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BAFOUSSAM, Juin 2018

REPUBLIQUE DU CAMEROUN
MINISTERE DE L’AGRICULTURE ET DU DEVELOPPEMENT RURAL
DELEGATION REGIONALE DE L’OUEST

SUPPORT DE FORMATION SUR LES TECHNIQUES


DE CULTURE DE LA CAROTTE ET DU GOMBO

Consommateurs

DETAILLANTS DETAILLANTS

GROSSISTES

INTERMEDIAIRES
Produits maraichers
Légumes de type Légumes de
Européen type local
PRODUCTEURS
Légumes de type local : Gombo, Lalo, Foléré, Gouboudou...
Légumes de type Européen : Choux, Poireau, Poivron, Carotte, Piment
Circuit de commercialisation local des produits maraîchers

Préparée et Animée par :

TIAMGNE YANICK ALPHONSE

JUIN 2018

Formation sur la production de la carotte et du gombo. 1

Yanick Alphonse Tiamgne


BAFOUSSAM, Juin 2018

CONTEXTE ET JUSTIFICATIONS

Le maraichage joue un rôle économique considérable pour les populations de


la région de l’Ouest. Il constitue un appoint non négligeable dans l’alimentation des
familles. C’est aussi une source de revenus substantiels qui permet à certaines
populations locales de compléter les recettes issues de la vente des produits de rente
(cacao, café et huile de palme). La région de l’Ouest est l’un des centres de
production, de collecte et de distribution les plus dynamiques du pays. La demande
urbaine croissante en produits maraichers liée a l’explosion démographique et les
traditions culinaires qui imposent l’utilisation presque systématique de certains
produits maraichers, sont parmi les facteurs qui entretiennent le développement du
commerce des produits maraichers dans la région.
De nos jours, on observe le développement de l’agriculture périurbaine, qui
compense une bonne partie de la demande de nos villes en réduisant la charge de
transport entre les lieux de production et les lieux de consommation des produits.
La carotte et le gombo font partie des produits du maraichage dont il est
nécessaire de multiplier les espaces occupées dans la région. Cela est d’autant plus
nécessaire que les prix de ces denrées ne fluctuent pas beaucoup sur les marchés,
leurs consommations sont hautement conseillées par le corps médical et enfin, les
conditions pédoclimatiques sont propices à leurs productions tout le long de l’année
dans la région de l’Ouest.
Dans le cadre de l’appui au développement des cultures, la délégation
régionale MINADER de l’Ouest a trouvé judicieux de renforcer les capacités de son
personnel et des acteurs de la chaine de production et de commercialisation de la
carotte et du gombo. Le présent support est destiné à toute personne désireuse de se
lancer dans la production des 02 spéculations citées plus haut. Il comporte la réflexion
sans incomplète de la démarche à suivre dans la production, la gestion des maladies
en champ et en stock, la commercialisation des produits obtenus pendant l’année.

OBJECTIFS
L’objectif global est de renforcer les connaissances des participants sur les
techniques de base de la production et de la commercialisation de la carotte et du
gombo en vue de contribuer à l’augmentation et à la diversification de la production
maraichère dans la région de l’Ouest.
Spécifiquement, il est question de :
- Doter les participants des connaissances suffisantes pour mieux connaitre
la carotte et le gombo, mieux les produire et diversifier la production
maraichère ;
- Echanger sur les techniques de commercialisation des produits en toute
saison.

Formation sur la production de la carotte et du gombo. 2

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METHODOLOGIE

Il est question de privilégier les partages d’expériences entre les participants.


Pour cela, les brainstormings, les jeux de questions réponses et les apports théoriques
seront utilisés pour mieux animer la formation. Les supports pédagogiques seront
remis aux participants à la fin de la formation ainsi que les éléments nécessaires pour
les applications de la formation sur le terrain.

CAROTTE (Daucus carota)


1.1. GENERALITES

Famille : Ombelliféracées
Genre : Daucus
Espèce : carota
Nom en français : Carotte
Nom en anglais : Carot

Originaire d’Asie et dispersée dans le monde à nos jours.


