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§1159 - Les divers procédés.

a) Infinitif précédé de à condition de , et comme équivalent d’une condition négative, infinitif précédé de à moins de (variante littéraire à
moins que de : § 1039, a, 2° ).
Vous serez reçu à condition d’être seul. — À moins d’être femme , vous ne pouvez comprendre ce qu’est la maternité (= Si vous n’êtes
pas femme, ou Sauf si vous êtes femme) .
À la charge de « à condition de » (avec nuance d’obligation) est fortement concurrencé par à charge de : L’usufruitier pourra demander
[…] qu’une partie des meubles nécessaires […] lui soit délaissée, à la charge de les représenter à l’extinction de l’usufruit (Code civil, art.
603). [Ex. cité aussi par le Robert, art. caution , mais avec à charge .] — Je lui ai vendu ma maison, à la charge de payer mes plus anciens
créanciers (Ac. 1932). [Déjà en 1694, avec var. graphiques.] — La construction avec infinitif est aujourd’hui bien plus fréquente qu’avec une
proposition (cf. § 1153, b) . — L’agent de l’infinitif est souvent exprimé après à charge dans un complément précédé de pour : À charge pour
vous de payer tous les frais (Ac. 2001). — Vous pouvez utiliser ma voiture, à charge pour vous de la maintenir en bon état (Dict. contemp.).
Cf. § 1098, a, 4˚ .
N.B.On emploie aussi avec un nom à la charge de , par ex. d’une indemnité (Code civil, art. 682). Mais charge est toujours sans article
dans la formule à charge de revanche « à condition qu’il y ait réciprocité » : Vous pourriez […] rendre de grands services au pays, à
nous tous, à moi-même. […] À charge de revanche, bien entendu ! (Flaub., Éduc, III, 1.)
On peut aussi trouver quelque chose de conditionnel dans des constructions infinitives avec quitte à (§ 1098, e) , au risque de, faute de
et dans des formules comme tant qu’à faire (§ 1097, e) .
b) Le sens des mots exprime l’idée de condition.
Par ex., des adverbes comme éventuellement et, pour une condition niant ce qui précède, autrement (outre sinon : § 1154 ) ; des
syntagmes prépositionnels comme dans ce cas, dans cette éventualité, sous cette condition, sans quoi, etc. ; une proposition absolue comme
le cas échéant. On pourrait citer ici à condition de, au risque de (cf. a) .

Autrement « sinon » est le plus souvent au début de la phrase (ou de la proposition) dans laquelle il est introduit : Prenez garde à ce que
vous dites ; autrement vous aurez affaire à moi (Ac. 2001). — À une autre place, le mot est ambigu : Est-ce que je serais là autrement ?
(Becque, cit. Brunot, Pensée, p. 872.) R1

À moins de + nom « sauf si le fait exprimé par le nom se réalise » : Chacun […] se trouvait placé dans le rang […] d’où rien, à moins de
circonstances exceptionnelles ou d’un mariage inespéré, ne pouvait vous tirer (Proust, Rech., t. I, p. 16). — Je ne lui pardonnerai pas, à moins
d’ excuses publiques (Ac. 2003). — À moins d’ un imprévu, nous le verrons demain (Hanse).
H1
c) Dans d’autres cas, l’idée de condition reste tout à fait implicite et ne peut se déduire que du contexte ou de la situation :
En partant plus tôt , vous ne rateriez pas votre train. — Chateaubriand suicidé dans le bois de combourg […] ou lamartine noyé avec elvire
sur le lac du bourget , les formes qu’ils créèrent […] eussent apparu quand même (Barrès, Discours, dans Du sang, de la volupté et de la
mort, 1903, p. 17). — À les détailler , les traits de madame Gance n’avaient rien d’extraordinaire (France, Livre de mon ami, p. 173). — Je
serais bien bête de me gêner (Maupass., Bel-Ami, II, 2). — Sans mon aide , vous tombiez (comp. § 1153, H2 : sans que ). R2 — Autres tours
: § 1134, c, 2° et 3°.
Pour un peu « il suffirait (ou aurait suffi) de peu de chose pour que » n’est pas dans les dict. avant le Robert 1960 (art. peu , I, 1°, B).
R3 Conformément au sens, le verbe qui suit est le plus souvent au conditionnel, parfois au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel
: C’est un Tiers état non représenté, que les acteurs : et pour un peu ils diraient : Qu’est-ce qu’un acteur ? rien. Que doit-il être ? tout ( E. et
J. de Gonc., Hist. de la société fr. pendant la Révol., ii ) [1854]. — Pour un peu […] l’aimable professeur du Collège de France nous accuserait
d’inoculer les maladies les plus honteuses au langage de nos contemporains (Ant. Thomas, Nouveaux essais de philologie fr., 1904, p. 33). —
Pour un peu Maxime aurait décidé d’oublier les exactions récentes (Dhôtel, Je ne suis pas d’ici, p. 166). — Pour un peu il eût dit à cette dame
trop fardée des choses désagréables (Romains, 6 oct., p. 264). A1 — Le Trésor (art. peu , II, c ) et Togeby (§ 862, 2) ne parlent que du
condit. Cependant, l’imparfait (cf. § 881, b, 1°) ne doit pas être exclu : Pour un peu il m’aurait écrasé ou il m’écrasait ( Hanse). — L’indic.
présent non plus (cf. § 880, b, 1°) : Tous trois ensemble, on va croire à une réunion de syndicat [de financiers] . Pour un peu on va chercher
où est la caisse ! (Proust, Rech., t. II, p. 698.)

