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Exemples : Evolution du marché, Application de nouveaux tests législatifs, L’intégration de nouvelles

normes environnementales, les modes de distribution, l’évolution des produits, l’évolution de la


technologie etc…

Chapitre : La capacité d’autofinancement

I) Objectifs, intérêt et limites


1. Principe :

L’autofinancement est une source permanente de financement que l’entreprise génère sans faire
appel aux associés ou aux capitaux empruntés. Si cette ressource provenant de l’activité propre de
l’entreprise est indispensable il convient de ne pas occulter les limites de toute politique
d’autofinancement. La capacité d’autofinancement représente pour l’entreprise l’excédent de
ressources internes ou le surplus monétaire potentiel dégagé durant l’exercice par l’ensemble de son
activité et qu’elle peut destiner à son autofinancement.

2. L’intérêt de l’autofinancement :

L’autofinancement autorise une plus grande liberté en matière de choix d’investissement. La


capacité d’autofinancement permet :

- De rémunérer les associés


- De renouveler et d’accroitre les investissement
- D’augmenter le fond de roulement
- De rembourser les dettes financières
- De mesurer ma capacité de développement et mon indépendance financière
- De couvrir les pertes probables et les risques

La prise en considération des seuls amortissements représente l’autofinancement minimum. Le


montant de ces dépréciations irréversibles constitue le plus souvent l’élément le plus important de
l’autofinancement.

Toutefois, en raison de l’inflation et de l’évolution technologique ce montant ne peut ni satisfaire au


renouvellement des immobilisations ni a fortiori permettre l’extension des capacités de production. Il
est donc indispensable que l’autofinancement comporte des bénéfices.

L’autofinancement accroit l’indépendance financière de l’entreprise puisque les capitaux propres se


trouvent augmentés de ce financement endogène. Parallèlement le niveau de cet agrégat renforce la
capacité d’endettement de l’entreprise mesurée par les ratios suivants :

 A partir de la caf on pourrait cerner les ratios suivants :


o CP / Passif
o CP / DT (capitaux propres / dettes totales)
o CP / capitaux permanents

L’autofinancement contribue à renforcer la structure financière de l’entreprise et à accroitre sa


liberté d’action. Différentes décisions de gestion peuvent être envisagées pour l’affectation de cette
ressource interne indispensable à la survie de l’entreprise. Ce surplus monétaire dégagé par l’activité
de l’entreprise durant un exercice présente également les autres avantages suivants :

- Il permet une stratégie de prix plus compétitive pour l’allègement des charges.
- Il contribue à l’amélioration de la valeur boursière de l’action par l’augmentation de la
situation nette.

3. Les limites de l’autofinancement :

Le choix d’une politique d’autofinancement comporte un certain nombre d’inconvénients d’ordre


public et privé.

A) Les inconvénients majeurs d’ordre public.


- L’autofinancement peut être un facteur de hausse de prix puisque les entreprises peuvent
dans ce cadre de leur politique commerciale fixer les prix élevés dans le but de rechercher le
plus grand bénéfice possible.
- L’autofinancement peut provoquer en cas d’abus une pression sur les salaires, le partage de
la valeur ajoutée (VA) se faisant au profit de l’autofinancement.

B) Les inconvénients majeurs d’ordre privés :


- Les actionnaires : la décision de privilégier une politique d’autofinancement a pour
conséquence d’augmenter le patrimoine social au dépend du patrimoine des associés (par
exemple les actionnaires). Le paiement d’un dividende immédiat est remplacé par
l’espérance d’un bénéfice plus important et incertain.
- L’entreprise elle-même : L’autofinancement peut priver l’entreprise de l’effet de levier
favorable dégagé par l’endettement

La volonté de l’entreprise de vouloir privilégier cette ressource interne au détriment des autres
modes de financement comporte le risque de diminuer le sens critique des dirigeants qui peuvent
réaliser des investissements ne correspondant pas au véritable besoin de l’entreprise.

II) Le calcul de la capacité d’autofinancement

Il se fait à partir du compte de résultat.

On distingue les charges :

- Décaissées Les charges décaissables entrainent des dépenses (achats, charges externes,
charges de personnel, etc…)
- Non décaissées : par exemple les amortissements. Les charges non décaissables sont
calculées et n’entrainent pas de dépenses (dotation aux amortissements) pour dépréciation
et aux provisions et valeurs comptables des éléments d’actifs cédés.