Plante pouvant être cultivée 03 fois par an mais pas sur la même parcelle. Observer
une rotation culturale de 5 ans entre deux cultures de la famille des Ombelliféracées.
La durée du cycle végétatif varie entre 2,5 et 4 mois en fonction de la variété, de la
précocité et du calibre.
La germination commence 6 jours après le semis et peut s’étendre sur jusqu’à 15
jours.
Le rendement escompté en milieu paysan se situe autour de 12 tonnes/ha et en
station, de 10 à 20 tonnes/ha. On note des pertes importantes lors du stockage et du
transport.
Le prix de vente de la carotte est susceptible de varier fortement en peu de temps
surtout en saison des pluies alors même que les charges d’exploitation sont élevées.
Sa grande racine est le produit obtenu. Elle se mange crue et cuite. Les jus de carotte
sont aussi des délices pour l’alimentation et la cosmétologie.

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Points d’attention dans la carotte


 Utiliser les sols sans cailloux avec drainage rapide ;
 Respecter les durées de jachères et de rotation culturale de 5 ans au moins entre deux
espèces de la famille ;
 Mettre un accent sur la gestion de l’eau avant et après le semis (Irrigation nécessaire dans
les mois d’Octobre à Mars) ;
 Utiliser des fientes bien décomposées et bien âgées pour éviter les transferts des toxines
dans les racines ;
 Maitriser le semis et la levée (éclaircissement des lignes de semis) ;
 Eviter l’enherbement de la parcelle.
 Eviter les fertilisations trop azotées car l’excès a un impact négatif sur les racines.
Précédents à éviter:
 les céréales, en particulier le blé (risque Cavity spot) ;
 les Brassicacées c’est à dire les Crucifères (colza) et haricots (risque Sclerotinia et
Rhizoctonia)
 les prairies (excès d’azote, présence d’insectes au sol) ; • les Apiacées (céleri, fenouil…) ;
 Le maïs (Rhizoctonia).
Précédents à favoriser:
Ceux qui laissent une parcelle propre et qui ne tassent pas le sol (engrais verts mais attention à
l’excès d’azote) et cultures sarclées telles que poireaux et pommes de terre).

1.2. CONDITIONS GENERALES DE PRODUCTION

La racine est particulièrement sensible aux différences de densité de sol :


lorsqu’elle rencontre un obstacle, elle fourche. Plus le sol est sableux, plus la forme
sera régulière, plus il est argileux, plus elle sera qualitative (la limite étant l’arrachage).
Les sols limoneux semblent un bon compromis.
 Eviter les parcelles trop caillouteuses (problèmes de déformation et
d’arrachage).
 Eviter les sols battants et les sols « lourds » (risque de pourriture et difficultés
à la levée et à l’arrachage).
 Favoriser les sols sablo-limoneux bien drainés.
 Les sols sableux sont l’idéal pour des cultures précoces mais à éviter pour des
carotte de conservation.
 pH compris entre 6 et 7,5.
 Eviter la proximité de cultures d’ombelliféracées, de bois et de haies d’arbustes
(favorisent la mouche de la carotte).
 La carotte donne son meilleur rendement aux altitudes supérieures à 800 m et
sous des températures variant entre 15 et 20 oC

1.3. CONDUITE DE LA PARCELLE EN CHAMP

1.3.1. Préparation du sol

Elle doit être soignée afin d’obtenir une structure homogène et légère sur une
profondeur convenable (30 cm au moins) et un lit de semence très fin pour faciliter la
germination des très petites graines de carotte. Il est question de confectionner des
billons surélevés ayant une largeur de 1 m à 1m20 pour faciliter les désherbages. Les

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billons se distancent de 50 cm. En cas d’apport de fiente, il faut épandre sur le lit de
semis avant le semis pour réduire les effets de sa décomposition sur les graines.

