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03/09/2016

L’amplificateur opérationnel

1. Introduction

Actuellement on classe les circuits électroniques en deux


grandes catégories :

 Circuits numériques (logiques) : constitués par des


portes logiques à transistors, caractérisées par deux états
logiques stables 0 (niveau bas) ou 1 (niveau haut).

 Circuits analogiques (linéaires) : constitués par des


étages amplificateurs. Ces circuits assurent plusieurs
fonctions dont la plus répondue est la fonction
amplification.

2. Liaisons entre étages amplificateurs

Vs
Vs1
Ve

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L’amplification globale du montage peut être écrite sous la


forme suivante :

j 1/ 
Av ( j )  A0
1  j
RL
A0  Av1 Av 2
R L  Rs 2
  Re 2 Cl

Pour que l’effet de Cl soit négligeable Re2 doit être très grande. Ce type
de liaison est couramment utilisé dans les circuits discrets mais ne
permet pas l’adaptation en impédance.
Re 2   / Cl

L’utilisation successive de transistors NPN et PNP permet d’éviter


l’étagement des potentiels.

La ddp VBC d’un transistor quelconque est de signe opposée à celle du


transistor précédent, ce qui maintient le potentiel moyen du collecteur ou
de la base constant pour les paires de transistors successifs.

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3. Structures actives en électronique analogique intégré


Il existe de nombreuses associations de 2 composants actifs,
de type identiques ou non, dont la fonction est celle d’un
nouveau composant, possédant souvent de meilleurs
caractéristiques que les composants de base utilisés. Dans la
suite on décrit les macro-composants utilisés en
électronique analogique.
A – Montage Darlington

VBE1  UT ln(IB1/Is1) et IC1  b1 IB1


VBE2  UT ln(IB2/Is2) et IC2  b2 IB2

Gain en courant élevé :

b  b1 b 2

B – Montage à transistors complémentaires

On appelle deux transistors complémentaires lorsqu’ils possèdent les


mêmes caractéristiques l’un étant de type NPN et l’autre de type PNP.

Le gain en courant statique de ce montage est :


b  b1 b 2

Impédance d’entrée : Re  h11 + b1b2RE1


Amplification en tension : Av -RE2/RE1
Amplification en courant : AI  b1b2

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C – Étage émetteur suiveur

C’est un étage très simple dont l’utilité est d’abaisser l’impédance de


sortie d’une source, il peut par exemple être connecté au montage
émetteur commun.

le gain en tension est voisin de l’unité :


h11
A’v  1-eavec e
RE 2 ( 1  h21 )

La résistance de sortie est exprimée par


: RE 2
Rout 
RE 2
1 ( 1  h21 )
Rs  h11

Les contraintes technologiques rencontrées dans la conception des


circuits intégrés modifient sensiblement les circuits de base utilisés. En
particulier, les condensateurs de fortes valeurs ne peuvent pas être
intégrés ; de même les résistances de grandes valeurs posent des
problèmes au niveau de l’intégration, alors qu’un composant actif est
plus facile à diffuser.

b
A – Miroir de courant I out  I in
2b

VCC Iin Iout

Iin Iout

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B – Source de courant
La connexion d’une simple résistance R à l’entrée du montage
précédent permet de réaliser une source de courant :
VCC

Iin Iout

VCC  VBE 0
Le courant traversant R est donné par : I in 
R
Le courant de sortie Iout traversant la charge Z est très voisin du courant
d’entrée, et donc constant.