De la même façon pour les produits :

- Les produits encaissables génèrent des recettes (chiffre d’affaire, revenu financier, etc…)
- Les produits non-encaissables ne génèrent pas de recettes (reprise sur amortissement, sur
dépréciation et sur provision, quote-part de subvention d’investissement viré au résultat).

CAF = (produit encaissable) – (charges décaissables)

Remarque : Dans cette formule les produits de cession d’éléments d’actifs ne figurent pas dans les
produits encaissables.

Il y aura deux méthodes pour calculer la caf :

 Soit à partir de l’EBE (méthode soustractive)


o Caf = EBE + autres produits encaissables – autres charges décaissables
 Soit à partir du résultat net (méthode additive)
o Caf = résultat net de l’exercice + charges non décaissables – produits non
encaissables + (ou -) résultat d’éléments de cession d’actifs

1. La méthode soustractive :

Le plan comptable général propose le modèle de détermination de la CAF suivant :

EBE ou IBE
+ Transferts de charges (d’exp) 791
+ autres produits (d’exp) 75
- Autres charges (d’exportation) 65
+ ou – Quotes-part de résultat sur opération faite en commun 755 – 665
+ Produits financiers (sauf reprise sur dépréciation et provision) 76 et 796
- Charges financières (sauf dotations aux amortissements (DAM) aux dépréciations et
aux provisions financières
+ produits exceptionnels (sauf produits de cession d’immobilisation, quote-part des
subventions d’investissement, reprises sur provisions, valeur comptable des
immobilisations cédées
- Charges exceptionnelles (sauf valeur comptable des immobilisations cédées)
- Participations des salariés aux résultats
- Impôts sur les bénéfices

_____________ Fin séance 5 _______________


2. Méthode additive :

Résultat net de l’exercice = Numéro de compte :


+ DAP et dépréciations 681 + 686 + 687
(-) Reprises sur amortissements, dépréciation et Provisions 781 + 786 + 787
+ Valeurs comptables des éléments d’actifs cédés 675
(-) produits de cessions d’éléments d’actifs immobilisés 775
(-) quote-part des subventions d’investissement virées au résultat de 777
l’exercice

3. L’autofinancement :

L’autofinancement est égal à la CAF moins les dividendes payés (sur l’exercice N).

L’autofinancement correspond à la part de la CAF qui restera à la disposition de l’entreprise pour être
réinvestie. Il permet à l’entreprise de financer par elle-même :

- Les investissements
- Le remboursement des emprunts
- L’augmentation du fond de roulement

Donc l’autofinancement est encore égal à l’autofinancement d’expansion + l’autofinancement de


maintien.

L’AF d’expansion est égale aux réserves  bénéfices non distribués.

L’AF de maintien correspond aux charges non décaissées qui proviennent des (dotations – reprises)
qui sont elles-mêmes liées aux amortissements, dépréciations et provisions.

L’autofinancement d’expansion augmente le niveau de patrimoine et le niveau de production.

L’autofinancement de maintien permet la conservation du patrimoine et du niveau d’activité, et


d’autre part il est indispensable à la bonne gestion de l’entreprise.

L’AF d’expansion possède des avantages, mais également des inconvénients dus à son excès.

Avantage :

 Il s’agit d’une ressource de financement générée régulièrement par l’entreprise et


n’entrainant pas de paiement d’intérêts.

Inconvénients :

 S’il est excessif, l’autofinancement peut détourner les associés de l’entreprise faute de
rémunération suffisante.
 Il peut aussi entrainer un ralentissement du développement de l’entreprise et mettre en
cause sa compétitivité face à la concurrence.
Que ce soit l’autofinancement ou la CAF, ces deux composantes permettent d’aboutir à certains
ratios qui permettraient de contribuer à l’analyse financière. Donc on va voir

4. quelques ratios utilisant l’autofinancement ou la CAF.

𝐷𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑖è𝑟𝑒𝑠
𝐶𝐴𝐹
: Ca va nous permettre de cerner la capacité de remboursement. Ca permet de
mesurer l’endettement. Il serait souhaitable pour l’entreprise que ce ratio soit < 1.

𝐴𝑢𝑡𝑜𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝐴𝑢𝑡𝑜𝑓𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑎𝑗𝑜𝑢𝑡é𝑒 : Permet de voir la répartition de la valeur


ajoutée. Donc la part de la VA consacrée à l’autofinancement.

