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La crise financière internationale 2007

Qu'est-ce que la crise des "subprimes" ?

Tout a commencé quand le marché immobilier américain s'est effondré subitement,

alors qu'il bénéficiait d'une hausse continue depuis plusieurs années.

Crise immobilière aux Etats-Unis

Pour financer leur consommation et l'acquisition de leur logement, les ménages

américains n'hésitent pas à s'endetter à des niveaux qui dépassent largement nos

plafonds européens. En contrepartie, ils mettent leur bien immobilier en gage. Ce bien est

une garantie pour les banques, car si le débiteur ne parvient pas à payer, il voit son bien vendu

pour honorer le traitement de sa dette.

Lorsque le phénomène prend de l'ampleur et touche un grand nombre de ménages, la

vente de leurs biens immobiliers entraîne l'effondrement de la valeur de ces biens. Cette perte

de valeur est un manque à gagner pour tout un ensemble d'acteurs.

Qu'est-ce que les "subprime" ?

Ce manque à gagner est par ailleurs renforcé par le système des "subprimes". Depuis

2002, la banque centrale américaine ou Réserve fédérale (FED), qui encourage le crédit facile

pour relancer l'économie, a permis à des millions de foyers modestes de devenir propriétaires,

moyennant des prêts à surprime dits "subprimes" : bas au début, leur taux variable peut

atteindre 18 % au bout de 3 ans. Car les taux d'intérêts de ces prêts dépendent de la valeur du

bien immobilier : plus la maison a de la valeur, plus le taux est bas. Inversement, quand la

maison perd de la valeur, le taux d'intérêt grimpe.

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C'est ce qui s'est passé avec l'effondrement du marché immobilier américain depuis

le début de l'année 2007. Les ménages n'ayant plus les moyens de rembourser les instituts de

crédit, leur défaillance a provoqué la faillite des établissements prêteurs, qui n'ont plus pu se

rembourser. Car même en saisissant la maison, celle-ci a désormais une valeur inférieure à

celle de départ. Et ce n'est que le début du mécanisme de contamination.

Les banques sont à leur tour touchées. Celles-ci avaient été nombreuses à investir

dans ces établissements prêteurs, véritables mines d'or lorsque le marché immobilier était en

bonne santé. Mais aujourd'hui, les fonds investis sont partis en fumée. Pour compenser les

pertes d'argent sur le marché immobilier, les banques sont obligées de vendre leurs

actions. Or, ces cessions massives d'actifs de la part des banques provoquent aussi la chute

des valeurs sur les marchés financiers.

Contagion mondiale de la crise

Pourquoi la crise a-t-elle traversé l'Atlantique si le mal venait de l'immobilier

américain ? La réponse est simple : plusieurs banques européennes ont-elles aussi misé sur les

"subprimes" américains, très rentables ces derniers mois.

D'une crise bancaire...

De grands établissements bancaires, comme BNP-Paribas en France ou IKB en

Allemagne, ont perdu une bonne partie de leurs placements dans la crise des "subprimes"

américains en 2007. Par ailleurs, l'annonce de la faillite de plusieurs banques outre-Atlantique

et des difficultés de la première banque française a provoqué une crise de confiance sur les

marchés financiers européens.

Les banques se soupçonnent les unes les autres d'être contaminées par la crise des

"subprimes" et refusent par précaution de se prêter de l'argent. Si bien que, rapidement,

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certains établissements bancaires ont manqué de liquidité et n'ont plus été capables d'honorer

leurs engagements financiers.

... A une crise boursière

Toutes les banques du monde étant liées par des accords financiers, la crise se

propage très vite jusqu'en Asie à l'été 2007. Afin de pallier ce manque de liquidité, certains

établissements bancaires n'ont plus qu'une seule solution : vendre leurs actions et obligations.

Réagissant en nombre et sur un cours laps de temps, ces banques provoquent donc une

chute brutale des valeurs boursières : le CAC 40 est touché, l'ensemble des places

boursières européennes dévissent, suivies de près par les bourses asiatiques.

En une semaine, du 9 au 16 août 2007, les principaux indices boursiers

connaissent une correction à la baisse brutale :

- Dax (Allemagne) : - 4,42 %

- Dow Jones (Etats-Unis) : - 5,95 %

- Nasdaq (Etats-Unis) : - 6,16 %

- FTSE 100 (Royaume-Uni) : - 8,37 %

- CAC 40 (France) : - 8,42 %

- Nikkei (Japon) : - 10,3 %

Système bancaire au bord de l'asphyxie, vent de panique sur les places boursières :

seule une intervention des banques centrales apparaît comme une solution à cette tempête

financière. Nous ne sommes alors qu'en 2007, loin de la seconde crise qui va frapper la

finance mondiale en 2008.

La crise financière internationale de 2007

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La crise financière internationale de 2007 est le résultat d'une défiance généralisée

entre les banques dont l'origine est le marché des crédits subprimes. Cette crise vérifie ce que

Minsky appelle le « paradoxe de la tranquillité » : les crises de surendettement se préparent

lorsque tout semble aller bien, que les agents économiques profitent de la croissance et des

taux d'intérêt faibles pour emprunter. Ainsi lorsque les taux d'intérêt remontent, l'endettement

devient rapidement insoutenable et provoque le surendettement.

