Vous êtes sur la page 1sur 65

Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

INTRODUCTION

Nombreux sont les dirigeants d'entreprises encore convaincus que la comptabilité


générale est assez suffisante et que la gestion et la direction d'une entreprise est une
question d'instinct et d'intuition.

Ce sont là des appréciations dangereuses qui manquent de toute rationalité ou de


fondement scientifique et peuvent être fatales à la survie de l'entreprise.

Certes, la comptabilité générale telle qu'elle a été réorganisée par le nouveau code de
la normalisation comptable, permet d'élaborer des documents de synthèse, et permet
ainsi de vérifier un certain nombre d'équilibres généraux. Mais dans la pratique, les
entreprises optent pour une diversification de la production et des articles à vendre.
Cette diversification est souvent justifiée par le souci de diviser les risques. De ce fait,
les résultats globaux déterminés par la comptabilité générale ne rendent pas compte
des résultats sectoriels compte tenu de la diversification.

Ainsi, le choix de la conception d’un système de comptabilité analytique s’avère très


judicieux vu le besoin de plus en plus apparent des dirigeants d’entreprise en
matière d’informations détaillées pour maitriser les résultats de leurs entreprises. En
plus, l'activité elle même des entreprises, dans un contexte de mondialisation et de
libéralisation des marchés, devient de plus en plus complexe ainsi que la
compétitivité acharnée aussi bien de la part des entreprises marocaines
qu'étrangères. C'est à ce moment là que l'on prétend avoir un système de
comptabilité analytique dont la vocation fondamentale est le calcul des coûts par
produit, par branche ou par secteur d'activité.

Afin d'apporter les éléments que nécessite la conception d'un système de


comptabilité de gestion, mon rapport sera scindé en trois parties principales : Dans la
première, l'accent sera mis sur les aspects théoriques de la comptabilité analytique.
La deuxième, sera réservée aux processus de la mise en place d'une comptabilité
analytique et renforcée, dans une troisième partie, par un exemple d’application.

1
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Partie I

PRÉSENTATION DE LA COMPTABILITÉ ANALYTIQUE

Fondements de base

Passage de la comptabilité générale à la CA

Principales méthodes d’analyse des coûts

2
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

La première partie traitera trois chapitres, à savoir les fondements de base de la


comptabilité analytique (définition, rôles et objectifs), le passage de la comptabilité
générale à la comptabilité analytique et finalement les méthodes d'analyse des coûts.
En guise de conclusion de cette première partie une analyse comparative des
différentes méthodes s'avère importante.

Chapitre 1 : Fondements de base de la CA :

I. Délimitation du concept :

La comptabilité analytique se propose d'obtenir des résultats analytiques par groupe


d'articles, par produit individuel... etc. Il s'agit donc de confronter les produits et les
charges relatifs à chaque branche, à chaque article, ceci n'étant possible qu'après un
classement préalable des produits et des charges par destination ou par fonction.

« La comptabilité analytique est un outil de gestion qui délivre aux différents organes
de direction de l'entreprise des informations pertinentes pour la prise de décision » (1)

II. Objectifs de la CA :

 Connaître les coûts des matières et des produits achetés, crées ou distribués par
l'entreprise.
 Déterminer les résultats analytiques par groupe de produits ou par branche
d'activité.
 Expliquer les résultats en calculant les coûts des produits pour les comparer aux
prix de vente correspondants.
 Etablir des prévisions qui, comparées aux réalisations, mettront en évidence les
écarts significatifs.
 D'une manière générale, elle doit fournir tous les éléments nécessaires à la prise
de décision.

III. Caractéristiques essentielles de la CA :

Contrairement à la comptabilité générale codifiée, formalisée et imposée fiscalement


à toutes les entreprises, la comptabilité analytique est organisée suivant des critères,
des méthodes et des procédures propres à chaque entreprise.
La comptabilité analytique donne une vue détaillée de l'activité de l'entreprise, alors
que la comptabilité générale donne une vue globale, synthétique de la situation
financière de l'entreprise.

(1)
G. MELYON, F. HEMICI et V. FERNANDEZ, "comptabilité analytique: principes techniques et évolutions,
édition ESKA, 1994. P 25.

3
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Chapitre 2 : Passage de la comptabilité générale à la CA

L'évaluation des coûts n'est pas une tâche facile, tout d'abord se pose le problème de
la nature des charges à incorporer dans les coûts.

Certes, il y a la possibilité d'incorporer en comptabilité analytique toutes les charges


de la comptabilité générale sans modification. Mais le problème est qu'on va se
retrouver avec un coût complet traditionnel, c'est à dire un coût qui est biaisé, qui ne
reflète pas les conditions d'utilisation de l'outil de production.

Donc, pour l'appréciation des coûts à des fins internes, il est souhaitable que :
 Toutes les charges enregistrées en comptabilité générales ne soient pas forcément
reprises par la comptabilité analytique : c'est le problème des charges dites
incorporables et celles dites non incorporables.
 La comptabilité analytique puisse incorporer dans le calcul des coûts certaines
charges non enregistrées en comptabilité générale, ce sont les charges dites
supplétives.
 Parmi les charges incorporables, certaines soient prises en compte par la
comptabilité analytique pour un montant différent de celui enregistré en
comptabilité générale : ce sont les charges dites calculées de substitution.

I. Charges incorporables :

Elles représentent les charges effectives incorporées aux coûts de la comptabilité


analytique, une fois prises en considération les charges non incorporables et les
éléments supplétifs.

II. Charges non incorporables :

Le code de la normalisation comptable ne précise pas quelles sont ces charges


puisque le chef de l'entreprise est libre de les déterminer, mais dans la mesure où
l'idée de base est de cerner des coûts dans des conditions habituelles de
fonctionnements, seules les charges courantes seront bien souvent incorporées, et
tout ce qui a un caractère exceptionnel ou bien ne se rapporte pas aux coûts de
l'exercice sera écarté.

Exemples :
 Frais ne relevant pas de l'exploitation normale et courante :
amortissements et frais de constitution
 Impôts sur les bénéfices
 Dotations aux provisions pour dépréciation...etc.

4
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

III. Charges supplétives :

Représentent des charges «Fictives» qui ne sont pas enregistrées en comptabilité


générale. Toutefois, la comptabilité analytique doit en tenir compte afin de rendre
pertinente la comparaison des coûts entre entreprises.

Elles regroupent principalement :


 La rémunération de l'exploitant, lorsque cette rémunération n'est pas
légalement ou statutairement comprise dans les charges du personnel de
l'entreprise.
 La rémunération des capitaux propres : ajoutée à la rémunération des
capitaux empruntés

IV. Charges de substitution :

Certaines charges seront retenues en comptabilité analytique pour un montant


différent de celui figurant en comptabilité générale. On parle alors de charges de
substitution.

Exemples :
- Différence d'incorporation sur matières
- Différence d'incorporation sur amortissement

5
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Chapitre 3 : Principales méthodes d’analyse des coûts

I. Méthode des coûts complets :

Chaque entreprise qui désire instaurer un système de comptabilité analytique doit


nécessairement effectuer un choix de la méthode de calcul des coûts selon ses
objectifs et son système de gestion.

On effet, il existe plusieurs méthodes qui se distinguent l'une de l'autre suivant la


manière de traiter les différentes catégories de charge.
Mais il est utile de ne pas se contenter d'appliquer exclusivement une seule méthode.

1. Principes de base :

La méthode des coûts complets repose sur les principes suivants :


1- La distinction entre charges directes et indirectes :
2- La distinction des divers centres d'analyse parmi lesquels on trouvera des centres
principaux et des centres auxiliaires.

Donc le principe de la méthode consiste à imputer aux centres d'analyse (auxiliaires


et principaux) les charges indirectes par le biais des clefs de répartition.

Une fois cette étape est terminée, les charges indirectes toujours dégagées par les
centres auxiliaires (exemple: administration, entretien...) seront imputées à leur tour
aux centres principaux (exemple: approvisionnement, fabrication, distribution) par le
biais des proratas de prestations offertes par les centres auxiliaires aux centres
principaux (exemple: répartition aux prorata du nombre d'heures d'entretien offertes
par le centre auxiliaire "entretien" aux centre principale "fabrication".

Les charges directes sont affectées sans calcul intermédiaire aux centres principaux
(exemple: main d'œuvres directe, consommation de matière de marchandise... etc.).

Au terme du processus, les centres principaux sont récepteurs de charges directes et


indirectes, et de coûts complets.

2. Traitement analytique des charges :

En comptabilité générale, le critère d'analyse des charges repose sur la nature des
charges. En comptabilité analytique d'autres critères entrent en jeux, c'est le principe
de la destination, en fait on répond à la question suivante: quel est le produit pour

6
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

lequel on a engagé cette charge? Dans cette optique, on fait la distinction entre
charges directes et charges indirectes.

Ainsi on appelle charges directes les charges qui sont possibles d'affecter
immédiatement, c'est à dire sans calcul intermédiaire à un coût déterminé, en effet le
traitement des charges directes ne posent pas de gros problèmes. Elles comprennent
essentiellement les coûts de matière première, de la main d'œuvre directe qui a
contribué à la fabrication d'un produit ou à la réalisation d'une commande.

Par contre une charge indirecte est celle qu'on ne peut affecter directement à un coût,
c'est une charge commune à plusieurs produits ou commandes. Elle nécessite donc
un calcul intermédiaire pour être imputée, autrement dit, une répartition par le biais
des clefs de répartition.

3. Les unités d'œuvres :

La meilleure unité d'œuvre est celle qui exprime la meilleure corrélation entre la
variation du total des coûts du centre considéré et la variation quantitative de
l'activité de ce centre. On trouve généralement deux types d'unités d'œuvre :
- Les unités d'œuvre qui mesurent la production (en volume), les plus
fréquentes sont donc les quantités approvisionnées, produites ou distribuées.
- Les unités d'œuvre qui mesurent les facteurs consommés tel que le Kg de
matière et fourniture consommées, Les heures de main d'œuvres, les heures
machines ...

4. L’évaluation des stocks :

On entend par stock « l'ensemble des biens ou de services qui interviennent dans le
cycle d'exploitation de l'entreprise pour être :
- Soit vendu en l'état ou à terme d'un processus de production à venir ou en
cours (outputs)
- Soit consommé au premier usage (Inputs) » (1)

Les stocks jouent un rôle important dans la vie de l'entreprise. Leur constitution
permet d'éviter l'interruption du cycle d'exploitation.

On distingue entre les stocks de :


- Marchandises
(1)
G. MELYON, F. HEMICI et V. FERNANDEZ, "Comptabilité analytique: principe technique et Evaluation"
Edition ESKA, 1994. P 77

7
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- Matières premières
- Matières et fournitures consommables
- Sous produits
- Produits finis

En comptabilité analytique le suivi de la valeur des stocks est très important dans la
mesure où il permet de déterminer les quantités et les valeurs des éléments en stocks
d'une façon constante au cours de l'exercice. La technique utilisée est appelée
« Inventaire Permanent».

Généralement, distingue trois phases de stockage :

Stock

Approvisionnement Production Distribution

- Marchandises -ㄹ Produits semi-finis -ㄱ Produits finis


- Matières premières -ㄴ Marchandises
- Matières consommables -ㄷ Résidus
- Emballages

Figure n°1 : Les trois phases de stockage


(Source : Comptabilité analytique, Mohamed LAARIBI, page 43)

La valorisation des stocks concerne à la fois les entrées et les sorties :

a. La valorisation des entrées :

Pour les approvisionnements (marchandises, matières premières, fournitures,


emballage... etc.) faits par l'entreprise, sont évalués au coût d'achat qui comprend le
prix d'achat (HT), plus les frais d'approvisionnement tels que les frais de passation
de commandes.

Pour les produits intermédiaires, les produits finis, leur valorisation se fait à leur
coût de production qui représente le coût d'achat augmenté des charges de
production.

8
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

b. La valorisation des sorties :

Il existe plusieurs méthodes pour évaluer les soties des stocks, ses méthodes sont
choisies en fonction de l'environnement financier et de la tendance des prix.

Ainsi on peut distinguer entre :


- La méthode du coût unitaire moyen pondéré (CMUP)
- La méthode du premier entré, premier sorti (FIFO)
- La méthode du dernier entré, premier sorti (LIFO)
- La méthode du coût de remplacement (NIFO)

 La méthode du CMUP :
Les sorties du stock sont évaluées à un coût unitaire moyen pondéré égale au
rapport :
Valeur totale des éléments disponibles en stocks
CMUP =
Quantité totale disponible

Le CMUP peut être calculé soit en fin de période :


Avantage : atténuer la fluctuation des prix
Inconvénients :
- Retarder le calcul des coûts
- La valeur des stocks est faussée en cas de variation définitive des prix

Soit après chaque entrée :


Avantage : réduction des fluctuations des prix
Inconvénients : la valeur des stocks est faussée en cas de variation définitive des prix.