4. Amplificateur différentiel
L’amplificateur différentiel est destiné à amplifier la
différence de deux potentiels, cette différence est souvent
très faible par rapport aux potentiels eux-mêmes. Il doit être
conçu pour éliminer l’effet des variations des caractéristiques
des transistors dues à la température.

vE1 AD vE1 AD
vs12

vs1
vs
vE2 vE2 vs2

v s  A d (v E1  v E 2 )  A c (v E1  v E 2 )

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Structure fondamentale de l’amplificateur différentiel

vS1 vS2

vE2 vE1
M

Si le montage est parfaitement symétrique, c’est à dire si les éléments homologues sont
identiques à tout instant, il n’aurait aucune dérive quelque soient les variations du milieu
environnant. Il n’est malheureusement pas possible dans la réalité d’obtenir des éléments
identiques. Toutefois, en prenant soin d’apparier convenablement les transistors, la dérive
thermique pourra être considérablement réduite.

La dissymétrie électrique du montage engendre une certaine tension de


sortie parasite lorsque les deux entrées sont court-circuitées. Pour mettre
en évidence les effets de cette dissymétrie, on distingue deux modes de
fonctionnement :

 Fonctionnement en mode commun


v e1  v e 2 i e1 i e 2 v s1  v s 2 i s1 i s 2
v ec  i ec  v sc i sc
2 2 2 2
v sc
On défini le gain en tension en mode commun par : A C 
v ec
 Fonctionnement en mode de différence
v ed  v e1 v e2 i ed  i e1 i e 2 v sd v s1 v s 2 i sd  i s1 i s 2
La superposition de ces deux modes de fonctionnement donne :
v s1  (A c  A d ) v e1  (A c  A d ) v e2
Le facteur de rejection en mode commun couramment utilisé dans la
pratique est définit par :
Ad Ad
FRMC =  CMRR ou  CMRR
2 Ac Ac

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Amplificateur différentiel à charge active

Gain en tension de
l’amplificateur :

vS v RC
Av   e7   b1 b 6
v e1  v e 2 v (h 11 ) 1

très élevé

5. Amplificateur opérationnel
Caractéristiques générales

 Gain en tension très élevé Ad >104.


 Impédance d’entrée (mode différence) Zed > 104 e+ IB+
VCC

 Impédance de sortie faible ZS < 200


 Bande passante très grande pour lui permettre de e
fonctionner sur une gamme de fréquence
importante sans provoquer des atténuations ou des vs
déphasages. IB -
e- VEE
 Tension de sortie quasiment nulle en l’absence du
signal d’entrée ( Erreurs statiques compensées )

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Un amplificateur opérationnel peut être utilisé de deux façons:


 Fonctionnement en boucle ouverte :

En raison de la grande valeur de Ad , la sortie de l’AOP se trouve à un niveau


haut (saturation positive) ou bas (saturation négative) fixes suivant le signe
de e = e+ - e- on l’appelle alors un comparateur.

 Fonctionnement en boucle fermée :


La boucle se fait à l’aide d’un réseau extérieur de contre - réaction
(rétroaction négative) la sortie est liée à l’entrée inverseuse, ou de réaction
(rétroaction positive) la sortie est connectée à l’entrée directe. Le choix de la
chaîne de rétroaction permet de déterminer la fonction de transfert
correspondante. L’introduction d’une chaîne de réaction positive donne
l’instabilité du système et permettra de réaliser des oscillateurs.

Erreurs dynamiques
Le gain en tension d’un AOP en boucle ouverte est très élevé en continu, mais
l’existence des capacités internes inévitables fait décroître ce gain, d’abord très
lentement puis de plus en plus rapidement lorsque la fréquence augmente. Le
diagramme de Bode d’un tel AOP en fonction de la fréquence a généralement
l’allure suivante :
Ad ( dB )
f°(f)
-20 dB/déc
A0

Ad0 f0 f1 f2
-40 dB/déc f
0

p/2
-60 dB/déc
p

f 3p/2
f0 f1 f2

La fréquence f0 est la fréquence de coupure de l’AOP, à cette fréquence


correspond une rotation de phase d’environ 45° du signal de sortie .

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Considérons un système bouclé comme le montre la figure ci-dessous. Soit A(p) la


fonction de transfert de la chaîne directe et B(p) celle de la boucle de retour en
notation opérationnelle.

