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Prologue

Comment vivre avec des mensonges ? Récemment, je me suis rendu compte que ma vie était remplie
de mensonges, de leurres, provenant des autres, de personnes en qui j’avais confiance, de tout un
chacun, mais aussi de moi, … Parfois, ce sont bien sûrs des mensonges sans aucun intérêt, un refus de
divulguer certaines informations, comme la dernière note au contrôle de mathématique que nous ne
voulons pas dire à nos parents par peur des représailles (tentative bien vaine, me direz-vous, ils seront
bel et bien au courant à un moment donné), mais certains mensonges sont plus durs à porter.

Comment ont-ils pu nous venir à l’esprit ? Ces mensonges qui nous déchirent le cœur, qui nous
lacèrent notre âme à force de culpabilité ? Pourquoi avons-nous écouté cette petite voix maléfique,
nous poussant dans le désir de tromper notre interlocuteur ?

Par vice. Oui, le mensonge est un vice. Commencer à mentir est un couloir vers une descente en enfer,
rongé par nos leurres, inventant des mensonges à la suite, happé par notre perversité à tromper autrui.
Si vous n’avez jamais menti, ne commencez jamais, cacher est déjà une part de mensonge. Votre état
devient dangereux lorsque vous commencez à croire à vos propres mensonges : vous devenez
mythomane. Si vous ne vous rendez pas compte de votre méprise à tant, vous êtes perdus.

Avec ces écrits, je vais dévoiler ma vie privée, certes, mais aussi vous montrer ma mythomanie, mes
« cachoteries », mes espoirs et mes déceptions. Vous vous apprêtez à lire le journal d’un adolescent. Je
n’ai jamais connu de drame, je suis juste un être vivant dans un monde où tout devient possible : le
meilleur, comme le pire.

Je ne vous demanderais qu’une seule chose : ne jugez pas trop vite.

Erbam Setec, 3 mars 2009


Chapitre 1

Vous est-il déjà arrivé de vouloir écrire ? Pour rien, pour vous-même, pour faire sortir le trop-plein que
vous avez accumulé des mois durant dans votre petite cervelle, une quantité innombrable de détails
que vous voudriez oublier ? Aujourd’hui je ressens ce besoin pressant de tout faire éclater, dans les
moindres recoins de ma mémoire.

Aussi loin que j’arrive à me souvenir, j’ai toujours couru après le bonheur. Et petit, le bonheur pour
moi signifiait le plus simplement du monde : avoir une copine. L’amour ? Je ne connaissais pas. En
même temps, en primaire, un baiser tendre et mouillé sur la joue signifiait la plus idyllique des
histoires d’amour !

Je me souviens encore de mon premier « baiser »… enfin du premier qui m’ait réellement marqué.
Nous étions alors en CE2, lors d’un voyage que l’on appelait alors « classe verte », et comme dans
tous les voyages, il y avait la fameuse et tant attendue Boum ! Encore une fois, je m’étais fait disons…
doucement fait comprendre que je n’intéressais pas les quatre ou cinq filles avec qui je voulais sortir…
Mais voici que le soir-même, une fille que je n’avais jusqu’alors jamais vraiment imaginé être ma
copine m’invite. Son nom était Lou. Jeune et fou, je saute sur l’occasion… Le slow. Elle
m’embrasse…enfin plutôt dire qu’elle plaque littéralement sa bouche contre la mienne… Oui je dois
avouer que cela n’a rien de vraiment intéressant… Mais que voulez-vous, nous étions jeunes ! Toute
fière de notre nouvelle relation, la voici qui me trimballe aux quatre coins de la pièce et qui me colle
sa bouche pour montrer que je lui appartiens…

Bon, j’étais content, certes… mais au bout du quatrième tour de salle, j’avais aussi envie de m’amuser
avec mes amis, voyons ! Alors je la quitte momentanément… Je n’ai jamais compris pourquoi en fin
de soirée elle pleurait et me disait qu’elle me haïssait… Les filles, je vous jure ! Depuis ce soir-là, j’ai
commencé à détester les slows et particulièrement « Ti amo »…