 La méthode du premier entré, premier sortie (FIFO) :

C'est le lot le plus ancien qui « sort » le premier jusqu'à son épuisement, puis en
évalue les quantités sortantes au coût du deuxième, et ainsi de suite.
Inconvénient : les coûts sont sous –évalués.

 La méthode du dernier entré, premier sorti (LIFO) :

C'est le raisonnement inverse de la méthode (FIFO)

9
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Avantage : le stock est évalué au prix le plus récent


Inconvénient : Méthode interdite par l'administration fiscale

 La méthode du coût de remplacement (NIFO) :

Elle consiste à évaluer les sorties de stock à leur valeur de remplacement,


généralement en retient soit le prix de la dernière facture soit le coût probable
d'achat de la période suivante.

Cette méthode fait apparaître des différences d'incorporation sur matières.

5. La détermination des coûts :

La hiérarchie des coûts est étroitement liée à celle des phases du processus
d'exploitation. A chacune des étapes principales (approvisionnement, production et
distribution) correspond un coût.

a. Le coût d'approvisionnement :

Il se compose de deux types de charges, d'abord les charges directes (prix d'achat
HT), puis les charges indirectes imputées au centre approvisionnement (grâce au
tableau de répartition des charges indirectes).

Coût d'achat = prix d'achat (HT) + charges sur achat.

b. Le coût de production :

Le coût de production se compose d'abord du coût d'achat des matières consommées


(utilisées dans le processus de fabrication) (1), ensuite autres charges directes
notamment le coût de la main d'œuvre directe est enfin des charges indirectes
relative à la production.

Coût de production = coût d'achat des matières consommées (des produits finis) +
autres charges de production (directes et indirectes).

(1)
Il faut inclure au coût de production le coût d'achat de matières consommées et non pas le coût d'achat des
matières achetées

10
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

c. Le coût de revient :

Il est obtenu de la manière suivante :


Coût de revient = coût de production des produits vendus (2)
+ charges de
distribution.

6. Limites de la méthode :

Les principaux reproches évoqués à l'égard de la méthode des coûts complets


tiennent d'une part à la technicité du calcul et d'autre part aux conclusions de
gestion.

a. Technicité du calcul :

En pratique se pose beaucoup des problèmes techniques à savoir :


- Le choix des centres
- Le classement des centres entre centres auxiliaires et principaux
- La détermination de clefs de répartition trop souvent forfaitaires ou arbitraires
- Le choix des unités d'œuvre

b. Conclusion de gestion :

La méthode des coûts complets ne permet pas de juger l'effort engagé par les
responsables des centres pour améliorer le rendement, car ils sont jugés sur des coûts
sur lesquels ils n'ont aucun pouvoir. En effet les coûts des centres d'analyse se
trouvent en amont sont déversés sur les centres d'analyse en aval.

II. Méthode des coûts partiels :

C'est autour de la distinction entre charges fixes et charges variables qu'ont été
établies les méthodes de détermination de marges par les coûts partiels. On distingue
plusieurs formules envisagées pour le calcul de coûts partiels :

- La méthode « du coût variable (directe - costing) »


- La méthode « du coût variable évolué »
- La méthode « de l'imputation rationnelle des charges fixes »

(2)
Il faut inclure au coût de revient le coût de production des produits vendus est non pas le coût de production
des produits fabriqués

11
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

1. La méthode du coût variable (Direct - costing) :

Le principe de base de la méthode du coût variable est la distinction entre charges


fixes et charges variables. Elle consiste à ne retenir dans le coût des produits que les
charges variables qui sont considérées en fonction de l'activité (proportionnelles ou
non proportionnelles).

Cette méthode consiste à retrancher du chiffre d'affaires les charges variables, la


différence ainsi obtenue est appelée « Marge sur coût variable ».

Le résultat global est obtenu en retranchant la totalité des charges fixes (1) de la
« Marge sur coût variable ».

Tableau n°1 : Compte de résulta différentiel

Activités / Produits P1 P2 P3 ... Total


Quantité vendue
Prix de vente unitaire
1. Chiffre d'affaires
2. Coût variable unitaire
- de production
- de distribution
1-2 = Marge sur coût variable
Marge sur coût variable globale
- charges de structure
= Résultat d'exploitation

2. La méthode du coût variable évolué :

La méthode du coût variable évolué permet de classer les produits en fonction de


leur rentabilité partielle, en se basant sur la marge sur coût spécifique unitaire ou
total. Elle prend en compte au-delà des charges variables, des charges de structure
spécifiques au produit analysé. Ainsi on se retrouve avec deux niveaux de marges :

- La première est la marge sur coût variable, calculée par produit, par
commande ou par activité
- La deuxième est la marge de contribution, calculée en soustrayant de la marge
sur coût variable, les charges fixes directes ou spécifiques.

(1)
Les charges fixes sont liées à l'existence de l'appareil de production donc même en absence d'activité, il existe
un niveau de charges incompressibles

12
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Tableau n°2 : Tableau de calcul du Direct Costing Evolué

Division 1 Division 2 Division 3


P1 P2 P3 P4 P5 P6 P7 P8 P9
1. Chiffre d'affaires
2. Coût variable des produits
vendus
2-1 = Marge sur coût
variable
3. Marges dégagées par
division
4. Charges fixes spécifique à
la division
3-4 = Marge de contribution
de la division
5. Marge de contribution
dégagée par les trois
divisions
6. Charges fixes communes
5-6 = résultat analytique

Le choix entre le «direct - costing simple » et le «directe - costing évolué» est dicté par
le type de la structure organisationnelle de l'entreprise. Ainsi lorsque la structure est
fonctionnelle où les moyens (humains, matériels et informationnels) sont communs à
l'ensemble des produits, c'est le direct-costing qui est applicable.

Alors que dans le cas où la structure est divisionnelle où il y a des moyens qui sont
affectés à certaines activités, le direct-costing évolué est applicable.

13
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

3. La méthode de l'imputation rationnelle des charges fixes :

La méthode de l'imputation rationnelle des charges fixes a pour objectif de


neutraliser l'influence des variations des niveaux d'activités sur le calcul des coûts
unitaires moyens.

Elle consiste à inclure dans les coûts non pas les charges de structures réelles mais
des charges de structure calculées au niveau d'activité préalablement défini comme
normale.
Les coûts obtenus après l'imputation rationnelle sont alors parfaitement insensibles
aux variations du niveau d'activité de l'entreprise.

Les charges de structure calculées égalent à :

Activité réelle
Charges de structure réelles x
Activité normale

La différence entre charges fixes et charges imputées fait apparaître deux cas :

- Une « sous-activité », c'est à dire la part des charges fixes n'a pas été imputés au
coût en raison de la sous-activité, ce mali doit être retranché du résultat puisqu'il
n'a pas été inclus dans le coût de revient

- Une « sur – activité », on dégagera alors un boni qui doit être ajouté au résultat

14
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

III. Analyse comparative des différentes méthodes :

Méthode Apports Limites


Coûts - Imputation de toutes - Le choix des clefs de répartition et des unités
complets les charges. d'œuvre peut se révéler arbitraire.
- La valorisation des - Le bon choix des unités d'œuvre entraîne une
stocks en accord avec la multiplication des sections, ce qui peut alourdir la
réglementation tâche.
comptable. - la non prise en compte de la variabilité des
charges.
- Imputation arbitraire de certaines charges
indirectes par section.

Coûts - Elimination de la - Absence d'une valorisation correcte des stocks.


partiels difficulté de la - La difficulté de gérer les charges fixes sur la
répartition des charges complexité des processus de production
indirectes - Nécessité de mettre en œuvre des plans d'action
- Les analyses en coût visant à gérer la complexité afin de mieux contrôler
partiel servent de les charges fixes.
politique de gestion
pour rentabiliser les
produits et contrôler les
performances des
responsables.
- La connaissance des
marges sur coûts
variables est en fait un
outil de gestion
prévisionnelle
L'imputati- - Des coûts insensibles La distinction entre charges fixes les charges
on aux variations des variables n'est pas aisée à effectuer.
rationnelle niveaux d'activités.
des charges - Facilité de suivi des
fixes coûts.

Tableau n°3 : Tableau comparatif des différentes méthodes de calcul de coûts

15
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Partie II

CONCEPTION ET MISE EN PLACE DU SYSTÈME DE C.A

Nécessité de la mise en place d’un système de CA

Méthodologie générale de conception d'une CA

Mise en œuvre d'une CA

Problèmes qui entravent la mise en place du


système de CA

17
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Chapitre 1 : Nécessité de la mise en place d’un SCA

La comptabilité analytique tire son importance de fait qu'elle est un corollaire


indispensable à la comptabilité générale. En effet, sa mise en place répond à :

- des exigences organisationnelles et de contrôle ;


- des exigences économiques et managerielles ;
- des exigences comptables (la limitation du risque de mauvaise valorisation
des stocks).

I. Exigences organisationnelles et de contrôle :

Le calcul de coûts qui constitue une mission essentielle pour la comptabilité


analytique est d'une nécessité absolue pour les gestionnaires surtout en ce qui
concerne :
- l'orientation de la stratégie commerciale,
- la détermination des prix de vente,
- la fixation de la politique de production (augmenter la catégorie de produits
rentables et arrêter celle qui n'est pas rentable.

Le contrôle du calcul et l'évolution des coûts demeure une nécessité absolue pour
toute entreprise.

II. Exigences économiques et managerielles :

La mise en place de la comptabilité analytique répond au besoin des décideurs de


disposer d'un outil de gestion fiable et pertinent.

Elle permet notamment :


- Au sein de l'entreprise, d'apprécier les économies d'échelle qu'entraîne
l'augmentation des productions et a mesurer les gains de productivité,
- Vers l'extérieur, on s'efforce d'évaluer la position de l'entreprise vis à vis de la
concurrence,
- Accumuler une masse d'informations chiffrées susceptibles d'aider les
responsables dans leur gestion quotidienne.

Donc, outre le calcul du coût de produit, la comptabilité analytique doit être


organisée de manière à fournir au décideur l'information dont il a besoin et sous une
forme à la fois claire et facile d'accès. L'information des établissements permet de
disposer d'une « banque d'informations » dans laquelle puisent les analystes pour
alimenter des modèles économétriques plus au moins sophistiqués permettant une
simulation de gestion. Ceci peut aboutir à la planification et à la programmation de
l'activité de l'entité.

18
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

III. Exigences comptables (limitation du risque de mauvaise


valorisation des stocks) :

La connaissance des coûts de produits en cours de fabrication ou achevés, est


indispensable à l'élaboration du bilan de fin d'année puisqu'elle permet d'évaluer les
stocks, sachant qu'ils représentent la rubrique la plus importante de l'actif.

D'après le CGNC, la comptabilité analytique constitue le mode normal pour le calcul


ou l'évaluation des stocks. L'absence de celle-ci pose à l’entreprise plusieurs
problèmes dont :

- le risque de la mauvaise évaluation du résultat d'exploitation,


- le risque de la mauvaise évaluation du résultat financier,
- le risque fiscal.

1. Impact au niveau de l'exploitation :

L'absence d'une comptabilité analytique bien tenue ou son remplacement par une
autre méthode (telle que la commission d'intervention) peut conduire à l'une des
deux situations :

- Le coût de production englobe à tort des charges qui ne sont pas de nature
stockable (charges administratives ou commerciales non incorporables) : dans
ce cas, le coût de production des projets est surestimé tandis que le coût de la
période est sous-estimé dans la mesure où ces charges doivent rester au
niveau du CPC et non pas être transférées au stock. Cette situation fausse le
coût de production des projets, empêche toute fixation de marge raisonnable
et aboutit à un résultat d'exploitation ne reflétant pas la réalité ;

- Le coût des projets néglige des charges qui sont de nature stockable ; dans ce
cas, le coût de la période est sur-élevé, tandis que le coût de production des
projets est sous-estimé. Cette situation peut aboutir à influencer négativement
la politique des prix (marge bénéficiaire) de l’entreprise. Le résultat
d'exploitation des périodes d'avant déstockage serait faussement négatif, alors
que celui de la période de déstockage serait faussement positif.

19
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

2. Impact au niveau financier :

L'ampleur des investissements oblige parfois les entreprises de recourir au


financement externe (emprunt). L'emprunt engendre des charges financières. Ce type
de charge ne fait pas normalement partie du coût des stocks. Néanmoins, le CGNC
autorise pour les activités dont le cycle dépasse l'exercice et sous certaines conditions,
l'imputation des frais financiers aux coûts.