Un peu plus R4 , de même signification, mais de formation différente (comp. d, 2°) , et suivi des mêmes temps : Une masse tomba, en
les frôlant de si près […] qu’un peu plus ils étaient morts (Flaub., Bouv. et Péc., p. 147). — Un peu plus , elle lui aurait dit qu’autant l’hôtel
était bien tenu, autant était florissante la Normandie (Proust, Rech., t. II, p. 788). — Un peu plus j’allais m’assoupir (ib. , p. 962).

Encore un peu dans un sens analogue semble absent des dict. fr. : Encore un peu, elle aurait pris [pour un bal] une robe lamée comme
pour aller à la cour (Balzac, Birotteau, I, 7). — Encore un peu, Mademoiselle, et vous allez manquer de respect à votre père (id. , Mod.
Mignon, Pl., p. 529). — Encore un peu, il se fendait la tête sur la pomme de la chaise (id. , Goriot, p. 206). — Que ferai-je pour ce peuple ?
Encore un peu, et ils me lapideront ! (Bible, trad. Crampon, Exode, XVII, 4.) R5 — Ce tour est resté très vivant dans le fr. de Wallonie.

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d) En particulier, des sous-phrases se trouvant dans un rapport de coordination (explicite ou, ordinairement, implicite) avec ce qui suit
peuvent correspondre à des propositions de condition (ou de temps : il est souvent impossible de trancher).
1° La sous-phrase est une interrogation fictive, le point d’interrogation manquant assez souvent :
Les paroles dites à voix basse, viennent-elles à être criées, leur destination est faussée (Gide, Journal, t. I, p. 605). — Trouve-t-il ce
chemin barré ? Il accepte un détour ( Maurois, Art de vivre, p. 179). — Si je vais en Israël, je suis pour Israël contre les Arabes. Je vais à
Damas ? Je suis pour abandonner les Israéliens… ( Mitterrand , interview télévisée, dans le Monde, sélection hebdom., 13-19 déc. 1984.) — On
s’en allait [sous-phrase interrogative ?] , la solitude lui devenait odieuse ; revenait-on près d’elle , c’était pour la voir mourir, sans doute
(Flaub., Mme Bov., I, 1). A2 — Sur la variante Partait-il seul pour Paris qu’ elle s’empressait de prévenir Mme Marliani (Maurois), voir § 1121,
a.
2° La sous-phrase est une injonction fictive à l’impératif ou, quand le verbe est à la 3e personne, au subj. (parfois non précédé de que ) :
Fais un pas ! je t’assomme ! (Hugo, Lég., XXI, ii , 4.) — Qu’on le pousse et il peuplera ce désert (Camus, Été, pp. 26-27). — Vienne une
invasion , le peuple est écrasé ( Balzac, L. Lambert, p. 79). A3 — Que … ou que … , § 1134, c, 5°.

La sous-phrase est averbale : Deux mots de plus , duègne, vous êtes morte ! (Hugo, Hern., I, 1.)

Le caractère injonctif est tout à fait estompé dans Un pas de plus, (et ) je tombais ou dans un ex. comme : Qu’elle [= la France] demeure
prostrée jusqu’à la fin , c’en est fait de sa foi en elle-même (de Gaulle, Mém. de guerre, t. II, p. 3).