Au collège, j’étais le vilain petit canard rejeté par toutes les filles à qui ce malheureux demandait de
sortir… Mais quand on marque dans son journal intime « Aujourd’hui j’ai annoncé à mes parents que
j’aimais trois filles ! »… Il y a de quoi douter de sa signification du mot « aimer », n’est-ce pas ? Je
me souviens encore très bien de la fille que j’ai aimée du CE2 à la fin du collège. Une blonde filiforme
aux os trop fins. Allez savoir pourquoi d’ailleurs mais je suis revenu maintes et maintes fois à la
charge… Aujourd’hui, lorsqu’il m’arrive de la croiser dans notre ville d’enfance, j’ai pitié d’elle, en la
voyant d’une maigreur horrifiante…

Mais ces amourettes d’enfance n’étaient rien que des mots en l’air… Le lycée fut une expérience
beaucoup plus marquante qui restera à jamais gravée dans ma mémoire…

Vous n’avez qu’à juger par vous-même…


Chapitre 2

La rentrée. C’est toujours le moment le plus dur, que ce soit en maternelle, avec les premiers au revoir
avec les parents que nous pensions destinés à servir nos moindres besoins tels des enfants rois ou des
princesse pour la gente féminine - Quel désarroi lorsque nous voyons une vieille chose difforme nous
tirer loin des bras réconfortants de notre douce génitrice ! – ou que ce soit au lycée, avec l’entrée dans
la cour des grands !

Ah ! Cette rentrée ! La rentrée des secondes, celle qui fait paniquer le plus d’adolescents, ou qui excite
les plus téméraires ! Que ne donnerais-je pas pour revivre ce moment de tension lorsque pour la
première fois nous voyons notre classe ! Il faut dire que j’étais l’un des derniers à rentrée dans la salle
lors du premier jour, ce qui n’est pas très recommandé… Mais voir cette salle, ces yeux perdus,
téméraires ou bien tout simplement…blasés ? Bref, le premier jour prépare au reste de l’année… et ce
fut le cas de celui-ci.

Première vision : une masse d’inconnus ! Je ne connaissais pratiquement personne, à part…mon


amour d’enfance ! Oh pitié ce n’est pas possible ! Et pourtant si ! Elle est là, devant moi, avec son
grand sourire ! Je me souviens encore d’elle, petite, toujours à marcher sur la pointe des pieds avec son
bandeau jaune qui lui retenait ses cheveux noirs de jais… Mathilde se trouvait dans ma classe !

Je me souviens encore des rêves d’amours que je faisais à cette époque, en CE1… Je vous préviens, ce
n’est pas le rêve tout bleu tout rose des enfants que nous imaginons… Non, ce rêve se passait dans la
cour de la récréation de l primaire où nous « étudiions » elle et moi. Tout d’abord, dans mon rêve, je
voyais le ciel, en noir et blanc…enfin plutôt dire que je voyais la cime des arbres, à la première
personne, puis la « caméra » allait à l’extérieur de mon corps pour que je vois dans quelle posture je
me trouvais… J’étais allongé sur une civière, des médecins autour de moi, m’emmenant vers une
voiture de pompiers, puis un cri d’effroi, Mathilde qui se précipite pour savoir si je vais bien, qui
demande pourquoi je ne réponds pas, et qui me dit qu’elle m’aime, une dernière fois, en pleurs… puis
le noir.

Ah ! Je vous avais prévenu ! Ce n’est pas le rêve du commun des enfants de cet âge ! Bon, bien sûr,
cela faisait longtemps que ce n’était devenu plus qu’une amie, et comme ce fut la seule fille que je
connaissais, je ne parlais qu’à elle ce premier jour.

Enfin, plutôt dire cette première heure ! Très vite, lors de la visite du lycée, on se lia d’amitié – ou
plutôt dire de connaissance – avec une autre fille, Margot, qui redoublait sa seconde, pratique pour s’y
retrouver dans ce dédale de trois bâtiments à trois étages chacun… Bref, cette fille devint vite une
amie, à Mathilde et à moi. Enfin, une troisième fille se joignit à notre petit groupe, Eve, ancienne
camarade de classe de collège.

Ce petit quartet ne se sépara pas de l’année, se soutenant dans les moments difficiles, et riants de tout
et de rien – surtout de rien en fait.