L'application ou non de cette autorisation peut engendrer deux situations :

- Les charges financières n'ont pas été imputées totalement ou partiellement aux
stocks : dans ce cas, les charges de la période sont surestimées tandis que le
coût de production des projets est sous-estimé. D'où le résultat financier avant
destockage serait faussement négatif et celui de la période de destockage
serait faussement positif ;

- Les charges financières ont été imputées aux stocks : dans ce cas et si elles
remplissent les conditions, les charges seront étalées dans le temps et
dépendent du destockage. Le résultat financier serait atténué par un transfert
de charges financières lors de la constatation de ces charges, et il ne sera pas
touché lors de destockage (le coût de revient sera confronté au prix de vente
au niveau du résultat d'exploitation).

3. Impact au niveau fiscal :

Fiscalement, les stocks doivent être enregistrés hors taxes récupérables sauf en ce qui
concerne le stock de lotissement. Une mauvaise évaluation de ces stocks peut
conduire à des redressements significatifs lors d'un contrôle fiscal dont notamment :

- le fait de gonfler le coût par des charges de fonctionnement qui ne sont pas de
nature stockable (salaire du directeur, etc.),
- le fait d'introduire dans le coût des charges qui ne sont pas déductibles
fiscalement (frais de missions, réception, etc.),
- le fait d'introduire dans le coût de production des provisions pour travaux qui
ne sont pas encore effectués (fictifs),
- le fait d'imputer au coût de production des frais financiers pléthoriques ou ne
répondant pas aux conditions (après achèvement par exemple).

20
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Chapitre 2 : Méthodologie générale de conception d'une CA

La conception de la Comptabilité Analytique est un travail qui devrait être confiée


des experts. De plus, afin que l'étude conceptuelle prépare à une mise en place sans
problèmes, ces experts devraient dès le départ associer au projet les cadres concernés
qui devraient leur apporter l'assistance et la collaboration nécessaires sur le terrain.

Dans un souci de gain de temps et pour éviter les va-et-vient inutiles, il est
recommandé que cette étude conceptuelle se fasse de façon méthodique, en suivant
les étapes chronologiques ci-après :

I. Définition des objectifs assignés à la future CA :

La Définition des objectifs assignés à la future Comptabilité Analytique devrait être


le point de départ de la conception, car tout le reste en découle, aussi bien au niveau
de la méthode qui sera utilisée dans le système, que des coûts et résultats qui seront
fournis. Ces objectifs doivent tenir compte des besoins du Contrôle de Gestion tels
que formulés par les responsables de l'organisation. Pour cela des réunions
s'imposent entre le maître d'œuvre en charge de la conception et les responsables de
l'entreprise, afin de clarifier et préciser ce que l'on attend de la Comptabilité
Analytique à mettre en place.

Rappelons que la Comptabilité Analytique peut avoir plusieurs objectifs, et que la


méthode qui sera adoptée sera fonction des analyses de coûts sous-jacents à ces
objectifs. Parmi les objectifs d’une Comptabilité Analytique on peut rappeler :

- l'analyse des coûts, selon différentes optiques ;


- l'évaluation des stocks ;
- le calcul du coût de revient ;
- la détermination des marges et résultats analytiques.

Ces objectifs ne sont pas nécessairement liés : on peut calculer par exemple le coût de
revient sans analyser de façon très poussée les coûts ; mais surtout on peut analyser
les coûts sans calculer systématiquement le coût de revient et les résultats
analytiques (qui ne sont plus qu'un « sous-produit » de la Comptabilité Analytique).

21
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Par ailleurs, dans tous les cas, pour que la Comptabilité Analytique soit un outil
efficace de Contrôle de Gestion, il faudrait qu'elle intègre dès le départ :

- l'analyse des coûts par responsabilité ;


- les standards, qui sont des normes de prix ou de quantité, permettant à la
Comptabilité Analytique de fonctionner de façon optimale, apprécier la
pertinence des coûts, et d'évaluer les performances de la gestion.

II. Etude du processus de calcul du coût de revient :

Il s'agit ici de procéder à une étude technico-économique de l'organisation. Pour ce


faire, on procède en deux étapes :

- Dans un premier temps, on retrace l'ordinogramme des activités avec l'aide


des techniciens. C'est une étude technique dont l'objectif est de savoir
comment les matières et services se transforment et concourent
progressivement à la formation des produits finis : on doit déceler notamment
les principaux stades, les ajouts, les déchets, les services et les différents ponts
cruciaux du processus de transformation. Les activités invisibles, qui
constituent des prestations de services, ne devraient pas être oubliées. Cette
phase devrait aboutir à un graphe aussi détaillé que possible, retraçant de
façon précise les processus d'activités de l'organisation;

- Dans un deuxième temps, on procède à l'étude économique des processus


d'activités. Il s'agit d'assortir les arcs du graphe établi à l'étape précédente, par
des chiffres traduisant les inputs et outputs unitaires et en pourcentage. Cette
étape permet de construire une matrice de chiffres représentant les inputs et
outputs depuis les matières jusqu’aux produits finis, en passant par les
produits intermédiaires et les services.

La Comptabilité Analytique devra emprunter le cheminement ainsi représenté pour


aboutir au coût de revient.

22
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

III. Définition des centres de responsabilités :

Ce travail revient à concevoir un organigramme de gestion. Pour ne pas se


déconnecter de la structure générale de l'organisation, il est utile de prendre comme
base l'organigramme général de l'entreprise, de le détailler et de le compléter par les
relations d'activité ou relations fonctionnelles. Cependant, il importe de préciser ici
que les relations hiérarchiques de l'organigramme et les personnes en place ne
doivent en aucun cas interférer ou influencer la conception de l'organigramme de
gestion, afin de ne pas dévier ce dernier de son but de servir de base
organisationnelle à la Comptabilité Analytique. Par ailleurs, il convient de signaler
que les analyses récentes, par activités et par processus, ne dispensent pas de
l'analyse par centres de responsabilités.

Si l'entreprise dispose déjà d'un système budgétaire organisé en centres de coûts et


centres de résultats, ce sont ces mêmes centres qui devraient être repris en
Comptabilité Analytique pour faciliter le contrôle.

On pourrait par exemple se référer à la fonction des centres dans l'entreprise, ce qui
amènera à distinguer entre :

- Les centres opérationnels (souvent appelés sections principales dans la


méthode des sections) ;
- Les centres fonctionnels (souvent appelés sections auxiliaires dans la méthode
des sections).

On pourrait aussi se référer par exemple à la nature du centre, selon qu'il génère ou
non du profit pour l'entreprise, ce qui amènera à distinguer entre :

- Les centres de coûts ;


- Les centres de profit ou de résultat.

IV. Définition de la procédure d'affectation et de répartition des


charges :

Il s'agit ici de reprendre toutes les charges de la Comptabilité Générale et de les


analyser afin de les préparer à être intégrées en Comptabilité Analytique.

23
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

On procède généralement en deux étapes :

 Dans une première étape, on trie les charges en distinguant :


- celles qui sont non incorporables, à exclure donc du champ de la
Comptabilité Analytique. Ce sont en général les charges qui n'ont pas
de lien normal avec l'exploitation ;
- celles qui sont incorporables, à analyser selon les objectifs et la méthode
de comptabilité Analytique retenue.

On se posera aussi la question de savoir si rien n'a été oublié ou mis de coté pour des
considérations fiscales. C'est à ce niveau que l'on pensera par exemple aux charges
supplétives qui n'auraient pas été prises en compte par la Comptabilité Générale.

 Dans une deuxième étape, on reprendra les charges incorporables et les


charges supplétives éventuelles pour les analyser selon la méthode de
Comptabilité Analytique retenue.

Sans reprendre en détail les différentes analyses de coûts que nous avons déjà eu
l'occasion de présenter dans la premières partie, rappelons ici seulement les plus
courantes :

- analyse en charges directes et en charges indirectes et par sections ou centres,


si on opte pour la méthode des sections homogènes ;
- analyse en charges fixes et en charges variables par produit, si on opte pour la
méthode du direct costing ;
- analyse des charges par activité avec regroupement par processus, si on opte
pour la méthode ABC ;
- analyse des charges par facteur de production et par processus ou produit
intermédiaire et final, si on opte pour la méthode Input-Output.

Un traitement des charges, spécifique à chaque méthode est en général opéré à ce


stade.
Si par exemple on se place dans le cadre de la méthode des sections homogènes, on
devrait :

- pour les charges directes, préciser le mode d'affectation qui sera retenu pour
chaque charge prise individuellement ;
- pour les charges indirectes, préciser le mode de répartition qui sera retenu
pour chaque charge prise individuellement. Ceci revient à définir des unités
d'œuvre ;
- définir les clés de répartition des charges indirectes ;

24
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- préciser le traitement qui sera réservé aux charges communes de structure,


notamment leur mode d'imputation au coût de revient.

Comme on peut le deviner, cette étape oblige d'entrer dans le détail des charges et
consomme du temps.

V. Définition d'un plan comptable analytique :

Il s'agit de définir l'architecture de base de fonctionnement de la Comptabilité


Analytique. Le travail consiste à définir une liste codifiée de comptes analytiques, en
précisant le mode de fonctionnement de ces comptes, c'est à dire de mentionner pour
chaque compte par quoi il peut être débité et par quoi il peut être crédité. On peut se
baser, pour effectuer ce travail, sur la classe 9 du PCG des Entreprises.

Les comptes ainsi définis pour la Comptabilité Analytique sont généralement mis en
correspondance avec ceux de la Comptabilité Générale afin de s'assurer de la
concordance des deux comptabilités. Ceci permet en outre d'éviter les doubles saisies
en informatique.

Comme on peut le deviner là aussi, cette étape est assez longue, car il s'agit de définir
tous les comptes de la Comptabilité Analytique qui pourraient être utilisés dans le
système défini, en précisant pour chacun d'eux comment il doit fonctionner.

VI. Précision des résultats attendus, leurs natures, leurs formes, le


type de traitement et fréquence de sortie de la CA :

Il s'agit d'abord de définir les principaux coûts, marges et résultats qui seront fournis
par la future Comptabilité Analytique. La définition des différents éléments fournis
par le système de Comptabilité Analytique est importante, car elle permet de préciser
leurs contenus et d'éviter ainsi toute confusion dans leur interprétation.

On précisera aussi la forme, le type de traitement et les supports de ces résultats : les
supports (papier, supports informatiques), dessin des maquettes (tableaux,
graphiques états de synthèse permettant de présenter les coûts et résultats
analytiques), mode de traitement (manuel, informatique), en précisant notamment ce
qui restera manuel et ce qui sera informatisé.

Rappelons que la Comptabilité Analytique occasionne des calculs longs et parfois


complexes et qu'il n'existe pas, contrairement à la Comptabilité Générale, de logiciels

25
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

standards prêts à l'emploi pour couvrir uniquement les besoins des coûts
analytiques.

La seule solution est donc d'informatiser « l'application Comptabilité Analytique »,


ce qui suppose de prévoir le temps et le budget nécessaires à l'étude
d'informatisation proprement dite, comme nous le verrons plus bas au niveau de la
mise en œuvre.

Chacune de ces étapes doit être détaillée, et le temps qu'il faudra doit y être consacré.
Quand cette étude de conception est faite avec soin et sérieux, la mise en place s'en
trouve grandement facilitée.

Dans tous les cas, une étude adaptative détaillée est nécessaire pour le
fonctionnement du système, car certains problèmes ne peuvent être perçus qu'au
moment de la mise en place, étape ultime qui est éminemment pratique, et
malheureusement longue, en raison de l'implication de tous les responsables
concerné de l'organisation.

26
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Chapitre 3 : Mise en œuvre d'une CA

La mise en œuvre de la Comptabilité Analytique représente la mise en place


proprement dite, c'est-à-dire la mise en application de l'étude conceptuelle sur le
terrain celui de l'entreprise, avec ses contraintes humaines et matérielles. C'est l'un
des moments forts de l'instauration du système de Comptabilité Analytique dans
l'entreprise. Il requiert du conseil professionnel, une bonne connaissance de
l'entreprise et beaucoup d'expérience et de patience.

Il ne faut pas imposer, mais convaincre; Il ne faut pas aller trop vite au risque de
faire rejeter le système, mais il faut être méthodique et implanter le système
progressivement et sûrement.

