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INDUCTION : CHAPITRE I1

MOMENTS ET CHAMPS MAGNÉTIQUES

I. Sources et cartes de champ magnétique III. Moment magnétique


I.1. Terre et boussole IV. Force de LAPLACE

I.2. Aimant droit IV.1. Expression élémentaire

I.3. Champs magnétiques créés par des courants IV.2. Cas particulier d’un fil rectiligne dans un champ
uniforme
I.4. Divergence nulle
IV.3. Rails de LAPLACE
II. Intensité du champ magnétique V. Action de LAPLACE sur un moment magnétique
II.1. Unité, mesure et ordres de grandeur V.1. Cas d’une spire rectangulaire
II.2. Lien entre intensité et carte de champ magnétique V.2. Cas général
II.3. Lien entre courant et champ magnétique V.3. Effet moteur d’un champ magnétique tournant

Objectifs de fin de chapitre


• Définitions

– Lignes de champ magnétique. Carte de champ magnétique.


– Pôle d’un aimant.
– Bobine plate. Solénoïde.
– Vecteur surface associé à un contour orienté.
– Moment magnétique associé à une boucle de courant.
– Aimantation d’un matériau.
– Force de Laplace.
– Moteur synchrone.

• Contenu disciplinaire

– Exploiter une représentation graphique d’un champ vectoriel: Identifier les zones de champ fort ou faible et l’emplacement
des sources
– Identifier l’allure des lignes de champs magnétique pour un aimant droit, une spire circulaire et une bobine longue
– Citer des ordres de grandeur de champs magnétiques (aimant, IRM, champ magnétique terrestre)
– Évaluer un champ magnétique à partir d’un courant électrique et d’expressions fournies.
– Définir le moment magnétique associé à une boucle de courant plane.
– Par analogie avec une boucle de courant, associer un moment magnétique à un aimant droit.
– Connaître un ordre de grandeur du moment magnétique associé à un aimant usuel.
– Rails de Laplace: Établir et connaitre l’expression de la résultante des forces de Laplace dans le cas d’une barre conduc-
trice placée dans un champ extérieur uniforme et stationnaire.
– Rails de Laplace: Évaluer la puissance des forces de Laplace.
– Spire en rotation: Établir et connaitre l’expression du moment du couple subi en fonction du champ magnétique extérieur
et du moment magnétique de la spire rectangulaire.
– Décrire une expérience pour étudier l’action d’un champ magnétique uniforme sur une boussole.
– Décrire une expérience permettant de créer et de mettre en évidence un champ magnétique tournant.

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Induction : Chapitre 1 2/11 Moments et champs magnétiques

I. Sources et cartes de champ magnétique


I.1. Terre et boussole
La Terre est une source de champ magnétique. On peut mettre en évidence ce champ magnétique par l’utilisation d’une boussole: celle-ci
s’oriente toujours vers la même direction.

• Un coté de l’aiguille indique une direction proche du nord géographique: on appelle ce coté pôle nord de l’aiguille.

• L’autre coté indique une direction proche du sud géographique de la Terre : on appelle ce côté pôle sud magnétique de l’aiguille
aimantée.

L’aiguille de la boussole est un petit aimant qui ressent le champ magnétique créé par la Terre: elle s’aligne le long de celui-ci. On peut
donc détecter sa direction, pour son sens il faut une convention.

Remarque : Convention d’une boussole

Par convention, on choisit d’orienter le champ magnétique ressenti par la boussole de son sud vers son nord.

I.2. Aimant droit


Lignes de champ

Pour étudier le champ magnétique créé par un aimant droit, nous allons utiliser une plaque constituée de nombreuses boussoles. On peut
utiliser de la limaille de fer: chaque grain va se comporter comme une petite boussole et s’orienter dans la direction du champ magnétique.

MANIP DE COURS : SPECTRE DE CHAMP DU BARREAU AIMANTÉ

Visualiser et projeter le spectre du champ magnétique du barreau aimanté à l’aide de la limaille de fer.

Définition : Ligne de champ

Une ligne de champ magnétique est telle qu’en tout point de cette ligne le champ magnétique est tangent à la ligne de champ. On


peut orienter ces lignes pour tenir compte de l’orientation du vecteur B . L’ensemble des lignes de champ est appelé carte de
champ ou spectre de champ.