La crise de 2007 commence par une crise qui secoue d'abord le marché immobilier

américain. Depuis plusieurs années, le marché immobilier américain connaît une hausse

ininterrompue de la valeur des biens immobiliers. Pour doper encore le marché, les banques

se mettent à proposer une nouvelle sorte de crédit, les désormais célèbres subprimes. Les

primes sont des crédits accordés aux emprunteurs qui offrent de bonnes garanties. Les

subprimes en revanche sont des prêts à risque. Ils connaissent cependant un succès

foudroyant. En 2000, ce type de prêt représente seulement 9% des emprunts immobiliers,

alors qu'en 2006, il représente 20%. Le marché des subprimes doit sa croissance à la hausse

des prix de l'immobilier sur laquelle les banques comptent pour limiter le risque de

surendettement. Or cette hausse est elle-même auto entretenue par un excès de crédit :

l'accession à la propriété de nombreux ménages fragiles renforce la hausse des prix des biens

immobiliers. La brutale hausse des taux d'intérêt au cours du premier semestre 2007 entraîne

un ralentissement de la hausse du marché immobilier américain, ce qui entraîne ainsi une forte

augmentation des défauts de paiement de ces ménages fragiles.

A cet élément déclencheur, il faut ajouter un élément aggravant qui est la crise de

confiance liée à la désintermédiation des marchés financiers. Une banque qui prête de

l'argent doit normalement augmenter ses fonds propres (les ressources financières propres à la

banque), ce qui freine automatiquement la distribution de crédit (cf. théorie du surendettement

de Fisher). Or les crédits subprimes ont été titrisés, c'est-à-dire transformées en titres et placés

sur les marchés financiers. Ils ont comme particularité d'offrir de forts rendements pour un

risque alors considéré comme faible. La titrisation est une opération financière qui consiste à

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transformer des prêts bancaires non liquides en titres aisément négociables sur des marchés.

Les investisseurs qui achètent ces titres perçoivent en contrepartie les revenus (intérêts et

remboursement du principal) issus des prêts. La titrisation permet à une banque de transférer

le risque de crédit et ainsi de poursuivre ses opérations d'allocation de prêt sans modifier ses

fonds propres.

La titrisation conduit au phénomène de désintermédiation, c'est-à-dire au passage

d'une économie d'endettement à une économie de marchés financiers où une part importante

des financements obtenus par les entreprises ne vient plus des banques, mais directement des

marchés. En théorie, cette marchéisation permet une meilleure dissémination des crédits, et

donc conduit à une plus grande efficience du système financier.

En pratique cependant, la banque qui a octroyé le prêt ne conservant plus ses risques,

elle devient moins rigoureuse dans leur évaluation. Par conséquent, la quantité de crédits

augmente et leur qualité moyenne se dégrade, créant ce qu'on appelle un comportement

opportuniste. Il existe une solution pour limiter ce comportement opportuniste, qui consiste à

scinder le portefeuille de prêt en plusieurs tranches plus ou moins risquées, en laissant la

banque assumer la part du risque le plus important.

Le problème est qu'il est difficile de savoir en pratique quelle est la part

effectivement conservée par la banque. On arrive ainsi rapidement à une situation où on ne

sait plus vraiment qui fait quoi. C'est pour cette raison qu'une fois le retournement du marché

immobilier américain opéré début 2007, une crise de confiance apparaît entre les institutions

financières qui détiennent des créances subprimes. Comme on ne sait plus qui porte le risque,

une défiance généralisée contamine progressivement tout le système financier.

Le modèle économique le plus pertinent pour comprendre la crise de 2007 est la

théorie du surendettement inspiré des travaux d'Irving Fisher en 1933. Cette théorie

montre que le surendettement trouve son origine dans un choc de productivité qui a une

incidence positive sur la croissance, qui elle-même nourrit les anticipations de profits et se

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traduit par une augmentation des investissements et donc du crédit. Cette dynamique porte

toutefois en elle plusieurs mécanismes de stabilisation.

Normalement l'expansion du crédit se trouve d'une part, limitée par une hausse de

l'inflation qui a pour conséquence un durcissement de la politique monétaire et une remontée

des taux d'intérêt. D'autre part, les banques se voient contraintes dans leur offre de crédit par

leurs besoins en fonds propres. Or dans la crise de 2007, ce sont justement ces stabilisateurs

automatiques qui n'ont pas fonctionné à cause de la titrisation des créances et de

l'éparpillement des risques.

La défiance interbancaire génère ensuite un assèchement des liquidités sur certains

marchés financiers. De nombreux agents cherchent à récupérer leur argent et les banques

finissent rapidement par manquer de fonds propres. C'est pourquoi fin 2007 et début 2008, de

nombreuses banques (Citigroup, Bank of America, UBS, etc.) sollicitent une recapitalisation

auprès des banques centrales. En Europe, une ruée bancaire se produit aux guichets de la

banque Northern Rock qui se trouve ainsi nationalisé temporairement. Fannie Mae et Freddie,

qui sont des organismes assurant les crédits hypothécaires, connaissent des difficultés et sont

placés sous la tutelle du Trésor américain. Lehman Brother n'aura pas cette chance et fera

faillite le 15 septembre 2008. Beaucoup ont ensuite critiqué le choix du Trésor d'avoir

abandonné la banque d'affaire et y ont vu un effet d'aggravation de la confiance interbancaire.

A partir de ce moment là, la défiance se transforme en paralysie : plus personne ne souhaite se

prêter de l'argent. La semaine du 6 octobre voit les cours boursiers s'effondrer. Les marchés

financiers ne percevant aucun moyen de sortir de la crise, les indices perdent 25% de leur

valeur. La situation devient alors critique et le spectre de la crise de 1929 resurgit. Seule

l'intervention massive des Etats (plan Paulson aux Etats-Unis, multiples plans de relance en

Europe) a ensuite permis d'éviter l'histoire de se répéter et a contribué à sauver le système

financier de la ruine