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Les normes IAS/IFRS

 Présentation du programme
Introduction

 Section 1 : Le processus d’adoption des normes


comptables internationales
 Section 2 : Le cadre conceptuel de l’IASB
 Section 3 : Exercice corrigé
Chapitre 1 : Les états financiers
(IAS1)
 Section 1 : Les composantes de l’IAS1 et les principes à respecter
 Section 2 : Le bilan
 Section 3 : Le compte de résultat et l’état de résultat global
 Section 4 : L’état des variations des capitaux propres
 Section 5 : Le tableau de flux de trésorerie
 Section 6 : Les notes annexes
 Section 7 : Exercice corrigé
Chapitre 2 : Actifs non courants
 Section 1 : Les immobilisations corporelles et la dépréciation des
immobilisations (IAS36)
 Section 2 : Les immobilisations incorporelles (IAS38)
 Section 3 : Les actifs financiers (IAS32 ; IAS39 ; IFRS9)
 Section 4 : Les immeubles de placement (IAS 40)
 Section 5 : Les contrats de location (IAS 17)
 Section 6 : Les contrats de construction (IAS 11)
 Section 7 : Exercice corrigé
Introduction
Le démantèlement du monde bipolaire,
l’accélération de l’internationalisation des
économies, le décloisonnement, la
mondialisation et ses conséquences sur la
globalisation financière qui en a résulté, ont
placé la comptabilité, principale source de
l'information financière, au cœur du
fonctionnement des marchés financiers. Cette
globalisation financière a rendu indispensable
l’harmonisation à l'échelle mondiale de
l'information financière fournie aux
investisseurs. Plusieurs pays ont adopté les
normes comptables internationales, d'autres en
cours d'adoption. Cette tendance actuelle à
l'international confirme, si besoin est, que la
comptabilité est avant tout une science et en
tant que telle elle doit être générale et, partant,
il ne devrait pas y avoir des normes différentes
ni dans le temps ni dans l'espace.
Après la multiplication des scandales financiers
Outre-atlantique, sur le Vieux Continent, mais
aussi dans les pays émergeants, la nécessité et
l’urgence de mettre en place des mécanismes de
contrôle pour contrer la comptabilité créative
est devenue incontournable. Les nouvelles
technologies ont certainement apportées le
confort et le bien être à l’homme, mais elles ont
en même temps véhiculées des risques
communément appelés risques du troisième
millénaire. Au niveau européen, l'opportunité
de cette harmonisation a été bien ressentie par
l'Union européenne qui a décidé, par son
règlement du 29 septembre 2003, l'adoption
pure et simple à partir du 1er janvier 2005 des
normes comptables internationales
(IAS/IFRS) par tous les groupes cotés en
bourse appartenant aux pays membres, rendant
ainsi, d'un seul coup, obligatoire l'établissement
et la publication des états financiers conformes
à ces normes.
Aux USA la majorité des compagnies ont
adopté les US GAAP, et dans les autres pays
comme l'Inde, la Chine, l'Australie, le Japon.
etc… ont, ou vont adopter, des systèmes
comptables proches de ces normes. À côté de
ces débouchés supplémentaires se profile une
nouvelle catégorie d'entreprises soucieuses
d'anticiper la législation. Parmi elles, nombre de
sociétés non cotées qui veulent faire preuve de
transparence envers les actionnaires.
Des projets de convergence sont en cours,
entre les deux grands normalisateurs
internationaux, mais aussi avec les autres, et
devraient aboutir à l’horizon 2011, à une seule
et même normalisation internationale.
La zone OHADA ne peut rester à l’écart de ce
mouvement international, et a décidé de faire
adopter un nouveau plan comptable ayant pour
socle conceptuel les normes IFRS. Le passage
est prévu pour le 1er janvier 2018. Ce passage
s'accompagne certainement d'une surcharge de
travail, afin d’adapter et de former le personnel
en charge de la comptabilité financière.
Des secteurs entiers, comme les banques et les
assurances et autres assimilés, seront appelés à
opérer une véritable mutation. Les secteurs de
l’agriculture, de la construction, du secteur
minier, des caisses mutualistes, etc. constituant
des cas à part avec leurs spécificités et leurs
particularités, doivent effectuer ce passage non
sans difficulté.
Un programme important dans le domaine du
développement des progiciels et des logiciels,
est nécessaire pour supplanter les outils
désormais désuets dont nous disposons. Pour
être au rendez-vous, un programme de
formation et de sensibilisation colossal est à
mettre en œuvre immédiatement. Il s’agira non
seulement de mettre les moyens qu’il faut pour
définir des cycles pédagogiques et les diffuser.
Enfin, une adaptation des lois et procédures
fiscales, est attendue afin de supprimer le
double travail auquel seront astreints les
préparateurs des états financiers.
Il serait prétentieux et maladroit d’engager une
lecture du système comptable financier de
l’OHADA sans comprendre l’environnement
et la doctrine des normes internationales dans
une première phase. Une telle démarche
permettrait de mieux saisir le sens profond des
changements engagés.
Dans une première partie, nous nous
attellerons à connaître quels sont les organes
qui édictent les normes internationales et quelle
est la procédure suivie pour faire adopter ces
normes. Nous devrions au passage nous
informer de l’actualité et examiner les différents
projets en cours. Dans une seconde partie,
nous tacherons de faire une comparaison du
cadre conceptuel entre PCGO et le référentiel
IAS IFRS pour situer les changements
profonds introduits d’une part et le chemin qui
reste à parcourir, d’autre part, afin d’aller vers
une mise en conformité totale avec les normes
internationales.
SECTION 1. LE PROCESSUS D’ADOPTION DES NORMES
COMPTABLES INTERNATIONALES
Les normes sont émises par une organisation
internationale privée, le conseil des normes
comptables internationales (IASB : Bureau
International des normes comptables) et
doivent être soumises à une procédure
d’adoption avant d’être mises en vigueur.
I. L’IFRS Foundation

