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 17-037-M-10

Hypertension intracrânienne idiopathique


S. Bidot, V. Biousse, M.-G. Bousser

Le terme « hypertension intracrânienne idiopathique » (HIC idiopathique) décrit un syndrome


d’hypertension intracrânienne isolé sans lésion intracrânienne. Les critères diagnostiques impliquent que
l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale élimine une pathologie intracrânienne (processus
expansif, hydrocéphalie, fistule durale, ou thrombophlébite cérébrale), que la pression du liquide céré-
brospinal (LCS) soit élevée et que l’analyse du LCS soit normale. La principale complication étant la
perte visuelle irréversible, un suivi ophtalmologique avec champs visuels est essentiel. Plusieurs facteurs
de mauvais pronostic visuel ont été mis en évidence ; ils incluent des facteurs généraux (sexe masculin,
race noire, obésité majeure), cliniques et paracliniques (sévérité de l’œdème papillaire, altération initiale
du champ visuel, évolution fulminante, absence de céphalée). La prise en charge des patients dépend
essentiellement de l’existence de ces facteurs de mauvais pronostic et de la sévérité des signes oculaires qui
conditionnent le pronostic de cette affection. Le traitement initial repose sur la suppression des facteurs
favorisants, notamment la perte de poids, et sur la ponction lombaire diagnostique. L’acétazolamide est
le traitement médicamenteux de choix en première intention. Le topiramate est utile en cas de cépha-
lées chroniques prédominantes. Le stenting des sinus latéraux et les divers traitements chirurgicaux sont
indiqués en cas de dégradation visuelle malgré un traitement médical maximal.
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Mots-clés : Hypertension intracrânienne idiopathique ; Pseudotumor cerebri ; Œdème papillaire ; Céphalée

Plan ■ Hypertension intracrânienne idiopathique chez l’enfant 8


■ Conclusion 8
■ Introduction 1
■ Épidémiologie 2
■ Physiopathologie de l’hypertension intracrânienne
idiopathique 2
■ Diagnostic de l’hypertension intracrânienne idiopathique
Manifestations neurologiques et oculaires de l’hypertension
3  Introduction
intracrânienne idiopathique 3 Les premières descriptions de l’hypertension intracrânienne
Autres symptômes 4 (HIC) idiopathique remontent à la fin du XIXe siècle et étaient
■ Examens complémentaires 4 anatomopathologiques [1, 2] . Le terme pseudotumor cerebri a été
Imagerie cérébrale 4 introduit pour la première fois au début du XXe siècle. Dandy,
Ponction lombaire 4 en 1937 (cité dans [1] ) a défini les critères de ce qu’il a appelé
Champ visuel 5 « hypertension intracrânienne sans tumeur cérébrale » qui incluait
Tomographie par cohérence optique 5 diverses pathologies. En effet, ce terme, pseudotumor cerebri,
■ Facteurs pronostiques 5 décrit un syndrome qui ressemble à une tumeur puisqu’il existe
Facteurs pronostiques généraux 5 une hypertension intracrânienne (pseudotumor), mais dans lequel
Facteurs pronostiques cliniques et paracliniques 6 l’autopsie ou l’imagerie cérébrale des patients ne montrent ni pro-

cessus expansif intracrânien ni hydrocéphalie. Ce n’est qu’à partir
Traitement 7
des années 1950 que les termes « hypertension intracrânienne
Suppression des facteurs favorisants 7
bénigne » et « hypertension intracrânienne idiopathique » ont
Ponction lombaire 7
remplacé pseudotumor cerebri dans de nombreuses publications,
Traitement médical 7
suggérant que ces affections étaient synonymes. Cependant,
Traitement chirurgical 7
tandis que le terme pseudotumor cerebri définit le syndrome
Angioplastie-stenting des sinus veineux transverses avec pose
d’hypertension intracrânienne sans masse, ni hydrocéphalie et
de stent 8
inclut donc de multiples étiologies, au terme « hypertension intra-
Cas particulier : HIC idiopathique fulminante 8
crânienne idiopathique » correspond une entité bien particulière.
■ Hypertension intracrânienne idiopathique et grossesse 8 Par exemple, les méningites, quelle qu’en soit la cause, sont

EMC - Neurologie 1
Volume 11 > n◦ 1 > janvier 2014
http://dx.doi.org/10.1016/S0246-0378(13)64945-3

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17-037-M-10  Hypertension intracrânienne idiopathique

Suspicion d’hypertension intracrânienne

Neuro-imagerie et imagerie veineuse cérébrale


IRM cérébrale et angio-IRM veineuse cérébrale
Si contre-indication, scanner cérébral avec
contraste et angio-scanner veineux

Normal
Anormal
(sauf signes associés à l’HIC)

Ponction lombaire :
- en décubitus latéral
- avec prise de pression

Composition normale Pression ≥ 25 cm d’eau


Composition anormale
Pression normale Composition normale

Processus expansif intracrânien


Hydrocéphalie
Thrombophlébite cérébrale Méningite
Pseudo-œdème
Fistule durale HIC idiopathique Tumeur de la queue
papillaire ?
Processus méningé de cheval

Figure 1. Arbre décisionnel. Diagnostic d’hypertension intracrânienne idiopathique. IRM : imagerie par résonance magnétique. HIC : hypertension
intracrânienne.