Pôles d’un aimant

Il faut maintenant identifier les pôles nord et sud de l’aimant. On note le pôle vers lequel pointe le N de la boussole. On réalise la même
opération sur un autre aimant droit: les deux pôles des aimants sont donc identiques.
On approche alors ces deux pôles identiques: ils se repoussent.

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Induction : Chapitre 1 3/11 Moments et champs magnétiques

Définition : Pôles d’un aimant

Un aimant a toujours deux pôles, un pôle nord et un pôle sud: il est impossible d’avoir un seul pôle, un aimant en a toujours deux.
Deux pôles identiques d’aimants se repoussent, deux pôles opposés s’attirent.

On en déduit que les pôles vers lesquels pointe le nord de la boussole sont les sud de l’aimant. On en déduit la règle suivante

Important : Lignes de champ et pôles

Un aimant crée un champ magnétique tel que les lignes de champ sortent de l’aimant par le pôle nord et rentrent dans l’aimant par
le pôle sud.

Remarque : Pôles magnétiques de la Terre

On en déduit que le nord géographique de la Terre est le pôle sud magnétique de la Terre puisque le pôle nord de la boussole y
pointe.
Inversement le sud géographique de la Terre est le pôle nord magnétique de la Terre.

I.3. Champs magnétiques créés par des courants

MANIP DE COURS : AIGUILLE D’OERSTED


Placer l’aiguille aimantée parallèlement au fil électrique. Faire passer un courant (5 A) dans le fil, l’aiguille est déviée.
Le courant électrique crée donc un champ magnétique.

Important : Source de champ

Un courant électrique est source de champ magnétique.

I.3.a. Bobine plate

Définition : Bobine plate

On appelle bobine plate un circuit électrique qui forme un boucle dont le rayon est très grand devant sa largeur.

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Induction : Chapitre 1 4/11 Moments et champs magnétiques

MANIP DE COURS : SPECTRE MAGNÉTIQUE DE LA BOBINE PLATE

On place sur le rétroprojecteur la bobine plate, on ajoute la limaille de fer et on allume le courant progressivement.

Important : Analogie bobine plate – aimant

Une spire de courant se comporte donc comme un aimant et crée un champ magnétique sont les lignes dont des boucles. Les lignes
de champs entrent dans la spire par son pôle sud et sortent par son pôle nord.
La spire se comporte comme un aimant: son pôle nord attire les pôles sud d’autres spires ou aimants et repousse leur pôles nord.

I.3.b. Solénoïde

Un solénoïde est une bobine en forme d’hélice que l’on ne peut plus considérer comme plate.

MANIP DE COURS : SPECTRE MAGNÉTIQUE DU SOLÉNOÏDE

On place sur le rétroprojecteur le solénoïde, on ajoute la limaille de fer et on allume le courant progressivement.

On remarque que le champ magnétique créé est quasiment parallèle à l’intérieur du solénoïde. À nouveau, on peut identifier les pôles
nord et sud du solénoïde.

I.4. Divergence nulle

Important : Divergence nulle du champ magnétique

Il n’existe pas de points de l’espace d’où divergeraient ou où convergeraient des lignes de champ magnétique.
On dit que le champ magnétique est à divergence nulle. Il n’existe pas de “monopôle magnétique”, contrairement au champ électrique
(“charge électrique”) : il y a toujours un pôle nord et un pôle sud, d’où l’absence de divergence.

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Induction : Chapitre 1 5/11 Moments et champs magnétiques

II. Intensité du champ magnétique


II.1. Unité, mesure et ordres de grandeur
Pour mesurer le champ magnétique, on s’intéresse à ses effets: le champ magnétique dévie les particules chargées mais ne peut pas agir
sur la norme de leur vitesse. On utilise souvent l’effet Hall: dans une plaque parcourue par un courant, le champ magnétique dévie les
électrons sur un coté de la plaque. Il apparait une tension entre les deux cotés de la plaque, proportionnelle au champ magnétique.
Le champ magnétique s’exprime en tesla dans le système international. On dit généralement que le tesla est une grosse unité, car les
champs de 1 T sont intenses et difficiles à produire.

EXEMPLE : Valeurs de champs magnétiques


• Composante horizontale du champ magnétique terrestre à la surface de la Terre: 5 · 10−5 T

• Champ à l’extrémité d’un aimant: 5 · 10−2 T à 5 · 10−1 T selon le matériau.