L’IFRS Foundation est composée de 22


membres, les trustees, qui ont pour fonction
d’assurer la direction de l’ISAB et des entités
qui lui sont associées.
La composition de cette assemblée doit être le
reflet d’un équilibre entre les différentes
régions du monde (Amérique du nord, Europe,
Asie Océanie, Amérique du sud, Afrique,
autres régions) ainsi que qu’entre les différentes
professions concernées par l’information
financière (auditeurs, préparateurs, utilisateur,
universitaires, etc.).
Quels sont les moyens mis en place par l’IFRS
Foundation ?
Un conseil indépendant d’élaboration des normes (IASB),
supervisé par un groupe de trustees d’horizons géographiques et
professionnels divers engageant leur responsabilité.
Un comité de surveillance (Monitoring Board) composé d’autorités
publiques des marchés de capitaux.
Le soutien d’un organe de conseil externe (IFRS Advisor Council)
et d’un comité d’interprétation (IFRS Interprétations Committee),
qui font part de leurs recommandations lorsque, dans la pratique,
des divergences sont observées.
L’implication des investisseurs, autorités de régulation, leaders
d’entreprise et acteurs mondiaux de la profession à chaque stade du
processus.
Une collaboration assurée avec les normalisateurs du monde entier.
Quelles sont ces différentes structures et
quel est leur rôle ?
Rôl e Composition

L’IFRS Foundation (ex IASC Assure la direction de l’IASB et des entités qui
22 membres (trustees)
Foundation) lui sont associées.