souvent associées à une élévation de la pression intracrânienne et


se présentent ainsi comme une pseudotumor cerebri. C’est pourquoi
 Épidémiologie
la composition normale du liquide cérébrospinal (LCS) est l’un
L’incidence annuelle de l’HIC idiopathique est estimée à 1 ou 2
des critères indispensables au diagnostic d’HIC idiopathique [1–4] .
pour 100 000 personnes, et augmente à 20 pour 100 000 dans le
Ainsi, la plupart des articles consacrés à l’HIC idiopathique dans
groupe à haut risque des femmes jeunes obèses [8] . Ces deux fac-
les années 1980 décrivent des patients ayant une symptomatolo-
teurs, sexe féminin et obésité, sont retrouvés respectivement dans
gie d’hypertension intracrânienne, un scanner cérébral normal,
90 et 75 % des cas [8] . L’importance de l’obésité, mais également
une élévation de la pression intracrânienne et un LCS de compo-
l’existence d’une prise pondérale récente, même modérée (5–15 %
sition normale, ce qui correspond aux critères de Dandy modifiés
du poids corporel), sont des facteurs de risque de développer ou
pour le diagnostic d’HIC idiopathique [3, 4] . Néanmoins, certains
de récidiver une HIC idiopathique [9, 10] . L’augmentation de la pré-
patients rapportés comme ayant une HIC « idiopathique » selon
valence de l’obésité dans le monde suggère une augmentation
ces critères avaient en fait une thrombophlébite cérébrale ou
dramatique de l’incidence de l’HIC idiopathique dans le futur [11] .
une fistule durale [1, 2, 5, 6] . Du fait de cette confusion nosologique
Bien que l’HIC idiopathique survienne typiquement chez la
entre les termes pseudotumor cerebri et « HIC bénigne ou idiopa-
jeune femme obèse, les formes atypiques, touchant l’homme, les
thique », la liste d’affections initialement publiées sous le terme
âges extrêmes ou les patients ayant un poids normal, ne sont pas
d’« HIC idiopathique » est sans fin. Cette confusion peut avoir
rares. Neuf pour cent des patients sont de sexe masculin [12] , et les
de graves conséquences pour le patient car, même si la présen-
patients de plus de 50 ans, ou ayant un poids normal, représentent
tation clinique initiale est parfois semblable, le traitement et le
chacun environ 5 % des cas [13] . L’HIC idiopathique est rare chez
pronostic de l’HIC idiopathique sont très différents de ceux d’une
l’enfant, et, bien qu’elle puisse survenir à n’importe quel âge, 60 %
méningite, d’une thrombose veineuse cérébrale ou d’une fistule
des jeunes patients ont plus de 10 ans [14] .
durale [1, 2, 5, 6] .
Les critères actuels d’HIC idiopathique sont résumés en
un tableau et la démarche diagnostique est résumée sur la
Figure 1.  Physiopathologie
Le terme « HIC bénigne » est également abandonné car la
notion de bénignité est toute relative ; en effet, l’HIC idiopa-
de l’hypertension intracrânienne
thique entraîne un déficit visuel irréversible chez 10 à 20 % des idiopathique
patients [7] . Cela explique pourquoi le terme d’« hypertension
intracrânienne idiopathique » est maintenant préféré pour décrire Malgré de nombreuses théories, la physiopathologie de l’HIC
cette affection. idiopathique reste inconnue [1–3] . L’hypertension intracrânienne
Cependant, ce terme d’« hypertension intracrânienne idiopa- est, par définition, caractérisée par une élévation anormale de
thique » est lui aussi critiquable puisqu’il implique l’absence de la pression du LCS, qui est secondaire soit à une augmentation
cause à l’HIC, ce qui n’est pas le cas lorsque l’HIC est associée de production du LCS au niveau des plexus choroïdes, soit à sa
à un facteur déclenchant, comme l’absorption de certains médi- mauvaise résorption au niveau des villosités arachnoïdiennes.
caments. Néanmoins, ce terme d’« hypertension intracrânienne L’hypothèse la plus admise est celle d’une augmentation de
idiopathique » est actuellement le meilleur et celui utilisé dans la résistance à l’écoulement passif du LCS dans la circulation
la littérature internationale (idiopathic intracranial hypertension en veineuse secondaire à une augmentation de la pression vei-
anglais). neuse intracrânienne. Il est vraisemblable que cette hypertension