• Appareil d’IRM: 6 T

• Dans une machine électrique: 1 · 10−4 T

Important : Principe de superposition

Si plusieurs sources sont présentes, le champ magnétique résultant de l’ensemble des sources et la somme vectorielle des champs
créés par chaque source.

II.2. Lien entre intensité et carte de champ magnétique


Expérimentalement, on constate deux choses lorsque l’on s’éloigne d’une source de champ magnétique:

• l’intensité du champ magnétique décroit.

• Les lignes de champ magnétique s’écartent les unes de autres.

Important : Lignes de champ et intensité de B

Deux lignes de champ magnétique voisines dans une zone où le champ magnétique est intense s’éloignent l’une de l’autre lorsque le
champ magnétique décroit en intensité.
Par conséquent, si dans une zone de l’espace, les lignes de champ sont parallèles dans une zone de l’espace, on en déduit que le
champ magnétique y est uniforme: même norme, même direction et même sens.

EXEMPLE : Comment réaliser un champ magnétique uniforme .


On utilise le cœur des solénoïdes pour fabriquer des zones dans lesquelles le champ magnétique est uniforme.
On peut utiliser aussi des bobines de HELMHOLTZ: on place deux bobines plates de même rayon R sur le même axe. Si la distance
entre les bobines est de l’ordre de leur rayon, on obtient entre elles une zone où le champ magnétique est quasi uniforme.

II.3. Lien entre courant et champ magnétique

II.3.a. Rappels : direction et sens

Pour un fil rectiligne, les lignes de champ magnétique sont des cercles dont le fil passe par le centre. Le sens des lignes de champ est
donné par la règle de la main droite: si les doigts suivent la ligne de champ, le pouce doit être dans le sens du courant.
Pour une spire ou une bobine, on utilise aussi la règle de la main droite mais différemment. On place le courant dans le sens des doigts
et le pouce indique le sens du champ magnétique dans la spire (ou la bobine).

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Induction : Chapitre 1 6/11 Moments et champs magnétiques

II.3.b. Norme

On peut montrer que la norme du champ magnétique dépend linéairement de l’intensité du courant électrique circulant dans le circuit
(pour une géométrie donnée).
Aucune expression du champ magnétique en fonction du courant n’est à connaitre mais celle du champ magnétique au cœur d’un solénoïde
infini est très fréquente.

Important : Champ au cœur d’un solénoïde



→ −

Pour un solénoïde infini de direction ez parcouru par un courant i (on oriente ez selon la règle de la main droite) comportant n spires
par unité de longueur, le champ magnétique à l’intérieur de ce solénoïde est uniforme et vaut:

→ −→
B = µ0 ni ez

où µ0 est la perméabilité magnétique du vide dont la valeur vaut exactement:

µ0 = 4π · 10−7 H · m−1

MANIP DE COURS : MESURE DU CHAMP AVEC UN TESLAMÈTRE

On fait varier le courant et le nombre de spires : on mesure le champ à l’intérieur du système. En multipliant le courant par 2, on
multiplie le champ par 2.

Cette relation permet d’avoir un lien entre les tesla, les henri et les ampères.

III. Moment magnétique


Le concept de moment magnétique permet de rendre compte de toutes les sources que l’on a vu. Pour le définir, il faut voir comment on
peut orienter une surface.

Important : Orientation d’une surface

On considère un circuit filiforme plan dont le contour délimite une aire S. On oriente arbitrairement ce circuit en plaçant une flèche
sur le contour: le courant électrique sera compté positivement s’il va dans le sens de la flèche, négativement sinon.


Le vecteur surface S est défini comme un vecteur dont la norme est égale à S et dirigé selon la convention d’orientation du courant
par la règle de la main droite.

Définition : Moment magnétique



Pour un circuit filiforme de vecteur surface S parcouru par un courant i, on définit le moment magnétique −

m du circuit par


→ −

m =iS

Le moment magnétique s’exprime donc en A · m2 et pointe du sud vers le nord du circuit.

−→
Pour une surface plane, si n est orthogonal à la surface et dirigé selon la convention d’orientation du courant I par la règle de la main

→ −
→ −
→ −

droite, S = S n et le moment magnétique est alors m = IS n

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Induction : Chapitre 1 7/11 Moments et champs magnétiques

On peut alors définir le moment magnétique d’un aimant comme étant celui d’un solénoïde qui produirait le même champ magnétique.

