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Paroisse orthodoxe Ste Geneviève– St Martin Ed.

2019

La fête de Sainte Geneviève de Paris (3 janvier)


Note sur le tombeau et les reliques de Ste Geneviève

Le 3 janvier est la fête de notre sainte patronne, Geneviève de Paris, protectrice de notre ville et de
notre paroisse. Si on réside à Paris, on peut faire un « vrai » pèlerinage à son tombeau, c’est-à-dire à
pied. Lorsqu’on entre dans l’église St Etienne du Mont, le tombeau de Ste Geneviève se trouve au
fond à droite. Le monument a été reconstitué après les destructions de la Révolution française. Si on
approche de la vitre, on aperçoit une pierre oblongue abîmée : c’est le soubassement de son
sarcophage primitif, retrouvé dans la crypte de l’église de l’abbaye Ste Geneviève 1, qui a été
détruite sous Napoléon Ier, en 1807 (actuellement, c’est la rue Clovis).
Ses reliques sont très rares, car son corps a été brûlé par les Révolutionnaires en 1793 2. Il y en a une
toute petite qui se trouve en permanence derrière son tombeau, mais elle est peu accessible. La
grande, qui se trouve dans une châsse portable, à côté du maître-autel, provient du trésor de Notre-
Dame de Paris et est « prêtée » tous les ans à St Etienne du Mont. C’est la relique qui se trouvait à
Ste Geneviève-des-Bois3 (91) et qui a été déposée à Notre-Dame après la Révolution, après avoir été
« reconnue » par un évêque, qui était en fonction avant la Révolution.
Pendant la « neuvaine » de Ste Geneviève, il y a chaque jour deux messes, une à 15h et une autre à
18h45, souvent présidées par des évêques : à la fin de chaque messe, on peut s’approcher pour
vénérer la grande relique et la baiser.

Le Panthéon, qui occupe le centre de la place est en fait l’ancienne Basilique Ste Geneviève,
construite sous Louis XV et Louis XVI, aux frais des fidèles, et qui devait remplacer la vieille église
abbatiale. Elle a été volée à l’Eglise par les Révolutionnaires et transformée en « Panthéon », c’est-à-
dire en temple païen, « républicain », où l’on a pris soin d’inhumer -entre autres- tous les grands
ennemis de l’Eglise. Mais les Républicains, qui sont aveuglés par leur idéologie et qui ont une grande
ignorance du fait religieux en général et du christianisme en particulier, n’ont pas vu une réalité
spirituelle : lorsque le corps d’un homme, qui s’est révolté contre Dieu, est déposé délibérément dans
un lieu sacré, consacré à Dieu -ce qui est le cas d’une église- c’est un sacrilège objectif, et l’âme de
cette personne souffre tragiquement, expérimentant le feu de l’Enfer, beaucoup plus que si son corps
s’était décomposé tranquillement dans la terre. Tel est pris qui croyait prendre : c’est l’histoire de
l’arroseur arrosé… Il est toujours dangereux et risqué de se révolter contre Dieu, car Il a et Il aura
toujours le dernier mot.

L’église Saint-Etienne-du-Mont, qui date de la Renaissance, n’était qu’une église paroissiale, destinée
aux habitants du quartier et desservie par les moines de l’abbaye Sainte- Geneviève. Après la
suppression de l’Abbaye1, en 1790 (transformée ensuite en lycée : le lycée Henri IV)1 et la
destruction de l’église abbatiale, elle est devenue l’héritière du culte de Ste Geneviève.

Père Noël TANAZACQ

(1) L’abbaye, comme tous les bâtiments monastiques, épiscopaux et paroissiaux, a été « confisquée », c’est à
dire volée à l’Eglise. Les Républicains français avaient une curieuse conception de la liberté, réservée à ceux
qui pensaient comme eux : cela recommencera, deux républiques plus tard, en 1905… Après la destruction de
l’église abbatiale, on a reconstruit une aile, qui donne sur la rue Clovis et l’ensemble deviendra le Lysée Henri
IV, sous la Restauration (de la place du Panthéon, on aperçoit l’ancien réfectoire des moines, qui est un beau
bâtiment gothique du 13ème s.). La splendide bibliothèque des moines, réputée et ouverte au public, a été
transférée dans la nouvelle Bibliothèque Sainte-Geneviève, construite en 1851. Les moines génovéfains étaient
réputés ouverts aux « idées nouvelles » (qui provoqueront la Révolution) et lisaient l’Encyclopédie : cela ne
leur a pas porté chance, puisque le 13 février 1790, l’assemblée constituante supprimait les ordres religieux :
lorsqu’on met les mains dans le feu, on risque d’être brulé…
(2) En remerciement d’avoir sauvé 4 fois Paris (en 451 d’Attila, en 822 de la crue gigantesque de la Seine, en
886 des Normands et en 1130 du Mal des ardents)… L’ingratitude humaine vis à vis de Dieu et de Ses saints
est abyssale !
(3) Où Ste Geneviève avait fait jaillir miraculeusement une source pour la guérison des malades. Dans le cadre
de notre ancienne paroisse, qui était dans l’Essonne, nous avions organisé un pèlerinage annuel à cette source,
et élaboré des Vêpres spécifiques, avec un ondoiement des fidèles avec cette eau sainte. Mais, hélas, les lieux
ont été profanés et sont en piteux état, ce qui correspond peut-être à la situation spirituelle de notre pays...

(janvier 2012 ; corr. avril 2015, janvier 2018 et 3-1-2019)