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veineuse est aggravée chez les obèses par le biais d’une aug- présentations sont possibles, du patient très symptomatique, avec
mentation de la pression intra-abdominale [6, 15–18] . Le principal des céphalées sévères et une diplopie permanente, et œdème
mécanisme serait une sténose des sinus transverses qui est pré- papillaire modéré, au patient totalement asymptomatique avec
sente dans la quasi totalité des cas d’HIC idiopathique [16, 17, 19–22] . un œdème papillaire majeur évoluant vers l’atrophie optique avec
Néanmoins, les relations entre HIC idiopathique, pression du une détérioration du champ visuel insidieuse et non reconnue. Le
LCS et sténoses des sinus transverses restent débattues : certaines mode d’installation des symptômes est variable, le plus souvent
sténoses du sinus transverse sont secondaires à l’HIC et dispa- subaigu en quelques semaines, mais il existe des formes aiguës
raissent lorsque la pression intracrânienne est normalisée après (HIC idiopathique fulminante) et des formes chroniques. Cette
ponction lombaire ou dérivation du LCS [23] . Il s’agit alors le plus affection peut être spontanément résolutive et récidivante [1, 2] .
souvent de sténoses régulières et allongées, de degré variable,
intéressant les deux sinus latéraux ou le sinus dominant et sié- Céphalées
geant à la jonction transverse–sigmoïde. Elles correspondent à un
véritable collapsus des sinus secondaire à l’hypertension intracrâ- Les céphalées sont le symptôme le plus fréquent au cours
nienne, phénomène inverse de la dilatation des sinus latéraux de l’HIC idiopathique. Elles sont présentes chez 75 à 99 % des
dans l’hypotension intracrânienne. Ces sténoses s’accompagnent patients [1, 2, 27, 35–37] . Elles sont fréquemment révélatrices et n’ont
d’un gradient de pression inconstant et variable. Elles ne sont pas pas de caractère particulier [2] . Elles sont aussi bien pulsatiles que
la cause de l’hypertension, mais elles peuvent l’aggraver en une continues, unilatérales que bilatérales et sont parfois localisées
sorte de cercle vicieux. dans la région rétro-orbitaire, éventuellement accentuées par les
Elles sont à différencier d’autres sténoses, qui, au contraire, per- mouvements oculaires. Elles sont parfois décrites comme des
sistent après guérison clinique et normalisation de la pression du céphalées migraineuses ou de tension. Les céphalées sont par-
LCS [24] . Elles sont alors irrégulières et de morphologie variable : fois aiguës, justifiant une évaluation dans un centre d’urgence [38] .
arrondies, suggérant des granulations arachnoïdes géantes ou un Il n’existe pas de corrélation entre la mesure de la pression
thrombus ancien organisé, irrégulières et parfois grillagées évo- intracrânienne et la sévérité des céphalées [27, 35] ; néanmoins, le
quant une fenestration ou la présence de septum intrasinusien. mécanisme présumé des céphalées est l’hypertension intracrâ-
Elles s’accompagnent constamment d’un gradient de pression nienne. L’amélioration des céphalées après une ponction lombaire
élevé. Il s’agit alors d’une véritable pathologie intrinsèque des (PL) étant l’un des critères diagnostiques des céphalées associées
sinus latéraux ou du sinus dominant qui est la cause de l’HIC à l’HIC idiopathique (ICHD-II) [39] , l’absence de soulagement du
et ne doit plus faire partie de l’HIC idiopathique. patient après une PL doit remettre en cause le diagnostic. Enfin,
Le fait que l’HIC idiopathique prédomine nettement chez la des céphalées de tension chroniques sont fréquentes au cours
femme jeune et obèse pose la question de l’influence hormo- de l’HIC idiopathique et entraînent une diminution de la qua-
nale, mais aucune réponse n’est satisfaisante [2, 25–29] . La découverte lité de vie, souvent dans le cadre d’un syndrome dépressif [37] .
récente de la nature endocrinienne du tissu graisseux [30] et de son L’identification correcte du mécanisme des céphalées au cours de
rôle, entre autres, dans la sécrétion du retinol binding protein (RBP), l’HIC idiopathique est essentielle à la mise en place d’un traite-
« protéine de transport du rétinol » (cf. infra), pourrait faire le lien ment adapté.
entre obésité et HIC idiopathique [31] .
Parmi les autres facteurs contribuant à l’HIC idiopathique, des Éclipses visuelles
anomalies du métabolisme de la vitamine A ont également été
Les éclipses visuelles sont fréquemment rapportées par les
avancées, avec la mise en évidence d’une concentration élevée
patients ayant un œdème papillaire. Elles sont habituellement
en rétinol dans le LCS (mais pas dans le sérum) [2, 29] , avec un
bilatérales, durent quelques secondes et sont décrites comme une
ratio rétinol/RBP supérieur à 1 [32] . Ce ratio anormalement élevé
cécité brutale. Elles sont typiquement déclenchées par les change-
témoigne de la présence dans le LCS de forme libre de rétinol,
ments de position de la tête, par le fait de se pencher en avant et
cytotoxique, pouvant interférer avec la régulation de la pression
par les manœuvres de Valsalva [1, 2] . Bien qu’elles s’améliorent avec
intracrânienne.
le traitement de l’HIC, elles ne sont pas prédictives d’une baisse
Enfin, le rôle éthiopathogénique de microthromboses répé-
visuelle permanente [1, 2] .
tées au sein des veines cérébrales responsables d’un déficit
de résorption du LCS [33] et celui des aquaporines 4, protéines
transmembranaires impliquées dans l’osmorégulation, ont été Œdème papillaire (Fig. 2)
suggérés. Cependant, aucune étude n’a permis de confirmer ces L’œdème papillaire est le signe le plus important au cours de
théories. l’HIC idiopathique [1, 2] . Il est présent chez la totalité des patients (à
Rarement, un syndrome d’HIC isolée, semblable à l’HIC idio- moins qu’une atrophie optique secondaire se soit développée) et
pathique survient dans le cadre d’une prise médicamenteuse ou est le plus souvent bilatéral bien qu’il puisse être asymétrique [1, 2] .
d’une autre pathologie [25, 28, 29, 34] . Le retentissement sur la fonction visuelle varie selon les
patients. En effet, certains patients ont un œdème papillaire chro-
nique pendant des années avec seulement un déficit modéré sur
 Diagnostic de l’hypertension les champs visuels, tandis que d’autres ont une baisse visuelle
rapide et irréversible. Seuls les patients ayant un œdème papillaire
intracrânienne idiopathique relativement sévère sont à risque de baisse visuelle permanente et
il est donc essentiel de surveiller le fond d’œil (FO). Néanmoins,
Le diagnostic d’HIC idiopathique est actuellement fondé sur il est très difficile de prédire chez un patient donné si l’œdème
les critères modifiés de Dandy [3, 4] . Ces critères, bien que restric- papillaire va avoir un retentissement sévère sur la fonction du
tifs, permettent l’homogénéisation des études épidémiologiques, nerf optique, et seul un suivi rigoureux par des champs visuels
expérimentales, cliniques et thérapeutiques. répétés permet d’estimer ce risque [1, 2, 26, 40, 41] .
L’œdème papillaire est souvent associé à un aplatissement de
Manifestations neurologiques la partie postérieure des globes oculaires responsable d’un chan-
gement de réfraction (hypermétropie ou presbytie aiguë). Les
et oculaires de l’hypertension intracrânienne patients présentent parfois des plis choroïdiens.
idiopathique
La présentation clinique classique de l’HIC idiopathique est
Diplopie
l’apparition récente de céphalées associées à des éclipses visuelles Une diplopie survient chez un quart à un tiers des patients
chez une femme jeune et obèse, dont la vigilance est strictement présentant une HIC idiopathique. Elle est typiquement horizon-
normale. L’examen neurologique est habituellement normal à tale, liée à l’atteinte uni- ou bilatérale du nerf abducens et est un
l’exception d’un œdème papillaire bilatéral associé ou non à des signe sans valeur localisatrice au cours de l’hypertension intracrâ-
anomalies du champ visuel et parfois à une diplopie. Toutes les nienne [1, 2] . Elle est aussi améliorée par le traitement de l’HIC.

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A B C
Figure 2. Différents aspects de la papille optique au cours de l’hypertension intracrânienne idiopa-
thique accompagnés du champ visuel correspondant.
A. Patiente de 32 ans. Découverte d’un œdème papillaire débutant au cours d’un examen ophtalmo-
logique de routine. Champ visuel normal.
B. Patiente de 20 ans. Céphalées sévères un mois auparavant suivies d’une baisse visuelle trois semaines
plus tard. Œdème papillaire et altération du champ visuel très sévères. Diagnostic d’hypertension intra-
crânienne idiopathique fulminante avec indication d’un traitement chirurgical rapide.
C. Patiente de 51 ans. Découverte fortuite de méningoencéphalocèles multiples sur un scanner réalisé
pour sensation de plénitude de l’oreille. Photographie faite deux ans après le diagnostic d’hypertension
intracrânienne idiopathique montrant un flou papillaire post-stase. Le champ visuel montre un ressaut
nasal bilatéral séquellaire.
D. Patiente afro-américaine de 32 ans. Hypertension intracrânienne idiopathique fulminante. Photogra-
phie prise trois mois après le début de la symptomatologie montrant une atrophie optique complète.
Le champ visuel est très réduit, mais l’acuité visuelle se maintient à 8/10 et 7/10 pour l’œil droit et
gauche, respectivement.