Remarque : Aimantation



→ dm −→
On définit pour un matériau son aimantation comme la grandeur vectorielle M = où d m est le moment magnétique par élément
dV
mésoscopique de volume dV .
L’ordre de grandeur de l’aimantation pour des matériaux usuels est M ≈ 105 A.m−1 .
−→ − →
Pour un volume V d’aimant homogène en matière aimantée, on a m = M V , soit pour un aimant de 10 cm3 un moment magnétique
total de l’ordre de 1 A.m2 .

IV. Force de LAPLACE


IV.1. Expression élémentaire
Un champ magnétique est créé par un aimant ou un circuit dans lequel circule un courant. En plus de cela, les champs magnétiques créés
par d’autres sources ont une action sur les aimants ou les circuits parcourus par un courant.
Ces actions mécaniques sont résumées par les forces de LAPLACE. Elles décrivent comment un circuit électrique parcouru par un courant
subi une force à cause d’un champ magnétique extérieur.

Important : Force de LAPLACE




Un élément de fil de longueur dl (M) au point M, orienté selon le sens conventionnel du courant i dans ce fil et plongé dans un


champ magnétique B subi la force de LAPLACE:
−→ −
→ −−−→
dF = i dl (M) ∧ B (M)

Remarque : Validité et résultante sur le circuit




Cette expression est valable au point M et peut donc être utilisé dans le cas général, que B soit uniforme ou non, que le fil soit
rectiligne ou non.
Pour calculer la résultante des forces de LAPLACE qui s’exerce sur le circuit complet, il faut faire l’intégrale de cette force sur tout les


points du fil. Attention, l’intégrale doit se faire dans le sens conventionnel du courant, c’est-à-dire dans le sens de dl (M).

IV.2. Cas particulier d’un fil rectiligne dans un champ uniforme

Exercice 1: Fil rectiligne dans un champ uniforme




On considère un fil électrique de longueur l parcouru par un courant i plongé dans un champ magnétique uniforme et constant B .
On oriente le fil selon le sens conventionnel du courant. On note A et B les extrémités du fil dans le sens conventionnel du courant
−→ − →
et AB = l .


€ Š
On pourra supposer que le fil est le long d’un axe A, e x .
Déterminer la force de Laplace ressentie par le fil.

CORRIGÉ: FIL RECTILIGNE DANS UN CHAMP UNIFORME

Pour trouver la résultante de la force de LAPLACE s’exerçant sur le fil, il faut intégrer l’expression précédente de A à B.

B B B
Z Z ‚Z Œ

→ −
→ −→ −−−→ −
→ −→ −
→ − → −
→ − →
F = dF = i dl (M) ∧ B (M) = i dl (M) ∧ B = i AB ∧ B = i l ∧ B
A A A

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Induction : Chapitre 1 8/11 Moments et champs magnétiques

Important : Force de LAPLACE cas particulier



→ −

Un fil rectiligne de longueur l parcouru par un courant i plongé dans un champ magnétique B uniforme B ressent une force

→ −
→ − →
F =i l ∧ B
−→
où l est le vecteur de longueur l orienté dans le sens conventionnel du courant.
Cette force s’exerce sur le milieu du fil.

La force de LAPLACE est donc orthogonale au champ magnétique et au courant parcourant le fil, sa norme étant proportionnelle à l’intensité
du courant, du champ et à la longueur du fil.

Remarque : OdG

L’ordre de grandeur de cette force est plutôt faible: pour une force de 1 N (c’est-à-dire équivalente au poids d’un objet de 100 g) il
faut un champ magnétique de 1 T, un fil de 1 m et un courant de 1 A ce qui représente des grandeurs relativement élevées.

IV.3. Rails de LAPLACE

Exercice 2: Rails de LAPLACE


Calculer la force de Laplace
Évaluer la puissance des forces de Laplace

On considère un circuit rectangulaire constituée de deux rails D


y
et d’une tige de longueur l et de masse m mobile sans frottements

→ −

uniquement le long de l’axe e x . On notera sa vitesse de translation B

→ −
→ l
v (t) = v (t) e x . −
→ z x

→ g
On plonge l’ensemble dans un champ magnétique B uniforme i
−→
vertical ascendant selon l’axe ez . C

1. Établir l’équation du mouvement de la barre et la résoudre en supposant que l’intensité du circuit est constante et que la
vitesse initiale est nulle.

