Vous êtes sur la page 1sur 13

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE

SCIENTIFIQUE

Ecole Polytechnique d’Alger

Département de Génie Chimique

Compte Rendu N°=1

Tp01 : Mesure des coefficients


de diffusion dans les liquides
et les gaz

Réalisée par :

2018/2019
I. Introduction
La diffusivité d’un gaz vapeur dans un autre peut être mesurée à l’aide
de la cellule de STEFAN placée dans un bain thermodynamique,
La branche supérieure est parcourue par un débit constant sous la pression P
d’un gaz diluant,
L’abaissement du niveau liquide de la substance diffusante est mesuré en
fonction du temps.

II. But de TP
Ce travail a pour but la détermination du coefficient de diffusion d’un
constituant gazeux en phase gazeuse.

III. Aperçus théorique

Diffusion de la matière :
C’est le transport spontané et irréversible de matière à l’intérieur d’une
phase, se produisant par suite de l’agitation thermique des molécules.
En l’absence de forces extérieures et à température homogène, ce
transport entraîne l’égalisation des concentrations des constituants dans
toute la phase.
Diffusion moléculaire :
La diffusion moléculaire est le mécanisme du transfert d’un constituant
au sein d’une phase par migration de molécules de ce constituant sous
l’influence d’un gradient de concentration. Dès qu’il existe un gradient
de concentration dans un fluide, celui-ci va spontanément évoluer par
diffusion vers un état de concentrations uniformes correspondant à
l’équilibre thermodynamique des phases liquides et gaz.
Dans la plupart des cas, au phénomène de diffusion proprement dit, se
superpose un phénomène de transport du constituant A par les
mouvements moyens du fluide en écoulement. C’est donc la somme
des deux phénomènes qui devra être prise en considération pour estimer
le flux réel.
Coefficient de diffusion :

Un coefficient de diffusion est une grandeur caractéristique du


phénomène de diffusion de la matière. Le coefficient de diffusion
mesure le rapport entre le flux molaire dû à la diffusion moléculaire, et le

Page 1 sur 12
gradient de concentration de l'espèce chimique considérée (ou, plus
généralement, de la variable d'effort entraînant cette diffusion), comme
formulé par la loi de Fick.

Ordre de grandeur de la diffusion

La vitesse du phénomène de diffusion est quantifiée par la diffusivité ou


la coefficient de diffusion. Généralement la diffusivité augmente avec
la température. Cependant, alors que la diffusivité des gaz est
pratiquement indépendante de la composition mais varie avec la
pression, la diffusivité des liquides et des solides est essentiellement
dépendante de la concentration. L'estimation de la diffusivité peut se
faire de différentes façons.

Ordre de grandeur de la diffusivité :


Gaz 10-5-10-3 m2/s
Liquide 10-10-10-9 m2/s
Solide 10-15-10-13 m2/s

Loi de Fick
Elle définit le flux de matière JA d’une espèce A qui diffuse par rapport
au mélange des deux constituants A et B, vers des zones à faible
concentration en A. Cette loi indique que le flux molaire de
matière est proportionnel au gradient de concentration volumique
molaire et au coefficient de diffusion (ou diffusivité) DAB :

𝑗𝐴 = -DAB .⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗ 𝑔𝑟𝑎𝑑 CA

 Les équations de transfert :

⃗⃗𝑇𝑗 + ⃗⃗𝐽𝑗 = ⃗⃗⃗


𝑁𝑗
𝑛

𝑁𝑗 = −𝐷𝑗𝑚 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗ 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶𝑗 + 𝑦𝑗 ∑ ⃗⃗⃗
𝑁𝑗
𝑗=1
𝜕𝐶𝑗
−𝑑𝑖𝑣 ⃗⃗⃗
𝑁𝑗 ± 𝑟𝑗 =
𝜕𝜃

𝑇𝑗 : Densité de flux de transport.


𝐽𝑗 : Densité de flux de transfert.

Page 2 sur 12
𝑁𝑗 : Densité de flux de diffusion.
𝑟𝑗 : Réactions chimiques.