1.3.2. Semis

Pour une année complète, le premier semis peut se faire en mi-mars, le second
en juillet et le dernier en novembre pour les plus nantis en équipement d’irrigation. Le
second semis comporte beaucoup de risque avec les fortes pluies de cette période.
Les varietes disponibles sur le marché sont : Chantenay a cœur rouge ;
Nantaise améliorée ; New kuroda et la Touchon. Ces semences sont proposées par
SEMAGRI (Technisem et Vilmorin).

La carotte étant victime de la pression des mauvaises herbes a la levée, il faut


préparer le lit de semis 2 semaines avant le semis pour pouvoir détruire les herbes
sur la planche au moment du semis (Technique du faux semis).
Pour le semis, il est conseillé de faire le semis en ligne suivant des rangées
bien matérialisées. Pour le faire, il faut à l’aide d’un bâton, creuser une ligne de semis
de 1 cm de profondeur. La technique de répartition de la semence sur le lit de semis
varie d’un producteur à un autre. Certains mélangent la semence avec du sable sec
(proportion 1/10) pour homogénéiser le semis. D’autres se servent des boites
perforées de petits trous ou ils ont mis la semence et agitent la boite au-dessus de la
ligne de semis pour libérer les graines.

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Il faut prévoir en moyenne 40 grammes de semences pour 100 m2 soit 30


graines sur ligne de semis de 1m de long. La levée se fait entre 7 et 15 jours après le
semis.
Apres la levée, un démariage ou éclaircissement de la parcelle est impératif
pour réduire la compétition entre les plants dans l’espace et ainsi accroitre les chances
d’avoir des racines homogènes et grosses.
Le coefficient de levée varie de 65% à 80%. L’optimisation de la densité est un
facteur clé de la rentabilité de la culture. Plus la densité est importante, plus le risque
de développement de maladies est important. Néanmoins, une densité plus faible que
prévue peut s’avérer catastrophique sur la marge.

1.3.3. Entretien

Le principal entretien est constitué du désherbage à 1 mois et du saclo buttage


à 2 mois après semis. Pour les périodes sèches, il est question de mentionner aussi
l’irrigation 02 fois par jour (matin et soir) à une profondeur de 20 mm quel que soit
l’équipement/matériel d’arrosage utilisé.

1.3.4. Fertilisation

En fumure de fond, il faut apporter la fiente de poule sur batteries de préférence


ou du compost bien âgé à raison de 10 tonnes par ha soit 250 sacs de 40 kg.
En fumure minérale, il faut que les engrais viennent avec 60 kg N, 80 kg de
P2O5 et 150 kg de K2O pour 1 ha. La carotte affection la potasse pour le
grossissement des racines. Un excès d’azote développe plus les feuilles au détriment
des racines et provoque une susceptibilité aux attaques de champignons.
Sur le marché, il existe une formulation (12 14 19) acceptable pour la carotte à
raison de 10 sacs par ha. Les engrais devront être fractionnés de la manière suivante :
 Pendant le semis : 3 sacs
 A 1 mois après le désherbage : 5 sacs
 A 2 mois au moment du saclo buttage : 2 sacs.

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1.3.5. Protection phytosanitaire

La carotte est principalement sensible à l’alternariose et au sclérotinia. Une


protection contre ces maladies est possible en intervenant préventivement, lorsque
les conditions climatiques et agronomiques deviennent favorables au développement
des champignons. Suivant les zones géographiques, certains problèmes diffèrent,
néanmoins en termes de ravageurs, la mouche de la carotte est le principal problème
phytosanitaire de la culture en système maraîcher.