B(p)

ve vs
-
A(p)
+

Dans le cas d’un retour différentiel le gain du système bouclé est donné par :

vs A( p)
Av ( p)  
ve 1 A( p).B( p)
En régime harmonique p = j  la stabilité du système bouclé découle de l’étude du
vecteur :
b()   Re (b()) , Im (b())  avec b( j)  A( j) . B( j)

Lorsque la fréquence varie l’extrémité du vecteur Im(b )  f (Re(b )) décrit une


courbe appelée lieu de Nyquist.
Critère de Nyquist :
En se déplaçant sur le lieu de Nyquist dans le sens des fréquences croissantes,
on dit que le système bouclé est stable si on laisse le point (-1) sur sa gauche.
Cette définition est théorique, on doit se réserver une marge de gain
généralement de 3dB et une marge de phase de l’ordre de 40°, pour éviter toutes
instabilités produisent par des éléments parasites.

m(b(j))
Diagramme de Nyquist

-1 = =0 e(b(j))

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Il existe plusieurs modèles des AOP qui permettent de simuler le


comportement et l’évolution d’un circuit à amplificateurs opérationnels.

 Modèle idéal
vS
-
e- -
e-
e 0 A0 e
e 0 vS
+ 0
e+ e
vS = A0 e e+ +

 Modèle approché
I-B RS vS
e- - -
e-
e 0 e Zd A0 e vS
+
e+ vS e+ 0
+ e

Fonctionnement en régime linéaire

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Fonctionnement en régime non linéaire

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Exemples : Limiteur de tension


UZ1

I1 VD02
I2

IE

VE VE
VS
VS

VS
VS
UZ1
VD02 + UZ1
- (Rd2 + RZ1 ) / R1 V-E 0 V+E VE
V-E 0 V+E VE
- R2 / R1
- R2 / R1 - (Rd1 + RZ2 ) / R1 - UZ2
- VD01 - UZ2

Amplificateur logarithmique
Correction en fréquence

IE
IC VBE

I0
VE
VS

G (dB)

-20 dB/déc
B1

Pour choisir  sur le diagramme de Bode, il faut se B2

placer dans le cas le plus défavorable (IC est  (log)


maximal dans l’intervalle d’utilisation),  limite la 1/max 1/min
rapidité du système. Pour obtenir la précision
demandée il faut que la vitesse soit inférieure à h 11   UT 
 C 0  R E C 0    R E  C 0
une valeur donnée. max doit être inférieur à cette b  IC 
valeur. La valeur la plus petite de IC détermine max.

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Correction en température de l’amplificateur logarithmique

IC1 VE
IC2
VBE1
VBE2

VE1 VE2
VS V’S

Vs   R U T ln R 1 VE 2 
3  
RT  R 2 VE1 
avec R3 >> RT

Comparateur simple

VS VS
V+sat V+sat V-
V+
VRéf
VRéf V+
t
0

V-sat V-sat

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Comparateur à hystérésis

V+sat VS

b +v VE

e t
VE b -v

V-sat
VS
VS

V+sat

V+ b -v b +v
0

V-sat

Signaux rectangulaires

VS
V+sat
b +v

t
t0 t1 t2
u
b- v

e V-sat
u
VS
VS

V+sat

b -v b +v
V+ 0

V-sat

En ajoutant au montage précédent un circuit intégrateur, on obtient un générateur de signaux


triangulaires.

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6. Oscillateurs
Ce paragraphe concerne l’étude de systèmes volontairement instables et dont
le comportement est oscillatoire.
Ils constituent les oscillateurs quasi-sinusoïdaux qui fournissent une grandeur
électrique dont l’amplitude oscille périodiquement dans le temps, en l’absence
de toute excitation d’entrée. Le système oscillant est le plus souvent fortement
non linéaire.
Les oscillateurs constituent l’une des fonctions de base de l’électronique
(analogique comme numérique…). Ils sont utilisés pour cadencer le
fonctionnement des systèmes (horloges de circuits numériques, montres…). Ils
peuvent également être utilisés pour fabriquer directement des signaux
classiques de tests en électronique (Générateurs analogiques) ou pour
fabriquer des porteuses en télécommunication.

