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‫الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية‬

République Algérienne Démocratique et Populaire


Ministère de la santé, de la population et de la réforme hospitalière
Institut National de Formation Supérieure Paramédicale de Constantine
Filière : Laboratoire

INTRODUCTION A LA
MYCOLOGIE MEDICALE
Cours de 2ème année
BENLARIBI IMANE HALIMA
Pharmacienne Praticienne Spécialiste
Assistante en Parasitologie-Mycologie Médicale

Année universitaire 2017/2018


INTRODUCTION A LA MYCOLOGIE MEDICALE

I. DEFINITIONS :

a. La mycologie : est la science qui étudie les champignons.

b. La mycologie médicale : est l’étude des symptômes liés aux champignons


susceptibles de provoquer chez l’homme un état pathologique.

c. Les mycoses : sont des maladies provoquées par des champignons microscopiques
appelés aussi micromycètes (par opposition aux macromycètes : champignons
visibles dans l’environnement), susceptibles de vivre en parasite chez l’homme.

d. Les champignons, les mycètes ou Fungus :


 Sont des eucaryotes (pourvus de noyaux avec membrane nucléaire, chromosomes
et nucléoles) uni ou pluricellulaires;
 constituent un règne à part distinct de celui des plantes et des animaux : règne
Fungi ou Regnum fungorum ;
 Sont des organismes hétérotrophes qui ne possèdent pas de pigment assimilateur
(chlorophylle) et qui dépendent pour leur nutrition carbonée de la présence de
matières organiques ;
 Se nourrissent par absorption ;
 Leur paroi est riche en chitine, ce qui les assure une certaines résistances aux
contraintes du milieu extérieur ;
 On évolue à plus d’un million le nombre d’espèces connues, dont seulement
quelques centaines sont potentiellement pathogènes chez l’homme.
 Ils vivent en saprophytes, en commensaux ou en parasites.

II. MORPHOLOGIE DES CHAMPIGNONS :

D’un point de vue pratique, en distingue trois types de champignons : filamenteux,


levuriformes, dimorphiques.

a. Les champignons filamenteux :


 Se développent sur leur substrat nutritif par un système de filaments plus ou moins
ramifiés dénommé thalle ou mycélium, constitué de filaments tubulaires ou Hyphes.
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 Exemples : Dermatophytes, Aspergillus sp.


 Le mycélium peut être :

o Septé : les filaments sont de diamètre régulier (2-10µm), ramifiés à angle aigue,
sont cloisonnés par des « septa ». On parle alors de septomycètes ou
champignons supérieurs.
o Siphonné : les filaments sont sans cloisonnement interne, de diamètre irrégulier
(5-20µm) avec des ramifications à angle droit. On parle alors des siphomycètes ou
champignons inférieurs.

b. Les champignons levuriformes :


 Dans ce cas, le thalle se réduit à l’état unicellulaire ;
 Les levures ont une forme ronde ou ovalaire et se reproduisent par bourgeonnement.
 Certaines peuvent donner naissance à un pseudomycélium ou même à des filaments
mycéliens vrais.
 Ex : Candida sp.et Malassezia sp.

c. Les champignons dimorphiques :


 Se présentent à l’état saprophyte dans l’environnement (sol…) et en milieu de culture à
température 25-30°C, sous une forme filamenteuse, produisant des spores ;
 Et à l’état parasitaire chez l’hôte (homme ou animal) et en milieux de culture à 37°C ,
sous forme levure.
 Ex : Histoplasma capsulatum.

III. PHYSIOLOGIE DES CHAMPIGNONS :

a. Structure du thalle :
 La paroi du thalle qui double la membrane cytoplasmique est stratifiée et comporte
principalement :
o Des polysaccharides : mannane, glucane, cellulose, glucose et chitine
o Des stérols : l’ergostérol est le plus important ;
o Des acides aminés : mélanine des champignons noirs.

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 Le cytoplasme contient le noyau, des mitochondries, un réticulum avec des ribosomes,


des vésicules protéiques, des microtubules, du glycogène et des granulations lipidiques.

b. Croissance :
 S’effectue à partir d’une spore :
o Par bourgeonnement unique ou multiple avec formation d’une cellule fille
subsphérique qui se détache, ex : levures ;
o Bourgeonnement subcylindrique qui constitue « un pseudo mycélium »
o Bourgeonnement et ramifications filamenteuse non dissociables avec formation
progressive du centre vers la périphérie à partir de la spore de départ donc selon
un mode de « croissance centrifuge » du mycélium septé ou non, disposé à plat
sur le support.