A- Sclérotinia de la carotte
 Division : Ascomycètes
 Classe : Leotiomycètes
 Ordre : Helotiales
 Famille : Sclérotiniacée

Symptômes du sclérotinia de la Carotte


Le sclérotinia sur carotte, affecte la culture à la fois au champ et lors de son
stockage.
En cours de végétation, le sclérotinia peut apparaitre au niveau des feuilles les
plus âgées et sénescentes ou déjà infestées par l’alternaria, sous la forme de taches
translucides vert foncé. La maladie évolue ensuite sous la forme d’un feutrage blanc
cotonneux évoluant en pourriture molle, au niveau du collet à la base des feuilles. Des
sclérotes blancs puis noirs à maturités se développent ensuite sur le feutrage.
Lors de la conservation en terre ou en chambre de stockage, la maladie peut
se déclarer suite à une contamination pendant la culture. Un feutrage blanc se
développe, ainsi que des sclérotes à la surface des carottes. Les tissus atteints se
ramollissent rapidement, créant des pourritures molles, et contaminant les carottes
saines.

Incidence de la maladie
Sclérotinia peut être très préjudiciable au rendement par ses attaques sur
racines et sur carottes conservées en terre. Les dégâts sur feuilles, affaiblissent le
feuillage et peuvent engendrer des difficultés pour la récolte.

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Les facteurs favorables au sclérotinia


La maladie se développe au champ par temps doux (15-20°C) et humide. Elle
est favorisée par les végétations denses (densité de semis et variétés à feuillage
dense), créant un microclimat favorable à la germination des sclérotes et à la libération
des ascospores. La présence de feuilles sénescentes au contact du sol favorise son
développement.
Le sclérotinia est une maladie inféodée à la parcelle, les organes de conservation
(sclérotes) peuvent rester dans le sol jusqu’à une dizaine d’années. Sa multiplication
et son maintien dans les parcelles est favorisé par les rotations incluant des cultures
sensibles telles que : le tournesol, les pois, les choux, les laitues, …
Moyens de lutte contre le sclérotinia
Pour limiter les risques de maladie, éviter les cultures sensibles dans la rotation
(au maximum 3 par cycle de 10 ans) et favoriser les cultures non hôte comme les
céréales diminuant le stock de sclérotes dans le sol.
L’historique de la parcelle est à prendre en compte dans le programme fongicide
(Maneb), qui varie, selon les variétés et la pression de maladie, entre 2 à 5 traitements
sur carottes pour lutter contre les 3 principales maladies (sclérotinioses, alternarioses
et oïdium).
Afin de garantir l’efficacité anti-sclérotinia, il est recommandé d’intervenir en préventif
avant que les contaminations n’atteignent les pétioles et les feuilles sous la canopée.
La protection est à renouveler, en fonction du risque climatique, en alternant les
modes d’actions, jusqu’à la période précédant le buttage ou le paillage.

B- Alternariose de la carotte
L’alternariose de la carotte est provoquée par le champignon Alternaria dauci.

Symptômes de l'alternariose de la Carotte


Lorsque les feuilles sont touchées, la maladie se propage sous la forme de taches
brunâtres entourées de jaune. Elle progresse et finit par provoquer le dessèchement
du feuillage qui prend un aspect de brûlures. Alternaria peut aussi s’attaquer aux
pétioles.
Les facteurs favorables à l'alternariose
Favorisée par les conditions chaudes et humides, l’alternariose se développe surtout
pendant la saison des pluies.

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Nuisibilité de l'alternariose
L’alternariose est une maladie particulièrement grave pour les carottes. Les attaques
sur feuilles peuvent entraîner à la fois une chute de rendement importante et des
pertes lors de la récolte.

C- Mesures préventives de lutte


Dans la plupart des cas, la mise en œuvre des mesures de protection prophylactiques
préventives suivantes limitent les problèmes sanitaires :
 Utiliser des semences saines,
 Respecter des rotations de 6 ans minimum entre deux cultures
d’Ombelliféracées et limiter les cultures propageant le sclérotinia ;
 Éviter la proximité de parcelles de carotte qui ont subi précédemment des
dommages importants ;
 Éviter de semer à proximité de zones protégées (bois, haies) qui sont des
refuges pour la mouche ;
 Éliminer les résidus de culture lors de la préparation du sol;
 Éviter les excès d’azote et les amendements mal décomposés ;
 Choisir un sol filtrant ou bien drainé.
 Le décalage du semis par rapport au stade juvénile des insectes;
 L’utilisation de filets anti-insectes ;
 La mise en place de haies «répulsives » à base de graminées (canne à sucre,
maïs, sorgho).