Rappelons le principe d’un amplificateur avec réaction positive :

B(p)

ve vs
+
A(p)
+

vs A( p)
Av ( p)  
ve 1 A( p).B( p)

Si AB est positif mais inférieur à 1, le gain Av plus grand que A ; il y a réaction


positive. Un cas limite se produit lorsque AB vaut exactement 1, alors le gain
Av est infini. on peut interpréter ce gain en considérant que dans ce cas vs peut
être fini même en l’absence du signal d’entrée (ve =0).

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Le montage peut être un oscillateur. Pour qu’il le soit réellement il faut que la
boucle inclue un réservoir d’énergie sélectif ou non qui défini la fréquence de
fonctionnement.

Le signal ve étant absent, le sommateur d’entrée devient inutile, la structure


d’un oscillateur est alors schématisé comme suit :

On voit que vx = B.vs , soit vx = A.B.vx d’où A.B =1, c’est la condition limite
d’oscillation.

En pratique, la condition d’oscillation est A.B > 1.


Cette condition correspond à : AB=1 et Arg(AB)=0, 2p ou -2p, c’est aussi
l’équivalent Im(AB)=0.

Avant de présenter les différents types d'oscillateurs, il est nécessaire de faire


une remarque sur le calcul du gain en boucle ouverte. En effet, bien souvent
les quadripôles sont supposés avoir une impédance de sortie nulle et une
impédance d'entrée infinie. En pratique, ce n'est pas le cas et il faut
évidemment tenir compte des impédances d'entrée et de sortie.

Pour calculer le gain en boucle ouverte d'un système en réaction, on peut à


priori ouvrir la boucle n'importe où. Cependant pour que le calcul ait un sens
il faut prendre certaines précautions, en particulier en ce qui concerne les
impédances d'entrée.

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Soit par exemple le système bouclé suivant :

Le gain de boucle G(ω) peut être obtenu en coupant la boucle en M ou


N. Prenons par exemple le cas où on coupe en M, on obtient donc le
gain G(ω) en injectant un signal Ve à l'entrée de A et en mesurant le
signal Vs en sortie de B, à condition de charger le quadripôle B par une
impédance Ze égale à l'impédance d'entrée du quadripôle A.

Nous présentons ci-dessous divers types d'oscillateurs en commençant par les


oscillateurs basses fréquences utilisant comme réseau de réaction des cellules
R-C. Ensuite nous aborderons les oscillateurs hautes fréquences dont les
réseaux de réaction sont constitués par des selfs et condensateurs. Une
discussion de la stabilité des oscillateurs nous conduira finalement aux
oscillateurs à quartz.

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Oscillateurs à réseau déphaseur :

R2

R aR a2 R R1

C C/a C/a2 V0
VS

V0 ( j) 1
H( j)  

VE ( j) 1  (3  2 / a ) x 2  j (3  2 / a  1 / a 2 ) x  x 3 
Le gain en boucle ouverte (ou transmittance) de
R2
ce système est donné par : T( j)   H( j)
R1

Oscillateurs à pont de Wien :

V  ( p) l 2 0 p
b(p)  
VS (p) 1  (1  l 2  l 1l 2 ) 0 p  l 1l 2  02 p 2

Le déphasage est nul entre V+ et VS si et


seulement si : Im(b(j )) = 0

VS 1  l1l 2  02 osc
2
0

l 1 R0 l 2 C0 Pour la fréquence d’oscillation, b(j osc)


V+ prend la valeur :
l2
b( j ) 
1  l 2  l 1l 2

Le gain apporté par l’amplificateur opérationnel doit assurer la condition


suivante :
1+R2/R1 > 1 + l1 + 1/ l2

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