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e) D’autres sous-phrases, qui peuvent occuper des places variées dans la phrase où elles sont introduites, ont plutôt le caractère
d’incidentes.
1° La sous-phrase contient en même temps une idée d’opposition (comme une proposition de condition commençant par même si ).
• Le verbe de la sous-phrase est au conditionnel.

Si la sous-phrase n’est pas en tête de la phrase, le pronom personnel sujet, ce et on sont postposés et les autres sujets sont repris par un
pronom personnel postposé : Les secrets de l’âme ne s’ouvrent pas avec une seule clef, serait-ce celle des songes (Huyghe, Dialogue avec le
visible, p. 327). — Il ne suffit pas de poser une couche de peinture, serait-elle tricolore, sur un projet collectiviste pour le rendre approprié au
tempérament et aux besoins du peuple français (Giscard d’Estaing, Démocratie franç., p. 72). — Ce que le public demande aujourd’hui, c’est la
complication, l’obstacle, la surprise, encore même cette surprise serait-elle désagréable (Duhamel, Cri des profondeurs, p. 42). R6

Si la sous-phrase est en tête, ces postpositions ne sont pas obligatoires (la sous-phrase est analogue aux interrogations fictives du d) :
Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort (Céline, Voy. au bout de la nuit, p. 70). — Vous
m’offririez des fleurs, je les refuserais ! (Montherl., Celles qu’on prend dans ses bras, I, 2.) — Le gars aurait su trois malandrins dans ce
hallier, c’est sans frayeur qu’il aurait retroussé ses manches (Pourrat, Gaspard des Montagnes, t. I, 1931, p. 89).

De même, quand la sous-phrase est suivie de que (cf. § 1121, a) : N’aurions- nous même pas la notion certaine du lieu, que nous
percevrions cela comme au vol (Loti, Mort de Philae, p. 105). — Elle l’aurait reconnu qu’elle ne l’aurait pas avoué (Bourget, Tribun, p. 83). —
Cela [= le fait que l’aristocratie serait critiquée dans le livre] serait-il, qu’il n’y aurait pas lieu de s’en étonner ( Proust, Rech., t. III, pp. 46-47).
• Dans la langue littéraire (assez couramment avec fût-ce R7 ), le verbe peut être au subjonctif plus-que-parfait ou imparfait à valeur de
conditionnel passé ou présent. Les postpositions signalées ci-dessous sont obligatoires : Le danger eût -il été dix fois plus grand, je l’aurais
affronté encore. — N’eût- elle point eu de chagrin, elle s’en serait créé un (Constantin-Weyer, Un homme se penche sur son passé, vii ). — Et
je doute qu’en aucun pays aujourd’hui, fût-ce dans l’Allemagne de Hitler, l’esprit soit moins libre (Gide, Retour de l’U.R.S.S., p. 67). — Si le
corps spécialisé avait existé, ne fût-ce qu’en partie ( de Gaulle, Mém. de guerre, t. I, p. 25). — Nous voulons d’autres miracles, fussent-ils
moins beaux que celui-là, continssent-ils moins d’enseignement (Colette, Paris de ma fenêtre, p. 109). — Un amour si grand et si exclusif qu’il
en devenait coupable, s’adressât-il à son fils (Cabanis, Bonheur du temps, F°, p. 289). — Les amis politiques de l’Union Soviétique toléraient
volontiers au-dehors toute littérature, fût-elle scandaleuse et les scandalisât-elle en effet (Sartre, Idiot de la famille, t. III, p. 79). A4
• Il n’y a pas toujours une idée d’opposition. Dans ce cas, la sous-phrase à valeur de proposition conditionnelle est ordinairement en tête et
peut être assimilée aux interrogations fictives dont il est question ci-dessus (d) : Je souffre de l’injustice de certaines accusations. Mais
seraient-elles méritées , j’en souffrirais bien davantage (Gide, Journal, 19 sept. 1935). — Eussé-je été seul , je crois bien que j’aurais renoncé
(ib. , 5 mai 1942). — Eussent-elles été, d’avance, réunies , ces unités mécaniques […] auraient pu porter à l’envahisseur des coups
redoutables ( de Gaulle, Mém. de guerre, t. I, p. 41). — Eussent-ils d’ailleurs été capables de regarder le pays sans parti pris , les sortants
auraient pu voir ce que la victoire républicaine y traînait après elle (Furet, Révol. fr., p. 792). — N’eût-on été en novembre , il se fût senti
disposé à aller canoter au Bois de Boulogne (Druon, Grandes familles, III, 13).
De même, quand la sous-phrase est suivie de que (§ 1121, a) : On l’aurait laissé faire qu’ il attaquait le soir même (Dorgelès, Cabaret de la
Belle Femme, p. 188). — Y eût-il songé, qu’ il aurait sans doute attribué son zèle à la gravité du cas (Flaub., Mme Bov., I, 2).