Mais c’était sans compter mon insatiable envie « d’amour »… Eh oui, cela devait bien arriver un jour,
je suis tombé amoureux d’une fille, une fois de plus. Enfin plutôt que le mot amour, j’utiliserais plutôt
le mot béguin… Qui était la pauvre victime ? Mathilde… Oui, l’amour de mon enfance était revenu
me hanter…
A cette époque, j’écrivais beaucoup de poèmes, la plupart assez déprimant, mais aussi des poèmes
d’amour, que je faisais lire à mes amies – oui car peu de garçons étaient intéressés pas ma créativité de
poète, cela vous étonnerait-il ? – et surtout à Mathilde…

Je ne voyais pas comment elle pourrait ne pas m’aimer, on se faisait des câlins, on était toujours
fourrés ensemble à la récréation et nous passions des après-midi tellement bonnes que ma passion
pour cette jeune demoiselle se fit de plus en plus forte, toujours à vouloir la prendre dans mes bras,…

Au bout d’un moment, je ne tins plu et me décida à lui avouer le fond de mes pensées et mes
sentiments envers elle…

Bien sûr, je m’étais fait tous les films possibles et inimaginables ! Et bien entendu, ce fut celui que je
ne voulais pour rien au monde qui advint. « Je préfèrerai qu’on reste amis »… Merde ! Mais qu’est-ce
que j’ai foutu moi ! Il a fallu que ce soit elle qui me le dise une énième fois dans ma vie pour que je
me rende compte de la stupidité de la chose ! C’est une AMIE ! Rien de plus, j l’aime mais seulement
par amitié, c’est ça que je ressens, pas de l’amour, de l’AMITIE !

D’un seul coup, je recouvris mes esprits et Mathilde devint ma seule et meilleure amie durant toutes
les années lycée. Mais je failli la perdre à cause de stupidité pires que d’être soit disant amoureux
d’elle. A cause d’un groupe. Oui, un simple groupe de musique avait failli nous déchirer…

Je ne sais pas si à l’époque où vous lisez ces quelques lignes vous connaissez encore ce groupe où si
ce n’est devenu qu’un simple souvenir comme je l’espère, mais c groupe s’appelait Tokio Hotel, un
boys band allemand qui fit un tabac en 2006. Enfin, un tabac…chez les jeunes adolescentes entre 10 et
18 ans – enfin… adolescentes à 10 ans, il y a des limites quand même.

Bref, Mathilde devint « fan » de ce groupe… personnellement, j’aurais plutôt dis groupie mais elle
n’osait l’avouer. Elle ne se mit plus qu’à écouter du Tokio Hotel, elle rêvait Tokio Hotel, elle pensait
Tokio Hotel, elle VIVAIT Tokio Hotel… et me laissait à côté.

Au bout d’un moment, j’arrêtais de lui parler, pour éviter de l’étrangler si jamais sa bouche prononçait
une seul fois de plus le nom de ce groupe. Je faillis la perdre à ce moment là, sa vie n’était plus au
lycée mais dans ses magazines de « rock » pro-Tokio Hotel … Plusieurs fois je la prévins que ce
n’était pas bon, qu’elle perdrait ses amis.

Puis il fallut que d’autres de ses amis la préviennent pour qu’elle se rende compte de ce qu’elle était
devenue. Peu à peu elle revint dans le monde réel. La médiatisation n’a pas que des bons côtés… Elle
en a même de moins en moins, avec toutes ces conneries qui passent à la télé. Des publicités pour des
voitures vantant les avantages des familles recomposées, des séries où nous voyons des adolescents
boire sans limites et littéralement « baiser » sans amour ni respect pour l’autre, des jeux de plus en
plus réalistes permettant de se créer une nouvelle vie, plus belle, sans limites, toujours plus parfaite,…
J’aime tout ceci, mais certaines personnes ne comprennent et ne comprendront jamais que tout ceci
fait partie du système et que s’ils rentrent dans le jeu des médias, ils feront partie d’un système qui les
détruira.

Je sais ce que je dis.

J’ai fait partie du système.


Chapitre 3

Internet, fléau nouveau de notre société qui évolue. Oh je vous rassure de suite, j'aime ce fléau, je suis
un homme comme un autre qui caresse la main qui le frappe et le détruit... Depuis mon plus jeune âge
j'utilise les ordinateurs. On peut même dire que je suis né avec un clavier entre les mains ! Bien vite,
avec le collège, l'instrument de jeux est devenu un élément social « grâce » au dieu MSN... Balivernes,
je crois que ce logiciel est plus destiné à séparé qu'à rassembler... Enfin, c'est ce que je me dis
maintenant parce qu'avant...