1.4. RECOLTE, CONSERVATIONS ET UTILISATIONS

1.4.1. Récolte

En fin de cycle de production, le producteur va constater un jaunissement des


feuilles dans la parcelle. Cela indique la maturité de la carotte. En plus de ce signe,
l’on peut procéder a un sondage sur quelques carrées pour être sur avant toute
tentative de récolte.

Pour récolter les carottes, il faut attraper le feuillage au niveau du collet et


exercer une force pour les tirer verticalement du sol. Pour cela, le sol doit être humide
ou bien léger pour permettre aux racines de se libérer. Au cas contraire, surtout dans
les sols lourds, les tiges vont se casser et abandonner les racines dans le sol. A ce
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moment, il sera question d’utiliser un matériel aratoire (houe) pour récolter et cela
allongera le temps de récolte.
La récolte mécanisée demande 8 à 20 h de travail pour 1 hectare contre 400 heures
de travail pour la récolte manuelle.
Le rendement varie en fonction de la densité après démariage, de la structure et
texture du sol et de la technique de récolte. On peut obtenir en milieu paysan jusqu’à
12 tonnes/ha. Il faut s’assurer d’avoir obtenu des carottes de diamètres acceptables
(4 à 6 cm) en majorité.

1.4.2. Conservation

La carotte ayant une forte teneur en eau, est une denrée périssable. Certaines
techniques sont utilisées pour réduire les incidences des pourritures de stockage.
 La plupart des producteurs camerounais conservent leur carotte en faisant la
récolte échelonnée des parcelles en fonction de la demande.
 Apres la récolte, il est important de laisser les carottes se sécher un peu pour
faciliter la perte de terre et de l’eau sur les racines et réduire ainsi les conditions
favorables au développement des champignons.
 Pour les plus nantis, ils peuvent utiliser les chambres froides ;
 On utilise aussi les magasins de stockage bien aérés en versant du sable sec
a même le sol avant d’étaler les carottes dessus.

1.4.3. Utilisations

La carotte se vend en toute saison. La vente en gros se fait dans des sacs de
jute. La demande concerne surtout la carotte de gros calibre, 30 à 40 mm. Le
producteur qui réussit bien la carotte ne rencontre généralement aucun problème de
commercialisation s’il a pris la peine de se retrouver sur le marché mais c’est le prix
qui peut faire défaut. Les productions à grande échelle sont généralement
commercialisées en frais en demi-gros voire gros vers les étrangers et le locaux pour
les villes de Douala, Yaoundé, Kribi et autres villes de la sous-région Afrique Centrale.
Sur les marches ou dans les quartiers, la carotte est aussi détaillée en tas de 100, 200
et 500 f ou en seau de 15 litres.
La consommation de bouche de carotte se fait en crue ou cuite. Elle est aussi bien
utilisée dans la fabrication des laits, lotion et des savons de toilette. Les ménages
fabriquent aussi des jus de carotte pour la consommation.

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1.5. REPERES TECHNICO ECONOMIQUES DANS LA REGION DE L’OUEST

Quelques chiffres pour la production sur 1 ha en 2016.