Il faut savoir que cette étape est généralement plus longue et plus difficile que l'on ne
l'imagine au départ. Les difficultés d'application font souvent penser à une mauvaise
conception de départ et incite facilement à remettre en cause l'étude conceptuelle
sous prétexte qu'elle est inadaptée au cas de l'entreprise et ne tient pas compte de ses
contraintes (quelle entreprise n'en a pas !). Les réticences et blocages psychologiques
ont ainsi tendance à faire échouer la mise en œuvre quand on n'y prend pas garde. Il
se peut qu'il y 'ait effectivement des failles dans l'étude conceptuelle, mais si celle-ci a
été faite avec sérieux au départ, ses lacunes devraient se limiter à des problèmes
d'ajustement et ne pas mener au rejet du système projeté.

C'est pourquoi, il est recommandé de confier l'étude conceptuelle à des


professionnels ayant fait leur preuve dans le domaine, tout en veillant à leur associer
les responsables concernés dans l'entreprise par la Comptabilité Analytique, et faire
preuve de fermeté lors de sa mise en œuvre. On ne devrait revenir sur l'étude
conceptuelle que s'il a été prouvé sans équivoque que la mise en application de tel ou
tel aspect pose des problèmes insolubles ou que l'étude a manifestement ignoré un
aspect particulier de la mise en place.

Ceci étant précisé, comme la conception, la mise en œuvre de la Comptabilité


Analytique a également ses étapes. Pour gagner du temps et garantir toutes les
chances d'une mise en place réussie, nous pensons que ces étapes doivent être
respectées dans l'ordre de leur présentation ci-après, tout en gardant présent à
l'esprit les grandes lignes de l'étude conceptuelle.

27
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

I. Préalables à la mise en œuvre :

La mise en œuvre de la Comptabilité Analytique suppose que certains préalables


existent, faute de quoi la comptabilité ne pourra tout simplement pas fonctionner.
Parmi ces préalables, il convient de signaler les éléments suivants :

 L'existence d'une procédure de Comptabilité Analytique. La procédure de


Comptabilité Analytique est un document essentiel indispensable à la mise
place et au fonctionnement de la Comptabilité Analytique.

 En général, ce document est élaboré juste après l'étude conceptuelle de la


Comptabilité Analytique, car il en précise le mode opératoire et fixe les
responsabilités de chacun dans le fonctionnement du système.

 L'existence de documents d'information permettant d'alimenter la future


Comptabilité Analytique. Ce sont les documents se situant en amont de la
Comptabilité Analytique, lui fournissant des informations sur la gestion. Si ces
documents n'existent, pas il va falloir préalablement les mettre en place. Une
étude diagnostique du système d'information existant de l'entreprise devrait
permettre de faire ressortir les pièces manquantes au fonctionnement de la
future Comptabilité Analytique ;

 les bases et outils de gestion des stocks. Il ne sera en effet pas possible
d'évaluer de façon permanente les stocks (inventaire permanent) si un
système n'est pas mis en place préalablement à cette fin. Et l'on sait que les
systèmes de gestion des stocks, même informatisés, requièrent un certain
temps avant d'être opérationnels pour alimenter de façon fiable la
Comptabilité Analytique. La gestion des stocks constitue donc un préalable
incontournable pour la mise en place d'une Comptabilité Analytique. Sans
système de gestion des stocks, la Comptabilité Analytique faillira à son
objectif d'évaluation des stocks ;

 La mise en place de normes et standards de gestion, la Comptabilité


Analytique ne sera un outil efficace pour le Contrôle de gestion que si elle
travaille avec des standards. La Comptabilité Analytique utilise les standards,
mais participe aussi à leur définition (standards de coûts) et à leur mise à jour ;

28
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

 La sensibilisation et la formation du personnel aux concepts du Contrôle de


Gestion en général et de la Comptabilité Analytique en particulier. Il s'agit ici
de s'assurer que tout le personnel de l'entreprise qui sera en relation avec la
Comptabilité Analytique, comprenne l'objet de cette dernière et son intérêt
pour l'entreprise, et qu'il puisse dialoguer avec les services du Contrôle de
Gestion. La participation à des séminaires d'initiation et de sensibilisation à la
Comptabilité Analytique devrait permettre d'atteindre cet objectif.

II. Etablissement de la procédure de CA :

Pour fonctionner, la Comptabilité Analytique a besoin que soit définie et mise en


place une procédure de Comptabilité Analytique précisant le mode opératoire. En
principe, le terrain aura été déjà balisé au moment de l'étude conceptuelle. Mais à ce
stade, on a déjà entre les mains un projet de comptabilité prêt à fonctionner sur le
terrain de façon continue, Il s'agit d'entrer dans les détails et préciser dans le cadre
d'une procédure, qui doit faire quoi et comment.

Comme toute procédure, la procédure de Comptabilité Analytique a pour rôle :

- De définir les objectifs de la Comptabilité Analytique pour l'entreprise. Ces


objectifs, on s'en souvient, étaient déjà définis au début de l'étude
conceptuelle. Mais cette dernière est plutôt technique et s'adresse aux experts.
Il s'agit ici de reprendre ces objectifs en des termes plus simples, car la
procédure quant à elle, s'adresse aux utilisateurs ;
- De décrire le fonctionnement de la Comptabilité Analytique dans les grandes
lignes : les résultats attendus, les renseignements requis par le système, les
moyens de saisie, les méthodes de traitement, concepts calculés, les
documents utilisés et fournis, le planning des tâches, etc. ;
- De constituer les équipes de travail et de préciser les acteurs dans le système ;
- De préciser a chaque acteur dans le système ce qu'il doit faire et comment il
doit le faire. La procédure ne doit comporter ni modèles de décision, qui se
situent en amont au niveau de la conception, ni gammes opératoires détaillées,
qui sont en aval de la procédure et dont le but est de guider la main :
- D'assurer la coordination des travaux dans le temps et entre les services qui
interviennent dans le fonctionnement de la Comptabilité Analytique ;
- De faciliter l'organisation personnelle du travail de chacun et éviter les
incessants reports de date ou les réunions manquées parce que le « principal
intéressé n'est pas là »;
- De faciliter la décentralisation des travaux, sans porte de contrôle ni
téléguidage étroit et frustrant ;

29
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- De former les responsables au processus de fonctionnement de la


Comptabilité Analytique. Pour cette raison, l'élaboration de cette procédure
doit associer les intervenants dès le départ en leur expliquant les méthodes,
documents, circuits retenus et leur raison d'être.

Comme toute procédure, celle de Comptabilité Analytique n'est pas définie une fois
pour toutes. Elle n'est pas figée, mais constitue un système vivant qui doit évoluer
pour rendre la comptabilité adaptée en permanence aux besoins d'information des
gestionnaires, au fur et à mesure des changements dans la structure de l'entreprise et
dans ses méthodes de gestion. Pour cela, la procédure de Comptabilité Analytique
doit être souple et se prêter à cotte évolution sans nécessiter une remise en cause
totale.

La procédure constitue plus qu'un système d'actions, une discipline. Elle doit être
rigoureuse et prévoir tous les cas de figure susceptibles de se présenter lors du
fonctionnement (que faire si un responsable est absent ou un renseignement essentiel
à la sortie des résultats est indisponible temporairement pour une raison ou une
autre etc.). La procédure doit être claire en intelligible, avec un style simple et concis.
Dans la rédaction, on doit éviter les notes de bas de page, les renvois à distance, les
phases longues, les doubles négations, le langage ésotérique, et de façon générale les
mots ou phrases qui peuvent poser des problèmes d'interprétation. Les mots et les
verbes doivent être soigneusement choisis et avoir une signification concrète.

Pour cela, la confection de la procédure de Comptabilité Analytique doit être confiée


à un spécialiste expérimenté dans la rédaction des procédures, en s'assurant de
l’association des opérationnels. Dans le cas où la confection de la procédure serait
confiée à un expert externe à l'entreprise, le contrôleur de gestion doit dans tous les
cas être associé de très près au projet, sinon être le maître d'œuvre de la procédure de
compatibilité Analytique.

Quelle que soit la formule choisie pour l'élaboration de la procédure de Comptabilité


analytique, celle-ci doit s'appuyer sur l'étude conceptuelle (d'ailleurs le document de
conception et le document de procédure vont de paire et sont généralement
confectionnés par la même personne) et définir les éléments suivants qui en
constituent les composantes essentielles (Annexe n°1) :

 Le titre de la procédure ;
 L'objet de la procédure ;
 La date de mise en application ;
 Les fonctions concernées ;
 Les responsables concernés ;
 La liste des tâches ;

30
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

 La liste des documents ;


 Le circuit des documents ;
 Le planning de sortie des résultats et leur mode d'exploitation.

III. Mise en couvre d'un organigramme de gestion par centres de


responsabilités :

L’organigramme général ou administratif de l'entreprise n'est pas adapté au


fonctionnement de la Comptabilité Analytique pour deux raisons principales :

 La première, est qu'il s'agit d'un organigramme traçant les relations


hiérarchiques et fonctionnelles au sein de l'entreprise, alors que la
comptabilité Analytique fonctionnera sur la base de relations de gestion ;

 La deuxième, est que l'organigramme général ne descend pas souvent au


niveau du détail des relations de gestion, alors qu'en Comptabilité Analytique
on a besoin de préciser les responsabilités sur des coûts aux niveaux des
ateliers et des sections.

Pour ces raisons, il est souvent nécessaire de mettre en œuvre un organigramme de


gestion, à la lumière de ce qui aura été retenu dans l'étude conceptuelle lorsque les
centres de responsabilité et de coûts ont été définis.

On rappelle ici, que la définition des responsabilités sur les coûts est essentielle en
Comptabilité Analytique pour les besoins de Contrôle de Gestion. Il faut également
préciser que cet organigramme ne devrait pas être en divorce avec l'organigramme
général, ni en dysfonctionnement avec l'organigramme de gestion retenu dans le
Contrôle Budgétaire. Pour éviter tout problème de coordination avec ce dernier, il est
d'ailleurs recommandé de retenir la même base d'organigramme pour la
Comptabilité Analytique et la Comptabilité Budgétaire, même si le degré de détail
peut différer d'une comptabilité à l'autre.

IV. Informatisation de l'application, les choix possibles :

L'informatisation de la Comptabilité Analytique est incontournable, en raison des


calculs complexes qu'elle occasionne et de la contrainte de temps pour la sortie
rapide des résultats. Mais si tout le monde convient de la nécessité d'informatiser
l'application, les solutions retenues ne font pas l'unanimité.

En effet, dans ce domaine, contrairement à la Comptabilité Générale, il n'y a pas de


solution unique. La Comptabilité Générale est du domaine du prêt à porter, en raison

31
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

de sa standardisation, et de l'unicité de son plan comptable. Les logiciels de


Comptabilité Générale foisonnent depuis la généralisation de l'utilisation des micro-
ordinateurs, et leurs coûts ne cessent de baisser. Ici la solution est toute faite, on a
l'embarras du choix des logiciels.

Par contre, la Comptabilité Analytique est du domaine du sur mesure, en raison du


fait qu'aucune Comptabilité Analytique ne ressemble à une autre dans la pratique. Il
y a autant de plans comptables analytiques qu'il y'a de comptabilités analytiques. Ici,
on est souvent devant un choix difficile entre deux options :

 La première, consiste à Informatiser sur mesure l'application, en faisant appel


aux services d'un expert informatique pour faire les analyses et la
programmation. Cette solution est très séduisante, car elle représente une
"solution maison" de nature à prendre en compte les besoins des gestionnaires
et les contraintes dictées par la spécificité de l'activité de l'entreprise.
Cependant, il s'agit souvent d'une décision difficile à prendre, par le fait
qu'elle représente pour les décideurs une aventure dont la bonne fin n'est pas
garantie d'avance ;

 La deuxième consiste à acheter un logiciel paramétrable (progiciel), que l'on


adapte au cas de l'entreprise. Ces progiciels ayant été conçus pour répondre à
un maximum de cas possibles, leur adaptation à l'entreprise se révèle souvent
longue, sans parler du coût additionnel que ces programmes occasionnent
pour leur paramétrage initial et leur mise à jour. Par ailleurs, ces progiciels
étant souvent coûteux et intégrés, leur utilisation rend inéluctablement
l'entreprise dépendante du fournisseur du logiciel, et un retour en arrière
difficile.

On est plutôt tenté de répondre que la solution est toujours spécifique, au cas par cas.
Cependant, on peut se référer à quelques règles de base, qui peuvent servir de guide
dans la décision, et qui ne sont d'ailleurs pas en contradiction avec le bon sens. Pour
cela, il convient de distinguer entre la situation des petites et moyennes structures
(PME - PMI), et celle des grandes structures, dont les besoins sont généralement
différents dans ce domaine.

a. Cas des petites et moyennes entreprises (PME) ou petites et moyennes


industries (PMI):

Les PME-PMI n'ont souvent pas les moyens de se payer un progiciel, et encore moins
de l'entretenir. De plus, ces progiciels s'avèrent souvent des programmes
surdimensionnés pour leur taille, ce qui fait qu'après avoir été paramétrés pour être
adaptés au cas de l'entreprise, ils ne sont en général utilisés qu'à une faible part de

32
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

leur capacité, tout en réclamant un outil informatique puissant. De plus, l'entretien


de tels « monstres » est aussi très coûteux, car il faut les paramétrer à chaque fois qu'il
y'a des changements dans l'entreprise, et cela se facture, ... cher !, sans parler de la
dépendance vis-à-vis du fournisseur du logiciel.

