet de plusieurs
fascicules :
– Généralités [1] ;
– Stockages à température ambiante (le présent fascicule) ;
– Stockages à température contrôlée [3].
p。イオエゥッョ@Z@ェ。ョカゥ・イ@RPQS

Les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres ; le lecteur devra assez souvent se
reporter aux autres fascicules. Le numéro de fascicule est suivi du numéro de paragraphe ou
de figure.

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RÉSERVOIRS MÉTALLIQUES : STOCKAGE DES LIQUIDES À TEMPÉRATURE AMBIANTE ____________________________________________________________

1. Réservoirs atmosphériques
1.1 Généralités
Ce sont des réservoirs cylindriques verticaux à fond plat que
l’on peut différencier par le type de couverture.

Q Les cuves ouvertes (figure 1a ) ne comportent pas de toit et leur


emploi est limité aux quelques liquides que l’on peut, sans danger,
pour leur qualité ou pour l’environnement, exposer à l’air libre.
Les réservoirs à toit fixe (figure 1b ) sont pourvus d’un toit et a cuve ouverte
permettent donc une meilleure conservation des liquides volatils,
dangereux ou polluants.
Les réservoirs à toit flottant (figure 1c ) comprennent une struc-
ture flottante, directement posée sur le liquide, que l’on installe soit
dans une cuve ouverte, soit dans un réservoir à toit fixe. Ces réser-
voirs, en raison de leur remarquable capacité à réduire les évapora-
tions, sont réservés au stockage des produits les plus volatils.
La capacité maximale de ces réservoirs atmosphériques peut
être très importante. Elle est seulement limitée par la hauteur et le
diamètre qu’il est possible de réaliser. Le choix de la hauteur est
lié à la nature du terrain car les réservoirs reposent à même le sol.
En tenant compte de la résistance moyenne des sols habituel-
lement rencontrés, elle est le plus souvent comprise entre 14 et Charpente à poteaux Charpentes autoportantes
22 m. Bien entendu, le diamètre maximal sera limité par la surface
b réservoirs à toit fixe
du terrain disponible, mais également par l’épaisseur maximale
autorisée par les codes de construction pour la partie basse de la
robe. Cette épaisseur est généralement fixée à 45 mm par la plu-
part des codes existants. Pour les réservoirs à toit fixe, le choix du
type de toit peut également constituer une limitation du diamètre.

À partir des règles de calcul définies par le Code français de


construction des réservoirs de stockage (CODRES) et en
considérant une robe de 45 mm d’épaisseur en partie basse,
réalisée en acier, on obtient les capacités maximales citées Toit flottant externe Toit flottant interne
dans le tableau 1.
La réalisation de capacités aussi importantes n’est pas rare, c réservoirs à toit flottant
en particulier sur les champs de production de pétrole brut.
Figure 1 – Réservoirs atmosphériques

1.2 Cuve ouverte


Tableau 1 – Capacités maximales déterminées
à partir des règles du CODRES, avec une épaisseur
Ce type de réservoir est principalement destiné au stockage de robe en acier de 45 mm
d’eau incendie ou d’eau industrielle. Il ne convient pas pour le Volume et diamètre approximatifs
stockage d’eau potable, de produits pétroliers volatils ou de pro- Hauteur de la robe
duits émettant des vapeurs polluantes. Son utilisation est assez R e = 315 N/mm2 (1) R e = 335 N/mm2 (1)
limitée, car les évaporations sur ce type de stockage sans toit
sont très importantes. Il faut de surcroît tenir compte de la pollu- 215 000 m3 245 000 m3
14 m
tion importante du produit stocké (par l’atmosphère, les insectes (∅ = 140 m) (∅ = 150 m)
et les oiseaux), en particulier pour les stockages de longue durée
comme, par exemple, les reserves d’eau incendie. 155 000 m3 175 000 m3
20 m
(∅ = 100 m) (∅ = 105 m)
140 000 m3 155 000 m3
22 m
(∅ = 90 m) (∅ = 95 m)
Ces cuves ouvertes sont constituées essentiellement d’un fond,
d’une robe et d’une poutre raidisseuse au sommet de la robe (1) R e limite d’élasticité minimale de l’acier.
(figure 3).

1.2.1 Fond pression hydrostatique horizontale qui agit au bas de la robe. Le


fond peut être plat ou légèrement conique avec une pente au moins
Il a une fonction principale d’étanchéité et assure le transfert de la égale à 0,2 % orientée vers le haut ou vers le bas. Cette pente facilite
charge verticale, produite par le liquide stocké, sur la fondation. La l’élimination des dépôts en fond de bac, qui s’effectue par l’intermé-
partie centrale du fond n’est donc pas soumise à des contraintes diaire d’une tuyauterie traversant la robe et débouchant dans une
mécaniques de tension. Par contre, la bordure périphérique, placée cuvette installée au point bas du fond. Lorsqu’un tassement des fon-
sous la robe et soudée à celle-ci, est fortement sollicitée par la dations est attendu, la pente du fond est orientée vers le haut pour

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Détail 1
6 à 6,5
6 à 6,5

Coupe A-A
Détail 2


A
B
B A

A
Robe
A

50
mini L L/3 L/3
A A
6 à 6,5 a vue d'ensemble

Coupe B-B A Cornière A


de tête
a fond sans bordure

⬇ 1 000 mm
Intérieur
du réservoir b détail 1 : poutre raidisseuse
Poutre
A

Robe Robe raidisseuse

50 à
A

Gousset
100 500 mini 50 A A
D 6 à 6,5
B

Intérieur
du réservoir
D c détail 2 : raidisseur intermédiaire
Coupe C-C Robe

Coupe D-D

b fond avec bordure Cornière de tête


Goussets

Les cotes sont exprimées en millimètres

Figure 2 – Fond de réservoir : exemples

Poutre raidisseuse
compenser les mouvements du terrain. Le fond est réalisé à partir Vue A-A
de tôles rectangulaires de 6 à 6,5 mm d’épaisseur minimale, sou-
dées par recouvrement sur leur face supérieure (figure 2a). Figure 3 – Cuve ouverte
En fonction des critères fixés par les codes de construction, une
tôle annulaire de bordure peut être nécessaire sous la robe. Elle
est constituée de segments de tôles rayonnants, soudés bout à corrosion retenue. L’épaisseur maximale autorisée par la plupart
bout, en général plus épais que le reste du fond (figure 2b). des codes de construction est limitée à 45 mm. Par ailleurs, pour
des raisons de construction, ces codes précisent également une
épaisseur minimale de robe comprise entre 5 et 10 mm suivant le
1.2.2 Robe diamètre du réservoir.
Elle doit résister aux contraintes développées par la pression La liaison de la robe sur le fond ou sa bordure s’effectue par une
hydraulique du liquide stocké. Elle est constituée de rangées de double soudure d’angle (figure 2). Cet assemblage est très sollicité
tôles rectangulaires (de longueur L) superposées, appelées viroles, par la pression hydrostatique et les mouvements de rotation de la
qui sont soudées bout à bout. Les joints verticaux de ces tôles sont robe qui en découlent. Il doit donc être considéré comme un détail
généralement décalés, à chaque changement de virole, du tiers de important de la construction.
leur longueur (figure 3a). L’épaisseur minimale de chaque virole
est calculée à partir de formules simples définies par les codes de 1.2.3 Poutre raidisseuse et raidissage de robe
construction. Sa valeur dépend des dimensions de la cuve, de la
masse volumique du produit stocké, des caractéristiques méca- En l’absence de toit, la partie haute de la robe doit être renforcée
niques des aciers employés, des coefficients de sécurité imposés par une poutre raidisseuse, pour conserver sa rotondité sous
par le code, de la température d’étude et de la surépaisseur de l’action du vent. Cette poutre est placée en principe à un mètre du

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sommet. Quand elle est assez large, elle est utilisée comme pas- elles par recouvrement sur leur face supérieure. La tôlerie est indé-
serelle de circulation autour du réservoir. Elle est souvent pendante de la charpente et il n’y a pas de liaison par soudure
constituée de segments de tôles pliés formant sur sa partie exté- entre ces deux éléments du toit.
rieure un polygone régulier (figure 3b ).
On range les toits fixes en deux catégories : les toits supportés
Un raidissage intermédiaire de dimension beaucoup plus
et les toits autoportants avec ou sans charpente (figure 1b ).
modeste, peut être aussi nécessaire sur la robe, entre la poutre
supérieure et le fond (figure 3c ), pour assurer une résistance


correcte au cloquage local de la paroi cylindrique soumise à la
pression dynamique du vent. On limite ce raidissage, ou on le sup- 1.3.2 Réservoir à toit fixe supporté
prime, en augmentant légèrement l’épaisseur des viroles les plus
minces. Lorsqu’il subsiste, il est réalisé par un ou plusieurs Les toits fixes supportés ont un profil conique assez plat avec
anneaux en profilés cintrés ou par de petites poutres en tôle pliée une pente recommandée de 1/16 ou 1/12, notamment lorsque le
comme la poutre au vent supérieure. toit est calorifugé.
L’action horizontale d’ensemble du vent, agissant sur la struc- Ces toits sont constitués d’une charpente supportée par un ou
ture, peut aussi nécessiter l’installation de boulons d’ancrage, à la plusieurs poteaux, en tubes ou en profilés, qui s’appuient sur le
base de la robe. Ils ont pour fonction de s’opposer au soulèvement fond de l’ouvrage. Les tôles du toit reposent sur des chevrons
du fond, lorsque le poids propre en pied de robe n’est pas suffi- rayonnants qui prennent appui au centre du réservoir sur le
sant pour assurer l’équilibre de l’ouvrage. Lorsqu’ils sont néces- poteau central, en périphérie sur la robe, et pour les réservoirs de
saires, ces ancrages sont répartis à intervalles réguliers autour du diamètre supérieur à 25 m, sur des poteaux intermédiaires. Ces
réservoir sur des chaises soudées à la robe. La fondation du réser- derniers sont disposés sur des cercles concentriques et sont
voir doit alors comporter sur sa périphérie un anneau de béton, de reliés en tête par des pannes droites sur lesquelles viennent se
section suffisante pour s’opposer aux efforts de soulèvement poser les chevrons (figure 4). L’espacement entre ces chevrons
repris par chaque ancrage. n’excède pas, selon les codes, 1,7 m, sauf sur la robe où il peut
Les effets d’un séisme peuvent également imposer la mise en être porté à 2 m.
place de boulons d’ancrage, mais aussi le renforcement de l’épais-
seur des viroles basses et de la bordure de fond. Les vérifications
pour ce cas d’étude sont clairement exposées dans l’appendice E
du code de construction API-650 édité par l’American Petroleum Tôlerie
Cornière Pente du toit
Institute. (1/16 ou 1/12) de toit
de tête

L’ensemble des informations données ci-avant pour le fond,


Panne
la robe et le raidissage des cuves ouvertes reste applicable aux Chevron
réservoirs à toit fixe (§ 1.3) et à toit flottant (§ 1.4). Chevron

Poteau Poteau
1.3 Réservoirs à toit fixe intermédaire central

1.3.1 Généralités

Le stockage des produits peu volatils et à faible tension de a coupe du demi-réservoir


vapeur est réalisé dans des réservoirs dont la partie supérieure
est obturée par un toit fixe. Il est ainsi possible d’assurer plus
facilement leur conservation et d’empêcher leur contamination
par les agents extérieurs. Poteau
2 000
D’une manière générale, il s’agit de produits dont la tension maxi intermédaire
interm daire
de vapeur absolue à température ambiante est inférieure à Chevrons
0,1 bar ou dont le point d’éclair est supérieur à 55 oC intérieurs
(cf. [BM 6 590] [1], tableau 3).
1 700
maxi
Les produits les plus lourds sont à l’état pâteux à température
ambiante. Ils nécessitent l’installation d’un système de réchauffage
permanent, placé sur le fond des réservoirs, pour les maintenir
suffisamment liquides et permettre ainsi leur transfert. Dans ce
cas, un calorifuge est prévu sur la robe et, suivant la température
de réchauffage, sur le toit du réservoir. Panne
■ Le fond et la robe de ces réservoirs sont du même type que sur
les cuves ouvertes (§ 1.2). Cependant, la présence du toit fixe
assure une rigidité suffisante au sommet de la robe qui permet Chevrons
d’éviter l’installation d’une poutre raidisseuse. extérieurs

■ Les toits sont de forme conique ou sphérique. Ils sont étudiés b vue partielle du dessus
pour supporter une surcharge externe d’au moins 120 daN/m2
correspondant aux effets combinés d’une charge temporaire Les cotes sont exprimées en millimètres
(neige et dépression interne). La tôlerie de ces toits est réalisée à
partir de tôles rectangulaires de 5 mm d’épaisseur, soudées entre Figure 4 – Toit fixe supporté

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Les charpentes à poteaux sont reconnues comme des structures


économiques car leur conception permet un montage simple sur le
site. Ce type de charpente peut être employé sur les plus grands
réservoirs. Il n’est, en effet, pas limité en diamètre car il est Chevron
toujours possible, pour l’agrandir, d’ajouter une rangée supplé- Tôlerie
mentaire de poteaux, de pannes et de chevrons. Détail 1 de toit
Cornière

r=0
Entretoise de tête

,8d
Les réservoirs avec toit sur charpente à poteaux sont étu-

à
diés pour une surpression et une dépression internes n’excé-
ron

1,5d
dant pas respectivement + 5 et – 2,5 mbar. Cette faible d ev
Ch
pression interne n’entraîne aucun soulèvement de la robe et
ces réservoirs ne comportent donc aucun ancrage, sauf
lorsqu’ils sont nécessaires pour la tenue au vent ou au séisme Entretoise
Anneau Robe
de la structure. central
Détail 1

1.3.3 Réservoir à toit fixe autoportant Contreventement


Les toits fixes autoportants sont soit coniques avec une pente de 2 000 à
1/5 ou 1/6, soit sphériques avec rayon de courbure compris entre 2 500 mm
0,8 et 1,5 fois le diamètre du réservoir. La charpente de ces toits Chevron
est constituée d’éléments porteurs rayonnants, réalisés par de
simples chevrons ou par des fermes métalliques. Ces éléments
sont fixés en leur centre sur un anneau formant clef de voûte et d diamètre du réservoir
prennent appui en périphérie sur le sommet de la robe, sans r rayon de courbure du toit
l’intermédiaire de poteau (figure 5a). L’écartement des chevrons
ou des fermes le long de la robe est compris entre 2 et 2,5 m. a toit sphérique autoportant avec charpente à chevrons
On limite, en général, l’utilisation des charpentes à chevrons à
des réservoirs de 25 m de diamètre pour les toits coniques et de
60 m pour les toits sphériques, tandis que les charpentes à fermes
sont employées jusqu’à 60 m de diamètre quel que soit le profil du
toit. Les charpentes à chevrons sont de conception plus simple et
plus économique. A
A
A

Les réservoirs de diamètre inférieur à 20 m sont souvent A


construits avec des toits autoportants sans charpente. Dans ce cas,
A

l’épaisseur des tôles de toit doit être calculée à partir des formules A A A
précisées par les codes de construction. On limite, en général,
cette épaisseur à 9,5 mm de manière à conserver un assemblage
par recouvrement des tôles (figure 5b). La pente des toits coniques
peut être supérieure à 1/5, mais l’angle formé par les génératrices
du toit et un plan horizontal ne doit pas dépasser 37o.

Coupe A-A
Les surpression et dépression internes d’étude retenues
pour les réservoirs à toits autoportants sont en général supé- b exemple de tôlerie de toits
rieures à celles des toits supportés en raison du profil plus
profond de ces toits. Leurs valeurs sont souvent respective-
ment fixées à + 25 et – 5 mbar. On remarque que les toits Figure 5 – Toit fixe autoportant
sphériques présentent une meilleure tenue sous pression
interne et qu’ils conviennent bien pour les réservoirs de grand
diamètre. En pratique, on limite la pression d’étude à une 1.3.4 Pertes par respiration et remplissage
valeur qui permet d’éviter le soulèvement de la robe et, par
conséquent, l’installation d’ancrages. Ces derniers peuvent Malgré la protection que constitue le toit, les réservoirs à toit
cependant être nécessaires pour éviter le renversement de la fixe ne sont pas les capacités les mieux adaptées pour la
structure sous l’action du vent ou d’un séisme. Dans ce cas, et conservation des produits stockés. C’est d’ailleurs pour cette
lorsque cela est possible, il est recommandé de modifier les raison que ce type de réservoir n’est plus accepté par les autorités
proportions du réservoir, jusqu’à ce que la structure soit sta- responsables de la protection de l’environnement pour le stockage
ble. La mise en place d’ancrages est en effet coûteuse en rai- des liquides volatils à tension de vapeur non négligeable. Les
son de la nécessité d’une fondation d’un poids suffisant pour réservoirs à toit fixe sont, en effet, à l’origine de pertes impor-
équilibrer le soulèvement. tantes de produits provenant de deux phénomènes distincts que
sont la respiration de la capacité et les mouvements de produits.

Nota : les valeurs « d’étude » sont des valeurs arbitraires standards, supérieures aux Un réservoir à toit fixe n’est jamais complètement rempli de
conditions réelles de stockage, qui sont prises en compte pour les calculs. liquide et il existe toujours au-dessus du produit stocké un espace
gazeux, composé d’un mélange d’air et de vapeur émise par le
Les toits fixes autoportants sont quelquefois préférés aux toits liquide. Cet espace de vapeur est au moins égal au volume du toit,
supportés par poteaux (§ 1.3.2), en particulier sur des sols où des car le niveau maximal de liquide autorisé dans le réservoir est
tassements importants sont attendus. limité au sommet de la robe.

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est strictement interdite. – © Editions T.I. BM 6 591v2 – 5

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Réservoirs métalliques : stockage


des liquides à température contrôlée

par Régis CHAMAYOU
Ex-Responsable des Études de la Société Entrepose-DB (EDB)
et de la Société Nouvelle des Constructions Métalliques de Provence
(SN-CMP) du groupe Chicago Bridge and Iron Co (CBI)

1. Réservoirs semi-réfrigérés BM 6 592 - 2


2. Réservoirs réfrigérés et cryogéniques — 2
2.1 Généralités — 2
2.11 Hauteur des réservoirs — 3
2.12 Aspects des réservoirs réfrigérés et cryogéniques — 4
2.2 Réservoirs à simple paroi — 5
2.21 Principe — 5
2.22 Réalisation — 5
2.3 Réservoirs à double paroi — 7
2.31 Généralités — 7
2.32 Réservoirs double paroi à simple rétention — 7
2.33 Réservoirs double paroi à double rétention — 10
2.4 Capacités cryogéniques à double paroi pressurisées — 14
2.5 Codes d’étude et de construction — 14
2.6 Qualités des matériaux utilisés — 14
Pour en savoir plus....................................................................................... Doc. BM 6 593

L es réservoirs de stockage à température contrôlée sont réservés aux gaz


liquéfiés dont la température au point normal d’ébullition (PNE) est inférieure à
la température ambiante et qui, par conséquent, sont caractérisés par une forte
pression effective à la température du site.
Lorsque les quantités de gaz liquéfiés à stocker sont très importantes, le nombre
des unités de stockage sous pleine pression nécessaires devient aussi très impor-
tant, car leur volume unitaire est limité par les épaisseurs maximales de paroi réali-
sables. Pour remédier à cette situation contraignante et peu économique, on a
recours à une réduction de la pression d’exploitation par abaissement de la tempé-
rature du produit vers le PNE. Par ce moyen, la capacité des réservoirs peut être
considérablement augmentée, ainsi que les quantités stockées car le liquide est
alors plus dense.
■ Les réservoirs semi-réfrigérés (sphères ou ballons) fonctionnent sous pression
réduite, comprise entre la pression atmosphérique et la pleine pression à tempéra-
ture ambiante.
■ Les réservoirs réfrigérés ou cryogéniques (réservoirs cylindriques verticaux
à fond plat) fonctionnent sous pression sensiblement atmosphérique au PNE.
Naturellement, tous ces réservoirs comportent une isolation thermique, d’autant
plus importante que la température du stockage est basse.

L’article « Réservoirs métalliques pour stockage des liquides » fait l’objet de plusieurs
fascicules :
— Généralités [1] ;
— Stockages à température ambiante [2] ;
p。イオエゥッョ@Z@ッ」エッ「イ・@QYYW

— Stockages à température contrôlée.


Les sujets ne sont pas indépendants les uns des autres ; le lecteur devra assez souvent se reporter aux autres
fascicules. Le numéro de fascicule est suivi du numéro de paragraphe ou de figure.

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RÉSERVOIRS MÉTALLIQUES POUR STOCKAGE DES LIQUIDES ___________________________________________________________________________________

1. Réservoirs semi-réfrigérés ■ Stockage semi-réfrigéré sous pression et température


réduites : une seule sphère de 9 850 m3 (Æ = 26,6 m) suffit (soit
1,97 m3 par tonne de propane) avec une paroi d’environ 19 mm et un
poids propre voisin de 455 tonnes (0,09 tonne d’acier par tonne de
propane). La surface occupée au sol est approximativement deux fois
Ce mode de stockage est réservé aux gaz liquéfiés qui, à moindre que dans le schéma précédent, compte tenu des distances
température ambiante, développent de fortes pressions. Il réglementaires de sécurité à respecter entre ouvrages. Par ailleurs, le
consiste à stocker ces produits sous une pression d’exploitation coût des travaux de génie civil, et en particulier des fondations, sera


réduite obtenue par abaissement de leur température au moyen bien inférieur ainsi d’ailleurs que les dépenses liées aux équipements
de machines frigorifiques. annexes d’exploitation tels que le réseau de tuyauteries et l’instrumen-
L’intérêt de ce mode de stockage réside dans l’accroissement tation en raison du plus petit nombre d’ouvrages.
des capacités qu’il permet en raison de la réduction des épais-
En contrepartie la sphère semi-réfrigérée est grevée des coûts sup-
seurs de paroi liée aux faibles pressions d’utilisation. La quantité
plémentaires correspondants au système de réfrigération, aux dépen-
de produit que l’on peut stocker dans chaque unité est augmen-
ses d’énergie de fonctionnement et à l’isolation thermique des
tée non seulement par le plus grand volume permis, mais égale-
ouvrages. Cependant le bilan final reste très favorable et le devient
ment par la plus forte densité des liquides à ces températures.
encore plus lorsque le volume du dépôt augmente.

■ La température de stockage retenue se situe entre celle du pro-


duit sous pleine pression à température ambiante et celle du produit
totalement réfrigéré au point normal d’ébullition (BM 6 590,
figure 1). Généralement, on retient une température positive voisine
de 5 °C pour échapper au problème du gel de l’eau qui pourrait être
2. Réservoirs réfrigérés
présente en solution dans le gaz liquéfié. C’est souvent le cas pour et cryogéniques
les stockages de butane ou propane commercial. Cependant lorsque
le point normal d’ébullition est trop bas, comme par exemple pour
le dioxyde de carbone ou l’éthylène, les températures de stockage
adoptées se situent autour de –20 à –25 °C, ce qui permet de rester à
un niveau de pression encore raisonnable de l’ordre de 20 à 25 bar. 2.1 Généralités
Par ailleurs, ces températures ne nécessitent pas l’emploi d’aciers
alliés spéciaux.

■ Bien entendu, les stockages semi-réfrigérés sont pourvus d’une Nous avons vu en BM 6 590 (§ 3.2) que les gaz liquéfiés pouvaient
isolation thermique placée sur leur face extérieure. Son but est de être stockés sous pleine pression à température ambiante, sous
réduire le plus possible l’apport calorifique du milieu ambiant plus pression réduite en stockage semi-réfrigéré, mais également sous
chaud. Cette isolation est le plus souvent réalisée au moyen de pression atmosphérique. Pour atteindre ce dernier état, leur tempé-
mousse de polyuréthanne (projetée ou en plaque) ou par des bri- rature doit être abaissée, par un système de réfrigération approprié,
ques de verre cellulaire. Sa face externe comporte un écran pare- jusqu’à leur point normal d’ébullition. Ils peuvent ainsi, en l’absence
vapeur qui empêche la migration de l’humidité ambiante ainsi qu’un de pression, être stockés dans de simples réservoirs cylindriques
bardage métallique de protection contre les intempéries. verticaux à fond plat. Ces unités de stockage comprennent nécessai-
rement une isolation thermique performante qui enrobe complète-
La sphère est, en général, le type d’ouvrage sélectionné pour la ment le conteneur froid pour empêcher le réchauffement du produit
réalisation des stockages semi-réfrigérés car elle réunit les condi- réfrigéré.
tions nécessaires pour le stockage économique de grandes quanti-
tés de produits sous pression. Bien entendu, les ballons cylindriques
horizontaux de type aérien peuvent également convenir mais ils
sont moins performants sur le plan des coûts et leur capacité uni- Cette méthode de stockage est généralement considérée
taire est beaucoup plus limitée. comme une solution économique lorsque l’on doit traiter de
grandes quantités de gaz liquéfié supérieures en principe à
5 000 tonnes. Elle permet en effet de réaliser de grands réser-
Exemple : pour illustrer ces propos, considérons un stockage de voirs à parois minces et, par ailleurs, de loger une plus grande
5 000 tonnes de propane à réaliser soit à température ambiante, soit masse de produit liquéfié par unité de volume. La valeur très fai-
en mode semi-réfrigéré. En se référant au fascicule BM 6 590 ble des pressions de fonctionnement permet de construire sans
(tableau 2), on obtient les données suivantes : problème majeur des capacités pouvant atteindre 150 000 m3.
– à température ambiante et en considérant une température
maximale d’étude de 50 °C, la pression absolue du propane est de
17 bar et sa masse volumique de 452 kg/m3 ;
– à température réduite de 5 °C, la pression absolue n’est plus Ces réservoirs, malgré leurs dimensions souvent respectables,
que de 5,5 bar tandis que la masse volumique augmente et passe à sont cependant plus satisfaisants sur le plan de la sécurité pour
523 kg/m3. l’environnement que les unités de gaz liquéfiés sous pression.
A partir de ces éléments et en adoptant par exemple les règles de L’énergie libérée en cas de rupture accidentelle est en effet bien
calcul du CODAP, on définit les capacités de stockage optimales sui- moindre sur ce type d’ouvrage à pression atmosphérique que sur
vantes. les stockages pressurisés.
■ Stockage sous pleine pression à température ambiante : En pratique, ces capacités sont étudiées sous une légère pression
deux sphères de 5 650 m3 (Æ = 22,1 m) sont nécessaires (soit 2,26 m3 relative de quelques millibars pour simplifier l’exploitation et la
par tonne de propane). L’épaisseur moyenne de paroi est de l’ordre de régulation du réservoir et du système de réfrigération. La pression
46 mm et le poids propre des deux ouvrages est de 1 230 tonnes (soit d’étude retenue est généralement de l’ordre de 100 mbar. Cepen-
0,25 tonne d’acier par tonne de propane). Cette épaisseur, déjà impor- dant les exploitants exigent quelquefois des valeurs supérieures
tante, conduit à un prix élevé de ces stockages d’autant plus qu’un trai- pouvant atteindre 300 mbar. La présence de cette pression impose
tement thermique de détente après soudage devra être réalisé sur le d’ancrer les fonds de ces réservoirs sur leur fondation pour repren-
site après achèvement complet des ouvrages, conformément au code dre les efforts de soulèvement qu’elle développe sur le toit. La
de construction. dépression d’étude reste le plus souvent voisine de 5 mbar.