Ce mycélium est dit « mycélium végétatif » : assure la croissance locale centrifuge et


la nutrition.

Le mycélium reproducteur est constitué de filaments aériens dressés


perpendiculairement au mycélium végétatif et portant à leur extrémité distale le
sporocyste (où se forment les spores).

c. Nutrition :
 Les champignons sont des organismes hétérotrophes donc incapables de photosynthèse,
ils vivent aux dépens de matières organiques préformées.
 La majorité des champignons est capable de se développer sur des milieux très simples
contenant une comme source de carbone (glucose), d’azote (sulfate d’ammonium) et
des sels minéraux (K⁺, Mg⁺⁺, Fe, Zn⁺⁺..). Quelques un nécessitent pour leur l’apport des
vitamines telles la thiamine ou la biotine.
 La nutrition des champignons se fait par simple absorption, ils sont généralement
aérobies et le pH légèrement acide convient mieux à leur développement.

d. Reproduction :
 Les champignons se reproduisent par production de spores (sporulation) ou conidies
selon deux mécanismes sexués ou asexués. Ces spores permettent la dispersion du
champignon dans la nature.

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 La reproduction asexuée ou l’anamorphe


o est la plus fréquente et la plus simple, elle se fait par une simple mitose (division
binaire du noyau),
o les champignons qui se reproduisent selon ce mode sont dit : les champignons
imparfaits ou « Fungi imperfecti ».
o On distingue les spores endogènes et les spores exogènes :
 Spores endogènes ou endospores : spores asexuées naissent à l’intérieur de
sacs appelés sporocystes (ou sporanges) et seront libérées par déchirement
de la paroi du sporocyste à maturité.

 Spores exogènes ou exospores : spores, conidies ou conidiospores produites


à partir d’une cellule spécialisée appelée cellule conidiogène.
Cette conidiogénèse s’effectue selon deux modes :
 Conidiogénèse thallique : formation de thallospores ou arthrospores à
partir d’éléments préexistant du thalle, ex :dermatophytes.
 Conidiogénèse blastique : formation de blastospores ou blastoconidies
à partir d’une cellule conidiogène par bourgeonnement. Ex :
Aspergillus sp.

 La reproduction sexuée ou la téléomorphe :


o se déroule en 3 phases successives :
 Plasmogamie : fusion des protoplasmes des 2 cellules fongiques,
 Caryogamie : fusion des 2 noyaux ;
 Réduction chromatique ou méiose suivie d’une ou plusieurs mitoses.
o la reproduction sexuée caractérise les champignons parfaits ou « Fungi
perfecti ».
o en fonction des champignons, il existe 3 types de spores sexuées produites :

 Zygospore ou zygote : est une spore unique, de grande taille, avec une
paroi épaisse, souvent verruqueuse. Ce mode de reproduction caractérise
les Zygomycètes.
 Basidiospores : caractéristique des Basidiomycètes, aboutit à la formation
des basides dont chacun contient 4 basidiospores.

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 Ascospores : production de 8 ascospores dans chaque asque, caractérise les


Ascomycètes.
 La reproduction sexuée sert actuellement comme support à la classification des
champignons (Taxinomie).
 Selon le type de spores produites, on divise les champignons en 4 sous-divisions ou
phylum :
o Zygomycotina : présence de zygospores ;
o Ascomycotina : présence d’ascospores ;
o Basidiomycotina : présence de basidiospores ;
o Deuteromycotina : absence de spores sexuées.

e. Mode de vie des champignons :


 Les champignons vivent:
o En saprophytes: se nourrissent de matières organiques en décomposition dans le
milieu extérieur (sur le sol: champignons telluriques)
o En commensaux: se nourrissent de matières organiques dans un organisme vivant
sans provoquer des troubles
o (Candida albicans dans le tube digestif de l’homme)
o En parasites : vivent aux dépens d’un hôte, dans les cavités naturelles ouvertes ou
dans les tissus des végétaux et d’animaux, provoquant des troubles +/- graves:
 Parasitisme obligatoire, pour la plupart
 Facultatif et occasionnel (opportunistes chez les immunodéprimés)
o En symbiose: association étroite et obligatoire entre deux être vivant qui est
bénéfique pour les 2 parties.