Toujours et encore la seconde, elle m'aura marquée celle-ci ! Une de mes amies, Méline, petite
asiatique adorable. Je la considérait comme ma petite soeur, on se parlait de nos problèmes
d'adolescents, elle à essayer de trouver l'amour et moi...eh bien à essayer de trouver l'amour que
voulez-vous que je vous dise ! Un soir sur msn, Méline vient donc me parler pour me présenter à une
de ses amies... C'était en mars 2007, et ce fut le premier soir où je parlais à Souchita... Jeune française
d'un an ma cadette, ayant dû déménager en vitesse express au Chili suite à la décision de ses parents
rêvant de leur terres natales, et délaissée par la même occasion par ses anciens amis parisiens, elle ne
trouvait de refuge que dans la toile du net...

Elle avait la même passion que moi pour la japanimation. Nous commençâmes donc à nous échanger
quelques paroles. Il suffit d'un mois. Quelques soirées – enfin, matinées pour elle, décalage horaire
oblige – pour tomber sous son charme. Les quelques photos qu'elle m'avait fournies me suffisaient à
l'aimer. Une petite brune aux yeux noirs profonds. Une petite brune qui aimait encore les chansons
oubliées avec le temps qui passe... Une petite brune à l'autre bout de la terre... Ah, cette fichue distance
! En avril, je décidai de lui faire part de mes sentiments nouveaux et étranges. Elle les accepta et les
partagea. Nous nous aimions.

Enfin, je croyais l'aimer et elle me suivait aveuglément. Pourtant Méline m'avait bien demandé de faire
attention à ma chilienne, amoureuse à en crever...

Mais voilà, une autre de mes passions s'est invitée à la partie... La musique, ses partitions et ses notes
fausses, la passion de ma vie depuis mes neuf ans. Je chantais à ce moment là avec une fille gentille et
plutôt mignonne du nom de Marie. Bien qu'elle ai cinq ans de plus que moi, cela ne nous empêchait en
rien de rire de bon coeur ensemble, lié par la magie de la musique. C'est par cette même magie que le
soir du concert je reçu un message de Marie...

« Salut, je voudrais savoir si ça te tenterai de mieux se connaître, et plus


si affinités... »

Bien sûr, jamais personne ne m'avait demandé de sortir avec elle, donc vous devinez bien que ce genre
de déclaration, je ne les reconnaissait pas du tout...

« - Bah on se connaît déjà pas mal non ?

- Je voudrais dire... ça te dirai qu'on sorte ensemble ?

- Oui. »

Voilà, en un seul petit mot sans consonne, je me suis détruit, moi, ainsi que trois personnes. Oui j'ai
bien dit trois. Car une autre fille était tombée amoureuse de moi... Et lorsqu'une fille vous pleure, ce ne
peut être que de l'amour. Le nom de la troisième était Mylène, une asiatique vivant au Canada...
Je vis Marie la semaine suivant notre « accord ». Je savais alors que j'avais fait une erreur : je n'aimais
pas cette fille, je n'aimais pas la manière dont elle me nommait... Appelleriez-vous votre conjoint
« futur ex » ? Mais je ne la quittait pas... Ce fut ma première véritable copine, en seconde, la première
fille qui m'embrassa... Je ne pensais pas que ce serait aussi baveux... Dès le premier baiser elle
m'enfourna sa langue dans la bouche, à vous faire regretter le doux statut de célibataire !

Méline tomba bien sûr au courant du couple que je formais et ce que je redoutais arriva bien vite... Elle
me fit la morale, comment avais-je pu trahir la confiance de Souchita ?! Simplement, en un mot...
« oui ». Souchita coupa les ponts à la suite de mon erreur durant plus de 6 mois... Nous nous
reparlâmes par la suite, et je me rendis compte de l'enfer dans laquelle je l'avais mise, en lui ôtant
totalement sa confiance en elle, elle se mit à se shooter, à boire, à coucher dans tous les sens, parfois
pour de l'argent, à 15 ans...A présent, nous ne nous parlons plus, et lorsque j'entends quelqu'un traiter
une fille de pute, l'envie est difficile de ne pas lui décoller la tête du reste de son corps...