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___________________________________________________________________________________ RÉSERVOIRS MÉTALLIQUES POUR STOCKAGE DES LIQUIDES

Isolation pulvérulente Matelas élastique


(perlite expansée) en fibres de verre

Robe Robe intérieure


extérieure


Anneau de béton
sous robe intérieure Fond
intérieur
Lit de sable
Boulons
d’ancrage
extérieurs
Isolation porteuse
Système (briques de verre cellulaire expansé)
de réchauffage Chape de nivellement
des fondations en béton
Fond
extérieur
Plats d’ancrage
intérieurs
Sol consolidé

Anneau de béton
de fondation
Figure 1 – Fondation composite
avec anneau de béton

Tableau 1 – Caractérisation des gaz liquéfiés les plus


couramment stockés dans le mode réfrigéré Isolation Robe
ou cryogénique extérieure
Anneau de béton
Produits Formule Point Masse Volume Plats d’ancrage sous robe Fond
stockés chimique normal volumique de gaz (2) du réservoir Lit de sable
d’ébullition du liquide par m3 de Isolation porteuse
°C (1) liquide (1) (briques de verre
Système
kg/m3
m3 de réchauffage Dalle de béton cellulaire expansé)
des fondations
Butane C4H10 – 0,5 601 240
Butadiène C4H6 – 4,4 651 280
Chlorure de C2H3Cl
vinyle NH3 – 13,4 963 350
Figure 2 – Fondation rigide avec dalle de béton au sol
Ammoniac Cl2 – 33,4 682 900
Chlore C3H8 – 34,0 1 560 500
Propane C3H6 – 42,1 582 300 absolu. Le tableau 1 rappelle les gaz industriels les plus couram-
Propylène C2H6 – 47,7 614 330 ment traités dans ce mode de stockage et précise la température de
Éthane C2H4 – 88,2 ‘547 410 stockage au point normal d’ébullition (PNE) ainsi que la masse volu-
mique dans ces conditions.
Éthylène CH4 – 103,7 568 455
Méthane O2 – 161,5 425 595
Oxygène Ar – 183 1 141 800 2.1.1 Hauteur des réservoirs
Argon N2 – 185,8 1 398 785
Azote Ne – 195,8 807 645 Elle est souvent importante afin de réduire les surfaces exposées
Néon H2 – 245,9 1 200 1 335 à l’air ambiant et par voie de conséquence l’importance du flux ther-
mique qui traverse les parois isolées du stockage. Un bilan écono-
Hydrogène He – 252,9 71 790 mique met également en évidence l’intérêt d’un réservoir de faible
Hélium – 268,9 125 700 diamètre. Pour ces raisons, on favorise les réservoirs « carrés » dont
le rapport hauteur/diamètre voisin de 1 se rapproche le plus des pro-
(1) Au point normal d’ébullition portions idéales de la forme sphérique. Cependant pour des raisons
(2) A 0 °C et sous pression atmosphérique
de construction, la hauteur des robes de ces réservoirs est générale-
ment limitée à 40 m.
Les températures de fonctionnement de ces unités de stockage Ces structures très hautes développent des charges au sol impor-
sont celles qui correspondent au point normal d’ébullition des gaz tantes. De plus, elles sont pourvues d’un système d’ancrage consé-
considérés. Elles sont bien entendu négatives pour les produits con- quent. Leurs fondations sont donc beaucoup plus élaborées que
sidérés et approchent dans certains cas (hélium liquide) le zéro celles des réservoirs à fond plat abordés dans le fascicule BM 6 591.

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Isolation pulvérulente Matelas élastique


(perlite expansée) en fibres de verre

Robe Robe intérieure


extérieure
Anneau de béton

Q Boulons
d’ancrage
sous robe intérieure Fond
intérieur

Lit de sable
extérieurs
Isolation porteuse Chape de
(briques de verre cellulaire expansé) nivellement
Plats en béton
d’ancrage
intérieurs
Dalle de béton Fond
surélevée extérieur

Pieux

Figure 3 – Fondation rigide


surélevée avec dalle de béton
sur pieux

sitif a pour objet de maintenir la température de la fondation au-des-


sus de 0 °C afin d’éviter le gel du sol adjacent qui, par augmentation
Isolation Robe de volume, amènerait des désordres importants sur la fondation,
extérieure l’isolation du fond et la tôlerie du fond. Ce réchauffage est obtenu
Anneau de béton par un ensemble de conduits parallèles noyés dans la fondation
Plats d’ancrage
du réservoir sous robe dans lesquels sont placés des câbles électriques chauffants pour
Fond
Lit de sable
maintenir la fondation au voisinage de 5 °C.
Système Isolation porteuse
de réchauffage (briques de verre
des fondations cellulaire expansé) 2.1.2 Aspects des réservoirs réfrigérés
Dalle de béton et cryogéniques

Pieux
Par convention et en regard des matériaux mis en œuvre pour
la construction des récipients contenant le produit liquide froid,
on désigne par réservoirs réfrigérés les unités dont la tempéra-
Figure 4 – Fondation rigide au sol avec dalle de béton sur pieux ture de stockage est supérieure à – 60 °C et par réservoirs cryo-
géniques les unités qui fonctionnent au-dessous de cette
température. La frontière de – 60 °C correspond sensiblement à
On distingue deux types de fondations : la limite d’emploi des aciers au carbone faiblement alliés. Pour
— les fondations composites avec anneau de béton (figure 1) ; des températures d’exploitation plus basses, on doit avoir
— les fondations rigides avec dalle de béton au sol (figure 2) ou recours à des aciers spéciaux alliés au nickel, à des aciers inoxy-
surélevées (figures 3 et 4) dables austénitiques ou à des alliages d’aluminium. La figure 5
illustre cette terminologie pour les produits les plus couram-
Sur un sol porteur et homogène, on réalise souvent une fonda- ment stockés sous pression atmosphérique.
tion composite constituée d’un anneau de béton placé à la péri-
phérie du fond à l’intérieur duquel le terrain naturel est consolidé ou
remplacé jusqu’à l’obtention des caractéristiques souhaitées ■ Réservoirs à simple paroi
(figure 1). Ce sont des réservoirs cylindriques verticaux, à fond plat ancré,
Sur un sol moins porteur ou lorsque des tassements différentiels surmontés d’un toit dôme (§ 2.2). Ils comportent une isolation ther-
sont attendus, on favorise plutôt une fondation rigide monolithi- mique placée, en principe, sur la face extérieure des parois. Ils sont
que réalisée par une dalle de béton armé qui couvre toute la surface employés pour les stockages réfrigérés et ne conviennent pas pour
du fond de l’ouvrage (figure 2). Sur un mauvais sol, on fera reposer les réservoirs cryogéniques qui nécessitent une isolation plus per-
cette dalle sur une série de pieux régulièrement disposés sous sa formante.
surface qui seront implantés dans le terrain jusqu’à la couche por-
teuse du sous-sol (figures 3 et 4). Ces dalles sur pieux sont le plus ■ Réservoirs à double paroi
souvent réalisées à 2 ou 3 m au-dessus du sol naturel pour favoriser Le récipient de stockage proprement dit, constitué d’un réservoir
leur ventilation et permettre leur inspection (figure 3). Lorsque cette cylindrique à fond plat avec ou sans toit dôme, est contenu et pro-
ventilation naturelle n’existe pas, comme c’est le cas pour les réser- tégé par une seconde enceinte en contact direct avec l’air ambiant
voirs disposés à même le sol (figure 4), il est impératif de prévoir dont l’aspect est comparable à celui d’un réservoir à toit sphérique
l’installation d’un système de réchauffage de la fondation. Ce dispo- (§ 2.31). Le système isolant, plus important et plus performant que

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Stockage et transfert des fluides des machines
hydrauliques et thermiques
(Réf. Internet 42174)

1– Technologies des réservoirs R


2– Écoulements et tuyauteries Réf. Internet page

Coups de bélier BM4176 53

Tuyauteries. Résistance des éléments. 1re partie BM6720 59

Tuyauteries. Résistance des éléments. 2e partie BM6721 65

Écoulement des luides dans les tuyauteries A738 73

Tuyauteries. Flexibilité A800 79

Tuyauteries. Compensateurs de dilatation A805 87

Tuyauteries. Transmission de la chaleur A820 91

Supportage BM6750 95

Tuyauteries. Contrôle et tolérance du supportage A812 101

3– Organes de réglage et de contrôle

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Coups de bélier

par Marcel FRELIN


Ingénieur CNAM
Docteur de l’Université
Sous-directeur honoraire de Laboratoire au Conservatoire national des arts et métiers


1. Coups de bélier de masse...................................................................... BM 4 176 - 3
1.1 Équation de continuité ................................................................................ — 3
1.2 Équation de mouvement............................................................................. — 3
1.3 Variation lente de régime............................................................................ — 3
1.4 Imperfection de la théorie du coup de bélier de masse ........................... — 4
2. Notions sur la propagation des ondes dans un milieu fluide ...... — 4
2.1 Mécanisme de la propagation d’une onde................................................ — 4
2.2 Célérité du son ............................................................................................. — 5
2.3 Formules d’Allievi ........................................................................................ — 6
2.4 Réflexion normale des ondes planes......................................................... — 6
3. Célérité des ondes de pression dans les conduites déformables — 7
3.1 Analyse des termes de l’équation de débit ............................................... — 7
3.2 Déformation des tuyauteries ...................................................................... — 7
3.3 Vitesse de propagation ............................................................................... — 8
3.4 Conduites annulaires................................................................................... — 9
4. Méthode de Louis Bergeron .................................................................. — 9
4.1 Principe de la méthode ............................................................................... — 9
4.2 Construction graphique .............................................................................. — 10
4.3 Fermeture instantanée d’une vanne .......................................................... — 10
4.4 Schématisation simplifiée du phénomène ................................................ — 11
4 .5 F ermeture progressive d’une vanne .......................................................... — 12
4.6 Influence de la dégradation énergétique................................................... — 13
5. Coups de bélier dans les stations de pompage............................... — 13
5 .1 Arrêt instantané d’une pompe.................................................................... — 14
5.2 Arrêt progressif d’une pompe .................................................................... — 14
5.3 Cheminée d’équilibre et réservoir.............................................................. — 16
5.4 Protection par cheminée d’équilibre .......................................................... — 17
5.5 Protection par réservoir antibélier ............................................................. — 18
5.6 Cavitation ..................................................................................................... — 21
6. Méthode des caractéristiques .............................................................. — 21
6.1 Dégradation énergétique négligée............................................................. — 21
6.2 Comptabilisation de la dégradation énergétique ..................................... — 24
7. Conclusion ................................................................................................. — 26
Références bibliographiques ......................................................................... — 27

es changements du régime d’écoulement d’un fluide contenu à l’intérieur


L d’une conduite entraînent souvent de brusques variations de pression. Ces
écarts seront plus importants si le fluide est un liquide et si la modification du
débit a été brutale. Par rapport au régime permanent, les pressions peuvent
atteindre des valeurs excessives.
On appelle coups de bélier les variations de pression provoquées par une
prompte modification du régime d’un liquide s’écoulant à l’intérieur d’une cana-
p。イオエゥッョ@Z@ェ。ョカゥ・イ@RPPR

lisation.

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US
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COUPS DE BÉLIER ______________________________________________________________________________________________________________________

Les causes des coups de bélier sont diverses mais elles sont fréquentes lors
du démarrage ou de l’arrêt d’une installation hydraulique, par exemple, une
prompte fermeture de vanne ou un arrêt rapide de pompe.
Le fonctionnement en régime instationnaire, même très exceptionnel, d’une
installation hydraulique doit toujours attirer l’attention de l’ingénieur concepteur.
Ces phénomènes peuvent avoir des conséquences fâcheuses telles que la rupture
de canalisations et la détérioration d’appareils traversés par le fluide.
Il est donc capital de prévoir et d’étudier ces phénomènes transitoires afin de
réduire leurs effets par l’utilisation de dispositifs spéciaux et le dimensionnement
correct des différents composants d’une installation.
Bien que son application reste limitée, cet article traitera d’abord de la théorie

R très simple du « coup de bélier de masse » qu’on peut parfois utiliser dans
certaines installations hydrauliques.
Les propriétés des ondes de pression dans les canalisations déformables seront
développées. Les phénomènes instationnaires, pour lesquels l’étude de la pro-
pagation des ondes de pression est indispensable, sont souvent désignés par
« coups de bélier d’ondes » par opposition aux « coups de bélier de masse ».
Dans le langage courant on parle, tout simplement, de coups de bélier.
Les équations fondamentales, traduisant l’instationnarité d’un écoulement,
peuvent être directement traitées sur ordinateur mais les résultats numériques
ainsi obtenus n’ont pas le mérite de bien décrire le phénomène physique. Ce
qui n’est pas le cas pour la méthode graphique de Bergeron qui mettra en évi-
dence la nature des coups de bélier. Elle sera tout d’abord développée dans son
principe pour traiter les coups de bélier d’ondes, puis elle sera étendue aux
stations de pompage avec leurs dispositifs de protection antibélier.
En revanche, la construction graphique de Bergeron a l’inconvénient de devenir
confuse lorsque les installations hydrauliques sont complexes. L’informatique
s’est évidemment substituée aux constructions graphiques en utilisant diverses
méthodes. Nous développerons celle des caractéristiques qui est couramment
utilisée.

Notations et symboles Notations et symboles


Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition
A m2 Aire (section de la canalisation) S J/(kg · K) Entropie massique
a m/s Célérité du son s m Abscisse curviligne
c m/s Célérité d’une onde de pression T K Température (§ 2.2)
dans une canalisation T s Temps total de fermeture d’une vanne
d et D m Diamètres t s Période
E Pa Module d’élasticité longitudinale t s Temps
(module d’Young) U m Déplacement radial
e m Épaisseur du tube constituant V m/s Vitesse d’écoulement du fluide
une canalisation  m3 Volume
εR , ε θ , εs Dilatations principales en coordonnées
cylindriques v m3/kg Volume massique
z m Altitude
g m/s2 Accélération due à la pesanteur
δf J/kg Dégradation énergétique
H m Hauteur manométrique d’une pompe ε Pa Module d’élasticité volumique du liquide
h m Pression exprimée en colonne de liquide sans Rapport des capacités thermiques
I kg · m2 Moment d’inertie par rapport à un axe γ dimension massiques
de rotation Temps pour parcourir la longueur
sans µ s de la canalisation µ = L/c
K dimension Coefficient simplificateur
sans
ν dimension Coefficient de Poisson
L m Longueur de tuyauterie
M N·m Couple d’une pompe ρ kg/m3 Masse volumique
N tr/min Vitesse de rotation Contraintes principales en coordonnées
σR , σθ , σs Pa cylindriques
pv Pa Pression de vapeur saturante
ξ m Dégradation énergétique en colonne de
p Pa Pression liquide
P Pa P=p+ρgz sans
η dimension Rendement global de pompe
qv m3/s Débit-volume
R m Rayon χS Pa–1 Coefficient de compressibilité isentropique
r J/(kg · K) Constante d’un gaz parfait ω rad/s Vitesse angulaire

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BM 4 176 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique

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_____________________________________________________________________________________________________________________ COUPS DE BÉLIER

1. Coups de bélier de masse Par contre, ce n’est pas le cas si les changements du régime de
l’écoulement sont faibles. Dans ces conditions, les écarts de pression
sont minimes, la masse volumique du liquide est quasiment
constante, et les tuyauteries peuvent être considérées comme indé-
1.1 Équation de continuité formables. On dit alors que l’on a affaire à un coup de bélier de
masse.
L’équation de continuité ou de conservation de la masse d’un Avec ces hypothèses, la relation (2) s’écrit :
écoulement unidimensionnel s’exprime par la relation :
∂V
ρ A --------- = 0 ⇒ V ≠ f (s)
∂ ( ρ A ) ∂ ( ρ AV ) ∂s
-------------------- + ------------------------- = 0 (1)
∂t ∂s
La vitesse qui est, a priori, fonction du temps t et de l’abscisse
curviligne s, ne dépend plus, dans un coup de bélier de masse, que


Cette expression est valable pour un filet de courant mais dans
cette théorie nous l’étendrons à une canalisation. En d’autres termes, de t, et ainsi la relation (6) devient :
nous admettrons que l’écoulement à l’intérieur d’une tuyauterie est
dV 1 ∂ P
tel que sa vitesse V , sa pression p, et sa masse volumique ρ ---------- + ----- --------- = 0 (7)
dt ρ ∂s
conservent à la date t, la même valeur en tous les points d’une section
droite d’aire A et d’abscisse curviligne s. Il est souvent possible d’intégrer cette relation. Pour le montrer,
Les liquides sont habituellement considérés comme des fluides considérons une tuyauterie de longueur L et désignons par « 1 » son
incompressibles mais, ici, on tiendra compte de leur légère entrée et « 2 » sa sortie. Multiplions alors (7) par un petit élément
compressibilité. Évidemment, la variation de leur masse volumique de longueur ds et intégrons cette expression à une date t. Nous
restera toujours faible devant une valeur moyenne que l’on prendra obtenons l’équation suivante :
en ligne de compte. En écoulement instationnaire, on admet que la
masse volumique est fonction du temps t mais pas de l’abscisse dV P 2 – P 1
- = 0
L ---------- + -------------------
curviligne s. dt ρ
2 2
Compte tenu de ces remarques sur les
devient :
liquides, la relation (1)
ou
dV

p2 V2 p1
  V1
L ---------- + -------- + gz 2 + --------- – -------- + gz 1 + ----------
dt ρ 2 ρ 2 =0 (8)

∂A ∂ρ ∂A ∂V
ρ --------- + A -------- + V ρ --------- + A ρ --------- = 0 (2) puisque nous avons :
∂t ∂t ∂s ∂s

 
2 2
∂P
ds = L ; --------- d s = P 2 – P 1 ; V 2 = V 1
1.2 Équation de mouvement 1 1 ∂s
Les conditions aux limites permettent généralement d’exprimer
Pour une particule fluide visqueuse, l’équation générale de la les termes comportant les indices « 1 » et « 2 » sous d’autres
dynamique s’écrit : formes et conduisent à la résolution de l’équation différentielle.
dV = Exemple : une installation hydraulique comporte une cheminée
ρ ------------- = F v + div τ (3)
dt d’équilibre située à une distance L d’une retenue d’eau de niveau
= constant (figure 1). La cheminée de section circulaire a un diamètre D
Fv désigne les forces de volume et τ le tenseur des contraintes.
alors que celui de la tuyauterie est d. Lorsque le régime de l’écoulement
Comme précédemment, considérons un écoulement unidimen- est permanent, le débit-volume est q v0 .
sionnel et supposons que les forces de volume se réduisent uni- En négligeant les pertes de charge dans la conduite et sachant qu’à
quement à l’action de la pesanteur. En décomposant l’accélération la date t = t0 on ferme instantanément la vanne, nous voulons
dV déterminer :
---------- et en désignant par δf la dégradation énergétique, l’équation (3)
dt 1) la période des oscillations ;
devient : 2) la hauteur maximale d’eau atteinte dans la cheminée.
∂V ∂V dz 1 ∂p δf Application numérique :
--------- + V --------- + g -------- + ----- --------- + --------- = 0 (4)
∂t ∂s ds ρ ∂s ds
d = 1,5 m L = 4 000 m q v0 = 1 m3/s
Dans le but de simplifier les écritures on pose souvent pour les
liquides : D=3m z 0 – z2 = 20 m
P=p+ρgz (5) 1) Compte tenu de l’importance des masses d’eau contenues dans
la retenue et la cheminée, nous pouvons dire qu’à une date quel-
En négligeant le terme en δf et en tenant compte de la remarque conque t nous avons approximativement :
précédente sur la masse volumique, la relation (4) peut s’écrire :
2
p1 V1 p at
∂V ∂V 1 ∂P ∂V ∂
--------- + V --------- + ----- --------- = --------- + --------
∂t ∂ s ρ ∂s ∂t ∂s  V2 P
--------- + -----
2 ρ  = 0 (6) -------
ρ
+ g z 1 + ---------
2 ρ
- + g z0
- = ---------

et, de même :
2
p2 V p at p at
1.3 Variation lente de régime -------- + gz 2 + --------2- = --------- - + g (z 0 + x)
- + g z = ---------
ρ 2 ρ ρ
Il est bien connu que des modifications rapides de la vitesse d’un et, par substitution dans la relation (8), il ne restera que :
liquide contenu à l’intérieur d’une canalisation peuvent provoquer
des variations de pression importantes qui risquent d’être dV
L --------- + gx = 0
préjudiciables à une installation. dt

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COUPS DE BÉLIER ______________________________________________________________________________________________________________________

Z Z
D
pat p at 0
z pat z0
z0 0 x
Retenue R
z1 1 Cheminée z1 1
d

Vanne V Vanne V
z2 2 z2 pat
L L 2

R Figure 1 – Installation avec cheminée d’équilibre Figure 2 – Fermeture d’une vanne

Il est facile d’exprimer différemment cette équation en écrivant qu’à Dans ces conditions, la relation (8) devient :
une date t le débit-volume dans la tuyauterie doit être égal à celui qui
entre ou sort de la cheminée : LV p2 Vi
2 2 p at
q v0
πd 2 πD 2 dx dV D
 
= ------------ V = ------------ --------- ⇒ --------- = ------
4 4 dt dt d
2 d2 x
-----------
dt 2
-
– ----------i- + --------
T ρ
+ gz 2 + ---------
2  1 – ------Tt -  –  ---------ρ + gz  = 0 0

ce qui permet de déduire la pression relative au niveau de la


Alors, l’équation différentielle ci-dessus devient : vanne :
2 2
 1 – ------Tt - 
2 d 2x p 2 – p at Vi LV
 -----dD-  L ----------
-
dt 2 + gx = 0
- = g ( z 0 – z 2 ) – ---------
---------------------
ρ 2
+ ----------i-
T
et admet comme solution : Cette expression présente une difficulté pour un temps de
fermeture de vanne très court. En effet, si T → 0 nous avons
p 2 – p at
d g
 d g

x = C 1 cos ------ ----- t + C 2 sin ------ ----- t
D L D L   ρ
- → ∞ ce qui est, évidemment, impossible. On conçoit donc
---------------------
aisément qu’il est indispensable de traiter différemment ce genre
avec C 1 et C 2 constantes. de phénomènes.
La période demandée des oscillations est donc : Pour que la théorie du coup de bélier de masse puisse s’appliquer
dans ce cas particulier, il faudrait que la valeur de T soit suffisamment
D L grande. Grosso modo, il est souhaitable que le rapport L/T soit très
t = 2π ------ ----- = 254 s = 4 min14 s
d g inférieur à la vitesse de propagation de l’onde de pression dans la
canalisation, dont il sera question au paragraphe 3.
2) Nous déduisons les constantes C 1 et C 2 en écrivant qu’à la date
t = 0 le débit-volume est q v0 et x = 0. Soit :

 
4q v0 L 4 q v0 L d g
C 1 = 0 et C 2 = --------------
πdD
----- ⇒ x = -------------
g π dD
- ----- sin ------ ----- t
g D L
2. Notions sur la propagation
La hauteur d’eau dans la cheminée sera évidemment maximale des ondes dans un milieu
lorsque : fluide

d g
D L  π D L
2 d g
t
sin ------ ----- t = 1 c ′ est-à-dire pour t = ----- ------ ----- = ------
4
2.1 Mécanisme de la propagation
Par conséquent, la hauteur d’eau maximale atteinte dans la chemi- d’une onde
née sera :
4q v0 Si dans un milieu continu, au repos, on provoque le déplacement
L
z maxi = z 0 – z 2 + -------------- ----- = 25,7 m rapide d’un élément on constate que les éléments voisins se
πdD g déplacent et agissent à leur tour sur les particules en contact ; ainsi,
le déplacement se propage, de proche en proche, avec une vitesse
finie dans tout le milieu.
1.4 Imperfection de la théorie du coup Si l’ébranlement est de faible amplitude (ce qui sera le cas dans
de bélier de masse l’étude des coups de bélier), la vitesse de propagation est appelée
célérité du son et on la désigne habituellement par a.
Supposons (figure 2) que l’installation traitée dans l’exemple Dans un fluide, cette propagation s’effectue dans une direction
précédent ne comporte pas de cheminée d’équilibre et que la confondue avec celle de l’ébranlement. Elle s’accompagne, à cette
fermeture de la vanne provoque des vitesses obéissant à la loi même célérité, d’une variation de pression, de masse volumique et
suivante : de température. Ce domaine mobile, par rapport au fluide constitue
une onde. Par exemple, dans un milieu fluide indéfini, un ébran-
t
V = V i 1 – -----
T   lement produit en un point M se propagera à la célérité a suivant
une onde sphérique.
avec T temps total de fermeture, Pour schématiser plus simplement ce phénomène de propagation
V i vitesse initiale. d’ondes, considérons une longue tuyauterie rectiligne, absolument

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_____________________________________________________________________________________________________________________ COUPS DE BÉLIER

Célérité a Liquide p + dp p
a

Piston Position de l'onde à la date t


a dt
Figure 3 – Propagation d’une onde
a équation de la dynamique des fluides

indéformable, de section constante, et contenant un liquide


(figure 3). Supposons que l’une de ses extrémités comporte un


piston mobile et que l’autre soit fermée. Dans l’éventualité hypothé- A1 ρ V A2
tique d’un liquide incompressible, le déplacement du piston se a
transmettrait instantanément à la totalité du fluide contenu dans la
tuyauterie. Il ne pourrait pas se déplacer sans que la pression qui b
règne dans le liquide devienne théoriquement égale à l’infini.
Mais en réalité, comme nous l’avons précédemment évoqué, les A2
A3
liquides ne sont pas rigoureusement incompressibles. Si l’on a
déplace brusquement le piston d’une petite quantité, il apparaîtra
immédiatement une augmentation de pression dans la couche de dv dt ρ + d ρ ; V + dV c
liquide en contact avec lui. Cette couche, n’étant plus en équilibre a dt
avec les tranches plus éloignées, va se détendre en comprimant à
son tour les couches voisines et ainsi de suite avec une vitesse de x1 x2 x
propagation égale à a, puisque la tuyauterie est supposée indé- b c conservation de la masse
formable.