Acouphènes L’IRM est indispensable pour le diagnostic d’HIC idiopathique,


Les acouphènes sont peu signalés spontanément par les patients notamment pour éliminer une thrombose veineuse cérébrale [1–5] .
et sont donc sous-estimés dans les séries rétrospectives [1, 2, 27] . Ils Elle est souvent couplée à l’angiographie par résonance magné-
sont le plus souvent intermittents, unilatéraux et pulsatiles, mais tique (ARM) veineuse. En aucun cas, un scanner cérébral ne saurait
n’ont pas de caractère particulier. Ils disparaissent ou s’améliorent être considéré comme suffisant [5] . Chez les patients ne pouvant
habituellement immédiatement après la ponction lombaire et avoir une IRM cérébrale, un scanner cérébral avec contraste couplé
sont souvent le premier symptôme à réapparaître en cas de réci- à un angioscanner veineux est réalisé. La suspicion d’une fistule
dive de l’HIC. La persistance des acouphènes après traitement de durale peut rarement justifier la réalisation d’une artériographie
l’HIC ou leur modification avec apparition d’un caractère nette- conventionnelle [6] .
ment pulsatile doit faire suspecter une fistule durale [1, 2, 6] . Quelques anomalies radiologiques (sur le scanner ou l’IRM
cérébrale) sont fréquemment décrites au cours de l’HIC idio-
pathique [43] (Fig. 3). Elles ne sont en aucun cas spécifiques de
Autres symptômes cette affection et sont également fréquemment rapportées dans
La rhinorrhée cérébrospinale spontanée est une manifestation la population générale et chez les patients ayant d’autres causes
rare de l’HIC idiopathique. L’HIC chronique peut entraîner la d’HIC [44] ; néanmoins, la présence de plusieurs anomalies chez
présence d’encéphalocèles de la base du crâne et l’apparition un même patient est souvent très évocatrice d’HIC. Les anoma-
secondaire d’une rhinorrhée cérébrospinale qui masque les signes lies classiquement décrites incluent une dilatation de la gaine des
d’HIC [42] . La déhiscence osseuse siège le plus souvent au niveau nerfs optiques, un aplatissement de la partie postérieure des globes
de la lamina cribosa de l’ethmoïde et du recessus latéral du sphé- oculaires, une selle turcique vide, des encéphalocèles de la base du
noïde. Ces patients typiquement développent des signes d’HIC crâne et une sténose des sinus transverses.
après traitement chirurgical de la fuite du LCS.
D’autres symptômes sont parfois décrits au cours de l’HIC
idiopathique, tels que des paresthésies des extrémités, des dou-
Ponction lombaire
leurs articulaires, une radiculopathie et une sensation de raideur La ponction lombaire est un geste à la fois diagnostique, avec
de nuque [1, 2, 27] . Cependant, la présence de tout symptôme – en la mise en évidence d’un LCS de composition normale ayant une
dehors de ceux de l’hypertension intracrânienne – doit faire dis- pression d’ouverture anormalement élevée [3, 4] , et thérapeutique
cuter une affection autre que l’HIC idiopathique. (cf. infra). La limite supérieure normale de la pression du LCS varie
d’une personne à l’autre et a été fixée à 25 cm d’eau dans les cri-
 Examens complémentaires tères diagnostiques de l’HIC idiopathique chez l’adulte [2] , et 28 cm
d’eau chez l’enfant [14] . Il est important de souligner que la pres-
Imagerie cérébrale sion du LCS doit être mesurée en décubitus latéral ; la mesure en
position sur le ventre (telle qu’adoptée par les radiologues pour les
Par définition, dans l’HIC idiopathique, l’imagerie cérébrale a ponctions lombaires en fluoroscopie) est relativement compara-
pour but d’éliminer un processus expansif, une hydrocéphalie ble à la position en décubitus latéral. Comme pour la pression
ainsi qu’une thrombose veineuse cérébrale ou une fistule durale. artérielle, il n’existe pas de limite bien définie entre pression

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A B C
Figure 3. Anomalies radiologiques associées en IRM.
A. Coupe sagittale paramédiane passant par le nerf optique. Tortuosité verticale du nerf optique (flèche
blanche) et aplatissement du pôle postérieur du globe (flèche noire).
B. Coupe axiale orbitaire. Aplatissement du pôle postérieur du globe oculaire droit (flèche).
C. Coupe sagittale médiane. Selle turcique partiellement vide (flèche).
D. Angio-IRM veineuse. Sténose bilatérale des sinus transverses (flèches).

« normale » et « anormale », et c’est pourquoi le diagnostic d’HIC


idiopathique repose sur un ensemble de critères et pas seulement
 Facteurs pronostiques
sur un chiffre de pression du LCS [1, 2] . Ainsi, une pression du LCS L’HIC idiopathique présente le plus souvent une évolution favo-
mesurée à 21 cm d’eau chez une patiente ayant un œdème papil- rable après la ponction lombaire et l’éviction des facteurs de
laire et des céphalées s’améliorant après la ponction lombaire est risque, mais près de 10 % des patients présentent à terme une
compatible avec un diagnostic d’HIC idiopathique, tandis qu’une cécité irréversible sur au moins un œil [2] . Ce risque souligne la
pression mesurée à 27 cm d’eau chez une patiente sans œdème nécessité d’identifier les facteurs de mauvais pronostic au moment
papillaire avec des céphalées chroniques ne reflète probablement du diagnostic d’HIC idiopathique, afin d’adapter individuelle-
pas un syndrome d’HIC. ment la stratégie thérapeutique (Fig. 4).

Champ visuel
La baisse visuelle permanente en rapport avec une atrophie
optique secondaire à l’œdème papillaire chronique est la compli- “ Point fort
cation majeure de l’HIC idiopathique. Le champ visuel se rétrécit
progressivement alors que l’acuité visuelle centrale est relative- Facteurs de mauvais pronostics de l’hypertension
ment préservée jusqu’à un stade plus tardif de la maladie [1, 2, 40, 41] . intracrânienne idiopathique (HIC)
Du fait du caractère très insidieux, progressif et totalement impré-
Facteurs généraux :
visible de ces altérations du champ visuel, un suivi régulier
• sexe masculin ;
systématique est impératif [1, 2, 40] . La technique de choix est la
périmétrie automatique statique avec l’étude des 24 ou 30 degrés • race noire ;
centraux (type Humphrey) qui est beaucoup plus sensible que • obésité majeure et prise de poids récente ;
la périmétrie de Goldmann pour surveiller ces patients [1, 2] . Le • syndrome d’apnée du sommeil ;
rythme de suivi dépend de la présentation initiale (Fig. 4). • anémie ;
• mauvaise compliance.
Facteurs cliniques et paracliniques :
Tomographie par cohérence optique [44] • sévérité de l’œdème papillaire ;
• altération du champ visuel lors du diagnostic (hors élar-
L’intérêt de la mesure de l’épaisseur de la couche des fibres
optiques péripapillaires en optical coherence tomography (OCT) gissement de la tâche aveugle) ;
dans le suivi anatomique de l’œdème papillaire de stase reste • absence de céphalée ;
limité malgré l’utilisation croissante de cette technologie. En effet, • HIC idiopathique fulminante.
l’OCT produit des informations sur l’anatomie du nerf optique
(et non sur la fonction visuelle) et montre une diminution de
l’œdème papillaire non seulement chez les patients correcte-
ment traités, mais également lors de l’apparition d’une atrophie
optique secondaire associée à une baisse visuelle permanente. La Facteurs pronostiques généraux
« normalisation » de l’OCT n’est donc pas nécessairement un fac-
teur de bon pronostic, et il est préférable pour l’instant de suivre Sexe masculin
l’apparence de l’œdème papillaire avec des photos du fond d’œil Le diagnostic de l’HIC idiopathique chez l’homme est sou-
et de surveiller la fonction visuelle avec des champs visuels. vent plus tardif que chez la femme, d’environ une décennie