On ne peut dire que je vivais un conte de fée avec Marie, ni même une histoire d'amour des plus
heureuse. Je ne suis jamais allé chez elle, lorsque l'on se voyait, nous allions chez moi ou dans un petit
parc privé à côté, et on ne faisait que s'embrasser, elle me parlait souvent de ses ex, ce qui me rendait
quelque peu jaloux, surtout quand elle me donnait des détails de sa vie sexuelle. Mais elle se mit à
fumer, à vouloir sans cesse coucher avec moi, alors que d'une, je déteste l'odeur de la fumée, cette
senteur âcre qui vous prend les narines et vous sert la gorge, et je n'avais aucune envie de coucher avec
elle. Je pense que j'étais l'un des rares mecs à refuser de coucher sans amour... Elle ne voulait que
coucher pour le plaisir.

J'appris par la suite qu'elle voyait souvent son ex chez elle. Je coupais les ponts définitivement en juin,
la quittant par la même occasion, et retournant au célibat d'où je n'aurais jamais dû partir...

Je me retrouvais alors totalement seul, sans Souchita, avec le souvenir d'une asiatique me pleurant
allongée sur l'herbe verte d'un jardin – je n'invente rien, elle me l'a avoué... et je ne pense pas qu'elle
l'ait inventé...quand même ! - mais il me restait tout de même mes amis... Surtout une amie : Mathilde
que je ne quittais plus. Margot, mon amie de seconde s'en alla à Avignon avec sa mère, j'eu de moins
en moins de nouvelle d'elle à partir de ce jour... Je me souviens encore d'une conversation, quelques
mois suivant son départ où elle m'avoue avoir été quelque peu attirée... game over, please insert coin
and try again !
Chapitre 4

Les vacances arrivèrent. L'été, le soleil pesant, la chaleur revigorante pour certains et fatigante pour
beaucoup d'autres, les tenues légères, un sentiment de gaieté dans l'air... Durant ces vacances, je
préférai oublier quelques instants l'idée d'une copine. Bien sûr, je regardais toujours les filles dans la
rue, ou sur les plages d'Espagne, comme dirait mon père à l'humour spécial, « ce n'est pas parce que
l'on est au régime qu'on ne peut regarder le menu ! ». Mais je ne voulais rien, pas d'histoire, même
rapide. Pour moi, les histoires d'un soir ou les plans cul, ce n'est pas ma tasse de thé. La drague,
encore, ça peut aller, mais tout ça pour tirer son coup et s'en aller après, fier comme un coq, non, ce
n'est pas pour moi. Ce que je veux, c'est Aimer, cet amour que les adolescents perdent et auquel les
adultes ne croient plus. A présent, ce qui importe c'est être avec quelqu'un, qui que ce soit, lui aire
l'amour une ou deux fois par semaine et retourner à sa vie peinard le reste du temps. Non, je veux une
véritable histoire d'amour. Est-il encore interdit de croire aux contes ?

Le début de l'année commença, dans ce lycée qui décidément m'avait manqué. Je décidai cette fois-ci
de m'inscrire au club de théâtre. Margot me l'avait vivement conseillé, le théâtre allait encore plus me
décoincé et peut-être me faire des amis... Je proposai alors à des amis de l'école de musique qui
venaient d'entrer en seconde de me suivre dans ma voix. Parmi eux, une fille : Christelle. Le type
d'asiatique un peu folle. Depuis deux ans, nous nous écrivions par « classeur interposé », des petits
classeurs que nous nous échangions chaque semaine, avec tout ce qui nous passait par la tête durant la
semaine qui venait de passer... Depuis le temps, j'avais appris à apprécier cette fille qui évacuait
l'emprise qu'avaient ses parents sur elle par sa petite folie, mais je commençais petit à petit à
l'apprécier autrement qu'en simple amitié. Je me disais souvent, « pourquoi pas elle ? Nous avons les
mêmes passions, nous nous parlons facilement... »...

Après un jour entier avec elle et sa meilleur amie à une convention de japanimation, je rentrais chez
moi en compagnie de cette dernière... Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'elle m'avoua que Christelle
était assez intéressée par moi, cette fille pour qui il était plus que difficile d'exprimer ses sentiments...
Sans réfléchir, je di que j'étais aussi intéressé... C'est ainsi que, le début de la semaine arrivant, je me
retrouvais à sortir avec une asiatique craquante et totalement folle.

Enfin, sortir est un bien grand mot... Car oui, nous nous faisions bien des câlins dans les couloirs du
lycée, nous nous prenions par la main, mais elle avait alors une peur monstrueuses : m'embrasser. Oui,
riez peut-être, cela vous paraît certainement assez comique et improbable, mais imaginez : elle a été
éduquée dans une famille ou l'étude a toute son importance et l'interdiction d'avoir un quelconque
copain avant la fin de ses études...de médecine ! Mais comme je suis patient et un peu con, j'attendais.