Figure 4 – Illustration des équations de la dynamique des fluides


et de la conservation de la masse
2.2 Célérité du son
Pour déterminer la célérité a considérons, tout d’abord,
l’écoulement permanent d’un liquide parfait contenu à l’intérieur On admet généralement que la propagation d’une onde plane
d’une canalisation rectiligne, rigoureusement indéformable et de s’effectue adiabatiquement et, puisque le frottement est négligea-
section constante A . Si nous provoquons alors un ébranlement, il ble, l’évolution est de surcroît isentropique. En utilisant les nota-
y aura au passage de l’onde une discontinuité de la pression, de la tions de la thermodynamique, la célérité d’une onde de pression
masse volumique, de la température et également de la dans un milieu fluide indéterminé s’écrit :
vitesse (figure 4a ). Pendant le temps dt, la masse de fluide

∂ρ 
 --------
concernée par le parcours de cette onde est ρAa d t et elle subit une ∂p
a2 = - (12)
dV S
accélération ---------- . Pour cette masse de fluide, l’équation de la dyna-
dt
mique s’écrit : Compte tenu de l’expression du coefficient de compressibilité
dV isentropique χS [15] et du module d’élasticité volumique du liquide ε :
A ( p + dp ) – A p = ρ Aadt ----------
dt
1 ∂ρ
soit :
dp = ρa d V (9)
1
ε
1 ∂v
χ S = ----- = – ----- --------
v ∂p   S
ρ ∂p  
= ----- --------
S
À la date t = t 1 , cette onde élémentaire se trouve à une abscisse
ce qui peut encore s’écrire :
x = x1 dans la canalisation et, à t 2 = t 1 + dt, elle se trouvera dans
une position x2 = x 1 + adt. Au temps t 1 , toutes les particules de
p
fluide comprises entre les sections A 1 et A 2 ont, évidemment,
conservé leur masse volumique ρ et leur vitesse V (figure 4b ). Ce
 --------
∂ρ 

-
S χS ρ
1
ρ
ε
= ------------- = ---- = a 2 (13)

qui n’est pas le cas, pour cette même masse de fluide contenue à
la date t 2 entre les sections A 3 et A 2 , où ces grandeurs sont res- Par exemple, dans l’eau la célérité du son est d’environ 1414 m /s
pectivement devenues ρ + d 1 et V + dV (figure 4c ). avec ρ = 1 000 kg · m–3 et χ S = 5 · 10 –10 Pa–1. Cette valeur varie
Avant le passage de l’onde, la masse de fluide comprise entre légèrement avec la température et la pression. Par contre, dans de la
A 1 et A 2 était : vapeur d’eau légèrement surchauffée (pression = 1,8 bar et tempéra-
ρAadt ture = 180 oC), la célérité du son est approximativement de 520 m/s.

Après le passage de l’onde, cette même masse de fluide est p


comprise entre les sections A 3 et A2 et elle devient : Notons que dans le cas d’un gaz parfait nous avons ----- = rT et,
ρ
( ρ + dρ ) A (a – dV ) dt p
de plus, pour une évolution isentropique : ------γ- = constante. Si bien
ρ
En égalisant ces expressions et en négligeant les termes du
que la relation (12) conduit immédiatement à l’expression bien
second ordre, on a :
connue de la célérité du son dans un gaz :
adρ = ρ dV (10)
Des relations (9) et (10) nous déduisons l’expression de la a = γ rT (1 4)
célérité a :
dp D ans l’air à 20 o C, la célérité du son est environ de 343 m/s et
a 2 = --------- (11)
dρ seulement de 118 m/s pour du R 113 à cette même température.

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COUPS DE BÉLIER ______________________________________________________________________________________________________________________

Du fait de leur grande compressibilité, les gaz ont une célérité du En ajoutant membre à membre les résultats (23) et (25) puis
son beaucoup plus faible que les liquides. Toutefois dans l’hydro- ensuite en retranchant ces mêmes relations, on obtient les formu-
gène et l’hélium, qui ont de faibles masses molaires, donc de plus les d’ Allievi :
fortes valeurs de r, la célérité est plus importante que dans les autres P = F (at – s ) + G (at + s ) (26)
gaz.
1
V = --------- [ F ( at – s ) – G ( at + s ) (27)
ρa
2.3 Formules d’Allievi Notons que la fonction F correspond à des ondes se propageant
suivant s (ondes progressives) et G correspond à des ondes se
Quand une onde, d’amplitude modérée et de célérité a, se pro- propageant en sens inverse (ondes ré gressives).
page dans un milieu au repos (ou animé d’une vitesse très faible),
les particules sont bien mises en mouvement lors de son passage,
2.4 Réflexion normale des ondes planes

mais leur vitesse de déplacement reste faible devant a. Par contre,
des variations de pression très importantes, telles que celles qui
résulteraient de fortes explosions, donneraient lieu à des vitesses L’expérience montre qu’un ébranlement se propageant par ondes
de déplacement de fluide non négligeables par rapport à la célérité planes dans un milieu fluide, comme par exemple celui contenu dans
a. Dans une telle éventualité, la théorie simplifiée ci-après ne serait la tuyauterie précédemment définie, s’arrête lorsqu’il arrive à l’une
plus valable. de ses extrémités. Il est alors réfléchi et remplacé par un ébranlement
Nous nous plaçons donc, ici, dans l’hypothèse où la vitesse V se propageant en sens inverse avec des caractéristiques différentes
reste relativement faible et nous négligerons dans la relation (6) le suivant la nature de la partie rencontrée. Cette extrémité peut être :
∂V 1 ∂P — fermée par une paroi immobile comme, par exemple, une
terme en V --------- devant ----- --------- . Ainsi l’équation de mouvement vanne fermée ;
∂s ρ ∂s
pourra s’écrire : — ouverte comme le raccordement avec un réservoir ;
∂V ∂P — un compromis entre les deux ; diaphragme, vanne semi-
ρ --------- + --------- = 0 (15) ouverte, etc.
∂t ∂s
Le premier de ces ébranlements est appelé « ébranlement
Mettons également sous une forme plus simple l’équation de
incident » et le second « ébranlement réfléchi ». Les vitesses des
continuité. Pour cela considérons, comme au précédent paragraphe,
différentes particules fluides sont liées par la relation (27)
une canalisation indŽformable contenant un fl uide compressible.
constituée par la somme des deux termes :  1 = F ( at – s )
Avec ces hypothèses, la relation (2) devient :
et  2 = – G ( at + s ) , multipliée par 1/ρa.
∂ρ ∂V On comprendra aisément que l’un de ces termes correspond à
-------- + ρ --------- = 0 (16)
∂t ∂s l’ébranlement incident et l’autre à l’ébranlement réfléchi. L’ébran-
De la relation (11) nous pouvons déduire que : lement incident n’a plus de signification physique lorsque l’onde
dépasse l’extrémité en question. Ainsi que le montre la figure 5,
∂ρ 1 ∂p 1 ∂P c’est l’inverse pour l’écoulement réfléchi.
- --------- = -------
-------- = ------- - ---------
∂t a2 ∂ t a2 ∂ t
d’où : ■ Extré mité fermé e
∂P ∂V Au contact de la paroi rigide et immobile, le fluide a une vitesse
--------- + ρ a 2 --------- = 0 (17) nulle. En prenant s = 0, comme abscisse de la paroi fixe, la
∂t ∂s
relation (27) donne immédiatement : F (at ) = G (at ), cette relation
Divisons la relation (17) par a et ajoutons le résultat à (15) : est valable quel que soit t ce qui signifie, évidemment, que les ter-
1 ∂P ∂V ∂V ∂P mes entre parenthèses doivent être égaux. Ce qui permet d’écrire :
----- --------- + ρ a --------- + ρ --------- + --------- = 0 (18) F (at + s ) = G (at + s ). Si, à la date t = 0, l’ébranlement incident est
a ∂t ∂s ∂t ∂s
à l’abscisse – L et l’ébranlement réfléchi à l’abscisse L, ils se
On remarquera qu’en posant X = P + ρ a V la relation (18) s’écrit : rencontreront à la date t = L/a.
1 ∂X ∂X Notons également qu’aux dates t = 0 et t = L/a nous avons :
----- --------- + --------- = 0 (19)
a ∂t ∂s  1 = F ( L ) et  2 = – F ( L )
Cette équation aux dérivées partielles, linéaire du premier ordre,
a pour système différentiel associé : Il est normal que ces valeurs se conservent lors de la propaga-
tion, puisque nous avons, en vertu des relations (21) et (24) :
dt ds dX
---------- = --------- = ---------- (20) at – s = Cte et at + s = Cte
1/a 1 0
ce qui permet de déduire :
adt – ds = 0 ⇒ at – s = Cte (21)
t
dX = 0 ⇒ X = P + ρaV = Cte (22)
et d’exprimer ainsi la solution générale de l’équation (18) :
P + ρaV = 2 F (at – s) (23)
2L /a
F étant une fonction arbitraire.
Ébranlement réfléchi
L /a Pas de
Divisons toujours la relation (17) par a mais retranchons, cette signification
fois, le résultat obtenu à (15). En conduisant les calculs de la même physique
façon que précédemment, on obtient : Ébranlement incident
at + s = Cte et P – ρaV = Cte (24)
–L 0 L s
P – ρaV = 2G (at + s ) (25)
G étant une fonction arbitraire. Figure 5 – Réflexion des ébranlements

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Tuyauteries. Résistance des éléments


1re partie
par Bernard PITROU
Consultant


Ancien chef du service Calculs de la société Entrepose, division Entrepose Montalev Services
Président du comité de direction du CODETI (SNCT) et des commissions UNM – 70 et 706
Membre de la CCAP

1. Diverses actions considérées ............................................................... BM 6 720 - 3


1.1 Pression ........................................................................................................ — 3
1.2 Sollicitation due à la pesanteur .................................................................. — 6
1.3 Effet de la dilatation ou contraction empêchée et des déplacements
d’ancrage...................................................................................................... — 6
1.4 Actions d’origine climatique....................................................................... — 7
1.5 Sollicitations dynamiques........................................................................... — 7
1.6 Admissibilité des défauts dans les structures soudées des équipements
sous pression ............................................................................................... — 7
2. Analyse d’un réseau ................................................................................ — 8
2.1 Répartition des contraintes......................................................................... — 8
2.2 Contrainte équivalente, critère élastique et plastique .............................. — 9
2.3 Analyse de limite ......................................................................................... — 11
2.4 Examen des modes de ruine ...................................................................... — 13
2.5 Classification des contraintes ..................................................................... — 14
3. Dimensionnement : calcul de résistance à la pression................. — 15
3.1 Contrainte admissible ................................................................................. — 15
3.2 Calcul d’épaisseur des éléments droits ..................................................... — 16
3.3 Coude et partie cintrée ................................................................................ — 17
3.4 Dérivations et pièces de connexion ........................................................... — 18
3.5 Évolution des contraintes ........................................................................... — 19
3.6 Limite de la zone de renforcement (longueur des pics de contraintes).. — 19
3.7 Règles de dimensionnement statique ....................................................... — 19
3.8 Facteur d’efficacité du renforcement et de concentration
des contraintes............................................................................................. — 20
3.9 Utilisation de méthodes plus fines pour le calcul des dérivations.......... — 21
3.10 Calcul des assemblages à brides ............................................................... — 21
3.11 Calcul relatif aux chargements cycliques .................................................. — 22
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 6 722

L es tuyauteries sont des parties importantes de toutes les unités de traite-


ment ou d’énergie. Leur fonction est de véhiculer un fluide, sous une pres-
sion et à une température données.
On doit donc pouvoir assurer un service satisfaisant durant toute la période de
fonctionnement prévue.
Une tuyauterie forme une structure tridimensionnelle dans l’espace qui,
durant sa vie, se trouve soumise à un certain nombre d’actions qui engendrent
des contraintes ; celles-ci peuvent être introduites à l’origine, par la fabrication et
le montage, ou bien apparaître à la suite de diverses circonstances, pendant les
essais, en fonctionnement ou à la mise à l’arrêt.
p。イオエゥッョ@Z@。カイゥャ@RPPQ

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TUYAUTERIES. CALCUL DE LA RÉSISTANCE DES ÉLÉMENTS ____________________________________________________________________________________

On doit tenir compte dans l’étude d’une tuyauterie des modes de sollicitations
suivants :
— la pression intérieure ou extérieure,
— l’effet de la pesanteur,
— les sollicitations d’origine climatique (vent, neige),
— les mouvements du sol et des bâtiments (séisme, tassement),
— les variations de température (dilatation ou contraction),
— les vibrations, etc.
L’objet du calcul est de permettre l’approvisionnement, la réalisation et la
garantie d’un bon fonctionnement dans les conditions définies par le cahier des
charges.
R Pour ce faire, le praticien dispose de documents : spécifications techniques,
recommandations professionnelles, codes de construction, qui reflètent l’expé-
rience des constructeurs et constituent ce qu’il est convenu d’intituler « les
règles de l’art ».
Il doit par ailleurs se soumettre aux exigences des réglementations en vigueur.
L’ouverture des frontières de la communauté européenne, associée au principe
de la libre circulation, oblige désormais les constructeurs au respect des exi-
gences essentielles de la « directive européenne système à pression » (DESP)
publiée au Journal officiel des communautés européennes le 29 mai 1997. Cette
directive est transcrite en droit français par le décret du 13 décembre 1999
(décret 99-1046). La nouvelle approche fixe le statut des normes harmonisées,
qui sans être d’application obligatoire, constituent un moyen privilégié pour
fournir la preuve du respect des exigences essentielles de la DESP.
Le projet PrEN 13480 partie 1 à 7, de la norme CEN élaborée sous mandat par
le TC267, projet dont les différentes parties constituent un code de construction,
devrait de ce fait constituer demain la base des codes nationaux.
La directive européenne comporte de nombreuses exclusions, en particulier
les conduites de transport pour lesquelles en France les réglementations natio-
nales resteront d’application.
Les codes de reconstruction (en France, CODETI) dit de bonne pratique, utilisés
pour l’élaboration des projets, présentent généralement des formulations
simples, parfois empiriques, que l’expérience a consacrées.
Il est d’usage dans les codes de séparer le dimensionnement (calcul des épais-
seurs des différents composants), qui permet de lancer les approvisionnements,
des vérifications au niveau des contraintes (analyse) permettant la garantie du
bon fonctionnement sous l’effet des différents chargements envisagés.
Pour ces chargements, il convient de prendre en compte le fait que les tuyau-
teries peuvent être :
— aériennes,
— enterrées ou en galeries.
C’est pourquoi, il est utile de considérer que deux types de montage peuvent
être utilisés :
— ceux dit à libre dilatation qui demandent une souplesse suffisante du sys-
tème de tuyauterie permettant d’absorber les mouvements prévisibles (action
de la température – mouvements différentiels des ancrages) sans contraintes
excessives dans le système. Ce type de montage est celui qui correspond à la
plus grande majorité des conduites aériennes, à l’exception de certaines condui-
tes de transport « conduite forcée » par exemple ;
— ceux dit à dilatation bridée qui sont généralement utilisés pour les canalisa-
tion enterrées avec ici encore quelques exceptions comme par exemple les
conduites de chauffage en tube préisolé avec coussin d’expansion aux change-
ments de direction.
Les deux types de montage peuvent se résumer sur la base des schémas de la
figure A.
Cet article est séparé en deux parties, la deuxième partie traitant plus particu-
lièrement des dispositions retenues dans les codes de construction.

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____________________________________________________________________________________ TUYAUTERIES. CALCUL DE LA RÉSISTANCE DES ÉLÉMENTS

Expansion par flexion Notations et symboles principaux


des branches perpendiculaires
Supports intermédiaires
Symbole Définition
Ancrage

a épaisseur de la paroi
Conduite aérienne
De , R e diamètre et rayon extérieurs
Di , Ri diamètre et rayon intérieurs
Ancrage Dm , Rm diamètre et rayon moyens
Ancrage réel ou fictif Coussin formant E module d’élasticité
(blocage dans le sol par frottement) chambre d'expansion f contrainte admissible du matériau
I (1) moment d’inertie de la section droite du tube


Mf moment de flexion
Parties enterrées
Mt moment de torsion
Montage à libre dilatation Ancrage
Mr moment résultant
Ancrage réel (massif) Ancrage réel pi, p e pressions intérieure et extérieure
pcr pression critique
Conduite aérienne R résistance à la rupture par traction à la température
ambiante
Ancrage fictif au changement
de direction par blocage dans le sol r rayon de courbure
t température
V distance de la fibre neutre à la fibre la plus éloignée
Conduite enterrée ε allongement
Montage à dilatation bridée µ coefficient de contraction latérale (r = 0,3 pour acier)
σE limite d’élasticité
Figure A – Montages de tuyauteries
σ, contrainte longitudinale
σt contrainte transversale ou circonférentielle
σr contrainte radiale
τ contrainte de cisaillement
Sauf spécifications particulières, les unités employées seront celles d’un
Re σti système homogène, les coefficients données correspondant eux aussi à ce
système
σte π
(1) I = ------ ( D e4 Ð D i4 ) = 0 ,0491 ( D e4 Ð D i4 )
64
+ — une contrainte radiale σr .
Ri

La contrainte circonférentielle (figure 1) a pour valeur :
σr
— pour la paroi intérieure, où la contrainte est maximale :

p i ( R i2 + R e2 )
σ ti = --------------------------------- (1)
R e2 Ð R i2
Figure 1 – Répartition des contraintes dans un tube sous la pression
intérieure — pour la paroi extérieure :

2 p i R i2
σ te = -------------------
- (2)
R e2 Ð R i2
1. Diverses actions
considérées Pour les tubes minces, c’est-à-dire les tubes dont le rapport de
l’épaisseur au rayon a / Rm n’excède pas 0,1, cette contrainte peut
s’écrire, en considérant Rm le rayon moyen du tube :

1.1 Pression pi Rm
σ t = -------------- (3)
a
1.1.1 Pression intérieure La contrainte longitudinale a pour valeur :

La pression, appliquée à l’intérieur d’un tube pi, a tendance à pro- p i R i2


voquer un accroissement du volume de l’enceinte qui contient le σ , = -------------------
- (4)
fluide. Le tube, de ce fait, est sollicité en traction par : R e2 Ð R i2
— une contrainte circonférentielle ou transversale de membrane
qui, pour les tubes minces s’écrit :
σt ;
— une contrainte longitudinale de membrane σ , , lorsque le tube pi Rm
est fermé aux deux extrémités. Cette contrainte est nulle lorsque le σ , = -------------
- (5)
tube est ouvert ; 2a

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1.1.2.2 Stabilité

1.1.2.2.1 Pression critique


Re Un tube dont la paroi est mince, sollicité en compression, peut
perdre sa stabilité : de circulaire, la section tend à devenir elliptique
pour finir par s’affaisser complètement. La théorie du flambement
d’un anneau s’applique à l’étude du voilement d’un tube mince de
σte grande longueur soumis à une pression externe (cf. [B 5 020], réf.
σr Ri [34]).
– σti –
La plus petite valeur de la pression critique devient alors :


Ea 3
p cr = ---------------------------------
4 ( 1 Ð µ 2 ) Rm 3

Figure 2 – Répartition des contraintes dans un tube sous la pression


extérieure avec E module d’élasticité du matériau à température
ambiante.
Pour l’acier (µ = 0,3), on obtient :
On constate immédiatement que la valeur de la contrainte trans-
a 3
versale est exactement le double de celle de la contrainte longitudi- p cr = 0 ,275 E  --------
nale. Rm
La contrainte radiale (figure 1) a pour valeur : Cette théorie suppose que le tube est très long ; s’il est court, sa
— sur la paroi interne où elle atteint sa valeur maximale : stabilité s’accroît par la fixation des extrémités, la théorie devient
alors très complexe. La limite d’utilisation de cette formule est [20] :
σ r = − pi (6)
Rm
— sur la paroi extérieure, on a : L > 4 ,90 R m -------
-
a
σr = 0 avec L longueur libre de la tuyauterie.

Pour les tubes minces, on considère la valeur uniforme dans la On trouve [2] des relations établies par von Mises puis rectifiées
section, on a : par Windenburg et Trilling, pour le calcul de la pression critique des
enveloppes cylindriques munies de raidisseurs intermédiaires (les
σr = − pi /2 (7) anneaux raidisseurs se comportant vis-à-vis du calcul de la pression
critique, comme des supports intermédiaires). Soit :
On démontre [15] qu’assimiler Re et Ri à Rm, aboutit à un écart
d’environ 10 % pour σti et σte. 2
1  ND e 2 2 E  a 3
p cr =  --- N 2 +  ------------ ---------------  -------
3 2L 1 Ð µ 2 De
1.1.2 Pression extérieure
 
 2 E ( a ⁄ De )  1
Les sollicitations de la pression extérieure pe entraînent, en plus  + ----------------------------------------------
- ---------------------------------------- (9)
de la vérification des contraintes directes (σt, σ , , σr), l’étude de la  2 2 1  ND e 2
N 2  ---------- + 1 
2 L
stabilité.  π De
N 2 + ---  ------------
2 2L

1.1.2.1 Contraintes directes avec pcr pression critique de flambage,


L distance effective entre anneaux raidisseurs ou
Les contraintes directes sont régies par les mêmes formules que appuis,
la pression intérieure (figure 2). La tension de compression maxi-
male se produit à la face interne et vaut : N nombre entier d’ondes au minimum égal à 2.
L’application de cette équation (9) est assez lourde, d’autant
2 p e R e2 qu’elle incite pour des tubes d’un rapport a / De commun, à tracer un
σ ti = -------------------- (8) groupe de courbes pour chaque valeur de N (avec un minimum de
R e2 Ð R i2
N = 2).
Pour les tubes minces, il suffit d’inverser le signe de la pression et Une formule approximative indépendante du nombre d’ondes N
l’on calcule : a été fournie par Windenburg et Trilling :

Ðpe Rm 2 ,42 E ( a ⁄ D e ) 2 ,5
p cr = ----------------------------- ---------------------------------------------------------------- (10)
σ t = ------------------
( 1 Ð µ 2 ) 0 ,75 ( L ⁄ D e ) Ð 0 ,45 ( a ⁄ D e )
0 ,5
a

et Pour l’acier µ = 0 ,3 , on obtient :

Ðpe Rm ( a ⁄ D e ) 2 ,5
σ , = ------------------ p cr = 2 ,597 E ----------------------------------------------------------------
2a ( L ⁄ D e ) Ð 0 ,45 ( a ⁄ D e ) 0 ,5

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Une fois la pression critique obtenue, la condition de stabilité


s’écrit : Axe neutre
de la section des anneaux
p cr
p c < --------
x
avec x coefficient de sécurité, égal à 3 ou 4 a Ls /2
(généralement 4) selon les règlements, les Ds
conditions d’emploi et la qualité du matériel,
pc pression de calcul.

1.1.2.2.2 Effet du faux rond initial


Dans la pratique, les tubes n’ont pas forcément une section droite
parfaitement circulaire (cas des tubes roulés, soudés de grand dia-
mètre en particulier), il est alors nécessaire d’évaluer la réduction de a épaisseur
L

la pression critique de flambage provoqué par la non-rotondité. Ds distance entre les axes des anneaux
Comme indication générale, si l’écart entre la forme circulaire et L longueur entre les anneaux
celle réalisée est égale à l’épaisseur (De − Di = a), la pression critique Ls longueur de l'enveloppe participant au moment
sera inférieure de 50 % à la valeur calculée : si la déviation n’est que
de 1/10 de l’épaisseur (De − Di = 0,1 a), la réduction de pression criti- Figure 3 – Anneau raidisseur
que n’est pas supérieure à 25 % [2].
Exemple : soit à déterminer la pression critique extérieure admissi-
ble pour un tube De = 60 cm, a = 0,5 cm, E = 2 × 106 daN/cm2, en acier Dans ces formules, λ est le faux rond initial, en pourcentage de
(µ = 0,3), le tube étant muni de raidisseurs tous les 500 cm l’ovalisation :
(L = 500 cm), la tolérance d’ovalisation maximale étant D e Ð D i < a .
Par application de l’expression (9), on obtient : DÐd
λ = 200 --------------
D+d
pcr = 4,08 daN/cm2
avec D grand diamètre de l’ellipse,
pour N = 2.
Par application de l’expression (10), on obtient : d petit diamètre de l’ellipse.

pcr = 3,97 daN/cm2 Si les valeurs de D et d ne sont pas connues, on prend λ = 1,5 %.
La pression de calcul devient alors :
La réduction de pcr, due à l’ovalisation, étant de 50 %, on aura :

pcr modifiée = 3,97/2 = 1,985 daN/cm2 Kp p


p c = -----------
x
La pression admissible avec x = 4 est :

pc = 0,5 daN/cm2 1.1.2.2.4 Anneau raidisseur


Si la pression extérieure en service dépasse la valeur de pc, il est La pression critique de l’anneau raidisseur (figure 3) est donnée
nécessaire soit d’augmenter l’épaisseur, soit de diminuer la longueur L par la formule :
entre les raidisseurs.
3EI
p cr = ----------
1.1.2.2.3 Effet des déformations plastiques R3 L
Dans les enveloppes relativement épaisses (celles dont l’épais-
seur correspond à la contrainte nominale qui crée la pression criti- avec pcr pression critique d’une enveloppe de même
que), la rupture par instabilité plastique est plus à craindre que le diamètre que l’enveloppe réelle et d’épaisseur
flambage élastique. a’ = a + (S / L).
La contrainte nominale qui correspond à la pression critique peut, Le moment d’inertie requis est alors :
en effet, être supérieure à la limite de l’élasticité.
Pour l’effondrement plastique, sous l’effet des contraintes de R 3 Lp cr
I = ------------------
-
membrane, la norme ISO DIS 2694 donne pp correspondant à la 3E
plastification générale du cylindre idéal, égale à la plus petite des
valeurs : Selon la norme ISO DIS 2694, la section droite de l’anneau doit
avoir une inertie au moins égale à :
2 σE a 2 SR a
p p = -------------- ou p p = -------------- 0 ,18 D e p cr LD s2
De De I = ---------------------------------------
-
Et
On considère que les imperfections de forme réduisent la valeur
pp dans le rapport K avec : avec Ds distance entre les axes des anneaux.
1 La longueur de l’enveloppe peut être considérée comme partici-
K = -------------------------------------------------------------------------------------------- pour De / L < 5 pant au moment pour une longueur :
1 + 0 ,015 λ [ 1 Ð 0 ,2 ( D e ⁄ L ) ] ( D e ⁄ a )

et K = 1 pour D e ⁄ L > 5 . L S = 0 ,75 D e a

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1.2 Sollicitation due à la pesanteur santes de moments Mx, My, Mz à chaque point terminal, le nombre
de composantes pouvant être réduit s’il existe une fixation partielle
en bout (encastrement).
L’action de la pesanteur se traduit sur une tuyauterie par un effet
de forces uniformément réparties sur chacun des éléments constitu- L’évaluation des réactions (forces, moments) aux extrémités,
tifs. Ces forces sont fonction des différents éléments constitutifs et étant fonction des déplacements empêchés (ou obligés) et de la sou-
des densités des matériaux les composant. On devra donc plesse du circuit, permet de calculer les trois moments (deux de
considérer : flexion et un de torsion) qui transitent, en chaque point du réseau
— d’une part, la masse des divers éléments du réseau (sans le tout le long de la ligne. Ces moments permettent à leur tour, de
fluide) y compris les revêtements éventuels ;
déterminer la valeur des contraintes par application de la formule :
— d’autre part, la charge dynamique due au fluide véhiculé.