16 membres permanents (depuis


juillet 2012) ; ·
- 5 membres doivent avoir une
Pr épar e et publ ie l es nor mes comptabl es
expérience en audit ; · -
inter national es IFRS (anciennement IAS).
3 membres doivent avoir une
Les IAS ont été des émises par l ’IASC
expérience dans la préparation
(comité des nor mes comptabl es
IASB des états financiers ; ·
inter national es), pr édécesseur de l ’IASB
-3 membres doivent au minimum
j usqu’en 2000. Les IFRIC sont l es
avoir une expérience de leur
inter pr étations des nor mes émises par l e
utilisation ; ·
comité de l ’IFRIC.
-1 membre doit au minimum
avoir une expérience
universitaire.
Chargé de répondre aux problèmes
L’IFRS Interprétations commitees
d’interprétation posés par certaines normes. A
(comité d’interprétations des IFRS 14 membres votants.
ce titre, ils travaillent avec les comités d’urgence
et IFRIC)
des normalisateurs nationaux.
Chargé de répondre aux problèmes
L’IFRS Advisory Council (ex- d’interprétation posés par certaines normes. A au moins 30 membres (une
SAC) ce titre, ils travaillent avec les comités d’urgence quarantaine actuellement)
des normalisateurs nationaux.

Représentants de la commission
européenne de l’OICV de
S’assure que les trustees remplissent leurs l’agence des services financiers du
Le Monitoring Board (conseil de
fonctions telles qu’elles sont définies par la Japon (FSA, de la Sécurities and
surveillance)
constitution et approuve leur nomination. Exchange commission (SEC) et
du comité de Bâles (supervision
bancaire) en tant qu’observateur.
II. LES OBJECTIFS

Quels sont les objectifs mis en place par l’IFRS


Foundation ?
 Elaborer un jeu unique de normes comptables de
haute qualité, compréhensibles et applicable dans le
monde entier, basées sur des principes clairement
exprimés.
 Promouvoir l’utilisation et l’application rigoureuse
de ces normes.
 Prendre en compte les besoins de différents types
et tailles d’entités dans des cadres économiques
différents (exemples : économies émergentes,
PME).
 Promouvoir et faciliter l’adoption des IFRS par la
convergence des référentiels nationaux avec les
IFRS.
III. LE PROCESSUS D’ADOPTION D’UNE NORME AU SEIN DE
L’IASB