A priori, la comptabilité des PME-PMI étant souvent simple, une informatisation sur
mesure s'avère souvent moins coûteuse et mieux adaptée à leurs structures, à
condition de se faire attacher les services d'un bon conseil en informatique pour
travailler de concert avec les services internes de l'entreprise dans le cadre d'un
contrat de conseil et d'assistance.

Dans certains cas cependant, informatiser sur mesure son application Comptabilité
Analytique peut être une solution longue et incertaine, surtout pour les PME-PMI
dont l'activité est complexe (cas des entreprises intégrées de textile), ou quand on
manque de temps. La solution du progiciel ou du logiciel intégré est alors la solution
optimale. Dans ce cas, on choisira un progiciel dédié aux PME de préférence un
logiciel ayant fait ses preuves dans le secteur d'activité de l'entreprise.
On peut aussi opter pour un logiciel de comptabilité intégrant les deux volets :
Comptabilité Générale et Comptabilité Analytique ; côté solution est souvent moins
chère que celle d'un progiciel, mais le module Comptabilité Analytique y est en
général peu développé.

b. Cas des grandes entreprises (GE) :

La solution des progiciels est à priori mieux indiquée dans le cas de grandes
structures, qui peuvent exploiter le maximum de fonctionnalités de tels programmes.
Cette solution s’avère souvent plus rapide et mois couteuse pour les grandes sociétés,
quand elles ne disposent pas de services informatiques et de contrôle de gestion bien
rodés. Dans le cas contraire la solution du sur mesure reste meilleure.

33
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

V. Mise en place des moyens (humains, matériels, informatiques) :

Dans les étapes précédentes, on a défini l'organigramme de gestion, la procédure, et


les moyens informatiques nécessaires au fonctionnement de l'application. Il s'agit ici
de traduire sur le terrain ce qui l'était sur papier. On doit donc mettre en place les
moyens humains, en désignant les « responsables » et en mettant à leur disposition le
matériel et le logiciel informatiques, ainsi que les supports et moyens de
communication de l'information de la Comptabilité Analytique.

La procédure élaborée plus haut décrira aux responsables de façon precise les
services, les responsabilités, les tâches, les documents et les circuits des travaux de la
Comptabilité Analytique. Une copie de la procédure de la Comptabilité Analytique
(ou un extrait), éventuellement assortie d'un timing devrait être remise à chaque
responsable pour lui servir de référence permanente aux travaux qu'il doit réaliser
pour contribuer au système.

VI. Formation du personnel (sur les documents, logiciel, et


procédure de la CA) :

Au début de la mise en œuvre, nous avons parlé de sensibilisation et de formation du


personnel aux concepts du Contrôle de Gestion en général et de la Comptabilité
Analytique en particulier comme préalables à la mise en place proprement dite de la
Comptabilité Analytique. A ce stade les esprits sont en principe prêts pour accueillir
la future Comptabilité Analytique, mais ne sont pas forcément outillés pour la faire
fonctionner. Pour ce faire, une formation interne sur des « documents maison » sera
nécessaire. C'est le Contrôle de Gestion qui se charge généralement de cette tâche. Il
lui incombe de familiariser le personnel qui sera impliqué avec le logiciel, documents
et tâches de la Comptabilité Analytique. Ce travail de présentation et d'explication
est généralement fait sur la base de la procédure de la Comptabilité Analytique en
utilisant à titre de démonstrations le matériel et logiciel informatiques prévus pour
l'application.

VII. Mise en œuvre effective sur le terrain :

C'est l'instant de vérité après le travail de préparation et les infinies précautions de


mise en place. Par expérience, on se rend compte au moment de la mise en place
effective sur le terrain qu'il y'a toujours des détails auxquels on n'a pas pensé, surtout
des problèmes de coordination temporelle, qui risquent de bloquer ou de biaiser le
fonctionnement de la Comptabilité Analytique. C'est pour cela qu'il est recommandé
de procéder là aussi par étapes:

 Dans un premier temps, il convient de procéder à une simulation à blanc. en


faisant fonctionner la Comptabilité Analytique dans les conditions réelles,

34
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

mais sans que ses résultats soient exploités. L'objet de cette étape est avant
tout de s'assurer du bon fonctionnement du système et de déceler les
éventuels goulots d'étranglement ;

 Dans un deuxième temps, et après que la simulation à blanc soit concluante,


on passe à l'étape de fonctionnement probatoire. C'est une étape transitoire
qui permet de mettre au point tous les détails et de régler le fonctionnement
du système sur une certaine période, correspondant généralement au moins
au cycle d'exploitation de l'entreprise. Certains problèmes en effet peuvent ne
faire surface qu'après un certain temps, à un stade quelconque du cycle
d'exploitation. Durant cette période, durant laquelle tous les intervenants au
système de Comptabilité Analytique devraient être impliqués, le Contrôle de
Gestion est à pied d'œuvre :

1. il met en observation le système en le corrigeant et en le mettant au


point au besoin ;
2. il contrôle les résultats fournis : contrôle de vraisemblance, contrôle
arithmétique, contrôle avec la Comptabilité Générale ;
3. il s'assure que tous les intervenants ont compris leurs rôles et sont en
mesure de contribuer effectivement et efficacement au système ;
4. il vérifie la coordination des travaux de saisie, de traitement, et de
diffusion de l'information.

A ce stade, les résultats ne sont pas communiqués aux utilisateurs ; ils sont exploités
par le seul Contrôle de Gestion pour les besoins de tests et de mise au point.

 Dans un troisième temps enfin, et après que l'étape précédente soit concluante,
la Comptabilité Analytique est officiellement lancée. C'est le démarrage
effectif de l'application et le début d'exploitation de ses résultats pour les
besoins de Contrôle de Gestion de l'entreprise.

Il importe de signaler qu'une fois la Comptabilité Analytique lancée, le travail du


Contrôle de Gestion n'est pas terminé pour autant. Il doit non seulement suivre le
système de très près et régler les problèmes qui peuvent surgir, mais surtout
apporter animation et soutien jusqu'à ce que la Comptabilité Analytique fasse sa
place et devienne un pourvoyeur d'information indispensable aux gestionnaires.

Au bout d'une année d'utilisation effective, la Comptabilité Analytique devrait en


principe entrer dans les meurs et les automatismes. Les efforts du Contrôle de
Gestion devraient alors être portés ailleurs, au niveau de l'enrichissement et de
l'adaptation du système à l'entreprise qui évolue.

35
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Chapitre 4 : Problèmes qui entravent la mise en place du système de CA

La mise en place d'un système de comptabilité analytique ne peut pas être effectuée
sans un certain nombre de difficultés. Ces difficultés tiennent surtout :

 à la structure organisationnelle de l’entreprise et l'élément humain,


 aux spécificités techniques,
 au cadre comptable,
 et aux limites du système comptable mis en place.

Nous évoquons ces difficultés de mise en place dans ce chapitre pour permettre de
les éviter ou de réduire leur impact lors de toute mission similaire.

I. Problèmes humains et organisationnels :

Tout système ne peut fonctionner et se développer que grâce à la participation et à


l'adhésion de l'élément humain. Cette participation est souhaitée par la direction de
l’entreprise et le consultant, car c'est le personnel de l'établissement qui doit faire le
suivi de ce système de comptabilité analytique.

Au-delà de l'enthousiasme de départ, certains problèmes surgissent et risquent


d'entraver la mise en place du système. Ils peuvent être à notre avis, communs à
toutes les entreprises.

a. Statut et formation de la population travaillant au sein de l'entreprise :

Le plus souvent, les services comptables et financiers sont très pauvres en ressources
humaines. Ce qui entraîne le recours à des ressources externes (stagiaires, assistance
comptable) pour accomplir les tâches comptables.

Cette situation se justifie souvent par :

- la faiblesse du taux d'encadrement au sein de la division financière et


comptable,
- la carence en personnel à profil adéquat (comptables confirmés, etc.),
- le refus des autres départements de muter certains de leur personnel à la
division financière et comptable.

Deux problèmes se posent donc à la mise en place du système :

36
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Problème 1 : Si l'effectif du service comptable n'était pas suffisant pour accomplir à


bien les tâches de l'ancien système de comptabilité générale ; Comment peut-il
effectuer en parallèle les tâches d'un système de comptabilité analytique ?

Problème 2 : Si les stagiaires et les autres agents (à bas profil) qui vont bénéficier de
la formation sur le nouveau système comptable, quittent la société ; ils emportent
avec eux l'expérience et le savoir-faire acquis.

La solution à ces problèmes consiste au renforcement du service comptable par le


recrutement de profils adéquats.

b. Instauration d'un système ne s'accompagnant pas de motivation/sanction :

Contrairement au «laisser aller» de l'ancien système qui ne répond qu'aux échéances


fiscales et celles du conseil d'administration, le nouveau système exige une rigueur
quant aux délais et à la nature et à la fiabilité des données à saisir.

Malgré ces contraintes, la mise en place du système ne s'accompagne pas par des
mesures de motivation si les délais sont respectés ou de sanctions si les délais sont
dépassés.

Cette situation peut conduire à vider le système de sa substance ou à le tenir de


manière « bancale ».

C'est pour cette raison, il est recommandé de mettre en place un système de


motivation (rémunération et gratification) reposant sur des critères d'évaluation
objectifs.

c. Habitudes passées et recherche de facilité :

Hormis l'adhésion du service comptable, le nouveau système nécessite la


participation active des autres départements et services (notamment les
départements technique et commercial) à l'élaboration des états comptables. Il
comprend aussi plusieurs points de contrôle.

Le personnel comptable n'étant pas habitué à cette rigueur, peut être amené à
rechercher la facilité en adoptant les anciennes pratiques ou en appliquant
partiellement les règles du nouveau système comptable.

La solution à ce problème réside dans les mécanismes du nouveau système


comptable lui-même. En choisissant un système de comptabilité analytique intégrée à

37
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

la comptabilité générale, aucun arrêté ne peut plus être effectué sans l'analyse et le
calcul des coûts par le nouveau système.

Pour plus de sécurité, un responsable (administrateur) du système est désigné pour


veiller au respect des règles de ce système.

II. Problèmes techniques :

D'autres problèmes purement techniques peuvent apparaîtrent lors de la mise en


place du système de comptabilité analytique.

a. Problèmes rencontrés lors de prise d'inventaire :

Au-delà de la question procédure posée lors de la conception du système, relative à


la procédure d’inventaire, des situations problématiques surgissent. Souvent, il se
pose le problème relatif à la composition des équipes de comptage et aux délais
impartis : généralement, les responsables des départements affectent aux équipes de
comptage des agents qui n'ont pas la compétence requise (quelque fois des chaouchs)
ce qui pose le problème de compréhension et de l'application des instructions
d'inventaire ; d'autant plus qu'à cause de ce handicap et à l'étendue du site
inventorié, les délais sont toujours dépassés.

Ces problèmes peuvent être dépassés par la sensibilisation des chefs des
départements quant à l'importance de l'inventaire, par la nomination des équipes
multi-départementales dont les chefs appartiennent au département technique et par
la rédaction des instructions d'inventaire les plus détaillées et les plus claires
possibles. Ces instructions seront complétées au fur et à mesure des exercices et des
problèmes rencontrés.

b. Problèmes liés aux évaluations et aux estimations :

Le système de comptabilité analytique est alimenté par des données


comptables. Ces données comptables proviennent des dépenses et recettes
justifiées et des dépenses estimées.

Les estimations et évaluations sont de deux natures :


- Les estimations relatives aux travaux engagés et non encore facturés qui sont
pris en considération dans le coût de production des stocks en contrepartie du
compte "fournisseurs-factures non parvenues" ;

38
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- Les estimations relatives aux travaux restant à engager et qui sont pris en
considération dans le coût de production des stocks par l'intermédiaire du jeu
des provisions.

Ces estimations sont élaborées dans des états sous une forme convenue par les
services techniques. C'est un travail fastidieux et qui nécessite une rigueur et
une compétence particulières.

Le problème réside dans le fait qu'en cherchant la facilité et pour respecter les
délais, les services techniques peuvent élaborer des estimations et évaluations
«grossières» et éloignées de la réalité.