Chapitre III : L’analyse financière du bilan :

I) Bilan financier :

L’analyse financière ou patrimoniale de l’entreprise repose sur l’étude de sa solvabilité c.-à-d. sa


capacité à couvrir ses dettes exigibles à l’aide de ses actifs liquides.

Le bilan comptable est l’outil de base pour analyser la structure financière de l’entreprise. Cependant
il est nécessaire de retraiter les éléments constitutifs du bilan comptable pour permettre certaines
analyses.

1. Principes :

La situation financière de l’entreprise peut être appréciée à partir de la dimension juridique de son
bilan. L’analyse liquidité exigibilité qui en résulte traduit l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses
engagements. A ce titre, elle intéresse principalement les banques et les autres bailleurs de fonds car
elle permet d’étudier la solvabilité et le risque de faillite de l’entreprise. L’analyse liquidité exigibilité
est une analyse classique et statique qui repose sur l’élaboration d’un bilan appelé bilan financier ou
bilan liquidité. Même si ces deux notions sont souvent confondues, elles ne recouvrent cependant
pas la même signification

A) La solvabilité :

La solvabilité traduit l’aptitude de l’entreprise à régler l’ensemble de ses dettes en réalisant ses actifs.
On se place dans l’hypothèse où l’entreprise cesserait ses activités. L’appréciation de la solvabilité
exige que tous les éléments de l’actif soient réévalués à leur valeur probable de cession. Il convient
de préciser que dans le courant de son existence normale une entreprise peut être solvable mais non
liquide.

B) La liquidité :

La liquidité exprime l’aptitude de l’entreprise à transformer plus ou moins rapidement ses actifs en
trésorerie. Cette contrainte du bas du bilan indique si en moyenne les disponibilités de l’entreprise
sont suffisantes pour faire face aux échéances. La liquidité est donc un instrument, il mesure le
risque de faillite qui diffère de la solvabilité et complète cette notion laquelle n’intègre pas le critère
d’échéance.

II) Actif net :

La valeur réelle du patrimoine de l’entreprise peut être appréhendée à partir du concept d’actif net
ainsi que l’indique le bilan par grande masse (après répartition des bénéfices).

Bilan par grandes masses :

Frais d’établissement CP (capitaux propres)


Capital
Actif immobilisé + Réserves légales
+ autres réserves
Actif circulant + (-) report à nouveau
Dettes + provision pour risques et charges
La valeur réelle du patrimoine de l’entreprise représente l’actif net ou la situation nette suivant la
méthode de calcul retenu.

VR =

 Actif net : Actif réel – dettes


 Situation nette : CP – Actif fictif

L’actif réel regroupe les seuls actifs qui possèdent une valeur de revente. L’actif fictif représente les
postes du bilan qui n’ont aucune valeur patrimoniale car ils ne peuvent entrainer des entrées de
fonds. Ces postes figurent toutefois à l’actif du bilan normalisé par un simple artifice comptable afin
que l’entreprise bénéficie de leur étalement sur plusieurs exercices grâce au jeu de l’amortissement.

Les non-valeurs (actifs qui n’ont pas de valeur) regroupent :

- Le capital souscrit non appelé


- Les frais d’établissement
- Les frais de recherche et développement (dans certains cas)
- Les charges à répartir sur plusieurs exercices
- Les primes de remboursement des emprunts.

Remarque : Les non valeurs doivent être supprimées de l’actif et soustraites des capitaux propres
pour la présentation du bilan financier.

Lorsque l’actif net couvre les dettes, la valeur réelle du patrimoine est positive et l’entreprise est dite
solvable. Par conséquent, elle assure son maintien. Par opposition, la situation d’insolvabilité
constitue le risque majeur de l’entreprise.

En résumé, le bilan financier permet :

- De présenter le patrimoine réel de l’entreprise


- De déterminer l’équilibre financier en comparant les différentes masses du bilan classé selon
leur degré de liquidité ou d’exigibilité et en observant le degré de couverture du passif
exigible par les actifs liquides
- D’évaluer la liquidité du bilan c.-à-d. la capacité de l’entreprise à faire face à ses dettes à
moins d’1 an à l’aide de son actif circulant à moins d’1 an.
- D’estimer la solvabilité de l’entreprise : l’actif est-il suffisant pour couvrir toutes les dettes ?
- De permettre la prise de décision.

En somme, les bilan financier intéresse ceux qui sont attentifs au degré de solvabilité de l’entreprise
au premier rang desquels se trouvent les créanciers.

__________ Fin séance 6 _____________