On doit noter ici une pratique courante dans la profession qui V Re
consiste à étudier le supportage à l’aide des méthodes simplifiées σ = ---- M r = ------ M r
basées sur l’équilibre des systèmes de forces parallèles permettant I I
de déterminer les charges sur les supports, puis à évaluer des
contraintes suivant les formules classiques (cf. [B 5 020], réf. [34]). avec Mr moment résultant.
Cette façon de procéder a d’ailleurs fait l’objet de nombreuses
Les effets en provenance des déplacements d’ancrages ou de sup-
normes d’entreprise sous forme d’abaques ou de tableaux donnant
les portées conseillées entre supports. ports dans un circuit doivent également être pris en considération
dans les calculs puisqu’ils sont des valeurs conduisant à des
Les tuyauteries, si elles sont chaudes, sont ensuite calculées
comme idéalement supportées (cf. [BM 6 750], réf. [30]), c’est-à-dire, flexions ou torsions dans le système.
sans tenir compte de l’effet de la pesanteur. Si elles sont froides, on
ne les calcule pas. Ces mouvements d’ancrages peuvent résulter de différentes
causes :
Il convient de remarquer que, si cette hypothèse est acceptable,
dans de nombreux cas, elle devient peu réaliste pour certains (cas — déplacements dus à la température (figure 4) ;
des tuyauteries haute température T > 350 ˚C et de diamè-
Exemple : raccordement sur un appareil considéré comme ancrage
tre > 200 mm ). Examinons rapidement l’incidence que peut avoir
le supportage sur le comportement d’une tuyauterie : au niveau de la tubulure de raccordement et dont les dimensions
— la concentration des supports introduit une flexion locale entre propres provoquent un déplacement de la tubulure par rapport au
deux appuis successifs et même pour les circuits comportant des point fixe réel de l’appareil.
changements de direction (cas général), une torsion associée à la — déplacements dus au mouvement du sol ou des bâtiments
flexion ;
(figure 5).
— l’incidence des frottements pour les supports posés peut avoir
une répercussion importante sur la déformée de la ligne (empêche- Exemple : tassement différentiel entre deux bâtiments, déplace-
ment des dilatations ou rétractions) ; ment sismique, effet du vent, etc.
— la portance erronée dans le cas des supports élastiques intro-
duit des reports de charge, soit sur les supports suivants, soit sur les Ces différentes sollicitations se concrétisent sous forme de défor-
ancrages. mation autolimitée associée principalement à des effets de flexion
Nota : le lecteur se reportera utilement aux articles Supportage ([BM 6 750], réf. [30]) et et de torsion, et il est peu vraisemblable que la rupture survienne
Flexibilité ([A 800], réf. [31]) dans le présent traité.
dans un matériau ductile pour une seule application de la charge.

1.3 Effet de la dilatation ou contraction


empêchée et des déplacements
d’ancrage ∆z = M α

Ancrage
La variation de température est à l’origine des contraintes thermi- de la tuyauterie
ques dans une tuyauterie. Celles-ci apparaissent notamment lors- dans le calcul
que la dilatation, ou la contraction, de la ligne se trouve
partiellement ou totalement empêchée par la présence d’ancrages.
En plus des problèmes de contraintes propres dans le circuit, se
pose celui de la détermination des valeurs de réactions sur les H
ancrages.
Les calculs classiques de tuyauteries sont basés sur la théorie de
l’élasticité et effectués suivant la méthode des poutres qui présente
l’intérêt de la simplicité et qui est reconnue pour fournir des résul- Point fixe réel
tats excellents pour des systèmes dont la longueur est importante de l'appareil
vis-à-vis des autres dimensions.
Par ailleurs, on traite, en général, les problèmes thermo-élasti-
ques comme des problèmes statiques, les effets d’inertie pouvant H hauteur de la tubulure par rapport au point fixe réel de l'appareil
être négligés. ∆z déplacement
Les forces qui se manifestent dans un circuit sous l’effet de la tem- α coefficient de dilatation linéaire
pérature, dilatation ou contraction, totalement ou partiellement
empêchée, se traduisent généralement par trois composantes de
forces dans un repère orthonormé Oxyz : Fx, Fy, Fz et trois compo- Figure 4 – Déplacement dû à la température

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Tuyauteries. Résistance des éléments


2e partie
par Bernard PITROU
Consultant


Ancien chef du service Calculs de la société Entrepose division Entrepose Montalev Services
Président du comité de direction du CODETI (SNCT) des commissions UNM – 70 et 706
Membre de la CCAP

1. Discontinuités de structure .................................................................. BM 6 721 - 2


1.1 Généralités ................................................................................................... — 2
1.2 Éléments droits ............................................................................................ — 3
1.3 Courbes ........................................................................................................ — 4
1.4 Dérivations ................................................................................................... — 5
1 .5 Contraintes thermiques dues au gradient de température dans la paroi — 7
2. Règles des codes...................................................................................... — 10
2.1 Différents postes.......................................................................................... — 10
2.2 Cas particulier du domaine de fluage ........................................................ — 10
2.3 Cas particulier des déplacements uniques................................................ — 10
2.4 Analyse d’un réseau .................................................................................... — 11
2.5 Calcul des réactions en provenance des sollicitations appliquées
à la tuyauterie sur les appareils.................................................................. — 15
3. Particularités des réseaux ..................................................................... — 15
3.1 Compensateurs de dilatation ..................................................................... — 15
3.2 Tubes frettés et autofrettés ......................................................................... — 19
4. Tuyauteries enterrées ............................................................................. — 20
4.1 Généralités ................................................................................................... — 20
4.2 Pression ........................................................................................................ — 20
4.3 Charges et surcharges en fonction de la profondeur ............................... — 21
4.4 Méthode de calcul ....................................................................................... — 23
4.5 Exemple complet de calcul ......................................................................... — 24
4.6 Canalisations de transport .......................................................................... — 25
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 6 722

et article fait suite à un premier article qui traite des chargements et des
C modes de ruine. Dans ce deuxième article, on traitera plus particulièrement
des dispositions retenues par les codes de construction ainsi que des spécificités
propres aux réseaux aériens et enterrés.
p。イオエゥッョ@Z@。カイゥャ@RPPQ

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Notations et symboles principaux 1. Discontinuités


de structure
Symbole Définition

Ci facteur de concentration
1.1 Généralités
De , Re diamètre et rayon extérieurs
Les concentrations de contraintes qui existent dans une tuyaute-
Dm , Rm diamètre et rayon moyens rie, du fait de discontinuités géométriques, sont extrêmement
importantes, notamment vis-à-vis des sollicitations cycliques. Il est


e épaisseur du tube donc important de connaître les zones où apparaissent ces concen-
trations et de pouvoir les évaluer.
E module d’élasticité On peut classer (d’après le code ASME) les discontinuités de
structure en :
Fa force d’ancrage a) discontinuité structurale étendue de forme, ou de matériau,
affectant la distribution de contrainte ou de déformation à travers
f contrainte admissible du matériau toute l’épaisseur de la paroi.
Exemple : les piquages, les réductions, les coudes ;
H hauteur de couverture de la conduite enterrée b) discontinuité structurale locale affectant la distribution des
(minimum 0,8 à 1 m) contraintes ou déformations dans une partie relativement petite de
l’épaisseur de la paroi et provoquant de ce fait, des efforts nettement
I (1) moment d’inertie de la section droite du tube localisés.
Exemple : entaille, soudure à pénétration partielle.
I/V module d’inertie de la section droite du tube
Le facteur de concentration est le coefficient de forme qui repré-
sente le rapport de la contrainte maximale à la contrainte nominale :
i facteur d’intensification de contraintes
σ max
C i = -------------
K facteur de flexibilité σ nom

Mf moment de flexion Il existe une différence fondamentale entre les deux termes fac-
teur d’intensification de contrainte (§ 1.1.1) et facteur de concentra-
tion de contrainte (§ 1.1.2) en usage pour le calcul des tuyauteries.
MR moment résultant

pi pression intérieure 1.1.1 Facteur d’intensification de contraintes

P charge Le facteur d’intensification de contraintes i est issu de résultats


d’essais de fatigue réalisés principalement par Markl et obtenus à
r rayon de courbure partir de théories dérivées des résultats de ces essais, en flexion
alternée dans le plan et hors du plan.
T ou t température Pendant ces essais, aucune mesure de contrainte n’est réalisée.
Une éprouvette est essayée à une contrainte nominale calculée et
V distance de la fibre neutre à la fibre la plus éloignée l’on détermine le nombre de cycles qui conduit à la rupture pour
cette contrainte.
α coefficient de dilatation thermique du matériau Puisqu’aucune contrainte n’est mesurée, les résultats obtenus
doivent être comparés avec ceux d’une éprouvette de référence
dont le facteur d’intensification est considéré comme base. Markl a
ε allongement choisi comme référence un tube droit comportant une soudure cir-
conférentielle de raccordement brut de soudure (non arasée).
λ caractéristique de flexibilité
Pour cette éprouvette, i est considéré égal à 1. La valeur du facteur
d’intensification représente donc le rapport de la contrainte nomi-
ν coefficient de contraction latérale (ν = 0,3 pour acier) nale calculée, qui produit une rupture de fatigue dans la pièce éta-
lon, à la contrainte nominale nécessaire pour produire une rupture
σE limite d’élasticité de fatigue pour un même nombre de cycles dans la pièce testée. Le
facteur d’intensification caractérise donc uniquement un niveau de
résistance à la fatigue.
γ poids volumique du terrain

Sauf spécifications particulières, les unités employées seront celles 1.1.2 Facteur de concentration de contraintes
d’un système homogène, les coefficients donnés correspondant eux aussi
à ce système.
Le facteur de concentration de contraintes Ci est utilisé notam-
π
(1) I = ------ ( D e4 Ð D i4 ) = 0 ,049 1 ( D e4 Ð D i4 ) ment dans les analyses des tuyauteries de classe nucléaire (classe 1
64
du Code ASME III). Il représente le rapport de la contrainte en un

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point, situé près d’une discontinuité, à la contrainte nominale calcu-


lée au même point :
σ max Soudure longitudinale
C i = ------------- (généralement bout à bout)
σ nom
Soudure
Les contraintes réelles maximales doivent être mesurées de façon circonférentielle ))))
expérimentale au moyen de jauges de déformation, de modèles bout à bout

)) ) ) )
))))))))
)))))) )
photoélastiques, etc. ))
)) )) ))
)) )) )) )) )) )))
)) )) ))

)) ) ) )
Le facteur d’intensification caractérise donc un niveau de résis-

))))))))
)
tance et le facteur de concentration représente l’évaluation d’une
contrainte réelle qui peut se vérifier si des mesures sont effectuées.
Soudure à emmanchement
Il existe donc une relation entre les deux termes ; cependant,
celle-ci est complexe et difficile à déterminer. Comme approxima- a différentes soudures
tion valable, on peut considérer que le premier est sensiblement
moitié du second. C’est-à-dire : R
Ci = 2i
b soudure bout à bout (coupe)

1.2 Éléments droits

■ Assemblages : les tuyauteries sont généralement assemblées par


soudure.
On peut distinguer trois types principaux (figure 1) : c soudure à emmanchement (coupe)
— soudure circonférentielle bout à bout des tubes ;
— soudure longitudinale d’un tube (tôle roulée soudée) résultant
du mode d’élaboration ;
— soudure à emmanchement ou soudure circonférentielle Figure 1 – Différents types de soudures
d’angle.
Les assemblages présentent, en général des concentrations de
contraintes qui diminuent leur endurance en fatigue, du fait des trouve, dans le tableau 1 la valeur des divers facteurs d’intensifica-
changements de sections et des angles rentrants et sortants. On tion et de concentration à introduire dans les calculs.
(0)

Tableau 1 – Valeurs du facteur d’intensification (i ) et du facteur de concentration (Ci)


pour divers types d’assemblages
Types d’assemblage i Ci
soudure arasée 1 1,1
δ brute soudée e > 4,75 mm et δ ⁄ e < 0 ,1 1,1 1,8
e
Soudures circonférentielles
bout à bout
R m1 Rm2 brute soudée e < 4 ,75 mm et δ/e > 0,1 1,8 3,5

Soudures circonférentielles d’angle


pour les raccords à emmanchements 2,1 3
et les brides
soudure arasée 1 1,1
Soudures longitudinales bout à bout brute soudée e > 4,75 mm
sur des tubes droits 1,6
1
brute soudée e < 4 ,75 mm 1,6
soudure arasée ou pas de soudure

Max 30
Joints dans les zones de transition
délardées 1,9 max 2,1 max
e brute soudée
De

forgée (normalisée) 1,3


α
Réduction à souder en bout De 2 max
chaudronnée 2,16
e' de

Les soudures arasées sont des soudures qui ont été meulées à la surface intérieure et extérieure afin d’enlever les irrégularités dues au sou-
dage ou les variations brusques de géométrie dues à un alignement défectueux.
δ décalage admissible.

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■ Réductions : les facteurs d’intensification et de concentration de — flexion hors du plan du cintrage


contraintes donnés dans le tableau 1 sont à appliquer au petit dia-
mètre. 0 ,75
i i = ------------
λ2 ⁄ 3
Les effets de points contraints en bout d’une courbe ont par
1.3 Courbes ailleurs été étudiés par Pardue et Vigness qui indiquent que des bri-
des attachées aux extrémités d’un coude ou d’un cintrage annulent
une partie de la flexibilité et diminuent en même temps l’intensifica-
Nota : l’expression courbe est utilisée, ici, en remplacement de celle de coude plus fré- tion de contraintes. Les valeurs suivantes sont données par les
quemment utilisée en tuyauterie mais improprement. Codes comme facteurs de correction C à introduire dans le calcul
Les courbes sont des barres cintrées avec une section droite des facteurs de flexibilité et d’intensification de contraintes :
annulaire, pour lesquelles la répartition des contraintes est com- — une extrémité à bride : C = λ1/6

R plexe.
Pour une courbe soumise à une flexion par des forces dans le plan
— deux extrémités à bride : C = λ1/3
Les essais de Markl ont par ailleurs démontré l’influence de la rigi-
du cintrage, on constate une ovalisation de la section et des sections dité des parties droites, amont et aval, d’une courbe qui ont ten-
droites plus importante que pour un tube droit. dance à empêcher ou à limiter l’ovalisation des tubes cintrés. Il
semble, cependant que cet effet s’étende sur des distances relative-
Cet accroissement de flexibilité se retrouve pour la flexion hors
ment faibles. Comme par ailleurs pour de très petits arcs l’interac-
du plan de cintrage.
tion de deux soudures rapprochées crée une intensification de
Von Karmann a proposé comme valeur du facteur de flexibilité : contrainte supérieure à celle due à la courbure, on peut donner les
directives suivantes :
10 + 12 λ 2 a) dans le cas où l’on utilise les facteurs d’intensification de
K = --------------------------
1 + 12 λ 2 contraintes sans tenir compte de l’influence des soudures, pas de
limitation suivant l’angle d’ouverture de la courbe ;
avec λ caractéristique de flexibilité = er ⁄ R m
2 ,
b) dans le cas où l’on utilise les facteurs de concentration de
e épaisseur du tube, contraintes en tenant compte des soudures, limitation dans les
courbes pour lesquelles l’angle d’ouverture est égal ou supérieur à
Rm rayon moyen de la section du tube, 30˚.
r rayon de cintrage.
De nombreux chercheurs se sont depuis penchés sur ce pro- 1.3.1 Courbes à sections
blème, donnant chacun des valeurs propres. Les méthodes propo-
sées sont souvent compliquées, raison pour laquelle il semble
préférable d’en rester à la formulation américaine couramment uti- Les changements de direction sont fréquemment réalisés sur les
lisée dans la pratique, basée sur une approximation proposée par tuyauteries basse et moyenne pressions (p < 30 × 105 Pa), par sec-
Beskin, et qui donne comme valeur : tionnement d’un tube droit (figure 2). Les courbes réalisées en sou-
dant des onglets (tronçons compris entre deux sections) présentent
1 ,65 des contraintes locales plus élevées que les courbes lisses.
K = ------------ Markl propose de prendre comme rayon de courbure effectif :
λ
ref = r
Comme les courbes provoquent un accroissement de flexibilité, la
contrainte due au moment fléchissant est accrue. Les facteurs de Dans le cas d’une seule section :
concentration de contraintes sur les surfaces extérieures valables
pour de petites valeurs de la caractéristique de flexibilité (λ < 0,5) 1 + cot θ
ont, suivant [1], les valeurs données dans le tableau 2. r ef < R m ----------------------
(0)
2
Étant donné la complexité et le coût des calculs de flexibilité et
Tableau 2 – Facteur de concentration de contraintes (Ci) que leurs résultats sont dans tous les cas approximatifs, il ne paraît
pas logique de mettre trop l’accent sur la précision dans l’évaluation
selon les modes de flexion
des facteurs d’intensification ou de concentration. Les ignorer n’est
Ci pas non plus envisageable, Markl propose de trouver un compromis
Flexion
qui consiste à utiliser l’équation :
longitudinale 0,84/λ2/3
dans le plan du cintrage 0 ,9 1 ,80
transversale 1,80/λ2/3 i = ----------- ou C i = ------------
λ2 ⁄ 3 λ2 ⁄ 3
longitudinale 1,08/λ2/3
hors du plan de cintrage pour la flexion dans et hors du plan du cintrage, cette formulation
transversale 1,50/λ2/3 fournissant des résultats conservateurs. On trouve, dans le
tableau 3 la valeur des coefficients applicables selon les courbes
considérées.
Les essais réalisés par Markl correspondent assez bien avec ces
valeurs et permettent d’afficher les valeurs suivantes pour les fac-
teurs d’intensification de contraintes :
1.3.2 Effet de la pression intérieure sur les courbes
de grand diamètre
— flexion dans le plan du cintrage

0 ,90 D’après [3], les facteurs précédemment indiqués et actuellement


i o = ------------ utilisés pour l’évaluation des contraintes dans une tuyauterie ne
λ2 ⁄ 3 tiennent pas compte de l’effet de la pression intérieure régnant dans

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e e
s

s
Re θ
θ

a courbe de sections rapprochées b courbe à sections espacées

Mh = Mx1 Mp = My 1 Mh = Mx1

Mp = My 1

z
1
1
Mp 1 0
x y
Mp = My 3 Mt = Mz 1
2
Mp = My 3 Section droite médiane

3 2
3 Mt = My 3

Mh = Mz 3

Mh moment de flexion hors du plan de cintrage


Mp moment de flexion dans le plan de cintrage
Mt moment de torsion

c répartition des moments

Figure 2 – Différentes courbes à sections

la tuyauterie. Cette pression tend à réduire l’effet des facteurs men- i


tionnés. Cependant, pour les tuyauteries de diamètre relativement i p = ----------------------
σt > 1
petit, et d’épaisseur relativement forte utilisées couramment, cet 1 + ----- x i
effet est de peu d’importance et peut être négligé ; par contre, pour E
les tuyauteries de grand diamètre et de faible épaisseur, il est signi-
ficatif. L’article cité en référence développe une théorie établissant la avec Kp facteur de flexibilité avec l’effet de pression intérieure,
flexibilité dans le plan et hors du plan, en tenant compte de l’effet de ip facteur d’intensification de contraintes avec pression
pression. Cette théorie, dont l’efficacité a été prouvée par des essais, intérieure (n’inclut pas la contrainte causée par la
permet aux auteurs, au stade final, de donner des formules simples pression),
d’application pratique : σt contrainte due à la pression intérieure dans les tubes
droits ( = pi Rm /e),
F ormules de base : sans considération de la pression.
E module d’élasticité du matériau, 4⁄3
 R m  r 1⁄3
1 ,65 xk fonction de Rm /e et de r ⁄ R m = 6  --------  -------- ,
K = ------------ > 1 e Rm
λ R 3⁄2
 m  r  ⁄3 2
xi fonction de Rm /e et de r ⁄ R m = 3 ,25  --------  -------- .
e Rm
0 ,9
i = ----------- > 1
λ2 ⁄ 3

Formules modifiées : pour tenir compte de l’effet de pression


1.4 Dérivations
interne.
Les essais de Markl ont permis de se rendre compte que les dété-
K riorations dans les intersections non renforcées ont lieu aux mêmes
K p = ----------------------- > 1 emplacements que pour les tubes cintrés. Comme pour les pièces
σt
1 + ----- x k courbes, les intensifications sont différentes pour la flexion dans le
E plan et hors du plan (figure 3).

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(0)

T ableau 3 – Facteurs d’intensification et de concentration de contraintes selon le type de courbe considéré


Facteur Facteur de Facteur de
Facteur Facteur Facteur
Caractéris- d’intensi- concentra- Caractéris- concentra-
de tion de de d’intensi- tion de
Schéma tique de fication de Schéma tique de
flexibilité flexibilité fication de contrainte
flexibilité λ contraintes contrainte flexibilité λ
K Ci (1) K contraintes i Ci (1)
i

es cot θ 1 ,52 0 ,9 1 ,80


(2) 1 1 1 1,8 -------------------- ------------ ----------- ------------


2 Rm 2
λ1 ⁄ 2 λ1 ⁄ 3 λ1 ⁄ 3

Rm (1 + cot θ)
r=
er 1 ,65 0 ,9 1 ,80 2 e ( 1 + cot θ ) 1 ,52 0 ,9 1 ,80
(3) -------- ------------ ----------- ------------ ------------------------------- ------------ ----------- ------------
Rm Rm 2
r λ λ2 ⁄ 3 λ2 ⁄ 3 2 Rm λ5 ⁄ 6 λ2 ⁄ 3 λ2 ⁄ 3

er 1 ,65 0 ,9 1 ,80 e ( 1 + cot θ ) 1 ,52 0 ,9 1 ,80


(4) -------- ------------ ----------- ------------ ------------------------------- ------------ ----------- ------------
Rm 2
λ5 ⁄ 6 λ1 ⁄ 2 λ1 ⁄ 2 2 Rm λ2 ⁄ 3 λ1 ⁄ 2 λ1 ⁄ 2

er 1 ,65 0 ,9 1 ,80 e ( 1 + cot θ ) 1 ,52 0 ,9 1 ,80


-------- ------------ ----------- ------------ ------------------------------- ------------ ----------- ------------
Rm 2
λ2 ⁄ 3 λ1 ⁄ 3 λ1 ⁄ 3 2 Rm λ1 ⁄ 2 λ1 ⁄ 3 λ1 ⁄ 3

r = s cot θ r = Rm
2
es cot θ 1 ,52 0 ,9 1 ,80 d 0 ,9 1 ,80
-------------------- ------------ ----------- ------------ (5) -------- 1 ----------- ------------
2 Rm 2
λ5 ⁄ 6 λ2 ⁄ 3 λ2 ⁄ 3 Rm λ2 ⁄ 3 λ2 ⁄ 3

es cot θ 1 ,52 0 ,9 1 ,80


-------------------- ------------ ----------- ------------
2 Rm 2
λ2 ⁄ 3 λ1 ⁄ 2 λ1 ⁄ 2

(1) Le code ASME III classe 1 donne comme valeur : (2) Cela constitue la base des essais de Markl [3].
(3) Théorie de von Karmann et extension de Beskin.
Ci = 1,95/λ2/3 (4) Communication de Pardue et Vigness.
(5) Référence : essais de Markl.
Pour les courbes comportant une soudure longitudinale, Ci est à
multiplier :
— pour une soudure arasée par 1,1 ;
— pour une soudure brute de soudage par 1,3.

Comme pour les coudes, le coût des calculs de flexibilité en avec c = (eef /e)3/2 = 1 toutes les fois où le raccord a la même
regard de la précision obtenue, pousse à l’utilisation d’une formule épaisseur que le tube à raccorder (cas des
unique pour la détermination du facteur d’intensification : tés soudés par exemple),
eef épaisseur effective du raccord dans le cas
i = 0,9/λ2/3 des tés soudés,
avec λ caractéristique de flexibilité : e épaisseur du tube à raccorder,
Rm rayon moyen du tube à raccorder,
λ = c ( er ef ⁄ R m
2 )
ref rayon de courbure effectif.

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Dans le cas des tés soudés :


Mh = Mx 3
ref = Rm + Rc

avec Rc rayon au droit de la dérivation.


y3
M Mp = My 1
On trouve dans les tableaux 4 et 5 les facteurs d’intensification du
p =

code américain dérivés de cette théorie.


M

M t = Mz 3

Mt
= Mx
3
1.5 Contraintes thermiques dues

1
1 au gradient de température
I
M h = M z1 dans la paroi
M h = Mz 2
2 On a vu (cf. [BM 6 720, § 1.3]) comment se traite le problème des R
Mt

contraintes thermiques dues à la dilatation entravée. Ce type de


=M

z
contraintes apparaît chaque fois que le déplacement d’un élément
x2

soumis à une variation de température est empêché.


