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Corrigé du bac 2015 : SVT obligatoire

Série S – Polynésie remplacement

BACCALAURÉAT GÉNÉRAL

SESSION 2015
Session de remplacement

SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE

SÉRIE S

Durée de l’épreuve : 3h30 Coefficient : 6

ENSEIGNEMENT OBLIGATOIRE

L’usage de la calculatrice n’est pas autorisé.

Correction proposée par un professeur de SVT pour le site


www.sujetdebac.fr

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Partie I : le domaine continental et sa dynamique
La surface de la Terre, et donc de la croute, a des altitudes variées selon les
endroits. Cependant, 2 niveaux d’altitude sont majoritaires, +100m au niveau des
continents et -4700 m, profondeur la plus fréquente des océans. Ceci laisse
penser que la croute continentale a des caractéristiques différentes de celles de
la croute océanique. Ces croutes associées au manteau supérieur font partie de
la lithosphère qui est en équilibre sur l’asthénosphère.

Comment expliquer ces différences d’altitude moyenne entre continents et


océans ? Pour cela, nous expliquerons les caractéristiques de la croute
continentale. Nous nous intéresserons en particulier à la croute continentale au
niveau des chaines de montagne où l’altitude est beaucoup plus élevée. Puis nous
comparerons les 2 croutes, continentale et océanique, pour comprendre ces
différences d’altitude.

I – Les caractéristiques de la croute continentale

1. Les altitudes

L’altitude moyenne des continents est de plus de 800m, mais l’altitude la plus
fréquente est d’environ 100m au niveau des plaines; Au niveau des chaines de
montagnes comme les Alpes les altitudes sont très importantes, 4800m pour les
Alpes mais 8800m pour l’Himalaya. Une partie de la croute continentale se trouve
sous le niveau de la mer au niveau des marges passives.

2. Les roches de la croute continentale

La croute continentale est essentiellement constituée de roches magmatiques


et métamorphiques. On trouve en surface une couverture de roches
sédimentaires.

Ces roches peuvent être très vieilles puisque des roches ont pu être datées de
plus de 4Ga.

Pour l’essentiel les roches magmatiques de la croute continentale sont des


granitoïdes, roches entièrement cristallisées avec des cristaux visibles à l’œil nu
de quartz, feldspath et micas.

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Les roches métamorphiques formées en profondeur dans la croute sont souvent
des gneiss de composition voisine de celle des granites.

Ainsi la croute continentale a une densité moyenne de 2.7.

3. L’épaisseur de la croute continentale

La croute continentale a une épaisseur moyenne de 30 km mais cette épaisseur


peut atteindre plus de 70 km d’épaisseur au niveau des chaines de montagne à
l’aplomb des reliefs. Le Moho, discontinuité qui sépare la croute du manteau
supérieur n’est donc pas partout à la même profondeur. Au niveau des chaines de
montagne, il s’enfonce et forme une racine crustale s’enfonçant dans le manteau
lithosphérique.

Ceci peut s’expliquer par un épaississement crustal dû à des déformations :

• des plis, des failles inverses et des charriages, qui sont des
déformations s’accompagnant d’un raccourcissement et d’un
épaississement par empilement de roches.
• des nappes de charriage, qui résultent d’un empilement de terrains suite
à un déplacement important de terrains sur plusieurs km. Cela entraine un
épaississement de la croûte.

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Ainsi, plis, failles inverses et nappes de charriage sont responsables de
l’épaississement de la croute dans les chaines de montagne, en réponse aux
contraintes convergentes lors de la collision. Les empilements sont à l’origine
des reliefs en surface et de la racine crustale en profondeur.

Donc la croute continentale de composition granito-gneissique est épaisse et de


densité 2,7.

II - Comparaison croute continentale- croute océanique

1. Comparaison des 2 croutes

La croute continentale est pour l’essentiel au dessus du niveau de la mer, alors


que la croute océanique se trouve exclusivement sous le niveau de la mer.

La croute océanique (CO) a une densité de 2,9 alors que la croute continentale
(CC) a une densité de 2,7. La nature des roches est différente. La CO est
constituée de basalte et gabbro, 2 roches issues du même magma et donc ayant
la même composition chimique mais ayant des structures différentes selon leur
mode de refroidissement au niveau de la dorsale. Ces roches sont généralement
recouvertes de roches sédimentaires.

L’épaisseur des 2 croutes est très différente également : la CC a une épaisseur


moyenne de 30 km alors que la CO n’a une épaisseur que de 6 à 7 km.

De plus, la CC peut être tres vieille, presque 4 Ga alors que la CO la plus vieille a
moins de 200 Ma. La CO est recyclée est permanence.