Les normes IFRS sont établies suivant un


processus itératif. Le processus d’adoption des
normes (appelé due process) comporte plusieurs
étapes :
 l’IASB publie un projet de norme. Un groupe
d’experts écrit un document de travail qui est
diffusé afin de recenser les commentaires à propos
de la rédaction de cette norme. L’IASB analyse ces
commentaires ;
 L’IASB publie un exposé sondage synthétisant les
opinions divergentes ;
 Après avoir analysé les commentaires reçus, l’IASB
publie la norme définitive ou reporte la publication
de cette norme.
La publication de cette norme doit être
approuvée par 8 des 15 membres.
SECTION 2. LE CADRE CONCEPTUEL DE
L’IASB
Le cadre IAS/IFRS et leurs interprétations par
l’IFRIC s’inscrivent au sein d’un cadre
préalable dénommé – cadre conceptuel.
Le cadre conceptuel n’est pas une norme.
Néanmoins, le contenu du cadre permet de
comprendre la construction des normes et la
présentation des états financiers.
I. DEFINITION, OBJECTIFS ET CHAMP D’APPLICATION DU
CADRE CONCEPTUEL
A. DEFINITION
Un cadre conceptuel est un ensemble de
principes généraux formulés par une
organisation normative en vue de fournir une
base commune permettant l’élaboration de
règles cohérentes.
B. OBJECTIF DU CADRE CONCEPTUEL
Le cadre conceptuel définit les concepts qui
sont à la base de la préparation et de la
présentation des états financiers à l'usage des
utilisateurs externes. L'objectif de ce cadre est
notamment :
 d'aider l'IASB à développer les futures normes
comptables internationales et à réviser celles qui
existent déja ;
 d'aider les préparateurs des états financiers à
appliquer les IAS et IFRS et à traiter de sujets qui
doivent encore faire l'objet d'une norme ;
 d'aider les auditeurs à se faire une opinion sur la
conformité des états financiers avec les normes
comptables internationales ;
 d'aider les utilisateurs des états financiers à
interpréter l'information contenue dans les états
financiers préparés en conformité avec les normes
comptables internationales.
C. CHAMPS D’APPLICATION DU CADRE CONCEPTUEL
Le cadre conceptuel traite des questions
suivantes :
 l'objectif des états financiers ;
 les caractéristiques qualitatives qui déterminent
l'utilité de l'information contenue dans les états
financiers ;
 la définition, la comptabilisation et l'évaluation des
éléments à partir desquels les états financiers sont
construits ; et
 les concepts de capital et de maintien de capital.
Le cadre conceptuel s'intéresse aux états
financiers à usage général, y compris aux états
financiers consolidés. Ces états financiers sont
préparés et présentés au moins une fois par an
et visent à satisfaire les besoins d'informations
communes à un nombre important
d'utilisateurs. Un jeu complet d'états financiers
comprend un bilan, un compte de résultat, un
tableau des flux de trésorerie, un état indiquant
soit l'ensemble des variations des capitaux
propres, soit uniquement les variations des
capitaux propres autres que celles résultant de
transactions avec les détenteurs de parts
représentatives du capital agissant en cette
qualité et des notes contenant un résumé des
principales méthodes comptables et les autres
notes explicatives.
Le cadre conceptuel s'applique aux états
financiers de toutes les entreprises
commerciales, industrielles ou autres, qu'elles
appartiennent au secteur public ou au secteur
privé.
II. LE CONTENU DES ETATS FINANCIERS
A. DEFINITION
Actifs : Un actif est une ressource contrôlée
par l'entreprise du fait d'événements passés et
dont des avantages économiques futurs sont
attendus par l'entreprise. L'avantage
économique futur représentatif d'un actif est le
potentiel qu'a cet actif de contribuer,
directement ou indirectement, à des flux de
trésorerie et d'équivalents de trésorerie au
bénéfice de l'entreprise.
Comparaison avec le PCGO
L’OHADA a introduit dans le PCGO des
définitions des actifs quasiment semblables à
celles des IFRS.
Passifs : un passif est une obligation actuelle
de l'entreprise résultant d'événements passés et
dont l'extinction devrait se traduire pour
l'entreprise par une sortie de ressources
représentatives d'avantages économiques.
Comparaison avec le PCGO
Depuis que le 01/01/2018, il n’existe plus de
différence significative entre les règles de
l’OHADA et les règles IAS concernant les
passifs (y compris, par conséquent, les
provisions pour risques et charges).
Capitaux propres : les capitaux propres sont
l'intérêt résiduel dans les actifs de l'entreprise
après déduction de tous ses passifs.
Produits : Les produits sont les
accroissements d'avantages économiques au
cours de l'exercice, sous forme d'entrées ou
d'accroissements d'actifs, ou de diminutions de
passifs qui ont pour résultat l'augmentation des
capitaux propres autres que les augmentations