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Évaluation de la sévérité de l’hypertension intracrânienne idiopathique - champ visuel automatiséa

Champ visuel normal ou élargissement Altération modérée du Altération sévère du champ visuel
de la tâche aveugle champ visuel et œdème papillaire sévère ou
et œdème papillaire débutant ou modéré et/ou œdème papillaire sévère atrophie optique

Ponction lombaire diagnostique


Éviction des facteurs de risquesb
Traitement des céphalées
Acétazolamide (1–2 g/j)

Suivi

Tous les 2 mois 2–4 semaines Début fulminant


Arrêt de l’acétazolamide à la
résorption de l’œdème papillaire Non Oui
Puis contrôle à 3 mois
Nouvelle Suivi rapproché Hypertension
2–4 semaines
ponction (48 h– intracrânienne
après
lombaire 1 semaine) fulminantec
Arrêt

Amélioration Chirurgie (dérivation du LCS ou fenestration de la gaine du nerf optique)


Aggravation Stent si sténose organique bilatérale des sinus transverses
Figure 4. Prise en charge de l’hypertension intracrânienne idiopathique. Pour les délais de suivi, seuls sont fournis des intervalles, le suivi étant d’autant
plus rapproché qu’il existe des facteurs pronostiques favorables.
a Terrain : âge, sexe, race, indice de masse corporelle ; clinique/paraclinique : ancienneté des symptômes, plaintes visuelles, diplopie, acuité visuelle, déficit

pupillaire afférent relatif, œdème papillaire, champ visuel.


b Perte de poids (nutritionniste), médicaments, anémie, syndrome d’apnée du sommeil.
c En cas d’aggravation rapide, on peut discuter la pose d’un drain lombaire et d’une corticothérapie intraveineuse en attendant la chirurgie ou le stent.

en moyenne, avec une prévalence moindre des céphalées, mais Facteurs pronostiques cliniques
plus importante des troubles visuels comme symptômes initiaux.
La présentation volontiers paucisymptomatique de l’HIC idio- et paracliniques
pathique de l’homme pourrait expliquer un risque d’évolution Le rôle de l’ophtalmologiste dans l’identification de ces facteurs
défavorable multiplié par deux [12] . est primordial car ceux-ci relèvent essentiellement de l’examen du
fond d’œil et du champ visuel.
Race noire
La race noire semble être un facteur pronostique indépendant
Sévérité de l’œdème papillaire
chez les patients vivant aux États-Unis. Le risque d’évolution défa- Seuls les patients présentant un œdème papillaire marqué déve-
vorable est multiplié pratiquement par trois et le risque de cécité loppent une atteinte visuelle irréversible [2] , tandis que les patients
sur au moins un œil par cinq par rapport aux patients cauca- ayant un œdème papillaire minime ont un champ visuel normal
siens [45] . Une étude comparant le pronostic visuel de patients (ou un élargissement isolé de la tache aveugle), avec, en général,
caucasiens vivant aux États-Unis avec des patients caucasiens une évolution visuelle favorable. Les rares patients atteints d’HIC
vivant en France a montré que les Américains avaient un risque sans œdème papillaire ne sont pas à risque de perte visuelle [41] .
de baisse visuelle 8,7 fois plus élevé que les Français, indépendam-
ment d’autres facteurs pronostiques tels que l’obésité [46] . Altération initiale du champ visuel [2]
L’altération du champ visuel lors du diagnostic est un élément
Obésité de mauvais pronostic car elle témoigne soit d’un diagnostic tar-
dif, avec installation d’une neuropathie optique, soit d’une HIC
L’obésité est non seulement le facteur de risque le plus impor- fulminante (cf. infra).
tant associé avec l’HIC idiopathique, mais le degré d’obésité est L’élargissement de la tâche aveugle, ubiquitaire au cours de
également corrélé avec le risque visuel. En effet, le risque de baisse l’HIC, ne témoigne pas d’une neuropathie optique et, donc, ne
visuelle double toutes les 20 unités d’indice de masse corporelle doit pas être considéré comme une anomalie significative du
(IMC) [47] . Une prise de poids récente (indépendamment de l’IMC) champ visuel. Cet élargissement est simplement la traduction
est également corrélée au risque visuel [2] . périmétrique de l’augmentation de volume du disque optique du
fait de l’œdème papillaire.
Autres
Le syndrome d’apnée du sommeil, associé à l’HIC idiopa- Absence de céphalées
thique de l’homme [12, 48] , l’hypertension artérielle non contrôlée Bien que les céphalées représentent le motif de consultation le
et l’anémie, notamment par carence martiale [34] , ont été associés plus fréquent [2] , les œdèmes papillaires de stase asymptomatiques
à un pronostic visuel défavorable. ne sont pas rares. Le diagnostic peut n’être posé qu’à un stade

