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A bent bladi Ô fille de mon pays

Origine : chant inspiré de la musique arabo-andalouse. Région nord du Maroc. La partie B de ce chant
est aussi une chanson enfantine espagnole ayant pour titre La Tarara.

Langue : arabe dialectal.

Traduction des paroles


Ô fille de mon pays
Ta beauté me séduit, tes yeux me font rêver
Et mon cœur t’a choisie [arabe]
La tarara, la fille de mon cœur [espagnol].
Texte transcrit en phonétique
Le j se fait dans la gorge, comme la jota espagnole. Le r est roulé. Le h est fortement aspiré. Le sh se
prononce ch. Les voyelles sont diphtonguées (ai se prononce a-i).
A – Ya ben ne tsé bla di B – La ta ra ra si
Ai shé bu ni a i nik (bis) La ta ra ra no
Wu za i nèl lé é fik La ta ra ra
Al bi ka i é bu jik (bis) Niña de mi corazón (bis)
Ai ai ya ben ze bla di i i i i

Partition

Niveau : à partir du cycle 3.


Analyse musicale
Cette chanson de forme ABA présente la particularité d’enchaîner deux manières de diviser le temps :
ternaire dans la partie A (transposée en 6/8), binaire dans la partie B (en 2/4). Dans la partie A, les

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nombreux bis se prêteront bien à une interprétation de style responsorial. Attention au rythme syncopé
de la mesure 12 (ai ai ya). À condition de respecter les articulations ternaires et binaires, l’apprentissage
de cette belle mélodie ne devrait pas poser de problèmes particuliers.
Apprentissage du chant
L’apprentissage de ce chant peut être mené de deux façons.
Apprentissage fragment par fragment
La note de départ est ici le ré. Pour appliquer la technique de l’apprentissage fragment par fragment,
l’enseignant doit avoir étudié le chant et savoir le reprendre à chacune des périodes.
Il doit être aussi à l’écoute de sa classe sur les fragments reproduits et doit corriger immédiatement
en redonnant l’exemple vocal toute hésitation ou erreur mélodique, rythmique ou de prononciation.
Apprentissage par imprégnation
Les premières écoutes se font sans aucun support textuel.
Le chant est écouté une première fois. À l’issue de l’écoute, et après expression du ressenti par les
élèves, quelques éléments sont fournis par le maître : il s’agit d’un chant de caractère arabo-andalous
connu dans la région nord du Maroc. Les paroles font l’éloge d’une belle jeune fille.
Chacune des écoutes suivantes est précédée d’une question. Voici quelques suggestions :
§§ Qui interprète le chant ? Une voix de femme.
§§ Quel type d’instrument accompagne la chanteuse ? C’est un instrument à cordes pincées : le oud. Se
référer aux différents extraits vidéo sur le oud.
§§ Combien y a-t-il d’ambiances musicales ? Deux ambiances, ce qui, avec les répétitions, donne la
forme ABA.
§§ Qu’est-ce qui différencie les parties A et B ? Le tempo est plus rapide dans la partie B, la partie A
est plus balancée ; la subdivision du temps est ternaire dans la partie A et binaire dans la partie B.

Peuvent suivre des activités rythmiques, avec des frappés corporels qui doivent toujours être exécutés
piano :
§§ On frappe régulièrement sur ses cuisses pour accompagner le chant (on marque la pulsation ; la
pulsation est modérée sur la partie A, plus rapide sur la partie B).
§§ Sur la pulsation de la partie B, on alterne frappé des mains (temps 1) et claqué des doigts (temps 2).
On peut aussi faire cette activité à deux : le jeu de mains consistera à alterner frappé dans ses mains
et frappé sur les deux mains de son partenaire.

Puis des activités de découverte et assimilation des paroles (la version phonétique est projetée au
tableau).
§§ On lit dans sa tête en écoutant le chant (l’enseignant fera remarquer les particularités de prononcia-
tion de l’arabe : j dans la gorge, h fortement aspiré, r roulé, etc.).
§§ On répète en parlé-rythmé (se servir de la version parlée/rythmée ; l’enregistrement est arrêté à la
fin de chaque période pour répétition immédiate des enfants). Essayer de rouler les r. À défaut, le
phonème ra pourra être transformé en la, sonorité très proche.