Mp = My 2 0 Il existe pour une tuyauterie, d’autre types d’entraves que celles
x y jusqu’alors considérées (entraves extérieures : ancrages et sup-
ports) qui sont ce que nous appellerons les entraves internes cons-
I intersection des axes du collecteur et de la dérivation
tituées par les éléments adjacents. En effet, si nous considérons la
Mh moment de flexion hors du plan structure complète d’un tube comme constituée par un nombre
Mp moment de flexion dans le plan infini de particules élémentaires, nous constatons que chacune de
Mt moment de torsion ces particules se trouve soumise à contrainte lorsqu’elle est obligée
d’agir sur les éléments voisins pour assurer la continuité. Le pro-
Figure 3 – Répartition des moments dans une dérivation blème a été schématisé dans l’exemple suivant (figure 4) [4].
(0)

Tableau 4 – Facteur d’intensification de contraintes pour les dérivations


Caractéris- Facteur Caractéris- Facteur
tique de d’intensI- tique de d’intensi-
Appellation Schéma Appellation Schéma
flexibilité fication flexibilité fication
λ i λ i

)
))
)))

Té ou piquage
)))

e 4 ,4 e
)))

0,9 Té 0,9
))))

))))))))
)

soudé )))
-------- ----------- ------------ -----------
)))))
)))

Rm λ2 ⁄ 3 forgé (1) (2) Rm λ2 ⁄ 3


sans renfort (2)
Rm e

))))))
)))
)
))))) )

)))

) ) ) ) )))))))

Té ou piquage Dérivation
))))

( e + 0 ,5 e 1 ) 5 ⁄ 2 ( e + 0 ,5 e 1 ) 5 ⁄ 2
))))

)))))))
)))
)))

0,9 0,9
)))

)
avec selle avec renfort
))))
)) ))))))))))))))))
) ))))

))) )))
))))
)

) ) )) ) ))) ))))
)))
-------------------------------------- ----------- ))
-------------------------------------- -----------
))))
)) )

))) ) ))))
))))
de renfort type
))))
)))

e 3 ⁄ 2 Rm λ2 ⁄ 3 e 3 ⁄ 2 Rm λ2 ⁄ 3
))))
)
)))

)) ) ) )
))))
) ) ) )))))))

)))

soudée (2) triforme (4)


)))
)) )
) ))
Rm e
Épaisseur e1
) ) ))))))))

x
x e Dérivation 3 ,3 e
))))

Té ou piquage  1 + -------- -------- 0,9 0,9


)))
)))

)))))))))))))
------------
)
----------- avec bossage )) ) )
) ) ))))))
)))
-----------
extrudé (1)  R R λ2 ⁄ 3 forgé (3) Rm λ2 ⁄ 3
m m
Rm e
)))))))

Pièce de raccord 4 ,4 e
)))))

0,9
)))

------------
)))

forgée (pièce )))


))))))
) ) )))))))))))
))))
)))
)))
-----------
de forme) (3) Rm λ2 ⁄ 3

(1) Le té forgé est une pièce normalisée de dimension réduite se raccordant sur un tube droit, alors que le té extrudé est piqué directement sur un tube.
(2) Essais réalisés par Markl.
(3) Essais réalisés par Battelle.
(4) Essais réalisés par Blair.
(0)

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Écoulement des fluides


dans les tuyauteries

par Jacques BONNIN


Ingénieur des Arts et Manufactures
Ingénieur en Chef à Électricité de France

1. Propriétés des fluides ............................................................................. A 738 - 2
2. Écoulement permanent des liquides .................................................. — 5
2.1 Écoulement dans les conduites cylindriques longues ............................. — 5
2.2 Évaluation des pertes de charge ................................................................ — 6
3. Écoulement permanent des gaz et des vapeurs.............................. — 11
3.1 Équations à prendre en compte ................................................................. — 11
3.2 Écoulement à travers les organes de détente ........................................... — 12
3.3 Écoulement adiabatique avec frottements dans les conduites
cylindriques longues ................................................................................... — 13
3.4 Écoulement isotherme avec frottements dans les conduites
cylindriques longues ................................................................................... — 13
4. Écoulements diphasiques dans les conduites longues ................. — 15
4.1 Notion d’écoulement diphasique ............................................................... — 15
4.2 Difficultés de l’étude des écoulements diphasiques ................................ — 15
4.3 Configurations des écoulements diphasiques .......................................... — 15
4.4 Équations des écoulements diphasiques .................................................. — 16
4.5 Mesures dans les écoulements diphasiques............................................. — 16
4.6 Pertes de charge par frottement................................................................. — 16
4.7 Pertes de charge singulières....................................................................... — 16
4.8 Écoulements critiques ................................................................................. — 16
5. Écoulement non permanent des liquides dans les conduites
longues........................................................................................................ — 16
5.1 Phénomène du coup de bélier.................................................................... — 16
5.2 Protection contre les coups de bélier......................................................... — 18
6. Dimensionnement des conduites ........................................................ — 20
6.1 Notion d’optimum économique ................................................................. — 20
6.2 Vitesse économique .................................................................................... — 21
6.3 Diamètre économique................................................................................. — 21
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 738

e présent article donne les méthodes pratiques d’étude des tuyauteries en


L fonction des conditions d’écoulement du fluide transporté. Le lecteur
trouvera les développements théoriques dans l’article Mécanique des fluides
[A1 870] du traité Sciences fondamentales.
Nous ne traiterons pas ici du cas de l’écoulement des fluides non newtoniens,
qui est abordé dans l’article Fluides non newtoniens [A 710] du traité Sciences
fondamentales. On trouvera également d’abondants développements dans la
référence bibliographique [1].
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@QYXS

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ÉCOULEMENT DES FLUIDES DANS LES TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________

Notations et Symboles Notations et Symboles

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

a m · s –1 célérité des ondes de changement vm m · s–1 vitesse moyenne de déplacement du


de régime fluide
c m · s –1 célérité du son dans le fluide γ = c p /c V rapport des capacités thermi-
cc m · s –1 célérité critique ques massiques
cp J · kg–1 · K –1 capacité thermique massique à ε Pa = ρ dp / dρ coefficient de compressi-
pression constante bilité du fluide
cV J · kg–1 · K –1 capacité thermique massique à ζ coefficient de pertes de charge singu-


volume constant lière
D m dimension transversale de la Λ coefficient de pertes de charge
conduite λ W · m–1 · K –1 conductivité thermique du fluide
De = Re β nombre de Dean µ Pa · s viscosité dynamique du fluide
DH m diamètre hydraulique = 4S/ χ ν m2 · s–1 viscosité cinématique du fluide
(diamètre de la conduite si elle est ξ abscisse réduite
circulaire) ρ kg · m–3 masse volumique du fluide
E Pa module d’élasticité du matériau
constitutif du tuyau ρc kg · m–3 masse volumique critique thermody-
namique
e m épaisseur de la conduite kg · m–3
ρc masse volumique critique d’écoule-
g m · s–2 accélération de la pesanteur ment
H J · kg–1 enthalpie massique du fluide τ Pa contrainte tangentielle du fluide sur
∆H υ J · kg–1 enthalpie massique de vaporisation une surface cylindrique
h m charge τ s durée d’une perturbation
∆h m perte de charge (changement de régime)
χ m périmètre de la section de la conduite
k m rugosité de la paroi
L m longueur de la conduite
1 bar = 105 Pa = 10 –1 MPa.
Ma nombre de Mach
1 cal ≈ 4,185 J.
Pr = µcp / λ nombre de Prandtl
1 Pl (poiseuille) = 10 P (poise) = 1 Pa · s.
p Pa pression du fluide
1 St (stokes) = 10 – 4 m2 · s –1.
pc Pa pression critique thermodynamique
pc Pa = pm pression dans la zone
contractée d’une tuyère
pg Pa = p + ρgz
pi Pa pression dans une zone amont de
vitesse nulle (ou faible)
1. Propriétés des fluides
pm Pa pression correspondant au débit
maximal (sonique) Les conditions d’écoulement des fluides dans les tuyauteries, avec
q kg · s–1 débit massique de fluide ou sans échange de chaleur, dépendent tout à la fois de paramètres
géométriques et dynamiques (dimensions des tuyaux, pressions,
qV m3 · s–1 débit volumique de fluide
etc.) et des propriétés des fluides qui y circulent.
R m rayon de courbure d’une conduite
courbe Parmi ces propriétés, certaines intéressent l’écoulement
R J · mol–1 · K –1 constante des gaz parfaits seulement (masse volumique ρ, viscosité dynamique µ, viscosité
rapportée à une mole cinématique ν), d’autres interviennent dans les transferts de chaleur
(R = 8,317 × 103 J · mol –1 · K –1) monophasiques (capacité thermique massique à pression
r J · kg–1 · K –1 constante des gaz parfaits rapportée constante c p , conductivité thermique λ, nombre de Prandtl
à l’unité de masse (r = R /M ) Pr = µc p / λ), d’autres enfin doivent être prises en compte lorsque le
Re nombre de Reynolds fluide change de phase au cours de l’écoulement (température
S m2 aire de la section transversale de la d’ébullition T éb , enthalpie de vaporisation ∆H υ ) ainsi éventuelle-
conduite ment que les constantes du point critique (pression critique p c ,
T K ou oC température du fluide température critique T c , masse volumique critique ρ c ).
Tc K ou oC température critique thermo- Un certain nombre de ces propriétés varient en fonction de la
dynamique température ; aussi l’ensemble des données intéressant les divers
Tc K ou oC température critique d’écoulement fluides qui peuvent circuler dans les tuyauteries constitue-t-il un
Téb K ou oC température d’ébullition recueil volumineux qui n’aurait pas sa place ici ; on en trouvera un
Ti K ou oC température dans une zone amont de grand nombre dans le traité Constantes physico-chimiques des Tech-
vitesse nulle (ou faible) niques de l’Ingénieur. Dans ce qui suit, nous donnons les plus utiles,
V m3 volume pour un nombre limité de fluides, sous forme soit de tableaux, soit
de graphiques ; ces propriétés sont données soit à 20 oC, soit avec
v m · s–1 vitesse de déplacement du fluide
indication de leurs variations de température.
vc m · s–1 = cc vitesse critique d’écoulement
Les tableaux 1, 2 et 3 et les figures 1, 2 et 3 sont relatifs aux
propriétés ρ, µ, ν, c p , λ et Pr ; le tableau 1 les fournit pour sept liquides
1 bar = 105 Pa = 10 –1 MPa.
à 20 oC, le tableau 2 pour sept gaz à 20 oC et le tableau 3 pour trois
1 cal ≈ 4,185 J.
métaux liquides à diverses températures ; la figure 1 donne leurs
1 Pl (poiseuille) = 10 P (poise) = 1 Pa · s. variations pour l’eau liquide de 0 à 300 oC, la figure 2 pour l’air à
1 St (stokes) = 10 – 4 m2 · s –1. pression normale de 0 à 1 500 oC et la figure 3 pour la vapeur d’eau
à même pression de 100 à 1 500 oC.

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A 738 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie mécanique

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_________________________________________________________________________________________ ÉCOULEMENT DES FLUIDES DANS LES TUYAUTERIES

La conductivité thermique des fluides varie avec la température. — pour les gaz, à la température T (K) :
On obtient la conductivité λ par les relations :
λ (T ) = λ 0 (T / 273)n (2)
— pour les liquides, à la température T (oC) :
λ (T ) = λ 0 + βT (1) avec λ 0 conductivité thermique à 0 oC (273 K).
On trouvera les valeurs de λ 0 , β et n pour un grand nombre de
liquides et de gaz dans le traité Constantes physico-chimiques.
(0)

Tableau 1 – Propriétés de quelques liquides à 20 oC


␳ cp 10 3 ␮ 106 ␯ ␭


Liquide Pr
(kg · m–3) (kJ · kg–1 · oC–1) (Pa · s) (m2 · s–1) (W · m–1 · oC –1)
Eau ....................................................... 997 4,205 1,00 1,00 0,598 7,05
Aniline ................................................. 1 020 2,00 4,4 4,3 0,172 ≈ 50
Ammoniaque (saturée) ...................... 610 4,82 0,22 0,36 0,517 2,05
Fréon 12 .............................................. 1 315 0,975 0,26 0,198 0,072 3,5
Alcool butylique n .............................. 806 2,34 3,10 3,85 0,167 43,4
Benzène ............................................... 881 1,70 0,65 0,74 0,166 6,9
Glycérine ............................................. 1 260 2,35 1,7 1,35 0,286 ≈ 14

(0)

Tableau 2 – Propriétés de quelques gaz à 20 oC et à la pression normale


␳ cp 10 6 ␮ 106 ␯ 103 ␭
Gaz Pr
(kg · m–3) (kJ · kg–1 · oC –1) (Pa · s) (m2 · s–1) (W · m–1 · oC –1)
Air ........................................................ 1,205 1,004 18,2 15,1 25,4 0,72
Oxygène .............................................. 1,332 0,920 20,2 15,2 26,0 0,72
Azote.................................................... 1,174 1,040 18,8 18,1 26,6 0,72
Hydrogène .......................................... 0,083 3 14,3 8,85 106 182 0,70
Dioxyde de carbone ........................... 1,834 0,824 14,8 8,07 15,8 0,77
Monoxyde de carbone ....................... 1,163 1,041 17,5 15,0 24,5 0,74
Hélium ................................................. 0,167 5,19 18,7 112 145 0,67

(0)

Tableau 3 – Propriétés de métaux liquides en fonction de la température


T ␳ cp 103 ␮ 106 ␯ ␭
103 Pr
(oC) (kg · m–3) (J · kg–1 · oC –1) (Pa · s) (m2 · s–1) (W · m–1 · oC –1)

Sodium
93 926 1 380 0,70 0,76 86,3 11
200 901 1 340 0,43 0,48 86,0 7
450 838 1 300 0,24 0,29 68,8 4,5
700 778 1 255 0,18 0,23 59,8 3,8
Bismuth
316 10 000 144,4 1,02 0,162 5 16,4 14
400 9 890 148,1 1,41 0,143 15,6 13
550 9 685 154 1,08 0,111 15,6 11
700 9 530 162 0,86 0,090 15,6 9
Mercure
20 13 520 138 1,55 0,115 8,4 25,5
100 13 305 137 1,23 0,092 10,5 16,0
200 13 110 135 1,00 0,076 12,5 10,8
300 12 870 133 0,89 0,069 14,8 8,0

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ÉCOULEMENT DES FLUIDES DANS LES TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________

Figure 3 – Propriétés de la vapeur d’eau


en fonction de la température à la pression normale

(0)

Tableau 4 – Paramètres d’ébullition


Figure 1 – Propriétés de l’eau liquide en fonction de la température
de quelques fluides usuels

Formule T éb ⌬H ␷
Fluide
chimique (oC) (kJ · kg–1)
Acétone.......................... CH3COCH3 56,1 521,0
Alcool butylique n......... C4H9OH 116,8 591,3
Alcool éthylique ............ C2H5OH 78,3 855,0
Alcool méthylique......... CH3OH 64,7 1 100
Ammoniac ..................... NH3 – 33,4 1 374
Aniline............................ C6H5NH2 183 434,0
Azote .............................. N2 – 195,8 199,7
Benzène ......................... C 6 H6 80,1 394,0
Butane n......................... C4H10 – 0,50 385,4
Butane (iso) ................... C4H10 – 11,72 366,4
Chloroforme .................. CHCl3 61,5 247
Chlorure d’éthyle .......... C2H5Cl 4,7 389
Chlorure de méthyle CH3Cl – 23,8 428,1
Dioxyde de carbone...... CO2 – 78,4 573,5
Dioxyde de soufre......... SO2 – 5,0 389,7
Eau ................................. H 2O 100,0 2 262
Éther éthylique .............. (C2H5) 2O 34,6 351,1
Hexafluorure
d’uranium ...................... UF6 55,1 117,7
Hydrogène ..................... H2 – 252,7 452,0
Mercure.......................... Hg 361 292,5
Méthane......................... CH4 – 161,6 510,2
Figure 2 – Propriétés de l’air en fonction de la température
Oxygène......................... O2 – 183,0 213,0
à la pression normale
Propane.......................... C 3 H8 – 42,1 426
Sodium .......................... Na 914 4 207
Le tableau 4 donne la température d’ébullition T éb et l’enthalpie Sulfure de carbone ....... CS2 46,3 352
de vaporisation ∆H υ pour 27 corps usuels. On trouvera de Tétrachlorure
nombreuses autres données dans le traité Constantes de carbone..................... CCl 4 77 198
physico-chimiques. Trichloréthylène ............ C2HCl3 85,7 240
Enfin, le tableau 5 donne la pression critique p c , la température
critique T c et la masse volumique critique ρc pour 18 corps usuels.
On trouvera les mêmes valeurs pour un grand nombre d’autres (0)
corps dans le traité Constantes physico-chimiques.

Remarque : on prendra garde à ne pas confondre les grandeurs


critiques thermodynamiques (tableau 5) avec les grandeurs
critiques d’écoulement (§ 3.2 et 3.3).

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_________________________________________________________________________________________ ÉCOULEMENT DES FLUIDES DANS LES TUYAUTERIES

2.1.2 Distribution des vitesses


Tableau 5 – Constantes critiques de quelques corps usuels
Dans les conditions précisées précédemment, on constate en outre
Formule pc Tc ␳c que la vitesse le long d’une ligne de courant ne varie pas ; dans cha-
Corps
chimique (MPa) (oC) (kg · m–3) que section transversale, la distribution spatiale des vitesses est la
même.
Acétylène ..................... C 2 H2 6,28 36,0 231
Ammoniac.................... NH3 11,29 132,4 235 Dans le cas, fréquent, d’une conduite de section circulaire, cette
distribution présente une symétrie de révolution ; la vitesse ne
Azote............................. N2 3,39 – 147,1 311,0
dépend plus que de la distance à l’axe de la conduite. On trouvera
Benzène ........................ C 6 H6 4,83 288,5 304
des développements sur ce profil des vitesses dans l’article Méca-
Butane .......................... C4H10 3,65 153 – nique des fluides [A 1 870] du présent traité.
Dioxyde de carbone .... CO2 7,38 31,04 467
Dioxyde de soufre ....... SO2 7,87 157,2 500
Eau ................................
Éthane ..........................
Éthanol .........................
H 2O
C 2 H6
C 2 H6 O
22,055
4,94
6,39
374,0
31,2
243,1
400
210
275,5
2.1.3 Équilibre dynamique de l’écoulement
Considérons (figure 4) un volume cylindrique quelconque de

Éthylène ....................... C 2 H4 5,16 9,7 220 liquide compris entre deux sections transversales distantes de dx.
Hydrogène ................... H2 1,30 – 239,9 31,0 Le parallélisme des vitesses implique la constance des pressions
Méthane ....................... CH4 4,64 – 82,5 162 dans chacune des sections ; soient p et p + dp ces pressions. Si
Méthanol ...................... CH4O 7,97 240,0 272 l’on appelle s l’abscisse curviligne sur le pourtour de la section, sur
Monoxyde de carbone CO 3,55 – 139 311 chaque élément dx ds de la surface cylindrique limitant ce volume,
Oxygène ....................... O2 5,03 – 118,8 430 le fluide est le siège de contraintes tangentielles τ, en général
Propane ........................ C 3 H8 4,36 95,6 variables avec s. L’équilibre de la masse de fluide contenue dans ce
Sulfure de carbone ...... CS2 7,70 273 441 volume, supposée soumise à la pesanteur, s’écrit, en appelant S sa
section transversale :

2. Écoulement permanent pS – ( p + dp )S – ρgS dz – 冕 τ ds dx = 0

des liquides avec z altitude du centre de l’élément,


c’est-à-dire, en posant :
p g = p + ρgz (4)
2.1 Écoulement dans les conduites
cylindriques longues dp g 1
------------ = – -----
dx S
冕 τ ds (5)
Dans ce qui suit, nous négligerons la compressibilité des liquides
et considérerons donc un fluide à masse volumique ρ constante. Pour une conduite de section circulaire, τ ne dépend que de la
Nous examinerons son écoulement dans une conduite de section distance r à l’axe ; en choisissant un volume de référence
quelconque, mais indépendante de l’abscisse, ou conduite conservant cette symétrie de révolution, l’expression (5) devient :
cylindrique. La notion de conduite longue est liée à l’établissement
d’un régime d’écoulement dans la conduite ; elle nécessite, dans la dp g 2τ
------------ = – -------- (6)
pratique, une longueur dépassant quelques dizaines de fois les dx r
dimensions transversales de la section.
et en particulier, à la paroi de la conduite, de diamètre D, où la
contrainte tangentielle prend la valeur τ 0 :
2.1.1 Forme de l’écoulement dp g 4τ 0
et régimes d’écoulement ------------ = – -----------
dx D
Dans les conditions qui viennent d’être précisées, on constate
que la vitesse est partout parallèle à l’axe de la conduite ; les lignes
de courant sont toutes des droites parallèles aux génératrices.
Suivant l’importance des forces de viscosité par rapport aux
forces d’inertie de l’écoulement, on observe pour celui-ci plusieurs
régimes possibles. Ce rapport de forces est caractérisé par un
nombre de Reynolds :
Re = vD ρ/µ (3)
avec v vitesse caractéristique de l’écoulement (souvent la vitesse
moyenne dans la section),
D dimension caractéristique de la section transversale
(diamètre pour une conduite de section circulaire).
Ce nombre est d’autant plus grand que les forces de viscosité
ont moins d’importance relative.
Lorsque Re est inférieur à une valeur limite de l’ordre de 2 000,
l’écoulement est toujours laminaire, c’est-à-dire exempt de turbu- Figure 4 – Équilibre d’un élément de volume cylindrique de liquide
lence. compris entre deux sections transversales

Dans les conditions industrielles, pour Re > 2 500, il est en pratique


toujours turbulent, c’est-à-dire que les forces de viscosité ne sont
plus suffisantes pour empêcher les inévitables perturbations
d’engendrer une multitude de petits tourbillons qui se superposent
à l’écoulement global.

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Tuyauteries
Flexibilité
par Richard GLODKOWSKI
Ingénieur de l’Université de Liège
Chef du Service des Calculs et des Essais de la Société Nordon et Cie

1. Définition du tracé des tuyauteries .................................................... A 800 - 3



2. Flexibilité et orientation des membres.............................................. — 5
3. Équations de flexibilité........................................................................... — 8
4. Sollicitations statiques et leurs effets .............................................. — 10
5. Forces, moments, déplacements, rotations et contraintes ......... — 16
6. Autres méthodes d’étude des tuyauteries........................................ — 17
7. Sollicitations dynamiques : vibrations, séismes............................. — 23
8. Signification et composition des contraintes ................................. — 33
9. Qualité et présentation des résultats................................................. — 34
10. Conclusions ............................................................................................... — 35
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 800

a révolution industrielle s’est fortement accélérée depuis la dernière guerre


L et s’est accompagnée de la croissance des moyens qui, à leur tour, ont
influencé les méthodes de calcul.
L’apparition de l’ordinateur bouleverse ces dernières et facilite en même
temps la transmission du savoir-faire dans le monde entier.
Avant le règne de l’ordinateur les études des tuyauteries se limitaient à des
cas très simples. Certains constructeurs, peu nombreux, ont recouru avanta-
geusement à des études sur modèles réduits qui donnent de très bons résultats,
mais sont relativement coûteuses et longues.
De plus, l’examen des lignes de conduite se limitait la plupart du temps au
calcul des effets de la dilatation thermique sur les efforts et les contraintes dans
les tubes. La prise en compte des autres sollicitations telles que le poids ou le
vent se faisait au moyen de règles pratiques et de calculs approximatifs.
Avec l’ordinateur, la liste des sollicitations traitées s’allonge et l’on peut aborder
les calculs itératifs, impensables autrement, qui permettent de résoudre les pro-
blèmes de frottements et de vibrations.
La taille des mémoires de l’ordinateur étant pratiquement sans limite, il se prête
aux calculs par les ensembles matriciels qui facilitent énormément la formulation
et, par là même, la solution des problèmes de tuyauterie.
Actuellement les calculs des ensembles et plus particulièrement les calculs
matriciels sont largement enseignés dans les écoles et dans les universités. Il
est donc inutile de les résumer dans cet article, d’autant plus qu’ils sont utilisés
ici sous une forme assez élémentaire.
La réponse élastique des éléments des tuyauteries aux diverses sollicitations
se manifeste surtout par la flexion, d’où le titre du présent article : Flexibilité.
p。イオエゥッョ@Z@ョッカ・ュ「イ・@QYWY

Ce titre couvre l’ensemble des méthodes de calcul des tuyauteries et ne doit


pas être confondu avec la méthode particulière dite de flexibilité basée sur l’apti-
tude à la déformation des divers membres sous l’effet des charges unitaires.

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TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________________________________________

Pour les équations générales de calcul des structures, le lecteur se reportera


à la rubrique spécialisée dans le traité Sciences fondamentales.

Notations et Symboles Notations et Symboles


Symbole Définition Symbole Définition

R A matrice carrée de flexibilité, de format quelconque,


composée de aij
W
Y
poids du tube par unité de longueur
multiplicateur du vecteur propre ou facteur de
Am matrice de flexibilité carrée et symétrique de format 6, participation globale
représentant les déformations du membre m sous Z module de flexion Z = 2 I /d 0
[L] [N ] a distance entre deux extrémités d’un membre
l’effet des efforts unitaires : A m =
t b distance entre deux points
[ N ] [J ]
c point courant
A′m matrice Am rapportée au système auxiliaire d’axes
d0 diamètre extérieur du tube
B matrice carrée de transfert sans rotation d’un point à
un autre, de format 6 di diamètre intérieur
tB matrice transposée de B dm diamètre moyen
C — matrice carrée de format 3, cosinus directeur e épaisseur moyenne du tube
— coefficient d’amortissement f fréquence
E module d’élasticité en traction i — coefficient de concentration des contraintes
F — matrice colonne de format 6 des moments et des — lignes des matrices
forces j colonnes des matrices
— force d’excitation
k décrément logarithmique
G module d’élasticité en cisaillement
ks coefficient sismique
H matrice de raideur, inverse de A
m membre ou fin du membre
I — moment d’inertie flexionnel de la section droite
d’un tube n extrémité d’une branche
— matrice unité représentant une seule direction de p pression
l’excitation q charge répartie par unité de longueur
J matrice carrée de format 3 de déplacement sous qm charge répartie sur un membre
l’action des forces unitaires
rm rayon moyen de la section transversale du tube
L — matrice carrée de format 3 de rotation sous l’action
des moments unitaires t temps
— matrice de transformation u composante du déplacement
— distance admissible entre deux amortisseurs ou u̇ composante de la vitesse
deux fixations, ou longueur d’une travée
u̇˙ composante de l’accélération
M — masse ou matrice de masse
— moment Φ vecteur de déplacement - vecteur propre
N matrice carrée de format 3 de rotation sous l’action 1
des forces unitaires α facteur de flexion, pour le tube droit α = -------
EI
tN matrice carrée de format 3 de déplacement sous 1+ν
l’action des moments unitaires (matrice transposée β facteur de torsion, pour le tube β = -------------
de N ) EI
P charge concentrée, matrice colonne δ dilatation thermique
Q charge concentrée due aux charges réparties, 8 1+ν
η facteur de cisaillement, pour le tube η = ----- -------------
matrice colonne 3 ES
R — rayon du coude ou rayon de cintrage θ matrice carrée d’orientation de format 6
— matrice triangulaire telle que R tR = H λ facteur de traction ou de compression, pour le tube
S surface de la section droite du tube 1
λ = ---------
T demi-tangente au coude ES
U matrice colonne de format quelconque des rotations ν coefficient de Poisson
et déplacements ξ rapport entre amortissements effectif et critique
Um matrice colonne de format 6 des rotations et ξ = C /2 ω M
déplacements du membre m σ contrainte
U˙ matrice de vitesse τ temps
U̇˙ matrice d’accélération ϕ angle du coude
Ur déplacement résultant ω — rotation
V distance des centres de gravité aux fibres les plus — fréquence circulaire ω = 2 π f
éloignées

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1. Définition du tracé dilatation et de déterminer les efforts sur les appareils en fonction
d’une disposition différente des fixations ou des dispositifs auto-
des tuyauteries bloquants de vibrations.
On explore de cette façon les possibilités du tracé en facilitant
grandement son optimalisation.
1.1 Mise au point du tracé par ordinateur
Dans les méthodes connues de calcul des tuyauteries, on introduit
dans l’ordinateur les divers points de la ligne où l’on désire obtenir
1.2 Réalisation du schéma de calcul
des résultats [1] [2] [3] [4] [5] [6]. Dans le meilleur des cas, l’ordinateur
met en place les coudes dans la jonction entre deux tronçons droits. Le parcours des lignes est réalisé en introduisant les tronçons qui
relient les points de changement de direction et en leur donnant des
Le système fort évolué comme celui d’Adlpipe [7] prévoit numéros séquentiels (figure 1).


certaines facilités dans la modification du tracé. Il permet d’intro-
duire d’une part des coudes aux dimensions et caractéristiques Le parcours est indiqué par des flèches. Le choix du parcours est
différentes de celles des tronçons droits voisins, d’autre part des assez arbitraire. On pourrait sans inconvénient changer numéro-
butées et des supports dans des points choisis d’avance. tage et parcours. Les combinaisons sont nombreuses et peuvent
être choisies arbitrairement. L’unique obligation pour le projeteur
Toutes ces méthodes n’attachent pas assez d’importance à la est de s’assurer que le parcours se fait dans le même sens, du
définition du tracé dont dépend l’organisation du calcul. nombre le plus petit vers le nombre le plus grand, pour éviter à
Pour pallier cette carence, nous avons imaginé et réalisé une évo- l’ordinateur la recherche des signes des diverses caractéristiques
lution dynamique du tracé. En partant d’un canevas géométrique, des membres qu’il assemble et ordonne automatiquement.
déterminé par les distances entre les points de changement de direc- Cette façon de procéder permet d’ajouter des branches complé-
tion, le calculateur donne les instructions nécessaires à l’ordinateur mentaires aux points quelconques du tracé sans modification des
pour l’introduction des éléments flexibles et rigides dans le tracé, cartes existantes (§ 1.3).
tels que les coudes, les pièces de connexion, les robinets, les
compensateurs à soufflets, les tubes ondulés, etc. Il procède de la Chaque membre est inséré entre deux nombres : le plus grand
même façon pour définir la position, l’orientation et le décalage par désigne le membre même et le plus petit son origine.
rapport à l’axe du tube des fixations et des supports, en tenant Les membres sont associés aux dimensions des tubes. Le chan-
compte de leurs caractéristiques élastiques et de leurs réponses aux gement éventuel de celles-ci peut être introduit a posteriori par les
sollicitations. cartes concernant les pièces spéciales.
Le tracé est achevé automatiquement par l’ordinateur qui choisit La longueur et l’orientation du membre sont données par ses
la taille des membres (§ 2.1) et leur attribue des numéros séquentiels coordonnées établies dans un système de trois axes orthogonaux
qui facilitent l’interprétation des résultats. trigonométriques classiques. L’orientation des axes dans l’espace
Ce procédé permet d’obtenir au cours d’une même séquence de est arbitraire pour l’entrée des données. Elle peut être modifiée par
calcul les résultats des variantes avec et sans compensateurs de l’ordinateur, par exemple pour faciliter l’interprétation de certains
résultats.