Il est exceptionnel que la sous-phrase ne soit pas en tête : °Les bourgeois libéraux du National […] se seraient fort bien accommodés de
la monarchie constitutionnelle, eût-elle été un peu plus souple (A. Rey, Littré, l’humaniste et les mots, p. 86).
H2
2° Dans la langue soutenue, des éventualités irréelles négatives sont exprimées par des sous-phrases avec inversion du sujet, au lieu de si
ce n’était, si ce n’avait été.
• N’était (n’étaient ) s’emploie en principe pour des faits situés dans le présent ou le futur H3 : N’était le mouvement léger de sa jambe
levée, on croirait qu’il somnole ( Estaunié, Tels qu’ils furent, p. 29). — Les cases rondes seraient toutes semblables, n’étaient les peintures qui
les décorent (Gide, Voy. au Congo, p. 70). — N’étaient ces malheureuses jambes insensibles et inertes, je me croirais à peine en danger
(Bernanos, Dialogues des carmél., II, 7). — Plus rarement, ce qui suit n’était n’est pas un sujet : Je ne sais d’où cela venait, n’était peut-être
de ma facilité à entrer dans l’esprit et à prendre les mœurs des autres (Chat., Mém., I, ii , 3).

La formule tend à se figer (pour l’accord aussi : § 936, a ) et à s’employer aussi pour le passé : N’était le rouge et la grosse barbe qui
couvraient chacun une moitié de son visage, […] il eût pu supporter la comparaison […] avec un archer breton (Hugo, N.-D. de Paris, I, 1). —
Il avoua plus tard […] que plusieurs fois, n’étaient ses sentiments religieux, il se serait jeté dans la Seine ( Balzac, Birotteau, p. 39). —
N’étaient , en face du lit, l’angle à peine arrondi de la chambre à trois parois, et l’insolite obscurité verte, et la tige de clarté vive […] , Alain
se fût rendormi (Colette, Chatte, p. 49). — Cette Crève-cœur eût été sans doute persécutée par ses congénères, […] n’étaient sa grosseur
et sa force, qui imposaient ( Montherl., dans les Nouv. litt., 23 juillet 1959). A5
• N’eût été (n’eussent été ) s’emploie pour des faits passés : N’eût été la fraîcheur de l’air, on se serait cru encore au mois d’août (Butor,
Modification, 10/18, p. 101). — N’eussent été les fumées des toits, le village eût semblé désert (J. et J. Tharaud, Oiseau d’or, p. 20). A6
• On trouve plus rarement le conditionnel, plus rarement encore l’indicatif plus-que-parfait et le subjonctif imparfait à valeur de conditionnel
présent (cf. H3) : Nous sommes dans des données qui, ne seraient le ton et l’esprit, rappelleraient un vaudeville ( J. Blanzat, dans le Figaro
litt., 21 juillet 1952). — Ne serait l’irrésistible attirance exercée par le poste de radio, on ignorerait tout ici de la politique ( J. Chastenet, dans
le s Nouv. litt., 28 sept. 1961). — La tranquillité du lieu est divine –ne serait le bruit des marteaux, des rabots, des scies (Daninos,
Daninoscope, p. 177). — Cette déprimante monotonie, qui nous eût démoralisés n’avait été le rayonnement de l’été (L. Bourliaguet, Nuit des
deux roses, pp. 12-13). — Dans le Paris torride et vaste du 15 août – cet étrange désert de pierres et de clarté qui serait tout à fait vidé
d’humains, ne fussent quelques hordes de touristes hagards et dédaigneux (P.-H. Simon, Somnambule, p. 215). R8

A1
Du condit. présent : Gide, Journal, 1905, p. 151 ; Valéry, Regards sur le monde actuel, p. 67. Du condit. passé : Romains, Hommes de b.
vol., t. VIII, p. 174. Etc.

A2

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Voir § 121, c.

A3
Voir §§ 407, b et H2 ; 895, b .

A4
Du subj. imp. au § 895, e, 2° (notamment avec dût, dussent suivis d’un sujet nominal). — De même quand la sous-phrase est en tête et
suivie de que ( cf. § 1121, a ).