La solution à ce problème consiste en premier lieu de faire participer plusieurs


intervenants dans l'élaboration de ces états.

En second lieu d'attirer l'attention des services concernés par écrit (via la
direction) chaque fois qu'un écart important entre la réalité et l'estimation
apparaît et en fin d'instaurer un système de contrôle au sein du service
comptable basé sur les données historiques (estimation de l'année dernière par
exemple).

c. Problèmes liés à la multitude d'intervenants :

Si le fait de faire participer plusieurs intervenants pour l'élaboration des états


nécessaires à ce système constitue un garant de fiabilité, il ne représente pas
moins aussi un handicap : les délais peuvent facilement être dépassés.

Ce handicap peut néanmoins être surmonté grâce à l'élaboration d'un


protocole entre les différentes parties intéressées. Ce protocole fixe les attentes,
le format des données requises et les délais.

L'administrateur du système doit veiller au respect de ce protocole.

39
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

III. Problèmes liés à la maîtrise du système :

La mise en place du système de comptabilité analytique a été réalisée par des


équipes, chacune s'occupant d'un seul volet.

Or, le système est un tout et ne peut bien fonctionner que s'il est maîtrisé dans
sa globalité. Pour dépasser ce problème, un administrateur (responsable) du
système a été désigné pour en assurer le fonctionnement et la maintenance.

40
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Partie III

ESSAI D’APPLICATION : METHODE DU COÛT COMPLET

Présentation de l'entreprise

Diagnostic de l'état des lieux du système

Processus de mise en place de la méthode du coût complet

41
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Dans cette troisième partie, on va concentrer l'effort sur le comment des


choses, c'est à dire comment mettre en place les différentes notions déjà vues
au niveau des deux premières parties ; on se positionnant dans le cadre de la
méthode des sections homogènes et dans la limite des données qui nous ont
été fournies.

Chapitre 1 : Présentation de l'entreprise

I. Fiche identitaire :

- Raison sociale : Société Tangéroise industrielle de lingerie et de confection «


SOLINGE »
- Siège Social : 25 Bd Mly ISMAIL Tanger
- Registre de commerce : 2967 Tanger
- C.N.S.S : 1765281
- Numéro d'identification : 953.764
- Statut social : Société à responsabilité limité « SARL »
- Date de création : Novembre 1978
- Capital Social : 10.000.000 Dhs
- Effectifs : Plus de 1 700 ouvriers et cadres
- Activité : Confection de vêtements pour femmes : Jupes, pantalons, vestes,
chemise et robes.
- Marché : Pays de l'union européenne.

II. Aperçu historique :

Fondée dans le années 70, précisément en 1978, la société « SOLINGE » a


commencé son activité avec 100 ouvriers qui ont contribué à sa survie et à son
succès. Actuellement, l'unité industrielle compte plus de 1 700 ouvriers, 950
machines et une production journalière de 1000 pièces de qualité.

Ces éléments font d'elle une des entreprises les plus compétitives et plus
performantes qui opèrent dans l'industrie de confection à Tanger. SOLINGE
appartient à un groupe constitué de trois unités de production :
- SONAPPE « Société industrielle de nappe de fibres »
- ITESA « Société industrielle de Textu ratin »
- SOLINGE « complexe moderne AL HASSANI »

Le groupe appartient à M. ABDALAS Mohamed et M. TERJUMAN Mohamed

42
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

III. Structure organisationnelle

L'analyse de cet organisme, nous conduit à distinguer quatre départements


qui contiennent, à leur tour, des services.

 La Direction :

Assurée par trois associés, elle joue un rôle primordial dans la réalisation des
objectifs de l'entreprise, elle fixe la stratégie à suivre, elle donne les instructions aux
chefs de départements et services et assure la coordination entre leurs efforts et
finalement, elle assure la disponibilité des moyens financiers, humains et matériels.

 Département administratif et financier :

C'est un département très important dans la mesure où il contrôle et assure


l'organisation du travail à l'intérieur de l'entreprise, il définit les différentes
tâches à accomplir par les autres services en vue d'optimiser leur rendement.

- Service comptabilité :

La fonction principale que rempli ce service est l'enregistrement quotidien des


opérations comptables (Achats, ventes, salaires ... etc.)

Ces différents enregistrements servent à l'élaboration des états de synthèse


(Bilan, CPC ...). Ces derniers servent à leur tour au jugement et au contrôle de
la société. Donc le service comptabilité constitue une instance puissante qui
permet la prise de décisions. La comptabilité est tenue de telle sorte qu'elle
permette :

- La saisie complète, l'enregistrement chronologique et la conservation des


données de base
- Le contrôle et l'exactitude des données et des procédures de traitement
- Le classement des pièces comptables afin de faciliter leur enregistrement
- La ventilation des pièces et la division du journal unique en journaux partiels
spécialisés
- La déclaration de la TVA, IR et IS

43
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- Service personnel :

Le service personnel s'engage à remplir les missions suivantes :


- Le traitement périodique des salaires pour l'élaboration des bulletins de paie
- Le traitement des congés
- Le suivi des dossiers du personnel (recrutement, licenciement, départs
volontaires ...)
- La correspondance quotidienne avec la CNSS

 Département commercial :

Il a pour mission la prospection des clients, la fidélisation de la clientèle, la


négociation des conditions d'affaires. Il s'occupe également des études des
marchés, de l'établissement des commandes et du suivi de ces commandes
auprès des fournisseurs.

 Département technique :

Assure le fonctionnement technique au sein des ateliers, il comporte les services


suivants :

- Service magasin :

Il s'occupe de la gestion des stocks de fournitures et de matières


consommables. Il établi également les bons de commandes, contrôle les
entrées et les sorties de matières. Détecte les achats non conformes aux
commandes, classe les achats selon leur nature et effectue les inventaires de
stocks.

- Service qualité :

Le responsable de service qualité est chargé d'effectuer un contrôle quantitatif,


d'établir un rapport de contrôle de fabrication à chaque stade de fabrication
pour vérifier la conformité de la qualité des produits aux exigences et aux
normes de la qualité. C'est ainsi que la société cherche à s'approcher de la
qualité totale puisse qu'elle fabrique des produits de très bonnes qualité.

44
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- Service planning :

Il établit les cartes de planification de la production en fonction des conditions


des commandes clients, en fonction des délais de livraison, les quantités
demandées, la date de déclenchement de production sera définie. La carte de
planification de chaque client est affichée sur un tableau de bord.

Chapitre 2 : Diagnostic de l'état des lieux du système

Avant d’avancer dans le processus de la conception du système de


comptabilité analytique pour la société, il faut bien connaître ce qui existe tout
d’abord, autrement dit, bien connaître l'entreprise, ses rouages ...etc.

Après quoi, un certain nombre de suggestions sont à proposer pour être mises
en œuvre selon un échéancier bien précis, afin de préparer le terrain à
l'instauration d'un système de comptabilité analytique. Cette présentation du
système de gestion préconisé par l'entreprise va nous permettre de savoir
qu'elles sont les attitudes qui favorisent et celles qui défavorisent
l'implantation d’uns système de comptabilité analytique tout en suggérant
les moyens nécessaire qui permettront de travailler efficacement.

I. Diagnostic de l'état des lieux du système de gestion

Eléments Commentaires
La volonté d'action Les dirigeants ont vivement exprimé la volonté
d'instaurer un système de comptabilité analytique qui
permettra de maîtriser le coût de production
Le système Le climat qui règne dans la société est l'absence de l'esprit
d'information d'équipe, donc une réticence de l'information. Il y a un
problème sérieux et délicat qui entrave l'amélioration de
la performance de l'entreprise.
L'organisation de la La formalisation de certaines procédures techniques fait
production défaut. Par exemple les heures de marches des machines,
la liste du détail de répartition des machines ...etc.
Telles informations sont indispensables pour calculer le
coût de production, il faut avoir le détail de chaque
charge
La gestion des stocks L'évaluation des stocks concerne seulement les matières
premières, cette dernière est négligée pour les
fournitures, les pièces détachées ainsi que les produits
finis
Tableau n°4 : Etat des lieux du système de gestion SOLINGE
II. Proposition du plan d’action

45
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Après avoir vu en bref un diagnostic de l'état des lieux du système de gestion


de l'entreprise, un plan d'action proposé est nécessaire afin d'améliorer la
performance de gestion.

Le plan d'action définit les moyens et les actions à mettre en œuvre pour
rendre le terrain plus fertile à la mise en place d'un système de comptabilité
analytique.

Pour réussir ce plan d'action il doit être élaboré en concertation et en


collaboration avec les différents responsables concernés en impliquant tout le
personnel par le biais de la sensibilisation, de la formation, du pilotage, du
conseil et du suivi.

Suggestions Responsable Méthodes Timing


La formalisation Les différents chefs de Rédiger un manuel de D'une
des procédures services procédures propre à façon
chaque service permane
nte
Sensibilisation de En l'absence du service Des réunions des Un mois
tous les GRH, on peut associer différents responsables
responsables par cette mission au chef (magasin, planning
l’implantation de comptable qui sera le production et qualité)
la comptabilité responsable N°1 de la En leur expliquant
analytique coordination et de mise l'apport du nouveau
en place de ce système. système et les
perspectives de
développement
Sensibilisation - Le directeur général Il est vivement Tout le
sur l'importance - Plus un nouveau recommander de créer un temps
de développer responsable de service GRH pour
les communication à pouvoir résoudre le
communications embaucher problème de
internes et éviter communication interne,
la réticence de formation, de
motivation …etc.
L'introduction - Chef comptable -Formation 2 mois
d'un système - Les responsables des -Réunion
d'évaluation des magasins -Utilisation de l'outil
stocks - Responsable informatique pour la
informatique gestion des stocks

Tableau n°5 : Proposition du plan d’action

Chapitre 3 : Processus de mise en place de la méthode du coût complet

46
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Une fois le plan d'action est mis en œuvre il sera possible de passer à
l'instauration du système de comptabilité analytique. Ce dernier va suivre les
étapes suivantes :

 Le découpage de l'entreprise en centres d'analyse


 Le traitement analytique des charges dans les centres
 Le choix de l’unité de mesure
 L'inventaire permanent du stock
 Détermination des coûts

I. Division de l'entreprise en centres d'analyse

Le découpage de l'entreprise en centres d'analyse correspond à un préalable


indispensable à la mise en place d'une comptabilité analytique.

Ainsi, la détermination des centres d'analyse suppose une vision minutieuse


de l'organigramme de l'entreprise afin de déterminer les flux physiques et
informationnels qui existent entre les différents services. Après quoi, une
analyse du processus de fabrication pour comprendre le rôle et les prestations
assurées par chaque atelier.

La création des centres d'analyse devra intégrer les règles fondamentales


suivantes :
- Les centres d'analyse doivent correspondre à une activité et si possible à des
lieux physiques (bureaux, ateliers, magasins... etc.)
- Ils doivent correspondre à une responsabilité existante ou à mettre en place

47
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

a. Schéma du processus de production :

Traçage manuel Coupe Couture


Magasin
Magas Traçage par ordinateur fournitur
in de
es
MP

Finition & emballage Contrôle Repassage Plissage

Expidition
Figure n°2 : Schéma du processus de production SOLINGE

La classification des centres d'analyse fait distinguer des :

- Centres de structures (ou auxiliaires), pour lesquels aucune unité


d'œuvre physique ne peut être définie ou l'imputation se réalise par
l'intermédiaire d'une unité monétaire déterminée d'une façon conventionnelle

- Centres opérationnels (ou principaux) qui correspondent à un stade


économique par lequel passe les produits fabriqués. Ces centres opérationnels
peuvent être mesurés par une unité d'œuvre

Dans notre cas, le tableau ci-après résume les centres d'analyse dégagé ventilé
par nature :

48
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Centres Nature Justification


Administration Auxiliaire -Ce centre rend des prestations pour les autres
centres.
-Il ne peut être mesuré par une unité d'œuvre.
Projets et méthodes Auxiliaire -Il joue un rôle important dans le
renouvellement du système de production.
-Il n'est pas lié au niveau d'activité.
-La prestation qu'il réalise ne peut être mesurée.
Entretien et réparation Auxiliaire -Il offre des prestations aux services de
production.
-En cas de production nulle, il n'y a plus
d'entretien.
Transport Auxiliaire -Il offre les prestations aux autres services.
-Il alimente le système de production
(fournitures, pièces détachées)
Approvisionnement Principale -Ce centre assume une fonction opérationnelle
au niveau de production.
-Il peut être mesuré par une unité d'œuvre.
Coupe Principale -Directement lié au niveau de production
-Peut être mesuré par une unité d'œuvre
Couture Principale -Directement lié au niveau de production
-Peut être mesuré par une unité d'œuvre
Plissage Principale -Directement lié au niveau de production
-Peut être mesuré par une unité d'œuvre
Repassage Principale -Directement lié au niveau de production
-Peut être mesuré par une unité d'œuvre