2. Déterminer la puissance des actions de LAPLACE s’exerçant sur la barre

3. Vérifiez que l’on retrouve le résultat de la question 1 avec le théorème de la puissance cinétique.

CORRIGÉ: RAILS DE LAPLACE


→ −

1. • Le système est la barre mobile de masse m. Elle est soumise à son poids P et à la réaction du support R verticales, ainsi


qu’à la force de LAPLACE F .

→ −→ − → −

• F = i CD ∧ B = il B e x


Comme les deux autres forces sont verticales et que le mouvement est limité à l’axe e x elles se compensent.


• Le PFD donne projeté sur l’axe e x
dv dv ilB
m = ilB =⇒ =
dt dt m
• Si l’on suppose l’intensité du courant constante on trouve:

ilB
v (t) = t
m
La vitesse diverge alors. En réalité, les phénomènes d’induction ont tendance à faire diminuer l’intensité alors que la barre
s’éloigne ce qui amène la barre à une vitesse limite.

2. Par définition, la puissance d’une force est le produit scalaire de la force par la vitesse
−→ → −→ − →
P = F ·−
v = ilB e x · v e x = ilBv

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Induction : Chapitre 1 9/11 Moments et champs magnétiques

3. Le théorème de la puissance mécanique dit que la dérivée de l’énergie cinétique est égale aux puissance des forces extérieures.
Comme le poids et le réaction du support ne travaillent pas:

dE c d 1 dv
 ‹
= P =⇒ 2
mv = ilBv =⇒ mv = ilBv
dt dt 2 dt

qui est la même équation que celle obtenue précédemment.

MANIP DE COURS : RAIL DE LAPLACE


On réalise le rail de Laplace et on voit la mise en mouvement de la barre. On ne peut pas expliquer le fait que la vitesse de la barre
diminue sans parler des phénomènes d’induction.

V. Action de LAPLACE sur un moment magnétique


V.1. Cas d’une spire rectangulaire

Exercice 3: Spire rectangulaire

Établir l’expression du couple des actions de Laplace sur ce cas particulier

z Q
y −

er
P Q
R
i
i −

θ B
z
O −

B
x α x
b


n
P
R S

S a

On considère un circuit rectangulaire PQRS de cotés a et b parcouru par un courant électrique d’intensité i. Ce circuit peut

→ −→
pivoter autour de l’axe z. Il est plongé dans un champ magnétique uniforme et constant B = B e x orthogonal à l’axe x.

1. Montrer que la résultante des forces de Laplace sur le cadre est nulle.
−−→
2. Calculer le moment de la force de Laplace en O pour chacun des quatre fils. En déduire le moment de force M O que ressent
la spire dans ce champ magnétique.

→ −−→
3. Exprimer le moment magnétique −

m de la spire. Trouver la relation vectorielle qui existe entre −

m , B et M O .

CORRIGÉ: SPIRE RECTANGULAIRE

1. Le champ magnétique étant uniforme et chaque coté du rectangle un fil rectiligne, on peut utiliser la forme intégrée de la force
de LAPLACE pour trouver la force s’exerçant sur chaque coté du rectangle.

→ −→ − → −→ − → − → − → − → − →
F = i PQ ∧ B + i QR ∧ B + i RS ∧ B + i SP ∧ B

Comme le champ est uniforme sur toute la spire, on peut factoriser:



→ €−→ −→ − → − → −
→Š − →
F = i PQ + QR + RS + SP ∧ B = 0

La résultante des forces de LAPLACE est donc nulle sur la spire: le centre de gravité de la spire est immobile.

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Induction : Chapitre 1 10/11 Moments et champs magnétiques

2. Calculons les moments en O des forces de LAPLACE que s’exercent sur chaque coté du rectangle puis déduisons-en le moment
résultant. On note M1 le milieu de PQ, M2 celui de QR, M3 celui de RS et M4 celui de SP.