Ces caractéristiques différentes expliquent-elles les différences d’altitude,


c'est-à-dire que la croute continentale pour l’essentiel soit au-dessus du niveau
de la mer alors que la croute océanique se trouve en profondeur.

2. Une explication aux différences d’altitude

La croute continentale ou océanique est associée au manteau supérieur pour


former la lithosphère. Le manteau a une densité de 3,3. La lithosphère flotte sur
l’asthénosphère qui se trouve en dessous.

Aujourd’hui les spécialistes (modèle d’Airy) admettent qu’à une certaine


profondeur, la lithosphère est soumise à une pression constante qui ne dépend

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pas des reliefs superficiels donc de l’altitude. Cette surface est appelée surface
de compensation, et la lithosphère est alors en équilibre isostatique.

Ceci veut dire que chaque colonne de roches surplombant cette surface a la
même masse. L’excès de masse du à l’épaississement au niveau des chaines de
collision est compensé en profondeur par un déficit de masse, c'est-à-dire une
racine composée de roches moins denses par rapport au manteau.

La croute océanique étant plus dense que la croute continentale, la colonne


rocheuse correspondant à la lithosphère océanique est moins haute que celle
correspondant à la lithosphère continentale, et donc se trouve sous le niveau 0
de la mer.

La lithosphère est en équilibre sur l’asthénosphère. Ainsi, c’est l’isostasie qui


explique les différences d’altitude entre les continents et les océans, ainsi que
les différentes altitudes au sein des continents par exemple. Ceci est dû à des
différences de densité entre les 2 croutes en relation avec leur composition
rocheuse et leur histoire.

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Partie II : Maintien de l’intégrité de l’organisme,
quelques aspects de la réaction immunitaire
Grace à la vaccination antitétanique, on a pu faire diminuer de façon drastique le
taux de mortalité. Cependant, une dizaine de personnes meurent encore chaque
année du tétanos, c'est-à-dire de la neurotoxine produite par la bactérie
Clostridium tetani. Le vaccin antitétanique nécessite une primo-vaccination suivie
de rappels réguliers.

Quel est l’intérêt de la primo-vaccination puis des rappels successifs ?

Le document montre le taux d’anticorps antitétanique (Ac) chez un adulte. Ce


taux est nul avant la première injection.

L’intérêt de la primo-vaccination :

La première injection provoque une production d’anticorps pendant le mois qui


suit mais cette production est faible et lente, nettement inférieure à O,O1
UI/mL qui est la dose minimale pour être immunisée.

La seconde injection a lieu 1 mois après la 1ère, au moment où ce taux diminuerait


s’il n’y avait pas cette 2ème injection. Le taux d’anticorps augmente
immédiatement et de façon importante pour atteindre le taux de 0,1 UI/mL, soit
10 fois le taux pour être immunisé.

La personne n’est donc immunisée qu’un mois après la 1ere injection. La vaccination
a permis la production d’anticorps.

L’intérêt des rappels :

Dans l’année qui suit la primo-vaccination, le taux d’Ac diminue et atteint le taux
de 0,01 UI/mL au bout d’un an, c'est-à-dire la valeur limite pour être immunisé.

Les rappels ont donc lieu au bout de 1 an puis 5 après et enfin 10 ans après.

Chaque injection provoque une production d’Ac rapide et importante. A chaque


rappel, le taux et supérieur à celui de l’injection précédente jusqu’à 10 UI/mL. La
diminution du taux d’Ac est assez rapide dans un premier temps, puis est plus
lente, mais le taux des anticorps reste toujours supérieur au taux minimal pour
être immunisé.

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La primo-vaccination a généré une réponse primaire de l’immunité adaptative de
faible amplitude, mais qui a permis la production de cellules mémoire qui
permettent une réponse secondaire plus rapide et quantitativement plus
importante, qui assure une protection de l’organisme contre la toxine tétanique.
Au fil des rappels, le pool de cellules mémoire dirigées contre la toxine devient
de plus en plus important, mais il diminue malgré tout au cours du temps. D’où la
nécessité de rappels qui réactivent la réponse immunitaire.

Partie III : Neurone et fibre musculaire : la


communication nerveuse
Les nouvelles technologies d’imagerie cérébrale ont montré que les capacités du
cerveau se réorganisaient au cours du temps, même chez les adultes. On parle de
plasticité cérébrale du cortex moteur.

Quelles sont les caractéristiques de la plasticité cérébrale du cortex moteur, et


dans quelles conditions se développe la plasticité cérébrale ?

I - Les caractéristiques de la plasticité cérébrale du cortex


moteur

Doc 1 : activité du cortex moteur après une greffe des 2 mains

On remarque que la partie du cortex moteur dédié à la main est très importante
par rapport à la jambe par exemple.