A5
Henriot , Aricie Brun, I, 2 ; Ambrière, Grandes vacances, p. 252 ; Troyat, Feux du matin, pp. 67-68 ; etc.

A6
Voir § 936, a.

H1
Ce tour (comme à moins que de + infin. et à moins que locution conjonctive) semble être un emploi figuré de à moins de « à un prix inférieur
à ». — Le tour avait aux xvii e et xviii e s. des applications qui surprendraient aujourd’hui, par ex. avec un nom de personne ou de chose : Je
me voyois perdue, à moins d’ un tel ostage (Corn., Rodog., II, 2). — À moins d’une vapeur, qui vous trouble l’Esprit, / On ne peut pas
sauver [= expliquer, justifier] , ce que de vous j’écoute (Mol., Amph., II, 2). — En outre, on trouve aussi devant un infinitifà moins que et à
moins que de : § 1039, H4 .

Cet emploi d’à moins que est à distinguer d’à moins que suivi d’une proposition averbale : + Plus d’empire, à moins qu’ avec Plautine
(Corn., Othon, IV, 2). — Ceci n’est pas impossible aujourd’hui : L’eau ne pourra pas être utilisée pour le nettoyage [d’une fresque] , à moins
que pour les blancs (rapport d’un architecte belge, 1910).

H2
Quand la sous-phrase équivalant à une propos. de condition (avec nuance d’opposition) ne se trouvait pas en tête, elle pouvait être
introduite par et : + Vous le devez haïr, et fût-il votre père (Corn., cit. Littré, art. et , 5°). — Cela est rare au xx e s. : Il pouvait toucher du
doigt la personne de Golda, et fût-elle devenue laide, aigrie, indifférente au passé ( A. Schwarz-Bart, Dernier des justes, p. 328).

H3
Ce tour est très ancien, mais, au lieu de l’indic. imparf., on avait le subj. imparf. : Ne fust ore [= maintenant] vostre venue, / Tote eüsse
France perdue (Partonopeu de Blois, 2789). — Ne fust Juno […] / […] , / On luy eust faict un tour si tresmoleste [= pénible] / Que […] (
Rab., Garg., ii ). — C’est un ex. du recul du subj. imparf. à valeur de conditionnel : comp. § 1155, H1.

R1
Var. présentée comme pop. par le Rob. 2001, avec un ex. d’Aymé : J’ai mis un complet neuf parce que je vais voir des amis, autrement que
ça , je travaille tous les jours. — Dans Wartburg, t. XXIV, p. 355, cette formule est relevée dans un parler angevin.

R2
Tour québécois : °avoir su , je serais pas venu, cf. § 902, H1.

R3
D’où la date d’apparition que donnent le Rob. 2001 (xx e s.) et le Grand Lar. langue (1931, Valéry ).

R4
Var. régionales de cette expression et de la précédente. ° Pour peu en Suisse romande : cf. Wartburg, t. VIII, p. 52. — ° D’un peu et °d’un
peu plus dans le Midi : La fatigue me terrassait au point que d’un peu je tombais, achevé, fondu (Audiberti, Dimanche m’attend, p. 217). —
D’un peu plus , je lui aurais porté sa valise (Chamson, Héritages, III, 2). — °Je suis un pas de chance : un peu de plus , et tu [un
camionneur] m’écrasais (Aragon, Mentir-vrai, p. 537).

R5
La formule de la trad. Crampon correspond à celle du latin de la Vulgate : Quid faciam populo huic ? adhuc paululum , et lapidabit me. —
Bible de Jérus. : Comment me comporterai-je envers ce peuple qui va me lapider ?

R6
Dans cet ex., l’idée d’opposition est explicitée par encore même.

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R7
Ne pas écrire °fut-ce, ° ne fut-ce que sans accent.

R8
Confusion avec le tour précédent (1°) : °Ne serait-ce la soie de sa chemise […] , on pourrait le prendre pour un type du centre (Duras,
Douleur, p. 171). — °J’ai reçu votre amicale lettre, qui m’aurait fait plaisir, n’était-ce cette réclusion stérile (Ghelderode, Corresp., 31 juillet
1952). — Rapprochement avec la conditionnelle ordinaire : °Si n’étaient la lueur de ses yeux / Et la beauté de sa maigre figure, / En le
voyant ainsi quiconque jure / Qu’il est un gueux (Verl., Jadis et nag., Don Juan pipé).

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