La Cellule de stephan

FIGURE 1 CELLULE DE STEPHAN

IV. Partie expérimentale


1. Dispositif

FIGURE 2: MONTAGE EXPERIMENTAL : DIFFUSION DANS LES GAZ

Page 3 sur 12
1. Dispositif du 2. Commutateur a flotteur. 3. Echelle de mesure du
chauffage niveau.
électrique.
4. Sonde de 5. Raccord de la sonde de 6. Dispositif de
température températures PT100 déplacement de la
PT100 lunette de visée.
7. Tube de 8. Raccordement au réseau. 9. Appareil de commande
diffusion. avec pompe à air.
10. Commutateur 11. Anneau visant focaliser. 12. Régulateur de
a flotteur. température.
13. Récipient du 14. Cale pour l’échelle. 15. Interrupteur
bain-marie. marche/arrêt du
chauffage.
16. Raccord d’air. 17. Lunette de visée du niveau 18. Interrupteur
marche/arrêt de la
pompe.
19. Raccord de 20. Vis de blocage 21. Interrupteur principale.
chauffage.

L’appareil nécessaire pour l’essai se compose pour l’essentiel d’un tube de


diffusion (Fig. 4) rempli de liquide d’essai (acétone).

2. Protocole expérimental
 Le liquide d’essai est maintenu dans le tube de diffusion à température
constante via un bain-marie à régulation de température chauffée
électriquement.
 Dans le même temps, un flux d’air constant circule transversalement à
90° par rapport au sens de diffusion via le tube horizontal supérieur à
partir du raccord en T du tube de diffusion.
 Le niveau de liquide d’essai peut être visualisé à l’aide d’une lunette à
déplacement vertical.
 Une échelle de graduation située sur la lunette coulissante permet de
mesurer la perte (niveau d’acétone) due à la diffusion.
 Pour viser le niveau d’acétone, le bord inférieur du niveau de liquide doit
se superposer avec la ligne dans le viseur.

Page 4 sur 12
FIGURE 3: ALIGNEMENT DE LA LUNETTE
FIGURE 4: TUBE DE DIFFUSION SUR LE NIVEAU D’ACETONE

V. Calculs & Résultats

1. Définition des coefficients différentiels de changement de


niveau et de temps Mesuré :

On constate que :
A : acétone
B : air
Loi de fick s’écrit comme suite :
𝑁𝐴= -DAB .⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑔𝑟𝑎𝑑 CA + yA(𝑁𝐴
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ +𝑁𝐵
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ )… (1)

L’air est stagnant donc ne diffuse pas, 𝑁𝐵


⃗⃗⃗⃗⃗⃗ =0

𝑁𝐴 = -DAB .𝑔𝑟𝑎𝑑
⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ CA + yA𝑁
⃗𝐴

La diffusion est unidirectionnelle, donc on travaille avec une seule


⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ CA = 𝑑𝐶𝐴
variable, L ; 𝑔𝑟𝑎𝑑
𝑑𝐿

CA=C.yA tel que ; CA:la concentration du gaz diffusant.

C :la concentration totale.

𝑑𝐶𝐴 𝑑𝑦𝐴
NA(1-yA) = -DAB  NA (1-yA) = -DAB 𝐶
𝑑𝐿 𝑑𝑧

𝑑𝑦
 NA 𝑑𝐿 = -C DAB(1−yA)
𝐴

Page 5 sur 12
On intègre
𝐿 𝑦𝐴0
𝑑𝑦𝐴
∫ NA 𝑑𝐿 = − ∫ C. DAB
0 𝑦𝐴1 (1 − yA )

On applique l’équation de continuité :


C A
 div N A  r j  .
t

On tient compte des hypothèses suivantes :

absence de réaction chimique  rA=0.

𝐶𝐴
le régime est permanant  =0.


Alors  Div N A  0

𝑑𝑁𝐴
Ceci nous donne : =0 => 𝑁𝐴 (𝐿)=0
𝑑𝐿

L
−PDAB 𝑦𝐴1 𝑑𝑦𝐴
NA ∫ d 𝐿 = ∫
0 RT 𝑦𝐴0 (1 − yA )

PDAB (1−𝑦 )
 NA L = ln (1−𝑦𝐴1)
RT 𝐴0

L’expression du flux molaire est donc :


PDAB (1−𝑦 )
NA = ln (1−𝑦𝐴1)…...(1)
RTL 𝐴0

De l’autre côté, on a l’équation qui décrit le processus


d’évaporation :
𝜌 𝑑𝐿
NA = …. (2)
𝑀.𝑑𝑡

A partir de (1) et (2), on obtient l’équation différentielle suivante :

Page 6 sur 12
𝑑𝐿 𝑀𝐷𝐴𝐵 𝑃 (1−𝑦 )
= ln (1−𝑦𝐴1 ) …..(3)
𝑑𝑡 𝜌𝑅𝑇𝐿 𝐴0

Pour simplifier le calcul, une variable K, contenant toutes les


valeurs invariables dans le temps est introduite.
𝑀 𝐷𝐴𝐵 𝑃 (1−𝑦 )
K= ln (1−𝑦𝐴1 )
𝜌𝑅𝑇 𝐴0

𝐾𝜌𝑅𝑇
On obtient : 𝐷𝐴𝐵 = (1−𝑦𝐴1 ) (4)
𝑀 𝑃 ln
(1−𝑦𝐴0 )

En remplaçant K par sa valeur dans l’équation (3), on obtient :


𝑑𝐿 𝐾
= , c’est une équation différentielle intégrable.
𝑑𝑡 𝐿

En appliquant les conditions appropriées, on obtient les limites


d’intégration déterminées.