Figure 1 – Schéma de calcul de tuyauteries

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1.3 Mise en place des pièces spéciales Ici, les membres 4 et 5 sont modifiés tout en conservant leurs
caractéristiques. Le membre créé 25 reçoit les propriétés du coude
qui sont données par la carte-coude précisant le rayon et le
Il y a des pièces du type membre droit (robinets, soufflets,
numéro du tube de référence ou, à défaut, les caractéristiques élas-
rétreints, cales de mise sous tension, etc.) et des pièces du type
tiques spéciales.
branchement (barillets ou pièces de connexion en T, Y, etc.).
Les cartes des pièces spéciales comportent l’adresse sous la forme L’angle du coude est obtenu par l’ordinateur suivant les orienta-
tions des membres qui reçoivent le coude, ici 4 et 5 (calcul au
suivante : numéro du membre, longueur, position par rapport à
paragraphe 2.3).
l’origine ou à la fin du membre et caractéristiques élastiques définies
par le numéro du tube équivalent ou par les valeurs correspondantes La même carte peut servir pour plusieurs coudes de rayon et
indiquées directement sur la même carte. caractéristiques identiques mais comportant des positions et des
angles différents.
Une pièce spéciale crée de nouveaux membres et modifie les
membres anciens. Les nouveaux membres reçoivent des numéros

R provisoires. À la fin de l’opération de mise au point du tracé, l’ordina-


teur rétablit la numérotation séquentielle en suivant le sens du
parcours qui n’est pas altéré par les opérations de mise en place.
1.5 Mise en place des fixations,
supports et charges concentrées
La mise en place des pièces spéciales de type membre droit est
illustrée sur la figure 2, celle de type branchement sur la figure 3.
Les membres créés nos 20 et 21 possèdent les caractéristiques Les fixations complètes ou partielles sont définies par les direc-
l’un du membre 4 et l’autre de la pièce spéciale ; le membre 4 est tions de leur action, par les déplacements imposés et par la raideur
modifié en conservant ses propriétés élastiques. de leurs constituants. Les caractéristiques sont introduites dans
Les membres nouveaux nos 22 et 24 conservent les caractéris- l’ordinateur suivant un système d’axe général ou suivant un système
tiques des membres anciens respectivement nos 2 et 12, le no 23 est particulier à la fixation, où elles sont plus faciles à déterminer.
créé avec ses propriétés spéciales, les membres anciens nos 2, 12 Les orientations particulières sont étudiées au paragraphe 2.4.
et 3 sont modifiés, les deux premiers acquièrent les propriétés nou- La carte de fixation comporte, outre les informations décrites pré-
velles et le dernier conserve les anciennes. cédemment, les indications concernant sa position et les numéros
des variantes dans lesquelles elle n’intervient pas.
Les supports élastiques et les charges concentrées sont traités
1.4 Mise en place des coudes de la même façon que les fixations.
L’insertion de ces éléments dans le tracé est illustrée par la
Les coudes, comme précédemment les pièces spéciales, créent figure 5.
des membres nouveaux et modifient les anciens. Ils introduisent
cependant une différence : le point d’épure E disparaît, le numéro La fixation est placée sur la pièce spéciale ; elle crée le
correspondant est déplacé à l’origine du coude (figure 4). membre 26 et modifie le 21 qui conservent les caractéristiques de
la pièce spéciale.
Dans cet exemple, la fixation coupe l’axe du tube. Dans d’autres
cas, il est intéressant de la placer à une certaine distance de l’axe
du tube (figure 6).
Il n’y a pas de difficulté à placer une fixation ou un support dans
un coude.

Figure 2 – Insertion d’un membre droit

Figure 5 – Mise en place d’une fixation dans l’axe du tube

Figure 3 – Insertion d’un branchement

Figure 6 – Mise en place d’une fixation hors de l’axe du tube

Figure 4 – Mise en place d’un coude

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Une fixation qui coupe le tracé à une des extrémités du membre 2.2 Flexibilité des membres droits
ne crée pas de nouveaux membres.
Dans le cas de la figure 6, la fixation crée trois nouveaux Le membre droit ordinaire représente un tronçon du tube droit.
membres, 27, 28 et 29, et modifie le 6. Les 27 et 6 gardent les En utilisant l’astuce du choix des axes propres au tronçon, employée
propriétés de l’ancien membre 6 et les 28 et 29 obtiennent les carac- entre autres par Stanley Poley [8], on peut simplifier les expressions
téristiques élastiques données par la carte de décalage. de flexibilité et d’orientation.
Le système auxiliaire X ′, Y ′, Z ′ pour le membre droit est tel que
l’axe OX ′ est dirigé de la fin du membre vers l’origine de celui-ci
1.6 Découpage et numérotation et que la position des autres axes n’a pas d’importance. Le système
définitifs des membres auxiliaire est donc défini par les projections du membre sur le
système principal d’axes (figure 7).
aX , aY et aZ sont donnés par les cartes d’entrée :


Dès que les divers éléments sont introduits dans le tracé, l’ordi-
nateur peut procéder à la définition finale des membres. Les
2 2 2
membres droits et coudés de grande longueur sont découpés en plus a = aX+aY+aZ
petit pour faciliter l’analyse détaillée des résultats de calcul.
La position du membre dans le tableau séquentiel donne son Les coefficients de flexibilité de ce membre, dans le système auxi-
numéro. liaire d’axes, sont calculés dans les matrices L′, J ′ et N ′ relatives à
ce système. La signification physique de ces matrices, comme celle
Le tableau séquentiel contient pour chaque membre sa descrip- de L, J et N (tableau de Notations et Symboles p. 2), est plus claire
tion, ses dimensions, son orientation, ses caractéristiques élastiques
que celle de A′m :
sous l’effet de la charge unitaire concentrée et de la charge unitaire
répartie, les numéros et les distances de toutes les fixations en aval.
Les charges concentrées et réparties et les fixations que l’on βa 0 0 λa 0 0
rencontre sur les parcours après passage sur le membre étudié sont L′ = 0 αa 0 J′ = 0 αa 3 / 3 + ηa 0
considérées comme se trouvant en aval. 0 0 αa 0 0 αa 3 / 3 + ηa
De plus, le tableau séquentiel contient pour chaque variante de
calcul les charges agissant directement et les sommes des charges
concentrées et réparties en aval des parcours passant par le membre 0 0 0
examiné. N′ = 0 0 αa 2 / 2
Une telle organisation du tableau séquentiel permet le déroule- 0 – α a2 / 2 0
ment extrêmement rapide de tous les calculs.
L’ordinateur calcule ces valeurs en partant des définitions données
en début d’article. Il détermine ensuite la matrice d’orientation θm
sur la base de la définition de la matrice carrée C m de
2. Flexibilité et orientation format 3 appelée cosinus directeur du système auxiliaire.
des membres Posons :
aX aY aZ 2 2
a 1 = – ------- ; a 2 = – ------- ; a 3 = – ------- ; a 12 = a 1 + a 2
a a a
2.1 Description générale des membres
Le membre constitue l’élément le plus simple de la tuyauterie. Il
est délimité par deux points voisins numérotés et il est désigné par
le numéro le plus élevé.
En général, le membre peut être sollicité par trois forces et trois
moments dirigés suivant les trois axes perpendiculaires l’un à
l’autre. À chaque effort, il répond par trois déplacements et trois
rotations. En conséquence, la flexibilité totale d’un membre est
décrite par une matrice de flexibilité carrée A m de format 6.
On peut facilement démontrer que cette matrice est symétrique
par rapport à la diagonale ; cette propriété découle de la loi de réci-
procité de Maxwell (articles de la rubrique Calcul des structures
dans le traité Sciences fondamentales). Elle possède donc 21 coef-
ficients indépendants.
La matrice de flexibilité représente la déformation du membre
sous l’effet des efforts unitaires. Elle est obtenue par le calcul ou
expérimentalement.
Pour obtenir la matrice de raideur, il suffit d’inverser celle de
flexibilité. Les coefficients de raideur représentent les efforts dus
aux déformations unitaires des membres.

Figure 7 – Système auxiliaire d’axes pour membres droits

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Il y a deux cas :
• 1er cas a 12 ≠ 0 :
a2 a1 a3
a1 – -------- – --------------
a 12 a 12
Cm = a1 a2 a3
a2 -------
- – --------------
a 12 a 12
a3 0 a 12

• 2e cas a 12 = 0 :


0 0 – a3
Cm = 0 1 0
a3 0 0

La matrice d’orientation θm est exprimée en fonction de Cm :


Figure 8 – Système auxiliaire d’axes pour un coude
Cm 0
θm =
0 Cm La pression intérieure raidit le coude. Seul, le code des tuyauteries
de classe 1 (cf. [Doc. A 800]) prend cette action en considération.
Une fois θm définie, on obtient la matrice de flexibilité dans le Le coude est raidi également par les raccordements aux pièces
système principal d’axes : massives. Le code des tuyauteries de classe 1 renvoie le lecteur aux
essais en cours ; les autres codes (cf. [Doc. A 800]) augmentent la
t raideur suivant les formules ci-après :
Am = θm A m
′ θm
— une extrémité indéformable :
qui correspond à la déformation du membre m sous l’effet des
efforts agissant dans le système principal d’axes. 1,65
α = -----------------
-
γ 5/6 E I
— deux extrémités indéformables :
2.3 Flexibilité des membres-coudes
1,65
α = -------------------
-
Les axes auxiliaires du coude sont définis sur la figure 8. γ 2/3 E I
Posons : Dans les formules donnant la flexibilité des coudes, nous main-
T =
2
TX′ + T Y′ + T Z′
2 2 tiendrons pour toute éventualité α1 et α 2 .
■ Valeurs de L i′j ( L 13
′ = L 23
′ = L 31
′ = L 32
′ = 0) :
avec T X′ , T Y′ et T Z′
projections de la tangente considérée sur
les axes du système principal. R
′ = ----- [ α 2 ( ϕ – sin ϕ cos ϕ ) + β ( ϕ + sin ϕ cos ϕ ) ]
L 11
Les projections figurent dans le tableau séquentiel des membres 2
établi par l’ordinateur. Elles ont été obtenues en partant des R
′ = L ′21 = ----- ( β – α 2 ) sin 2 ϕ
L 12
membres voisins a ′ et a ′′ et de la valeur du rayon de courbure R 2
donné par les cartes d’entrée des coudes. R
′ = ----- [ α 2 ( ϕ + sin ϕ cos ϕ ) + β ( ϕ – sin ϕ cos ϕ ) ]
L 22
2
ϕ
T = R tg ----- ′ = R α1 ϕ
L 33
2
ϕ = arccos ( a 1′ a ′′1 + a 2′ a ′′2 + a 3′ a ′′3 )
■ Valeurs de J ij′ ( J 13
′ = J 21
′ = J 23
′ = J 31
′ = J 32
′ = 0) :
où a 1 , a 2 et a 3 sont définis comme au paragraphe 2.2 ;
R3 R
T X′ = a 1′ T ; T X
′′ = a ′′1 T ′ = --------- α 1 ( 3ϕ – 4 sin ϕ + sin ϕ cos ϕ ) + ----- [ λ ( ϕ + sin ϕ cos ϕ )
J 11
2 2
etc. + η ( ϕ – sin ϕ cos ϕ ) ]
Les flexibilités des coudes dans (α 1 ) et en dehors (α 2 ) du plan de R3 R
′ = J 21
J 12 ′ = – --------- α 1 ( 1 – cos ϕ ) 2 + ----- ( λ – η ) sin 2 ϕ
la courbure ne sont pas tout à fait les mêmes suivant l’étude de 2 2
Vigness [9]. Toutefois les codes américains (cf. [Doc. A 800]) qui
R3 R
sont reconnus partout sur ce sujet ne font pas de distinction. ′ = -------- α 1 ( ϕ – sin ϕ cos ϕ ) + ---- [ λ ( ϕ – sin ϕ cos ϕ )
J 22
2 2
L’équation commune est basée sur les études de Karman [10] :
+ η ( ϕ + sin ϕ cos ϕ ) ]
1,65
α 1 = α 2 = ------------- R3
γ EI ′ = -------- [ α 2 ( ϕ – sin ϕ cos ϕ ) + β ( 3 ϕ – 4 sin ϕ + sin ϕ cos ϕ ) ]
J 33
2
avec γ facteur du coude : +Rηϕ
Re
γ = -------
2
-
rm

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■ Valeurs de N ij′ ( N 11
′ = N 12
′ = N 21
′ = N ′22 = N 33
′ = 0) : — Les caractéristiques élastiques du membre ne sont pas uni-
formes dans le plan perpendiculaire à son axe, par exemple α1 ≠ α2 .
R2 Dans ce cas, il faut bien définir le système auxiliaire par rapport au
′ = – ------- [ α 2 ( ϕ – sin ϕ cos ϕ ) + β ( ϕ – 2 sin ϕ + sin ϕ cos ϕ ) ]
N 13
2 principal en introduisant 4 cosinus et les signes des deux autres.
R2 Posons :
′ = ------- [ α 2 sin 2 ϕ + β ( 1 – cos ϕ ) 2 ]
N 23
2
2 2
′ = R 2 α 1 ( ϕ – sin ϕ )
N 31 C 11 = cos X ′ X ; C 31 = cos X ′ Z ; C 21 = sgn 1 – ( C 11 + C 31 )
′ = – R 2 α 1 ( 1 – cos ϕ )
N 32 2 2
C 13 = cos Z ′ X ; C 33 = cos Z ′ Z ; C 23 = sgn 1 – ( C 13 + C 33 )
Ces expressions sont tout à fait générales. Pour les ramener
dans le système principal, il faut définir le système auxiliaire d’axes et on obtient les autres valeurs de C :


en posant : C 12 = C 23 C 31 – C 21 C 33
T X′ T Y′ T Z′
T 1 = – ----------- ; T 2 = – ---------- ; T 3 = – ---------- C 22 = C11 C 33 – C 13 C 31 ; C 32 = C13 C 21 – C 11 C 23
T T T
On obtient l’expression du cosinus directeur C m du coude :
2.4.2 Tubes ondulés
C 11 = T 1′ ; C 21 = T 2′ ; C 31 = T 3′
T ′2 T ′′3 – T 3′ T ′′2 T 3′ T ′′1 – T 1′ T ′′3 5 10
C 13 = ----------------------------------------------- ; C 23 = ----------------------------------------------- ; α 1 = α 2 = ------- à -------
sin ϕ sin ϕ EI EI

T 1′ T ′′2 – T 2′ T ′′1 (à déterminer par le constructeur suivant les dimensions du tube) ;


C 33 = -----------------------------------------------
- I est le moment flexionnel du tube de base :
sin ϕ
1 5 10 4 1+ν
β = ------- ; λ = --------- à --------- ; η = ----- -------------
C 12 = C 31 C 23 – C 21 C 33 ; C 22 = C 11 C 33 – C 31 C 13 ; EI ES ES 3 ES
C 32 = C 21 C 13 – C 11 C 23
Une fois Cm connu, on obtient comme dans le paragraphe 2.2 :
2.4.3 Manchettes glissantes
t
Am = θm A m
′ θm Elles permettent le déplacement axial des tubes télescopiques
avec un seul effort : le frottement. Pour tenir compte de ce frottement,
il suffit d’adopter un coefficient λ compatible avec celui-ci ou d’effec-
tuer les calculs suivant la méthode exposée au paragraphe 4.9.
2.4 Flexibilité des membres spéciaux
2.4.1 Orientation des pièces spéciales 2.4.4 Compensateurs à soufflets
Il y a trois cas d’orientation des membres spéciaux. — Compensateur libre dans la conduite :
— Ils se comportent comme des membres ordinaires et leur α1 = α2 ;
orientation est déterminée de la même façon. λ et effet de fond sont donnés par le constructeur ;
— Il est nécessaire d’introduire leur orientation, mais un seul β et η sont considérés comme négligeables ;
axe (OX ′ ) suffit pour décrire leur flexibilité. Pour définir l’orientation α et λ peuvent être calculés suivant [16].
d’un axe, il suffit de calculer les projections d’un vecteur unitaire sur — Compensateur à charnières travaillant à la flexion :
deux axes principaux et de se donner le signe sgn de la troisième
projection. Chaque projection est équivalente à un cosinus entre la α1 est donné par le constructeur ;
direction à déterminer et l’axe du système principal. α2 , β, λ et η sont considérés comme négligeables.
En posant : Il faut définir OX ′ suivant l’axe du soufflet et OZ ′ dans le plan de
flexibilité α1 (plan de déformation du compensateur).
2 2
C 11 = cos X ′ X ; C 31 = cos X ′ Z ; C 21 = sgn 1 – ( C 11 + C 31 ) — Compensateur à cardan :
α1 = α2 est donné par le constructeur ;
on peut déterminer le cosinus directeur C de la même façon que
β, λ et η sont négligeables.
2
dans le paragraphe 2.2 en posant C 3 = 1 – C 31 et obtenir les autres — Compensateur travaillant en parallélogramme (figure 9).
coefficients de Cm : Le point n peut se déplacer par rapport à n ′ suivant les direc-
C 21 C 11 C 31 C 11 tions OY et OZ. Par contre, le déplacement et les rotations
C3 ≠ 0 → C 12 = – --------- ; C 13 = – --------------------- ; C 22 = --------- relatives uX , ωY et ωZ sont bloqués.
C3 C3 C3
La solution la plus simple consiste à faire travailler le compensa-
C 21 C 31 teur entre les points n et n ′ en cisaillement uniquement ; η est déter-
C 23 = – --------------------- ; C 32 = 0 ; C 33 = C 3
C3 miné suivant les données du constructeur ; α, β et λ seront petits
ou égaux à zéro.
C 3 = 0 → C 11 = C 21 = C 12 = C 23 = C 32 = C 33 = 0 La solution plus générale et plus élégante est de passer par la
notion de la boucle fictive c’est-à-dire la liaison de n avec n ′ sans
C 22 = 1 ; C 13 = – C 31 support matériel.

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TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________________________________________

Dans le cas de la figure 9, il est suffisant de bloquer entre n et n ′ L’influence d’une partie des tuyauteries sur la partie voisine sera
les déformations uX , ωY et ωZ en laissant aux deux soufflets et aux appelée ici impédance. L’impédance est exprimée en flexibilité ou
tubulures de liaison leurs caractéristiques propres. en raideur. Elle est obtenue directement par l’ordinateur au cours
Les cartes d’entrée des pièces spéciales comportent les données d’une boucle de calcul sur l’influence de 6 efforts unitaires pris l’un
pour créer les divers membres composant l’ensemble du après l’autre. En répétant donc 6 fois l’opération du calcul de défor-
compensateur ainsi que les indications concernant la boucle fictive mations sous l’effet d’un effort unitaire, on obtient une matrice
et son orientation. Ces cartes permettent à l’ordinateur d’introduire complète de flexibilité de format 6. L’impédance en rigidité est
automatiquement dans le tracé le compensateur et son comporte- obtenue par inversion de la matrice de flexibilité. La notion de l’impé-
ment élastique. dance est très utile pour décrire la rigidité d’un raccordement sur
un générateur de vapeur ou sur des machines telles que turbine ou
L’emploi de boucles fictives peut être généralisé du fait que le pompe. Elle est également très intéressante pour la prise en compte
blocage par la boucle n’a pas besoin d’être rigide, au contraire il peut de la flexibilité à la limite du matériel d’un constructeur (figure 10).
être élastique. Une boucle fictive permet donc de décrire toutes les


propriétés spéciales d’un membre. Les constructeurs A et C donnent à la limite de leurs fournitures
l’impédance et les déplacements en supposant les points a et b
libres. Le constructeur B effectue les calculs définitifs et transmet
2.4.5 Supports, guides, fixations à son tour les efforts ou les déplacements en service aux
points a et b qui permettent aux constructeurs A et C de terminer
leurs études.
Ces dispositifs sont considérés la plupart du temps comme étant
parfaitement rigides. Dans le cas contraire, leurs coefficients d’élas-
ticité sont souvent indépendants les uns des autres et leur flexibilité
se limite aux seules valeurs situées sur la diagonale des matrices L′
et J ′ (§ 2.2). 3. Équations de flexibilité
Pour les guides et les fixations complexes faisant partie d’une
structure élastique, il est nécessaire de calculer ou de déterminer 3.1 Conditions d’équilibre d’une structure
expérimentalement les matrices complètes L′, J ′ et N ′. C’est le cas
de la fixation d’une ligne de conduite sur une autre ligne (figure 10). Une structure qui n’est pas sollicitée par les efforts se trouve en
équilibre même si l’on coupe toutes ses fixations sauf celle qui
positionne l’ensemble par rapport à l’espace.
Il est normal que la fixation non coupée constitue l’origine du par-
cours (figure 1) et exige un traitement spécial par rapport aux autres
fixations. Pour éviter cet inconvénient, il suffit de l’attacher par une
liaison sans dimension mais possédant une grande flexibilité à une
fixation fictive dont l’influence sur l’ensemble des efforts est tout à
fait négligeable. De plus, cet ancrage est fixe en espace et n’est
soumis ni à la dilatation, ni au mouvement. Il n’intervient que dans
le calcul de l’ordinateur qui ajoute automatiquement une grande
flexibilité sous forme d’une matrice carrée de format 6 concentrée
sur la diagonale. La flexibilité ajoutée intervient dans toutes les fixa-
tions, elle ne modifie donc pas l’équilibre de l’ensemble. L’unique
inconvénient, qui n’en est pas un dans le cas de l’ordinateur, est la
nécessité de manipuler, au cours de la résolution des équations, des
nombres possédant au moins 12 chiffres significatifs.
Figure 9 – Compensateur travaillant en parallélogramme
Une sollicitation quelconque modifie l’équilibre et provoque les
déplacements des ancrages libres. Le retour de la tuyauterie à la posi-
tion de départ demande le remplacement des fixations par les efforts
équivalents qui assurent les nouvelles conditions d’équilibre.
Certaines parties du réseau peuvent former des boucles qui ne
modifient pas l’équilibre extérieur mais occasionnent une indéter-
mination dans la répartition des efforts à l’intérieur de la tuyauterie.
Une coupure de la boucle résout ce problème. Les deux faces de
la coupure supportent les efforts de liaison qui, normalement, se
neutralisent mutuellement. Dès lors, les efforts de liaison dépendent
de la seule flexibilité de la boucle et le parcours dans la branche
boucle part de l’origine et se termine à la fin de celle-ci.

3.2 Définition des équations


Il y a autant d’équations que de composantes d’inconnues exté-
rieures et intérieures.
Les coefficients de flexibilité des efforts inconnus sont rangés dans
l’ordre de rencontre des fixations et des boucles en cours du parcours
du tracé. L’ensemble des coefficients de flexibilité forme une matrice
carrée de i lignes et i colonnes. Sur chaque ligne figurent les
Figure 10 – Schéma de tuyauteries complexes
coefficients d’influence de la totalité des fixations sur une seule
inconnue-effort, dans chaque colonne se trouvent les coefficients
d’influence d’une seule inconnue sur toutes les autres.