Un mois, deux mois... Le troisième mois, elle me surprit un jour en tournant sa tête... On s'embrassa...
Timidement. C'était court... Trop à mon goût, malheureusement. Les mois qui suivirent, nous nous
embrassions rarement. Christelle était le contraire parfait de Marie. Pour elle, faire l'amour était
totalement insensé, embrasser était déjà un miracle, et bien sûr, l'idée de dire à ses parents qu'elle avait
un copain était totalement inconcevable... Je tint durant 6 mois ainsi, avec elle... Lors de la soirée de
fin d'année du lycée, elle m'étonna : elle m'embrassa comme jamais et nous nous enlaçâmes tel un
véritable couple amoureux... Puis plus de nouvelles durant un mois... Arriva alors l'été, après une
année de première scientifique à « vivre » avec une fille dont je doutais de son amour par le manque
de preuves qu'elle me donnait... Comme beaucoup de vacances, nous allâmes en village vacance avec
mes parents. J'y rencontrai une fille : Léa...
Chapitre 5

Où en étais-je déjà ? Ces histoires interminables commencent à me peser sur la mémoire, si seulement
vous saviez, se souvenir de chaque détails, ne rien omettre, dire la vérité est un exercice difficile après
toutes ces années de mensonges et de tromperie...

Léa, nous en étions donc à toi... Je me rend compte qu je sui une fois de plus allé trop vite entre deux
filles... Cela ne m'étonne plus malheureusement. Léa était une fille en apparence joyeuse, de long
cheveux chatains qui lui décendaient sur les épaules ou bien qu'elle attachait en queue de cheval dans
son dos... de grands yeux aussi châtains que ses cheveux, entourant son visage rond... Elle n'était pas
spécialement belle mais elle me plaisait

[TO BE CONTINUED…]

Chapitre ??

Oui, j’ai quitté Christelle. Mais toutes les raisons pour lesquelles je l’ai quitté sont fausses. Au
téléphone, avant qu’elle ne raccroche, ses derniers mots furent « de toute façon je suis sûr que dans
deux semaines t’en trouvera une autre ! ». Si seulement elle savait à quel point elle avait raison.

Car oui il y en avait une autre ! Une fille du théâtre, au lycée. Je me souviens du vendredi, veille des
vacances où je quittais Christelle… Depuis le début de l’année déjà, mes yeux avaient été
irrémédiablement attirés par cette fille. Je ne sais vraiment pas pourquoi mais je me retournais toujours
sur son passage, m’obligeant à lui dire bonjour, ignorant quasiment ses amies… Une petite seconde,
les cheveux châtains clair, le visage pâle aux yeux bruns profonds… Je la voyais comme un ange
descendu sur terre… Chaque fois, j’essayais d’attirer son regard, mais dès qu’elle me fixait, le mien
déviait et je rougissais tel un enfant pris la main dans le sac…

Au théâtre, lorsque j’étais encore avec Christelle, j’essayais souvent de me rapprocher d’elle, de lui
toucher la main, de lui parler, en vain, je n’arrivais pas à l’accoster… Puis arriva le vendredi précédant
les vacances de la Toussaint. C’était au moment des choix des petites pièces que nous devrions jouer
au spectacle de fin d’année… La situation avec Christelle avait empiré, comme je l’ai dit
précédemment, et voici que cette fille me hantait de plus en plus…

J’arrivais enfin à lui parler… Bon, je l’avoue, je la draguais quelque peu… Elle n’arrivait pas à
choisir de pièce et n’aimait pas celle qu’elle avait prise. Je lui di alors que ce n’était pas grave, qu’au
cours de l’année elle apprendrait à aimer sa pièce, qu’elle s’améliorerait et que tout ira bien une fois
sur scène et qu’on serait fiers d’elle…

Puis je vis un prénom qui m’était alors inconnu sur une feuille. « Tiens, c’est qui Marie ? » « C’est
moi »… Oups… Je me sentais mal alors… Mais malgré cette petite erreur, elle s’en amusa et on
commença à parler et à faire plus ample connaissance, jusqu’à la fin de la séance… « Au fait euh… tu
pourrais me passer ton numéro de téléphone pour les vacances ? Et euh… tu m’enverras aussi celui de
Christelle, hein ? » … C’est bien à moi qu’elle vient de demander mon numéro ? Je ne rêve donc
pas ?! Bien sûr, je lui donnais mon numéro… Cela me fait penser que je ne lui ai jamais réellement
donné le numéro de Christelle… Bref !