Eléments Unité Valeur


Rendement kg/ha 12 794
Prix moyen de vente FCFA/kg 101
Production vendue et stockée FCFA/ha 971 414
Prélèvements pour la famille FCFA/ha 13 829
PRODUIT BRUT FCFA/ha 985 243

Engrais FCFA/ha 185 158


Semences et plants FCFA/ha 28 059
Produits défense végétaux FCFA/ha 106 047
Emballages FCFA/ha 18 987
Imprévus FCFA/ha 26 930
Total charges opérationnelles FCFA/ha 365,182
MARGE BRUTE FCFA/ha 620 061
Main œuvre temporaire FCFA/ha 58 808

2. GOMBO (Abelmoschus esculentus)


2.1. GENERALITES

Famille : Malvacées
Genre : Abelmoschus
Espèce : esculentus
Nom en français : Gombo
Nom en anglais : Okra

Le gombo est une espèce d’origine africaine, qui est donc parfaitement adaptée aux
conditions chaudes et humides du Cameroun.
Plante pouvant être cultivée 2 à 3 fois par an mais pas sur la même parcelle. Observer
une rotation culturale de 5 ans entre deux cultures de la famille des Malvacées (…..).
La durée du cycle végétatif varie entre 2,5 et 5 mois en fonction de la variété et de sa
précocité.
La germination commence 3 jours après le semis et peut s’étendre sur jusqu’à 7 jours.
Le rendement escompté en milieu paysan se situe autour de 3 tonnes/ha et en station,
de 8 à 10 tonnes/ha. On note des pertes importantes lors du stockage et du transport.
Le prix de vente du gombo est susceptible de varier fortement en peu de temps surtout
en saison des pluies alors même que les charges d’exploitation sont élevées.
Ses fruits constituent le produit obtenu.

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2.2. CONDITIONS GENERALES DE PRODUCTION

Le gombo résiste à la chaleur et par conséquent aime la pleine lumière et le


soleil. Il affectionne les sols profonds, bien drainés et riches en MO. Eviter de ce fait
les sols très marécageux avec eau stagnante sur des longues durées. Il faut assurer
les besoins en eau.

2.3. CONDUITE DE LA PARCELLE EN CHAMP

2.3.1. Préparation du sol

On peut opter pour un labour à plat ou former les buttes ou les billons et éviter
les sols très caillouteux. Les écartements suivants sont préconisés :
 75 cm entre les lignes avec 25 cm sur la ligne pour les variétés
précoces ;
 100 cm entre les lignes avec 40 cm sur la ligne pour les variétés tardives.
Sur labour à plat, il sera question de faire des poquets de 20 cm de profondeur
avec les dimensions de 30 cm dans tous les sens.
Pour les billons, faire des largeurs de 1m max avec une hauteur de 20 à 30 cm.
Quelques 2 semaines avant le semis, épandre la fiente ou le compost bien
décomposés a raison de 0,5 kg par poquet.

2.3.2. Semis

Pour une année complète, pour les variétés précoces, le premier semis peut
se faire en mi-mars, le second en juillet et le dernier en novembre pour les plus nantis
en équipement d’irrigation ou dans les bas-fonds. Le second semis comporte
beaucoup de risque avec les fortes pluies de cette période.
Les variétés disponibles sur le marché sont : Clemson spineless ; Emerald ;
Indiana et la Rouge de Thiès. Ces semences sont proposées par SEMAGRI
(Technisem et Vilmorin). Il est aussi vendu les variétés locales en verre sur les
marchés de la région.

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Compte tenu des caprices de la germination, il faut tremper les graines dans
l’eau pendant 24 h avant le semis. Si possible, on peut passer par la pépinière. Il faut
5 kg de semence pour 1 ha.
Il est question de semer en ligne et dans les poquets, pas à la volée, en mettant 2-3
graines par poquet. Apres la levée dans 5 à 7 jours, il sera de faire un démariage pour
ne laisser que 02 plants vigoureux max. par poquet.
En passant par la pépinière, il faut repiquer les plants à 4 feuilles en conservant la
motte de terre autour des racines.

2.3.3. Entretien

En saison sèche, il est question d’arroser les plants 3 fois par semaine a raison
de 1 l d’eau par poquet/arrosage. Un maintien de la parcelle propre est un atout pour la
production.
Le sarclo buttage devra intervenir 02 fois pendant le cycle (1er mois et 2e mois
après le semis). Au besoin, on peut faire le paillage de la parcelle pour limiter
l’enherbement en toute saison et les arrosages surtout en saison sèche. Le risque
avec le paillage sera de gérer les insectes coupeurs de tigelles à la levée.