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Tuyauteries
Compensateurs de dilatation
par Marcel AUBRY
Ancien Directeur Technique. Service Compensateurs de Dilatation
de la Société d’Exploitation de Produits Industriels SEPI

1. Description et caractéristiques ........................................................... A 805 - 3



1.1 Soufflet ......................................................................................................... — 3
1.2 Accessoires pour compensateurs .............................................................. — 4
1.2.1 Chemise interne.................................................................................. — 4
1.2.2 Capot de protection extérieur............................................................ — 4
1.2.3 Limiteur de course.............................................................................. — 4
1.2.4 Répartiteur de course ......................................................................... — 4
1.2.5 Dispositif de réglage........................................................................... — 4
1.2.6 Dispositif de blocage .......................................................................... — 4
1.3 Caractéristiques spécifiques aux compensateurs..................................... — 5
1.3.1 Caractéristiques relatives à la pression ............................................ — 5
1.3.2 Durée de vie du soufflet ..................................................................... — 5
1.3.3 Caractéristiques de flexibilité du compensateur.............................. — 5
2. Différents types de compensateurs ................................................... — 6
2.1 Compensateurs ne reprenant pas l’effet de fond ..................................... — 6
2.1.1 Compensateur simple axial ............................................................... — 6
2.1.2 Compensateur double........................................................................ — 6
2.2 Compensateurs reprenant l’effet de fond.................................................. — 6
2.2.1 Compensateurs équilibrés ................................................................. — 6
2.2.2 Compensateurs angulaires ................................................................ — 6
2.2.3 Compensateurs latéraux .................................................................... — 7
3. Utilisation des compensateurs ............................................................ — 7
3.1 Compensation exclusivement axiale ......................................................... — 7
3.1.1 Utilisation de compensateurs simples axiaux ................................. — 7
3.1.2 Utilisation d’un compensateur axial équilibré en ligne................... — 8
3.1.3 Utilisation d’un système articulé....................................................... — 8
3.2 Compensation reprenant l’effet de fond.................................................... — 8
3.2.1 Utilisation d’un compensateur angulaire pour améliorer
la flexibilité d’une ligne ...................................................................... — 8
3.2.2 Compensation partielle (composante latérale prépondérante)...... — 10
3.2.3 Compensation complète de la dilatation.......................................... — 10
3.2.4 Supportages spécifiques aux compensateurs ................................. — 12
3.2.5 Choix du compensateur ..................................................................... — 13
4. Données à fournir au constructeur..................................................... — 13
4.1 Données générales relatives à l’application.............................................. — 13
4.2 Données relatives aux conditions de service ............................................ — 13
4.3 Matériau retenu pour le soufflet................................................................. — 13
4.4 Données relatives aux caractéristiques du compensateur ...................... — 13
4.5 Données relatives à l’implantation............................................................. — 14
4.6 Risques et sollicitations inhabituels........................................................... — 14
4.7 Accessoires retenus..................................................................................... — 14
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 805
p。イオエゥッョ@Z@ヲ←カイゥ・イ@QYYQ

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TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________________________________________

a dilatation pose un problème à tout bureau d’études de constructeur d’appa-


L reil ou de tuyauteur car on ne peut l’empêcher. Dans un assemblage d’élé-
ments constituant une ligne fermée, toute variation de dimension d’un élément,
provoquée par une différence de température et/ou de coefficient de dilatation,
doit être retrouvée en grandeur et en direction au niveau de cet élément par le
système de déformations résultant de l’état de contrainte exercé sur tous les
éléments assemblés. Avant l’arrivée des compensateurs de dilatation sur le
marché, les solutions apportées à ce problème étaient les suivantes.

Cette solution n’est envisageable que pour une compensation axiale de la dila- Utilisation de joints
tation. Par suite du module d’élasticité élevé des matériaux, la compensation coulissants à presse-étoupe
exclusivement par déformation axiale suivant la loi de Hooke n’est pas possible.


La solution consiste à supprimer la liaison mécanique en interposant un joint
coulissant à presse-étoupe. Ce dispositif permet le déplacement coaxial de ses
extrémités, l’étanchéité étant obtenue par un presse-étoupe. Dans cette solution,
les difficultés rencontrées résident dans l’étanchéité, le guidage et les efforts
développés par les frottements du presse-étoupe et par l’effet de fond dont nous
reparlerons plus loin (§ 1.3.1.1).

Dans cette solution, qui ne concerne que les tuyauteries, la dilatation de chaque Utilisation de tracé
élément de la ligne est compensée par une déformation en flexion et en torsion autodilatable
des éléments adjacents, ce qui implique un changement de direction de ces
derniers. On constitue ainsi, à partir d’éléments droits et de coudes qui ont une
flexibilité supérieure à ces derniers, un tracé suffisamment souple pour
compenser la dilatation sans contraintes excessives dans les coudes ni efforts
trop importants au niveau des ancrages.
Un tracé autodilatable nécessite donc un encombrement important et est
rapidement limité en diamètre de tuyauterie par suite des efforts trop élevés qu’il
exerce sur le génie civil (à pression constante, les efforts sur les points fixes
varient comme la puissance quatrième du diamètre).
Les compensateurs de dilatation ont apporté des avantages aux deux solutions
précitées.
Dans le premier cas, la suppression du presse-étoupe a permis d’assurer
l’étanchéité du dispositif à compensation axiale.
Dans le second cas, une très grande flexibilité des compensateurs, qui est
caractérisée par une capacité de déplacements importants sous de faibles efforts,
permet de résoudre les problèmes de dilatation et d’efforts avec un encombre-
ment minimal de la ligne. Un compensateur installé sur une tuyauterie présente
les caractéristiques suivantes :
— un coefficient de flexibilité en rotation sous moment de flexion qui est
l’équivalent de plus de 200 m d’élément droit de tuyauterie ;
— un grand déplacement angulaire (plusieurs centaines de milliradians) avec
des efforts très faibles, exerçant des contraintes de flexion sur le conduit de
l’ordre du daN/mm 2.
Exemple : pour une tuyauterie de diamètre nominal DN = 450 mm, d’épaisseur
9,52 mm, dimensionnée pour une pression de 40 bar, il est possible de réaliser
un compensateur présentant les caractéristiques suivantes :
— longueur équivalente de tuyauterie droite 1 100 m ;
— déplacement angulaire admissible de 200 mrad exerçant sur la tuyauterie
(frottement dans les articulations inclus) une contrainte de flexion
de 1,25 daN/mm 2.
Avec de telles caractéristiques, il est donc possible de réaliser une installation
très compacte permettant de réduire les coûts d’investissement et d’exploitation.
Les premiers compensateurs installés en France ont apporté une solution aux
problèmes posés par :
— le chauffage urbain, qui a utilisé des compensateurs axiaux pour des tuyau-
teries rectilignes ;
— la centrale nucléaire de Marcoule, qui a utilisé des compensateurs sans
effet de fond pour des tuyauteries de DN = 1 600 mm ;
— les unités de craquage dans les raffineries pour des dilatations très impor-
tantes résultant de températures élevées (600 à 700 oC).

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________________________________________________________________________________________________________________________ TUYAUTERIES

Bien que les avantages des compensateurs soient reconnus et que, pour
certaines applications, ils soient les seuls moyens disponibles, certains utilisa-
teurs potentiels hésitent à les utiliser pour les raisons ci-après :
— les épaisseurs des soufflets, qui, étant jugées trop faibles, conduisent à pen-
ser que les compensateurs sont très vulnérables et peu sécurisants ;
— leur détermination et leur mise en œuvre, qui nécessitent la complète
connaissance des conditions d’exploitation et de montage ainsi qu’une étude
d’installation.
Ce dernier point ne devrait pas être un obstacle, car les règles de sécurité et
la législation incitent les différents corps de métiers (exploitants, concepteurs,
constructeurs et monteurs) à bien connaître ces problèmes et à se regrouper
dans des syndicats abordant ces sujets. Les constructeurs de compensateurs de
dilatation ont rédigé des Règles de Construction et d’Utilisation des Compensa- R
teurs de Dilatation (RCUCD) publiées par leur syndicat, le SNAM. Pour des appli-
cations relevant de la législation, le dimensionnement des soufflets doit répondre
à des règles précises qui font intervenir l’épaisseur minimale obtenue sur le pro-
duit fini. Ces règles font l’objet d’un document établi le 7/07/1980 par le SNAM
(Syndicat National des Articles Métalliques) et le SNCT (Syndicat National de
la Chaudronnerie, de la Tôlerie et de la Tuyauterie Industrielle) avec le concours
du CETIM (Centre Technique des Industries Mécaniques). Les fabricants de
soufflets doivent obtenir un accord préalable du Service des Mines et réaliser
des essais conformément aux instructions de la circulaire no 17009 du 9/07/1980
de la DQSI (Direction de la Qualité et de la Sécurité Industrielles).
En ce qui concerne le premier point, il est à remarquer que, dans la diversité
des modes de fabrication et des épaisseurs de soufflet retenues par le fabricant,
l’utilisateur peut trouver le produit qui lui convient le mieux. Il pourra apprécier
la résistance du soufflet à la pression à partir de la pression d’éclatement et de
la pression d’instabilité communiquées par le fabricant. Pour ce qui concerne
une utilisation sur une tuyauterie, le moment de torsion maximal acceptable par
le soufflet est également un élément d’appréciation.
L’objet du présent article est de donner une description des compensateurs,
d’en préciser les caractéristiques spécifiques et de montrer les principaux cas
d’utilisation. Ces renseignements devraient permettre au projeteur de définir les
principales données nécessaires aux constructeurs de compensateurs. Le dimen-
sionnement de ce matériel, qui est basé sur des résultats expérimentaux et qui
relève de la responsabilité du constructeur, ne sera pas traité dans cet article.

1. Description Pour les compensateurs reprenant l’effet de fond (§ 1.3.1.1), les


pièces d’extrémité sont équipées de dispositifs particuliers (struc-
et caractéristiques tures externes au soufflet) dont le rôle est d’équilibrer l’effet de fond
et d’autoriser les déplacements dans des directions prédéterminées
qui caractérisent le type de compensateur (§ 2).
Un compensateur est un dispositif qui, tout en assurant l’étan-
chéité d’un appareil ou d’une tuyauterie, est capable de subir des
déplacements dans des directions préalablement fixées en fonction
du type de compensateur. 1.1 Soufflet
L’élément vital d’un compensateur est le soufflet, qui se caractérise Le soufflet est constitué de plusieurs ondulations (une seule est
par sa flexibilité. Ce soufflet est constitué d’ondulations dont le profil
admise lorsque le compensateur est équipé de 2 soufflets). Deux
autorise un mouvement axial et/ou de flexion. À partir de deux ondu-
ondulations sont en effet nécessaires pour compenser les tolérances
lations, le soufflet est donc capable de satisfaire à tout mouvement
de fabrication propres au compensateur.
dans l’espace sauf à une torsion. Il faut toutefois noter que la flexi-
bilité latérale d’un soufflet est d’autant plus importante que le Le soufflet est caractérisé par son profil d’ondulation et par son
nombre d’ondulations est élevé. En remarquant que toute translation procédé de fabrication. Les profils les plus répandus sont les
latérale est obtenue à partir de 2 rotations en flexion symétriques, semi-toriques en forme de U et les profils toriques réalisés à froid
le faible pas des ondulations limite cette translation et nécessite une à partir d’une ou de plusieurs viroles emmanchées concentri-
force latérale importante. Pour obtenir des déplacements latéraux quement pour le type multicouche. Ces 2 types de profils peuvent
avec une caractéristique de flexibilité acceptable, on doit recourir à être obtenus par hydroformage. Il existe une grande variété de pro-
deux soufflets séparés par une manchette intermédiaire. Dans la cédés pour réaliser les profils semi-toriques. Les principaux sont le
plupart des cas, la force latérale précitée permet le supportage de moletage, le formage par élastomère et l’expansion mécanique. Les
cette manchette. viroles sont roulées et soudées longitudinalement en une ou

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aXRP

Tuyauteries
Transmission de la chaleur
par Walter CERESER
Diplômé du Conservatoire National des Arts et Métiers


Ingénieur au Service d’Études et Projets Thermiques et Nucléaires
de la Direction de l’Équipement d’Électricité de France (EDF)

1. Transmission de la chaleur en régime permanent.......................... A 820 - 3


1.1 Déperdition thermique ................................................................................ — 3
1.2 Conductivité thermique et coefficient d’échange du calorifuge.............. — 3
2. Épaisseur optimale du calorifuge........................................................ — 4
2.1 Coût de la déperdition thermique .............................................................. — 4
2.2 Coût du calorifuge ....................................................................................... — 4
2.3 Coût global optimal ..................................................................................... — 4
3. Vitesse de réchauffage admissible ..................................................... — 6
3.1 Calcul des gradients dus aux transitoires thermiques ............................. — 6
3.2 Contraintes des tuyauteries en régime permanent .................................. — 7
3.3 Comparaison des codes classique et nucléaire ........................................ — 8
4. Canalisation d’évacuation des condensats ...................................... — 9
4.1 Débit de vapeur............................................................................................ — 9
4.2 Évacuation des condensats ........................................................................ — 10
4.3 Exemple........................................................................................................ — 11
5. Annexe ........................................................................................................ — 12
5.1 Introduction.................................................................................................. — 12
5.2 Méthode de calcul ....................................................................................... — 12
5.3 Procédure de calcul pratique ...................................................................... — 13
5.4 Exemples ...................................................................................................... — 15
Références bibliographiques ......................................................................... — 17

e présent article a pour but de donner au lecteur les moyens de chiffrer


L rapidement les phénomènes relatifs à la transmission de la chaleur dans le
cas des tuyauteries, et notamment de celles destinées à véhiculer de l’eau ou
de la vapeur, dans les conditions courantes rencontrées en service.
Nous examinerons :
— les déperditions thermiques (§ 1) ;
— l’établissement de l’épaisseur optimale de calorifuge (§ 2) ;
— la vitesse de réchauffage maximale admissible (§ 3) ;
— quelques notions sur le dimensionnement de la canalisation d’évacuation
des condensats (§ 4).
p。イオエゥッョ@Z@ュ。ゥ@QYWY

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TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________________________________________

Notations et Symboles Notations et Symboles


Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

A m · s3 · K/kg paramètre économique T0 oC température initiale


Tf oC température finale
Bi nombre de Biot
V m3 — volume du matériau isolant
C F/m — coût global
m/s — vitesse du mélange eau-vapeur
— indice de contrainte Vd oC/min vitesse de réchauffage
Cf coefficient de débit critique Vs oC/min vitesse des transitoires
Cv (1) coefficient de débit W t/h débit de vapeur

R C1
C2
F/m
F/m
coût de la déperdition thermique
coût du calorifuge
Z

a F/m3
module d’inertie
coefficient de perte de charge
coefficients définis par l’analyse du
De mm diamètre extérieur du tube prix du calorifuge
Di mm diamètre intérieur du tube b F/m2 coefficients définis par l’analyse du
prix du calorifuge
E daN/mm2 — module d’élasticité du métal cp J/kg · oC capacité thermique massique
m2/h — diffusivité du métal e mm épaisseur du calorifuge
Gf densité de l’eau e0 mm épaisseur optimale du calorifuge
H s durée de service prévue actualisée em mm épaisseur du métal
f coefficient d’érosion-corrosion
Hg s durée globale de service
h taux d’humidité de l’écoulement
H1 valeur actualisée d’une dépense i coefficient amplificateur de
K — indice de contrainte contrainte
— coefficient fonction du parcours p bar pression intérieure
p1 bar pression amont
Ke coefficient d’amplitude de contrainte oC
t température de la paroi externe du
L m longueur de la tuyauterie calorifuge
M t/h · cm2 débit-masse ta oC température ambiante
t1 oC température de la paroi interne du
Ma moment de flexion dû au poids
tube
Mc moment de flexion dû aux t2 oC température de la paroi externe du
déplacements imposés tube et de la paroi interne du
Eθ calorifuge
NF = ---------
2
-
em x m distance dans l’épaisseur du métal
α W/m2 · K — coefficient d’échange du
P W/m flux thermique calorifuge avec l’air ambiant
Pc F/J prix unitaire de la chaleur perdue (α = α c + α r )
oC –1 — coefficient de dilatation
R mm rayon de courbure du tube
thermique du métal
Re mm rayon extérieur du tube
αc W/m2 · K coefficient de convection naturelle
Ri mm rayon intérieur du tube de la surface externe du calorifuge
S m2 — surface du revêtement extérieur αr W/m2 · K coefficient de rayonnement de la
mm/104 h — érosion pour 104 h de surface externe du calorifuge
fonctionnement αi W/m2 · K coefficient de convection
— section de passage fluide-métal
MPa — amplitude de contrainte ∆T gradients thermiques
SA contrainte secondaire admissible ∆p bar perte de charge
Sc contrainte admissible à la λ W/m · K conductivité thermique du
température ambiante calorifuge
Sh contrainte admissible à la λm W/m · K conductivité thermique du métal
température de service ρ kg/m3 masse volumique du métal
Salt MPa amplitude de contrainte alternée σps somme des contraintes
Sp pic de contrainte θ h temps
Sy limite conventionnelle d’élasticité
T oC température du fluide (1) Définition du Cv : nombre de gallons (US) d’eau à 15,6 oC (60 oF)
traversant en une minute un robinet lorsque la perte de charge amont-aval
de celui-ci est égale à 1 psi (livre/pouce carré). L’habitude de la profession
Ta (ou Tb ) oC température moyenne est de donner le nombre sans unité, c’est ce que nous adopterons.

(1) Définition du Cv : nombre de gallons (US) d’eau à 15,6 oC (60 oF)


traversant en une minute un robinet lorsque la perte de charge amont-aval
de celui-ci est égale à 1 psi (livre/pouce carré). L’habitude de la profession
est de donner le nombre sans unité, c’est ce que nous adopterons.

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________________________________________________________________________________________________________________________ TUYAUTERIES

Mais, α i et λ m sont grands (supérieurs à 50 W/m2 · K et 15 W/m · K


1. Transmission de la chaleur respectivement) par rapport à α et λ (de l’ordre de 10 W/m2 · K
en régime permanent et 0,1 W/m ·K respectivement), et par conséquent, on peut négliger
les termes comprenant αi et λm , vis-à-vis de ceux comprenant α et λ.
Nous retiendrons donc comme formule fondamentale donnant la
1.1 Déperdition thermique déperdition d’un élément de tuyauterie de longueur égale à
l’unité (1 m) :
Considérons une tuyauterie calorifugée et ses caractéristiques 2π ( T – t a )
définies figure 1. P = -----------------------------------------------------------------------
- (1)

冢 冣
1 e 1
Nous avons les relations suivantes : ----- ln 1 + -------- + ---------------------------
λ Re α ( Re + e )
P = α i ⋅ 2πR i ( T – t 1 )


= α ⋅ 2π ( R e + e ) ( t – t a ) 1.2 Conductivité thermique
2πλ m ( t 1 – t 2 )
= -------------------------------------- et coefficient d’échange du calorifuge
em

ln 1 + ---------
Ri 冣 1.2.1 Conductivité thermique du calorifuge
2πλ ( t 2 – t )
= --------------------------------
- La conductivité thermique du calorifuge λ est fonction de la
nature du matériau isolant employé et de sa température.

ln 1 + --------
Re
e
冣 Dans les catalogues fournis par les constructeurs, la conductivité
à prendre en compte dans l’équation (1) est déterminée générale-
En faisant la somme des différences de température obtenues de ment à l’aide d’abaques à points alignés donnant la valeur moyenne
chacune des expressions ci-dessus, on obtient : de λ en fonction de la température des parois interne et externe de
l’isolant.
em Dans le cas des tuyauteries, la température de la paroi extérieure

P 1 1
ln 1 + ---------
冢 Ri 冣 冢
ln 1 + --------
Re
e

T – t a = --------- -------------- + --------------------------- + ---------------------------------- + ---------------------------------
est de l’ordre de 30 à 60 o C. Dans ces conditions les valeurs
maximales de λ sont toujours voisines, tout au moins pour les
2π α i R i α ( R e + e ) λm λ matériaux isolants couramment employés dans l’industrie, des
valeurs données dans le tableau 1. (0)

Tableau 1 – Valeurs usuelles de conductivité thermique


du calorifuge

T ␭
(oC) (W/m · K)
100 0,045
300 0,075
550 0,105

Pour disposer de valeurs plus précises, le lecteur se reportera aux


catalogues des constructeurs.
Les valeurs indiquées dans le tableau 1 sont toutefois très
représentatives des performances des matériaux courants à
structure :
— fibreuse : laine minérale, laine de verre, fibres de céramique ;
— poudreuse : silicate de calcium ;
— cellulaire : liège expansé, mousse phénolique, mousse de
verre.

1.2.2 Coefficient d’échange du calorifuge

Le coefficient d’échange du revêtement extérieur du calorifuge


avec l’air ambiant comprend la convection naturelle et le
rayonnement.

1.2.2.1 Convection naturelle en air calme


Le coefficient de convection naturelle en air calme (pour une
vitesse du vent inférieure à 2 m/s) αc est donné généralement par
l’une ou l’autre des expressions ci-après :
Figure 1 – Évolution de la température à travers une tuyauterie αc = 5 + 11,3 · 10–3 (t – ta )
calorifugée

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TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________________________________________

t – ta 0,25
ou
De 冢
α c = 1,3 -------------- 冣 2.2 Coût du calorifuge
avec De (m) diamètre extérieur du revêtement (ou du tube s’il
n’est pas calorifugé). Les paramètres les plus sensibles intervenant dans le coût du
calorifuge sont : le volume du matériau isolant et la surface de
Dans le cas des tuyauteries calorifugées, (t – ta ) est généralement revêtement extérieur. Nous admettrons :
compris entre 20 et 70 oC.
Nous retiendrons pour αc la valeur de 6 W/m2 · K. C2 = aV + bS (4)
Cette valeur augmente notablement avec la vitesse du vent. avec V (m3/m) volume du matériau isolant par mètre
de tuyauterie,
1.2.2.2 Rayonnement S (m2/m) surface du revêtement extérieur par
mètre de tuyauterie,


Le coefficient de transmission par rayonnement du revêtement
métallique est donné par : a (F/m3) et b (F/m2) coefficients définis par l’analyse du
prix du calorifuge.
4 273 + t a 4

100 冣 冢 100 冣
冢 -----------------
273 + t
- – ---------------------
α r = 4,5 ------------------------------------------------------------------
t – ta 2.3 Coût global optimal
Dans les conditions habituelles des tuyauteries calorifugées
(t compris entre 30 et 60 oC) αr peut être pris égal à 5 W/m2 · K. En remplaçant C1 et C2 dans l’équation (2) par les équations (1),
En conclusion nous proposons de donner au coefficient d’échange (3) et (4) :
entre le revêtement extérieur et l’air ambiant à l’intérieur des locaux
la valeur arrondie : 2π ( T – t a ) HP c
C = -------------------------------------------------------------------------
-
α = αc + αr = 10 W/m2 · K
冢 冣
1 e 1
----- ln 1 + -------- + ---------------------------
Sachant que cette valeur augmente notablement avec la vitesse λ Re α ( Re + e )
du vent, nous proposons de prendre, à l’extérieur des locaux : 2
+ a π [ ( R e + e ) 2 – R e ] + 2πb ( R e + e )
α→∞
On obtient :
La recherche de la précision dans ce domaine est difficile et inutile
car l’influence de α dans l’équation (1) n’est pas très importante.
1 1
– 2π ( T – t a )H P c ------------------------- – ---------------------------2-
λ ( Re + e ) α ( Re + e )
dC
- + 2a π ( R e + e ) + 2πb
---------- = ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
de 2
2. Épaisseur optimale 1

e

----- ln 1 + -------- + ---------------------------
1
λ Re α ( Re + e )
du calorifuge
En annulant la dérivée de C par rapport à e, on trouve :
L’épaisseur économique optimale est celle qui assure à 2
l’installation le coût minimal. b 1 e 1
Le coût global, fonction de l’épaisseur du calorifuge e, est égal Pc H a 冢
----- + R e + e
λ 冣 冢 Re 冣
----- ln 1 + -------- + ---------------------------
α ( Re + e )
à: A = ------------- ( T – t a ) = ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- (5)
a
C (e) = C 1(e) + C 2(e) (2) 1 1 1
avec C (F/m) le coût global pour un mètre de tuyauterie,
Re + e 冢
------------------
冣 ----- – ---------------------------
λ α ( Re + e )

C1 (F/m) le coût de la déperdition thermique, La valeur de e qui satisfait l’équation (5) est la valeur optimale e0 .
C2 (F/m) le coût du calorifuge. À partir de l’équation (5) on établit l’abaque (figure 2) dans lequel
Lorsque e augmente la fonction C 1 diminue tandis que C 2 on lit l’épaisseur économique optimale en fonction des conditions
augmente. Il existe une épaisseur e0 pour laquelle le coût global C économiques et la température du fluide pour les différents
diamètres extérieurs De des tubes, et les valeurs de conductivité de
est minimal. L’épaisseur économique optimale e0 est donc la valeur
l’isolant, ces dernières étant également fonction de la température.
de l’épaisseur qui annule la dérivée de C par rapport à e :

dC
---------- = 0
2.3.1 Détermination des paramètres économiques
de
e = e0
2.3.1.1 Chaleur perdue
Il incombe à l’utilisateur de l’installation de déterminer le prix
unitaire de la chaleur perdue Pc (F/J). Cette valeur dépend avant tout
2.1 Coût de la déperdition thermique du prix du combustible, bien entendu, mais elle peut aussi varier
en fonction de la température : un Joule de chaleur à haute
Le coût de la déperdition thermique d’un élément de tuyauterie température fournit un travail mécanique bien supérieur à un Joule
de longueur égale à l’unité (1 m) doit être actualisé afin de pouvoir à basse température, par exemple. Elle dépend aussi de certains
l’ajouter ensuite au coût du calorifuge, ce dernier étant un investissements qu’il peut entraîner : un Joule perdu dans une
investissement : enceinte fermée entraîne une installation de ventilation, etc.
C 1 = P · H · Pc (3)
avec H (s) durée de service prévue actualisée (§ 2.3.1.3),
Pc (F/J) prix unitaire de la chaleur perdue.

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Supportage

par Jean SCHIMA


Ingénieur à la Direction Technique du Syndicat National de la Chaudronnerie,
de la Tôlerie et de la Tuyauterie industrielle (SNCT).
Membre des Comités de direction :


– du CODETI (Code Français de Construction des Tuyauteries Industrielles) ;
– du CODAP (Code Français de Construction des Appareils à Pression).
Coordinateur des Commissions techniques du CODETI et de la section III « Tuyauteries »
du Comité Européen de la Chaudronnerie. Tuyauterie (CECT)

1. Terminologie et symboles ...................................................................... BM 6 750 - 2


1.1 Terminologie ................................................................................................. — 2
1.2 Symboles ...................................................................................................... — 2
2. Méthode d’étude du supportage .......................................................... — 2
2.1 Objectifs à atteindre ..................................................................................... — 2
2.2 Règles à respecter ........................................................................................ — 3
3. Calcul du supportage............................................................................... — 4
3.1 Calculs analytiques des liaisons.................................................................. — 4
3.2 Méthode de calcul simplifiée....................................................................... — 8
4. Détermination des sollicitations .......................................................... — 11
4.1 Sollicitation due au poids ............................................................................ — 11
4.2 Sollicitation due au vent .............................................................................. — 12
4.3 Sollicitation due au séisme.......................................................................... — 12
4.4 Sollicitation due à la pression ..................................................................... — 12
4.5 Efforts dynamiques ...................................................................................... — 13
5. Critères de jugement du supportage .................................................. — 13
5.1 Principes généraux....................................................................................... — 13
5.2 Limitation des contraintes dues au poids .................................................. — 13
5.3 Remarques .................................................................................................... — 14
6. Réalisations pratiques ............................................................................. — 14
6.1 Réalisation des fonctions............................................................................. — 14
6.2 Charpentes secondaires............................................................................... — 20
6.3 Attaches sur tuyauteries .............................................................................. — 21
7. Supportages spécifiques ........................................................................ — 22
7.1 Compensateurs de dilatation ...................................................................... — 22
7.2 Supportage de tuyauteries fragiles............................................................. — 23
7.3 Supportages spéciaux.................................................................................. — 24
8. Matériaux utilisés ..................................................................................... — 24
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BM 6 750

L ’importance du supportage des tuyauteries a longtemps été sous-estimée et


a conduit, avec l’élévation des conditions de service, à des déboires de plus
en plus nombreux, tant sur le plan technique que sur le plan économique.
Alors qu’à l’origine le terme supportage ne couvrait que les dispositifs desti-
nés à limiter les contraintes et les déformations dans la tuyauterie, l’usage a
étendu ce terme à l’ensemble des dispositifs destinés à maintenir les contrain-
tes, les efforts sur les ancrages et les déformations, quelle qu’en soit leur origine,
p。イオエゥッョ@Z@ェ。ョカゥ・イ@QYYX

à un niveau admissible.