Le soir-même, nous commencions à nous envoyer beaucoup de messages et à échanger nos adresses
MSN… Que dire sur sa vie sentimentale à cette époque-ci… « Je n’aime plus Christelle, je vais la
quitter bientôt mais quand je regarde une certaine personne, mon cœur bas plus vite »… Bien sûr, la
« certaine personne » n’était autre qu’elle, Marie…

A ce moment là, elle était en pleine « rûta », une soirée pyjama avec ses amies, et mon cœur battait la
chamade. J’étais seul devant mon ordi à essayer de savoir quelle tournure pourrait prendre les
événements… « Moi aussi quand je regarde une certaine personne, je ne sais pas pourquoi, mais mon
cœur bas plus vite… - Ah oui ? Qui ? Ton mec ? – Non, dis-moi plutôt, toi, je la connais ? » Oh que
oui tu la connais Marie… « Oui – Elle est au lycée ? – Oui… - Dans ta classe ? – Euh, non… - au
théâtre ? – Oui »… s’ensuivit un questionnaire sur chaque fille du théâtre, sauf elle bien
évidemment…

« Marie, c’est toi. »

« Moi aussi. »

Là, je crois bien qu’au lieu de battre plus rapidement, mon cœur s’est totalement arrêté. Je n’osais à
peine y croire, lui demandais de répéter, je n’y croyais réellement pas. Je rêvais, ce n’était juste qu’un
pauvre rêve et lorsque je me réveillerai, je serais encore en train de baver à ses pieds sans aucun espoir
de l’avoir près de moi…

Je ne rêvais pas.

… « Mais… tu as un copain… - Oui, je sais… - On fait quoi ? » Elle ne savait pas quoi faire. Elle
n’allait pas le quitter pour l’instant, elle avait trop peur de changer de copain comme ça, cela lui
rappelait son ancienne relation… Directement, je savais que je m’étais embarqué une fois de plus dans
une étrange histoire… Mais je m’en foutais, j’étais heureux, simplement heureux.

Le lendemain, je quittais Christelle par téléphone.

Elle avait peur de quitter Quentin, son copain, un skateur prétentieux qui ne pensait qu’à sa piste
goudronnée et aux pornos qu’il téléchargeait sur son portable, le même portable qu’il cachait à Marie.
Je savais bien que jamais je ne serais comme ça, je lui promettais que jamais je ne lui cacherais rien,
que pour moi, elle était tel un ange descendu des cieux, la fille parfaite.

Elle ne me croyait qu’à moitié…

Durant les vacances, nous nous voyions souvent, chez elle ou chez moi. Le premier jour, elle vint chez
moi… se tenir la main et s’enlacer était pour moi le plus beau des sentiments… Il faut dire que je
pouvais toujours attendre pour que Christelle me demande de la prendre dans ses bras… Mais Marie
ne voulait pas m’embrasser avant d’avoir quitté son copain. Je la comprenais, c’était tout à son
honneur et je la respectais pour cette décision. J’attendrais… mais je n’espérais pas trop longtemps
bien sûr !

A chaque rendez-vous, ce sentiment de faire quelque chose de mal m’excitait quelque peu. Puis ce fut
la rentrée… Le vendredi, elle quittait Quentin…en pleurs… Elle avait peur d’avoir fait une erreur, et je
ne pouvais que la comprendre… Je tentais alors de la réconforter du mieux que je le pouvais…
La semaine suivante… Chez moi… Nos câlins se firent proches… Puis ce fût magique… Le baiser, si
attendu, en était d’autant plus appréciable, j’étais alors dans un monde parallèle peuplé d’anges et
d’étoiles de milles feux…

Le rêve, une fois de plus… un mardi, à 16h16 – même si elle me soutenait que c’était 16h15, le double
nombre me plaisait d’autant plus et était, je l’avoue, plus facile à retenir…

S’ensuivirent plusieurs mois d’un bonheur sans fin, amoureux d’un ange, elle pensait être amoureuse
d’un prince charmant. Cela m’allait parfaitement, pour un homme ayant pour petite amie une fille
parfaite…

[TO BE CONTINUED…]