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Hypertension intracrânienne idiopathique  17-037-M-10

tardif de séquelles visuelles. L’absence plus fréquente des cépha- quantité de LCS retirée ou la persistance d’une brèche ménin-
lées chez l’homme contribue probablement au pronostic visuel gée. Il est probable qu’il existe plusieurs états d’équilibre, stables
plus défavorable de l’HIC idiopathique chez l’homme [12] . ou non, du LCS au cours de l’HIC idiopathique [57] . La diminu-
tion de la pression du LCS en dessous d’un certain seuil après
HIC fulminante une ponction lombaire pourrait modifier un équilibre pression-
nel « haut » vers un nouvel équilibre « bas » du LCS, expliquant
alors certaines rémissions durables après une seule ponction lom-
L’HIC fulminante est une forme très rare d’HIC idiopathique, baire. Bien que des ponctions lombaires répétées soient parfois
comptant pour moins de 3 % des patients admis dans un centre choisies pour réduire de façon efficace la pression intracrânienne,
tertiaire [49] . Le terrain est similaire à celui des HIC idiopathiques cette approche est limitée par la mauvaise tolérance du patient et
classiques, mais l’évolution est caractérisée par un début aigu la difficulté de réaliser les ponctions lombaires chez ces patients
et une dégradation rapide de la fonction visuelle en quelques souvent obèses [1–3, 41] .
semaines, voire en quelques jours, avec un risque de cécité irréver-
sible de 50 %. Il est essentiel de rechercher une autre cause d’HIC.
Le traitement est urgent et souvent interventionnel ou chirurgical. Traitement médical
L’acétazolamide (Diamox® ), qui diminue la sécrétion de LCS,
Anomalies radiologiques est le traitement médicamenteux de première intention de
Deux études récentes [22, 50] se sont intéressées aux anomalies l’HIC idiopathique [1–3, 41, 51] , bien que son efficacité ne soit pas
radiologiques associées à l’HIC idiopathique comme facteurs pro- prouvée. L’étude Idiopathic Intracranial Hypertension Treatment
nostiques. Aucune des anomalies décrites ici n’a pu être associée Trial (IIHTT), actuellement en cours d’analyse aux États-Unis [58]
à un pronostic défavorable. De plus, aucune corrélation n’a pu (www.nordicclinicaltrials.com), permettra de clarifier le rôle de
être démontrée entre le degré de sténose des sinus transverses et l’acétazolamide dans l’HIC. Il est habituellement prescrit à la
le pronostic visuel. dose de 1 ou 2 g par jour. Cependant, son utilisation à ces fortes
doses est souvent limitée par des effets secondaires, en particu-
lier paresthésies, nausées, somnolence et malaise. L’acétazolamide
 Traitement est contre-indiqué en cas d’antécédents de colique néphrétique et
d’allergie aux sulfamides. D’autres diurétiques sont parfois utilisés
La physiopathologie de l’HIC idiopathique n’étant pas connue, quand l’acétazolamide n’est pas toléré ; cependant, leur effica-
le traitement reste empirique et a pour but principal de diminuer cité dans le traitement de l’hypertension intracrânienne n’est pas
la pression intracrânienne (Fig. 1, 4). La conduite thérapeutique prouvée et ils comportent un risque marqué de déshydratation en
est dictée par l’existence de facteurs de mauvais pronostic (cf. cas de traitement prolongé [41] .
supra) et la sévérité des signes oculaires et des céphalées [1–3, 27, 41] . Le topiramate est parfois utilisé dans le traitement des cépha-
Chez un patient ayant une détérioration progressive de la fonction lées chroniques qui surviennent dans 50 % des HIC idiopathiques
visuelle, un traitement rapide et agressif est indiqué. traitées ; en effet, ces céphalées ne sont pas toujours liées à
l’augmentation de la pression intracrânienne et nécessitent une
prise en charge en neurologie [37] . Il diminue la sécrétion du LCS et
Suppression des facteurs favorisants favorise la perte de poids, mais ses effets secondaires, en particulier
cognitifs, en limitent l’utilisation.
L’arrêt d’un médicament potentiellement favorisant et la perte Les corticoïdes ont également été rapportés comme efficaces
de poids chez une patiente obèse sont essentiels pour limiter la dans le traitement de l’HIC idiopathique [3, 41] . Cependant, le
durée de l’affection et prévenir les récidives [1–3, 41, 51] . Même modé- taux de récidive élevé de l’HIC idiopathique après l’arrêt des
rée (5–10 %) [52] , la perte de poids permet à elle seule de soulager corticoïdes et les difficultés d’obtenir un amaigrissement sous
la symptomatologie et de diminuer l’œdème papillaire et la pres- corticoïdes font que les corticoïdes par voie orale ne doivent
sion intracrânienne [53] . Cependant, l’efficacité à court terme de jamais être prescrits. Exceptionnellement, les corticoïdes par voie
la perte de poids n’est pas établie et ce n’est qu’après trois mois intraveineuse à forte dose peuvent être utilisés en cas d’HIC ful-
de régime à très faible apport calorique que Sinclair et al. [53] minante avec baisse visuelle sévère en attendant un traitement
ont démontré le bénéfice de la perte de poids sur la pression chirurgical [49] .
intracrânienne. En cas d’échec du régime seul, des traitements
chirurgicaux de l’obésité ont été proposés chez les patients ayant
une obésité sévère [54] . Cependant, le caractère agressif de ces chi- Traitement chirurgical
rurgies, chez des patients ayant un risque chirurgical élevé, fait
Il est utile lorsque la fonction visuelle se dégrade malgré un
qu’elles ne sont que rarement réalisées. Aucune étude ne s’est pen-
traitement médical maximal [1–3, 40, 41, 59, 60] . L’existence de cépha-
chée spécifiquement sur la question de l’effet du traitement de
lées persistantes secondaires à l’hypertension intracrânienne peut
l’anémie ou du syndrome d’apnée du sommeil lorsqu’ils étaient
aussi être une indication au traitement chirurgical, mais la préva-
associés à l’HIC idiopathique. Biousse et al. [34] ont montré une
lence élevée de céphalées de tension chroniques et de céphalées
amélioration parfois spectaculaire de l’HIC idiopathique, après
par abus médicamenteux dans la population de patients diag-
correction de l’anémie chez six patients. Lee et al. [55] ont rapporté
nostiqués avec une HIC idiopathique rend l’indication d’une
une évolution favorable sur les six patients ayant une HIC idiopa-
dérivation du LCS pour céphalées exceptionnelle.
thique et traités postérieurement pour leur syndrome d’apnée du
Les deux techniques utilisées dans l’HIC idiopathique sont la
sommeil. Quoi qu’il en soit, le traitement d’une anémie ou d’un
fenestration de la gaine du nerf optique et la mise en place d’une
syndrome d’apnée du sommeil est de toute façon indiqué en soi,
dérivation du LCS [41] . Il est important de souligner qu’aucune
mais d’autres études seront nécessaires pour savoir dans quelle
de ces interventions n’a fait l’objet d’une étude contrôlée dans
mesure la correction du syndrome d’apnée du sommeil contribue
l’HIC idiopathique et qu’aucune étude n’a comparé ces deux
à améliorer l’état de ces patients.
techniques. Classiquement, la fenestration de la gaine du nerf
optique est proposée chez les patients ayant un œdème papillaire
Ponction lombaire important avec retentissement visuel en l’absence de céphalée
invalidante, alors qu’une chirurgie de dérivation du LCS est pré-
La ponction lombaire effectuée pour le diagnostic de l’HIC idio- férée en cas de céphalées importantes liées à une HIC chez les
pathique est le premier traitement. En effet, la plupart des patients patients ayant un œdème papillaire avec anomalies du champ
signalent une amélioration immédiate des céphalées, des éclipses visuel [2] . Cependant, les indications varient énormément selon les
visuelles et des acouphènes. Parfois, la totalité des symptômes pays et les habitudes locales. Deux grands types de dérivation du
disparaît après seulement une ou deux ponctions lombaires [56] . LCS peuvent être proposés : dérivation lombopéritonéale ou ven-
Ce dernier phénomène ne peut être expliqué simplement par la triculopéritonéale. Peu d’études ont comparé ces deux techniques,