Tableau n°6 : Centres d’analyse de l’entreprise SOLINGE

49
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

II. Traitement analytique des charges :

a. Les charges incorporables et les charges non incorporables :

Comme on a déjà vu dans la première partie de ce rapport (partie théorique)


les charges incorporables représentent des charges effectivement incorporées
aux coûts de la comptabilité analytique, une fois prise en considération des
charges non incorporables et les charges supplétives, en se basant sur le plan
comptable de la société les charges incorporables et celles non incorporables
sont repérées dans le tableau suivant :

Tableau n°7 : Charges incorporables et non incorporables


Compte Libellé Charges Charges non
incorporables incorporables
6122 Matières consommables X
6122001 Fuel X
6122002 Matières consommables importées X
6122003 Achat du fil à coudre X
6122004 Gasoil (chaudière) X
6122006 Lubrifiant X
612201 Fuel plancha X
612202 Consommable pour coupe X
61222 Achat de papier X
61231 Emballage X
61242 Variation de stock de matières et fournitures X
61251 Force motrice X
6125101 Eau X
61252 Achats fournitures d'entretien X
61253 Achats petit outillage X
6125301 Petit outillage importé X
61254 Fournitures de bureau X
6125401 Photocopie transit BAAMRANI X
61261 Achat de travaux X
6126101 Achat de service (honoraire) X
61262 Achat des études X
61263 Achat de service X
6128 Achat de matières des exercices antérieurs X
61312 Loyer DERATEX X
6131201 Location SONAPPE X
61313 Location act DERATEX X
6131302 Location sous-sol SBAI X
61316 Location matériel de transport X
6132 Redevance de crédit bail N° 4 X
613201 Redevance crédit bail N° 3 X
61331 Entretien locaux X
6133101 Entretien locaux (production) X
6133102 Entretien locaux (plisse) X
61332 Entretien matériel usine X
6133501 Maintenance matériel bureau X

50
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

6133502 Maintenance matériel informatique X


6133503 Maintenance matériel roulant X
61341 Assurance incendie vol X
61345 Assurance matériel transport X
61348 Autres assurances X
61352 Rémunération du personnel intérimaire X
61361 Commissions et courtages X
61365 Honoraires X
61367 Frais d'acte et contentieux X
6136701 Contentieux tribunal X
61378 Redevances TREUHAND X
61411 Etudes générales X
61415 Documentation générale X
61421 Transport du personnel X
61424 Transport import X
6142501 Frais portuaires import X
6142502 Frais portuaires colis postaux X
6142503 Royal air Maroc X
6142504 Mains levées X
6142505 ODEP import X
61426 ODEP export X
6142601 Frais portuaires export X
61446 Publications X
61447 Cadeaux à la clientèle X
61448 Autres charges de pub et relations publiques X
61451 Frais postaux X
61455 Téléphone X
61456 Télex X
61461 Cotisations X
61462 Dons X
6146201 Dons X
61472 Frais / effet de commerce X
61473 Frais commissions / services bancaires X
6147301 Commissions banques/ ENCT / devis X
6147302 Commissions / cessions X
6148 Autres charges externes / exercices antérieurs X
61611 Taxes urbaines X
6161101 Taxes des débités X
61612 Patente X
61615 Taxes locales X
61671 Frais d'enregistrement et timbres X
61673 Vignettes X
61678 Autres impôts et taxes X
61711 Salaires X
6171102 Salaires (STC) X
6171103 Salaires technicien X
61741 CNSS X
61745 Assurances accident travail X
61764 Indemnité de représentation X
6176401 Habilement et vêtements travail X

51
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

61765 Indemnités de licenciement X


61766 Pharmacie X
6176601 Honoraire médecin X
61768 Autres charges sociales divers X
6176801 Primes de stage X
6178 Salaires/exercices antérieurs X
6193 Dotations aux amortissements X
6311001 Intérêt CMT SGMB 31/12/98 X
6311002 Intérêt PREF WB (010.70.323.63) X
6311003 Intérêt SOGEREASE X
6311004 Intérêt CMT SGMB (1) X
6311005 Intérêt CMT CNCA (1) X
6311006 Agios WAFA BANK 30181 X
6311007 Intérêt/CN 223 715 30181 WAFA X
6311008 CMT SGMB 3 13/08/99 X
6311009 Intérêt CMT CNCA 2 eff X
631101 Intérêt CMT CNCA 3 sot X
6311011 Intérêt CMT CGMB N°02 X
63115 Intérêt créances nées X
63118001 Agios échelle SGMB X
63118005 Agios échelle BCM X
63118006 Agios échelle CNCA X
63118007 Agios échelle BNDE X
63118008 Agios échelle CIH X
63118009 Agios échelle SGMB 57237 X
6318 Charges d'intérêts / exercices antérieurs X
6331 Pertes de change propres à l'exercice X
633101 Différence caisse X
6392 DEP pour dépréciation titres X
6513 VNA des immobilisations corporelles cédées X
658201 Contribution libératoire X
65831 Pénalités et amendes fiscales X
65833 Pénalité et amendes pénales X
6583301 M/R perception / IS 1959 X
658334 Intérêt de retard douane X
6585 Créance irrécouvrable X
6588 Autres charges non courantes /exercices X
antérieurs
658801 TVA perdues X
658802 Rappel impôt / IS X
65944 Dotations non courantes pour investissement X
6701 Impôt sur bénéfices X
670105 Impôt sur redevances X
6708 Rappel des impôts sur les résultats X

52
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

b. Charges indirectes (courantes) tirées du CPC de la société


SOLINGE :

Postes Libellés Montants


611 Charges d’exploitation
Achat revendus de marchandises
. Achat de marchandises
. Variation de stocks de marchandises (+/-)

Total
612 Achat consommés de matières et fournitures

. Achat de matières premières


. Variation des stocks de matières premières (+/-)
. Achat de matières et fournitures consommables et emballages 4141743.00
. Variation des stocks de matières, fournitures et emballages 70287.77
. Achat non stockés de matières et de fournitures 5843338.77
. Achat de travaux, études et prestations de service 2258560.66

12313930.20
Total
613/614 Autres charges externes

. Location et charges locatives 3461756.00


. Redevances de crédit – bail 502933.81
. Entretien et réparations 1308516.28
. Primes d’assurances 328605.29
. Rémunérations du personnel extérieur à l’entreprise
. Rémunérations d’intermédiaires et honoraires 17704.00
. Redevances pour brevets, marques, droits… 9679400.00
. Transports 2845949.40
. Déplacements, missions et réceptions 4214660.74
. Reste du poste des charges externes 3926711.22
26286236.74
Total
617 Charges du personnel

. Rémunération du personnel 54149700.22


. Charges sociales 7721963.22
. Reste du poste des charges de personnel 1641442.68
63513106.12
Total
618 Autres charges d’exploitation

. Jetons de présence
. Pertes sur créance irrécouvrables
. Reste du poste des autres charges d’exploitation

Total

638 Charges financières

53
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Autres charges financières

. Charges nettes sur cessions de titres et valeurs de placement


. Restes du poste des autres charges financières 5992808.41

Total 5992808.41

Tableau n°8 : Charges indirectes de l’entreprise SOLINGE

c. Les charges supplétives :

Ce sont les charges « fictives » non prises en compte dans la comptabilité


générale, mais qui doivent être prises en considération en comptabilité
analytique afin de rendre plus pertinente la comparaison des coûts entre
entreprises. (Pour pouvoir apprécier les coûts et les performances, il est
nécessaire de « rémunérer fictivement » les capitaux propres et d'incorporer en
comptabilité analytique dans le calcul des coûts, les frais financiers supplétif
correspondants au taux des capitaux empruntés à long terme soit 9% sur un
montant d’emprunt de 6 000 000.00 dh , soit : 6 000.00 x 9 % = 540 000 dh)

d. Le traitement des charges indirectes dans les centres:

En comptabilité analytique le critère de traitement des charges est la destination, en


fait en répond à la question suivante quel est ou bien qu'elles sont les sections qui
profitent de telle charge ?

Postes Libellés Clés de répartitions Montants


6122 Achat de matières et fournitures L’unité achetée 12 313 930.20
6131 Location et charges locatives m2 de surface louée 3 461 756.00
6133 Entretien et réparations Fiche d'entretien 1 308 516.28
6134 Prime d'assurances Valeur de l'immobilisation 328 605.29
assurée
6136 Rémunérations d'intermédiaires et Heures de travail 17 704.00
honoraires
6142 Transports Nombre de personnes 2 845 949.40
transportés
6143 Déplacements, missions et Pièces justificatives 4 214 660.74
réception
6171 Rémunération du personnel Nombre salariés par section 54 149 700.22
6174 Charges sociales Nombre salariés par section 7 721 963.22
6176 Charges sociales diverses Nombre salariés par section 1 641 442.68

Tableau n°9 : Traitement des charges indirectes

Ces différentes charges indirectes feront l’objet d’une répartition entre les différents
centres d’analyse (auxiliaires et principaux) par le biais des clés de répartition.

54
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

Les bases sur lesquelles sont fixées ces clés de répartition reposent sur la nature des
clés choisis pour chaque type de charge comme le montre le tableau ci-dessus. Ainsi
prenant par exemple la rémunération du personnel, l’atelier « Couture » fait
travailler 30% du personnel, donc c’est le centre qui supportera le plus de charges de
personnel. Suivi par le centre « Coupe » et « administration ». De même pour les
autres types de charges indirectes, c’est en fonction de la destination de la charge
qu’on détermine les clés de répartition.

III. Choix de l’unité de mesure d’un centre

Ces charges indirectes ne peuvent être imputées directement aux coûts, c'est pour
cette raison qu'elles subissent un traitement spécifique parce qu'elles concernent
plusieurs coûts.

Alors comment répartir les charges entre les différents centres d'analyse concernés?
L'une des méthodes, qui est notoirement connue et utilisée, consiste à répartir les
charges indirectes selon des clés de répartitions, chaque entreprise choisit le critère
de répartition qui lui parait le plus juste.

Ainsi pour notre cas, on répartira les charges indirectes entre les différents centres
selon des clés de répartition jugés plus au moins satisfaisant (voir tableau de
traitement des charges indirects dans les centres)

Après le calcul des coûts primaires des différents centres, on passera à la répartition
secondaire qui consiste à vider les centres auxiliaires (administration, projets et
méthodes, entretien et réparation, transport) dans les centres principaux.

Cette répartition secondaire sera réalisée en fonction du niveau de prestation offert


par le centre auxiliaire aux centres principaux.

Exemple : L'unité de mesure du centre « entretien et réparation » est l'heure de


travail, on va répartir les charges du centre « entretien et réparation » entre les
différents centres principaux en fonction des heures de travail offertes à chaque
centre.

Dans certains cas, on se retrouve avec des prestations réciproques entre deux centres
auxiliaires. Pour ce cas particulier, la méthode la plus utilisée est la méthode
algébrique, la solution d'un système d'équation à plusieurs variables.

Pour les centres principaux, les unités d'œuvre peuvent être soit :

55
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- Des unités mesurant la production dont la base est la réalisation d'une


production en volume, dans ce cas, les unités d'œuvre les plus fréquentes sont
donc les quantités produites ou les quantités vendues.

- Des unités mesurant les facteurs consommés, exemple: les heures de main
d'œuvre, les heures machines... etc. Dans notre cas trois types d'unités
d'œuvre sont possibles à savoir :
o Heure de main d'œuvre
o Heure de marche machine
o Nombre de pièces produites

L’arbitrage sera établi grâce au calcul statistique en observant les séries statistiques
mettant en relation les quantités d'unité d'œuvre et le niveau des coûts relatif.

Pour ce fait, on invite les responsables de chaque section principale à remplir le


tableau suivant afin d'avoir la base de calcul de la corrélation entre les quantités
d'unité d'œuvre et le niveau des coûts relatifs.

Unité d’œuvre Périodes


J F M A M J J A S O N D
Heures-ouvrier

Heures - machines

Nombre de pièces
produites
Coût du centre

Tableau n°10 : Unité d’œuvre par mois

Donc après tout calcul fait, la série présentant le meilleur coefficient de corrélation
correspondra à l'unité d'œuvre qui caractérise le mieux l'activité du centre.

