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Crimes et délits du banquier

"La banque de détail a représenté près de 65% du Produit Net Bancaire total des banques françaises. "

C'est sur ce constat, qui devrait faire prendre conscience au client que c'est lui le patron, que débute le dernier
rapport de l'UFC-Que Choisir sur l'explosion des frais bancaires dont le client est le dindon.
Un rapport qui donne envie de faire du pâté de banquier à la machette : Abus de la fragilité financière des clients,
arnaques sur tarifs opaques, création de produits délirants, frais de découvert dépassant le taux d'usure et au mépris de
la loi...

Comme dirait notre monarque : il faut en finir avec cette racaille qui prospère en faisant ses petits business en marge du
droit et en toute impunité.

Nous avons à faire a un réseau de délinquants de grande envergure bien implanté dans nos villes et nos villages. Jugez
plutôt....

1 / les classiques de l'escroquerie :

- Le rapport affiche une augmentation arbitraire des frais d'opération de paiement (+ 13% en moyenne pour le client
alors que le coût technique pour la banque a baissé de 9% depuis 2004.) L'automatisation devrait profiter au client : Pas
chez les maquereaux du DAB.

- Des brochures tarifaires lourdes et illisibles, empêchant la comparaison et contenant pour certaines banques
jusqu'à 300 tarifs différents répondant à des libellés incompréhensibles quand ils ne sont pas mensongers.

Création de "packages" prétendument "indispensables" : +25% pour le client. (services souvent inutiles : 3 chèques
de banque gratuits par an - au cas où tu achèterais 3 maisons dans l'année - , abonnement aux revues publicitaires,
alertes SMS pour te prévenir que ton espace internet va t'avertir que tu vas recevoir un SMS...)

- Facturations aussi limpides que celle de ton opérateur téléphonique... Notons d'ailleurs une certaine similitude
d'action entre les deux en cas de découvert. C'est bénéfique pour l'un et l'autre puisque la banque ET l'opérateur
téléphonique facturent des frais pour le même rejet de paiement (mais qui passe quand même car ils ont le cœur sur la
main).
Chez le pauvre, le découvert non autorisé commence à - 1 euro. On comprend dès lors pourquoi ils insistent tant pour
fonctionner avec des RIB : Avec un rejet de paiement de 30 euros, la banque et l'opérateur téléphonique se partagent la
somme équivalente en taxes, en mode automatique. Encore mieux que le dépassement de forfait ! Al Capone avait plus
d'éthique.

2 / Le gros du business de la raclure bancaire se fait sur le dos des fauchés :

- Le rapport constate une augmentation de 28% des frais de sanction depuis 2004.
- Les banques ont détourné à leur profit le plafond règlementaire des frais d'incidents de paiement chèque pour accroître
leur montant de 26% . Comprendre, ils ont regardé le moyen de paiement le plus souvent rejeté et ont
spécifiquement augmenté les frais subséquents.

- Sur les découverts non-autorisés, les banques bafouent en toute impunité la jurisprudence de la Cour de Cassation en
n'intégrant pas "les commissions d'intervention" (entre 8 et 18 euros) dans le calcul du TEG. En clair, elles pratiquent
un taux d'usure, ILLÉGAL, sur les découverts non-autorisés.
Les "commissions d'interventions" peuvent monter jusqu'à 1000 euros mensuels pour un client en difficulté, ce qui n'en
doutons point, arrangera son insolvabilité, à son tour taxée. 1000 euros par mois ? pourquoi pas 2000 ? Parce que 1000
euros correspond à un SMIC et que c'est la clientèle visée.

(ci-dessous, le portrait robot d'un client de banque à découvert)

Rien n'est laissé au hasard : il s'agit ici de politiques bancaires. Le "faucheman" est un client en plein essor par météo
de crise avec giboulées de rigueur. Il est d'autant plus intéressant qu'il est affaibli et culpabilisé, peu conscient de ses
droits. Les actions judiciaires collectives n'étant toujours pas autorisées en France pourquoi les banques en position
ultra-dominante et bénéficiant de toutes les faveurs gouvernementales se généraient-elles ?

- Encore plus beau : -100.000 euros ou -30 euros entrainent les même frais de "commissions d'intervention". En décodé :
Plus t'es pauvre, plus tu payes. Pour un découvert de 30 euros, le TEG (en intégrant les frais de commissions)
avoisine les 50% !!!

(
- et dire que tout ça a commencé avec un futile prélèvement pour " frais de commission d'intervention en cas d'opération
entrainant une irrégularité de fonctionnement du compte et nécessitant un traitement particulier"...)

3 / Petites violences et faits-divers...

- Le rapport déplore également l'explosion des tarifs sur les incidents quotidiens (exemple : +92% pour un
remplacement de carte bleue avant échéance).- Doublement des frais de transfert de PEL (spéciale dédicace à nos
amis primos-accédants).

- Facturation progressive de tout ce qui était gratuit. A défaut d'avoir des comptes rémunérés, nous avons des
comptes payants. Aboutissement ultime du capitalisme financier : Le client paye un loyer à sa banque pour qu'elle
garde un argent dont elle usera contre lui.

- Invention pure et simple de frais. Des lettres d'information coûtant un euro, facturées 50 au client ou, plus fort, des
frais de "non-opération" (oui tu as bien lu, t'es dans le vert mais tu n'utilises pas assez ton compte !) de 123 euros.
Tout cela bien sur en sus de "l'abonnement".C'est un peu comme si, déjà abonné à Canal+, on te facturait un
surcout au film, à la page de publicité, à la rediffusion ou, encore mieux, parce que tu ne regardes pas assez la
télévision.

Alors tu me diras : "oui mais ça coute cher tout ce personnel bancaire" (+8% en 5 ans) "...

Oui. Sauf que le nombre des conseillers particuliers a diminué de 10% en 5 ans tandis que dans le même temps
celui des traders a bondi de 58% et celui des chargés de communication de 109% !.Bref, ton pognon va dans la
publicité pour attirer d'autres truffes comme toi et dans la spéculation pour mieux les tondre.Et oui, mon con, en plus
de te faire payer ton argent, de te pomper ta thune à toutes les étapes, tu as désormais face à toi au guichet de plus
en plus souvent des machines. Vu ton niveau d'énervement théorique à ce stade de taxation, c'est plus prudent : ça
pourrait virer au médiéval !A ce stade, je sens un léger et légitime énervement chez toi.Alors... que choisir ?L'UFC fait
sept propositions à Sainte-Lagarde pour "en finir avec les excès tarifaires", je te les laisse découvrir en fin de rapport ci-
dessous :Rapport UFC Que chosir sur les frais bancaires
Pour ma part, n'ayant qu'une confiance limitée dans notre ministre des finances (du culte du CAC et des incantations de
croissance) ainsi qu'une défiance définitive envers les bandits mafieux, j'en reviens à mes deux propositions, garantie de
santé financière et morale :
1 / Tu quittes ta banque.2 / Mieux, tu vides ton compte. En prenant soin de ne jamais, jamais, être à découvert. Il est
clairement fait état dans ce rapport qu'une minime incartade peut entrainer une cascade d'autres frais.Si les banques
font 65% de leur chiffre national sur l'activité de détail, celle-ci est composée à 40% des frais perçus sur le client.

Conclusion : Tes fins de mois dans le rouge financent 30% des revenus des banques.

Où sont les vrais délinquants ?

http://sebmusset.blogspot.com/
publiee le mercredi 2 juin 2010