2.3.4. Fertilisation

En fumure de fond, il faut apporter la fiente de poule sur batteries de préférence


ou du compost bien âgé à raison de 10 tonnes par ha soit 250 sacs de 40 kg. Les
engrais minéraux de fond et de couverture pouvant être utilisés sont consignés dans
le tableau suivant :

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2.3.5. Protection phytosanitaire

La lutte chimique est difficile en raison de la fréquence des récoltes. Le gombo


commun est en général plus sujet aux attaques de maladies et de ravageurs que le
gombo local.

A- Récapitulatif des maladies fongiques


Maladie Symptômes Lutte
Tâche vert jaune à noirâtre sur feuilles. A titre préventif ou curatif
Face inférieure des feuilles grise puis traiter au manèbe (par
Cercosporiose noire exemple Mancozan
Dessèchement des feuilles Super
80WP : 3,5 kg/ha)

B- Récapitulatif des viroses


Pathogène Symptômes Lutte
En zone infestée, utiliser la variété tolérante au
Okra Leaf Curf OLCV.
Virus (OLCV) Enroulement Traiter avec du diméthoate (par exemple
Transmis par la foliaire Colibri : 1 l /ha). Arrêter le traitement dès
mouche blanche l‘apparition des 1ères fleurs. Après la floraison,
Bemisia tabaci traiter avec la deltaméthrine (par exemple
Décis 12,5 EC : 1 l/ha).
Okra Mosaic Virus Mosaïque des
transmis par les feuilles : tâches Traiter avec de la deltaméthrine (par exemple
altises jaunâtres sur les Decis 12,5 EC : 0,5 l/ha)
feuilles

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C- Récapitulatif des attaques d’insectes


Insecte Symptômes Lutte
Jaunissement des- Traiter à la cypermétrhine, par exemple
feuilles qui se Cypercal 50EC : 1 l/ha) ou à la
Jassides
recroquevillent en deltaméthrine (par exemple Décis
cuillère 12,5EC : 1 l/ha)
Altises Perforation des feuilles Traiter à la cyperméthrine (par exemple
(Podagrica et des fleurs, Dégât Cypercal 50EC : 0,5 l/ha) ou à la
decolorata et grave sur les plantules deltaméthrine (par exemple Décis
Nisotra dilecta) 12,5EC : 0,5 l/ha)
Perforation des feuilles Traiter à la cypermétrhine, par exemple
Chenilles de et des fruits, Cypercal 50EC : 1 l/ha) ou à la
Lépidoptères deltaméthrine (par exemple Décis
Destruction des fleurs 12,5EC : 1 l/ha)

D- Récapitulatif des attaques des nématodes


Parasite Symptômes Lutte
Présence de galles sur
Nématodes les racines
Pratiquer une rotation culturale avec des
(Meloidogyne Mauvais cultures d’une autre famille que celle des
développement de la
spp.) Malvacées
plante
(nanisme)

2.4. RECOLTE, CONSERVATIONS ET UTILISATIONS

2.4.1. Récolte

La récolte intervient 2 à 3 mois après le semis pour les variétés précoces et


peut s’étendre sur 1 mois. Les variétés locales peuvent faire 12 mois sur la parcelle
et être récoltées progressivement. Les fruits se récoltent quand leurs extrémités se
cassent. Les fruits sont vieux et fibreux s’ils se plient. Les jeunes feuilles tendres sont
aussi comestibles. Comme les consommateurs apprécient les fruits tendres, il faut
faire les passages de récolte tous les 3 jours dans la parcelle.
En milieu paysan, on atteint les rendements de 2 tonnes/ha par contre en
station, ils se situent autour de 5 à 8 tonnes pour les variétés hâtives et 15 à 18 tonnes
pour les variétés tardives.