56
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

IV. Inventaire permanent du stock

En comptabilité analytique, l'entreprise doit effectuer un inventaire périodique qui


lui permet de connaître au jour le jour les quantités en stock ainsi que leur valeur. Et
comme on l’a déjà vu au niveau du tableau du diagnostic de l'état des lieux,
l'évaluation des stocks chez SOLINGE concerne seulement les matières premières.
L’évaluation est négligée alors pour les fournitures et les pièces détachées ainsi que
pour les produits finis.

Donc, il y a lieu de tenir un inventaire du stock et prévoir des fiches pour la


valorisation des stocks, des fournitures, des pièces détachées et des produits finis.

V. Détermination des coûts et du résultat analytique

La hiérarchie des coûts est étroitement liée à celle des phases du processus
d'exploitation. A chacune des étapes principales à savoir l'approvisionnement, la
production et la distribution correspond un coût.

a. Le coût d'approvisionnement (ou d'achat)

Le coût d'approvisionnement se compose de deux types de charges, d'abord, les


charges directes (prix d'achat hors taxes récupérables) ensuite, les charges indirectes
imputées au centre approvisionnement (grâce au tableau, de répartition des charges
indirectes).

Etant donné que « SOLINGE » est une société de sous-traitance, cela implique que
l'achat des matières premières, des fournitures ainsi que le transport de ces derniers
sont à la charge des clients. Ainsi le coût d'achat n'est pas à la charge de la société. Il
reste les pièces détachées, nous proposons le tableau de calcul du coût d'achat
comme suit:

Coût d’achat des pièces détachées

Eléments Quantités P. Unitaire Montant


Charges directes :
Prix d'achat
Charges indirectes :
Section approvisionnement
Coût d'achat

57
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

b. Le coût de production :

Le coût de production se compose tout d'abord, du coût d'achat des matières


consommées, du coût de la main d'œuvre directe, en fin des charges indirectes
relatives à la production.

Au niveau de chaque section on va proposer un modèle pour le calcul du coût de


production :

Au niveau de la section « Coupe »

Elément Quantités P. Unitaire Montant


Charges directes :
Matières premières
M.O.D
Charges indirectes :
Coût du centre « Coupe »
Coût de production coupe

Au niveau de la section « Couture »

Elément Quantités P. Unitaire Montant


Charges directes :
Pièces coupées
M.O.D
Charges indirectes :
Coût du centre « Couture »
Coût de production couture

Au niveau de la section « Plissage »

Elément Quantités P. Unitaire Montant


Charges directes :
Pièces couturées
M.O.D
Charges indirectes :
Coût du centre « Plissage »
Coût de production plissage

58
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

c.Le coût de revient :

Il est composé des charges directes (coût de production des produits vendus) et des
charges indirectes imputées au centre expédition.

Dans notre cas, la société ne se charge pas de la livraison des marchandises à leur
destination, ce sont les clients qui viennent les chercher avec leurs propres moyens.

Mais dans les cas particuliers (avec l’accord des clients) l'entreprise peut se charger
de l'expédition, dans ce cas particulier, le coût de revient sera alors :

Eléments Quantités P. Unitaire Montant


Charges directes :
Coût de production des
pièces vendues
M.O.D
Charges indirectes :
Coût d'expédition
Coût de revient

d. Le résultat analytique :

Le résultat analytique est la dernière étape de tout le processus :


Résultat analytique d'un article = Chiffres d’affaire - Coût de revient

59
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

CONCLUSION :

En guise de conclusion, je peux dire que l'instauration d'un système de compatible


analytique n'est pas un travail aisé. En effet la Comptabilité Analytique est un
système vivant. Sa mise en place constitue un travail de longue haleine, avec des
efforts soutenus et continus pour la rendre sans cesse adaptée aux besoins
changeants des gestionnaires et décideurs.

Le but de ce travail a dépassé largement le calcul. Il a mis plutôt l'accent sur la


méthodologie de conception d’un système de comptabilité analytique qui permettra
dès sa mise en œuvre de collecter les informations nécessaires pour un
fonctionnement efficace du système.

60
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

BIBLIOGRAPHIE :

Documentation et ouvrages de base :


- Pesqueux, Yvon, « Le contrôle de gestion : Organisation et mise en œuvre 2 ème
édition » Edition DUNOD 2003
- Grandguillot, Béatrice, « L'essentiel de la comptabilité de gestion 3ème édition »
Edition Gualino 2006
- Grandguillot, Béatrice, « L'essentiel du contrôle de gestion 4ème édition » Edition
Gualino 2009
- Doriath, Brigitte, « Gestion prévisionnelle et mesure de la performance : Manuel
5e édition », Edition DUNOD 2011
- Maurin, Pierre, « Contrôle de gestion facile : Guide à l'usage des PME », Edition
AFNOR 2008
- Anne Marie KEISER, « Comptabilité analytique et de gestion », Edition ESKA,
1994
- G. MELYON, F. HEMICI et V. FERNANDEZ, « Comptabilité analytique:
Principes, techniques et évolutions », Edition ESKA, 1994
- Mohamed LAARIBI, « Comptabilité analytique: Comptabilité productive »,
Edition NAJAH AL JADIDA

Documentation diverse :

Sites internet :
 www.scholarvox.com
 www.books.google.fr
 www.mawarid.ma

Cours & rapports :

- Cours de comptabilité de gestion, 2ème année E.N.C.G Tanger


- Comptabilité analytique pour le contrôle de gestion, Abdelghani BENDRIOUCH,
ISCAE Casablanca

61
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

LISTE DES ABREVIATIONS

- C.A : Comptabilité Analytique


- S.C.A : Système de Comptabilité Analytique
- C.G.N.C : Code Générale de Normalisation Comptable
- P.C.G : Plan Comptable Général
- C.M.U.P : Cout Moyen Unitaire Pondéré
- F.I.F.O : First In First Out (Premier entré premier sorti)
- L.I.F.O : First In Last Out (Premier entré dernier sorti)
- N.I.F.O : Next In First Out
- H.T : Hors Taxes
- C.P.C : Compte de Produits et de Charges
- A.B.C : Activity Based Costing
- P.M.E : Petites et Moyennes Entreprises
- PMI : Petites et Moyennes Industries
- G.E : Grande Entreprise
- T.V.A : Txe sur la Valeur Ajoutée
- I.R : Impôt sur le Revenu
- I.S : Impôt sur les Sociétés
- G.R.H : Gestion des Ressources Humaines
- M.O.D : Main d’Ouvre Directe
- C.N.S.S : Caisse Nationale de Sécurité Sociale

LISTE DES MOTS CLES

- Comptabilité Analytique
- Comptabilité générale
- Contrôle de gestion
- Système
- Coût
- Activité
- Charge
- Produit
- Organisation
- Stock
- Centre de responsabilité
- Imputation
- Inventaire
- Résultat
- Marge
- Procédure

62
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

- Organigramme

LISTE DES FIGURES

- Figure n° 1 : Les trois phases de stockage


- Figure n° 2 : Schéma du processus de production SOLINGE

LISTE DES TABLEAUX

- Tableau n° 1 : Compte de résulta différentiel


- Tableau n° 2 : Tableau de calcul du Direct Costing Evolué
- Tableau n° 3 : Tableau comparatif des différentes méthodes de calcul de coûts
- Tableau n° 4 : Etat des lieux du système de gestion SOLINGE
- Tableau n° 5 : Proposition du plan d’action
- Tableau n° 6 : Centres d’analyse de l’entreprise SOLINGE
- Tableau n° 7 : Charges incorporables et non incorporables
- Tableau n° 8 : Charges indirectes de l’entreprise SOLINGE
- Tableau n° 9 : Traitement des charges indirectes
- Tableau n° 10 : Unité d’œuvre par mois

ANEXXES
 Annexe n°1 : composantes de la procédure de la CA :

 Le titre de la procédure :

La procédure de Comptabilité Analytique fait partie du manuel des procédures de


l'entreprise dont la tenue et la mise à jour constituent l'une des responsabilités
essentielles du Contrôle de Gestion. Pour qu'elle soit identifiée, elle doit
nécessairement porter un nom mis en grand comme titre de la procédure, sans
oublier celui de l'entreprise;

 L'objet de la procédure :

La formulation consacrée est généralement la suivante : « Cette procédure a pour


objet de». La procédure de Comptabilité Analytique a pour objet évidemment de
décrire le fonctionnement de la Comptabilité Analytique et de préciser le rôle de
chaque acteur dans le fonctionnement du système ;

63
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

 La date de mise en application :

Quand la procédure est autorisée, c'est à dire signée par la Direction générale ou un
responsable dûment délégué, son entrée en vigueur signifie son application
obligatoire, sous peine de sanction. La procédure constitue de ce point de vue un
véritable code qui doit être respecté car les intervenants, à l'image du respect du code
de la route par les conducteurs. Pour cela, son application ne doit souffrir d'aucune
équivoque, en précisant notamment la date d'entrée en vigueur et les documents
qu'elle remplace. La formulation consacrée est généralement la suivante : "Cette
procédure est applicable à partir de (date de mise en application obligatoire) ; elle
annule et remplace toute directive ou instruction en vigueur en la matière" ;

 Les fonctions concernées :

La procédure doit lister toutes les fonctions concernées par la procédure et à leur tête
le Contrôle de Gestion. Les fonctions peuvent être classées en quatre catégories :
celles qui alimentent le système, celles qui le font fonctionner, celles qui le contrôlent,
et celles qui l'exploitent. Bien entendu certaines fonctions peuvent intervenir à
plusieurs niveaux ;

 Les responsables concernés :

En principe, ce sont au minimum les responsables des foncions qui auront été
rappelés. Mais très souvent les mssions des responsables sont beaucoup plus
détaillée que celles des foncions, en raison du fait que dans une même fonction, deux
ou plusieurs responsables peuvent intervenir au niveau de la Comptabilité
Analytique. Par ailleurs, l'objet ici n'est pas seulement de recenser les responsables
mais on doit aussi préciser leurs fonctions: procurer une information renseigner un
état, viser un document, l'autoriser, l'archiver etc.

Le Contrôle de Gestion est évidemment celui qui a le plus de responsabilités,


incluant l'animation, le contrôle des résultats, l'exploitation, et la mise à jour ;

 La liste des tâches :

Il s'agit ici de dresser la liste narrative des tâches de la comptabilité Analytique dans
l'ordre chronologique de leur exécution. Cette étape permet d'assurer la coordination
dans le temps et d'éviter les blocages.

 La liste des documents :

64
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

La procédure doit lister tous les documents de la comptabilité Analytique, en


précisant leur objet, leur contenu, le nombre d'exemplaires et les utilisateurs
concernés. Des caractéristiques supplémentaires peuvent être également définies
pour faciliter la reconnaissance des documents, telles que le code, la taille, le support,
la couleur de chaque exemplaire etc.

 Le circuit des documents :

Pour chaque document, la procédure définit le circuit qui lui est propre depuis son
émission, jusqu'à son archivage. La meilleure façon de rendre compte de ces circuits
est en général de tracer des diagrammes en utilisant les symboles usuels.
Parmi ces symboles, on reproduit ci-après les plus courants :

Ces symboles sont reliés par des flèches dans un diagramme de présentation pour
visualiser les circuits entres acteurs, comme le montre le schéma suivant :

65
Cadre conceptuel du systeè me de la comptabiliteé analytique

 Le planning de sortie des résultats et leur mode d'exploitation :

Le planning des opérations permet de s'assurer que la Comptabilité Analytique


sortira ses résultats à temps pour les besoins du Contrôle de Gestion. Pour une
Comptabilité Analytique mensuelle par exemple, il est souhaitable que les résultats
sortent au courant de la première semaine qui suit le mois dont on veut exploiter les
résultats. La tenue des délais est essentielle, car d'autres systèmes en dépendent, tel le
système budgétaire ou celui des tableaux de bord, qui sont alimentés par les résultats
de la Comptabilité Analytique.

Pour éviter les retards, la procédure doit planifier les tâches à l'avance, en affectant
une durée maximale pour l'exécution de chaque tâche. Le diagramme de GANTT est
souvent utilisé à cette fin. Quand ta Comptabilité Analytique est relativement
complexe, on recourt aussi au diagramme PERT qui fait ressortir la séquence des
tâches dans un graphe d'ensemble faisant apparaître le chemin critique, c'est-à-dire le
circuit des taches pour lesquelles on ne peut admettre aucun retard. Le programme
Project de Microsoft permet de construire des diagrammes de ce type.

Quant à l'exploitation des résultats, elle devrait être institutionnalisée dans le cadre
de réunions mensuelles animées par le Contrôle de Gestion. La procédure précise la
date de réunion mensuelle (par exemple tous les premiers lundi du mois, les
participants à cette réunion en précisant le rôle de chacun (animateur, rapporteur;
etc.) les documents qui servent de base à l'exploitation des résultats, etc.

66