provenant des apports des participants aux
capitaux propres.
Charges : Les charges sont des diminutions
d'avantages économiques au cours de l'exercice
sous forme de sorties ou de diminutions
d'actifs, ou de survenance de passifs qui ont
pour résultat de diminuer les capitaux propres
autrement que par des distributions aux
participants aux capitaux propres.
B. AJUSTEMENT : La REEVALUATION
La réévaluation ou la réestimation des actifs et
des passifs donne naissance à des
augmentations ou des diminutions des capitaux
propres. Bien que ces augmentations ou ces
diminutions satisfassent à la définition des
produits et des charges, elles ne sont pas inclues
dans le compte de résultat selon certains
concepts de maintien du capital. Au contraire,
ces éléments sont inclus dans les capitaux
propres en tant qu’ajustement de maintien du
capital ou réserves de réévaluation.
C. PERFORMANCE
Le résultat est fréquemment utilisé comme
mesure de la performance ou comme base pour
d’autres mesures telles que le rendement des
placements ou le résultat par action. Les
éléments directement liés à l’évaluation du
résultat sont les produits et les charges. La
comptabilisation et l’évaluation des produits et
des charges, et par conséquent du résultat,
dépendent en partie des concepts de capital et
de maintien du capital utilisés par l’entreprise
pour préparer ses états financiers.
D. LES CONCEPTS DE CAPITAL ET DE MAINTIEN DE CAPITAL
Un concept financier de capital est adopté par
la plupart des entreprises pour préparer leurs
états financiers.
Selon un concept financier de capital, tel que
celui de l'argent investi ou du pouvoir d'achat
investi, le capital est synonyme d'actif net ou de
capitaux propres de l'entreprise.
Dans ce cas, un résultat positif n'est obtenu que
lorsque le montant financier de l'actif net à la
clôture de l'exercice annuel dépasse le montant
financier de l'actif net à l'ouverture de
l'exercice, compte non tenu de toute
distribution aux actionnaires et de tout apport
de leur part au cours de l'exercice considéré
Par contre selon un concept physique de
capital, tel que la capacité opérationnelle, le
capital est considéré comme la capacité
productive de l'entreprise, fondée, par exemple,
sur les unités produites par jour.
L’entreprise doit au préalable, choisir entre le
concept financier du capital et le concept
physique du capital.
Le choix du concept de capital mérite d'être
basé sur les besoins d'information des
utilisateurs des états financiers :
• Un concept financier du capital se doit d'être
retenu si les utilisateurs sont au premier chef
concernés par le maintien du capital nominal
investi ou par le pouvoir d'achat du capital.
• Un concept physique du capital doit être
privilégié si la principale demande
d'information des utilisateurs est la
reconnaissance de la capacité opérationnelle de
l'entreprise.
Le choix du concept n'est point innocent
puisqu'il conditionnera les modalités de la
mesure de la performance de l'entreprise et de
son résultat.
E. MAINTIEN DU CAPITAL FINANCIER
Selon ce concept, un bénéfice est obtenu
uniquement lorsque le montant financier de
l’actif net à la clôture de l’exercice dépasse le
montant financier de l’actif net à l’ouverture de
l’exercice, après exclusion de toute distribution
aux propriétaires et de toute contribution de la
part de ces propriétaires au cours de l’exercice.
Ainsi, les accroissements des prix des actifs
détenus au cours de l’exercice sont
conceptuellement, des bénéfices. Ce concept
est intéressant si l’utilisateur des états financiers
est intéressé par la notion de pouvoir d’achat
du capital. Ce concept est adopté par la plupart
des entreprises.
F. MAINTIEN DU CAPITAL PHYSIQUE
Selon ce concept, un bénéfice n’est obtenu que
si la capacité de production physique (ou la
capacité productive) de l’entreprise (ou les
ressources ou fonds nécessaires pour atteindre
cette capacité) à la clôture de l’exercice, dépasse
la capacité productive physique à l’ouverture de
l’exercice après exclusion de toute distribution
aux propriétaires et de toute contribution de
leur part au cours de l’exercice. Tous les
changements de prix affectant les actifs et les
passifs de l’entreprise sont considérés comme
des changements de l’évaluation de la capacité
productive physique de l’entreprise. En
conséquence, ils ne sont pas traités comme
bénéfices, mais comme des ajustements de
maintien du capital qui font partie des capitaux
propres.
Ce concept est intéressant si l’utilisateur des
états financiers est intéressé par la notion de
performance de l’entreprise.
G. LES REGLES DE COMTABILISATION ET D’EVALUATION
Un article doit être comptabilisé si :
 il est probable que tout avantage économique futur
qui lui est lié ira à l’entreprise ou en proviendra ;