L(t=0)=L0 , et L(t)=L0 + ∆L

L.dL = K.dt =>

𝐿0+∆L 𝑡 𝐿0+∆L 𝑡
𝐿2| 𝐿0 = Kt|𝑡=0
1
∫𝐿0 L. dL = ∫𝑡=0 K. dt =>
2

En appliquant les limites d’intégration et les diverses


transformations définies, on obtient le rapport linéaire indiqué dans
l’équation suivante :
𝑡
∆L=2K − 2L0
∆𝐿

𝑡
On obtient donc une équation de droite de la forme : ∆𝐿 = 𝑎 ∆𝐿 + 𝑏

Avec : a= 2K et b=−2𝐿0

2. Diagramme du changement de niveau d’acétone via les


Coefficients différentiels t /ΔL et droite de régression
linéaire :

Page 7 sur 12
Pour tracer ce diagramme on utilise le « Tableau 1 : Abaissement du niveau
liquide avec le temps » de fascicule de TP, les données nécessaires sont
présentées dans le tableau suivant :

∆L(m) 0,004 0,008 0,0018 0,0026 0,0033 0,0038 0,0044

𝒕 𝒔 1500000 1500000 1066667 969231 909091 947368 954545


( )
∆𝑳 𝒎

∆L(m 0,0057 0,0064 0,0071 0,0084 0,0131 0,0134 0,0174 0,0183


)
𝒕 𝒔 1073684 1031250 1014085 1000000 1076336 1074627 1137931 1180328
( )
∆𝑳 𝒎

On trace ce diagramme à l’aide de l’Excel et on s’intéresse par la partie


linéaire pour avoir une valeur de R² « coefficient de détermination »
entre [0,85 -1,0].

Droite de régression linéaire pour le Diagramme


du changement de niveau d’acétone via les
Coefficients différentiels t /ΔL
0.025

0.02

0.015
∆L(m)

0.01

0.005
y = 6E-08x - 0.0558
R² = 0.9474
0
950000 1000000 1050000 1100000 1150000 1200000
𝑡/∆𝐿(𝑠/𝑚)

FIGURE 5: DROITE DE REGRESSION LINEAIRE POUR LE DIAGRAMME DU CHANGEMENT DE NIVEAU D’ACETONE


VIA LES COEFFICIENTS DIFFERENTIELS T /ΔL

 on obtient R² = 0,947, donc le coefficient de détermination R2se situe dans la plage


de [0,85 -1,0].

Page 8 sur 12
3. Détermination le facteur K à partir de l’élévation :
𝑡
L’équation de la droite est de la forme : ∆𝐿 = 𝑎 +𝑏
∆𝐿
Avec : a= 2K
La pente de cette droite vaut ; a= 6.10-8m2/s
𝒂 𝟔∗𝟏𝟎−𝟖
Alors K=𝟐 ⇒ 𝐊= 𝟐

K=3. 10-8m2/s
4. Détermination du Coefficient de Diffusion :
On a :

𝑀 𝐷𝐴𝐵 𝑃 (1 − 𝑦𝐴1 )
𝐾= 𝑙𝑛
𝜌𝑅𝑇 (1 − 𝑦𝐴0 )
𝐾𝜌𝑅𝑇
𝐷𝐴𝐵 =
(1 − 𝑦𝐴1 )
𝑀 𝑃 𝑙𝑛
(1 − 𝑦𝐴0 )
Données de mesure

- Pression de l’air : P= 101300Pa


- Pression de saturation de l’acétone : P0 = 58700 Pa
- Masse molaire de l’acétone : M=58 g/mol = 0,058 Kg/mol
- Température : T = 40° = 313 K
- L0 = 0,04 m
- La masse volumique : ρ =0,791g/cm3 = 786 Kg/m3.
- R = 8,31JK-1 mol-1