Enfin on commence à aborder l’activité chantée :


§§ On fait tous les bis de la partie A, on chante en bouche fermée sur la partie B.
§§ On frappe dans ses mains sur la partie A, on chante la partie B.
§§ La classe est divisée en deux groupes ; le groupe de droite fait toutes les périodes introductives, le
groupe de gauche tous les bis.
§§ Même chose, mais cette fois sans la version enregistrée.
Pistes d’exploitation du chant
Plusieurs pistes d’exploitation peuvent succéder à l’étude du chant : en souligner la structure respon-
soriale, y rajouter des déplacements, y produire un ostinato instrumental après en avoir analysé l’orga-
nisation ternaire puis binaire, etc. Nous développerons les deux premières pistes.
Chant responsorial
Le travail en petits groupes est toujours très valorisant, mais il vaut mieux l’éviter lors de la séance
d’apprentissage. En revanche, on peut le mener sans aucun inconvénient lors de la séance de reprise
du chant.

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On vivra les répétitions des quatre premiers vers de la partie A en faisant alterner deux groupes. Le
cinquième vers sera chanté par la classe entière.
La partie B peut être aussi responsoriale, en changeant de groupe à chaque vers (l’alternance est plus
rapide).
On travaillera ensuite l’alternance entre un soliste (ou un petit groupe de solistes) et toute la classe.
On peut conserver les deux formules dans la réalisation finale : partie A, alternance entre soliste et
classe, partie B alternance entre deux groupes.
Déplacements et jeux de mains
Cette activité sera menée dans un endroit dégagé. Les élèves sont dispersés dans l’espace. Ils se
déplacent pendant la partie A (déplacement sur la pulsation). Sur la partie B, ils se groupent par deux
de façon à réaliser un jeu de mains (par exemple : frapper dans ses mains, frapper la main droite de son
vis-à-vis, frapper dans ses mains, frapper la main gauche de son vis-à-vis). Attention de bien respecter
l’emplacement naturel du premier frappé, qui se produit sur la troisième syllabe de la partie B, le ra
(pour les musiciens les deux notes qui précèdent le premier temps fort sont une anacrouse).
Plusieurs variantes peuvent être ajoutées à ces règles de base :
§§ La partie A est chantée en alternance par deux groupes ; on ne se déplace que lorsque l’on chante.
Au cinquième vers, tout le monde se déplace, mais on anticipe sur les groupements à deux de façon
à pouvoir mener le jeu de mains sans marquer de pause longue entre A et B.
§§ Mêmes règles mais cette fois avec un soliste sur la partie A. Ce soliste choisit le tempo de la partie A
(tempo très lent, tempo rapide…) et la classe répond en conservant le tempo du soliste.
§§ Recherche de variantes pour le jeu de mains de la partie B ; il y a de multiples formules à trouver en
utilisant différents ostinatos simples et différentes percussions corporelles (pas sur place, cuisses,
mains, doigts).
Activité d’écoute
Un travail comparatif peut être réalisé à partir de deux enregistrements de musiques de cette région,
l’une d’origine judéo-espagnole, l’autre issue de la tradition andalouse flamenca.
Écouter l’enregistrement du chanteur flamenco Camaron dans son interprétation de la chanson La
Tarara.
Décrire le timbre de la voix.
Repérer l’instrument accompagnateur (la guitare jouée à la manière flamenca).
Repérer sur la carte les principales villes du sud de l’Espagne, berceaux du flamenco et terre d’accueil
des musiques judéo-espagnoles (dites aussi sépharades) ainsi que de la tradition arabo-andalouse.
Écouter une version de La Rosa enfloresa, chanson traditionnelle sépharade interprétée par Françoise
Altan :
§§ Repérer l’accompagnement instrumental assez fourni (percussions, instruments mélodiques).
§§ Comparer le début de la mélodie avec A Bent bladi.
§§ Comparer cette musique juive avec des musiques occidentales médiévales.

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