 l’article a un coût ou une valeur qui peut être évalué
de façon fiable.
Un article qui possède les caractéristiques
essentielles d'un élément mais qui ne satisfait
pas aux critères de comptabilisation peut
néanmoins mériter une information dans les
notes annexes, textes explicatifs ou tableaux
supplémentaires.
H. LES REGLES D’EVALUATION
L'évaluation est le processus consistant à
déterminer les montants monétaires auxquels
les éléments des états financiers vont être
comptabilisés et inscrits au bilan et au compte
de résultat. Ceci implique le choix de la
convention appropriée d'évaluation, qui peut
être :
 le coût historique ;
 le coût actuel ;
 la valeur de réalisation ou de règlement ;
 la valeur actuelle.
 Coût historique : Le coût historique correspond à la
valeur donnée au jour d'acquisition du bien. Le
cadre conceptuel précise :
o les actifs sont comptabilisés pour le montant
de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie payé
ou pour la juste valeur de la contrepartie donnée
pour les acquérir au moment de leur acquisition.
o Les passifs sont comptabilisés pour le
montant des produits reçus en échange de
l’obligation, ou dans certaines circonstances,
pour le montant de trésorerie ou d’équivalents de
trésorerie que l’on s’attend à verser pour éteindre
le passif dans le cours normal de l’activité ;
 Cout actuel : le coût actuel est défini comme la
valeur équivalente d'un actif ou d'un passif à la date
d'évaluation
o Les actifs sont comptabilisés pour le montant
de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie qu’il
faudrait payer si le même actif ou un actif
équivalent était acquis actuellement.
o Les passifs sont comptabilisés pour le
montant non actualisé de trésorerie ou
d’équivalents de trésorerie qui serait nécessaire
pour régler l’obligation actuellement ; états
financiers
 Valeur de réalisation (de règlement) : la valeur de
réalisation ou de règlement est définie comme la
valeur de cession.
o les actifs sont comptabilisés pour le montant
de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie qui
pourrait être obtenu actuellement en vendant
l’actif lors d’une sortie volontaire.
o Les passifs sont comptabilisés pour leur
valeur de règlement, c’est-à-dire pour les
montants non actualisés de trésorerie ou
d’équivalents de trésorerie que l’on s’attendrait à
payer pour éteindre des passifs dans le cours
normal de l’activité.
 Valeur actuelle : La valeur actualisée est définie
comme la valeur des entrées ou des sorties de
trésorerie futures actualisées à la date d'évaluation :
o les actifs sont comptabilisés pour la valeur
actuelle des entrées nettes futures de trésorerie
que l’élément génère dans le cours normal de
l’activité.
o Les passifs sont comptabilisés à la valeur
actuelle des sorties de trésorerie nettes futures
que l’on s’attend à devoir consentir pour éteindre
les passifs dans le cours normal de l’activité.
SECTION 3 : EXERCICES AUTOCORRIGES
Exercice 1 :
L’entreprise Dupont possède des titres
financiers pour 20 000 FCFA. A la fin de
l’année, les titres valent 27 000 FCFA. Vous
êtes comptable dans l’entreprise. Le dirigeant
a lu dans la presse des articles au sujet du
développement des normes IAS/IFRS et des
enjeux de la valorisation. Il vous demande
conseil :
1. a. Quelle est la valeur des titres en PCGO ?
b. Quelle est la valeur en normes IAS/IFRS ?
2. Peut-on donner une seule et unique valeur à
une entreprise ou une société ?
3. S’il fallait vendre la société, quel serait le
montant à proposer ?
4. Les titres s’échangent sur un marché
règlementé, à combien les investisseurs estiment
ils la valeur de la société ?
5. Que vaut la société par rapport à ce qu’elle peut
rapporter ?
6. Quelle est la meilleure valeur ?
SOLUTION

1-
a. Si l’on a une vision juridique, la valeur à retenir
est celle au moment du transfert de la propriété,
soit 20 000 (cout historique).
b. Si on a une vision économique, la valeur à
retenir est la valeur économique, soit 27 000.
2- On ne saurait donner une valeur unique à une
entreprise car la valeur dépend des besoins des
destinataires et des utilisations qu’on va en faire
3- Si on doit vendre l’entreprise sa valeur va dépendre
de la méthode d’évaluation adoptée. On ne saurait
fixer un montant au motif que les méthodes
d’évaluations sont nombreuses et n’aboutissent pas
au même résultat.
4- Si les titres de la société sont admis sur un marché
bousier, la valeur de la valeur société est la valeur
boursière.
5- Par rapport à ce qu’elle peut rapporter, la société
vaut la valeur actualisée des flux de trésorerie
future qu’elle est susceptible de dégager c'est-à-dire
la valeur actuelle.
6- On ne saurait donner une meilleur valeur car
chacune des valeurs serait déterminer en fonction
des besoins de l’utilisateur