On sait que : P0 = y0 P alors y0 =P0/P

𝟓𝟖𝟕𝟎𝟎
 yA0 = 𝟏𝟎𝟏𝟑𝟎= 0,579

P1 =0 (négligeable) alors yA1 = 0

3. 10−8 ∗ 786 ∗ 8,31 ∗ 313


𝐷𝐴𝐵 =
1
0,058 ∗ 101300 ∗ ln ( )
1 − 0,579

Page 9 sur 12
𝐃𝐀𝐁 = 1, 206*10-5 m2/s

5. Détermination de coefficient du diffusion utilisant La


méthode de BIRD
On calcule le coefficient de diffusion par la méthode de BIRD

−𝟕
𝑻𝟑⁄𝟐 𝑴𝒋 + 𝑴𝒌 𝟏⁄𝟐
𝑫𝒋𝒌 = 𝟏, 𝟖𝟓𝟖. 𝟏𝟎 ( )
𝑷 𝝈𝟐𝒋𝒌 𝛀𝑫 𝑴𝒋 𝑴𝒌
𝟏
Avec : 𝝈𝒋𝒌 = (𝝈𝒋 + 𝝈𝒌 )
𝟐

𝑲𝑩 𝑻
𝛀𝑫 = 𝒇( 𝜺
)

𝜺 = (𝜺𝒋 𝜺𝒌 )𝟎,𝟓

T=313k

𝑴𝒋 = 𝑴𝑨 = 𝟓𝟖𝑲𝒈/𝑲𝒎𝒐𝒍

𝑴𝒌 = 𝑴𝑩 = 𝟐𝟗𝑲𝒈/𝑲𝒎𝒐𝒍

On calcule 𝛔𝐣𝐤
𝟏 𝟏
𝝈𝒋𝒌 = (𝝈𝒋 + 𝝈𝒌 ) = (3,711+4,600)=4,155
𝟐 𝟐

On a à partir de la table de paramètres du potentiel de LENNARD-JONES les


valeurs suivantes :

substance (A°) a=𝜺⁄𝑲


𝑩
(k)
Air 3,711 78,6
acétone 4,600 560,2

Page 10 sur 12
𝑲𝑩 𝑻
On calcule :
𝜺

𝜺𝑨 𝜺𝑩 𝑲𝑩 𝟏
aA = aB = =
𝑲𝑩 𝑲𝑩 𝜺 (𝒂𝑨 𝒂𝑩 )𝟎,𝟓

𝑲𝑩 𝑻 𝑻
=
𝜺 𝜺 𝜺
√(𝑲𝑨 )(𝑲𝑩 )
𝑩 𝑩

𝟑𝟏𝟑
alors;
𝑲𝑩 𝑻
𝜺
= √(𝟕𝟖,𝟔)(𝟓𝟔𝟎,𝟐) =1,491≃ 𝟏, 𝟒𝟗

sur la table, on fait la lecteur :

𝑻𝑲𝑩⁄ 𝛀D
𝜺
1,45 1,215
1,50 1,198
A partir de ce tableau on trace une droite d’équation

𝑲𝑩 𝑻
ΩD = −0,34 + 1,5108
𝜺
𝑲𝑩 𝑻
Pour =1,49 on trouve 𝛀D=1,004
𝜺

−𝟕
𝟑𝟏𝟑𝟑⁄𝟐 𝟐𝟗 + 𝟓𝟖 𝟏⁄𝟐
𝑫𝑨𝑩 = 𝑫𝒋𝒌 = 𝟏, 𝟖𝟓𝟖. 𝟏𝟎 ( )
𝟏 (𝟒, 𝟏𝟓𝟓)𝟐 (𝟏, 𝟎𝟎𝟒) 𝟐𝟗 ∗ 𝟓𝟖

𝑫𝑨𝑩 =1,349 .10-5 m²/s

Erreur :
| 𝐷𝐴𝐵 −𝐷𝐴𝐵𝑒𝑥𝑝 | 1,349−1,206
E(%)= . 100% = | |.100
|𝐷𝐴𝐵𝑒𝑥𝑝 | 1,206

E(%)=11,85%

Page 11 sur 12
VI. Conclusion
A l’issue de cette expérience, on a montré que le coefficient de diffusion
peut être mesuré expérimentalement par l’utilisation de l’appareil d’essai
de diffusion en phase gazeuse.
On a obtenu des valeurs proches à des valeurs théoriques qui ont même
grandeur de 10-5
L’erreur de cette expérience vaut 11,85%, est capable dû aux les effets
de température et pression.

VII. Références
 travaux pratiques de transfert de matière 18/19
 https://fr.scribd.com/
 GENIE DES PROCEDES TOME 2.

Page 12 sur 12