2.4.2. Conservation

Le gombo frais doit être consommé dans les trois jours suivant la récolte. Les
meilleures pratiques de conservation sont :
 Le séchage des fruits pendant 1 à 2 semaines. On peut par la suite écraser
pour en faire une poudre. Le séchage au soleil (sur une aire aménagée) des
fruits coupés en rondelles ou des petits fruits entiers, assure une très bonne

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conservation. Pour les semis prochains, le fruit de gombo peut être séché et
conservé en entier.
 La conservation au réfrigérateur pendant 5 à 7 jours. La congélation permet
une conservation plus longue.

2.4.3. Utilisations

Le gombo se vend en toute saison. La vente en gros se fait dans des sacs de
jute. Le producteur qui réussit bien le gombo ne rencontre généralement aucun
problème de commercialisation s’il a pris la peine de se retrouver sur le marché mais
c’est le prix qui peut faire défaut. Les productions à grande échelle sont généralement
commercialisées en frais en demi-gros voire gros vers les étrangers et les locaux pour
les villes de Douala, Yaoundé, Kribi et autres villes de la sous-région Afrique Centrale.
Sur les marchés ou dans les quartiers, le gombo est aussi détaillé en tas de 100 f
correspondant parfois entre 3 et 7 fruits suivant la saison.
Le gombo se consomme à partir des fruits frais ou des fruits secs. Il sert dans
la sauce gombo, sauce jaune au gombo, sauce pistache au gombo ou sauce arachide
au gombo.

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2.5. REPERES TECHNICO ECONOMIQUES DANS LA REGION DE L’OUEST

Quelques chiffres pour la production sur 1 ha en 2016.

Eléments Unité Valeurs


Rendement kg/ha 2 377
Prix moyen de vente FCFA/kg 317
Production vendue et stockée FCFA/ha 731 232
Prélèvement pour la famille FCFA/ha 32 458
PRODUIT BRUT FCFA/ha 763 690

Engrais FCFA/ha 74 350


Semences et plants FCFA/ha 41 071
Produits défense végétaux FCFA/ha 39 009
Emballages FCFA/ha 11 239
Divers FCFA/ha 5 482
Total charges opérationnelles FCFA/ha 171 152
MARGE BRUTE FCFA/ha 592 539
Main œuvre temporaire FCFA/ha 133 661
Travaux entreprise/tiers FCFA/ha 3 500

3. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ACEFA (2016), Analyse de groupe Région de l’Ouest, Carotte et Gombo, Top
Analyse, Programme ACEFA, MINADER-MINEPIA.

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Vegetable Center. 2p.

Baouamio E., Berton S. et Vinchent R. (2008), Memento technico économique du


maraichage a Kimwnja, Kinshasa : Pratiques agricoles et fiches cultures,
AGRISUD INTERNATIONAL, PADAP. 32p.

Chambre d’Agriculture (2014), Fiche Itinéraire Technique du Gombo, Agricultures


et Territoires. 2p.

EDOS (2015), Support de formation sur les techniques des cultures


maraichères, Ministère du développement agricole, JICA, République du Niger. 23p.

Folefack D.P. et Djoulde D.R. (2014), Les stratégies de commercialisation des


produits maraichers sr le marché de Maroua au Cameroun, AGRIDAPE. pp. 22-
24.

Fondio P., Djidji et Kouame (2007), Bien cultiver le Gombo en Côte d’Ivoire, CNRA
et CTA. 4p.

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Yanick Alphonse Tiamgne


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Mbaye N. (2015), Manuel sur les principaux ravageurs et maladies des cultures
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chargé de l’Agriculture, République du Sénégal. 103p.

Perret C. (2011), Cultiver la carotte de plein champ en agriculture biologique :


Repères technico économiques, LPC BIO. 8p.

SAILD (2001), Recueil des fiches techniques pour l’entrepreneur rural, GOMBO,
SAILD. Pp. 59-65.

SAILD (2015), Recueil des fiches techniques pour l’entrepreneur rural,


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