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SUPPORTAGE _________________________________________________________________________________________________________________________

Dans cet article, nous utiliserons donc le terme supportage dans son sens le
plus général, et en particularisant les fonctions lorsqu’il sera nécessaire de le
faire, en utilisant les termes de supportage-poids, supportage-séisme, etc.
On conçoit donc fort bien, étant donné ce rôle de régulateur de contraintes, et
par conséquent d’efforts que remplit le supportage, que toute étude ou réalisa-
tion défectueuse puisse conduire à des troubles fonctionnels importants,
comme une perte d’étanchéité d’un jeu de brides, une fissuration d’une tubu-
lure, ou un délignage d’accouplements de machines tournantes.

R 1. Terminologie et symboles Point fixe : disposition de supportage limitant toutes les transla-
tions et rotations de la tuyauterie par rapport à la structure environ-
nante.
Comme dans toutes les techniques, il est nécessaire d’utiliser une Suspension par pendard : type de support comportant une ou plu-
terminologie précise, concrétisée sur les documents d’exécution par sieurs tiges de suspension et s’opposant à la composante verticale
représentation symbolique non équivoque. négative du déplacement.
La terminologie précisée ci-après est conforme à celle donnée Support posé libre : dispositif maintenant la tuyauterie contre
dans le code français de construction des tuyauteries industrielles l’effet de la composante verticale d’effort et ne s’opposant pas de
« CODETI » publié par le SNCT. façon notable à des déplacements ou rotations.

1.2 Symboles
1.1 Terminologie
Il est très utile, qu’à la vue d’un plan, on puisse distinguer le type
Support : dispositif destiné à : de support prévu, et vérifier rapidement la conformité de l’installa-
tion par rapport au plan. Chaque bureau d’études possède son pro-
— supporter le poids de la tuyauterie ainsi que celui de tous les
pre système de repérage. Nous donnons ci-après, à titre d’exemple,
équipements qui lui sont associés ;
un des systèmes utilisé depuis plusieurs années avec satisfaction :
— orienter et reporter les effets des sollicitations exercées par la
— point fixe ............................................................................... PF
tuyauterie sur l’environnement et sur elle-même : et d’une façon
générale, supprimer ou limiter un à six degrés de liberté d’un point — support pendu ...................................................................... S
particulier de la tuyauterie. • à portance variable.............................................................. SR
Nota : Cette deuxième condition conduit à distinguer : • à portance constante........................................................... SE
— le support élastique, dont la réaction varie linéairement avec la position de la tuyau-
terie, et dont la réalisation la plus courante est le ressort hélicoïdal ;
• rigide .................................................................................... SF
— le support à portance constante, dont la réaction, égale au poids de la portion de — support posé ........................................................................ P
tuyauterie à supporter, ne varie pratiquement pas, quelle que soit la position verticale de la • rigide verticalement, libre dans le plan ............................. PL
tuyauterie qui est fonction de la dilatation. Le contrepoids est le type parfait de ce genre de
support. • rigide verticalement, guidé longitudinalement ................ PG
Ancrage : point fixe de tuyauterie généralement réalisé au raccor- • rigide verticalement, guidé transversalement .................. PT
dement d’un appareil et pouvant de ce fait subir des déplacements — support spécial .................................................................... X
imposés. • amortisseur.......................................................................... XA
Butée : dispositif limitant ou annulant une ou plusieurs compo-
santes du déplacement ou de la rotation de la tuyauterie. La butée
est définie par la direction du mouvement interdit. Représentation des supports : tous les supports sont repré-
sentés sur les plans par un trait gras perpendiculaire à l’axe de
Butée dynamique : dispositif, autofreinant ou autobloquant, limi-
la tuyauterie, à l’exception des points fixes qui font l’objet du
tant dans une ou plusieurs directions le déplacement rapide de la
signe #.
tuyauterie sous l’effet d’efforts dynamiques, mais permettant dans
ces directions les déplacements lents tels que ceux dus à la dilata-
tion.
Guide : butée limitant la ou les composantes de déplacements
perpendiculaires à l’axe du mouvement autorisé. Le guide est défini
par la direction du mouvement autorisé.
2. Méthode d’étude
Nota : une butée suivant une direction peut être considérée comme un guide suivant du supportage
une direction perpendiculaire.
Si la butée n’existe que lors d’un déplacement brutal de la tuyauterie, comme dans le
cas d’un séisme ou d’un coup de bélier, on parle plutôt de butée dynamique, dont l’amor-
tisseur est le type le plus courant.
2.1 Objectifs à atteindre
Ce type de butée doit permettre le déplacement thermique de la tuyauterie.
Dispositif élastique : support à réaction variable ou constante des- L’étude du supportage est souvent la partie la plus négligée des
tiné à reprendre tout ou partie des effets de la composante verticale études d’installation soit que son importante ait été minimisée, soit
des efforts. que, volontairement, on ait cherché à réduire les coûts d’études. Il
Point semi-fixe : dispositif de supportage limitant toutes les trans- en résulte une improvisation dispendieuse lors du montage, et un
lations de la tuyauterie par rapport à la structure environnante. fonctionnement défectueux de l’installation. Il est donc nécessaire

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_________________________________________________________________________________________________________________________ SUPPORTAGE

d’apprécier à sa juste valeur l’importance du supportage, et d’inté- cas de béton, prévoir des tiges scellées lors du coulage ou des
grer judicieusement les phases d’études correspondant aux études fourreaux ;
générales d’installation. — pour les tuyauteries lourdes et dont la température de service
Le supportage d’une tuyauterie sera considéré comme satisfai- est élevée, s’orienter vers un supportage par pendards pour minimi-
sant si les objectifs suivants sont atteints : ser les réactions horizontales dues aux frottements.
— faible prix de revient en études ;
— faible coût et délai de fabrication réduit ;
— de la facilité de montage ; Tableau 1 – Écartement maximal entre supports
— des possibilités de réglage, nécessitées par les imprécisions (tuyauterie acier)
dans l’implantation des structures voisines ;
— d’une grande fiabilité en service. Tuyauterie vide Tuyauterie pleine d’eau
Notons à ce sujet, qu’un support n’est défini avec précision que Diamètre


très tard dans le cours de l’étude d’installation et qu’il est souhaita- extérieur non non
calorifugée calorifugée
ble qu’il soit installé avant les tuyauteries elles-mêmes. calorifugée calorifugée
mm m m m m
2.2 Règles à respecter 17,2 1,5 1,1 1,1 0,9
2.2.1 Au niveau des plans guides 21,3 2,5 2,2 2 1,8

Dès que l’on se trouve en présence d’une tuyauterie, dont les 26,9 2,7 2,4 2,2 2
conditions de service sont sévères (pression et/ou température éle- 33,7 3,2 2,8 2,5 2,2
vée, séisme), la fiabilité du supportage, son coût tant au stade de 48,3 4 3,5 3 2,5
l’étude qu’au niveau de la réalisation, son encombrement, son
esthétique même (qui n’est pas à négliger puisqu’il constitue la par- 60,3 4,5 4 3,5 3
tie la plus visible de l’installation) seront gravement compromis si, 88,9 5 4,5 4 3,5
dès les études préliminaires, lors de l’établissement des plans gui-
des, les impératifs posés par le supportage n’ont pas été clairement 114,3 5,5 5 4,5 4
définis et pris en compte. 141,3 5,5 5 4,5 4
Il est indispensable que les problèmes d’installation posés par le 168,3 6,5 6 5,5 5
supportage soient perçus très tôt lors de l’établissement des pre-
219,1 7 6,5 6 5,5
miers tracés. Les choix qui seront faits alors conditionneront toute
sa réalisation ultérieure. Il n’est certes pas nécessaire d’en fixer tous 273 7,5 7 6,5 6
les détails à ce stade de la conception, mais le concepteur doit pen- 323,9 8 7,5 7 6,5
ser, dès ce moment, à l’existence ultérieure des supports, des gui-
des, des ancrages, à apprécier les effets sur les structures, à choisir 355,6 8,5 8 7,5 7
des tracés judicieux pour limiter le plus possible les lourdes et 406,4 9 8,5 8 7,5
encombrantes charpentes secondaires, tout en s’assurant de la pos-
427,5 9,5 9 8,5 8
sibilité de déformations sans contraintes excessives de la tuyauterie
sous température. 508 10 9,5 9 8,5
Un certain nombre de règles simples doivent être présentes à Température maximale de service : 400 °C.
l’esprit du concepteur. La liste suivante n’est pas exhaustive et cha- Ne pas employer ces valeurs lorsque la tuyauterie comporte des charges
cun, en fonction de son expérience dans un type d’installation ponctuelles : brides, vannes.
donné, se devra de la compléter : Contrainte combinée flexion-cisaillement due au supportage : 10 N/mm2
— définir les sollicitations qui doivent être prises en compte pour pour une tuyauterie calorifugée pleine d’eau.
le supportage ; Les valeurs d’écartement entre supports mentionnées par ce tableau sont
— grouper les lignes en nappe pour minimiser les charpentes ; utilisables pour des tuyauteries en ligne droite et sans charge ponctuelle, en
— éviter de placer dans les nappes des tuyauteries susceptibles présence de changements de direction ou de masses localisées intermédiai-
de vibrer ; les supporter isolément ; res, il convient pour se prémunir d’un risque de déversement de réduire les
valeurs d’écartement spécifiées.
— prévoir un écartement entre tuyauteries permettant le calorifu-
geage, les attaches et les brides éventuelles ;
— éviter des passages de tuyauteries dans des zones vides, sans
possibilité de supportage ; utiliser le plus possible les charpentes 2.2.2 Au stade de l’étude d’exécution
existantes ;
— si les nappes sont placées sur des consoles, les tuyauteries les Lorsque toutes les lignes, dont le diamètre f > 2” (diamètre
plus lourdes doivent être situées près des ancrages de consoles ; si extérieur > 60,3 mm), seront tracées définitivement sur les plans
elles sont en nappes verticales, les tuyauteries importantes seront d’ensemble, l’étude d’exécution du supportage pourra être engagée.
situées en haut ; Pour les tuyauteries inférieures à 2”, seules celles passant en nappe
— ne pas oublier que plus une tuyauterie a un faible diamètre, avec les autres tuyauteries doivent être bien définies ; les lignes iso-
plus les supports doivent être rapprochés (tableau 1) ; lées ne seront tracées que succinctement, leur réalisation ainsi que
— si des pipes-racks sont nécessaires pour relier des unités diffé- l’installation de leur supportage seront souvent laissées à l’initiative
rentes, réserver un niveau pour les racks nord-sud et un niveau dif- des équipes de montage aidées par les dessinateurs de chantier.
férent pour les racks est-ouest, l’écart entre deux niveaux étant au
moins de 3 fois le diamètre de la plus grosse tuyauterie ; La première phase d’étude consistera à tracer sur un plan de char-
— si un supportage par pendards est prévu, laisser une distance pentes les lignes en unifilaire et à y positionner, au fur et à mesure
suffisante entre la tuyauterie et les charpentes supérieures pour ins- de leur détermination, les charpentes secondaires nécessaires.
taller des pendards assez longs (l’angle des pendards avec la verti- Une des difficultés de l’étude cohérente du supportage d’une ins-
cale ne devant pas excéder 3,5 à 4°) ; tallation réside dans le fait que les éléments de base nécessaires à la
— prévoir les ancrages et les butées importantes au voisinage de conception du support sont définis ligne par ligne, alors que la logi-
structures largement dimensionnées et peu déformables ; dans le que de l’installation impose une étude par zone géographique.

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SUPPORTAGE _________________________________________________________________________________________________________________________

L’établissement de ce plan de charpentes secondaires par zone


permettra de constater qu’une charpente prévue pour une ligne 3. Calcul du supportage
peut en supporter une seconde, avec peu ou pas de modifications.
De plus, ce document pourra ensuite être utilisé par les équipes Nous n’exposerons pas ici en détail la méthode de calcul de flexi-
de montage, pour installer très tôt ces charpentes secondaires et bilité de tuyauteries en renvoyant le lecteur à l’article spécialisé du
ramener l’installation d’un support à la simple fixation sur une char- présent traité. Nous nous contenterons de rappeler la méthode per-
pente existante de pièces standardisées fabriquées à l’avance. mettant d’introduire, dans les calculs de flexibilité de tuyauteries, les
Le positionnement et le dimensionnement de ces charpentes se- liaisons de celles-ci avec les structures voisines.
condaires impliquent que le concepteur a pu définir toutes les sollici-
tations qui doivent être prises en compte et, en particulier, les efforts
dus aux séismes, qui peuvent atteindre des valeurs très élevées.
3.1 Calculs analytiques des liaisons
Si l’environnement n’est pas important, et qu’aucun risque d’inter-

R férence n’existe entre les supports et les structures ou matériels voi-


sins, des plans standards doivent être utilisés. Il est cependant utile
d’y porter, pour chaque support, les déplacements et les efforts qui
3.1.1 Tuyauterie à deux ancrages
ont été pris en compte, même si ces valeurs ne résultent que de cal-
culs simplifiés. Il sera ainsi toujours possible de vérifier rapidement Rappelons que le calcul de flexibilité d’une tuyauterie AB
que le support prévu est capable de remplir la fonction désirée. (figure 2) peut se ramener à la détermination d’une matrice de rigi-
dité reliant le torseur appliqué à l’extrémité supposée libre aux
Dans le cas de tuyauteries spéciales, ou situées dans des zones déplacements généralisés en ce point.
chargées, il sera nécessaire d’exécuter un plan par support, en y
portant l’environnement (c’est-à-dire les structures environnantes). Si [FB] est la matrice colonne représentant le torseur en B, écrite
pour des raisons d’encombrement sous la forme :
Ces plans spécifiques doivent être cependant très dépouillés et ne
comporter que les éléments strictement nécessaires (l’utilisation de [FB] = [FBx, FBy, FBz, MBx, MBy, MBz]T
pièces standards permet de simplifier le graphisme à l’extrême). Il
est bien entendu qu’ils doivent porter les mêmes indications que les et si [DB] est la matrice colonne des déplacements généralisés, c’est-
plans standards dont nous avons parlé précédemment. De plus, il à-dire :
est utile, pour le monteur, d’y préciser les cotes de positionnement
dans l’installation. [DB] = [DBx, DBy, DBz, wBx, wBy, wBz]T
on a la relation entre ces deux matrices :
2.2.3 Règles particulières [FB] = [KAB] ´ [DB] (1)
de positionnement des supports La matrice [KAB] est appelée matrice de rigidité de la tuyauterie
AB et représente sa résistance à la déformation.
Pour définir la position précise du support sur la tuyauterie, le
Elle est d’ordre 6 ´ 6 dans le cas le plus simple et symétrique en
concepteur devra respecter un certain nombre de règles, surtout
vertu du théorème de réciprocité de Maxwell.
pour les tuyauteries à haute température :
— éviter de se fixer sur des composants tels que les vannes, les L’équation (1) est la plus utilisée puisque ce sont, en général, les
coudes, les brides ; en particulier la fixation d’attaches soudées à déplacements qui sont connus (par exemple, dilatation entre A et B)
l’extrados de coudes à faible rayon (R = 1 ou 1,5 D) peut entraîner, alors que forces et moments sont à calculer. Cependant, dans cer-
dans le cas des tuyauteries à haute température, un état de tains cas qui nous intéressent, ce sont les forces qui sont imposées
contrainte dangereux, difficilement calculable, et une modification et les déplacements sont inconnus. Dans ce cas, l’équation (1) peut
importante des propriétés de flexibilité de ces coudes ; s’écrire :
— ne pas installer de supports sur des tronçons qui sont destinés [DB] = [KAB]–1 ´ [FB]
à être démontés périodiquement ;
— multiplier les supports autour des charges concentrées impor- [KAB]–1 matrice inverse de la matrice de rigidité [KAB] est appelée
tantes (par exemple, vannes très lourdes, à supporter de part et matrice de flexibilité de la tuyauterie AB et est notée [fAB] :
d’autre) ; [DB] = [fAB] ´ [FB] (2)
— s’assurer que la conception du support et de ses liaisons à la
charpente et à la tuyauterie permet de suivre le déplacement prévu Dans le cas d’une tuyauterie simple reliant des ancrages, la
de la tuyauterie, sans déformation ; matrice [f] est une matrice 6 ´ 6 et est constituée par la somme des
— vérifier que, en service et lors des essais hydrauliques, les matrices de flexibilité de chaque tronçon élémentaire (coude, tron-
charpentes secondaires et même les charpentes principales peuvent çon droit) convenablement orientées et normalisées par rapport à
reprendre les efforts introduits par la liaison. un point unique quelconque (qui peut être l’extrémité libre). Ce n’est
Ces deux derniers points impliquent que, lors de l’étude du sup- du reste que par cette normalisation que l’addition des matrices de
port, le cpncepteur ait pu déterminer, même approximativement, le flexibilité est valable.
déplacement de la tuyauterie au droit du support, et l’effort exercé
en ce point par cette tuyauterie. 3.1.1.1 Calcul des déplacements au point courant
Le paragraphe 3 expose les calculs permettant cette détermination. La détermination de chaque support nécessite la connaissance du
déplacement du point de la tuyauterie sur lequel est fixé le support,
lorsque la tuyauterie est soumise aux diverses sollicitations et parti-
Commentaires culièrement à la déformation thermique. Spécialement, lorsque
Ces différentes remarques montrent l’intérêt d’une étude l’extrémité B est soumise au torseur FB l’ensemble de la tuyauterie
méthodique du supportage, liée à l’ensemble des études d’ins- se déforme et ses différents points subissent des déplacements et
tallation. des rotations par rapport à la position d’origine avant l’application
La figure 1 donne un organigramme mettant en évidence du torseur. Ces déplacements sont notés sous forme matricielle :
l’enchaînement des différentes tâches à exécuter. [d] = [Dx, Dy, Dz, wx, wy, wz]T

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_________________________________________________________________________________________________________________________ SUPPORTAGE

Définition des
sollicitations

Détermination des
sollicitations

Non Séisme Oui


2
imposé

Positionnement


des supports
Modifications
de tracé
Positionnement des
Non Calculs Oui butées statiques
ordinateur

Positionnement
Vérification manuelle des supports
de flexibilité
Non Avec Oui
poids

Non Oui Calcul flexibilité Modification des


Conforme (avec poids)
ordinateur butées statiques
Exécution Exécution
du calcul du calcul

Oui Non
Calcul manuel des Conforme
réactions des supports
Oui Non Non Oui
Conforme Conforme
Calcul ou recherche
des déplacements

Détermination du Modifications Établissement des


type de support de tracés plans de supportage

Calcul aux séismes


Établissement des
plans de supportage Vers 2

Oui Non
Conforme

Établissement des Ajouter des


plans de supportage butées dynamiques

Figure 1 – Organigramme des différentes phases d’étude du supportage

Soit un point quelconque S d’une tuyauterie AB (figure 2), dont la ■ Cas particulier de la dilatation thermique
matrice de déplacement sera [dS]. Nous obtiendrons ce déplace-
Dans le cas particulier où le torseur [FB] est dû à l’expansion ther-
ment en effectuant une coupure en S et en exerçant sur cette section
mique entravée, on constate que le déplacement d’un point entre
une action représentant celle de la partie de droite SB.
deux états thermiques est la somme algébrique de deux termes :
Le déplacement [dS] s’écrira :
[d] = [d1] + [d2]
[fAS] ´ [FS] = [dS]
où, d’après le principe de normalisation : [d1] est le déplacement du point de la tuyauterie supposée libre à
son extrémité B, entre les états thermiques 1 et 2. Par exemple, si les
[fAS]B ´ [FB] = [dS]B coordonnées du point S par rapport à A sont : xS, yS, zS et si e est le
coefficient de dilatation supposé homogène entre A et S, le déplace-
avec [fAS]B somme des matrices de flexibilité des tronçons ment [d1S] s’écrira :
élémentaires compris entre A et S, chacun d’eux
ayant été normalisé par rapport à B, [d1S] = [xSe, ySe, zSe, 0, 0, 0]T
[dS]B déplacement en S, mais normalisé en B. Il suffira
de le ramener en S pour obtenir le déplacement [d2] est le terme calculé précédemment et dû à l’action du torseur
réel en ce point. [FB] agissant pour ramener l’extrémité B ’ en B.

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Tuyauteries
Contrôle et tolérance du supportage
par Bernard PITROU
Ingénieur à la société Entrepose-Montalev

1. Origine des non-adéquations du supportage ................................... A 812 - 2



1.1 Défauts de conception................................................................................. — 2
1.2 Erreurs de réalisation .................................................................................. — 2
1.3 Qualité de l’environnement ........................................................................ — 2
2. Définition des tolérances théoriques ................................................. — 2
2.1 Tolérances de positionnement ................................................................... — 2
2.2 Tolérances de géométrie............................................................................. — 3
2.3 Autres tolérances......................................................................................... — 3
3. Procédure de contrôle ............................................................................ — 5
3.1 Généralités ................................................................................................... — 5
3.2 Contrôle de conformité au contrat ............................................................. — 5
3.3 Contrôle d’exigence de sécurité lié à la vérification ................................. — 5
3.4 Contrôle du bon fonctionnement ............................................................... — 5
4. Interprétation des résultats .................................................................. — 7
4.1 Mesures concernant la conformité ............................................................ — 7
4.2 Mesures concernant le fonctionnement .................................................... — 7
Références bibliographiques ......................................................................... — 9

e supportage couvre l’ensemble des dispositifs reliant une tuyauterie aux


L structures environnantes. Les objectifs sont précis :
— supporter le poids de la tuyauterie et de ses équipements ;
— orienter et reporter les effets des sollicitations exercées par la tuyauterie sur
l’environnement et sur elle-même.
D’une façon plus générale, il faut supprimer ou limiter de un à six (trois en
rotation, trois en translation) les degrés de liberté d’un point particulier de la
tuyauterie.
Dès lors que les conditions d’utilisation d’une tuyauterie sont sévères (pression
et /ou température élevée(s), qualification sismique, etc.), la fiabilité du
supportage revêt une importance primordiale.
Des règles simples, celles-là mêmes qui ont conduit à la conception de
l’installation, doivent être présentes à l’esprit. Ces règles permettent d’envisager
les procédures nécessaires à la vérification de la qualité du supportage, et à son
aptitude à réaliser la fonction souhaitée.
Pour définir une procédure, il est nécessaire de considérer :
— la fonction du support ;
— l’emplacement ;
— la qualité de la réalisation.
Il est, par ailleurs, indispensable d’introduire une notion complémentaire de
tolérance, tolérance qui s’applique :
— au positionnement du support ;
— à la géométrie du dispositif ;
— à la qualité des liaisons (en particulier, le serrage de la boulonnerie).
p。イオエゥッョ@Z@ヲ←カイゥ・イ@QYYR

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TUYAUTERIES _________________________________________________________________________________________________________________________

La définition de ces tolérances est alors liée :


— à la valeur des coefficients de sécurité ;
— à l’importance de l’installation en liaison avec la notion de catégorie de
construction ;
— à l’importance relative de l’erreur ;
— à la compétence du personnel effectuant les vérifications.

Le lecteur pourra se reporter à l’article Supportage [BM 6 750] du présent traité.


1. Origine des non-adéquations 2. Définition des tolérances
du supportage théoriques
1.1 Défauts de conception 2.1 Tolérances de positionnement
Ils peuvent apparaître pour différentes raisons : Elles sont intimement liées à la conception et aux marges
— conceptionnelle, par exemple : utilisation de profilés ouverts existantes, elles-mêmes liées aux coefficients de sécurité.
dans une partie de support soumise à la torsion de tirant ou patin Deux cas essentiels sont à considérer.
trop court pour absorber de manière satisfaisante les mouvements
horizontaux ; ces défauts se traduiront par l’existence de déforma- ■ La conception a été réalisée sans analyse : dans ce cas, le
tion (torsion), force de rappel et/ou déformation (tirant trop court), positionnement du supportage est réalisé sur la base de l’expé-
blocage non prévu (désengagement d’un patin), etc. ; rience, qui se traduit généralement sous forme de tableaux ou
— absence ou erreur de calcul : dans ce cas, on constatera le plus d’abaques figurant dans des documents normatifs qui fournissent
souvent une déformation anormale issue d’un chargement trop les portées conseillées entre supports. Ces tableaux et abaques sont
important ; toujours conservatifs par rapport aux critères admissibles de défor-
— enfin, il faut tenir compte, sans qu’il s’agisse obligatoirement mation (flèche) ou de contrainte.
d’une erreur due à l’oubli ou à la méconnaissance de certains ■ La conception a été réalisée en effectuant les analyses tenant
chargements, par exemple : compte de l’ensemble des chargements : dans ce cas, le calculateur,
• du frottement qui peut conduire soit à des niveaux de pour juger de l’admissibilité des déformations et des contraintes,
contraintes trop importants dans la tuyauterie, soit à des incidents utilise les critères des codes ou normes. Ces critères sont déterminés
de supportage (déformation, déplacement de massifs...), en prenant en compte des coefficients de sécurité connus.
• des vibrations ou tout autre phénomène d’origine dynamique
La connaissance des marges (coefficient de sécurité, conser-
(exemples : coup de bélier dû à l’ouverture ou à la fermeture
vatisme) permet de définir les variations de position des supports
rapide d’un organe d’isolement).
qui sont acceptables entre les études et la réalisation.
Ces tolérances sont souvent pondérées par des considérations
liées à l’environnement, ce qui donne naissance, dans les spécifi-
1.2 Erreurs de réalisation cations de construction, aux notions de supports critiques et
supports non critiques.

Ces erreurs peuvent être liées :


— à la qualité, elle-même, de la réalisation : soudure, scellement, On appelle support critique un support qui, au niveau de
formage, etc. ; l’analyse, intervient directement sur les valeurs d’efforts
— à la conception : jeux fonctionnels, absence de procédure appliqués aux appareils ou