Activité avant la greffe :

Chez l’individu greffé, les aires du cortex moteur qui contrôlent la main
droite comme celle de la main gauche ont fortement diminuées par rapport
à la normale (zones grisées et pointillées) et particulièrement pour la main
droite. Seules les parties en bas de l’aire restent activées.

Cependant, ces zones restent activées par les mouvements que le patient
fait avec sa « main » en stimulant ses muscles de l’avant-bras.

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Activité après la greffe :

Une partie de l’aire motrice n’est plus activée (parties pointillées en bas),
par contre une nouvelle zone est activée (zone noire vers le haut) et
réoccupe pratiquement l’ensemble de l’aire motrice normale de la main.

Le cortex moteur s’est donc réorganisé en relation avec l’activité des 2


nouvelles mains du patient.

Document 2 :

On compare les zones activées au niveau du cortex moteur chez 2 individus


sains, A et B, lors de divers mouvements (œil, doigts, poignet ou avant-bras).

Chez les 2 individus, les zones activées se trouvent dans une bande au milieu qui
correspond au cortex moteur.

Mais on voit que au sein du cortex moteur, les aires activées sont différentes :
chez le sujet A, ce sont surtout des zones en haut qui sont activées, alors que
chez B les mêmes mouvements activent surtout une zone en bas.

Donc chaque individu possède une cartographie cérébrale motrice qui lui est
propre.

Document 3 : modifications cérébrales observées après une lésion due à un


AVC

L’AVC a lésé certaines régions du cerveau.

Dans les 2 à 3 mois qui suivent l’AVC, le cerveau utilise et active des synapses qui
existaient avant la lésion : des synapses qui étaient soient inactives soient
inhibées, et qui ne fonctionnaient donc pas. Elles deviennent alors fonctionnelles,
générant de nouvelles connexions entre les neurones.

Par contre, un an après la lésion, de nouvelles synapses sont apparues et donc de


nouveaux circuits de neurones se sont mis en place.

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Document 4 : évolution de la zone corticale motrice dédiée aux doigts en
fonction d’un entrainement au piano.

On enregistre l’activité des zones motrices dédiées aux doigts (muscles


fléchisseurs et extenseur du majeur) de la main droite chez 3 groupes de
personnes non musiciennes. Les groupe 1 et 2 jouent du piano, le groupe 3 témoin
ne joue pas pendant les 5 jours de l’expérience. Le groupe 1 joue toujours la
même séquence de notes, impliquant le majeur pendant 2h, alors que les
personnes du groupe 2 jouent ce qu’elles veulent mais pas de séquences fixes.

Jour 1 :

Chez les 3 groupes, l’activité de la zone du cortex moteur est la même et a


une faible surface. C’est environ un cercle de 1cm de diamètre avec une
zone centrale de forte activité corticale.

Jour 2 à 5 :

La surface du cortex moteur activé chez le groupe 3 ne varie pas au cours


du temps.

Par contre la surface de cette zone augmente chez les groupes 1 et 2 (un
maximum pour les muscles fléchisseurs du groupe 1 avec une surface de 3
cm de diamètre) mais elle augmente de façon plus importante chez le
groupe 1. De plus, cette augmentation de surface commence dès le 2ème jour
d’apprentissage pour le groupe 1, et dès le 3ème pour le groupe 2.

Cette augmentation de surface concerne surtout la zone la plus active


(noire), qui est 10 fois plus importante au bout de 5 jours chez les
personnes du groupe 1 que du groupe 2, que ce soit pour les muscles
fléchisseurs ou extenseurs des doigts.

On peut donc en conclure qu’un entrainement, c'est-à-dire l’acquisition d’une


nouvelle performance motrice, provoque une réorganisation du cortex
cérébral moteur. Les territoires fortement sollicités se développent, et
présentent donc des zones plus étendues. Cette réorganisation corticale
est rapide.

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Mise en relation des documents 1 à 4 :

Le cortex moteur a le même emplacement au niveau du cerveau chez tous les


individus. Chaque région du corps est contrôlée par une zone particulière du
cortex ou aire motrice, comme par exemple celle de la main. Mais la surface de
cette aire motrice varie en fonction de l’entrainement, et donc selon les
individus. Elle peut même être remaniée ou réorganisée au cours de la vie, de
façon plus ou moins importante, par exemple après une greffe, une lésion ou
après un entrainement : c’est la plasticité cérébrale. Celle-ci existe donc chez
l’adulte. Cette plasticité cérébrale permet de récupérer des fonctions après une
lésion.
L’organisation du réseau de neurones se modifie en réponse aux
stimulations : des synapses inactives peuvent être de nouveau actives, de
nouvelles synapses peuvent même se créer à l’origine de nouveaux circuits de
neurones.

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