IV. CLASSIFICATION ET TAXINOMIE DES CHAMPIGNONS :


 La terminaison des divers taxa dans la classification des champignons :
 Phylum : -mycotina ;
 Classe :-mycètes ;
 Ordre : -ales ;
 Famille :-aceae.

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 Le règne des eumycètes est scindé en 2 divisions en fonction de reproduction connu,


uniquement asexué ou comportant aussi des phases sexuées.
o Fungi imperfecti : reproduction asexuée, pas de reproduction sexuée connue;
o Fungi perfecti : reproduction sexuée

 Fungi perfecti : sont divisés en 3 phylum selon le mode de formation des spores sexuées:
o Ascomycotina →classe : Ascomycètes. Ex : Aspergillus nidulans.
o Basidiomycotina →classe : Bascidiomycètes. Ex : Cryptococcus neoformans ;
o Zygomycotina →classe : Zygomycètes. Ex : mucorales

 Fungi imperfecti : 1seul phylum Deuteromycotina scindé en 3 classes :


o Blastomycètes : champignons levuriformes, se reproduisent par bourgeonnement.
Ex : Candida sp., Malassezia ;
o Hyphomycètes : champignons filamenteux septomycètes avec production des
spores directement sur le mycélium végétatif. Ex : Aspergillus sp.
o Cœlomycètes : champignons filamenteux septomycètes avec spores générées dans
des pycnides (formations nodulaires closes à paroi épaisse).

Règne:
Eumycotina

Fungi Fungi
imperfecti perfecti

Phylum:
Phylum: Phylum: Phylum:
Zygomycotin
Deuteromycotina Ascomycotina Basidiomycotina
a

Classe: Classe: Classe:


Classe: Classe: Classe:
Blastomycète Hyphomycète Coelomycète
Ascomycètes Basidiomycètes Zygomycètes
s s s

V. ROLE PATHOGENE DES CHAMPIGNONS :

a. Les états pathologiques :


 Les états pathologiques dus aux champignons sont :

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o Les intoxications par champignons : par consommation de macromycètes


vénéneux (ex : amanite).
o Les mycotoxinoses : par consommation de produits alimentaires, véhiculant un
micromycète producteur de toxine. Ex : aflatoxine d’Aspergillus flavus sur les
grains de céréales et d’arachides.
o Les mycoses : par agression cutanée ou viscérale (mycose profonde) de
l’organisme par des micromycètes qui deviennent alors parasites, obligatoires
(dermatophytes anthropophiles) ou accidentels (Aspergillus). On distingue :

 les mycoses superficielles : peau, phanères et muqueuses ;


 les mycoses sous-cutanées ;
 les mycoses profondes (viscères) et systémiques (disséminées).

b. Sources d’infestation :
 Le sol: pour les espèces géophiles. Ex : Microsporum gypseum ;
 Les végétaux (épines+++): agents de mycétomes ;
 L’aire: spores d’Aspergillus sp ;
 L’eau: levures du genre Candida ;
 Les animaux: dermatophytes zoophiles. Ex : Microsporum canis ;
 L’homme: dermatophytes anthropophiles. Ex :tricophyton rubrum ;
 Les aliments: levures du genre Candida.

c. Mode de contamination :
 Ingestion: véhiculés par les produits laitiersou des fruits; rare. Ex : Candida) ;
 Inhalation : Aspergillus sp.
 Sur le revêtement cutané: champignons kératinophiles ;
 Transcutané: piqures d’épines, blessures, plaies opératoires…
 Urogénitales: Relation sexuelles, après pose sonde urinaires. Ex : Candida albicans et
Candida glabrata ;
 Sanguine et tissulaires: cathéter, interventions chirurgicales…

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Référence :

1. ANOFEL Parasitologie Mycologie, 7ème édition.


2. CLAUDE MOULINIER, Parasitologie et mycologie médicales.
3. DOMINIQUE CHABASSE, Mycologie médicale.
4. HELENE KOENIG, Guide de Mycologie médicale.
5. ANOFEL Parasitologie et mycologie des régions tempérées et tropicales, 3ème édition.

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