→ −→ − → €

→ − →
Š
−→
• F1 = i PQ ∧ B = i bB ez ∧ e x = i bB e y

→ −→ − → €
−→ − →
Š


• F2 = i QR ∧ B = iaB − e r ∧ e x = iaB sin θ ez

→ −
→ − → €

→ − →
Š


• F3 = i RS ∧ B = i bB − ez ∧ e x = −i bB e y

→ −
→ − → €

→ − →
Š


• F4 = i SP ∧ B = iaB e r ∧ e x = −iaB sin θ ez

On somme les moments de ces forces pour trouver le moment résultant:


−−→ −−→ − → −−→ − → −−→ − → −−→ − →
MO = OM1 ∧ F1 + OM2 ∧ F2 + OM3 ∧ F3 + OM4 ∧ F4

→ − → a−
−−→ a − Š − →
→ − → −
→ −
→ −
→ −

€ € Š
MO = e r ∧ i bB e y + 0 − e r ∧ −i bB e y + 0 = iabB e r ∧ e y = iabB sin α ez
2 2
Le moment ne dépend pas de O. C’est normal puisque la résultante étant nulle, ce moment est un couple qui, on l’a vu, ne dépend
donc pas du point où on l’évalue.

→ → −→

3. Le moment magnétique du circuit est donné par −
→m = i S = iab− →n . On remarque que M O fait intervenir le produit de − m , B
et du sinus de l’angle entre ces vecteurs: cela suggère une expression en produit vectoriel. Essayons:


→ −→ → −−→

m ∧ B = iabB −

n ∧ ex = M O

V.2. Cas général


On peut généraliser l’expression du couple de LAPLACE à n’importe quel moment magnétique plongé dans un champ magnétique uniforme
à l’échelle du système.

Important : Couple des actions de LAPLACE


−→
Un moment magnétique − →
m plongé dans un champ magnétique uniforme B subit de la part de celui-ci une action de résultante nulle
mais dont le moment (qui est donc un couple) est
−→ − −

M=→ m∧ B

Remarque : Pour un champ non uniforme

Attention, si le champ magnétique n’est pas uniforme à l’échelle du dipôle magnétique, l’expression du moment est différente et la
résultante n’est plus nulle.

Important : Interprétation

Ainsi, les moments magnétiques ont tendance à s’aligner de façon à être dans le même sens que que le champ magnétique.
Les positions ou les deux vecteurs sont dans le même sens et de sens opposés sont toutes deux des positions d’équilibre stable mais
seule la position de même sens est stable.
Si le champ magnétique tourne, alors le moment magnétique à tendance à suivre cette rotation.

Remarque : Actions à distance

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Induction : Chapitre 1 11/11 Moments et champs magnétiques

Le champ magnétique étant créé par une source, cette expression du couple de LAPLACE ne fait que traduire l’expression de la force


à distance qui s’exerce d’une source magnétique sur un dipole magnétique. Le champ B ne sert que d’outils pratique pour décrire
cette action à distance (un peu comme une énergie potentielle et un champ électrique).
Par le principe des action réciproques, la source ressent un couple opposé.

MANIP DE COURS : SPIRE SUSPENDUE

Une spire suspendue par un fil et alimentée par un courant continu peut être mise en rotation par un champ extérieur (on approche
un aimant et on montre qu’il y a un couple dans la direction prévue).

V.3. Effet moteur d’un champ magnétique tournant

MANIP DE COURS : MISE EN MOUVEMENT D ’ UN AIMANT

Approcher un aimant de la boussole : elle peut être mise en mouvement.




Si on tourne l’aimant, et donc le sens du champ, de manière à “accrocher” la boussole, elle suit la direction du champ B

MANIP DE COURS : EFFET MOTEUR D ’ UN CHAMP MAGNÉTIQUE

A l’aide d’une bobine (un solénoïde), on crée un champ alternatif grâce à un courant alternatif. On lance l’aiguille, elle va tourner

→ −

pour suivre le champ B = B0 cos(ωt) e x ainsi créé.
Cependant on ne peut pas la forcer à aller dans un sens donné. Il faut utiliser un deuxième champ, déphasé de π/2 qui oscille
dans une direction orthogonale.

La mise en rotation d’un moment magnétique permanent (un aimant ou une spire alimentée) par un champ tournant extérieur correspond
aux moteurs synchrones. En général, on utilise trois bobines avec un courant triphasé (trois phases différentes).
Faire le calcul du champ magnétique créé par deux bobines : tournant à ω. (coefficient géométrique k identique).
Faire le calcul du moment de force en donnant un angle pour le moment magnétique.
Faire un TMC en tenant compte d’un couple résistant (parler de rotor, stator, ...) et déterminer les conditions pour pouvoir mettre en
rotation et l’évolution de l’angle en régime établi.

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