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BIP N° 41

Janvier 1995

LES CHANGEMENTS DES METHODES D’EVALUATION

L'article 13 de la nouvelle loi comptable édicte :

"La présentation des états de synthèse comme les modalités d'évaluation retenues ne
peuvent être modifiées d'un exercice à l'autre.

Si des modifications interviennent, elles sont décrites et justifiées dans l'état des
informations complémentaires."

Ainsi, les comptes annuels d'une entreprise doivent donner une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et des résultats ainsi que de leur évolution dans le
temps.

Toutefois, il pourra s'avérer nécessaire dans certains cas, de procéder au changement


d'une méthode comptable précédemment utilisée par l'entreprise. L'absence
d'informations sur ce changement de méthodes pourrait conduire l'utilisateur ou l'analyste
des comptes à porter un jugement erroné sur la situation financière de l'entreprise.

Aussi, le législateur a-t-il prévu qu'en cas de changement de méthodes comptables,


l'entreprise devait en faire mention au niveau de l'ETIC.

I. NATURE DES CHANGEMENTS :

Nous distinguerons successivement les changements de méthodes comptables proprement


dites et les changements dans les modalités d'application de ces méthodes.

On étudiera, par la suite, les modifications d'opportunité qui ne concernent que des règles
extra-comptables, et les corrections d'erreurs dont les caractéristiques s'apparentent à
celles des changements de méthodes.

1. Les changements de méthodes comptables :

La permanence des méthodes comptables est un principe fondamental confirmé par


l'article 13 de la nouvelle loi comptable et la doctrine internationale.
BIP N° 41
Janvier 1995
La norme IAS n° 1 définit les méthodes comptables comme comprenant les "principes,
bases, conventions, règles et procédures adoptés par les dirigeants pour la préparation des
états financiers".

Il se peut, que pour une opération donnée, plusieurs principes comptables soient reconnus.
Il appartient au dirigeant de choisir la méthode la plus à-même de donner une image
fidèle de la situation de l'entreprise, dans le respect du principe de prudence.

Les méthodes choisies doivent être appliquées de manière permanente. La comptabilité


des résultats en particulier et des états financiers en général est étroitement imbriquée
avec le respect de ce principe fondamental.

Vu l'importance que revêt donc le respect de ce principe, ce n'est qu'exceptionnellement


qu'une entreprise pourra y déroger, par exemple en justifiant que l'adoption de la nouvelle
méthode permettra d'approcher encore plus l'objectif d'image fidèle.

Cependant, et dans des cas très exceptionnels, des changements de méthodes pourront être
imposés par des lois ou des réglementations particulières, par exemple procéder à la
réévaluation légale du bilan, adopter un nouveau plan comptable ....

2. Les changements dans les modalités d'application des méthodes :

Il ne faut pas faire l'amalgame entre les méthodes comptables et les modalités
d'application de ces méthodes.

Toutefois, la frontière n'est pas toujours très nette entre ces deux éléments, et chaque cas
devra faire l'objet d'une étude approfondie sous le contrôle des réviseurs.

3. Les modifications d'opportunité :

Ces changements ont pour objet de permettre à l'entreprise de bénéficier des avantages
accordés par le législateur fiscal.

Ces changements sont la résultante de pratiques étrangères à la doctrine comptable.

Ainsi, le passage de l'amortissement linéaire à l'amortissement dégressif est un exemple


typique de méthode comptable dû à une modification d'opportunité.

Toutefois, et dans le cas particulier où de telles modifications étaient susceptibles d'avoir


une répercussion assez importante sur le résultat courant de l'entreprise, elles doivent être
considérées et traitées comme des changements de méthodes au sens propre.

II. TRAITEMENT DES CHANGEMENTS DE METHODES :


BIP N° 41
Janvier 1995

Le traitement de ces changements de méthodes diffère selon l'analyse que nous avons
décrite ci-dessus :

1. Les changements de méthodes comptables :

Si l'entreprise procède, en vertu d'une décision de ses dirigeants, à un changement de


méthodes; elle doit apporter une justification de ce changement au niveau de l'ETIC afin
d'informer l'utilisateur des comptes annuels sur les nouvelles méthodes utilisées.

Ainsi, si la nouvelle méthode utilisée est supposée donner une image plus appropriée sur
la situation de l'entreprise, il convient de déterminer sur cette base la répercussion de ce
changement sur les comptes de l'entreprise.

Aussi, pour l'exercice clos, l'incidence de la nouvelle méthode utilisée doit-elle être mise
en relief au niveau du compte de produits et charges parmi les éléme nts exceptionnels.

Pour les exercices précédents, et pour respecter le principe juridique et comptable de


l'intangibilité du bilan, il convient de procéder à une situation comparative au cas où la
nouvelle méthode avait été utilisée pour établir les états de synthèse.

2. Les changements dans les modalités d'application des méthodes comptables :

Les changements dans les modalités d'application doivent être différenciées des
changements de méthodes, dans le sens où elles ont un aspect plus courant, et donc
n'imposent pas un traitement particulier au niveau des états financiers.

Toutefois, si une nouvelle modalité a une incidence importante et significative sur les
comptes de l'entreprise, il conviendrait d'en faire mention au niveau de l'ETIC. Le seuil
de signification est un critère qui est laissé à l'appréciation du dirigeant et du réviseur.

3. Les modifications d'opportunité :

En ce qui concerne les modifications d'opportunité, il convient de signaler que les


éléments découlant d'une disposition fiscale sont généralement isolés au niveau du
résultat non courant, telles les provisions réglementées, et n'ont donc aucune incidence sur
le résultat courant qui est le véritable indicateur de la rentabilité de l'entreprise.

Si dans ce cas particulier, un traitement particulier du compte de produits et charges ne


semble pas nécessaire, il conviendrait de porter à l'ETIC l'indication des modifications et
les raisons de leur adoption.

4. Les corrections d'erreurs :


BIP N° 41
Janvier 1995

Les corrections d'erreur ne doivent pas altérer le résultat courant du dernier exercice clos.

En conséquence, la correction doit être isolée parmi les éléments non courants.

Toutefois, si la correction affecte le résultat courant ou le bilan d'un des exercices


précédents, une situation comparative du même type que celle préconisée pour les
changements de méthodes semble être nécessaire.

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