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mais la possibilité de mettre en place une valve régulant la pres- facteurs de risque sont identiques à ceux de l’adulte. Les cépha-
sion du LCS et un risque moindre d’échec [61] sont des avantages lées semblent un peu moins fréquentes (60–90 %) et l’œdème
des dérivations ventriculopéritonéales. papillaire régresserait plus lentement (3–6 mois) après traitement.
Lorsque les sutures sont encore ouvertes, l’œdème papillaire peut
être absent. La limite normale supérieure de la pression de LCS a
Angioplastie-stenting des sinus veineux été fixée à 28 cm d’eau chez l’enfant et non à 25 cm d’eau comme
transverses avec pose de stent chez l’adulte. Le pronostic visuel serait globalement identique,
mais, dans le sous-groupe des enfants pubères obèses, le pronos-
Plusieurs publications ont suggéré l’efficacité, parfois spectacu- tic serait moins favorable [68] . Le traitement diffère peu de celui de
laire, de l’angioplastie avec pose de stent dans un sinus transverse l’adulte. Les ponctions lombaires itératives sont à éviter pour des
sténosé au cours de l’HIC idiopathique [21] . Ce traitement est questions de tolérance. L’acétazolamide est donné à la posologie
véritablement curatif dans les sténoses organiques des sinus laté- de 15 mg/kg par jour en deux ou trois fois, mais entraîne souvent
raux, dont on a vu qu’elles devraient être exclues du cadre de une somnolence et une léthargie rendant la scolarisation difficile.
l’HIC idiopathique. Dans cette dernière, sa place est plus discu-
tée. L’absence d’essai thérapeutique et la survenue occasionnelle
de complications graves font actuellement réserver cette tech-
nique à des patients ayant un œdème papillaire et présentant  Conclusion
des anomalies du champ visuel ne s’améliorant pas avec le trai-
tement médical. Certains l’utilisent avant la chirurgie, d’autres Bien que sa physiopathologie reste mystérieuse, l’HIC idio-
utilisent en priorité la chirurgie conventionnelle. Une évaluation pathique semble correspondre à une entité bien particulière
plus poussée concernant la tolérance à long terme, et l’efficacité affectant essentiellement la jeune femme obèse. Les céphalées
est nécessaire afin de mieux préciser la place de l’angioplastie- sont quasi constantes et non spécifiques. C’est la découverte d’un
stenting des sinus latéraux dans l’arsenal thérapeutique de l’HIC œdème papillaire lors de l’examen du fond d’œil qui suggère
idiopathique. ce diagnostic. Une démarche diagnostique rigoureuse est indis-
pensable afin d’éliminer les causes d’hypertension intracrânienne
secondaire nécessitant un traitement spécifique et de rechercher
Cas particulier : HIC idiopathique des facteurs favorisant ou aggravant l’HIC idiopathique. Le pro-
fulminante [49] nostic de l’HIC idiopathique est essentiellement visuel et une
collaboration entre neurologues et ophtalmologistes est essen-
L’HIC fulminante nécessite un traitement agressif et urgent, tielle pour assurer le suivi optimal de la fonction visuelle par des
la baisse visuelle s’installant dans les jours suivants les premiers champs visuels et favoriser le traitement approprié des céphalées
symptômes. Le traitement est toujours chirurgical, qu’il s’agisse
d’une chirurgie de dérivation ou d’une fenestration de la gaine
du nerf optique. Dans la série de 16 patients de Thambisetty
et al. [49] , le délai moyen de la chirurgie était de trois jours. En
attendant le geste chirurgical, l’acétazolamide, la corticothéra-
pie intraveineuse, les ponctions lombaires itératives ou la pose
“ Points essentiels
d’un drain lombaire sont généralement proposés. La place de • Le diagnostic de l’hypertension intracrânienne (HIC)
l’angioplastie-stenting des sinus latéraux dans ces cas rarissimes
idiopathique est actuellement fondé sur les critères modi-
reste à déterminer.
fiés de Dandy. Ces critères, bien que restrictifs, permettent
l’homogénéisation des études épidémiologiques, expéri-
 Hypertension intracrânienne mentales, cliniques et thérapeutiques.
• L’HIC idiopathique est un diagnostic d’élimination. Un
idiopathique et grossesse tableau d’HIC idiopathique ne survenant pas chez une
jeune femme obèse ou ayant récemment pris du poids
La question de la grossesse se pose fréquemment chez ces
doit faire rechercher une autre cause, dont une sténose
femmes jeunes [62–64] . Bien que la grossesse ne soit pas un fac-
organique des sinus latéraux dont le traitement de choix
teur de risque indépendant d’HIC idiopathique, les symptômes
peuvent apparaître ou s’aggraver durant la grossesse. Il n’y a pas sera le stenting.
d’argument indiquant un risque maternel ou fœtal accru et il n’y • La limite supérieure de la pression d’ouverture du liquide
a pas de précaution particulière à prendre lors de l’accouchement. cérébrospinal (LCS) a été fixée à 25 cm d’eau chez l’adulte
Toutes les modalités anesthésiques peuvent être utilisées, moyen- et 28 cm d’eau chez l’enfant. En pratique, la limite n’est
nant quelques précautions chez les patientes porteuses d’une pas très précise et le diagnostic ne doit pas reposer sur un
dérivation lombopéritonéale en cas d’anesthésie péridurale ou chiffre isolé de pression d’ouverture élevée du LCS.
rachidienne, au risque de léser le drain [65] . En théorie, les moda- • Les facteurs de mauvais pronostic généraux et cliniques
lités du traitement de l’HIC sont les mêmes qu’en dehors de la doivent être identifiés afin d’adapter individuellement la
grossesse, mais nous privilégions les ponctions lombaires répé-
stratégie thérapeutique.
tées par rapport à la chirurgie et à l’utilisation de l’acétazolamide,
• L’HIC fulminante est une forme très rare d’HIC idiopa-
bien qu’aucune preuve de tératogénicité de cette molécule chez
l’homme ne soit démontrée [66, 67] . thique caractérisée par un début aigu et une dégradation
rapide de la fonction visuelle. Elle requiert un traitement
d’urgence.
 Hypertension intracrânienne • Le traitement de l’HIC idiopathique dépend essentielle-
ment de la sévérité des signes oculaires qui conditionnent
idiopathique chez l’enfant [14]
le pronostic de cette affection.
• Un traitement interventionnel (stenting, chirurgie) est
L’HIC idiopathique peut survenir à n’importe quel âge chez
l’enfant, bien qu’elle soit exceptionnelle chez le nouveau-né. Elle indiqué lorsque la fonction visuelle (neuropathie optique)
diffère de celle de l’adulte sur plusieurs points. se dégrade malgré un traitement médical maximal.
Deux tranches d’âges ont été identifiées, différant selon les • Les patients ayant une HIC idiopathique doivent être sui-
facteurs de risque. Chez l’enfant prépubère, l’association avec vis régulièrement par un neurologue et un ophtalmologue.
l’obésité et le sexe féminin est moins évidente, avec une sex- Des champs visuels automatiques répétés sont indispen-
ratio (SR) proche de 1 et une association avec l’obésité deux fois sables.
moindre que chez l’adulte. À l’inverse, chez l’enfant pubère, les

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qui sont souvent source de handicap chronique. L’identification [23] King JO, Mitchell PJ, Thomson KR, Tress BM. Manometry com-
précoce de facteurs de risque de mauvais pronostic doit guider le bined with cervical puncture in idiopathic intracranial hypertension.
suivi et le traitement, sachant que la perte de poids est essentielle Neurology 2002;58:26–30.
au pronostic à long terme. [24] Bono F, Giliberto C, Mastrandrea C, Cristiano D, Lavano A, Fera F,
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17-037-M-10  Hypertension intracrânienne idiopathique

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S. Bidot.
Service d’ophtalmologie, Emory University School of Medicine, Emory Eye Center, Neuro-ophthalmology Unit, 1365-B Clifton Road NE, Atlanta GA 30322,
États-Unis.
V. Biousse (vbiouss@emory.edu).
Service d’ophtalmologie, Emory University School of Medicine, Emory Eye Center, Neuro-ophthalmology Unit, 1365-B Clifton Road NE, Atlanta GA 30322,
États-Unis.
Service de neurologie, Emory University School of Medicine, Emory Eye Center, Neuro-ophthalmology Unit, 1365-B Clifton Road NE, Atlanta GA 30322,
États-Unis.
M.-G. Bousser.
Service de neurologie, Hôpital Lariboisière, 2, rue Ambroise-Paré, 75010 Paris, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Bidot S, Biousse V, Bousser MG. Hypertension intracrânienne idiopathique. EMC - Neurologie 2014;11(1):1-
10 [Article 17-037-M-10].

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Séquelle d'hypertension intracrânienne idiopathique fulminante chez un homme de 42 ans d'origine afro-américaine, obèse. Le
patient a présenté une baisse progressive de l'acuité visuelle profonde, sans aucune céphalée associée. L'examen
ophtalmologique avait mis en évidence un œdème papillaire sévère bilatéral, associé à une hypertension artérielle (HTA) à
238/170 faisant poser le diagnostic de rétinopathie hypertensive sévère. Malgré la normalisation de l'HTA, l'œdème
papillaire persistait, conduisant à la réalisation d'une ponction lombaire 5 mois plus tard, mettant en évidence une pression
d'ouverture du liquide cérébrospinal à 54 cm d'eau. Le patient a été immédiatement traité par acétazolamide, une fenestration
bilatérale de la gaine du nerf optique a été pratiquée et un régime a été mise en place avec un nutritionniste, la perte de poids étant
indispensable. Trois semaines plus tard, l'acuité visuelle était de 7/10 à droite et le patient « voyait bouger la main » à
gauche. Le champ visuel de Goldman retrouvait un îlot temporal résiduel à gauche et un rétrécissement sévère des isoptères à
droite.
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Différents stades de gravité de l'œdème papillaire de stase.
a. Œdème papillaire débutant. L'œdème prédomine nettement du côté nasal de la papille.
b. Œdème papillaire modéré. L'œdème est maintenant diffus.
c. Œdème papillaire sévère. Les vaisseaux sont obscurcis et des hémorragies et exsudats cotonneux sont présents.
d. Atrophie optique post-stase. L'œdème papillaire a pratiquement disparu, laissant place à une papille atrophique et des
vaisseaux très tortueux.
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Œdème papillaire sévère chronique avec atrophie secondaire et exsudat maculaire.
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Œdème papillaire de stase asymétrique. Champs visuels gauche (a) et droit (b), papille optique droite (c) et gauche (d). Ils
représentent environ 10 % des cas d'hypertension intracrânienne idiopathique et sont vraisemblablement liés à une transmission
asymétrique de la pression intracrânienne à la tête des nerfs optiques. Généralement, l'altération du champ visuel est plus
importante du côté où l'œdème papillaire prédomine. MD : mean deviation ; PSD : pattern standard deviation ; GHT :
glaucoma hemifield test.
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Plis choroïdiens localisés à la partie supérotemporale de la papille (flèche). Il existe en général un aplatissement de la partie
postérieure des globes oculaires responsable d'un changement rapide de réfraction (hyperopie) et des métamorphopsies.
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Paralysie bilatérale des sixièmes nerfs crâniens prédominant du côté droit dans le cadre d'une hypertension intracrânienne
idiopathique (a à c).
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5 informations supplémentaires

Infosup 1
Critères diagnostiques de l'hypertension intracrânienne idiopathique.
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Infosup 2
Facteurs de risque associés à l'hypertension intracrânienne idiopathique.
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Infosup 3
Causes d'hypertension intracrânienne.
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